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Full text of "Dictionnaire languedocien-français, par M. d'Hombres et G. Charvet"

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DICTIONNAIRE 

LAîsTGUEDOCIEN-FRANÇAIS 

CONTENANT 

les  définitions I  radicanx  et  étyniologies  des  mots;  les  idiotismes,' 
dictons,  maximes  et  proverbes,  lenrs  origines  et  celles  des  contnmes,  usages  et  institutions; 

les  noms  propres  de  personnes  et  de  lienz; 
origines,  étymologies  et  significations;  les  termes  d'agriculture,  de  métiers,  d*arts,  de  professions, 

d'industries;  la  flore  et  la  faune  méridionales;  etc.,  etc. 

PAR 

Maximin    D'HOMBRES 

* 

ANCIBN   PRÉSIDENT  DU  TRIBUNAL  CIVIL  d'aLâTS,   MBHBRR  DB  i/aCADÊMIE  DB  NTMBS, 
ANCTRN  PRÈSIDBNT  DR  LA  SOCIÉTÉ  ST.IBNTIFIQUB  ET  LITTÉRAIRE  D'aLAIS, 


ET 


Gratien  CHARVET 

MltafBRR  DR   L* ACADÉMIE   DE   NIMES,   DR   LA   SOCIÉTÉ  ARCHÉOLOTtlQUR  DE  MONTPELLIER 
ET  DE  LA    SOCIÉTÉ  SCIENTIFIQUE  ET  LITTÉRAIRE  D*ALAIS, 
OORBKSTONDANT  DU  MINISTÈRE   DB  L'INSTRUCTION  PUBLIQUE   POUR   LES  TRAVAUX  HISTORIQUES, 

OFFICIBR  d'académie. 


ALAIS 


f^^.   ^  /•  ^*^  **'  Imprimerie  et  Lithogrcaphie  A.  BRUGUEIROLLK,  Grand'rue,  93. 

1884 


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DICTIONNAIRE 


L  ANGUED  O  CIEN-FR  ANC  AIS 


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DICTIONNAIRE 


L  ANGUED  O  CIEN-FR  ANC  Aïs 


DICTIONNAIRE 

LANGUEDOCIEN'FRANÇAIS 

CONTENANT 

les  définitions,  radicanx  et  étymologies  des  mots;  les  idiotismes, 
dictons,  maximes  et  proverbes,  lenrs  origines  et  celles  des  contnmes,  usages  et  institutions; 

les  noms  propres  de  personnes  et  de  lienz^  ^ 

origines,  étymologies  et  significations;  les  termes  d*agricnltare,  de  métiers,  d'arts,  de  professions, 

d'industries;  la  flore  et  la  faune  méridionales;  etc.,  etc. 

PAR 

Maximin    D'HOMBRES 

ANCIEN  PRitSIDBNT  DU  TRIBUNAL  CIVIL  D*ALAI8,  MBBfBRB  DB  l'aCAdIeIIIB  DB  NIMB8, 
ANCIBN  PRiSIDBNT  DB  LA  SCa^TÈ  SCIBNTIFIQUB  BT  LITTÂBAIRB  D*ALAI8, 


ET 


Gratien   CHARVET 

MBICBRB  DB  L'aCADÂMIB  DB  NIMBS,   DB  LA   80CTBTÂ  ARCHBOLOOIQUB  DB  MONTPBLUBR 

BT  DB  LA   SOCIBTÂ  SCIENTIFIQUE  BT  LITTÂRAIRB  D*ALAIS, 

CORRESPONDANT  DU  MINISTiRB  DE  L'INSTRUCTION  PUBLIQUE  POUR   LES  TRAVAUX  HISTORIQUES* 

OFFICIER  D*ACADBM1E. 


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ALAIS 

Imprimerie  et  Lithographie  A.  BRUGUEIROLLE,  Grand'rue,  93. 

1884 


MAXIMIN    DHOMBRES 


JDeu  agradal  e  tUpobôlutlL 
Agréable  à  Dieu  et  utile  au  peuple. 
YiEUXE  Charte  d'Alau. 


On  Ta  dit  bien  souvent  et  avec  juste  raison  :  certaines  familles  semblent  être  prédestinées  au  goût  des 
recherches  studieuses;  elles  possèdent  ce  don  naturellement  et  se  le  transmettent  de  génération  en  gêné* 
ration  comme  un  précieux  héritage.  Cette  observation  ne  s'est  jamais  manifestée  avec  plus  d'évidence  qu'à 
l'égard  de  Maximin  d'Hombres. 

François-Louis-Max imin  dHombres  naquit,  le  14  août  1840,  à  Alais,  d'une  ancienne  et  honorable 
famille  des  Cévennes.  Il  était  le  fils  de  François-Régis  d'Hombres  dont  les  vertus  charitables  sont  restées 
légendaires,  et  de  Marie-Ântoinette-Eulalie  Desroche,  de  Génolhac. 

Petit  neveu  des  deux  célèbres  Boissier  de  Sauvages,  par  sa  grand'mère  M arie-Âugustine  Boissier  de 
La  Croix  de  Sauvages,  et  neveu  du  baron  d'Hombres-Firmas,  il  voulut  se  rendre  digne  de  ses  devanciers 
et  suivre  conmie  eux,  avec  honneur,  la  voie  que  leurs  travaux  lui  avaient  ouverte. 

Doué  d'une  intelligence  peu  commune  et  d'une  pénétration  non  moins  remarquable,  Maximin  fit  avec 
succès  ses  études  classiques  à  Forcalquier  d'abord,  à  Aix  ensuite,  chez  les  Jésuites.  Il  les  poursuivit  plus 
tard  au  collège  de  sa  ville  natale,  et  alla  les  compléter  à  Paris  par  celles  du  Droit. 

Ses  débuts  à  Alais,  comme  avocat,  lui  valurent  les  éloges  les  plus  mérités,  et  firent  présager  pour  lui  un 
brillant  avenir.  Il  prit,  pendant  trente-cinq  ans,  une  part  active  à  tous  les  grands  débats  judiciaires  qui  se 
produisirent  devant  le  tribunal  de  cette  ville.  A  partir  de  1840,  il  fit  toujours  partie  des  Conseils  de  l'ordre; 
et,  à  neuf  reprises  différentes,  il  en  fut  élu  bâtonnier.  «  Cœur  noble,  âme  généreuse,  esprit  cultivé,  »  a  dit 
sur  sa  tombe  un  de  ses  anciens  confrères,  «  Maximin  d'Hombres  était  un  de  ces  hommes  dont  le  talent  et  la 
probité  s'imposent  et  honorent  les  corps  auxquels  ils  appartiennent  (1).  » 

Caractère  aimable  et  enjoué,  esprit  incisif  et  éminemment  gaulois,  Maximin  avait  l'aimable  défaut  des 
hommes  très  spirituels,  qui  n'ont  jamais  l'air  de  se  prendre  tout-à-fait  au  sérieux,  lors  même  qu'ils  se 
livrent  à  des  occupations  fort  sérieuses  ;  contrairement  aux  esprits  bornés  ou  superficiels,  qui  se  gardent 
bien  de  douter  d'eux-mêmes,  et  font  consister  leur  principal  mérite  à  s'occuper,  avec  une  gravité  affectée, 
de  choses  parfaitement  insignifiantes. 

Un  membre  de  la  société  d'Alais  a  décrit  avec  finesse  «  cette  figure  origincde  et  sympathique,  pré- 
sentant un  singulier  mélange  de  douceur  et  de  malice,  de  bonhomie  et  de  causticité Ce  charmant 

causeur,  prompt  à  la  réplique,  habile  à  lancer  le  trait,  à  la  verve  familière,  aiguisée,  piquante,  ironique, 
mais  jamais  blessante  (2).  » 

Une  bienveillance  constante,  une  bonté  inaltérable,  formait,  en  effet,  le  fond  du  caractère  de  Maximin 


(1)  Discoure  de  M.  Emile  Pin,  bâtonnier  de  TOrdre  des  ayocats. 

(2)  V.  ArpHAR.  —  Compte-rendu  des  travaux  de  la  Société  scientifique  et  littéraire  d'Alais,  pendant  Tannée  1873. 


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d'Hombres.  Ses  qualités  charmantes,  son  abord  facile  et  plein  d'aménité,  lui  attiraient  Testime  et  l'affec- 
tion universelles.  Quant  à  ses  amis,  ils  ont  pu  apprécier  combien  l'un  d'entre  eux  (i)  l'a  justement  défini 
en  signalant  chez  lui  cette  ténaeUé  du  cœur  qui  rendait  ses  affections  indissolubles. 

Pourrions-nous  oublier,  en  parlant  des  précieuses  qualités  de  notre  ami,  celles  qui  étaient  peut-être 
les  moins  apparentes,  mais  en  même  temps  les  plus  réelles  :  ces  vertus  bienfaisantes,  ces  habitudes  de 
charité,  héréditaires  dans  sa  famille,  dont  pourraient  rendre  témoignage  tant  de  misères  secourues,  tant 
d'infortunes  soulagées  en  silence,  sans  faste  et  sans  ostentation  ? 

Aussi,  lorsqu'à  la  fin  de  sa  carrière  d'avocat,  parcourue  avec  autant  d'honneur  que  de  distinction, 
Maximin  d'Hombres  fut  appelé  à  la  Présidence  du  Tribunal  Id'Alais,  tous  ses  concitoyens,  sans  acception 
d'opinions,  applaudirent  ayec  enthousiame  à  une  nomination  si  bien  justifiée. 


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Maximin  d'Hombres  avait  épousé,  le  26  novembre  1844,  M^'*  Victorine  Farjon,  de  Montpellier,  dont 
l'inaltérable  affection  l'a,  jusqu'à  ses  derniers  momepts,  entouré  des  soins  les  plus  délicats  et  les  plus 

d^oués. 

Durant  de  longues  années,  Maximin  d'Hombres  a  fait  partie  du  Conseil  municipal  d'Alais,  où  TaTaient 
appelé  la  confiance  et  l'affection  de  ses  concitoyens;  et  il  a  rempli,  pendant  un  certain  temps,  les  fonctions 

d'a^îoint  à  la  mairie. 

II  était  membre  de  Y  Académie  du  Gard,  dQ  la  Sœiéùé  de$  études  pour  lee  langues  romanes  et  de 
la  Société  scientifique  et  littéraire  d'Alais,  dont  il  a  occupé  la  présidence  pendant  l'année  187â. 

Maximin  d'Hoqilires  atait  eu  quatre  frères,  morts  avant  lui,  et  une  sosur  qui  lui  survit  :  1*  Hippolyte, 
ancien  élève  de  TÉcole  polytechnique,  mort  en  Afrique»  ci4>itaine  du  génie;  —  9»  Léonce,  mort  religieux 
trappiste;  —  3*  Ernest,  mort  garde-général  des  Baux-^t-Foréts;  —  4*  Paulin,  mort  enseigne  de  vaisseau 
4f?ant  Saint-Jean-d'Ulloa;  —  5*  Pauline,  religieuse  de  la  Visitation  à  Tarascon,  seule  survivante. 

Avec  Mâ^™'"  s'est  éteinte  la  descendance  mâle  de  la  brandie  cadette  de  la  famille  d'Hombres. 


*  • 


Doué  d*une  aptitude  exceptionnelle  pour  toutes  sortes  de  travaux ,  mais  principalement  porté  vers 
les  études  littéraires,  historiques  et  archéologiques,  Maximin  savait  faire  marcher  de  front  ces  diverses 
études  avec  celles  de  sa  profession.  Les  premières  avaient  même  d'autant  plus  de  charme  et  d'attrait  pour 
hii,  qu'elles  fournissaient  à  son  esprit  une  agréable  diversion  aux  fatigues  du  barreau,  et  lui  servaient 
en  quelque  sorte  de  délassement. 

Le  but  constant  qu'il  poursuivit  toute  sa  vie  fut  de  mettre  en  lumière  les  principaux  faits  historiques 
qui  se  rattachent  au  passé  de  sa  ville  natale  pour  laquelle  il  professait,  comme  tous  ses  devanciers,  une 
prédilection  intime  et  profonde,  un  culte  ardent  et  passionné  :  Soli  totus  amor  (2). 

A  part  ses  incontestables  qualités  littéraires,  ce  qui  mérite  surtout  d'être  signalé  dans  Maximin 
d'Hombres,  c'est  Tesprit  de  suite  et  l'opiniâtreté  dans  le  travail  qui,  chez  l'historien  et  l'érudit,  sont  toujours 
des  qualités  fécondes. 

«  On  est  en  général  tenté  de  plaindre  les  savants  qui  consaicrent  leur  vie  à  composer  de  gros  livres  et 
les  curieux  qui  passent  leur  temps  à  les  lire,  dit  M.  Gaston  Boissier.  Peut-être  les  uns  et  les  autres  sont-ils 
beaucoup  moins  malheureux  qu'on  ne  le  suppose.  S'il  faut  un  certain  courage  pour  se  jeter  résolument  dans 
ces  études  pénibles  et  infinies,  il  est  rare,  quand  les  premières  difficultés  sont  vaincues,  qu'on  n'éprouve  pas 


(1)  ÉloQS  as  Maximin  d'Hombres,  psr  M.  d*EtplBasioiis. 

(1)  Épigraphe  lofcrite  psr  Maximin  d'Hombres  en  tète  de  ion  Étude  rar  Altls. 


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pour  elles  un  grand  attrait  :  elles  ont  ce  privilège  qu'elles  donnent  beaucoup  plus  qu'elles  ne  promettent. 
Les  érudits,  qui  se  sont  fait  un  domaine  restreint  et  fermé,  le  fouillent  avec  passion  dans  tous  les  sens,  et 
finissent  toujours  par  y  découvrir  quelque  coin  de  terre  inconnu  où  ils  sont  les  premiers  à  poser  le  pied. 
Ce  plaisir  est  un  des  plus  vifs  qu'on  puisse  éprouver,  et  il  n'est  pas  commun  (i).  » 


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Maximin  d'Hombres  a  laissé  trois  excellentes  Études  ou  notices  réunies  dans  le  volume  des  Recherches 
hietoriques  sur  Alais,  publié  en  1860,  en  collaboration  avec  MM.  Marette,  Duclaux-Monteil  et  César  Fabre. 

La  première  de  ces  notices  est  un  précis  historique  sur  la  Seigneurie  d'Alais,  C'est,  sans  contredit, 
le  travail  le  plus  complet  qui  ait  jamais  été  publié  sur  cette  matière- 
La  seconde  contient  une  étude  archéologique  et  historique  sur  l'ancienne  église  de  Saint-Jean-Baptiste 
d'AIaiSy  convertie  plus  tard  en  cathédrale. 

La  troisième  traite  des  anciens  noms  des  rues  et  places  de  la  ville  avec  l'indication  de  leur  étymologie. 

On  doit,  en  outre,  à  Maximin  d'Hombres,  de  nombreux  articles  publiés  dans  VÉcJu)  d'Alais,  journal 
dont  l'existence  a  duré  onze  années,  de  1841  à  1852,  et  dont  il  fut  l'un  des  principaux  fondateurs. 

On  a  aussi  de  lui  une  notice  biographique  placée  en  tôte  de  la  deuxième  édition  de  Las  CastagnadoSg 
recueil  de  poésies  languedociennes  du  marquis  de  Lafare-Alais,  à  qui  l'unissait  une  vieille  et  étroite  amitié; 
et  trois  ou  quatre  plaquettes,  sans  nom  d'auteur,  qui  n'ont  jamais  été  mises  en  vente  :  il  n'en  a  été  tiré 
qu*un  nombre  très  restreint  d'exemplaires  (3). 

Mais  les  travaux  les  plus  remarquables  dus  à  ses  longues  et  patientes  recherches  et  à  sa  profonde 
érudition,  sont  :  1*  Une  étude  de  longue  haleine,  sous  forme  de  discours,  intitulée  :  ALAIS,  ses  origines, 
sa  langue^  ses  chartes,  sa  commune  et  son  consulat;  2*  Le  nouveau  Dictionnauie  languedocibn-français, 
resté  inachevé. 


* 

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Dans  son  étude  sur  Alais,  l'auteur  expose  d'abord  l'ensemble  de  son  œuvre. 

n  a  pris  à  tÂche  de  faire  ressortir  le  synchronisme  qui  existe  entre  les  origines  de  l'organisation 
municipale  de  la  ville  d'Alais  et  celles  de  la  formation  de  son  langage.  Il  établit  l'étymologie  du  nom 
d'Aliûs  qui  tient  par  ses  racines  à  la  langue  celtique;  il  montre  la  contrée  successivement  occupée  par  les 
Ibères,  les  Ligures,  les  Celtes,  les  Romains,  les  Franks,  les  Visigoths,  les  Sarrasins,  et  assimilant  à  son 
idiome  des  éléments  divers  empruntés  au  langage  de  ses  envahisseurs.  Il  signale  l'introduction  de  la  forme 
latine,  dans  la  langue  indigène,  comme  la  conséquence  évidente  de  l'occupation  romaine  et  de  rétablisse- 
ment du  christianisme  dans  la  Gaule  méridionale;  et,  après  l'apaisement  des  grandes  secousses  produites 
par  les  invasions,  il  montre  ce  même  langage  national,  ainsi  modifié,  s'assujétissant  à  des  règles,  se  fixant 
progressivement,  et,  sous  le  nom  de  langue  romane,  s'imposant  à  l'Europe  occidentale. 

Abordant  ensuite  la  période  féodale,  l'auteur  fait  apparaître,  en  1093,  le  premier  seigneur  connu 
d'Alais,  Raymond  Pelet,  qui  prend  part  à  la  première  croisade,  de  concert  avec  Raymond-Décan  d'Uzès  et 
Guillaume  de  Sabran,  sous  les  ordres  de  Raymond  IV  de  Saint-Gilles.  Il  fait  voir  aussi  les  papes  Gélase  II» 
en  1118y  et  Alexandre  III,  en  1162,  recevant  à  Alais  l'hospitalité  des  Pelet  ;  il  décrit  la  vie  seigneuriale, 
les  aventures  des  troubadours  de  la  contrée;  il  dépeint  enfin,  au  seuil  du  XIIP  siècle,  la  ville  d'Alais  entrant 


(1)  6.  Boiasm.  —  Xes  provinces  artentalei  de  Vempire  romain, 

(1)  tM  CharUt  d'ÀlaU  du  XIII*  Hèele,  tradaitos  dn  roman  et  da  latin  en  rimes  françalaaa,  40  pages  In-a*;  —  Rapport  au 
ComeU  nmnk^al  d^AMi  tar  la  dénaminailon  du  met  et  ptacsi  de  ta  vitte;  —  Cm^'tM  swr  t^allgnement  $i  let  ifndieatê  du 
Gardomt  80  pages  ia-8*. 


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^ 


DICTIONNAIRE 

LANGUEDOCIEN-FRANÇAIS 

CONTENANT 

les  définitions,  radicaux  et  étymologies  des  mots;  les  idiotismes,' 
dictons,  maximes  et  proverbes,  lenrs  origines  et  celles  des  contnmes,  usages  et  institutions; 

les  noms  propres  de  personnes  et  de  lieux; 
origines,  étymologies  et  significations;  les  termes  d'agriculture,  de  métiers,  d*arts,  de  professions, 

d'industries  ;  la  flore  et  la  faune  méridionales;  etc.,  etc. 


I»AR 


Maximin    D'HOMBRES 


ANCIBN   PRisSTDKNT  DU  TRIBUNAL  CIVIL  d'aLATS,   MBMBRB  DB  L* ACADÉMIE  DB  NTMRS, 
ANCIEN  PRÉSIDENT  DB  LA  SOCIÉTÉ  SCIBNTIFIQUB  ET  LITTÉRAIRE  D'aLAIS, 


ET 


Gratien  CHARVET 

• 

MEMBRE  DE   L* ACADÉMIE  DB  NIMES,    DB   LA   SOCIÉTÉ  ARCHÉOLOGIQUE  DE  MONTPELLIER 

BT  DE  LA   SOCIÉTÉ  SCIENTIFIQUE  ET  LITTÉRAIRE  d'aLAIS, 

CORRESPONDANT  DU  MINISTÈRE  DB  l/lNSTRUCTION   PUBLIQUE   POUR   LES  TRAVAUX  HISTORIQUES, 

OFFICIER  D^ACADÉMIB. 


ALAIS 

.   r  ^ ''^**  '        Imprimerie  et  Lithographie  A.  BRUGUEIROLLK,  GrandVue,  93. 

1884 


DICTIONNAIRE 


lANGUEDOCIEN-PKANCAIS 


BOISSIER  DS  SAUVAGES  !  De  LA  FARE-ALAIS  !  Deox 

noms  radieux  et  sympathiques,  que  nous  sommes  heureux 
d'inscrire  en  tête  des  colonnes  de  ce  livre,  et  qui  feront  sa 
meilleure  fortune. 

Au  premier  nous  rattadient  des  liens  de  Emilie;  au 
second  est  due  Hdée  première  de  notre  nouveau  DicUon- 
noire  languedocien. 

L'abbé  de  Sauvages,  parmi  les  célébrités  que  notre  pays 
a  vues  naitre,  on  Ta  dit  avec  raison,  est  la  plus  oompléte- 
moit  alaisienne  :  aucune  n'a  le  cachet  du  crû  comme  la 
sienne.  Géologue,  physicien,  naturaliste,  agronome,  litté- 
rateur ou  lexicographe,  soit  qu'il  consacre  ses  études  à 
Vagriculture,  soit  qu'il  dirige  ses  recherches  vers  la  linguis- 
tique, tous  les  travaux  d'une  vie  bien  remplie  et  toujours 
appliquée,  les  connaissances  variées  qu'il  possède  à  un 
degré  distingué,  supérieur  même  en  quelques  branches,  son 
expérience  et  son  rare  savoir  semblent  n'avoir  quelque  prix 
à  ses  yeux  qu*autant  qu'il  peut  les  faire  tourner  à  la  pros- 
p^té  et  à  l'illustration  de  son  pays  natal. 

Entre  tous  ses  ouvrage,  le  seul  dont  nous  ayons  à 
parfef  ici,  le  mieux  connu  peut-être,  ne  pouvait  manquer 
de  porter  l'empreinte  de  cette  pensée  de  bien  public.  Dés  le 
titre  même  de  son  dictionnaire,  et  dans  sa  préface,  le  but 
du  modeste  savant  prend  plaisir  à  s'avouer  hautement.  0 
se  donne  pour  mission  principale  d'enseigner  à  parler  cor- 
rectement le  français  à  ceux  de  ses  compatriotes  qui,  accou- 
tumés dès  l'enfance  à  formuler  leur  pensée  en  languedocien, 
D^BIl  donnent,  en  se  servant  du  français,  qu'une  traduction 
videuse  et  toute  hérissée  de  gasconismes.  Il  se  propose  en- 
mité  d'expliquer  les  mots  du  vieux  langage  dont  fourmil- 
lent les  titres  et  actes  établissant  d'anciens  droits  ou  leur 
eiemptioA.  XJne  pareille  conception  a  pu  paraître  étrange, 
originale  :  il  n'y  faut  voir  qifô  le  sentiment  exagéré  peut* 
ëHÈe  maiff  toudiant,  d*un  noble  patriotisme,  qui  sacrifie  au 
d'être  utile  même  te  soin  de  sa  renommée  littérane^  et 


scientifique.  Cette  préoccupation  toutefois  a  empêché  une 
œuvre  excellente  d'atteindre  la  portée  que  l'auteur  pouvait 
se  promettre.  Elle  lui  fait  mettre  de  côté  les  mots  les  jdus 
usuels,  pour  ne  s'attacher  qu'à  des  techniques;  tous  les 
termes,  et  souvent  les  mieux  employés,  ne  se  trouvait  pas 
chez  lui,  et  il  les  néglige  pour  en  poursuivre  d'autFSS, 
hors  de  son  domaine,  s'il  y  peut  saisir  l'occasion  d'un 
redressement  et  matière  à  sa  leçon  de  français.  Restreint 
ainsi  dans  !ue  spécialité,  et  en  même  temps  entraîné  vers 
des  ^alectes  étrangers,  son  plan  est  incomplet  et  manque 
d'unité,  au  grand  détriment  de  notre  dialecte.  Quelle  valeur, 
en  eiet,  était  destiné  à  avoir,  pour  l'avenir  littéraire  de 
notre  pays,  un  travail  de  cette  importance,  exécuté  par  un 
homme  comme  l'abbé  de  Sauvages,  si,  au  lieu  de  se  renfer- 
mer dans  un  traité  de  purisme  français,  il  nous  eût  donné 
un  vrai  lexique  languedocien,  embnissant  la  langue  dans  sa 
plénitude,  ne  sanctionnant  que  ce  qu'il  savait  être  de  pur 
sang  cévenol,  mais  légalisant  tout  notre  avoir  légitime!  Sa 
réserve  trop  timide  est  d'autant  plus  regrettable,  que  per- 
scmne  encore  n'avait,  avec  tant  de  profondeur,  de  sagacité 
et  d'érudition,  pénétré  dans  le  génie  de  notre  idiome,  ne 
s^'était  plus  impressionné  de  ses  beautés,  de  sa  Umpidité,  de 
la  sève  de  ses  tours,  de  ses  images,  de  ses  figures,  de  ses 
idiotismes.  Malgré  ces  lacunes.  Sauvages  restera  comme  la 
^ire  la  plus  populaire  de  nos  contrées,  et  il  méritera  touK 
jours  d'être  considéré  comme  le  plus  savant  et  lo  plus  spi- 
rituel des  initiatéitts  du  languedocien^ 

Son  recueil  sera  le  meilleur  à  consulter  et  le  plus  eu» 
rîeux  quand  on  voudra  remonter  aux  sources;  mais  sa 
donnée  Mp  ex<diksive  devait  nous  interdire  de  le  prendre 
en  tout  pour  inod&ie.  Le  danger  qu'il  a  voulu  combattre^ 
n'existe  plus  d'aôlleiffs  au  même  degré.  Ce  n'est  pas  l'alté^ 
ration  de  la  langue  fraàçuse  par  le  languedocien  qui  est  ^ 
redouter:  Finfiuence-inVerse  est  bien  autrement  à  craindre, 
etlejiéri  sérieiâ  est  au^  ecmtraîrè  de  voir  notre  belle  et 


•  • 


«.  ^ 


DICTIONNAIRE 


L  ANGUED  O  CIEN-FR  ANC  AIS 


DICTIONNAIRE 


LANGUEDOCIEN-FRANÇAIS 


BOISSIER  DE  SAUVAGES  I  De  LA  PARE- ALAIS  !  Deox 

noms  radieux  et  sympathiques,  que  nous  sommes  héorettx 
d'inscrire  en  tète  des  colonnes  de  ce  livre,  et  qui  feront  sa 
meilleure  fortune. 

Au  premier  nous  rattadient  des  liens  de  Emilie;  au 
second  est  due  Tidée  première  de  notre  nouireau  Diction- 
naire languedoeien. 

L'abbé  de  SAtrYAGEs,  parmi  les  célébrités  que  notre  pays 
a  vues  naître,  on  Ta  dit  avec  raison,  est  la  plus  complète- 
ment alaisienne  :  aucune  n'a  le  cachet  du  crû  comme  la 
sienne.  Géologue,  physicien,  naturaliste,  agronome,  litté- 
rateur ou  lexicographe,  soit  qu'il  consacre  ses  études  à 
Tagriculture,  soitqu'O  dirige  ses  recherches  vers  la  linguis- 
tique, tous  les  travaux  d'une  vie  bien  remplie  et  toujours 
appliquée,  les  connaissances  variées  qu'il  possède  à  un 
degré  distingué,  supérieur  même  en  quelques  branches,  son 
expérience  et  son  rare  savoir  semblent  n'avoir  quelque  prix 
à  ses  yeux  qu'autant  qu'il  peut  les  faire  tourner  à  la  pros- 
p&ité  et  à  l'illustration  de  son  pays  natal. 

Entre  tous  ses  ouvrages,  le  seul  dont  nous  ayons  à 
parlef  id,  le  mieux  connu  peut-être,  ne  pouvait  manquer 
de  porter  l'empreinte  de  cette  pensée  de  ïàen  public.  Dès  le 
titre  même  de  son  dictionnaire,  et  dans  sa  préface,  le  but 
du  modeste  savant  prend  plaisir  à  s'avouer  hautement,  n 
se  donne  pour  missicm  principale  d'enseigner  à  parler  cor- 
rectement le  français  à  ceux  de  ses  compatriotes  qui,  aoeou- 
tumés  dSs  l'enfance  à  formuler  leur  peiûée  en  languedocien, 
iï*m  donnent,  en  se  servant  du  fr^i^ais,  qu'une  traduction 
vicieuse  et  toute  hérissée  de  gasoonismes.  Il  se  propose  en- 
suite d'expliquer  les  mots  du  vieux  langage  dont  fourmil- 
lent les  titres  et  actes  établissant  d'anciens  droits  ou  leur 
exemption.  XJne  paMille  conception  a  pu  paraître  étrange, 
originale  :  il  n'y  faut  voir  qifô  le  sentiment  exagéré  peut* 
ètte  maj9  touchant,  d*un  noble  patriotisme,  qui  sacrifie  au 
dénr  d'être  utile  mêmele  soin  de  sa  renommée  littêrake  et 


scientifique.  Cette  préoccupation  toutefois  a  empêché  une 
œuvre  excellente  d'atteindre  la  portée  que  l'auteur  pouvait 
se  promettre.  Elle  lui  fait  mettre  de  côté  les  mots  les  plus 
usuels,  pour  ne  s'attacher  qu'à  des  techniques;  tous  les 
termes,  et  souvent  les  mieux  employés,  ne  se  trouvent  pas 
chez  lui,  et  il  les  néglige  pour  en  poursuivre  d'autres, 
hors  de  son  domaine,  s'il  y  peut  saisir  l'occasion  d'un 
redressement  et  matière  à  sa  leçon  de  français.  Restreint 
ainsi  dans  !ue  spécialité,  et  en  même  temps  entraîné  vers 
des  (fialectes  étrangers,  son  plan  est  incomplet  et  manque 
d'unité,  au  grand  détriment  de  notre  dialecte.  Quelle  valeur, 
en  eiet,  était  destiné  à  avoir,  pour  l'avenir  littéraire  de 
notre  pays,  un  travail  de  cette  importance,  exécuté  par  un 
homme  comme  l'abbé  de  Sauvages,  si,  au  lieu  de  se  renfer- 
mer dans  un  traité  de  purisme  français,  il  nous  eût  donné 
un  vrai  lexique  languedocien,  embrassant  la  langue  dans  sa 
plénitude,  ne  sanctionnant  que  ce  qu'il  savait  être  de  pur 
sang  cévenol,  mais  légalisant  tout  notre  avoir  légitime!  Sa 
réserve  trop  timide  est  d'autant  plus  regrettable,  que  per- 
scmne  encore  n'avait,  avec  tant  de  profondeur,  de  sagacité 
et  d'érudition,  pénétré  dans  le  génie  de  notre  idiome,  ne 
»'étftit  i^us^  impressionné  de  ses  beautés,  de  sa  limpidité,  de 
la  sève  de  ses  tours,  de  ses  images,  de  ses  figures,  de  ses 
idiotisme».  M^gré  ces  lacunes.  Sauvages  restera  comme  la 
gloire  la  phis  populaire  de  nos  contrées,  et  il  méritera  touK 
joure  d'être  coôsidéré  comme  le  plus  savant  et  le  plus  spi- 
rituel des  initiatéitts  du  languedocien. 

Son  recueil  sera  le  meilleur  à  consulter  et  le  plus  eu* 
rieux  quand  on  voudra  remonter  aux  sources;  mais  sa 
donnée  trop  exelùsive  devait  nous  interdire  de  le  prendre 
en  tout  pour  modèle.  Le  danger  qu'il  a  voulu  coÉnbattre" 
n'existe  plus  d'sûHeoïs  au  même  degré.  Ce  n'est  pas  l'alté^ 
lotion  de  la  langue  fraàçuse  par  le  languedocien  qui  est  ^ 
Tedouter  :  Tinfluaice^inverse  est  bien  autrement  à  onondrè, 
et  lejiéri  sérieux  est  au  contraire  de  voir  notre  belle  et 


DICTIONNAIRE 

LANGUEDOCIEN-FRANÇAIS 

CONTENANT 

les  définitions,  radicaux  et  étymologies  dos  mots;  los  idiotismos, 
dictons,  maximes  et  proverbes,  lonrs  origines  et  celles  des  contnmes,  usages  et  institutions; 

les  noms  propres  de  personnes  et  de  lienx,  ^ 

origines,  étymologies  et  significations;  les  termes  d'agricnltnro,  de  métiers,  d'arts,  de  professions, 

d'industries  ;  la  flore  et  la  faute  méridionales;  etc.,  etc. 

PAR 

Maximin    D'HOMBRES 

ANCIBN  PBÈSIDBNT  DU  TRIBUNAL  CIVIL  d'àLAIS,  MBMBBB  DB  L'AGADiMIB  DB  NIMBS, 
ANCIBN  PRi»IDBNT  DB  LA  SCaÉTi  8CIBNTIFIQUB  BT  LITTÈRAIRB  D'ALAIS, 


ET 


Gratien   CHARVET 

MBMBBB  DB  L'ACADtMIB  DB  NIMBS,   DB  LA   HOCTBTÂ  ABCHJK)LOOIQUB  DB  MONTPBLUBR 

BT  DB  LA   80C1ÉT6  SCIBNTIPIQUB  ET  LITTÂRAIRB  D'ALAIS, 

OORRBSPONDANT  DU  MINISTÈRB  DB  L'INSTRUCTION  PUBLIQUE  POUR   LES  TRAVAUX  HISTORIQUES, 

OFFiaBR  D*ACADÈM1B. 


ALAIS 

Imprimerie  et  Lithographie  A.  BRUGUEIROLLË,  Grand'rue,  93. 

1884 


iO 


(lL'>iii«'ni'Ob  «n  (le  SCS  l'oniics,  ses  tniirs  i'lli|)ii(|ui\s  ot  >a  cnii- 
struclion  ne  s**  plii'nmt  jamais  au  dialt'rlc  N)uril  ilii  .N->nl,  à 
sa  j)i'«''i"isiim  p\ai;lc  cl  t'<nji[),issr''.  11  iit*  s  iiliiait  de  la  lii>lnii 
quuih*  IiiLMin.ulii)'  sans  inuii,  (jul  in'  .s'iail  ni  <lu  lauLiit'- 
dnci'Mi  ni  du  l'i'ancii.s.  njai>  du  \rai  iKiliii>  ccno  luis,  iiiin- 
l('Ili':iltl*'  au\  lial)il  niN  du  j)a\s  (Mi\-ni<Miii'N,  o[  lail''  ji  'ur 
(10C')nc»'i-lei'  les  ('lianj-'eis  ei  \i'^  plus  sa\anls  (>liil(tl'ii;ui>. 

Mallit'un'USi'ihcnl  rfs  ini-oiii[tatii»ilil'''S  iMiliv  les  dfu\  lan- 
irucs  n'nnt  [»as  cl'  Inujituis  hi-'ii  iMMijuisi-s.  P.mr  (jufli|u«> 
airniit''s  (|Ut'  le  lalin  a\ail  a  Tdriiiin"  a[»[t<ii  l''ts  dan>  lune 
ol  dans  lauliv,  (ui  n"a  [>as  assez  lemi  e(nu|ile  de  leur^  dill'é- 
rence»  iili\siul(»i;i(jue^,  de  t,uU  re  (jue  pcul-èhe  le  cliiiial, 
Wnv  i>iisilinn  ;^e,i^'iMjilii(|n,\  li-uis  (endantes  axaient  iiil> 
crincMiicilialtle,  d  anlipatlniiue  dans  leui"  naiuie,  d  hi>  liiir 
caraet'Te,  dans  leur  mécanisme,  dans  leui'  e\[(ressi  »n. 
C'«Haicnt  deux  ll<Mi\es,  avant  uin'  source  coiiiiuuue ,  »jui 
lonL!leiii|)s  avaieiil  sui\i  une  inandie  parallèle,  !.'<•(. udant 
le  pa\s  dans  leur  cours;  nuis  (jue  de|»ui>  des  p-nis  njipd- 
S(Vs  «uil  enirainés  eu  sen;>  Çdjilraire,  e|   ditiil    les  «mux  ne 

lH}USenl    plus    se    mêler   sans    se    IntUltJer   et    se    LUiruliij)ie. 

C'est  ce  (juil  lallail  surtout  rcm.injuer  :  c'était  a  main- 
leiiir  la  séparation  (ju  il  impiirlait  d"  5'aUaclier. 

Aujourd'hui  lu  lant:ue  jraneaise,  (|ui  ne  ce>se  di'  s-  pro- 
diguer, de  se  répandre,  de  s'  perleclionner,  attire  tout  a 
elle  ;  seule,  elle  a  la  jurole;  vule,  elle  es!  de  Ix-n  ton  et 
de  bonne  compajinie;  tout  se  lait,  s'enseinne,  s-'  rejrnte, 
se  diM'ule,  se  traite  en  Iraneais  ;  sa  [»rei'minene.'  e.Nt  ineou- 
lestalile.  La  laniiue  d'Oc,  a  ses  col''S,  de[)uis  (pi'elle  a  perdu 
sa  nationalité,  n'est  |)lus  (ju'ini  parler  de  \aincus.  Comme 
elle  n'a  pu  se  mou\oir  que  dans  un  cei'cle  ri'^iifini .  sa 
puissanc»'  de  dt'velitppemi'nt  s'est  mesuiV'c  à  des  intérêts  et 
î\  des  besoins  Uirnés.  lanule  souvent  lieuivuse  du  Iraneais, 
dans  la  poésie,  plus  abondante  et  plus  musicale  (jue  hu,on 
l'a  bien  vue  toucher  sans elVorls  aux  conce[)tions  élevées  de 
la  pensé(;  et  de  l'esprit;  uiais  rejetée  de  hi  vie  pid)li<(ue 
active,  du  fiionde  de>  allaires,  de  la  poliii(jue et  di's sciences 
humaiiK^s,  mise  en  (|uel(pie  sorte  au  ban  de  la  civ  ilisatioji 
nuHlerne  :  toute  ex])ansiou  lui  devenait  impossiblt».  Elle  est 
restée,  avec  ses  allures  laniilières,  vulgaires,  un  peu  rusti- 
ques, la  lajigue  du  peuple,  de  la  lamille,  des  cami)agnes. 
Elle  a  vécu  néanmoins  et  elle  vil  encore  de  S')n  propre 
fonds,  par  la  seule  énergie  de  sa  conslilulioii. 

Mais  tous  ra|)ports  philologi([ues  ont  cessé  entre  les 
deux  idiomes.  Leur  co-♦.^xist  -nce  sur  le  même  terriloire  ne 
saurait  fonder  ni  alliance,  ni  association.  La  transfusion  de 
l'un  dans  l'autre  ne  serait  en  ellet  que  raiiéantissement  du 
plus  faible,  sans  prolit  pour  le  plus  fort. 

Sans  doute  il  j)eut  arriver  un  jour,  si  éloigné  (juon  le 
prévoie,  où  le  vaiiKjueur  parviendra  à  étouiVer  le  paria,  à 
force  de  l'élreindre.  Il  le  supplantera  dans  son  modeste 
empire,  mais  son  pouvoir  ne  va  pas  jus^ju'.'i  le  rayer  dȔ  la 
famille  des  langues.  Que  le  languedoci(.'n  soit  su])prirné  et 
démonétisé,  c'est  le  lot  des  proscrits;  mais  rien  ne  fera 
qu'il  n'ait  eu  cours  légal,  qu'il  ne  soit  encore  une  des 


L.'loiresde  la  mere-palrie,  (ju'il  ne  revendique justcuKMit  son 
imlividualilé  di>lincte,  et  qu'il  ne  se  reru>"  a  être  converti  en 
un  des  p.ititis  du  iV.meiis.  (!c>t  mu  moins  contre  cettt» 
d<'Comi»"silion  v  iolcnte  «juil  pioteste,  s'il  est  eondamn»'  à 
niianâr.  Auiis  et  ennemis  s'acharnent  .1  |c  iranslormer  en 
un  ar;_'oi  (jui  le  rendi'a  !iient«»t  tout  a  l'ait  mêc mnai^-sable. 
(;cil.iin>  pmislcs,  et  <|ue|(|iies- uns  tri's-eruilits  vraiment, 
ne  s>nl-ils  p;i>,  n\\<->  jnxpr.i  [»ri>l»>M'r  (pie  l^-  vocabulaire 
lan;.'Ued'i(icn  n'avait  i[<'iï  d  •  mi<.'uv  a  l'aire  «pic  il»  mtltre 
au  pillajc  lc>  diclidiin. lires  Iraiiciis?  Ces  slerilc>  cl  buuii- 
liants  lai'ein>,  .sjjs  cl  u*'iii  •'•ri.ues  en  svsti'ine  cl  inmicentês, 
es  Mi' iji>|i  lieux  am.ilu  unes,  s'ils  s'ai'complissaii'iit,  c  en 
s-raif  lait  de  1.1  lannuc  d  Oc,  et  de  s  1  diunit*',  et  de  Niin  i:ênie. 
L'S  einpiii.[ue>,  en  inliltijnl  dan>  les  vimjic.s  de  |.i  pauviv 
Uialadc  un  san,:^  elr.ni,:je|-,  n'oblienilraient  (|ue  ce  d'-plirable 
ri'.Null.it  de  e"iii[ironicll!'i'  «lavant. !,::c  si>n  e\i>|ejiçe.  A  l'arrêt 
de  iimii  «pi'uii  n  aj'Ule  donc  |>as  un  ariêl  de  lletris>uiv. 

La  r.'action  inti'lli,L:ente  «le  l'esprit  des  provinci\s,  dans  le 
Midi,  n'a  p.is  eje  saluée  partout  av«'c  tant  «le  >ynqKitbie 
encouiMi^eaiilc  ]»<  ur  ;rvtiilcr  t\i  plein  ^u<'cès.  La  langue  d'Oe, 
«pii  a  repris  sa  [A:\y-v  dans  la  littérature  de  la  l'rance,  fait 
di's  >rmai>  partie  de  >cs  richi'sses,  et  sa  conservation  inté- 
resNC  la  gloire  natitaialc  ,Mai>  (pit^  lui  laiit-il  l'iu-ore  pour 
vaincre  les  piV-jugés,  jioui'  avoir  raison  de  tous  les  [)arlis- 
pris?  Llle  nv  parv  icmlrail  pas  mieux  si  ell»»  consentait  à 
reprenilre  les  lnianules  archaupies  du  roman  des  trouba- 
ilours,  avec  Icxpi'llcs  nn  ne  sentemlrait  plus,  «pie  si  elle 
était  contrainte  a  rci-nurir  à  ces  faux  ajustements  d'em- 
prunt, «|ui  renlaidissciit  et  la  «lejigurenl.  .Mais  tous  les  suf- 
frages lui  l'eroiit  ac«*ueil  «piand  elle  se  montrera  dans  sa 
pureté  premier«\  «laiis  sa  sinq>licile  vraie  et  natun'lle.  Llle 
ne  (luit  être  jugée  «pie  sur  son  tv[)e  natal,  sur  un  tableau 
coiiïH-l,  complet,  eidier  d'elle-mêmi',  telle  (ju«'  le  progrès 
la  faite,  modiliet\  ai)i»roprié«%  aviH*  l«\s  accroissements  que 
son  génie  lui  a  apportés  et  «pie  l'usage  consacre.  Au  prix 
d'une  ('puration  sévér»',  elle  méritera  de  s»»  r«*lever  d«' son 
abaissement,  et  d'attirer  les  études  sérieuses  et  la  fav«Hir 
])ubli«]ue. 

Sans  rien  répudier  de  son  jias.sé  «jui  a  jeté  un  vif  éclat 
dans  la  littérature,  ne  peut-<'lh*  avoir  «[uelque  orgueil  de  sa 
renaissance,  qui  n'est  jias  moins  brillante?  C^e  qui  était 
autreftiis  de  son  esstMice,  ne  1»^  porte-t-elle  pas  encore 
aujourd'hui  en  elle?  Touti^s  les  langues  arrivent  nécessai- 
r«Mnent  à  se  transfigunT  avec  l(\s  iimnirs,  l'esprit  public  et 
les  tendances  d«'s  populations  (ju'elles  r«^présejit«Mil.  Et  de 
c«'la  ([ue  l'idiome  méridional  n«^  s'est  pas  iigé  dans  rimmo- 
bilité,  (ju  il  a  éprouvé  des  transforinati<nis,  serait -il  juste 
de  c«)nclure  ([u'il  doit  être  déclaré  alt<'int  et  convaincu  de 
mort  civile?  Ce  ne  sont  |)oint  h*s  acquisitions  nouvelles, 
quand  il  les  a  mar(jué«'s  au  titn*  légal,  qui  i)euvent  dimi- 
nuer son  crédit;  mais  bien  cette  fausse  monnaie,  frappée 
au  coin  d'une  fantaisie  ignorante,  qui  le  déconsidère  :  et 
c'est  là  que  le  remède  doit  être  apj)li(pié. 

D'autre  part,  la  langue  d'Oc  est  morcelée  en  une  infinité 


11 


de  dialectes;  mais  s*en  est-elle  pour  cela  affaiblie  dans  son 
principe?  Tons  ces  rameaux  se  relient  par  mille  radicules 
à  la  souche-mère;  les  nuances  d'intonation  et  de  vocalisa- 
tion viennent  confondre  leurs  accords  dans  Tharmonie 
originelle,  dans  une  gamme  commune.  S*il  n'est  pas  permis 
d'espérer,  à  cause  de  l'étendue  du  territoire  et  de  la  diver- 
sité des  dialectes,  de  les  rassembler  tous  dans  une  compo- 
sition unique,  qui  dénonce  les  altérations  dont  ils  ont 
chacun  plus  ou  moins  subi  l'atteinte,  et  qui  les  ramène  au 
thème  vrai,  ce  résultat  ne  peut-il  être  obtenu  dans  une 
monographie,  qui  se  rattache  à  tous  par  des  aperçus  géné- 
raux, par  la  fraternité  d'origine  et  de  famille?  Notre  dia- 
lecte cévenol ,  par  sa  position  concentrique  entre  la  plaine 
et  la  montagne,  plus  abrité  que  les  autres  contre  les  impor- 
tations exotiques,  ne  s'est-il  pas  montré  aussi  plus  fidèle  au 
vieux  culte,  n'a-t-il  pas  mieux  conservé  les  saines  traditions? 
Ne  devrait-il  pas  être  préféré  pour  ce  travail  d'épuration? 

Ce  sont  ces  études  qui  préoccupaient  l'auteur  des  Caita- 
gnadoi,  auxquelles  il  conviait  un  groupe  d'intimes,  animés 
comme  lui  du  feu  sacré.  11  rêvait  de  rendre  à  son  dialecte 
bas-languedocien,  cet  ami  d'enfance  tant  aimé,  sa  physio- 
nomie vraie.  Dans  cette  pensée  fut  commencée  la  nomencla- 
ture du  nouveau  Dictionnaire  languedocien  :  elle  nous  est 
parvenue  écrite  en  entier  de  la  main  de  M.  le  marquis  db 
La  Fare-Alais. 

A  cet  éminent  esprit ,  si  versé  dans  la  connaissance  de 
l'idiome  maternel ,  si  familier  avec  le  génie  du  gai-savoir, 
il  appartenait,  et  lui  seul  avait  autorité  et  compétence  pour 
cela,  de  dresser  le  nobiliaire  complet  de  notre  langue,  où 
ne  devaient  être  inscrits,  comme  sur  le  livre  d'or  de  Venise, 
que  les  patriciens  de  bon  aloi ,  de  pure  origine  ou  d'allian- 
ces légitimes.  Poète,  il  avait  rendu  à  cette  langue  populaire 
sa  grâce  et  son  élégance,  sa  clarté  et  son  énergie,  son  carac- 
tère joyeux  et  goguenard,  ses  allures  franches  et  agrestes; 
il  l'avait  élevée  même  jusqu'à  l'idéal  qu'on  lui  croyait 
inaccessible ,  jusqu'au  sentiment  et  au  pathétique  pour  les- 
quels on  l'accusait  de  manquer  d'expression  ou  de  souffle. 
Grammairien ,  il  voulait  lui  garder  son  purisme  natif  et  son 
originalilé  technique;  la  sauver  du  servilismede  l'imitation  et 
des  pollutions  de  l'invasion  étrangère  ;  délivrer  son  domaine 
des  excroissances  sauvages  que  le  terroir  natal  n'avait  pas 
produites  et  se  refusait  à  féconder;  conserver  aux  fleurs  de 
ses  champs  leur  fraîcheur  et  leur  parfam ,  sans  proscrire 
toutefois  celles  que  sa  culture  ou  son  génie  avaient  natura- 
lisées  et  dont  il  avait  fait  des  conquêtes.  Le  maître  seul  eût 
pu  mener  à  bien  ce  labeur  délicat  :  malheureusement  il  ne 
lui  a  pas  été  donné  de  l'accomplir;  mais  il  en  a  déposé  la 
pensée  dans  la  nomenclature. 

Cette  classification,  telle  qu'il  nous  l'a  laissée ,  accompa- 
gnée de  quelques  notes  trop  rares  et  pieusement  recueillies, 
qu'il  sera  facile  de  reconnaître ,  forme  un  tout  complet. 
Notre  système  d'orthographe  et  les  régies  de  notre  syntaxe 
s*y  trouvent  en  germe  :  toutes  les  acquisitions  nouvelles  du 
Cévenol  sont  légalisées,  les  néologismes  irréguliers  condam- 


nés; le  maitre  a  prononcé.  Pour  nous,  ces  listes  de  mots 
sont  les  tables  de  la  loi  :  elles  fixent  notre  dialecte,  elles 
sont  notre  langue  vraie,  actuelle,  vivante.  C'est  l'arrêt  au- 
quel il  n'y  a  rien  à  ajouter  ni  à  retrancher  :  le  jugement 
dernier  qui  sépare  le  bon  grain  de  l'ivraie. 

Il  y  a  plus  de  vingt-cinq  ans  du  jour  où  fut  écrite  la  pre- 
mière ligne  du  Vocabulaire  et  où  nous  recevions,  avec  un 
ami,  hélas!  perdu  aussi  pour  nous,  la  confidence  du  plan 
d'une  entreprise  trop  tôt  interrompue.  Alors,  dans  une  col- 
laboration fraternelle,  à  laquelle  manquait  son  chef  naturel, 
le  travail  aurait  pu  êlre  suivi;  d'autres  préoccupations 
arrêtèrent  nos  études,  sans  jamais  cependant  nous  les 
faire  perdre  entièrement  de  vue.  Enfin,  quand  au  dernier 
survivant  est  revenu  ce  legs  de  l'amitié,  pour  en  accepter 
l'honneur  et  les  périls  il  a  moins  consulté  ses  forces  que 
son  patriotisme.  L'œuvre  avait  été  inspirée  par  un  senti- 
ment qui  devait  la  faire  continuer  :  elle  pouvait  être  utile, 
ses  difficultés  ne  devaient  pas  empêcher  d'en  tenter  les 
risques  et  les  écueils.  Mais  aujourd'hui  que  la  tAche  est  à 
peu  près  remplie,  que  nous  avons  parcouru  jusqu'au  bout  la 
voie  tracée  par  les  jalons  indicateurs,  nous  jetons  un  regard 
en  arrière,  et  nous  doutons.  La  bonne  volonté  ne  nous 
a-t-elle  pas  égaré?  L'esprit  du  maître  ne  souffle  plus;  ne 
nous  a-t-il  pas  abandonné  dans  ce  long  trajet?  Et  nous  en 
sommes  à  nous  demander,  en  le  regrettant  peut-être,  s'il 
n'eût  pas  été  préférable  que  l'esquisse  fût  restée  simplement 
au  trait  qui  seul  lui  donnait  tant  de  vie  et  d'animation; 
s'il  n'eût  pas  mieux  valu  que  la  toile  eût  été  laissée  vide 
dans  son  cadre  d'or.  Puisse  au  moins  la  gangue  abrupte 
ne  pas  trop  déparer  le  diamant  que  nous  avons  voulu 
mettre  en  lumière  ! 

Tout  d'abord  nous  devions  dire  comment  était  né  le 
nouveau  Dictionnaire  languedocien;  maintenant,  que  son 
ordonnance,  sa  marche  et  son  développement  eussent  dû 
être  moins  imparfaits,  plus  conformes  aux  us  et  coutumes 
et  aux  règles  académiques,  nous  l'avouons.  Il  y  aurait  trop 
mauvaise  grAce  h  ne  pas  le  reconnaître  et  trop  de  présomp- 
tion à  ne  pas  s'en  excuser,  n  va  de  soi  que  notre  pré- 
tention n'a  pas  été  de  faire  un  livre  savant,  pas  plus  que 
destiné  à  apprendre  la  langue  à  ceux  qui  la  savent;  mais  il 
importait  de  conserver  l'acte  de  son  état  civil,  nous  l'avons 
fidèlement  enregistré.  Nous  avons  mis  toute  sorte  d'appli- 
cation et  de  désir  à  bien  faire,  pour  rendre  utiles  et  inté- 
ressantes nos  recherches,  pour  maintenir  lessaines  traditions; 
s'il  ne  nous  a  pas  été  donné  de  faire  mieux,  à  nous  seul 
la  faute.  Mais  que  ne  nous  pardonnera-t-on  pas  et  ne  nous 
laissera-t-on  point  passer  à  la  faveur  des  deux  noms  si 
populaires  et  si  sympathiques  qui  nous  couvrent?  Ce  double 
patronage  de  Sauvages  et  de  La  Fark-Alais,  nous  l'invo- 
quons à  chaque  page.  A  plus  d'un  titre  nous  avions  le  drmt 
de  nous  en  réclamer  :  ici  le  devoir  qui  nous  tenait  le  plus 
au  cœur  était  de  porter  l'hommage  du  souvenir  et  de  la 
reconnaissance  à  ces  deux  mémoires  vénérées  et  chôres. 


A 


A,  5.  m.  Proiiiiôre  lollre  do  Talpliabct.  O'Uo  loltro  ii'«''tniit 
jamais  iiiuolte  vl  n'ayniit  ruruiir  seule  cl  uum\o  pronoucia- 
lioii,  il  Ji'y  a  pas  lion  di^  lui  iIdiiiiit  un  aoocui  (|U(lc«)ti<[u<\ 
iii  au  coiniiMMKMMiit'ul,  ni  à  la  liii,  ni  dans  rinttM'ii'Ur  d"\ni 
mot.  (>[>ondant  A  pnMid  l'acconl  circonllcx"'  dans  la  dipli- 
llionj^ui'  :  inàou,  pùoii,  donbc,  clc. 

A,  prcpos.  cl  siijna  fiti  tlalifh.  —  Aitan  à  ht  vilo ;  dotind  ilv 
pan  à  un  piïoure.  Ici  Ta  n'i'Sl  ])as  onnsiilt'iv  coiiimk'  Ir-lli'c, 
connno  sul»sl;nilii';  il  osl  [Hvposilion.  Pdur  l(Mli>lini;iii'i'  ainsi, 
t;t  nt^  [)as  1»'  cnnlnndrc  M\t\-  (<'  nml  suivaJil,  nniis  lui  dttnniiii"^ 
TacotMil  graN»',  (jui  du  ivs!»*  in*  ni<tdi(i<M'n  ri-'ii  sa  pronon- 
ciation. 

A,  3'"''  pei's.  nul.  près,  du  v«'I'Ik' .Irt'/zr,  il  un  i-H.^  a. 

A,  (It'sinenrr,  <pii  est  rcpn'Si'nlt't*  dans  (piclt|U«'S  nuiiis 
ju'opi'cs  d'Iinniiiii'  el  dans  licaUiMUp  (le  nnius  de  lii^i,  en 
fr.  par  nr.  v\  on  lai.  [tai"  nni.s.  (icKut, 

Dans  aui'ini  mot  nnli-.-  dialccli*  n'admet  ni  ne  piMuoiic.' 
le  C  (inal;  le  IVanciis,  an  eonlrain',  je  ('..il  rorlcincnl  ^.'iilir; 
en  ce|;j,(^t  sur  la  lenniiiaiMtn  dont  lions  liMiliii^,  (■•lui  ci  ><• 
ra])|M'oche  da\anta]j«'  de  rancieniit'  loiine.  >i>.s  aiciiv,  I-n 
(li'H'vs,  axaient  en  elVi'l  c<'  miIIîm'  </c.  <//.,  ipii  >•'  ciiili^H'lail 
a\ec  Son  é([ui\al''iil  ce,  c/V,  cons'i'\i'>  ejn* n',- d ms  l'ar.ii^  li- 
cain,  le  caiul)i*i([ne  iM  ;iulifs;  •'(  il>  ap[iii  «.siciU  Mii>  d  ail' 
sur  la  linali'. 

On  conn.iit  je  rttle  dis  pi''!i\(S  et  d"N  su.'liX''^,  tl'ux 
soiire.'S  (pii  f'M'onl.Mit  el  ('ni'i>-lii>>"nl  les  laii^Lue^.  (l-nx-l.t 
])rt''Ci'deiit  le  mot.  l'ont  les  omp  is(''>  et  macquo  il  un  i.p- 
poil  de  C'»u\enance.  de  lii'U  .  de  dislnic",  d-'  t'..i|!>,  d" 
dinV'rei!!-".  fie.;  c 'U\  ci  >ui\eiii  If  m-it,  iMian'iit  |i  >  d'  ,i\  s 
et  im[tiimejii  à  la  i\..'in  '  un  s-iis  p  ;i  lli-uli  i"  t!  ■  (pi  lit.-,  de 
mode,  d'aelioii,  d'  «^ull:^l  luee .  d  appi'. -j'i'i  diou  ,  di'  j''>-'.ii- 
Manee,  di'  reunion,  de  cti||.'ch\  it''  et  aulre.s.  ïj'  Miilixc  //.-, 
d'ori^^'iu''  ,t:aul"i-e,  S(r\. lil  à  ad';i'r|i\<'i'  1-'  r'i'.icl  ;iii(|iii|  il 
s'atlaeliail ,  en  lui  a(iporrnd  un^*  id'v  d''  d- >••  !i  !  iiiee,  de 
propriiUi'  ou  de  colh'cli\ile,  (piand  il  s"ajoa[  lit  a  un  nom 
prol)re. 

Kn  ai"ri\ant  (lan>  l  s  (iaule^,  linme  |enr  imjio>a  m  lanuue 
et  son  ^éine;  mais  le  \ii'U\  Ironc  cellitjuf  ne  lu!  pa^  d  ra- 
cine et  ses  rameauv  \erdi>sai''nl  daii>  le  lani.ML'e  u>U'd  an 
Uiilieu  i\v<.  pousses  latines.  Ij's  d'iiomiiialioiis  locales  traib's 
faites  ne  pi)u\ai»'nt  s VlV.u: t  :  ell.-s  fuient  latinisivs  le  pins 
souxent  par  la  siin[il<}  addition  de  la  s\  Malte  romain'' caiac- 
lérisliipie  lis,  (t,  unt,  selon  ([u'il  s'agiss.iit  d'un  nuinsus  on 
payns,  d'une  ciUa  nii  niansio,  d'un  cnstruin  mi  pniu/ùun. 
Pour  les  élaljlisseiuents  nouveaux  à  créer  et  à  nommer,  le 
contact  perséNéranl  des  deux  idiomes  amena  des  inodilica- 
tions  do  procédés  et  de  formes.  L(^  latin  introduisit  son 
génitif  eu  i,  signe  do  relation  idenli(iuo  au  suflixe  ac;  et 


ABA 


de  là  trè^-prol»al^lement  les  désinences  en  acius  ou  ocium, 
et  par  transi)osition  iacus,  icHunn,  et  jieui-élre  les  tle\ions 
en  assitts,  assiinn,  nlins,  aiinui,  (Tel  ni  déjà  i  altération, 
mais  aus>i  le  renon\ellemenl  ;  <'t  pendant  !<•>  sept  dU  huit 
sii'clt's  (pi«'  dura  la  décadence  ilu  r<\L'iuie  rouiain,  ipii  allait 
s'alt^'iMiit  dans  la  hasse  laliinir-,  s''  faisait  en  même  temps 
le  travail  de  iorniation  de  la  lan^Mie  d'Oc,  prèle  à  jeter 
taiil  d'éclat  avec  ses  Inadiadours.  H  est  facili'  de  com[>ren- 
di'e,  dans  ciMle  p/'riode,  les  transformations  par  Ic^pielles 
diu'ent  passer  les  di''sii:nations  aiipe||.iti\i'S,  sans  parler  des 
iidlu''ners  i'llmi(pi''>,  <[ui  ai;i»eni  ;i\ec  tant  de  pui>sance  sur 
les  (U'iiaiies  \ocaux  el  >ur  laceenl. 

Les  reMjll.d^  SI'  traiiuis''nl  en  \ari;mtt'S  multipliées. 
Tandis  tpie,  \\,\\\<,  If  Noid,  le  >ulïi\e  nv  se  con\ertil  (^ii  e, 
('[/,  (iij,  /,  //,  il  ll't  InUdnis  l<'  Mnli,  en  (t  simple,  en  er,  e.r; 
\ers  I''  (ientre,  f'U  ('<(,  eu.i;\\[\  pi'ii  pailoul ,  en  ns  v\  al:  et 
toiiji.ui's  le  loin  immolai."  il  uhiroin.e  a  persi>t''' dans  ses 
Jinali'^  iicis  el  arnui,  îdrus  cl  incuiu.  D.ois  cette  Variété  de 
[)i"nilails  i>■>u^  d''  l'union  ih'.s  Inrine,-,  l,ihne>  avec  les  dési- 
nene.si:aidoi^.'>,  lanlol  laliiii,>''-i'>,  laidol  senlrnient  traduites 
d«'  l.i  Iniju"  \id;jiiie  r|  priii.iliv'',  \,\  i-uinhinaison  de  la 
nn'uiîliii'  sur  1/  ;.]»|MiaiI  ilaiis  luaucinj)  de  noms;  elle. 
ani'i!"  me 'i"i'  eunnia   «-(iniv.d  nt  !«'  suilixe  <///,  c;*  et  autres, 

et,  il  faut  le  1VÇm|iii,ii|  |V  ;;ii<M,  |.'  7  c  Ilique  mouillaut  \n, 
(pli  d'iiM  ',  ]to!u'  '/'■  <l  <t(  uti:  (Il  niciini.  daus  1'-  .NiU'd,  tijnt', 
iijiii.  i';"!i.  i[iiiic<,  (jiii  Ui'  s:tn!  p.i-^  moins  pill(ir('S(pii'S  (]ue 
lii>  <i>ji>  r,  'i;jn;>.  (.  >/ '.I ':rs,  'ni-'j':  s,  •iiju'i  l'ifufs,  ar/jneol 
01 'jr..  in  i  i  !i  Ml  oiv .  (liii  <nl  I.---  i;."ii.'s  elriinMils  ]>riiiiitifs 
il  rf.imi.i  ni  a  I,;  h.'iip'  s  ■aiNf.  lai  c  iinmeiicnit,  il  fallait 
t' nir  iiol"  (!••  e.  >  Iran^formaliiUis.  -—  Voii.  les  articles  .1/^, 
Aiijw,  el   jis  cxi'iiipl.s  >oiî>  It's    n.tiiis  de  lit>(i   Ainiat'ffite, 

Abadiè,  .v.  /'.  .V!'lta\e:  moiu>|  ae  d  liommes  ou  di*  fem- 
iiir<,  ^'.ii\('[|i.''  |),(f  un  alil)''  on  mit'  ahltesse. 

\)  v.  du  l.din  M>.l>ntiii . 

Abandoù,  s.  m.  AImjiiIou.  —  il  ne  se  prend  guère 
([u'advi-riiialemenl.  I.aissoloni  à  I  <i(ju/i  /où,  il  ]n''irlig(^  toutes 
ses  a  lia  (l'es. 

Abandouna,  r.  Al»aiidoiHi''i'.  —  (>  mut  d'origine  toute 
franc  ti>  '  (>t  peu  emj»lo\é  dan>  son  m-us  propn»,  mais  il 
devieni  tunl-à-fait  leclnii([Ui'  an  participe  [»asst'  fém.  uno 
ahiiuîoiiuailo,  uii'*  femme  décriée  et  (pie  tout  le  monde  fuit. 

>ious  reinanjuerdns,  en  comniiMicant  et  une  fois  pour 
toutes,  (pie  le  pins  grand  nombre  de  verlies  actifs,  daus 
notre  jdioine  ainsi  (pie  dans  le  hasd>reton,  se  terminent  ou 
A  à  rinlinitif  et  au  part.  pass.  masc.  Tous  c(\s  partici]x^s 
font  ado  au  féminin. 

Abàoucha  [s],  c.  Tomber  sur  la  face,  sur  le  uoz. 


ABÉ 


ABE 


IS 


Le  radical  semble  pris  de  bueca,  bass.  lalin.,  boache. 

Abtoosa,  17.  Retoaroer  nn  vase  sens  dessus  dessous. 

Abàoiua  (s*),  v.  Se  coucher  à  plat  ventre. 

AbâouBOÙ  (d*),  ou  d'Abâousoùs,  adv.  A  plat  ventre, 
£ue  à  terre. 

Abarbassl,  ido,  adj.  Barbu,  qui  laisse  croître  sa  barbe 
outre  mesure. 

Dér.  de  Barbo, 

Abartassi  (s*),  v.  Se  couvrir  de  buissons;  dégénérer  en 
buisson.  Se  dit  d'un  arbre  qui  a  été  brouté  ou  trop  fré- 
quemment ravalé  dans  sa  jeunesse. 

Dér.  de  Barta»,  buisson. 

Les  verbes  dont  Tinfinitif  est  en  I ,  ont  la  même  termi- 
naison au  part.  pass.  maso.  ;  ils  font  au  fém.  ido  :  règle 
générale. 

Abasanl  (s*),  v.  Se  flétrir,  se  rider;  devenir  vieux,  usé, 
mi-pourri.  Se  dit  quelquefois  des  personnes,  mais  plus  sou- 
vent du  bois  de  service  qui  a  été  pénétré  par  l'humidité  et 
la  gelée,  et  qui  perd  par  là  son  poids  et  sa  dureté. 

Abastardl  (s'],  v.  S'abâtardir,  se  rabougrir,  dégénérer. 
Se  dit  surtout  des  plantes  et  des  céréales  qui  dégénèrent 
faute  d'assolement  et  de  renouvellement  des  semences. 

Abatsda,  v.  Attaquer,  poursuivre  quelqu'un  avec  des 
projectiles  quelconques;  jouer  de  la  fronde,  jouer  à  la 
bataille,  lancer  des  pierres  avec  la  fronde  ;  abattre  des  fruits 
à  coups  de  pierre  ou  de  gaule. 

Abè,  9.  m.,  dim.  Abéqué.  Abbé.  Ce  mot  n'est  plusqu'mic 
désignation  générique  de  tout  ecclésiastique,  n'importe  son 
rang  et  ses  fonctions,  jusqu'à  celles  d'évôque  inclusivement. 

Dér.  du  lat.  Abbas, 

Abé,  s.  m.  Sapin,  Abies  vulgaris,  Linn.  Grand  arbre  de 
la  famille  des  Conifères.  —  Voy.  Sapin. 

Dér.  du  lat.  Abies, 

A-bé-cé-dé,  s.  m.  A-b-c,  abécédaire,  alphaljet. 

Abéîano,  s,  f.  Mélisse,  citronnelle.  Métissa  officinalis, 
Linn.  Plante  à  odeur  de  citron.  Ses  feuilles  prises  en  infu- 
sion sont  un  léger  stomachique.  C'est  le  thé  des  paysans. 
—  Voy.  Idmounéto, 

Etym.  de  abéîo,  parce  que  les  fleurs  de  cette  plante,  la 
mélisse,  attirent  les  abeilles,  dont  le  nom  grec  est  [xsXiaaa, 
formé  lui-môme  de  (jiXi,  lat.  mel. 

Abéîè,  s.  m.  Grand  troupeau  de  moutons  composé  de 
plusieurs  troupeaux  de  différents  propriétaires,  et  que  l'on 
réunit  sous  la  garde  d'un  maitre-berger  nommé  baïle,  pour 
les  conduire  en  été  sur  les  hautes  montagnes.  —  Voy.  Avé. 

Ce  mot  est  évidemment  une  dégénérescence  à^âouèliè,  qui 
a  la  même  signification  dans  le  dialecte  gascon  ou  plutôt 
bcnlelais.  Ce  dernier  est  dérivé  (ïàouélio,  brebis,  formé  du 
Utin  ooù,  comme  ovUe,  bergerie,  étable  à  brebis.  C'est  la 
origine  que  le  français  ouaiUe  ou  ovaille. 
ï^  c.  f.  Abeille,  mouche  à  miel.  Apis  mellifim,  Linn. 

—  Mèrdo  d*ûbéio,  miel.  Carga  coumo  uno  abêio,  chargé 
oonune  une  abeille;  ne  se  dit  que  de  quelqu'un  chargé  de 
butin  on  d'objets  utiles  à  soi-même. 


Abél  ou  i^iè,  s.  m.  Rucher  d'abeilles;  lieu  où  sont  pla- 
cées les  ruches  à  miel;  l'ensemble  de  toutes  les  ruches. 
*—  Voy.  Apiè. 

Abëna  ou  Ayéna,  v.  Finir,  user,  élimer.  Se  dit  d'un 
habit,  du  linge,  d'un  meuble;  au  flg.  d'une  personne  usée 
de  vieillesse  ou  de  travail.  —  C'est  encore  un  technique 
particulier  pour  les  filatures  de  soie.  Chaque  jour,  à  la  fln 
de  la  journée,  on  ramasse  les  derniers  cocons  à  moitié  fllés 
qui  restent  dans  la  bassine ,  pour  les  réunir  le  lendemain  à 
des  cocons  neufs  ;  mais  le  samedi  il  y  aurait  inconvénient 
à  les  laisser  croupir  ainsi  tout  le  dimanche  dans  leur  humi- 
dité. Pour  y  obvier,  on  travaille  un  peu  plus  longtemps  le 
samedi,  pour  achever  de  filer  ce  qui  reste  de  soie  aux  der- 
niers cocons  :  c'est  ce  travail  sur  les  cocons  ainsi  usés,  et 
sans  en  adjoindre  de  neufs,  qu'on  appelle  Abéna.  — 
Voy.  Avéna. 

Abénaduros,  s.  f.  pi.  Reste  de  cocons  mi-dévidés  dont 
il  est^parlé  à  l'article  précédent.  La  soie  qui  en  provient  a 
moins  de  force  et  de  nerf,  car  ce  sont  les  filaments  inté- 
rieurs et  le  dernier  travail  du  ver  arrivé  à  sa  fin.  Aussi 
n'est-il  pas  prudent  de  dévider  cette  soie  sur  la  flotte  déjà 
commencée;  elle  paraîtrait  à  l'extérieur  et  donnerait  à 
l'œil  mauvaise  opinion  de  sa  consistance.  Pour  y  remédier 
on  prend  une  roue  nouvelle  et  l'on  entreprend  une  autre 
flotte  ;  alore  la  soie  provenue  des  abénaduros  se  trouve  en 
dedans  et  passe  ainsi  inaperçue. 

Abèou  (àl'),  adv.  En  danger,  sur  le  bord  d'un  précipice, 
sous  le  coup  d'un  accident.  —  Aquà's  bien  à  V abèou,  cela 
est  fort  exposé,  bien  en  danger. 

Dér.  peut-être  du  lat.  Labes,  chute,  ruijie;  mais  alors  il 
aurait  dû  être  écrit  iMbèou;  peut-être  du  lat.  Abyssus, 
abîme,  précipice. 

Abéoura,  v.  Abreuver;  mener  à  l'abreuvoir,  faire  boire 
les  bestiaux  ;  combugcr  un  vaisseau  en  ]x)is,  des  futailles. 
—  La  tèro  es  prou  abéourado,  la  terre  est  assez  humectée, 
abreuvée. 

Dér.  de  Béoure,  boire. 

Abéouradoù,  s.  m.  Abreuvoir;  auge  à  cochon;  auget  de 
cage.  On  dit  proverbialement  :  I  aï  tout  soûl  à  Vabéouradoii, 
il  n'est  pas  nécessaire  de  le  mener  boire,  il  sait  boire  tout 
seul,  en  parlant  d'un  ivrogne.  —  Cassa  à  Vabéouradoà, 
tendre  des  filets  le  long  d'un  ruisseau  où  vont  boire  les 
oiseaux. 

Abéouraje,  s.  m.  Breuvage.  —  Il  se  dit  de  la  p&tée 
qu'on  sert  aux  cochons;  du  breuvage  mêlé  de  son  et  de 
farine  qu'on  donne  aux  chevaux  et  aux  vaches  ;  particuliè- 
rement des  breuvages  médicaux  qu'on  fait  avaler  aux 
animaux  domestiques  de  toute  sorte. 

Abéonre,  s.  m.  Toute  sorte  de  boisson  étendue  d'eau» 
mais  dont  le  vin  est  la  base,  soit  piquette,  soit  vin  trempé; 
abondance. 

Abérlénquiè  ou  Amélan,  s.  m.  Amelancbier,  Cratœgm 
emelanehier,  Linn.  Arbrisseau  de  la  fam.  des  Rosacées.  Son 
fruit  se  nomme  Abérlénquç.  —  Voy.  Am&an. 


Notre  ami  succomba,  le  27  décembre  1873,  à  la  cruelle  maladie  dont  il  était  atteint  depuis  plusieurs 
mois.  Il  mourut  en  chrétien  convaincu  et  résigné,  digne  couronnement  d'une  aussi  belle  existence. 

M.  B.  de  Roux-Larcy  a  résumé  en  trois  mots,  sur  sa  tombe,  la  noble  devise  de  Maximin  :  «  Dévoue^ 
meni,  abnégation,  fidélité,  • 

«  Sa  foi  religieuse,  a-t-il  ajouté,  sa  mort  la  proclame —  Sa  foi  politique  fut  de  celles  qui  com- 
mandent le  respect  à  leurs  adversaires,  et  qu'aucune  épreuve  ne  fait  jamais  défaillir  (1).  » 

a  Né  dans  le  sein  de  l'Église  romaine,  élevé  dans  la  foi  et  Tamour  de  ses  dogmes,  dans  le  respect  de  ses 
décisions,  dans  la  soumission  à  sa  discipline,  a  dit  excellemment  de  lui  M.  d'Ëspinassous,  rien  de  ce  qui, 
dans  nos  temps  troublés,  a  fait  boiter  tant  d'âmes,  n'a  eu  la  force  de  le  faire  dévier  un  seul  moment  de  son 

devoir  filial Dieu,  roi,  patrie,  cité,  famille,  amis,  tant  que  ce  noble  cœur  a  battu,  il  a  tout  aimé  avec 

obstination —  Catholique  et  légitimiste  par  sentiment,  il  devait  nécessairement  en  être  le  type  le  plus 

pur,  et  il  ne  pouvait  que  vivre  et  mourir  dans  les  bras  de  l'Église  et  en  rêvant  du  trône  (2).  » 

A  ce  splendide  hommage  aussi  mérité  que  noblement  exprimé,  il  nous  suffira  d'ajouter  que  la  mort  de 
Maximin  d'Hombres  fut  une  perte  irréparable  pour  sa  famille  et  ses  nombreux  amis,  et  un  deuil  public  pour 
cette  excellente  population  alaisienne,  qui  voyait  s'éteindre  en  lui  une  de  ses  figures  les  plus  originales  et 
les  plus  aimées,  un  des  derniers  chroniqueurs  de  ses  mœurs  populaires,  un  des  derniers  représentants  de 
ses  antiques  traditions. 


* 


Après  la  mort  de  notre  ami,  Madame  d'Hombres  voulut  bien  nous  confier  le  soin  de  terminer  l'œuvre 
inachevée  de  son  mari  :  honneur  insigne  et  périlleux,  qui  nous  revenait  moins  qu'à  tout  autre  et  que  nous 
nous  sommes  efforcé  de  justifier,  sans  espérer  d'y  avoir  réussi  aussi  complètement  que  nous  l'aurions  désiré. 

Maximin  d'Hombres  avait,  en  mourant,  laissé  le  Dictionnaire  languedocien  rédigé  et  imprimé  jusqu'à 
la  lettre  M,  inclusivement.  Il  restait  donc  à  définir,  sans  autres  jalons  que  la  liste  incomplète  laissée  par 
M.  le  marquis  de  La  Fare-Alais,  tous  les  mots  correspondant  aux  douze  dernières  lettres  de  l'alphabet. 

L'orthographe  introduite  par  M.  de  La  Pare,  dans  ses  poésies,  est  des  plus  défectueuses  et  se  trouve  en 
complète  opposition  avec  les  origines  et  les  traditions  de  la  langue  d'Oc.  Maximin  d'Hombres  l'avait  néan- 
moins adoptée,  par  déférence  pour  le  souvenir  de  son  ami,  et,  bien  que  nos  préférences  soient  en  faveur 
de  l'orthographe  rationnelle,  reconstituée  par  la  renaissance  provençale,  nous  avons  dû,  à  notre  tour,  nous 
plier  aux  mêmes  exigences,  pour  conserver,  à  l'œuvre  à  moitié  accomplie  de  nos  prédécesseurs,  sa  physio- 
nomie propre  et  sa  complète  unité. 

Dix  ans  ont  été  consacrés  à  cette  tâche  laborieuse,  dont  l'accomplissement  nous  a  été  facilitée  surtout 
par  MM.  Emile  de  Firmas-Périès  et  César  Fabre,  deux  alaisiens  de  vieille-roche,  pour  qui  le  dialecte  Cévenol 
n'a  point  de  secrets.  Nous  devons  aussi  de  nombreux  renseignements  aux  trois  poètes  d'Alais,  successeurs 
de  La  Fare,  MM.  Paul  Félix,  André  Leyris  et  Albert  Arnavieille  ;  et,  d'autre  part,  M.  Emile  Reboul,  a  bien 
voulu  prêter  à  MM.  Alfred  Veirun,  Auguste  Brugueirolle  et  Clodomir  Castagnier,  imprimeurs  du  Diction- 
naire, le  concours  de  son  remarquable  talent  de  correcteur. 

Nous  nous  estimons  heureux  de  pouvoir  consacrer  ici,  à  ces  bienveillants  collaborateurs,  les  meilleurs 
témoignages  de  notre  sincère  reconnaissance. 

Alais,  27  décembre  1883. 

G.  CHARVET. 


(1)  Discours  prononcé  par  M.  E.  de  Roux-Larcy  sur  la  tombe  de  M.  Maximin  d^Hombres. 

(2)  Ëloge  de  M.  Maximin  d'Hombres,  par  M.  d'Ëspinassous. 


EXPLICATION  DES  ABRÉVIATIONS 


A  OU  a 

Ace 

Adj 

Anv 

Allem 

Angl 

Art 

Au  FiG 

AUGM 

Au  PROP 

Bass.  lat 

Cant 

Cat..    

Celt 

CÉV 

COMM 

COxNJ 

CONTR   

CORR 

Dat 

DÉMONS 

DÉR 

DiAL 

DiCT 

DlM 

DlPH 

Emp 

Esp 

Etym 

ExrxAM 

Ex 

F.  ou  f 

Fam 

FiG 

Fr 

Frèq 

Gasc 

GÉMT 

Gr 

Imp 

—  Indique  le  cliangomeiU 
=  Signifie  égale.  Ex.  Ac  = 


Actif» 

Accusatif 

A'Ijeclif. 

Adverbe  ou  Adverbialement. 

Allemand. 

Anglais. 

Article. 

Au  figuré. 

Augmentatif. 

Au  propre. 

Basse  latinité. 

Canton. 

Catalan. 

Celte  ou  Celtique. 

Cévenol. 

Commune. 

Conjonction. 

Contraction. 

Corruption  ou  Corrompu. 

Datif. 

Démonstratif. 

Dérivation  OU  Dérivé. 

Dialecte. 

Dictionnaire 

Diminutif. 

Diphihongue. 

Emprunt  ou  Emprunté. 

Espagnol. 

Etymologie. 

Exclamation. 

Exemple. 

Féminin. 

Famille  ou  Familier. 

Figuré. 

Français. 

Fréquentatif. 

Gascon. 

C,  en  itif. 

Grec. 

Impératif. 


Ind Indicatif. 

Interj Interjection. 

IrrÉg Irrégulier. 

Ital Italien. 

Lang Languedocien. 

Lat Latin . 

LiM Limousin. 

LiNN Linnee,  naturaliste. 

Loc.  PRVB Locution  proverbiale 

M.  m .  ou  M  ASC Masculin. 

M .  SIGN Même  signification. 

N .  PR Nom  propre. 

Par  EXT Par  extension. 

Par  ex Par  exemple. 

Part,  pass Participe  passé. 

Péj  .  ou  PÉJOR Péjoratif. 

Pers Personne. 

Pur.  F  ou  faitk Phrase  faite 

Plur Pluriel. 

Port Portugais. 

Pop Populaire. 

Poss Possessif. 

Prép Préposition. 

Prés Présent. 

Prêt Prétérit. 

Pron Pronom. 

Prov Provençal. 

Prvb Proverbe. 

UÉDUP Réduplicatif. 

WÈY PéfUchi. 

Rel Relatif. 

SiNG Singulier. 

SuBS.  ou  s Substantif. 

Syn Synonyme. 

ÏRAD Traduit. 

Trifh Triphthongue. 

\ .  C.  M Voyez  ce  mot. 

\  .  OU  V Verbe. 

V .  1 Vieux  langage. 


VoY Voyez. 

traccq»lious  ou  de  sens  d'un  mot;  mais  plus  souvent  les  citations  et  remarques. 

=  ec,  ac  égale  ec  ;  angue  =  anégue,  =  anenche  :  angue  égale  anègue,  égale  anenche  ;  etc 


DICTIONNAIRE 


LANGUEDOCIEN-FRANÇAIS 


BOISSIER  DE  SAUVAGES!  Db  LA  FARE-ALAIS !  Deox 

noms  radieux  et  sympathiques,  que  nous  sommes  heureux 
d'inscrire  en  tète  des  colonnes  de  ce  livre,  et  qui  feront  sa 
mdlleuie  fortune. 

Au  premier  nous  rattachent  des  liens  de  fomille;  an 
second  est  due  Hdée  première  de  notre  nouveau  DicUon- 
nain  languedocien. 

L'abbé  de  Sauyagbs,  parmi  les  célébrités  que  notre  pays 
a  vues  naitre,  on  Ta  dit  avec  raison,  est  la  plus  oomplète- 
ment  alaisienne  :  aucune  n'a  le  cachet  du  crû  comme  la 
sieane.  Géologue,  physicien,  naturaliste,  agronome,  litté- 
rateur ou  lexicographe,  soit  qu'il  omsacre  ses  études  à 
ragricnlture,  soit  qu'il  dirige  ses  recherches  vers  la  linguis- 
tique, tous  les  travaux  d'une  vie  bien  remplie  et  toujours 
ai^quée,  les  connaissances  variées  qu'il  possède  à  un 
degré  distingué,  supérieur  même  en  quelques  branches,  son 
expérience  et  son  rare  savoir  semblent  n'avoir  quelque  prix 
à  ses  yeux  qu*autant  qu'il  peut  les  faire  tourner  à  la  pros- 
périté et  à  l'illustration  de  son  pays  natal. 

Entre  tous  ses  ouvrages,  le  seul  dont  nous  ayons  à 
parler  ici,  le  mieux  connu  peut-être,  ne  pouvait  manquer 
de  porter  l'empreinte  de  cette  pensée  de  bien  public.  Dès  le 
titre  même  de  son  dictionnaire,  et  dans  sa  préface,  le  but 
du  modeste  savant  prend  plaisir  à  s'avouer  hautement,  n 
se  donne  pour  mission  principale  d'enseigner  à  parler  cor- 
rectement le  français  à  ceux  de  ses  compatriotes  qui,  accou- 
tumés dés  l'enfance  à  formuler  leur  peiûée  en  languedocien, 
iï*m  donnent,  en  se  servant  du  français,  qu'une  traduction 
vidense  et  toute  hérissée  de  gasconismes.  Il  se  propose  en- 
suite d'expliquer  les  mots  du  vieux  langage  dont  fourmil- 
lent les  titres  et  actes  étabfissant  d'anciens  droits  ou  leur 
exemption.  Vne  pareille  conception  a  pu  paraître  étrange^ 
originale  :  il  n*y  faut  voir  qifô  le  sentiment  exagéré  peut* 
être  mais  toudiant,  d*un  noble  patriotisme,  qui  sacrifie  au 
déiir  d*ètre  utile  mémele  soin  de  sa  renommée  littêrane  et 


scientifique.  Cette  préoccupation  toutefois  a  empêché  une 
œuvre  excellente  d'atteindre  la  portée  que  l'auteur  pouvait 
se  promettre.  Elle  lui  fait  mettre  de  côté  les  mots  les  plus 
usuels,  pour  ne  s'attacher  qu'à  des  techniques;  tous  les 
termes,  et  souvent  les  mieux  employés,  ne  se  trouvait  pas 
chez  M,  et  il  les  néglige  pour  en  poursuivre  d'autres, 
hors  de  sen  domaine,  sll  y  peut  saisir  l'occasicm  d'un 
redressement  et  matière  à  sa  leçon  de  français.  Restreint 
ainsi  dans  lue  spécialité,  et  en  même  temps  entraîné  vers 
des  (Malectes  étrangers,  son  plan  est  incomplet  et  manque 
d'unité,  au  grand  détriment  de  notre  dialecte.  Quelle  valeur, 
en  effet,  était  destiné  à  avoir,  pour  l'avenir  littéraire  de 
notre  pays,  un  travail  de  cette  importance,  exécuté  par  un 
homme  comme  l'abbé  de  Sauvagbs,  si,  au  lieu  de  se  renfer- 
mer dans  un  traité  de  purisme  français,  il  nous  eût  donné 
un  vrai  lexique  languedocien,  embrassant  la  langue  dans  sa 
plénitude,  ne  sanctionnant  que  ce  qu'il  savait  être  de  pur 
sang  cévenol,  mais  légalisant  tout  notre  avoir  légitime!  Sa 
réserve  trop  timide  est  d'autant  plus  regrettable,  que  per- 
scmne  encore  n'avait,  avec  tant  de  profondeur,  de  sagacité 
et  d'éruditi^,  pénétré  dans  le  génie  de  notre  idiome,  ne 
s^'étaiit  plus  impressionné  de  ses  beautés,  de  sa  limpidité,  de 
la  sève  de  ses  tours,  de  ses  images,  de  ses  figures,  de  ses 
idiolismes.  Malgré  ces  lacunes.  Sauvages  restera  comme  la 
gknre  la  pN»  populaire  de  nos  contrées,  et  il  méritera  touK 
jours  d'être  considéré  comme  le  plus  savant  et  le  plus  spi- 
rituel dee  initiatéitts  du  languedocien^ 

Son  recueil  sera  le  meilleur  à  consulter  et  le  plus  cu^ 
rieux  quand  on  voudra  remonter  aux  sources;  mais  sa 
donnée  trop  ^diksive  devait  nous  interdite  de  le  prendre 
en  tout  pour  modèle.  Le  danger  qu'il  a  voulu  combattre* 
n'existe  plus  d'ulleurs  au  même  degré.  Ce  n'est  pas  Talté^ 
ration  de  la  langue  française  par  le  languedoden  qui  est  ^ 
Tedouter  :  Finfluence  inverse- est  bien  aunement  à  cnundrèy 
et  le  jiéri  sérieux  est  au^  c(mtrairè  de  voir  notre  belle  et 


ACE 


ACE 


il 


mot  Qa'oQ  nous  permette  d'empranter  à  la  pié&oe  dei 
CoatagÊtado»  on  oonuneiitaire  qui  la  complète. 

La  Fare-Alais  dit  de  la  langue  d'Oc  c  qu'elle  est  une 
musîqiie  comme  l'italien,  plus  que  loi  pent-ètre;  c'est  du 
moins  um  mélopée.  Ses  syllabes  sont  des  notes,  ses 
phrases  des  motifo  harmoniques;  son  acœntoation,  si 
Tsriée,  est  une  véritable  gamme,  et  ses  diphthongnes,  ses 
tiiphthongnes.  si  fiéqnentes,  si  multiples,  forment  des 
syncopes  chromatisées  d'une  mélodieuse  expression.  Si 
cette  langue  a  le  larynx  limpide  et  métallique,  elle  a 
aussi,  et  par-dessus  tout,  l'oreille  chatouilleuse;  et  sa 
susceptibilité  à  cet  égard  raïqpelle  ce  sybarite  que  le  pli 
d'une  rose  empêchait  de  dormir.  » 

On  ne  saurait  mieux  dire.  C'est  bien  là,  en  effet,  l'origi- 
nalité et  le  caractère  dominant  de  notre  langue  d'Oc,  que 
cette  prosodie  musicale  des  mots  et  des  syllabes,  qui  ne 
l'abandonne  jamais,  qu'elle  garde  en  parlant  les  autres 
langues,  et  qui  est  dans  sa  nature.  Et  cela  n'est  autre 
chose  que  scm  accent  i^opre  et  l'accent  tonique,  que  ce 
culte  de  la  modulation ,  qui  lui  est  inspiré  par  l'éclat  de 
ses  voyelles,  qui  lui  fait  éviter  lé  redoublement  des  con- 
sonnes et  condamner,  même  dans  la  plus  humble  prose,  le 
choc  de  deux^sons  pareils;  que  ce  sentiment  natif  de 
l'euphonie,  d'où  lui  viennent  ses  délicatesses  exquises 
de  construction  et  de  vocalisation.  L'accent  tonique,  ainsi 
compris,  est  de  toutes  les  langues  ;  mais  il  est,  au  plus  haut 
degcé,  l'essence,  l'âme  et  le  génie  particulier  des  idiomes 
méridi(Miaux.  Pour  eux,  qui  chantent  d'instinct,  qui 
relèvent  plutôt  du  solfège  que  de  la  grammaire,  l'har- 
monie est  la  loi  souveraine.  La  langue  d'Oc,  comme  l'ita- 
lien et  l'espagnol,  ses  sœurs  du  même  lit,  en  reconnaissent 
si  bien  la  puissance,  que  la  prononciation  est  devenue  la 
raison. logique  de  leur  orthographe.  11  le  fallait  bien.  Le 
sens  d'un  mot  dépend  souvent,  —  on  va  le  voir  par  des 
exemi^es,  —  de  la  manière  dont  U  est  accentué  :  dès  lors, 
écrire  comme  on  prononce  et  comme  on  entend,  et  par 
voie  de  conséquence,  ne  prononcer  que  comme  on  écrit  et 
que  ce  qui  est  écrit,  (!'estrà-dire  conformer  l'écriture  à  la 
parole,  est  une  nécessité  de  nos  dialectes;  car  l'unique 
moyen  de  leur  conserver  la  clarté,  la  grâce,  l'intelligence, 
consiste  à  rai^rocher  l'orthographe  de  la  pensée,  à  lier  la 
forme  des  mots  avec  leur  signification.  Dès  lors,  toutes  les 
lettres  devant  être  articulées  avec  le  son  qu'elles  expri- 
ment, il  n'est  besoin  de  représenter  à  l'œil  que  ce  qui  doit 
être  entendu  par  l'oreille. 

Les  Grecs  et  les  Latins  avaient  la  quantité,  qui  mesurait 
la  durée  des  sons  :  les  langues  modernes  ont  l'accent 
tonique,  c'est-à-dire  l'élévation  ou  la  flexion  de  la  voix 
sur  chaque  mot,  presque  sur  chaque  syllabe.  A  Rome, 
rapporte  Cicéron,  le  peaple  se  montrait  très-sensible  à 

l'observation  de  la  mesure.  «  Tout  le  théâtre,  dit-il,  se 

• 

soulève  et  pousse  des  cris,  si  une  syllabe  est  trop  brève 
ou  trop  longue,  bien  que  la  foule  ne  connaisse  ni  pieds 
ni  rhythme ,  et  qu'elle  ne  sache  point  ce  qui  blesse  son 


oreille,  ni  pourquoi  ni  en  quoi  elle  est  oflensée  :  Thêoira 
Ma  êxeiawutÊU,  «i  fmi  una  gyUaba  krmtwr  atU  Umghr,  tm 
verà  muUiiMdo  p9des  nofrit  me  tMor  niifnerof  imêt,  nm 
mud  quod  offèndii  anf  eur  ont  m  9110  offlmdal  inMifgU,  » 
La  Ungue  d'Oc  a  hérité  de  sa  mère  latine  d'une  sensibilité 
pour  le  moins  aussi  vive.  Dans  sa  vocalisation,  qu'une 
rcmde  soit  substituée  à  une  noire,  elle  se  sent  froissée; 
qu'une  note  qui  doit  être  éclatante  soit  convertie  en  un 
son  tourd,  qu'une  voyelle  forte  s'échappe  comme  une 
muette,  elle  s'irrite  de  la  transposition;  elle  est  blessée  de 
la  cadence  fausse;  pour  elle  le  sens  se  déplace,  se  dérobe, 
se  dénature  aussitôt.  Il  n'y  a  pas  ici  cependant  non  plus 
d'autre  juge  que  l'oreille.  Judiciumipui  natura  in  aurihui 
noiiriê  coUoeawt,  dit  toujours  Gicércm;  mais  l'accent  va 
de  soi,  sans  théorie  et  sans  grammaire;  il  est  dans  l'air  et 
dans  la  voix;  notre  parler  est  aîinsi  fait.  Il  faut  l'accepter 
tel  quel,  se  soumettre  à  ses  exigences,  ou  renoncer  à  se 
faire  comprendre.  C'est  de  cette  accentuation  que  nous 
essayons  de  donner  une  idée  et  de  poser  les  principes. 

Il  n'existe  pas  de  langue  qui  n'ait  son  système  propre, 
individuel  d'intonations,  de  consonnances,  dépendant  de  la 
combinaison,  du  rapprochement  et  de  la  sonorité  de  ses 
voyelles.  Pour  notre  langue  d'Oc,  rien  n'est  plus  essentiel 
que  de  connaître  la  clef  de  sa  notation. 

Le  premier  point,  et  le  plus  délicat,  est  de  préciser  l'in- 
flexion, de  déterminer  le  degré  d'élévation  ou  d'abaisse- 
ment de  la  voix,  qui  constitue  l'accent  tonique.  Dans  une 
phrase  écrite,  tous  les  mots  sont  séparés  par  un  intervalle; 
il  en  doit  être  de  même  dans  la  phrase  parlée.  Chaque  mot 
a  sa  syllabe  tonique,  et  n'en  a  qu'une,  la  syllabe  finale, 
sur  laquelle,  par  une  sorte  d'insistance,  il  se  fait  un  temps 
d'arrêt  imperceptible,  cependant  appréciable,  une  modu- 
lation distincte,  qui  peut  être  classée  dans  l'échelle  des 
sons,  insensible  presque,  mais  qui,  en  appuyant,  est  mise 
en  saillie.  Une  seule  condition  est  imposée  à  cette  dernière 
syllabe,  c'est  qu'elle  soit  de  force  à  supporter  l'accent,  ce 
qui  n'arrive  jamais  avec  une  muette,  une  féminine,  une 
faible,  sur  laquelle  la  voix  ne  s'arrête  point.  C'est  pour- 
quoi la  tenue  ne  se  fait  que  sur  la  finale  des  mots,  quand 
cette  syllabe  est  masculine,  à  consonnance  pleine  et  grave; 
ou  sur  la  pénultième,  quand  le  mot  se  termine  par  une 
féminine,  faible  ou  muette. 

Cette  règle  est  le  fondement  de  la  prononciation  du  lan- 
guedocien :  son  corollaire  se  trouve  dans  la  justesse  exacte 
du  son  attaché  à  chaque  syllabe,  représenté  par  une 
voyelle.  Notre  idiome,  pour  s'écrire  avec  le  même  alphabet 
que  le  français,  qui  fut  l'alphabet  latin,  ne  donne  pas 
cependant  à  toutes  les  lettres  le  son  qu'elles  avaient  en 
latin,  non  plus  que  celui  qu'elles  ont  en  français.  A  chacun 
son  lot.  La  langue  d'Oc  a  des  sons  qui  lui  appartiennent 
en  propre,  des  alliances  de  lettres  qu'elle  affectionne,  des 
cadences  qu'elle  recherche  ;  elle  ne  veut  pas  en  être  dépos- 
sédée, et  elle  ne  se  livre  qu'à  ceux  qui  lui  sont  fidèles  ;  à 
eux  seuls  elle  consent  à  révéler  sa  grâce ,  sa  douceur,  sa 

s 


9 


La  poésie  refleurissait  au  berceau  des  premiers  trouba- 
dours; et  par  un  merveilleux  entraînement  de  patriotisme, 
tous  les  dialectes,  aussi  nombreux  et  aussi  mélodieux  que 
dans  Tanclenne  Grèce,  se  réveillaient  pour  publier  leur 
charte  particulière,  le  code  local  de  leurs  variétés.  Les  tra- 
vaux des  grammairiens  et  des  linguistes,  les  glossaires,  les 
lexiques,  les  vocabulaires  se  sont  multipliés  pour  attester 
la  vitalité  rajeunie  de  l'idiome  languedocien.  Des  académies, 
des  sociétés ,  des  congrès ,  des  jeux  floraux  ont  encouragé 
cet  élan  de  l'esprit  provincial,  et  tout  le  Midi  a  répondu  à 
des  voix  aimées  et  connues,  qui  l'appelaient  dans  sa  langue 
populaire  à  une  vie  nouvelle. 

Certes,  tout  cela  ne  va  pas  faire  renaître  les  temps  des 
Raymond  de  Toulouse  et  des  Déranger  de  Provence,  avec 
les  cours  d'amour,  avec  les  fleurs  et  les  joies  de  la  gaie 
science.  Nous  n'allons  pas  revenir  à  l'époque  pour  laquelle 
écrivait  Sauvages  ,  où ,  par  tout  notre  pays ,  dans  les  plus 
grandes  maisons  comme  sous  les  toits  les  plus  humbles,  le 
patois,  c'est-à-dire  le  langage  de  la  patrie,  conservait  seul 
l'antique  droit  d'asile,  où  seul  il  était  admis  dans  les  rela- 
tions privées  et  domestiques ,  dans  les  causeries  intimes  du 
salon  du  riche  et  de  l'âtre  du  pauvre,  où  la  famille  patriar- 
cale ne  s'entendait,  ne  s'entretenait,  ne  s'aimait  qu'en  pur 
languedocien.  Non;  mais  tout  cela,  ce  réveil  intellectuel  de 
nos  provinces ,  ce  retour  de  faveur,  cet  empressement  du 
monde  savant  à  remettre  en  honneur  l'idiome  méridional 
donnent  la  preuve  que  le  flambeau ,  rallumé  par  des  mains 
habiles,  n'a  rien  perdu  de  son  éclat,  et  qu'il  y  a  mieux  que 
des  cendres  mortes  à  remuer  au  foyer  de  la  langue  d'Oc. 
N'est-ce  pas  déjà  quelque  chose  de  bien  remarquable  qu'une 
langue,  proscrite  et  dédaignée,  qui  revendique  d'autorité  sa 
place  au  soleil,  qui  s'impose  par  des  chefs-d'œuvre  et  se 
classe  de  prime-saut  au  rang  qui  lui  a  autrefois  appartenu 
et  qui  lui  revient  encore?  N'est-ce  pas  faire  acte  de  force, 
sous  le  régime  le  plus  centralisateur  qu'on  ait  jamais  inventé, 
d'avoir  su  persévérer  dans  son  indépendance,  et  si  bien 
garder  intactes  l'originalité  et  la  pureté  de  son  type  natif? 
Et  quand  elle  s'est  présentée  ainsi,  de  quels  artifices  a-t-elle 
usé  pour  se  faire  reconnaître?  Quelles  habiletés  a-t-elle 
employées  pour  être  adoptée  et  recherchée?  Son  histoire 
était  là  qui  disait  son  passé,  ses  traditions,  ses  instincts. 
Le  oharme  de  sa  parole ,  de  sa  mélodie ,  de  ses  rythmes  a 
suffi  :  elle  n'a  pas  exercé  d'autre  séduction. 

CepNidant,  depuis  le  commencement  de  ce  siècle,  le  sys- 
tème des  prohibitions  ne  lui  a  pas  épargné  ses  rigueurs. 
Que  de  défenses  par  édits  et  par  arrêts,  par  lois  et  décrets, 
de  se  produire  !  Et  en  même  temps,  comme  sur  son  domaine 
ks  introductions  de  la  concurrence  officielle  étaient  léga- 
lisées! Au  nom  du  progrès  et  de  l'unité,  sous  prétexte  de 
belle  diction,  aucune  trahison,  aucune  rupture,  aucun 
ibandcm  ne  lui  ont  été  ménagés.  Elle  a  été  écartée  de  Tin- 
9lraction  primaire  de  l'enfance;  les  hautes  classes  de  la 
sodété  n'ont  plus  consenti  à  la  traiter  que  comme  une  langue 
de  luxe,  pouvant  s'adonner  avec  quelque  succès  à  la  litté- 


rature et  y  réussissant  assez  bien ,  et  elles  l'ont  bannie  de 
leur  conversation  la  plus  familière.  Mais,  sous  le  coup  de  ces 
injustes  réprobations,  auprès  des  masses  populaires,  loin  des 
villes  et  des  écoles,  elle  a  trouvé  un  refuge.  L'attachement 
opiniâtre  du  peuple  pour  le  langage  dans  lequel  il  a  appris 
à  penser,  qu'il  s'est  donné  comme  l'instrument  le  plus 
facile,  le  plus  commode ,  le  plus  actif  de  ses  relations,  de  ses 
nécessités  d'habitudes  et  de  mœurs,  lui  a  fait  un  rempart 
inexpugnable.  Là  est  pour  elle  la  vraie  patrie;  elle  est  là 
en  pleine  possession  d'elle-même.  Vivant  par  les  populations 
attachées  au  sol,  elle  a  suivi  leur  développement;  mobile 
comme  tout  ce  qui  vit  et  marche,  quand  elles  avançaient; 
s'impressionnant  avec  elles  des  influences  climatériques, 
quand  leur  organisme  les  portait  naturellement  à  modi- 
fier certains  sons,  à  préférer  certaines  articulations  mieux 
appropriées  à  leurs  facultés;  se  prêtant  à  formuler  les 
idées  et  les  connaissances  d'une  civilisation  plus  riche, 
dans  la  mesure  des  besoins  et  des  intérêts  qu'elle  était 
appelée  à  servir,  dans  le  cercle  qu'elle  embrassait,  selon  les 
lois  et  la  nature  de  son  organisation,  dont  1c  peuple  a  si 
bien  le  secret  et  l'instinct.  C'est  assurément  pour  s'être 
tenue  dans  ce  milieu ,  dont  on  ne  l'arrachera  pas  de  long- 
temps, où  les  innovations  ont  moins  de  prise  et  le  respect 
de  la  langue  maternelle  plus  de  puissance ,  qu'elle  doit  de 
n'avoir  presque  rien  perdu  de  son  caractère  primitif, 
du  naturel  qui  distingue  son  individualité ,  qui  la  classe 
comme  une  langue  à  part,  vivant  de  sa  vie  propre. 

Aussi,  plus  qu'un  autre,  l'idiome  languedocien  est-il  en 
droit  de  se  montrer  jaloux  et  fier  de  rester  et  de  paraître 
lui-même.  Il  ne  redoute  rien  tant  que  l'alliage  et  la  contre- 
façon :  il  réprouve  avec  horreur  tout  ce  qui  ressemble  à  un 
pastiche  ou  à  un  calque  ;  il  est  dans  sa  nature  d'avoir  des 
susceptibilités  d'hermuie,  des  délicatesses  de  sensitive,  et 
des  raffinements  de  pruderie ,  qui  auraient  dû  déconcerter  . 
les  audaces  d'attouchements  profanes.  A  ce  point  que,  pour  . 
vivre  dans  le  mouvement  intellectuel  et  social,  quand  il  est 
forcé  d'emprunter  un  mot  au  français,  son  voisin  et  son 
rival ,  il  a  hâte  de  protester  contre  ce  servage,  et  se  croit 
obligé  de  défigurer  l'intrus  par  quelque  métathèse  hardie 
qui  sauve  jusqu'à  l'apparence  de  l'imitation.  Ainsi  encore, 
il  sent  bien  que  le  langage  moderne  de  la  politique,  des 
sciences  et  des  arts,  de  la  philosophie,  lui  échappe;  mais, 
dans  la  sphère  où  Ta  retenu  sa  défaite,  il  n'en  avait  nul 
besoin;  il  repousse  l'importation  étrangère  ou  il  la  dénature 
par  des  procédés  à  lui  propres,  et  peut-être  aussi  par  la 
crainte  d'introduire  dans  son  domaine  la  plus  étrange  des 
battologies,  s'il  lui  fallait,  à  l'exemple  du  français,  deman- 
der des  techniques  à  l'Angleterre  pour  la  politique,  le  com- 
merce ou  l'industrie,  à  l'Italie  pour  la  musique  et  la  pein* 
ture,  à  la  Grèce  et  à  l'Allemagne  pour  la  philosophie. 

Le  contact  continuel  et  forcé  du  français  n'autorise  avec  lui 
ni  assimilation,  ni  promiscuité.  Le  génie  de  la  langue  d'Ocest 
en  oj^iosition  avec  le  génie  de  la  langue  d^Olfl .  La  sonorité  de 
l'accentuation  méridionale,  l'euphonie  et  la  cadence  de  ses 


ACE 


ACB 


W 


iBBfiHDQ&,  à.  k  fiÉ  des  mote  par  exemple»  comine  tmtpl, 
kmipi^émdMni,  âiuUni  :  li  il  »  dAtacbe  dak  et  net. 
làÊoaaî  grave  iniiq»  alors  ipia  le  soa  se nealoro;  tandûi 
fÊ»ïiûmàï.nùn.aooemlSÊé  glisie  el  mnrinaie  fiiiblèioeiil,  k 
yokt.  appnirant  sur  k  piéoAdafite  ajrlkbe.  Bx.  :  ehàti^  èH, 
èlK  Jtéménêmit  fmrffatori. 

Neas  esBfiiojroitt  Tacooit  cûnooDflexe  pour  la  dipbiâioiigiie 
Um,  et  il  marque  rinaiatuioe  de  k  toîx  se  praiongeanl  : 
oaltau,  arptou,  réligiou. 

Le  tréma  sur  Vï  eet  un  signe  particulier  de  notre  acœn- 
toation  orthographique.  Sa  fonction  esl  des  plus  impor- 
tantes. Quand  il  suit  une  consonne  et  précède  une  voyelle, 
le  tréma  sur  Tt  a  pour  but  de  le  faire  sentir  plus  longue- 
ment, et  d*en  faire  une  syllabe  séparée  de  la  voyelle  subsé- 
quente, comme  dans  fïo,  bto,  mio,  en  deux  syllabes.  Alors 
qu'il  est  placé  après  une  voyelle,  et  suivi  d'une  consonne, 
ou  à  k  fin  d*un  mot,  Vï  trématé  est  doux  et  faible;  le  plus 
souvent  il  forme  la  diphthongue.  Ex.  :  vêire,  fotre,  souï, 
rit,  gaUn,  pantai.  Entre  deux  voyelles,  il  remplace  à  peu 
près  en  certains  cas  //  mouillés  français,  sans  communiquer 
à  celle  qui  le  suit  la  flexion  labiale,  mais  seulement  en  la 
monillant;  et  toujours  il  empêche  la  coiiésion  avec  la 
voyelle  précédente,  ainsi  dans  pdio,  dàio,  jmo,  bluïo,  puïo; 
de  telle  sorte  qu*il  devient  le  siège  d'une  séparation  de 
syllabes,  ou  ce  qui  revient  au  même,  qu'il  s'oppose  à  la 
formation  d'une  diphthongue  ou  d'une  triphthongue,  que, 
sans  lui,  le  rapprochement  des  voyelles  amènerait,  comme 
dans  les  mots  presque  exclusivement  composés  de  voyelles, 
vidouU,  aie,  euUiré,  routàoume.  Pour  scander  ces  mots  et 
parvenir  à  la  prononciation  juste,  le  concours  de  Vï  tréma, 
qui  est  séparatif  entre  voyelles  ou  diphthongues  dans  le 
mot,  est  un  des  signes  les  plus  essentiels  à  bien  observer. 
Nous  reviendrons  sur  son  rôle  très-important. 

L'o  et  l'ott^  voyelles,  sont  soumises  aux  mêmes  règles. 
Le  défaut  d'accent,  quand  elles  sont  finales,  indique 
qu'elles  doivent  s'échapper  sans  articulation,  qu'elles 
jouent  dans  le  mot  à  peu  près  le  même  rôle  que  1*0  muet 
français,  caractérisant  le  féminin  des  substantifs,  et  que  le 
point  d'appui  de  la  voix  se  fait  sur  la  pénultième.  Ex.  : 
fango,  tnanado,  hèlo,  cénténo,  babino,  carotio,  cagnoto, 
fyuro,  davalau,  révètwu,  basségou,  manipou,  donou,  tuiou. 
Surmontés  de  l'accent  grave,  d  et  où  sonnent  clairement  : 
êidd,  eaehd,  grélà,  virtigd;  lavadoù,  agassoù,  loubaloù; 
méchoùtt  vérinoîa. 

Répétons  encore  que  ou  entre  deux  consonnes  ou  près 
d'une  voyelle,  avec  ou  sans  accent,  ne  compte  jamais  que 
pour  une  voyelle,  comme  s'il  n'y  avait  qu'une  seule 
lettre. 

A  l'ageneement  et  à  la  liaison  de  ses  voyelles,  k  langue 
d'Oe  semble  avoir  mis  avec  complaisance  tous  les  rafifine* 
ments  de  soa  g^nie  mélodique.  Parmi  les  langues  de  VEsa*- 
lope,  elk  est  seule  à  posséder  dans  sa  voc^isatiou  ces 
tiâlles  brillants  qui  ne  produisit  qu'un  accord  unique» 
comme  trois  cordes  de  harpe  touchées  à  k  fois,  vibrant 


dans  k  même  oadenoe«  Le  français  se  çontcal»  de  léuÉr 
deux  sema;  le  kngoedocien  rassembk  disns  uns  sylli|)6 
defox»  trois  et  jus^'à  quatre  sons  distincts*  Ses  diphlboQ^ 
gaes  se  multiplient  à  profosion  et  se  pvésentnt  unies  tm 
sépaiées,  au  commeDCfflnent,  dans  l'intérieiir  on  à  k  flv 
des  mots.  Ses  tnphthongnes  si  originales  suivent  la  mèoii' 
marche  el  sont  presque  aussi  fréquentes  :  les  tétraphthosr 
goes  apparaissent  dans  les  vocabiies  les  plus  usuels.  G&g^Kh 
dant  l'orthographe»  l'accentuation  et  k  prononciaiioa  dm 
voyeUes  ne  changent  point  parce  qu'dles  se  rencontreiiti 
donbles»  triples  on  quadruples  à  former,  dans  un  mot,  un» 
seule  syUabe  composée  d'autant  de  sons  en  une  seole  émis* 
sien  de  voix.  Si  oompMqnée  que  pousse  être  k  comfai- 
naison,  le  premier  et  le  plus  essentiel  de  leurs  caractènS' 
est  de  ne  faire  jamais  qu'un  temps,  un  pied,  diraiVon  en 
versification  :  la  pluralité  dans  l'unité. 

Là  est  k  pierre  de  touche  de  cette  sorte  de  syllabes. 
C'est  pourquoi  nous  nous  refusons  à  ranger  parmi  les 
diphthongnes  les  formes  ua,  ué,  ui,  uo  sollicitées  par  les 
consonnes  g  et  q,  comme  abrasqua^  cargué,  bUmqué,  gunV' 
cha,  quieha,  aquè  :  ici  Vu  ne  parait  que  comme  explétif  ; 
c'.est  un  parasite  dont  l'emploi  rend  le  g  dur  :  il  n'y  a 
pas  dualité  de  consonnance;  après  ces  deux  lettres,  1*11 
ne  se  fait  pas  entendre  :  précédé  de  toute  antre  il  doit 
scmner  :  apuïa,  euïè,  etc.,  ou  bioi»  en  diphthongue» 
éêtuè,juàl,  etc. 

Par  ces  exemples  on  a  pu  voir  qu'une  voyelle  suivie 
d'une  antre  voyelle  ne  fait  pas  nécessairement  alliance 
avec  die.  En  dehors  des  élémrats  dont  nous  allons  donner 
le  tableau»  nous  ne  connaissons  pas  d'assemblages  de  lettres 
qui  puissent  en  réalité  former  des  diphthongues  ou  des 
triphthongues.  Mais  la  langue  d'Oc  aime  trop  à  rapprocher 
ses  voyelles,  à  les  multiplier,  à  nuancer  de  tons  divers  des 
combinaisons  identiques  ;  sa  vocalisation  seule  donne  son- 
vent  à  ses  mots  un  caractère  et  un  sens  trop  différents» 
pour  n'avoir  pas  une  notation  qui  réponde  à  ce  besoin,  qui 
représente  exactement  son  euphonie,  ses  accords,  le  rhythrae 
de  ses  gammes  syllabiques.  . 

Le  français  se  préoccupe  moins  d'éviter  une  confusion 
qui  le  rend  si  diflScile  à  bien  prononcer  :  sa  prose  et  sa 
poésie  ont  des  différences  de  quantité  inexplicables  dans 
les  terminaisons  en  ûm,  ieur,  ieux,  par  ex,  qui  reviennent 
sans  cesse  et  qui  font  tantôt  des  monosyllabes  diphthongues, 
tantôt  doivent  se  scander  en  deux  tempe  :  de  ce  nombre, 
avec  une  infinité  d'autres  mots,  fier,  adj.  d'un  seul  jet, 
et  fier,  verbe,  dissyllabe.  Cependant  rien  n'avertit  de  œs 
changements.  Notre  orthographe  au  contraire  a  voulu  iM 
indiquer  an  moyen  de  l't  tréma,  qui  disjoint  les  sylkbes» 
comme  fU,  fiUe»  et  fié,  feu»  nno,  amie»  mià,  muid,  pio, 
pillage,  pid,  dindon,  etc. 

Un  signe  spécial  ékit  indispensable;  car  le  languedocien 
n'a  pas  le  droit  de  prendre  les  licences  du  français.  Il  n'a 
ni  grammaire,  ni  académie  pour  commenter  et  justifier  ses 
anomalies.  Il  n'admet  pas  de  kttres  inutiles,  non  arti- 


90 


ACE 


ddéet,  se  prononçant  Mliement  qa*eUet  ne  tont  notées; 
il  prafease  en  principe  que  sa  prononciation  est  tonjonis 
▼nie,  rtglée  sur  la  valear  pn^ire  des  voyelles  ;  ce  qni 
ne  Tempèche  pas  d'accumuler  volontien  les  accords 
sonores,  de  mêler  ses  diphthongoes  et  ses  triphthongnes 
dans  le  même  mot.  Dès  lors  il  loi  est  imposé  plus 
strictement  qn'an  Iranfais  d'avoir  nn  système  d'ortho- 
graphe qni  mette  en  pleine  lumière  la  différence  d'accen- 
tuation de  tontes  les  lettres  et  de  lettres  identiques,  et 
U  séparation  des  membres  d'un  mèoie  mot  où  se  trouvent 
surtout  des  voyelles  avec  des  d^ihthongues.  Par  la  plus 
ingénieuse  diqnsition,  qui  dénote  la  perfection  du  senti- 
ment mélodique  de  la  langue  d'Oc,  les  complications  les 
plus  ardues  deviennent  simples  et  faciles  avec  les  accents 
grammaticaux  et  les  ï  tréma. 

L'accent  modifie  le  son  :  il  l'affaiblit  ou  le  renforce  ; 
mais  il  ne  transforme  pas  la  voyelle.  Le  tréma  réservé  à 
Yï  ne  lui  fait  rien  perdre  de  sa  qualité  naturelle  ;  mais  il 
l'isole  en  quelque  sorte  quand  il  est  jdacé  entre  deux 
voyelles,  comme  pa4o,  ma-îio,  pyrUo,  et  0  mouille  celle  qui 
la  suit,  comme  fait  à  peu  près  ill  en  français. 

Par  800  interposition  il  signale,  dans  l'intérieur  d'un  mot, 
la  séparation  de  deux  dipbtbongnes,  et  adoucit  un  cbôc 
trc^  rude  ;  et  il  est  remarquable  que  Vï  se  trouve  au  com- 
moicement  de  toutes  les  triphthongues  :  ce  qui  nous 
semble  l'indice  de  la  délicatesse  d'acoustique  de  notre 
langue,  et  la  preuve  d'un  sentiment  harmonique  très- 
étudié.  Ainsi,  quand  l't  ne  fait  que  se  lier  aux  autres 
voyelles  dans  la  iripbthongue  il  garde  sa  forme  naturelle, 
miâou,  monosyllabe,  Biâaum$,  deux  syllabes;  mais 
alors  qu'il  suit  une  voyelle  ou  une  diphthongue,  ou 
qu'il  termine  une  diphthongue  ou  triphthongne,  il  prend 
le  tréma  :  rtnHiàumi,  cadiéiro,  rûou-tètro,  viâou-ïê, 
vU-ïi,  offrent  des  exemples  des  positions  les  plus  diffi- 
ciles et  démontrent  le  fonctionnement  de  l'i  simple  et 
de  Vï  tréma  dans  l'agglutination  et  dans  la  division  des 
syllabes. 

Notre  dialecte  possède  trois  diphthongues  qu'on  peut 
appeler  féminines,  et  qui  pour  cela  sont  dénuées  de  tout 
accent.  Cette  variété  a  son  importance  dans  la  versification. 
Leur  prononciation  d'ailleurs  se  conforme  aux  règles  qui 
précèdent  :  le  tréma,  quand  il  est  nécessaire,  ne  change 
rien  à  leur  nature. 

Exemples  :  en  ie,  véndie,  réndiê,  moie,  ouïe;  en  io, 
gforio,  bêsiio,  jaio,  fuïo  ;  en  iou,  inténdiou,  tnaïou,  tutou, 
mofiou,  ouïou. 

La  finale  dipbtbonguée  de  ces  mots  s'écoule  comme  une 
muette,  et  comme  elle  n'est  comptée  que  pour  une  syllabe 
qui  est  féminine,  Tinsistance  de  la  voix  s'établit  par  l'accent 
tonique  sur  la  pénultième.  Ces  différences  de  sons  se 
trouveront  indiquées  à  leur  place.  Toy,  lettre  I  et  Iou, 
diph. 

Pour  bien  comprendre  l'effet  que  produisent  les  accents, 
il  n'y  a  qu'à  comparer  à  l'oreille  les  sons  muets,  purement 


ACE 


alphabétiques,  avec  ceux  drames  par  les  mêmes  dqihtixMigues 
accentuées.  Dans  la  diphthongue  masculine,  et  dans  toutes 
les  triphthcmgues,  se  trouve  toujours  une  voyelle  domi- 
nante, celle  qui  est  le  pivot  de  l'intonation  sur  UqueUe  se 
fait  la  tenue;  les  coagulées  se  font  entendre,  mais  coulent 
rapidement  :  dans  les  diphthongues  féminines,  la  voix,  en 
réunissant  le  double  son,  égalise  les  voyelles  sans  iqipttyer 
plus  sur  la  [uemière  que  sur  la  seconde. 


DIPBTHOMOUXS. 

aï.- 

-Maï,  plut 

Esclaïre,  éclair. 

ftou.- 

—  Nàou,  auge 

Lâouso,  dalle. 

éï. - 

-Rèï,  roi 

Pèïro,  pierre. 

éï.— 

•  Créï,  eroUeanee 

Vélire,  verre. 

èou.- 

—  Léon,  poumon 

Cisèou,  ciseaux. 

éou.- 

-Bôou,  tffcoif 

Téoule,  tuHe. 

ia.  - 

-Diable,  dkMe 

Aparia,  accoupler. 

ie.  — 

-  Véndie,  que  je  vende. 

Molie,  que  je  mouille. 

iô.  - 

-Uiè.  moitié.,. 

Ariè.  arrière. 

ié.- 

-Aïé.  aU 

Bèstiéto,  petite  héu. 

io.  - 

-Glorio,  gloire 

Bèstio,  hête. 

iô. - 

-Fiô,  feu 

Cafiô,  chenit. 

iou. 

—  Maïou,  mail 

Entendiou,  qu'ils  entendent. 

Iou. 

—  Dion,  Dieu 

Miougrano,  grenade. 

iu.  - 

-  Béstiu,  6MCia/ 

Messins,  mesiieurs. 

oï  - 

-Coï,  a  cuU 

Galoï,  gai. 

oua. 

—  Goua,  couvé 

Conacho,  calandre. 

ouè. 

—  Voué,  holà 

Espouèr,  espoir. 

oué. 

—  Foué,  /btt«r 

Couéto,  queue. 

ouï. 

—  Bouï,  buis 

Dooïre,  jarre. 

ôou. 

—  Dôou,  deuil 

Cévénôou,  cévenol. 

uè.  - 

-  Gnuè,  nuit 

Jnèl,  ivraie. 

ni. - 

-Frui,  fruit 

Estui,  étui. 

TRIPHTHONGUES. 

iaï.  - 

—  Biaï,  adreue 

Répapiaïre,  radoteur. 

iÂou. 

—  Siàou,  COI 

Viâouloun,  violon. 

ièï.  - 

-Sièï,  six 

Cadiéiro,  chaise. 

iéou. 

—  ïéou,  ye,  moi 

Liéourôïo,  livrée. 

iôou. 

—  Miôou,  mulet 

Faviôou,  haricot. 

iuè. 

—  Hiuè,  Auil 

Endiuèl,  andouiUe. 

TÉTRAPBTHONGUES . 

iuèï.  —  Hiuèï,  aujourd'hui.  Cadiuèïsso,  cosse. 
uièï.  —  Cuiéisso,  cuisse. . . .  Cuièïssàou,  molaire. 

Ce  tableau  doit  faire  comprendre  la  raison  de  notre  ortho- 
graphe; et  répétons  ce  que  nous  avons  dit  ailleurs  :  «  On 
ne  saurait  assez  recommander  l'observation  minutieuse  de 
Taccent;  elle  est  d'une  importance  radicale.  Toute  l'intel- 
ligence de  ridiome  est  là  ;  et  sans  elle,  on  nage  à  pleine 
eau  dans  l'amphibologie.  » 


ÂGE 

One  liste  à  pea  près  eompléte  de  mots  parlûteme&t 
iKHDOgraphes,  {Htanten  on  cnrieiix  intârèt  à  ce  point 
de  Tue,  «t  oomplèleFa  ces  explications. 

Nons  av(ms  nâglig6  les  homonymies  dans  les  différents 
tenq»  des  veiiies,  qui  seraient  trop  nombreuses,  comme 
rétuHê,  il  rendait,  et  que  rénéiê,  qne  je  r^ide,  etc.,  etc., 
et  quelques  antres  mots  dans  lesquels  Taccent  est  iden- 
tique SOT  la  finale,  mais  qu'influence  It  tréma  ou  Yi 
naturel,  soit  pour  les  diviser  en  deux  temps,  soit  pour  en 
fûre  des  monosyllabes,  comme/it^^  pilier,  eXpiê,  |ned,  Puech, 
euH,  cuiller,  et  euU,  cuit,  hie,  je  serre,  et  M,  billet. 

0  sera  ainsi  facile  de  se  rendre  compte  de  ce  que  peut 
Taocent  graphique,  et  comment  une  simple  inflexion  sur 
une  voyelle  fait  varier  le  sens  et  la  signification  d'un  mot. 

É  TSBXÈ  ST  B  NATUREL. 

Boofift,  êoufjlêt fioufe,  j0  êoufflê. 

fioumbé,  botU-d'hommê Boumbe,  jê  eognê, 

Booré ,  brun Boure,  bourgeon . 

Bourges,  bourgeois Bourges,  tu  creuset. 

Bouté,  brin Boute,  Je  mets. 

Bravé,  geniU Brave,  robuste. 

Cargué,  étui Cargue,  Je  charge. 

GÔBé,  n.  pr.  dim.  François.  Cése, pois-chiehe . 

Ghafiaé,  chat  sauvage Chaîne,  chêne. 

Coublé,  solive Ck)uble,  couple. 

Coulé,  petite  colline Coule,  Je  décuve. 

Couidouné ,  ganse Courdoune,  je  cordonne. 

Dévé,  devoir Déve,  j>  dois. 

Déstré,  pressoir  à  vin Dèstre,  perche  (mesure) . 

Estré,  étroit Estre,  être, 

Furé,  souris Fure,  Je  fouille, 

Gourgué,  petite  mare Gourgue,  Je  trempe. 

Graué,  petit  grain Grane,  Je  grène. 

Lipé,  gourmand Lipe,  Je  lèche. 

Manqué,  manchot Manque,  Je  manque. 

Mërié,  créneau Merle,  merle. 

Mine,  minon Mme,  Je  mine. 

Mouiissé,  épervier Mouïsse,  écourté. 

Par^,  paroi Pare,  Je  pare. 

Pénô,  petit  pied Pêne,  Je  peine. 

Piqué,  pieu Pique,  Je  frappe. 

Poudé,  serpette Poude,  Je  taUU. 

Pougné ,  poing Pougne,  Je  pique. 

Quiche,  targette Quiche,  Je  presse. 

Quinqué,  quinquet Quinque,  je  souffle. 

Réssé,  scie  à  main Rèsse,  Je  scie. 

Sabé,  science Sabe,  Je  tanne. 

Sàousé,  n.  pr.,  Sauxet Sâouse,  saule. 

Séié,  pUite  colline Sére,  montagne. 

Siblé,  sifflet Sible,  Je  siffle. 

Tapé*  petit  bouchon Tape,  Je  bouche. 

Tété,  sein Tête,  Je  tète. 


ACE 

Tourné,  rouet Tourne,  je  reotent. 

Trftouqué,  petit  trou Trâouque,  je  perce. 

Triste,  soupente Triste,  (ritftf. 

Vïé,  eriUet Ulè,  j>  sers  ce  tonneau. 

È  TKRXk   BT  È  OUVERT,  6RÀVB. 

Âpres,  appris Après,  après. 

Arésto,  arrête Arèsto,  halte  là  / 

Espésso,  épaisse Espèço,  espèce. 

Espéro,  attente,  affût Espèro,  attends. 

Lachén,  pourceau Lachèn,  nota  lâchâmes, 

Jasén,  nouv^le  accouchée. . ,  Jasèn,  nous  gisons, 

Valén,  aeHf Vaïèn,  Ot  oaiaMnC 

Péro ,  poire Pèro,  père. 

Fé,  foin;  foi Fè,  fait. 

Se,  soif Se,  sept. 

Sén,  saint Son,  nous  sommes. 

Vén,  vent Vèn,  il  vient. 

È  6RAVB  BT  B  NATURBL. 

Cadé,  cadet Cade,  genévrier. 

Counséiié,  conseiller Counséïe,  Je  conseille. 

Entré,  il  entra Entre,  entre. 

Gâouchè,  gaucher Gàouche,  gauche. 

Lâché,  il  lâcha,  laitier Lâche,  mal  serré. 

Mouïè,  épouse Mouïe,  Je  mouille, 

Récatè,  il  serra Récate,  provision. 

Révéïè ,  aubade Révéïe,  je  réveille. 

Roudiè,  charron Roudïe,  Je  regarde, 

Vigè,  n.  pr.,  Viger Vije,  osier.  " 

1  GRAVE  ET  I  NATUREL  OU  TRÉMA. 

Couri,  courir Couri,  n.  pr.,  Courry. 

Fasti  (faire),  faire  horreur  . .  Fasti,  aversion. 

Gari,  guérir Gari,  rat. 

Péls,  pays Péis,  poissons. 

Sal,  panne  de  porc Saï,  ici  dedans. 

Trai,  trahir Traï,  il  Jette. 

Véri,  poison,  venin Véri,  porc. 

0  NATUREL  ET  Ô  GRAVE 

Aouséro,  Lozère Aousôrô,  Lozérien. 

Babo ,  bave Babô,  chrysalide. 

fialo,  balle Balô,  6a«of. 

Barde ,  bât Bardô,  bardot. 

Bigo,  bigue Bigô,  hoyau . 

Bïo.  bille Bïô,  tricot. 

Bousso,  bourse Boussô,  gousset. 

Cache ,  cachette Caché,  cachot. 

Cagno,  dégoût,  paresse Cagnô,  niais. 


Si 


"H  ACE 

Capo ,  manteau Capô,  attrapé. 

Casso,  chasse Cass6,  ladre. 

Cato,   chatte Cat^i,  catin . 

Enquo,  canelle Encô,  che:. 

Faro,  tnine,  visage Farô,  élégant. 

Fino,  rusée Finù,  finaud. 

Fïo,  fille Fiù,  feu . 

Galo»  gale Galù,  galop, 

Gigo,   cuisse  de  bœuf ^'io*^»  gigot. 

Grèlo,  grêle Gri^lù,  grelot. 

Léngaiio,  coup  de  langue.. . .  Léngndô,  Languedoc. 

Manclio,  manche Mnncliù,  manchot. 

Mïo,  amie Miô,  muil. 

Palo,  pelle Palô,  lourdaud. 

Pato,  patte Palô,  brique. 

Pt\^o,  poix P("ià,  savetier. 

Péro,  poire. ...» Pôrô,  mouton. 

Pilo,  pile,  tas Pilù,  pilote. 

Pïo,  pillage Pio,  dindon. 

Ual)o,  rave Habô»  rabot. 

Ri])0,  rive,  bord Uil)ù,  il.  [W.jltibot. 

Salo»  salon Salù,  malpropre. 

Ciro,  cire Sirô,  sirop. 

Tailles,  s.  pliir.,  tantes Tanlôs,  tantôt. 

Trapo ,  trappe Trnpô,  trapu. 

Tri([UO,  trique Tricô,  gilet  de  laine. 

ou   MUET   ET   où   ORWE. 

Ajiislou,  ils  ajoutent .\jiistoii,  ajoutage. 

Apialou,  ils  étaient Apinloù,  élai. 

Bïou,   ils  bi lient Bmù,  trique. 

Boiilnii,  ils  placent Boutnù,  bouton. 

Calndoii,  ils  pavent Caladoù,  pavé. 

Caloii,  ils  lâchent Colon,  chaleur. 

Canton,  ils  chantent Canton,  coin. 

Ci^onsson,  ils  chaussent C;^onssoii,  chausson. 

Conlon,  ils  roulent Conlon,  couleur. 

Escalon,  ils  grimpent Escalon,  échelon. 

Esporou,  ils  attendent Esp^u'oiï,  éperon. 

Espimn,   ils  suintent Espiron,  soupirail. 

Fiirou,  ils  furètent Fnron,  fureur. 

Gaixlon,  ils  gardent Ganloiï,  Gardon. 

Jôlou,  ils  vomissent Jèloù,  Jeton. 

Lardon,  /7.s  lardent Lardon,  lardon. 

Liqnon,  *V*  lèchent Liqnoii,  liqueur. 

Mascaron,  ils  noircissent. . . .  Mascaron,  barbouillé. 

Paslou,  ?75  pétrissent Pasloù,  tas  de  mortier. 

Pass(''roii,  ils  passèrent Pass^ron,  moineau. 

P6lasson,  ils  raccommodent .  P(''lassoù,  petite  pièce. 

Pi(pion,  1/5  frappent Piqnoii,  pic. 

Plunnjon,  ils  plongent Plonnjoù,  plongeon. 

Prison,  ils  prisent Prison,  prison. 

RéxVùou,  ils  réveillent U6v(}ïoù,  réveillon. 


AGI 

Sablou,  t75  mettent  du  sable,  Sabloù,  sablon, 

Sabou,  ils  tannent Saboù,  savon, 

S^^nglou,  ils  sanglent Séngloù,  petite  corde. 

Séiitou,  ils  sentent Séntoù,  odeur. 

Sèrmou,  ils  trempent  d'eau,  Sérmoù,  sermon. 

Susou,  tV*  suent Sus<3Ù,  sueur, 

Téchon,  ils  dégoûtent Técboù,  petite  goutte. 

Tourlïou,  1/5  tordent Tourtïoù,  craquelin. 

Trissou,  fV*  broient Trissoù,  pilon. 

Valou,  ils  valent Valoù,  valeur. 

W'ïrou,  ils  tournent Vùïroù,  menu  poisson. 

Viron,   ils  tournent Viroù,  vrille. 

La  diiïOronce  ;\  l'oreille,  qiii,  en  définitive,  détermine  le 
sons  do  tous  cos  mots  correspondants  :\  un  mot  semblable, 
est  produite  par  les  accents.  Dans  ceux  où  la  fmale  est 
acconlnoo,  elle  est  tonique;  c'est  sur  elle  que  la  voix  s'arrête 
et  pèse  :  au  contraire,  pour  ceux  qui  n'ont  pas  d'accent  k 
la  fin,  la  tonique  est  la  pénullième  et  la  tenue  se  fait  sur 
elle.  Par  exenqile,  le  dernier  mot  de  cette  longue  liste, 
virou,  ils  tournent,  est  composé  d'une  longue  et  d'une 
brève;  l'inverse  a  lieu  pour  viroit,  vrille,  qui  est  formé 
d'une  brève  et  d'une  longue,  et  ainsi  des  autres.  La  mesure, 
la  (piantité,  réglées  par  les  accents  :  toute  notre  langue 
musicale  est  là. 

Acérti,  V.  Certifier,  assurer,  rendre  certain,  affirmer. 

Dér.  du  lat.  Certus. 

Acéta,  prèp.  Evcepté.  Il  est  visiblement  corrompu  du 
français,  mais  fort  de;  mise. 

Achas  !  inierj.  V<^yoz  dmic!  Voyez  un  peu! 

Dér.  (VAgacha,  voir  devant  soi.  C'est  la  contraction  de 
ce  vorbe  <à  la  2"»^  pers.  plur.  de  rinq>ér.  Agachas.  — 
Voy.  A  gâcha. 

Achata  on  Acheta,  v.  Acbeter. 

Trad.  du  français. 

Achétur,  urdo,  adj.  Acheteur,  eusc. 

Tra«l.  du  français. 

Aciè,  s.  m.  Acier. 

Trad.  du  français. 

Acièïra,  v.  Aciérer,  cbausser  «l'acier  la  pointe  d'un  outil. 

Acimérla,  ado,  adJ.  Perclié,  jucbé  haut. 

Dér.  de  Citno,  hauteur,  extrémité. 

Aciou,  s.  f.  Action.  Il  ne  se  prend  qu'en  mauvaise  part. 

—  Quinto  aciou  jn'as  fa!  quel  tour  tu  m'as  jOUé  î 
Trad.  du  français. 

Acipa,    v.   Prendre    i)ar   surprise,  saisir,   surprendre. 

—  Nous  acipè,  et  za!  dédin,  il  nous  surprit,  et  crac!  SOUS 
clé. 

Dér.  du  lat.  Accipere,  recev^crir. 

Acipa  (s'),  V.  Se  heurter,  broncher,  se  rencontrer  tôte  à 
tête,  chnj)per.  —  IS'ous  acipèn,  nous  nous  rencontrâmes  nez 
à  nez. 

Élym.  du  celt.  Assoupa,  dit  Ilonnorat. 


AOD 


AOO 


n 


àelTada,  «.  Donner  de  l'avoine.  Aa  ^.  et  par  iime, 
régaler  d'une  volée  de  coups,  roflser. 

Mr.  de  Ç^^Mdo,  avoim. 

v^tflafa  OÊ,  AiMègffO,  o.  Qcmviir  4e  neirae  piemilie; 
iwmvnr'to  Mpta  ^vn»  tem  emblavée,  tdt  à  la  i^océm, 
§âl  4Ja  heMK«t  Mser  iee  inoltea  peur  mieux '«ntemr  la 
NDHDoe  ira  le  fami«r> 

D6f .  da  CIb  «a  Cfap,  pierraâUe. 

,  19.  fitttaaaer  dee  pierres  «a  m<mQe»a;  ^amoR- 


^6t.  de  dopot,  tas  de  pierres. 

âcUto,  «.  baisser,  conrlier;  accabler  sooa  le  poids; 
leader;  leon/mr,  eeâomr  sons... 

Mr.  de  Gla,  tas,  amas,  moncean. 

iAeOl ,  t.  nu  Mat  de -soutènement  en  pierre  sèche. 

Ajsor,  «.  des  deux  genres,  ou  Acordi,  f.  toujours 
m.  Accord,  rteondliation,  kxine  intelligence.  —  Bstrë 
é^ae^nH,  être  cœur  k  corar.  —  Aeor  est  masculin  ou 
féminin  à  peu  près  ad  ItbUum.  On  dit  :  Vacor  é$  faeho, 
et  M  nwt'Ooor. 

DCr.  du  lait.  Cet,  «qbut. 

^coto ,  -f .  /.  Une  cale  qu'on  met  sous  le  pied  d'une  table 
rhsiwwhnte,  «ous  la  roue  d'une  x^harrette  pour  l'empêcher 
de  marciier. 

Bftr.  dulat.  Cm,  wUâ. 

AcoB— a  (s'} ,  V.  8e  coucker  comme  les  pouies  qui 
veulent  couver.  Au  fig.  se  pelotonner,  se  tapir,  s'accroupir, 
se  mettre  dans  toute  sorte  de  posture  qui  rappelle  une 
poide  couveuse. 

Mr.  de  €aua  ou  Couya,  couver. 

AMidda ,  o.  Accoupler,  joindre  par  couple;  joindre  des 
teniii  ou  des  chevaux  pour  le  labour.  —  Aquéh  miolo 
mùimbimHé  bien  la^mtou,  cette  mule -s'appareillerait  bien 
saec  la  nôeane. 

Acoacara  (s'},  v.  S'encanailler,  fréquenter  la  mauvaise 
oampagnîe,  s'engueuser. 

Mr.  ée  Coueanm. 

Aoonclia  (s'],  v.  Accoucher. 

Trad.  du  français. 

Acouchado ,  «.  f.  Accouchée.  On  dit  Ja9én  en  langue- 
doeim. 

Acouchurdo  ou  Acou<Auao,  f.  f.  Accoucheuse,  sage- 
femme.  En  lang.  LéoawHiPhro,  —  V.  c.  m. 

Trad.  du  français. 

Acougasaa,  to,  a.  Faire  tomber  quelqu'un  sur  le  der- 
rière. 

Aeougaaaa  (s'),  v.  r.  Le  même  qne  s*Âeouas$a,  s'accrou- 
pir. —  V.  c.  m. 

Mr.  de  €01190,  ceuver.  M.  aign.  que  Coua. 

^AoovgMiBOlu  fs'),  «.  B'accroupir.  C'est  im  explétif  du 
verbe  précédent-et  'il  a  ia  même  racine,  lia  posture  qu'il 
désigne  est  encore  plus  grotesque  :  c'est  celle  des  magdts 
de  4a  Chine  ijue  le  XMH*  siècle  *nous  a 'légués  avec  ses 
^^HSieS''<QK]^«i^a6eB  • 


Acoulado,  f.  f.  Aoeolade,  embrsssement  les  bras  autour 
du  cou. 

Étjfm.  du^lat.  ni  eoUnm, 

Aeouloubrl,  ido,  adj,  Efiarouché,  irrité,  envenimé 
comme  une  couleuvre.  Au  fig.  éveillé,  déluré;  se  ditd'une 
fiUe  garfonnièré  et  hardie. 

Mr.  de  C&uhbre, 

Aeoumada,  v.  Raccommoder,  radotâier;  assaisonner. 
Au  fig.  concilier,  convenir. 

Mr.  de  Coumode», 

Acmmadamén,  «.  m.  Aocommedement,  accord,  trans- 
action, le  mexxo  termine  d'un  différend. 

AoouménçB,  v.  Commencer.  Au  fig.  chercher  noise, 
être  le  premier  à  attaquer.  —  Ce  mot,  auquel  on  n'a  fait 
qu'ajeoter  l'a  explétif,  a  une  origine*  commune  avec  le 
français  oomfMneer,  et  Titalien  eominciare.  Cette  origine 
se  prend  dans  le  latin  Cum,  initiare. 

Aconménçamén  ou  Couménçamén,  t.  m.  Commençe- 
aanX.  Le  premier  se  dit  plus  particulièrement  du  com- 
mencement d'un  livre,  d*une  histoire. 

Aaosménçasço,  $.  f.  Commencement  d'une  histoire, 
d'un  conte,  d'une  leçon,  d'un  livre. 

Acomaoudfl,  v.  Accommoder,  arranger,  apprêter. 

Jkooimioiida  (s').  S'accommoder,  se  contenter  de.  — 
Que  f'oeottfmM^e,  qu'il  s'arrange. 

Acoumoula,  v.  Remplir  par  dessus  les  bords,  faire 
grasse  mesure;  accumuler,  combler. 

Mr.  de  Coumoul, 

AoouDpagna,  v.  Accompagner,  aller  de  compagnie. 

Lou  èon  Déou  votH  aeotunpagne,  ettépldou  que  vous  bagne. 
Dieu  vous  accompagne,  et  s'il  pleut  soyez  trempé. 

Étym.  du  lat.  Cornes,  compagnon. 

Aoovqnina  (s'),  v.  S'acoquiner,  prendre  des  habitudes 
de  fainéantise  et  de  débauche  ;  s'accoutumer  en  un  lieu,  en 
certaine  compagnie.  Il  est  toujours  pris  en  mauvaise  part. 

Mr.  de  Couqui, 

Acourcha,  v.  Raccourcir,  rapetisser. 

AcouTCha  (s'),  V.  Prendre  le  chemin  le  plus  court. 

Mr.  de  Coureho. 

Acourcoussounl  (s'),  v.  Se  ratatiner,  se  recroqueviller 
de  vieillesse  ou  de  rachitisme. 

-Mr.  de  CoureoussoU,  charançon.  Cet  animal  est  plié  en 
courbe  àaxa  l'alvéole  où  il  se  blottit;  de  la  la  comparaison 
du  viôllard  qui  a  à  peu  près  la  même  posture. 

Acourda,  v.  Réconcilier,  accorder  ensemble. 

Dér.  é*Acordi. 

AconsBa  (s'],  v.  Se  diriger  vers,  au  pas  de  course  ;  s'em- 
presser de  courir;  poursuivre. 

Mr.  de  Cousso, 

Acouaséîa,  v.  Conseiller,  donner  un  conseil.  —  Fcty. 
Coussêla. 

Dér.  de  Coussél, 

Acousta,  V.  Accoster,  aborder. 

Trad.  du  français. 


94 


ADB 


AMI 


Aconitama,  p.  Accoatamer,  habîtiier. 

Trad.  da  français. 

âcoutniiiido  (à  1*)»  odv.  Selon  la  ooatnme,  l*habîtiide; 
4  racoontamôe. 

Aeonta ,  v.  Caler,  mettre  nne  cale  sons  le  pied  d'un  banc, 
d'une  table  pour  rempôcher  de  bfandiller,  sons  une  rooe 
de  voitore  pour  Tempèctier  de  rouler  seule  ;  étayer,  mettre 
im  étal.  Au  fig.  arrêter. 

Dér.  d'ileoco. 

Aconti,  iào,  adj.  Tassé,  épaÎMf  compacte. — Se  dit  très- 
bien  du  pain  trop  peu  manipulé  ou  trop  levé,  qui  est 
massif  et  compacte. 

Acoiitra,  v.  Accoutrer,  parer,  habiller  d'une  manière 
ridicule  et  surchargée  d'ornements.  — Ce  mot,  contempo- 
rain du  français  Accotant,  a  une  môme  origine  latine  : 
ad,  augment.,  et  euituram,  culture,  soin  du  coips,  parure. 
Ce  serait  donc  un  superlatif  de  toilette;  ce  qui  la  rend 
ridicule  et  grotesque. 

Acoatra  (s*),  v.  S'enivrer,  se  griser.  Cette  dernière 
acception  n'est  que  l'extension  de  la  première  signification 
active;  ne  dit-on  pas,  en  fr.  familier  :  se  pomponner,  pour 
se  griser? 

Acontramèn,  s.  m.  Accoutrement,  costume  bizarre. 

Acrô ,  s,  m.  Accroc,  déchirure  occasionnée  par  un  ooips 
crochu. 

Oér.  de  Cro. 

Acrochi,  «.  m.  Embarras,  difficulté,  pierre  d'achoppement. 

Dér.  de  Cro, 

Acroachonni,  ido,  a4i.  Courbé,  ratatiné  de  vieillesse. 

Acrouchoonl  (s'],  v.  S'accroupir,  se  blottir  dans  un 
coin;  se  mettre  en  peloton;  se  ratatiner,  se  ramasser  tout 
le  corps.  —  Voy.  «'ilmoudUmno. 

Dér.  de  Crouehoà,  quignon  de  pain,  auquel  un  vieillard, 
ainsi  fait,  ressemble  par  sa  masse  informe,  par  sa  couleur 
bise  et  la  rugosité  de  sa  peau. 

Acrouqna,  v.  Accrocher,  suspendre  à  un  croc. 

Dér.  de  Cro. 

AerouBti,  ido,  adj.  Se  dit  du  pain  qui  a  beaucoup  de 
croûte,  et  des  plaies  et  pustules,  où  il  se  forme  des 
croules,  des  gales,  des  escares. 

Dér.  de  Cratuto. 

Acul,  «.  m.  Accueil.  —  Mot  tout  français,  que  notre 
languedocien  s'est  approprié  et  qu'il  emploie  très-bien. 

Acusa,  V.  Accuser.  —  Contemporain  du  français,  et 
dér.  comme  lui  du  lat.  Aceu$ar$. 

Ade*  fi.  p,  Agde,  ville  (Hérault)  :  AyaO^,  AgaiKa. 

Adéll,  ido,  adj.  Déjoint,  baillant  comme  un  tonneau 
dont  les  douves  sont  déjointes  par  la  sécheresse.  Au  fig. 
sec,  amaigri,  exténué. 

Étym.  du  lat.  Deiigar$. 

Adéré,  adv.  De  suite,  pied  à  pied;  un  à  un;  sans  rien 
laisser  en  arrière.  —  On  disait  en  vieux  français  dans  le 
même  sens  :  à  la  rangetu. 

Dér.  de  l'esp.  Arr^o,  même  signification. 


AdIJà,  adv.  Déjà. 

Dér.  de  la  bas.  latin.  Dtjfam. 

Adiou  1  Adioussias  1  ûutrj.  Adieu.  —  Le  premier  nt 
s'adresse  qu'entre  égaux,  ou  de  supérieur  à  inférieur.  Le 
second,  plus  respectueux,  s'adresse  aux  supérieure,  on  aux 
égaux,  à  qui  l'on  veut  montrer  des  égards.  C'est  une  pbruo 
faite  :  A  IMou-tiai/  soyez  à  Dieu!  Le  mot  Adiou  est  la 
syncope  de  la  même  phrase,  et  par  cela  même  il  est  plus 
cavalier.  Il  n'en  est  pas  de  ces  deux  mots  comme  du  fran- 
çais Adieu,  que  l'on  n'emploie  qu'en  prenant  congé  d'un» 
personne,  jamais  en  l'abordant.  En  languedocien,  on  s'en 
sert  avant,  pendant  et  après  la  rencontre,  indislinclemeat. 

Adouar ,  n.  p.  Edouard.  —  Depuis  qu'on  a  raflfiné  sur 
le  choix  des  noms  propres,  et  que  le  peuple  a  abandonné 
les  prénoms  de  Jean,  Jacques,  Pierre,  etc.,  il  a  bien  fallu 
que  son  idiome  adoptât  les  noms  nouveaux-venus  et  qu'il 
les  appropriât  à  son  génie.  Depuis  Ion,  Adouar  et  son 
diminutif  Douaré  sont  devenus  familière  et  très -usuels 
dans  la  langue. 

Adouba,  v.  Accommoder,  apprêter,  assaisonner;  tanner; 
raccommoder,  radouber;  émonder;  bistoumer;  renouer  un 
membre;  relier  des  Unmeaux;  rosser,  échiner.  — Ad4niba 
la  taupo,  assaisonner  le  pot  au  feu.  Adouba  dé  êoM$, 
raccommoder  des  souliers.  Adouba  dé  boutoi,  relier  des 
tonneaux.  Adouba  dé  péU^  apprêter,  tanner  des  cuin.  L'an 
pa$  mâou  adouba,  on  l'a  bien  ajusté.  Té  vôou  adouba,  je 
vais  te  battre,  te  rosser. 

Toutes  ces  acceptions  procèdent  du  même  primitif,  et 
représentent  directement  ou  par  extension  la  même  pensée. 
Le  verbe  est  dérivé  de  Adoù,  terme  ancien,  bore  d'usage, 
qui  signifiait  :  lessive  de  tanneur,  qui  a  formé  Adobaro,  de 
la  bas.  latin.,  pour  ajuster,  armer,  préparer,  dont  la  racine 
Adob  serait  celtique.  Adouber  est  du  vieux  français,  qui 
s'est  conservé  comme  technique  au  jeu  des  échecs  et  du 
tric-trac,  quand  il  s'agit  d'une  pièce  ou  d'une  dame  dérangée 
à  remettre  en  place;  mais  radouber,  radoubeur,  sont  restés. 
L'ancien  Dauber  ou  Dober  appartient  aussi  à  la  même  ori- 
gine et  rentre  dans  le  même  sens. 

Idoubaîre,  «.  m.  Tanneur;  mégissier;  tonnelier;  save- 
tier; renoueur;  chàtreur. 

Adoubaje,  «.  m.  Raccommodage;  apprêt;  manière  d'i^y- 
prèter;  réduction  d'un  membre  luxé. 

Adoubun,  <.  m.  Assaisonnement,  qu'il  soit  huile,  beurre, 
lard  ou  saindoux. 

Adoun,  adv,  Alore,  pour  Ion;  en  ce  temps-U. 

Dér.  du  lat.  ad  tune, 

Adoura,  v.  Adorer. 

Trad.  du  français. 

Adraia,  v.  Fouler,  battre  un  chemin,  le  rendre  viable. 

Adraîa  (s'),  v.  Se  mettre  en  route,  s'acheminer.  Au  fig. 
se  mettre  en  train,  se  dégourdir  les  jambes. 

Dér.  de  Draiio. 

Adraqna  (s*),  v.  Sécher  à  demi  ;  se  ressuyer.  —  Onpo  pa$ 
séména  çue  noun  la  tèro  eiégue  adraquado,  on  ne  peut  pas 


AFA 


APA 


35 


aemer  avant  que  la  terre  soit  ressuyée  de  la  pluie.  Linge  adra- 
pM,  linge  essoré;  froumaje  adraqua,  fromage  à  moitié  sec. 

Adré,  écho,  adj.  Adroit,  habile. 

Dér.  du  lat.  Dêxter  ou  ad  rectum. 

Adré,  f.  m.  Exposition  sud  d'une  montagne,  opposée 
i  ïavêê,  exposition  nord. 

Même  dérivé  que  le  précédent,  ad  rectum,  c'est-à-dire 
vers  le  bon  côté.  Avè$  est  dér.  de  Advenus,  contre,  con- 
traire, opposé. 

Adréchamén,  adv.  Adroitement,  avec  dextérité,  avec 
adresse. 

Même  dér. 

Adressa,  v.  Adresser,  envoyer  à  quelqu'un.  —  S'adressa 
à  quâouquus,  s'adresser  à  quelqu'un,  lui  demander  des 
renseignements. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Àddirectiare,  envoyer  directement 
à  quelqu'un,  dont  l'esp.  a  fait  Enderezar,  et  Fital.  Addi- 
riszare. 

Adrèsso,  s.  f.  Adresse,  habileté. 

Dér.  de  Adré. 

Adrèsso,  s.  f.  Adresse,  suscription  d'une  lettre-missive. 

Dér.  de  Adressa. 

Adrissa,  v.  Dresser,  placer  debout;  rendre  droit;  faire 
tenir  droit;  relever. 

Adrissa  (s'),  v.  Se  cabrer;  se  redresser.  —  Adrissa-vous, 
levez-vous.  Se  tiras  tro  la  brido,  vaï  s*adrissa,  si  vous 
tirez  trop  la  bride,  il  va  se  cabrer. 

Dér.  de  a  explétif,  et  Dré,  droit. 

Adn,  ucho,  part.  pass.  de  Adure. 

Adiire,  v.  Amener,  conduire,  apporter. 

Dér.  du  lat.  Adducere. 

Adnsa  ou  Adésa,  v.  Atteindre  à  une  chose  élevée, 
hors  de  la  portée  ordinaire.  —  Ly  pode  pas  adusa,  je  ne 
puis  y  atteindre.  T  adusara  pas,  il  n'y  parviendra  pas. 
C'est  la  position  du  renard  de  la  fable,  sous  les  raisins. 

Dér  du  lat.  Adiré,  Adeo. 

Afacha,  v.  Dépouiller  les  châtaignes  rôties  de  leur  coque 
à  demi  brûlée,  les  éplucher.  —  Cette  opération  se  fait  d'ordi- 
naire en  les  agitant  dans  un  paillon  ou  panneton,  appelé  en 
languedocien  Paiassoik,  où  on  les  recouvre  d'un  torchon. 

Afachado,  s.  f.  Châtaigne  rôtie  au  moyen  d'une  poêle 
percillée. 

Sauvages,  qui  est  parfois  admirable  dans  ses  étymologies, 
s'amuse  sans  doute  dans  celle  qu'il  donne  à  ce  mot.  Il  le 
fait  dériver  de  l'ital.  Affaeiato,  effronté,  sans  pudeur. 
«D'autant,  dit-il,  que  les  châtaignes  qu'on  fait  rôtir  ou 
griller,  pètent  dans  les  meilleures  compagnies.  » 

Cette  plaisanterie  accuse  du  reste  la  difficulté  d'extraire 
cette  racine.  Dans  ses  notes,  La  Fare-Alais  pensait  que  ce 
mot  tenait  probablement  à  quelque  circonstance,  i  quelque 
anecdote  locale,  qui  n'étaient  pas  venues  jusqu'à  nous,  et 
q[Qi  sont  spéciales  aux  Cévennes  d'Alais;  car,  dans  le  reste 
desCôvennes,  on  dit  Brasueado,  dér.  de  Braso,  et  c'est 
plus  naturel. 


Sauf  le  respect  dû  à  nos  maîtres,  la  racine  ne  se  trouve- 
rait-elle pas  simplement  dans  Affait,  Affàch,  pris  du  roman 
Afaiter,  préparer,  séparer,  raccommoder,  dér.  du  lat.  Affec- 
tare;  d'où  l'esp.  Afeytar,  orner,  parer,  ce  qui  a  donné 
Affaitamen ,  Affackador,  Affachamén,  et  dans  notre  vieux 
langage  Afachomén,  une  tuerie;  et  dans  le  dialecte  gascon 
Affaych,  préparation;  dans  le  bas -limousin  Affachadoù, 
atelier  où  l'on  foule  les  chapeaux,  et  Affàchadis,  criblures 
que  l'on  enlève  en  vannant  le  blé?  Certaines  ressemblances 
sont  souvent  de  grandes  présomptions  de  parenté. 

Alaîra,  ado,  adj.  Qui  a  beaucoup  d'affaires;  quiesl  en  afihi- 
re  ;  surtout  celui  qui  a  de  mauvaises  affaires,  qui  a  des  dettes. 

Aiaire,  s.  m.  Péj.  Afaïras,  dim.  Afaïroik.  ASàiies; 
particulièrement  procès.  —  Aquéles  afdirasses  m*émpachou 
dé  dourmï,  ces  diables  de  procès  m'ôtent  le  sommeil. 
Aquà's  un  âoutre  a  faire,  je  ne  l'entends  pas  ainsi.  Un 
home  d*afdires,  intendant,  homme  d'affaires;  un  avocat, 
un  avoué.  Aquà's  pa'n  afaïre,  ce  n'est  qu'une  bagatelle. 
Din  l'afàire  d'un  an ,  dans  un  an ,  dans  l'espace  d'un  an. 
Ait\  d*afaïres,  voici  bien  des  difficultés. 

Afairoù,  s.  m.  dim.  Un  petit  outil,  un  petil  ingrédient; 
un  objet  dont  on  ne  trouve  pas  de  suite  le  nom  propre. 

Même  origine  que  le  mot  français. 

Afama,  v.  Affamer,  causer  la  faim.  —  En  termes 
d'agriculture  on  dit  s'afama,  en  parlant  des  racines  des 
arbres  arrachés  depuis  longtemps,  exposées  à  l'air,  et  qui 
ont  de  la  peine  à  reprendre,  quand  elles  sont  mises  en 
terre.  C'est  ce  qui  arrive  souvent  aux  mûriers  de  pépinière 
qu'on  transporte  d'un  marché  à  l'autre  et  qui  restent  sans 
vendre  pendant  longtemps.  Le  meilleur  moyen  de  connaître 
si  ces  arbres  sont  trop  anciennement  arrachés,  c'est  de 
trancher  un  bout  de  racine.  S'il  sort  par  l'incision  une 
sève  glutineuse  de  couleur  de  lait,  on  est  assuré  que  les 
arbres  pousseront.  Du  reste  le  mûrier  est  une  plante  trôs- 
vivace,  et  il  est  rare  qu'il  ne  pousse  pas  même  après  un 
long  éventement  de  ses  racines.  Le  châtaignier  et  les  frui- 
tiers sont  bien  plus  délicats. 

Dér.  du  lat.  Famés. 

Alara,  ado,  adj.  Effaré,  qui  a  la  figure  farouche  et 
décomposée  par  la  surprise,  la  peur  ou  la  colère. 

Dér.  du  lat.  Fera. 

Alasqna,  v.  Dégoûter,  rassasier  jusqu'au  dégoût,  oe 
qui  est  le  propre  des  mets  trop  gras. 

Dér.  sans  doute  du  lat.  Fastidium. 

Alasqaoùs ,  ouso ,  adj.  Rassasiant  jusqu'au  dégoût. 

Du  lat.  Fastidire,  Fastidiosus. 

Alatiga,  v.  Lasser,  fatiguer;  empressé;  embarrassé.  —  Et 
afatiga  caumo  un  pâoure  home  que  eaulo  sa  trémpo,  empêtré 
comme  un  homme  pauvre  qui  coule  sa  piquette  :  il  y  va 
de  cul  et  de  tête ,  comme  une  corneille  qui  abat  des  noix. 

Dér.  de  Faiigo. 

Afatounl,  ido,  adj.  Mou,  lâche,  usé,  avachi,  comme  la 
linge  qui  a  perdu  son  apprêt  par  l'usage. 

Dér.  de  Faio. 


ÎW 


AFO 


AGA 


AiatraMi,  ido ,  adj.  Péjoratif  da  mot  précédent  :  c'est 
lin  degré  de  pins.  H  est  dérivé  de  Fatras,  péjor.  iui-mème 
de  Fato.  Hais  Afatrassi  se  dit,  en  outre,  d^  personnes  qui 
ont  perdu  leurs  forces,  et  particulièrement  des  jambes  qui 
flageolent  de  faiblesse  maladive. 

AfécioQ,  1*  f.  Zèle,  ardeur,  application  ;  vif  intérêt  qu*on 
a{^rte  à  un  ouvrage.  -^  T  ana  d*aféetou,  travailler  de 
tout  cœur.  —  Il  n*a  rien  de  commun  avec  Yaffèction  en 
français. 

Dér.  du  lat.  Âffleere,  exciter,  émouvoir. 

Afênadott,  i.  m.  n.  pr.  Petite  hôtellerie  de  route 
où  Ton  ne  fournit  que  du  foin.  —  Ce  mot  a  vieilli  et 
n*e9t  connu  que  par  le  nom  d*une  maison,  ou  d*un  quartier 
par  extension,  sur  la  route  de  Nîmes  à  Moulins,  près  de 
Portes. 

Dér.  de  Fé,  foin. 

Afénadoù,  «.  m.  Trappe  par  laquelle  on  jette  le  foin  du 
grenier  dans  Técurie. 

Aiénaira,  v.  Faner  le  foin,  le  tourner,  Tapprèter  au 
soleil ,  le  mettre  en  meule  ;  faire  tout  le  travail  qu'exige 
cette  réculte  quand  elle  est  fauchée. 

Dér.  de  Fé,  foin,  et  Énaïra,  donner  de  Tair. 

Alénairaire ,  aûro ,  adj\  Faneur,  faneuse. 

Alana]6,  «.  m.  Nourriture  en  fourrage  donnée  au  bélail, 
soit  dans  une  écurie ,  soit  dans  un  herbage ,  sans  peser  le 
foin  ;  sorte  de  pension.  —  Métré  âoun  chiwil  à  Vafénaje, 
mettre  son  cheval  en  pension,  fourrage  à  discrétion. 

Alénassa,  v.  Ensemencer  un  champ  en  pré,  y  semer  de 
la  féuasse,  de  la  graine  de  foin;  vendre  du  foin  en  botte. 

Dér.  de  Fé,  foin. 

Aféta(s*),  V,  S*aflecter,  prendre  un  air  affecté. 

Trad.  du  français. 

Afiança,  v.  Se  promettre  en  mariage,  passer  des  pactes 
de  mariage.  —  Ce  verbe  est  actif  en  languedocien.  — 
Afianeè  uno  tèlo,  il  s*engagea  avec  une  telle. 

Dér.  du  lat.  Fidentia,  confiance,  foi. 

Aficha,  V.  Afficher. 

Trad.  du  français.  Dér.  de  Affigere,  attacher  à. 

Aficho,  â.  f.  Affiche,  placard. 

Trad.  du  français. 

Afinclia  (s*),  v.  S'appliquer  à...  avec  zèle  ;  mettre  toute 
son  attention,  toute  son  intelligence  à  quelque  chose;  y 
appliquer  sa  finesse  et  sa  vue. 

Dér.  de  Fï,  adj.,  fin,  rusé,  attentif. 

Afina,  v.  Ruser,  cajoler  dans  l'intention  de  duper;  affi- 
ner, polir,  rendre  plus  fin  un  objet,  faire  la  pointe. 

Dér.  de  Fï,  adj. 

Aflaqul  (s*),  v.  S'afEûblir,  se  relâcher,  s'amollir;  devenir 
faible,  mou,  flasque. 

Dér.  de  Fia. 

Afonla  (s*),  v.  S'affoler,  s'engouer,  se  passionner. 

Dér.  de  Fol, 

Afonrti,  V.  Assurer,  affirmer  opiniâtrement. 

Dér.  de  Far. 


Afoortuiia,  ado,  adj.  Qui  a  de  la  fortune  ;  bien  partagé 
des  biens  de  la  fortune  ;  favorisé  du  sort. 

Dér.  du  lat.  Fortuna. 

Aloartuna,  v.  Ce  verbe  n'est  employé  que  dans  cette 
phrase  interj.  Diou  m'afourtunef  Diou  vous  afourtunsf 
Que  Dieu  m'assiste!  Que  Dieu  vous  soit  en  aide!  Cette 
expression  n'est  communément  qu'explétive ,  sans  que  la 
circonstance  soit  assez  importante  pour  nécessiter  une  pieuse 
éjaculation.  On  le  dit  lorsqu'un  enfant  pleure  ou  qu'il  fait 
du  tapage ,  qu'une  chose  dérange  ou  importune  ;  lorsqu'on 
veut  souhaiter  bon  voyage  à  un  ami  ou  même  à  un  indifr 
férent. 

Dér.  du  lat.  Fortuna, 

Airaîra  (s'),  v.  S'associer;  proprement  se  faire  des  dona- 
tions réciproques  entre  mari  et  femme,  entre  parents  ou 
amis. 

Dér.  de  Fraïre. 

Afréionli  (s'),  v.  Se  refroidir,  tourner  au  froid.  —  Lou, 
tén  s" es  bien  afréjoull,  le  temps  est  devenu  bien  froid.  Soui 
tout  afréjoulï,  je  suis  tout  transi  de  froid,  tous  vièls  soun 
afréjoulis,  les  vieillards  sont  frileux. 

Dér.  de  Fré. 

Afrésqna,  ado,  adj.  Empressé,  alléché,  la  gueule  enfa- 
rinée. —  Il  a  son  origine  dans  le  mot  frés,  frais.  V.  c.  m. 

Airésqna  (s'],  v.  S'apprêter  vivement;  se  hâter. 

AM,  ido  ouiqoo,  adj.  Avide,  empressé,  affriandé  ;  ardent, 
âpre  à  la  curée.  —  Es  afrï  àou  traval,  il  est  affectionné  à 
l'ouvrage. 

Dér.  du  lat.  Apricus,  ardent. 

Aliiqnèn,  èno,  adj.  Africain,  d'Afrique. 

Airiqno,  s.  f.  Afrique,  partie  du  monde.  —  Depuis  la 
conquête  d'Alger,  l'Afrique  est  devenue  populaire  et  réveille 
d'autres  intérêts  que  ceux  de  sa  géographie. 

Dér.  du  lat.  Apricus,  chaud,  ardent  ;  ou  selon  Roquefort, 
de  l'arabe  Aphrah,  séparer. 

Afroun,  s.  m.  Injure,  outrage,  affront. 

Dér.  de  l'ital.  Affronto,  ou  du  lat.  ad  frontem.  L'affront 
est  une  injure  en  présence  de  celui  qui  la  subit  :  ad  fron- 
tem ejus. 

Airoanta,  v.  Affronter,  rencontrer  de  front  ;  mais  sur^ 
tout  injurier,  donner  un  démenti. 

Afrountiir,  s.  m.  Affronteur,  insolent,  trompeur. 

Afroûs,  01180,  adj»  Affreux,  horrible,  épouvantable. 

Dér.  du  grec  9pic,  frayeur. 

Agaboun,  s.  m.  —  Voy.  Agôou, 

Agacha,  v.  Regarder  devant  soi  ;  regarder  avec  attention, 
considérer,  admirer.  —  Agachasf  Voyez  donc!  F.  Aehas. 

Dér.  du  grec  i^i^to,  admirer,  regarder  avec  surprise, 
être  frappé  d'étonnement. 

Agad,  s.  m.  Cor,  durillon,  calus;  excroissance  dure  et 
douloureuse  qui  vient  aux  pieds. 

Agaia,  v.  Prendre  à  la  volée;  saisir  avec  la  main  ou 
avec  un  chapeau,  un  tablier,  ce  que  l'on  jette  de  loin; 
attrapper. 


AGI 


AGN 


« 


Étym.  dn  vienx  mot  lang.  Gaff,  qui  signifie  Croc,  dont 
le  fr.  a  tîié  et  conservé  ^affe,  gaffer. 

Agalanciè,  «.  m.  Eglantier,  rosier  sauvage;  Rota  rM- 
ginoia,  Linn.  —  Sa  fleur  se  nomme  Eglantine.  Son  fruit, 
qu'on  appelle  gratte-cul,  sert  à  faire  les  conserves  de  cynor- 
rhodon,  dont  il  se  fait  un  commerce  d'exportation  consi- 
dérable dans  la  petite  ville  de  Meyrueis  (Lozère). 

Nodier  dit  que  le  savant  Pêrion  fait  venir  ce  mot  dn 
grec  â^r^^oc»  arbre  ou  fleur  épineuse. 

Agidayardi,  v.  Afiriander,  accoutumer  à  la  friandise.  — 
Au  participe  passé,  Agalavardi,  se  dit  surtout  du  bétail 
mal  gardé  et  qui  a  trop  accoutumé  d'aller  brouter  dans 
tes  blés  ou  les  vignes. 

Dér.  de  Gaiavar, 

Aga]l8(^n),  adv.  En  biais,  en  biseau,  en  talus,  en  diagonale. 

Dér.  de  aval,  par  le  changement  du  v  en  ^,  qui  est  fréquent. 

Agalousses,  i.  m.  plur.  —  Voy,  Âgàouue$. 

Aganl,  ido,  adj.  Retrait,  mal-venu,  mal  nourri,  par 
vice  d'origine.  Au  fig.,  chétif,  exténué,  rachitique. 

Dér.  de  Tital.  ingannare,  tromper,  frustrer.  Son  étym. 
remonterait-elle  au  sanscrit  aghan,  exténué? 

Aganlo,  «.  f.  Noix  de  galle.  Elle  est  fournie  par  le  chêne 
des  teinturiers. 

Étym.  du  lat.  Galla. 

Aganta,  v.  Prendre,  saisir,  empoigner. — On  dit  égale- 
ment: té  vdou  aganta,  je  vais  t'agripper;  $é  V agonie,  si  je 
le  prends,  et  aganto  aqud,  attrape  ceci  ;  agantè  un  tapai, 
il  reçut  un  soufflet  ;  ce  qui  est  prendre. 

Dér.  de  Gan,  de  l'allem.  wand,  ou  du  lat.  vagina,  gaine. 

Agftomses,  f.  m.  ptur.  ou  Agaloossea.  Ononix  ou 
arrète-bœuf  épineux  ;  Ononi$  spinosa,  Linn.,  plante  ligneuse 
de  la  famille  des  Légumineuses,  commune  dans  les  blés. 

L'étym.  du  mot,  selon  les  uns,  se  trouve  dans  le  celt. 
aga,  bois  ;  selon  d'autres,  dans  l'arabe,  et  aussi,  par  cor- 
ivplioB,  dans  le  lat.  aeuUata,  atuieo$a. 

Agaraeba,  v.  Donner  une  oeuvre  aux  champs  laissés  en 
jachère;  laisser  reposer  une  terre. 

Dér.  de  Gara,  guéret. 

Agaa,  f .  m.  Erable,  arbre  ;  Aeer,  Liim. 

Ce  mot  parait  d'origine  ligurienne. 

AgaatO,  f.  f.  Pie;  en  v.  fr.  agasie;  Connu  piea,  Linn., 
oiseau  de  l'ordre  des  Passereaux,  commun  dans  nos 
elimals  et  connu  par  son  caquet.  —  Au  fig.,  se  dit  d'une 
perMnme  au  babil  étourdissant. 

Du  baa-br.  Agae,  dit  Sauvages. 

Agaaaoà,  i.  m.  dim.  Le  petit  de  la  pie.  —  TranMo 
eowmo  Um  qu^ou  d'un  aga$$où,  il  tremble  comme  la  feuille. 

Agérbaasi  (s*),  ou  Agérbl  (s'),  v.  Se  gazonner,  devenir 
herbeux,  se  couvrir  de  graminées;  se  taller. 

Dér.  de  Girbo, 

AgiDonîa  (s*),  v.  S'agenouiller ,  se  mettre  à  genoux. 

Aginovia,  v.  Terme  de  vigneron:  couder,  coucher  un 
jarment  dans  la  fosse  pour  le  provigner. 

Dér.  de  Ginoul. 


Aglan,  s,  m.  Gland,  fruit  du  chêne.  —  Voudriez  êêtre 
ufi  aglan,  qu'un  pormé  mangèise,  je  voudrais  être  un  gjand 
et  être  mangé  par  un  porc  :  c'est  une  expressicm  d'ao* 
goisse  quand  on  se  trouve  dans  une  situation  malheureuse 
et  sans  issue;  mais  le  plus  souvent  le  peuple,  qui  est  tou^ 
jours  hyperbolique,  l'emploie  pour  une  simple  c(»itrariété. 

Dér.  du  lat.  Glam,  glandU, 

Aglana,  v.  Ramasser  des  glands,  faire  la  glandée;  don- 
ner,  distribuer  du  gland  aux  pourceaux. 

Agnano,  «.  f.  n«  pr.  de  lieu.  Aniane,  petite  ville,  chef- 
lieu  de  canton  de  l'Hérault.  —  Une  célèbre  abbaye  d'hom^ 
mes  de  l'ordre  de  Saint-Benoit  y  fut  fondée  du  temps  de 
Gharlemagne.  Les  bâtiments  qui  restent  encore  ont  été 
transformés  en  maison  de  correction. 

Un  vieux  dicton  languedocien  dit  :  Intmeén  d' Agnano, 
Quelle  est  son  origine?  Le  français  dit  bien  dans  le  mémo 
sens  :  Niais  de  Sologne,  qui  ne  se  trompe  qu'à  son  profil. 
Les  habitants  de  la  Sologne  passent  pour  avoir  d'autant 
plus  d'intelligence  qu'ils  en  font  paraître  moins,  et  ils 
mettent  dans  les  affaires  qu'ils  traitent  une  habileté  secrète 
qui  les  fait  toujours  tourner  à  leur  avantage.  On  a  dû 
trouver  dans  nos  contrées  que,  tout  en  contrefeisant  la 
simple,  l'habitant  d'Aniane  était  aussi  extrêmement  adroit 
et  alerte  sur  ce  qui  regarde  ses  intérêts  ;  de  là  le  dicton* 
naturalisé  bien  avant  qu'il  y  eût  des  détenus  à  Aniaae, 
qu'on  ne  peut  pas  traiter  à*inoueén,  même  en  commettant 
un  jeu  de  mots  à  la  française  ;  car  il  s'applique  à  tout  individu 
de  l'acabit  du  niais  dont  il  est  question,  en  sous-entendant 
la  dernière  partie  de  la  phrase  qui  complète  le  sens. 

Agnèl,  <.  m.  Augm.  Agnèlat,  dim.  il^fi^  on  Agnèhû* 
Agneau,  petit  agneau.  —  Les  moutons  changent  de  nom 
en  changeant  d'âge;  ils  sont  d'abord  agnèl  dq)uis  leur 
naissance  jusqu'au  retour  de  Vamountagnu^'é,  à  la  fin  d'août; 
alors  ils  deviennent  hédigas.  L'an  d'après,  à  la  même  époque, 
ils  sont  douUén,  ensuite  timén,  et  ainsi  de  suite.  —  AgnU  dé 
la,  agneau  de  lait,  qui  n'a  été  nourri  que  de  lait.  AgnU  dé 
can,  agneau  qui  a  mangé  aux  champs.  £«  un  agnU,  il  est 
doux  comme  un  agneau.  QuinU  agnèUuf  Quel  gnuid 
agneau,  quel  bon  diable  !  Aquà^$  la  soumito  dé  l'agnèl  blan, 
c'est  toujours  la  même  répétition.  Ce  proverbe  tient  à  un 
usage  des  conteurs  de  sornettes.  Lorsqu'ils  sont  ennuyés  des 
demandes  qu'on  leur  adresse  pour  en  conter  une  nouvelle, 
ils  disent  :  Vdou  voui  dire  la  souméto  dé  VagnU  blan.  —  Ah/ 
voui,  diga-la,  s'écrie  rassemblée;  et  le  conteur  :  Se  wmlè» 
que  vouê  la  digue,  voue  la  dircâi.  —  Voui  /  voui  /  diga4a, 
insiste-t-on  de  plus  belle.  Mais  le  conteur  se  renferme 
dans  son  étemel  :  Se  vouUe  que  voue  la  digue,  vous  la  dirai, 
jusqu'à  ce  que,  fatigué  de  cette  vaine  répétition,  le  cercle 
d'auditeurs  passe  enfin  condamnation.  On  dit  en  français, 
pour  la  même  chose  :  c'est  la  chanscm  du  ricochet. 

AgnU,  agnUé,  agnUoii  sont  des  termes  de  cajoleri9 
enfantine,  de  tendresse  mignarde. 

Dér.  du  lat.  Agnue,  dim.  Agnellut,  qui  vient  lui-même 
du  grec  irft6ç,  pur,  chaste. 


38 


AGN 


AGN 


Agnèla,  v.  Agneler,  nietlre  l>as,  en  parlant  des  brebis. 

Agnèlado,  s.  f.  Le  croit  d'un  troupeau,  sa  portée 
d'agneaux  dans  l'année. 

Agnèlo,  s.  f.  Agnc.iu  fenieilo.  —  Se  dit  particulièrement 
d'une  brebis  qui  coninience  à  porter  a\ant  d'èlre  X  l'état 
de  bedifjasso.  Cet  animal  soulîre  de  cette  i»récocité;  il 
ne  peut  se  développer,  vit  dans  un  état  racliitiiiue,  si  tou- 
tefois il  ne  meurt  pas  en  meltant  bas.  Los  éducaleui^s  ont 
plusieurs  proci'dés  pour  prés  enir  cette  nubibté  trop  liAtive. 

Agnèlo,  s.f.  .Nielle  des  blés;  Ayroslcma  gilhinjo,  Linn., 
plante  de  \x  famille  des  Caryopbyllées.  Son  ^^'rain  mêlé  au 
blé  rend  le  pain  noir  et  amer. 

Dér.  du  la  t.  IS'i(jeUu$,  noinUre. 

Agno,  désinence  y  en  fr.  Agne. 

Par  ordre  alpbabétique,  Ayno  est  le  premier  d'une  série 
de  suiïixes,  qui  se  sont  formés  sur  toutes  les  voyelles  en 
ègno,  é(jno,  iyno,  oyno,  ouyno,  tiyno,  qui  tous  prébcnlent 
des  particularités  curieus(*s  dans  l'bistoire  de  la  formatiiai 
de  la  langue.  Ces  linales  entrent  en  composition  dt*  noms 
communs,  substantifs  ou  adjectifs,  et  d'un  certain  nombre 
de  noms  proprtîs  d'bommes  et  de  lieux,  av(?c  un  caractère 
spt'cial.  Elles  ont  été  d'ailleurs  soumises  ;\  tant  d'altéra- 
tions diverses,  qu'il  n'est  pas  sans  intérêt  de  faire  ici 
connaissance  avec  elles,  en  leur  consacrant  un  méJiie 
article. 

Dans  toutes  les  langues,  les  noms  se  forment  en  ijuelque 
sorte  par  des  procédé»  sy.^lémaliqnes.  L'éK.'menl  rudimen- 
taire  reste  à  i>ou  prés  invariable,  et  c'est  au  moy»'n  d<'s 
suflixes  qu'il  se  modilie  suivant  les  acceptions  auxtiuelles 
il  est  destiné  ^  s'appliquer.  Cbacjue  pajs,  par  une  disposi- 
tion particulière,  obéissant  aux  indueneos  d«'  son  orija- 
nisme  vocal,  adopte  de  iiréféretjc^^  la  formule  qui  convient 
le  njieux  à  ses  facultés  d'articulation  et  de  voealisalion  ; 
et  dans  ses  vocables  ap|H'llalirs  surtout,  jiarce  ({u'ils  sont 
sujets  à  se  répéter  plus  souvent  et  d«»i\enl  être  plus  lixes, 
il  rai)i>rocbe  les  lettres  et  les  combinaisons  les  plus  faciles 
pour  lui  à  projioncer. 

Ainsi,  étant  doimé  un  radical,  il  e>t  nécessaire  de  lui 
imprimer  une  certaine  iorme  staMe  «q  commode  pour  en 
éU^ndre  le  sens  ;  il  faut  ajouter  une  désinence  caractéris- 
tique \xmv  lui  faire  si^'iiilierjjue  l'objet  di'.>i;j:né  par  lui  doit 
s'unir  à  un  autre  objet  ou  (juil  n'en  est  (lu'mie  partie, 
qu'il  en  déri\e,  ((u'il  en  |)ro\ient  ou  qu'il  doit  h'incorjjorer 
à  lui,  pour  jiréciser  sadesceMilance,  lequalilier  plus  expres- 
sément, et  pour  ilétiM'miner  ses  dimen>ioiis,  son  étendue, 
ses  propriétés.  C'est  l'adjectif  tiré  ilu  substantif;  le  cjuab- 
ficatif  joint  au  si;-'nilicatif;  le  diminutif  ou  l'au^iimentatif 
venant  modifier  b*  sinq)le,  ce  <(u'on  nomme  la  dérivation: 
c'est  le  fonctionnement  des  sullixes. 

Celte  loi  est  universelle:  partout  mêmes  procédés  pres- 
que mécani(iues,  en  ce  sens  ([ue,  les  mots  rejirésentant  les 
idées,  l'accessoire  suit  le  principal,  la  désinence  supplétive 
étend  la  signification  du  radical.  Ce  qui  fait  la  variété  des 
idiomes  à  base  connuunc  comme  le  celtique  et  le  latin, 


d'où  sont  issues  nos  langues  modernes,  n'est  en  définitive 
que  la  différence  de  prononciation.  Les  raj)porls  sont  sou- 
vent cacliés,  inappréciables  ii  l'analyse,  mais  ils  existent. 
Ils  .se  sont  dénaturés  par  des  raisons  inconnues,  mais  des 
IKjints  de  contact  vérifiés  laissent  voir  leur  rapi)rocbement. 
Cbaque  groui)e  de  population  a,  en  ciVet,  des  tendances  de 
langage  qui  lui  sont  propres,  des  babitudes  qui  le  portent 
à  recbercber  certains  sons  et  à  en  éviter  d'autres  ;  les  dia- 
lectes naissent  de  ces  convenances  toutes  locales,  et  de 
cette  manière  se  lie  et  s<'  déconq)ose  l'ensendile  général, 
sans  perdre  ses  affinités,  mais  en  les  laissant  s'oblitérer  et 
en  les  écartant  plus  ou  Uioins  de  la  source  commune.  C'est 
IKiurquoi,  dans  ces  recbercbes  qui  remontent  quelquefois  à 
des  origines  lointaines,  il  y  a  à  tenir  conqjte  de  l'état  des 
idiomes  voisins  et  de  la  pbilologie  comparée.  C'est  faire 
une  tentative  dans  cette  voie  que  d'essayer,  sur  les  mots 
de  notre  langue,  de  surprendre  le  secret  île  leur  formation 
originelle;  de  savoir  par  (juel  instinct  naturel  ou  (luel  tra- 
vail prémédité,  la  pensée  et  son  exjiression  s'est  plue  à 
revêtir  certaines  formes  plulùt  que  d'autres,  et  de  démêler 
sous  renq)ire  de  quelles  propensions  et  de  quelles  antipa- 
tbi»*s  particulières  quelques-unes  de  ces  expressions  sont 
arrivées  jusqu'à  nous,  et  ont  été  adoptées.  I^jur  cela,  l'étude 
des  désin<Mices  est  d'une  importance  considérable;  car  ce 
sont  ces  >yllabes,  insignifiantes  en  aj)parence,  ijui  donnent 
à  une  langue  son  ty|)e  individuel,  son  cacbet  et  son  carac- 
tère. Du  [H'tit  au  grand,  1»^  dialecti'  a  sa  valeur;  si  modeste 
(jue  S'tit  sa  part,  il  a  droit  dt»  se  pré>enter  au  concours. 

De  la  langue  la  plus  anciennem'Mit  parlée  dans  les 
(iaules,  le  c«'lti(jue,  nous  n'avons  que  des  notions  impar- 
faites, r.'duites  a  qui'lques  centaines  d'expressions  éparses 
dans  les  écrivains  latins  ou  grecs,  et  à  quelcpies  lambeaux 
d'inscrii»tions  lapidaires;  il  n'a  ele  recueilli  aucun  monu- 
ment éerit  d'une  sérieuse  p«»rlée.  Kien  n'est  resté  dans  l'air 
de  Son  accentuation.  Cependant,  avec  les  mots  qui  nous 
ont  été  c>tns»MVès,  avec  K's  ap])ellations  géograpbi(]ues  et 
les  noms  dliomnjes,  que  la  stabilité  naturelle  de  leur  signi- 
fication et  de  leur  structure  a  protégés  davantage,  si  l'on 
n'est  j»oinl  parvenu  à  composer  uji  \ocahulaire  conq)let,  il 
a  été  pt>s>ilile  de  discerner  sun'menl  ce  cjui  appartient  dans 
lins  lani'ues  modeiiics  a  l'idiome  primitif,  et  de  lui  attribuer 
telles  formes,  telles  liicutituis,  lejlrs  racines  (jui,  ne  se 
retrouvant  pas  ailleurs,  n'ont  pu  lui  servir  de  modèle  et 
remnntent  nécssairiMnent  à  celte  source.  (]el  élément  pri- 
mordial mérite  ilètre  relevé  avec  prudence,  sans  doute, 
mais  a\ec  un  soin  minutieux. 

Les  cojnnies  gr«'C(|ues,  établies  sur  le  lilt^ral  méditerra- 
néeji,  eup'nt  des  rapports  de  CMinmmee  et  d'échange  avec 
les  pr»t)ulations  voisiniîs  ;  mais  bien  que  llorissantes  et  d'une 
civilisation  jjIus  avancée,  elli'S  ne  se  mêlèrent  jamais  avec 
le  corps  gaulois  au  point  d'exercer  une  influence,  qui  n'eut 
pas  le  tenq)s  d'ailleurs  d'être  bien  profonde.  Les  mots  grecs 
que  nous  avons  retenus  nous  ont  été  apportés  presque  tous 
par  l'intermédiaire  des  Romains. 


AGN 


AGN 


39 


Le  latin  doit  être  considéré  comme  le  vrai  générateur  de 
nos  idiomes.  Il  avait  pénétré  dans  la  Gaule  et  dans  la  Nar- 
bonaise,  avant  l'arrivée  de  César.  Après  la  conquête,  il  s'y 
naturalisa  avec  une  absorbante  énei^e,  et  tout  concourut 
à  favoriser  sa  prédominance  et  à  en  prolonger  la  durée  : 
les  lois,  l'administration,  la  civilisation,  la  religion,  même 
Tesprit  national.  Le  christianisme  vint  encore  seconder  son 
influence.  Les  invasions  germaniques  des  Francs  et  des 
Visigoths,  loin  de  comprimer  cet  essor,  accrurent  sa  popu- 
larité :  les  barbares  l'adoptèrent,  et  leur  conversion  à  la 
religion  chrétienne,  leur  orthodoxie  ne  contribua  pas  peu 
à  le  maintenir,  bien  qu'ils  eussent  versé  un  élément  nou- 
veau dans  le  langage  par  leur  prononciation.  Mais  il  faut 
dire  que  ces  altérations  furent  plus  sensibles  au  nord  qu'au 
UQÎdi  de  la  France;  et  nous  n'en  avons  que  plus  tard  res- 
lenti  les  effets  par  le  français  d'Outre-Loire. 

Hais  la  langue  importée  par  les  vainqueurs  de  la  Gaule 
et  par  les  colons  à  la  suite  n'était  pas  le  latin  classique  et 
cicéronien  :  c'était  le  langage  déformé  de  Rome,  familier 
aux  soldats  et  au  bas  peuple,  hérissé  de  barbarismes.  La 
latinité  gauloise  se  forma  d'abord  sur  ce  modèle  ;  et  encore 
U  nouvelle  langue,  pour  se  répandre  dans  le  pays  con- 
quis mais  toujours  indompté,  dut-elle  se  soumettre  à  une 
foule  d'altérations  néologiques,  se  plier  à  des  exigences 
dont  la  masse  de  la  nation  puisait  le  principe  dans  son 
indépendance.  Car,  tout  en  acceptant  un  langage  qu'ils 
n'avaient  pas  appris  dans  leur  enfance,  les  indigènes  ne 
renoncèrent  pas  à  leurs  habitudes  de  prononciation,  et 
firent  violence  au  latin  pour  l'approprier  aux  formes  natu- 
relles de  leur  pensée. 

Les  témoignages  les  plus  certains  attestent  que  le  vieux 
gaulois,  en  pleine  possession  de  son  territoire  au  VII«  et 
au  VIH«  siècle,  se  maintint  longtemps  encore  ;  même  au 
XII1«  siècle,  son  extinction  n'était  pas  complète.  Mais  déjà 
tous  ces  ferments  de  celte,  de  latin ,  de  tudesqne  avaient 
commencé  à  se  fusionner.  Puis,  quand  ce  pêle-mêle  se 
réorganisa  sous  le  souffle  d'un  esprit  différent,  après  de 
longues  élaborations,  une  langue  véritable  était  créée. 

Elle  fut  d'abord  qualifiée  de  rustique,  comme  si  elle 
n'eût  été  qu'une  dégénérescence  d'idiomes  corrompus; 
mais  une  dénomination  plus  juste,  qui  est  un  souvenir,  ne 
tarda  pas  à  prévaloir  :  elle  est  appelée  Boman  ;  et  c'est  le 
roman  qui  a  donné  naissance  à  la  langue  d'Oïl  et  à  la 
langue  d'Oc,  ces  deux  filles  si  glorieusement  régénérées. 
—  Fo2f*  Léngadd,  Patouàt,  Bouman. 

L'oeuvre  de  recomposition  fut  lente  :  elle  suivit  les  phases 
de  la  grandeur  romaine,  qui  mit  du  temps  à  mourir.  Dans 
le  principe,  elle  était  inconsciente,  irréfléchie,  ignorant  sa 
voie,  mais  entrevoyant  un  but;  elle  s'inspirait  et  se  gui- 
dait par  un  vague  souvenir,  qui  n'avait  jamais  péri  et  qui 
ramenait  peu  à  peu  le  peuple,  lui  qui  fait  la  langue,  vers 
des  inflexions  qui  lui  avaient  été  familières.  En  acceptant 
le  latin,  il  l'avait  soumis,  par  une  sorte  d'instinct  méca- 
nique, aux  aptitudes  les  plus  conformes  à  son  organisme 


vocal  ;  en  le  transformant,  il  ne  cherchait  qu'à  porter  dans 
la  prononciation  les  prédilections  ou  les  antipathies  qui 
étaient  dans  sa  nature. 

Un  respect  traditionnel  entourait  les  racines,  qui  sont 
l'âme  des  mots  :  les  modifications  s'accomplirent  donc  plus 
volontiers  sur  les  désinences.  Elles  s'adressèrent  surtout  à 
celles  qui  avaient  le  cachet  romain,  d'abord  parce  qu'elles 
étaient  moins  dans  les  prédispositions  organiques  de  la 
voix,  puis  parce  que  ces  finales,  sans  signification  par  elles- 
mêmes,  n'affectaient  qu'accessoirement  la  substance  du 
mot,  que  le  changement  ne  voulait  pas  atteindre.  Le  génie 
national  reprenait  les  concessions  arrachées  par  les  vain- 
queurs :  c'était  l'affranchissement  qui  s'annonçait.  Ce 
retour  à  l'ancien  esprit  gaulois  offrirait  des  coïncidences 
qui  vont  plus  loin  que  les  formes  du  langage. 

Mais  les  signes  de  cette  réaction  se  manifestent  clairement. 
Le  premier  besoin  est  la  rapidité  de  la  parole  répondant  à 
la  promptitude  de  la  conception  :  et  la  contraction  des  mots, 
la  simplification  des  modes  et  des  cas  marquent  des  écarts 
d'indépendance  qui  protestent  contre  l'ampleur  et  la  régu- 
larité latines.  L'accentuation  se  reprend  à  des  cadences  et  à 
des  agencements  de  syllabes  qu'une  bouche  et  une  oreille 
romaines  n'avaient  pas  inventés  :  et  il  s'ensuivit  la  nécessité 
de  combiner  autrement  la  forme  d'une  foule  de  mots.  On 
le  voit  :  si  les  fondements  latins  restaient  encore  solides, 
un  édifice  plus  jeune  s'élevait  sur  eux. 

Les  éléments  de  cette  révolution  du  langage  se  trouvent 
dans  le  changement  de  formes,  dans  les  modifications  des 
désinences,  qui  obligent  l'appareil  phonétique  à  prendre 
d'autres  flexions  plus  en  harmonie  avec  ses  tendances  et 
ses  habitudes  natives.  C'est  ce  qu'il  faut  constater  par  des 
applications  et  des  exemples.  Qu'on  en  juge  à  l'œuvre. 

Chez  nos  ancêtres  gaulois  la  forme  du  suffixe  était  AC  = 
EC;  nous  l'avons  déjà  signalé.  —  Voy.  A,  $uff.  Son  accen- 
tuation, forte  sans  doute,  à  cause  de  la  lettre  finale,  devait 
cependant  être  adoucie  ou  assourdie  par  un  son  guttural, 
ressemblant  à  celui  du  X  grec,  qui  lui  servait  d'expres- 
sion dans  l'écriture:  et  ce  qui  le  prouve,  ce  sont  les 
variantes  dialectales,  conservées  dans  la  néo-celtique  en 
ac^=:  iac  =  auc  =  ùch  ^^ech;  nuances  ménagées  pour 
estomper  des  tons  trop  durs.  Les  permutations  opérées  plus 
tard  en  S  doux,  en  J  ou  G  doux,  comme  équisonnants, 
seraient  aussi  un  indice  de  quelque  valeur. 

Ces  désinenc<es  étaient  employées  à  adjectiver  les  mots, 
à  former  des  termes  ethniques,  patronymiques,  géogra- 
phiques, à  marquer  la  possession,  la  filiation,  l'apparte- 
nance, la  collectivité.  En  voici  quelques  exemples  :  Bron^ 
tristesse,  bronach,  triste;  bod,  touffe,  bodec,  touffu;  karad, 
amitié,  karadec,  aimable;  suU,  œil,  tuUech,  qui  a  des  yeux; 
$tan,  salut,  êteinech,  salutaire;  plum  ou  />/irm,  plume, 
plumauc  ou  plumawe,  emplumé,  dial .  comique  ou  cambrique . 
En  gaélique  :  Albanaeh,  Écossais;  Erionnaeh,  Irlandais; 
Sacâanach,  Anglais;  en  bas-breton  :  d^rv,  iann,  chêne,. 
dervek,  tann$c,  lieu  planté  de  chênes,  abondant  en  chênes; 


90 


AON 


AON 


ounn,  frêne,  ounnek,  frênaie,  etc.,  etc.  —  Yoy,  Zenss, 
Gram.  céU.;  Le  Gonidec,  IHcf .  frref. 

Mais,  arrive  la  domination  étrangère,  et  les  mots  cel- 
tiques n*entrent  plus  dans  le  langage  usnel  qa*à  la  condi- 
tion de  revêtir  la  forme  romaine.  Le  latin  avait  sa  termi- 
naison caractéristique  générale  en  u$,  a,  um;  partout  où 
on  terme  ganlois  se  rapprochait  d'un  des  siens  par  le  sens 
on  la  consonnance,  dans  les  noms  propres  qn*il  ne  tenait 
point  par  politique  à  défigurer,  dans  les  dénominations 
locales  qu'il  importait  de  ne  pas  débaptiser,  il  s'appropriait 
le  mot  et  se  contentait  d'adjoindre  sa  formule  propre  à  la 
désinence  vaincue.  Mais  àpart  sa  finale  en  acui,  œa,  aeum, 
la  plus  proche,  qui  a  été  la  plus  durable  et  qui  donne  en- 
core à  bien  des  noms  propres,  dans  la  moyenne  latinité, 
une  physionomie  gauloise ,  il  avait  aussi  ses  sufiSxes  en 
anus,  a,  um  ;  aneus,  a,  um  ;  anius,  astiiu,  enuM,  inut, 
onus  ;  de  la  même  catégorie,  et  exerçant  de  pareilles  fonc- 
tions adjectives,  possessives  ou  collectives.  Les  Gallo- 
Romains  adoptèrent  ces  désinences  dittées  par  le  vain- 
queur, et  ils  les  vulgarisèrent  en  les  étendant  en  anieu$, 
enieuâ,  inieui,  onieus,  a,  um,  employées  généralement  au 
plur.  fém.  :  anieœ,  enieœ,  iniem,  oniew.  Suivons  la  gradation 
sur  les  noms  d'hommes  et  de  lieux.  On  trouve  dans  César  : 
IHvitiiicus,  Dumnaeus,  Valetiaeus;  dans  Tacite  :  Galgaeuê, 
Caractaeus;  Sidoine- Apollinaire  cite  AvUaeum,  frcsdium 
Aviii,  PruMianuê;  Grégoire  de  Tours,  J^rMinoeum;  l'Itiné- 
raire d'Antonin,  Juliacum,  Tiberiaeum,  Solimariacum;  les 
chartes,  Flaviacum,  Aureliaeum,  Pompeiaeum,  Pauliaeum; 
et  en  même  temps,  à  cette  dernière  période,  on  rencontre 
Martiniacum  et  MarHnhanieœ,  Cotonia  et  Colonieœ, 
Condacum  et  Condusonieci,  SalvanumeiSalvanicœ,  Ahonum 
et  Alsonieœ,  Veranum  et  Verananica,  et  ainsi  d'une  foule 
d'autres.  De  sorte  que  la  progression  pourrait  être  celle-ci  : 
Brmn,  primitif  celtique,  donne  directement  Brennus;  puis 
Brennae,  Brmiiaeui,  celto-latin,  fils  ou  descendant  du 
Brenn  ;  et  dans  les  noms  communs,  devenus  noms  de  lieu, 
collectifs,  ea$$,  eass-ae,  eau-ee,  forme  celtique;  easiacus, 
easManuâ,  eoênuâ,  forme  latine  ;  Ca$$aniea,  forme  gallo- 
romaine,  etc.,  etc.  Les  transformations  se  firent  sur  ce 
modèle;  inutile  d'en  détailler  l'interminable  nomenclature. 

Tel  était  le  produit  du  mélange  du  gaulois  et  du  latin, 
parlés  simultanément,  à  c6té  l'un  de  l'autre  sur  le  même 
iol.  Les  désinences  ae  s=  ee  af&iblies  en  aeh,  aue,  ech, 
lurent  donc  soumises  à  la  prononciation  romaine,  qui  don- 
nait toujours  le  son  dur  au  C,  semblable  au  K  rude, 
même  sur  les  voyelles  douces  9,  I,  et  qui  articulait  forte- 
ment le  N,  dont  il  ignorait  le  son  mouillé.  Les  Gallo- 
Romains  avaient  surenchéri  en  redoublant  les  deux  sons 
de  ces  consonnes  dans  anieœ,  gnieœ,  inieœ,  onieœ. 

C'est  contre  la  dureté  et  la  sécheresse  de  ces  intonations 
que  devait  protester  la  langue  romane  en  France,  comme 
le  firent  tous  les  idiomes  dans  les  pays  où  les  Celtes  avaient 
séjourné,  une  fois  que  la  puissance  romaine  eut  cessé  de 
peser  sur  le  langage. 


Aussi,  ae  ss  ee,  la  forme  première,  représentée  par 
aeu$,  eeut,  ieui,  oeui,  um,  perd-elle  d'abord  sa  fimio 
latine;  puis  le  e  s'amoindrit  et  coule;  il  permute  avec  lé 
cA  ou  le  y  et  ^  doux  ;  il  disparail  même  entièrement  de  nos 
appellatifs,  où  il  ne  se  fait  jamais  sentir.  A  part  quelques 
exceptions,  qui  localisent  une  dénomination,  il  se  trans* 
forme  de  vingt  manières  di£^ntes,  selon  les  influences 
auxquelles  il  obéit.  Tandis  que  la  géographie  andemia 
garde  ses  aeum  ou  anum  immuables,  à  tous  les  points  de 
l'horizon,  les  terminaisons  nominales  se  sont  changées  en 
a,  as,  at,  é,  ei,  te,  ter,  ière,  tes,  y,  eux,  ieux,  etc.  11  faut 
encore  comparer,  pour  ces  métamorphoses  du  ae  assov 
dans  la  signification  adjectivée,  nominative,  collective  ou 
diminutive,  les  variantes  qui  paraissent  autant  formées  sur 
le  suffixe  celtique  que  sur  le  correspondant  latin  on  sa 
latinisation,  comme  édo,  iè,  iëiro,  et  leurs  dérivations  os 
leurs  analogies  sur  les  difiTérentes  voyelles,  et  les  affinités 
et  les  permutations  de  lettres.  —  Yoy,  lettres  C,  G,  et  tdo; 
Iè,  etc. 

Dans  les  finales  anu$,  anum;  enus,  inu$,  onus;  anetse, 
enius,  inius,  onius,  au  masc.  et  au  neutre,  d'importation 
latine  plus  marquée  peut-être  on  du  moins  plus  Soi- 
gnée des  suffixes  celtiques,  le  roman,  pour  les  traduirB, 
supprime  Clément  la  caractéristique  latine;  il  garde  an, 
en,  in,  on,  avec  ou  sans  i  antécédent,  et  souvent  même  il 
efiace  le  n  dans  les  noms  communs,  au  moins  de  notre  di»* 
lecte,  comme  bo,  eousï,  mati,  etc.  ;  et  dans  ceux  où  la  consonne 
persiste,  elle  prend,  dans  le  Midi  surtout,  une  expression  si 
fortement  nasalisée  qu'elle  devient  un  caractère  typique  de 
notre  idiome.  —  Tby.  An,  suff. 

Les  désinences  féminines  ana,  ena,  ina,  ona,  una,  et 
surtout  ania,  enia,  inia,  onia,  unia;  anea,  inea,  onea, 
unea,  se  r^roduisent  plus  particulièrement  dans  le  vieux 
languedocien  et  dans  le  moderne  par  nos  finales  agno,  égno^ 
ègno,  igno,  ogno,  ugno,  qu'emploie  le  français  sous  difll^ 
rentes  formes  transmises  par  le  roman,  en  agne,  aiyne, 
eigne,  oigne,  ogne.  —  Yoy.  aux  mots  :  Cassagno,  Gamégno, 
G<ueougno,  etc.,  etc. 

Et  encore  sur  tous  ces  suffixes,  à  peu  près  indiflRîrem- 
ment,  tant  sur  ceux  où  le  e  est  la  consonne  dominante  que 
sur  ceux  où  Yn  se  rencontre,  il  intervient  fréquemment 
une  autre  combinaison  très-répétée  en  aje,  éje,  èje,  ije,  oje, 
uje,  lé  J  remplaçant  le  G  doux, — et  en  aeho,  èeho,  ét^, 
éneho,  idu),  oeho,  qui  dérivent  du  même  principe  et  qui 
vont  reparaître  sous  un  autre  aspect. 

Les  Gallo-Romains  avaient,  dis(Mis*nous,  représenté  les 
désinences  principalement  en  ietis,  a,  um,  en  les  latinisant 
plus  durement,  par  aniea,  eniea,  inieœ,  onieœ,  où  se  rap- 
prochaient les  deux  consonnances  fortes  de  l'N  et  du  G. 
Cétait  une  transformation  qui  voulait  pent^tre  rappeler 
le  suffixe  primitif  des  aXeux  et  le  mettra  en  contact  avec 
ceux  des  vainqueurs  ;  mais  cette  finale  de  la  moyenne  lat{* 
nité,  à  dur  redoublement,  devint  particulièrement  antipa- 
thique au  roman  et  aux  autres  langues  néa4attnBS  qui  se 


À6N 


AfiN 


3J 


xeoomposaiait.  La  malhearease  terminaison  en  nicus,  nka, 
nieum,  qaelque  voyelle  qui  loi  serve  de  véhicule,  a  le  don 
d*born|ûler  tons  les  idiomes  en  voie  de  rénovation,  et 
Ganse  les  écarts  de  prononciation  les  pins  étranges. 

En  FrancOi  le  roman  en  fait  anéguei,  enègues,  inègues, 
onègues,  et  anieheê,  anénehe$,  angeg,  enge»,  inges,  onge. 
Lelangaedocien  emploie  là-dessos  sa  voyelle  féminine  propre 
9^  mais  la  forme  en  est  conservée.  Dans  l'espagnol  et  Tita- 
lien,  comme  dans  la  langue  d'Oc,  se  retrouvent  des  procé- 
dés identiques  ;  et  il  est  remarquable  qu'en  Espagne,  à 
propos  de  Faltération  apportée  plus  tard  par  le  languedo- 
cien sur  ces  désinences  anègues,  onègue$,  etc.,  venant  de 
aniea,  enicm,  onicm,  se  montre  une  articulation  conforme 
k  nos  argu9ê,  ergues,  orgues.  —  Voy,  Argue,  Canounje,  où 
des  exemples  sont  cités. 

Cette  variété  anègues,  enègues,  etc.,  ne  débarrasse  pas  la 
désinence  d'une  certaine  rudesse,  qu'amortit  à  la  vérité  la 
présence  de  l'e  ou  Vo  atone  ou  muet,  sur  lequel  elle  tombe 
en  languedocien  comme  en  français  ;  mais  nous  présumons 
que  la  flexion  forte  du  g  n'est  ici  que  le  résultat  d'une 
exigence  orthographique,  quand  il  précède  les  voyelles  a, 
0,  u,  dans  nos  dialectes.  L'exactitude  de  cette  induction 
nous  est  démontrée  par  ce  qui  existe  de  pareil  en  français, 
et  aussi  dans  la  prononciation  du  languedocien  des  Hautes- 
Gôvennes.  Ainsi,  pour  traduire  le  lat.  veniat,  nos  monta- 
gnards disent  :  gué  végno,  et  dans  la  plaine  on  prononce  : 
91M  vèngue.  Le  premier  est  plus  pur  :  mais  cette  diffé- 
rence a  peut-être  amené  une  autre  combinaison  :  celle 
du  g  suivant  Vn  au  lieu  de  la  précéder.  La  mouillure  est 
moins  sensible  :  cependant  ng  n'est  qu'un  équivalent.  C'est 
une  importation  du  germain  par  les  Francs  ou  les  Yisi- 
goths,  qui  n'avaient  aucune  facilité  à  articuler  notre  ^,  et 
qui  l'ont  démontré  en  changeant  presque  toujours  nos  dési- 
nences agne,  oigne,  eigne,  igné,  ogne,  en  ange,  inge,  onge, 
dans  les  dénominations.  Quoi  qu'il  en  soit,  la  formule  ré- 
pond exactement,  par  la  suppression  de  la  voyelle  e  inter- 
médiaire, à  celle  des  romanes  anègues,  enègues,  onèguesj 
et  ne  sort  pas  d'une  autre  provenance.  Dans  le  roman  et 
au  nord,  où  l'influence  germanique  se  fait  plus  sentir,  on 
trouve,  comme  formes  analogues  dans  la  langue  du  moyen 
âge  :  il  dunge,  dogner  et  duner,  donar  et  dogner;  aviegne, 
avegne,  avieneni;espreigne,  preigne;  et  venge,  tenge,  donge; 
et  viengne,  Hengne,  dongne,  qui  sont  aujourd'hui:  donner, 
advenir,  prendre,  venir,  tenir;  sans  compter  encore  d'au- 
tres variantes  qui  ne  laissent  pas  d'être  frappantes  et  fort 
congruentes  à  notre  siget. 

Dans  cette  généalogie  de  désinences,  ce  qui  est  essentiel 
à  retenir,  c'est  l'introduction  dans  l'accentuation  d'élé- 
ments tout-à-fait  nouveaux  et  inconnus  au  latin.  Le  G 
guttural  et  souvent  doux  se  substitue  an  C  toujours  dur 
du  latin;  le  CH  chuintant,  qui  est  celtique,  aspire  aussi  à 
reprendre  ses  droits;  enfin,  dans  les  suffixes  qui  font  le 
sujet  de  notre  article  et  dans  beaucoup  de  leurs  variantes, 
jrar  toutes  les  voyelles  s'articule  le  GJH  mouiUé,  une  des 


flexions  de  la  plus  incontestable  origine  gauloise.  Et  ce 
n'est  pas  un  phénomène  des  moins  remarquables  que  la 
reproduction  de  ces  mouillures  gutturales  et  nasales  dans 
tous  les  idiomes  celto-latins  au  moment  où  ils  se  renouvel- 
lent. Elles  s'étendent  même  à  U  mouillé,  que  le  fr.  et  l'esp. 
adoptent,  bataille,  halaJUa,  etc.,  que  l'ital.  représente  par^/ij, 
^glia,  bataglia,  et  notre  dialecte  par  l'V  tréma,  fio,  bataïo. 

En  résumé,  quand  on  suit  à  la  trace  ces  transformations, 
et  qu'on  étudie  leur  dégénérescence  graduelle  dans  ses  prin- 
cipes et  dans  ses  causes,  il  est  difficile  de  ne  pas  recon- 
naître, à  voir  leur  identité  d'emploi  et  de  destination  au- 
près du  radical,  que  tous  ces  suffixes  de  même  famille  sont 
égaux  entre  eux,  et  que,  depuis  les  primitifs  AC  =  EC  en 
passant  par  le  latin,  ils  peuvent  être  ramenés,  par  une 
équation  logique  et  rigoureuse,  jusqu'à  la  forme  usitée 
dans  nos  idiomes  modernes,  si  originale  qu'en  paraisse 
l'expression  au  premier  aspect.  La  singularité  de  physio- 
nomie qu'affectent  parfois  certaines  désinences  n'est  pas» 
au  reste,  sans  avantages  :  elle  signale  et  met  dans  un  relief 
plus  frappant  le  membre  sur  lequel  il  faut  d'abord  opérer 
pour  arriver  par  la  dissection  jusqu'à  l'os,  c'est-à-dire  au 
radical.  Dans  la  recherche  des  étymologies,  il  est  bon 
d'avoir  affaire  à  un  mot  ainsi  surchargé,  dont  on  peut  du 
premier  coup-d'œil  dégager  l'appendice  à  tournure  connue 
d'avance.  Mais  la  parité  significative  ou  l'équipollence  des 
terminaisons  de  même  catégorie  a  une  portée  bien  plus 
étendue  :  car  si  elle  permet  d'établir  entre  les  mots  et  les 
noms,  des  analogies  qui  les  font  équivalents  les  ims  aux 
autres,  malgré  la  différence  de  leurs  formes,  quand  ils  pro- 
cèdent d'une  racine  unique,  elle  empêche  encore  et  le  plus 
souvent  de  confondre,  avec  un  mot  qui  parait  dérivé  d'une 
langue  de  formation,  comme  le  latin  par  exemple,  une 
simple  désinence,  qui  lui  ressemble  par  sa  physionomie, 
mais  qui  n'est  en  définitive  que  le  produit  d'une  combi- 
naison régulière  ou  d'une  altération  successive.  Ceci  soit 
dit  en  passant  pour  notre  finale  Argue,  à  laquelle  nous 
renvoyons.  Mais  que  de  ceci  surtout  ressorte  clairement 
la  loi  d'afiînité,  de  concordance,  d'égalité  de  valeur  dans 
les  désinences  supplétives,  ce  résultat  obtenu  sera  fécond  ; 
et  nous  tenions  à  en  consolider  les  bases.  Les  citations 
sous  chaque  mot  feront  mieux  comprendre  son  impor- 
tance majeure.  —  Voy,  Argue,  suff.,  Canounje^  Cassagno, 
Sdouvagnargue,  etc. 

Notre  but  ici,  au  moyen  de  ces  observations  générales, 
était  encore  de  démontrer  qu'au  moins  une  partie  de 
l'ancienne  prononciation  s'était  conservée  dans  les  Gaules, 
et  qu'au  moment  de  la  rénovation  de  la  langue  qui  devint 
notre  idiome  roman,  tout  imprégné  de  celte  et  de  latin, 
qui  ne  faisait  encore  que  se  parler  et  se  préparait  à  s'écrire 
en  devenant  la  langue  d'Oc,  cette  tradition  était  assez 
intense,  assez  enracinée  pour  constituer  un  de  ses  attributs 
essentiels,  comme  il  arriva  pour  le  français,  l'italien  et 
l'espagnol.  La  prononciation  obligea  l'alphabet  à  se  com- 
biner autrem^ti  avec  la  même  énergie  que  la  contraction 


3*2 


AGR 


AGR 


qui  resserrait  les  mots  :  œ  furent  les  premières  teadanoes 
de  Tesprit  nouveau.  Cependant,  le  plus  souvent,  l'expression 
significative,  dépendance  respectée  du  radical,  se  maintint, 
et  Taccent  tonique  persista,  comme  en  latin,  sur  la  der- 
nière syllabe  forte  ou  sur  la  pénultième.  L'intonation,  ce 
sentiment  mélodique  représenté  par  la  mesure  et  la  quan- 
tité, garda  même  dans  la  langue  d*Oc  de  ces  réminiscences 
qui  en  ont  perpétué  Teuphonie  presque  matérielle  en  longues 
et  en  brèves,  dont  nos  dialectes  ne  se  sont  jamais  séparés. 

Sans  doute,  il  est  difficile  de  bien  apprécier  la  nature  de 
ces  diverses  modifications  à  la  distance  où  nous  sommes  de 
ce  mouvement  intellectuel  et  euphonique  de  notre  langue, 
quand  les  changements  peuvent  être  le  résultat  de  circon- 
stances fortuites  ou  de  particularités  d'origine,  de  sol,  de 
climat,  ou  de  tant  d'influences  ignorées  ;  mais  nous  essaie- 
rons de  les  distinguer  et  de  les  débrouiller  avec  patience, 
et  à  l'aide  de  tout  ce  que  nous  pourrons  recueillir  de 
lumières  et  d'enseignements. 

Nos  indications,  si  insuffisantes  qu'elles  soient,  ne  servi- 
laientrelles  qu'à  faire  entrevoir  la  communauté  d'extrac- 
tion de  la  langue  d'Oïl  et  de  la  langue  d'Oc,  leur  contem- 
poranéité  de  formation  et  de  progrès,  à  montrer  que  celle-ci, 
déchue  politiquement,  mais  aussi  littéraire  que  jamais, 
n'est  pas  un  des  patois  corrompus  du  français  ;  ces  études, 
que  de  plus  habiles  compléteront,  u'arriveraient-elles  qu'à 
jeter  une  lueur  bien  faible  sur  nos  origines  et  notre  his- 
toire, qu'à  sauver  leur  aridité  technique  par  quelque  uti- 
lité et  un  peu  d'intérêt  et  de  nouveauté,  que  nous  persiste- 
rions encore  à  les  suivre,  et  nous  ne  croirions  pas  notre 
labeur  perdu. 

Agnnè,  adv.  Cette  nuit,  ce  soir.  —  En  vieux  français, 
on  disait  :  anmi. 

I>ér.  du  lat.  ad  noetem, 

Agnuècha  (s*),  v.  S'anuiter,  se  mettre  en  chemin  la 
nuit,  voyager  de  nuit.  — Noum  agnuêehan,  la  nuit  se  fait, 
la  nuit  nous  gagne.  En  v.  fr.  $'anui$iêr, 

I>ér.  de  Gnué. 

Agôon,  J.  m.  plur.  Agôausse$.  Le  petit  chêne-vert  épi- 
neux; Quêrcu»eoeeif0ra,  Linn.  Plante  ligneuse  sur  laquelle 
on  cueille  le  kermès  animal  ou  vermillon. 

Agonrini  (s'),  v.  S'acoquiner;  prendre  des  habitudes  de 
paresse  et  d'ivrognerie;  fréquenter  mauvaise  compagnie. 

Dér.  de  Gourin. 

Agouttén,  que,  aéfj.  Du  mois  d'août,  d'arrière-aaison. 

Dér.  du  lat.  ÂuguMius,  qui  lui-même  a  formé  aoûl,  qui 
n'en  est  qu'une  contraction. 

Agrada,  v.  Plaire,  convenir,  être  au  gré;  agréer,  ap- 
prouver. —  AquéUê  éfam  ê'agradau,  fôou  hut  tnarida, 
ces  enfants  s'aiment,  il  faut  les  marier.  Safaçounm'agrado, 
ses  manières  me  conviennent.  S'aqud  vout  agrado,  si  vous 
approuves  cela. 

Dér.  de  Gra,  gré. 

Agradèlo,  j.  f.  Épine- vinette;  B0rberii  vulffariê,  Linn. 
Arbrisseau  épineux  dont  on  forme  des  haies  vives.  Son 


fruit  en  grappes  est  aigrelet  et  rafraîchissant.  Ajfradéio  est 
évidemment  la  corruption  à*Aïgradéio,  qui  n'est  qu'un  dimi- 
nutif d'àigrê;  c'est  comme  si  l'on  disait  :  VAigrdett». 

Agràontouni  (s'),  o.  Se  recroqueviller,  se  ratatiner, 
comme  des  cretons  ou  graisillons,  connus  en  languedocien 
sous  le  nom  de  gràoutoît. 

Agrava,  v.  Couvrir  un  champ  de  sable,  de  gravier,  par 
inondation.  —  Gardois  agravo  tous  pras,  le  Gardon  couvre 
les  prés  de  gravier. 

Dér.  de  Gravo. 

AgrévoQ,  j.  m.  Houx,  arbre  toujours  vert,  à  fleurs  mo- 
nopétales en  rosette,  hérissées  de  piquants,  à  baies  rouges, 
et  dont  la  seconde  écorce  sert  à  faire  la  glu.  De  ses  bran- 
ches flexibles  on  fait  des  baguettes,  qu'on  appelle  pour  cela 
des  houuines,  —  Ilex  aquifolium,  Linn.,  de  la  famille  des 
Frangulacées  ;  assez  commun  dans  nos  bois. 

Étym.  du  grec  <ixp(a,  qui  est  le  nom  du  même  arbris- 
seau, dér.  de  (Syptoc,  sauvage,  farouche,  à  cause  des  épi- 
nes longues  et  fortes  de  ses  feuilles. 

Agriable,  blo,  adj\  Agréable. 

Trad.  du  franc. 

Agrimouiè,  j.  m.  Groseiller  à  maquereau,  arbuste  épi- 
neux, dent  les  fruits  sont  assez  gros,  mais  moins  doux  que 
ceux  du  groseiller  sauvage  ordinaire;  Ribes  groistUaria,  Linn. 
Son  nom  lui  vient  sans  doute  du  goût  aigre  de  ses  fruits. 

Agrimouîo,  s.  f.  Groseille  à  maquereau,  fruit  de  l'ar- 
brisseau précédent. 

Agrîoto,  «.  f.  Griotte;  variété  de  ce  qu'on  appelle  à 
Paris  la  cerise,  à  laquelle  notre  griotte  ressemble  beau- 
coup, au  goût  près.  La  cerise  est  fort  douce  et  la  griotte 
est  fort  aigre.  —  Aquà's  vrateoumo  manjan  d'agriotos,  cela 
est  vrai  comme  il  neige  des  boudins.  Badinan  au  numjan 
d'agr^Motf  Mot  à  mot:  plaisantous-nous  ou  mangeons- 
nous  des  griottes?  Est-ce  pour  rire  ou  tout  de  bon  T  Tel 
est  le  sens.  Dans  notre  dicton,  les  griottes  se  trouvent  mê- 
lées par  la  raison  que  leur  goût  âpre  et  acide  fait  faire  à 
celui  qui  les  mange  une  grimace  qui  ressemble  au  rire, 
une  sorte  de  rire  aigre-doux,  sardonique,  laissant  le  choix 
entre  le  rire  ou  la  grimace. 

Agroomandi,  v.  Afiriander,  ap&ter,  affirioler.  Le  même 
que  Agalavardè.  —  V.  c.  m. 

Dér.  de  Grouman. 

Agroumia  (s'),  ou  Agroumouli  (s*),  v.  Se  blottir;  s'ac- 
croupir; se  mettre  en  peloton  ;  se  tapir  dans  un  coin  ;  se 
ramasser  comme  pour  rentrer  en  soi-même. 

Dér.  du  lat.  grumu»,  grumeau,  qui  a  donné  aussi  gru- 
mèl,  du  primitif  grum,  grain,  d'où  grumo,  etc. 

AgroQtiè,  «.  m.  Griottier,  arbre  qui  porte  la  griotte. 
—  Voy.  Gf%oUf. 

Agmméli,  v.  Pelotonner,  former  des  caillots,  mettre 
en  grumeaux.  —  Se  dit  des  choses,  jamais  des  personnes, 
pour  lesquelles  on  se  sert  de  AgraumoulL 

Dér.  de  GrutnM. 

Agnmaa,  «.  m.  Prunellier  ou  prunier  sauvage  ;  Pmnmi 


AGU 


AIA 


33 


tpmo$a,  Linn.,  arbrisseau  de  la  famille  des  Rosacées.  Son 
fruit  est  d*une  acidité  et  d*une  âpreté  remarquables.  — 
On  dit  également  :  Agrugnéei  Àgruné/iè.  —  Voy.  Bouïssoù. 

Étym.  de  dcypioç,  sauvage,  champêtre;  le  celt.  avait 
aigr,  aigre. 

Agnmèlo,  j.  f.  Prunelle,  fruit  de  Yagrunas,  dont  on 
fait  de  Teau-de-vie. 

Même  étym. 

Agn,  part.  pau.  du  v.  Avédr$,  avoir  ;  eu,  possédé. 

Agud,  Supers,  sing.  du  prêt,  du  V.  Âvédre.  Il  ou  elle  eut. 

Agiid  (à  T),  adv.  Aux  aguets,  à  la  piste. 

Dér.  du  grec  à^ito,  considérer  attentivement. 

Agnîado,  j.  f.  Aiguillée  de  fil  ;  aiguillon  du  laboureur  : 
le  bout  pointu  sert  à  piquer  les  bœufs,  Tautre  extrémité 
est  armée  d'une  petite  pelle,  qui  sert  à  racler  la  terre  du 
aoc  et  qui  s'appelle  Bourbouuado. 

Dér.  à*Aguio, 

Agnialas,  j.  m.  Aquilon,  vent  du  nord-est.  Il  souffle 
pour  Alais  des  Alpes  piémontaises.  —  Il  y  a  sans  doute 
bien  loin  du  latin  Aquilo  au  langued.  Aguiala»,  cepen- 
dant on  ne  peut  méconnnaître  entre  les  deux  mots  un  air 
de  famille.  Le  q  du  premier  se  change  souvent  en  g  par 
euphonie  :  c*est  ici  le  cas.  Quant  à  la  terminaison,  elle 
exprime  évidemment  un  péjoratif  caractéristique,  car  on 
ne  parle  de  ce  vent  qu'avec  aversion.  Le  grec  a?YiaX6ç, 
rivage,  bord  de  la  mer,  vent  de  terre,  a  peut-être  aussi 
contribué  à  sa  formation. 

Agnîô,  «.  m.  Porte-aiguille;  pelotte,  sorte  de  coussinet 
ou  de  bourrelet  destiné  à  piquer  les  épingles  et  les  aiguilles, 
recouvert  et  barriolé  de  morceaux  de  drap  ou  de  velours. 
Autrefois  les  femmes  de  noblesse  ou  de  bourgeoisie  en  fai- 
saient un  ajustement  de  toilette  qu'elles  portaient  suspendu 
à  leur  ceinture  à  côté  de  l'aumôniôre  ou  du  daviè.  (F.  c.  m.) 
Aujourd'hui  des  breloques  remplacent  ces  deux  symboles  du 
travail  et  de  la  charité  :  la  pelotte  a  aussi  perdu  sa  place. 
Le  mot  lui-même  commence  à  être  hors  d'usage  :  affaire  de 
mode,  trait  de  mœurs,  signe  du  temps. 

Odde,  de  Triors,  dans  ses  Joyeuses  Recherches  de  la  langue 
tolosaine,  de  4578,  décrit  comme  suit  ce  petit  bijou: 
c  Aguillier  est  à  dire  vn  petit  peloton  de  drap  que  les  fem- 
mes coustumierement  tiennent  pendu  en  leur  ceinture,  en- 
semble auec  leur  bource,  auquel  elles  mettent  et  fichent 
leurs  espingles,  et  doit  estre  tousiours  beau,  ioly,  et  s'il 
est  possible  neuf  et  la  bource  semblablement,  autrement 
cela  n*a  point  de  nez,  principalement  quand  de  ieunes 
femmes  le  portent,  car  il  n'est  guiere  beau  et  séant  à  vue 
ieune  femme  de  prendre  vn  vieil  Aguillier,  non  plus  qu'il 
est  beau  de  chausser  quelque  vieille  sabatte,  groulle,  ou 
escarpin  dans  quelque  belle  pantoufle,  toute  neufue,  ou 
mettre  quelque  vieil  petas  et  pièce  de  drap  vsée  sur  de  belles 
chausses  toutes  neufues.  Et  pour  preuue  de  cela,  ie  mettray 
icy  en  auant  ce  nouueau  et  assez  vsité  prouerbe  en  ceste 
▼ille  de  Tolose  disant  ainsin  :  A  bourço  nauuo  non  eal 
aguillier  vieil  ;  et  hœc  tint  dicta  nemine  nominando.  » 


Agoio,  J.  f.  Ai^ille  à  coudre,  à  tricoter;  aiguille  de 
montre  ;  pièce  de  fer  pour  planter  les  vignes  ou  les  saules. 
—  Mentis  pas  dé  la  pouncho  d'uno  aguio,  il  ne  ment  pas 
d'un  iota. 

Dér.  de  Acus,  ûs,  aiguille. 

Aguinclia  ou  Goincha,  v.  Viser,  prendre  pour  point  de 
mire. 

Dér.  de  Guinche  ou  guènche,  louche,  parce  qu'en  visant 
ainsi,  on  ferme  un  œil  pour  mieux  régulariser  la  ligne 
visuelle,  et  on  a  l'air  de  loucher.  Peut -être  encore  ce  verbe 
tire-t-il  son  origine  de  l'esp.  ^wmar^  regarder  du  coin  de  l'œil, 
et  a-t-il  la  même  communauté  de  sens  avec  le  franc,  guigner. 

Agusa,  v.  Aiguiser,  rendre  aigu,  pointu,  tranchant. 

Étym.  dulat.  Acuo;  acus,  acutM. 

Agasadooiro,  s.  f.  Pierre  à  aiguiser.  —  Voy.  Chafre. 

Ah  I  interj.  Ah  ! 

Ah  I  bé  I  interj.  Ah  !  pour  le  coup  ! 

Aï,  4"  pers.  sing.  ind.  prés,  du  v.  Avédre;  \^2X. 

Aï,  interj.  Aïe,  cri  de  souffrance,  de  plainte,  de  sur- 
prise. —  Ai!  dé  ma  dén/  Ah  !  la  dent!  Aï/  mé  fas  màouf 
Aïe  !  tu  me  fais  mal.  Aï/  çaï  ses  ?  Ah  !  vous  voilà? 

Aï,  diphthongue,  c'est-à-dire  réunion  de  deux  voyelles 
produisant  un  double  son  par  une  seule  émission  de  voix. 
L'articulation  de  cette  syllabe,  dans  la  langue  d'Oc,  se  fait 
en  appuyant  sur  la  première  voyelle,  tandis  que  la  seconde 
reste  faible  :  la  voix  dominante  ici  porte  sur  l'a,  elle  s'adou- 
cit et  s'efface  presque  sur  l'i  final. 

En  vertu  du  principe  que  toutes  les  lettres  se  prononcent 
et  se  font  sentir,  nous  aurions  pu  éviter  de  marquer  l'ï 
d'un  signe  particulier.  L'italien  et  le  grec  n'en  emploient 
pas  :  ils  écrivent  simplement  farni,  vedrai;  6Xaiç6ç,  îl|i«i, 
xa(,  et  tous  les  infinitifs  passifs;  et  leur  diphthongue  atala 
même  consonnance  que  la  nôtre.  Cependant  le  tréma  nous 
a  paru  nécessaire,  d'abord  pour  marquer  une  différence 
dans  la  prononciation  de  l't  entre  ses  variétés  d'inflexion 
(F.  la  lettre  /);  puis,  pour  sauver  une  exception  que  nous 
étions  forcé  d'admettre.  Voici  le  cas  :  le  français  a  la  diph- 
thongue simple,  sorte  de  voyelle,  formée  des  deux  lettres  ai, 
qu'il  prononce  tantôt  comme  é  fermé, /atmai,  tantôt  comme 
è  grave,  j'aimais;  or  dans  notre  dialecte  se  rencontrent 
certains  mots  d'origine  toute  française,  mais  impatroniséset 
consacrés  depuis  longtemps  parmi  nous,  quoique  en  assez 
petit  nombre,  notamment,  pour  les  citer  presque  tous  : 
air,  Alais,  mais,  conjonc.  Pour  ceux-là  nous  demandons, 
en  faveur  des  lecteurs  habitués  à  lire  à  la  française,  de  leur 
conserver  leur  physionomie  orthographique  à  la  française. 

Certes,  ils  ne  perdraient  rien  à  être  écrits  comme  ils  se 
prononcent:  èr.  Aies,  mé;  cependant  le  moindre  trouble 
à  la  lecture  résulterait-il  de  cette  configuration  puriste,  et 
il  reviendrait  souvent,  ce  serait  assez  pour  justifier  une 
exception  si  peu  exigeante  d'ailleurs.  L'emploi  du  tréma 
sur  l't  après  a  devient  ainsi  tout  à  fait  logique,  et  la  règle 
se  trouve  mieux  confirmée,  en  rendant  sensible  la  distinction 
et  en  maintenant  invariablement  le  son  diphthongue  sur  aï. 

s 


M 


itTG 


KtG 


Alado,  «.  f.  Save»  ft  Tail,  aillsode;  coalis  da  paysuiiikit 
itee  de  l'ail,  da  peraii  et  da  poivre.  En  Frovenœ,  cette 
âance  s'appelle  eMi,  parce  quli  y  entre  aussi  de  Thnile. 

Dér.  de  Aïé. 

Aîçaî,  adv.  Çà,  deçà,  de  ce  côté,  mais  un  peu  plus  loin. 
'—  IVraHTOtts  aïçQï,  passez  de  (à,  de  ce  côté. 

Dér.  du  lat.  Hàc. 

âîçaliii,  adv.  lei^bas,  ci-dedans. 

Gomp.  de  Aieï  et  alin. 

Aiçamonn,  ndv.  Cà-haut. 

Cotnp.  de  Àtei  et  amoun. 

Afçamoimdàoa,  adv.  Çà-haut,  mais  plus  haut  encore 
que  ta  place  occupée  par  Tinterlocuteur. 

G)mp.  de  Aïei  et  amoundâou. 

Aiçaval,  adv.  Çà-bas.  Il  est  presque  synon.  de  Aïçalin. 

Gomp.  de  Aïei  et  aval. 

Aiçi,  adv.  ici,  dans  cet  endroit.  —  D'atei-'n-laï,  doré- 
navant. D'aXeWn-foro,  en  sortant  dlci,  de  ce  pas,  doréna- 
vant. 

Dér.  du  lat.  BUs. 

Aiçô,  pron.  démontt.  Ceci.  —  Que  $éra  tout  aïçd?  qu'ar- 
riverar-t-ilT  que  sera-ce  que  tout  ceci?  Aï  pôou  qu'aïçà  in- 
tara  màou,  j*ai  peur  que  ceci  tournera  mal. 

Dér.  du  lat.  Hoe. 

Afç  j-^Anô,  phr.  faite.  Ceci-cela,  des  si  et  des  mais. 

Aie,  9.  m.  Ail,  plante  de  la  famille  des  Liliacées,  AUium 
iativum,  Linn.  —  Son  oignon  se  divise  en  plusieurs  gousses 
ttommées  baségno.  L'assemblage  de  ces  ca&ux.  forme  une 
tète  qu'on  nomme  hounèlo. 

Etym.  du  lat.  AUium. 

Alèdia  (s'),  V.  S  aliter,  garder  le  lit. 

Dér.  de  lè. 

Aièiro,  «.  f.  ou  Aignièiro,  «.  f.  Evier,  conduit,  égoùt 
ded  eaux  de  cuisine. 

Dér.  du  lat.  Aqu:irium.  —  AiSiro  n*est  que  la  contrac- 
tion euphonique  de  aïguuiro. 

Algadino,  «.  f.  Ondée,  pluie  subite  .d'orage  peu  vio- 
lente; une  faible  inondation,  ou  plutôt  ^inondation  d'un 
petit  torrent,  d'un  ravin. 

Dér.  de  Aigo. 

Aigagnâou,  «.  m.  Rosée,  serein,  vapeur  exhalée  de 
l'humus  terrestre  et  condensée  par  le  contact  de  l'air  froid 
de  la  nuit.  Malgré  la  démonstration  physique,  on  dit  : 
fbfh^  d'ùïgagttâou,  comme  si  la  rosée  tombait  d'en  haut. 
Le  languedocien,  passe  encore;  mais  le  françiis,  qui  doit 
être  et  qui  est  en  eflTet  plus  docte,  dit  4  merveille  :  tomber 
d4  ta  roêèe,  le  serein  tombe;  et  personne  ne  s'en  émeut. 

Dér.  de  Aïgo  et  de  gnuè,  eau  de  nuit. 

âîgaïè,t.  m.  n.  pr.  de  lieu.  Aigaliers,  AquUerium,  com- 
mune du  canton  d*Cz^.  —  Voy.  Aïgoike,  et  i^ro,  $uff. 

Afgajê,  <.  m.  Ce  mot  a  le  même  sens  que  a^gagnéou, 
ttsis  il  est  plus  générique;  il  désigne  seulement  riiumidité 
dèa  prés,  du  teirain,  de  \sk  faille  de  mûrie»,  trempas  (fo 
MMé. 


J 


iigaràdo,  9.  f.  De  l'eau  roUgîe,  du  vin  trempé  outre 
mesttre  étqui  n'a  conservé  qu'une  teinte  rosée  ;  de  la  rïn- 
(ure,  de  l'abondance.  C'est  aussi  tme  ondée  d'eau  de  vais- 
selle. 

Aîgardén,  «.  m.  Eau-de-vie,  alcool,  liqueur  plus  bu 
moins  spiritueuse  et  incolore. 

Formé  de  Aigo  et  du  lat.  arden9,  brûlant.  En  esp.,  a§ua 
ardiente;  en  ital.  anc.  aequa  ardente. 

Aigardôntiè,  «.  m.  Marchand,  débitant,  di^tlâXeur 
d'eau-de-vie;  particulièrement  les  marchands  adibulânts 
d'eau-de-vie,  qui  la  débitent  par  contrebande  dans  les  vil- 
lages et  hameaux,  loin  des  agents  de  la  régie. 

Aîgasso,  «.  /".,  péjor.  d*Atgo.  Eau  sale,  de  mauvais  ^ùt, 
et  même  de  l'eau  piire,  eu  égard  au  mépris  que  lui  témoi- 
gnent les  ivrognes. 

Aîglo,  j.  f.  Aigle,  oiseau  de  proie,  de  l'ordre  des  Ra- 
paces;  Faleo  fvdvu9,  Linn.  AquUa  fu9ca.  Le  français  fait 
une  distmction  de  genre  lorsqu'il  s's^t  de  l'oiseau,  âiirmàl, 
qui  est  masculin,  ou  de  l'emblème,  insigne,  qui  est  alors 
féminin  ;  le  languedocien  n'admet  pas  cette  diïlèrence  ; 
seulement,  lorsqu'il  parle  de  l'aigle  romaine  ou  napoléo- 
nienne, il  francise  tout  à  fait  et  prononce  èglo.  L'un  et 
rautre  mot  sont  d'origine  française. 

Aigo,  9.  ^.,  dim.  Aïguélo;  péj.  Atgaeto.  Eau.  —  Fâou 
pa9  dire  d'aquél'  aïgo  noun  béourat,  il  ne  faut  pas  dire  : 
fontaine,  je  ne  boirai  pas  de  ton  eau,  pour:  il  ne  faut  jurrâr 
de  rien.  Vôou  pas  Vàigo  que  béou,  il  ne  vaut  pas  l'eau 
qu'il  boit;  c'est  un  homme  de  peu  de  valeur.  Aï  pantatea 
d*aïgo9  trébou9,  j'ai  fait  un  mauvais  rêve.  Pér  avédre  dé 
bono  aigo,  fàou  ana  à  la  bono  fon,  pour  avoir  de  bonne 
esiu,  il  faut  aller  à  la  bonne  source  ;  qui  veut  bon  conseil, 
^adresse  à  bon  conseiller.  Faire  lae  aigo9,  se  dit  des  eaux 
qu'ime  femme  prête  à  accoucher  rend  aussitôt  que  lé  pla- 
centa s'entr'ouvre  pour  laisser  passage  à  l'enfant.  Escampa 
d*aigo,  verser  de  l'eau,  uriner,  pisser.  Lae  aïgoi  li  vènou 
as  ièU,  les  larmes  lui  viennent  aux  yeux .  Aïgo  que  coure 
fat  pas  màou  âou  moure  ;  en  franc,  du  XV®  siècle,  on 
disait  dans  le  même  sens  :  Esve  {eau)  qui  court  ne  porte 
point  d'ofdures  {Vrov.  Gall.,  ms.  cité  par  Le  Roux  de 
Lincy).  Aquél  viêl  a  êncaro  bono  aïgo,  ce  vieillard  est  en- 
core vert,  il  a  bonne  mine.  Douna  Vàigo,  ondoyer  un 
enfant.  Van  batéja  émbé  d'àigo  dé  mérlusso,  il  est  mal 
baptisé,  c'est  un  pauvre  chrétien. 

Aïgo-boulido,  s.  f.  Eau  bouillie,  potage  à  Teau,  au  set, 
à  l'ail  et  à  l'huile. 

Aïgo-dâou-mêinage,  s.  f.  Eau  de  vaisselle,  lavure. 

Aïgo-courén,  eau  courante,  rivière  ou  ruisseau.  —  L'adj. 
reste  au  masculin,  comme  dans  le  mot  suivant,  seulement 
pour  l'euphonie. 

Atgo-for,  S.  f .  Eau  forte.  —  Oîi  donne  cette  qualification  k 
l'acide  nitrique  ou  sulfurique,  àcause  de  sa  force  dissolvante. 

AXgo  dé  sardos,  saumure  de  sardines.  La  saumure  s^èxprïme 
tfuài'par  Aïgo-sdou,  composé  de  aïgo  et  de  edou,  avec  sup- 
pression de*  l'anDdè,  eomme  dans  les  deuit  ïboù  aaiVanlt. 


Ai»! 


Àïgfhnafo-,  eau  da  fleurs  d'onaog^,  eau  de  «^(i^  Da4at. 
4^it^  napt^fha,  mèDoesens. 

4i^ref9>  eau-rose,  de  fleurs  de^rosiw. 

Aï^sifnado,  eau  bénite.  Sip^ado,  marquée- du  signe;  d# 
lacnûx. 

Étyiu.  du  lat)  Àqua;  du  rad.  celU  Aa^  ac,  ag,  eau. 

Aîgo-Morto,  j.  /".  n.  pr.  Aigues^Mortes,  ville,  arroudis* 
siiement  de  Nîmes. 

Ge  nom  est  composé  avec  l'adjectif  qu^ficatif  et  le 
re{iré8(entaot  languedocien  du  celt.  aa,  aq,  aqua,  eau»  trans* 
formé  par  le  roman  eve,  ave,  ive,  euve,  et  ses  nombreuses 
variantes.  Il  est  entré  de  même  dans  Jv^Ftvo,  Aignes- 
Vives  (Gard),  et  autres. 

AîgO'pomiGbo,  s.  /.  Bourge-épine,  espèce  de  nerprun  ; 
HamtuM  euihariicus,  Linn.  Arbrisseau  de  la  famille  des 
Frao^acées,  dont  la  feuille,  l'écorce  et  surtout  les  baies 
sont  purgatives.  —  Avec  le  suc  épaissi  des  baies  de  ner*- 
pmn  et  un  peu  d'alun,  on  prépare  la  couleur  verte  connue 
sans  le  nom  de  vert  de  vessie. 

Aiffoùs,  onso,  adj.  Aqueux,  de  la  nature  de  l'eau,  qui 
contient  de  l'eau,  abondant  en  eaui 

Dér.  du  lat.  Aquoius,  formé  du  rad.  celt.  Aa,  œ,  ag, 
«W/Cau, 

n  n'est  pas  peut-être  de  radical  qui  soit  entré  dans  la  com* 
position  de  plus  de  mots,  avec  plus  de  variantes.  Nous  ne  fai- 
sons pas  ici  un  dictionnaire  géographique,  pour  le  relever  dans 
tous  les  noms  de  lieu  qu'il  a  formés  ;  mais  nous  le  signalons 
dans  quelques  localités  les  plus  rapprochées»  pour  constater 
certaines  analogies  étymologiques  à  l'appui  de  ce  que  nous 
disons  des  noms  propres  locaux.  Ainsi  Aïgouâo,  Saint-Lau- 
rent*d'Aigonze  (Gard),  eiAïguéto,  Aignèze  (Gard),  AiUgaiè, 
AquUerwm,  Aigaliers  (Gard),  identiques  entre  eux,  le  seront 
encore  avec  Agusarguêi,  Agusanieœ,  Agusargues  (Hérault), 
avecAgnaan»  communede  Gonqueirao(Gard)  ;  avec  Aguessac 
(Aveyron),  Aguillan  (Drôme),  comme  avec  Eyguières,  Aquor 
Ha,  et  Eygalières,  Aqtuiria  (Bouches-du-Rhône)  ;  et  de  même 
avec.6uzargues  (  Hérault),  et  Guzan  (HérauH) ,  par  apocope  de 
Va  initial.  Tous  ces  noms  sont  dérivés  de  la  même  source, 
et  la  différance  de  leurs  désinences  n'ôte  rien  à  leur  com^ 
munanté  d'origine  et  de  signification,  —  Voy,  Argue. 

AigO'YéB,  $.  m.  Eau-versant,  les  eanx-versantes  d'une 
montagne,  terme  de  cadastre:  l'arête,  l'angle  supérieur  du 
prisme  de  la  montagne  ou  de  la  colline. 

D^.  de  Afgo  et  de  vê$,  en  bass.-lat.  Aqui-vergium. 

Aigre,  $,  m.  Coin  de  fer,  outil  quelconque  faisant  levier, 
quelquefois  même  une  pierre  plus  dure  que  les  autres,  qu'on 
donne  pour  point  d'appui  au  pied-de4>iche  d'un  levier,  quand 
on  vent  soulever  une  masse,  ou  débiter  un  banc  de  piene, 
OB'  faire  une  pesée.  C'est  ce  qu'on  nomme  en  français  : 
er^fMÂ/.  —  Ce  mot,  qui  n'est  guère  usité  que  chez  les  carriers 
et  les  chaufibumiers,  a  donné  naissance  à  un  verbe  fort 
employé,  aïgréja,  et  dont  l'acception  figurée  .est^clasai^pie 
e|.mn]ti|iUée  dans  ses  applications. 
D^.dià,A)i0rep  j^  étyin«  lat.  oeep,  «ç^,. 


k,  SI»,  adj\  Aigre,  acidev  piquantam  §oùt  ;  avi%» 
piquant,  fâcheux,  mordant. 

Aigréjavt}.  Aigrir,  sentir  l'aigre,  toujraer  àTaigra)— 
Voy..  Aïgre,  adj. 

Aigréja,  v.  Au  prop.  secouer  fortement,  soulever  avec  uu 
levier,  faire  une  pesée.  Au  fig.,  mettre  en  monvemeot, 
mettre  en  route,  décider.  S* aïgréja,  commencer  à  se  remuer, 
se  secouer,  s'aviver,  se  mettre  en  train.  Un  enfant  «'ai'^jo 
quand  il  se  réveilley  qu'il  se  démène  et  qu'il  commence' à 
pleurer. 

Dér.  de  Aïgre,  s,  m. 

AigrétOff  «.  ^.  Oseille;  Bumex acetasa,  HumexseutaiÊtê, 
Linn.  Plante  champêtre  et  potagère  à  saveur  très^cide. 

Dér.  de  Aïgre,  adj. 

Aigri  (s'),  v.  S'aigrir,  devenir  aigre,  passer  à  l'aigre. 

Aiguéift,  V.  Laver  souvent;  arroser,  mouiller,  baigner; 
passer  du  linge  à  l'eau  simple. 

Dér.  de  Aïgo. 

Aignièiro,  t.  /".  Evier.  —  Voy.  AïtXro, 

Allai,  adv.  De  ce  côté-là,  de  l'autre  côté.  —  LaietoM 
aquà  aïlaï,  laissez  donc  cela;  brisee-là;  n'en  parlez  plu», 
—  Voy,  D'aïlaï,  En4aï. 

Formé  du  lat.  Ad  et  Ulà,  ou  Ulàe. 

Aîlamonn,  adv.  Là-haut,  au-dessus,  amont. 

Formé  du  lat.  lUà,  et  ad  montent,  vers  la  montagne,  du 
côté  d'en  haut. 

Ailamoundâon,  adv.  Bien  plus  haut.  C'est  un  augmea* 
tatif  d*Aïlamoun,  en  y  ajoutant  dâou,  haut,  qui  est  un 
réduplicatif  de  awioun. 

Aîlaval,  adv.  Là-bas,  aval. 

Formé  du  lat.  Illà  et  de  ad  vallem,  vers  la  vallée,  vers 
le  bas. 

Aima,  v.  Aimer,  prendre  plaisir  à,  se  plaire  à,  désiren 

Dér.  du  lat.  Amare. 

Aimable,  blo,  adj,  Dim.  AïmaUoin,  aïmablita;  péjor^ 
AimabUne,  so.  Aimable.  —  Le  péj.  aïmabUte  ne  se  dit  qo4 
par  contre-vérité.  —  Ses aïmablast  vous  êtes  gentil!  repro* 
che-tron  à  quelqu'un  qui  fait  ou  dit  quelque  chose  dQ 
désagréable,  de  mauvais  goût. 

Amargue,  j.  m.  n.  pr.  de  lieu.  Aimargues,  qui  s'écrit* 
vait  aussi  Aymargues,  commune  et  petite  ville  dans  le  caib 
ton  de  Vauvert  (Gard>. 

Le  nom  à'Aimatgue,  parmi  ceux  qui  portent  la  raêma 
finale,  se  prête  moins  qu'aucun  autre  àlacombinaisoafim.'* 
taisiste  qui  voulait  que  toutes  ces  dénominationsdésignassent 
des  maisons  de  campagne  ayant  aj^rteau  dans  l'origine  anu^ 
plus  nobles  familles  patriciennes  de  Rome,  ou  tout  au-  moins 
à  leurs  riches  affranchis  établis  autour  de  la  métropole  4a 
Nimes.  Dans  la  composition  du  mot,  il  n'entre  ni  le  nonv 
d'homme  ^miUw,  ni  même  le  latin  ager,  domaine. 

Pour  s'en  convaincre,  il  suffit  de  dégager  d'abcfid^  lai 
désinence  adjective  argm,  sur  le  sens  et  Torigiae  de  l%w 
quelle  nous  nous^expliquons*  —  Voy.  Argm^,  Reste  le^ 
corps  du  mot  ;  et  remaïquoDs^iu'U  a  «ûbi)Mett*âesrlraiifrP' 


36 


AIN 


Aïs 


mations,  et  que  sa  lorme  la  plus  récente  n*a  pas  pu  d'évi- 
dence autoriser  sa  plus  ancienne  dérivation. 

Or,  le  premier  titre  latin  qui  mentionne  cette  localité, 
est  de  Tan  84  3  ;  elle  y  est  appelée  Ârmasaniea  in  littora- 
no.  En  961 ,  et  dans  les  actes  publics  depuis  cette  époque, 
on  écrit  tantôt  Armasianici,  Armatianieœ,  tantôt  ArmcLda- 
nieœ,  Armaxanieœ,  qixï  se  fixent  enfin  en  Armcuanica, 

Dans  le  même  temps,  comme  pour  tous  les  noms  à  finale 
identique,  la  langue  vulgaire  disait  Armasanêgues,  qui  se 
trouve  dans  les  vieilles  chartes,  et  plus  tard  Emargues, 
Marguêê,  Aimargues. 

En  latin,  comme  en  roman,  on  le  voit,  le  radical  est  le 
même;  et  il  s'est  conservé  en  languedocien.  Armas  ou 
Ermas,  qui  signifie,  dans  notre  vieil  idiome,  marais,  ter- 
rain marécageux,  vague,  inculte,  s'approprie  très-bien  à  la 
situation  d*Aimargues,  encore  in  littoraria  au  IX*  siècle, 
et  à  plus  forte  raison  quand  l'appellation  dut  lui  être  ap- 
pliquée. Arma$aniea  ou  Arma$anigue»  supposent  le  pri- 
mitif Armat-^c  ou  Arma$-^,  ayant  passé  par  Armaê-ana 
ou  Armas-ata,  latin,  et  n'ont  pas  d'autre  sens  que,  champ, 
domaine,  propriété,  villa  de  VArmtu.  Ce  qui  est  modeste, 
et  moins  flatteur  peut-être  que  la  descendance  romaine  ou 
gallo-romaine  de  jEmiliut,  mais  plus  certain  et  plus  naturel. 
—  Voy.  Agno,  tuff. 

11  est  vrai  que,  dans  la  forme  nouvelle,  la  substitution, 
sur  la  première  syllabe,  de  la  lettre  t  à  la  consonne  r  est 
étrange;  mais  le  fait  n'est  pas  isolé,  on  le  dirait  même  sys- 
tématique dans  la  composition  de  noms  de  ce  genre  dans 
notre  pays.  En  effet,  pour  le  Gard  seulement,  on  trouve 
Gondargues,  représenté  par  le  lat.  Gordanieu»  et  Gorda- 
nieœ;  Boussargues,  par  Brossanieœ;  Bassargncs,  par  Bar- 
Monieœ;  Goussargues,  par  Gorsanieœ;  Massargues,  par 
Mananieœ. 

Malgré  les  variétés  de  désinences  qui  se  sont  attachées 
à  la  racine,  il  convient  de  rapprocher  les  analogies  qu'in- 
diquent et  que  justifient  les  changements  eux-mêmes  du 
nom  d*Aimarguê  que  nous  venons  de  signaler.  Ainsi  nous 
trouverons  les  mêmes  mots  dans  :  Arman  (Basses-Pyré- 
nées); Armeau  (Isère);  Armens  (Gironde);  Armons  et 
peut^tre  Armagnac  (Gers)  ;  Herm  (Landes  et  Basses-Pyré- 
nées) ;  L'Herm  (Gironde)  ;  L'Herm  (Ariége,  Haute-Garonne, 
Lot)  ;  Hermaux  (Lozère)  ;  Armes  (Isère)  ;  Arinissan,  Armel- 
lan  (Aude);  Armilhac  (Lot-et-Garonne).  Que  ces  dénomi- 
nations ethniques  viennent  de  notre  armas,  langued.,  ou  du 
gr.  fpi){AO{,  qui  a  fait  le  lat.  eremus,  leur  identité  est  incon- 
testable, et  justifie  notre  système  de  formation  des  noms. 

Aina*  ado*  j.  et  aàj.  Aine,  ée ,  le  premier  né  des  en- 
fants; par  ext.  personne  plus  âgée  qu'une  autre.  —  Dans 
les  familles  villageoises,  il  est  d'usage  de  distinguer  le  fils 
atné  en  l'appelant  Vaïna,  le  puiné  eadé,  et  les  antres,  de 
leurs  prénoms.  —  Faïre  un  aïna,  faire  à  son  fils  aine  tous 
Ifli  avantages  que  permet  la  loi.  Sèê  moun  aïna  dé  quatre 

U  vous  êtes  plus  âgé  que  moi  de  quatre  ans. 

Dér.  du  lat.  anH  naiui^  né  avant. 


Air  ou  £r,  j.  m.  Air,  fluide  qui  entoure  le  globe  ter» 
restre;  vent,  ventrcoulis;  mine,  manière,  physionomie, 
façon,  allure;  chant.  —  Ana$  préne  Voir;  adiez  prendre 
l'air.  Faï  d'air,  un  pdou  d*air,  il  fait  de  l'air,  il  fait  un 
peu  de  vent.  A  prés  un  air,  un  co  d'air,  il  a  pris  froid,  il 
a  une  fluxion,  une  transpiration  arrêtée.  Prén  un  air,  il 
prend  des  airs  de  fierté.  A  un  air  dé  se  feha  dé  ièou,  il 
semble  vouloir  se  moquer  de  moi.  Dono  d'air  à  soun  pèro, 
il  a  un  air  de  ressemblance  avec  son  père,  c'est  tout  le 
portrait  de  son  père.  N*a  pas  l'air,  il  ne  parait  pas.  Cantor 
nous  un  air,  chantez  une  chanson. 

En  l'air,  adv.  En  l'air,  en  haut. 

Dér.  du  lat.  Aër. 

Aîradé,  s.  m.  Airelle  ou  myrtille,  Vaeeinium  myrtUlus, 
Linn.;  petit  arbuste  de  la  fam.  des  Bruyères  ou  Ericacées. 
—  Il  croit  sur  les  hautes  montagnes,  et  ses  fruits  sont  assez 
agréables  au  goût. 

Dér.  du  gr.  AtÇ,  a^y^ç,  de  chèvre,  plante  de  chèvre. 

Aire  ou  Ëré,  s.  m.  dim.  de  Air.  Petit  air  ;  air,  mine, 
tournure.  —  Un  aire  rharman  que  noun  saï,  un  petit  air, 
une  tournure  charmante  et  gentille  comme  on  ne  peut 
mieux. 

Airéto,  s.  f.  Petite  enclume  de  faucheur  pour  rabattre 
la  faux,  pour  étirer  son  morfil. 

Airiè,  s.  m.  Chef  d'une  aire  à  battre  le  blé;  celui  qui  en 
dirige  les  opérations. 

Dér.  de  A\ro. 

Airo,  «.  f.  Dim.  Aïréto,  Aire,  plate-forme  pour  battre  le 
blé  ;  plate-forme  pour  les  tuiliers,  les  potiers. 

Di^rivé  du  lat.  Area, 

AîrôoQ,  s.  m.  Dim.  Aïroulé.  Airée,  la  quantité  de 
gerbes  qu'on  foule  à  la  fois  sur  l'aire  ;  jonchée  de  diffé- 
rentes choses  répandues  sur  la  terre.  —  Bamassa  la  pas- 
turo  à  bèUs  aïrôous,  ramasser  du  fourrage  trop  clair-semé 
par  jonchées  de  quelques  pouces  d'épaisseur. 

Dér.  de  Aïro. 

Aisa,  do,  adj.  Aisé;  mais  il  n'emprunte  àcet  adj.  franc, 
que  cette  seule  acception  relative  à  l'aisance  de  fortune. 
Appliqué  aux  personnes,  il  signifie  :  douillet,  délicat,  qui 
aime  ses  aises,  qui  plaint  sa  peine.  Dans  ce  sens,  il  se 
rapproche  de  Coumode,  F.  c.  m.  —  Aqud  po  se  dire  un 
hamê  aïsa,  voilà  un  homme  qu'on  peut  dire  jouir  d'une 
honnête  aisance. 

Dér.  de  AUe. 

Aîsanço,  s.  f.  Commodité,  faculté,  convenance.  Par 
opposition  au  mot  précédent,  aisanço  n'est  jamais  employé 
pour  aisance  de  fortune.  —  Aquà*s  une  bèlo  aîsanço,  cela 
est  fort  commode,  cela  évite  de  la  peine,  des  corvées. 
L'aXsanço  d'un  ouslâou,  la  bonne  distribution,  les  facultés 
d'une  maison,  un  arrangement  commode  où  chaque  choee 
est  à  portée. 

Dér.  de  Aïse, 

Aisa,  «.  m.  Dim.  Aïeé,  augm.  iron.  Aïsas,  Aise,  ooa* 
lentement,  commodité,  repos  heureux,  satisfaetion, 


AÏS 


AJU 


37 


gêne.  —  Sotil  en  aU$  dé  vous  véire,  je  suis  charmé,  bien 
aise  de  vous  voir.  AqtUl  Kome  éi  à  soun  aXse,  cet  homme 
jouit  d'une  honnête  aisance.  Faraï  aqud  à  moun  aïs$,  je 
ferai  cela  à  loisir,  sans  trop  me  presser.  Marcha  à  toun 
aXie,  marcher  à  pas  lents,  an  pas  de  promenade.  Y-ana 
d'aXtê,  aller  doucement,  avec  précaution,  sans  se  presser. 
Prénê  nus  aïses,  se  prélasser,  se  dorlotter  :  c'est  le  far- 
niente des  Italiens.  Vaï  à  toun  aM$a*,  moun  home,  ne  te 
gêne  pas,  mon  garçon. 

Étym.  du  gr.  ATaa,  convenance,  bienséance,  d'où  aîdioç, 
heureux,  favorable. 

Aises,  j.  m.  pi.  Êtres  d'une  maison,  d*une  contrée.  — 
Sa  loue  aïses,  se  perdra  pas,  il  connaît  la  maison,  le  pays, 
il  ne  s'égarera  pas.  Un  chasseur  doit  connaître  tous  aïses, 
les  allures,  les  mœurs,  les  remises  du  gibier. 

Aid,  ido,  adfy •  Commode,  facile;  bien  à  la  main.  — 
Aquéloustdou  es  bien  aïsi,  cette  maison  est  fort  commode. 
Aquélo  pioio  es  bien  aïsido,  cette  cognée  est  bien  à  la 
main.  Sa  fénno  es  pasgaïre  aïsido,  sa  femme  est  d*humeur 
revèche  et  peu  facile  à  vivre. 

Dér.  à'Aïse, 

Aisino,  «.  f.  Nom  générique  que  l'on  donne  à  tout 
ustensOe,  ou  meuble,  ou  vase,  qui  sert  à  contenir  soit  un 
liquide,  soit  un  solide.  Ainsi,  un  panier,  un  plat,  un  seau, 
un  tonneau,  sont  tout  autant  ài'aïsinos. 

Dér.  de  Aïeï. 

Aissado,  s.  f.  Dim.  Aïssadéto.  Marre,  houe,  outil  de 
jardinier.  —  Dans  les  Hautes-Cévennes  et  dans  le  Vivarais, 
cet  outil  a  un  manche  assez  court,  sa  lame  est  triangulaire 
et  légèrement  recourbée  en-dedans;  c'est  la  même  forme 
que  la  maille  ou  maigle  de  Bourgogne  et  la  chèvre  de  Lor- 
raine. A  Alais  et  dans  les  environs,  le  manche  en  est  long, 
la  lame  large  en  carré-long  et  tranchant  au  bout  ;  sa  sur- 
face est  plate;  elle  décrit  un  angle  de  45  degrés  avec  son 
manche,  qui  s'y  joint  par  un  anneau  ou  œil  et  non  par 
une  douille  comme  la  pelle.  Vaïssado  ou  trénq%ui  jardi- 
gnêtro  est  plus  large  de  lame;  l'angle  de  la  lame  et  du 
manche  est  plus  aigu  que  dans  le  précédent  outil.  Celui-ci 
sert  particulièrement  aux  jardiniers  pour  faire  les  semis  ou 
piantattoos  à  raies  dans  un  terrain  meuble,  et  à  creuser  les 
canaux  d'irrigation. 

V  Aïssadéto  est  une  serfouette,  petit  outil  à  lame  pointue 
du  bout,  à  l'usage  des  jardiniers  et  fleuristes,  pour  gratter 
la  terre  autour  des  plantes  jeunes  et  délicates. 

D6r.  du  lat.  Aseia. 

Aûsadoù,  s.  m.  dim.  Le  même  que  le  précédent  Aïssadéto. 

Ai8sé)a,  V.  Se  plaindre,  geindre,  soupirer. 

Formé  de  l'interj.  Aï/  —  Ces  sortes  de  formation  des 
vertes  fréquentatifs  sont  un  des  caractères  particuliers  de 
la  langue  d'Oc.  Les  augm.,  les  dim.«  les  péjor.  appartien- 
nent à  un  même  ordre  d'idées.  Il  est  peu  de  mots  dont  on 
ne  puisse  Uàre  un  verbe,  et  peu  de  verbes  qui  ne  puissent 
ncB9m  et  sdmettre  la  désinence  éja,  qui  amoindrit,  adou- 
C^m  leuforoe  même  le  sens  primitif. 


Aisséjaîre,  ro,  adj.  Douillet,  qui  aime  à  se  plaindre, 
qui  ne  cesse  de  gémir  ;  malade  imaginaire. 

Aîsséto,  s.  m.  Aissette  ou  aisseau,  petite  hache  de  ton- 
nelier et  de  sabotier,  dont  le  manche,  d'environ  six  pouces 
de  long,  porte  un  fer  qui  a  d'un  côté  un  large  tranchant 
recourbé,  et  de  l'autre  une  panne,  un  marteau,  et  quelque- 
fois une  douille  simple. 

Étym.  du  lat.  Ascia,  hache. 

Aîsséto,  s.  f.  Plainte  faible;  soupir  continu  d'un  enfant 
qui  souffre,  propre  particulièrement  à  Ma  fièvre. — Aqud 
éfan  méno  uno  aîsséto  que  dévigno  pas  rés  dé  bo,  ce  pauvre 
enfant  a  une  manière  de  se  plaindre  qui  n'est  pas  de  bon 
augure. 

Même  rac.  que  Aïsséja. 

Aîtabé,  Tabé,  Aîtambé,  També,  adv.  Aussi,  aussi 
bien,  à  cause  de  cela. 

Formés  de  Tan  ou  aïtan,  autant,  et  de  bé,  bien. 

Aitan,  adv.  et  s,  m.  Autant,  tant.  —  Un  âoutre  aïtan, 
une  autre  fois  autant. 

Ainènclia  (s*),  v.  S'éloigner,  s'écarter  d'un  lieu,  d'une 
personne. 

Dér.  de  iuèn. 

Aja,  ado,  adj.  Agé,  qui  est  avancé  en  âge. 

Trad.  du  franc. 

A-Jal  interj.  Cri  de  commandement  d'un  charretier  pour 
faire  obliquer  son  attelage  à  gauche. 

Ajassa,  v.  Coucher  par  terre,  ou  sur  un  lit.  — Bla 
ajassa,  blé  versé. 

Ajassa  (s*),  v.  Se  coucher,  s'étendre.  —  En  parlant  des 
vers  à  soie,  il  signifie  :  entrer  en  mue,  se  coucher  sur  la 
litière  {jas).  —  Lous  magnas  couménçou  dé  s'qjaua;  s'ajas- 
sou  à  las  quatre,  les  vers  commencent  à  entrer  en  mue  ;  ils 
sont  à  la  quatrième  maladie. 

Dér.  de  Jas. 

Aje,  s.  m.  Age.  —  H  semble  une  simple  traduction 
du  franc.  C'est  un  de  ces  mots  qui,  manquant  à  la 
langue,  ont  dû  être  empruntés  à  leur  voisin.  En  bon 
languedocien,  on  l'évite  autant  que  possible.  —  On  dit 
très-bien  cependant  :  Vn  home  d'aje,  un  vieillard.  Es 
éncaro  d'un  bon  aje,  il  n'est  pas  encore  trop  âgé. 
Se  fat  adija  din  Vaje,  il  commence  à  être  d'un  âge  assez 
avancé. 

Ajouqua,  v.  Jucher,  percher,  accrocher  en  haut. 

Ajouqna  (s'),  v.  S'accroupir,  s'assoupir,  s'endormir  sur 
sa  chaise;  en  parlant  des  perdrix,  se  raser,  quand  elles 
aperçoivent  l'oiseau  de  proie. 

Etym.  du  lat.  Jugum,  perche,  juchoir,  ou  de  Jaeere. 

Ajougne,  v.  Atteindre,  attraper,  joindre  quelqu'un  qui 
marchait  devant. 

Dér.  du  lat.  Adjungere. 

Ajnda,  v.  Aider,  secourir,  venir  en  aide.  —  Les  villa- 
geois, lorsqu'ils  invitent  à  dfner  un  ami,  ne  manquent 
jamais  de  lui  annoncer  le  mets  principal  du  repas.  Ainsi 
on  lui  dit  :  Vendras  m'ajuda  à  mat^'a  uno  ésptmléto,  tu 


38 


ALA 


ALA 


viendrns  pivndre  U\  part  d'une  ••claMch»\   Diou   m'ajute. 
Diou  ino  s<»il  en  aido. 

Dt*r.  du  la  t.  Adjuvare. 

Ajudo,  s.  f.  Aido,  secours»  assislaiico,  prolr^clion  ;  celui 
qui  aide  dans  un  travail.  —  As  uno  bono  ajudo  tmbé  ta 
fénno,  lu  as  un  Ijdu  associé  av(\'  ta  fcinine.  Siès  dé  pùouro 
ajudo,  lu  es  d'un  Taiijle  si»cours.  Ln  pdou  d'ajudo  (ai 
gran  bé,  Prvb,  un  peu  d'aide  fait  grand  hien.  On  dit  alter- 
nativement :  Iton  dre  a  besoun  ou  n'a  pas  besmin  d'ajudo, 
le  bon  droit  a  ou  n'a  pas  besoin  d'aide.  Le  ]>reiiiier  sens 
est  rassurant:  il  ne  faut  i)as  toujours  se  lier  au  second. 

Dér.  de  Adjuvare. 

Ajusta,  r.  Ajouter,  joindre,  ajuster,  additionner,  n)ellre 
(luelquc  cb«\se  île  plus  ;  viser  pour  atteindre  uri  but  en 
tirant.  —  Les  pn'uiières  acceptions  dériv(Mit  de  adjutuferv, 
joiiulre  (MisiMnbli*  ;  la  dernière  est  formée  du  lat.  ad-justum, 
juste,  droit. 

Ajustoù,  .V.  m.  Petite  pièce  de  bois  ou  d'étoile,  ajoutée 
par  assemblage  ou  par  coutun»  .'i  une  autre  trop  courte  ou 
trop  étroite. 

Dér.  du  lat.  Adjungere. 

Al,  artic.  masc.  5m<;. //af.  Au,  rornan-languedocien  ;  iini- 
silé  aujourd'bui  dans  notre  dialecte,  mais  encore  emj)lo>é 
dans  la  régi-n  montagneuse  des  Cévennes,  et  même  dans 
une  partie  de  Tllérault.  11  est  formé  par  la  contraction  de 
à  lou,  (pii  a  donné  dou.  —  l'oi/.   Aou. 

Al  est  aussi  l'article  arabe  (jui  s'est  incorporé  ^  quelques 
mots  lang.  et  fr.,  tels  que  alamb),e\c. 

Aladèr,  .v.  m.  Alaterne  vSauvage;  fihamnus  alaternus, 
Linn.  Arbrisseau  de  la  famille  des  Frangulac^^'es,  toujours 
vert,  qui  croit  sur  nos  collines  et  surtout  parmi  les  bruyères, 
auxquelles  il  se  trouve  mêlé  quand  on  s'en  sert  pour  ranger 
les  vers  à  soii*;  sa  feuille  ressemble  à  celle  de  l'cjlixier. 
Son  nom  lat.  alaternus  est  probablen)enl  une  altération  de 
alternus,  parce  (jne  les  feuilles  de  Valad^r,  alaterne,  sont 
alternées  sur  leurs  brandies. 

Alafan,  s.  m.  Llépliant;  Elephas  maxîmus,  Lirni.  Manj- 
mifère  onguiculé  de  la  fam.  des  Pacbydermes.  —  Alafan 
est  une  pure  corruption  du  français  ou  plutôt  un  purisnie 
languedoci<ui,  dont  le  génie  tend  à  s'éloigner  du  type  fran- 
çais, ab)rs  qu'il  est  obligé  de  lui  faire  un  enq)runt. 

Élym.  du  lat.  Elephantus,  dér.  du  grec  KÀfya;. 

Alais  ou  Aies,  s.  m.  n.  pr.,  Alais,  ville.  —  Ce  nom  a 
exercé  bien  des  l\)is  les  in\estigations  des  étymologistes.  On 
a  prétendu  rexpli(]uer  par  les  armoiries  de  la  ville,  puis  par 
sa  configuration  et  môme  par  son  orientation.  L'écusson 
porte,  en  eiïct,  un  demi-vol  d'argent  sur  cbamp  de  gueules; 
mais  avant  ré|)f)que  incertxiine  où  celte  aile  lui  fui  doiniée, 
avant  que  la  science  du  blason  eiit  été  mise  en  bonneur,  la 
ville  et  son  nom  existaient,  cl  n'est-il  pas  naturel  de  penser 
que  le  nom  fil  naître  l'idée  de  prendre  une  aile  comme  armes 
parlantes,  au  lieu  d'imaginer  que  les  armoiries  inspirèrent 
le  nom?  11  parait  tout  aussi  difficile  d'admettre  les  autres 
systèmes.  La  rose  des  vents  n'était  pas  inventée  avec  ses 


indications  d'/:.v/  et  d'Ouest,  (juand  le  bapt^'^me  se  fit.  D'ail- 
leurs la  forme  Atest  dérivait  de  Alestum,  traduction  latine 
a  l'usage  des  tabellions,  du  nom  roman  Aies,  de  lieaucoup 
plus  ancien.  Enlin,  connue  la  ville  ne  s'était  pas  impro- 
visée d'un  seul  jet  dans  nu  moule  tout  tracé,  comment 
c^Hle  ligure  d'aile  aurait-elle  été  assez  nettement  dessinée 
dès  sa  ])reiiiièri'  plinne,  alors  qu'il  fallut  la  nommer,  pour 
iléternjiner  rallusion  ?  Le  mot  ile  l'énigme  n'est  pas  dans 
ces  découvertes,  jilus  ingénieuses  que  vraies,  l'ne  autre 
solution  du  problème  se  présente. 

("<'st  au  mot  lui-même  (ju'il  faut  s'adress'^r  pour  trouver 
s:i  racine.  Or,  l'bisloire  l'ail  remonter  le  nom  d^Alesia  aux 
Ages  les  plus  reculés.  Llle  raconte  que,  treize  siècles  envi- 
ron avant  l'ère  cbrélienne,  les  Celtes,  sous  le  nom  de  Volces 
Arécomicpies,  qui  <<.rupaient  le  littoral  méditerranéen  de 
la  Gaule,  eunMil  A  lutter  contre  une  invasion  de  naviga- 
teurs pbéniciiMis,  descendus  sur  leurs  ri vag<^s.  La  colonie  de 
Tyr  venait  »'\plorer  ces  contrées  inconnues  et  y  apporter 
sa  civilisation  et  le  commerce.  Son  but  était  d'exploiter  les 
mines  de  nos  Cè\eini»'s,  où  ror«.'t  l'argent  se  rencontraient 
alors  pres(jue  à  fieur  de  terre,  et  de  faire  l'écliange  de  ses 
jjroduits.  Elle  établit  deux  st:nions  commerciales,  à  proxi- 
mité l'une  de  l'autre,  j)our  s'  prêter  un  mutuel  seœurs.  La 
première,  plus  voisine  de  la  m  m*,  s'appela  IS^amauz,  de 
Mawa,  en  Ci'ltii|U!\  l'onlain.',  ou  de  yeimkeish,  gai:'lique, 
(jui  se  prononce  iScmcse,  d'où  on  a  fait  IScmausus,  ISismes 
et  yiincs.  La  s'coiiile,  plus  baut,  au  centre  de  l'cxploita- 
li<ni  et  du  tralic,  fui  nommée  A/esia. 

L'attribution  est  certaine  jiour  Mmes;  les  plus  graves 
bistoriens  ne  la  mettt'nt  pis  non  plus  en  doute  pour  Alais. 
S'il  eu  était  autrenu'Ut.  il  serait  au  moins  singulier  de 
trouver,  après  tant  de  si'rles,  les  deux  no:iis  s'appliquant 
aux  deux  localités  dè.^ignées  par  les  anciens  géographes 
grecs,  dans  les  mêmes  conditions  lopograj)liiques,  avec  la 
même  raison  aj^pellative,  et  uJie  pareille  communauté' d'ori- 
gine et  d'existence. 

Au  reste,  celte  Afev'a  primitive,  malgré  l'opinion  de 
M.  de  Mandajors  aujourd'bui  abandonnée,  n'a  rien  de  com- 
mun av(\',  VAlesia  de  Vercingétorix»  que  la  ressemblance 
de  son  nom,  tiré  du  mêiiie  radical  <'t  exprimant  une  posi- 
tion semblable.  L'invasion  d  H 'roule  dans  les  Gaules, 
ses  conquêtes  et  ses  voyages  ne  sont  qui^  Lî  symbole  de  la 
marche  et  des  j)rogiès  di'  l'antique  civilisali  m  phénicienne, 
et  ce  n'est  cpie  par  une  flatterie  imaginé^  sous  Auguste, 
pour  bononîr  la  mémoire  de  César,  vainqueur  d'Alesia, 
que  la  fondation  de  la  grande  cité  gauloise  fut  rattachée 
aux  aventures  du  demi-di.ni  mytliologi(pie.  Mais  la  confu- 
sion n'est  pas  possi!»le;  car  les  commerçints  de  Tyr  n'au- 
raient pu  pénétrer  si  avant  dans  les  terres,  ni  s'éloigner 
des  Cévennes,  où  leur  exj)loitalion  de  l'or  les  avait  attiréa 
et  les  retenait. 

Cam{)emenl  Jlxe.  .station  commerciale  ou  ville,  il  importa 
peu;  rien  n'est  resté  que  les  deux  noms.  Voilik  pour  lai 
inductions  historiques. 


kt'k 

cioifiine  aërmôre  Ipreuve,  fô  lîom  a  b^oîn  S'être  soumis 
à  TaDaiyse  àâns  sa  composition.  Il  tient  au  celtique,  piiisqùe 
la  langue  du  pays  où  il  était  employé  pouvait  seule  servir  à 
la  dénoininaiion  ;  et  dans  cet  idioène  il  doit  être  sîghlfîcalîf . 

Constatons  d*abord  la  forme  la  plus  ancienne  :  c'est 
celle  qui,  dans  les  noms  propres  et  de  lieux,  rend  le  mieux 
ooinpte  de  leur  formation,  qui  les  suit  et  s'attache  à  eux 
avec  le  plus  de  persévérance.  Pour  Alais,  lé  mot  est  écrit 
dans  lés  vieilles  chartes  Aies  ou  ÂUêx,  Âlesià  ou  Àlexia  est 
composé  selon  le  génie  du  grec  ;  mais  la  désinence  expié- 
tive'  ià  laissé  facilement  apparaître  le  radical  primitif. 

Les  deux  syllabes  du  mot  appartiennent  au  celtique. 
JH  où  ùll,  cité  par  Virgile  et  expliqué  par  Àusonne  {Àl 
Ce/tonim),  signifie  :  hauteur,  élévation,  sommet,  montagne. 
Il  est  reproduit  par  le  latin  altus,  correspondant  à  excelsus; 
et  dans  toutes  les  langues  dérivées,  il  em^rte  égalemeiït 
ridée  de  hauteur.  Es  ou  iz  final  est  aussi  d'origine  gau- 
loise, n  est  fréquent  dans  les  noms  du  Midi ,  où  on  le 
relfbave  pour  déàigner  une  ][>ortîon  de  territoi^re,  une  région. 
II  imprime  à  la  racine  al,  en  s'y  joignant,  comme  une 
idée  dé  provenance,  de  dérivation.  Dans  ce  sens,  le  mot 
entier  ne  pourrait  que  signifier  :  pays  élevé,  contrée  haute, 
vère  là  montagne.  C'est  là,  en  effet,  la  désignatfoù  îà  plus 
caractéristique,  celle  qui  exprimait  le  mieux  la  polàltiqn, 
qui  s'appliquait  exactement  à  un  certain  territoire'.  Quand  ta 
ville,  plus  tard,  vint  à  se  bâtir,  il  était  naturel  dé  Fa  dési- 
gner par  le  nom  appliqué  au  pays  sur  lequel  elle  s'emplaçait. 
Ses  commencements  furent  si  faibles,  qu'ils  ne  méritaient 
pas  d'abord  de  dénomination  spéciale  de  vilîe.  Mais  tout 
concorde  et  se  réunit  pour  rendre  ces  faits  et  îeiirs  circon- 
stances vraisemblables  ;  il  n'en  faut  pas  davantage  pour  que 
notre  ëtymologie  soit  juste. 

Après  les  diverses  altérations  que  nous  venons  d'indi- 
quer, le  nom  était  revenu  à  sa  forme  primordiale  ;  il  s'écri- 
vait Aies  ou  Alez,  en  français,  au  commencement  du 
XVIIf*  siècle.  Alors,  pour  éviter  la  confusion  avec  une  autre 
ville  du  Midi,  son  orthographe  définitive  fut  fixée  en  Alais. 

Nous  la  maintenons  ainsi  ;  mais  sans  vouloir  pour  cela 
que  sa  prononciation  languedocienne  soit  altérée,  pas  plus 
qu'elle  ne  devrait  l'être  en  français.  Les  habitants  du  Nord 
nous  chicanent  un  peu  sur  ce  point.  Ils  prononcent  Alais 
comme  Calais,  palais,  etc.,  et  s'étayant  de  l'analogie,  ils 
trouvent  ridicule  qu'en  Languedoc  nous  fassions  sentir,  en 
parlant,  le  s  final.  Serait-ce  vraiment  un  gasconisme  que 
l'on  aurait  le  droit  de  nous  reprocher,  et  une  contravention 
an  beau  langage,  dont  tout  le  Midi  se  rendrait  coupable? 
liais  si  les  puristes  ont  raison  de  blâmer  cette  manière  de 
faire  sentir  ici  la  consonne  finale  sifflante ,  pourquoi  l'adop- 
teàt-ils  lorsqu^il  s'agit  de  Reims,  de  Sens,  A'Aix,  qui,  à 
coup  sùf,  ne  se  prbiloncent  pas  comme  reins,  sans,  faix, 
qU  f  Pour  vivre  et  parler  de  bonne  intelligence,  ne  vàu- 
oraii-ir  pais  mieux:  se  montrer  moins  difiiciles?  (t  est  inu- 
tile d'aborder  une  discussion  sûr  les  noms  propres'  et  de 
lieux»  mais  il  nous  semble  qu'on  ferah'Bien'  de  i^soiiare 


Âtl 


3^ 


la  question  en  favéiir  dé  la  prononciation  locale^  qui  dô^t 
èti*e  généralement  adoptée  :  car  c'est  la  seule  manière  de 
s'entendre  partout,  et  même  de  parler  correctement.    ^, 

Handa  ou  Alandrà,  o.  Ouvrir  une  porte ,  une  fénètré  à 
deux  battants.  —  De  même  qu'on  dit  :  Manda  la  porto, 
ouvrir  tout  à  fait  la  porte,  on  dit  aussi  :  Alandà  hu  troûpU, 
l&cher  le  troupeau,  le  faire  sortir  de  la  bergerie  grande 
ouverte  ;    Alandà  lou  fid,  faire  brùleir  le  feu ,  et  Alahéfa 
sa  mérchandiso,  étaler  sa  marchandise.  Dans  toutes  œs 
acceptions,  il  se  trouve  un  certain  contact,  une  sorte  de 
rapprochement  qui  peut  servir  à  expliquer  la  racine  du 
mot.  Ne  viendrait-il  pas  de  àd  laium,  au  large? 
Alânda  (s')  v.  â'ètendre  par  terre,  tomber  de  son  long. 
Alaingui,  ido,  adj.  Triste,  languissant;  abattu,  affaibli 
par  le  chagrin  ou  la  maladie. 
Dér.  de  ixinguï,  venant  du  lat.  Languerè, 
Alâougàîrl,  v.  Décharger,  alléger,  fendre  plus  léger.  — 
S'aldougêtri,  se  dévètfr,  prendre  des  habits  plus  légers.  Le 
proverbe  dit  : 

Aou  mes  ^ab'rlou 

TalAougèïres  pas  d'un  flou  ; 

ÂovL  mes  dé  maï 

Fâï  éé  que  té  plaî, 

Aiiiat  ëdcai^  nôuii  saï  : 

Au  mois  d'avril,  ne  te  dévêtis  pas  d'un  fil  ;  au  mois  de  mai, 
fais  ce  qu'il  te  plaira,  et  je  ne  sais  encore  si  c'est  pnident. 

Dér.  de  Lâougé. 

Alâouso,  s.  f.  Alose;  Clupeà  àlosa,  Linn.  Sorte  de 
poisson  de  mer  qui  remonte  lé  Rhône  par  grandes  bandes 
pour  aller  déposer  son  frai.  Sa  chair  est  fort  bonne  après 
qu'il  a  vécu  quelque  temps  dans  l'eau  douce,  tandis  que, 
pris  dans  la  mér,  elle  est  sèche  et  dé  mauvais  goût. 

Alapàs, «.  m.  Bouillon-blanc;  iterha^cum  lapsus,  lAnn. 
Plante  cotonneuse,  âl  fleur  blanche  ou  rose,  agreste,  adou- 
cissante, vulnéraire,  détersive.  —  Vog.  Bouïoun-hlàn. 

Alapédo,  s.  f.  Asphodèle  ;  Asphodélus,  Linn.  —  Vola- 
pédo  à  fleurs  blanches  est  fort  commune  dans  nos  bois.  De 
la  pulpe  de  sa  racine,  on  fait  une  espèce  de  pain  assez 
mangeable.  Cette  qualité  était  sans  doute  connue  des 
anciens  :  car  les'  Romains  avaient  fait  de  l'asphodèle  une 
plante  des  tombeaux;  ils  la  plantaient  autour  des  mo- 
numents funèbres,  pour  donner  aux  morts  ou  à  leurs  mânes 
le  moyen  de  se  substanter.  —  Voy.  Poùraquo. 

Alargà,  t/.  Elargir,  faire  sortir  un  troupeau  de  la  ber- 
gerie. — S'alarga,  s'étendre;  devenir  libéral.  —  QiMn-t-un 
vtlèn  s'alargo,  tout  y  vd%,  il  n'est  rien  de  tel  qu'un  vllâîn 
qui  se  met  en  train. 

Dér.  de  Large. 

Alari  (Sent-) ,  n'.  pr.  Saint-Hilaire,  nom  commun' à  pfù- 
sieurs  villages. 

Du  lat.  Bilatis. 

iàarîa,  V.  Elargir,  rehdfre  ptiis  large,  uii  vêlémëiil,  iltl 
champ,  un  ine\iblé,  un  cânkl,  ùïiè  fenêtre,  iffi  trou. 

li^r.  de  targe. 


40 


ALË 


ALI 


Alarmo,  f .  f.  Tocsin.  —  Ce  mot  n'a  pas  d'autre  acception. 
n  est  formé  de  à  Varmo,  aux  armes,  cri  pour  courir  aux 
armes  à  l'approche  de  l'ennemi.  En  ital.  on  dit  :  M'arme. 

Alata,  V.  Elargir  un  troupeau,  lui  donner  la  clé  des 
champs.  —  Le  même  que  Alarga. 

Dér.  du  lat.  adlata,  sous-ent.  dêJueere, 

AlccYTO,  «.  f  Alcôve.  —  Corr.  du  fr.,  m.  sign. 

Étym.  :  al  koba  ou  el-kauf,  en  arabe,  cabinet  où  l'on 
dort,  tente.  En  esp.  Alcoha  et  aleova. 

Alédro  ou  Ânédo  ou  Coutèlo  (  V.  c.  rn.),  s.  f.  Narcisse 
blanc  des  prés.  Narcissui  poetîcus,  Linn. 

Dér.  du  lat.  ÂlbeJo,  blancheur. 

Alègre,  «.  m.  n.  pr.  Allègre,  commune  du  canton  de 
Saint-Ambroix ,  arrondissement  d'Alais,  et  nom  pr.  de 
plusieurs  autres  villages.  11  est  aussi  quelquefois  nom  pr. 
d'homme.  En  lat.  on  le  trouve  écrit  dans  les  anciens  titres, 
AUgrium  et  Alergium. 

Ce  nom  est  assez  répandu;  mais  sa  désinence  n'est  pas 
commune,  car  on  ne  la  rencontre,  dans  noire  langue,  que 
dans  péeègre,  pernea,  et  sègre,  iequi,  avec  ses  deux  composés 
eoussêgre  çXpér sègre.  Cette  circonstance,  et  surtout  la  variante 
latine,  semblent  être  l'indice  d*une  altération  ou  d'une  trans- 
position de  lettres  dans  la  terminaison.  En  ce  cas,  un  primitif 
en  irge  se  laisserait  soupçonner,  et,  parla  prononciation  du 
g  dur,  on  arriverait  à  èrgue,  finale  adjective  identique  à 
argue.  Les  exemples  de  ces  inversions  ne  sont  pas  rares. 

De  là,  le  corps  du  mot  ne  présentant  d'ailleurs  qu'une 
variété  d'orthographe  bien  coimue  et  insignifiante,  Tana- 
logie  serait  directe  entre  Alègre,  Alargue,  et  Aleyre,  et 
Alèirargues,  qui  ne  sont  eux-mêmes  qu'une  forme  de 
Alairac  (.\ude);  Aleyrac  (Drôme,  Hérault,  Haute-Loire); 
Alèira,  Alleyrac  (Gard)  ;  Alleyras  (Haute-Loire)  ;  Allerand 
(Marne)  ;  Allaites  (Morbihan)  ;  Alayrac  (Aveyron,  Tarn)  ; 
Alairas  (Ardèche);  Allcyrat  (Corrèze,  Creuse);  Alliéres 
(Sarthe)  ;  qui  auraient  produit,  par  apocope  de  l'a  initial, 
Layrac  (Ihute-Garonnc  et  Lot-et-Garonne)  ;  Leyrat  (Creuse)  ; 
Lirac  (Gard)  ;  Leran  (Ariége)  ;  Leren  (Basses-Pyrénées);  Laires 
(Pas-de-Calais)  ;  Lairargues  (Hérault).  Tous  ces  mots  ont,  en 
effet,  pour  racine  \ealgallicum,^Q  Virgile,  a/  Ce/tarumd'Au- 
aonne,  pour  indiquer  l'altitude,  l'élévation,  les  montagnes. 
La  conformité  du  nom  de  notre  Alè$,  Allez,  Alais,  semble 
encore  le  ranger  dans  la  même  famille  étymologique. 

Alémagno,  n.  pr.  Allemagne.  —  On  donne  le  sobriquet 
à*Alimagno  à  un  Allemand,  ou  même  à  quelqu'un  qui  a 
voyagé  et  séjourné  en  Allemagne. 

Aléman,  ando,  adj.  Allemand.  —  Jmm  Alémandos  est 
devenu  le  nom  d'un  quartier  où  se  trouvait  une  ancienne 
taverne;  c'est  aujourd'hui  une  tuilerie  à  un  kilomètre 
d'Alais,  sur  l'ancienne  route  de  Saint-Ambroix.  Il  doit  y 
avoir  un  siècle  à  peu  près,  deux  femmes,  des  Alsaciennes 
peut-être,  vinrent  là  établir  une  buvette  qui  attirait  les 
chalands.  Elles  se  firent  peindre  sur  la  façade  de  la  maison 
par  un  barbouilleur  de  l'endroit;  cette  image,  à  demi  effa- 
cée, se  distingue  encore  :  de  là  le  nom,  qui  s'est  conservé. 


Alénga,  ado,  adj.  Grand  parleur,  beau  diseur  ;  qui  a 
la  langue  bien  pendue,  bien  affilée  ;  qui  a  réponse  à  tout. 

Dér.  de  Léngo. 

Alerte,  adj.  seulement  /em.  Alerte,  éveillée,  vive,  dé- 
gourdie. 

Trad.  du  fr. 

Aléstl,  V.  Préparer,  apprêter;  disposer;  mettre  en  état. 

Dér.  de  Leste. 

Aléva  (s*),  V.  Se  lever.  —  Ne  se  dit  que  du  temps  quand 
il  tourne  au  beau,  qu'il  se  lève. 

Algarade,  s.  f.  Algarade;  mercuriale,  réprimande;  re- 
proches bruyants  et  publics. 

Étym.  de  l'arabe  et  de  l'esp.  Algarada,  qui  signifie  : 
course  sur  l'ennemi  brusque  et  imprévue. 

Alibeufiè,  s.  m.  Aliboufier  ou  alibousier,  storax,  styrax; 
Styrax  officinalis,  Linn.  Arbre  de  la  fam.  des  Ébénacées. 
Il  découle  de  cet  arbre,  dans  les  pays  chauds,  un  suc  bal- 
samique connu  sons  le  nom  de  storax,  que  l'on  conserve 
ordinairement  dans  des  roseaux,  ealamtn  ;  de  là  le  nom 
de  calamité  appliqué  à  cette  résine. 

Son  étym.  serait-olle  prise  de  Aie,  haleine  et  de  boufa, 
souffler,  à  cause  de  son  odeur  d'encens  T 

Aligna,  v.  Aligner,  ranger  sur  une  même  ligne  droite. 
— S'aligna,  se  battre  en  duel. 

Dér.  du  lat.  A  pour  ad,  et  linea. 

Alimâeul  interj.  Péj.  Alimàoudat!  Animal!  butor! 
grosse  bête!  —  Il  n'est  employé  qu'interjectivement  et 
presque  jamais  comme  subst. 

Cornipt.  du  fr.  Animal. 

Alimase,  s.  m.  Limace,  limaçon  sans  coquille,  mol- 
lusque rampant,  visqueux.  —  Marcha  coumo  un  alimase, 
il  marche  à  pas  de  tortue. 

Dér.  du  lat.  Limax,  venu  lui-même  du  grec  X£(uaE; 
Xstjxcav,  pré  humide. 

Alin,  aiv.  Là-bas.  — C'est  à  tort,  selon  nous,  que  Sau- 
vages le  traduit  par  là-dedans.  C'est  sans  doute  la  termi* 
naison,  qu*il  a  prise  pour  la'préposilion  latine  in,  qui  a 
causé  son  erreur.  Il  est  bien  certain  que  alin  veut  dire  làr 
bas,  bien  bas,  plus  bas  encore  que  avaZ;  jamais  il  n'a 
signifié  :  là-dedans.  Il  est  formé  du  lat.  Ad  et  imum,  au 
fond. 

Alireù,  s.  m.  Aileron,  extrémité  de  l'aile  à  laquelle 
tiennent  les  grandes  plumes.  —  Le  mot  est  formé  de  même 
que  le  fr.,  mais  non  pas  d'après  lui  :  car  ici  le  languedo- 
cien est  au  moins  son  contemporain. 

Dér.  de  Alo. 

Alisa,  V.  Polir,  lisser  ;  ratisser  ;  enduire  un  mur  à  la 
truelle.  Au  fig.,  flatter,  cajoler,  flagorner  quelqu'un  pour 
en  faire  une  dupe.  —  Talise,  BàoussUKro  /  dit-on  prover- 
bialement quand  on  voit  faire  des  compliments  à  perte  de 
vue.  Bâoussièiro,  qui  est  un  nom  propre,  la  femme  de  Boî»> 
sier,  est  mis  génériquement;  peutrêtre  le  dicton  fisû4aii4I 
allusion  à  une  anecdote  réelle. 

Dér.  de  Us,  uni,  poli. 


ALU 


ÂMA 


41 


*e,  ro,  adj.  Flatteur,  cajoleur,  cmbaucheur. 

D^.  du  précédent. 

Alisaje,  s.  m.  Enduit  d'un  mur  au  mortier  fin. 

Alisiè,  «.«m.  —  Voy.  Àriguiê. 

Alisqoa  (s'),  v.  Se  farder,  s'ajusler,  s*adoniser;  ss  pour- 
lécher comme  font  les  chats. 

Dér.  de  Liqua . 

Alo,  s.  f.  Dim.  Aléto;  pôj.  Àlasso.  Aile.  — Se  dit  par 
analogie  de  choses  trJs-Jiverscs  :  Âhs  d'un  capU,  bords 
d'un  chapeau,  dont  la  forme  et  Tenvcrgurc  autrefois,  dans 
les  chapeaux  à  la  française,  justifiiienl  racc3ption.  Alo  dé 
rasin,  grapillon,  brin  qui  s  en  détache,  figurant  par  à  peu 
près  une  aile.  —  Voy.  Sounglé. 

Dér.  du  lat.  Àla. 

Alongui,  s.  m.  Retard  ;  dôlais,  lenteurs  affectôcs.  —  Dà 
qu'anas  eérqua  tan  d'alonguis?  qu*avez-vous  besoin  de  tant 
chercher  des  retards  ? 

Dér.  de  Long. 

Alor,  adv.  Alors,  en  ce  temps  là.  —  Alorl  dans  co  cas- 
là  ;  oh  !  s'il  en  est  ainsi.  Pér  alor,  pour  lors. 

Dér.  de  Fital.  Allora. 

Alonèto,  t.  f.  Alouette  ordinaire,  alouette  des  champs  ; 
Alauda  arvensis,  Temm.  Oiseau  de  Tordre  des  Pass3roaux. 
—  Sya.  Làouséto.  Lou  Coutéloù,  la  CouqvXalo,  la  Calan- 
dro  sont  des  variétés  de  T  Alouette.  —  F.  c.  m. 

Dér.  du  lat.  Alauda  et  do  son  dim.  Alaudetla,  qui  a  la 
même  sign. 

Aloanga,  o.  Allonger,  prolonger;  retarder,  différer; 
rendre  plus  long. — Aq^  fài  pas  qu'alounga  loupoutajd,  iou 
pastis,  cela  ne  fait  qu*entrainer  des  retards.  —  Atounga  hu 
pastis,  allonger  la  courroie,  perdre  du  temps  volontairement. 

Alonnga  (s*),  o.  Prendre  le  chemin  le  plus  long  ;  tomber» 
s'étendre  de  son  long. 

Dér.  de  JUmg. 

Alonngaire,  s.  m.  Mauvais  payeur;  qui  prolonge  le 
terme  du  paiement  ;  conteur,  discoureur  verbeux  qui  n'en 
finit  pas. 

Dér.  de  Long. 

Aimasses,  t.  m.  plur.  Compliments  intéressés;  belles 
paroles  ;  détours  de  paroles,  ambages. — Fôou  pas  ana  eérqua 
tant  d'aluuusês,  il  ne  faut  pas  tant  de  circonlocutions. 

GoDtr.  de  AlMuia, 

Atauna,  «.  Allumer,  enflammer,  mettra  le  fea.  —  n 
parait  spécial  aax  deux  locutions  suivantes  :  Aluma  la 
^édo,  commencer  à  fûre  du  feu  au  séchoir  à  châtaignes; 
el  Aluma  lou  four  d'aeâou,  garnir  le  four  à  chanx.  Ce 
qui  prouverait  sa  légitimité  languedocienne.  Mais  on  ne 
dirait  pas  bien  :  Aluma  hu  lun,  hu  fd,  pour  lesquels  il 
fut  préférer  Atuba  ou  Aluqua.  —  F.  c.  m. 

Formé  du  lat.  Ad  lumm, 

âlvniÂtOv  Bnraqoèto,  Lnqpiéto,  t.  f.  Allumette»  petit 
brin  de  bois  soufré  par  le  bout.  Aufig.t  chercheur  de  noises» 
boite-ta.  -*  Yo^.  Brouq^ito,  Laquito. 

Dér.  de  Aluma. 


Aluqaa,  v.  .\llumer  le  feu  ou  la  lampe.  —  Voy.  Aluma, 
On  le  dit  quelquefois  pour  appeler  de  loin  une  personne» 
lui  crier  :  llolà  !  lU  !  la  héler.  On  ne  voit  pas  trop  le  rap- 
port entre  ces  deux  significations. 

Aluqna  (s'),  v.  S'animer,  s'échauficr,  en  parlant  avec 
feu. 

Dôr.  du  lat.  Allucere,  ou  du  gr.  Xmxhwû,  parf.  XsXu^vsuxa, 
éclairer. 

Alura,  ado,  alj.  Fin,  rusé;  éventé,  étourdi;  luron.  — 
Têslo  alurado,  tête  à  lé  vent.  —  Voy.  Lura. 

Dit.  de  Luro. 

Ama,  are,  ou  Amare,  aij.  Amer,  qui  a  de  l'amertume. 

—  Qu3  béou  ama,  po  pas  éscupi  dous,  prvb.»  qui  boit 
amer,  ne  peut  pas  cracher  doux. 

Dér.  du  ht.  Amirus,  qui  lui-même  vient  de  mar,  mer; 
l'eau  de  mer  étant  le  type  de  l'amertume. 

Amadou,  s.  m.  Amadou. 

Emprunté  au  fr. 

Amadura,  v.  Mûrir,  rendre  mûr  ;  devenir  mûr,  aboutir, 
apostumer,  en  parlant  d'un  abcès;  s'apprêter,  s  user.  -^ 
Lou  sourél  amaluro  la  frucho,  lous  blas,  le  soleil  fait 
mûrir  les  fruits  ou  les  blés.  Aquél  roudaïre  amaiuro, 
C3t  abcès  va  aboutir.  Aïgà  s'amaiuro,  ceci  s'apprête, dit-oa 
quand  on  commence  à  être  à  bout  de  patience  et  près 
d'échtar.  Mas  braïos  s'amaiurou,  mes  pantalons  s'usent. 

Dér.  du  lat.  Maturare. 

Amadnnm  ou  Madanm,  s.  m.  Maturité,  état  de  ce  qui 
est  mûr.  —  Aquélo  péro  tombo  d*amaiurun,  cette  poire 
pourrit  d'excès  de  maturité.  Aquéles  magntu  se  foundam 
d'amadurun,  y  a  lon-tén  que  déourièou  rèstre  émbrugeu, 
ces  vers  à  soie  dépérissent  de  maturité»  on  devrait  les  avoir 
rames  depuis  longtemps. 

Formé  de  Maiu,  venant  du  lat.  Maturare  ou  mofunit. 

Amaga,  v.  Choyer,  réchauffer»  abriter;  cacher;  couvrir. 

—  Amaga  un  éfan,  envelopper  un  enfant»  le  dorloter»  le 
serrer  dans  ses  bras  ou  sur  le  sein  de  sa  mère.  Lou  fà  et 
amaga,  le  feu  est  couvert. 

Amaga  (s'),  v.  Se  tapir,  se  blottir  dans  une  cachette; 
se  pelotonner  dans  un  coin  ;  s'envelopper  pour  se  défendre 
du  froid.  —  Voy.  S'amata. 

Dâr.  du  lat.  Ma  gale,  magalia,  mot  punique»  cabane» 
huttes.  Le  radical  est  probablement  magus,  maga,  magi- 
cien»  sorcier,  féa  ;  parce  que  dans  l'antique  superstition»  oes 
êtres  fantastiques  habitaient  les  cavernes  et  les  grottes. 

Amal,  adv.  Encore;  aussi;  de  plus;  davantage;  avec; 
même,  quand  même.  —  J mal-mai'»  bien  plus,  enooie 
davantage.  AmaX-maï  gn'aguèsse,  quand  même  il  y  ea 
aurait  davantage,  y  en  eût-il  plus  encore.  Amaï  qui,  poum 
que,  quoique.  Vitm  l'amour,  amaï  que  dîne,  vive  l'amoarg 
pourvu  que  je  dine,  dit  le  proverbe.  AmaX  fasén,  aussi 
fusons -nous.  Amoi  à  voue/  à  vous  aussi  :  c*est  ima 
réponse  aux  civilités  ordinaires  entre  gens  qui  se  re&ooii- 
trent  ou  s'abordent.  Bonsouir  à  touto  la  eoumpagno.  Bon* 
woîr  à  la  compagnie,  dit  le  premier  interlocuteur;  AmeX  è 


40 


ALÊ 


ALI 


Alarmo,  «.  f.  Tocsin.  —  Ce  mot  n'a  pas  d*âutre  acception. 
11  est  formé  de  à  Varmo,  aux  armes,  cri  pour  courir  aux 
armes  à  l'approche  de  l'ennemi.  En  ital.  on  dit  :  ÂU'arme. 

Alata,  V.  Elargir  un  troupeau,  lui  donner  la  clé  des 
champs.  —  Le  même  que  Alarga. 

Dér.  du  lat.  ai  lata,  sous-ent.  deducere. 

Alcovro,  j.  f.  Alcôve.  —  Corr.  du  fr.,  m.  sign. 

Étym.  :  al  koba  ou  el-kauf,  en  arabe,  cabinet  où  l'on 
dort,  tente.  En  esp.  Àlcoba  et  alcova. 

Alédro  ou  Ânédo  ou  Coatèlo  (  F.  c.  m.),  s,  f.  Narcisse 
blanc  des  prés.  Narcissus  poeticus,  Linn. 

Dér.  du  lat.  Albedo,  blancheur. 

Alègre,  s.  m.  n.  pr.  Allègre,  commune  du  canton  de 
Saint -Ambroix ,  arrondissement  d'Alais,  et  nom  pr.  de 
plusieurs  autres  villages.  11  est  aussi  quelquefois  nom  pr. 
d'homme.  En  lat.  on  le  trouve  écrit  dans  les  anciens  titres, 
ÂUgrium  et  Âlergium. 

Ce  nom  est  assez  répandu;  mais  sa  désinence  n'est  pas 
commune,  car  on  ne  la  rencontre,  dans  noire  langue,  que 
dans  pécègre,  persica,  et  sigre,  sequi,  avec  ses  deux  composés 
eoussègreeipérsègre.  Cette  circonstance,  etsurtout  la  variante 
latine,  semblent  être  l'indice  d'une  altération  ou  d'une  trans- 
position de  lettres  dans  la  terminaison.  En  ce  cas,  un  primitif 
en  êrge  se  laisserait  soupçonner,  et,  par  la  prononciation  du 
g  dur,  on  arriverait  à  èrgue,  finale  adjective  identique  à 
argue.  Les  exemples  de  ces  inversions  ne  sont  pas  rares. 

De  là,  le  corps  du  mot  ne  présentant  d'ailleurs  qu'une 
variété  d'orthographe  bien  connue  et  insignifiante,  l'ana- 
logie serait  directe  entre  Àlègre,  Âièrgue,  et  Aleyre,  et 
Alèirargues,  qui  ne  sont  eux-mêmes  qu'une  forme  de 
Alairac  (Aude);  Aleyrac  (Drôme,  Hérault,  Haute-Loire); 
Alêira,  Alleyrac  (Gard)  ;  Alleyras  (Haute-Loire)  ;  Allerand 
(Marne)  ;  Allaires  (Morbihan)  ;  Alayrac  (Aveyron,  Tarn)  ; 
Alairas  (Ardèche);  Alleyrat  (Corrèze,  Creuse);  Allières 
(Sarthe)  ;  qui  auraient  produit,  par  apocope  de  l'a  initial, 
Layrac  (Haute-Garonne  et  Lot-et-Garonne)  ;  Leyrat  (Creuse)  ; 
Lirac  (Gard)  ;  Leran  (Ariége)  ;  Leren  (Basses-Pyrénées);  Laires 
(Pas-de-Calais)  ;  Lairargues  (Hérault).  Tous  ces  mots  ont,  en 
eflet,  pour  racine  le  al  galUcum,  de  Virgile,  al  Celtarum  d'Au- 
sonne,  pour  indiquer  l'altitude,  l'élévation,  les  montagnes. 
La  conformité  du  nom  de  notre  Alèi,  Allez,  Alais,  semble 
encore  le  ranger  dans  la  même  famille  étymologique. 

Alémagno,  n.  pr.  Allemagne.  —  On  donne  le  sobriquet 
à'Alémagm  à  un  Allemand,  on  même  à  quelqu'un  qui  a 
voyagé  et  séjourné  en  Allemagne. 

Aléman,  ando,  adj.  Allemand.  —  Las  Alémandos  est 
devenu  le  nom  d'un  quartier  où  se  trouvait  une  ancienne 
taverne;  c'est  aujourd'hui  une  tuilerie  à  un  kilomètre 
d'Alais,  sur  l'ancienne  route  de  Saint-Ambroix.  Il  doit  y 
avoir  un  siècle  à  peu  près,  deux  femmes,  des  Alsaciennes 
peut-être,  vinrent  là  établir  une  buvette  qui  attirait  les 
chalands.  Elles  se  firent  peindre  sur  la  façade  de  la  maison 
par  un  barbouilleur  de  l'endroit;  cette  image,  à  demi  effa 
cée,  se  distingue  encore  :  de  là  le  nom,  qui  s'est  conserv 


Alénga,  ado,  adj.  Grand  parleur,  beau  diseur  ;  qui  a 
la  langue  bien  pendue,  bien  affilée  ;  qui  a  réponse  à  tout. 

Dér.  de  Léngo. 

Alèrto,  adj.  seulement  /em.  Alerte,  éveillée,  vive,  dé- 
gourdie. 

Trad.  du  fr. 

Aléstl,  V.  Préparer,  apprêter;  disposer;  mettre  en  état. 

Dér.  de  Leste. 

Aléva  (s'),  V.  Se  lever.  —  Ne  se  dit  que  du  temps  quand 
il  tourne  au  beau,  qu'il  se  lève. 

Algarado,  s.  f.  Algarade;  mercuriale,  réprimande;  re- 
proches bruyants  et  publics. 

Étym.  de  l'arabe  et  de  l'esp.  Algarada,  qui  signifie  : 
course  sur  l'ennemi  brusque  et  imprévue. 

Aliboufiè,  s.  m.  Aliboufier  ou  alibousier,  storax,  styrax; 
Styrax  officinalis,  Linn.  Arbre  de  la  fam.  des  Ébénacées. 
Il  découle  de  cet  arbre,  dans  les  pays  chauds,  un  suc  bal- 
samique connu  sons  le  nom  de  storax,  que  Ton  conserve 
ordinairement  dans  des  roseaux,  calamus  ;  de  là  le  nom 
de  calamité  appliqué  à  cette  résine. 

Son  étym.  serait-elle  prise  de  AU,  haleine  et  de  boufa, 
souffler,  à  cause  de  son  odeur  d'encens  ? 

Aligna,  v.  Aligner,  ranger  sur  une  même  ligne  droite. 
— S'aligna,  se  battre  en  duel. 

Dér.  du  lat.  A  pour  ad,  et  linea. 

Alimâou  I  interj.  Péj.    Allmâoudas/  Animal!  butor 
grosse  bête!  —  Il  n'est  employé  qu'interjectivement 
presque  jamais  comme  subst. 

Corrupt.  du  fr.  Animal. 

Alimase,  s.  m.  Limace,  limaçon  sans  coqv 
lusque  rampant,  visqueux.  —  JUareho  coumo 
il  marche  à  pas  de  tortue. 

Dér.  du  lat.  Limax,    venu  lui-même 
XsijAoJv,  pré  humide. 

Alin,  aiv.  Là-bas.  — C'est  à  tort, 
vages  le  traduit  par  là-dedans.   C'« 
naison,  qu'il  a  prise  pour  la*pr 
causé  son  erreur.  Il  est  bien  c^ 
bas,  bien  bas,  plus  bas  en 
signifié  :  là-dedans.  Il  est 
fond. 

Aliroù,  s.  m.   Aile* 
tiennent  les  grandes 
que  le  fr.,  mais  t 
cien  est  au  mo^  - 

Dér.  de  Al 

Alisa,  1 
truelle, 
en  fn' 
bin^ 


\- 


e,  le  Un- 
ie l'ambre. 


morale,  et 
*  qa'oo  dit: 


itnbroiz,  ville, 
d'Alaia.  —  Foy. 


■   "^  ^  ^-   ^'*  liais  et  embronilies; 

-^     •  1  nne  époque  oit  U 

.:  »  »m  m  ,;,  crêpée  et  poodrâe, 

^m  améchU  par  leur  ajria- 

sak  riibaient  en  mèches  talée 

'  a  dd  amener  une  entente 

'T-  sr  ^.^j' n   *m  '^t  au  fond  que  le  désordre 

_^  ^  ^  ;ut  venir  du  subs.  mécho,  qù 

•    M  ip.  •*    .  .  "^^ 

^,     ^^      ^_^  lénqolè, Aoielancbier,  Criomgui 

^     .  iissean  de  la  fam.  des  Rosacées, 

^  '  'tite  baie,  nommée  aMrUn?uo,  àpm 

rténqnii. 
,  pomme,  et  *]7,eiï,  étrangler;  pomme 

'  ^    ^  Fin  d'mie  chose;  ainsi  soit-il.  —  IMw 

**•         .'doutât,' consentir  X  tout  ce  qu'on  propose, 

■  "  i:nndilion,  approuver  le  bien  et  le  mal.  Jaê- 

""^        'i-i|ii'fila  fin  des  fins,  sans  fin,  jusqu'à  l'ôler- 

**■     liLii   lu  loot  hébreu  :  Àmtn,  fiât,  ainsi  soil,  ainsi 

^        ijiii  l' triiioe  toutes  les  oraisons  latines  de  l'Eglise. 

'    Micuda,  .<  f.  Amende,  punition  pécuniaire  au  profit 

lÂi-,  i]iii  II  .1  rien  de  commun  avec  les  dommages  et 

-tM^  rhis  ,'i  1.1  partie  civile. 

DiT   ilii  l'il    Emtndare. 

Amcniiri,  '•  Abaisser,  diminuer  le  prix.  —  N'a  pas  dn 
ml  !■■  -m-  ilii  fr.  amoindrir,  et  ne  s'emploie  pière  qaa 

>tii  >\|>riir.r  un  abaissement  de  prix  d'ane  mwrchandiss. 
--    ir.  „wr„.i,-,  fou  pan,  la  prix  du  pain  est  diminue. 

Dit    r|:'   1/o,7r<i. 

Amenla,  <  "i.  Sorte  de  marbre  commnn  dans  le  Gard  ; 

tjrr'i:lii',  ^>i'l'!  il'amygdalolde ;  poudin^e  composé  de  plk- 
i.\f\jrt  iviillimv  cimentés  ensemble  par  un  gluten  aussi  dor 
qiir  1,1  liiciTP. 

Di'i'.  d'.t  W'-'i/o,  parce  qna  ces  différents  cailloux  ressent- 
lili'iil  nuK  ainindes  qui  sont  noyées  dans  le  dmenl  dm 

llOllR^t. 

Amènliè,  5.  m.  Amandier;  Amygdalut  eomnunit,  Lina. 

Arl)n>  ik  I  11  r:uaiUe  des  Rosacées. 


AMA 


AUA 


MM^  lai  rtpond-oa,  à  vous  aussi,  nous  vous  ditons  de 
mAme.  AwM  tu$i  Toi  auiû*  tu  quoqu9/  Amaï  vendra  poi, 
et  même  il  ne  viendra  pas,  vous  venez  qu'il  ne  viendra 
lias.  Amaï  Ut  eastibraïo,  la  canaille  avec.  Homê$,  finno$ 
m  l9uj  droUê  amaX,  hommes,  femmes  et  les  enfants  avec, 
et  même  les  enfants.' 

Dôr.  de  Hat,  plus. 

Amaigri  (s*),  o.  Maigrir,  se  dessécher,  dépérir. 

Dér.  de  Mai^. 

Amaira,  o.  Au  prop.  réunir  un  enfant  ou  le  petit  d*un 
animal  à  sa  mère.  Cest  le  contraire  de  Di$mMra,  —  F.  c.  m. 
An  fig.  réunir,  associer,  rassembler.  Se  dit  d'une  gerbe, 
d'un  fagot,  de  toute  espèce  de  tiges,  qu'on  assemble  rëgu- 
litement  en  plaçant  tous  leurs  gros  bouts  du  même  côté 
pour  les  lier  plus  facilement. 

Dér.  de  JfaVre. 

Amaisa,  v.  Apaiser, adoucir,  calmer. —  Ama\$aun  éfan, 
codormir  un  enfant,  l'apaiser,  le  consoler,  l'empêcher  de 
crier  ou  de  pleurer.  Amaiâa  la  fan,  apaiser  le  premier 
aiguillon  de  la  Mm,  la  calmer.  Anwita-vouê,  calmez-vous, 
ladouciasez-vous.  Lou  lén  s'amaiso,  le  temps  devient  calme. 
X'tfouro  ë'éi  amaXsado,  le  vent  s'est  calmé. 
'  Mr.  de  Fital.  Ammouiorê,  adoucir,  apprivoiser. 

Analâonti,  ido,  adj.  Qui  est  bien  malade,  bien  exté- 
Boé,  bien  affaibli. 

Dér.  de  Malâou, 

Amafai,  «.  m.  Hanche,  et  proprement  la  tête  supérieure 
dn  fémur. 

Dér.  de  l'arabe  Amalue,  l'os-sacmm  ;  c'est  parext.  qu'on 
l'applique  à  la  hanche. 

Amahaga,  «.  An  pn^.  déhancher,  déboiter  le  fémur. 
Au  fig.  froisser,  meurtrir,  éreinter. 

Dér.  sans  doute  d*Amalu,  mais  le  lat.  ad  malum  pour- 
lait  bien  ne  pas  y  être  étranger. 

Amana,  o.  Rassembler  ;  amonceler;  amener  en  un  même 
m;  cueillir  a  pleines  mains;  serra',  empmgner.  -^E$pa' 
fui  énearo  bien  amana,  il  n'est  pas  là  encore  bien  en  main, 
lieD  exercé.  Ta  fto  t'es  poâ  énearû  mnanado,  ta  fiUe  n'est 
pas  encore  rentrée  à  la  maison. 

Dér.  du  lat.  Ad  manum,  soit  que  manus  se  traduise  par 
nain,  soit  par  foule,  peloton,  botte . 

Aaarat  n,  ad^.  Amer.  —  Toy.  Awm. 

La  formatioii  du  lat.  est  encore  plus  sensible  dans  Amarë, 
qui  vient  de  ad  et  mare, 

Amaréla»  v.  Etre  nu  peu  amer,  avoir  un  léger  goût 
d'amertume.  —  C'est  un  fréquentatif  formé  d*Amar9, 

La  plupart  des  substanlife  et  même  des  adjectifs  sont 
iBoe|itibles,  en  languedocien,  d'être  ainsi  transformés  en 
^mbes.  Les  verbes  eux-mêmes,  en  prenant  la  désinence  ija, 
m  dédoublent  pneHiue  tous,  et  deviennent  frôquentatifii  on 
diMinntIh. 

awvagw  dH  dans  aea  provetbai  :  Qui  pUCidéJo,  mMow 
•y»  et  tmt$  té  fié  mam/ê  mmmréjù,  la  plaideur  eel  oomflia 
liMÉida,  toil  oa  qM  nmii  a  de  rassartniM. 


Amarèlo,  $.  f.  ou  Amaroû,  Thlaspi ,  /terif  ou  ndoêpi 
amara,  Linn.  Plante  de  lafam.  des  Crucifères  siliculeuses, 
qui  croit  dans  les  blés,  et  dont  la  graine,  lorsqu'elle  s'y 
mêle,  communique  de  l'amertume  au  pain  qui  eu  provient. 

—  Ycy.  Amaroili, 
Dér.  de  Ama,  amer. 

Amarignè,  $.  m.  Soudie  ou  pied  de  l'osier  franc  et 
jaune,  dont  on  coupe  les  jets  chaque  année  qui  servent  de 
liens  pour  les  treilles  et  vignes;  Salix  ammina,  Linn. 

Dér.  d'^martfio. 

Amaxinén,  ônqao,  adj.  Flexible,  pliant  comme  l'osier. 

—  Se  dit  des  diverses  espèces  de  bois  de  service  qui  ont 
la  nervure  longue,  flexible  et  non  cassante. 

Dér.  d^Amarino. 

Amarino,  j.  /.  Osier  ;  c'est  le  nom  générique.  —  Vno 
amarino,  un  jet  ou  un  scion  d'osier,  coupé  pour  servir  de 
ligature. 

Dér.  du  lat.  Salix  amerina,  qui  lui-même  vient  de  Ame- 
na, ville  de  TOmbrie,  en  ItaUe.  C'était  dans  l'origine  le 
SauU  d'Ameria,  comme  l'on  dit  :  le  peuplier  de  la  Caro- 
line, le  peuplier  d'Italie. 

Amaroû,  «.  f.  Amertume,  saveur  amère. 

Dér.  de  Amare, 

Amaroû,  «.  m.  ou  Amarèlo,  Thlaspi,  Tlaspi  amara, 
Linn.  Plante  qui  croit  dans  les  blés,  et  produit  une  petite 
graine  qui,  mêlée  ensuite  à  la  farine,  donne  au  pain  une 
amertume  prononcée.  —  Voy.  Amarèlo. 

Dér.  de  Amare. 

Amarongnè,  «.  m.  Marronnier  d'Inde,  marrmmier  des 
jardina,  arbre  magnifique  de  grandeur,  de  port,  de  feuil- 
lage et  de  fleurs. 

AmarouBO,  <•  f.  Marron  d'Inde,  fruit  du  mamnnier 
d'Inde.  —  Ce  fruit,  qui  est  d'une  amertume  extrême,  n'a 
rien  de  commun  avec  le  marron,  qui  est  si  sucré  et  si 
savoureux,  que  par  sa  couleur  et  sa  formation  dans  un 
hérisson;  le  dernier  se  nomme  exclusivement  :  Dàfmpki' 
nénquo,  —  V.  c.  m. 

Ici  se  présente  une  difiiculté  d'étymologie  que  le  lecteur 
jugera  lui-même. 

Amarouno  vient-il  d*Amarougni,  l'arbre  qui  produit  ce 
fruit,  on  bien  vient-il  de  cette  amertume,  omaroà,  qui  form» 
son  principal  caractère  et  qui  fait  qu'aucune  e^ièce  d'aiâ- 
mal  ne  peut  s'en  nourrir  t  Cette  dernière  solutîoa  semble 
si  naturelle  qu'on  serait  tenté  de  l'adopter;  cependant  il 
devient  diflicile  d'expliquer  que  Vamarouyné  et  Vamaromm», 
son  fruit,  aient  deux  origines  différentes. 

D'autre  part  encore,  comment  admettre  que  Vamarougmà 
et  le  marronnier  d'Inde,  le  même  arbre  très-certainement^ 
avec  leur  physionomie  si  fraternelle  de  noms,  ne  pra* 
viennent  pas  d'une  racine  commune?  Or,  le  marronnier 
d'tode  n'est  qu'uhe  variété  du  marronnier  ordkiairef  du 
chàtaigmer  &  marrons  ^  et  le  mot  marron,  frère  et  eontam- 
porain  de  l'ital.  mèttmêf  vient  oemme  lai  du  free  éë' 
moyen  âge  liop p^v. 


ÂMB 


AME 


48 


Hais,  comme  il  est  impossible  qne  le  grec,  l'italien  et  le 
français,  à  la  fois,  soient  venus  puiser  leur  étymologie 
dans  le  languedocien  amarouno,  qui  lui-même  ne  représente 
pas  du  tout  le  marron  doux  dont  ces  diverses  langues  ont 
voulu  parler;  il  faut  en  conclure  qn'amarougnè  dérive  du 
fr.  marronnier,  qui  doit  ce  nom  à  son  fruit,  marron,  et 
que  œ  dernier  le  tient  de  Titalien  et  du  grec.  Âmarou§nè, 
à  son  tour,  a  créé  le  mot  amarouno,  qui,  du  reste,  va  à 
merveille  à  sa  nature  et  n*enlôve  pas  Tamertume,  au  con- 
traire, pour  n*en  pas  être  issu  :  le  mot  signifie  innocem- 
ment la  chose. 

Amarouno  se  dit  aussi  :  Castagno  amaro.  —  F.  c.  m. 

Amassa,  v.  Ramasser,  cueillir,  faire  un  amas;  mettre 
ensemble;  réunir  beaucoup  de  monde;  entasser,  thésau- 
riser; aboutir,  abcéder,  apostumer.  —  Voy.  Âcampa. 
—  Amassa  d'hêrbos,  ramasser  des  herbes.  Amassa  la  fièto, 
cueillir  de  la  feuille  de  mûriers.  Amassa  foço  argén,  deve- 
nir très-riche,  amasser  une  grande  fortune.  Monn  dé  amasto, 
mon  doigt  apostume;  le  mal  que  j'ai  au  doigt  aboutit. 

Le  lang.  amassa,  le  fr.  amasser,  Tit.  ammassare,  dériv. 
tons  du  lat.  massa ,  masse ,  amas,  ou  plutôt  du  gr.  &[Lauû, 
j'amasse. 

Amassa  (s"),  v.  S'attrouper,  se  rassembler.  —  S'amas- 
sara  proà,  dit-on  d'un  absent,  il  se  rendra  bien,  il  reviendra 
au  gite.  S'amassi  un  fun  dé  mounde,  il  se  fit  un  grand 
rassemblement. 

Amassaire,  ro,  adj.  En  tisseur,  thésauriseur,  quand  il 
est  employé  seul.  Lorsqu'il  est  question  de  vers  à  soie,  il 
signifie  :  les  gens  qui  cueillent  la  feuille  de  mûriers,  quoi- 
qu'on n'y  ajoute  pas  le  mot  fi^o. 

Amassaje,  s.  m.  Action  de  ramasser,  de  cueillir;  frais, 
ooût  de  la  cueillette.  —  Voy.  Acampaje. 

Amata  (s'),  v.  Se  tapir,  se  blottir,  s'aplatir;  s'humilier 
de  crainte  ou  de  respect.  —  L'aï  amata,  je  l'ai  confondu, 
je  l'ai  maté,  aplati.  S'amatou  dé  pôou,  ils  se  cachent  de 
peur,  ils  se  tapissent  de  frayeur.  —  Voy.  S'amaga. 

Dër.  de  Mato, 

Amati,  ido,  adj.  Dru,  épais.  —  Se  dit  d'un  pré  bien 
gaaonné,  bien  tallé,  et  aussi  du  pain  massif  et  gras-cuit. 

Dér.  de  Mato. 

Amatina  (s*),  v.  Se  lever  matin;  se  mettre  de  bonne 
heure  à  l'ouvrage  ou  en  voyage. 

Dér.  de  Mati. 

Ambre,  t.  m.  Amble,  allure  du  cheval  entre  le  pas  et 
le  trot. 

Gorr.  du  fr.,  qui  dér.  lui-même  du  lat.  Ambulare. 

Ambre  (Leva  1'),  v.  Être  fin  et  rusé  au  dernier  degré, 
an-delà  même  de  la  délicatesse.  —  C'est  une  phrase  faite, 
eontractive  d'une  plus  longue.  On  sait  que  l'ambre,  quand 
îl  est  échauffé  par  la  friction,  soulève  et  attire  même  d'as- 
»s  loin  une  paille.  Le  peuple,  qui  croit  voir  là  un  signe 
de  sa  finesse,  dit  proverbialement  :  ts  fl  eoumo  V ambre, 
Uoo  la  pdio:  puis,  dans  l'nsage  particulier,  il  a  83mcopé  la 
phrase,  et  pour  exprimer  la  finesse  poussée  à  Textrême, 


quand  le  fr.  se  contentait  de  :  fin  comme  l'ambre,  le  lan- 
guedocien a  exagéré  et  a  voulu  dire  :  plus  fin  que  l'ambre, 
une  finesse  qui  lèverait  l'ambre  lui-même.  On  comprend 
que,  jouant  sur  le  mot,  il  s'agit  ici  de  finesse  morale,  et 
c'est  de  celui  qui  la  possède  à  un  tressant  degré  qu'on  dit: 
Lèw>  l'ambrs. 

Dér.  de  Ambra,  bass.-lat.  ;  ambre,  en  catal.  ;  anbar,  en 
arabe. 

Ambrièî  (Sent),  «.  m.  n.  pr.,  Saint-Ambroix,  ville, 
commune  et  canton  de  l'arrondissement  d'Alais.  —  Voy. 
Biôou. 

Dér.  de  Sanctus  Ambrosius. 

Améchi,  ido,  adj.  Qui  a  les  cheveux  plats  et  embronillôs; 
mal  peigné. —  Sauvages,  qui  écrivait  à  une  époque  où  la 
coiffure  était  relevée,  retapée,  bouclée,  crêpée  et  poudrée, 
concevait  la  négligence  des  cheveux  améchis  par  leur  apla* 
tissement  sur  le  front,  d'où  ils  retombaient  en  mèches  sales 
et  irrégulières.  La  coiffure  actuelle  a  dû  amener  une  entente 
différente  du  mot  améchi,  qui  n'est  au  fond  que  le  désordre 
dans  les  cheveux. 

Dér.  du  fr.  Mèche.  Il  ne  peut  venir  du  subs.  méeho,  qui 
ne  signifie  que  la  morve  du  nez. 

Amélan,  s.  m.  ou  Abérlénqulè,  Amelanchier,  Cratmgus 
amdanehier,  Linn.  Arbrisseau  de  la  fam.  des  Rosacées, 
dont  le  fruit  est  une  petite  baie,  nommée  abérlénquo,  àpra 
au  goût.  —  Voy.  Abérlénquiè, 

Dér  du  gr.  |i.7)Xia,  pomme,  et  Srfftvi,  étrangler;  pomme 
qui  serre  la  gorge. 

Amèn,  s.  m.  Fin  d'une  chose;  ainsi  soit-il.  —  Dkê 
amèn  à  toutos  câottsos;  consentir  à  tout  ce  qu'on  propose, 
accepter  toute  condition,  approuver  le  bien  et  le  mal.  Jus- 
quamèn,  jusqu'à  la  fin  des  fins,  sans  ûn^  jusqu'à  l'éter- 
nité ;  de  jusqu'à  amèn. 

Reproduit  du  mot  hébreu  :  Amen,  fiât,  ainsi  soit,  ainsi 
soit-il,  qui  termine  toutes  les  oraisons  latines  de  l'Eglise. 

Améndo,  j.  f.  Amende,  punition  pécuniaire  au  profit 
du  fisc,  qui  n'a  rien  de  commun  avec  les  dommages  et 
intérêts  dus  à  la  partie  civile. 

Dér.  du  lat.  Emendare. 

Améndri,  v.  Abaisser,  diminuer  le  prix.  —  N'a  pas  dtt 
tout  le  sens  du  fr.  amoindrir,  et  ne  s'emploie  guère  que 
ponr  exprimer  un  abaissement  de  prix  d'une  marchandise. 
—  An  améndri  lou  pan,  le  prix  du  pain  est  diminué. 

Dér.  de  Méndre. 

Aménla,  s.  m.  Sorte  de  marbre  commun  dans  le  Gard  ; 
brèche,  sorte  d'amygdaloïde;  poudingue  composé  de  plli- 
sieurs  cailloux  cimentés  ensemble  par  un  gluten  aussi  dur 
que  la  pierre. 

Dér.  à'AménU),  parce  que  ces  différents  cailloux  ressem- 
blent aux  amandes  qui  sont  noyées  dans  le  ciment  du 
nougat. 

Aménlid,  s.  m.  Amandier;  Amygdalus  communie.  Lins. 
Arbre  de  la  famille  des  Rosacées. 

En  esp.  Améndro,  du  lat.  Jmygdalui^ànfteoè^Mnfiakg^, 


44 


AMI 


AMO 


Aménlo,  s.  f.  Aminci \  fruit  de  l'annriJi^r. 

MvMiiP  (l  r.  (ju^  le  j)r.'c. 

Aménloù,  s.  m.  dirii.  iVAménh.  Polito  aimiid?.  CVsl 
propr.'îiMMit  II  [Hili)'  d»  r.'uriand',  h  rriiit  dnis  h  (•.i)(iiri. 
Il  ost  «'galcfiiiMil  applicalih^  à  TaLiiand.^  di*  Uns  It'S  fruits  à 
noyau.  -  -  Li)rs-pt^  «lUîltiu'un,  a[)ivs  av(.ir  fait  de  i^r<  ssos 
IMTlcs  au  jou  nu  d  lU^  U  c)]i];ii^i\->\  r\dis'  un   un^ini  i^'îin, 

on    lui    <lil      ir.iui  JU^ai    III  :     l'unriissa-U',     prie,    aqnl    un 

amviiloh,  tMi^iai^s;?-loi,  avar*,  voila  une  aruan.KN  Pi  ut-rliv  j 
lo  ru  )t  //'//j.  (jui  est  de\('ini  un  •  <|u  ilifu"  di  m  usu*ll<'  de, 
l'avan\  pi'Mil-il  s  m  (iriiiln:'  liiiis  ee  (lii".î.)n.  P>Milrlre 
vi<MJt  i'  au>si  du  i  ili  vn  mju 'le  ni.|ii  \  ou,  diii>.  \iii  l^iii^s 
donné,  paie  si,L;iii'i  lit  à  la  l(  is  e>u'.li m  el  avare.  \/*  l'ait  csl 
que  d  ans  la  l"<>r  iiiiKm!.*  ce  prav.M'ln',  il  seuil. ■>  i[\\<'  c.N'st 
d'un  inro  ([u'il  est  ({/.'^tiai,  (Miume  le  ru  il  i'ii'jt\.)tss:i-ui 
l'indique. 

Aménuda,  r.  C  '.nir^v  à  [»1us  pMits  m  )re»;u\  ;  e.inin  -ir  ; 
éuiitioM'.  auK^naisM";  relailttT,  reeisser.    -  Voy.  Ai)iiin(i. 

l)ér.  d(*  Menu. 

Amériquèn,  cno,  a  fj  Aniérioain  ;  (pii  e  »nee;aie  l'Aué- 
ri<iue. 

Trad.  du  fr. 

Amériquo,  5.  f.  A-n^riquo,  iKirli»^  du  fii  iii  le.  --  Ou  dit 
d'un  liouiMi'  trop  fi[j,  trap  rus*  en  alTur/s,  tnp  f'pre  a  la 
curée,  trop  p!"'U  délicat:  .1  pis  hanun  <l\,hu  m  Ain:n'(i:io 
pér  faire  fourluno,  il  n'a  pas  bes  lin  d'all.'r  en  AaL'ritiu) 
pour  faire  fortuiie. 

Amérita,  v.  iMaiter,  étr»  ou  s^  ivnlre  di^;;ae  <le.  - 
Afjuù  i  am^rito,  il  a  Iji'Mi  niTil'  sa.i  s  »rl  ou  si  punition, 
cela  lui  va  bien.  Aipi')  t\im:riti),  lu  as  liien  gigné  ci  qui 
l'arrivé. 

Dér.  du  la  t.  Mereri,  vient  us  sum. 

Amérites,  s.  m.plur.  iMi'rite,ce  qui  rond  digne  d'csiiinc 
cl  do  consiilérali:>n. 

Dér.  do  Ainirlla. 

Améstïo,  s.  f.  Amnistie,  pardon,  exemption  do  peine. 

Corr.  du  fr. 

Ami,  igo,  s.  et  ndj.  D'un.  Am-gné,  amîgoù,  am'jouné, 
amhjueto,  am'tjouno,  amigoun'to.  Ami,  amie;  petit  ami, 
cher  petit  ami.  —  3ïonssù  moun  ami,  est  une  pîiraso 
cxplétivo  qu'où  ne  peut  traduire  par  :  monsieur  mou  ami, 
qui  n'a  aucun  sens  en  fr.  ;  elle  revient  i\  celle  ci  :  ah  i  certes; 
ah  !  oui  vraim^it;  ah!  je  vous  en  rép)nds  ! 

Dér.  du  lai.  Amiens. 

Amiada,  v.  Caresser;  flatter;  paleliner,  amadouer.  — 
Toy.  Lavagna. 

Dér.  de  Ami. 

Amiga  (s'),  v.  Se  lier  d'amitiô  avec  quelqu'un;  S3  faire 
un  ami. 

Dôr.  de  ^mi. 

Amigué,  éto,  s.  et  adj.  dim.  —  Voy.  Am],  de  môme 
que  pour  les  autres  diin.  et  doub.  dim. 

Aminça,  v.  Amincir,  rendre  plus  mince;  émincer,  cou- 
per par  tranches  minces;  menuiser. 


Aminça  (s"),  v.  Devenir  mince;  maigrir. 

Der.  du  ht.  Mlumic. 

AmistançD,  s.  [•  .\;niti\  a(la<'lio;ji^nl  ;  nn'eoti^n;  rnp- 
p  a'ts  dau!i;i!ou  d"am  )(n'.  Au  plur.,  .l//^/.v/(;//(;o.v  siLMiilie: 
ciress^s,  aniilis,  caj  -l-aa/s. 

Der.  de  Ami. 

Amistoùs,  ouso,  a'j.  Dim.  AutisUMiu-,  vtn.  .Vmical, 
c^r'^Sllll;  il  u\;  qui  t  eu  a;-  r»  d"  r.ilVilaiil '• .  —  lia  pas 
</.r/7.  (inii^loù^,  il  r.->l  d  iiil.ii  air  i".'.èvMt%  liiu!vi!i\ 

Dr.  de  Atii/. 

Amitié,  s.  f.,n\i  Mii Mi\  :  Aniitics,  e.u  iil.  .Vmuur,  affec- 
ti.  n,  ail  ic!i  Ml  Mil,  l  ai  !r  r>  •.  -  .\  '  s-  dil  (ju>*  de  i'atla- 
cli  Minait  «aili'e  [ri->  au '>  d'  .^'m^  iliV.'.Mit.  ("ot  celte 
alV-Tli  )u  d  ai.-:',  v\\<  ii;ii'.I'.l  m  ili'iMi  iinh  qu''.  pi' auent 
l.\s  g  Mis  >iMip!.s  :iu  i  •  u^I  ',  ;'jir  >  iia/  ..^^  v:  1  >iiL;u  ^  lV.''(|UiMi- 
lali  tu.  H  e.>t  lurt  siu-;uli;a-  (,uVn  lan^'u -dua-ai  Amitié 
sii;Mi  le  aiiiaii',  '[  qu"  Am  nu-  >i^,i,i!;i'  jinilié. 

Dr.  <1.^  Ainî. 

Amo,  .s.  f.  Am^;  (\>;)ril  ;  ctiMir  ;  e  )USvierice. —  Flcwlre 
/'(.in),  i[iniii-ir,  cx-ii'.'i-,  i-'..!r'  i'.iMr'.  p,u'  une  alliance  de 
molsassv.  Iiiziri",  (^n  dil  :  In  sicii-mixin-inno,  pour: 
un  tipigMir,  li;ir!i,  au.liei:ai\,  rlViMui;-.  —  \-a  pus  amo, 
p;s  àiue  (jui  viw\ 

D  MM  du  lai.  An  m  i. 

Amoucliouna,  r.  M  Ur.^  tu  ta.>,  ivuuir  île.,  objeîs  épars 
(M'i  Uioiua'arv;  i'i'ias.-<M",  liip.  i-,  eulli'' «mi  I  oucJK.n  du  j)apier, 
du  liiigi-,  (Mo. 

S\ini(>ur!t:)uua.  S.»  Mttlir  da!i>  uu  C'ûii;  se  ratatiner; 
S'  pelel  »nii>M' ;  S'  c;'Ui'](iM  c  tiiia.e  fait  un  vieillard. —  Voy. 

Dér.  (If*  Motirhoii. 

Amoula,  r.  Aluiiisa-,  éiir!udiN\  a\eo  une  meule  tour- 
naul'Mq  non  avec  la  jiiaa'-^  a  aJLjuisa-;  rendre  tranchant 
ou  p.iintu  sur  la  unaiL'. 

Dér.  dp  Moln. 

Amoula,  t-.  A;jir  riil'Miirjii,  lambiner;  lanterner. 

D.'r.  di!  Mol. 

Amoulaïre,  ro,  s.  et  a  IJ.  Ibiueuluir,  émouleur;  lambin, 
lent,  qui  va,  pirle  ru  aj^il  ItailrMiitMit. 

Amoulè,  s.  m.  \W:\\  lulair,  L^iL'ne-jxqit.  —  Ce  mol  csl 
plus  tetlmi(iU)^  quiv  Jmo'</<.Vre.  (^lui-ei  S'Mlit  de  toute  per- 
S)nno(pii  aiguise  ;  Amoulè  csl  le  U'un  particulier  de  la  pro- 
fession. 

Dér.  de  Am,oula. 

Amoulouna,  v.  Aiiioncfder,  mitre  en  tas,  en  meule; 
entasser;  rassembler,  réunir  on  ma.sse. — Ce  mot  entraine 
ridée  d'une  plus  grande  diruonsion  que  Amonchouna  ; 
comme  sa  racine  mmloii  est  plus  grande  que  tnouchoù, 
qui  n'est  qu'un  petit  tas,  un  bouchon. 

S'cmiulouna.  S'anjonœler,  en  parlant  de  la  foule, 
s'entasser  ;  el  aussi  se  rabougrir,  se  recroqueviller,  se  mellre 
en  peloton,  en  parlant  d'une  seule  personne. 

Amoun,  adv.  Là-haut;  au  ciel;  vers  le  nord. 

Dér.  du  lat.  Ad  montent. 


AHO 


AMO 


45 


Amoiindâoa,  adv.  Là-haut;  au  ciel.  Aagtnentalif  et 
rèdaplicatif  de  Amoun,  comme  si  1  on  disait  :  là-haut  au 
bant. 

Amonnéda,  ado,  adj.  niche  en  espèces  ;  fam.,  en  gros 
sous;  pécunieax. 

Dér.  de  Mounédo. 

kJtitmr^\r^^  (3*},  v.  Dsvenir  effronté.  —  Se  dit  d'une  fiile 
trop  délurée,  trop  hardie,  trop  garçonni«3re  pour  son  âge. 

Dér.  de  Mounino. 

Amonntagna,  v.  Envoyer  ou  conduire  un  troupeau  dans 
les  hautes  montagnes  pendant  la  canicule.  —  On  fait  uuc 
différence  dans  les  foires  entre  le  bétail  qui  a  passé  Tété 
dans  les  montagnes,  et  celui  qui  est  resté  dans  le  pays. 
Celui-ci  a  la  laine  plus  mate,  moins  de  vigueur,  et  les  Lrebis 
sont  moins  précoces  à  mettre  bas  que  ailles  qui  sont 
amouniagnados . 

Amomitagnaje,  s.  m.  Action  ou  habitude  dcnvoycr 
les  troupeaux  dans  les  montagnes;  frais  de  p;lturnge  des 
pacages;  et  aussi  frais  que  l'on  paie  au  maître  berger  ou 
baïle  qui  garde  plusieurs  troupeaux  sous  sa  responsabilité. 

Amour,  f.  m.  En  poésie,  ce  mot  répond  bien  au  fr. 
Amour  dans  ses  diverses  acceptions;  mais  dans  le  style 
ordinaire,  il  exprime  :  Affection,  attachement,  tendresse, 
pris  d*une  manière  générale  ;  on  ne  l'emploie  jamais  avec 
la  signiQcation  française  de  Amour.  On  dit  d'un  homme, 
d*un  valet,  d'un  chien  :  Èi  sans  amour,  il  n'a  nul  atta- 
chement, il  ne  s'attache  à  rien  ;  il  ne  consulte  que  son 
intérêt,  son  bien-être,  son  égoïsme.  La  poésie  a  ses  privi- 
lèges et  ses  licences  :  elle  a  fait  (ïamour  une  passion,  un 
sentiment,  tandis  que  dans  le  langage  commun,  amour  ne 
8*enteod  que  des  attentions,  des  soins  affectueux,  de  ces 
préférences  souvent  personnelles  et  de  cet  empressement 
sympathique,  mais  plutôt  naturel  que  passionné. 

Pir  amour  dé,  prép.  A  cause  de;  en  considération  de. 
—  Pir  amour  dé  vout,  à  votre  considération.  Pér  amour 
d'aqud,  en  considération  de  cela.  On  supprime  quelquefois 
le  mot  pér  :  Amour  dé  rire,  amour  dé  parla,  comme  on 
dit  en  fr.  histoire  de  rire,  liistoire  de  parler. 

Amonra,  v.  Emousser  ;  faire  perdre  la  pointe  ou  le  tran- 
chant à  on  outil,  à  un  clou,  à  tout  objet  pointu  ou  tran- 
chant. 

Dér.  de  Mouru, 

Amoma,  v.  Rapprocher,  joindre  ;  mettre  nez-à-nez,  l'un 
contre  l'autre.  —  Aquélo  pèiro  amouro  pat  prou,  cette 
pierre  ne  joint  pas  snflQsamment. 

D6r.  de  Maure, 

AmoiiTa  (s*),  v.  Boire  à  même  ;  donner  du  nez  à  terre; 
tomber  enr  la  face;  se  heurter  du  nez  en  se  rencontrant 
avec  qiie]qa*ui  inopinément;  ou  contre  une  porte,  un 
wAte  on  im  mur.  —  S'amoura  âou  fUuquou,  boire  au 
fonlot  de  la  bouteille  ;  âou  fera,  en  trempant  la  bouche 
dani  le  aean;  âou  vola,  an  roiiseaa ,  en  le  couchant  à 
plftt  Vtttire. 

Dar.  de  Mamn. 


Amouracha  (s*),  v.  S'amouracher  de...  S'engager  en  une 
folle  passion.  Tout  comme  en  fr.,  ce  terme  ne  s'emploie 
qu'en  mauvaise  part.  11  exprime  une  inclination  de  haut 
en  bas,  à  rencontre  d'une  personne  inférieure,  soit  en  con- 
dition, soit  en  considération  personnelle. 

Formé  entièrement  du  fr. 

Amourèléto,  s.  f.  MorcUe;  Solanum  nigrum,  Linn. 
Plante  de  la  famille  des  Sulanées,  commune  le  long  des 
murs  ou  sur  le  bord  des  chemins.  La  même  que  le  Piêio- 
can.  —  V.  c.  m.  • 

Etym.  du  gr.  (i{xaup<Sç,  sombre,  noirâtre. 

Amouriè,  s.  m.  Mûrier;  Morus,  Linn.  Cet  arbre,  qui 
joue  un  rôle  principal  dans  les  préoccupations  du  pays, 
offre  deux  espèces  et  un  très-grand  nombre  de  variétés. 
Le  mûrier  noir,  Morus  nigra,  Linn.,  qui  se  plante  dans 
les  terrains  les  plus  arides,  est  impropre  à  l'éducation  des 
vers  à  soie,  à  cause  de  la  durelé  et  de  la  grossièreté  de  sa 
feuille,  dont  les  fibres  et  les  nervures  sont  trop  ligneuses 
à  sa  maturilé.  11  produit  la  mure  noire  employée  à  faire 
les  conserves  et  les  sirops  de  mures.  Les  Gé venues  avaient 
autrefois  beaucoup  de  inùriei-s  noirs  qui  ont  du  céder  la 
place  au  mûrier  blanc,  Morus  a/6a,  devenu  si  populaire  et  si 
vénéré  de  nos  jours.  Cependant  le  cul  te,  ou  la  culture  du  mû- 
rier, est  suivi  avec  moins  de  ferveur  et  est  menacé  d'aban- 
don, tant  la  persistance  des  maladies  des  vers  àsoie,  l'insuccès 
des  éducations  ontjeté  de  décourageaient  dans  les  pays  séri- 
cicoles.  11  n'y  a  pas  vingt  ans,  même  dans  les  montagnes, 
le  moindre  coin  de  terre,  une  anfractuosité  de  rocher  étaient 
utilisés,  et  un  mûrier  était  planté,  cultivé,  élevé,  et  pros- 
pérait dans  la  plus  petite  place  ;  aujourd'hui  on  a  des  pré- 
férences pour  la  vigne,  et  l'agriculture  de  nos  contrées 
cévenoles  semble  tendre  à  se  modifier  profondément. 

Amouro*  s.  /*.  Mûre,  fruit  du  mûrier  et  de  la  ronce.  — 
Celle  du  mûrier  blanc  est  blanche,  douceâtre,  fastidieuse; 
les  porcs  en  sont  friands  ;  mais  elle  est  rare,  parce  qu'on 
la  fait  tomber  avant  sa  maturité  en  cueillant  la  feuille. 
Elle  ne  mûrit  que  sur  quelques  arbres  qui  restent  sans  être 
dépouillés.  —  L amouro  d'arounze,  la  mûre  de  la  grande 
ronce  ;  Vamouro  dé  bartas,  la  mûre  de  buisson  :  elle  vient 
presque  par  grappes,  noire  et  douce  ;  l'amouro  dé  damo, 
la  mûre  de  la  ronce  rampante,  qui  croit  dans  les  champs  : 
elle  est  aigrelette  et  agréable  au  goût. 

Étym.  du  lat.  Morum,  mûre,  dér.  du  gr.  à[iMi^,  sombre, 
noir. 

AmonroÙB,  ouso,  adj.  Mollet,  souple,  moelleux;  doux  ; 
aimable.  En  lang.  l'acception  de  :  Amoureux,  qui  a  de 
l'amour,  ne  vient  que  par  imitation  du  fr.  —  Amouroùê 
coumo  un  bartas,  par  contre-vérité,  doux  comme  un  iiagot 
d'épines. 

Amourooel,  v.  Rendre  souple,  ramollir;  assouplir; 
adoucir.  —  Dé  pan  amourous^,  du  pain  ramolli  par  l'hu- 
midité. 

Dér.  de  Amown^. 

Amourli,  v.  Amortir;  calmer;  Meiadie;  Ptkmt  k 


46 


AN 


AN 


vivacité,  Tardenr,  la  violence;  rendre  plus  faible.  — 
Amourti  un  co,  affaiblir,  amortir  la  portée  d'un  coup.  La 
baio  i'amourtiguè  §ui  soun  mantM,  la  balle  ne  put  tra- 
verser son  manteau ,  elle  fit  balle-morte.  AtnourU  ioun  eo, 
appesantir  un  coup  de  bâche  ou  de  houe  sans  tirer  à  soi  la 
terre  ou  Téclat  de  bois. 

Dér.  de  Mort, 

'  Amoartiëïra,  «.  Garnir  de  mortier,  fixer  avec  du  mor- 
tier. —  Bien  amourtièïra,  amourtUtra  à  pérpàou  uno  bat- 
tisso,  employer  suffisamment  de  mortier,  noyer  convena- 
blement les  moellons  dans  le  mortier,  de  manière  à  ne  pas 
laisser  des  vides  dans  les  joints. 

Dér.  de  Mourtiê. 

Amousaa,  v.  Eteindre;  calmer;  mater;  réduire  au 
silence,  faire  taire.  —  Amoussa  lou  pd,  lou  lun,  éteindre 
le  feu,  la  lampe.  Fatié  hé  déioun  crano,  mait  Vaguera  lêou 
atnoussa,  il  faisait  le  crâne,  mais  j'eus  bientôt  rabattu  son 
caquet. 

Dér.  de  Ht.  Amonare. 

Amonstéll  (s*),  v.  Maigrir;  devenir  fluet;  prendre  un 
visage  pointu  comme  une  belette. 

Dér.  de  MoustUo. 

Amontéll,  ido,  adj.  Grumelé;  formé  en  grumeaux,  en 
caillots. 

Dér.  de  Moutil. 

Amontl,  ido,  adj,  Gazonné;  devenu  herbeux;  tallé.  — 
Se  dit  d'un  pré  qui  est  assez  foulé,  tassé,  pour  pouvoir  être 
arrosé. 

Dér.  de  Mouto. 

Amnsa,  v.  Amuser,  divertir;  occuper  en  jouant;  faire 
prendre  le  change  ;  tenir  le  bec  dans  l'eau  ;  distraire  quel- 
qu'un pour  l'empêcher  de  voir  clair  à  ce  qui  se  passe. 

Dér.  de  rallcm.  JUusen,  être  oisif. 

Amuaamén,  t.  m.  Amusement;  ce  qui  amuse;  passe- 
temps;  action  de  tympaniscr  quelqu'un.  —  Fôou  pas 
préne  aquà  en  amutamén,  il  ne  faut  pas  le  prendre  en 
plaisanterie. 

Amnsan,  anto,  adj.  Amusant,  divertissant;  qui  fait 
passer  le  tempe. 

Amoaéto,  «.  /.  Jouet;  bagatelle.  —  Saïqueméprénetpér 
Umn  amuêeto?  tu  veux  sans  doute  faire  de  moi  ton  jouet t 

An,  suffixe  qui  provient  du  lat.  anui,  anum. 

Notre  langue  doit  beaucoup  au  latin  :  elle  lui  a  pris  des 
mots  et  presque  toutes  les  désinences  qui  s'ajoutent  aux 
radicaux  pour  constituer  des  mots.  Mais  le  celtique,  qui 
fut  son  élément  natif,  lui  a  laissé  aussi  certaines  de  ses 
formes,  de  ses  intonations,  de  ses  constructions.  Nous  aurons 
plus  d'une  occasion  de  signaler  cette  fusion  des  deux  langues, 
leur  existence  parallèle,  et  de  suivre  à  ces  lueurs  la  marche 
qui  les  a  fait  arriver  à  notre  languedocien  moderne;  surtout 
dans  les  suffixes,  ces  syllabes  accessoires  qui  s*attachent 
A  un  radical  pour  en  étendre  et  en  modifier  le  sens;  et  dans 
les  noms  propres  de  lieu,  toujours  aignificatifs,  plus 
iflahérahkis  qu'ancmi  antoe  mot.  .^  Fby.  A§np. 


Pour  adjectiver  un  substantif,  pour  marquer  le  rapport 
d'une  personne  on  d'une  chose  à  l'objet  auquel  elle  appar- 
tient ou  dont  elle  dérive  ou  fait  partie,  les  Gaulois  se  ser- 
vaient de  la  terminaison  a«  ou  m  ajoutée  an  mot  ;  les  lan- 
gues néo-celtiques,  le  bas-breton  et  l'armoricain  ont 
conservé  cette  forme.  Rome  victorieuse ,  en  imposant  sa 
langue  à  nos  contrées  méridionales,  les  premières  soumises, 
et  à  toute  la  Gaule,  n'abolit  pas  cependant  l'idiome  national. 
Elle  avait  surtout  à  respecter  les  appellations  locales,  sous 
peine  de  ne  pouvoir  plus  ni  s'entendre  ni  se  reconnaître; 
mais,  par  droit  de  conquête,  elle  leur  imprima  le  cachet 
propre  de  son  génie.  Sa  formule  générale  était  dans  les 
finales  us  et  um  avec  la  même  portée  que  ae  et  ee;  mais 
effe  avait  plus  particulièrement  anuM  et  anum,  d'une  iden- 
tité très-rapprochée.  Ainsi  commença  à  se  latiniser  le  gau- 
lois. Dans  la  catégorie  que  nous  étudions,  un  nom  ou  un 
mot  se  rencontrait-il  en  même  temps  dans  les  deux  idiomes, 
de  signification  et  de  structure  pareilles,  la  terminaison 
caractéristique  latine  était  jointe  à  sa  finale  locale,  par  une 
sorte  de  pléonasme  de  suffixes  ;  était-il  purement  celtique, 
à  radical  barbare,  sans  correspondant  latin,  on  le  traduisait, 
ou  bien  le  vainqueur  se  l'appropriait  par  l'addition  du  suf- 
fixe, à  lui  propre,  en  anus  et  anum.  Les  mêmes  procédés 
de  formation  et  de  composition  des  noms  communs  et  des 
noms  propres  persistèrent  tant  que  dura  le  contact  et  la 
promiscuité  des  deux  langues.  C'est  pour  cela  que  l'emploi 
de  l'une  ou  de  l'autre  de  ces  formes  ne  détermine  ni  l'âge 
ni  la  date  d'un  mot,  non  plus  que  d'une  dénomination 
locale.  Mais  par  là  aussi  se  comprennent  assez  bien  les 
variantes  qui  s'attaquent  à  la  finale  en  laissant  partout  inva- 
riable le  corps  même  des  mots.  On  trouve,  dans  le  Midi, 
la  désinence  ac,  abrégée  pour  nous  en  a  simple,  ailleurs 
changée  en  at,  qui  représente  le  celt.  ae  ou  ee,  en  lat.  oeta 
et  acum,  à  côté  d'une  localité  à  finale  en  an,  altération  de 
anus  et  anum,  analogue  aux  précédentes.  Ici  encore  cette 
dernière  finale  est  souvent  reproduite  par  anieœ,  dériva- 
tion directe  ;  et  la  langue  vulgaire,  au  moyen-âge,  tradui- 
sait en  anègues,  dont  notre  languedocien  a  fini  par  faire 
argus.  Dans  le  nord  de  la  Gaule,  le  latin  avait  aussi  ses 
finales  constantes  en  aeum  et  anum  ;  mais  le  roman  et  le 
français  leur  ont  substitué  des  finales  en  é,  y,  tes,  etc.  On 
en  conclut  avec  raison  que  tous  ces  suffixes  sont  de  même 
valeur  et  égaux  entre  eux.  —  Voy.  Fart.  Agno,  et  pour 
les  exemples,  les  mots  Marligna,  Martignargues ,  Stto»- 
tMi^no,  et  autres. 

Le  suffixe  an  =  anus,  anum,  =  œ,  m,  ss  actif,  oevm, 
marque  une  idée  de  collectivité,  de  provenance,  de  pro- 
priété. Lou  fidan,  lou  fïan,  lou  fémtian,  lou  mûmlon  sont 
des  substantifs  collectifs  pour  dire  :  les  brebis,  les  filles, 
les  femmes,  les  bêtes  do  trait  et  de  somme,  en  général. 
Gomme  expression  du  sens  de  propriété,  tontes  les  varianloi 
se  reproduisent  dans  beaucoup  de  noms  de  lieu.  <—  Foy. 
Martignarguê,  MaUUirguê,  Pâouta,  Sâouvagma,  etc., 
Lidignan,  Poumpignan,  et  autres. 


ANC 


AND 


47 


An,  f .  m.  An,  année.  —  Van  dé  daShiaï,  l*année  avant- 
dernière;  il  y  a  denx  ans.  AtOan,  l'an  dernier.  —  F.  c.  m. 
Bavan  attian  «  il  y  a  deux  ans.  HiuH  fài  un  an,  aujour- 
d'hui il  y  a  un  an.  Cùwnénifo  mou»  an»  pér  ealéndo»,  il 
oompfle  aes  années  à  partir  de  la  Noâ.  L'an  dâou  hi»»è», 
l'année  binextile.  —  Foy.  B%»»i». 

0ér.  du  lat.  Annu», 

An,  V^  pvr».  flur.  indie,  pré»,  du  verbe  Avédre;  ils  ou 
elles  oat. 

Ana,  V.  Aller;  marcher  ;  avancer  ;  se  mouvoir;  se  trans- 
porter d'un  lieu  dans  un  autre;  changer  de  place  du  point 
où  l'on  est  à  un  autre  ;  s'étendre  au  loin  ;  être  contenu, 
renfermé  ;  entrer.  —  Vàou  à  la  mé»»o,  je  vais  à  la  messe. 
YoM  à  Pari»,  tu  vas  à  Paris.  Fcn  fÀXê,  û  marche  vite.  Anin 
fian,  allons  lentement.  Ana»'y,  allez-y.  Anèrou  âou  maxé, 
ils  allèrent  à  la  campagne.  Y-anan  ana,  nous  y  allons  à 
l'instant,  nous  nous  y  rend(His  surThenre.  Faïpa»  qu'ana 
et  vini,  il  ne  fait  qu'aller  et  venir.  Vat  d'aïeî  àou  fin  foun, 
il  s'étend  d'ici  au  fond.  Fat  ha»,  il  plonge  profondément. 
Toui  aquô  anara  pa»  dine  aquél  »a,  tout  cela  n'entrera  pas 
dans  ee  sac,  ne  peut  être  contenu  dans  ce  sac.  Aquéh  rodo 
vol'  pa»,  va»  mâou,  ce  rouage  ne  marche  pas,  manœuvre 
mal. 

S'énrana,  S'm aller;  partir;  disparaître;  quitter  un  lieu; 
et  quelquefois  simplement  aller.  —  La  taquo  t'é»  én-anado, 
la  tache  a  disparu.  La  eouiaà  l'én-vat,  la  couleur  s'efface, 
se  ternit.  On  dit  d'un  malade  :  S'én-vaï  tant  que  po,  il 
d(^)érit  à  vue-d'oûl,  il  marche  à  grands  pas  vers  la  fosse. 
Lou  la  »'én-vaï  en  aï^,  le  lait  tourne  en  petit-lait.  On  dit 
d'un  domestique  à  gages  :  »'én'Vaï,  il  quitte  ses  maîtres  ou 
il  est  renvoyé.  Lou  pà  t'én^vaï,  le  feu  s'éteint  faute  d'ali- 
meot.  Aquél  éfan  couménço  à  l 'dn-ana  »oulé ,  cet  enfant 
commence  à  aller,  à  marcher  seul.  Tout  »oun  bon-sén  »'é» 
àiHina,  tout  son  bon  sens  est  parti.  Coumo  n'én-van  lou» 
a/aiiret?  comment  vont  les  affaires?  Coumo  n'én-vai?  quelle 
tournure  cela  prend-il  t 

Dér.  de  l'ital.  Andar», 

Am,  f.  m.  Manière  d'être,  de  vivre;  état  de  santé.  — 
Aigmb'»  somi  ana,  c'est  sa  manière  d'être  ou  de  faire.  Mé 
démandi  moun  ana,  il  me  demanda  des  nouvelles  de  ma 
santé.  —  On  (fit  aussi  subst.  fai  Vana  et  lou  vénl,  il  fait 
l'aller  et  le  retour;  lou  vdi  et  lou  vèn,  le  va-et-vient. 

Ascboio,  ».  f.  Anchois;  Clupea  enercuidiolu» ,  Linn. 
Petit  poisson  de  mer,  sans  écaille,  que  Ton  sale  pour  man- 
ger cm.  11  ne  faut  pas  confondre  Vanehoto  avec  la  »ardo, 
qui  n'a  hen  de  commun  avec  la  première  que  la  saumure. 

—  il  iout  m»  hourda»  d'ancho^,  il  a  les  yeux  rouges, 
fhsiwfflw  et  ératHés.  E»quicha»  coumo  d'anehoio»,  pressés 
oamme  hai^Rigs. 

lAtym.  dn  oelt.  Jneàova. 

Ancien,  èno,  a4j\  Vieux,  vieillard;  ci-devant,  anden. 

—  Moun  andèn,  mon  père  ou  mon  aïeul.  B»  un  aneiin, 
cM  «l 'vieillftnl. 

ninprQine  bv  ir. 


Anciènèta,  «.  f.  Mode  ancienne,  et  non  ancienneté  ou 
antiquité. 

Formé  de  Ancien. 

Ancro,  ».  f.  Encre,  liqueur  noire  pour  écrire.  —  Mé  faï 
»u»a  V ancro,  il  me  donne  une  peine  horrible. 

Dér.  de  l'ital.  inehiottro. 

Ancro,  ».  f.  Ancre  de  navire,  instrument  de  fer,  à  bran- 
ches aiguës,  qu'on  jette  au  fond  de  l'eau  pour  arrêter  les 
vaisseaux. 

Dér.  du  lat.  Anehora. 

André,  n.  pr.  m.;  au  fém.  Andrèïo.  Dim.  m.  Andréné, 
Andrètté;  dim.  f.  Andrèiélo,  Andrènéto.  —  Il  est  à 
remarquer  que  le  fém.  Andrèïo  ne  se  donne  qu'à  la  femme 
d'André,  et  non  point  pour  prénom  à  une  fille.  On  appelle 
Andrèiéto  ou  Andrènéto  la  fille  ainée  d'André,  lorsque 
celui-ci  est  un  nom  patronymique. 

Andriou  (Sent-),  n.  pr.  de  lieu.  Saint- André  :  nom 
commun  à  plusieurs  villages. 

Andronno,  f.  f.  Cul-de-sac;  plus  particulièrement  la 
petite  ruelle,  ou  espace  vide,  qu'on  est  obligé  do  laisser 
entre  deux  maisons  qui  ne  veulent  pas  de  mitoyenneté,  et 
par  où  s'écoulent  les  eaux  des  toits.  C'est  ce  qu'on  appelle 
en  termes  de  coutume  :  le  tour  ou  le  pied  de  l'échelle.  On 
lui  donne  aussi  le  sens  de  :  latrines,  privé,  lieux  d'aisance. 
Dans  cette  acception,  étym.  du  grec  àvSpoiv,  lieu  écarté, 
petite  salle  réservée  aux  hommes,  qui  est  traduit  aujour- 
d'hui dans  les  gares  de  chemin  de  fer  par  :  Côté  de»  homme», 
même  sign.  Dans  la  bass.  lat.,  Androna^ 

Andnsén,  énquo,  adj.  D'Anduze;  qui  habite  ou  qui  con- 
cerne Anduze. 

Andnso,  t.  f.  n.  pr.  Anduze,  ville  du  département  du 
Gard.  —  Si  l'on  voulait  se  contenter  de  la  forme  latine  de 
ce  mot  pour  expliquer  sa  dérivation  et  sa  forme  actuelle, 
rien  ne  serait  plus  simple  que  de  rapprocher  du  lat.  Andu- 
»ia,  le  ft.  Anduxe,  et  le  lang.  Anduso,  et  l'analogie  démon- 
trerait seule  la  parenté  et  la  descendance  en  ligne  directe. 
Le  mot,  quoique  venant  de  loin,  n'a  pas  assez  diangé  sur 
la  route  pour  n'être  pas  d'abord  reconnu.  Sur  un  petit 
monument  en  marbre,  conservé  au  musée  de  Nimes,  se  . 
trouve  inscrit  à  la  lête  d'un  groupe  de  plusieurs  noms  de 
localités  gallo-romaines,  le  nom  à*Andusia,  sur  l'attribu- 
tion duquel  à  l'Anduze  moderne  aucune  contestation  ne 
s'est  élevée.  Depuis  cette  époque,  le  nom  est  fidèlement 
reproduit  par  les  plus  anciens  cartullaires,  et  presque 
sans  altération  il  est  arrivé  jusqu'à  nous.  Les  Romains 
avaient  donc  un  poste  militaire,  un  campement  d'une 
certaine  importance  qu'ils  appelèrent  Andusia,  sur  l'empla- 
cement de  la  ville  actueHc,  on  un  peu  au-dessus  vers  le 
sommet  dit  de  Saint-Julien  :  d'anciennes  constructions, 
des  médailles  M  des  antiquités  trouvées  sur  ce  point 
ajoutent  À  ht  dénomination  elle-même  la  certitude  de  l'occu- 
pation. 

Mlûis  la  difficulté  étymologique  n'est  pas  résolue.  Les 
vainqueur  Ae  la  Oaule  ié  montraient  surtout  jaloux  dflm- 


48 


AN£ 


ANI 


poser  aux  noms  doliî^uxd^  piys  soumis  la  forme  qui  con- 
venait au  g>nie  do  leur  langue  :  de  là  ccU3  terminaison 
latine  qu'ils  d  mn^r^nl  ^  ce  mot.  Or,  la  looilit^,  omme 
toutes  les  autres  inscrites  sur  le  monum3nt  antique  du 
Mus:^,  faisait  pirtie  du  t'^rritoire  dos  Vol  ces  An^cimiqu'^s, 
qui  avait  dos  villes  ou  des  bourgs  ass'^z  nombreux.  Par  con- 
séquent, elle  avait  aussi,  comme  les  autres,  son  mm  gau- 
lois ou  cellifiu?,  quand  W  Romains  vinrent  l'occuper  et 
la  classer  :  et  c'est  dans  le  plus  ancien  idiome  national  que 
sa  racine  doit  se  retrouver. 

IIîureus?mint  ici  s?  rencontrent  des  similaires  qui  peu- 
vent mntre  sur  la  voie,  et  faire  dH?rminer  sa  forme  pri- 
mitive. Sur  d-'ux  aut'?ls  votifs  découverts  dans  le  Midi,  et 
qui  portent  d'^s  inscriptions,  on  lit  :  Aniosso  et  Aniose; 
une  autre  ins  jription,  remarquable  par  s'^s  noms  gaul  ois, 
mentionne  «également  la  forme  Anios.  Enfin,  un  cippe 
funéraire  du  Mus^  de  Nimes  rappelle  encore  mieux  le 
nom  latinisa  en  écrivant  :  Anius.  Ce  no  sont  là,  sans 
doute,  que  des  rapprochements,  des  termes  d3  comparaison  ; 
mais  ils  permettent  d'admettre  avec  la  plus  grande  proba- 
bilité qui  la  forme  celtique  d'iifiiusta  est  Anios  ou  Anius. 
Le  premier  radical  ani»  haut,  élevé,  se  retrouve  avec  cette 
même  signification  dans  beaucoup  de  langues  anciennes. 
La  désinence  os  et  us  serait  réduplicative  avec  le  même 
sens.  Les  deux  montagnes  d'Anduze,  entre  lesquelles  coule 
le  Gardon,  l'emplacement  de  la  ville,  nous  paraiss?nt  auto- 
riser parfaitement  cette  étymologie  et  lui  donner  une  signi- 
fication caractéristique.  L'origine  antique  du  nom  et  son 
application  ne  peuvent  pas  être  douteuses. 

Anédo,  f .  f,  —  Voy.  AléJro. 

Anèl,  f .  m.  Anneau,  bague,  boucle  d*oreille. 

Sin-Jan-diU'Anils,  n.  pr.  Saint-Jean-de-Marvêjols,  oom- 
mone  de  rarrondissement  d'Alais,  canton  de  Barjac.  On 
l'appelle  aussi  :  SatAt-Jêan-dês-AnMaux,  parce  qu'autrefois 
on  y  fabriquait  quantité  de  bagnes  de  crin,  qui  étaient  un 
des  principaux  objets  de  commerce  à  la  foire  qui  8*y  tient 
le  19  août. 

Dér.  du  lat.  AnMus,  dim.  de  annulus, 

Anéla,  v.  Boucler;  anneler;  tourner  en  volute.  —  On 
dit  proverbialement  d*un  homme  qu*oti  ne  peut  décider  k 
terminer  une  affaire  :  A  fou  mâou  dé  la  quà  d^un  par, 
oMo  toujaisr  ttjamaU  noun  nouio,  il  est  comme  la  queue 
d'un  porc  qui  s'entortille  et  ne  se  noue  jamais. 

Dér.  de  Anii. 

Anèlo,  s.  f.  Anneau  de  rideau  ;  virole  de  toute  sorte 
d'oatils.  —  AfMo  dé  pèoui,  boucle  de  cheveux. 

Dér.  du  lat.  AnMus. 

AnéqiiéU  (s*),  v.  S'exténuer,  s'amaigrir  de  faim,  de 
froid,  de  manque  de  soins  ;  devenir  k  rien. 

Dér.  du  lat.  NiKU,  on  de  1100  aiêrê,  1100  alihu. 

ABén,  I'*p0rf .  piur.  impér.  du  v.  Ana.  Allons.  Se  prend 
ioavent  comme  interjection.  ^  Anin  à  ta  fm,  allons  k  la 
fiMitaine.  JfOii.eAii,  allons!  silence.  iluAi/  mou/  pèrvUrê, 
idîolitmeitilvoyoQsdûool  iiOn/véïiirv/af,  il  ne  viendra 


pis;  il  faut  en  prendre  son  parti.  Anént  moun  home,  ou 
fas  bien,  c'est  cela,  mon  garçon,  tu  le  fais  bien. 

Anfèr,  s.  m.  Enfer;  lieu  où  les  damnés  éprouvent  un 
supplice  éternel;  diable,  diablotin;  fosse  d'un  pressoir  k 
huile,  où  l'on  fait  écouler  les  eaux  de  la  cuve,  aprâs  en 
avoir  enlevé  Thuile  à  la  surface.  Ces  eaux  ainsi  rejetées 
conli-^nn  *nt  cncire  de  l'huile,  que  les  employés  du  moulin 
recueillent  quand  elles  sont  reposées;  mais  cette  huile  der- 
ni'^ro  est  toujours  plus  épaisse,  plus  chargée  et  de  qualité 
inférieure;  on  l'appelle  :  OH  d'anfèr. 

Dér.  du  lat.  Inferi. 

Anfbi,  ah.  Enfin;  à  la  fin,  en  dernier  lieu. 

Formé  du  làt.  In  fine. 

Anfla,  V.  Donner,  appliquer  un  soufflet  ;  souffleter. 

D^r.  du  lat.  infl'gsre,  appliquer,  frapper  violemment;  ou 
peut-être  de  inflire,  faire  enfler,  grossir,  parce  qu*uu  souf- 
flet très  fort  fait  enfler  la  joue. 

Anfle,  f.  m.  Soufilet  sur  la  joue. 

Angle,  s.  m.  Angle,  ouverture  de  deux  lignes  qui  se 
rencontrent  ;  coin,  recoin.  —  Angle  dé  ro,  couches  et  veines 
de  terre  végétale  qui  se  trouvent  dans  les  diverses  assises 
d'un  rocher. 

Dér.  du  lat.  Angulus. 

Angles,  s.  m.  Créancier  fâcheux,  importun.  — L'origine 
de  ce  mot  vient  évidemment  d'un  temps  où,  en  France, 
on  ne  connaissait  pas  de  rencontre  ou  de  vue  plus  déplai- 
sante que  celle  d'un  Anglais,  maître  du  territoire. 

Angles,  éso,  adj.  Anglais,  anglaise,  qui  est  d'Angle- 
terre. 

Angléso,  s.  f.  Redingote,  dont  la  forme  et  la  coupe  ont 
été  importées  sans  doute  d'Angleterre. 

Angnièlén,  énqao,  adj\  Qui  tient  de  la  forme  et  de  la 
natur3de  l'anguille.  —  Se  dit  an  prop.  et  au  fig.  de  quel- 
qu'un ou  de  quelque  chose,  long  et  menu,  qui  échappe 
facilement,  qui  glisse  en  se  tordant,  qu'on  ne  peut  saisir. 

Dér.  de  Anguiêlo. 

Angnièlo,  t.  f.  Anguille,  Murcma  anguiUa,  Linn.  Pois- 
son, de  la  famille  des  Pantoptôres  et  de  l'ordre  des  Holo- 
branches,  qui  habite  non-seulement  la  mer,  mais  les  laoi, 
les  étangs,  les  rivières  et  les  ruisseaux. 

Dér.  du  gr.  hf^sk\àç^  d'où  le  lat.  anguiUa,  on  de 
angui$, 

Ammàon,àondo,  adj,  Péjor.  Animâoudoi,  Grosse  bêle; 
grossier,  brutal.  —  AlimAou  n'est  que  la  corruption  de  ce 
mot,  et  il  ne  s'emploie  que  par  interjecti(Hi.  —  F.  c.  m. 

Dér.  du  lat.  Animal, 

Anlfli  f .  m.  Anis,  Pimpînêlla  aniium,  Linn.,  delafamille 
des  Ombellifères.  Plante  aromatique  originaire  d'Egypte» 
dont  la  graine  est  une  des  semences  chaudes.  —  Lat 
semences,  plutôt  que  la  plante  elle-même,  sont  aiari 
nommées. 

Dér.  du  gr.  dhrioov. 

Aniaêto,  s.  f.,  on  mieux  Nlsàto.  Aniaatte*  ean-de-vie 
anisée.— Cestrabsinthedesgensdapaaple.  Atendned'i 


ANN 


ANU 


4a 


«lie  est  extrêmement  nfralchissante  et  désaltère  beaucoup. 
—  Voy,  Nisèto. 

Dér.  de  Anh, 

AniBses,  t.  m.  pi.  Laine  on  poil  d*agneau,  qui  sert  à 
laire  les  chapeaux  de  feutre  les  plus  grossiers,  qu'on  nomme 
chapeaux  de  laine. 

Dèr.  du  lat.  Agni,  gén.  d'agnui, 

Aniior,  t.  m.  Cresson  des  jardins,  cresson  alénois,  nasi- 
tort;  Lêpidium  $aUvum,  Linn.  Plante  de  la  famille  des 
Crucifères,  potagère ,  qu'on  met  dans  le  bouillon  et  dont 
on  mélange  la  salade  de  laitue. 

Corr.  du  fr.  Nasitort,  peut-être  aussi  dér.  (ÏAnis,  dont 
il  a  un  peu  la  saveur. 

Anje,  ou  mieux  Anjou,  s.  m.  Dim.  Anjouné.  Ange, 
créature  spirituelle  d*un  ordre  supérieur  à  T humanité.  Petit 
ange,  se  dit  souvent  des  petits  enfants.  —  Anjou  boufarèl, 
c'est  une  de  ces  tètes  d'ange,  sans  corps,  avec  des  ailes, 
qu'on  trouve  dans  les  tableaux  et  dans*  l'architecture 
d'église,  toujours  bouffies  et  qui  semblent  souffler,  comme 
les  tètes  de  vent  qui  viennent  du  paganisme.  On  dit  d'un 
enfant  joufflu  et  vermeil  :  Sémblo  un  anjou  boufarèl,  et 
d*un  joueur  qui  a  tout  perdu  et  se  retire  de  la  partie,  nu 
et  dépouillé  :  Anara  coucha  émbé  lout  anjous. 

Dér.  du  lat.  Angélus, 

Anjèlns,  s.  m.  Angélus,  prière  que  les  catholiques  fon^ 
en  l'honneur  de  la  sainte  Vierge,  le  matin,  à  midi  et  le 
soir.  Désigne  aussi  le  point  du  jour  et  la  nuit  tombante  ; 
la  sonnerie  qui  annonce  l'heure  de  cette  prière. 

Dér.  du  lat.  Angelut. 

Anjou,  f .  m.  —  Voy.  Anje. 

Anjonné,  t.  m.  —  Voy.  Anje, 

Anjonnén,  énqao,  adj,  Angélique,  qui  tient  de  l'ange, 
qui  appartient  ou  qui  est  propre  à  l'ange. 

Dér.  de  Anjou, 

Annadiô,  dièîro,  adj.  Qui  n'est  pas  pareil,  qui  ne  pro- 
duit pas  également  chaque  année  ;  casuel.  —  L'oulivU  i$ 
Uèn  annadii,  l'olivier  ne  produit  pas  tous  les  ans,  il  est 
soonns  à  bien  des  éventualités.  —  Dans  le  même  sens,  on 
dit  d'un  homme  d'humeur  inégale,  qu'^  joumaïè,  il  est 
journalier. 

Dér.  de  Annado. 

Annado,  ».  f.  Année  ;  annuité.  —  Ce  mot  n'est  pas 
employé  comme  synonyme  de  an  pour  le  oomput  du  temps, 
mais  simplement  pour  l'ensemble  des  récoltes  de  l'année.  — 
Âomrén  uno  bono  annado  dé  bla,  nous  aurons  cette  année 
«ne  bonne  récolte  de  blé.  L'annado  dàou  fanfaroù,  lou 
piiean  béguiprou;  cette  phrase  proverbiale,  empruntée  i 
U  sagesse  des  anciens,  signifie  que  lorsqu'il  y  a  abondance 
de  fanfaroùM  au  printemps,  il  y  aura  une  bonne  récolte 
de  vin.  fVoy.  FanfaroîiJ,  L'annado  H  préêénto  bien,  il  y 
a  bonne  apparence  de  récolte  cette  année. 

La  bono  annado,  la  bonne  année  ;  souhaits  du  premier 
jour  de  l'an,  dont  le  protocole  est  :  Voue  »ouhiu  la  bono 
mmmmdo,  aeoumpagnado  dé  foteo  d'âouiro»,  La  plupart  du 


temps  on  supprime  cette  finale,  et  l'on  dit  simplement:  La 
bono  annado  aeoumpagnado. 

Dér.  du  lat.  Annus. 

Anno,  »,  f.  n.  pr.  Dim.  Annéto,  Nanoun,  Nanéto.  Anne» 
Annette,  n.  pr.  de  femme. 

Anonnça,  v.  Annoncer,  faire  savoir;  publier;  pronos- 
tiquer, présager.  — S'anounçabièn,  se  produire  avec  avan* 
tage;  s'exprimer  avec  facilité  et  élégance. 

Emprunté  du  fr. 

Anonnciea,  s.  m.  pi.  Bans  de  mariage;  publication  de 
mariage.  — An  crida  sou»  anouncie»,  on  a  publié  ses  bans. 

Dér.  du  lat.  Nuntiare. 

Anquado,  ».  f.  Fessée  ;  claques  ;  coups  de  la  main  sur 
le  derrière.  —  Ficha  uno  anquado,  donner  une  fessée  ;  fouet- 
ter avec  la  main  sur  les  fesses.  Cette  expression  n'est  usi- 
tée qu'à  rencontre  d'un  enfant. 

Dér.  de  Anquo. 

Anquo,  ».  f.  Au  sing.  Fesse;  au  plur.  Las  anquos  sont 
les  hanches,  partie  latérale  du  bassin  située  au  haut  de  la 
cuisse. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Anea,  m.  sign.,  ou  du  gr.  ipu&v, 
angle  saillant. 

Ansin,  adv.,  ou  Énsin,  Ênsindo.  Ainsi,  de  cette  ma- 
nière, de  cette  façon;  c'est  pourquoi,  de  même.  —  Pér 
ansin,  par  conséquent,  partant. — ^Aquà's  pas  an»in  que 
fôou  faire,  ce  n'est  pas  la  manière  de  faire  cela.  Ansin 
siègue,  ainsi  soit-il.  Crése  que  siè»  un  pâou  an»in,  je  crois 
que  tu  rêves,  que  tu  radotes  :  euphémisme  délicat. 

Dér.  du  lat.  /n  et  fie. 

Antan,  adv.  L'an  dernier;  autrefois,  jadis,  ancienne- 
ment. —  En  vieux  fr.,  on  disait  antan,  comme  on  le  voit 
par  ce  dicton  encore  admis  :  Je  m'en  soucie  comme  des 
neiges  à'antan.  —  Davan-antan,  adv.  L'année  avant-der- 
nière. Ma»  amour»  d*anian,  mes  vieilles  amours. 

Dér.  du  lat.  Anti  annum, 

Antièno,  »,  f.  Antienne;  mauvaise  nouvelle,  commis- 
sion fâcheuse  ;  demande  pénible. — Pourta  Vantièno,  faire 
une  commission  désagréable  pour  celui  à  qui  elle  s'adresse; 
solliciter. 

Empr.  au  fr. 

Antilo  (Batre  1') ,  «.  Battre  la  campagne,  courir  le9 
champs.  —  Phr.  faite,  mot  d'argot  français. 

Antignargne,  f .  m.  n.  pr.  de  lieu.  Antignargues,  ha- 
meau dépendant  de  la  commune  d' Aigrement,  canton  de 
Lédignan,  arrondissement  d'Alais.  En  lat.  AnHnhatùem  et 
Entrinnaniea  :  roman ,  Entrinnanègue», 

Dér.  du  celt.  Ant,  and,  anH,  devant,  en  avant;  avec  la 
désinence  lat.  anicœ,  transformée  par  la  langue  vulgaire 
en  anigue»  et  argue».  —  Voy.  Argue.  Ses  analogues  se 
retrouvent  dans  Antignac  (Hérault,  Cantal,  Haute-Garonne); 
dans  Antignate  (Lombardo-Vénétie)  ;  dans  Antigni  ou  Anti- 
gny  (Vienne,  Vendée,  Côte-d'Or),  et  dans  Antin  (Hautes- 
Pyrénées). 

Annîa  ou  Annèjai  v.  Ennuyer,  causer  de  Fennui;  iati- 

7 


so 


AOU 


AOU 


gner.  —  Timi  a^  m'anwioj  toat  cda  m*eimiiie,  me 
ùtigne. 

Annia  (s*),  v.  S^ennnyer,  laDgair  d*eimui;  perdre  le 
goût  d*iiiie  diose  dont  oft  a  fisô  longtemps. 

Dér.  da  gr.  Ivvoia,  tension  d^esprit,  application  forcée. 

Anttè,  adv.'-^Vay,  Agnuè. 

AllQèohA{8*),  «.  —  Vùy-  Agnuèeka  (m*), 

Aon,  particule  «f  orf.  iing,  nuue.  an  datif.  An.  Il  est 
la  contraction  de  à  iou  pour  former  le  datif.  Aou  s'emploie 
qnand  le  suliet.  aaquel  il  s*appliq[iie,  commence  par  nne 
OMisonne.  An  plnr.  datif,  il  fait  ai,  contraction  de 
à  loui,  anx;  comme  le  dat.  sing.  fém.  à  la,  donne  à 
la»,  anx,  plnriel.  —  iioti  puplB,  an  peuple,  a»  puple$, 
aux  peuples;  à  la  fénno,  à  la  femme,  à  las  fermai,  aux 
femmes. 

La  chute  de  17  du  radical  primitif  al  a  produit  la  con- 
traction âou,  dipht.,  qui  se  prononce  par  une  seule  émis- 
sion de  voix,  et  dont  la  première  voyelle  est  tonique  pa  r 
faccent  circonflexe.  Gequi  motiverait  assez  bien,  au  moins 
pour  l'article,  la  manière  d'écrire  que  nous  préférons. — 
roy.  Al. 

Hais  cette  forme,  qui  est  également  appliquée  aux 
voyelles  e,  i,  o,  alors  qu'elles  deviennent  aussi  diphthon- 
guespar  l'adjonction  de  la  consonnance  ou,  a  été  l'objet  de 
vives  critiques.  Avant' de  justifier  des  motifs  qui  nous  font 
rester  réfractaire  aux  réformes  en  vogue,  qu'il  nous  soit 
permis  de  présenter,  m  Hmina  litii,  un  exp(»é  de  quelques 
principes  généraux  sur  la  matière,  préliminaire  indispen- 
sable de  toute  discussion. 

Notre  Dictionnaire,  par  droit  de  naissance,  avait  son 
(Mlbographe  toute  faite  dans  la  nomenclature  dressée  par 
Là  Fare-Alais.  Ce  catalogue,  patiemment  élaboré  sous  le 
ccmtràle  d'une  critique  que  l'intimité  rendait  plus  rigou- 
reuse parce  qu'elle  était  plus  libre  et  plus  familière,  n'avait 
pas  seulement  en  vue  de  relever  un  à  un  tous  les  mots  de 
notre  dialecte,  de  juger  de  leurs  droits  à  l'admission  ou  de 
prononcer  leur  rejet  définitif.  U  avait  encore  fallu,  pour 
les  enregistrer  dans  un  ordre  régulier,  déterminer  exacte- 
ment la  forme  et  la  structure  de  chacun  :  leur  classement 
posait  donc  les  bases  de  notre  méthode  orthographique.  Le 
savoir  du  mattre  et  son  goût  éprouvés  donnaient  à  ce  pre- 
mier travail  une  irrécusable  sanction.  Nous  pouvons  dire 
cependant  que  cette  nomenclature  nous  était  imposée 
moînt  par  déférence  pour  son  autorité,  que  par  une  con- 
^nxtàmk  réfléchie  de  suivre,  en  l'adoptant,  le  système  le 
plus  dair,  le  plus  rationnel  et  le  meillenr. 

A^«c  une  langue  comme  la  nôtre,  qui  n'a  ni  alphabet 
propre,  ni  régies  précises,  ni  syntaxe  bien  arrêtée  ;  qui  est 
IwAUOOiq)  pariée  sans  avoir  presque  de  prose  écrite  ;  qui 
nes'eit  produite  au  dehorsque  par  une  merveilleuse  poésie 
pavloitt  chantée;  maia  qui  veut  se  £sire  lire  et  comprendre, 
•iqui  mérite  d'ètie  étudiée;  un  dictionnaire  n*a  qu'une 
voie  â  prendre,  celle  qui  rapproche  autant  que  possible 
Pésritore  de  la  pnonondation.  Par  eda  que»  dans  notre 


idiome  essentiellement  muncal  et  euphonique,  le  sens  d' 
mot  dépend  le  plus  souvent  du  son  qui  lui  est  imprimé  en 
parlant,  il  est  nécessaire  que  la  lettre  écrite  soit  la  pein- 
ture de  la  voix  entendue.  Chaque  terme,  chaque  syllabe, 
figurés  par  les  signes  omvenus  et  usuels,  doivent  se  pré- 
senter avec  un  relief  tel  qu'ils  puissent  d'abord  être  épelés 
sans  hésitation,  puis  liés  régulièrement,  enfin  proncmcéa 
comme  l'usage  demande  et  veut  qu'ils  soient  articulés. 
Saisir  rapidement  l'onl,  la  voix  et  l'oreille  pour  arriver  par 
le  plus  court  chemin  à  Fintelligenoe,  c'est  le  but  que  se 
propose  notre  Lexique.  L'orthographe  phonétique  est  donc 
la  seule  que  comporte  notre  idiome  :  vdUt  le  principe. 

Seulement  la  règle  est  dans  la  mesure  et  ne  peut  se  sou- 
tenir que  par  des  tempéraments.  Une  rigidité  absolue  n'a 
rien-de  pratique  dans  les  conditions  de  l'idiome  méridional; 
et  l'éclectisme  large  et  simple  que  les  Castagnadoi  ont  for-- 
mule,  lui  convient  mieux  de  tous  points.  Certes,  si  noue 
avions  à  mettre  en  œuvre  les  richesses  enfouies  de  l'an- 
cienne langue  d'Oc,  avec  ce  trésor-là,  et  en  dépit  des  acces- 
sions nouvelles  que  le  temps  et  les  mœurs  nous  ont  impo- 
sées, nous  n'aurions  pas  hésité  à  relever  le  vieux  pavillon, 
à  proclamer  une  syntaxe  et  une  orthographe  spéciales,  k 
arborer  des  principes  radicaux  et  inflexibles.  Hais  nous 
n'en  sommes  pas  à  avoir  une  langue-maltresse  et,  comme 
on  dit,  iuijurii;  nous  ne  sommes  plus  le  roman.  Il  n'y  a 
pas  d'illusion  patriotique  à  se  faire  :  notre  idiome  s'est 
transformé  ;  sa  configuration  doit  se  ressentir  du  change- 
ment, s'il  y  a  progr^.  Soit  que,  remontant  aux  mêmes 
origines,  le  français  et  le  languedocien  aient  gardé  l'em- 
preinte de  leurs  éléments  primitifs;  soit  que  l'action  des 
mêmes  influences  ait  agi  sur  eux  d'une  manière  presque 
identique  au  moment  de  leur  seconde  formation,  dans  leur 
passage  du  roman  au  langage  actuel;  soit  que,  par  le 
contact  forcé ,  des  infiltrations  aient  pénétré  de  l'un  dans 
l'autre  ;  le  fait  certain  est  que  bien  des  mots  se  retrouvent 
dans  les  deux  langues,  sans  qu'il  soit  toujours  facile  de 
reconnaître  à  laquelle  appartient  la  primauté  de  composi- 
tion, ou  si  la  grefie  n'a  pas  une  date  contemporaine.  Cette 
catégorie  de  vocables  ne  saurait  manquer  d'engendrer  cer- 
taines conformités  d'orthographe.  Il  s'en  rencontre  d'autres 
que  l'usage  a  mis  dans  la  circulation,  qui  se  sont  natura- 
lisés et  qui  ont  acquis  droit  de  cité.  Si  nous  voulons  un 
Dictionnaire  complet,  nous  devrons  leur  faire  place. 

Cet  état  de  choses  était  de  nature  à  mitiger  notre  rigo- 
risme. Sauvages,  il  y  a  cent  ans,  avait  déjà  été  amené  à 
&ire  des  concessions.  Nous  avons  une  instinctive  antipa- 
thie, égale  au  moins  à  la  sienne,  pour  les  travestissements 
à  la  française  de  nos  techniques;  mais  la  crainte  de  nous 
confondre  avec  le  français  nous  préoccupe  moins.  Surtout 
le  désir  de  donner  à  notre  langue  originale  une  |diyaie- 
nomie  plus  originale  encore,  ne  nous  conduira  pas  A  défl- 
gurer  certains  mots,  au  point  de  dérouter  roâil  te  plus 
exercé,  ni  à  compliquer  certaines  liaisons  de  syllabes  par 
rintroduGtkm  de  lettres  parasites  on  biiarvas»  pour  la 


ÂOU 


AOU 


51 


«ûB&etlon  de  ne  pas  créer  des  reaaemblanoes  grai^qnes, 
^nand  il  y  a  an  fond  analogie  de  provenance  et  de  consan- 
foinité. 

%  avec  Sautaobs,  nous  reconnaissonB  que  tontes  les 
tetties  doivent  être  proncmcôes,  encore  &nt*il,  croyons* 
nous,  n*écrire  qne  celles  qui  se  prononcent*  qni  sont  snffi* 
smtas,  de  par  l'alphabet,  à  constituer  le  son  juste.  En  tout 
ee  qui  ne  blesse  pas  le  génie  de  la  langue,  il  n'y  a  pas  péril 
à  se  montrer  facile,  et  nous  indiquons  comme  exemple  la 
diphl.  m.  —  Voff,  Au 

Mm  à  part  cette  exception,  c'est  toujours  la  pnmoncia- 
tnn  vers  laquelle  converge  notre  orthographe  et  qni  lui 
sert  de  guide. 

Nous  entendons  les  docteurs  ès-grammaire  s*écrier  : 
mais  les  étymologies  que  vous  sacrifiez  avec  votre  sys- 
tème phonographique!  mais  les  homonymies  qui  vont 
pulluler,  semer  partout  la  ccHifnsion  et  nous  précipiter 
dans  le  chaos  !  Nous  tombons  dans  l'abomination  de  la 
désolation  prédite  par  Ch.  Nodier. 

Ces  anathémes  ne  seraient  pas  efifrayants,  ni  ces  griefs 
très-sérieux,  n'étaient  le  pédantisme  et  le  paradoxe  qui  les 
ont  parfois  éloquemment  enflés  ;  mais  que  les  timorés  se 
rassurent. 

La  part  des  étymologies  est  largement  faite  dans  notre 
lexique;  aihdessous  de  chaque  vocable  est,  autant  que 
possible,  placée  sa  dérivation.  Les  lettres  étymologiques 
savantes  ne  disparaissent-elles  pas  en  parlant?  Pourquoi  en 
surcharger  le  mot  écrit?  Ne  serait-ce  pas  le  plus  sûr  moyen 
de  le  rendre  inintelligible  à  la  lecture,  introuvable  à  la 
recherche  la  plus  obstinée,  et  d'en  fausser  l'épellation  ? 
Dans  les  cas  si  fréquents  d'apocope  et  d'aphérèze,  de  syn- 
cope et  de  métathèse,  de  mutation,  de  transposition,  d'ad- 
dition ou  de  suppression  de  voyelles  et  de  consonnes,  quel 
serait  le  parti  à  prendre  pour  éviter  le  barbarisme  en  écri- 
ture ou  la  cacophonie  dans  la  parole?  Les  savants  auraient 
bien  fait  de  commencer  par  résoudre  ces  difficultés. 

Quant  aux  homonymies,  avec  une  orthographe  pure- 
lÉeot  ^bonSqoBj  elles  existent  au  même  degré  dans  l'écrl- 
tiie  comme  dans  la  prononciation,  pour  la  vue  et  pour 
Fottfe.  Eh  Inenl  après?  Dans  le  langage  parlé  quelle  est  la 
ecxAftisioin  possible?  Dans  la  phrase  écrite  d'où  peut  naître 
l'inoertitude  ou  l'obscurité?  Avec  notre  méthode  d'accantê 
et  de  tiénia,  il  n'y  a  pas  de  mot  absolument  homographe. 
9n  ks  mâmes  lettres,  la  notation  donne  le  sens;  tonte 
amphibologie  est  prévenue  par  Taccent.  Il  n'y  a,  pour  s'en 
convainore,  qu'à  le  voir  fonctionner,  par  exemple,  dans 
èoAo  et  habd,  béou  et  beau,  eouUm  et  eouhà,  $én  et  ièn, 
«en  et  vàn,  pioeXfid,  léngado  et  Ungadà,  etc.,  etc.  —  Vay. 
au  mot  Aeén. 

Là  est,  en  effet,  le  pdnt  capital.  L'accentuation  est  le 
vrai  g6nie  de  la  langue  d'Oc.  C'est  par  l'accent  que  se 
module  la  gamnke  harmonique  de  sa  vocalisation  ;  l'accent 
qui  marque  la  tonalité  de  ses  cadences  brèves  ou  longues, 
soDoies  ou  muettes  :  il  est  Tàme  de  notre  langue. 


Gomme  disait  le  maître,  notre  idiome  «  vocalise  plutôt 
qn'il  n'articule.  *  Sa  parole  est  «ne  nmsiqpœ  et  une  mé- 
lopée :  il  ne  faut  pas  l'oublier.  Biais  son  ehant,  si  doux  k 
Foreille,  a  pour  se  traduire  aux  yeux  une  notaticm  :  pour 
eon  parler  écrit,  cette  notation  est  l'alphabet. 

La  langue  d'Oc  n'a  pas  un  instrument  fait  exprès  pour 
elle  ;  elle  a  partagé  avec  la  langue  d'Oïl  l'usage  de  l'an- 
cien alphabet  latin;  les  mêmes  combinaisons  de  signes 
produisent  à  peu  près  les  mêmes  effets.  Nous  ne  voycms* 
pour  notre  part,  aucun  mal  à  ce  qu'elle  s'empare  et  se 
serve  d'un  bien  qui  lui  appartenait  un  peu  aussi  ;  n'eùt- 
elle  même  pas  été  la  première  à  le  posséder.  Aujourd'hui 
c'est  peut-être  pour  elle  la  seule  condition  possible  de 
vivre,  de  se  faire  comprendre  et  étudier,  de  se  répandre 
par  le  monde  et  d'y  faire  figure.  Elle  a  donc  sagement  agi 
d'en  adopter  les  formes  ;  elle  a  fait  mieux  encore  de  suivre 
son  mouvement,  de  mettre  à  profit  sa  valeur  et  ses  perfec- 
tionnemenls.  Quel  regret  aurait^le  de  cette  communauté, 
si  les  caractères  de  l'alphabet  français  en  usage  peuvent 
r^résenter  tous  les  sons  languedociens  et  reproduire  fidè- 
lement sa  prononciation  7  11  sera  même  facile  de  prouver 
qu'elle  y  a  gagné  d'exprimer  certaine  consonnance  qui  lut 
était  particulière  et  qui  n'existait  pas  en  latin.  —  Voy, 
lettre  17. 

Maintenant,  à  la  question  de  notre  article,  que  ces  pré- 
mices auront  simplifiée.  Gomment  fautril  écrire  les  diph- 
thongues  ou  triphthcmgues  dans  lesquelles  se  rencontre  la 
consonnance  ou?  Nous  ne  parlons  que  de  la  première 
forme  sur  a  ;  les  autres  e,  i,  o  viendront  en  leur  lieu  :  eUes 
ont  toutes  d'ailleurs  les  mêmes  raisons  d'être.  —  Voy.  Eou» 
diphth. 

n  s'agit  d'une  diphth(mgue,  ce  qui  signifie  une  syllabe 
unique  composée  de  deux  sons.  La  voyelle  a,  éclatante* 
sonore,  n'est  pas  en  litige;  mais  comment  doit  être  repré- 
sentée la  seconde,  voyelle  sourde  et  aphone? 

Rien  ne  parait  plus  simple  que  la  réponse,  s'il  est  bien 
convenu,  une  fois  pour  toutes»  que  les  mots  doivent  être 
figurés  tels  que  dans  l'usage  oa  les  articule;  que  la  pro- 
ncmciation  doit  être  rendue  de  la  manière  la  plus  facile»  la 
plus  perceptible  au  ^us  grand  nombre  ;  qu'enfin  le  seul 
véhicule  connu  et  pratiqué  doit  être  l'ali^is^t  français.  U 
n'y  a  pas  à  vouloir  se  sonstraireà  cette  loi  de  la  néoessité^ 
ni  à  s'en  humMier.  Ge  n'est  point  un  tribut  de  vassaliti^ 
payé  an  finançais,  mais  le  partage  d'un  héritage  commua^. 
Que  l'on  s'en  plaigne,  à  la  bonne  heure  :  ce  peut  être  un 
agréable  exercice  d'esprit.  Que  l'on  trouve  une  regrettable 
imperfection  â  ne  pouvoir  exprimer  chaque  son  simple  pav 
un  signe  unique,  et  que,  par  exemple,  dans  la  conjonoturoi 
l'abréviation  grecque  u  (ou)  qui  ferait  si  bien»  ne  soit  pas 
admise  chez  nous;  nous  nous  gardons  d'y  omtredire.  lÛs 
nous  n'ai  serons  pas  moins  tenus,  quel  que  soit  notre  dia» 
lecte,  de  nous  servir  de  ce  que  nous  avons  et  comme  nous 
l'avons;  et  il  faudra  bien  s'en  contenter.  Il  semble  done 
qu'il  derrait  suffire  de  savoir  comment  l'alphabet  firaii> 


Vi 


AOU 


AOU 


çiis  tndait  en  lettres  le  son  qui  se  (ait  entendie  nette- 
ment, isolément,  à  la  finale  de  notre  diphthongne,  poor 
décider  que  la  langoe  d'Oc  doit  récrire  de  même.  Or,  la 
voix  M  est  représentée  par  un  seul  caractère  :  la  vocale  ou 
a  besoin  de  deux  signes,  mais  n'en  est  pas  moins  nne  :  et 
Tuie  et  l'autre  ont  leur  son  ^lécifique,  particulier.  Nous 
entendons  et  nous  prononçons  u  et  on»  voyelles,  sans  les 
confondre;  écrivons  donc  et  notons  avec  des  signes  diffé- 
rents des  sons  distincts.  L'orthographe  vraie  de  la  syllabe 
sera  donc  Aou. 

La  déduction  est  rigoureuse  et  logique.  Elle  avait  frappé 
sans  doute  bien  des  auteurs  et  des  plus  recommandables, 
glossateurs  et  poètes,  qui  professaient  la  nécessité  d'écrire 
comme  on  prononce,  lorsque  de  notre  temps  on  a  essayé  de 
changer  tout  cela,  non  pas  en  attaquant  le  principe,  mais 
en  imaginant  une  exception  qui  le  renverse. 

Une  nouvelle  école  proclame  que  la  voyelle  u  se  pro- 
nonce, en  effet,  toujours  comme  en  français,  hormis  les 
cas  où  elle  suit  immédiatement  une  autre  voyelle;  car  alors 
elle  doit  prendre  le  son  ou;  et  il  faut  écrire  au,  eu,  eu,  tu, 
au,  diphthongues,  et  iau,  iéu,  iiu,  ièu,  triphthongues,  au 
lieu  de  àou,  iou,  iou,  4ou,  ôou,  et  idou,  iiou,  Ukm, 

Voilà  rinéluctable  Schibboleth  en  écriture,  posé  d'auto- 
rité à  rentrée  du  cénacle,  où  nul  ne  pénétre  sans  sou- 
mettre, au  culte  et  à  la  pratique  de  ce  symbole,  son  esprit, 
sa  foi  et  sa  plume.  C'est  Theuieux  commencement,  le  pivot 
fondamental  de  l'unité  orthographique  des  dialectes  de  la 
langue  d'Oc,  ont  décidé  les  puristes  réformateurs. 

Ce  dogme,  d'assez  fraîche  date,  est  soutenu  à  la  vérité 
par  des  hommes  d'un  incontestable  talent,  sinon  par  des 
arguments  bien  solides;  mais  il  n'est  pas  si  absolu  qu'il  ne 
souffre  des  atténuations,  ni  si  vrai  qu'il  ne  se  contredise 
souvent  lui-même.  On  lui  a  fait  une  histoire,  ce  qui  donne 
toujours  un  certain  crédit  ;  il  a  trouvé  des  partisans,  ce 
qui  ne  manque  jamais  aux  plus  étranges  doctrines.  Ne 
parlons  pas  des  convertis  du  premier  degré,  qui  longtemps 
avaient  écrit  ces  diphthongues  comme  ils  les  articulaient, 
sans  doute  avec  la  conscience  de  bien  faire  et  la  certitude 
d'être  compris,  et  qui  depuis,  illuminés  par  un  rayon  d'en- 
baut,  se  corrigent  eux-mêmes,  et  dans  leur  ferveur  de  néo- 
phytes, affrontent  le  douloureux  martyre  de  ne  plus  pou- 
voir être  lus.  Ne  relevons  pas  ches  les  adeptes  du  second 
degré  ces  scrupules  qui  leur  font  admettre  l'application  du 
système  à  la  voyelle  a,  tandis  qu'ils  la  rejettent  pour  les 
autres.  Les  résipiscences  comme  les  divergences  prouvent 
oeoi:  que  l'orthographe  âou  a  eu  et  aura  toujours  sa  raison 
d'être,  et  qu'il  n'est  pas  aussi  sur  que  la  réforme  par  au 
puisse  également  bien  justifier  de  la  sienne. 

Nous  regardons  cette  prétendue  innovation  comme  une 
hèréile  grammaticale  de  la  plus  grosse  espèce.  Elle  mène 
tout  droit  â  la  cacophonie,  ce  que  notre  Umgue  redoute  le 
plus;  elle  introduit  forcément  l'exception  dans  l'exception, 
es  qui  est  on  danger  et  un  signe  de  décomposition  pour 
•a  idioaie;  elle  se  met  en  révolte  ouverte  avec  l'usage  et 


le  sens  oonmmn,  et  finit  par  ne  tenir  aucun  compte  des 
lois  de  la  liaison,  du  rapprochement,  de  la  combinaison  et 
de  la  valeur  des  lettres. 

n  est  facile  de  poser  en  théorème  que  la  voyelle  u  prend 
le  son  ou,  quand  elle  se  trouve  placée  après  une  autre 
voyelle;  mais  rien  n'est  moins  réfléchi,  ni  moins  véntable. 
n  existe  une  famille  nombreuse  et  très-intéressante  de 
mots  dans  lesquels  l'euphonie  caractéristique  de  Vu  simj^e 
ne  peut  pas  disparaître.  Nous  ne  tenons  pas  compte  de 
quelques  noms  propres,  comme  E»au,  DanaUs,  EmmaUs, 
AntinoUs,  etc.  ;  mais  Marius,  si  commun  en  Provence  ; 
mais  Darius,  DuHus,  Vius,  etc.,  fréquents  dans  le  Baa- 
Languedoc,  mais  tant  d'autres  à  désinence  id^tique,  qui 
reviennent  si  souvent  dans  les  traductions  des  anciens 
auteurs,  il  n'est  pas  aus^  commode  de  s'arranger  avec  eux 
si  l'on  veut  prononcer  correctement  et  suivre  les  préceptes 
des  novateurs.  De  quel  droit  sacrifier  encore  cette  classe 
de  substantifs  communs,  d'adjectifs  et  de  participes,  ter- 
minés en  aiu,  ètu,  èiun,  ïun,  aïur,  ïur,  ïus,  ïuro,  ïuto,  etc., 
comme  dourêtu,  oreillard;  béstiu,  bestial;  eaXtiui,  chétif  ; 
éieaubïun,  balayures  ;  éseafouïun,  écrasement  ;  aïul,  afeul  ; 
hM,  œil;  nudiuga,  rompre;  métsiu»,  messieurs;  hiuis, 
aujourd'hui;  liuèn,  loin;  huièi,  bourgeon,  œil;  à'aXuèneha, 
s'éloigner  ;  ftaVti^mo,  étincelle  ;  pariuro,  gageure  ;  eadiuèit», 
cosse  de  pois;  taïu  ou  ataïu,  bière,  cercueil  ;  trUun,  éplu- 
chures;  triuèjo,  truie  ;  viêiun,  vieillesse,  etc.,  etc.  ?  Certes, 
s'il  en  fut,  ceux-là  ont  un  u  qui  suit  immédiatement  la 
voyelle  ;  et  personne  ne  s'avisera  jamais  de  faire  entendre 
ou  en  les  prononçant.  La  conclusion  est  claire. 

Cependant  comment  une  erreur  de  ce  calibre  a-t-ello 
pris  naissance  et  crédit  t  Simplement  parce  qu'on  a  évo- 
qué le  souvenir  des  troubadours  classiques,  qu'on  a  démon- 
tré qu'ils  n'avaient  pas  écrit  autrement  ces  syllabes  diph- 
thonguées,  et  qu'on  a  voulu  s'autoriser  de  leur  exemple 
constant. 

L'argument,  pour  être  le  seul  qui  se  soit  encore  produit 
en  faveur  de  ce  système,  n'est  pas  heureux.  Son  moindre 
défaut  est  d'avoir  trop  oublié  que  les  troubadours  écri- 
vaient avec  l'alphabet  latin  et  qu'ils  prononçaient  à  la 
mode  latine.  La  langue  romane  employait  les  formes  et 
les  lettres  ronudnes.  Or,  le  latin  qui  ne  connaissait  point 
le  son  de  l'u  simple,  avait  cependant  ce  signe  u  qui  son- 
nait partout  et  invariablement  ou,  isolé,  précédé  ou  suivi 
par  une  voyelle  ou  une  consonne.  En  italien,  en  espagnol» 
en  portugais,  langues  néo-latines,  l'u  français,  qui  n'exista 
pas  non  plus,  a  conservé  la  prononciation  qu'il  avait  cbei 
les  Romains.  Au  contraire,  dans  la  langue  d'Oc,  le  son  u 
est  ancien  :  on  le  fût  remonter  aux  Gaulois.  Il  est  dans 
son  génie,  et  il  est  impossible  de  ne  pas  le  maintenir.  Mais, 
comme  pour  exprimer  ce  son  u,  la  langue  d'Oc  manquait 
d'un  caractère  spécial,  ou,  pour  mieux  dire,  n'avait  à  sa 
disposition,  dans  l'écriture,  qu'une  lettre  destinée  à  repré- 
senter deux  voix  différentes,  force  était  bien  à  ceux  qui 
écrivaient  de  mettre  un  «  dans  les  mots  dont  li  pronon- 


AOU 


AOU 


53 


ctatioD  devait  êûtb  entendre  ou,  comme  dans  ceux  où  la 
Toyelle  avait  le  son  actuel.  Cet  usage  s'est  prolongé  long- 
temps :  il  explique  l'ancienne  manière  d'écrire  des  trou- 
badours •  mais  il  est  loin  de  prouver  qu'on  doive  la  préco- 
niser et  la  reprendre. 

Aujourd'hui,  en  l'état  des  conventions  et  des  combinai- 
sons alphabétiques  qui  régissent  la  langue  d'Oc,  il  n'est 
plus  permis  de  revenir  aux  vieux  errements.  A  moins  de 
réformer  l'alphabet  adopté,  et  nous  n'en  sommes  pas  là,  si 
la  langue  d'Oc  veut  se  faire  lire  et  se  faire  comprendre  à 
la  lecture,  elle  sera  tenue  d'écrire  par  le  signe  convenu  la 
Toyelle  qui  devra  être  prononcée  comme  Vu  français,  et  de 
même  pour  la  voyelle  ou,  formée  de  la  jonction  de  deux 
signes,  mais  ne  produisant  qu'un  son  simple,  entier,  indé- 
pendant; et  ce  sera  une  règle  générale,  sans  exception,  bien 
que  l'une  ou  l'autre  vocale  soit  précédée  ou  suivie  d'une 
voyelle  ou  d'une  consonne.  —  Voy,  Eou,  diphth.,  i.  Ou, 
U,  voyelles. 

Que  l'on  consulte  doue  l'oreille  et  la  prononciation,  c'est 
tout  ce  que  demande  notre  idiome,  essentiellement  eupho- 
nique. Sauvons  son  autologie,  sans  cesse  menacée  par  les 
envahissements  du  Nord  ;  mais  soyons  de  notre  époque,  et 
sous  prétexte  d'unité,  ne  faisons  rien  de  rétroactif,  la  pire 
des  conditions.  N'essayons  pas  de  ressusciter  des  formes 
surannées,  ne  latinisons  pas  notre  orthographe,  si  nous 
Toolcms  prouver  que  notre  langue  d'Oc  est  toujours  vivante 
el  qu'elle  produit  encore  des  chefs-d'œuvre. 

Aoa,  f.  m.,  au  plur.  Aouue»,  Toison  de  mouton  on  de 
brebis  ;  l'ensemble  de  la  dépouille  d'une  hôte  à  laine  prise 
isolément.  —  Vdou  ne  comprend  que  cette  partie  de  la 
toison  qui  se  tient  toute  et  ne  forme  qu'un  corps,  déduction 
faite  de  la  laine  du  ventre,  des  jambes  et  de  la  tète,  qui  se 
eoupe  en  détail,  par  flocons  et  se  nomme  :  Flouquariè. 

Dér.  du  béam.  AouXha,  brebis,  du  lat.  Ovicula,  et  Oi»t. 
—  Tùy.  Àbêiè. 

Aonbado,  f.  f.  Aubade;  concerts,  musique,  sérénade  an 
point  du  jour  sous  les  fenêtres  d'une  jeune  fille  ou  d'une 
personne  que  l'on  veut  honorer.  —  Il  se  prend  souvent, 
par  antiplffase,  pour  une  insulte  publique  on  une  scène  de 
moquerie  ou  de  reproches.  —  Yoy.  Bévénè. 

Dér.  de  Aoubo. 

âonliala,  v.  Dévider  la  soie,  la  doubler  et  la  tordre  lai- 
Uement»  lui  dcmner  un  flEdble  apprêt,  sur  des  bobines  qui 
toumenl  fixées  à  un  grand  métier,  Yâoubalo,  mis  en  mou- 
▼emeot  par  l'eau,  la  vapeur  ou  des  chevaux,  et  qui  est  de 
Iwme  ovale. 

Dér.  du  fr.  Ovode,  qui  est  le  mot  technique  de  ce  métier. 

Amibalaire,  ûro.  a4f.  Celui  ou  celle  qui  sert  un  métier 
de  soie  dit  ovaU, 

Amibalaie,  s.  m.  Œuvre  que  donne  à  la  soie  le  métier 
dit  ovale  ;  moulinage  de  la  soie  destinée  à  la  confection  des 
bas  de  métier. 

AoobaUsIiiè,  ièiro,  subit,  et  a4f.  Étourdi  et  maladroit 
à  la  fois;  jeune  gars  sans  £rein  et  sans  mesure. 


Ce  terme  de  mépris  est  une  suite  du  décri  où  étaient 
tombés  nos  archers  qu'on  nommait  au  moyen  âge,  en  langue 
romane,  doubcdéstrièi,  arbalétriers.  Comme  la  guerre,  i 
cette  époque,  se  faisait  principalement  au  moyen  de  la 
cavalerie,  les  hommes  d'armes,  les  archers',  milice  à  pied, 
étaient  peu  considérés,  mal  exercés  et  partant  peu  utiles, 
ce  qui  devait  seul  étouffer  chez  ces  soldats  tout  germe  de 
courage  et  tout  désir  de  se  distinguer.  Leur  nom  et  jusqu'à 
celui  de  matrat  qu'on  donnait  à  leur  flèche,  devinrent  en 
Languedoc  des  termes  d'injures  ;  tandis  que  chez  les  Anglais 
les  archers  étaient  la  meilleure  et  la  plus  utile  de  leurs 
milices,  témoins  les  batailles  de  Crécy  et  de  Poitiers. 

Aoubaléstriô,  t.  m.  Arbalétrier,  pièce  de  charpenterie 
d'un  comble;  ferme  ou  assemblage  qui  soutient  la  couver- 
ture, formé  de  deux  pièces  obliquement  placées,  qui  vont 
s'emmortaiser  du  haut  avec  le  poinçon  ou  pied-droit  et  par 
le  bas  avec  la  ferme  décrivant  avec  elle  un  triangle. 

Dér.  ô^Aoubalittro, 

Aoubaléstriô,  t.  m.  Grand  martbiet,  martinet  à  ventre 
blanc  Cypselus  alpinus,  Temm.  Oiseau  de  l'ordre  des 
Passereaux  et  de  la  famille  des  Planirostres.  Gris  uniforme 
sur  toutes  les  parties  supérieures,  la  gorge  et  le  ventro 
blancs.  Son  nom  lui  vient  de  ce  qu'en  déployant  les  ailes 
il  rappelle  la  forme  d'une  arbalète. 

Aoubaléstro,  f .  f.  Arc  d'acier  monté  sur  un  fût,  qu'on 
tend  au  moyen  d'une  corde,  servant  à  lancer  des  flèches 
nommées  matras. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Ârhalùta,  formé  de  arou-halUta. 

Aoubalo,  «.  f.  Ovale,  métier  à  doubler  et  à  tordre  h 
soie. 

Empr.  au  fr. 

Aoubé,  interj.  Oui  ;  oui  vraiment.  —  Aoubé  tant  /  oh  I 
certes  ouil  Aoub'aquà  /  pour  cela,  oui  I  je  vous  le  promets. 
Aoubé  iaïque  /  oui,  sans  doute. 

Formé  par  syncope  de  Oui  ou  ha  et  ôe  bé. 

Aoubécho,  f.  f.  Aubier  d'un  arbre,  couche  ligneuse 
entre  l'écorce  et  le  cœur  de  l'arbre  ;  elle  est  plus  blanche, 
plus  tendre  et  plus  poreuse  que  ce  dernier,  parce  qu'elle 
est  plus  récente  de  formation.  Les  planches  prises  dans 
l'aubier  sont  plus  sujettes  à  la  vermoulure.  —  Voy.  Aou- 
béneo. 

Dér.  du  lat.  Albumum. 

Aoubéi,  V.  Obéir;  agir  selon  un  ordre  reçu;  céder» 
plier. 

Dér.  du  lat.  Obedire, 

Aonbéissén,  énto»  adj.  Obéissant,  soumis  ;  maniable. 

Aoubéiasénço,  <.  f.  Obéissance,  soumission  ;  habitude 
d'obéir. 

Aonbénai,  #.  m.  n.  pr,  Aubenas,  ville  du  Vivaraisr 
dans  le  département  de  l'Ardèche.  —  On  remarquera  que» 
pour  tons  les  noms  de  lieu  qui  commencent  par  un  a,  on 
ne  place  pas  au-devant  la  préposition  à,  correspondant  an 
lai.  ad,  el  l'on  ne  dit  pas  à  AtaU,  à  Aoubému,  à  Avi^ 
gnouH,  parce  que  cette  réduplication  de  la  même  voyelle  a 


54 


AOD 


AOU 


quelque  chose  de  henrlô  pour  Toreille  languedocienae. 
Aïs  on  emploie  la  préposition  en,  répondant  an  lat.  in,  ef 
Tcm  dit  :  Yé<m  en  AUti»,  en  Acmbéntu,  en  Ânduio,  en 
ArU.  Il  n*en  esl  paa  de  même  poor  les  noms  de  lien  com- 
mençant par  nne  antre  voyelle;  car  on  dit  très-lâen:  à 
^9è$,  à  louté,  à  Uehdou,  à  Orléan. 

Le  mot  languedocien  A<n^énas  est  exactement  r^roduit 
p»  son  éqnivtdent  latin  Albenaeiwn  on  Alb^naâsium.  C'est 
poor  la  première  syllabe,  le  changement,  très-commun 
dans  notre  idiome,  de  a/  en  àou,  rendu  par  ou  en  fr.,  ce 
qui  ne  se  fait  pas  non  plus  sans  une  certaine  réciprocité. 
Quant  à  la  terminaison  a$,  ce  n'est  pas  ici  un  fréquentatif, 
mais  une  variante  du  suffixe  celtique  primitif  ah,  vulga- 
risé dans  la  forme  latine  œum,  oMttim.  Le  mot  lui-même 
est  le  gaulois  M,  le  même  que  alp,  signifiant  sommet, 
haute  montagne,  et  blanc,  codeur  de  neige  ou  couvert  de 
neige.  Sa  parenté  est  nombreuse;  aux  désinences  près,  on 
la  reconnaît  dans  les  noms  identiques  :  Aliénas,  en  Pro- 
vence; Aoubéna»,  arrondissement  de  Forcalquier  (Basses- 
Alpes)  ;  dans  Aubeignan  (Landes}  ;  Aoubigna  (Gard),  en  f^. 
Aubignac;  qui  se  retrouve  dans  Aubignac  ou  Albignac, 
Mbiniaeum,  arrondissement  de  Bourges;  Albignac,  Albi- 
niaeum  (Vaucluse)  ;  Aubignas,  en  Vivarais  ;  Aubigné,  en 
Bretagne,  Poitou,  Maine,  Anjou,  Touraine;  Aubigny,  AJbi-- 
niaeum,  dans  le  Berry,  la  Brie,  la  Picardie,  le  Bourbon- 
nais, le  Poitou,  Touraine,  Champagne,  Bourgogne,  Laon- 
nais,  Normandie,  Franche-Comté,  Nivernais,  Artois;  et 
encore  dans  Aubeinges  ou  Aubinges  (Berry);  et  enfin  dans 
ii^Vte  AoMgnargue,  Aubignargues,  Albanhaniot»  (Hérault). 

Tous  ces  noms  présentent  dans  leur  radical  et  dans  la 
version  latine  une  analogie  directe,  et  s'appliquent  à  des 
localités,  comme  Aubenas,  sur  des  plateaux  élevés  ou 
remarquables  par  les  montagnes  qui  les  entourent.  — 
Voy.  Aotêbussargue,  etc. 

Aoubénco,  #.  f.  Aubier,  couche  ligneuse  extérieure  et 
ordinairement  plus  blanche,  qui  se  trouve  entt^  le  cœur 
de  l'arbre  et  le  liber  ou  couche  intérieure.  —  Tby.  A^U" 
bMo: 

Dér»  du  lat.  Albumum. 

âoubér]èiro,  «.  f.  Pécher  qui  produit  l'alberge  ou  pavle^ 
alberge,  à  chair  adhérente  au  noyau.  Cet  arbre  a  de  nom-» 
breuses  variétés. 

Dér.  de  Awbèrjo, 

Aonbérjino,  f .  f,,  ou  Vièdaae,  fam.  Aubergine,  melon* 
gène;  Solanum  mOongmui,  Linn.  Plante  potagère  de  la 
famille  des  Solanéea. 

Aonbèi]»,  f.  f.  Auberge  ;  hôtellerie;  lieu  où  Ton  donne 
à  manger  et  où  on  loge  pour  de  l'argent. 

Dér.  de  la  basa.  lat.  AXbwga  ou  Alberpm,\offiamïf  ou 
de  l'ital.  AUmrgar:  Au  reste,  il  est  emprunté  au  fr.  Le 
mot  pn^ire  d'hôtellerie,  en  lang.,  est  cabari;  mais  comme 
étbamn,  en  fr.,  signifie  une  mauvaise  hôtellerie,  on  plutôt 
enoore  l'échoppe  du  marchand  de  vin,  débitant  à  bandière, 
<m  a  cru  qu'en  laag.  anad  il  (allait  distinguer  l'hôteN 


tejrie  bourgeoise  de  la  taverne  du  peuple,  en  appelant  la 
première  Aoubèrjo,  et  la  seconde  Cabaré. 

Aoubèrjo,  # .  f.  Pavie,  alberge  ;  sorte  de  pèche  ferme» 
dont  la  chair  adhère  au  noyau  ;  fruit  plus  connu  dans  le 
midi  de  la  France  que  dans  le  nord.  On  en  distingue  troit 
espèces  :  la  Pawe,  qui  a  la  diair  très-blanche  et  qui  est 
la  plus  savoureuse  ;  la  Pavie  jauno,  et  une  dernière  dont 
la  pulpe  est  d'un  rouge  très-foncé,  dure  et  peu  aqueuse. 

Dér.,  d'après  Ménage  et  Roquefort,  du  lat.  AUms,  parce 
que  l'espèce  principale  a  la  chair  blanche  ;  selon  Saumaise, 
de  l'art,  arabe  Al,  le,  et  Beg,  fruit. 

Aoubéto,  s.  /*.  La  petite  pointe  du  jour;  le  premier 
rayon  lumineux  qui  précède  l'aurore. 

Dim.  de  Aaubo, 

Aoubicoù,  f.  m.  Sorte  de  figue  piécoce,  longue  et  n(»ie, 
qui  mûrit  à  la  Saint-Jean. 

Dér.  du  lat.  Albieans,  qui  signifie  blanchâtre,  sans  doute 
parce  qu'en  séchant,  cette  figue  passe  du  noir  au  blanc. 

Aouhièiro,  f .  f.  Lieu  planté  de  trembles ,  peupliers 
blancs,  àoubo.  —  F.  c.  m. 

Aoubignargue,  f.  m.  n.  pr.  de  lieu.  Aubignargues, 
dans  le  département  de  l'Hérault.  —  Foy.  pour  l'étym. 
Aoubénas,  Aoubuisargue. 

Aoublida,  v.  Oublier,  perdre  le  souvenir,  la  mémoire; 
laisser  quelque  chose  par  oubli.  —  Aï  aoublida  numn 
eofOU  din  lou  pra,  j'ai  laissé  mon  couteau  au  pré. 

Dér.  du  lat.  Obliviiei, 

Aoublidoùa,  ouao,  adj.  Oublieux;  qui  a  la  mémoire 
courte. 

Aoubligacîou,  f .  f.  Obligation,  engagem^t  qui  lie,  qui 
impose  le  devoir  qui  naît  des  services  rendus;  billet  on 
acte  par  lequel  on  s'oblige.  —  /  ai  fono  âoubUgaeUhU,  il 
m'a  rendu  bien  des  services,  il  m'a  souvent  obligé.  Faim 
uno  àoubligaetou,  passer  un  contrat  notarié,  portant  dhli- 
gation;  prêt  hypothécaire. 

Dér.  du  lat.  Obligatio. 

Aonblija  (s'),  v.  S^obliger  pour  quelqu'un,  lui  servir  de 
caution. 

Aoublisè,  indécl.,  locution  proverb.,  pfar.  faite,  pour 
dire  :  Merci,  bien  obligé  ;  s'emploie  surtout  quand  on  reÂise. 
C'est  ce  qui  s'exprime  en  fr.  fam.  par  :  Merd,  non. 

Gontr.  et  corr.  du  fr. 

Aonbo,  f .  f.  Aube,  le  point  du  jour.  —  La  p/Hmo  davAù, 
la  première  clarté  de  l'aurore.  D'uno  àoubo  à  Vâauirû, 
toute  la  journée,  de  l'aube  du  matin  à  l'aube  du  soir  ou  ifl 
crépuscule. 

Dér.  du  lat.  Albus,  atba, 

Aoubo,  f.  f.  Peuplier  blanc,  Populuê  alba,  Linn.,  et 
aussi  Peuplier-tremble,  PoptUuM  tremula,  Linn.  Arini 
communs  dans  nos  contrées,  de  la  hm,  des  Amentaoêes. 

Dér.  du  lat.  Alba. 

Aoubo  dé  mèr ,  s.  f.  Algue-marine,  ou  Algue  des  vitrieit  s 
ZosUra  marina,  Linn.  Plante  de  la  fam.  des  Aroldes,  abon- 
dante sur  les  côtes  de  la  Méditerranée;  la  même  que  là 


AOU 


AOU 


» 


MmtêUHté-^mir,  rermiftige  Inen  comui.  •—  Voy.  Mmàuo^dé' 


Àoubo  parait  ètie  une  corr.  de  Aougau,  employé  aniai 
dans  notre  dialecte  et  qui  avait  son  étymologie  dans  le  lat 
Ad  et  Ugare,  parce  qu'elle  s'attache  aux  pieds  de  ceux  qui 
marchent  dans  la  mer.  —  Voy.  Aaugou. 

Aonbovi,  t.  m.  yigne4)lanche  ou  Viorne  à  larges  feuilles, 
CUrnaUs  alba,  Linn.  Plante  de  la  fam.  des  Renoneulaoées, 
caustique  et  vénéneuse,  espèce  de  Clématite,  autrement 
dite  :  Herbe  aux  gueux. 

Dér.  du  lat.  Aiba  et  de  viiis,  ou  uva, 

Aoolirado,  ».  f.  Quantité  de  feuilles  qui  se  trouve  sur 
un  seul  marier.  —  Aqui  y-a  tioo  bravo  doubrado,  ce  mûrier 
fournira  beaucoup  de  feuille,  il  est  bien  garni. 

Dér.  de  Aoubre, 

Aoubre,  s.  m.  Arbre,  plante  ligneuse  et  vivace  dont  la 
tige,  ^laisse  et  nue  à  la  base,  8*élève  à  une  hauteur  remar- 
quable; le  plus  grand  des  végétaux.  ^-  On  disait  dans  Tan- 
eieane  langue  romane  :  Albre,  alb^r, 

Dér.  du  lat.  Arbor. 

Aonbre,  s.  m.  Arbre,  pièce  de  bois,  posée  honzontale- 
ment  ou  verticalement,  sur  laquelle  tourne  toute  une 
«MrJiinft  et  d'où  dépend  son  principal  mouvement. 

Aotâbre  dâou  tnoulï  d'oU,  le  mouton,  la  presse  d'un  pres- 
soir i  huile,  énorme  pièce  de  bois  qu'on  &il  peser  par  une 
vis  sur  la  pâte  d'olives. 

Aoubn  dré,  arbre-droit  d'une  charpente,  d'un  puits-à- 
rone,  etc.  —  Fàîr»  l'doubr»  dré,  se  tenir  en  équilibre,  en 
chandelle,  sur  la  tète,  les  pieds  en  l'air.  Au  fig.,  faire  tous 
ses  e£GKts,  faire  l'impossible,  employer  tous  ses  moyens 
pour  prouver  sa  bonne  volonté;  se  mettre  en  quatre. 

Aoubre  ja»én,  pièce  de  bois  horizontale  dans  laquelle 
tourne  l'arbre  droit  d'un  puits  à  roue. 

Aoobré,  s.  m.  dim.  Petit  arbre,  arbrisseau. 

Aoubréspl,  «.  m.  —  Toy.  Aougritpï, 

Aoubréssa,  f .  m.  Havresac.  C'est  particulièrement  ce 
sac  d'ordinaire  en  peau  et  à  divers  compartiments,  dans 
lequel  les  chasseurs  et  les  ouvriers  terrassiers  à  la  journée 
portent  leurs  provisions  de  bouche. 

Formé  de  l'allemand  Haber,  avoine,  et  êoke,  sac.  D'après 
cette  étym.,  cette  sorte  de  sac  aurait  été  dans  l'origine  à 
l'usage  des  soldats  de  cavalerie,  pour  porter  la  provende  de 
leurs  chevaux  en  campagne,  ce  que  l'on  appelle  aigour- 
d'hni  :  musette. 

Aoobrieà,  s.  m.  Abricot,  fruit  de  l'abricotier. 

Dér.  de  l'aiabe  AJbêrcoq, 

Abricontiè,  t.  m.  Abricotier,  Prvfius  armmiaca,  Linn. 
Aibce  de  la  famille  des  Rosacées,  originaire  de  l'Arménie, 
comme  son  nom  ktin  l'indique. 

Aonbnssargna,  f.  m.  n.  pr,  de  lien,  Aubussargues, 
commune  du  canton  de  St-Chaptes,  arrondissement  d'Uzès. 

Son  nom  est  en  latin  Albuuaniem.  H  peut  absolument 
avoir  eu  pour  radical  un  nom  d'homme,  comme  son  ana- 
logus  ilmiA^fruir^M,  en  lat  AJOnmhmniem,  et  la  seule  diffi^ 


rence  serait  alors  «otre  les  noms  AXban,  Aibain,  ou  AtHn, 
Albanus,  ou  Albinuê;  mais,  soit  nom  d'homme  ou  nom  de 
lieu,  l'origine  est  certainement  dans  le  celtique  Alb  ou  Alp, 
montagne,  blanc  de  neige,  et  les  procédés  de  formation  ap- 
pellative  sont  m  les  mêmes  que  nous  signalons  aux  art. 
Argue  et  Aoubénas,  etc.  Ainsi  se  vérifient  les  identités  de 
racine,  et  l'équivalence  des  terminaisons,  quand  on  rapproche 
successivement  les  noms.  Celui-ci  se  reproduit,  pour  en 
donner  un  nouvel  exemple,  dans  Albussan  (Creuse) ,  dans 
Albussac,  Aubusson  (Creuse  et  Puy-de-Dôme);  et  dans  ces 
similaires,  comme  dans  tous  ceux  cités  sous  le  mot  Aoubé- 
nas, il  s'applique  à  une  situation  sur  des  montagnes  ou 
caractérisée  par  le  voisinage  de  montagnes. 

Aoucnpa  (s'),  v.  S'occuper  ;  travailler  ;  mettre  le  temps 
à  profit;  ne  pas  rester  oisif.  —  Aquél  travaïadoù  éi  pas 
d'un  gran  és-avan,  mais  s*Aoueupo  ioujour,  cet  ouvrier 
n'est  pas  très-habile,  il  ne  fait  pas  rapidement  son  travail, 
mais  il  ne  perd  pas  un  moment,  il  est  toujours  à  l'ouvrage. 

Dér.  du  lat.  Oceupare. 

Aoolénsa,  adj,  sans  fém.  Atteint  d'une  hernie. — Le  mot 
eréba  est  le  technique  le  plus  usité,  mais  il  est  familier  et 
ignoble;  quand  on*  veut  y  mettre  de  la  décence,  on  se  soi 
de  àoufénta  ou  de  rélassa.  —  V.  c.  m. 

Dér.  du  lat.  Offènsus. 

Aongou,  s,  m.  Algue  ou  mousse-marine.  —  Voy.  Aoubo- 
dé-tnèr, 

Aougréspl,  s.  m.,  ou  Aoubréspl.  Aubépine,  épine 
blanche,  noble  épine;  Cratœgus  oxiaeantha,  Linn.  Arbris- 
seau épineux  de  la  fam.  des  Rosacées. 

Dér.  du  lat.  Alba  et  spina. 

Aougruno,  s,  f.  Augure,  pronostic,  présage.  —  Ce  tech- 
nique, qui  a  vieilli,  s'emploie  encore  parmi  les  vieillards 
et  les  bonnes  femmes.  —  N'ai  pas  bono  aougruno,  j'en  ai 
mauvais  augure,  je  n'en  augure  rien  de  bon. 

Corr.  du  fr. 

Aouja,  s,  m.  n.  pr.  de  lieu.  Aujac,  commune  du 
canton  de  Génolhac,  arrondissement  d'Alais. 

Ce  nom,  en  lat.  AujMum,  offre  un  exemple  intéressant 
de  la  composition  des  noms  dans  nos  pays,  qui  confirme  ce 
que  nous  disons  à  Tart.  Argus,  Inutile  d'abord  de  remar- 
quer que,  selon  la  règle  invariable  de  notre  dialecte,  le  e 
final  est  supprimé.  Mais,  auprès  de  ce  hameau,  se  trouve 
un  écart  qui  est  indififêremment  appelé  Aoujagué  ou  Aow- 
Jargué,  petit  Aujac.  Le  premier  diminutif  est  dans  la 
forme  ordinaire  et  régulière  de  tous  les  noms  propres  en 
o,  le  second  présente  cette  particularité  que,  par  l'ad- 
jonction de  la  consonne  r,  il  entre  dans  la  catégorie  des 
appellations  en  argue,  et  se  montre  en  complète  analogie 
avec  le  nom  Aoujargue,  Aujargues,  commune  du  canton 
de  Sommières,  arrondissement  de  Nimes.  Ce  sont  bien  là 
les  mêmes  noms  sous  différentes  finales,  et  ils  sont  rendus 
par  la  même  forme  latine;  mais  en  même  temps  ils  sont 
identiques  à  Aoujan,  ruisseau  près  d'Anjac,  à  Augy  9i6rd)„ 
et  à  Aujon  (Haute-Marne). 


56 


AOU 


AOU 


Qoant  à  I*étymologie,  comme  Anjargnes  se  disait  autre- 
fois Orjargues,  il  est  probable  que  la  même  altération 
a  eu  lieu  pour  Aujac.  Si  donc  Orjargues  dérive  du  lat 
Àurum,  Aujac  doit  en  venir  aussi,  avec  d'autant  plus  de 
raison  qu'il  est  situé,  comme  Orjargues,  sur  un  de  ces  ruis- 
seaux qui  roulent  des  paillettes  d'or. 

Âouiourdhinôi,  adv.  ou  Hinèî,  Aujourd'hui.  Aoujour- 
dhiiiét  est  plus  grave  que  Biuèï  :  celui-ci  désigne  plus  par- 
ticulièrement le  jour  même  où  l'on  parle  ;  le  premier  s'étend 
à  toute  l'époque,  à  tout  le  régime  actuels. 

Dér.  du  lat.  Hodiè,  et  formé  du  datif  dou,  et  jour,  hui. 

ÂOUliTastre-bouscas,  s.  m.  Troënc,  Ligustrum  vulgare, 
Linn.  Arbrisseau  de  la  fam.  des  Jasminées,  commun  le  long 
des  baies. 

Âoumédo,  s.  f.  Ormoie,  lieu  planté  d'ormes. 

Dér.  du  lat.  Ulmarium,  ou  de  Oumê. 

Âouméléto,  «.  f.  Omelette,  œufs  battus  et  cuits  dans 
la  poêle.  —  Vous  la  révira  eoumo  uno  âoumélélo,  il  vous 
l'a  rebiffé  comme  on  retourne  une  omelette.  —  Faire  l'àou- 
méléto,  faire  la  fête,  le  repas  du  lundi  de  Pâques,  dont 
l'omelette  forme  le  plat  de  fondation,  le  mets  tradition- 
nel. Cette  coutume  tient  aux  anciens  rits  de  l'Eglise  pri- 
mitive, où  les  œufs  mêmes  étaient  interdits  pendant  le 
Carême.  La  jubilation  pascale  se  traduisait  par  le  rappel 
des  œufs  longtemps  proscrits. 

Du  fr.  Omelette,  de  œufs  mêlés. 

Âouménta,  v.  Augmenter;  croître  en  valeur  ou  en 
quantité.  Se  dit  principalement  du  prix  des  denrées  en 
hausse ,  et  aussi  d'une  rivière  dont  les  eaux  commencent  à 
se  gonfler  par  de  fortes  pluies. 

Trad.  du  fr. 

Aonméiitacioa,  s.  f.  Augmentation  de  prix ,  hausse  de 
prix  ;  augmentation  du  nombre  des  mailles  dans  un  tricot. 

Âonmomo,  $,  f.  Aumône,  ce  qu'on  donne  aux  pauvres 
par  charité.  —  Démanda  Vdoumomo,  demander  l'aumône. 
Fa%r€  Vdoumomo,  faire  la  charité. 

Dér.  du  gr.  2Xni(&oo^w). 

AoiinOt  '•  A  Aune,  mesure  ancienne  de  longueur.  —  Ce 
mot  est  peu  usité  dans  le  style  vulgaire,  parce  que  cette 
mesure,  venue  de  Paris,  n'est  connue  dans  le  Midi  que 
depuis  peu.  Gomme  les  marchands  s'en  sont  servis  jusqu'à 
remploi  exclusif  et  obligé  du  mètre,  force  était  au  peuple 
de  connaître  la  valeur  de  l'aune  et  de  la  comparer  à  sa 
mesure  vulgaire,  lou  pan.  L'aune  représente  cinq  pans 
moins  un  quart.  —  Vay.  Pan. 

Trad.  du  fr. 

Aoupila  (s*),  V.  Se  pasûonner  maladivement  pour  cer- 
tains aliments  même  insalubres;  s'adonner  avec  ardeur  à 
leur  usage;  désirer  se  nourrir  de  substances  terreuses  comme 
b  cendre,  la  suie,  le  plâtre,  le  sel.  Cette  maladie,  k  laquelle 
les  jeunes  filles  sont  particulièrement  sujettes,  se  nomme 
«a  fr.  malaise. 

Dér.  du  kàt.  OppOare,  fermer,  boucher,  venant  du  gr. 
viXdw,  je  serre. 


Âouquo,  s,  f.  Oie  domestique  ou  sauvage,  Anaa  anter, 
Linn.  Oiseau  de  l'ordre  des  Palmipèdes.  —  Mareho  coumo 
uno  âouquo  crébado,  il  marche  comme  une  oie  crevée, 
phrase  proverbiale  qui  correspond  à  :  il  marche  lourdement 
et  les  jambes  écartées.  En  vieux  français  du  moyen  âge, 
on  disait  auque  pour  oie,  témoin  l'histoire  fabuleuse  de  la 
reine  Pédauque,  nom  que  l'on  a  donné  â  la  reine  Berthe, 
mère  de  Charlemagne,  dont  on  voit  les  statues  sur  quel- 
ques monuments  gothiques,  avec  des  pieds  d'oie,  traduction 
du  nom. 

Les  Joyeuses  Recherches  de  la  langue  tolosaine,  de  Cl.  Odde 
de  Triors,  publiées  au  XV1«  siècle,  sont  curieuses  â  con- 
sulter sur  notre  article.  Elles  disent  :  Auque  (Aouquo)  idem 
sonat  gallico  sermone  quod  Oye ,  hinc  illud  en  ceste  cité, 
estre  coumo  las  auquos  de  Blagnae,  que  se  leuan  de  matg' 
lis  per  heoure.  Et  dicuntur  hœc  à  l'endroit  de  ceux  qui 
naturellement  sont  altérez  comme  vue  esponge,  et  lesquels 
escase  poyne  ne  sont  pas  sourtis  du  lict  qui  crient  à  layguo, 
à  layguo,  ie  voulois  dire  au  vin...  Est  et  aliud  vulgare 
dictum  en  ceste  cité  de  Tholose  sur  ce  motd'au^ruo,  ainsin  : 
Non  quai  pas  parla  sinon  quand  Vauquo  pisso  ;  et  Kae  à 
l'endroict  de  ceux  qui  n'ont  que  babil.  Le  diminutif  d'a«- 
que  est  auqueto,  hinc  illud,  en  ceste  mesme  cité  :  à  la 
SanfAnneto,  taston  Uobu  à  Vauqueto. 

Dér.  selon  certains  étymologistes  du  celt.  Auea  ;  suivant 
d'autres,  du  lat.  Avis  ;  mais  il  y  avait  sans  doute  â  la  suite 
quelque  épithète  spéciale,  que  la  contraction  subie  par  le 
mot  ne  laisse  pas  deviner.  En  ital.  Oea. 

Âouraîe,  s.  m.  Tempête,  grand  vent.  —  Ce  mot  n'a 
aucun  rapport  de  signification  avec  le  fr.  orage,  qui  a 
cependant  une  origine  commune  dans  le  lat.  Aura,  vent. 
Le  français  a  dévié  du  sens  primitif,  le  languedocien  y  est 
resté  fidèle. 

Âouréiado,  s.  f.  Action  de  tirer  les  oreilles;  conedioii 
donnée  ou  reçue  en  tirant  les  oreilles. 

Dér.  de  Aourêio. 

Âouréiéto,  t.  f.,  ou  Bougnéto.  (F.  c.  m.)  Beignets 
sucrés,  faits  avec  de  la  fleur  de  farine,  du  sucre  et  de  la 
fleur  d'oranges.  —  C'est  un  dim.  d'dourètb,  et  les  beignets 
susdits  sont  ainsi  nommés,  non  pas  à  cause  de  leur  dimen- 
sion, qui  dépasse  de  beaucoup  celle  de  l'oreille,  mais  à 
cause  de  leur  forme  et  de  leur  plus  ou  moins  de  ressem- 
blance avec  l'oreille. 

Aouréîo,  i.  f.  Oreille,  organe  de  l'ouXé.  —  Es  du  d'âou- 
rêio,  il  a  l'oreille  dure.  Pénja  Vàouréio,  porter  Torôlle 
basse,  être  tout  honteux.  Pouda  en  dotiréib  dé  lèbre,  tailler 
la  vigne  ou  un  jeune  plant  de  mûrier  à  oreille  de  lièvre* 
c*est4^re  lorsque  deux  des  scions  que  l'on  conserve  ae 
réunissent  en  angle  aigu  par  leur  base.  C'est  un  dé&m 
pour  la  bonne  direction  à  donner  â  l'arbre  dont  l'enfoor- 
chure  devient  trop  serrée. 

Dér.  du  lat.  Aurietda,  dim.  de  awrii. 

Aonrêio-d'aie,  t.  f.  Grande  consoude,  Consoude  ofi- 
cinale,  SymphUum  consolida,  Linn.  Plante  vulnéraira  de 


AOU 


AOU 


57 


k  fam.  des  Borragînôes,  commune  dans  les  prairies 
humides. 

Son  nom  loi  vient  de  la  forme  de  ses  fenilles. 

Aonréin,  ndo,  adj.  Oreillaid,  qui  a  de  longues  oreilles. 

Dêr.  de  Âourèio. 

Acmréîa,  v.  Donner  de  Tair;  secouer  à  Tair,  poor  faire 
perdre  Thumidité;  essorer,  faire  sécher  à  Tair. 

Dér.  du  lat.  Aura, 

Aoiirén]6,f.  m.  n.pr,  de  lien.  Orange,  ville  du  Gomtat, 
dans  le  département  de  Vaucluse.  —  On  doit  dire  :  Âna 
en  Aourénje,  pour  :  aller  à  Orange.  —  Voy.  Âoubénas, 

Aoiiriolo,  f .  f.  Chardon  étoile  on  Chausse-trappe,  Cen- 
taurea  ealeitrapa,  Linn.  Plante  qui  croit  dans  les  champs 
i  blé,  et  commune  sur  le  bord  des  chemins,  dont  la 
semence  est  enfermée  dans  une  espèce  de  hérisson  très- 
inquant.  —  Voy.  Cago-trépo. 

Dér.  du  lat.  Aureolui,  qui  est  couleur  d*or,  parce  que  sa 
fleur  a  cette  nuance. 

Aoniipèlo  ou  Âouripènlo,  «.  f,  Erysipèle,  inflamma- 
tion superficielle  de  la  peau,  avec  rougeur,  chaleur  et  une 
très-légère  tuméCsction. 

Gorr.  dn  fr. 

Aonristre,  #.  m.  Ouragan,  coup  de  vent  subit  et  de  peu 
de  durée. 

Dér.  du  lat.  Aura. 

àonro,  <.  f.  Vent,  souffle  ;  grand  vent ,  génériquement. 
Aouro  d'Aou,  oudouro  drécho,  bise,  vent  dn  nord  ;  mistral. 
Aouro  folo,  coup  de  vent  impétueux.  Aouro  rouiso,  ou  Rou- 
vérgauo,  vent  du  nord-est,  ou  qui  vient  du  côté  du  Rou- 
eigoe,  relativement  aux  Cévennes  :  c'est  un  vent  chaud  et 
malsain  pour  les  vers  à  soie.  —  Di  Vâouro,  en  terme  de 
cadastre,  à  l'aspect  ou  du  côté  du  nord. 

Dér.  du  lat.  Aura. 

Acmroùs.  ouso,  adj.  Venteux,  qui  donne  du  vent  ;  qui 
€il  exposé  au  vent.  —  Voy,  Abriou. 

Dér.  du  lat.  Aura. 

AoÙBJ  «.  m.  Août,  huitième  mois  de  Tannée.  — Prvb.  :  Si 
pldou  en  aoiu,  tout  oli  ou  tout  mous,  s'il  pleut  en  août, 
bonne  récolte  d'huile  ou  de  vin. 

Dér.  du  lat.  Augu$tu$. 

Voici  un  de  ces  mois  sur  lesquels  se  fait  le  mieux  sentir 
rinfluenoe  de  l'accent  dans  la  prononciation  et  par  suite 
dans  la  signification  :  sa  contexlure  le  rapproche  beau- 
coup de  la  particule  âou,  dipht.  ;  son  accentuation  l'en 
écarte  absolument,  en  en  faisant  une  dissyllabe  par  le  seul 
déplacement  de  la  tonique.  Ces  petits  incidents,  qui  sont 
très-essentiels  à  observer,  tiennent  de  trop  près  au  méca- 
nisme de  notre  orthographe  et  se  présentent  trop  souvent 
pour  que  nous  négligions  d'y  insister.  —  Voy.  Aeén. 

Au  commencement  ou  dans  l'intérieur  d'un  mot  poly- 
syllabique, toutes  nos  voyelles  gardent  leur  son  naturel, 
et  c'est  pour  cela  qu'il  serait  inutile  de  les  accentuer. 
Gqendant  VE,  à  cause  de  ses  intonations  différentes, 
m6rite  une  exception,  et  il  a  besoin  d'un  signe  qui  marque 


sa  consonnance  grave  ou  aiguë,  ouverte  ou  fermée  ;  nous 
n'avons  pas  cru  pouvoir  nous  en  dispenser  même  dans  les 
monosyllabes  fVoy.  lettre  EJ.  Pour  les  autres  voyelles, 
quand  elles  forment  diphthongues  ou  triphthongues,  quelle 
que  soit  leur  place  dans  le  mot,  la  dominante  est  ton- 
jours  distinguée  par  l'accent  circonflexe. 

Mais  c'est  surtout  à  la  finale  des  mots  que  se  fait  la 
cadence,  que  se  produit  la  modulation  propre  aux  idiomes 
méridionaux.  C'est  là,  sur  la  dernière  syllabe  ou  sur  la 
pénultième,  que  repose  l'accent  tonique,  cette  inflexicm 
qu'aucun  signe  n'indique  le  plus  souvent,  mais  qui  bien 
des  fois  aussi  est  signalée  par  la  présence  de  l'accent  gram- 
matical. Nous  rappelons  cette  règle. 

Dans  notre  dialecte,  les  voyelles  il  et  r  exceptées,  toutes 
les  autres,  y  compris  la  composée  ou,  sont  féminines  ou 
muettes  quand  elles  se  trouvent  à  la  fin  d'un  mot  polysyl- 
labique, seules  ou  suivies  d'un  m,  ou  en  composition  d'une 
diphlhongue  ou  triphthongue,  à  moins  toutefob  qu'elles 
ne  soient  accentuées.  ^ 

Ce  principe  est  général  et  absolu.  Aussi  qu'arrive-t-il 
dans  la  prononciation?  La  tonique,  qui  est  dans  chaque 
mot,  et  seulement  à  la  fin,  ne  peut  s'appuyer  que  sur  une 
syllabe  pleine,  forte  ou  masculine;  la  tenue  est  donc  ame- 
née sur  la  dernière,  grave  de  sa  nature  ou  marquée  d'un 
accent.  Sur  cette  syllabe  se  module  la  note,  se  condense 
l'imperceptible  repos  prosodique.  Les  syllabes  précédentes, 
quelle  que  soit  d'ailleurs  leur  qualité  ou  leur  nature,  son- 
nent de  leur  son  naturel  sans  doute,  mais  se  prononcent 
plus  rapidement,  plus  légèrement  en  quelque  sorte,  la  voix 
s'arrètant  sur  la  syllabe  accentuée,  sur  la  voyelle  domi- 
nante, quand  il  y  a  diphthongue  émise  d'un  seul  jet. 

L'application  en  exemples  est  saisissante.  Ainsi  A  natu- 
rel, toujours  éclatant,  est  néanmoins  bref  dans  barda,  bar- 
dot; tantds,  tantôt;  iscaloù,  échelon  ;  lAngadà,  Languedoc, 
tandis  qu'il  est  long  et  grave  dans  les  mots  homographes, 
hardo,  bat;  iantos,  les  tantes;  éecalou,  ils  grimpent;  linr 
gado,  coup  de  langue,  etc.,  etc.  Toute  la  différence  est  dans 
l'accent  final,  qui  convertit  la  syllabe  tonique  de  brève  en 
longue,  d'une  noire  fait  une  blanche,  et  produit  cette  inver- 
sion musicale  et  un  sens  nouveau.  Il  en  est  de  même 
pour  les  autres  voyelles.  Le  secret  de  la  prononciation 
vraie  et  juste,  comme  la  raison  de  notre  orthographe,  ne 
tient  qu'à  l'observation  de  cette  règle. 

Pour  en  revenir  maintenant  à  notre  article,  il  est  facile 
de  comprendre  sur  le  mot  Aoùs  la  nécessité  et  l'effet  de 
l'accent.  Si  la  finale  n'était  pas  accentuée,  elle  resterait 
muette  féminine,  et  par  son  contact  avec  la  voyelle  forte 
a,  elle  serait  absorbée,  et  deviendrait  diphthongue,  se 
confondant  avec  elle.  L'accent  grave  la  dégage,  et  avertit 
qu'elle  doit  servir  d'appui  à  la  voix  :  il  décide  du  son  et 
du  sens.  Dans  la  versification,  l'épreuve  est  bonne  à  faire  : 
lou  mes  d^aoùs,  le  mois  d'août,  ne  rime  pas  avec  hu$  dé- 
ddous,  les  dés  à  coudre,  pas  plus  que,  par  une  raison  sem- 
blable, ne  rimeraient  hu$  maoùs,  les  carreaux  de  terre 

s 


58 


AOU 


AOU 


coite,  avec  tous  mdous,  les  maux.  Pourquoi  ces  différences 
d'assonaances  dans  des  mots  où  les  mêmes  voyelles  se 
reproduisent  ?  Simplement  parce  que  ici  ou  là  la  position 
de  Taccent  a  été  intervertie.  La  tonique  est  fixée  dans  les 
premiers  sur  où*  accentué,  qui  fait  un  mot  dissyllabe  de 
a-où*  et  ma-oùM,  et  dans  les  derniers  déddoui  et  mâout,  il 
y  a  diphthongue,  et  la  voix  pèse  sur  Va. 

Au  moyen  de  cette  simplification. et  sans  préjudice  pour 
Fintelllgence  du  mot,  on  arrive  i  cet  autre  principe  du 
languedocien,  de  n'écrire  que  comme  on  prononce,  avec  les 
seules  lettres  nécessaires,  et  toutes  devant  être  articulées. 
La  parasite  h  pourrait  donc  être  sacrifiée  dans  bien  des 
mots  sans  que  le  sens  eût  à  en  soufirir.  JKf ooù  servirait 
d'exemple,  et  dans  le  même  cas  se  trouverait  traî,  trahir, 
dissyllabe  par  Taccent,  qui  ne  se  confondrait  pas  non  plus 
avec  traï,  il  jette,  monosyllabe  par  la  diphthongue. 

Ces  observations  se  répéteraient  également  sur  les  autres 
voyelles.  Elles  viendront  à  leur  place,  mais  il  est  déjà 
facile  de  les  pressentir  par  l'épellation*  des  mots  :  Sai, 
panne  de  porc,  et  saï,  céans  ;  mXoû,  meilleur ,  et  mtou, 
mien  ;  fia,  feu,  et  fïo,  fille;  péls»  pays,  et  péit,  poissons,  et 
dans  la  longue  série  des  homographes  que  nous  avons 
cités,  que  Tabsence  ou  la  présence  de  Taccent  sur  une 
des  lettres  de  la  syllabe  finale  modifie  si  profondément. 

L'harmonie  de  notre  langue  se  compose  de  ces  nuances 
de  tons  et  de  demi-tons,  qull  est  indispensable  de  noter 
distinctement  dans  récriture.  C'est  la  quantité  prosodique, 
la  mesure,  que  l'orthographe  a  charge  de  marquer.  Nous 
avons  essayé  de  poser  quelques  règles,  qui  se  compléteront 
d'observations  successives,  principalement  en  traitant  des 
voyelles  et  de  leur  assemblage  dans  les  diphthongues.  L'in- 
telligence de  notre  dialecte  est  toute  dans  la  prononciation 
juste;  la  notation  écrite  doit  tendre  à  s'en  rapprocher  autant 
que  l'alphabet  usuel,  adopté,  classique,  peut  le  permettre. 

Aousa,  V.  Oser,  avoir  l'audace  ;  s'enhardir. 

Dér.  du  lat.  Ausus,  part.  pass.  de  audere. 

Aousar,  i.  m.  Hussard  ou  housard,  corps  spécial  de 
cavalerie  légère. 

Corr.  dufr. 

Aousardo  (à  V) ,  adv.  A  la  housarde,  à  la  mode  des 
housards;  cavalièrement. 

Aooséro  ou  Lâonséro,  s.  f,  Lozère,  chaîne  de  monta- 
gnes qui  donnaient  autrefois  leur  nom  à  toute  la  contrée, 
et  le  donnent  aujourd'hui  à  un  déparlement.  Les  princi- 
paux sommets  de  la  Lozère  sont  granitiques ,  mais  son 
extrémité  orientale,  qui  est  dans  le  département  du  Gard 
et  se  nomme  la  Tète-de-Bœuf,  est  composée  de  schiste  mi- 
cacé, comme  la  plupart  des  montagnes  secondaires  qui 
suivent  sa  direction.  Il  parait  que  c'est  de  cette  espèce  de 
pierre,  qu'on  appelle  làouso  dans  le  pays,  que  le  mot  ZAou- 
Uro  aurait  été  formé,  et  l'usage  actuel  l'a  contracté  par 
celui  de  Aouséro. 

Aousérô,  oto,  adj.  Lozerot,  habitant  de  la  Lozère  ou 
du  départ,  qui  porte  ce  nom.  —  On  ne  sait  pourquoi  ces 


habitants,  lorsqu'ils  se  répandent  dans  la  France,  sem- 
blent vouloir  renier  ce  nom  de  Loxeroi  et  le  remplacer  par 
celui  de  Lozérien,  qui  est  antipathique  au  génie  de  leur 
langue  originaire.  Si  on  les  appelle  Loxériens,  à  Paris,  sur 
parole,  ils  restent  Lozerot»  pour  leurs  voisins  du  Lan- 
guedoc. —  Voy.  Gava. 

Aonsl,  V.  Ouïr,  entendre  ;  percevoir  les  sons  ;  écouter. 
—  AotAsei?  m'entends-tu?  entends-tu?  Ce  temps  de  verbe 
appartient  à  un  dialecte  au-dessus  d'Alais;  car  ici  il  ferait  : 
àoutisset  ?  Il  est  cependant  très-adopté.  Ou  gave  pas  qui 
pér  dousi  dire,  je  ne  le  sais  que  pour  l'avoir  ouï  dire,  je  ne 
l'ai  pas  vu.  N'aï  pas  àousi  dire  aquà,  je  n'ai  pas  entendu 
parler  de  cela.  Aquà  fat  bon  àousi  dire,  c'est  bon  à  savoir. 
Sévène,  tnàousiras,  si  je  viens,  tu  m'entendras.  Diou 
vous  àousiei  Dieu  vous  écoute!  J'en  accepte  l'augure. 

Dér.  du  lat.  Audire. 

Aonsido,  f .  f.  Ouïe,  l'un  des  cinq  sens  ;  faculté  d'ouïr. 
— /-a  leva  Vàousido,  il  l'a  étourdi  du  coup.  Parti  d'àousido, 
prendre  feu  à  la  première  parole  ;  être  prompt  et  vif;  se 
décider  étourdiment  et  sans  réfléchir. 

Dér.  du  lat.  Auditus. 

Aonsidoù,  i .  m.  Tympan,  orbite  auriculaire  ;  oreille. 

Dér.  de  Aousi. 

Aousidouîros,  f .  f.  pi.  Oreilles;  organe  auditif. — S'em- 
ploie pour  ouïe  et  oreille,  en  poésie  et  style  trivial. 

Dér.  de  Aousi. 

Aousino  et  Eousino,  f .  f.  Gland  du  chêne  vert.  -^  Car 
d'dousino,  chair  ferme  et  de  bonne  qualité,  telle  que  celle 
des  porcs  qui  se  nourrissent  de  glands.  On  pousse  la  com- 
paraison jusqu'à  l'espèce  humaine  :  quand  on  pince  les 
joues  rondes  et  fermes  d'un  bel  enfant,  on  dit  :  Aquà's  dé 
car  d'dousino.  —  Voy.  Eousino. 

Dér.  de  Eouse. 

Aonssé,  s.  m.  Troussis  ;  plis  qu'on  fait  au  bas  de  la 
robe  des  enfants  et  qu'on  découd  pour  l'allonger  à  mesure 
qu'ils  grandissent.  —  Voy.  Bàoussé. 

Dér.  de  Hàoussa. 

Aoussèl,!.  m.  Dim.  Aoussélé,  AousséloU;  augm.  et  péj. 
Aoussèlas.  Oiseau,  animal  vertébré  et  ovipare,  ayant  un  bec, 
des  plumes  et  des  ailes.  —  L'àoussèl  dé  Sén  Lu,  l'oiseau 
de  saint  Luc,  le  bœuf,  parce  qu'on  le  représente  ailé  ;  se 
dit  ironiq.  d'une  personne  lourde,  pesante,  qui  ressemble 
par  sa  marche  et  sa  tournure  à  un  bœuf. 

Aoussélé  est  proprement  un  petit  oiseau;  dousséhik,  un 
oiseau  de  nichée;  doussélas,  un  oiseau  de  proie,  un  gros  et 
vilain  oiseau. 

Aoussèl*  f.  fit.  Instrument  pour  porter  le  mortier;  sorte 
de  bemie  en  planches,  ouverte  d'un  côté  et  à  deux  man- 
ches, que  Ton  porte  sur  le  cou,  pour  monter  le  mortier 
aux  maçons  sur  leur  échafaudage;  on  l'appelle  en  fr.  oiseau 
ou  mieux  augeot,  qui  parait  être  une  corruption  de  augéot, 
petite  auge. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Aueeilus,  dit  pour  avieellui,  dim. 
de  Avis. 


AOU 


APA 


59 


AonMôla  (s*),  v.  S'ébouriffer,  comme  font  les  oiseaux 
en  colère;  se  hérisser.  Au  fig.  se  mettre  en  colère,  s'irriter, 
s'emporter,  hausser  le  ton,  monter  sur  ses  grands  chevaux. 

Dér.  de  Aousièl. 

Aoussélino,  t.  f.  La  gent  volatile,  qui  porte  plumes  ; 
les  petits  pieds.  Quelquefois  se  dit  fam.  et  par  contre- 
vérité  d'un  gros  oiseau  de  rapine. 

Dér.  de  Aoutsèl. 

Âonssén,  s.  m.  Absinthe,  armoise-amère,  Ârtemisia 
ahnnthium,  Linn.  Plante  de  la  fam.  des  Composées  corym- 
bifères  ;  elle  croit  dans  les  montagnes  des  Cévennes.  —  La 
plante  n'a  de  commun  avec  la  liqueur  du  même  nom, 
fabriquée  aujourd'hui,  que  le  souvenir  de  ce  baptême  pri- 
mitif, où  les  feuilles  de  la  tige  macérées  entraient  pour 
quelque  chose,  au  moins  pour  leur  parfum.  Aussi  le  vieux 
nom  languedocien  n'est  plus  connu  qu'en  botanique,  et  les 
amateurs  du  breuvage  dont  nous  parlons,  en  ont  fait  bra- 
vement :  Arténto,  et  s'empoisonnent  pour  faire  la  mode, 
tout  en  parlant  mal  leur  langue. 

Aonssnro,  s.  f.  Hauteur,  éminence,  cime  d'une  mon- 
tagne; tout  endroit  comparativement  plus  élevé  qu'un 
autre.  —  Sus  ràousturo,  sur  la  hauteur,  au  sommet. 

Dér.  de  Ndoutsa,  nàou, 

Aonta,  f.  m.  Autel,  table  destinée  aux  sacrifices  et  par- 
ticulièrement à  la  célébration  de  la  messe.  —  Lou  gran- 
t-âovOa,  le  mailre-autel. 
•    Dér.  du  lat.  Altare. 

Âontonna,  v.  Automner  ;  jeter  du  bois  dans  l'arrière- 
saison;  mûrir  en  automme.  — Se  dit  particulièrement  de  la 
pousse  que  fait  le  mûrier  après  avoir  été  dépouillé  de  sa 
feuille  et  taillé  au  commencement  de  l'été.  C'est  au  prop. 
pousser  en  automne. 

Aontoiino,  t.  /.  Automne,  troisième  saison  de  l'année, 
entre  l'été  et  l'hiver. 

Dér.  du  lat.  Autumnui. 

Âoutonr,  mieux  :  A  réntonr,  adv.  Autour,  à  l'entour, 
aux  environs.  —  £s  âouiour  de  mièjo  gnué,  il  est  environ 
minuit. 

Formé  de  Aou,  article,  et  de  tour, 

Aontra,  âontro,  pron.  et  adj.  Autre. —  D'âoutre-tén, 
autrefois,  jadis.  Aoutre  mdou  noun  y  aguef  Que  tout  le 
mal  se  réduise  là  !  Oh  !  pour  cela,  c'est  un  petit  malheur  ! 
Ommo  disiè  Vàoutre,  comme  disait  cet  autre  :  sorte  de  pré- 
caution oratoire  pour  commencer  une  phrase  proverbiale. 
7<mC  un  ou  tout  àoutre,  tout  blanc  ou  tout  noir,  point  de 
milieu.  E$  tout  àoutre,  il  est  singulièrement  changé,  on  ne 
le  reconnaîtrait  pas.  Un  co  l'un,  un  co  l'doutre,  tantôt 
l'un,  tantôt  l'autre  ;  alternativement.  Une  àoutro  fés,  une 
autre  fois;  pas  cette  fois-ci,  une  autre. 

Dér.  du  lat.  Alter. 

Aontromén  ou  Âontramén,  adv.  Autrement,  d'une 
antre  manière  ;  sans  cela  ;  sinon.  —  Faras  eé  que  té  dite, 
éoutromén!..,  tu  feras  ce  que  je  te  dis,  sinon!...  Dans  le 
dialogue  familier,  on  l'emploie  d'une  manière  explétive,  et 


sans  qu'on  lui  attache  un  sens  positif  :  Aoutramén  disias 
que.,,,  vous  disiez  donc.  C'est  une  formule  pour  changer 
de  propos,  pour  ramener  à  la  question. 

Âoutros-lés,  adv.  Autrefois,  jadis,  au  temps  passé. 

Aonzon,  s,  m,  n.  pr.  de  lieu.  Auzon,  hameau  de  la 
commune  d'Allègre,  arrondissement  d'Alais;  et  Alzon, 
chef-lieu  de  canton,  arrondissement  du  ^gan. 

Les  deux  appellations  sont  les  mêmes  en  languedocien, 
et  se  trouvent  aussi  mentionnées  dans  le  dénombrement  des 
feux  de  la  sénéchaussée  de  Beaucaire  et  de  Nimes,  en  4384, 
avec  la  même  orthographe  latine,  Alsonum.  On  sait  la  faci- 
lité àa  al  à  se  transformer  en  au  et  à  s'exprimer  par 
àou  dans  la  langue  vulgaire  :  le  français  n'a  pas  eu  de  pré- 
férence; mais  la  communauté  d'étymologie  des' deux  mots 
n'en  est  pas  altérée.  Il  est  à  remarquer  que  la  finale  ou  en 
lang.,  on  en  fr.,  provenant  du  suffixe  lat.  O  ouonus,  onum, 
est  quelquefois  diminutive,  mais  elle  marque  aussi  l'abon- 
dance et  communique  à  la  chose  représentée  par  le  radical 
une  idée  de  dérivation,  de  conformité  de  nature  ou  de 
ressemblance,  en  même  temps  que  de  quantité  {Voy.  Ou, 
suff.).  Quant  au  corps  même  du  mot,  la  forme  au  pluriel 
aouz,  aux,  ah,  semble  ne  pas  être  tout  à  fait  insignifiante: 
elle  n'aurait  pas  été  employée  pour  indiquer  simplement 
une  localité  placée  sur  une  élévation  et  comme  isolée,  mais 
plutôt  une  localité  entourée  de  hauteurs,  dans  un  pays  de 
montagnes,  où  s'élèvent  de  nombreuses  collines.  C'est  avec 
cette  signification  que  le  sens  du  suffixe  lui  conviendrait 
en  donnant  plus  d'énergie  au  radical,  et  que  l'application 
serait  exacte  pour  les  deux  villages. 

Apaîa,  V,  Garnir  de  paille  ;  faire  la  litière  aux  che- 
vaux ;  jeter  de  la  paille  sous  les  animaux  pour  leur  litière. 

Dér.  de  Pdio. 

Âpanll  (s'),  V.  Pâlir,  devenir  pâle  ;  se  faner,  s'étioler. 

Dér.  de  Farde. 

Âpàonri,  v.  Appauvrir,  rendre  pauvre  ;  rendre  moins 
fertile  ;  devenir  mauvais  ;  épuiser. —  L'doumomo  apàourit 
pas,  l'aumône  ne  rend  pas  plus  pauvre.  Lou  tén  s'apàou- 
ris,  le  temps  se  g&te,  il  se  couvre. 

Dér.  de  Fâoure. 

Apâonsa  (s').  Se  poser,  prendre  pied,  comme  fait  le 
gibier  après  une  remise.  —  S'apàousa,  dans  le  sens  du  fr. 
s'opposer  à...,  n'est  qu'une  corruption,  mais  il  se  dit 
quelquefois.  Il  n'a  pas  la  même  étym. 

Dér.  de  Fàouso. 

Âpâousado,  f .  f.  Reposée,  lieu  où  le  gibier  se  repose  pen« 
dant  le  jour  ou  après  une  remise.  —  Tira  à  l'apàousado, 
tirer  à  la  reposée,  au  gîte.  —  Voy,  Fdousado. 

Dér.  de  Fàouso. 

Apâouta  (s'),  V.  Tomber  sur  ses  mains;  se  mettre  sur 
les  mains. 

Dér.  de  Fdouto. 

Âpâoutoùs  (d'),  adv.  A  quatre  pattes  ;  sur  les  pieds  et 
les  mains. 

Dér.  de  Fdouto. 


60 


APÊ 


APÉ 


Apara,  «.  Défendre,  protéger,  prendre  la  défense.  — 
S'aparo  eoumo  un  catMt,  il  se  défend  de  bec  et  d*ongles. 
S'apara  âou  fré,  se  garantir  da  froid.  Po  piu  i'apara  àou 
prtmfl,  il  ne  peut  pas  se  défendre  contre  la  fortune  ;  il  a  on 
bcmheur  insolent  ;  tont  loi  réassit.  Apara  Uu  mouacos, 
chasser  les  mouches. 

Oér.  du  lat.  Âpparare,  armer  pour  la  défense.  En  ital. 
Pararê,  en  esp.  Parar, 

Apara,  v.  Tendre,  présenter  on  récipient  quelconque 
pour  recevoir  ce  qu'on  y  jette;  attraper  au  vol  ce  qu'on 
vous  jette.  —  Aparo  toun  fandâou,  lou  pagnè,  ioun  capèl, 
ta  man,  tends  ton  tablier,  le  panier,  ton  chapeau,  ta 
main. 

Dér.  du  lat.  Aperire,  ouvrir. 

Aparamén,  adv.  Probablement,  apparemment,  sans 
doute. 

Empr.  au  fr. 

Aparéîà,  v.  Accoupler,  appareiller ;.  ranger  deux  à 
deux. 

Dér.  de  ParU. 

Aparénço,  t.  f.  Physionomie  extérieure  d'un  objet,  ses 
apparences,  ce  qu'il  semble  être  ;  vraisemblance,  proba- 
bilité. —  Aquél  Ua  a  bono  aparénço,  ce  blé  en  herbe  pro- 
met beaucoup.  T-a  pas  aparénço  que  parliguén  hiuèï,  il  est 
peu  probable  que  nous  partions  aujourd'hui. 

Dér.  du  lat.  Apparere. 

Aparénta,  ado,  adj.  Apparenté,  allié.  —  Vout  ses  pas 
mâou  aparénta,  vous  voilà  bien  apparenté  ;  vous  avez  des 
parents  dont  vous  pouvez  être  fier. 

Aparénta  (s*),  v.  S'apparenter,  former  par  un  mariage 
des  liens  d'afdnité  avec  une  famille. 

Dér.  du  lat.  Ap  pour  ad,  et  parêns,  parentis. 

Aparia,  v.  Egaliser,  rendre  égal  ;  unir,  ajuster.  —  On 
apario  les  vers  a  soie  de  dKTérents  âges,  en  donnant  aux 
plus  jeunes  plus  de  clialeur  et  de  nourriture.  — Aparia  las 
Uiros,  assoinbler  les  loltrps  quand  on  apprend  à  lire.  Y-a 
pas  rés  quaparie  aquà,  il  n'y  a  rien  de  pareil  à  cela  ;  tel 
homme  ou  tel  objet  n'ont  pas  leur  pareil. 

Aparia  (s'),  v.  S'apparier,  s'accoupler,  se  réunir  par 
paires  ;  se  comparer,  se  mesurer. 

Dér.  du  lat.  Par,  d  où  parél. 

Apartémén,  t.  m.  Appartement.  — C'est  un  emprunt  au 
fr.  pour  di^igncr  un  ap^iartemcnt  de  luxe,  la  chambre 
d'honneur  ou  le  salon  de  parade  ;  le  terme  générique  est 
Membre,  —  F.  c.  m. 

Aparténi,  v.  Appartenir,  être  dans  la  possession  de 
quelqu'un.  —  Aquà  i-appartèn  hé,  émb'un  home  dé  soun 
éêpèfo,  dé  faire  lou  déspiehoùs,  il  convient  bien  à  un 
homme  de  sa  sorte  de  faire  le  dédaigneux. 

Dér.  du  lat.  Pertinere,  pertinet» 

Apèl,  «.  m.  Appel  ;  recours  exercé  devant  une  juridio* 
tkm  supérieure.  —  FaXre  Capèl,  faire  son  compte. 

Empr.  au  fr. 

ApÛa«  «.  Appétar,  nommer;  faire  Tenir  à  soi,  attirer. 


—  Lous  volas  apéhu  la  barbasto,  les  cours  d'eau  attirent 
la  gelée  blanche.  Lou  marin  apèh  la  pUjo,  le  vent  du 
midi  amène  la  pluie.  Aquà  s'apHo  parla/  voilà  parler, 
voilà  qui  est  parler.  Aquà  s'apéh  un  home,  voilà  on 
homme  de  tète  et  de  cœur.  Aquà  s'apHo  /  dit-on  souvent 
comme  interj.  pour  exprimer  l'admiration  :  voilà  qui  est 
bien  !  voilà  qui  est  beau! 

Dér.  du  lat.  AppéUare. 

Apéna  (s'),  v.  S'appliquer,  apporter  ses  peines  et  ses  soins. 

Dér.  de  Péno. 

Apéndrls,  driaso,  s.  ei  adj.  Apprenti,  qui  fait  son 
ai^rentissage. 

Gorr.  du  fr.  Apprenti, 

Apéndriasage,  «.  m.  Apprentissage. 

Avec  une  légère  variante  qui  vient  du  génie  de  la  lan- 
gue, empr.  au  fr. 

Apéns  (Lous),  t.  m.  pi.  Hameau  de  la  commune  de  La 
Melouze,  arrondissement  d'Alais.  La  prononciation  du  mot 
est  la  même  en  fr.  qu'en  laug. 

Dér.  du  celt.  Pen,  cime;  sommet,  pointe  d'une  mon- 
tagne. La  lettre  a  qui  le  précède  n'est  que  l'augment  ini- 
tial. La  situation  de  ce  hameau  explique  son  nom.  En 
allem.  pinn,  et  pfin,  haut,  élevé,  hauteur,  sommet.  En 
lat.  pinna^  créneau  de  mur;  pinnaculum,  faite,  pinacle, 
ont  la  même  origine  du  gaulois  pen,  V Apennin,  les  Apenr 
nins,  célèbres  montagnes  d'Italie,  Alpes  penninœ,  Apen- 
ninœ,  sont  le  même  mot  que  notre  Apéns. 

Apénaionna,  v.  Bailler  à  emphytéose,  ou  2  bail  emphy-* 
téotique,  ou  à  locaterie  perpétuelle.  C'est  aliéner  un  im- 
meuble quelconque  moyennant  le  service  d'une  rente  con- 
stituée et  pcrptHuelle,  dont  le  bailleur  ne  peut  exiger  le 
remboursement  tant  que  la  rente  est  régulièrement  servie. 

Dér.  de  Pénsiou. 

Apèou,  f.  m.  Appeau;  toute  sorte  de  sifflet  avec  lequel 
on  contrefait  la  voix  dos  oiseaux  pour  les  attirer  dans 
les  filets  ou  à  portée  du  fusil.  Le  môme  que  Souné.  — >  F. 
c.  m. 

Dér.  de  Apéla. 

Apérésl  (s'),  v.  Devenir  paresseux,  mou,  lâche  au  tra- 
vail ;  s'accoquiner. 

Dér.  de  Péréso. 

Apésa,  V.  Prendre  pied;  appuyer  le  pied;  donner  dn 
pied  à  quelque  chose,  comme  à  un  sac,  à  une  échelle,  à 
une  planche,  qu'on  place  debout  et  que  l'on  apéso  pour  les 
rendre  plus  solides. 

Dér.  de  Pi,  au  plur.  pèses, 

Apétl,  s.  m.  Appétit,  besoin  ou  seulement  désir  de 
manger.  —  Es  pas  l'apéti  que  manqua,  ce  n'est  pas  faat» 
d'appétit  si  nous  ne  mangeons  pas. 

Dér.  du  lat.  Appeler: 

Apétovi,  ido,  ou  Apétomii,  ido,  cmTj.  Apprêté.  Ne  ta 
dit  que  du  pain  et  ne  se  prend  qu'en  mauvaise  part.  On 
ne  dit  pas  en  effet  :  Dé  pan  bien  apétûui;  mais  :  ÀqmÊi 
pan  éê  mâou  apélouè,  ou  apHoy^idaê,  qui  est  le  p^. 


APL 


APO 


61 


L'6lym.  ettrelle  dans  Apéiï,  ce  qui  oontnrierait  on  pea 
le  Bens  de  œ  mot,  toujonis  appliqué  i  on  pain  qui  ne 
l'excite  ga^;  on  bien  seraiVeUe  dans  sa  formation,  a  grec 
privatif,  et  une  altération  du  mot  pâte,  arrangé  eaphoni- 
qoement,  œ  qui  ne  serait  pas  sans  exemple  T 

Api,  «.  m.  Céleri,  Apium  graveoiênê,  Linn.  Plante  pota- 
gère de  la  famille  des  Ombelliféres.  —  Api  bouseas,  Ache, 
âorlB  de  oâeri  à  femlles  et  i  côtes  plus  menues,  qu'on 
n'emploie  que  par  brins  dans  un  potage.  Son  arôme  est 
beaucoup  plus  fort  que  celui  du  céleri  franc. 

An  commencement  de  ce  siècle,  on  raconte  qu'un  de  nos 
concitoyens,  obligé  d'aller  à  Paris,  se  promit  bien  d*y  faire 
ample  récolte  de  découvertes  qu'il  publierait  au  retour. 
Dans  ce  but,  à  son  premier  diner  au  restaurant,  il  cherche 
sur  une  longue  carte  un  de  ces  metsincoimus  sur  les  bords 
du  Gardon;  il  le  trouve  enfin  et  demande  des  céleris  au 
jos.  On  ne  les  lui  fit  pas  attendre;  mais  i  peine  y  eut-il 
goàté,  qu'il  s'écrie  :  Aï/  êoerédi/  iau$  céleris  ioun  d'apis/ 
Le  mot  est  resté. 

Dér.  du  lat.  Apium,  formé  de  apis,  parce  que  sa  fleur 
cet  recherchée  par  les  abeilles. 

Apialoà,  f .  m.  Etai,  étançon  ;  appui  ;  jambe  de  force 
pour  soutenir  les  cintres  en  bois  d'une  voûte.  —  L'apialoù 
est  un  étai  posé  verticalement  ou  obliquement,  quand  il 
soutient  un  pan  de  mur  qui  menace  ruine  ;  lou  pincèl  est 
œ  même  étai  placé  horizontalement,  quand  il  est  destiné 
a  prévenir  l'éboulement  d'un  mur  ou  d'une  tranchée  de 
terre.  —  Vay,  Pincèl, 

Dér.  du  lat.  PUa,  pilier. 

Apialoima,  o.  Etançonner,  étayer,  étrésillonner  ;  poser 
un  étai. 

Dér.  à'ApiaU^. 

Apiè,  «.  m.  Rucher;  ensemble,  collection  des  ruches 
dans  un  même  lieu.  —  Foy.  Ahèl. 

Dér.  du  lat.  Api$,  abeille  ;  aparium. 

Apignéla,  ado,  adj.  Serré  comme  les  écailles  ou  comme 
les  amandes  d'une  pomme  de  pin. 

Dér.  de  Pigno, 

Apitança,  v.  Ménager  le  mets  que  l'on  mange,  en  y 
lyoutant  beaucoup  de  pain,  en  sorte  que  le  mets  ne  serve 
que  de  véhicule,  d'assaisonnement  à  celui-ci  qui,  selon  les 
régies  d'une  bonne  hygiène  et  surtout  de  réconomie  domes- 
tique, doit  être  le  principal  aliment.  Les  enfants,  qui  sont 
naturellement  gourmands,  font  tout  le  contraire  ;  aussi  est-ce 
particulièrement  pour  eux  que  le  mot  apitança  est  employé. 

Dér.  de  Pitanço, 

Aplacarda,  v.  Placarder  ;  mettre  ou  afficher  un  placard  ; 
appliquer  contre  un  mur,  y  lancer  un  objet  quelconque  de 
nature  à  y  rester  appliqué,  à  s'y  coller.  —  Aplacarda  quâou- 
fitàê,  lancer  quelqu'un  contre...,  le  coller  au  mur,  l'y  fixer 
«Q  le  tenant  par  le  cou  ou  la  poitrine. 

Dér.  de  Placar,  pris  pour  affiche. 

Aylaïui,  «.  Aplanir;  niveler  ;  rendre  uni ,  rendre  lisse. 

Dér.  de  l'adj.  Plan,  du  lat.  Planu$,  êœplanare. 


Aplanalo,  «.  m.  Action  d'aplanir,  aplanisaement. 

Aplati,  V.  Aplatir,  rendre  plat  ;  lancer  avec  force  contre 
un  mur,  contre  la  terre,  contre  un  corps  dur. 

Dér.  de  l'adj.  Pla, 

Apléjl  (s'),  V.  Devenir  pluvieux,  tourner  à  la  pluie. 

Dér.  de  Plèjo. 

Apliqua  (s*),  v.  S'appliquer;  porter  toute  son  attention, 
son  zèle,  son  savoir-faire.  — Il  est  principalement  employé 
pour  exprimer  l'application  d'un  écolier  studieux. 

Empr.  au  fr. 

Aploun,  f.  m.  Aplomb;  ligne  verticale,  équilibre  résul- 
tant pour  un  corps  de  l'observation  de  cette  ligne.  —  Aquét 
mur  ii  pas  gaïrc  sus  soun  aploun,  ce  mur  n'est  guère 
d'aplomb. 

VapUmn  est  un  outil  de  maçon  en  forme  de  triangle 
rectangle,  à  l'angle  droit  duquel  est  fixé  un  cordon  qui  est 
terminé  par  une  boule  de  plomb.  Cet  instrument  sert  à 
reconnaître  le  nivellement  des  assises  d'un  mur  ou  du  gise- 
ment d'une  pierre  de  taille,  c'est-à-dire  son  parallélisme 
avee  l'horizon. 

D'aploun,  adv.  D'aplomb. — Se  dit  pour  :  fortement,  avec 
décision,  sans  hésiter. 

Dér.  de  Ploun. 

Apotro  (Bon),  adj.  m.  Bon-apôtre.  —  Faire  lou  bon- 
npotro,  se  faire  meilleur  qu'on  n'est,  afiecter  la  probité,  la 
générosité.  Es  un  bon-apotro,  se  dit  ironiquement  soit 
d'un  homme  faux,  hypocrite  ;  soit  d'un  libertin,  soit  d'un 
homme  peu  obligeant  ou  de  mauvaise  foi. 

Dér.  du  grec  'AcrdoioXo^,  envoyé,  messager. 

Apouénta,  v.  Pointer,  ajuster  vers  un  but.  —  Terme  de 
jeu  de  boules  ;  c'est  lancer  sa  boule  modérément,  terre  à 
terre,  de  manière  à  approcher  le  plus  près  possible  du  but 
ou  cochonnet.  C'est  le  contraire  de  tira,  qui  signifie  : 
lancer  sa  boule  avec  force  contre  celle  de  l'adversaire  pour 
la  déplacer,  ou  l'éloigner  du  but.  On  dit  au  fig.  et  pro- 
verb.  :  Tiro,  que  iéou  apouènte,  passe  devant,  je  te  sui- 
vrai. On  le  dit  surtout  des  filous  ou  fripons,  qui  s'enten- 
dent pour  duper  quelqu'un. 

Dér.  de  Pouèn,  point,  qui  est  l'expression  reçue  au  jeu 
de  boules  pour  désigner  le  gain  du  coup.  On  dit  :  Es  iéou 
qu'aï  lou  pouèn,  c'est  moi  qui  gagne  le  coup.  —  Foy. 
Pouèn. 

Apoulidi,  V.  Enjoliver,  rendre  joli  ;  embellir. 

Dér.  de  PouH,  adj. 

Apoulina,  v.  Dresser  un  jeune  cheval,  faire  son  éduca- 
tion; le  maquignonner.  Au  fig.  former  par  la  flatterie; 
amadouer;  habituer;  déniaiser.  —  Unofïoapoulinado,XLUB 
fille  délurée,  bien  maniérée,  qui  a  toutes  les  ruses  de  la 
coquetterie,  ou  bien  une  jeune  fille  bien  apprivoisée,  dont 
l'éducation  amoureuse  est  faite. 

Dér.  de  Poulï,  poulain. 

Aponloun,  «.  m.  Gasaquin,  sorte  de  spencer  de  femme, 
d'une  étoffe  ou  d'un  dessin  diffôrent  de  la  jupe.  Cette  mode 
de  nos  grand'mèree  a  duré  longtemps ,  elle  revient  aiyoitf>- 


62 


APR 


AQU 


d*hui.  Il  est  probable  qae  ce  nom  lui  est  venu  du  fr. 
Apollon,  en  usage  dans  le  grand  monde,  toujours  savant 
et  fort  en  mythologie.  En  arrivant  au  peuple,  il  y  est  resté 
pour  représenter  génériquement  toute  sorte  de  vêtements 
justes  à  la  taille  et  ne  formant  qu*un  corsage  sans  jupe. 
Cependant  le  renouveau  de  la  mode  a  introduit  de  nou- 
velles dénominations,  et  il  est  douteux,  qu'elles  soient  plus 
heureusement  trouvées  :  ce  qui  a  dû  faire  conserver  Tan- 
cien  nom. 

Apouncha,  v.  Rendre  pointu;  donner  de  la  pointe,  for- 
mer la  pointe  d*un  outil  en  fer  ou  en  bois.  Au  fig.  Apoun- 
cha d'argén,  mettre  Targeut  au  bout  des  doigts  ;  payer 
comptant.  —  Tout  aquù  apounchariè  pa'n  fu$,  tout  cela 
n'aboutit  à  rien.  Apouncha  dé  joun  émb'uno  masio,  faire 
un  travail  de  dupe,  une  œuvre  sans  objet. 

Dér.  de  Pouncho. 

Apouponnl,  v.  Choyer,  dorloter,  comme  une  nourrice 
fait  pour  un  enfant  en  le  berçant  sur  son  sein. 

Dér.  du  gasc.  Poupot,  sein,  mamelle;  ou  du  fr.  Poupon, 

Apouridi,  V.  Faire  pourrir,  réduire  en  dissolution,  en 
décomposition.  Au  fig.,  gâter  un  enfant. 

Dér.  de  Pourè. 

Aponrta,  v.  Rapporter,  comme  fait  un  chien  qui  rap- 
porte ce  que  son  maître  a  jeté,  ou  laissé,  ou  caché  mêmç 
pour  éprouver  son  intelligence  et  la  finesse  de  son  odorat. 
C'est  là  la  seule  acception  de  ce  mot,  qui  ne  reproduit 
aucune  de  celles  du  verbe  apporter  dont  il  est  cependant 
le  dérivé. 

Aponstios,  s.  fém.  plur.  Attelles,  terme  de  chirurgie  ; 
minces  et  petites  planches  pour  maintenir  les  fractures  d'os. 

Dér.  et  dim.  de  Po$. 

Aponstonml  ou  Apoostéml,  v.  Apostumer,  venir  à  sup- 
puration; abcéder. 

Dér.  du  gr.  \\xs&svr^^:t,  abcès. 

Apouticari,  ou  mieux  Ponticari,  s.  m.  Pharmacien, 
apothicaire.  —  Aquà'$  un  conte  d' apouticari,  c'est  un 
compte  d'apothicaire,  un  mémoire  enflé  à  plaisir. 

Dér.  du  gr.  ^AcroO/^xi),  boutique. 

Apradi,  v.  Gazonner,  semer  un  champ  de  graine  de 
foin  ;  mettre  en  pré.  —  S'apradU  dé  pér  él,  û  se  garnit 
lui-même  de  plantes  fourragères. 

Dér.  de  Pra. 

Apréne,  v.  Apprendre,  acquérir  quelque  connaissance 
qu'on  n'avait  pas  ;  retenir,  graver  dans  sa  mémoire  ;  être 
averti,  prévenu  ;  instruire,  enseigner.  Dans  le  sens  d'ap- 
prindre,  il  signifie  :  apprendre  une  leçon,  un  métier  ;  mais 
non  point  apprendre  une  nouvelle,  un  ouï-dire.  — Ai  apré$ 
ma  liçoià,  j'ai  appris  par  cœur  ma  leçon.  Aprénguè  d'èstre 
mapoù,  il  apprit  le  métier  de  maçon.  S'ou  es  après,  il  s'est 
formé  lui-même  sans  maître. 

Aprine  se  dit  aussi  des  plantes  ou  arbres  tran^lantés, 
qui  poussent  de  nouvelles  racines,  et  d'une  greffe  qui  com- 
mence à  pousser  ;  reprendre. 

Dér.  du  lat.  Prehmdere, 


Aprèts ,  s.  m.  pi.  Apprêt  ;  préparatifs  ;  préparation  en 
général.  Il  signifie  aussi  :  apprêt,  raideur  d'une  étoffe  pro- 
duite par  sa  préparation  ou  par  la  teinture. 

Empr.  au  fr.  En  ital.  Appresto, 

Après,  adv.  et  prép.  Après,  ensuite.  —  Après  la  mort, 
lou  tnèje,  après  la  mort,  le  médecin  ;  c'est  de  la  moutarde 
après  diner.  M'es  toujour  après,  il  m'est  toujours  après. 

Après,  éso,  adj.  et  part,  pass,  de  Apréne,  Appris. 
—  Quand  il  s'emploie  adjectivement,  ce  n'est  guère  qu'en 
mauvaise  part;  alors  il  signifie  :  élevé,  éduqué.  — Siès  bien 
mâou  après,  tu  es  bien  mal  élevé,  mal  embouché.  Un 
mâou-aprés,  un  mal  appris,  un  insolent. 

Aprésta,  v.  Apprêter,  préparer,  disposer;  assaisonner, 
faire  cuire  ;  tenir  prêt. 

Dér.  de  i'ital.  Appretare, 

Aprima,  v.  Amincir,  rendre  mince;  amenuiser;  émin- 
cer {Voy.  Aménuda).  —  S*aprima,  maigrir,  s'user. 

Dér.  de  Prim. 

Apriyada,  v.  Apprivoiser,  priver;  rendre  plus  doux, 
plus  trai table  un  animal  ou  une  personne  d'humeur  sau- 
vage et  farouche. 

Dér.  du  lat.  Privatus. 

Aproucha  (s*),  v.  S'approcher  de  quelqu'un  ou  de  quel- 
que chose. 

S'aproucha  est  employé  particulièrement  pour  :  s'appro- 
cher des  sacrements,  communier.  —  A  Pasquofôou  s'aprou- 
cha, faïre  soun  dévè,  il  faut  faire  ses  Pâques. 

Empr.  au  fr. 

Aprouchan,  adv.  Approchant;  environ;  à  peu  près. 

Formé  de  Aproucha. 

Aprouiita,  v.  Profiter  ;  économiser  ;  ne  pas  laisser  per- 
dre. —  AproufUa  sas  fardos,  user  ses  bardes  jusqu'à  la 
corde.  Aproufitè  cent  èscus  davan  soun  mariage,  il  ramassa 
cent  écus  avant  son  mariage.  Aproufito  bien  âou  coulèje,  il 
profite  bien  des  leçons  qu'il  reçoit  au  collège. 

Dér.  de  Proufï. 

Aproumès,  èsso,  part.  pass.  de  Aproumétre,  Voué,  pro- 
mis. 

Apronmètro,  v.  Promettre,  donner  Tassurance;  s'en- 
gager; vouer;  engager  sa  foi;  passer  des  pactes  de  ma- 
riage. —  T'aprouméle  que  m'ou  pagaras,  je  te  réponds  que 
tu  me  la  paieras.  —  Vousaprouméle  qu'es  pas  vraï,  je  vous 
assure  que  ce  n'est  pas  vrai.  Aï  aproumés  moun  éfan  dou 
bkm,  j'ai  voué  mon  enfant  au  blanc  :  c'est-à-dire  j'ai  fait 
vœu  de  l'habiller  tout  en  blanc  en  l'honneur  de  la  sainte 
Vierge.  Me  soui  aproumés,  je  me  suis  voué,  j'ai  faitvcBa  à 
Notre-Dame. 

Dér.  du  lat.  Promittere. 

Apnîa,  V.  Appuyer;  étayer;  soutenir;  protéger. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Appodiare. 

Apniage,  s.  m.  Droit  d'appui,  de  mitoyenneté.  —  Té 
farài  paga  Vapuiage,  je  te  ferai  payer  la  mitoyenneté. 

Aqnél,  élo,  pron.  dém.  Ce,  cet,  cette,  celui,  celle.  *— 
Aquél  d'aqui,  celui-là.  Es  pas  aquél  que  déouriè  réstre,  il 


AQU 


ÂRÀ 


6S 


n'est  pas  tel  qu'il  devrait  être.  Oh  /  aqtUlo  iài  èro  pa'ncaro 
éstado,  oh  !  voilà  un  propos  que  nous  n'avions  pas  entendu  ! 
en  voilà  bien  d'une  autre  !  Soui  pas  aquél  que  mé  crésès,  je 
ne  suis  pas  l'homme  que  vous  croyez. 

En  ital.  QueUo;  en  esp.  Aquette,  aquello. 

Aqaéste,  este,  pron.  dém.  Ce,  cet,  cette,  celui-ci, 
celle-ci.  —  D'aquéstes  ans,  il  y  a  quelques  années.  D'à- 
quéste  tén,  par  ce  temps-ci. 

En  ital.  Quésto;  en  esp.  AqtMste, 

Aqnl,  adv.  Là,  dans  cet  endroit  ;  près  du  lieu  où  l'on 
est.  —  Pér-aqul,  de  ce  côté-là,  par  là.  Vèn  dé  passa  pér 
aqui,  il  vient  de  passer  de  ce  côté.  Coumo  vaï  voste  pèrof 
—  Pér-açMi,  Comment  se  porte  votre  père?  —  Goussi, 
coussi,  par  ci,  par  là.  D'aquï-aquï,  d'un  moment  à  l'autre, 
de  là  là.  S'en  souvèn  pas  d'aqul-aquï,  il  ne  s'en  souvient 
pas  d'ici  là.  D'aqui  et  d'aïlî,  de  çà  et  de  là,  à  droite  et  à 
gauche.  Adi  n'est  pas  de  notre  Dictionnaire  :  c'est  un  de 
ces  mille  mots  inventés  pour  l'euphonie.  Le  languedocien 
aime  surtout  à  procéder  par  consonnance  ou  rime  dans  la 
plupart  de  ses  dictons.  Aquél  d'aqul,  celui-là.  Aquà  d'aquï, 
cela  même.  Es  aquà  d'aquï,  c'est  bien  cela.  Aquï-dré,  vis- 
à-vis  d'ici,  en  droite  ligne.  Mais  cette  expression  est  le 
plus  souvent  explétive.  Les  gens  de  la  campagne,  surtout 
à  l'est  d'Alais,  ce  qu'on  nomme  les  Gounèls,  s'en  servent 
sans  aucune  espèce  d'à-propos,  sans  besoin.  Ses  ana  à  la 
fèùro  hier?  —  Aquirdré  y  anère  bé,  Avez-vous  été  hier  à 
la  foire T— Ma  foi  oui,  j'y  fus.  Ce  n'est  réellement  qu'un 
mojen  d'allonger  la  phrase,  de  se  donner  le  temps  de 
rendre  catégoriquement. 

En  ital.  Qui;  en  esp.  Aqui. 

Aquionla,  v.  Acculer  ;  pousser  et  serrer  dans  un  coin 
ou  contre  un  mur;  empocher  de  reculer;  faire  pencher 
une  voiture,  une  charrette  sur  son  arrière  ;  faire  tomber 
sur  le  derrière. 

Dér.  de  Quiou, 

Aqnis,  «.  m.  Acquit ,  quittance.  —  Un  hé  dé  bon  aquïs, 
dà  mkhant  aquïs,  une  fortune  bien  ou  mal  acquise. 

Empr.  au  fr.  Dér.  du  lat.  Aequirere, 

Abaissa,  V.  Halerdes  chiens  pour  les  faire  battre  ;  exci- 
ter deux  ennemis,  deux  rivaux  l'un  contre  l'autre.  —  Le 
même  que  Atissa.  —  F.  c.  m. 

En  celto-breton,  Atizar,  m.  sign.  Le  mot  est-il  formé  par 
onomatopée  de  quis-quis,  cri  d'excitation,  ou  bien  le  verbe 
a-t-il  inspiré  l'onomatopée  ? 

Aqnita,  v.  Acquitter,  solder,  payer  intégralement.  — 
Quâou  s'aquito  fa'i  cabdou,  qui  paie  ses  dettes  s'enrichit. 

Empr.  du  fr. 

Aquô,  pron.  dém.  Ça,  cela,  cette  chose-là.  —  Coumo 
aquà,  comme  cela,  ainsi.  Aquà  d'aquï,  cela,  cela  mèmj. 
Aqud-bo,  mot-à-mot  :  cela  bon,  signifie  une  liqueur  quel- 
conque moelleuse  et  sucrée,  ou  toute  autre  friandise. 
Un  ficha  viire  d'aquà4fo,  un  petit  verre  du  meilleur.  Un 
d^aquà,  une  chose,  une  alïaire  dont  on  ne  se  rappelle  pas 
le  nom.  Emb'aqud  ou  End'aqud,  avec  cela,  pourtant,  cepen- 


dant. D'aquà,  de  cela,  de  cette  chose.  A  fosso  d'aquà,  il  a 
beaucoup  de  biais,  d'esprit,  de  subtilité,  d'adresse.  A  d'aquà, 
il  a  du  quibus.  F&ou  d'aquà,  il  faut  de  l'argent.  Aquà's, 
contraction  de  aquà  es,  c'est.  Aquà's  aquà,  c'est  cela,  c'est 
bien  cela.  Aquà'ro,  contraction  de  aquà  èro,  c'était.  Aquà 
vdi  aquï,  c'est  la  conséquence  naturelle  de  cela.  Aquà  tomba 
bien,  cela  arrive  bien,  à  propos,  à  point  nommé.  Aquà  vaï 
bien,  cela  va  bien.  Qu'es  aquà?  qu'est-ce  que  c'est  ?  Aquà's 
aquà,  c'est  cela.  Aquà* s  paquà,  ce  n'est  pas  cela.  As  vis 
aquà?  as-tu  vu  cela  7  Vèiras  aquà;  tu  verras,  tu  me  la 
paieras.  Aquà  se  dis,  cela  se  dit  ;  on  en  parle. 

Aquà  se  prend  quelquefois  comme  prépos.  pour  éncà, 
chez.  —  Anan  aquà  dé  moun  pero,  nous  allons  chez  mon 
père.  —  Voy.  Encà. 

Dér.  du  lat.  Quod. 

Ar,  s.  m.  Arcade,  arceau,  construction  en  courbure  de 
voûte.  —  Au  plur.  Lous  ars,  les  arceaux,  les  arcades.  Le 
marché  à  Alais  était  entouré  de  portiques  ou  arcades.  L'éta- 
lage des  légumes  et  autres  marchandises,  dans  le  temps 
des  foires  et  des  marchés,  se  fait  souto  lous  ars.  Var 
dé  Vius,  l'Arc-des- Vieux ,  carrefour  à  Alais,  formé  en 
voûte  à  la  rencontre  des  rues  Valaurie,  Bouquerie  et  Ray- 
mond Pellet  :  il  vient  de  disparaître.  Vius  nous  parait  être 
ici  un  nom  propre  :  l'art,  dé  au  sing.  l'indique.  On  aurait 
dit  das  vièls  si  l'on  avait  dû  traduire  par  l'Arceau  des 
vieillards.  A  moins  qu'il  ne  s'agisse  d'une  corruption  fran- 
cisée. —  Voy.  Vius. 

Dér.  du  lat.  Arcus. 

Ara,  V.  Donner  des  arrhes,  s'assurer  d'une  vente,  d'un 
achat  moyennant  des  arrhes;  arrher. — Se  dit  généralement 
pour  retenir  d'avance  un  objet  chez  un  marchand.  C'est 
une  promesse  d'acheter  une  chose  qui  n'est  pas  encore  livrée. 

Dér.  de  Aro,  arrhes. 

Araire,  s.  m.  Araire,  charrue  à  deux  hôtes,  et  même  à 
une  seule,  sans  roue  et  sans  contre.  —  Cette  fois  c'est  bien 
évidemment  le  fr.  qui  a  emprunté  au  languedocien  le  mot 
araire,  qui  figure  assez  nouvellement  dans  la  nomencla- 
ture technique  de  l'agronomie. 

Dér.  du  lat.  Arare, 

Aran,  *.  m.  Fil  d'archal  :  fil  de  for  ou  de  laiton.  —  En 
esp.  on  l'appelle  :  mio  de  arambre.  —  Voy.  Fiou  dé 
richar. 

Dér.  du  lat.  Aramen,  airain,  cuivre. 

Arapa,  v.  Prendre,  saisir  avec  la  main;  empoigner,  accro- 
cher. —  Arapo  /  attrape!  Arapa-lou,  empoignez-le.  Se 
t'arape,  si  je  te  pince.  T'araparaïf  je  t'y  prendrai. 

S'arapa,  se  coller,  s'accrocher.  —  La  pégo  s'arapo  à  las 
mans,  la  poix  s'attache  aux  mains.  Aquél  chival  s'arapo 
bien,  ce  cheval  tire  à  plein  collier.  Aquél  home  couménço 
dé  s'arapa,  cet  homme  commence  à  bien  faire  ses  afiaires, 
à  prendre  dans  son  commerce.  On  le  dit  aussi  d'un  con. 
valescent  qui  revient  en  santé  après  une  longue  ou  dange- 
reuse maladie. 

Dér.  du  lat.  Arripere. 


«4 


ARC 


ÀRD 


Arapo-man,  «.  m.  Grateron,  galiet  grateron;  Galium 
oparinê,  Linn.  Plante  de  la  famille  des  Rnbiacées,  ram- 
pante, rude  an  toucher  et  qui  s'accroche  aux  mains  quand 
on  la  saisit.  De  là  lui  vient  son  nom.  —  Voy.  Biboulo  et 

Arapo-pèOQ,  ».  m.  Bardane,  Ârêtium  iappa,  Linn. 
Plante  de  la  fam.  des  Composées  Gynarocéphales,  floscu- 
leuse,  et  dont  la  semence  est  renfermée  dans  un  hérisson 
4ont  les  piquants  sont  terminés  en  crochets;  ce  qui  fait 
que,  lorsqu*on  les  mêle  dans  des  cheveux  un  peu  longs, 
on  ne  peut  plus  les  débrouiller  et  Ton  ne  s'en  débarrasse 
qu'en  coupant;  son  nom  dérive  de  cet  effet. 

Arasa,  v.  Terme  de  maçon,  couronner  un  mur,  égaliser 
sa  dernière  assise,  la  niveler. 

Dér.  de  Bas, 

Arboùa,  t.  m.  Arbousier,  Ârbutus  unedo,  Linn.  Arbris- 
seau de  la  fam.  des  Ericacées,  toujours  vert,  qui  porte  à  la 
fois  des  fleurs  et  des  fruits.  Ces  derniers  sont  d'une  belle 
couleur  aurore  foncée,  mais  fades,  d'une  saveur  plate. 

Dér.  du  lat.  Arbutus,  m.  sign. 

Arbonssé,  t.  m.  Lieu  planté  d'arbousiers. 

Arbonaso,  s.  f.  Arbouse,  fruit  de  l'arbousier.  —  Ce  mot 
et  les  deux  précédents  ont  fourni  un  assez  grand  nombre 
de  noms  propres  et  de  lieux,  comme  :  Arbous,  Darboux, 
Larbous,  Arbousse,  Arbousset,  Darboussier,  etc. 

Arbontan,  s.  m.  Pied  de  biche,  bras  de  fer  qui  sert  à 
fermer  l'un  des  vanteaux  d'une  porte  cochère.  11  n'a  aucun 
rapport  de  signification  avec  Varc-boutant  fr.,  dont  il  est 
pourtant  dérivé  probablement. 

Arcan]e,  t.  m.  Archange,  ange  d'un  ordre  supérieur  dans 
la  hiérarchie  céleste. 

Empr.  au  fr. 

Arcèli,  s.  m.  Lavignon,  Venus  deeussaia,  Linn.  Coquil- 
lage marin,  bivalve,  bon  à  manger,  du  genre  des  Cames. 

Dér.  du  lat.  AresUa,  petit  coffre. 

ArchaTéaqae,  s.  m.  Archevêque,  prélat  métropolitain 
qui  a  des  évêques  pour  suf&agants. 

Dér.  du  lat.  ArchiÊpi$copus,  formé  du  grec  *Apx.^,  pri- 
mante, et  lataxuicoc. 

Arche,  f .  m .  Cavalier  de  l'ancienne  maréchaussée  ;  archer, 
soldat  armé  d'un  arc  et  de  flèches. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Arth9Hus, 

Arche,  «.  m.  Archet,  baguette  aux  extrémités  de  laquelle 
sont  attachés  en  saillie  des  crins  qu'on  tend  à  volonté  et 
qu'on  passe  sur  les  cordes  d'un  violon  ou  d'une  basse  pour 
en  tirer  des  sons  ;  instrument  pour  faire  tourner  un  foret; 
•orle  de  piège  fait  avec  deux  branches  pliées  en  arc  et 
ratuchées  par  un  fil  double,  pour  prendre  les  petits  oiseaux; 
en  terme  de  moissonneur,  étui  de  la  faucille,  qui  en  a  par 
conséquent  la  forme  recourbée. 

Dér.  de  Ar,  dim. 

Archiban,  «.  m.  Btnc  à  dossier*  banc  d'honneur,  chez 
las  bons  paysans  des  Cévennes,  placé  an  coin  de  leurs  im- 
menses cheminées  :  c'est  le  siège  des  cheb  de  la  maison  et 


des  étrangers  de  distinction.  L'atMban  est  aussi  un  long 
coffre  en  forme  de  banc,  fixé  auprès  de  la  table  à  man- 
ger, Sauv.  »  Le  mot  et  la  chose  sont  des  demeurants 
de  l'ancien  régime  :  ils  représentent  ces  mosurs  patriar- 
cales, qui  conservaient  avec  respect  les  traditions'  de  la 
famille  et  de  l'hospitalité,  l'amour  du  père  assis  au  foyer 
domestique  ou  à  la  table  frugale,  à  la  place  d'honneur.  Le 
progrès  ne  trouve  plus  là  que  des  ais  yermoulus  qui  As 
sont  bons  qu'à  jeter  au  feu. 

Dér.  du  grec  'Ap^iJ,  primauté,  puissance,  et  Ban. 

Archimpô  ou  Archipô,  s.  m.  Etuvée,  viande  hachée, 
hachis. 

Dér.  du  gr.  *Apx^c>  premier,  {nrindpal,  grand,  et  du 
lang.  Po, 

Arcialoùa  ou  Arclèloùa ,  s,  m.  Bolet,  cèpe«  potiron, 
champignon  gris,  très-bon  à  manger;  bolet  comestible, 
Boletus  edtUis  ou  êscuUniu» ,  ou  baoinus,  Pers.,  Linn., 
Roques.— Cet  excellent  champignon  se  reconnaît  aisément 
à  son  chapeau  plus  ou  moins  large,  un  peu  ondulé  sur  les 
bords,  d'une  couleur  fauve,  quelquefob  d'un  rouge  ds 
brique,  brunâtre,  couleur  noisette.  Sa  substance  intérieurs 
est  ferme,  d'un  beau  blanc  qui  ne  s'altère  pas  à  l'air,  à  la 
cassure.  Le  pédicule  est  épais,  tubéreux,  renflé  à  la  base, 
court  ou  élevé.  Il  est  essentiel  de  ne  pas  le  confondre  avec 
le  pissagd,  qui  lui  ressemble  beaucoup  et  qui  est  très^vèné- 
neux  et  malfaisant.  C'est  cette  espèce  de  diampignon,  très^ 
abondante  dans  les  Cévennes,  qu'on  &it  sécher  et  qui  est 
livrée  au  commerce.  Au  nord  d'Alais,  on  le  nomme  CiMs/ 
oe  n'est  qu'une  contraction  de  notre  vocable.  —  Vay.  Ce- 
foùf  ;  Pissagà. 

Dér.  de  l'it.  Aracdi,  m.  sign. 

Arcisona  ou  Artisoùa,  s,  m.  pi.  Ver,  mite  ou  ciron  da 
fromage,  Acartês  siro,  Linn.  Insecte  du  genre  des  Aptères 
et  de  lafam.  des  Parasites.  Onle  nomme égalementAfanmo. 

—  Voy.  Ariisoùs  et  Marano, 

Le  second  de  ces  noms,  dont  le  premier  n'est  qu'une 
variante,  est  évidemment  parent  du  fr.  Ariison,  qui  est 
aussi  un  petit  insecte  rongeur. 

Arcnlo,  «.  m.  Un  homme  fort,  robuste,  un  Hercule. 

Empr.  au  fr. 

Ardécho,  s.  f.  Ardèche,  département  dont  le  chef-lien 
est  Privas;  rivière  qui  y  prend  sa  source  et  lui  donne  son 
nom,  affluent  du  Rhône. 

Dér.  du  lat.  Arduesea, 

Ardioù,  f.  m.  Ardillon,  dard  ou  pointe  d'une  boucle. — 

—  Sara  un  ardïoû,  serrer  sa  ceinture  d'un  point,  se  ser- 
rer le  ventre,  au  prop.  et  au  fig. 

Ce  mot  est  au  moins  contemporain  du  fr.  ;  il  est  dér.  du 
oelt.  Dart,  pointe,  ou  du  grec  'ApSic,  L'ital.  a  ArtifUo, 
orteil,  ergot,  serre. 

Ardoù,  s.  f.  Grande  chaleur,  chaleur  brdlante,  parti* 
culièrement  celle  qui  est  produite  par  la  fermentation;  vita- 
cité  avec  laquelle  on  se  porte  à  quelque  chose. 

Dér.  du  lat.  Ardor. 


ARE 


ARE 


C5 


Are,  «.  m.  Bélier,  le  mâle  non  châtré  de  la  brebia. 

D6r.  du  lat.  Âries. 

Arèdro,  o.  Lasser,  fatiguer,  harasser;  rendre;  mettre 
sur  les  dents.  —  Se  dit  surtout  de  la  iàtigue  procurée  par 
une  marche  forcée. 

Dér.  du  lat.  Bêdueere. 

Arédn,  ado,  pan.  pou,  de  Arèdre.  Rendu,  lassé,  ha- 
rassé. 

Arégadia,  v.  R^rder;  fixer  attentivement  en  arrière. 
— Se  dit  aussi  généhquement  pour  :  regarder,  considérer 
de  toute  manière. 

Formé  du  lat.  ^^rà,  arriôre,  et  du  gr.  IK^ouo,  admirer. 

Arénumli,  ido,  ou  Arémoulu,  udo,  adj.  Avide,  âpre  à 
la  curée;  qui  n*a  pas  de  pudeur  dans  ses  vues  intéressées  ; 
iflionteur  ;  insatiable.  —  Voy.  Bémoulu, 

Arémouiije,  s.  m.  Avidité  du  bien,  désir  insatiable  d'en 
acquérir,  mêle  de  jalousie;  effronterie  intéressée. 

Aréna,  v.  Tenir  en  bride;  raccourcir  les  rênes.  ^^Arina, 
ado,  part.  pass.  Au  ûg.  Rengorgé,  qui  relève  la  tète,  qui 
le  rengorge. 

Dér.  du  lat.  Bétinaculum,  ou  de  Tital.  Jledîna,  rêne. 

Arénadon,  s,  m.  Terme  de  bàtier  ou  de  liourrelier,  Ar^ 
noir;  bouton  ou  baguette  fixés  au-devajit  du  b&t  ou  d*une 
barde  ou  bardelle,  pour  y  accrocher  les  rênes  du  bridon  ou 
la  longe  du  iicon. 

Dér.  de  Aréna. 

Arénda  ou  Arénta,  v.  Prendre  et  bailler  à  ferme, 
piendre  et  donner  i  loyer;  affermer,  louer. 

Dér.  de  Béndo. 

Aréndamén  on  Aréntamdn,  «.  m.  Bail  A  ferme  on  à 
loyer  ;  le  prix  de  ce  bail.  —  31  é  fdou  ana  paga  moun  arén' 
dawUn,  il  me  faut  aller  payer  mon  loyer. 

Dér.  de  Béndo. 

Arénja,  v.  Arranger,  disposer,  mettre  en  ordre;  accom- 
moder, ajuster,  ranger;  raccommoder,  concilier,  accorder, 
fûre  transiger  ;  arranger  une  affaire.  —  Arénja  $oui  afaï- 
tt$,  mettre  ordre  à  ses  affaires.  Arénja  toun  pèou,  peigner, 
liiaer  ses  cheveux.  Aqub  m'arénjo  bien,  cela  me  va,  cela 
m'arrange  à  merveille  ;  s'accorde  avec  mes  intentions  ou 
mes  intérêts.  Lou  Juge  tout  arénjè,  le  juge  les  réconcilia, 
les  fit  transiger.  Fôou  arénja  aquél  proucés,  il  faut  arran- 
ger cette  affaire. 

ffarénja,  se  parer,  s'ajuster,  s'endimancher  ;  se  ranger  ; 
•'arranger,  prendre  des  arrangements,  se  mettre  à  son  aise. 
-«-  SaUqué  tarénjarat  un  pàou,  sans  doute  tu  t'habilleras 
convenablement.  Lou  tén  s'arénjo,  le  temps  devient  serein, 
on  Inen,  il  se  radoucit.  Aquél  iurno  iarénjo  démpiti  qu'éi 
marida,  eet  homme  est  devenu  plus  rangé,  moins  dissipé, 
moins  prodigue,  depuis  son  mariage.  Se  vouUi,  m'arénja- 
roX  d'aqudo  pièço,  si  VOUS  voulez,  je  me  chargerai  de  ce 
champ,  je  m'en  arrangerai,  je  vous  rachèterai.  Aquéio  drolo 
ê'arénjo  Uèn,  cette  jenne  fille  s'ajuste  bien.  Arénja-^wna, 
Miu  fapomn,  mettez-vous  à  votre  aise,  sans  cérémonie.  Aïçù 
s'arénjara,  toalceci  s'arrangera,  se  raccommodera.  Bouto/ 


houio  /  t'arénjaraï,  val  va  I  je  t'arrangerai  d'importance, 
je  te  châtierai  de  la  bonne  maniera. 

Dér.  de  l'allem.  Bing,  rang,  d'où  est  venu  rén. 

Arénjamén,  «.  m.  Arrangement,  transaction;  ordre 
dans  la  tenue  d'une  maison  ;  esprit  de  conduite  dans  ses 
affaires. — Vn  michan  arénjamén  vôou  maï  qu'un  bon  prou- 
eès,  mauvais  arrangement  vaut  mieux  que  bon  procès. 

Arésde,  «.  m.  Cercle  en  bois  refendu,  dont  on  reliait 
les  anciennes  mesures  de  capacité,  telles  que  les  minots, 
quartes  et  boisseaux  ;  dans  les  mesures  du  nouveau  sys- 
tème, ce  cercle  est  en  fer.  VArétcU  est  encore  le  cerceau 
d'un  tamis,  d'un  crible,  des  tours  à  filer  la  laine  et  le 
coton,  des  caisses  de  tambour,  etc. — Piquo  tant  sus  l'arésels 
eoumo  sus  lou  tan^ur,  il  parle  ab  hoc  ei  ab  hae,  sans  me- 
surer la  portée  de  ses  paroles  ;  par  comparaison  avec  un 
tamlK>ur  maladroit  qui  frapperait  tantôt  sur  le  bois,  tantôt 
sur  la  peau  de  sa  caisse.  —  Arescle  dé  mouH,  arcbures  d'un 
moulin  à  farine  ;  elles  sont  recouvertes  par  les  converseaux 
et  forment  ensemble  le  tambour  :  terme  de  meunier. 

Dér.  du  lat.  ArctUum.  En  roman  arosch,  cercle  mince, 
éclisse,  éclat  de  bois. 

Arésonna,  v.  Demander  raison;  discuter;  interroger; 
faire  rendre  compte. 

Dér.  de  BésoU. 

Aréata,  v.  Arrêter,  retenir,  empêcher  d'aileron  dédire  : 
faire  cesser,  réprimer;  attacher;  déterminer;  régler;  saisir 
par  autorité  de  justice  ;  engager  pour  servir  ;  décider,  con- 
venir de  faire.  —  L'aréstèrs  léou,  je  le  retins,  je  l'arrêtai 
biâi  vite;  je  le  réprimai.  Arésta  lou  san,  étancher  le  sang. 
Arèsto  aquélo  bocho,  calle  cette  boule.  Avén  arésta  lou  jour, 
nous  avons  fixé  le  jour.  L'an  arésta,  on  Ta  mis  en  prison, 
on  Ta  écroné.  ^'t  arésta  un  mèssaje,  j'ai  retenu  un  domes- 
tique, je  l'ai  arrhé.  Avèn  arésta  dé  faïre  uno  pérménado, 
nous  avons  décidé  d'aller  à  la  promenade.  Aquél  M  arésto 
bien,  ce  chien  a  bon  nez,  arrête  ferme  le  gibier. 

Arésta,  ado,  part.  pass.  et  adj.  Sage,  réservé,  retenu, 
posé,  quand  il  s'agit  des  personnes  ;  arrêté,  fixé,  conclu, 
en  parlant  d'une  chose,  d'une  affaire,  d'un  marché.  -—  Un 
joutne  homo  arésta,  uno  fio  aréstado,  un  jeune  homme 
sage,  posé,  une  fille  vertueuse,  réservée. 

Dérr  du  lat.  Bettaro, 

Aréstamén,  «.  m.  Arrêt,  arrestation  ;  saisie  d'une  per- 
sonne ou  des  biens.  — -  Faguèrou  un  aréstawUn  dé  soun  bé, 
on  fit  contre  lui  une  saisie  immobilière.  —  On  se  sert  du 
mot  banimén,  quand  il  s'agit  d'une  saisie-arrêt  ou  mobilière. 

Aréstiè,  s.  m.  Arêtier,  pièce  de  bois  qui,  dans  un  toit, 
part  de  l'extrémité  du  faîte  et  va  en  descendant  reposer 
sur  l'angle  du  b&timent,  divisant  les  eaux  à  droite  et  à 
gauche  dans  les  toitures  à  deux  égoùts. 

Dér.  de  Arésto, 

Aréfto,  «.  f.  Arête  de  poisson,  os  long  et  pointu  qui 
tient  lieu  de  côtes  dans  les  poissons;  crête  d'un  toit;  angle 
saillant  d'un  prisme,  d'un  mur,  d'une  voûte. 

Dér.  du  lat.  Arista,  barbe  de  blé. 


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ARG 


ARG 


Aréitott,  s.  m.,  ou  Cabô.  Chabol,  menniert  ehevane; 
Cyprinuê  dobula.  Lion.  Poisson  de  rivière,  qui  a  ia  tête 
large  et  plate,  la  gueule  fort  ouverte  et  sans  dents.  Sa 
chair«  peu  eslimée,  est  toute  parsemôd  d  arêtes,  œ  qui  lui 
a  valu  son  nom  lang.  —  Voy.  Cabà, 

Argèlo,  j.  f.  Argile;  terre  grasse;  terre  de  poterie.— 
Poita  d'argêlo,  pi'trir  de  l'argile. 

Dôr.  dulat.  Arg'Ula, 

Argôloùs,  ouso,  adj.  Argileux,  qui  tient  de  Targile. 

DlT.  de  Argèlo. 

Argén,  i .  m.  Argent,  métal  ;  monnaie  en  général.  — 
Mino  ifargén,  euiè  d'argén,  mine  «d'argent,  cuiller  d'ar- 
gent. PUigo  d'argén  es  paê  mourlèio,  plaie  d'argent  n'est 
pas  mortelle.  Cagno  vér  l'argén,  se  dit  d'un  animal  domes- 
tique quelconque,  qui  est  encore  d'Age  à  augmenter  de 
valeur  en  grandissant,  ou  d'une  bête  qui  a  été  malade  et 
qui  se  rétablit  chaque  jour  :  dans  ce  dentier  sens,  on  l'ap- 
plique même  aux  personnes.  Gagnan  vjr  targen,  disons- 
nous  à  un  malade  pour  lui  donner  de  l'espoir  ou  du  cou- 
rage. Aquà's  d'argen  dé  moun  gagna,  c'est  de  l'argent  de 
mon  pécule,  gagné  par  mon  travail  ou  mon  industrie,  et 
non  advenu  par  héritage.  Au  (ig.  Aquà'ê  d'argén  dé  toun 
gagna,  se  dit  aussi  d'un  malheur  arrivé  à  quelqu'un  par 
8t  faute;  c'est  un  malheur  qu'il  a  été  chercher  lui-même. 
L'argen  é»  roun,  fôou  bé  que  rounle,  la  monnaie  est  ronde, 
pour  qu'elle  circule  ;  l'argent  est  fait  pour  rouler,  pour 
courir  d'une  main  à  l'autre.  D'argén  blan,  en  monnaie 
d'argent,  en  pièces  d'argont.  Pagan  argen  countan,  nous 
payons  eu  espèces  sonnantes.  Ana  bon  jo,  bon  argm,  agir 
byalement,  franchement,  sans  ménagement. 

Dér.  du  lat.  Argentum. 

Argénta,  v.  Argenter;  passer  une  couche  d'argent; 
donner  une  couleur  argentée. 

ArgènU,  ado,  part,  pan.  du  ▼.  préc.  et  adj.  Le  même 

que  ArgéntOÙS.  (  r.  C.  m.)  *—  Sèn  pas  bien  argéntas  pér 
lou  moamen,  nous  ne  sommes  ^)as  riches,  pas  chargés  d'ar- 
gent pour  le  moment. 

Argéntariè,  «.  f.  Argenterie,  vaisselle  ou  autres  meu- 
bles et  ustensiles  d'argent.  —  C'est  le  nom  d'une  rue  à 
Montpellier,  l'Argenterie,  ou  était  autrefois  rU6tel  des 
monnaies. 

Argéntoàs,  onso,  a^j\  Pécunieux,  riche  en  espèces; 
qui  a  beaucoup  d'argent;  qui  produit  de  l'argent,  r^e  se 
piend  guère  que  négativement. 

Argén-viott,  «.  m.  Vif-arg<^nt,  mercure.  La  propriété  de 
cette  substance  métallique,  blanche  et  fluide,  d  être  conti- 
nuellement en  mouvement  à  la  moindre  agitation,  l'a  fait 
prendre  pour  emblème  des  ix^rsonnes  vives  et  remuantes. 
—  Sémblo  911'a  d'argén-viou  din  sas  mans,  ses  mains  s'agi- 
tent comme  ai  ellM  éuient  du  vif-argent. 

Argnè,  «.  m.,  on  Tèrdé.  Mnriln-péchenr,  oiseau. — On 
l'appelle  Argné  parce  qu'on  avait  cru  longtemps  qu'en  le 
mettant  denéché  dans  ime  garde-robe,  son  odeur  en  chaa- 
sait  les  leigoet,  amos  ;  mai^t  loin  de  préserver  ton  voisi- 


nage, on  a  vu,  dans  les  cabinets  d'histoire  naturelle,  Var^ 
gnè  être  parmi  les  oiseaux  empailléi  un  despreuûers  atteint 
par  ces  insectes. 
Vog.  Vèrdé» 

Argue,  en  fr.  Argues,  terminaison  d*un  grand  nombre 
de  noms  de  lieux  dans  le  Bas-Languedoc,  départ,  du  Gard 
et  de  niérault. 

La  finale  Arguë  a  été  longtemps  considérée  comme  rr^pré- 
sentant  le  lat.  ager,  champ,  domaine.  Cette  iiigeiiicoso 
interprétation,  mise  en  crédit  par  le  savant  historien  Mé- 
nard,  était  combattue  par  les  Doiiédictins  de  rilistoire 
générale  du  Languedoc  ;  elle  fut  adoptée  à  titre  de  conjec- 
ture par  Sauvages  ;  aujourd'hui,  battue  on  brèche  au  aein 
même  de  l'Académie  du  Gard,  elle  parait  abandonnée  par 
la  plupart  des  étymologistes. 

Argus,  dans  la  langue  vulgaire,  le  languedocien,  est,  en 
effet,  de  dernière  formation  ;  elle  n'appnrait  qu'au  XIV*  sid- 
cle,  ou  elle  devint  particulière  au  territoire  qui  avait  été 
autrefois  le  pays  des  Volées  Arèc4)miques.  Au  moyen  ftgo* 
les  noms  ainsi  forint*^  avaient  p^mr  finale  anègues,  oni- 
gues  ou  aniehes  ;  dans  le  princi{)C  c'i'taitlc  «ûdio^il  celtiqiM 
ek  ou  son  analogue  contemporain  ak  ,  qui  s'attachait  ans 
mêmes  noms  pour  leur  donner  la  signification  de  pn>- 
priété,  un  sens,  une  idée  de  provenance. 

Quand,  avec  la  conquête,  le  latin  s'imposa  à  la  Gaule, 
il  ne  changea  pas  les  appellations  loonles  existantes;  seule- 
ment il  leur  imprima  le  caclitt  de  son  génie  et  de  sa 
langue,  et  il  ajouta  ses  finales  caractérisliques  en  us,  a» 
um,  selon  qu'exigeait  l'accord  avec  mansus,  villa,  cof- 
trum  ou  prœdium.  Pour  les  étahlisssenicnts  nouveaux  qui 
se  créèrent  dans  la  suite,  les  mêmes  procédés  de  dénomi* 
nation  furent  employés.  De  11  les  terminaisons  en  aeuê, 
aca,  aeum;  puis  les  variantes  en  a  ra/u.f,  aneus,  atius,  attiui, 
a,  um,  etc.,  désinences  correspond.iiites  adjectives. 

Les  Gallo-Romains,  nos  ancêtres,  adopti^rent  donc  soit 
pour  l'euphonie,  soit  pour  se  rapprocher  de  la  forme  latine, 
les  finales  celti(iues  latinisées  ou  purement  romaines.  Enfin, 
lorsque  du  mélange  se  forma  1%  langue  romane  rustiqiief 
plus  tard  quand  se  fit  la  division  en  langue  d'Oil  et  en  Un* 
gue  d'Oc,  comme  le  latin  se  conserva  toujours  à  titre  de 
Lingue  officielle  des  actes  publics,  les  altérations  se  multi- 
plièrent, par  une  sorte  de  marche  parallèle.  Les  infloenoet 
ethniques,  qui  ont  tant  de  puissance  sur  l'intonation,  agl> 
rent  à  leur  tour  pour  modifier  les  terminaisons.  Ainât 
tandis  que  le  latin  disait  œus,  aea,  acum,  le  roman  lépoo* 
daitpar  a€,as,at,  par  préférence  an  midi  et  an  centre  de  là 
France,  et  par  e,  y,  ey,  ieux,  etc.,  dans  le  Nord.  Les  ten- 
dances à  bi  contraction,  à  l'adoucissement  de  la  prononciar 
tion  se  manifestèrent  ;  et  alors  que  le  bas  ,latiu  écrivait 
acus,  anus,  a,  um,  le  roman  supprimait  h  terminaison  et 
il  avait  an,  m,  ane,  mnê,  et  ainsi  de  suite  sur  les  antres 
voyelles. 

Peu  à  peu,  par  le  même  sentiment,  la  consonnanoe  toa- 
jonn  dure  du  c  se  transforma  en  eh  cbnintaat,  et  l'on  airiv» 


ARG 


AR! 


67 


aux  dénnences  mêlées  en  aehe,  auche,  ènche,  inche.  L'or- 
thographe ne  resta  pas  dùsintéressée  dans  la  question  :  le 
latin  remplaçait  souvent  Vi  par  j.  Or  quand  les  Gallo- 
Romains,  de  anius,  aneus,  onius,  a,  um,  eurent  fait 
anieus,  intcus ,  onicus,  a,  um,  et  anieœ ,  an  plnr.  , 
l'inversion  jiar  anjcus,  tmjus,  allait  de  soi  dans  l'écriture  : 
la  chute  du  c  dur  s'ensuivit  et  Ion  eut  anjus,  enjus,  a, 
um,  et  les  autres,  qui  par  la  suppresAon  de  la  finale  carac- 
téristique produisirent  de  leur  côté  anje,  enje,  inje,  L*on 
comprend  encore  que  la  substitution  du  g  doux  au  j  soit 
arrivée  toat  naturellement,  comme  celle  du  c  doux  ou  du 
flà  aa  e  latin  sonnant  k  devant  toute  voyelle.  Ces  combi- 
naisons amènent  Clément  le  gn  mouillé  et  aussi  la  méta- 
thèse  ng.  ^~  Yog,  les  articles  Agno,  Canounge,  Ca$$agno, 
el  autres. 

De  Jà  sont  issues  les  finales  en  agna,  igna,  agnac,  ignae, 
ûlleors  igné,  igney,  ignies,  igny,  etc.,  qui  se  prononcent 
01  nasalisant  et  en  mouillant.  £t  ce  phénomène,  dans  notre 
pays,  avait  pnssé  d'abord  par  anêgues,  onigues,  aniches, 
inêg^ies,  owchet,  etc.,  du  moyen  Age  roman,  désinences 
exprimées  en  lat.  anicœ,  enîcœ,  onicœ,  et  qui  sont  enfin 
devenues  argue,  ergue,  orgue,  dans  bien  des  appellations 
de  nos  jours. 

Mais  il  est  facile  de  saisir,  à  travers  ces  permutitions 
de  lettres,  les  altérations  qui  se  sont  produites  de  la  forme 
romane  primitive  aux  formes  définitives  de  notre  dialecte. 

Toutes  ces  variétés  de  finales,  depuis  ac  =3  ee  =  acus, 
tmtUg  etniui,  jusqu*à  an,  anchê,  ènehe,  anje,  ange,  agne, 
Btles  abtres,  comme  anicœ  =  anègues  =  argues,  etc.,  ont 
donc  une  source  commune  et  sont  équipollentes  ;  et 
ce  qui  le  prouve,  c'est  que  le  latin,  langue  plus  fixe, 
plus  fidèle  au  radical  premier,  les  exprime,  quelle  que 
ioit  leur  diversité,  an  midi  et  au  nord,  par  sa  formule  k 
peu  prés  uniforme  acum  ou  anum;  et  que,  dans  les  noms 
de  lieux,  d'un  bout  de  la  France  à  l'autre ,  des  corps  de 
mois  identiques,  portant  suivant  les  pays  des  terminai- 
acms  différentes,  en  langue  vulgaire ,  se  retrouvent  dans 
le  latin  des  chartes,  des  diplômes,  des  anciens  titres, 
avec  la  même  finale  invariable.  Pourquoi  ces  différences 
SOT  des  mots  similaires,  souvent  même  à  des  distances 
tré8*rapprochèesT 

Sic  voluêre  patres,  sic  volait  usus. 

Question  de  latitude  ;  loi  de  permutation  ;  recherche 
d'énergique  euphonie;  toutes  ces  causes  ont  pu  amener 
une  combinaison  qui  a  donné  lieu  à  de  si  singulières  inter- 
prétations. 

Pourquoi  encore,  pour  nos  contrées,  près  de  nous,  au 
milieu  de  ces  syllabes  fluides  de  la  terminaison  latine,  s'est 
introdidle  la  consonne  rude  r  de  notre  argue  f  Gomment  Vi 
doux  a-t-il  disparu?  il  n'y  a  pas  peut-être  d'autre  raison, 
et  il  faut  bien  s'en  contenter,  que  celle  qui,  du  latin  paiti- 
maea  a  fait  notre  pa$iénargo;  de  dominieut,  domèrgue;  de 
diêidomimca,  dimèrguê  (v.  lang.),  et  diminehê  actuel; 
Ifû  a  ocmverti  le  Pa^vf  mfsftteuf  eo  Aouergne  ;  eanmieus. 


I 


chanoine,  en  eanounge;  villa  canon tea  en  La  Canourgue 
(Lozère),  el  le  même,  nom  d'une  place  à  Montpellier;  comme 
monica,  religieuse,  s'est  transformé  en  mourgo,  les  Hour- 
guet,  nom  d'une  de  nos  rues,  et  les  dim.  mourguéto  et 
mounjéio.  {V.  c.  m.)  Ce  qui  est  remarquable  néanmoins, 
c'est  que  la  même  forme  se  rencontre  dans  Tespagnol 
et  dans  l'italien,  langues  néo-latines  de  même  origine  que 
la  nôtre.  —  Voy,  Canounge. 

Il  nous  paraît  donc  évident  que  la  finale  argue  n'est 
qu'une  désinence  purement  explctive,  adjective,  qui  em- 
porte de  soi  un  sens  de  provenance,  une  idée  de  propriété, 
à  peu  près  comme  ager,  mais  qui  n'en  est  pas  un  dérivé  ni 
une  traduction.  Ce  qu'il  fallait  démontrer. 

Ari,  interj.  Haïe!  commandement  qu'on  adresse  aux 
&nes,  chevaux  ou  mules  pour  les  faire  avancer.  —  On  dit 
d'un  paresseux,  d'un  ouvrier  nonchalant  :  Fôou  toujour  t 
dire:  ari,  il  faut  toujours  lui  dire  :  allons  d/inc! 

Rabelais  s'en  est  servi  dans  ce  sens  :  Ari,  bourriquet  / 

En  ital.  on  dit  aussi  :  arri;  en  esp.  port.  arre.  Les 
Anglais  ont,  avec  la  même  signification,  le  verbe  to  harri. 
Barre  est  un  mot  arabe  d'origine  ;  il  signifie  proprement  : 
marche,  avance.  En  celt.  art  désigne  un  aiie,  Tous  ces 
mots  et  le  nôtre  dériveraient-ils  du  celtique  ?  Le  latin  aurait- 
il  contribué  de  moitié  à  sa  composition,  en  combinant  et 
élidant  aro,  maintenant,  avect,  impératif,  va,  marche?  En 
étymologie,  il  ne  faut  jurer  de  rien. 

Ariala,  v.  Canaliser,  conduire  les  eaux  d'arrosage  par 
de  petits  canaux.  —  La  ribièïro  t'es  touto  ariala  lo  d'un 
edusta,  la  rivière  s'est  creusée  un  lit  étroit  sur  l'un  de  ses 
bords. 

Dér.  de  niai. 

Arias,  $.  m.n.  pr,  de  lieu.  Arias,  nom  de  ruisseau  dans 
plusieurs  communes  du  Gard. 

Dôr.  sans  doute,  comme  le  mot  préc,  de  Rial,  avec  l'a 
explétif  ;  peut-être  aussi  le  mot  riassos  n'est-il  pas  étranger 
à  sa  formation.  —  Voy.  Riassos.  Toutes  ces  idées  se  rap- 
[K'ochent  et  se  tiennent. 

Ariba,  V.  Donner  à  manger  aux  animaux  ;  jeter  de  la 
feuille  aux  vers  à  soie;  appâter  un  enfant,  un  vieillard,  un 
infirme,  qui  ne  peuvent  faire  usage  de  leurs  mains.  — 
Ariba,  sans  régime,  s'applique,  par  excellence,  aux  vers  à 
soie  :  A  quinto  houro  ariban  ?  k  quelle  heure  donnons- 
nous  la  feuille,  le  repas  de  feuille  aux  vers  à  soie  ?  Ariba 
lou  reinar,  appâter  le  renard,  faire  une  traînée  d'appât 
qui  le  conduise  dans  le  piège.  Fôou  ana  ariba  sas  gnèiros, 
il  faut  aller  donner  à  manger  aux  puces,  c.-&-d.  fam.  se 
coucher.  Aribo  sans  fièko,  répond  quelqu'un  à  qui  l'on 
demande  une  chose  impossible  ou  trés-difllcile  à  faire: 
donne  à  manger  à  tes  vers  sans  le  moindre  brin  de  feuille. 

Aribado,  s.  f.  Repas,  ration  qu'on  donne  aux  animaux, 
particulièrement  aux  vers  à  soie.  —  Quant  dounas  d'ari- 
badosf  combien  de  fois  par  jour  donnez-vous  à  manger  aux 
vers  T  Lus  manqua  pas  qu'uno  aribado  pérlous  ajassa,  il  ne 
manque  à  ces  vers  qu'un  léger  repas  pour  les  faire  dormir. 


68 


ARL 


ARll 


Aribatro,  atro,  adj.  Oavrier  qui  donne  à  manger  anx 
vers  i  soie. 

Ariè,  iniÊrj.  En  arriôre!  commandement  pour  faire 
reculer  nn  cheval. 

Formé  du  lat.  H^frô  /  en  esp.  Arriédro. 

Irièa  (éa) ,  adv.  En  arrière,  en  recalant,  derrière.  — 
Porto  sotin  tapèl  é»  ariè$,  il  porte  son  chapeau  en  arriére. 
Fat  é$  ariêi,  il  marche  en  arrière  ;  il  porte,  il  incline  der- 
rière. 

Dér.  du  lat.  Ad  rttrà. 

Arigniè  on  Aligniè,  par  corr.  Aliaiè,  t.  m.  Alisier, 
CraUtgus  aria,  Linn.  Arbre  de  la  fam.  des  Rosacées,  com- 
mun dans  les  bois.  Son  fruit  se  nomme  Aiise  en  fr. 

Ariuèje,  ».  m.  Salsepareille  du  Languedoc,  d'Europe, 
Smilax  atpera,  Linn.  Plante  de  la  fam.  des  Asparagi5es, 
sarmentense,  à  baies  rouges,  rampante  et  épineuse.  —  On 
dit  proverbialement  :  Bama  eoumo  un  ariuèje,  de  ce  qui 
est  touffu,  épais,  même  d*un  mensonge. 

Dér.  du  gr.  '\p{;,  lime,  râpe,  celte  plante  étant  toute 
hérissée  de  pointes. 

Ariva,  v.  Arriver;  aborder,  parvenir  dans  nn  lieu  où 
Ton  voulait  aller  ;  advenir  ;  survenir.  —  Faï  pas  qui  d'à- 
riva,  il  vient  d'arriver,  il  arrive  à  peine.  S'aquà  m'arivo 
tourna,  si  l'on  m'y  prend  encore.  Se  t'arivavo,  si  tu  t'avi- 
sais de  cela,  s'il  t'arrivait.  Tarivara  malur,  il  t'en  advien- 
dra malheur.  Y-is  ariva,  il  y  est  parvenu,  au  prop.  et 
aufig. 

Ce  verbe,  en  languedocien  comme  en  français,  a  été  tech- 
niquement approprié,  dans  le  principe,  à  l'arrivée  d'un 
voyage  sur  eau.  Sou  étymologie  de  rive  ou  de  ribo,  quand 
on  prononçait  ariba  au  lieu  de  ariva»  le  démontre  assez. 
Les  deux  dérivations  se  confondent  dans  le  lat.  Hipa,  ad 
ripam, 

Arirado,  «.  f-  Arrivée;  venue  de  quelqu'un  on  de  quel- 
que chose  en  un  lieu. 

Dér.  du  lat.  Ad  et  ripa. 

Arîalaa,  «.  f.  Genêt  épineux.  Sparîium  $corpiu$,  Linn. 
Arbuste  de  la  fam.  des  Légumineuses,  à  fleurs  jaunes  ; 
ajonc. 

Sauvages  prétend  que  ce  moi  est  d'origine  arabe;  ne 
viendrait-il  pas  plutôt  du  grec  '\pya)io{,  difficile,  fâcheux, 
incommode,  qui  est  pour  beaucoup  dans  le  lat.  argutus  ; 
i  cause  des  longues  épines  de  cet  arbrisseau  ? 

Arjalaaaièïro,  a.  f.  Lieu  couvert  d'ajoncs,  de  genêts 
épineux. 

Dér.  de  Ârjalai. 

Arjéïrolo,  t.  f.  Azerole,  fruit  de  Tazerolier,  arjéroUii. 

Ar)érouè,  i.  m.  Azerolier,  MeepUut,  Linn.  Arbre  de 
ta  fam.  des  Néfliers,  dont  le  fruit  ressemble  à  mie  petite 
pomme  et  a  des  noyaux  comme  la  sorbe. 

Arle,  «.  m.  Arles,  ville  de  Provence  ;  sous-préfecture  du 
départ,  des  Bouches-du-Uhône.  —  On  dit  :  in  ArU,  à  Arles, 
et  non  à  Arle.  —  Toy.  Aoubinae, 

Pt^r.  du  lat.  Ar^at. 


Arlén,  én^[no,  adj.  Ailésien,  ienne;  d'Arka;  qui  est 

d'Arles. 

Dér.  du  lat.  Arela». 

Arlénde,  ».  m,,  n.  fr,  de  lien.  Arlende,  hameau  déten- 
dant de  la  commune  d'Allègre,  canton  ds  Saint-Ambroix, 
arrondissement  d'AIais.  Dans  le  voisinage,  se  trouve  une 
belle  source  du  même  nom  :  La  fon  d'ArUnde. 

Ce  mot  est  écrit  da#s  le  dénombrement  de  la  sénéchaus- 
sée de  Nimes,  ^r/em/^/e.  Sa  dernière  partie  formée  de  linde, 
clair,  transparent,  traduit  le  lat.  limpidus.  Sa  première 
syllabe  est-elle  larticle  armoricain  ar,  la,  que  l'on  trouve 
dans  bien  des  noms  commençint  ainsi  :  Ar-leux  (Nord), 
très-rapproché  de  notre  mol;  Ar-cenay  (C6te4'0r);  Ar- 
denne»  (Aveyron),  et  autres  ?  Serait-elle  préposition  repré- 
sentée le  plus  souvent  par  le  lat.  ad,  vers,  ou  la  particule 
celt.  intensive,  jointe  à  l'adjectif  pour  lui  donner  plus  de 
force  et  mieux  exprimer  la  beauté  et  la  limpidité  des  eaux 
de  la  fontaine  à^ArUndef^^  Voy,  Zeuss,  Gramm,  ait. 
On  pourra  choisir. 

Arlequin,  s.  m.  Arlequin,  homme  léger,  peu  sûr  ;  bonf- 
fon,  farceur. 

Ce  nom  est  le  surnom  d'un  bouffon  de  théâtre  qui  vint 
d'Italie  à  Paris  sous  le  règne  de  Henri  III.  Comme  il  allait 
souvent  chc^  MM.  de  Harlay  qu'il  amusait  beaucoup,  set 
compagnons  le  nommèrent  Uarlaiquino,  petit  Uarlay  ;  et 
ce  nom  esl  demeuré  à  tous  ses  successeurs  dans  l'emploi. 
Il  a  fini  par  pnssor  dans  l'usage  comme  adjectif. 

Arléquinado,  s.  f.  Arlequinade;  tour  d'arlequin;  bouf- 
fonnerie ;  lazzi  ;  niche. 

Arma,  v.  Armer,  donner  des  armes  ;  mettre  sous  lea 
armes;  disposer  une  machine,  un  fusil  à  tirer,  à  faire 
feu. 

Dér.  du  lat.  Armare. 

Armado,  s  f.  Armée  ;  troupes  en  corps  sous  la  ooo- 
duite  d'un  chef;  grande  foule,-  grand  nombre.  —  Y  »ian 
uno  armado,  nous  y  étions  en  foule,  en  grande  molti- 
tnde. 

Armagna,  i .  m.  Almanach,  calendrier. 

Altér.  de  Almanach. 

Armas,  ».  m.,  augm.  de  Erme,  grand  tènement  de  terre 
en  friche,  de  lande.  Autrefois  il  avait  la  signification  de 
marais,  terrain  marécageux,  et  les  anciennes  chartes  latines 
le  Rendaient  par  Palu»,  palwli».  Sauvages  lui  donne  pour 
synonyme  GaHgo,  qui  a  le  sens  de  marais.  —  Foy.  Ermê, 

Ainvirgue. 

Annasi,  ».  m.,  ou  Cabine.  Armoire,  placard,  buffet  ;• 
meuble  uu  Ton  tient  du  linge  et  des  bardes,  et  où  le 
paysan  st'rre  ce  qu  il  a  de  précieux. 

Ce  mot  vient,  comme  armoire,  son  correspondant  fran* 
çais,  de  ce  qu'on  y  renfermait  autrefois  les  armes,  ta 
armures,  et  dans  les  châteaux  les  titres  et  les  arniotries< 
—  Cirquo  la  gnui  pir  hu»  arma»i»,  il  cherche  midi 
i  quatorze  heures,  il  cherche  des  faux-fuyants. 

Armita]o,  s.  m.  Ermitage,  habitation  d'un  ermite»  aa 


ARO 


ARP 


69 


bg.  lieu  solitaire,  maison  isolée;  nom  d'une  montagne  qui 
domina  Alais,  où  était  nn  ancien  ermitage. 

Dér.  dn  lat.  Eremita. 

Amûto,  «.  m.  Ermite,  solitaire  qui  s'est  isolé  du  monde 
|Mnir  servir  Dieu.  —  Démpièi  que  Varmito  é$  mort,  ariix> 
toujour  qmeon,  dit-{m  chaque  iois  qu'il  arrive  un  malheur 
ou  un  événement  étrange,  comme  si  Termite  était  une 
esgèœ  de  Providence  qui  éloignait  les  malheurs  d'un  pays. 
An  foutta  VamUto,  aquà  i-amérito,  chantent  les  enfants 
ftutoor  d'un  camarade  qui  a  été  puni  par  ses  parents,  ou 
qui  a  été  justement  houspillé  par  un  compagnon  plus  fort 
que  lui. 

Dér.  du  lat.  Eremita. 

Anuo,  s.  f.  Arme;  tout  ce  qui  sert  à  armer,  soit  pour 
l'attaque,  soit  pour  la  défense.  —  N*y  âouriè  pér  n'en 
préné  iat  ormot,  il  y  en  aurait  pour  prendre  les  armes, 
pour  s'insurger,  au  prop.  et  au  fig.  Pourta  l'armo,  la$ 
mrmot,  porter  les  armes. 

£mp.  dn  fr.  dér.  du  lat.  Arma, 

Armol,  «.  m,,  ou  Annôou.  Bonne-Dame  ou  Arroche 
des  jardins,  Atriplex  hortensis,  Linn.  Plante  potagère  et 
sauvage;  quand  on  la  cultive  dans  les  jardins,  elle  devient 
haute  et  ligneuse,  et  on  la  nomme  alors  épinard  d'Es- 
pagne. 

Dér.  de  l'esp.  Armutilas,  m.  sign. 

Armuiiè,  s,  m.  Armurier,  arquebusier;  qui  fait  des 
armes. 

£mp.  au  fr. 

Ama,  ado,  a^.  Rongé,  percé  par  les  teignes,  piqué  des 
▼os;  vermoulu. 

Dér.  de  Amo, 

Amaduro,  «.  f.  Uangeuro  de  vers  ou  de  teignes;  le  trou 
percé  par  elles. 

Dér.  de  Amo. 

AmaTès,  «.  m.  Argalon,  paliure,  nerprun,  SKamnui 
patiurus,  Linn.  Arbrisseau  qui  ressemble  au  jujubier  et 
qui  est  bien  plus  piquant,  de  la  fam.  des  Frangulaoées.  Un 
savant  botaniste  suédois,  qui  avait  voyagé  en  Palestine, 
dit  qu'il  n'y  a,  dans  tous  les  environs  de  Jérusalem,  que 
cette  espèce  de  paliurus  qui  ait  pu  servir  à  faire  la  cou- 
ronne d'épines  de  N.-S.-J.-G. 

Astruc  affirme  que  ce  mot  nous  vient  de  l'arabe. 

Arno,  «.  f.  Teigne,  en  lat.  Tinea,  petit  insecte,  véritable 
chenille  qui  se  change  en  phalène,  do  Tordre  des  Lépidop- 
tères, trop  connu  par  les  dégâts  qu'il  fait  sur  les  étoffes,  les 
pelleteries  et  le  papier.  Sa  phalène  est  ce  petit  papillon, 
d'un  blanc  un  peu  gris  mais  argenté,  qu'on  voit  voler 
Tété  dans  les  appartements  où  l'éclat  de  la  lumière  l'attire. 

An  fig.,  importun,  parasite,  solliciteur  dont  on  ne  peut 
se  débarrasser. 

Sauvages  prétend  que  ce  mot  vient  du  celtique. 

Aro,  «.  f.  Are,  mesure  de  superficie  contenant  400  mè- 
tns  carrés. 

Emp.  du  fr.  dér.  du  lat.  Ana,  surface. 


Aro,  adv.  A  présent,  à  cette  heure,  maintenant,  en  ce 
moment. — Tout'aro,  tout  à  l'heure,  bientôt,  dans  un 
moment.  Ah  /  pér-arof  Ah  1  pour  le  ooupl  Gna  prou  pèr 
aro,  c'est  assez  pour  Tinstant.  Un  pAou  aro,  un  pàou  piëi, 
un  peu  après  Tautre  ;  par  moments.  Aro  mèméto,  tout  ft 
cet  instant,  il  n'y  a  qu'un  bien  petit  moment. 

Dér.  du'iat.  Hora,  ad  horam,  ou  de  hac  horà.  En  ital. 
Ora,  en  esp.  ahora,  en  cat.  ara. 

Aros,  «.  f,  pi.  Arrhes  d'un  marehé,  gage  de  son  accom- 
plissement. —  Donna  d'aros,  donner  des  arrhes. 

Dér.  dugr.  i^^ocCàiv,  m.  sign.,  formé  de  Thébreu  ara6, 
promettre,  donner  des  assurances,  ou  de  Tarabe  araba, 
nouer,  affermir,  serrer;  d'où  le  lat.  arrha,  m.  s. 

Arougan,  anto,  atij.  Fier,  insolent,  arrogant. 

Dér.  du  lat.  Arrogant. 

Arouganço,  «. /*.  Orgueil,  fierté,  arrogance,  insolence, 
morgue. 

Même  dér. 

Arouina,  o.  Ruiner,  causer  la  mine;  démolir;  user 
par  le  temps;  détruire  la  fortune,  causer  la  perte  des  biens 
de  quelqu'un. 

Dér.  du  lat.  Euina, 

Aroundi,  v.  Arrondir  ;  élaip'r;  rendre  rond.  S'aroundh 
engraisser,  se  remplumer.  Au  fîg.,  étendre  son  héritage, 
joindre  à  son  domaine  une  terre  qui  convient. 

Dér.  de  Roun. 

Arounze,  j.  m.  Ronce,  Buhex  cœsius,  Linn.  Arbrisseau 
épineux  et  parasite,  qui  produit  les  mures  ;  de  la  fam.  des 
Uosaci^es. 

Dér.  du  lat.  Eanea. 

Aronqua  (s'),  v.,  ou  S'arouqid.  S'endormir;  tomberdans 
un  profond  sommeil,  où  Ton  semble  changé  en  pierre. 

Dér.  de  Eo. 

Aronqul  (s'].  Se  pétrifier,  devenir  de  la  pierre;  ^urcir. 
Au  fig.,  s'endormir  profondément. 

Dér.  de  Eo,  rocher. 

Arouaa,  v.  Arroser,  répandre  de  l'eau;  humecter. 

Dér.  du  lat.  Eos,  eau,  goutte,  rosée. 

Arousado,  t.  f.  Petite  averse  de  pluie;  pluie  douce  et 
de  courte  durée. 

Arousage,  s.  m.  Action  d'arroser;  droit  d'arrosage. 

Arousouèr,  s.  m.  Arrosoir;  grande  cruche  en  fer-blanc 
pour  arroser  les  plantes  et  les  fleurs. 

£mp.  du  fr. 

Arpaîargne,  «.  m.,  n.  pr.  Arpaillargues,  commune  du 
canton  d'Uzés.  Son  annexe  est  Aouréia,  Aureillac  ou 
Aurillac.  Deux  petits  villages,  situés,  celui-ci  sur  une 
haute  montagne ,  celui-là  sur  la  pente  d'un  coteau. 

Le  nom  du  dernier  pourrait  lui  venir  de  Aouro,  vent,  à 
cause  de  sa  situation  ;  mais  son  voisinage  avec  ArpàSargue, 
et  même  sa  traduction  française  laissent  croire  que  aurum, 
lat.,  a  contribué  à  la  dénomination  des  deux  localités, 
situées  près  d'un  ruisseau  aurifère  :  Aurum  iegtrê,  chercher, 
recueillir  de  l'or. 


Alll^ 


AIIQ 


j  /  /  •.'/.  'j  Ar),fit.irfjue,  qui  n'oxprime  pas  M^ri  ent'''nda 
;.  .  .  :  J  .  -//'/./'?  le  (i.)(ii. une  diî  qu<^li|Ui' S''Mril''ur  r '(II. lin, 
1  .  i  H-  i.'  j.iiiii  ilt's  clnrlOï»  par  Arj)'L'fi(in.<  œ,  el  i! 
:  ',  .  -  -fl  iiii  I,  iil  .iiis^i  {\i]  aurujti  et  lie  pùUi  ire,  ba-^S. 
lii.  ,  (il  cIki  (l-  I  or  «l.iis  le  silile  d<'s  ri\i'M'''>:  tl""'.!  iMr. 
(K  ji  iili'-iir    S.'s  afiulug'ues  sont  OqùlliL'ri'S  ^G.irJ,  et  Aipail- 

K.J'     '  \\i   \  h. il;.  * 

Arpaii,  s.  m  \  propri^ij]ent  pirîer,  si-'nifîp  :  InnirU'^urih 
l'fUiviTlare  <Je  Ii  main.  —  An  jeu  iVri^uip'  :  T.  e.  m.  ,  qui 
se  j<»ii»'  .i\ec  Je»  ^''i!iillis,  ou  uie>ure  aiii>i  la  di^lauc»'  entre 
les  houles;  Wni  dil.i!'r->  :  Fat  tous  in/>ins.  lai>  ta  ni"<ur\ 
iMais  couinif  la  trie!i»Mi''  se  nit'^l»'  l'>uj  «in's  a  O'^s  j^nx  d  ••n- 
faïUs»  le  Ui'\^ur»'iM'  a\\  'Uje  t''ll'Mii''iil  i'-s  il  'i-'t>  imi  -'li^^mt 
sur  la  l»'riv,  qn  il  jl-r-u'-'  si'ejuli.'nMn'Mil  la  «li^tanee.  On 
app''l.iil  c<'  pr'Or.lj  ;  Arji.ms  <le  la  narum,  et  r»tn  VMuL.it 
par!»'i- J  u:.'"  ni''>ure  lru^lul•Ml^'^  Le  j-Mi  ^'n  qii-'^ti'  n  a\ait 
sans  lI  »ute  pris  n.ii>san''*  en  ce  tenq)>-là.  La  nation  -'l  it 
prise  al' trs  [> 'ur  l'^  j  •u\ern':'nient  ;  mu  «'i.iit  S'Uis  la  r''[)u- 
blique,  la  pr-^ini-Te  bi-Mi  '^iit-'U  lu,  et  les  enrnils  se  p'rni'U- 
lai;nt  c>''[\o  .yrt*^  r'-[)i.Ta.ii:uf^  puîitiiiU''.  «-n  e'»ni!i!'''niitra- 
ti' n  il'.'  Il  l' Hitjii'M"  .(II''  lu  ti-Ts-cous  »KJj.  Les  Luunes 
vent  -^  >  'U*  1'^  [•[•i\il  'j^  d'  e*'t  -"iL''"". 

Àijar,,  '^n  e'  >'n>.  j»  «urrait  avnir  qu-^lpie  parent-'^  avec 
aT}  i;  .-j)-:!  L  it  ii-'us  pe.is  ..S  (ju  il  litsl  que  l'e.vlensioii 
du  n.  t  ^JiVj.iL 

Arpan,  s.  m.  M-^^supp  d-"»  su;^r!i.'i*  qni  r-'^p"!!  1  an  fr. 
arpf'it.  et  qui  d"rive  e  'i;  u  *  lui  du  lit.  Arnj>-n  huju, 
m-'^sun^"^  de?  (\\\  ..J  >.  M  lis  ..ui  La;i-u  \[  >.;.  il  ne  r-'p  -nd  pas 
ra\  d'îL^Misi  'is  d"  rar^teal  de  l'ans,  q-a  Nalait  autreluis 
51  are?  l'T  eend.ir'S. 

L'arp'ut  d'  M  uitr-'Hi^r.  qni  <'tiit  l'unité  l'''j-ile  pour  les 
justieiil'h>  d-:  h  t«»ur  d"S  Aid-^s  de  c- tt-^  mI1'\  t-liit  de 
deuv  s  «ries  L'arj>'^nt  .a  <lextre,  p.»ur  n)'^<':r'T  1\-*  batiUi'-nts. 
était  une  corde  qui  tuait  n-^ul"  pans,  >  -it  i  Ui-t.  'io  cent., 
sans  av'ir  ejird  a  U  ira^-ii  'H  inq^'-roeptili!'-»  qui  r-'^ull-'  de 
la  coiiqnru>  wi  du  m  tre  a  la  l'US-'  "U  à  la  canne.  Le  dexire 
ou  arjvMil,  p  -ur  n.e>urer  les  champs,  était  d-"»  18  piii<,  sjit 
4  m.  50,  on  mesure  linéaire.  L'arpMit  cirn-  représente 
donc  un»'  suivuiicie  de  10  mètres:  il  laul  '23  ar[>'nts  pour 
une  9uarfa/(i/f),  luO  pour  une  scstiUrah,  4(Ki  p Hir  une 
iâoumadudo  \V.  c.  m.  ,  et  dans  le  sy>té:ne  déciiual,  il  en 
faut  o  p'tur  un  are,  500  ();uir  un  heclip». 

L«'  destreoxi  Yarpcni  contient  donc    0  ares  ^0  centiares. 

L*"'  lx'>is>'au I 

La  (pnrle 5 

L*»unine 4  0 

Le  .s^'ptiT 20 

Và\  s  dai»v. 80 

Telle  .M.'it  b  mesure  A  Alds;  à  Saint-Cdiristol  et  dans 
quelqn  >  autres  couiuiunes  voi>ines,  iarj^nt  n'avait  que 
8  pins. 

Arpanta,  t».  Ar[vMitor,  mesurer  la  contenance  des  terres; 
faire  de  l.>ru'^  pas,  marcher  vilo  et  à  gnuids  pas. 

Dit.  do  Arpan 


25 


Arpantaîre,  5.  m.,  ou  Arpentur.  Gt^omctre  arpenteur. 

Arpantage,  .ç.  w.  Arp-ntipe,  nrl  de  mesurer  la  super- 
fiM  '  d-'x  t  rr-'s  ;  ra]ipuft  ou  plutôt  résultat  d'une  opération 
il  .)'-[)<Mi('  ur. 

1)  T.  d-'  Arpan, 

Arpantéja,  v.  P.irconrir  à  ^nnds  pis  ;  courir  c^  el  là; 
et  pjr  "xt.,  i'-u'i"  d''>  jainl-'s  -  -  N^  dit  surtout  d'un  enfant 
au  Iht.-'mu  qn.  c  ûi.'li-*  ?ur  le  d  -s,  joue  d'*s  janihes  et  se 
d'"i:  ■il-  quaud  il  est  iibie.  Le  iLul  se  coiilonJ  avec  Àrpa- 

irji. 

J)  T.  d'''  Arpnn. 

Arpatéja.  »-.  (i  ind.iller.  j  'ivr  des  jnml^es.  —  Il  est  lo 
m>"':..' .ph'  Al  }>aii'<j'i.  L.i  ^"ide  dillerence  parait  être  dans 
r--l\:ii.   r/'pn-<.-i  .-^i  dr.  d-'  Ai po. 

Arpeto,  >.  f.,  di'ii.  d'  Al i>'-'.  (T  e  d.^  Ini^li-T;  mais  plus 
p  irli'iili-'ivii.fni  c?  p-"'til'->  ^iilV'^-'ii  \  rillcs,  asec  l«'S4juelIes 
plu^i'-urs  plaiitt's  j':iM>it>'s  ^ri  ;-p ml-'S  s'ait. jchent  aux 
nairs  nu  à  l'arlm',  i  -ur  tut-'ur,  c  eu 'in'  1>'  liuTe,  la  vignc- 
vi-^r.v,  etc.  Oii  le  dit  ausM  des  pallrs  de  la  plupart  des 
iiis  vteS. 

Arpi,  V.  Ae.^r.<!ior  avec  les  mains  ou  les  griffes;  rapi- 
n-T  :  "aip  'i.'n-M.  >  ji-;r. 

y<iij>i.  >*-"  p:»'!i  Ip'  aux.  ch'^v.^ux,  s'éL'ratigncf  récipro- 
qU'''i  l'iit  n-'  •  l'N  "!:^'|^'S  et  V  -  j-'iall-'S. 

I>  T.  d'  Arj,.      f.TMi'    lui-n.M.''  du  lat.  arripio. 

Aipian,ando,  a'j.  Ti.'  :1,  i  pui-nu-,  quia  les  mains 
er.cli!i'->.  e<'.i,'i;''"n  1-'  ['\  r  v  .x",  laquuprcmeut  saiis  doute. 
au\  .\-!':ii.iii  1^;  escgulle,  escr.jC. 

1)  r.  d'^  Arpo. 

Arpîûu,  i.  m.  I)i:ii.  Arp.nuir.  Ongle  long  el  crochu  ; 
un  d  i-'t  vluii'^  S'^rî'\  d  une  ^nlTe,  pris  séparément.  Au 
pltir.  p  ir  '^xt  .11    11.  d  ■ijt';. 

L  '"-l  un    lii..  d  -l".  d''  Arpo. 

Arpo,  J.  f.  .M  lin;  irrilf'»;  serre;  patte.  —  On  dit  :  A 
hr.in)  at-pn,  ou  Is  uTio  b.ino  arp'\  d'une  femme  qui  a  la 
mnin  halnl-'  piur  r,lalas^er  une  ivclte,  telle  que  les  chà- 
tiP-'iieN.  (ui  p 'ur  eu''iltlr  la  IVuill'"  de  nnirier.  Jouga  dé 
iarp\  j'iU'T  il»'  l;i  .Tille;  njiintT,  iiième  éLTali^-nier.  Trempa 
l'atpn,  m-  itr«'  1?  pied,  entrer  dans  leau  ;  au  lij;.  mettre  la 
n.im  A  la  p'it-':  entr-'pr'Mi  i:'\  Y-'V  htaita  l'arpo  dessus,  on 
s'en  est  su<i.  «-n  a  uns  la  nr.in  >ur  lui. 

Dér.  du  LT.  '\cr-i;.  cToc,  cnvrli^i,  ^Tappiu. 

Arquado,  j.  f.  Arche  dun  i>oiil;  \oute  courbée  en 
arc . 

D'T.  du  lat.  ArcfHf,  arc. 

Arqué,  j.  m.  Arc-en-eiel,  mét-'^nre  en  arc  formé  par  la 
rêfracti  -n  de  la  lumiTe  solaire  dins  l-^s  nuag'^s,  composé 
de  plu>ieurs  handes  de  couleurs,  rvHige,  orange,  jaune, 
vert,  l'ieu,  indiu''^el  viulct.  —  C-'^\  I-mIiui.  d-^  Ar.  [V.  c  m.) 

Aripie  'le  vouUui.  Archet  ou  étui  de  faucille. 

l)er.  du  1  »t.    Arcus. 

Arquieiro,  s  f.  Soupirail,  lucarne,  jour  de  souffrance; 
ouverlun'  longue  et  très-etroite  pour  que  la  léle  n'y  puisse 


âsa 


ASB 


7i 


passer,  qni  éclaire  nne  cave,  une  étable,  an  grenier,  on 
bâtiment  non  habité  ;  barbacane,  chantepleure;  ouvertures 
de  même  dimension,  qu'on  pratique  dans  les  murs  de  sou- 
tènement et  de  terrasse,  pour  faire  écouler  les  eaux  de 
pluie. 

Ce  mot  Tient  de  son  ancienne  application  aux  meur- 
trières par  où  tiraient  les  archers,  qu'on  nommait  arquiès. 

Araéniso,  s.  f.  Armoise,  herbe  de  Saint-Jean,  Artemisia 
wUgan't,  Liim.  Plante  de  la  fam.  des  Corymbifères,  stoma- 
chique, vermifuge,  emmenagogue,  antiseptique. 

Dér.  du  gr.  'ApTs;xia{x ,  nom  de  la  Diane  des  Latins, 
patronne  des  vierges,  qu'on  appliquait  par  allusion  à  une 
plante  dont  on  faisait  usage  en  médecine  pour  provoquer 
les  menstrues  chez  les  jeunes  filles. 

Axtéîa  (s'),  V,  Se  heurter  les  doigts  de  pied  contre  quel- 
que chose;  broncher,  se  blesser  le  pied  par  un  choc.  — 
AJlpdou  que  mé  séraï  artéïa,  j'ai  peur  d'avoir  fait  une 
sottise,  un  pas  de  derc. 

Dér.  de  Ariél. 

Artêïado,  j.  f.  Heurt,  blessure  aux  orteils  :  ce  qui 
n'arrive  guère  qu'aux  gens  qui  vont  pieds  nus. 

Ce  mot  n'a  pas  d'équivalent  eu  français,  dans  nos  die- 
tkmnaires,  parce  que  ni  l'Académie  ni  les  Parisiens  ne  vont 
no-pieds  ;  mais  dans  la  Picardie,  par  exemple,  où  les  pau- 
vres gens  font  comme  les  nôtres,  on  dit  très-bien  s  orteil- 
ter  et  orieiUade,  En  tous  cas,  dans  l'acception  figurée,  il 
est  encore  à  regretter,  et  il  pourrait  bien  ne  pas  manquer 
d'emploi.  11  signifie  en  effet:  maladresse,  mal-habileté,  entre- 
prise oa  action  dans  laquelle  on  se  laisse  imprudemment 
pînœr. 

D6r.  de  Artél. 

Artel,  «.  m.  Orteil,  doigt  du  pied.  —  Leva  VartU,  se 
saurer,  décamper,  détaler;  lever  le  pied.  Trempa  l'artél, 
se  mettre  à  Feau,  guéer  a  pied. 

Mr.,  comme  son  synonyme  ital.  Artiglio,  du  lat.  Arti- 
cmimê,  jointure. 

ArUchàca,  t.  m.  Artichaut,  Cynara  scolimu$,  Linn. 
Plante  indigène  de  l'Andalousie,  de  la  fam.  des  Cynaro- 
céphales,  cultivée  partout  à  cause  de  l'aliment  que  fournit 
scm  réceptacle  et  les  écailles  de  son  calice.  On  en  connaît 
plosieufs  variétés.  -*  Voy,  Carchoflê, 

Dér.  du  celt.  ArticKaudm;  art,  pointe,  et  chaulx,  chou; 
par  où  Chou  épineux.  D'autres  le  tirent  de  l'arabe  Khar 
tMioff,  artichaut.  Le  grec  et  le  latin  ont  été  mis  aussi  à 
contribution.  Nous  n'avons  pas  de  préférence. 

Artisoùs,  <•  m.  pf .  —  Toy.  Artltoht, 

As,  art.  pi.  m.  au  datif.  Aux.  Au  fém.  on  dit  A  las.  •— 
As  home»,  ae  éfane,  aux  hommes,  aux  enfants  ;  à  las  fin- 
wsoê,  à  las  fïoe,  aux  femmes,  aux  filles. 

As,  t*  pers.  sing.  ind.  prés,  du  verbe  Avédre,  tu  as.  — 
Aâ  fan,  tu  as  faim.  As  dé  poumos,  tu  as  des  pommes. 

Asuâga,  v.  Arroser  ;  mouiller,  baigner.  —  Ce  terme 
exprime  spécialement  le  mode  d'arrosage  particulier  aux 
Cèrennes,  soit  qu'on  puise  Fean  dans  un  cours  d'eau  bor- 


dant la  propriété,  soit  dans  un  petit  bassin  où  on  la 
ramasse  et  qu'on  appelle  lompo.  On  la  puise  et  on  la  répand 
au  loin  au  moyen  d'une  pelle  creuse  en  bois  sur  les  plan- 
ches d'un  jardin,  à  peu  prés  comme  les  bateliers  vident 
leur  bate:iu  avec  une  écope.  —  Asdiga  lou  vi,  tremper  le 
vin.  Asàigaà  régo,  arroser  par  irrigation  en  faisant  couler 
l'eau  successivement  dans  ctiaque  raie  d'une  planche  de 
potager.  C'est  le  mode  qu'on  suit  quand  on  arrose  au  moyen 
d'un  puits-à-roue  ou  d'un  chapelet. 

Dér.  de  Aïgo  et  de  la  part,  explétive  a,  qni  marque  l'ac- 
tion ;  la  lettre  s  n'est  là  que  pour  l'euphonie,  pour  éviter 
le  choc  des  deux  a,  par  un  hiatus  réprouvé  même  en 
prose. 

Asaigadouîro,  s.  f.  Pelle  creuse  en  bois  pour  arroser, 
dont  il  est  question  à  l'article  précédent.  Lorsqu'on  n'em- 
ploie à  cet  usage  qu'une  moitié  de  courge  sèche,  emman- 
chée d'un  long  bâton,  ce  qui  est  le  plus  commun,  on  peut 
toujours  nommer  cet  outil  (uatgadouiro  ;  mais  il  est  plus 
technique  de  l'appeler  couasso. 

Asaîgaie,  s.  m.  Arrosage,  arrosement;  droit  d'irrigation; 
action  d'arroser. 

Ascla,  V.  Fendre,  mettre  en  éclats,  dans  le  sens  de 
fêler. 

Ascla,  ado,  o'//.  et  part.  past.  Fendu,  fêlé  ;  an  fig. 
éccrvelé,  cerveau  lèlé,  tête  folle. 

Asclo,  s.  f.  Fente,  fêlure,  crevasse  ;  intervalle  entre  une 
porte  ou  une  fenêtre  et  leur  chambranle.  —  Uire  coumo 
uno  asclo,  rire  à  gorge  déplo}'é3.  —  Voy.  FénJascio. 

Les  trois  mots  ci-dessus  de  même  formation  dérivent, 
selon  Sauvages  et  Astruc,  du  celt.  Ascl,  escl,  radicaux. 
Le  grec  a  KXdviç,  fente,  rupture. 

Ase,  f.  m.  Dim.  Aséné,  péj.  Asénas.  Ane,  baudet; 
Equas  asinus,  Linn.  Mammifère  de  la  fam.  des  Soiipédes. 
Au  fig.  sot,  ignorant,  imbécile,  butor. — Faïre  lou  repas 
dé  l'use,  manger  sans  boire.  L'ase  té  quïe,  peste  de  toi  ! 
L'ase  mé  quïe,  foin  de  moi  !  JMouririè  pu  lèou  l'ase  d'un 
pdoure  home,  il  mourrait  plutôt  l'âne  du  pauvre  :  c'est  une 
espèce  de  murmure  contre  le  sort  qui  semble  frapper  plus 
fort  sur  le  pauvre  que  sur  le  riche  ;  mais  cette  expression, 
qui  est  devenue  très-proverbiale,  n'a  rien  d'irrévérencieux 
ni  d'irréligieux.  Cela  se  dit  quand  l'enfant  d'une  nom- 
breuse famille  est  dangereusement  malade  ;  ou  bien  lors- 
qu'on voit  échapper  de  maLtdie  un  égoïste,  un  homme  isolé, 
dont  la  perte  ne  serait  préjudiciable  à  personne.  On  sup- 
pose par  là  que  rien  n'est  plus  utile  au  pauvre  que  son 
àne,  qui  est  son  gagne-pain.  Miehan  coumo  un  ase  nègre, 
méchant  comme  un  àne  noir.  Cela  provient  de  cette  race 
d'ànes,  très-grands  et  très-méchants,  qui  vient  de  la  Cata- 
logne, où  ils  sont  tous  d'un  gris  presque  noir.  Pati  coumo 
un  ase  dé  las  gfpiêïros,  souffrir  comme  un  àne  de  plàtrière. 
Le  plâtre  gris,  qu'on  n'exploitait  autrefois  pour  les  envi- 
rons d'Alais  que  dans  la  commune  de  Générargues,  était 
transporté  à  dos  d'àne  dans  des  sacs  qu'on  leur  posait  à  nn 
sur  le  dos.  Un  gamin,  à  califourchon  sur  la  croupe,  les 


72 


ASE 


ASS 


guidait  sans  bride  avec  an  gros  bftton,  et  les  faisait  galo« 
per,  malgré  cette  double  charge:  ils  allaient  ainsi  par 
cavalcade  de  dix  à  douze.  Ce  service  était  fort  dur,  atteuda 
surtout  que  les  pauvres  baudets  étaient  mal  nourris  et 
réduits  souvent  à  brouter  l'herbe  sèche  des  chemins.  Ce 
genre  de  transport,  qui  avait  son  cachet  local«  a  disparu 
aujourd'hui  que  les  routes  et  les  chemios  vicinaux  permet- 
tent une  voie  plus  facile;  mais  le  dicton  proverbial  est 
resté.  Y-a  maï  d'un  ase  à  la  fièiro  que  $i  sémblou,  prvb., 
il  y  a  plus  d'an  àne  à  la  foire  qui  s'appelle  Martin.  L'asê 
dé  mita  é$  toujour  mâou  imbasta,  prvb.,  l'âne  de  la  com- 
monauté  est  toujours  le  plus  mal  bâté  :  tout  bien  en  com- 
mun oaen  indivis  est  toujours  mal  administré.  Vai$fiehô/ 
est  one  sorte  d'interjection  explétive,  fort  en  usage,  et  qui 
n*e8t  que  la  modification  plus  décente  d'une  l«)cution  fort 
employée,  quijique  de  beaucoup  moins  honnête  :  L'au 
fiehê  iou  dariê  l  le  diable  emporte  celui  qui  sera  le  dernier 
i  la  course.  J^uét  au  $$  bien  maléou  que  porto  déuu$  un 
bel  impUutre,  voilà  un  âne  bien  malade,  qui  porte  sur  le 
dos  un  grand  emplâtre,  c'est-â-dire  un  homme  inutile  :  ce 
devait  être  un  des  propos  de  ceux  de  la  fable  du  Meunier, 
ton  fiU  et  l'âne.  Mouqué  coumo  un  eue^'^t^enaud  comme  un 
baudet.  Aquéio  ribo  n'es  pas  pér  aquél  ase,  dicton  prvb., 
mot  à  mot  :  ce  vei-dng(>  u'est  pas  pour  un  pareil  âne.  Au 
fjg.  :  ce  n'est  pris  {xmr  lui  que  le  four  chauffe;  ce  morceau 
est  trop  délicat  pour  lui;  il  lui  passera  sous  le  nez.  Dans  ce 
sens  se  trouvent  une  foule  d'applications. 

La  lemelle  do  l'âne,  ânesse,  est  appelée  Sâoumo,  —  F. 
c.  m. 

Aséné,  ânon,  est  le  dim.  Aeénat,  péjor.,  signifie  au  pr.  et 
au  fig.,  gros  âne.  —  Voy,  Bourou,  Bouriaquo,  Pécata, 

Ase,  au  jeu  de  cartes,  as.  Ase  dé  piquo,  dé  tréflo  ou  dé 
trounfte,  dé  et^re,  dé  eur,  as  de  piqoe,  de  tréûe,  de  car- 
reau, de  coBur.  —  Voy,  Bourou, 

Ase,  trés-pctit  poisson  de  rivière,  chabot  des  rivières, 
Coitus  gobio,  Linn.»  qui  a  renoolure  de  la  baudroie,  la  tète 
large  et  plate,  plus  grosse  que  tout  le  reste  du  corps.  Il  est 
insipide  &  manger  et  contient  souvent  du  gravier  dans  l'es- 
tomac. Il  se  tient  presque  toujours  au  fond  de  l'eau,  sous 
les  pierres.  Qaind  ou  l'irrite,  il  renfle  sa  large  tète,  ce  qui 
le  rend  encore  plus  laid. 

Ase-^o^^ien,  s»  m.  Le  têtard,  la  nymphe  de  la  grenouille, 
qu'on  rencontre  dans  les  eaux  croupissantes,  où  un  rayon 
de  soleil  suffit  pour  les  faire  éclore.  En  naissant  il  est  noir  ; 
en  grossissant  il  devient  gris.  Sa  tète  et  son  oorps  forment 
une  espèce  de  boule  terminée  par  une  queue  plate  en 
forme  d  aviron  et  dont  le  plan  est  vertical.  Les  pattes  sor- 
tent de  cette  boule,  la  queue  se  détache,  et  le  têtard  aqua- 
tique devient  grenouille  amphibie.  Au  fig.  Ase-bomén 
signifie  :  bulur  reufi»rcé,  ane,  imbécile,  sot  fiefiè;  un  degré 
de  plus  dans  la  sottise  ou  la  bêtise  que  l'âne  ordinaire.  Il 
est  très-employé. 

Le  nom  latin  du  têtard,  Gyrinue,  est  (Sicile  à  comprendre  : 
'}l  vient  de  gyrure,  arrondir,  puisque  c'est  une  vraie  boule. 


Son  nom  fr.  qui  signifie  grosse  tète,  a  sa  raison  puisqu'il 
ne  semble  être  qu'une  tête;  mais  notre  aMe4fouïén,  dont 
l'épithète  surtout  ne  dit  rien,  ne  s'explique  guère.  Dans 
nos  environs,  on  appelle  le  têtard  tésto  d*ase,  ce  qui  est  un 
peu  moins  incompréhensible. 

Ase  dé  charpanto,  chevron  de  charpente,  composé  de  sa 
ferme,  du  pied-droit  et  des  arbalétriers. 

Ase  dé  ressaïre,  banc  à  trois  pieds  sur  lequel  les  scieurs 
de  long  élèvent  et  placent  horizontalement  leur  bigue;  le 
pied  de  derrière  n'est  que  le  prolongement  du  banc  lui- 
même  ,  qui  vient  s'appuyer  â  terrre  et  le  long  duquel  on 
roule  la  bigue  pour  la  hisser,  quand  elle  est  trop  lourde 
pour  être  soulevée  sur  les  épaules. 

Toutes  ces  dernières  acceptions  dérivent  de  quelque 
point  de  comparaison  ou  de  similitude  avec  l'âne,  animal, 
dont  le  nom  dérive  lui-même  du  lat.  Asinue. 

Asénén,  énquo,  adj.  D'âne;  qui  tient  de  l'âne;  qui 
vient  de  l'âne. 

Asénga,  v.,  ou  Enzina.  Arranger;  rajuster;  agencer; 
raccommoder;  apprêter.  S* asénga,  s'arranger,  se  mettre  â 
l'aise  et  s'ajuster.  —  Foy.  Enxina, 

Dér.  de  Auï. 

Atérba,  o.»  ou  Ashérba.  Donner  le  vert  aux  chevaux  ; 
conduire  les  troupeaux  dans  les  prairies. 

Dér.  de  Hèrbo. 

Aspre,  0,  adj.  Apre,  désagréable  au  goiit. 

Dér.  du  lat.  Asper,  et  au  moins  contemporain  du  fr 

Assadoula,  v.  Rassasier,  gorger;  assouvir  la  faim. 

Dér.  de  Sadoul. 

Assaja,  v,,ovl  Enaaja.  Essayer;  tenter;  tâcher  de  faire» 
faire  l'essai;  essayer  un  habit,  une  robe,  un  chapeau,  pour 
voir  s'ils  vont  bien. 

Dér.  de  l'ital.  Assagiare,  m.  sign. 

Assalé,  s,  m.  Place  garnie  de  pierres  plates  ou  de  che- 
neaux  en  bois,  où  l'on  donne  le  sel  aux  moutons. 

Dér.  de  Sâou  et  de  Sala. 

Assaléja,  v.  Donner  le  sel  au  bétail. 

Dér.  de  Sàou,  formé  du  lat.  Sal. 

Assana ,  v.  Cicatriser,  guérir  une  plaie,  une  blessure. 

Dér.  de  San,  sain. 

Asaàou,  f.  m.  Emotion  pénible;  nouvelle  alarmante; 
reproche  mortifiant  ;  importunité  fatigante.  —  Nous  douné 
un  fUr  assâou,  il  nous  alarma  vivement. 

Emp.  du  fr.  Assaut. 

Aasàouvagi,  v.  Rendre  sauvage,  farouche.  —  Dé  batre 
Iou  béstiâou  Vassâouvagîs,  on  rend  les  animaux  farouches 
en  les  battant. 

S'assâouvagi,  v.  S'effiiroucher  ;  prendre  un  air,  une 
humeur  sauvage;  contracter  des  manières  agrestes. 

Dér.  de  Sàoutfoje. 

Assaaiin,  s.  m.  Assassinat,  et  non  assassin.  —  Aquà'e 
un  assassin,  c'est  un  vrai  assassinat,  dit-on,  quand  on  est 
assailli  par  une  troupe  de  mendiants,  une  foule  de  eréan- 
ciers  ou  simplement  d'importuns. 


ASS 


ÂSS 


78 


Dôr.  de  Hoichiehin,  qui  était  le  noin  des  sujets  dn 
Vieux  de  la  Moutagne,  autrement  dit  Prince  des  Haschi- 
chins,  ou  Assassins.  Gomme  ses  sujets,  fanatisés  par  lui, 
assassinaient  tous  ceux  qui  déplaisaient  au  maitre,  leur 
nom  est  devenu  générique  pour  désigner  les  assassins. 

Assawilima,  v.  Assassiner,  tuer  par  guet-apens,  par  tra- 
hison, de  dessein  prémédité.  Au  ûg.  importuner  à  l'excès, 
solliciter;  exiger  son  du  tout  de  suite,  comme  si  l'on  met- 
tait le  pistolet  sur  la  gorge.  —  Les  deux  n  se  font  sentir. 

Assasalniir,  t.  m.  Assassin,  meurtrier. 

Assata,  v.  Affaisser;  battre;  fouler,  tasser.  —  Âssatala 
lugado,  encuver  le  linge  de  la  lessive,  l'abreuver  pour 
l'entasser.  AM$ata  un  eo  dé  poun,  asséner  un  coup  de  poing. 
La  crcio  iét  auatado,  la  voûte  a  fait  son  effort,  les  murs 
(mt  pris  leur  assiette.  Aisata  un  $ou[U,  appliquer  un  soufflet. 

Dér.  du  lat.  Auidere. 

Aasécarli  (s*),  v.  Se  dessécher,  devenir  sec.  —  Se  dit 
prindpalemeat  d'un  arbre  qui  meurt  peu  à  peu  par  les 
branches. 

Dér.  de  Séqua. 

Aaségiira,  «.  Rendre  sûr,  consolider;  caler;  assurer, 
œrtifier,  affirmer. 

Dér.  de  Ségu, 

Aaségnranço,  «.  f.  Sûreté,  assurance  ;  caution,  nantis- 
sement, hypothèque  ;  fermeté,  hardiesse. 

Aasémàon,  «.  m.,  ou  Sémâou.  Cornue;  comporte; 
benne  ;  vaisseau  de  bois  composé  de  douves  reliées  par  des 
cercles,  avec  deux  chevilles  horizontalement  placées,  par 
lesquelles  deux  personnes  le  transportent  à  l'aide  de  deux 
bâtons  appelés  pour  cela  sémaïès,  qu'on  passe  en  dessous 
des  chevilles.  Ce  vaisseau  sert  principalement  à  transporter 
la  vendange. 

Dér.  probablement  de  Sema,  met  d'un  autre  dialecte 
que  le  n6tre,  qui  signifie  :  tirer  le  moût  d'une  cuve  trop 
pleine,  dér.  lui-même  de  l'ital.  Scemare,  diminuer.  — 
Voy.  Sémâou. 

âBsémbla,  v.  Assembler;  rassembler;  mettre  ensemble, 
joindre,  unir,  réunir,  rapprocher;  convoquer.  —  Dtou  lous 
fax,  amai  loui  assémblo.  Dieu  les  fait  et  les  assemble,  dit- 
on  souvent  ironiquement  d'un  ménage  pins  ou  moins  bien 
assorti ,  d'une  coterie  dont  les  membres  sont  ignorants  et 
singuliers. 

Emp.  du  fr.  Assembler. 

Aasémblado,  t.  /.  Assemblée;  plus  spécialement,  la 
tenue  des  offices  divins  dans  la  religion  réformée,  soit 
dans  un  temple,  soit  au  désert. 

Emp.  du  fr. 

Assès,  adv.  Assez,  autant  qu'il  en  faut.  —  C'est  pure- 
ment un  terme  de  civilité  populaire.  N*aï  bien  assès,  dit-on 
a  table  quand  le  maitre  de  la  maison  vous  offre  d'un  nou- 
veau plat.  Dans  ce  cas-là  on  ne  dit  jamais  :  N'aï  bé  prou. 
Assis  ne  se  place  qu'à  la  fin  de  la  phrase.  On  ne  dit  pç^  : 
Aï  assés  manja,  mais  bien  :  ^t  prou  manja. 

Pmp.  au  fr.,  comme  la  plupart  des  termes  de  civilité. 


Aaaésl,  ido,  adj\  Rassis.  —  Ne  se  dit  guère  que  du  pain, 
par  opposition  à  pain  frais  ou  mollet. 

Dér.  du  lat.  Assidere. 

Asséta,  V,  Asseoir,  mettre  sur  un  siège  ;  faire  tomber 
quelqu'un  par  force  sur  son  derrière;  poser  sur  une  base 
solide. 

S'asséta,  V.  S'asseoir,  se  mettre  dans  un  siège  ;  s'établir 
d'une  manière  solide,  prendre  son  faix,  en  parlant  d'un 
mur,  d'une  voûte,  d'une  pierre  de  taille. 

Dér.  du  lat.  Assidere. 

Assétoùs  (d'),  adv.  Assis,  sur  son  séant  ;  par  opposition 
à  debout.  —  Ero  d'assétoùs  sus  soun  iè,  il  était  au  lit,  assis 
sur  son  séant. 

Assiétado,  s.  f.,  ou  Siétado.  Assiettée  ;  contenu  d'une 
assiette,  plein  une  assiette.  —  Uno  assiétado  dé  soupo,  est 
4me  assiette  de  soupe,  non  seulement  pleine,  mais  comblée 
et  presque  en  pyramide.  —  Voy.  Siéiado. 

Dér.  de  Assièto. 

Assièto,  s.  f.,  ovL  Sièto.  Assiette,  vaisselle  plate  dans 
laquelle  on  met  ce  que  l'on  mange  à  table.  — Assièto  béeudo, 
êcuelle  à  bec.  Para  ta  sièto,  présente  ton  assiette. 

Dér.  du  lat.  Assidere  ou  assista,  de  à  sedendo,  parce 
qu'autrefois  Vassièto  indiquait  la  place  de  chaque  convive 
à  table. 

Assigna,  i.  m.  Assignat,  papier-monnaie.  — Ce  terme  est 
malheureusement  devenu  familier  à  tous  les  idiomes  de  la 
France,  et  y  est  resté  en  triste  souvenir.  —  Prin  eoumo 
un  assigna,  mince  comme  un  papier  d'assignat.  Afatrassi 
eoumo  un  assigna,  mou,  sans  apprêt,  sans  consistance, 
comme  les  feuilles  d'assignats.  Même  avant  que  ceux-ci 
fussent  décrédités  par  la  banqueroute  et  l'échelle  de  dépré- 
ciation, ils  étaient  méprisés  par  le  peuple  pour  leur  légè- 
reté, leur  peu  de  consistance,  et  la  nullité  de  leur  valeur 
spécifique,  en  regard  des  espèces  sonnantes,  lassent-elles 
du  billon  le  plus  lourd. 

Assista,  V.  Faire  l'aumône  ;  aider,  secourir.  —  Diou 
vous  assiste.  Dieu  vous  vienne  en  aide!  Pode  pas  vous 
assista,  je  ne  puis  rien  vous  donner,  dit-on  à  un  men- 
diant. 

Dér.  du  lat.  Assister e. 

Assoucia  (s'),  v.  S'associer,  se  mettre  en  communauté 
d'intérêts;  former  une  association. 

Dér.  du  lat.  Assoeiare. 

Assoulida,  v.  Consolider,  rendre  sohde,  sûr;  donner 
des  garanties,  des  hypothèques,  des  nantissements  ;  affir- 
mer. 

Dér.  de  Soulide. 

Assouma,  v.  Assommer  ;  tuer  ou  terrasser  en  frappant 
sur  la  tête  avec  quelque  chose  de  lourd,  comme  un  bâton, 
une  pierre,  une  massue. 

Dér.  dn  lat.  Summum,  sommet. 

Aasonrda,  v.  Assourdir,  rendre  sourd  à  force  de  crier 
ou  de  faire  du  bruit;  ennuyer,  fatiguer  de  propos, 

Dér.  de  Sour. 

10 


74 


ATA 


ATÊ 


Atsoiirtl,  V.  Aller  an-devant  on  à  la  rencontre  de  quel- 
qu'un. 

Formé  de  SourU  et  de  la  prép.  lat.  aâ,  sortir  vers. 

Assonrtt,  t;.  Assortir,  mettre  ensemble  des  objets  qui  se 
ressemblent,  qui  se  conviennent,  qui  concordent. 

Dér.  du  lat.  Sors. 

Assupa,  V.  Rencontrer  nez  à  nez,  se  heurter  contre 
quelqu'un,  en  le  rencontrant  à  l'improviste,  sans  Tavoir 
aperçu  d'avance. 

Dér.  de  Su,  tète,  crâne. 

Assaqua,  v.  Assommer,  frapper  fort  sur  la  tète. 

S'auuqua,  v.  Tomber  sur  la  tète,  donner  de  la  tète 
contre  un  corps  dur.  —  Es  tout  assuqua,  il  est  tout 
hébété. 

Dér.  de  Su,  crikne,  et  a  privatif. 

Astre,  f.  m.  Astre;  soleil,  étoile,  corps  céleste.  —  Moun 
astre,  dans  le  langage  des  nourrices  k  leur  ponpon ,  dans 
celui  des  amoureux  à  leur  belle,  est  Texprcssion  de  leur 
tendresse  charmée  et  éblouie.  11  s'emploie  aussi  dans  le 
jnème  sens  à  peu  près  que  planéto ,  ou  étoile,  en  fr.,  pour 
parler  de  l'influence  du  sort,  de  la  destinée  soumise  aux 
astres  ou  en  dépendant.  Les  anciens  et  les  modernes  ont 
conservé  dans  leur  langue  la  tradition  de  cette  influence 
des  astres  ;  on  en  a  fait  une  science  qui  a  eu  sa  vogue. 
Pér  co  d'astre,  par  hasard,  par  bonheur.  Lou  diable  vire 
l'astre  f  Peste  soit!  sorte  d'imprécation  qui  nous  vient  de 
loin,  assure  Sauvages.  C'est  le  Deus  omen  avertatf  des 
Romains.  Sembla  que  siès  din  tous  astres,  on  dirait  que  tu 
es  dans  les  astres,  reproche-t-on  à  une  personne  distraite  et 
préoccupée. 

Etym.  du  gr.  'AoTpov,de  'Aonlp,  étoile,  d'où  le  ht.  astra. 

Ararpa,  ir.  Usurper.  —  Ne  se  dit  qu'en  parlant  des  pro- 
priétés territoriales ,  qu'on  rogne  peu  à  peu  en  éloignant 
la  ligne  divisoire. 

Emp.  du  fr. 

Atala,  V.  Atteler;  attacher  des  bètes  de  trait,  chevaux 
ou  mules,  à  une  voiture  ou  à  une  charrue.  —  Es  de  mi- 
than  atala,  c'est  un  homme  intraitable,  revèche  au  joug 
ou  qui  n'entend  pas  la  raison. 

S'atala,  v.  S'appliquer,  employer  toutes  ses  forces,  toute 
son  attention;  faire  son  possible;  se  mettre  au  travail.  — 
S'atalêrou  à  bata\'a,  ils  se  mirent  en  train  à  babiller. 

0ér.  du  lat.  Telum,  flèche,  timon. 

Atalaje,  «.  m.  Attelage;  l'ensemble  des  bètes  de  trait 
qui  traînent  tine  même  charrette. 

Aialus  (en),  adv.  Obliquement  ;  en  talus  ;  en  biseau. 

Dér.  du  lat.  Talus,  talon,  cou-de-pied. 

AtaluBsa,  o.  Couper  un  terrain  en  talus  ;  former  en  talus 
h  berge  d'un  fossé  ;  donner  du  pied  à  un  mur,  à  une 
chaussée,  à  une  butte. 

Atàonla,  v.  Attabler;  mettre  les  gens  à  table  pour 
manger,  boire  ou  jouer.  ^  S'atâoula,  se  mettre  à  table. 

Dér.  de  Tâoulo, 

Atapa,  V.  Prendre,  saisir,  joindre;  fermer,  boucher, 


couvrir,  cacher,  voiler.  —  M.  de  Bonafous  a  dit  dans  une 
charmante  chanson  : 

Se  vos  pas  que  siègue  tan  amonroùs 
Et  dé  ta  bouquéto  et  dé  tous  ièioù», 
Atapo-loùs,  ma  mîo,  atapo-Ioùs. 

Ce  mot,  dans  le  premier  sens,  est  une  variante  de  atrapag 
et  dans  le  second,  de  tapa. —  Yoy,  Atrapa  et  Tapa. 

Ataqoa,  ado,  adj.  Atteint  d'une  maladie;  qui  a  un  vice 
dans  une  partie  du  corps;  qui  souffre  d'une  infirmité.  — * 
Ataqua  dé  l'asme ,  asthmatique^  Ataqua  dé  la  péttrinof 
atteint  de  pulmonie. 

Dér.  de  Taquo, 

Ataquo,  t.  f.  Attaque,  atteinte  d'une  maladie;  crise. 
Au  fig.  folie ,  acte  de  déraison.  —  Es  mor  d'uno  ataquo, 
il  est  mort  d'apoplexie.  Sas  ataquos  /ou  prénou,  le  voiUi 
retombé  dans  sa  folie. 

Emp.  au  fr. 

Atarda,  v.  Retarder  ;  attarder,  mettre  en  retarda 

S'atarda,  s'attarder,  se  retirer  tard,  se  mettre  tard  en 
route. 

Dér.  de  Tar. 

Atari,  V.  Tarir,  mettre  à  sec.  S'atarï,  tarir,  devenir  sec  ; 
perdre  son  eau.  —  Soun  mouH  s'ataris  pas  jamoX,  il  ne 
met  jamais  l'écluse  à  ses  paroles. 

Dér.  du  lat.  Arire,  par  métaplasme  de  Arere,  être  à 

9vv* 

Atébési  (s'),  V.  Tiédir,  devenir  tiède.  -«  La  progression 
de  ce  mot  est  en  raison  inverse  de  son  correspondant 
français.  Une  chose  s'atiédit  quand  elle  a  été  plus  chaude 
avant  et  qu'elle  passe  graduellement  à  une  température 
moins  élevée.  C'est  le  contraire  avec  le  mot  languedocien 
S'atébési,  qui  exprime  que  la  chose,  de  froide  qu'elle  était, 
devient  tiède. 

Dér.  de  Téhés. 

Atènciou,  s.  f.  Ce  mot  ne  s'emploie  que  précédé  du 
verbe  fatre  :  faire  attention,  prendre  garde  ;  ou  bien  seul 
comme  interj.  :  Attention!  Aténchu/  Garde  à  vous  i 

Emp.  au  fr. 

Aténdre,  v.  Atteindre,  frapper  de  loin,  toucher  ;  attendre, 
être  dans  l'attente,  l'expectative;  être  attentif  à  un  ouvrage, 
y  mettre  tout  son  temps,  sans  perdre  une  minute. 

S'aiéndre,  croire,  se  fier,  avoir  confiance,  se  rapporter. 
—  L'aténdégué  à  la  tèsto  d*un  eo  dé  ptiro,  il  l'atteignit 
à  la  tète  d'un  coup  de  pierre.  L'aténdou  eoumo  lou  Méssih, 
ils  l'attendent  comme  le  Messie.  Aténdès-nous  un  pdou, 
attendez  un  peu  que  nous  arrivions.  S'aténdiè  énd'aquéi 
traval  touto  la  gnuè,  il  s'appliquait  à  cet  ouvrage  toute  la 
nuit.  Se  vous  aténdès  d'd,  sérés  màou  fisa,  si  vous  VOW 
fiez  à  cet  homme,  vous  serez  peu  sur  de  votre  affaire. 

Dér.  du  lat.  Attendere. 

Aténén,  ènto,  adj,  Contigu,  limitrophe,  tenant.— 
AquH  hé  es  tout  d'un  aténén,  dans  ce  domaine  toutes  les 
terres  se  touchent,  sont  conliguës,  attenantes. 

Dér.  du  lat.  Ad,  et  tenere. 


ATR 


AVA 


75 


Aténténa,  v.  Atermoyer,  prolonger  les  termes  ;  ren- 
voyer d'un  jour  à  l'autre  ;  leair  le  bec  dans  l'eaa.  --> 
Aténténa  uno  fïo,  bercer  une  jeune  personne  d'une  pro- 
messe de  mariage,  dont  on  retarde  toujours  Texécution. 

Formé  de  la  rédupUcation  de  Tén,  comme  si  l'on  disait 
éé  tén  à  tén,  d'un  temps  à  l'autre. 

Aténténaîre,  airo,  aé(j.  Atermoyeur,  mauvais  payeur  ; 
enjôleur,  trompeur  de  filles. 

Atéssa,  V.  Allaiter;  donner  à  td^ter  ;  donner  le  sein  à  un 
enfant. 

Dér.  du  gr.  TiôiJ,  nourrice,  par  m:}taplasme  du  t  en  c, 
on  en  suivant  la  prononciation  adoucie  du  0  qui  est  une 
véritable  sifllante.  £n  celt.  Tétar  signifie  téter. 

Atôsaado,  s.  f.  Repas  ou  réfection  d'un  enfant  qui  tète. 
—  Donna  uno  atésiado,  donner  à  téter,  faire  téter.  A  agu 
do»  atéssados,  il  a  tété  deux  fois, 

Dér.  de  Téta, 

Atétoimi,  ido,  adj.  AfFriandé  à  la  mamelle,  qui  vent 
tonjours  téter;  enfant  difficile  à  téter, 

Dér.  de  Téta. 

Atila  (s'),  t;.  S'attifer,  s'ajuster,  se  pomponner,  se  parer 
de  tous  ses  atours. 

Dér.  du  gr.  StIçsiv  ,  orner ,  ou  de  TC^oç,  soin  de  se  parer. 

Atifès,  M.  m,  pi,  Afliquets,  pompons;  fanfreluches  de 
toilette;  atours,  ajustements  de  femme. 

Emp.  au  vieux  fr.  Attifets. 

Atira ,  v.  Attirer  ;  allécher  ;  affriander  ,  appâter.  — 
Aqu^  vin  atiro  soun  buvur,  ce  vin  excite  à  boire.  Aquélo 
marehando  es  bien  atiranto,  cette  marchande  est  bien  pré- 
Tenante;  elle  attire  les  chalands  par  ses  prévenances, 

Formé  de  Ad,  vers,  et  tira, 

AtÎBSa,  V.  —  Voy.  Aquissa. 

Ato,  «.  f.  Acte,  contrat  notarié  ;  exploit  d'huissier.  — 
fd  farai  donna  uno  ato,  je  lui  ferai  signifier  un  exploit. 

Dér.  du  lat.  Aetum. 

Atoà8,«.  m.,  ou  Troonfle.  Atout,  terme  de  jeu  de  cartes; 
couleur  de  la  retourne,  ou  celle  dans  laquelle  on  joue  ;  triom- 
phe. —  BatreatoHu,  faire  atout.  A  'pa$  sâoupégu  jouga,  aviè 
friên  tous  otoutseM  en  man,  il  n'a  pas  su  mener  sa  barque,  il 
;ivait  toutes  les  chances  de  succès;  il  a  perdu  avec  beau  jeu. 

Ce  mot  signifiait  dans  l'origine  la  couleur  supérieure  à 
tout,  qui  prend  toutes  les  autres,  qui  gagne  tout. 

Atrapa,  v.  Attraper;  tromper,  duper,  faire  une  niche; 
trouver,  trouver  par  hasard,  rencontrer,  -t-  T'atraparas  hé, 
tu  finiras  bien  par  t'attraper,  Vos  que  tous  atrapén?  veux-tu 
que  nous  leur  fassions  une  niche  ?  Coumo  alrapas  aquél  vif 
comment  trouvez-vous  ce  vin  ?  Piou-ptou,  ce  qu'atrape  es 
miou,  bon,  ce  que  je  trouve  m'appartient,  disent  les  enfants 
en  s'emparant  de  quelque  bonne  trouvaille^ 

Dér.  du  vieux  lat.  Trappa. 

Atrapaire,  airo,  adj.  Trompeur,  faiseur  de  dupes. 

Atrapo,  «.  f.  Attrape  ;  niche;  tricherie  ou  fourberie  inno- 
cente et  par  pure  plaisanterie.  —  Le  poisson  d'avril  est  une 
0trapo, 


Atrouba,  v.  ou  Tronba.  Trouver,  rencontrer;  sur- 
prendre. — Aquést'an  Caléndo  s'atroho  un  dilus,  cette  année, 
la  Noël  arrive  un  lundi. 

Dér.  de  l'ail.  Treffm,  toucher,  atteindre,  selon  Le  Du- 
chat  ;  par  métaphore,  trouver  ;  d'où  l'ital.  Trovars. 

Atronpa  (s*),  v.  S'attrouper,  se  rassembler  par  troupe,  se 
réunir  tumultueusement. 

Dér.  de  Troupo. 

Atronpéla,  v.  Réunir  en  troupeau,  par  bandes  qui  mar- 
chent dans  un  certain  ordre,  processionnellement,  comme 
le  troupeau  qui  suit  la  trace  de  Robin-mouton. 

Dér.  de  Troupèl. 

Atuba,  V.  Allumer  le  feu,  la  lampe,  une  chandelle  ;  et 
non  éclairer. 

Dér,  du  lat.  Tubus,  tube,  tuyau,  parce  qu'originaire- 
ment on  souillait  le  feu  avec  un  tube  en  fer,  comme  on  le 
fait  encore  dans  quelques-unes  de  nos  montagnes. 

Atobal,  s.  m.  Menu-bois,  allumettes,  copeaux,  brou- 
tilles ;  tout  ce  qui  est  propre  à  s'enflammer  rapidement  et 
qui  peut  aider  à  allumer  le  gros  bois  d'un  feu. 

Dér,  de  Atuba, 

Atupi,  V.  Réduire  au  silence,  rendre  muet;  éteindre; 
calmer;  étouffer,  couvrir;  au  prop.  et  au  fig.  —  Atupi  lou 
fio,  ce  n'est  pas  éteindre  ni  étouffer  le  feu;  mais  bien  le 
recouvrir  de  cendres  chaudes  ou  do  charbon  mouillé,  ce 
qui  le  conserve  sans  le  laisser  flamber. 

Dér.  du  gr.  ''âtujcoc,  bègue,  muet,  sans  bruit  ;  ou  formé 
de  a  privatif  et  TOcptu,  allumer,  enflammer. 

Aval,  adv.  Là-bas,  en  bas  :  pour  les  Cévennes,  tout  oo 
qui  est  au  midi  et  à  l'est  d'Alais.  Le  territoire  de  Nimes, 
de  Montpellier  et  la  Provence  sont  comparativement  en 
bas,  aval;  en  parlant  d'une  de  ces  localités,  on  dit  :  Av<U 
vèr  Sén-Gile,  vèr  Béoucaïre,  -«-  Aval -aval,  là -bas  bien 
bas. 

Formé  du  lat.  Ad  vallem,  vers  la  vallée,  par  opposition 
à  amoun,  ad  montem,  vers  la  montagne, 

Avall  (s'),  V.  Se  perdre,  disparaître  sans  laisser  de 
traces,  à  la  manière  des  esprits;  se  dissiper  comme  un 
songe  ;  s'évanouir. 

Dér,  de  Aval  et  du  lat.  ire,  parce  qu'on  suppose  que  les 
esprits  viennent  des  bas  lieux,  et  qu'ils  y  retournent 
quand  ils  disparaissent. 

Avança,  v.  Devancer,  prendre  les  devants  sur  quelqu'un, 
le  dépasser,  soit  en  marches,  soit  en  études,  en  savoir  ; 
faire  des  avances,  avancer  de  l'argent. 

S'avança,  avancer,  s'avancer;  aller  au-devant,  prendre 
les  devants  ;  approcher  du  but,  du  terme.  —  Aquél  éfan 
es  bien  avança,  cet  enfant  est  fort  avancé  dans  ses  études. 
Dé  que  vous  avança  aquà  ?  à  quoi  cela  vous  sert-il,  quel 
avantage  en  retirez-vous  ?  Aro  qu'avès  fa  lou  fol,  sis  pus 
avança,  à  présent  que  vous  avez  fait  toutes  ces  folies,  ètes- 
vous  mieux  loti  ?  Es  tan  d'avança,  c'est  autant  de  fait. 

Dér.  du  lat.  Ab,  de,  par,  et  antè,  avant;  ou  bien  ad 
ventum,  vers  le  vent. 


7(5 


AVA 


AVE 


Avanço,  t.  f.  Avance,  ce  qui  déborde,  ce  qpx  dépasse  ; 
espace  de  chemin  qne  l'on  a  devant  quelqu'un.  —  Prine 
Vavanço,  prendre  les  devants.  VatHVnço  d'uno  eoiquéto,  la 
visière  d'une  casquette. 

Avança  {d'),  adv.  D'avance,  par  anticipation,  avant  le 
temps.  —  Ou  iavian  d'avanço,  nous  le  savions  déjà. 

Avances,  s.  f.  pi.  Avances  d'une  mise  de  fonds  pour 
un  fermier,  pour  un  commerçant  ou  pour  un  artisan  qui 
commence  à  s'établir  ;  anticipation  ;  ressources  préparées 
et  prêtes.  —  Avédred'avançoM,  avoir  des  avances,  de  l'argent 
devant  soi.  Plaça  iot  avanças,  placer  ses  fonds,  ses  éco- 
nomies. Aquélei  navis  âauran  prés  lai  avançai,  ces  jeunes 
fiancés  auront  prélevé  les  prémices  du  contrat. 

Dér.  du  lat.  Ab  et  antè. 

Avantaja,  v.  Avantager,  donner,  faire  des  avantages  à  un 
de  ses  enfants  par-dessus  les  autres,  lui  former  un  préciput. 

Dér.  du  lat.  Antê,  et  agêre. 

Avantaje,  «.  m.  Avantage  ;  supériorité  ;  position  privilé- 
giée; préciput.  — Aqttà's  un  bel  avantaje  quand  on  a  tai  avan- 
ças, c*est  déjà  un  grand  avantage  d'avoir  sa  première  mise  de 
fonds.  D'aXçaval  an  a  poi  V  avantaje  pér  émpléga  ioi  forças, 
d'en  bas  on  n'a  point  d'élan  pour  faire  valoir  sa  force. 

£mp.  au  fr. 

Avantajoùa,  ouso,  adj.  Avantageux,  qui  offre  des  avan- 
tages; présomptueux,  qui  croit  avoir  par  sa  taille,  sa 
force,  son  adresse,  l'avantage  sur  les  autres. 

Avantora,  v.  Aventurer,  liasarder;  exposer  &  un  risque, 
à  un  danger,  courir  la  chance. 

Dér.  de  Avanturo. 

ATantniiè,  t.  m.  Aventurier.  — On  appelle  ainsi  le  vers 
à  soie  qui  précède  de  plusieurs  jours  la  masse  de  ses  com- 
pagnons et  fait  un  cocon  précoce.  Dans  une  chambrée  on 
recueille  à  part  ces  avant-coureurs,  pour  avoir  une  idée 
de  la  qualité  et  de  la  forme  du  gros  de  l'armée.  Quelques 
personnes  croient  que  ces  vers  hâtifs  ne  passent  que  par 
trois  mues  au  lieu  de  quatre  ;  il  est  plus  probable  que  ce 
sont  des  vers  premiers-nés  ou  qui  ont  phis  de  vigueur 
pour  parcourir  leurs  divers  âges. 

Dér.  de  Avanluro. 

ATanturo,  s.f.  Aventure;  événement  inopiné; accident. 
«-  iAyti^ttfioatMiiifuro,  j'eus  une  bonne  fortune.  A  l'avan» 
turo,  à  la  garde  de  Dieu,  sans  précaution,  aux  chances  du 
hasard.  Dauna  la  bona  avanturo,  dire  la  bonne  aventure, 
tirer  des  horoscopes. 

Dér.  du  lat.  Adventurus,  futur  pass.  ^  qui  doit  arriver. 

Avantiuroùs,  ooto,  adj.  Aventureux,  qui  hasarde,  qui 
ne  craint  pas  le  danger. 

Dér.  de  Avanturo, 

Avana,  asso,  j.  et  adj,  péjor.  de  Avart,  peu  usité;  gros 
et  sordide  avare. 

Dér.  du  lat.  Avana,  avidui  erii, 

ATtrido,  j.  f.  Avarice,  attachement  excessif  aux 
richesses  ;  lésinerie  sordide. 

Dér.  du  Ut.  Avaritia. 


ATaricioùa,  ouao,  adj.  Avare,  pince-maille,  fesse-ma- 
thieu;  avaricieux,  qui  craint  la  dépense,  ne  donne  pas  ou 
donne  mal. 

Dér  de  Avarieia. 

Avè,  t.  m.  Avé.  Premier  mot  latin  de  VAve  Maria,  de 
la  Salutation  angélique  ;  grain  de  chapelet  sur  lequel  on 
dit  l'Avé  ;  temps  de  le  dire. 

Ave,  t.  m.  ou  Avéîè.  Troupeau  de  moutons,  de  brebis. 
n  a  vieilli  et  n'est  plus  usité  qu'au-dessus  d'Alais. —  Garda 
lavé,  garder  le  troupeau. 

Dér.  du  lat.  Ovii. 

Avédre,  v.  œt.  et  auxi/^  Avoir,  posséder;  atteindre, 
aveindre.  —  Avédn  lou  flou,  être  dégourdi,  rusé.  Avédrt 
pôou,  avoir  peur.  Avédre  laiéniida,  pressentir.  Avédregran 
gâou  dé... S'estimer  heureux  de...  Ei  poi  rkhê,  maii  abièn 
quican,  il  n'est  pas  riche,  mais  il  a  quelque  bi3n.  Avèn  eon- 
véngu,  nous  sommes  convenus.  Aï  agu,  j'ai  eu.  A^uèrau,  ils 
eurent;  Aguèn,  nous  eûmes.  S'aguénian  fa  eoumo  aqud, 
si  nous  avions  ou  si  nous  eussions  fait  comme  cela.  Vaïf 
tâourài,  vas,  je  t'atteindrai.  Avén  agu  dé  réio^,  nous 
nous  sommes  querellés.  Aquél  brautèl  éi  irop  nâou,  pode 
pai  Vavédrê,  ce  rameau  est  trop  haut,  je  nepuisy  atteindre. 
—  Voy.  Avéra. 

Dér.  du  lat.  Haben. 

ATôjan,  i.  m.  n.  pr.  de  lieu.  Avéjan,  comm.  annexe  de 
Saint-Jean-de-Maruéjols,  canton  de  Barjac,  arrondissement 
d'Alais. 

Ce  nom  parait  venir  de  Avé,  avSiè,  troupeau  de  brebis,  du 
lat.  avis,  plutôt  que  de  avs,  ève,  eau,  en  roman,  qui  dans 
notre  lang.  affecte  en  général  une  autre  forme.  La  situation, 
d'ailleurs,  la  nature  du  pays  favorise  singulièrement  notre 
interprétation.  Le  suffixe  an  qualifie  le  radical.  —  Vog. 
An,  suif. 

Avélagnè,  s.  m.,  ou  ATelagnéiro,  <.  f.  Noisetier,  ave- 
linier, coudrier;  Carylui  avillana,  Linn.  Arbrisseau  ou 
arbre  de  la  fam.  des  Amemlacées.  Le  Coudrier  est  l'espèce 
sauvage  et  silvestre  ;  le  Noisetier  est  le  coudrier  cultivé. 
C'est  avec  les  scions  du  coudrier  que  l'on  fût  la  fameuse 
baguette  divinatoire  des  prétendus  inventeur»  de  sources 
et  de  fontaines. 

Dér.  de  Avélana. 

Avelagnèiro,  s.  f.  Coudraie,  lieu  couvert  de  coudriers; 
bosquet  de  noisetiers.  On  la  prend  aussi  pour  le  Noisetier 
lui-même. 

Dér.  de  AvUano. 

ATélano,  i.  f.  Aveline,  noisette,  fniit  du  noise- 
tier. 

Dér.  du  lat.  Avellana,  m.  sign.,  qui  vient  lui-même 
de  AviUa,  ville  du  royaume  de  Naples,  où  les  coudriers 
sont  en  abondance,  et  renommée  encore  aujourd'hui  pour 
la  bonne  qualité  de  ses  noisettes.  En  cat.  esp.  ital.  AvH- 
lana. 

Aven,  i.  m.  Cavité  ou  conduit  souterrain  et  naturel,  qui 
sert  de  réservoir  aux  eaiu  de  la  pluie  on  de  la  neige,  et 


AVÊ 


aVê 


77 


^  alimente  les  sources  ;  caverne  profonde  et  verticale 
an  fond  de  laquelle  est  un  amas^d*eau. 

Dôr.  du  celt.  Awen,  rivière. 

Avéna,  v.  ou  Abéna.  Epargner,  ménager,  économiser  ; 
épuiser;  user  jusqu'au  bout,  jusqu'à  la  corde.  —  Avénoi 
la  sâou,  ménagez  le  sel.  Avéna  $a$  fardot,  user  ses  vieux 
habits,  les  porter  quoique  usés  et  rapiécés.  Avéna  lou  jour, 
profiter  du  jour  jusqu'à  son  déclin.  —  Le  part.  pass.  adj. 
Atféna,  ado,  signifie  :  épuisé,  usé  par  les  débauches,  ou 
ruiné  par  les  maladies.  —  Voy.  Abéna, 

Arêna,  «.  m.  Gruau  d'avoine,  dont  on  fait  une  excel- 
lente purée  pour  le  potage. 

t)ér.  du  lat.  Avena,  avoine. 

Arôliadiiros,  < .  f.  piur.  —  Voy.  Abénaduroi, 

Avénén,  s.  m.  Ne  s'emploie  qu'au  génitif,  et  dans  une 
sorte  de  phrase  faite,  d'un  avénén.  —  Tout  d'un  avénén, 
tout  d'une  pièce,  d'une  venue,  sans  galbe  et  sans  forme. 
Vno  eambo  tout  d'un  avénén,  une  jambe  sans  mollet.  Ei 
touto  (fun  avénén,  elle  n'a  ni  tournure,  ni  hanches,  ni 
gorge.  —  Le  nominatif  àdjectivé,  qui  voudrait  dire  :  ave- 
nant, a£Eû)le,  est  du  pur  franchi  mand. 

Dér.  de  VénL 

Ayéngn,  ndo,  aJj.  part.  pan.  de  Avéni.  Grand  et  fort, 
bien  venu.  —  Aquél  éfan  es  bien  avéngu  pér  §oun  tén,  cet 
enfant  est  bien  grand,  bien  fort  pour  son  âge. 

Avêngado,  «.  f.  Crise  de  maladie  ;  revers  de  fortune  ; 
accident  malheureux  et  inopiné. 

Dér.  de  Avéni. 

Aréni,  v.  Arriver  à  faire  ;  parvenir  à  ;  réussir  ;  suffire. 
—  Pode  pas  y  avéni  tout  soûl,  je  ne  puis  suffire  seul  à  ce 
travail.  Y  avéndra  pas,  il  n'y  réussira  pas,  il  n'y  par- 
viendra pas.  —  Péraqud  y-avéndrén,  pourtant  nous  en 
Tiendrons  à  bout. 

Dér.  du  lat.  Advenire. 

Avéno,  j.  f.  n.  pr,  Avène,  petite  rivière  torrentielle  qui 
prend  sa  source  dans  la  montagne  de  Rouverguc,  près  de 
la  Grand'Gombe,  et  se  jette  dans  le  Gardon,  au  droit  de 
SainVHilaire-de-Brethmas,  au-dessous  d'Alais. 

Dér.  du  celt.  Au>en,  rivière,  qui  entre  dans  beaucoup 
de  noms  propres  de  rivières  ou  de  localités  situées  sur  des 
cours  d'eau,  notamment  le  nom  lat.  Avenio,  Avignon. 
Avesnes,  chef-lieu  d'arrondissement  du  département  du 
?lord,  sort  évidemment  de  cette  modeste  source.  Son  an- 
denoe  orthographe  Avenna  rappelle  le  mot  celtique  avec 
ta  double  consonnance  latinisée,  avenn,  et  notre  pronon- 
ciation lang.  fortement  sentie  dans  avén,  qui  est  le 
même  mot.  L'origine  de  Advmœ,  étrangers  fixés  sur  ce 
territoire,  ab  advenis  gmtibui  ibi  tollœatU,  est  une  glo- 
rieuse imagination  ;  mais  notre  patois,  comme  on  dit  dans 
le  Nord,  est  plus  fidèle  aux  traditions  et  a  bien  son  prix. 
Les  communes  rurales  Avunu-U-Sée ,  Avmy,  Avenay, 
Aveineê-^ur^Helpe ,  Avesnes-lex-Aubert ,  sont  de  petits 
affluents  :  Avetnet-le-Sec  indique  un  avén,  une  source  tarie, 
et  non  pas  un  sol  aride  où  l'avoine  ne  pousse  plus.  Là  se 


trouve  la  confirmation  de  l'origine  du  nom,  pour  lequel  il 
est  inutile  de  faire  de  l'érudition  historique  à  la  recherche 
d'une  flatteuse  et  imaginaire  dénomination. 

Avens  (Loos),  $.  m.  pi.  L'Avent,  le  temps  qui  est 
placé  entre  la  Saint-André,  le  30  novembre,  et  la  Noël, 
25  décembre.  C'est  pour  l'Eglise  romaine,  un  temps  d'expia- 
tion et  de  pénitence  pour  se  préparer  aux  joies  de  la  Nati- 
vité, comme  le  Carême  est  une  préparation  au  triomphe 
pascal.  —  On  disait  en  v.  fr.  :  les  Avents. 

Dér.  du  lat.  Adventus,  arrivée. 

Avéonsa,  V.  ou  S'ayéoaaa.  Devenir  veuf;  perdre  sa 
moitié  ;  être  délivré.  —  Diou  fn*én  avéouiû,  Dieu  me 
délivre  d'un  tel  ou  de  telle  chose  ! 

Dér.  de  Véouse. 

Avéra,  v.  Aveindre;  atteindre;  tirer  un  objet  d'un 
endroit  hors  de  portée,  soit  en  haut,  soit  en  bas.  —  Avéra 
dé  cériiiros,  cueillir  des  cerises  avec  un  croc.  Avéra  lou 
fera,  tirer  un  seau  noyé  du  fond  d'un  puits.  Quàou  po  y- 
avéra?  qui  peut  y  atteindre? 

Dér.  du  lat.  Advenire,  ou  Advehere. 

Avéracioù,  ».  f.  Advération,  terme  de  vieux  cadastre  ; 
dénombrement  des  biens-fonds,  avec  leur  contenance,  con- 
fins et  estimation,  pour  former  l'assiette  de  la  taille. 

Dér.  du  lat.  Verax,  véridique,  sincère. 

Averti,  V.  Avertir,  donner  avis;  présager;  instruire; 
prévenir  du  danger;  convoquer  les  membres  d'une  assem- 
blée délibérante;  inviter  à  un  convoi  funèbre.  —  Lou  tou- 
nèro  n'avertis  pas,  le  tonnerre  ne  gronde  pas  avant  la 
foudre. 

Dér.  du  lat.  Advertere,  tourner  l'attention  vers. 

Avértimén,  s.  m.  Avertissement  du  juge  de  paix,  invi- 
tation à  la  conciliation  ;  avertissement  du  rôle  des  contri- 
butions. Il  serait  encore  applicable  aux  avertissements 
donnés  aux  journaux  dans  notre  époque.  —  Lous  averti- 
mens  i-an  pas  manqua,  ce  n'est  pas  faute  qu'on  l'eût 
bien  prévenu. 

Avès,  2^  pers.  du  plur.  de  Vind.  prés,  du  v.  Avédre. 
Vous  avez. 

Avès,  s.  m.  Revers  d'une  montagne  vers  le  nord;  aspect 
au  nord.  C'est  le  contraire  de  VAdré,  aspect  du  midi.  — 
Aquà's  dé  bos  dé  l'avès,  c'est  du  bois  coupé  à  l'aspect  nord. 
Ce  bois  est  moins  bon  à  brûler  que  celui  de  Vadré.  Ses 
pores  sont  plus  serrés,  ses  fibres  sont  plus  longues  et  plus 
entre-nouées;  il  devient  noir  au  feu  et  fournit  peu  de 
braise. 

Dôr.  de  Vès,  versant. 

Avésqua,  s.  m.  Evèché,  palais  épiscopal.  —  L'évêché  a 
joué  longtemps  un  grand  rôle  à  Alais,  soit  pendant  qu'il 
était  réellement  un  palais  et  la  résidence  d'un  évêque,  soit 
lorsqu'il  est  devenu  presque  du  domaine  public.  Ses  cours, 
ses  jardins  étaient  le  rendez-vous  des  oisifs  de  café  et  des 
jeux  des  écoliers.  Il  demeure  seulement  encore  à  l'état  de 
nom  propre  parmi  nous,  aujourd'hui  que. la  sape  indus- 
trielle a  fait  disparaître  le  magnifique  dessin  de  sa  double 


78 


AVI 


AVO 


façade  et  de  sa  conr  d'honneur,  que  les  jardins  mutilés 
ont  été  envahis  par  des  constructions  bourgeoises,  ou  divi- 
sés en  petits  carrés,  et  qu'enfin  l'orangerie  et  le  côté  des 
fruitiers  viennent  d'être  cMés  pour  une  pllce  publique 
devant  Thôtel-de* ville. 

Dér.  du  lat.  r.plscopatus. 

AyésquG,  s.  m.  Evoque,  prélat  chargé  de  la  conduite 
d*un  dioCL'àO.  —  Un  chl  regarda  bé  'n  avésque,  ama't  li  lévo 
pai  lou  capèi,  prvb.  Vn  chien  regarde  bien  un  évoque,  se 
dit  proverbialement  quand  une  personne  s'étonne  ou  se 
l&che  qu'on  la  fixe.  On  dit  d'un  pendu  :  Es  un  avésque  dé 
tompagno,  dono  la  bénédicïou  das  pèses. 

Dér.  du  lat.  Episcopus,  En  ital.  Vescoiso, 

Avignoun,  s.  m.  Avignon,  ville,  chef-lieu  du  dép.  de 
Vaucluse.  —  Pala  d'Avignoun,  un  pata,  ancienne  monnaie 
papale  iirappée  à  Avignon.  Patachoù  d'Avignoun,  sobri- 
quet des  Avignonnais,  qu'ils  doivent  sans  doute  à  leur 
monnaie  dite  pata.  Granéto  d'Avignoun,  graine  de  ner- 
prun, J^hamnus  infectorius,  Linn.,  qui  croit  dans  nos 
environs.  Elle  sert  aux  teinturiers  de  petit  teint  pour  le 
jaune  et  de  stil  de  grain  pour  la  jxîinture.  —  Voy.  Gra* 
niio,  Aoubénas. 

Dér.  du  lat.  Avenio,  qui  a  sa  racine  dans  le  celt,  Atoen, 
Tenant  do  aa,.aqua,  eau,  qui  a  donné  en  roman  ave,  ève, 
iv9,  et  autres,  en  lanj?.  avin,  aïgo,  etc.  —  Voy.  Avéno. 

Ayirôon,  interj.  Commandement  de  voiturier  pour  faire 
tourner  à  droite.  La  conversion  ou  le  pas  oblique  qu'exige 
oe  comman'Ierncnt,  décrit  un  angle  plus  ouvert  que  celui 
qu'on  obti^nit  par  le  commandement  à  ruou  ou  à  ruôou, 
mais  toujours  du  même  côté.  L'angle  du  premier  se  rap- 
proche du  quart  de  cercle  ou  de  l'angle  droit,  c'est  tout  un 
changonfiont  de  direction;  l'angle  du  second  n'est  guère 
qu'une  déviation  à  droite  pour  couper  l'ornière,  éviter  un 
mauvais  pas,  ou  pour  partager  la  route  avec  une  voiture 
qui  croisa  la  première. 

C'est  un  vocable  composé  arbitrairement,  qui  varie  sui- 
Tant  les  localités ,  mais  qui  est  fixe  et  d'une  antique  ori- 
gine dans  chacune  d'elles.  —  Faire  tira  avirôou ,  faire 
changer  do  direction  à  droite. 

Avis,  s.  m.  Vis,  cylindre  cannelé  en  spirale,  destiné  à 
rentrer  dans  un  écrou  cannelé  de  môme.  En  fr.  le  mot  est 
féminin,  une  vis  ;  il  est  masculin  en  languedocien. 

Emp.  au  fr.  avec  l'a  explétif,  qui  est  dans  le  génie  de 
la  langue  quand  elle  est  obligée  d'emprunter  ti  sa  rivale. 

AtIs,  s.  m.  S^^ntiment,  opinion.  — M'en  dounarés  un 
avis,  vous  m'en  direz  votre  sentiment,  votre  opinion.  M'es 
avis,  il  me  semble. 

Emp.  au  fr. 

Avisa  (s'),  V.  S'aviser,  s'apercevoir;  tenter,  oser,  s'en- 
hardir— M'avise  que  plàou,  je  m'aperçois  qu'il  pleut.  Lou 
eiél  toumbariè  que  s'en  avisariê  pas,  le  ciel  viendrait  à 
tomber  qu'il  n'y  prendrait  pas  garde,  qu'il  ne  s'en  avise- 
rait pas.  S'avise  pas  de  me  dire  :  voulur  /  n'osa-t-il  pas 
mo  dire  :  voleur!  Se  t'avises  dé  parla,  si  tu  as  la  hardiesse 


de  parler.  Sans  t'en  avisa,  sans  s'en  apercevoir,  sans  y 
Daire  attention. 

Avisa,  ado,  part.  pass.  et  adj.  Avisé,  prudent,  ciroon- 
spect  ;  éveillé. 

Dér.  de  Avis. 

Avisamén,  s.  m.  Prudence,  prévoyance,  perspicacit 
intelligence;  circonspection.  —  Aquél  drôle  vous  a  d'awi- 
samén  que  noun  saï,  ce  garçon  a  une  intelligence,  uno 
prudence  extraordinaire, 

Dér.  de  Avisa, 

Aviva,  V.  Raviver,  évertuer,  réveiller;  vivifier. 

Aviva,  ado,  part.  pass.  et  adj.  Vif;  sémillant,  éveillé; 
guilleret.  —  Lou  tén  s' es  aviva,  le  temps  s'est  mis  au  vif, 
Lou  tén  s'avivo,  le  temps  se  refroidit.  Aviva  coumo  un 
pé'issodi  sus  lou  rastouble,  éveillé  comme  un  poisson  dan^ 
le  sac.  Aviva  coumo  un  passéroii,  éveillé  comme  un  moi- 
neau. 

Dér.  de  Yiou,  du  lat,  vivus. 

Avoua,  V.  Avouer,  confesser;  reconnaître  qu'une  choie 
est,  en  faire  l'aveu. 

Emp,  au  fr.  Aveu. 

Avoua,  s,  m.  Avoué,  procureur.  — r  Cette  profession  a' 
trop  de  rapport  avec  le  peuple,  pour  qu'il  ne  se  soit  pas 
hâté  de  la  suivre  dans  la  transmigration  de  son  nom. 
Avoua  est  aussi  bon  languedocien  que  Proucuroik. 

Avouca,  5,  m.,  dim.  Avoucadé.  Avocat.  —  Es  un 
avouca,  c'est  un  Gros-Jean,  un  important,  un  pédant,  qui 
fait  l'entendu,  l'érudit  en  affaires,  et  en  toute  science. 
AvoiAca  das  ases,  un  pauvre  avocat.  AquH  avouca  es  cher, 
dounarié  pa'n  bon  epunsél  pèr  sièï  frans,  prvb.  Cet  avo- 
cat est  cher  ;  il  ne  donnerait  pas  un  bon  conseil  pour  sii( 
francs,  —  sous-entcndu  :  parce  que  cela  lui  est  impos- 
sible. 

Pourquoi  nos  paysans  appellent-ils  leur  âne  Yavoueaf^.. 
Que  dans  un  atelier  d'imprimerie,  le  pressier  s'appelle  un 
ours  et  le  compositeur  un  singe,  cela  se  conçoit  pour  qui 
les  a  vus  manœuvrer  et  se  démener.  Que  certaines  per- 
sonnes soient  des  chameaux,  c'est  encore  mieux,  nul  n'y 
peut  contredire.  Il  n'en  est  pas  de  même  de  l'assimilatioii 
qui  fait  l'objet  do  cet  article.  Mais  il  est  parfaitement  inu* 
tile  d'en  prouver  la  criaqte  fausseté  ;  il  ne  s'agit  que  d'en 
chercher  l'origine, 

Un  plaideur  malheureux,  irrité  contre  son  avocat  à  qui  il 
attribuait,  comme  on  fait  toujours,  la  perte  de  son  procès, 
dit  que  c'était  un  âne  :  —  l'âne  avait  tout  à  fait  mauvaise 
réputation  â  cette  époque,  t  Rentré  chez  lui ,  il  continua 
à  exhaler  sa  colère ,  et  réciproquement  il  appela  son  âne 
avocat.  C'était  du  pur  algèbre  qu'il  faisait  sans  s'en 
douter,  comme  Monsieur  Jourdain  de  la  prose.  At  étant 
égal  â  AS,  A^  devait  être  égal  à  A^  ;  l'équation  restait  la 
même  quoique  les  termes  changeassent  de  place.  La  colèco 
de  notre  plaideur  dura  bien  au-delà  des  vingt-quatre  heures 
légales,  et  toutes  les  fois  qu'il  allait  aux  champs  avec  soi) 
compagnon,  il  ne  manquait  pas  de  dire  :  Ari,  l'avouca/l^ 


AVO 


AZO 


79 


t)laisanterie  se  répandit  et  finit  par  être  acceptée,  par  l'âne 
d'abord,  cela  va  sans  dire,  et  pois  par  ceux  même  qui 
eussent  pa  en  être  blessés  et  qni  ne  firent  qa*en  rire. 

Voici  nne  antre  explication,  qni  est  celle  des  savants. 

Un  avocat,  dn  vieux  temps  où  l'on  faisait  force  latin  au 
barreau,  avait  pris  la  spécialité  de  plaider  les  alibi.  Il  en 
trouvait  partout  et  faisait  un  tel  usage  de  ce  moyen  dans 
tous  les  cas,  qu'il  lança  un  jour  le  génitif  pluriel  fort 
hasardé  aliborum.  On  ne  l'appela  plus  que  Maitre  Alibo- 
rum,  qui  devint  Aliboron.  Or,  cet  avocat  était,  dit-on, 
un  âne.  De  telle  sorte  que  de  ces  trois  noms  ou  de  ces  trois 
mots  on  finit  par  faire  une  confusion  qui  dure  encore. 

Après  cela  il  y  a  une  explication  plus  simple  et  que  je 
crois  la  bonne,  car  il  ne  faut  pas  abuser  de  l'anecdote. 

Un  paysan  qui  fait  l'entendu  en  affaires,  le  beau  parleur, 
aimant  fort  à  avoir  raison,  le  Gros^ean  enfin,  ses  voisins 
rappellent  un  avouea.  L'âne  a  bien  quelque  chose  de  ces 
allures.  A  certain  entêtemeent,  que  peut^tre  on  apprécie 
mal  quelquefois,  il  doit  se  croire  aussi  une  façon  de  doc- 
teur qui  en  sait  plus  que  tout  le  monde,  car  il  est  difll- 
die  de  lui  faire  faire  autre  chose  que  ce  qu'il  a  conçu  ;  et 
dans  les  fréquentes  discussions  qu'à  ce  propos  ils  ont 
ensemble,  l'ânier  de  dire  :  Ah  !  tu  fais  l'entendu,  tu  veux 
Êûre  ta  tète,  tu  raisonnes,  tu  fais  l'avocat  ;  nous  allons 
toir  :  Art,  Vavouea  /  -«  Ce  n'est  pas  autrement  qu'il  a 


pris  ses  grades  et  reçu  son  titre.  —  Voy.  Franehiman. 

Dér.  du  lat.  Advœatus, 

Avngla,  v.  Aveugler,  rendre  aveugle  ;  éblouir,  au  prop. 
el  au  fig.  —  Vâouro  avuglo,  le  vent  vous  remplît  de 
poussière  à  aveugler.  Cèrquo  ioun  capèl,  et  es  aquï  que 
l'avuglo,  il  cherche  son  chapeau,  et  son  chapeau  est  là  qui 
lui  crève  les  yeux.  Loué  iliou$i$$  avuglou,  les  éclairs 
éblouissent. 

Dér.  de  Âvugle^ 

Avngle,  avuglo,  adj\  Aveugle.  -^  Vdou  mai  èstre  hSei 
qu'avugle,  mieux  vaut  être  sot  qu'aveugle,  répond-on  prvb. 
à  quelqu'un  qui  vous  traite  d'imbécile.  Cette  phrase,  dont 
le  sens  est  singulièrement  elliptique,  signifie  que  n'étant 
pas  aveugle  mais  simplement  un  sot,  on  a  la  satisfaction  de 
voir  plus  sot  que  soi  et  l'espérance  d'en  guérir.  Bada  coumo 
un  avugle,  crier  comme  un  aveugle,  parce  que  l'aveugle 
mendiant  a  une  façon  lamentable  et  criarde  de  déplorer  son 
infirmité.  V Avuglo  dé  Cattèl-Cuiè,  est  le  titre  d'une  des 
plus  jolies  pièces  du  poète  Jasmin. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Abocului,  privé  d'yeux. 

Azouèn,  s.  m.  Adjoint  à  la  mairie.  —  Toute  la  nomen* 
claturc  des  fonctions  constituées  sous  un  régime  constitu- 
tionnel est  devenue  familière  au  peuple,  qui  en  accommode 
au  génie  de  sa  langue  toutes  les  dénominations. 


B 


fi 

B,  seconde  lettre  de  l'alphabet  et  première  des  con- 
sonnes. 

Il  entre  dans  le  plan  de  ce  Dictionnaire,  on  a  pu  s'en 
apercevoir,  de  réunir  à  h  nomenclature  purement  lexico- 
graphique  de  notre  langue  ou  du  moins  de  notre  dialecte 
les  observations  grammaticales  relatives  à  la  contexture 
des  mots,  qui  est  leur  orthographe,  ou  à  leur  étymologie, 
qui  est  leur  histoire.  Nous  faisons  en  même  temps  de  la 
grammaire,  suivant  toute  l'acception  du  mot,  et  du  glos- 
saire, en  inscrivant  sous  leur  numéro  d'ordre  les  termes  et 
les  locutions  en  activité  de  service  ou  d'usage,  et  en  ras- 
semblant autour  d'eux  les  significations,  les  définitions,  les 
exemples,  les  citations,  les  remarques  qui  présentent  quel- 
que intérêt  de  curiosité  ou  un  éclaircissement  instructif  « 
En  cela  nous  suivons  notre  programme  ;  mais  encore  est-il 
bon  d'expliquer  pourquoi  nous  nous  le  sommes  imposé* 

Avec  la  conviction  que  nous  avions  affaire  à  une  langue 
véritable,  il  convenait  de  traiter  notre  idiome  méridional 
comme  nne  langue.  Né  le  même  jour  et  dans  le  même  ber- 
ceau que  le  français,  il  est  resté  plus  longtemps  fidèle  à  sa 
Dttora  et  à  ses  origines  :  il  l'a  emporté  sur  lui  en  culture 


B 

et  en  harmonie }  mais  après  avoir  lutté,  il  a  été  vaincu  et 
il  est  proscrit.  Pour  lui  le  mouvement  de  progrès  s'est 
arrêté;  la  force  seule  de  sa  constitution  le  soutient,  mais 
la  déchéance  qui  le  frappe  ne  l'a  pas  converti  en  un  des 
patois  du  français,  et  les  principes  vitaux  de  sa  forma- 
tion n'ont  point  péri.  C'est  à  retrouver  ces  éléments,  à  en 
réveiller  l'énergie  et  la  puissance  qu'il  travaille  et  qu'il 
mérite  d'être  aidé.  Et  c'est  précisément  pour  cela  aussi 
qu'un  vocabulaire  languedocien,  même  quand  il  se  ren- 
ferme dans  un  dialecte  particulier,  ne  saurait  se  contenter 
de  relever  le  catalogue  complet  des  mots  de  bon  et  vrai 
crû,  ou  des  naturalisés,  de  traduire  leur  sens,  de  signaler 
leurs  altérations,  de  les  ramener  à  leurs  sources.  Il  nous 
a  semblé  qu'il  devait  encore  étudier  leur  formation  et  leur 
composition,  pénétrer  dans  leur  génie,  chercher  la  raison 
de  leur  structure,  de  l'agencement  de  leurs  lettres  et  de 
leurs  syllabes,  de  leurs  combinaisons  et  de  leurs  change- 
ments, noter  leur  accent  et  leur  prononciation,  tout  ce  qui 
fait  le  caractère,  le  cachet,  l'individualité,  la  physionomie 
animée  d'une  langue. 

C'est  un  champ  nouveau  à  explorer  :  un  filon  que 


80 


B 


B 


la  langue  d'Oc  a  peut-être  trop  négligé,  tandis  que  le 
français  et  les  antres  langues  possèdent  des  trai^aux  très- 
remarquables  :  est-ce  un  motif  pour  le  délaisser?  Notre 
Dictionnaire  n*a  pas  voulu  rester  dans  le  cadre  d*une 
simple  classification  de  mots,  moins  dans  Tespérance  de 
combler  une  lacune,  que  dans  la  pensée  de  recueillir  ce 
qui  intéressait  la  langue.  Ces  notions  grammaticales,  ces 
observations  sur  la  composition  des  termes  qu*il  enregistre 
et  sur  la  syntaxe,  auraient  peut-être  gagné  à  être  rassem- 
blées et  à  se  condenser  dans  un  traité  spécial  entièrement 
didactique,  qui  manque  à  la  langue  d*Oc,  au  lieu  de  se 
répandre  à  petites  doses  séparées  sur  une  infinité  d'arti- 
cles ;  mais  une  fois  la  forme  du  Lexique  adoptée,  il  était 
difiicile  de  procéder  autrement.  D'ailleurs,  malgré  leur 
dissémination,  un  enchaînement  coordonne  et  relie  dans 
une  idée  d'ensemble  tous  ces  matériaux  ;  puis,  à  vrai  dire, 
le  travail  s'est  mesuré  de  lui-même  à  nos  forces  :  vouloir 
élever  un  monument  eût  été  une  bien  grosse  entreprise,  et 
pour  nos  moyens  d'une  exécution  impossible.  Un  livre  à 
consulter,  au  courant  de  la  fantaisie  ou  de  la  distraction 
a  surtout  besoin  de  variété  :  il  se  sauve  par  Téparpillement 
et  peut  atteindre  son  but  sans  fatigue  :  nous  ne  cherchons 
que  cela.  Dans  une  œu^Te  toute  originale,  ce  sera,  si 
Ton  veut,  notre  originalité.  Humble  débiteur,  dés  notre 
enfance,  envers  notre  langue,  nous  payons  notre  dette  à 
cette  créancière  amie  en  monnaie  do  biUon,  ramassée  sou 
par  sou,  au  lieu  de  solder  en  fins  billets  de  banque,  réservés 
aux  riches  de  la  finance,  dont  nous  ne  sommes  pas.  Qu'im- 
porte après  tout,  si  la  monnaie  est  courante  et  de  bon  aloi 
et  que  le  compte  arrive  juste? 

Sans  aller  plus  avant,  nous  tenions  à  expliquer,  sinon  à 
justifier  notre  méthode  et  l'ordonnance  de  ce  vocabulaire. 
Sans  doute  notre  travail  n'est  pas  simplifié  par  là,  non 
plus  qu'abrégé  et  plus  facile;  mais  cette  digression  et  celles 
qui  pourront  suivre  ne  seront  pas  inutiles,  si  pour  un  plus 
grand  labeur  elles  nous  valent  aussi  plus  d'indulgence. 

A  propos  de  la  première  consonne  de  l'alphabet,  il  est 
donc  naturel  de  s'informer  avec  quelle  valeur  et  par 
quelles  modifications  les  consonnes,  ces  éléments  consti- 
tutifs des  mots,  sont  entrées  dans  leur  composition. 

La  question  serait  fort  abstraite  et  trop  compliquée  s'il 
fallait  la  tenir  à  la  hauteur  des  spéculations  théoriques 
touchant  l'origine,  la  formation  et  la  physiologie  du  lan- 
gage ;  elle  se  tempère  heureusement  en  abordant  à  l'his- 
toire, en  s'appuyant  sur  des  faits  rapprochés,  plus  tan- 
gibles et  déjà  vérifiés.  Nous  n'aurons  qu'à  relever  les  prin- 
cipaux :  les  notions  générales  paraissent  suffire. 

La  gamme  des  sons  que  peut  émettre  la  voix  humaine 
n'a  qu'un  petit  nombre  de  notes  :  ce  sont  les  voyelles , 
qui  se  meuvent  dans  une  échelle  fixe,  en  passant  du  grave 
au  doux ,  du  long  au  bref,  du  simple  au  composé.  Les 
consonnes  sont  plus  nombreuses  ,  leurs  combinaisons 
plus  multipUées  :  elles  servent  de  lien  aux  voyelles, 
elles  sont  leur  point  d'appui.   L'alliance  de   ces  deux 


éléments  forme  les  syllabes  et  les  mots,  et  toutes  les 
langues  ont  les  mêmes  procédés  nécessaires.  Tout  cela, 
voyelles  et  consonnes,  se  divise  et  se  subdivise  en  nuances 
de  tons  et  demi-tons,  se  distingue  en  classes  et  en  familles, 
s'étiquette  en  genres  et  en  catégories  de  gutturales,  pala- 
tales, dentales,  labiales,  sibilantes,  liquides,  aspirées,  fortes 
ou  faibles.  Dans  la  revue  qui  s'ouvre  chacune  doit  venir 
à  son  tour  par  ordre  alphabétique;  et  nous  nous  attache- 
rons à  signaler  leur  caractère  individuel,  leur  office  et 
surtout  leurs  permutations,  sans  autre  tableau  systématique. 

Ce  qui  fait  en  somme  une  langue  et  la  différence  des 
langues  et  des  dialectes  n'est  que  la  tonalité  ou  l'accent 
que  prennent  les  voyelles,  et  la  combinaison  des  con- 
sonnes avec  elles,  comme  agents  et  instruments  de  la 
parole.  Et  ce  qui  rend  un  idiome  commun  à  un  peuple 
est  l'efi'et  de  la  prédisposition  naturelle  ou  instinctivement 
convenue  de  l'organisme  vocal  d'un  groupe  vivant  dans 
des  rapports  fréquents,  sous  le  même  ciel  et  sur  le  même 
sol  ;  ce  sont  les  propensions  particulières  à  chaque  population 
à  rechercher  ou  à  répéter  certains  sons,  à  préférer  les 
uns  ou  à  réprouver  les  autres ,  suivant  les  facilités  ou 
les  complications  d'une  articulation,  qui  la  rendent  plus 
ou  moins  propre  à  être  exprimée,  entendue  et  comprise,  et 
qui  lui  font  adopter  de  préférence  telles  ou  telles  intonations. 
Cette  loi  est  générale  ;  tous  les  langages  qui  se  sont  parlés 
dans  un  pays  quelconque,  dans  une  zone  déterminée,  ont 
leur  raison  dans  ces  sympathies  ou  ces  répulsions  orga- 
niques :  leurs  altérations ,  leurs  changements ,  leur  déve- 
loppement même  n'ont  pas  d'autre  mobile. 

Nous  n'avons  pas  une  langue  primitive  ;  notre  idiome  est 
un  dérivé  de  seconde  ou  de  troisième  formation.  Par  con- 
séquent pour  peu  que  l'on  tienne  à  s'expliquer  son  expan- 
sion, sa  vivace  persistance  et  sa  régénération  actuelle,  il 
est  impossible  de  ne  pas  consulter  ses  origines,  sa  généa- 
logie, sa  filiation,  son  histoire,  c'est-à-dire  de  ne  pas 
rechercher  les  lois  et  les  procédés  de  la  langue  qui  lui  a 
servi  de  type,  dont  il  s'est  imprégné  et  qu'il  remplace  sur 
son  ancien  territoire.  Là  est  l'essentiel. 

Nous  l'avons  dit  déjà  :  le  midi  de  la  Gaule  fut  le  pre- 
mier latinisé.  En  tenant  compte  de  l'élément  celtique  qui 
se  mêla  au  latin  populaire,  apporté  par  les  vétérans  et  (es 
colons  ;  en  faisant  la  part  des  influences  germaniques  et 
orientales,  dues  aux  Visigoths  ou  aux  Sarrazins;  toujours 
est-il  que  ce  qui  nous  est  parvenu  de  la  langue  des  plus 
anciens  habitants,  comme  ce  qui  est  resté  de  celle  des 
envahisseurs,  ne  nous  a  été  acquis  que  par  le  latin,  et  à 
la  condition  de  revêtir  la  forme  et  les  flexions  romaines. 
Au  moment  où,  après  une  longue  période  d'inculture  et 
presque  de  barbarie,  la  langue  voulut  se  relever  et  que  se 
forma  le  roman  rustique,  en  même  temps  que  l'italien  et 
l'espagnol,  c'est  encore  le  latin  plus  ou  moins  corrompu 
et  oblitéré,  qui  leur  fournit  son  vocabulaire  et  sa  syn- 
taxe, les  lettres  de  son  alphabet  et  le  mécanisme  de  l'ac- 
centuation. 


B 


B 


81 


Vus  il  est  bien  évident  que,  pour  le  former  el  s'orga- 
niser, la  langue  romane  ne  fat  pas  codée  d'un  seul  jet 
dans  ce  moule  un  peu  fêlé  du  latin  vulgaire,  et  ne  sortit 
pas  non  plus  comme  un  bloc  d'une  élaboration  savante  du 
moyen  âge.  Le  peuple  s'en  mêla  presque  seul.  La  fusion  de 
tous  les  éléments  qu'on  y  distingue  se  fit  peu  à  peu,  de  sou- 
venir et  d'instinct.  A  mesure  que  s'éteignit  la  domination 
qui  imposait  ses  formes,  lapopulation,  plus  livrée  àelle-mème 
St  prévaloir  ses  goûts  et  ses  commodités  dans  la  pronon- 
dation,  et  assouplit  davantage  le  parler  à  ses  aptitudes  et 
à  ses  préférences.  Et  qu'alors  certaines  tendances  tradi- 
tionnelles ai^t  fait  retour,  que  certaines  propensions  de 
vocalisation,  sous  l'action  directe  du  climat  ou  par  l'in- 
fluence des  habitudes,  se  soient  manifestées;  il  n'est  pas 
permis  de  le  mettre  en  doute.  En  Espagne  et  en  Italie,  la 
langue  nouvelle  qui  se  créait  aussi,  n'opéra  pas  d'une 
autre  manière  :  les  mêmes  conditions  climatériques  eurent 
ki  une  influence  à  pei»  prés  pareille  ;  et  c'est  pour  cela 
que  tant  d'affinités  se  montrent  encore  entre  la  langue 
d'Oc  et  l'espagnol  et  l'italien. 

Partout,  dans  notre  Midi,  la  vivacité  proverbiale  des 
Gaulois  se  donna  carrière.  Il  semble  que  la  formule  radi- 
cale, qui  représentait  suffisamment  l'idée,  étant  trouvée  et 
conservée,  le  premier  besoin,  le  plus  pressant  était  de 
Texprimer  promptement,  avec  la  rapidité  que  le  peuple 
tenait  de  sa  nature.  Aussi,  la  contraction,  la  syncope, 
l'abréviation  se  produisent  à  chaque  mot.  Les  langues 
romanes  les  érigent  en  système;  preuve  que  la  simpli- 
fication répondait  à  une  nécessité  de  l'esprit  nouveau.  Le 
latin  populaire  n'y  avait  pas  échappé  :  c'était  comme  un 
exemple  à  suivre;  souvent  même  l'idiome  nouveau  exagéra 
le  modèle. 

Comment  les  désinences  supportèrent  la  première  épreuve, 
Doos  l'avons  fait  voir  à  l'article  Agnt),  suffixe;  mais  en 
jDème  temps  le  corps  des  polysyllabe  ne  pouvait  manquer 
d'être  atteint.  Pour  eux  la  restriction  s'opère  au  moyen  de 
l'accent  tonique  :  nous  allons  indiquer  ce  procédé. 

On  sait  que  tous  les  mots,  sans  exception,  ont  une  syl- 
labe dominante  sur  laquelle  la  voix  s'appesantit.  Le  latin, 
langue  de  quantité  par  excellence,  à  cause  des  dactyles  qui 
ferminaient  beaucoup  de  ses  mots,  et  pour  donner  un  point 
4'appni  suSisaiit  à  son  accent  sur  une  syllabe  longue,  avait 
la  liaculté  d'accentuer  toniquement  même  l'anlé-pénultième; 
4ans  annuê,  bîbere,  vivere,  etc.,  la  voix  pesait  sur  la  pre- 
mière syllabe,  elle  glissait  sur  les  autres.  Le  roman  lan- 
guedocien et  ses  dialectes  n'étendent  jamais  l'accent  jus- 
qu'à l'anté-pénnltiéme  ;  ils  repoussent  le  dactyle  de  la  fin 
des  mots ,  et  c'est  pourquoi  la  syllabe  médiane  brève  se 
trouve  nécessairement  supprimée  ou.  absorbée  dans  une 
seule  voix  diphtbonguée  et  longue.  Ex.  :  Asinus  fait  ase, 
kSbtn,  béoure,  vivere,  vioure,  comme  populus  donnait 
poboi  an  roman  et  à  notre  dialecte  puple  ou  popie,  bajw 
fui  batlê,  baeulut  Inutoù,  spiritus  éspri,  etc.,  etc« 

l^  conséquence  devrait  être  d'amener  les  permutations 


de  lettres,  qui  mettaient  la  prononciation  plus  en  rapport 
avec  l'oiganisme  vocal  du  peuple  destiné  à  s'en  servir; 
car  ces  syncopes  pouvaient  placer  en  contact  des  combinai- 
sons de  syllabes  dont  les  consonnes  en  se  heurtant  se 
repoussaient  euphoniquement.  Et  c'était  le  moins  dès  lors 
que  chaque  population  cherchât  à  approprier  les  mots  à  ses 
facultés  innées,  à  ses  propensions  et  à  ses  facilités  de  les 
articuler.  Mais  comme  en  définitive  le  roman  languedo- 
cien ne  se  débarrassait  pas  absolument  de  son  empreinte 
latine,  et  comme  il  ne  voulait  pas  s'affranchir  des  lob 
générales  d'affinités  euphoniques  qu'il  recueillait  par  suc- 
cession et  trouvait  toutes  faites  ;  et  qu'enfin  les  combinai- 
sons anciennes  avaient  leur  logique  et  ne  s'étaient  pas 
établies  au  hasard  et  par  pur  caprice;  les  changements 
qui  ne  blessaient  pas  le  sens  et  n'étaient  pas  une  gêne  trop 
grande,  se  soumirent  aux  règles  consacrées. 

Ainsi  les  permutations  du  latin  à  notre  languedocien 
actuel,  en  passant  par  le  roman,  ont  été  inspirées,  de 
proche  en  proche  et  à  tous  les  degrés,  par  le  besoin  d'ob- 
tenir une  prononciation  plus  prompte  et  plus  facile,  et  par 
cela  de  diminuer  l'effort  et  de  mieux  approprier  la  lettre 
aux  habitudes  ou  aux  propensions  de  l'organe. 

De  là  est  venu  d'abord  radoucissement  dans  la  pronon- 
ciation et  l'introduction  des  finales  muettes,  plus  généra- 
lisée dans  le  français  que  dans  notre  idiome  méridional. 
Les  consonnances  dures  se  sont  affaiblies  ;  le  e  et  le  f 
romains,  toujours  rudes  devant  toutes  voyelles,  se  sont 
changés  en  s  et  en  g  doux,  en  ch  ou  en  j.  Quand  deux 
lettres  similaires  se  rencontraient  rapprochées  dans  deux 
syllabes  voisines,  il  paraissait  souvent  plus  commode  d'en 
transformer  une  par  son  équivalente,  que  d'admettre  ime 
répétition.  C'était  un  sentiment  mélodique,  autrement 
perçu  et  autrement  noté  ;  mais  les  rapports  chromatiques, 
si  délicats  à  observer,  se  maintenaient  sans  avoir  toutefois 
rien  de  constant  et  d'uniforme.  La  fixité  leur  est  venue, 
quand  chaque  dialecte,  prenant  son  vrai  caractère,  s'est 
consolidé  dans  une  région  et  qu'il  y  persévère,  comme 
pour  démontrer  qu'il  répondait  dans  le  principe,  et  qu'il 
répond  encore  à  quelque  nécessité  réelle  ou  harmonique, 
naturelle  à  la  population  qui  l'a  adoptée. 

Dans  cet  ordre  d'idées,  quelques  exemples  pris  au 
hasard,  qui  seront  mieux  expliqués  par  la  suite,  mais  qui 
donnent  déjà  la  clé  de  bien  des  étymologies  et  qui  décou- 
lent des  observations  précédentes.  Nous  ne  faisons  qu'in- 
diquer :  d'abord  les  désinences  en  argue,  passant  de  la 
bass.  lat.  anieœ  au  roman  anèguea,  se  métamorphosant  en 
anche,  ange,  enche,  agne  et  leurs  analogues  ;  maniea,  latin, 
devient  notre  vieux  mot  margue  et  nuinche  actuel,  donU' 
nieuM,  dominica,  donne  doumirgueei  dimanche;  les  finales 
en  ola,  olœ,  olum  se  convertissent  de  diverses  manières, 
Balneoiœ,  Imlneolum,  balniolum,  deviennent  pour  nous 
Bagnôou,  Baniout  et  Vagnae,  en  fr.  Bagnols,  Baigneux, 
Bagnères ,  etc. ,  comme  linieolum  fait  Unçôou,  linceul, 
fUiolui,  fiôou,  filleul  ;  lueciniola,  roueeignôou,  rossignol,  etc. 

il 


« 


BkB 


BA& 


Et  encore  »  pour  la  permtttaUon  qui  nous  occupe  »  on 
'trouve |)i>er,  pébre,  poivre;  Tapa,  raho,  rave  ;  ripa,  ribo, 
rive;  capra,  cabro,  chèvre  ;  lepu$,  libre,  lièvre,  et  ainsi  de 
•oite  d*une  foule  d'autres  ;  la  labiale  B,  selon  Fesprit  de 
cliacun  des  trois  idiomes,  se  transformant  de  trois  façons, 
tantôt  douce,  tantôt  forte,  tantôt  aspirée. 

Tant  il  y  a  que,  dans  Fapplication,  on  est  arrivé  à  obtenir 
certaines  lois  de  permutation.  C'est  ce  qui  a  permb  de  les 
classer  par  groupes  naturels.  H  se  lencontre  sans  doute  des 
exceptions;  mais  rien  ne  parait  en  définitive  livré  au 
hasard  ni  au  caprice  dans  les  variantes  les  plus  étranges 
en  apparence.  La  règle  peut  se  formuler,  et  il  en  résulte 
qu^une  consonne  de  même  nature,  soit  forte  ou  faible,  soit 
aspirée,  peut  bien  être  appelée  à  remplacer  une  consonne 
appartenant  à  la  même  famille,  mais  que  rarement  elle 
dément  sa  race  et  elle  ite  se  substitue  jamais  à  une  con- 
sonne d'un  groupe  opposé.  Ainsi  B  pourra  être  indifférem- 
ment, sans  trouble  harmonique,  converti  en  une  consonne 
de  son  ordre,  P,  F,  ou  V,  et  à  l'inverse  ces  dernières  pour- 
ront être  permutées  en  B  ;  mais  il  n'adviendra  pas  que  les 
unes  ou  les  autres  passent  facilement  dans  Tordre  des  den- 
tales ou  des  gutturales. 

B  et  V  appartiennent  au  même  groupe  des  labiales  sim- 
ples ;  leur  permutation  est  fréquente  et  légalisée  par  les 
règles.  Suivant  les  diverses  nuances  de  l'idiome  languedo- 
deu,  elles  usurpent  volontiers  l'une  sur  le  domaine  de 
l'autre.  Dans  le  dialecte  gascon,  B  a  l'^antage  ;  dans  le 
Bas  Languedoc,  c'est  V  ;  dans  nos  Cévcnnes,  c'est  un  juste 
milieu.  Il  y  a  encore  parmi  nous  une  foule  de  mots  dans 
lesquels  on  emploie  B  et  V  à  peu  près  ad  libilum,  comme 
êahe,  tav€  ;  abéna,  avéna  ;  atrouba,  atrouva;  boumi, 
wuml,  etc.  Cola  tient  à  ce  qu'Alais,  placé  sur  la  ligne 
divisoirc  du  dialecte  lozérien  et  raïol,  et  de  celui  de  ^imes 
et  du  pays  gounèl  {V.  c.  m),  est  comme  un  terrain 
neutre,  qui  peut  emprunter  aux  deux  rivaux  avec  une 
égale  légalité. 

Sans  insister  sur  des  observations  qui  reviendront 
d'ailleurs  à  chaque  lettre,  on  voit  toutes  les  ressources  que 
la  philologie  peut  tirer  de  ces  principes,  quand  il  s'agit  soit 
de  recomposer  un  mot  éty mologiquement ,  en  dégageant  le 
radical,  soit  alors  qu'il  faut  chercher  sa  descendance  et  la 
raison  de  sa  forme  actuelle. 

B,  lettre  isolée,  se  prononce  à  l'ancienne  méthode  fran- 
çaise, comme  si  elle  était  suivie  d'un  é  fermé,  Bé.  A  ce 
titre,  ici  et  dans  l'article  suivant,  elle  devrait  figurer  à  un 
autre  rang  ;  mais  comme  elle  n'est  considérée  que  dans  sa 
valeur  ordinale  et  non  point  sous  le  rapport  de  la  pronon- 
ciation, nous  la  maintenons  à  cette  place.  Il  en  sera  de 
même  pour  les  autres  consonnes. 

Estre  marqua  dou  B,  être  marqué  au  B.  Un  pro- 
verbe a  dit  : 

Bègoa,  bonii,  boussu,  bouïtoùs. 
Quatre  fi  que  soun  fachoùs. 

B-a-ba,  < .  m.  Commencement  de  la  seconde  leçon  du 


^ahairè,'ét  pifr isorisfeqtieRt  tum  èsê  flitt  hé^.'^Eê 
éf^carù  âau  ^a^,  il  en  eft  encore  atrx  "première  ^niMs« 
Àqub'i  lou  bHi-ba,  'c^eêi  la  chose  la  phn 'simple  èa  moiide. 

là,  ^Ha!»  qui,  isolée,  ne  présente  aucun  sens,  tlrpà 
n'entre  dans  ce didton  populaire  :  iam  fa,  tant-ba  f  <pife 
pour  signifier  :  lant  de  gagné,  tamt  Ae  mangé.  ^^  €d9i 
dérive  probaiblement  de  boi,  jeter  à  bas. 

Baba,  v.  Baver,  comme  font  les  enfants  an  maîUoI,  !M 
vieillards  en  caducité  et  même  quelquefois  les  idiots.  CTeA 
sans  doute  ce  qui  a  donné  naissance  au  dicton  :  et  nén  que 
bobo,  il  est  imbécile  au  point  de  baver.  —  Dâou  piéH  qvé 
n'ctviè  babavo,  il  en  bavait  de  plaishr,  a  dit  le  poète  abbè 
Favre,  dans  son  fameux  sermon  dé  moasMu  Siitre,  pour 
peindre  la  béate  jouissance  de  Simon  à  l'écouter.  Li  faguèrt 
baba  lou  rouje,  je  lui  fis  rendre  le  sang  par  la  bouche;  jt 
lui  cassai  la  gueule. 

Un  fou$él  baba,  est  un  cocon  que  la  nymphe,  récefl>^ 
ment  transformée  en  papillon,  a  commencé  à  percer  pour 
obtenir  sa  délivrance.  L'animal,  pour  cette  opération,  con>- 
mence  par  répandre  sa  bave  sur  les  parois  intérieures  de 
l'un  des  pôles  du  cocon,  afin  de  les  ramollir  et  de  dissoudre 
le  ciment  visqueux  qui  colle  les  fils  de  soie  l'im  à  l'antre; 
par  ce  procédé,  il  parvient  à  les  décoller,  à  les  séparer  «l 
à  les  écarter,  en  les  ramassant  en  Iwurrelet  sur  l'orifice, 
mais  sans  jamais  les  couper,  car,  à  l'ùtat  de  papillon,  fl 
n'a  ni  dent,  ni  sécateur  quelconque  ;  enfin  il  agrandit  asses 
l'ouverture  pour  y  passer  tout  le  corps.  Or  le  fouiii  babm 
n'est  pas  celui  qui  est  complètement  ouvert  et  qu'on 
nomme  parpaïouna,  mais  bien  celui  dont  les  téguments 
intérieurs  ont  été  humectés  de  bave,  babo,  et  relevés  en 
bouchons,  sans  ouverture  extérieure.  Cette  espèce  de 
cocons  ne  fournit  pas  de  soie,  parce  que  le  brin  de  soie  a 
été  embrouillé,  noué,  renoué,  et  qu*il  ne  peut  se  dévider 
à  la  bassine  ;  il  n'a  plus  d'autre  valeur  et  d'autre  ntîKlè 
que  le  cocon  de  graine  ordinaire,  dé  babo,  gâté  par  la 
bave. 

Dér.  dulat.  barb.  Babui,  enfant. 

Babdre,  airo,  adj.  Qui  bave  ;  enfant  plein  de  bave  ; 
baveux. 

Dér.  de  Baba, 

Babâon,  s.  m.  Sorte  d'être  fantastique  dont  on  ne  déter- 
mine pas  le  nom,  ni  la  forme,  ni  l'usage  ;  c'est  un  ol:get 
indécis  de  crainte  pour  les  enfants.  —  Garo  lou  babàouf 
Gare  la  bête  noire  !  —  Babâou  est  aussi  le  type  de  ce  qui 
est  noir,  de  l'obscurité  ;  on  dit  :  nègre  coumo  babâou,  ésnt 
eoumo  babâou.  Fa^re  pinehoù-babâou,  montrer  et  cacber 
alternativement  la  tête  :  jeu  qu'on  fait  à  un  petit  enfant 
pour  l'amuser.  —  Dans  le  langage  enfantin,  on  appelle 
encore  babâou  un  pou  de  tête,  qu'on  présente  comme  une 
bête  dangereuse  et  méchante  pour  engager  les  enfants  à  se 
laisser  peigner.  On  leur  fait  à  l'appui  le  conte  suivant  : 
Se  vos  pas  té  laïssa  pénchina,  lous  babâouê  trénaran  tou9 
pèous,  né  far  an  uno  cordo,  et  té  rabalaran  en  Gardoé,  si 
tu  ne  veux  pas  te  laisser  peigner,  les  poux  tresseront  tet 


BAB 


EUIE 


sa 


Oheyeivc.  ib  ea  feipot  miB  coule,  ayeQ  laquelle  ils.  te.  tf ai-» 
oeropt  à  la  âvièi». 

Ce  mot  parait  dér.  de  l'itaL  florentia  i?dot4^  dont  il  n*ëst 
quLuntiddttplicatif  etqai  a  la  même  signification.  Un  aoteuc 
italien,  qni  a  voulu  faire  Térudit  et  Toriginal,  prétend  que. 
ce.  mot  bàou  est  Tahrégô  ou  la  finale  du  nom  d'Annibal, 
qui  fat  longteDopa.  un  signe  d*etIroi  à.  Rome»  et  dont  les 
femmes  romaines  usaient  pour  menacer   leurs  enfante. 

Babarèl^s.  m.  Bavette  d*enfant  ;  pièce  d'estomac,  linge  on 
toile  ea  tai&tas  ciré,  destiné  ^recevoir  la  .bave  des  enfants. 

—  Sauvages  dit  aussi  que  BabturU  est  une  pièce  ajoutée 
au  haut  d'un  tablier,  dont  les  femmes  font  un  ajustement  et 
se  convient  la  poitrine,  dans  un  âge  où  Von  ne  bava  plus. 

Pér.  de  Ba^, 

Bal»arîa«.  v.  Baver  ;  rendre  de  Vécume  par  la.  bouche,, 
comme  font  les  chevaux  qui  ont  trop  d*acdeur  ou  les  épi- 
leptiques. 

Fréquentatif  de  Baba. 

Babarîo,  $.  f.  Bave,  salive  qui  découle  de  la  bouche; 
écume  de  la  bouche  ;  liqueur  visqueuse  que  répandent  les 
limaçons. 

Dér.  de  Babo. 

Balmrogno,  s.  f.  Etre  fantastique;  la  bête  noire,  dont 
on  fait  peur  aax  enfants,  en  les  effrayant  autant  par  un 
nom  aussi  laid  que  par  la  forme  hideuse  qu*on  suppose  au 
fantôme. 

Ce  mot  ne  serait-il  pas  un  peu  parent  d'étymologie  avec 
celui  de  Babaràoudo,  que  cite  Sauvages,  et  qui  signifie  un 
domino,  habit  de  masque  ;  grande  robe  dont  on  affublait 
les  pleureurs,  à  Montpellier,  dans  les  convois  funèbres? 

—  Toy..  Baragogno. 

Babaroto,  s.  f.  Blatte,  en  lat.  Blata,  insecte  ortho- 
ptère,  très-vite»  lucifuge,  brun-noir,  plat  et  large,  à  deux 
Ipngues  antennes,  qui  habite  autour  des  cheminées  et  des 
{ours.  Sa  préférence  pour  la  farine  et  le  pain  lui  a  fait 
donner  un  second  nom  languedocien,  celui  de  PanaiUïro, 
R  c^t  assez  difficile  de  se  débarrasser  de  cette  blatte  domes- 
liqufi,  U  où  elle  a  établi  son  domicile. 

Nous  sommes  fort  tenté,  de  faire  dériver  son  nom  de 
Bakàou,  parce  que  c'est  une  bête  noire  et  qu'elle  inspire 
quelque  d^oût.. 

Babèon,  n.  pr.  de  femme,  dim.  de  Uahèou,  Elisabeth. 
: —  Yay.  Béloun. 

Babîa,  v.  Babiller  ;  jacasser,  bavarder. 

Dér.»  comme  le  fr.,  d'après  certains  auteurs,  de  l'hébreu 
Babel,  confusion;  d'après  les  autres,  du  gr.  BaSd^eiv,  bal- 
butier. On  a  voulu  y  voir  aussi  une  onomatopée,  imitant 
les  premiers  sons  inarticulés  que  fait  entendre  un  enfant. 
Je  le  crois  plutôt  dér.,  comme  Baba,  du  lat.  Babu$,  enfant, 
parler  comme  les  enfants,  pour  ne  rien  dire. 

Babîaîre,  aire,  adj.  ou  Babïur.  Babillard;  qui  aime  à 
caqueter;  qui  parle  beaucoup,  à  tort  et  à  travers.  •—  Voy. 
fiobtur. 

Pùr.dQ  BqbU. 


BabU,  4.  fiu  BabiU  loquacité  ;,  caqjuet,  caquetage.  -r 
Manqua  pa$  dé  babil,  il  n*est  pas  en  peine  ds  paille. 
  fosso  babil,  il  babille  beaucoup.  Apa»  que di babil, .'Au' ^ 
que  du  caquet. 

Même  étym.  que  BalHa, 

BabiBar,  ardo,.  adj,  Qni  a  de  grosses  lèvres.;,  lippu* 

Dér.  de  Babhw, 

Babino,,  s.  m.  lièvre  ;  babine  d*animal.  ^  Té  né  po% 
fréta  las  babinos,  tu  peux  t'en  frotter  la  moustache..  S^én 
liquo  adéja  las  babinos,  il  s'en  lèche  les  lèvres  d'avanc&  ; 
l'eau  lui  en  vi^nl  â  la  bouche. 

Dér.  du  latc.  Labina,  dim.  de  labia,  lèvres;  peut-être 
aussi  de  babo,  dont  les  babinot  sont  le  siège. 

Babînr,  nrdo,  adj.  —  Voy.  Bab^aïre. 

Babo»  f .  f.  Bave,  salive  qui  découle  de  la  bouche  ; 
écume  de  certains  animaux  ;  liqueur  visqueuse  du  lima- 
çon. —  Es  tendre  coumo  dé  babo,  dit-on  d'un  légume  OQ 
d'un  fruit  très-tendre.  On  ne  sait  quel  rapport  il  peut  j 
avoir  entre  un  fruit  tendre  et  la  bave,  qui  n'a  aucune  con- 
sistance et  n'est  qu'un  liquide  gluant.  Le  languedocien  est 
plein,  dans  ses  dictons,  de  ces  comparaisons  excentriques 
dont  les  deux  membres  sont  sans  rapport.  L'usage  ùfi 
celui-ci  est  fort  ancien  et  fort  journalier.  Aquélo  éstofo  et 
|Ki5  que  dé  babo,  cette  étoffe  n'a  point  de  consistance, 

Dér.  de  Baba. 

Babo,  «.  m.  Nymphe  ou  chrysalide  du  ver  à  soie  :  c*est 
l'état  moyen  de  cet  insecte  entre  celui  de  ver  et  de  papillon,. 
Il  se  métamorphose  en  chrysalide  environ  trois  jours  après 
avoir  commencé  à  filer  son  cocon,,  qu'il  termine  en  se  cont 
vertissant  en  baba,  de  forme  ovojfde,  à  mesure  qu'il  so 
dépouille  de  sa  soie  :  et  après  le  treiùème  jour  de  cet  état, 
il  devient  papillon. 

Les  chrysalides  sont  un  excellent  engrais,  soit  qu'on  les 
répande  dans  leur  entier,  soit  réduites  en  poudrette.  Cet 
engrais  actif  et  chaud  accélère  prodigieusement  la  pousse 
et  la  végétation.  On  dit  que  les  Madécasses  en  font  un  plat 
très-friand,  au  rapport  de  Lamothe  Le  Vayer.  Pareil  usage 
se  retrouve  en  Chine,  où  les  mandarins  ont  trouvé  et  livré 
une  recette  particulière  pour  cet  apprêt.  La  députalion  chi- 
noise  venue  à  la  dernière  exposition  universelle,  avait, 
sans  doute,  oublié  le  secret  de  cette  préparation,  ou  bien 
elle  a  tenu  à  ne  pas  le  révéler  ;  car  le  rapport  de  la  com- 
mission ne  mentionne  pas  qu'elle  ait  été  primée  pour  1# 
moindre  échantillon  culinaire  en  ce  genre.  Si  cependant  le 
fait  rapporté  par  les  voyageurs  est  vrai,  il  est  fort  pro- 
bable que  les  chrysalides  qui  font  les  délices  des  gour- 
mands du  Céleste-Empire  ou  de  Madagascar,  sont  d'une 
nature  différente  des  nôtres,  dont  on  connaît  l'odeur  détes* 
table,  et  qui  ne  doivent  pas  avoir  un  goût  meilleur  à  quel- 
que sauce  qu'on  les  accommode.  —  Un  poule  àou  baba, 
un  poulet  nourri  et  engraissé  de  chrysalides,  qui  lui  don- 
nent une  chair  jaune,  molasse  et  une  saveur  nauséabonde. 

Dér.  du  lat.  Bombyx,  par  un  métaplasme  un  peu  forcé. 

Babontiôîro,  i.  f.  Femme  qui  achète  les  chrysalides 


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BAD 


BAD 


ÛMM  les  flUtnres,  soit  poor  élever  des  porcs»  soit  pour  les 
lûre  sécher  et  les  reTcndre  pour  engrais. 

Dér.  de  Bmbà. 

Baeanil,  i.  m.  Baochaïud,  grand  bruit,  tapage  infernal; 
rixe  bmyante. 

Dér.,  comme  le  fir.,  du  lat.  Baechanalia,  bacchanales, 
fêtes  de  Bacchus;  mais  le  bacanal  n*aitraine  pas  comme 
tes  bacchanales  Fidée  d'orgie,  ni  de  plaisir  sensœi. 

Bacara,  j.  m.  Bacarat,  terme  dn  jeu  de  macao.  C'est  le 
plus  maavais  point  à  ce  jeu,  on  point  ruineux.  Par  ana- 
logie, on  dit  :  faXre  baeata,  manger  tout  son  bien,  se 
miner  complètement,  jusqu'au  jeune  forcé  inclusivement. 
Quand  on  a  tout  mangé  ou  peidu,  on  se  trouve  dans  la 
même  situation  que  lorsqu'on  lait  bacarat  au  macao. 

Emp.  au  fr. 

Bâchas,  j.  m.  Bourbier;  gâchis;  cloaque,  soit  qu'il  pro- 
vienne de  boue  liquide,  d'eaux  sales  ou  d'eaux  pluviales; 
mare  à  canards  ;  mare  à  fumier  ;  flaque  d'eau  ;  cuvette  ou 
bassin  de  fontaine  domestique  ;  maie  ou  réservoir  d'un 
pressoir  à  vendange.  —  Cr^to-baehoi  d'Ànduio,  vieux 
sobriquet  des  Andusains,  sans  doute  à  cause  des  fontaines 
dont  leur  ville  est  abondamment  fournie. 

Dér.  de  l'allem.  Bach,  rivière,  ruisseau,  ou  de  la  bass. 
Ut.  baeea,  baeeka,  bacekiOp  baeekarium,  identiques  de 
sign.  à  baekas. 

Bachassoù  (Gèndrouaéto),  t.  f.  Gendrillon.  ^  Yoy. 
Céndrouêéto, 

Bacho,  s.  f.  Bâche,  grande  couverture  de  grosse  toile  ou 
de  cuir,  dont  on  recouvre  les  charrettes  chargées  pour 
préserver  les  colis  de  la  pluie  ;  sorte  de  manne  en  cuir 
qui  occupe  l'impériale  des  chaises  de  poste  et  sert  de 
malle  aux  voyageurs. 

Bada,  v.  Ouvrir  la  bouche  ;  avoir  la  bouche  béante  ; 
être  ouvert;  par  ext.,  crier  à  tue-téte;  appeler;  héler  en 
donnant  toute  extension  à  sa  voix  ;  bayer,  être  ravi  d'ad- 
miration. —  Bada  âou  loup,  crier  au  loup.  Bado  tant  qu'a 
dé  gorjo,  il  crie  de  toute  la  largeur  de  sa  bouche,  il  crie  à 
pleine  gueule.  —  DoummM  lou$  âous9élo^  ioun  joutnet, 
doummaï  badou,  plus  les  oisillons  sont  jeunes,  plus  ils 
ouvrent  le  bec.  C'est  une  expression  proverbiale,  qu'on 
applique  par  comparaison  à  une  nichée  d'oiseaux  qui 
ouvrent  le  bec  et  crient  à  la  fois  quand  ils  voient  arriver 
la  pâtée  que  leur  apporte  leur  mère.  Motu  ioutês  badou  dé 
pérlout,  mes  souliers  font  mille  grimacos.  Aquà  faX  bada 
dé  i>êir9,  on  est,  en  voyant  cela,  ravi  d'admiration.  Dé  que 
badêi  f  tè,  véloà'qui/  De  quoi  te  plains-tu  7  pourquoi  cries- 
tu?  tiens,  le  voilà  !  Bada  la  dragèxo,  avoir  la  bouche  béante  ; 
bayer  aux  corneilles.  Cette  expression  prvb.  est  empruntée 
à  un  jeu  de  carnaval.  Un  masque,  déguisé  en  Cassandre, 
est  monté  sur  un  Une,  la  face  vers  la  queue.  Il  tient  à  la 
main  une  baguette  au  bout  de  laquelle  est  attaché  un  fil, 
portant  une  dragée  qui  se  balance  sur  la  tête  d'une  foule 
d'enfants  qui  suivent,  la  bouche  ouverte  pour  happer  la 
dragée,  car  il  leur  est  défendu  de  se  servir  de  leurs  mains. 


Le  Cassandre  fhippe  sur  la  baguette  avec  une  seconde,  qfà 
imprime  à  la  dragée  un  sautillement  continuel  et  lût 
très-difficile  la  tâche  des  happeurs.  A  les  voir  se  démeder, 
se  bousculer,  et  bada,  est  le  plaisir  du  masque  et  l'amuse* 
ment  des  spectateurs. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  ou  de  Tital.  Baiare,  béer,  bayer. 
Bayer  est  donc  l'acception  naturelle  et  originaire  de  bada; 
crier  n'est  venu  que  par  analogie,  parce  qu'on  crie  en 
ouvrant  la  bouche  grande,  comme  quand  on  baye. 

Badadis,  s.  m,,  ou  Badadisso,  «.  f.  Criaillerie;  réu- 
nion de  plusieurs  voix  qui  crient. 

Dér.  de  Bada,  crier. 

Badado,  t.  f.  Grand  cri  prolongé;  mercuriale  à  haute 
voix  et  colérique  ;  huée  de  mépris  ou  de  risée.  —  Folrt  la 
badado,  huer  quelqu'un,  le  poursuivre  de  huées  ;  lui  (aire 
une  honte  publique,  crier  haro< 

Dér.  de  Bada,  crier. 

Badalièîro»  9,  f.  Terre  remplie  de  lavande;  par  ext. 
broussaille,  bruyère. 

Dér.  de  Badafo. 

Badalo,  s.  f,,Qia  Espl.  Lavande, spic,  aspic,  La^andiita 
spiea,  plante  de  la  fam.  des  Labiées,  aromatique;  nani 
commun.  C'est  de  cette  plante  qu'on  tire  par  la  distilla- 
tion Teau  de  lavande  et  l'huile  d'aspic.  La  badafo  est  pro- 
prement la  plante  elle-même  considérée  comme  combua- 
tible.  On  la  brûle  en  effet  dans  les  magnaneries  pour  puri- 
fier l'air;  on  l'emploie  aussi  en  guise  de  bruyère  pour 
ramer  les  vers  à  soie  ;  mais  comme  elle  est  basse  et  courte, 
on  ne  peut  la  fixer  d'une  table  k  l'autre  comme  la  bruyère, 
et  on  la  réserve  pour  la  table  la  plus  haute  qui  n'a  point 
de  dessus,  en  la  piquant  dans  des  liteaux  percés  de  trous» 
on  dans  des  fagots  de  sarment.  Les  vers  à  soie  se  plaisent 
à  filer  dans  la  badafo,  dont  ils  paraissent  aimer  l'odeur 
forte  et  agréable.  La  fleur  de  la  badafo  et  sa  semence  sont 
placées  au  haut  des  nombreux  épis  qu'elle  pousse  annnd- 
lement.  Quand  ces  épis  sont  secs,  on  les  vend  par  bottes 
pour  allumer  le  feu,  ou  pour  faire  chauffer  le  linge  de 
corps,  auquel  ils  communiquent  tme  bonne  odeur.  Dans  cet 
état,  on  l'appelle  Egpi.  —  F.  c.  m. 

Il  est  difficile  de  donner  une  étymologie  à  ce  mot  ;  la 
plupart  des  termes  empruntés  k  l'histoire  naturelle  sont 
dans  le  même  cas.  Chaque  dialecte  a  ses  techniques,  et 
ils  sont  souvent,  comme  les  noms  propres,  produits  par 
un  cas  fortuit,  quelquefois  anecdotique.  Le  lat.  BaUamum 
serait  bien  hasardé  et  aurait  passé  par  trop  d'altérations. 
Le  roman  a  badaca,  pour  nommer  aussi  une  plante  qui 
croit  dans  les  lieux  arides,  comme  la  lavande. 

Badaia,  v.,  fréquent,  de  Bada,  Bâiller,  ouvrir  invo- 
lontairement la  bouche,  en  respirant  et  expirant  avec 
force;  au  fig.,  s'entr'ouvrir;  se  crevasser;  rendre  le  der^ 
nier  soupir.  —  Loui  caitagnii  eouménçou  dé  badiOa,  kâ 
châtaignes  commencent  à  ouvrir  leurs  hérissons;  les  châ- 
taignes sont  prêtes  à  tomber.  Badaïa  vàou  pai  ménH,  té 
noun  vôou  manja,  vôou  dourmi,  prvb.p  le  hâillemenl 


BAO 


BAG 


iimoQoe  la  laim  on  le  sommeil.  JZi  poi  «orf«  moif  badalio, 
it  n'est  pas  mort,  mais  il  est  aux  abois. 

D6r.  de  Bada. 

Badaire,  airo,  adj.  Qui  crie,  qui  appelle;  criard.  — 
ÊUi  peu  qu*un  badaïre,  ta  ne  fais  que  crier. 

Der.  de  Bada. 

Badali  $.  m„  dim.  BadiOoû.  BAillement;  action  de 
bAiller.  ^  FaXre  tous  badaU,  on  foire  Um  dariè  badal. 
Tendre  le  dernier  soupir. 

Dér.  de  Badaut. 

Badâon,  âondo,  wy,  Badand,  niais,  nigand,  qui  s'ar- 
rête à  toat,  qui  admire  tout. 

Dér.  de  i'ital.  Badare,  ou  de  la  bass.  lat.  Badaidus,  qui 
a  la  bonche  ouverte,  qui  b&ille. 

Badarèl,  iHn.adj.,  péjor.  Badarétat.  Criard,  criailleur; 
qui  toujours  crie,  toujours  se  fàcbe. 

Dér.  de  Bada. 

Badin,  ino,  adj.  Badin,  plaisant,  farceur. 

0ér.  du  gr.  IIxiBvtSç ,  d*enfant. 

Badina,  v.  Badiner  ;  folâtrer  ;  tromper,  duper,  plaisanter 
quelqu'un,  le  mystifier  ;  faire  semblant.  —  M'an  Inèn 
badina  à  ta  (iètro,  on  m'a  bien  dupé  à  la  foire.  Badine 
pas,  je  ne  plaisante  pas,  je  le  dis  très-sérieusement.  Vésèi 
pas  que  badine?  ne  voyeit-vous  pas  que  c'est  pure  plaisan- 
terie? 

Dér.  dn  gr.  natSy6(. 

Badinado,  s.  f.  Plaisanterie;  tour  de  plaisant  bon  ou 
mauvais  ;  mystification  ;  gaillardise. 

Badinaîre,  airo,  adj.  Gouailleur;  plaisantin;  mystifi- 
cateur. 

Badinaje,  s.  m.  Badinage;  plaisanterie;  gaillardise; 
mystification,  génériquement  parlant.  Badinado  est  un 
acte  isolé  et  spécial  du  badinaje.  — Enténpas  rés  km  badi- 
naje, il  n'entend  nullement  la  plaisanterie.  Àquà's  pas  dé 
badinaje,  ce  n'est  point  un  jeu,  c'est  très-sérieux.  Aqud's 
mn  vOén  badinaje,  c'est  une  mauvaise  plaisanterie. 

Badino,  s.  f.  Badine,  canne  mince  et  flexible;  le  stick, 
ea  nonveau  langage  à  la  mode  ;  petit  bijou  que  les  femmes 
portent  suspendu  au  cou  et  qui  varie  suivant  le  pays,  le 
coite  et  la  mode. 

Dér.  de  Badina,  parce  que  dans  l'une  ou  l'autre  accep- 
tion, l'objet  semble  toujours  frétiller,  jouer  et  être  en 
mouvement. 

Badion,  adj.  m.  sans  fém.  Ouvert  de  tous  côtés;  béant; 
grand-onvert.  —  Voustâou  es  iotu  badiau,  la  maison  est 
toute  grandeouverte,  soit  par  négligence,  soit  par  manque 
de  lermeture,  comme  le  logis  du  pauvre. 

Dér.  de  Bada. 

Bagar,  s.  m.,  n.  pr.  de  lieu.  Bagard,  commune  du  can- 
ton d'Anduze,  arrondissement  d'Alais. 

Un  titre  de  l'an  1074  cite  cet  ancien  village  comme 
▼ignerie,  m  viearia  de  Bagamis,  et  l'appelle  encore  de 
Bagamo:  en  4474,  la  forme  au  pluriel  revient  dans  de 
Mofomis,  et  se  conserve  depuis. 


Gomme  étymologie  il  se  rencontre  deux  mots  de  la  basa, 
lat.  qui  feraient  une  sorte  de  pléonasme  :  baga,  id  est 
area,  coffre  ;  et  ama,  aiveus  apum,  rucbe  d'abeilles,  qui 
est  dans  l'itai.  amia,  lieu  rempli  de  ruches  d'abeilles.  Cette 
attribution  serait  appuyée  et  confirmée  par  le  nom  d'un 
écart  de  cette  commune  dans  le  voisinage ,  mentionné 
aussi  dans  la  charte  de  4074,  qui  dit  :  in  viearia  de 
Bagamis,  ei  in  viUa  quœ  voeatur  de  Mdnaeho.  Ce  dernier 
mot  est  certainement  le  nom  primitif  de  Hoinas  actuel, 
qu'il  est  facile  de  reconnaître;  mais  le  nom  latin  d'évidence 
est  formé  de  mei,  miel,  qui  y  entre  tout  entier.  Ce  rappro- 
chement donne  raison  à  la  signification  étymologique  de 
Bagar,  lieu  où  se  trouvaient  de  nombreuses  rucheries. 

Bagassol  interj.  Ah!  bien  oui,  je  t'en  souhaite!  Va- 
t-en  voir  s'ils  viennent  !  Cela  ne  vaut  rien. 

Nous  croyons  que  cette  expression  dérive  du  mot  de  l'an- 
cienne langue  d'Oc,  Bagans,  formé  du  lat.  vagans,  errant, 
vagabond,  nom  que  l'on  donnait  aux  bergers  nomades  des 
Landes.  Sans  doute,  ce  genre  de  vie  excentrique,  au  milieu 
de  la  civilisation,  leur  avait  donné  des  mœurs  barbares  et 
sauvages,  pareilles  à  celles  des  truands  et  des  bohémiens, 
qui  les  mit  en  mauvais  renom.  On  a  fait  de  là  notre  inter- 
jection, qui  ressemble  à  l'expression  du  mépris. 

Autrefois,  en  v.  fr.,on  appelait  Bagasse,  une  prostituée, 
une  coureuse.  Probablement  l'étymologie  est  la  même  et 
s'appliquait  à  ces  sortes  de  bergères  nomades.  En  tous  cas, 
le  mot  est  ancien  dans  notre  idiome.  Voici  un  fragment 
extrait  des  Joyeuses  recherches  de  la  langue  tolosaine,  par 
Odde,  de  Triors,  4578,  qui  s'en  explique  dans  un  assez 
long  commentaire  rabelaisien  ;  il  commence  ainsi  :  c  Ba* 
gasso,  seu  ui  nonnuUi  txdunt,  eaurredisso  en  ceste  cité  de 
Tolose,  est  vn  terme  iniurieux  entre  les  panures  femmes, 
de  fort  basse,  vile  et  infime  condition,  lequel  nom  de 
Bagasso  sœpissime  resoluitur  per  aKud  nomen  quod  dieiiur 
{cantoniero)  ;  sunl  ei  nonnulli  quidieunt  {cabas),  juœta  vul- 
gare  dietumûgae  de  Marseillie,  cabas  d'Auignon...  Or, 
bien  que  le  susdit  prouerbe  se  dise  et  s'vsiie  bien  souuent 
comme  nous  voyons  icy  in  mcdam  pariem  contre  la  noble 
cité  d'Auignon,  toutes  fois  ie  m'asseure  que  telle  maladie 
règne  plus  ailleurs  qu'en  Aulgnon,  et  que  si  elle  a  le  bruict 
les  autres  ont  le  faict.  Que  mal  de  pippe  eut  abbatu  le 
premier  inventeur  de  tels  blasmes  et  ne  peus  croire  que  ce 
n'aye  esté  quelque  larron  foeté  et  banni  de  la  susdicte 
noble  cité.  Et  pour  tout  hongue  qui  hongue,  gronde  qui 
gronde,  tousiours  viura  la  noble  cité  d'Auignon,  moienant 
l'ayde  de  Dieu,  car  51110  ipso  factum  est  niKU,  et  per  ipsum 
omnia  facta  sunt,  Deo  gratias » 

Bagatèlo,  s.  f.  ou  Barandèlo.  Danse  ou  plutôt  galop, 
fort  en  honneur  dans  les  Cévennes,  qui  ressemble  assez  à 
la  danse  des  Bacchanales.  Cette  danse  fort  animée  et  sou- 
vent gracieuse  s'effi&ce  dans  nos  mœurs  actuelles,  qui  ont 
adopté  la  contredanse  des  villes,  danse  pâle  et  dialoguée, 
qu'on  ne  fait  plus  que  marcher  de  nos  jours.  Le  galop 
était  ce  qui  rappelait  le  mieux,  il  y  a  quelques  années,  la 


BMS 


WM 


k^l4^  ;  mais  depui»  qE*av«c  les  mfizujekas  et  les  scoticbs, 
tepvgrùs^Gborêgc^biqtte  a  pénétré  daos  les  campagnes,, 
pm  1^  maoiôfo  (kmlt  on  les  saute  et  avec  laquelle  oa  s'ahaa- 
iam^f  il  n*y  a  pas  à  regreUer  les^ans  et  la  désiavoltun 

Comme  vocable»  Baraudêlo  est  à  la  fois  plus  technique 
^  plus  expressif.  C'est  celui  qu'a  emj^oyé  notre  charmant 
fd!^  côvtnoU  dans  la  description  si  vive,  si  joyeuse  de 
CpUe  danse  k  la  Fiêtro  dé  Sén-BouNoumtou. 

Ce  mo^  est  sans  doulc  par  analogie  empr.  au  fr. 

Sagaa,  v.  Mouiller  par  aspersion  ou  par  immersion.  — 
4ffu  bas  H  ba^no,  proprement,  le  b&t  commence  à  tremper 
dan^  Feau;  au  fig.  et  prvb.  :  la  chose  commence  à  se 
g^r»  k  danger  approche.  On  suppose  ici  un  homme  pas- 
sant à  gué  une  rivière  sur  un  mulet  ;  quand  Teau  com- 
xnence  ^  arriver  à  la  hauteur  du  bât,  il  est  à  craindre  que 
QOla  n*empiie,  il  y  a  danger  de  la  noyade  :  prenons  donc 
farde»  lou,ba»aé  bagno.  Ainsi  dans  toutes  les  entreprises 
fM  circonstances,  pour  avertie  d'ôtre  avisé  et  prudent, 
ffmod  on  comprend  qu'on  va  être  poussé  à  bout,  et  que  la 
jgiesuie  s'emplit.  Bagna-  eoumo  un  ra,  mouillé  comme  un 
qanard.  Fo^  la  eato  bagftado,  il  fait  la  chate-mite. 

Dér.  de  Ban,  bain. 

BagnadurOi  s.  f-  Mouillure;  état  de  ce  qui  est  mouillé. 
-»-  Fôou  pas  garda  la  bagnaduro,  il  ne  faut  pas  garder  ses 
habits  ou  sa  chaussure,  quand  ils  sont  mouillés, 

Pér.  de  Bagna,. 

B|i0iiôoa,  n,  pr,  de  lieu.  Bagnolssur-Cèze,  ville,  chef- 
lieu  de  canton,  arrondissement  d'Uzès.  —  On  donne  à  ses 
tiabitants,  dans  la  tradition^  le  sobriquet  de  Galinéto  dé 
J^ignôou,  mais  la  tradition  n'a  pas  expliqué  pourquoi.  — 
U  ne  faut  pas  confondre  cette  ville  avec  celle  de  Bagnols- 
l^.Bains  (Lozère),  qu'on  appelle  Lout  Bantom,  -*  F. 
c>  m. 

tt  est  curieux  cependant  de  rapprocher  les  deux  appel- 
ions :  Bagniôou,  arrondissement  d'Uzès,  Lous  Banious, 
aivondissement  de  Mende.  Ces  deux  mots,  qui  ont  la  même 
signification,  la  mémo  traduction,  se  distinguent  par  leur 
QODSonnance  finale.  I^eur  radical  commun  viont  du  lat. 
B^neum,  qui  donnait  dans  les  vieux  titres  Balnaolœ  ou 
Bolnedum,  par  l'addition  de  la  désinence  diminutive,  pour 
indiquer  un  petit  lieu  do  bains.  A  Bagnôou,  il  existait  en 
efiet  autrefois,  &  peu  de  distance  de  la  ville  actuelle,  au 
pied  d'une  petite  uiontagne  appelée  Lancise ,  une  source 
ii'cau  thermale  fort  en  renom  pour  les  maladies  cutanées  : 
cette  source  a  perdu  son  efficacité.  Loui  Baniou»  gardent 
toujours  l'ancienne  réputation  de  leurs  eaux  minérales  qui 
tas  ont  fait  dénommer.  —  Voy,  Banioui  ILous), 

Sur  le  nom  latin  des  deux  locaUtés,  le  languedocien  a 
iail  la  variante  que  nous  remarquons,  qui  s'eŒace  dans  le 
bançais  Bagnole,  mais  qui  se  retrouve  dans  le  roman 
encore  conservé  sur  des  points  nombreux  de  la  France. 
Ainsi,  au  boni  du  Rhône,  dans  la  plaine*  Bagnêou  ;  dans 
(es  montagnes  des  Gévennes,  loui  Bania%u  ;  comme  iden- 


tiqpss«,  les  noms  de  Ban%MXitdu'Avp¥u,  et  JBkifiyute-tioH 
Mw  se  rencontrent  dans  les  Py  cénéi8S:0Jcientales;  Bagp/tms^, 
commune  de  Calvisson  (Gard),  dit  Bag/^fAuv\  %ÀUa^m^  iOilO  ; 
lAt  Bagnious  dans  la  Haute-Garouna.;  JPa^fnevaudansrAisve» 
Allier,  Cher,  Indxie,  Isère,.  Maine-etrLoirei  Marne,  Bleurito^ 
Moselle,  Seine,  Deux-Sèvres,  Somme,  Vienne  ;  Baign^v^, 
dans  Indre-et-LoirSk  Sarthe,  Cète-d'Of  ;  qui  avec  Bamoi 
(ilautes-Pyrénées)  ^BaneuU  {Dordognp)  ^Bagneaux  (Loi^etii 
Seiue-et-Marne,  Yonne),  Baigneaux  (Euro^t-Loir,  Girondin 
Loir-et-Cher) ,  Banèehe  (Haute-Vienne) ,,  Baminj^  (AifO  % 
llaneûB  (liaute-Vienne) ,  tous  désignés  ^t  Mn^oUf^^Bal- 
neolum,  Baniclum,  Balniolum,  semblent  plus  cap^ocbâi^ 
de  hus  Banious;  de  même  que  Z^a  Ba^nojUt  (Ardenne^  ^ 
Bagnolles  (Orne) ,  Bagnol  (Cote-d'Or) ,  Baignol  (Eaul0*^ 
Vienne),  Bti^nolt  (Basses -Alpes,  Aude),  Bagfwls^  (Uéraidt» 
Puy-de-Dôme,  Rhône,  Var) ,  Bagnolot  (Seine) ,,  Us  Bagna* 
Ms  (Allier),  Baignolet  (Eure-et-Loir),  sont  pucfaitemsnt 
semblables  ou  plus  voisins  au  moins  de  Bagndou.  Dans  la 
même  famille  se  comptent  encore  Bagnae  (Cantal,  U>t, 
Haute^Vienae),  Bagnars  (Allier,  Cantal),.  Bingnars  (Avey- 
ron) ,  ^  Saunai  (Uérault) ,  Bagne  (Ain),  Bagne  (Vi^nnA)% 
Bagnéras,  Bagnèru,  la  Bagnère  (Hautes-Pyrénées,  Uaqjyo« 
Garonne,  Landes),  Bc^gnac  (Lot-et-Garonne),  Kat^iuti 
(Isère,  Hante-Saône,  Charente) ,  les  Baigners  (Loiret).  Près 
de  nous,  Vagnas  (Ardèche)  et  La  Vagniérette^  ruisseau  dsM 
la  commune  de  la  Rouvière  (Gard),  n'onl-ils  pas  la  mAps 
source,  par  la  substitution  conque  du  V  wiBf 

Partout  le  radical  est  À  peu  près  immuable.;;. les  variaoten 
s'exercent  sur  le  diminutif  olus,  ola,  olum,  au  siAg:>  oo, 
dœ,  plur.  Ces  difTércnces  ethniques  très-remarquables^  s'ev» 
pliquent  par  l'influence  des  situations,  des  climatSi  s^C  la 
formation  des  noms. 

Bago,  s.  f.  Bague  ;  anneau  d'or  ou  d'argent  ou  d'autca 
matière,  orné  quelquefois  de  quelque  pierre  précieuse, 
que  l'on  porte  au  doigt.  —  Bago  dé  mariajef,  ann^a^ 
nuptial. 

Dér.  du  lat.  Baeea,  anneau. 

Bagou,  «.  m.Caquctage,  babil,  intempérance  de  langivi; 
facilité  de  s'exprimer,  mais  dans  le  genre  thviai.  — ;  A  bom 
bagou,  il  a  la  langue  bien  pendue.  En  fr.  fam.,  daos  b 
langue  verte,  on  dit  aussi  bagou. 

Dér.  du  gr.  BaXp^,  son,  parole. 

Baguéto,  s.  /*.  Baguette  ;  b:\ton  long,  délié,  flexible  oq 
rigide;  baguette  de  fusil;  petite  bague,  petit  anneau; 
baguette  d'un  nœud,  ganse.  —  Voy.  Noutcléto. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Baculela,  dim.  de  Bacuius, 

Baguiè,  s.  m.  Baguier,  écrin  4  mettre  dos  bagues. 

Dér.  de  Bago. 

Bahn,  s.  m.  Bahut,  grand  coffre  à  serrer  les  liardes,  la 
plus  souvent  doublé  en  cuir  et  garni  de  clous  à  tète  qui  y 
forment  divers  dessins.  C'est  un  meuble  du  moyen-â^. 
On  appelle  encore  bahu,  ces  grands  coffres  où  ks  paysans 
serrent  leur  salé  quand  il  est  sec. 

Dér.  de  l'allcm.  Behuten,  m.  sign. 


BAI 


BAI 


87 


MU,  *v,,  «ti  Btfla.  fibmiërnfti  ^tiésâl;MlooMrftitail 

"bâr.  dfi  ffi.  B^B^iv,  lancer^  jèteis  «nfvoyér. 

Baifer,  ^.  m.  Hftip,  <oti  bord,  6orte  4ib  ci^idre  dont  le  fond 
li%8t  pas  à^ait^veie,  mais  «n  yla&ohed,  )Kttr  itransporler 
le  mortier. 

Mr.  dti  lai.  Bo/trféifv,  Iranspoirter  an  lurdeati. 

Balafsfae,  j.  tii.,  n.  fyr.  de  lien.  fBaîHargaeb^  village  et 
eommuAe  daoïs  le  dèpartemeirt  de  l'Héraolt. 

Au  Hefi  ^de  cherdier  pénibleroent  dsta^  les  m<mfEtnents 
lapidaires  cm  tôt  les  mêdaïUes  Tomaines  «m  niE>m  d'homme 
d'une  notoriété  soavent  douteuse,  qm  eorresponde  à  la 
dénomination  d*un  village  construit  sur  les  prétendues 
nrines  d'une  rilla  Antique,  pourquoi  ne  pas  demander  à  la 
langue  parlée  dans  les  "Gaules  en  même  temps  que  le  latin, 
€^  ne  pas  extraire  des  altérations  et  des  transformations 
^pie  te  roots  ont  subies  pour  arriver  jusqu'à  nous,  une 
ttidioe  qui  soit  également  satisfaisante  à  la  signification  et 
aux  procédés  ordinaires  de  composition  des  noms  propres  ? 
Pbur  Bnïargue,  Baîllargues,  Balhanica  au  moyen-âge,  sa 
iérivation  ne  serait-elle  pas  plus  naturelle  en  la  tirant  du 
gaulois  bala,  bitUe,  village,  qui  est  encore,  avec  le  même 
lans,  en  gallois,  bala  ;  en  irlandais,  baUe  et  balvt  ;  en  bas- 
breton,  baiU;  qui  odt  donné  au  fr.  baillage,  bailli,  après 
la  I)a9s.  latin.,  qui  disait  biûia,  ballia,  baiUagium?  Snr  ce 
radical,  se  serait,  par  les  procédés  ordinaires,  formée 
Tappellation  de  la  bass.  lat.  en  anieœ,  puis  la  traduction 
romane  arrivant  enfm  à  notre  désinence  en  argue.  Celte 
descendance  est  pour  le  moins  aussi  probable  que  celle 
tirée  du  nom  d'un  certain  BaUienus  que  cite  Gicéron  dans 
ton  oraison  Pro  Fonteio 

HaSa,  V.  —  Voy.  Baïa. 

Baile,  V.  m.  Bailli  ;  maître- valet  dans  une  ferme,  chef 
des  journaliers,  qui  a  la  direction  de  l'ouvrage;  maitre- 
bei^r  qui  a  la  conduite  d'un  grand  troupeau  pour  aller  à 
la  montagne  (T.  Abe^).  —  Dâou  pu  toundrdou  n'an  fa 
Utu  baih,  prvb.,  du  plus  ignorant  on  a  fait  un  docteur. 
Gè  dicton  a  reçu  et  recevra,  de  tous  temps  et  sous  tonte 
sorte  de  régimes,  de  nombreuses  applications.  La  malice 
des  ambitions  méconnues  est  si  grande ,  les  bons  choix  si 
difficiles,  le  vrai  mérite  si  rarel 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Ballium,  gouvernement,  adminis- 
tntion,  tutelle. 

BaBéja,  v.  Commander;  faire -les  fonctions  de  batle; 
trancher  du  maître  ;  faire  l'important. 

Balléno,  s.  f.  Femme  du  maitre-valet  dans  un  domaine, 
qui  est  chargée  de  veiller  aux  soins  du  ménage. 

Baissa,  v.  Baisser,  diminuer  de  hauteur;  baisser  de 
prix  ;  s'afiaisser  peu  à  peu,  s'affaiblir. 

Se  bai$$a,  se  baisser,  se  courber. 

Emp.  aufr. 

Barâsos,  j.  /*.  p/.  Branches  basses  d'un  arbre,  celles  où 


Vm.  péttt  atteindte  de  %errd.  —  Ce  met  ike  se-dît  -fue  4m 
srbp^  à  fniits  qneloonqufis  et  idu  marier,  'de  oeux  enfin  do^t 
il  faut  atteindre  les  bi»i»ohes  pouriairek  ouetllelte. — tm 
baïsMs  toqtêou  lou  tâou,  l'arbre  est  teHement  ebai^  de 
frtîts  ^foe  les  battes  branehes  Irainent  à  terre. 

Bér.  de  Bouta. 

Baito,  i.  f,,  on  tSaj^tèlo.  tiolte,  baraque»  inaiflâiuiâtM 
de  vigne,  qui  n'est  pas  habitée  et  ne  sert  que  pour  eikfer- 
mer  des  outils^  ou  se  metife  à  Tabrâ  d'«n  on^,  d'<une 
ondée. 

Dér.  de  Tbéb.  Baitk,  maison,  logement,  d'où  vieotpeait- 
ètre  l'angl.  to  bait,  se  loger  en  passant. 

Baïuèmo,  #.  f,  £tittcolle;  bluette  qui  s'échiippe  >du 
bois  enflammé.  —  Voy,  BUugo  et  Sarjan. 

Il  est  difficile  de  déterminer  l'étymologie  de  ce  mot.) 
mais  il  est  impossible  de  lui  refuser  un  rapport  saisissant 
de  conformation  avec  le  français  baliwrM^  rappon  Qui 
trahit  une  commune  origine.  Le  mot  est  en  effet  le  mèoie 
dans  les  deux  langues,  sans  autre  variante  ijue  celle  pto»- 
duite  par  une  transposition  de  lettre  due  à  la  différence  de 
leur  génie  ;  l'ï  tréma  languedocien  n'est  guère  que  le  pen* 
dont  des  deux  U  mouillés  ou  de  l't^  forme  que  garde  du 
reste  la  prononciaition  raSole  en  disant  baiuèrno.  Sauvages, 
qui  ne  donne  pas  ce  mot,  conserve  cette  orthographe  dans 
tous  ses  analogues.  Quant  à.  la  transformation  de  l'u  en  «^ 
elle  est  si  commune  aux  deux  langues  qu'elle  n*a  pas 
besoin  d'explication.  Outre  la  ressemblance  matérielle,  gn« 
phique  et  oonsonnante,  les  deux  mots  ont  bien  aussi  quel* 
que  rapport  dans  leur  signification.  La  bàiuèmo  comme 
hi  baliverne,  sont  choses  de  peu  d'importance,  de  peu 
de  durée,  choses  qui  passent  sans  laisser  de  trace.  Leur 
différence  est  en  ce  que  le  preoûer  mot  tient  &  l'ordre 
physique,  le  second  à  l'ordre  moral.  Maintenant,  le  pre* 
mier  a-t-il  donné  naissance  au  second  ou  faut-il  prendre 
le  vice  versé  ?  Ne  peut-il  se  faire  aussi  que.  dérivant  d'une 
source  commune,  ils  soient  nés  simultanément?  Ce  mystère 
se  perd  dans  la  nuit...  de  Tétymologie. 

Baîzadaro,  j.  f.  Biseau  ou  baisare  du  pain,  empreinte 
que  deux  pains  s'impriment  réciproquement ,  lorsqu'ils  se 
touchent  et  se  collent  dans  le  four. 

Dér.  de  Baïsa,  baiser,  mot  ancien,  usité  encore  dans 
quelques-uns  des  dialectes  du  languedocien. 

Bajana,  s.  m,,  ou  Goosina.  Potage  aux  châtaignes  blaor 
chies,  dont  toute  la  préparation  consiste  À  les  faire  bouillir* 
C'est  un  mets  très-commun  dans  les  Cévennes,  où  il  fait 
la  principale  nourriture  des  habitants  pendant  tout  l'hiver. 
Il  est  exquis  avec  une  addition  de  lait. 

Dér.  de  Bajano, 

Bajanèl,  èlo,  adj.  Nigaud,  imbécile,  niais.  —  Cette 
épithéte  moqueuse  me  parait  tenir  à  cet  esprit  de  rivalité 
qui  a  existé  au  moyen  âge  entre  les  habitants  de  localités 
voisines.  Par  la  môme  raison  que  les  habitants  des  Cévennes 
appelaient  Gounèh  par  dérision  les  habitants  de$  communep 
au-dessous  d'Alais,  ceiix-ci,  usant  de  représailles,  quali- 


88 


BAL 


BAL 


liaient  les  premiers  de  BqfanUt,  psice  qu'ils  se  noorrissaienl 
de  hajanat;  et  dans  leur  dictionnairs  ce  nom  est  resté 
synonyme  de  nigaud.  —  Voy,  GoumU, 

Dér.  de  Bajano, 

Ba{ano,  j.  f,  Ch&taigne  blanche,  s6d)ée  i  la  famée  et  à 
la  chaleur  dans  le  snoir  à  châtaignes»  elédo,  et  dépooillée 
après  cette  qiération  de  sa  coque  et  de  sa  pellicule;  chA- 
taigne-bajane. 

Dér.  da  lat.  Bmanui  on  Bt^'amui,  qui  est  de  Ba&,  Tille 
du  royaume  de  Naples.  Il  semblerait  par  là  que  Tusage  de 
faire  sécher  ou  blanchir  les  châtaignes  a  commencé  dans  ce 
dernier  pays. 

Bal,  «.  m.  Dal  ;  réunion  convoquée  pour  danser  ;  danse. 
—  Donna  hu  bal,  donner  la  chasse,  pourchasser  ;  rosser, 
(aire  danser  quelqu'un,  iron. 

En  ital.  Satto;  en  esp.  BaiU.  Le  gr.  a  BaXXfCw.  je  danse. 

Bal,  s.  m.  Bail  à  ferme,  à  loyer,  à  emphytéose  ;  contrat 
poMic  ou  privé,  pour  donner,  pendant  un  temps  déter- 
miné, moyennant  un  prix  payable  annuellement  ou  à  des 
termes  convenus,  la  jouissance  d'une  chose  mobilière  ou 
Immobilière  à  quelqu'un. 

Dér.  du  lat.  BaUium. 

Bala,  «.  N.  Etre  en  suspens,  entre  le  mouvement  et 
l'immobilité. —  Se  dit  d'une  boule  prête  à  s'arrêter,  qui  se 
balance  avant  de  se  fixer  ;  et  encore  d'un  moribond  à  ses 
derniers  moments,  prêt  k  passer.  —  Balo,  il  est  entre 
la  vie  et  la  mort.  A  bala,  il  est  mort.  Dans  ce  dernier 
sens,  familier  du  reste,  ce  mot  ne  seraitôl  pas  une  corrup- 
tion de  iwtbala,  faire  ses  paquets  pour  partir  T  Ou  bien  a-t-il 
la  même  étymologie  que  le  suivant  :  b<dan  t 

Balalln-balalan ,  ou  Balin-balan.  Onomatqiée  pour 
exprimer  un  objet  qui  branle,  qui  s*agite  ou  qu'on  agite 
de  droite  et  de  gauche,  comme  une  cloche.  C*est  un  rédu- 
plicalif  de  baian.  —  Ana  balin-balan,  ou  balalin-balalan, 
aller  à  l'aventure,  à  droite  et  à  gauche,  ou  les  bras  ballants. 

Balan,  t.  m.  Branle,  volée  ;  élan  que  l'on  donne  à  un 
coup  que  l'on  veut  lancer.  L'élan  qu'on  prend  soi-même 
pour  s'élancer  se  dit  van.  —  Souna  à  balan,  sonner  les 
cloches  à  volée.  Tréi  €o$  à  balan,  trois  volées.  D&una  lou 
balan,  donner  le  branle.  Aqnélo  earitado  a  trop  dé  balan, 
cette  charrette  est  chargée  trop  haut,  elle  court  risque  de 
verser.  Aquél  mariM  a  mai  dé  balan,  ce  marteau  a  plus  de 
coup,  plus  d'élan.  Bé$U'q^  en  balan,  il  resta  là  en  sus- 
pens, dans  l'hésitation. 

Ce  mot  est-il  une  contraction  de  Balança,  ou  bien  vient- 
il  du  gr.  BdXXto,  lancer,  envoyer?  On  peut  choisir. 

Balança  (aé),  v.  Se  balancer,  se  dandiner;  s'égaliser,  se 
valoir  réciproquement  l'un  Tautre;  jouer  à  l'escarpo- 
lette, à  la  balançoire. 

Dér.  de  Balança, 

Balançadoù,  $.  m.  Balançoire,  escarpolette; une  planche 
posée  en  travers  sur  une  poutre,  et  aux  deux  bouts  de 
laquelle  les  enlants  se  balancent  en  faisant  la  bascule. 

Pér.  de  Balança, 


Balâiiço,  t.  /.  Balance.  Au  sing.  ne  se  dit  que  llgor. 
pour  :  attenti(»  avec  laquelle  on  pèse  les  raisons  poor  el 
contre;  comparaison,  parallèle  équitable.  Au  plur.  loê 
balançai  s'emploie  pour  balance,  instrument  formé  d'un 
arbre,  d'un  fléau  et  de  deux  bassins  pour  peser.  —  Tim 
bien  la  balança,  il  rend  justice  égale  à  tous.  Fdou  fairo  la 
balanço,  il  faut  rendre  justice  à  tous,  il  faut  faire  un 
poids,  une  mesure  équitables. 

Dér.  du  lat.  Bilaneiê,  génit.  de  bilanx,  dpuble  bassin, 

Balandran,  s.  m.  Arbre  mobile  de  la  balandro;  plateau 
d'une  grande  romaine  ou  balance  pour  peser  des  objets 
d'un  grand  volume,  —-  Delà,  par  analogie,  paM$a  4ou  balan- 
dran, berner,  faire  passer  à  la  couverture;  bousculer. 

Formé  de  Balan  et  de  l'ital.  andare,  aller, 

Balandro,  j.  f.,  ou  Ponlèje,  Bascule  de  puits  de  etat^ 
pagne  ;  mécanisme  fort  simple  et  fort  usité  pour  les  puits 
de  jardin  dans  les  Cévennes.  Il  consiste  :  4«  en  un  arbre 
droit  fiché  en  terre;  f  en  nn  arbre  mobile  fixé  au  pre- 
mier par  un  crochet  et  un  anneau,  en  forme  de  vergue  ;  à 
une  extrémité  de  celui-ci  on  place  un  contr&poids  fûl 
d'ordinaire  d'une  grosse  pierre  percée  qui  tient  à  Tarbre 
par  une  cheville;  à  Tautre  bout  est  attachée,  par  un  brin 
de  corde  assez  lâche,  une  barre  mince  qui  descei\d  ainsi 
verticalement  et  qui  est  terminée  par  un  croc  soutenant  k 
seau.  Pour  puiser  l'eau,  on  tire  cette  barre,  qui  fait  jouer 
facilement  la  vergue  sur  son  anneau,  et  le  seau  plonge; 
quand  il  est  plein,  le  moindre  mouvement  du  bras  lû| 
jouer  la  bascule,  et  le  contre-poids,  agissant  dans  le  même 
sens,  le  seau  remonte  sans  effort  et  sans  fatiguer  le  pni-* 
seur,  —  Voy.  PouUfje. 

Même  dér.  que  Balandran. 

Balé,  «.  m.  Auvent,  petit  toit  de  planches,  en  saillisi 
au-dessus  de  la  porte  d'une  boutique,  pour  abriter  t'étaUga 
de  la  pluie  et  du  soleil  trop  éblouissant  ;  palier  d'escalier 
ou  galerie  découverte,  balcon  en  terre-plein.  —  Le  baU, 
auvent  au-dessus  de  la  porte  des  magasins,  a  disparu,  ou  It 
peu  prés,  devant  les  règlements  d'édilité  ;  il  était  pitto- 
resque et  utile  aux  marohands;  mais  les  devantures  en 
avancement  et  surtout  les  étalages  à  la  mode  le  remplacent 
avec  avantage  et  maintiennent  à  l'intérieur  un  peu  plua 
que  le  demi-jour  favorable  au  choix  de  la  marchandise, 
sous  prétexte  d'un  soleil  trop  éclatant.  Le  progrès  âe% 
lumières  nous  vaut  ce  changement. 

Dér.  dugr.  BiXXciv,  jeter  en  avant. 

Balèja,  o.  Faire  contre-poids  ;  être  égal,  équivalent  ;  e^ 
équilibre,  -r-  Faïre  baUja,  égaliser,  équilibrer,  par  ex.  : 
une  charge  de  mulet,  de  manière  à  ce  que  les  deux  côlAa 
aient  à  peu  près  le  même  poids.  Aqud  baUjo  à  Vmdtmr 
d'un  quintâou,  cela  pèse  environ  un  quintal.  AquéUt  dam^ 
éfan»  $i  baléjou,  ces  deux  enfants  sont  à  peu  près  an 
même  âge  ou  de  même  force. 

Dér.  de  Balo. 

Baléno,  i.  f.  Baleine,  Bakma  mfiîieHui,  linn.  Poisson^ 
genre  de  Mammifères  de  la  fam.  dea  Cétacés;  le  plus  gro^ 


BAN 


BÂN 


89 


de  tons  les  animanx  connus;  ses  fanons  on  barbes  four- 
nissent les  baleines  de  parapluies,  servent  aux  corsets  de 
femme,  etc. 

Emp.  au  fr. 

BaÛsto,  s.  m.  Bailliste;  fermier,  séquestre;  adjudica- 
taire. —  BcUisto  dé  Voirouè,  fermier  de  Toctroi. 

Dér.  de  Bal,  bail. 

Balo,  «.  f.  Balle  de  plomb;  ballot,  balle.  —  Balo  dé 
fusil,  dé  pUtoulé,  balle  de  fusil,  de  pistolet.  Bah  dé  eéboi, 
balle  d*oignons  ;  il  y  a  douze  tresses,  ou  rènei,  à  la  balle. 
Aquà  fa*  bien  fna  balo,  cela  me  chausse  à  merveille ,  ça  fait 
bien  mon  affaire. 

Dér.  du  gr.  Bd^eiv,  jeter,  lancer. 

Balô,  5.  fil.  Ballot,  balle,  sous  une  enveloppe  de  grosse 
toile,  serrée  avec  des  cordes  ;  demi-charge  d'un  mulet, 
celle  que  Ton  met  d'un  côté  du  bât.  —  SaXque  aqud's  pas 
un  balà  dé  sédo,  pér  lou  mena  tant  plan?  ou  pesa  tant  fï, 
faut-il  tant  de  précautions,  ou  tant  regarder  au  poids?  ceci 
n*est  pas  un  ballot  de  soie. 

Dér.  du  précédent. 

BalotOp  $,  f»  Petite  boule  du  loto,  ouest  inscrit  unnuméro. 

Dim.  de  Balo. 

Balonta,  v.  Balloter;  au  pr.,  lancer  et  relancer  d'une 
main  à  l'autre,  ou  d'un  joueur  à  l'autre,  comme  se  repasse 
une  balle  ;  au  fig.,  mystifier  quelqu'un,  le  renvoyer  de  l'un 
à  l'autre,  du  poirier  au  pommier. 

Dér.  de  Balo. 

Balustrado,  s.  f.  Balustrade,  garde-fou,  composé  de 
balustres  continus. 

Emp.  au  fir. 

Baiustro  (à  tnsto),  adv.  Â  l'aveuglette,  à  la  hurlu- 
berlu; brusquement,  brutalement;  sans  prendre  aucune 
précaution. 

Formé  de  Tusta  et  du  fr.  balustrs,  parce  que  dans  cette 
situation  on  se  heurte  à  tout. 

Bamboche,  s.  f.  Orgie,  débauche.  —  Fdirs  la  bam- 
boeho,  ou  si  métré  en  bambocho ,  faire  une  partie  de  dé- 
bauche, un  gala  crapuleux. 

Dér.  de  Vital.  Bambœeio ,  petit  homme  grotesque  : 
Boeea,  boudie ,  ne  serait-il  pas  là  pour  quelque  chose? 
Peut-être  même  le  fr.  boue,  dont  la  lascivité  est  connue. 

Bamboacha,  v.  Faire  des  bamboches;  se  livrer  à  la 
débauche  ;  faire  de  mauvaises  farces,  des  farces  d'ivrogne. 

Bambcmcliiir,  nrdo,  adj.  Bambocheur];  libertin  ;  enclin 
à  la  débauche. 

Ban,  $.  m.  Banc;  siège  ou  tréteau  long,  en  bois  ou  en 
pierre,  sur  lequel  plusieurs  personnes  peuvent  prendre 
place  ou  plusieurs  choses  être  déposées.  Il  prend  en  fr.  dif- 
férent! noms,  suivant  les  usages  auxquels  il  sert.  —  Ban 
dé  minuisiè,  établi  de  menuisier.  Ban  dé  bouehè,  étal  de 
boucher.  Ban  dé  iè,  tréteau  de  lit.  Ban  dé  la  bugado, 
selle  ou  batte  de  lessiveuse.  Ban  das  marguïis,  banc  de 
roenvre.  Es  vièl  eoumo  un  ban,  îl  est  vieux  comme  les  rues. 

Dér.  du  lat.  Baneus  ou  de  l'allem.  bas^. 


Banar,  do,  adj.  Cornu,  encorné;  qui  a  de  longues 
cornes  ;  habitant  de  la  commune  de  Bannes  (  Ardéche). 

Dér.  de  Bano, 

Ban astado,  s.  f.  Contenance  à'xmebanasto;  plein  une  man. 
ne,ou  banne — FaïtoujourquAouquobanaitado,  il  fait  toujours 
quelque  ânerie,  quelque  école,  quelque  afiaire  de  dupe.  Yana 
émbé  touto  la  banastado,  dit-onde  quelqu'un  qui  parledesgens 
sans  égard,  sa  ns  garder  aucune  mesure,  lâchant  sur  leur  com- 
pte les  vérités  les  plus  dures,  les  plus  blessantes,  qui,  pas  plus 
que  les  vérités  ordinaires,  ne  sont  pas  toujours  bonnesà  dire,  ni 
surtout  à  entendre  :  c'est  comme  si  l'on  disait  qu'il  vide  tout 
son  sac,  sans  y  rien  garder,  comme  on  jette  là  une  banastado. 

Dér.  de  Banasto. 

Banastaîre,  s.  m.  Fabricant  de  banastos,  et  de  toutes 
sortes  d'engins  faits  avec  des  scions  refendus  de  châtai- 
gniers sauvageons,  que  l'abbé  de  Sauvages  appelle  Cotons. 

On  dit  proverbialement  :  Banastaîre  das  Apéns,  parce 
que  les  habitants  de  ce  hameau,  dépendant  de  la  commune 
de  Lamelouse,  arrondissement  d'Alais,  se  livrent  beaucoup 
en  hiver  à  la  fabrication  de  ces  bannes  en  châtaignier. 

Dér.  de  Banasto. 

Banastôja,  v.  fréq.  Transporter  habituellement  à  dos  de 
mulet  ou  d'âne  dans  des  banastos. 

Banasto,  s.  f.  Banne  ou  manne  double,  panier  à  bât 
pour  transporter  le  fumier  et  autres  objets,  dans  les  pays 
où  les  voitures  ne  peuvent  rouler.  —  Sot  eoumo  uno  ba- 
nasto, sot  comme  un  panier.  A  éstudia  souto  uno  banasto, 
dit-on  d'une  personne  complètement  ignare,  par  allusion 
peut-être  aux  chevreaux,  que  l'on  recouvre  ainsi  pour  les 
empêcher  de  gambader  et  par  là  de  maigrir;  ou  bien  pour 
rappeler  les  ânes,  qui  sont  le  plus  souvent  chargés  de  banastos. 

Dér.  du  gaulois  Benna,  voiture,  ou  de  l'allem.  benne, 
tombereau;  d'où  le  lat.  benna,  charrette  entourée  de  claies, 
sorte  de  corbeille. 

Banaston,  s.  m.,  ou  Taréîrôon.  Dim.de  Banasto.  Ban- 
neton,  mannequin  ou  petite  manne,  sans  anses,  très-évasé 
d'ouverture. 

Bancèl,  s.  m.,  ou  Faîaso.  Terrasse  ou  bande  de  terre; 
plate-bande  de  jardin.  Le  terme  bancèl  est  proprement  usité 
dans  les  hautes  Cévennes;  fàïsso  est  plutôt  des  environs 
d'Alais. 

Dim.  de  Ban,  banc ,  parce  que  le  bancèl  est  droit  et 
long  comme  le  banc. 

Banda,  ado,  adj.  Mort,  crevé;  ivre-mort,  roidi. — 
Banda  eoumo  un  piô,  soûl  comme  une  grive. 

Emp.  du  fr.  bander,  pour  roidir. 

Banda  (aé),  v.  Se  soûler,  s'enivrer;  se  gorger  de  vin. 

Même  dér. 

Bandéja,  v.  fréq.  Passer  du  linge  savonné  dans  l'eau 
claire,  ce  qui  se  fait  en  le  tenant  par  un  bout  et  le  plon- 
geant, le  passant,  le  repassant  dans  l'eau,  jusqu'à  ce  qu'il 
soit  bien  essuyé  de  l'eau  de  savon. 

Est-il  dér.  du  lat.  Pandere,  étendre,  développer,  ou  du 
languedocien  branda  ? 

il 


90 


BAN 


BâO 


Bandi,  s.  m.  Dim.  Bandind.  Bandit ,  vagabond,  homme 
sans  aveu.  —  Et  un  bandi,  c'est  rm  mauvais  drôle;  et 
quelquefois,  seulement,  un  mauvais  sujet,  un  libertin  ,  s*il 
s*agit  d'un  tout  jeune  homme  ;  on  dit  alors  :  es  tin  ban- 
dind. 

Dér.  de  l'ital.  BandUto,  banni,  proscrit. 

Banéja,  v.  fréq.  Commencer  à  montrer  les  cornes,  comme 
les  escargots  ;  par  exX.  jouer  des  cornes. 

Dér.  de  Bano. 

Banèlo,  j.  f.  Vanneau.  —  Voy.  Vanèou. 

Bani,  V.  Bannir,  chasser.  —  Y-a  pas  moutin  dé  boni 
tous  ras,  il  est  impossible  de  se  délivrer  complètement  des 
rats.  —  Il  signifie  aussi  :  faire  une  saisie-arrèt. 

Dér.  du  lat.  Bannum,  bannissement,  exil,  ban. 

Banimén,  t.  m.  Saisie-arrèt  ou  opposition,  terme  de  pra- 
tique en  procédure. 

Banious  (Lous),  n.  pr,  dé  lieu,  Bagnols-les-Bains,  ville 
dans  la  Lozère,  renommée  par  ses  eaux  thermales. 

11  est  à  remarquer  que  Tappellation  française  ne  donne 
pas  la  preuve  que  le  baptiseur  fût  très-fort  en  languedocien. 
Bagnols,  traduisant  lous  Banioiu,  est  dér.  du  lat.  Balneo- 
ium,  qui  signifie  :  lieu  de  bains;  pourquoi  alors  ce  pléo- 
nasme inintelligent  dans  le  nom  français,  et  Taccouple- 
ment  de  deux  mots  de  même  signification  ?  —  Voy,  Ba- 
gndou, 

Bano,  s.  f,  Dim.  Banéio,  péj.  Baruisso,  Corne  de  la  tête 
de  certains  animaux  ;  antennes  de  certains  insectes  ;  cornes 
des  escargots;  coup  à  la  tête,  qui  se  tuméfiant  devient  une 
bosse  au  front.  —  Vno  bano  dé  fougasso,  un  morceau  de 
fouace,  parce  que  la  fougasso ,  le  gâteau  des  paysans,  est 
plate  et  formée  en  compartiments  et  en  grillage  ;  un  de  ces 
fragments  ressemble  donc  assez  a  une  corne.  Fia  eoumo  la 
bano  d'un  biéou,  contre-vérité,  mou  comme  la  corne  d'un 
bœuf.  Chacun  soun  gous,  dis  lou  prouvèrbe,  eoumo  Vâoutre 
fué  suçavo  uno  bttno,  chacun  son  goût,  comme  disait 
cet  autre  qui  suçait  une  corne.  S'és  fa  uno  bano,  il  s'est 
lait  une  bc^se  au  front.  £o  bano  d'un  tour,  Tun  des  quatre 
volants  de  la  roue  d'un  tour  à  filer  la  soie.  Cagaràouléto, 
êOT  ta»  banitoi,  chantent  les  enfants  dans  nos  Cévennes, 
comme  ceux  de  Paris  disent  :  Colimaçon  borgne,  montre- 
moi  tes  cornes.  Nous  rimons  mieux. 

Las  banos,  au  plur.,  comme  les  cornes,  sont,  au  fig., 
Femblème  d'un  mari  trompé. 

Dér.  probablement  du  celte;  car  on  ne  trouve  l'ana- 
logue de  ce  mot  dans  aucune  des  langues  connues. 

Bano,  n.  pr,  de  lieu.  Bannes,  village  et  commune  de 
rArdèche,  sur  les  limites  du  département  du  Gard. 

Du  Cange  cite  Bano  avec  la  signification  de  terrain 
communal.  L'étymologie  de  ce  nom  pourrait  bien  être  tirée 
de  l'affectation  du  territoire  à  des  dépaissanoes,  ou  à  quel- 
que autre  servitude  communale.  Ce  que  nous  ne  pouvons 
vérifier. 

Banqnaroniiè,  tièiro,  a4|.  Banqueroutier,  ière,  celui 
on  celle  qui  a  fait  banqueroute. 


Banquaronto,  j.  f.  Banqueroute  ;  faillite  ;  insolvabilité 
feinte  ou  réelle  d'un  négociant. 

Dér.  de  Banquo,  banque,  et  de  routo,  fém.  de  rou, 
rompu. 

Banque,  j.  m.  Petit  banc;  tréteau  de  lit,  de  théâtre  de 
bateleur,  de  table  à  manger,  etc. 

Dim.  de  Ban,  banc. 

Banqniè,  s,  m.  Banquier;  celui  qui  fait  le  commerce 
de  l'argent;  à  certains  jeux  de  cartes,  celui  qui  taille  oa 
joue  contre  tous  les  autres. 

Dér.  de  Banquo. 

Banquo,  s.  f.  Comptoir  de  marchand  ;  grand  coffre  à 
hauteur  d'appui,  qui  règne  tout  autour  du  magasin,  ou 
dans  une  partie  seulement  et  sur  lequel  on  montre  et  on 
étale  la  marchandise.  11  y  a  un  tronc  au  milieu,  en  tinûr, 
où  l'on  fait  tomber  les  espèces  à  mesure  qu'on  les  reçoit, 
et  dont  on  fait  la  levée  et  l'inventaire  chaque  soir. 

Dér.  de  Ban,  banc. 

Bann,  ndo,  adj.  Cornu;  qui  a  ou  qm  porte  des  cornes. 
—  Un  cho  banu,  un  sot,  un  homme  sans  intelligence, 
comme  un  hibou. 

Dér.  de  Bano. 

Bâou,  bâoujo,  adj.  Niais,  nigaud,  badaud.  —  Que  siis 
bàou  I  Que  tu  es  bête  ! 

Dér.  du  lat.  BaXbus,  bègue. 

Bâoubôcho,  s.  f.  Bobèche,  partie  du  chandelier  oà  se 
place  la  chandelle. 

Emp.  au  fr. 

Bâoudrado,  s.  f.  Bêtise,  balourdise,  niaiserie  ;  école. 

Dér.  de  Bàou. 

Bâoudroî,  s.  m.  Baudroie,  galanga,  raie  pécheresse, 
diable  de  mer;  espèce  de  lophie,  LopMus  piseatorius,  Linn. 
Poisson  de  l'ordre  et  de  la  fam.  des  Chisnopnés  (respirant 
par  une  fente),  cartilagineux,  à  corps  plat,  à  évent  près 
des  nageoires,  à  large  gueule,  qui  semble  n'être  que  têle  et 
queue.  La  Baudroie  fait  un  très-bon  potage. 

Bâondnlo,  s.  f.,  ou  Bondiifo.  Toupie,  jouet  d'enfant; 
sabot.  Ce  mot  ne  s'emploie  plus  qu'au  fig.  Es  pas  pu  bU 
qu'uno  bàoudufo,  il  n'est  pas  plus  grand  qu'une  toupie.  Té 
vire  eoumo  uno  bàoudufo,  je  te  fais  tourner  comme  «ne 
toupie. 

Que  se  trufo, 

Dieu  lou  bufo, 

Et  lou  faï  Tira  eoumo  uno  bàoudufo.  (Prvb,) 

Les  étymologistes  sont  fort  divisés  sur  la  dériv.  de  ce 
mot  ;  elle  est  tirée  du  cdte  Bodwa,  mamelle,  à  cause  de 
la  ressemblance  ;  ou  bot,  boud,  qui  a  fait  dans  la  boas. 
lat.  botta,  d'où  l'ital.  bodda,  crapaud,  à  cause  de  la  gro^ 
aeur.  —  Voy.  Boudufo. 

Bàonjoula,  v.  Porter  un  enfant  au  bras,  le  caresser,  le 
cajder. 

Dôr.  du  lat.  Bajulare,  porter  un  faideau. 

Bàonmo,  s.  m.  Baume,  sorte  de  mentfaa,  plante  uth 
matique,  plus  particulièrement  la  mendie  varie  et  gen* 


BAR 


BAR 


91 


tille.  Aafig.fledilaussi  d*an  confortatif ,  d*aiiréconfortant  dout 
oo  exagère  la  bonté  :  Âquil  vin  es  un  Sâoutne  sus  l'éstouma, 

Dér.  dn  lat.  Baliamum, 

Bàoiunéln,  ndo,  adj.  Creux,  caverneux  ;  se  dit  parti- 
enlièrement  d*un  arbre,  d'une  pièce  de  bois. 

Dér.  de  Bàoumo. 

Bàoiimo,  s.  f.  Dim.  Bâouméto,  péj.  Bâoumasto.  Grotte, 
eaTité  naturelle;  caverne;  bauge  du  sanglier;  terrier  du 
renard;  garenne  du  lapin.  Ce  mot  a  donné  naissance  aune 
fouie  de  noms  propres  de  personnes  et  de  lieux  :  Labàoufno, 
Bâoumi,  Bâoumèlo,  Bàoumastiè,  qui  se  traduisent  en  fr. 
par  Labaume,  Baume,  La  Baumelle,  Balmelle,  Balmes, 
Banmier,  Baumassier,  etc.,  qui  signifient  pour  en  dériver 
en  ligne  directe  et  primitive  :  habitation  ou  habitant  des 
cavernes,  des  grottes  :  l'origine  est  ancienne  et  se  rattache, 
par  une  infinité  de  quartiers,  aux  troglodites.  La  Bàoumo 
dé  la»  Fadot  est  le  titre  d*une  des  plus  jolies  pièces  de 
noire  inimitable  poète  des  Ccutagnados. 

Bàoiiqiio,  f.  Â  Du  verdage,  espèce  d'herbe  graminée, 
foin  grossier  qui  pousse  naturellement  sur  les  talus  et 
berges  des  fossés  et  dans  les  bois  taillis  ;  c'est  probable- 
ment du  foin  dégénéré  en  poussant  dans  des  terres  sèches 
et  trop  fortes.  On  ne  s'en  sert  guère  que  pour  litière. 
Aucune  bête  de  labour,  non  plus  que  les  moutons,  ne 
oonsent  à  s'en  nourrir. 

Bàonriy  s.  m.  Péj.  Bâouritu.  Précipice;  ravin  profond 
et  escarpé,  gorge  étroite  et  sauvage;  abime  ;  fondrière. 

Dér.  peut-être  du  lat.  Vallis  rivua,  ruisseau  de  vallée, 
ou  de  l'ital.  balzo,  précipice,  du  gr.  B^XXeiv,  jeter,  lancer. 

Bar,  «.  m.  Dalle,  pierre  plate  large  et  carrée,  pour  car- 
reler. —  Bar  dé  Mus,  dalle  des  carrières  de  Mus,  village 
près  de  Nîmes,  d'où  se  tirent  les  meilleures  dalles  pour 
carreler  les  fours  à  pain,  parce  qu'elles  sont  réfractaires  et 
supportent  très-bien  l'action  du  feu.  Bar  dé  saboù,  une 
table  de  savon.  C'est  sous  cette  forme  que  le  savon  est 
fabriqué  et  livré  au  commerce.  Cette  table  a  d'ordinaire  huit 
centimètres  d'épaisseur  sur  cinquante  centimètres  en  carré. 

Bara,  v.  Fermer,  en  général;  barrer,  boucher  ;  bftcher 
une  porte,  la  fermer  et  l'assujettir  par  derrière  avec  une 
liarre.  —  S'en  fôou  bara  lous  tels,  il  faut  s'en  fermer  les 
yeuXf  s'en  consoler,  en  prendre  son  parti.  Âqud  baro  Tm- 
fauma,  ce  spectacle  vous  serre  le  cœur.  Bara  sa  houHgo, 
est  tout  simplement  fermer  son  magasin;  mais  bara  bou- 
tigo,  c'est  cesser  son  commerce  par  suite  de  déconfiture  ou 
antreroent.  Baro  pas  dé  tout  hujour,  il  ne  cesse  pas  de  par- 
ler de  tonte  la  journée.  Bara  lou  eami,  couper  le  chemin, 
entraver  la  marche,  fermerla  carrière  à  quelq[u'un.  Bara  un 
trâou,  boucher  un  trou.  Se  bara  déforo,sé  bara  dédin,  fer- 
mer la  porte  sur  soi  du  dehors,  ou  par  dedans,  s'enfermer. 

Dér.  de  Baro, 

Baracan,  #.  m.  Bouracan,  espèce  de  camelot,  étoffe  qui 
«qette  la  pluie. 

Emp.  au  fr. 

Baradis,  isao,  adj.  Qui  peut  se  fermer  ;  fmnant;  des- 


tiné à  être  fermé.  —  Pagnè  baradïs,  panier  à  couvercle. 
Coutil  baradïs,  couteau  de  poche,  qui  se  ferme. 

Dér.  de  Bara, 

Baradisso,  s,  f.  Action  souvent  répétée  de  fermer  et 
d'ouvrir  une  porte,  une  fenêtre,  un  tiroir.  —  Aquélo  bara- 
disso finira  lèou  ?  En  finira-tron  bientôt  d'ouvrir  et  de  fer- 
mer cette  porte? 

Dér.  de  Bara. 

Baradnro,  s,  f.  J^'ermeture,  en  général;  boucheture 
d'épines  ou  de  fagots,  pour  empêcher  l'accès  d'un  champ, 
n  est  peu  employé  au  propre.  Au  fîg.  il  est  usuel  dans  ce 
dicton  :  Pâouro  baraduro  I  pauvre  ressource  !  mauvais 
pronostic!  cela  s'annonce  mal. 

Dér.  de  Bara. 

Baragna,  v.  Faire  une  haie  vive,  garnir  de  buissons  ou 
d'épines  l'entrée  d'un  champ  ou  la  crête  d'un  mur  de  clô- 
ture ;  clore,  faire  des  haies  avec  des  buissons. 

Dér.  du  celt.  Bar,  barrière  ;  ou  de  l'esp.  brena,  hallier, 
ou  du  lat.  vara,  barre  :  sans  doute  tous  proches  parents. 

Baragnado,  «.  f.  Haie  vive  ou  non;  échalier;  toute 
sorte  de  clôture  en  haie.  Sur  les  bords  du  Gardon,  et  de 
toutes  les  rivières  torrentielles,  on  fait  des  baragnados 
pour  faire  déposer  le  limon.  On  y  emploie  des  ramées  de 
chêne-  vert,  serrées  et  assujetties  par  le  sable  et  le  gravier, 
ou  des  branches  d'osier  et  de  saule.  Les  premières  sont 
plus  fortes;  mais  celles-ci,  plus  épaisses,  ont  l'avantage 
de  prendre  racine,  de  durer  plus  longtemps  et  d'être  plus 
résistantes;  aussi  sont-elles  préférées.  On  établit  aussi  des 
baragnados  en  fagots  de  bois  mort  de  toute  sorte,  pour 
arrêter  et  faire  amonceler  les  feuilles  de  châtaigniers  que 
le  vent  entraine.  Par  ce  moyen  elles  se  trouvent  ramas- 
sées en  tas,  nettes  de  leurs  hérissons  et  propres  à  la  litière 
de  toute  sorte  d'animaux.  —  Vn  trâouquo  baragnado,  un 
braconnier,  un  grapilleur,  un  homme  qui  ne  respecte 
aucune  propriété  ni  clôture.  Au  fig.,  un  éventé,  un  étourdi, 
un  hurluberlu.  —  Voy.  Bartas. 

Baragnas,  s.  m.  Haie  naturelle  ;  amas  de  ronces  et 
d'épines,  qui  se  forme  sur  les  anciennes  murailles  démo- 
lies; entrelacement  de  ronces;  buisson. 

Péjor.  de  Baragno, 

Baragno,  s.  f.  Echalier  plutôt  que  haie  ;  clôture  presque 
toujours  provisoire-,  moins  forte  et  moins  épaisse  que  la 
baragnado. 

Baragogno,  t.  f.  Le  même  mot  et  la  même  signif.  que 
Babarogno.  —  T.  cm. 

Baragouina,  v.  Baragouiner;  parler  d'une  manière  inin- 
telligible ;  bredouiller. 

Emp.  au  fr.,  qui  tire ,  dit-on,  son  étym.  du  bas-bret. 
Bara,  pain,  et  guin,  vin,  à  cause  de  la  confusion  que  font 
ceux  qui  parlent  mal  la  langue  ;  mais  que  d'autres  font 
venir  du  lat.  Barbarieus,  barbare. 

Baraîa,  v.  —  Voy.  VartXa. 

Baridè,<.  m.  Boisselier;  ouvrier  qui  fait  des  baraux. 

Dér.  de  Barâou. 


93 


BÂR 


BAR 


Baraje,  t.  m.  Barrage,  digne;  déversoir  en  travers  d'nn 
oonrs  d*eaa  ponr  faire  nne  prise  d'eau. 

Dér.  de  Bara. 

Baralé,  <.  m.  Baril,  barillet;  bidon  des  journaliers  aux 
champs;  baril  à  huile;  capron,  baie  de  fraisier  sauvage, 
qu'il  ne  faut  pas  confondre  avec  la  fraise  des  bois. 

Dim.  de  Barâou. 

Barandèla,  v.  Danser  la  barandèlo  ou  la  bagaiHo, 

Barandélaîre ,  ûro,  adj.  Danseur  de  barandèlo.  Par 
ext.  un  étourdi,  inconsidéré,  léger. 

Barandèlo,  s.  f.  —  Voy.  Bagatèlo. 

Baranqna,  v.  Radoter  ;  battre  la  campagne  ;  parler  ou 
agir  à  tort  et  à  travers  ;  ne  savoir  ce  qu'on  dit.  —  X'éf- 
eoutés  pas,  baranquo,  ne  Técoutez  pas,  il  radote,  il  ne 
sait  ce  qu*il  dit. 

Dér.  de  Ba,  partie,  rédupl.,  et  de  ranquo,  de  rolular€. 

Baranqaaje,  «.  m.  Radotage  ;  paroles  en  Tair  ou  sans 
suite  ;  propos  extravagants. 

Baranqoairo,  aîro,  adj.  Radoteur; qui  débite  des  rado- 
teries,  ou  par  vieillesse,  ou  par  bêtise.  Id.,  Baranqur, 
urdo, 

Baranqaéja,  v.  rédupl,  de  Baranqua, 

Baràou,  t.  m.  Baral,  v.  fr.,  barrique  à  vin,  longue  et 
étroite,  qui  sert,  comme  les  autres,  à  transporter  le  vin  à 
dos  de  mulet;  mesure  de  capacité  pour  les  vins.  Cette 
mesure  varie  d*une  localité  à  l'autre.  Le  Bardou  d' Âlais 
contenait  autrefois  27  pots  ou  54  pintes  de  Paris.  Le  Ba- 
râou métrique  contient  60  litres.  — ErUén  bouio  pér  bardou, 
il  entend  tout  de  travers  ce  qu'on  lui  dit  ;  il  prend  des 
vessies  pour  des  lanternes,  martre  pour  renard.  Pou-bar  âou, 
un  puits  public  qui  se  ferme  la  nuit,  de  crainte  d'accident 
ou  de  mauvais  dessein,  n  y  avait  autrefois  à  Alais  une 
quantité  de  ces  puits  qui  étaient  situés  dans  un  renfonce- 
ment de  rue  et  à  couvert  dans  l'épaisseur  d'une  maison. 
On  les  fermait  la  nuit;  mais  avec  le  temps  les  fermetures 
avaient  disparu,  et  ces  impasses  obscurs  étaient  dange- 
lenx  ;  on  les  a  fermés  et  remplacés  par  des  pompes.  Un  de 
ces  puits  a  donné  son  nom  à  une  de  nos  rues,  qui  est  appe- 
lée encore  :  rue  Puitê-Baral.  L'opinion  que  son  nom  lui 
vient  de  la  fermeture  appliquée  à  son  puits,  est  fort  sou- 
lenable;  mais,  dans  ce  mot  que  le  languedocien  persiste  à 
prononcer  baral,  et  non  baràou,  et  qu'il  n'a  pas  eu  l'idée 
d'exprimer  par  baradU,  ne  trouverait-on  pas  aussi  bien 
une  qualification  tirée  de  la  situation  qu'il  occupait,  au 
moment  de  son  baptême,  à  l'extrémité  de  la  ville?  PuUt- 
Baral  signifierait  alors  :  puits  situé  aux  barrières  d* Alais, 
SOT  la  limite  de  la  clôture  de  la  ville.  La  rue  Montagnasse, 
qui  reprend  aigourd'hui  son  nom,  s'appelait,  au  moyen  Âge, 
rM9  Malbaurguet,  mauvais  petit  faubourg  :  elle  est  voisine 
de  la  rue  Puits-Band;  sa  dénomination  ancienne  viendrait  à 
Tqipui  de  notre  interprétation»  en  indiquant  que,  dans  ces 
temps  reculés,  la  ville  ne  s'étendait  pas  plus  loin. 

Barâou,  en  tous  cas,  put  trouver  son  étym.  dans  la 
basa.  lat.  barraU,  bariU,  àarUius,  d'un  capitulaire  de  Char- 


lemagne,  avec  la  sign.  de  tonne  ou  de  vase  propre  à  con- 
tenir un  liquide  quelconque,  ou  dans  Tesp.  barrai,  grande 
bouteille  ;  ou  enfin,  comme  baral,  dans  le  celt.  barr,  qui 
signifie  non-seulement  barre,  barrière,  mais  tout  ce  qui 
sert  à  renfermer,  à  contenir. 

Baraque,  «.  f.  Dim.  Baraquéto.  Baraque,  chaumière  ; 
maisonnette  en  mauvais  état  ;  hôtellerie  de  roulier  sur  les 
routes;  baraque,  échoppe,  auvent,  construit  en  planches 
sur  les  places  en  temps  de  foire.  —  Âquél  oustâou  6$  uno 
viéHo  baraquo,  cette  maison  n'est  qu'une  mauvaise  pauvre 
baraque.  Las  baraquos  dé  Coudougnan,  dé  Fon$,  la  bara- 
qtw  dé  Plagnôou,  la  baraquo  dâou  PHa  sont  connues  et 
renommées  sur  nos  routes  départementales. 

Dér.  de  l'esp.  Baracca,  cahute  de  pêcheur. 

Barato,  $.  f.  Baraterie;  dol,  fraude,  contrebande  ;  alté- 
ration des  liquides  par  mélange  ;  contrefaçon,  tromperie. 

Dér.  de  Tesp.  Baratar,  brouiller,  tromper. 

Barba,  v.  Pousser  des  radicules,  prendre  racine  ;  se  dit 
surtout  des  boutures,  quand  elles  commencent  à  barba,  à 
jeter  leur  tissu  de  radicules. 

Dér.  de  Barbo. 

Barbacano,  s.  f.  Ouverture,  fente  laissée  dans  un  mur 
de  soutènement,  pour  faire  écouler  les  eaux  pluviales. 

Dér.  de  l'esp.  Barbaeana,  m.  sign. 

Barbajôou,  <.  m.  Grande  joubarbe,  artichaut  de  mu- 
raille, Sempervivum  teetorum,  Linn.  Plante  de  la  fam.  des 
Crassulacées,  grasse,  vxdnéraire  et  émoUiente. 

Dér.  du  lat.  Barba  Jovii,  barbe  de  Jupiter,  comme  son 
correspondant  fr.  Ces  deux  mots  sont  la  métathèse  l'un  de 
l'autre. 

Barbajôon,  «.  m,,  ou  Quiou-blan.  Dim.  BarbajouU. 
Hirondelle  à  croupion  blanc,  hirondelle  de  fenêtre  ;  Hirunâo 
urbiea,  Temm.  Le  dessus  du  corps,  partie  d'un  noir  à 
reflets  bleuâtres,  partie  d'un  noir  mal,  le  restant  d'un 
blanc  pui^;  queue  fourchue.  Cette  hirondelle  est  la  plus 
commune  dans  nos  contrées,  où  elle  arrive  quelques  jours 
après  l'hirondelle  de  cheminée.  Elle  aime  à  placer  son  nid 
sous  la  corniche  des  maisons  et  des  grands  édifices. — Eies- 
rabM  eoumo  un  barbajôou,  gai  comme  un  pinson. 

Ce  mot  a  évidemment  la  même  étym.  que  son  homo- 
nyme précédent.  Cependant  il  est  difficile  de  saisir  les 
rapports  de  cette  origine,  à  moins  q[ue  la  queue  fourchue 
du  volatile  ne  soit  une  image  de  la  barbe  du  maître  des 
dieux. 

Barbasta,  v.  Faire  ou  tomber  de  la  gelée  blanche.  — 
A  barbasta  sus  sa  tésio,  ses  cheveux  grisonnent,  il  a  neigé 
sur  ses  cheveux. 

Dér.  de  Barbasio. 

Barbaato,  s.  f.  Gelée  blanche  ;  givre.  C'est  le  prodoit 
de  la  condensation  de  la  rosée  et  de  toutes  les  vapeurs  qui 
exsudent  de  la  terre.  Barbasio  ex[^me  cet  efbt  des  grands 
frimas  d'hiver  qui  fait  ressembler  le  sol  à  un  champ  de 
neind;  phuvino  eijaHbrs  {V.  c.  m.),  sont  plus  partica* 
lièrement  ces  gelées  de  printemps,  ces  giboulées,  qui  Ibnt 


BAR 


BAR 


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tant  de  mal  à  la  vigne  et  à  la  feuille  de  mûrier.  Les  con- 
crétions de  la  barhcuto  snr  les  plantes  et  les  arbres  ressem- 
blent à  nne  sorte  de  barbe  blanebe.  C*est  de  là  que  Sau- 
vages fait  dériver  ce  nom. 

Barbata,  v.  Bonillir  à  gros  bouillons;  particulièrement, 
faire  on  certain  bruit  en  bouillant,  soit  comme  un  grand 
▼ase  qui  rend  un  bruit  sourd  en  bouillant  fortement,  soit 
seulement  comme  un  potage  qui  mitonne  sur  un  fourneau  ; 
chez  Vxm  et  l'autre ,  ce  bruit  est  produit  par  le  dégage- 
ment de  Tair,  qui  forme  des  globules  qui  crèvent  et  se  suo- 
oâdent  instantanément.  C*est  ce  qu'exprime  ce  mot  par 
une  onomatopée  saisissante. 

Barbéja,  v.  Raser,  faire  la  barbe,  au  pr.  et  au  fig.  — 
L'avèn  barbéja,  nous  avons  eu  de  son  poil,  nous  lui  avons 
gagné  son  argent. 

Dér.  de  Barbo, 

Barbèl,  s.  m.  Barbeau,  Cyprinus  barbu»,  Linn.  Poisson 
d*eau  douce;  museau  pointu,  mâchoire  supérieure  fort 
avancée  avec  des  barbillons,  dos  olivâtre,  ventre  blanc  ; 
il  croit  vite  et  devient  fort  grand  ;  sa  forme  ressemble 
assez  à  celle  du  brochet.  Il  préfère  un  lit  couvert  de  cail- 
loux à  un  fond  bourbeux. 

Barbu  signifie  aussi  :  un  jeune  gars,  un  blanc-bec. 

L'une  et  l'autre  de  ces  acceptions  sont  dér.  de  Barbo  : 
dans  la  dernière,  parce  que  c'est  l'âge  où  la  barbe  com- 
mence à  pousser  ;  dans  la  première,  parce  que  ce  poisson 
porte  deux  appendices  ou  barbillons  à  la  mâchoire  supé- 
rieure. 

Barbéto,  $.  f.  Terme  de  nageur,  qui  n'est  employé  que 
dans  cette  expression  :  Faire  la  barbéto,  et  signifie  :  ap- 
prendre à  nager  à  un  apprenti  en  le  soutenant  de  la  main 
par  le  menton,  ce  qui  l'empêche  d'enfoncer  la  tète,  et  lui 
permet  d'étendre  le  corps  sans  danger  dans  la  position 
horizontale.  Au  fig.,  prêter  aide  et  appui,  soutenir. 

Dér.  de .  Barbo,  parce  qu'on  prend  le  nageur  par  la 
barbe,  ou  du  moins  au  siège  dQ  la  barbe  ;  qu'on  lui  tient 
le  menton  dans  la  paume  de  la  main,  comme  font  les  bar- 
biers à  leur  patient  pour  le  savonner,  ou  plutôt  comme  ils 
faisaient,  quand  il  y  avait  des  barbiers,  et  avant  l'inven- 
tion du  pinceau  à  barbe. 

Barbie,  <.  m.  Barbier,  qui  fait  la  barbe,  qui  rase.  L'his- 
toire des  barbiers  mériterait  d'être  écrite  et  conservée.  Il  y 
a  un  siècle,  ils  n'étaient  point  autres  que  des  chirurgiens, 
avec  privilèges.  Aujourd'hui,  ils  ont  perdu  leur  droit  de 
saigner,  autrement  (ju'en  faisant  la  barbe,  et  encore  !  mais 
leur  titre  a  totalement  disparu,  sinon  la  profession.  —  Lou 
barbiè  de  Sàousi.  Sauzet  est  un  petit  village,  arrond.  d'Uzès. 
La  tradition  assure  qu'il  y  avait  là  un  barbier  qui  non-seu- 
lement rasait  gratis,  mais  qui  payait  à  boire  à  ses  pratiques 
par-dessuB  le  marché.  Sa  réputation  est  passée  en  pro- 
Teibe.  On  ai  voit  les  applications  ironiques. 

Barbîô,  «.  m.  Petit  homme  barbu,  bamboche  à  longues 
moustadies.  La  mode  de  nos  jours  rend  fréquente  l'appli- 
eatioii  de  ce  mot.  —  Voy.  Barboeho. 


Barbo,  <.  f,  Dim.  Barbéto,  péj.  Barbasso.  Barbe,  poil 
•des  joues  et  du  menton;  arête  de  l'épi  des  céréales;  filets 
du  tuyau  d'une  plume;  radicules,  filaments  d'un  végétal 
quelconque.  —  Quand  papiès  parlou,  harbos  ealou,  quand 
les  titres  parlent,  les  docteurs  se  taisent.  Fariè  la  barbo 
énd'un  iôou,  il  trouverait  à  tondre  sur  un  œuf.  Nous  faï 
la  barbo  en  toutes,  il  nous  passe  tous,  il  nous  rendrait 
des  points.  Barbo  dé  païo,  visage  de  bois,  dicton  fort  usité 
et  d'une  application  plus  large  que  son  correspondant  fran- 
çais :  il  s'étend  à  toute  sorte  de  désappointement,  quand 
on  se  voit  trompé  dans  son  attente.  Bouviè  sans  barbo,  aïro 
sans  garbo,  prvb.,  à  jeune  bouvier,  pauvre  moisson. 

Dér.  du  lat.  Barba. 

Barbocho,  s.  m. Dim.  Barbouckéto,  Petit  homme  barbu: 
même  sens  que  Barbïà,  (F.  c.  m.)  Bar  bichon;  chien- 
barbet. 

Dér.  de  Barbo,  parce  que  le  barbet  a  beaucoup  de  poil 
autour  du  museau. 

Barbouia,  v.  Balbutier;  bégayer;  baragouiner;  bre- 
douiller. 

Dér.  du  lat.  Balbus,  bègue. 

Barbouîaje,  s.  m.  Barbouillage,  en  discours,  en  écri- 
ture, en  peinture,  en  diction  ;  griffonnage  ;  galimafrée. 

Emp.  au  fr. 

Barbouînr,  uso,  adj.  Barbouilleur;  bredouilleur ;  grif- 
fonneur. 

Barboutl,  v.  Marmotter;  chuchotter;  parler  entre  ses 
dents-;  murmurer  tout  bas;  faire  un  à-parte;  dire  des 
messes-basses,  parler  dans  sa  barbe. 

Dér.  de  Barbo. 

Barboutimén ,  s.  m.  Chuchottement,  marmottement; 
murmure  ;  messe-basse  ;  bredonillement. 

Barbu,  udo,  adj.  Barbu,  qui  a  de  la  barbe,  beaucoup 
de  barbe. 

Barbudo,  s.  f.  Chicorée  sauvage,  barbe  de  capucin, 
Cichorium  intybfM,  Linn.  Chicorée  barbue  des  prés,  qu'on 
mange  en  salade  quand  elle  commence  à  pousser  et  qu'elle 
germe  encore  dans  la  terre  ;plus  tard  elle  est  dure  et  héris- 
sée de  piquants.  C'est  à  cet  âge  peu  tendre  qu'elle  a  reçu 
son  nom. 

Barbudo  est  aussi  le  nom  des  ceps  de  vigne  d'un  an,  qui 
ayant  poussé  des  radicules,  qui  plus  faciles  à  la  reprise  et 
donnent  plus  tôt  des  produits. 

Dér.  de  Barbo. 

Barda,  s,  m.  Carrelage  en  dalles  ;  pavé  bardé  avec  des 
dalles. 

Dér.  de  Bar. 

Barda,  v.  Couvrir,  barder  de  lard  un  rôti  ;  mettre  la 
barde  à  une  bête  de  somme;  plaquer  ou  lancer  contre  les 
murs  ou  sur  le  carreau.  ^  Barda  un  perdigai,  barder, 
couvrir  un  perdreau  de  bardes  de  lard.  Vaï  barda  la  miolo, 
l'ose,  va-t-en  mettre  la  barde  à  la  mule,  à  l'âne.  Lou  bardé 
âou  sôou,  il  le  jeta  rudement  par  terre. 

Dér.  dans  le  premier  sens  de  Bardo,  dans  le  second  de  Bar. 


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BAR 


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Bardo,  «.  f.  Dim.  Bardèlo,  péj.  Bardauo.  Barde,  bar- 
délie,  espèce  de  bAt  oa  de  selle  piquée  de  bourre  ;  tranche 
mince  de  lard  appliquée  sur  une  volaille. 

Dér.  de  Barda,  du  lat.  hardianum,  espèce  d'armure  ou 
de  cuirasse  des  soldats  gaulois. 

Bardô,  «.  f,  Dim.  Bardouté,  péj.  Bardoutas.  Espèce  de 
mulet,  né  de  T&nesse  et  du  cheval.  Cet  animal^  très-robuste 
mais  de  forme  peu  élégante,  est  le  souffre-misère  de  la 
bande  des  mulets  {coublo)  ;  c'est  lui  qui  porte  les  bagages,  et 
le  muletier  par-dessus  le  marché.  Au  iig.  butor,  lourdaud  ; 
souffre-douleur.  — Lou  prénou  pér  barda,  on  en  fait  le 
bouc  émissaire,  un  objet  de  mystification  ;  on  le  charge  de 
tout  ce  qu'il  y  a  de  plus  pénible.  Pa$$a  pér  barda,  deve- 
nir le  jouet,  être  le  dindon  de  la  farce. 

U  y  a  une  distinction  à  faire  entre  les  deux  locutions  : 
passa  pér  barda  et  préne  pér  barda.  Que  le  premier  dicton 
s'applique  à  qui  porte^plus  que  sa  part  des  peines  et  des 
fatigues  communes,  c'est  bien  cela,  mais  c'est  encore  autre 
chose.  La  charge  susdite  du  bardot  ne  pouvant  figurer  sur 
une  lettre  de  voiture,  il  ne  comptait  pas  lui-même  au 
nombre  des  mulets  qui  composaient  là  caravane.  C'est  dans 
ce  dernier  sens  qu'est  prise  la  première  locution,  appliquée 
à  une  personne  qui,  dans  une  dépense  à  faire,  dans  une 
charge  quelconque  à  supporter  en  commtm,  trouve  moyen 
de  s'exonérer  de  son  écot,  de  sa  tÂche  ;  passe  comme  on 
dit  par-dessus  le  marché,  et  par  conséquent  ne  compte  pas 
non  plus. 

Pour  le  deuxième  dicton  :  Barda,  au  fîg.,  signifie  un 
lourdaud,  un  imbécile,  un  sot  et  grossier  personnage,  dont 
on  se  moque,  dont  on  abuse,  à  qui  Ton  fait  porter  aussi 
double  bât,  double  charge;  et  l'individu  qu'à  tort  ou  à 
raison  on  considère  comme  tel  et  que  par  conséquent  on 
traite  de  cette  manière,  on  le  prend  pour  bardot  :  il  devient 
alors  chef  d'emploi  de  doublure  qu'il  était,  et  la  copie  vaut 
l'original. 

Dér.  du  gr.Bap^6«,  lourd,  lent. 

Barguigna,  v.  Barguigner;  hésiter;  balancer;  être  in- 
décis, embarrassé. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Bareaniare,  marchander.  Ce  der- 
nier mot  venait  lui-même  du  lat.  in  barcam  ire,  aller  sur 
une  barque,  parce  que  le  mot  barca  était  à  proprement 
un  esquif,  on  embarcation,  sur  laquelle  les  traïiquants 
allaient  et  venaient,  dans  le  port,  d'un  navire  à  l'autre, 
pour  traiter  avec  les  patrons. 

Bargnignûre ,  airo,  adj.  Péj.  BarguigniAras ,  asso. 
Barguigneur;  marchandeur.  —  Voy.  Raïsséjaïre. 

Bari,  s.  m.  En  vieux  languedocien,  Rempart;  barrière. — 
La  eariUro  dâou  Bari,  la  rue  du  Rempart,  qu'on  a  eu  le 
bon  esprit  à  Alais  de  ne  pas  franciser  et  qui  s'appelle  tou- 
jours la  ruê  du  Barry,  Lou  mtoii  bari  es  la  pès,  le  meil- 
leur boulevard  d'une  ville,  c'est  la  paix.  Suivant  la  fameuse 
deviâSt  ce  devait  être  aussi  celui  de  l'empire  ;  mais  depuis. . . 
Esfùuïr<hbari  d'Aoubinas,  c'est  le  vieux  surnom  que  Ton 
donne  aux  habitants  d'Aubeuâs.  R  est  sans  doute  glorieux 


pour  eux,  puisqu'il  doit  signifier  :  qui  sape  les  remparts, 
sapeur  de  remparts. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Vara  ou  barum,  barricade,  enceinte, 
clôture,  faite  avec  des  poutres,  premiers  remparts  des 
villes,  ou  plutôt  des  villages  qui  devinrent  des  villes  et 
des  places  de  guerre  sous  la  féodalité,  dans  un  temps  où 
tout  le  pays  était  couvert  de  forêts.  On  se  servit  ensuite 
de  l'expression,  un  peu  modifiée ,  barium ,  pour  mur  de 
ville  fait  de  poutres,  et  le  nom  resta  quand  les  pierres  rem- 
placèrent ces  remparts  trop  faibles.  Un  prvb.  disait,  et  il 
justifie  la  dériv.  :  A  bari  bas  éscalo  noun  fdau. 

Barièïraîre,  s.  m.  Préposé  aux  barrières,  à  l'octroi, 
commis  aux  barrières  à  la  perception  des  droits  d'entrée 
dans  les  villes. 

Dér.  de  Barièïro. 

Barièîro,  s.  m.  Barrière.  —  Les  villes,  qui  n'avaient 
pas  des  portes,  avaient  des  barrières,  ne  fût-ce  que  pour 
empêcher  la  contrebande  et  assurer  les  péages.  On  les  pla- 
çait même  quelquefois  à  des  distances  assez  éloignées,  qui 
agrandissaient  le  rayon  autour  des  villes  ou  des  châteaux 
féodaux;  et  les  noms,  qui  persistent  encore,  en  conservent 
le  témoignage,  comme  les  anciennes  chartes  d'établisse- 
ment. Un  décret  consulaire  imposa  un  droit  de  péage  à 
l'entrée  des  villes  pour  les  chevaux  et  les  voitures,  et  pour 
la  perception  on  y  plaçait  des  barrières  mobiles.  Ce  droit 
fut  converti  par  la  loi  de  frimaire  an  VII  en  octroi  muni- 
cipal, et  les  bureaux  d'octroi  occupèrent  le  même  empla- 
cement que  les  barrières.  Ce  n'est  même  que  sous  le  nom 
de  barièïro  que  sont  connus  ces  bureaux  et  le  quartier 
qu'ils  occupent.  Ainsi,  on  dit  à  Alais  la  BarOiro  dâou 
MaS'dé'Néffre  pour  désigner  le  bureau  d'octroi  du  Mas-de- 
Nègre. 

Dér.  de  Bara. 

Baril,  s.  m.  Dim.  Bar'ié,  Baril,  petit  tonneau,  barrique 
à  huile;  barillet,  petit  baril.  —  Un  baril  désardos,  une 
barrique  de  sardines.  Un  baril  d'anekdio,  un  baril  d'an- 
chois. Vn  baril  d'oli,  un  baril  d'huile. 

Dér.  du  celt.  Barr,  vaisseau,  d'où  la  bass.  lat.  barillut, 
baril. 

Barioto,  s.  f.  Brouette,  espèce  de  petit  tombereau,  à 
une  roue  et  deux  bras,  traîné  ou  poussé  par  une  personne. 

—  Voy,  Brouéto  ou  Brouvèio, 

Dér.  de  Ba,  rédupl,  et  du  lat.  rota,  roue,  parce  que 
dans  le  principe  elles  avaient  une  double  roue. 

Barîon,  t.  m.  Barillon,  engin  destiné  à  confeotionner 
des  trousses,  de  grosses  bottes  de  foin  ou  de  paille.  G'ert 
une  sorte  de  filet,  oompoeé  de  deux  barres  et  de  cordes 
non  croisées  :  un  réseau  ou  tramail  à  cet  usage. 

Dér.  de  Baro,  dont  il  est  un  dimin. 

Banque,  t.  f.  Barrique,  grand  baril.  R  ne  se  dit  ^pie 
du  baril  qui  sert  de  caque  aux  anchois  et  aux  sardines.  On 
se  sert  de  ces  barillets  pour  les  chapelets  de  puils-à-roue. 

—  La  musique  es  din  la  bariquo,  disent  les  chantres  et  u 
peu  sans  doute  les  chanteurs,  dont  la  réputation  est 


BAR 


BAR 


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d*ètre  boas  buveurs  ;  mais  alors  ils  parlent  de  bariquo, 
dans  sa  grande  dimension,  gros  tonneau  servant  à  conte- 
nir du  vin.  —  Au  fig.  et  en  style  fam.  ce  mot  signifie  le 
TOitre,  les  intestins.  —  Té  vôou  créba  la  bariquo,  je  te 
ciéve  le  ventre.  En  esp.  on  dit  aussi  dans  le  même  sens 
haniea,  ventre. 

Dér.  du  celt.  Barr,  vaisseau,  ou  du  lat.  barillus. 

Baiisqao-Barasqao,  adv.  Onomatopée  exprimant  Tac- 
tion  de  quelqu'un  qui ,  une  barre  à  la  main,  comme  une 
làulx,  renverserait  ou  briserait  tout  ce  qui  est  à  sa  portée. 
Aniig.  brutalement,  bruyamment. 

Dér.  de  Baro. 

Baija,  fi.  pr.  de  lieu,  Barjac,  ville  et  canton  de  Tarron- 
dissement  d'Alais. 

Cette  petite  ville  est  mentionnée  dans  les  anciennes 
chartes  avec  quelques  altérations  dans  son  nom  :  en  4  076, 
de  Bariado;  en  4077,  de  Bariac;  en  1084,  de  Bargiaeo  ; 
mHZi,  de  Bargago;en  M 32,  de  Barjago;  en  1471,  de 
Barjoeo;  en  4494,  de  Bargiaeo,  En  fr.  on  écrivait  Barjac 
ou  Bargeac. 

Abstraction  faite  de  la  désinence  adjective  ac,  acum,  et 
en  lang.  a,  où  le  c  flnal  est  supprimé  (F.  a,  an,  suff.),  la 
iorme  la  plus  ancienne  du  mot  semblerait  indiquer  son 
élymologie  de  la  bass.  lat.  barium  au  plur.,  avec  le  sens 
de  wuBnia,  fortification,  selon  Du  Gange,  et  Barja  signifie- 
rait alors  village  fortifié.  Mais  n'a-t*elle  pas  été  prise  peut- 
être  du  celt.  berg,  éminence,  hauteur,  d'où  est  venu  le 
vieux  mot  barge,  aujourd'hui  berge,  ou  mieux  peut-être  de 
la  bass.  lat.  baria  ou  beria,  locus  scUicet  arboribu*  desti- 
UUu$,  dumeiis  verà  vepribusque  refertusf  (Voy.  Du  Gange, 
\o  Berra.)  On  ne  trouve  pas  en  effet  dans  le  territoire  de 
grandes  forêts,  mais  de  petits  bois.  Le  nom  d'un  lieu  voisin, 
Bériae,  dans  l'Ardèche,  pourrait  servir  d'indice,  au  moins 
par  analogie  de  situation,  de  nature  de  terrains  et  d'aspect 
général, 

n  y  a  dans  le  Gard  deux  autres  localités  du  même  nom, 
Barja,  hameaux  des  communes  de  Monteils  et  de  Trêves, 
où  la  topographie  et  le  sol  confirmeraient  notre  dernière 
interprétation. 

Baija,  9.  Maquer  le  chanvre,  le  broyer  avec  la  maque. 

—  Ce  mot  semble  une  contraction  du  fréquentatif  Barija, 
qui  n'est  pas  dans  la  langue,  mais  qui  signifierait  jouer  de 
û  barre,  passer  à  la  barre  :  parce  que  les  mâchoires  de  la 
maque  à  chanvre  ont  bien  pu  dans  l'origine  n'être  que  de 
8im{des  barres  à  broyer.  —  Dans  le  dial.  prov.  maquer  se 
dit  brégea,  rapproché  de  broyer,  dér.  de  l'allem.  breehen, 
rompre,  briser;  de  cette  origine  germanique,  le  langued. 
aurait  bien  pu  conserver  bar  ou  ber  pour  bérja  et  barja, 
avec  le  même  sens  de  briser  et  broyer. 

Bar)a,  o.  Jaser  ;  babiller;  jacasser;  caqueter  ;  jabotter. 

—  Barja  eoumo  la  bHo  Jano,  babiller  comme  une  com- 
mère, lou  diable  té  barjef  Au  diable  ton  babil  1 

Dér.  du  celt.   BajtM  ou  du  .gr.  BoâCco,  babiller,   bre- 


BariadisBO,  <.  f.  Bavardage;  longue  causerie;  babil 
ennuyeux  et  insupportable. 

Dér.  de  Barja, 

Barjaire,  airo,  adj.  Babillard,  qui  aime  à  causer;  qui 
ne  cesse  pas  de  jacasser.  —  Voy,  Barjàou. 

Barjalado,  s.  f,  Bisaille  ;  trémois  ;  menus  grains  ;  menus 
blés;  semences  de  mars;  mélange  de  paumelle  et  de  vesce 
dont  on  fait  un  pain  grossier.  On  sômc  ainsi  en  mars,  de 
barjalado,  les  terres  que  le  manque  de  temps  ou  les  lon- 
gues pluies  ont  empêché  d'ensemencer  en  automne.  — 
Aquà's  pas  ^ué  dé  barjalado,  c'est  de  la  ripopôe. 

Dér.  du  lat.  Farrago,  toutes  sortes  de  grains. 

Barjâou,  âoado,  adj,  —  Voy.  Barjaïre. 

Barjios,  s.  f,  plur.  Chêne vottes,  débris  du  chanvre 
broyé,  maqué,  avec  quoi  on  faisait  les  allumettes  soufrées, 
avant  que  l'usage  des  allumettes  chimiques,  à  frottement, 
à  phosphore,  à  explosion  soudaine,  plus  dangereuses  mais 
plus  rapides  à  s'enflammer,  eût  fait  oublier  les  premières. 
—  Dansa  sus  las  barjios,  sauter  de  joie,  être  dans  le  ravis- 
sement. Quand  la  culture  du  chanvre  était  une  industrie 
dans  nos  contrées  ;  quand  arrivaient  les  barjios,  la  récolte 
était  finie,  et  c'était  fête  et  repos;  on  pouvait  danser. 

Dér.  de  Barja,  maquer. 

Barjo,  s.  f.  Maque,  brisoir,  banc  à  maquer  le  chanvre  ; 
babil,  jacasserie,  superfluité  de  paroles.  —  N'a  pas  que  dé 
barjo,  il  n'a  que  du  babil,  il  n'y  a  point  de  fond. 

Barlaqua,  v.  Mouiller,  tremper;  agiter  dans  l'eau  ; 
plonger  dans  l'eau. 

Se  barlaqua,  se  tremper  jusqu'aux  os  ;  se  vautrer  dans 
l'eau  et  dans  la  boue;  se  saucer  par  la  pluie. 

Dér.  de  Bar,  en  v.  lang.  boue,  fange,  limon,  et  laqua, 
vautrer. 

Barlaquado,  s,  f.  Mouillure,  soit  qu'elle  vienne  en  jetant 
à  l'eau  quelqu'un  ou  quelque  chose,  ou  s'y  plongeant  soi- 
même,  soit  par  l'effet  de  la  pluie  qu'on  reçoit. — Aï  endura 
uno  bono  barlaquado,  j'ai  supporté  une  grosse  averse. 

Dér.  de  Barlaqua. 

Bamaje,  s.  m.  Fouillis,  embarras;  bardes,  meubles, 
entassés  en  désordre.  Au  prop.  effets  personnels  qu'on  pr^d 
en  voyage. 

Ce  mot  me  parait  la  contraction  de  Barounage,  qui  vou- 
lait dire  l'ordre  des  barons,  équipage  de  baron  ;  ou  plus 
simplement,  du  gaulois  bamage,  bagage  désignant  le  train 
d'un  grand  seigneur.  —  Voy.  Baroun. 

Baro,  s,  f,  Dim.  Baréto,  baroù,  barïoà,  péjor.  Barasso, 
Barre  ;  pièce  de  bois  ou  de  fer,  longue  et  peu  épaisse  ;  tra- 
verse ;  perche;  latte. —  Baro  dé  earéto,  enrayure  de 
charrette.  Baro  dé  galignè,  juchoir.  —  Se  préne  uno  baro  / 
si  je  prends  un  bâton  !  Propre  eoumo  la  baro  d'un  gaUgnè, 
propre  comme  le  perchoir  des  poules.  Méire  la  baro  à  la 
porto,  bâcler  une  porte.  Nous  ajudaras  à  pouria  ia  baro, 
tu  nous  aideras  àporter  le  joug,  dit-on  à  un  nouveau  marié. 

Dér.  du  lat.  Vara,  traverse,  pièce  de  bois  mise  en  tra- 
vers d'une  porte. 


96 


BÂR 


BAS 


Baron,  «.m.  Bâton  de  chaise;  traverse  de  bois  rondin, 
qui  sert  à  soutenir  les  tables  de  vers  à  soie  et  qui  porte 
elle-même  sur  les  chevilles  des  montants.  Quand  ces  tra- 
verses sont  en  bois  scié,  on  les  appelle  jcuéno.  —  V,  c.  m. 

Dér.  de  Baro. 

Barongné,  s.  f.  Baronnie;  titre  de  baron  ;  terre  baron- 
niale,  château  baronnial.  —  Le  quartier  où  s'établit  aujour- 
d'hui Tavenue  de  la  nouvelle  gare  du  chemin  de  fer,  l'em- 
placement de  l'hôtel  du  Commerce,  et  tout  ce  pâté  de  mai- 
sons, ainsi  que  la  première  gare,  faisaient  partie  de  ce 
qu'on  appelait  autrefois  à  Alais  la  Barougnè,  quand  la 
ville  et  son  territoire  étaient  divisés  en  deux  juridictions, 
celle  du  baron  et  celle  du  comte;  ce  dernier  avait  aussi 
des  possessions  vers  le  quai  de  la  Comté,  rappelant  ce  sou- 
venir. 

Baroun,  i.  m.  ;  au  fém.  Barouno.  Dim.  Barouné,  péjor. 
Barounas.  Baron,  titre  de  noblesse.  —  Le  sort  de  ce  mot 
a  été  bien  divers  :  lors  de  son  premier  emploi,  dit  Honno- 
rat,  il  signifiait  homme  vil,  ensuite  homme  en  général,  et 
ir  n'est  devenu  un  titre  d'honneur  que  vers  l'année  567. 
En  italien,  le  mot  barone  signifie  tantôt  noble,  vaillant, 
puissant,  et  tantôt  brigand,  voleur,  vaurien.  Les  extrêmes 
se  touchent. 

Dér.  du  V.  lang.  Bar  ou  baro,vir,  homme.  Les  rois  appe- 
laient barons  leurs  vassaux  immédiats.  Ils  disaient  indif- 
féremment :  mon  baron  ou  mon  homme,  pour  homme 
d'armes. 

Barounéia,  v.  Se  montrer  baron  ;  se  vanter  de  l'être  ; 
se  donner  des  airs  de  grand  seigneur. 

Dér.  de  Baroun, 

Barqnado,  s.  f.  Batelée  ou  barquée,  plein  une  barque  ; 
le  chargement  d'une  barque.  —  Empouï$ounariè  uno  bar- 
quado  dé  erucifit,  dict.,  il  ferait  faire  naufrage,  il  porte- 
rait malheur  à  une  barque  chargée  de  crucifix. 

Dér.  de  Barquo. 

Barque,  t.  m.  Batelet;  bachot;  canot;  esquif. 

Dim.  de  Barquo, 

Barqaéto,  <.  f.  Petit  bateau,  petite  barque  ;  barquerolle  ; 
barquette,  espèce  de  pâtisserie,  de  gaufire,  en  forme  de 
barque. 

Dim.  de  Barquo, 

Barquiè,  barqnièiro,  adj,  et  s.  De  barque,  qui  tient  à 
une  barque;  batelier,  patron  d'un  bac  sur  une  rivière  ;  pas- 
seur. 

Dêr.  de  Barquo. 

Barquo ,  s.  f.  Péjor.  Barquasso,  Barque  ;  bac;  tartane; 
allège.  —  Sa  barqtto  toquo,  sa  barque  échoue;  il  est  au 
bout  de  son  rouleau  ;  ses  affaires  vont  mal.  Mina  Inin  $a 
barquo,  bien  conduire  ses  afiaires.  Coumo  txtï  la  barquo? 
comment  va  la  santé?  comment  vont  les  affaires? 

Dér.  du  lat.  Barea. 

Bartas^  s.  m.  Dim.  Bartoâsoù,  Hallier,  buisson  épais, 
touffe  de  ronces  et  de  broussailles  ;  au  pr.  touffe  de  bois 
taillis  non  élagué.  —  Amouroiu  eoufno  un  barUu,  par 


contre-vérité,  doux  comme  un  fagot  d'épines.  Un  sAouUh 
bartas,  a  beaucoup  de  rapport  avec  trâouquo-baragnado 
{Voy.  Baragnado)^  et  je  n'y  vois  d'autre  différence  que 
celle  de  l'escalade  â  l'effraction. 

Le  poète  Salluste  du  Bartas  était  certainement  méridional 
par  son  nom  ;  né  dans  le  nord  de  la  France,  il  se  fût  appelé 
du  Ilallier  ou  du  Buisson ,  avec  ou  sans  séparation  de 
l'article;  nous  ne  savons. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Barta,  buisson,  hallier,  ou  par  l'ad- 
dition d'un  r,  du  grec  Bdéro^,  buisson. 

Bartassado,  s.  f.  Fourré  de  bois  ;  lieu  rempli  de  hal- 
liers,  où  il  est  difQcile  de  pénétrer  ;  grande  touffe  de  buis- 
sons. 

Dér.  de  Barta$, 

Bartasséja,  v.  Battre  les  buissons  et  halliers,  terme  de 
chasseur  ;  quêter  le  gibier  en  fouillant  les  buissons. 

Bartaasoù,  «.  m.  Branche  basse,  ou  plutôt  rejeton  de 
chêne  vert,  rabougri  et  ravalé,  et  par  cette  raison  plus 
épais,  plus  touffu,  dont  on  se  sert  pour  ramer  les  vers  à 
soie  en  les  mêlant  avec  la  bruyère.  Avant  de  les  employer, 
on  les  fait  sécher  et  on  les  dépouille  de  leurs  feuilles,  en 
les  battant  contre  un  mur.  L'éducateur  cévenol,  supersti- 
tieux observateur  des  lunaisons,  ne  coupe  les  barta$$o^ 
que  pendant  la  nouvelle  lune,  sans  quoi  il  arriverait  que 
le  bois  en  serait  de  suite  vermoulu  et  se  briserait  en  le 
frappant.  D'après  lui,  tous  les  arbres  verts  doivent  être 
coupés  en  lune  nouvelle,  et  tous  ceux  qui  perdent  leur 
feuille,  après  la  pleine  lune,  sous  peine  des  vers. 

Dim.  de  Bartas, 

Bamnla,  v.  Rouler;  courir;  rôder;  vagabonder.— 
—  Barunlè  lous  éscaïés,  il  roula  l'escalier. 

Rédupl.  de  Runla.  —  F.  c.  m. 

Banmlaîre,  ûro,  adj.  et  s,  m.  Vagabond;  batteur 
d'estrade  ;  coureur  ;  rouleau,  cylindre  mobile  qu'on  roule 
sur  une  terre  nouvelleofent  ensemencée  pour  aplanir  la 
crête  des  sillons  et  raffermir  le  terrain. 

Dér.  de  Barunla, 

Banrnlo,  «.  f.  Pente  escarpée  et  rapide  ;  terrain  qui  va 
en  descendant,  très-incliné.  —  Préne  la  barunlo,  être 
entraîné  par  la  pente,  dégringoler,  au  pr.  et  au  fig. 

Dér.  de  Ba,  signe  du  rédupl.  et  du  lat.  roiula,  petite 
roue. 

Bamtèl,  s,  m.  Claquet  ou  traquet  d'un  moulin  ;  blu- 
teau,  blutoir;  sas.  Au  fig.  babillard  sempiternel,  bavaid 
dont  le  caquet  imite  le  bruit  incessant  d'un  traquet  de 
moulin. 

Dér.  du  lat.  Volutare, 

Bas,  baaso,  adj,  Dim.  Ba$sé,  péj.  BoMsat,  Bas,  pro- 
fond ;  qui  a  peu  de  hauteur. 

A  bas,  adv.  A  bas  ;  doucement. 

En  bas,  ou  Dé  bas,  adv.  En  bas,  au  fond. 

L'émbas  ou  Lou  débas,  s.  m.  Le  bas;  par  raf^rt  an 
premier  étage  d'une  maison;  le  rez-de-chaussée;  le  fond. 

—  Lou  vin  es  bas,  le  tonneau  est  au  bas.  Dé  la  eéniuroém 


ï 


BAS 


BAS 


97 


bas,  de  la  ceinture  aax  talons.  Es  à  bas,  il  est  tombé, 
détruit,  par  terre. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Bassus, 

Bas,  f.  m.  Dim.  Basté,  péj.  Bastas.  Bât,  espèce  de  selle 
très-forte  pour  bêtes  de  somme,  servant  au  transport.  — 
Anin  plan,  lou  bas  se  bagno,  OU  se  moïo,  doucement,  ceci 
commence  à  se  gâter  {Voy.  Bagna).  Pourta  lou  bas,  payer 
l'acquit  pour  les  autres  ;  avoir  tout  le  souci. 

Dér.  du  celt.  Basi,  d*où  la  bass.  lat.  aurait  fait  bastum, 
bât  ;  ou  bien  du  gr.  Bavréç,  bâton  avec  lequel  on  porte  les 
fardeaux,  forme  de  Baazéû^ivt,  porter  une  charge. 

Basaclo,  s.  m.  Terme  de  comparaison  à  tout  ce  qui  est 
large  et  grand.  —  Âquéles  soutes  soun  dé  hasaclss,  ces  sou- 
liers sont  démesurément  larges .  Il  existe  à  Toulouse  une 
grande  minoterie  de  ce  nom  sur  la  Garonne  et  le  canal 
Brienne.  Est-ce  ce  nom  qui  est  devenu  type,  ou  bien 
vient-il  lui-même  de  ses  grandes  dimensions  ;  ou  enfin  ces 
deux  acceptions  existent-elles  indépendantes  Tune  de 
Tautre?  Cette  dernière  hypothèse  parait  plus  raisonnable. 
Le  mot  Basaele  est  ancien  dans  l'idiome,  tandis  que  le 
moulin  du  Basaele  a  été  construit  sous  l'administration  de 
Mgr  de  Loménie  de  Brienne,  archevêque  de  Toulouse,  qui 
a  laissé  son  nom  au  canal  sur  lequel  il  est  construit  ;  ce 
qui  ne  fait  remonter  son  établissement  que  vers  les  années 
qui  touchent  à  4789.  Son  architecture  ne  présente  pas  une 
date  beaucoup  plus  ancieane,  en  supposant  qu*il  ne  se  fût 
agi  alors  que  d'un  agrandissement.  Du  reste,  ce  mot  parait 
dér.  du  lat.  Vasculum,  vase,  vaisseau. 

Basall,  I.  m.  Basilic,  serpent  ou  lézard,  animal  fabuleux, 
dont  le  regard,  ditron,  donnait  la  mort,  s'il  voyait  l'homme 
avant  que  l'homme  l'eut  vu.  On  croyait ,  et  qui  dirait  que 
bien  des  gens  ne  croient  pas  encore?  qu'il  provenait  des 
CBufs  d'un  vieux  coq.  Dans  les  Castagnados,  le  marquis  de 
la  Fare-Alais  a  chanté  cette  légende  et  a  dédié  cette  pièce  à 
Jean  Reboul  :  deux  noms  fraternels  !  deux  gloires  locales  ! 

Dér.  du  gr.  haaik\x6ç,  royal. 

Basait,  s.  m.  Basilic,  Ocymum  basilicum,  Linn.,  de  la 
fam.  des  Labiées,  plante  annuelle,  aromatique,  quelle  popu- 
laire cultive  avec  soin  dans  dés  pots  cassés.  Les  jeunes 
gens  des  deux  sexes,  quand  ils  sont  endimanchés  en  été, 
ne  se  passeraient  pas  d'un  brin  de  basilic  à  la  bouche,  à  la 
main  ou  sur  le  sein.  C'est  le  patchouli  cévenol.  On  peut 
l'appeler  aussi  l'oranger  du  savetier,  car  il  n'est  guère  de  ces 
artisans  qui  n'en  aient  un  pot  dans  leur  boutique.  Notez  qu'on 
ne  dit  point  vase,  attendu  que  c'est  presque  toujours  un  vieux 
pot  hors  de  service  et  chassé  de  la  cuisine,  qu'on  emploie  à 
ce  dernier  usage.  —  Enguén-basall ,  basilicon,  onguent. 

Itlême  étym.  que  le  mot  précédent. 

Bassaqna,  v.  Caboter;  secouer;  remuer  d'un  côté  â 
l'autre  ;  ballotter  comme  un  sac. 

Dér.  de  Ba,  particule  rêdup.,  et  de  sa,  saquo. 

Bassaquamôn,  s.  m.,  ou  Bassaquado,  s.  f.  Secousse  ; 
cabot,  cabotage  d'une  voiture. 

Même  dér.  que  le  mot  préc. 


Basaaquo,  s.  f.  Paillasse  de  lit;  sac  à  paille;  large  sac 
dans  lequel  se  plient  les  bergers  dans  leur  cabane,  et  sur- 
tout lorsqu'ils  bivouaquent  dans  les  pâtis  des  montagnes. 

Même  dér.  que  Bassaqua. 

Bassarèl,  s,  m.  —  Voy.  Bassàl.  m.  sign. 

Basségou,  <.  m.  Timon  d'une  charrue,  d'un  araire; 
brancard  d'un  puits  à  roue,  auquel  est  attelé  le  cheval  qui 
met  en  mouvement  son  mécanisme. 

Dér.  du  lat.  Baculus,  bâton. 

Bassèl,  s.  m.,  ou  Bassarèl.  Battoir  de  lavandière,  palette 
de  bois  dont  elles  se  servent  pour  battre  le  linge  en  lavant. 
Au  fîg.  soufflet,  tape  â  main  plate. 

Dér.  du  lat.  Baculus,  dim.  Bacellus. 

Basséla,  v.  Battre  le  linge  avec  le  bassH,  Au  fig.  frap- 
per, battre  comme  plâtre  ;  frapper  â  coups  redoublés  ;  par 
ext.  tourmenter,  inquiéter. 

Dér.  de  Bassèl. 

Bassélaje,  s.  m.  Bruit  de  battoir  de  lavandière  ;  ou 
tout  autre  bruit  ou  tapage  qui  lui  ressemble  par  la  fré- 
quence des  coups. 

Dér.  de  Bassèl. 

Bassèsso,  s.  f.  Action  indigne  d'un  homme  ou  d'une 
femme  d'honneur  ;  action  honteuse  ;  une  faiblesse  chez  le 
sexe .  —  A  fa  uno  bassèsso,  il  a  commis  une  lâcheté. 

Emp.  au  fr.,  le  mot,  mais  non  le  seûs. 

Bassina,  s.  m.  Au  plur.  Bassinasses.  Cocons  qui  ne 
peuvent  achever  de  se  dévider  dans  la  bassine,  soit  qu'ils 
aient  été  attaqués  par  les  rats,  qui  auraient  rompu  la  suite 
du  fil,  soit  parce  que  le  papillon  aurait  commencé  à  les 
bouchonner  intérieurement,  comme  on  le  voit  à  l'article 
Baba,  ou  bien  encore  que  le  fil  serait  bouchonné  naturelle- 
ment {Voy,  Troumpiio),  ou  enfin  que  le  fil  soit  tellement 
inconsistant  qu'il  casse  â  chaque  instant. 

Dér.  de  Bassis. 

Bassina,  v.  Bassiner,  chauffer  avec  une  bassinoire;  bas- 
siner, fomenter  en  mouillant  avec  un  Imge  imbibé  ou  avec 
une  liqueur  tiède.  —  Se  bassina  l'éstouma,  se  réconforter 
le  cœur  par  la  boisson,  se  réchauffer  par  quelques  rasades. 

Dér.  de  Bassina. 

Bassinado,  s.  f.  Contenu  d'une  bassina,  plein  une  bas- 
sina. —  Bojo  dé  plèjo  à  bèlos  bassinados,  la  pluie  tombe 
à  seaux. 

Dér.  de  Bassina. 

Bassiné,  s.  m.  Bassinet  d'un  fusil,  d'un  pistolet  ;  partie 
creuse  d'une  arme  à  feu  qui  reçoit  l'amorce.  —  Fôou  era- 
cha  àou  bassiné,  il  faut  payer  d'avance,  payer  comptant  : 
c'est  d'un  petit  bassin,  d'une  sébille  â  quêter  qu'il  s'agit 
dans  ce  dicton,  et  non  du  bassinet  d'une  arme  quel- 
conque. 

Dim.  de  Bassis. 

Bassino,  s.  f.  Cuiller  â  seau  pour  puiser  de  l'eau.  Elle 
est  ordinairement  en  cuivre.  Quelqpiefois,  pour  éviter  le 
vert-de-gris,  la  queue  seulement  est  en  cuivre  et  le  bassin 
en  étain. 

13 


98 


BAS 


BAS 


Depuis  qae  le  français  s*est  emparé  de  ce  mot  pour 
exprimer  le  vaisseau  où  l'on  fait  bouillir  les  cocons  dans 
une  filature,  le  languedocien  Ta  suivi  dans  cette  voie  ; 
mais  sous  cette  dénomination  il  ne  désigne  que  la  bassine 
en  poterie  des  nouvelles  filatures.  —  Voy.  B€usi$. 

BasslB,  s.  m.  Au  plur.  BosiiuM.  Bassin  ;  vivier  ;  plat 
à  barbe;  particulièrement,  bassine  à  filer  les  cocons.  Le 
boêsU  était  autrefois  en  fonte  ou  en  cuivre  pour  résister  à 
Faction  directe  du  feu  :  dans  les  filatures  à  la  vapeur  ou 
à  la  Gensoul,  ils  sont  simplement  en  poterie. 

Dér.  du  gaulois  ^oc^'fiotf,  bassin;  la  bass.  lat.  avait 
bacinus,  formé  de  Tallem.  back,  signifiant  lac;  dim., 
bassin. 

Basso-conr,  s.  f.  Cour,  basse-cour.  — Le  lang.  exprime 
Tune  et  Tautre  acception. 

Emp.  au  fr. 

Bassoù,  s.  f.  Profondeur;  ce  qui  est  bas  et  profond. 

Dér.  de  Bas. 

Bastar,  ardo,  adj\  D'un,  Bastardoà,  ouno.  Bâtard, 
enfant  naturel.  En  terme  d'agriculture,  sauvage,  sauva- 
geon. 

Dans  cette  dernière  application,  on  dit  tantôt  bastar, 
tantôt  bouscas;  l'usage  seul  indique  les  différents  emplois. 
En  général  cependant  l'adj.  bastar  s'accole  aux  simples  et 
aux  plantes  potagères,  et  bou$ea*  aux  arbres  et  arbustes. 
On  dit  :  api  battar,  aïgrito  bastardo,  et  castagne  bouscas , 
férié  bouscas.  Il  y  a  une  distinction  qui  parait  plus  tech- 
nique encore  :  on  dit  bastar  d'un  végétal  qui,  quoique  de 
la  même  famille  que  celui  qui  lui  ser^  de  type,  en  diffère 
par  sa  nature  et  sa  production  ;  tandis  que  bouscas  est  pro- 
prement le  sauvageon,  qu'on  peut  assimiler  au  type  en 
Tentant. 

Le  dim.  Baslardoà,  ouno,  ne  se  prend  jamais  qu'en  par- 
lant d'un  enfant  illégitime,  naturel. 

Dér.  du  gr.  Ba^ai^a,  femme  prostituée. 

Bastardiô,  ièîro,  adj.  Préposé  des  hôpitaux  qui  va 
conduire  les  enfants-trouvés  en  nourrice. 

Bastardiôîros,  i.  f.  pi.  Comportes,  grands  paniers 
d'osier  doubles,  où  l'on  dépose  les  enfants-trouvés  pour  les 
transporter  à  dos  d'âne  chez  leurs  nourrices. 

Bagtardije,  s.  f.  Bâtardise;  état  de  celui  qui  est  bâtard  ; 
signe  de  bâtardise. 

Bastardnégno,  s.  f.  La  gent  bâtarde;  les  enfants-trouvés 
pris  collectivement  ;  les  bâtards  en  général. 

La  dérivation  du  mot  n'a  pas  besoin  d'être  expliquée, 
tant  elle  est  naturelle.  Au  substantif  est  joint  le  suffixe 
uigno,  qui  marque  la  collectivité  ;  il  est  peu  fréquent  et 
propre  à  notre  dialecte.  On  le  rencontre  dans  éfantuègno, 
trassuègno,  avec  la  même  idée  collective. 

Baste  !  adv.  Plùt  à  Dieu  !  A  Dieu  plaise  I  —  Le  Iran- 
(aïs  a  également  le  mot  baste,  peu  usité  et  familier,  qui 
signifie  :  soit,  passe  pour  cela,  j'en  suis  satisfait.  Dans  le 
lang.,  Boâtef  exprime  un  souhait.  Ce  n'est  donc  que  la 
différence  du  vœu,  du  désir  à  Tapprobation  :  une  nuance. 


Les  deux  mots  ont  évidemment  la  même  origine.  Basier^ 
verbe  neutre,  impers.,  anciennement  en  fr.,  ne  s'est  con- 
servé qu'à  l'impér.,  comme  en  lang.  l'ancien  verbe  Basta, 
L'un  et  l'autre  devaient  être  contemporains  et  procédaient 
d'une  source  commune  avec  l'ital.  Bastare,  suffire,  qui 
fait  basta,  il  suffit.  La  racine  doit  donc  être  la  même  pour 
tous,  et  elle  ne  peut  être  que  dans  le  lat.  bené  stare,  qui 
répond  à  toutes  les  acceptions  dans  les  trois  langues. 

Basté,  s.  m.  Mantelet,  sellette  d'un  cheval  de  Irait,  qui 
supporte  le  brancard  ou  limonnière. 

Dim.  de  Bas,  bât. 

Bastéja,  v.  Charrier  à  bât,  à  dos  de  mulet  on  d'âne  ; 
transporter  sur  le  bât  ;  porter  le  bât. 

Dér.  de  Bas,  bât. 

Basti,  V.  Bâtir,  construire  en  maçonnerie;  établir  ;  battre 
violemment,  frapper,  jeter  contre  le  mur.  —  Lou  roussi- 
gnôou  couménço  dé  basH,  le  rossignol  commence  à  bâtir 
son  nid.  BaHÏ  sus  lou  davan,  en  parlant,  d'un  homme, 
engraisser,  prendre  du  ventre  ;  d'une  femme,  être  enceinte  ; 
avancer  dans  sa  grossesse.  BasUHèï  aquél  drôle,  quand 
bado  coumo  aquà,  je  souffletterais  cet  enfant,  quand  il  crie 
de  la  sorte.  Quâou  m'a  basU  aquél  gusas?  qui  m'a  amené 
ce  gueux-là? 

Dér.  du  gr.  Ba<n6ç,  bâton,  parce  que  dans  les  premiers 
âges  on  construisait  les  maisons  avec  des  perches  et  des 
barres. 

Bastido,  s.  f.  Maisonnette  de  campagne  ;  villa. 

En  Provence,  et  à  Marseille  surtout,  ce  nom  a  été  donné 
aux  pavillons  et  aux  maisons  des  jardins  qui  sont  dans  la 
banlieue  des  villes.  Il  ne  s'applique  qu*à  des  maisons 
d'agrément,  et  non  aux  fermes  et  aux  bâtiments  d'exploi- 
tation. 

Dér.  de  BastL 

Bastiè,  s.  m.  Bourrelier;  ouvrier  qui  fabrique  des  bâts; 
celui  qui  fait  et  vend  tout  l'équipage  des  bêtes  de  somme, 
bâts  et  gros  harnais. 

Dér.  de  Bas,  bât. 

Bastimèn,  s.  m.  Navire,  vaisseau.  —  Il  est  impropre 
de  s'en  servir  pour  désigner  un  bâtiment  sur  terre,  un 
édifice. 

Dér.  de  Basti, 

Bastisso,  s.  f.  Bâtiment,  construction'  en  maçonnerie  ; 
toute  chose  bâtie;  action  de  bâtir  ;  frais  de  constructioD. 
— Aïmo  la  bastisso,  il  a  la  manie  de  faire  bâtir,  la  maladie 
de  la  truelle.  Aquélo  cu^âou  fat  dé  bono  bastisso,  ce  mortier 
fait  une  excellente  prise.  La  bastisso  la  arouina,  la  manie 
de  bâtir  Ta  ruiné. 

Dér.  de  Basti, 

Bastoù,  f.  m.  Dim.  Bastouné,  péj.  Bastounus.  Bâton; 
canne  ;  long  morceau  de  bois,  brut  ou  travaillé,  que  Vtm 
porte  à  la  main  pour  se  soutenir,  pour  parader,  pour  cou* 
duire  des  animaux,  pour  se  défendre,  etc.  —  Seras  mom» 
bastoù  dé  vOUsso,  tu  seras  mon  bâton  de  vieillesse;  mon 
appui,  mon  soutien  dans  mes  vieux  ans.  Tour  dâ»u  tanvè. 


BAT 


BAT 


99 


tour  de  bâton,  pour  dire  profits  casuels  et  illicites  d*un 
emploi. 

Dér.  da  gr.  Baordc. 

Bastonnado,  <.  f.  Bastonnade;  volée  de  coups  de 
bâton. 

Batacla,  v.  Bâcler  une  affaire,  la  terminer  rondement, 
promptement;  finir  nn  ouvrage  rapidement,  tambour-bat- 
tant.  —  Sera  lèou  batacla,  ce  sera  bientôt  troussé. 

Dér.  du  lat.  Baeulare,  fermer  avec  un  bâton. 

Bataclan,  s.  m.  Avoir,  mobilier  d'une  maison;  nippes 
et  argent;  équipage;  étalage  ;  batterie  de  cuisine  ;  attirail 
de  ménage.  —  A  éseudéla  toui  soun  bataclan,  il  a  dissipé 
tout  son  saint-frusquin.  Empourtas  tout  voste  bataclan, 
emportez  tout  votre  attirail,  tout  ce  qui  vous  appartient. 

En  provençal,  on  dit  Pataclan,  c'est  évidemment  le 
même  mot.  Cette  homonymie  ne  pourraiirelle  pas  mettre 
sur  la  voie  de  Tétym.  ?  Ne  dériverait-il  pas  alors  de  Pato, 
chiffon,  tiré  du  gr.  Ild^Tr^^ia,  chose  vile,  et  de  KXico,  rompre, 
briser,  KXiaiLa,  éclat,  morceau  ? 

Batado,  s.  f.  Dim.  Batadéto,  péj.  Batadasso.  Empreinte 
de  la  patte  d'un  animal. 

Dér.  de  Bato. 

Bataîa,  v.  Bavarder;  brailler;  babiller;  batailler  en 
paroles. 

Dér.  du  lat.  Batuere,  combattre,  se  disputer. 

Batûaîre,  aîro,  adj,  Péjor.  Bataia%ras,aiso,  Babillard; 
braillard;  bavard  qui  aime  la  discussion. 

Dér.  de  Baiata. 

Bataïo,  s.  f.  Bataille;  batterie,  querelle  entre  des  com- 
battants. —  Faïre  la  bataïo,  jouer  à  la  bataille,  à  coups  de 
fronde.  C'est  une  sorte  de  petite  guerre  qui  a  été  fort  en 
vogue  chez  les  enfants  et  jusque  chez  les  gars  de  quinze  à 
dix-huit  ans,  sons  le  Directoire  et  le  Consulat.  Les  diffé- 
rents quartiers  d'une  ville  se  formaient  sous  des  bannières 
différentes.  Ce  jeu  avait  fini  par  donner  lieu  à  des  études 
de  stratégie  et  de  ruses  de  guerre  fort  savantes.  La  police 
alors  se  montrait  peu  répressive  aux  développements  de 
cette  science,  et  les  enfants  avaient  d'autant  plus  de  zèle 
et  de  loisir  pour  cet  exercice  qu'on  trouvait  peu  d'écoles 
de  ce  temps.  Pendant  l'Empire,  il  y  avait  ailleurs  trop 
d'occasions  sérieuses  de  batailler  pour  chercher  des  amuse- 
ments dans  l'imitation.  Plus  tard,  la  police  mit  bon  ordre 
à  des  jeux  qui  avaient  voulu  reprendre  leurs  anciennes 
proportions.  Sous  le  nouvel  empire,  ces  divertissements 
enfantins  seraient  moins  tolérés  que  jamais.  La  paix  n'est- 
elle  pas  son  principe  ? 

Emp.  au  fr. 

Bataîoim,  s.  m.  Bataillon;  grand  nombre,  multitude; 
loule. 

Emp.  anfr. 

Batanlnl,  t.  m.  Espèce  de  coiffe,  de  bonnet  de  femme, 
doot  la  dentelle  descend  sur  le  front  et  les  yeux  comme  un 
demi-voile. 

Dér.  du  fr.  Batiani4'œU,  terme  que  la  mode  consacra 


dans  le  temps,  et  qui  a  passé  avec  elle.  L'expression,  qui 
est  restée  générique  en  languedocien,  a  survécu. 

Batéîè,  îèiro,  adj.  Dér.    de  Bateau.  —  Voy.  Barbie. 

Batéîre,  éîro,  adj.  Qui  aime  à  battre,  qui  cherche 
noise;  querelleur;  disputeur. 

Dér.  de  Batre. 

Batéja,  v.  Baptiser,  donner,  conférer  le  baptême;  donner 
un  sobriquet  à  quelqu'un  ;  asperger  d'eau  la  tète  de  quel- 
qu'un par  plaisanterie;  tremper,  arroser  d'eau. — Batéja  loti 
vi,  tremper  le  vin.  Couro  batéjes  ?  Quand  feras-tu  baptiser 
ton  enfant  ?  c'est-à-dire  quand  ta  femme  accouchera-t-elle  ? 
L'an  batéja  émbé  d'aïgo  dé  mérlusso,  c'est  un  mauvais 
chrétien,  un  mal-baptisé.  Batéja  souto'n  cade;  quand  les 
protestants  n'avaient  point  le  libre  exercice  de  leur  culte, 
c'est  dans  les  champs,  au  désert,  qu'ils  accomplissaient 
toutes  leurs  cérémonies  religieuses,  et  que  par  conséquent 
ils  donnaient  le  baptême  ;  de  là,  pour  indiquer  un  protes- 
tant, le  dicton  :  es  esta  batéja  joufo'n  cade,  il  a  été  bap- 
tisé sous  un  genévrier.  Ce  dicton,  par  extension,  tend  bien 
aussi  à  prendre  la  signification  du  précédent.  /  fariè  batéja 
un  téoulé,  il  lui  inspire  tant  de  confiance,  il  a  tant  d'em- 
pire sur  lui,  qu'il  lui  ferait  baptiser  une  tuile ,  qu'il  lui 
ferait  croire  que  les  enfants  se  font  par  l'oreille.  Té  vôou 
batéja  coumo  se  déou,  je  vais  t'asperger  comme  il  faut. 

Lou  Batéja,  cérémonie;  escorte;  fête  de  baptême. 

Dér.  du  gr.  Edmiiy,  plonger  dans  l'eau. 

Batéjado  (La),  i.  f.  n.  pr.  de  lieu.  La  Batéjade,  quar- 
tier voisin  du  hameau  de  Larnac,  dans  la  commune 
d'Alais.  Son  nom  lui  vient-il  de  ce  que,  au  moment  de 
l'introduction  du  christianisme  dans  les  Gaules,  ce  lien 
fut  témoin  de  la  prédication  de  la  foi  nouvelle  par  un  des  pre- 
miers apôtres  et  de  la  conversion  des  plus  anciens  habitants 
de  nos  contrées?  Nous  ne  le  pensons  pas.  H  semble  plutôt 
ne  dater  que  de  l'époque  de  nos  dissidences  religieuses  où 
les  cérémonies  du  culte,  les  assemblées  et  l'administration 
du  baptême  se  faisaient,  comme  on  disait,  au  désert. 

Batèmo,  s.  m.  Baptême,  sacrement  qui  efface  le  péché 
originel  et  rend  chrétien  ;  le  premier  des  sacrements.  —  A 
pas  que  lou  batémo  dé  trop,  il  a  le  baptême  de  trop  :  c'est 
une  brute.  Téni  en  batémo,  être  parrain  d'un  enfant. 

Dér.  du  lat.  BaptUma. 

Batén,  s,  m,  Vanteau  de  porte,  de  croisée,  d'armoire. 

Dér.  de  Batre. 

Bat-én-goulo  (Bé),  adv.  Tout  grand-ouvert  ;  ouvert  à 
deux  battants  ;  béant. 

Formé  de  Bâton  batén,  vanteau,  et  de  Gâoule,  jable, 
mortaise  ;  c'est-à-dire  battant  ou  vanteau  à  mortaise. 

Batèon,  s.  m.  Bateau,  petit  vaisseau  qui  va  à  rames,  et 
qui  est  particulièrement  destiné  à  naviguer  sur  les  rivières 
ou  dans  les  ports. 

Emp.  an  fr.  Dans  la  bass.  lat.  BatêUus. 

Batèato,  s.  f.  Batterie  ;  rixe  ;  combat  à  coupé  de  poings, 
de  bâton  du  de  pierre. 

Dér.  de  Boire. 


100 


BAT 


B£ 


Batioù,  i.  m.  Pied  de  cochon,  de  mouton,  spécialement; 
pince  d'un  cheval.  Par  ext.  péton  d*un  petit  enfant. 

Dim.  de  Bato. 

Batiste,  n.  pr.  d*homme.  Dim.  BatUtoù,  souvent  abré- 
gés l'un  en  Titto,  l'autre  en  Tistoù,  Baptiste  :  nom  insépa- 
rable de  Jean,  qui  vient  de  saint  Jean-Baptiste .  —  Tran- 
quifde  eoumo  Batisto,  tranquille  comme  Baptiste  ;  on  dit 
de  même  proverbialement  en  français  :  un  père  tran- 
quille. 

Batistonèro,  «.  m.  Constatation  du  baptême  sur  le 
registre  curial  ;  l'acte  lui-même.  On  disait  autrefois  l'extrait 
baptistère  ou  de  baptême,  ce  qui  équivalait  à  l'acte  de 
naissance  d'aujourd'hui,  lorsque  les  curés  étaient  c'^  r>és 
de  la  tenue  des  actes  de  l'état  civil.  En  languedocien, 
malgré  ce  changement  dans  nos  institutions,  on  nomme 
encore  un  acte  de  naissance  :  batistouèro.  —  Regarda  Iju 
haiistouiro  d'aquélo  miolo,  regarde  l'Âge  de  cette  mule  à  ses 
dents.  A  perdu  soun  batistouèro,  dit-on  d'une  femme  ()  ui 
cache  son  âge. 

Dér.  du  lat.  Baptûma. 

Bato,  s.  f.  Dim.  Batéto,  bafioù,  péjor.  Batasto,  Pied; 
oorne  du  pied  des  bœufs,  des  brebis,  des  porcs,  des  chè- 
vres ;  sabot  d'un  cheval,  d'une  mule,  d'un  âne.  —  DaXica 
eoumo  uno  halo  d'tue,  douillet  comme  le  sabot  d'un  àne  ; 
par  contre-vérité.  A  vira  las  batos,  il  a  tourné  les  pieds 
en  l'air  ;  il  est  mort,  ou  il  est  crevé. 

Bato  dé  biôou,  espèce  de  grosse  figue,  assez  fade  et 
aplatie. 

Voy.  Pato. 

Dér.  de  Batre,  par  la  raison  que  c'est  avec  cette  partie 
que  les  animaux  battent  ou  foulent  le  sol. 

Bato-quioulo,  s.  f.  Gassc-cul,  selle  ;  contre-coup  sur  le 
derrière,  comme  lorsqu'on  tombe  en  glissant,  ou  qu'on 
vous  enlève  une  chaise  sur  laquelle  vous  comptiez  vous 
asseoir.  —  Douna  la  bato-qutouh,  est  un  jeu  d'enfants 
(cet  âge  est  sans  pitié)  qui  consiste  â  prendre  le  patient, 
ordinairement  le  plus  faible  de  la  bande,  et  en  le  soule- 
vant par  la  tête  et  par  les  pieds,  à  lui  faire,  par  saccades 
régulières,  donner  du  derrière  contre  une  pierre  ou  sur  le 
sol. 

Sauvages  rapporte  que  c  la  selle  est  en  Lombardie  le 
supplice  des  banqueroutiers,  et  la  pierre  sur  laquelle  on 
les  fait  tomber  en  les  hissant  et  en  les  lâchant  de  fort 
haut,  au  moyen  d'une  corde  et  d'une  poulie,  est  appelée  : 
pierre  d'ignominie.  »  C'est  de  l'histoire  du  moyen  âge,  et 
peut-être  du  temps  du  roi  Didier.  Ces  sortes  de  supplices 
q)éciaux  sont  aujourd'hui  abolis  partout. 

Formé  de  Boire  et  de  Qukm. 

Batre,  o.  Battre;  frapper;  donner  des  coups;  frapper 
fortement.  —  Botn  dé  las  dos  mans,  terme  d'agric, 
bêcher  des  deux  c6tés,  de  manière  à  rejeter  la  terre  sur  un 
même  point  pour  niveler  le  terrain  et  combler  un  bas-fond. 
Boire  la  pavano,  vagabonder.  Batre  uno  mareho,  suivre 
un  plan  de  conduite,  entrer  dans  une  voie  :  il  se  prend  | 


d'ordinaire  en  mauvaise  part.  Chacun  ba  sa  mareho,  cha- 
cun tire  de  son  côté.  Batre  atoiis,  jouer  de  l'atout.  Batre 
las  eartos,  mêler  les  cartes.  Batre  la  eampagno,  battre  la 
campagne;  radoter  ;  chercher  des  faux-fuyants.  Batre  l'àïgo 
émbe  un  bastoù,  battre  l'eau  avec  un  bâton,  perdre  son 
temps.  Balre  d'iôous,  brouiller  des  œufs.  Mena  un  bel 
batre,  faire  étalage  de  sa  fortune;  mener  grand  train;  faire 
un  commerce  sur  une  grande  échelle. 

Dér.  du  lat.  Batuere,  battre. 

Batu,  ude,  part.  pass.  de  Batre.  Battu,  ue.  —  Coueu 
et  batu,  les  battus  paient  l'amende. 

Batude,  s.  f.  Battue,  terme  de  chasse  et  de  louveterie; 
battue,  terme  de  filature,  quantité  de  cocons  mise  en  une 
fois  dans  la  bassine  â  filer  et  â  battre  avec  le  petit  balai  ; 
séance  de  travail  sans  désemparer;  quantité  de  travail  que 
fait  un  ouvrier  entre  un  repas  et  l'autre. 

Dér.  de  BcUre. 

Batnma,  v.  Enduire;  cimenter;  empoisser  ;  goudronner. 
Par  ext.  enduire  un  mur,  terme  de  maçon.  —  Batumo, 
dit-on  d'un  ivrogne  qui  s'en  va  battant  les  murailles. 

Dér.  du  lat.  Bitumen. 

Batorèl,  èle,  adj.  Péj.  Baturélas,  asso.  Bavard;  babil- 
lard; caqneteur;  causeur  ennuyeux. 

Métathèse  de  Barutèl. 

BaTar,  arde,  adj.  Dim.  Bavardé,  bavardoin,  péj.  Bavar- 
das. Bavard,  babillard  ;  efi'ronté,  impertinent;  sot,  insolent. 

Dér.  de  Baba. 

Bavardije,  i.  f.  Bavarderie  ;  impertinence  ;  effronterie. 

Même  étym.  que  le  précéd. 

Bé,  s.  m.  Dim.  Béné,  augm.  Bénas.  Domaine  ;  immeuble 
rural,  quelle  que  soit  son  importance  ;  génériquement,  for- 
tune, avoir,  biens,  possessions,  richesses.  —  A  foço  bé  àou 
sourél,  il  est  riche  en  fonds  de  terre.  Pér  tout  lou  bé  gué 
se  sourêïo,  voudrièï  peu....  pour  toute  la  fortune  du  monde, 
je  ne  voudrais  pas...  Un  bé  de  dous  eoubles,  un  domaine 
de  deux  charrues. 

Dér.  du  lat.  Béni. 

Bé,  adv.  Bien;  beaucoup;  considérablement.  Cette 
expression  est  prise  explétivement  comme  en  fir.,  pour 
synonyme  de  :  en  effet,  certainement,  â  la  vérité  !  Devant 
une  voyelle,  on  y  joint  un  n  euphonique.  Elle  prend  aussi 
quelquefois  la  forme  substautive.  —  Bé  talamén,  très-cer- 
tainement !  T  souï  bé^-ana,  j'.y  ai  bien  été.  —  Gna  bé 
foço,  il  y  en  a  en  effet  beaucoup.  Dé  bé  s'en  fàou,  il  s'en 
faut  bien,  il  s'en  faut  de  beaucoup.  Tout  se  fat  pér  un  bé, 
rien  ne  se  fait  sans  raison.  Ou  fasiè  pér  un  bé,  il  le  ûûsait 
dans  de  bonnes  intentions.  Ou  a  tout  fa  hormï  lou  bé,  il  sl 
fait  toutes  sortes  de  choses  excepté  le  bien.  Fasés  dé  bé  à 
Bértran,  vùt*s  ou  rendra  en  eagan,  prvb..  Graissez  les 
bottes  d'un  vilain,  il  dit  que  ça  les  brûle;  chantez  &  l'âne, 
il  vous  fera  un  pet,  ce  qui  revient  au  vieux  prvb.  fr.  :  Oignox 
vilain,  il  vous  poindra  ;  qui  ajoute  de  plus  que  le  nôtre  : 
Poignex  vilain,  U  vous  oindra. 

Dér.  du  lat.  B$ni. 


BEC 


BËD 


101 


Bè,  f .  m.  Dim.  Béqué,  béquoà,  péj.  Béqu<u.  Bec,  partie 
cornée  qui  tient  lieu  de  bouche  aux  oiseaux;  nez;  pointe 
en  forme  de  bec  ;  au  fig.  babil,  langue,  caquet.  —  Â  un 
pouli  M^  il  a  un  fameux  nez,  fam.  un  fameux  pif.  Taïo  ta 
pMo?  dé  bel  dé  bel  expr.  prvb.,  mot  à  mot  :  ta  hache 
ooupe-t-elle?  de  la  pointe  seulement;  mais  cela  s'applique 
à  une  personne  qui  n'a  que  du  jargon,  à  un  faux  brave. 
Vn  eo  débè,  un  coup  de  langue,  un  trait  satyrique,  un 
sarcasme.  Manqua  pas  dé  bè,  il  ne  manque  pas  de  babil. 
Tine  lou  bè  din  l'àigo,  payer  par  de  belles  paroles,  faire 
attendre. 

Dér.  du  gaulois  Becq,  ou  du  celto-breton  bak  ou  beg, 

Bèbo,  s.  f.  Aloue,  mine  ou  grimace  de  mauvaise  humeur, 
de  bouderie.  —  Faire  la  bèbo,  faire  la  moue,  bouder. 

Dér.  de  Bè. 

Bécar,  i.  m.  Goujon,  bouillerot,  Cyprinus  gobio,  Linn. 
Cest  un  petit  poisson  de  rivière  (bien  qu'on  cite  un  pêcheur, 
un  seul ,  qui  en  prit  un  de  S50  grammes  ou  demi-livre  pour 
être  clair),  d'un  bleu  noirâtre  sur  le  dos  et  le  ventre  blan- 
châtre à  filets  jaunes.  Son  nom  de  Bécar  lui  viendrait-il  de  ce 
qu'il  mord,  ou  bèquo,  facilement  à  l'hameçon  des  pêcheurs- 
amateurs,  dont  il  est  la  grande  ressource  ? 

Bécam  ou  Béchara,  s.  m.  Flamant,  bôcharu,  phéni- 
coptére,  Phttnicopterus  ruber,  Linn.,  oiseau  de  l'ordre  des 
Échassiers.  Son  nom  lui  vient  dé  la  grosseur  de  son  bec. 

Bécasso,  9.  f.  Bécasse;  bécasse  ordinaire,  Scolopax  rus- 
tieola,  Linn.,  oiseau  de  l'ordre  des  Échassiers  et  de  la  fam. 
des  Tenuirostres.  Sa  chair  est  très-estimée  ;  gibier  d'un 
fumet  supérieur.  Son  long  bec  effilé  lui  a  fait  donner  son 
nom. 

BéeasBo  s'applique  au  fig.  à  une  personne  niaise  ;  sot, 
butor.  —  Ckd  coutno  uno  bécasso,  stupide  comme  une 
bécasse.  Toutaquà  ses  foundu  en  mèrdo  dé  bécasso,  tout 
œla  est  venu  à  rien. 

Les  deux  dim.  Bécassoà,  s.  m.,  Bécassino,  s.  f.,  bécas- 
sine, Scolopax  gaUinago,  Linn.,  sont  des  oiseaux  du  même 
genre  et  de  la  même  famille  que  la  bécasso,  plus  petits 
comme  leur  nom  l'indique,  mais  de  même  fumet  et  de 
pareille  délicatesse  de  chair. 

Béchar,  s.  m.  Dim.  Béchardé.  Houe  fourchue,  houe  à 
deux  becs,  binette,  qui  est  l'instrument  le  plus  usité  dans 
ce  pays  pour  travailler  la  vigne,  les  mûriers,  et  pour  toute 
espèce  de  travail  à  bras,  là  où  la  pierraille  empêche  d'em- 
ployer le  louchet.  —  Voy,  Luché. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Besca  ou  becca,  bêche. 

Béchérino,  s.  f,,  ou  Réîné.  Roitelet,  le  plus  petit  des 
QÛeaux  d'Europe.  Il  y  en  a  de  deux  espèces  également 
communes  dans  nos  contrées  et  que  le  languedocien  con- 
fond sons  le  même  nom  ;  ce  sont  le  roitelet  ordinaire,  Be- 
pUus  cristaius,  et  le  roitelet  triple-bandeau,  Regulus  igni- 
tapiUuê,  Temm.  Le  second  ne  diffère  que  par  le  dessus  de 
sa  tête,  orangé  couleur  de  feu,  du  premier,  dont  les  parties 
supérieures  sont  olivâtres  nuancées  de  jaune,  gorge  et 
poitrine  roussâtres,  et  les  parties  inférieures  blanchâtres. 


Bèchos,  f.  f.plur.  Lèvres;  grosses  et  laides  lèvres.  Ne 
se  prend  qu'au  péjoratif,  en  terme  de  mépris.  Autrement 
on  dit  :  Icu  bouquos. 

Dér.  de  Bè. 

Béchu,  ndo,  adj.  Péj.  Béchudas,  asso.  Lippu  ;  qui  a  de 
gros^s  et  vilaines  lèvres  ;  bec-de-lièvre. 

Dér.  de  Bè. 

Bécu,  ndo,  adj.  Dim.  Bécudé,  péj.  BécudM.  Qui  a  un 
bec,  une  pointe  en  forme  de  bec.  Au  Hg.  babillard  ;  rai- 
sonneur; qui  se  rebèque,  qui  réplique  à  tout.  — Pèses 
bécus,  pois  pointus,  pois-chiches.  Sièto  bécudo,  écuelle  à 
bec  {Voy.  Crouséludo).  Es  uno  bécudo,  elle  a  la  langue 
affilée. 

Bèdaîne,  s.  m.  Bec-d'àue ,  outil  de  menuisier,  espèce  de 
rabot  destiné  à  vider  les  mortaises. 

Emp.  au  fr. 

Bédé,  I.  m.  Petit  agneau,  terme  d'amitié  qu'un  berger 
donne  â  un  agneau  favori.  Lous  bédés,  les  moutons  ou  les 
brebis,  dans  le  dictionnaire  des  petits  enfants. 

Onomatopée  tirée  du  bêlement  des  brebis  ;  le  gr.  avait 
aussi  B^,  et  le  latin  bee,  pour  exprimer  le  bêlement. 

Bédigano,  s.  f.  Sarment,  liane  de  vigne  sauvage  dont 
on  fait  des  cannes. 

Formé  et  corrompu  de  VédU  et  de  cano.  —  V.  c.  m. 

Bédigas,  s.  m.  Bédigasso,  s.  f.  Dim.  Bédigassé,  péjor. 
Bédigassas.  Agneau  d'un  an,  mouton  de  l'avant-demière 
portée.  Au  mois  de  septembre,  les  agneaux  de  l'année  com- 
mencent à  s'appeler  Bédigas,  nom  qu'ils  conservent  jus- 
qu'au mois  de  septembre  suivant,  où  ils  deviennent  Dou- 
bien. 

Bédigas,  au  masc.  et  Bédigasso,  au  iém.  se  disent  des 
bonnes  personnes,  sans  fiel  et  sans  malice.  Bédigas  est 
aussi  un  terme  de  commisération.  —  Es  un  bédigas,  un 
bédigassas,  un  bédigas  sans  lano,  c'est  un  bonhomme,  une 
bonne  pâte  d'homme,  une  bête  du  bon  Dieu.  Pâoure  bédi- 
gas /  pauvre  homme  !  le  poverazzo  des  Italiens. 

Augment.  de  Bédé. 

Bédigo,  s.  f.  Brebis  de  l'année;  brebis  maigre,  malingre, 
éclopée.  —  Voy.  Bédigas. 

Bédin-Bédôs,  s.  m.  Jeu  des  osselets;  osselets.  — Les 
enfants,  pour  jouer  â  ce  jeu,  se  munissent  d'osselets,  qui 
font  le  plus  souvent  l'enjeu,  quand  il  n'est  pas  autrement 
intéressé  ;  chacun  des  joueurs  doit  en  avoir  au  moins  trois. 
L'adresse  consiste  â  placer  les  osselets  dans  un  trou 
creusé  dans  la  terre,  â  une  certaine  distance.  Au  premier 
coup  celui  qui  joue  dit  :  Bédin  ou  bédï  ;  au  second,  bédàs 
ou  bédà,  et  au  troisième,  sàauio  din  hu  crds.  L'incantation 
et  le  jet  doivent  être  rapides  ;  le  gain  de  la  partie  appar- 
tient, comme  de  raison,  au  plus  adroit,  qui  fait  rafle.  Ce 
jeu  est  fort  ancien  ;  l'histoire  raconte  qu'Auguste,  empe- 
reur, s'y  divertissait  beaucoup. 

Les  osselets  avec  lesquels  on  joue,  sont  la  rotule  du 
genou  des  moutons.  La  nom  du  jeu  ne  viendrait-il  pas, 
pour  cette  raison,  de  Bédé,  mouton,  agneau? 


102 


BEL 


BEL 


Béfa,  s.  m.  Bienfait;  bonne  œavre;  bonne  action. 

Dér.  du  lat.  Benefactum. 

Bèfi,  io,  adj.  Péj.  Béfiat,  asso.  —  Voy.  Bofi. 

Bégatagno,  adj,  des  deux  genres.  Bègue,  qui  bégaie. 

Péjoratif  de  Bègue. 

Béga,  udo,  part.  pan.  du  v.  Béoure.  Bu,  bue.  —  Y-a 
bégu,  il  a  donné  dans  le  panneau. 

Bégudo,  s.  f.  Bouchon,  petit  cabaret  de  route,  où  Ton 
s'arrête  pour  se  rafraîchir.  Ce  mot  est  devenu  nom  propre 
pour  une  foule  de  maisons  et  de  lieux  où  cette  industrie 
ne  s*exerce  plus,  mais  où  elle  existait  autrefois. 

Dér.  de  Bégu. 

Bègue,  bèguo,  adj.  Bègue,  qui  bégaie. 

Dér.  du  gaul.  Bec,  d*où  le  lat.  heccus. 

Bégni,  t.  m.  Dim.  Béguine.  Béguin,  bonnet  d*enfant  de 
naissance  ;  tétièro  ou  coiffe  de  toile,  qu*on  attache  sous  le 
menton  au  moyen  d'une  bride  ;  béguin  en  velours  ou  en 
soie  qu'on  leur  met  un  peu  plus  tard  par-dessus  la  têtière. 
—  L'a  prés  àou  héguï,  lou  quitara  àou  couïssi,  c'est  un 
défaut  qu'il  a  pris  au  berceau  et  qu'il  ne  quittera  qu'au 
tombeau. 

Ce  mot,  comme  son  correspondant  français,  dérive  évi- 
demment du  mot  Béguine,  parce  que  sans  doute  les  reli- 
gieuses de  ce  nom  portaient  une  coiffure  à  peu  près  sem- 
blable dans  l'origine.  Elles  formaient  un  ordre  fort  ancien 
et  qui  est  resté  fort  populaire  en  Belgique,  où  elles  exer- 
çaient une  œuvre  de  miséricorde.  Ce  nom,  d'après  un 
auteur  anglais,  vient  de  la  première  fondatrice  de  l'ordre, 
Bégué,  fille  de  Pépin  de  Landon,  mère  de  Pépin  d'IIéristal 
et  grand'mère  de  Charles-Martel,  qui  fonda  la  première 
maison  à  Gand,  au  Vil*  siècle. 

D'autres  le  font  dériver  d*un  chanoine  de  Liège,  nommé 
Lambert  dit  Le  Bègue,  qui  aurait  fondé  cet  ordre  en  mi. 
A  cette  époque  les  surnoms  avaient  plus  d'importance  que 
de  nos  jours ,  ils  devenaient  l'appellation  vulgaire,  et  il 
n'est  pas  étonnant  que  ce  Le  Bègue  ait  pu  donner  son 
nom  à  un  monastère  de  sa  fondation. 

Un  mot  allemand  pourrait  aussi  intervenir  dans  Tétym. 
C'est  Beginn,  commencement,  origine;  bonnet  qu'on  met 
aux  enfants  nouveau-nés. 

Bèîâoime»  $.  m.  Béjaune.  Les  deux  acceptions  du  fr. 
au  prop.  et  au  fîg.  ne  sont  point  admises  en  lang.  Cette 
expression  n'a  cours  que  dans  cette  phrase:  Paga  lou 
hèjàoune,  payer  la  bienvenue,  la  mise  hors  de  page,  la 
sortie  du  noviciat. 

Bel,  bèlo,  adj.,  au  plur.  BèU$,  bèloi;  dim.  Bêlé,  péjor. 
BéUu.  Grand  ;  gros  ;  vaste.  —  Gardoù  es  hèl,  la  rivière  a 
grossi.  S'és  fa  bel,  il  a  grandi.  On  dit  aussi  .  Es  un  bel 
éfan,  c'est  un  bel  enfant;  mais  ce  n'est  que  par  euphonie, 
bel  est  pris  là  pour  beau,  beau. 

Dér.  du  lat.  Bellus,  beau,  bien  lait.  Il  parait  que  dans 
les  premiers  Ages  de  notre  idiome,  âges  éminemment  guer- 
riers, la  beauté  était  inséparable  d'une  belle  taille.  Bellut 
était  évidemment  la  qualité  d'un  homme  fort  et  propre  à 


la  guerre,  bellum.  En  fr.  encore,  on  ne  dira  pas  bel  homme, 
ni  belle  femme,  d'un  individu  mignon  et  de  courte  sta- 
ture; c'est  pour  ce  dernier  qu'a  été  inventé  le  mot  : 
joli. 

Bèl-Bèl,  locution  au  masc.  qui  n'est  employée  que 
comme  suit  :  Faire  lou  bèl-bH,  flagorner  ;  accabler  de  pré- 
venances; flatter  l'amour-propre  ;  faire  tout  beau  à  un 
chien;  montrer  une  friandise  ou  un  joujou  à  un  enfant, 
sans  vouloir  le  lui  laisser  prendre. 

Bel  est  pris  ici  pour  synonyme  de  beau. 

Bélèou,  adv.  Peut-être;  il  est  possible.  —  Qui  dis 
bélèou,  n'es  pas  ségu,  dire  peut-être,  n'est  pas  affirmer, 
donner  ni  avoir  l'assurance. 

Bêles  (A),  à  bèlos,  adv.  Un  par  un;  un  après  l'autre. 
—  A  bêles  sôous,  un  sou  après  l'autre.  A  bèlos  fis,  à  plu- 
sieurs reprises.  A  bèlos  palados,  par  pelletées.  A  bèlos 
avéngudos,  par  accès,  par  crises.  A  bèlos  troupélados,  par 
pelotons.  A  bêles  flos,  un  morceau  après  l'autre,  par  petits 
morceaux.  A  bêles  us,  un  par  un.  A  bêles  dous,  deux  à 
deux,  deux  par  deux.  A  bêles  dès,  à  bêles  douje,  par 
dizaine,  par  douzaine  ;  dix,  douze  à  la  fois.  A  bèlos  houros, 
parfois,  quelquefois. 

Bélétos,  s.  f,  pi.  Petites  pièces  de  monnaie;  argent 
mignon.  —  Foudra  bé  qu'apounche  sas  bélétos,  il  faudra 
bien  qu'il  délie  les  cordons  de  sa  bourse. 

Dér.  de  Bèou. 

Bélicoquo,  s.  f.,  ou  Piquo-poulo.  Fruit  du  micocou- 
lier, qui  est  une  petite  baie  à  noyau,  noire  quand  elle  est 
mûre,  sèche,  douceâtre,  et  qui  n'a  presque  qu'une  peau 
ridée  sur  son  noyau  ;  on  en  fait  une  tisane  béchique. 

Bélicouquiè,  s.  m.,  ou  Fanabrégou,  ou  Piqao-pomè. 
Micocoulier,  Celtis  australis,  Linn.,  arbre  de  la  fam.  des 
Amen  lacées,  qui  vient  très-grand  et  très-vieux.  Son  bois, 
qui  a  les  flbres  longues,  fortes  et  flexibles,  compacte  et 
dur,  est  très-estimé  pour  le  charronnage.  Dans  les  Céven- 
nes,  on  le  recépait  comme  les  saules,  et  de  ses  pousses, 
quand  elles  étaient  arrivées  à  l'âge  de  trois  ans,  on  faisait 
des  cercles  de  tonneau,  qui  duraient  fort  longtemps.  Cette 
industrie  s'est  perdue,  soit  par  la  rareté  de  ce  bois  que  les 
défrichements  ont  singulièrement  éclairoi,  soit  par  l'emploi 
très-répandu  des  cercles  en  fer  laminé.  Cet  arbre  est  soi- 
gneusement ménagé  en  taillis  à  Sauve  (Gard),  où  l'on  en 
fabrique  des  fourches  à  trois  becs,  les  seules  dont  on  ae 
serve  dans  tout  le  pays  pour  remuer  et  tourner  les  pailles 
et  les  foins. 

Béloîo,  f .  f.  Bijou,  parure,  affiquets  de  femme. 

Dér.  de  Bèou. 

Bèlos  (Bé),  s,  f.  pi.  Terme  de  jeu.  Ne  se  dit  que  dans 
la  phrase  :  Faite  dé  bèlos,  parier  en  dehors  du  jeu  prin- 
cifôl,  comme  les  paris  de  la  galerie  à  l'écarté.  C'est  sur- 
tout au  jeu  de  dés,  au  passe-dix,  que  ce  terme  était  em- 
ployé. Ce  jeu,  qui  était  fort  usité  parmi  les  gamins,  il  y  a 
quarante  on  cinquante  ans,  s'établissait  en  plein  air  et  sur 
les  places.  On  formait  une  masse  ou  poule  des  mises  de 


BÈN 


BEN 


10» 


tons  les  joaears,  et  celui  qui  amenait  le  plus  gros  point  ou 
la  plas  forte  rafle,  gagnait  la  poule.  Mais  le  joueur  le  plus 
hardi,  ou  qui  voulait  jouer  plus  gros  jeu,  au  moment  où  il 
avait  les  dés  en  main,  proposait  à  la  galerie  de  parier 
qu'il  ne  dépasserait  pas  tel  nombre  ;  s*il  dépassait  ce  nombre, 
il  avait  perdu.  C'est  ce  pari  d'extra  qu'on  nommait  dé  bèlo$. 

Dér.  de  Béou. 

Bélonn,  n.  pr.  Dim.  Bélouné.  C'est  un  dim.  du  nom 
de  femme  Isabelle  ou  Elisabeth.  —  Voy.  Babèou. 

Bélonso,  I.  f.  Blouse,  un  des  six  trous  du  billard.  — 
Fieka  din  la  bélouso,  blouser;  duper;  tromper;  mettre 
dans  l'embarras. 

Emp.  au  II*. 

Bélugo,  9.  f.  Dim.  Béluguéto.  Bluette,  étincelle  qui 
s'échappe  du  feu.  —  E$  tout  fia»  tout  bUugo,  il  est  vif 
oomoae  la  poudre,  il  est  plein  de  zèle  et  d'ardeur. 

Dér.  du  lat.  Lux,  lumière,  précédé  de  la  particule 
rêdnpl.  hé. 

Bélngné,  éto,  cidj.  Vif;  léger  ;  alerte,  éveillé  ;  émous- 
tiUé  ;  fringant  ;  sémillant. 

Bélagnéja,  v.  Etinceler  ;  pétiller  ;  briller  ;  éclater.  — 
Ibtti  H  béluguéjo,  il  est  pétillant  de  vivacité  ou  d'esprit. 
La  fièio  couménço  dé  béluguéja,  les  bourgeons  des  mûriers 
oommenoent  à  poindre  el  à  prendre  un  reflet  doré. 

Dér.  de  B&ugo. 

Bèmi,  bèmio,  adj.  Péjor.  Bémias,  Bohème,  bohémien, 
truand,  qu'on  appelle  Gitanos  en  Espagne,  Zingari  en 
Italie,  Zigenner  en  Allemagne  et  Gypsi  en  Angleterre  ;  au 
moyen  âge,  le  fr.  les  nommait  Bèmes  ou  Bcsmes  ;  peuplade 
errante,  tribu  vagabonde,  que  chaque  peuple  fait  sortir 
d^me  origine  différente.  Ceux  que  l'on  voit  dans  notre 
pays,  nous  arrivent  des  frontières  de  l'Espagne  et  du  Rous- 
ttllon.  Aussi  les  appelle-t-on  vulgairement  Catalans.  Ils  se 
rendent  par  bandes  à  nos  foires,  vendant  des  &nes  et  des 
mules,  disant  la  bonne  aventure,  et  exerçant  souvent  des 
industries  moins  légales.  Us  marchent  ainsi  en  tribu  com- 
posée d'hommes,  de  femmes  et  d'enfants,  ne  logent  jamais 
dans  les  hôtelleries,  mais  bivouaquent  sur  une  grève, 
campent  sur  les  bords  d'un  chemin  ou  sous  l'arche  d'un 
pont,  se  nourrissant  d'animaux  morts  ou  de  débris  de 
légumes  qu'ils  ramassent  par  les  rues.  Ils  sont  très-friands 
de  chats. 

On  dit  adjectivement  Bèmi,  d'un  homme  de  mauvaise 
mine  ou  de  mauvaise  foi.  —  Franc  coumo  un  bèmi,  franc 
comme  un  Bohème  ;  c'est  le  nêcplut  ultra  de  cette  contre- 
vérité. 

Sous  la  Ligue,  on  a  donné  le  nom  de  fième  au  meur- 
trier de  l'amiral  de  Goligny,  qui  était  de  la  Bohème  et  se 
nommait  Charles  Dianowitz.  —  Voy.  Bigoro  {bando  dé), 

Oorrupt.  de  Bdième.  —  Voy.  Catalan. 

Bémiïm,  ano,  ou  ando,  adj.  Bohémien.  —  Voy.  Bèmi. 

Bteda,  V.  Bander,  envelopper  d'une  bande  ;  lier  avec 
m»  bande.  —  Bénda  uno  rodo,  embattre  une  roue. 

Mr.  àeBéndo. 


Béndaîe,  s.  m.  Bandage  de  hernie,  exclusivement.  Les 
autres  acceptions  s'arrangent  avec  Béndo,  qui  suit. 

Béndèon,  s.  m.  Dim.  Béndèlé,  péj.  Béndèla$.  Bandeau  ; 
bande  pour  ceindre  le  front  ou  pour  couvrir  les  yeux  ; 
plus  spécialement  bande  de  toile,  bordée  d'une  petite  den- 
telle, dont  les  femmes  du  peuple  se  servaient  autrefois  pour 
se  serrer  la  tète  et  les  cheveux  par-dessous  la  coiffe,  et 
qu'on  met  encore  aux  enfants  au  maillot  sous  leur  béguin. 

Dim.  de  Béndo. 

Béndo,  $.  f.  Bande  d'étoffe  ,  pièce  de  linge,  plus  longue 
que  large,  destinée  à  entourer  quelque  partie  du  corps,  une 
plaie,  un  membre  ;  bande  de  fer  pour  renforcer  les  jantes 
d'une  roue  ;  bandage  de  roue. 

Le  radical  de  ce  mot  se  trouve  dans  beaucoup  de  lan- 
gues :  en  persan,  bend,  lien  ;  en  allem.  anc,  band,  aujour- 
d'hui benden,  lier,  bind,  lien;  en  Idil.^  pondère,  déplier, 
étendre  ;  dans  la  bass.  lat.  bandum,  bandellus  ;  d'où  le 
roman  benda. 

Bénédiciou,  s.  f.  Bénédiction,  cérémonie  par  laquelle 
on  bénit  ;  vœux  favorables;  abondance,  bienfaits  du  ciel. 
—  Âna  à  la  bénédiciou,  aller  au  salut.  Plôou  qu'es  uno 
bénédiciou,  il  pleut  à  seaux.  Gn'avié  qWèro  uno  bénédiciou, 
il  y  en  avait  à  foison. 

Dér.  du  lat.  Benedictio. 

Bénézé,  n.  pr.  d'homme,  fort  répandu  dans  ce  pays  ; 
au  fém.  Bénézéto.  C'est  un  dim.  de  Bénouè,  Benoit,  et 
tous,  en  lang.  et  en  fr.,  dér.  du  lat.  Benedictus,  béni. 

Bénhuroùs,  ouso,  adj.  Dim.  Bénhurousé.  Un  bienheu- 
reux, un  saint-homme,  un  innocent  ;  une  personne  sans 
malice,  sans  vice.  —  Voy.  Bénura. 

Dér.  de  Bé  et  Huroùs. 

Béni,  V.  Bénir,  consacrer  au  culte  divin  ;  donner  la 
bénédiction  ;  louer,  remercier  ;  faire  prospérer.  —  Diou  té 
bénisque  /  Dieu  te  bénisse  !  expression  qu'on  adresse  à  celui 
qui  éternue.  Cierge  bénï,  cierge  bénit.  Aïgo-bénito,  eau- 
bénite.  Dé  pan-bénï,  du  pain-bénit. 

Dér.  du  lat.  Benedicere. 

Béniasiadîoii  I  interj.  Littéralement  :  que  Dieu  soit 
béni  !  Merci  !  Grâces  à  Dieu  ! 

Dér.  de  Béni,  siègue  contracté  en  $ia,  et  Diou. 

Bénitiè,  s.  m.  Bénitier,  vase  à  l'eau -bénite,  placé  à 
l'entrée  des  églises  catholiques,  ou  au  chevet  de  lits,  ou 
au-dessus  d'un  prie-Dieu. 

Dér.  de  Béni. 

Bénobre,  s.  m.  n.  pr.  de  lieu,  ou  Vénobre.  Vézenobres, 
chef-lieu  de  canton  dans  l'arrondissement  d'Alais. 

La  tradition  rapporte  que  le  vieux  château  de  Véze- 
nobres, dont  il  ne  reste  plus  que  quelques  pans  de  murs, 
et  dans  l'enceinte  duquel  est  bâtie  la  plus  grande  partie  du 
haut  village,  fut  attaqué  par  les  Sarrazins  après  leur 
déroute  à  Poitiers,  due  à  Charles-Martel.  C'était  sans  doute 
une  forte  position,  qu'ils  convoitaient  pour  un  de  leurs 
postes  de  défense.  Ils  en  furent  repoussés  par  les  habitants, 
qui  délivrèrent  par  là  tout  le  pays  d'un  semblable  vdsînage. 


104 


BEN 


BEN 


Une  antre  tradition,  moins  glorieuse,  est  rapportée  par 
l'historien  Ménard.  A  la  fin  du  XIV*  siècle,  pendant  les 
troubles  de  la  minorité  de  Charles  VI,  une  troupe  de 
rebelles  des  environs  de  Nimes,  excédés  sans  doute  du 
poids  des  impôts  et  provoqués  par  le  désordre  des  guerres 
civiles,  avait  pris  les  armes  et  commettait  toutes  sortes  de 
brigandages  chez  les  nobles  et  les  riches.  Ces  bandes  étaient 
désignées  sous  le  nom  de  Totushù,  On  prétend  que  les 
habitants  de  Vézenobres  favorisèrent  ces  pillards;  peut- 
être  ne  firent-ils  que  leur  donner  asile  à  contre-cœur;  tou- 
jours est-il  que  le  surnom  de  Touchi  dé  Bénobre  leur  fut 
donné  en  souvenir  de  ces  faits.  Ce  sobriquet  est  venu 
grossir  ainsi  la  nomenclature  de  surnoms,  d'ordinaire 
peu  flatteurs,  que  les  localités  rivales  et  voisines  se  don- 
naient entre  elles  au  moyen  âge. 

Le  nom  de  Bénobre  est  arrivé  au  languedocien  après  de 
nombreuses  variantes.  Le  latin  du  moyen  âge  l'écrit  dans 
un  titre  de  4  050  Vezenobrium  ;  en  1 052  et  1 054  Vinedo- 
brium;en  1060  Vidanobre  et  Vinadobre  dans  le  même 
acte;  en  4077  Vinezobre;  en  4400  Vedmobrium;  en  4425 
et  4428  Yezmobre;  en  4442  Yedenobrium  ;  en  4444  et 
4450  Ve9mobre;ea  4154  et  4462  redenobrium;  en  4466 
Vieenobrium;  en  4167  Vedenobrium  ;  en  4474  Venedo- 
brium  ;  en  4  4  93  Vedenobre ,  en  1 24  9  Vicenobrium  et  Veze- 
nobrium,  sans  parler  des  variations  plus  récentes. 

Sur  ce  thème  Tétymologie  ne  se  montre  pas  clairement. 
Le  savant  Ménard  a  voulu  la  voir  dans  le  mot  Virinn,  un 
des  noms  de  lieux  du  territoire  des  Volces  Arécomiques, 
inscrit  sur  un  petit  piédestal  antique  conservé  au  musée 
de  Nîmes.  Ce  nom  aurait  été  abrégé  à  cause  des  dimen- 
sions du  monument  ;  mais  restitué  en  son  entier,  il  serait 
Virinno  ou  Virinnum ,  se  rapprochant  beaucoup  des 
formes  que  nous  citons.  L'interprétation  a  été  contestée. 
Cependant  qu'on  nous  permette  une  analogie,  si  éloignée 
qu'on  voudra.  La  ville  de  Bergues,  arrondissement  de 
Dunkcrqne  (Nord),  était  anciennement  dénommée  Gfwmo' 
Berg,  Groenberg,  nom  tudesque  composé  de  groen,  gruen, 
vert,  et  berg,  hauteur,  éminence,  et  le  latin  le  rendait  par 
viridis  mont.  Soit  à  cause  de  cette  origine,  soit  à  cause  de 
la  venue  de  saint  Winoc,  qui  fit  en  ce  lieu  bâtir  une  église, 
le  nom  dans  les  chartes  latines  se  transforma  en  celui  de 
Winociberga.  Le  rapprochement  est  facile  à  saisir  :  ici  la 
forme  tudesque  domine  ;  pour  nous,  c'est  la  celtique  qui 
survit  ;  mais  la  traduction  latine  est  de  nature  à  faire  im- 
pression et  a  bien  pu  se  conserver  dans  une  inscription  de 
la  province  romaine,  en  adoptant  le  mot  Virinn  qui  s'est 
si  bien  altéré  dans  la  suite. 

Quoi  qu'il  en  soit,  les  chartes  disent  Viceno,  Videno, 
Vidano,  Veceno,  et  ajoutent  le  radical  bri,  rendu  par  le 
neutre  lat.  brium  ou  bre.  Bri  est  caractéristiq[ue  de  la 
situation,  comme  suffixe  ;  il  signifie  hauteur,  colline,  élé- 
vation. Vietm  est  traduit  dans  Du  Cange  par  habitatio, 
domus,  demeure,  maison,  et  il  ajoute  :  Saxonibus  vieœn 
eti  pagui,  vieus;  en  saxon  viean  veut  dire  bourg,  village. 


Le  nom  entier  signifierait  par  conséquent  demeure  élevée, 
bourg  ou  village,  sur  une  collme  :  ce  qui  est  exact  pour 
Bénobre. 

Le  glossaire  de  Du  Cange  peut  fournir  une  autre  indica- 
tion. On  y  trouve  le  mot  Vinoblium,  —  et  la  ressemblance 
avec  notre  nom  latin  n'est  pas  contestable,  —  pour  vigne, 
champ  planté  ou  propre  à  être  planté  de  vignes,  dont  le 
fr.  a  fait  vignoble.  Puis,  et  â  l'article  suivant  :  Vinobre, 
eodem  inteUectu,  avec  le  même  sens.  Il  y  a  concordance. 

La  dernière  forme  surtout  a  le  mérite  de  reproduire  le 
mot  actuel  sans  le  décomposer  :  on  sait  en  effet  que  les 
deux  lettres  F  et  B  se  substituent  volontiers  l'une  à  l'autre. 

L'application  dans  les  trois  modes,  soit  éminence  verte« 
verdoyante,  soit  village  sur  une  hauteur,  soit  lieu  planté 
de  vignes,  est  du  reste  également  juste. 

Encore  une  interprétation,  qui  pour  être  la  dernière 
n'est  peut-être  pas  la  bonne,  mais  qui  prouvera  au  moins 
que  nous  avons  cherché,  si  nous  n'avons  pas  trouvé. 

Sur  le  monument  du  musée  de  Nimes,  parmi  les  noms 
inscrits,  se  trouve  celui  de  Briginn,  abrégé  plus  tard  en 
Brinno,  qui  est  devenu  le  Brignon  actuel.  Briginn,  à 
l'époque  la  plus  ancienne,  était  une  localité,  centre  de 
population  sans  doute  assez  important  dans  un  certain 
rayon.  Une  voie  romaine,  celle  de  Nemaïuuê  à  GabaLum, 
n'était  pas  éloignée  de  Briginn,  Brinno,  et  venait  traver- 
ser le  Gardon  à  Ners,  en  vue  du  village  actuel  de  Véze- 
nobres. Quand  ce  village  se  fonda,  peut-être  â  l'époque 
gallo-romaine,  aurait-on  voulu  que  son  nom,  tout  lafin 
dans  sa  première  partie,  traduisit  ou  exprimât  sa  situation 
dans  le  voisinage  de  l'oppidum  le  plus  considérable  alors 
de  la  contrée,  vicinus,  vicino,  de  Briginn,  Brinno,  qui 
nous  est  parvenu  avec  les  abréviations  et  les  altérations 
d'usage.  Cette  conjecture  vient  de  bien  loin,  de  si  lœn 
même,  qu'on  peut  sans  lui  faire  le  moindre  tort,  préférer 
les  autres;  mais  elle  n'était  pas  à  négliger. 

Bénoù,  9.  m.  Auge,  sorte  de  mangeoire  pour  les  brebis. 
Elle  se  compose  de  deux  planches  posées  de  champ  et  réu- 
nies par  des  chevilles  d'environ  un  pied  de  longueur,  œ 
qui  laisse  entre  elles  un  vide  de  même  dimension,  qu'on 
remplit  de  fourrage  ou  de  regain.  Cette  mangeoire,  ainsi 
disposée,  a  pour  objet  d'empêcher  les  brebis  de  mettre  les 
pieds  dedans  et  de  fouler  et  de  gâter  leur  provende. 

Dér.  du  celt.  Benn,  benne. 

Bénoubrén,  énqno,  adj.,  ou  Vénoubrén,  énqao. 
Habitant  de  Vézenobres  ;  qui  appartient  à  Vézenobres. 

Bènonri,  i.  m.,  ou  Fourîdgniè ,  ou  H-col-dé-sèr. 
Torcol,  torcou,  turcot  ;  torcol  ordinaire,  Yunx  torquiUa, 
Linn.  Oiseau  de  l'ordre  des  Grimpeurs,  de  la  fam.  des 
Cunéirostres.  Cet  oiseau,  qui  est  une  espèce  de  pie,  s*ac- 
I  croche  aux  troncs  d'arbres  et  se  pose  sur  les  grosses  bran- 
ches ;  mais  il  préfère  se  tenir  â  terre  où  il  cherche  des 
fourmilières.  Sa  langue  est  longue,  rugueuse  et  gluante; 
il  l'introduit  bravement  dans  les  trous  de  fourmis,  dans 
l'interstice  qui  se  forme  entre  VBxhre  et  l'écoroe;  les  four- 


BÊO 


BÈO 


105 


mis,  qui  y  habitent,  grimpent  sur  cette  langue,  croyant  y 
troaver  p&tore;  alors  Foisean-chasseur  la  retire  et  avale 
ses  ennemis.  Le  torcol  est  carieuK  à  voir  de  près  :  il 
retourne  sa  tète  et  son  cou  par  des  mouvements  onduleux 
semblables  à  ceux  des  serpents  ;  il  ouvre  sa  queue  en 
éventail,  tourne  ses  yeux  et  redresse  les  plumes  du  haut 
de  sa  tète.  Il  devient  extrêmement  gras  aux  premières 
pluies  de  Tautomne.  Les  diverses  habitudes  de  cet  oiseau 
lui  ont  valu  ses  trois  noms  languedociens  ;  il  est  pourtant 
plus  habituellement  dénommé  par  le  premier.  —  Fby. 
Foumiguiè,  et  Pi-eolrdé'Sèr. 

La  prononciation  du  nom  de  cet  oiseau  est  Tindice  de 
son  ôiymologie.  La  première  syllabe  est  en  effet  fortement 
sentie  par  Taccent  grave  sur  Vè,  ce  qui  lui  donne  aussitôt 
sa  filiation  de  Bè,  bec,  faisant  allusion  à  la  manière  ingé- 
nieuse que  ce  volatile  emploie  pour  se  procurer  une  pro- 
vende de  son  goût.  Si  un  accent  aigu  se  fût  rencontré  sur 
le  mot,  sa  signification  eût  été  changée  et  il  aurait  voulu 
dire  :  bien  nourri.  Ce  qui  était  moins  pittoresque  et  se 
serait  appliqué  à  bien  d'autres.  Le  caractère  et  la  descrip- 
tion exacte  du  volatile  sont  bien  mieux  représentés  par  la 
prononciation  et  l'orthographe  de  son  nom. 

Bénnra,  ado,  adj\  et  part,  pa$$.  Heureux,  bienheureux; 
favorisé  du  Ciel;  à  qui  tout  réussit. 

Bénura  comme  verbe,  signifiant  rendre  heureux,  est  peu 
usité,  quoique  le  terme  soit  bien  fait  et  pittoresque.  Mais 
dans  le  sens  de  l'adj.  ou  du  part,  pas.,  il  est  élégant  et 
expressif.  —  Ta  bénurado  planéto,  ton  heureux  destin. 
IHou  l'a  bénura,  Dieu  la  béni,  l'a  rendu  heureux. 

Ce  mot,  d'après  Sauvages,  parait  être  formé  du  lat.  Bona 
et  Bora,  qui  a  une  bonne  heure  ou  qui  l'a  eue.  On  sait  en 
eflfet  que  les  anciens  distinguaient  les  heures  favorables  et 
les  heures  funestes  :  traditions  qui  se  sont  conservées  dans 
le  vieux  mot  fr.  heur,  et  qui  sont  passées  dans  ceux  de  bon- 
heur et  maiheur,  contraction  de  bonne  heure  et  maie  heure. 
A  ce  titre  le  lang.  devrait  écrire  notre  mot  avec  un  h, 
comme  nous  avons  fait  pour  Bénhuroùs,  qui  a  la  même 
origine;  mais  nous  supprimons  ici  la  lettre  parasite,  qui 
ii*est  qu'étymologique,  et  dont  le  retranchement  ne  nuit  en 
rien  à  la  prononciation ,  par  raison  de  nos  règles  d'ortho- 
graphe, et  pour  avoir  d'ailleurs  une  variété  de  plus  con* 
forme  à  notre  mot  à  la  malouro,  où  elle  ne  parait  pas 
d'avantage. 

Bèon,  adj.  m.  sans  fém.  Beau.  —  Faï  bèou,  il  fiiit 
beau.  A  bèou  faïre,  il  a  beau  faire. 

Ce  mot,  dans  sa  formation,  dans  sa  signification  natu- 
lelle  et  dans  tontes  ses  acceptions  elliptiques,  est  d'origine 
française  :  même  emploi ,  mêmes  acceptions. 

Béoncûre,  j.  m.  n.  pr.  de  lieu.  Beaucaire,  ville  renom- 
mée par  sa  foire  du  SS  juillet.  Aussi  son  nom  est-il  devenu, 
pour  un  vaste  rayon  de  pays  autour  de  lui,  une  date,  un  point 
important  dans  l'année.  Autrefois  les  marchands  en  détail, 
les  artisans,  les  fournisseurs  de  toute  espèce,  allaient  faire 
^eors  aebats  en  foire  de  Beaucaire,  et  pour  cela  ils  avaient 


besoin  de  réaliser  les  crédits  qu'ils  avaient  faits  dans 
l'année.  Quoique  aujourd'hui  les  boutiques  et  magasins 
se  fournissent  ailleurs  qu'à  Beaucaire,  l'usage  d'arrêter  les 
comptes  des  fournitures  à  crédit  et  de  réclamer  le  montant 
des  mémoires  s'est  conservé.  Aussi  pleut-il  à  cette  époque 
ce  qu'on  appelle  les  comptes  de  Beaucaire  :  c'est  un  mau- 
vais quart  d'heure  pour  les  débiteurs  et  un  temps  fort 
occupé  pour  MM.  les  huissiers.  —  Pér  BéoueaXre,  ou  à 
BéoueaXre  à  l'époque  de  la  foire  de  Beaucaire,  à  la  mi- 
juillet. 

Béoueaïre  remonte  aux  temps  les  plus  anciens.  Le  géogra- 
phe Strabon  l'appelle  (K/Y^pvov,  ïyipvov  et  fépvov,  que  les 
auteurs  latins  Pline,  Sidoine  Apollinaire,  les  Tables  théodo- 
siennes  traduisent  par  Ugemum  ou  Ugemo;qvLe  l'Anonymede 
Ravenne  écrit  Ugumum;  qui  devint  au  VI*  siècle  Caetrum 
Odjemo,  et  dans  la  bass.  lat.  CasUrum  de  Ugemo,  en 
4020;  Belcayra,  en  4424  ;  Bellieadrum,  en  4460,  4478, 
4209;  Belloquadra,  Bellumquculrum,  BeUi-quadrum,  en 
4226  et  plus  tard  ;  en  même  temps  que  la  langue  vulgaire 
disait,  en  4425,  Beleaire;  en  4294,  Bauquaire;  en  4302, 
Bieuchayre,  et  en  4435,  Beleayre;  ce  qui  a  donné  enfin  le 
nom  actuel. 

La  première  partie  du  mot,  en  lang.,  en  fr.  et  dans  la 
latinité  du  moyen  âge,  ne  présente  aucune  difiiculté.  La 
seconde  partie  eayra,  quadra,  quadrum  ou  eadrum,  est  une 
altération  ou  une  syncope  du  substantif  de  la  bass.  lat. 
cité  par  Du  Cange ,  quadraria,  quadrataria,  Cayra  a  fait 
directement  caire,  comme  quadra  et  quadrum,  dérivant  de 
quadraria  ou  quadraiaria ,  en  lat.  lapidieina,  le  tout  a 
produit  carrière,  en  fr.  L'afiSnité  est  incontestable;  et  tous 
ces  dérivés  descendent  d'un  primitif  commun,  le  vieux 
mot  celtique  cair,  pierre,  qui  se  retrouve  du  reste  dans 
une  infinité  de  noms  locaux.  Nous  avons  dans  nos  envi- 
rons, en  grand  nombre,  hue  Caïrole,  comme  désignation 
de  quartiers  pierreux,  ou  de  carrières  de  pierres  communes. 
La  liste  serait  longue  des  lieux  ayant  la  même  origine  d'ap- 
pellation :  Cayrac  et  Cayrol,  dans  l'Aveyron;  Cayres 
(Haute-Loire);  Cayrols  (Cantal);  Carole  (Gers);  Carrole 
(Hautes-Pyrénées)  ;  Carolles  (Manche)  ;  Charolles  (Saône- 
e^Loire  ;  Queyrac  (Gironde)  ;  Queyras  (Hautes-Alpes)  ; 
Caralp  (Ari^e)  ;  Carrouge  et  Carouge  (Orne,  Seine-et-Oise, 
Suisse)  ;  Cayrouse  ( Aveyron)  ;  Quiers  (Seine-et-Marne)  ; 
Carrare,  en  Italie,  et  autres. 

Sauf  tout  le  respect  dû  à  une  opinion  assez  accréditée, 
qui  voudrait  que  le  nom  de  Belliquadrum  ou  Bellumqua- 
drum  eût  été  donné  à  Beaucaire  à  cause  d'une  tour  carrée 
qui  dominait  l'emplacement  sur  lequel  la  ville  s'est  cons- 
truite, l'étymologie  tirée  du  gaulois  cair  nous  parait  préfé- 
rable et  plus  naturelle.  D'ailleurs  la  même  raison  appella- 
tive  devrait  se  rencontrer  dans  les  homonymes  assez  nom- 
breux ;  et  Ton  n'a  pas  remarqué  des  traces  de  la  moindre 
tour  de  forme  carrée  à  Beleaire  (Aude),  arrondissement  de 
Limoux;  à  Beaucaire  (Aveyron),  commune  Noviale;  4 
Beaucaire  (Charente),  commune  Saint-Amand-de-Nouère  ; 

14 


t06 


BfEO 


BÊO 


à' Beaucaire  (Cher),  commime  Herry;  à  Beaacaiie  (Gers), 
(Xiininone  Valence,  et  autres  encore  ;  non  plus  qu'à  fiel- 
Caire  (Dordogne)  ;  à  Bellicaire,  province  de  Gerona,  et  & 
BellicayTe,  province  de  Lerida  (Espagne).  Ce  qui  commence 
à  donner  beaucoup  de  crédit  à  notre  version. 

Mais  il  y  a  plus  :  le  nom  grec  de  Béoueairê  latinisé  me 
semble  un  argument  nouveau.  Le  lieu  désigné  par  Strabon 
existait  avant  lui  et  était  connu.  On  a  dit  que  sa  forme 
celtique  devait  être  Wern  ou  Guern,  qui  veut  dire  en 
gallois  et  en  bas-breton  ;  aune,  aunaie,  lieu  planté  d'aunes; 
vàr,  lang.  L'application  à  un  casirum  sur  un  grand  fleuve 
est  juste  ;  mais  la  dérivation  serait-elle  moins  exacte,  si 
l'on  admettait  que  le  celtique  cair  a  été  le  parrain  du  Tip- 
vov  de  Strabon,  qui  se  trouvait  sans  doute  précédé  d'une 
épitbéte  significative,  exprimant  en  gaulois  ce  que  dit  le 
bdlum  de  la  bass.  lat.,  Béoudu  languedocien,  et  que,  dans 
la  variante  ïf^pvov,  Strabon  aurait  traduite  et  exprimée? 
Ainsi,  la  première  syllabe  de  Ugemum  ou  Ugêmo,  lat.,  ne 
serait-elle  pas  la  diphthongue  adverbe  Eu,  bien,  reproduite 
eupboniquement  par  le  latin  u?  La  prononciation  du  y 
grec  et  du  g  latin  devant  e  est  dure  et  se  rapproche  sen- 
siblement de  celle  du  celtique  :  ce  qui  ne  met  pas  à  une 
grande  distance  eair  et  guer.  Le  gaulois  a  encore  cairn, 
appliqué  aux  monuments  de  pierre,  dolmens,  qui  introduit 
une  lettre  de  plus  dans  la  ressemblance  graphique  des  mots. 
Mais  une  permutation  identique  se  fait  remarquer  sur  le 
nom  d'un  ancien  oppidum  purement  celtique,  signalé  dans 
le  savant  ouvrage  de  M.  Germer-Durand,  IHetion.  topogr. 
La  petite  commune  de  Gam,  ancien  évècbé  d'Uzès,  aux 
limites  du  Vivarais,  a  conservé  intacts  sa  forme  et  son 
nom  celtique,  Cairn.  Le  g  s'est  substitué  au  e,  inverse- 
ment à  ce  qui  est  arrivé  dans  le  roman  pour  Belcaire,  qui 
reprend  sa  forme  primitive;  mais  par  un  procédé  sem- 
blable à  celui  employé  par  le  latin  et  le  grec,  Vgemum, 
Ty^^ov  :  preuve  que  nos  déductions  sont  vraisemblables. 
La  terminaison  en  o,  si  commune  dans  les  appellations 
celtiques,  ne  doit  pas  être  négligée.  On  sait  que  nos  pères 
les  Gallo-Romains  employaient  les  deux  langues,  celtique 
el  romaine,  et  quand,  an  moyen  ^,  on  voulut  désigner 
l'antique  localité,  la  traduction  devint  précise  et  fidèle  en 
substituant  à  ÏY^pvov,  le  mot  Bdoofffa,  BeUieadmm,  Bel- 
lumquadrum. 

Tous  ces  noms  seraient  donc  synonymes;  mieux  que 
oéla,  ce  serait  le  même  nom,  sous  différentes  formes,  grec- 
que, latine,  languedocienne  et  française.  L'antiquité  qu'on 
attribue  ft  Beancaire,  les  belles  carrières  qui  touchent  la 
ville,  et  qui  ont  été  connues  dès  les  premiers  âges,  ne  s'op- 
posent point  à  cette  origine  de  son  appellation  et  semblent 
là  juitlfiAr.  Le  géographe  Strabon  a  traduit  autant  que  le 
grec  le  permettait,  sans  trahir  le  vieux  gaulois. 

Béoa<4*ott,  j.  m.,  ou  Ihatto,  Snito,  Niehoulo.  Effraie; 
ftésale  »  chooetle-effraie,  Sirim  fiammm,  Linn.»  de  Tordre 
del  Rapaces  et  de  la  fam.  des  Nocturnes.  Cet  oiseau  de 
pHÀB  nocturne,  qui  andnt  jusqu'à  35  centimètres  de  km* 


gueur,  a  le  dessus  du  corps  jaunâtre,  onde  de  gris  et  de 
brun,  parsemé  d'une  multitude  de  petits  points  blancs  ;  le 
dessous  est  d'un  blanc  soyeux,  éclatant.  Il  habite  les  vieux 
édifices,  les  clochers  et  les  toits  des  églises.  On  croit  vul* 
gairement  qu'il  y  entre  la  nuit  pour  boire  l'huile  des  lam« 
pes;  de  là  son  nom  de  Béou-l'oli.  Par  celui  de  Suite  sous 
lequel  il  est  connu  aussi,  on  a  sans  doute  essayé  de  rendre 
le  soufflement  on  sifflement  qu'il  pousse  pendant  la  nuit. 
Il  a  la  réputation  d'être  l'oiseau  de  mauvais  augure  par 
excellence.  —  Voy,  Damo,  Suilo,  Nichoulo. 

Béonre,  v.  Boire  ;  avaler  un  liquide,  Tabsorber.  — 
Àquél  home  bèou,  cet  homme  est  adonné  à  la  boisson,  à 
Tivrognerie.  Hou$  sou\è$  bévau,  mes  souliers  laissent  trans- 
pirer l'eau.  Béoure  da»  iéls,  manger  des  yeux,  couver  du- 
regard.  Béoure  coumo  un  ioblas,  boire  beaucoup,  sans  fin, 
comme  un  champ  de  sable,  qui  absorbe  l'eau  et  la  pluie 
en  telle  quantité  qu'elle  y  tombe.  Y-a  pa$  qu'un  grand 
béoure  que  pogue  té  tira  d'aquï,  ce  n'est  qu'à  force  de 
boire  de  la  tisane  que  tu  peux  te  tirer  de  cette  maladie. 
Mais  les  ivrognes  ou  les  plaisants  qui  veulent  les  imiter 
dans  leurs  propos,  tournent  la  chose  dans  le  sais  du  vio, 
et  c'est  le  vin  qu'ils  conseillent,  quand  ils  adressait  cette 
phrase  à  ceux  qui  se  plaignent  d'un  malaise.  Leu  béimre 
U  lèvo  pas  lau  manja,  la  soif  ne  lui  dte  pas  la  faim,  boire 
ne  l'empêche  de  manger.  Un  ose  i  béouriè,  le  cas  n'est  pas 
difiicile,  un  âne  s'en  tirerait.  Fénno  que  noun  mcMJo,  lev 
béoure  la  mantén,  à  petit-manger,  bien  boire.  Béoure  féùu 
et  iouvén,  boire  peu  et  souvent  :  bonne  hygiène. 

On  dit  d'un   homme  qui  s'est  ruiné  :  Ou  a  pas  fovl 
manJa,  n'a  bé  bégu  dé  flàs,   il  n'a  pas  mangé  tout  aon 
bien,  il  en  a  bu  une  partie.  Aquélo  aïgo  se  béou,  œtle 
source  se  perd  dans  la  terre  ou  dans  le  sable.  Béoure  louo 
eos,  endurer  les  coups  sans  se  plaindre.  Crésés  aquà  et 
bévés  d'aïgo,  croyez  cela  et  buvez  de  l'eau  par-dessus, 
phr.  prvb.  pour  dire  que  vous  ne  croyez  pas  un  mot  de  oe 
que  l'on  raconte,  ou  que  ce  mensonge  est  difiicile  à  avaler 
et  qu'il  faut  boire  pour  le  faire  descendre  dans  le  gosier. 
C'est  dans  le  même  sens  qu'on  dit  d'un  hâbleur  :  Faï4ou 
béoure,  fais-le  boire,  pour  que  son  mensonge  ne  s'an^M 
pas  au  gosier.  Las  tèros  an  prou  bégu,   les  champs  sodI 
suffisamment  abreuvés.  Fàsre  «m  béoure,  faire  un  temps  de 
repos  pour  les  journalière,  pendant  lequel  ils  voet  boive 
un  coup  à  leur  gourde  pour  reprendre  haleine,  fl  ne  feoi 
pas  confondre  un  béoure  avec  un  repas,  un  repas  :  le  rspes 
est  un  temps  déterminé  par  les  usages,  où  les  travaiurâs 
mangent  commodément  assis;  hm  béoure  n'est   qa^ul 
simple  temps  d'arrêt,  pendant  lequel  ils  cassent  simple* 
ment  une  croiHe  et  boivent  un  coup.  Ce  temps  est  de 
durée  arbitraire,  et  souaiis  au  plua  ou  moins  de  adle  de 
l'ouvrier,  on  au  plus  ou  nK>ins  de  sévérité  étt  dief  d*aie* 
lier,  ou  bdOo.   QuêÊM  se  fi^  dé  béouree  d'ofuéeto  eéooét 
combien  doit-on  faire  de  posss  au  travail  daae  cène 
sàisenT 

Dam  cette  aeosptilMi»  loi»  Mbere  est  mâM*  omo.  a 


BÉQ 


BER 


107 


Hgnifie  enoore  :  le  bovre,  le  liquide  que  Ton  boit;  la  ration 
de  huMPngs  aux  animanx,  mais  daos  ce  dernier  sens  on 
emploie  :  Abéoure,  —  Lou  héoure  et  lou  manja,  le  boire  et 
le  manier.  Aqud  mé  Uvo  iau  béoure  et  lou  manja,  cette 
âmotioii,  eette  nouvelle  m*a  coupé  la  soif  et  rappéUt. 

Dôr.  du  lat.  Bibere.  En  ital.  Bevere,  boire. 

Béouta,  s.  f.  Beauté,  qualité  de  ce  qui  rend  aimalde  ou 
admirable,  au  physique  et  au  moral.  —  Es  pa'no  béouta, 
œ  n'est  pas  une  beauté. 

Emp.  au  fr. 

Béqna,  v.  Becqueter;  mordre  avec  le  bec;  battre  à 
coups  de  bec;  donner  des  coups  de  bec;  manger  seul,  en 
parlant  d'un  oiseau  ou  d'un  poussin  ;  brouter  ;  mordre  à 
l'hameçon;  avaler  crédulement  un  mensonge.  —  Aquél 
pastiroù  eouménço  à  béqua,  ce  petit  moineau  commence  à 
manger  seul.  Lou  -pétswù  béquo  pas,  le  poisson  ne  mord 
pas.  Tout  hu  bèqup,  tout  le  monde  le  dupe,  le  houspille; 
tout  le  monde'  l'accuse  ;  se  moque  de  lui  :  on  l'accable  à 
coups  de  bec.  Lous  fàguère  toutes  béqua,  je  leur  £s  avaler 
à  tous  cette  bourde. 

Oér.  de  Bè,  bec. 

Béqnado,  s.  f.  Dim.  Béquadéto.  Becquée,  pâtée  que  les 
oiseaux  portent  à  leurs  petits  dans  le  nid  ;  coup  de  bec  ; 
xaillerie  ;  sarcasme,  insulte.  —  Espéra  la  béquado,  attendre 
la  becquée;  attendre  que  la  manne  tombe  du  ciel  ;  ne  se 
donner  aucune  peine,  aucun  souci,  pour  obtenir  ce  qu'on 
désire. 

Dôr.  de  Bè,  bec. 

Béquaduro,  s.  f.  Blessure  causée  par  un  coup  de  bec; 
accroc;  déchirure  ou  piqûre  causée  par  un  coup  de  bec  ou 
par  quelque  chose  de  pointu. 

Dér.  de  Bè,  bec. 

Béqnaje,  s.  m.  Herbage  d'automne,  qu'on  fait  brouter. 
C'est  l'herbe  dernière  qui  pousse  dans  un  pré,  après  en 
avoir  enlevé  le  foin  et  le  regain. 

Dér.  de  Béqua. 

Béqao-figo ,  s.  m.  Becfigue,  oiseau  du  genre  gobe- 
.mouche,  MotaciXla  fieedula,  d'après  Linn.  ;  MuseUapa  lue» 
ituosa ,  «uivant  Temm.  Le  becfigue  a  le  dessus  du  corps 
noir,  le  front  et  toutes  les  parties  inf^ieures  blanches  ;  la 
queue  et  les  ailes  noires;  celles-ci  ont  leur  couverture  blan- 
che. Arrivé  en  France  vers  la  fin  d'avril,  il  repart  dans  les 
.jiremiars. jours  de  septembre.  D'après  l'ornithologie  mo- 
derne, il -se  nourrit  de  mouches  et  d'antres  petits  insectes 
ailés,»  qu'U  enlève  de  dessus  les.  feuilles  et  les  fruits  mûrs; 
aussi  la  acaenoe  l'a  dénommé  Gobe^mouche.  Le  vulgaire,  en 
Je  voyant  fréquenter  de  préférence  nos  figuiers,  car  o*est 
là  qu'il  lait  la  chasse  la  plus  abondante,  a  cru  qu'il  se 
nourrissait  de  leurs  fruits  et  lui  a  donné  le,  nom  de  Béquo- 
fgo.  Les  latins,  qui  en  avaient  la  même  opinion,  rappe- 
laient .Ficailtito.  P^^ètre  ee  gobe^moucfae,  en  becquetant 
la 'figue  pour,  y  saisir  sa.  proie  vivante,  se  laisse-t-il  dller  à 
goàler;an  peu  du  fruit  et.mérite-t-il  ainsi  ses  divers  noms; 
•n  teiis  cas,;  dans  qu^lqne' genre  ou  famille  qu'on  le  range, 


son  nom  est  évidemment  un  emprunt  du  fr.  au  langued. 
La  figue  est  trop  un  fruit  du  Midi  pour- ne  l'avoir  pas  ins- 
piré ;  Becfigue,  double  subst.  fr.,  ne  signifierait  rien  s'il 
n'était  la  traduction  du  verbe  et  du  régime  employés  par 
la  langue  d'Oc.  —  Gras  eoumo  un  bèquo-figo,  gras  comme 
un  becfigue.  Sa  cbair  est  en  effet  très-déÛcate  et  très-esti- 
mée.  Un  grand  professeur  en  gastronomie,  Brillat-Savarin, 
a  dit  :  <  Parmi  les  petits  oiseaux,  le  premier,  par  ordre 
d'excellence,  est  sans  contredit  le  becfigue  ;  si  cet  oiseau 
privilégié  était  de  la  grosseur  d'un  faisan,  on  le  paierait 
certainement  à  l'égal  d'un  arpent  de  terre.  9 

Bèquon,  s.  m.  dimin.  Baiser,  en  style  mignard  et 
enfantin,  comme  on  dit  en  fr.  famil.  Bécot. 

Dér.  de  Béqua,  becqueter. 

Bèrbéqnin,  s.  m.  Villebrequin,  outil  de  menuisier,  qui, 
au  moyen  d'une  mèche,  sert  à  faire  des  trous  en  emportant 
la  matière  qu'il  traverse. 

Formé  probablement  de  Vira,  tourner,  et  de  bréquin, 
nom  ancien  de  la  mèche,  du  lat.  Veru,  veruum. 

fiéré,  s.  m.  Berret;  espèce  de  bonnet  d'enfant,  en  ve- 
lours ou  en  soie,  coupé  à  côtes  de  melon,  qu'on  attache 
sous  le  menton  ;  bonnet  plat  et  tricoté  des  paysans  du 
Béam.  •—  Yoy.  Béréto. 

Dôr.  du  lat.  Birrus  ou  birrum,  nom  d'une  espèce  de 
coiffure  en  usage  chez  les  anciens  ;  d'où  la  bass.  lat.  bar- 
retum  ou  birretum,  berret,  barette;  en  esp.  birreta;  en 
ital.  barreta. 

Bérénguèri,  s.  m.  nom  pr.  d'un  terroir  d'Alais,  près 
la  route  d'Alais  à  Nimes,  dit  Bérénguèri,  que  des  archéo< 
logues,  d'après  un  passage  de  Sidoine  Apollinaire,  pré- 
tendent être  Voroangus,  habitation  d'Apollinaire,  voisine 
de  Prusianus,  Brésis  aujourd'hui,  demeure  de  Tonanoe 
Ferréol,  préfet  des  Gaules  au  V«  siècle. 

Béréto,  s.  f.  Bonnet  d'enfant  ;  calotte  de  prêtre;  bonnet 
rond  et  juste  à  la  forme  de  la  tète,  tel  que  la  calotte  qu*on 
voit  au  théâtre  aux  Gassandres,  à  Bartolo  et  aux  rôles  à 
manteau  de  la  comédie  française  et  italienne. 

Même  étym.  que  Béré  ci-dessus. 

Bérgadiè,  s.  m.  Brigadier,  commandant  d'une  brigade, 
grade  de  cavalerie  ou. de  gendarmerie  correspondant  à  celui 
de  captrsCl  dans  l'infanterie. 

Emp.  au  fr. 

Bérgado,  s.  f.  Brigade,  division  d'un  corps  d'armée; 
section  de  gendarmerie  commandée  par  un  bérgadiè.  £n 
gén.,  troupe,  bande  armée. 

Emp.  au  fr. 

Bérgan,  ando,  adj.,  ou  Brégan,  ando,  péjor.  Bérgan- 
das  ou  Brégandas,  Brigand,  voleur  de  grand  chemin  ;]e 
plus  souvent,  épithèle  injurieuse  donnée  à  celui  qui  com- 
met des  vexations  ou  d'étranges  concussions.  Souvent  en- 
core, c'est  une  sorte  d'interjection  :  O  Bérgan  t  neutrale- 
ment  emplayée;  en  ce  sens,  le  péj.  Bérgandas/M  surtout 
admis. 

Dér.  du  lat.  Brigantu,  peiçles  d'Hibemie  qui,  sous  la 


106 


BER 


BER 


domination  romaine,  ravagèrent  souvent  les  provinces  sep- 
tentrionales de  la  Grande-Bretagne . 

Bérgandaje,  «.m., ou  Brégandaje.  Brigandage;  action 
violente;  volene;  concussion. 

Même  étym.  que  le  précéd. 

Bérgandéja,  v,,  ou  Brégandéja.  Se  livrer  au  brigan- 
dage, dans  la  double  acception,  étendue  ou  restreinte,  mais 
également  peu  recommandable. 

Bérgè,  «.  m.  Dim.  JBérgéiré.  Berger,  pâtre,  expression 
toute  française,  qu'on  ne  peut  employer  qu*en  poésie. 

Bergéireto,  «.  f.,  ou  Gouacho,  Bergeronnette,  hoche- 
queue, lavandière,  petit  oiseau  du  genre  des  becs-fins  ;  il 
vient  se  mêler  au  milieu  des  troupeaux  de  moutons,  et 
mange  familièrement  avec  eux  :  ce  qui  lui  a  valu  son 
nom.  Quant  au  mot  lui-même,  c'est  du  français  tout  pur 
comme  le  précédent  et  le  suivant,  et  dans  le  même  ordre 
d*idées  et  d'emploi.  Aussi  ne  devrait-on  donner  droit  de 
dié  et  de  classification  qu'à  Pastouréléto;  car  le  languedo- 
cien n'appelle  ses  bergers  que  paatrês,  ainsi  qu'on  le  voit 
dans  le  mot  de  meilleur  aloi  de  la  bergeronnette.  Gala- 
poêtre. 

Voy.  Couacho,  Galapas(rê,  Brando-quuïo, 

Bérgèîro,  s.  f.  Dim.  Bérgëiréto.  Bergère.  —  Voy.  Bérgè. 

Bérigonlo,  s,  f.  Barigoule  ;  manière  d'apprêter  les  arti- 
chauts, qui  consiste  à  les  placer  crus  sur  le  gril,  avec  du 
sel,  du  poivre  et  de  l'huile,  qu'on  introduit  dans  les  inter- 
stices des  feuilles.  C'est  un  emp.  au  fr.  Barigoule,  sauce 
lâen  plus  compliquée  d'ailleurs  que  notre  bérigoulo, 

Bérlénqné,  s.  m.  Jeu  d'enfants,  qui  ne  pourrait  être 
traduit  et  exprimé  en  fr.  que  par  le  mot  lui-même.  Il  con- 
siste à  placer  quelques  sous  ou  même  des  épingles,  debout 
derrière  une  petite  pierre  carrée  et  mince,  posée  de  champ. 
Les  joueurs,  placés  à  une  certaine  distance,  lancent  chacun 
deux  palets  contre  cette  pierre;  quand  ils  peuvent  la 
chasser  assez  loin  pour  que  l'un  de  leurs  palets  soit  plus 
rapproché  que  la  pierre  de  l'enjeu  ou  d'une  pièce  de  cet 
enjeu  ;  l'enjeu  ou  la  partie  d'enjeu  leur  est  acquis.  Gomme 
on  le  voit,  le  bérlénqué  est  le  premier  rudiment  du  jeu  de 
bouchon. 

Dér.  peut-être  de  Birh,  à  cause  du  petit  caillou  qui 
sert  de  but,  ou  de  ceux  avec  lesquels  on  joue. 

Bèrio,  «.  f.  Dim.  BérU,  bérléto,  péj.  Bérlasso.  Eclat  de 
pierre  ou  de  bois,  souche  d'arbre ébrëchée  ;  grosse  branche 
morte;  bord  d'un  vase. 

Bérloqao.  s.  f.  Breloque.  Ne  s'emploie  que  dans  la 
phrase  :  Boire  la  bérloquo,  battre  la  campagne,  divaguer, 
déraisonner.  La  bérloquo,  breloque,  en  terme  de  théorie 
militaire,  est  la  batterie  de  tambour  qui  annonce  l'heure 
des  corvées. 

Dér.  du  lat.,  sotl  Veriloquium,  langage  vrai,  naïf;  parce 
que,  quand  on  déraisonne  par  folle  on  par  ivresse,  on 
laisse  souvent  échapper  des  vérités  qu'il  eût  été  sage  de 
retenir;  soit  de  hretUoquium,  laconisme,  langage  coupé  ; 
soit  de  varia-lofui,  parler  sans  suite. 


Béma,  s.  m.,  n.  pr.  d'homme;  au  fém.  Bémado;  dim. 
Bémadé.  Bernard.  Nom  qui  a  servi  de  racine  à  beaucoup 
d'autres  dans  le  pays  :  Bemadèl,  Màoubéma,  Bernardin, 
et  la  syncope  familière  de  ce  dernier  :  Nadin.  —  T'a  Um- 
qua.  Berna?  J'espère  qu'on  t'a  touché,  l'ami?  Express, 
prvb.  qu'on  adresse  à  celui  qui  vient  de  recevoir  une 
correction  méritée,  ou  bien  un  quolibet  piquant  qu'il  avt  it 
provoqué.  Béma  din  la  luno  ;  on  fait  croire  aux  enfants 
que  les  diverses  taches  qu'on  aperçoit  dans  la  lune,  quand 
elle  est  pleine,  et  qui  donnent  l'apparence  d'une  £ace 
humaine,  ne  sont  autre  chose  que  la  figure  d'un  bûcheron, 
nommé  Béma,  que  Dieu  a  placé  dans  la  lune  pour  le  punir 
d'avoir  fait  des  fagots  un  jour  de  dimanche. 

Dér.  du  lat.  Bemardus,  formé  de  l'allem.  béer,  ours,  et 
de  hart,  génie. 

Béma-pésqoaîre,  s.  m.,  ou  Gnirâoa-Pésqnaire.  Héron 
cendré,  héron  ordinaire,  Ardea  cinerea,  Linn.,  nom  com- 
mun à  plusieurs  variétés  de  héron.  Oiseau  de  l'ordre  des 
Echassiers  et  de  la  fam.  des  Cultrirostres,  remarquable 
par  la  longueur  de  ses  jambes,  de  son  cou  et  de  son  bec  ; 
il  vit  de  pêche  et  tire  de  là  son  nom.  Dans  nos  environs, 
on  l'appelle  Béma-pésqua^re,  et  dans  d'autres  localités  voi- 
sines aussi,  Guirdou-pésquaïre.  Reste  à  savoir  quel  Ber- 
nard et  quel  Guiraud,  qui  ont  toujours  été  assez  nombreux 
dans  le  pays,  étaient  assez  forts  pêcheurs  devant  (a  langue, 
ou  assez  mal  bâtis,  pour  qu'on  ait  donné  leur  nom  au  dis- 
gracieux oiseau-pêcheur,  aux  si  longs  pieds  et  au  si  long 
bec,  emmanché  d'un  si  long  cou.  1^  Fontaine,  qui  Ta  si 
bien  peint,  ne  l'a  pas  dit  et  ne  le  nomme  que  le  héron; 
nous  n'en  savons  certes  pas  plus  que  lui.  —  Voy.  Guirâou" 
péscaïre. 

Béroù,  s.  m.  Dim.  Bérouné.  Terme  de  berger,  Robin- 
mouton,  mouton  favori  ;  celui  qui  conduit  le  troupeau  ; 
petit  agneau  privé  qui  mange  dans  la  main. 

Dér.  du  lat.  Vervex,  mouton. 

Béroù,  $.  m.  Ver  blanc,  qui  vit  dans  les  fruits,  princi- 
palement dans  les  cerises  et  dans  les  pois. 

Ce  mot  parait  dérivé  du  fr.  ver,  dont  il  ne  serait  qu'un 
dim.  Dans  le  rom.  beron  ou  berou,  ver  qu'on  trouve  dana 
les  cerises  nommées  guignée. 

Bérouia,  v.  Verrouiller;  fermer  au  verrou. 

Dér.  de  Biroul. 

Béroul,  8.  m.  Dim.  BérouXé,  péjor.  Béro^diae,  Vemm; 
fermeture  de  porte;  tige  de  fer  ronde  et  mobile,  glissant 
entre  des  crampons,  ou  anneaux.  En  lat.  Peeeulue.  c  C'est 
de  ce  mot,  dit  Sauvages,  que  certains  auteurs  font  dériver 
le  nom  de  Montpellier  (Monspessuli),  mont  ou  colline  du 
verrou,  à  cause  de  la  célébrité  du  verrou  de  Téglise  de 
Saint-Firmin,  dans  cette  ville.  > 

c  Les  banqueroutiers  y  faisaient,  dit-on,  cession  de 
biens,  en  présence  des  magistrats  et  da  peuple  assembléB 
un  dimanche  à  l'issue  de  la  messe.  Le  patient,  debout,  n»- 
pieds  etnu-téte,  appuyait  les  deux  mains  sur  le  varrou  de 
l'église,  et,  dans  le  moment  marqué,  fl  en  dètadiah  une 


BÊR 


BES 


109 


qa'il  portait  sur  son  derrière  en  disant  à  ses  créanciers 
d'une  voix  haute  :  Pago-té  d'aquï,  dicton  qui  a  passé  en 
proverbe.  > 

Il  prétend  encore  que  c'est  de  là  qu'est  venu  cet  autre 
dicton  :  Mousira  hu  quiou,  montrer  le  derrière,  qu'on  dit 
de  ceux  qui  ont  manqué  à  leurs  engagements. 

L'anecdote  est  assez  curieuse  et  peut  être  vraie  ;  mais  il 
est  absurde  de  supposer,  comme  ces  savants  auteurs  qui  ne 
sont  pas  d'ailleurs  cités  par  Sauvages,  que  de  là  vient  le 
nom  de  Monspessuianus,  B|ontpellier,  attendu  que  ce  nom 
existait  certainement  avant  l'invention  de  cet  usage,  et  sur- 
font avant,  qu'on  y  parlât  le  languedocien,  tel  qu'il  est 
dté  dans  la  phrase  sacramentelle  :  Pago-té  d'aquï.  —  Voy, 
Mtounpétém 

Empourtaraâ  pas  lou  béroul,  tu  n'emporteras  pas  la 
crémaillère  quand  tu  quitteras  cette  maison,  est  une  expres- 
sion proverb.  fort  usitée  de  nos  jours.  Lorsqu'un  domes- 
tique prend  vivement  l'intérêt  de  son  domaine  vis-à-vis 
d'an  maraudeur,  d'un  grapilleur,  celui-ci  l'apostrophe  par 
cette  phrase,  comme  pour  lui  dire  que  sa  fidélité  ne  lui 
procurera  pas  une  fortune. 

Dér.  de  Baro,  dim.  baroul,  béroul, 

Bérqna,  v.  Ebrécher  ;  écorner  ;  entailler  ;  édenter. 

Dér.  de  Bèrquo. 

Bérqnaduro,  s.  f.  Brèche  ;  écomure  ;  entaille  ;  l'action 
d'ébrécher.  —  Vdy.  Bèrquo. 

Dér.  ùe Bèrquo, 

Bèrqae,  bèrqno,  adj.  Spécialement  mouton,  brebis  ou 
chèvre,  qui  a  perdu  ses  dents. 

Bérqoiètro,  s,  f,,  ou  Vérqniéîro,  s.  f.  Dot  d'une  fille 
en  la  mariant;  constitution  dotale;  bien  apporté  par  la 
femme  en  mariage. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Vereheria. 

Bèrquo,  «.  f.  Brèche  ;  écomure  ;  entaille;  coche. 

Dér.  de  l'allem.  Brechen,  rompre,  casser,  briser. 

Bèrqno-dén,  a(y.  des  deux  genres.  Brèche-dent,  à  qui 
il  manque  une  ou  plusieurs  dents  ;  ne  s'applique  qu'aux 
personnes. 

Formé  de  Bèrquo  et  de  dén. 

Bértèlo,  «.  f.  Sangle,  courroie,  pour  soutenir  un  sac 
sur  le  dos;  bretelles  pour  soutenir  les  pantalons. 

£mp.  au  fr. 

Bértonl,  «.  m.,  ou  Bértoulo,  $.  f,  Dim.  Bérioulé,  bér- 
tmdéto.  Cueilloir,  petit  panier  à  anse,  fait  d'éclisses  tres- 
sées ;  son  usage  principal  est  de  servir  à  ramasser  des  châ- 
taignes.—  Aquèl  castagne  frucho  Inèn,  las  bojo  à  pUn 
bérUnU,  ce  châtaignier  produit  beaucoup,  à  plein  panier. 

Formé  par  corrupt.  peut-être  de  Bridaulo,  éclisse,  scions 
reiendus;  mais  mieux  dér.  de  brett,  celt.,  en  lat.  lignum, 
boîs,  planche.  —  Vay,  Bréthmas, 

Bérionlado,  s.  f.  Contenu  d*un  Bértoul,  plein  un  Mr- 
tmU. 

Bérogo.  <.  f.  Dim.  Béruguéto,  péj.  Bérugasso,  Verrue; 
poinao,  excroissance  dure  et  indolente,  qui  vient  ordi- 


nairement aux  mains. — Un  remède  de  bonne  femme  contre 
les  verrues  consiste  à  les  frotter  journellement  avec  un 
bouchon  de  bourre  prise  dans  un  bât.  On  n'a  pas  ouï  dire 
que  cela  ait  guéri  personne  ;  mais  comme  cela  ne  saurait 
faire  empirer  le  mal,  il  n'y  a  aucun  inconvénient  à  conti- 
nuer la  friction  jusqu'à  ce  qu'elle  ait  usé  la  calosité. 

Dér.  du  lat.  Verruea,  verrue. 

Bésâoa,  s,  m.  Dim.  Bésalé.  Canal  d'irrigation,  biez  de 
moulin;  prise  d'eau. 

Ce  mot  doit  avoir  une  origine  commune  avec  le  fr.  Biez, 
En  roman,  besal,  besaliere,  canal,  conduit  des  eaux,  rigole 
d'arrosage,  même  sign.;  celt.  beal;  bass.  lat.  bedale,  en  lat. 
via  aquœ;  en  gr.  6(7). 

Béscle,  s.  m.  Terme  de  boucherie  ;  rate  de  mouton  ; 
fressure. 

En  V.  fr.  Bascle, 

Béscul,  s  m.  Biscuit;  pâtisserie  faite  de  la  fleur  de 
farine,  de  sucre  et  d'œufs,  cuite  au  four  de  pâtissier.  — 
Paptè'béscuï,  papier  sur  lequel  on  enfourne  la  pâte  de 
biscuit,  et  sur  lequel  il  reste  des  traces  de  sa  substance 
quand  on  le  détache.  Les  enfants  achètent  ce  papier  chez 
les  pâtissiers  et  rongent  à  belles  dents  cette  friandise  à 
très-bon  compte. 

Dér.  du  lat.  Bis  et  coctus,  cuit  deux  fois. 

Béségno,  s.  f.  Gousse-d'ail;  amande  d'ail;  un  des 
caïeux  dont  la  réunion  forme  la  tète,  qu'on  appelle  Bous- 
sèlo. 

On  dit,  et  c'est  possible,  que  ce  mot  a  pour  étym.  Véno 
d'àiè,  à  la  vérité  par  altér. 

Béségudo,  s.  f.  Besaigtie,  instrument  de  charpentier, 
taillant  par  les  deux  bouts.  —  Esdà  à  la  béségudo,  sabot  à 
la  cévenole,  dont  la  pointe  est  recourbée  comme  les  anciens 
souliers  à  la  poulaine. 

Dér.  du  lat.  Bis  et  acutus,  à  deux  pointes,  soit  qu'il 
s'applique  à  l'instrument  des  charpentiers,  soit  à  la  chaus- 
sure de  nos  montagnards,  qui  portait  sans  doute,  dans 
l'origine,  une  seconde  pointe  à  l'arrière,  comme  une  sorte 
d'éperon. 

Béaougna,  v.  Travailler,  s'occuper  ;  faire  une  afiaire  ; 
faire  ses  afiEûres.  —  A  bien  bésougna,  il  a  bien  spéculé. 

Bésouguo,  s,  f,  Dim.  Bésougnéto,  péj.  Bésougnasso, 
Chose;  affaire;  besogne,  travail,  ouvrage.  Dans  ce  dernier 
sens  :  Laisso  mé  faïro  ma  bésougno,  laisse-moi  faire  ma 
besogne,  mon  travail,  mon  ouvrage.  Fat  fosso  bésougno,  il 
fait  beaucoup  d'ouvrage.  Faire  bésougno,  réussir  dans  ses 
afiaires,  être  rangé;  augmenter  progressivement  son  avoir. 
Avec  la  première  acception,  Bésougno  a  la  même  extensfbn 
que  le  fr.  ehosê  et  le  lat.  negotium.  Il  sert  à  désigner  une 
foule  d'objets  dont  le  technique  ne  vient  pas  immédiate* 
ment  à  la  mémoire;  il  veut  tout  dire  et  désigne  tout.  — 
Mouuu  Bésougno,  monsieur  Chose,  monsieur  un  teL 
Bésougno  en  dit  autant»  en  supprimant  monsieur. 

Dér.  de  l'ital.  Bisogna,  affidre. 

Bésoun,  «.  m.  Besoin;  manque;  misèrei  disette,  indi* 


110 


BES 


BES 


gonce  ;  nécossitr*  iialurelle.  —  Aqud  li  faï  hcsoun,  coin  lui 
est  nécessaire,  il  ne  peut  s'en  priver,  ou  s'(Mi  passer.  En  bc 
besoun  que...  il  faut  l)i<Mi  que,  il  est  bien  nécessaire  (pip... 
Es  lou  bétouti  que  i-on  foi  faire,  c'est  la  niiséro  ijui  le 
conduit  li\.  S't'ro  (lé  besoin),  s'il  le  fallait.  Fuirc  sous  besnu- 
nas,  va^jner  à  ses  nécessit>^s  naturelles. 

Dér.  de  l'ilal.  hisoijuo,  Mian(iu<\  nr-cossit-*'. 

Béssédo,  ».  f.  Taillis  de  houl^iux. 

Ce  mot  est  dér.  do  Bh,  bouloau,  (jui  a  vieilli,  mais  qui 
s'est  cons»^rvc  dans  le  hreton  bez,  pris  du  celt.  bcss,  inéme 
sign.  Il  n'est  plus  qu'un  nom  prop.  ei  enire  dans  la  com- 
position d<^plu>ieurs;  la  dosin.'nce  é /o.  qu;^lilioriti\e  et  col- 
lective, n'-poiidaiit  i'i  t/*>  l'r.  ou  ny  :  Lu  liesse  lo  r(»\  ioni  a 
La  Htuilave  ou  La  lJ>ula\,  ou  Houlay.  {j'iW  fiiide  c/o  est 
caraclcrisliijue  et  i)ropre  au  midi  dn  la  rnuic*^;  o\\^'  y^^\)\v- 
Si'nle  la  tormmaison  lat.  elmn,  qui  a  varié  souvent  en 
eiuin,  etju7)i,  et  a  lait  ihnu  et  efmii,  d  où  'i/o  procède 
plus  directemout  ;  mais  S(ais  toutes  c^s  l'ormes,  elle  porli' 
en  Soi  un  sens  de  c*)lleclivilé,  (jui  s'attache  au\  mois  d;uis 
lesquels  elle  apparail  :  Ceriè'ireilo,  yougarêîn,  PincJo, 
Verncilo,  etc.,  lieux  plantés  de  cerisiers,  de  noyers,  de 
pins,  d'aunes,  etc.  Si'S  similaires  s  int  en  \mv^.  îcr,  ières; 
en  fr.  aie,  ay,  ayc,  ei,  ey,  ec.  eis,  eis,  ei,r,  es,  et,  ex,  ois, 
01  ;  mais  le  radieal  commun  est  dans  raiicicii  i^aiilas,  au- 
quel il  faut  toujours  remonter,  en  fait  >urtout  d'elym  loL'ie 
des  noms  pr«»presde  lieux. 

Bésséjo,  s.  f.,  H.  pr.  de  lieu,  lîessè^'es,  commune 
éripV  nouvelleuienl  en  clief-lieu  de  canton,  arrondis- 
seiiiênt  d'Alais.  L'importance  el  la  pro>p  rij.'  dt\N  mines  de 
houille  et  des  fomleries  et  forges  et  dilies  d  in>  cott'^  loca- 
lité lui  ont  donné  un  développement  consiili-ralile. 

Dans  rétynudogie  des  noms,  il  y  a  toujours  à  distin;juer 
le  radical,  cpii  foi'mo  le  cor[)s  du  mol  et  li-nr  si-;ni(ic  ition, 
de  la  désinence,  qui  n'est  souvent  tiu'exi)|i'tive.  Ici  ejo 
seiidde  être  un  suOlxe  manpiant  la  collectivité,  la  (]uan- 
lilé  ;  le  radical  reproduit  le  celt.  bess,  vcss,  l^ouleau,  et  le 
nom  si  i:  ni  lierait  un  lieu  plant''*  de  bouleaux.  Il  pourrait 
cependant  au>si  avoir  élé  formé  par  la  lia>s.  lai.  bcssœ  ; 
Besses  dans  le  dialecte  liniousin  et  auverimat  a  le  sens  du 
lat.  ptiscua,  pâturages,  j)rairies.  Les  deux  accej»tions  sont 
applicables. 

Béssina,  v.  Vesser  ;  rendre  par  le  bas  un  vent   muot. 

Béssino,  s.  f.  Vesse,  V(^nt  muel  par  en  bas.  —  Vnrâou- 
los  (le  fenno,  béssino  d'ase,  j)ropos  de  femme,  le  viMit  l'em- 
jxu'le.  Pcr  uu  pe,  per  uuo  bessinn  refuses  jtns  ta  vestnn, 
pour  un  petit  défaut  sans  gravité,  ne  refuse  pas  en  mariage 
ta  voisine.  La  moralité  de  ce  proverluM'st  qu'il  vaut  mieux 
épouser  une  fennne  que  l'on  connaît  bien,  malgré  (piel(jues 
petits  défauts,  qu'une  étrangère  qui  peut  en  cacher  de 
bt\iucouj)  j^lus  grands.  Le  pn^Ncrbc  ajoute  en  elTet  :  ->V 
prendras  uuo  detras  lou  pioch  que  tt'daura  fach  sept  ou 
h  wch . 

Ifessino-de-loù ,  vesse-de-loup,  plante  de  la  fam.  des 
Fuuijus,  Bolets  ;  qui  se  remplit  d'une  jumdre  noire,  quand 


elle  est  en  maturité.  Sous  la  pression  elle  éclate,  et  sa  pous- 
sière se  répand. 

Dér.  du  lat.  Ycsica,  i)etite  \essie,  globule. 

Bésso,  .s.  /'.  Abbesse,  sui)érieure  d'un  monastère  de  filles 
ou  de  feiimi.'S.  —  Tèros  ou  Mas  de  las  Bessos,  métairie  OU 
clianq)S  de  r.\bbaye  ou  des  Abliosses. 

Der.  du  lat.  Aiibas,  ])ar  ai)o(:oj)e  de  Va  initial. 

Béssoù,  béssouno,  alj.  Dim.  Béssonné.  Jumeau,  elle; 
en  parlant  soit  di'S  persoimes,  soit  des  animaux  ou  des 
arbre>,  [iroduits  d'une  mémo  souche,  ou  bien  des  fruits 
adhérenls  l'un  à  l'autre. 

Dèr.  du  lat.  Bis  el  de  la  part,  ou,  contraction  de  homi- 
nes  :  deux  hommes,  ou  homme  double.  La  désinence  soù, 
i\n\  esl  la  même  que  snun,  et  qui,  dans  le  [)rinci{)e,  était 
ainsi,  j)uisipii'  son  féminin  est  encore  souno,  j)eut  avoir  été 
empruntée  à  l'angl.  son,  fils.  La  longue  i»ccupation  des 
provinees  méridionales  par  les  .\nglais  rend  cette  hvfW)- 
tiièse  [)lausihle.  Itcssoù  reviendrait  alors  î\  bis-son,  deux 
fois  lils,  (»u  doul)l(' lils. 

Béssounado ,  *.  f.  Aecouchement  do  junjoaux  ou  de 
jumelles  ;  les  jinmMux  eux-mêmes  pris  collectivement.  — 
Aquo  fat  uito  bravo  bessoanado,  c'«'st  un  joli  couple.  A  fa 
très  bessounados ,  elle  est  accouchée  trois  fois  de  ju- 
meaux. 

Béstialén,  énquo,  adj.  Qui  tient  de  la  l>éte,  l)estial  ; 
(pli  aime  les  aiiiniaux,  (jui  se  plaît  à  les  élever,  aies  soigner. 

D''r.  de  Bèstio. 

Bésliàou,  s.  m.  Dim.  Bestiale,  péj.  Bestinlas.  BtHail  ; 
ens'^mblo  des  animaux  domesti<iues  d'une  ferme;  la  gent 
animale  en  L'^éini'al.  —  Lous  matinans  soh7i  un  bra\}€  hés- 
tiale,  les  vers  à  s«)ie  sont  un  charmant  i)euple-aniinaL 
Aribd  (ou  bestiànu,  donner  la  ration  aux  animaux  de  la 
grange,  chevaux,  nulles,  boMifs  ou  moutons,  non  comprise 
la  V(tlaille.  Laissas  pissa  lou  béstidnu,  laissez  pisser  le  mou- 
ton ;  laissez  faire;  laissez  couler  l'eau. 

Dér.  de  Bèstio. 

Béstiassado,  s.  /".  Grosse  bêtise;  balourdise;  gaillanlise 


grossière. 


Béstiasso,  s.  f.  Ciivts  el  vilain  animal.  Au  fig.,  grosse 
bête;  butor:  grand  iml^'cile;   gri'issier. 

Augm.  et  p''jor.   de  Bèstio. 

Béstiéja,  v.  Taire  l'imbécile,  le  nigaud;  dire  ou  faire 
des  gaillardises  grossières. 

Béstiéjaïrc,  aïro,  adJ.  Oui  fait  des  niches  grossières  et 
gaillai'ilcs  ;  qui  fait  dos  lazzis  indécents. 

Béstiéto,  s.  f.,  ou  Béstiolo,  v.  f.  Bestiole,  petite  bète; 
insectes  en  général.  .Vu  fig.,  [»elit  esprit,  persi^nne  bornée, 
.sans  intelligence  el  sans  instruction. 

Hestiouno  s'emploie  dans  le  même  sens. 

Dim.  d('  Jhstio. 

Bèstio,  .V.  f.  Dim.  Bestieto,  béstiolo,  hestiouno,  péj.  Més- 
tiasso.  liêto,  animal,  en  général,  particulièrement  une 
mule  ou  un  cheval.  Au  fig.,  sot,  idiot,  imbécile  ;  lourdaud; 
butor;  mauvais  plaisant;    vicieux. 


BIA 


BID 


in 


*-  M  iMampa  uno  bèMUo,  il  m'a  crevé  an  cheval,  une 
mule.  Es  pu  bèstio  qi*é  nèci,  il  est  plus  coquin  que  sot.  JUé 
a^ué  poi  sotiiamén  :  bèttio,  nè$  aquït  il  ne  fit  nulle  atten- 
tion à  moi  ;  il  ne  me  demanda  pas  seulement  :  que  fais-tu 
là  7  Aquà'ê  la  hèsiio  ddou  bon  JHou,  c'est  un  pauvre  inno- 
cent» un  crétin  inoffensif. 

Mr.  du  lat.  Béttia. 

Béstiôoil,  olo,  adj,  Dim.  BésUoulé.  Nigaud;  imbécile; 
ignorant;  stupide. 

Béstiu,  ndo,  adj\  Dim.  BésHudé,  péj.  BétHudat.  Bes« 
tial,  qui  a  les  instincts  de  la  bête  ;  brute  ;  abruti. 

Dér.  de  9èêtio. 

Bésaquariès,  «.  f.  plur.  Dim.  Bésu^uarièïrétos,  Vô- 
tâles;  niaiseries;  bagatelles. 

Dér.  de  Bétuqué, 

Bôsnqaé,  éto,  adj.  Vétilleur;  cogne-fétu;  tatillon; 
qui  fait  une  grosse  affaire  de  niaiseries  ;  qui  se  tue  et  se 
tourmente  de  minuties,  les  crée  et  les  cherche  à  plaisir  ; 
qui  épluche  oe  qu'il  mange . 

Dér.  de  Bé$uquo,  vieux  mot  hors  d'usage,  qui  signifie 
une  espèce  de  jeu  de  fainéant,  consistant  en  une  chaîne 
dont  les  anneaux  sont  enchevêtrés  de  manière  qu'ils  sont 
très-difficiles  à  dénouer.  C'est  cet  instrument  ou  quelque 
chose  d'analogue  qu'on  vient  de  renouveler  sous  un  nom 
de  .circonstance  :  la  qveMtUm  romaine.  L'allusion  a  été 
saisie;  cet  exercice  a  amusé  sans  rien  résoudre,  bien 
entendu  ;  mais  l'inventeur  y  a  fait  sa  fortune. 

Dér.  du  lat.  Bis  et  uneus,  double  crochet. 

Bésuqaéia,  v.  Vétiller;  baguenauder;  s'amuser  à  des 
riens;  pignocher  ou  manger  à  petits  morceaux  et  en  éplu- 
chant. 

Béraquotts,  oiiao,  adj.  Vétilleux;  minutieux  en  pariant 
des  choses.  —  Vn  ouwajê  bésuquoùs,  un  ouvrage  minu- 
tieux, qui  exige  de  la  patience  ;  travail  de  détail  minu- 
tieux. 

Béto-rabo,  t.  f.  Betterave,  B»ta  vulgaris,  Linn.,  plante 
potagère,  partout  cultivée,  qui  a  trois  variétés  principales  : 
blanche,  louge  et  jaune. 

Emp.  au  fr. 

Bélorgo,  «.  f.  Cerise  courte-queue;  gcdiet;  la  meilleure 
esçàfx  pour  confire  à  Teau^e^vie. 

BétMBCfnièi  s.  m.  Cerisier  eourta^queue. 

Serait-il  dér.  du  lat.  Bis  tortus,  qui  serait  une  allusiiHi 
à  la  brièveté  de  la  queue  de  son  fruit  qu'on  croirait 
tORine? 

Bîa,  V.  Serrer  la  corde  d'un  ballot,  ou  la  charge  d'une 
mâtuie,  an  la  tordant  avec  la  bille  ou  avec  le  ganot  ; 
bill^. 

Dér.  du  lat.  Bis  et  de  Lia,  lier  ;  lier  deux  fois. 

Bliây  j.  m.  Dim.  Moiissé,  Biais;  adresse,  faabllaté; 
savoir-faire  ;  tournure;  esprit;  inclinaison-;  manière  d'être. 
—  Jean  sans  biaX  ou  Pàùu-dé^bM,  un  maladroit.  Préne 
tomhim,  ptfendre  la  bomia  manièie  de  faire  quelque  diose. 
Aqi^'s  mmn  biex,  c*est  sa  maniàre  de  Mrs  ou  d'Mie.  Cka^ 


cwi  soun  biaï,  chacun  a  sa  façon  d'agir.  Préne  qtséouqmts 
dé  soun  biaï,  prendre  quelqu'un  par  son  faible,  s'accom- 
moder à  son  humeur.  Aquà's  toujour  d'un  bi<a,  c'est  tou- 
jours la  même  chose,  ni  mieux,  ni  plus  mal.  Douna  hu 
biaï  à  quieon,  donner  une  bonne  inclinaison  à  quelque 
chose  ;  lui  donner  de  la  tournure.  A  bon  biaï,  il  parait 
adroit,  habile.  De  quinte  biaï  gué  mé  vire,  de  quelque  c6t6 
que  je  me  tourne,  quelque  tournure  que  je  prenne.  D'un 
bie^  ou  d'un  doutre,  d'une  façon  ou  d'autre.  Siè$  pas  dé 
biaï,  tu  n'es  pas  bien  placé.  A  fosso  biaïssé,  il  a  beaucoup 
de  dextérité,  d'adresse  ;  il  est  plein  de  savoir-faire.  Aquè's 
pas  dé  biaï,  ce  n'est  pas  d'aplomb;  cela  n'a  pas  de  tour* 
nure. 

Dér.  du  gaulois  Bihay,  obliquité. 

Biaissa,  ado,  adj\  Dim.  Riàissudé,  Adroit;  ingénieux; 
plein  de  savoir-faire. 

Dér.  de  Btov. 

Biala,  v.  Bêler.  —  Se  dit  des  brebis,  des  moutons,  des 
chèvres,  des  agneaux,  et  par  extens.  de  tout  cri  forcé.  — 
Fédo  que  bialo  par  un  moueèl,  brebis  qui  bêle  perd  sa  gou- 
lée,  c'est-àKlire  qu'un  bavard  est  toujours  en  arrière  dans 
ses  afEûres. 

Dér.  du  lat.  Balare,  bêler,  ou  du  gr.  BtiXtjv,  brebis. 

Bialaîre,  aîro,  adj\  Qui  bêle  ;  au  fig. ,  pleurard  ;  qué^ 
mandeur;  poétiq.,  mouton,  chèvre,  agneau. 

Bialamén,  s.  m.  Bêlement,  cri  naturel  des  brebis,  etc. 

Biar,  s.  m.  Dim.  Biardé,  Billard;  table  sur  laquelle  on 
joue  à  ce  jeu. 

Emp.  au  fr. 

Biasso,  f .  f.  Dim.  Biasséto.  Besace;  panetière  de  berger; 
sac  des  mendiants;  sac  ouvert  dans  le  milieu,  ayant  une 
poche  de  chaque  c6té.-^  A  sa  biasso  ooufido,  pléno,  il  a  dit 
foin  dans  ses  bottes.  Chacun  prèeho  pir  sa  biasso,  prvb., 
chacun  prêche  pour  sa  besace,  dans  son  intérêt. 

Dér.  du  lat.  Bisaceium. 

BiMo,  s.  f.  Bible;  livre  ou  recueil  des  Saintes  Ecri- 
tures. 

Dér.  du  lat.  Bil4im,  livre  par  excellence. 

Bicarèon,  «.  m.  Mercier  ambulant;  porte*balle. 

Dér.  du  lat.  fteatim,  de  bourg  en  bourg,  de  village  en 
village. 

Biehd,  t.  m.  Dim.  BfehUté.  Petit  broc  ;  crvkdbê  ft  vin 
qui,  au  lieu  d'avoir  un  goulot,  a  un  large  bee. 

Dér.  du  gr.  BTxoç,  vase  ou  urne  à  anses.  En  ital.  bie- 
ekiere,  verre,  gobdet  ;  mesure  k  vin. 

Bidé,  «.  m.  As  au  jeu  de  dés.  —  A  fa  raflo  dé  bidé,  \k 
a  fait  rafle  d'as;  il  a  tout  gagné,  tout  ramassé. 

Ce  mot  a  la  même  étym.  que  le  fir.  Bidet;  comme  l'as 
au  jeu  de  cartes  se  nomme  aussi  ase  en  langued.,  tor, 
bidet. 

Bldoun,  e.  m.  fiidoo;  barillet  en  bols,  oft  les  journaliers 
portent  leur  ration  de  vin  pour  la  journée,  et  les  cantiniers 
de  reau-de*vie. 

Emp*  au  fr. 


113 


BI6 


BU 


Bièlos,  «.  f.  pi.  Péjor.  Bma9$os.  Effiloqaes  ;  effilares  ; 
franges  d'une  étoffe  usée  et  qui  8*effîle. 

Gomip.  du  mot  Vièïos. 

Bien,  adv.  Bien;  beaucoup;  &  merveille;  grandement; 
heureusement;  largement.  —  Ce  mol  est  une  richesse  de 
la  langue  d*Oc,  qui  distingue  entre  les  deux  acceptions  du 
fr.  bien,  sans  confusion  possible.  On  dit  en  français  :  je 
Taime  bien,  et  Tamphibologie  est  embarrassante.  On  doute 
si  cette  petite  phrase  signifie  :  oui,  je  l'aime,  ou  si  elle 
exprime  :  je  l'aime  beaucoup.  En  lang.  on  dirait  dans  le 
premier  cas  :  L'atme  bé,  je  l'aime,  certainement  ;  et  dans 
le  second  :  L'aïme  bien,  je  l'aime  extrêmement. 

Dôr.  du  lat.  Benè. 

BiènlaBén,  énto,  adj.  Bienfaisant  ;  qui  prend  plaisir  à 
faire  du  bien  ;  qui  fait  de  bonnes  œuvres. 

Formé  de  Bien  et  de  foién. 

Bièro,  s.  f-  Bière,  boisson  spiritueuse  produite  par  la 
fermentation  de  graines  céréales  et  particulièrement  de  l'orge. 

Dér.  de  l'allem.  Bier. 

Bièro,  5.  f.  Brancard  à  claire-voie  dans  lequel  on  porte 
les  morts  au  cimetière,  qu'ils  soient  déjà  renfermés  dans 
le  cercueil  ou  seulement  dans  leur  suaire.  On  ne  doit 
jamais  dire  la  bièro,  dans  le  sens  de  cercueil,  bière,  qui  se 
disent  edisso. 

Dér.  du  celt.  Boêr  ou  haar,  cercueil,  on  de  bar,  bran- 
card, caisse  portative. 

Bièto,  «.  f.  Citation  ;  billet  d'avertissement  à  compa- 
raître devant  le  juge  de  paix;  extrait  du  rôle  des  contri- 
butions ou  avertissement. 

Dér.  du  fr.  BiUet. 

Biga,  v.  CoUoquer;  se  défaire;  troquer;  échanger; 
vendre;  marier.  —  A  bien  biga  sa  fw,  'û  a  bien  placé  sa 
fille  ;  il  lui  a  fait  faire  un  bon  mariage  ;  il  l'a  bien  coUo- 
quée.  Coumo  quieon  la  bigarén,  de  manière  ou  d'autre 
nous  nous  en  débarrasserons. 

Dér.  du  lat.  Bis  et  j'ugare,  on  vices,  échange  :  invieem 
muUtre. 

Bigara,  ado,  aij.  Bigarré;  peint,  nuancé,  mêlé  de  plu- 
sieurs couleurs  disposées  par  bandes. 

Dér.  du  lat.  Bisjugare,  atteler,  joindre,  et  radius,  rayon, 
raie;  ou  bien  de  variegatus  ou  virgutus. 

Bigaraje,  «.  m.  Bigarrure;  bariolage;  mélange  de  plu- 
sieurs couleurs  tranchantes. 

Dér.  de  Bigara. 

Bigaronno.  s,  f.  Bigarreau,  grosse  cerise  en  forme  de 
cœur. 

Formé  du  Ut.  Bis  et  du  mot  garo,  lang.  adjectivé. 

Bigô,  s,  m.  Hoyau  à  deux  dents;  bident;  binette; 
moins  fort  et  emmanché  plu»  court  que  le  béehar.  —  V.  c. 
m.  —  C'est  l'outil  dont  on  se  sert  dans  les  hautes  Cévennes 
et  le  Vivarais  pour  les  vignes  et  tontes  sortes  de  binage. 

Dér.  du  lat.  Bieomis. 

Bigô,  oto,  o^;.  Bigot;  faux  dévot;  hypocrite. 

Dér.  de  l'allem.  Bêg  GiM,  ou  de  Tangl.  6y  god,  par 


Dieu  !  parce  que  les  bigots  sont  censés  répéter  souvent  cette 
oraison  jaculatoire. 

Bigo,  s.  f.»  ou  Bigonn.  Pièce  de  bois  courte  et  équarrie; 
poinçon;  étai.  —  Voy.  Bigoun, 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Biga, 

Bigomo,  s.  f.  Enclume  à  deux  cornes  ou  à  deux 
pointes  arrondies  pour  tourner  le  fer  en  rond  ;  compagnies 
du  centre  de  la  garde  nationale  ;  ancienne  milice. 

Dér.  du  lat.  Bieomis,  à  deux  cornes. 

Bigoro  (Bando  dé),  s.  f.  Bande,  troupe  de  Bohème  ou 
de  Gitanos,  qu'on  appelle  aussi  dans  le  pays  Catalans, 
parce  que  leur  domicile,  s'ils  en  ont  un,  est  dans  les  mon- 
tagnes frontières  de  la  Catalogne  et  de  la  France.  On  les  a 
appelés  dans  le  temps  bando  dé  Bigoro,  parce  qu'il  en 
venait  beaucoup  du  Bigorre,  pays  limitrophe  de  la  Cata- 
logne. Par  ext.  on  dit  bando  dé  Bigoro  comme  torme  inju- 
rieux, pour  :  tas  de  voleurs,  tas  de  brigands.  —  Vog. 
Bèmt. 

Bigonn,  s.  m.,  ou  Bigo.  Bigue  ;  petite  poutre  longue  et 
grêle,  ou  courte  et  équarrie  quand  elle  sert  de  poinçon  on 
d'étai.  —  Voy.  Bigo. 

Bigonmn,  ndo,  adj.  Milicien  ;  garde  national  du  centre; 
biset. 

Dér.  de  Bigomo. 

Bigontariè,  s.  f.  Bigoterie;  fausse  piété;  fausse  dévo* 
tion. 

Dér.  de  Bigà. 

Bigontéja,  v.  Faire  le  bigot;  se  livrer  habituellement  & 
des  actes  de  dévotion  puérile. 

Dér.  de  Bigà. 

Bigre,  bigro,  adj.  Dim.  Bigratoik.  S3rnonyme  radouci 
etdimin.  de  Bougre.  Il  n'entraine  aucune  idée  f&cheuse 
ni  insultante  :  ce  n'est  guère  qu'une  plaisanterie.  Bigre 
s'emploie  aussi  comme interj.  :  diable!  C'est  un  nom  qu'on 
donnait  autrefois  aux  riverains  des  forêts  nationales  on 
seigneuriales,  qui  étaient  des  espèces  de  gardes  spéciaux» 
chargés  de  la  surveillance  et  de  la  recherche  des  abeilles, 
pour  en  recueillir  le  miel.  Un  privilège  de  leur  charge  les 
autorisait  à  couper  l'arbre  sur  lequel  l'essaim  venait  se 
poser.  De  là  ils  furent  nommés  dans  la  bass.  lat.  et  les 
actes  dé  notaire  bigrus  ou  bigri,  par  corrup.  du  lat.  api- 
ger,  apieurus,  apieuri,  ce  qui  a  fait  le  mot  actuel.  On 
pourrait  peut-être  aussi  tirer  cette  épithète  légèrement 
moqueuse  du  nom  des  habitants  du  Bigorre,  en  lat.  Biget- 
riones,  que  l'on  confondait  avec  les  Bohèmes.  —  Voy, 
Bigoro. 

Bijare,  aro,  adj.  Bizarre;  bourru;  d'humeur  peu  so- 
ciable; fantasque;  capricieux. 

Emp.  et  corrup.  du  fr. 

Bi]on,  5.  m.  Dim.  Bijouné.  Bijou,  parure»  jolie  petite 
chose  en  général.  Bijouné,  joli  petit  enfant. 

Dér.  du  lat.  Bis  et  jours. 

Bijontariè,  s.  f.  Bijouterie  ;  tonte  espèce  de  bgonx  ; 
magasin  et  profession  de  bijoutier. 


BIO 


BIS 


113 


BijoQtiè.  5.  m.  Bijoutier,  marchand  qui  vend  des  bijoux  ; 
fabricant  de  bijoux. 

Bijoatièiro,  «.  f.  Marchande  de  bijoux  ;  femme  d*un 
bijoutier;  botte  vitrée  où  s'étalent  les  bijoux  dans  un 
magasin  de  bijouterie. 

Bingo!  (Dé),  adv.,  ou  Dé  gningoi.  De  guingois;  de 
travers;  de  côté;  en  faux-équerre;  bistoumé.  —  Mareho 
tout  dé  bingcX,  il  marche  obliquement.  Y  véi  dé  bingai, 
il  est  louche.  —  Voy.  Dé  guingot. 

Dér.  du  gr.  Tvi^ç,  boiteux,  estropié. 

Binlo,  s.  f.  Bile;  mais  particulièrement  pituite.  C'est  ce 
qu'on  entend  d'ordinaire  quand  on  se  plaint  de  la  binlo  ; 
on  veut  désigner  par  là  un  épaississement  des  glaires  sur 
la  poitrine,  qui  deviennent  visqueuses,  muqueuses  et  diffi- 
ciles à  expectorer. 

Dér.dulat.  BUU. 

Bîo,  s.  f.  Bille  de  billard,  exclusivement. 

Dér.  du  lat.  BuUa,  bulle  ou  boule,  ou  de  pUa,  balle  à 
jouer,  boule.  Le  mot  n'est  pas  ancien  en  lang.  avec  cette 
sign.  et  vient  du  fr. 

Bio,  $.  f.  Garrot;  bille;  b&ton  court  et  fort  dont  on 
serre  les  cordes  d'emballage  en  les  tordant  ;  trique,  tricot  ; 
gros  b&ton;  court  bâlon  des  b&tonistes.  —  Garo,  la  bio/ 
gare,  la  trique,  le  bâton  ! 

Dér.  de  Bïo, 

Biô,  j.  m.  Billot;  grosse  canne  brute;  tricot;  gourdin. 

Augm.  de  Bïo. 

Biôoii,  «.  m.  Dim.  i^îbu/tf^péjor.  et  augm.  Bioulas.  Bœuf 
domestique.  Bot  taurtu  dotneitieus,  Linn.,  mammifère  de 
la  fam.  des  Ruminants.  Le  taureau  se  nomme  Bràou,  — 
Bioulé,  s.  m.  Bouvillon,  jeune  bœuf  ;  en  v.  fr.  bouvelet 
ou  benvelet.  Lou  biôou  bramo,  le  bœuf  beugle,  meugle  ou 
mugit.  —  Aquél  home  es  un  biôou,  cet  homme  est  fort 
comme  un  bœuf.  Biôou  dé  la  Palu,  taureau  sauvage  des 
marais  f  palus  J  de  la  Camargue ,  très-propre  aux  combats. 
Fia  eoumo  la  bano  d'un  biôou,  antiphrase,  c'est-à-dire 
raide  comme  une  barre.  Volo-bidou,  sobriquet  ancien  des 
balHtants  de  Saint-Ambroix.  On  prétend  qu'un  charlatan, 
au  moyen  âge,  annonça  qu'il  voidait  faire  voler  un  bœuf 
du  ran  dé  Jisu,  rocher  de  Jésus  qui  domine  la  ville  au 
midi,  jusqu'au  ran  dé  Manifaeiè,  rocher  qui  se  trouve  de 
Tautie  côté  du  pont.  Jour  pris  pour  cette  expérience,  on 
ne  sait  trop  comment  s'en  tira  l'empirique  :  probablement 
le  boBuf  ne  vola  pas  ;  mais  les  drogues  et  les  onguents 
eurent  bon  débit,  et  les  malins  du  voisinage  firent  subir 
aux  Saint-Ambroisiens  les  conséquences  de  leur  crédulité. 
Ce  sobriquet  tient  encore  dans  toute  sa  force. 

Voici  une  autre  version  :  les  habitants  de  Saint-Am- 
broix  avaient  une.  foire  à  laquelle  jamais  personne  ne 
venait.  Une  année,  ils  s'avisèrent  de  faire  publier  dans 
tous  les  environs  (les  a£Bches-programmes  n'étaient  pas 
oonnues ,  non  plus  que  l'imprimerie  inventée  dans  ce 
temps),  qu'on  verrait  à  leur  prochaine  foire  un  spectacle 
extraordinaire  :  un  bœuf  qui  volerait,  en  parcourant  dans 


son  vol  le  trajet  ci-dessus  indiqué.  On  laisse  à  penser  si  au 
jour  dit  les  curieux  abondèrent  dans  la  ville  ;  pendant 
toute  la  journée,  les  boutiques  non  plus  que  les  cabarets 
ne  purent  suffire  aux  chalands.  Il  va  bien  sans  dire  que  le 
bœuf  ne  vola  pas  non  plus;  mais  la  foire  fut  bonne,  et 
cette  fois  les  mystifiés  ne  furent  pas  ceux  de  Saint-Am- 
broix. 

On  peut  choisir  entre  les  deux  origines  du  sobriquet  :  à 
coup  sûr,  elles  ne  partent  pas  du  même  auteur. 

Bato  dé  biôou.  —  Voy.  Bato. 

Léngo  dé  biôou,  espèce  de  feuille  de  mûrier,  dure,  gri- 
sâtre et  sans  mûres;  elle  est  plus  clair-semée  que  les  autres 
espèces  ;  aussi  est-ce  la  moins  productive  et  doit-on  l'éviter 
à  h  greffe,  mais  en  revanche,  elle  est  moins  sujette  à  la 
tache  par  les  brouillards  et  la  miêlée. 

Biôou,  s.  m.  Coccinelle,  Coecinella  punctata,  Linn.,  de 
la  fam.  des  Trimérés,  insecte,  genre  de  scarabées,  dont  les 
élytres  sont  rouges,  tigrées  de  sept  points  noirs.  On  le 
trouve  principalement  dans  le  calice  des  lys.  Il  est  connu 
aussi  sous  le  nom  de  Bèstio  dâou  bon  Diou,  ou  Galinéto 
dâou  bon  Diou. 

Lorsque  Biôou  est  un  nom  propre  d'homme,  ce  qui  est 
fort  commun  dans  le  pays,  il  fait  au  féminin  Biolo. 

Dér.  du  lat.  Bos,  ou  mieux  du  gr.  Bouc,  même  sign. 

Bîon,  s.  m.  Dim.  Bïouné.  Bigue  de  bois  équarrie  pour 
être  sciée  en  long.  —  Aquél  âoubre  fara  très  bioUis,  cet 
arbre  fournira  trois  longueurs  de  sciage. 

Dér.  de  Bio. 

Biquo,  s.  m.  Gaillard;  bon  compagnon.  —  Un  bon 
biquo,  un  bon  drille.  Trasso  dé  biquo,  mauvais  garçon, 
mauvais  diable.  Sèrês  un  6tçuo  à  faire  aquà,  si  tu  étais 
homme  à  faire  telle  chose.  Ah/  lou  biquo  f  ah!  le  luron  ! 

Ce  mot  pourrait  bien  dér.  de  Vieanui,  villageois. 

Bisa,  ado,  adj.  Hâlé,  gercé  par  la  bise. 

Dér.  de  Biso. 

Bisbil,  s.  m.  Bisbille;  mésintelligence;  discorde;  que« 
relie  ;  rixe  ;  dispute. 

En  ital.  Bisbiglio. 

Biacaire,  «.  m.  Biais  ;  côté;  obliquité  ;  travers  ;  angle. 
—  Dé  biseaïre,  de  travers,  en  faux  équerre.  Coupa  dé  bis- 
caïre,  couper  de  biais.  Cantoù  dé  biscaXrê,  encoignure  en 
faux  équerre. 

Dér.  du  lat.  Bis  et  du  lang.  cotre. 

Biscarlô,  s.  m.  Bidet;  petit  cheval  de  montagne,  ordi- 
nairement de  race  lozerotte. 

Ce  mot  ne  serait-il  pas  dans  sa  finale  une  contraction  ou 
une  altération  de  eavalà,  petit  cheval?  La  syllabe  bis,  da 
la  bass.  lat.  biius,  brun,  noir,  déterminerait  la  couleur  la 
plus  ordinaire  de  ces  poneys  de  montagnes. 

Biscountour,  s.  m.  Zig-aag;  laux-fuyant  ;  course  pleine 
de  contours  et  de  détours,  en  décrivant  divers  arcs  do 
cercle  inverses  les  uns  des  autres. 

Dér.  du  lat.  Bis  et  eontorquere,  tourner  deux  fois  au* 
tour. 

is 


114 


BIS 


BLA 


Bise,  s.  m.  Pigeon  biset;  ramier;  pigeon  sauvage, 
Cdumàa  livia,  Linn.  —  Il  se  distingue  par  deux  bandes 
noires  qu*il  a  sur  chaque  aile.  Son  plumage  est  d*un  gris 
de  fer  foncé,  et  lui  a  valu  son  nom,  tiré  de  la  bass.  lat. 
bisut,  brun. 

BUède,  s.  m.  Bizègle,  instrument  de  cordonnier  en 
buis,  ayant  une  sorte  de  mortaise  aiguë  à  chaque  bout, 
qui  sert  à  lisser  la  tranche  des  semelles  et  à  effacer  la  ligne 
de  suture. 

On  ne  sait  trop  pourquoi  on  donne  quelquefois,  chez  le 
peuple,  le  nom  de  BisèeU  aux  enfants  qui  ont  le  prénom 
de  Louis. 

Dér.  du  lat.  Bis  aeutus,  aigu  des  deux  côtes. 

BUèl  ou  Biaèoa,  «.  m.  Biseau,  talus  pratiqué  à  Textré- 
mité  d*un  outil,  d*un  instrument.  On  le  dit  des  bords  à 
facettes  d'une  glace,  de  Tarète  adoucie  d*un  bois  équarri, 
du  dos  d*un.  couteau,  etc. 

Dér.  comme  Biaï,  du  gaulois  Bihay,  obliquité. 

Buéi,  s.  m.  jU.  Coup  de  bise  ;  autans;  vents  froids  et 
fréquents. 

Dér.  de  Biso. 

BUéto  (En),  adv.  De  biais;  en  biseau  ;  obliquement.  — 
BîMfo  est  le  dimin.  de  BUèou,  mais  ne  s'emploie  qu'ad- 
verbialement. On  dit  encore  :  éicaïè  en  hUéto,  escalier  en 
colimaçon.  Il  semblerait  cependant  que  cette  dernière 
expression  viendrait  de  avis,  une  vis,  dim.  visita. 

Buo,  «.  f.  Bise;  vent  de  bise;  vent  sec  et  froid  qui 
soufQe  du  N.-E.  au  N.-O.  —  La  hiso  es  folo,  il  fait  un 
vent  fou.  Touqua  ddou  vén  dé  biso,  il  est  un  peu  timbré. 
Afuésto  fis  né  siès  iou^ua  ddou  vén  dé  biso,  pour  le  coup, 
tu  peux  t*en  frotter  les  moustaches. 

Jnste-Lipse  fait  venir  ce  mot  de  l'ancien  teutonique,  bisa, 
tourbillon  de  vent.  En  tous  cas,  il  est  remarquable  que  la 
nM^ine  de  notre  biso,  prise  du  celt.  bis,  signifiant  noir, 
réponde  au  grec  Mikon^-^piaç,  vent  noir,  et  au  lat.  aquUo, 
même  sign.,  dér.  de  aquUus,  noir&tre. 

Biaouèr,  s.  m.  Dimin.  Bisotièmé.  Vent-coulis;  courant 
de  bise  à  travers  une  porte,  une  fenêtre,  une  ouverture 
quelconque. 

Dér.  de  Biso. 

Biiqaa,  t;.  Bisquer;  être  vexé;  enrager;  s'impatienter; 
s'inquiéter;  rechigner. 

Dér.  du  lat.  Vexare,  vexer. 

BUqao,  s.  f.  Colère;  fâcherie.  —  A  prés  la  bisquo,  il  a 
pris  la  mouche.  Aquà's  màou  préns  sa  bisquo,  voilà  qui 
est  mal  prendre  son  temps,  se  fâcher  mal  à  propos. 

Dér.  de  Bisqua. 

Blasés  (L'an  dé),  s.  m.  L'année  bissextile,  celle  où  se 
rencontre  le  bissexte,  c'est-àrdire  le  jour  qu'on  ajoute  au 
mois  de  février  tous  les  quatre  ans.  —  Lou  pagarat  tan 
di  bissis,  je  le  paierai  aux  calendes  grecques. 

Un  lourdaud,  nommé  Jwn  dâou  Fés,  qui  avait  pris 
femme,  trouva  mauvais  que  celle-ci  accouchât  au  bout  de 
trois  mois  de  mariage.   Il  consulta  sur  cette  af&iro  son 


curé,  qui,  en  homme  d'esprit  et  de  conciliation,  voulut  pré- 
venir les  suites  fâcheuses  d'un  événement  irrémédiable 
d'ailleurs.  H  compulse  son  Ordo,  et  voyant  que  l'année 
est  bissextile,  après  des  calculs  qui  commencent  à  calmer 
l'imagination  du  pauvre  mari,  il  en  tire  enfin  l'oracle  con- 
solateur suivant  : 

Jean  dâou  Fés 
Fénno  n'a  prés 
L'an  dé  bissés  que  né  vôou  très  ; 
Très  et  très  fan  sièl  et  très  fan  néou, 
L'éfan  es  vostre  pérqué  Dtou-z-ou  vécu. 
Jean  du  Fés  a  pris  femme  dans  l'année  bissextile,  qui 
compte  triple  ;  trois  et  trois  font  six,  et  trois  font  neuf;  Ten- 
fant  est  à  vous  puisque  Dieu  le  vent  ainsi. 

Notre  homme  se  retira  satisfait,  dit  l'histoire. 

Dér.  du  lat.  Bissextus. 

Bistour,  s.  m.  —  Voy.  Biseountour, 

Bistoortid,  s.  m.  Bistorlier,  terme  de  pâtissier  ;  cylin* 
dre,  rouleau,  pilon  de  bois  pour  travailler  la  pâte,  la  pétrir 
et  la  mettre  en  feuille  sur  une  table. 

Dér.  du  lat.  Bis  et  torquére. 

Bitaio,  5.  f.  Victuaille  ;  provision  de  bouche  ;  spéciale- 
ment, ration  de  vivres  qu'apporte  un  journalier  dans  son 
bissac. 

Dér.  du  lat.  VietuaUa,  vivres. 

Biva,  I.  m.  Bivouac,  garde  qui  est  sur  pied  pendant  la 
nuit. 

Emp.  au  fr.,  qui  dér.  de  l'allem.  Bey,  guet,  etwaekt,  nuit. 

Bivaqua,  v.  Bivaquer  ou  bivouaquer  ;  par  ext.  passef 
la  ntdt  en  plein  air,  à  la  belle  étoile. 

Dér.  de  Biva. 

Bla,  s.  m.  Dim.  Bladé.  Blé,  nom  générique  qui  com- 
prend toute  espèce  de  céréales  propres  à  la  nourriture  de 
l'homme.  Dans  beaucoup  d'endroits,  le  mot  bia  ne  désigne 
que  le  froment  et  ses  variétés.  —  Lou  bla  a  fa  d'un  sOS, 
d'un  dès,  le  blé  a  sextuplé,  décuplé,  il  a  produit  six  on 
dix  pour  un.  Téro  négro  faï  bon  bla,  la  terre  noire  pro- 
duit de  bon  blé;  on  dit  cela  souvent  d'une  femme  très- 
brune,  qui  doit  produire  des  enfants  robustes.  Manjarén 
pas  grand  bla  ensemble,  nous  ne  vivrons  pas  longtemps 
ensemble  ;  il  y  a  incompatibilité  entre  nous.  Sa  fénno  vtf 
fara  manja  hu  bla  cher,  sa  femme  le  ruinera.  Èla  earga, 
blé  chargé  de  mauvaises  graines.  Bla  dé  barquo,  blé  étran- 
ger, qui  vient  par  eau  et  qui  est  souvent  avarié.  Bla  dé 
pêns,  blé  indigène.  Chaque  pays  a  une  prédilection  pour  tes 
produits  de  son  sol,  ici  surtout.  Le  fait  est  que  le  blé  des 
environs  d'Alais  est  de  fort  bonne  qualité;  il  se  vend  ton- 
jours  plus  cher  que  le  blé  étranger.  Bla  dé  sénUnço,  blé 
du  premier  choix,  réservé  pour  renouveler  la  semence. 
Bla  vésH,  grains  qui  n'ont  pas  été  dépouillés  de  leur 
balle.  Un  bla  est  ordinairement  un  blé  en  herbe.  Un  for 
bla,  un  blé  bien  fort  et  bien  épais. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Bladum,  qui  vient  lui-même  du 
vieux  saxon  blad. 


BLA 


BLA 


115 


Bla^è,  iîro,  a4j.  Qui  concerne  le  blé;  blatier,  mar- 
chand de  blé,  moins  usité  cependant  en  ce  sens  que  mar- 
êhan  dé  bla.  Il  est  quelquefois  nom  prop.  ;  les  enfants  alors 
se  nomment  :  Bladièiré,  Bladiëiréto.  ^  MouH  bladiè, 
moulin  à  blé. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Bladarius  ou  bladerius,  moulin  à 
farine. 

Blagna,  o.  Bavarder;  hâbler  ;  parler  inconsidérément; 
mentir. 

Dér.  du  lat.  Bialerare,  caqueter,  babiller. 

Blaguo,  s.  f.  Hâblerie  ;  bavardage  ;  babil  importun  ; 
menterie;  blague,  qui  est  passé  en  ce  sens  dans  le  fr.  fam. 
et  pour  signifier  :  sac  à  tabac.  —  Taïso  ta  blaguo,  cesse 
Ion  babil.  Abtu  a  pag  fa  que  dé  blaguos,  il  ne  nous  a  dit 
qpe  des  bourdes,  des  hâbleries,  des  mensonges. 

Dér.  de  Blagua. 

Blagnr,  nrdo,  adj.  Blagueur;  hâbleur;  parleur  sempi- 
ternel ;  indiscret. 

Même  dér.  que  le  préc. 

Blaûne,  $.  m.  Calomnie,  ou  tout  au  moins  grosse  médi* 
sanoe.  —  Leva  un  blaïme,  inventer  une  calomnie,  calom- 
nier. 

Dér.  du  gr.  BXdEjjLixa,  lésion,  injure,  dommage. 

Biaisa,  v.  Biaiser  ;  agir  avec  nonchalance,  sans  entrain, 
sans  conviction. 

Dér.  du  nom  pr.  Blèêo,  Biaise,'  synonyme  de  noncha- 
lant. 

Blaîséja,  v.,  et  Blésséja,  v.  Grasseyer,  parler  gras, 
comme  font  les  Provençaux,  à  rencontre  de  la  lettre  r  qui 
8*embarrasse  dans  leur  gosier,  et  qui  a  quelque  rapport 
avec  le  g. 

Ce  mot  est  encore  plus  spécialement  applicable  à  un  léger 
défaut  de  langue,  qui  se  produit  pour  certaines  consonnes, 
comme  si  on  les  glissait  entre  les  dents  ;  ce  qui  fait  pro- 
noncer le  eh  comme  un  s,  le  j  comme  un  x,  et  ;  comme  si 
d  la  précédait. 

Le  premier  est  le  grassaiement  et  le  second  le  zézaie- 
ment, que  le  lang.  confond  dans  Blaîséja  ou  Blésséja. 

Dér.  de  Blé, 

Bla-maré,  s.  m.  MaSs;  blé  d'Inde  ou  de  Turquie;  gros 
millet  des  Indes  ;  Zea  mays,  Linn.  Plante  de  la  fam.  des 
Graminées,  originaire  de  TAmérique,  d'après  certains 
auteurs,  tandis  que  d'autres  soutiennent  qu'elle  est  venue 
des  Indes-Orientales,  opinion  que  semblerait  confirmer  son 
nom  fr.  En  tous  cas,  la  dénomination  langued.  Bla-maré, 
indique  qu'elle  nous  est  arrivée  par  la  mer, 

Blan,  «.m.  Blanc,  monnaie  du  moyen  âge  qui  valait 
dnq  deniers.  —  Stév  blan,  deux  sous  et  demi,  ou  425  mil- 
lièmes. C'est  là  le  seul  cas  où  le  mot  est  employé. 

Son  nom  dérive  de  sa  couleur,  c'est-â-dire  que  cette 
monnaie  était  blanchie  ou  étamée  ;  en  argent,  elle  eût  été 
trop  petite  pour  la  valeur  représentée. 

Blan,  qno,  adj.  Dim.  Blanqué,  péjor.  Blanquas,  Blanc; 
couleur  de  la  neige  ;  pâle;  propre.  —  Drapèou  blan,  dra- 


peau de  la  monarchie  française.  Pèro-blan,  frère-prèchour 
dominicain  dont  il  existait  un  couvent  à  Alais.  Abéoura 
âou  blan,  mêler  de  la  farine  dans  le  breuvage  d'un  animal. 
Mé  fat  véni  lous  pèous  blans,  il  me  fait  blanchir  les  che- 
veux, dit<on  de  quelqu'un  qui  nous  tourmente,  nous  im- 
portune jusqu'à  l'impatience.  Camiso  Manquo,  chemise 
propre.  Faïre  un  viaje  blan,  faire  un  voyage  inutile,  se 
déplacer  pour  rien.  Vénguè  tout  blan,  il  pâlit  tout  à  coup. 

Dér.  de  l'allem.  Blank,  brillant,  éclatant. 

Blan,  s.  m.  Cible,  but  où  l'on  tire.  —  Aï  fa  blan,  j'ai 
mis  dans  le  blanc,  j'ai  touché  le  but.  Tira  âou  blan,  tirer 
à  la  cible. 

Is  point  où  l'on  vise  est  marqué  ou  tracé  en  blanc  au 
centre  d'un  espace  noir  :  de  là  le  nom. 

Blan-bè,  t.  m.  Blanc-bec,  jeune  homme  sans  expérience, 
ironique  et  méprisant. 

Formé  de  Blan  et  de  bè. 

Blanchi,  v.  Blanchir;  passer  au  lait  de  chaux;  faire 
prendre  une  couleur  blanche.  —  Faire  blanchi,  faire  blan- 
chir, en  terme  de  cuisine,  donner  une  première  ébullition 
à  la  viande,  aux  légumes,  les  passer  à  l'eau  bouillante. 

Dér.  de  Blan. 

Blannavo,  s.  f.  n.  pr.  de  lieu.  Blannaves,  commune  du 
canton  de  Saint -Martin- de -Valgalgues,  arrondissement 
d'Alais. 

Ce  nom  se  divise  en  deux  parties.  La  dernière  ne  pré- 
sente aucune  difficulté  :  nave,  nove,  noue,  en  v.  fr.,  nava, 
en  esp.,  signifie  prairie.  Dans  la  première,  pour  avoir  un 
sens  raisonnable,  blcm  ne  pouvant  s'allier  au  sens  de  nave, 
il  faut  admettre,  pour  l'euphonie  et  la  signification,  que 
r  primitif  s'est  transformé  en  l  actuel  ;  ces  deux  consonnes 
ont  d'ailleurs  des  dispositions  particulières  à  permuter 
ainsi.  Or  brana  est  rendu  dans  la  bass.  lat.  par  juvenea, 
vaeca  junior,  vache  jeune.  Ce  qui  donne  pour  le  nom  entier  : 
prairies  ou  pâturages  pour  l'élève  des  vaches.  Cette  inter- 
prétation se  fonde  par  assimilation  sur  le  nom  d'un  hameau 
de  cette  commune  de  Blannaves,  où  la  même  étymologie  se 
trouve  très-marquée.  Branoiis,  Branoux,  est  représenté  par 
le  lat.  branus,  masc.  de  brana,  id  est  juveneus,  junior 
bos  (Du  Cange),  dont  nous  avons  fait  en  langued.  avec  la 
même  signification  brâou,  jeune  taureau. 

Blanqnâon,  s.  m.,  ou  Blanqnâondo,  f.  f.  Guigne 
blanche,  espèce  de  cerise  de  couleur  de  cire,  légèrement 
teintée  de  rose,  du  côté  exposé  au  soleil.  Le  fruit  est  indif- 
féremment masc.  ou  fém.,  l'arbre  n*a  que  le  masc.  Cérièïre 
blanquâou,  cerisier  qui  produit  la  guigne  blanche. 

Dér  de  Blan. 

Blanqoas,  asso,  adj.  Blanchâtre,  qui  tire  sur  le  blanc; 
d'un  blanc  sale. 

Péj.  de  Blan. 

Blanqné,  s.  m.  Cérat  de  Galien,  pommade  résolutive, 
détersive  et  dessicative;  onguent  connu  aussi  sous  le  nom 
de  blanc  Bhasis,  par  cormp.  blanc  raisin,  d'une  couleur 
blanchâtre. 


IIG 


BLA 


BLA 


BlancpiétraB,  s.  m.  Terre  schisteuse  et  ar^leose,  d*ane 
teinte  jaunâtie  pâle  ;  terrain  à  maigre  végétation.  Pour  le 
mettre  en  produit,  il  faut  le  défoncer  profondément. 

Dér.  de  Blan,  et  du  oelt.  ecUr,  pierre,  quier  et  autres. 

Blanqnéja,  v.  Paraître  blanc;  avoir  de  loin  une  teinte 
blanchâtre  on  lumineuse;  tirer  sur  le  blanc;  devenir 
blanc.  —  Lous  sèreg  aeouminçou  dé  bkmquéja,  Taurore 
commence  à  blanchir  le  sommet  des  montagnes.  Adéjà 
bianquéjo,  il  devient  blanc,  il  vieillit,  en  parlant  d'un 
homme  qui  commence  à  grisonner. 

Dér.  de  Blan. 

Blanqaéto,  s.  f.  Blanquette,  espèce  de  fricassée,  de 
gibelotte  d'agneau,  de  chevreau  ou  de  rogatons  de  rôtis  de 
veau  ou  de  mouton,  à  la  sauce  blanche. 

Blanquéio  de  lÂmoàs,  Blanquette  de  Limoux,  nom  que 
le  fr.  a  emprunté  au  lang.  comme  le  précédent.  C'est  un 
vin  clairet  et  mousseux,  de  même  natnre  mais  plus  piquant 
que  la  clairette  de  Die. 

Blanqninoùa»  onso,  adj,  Dim.  Blanquinouté,  péjor. 
Blanquirunuas.  Blanchâtre;  tirant  sur  le  blanc;  d'un 
blanc  sale.  Peut-être  est-il  d'un  degré  supérieur  à  Blan- 
quas,  déjà  péjor.  —  F.  c.  m. 

Blanqnoù,  s.  f.  Blancheur  ;  couleur  blanche. 

Blaquarédo,  s.  f.  Chênaie  ;  taillis  de  chênes  blancs. 

Ce  mot  est  formé  de  la  finale  caractéristique,  méridio- 
nale essentiellement,  iio,  qui  est  le  signe  de  la  collecti- 
vité, et  qui  répond  à  la  terminaison  lat.  etum,  et  armori- 
caine ek  :  le  radical,  ou  mieux  les  deux  syllabes  qui  pré- 
cédent, se  décomposent  en  blak,  celt.  blanc,  et  quar  qui 
égale  quere,  celt.,  d'où  le  lat.  a  lait  quercus,  chêne;  et  en 
voulant  désigner  un  lieu  planté  de  chênes,  une  chênaie,  il 
s'est  servi  de  son  collectif  eium,  traduit  dans  la  langue 
d'Oc  par  ido.  Ainsi  s'est  formé  querceium,  même  quet- 
noium,  exprimé  en  fr.  par  chênaie  et  en  lang.  par  bloqua- 
rédo,  on  blanche  chênaie,  ou  taillis  de  chênes  blancs. 

La  première  syllabe  est  indicative  de  b  qualité  ;  la  seconde 
représente  le  radical  celtique,  caractérisant  le  sujet,  l'arbre 
lui-même.  Biais  il  n'est  peut-être  pas  de  syllabe  qui  ait 
subi  autant  de  transformations,  qui  ait  été  plus  défigurée 
que  le  nom  du  chêne,  l'arbre  des  Druides,  le  vieux  gau- 
lois tann.  On  le  retrouve  en  Armorique,  et  il  est  syno- 
nyme de  dero;  le  latin  l'avait  altéré  en  quêreus,  avec  la 
désinence  propre  a^  génie  de  sa  langue.  Il  est  toiyours 
reoonnaissable  et  le  changement  graphique  devait  avoir  été 
produit  par  la  variété  de  prononciation.  Tann  ou  dêro 
sonnaient  indifféremment  comme  tiann,  ehann,  $ann,  ou 
thtro,  ehuro,  xtro,  qumro;  quand  la  voyelle  finale,  muette 
sans  doute,  est  tombée,  on  voit  &cilement  comment  ont 
pu  se  former  et  le  mot  latin  et  les  variantes  romanes.  Si 
bien  que,  d'après  les  plus  anciens  titres,  tann  primitif  est 
exprimé  par  tatnut  comme  par  eamuê,  d'où  leur  collectif 
toinitum  et  ea»n$ium,  ce  dernier  donnant  quunUum,  le 
même  que  quantum,  plus  rapproché  du  latin,  et  employés 
tous  deux  également  dans  la  traduction  ou  la  reproduction 


des  noms  communs  ou  de  localités,  tels  que  chênaU,  écrit 
autrefois  chesnaie  comme  ehesM,  et  Chêsnei  (Eure},  Quunay 
(Calvados),  Chenay  (Sarthe),  Cheney  (Yonne),  Ckmayê 
(Deux-Sèvres),  Chenois  (Meurthe),  Chunayê  (Seine-et-Oise), 
Tannois  (Meuse),  Chanoy  (Haute-Marne),  Xenois  (Vosges). 
Sonnais  (Seine-et-Oise),  TAanay  (Indre),  Qtimay  (Calvados), 
ConwiU  (Lot-et-Garonne),  identiques  à  ThenoiUe$  (Aisne), 
ChenoiUet  (Loiret),  Thenneil  (Indre-et-Loire),  et  QtiefiMiy 
(Nord),  tous  analogues,  et  tous  rendus  par  la  forme  inva- 
riable latine,  Quercetum  ou  Quesnetum.  Le  lang.,  en  em- 
ployant édo,  os,  ièro,  ièiro,  comme  désinences,  n'a  fait 
qu'approprier  au  génie  propre  de  sa  langue  et  de  sa  pro- 
nonciation, ce  que  dans  d'autres  dialectes  on  entendait  et 
on  prononçait  avec  une  autre  inflexion.  Mais  la  dérivation 
est  évidente;  elle  se  fait  mieux  sentir  dans  La  Blaquièiro, 
La  Blachère  (Ardèche),  qui  confirme  la  filiation  —  Voy, 
les  articles  Cassogno,  Èdo  et  litro,  suffixes. 

Blaqoas,  s.  m.  Dim.  Blaquassoù.  Jeune  chêne  blanc. 

Blaqaaasino,  s.  f.  Jeunes  pousses  du  chêne  blanc  qui 
se  convertissent  en  buisson  faute  d'être  élaguées,  ou  pour 
avoir  été  broutées  à  leur  naissance. 

Blaqnièiro  (La),  s.  f.,  nom  pr,  de  lieu.  La  Blaquière, 
hameau  de  la  commune  de  Cendras,  près  Alais,  probable- 
ment dans  l'origine  un  taillis  de  chênes  blancs.  Même 
forme  et  même  étym.  que  Blaquarido.  —  Voy,  Bloquas. 

Blaqao,  s.  f.  Jeune  ramée  du  chêne  blanc,  dont  les 
moutons  sont  très-friands,  et  dont  on  fait  des  fagots  pour 
leur  nourriture  d'hiver. 

Blasa,  V.  Faire  de  la  Uaso,  premier  travail  des  vers  à 
soie  qui  veulent  filer  leur  cocon . 

Dér.  de  Blasa. 

Blad,  s.  m.,  nompr.  d'homme.  Biaise.  Au  fig.,  noncha- 
lant, mou,  bonhomme.  —  Voy.  BUso, 

Dér.  du  gr.  BXdÇ,  lâche,  imbécile. 

Blaai,  V.  Faner;  flétrir;  froisser,  meurtrir.  —  Blasi, 
part,  pass.,  flétri;  fané;  meurtri.  Il  a  formé  AbUuiga  qui 
a  la  même  sign.  —  V.  c.  m. 

Dér.  du  gr.  BXàÇ,  comme  le  nom  pr.  prôcéd.,  qui  n'a 
avec  lui  que  la  seule  difiërence  de  l'accent,  placé  dans  le 
premier  sur  la  pénultième  qui  est  longue  et  rend  Yi  muet, 
tandis  que  la  syllabe  est  brève  dans  oelui-d,  comme  le 
note  du  reste  l'accent  que  prend  l'i  final  et  le  fait  sonner. 

Blaso,  «.  f.  Bave,  bourre  des  cocons  du  ver  à  soie  :  œ 
sont  les  premiers  fils  qui  servent  d'échafaudage  à  ce  petit 
édifice  et  qui  le  tiennent  à  la  bruyère  où  il  est  su^endu.  On 
dépouille  le  cocon  de  cette  bave  avant  de  le  filer  ;  elle  est 
grossière  et  n'est  pas  chargée  de  l'humeur  visqueuse , 
répandue  par  le  ver,  qui  donne  de  la  force  et  de  la  cansis- 
tance  au  fil  de  soie. 

Dér.  du  gr.  BXiE,  subst.  de  BXi^w,  être  mou,  flasque.  Le 
mot  6fa«i  existait  dans  la  langue  ;  il  a  suffi  d'un  rappro- 
chement pour  appliquer  l'épithète  et  faire  le  mot*  â« 
moment  de  l'importation  des  vers  à  soie,  moins 
évidemment  que  le  mot  lui-même. 


BLO 


BO 


117 


Blassa,  v.  Blesser.  N*est  pas  admis  avec  son  accepUon 
active,  et  serait  ime  injure  adressé  à  une  femme.  Il  n^est 
nçQ  qae  comme  verbe,  se  blassa,  se  blesser,  avorter,  en 
pariant  d*ane  femme  enceinte  qui  accouche  avant  le  terme 
uatuiel;  faire  une  fausse  couche. 

Dér.du  gr.  nXafSontv,  frapper,  ouBXdEmeiv,  offenser,  blesser. 

Blatlè,  «.  m.,  au  fém.  JBlaiiètro.  Blatier  ;  marchand,  ou 
plutôt  revendeur  de  blé.  Il  a  beaucoup  d'analogie  avec 
BiatUà,  8*il  n'est  toutefois  le  même. 

Dér.  de  Bla, 

Blé  éto,  adj.  Blet,  blette,  peu  usités;  mou,  comme  le 
deviennent  certains  fruits  en  mûrissant;  mince,  plat. — 
Péro  bléto,  poire  blette.  Bousmo  bléto,  bourse  plate.  Il  est 
des  fruits  qui  ne  sont  mangeables  que  lorsqu'ils  ont  atteint 
un  certain  point  de  maturité,  tels  que  la  nèfle,  la  cor* 
nouille,  la  corne.  Pour  les  poires  et  les  autres  fruits,  quand 
ils  arrivent  à  ce  degré  de  blé,  ils  sont  à  demi  pourris  et 
perdent  tout  leur  prix. 

Dér.  du  gr.  BXi^,  lâche,  mou. 

Blé,  adv.  En  grasseyant,  avec  blésité.  —  Paria  blé, 
grasseyer,  bU$êr.  —  Voy.  Blainéja, 

Dér.  du  lat.  Blcnu$,  bègue. 

Blédo,  «.  f.  Blette,  bette  ;  poirée;  Beta  vulgaris,  Linn. 
Plante  potagère  de  la  fam.  des  Ghénopodées.  —  Costoê  ou 
eou9iéioM  dé  bUdo,  cardes  de  poirée. 

Dér.  du  lat.  Blitum,  ou  du  gr.  BX^tov,  m.  sign.  En  ital. 
Biêia,  en  esp.  Bl»do$, 

Blêmi,  adj,  m.  sans  fém.  Blême,  p&le. 

Dér.  du  gr.  B>i(xi^,  aspect,  visage. 

Blèso,  9.  m.,  nompr,  d'homme.  Biaise.  Au  flg.,  niais; 
nigaud.  -^  Faire  dé  soun  Blèso,  faire  l'innocent,  le  bon 
apôtre,  la  chatte-mitte.  —  Voy.  Blasi. 

Dér.  du  lat.  BUuius,  du  gr.  BXiÇ. 

Bléste,  s.  m,,  ou  Blésto,  s.  f.  Talc,  sorte  de  mica- 
schiste, concrétion  de  mica;  pierre  talqueuse,  commune 
dans  nos  Gévennes,  opaque,  feuilletée  en  lames  minces, 
flexueuses,  jaunâtres  ou  grises,  facilement  pulvérulentes; 
elle  se  trouve  en  amas  ou  en  filons  dans  les  diffôrentes 
roches  de  cristallisation  ou  dans  les  calcaires  qui  lui  sont 
subordonnés. 

Le  roman  avait  le  mot  Blute,  bourbier,  chose  sale. 
Dériverait-il  du  lat.  BliUus,  vil,  pour  signifier  un  terrain 
de  pea  de  valeur  ou  qui  se  convertit  aisément  en  boue? 

Blétoù,  s.  m.  Dim.  Blétouné.  Clou  rivé  d'un  couteau, 
de  ciseaux,  etc.,  qui  est  accompagné  d'ordinaire  d'une 
rosette  d'argent  ou  de  cuivro. 

Gorrup.  de  BoitloÀ. 

Blétoana,  «.  Clouer  la  lame  d'un  couteau  4  son  manche, 
y  mettre  un  clou  rivé. 

Blo,  «.  m.  Total,  assemblage  enblocde  difièrentes  choses 
de  oHure  et  de  valeur  diverses. 

Dér.  de  Tallem.  Blook,  tronc,  souche  ;  gros  morceau  de 
métal  brut. 

Blodo,  J.  f.  Blaude;  blouse;  sarrau  de  toile,  le  plus 


souvent  bleue,  que  les  charretiers  et  les  cultivateurs,  dans 
beaucoup  de  départements,  portent  par-dessus  leurs  habits. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Blialdus,  bliaudus,  venant  de 
blavus. 

Bloon,  mieux  Blonnde,  do,  adj,  Dim.  Bloundé,  bloun- 
din,  bloundiné,  bloundinà,  Uoundinoàs;  péj.  Bloundas, 
bloundinas.  Blond,  onde  ;  d'une  couleur  moyenne  entre  le 
doré  et  le  châtain-clair.  —  Bloundin  est  souvent  un  sobri- 
quet, que  l'on  donne  rarement  â  un  blond,  mais  bien  par 
antiphrase  à  un  noireau,  â  un  teint  presque  mulâtre. 

Nombreuses  variétés  d'étym.  :  les  unes  prises  du  saxon 
Blond,  mêlé  ;  d'autres  du  lat.  apluda,  couleur  de  la  graine 
de  millet,  ou  de  ablutula,  paille,  couleur  de  paille;  ou 
bien  de  bladum,  couleur  de  blé;  ou  encore  de  blandus, 
agréable. 

Blouqua,  v.  Boucler  ;  serrer  avec  une  boucle.  —  En 
parlant  des  cheveux,  le  lang.  dit  frisa,  dans  le  sens  de 
boucler  ;  mais  blouqua  serait  impropre. 

Blouqno,  s.  m.  Dim.  Blouquéto,  augm.  Blouquasso, 
Boucle,  anneau  de  métal,  muni  d'un  ardillon,  et  qui  sert 
de  fermeture  à  bien  des  objets  divers.  —  S'emploie  dans 
toutes  les  acceptions,  sauf  boucle  de  cheveux. 

Dér.  du  lat.  Buccula,  anneau  du  bouclier  par  où  on 
passait  le  bras. 

Bloaqaô,  s.  m.  Clou  de  soulier,  court,  à  tète  ronde  et 
plate,  dont  on  sème  la  semelle  par  lignes  régulières.  Il  ne 
faut  point  le  confondre  avec  la  taeho,  petit  clou,  à  tète 
grosse  et  ronde,  comme  les  clous  de  fauteuil,  pour  fixer 
toute  sorte  de  choses  délicates,  et  qu'on  appelle  en  fr. 
broquette.  Métathèse  de  Broqwt,  en  esp.  broea,  clou. 

Dér.  de  Blouquo,  parce  que  cette  espèce  de  clous  sert  à 
relier  les  différentes  assises  de  la  semelle,  comme  si  elles 
étaient  serrées  par  des  boucles. 

Bla,  uîo,  adj,  Dim.  BluXé,  péjor.  Bluias,  Bleu,  bleue; 
violet;  de  couleur  bleue  ;  une  des  sept  couleurs  primitives 

—  Blu  dé  ciel,  bleu  céleste.  Vénï  tout  Uu,  prendre  un 
teint  pourpre  de  colère,  de  frayeur  ou  de  froid.  Estre  passa 
àou  blu,  être  désappointé,  désabusé  de  ses  prétentions. 

11  se  prend  quelquefois  comme  substantif;  mais  il  se 
rapproche  alors  de  l'argot.  Vn  blu  signifie  un  mauvais 
bidet,  une  rosse,  un  âne,  et  par  ext.  au  jeu  de  cartes,  un 
as.  —  Au  pi.  m.  hus  blus,  les  bleus,  désignation  de  parti. 

Dér.  de  l'allem.  Blauw,  azur,  bleu  de  del. 

Blmaatre,  astre,  adj.  Bleuâtre;  violacé;  tirant  sur  le 
bleu  ou  le  violet  ;  d'un  bleu  sale. 

Bluîéja,  t;.  Paraître  bleu;  jeter  de  loin  une  teinte  bleue, 
azurée  ou  violacée. 

Dér.  de  Blu. 

Bo,  bono,  adj,  Dim.  Bouni,  péj.  Bounas,  Bon,  bonne  ; 
qui  a  de  la  bonté;  parfait  ;  qui  a  toutes  les  qualités  dési- 
rables selon  sa  nature  ou  pour  sa  destination,  ou  pour  son 
état;  en  parUnt  des  personnes  et  des  choses,  excellent» 
fort,  vigoureux,  vrai,  heureux,  humain,  franc,  véritable. 

—  Lorsque  cet  adjectif  précède  immédiatement  le  snb- 


118 


BON 


BOR 


stantif  auquel  il  se  rapporte,  il  se  dit  :  bon;  un  bon  Kome, 
dé  bon  pan.  U  fait  de  même,  lorsque  le  mot  suivant  com- 
mence par  une  voyelle  dans  un  môme  membre  de  phrase  : 
Aqud*s  bon  à  sâoupre,  c*estbon  à  savoir. — Faïresoun  bon 
jour,  faire  sa  communion  eucharistique. 

Faï-bo,  il  fait  bon  :  le  temps  est  doux.  Lorsque  cette 
expression  fai-bo  est  suivie  immédiatement  d'un  infinitif, 
on  dit  bon.  Fa^t-bon  marcha,  il  fait  bon  cheminer.  Faï-bon 
iâoupre  quicon,  U  est  utile  d'avoir  quelque  instruction. 

Si  faire  bo  pér  quàuoquut,  se  porter  fort  pour  quel- 
qu'un, le  cautionner.  Faïre  bo  dé  Mn  frans,  s'obliger  sur 
parole  de  cent  francs  ;  les  jouer  sur  parole. 

Un  bon  home  ne  veut  pas  dire  comme  en  fr.  un  bon- 
homme, un  peu  niais;  mais  un  homme  solide  au  travail, 
soit  pour  l'adresse,  soit  pour  la  force.  —  Aquà's  dé  bon 
faire,  dé  bon  dire,  cela  est  aisé  à  faire,  à  dire.  E$erituro 
dé  bon  légï,  écriture  très-lisible.  Aquà's  dé  bon  véïre,  c'est 
clair,  évident.  Lou  bo  dâou  jour,  le  bon  du  jour.  Fat  bon 
é$tre  riche,  parlez-moi  d'être  riche.  Ou  diees  dé  bo?  Tu 
parles  sérieusement  ?  Y  vai  dé  bo,  il  ne  plaisante  pas.  T-a 
uno  bono  lègo,  uno  bono  houro,  il  y  a  encore  une  forte 
lieue,  une  bonne  heure.  Lou  bon  DUm,  Dieu,  le  bon  Dieu; 
se  dit  quelquefois  pour  crucifix. 

Dér.  du  lat.  Bonus. 

Bocho,  s.  f.  Boule,  ordinairement  en  buis,  servant  à 
jouer.  —  Jouga  à  las  bochos,  jouer  au  jeu  de  boule.  Tira 
uno  bocho,  débuter  une  boule. 

En  ital.  Boccia,  en  esp.  boeha, 

Bofi,  iô,  adj.  Péj.  Boufias.  Bouffi  ;  gros  joufflu;  enflé  ; 
difforme  de  figure  ;  boursouflé. 

Dér.  de  Boufa. 

BojOa  ».  f.  —  Voy.  Saquo. 

Bolo,  «.  f.  Borne;  limite  ;  frontière;  ligne divisoire  quel- 
conque entre  deux  territoires,  comme  entre  deux  héri- 
tages, deux  champs,  qu'elle  soit  déterminée  par  la  nature, 
on  cours  d'eau  par  exemple,  une  chaîne  de  rochers,  les 
eaux  versantes  d'une  montagne,  ou  par  un  canal  et  un 
chemin  public,  soit  par  des  bornes  conventionnelles  entre 
parties.  — *  Faïre  bolo,  servir  de  point  ou  de  ligne  de  déli- 
mitation. 

Le  plur.  las  bolos  est  d'un  emploi  plus  fréquent. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Bola  :  bdUu  seu  metas  pLantare, 
planter  des  bornes,  venu  sans  doute  du  gr.  BSiko^,  motte, 
tertre. 

Bomi,  «.  m.,  ou  Vomi.  Vomissement;  action  ou  envie 
de  vomir;  haut-le-cœur.  —  Aquà  faï  véni  lou  bomi,  cela 
soulève  le  cœur. 

Dér.  du  lat.  Vomere. 

Bon,  bono,  adj.  —  Voy.  Bo. 

Bonafoùs,  onaso.Dim.  Bonafoueeé,  éto,  n.  pr.  d'homme, 
qui  répond  à  bonne  fontaine  :  Bonafoùs,  Bonefoux  ou  Bon- 
nalbux.  L'ancienne  langue  d'Oc  disait  fous  pour  fontaine. 

Dér.  du  lat.  Bonus,  et  fons. 

Bonamén, a<fo.  Bonnement;  sans  fiel,  sans  malice;  sans 


arrière-pensée.  C'est  souvent  un  adv.  explétif,  sans  poitée: 
Bonamén  dé  que  vous  dirat  ?  Au  fait,  que  voulez-vous  que 
je  vous  dise  ? 

Dér.  de  Bonus,  bond  mente. 

Bonhur,  s.  m.  Bonheur;  félicité;  état  heureux;  pros- 
périté; chance  heureuse.  —  Estre  dâou  bonhur,  être  heu- 
reux au  jeu;  avoir  bonne  chance.  Se  lou  bonhur  m'énvôou 
dire,  si  le  hasard  veut  me  sourire.  Lou  bonhur  gn'én  vôou, 
le  bonheur  le  suit,  s'attache  à  lui.  Y-a  pas  bonhur  que  dé 
canaio,  il  n'y  a  de  bonheur  que  pour  la  canaille. 

Dér.  du  lat.  Bona  et  hora. 

Bonjour,'»,  m.  et  interj.  Dim.  Bonjoumé.  Le  bonjour 
et  Bonjour  !  En  langued.  plus  qu'en  fr.  on  distingue  le 
bonjour  du  bonsoir  ;  on  s'y  trompe  bien  quelquefois,  ma^ 
rarement.  On  dit  bonjour  toute  la  matinée  jusqu'à  midi, 
et  bonsouèr  de  midi  au  soir.  Bonjour  et  bonsouèr  se  disent 
soit  eii  accostant  quelqu'un,  soit  en  passant  à  côté  de  lui, 
sans  s'arrêter.  On  ne  les  dit  guère  pour  prendre  congé,  ce 
qui  se  fait  par  adiou,  adiou-sias,  ou  bien  vétro,  auquel  on 
répond  :  amaï  à  vous,  je  vous  en  dis  autant.  —  Lou  bon- 
jour à  vosto  fénno,  vous  présenterez  mes  salutations  à 
votre  femme,  et  l'on  réplique  invariablement  :  Y  mançua- 
rat  pas,  dé  vosto  part,  je  n'y  manquerai  pas,  de  votre 
part. 

Formé  de  Bon  et  de  jour. 

Bonsoaèr,  s.  m.  et  interj.  Dim.  Bonsouèmé.  Le  bon- 
soir, bonsoir  !  salutation  du  soir.  —  Voy.  Bonjour.  — 
Aça  anén,  bonsouèmé.  Çà,  nous  partons,  bonsoir!  Dire 
bonsouèr,  dire  adieu  ;  renoncer  à. 

Formé  de  Bon  et  de  souèr. 

Bôoa,  s.  m.  Ocre  ;  terre  bolaire.  On  emploie  l'ocre  en 
pain  ou  en  motte  pour  marquer  d'une  couleur  rouge  ou 
jaune  foncé  les  moutons  qui  sont  destinés  à  la  boucherie. 
Les  bergers  s'en  servent  aussi  par  coquetterie  pour  larder 
leurs  plus  beaux  moutons,  concurremment  avec  le  vert- 
de-gris. 

Dér.  du  lat.  Bolus,  bol,  terre  bolaire. 

Bor,  ».  m.  Dim.  Bourde.  Bord;  lisière  ;  extrémité  ;  rive. 
—  Préne  sus  lous  bors,  prendre  vers  les  extrémités,  sur  la 
lisière.  5t^»  bien  âou  bor,  tu  es  bien  sur  le  bord. 

Dér.  du  lat.  Ora  et  dugr.  "Opoc,  par  l'addition  du  B. 
En  allem.  bord,  m.  sign. 

Bordo,  ».  f.  Dim.  Bourdéto.  Fétu,  brin  de  paille  ;  saleté; 
atomes  surnageant  dans  un  liquide.  —  Tiro  mé  aquélo 
bordo,  tire-moi  cette  paille  de  l'œil,  diton  à  quelqu'un 
qui  avance  une  grosse  hâblerie.  Y-a  bé  dé  bordos  dine  aquéi 
afaire,  cette  affaire  est  bien  sale,  bien  louche. 

Dér.  comme  le  v.  fr.  Ord,  orde,  du  lat.  sordidue,  laid, 
sale. 

Borgne,  gno,  adj.  Dim.  Bourgni,  péj.  Bourgnae,  Bor- 
gne, privé  d'un  œil.  —  C'est  par  le  frottement  du  fr.  qu*on 
a  restreint  le  mot  Borgne  à  ce  sens.  Il  parait  certain  qu'en 
lang.  il  signifie  proprement  :  aveugle,  privé  de  la  vue, 
comme  cela  se  démontre  par  les  phrases  proverbiales  : 


BOR 


BOS 


11» 


Borgne  d'un  tel  ;  il  est  clair  que  borgne  s*ealend  là  pour 
aveagle.  Une  chanson  fr.  dit  bien  aussi  ;  //  était  borgne 
des  deux  yeux,  Vargén  fat  cania  lous  borgnes,  l'argent 
fait  chanter  les  aveugles  et  non  les  borgnes.  D'aXei  à  cent 
uns  sérén  ioutes  borgnes,  dans  cent  ans  nous  serons  tous 
aTeugles»  nous  n*y  verrons  plus.  On  appelle  aussi  les  vers 
à  soie  lous  borgnes,  à  cause  du  préjugé  général  qui  veut 
qu'ils  soient  privés  de  Torgane  de  la  vue.  Enquiè  coumo 
un  ea  borgne,  ne  peut  s'entendre  que  d'un  chat  aveugle  ; 
les  animaux  ne  pouvant  beaucoup  s'inquiéter  de  la  perte 
d'un  seul  œil,  qui  ne  fait  que  diminuer  faiblement  leur  per- 
ception visuelle.  Bado  coumo  un  borgne  qu'a  perdu  soun 
bastoU,  il  crie  comme  un  aveugle  qui  a  perdu  son  b&ton  ; 
crierait-il  s'il  lui  restait  un  oeil  ?  Siès  borgne  que  y  véses 
pas,  tu  es  donc  aveugle  pour  n'y  pas  voir? 

Dér.  du  bas-breton  Born,  m.  sign. 

Borgno,  adj.  fém.  de  Borgne.  Dim.  Bourgnéio  ;  péj. 
Bourgnasso.  Borgne  ;  aveugle.  Au  fig.  obscure.  —  Ha 
grandAa-borgno,  ma  mére-l'oie  ;  la  traduction  est  exacte, 
mais  incomplète.  En  fr.  comme  en  lang.,  il  s'agit  d'une 
bcnme  vieille  grand'môre,  qui  charme  et  endort  les  enfants 
par  ses  longs  contes.  Notre  gran  a  la  même  spécialité  que 
la  Mèro-4'Oie.  Cependant  il  y  a  pour  nous  quelque  chose 
de  plus  ;  nous  n'avons  pas  seulement  recours  à  notre  con- 
teuse, comme  on  fait  à  l'autre,  pour  nous  amuser  ou  appe- 
ler le  sommeil.  I^oraque  quelqu'un  nous  poursuit  ou  fatigue 
de  billevesées,  de  promesses  auxquelles  on  ne  croit  pas, 
de  contes  à  dormir  debout  pour  tout  dire,  on  lui  jette  à 
la  figure  :  ma  gran-lorborgno  !  ou  contractivement  :  ma 
gran  I  C'est  une  expression  d'incrédulité,  de  dédain,  de 
reproche,  de  colère.  On  voit  qu'il  est  toujours  question  de 
oontes,  sans  quoi  l'ellipse  ne  s'expliquerait  pas,  c'est  comme 
si  Ton  disait  :  vous  me  débitez  des  sornettes,  je  n'en  crois 
pas  on  mot.  En  fr.  on  n'emploie  pas  ainsi  le  nom  de  la 
Mère-l'Oie,  c'est  une  lacune.  Resterait  maintenant  à  savoir 
quel  malheureux  accident  rendit  borgne  ou  pour  mieux 
dire  aveugle,  notre  pauvre  gran.  L'infirmité  lui  vint  sans 
doute  avec  l'âge,  et  elle  a  toujours  été  si  vieille  !  Mais  que 
de  plus  clairvoyants  décident  à  quelle  époque  de  sa  vie  ma 
gran-lorhorgno  perdit  la  vue. 

Borgno,  s.  f.  Canal  d'entrée  ou  d'amont,  canal  de  fuite 
ou  d'aval  d'un  moulin  à  eau.  C'est  généralement  ce  pas- 
dïige  voûté  et  obscur,  qui  commence  à  la  première  vanne 
de  chute  et  se  termine  au  canal  couvert  de  ftdte. 

Dans  le  ba&4)ret.  Born;  en  ital.  Bornio,  m.  sign. 

Boiio,  s.  f.  Dim.  Bouriéto;  péj.  Bouriasso.  Métairie  ; 
ferme  ;  clœerie  ;  domaine  dépendant  d'une  seule  et  même 
exploitation.  Comme  ce  mot  est  propre  aux  Hautes- 
Cévennes,  où  la  propriété  est  fort  divisée,  il  ne  représente 
guère  qu'un  petit  domaine.  Le  mot  Xas,  plus  particulier 
^x  Bàsses-Cévennes,  et  à  un  pays  de  plaines  et  de  larges 
vallées,  entraine  l'idée  d'une  plus  large  exploitation. 

Bàrio  esi  devenu  nom  pr.  et  s'applique  à  tout  un  quar- 
tier, 00  se  trouvait  sans  doute  et  où  il  existe  encore  un 


manoir  ou  une  ferme  principale.  On  le  traduit  en  fr.  par 
La  Borie,  et  quelquefois  on  en  a  fait  un  nom  d'homme. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Boria,  fonds  de  terre,  maison  de 
campagne;  du  lat.  boaria,  étables  à  bœufs. 

Bos,  s,  m.  Dim.  Bousquè;  péj.  Bouscarasso.  Bois,  en 
général,  substance  ligneuse  dure  et  compacte  des  arbres 
et  des  arbrisseaux;  forêt;  taillis;  futaie.  —  Àpara  un  bos, 
défendre  l'entrée  d'un  taillis  aux  troupeaux.  Bos  dé  luno, 
bois  coupé  dans  la  lunaison  favorable  ;  dans  le  sens  de  ce 
préjugé  qui  veut  qu'on  coupe  après  la  pleine  lune  tout  le 
bois  qui  perd  annuellement  ses  feuilles,  et  en  nouvelle 
lune  celui  qui  les  conserve  toute  l'année  (Voy,  BartassoùJ, 
Bos  coumun,  communal  ou  communaux,  pâturages  où  les 
habitants  d'une  commune  ont  droit  de  pâture  ;  dans  les 
Hautes-Cévennes  et  la  Lozère,  communaux  sur  lesquels  les 
habitants  ont  droit  d'affouage,  c'est-à-dire  le  droit  de 
prendre  du  bois  pour  leur  chauffage,  fixé  par  répartition 
des  feux.  San  dine  un  bos  ?  Sommes  nous  dans  une  forêt,  au 
milieu  des  voleurs?  Au  fîg.  Porto  bien  soun  bos,  il  porte 
bien  son  âge,  il  est  vert  pour  son  âge.  Es  dé  bon  bos,  il 
est  bâti  de  bon  bois,  il  durera  longtemps.  Faïre  fia  dé  (oui 
bos,  faire  flèche  de  tout  bois,  laissas  faire  lou  bos,  loc. 
prvb.,  ayez  patience  ;  laissez  pisser  le  mouton  ;  mot  à  mot 
cela  signifie  :  attendez  que  le  bois  ait  travaillé  tout  ce 
qu'il  doit,  qu'il  ait  pris  le  degré  de  sécheresse  néces- 
saire. 

Le  radical  Bos,  ses  composés  et  ses  dérivés,  ses  dimi- 
nutifs ou  ses  péjoratifs  ont  donné  naissance  à  une  famille 
très-nombreuse  de  noms  propres  de  personnes  et  de  lieux. 
Pour  bien  saisir  les  variantes  des  appellations  modernes, 
il  feut  connaître  les  changements  par  lesquels  a  passé  le 
primitif  qui  se  trouve  dans  la  langue  celtique  Bos,  bose, 
dans  le  germanique  Buse,  ou  dans  le  gothique  Busehe. 
Suivant  l'influence  dominante,  la  bass.  lat.  fit  :  Boscus, 
boscum,  buseus,  busohus,  avec  les  dim.  BoseKetus,  busMe- 
tus,  busquetus.  Le  roman  disait  :  Bos,  bose,  boe,  boise, 
bosche,  bou,  busche,  et  les  dimin.  Boscal,  bosquet,  buehet, 
bosquina,  boseatge,  boisson,  boyssada;  en  esp.  portug. 
Basque,  bosquete;  en  ital.  Bosco  et  boschelto. 

De  ces  éléments  se  sont  formées,  disons-nous,  bien  des 
dénominations  locales;  mais  le  fonds  était  si  riche,  dans 
un  pays  couvert  de  forêts,  et  il  prêtait  si  bien  à  une  dési- 
gnation, qu'il  ne  faut  pas  s'en  étoimer.  Les  altérations  de 
langage  s'en  mêlant  ensuite  et  venant  à  modifier  les  mots 
et  les  sons,  à  les  amoindrir  ou  à  les  renforcer,  il  n'est  pas 
surprenant  non  plus  que  la  véritable  racine  des  vocables 
soit  souvent  difficile  à  distinguer,  et  puisse  être  confondue 
dans  ces  broussailles.  Nous  essaierons  de  les  retrouver  sous 
leurs  formes  diverses,  et  sous  chacun  des  composés  ou 
dérivés,  diminutifs  et  autres.  —  Voy,  BruU,  BrugtUè, 

Ici  notons  les  nuances  qui  retracent  dans  notre  langue 
celles  du  primitif  lui-même.  Dans  les  noms  d'homme  et  de 
lieu,  se  conservent  très-rapprochées  :  lou  Bos,  lou  Bose,  le 
Bosq  (Hérault)  ;  dèl-bos,  Delbos,  Dalbos,  Dalbosc,  Duboso 


190 


BOU 


BOU 


on  Dubois,  tons  identiques  et  faits  du  même  bois  ;  les 
composés  Ghalbos,  Chdoudobo»,  Chàoudobcfi,  Mdouboê , 
Malbos,  Malbosc.  —  Voy.  ces  mots,  et  antres,  sans  oublier 
oenx  oà  la  désinence  particnliére  à  notre  territoire  se 
montre,  comme  dans  les  noms  :  Boutsargue,  qui  est 
identique  aux  premiers,  et  Bu9targus, 

BO88O,  <.  f.  Dim.  BùUêsito,  Boustigtudo,  péj.  Boussaxso, 
Bosse,  déviation  de  l'épine  dojsale  ou  du  sternum;  enflure 
causée  par  une  contusion  ;  en  général,  toute  excroissance 
contre  nature.  —  Rounla  Ma  bouo,  rouler  sa  bosse,  voya- 
ger de  tons  côtés  en  exerçant  différentes  industries  inter- 
lopes. Fatrê  ou  se  ficha  tmo  hotto,  manger  et  boire  avec 
excès.  Se  ficha  uno  boico  dâou  rire,  rire  à  ventre  débou- 
tonné, ou  mieux  dans  le  même  sens  :  Créba  dâou  rire  ;  ces 
trois  locutions  soitent  fortement  la  langue  verte.  Sé$  fa 
uno  bouo  âou  front,  il  s*est  fait  une  contusion  au  front, 
qui  s*enfle. 

Dér.  du  celt.  Bots,  ou  du  gr.  4>tSaaa,  enflure. 

Boto,  f.  f.  Péj.  Boutasso.  Botte,  chaussure  de  cuir  qui 
couvre  le  pied,  la  jambe  et  quelquefois  le  genou.  —  Coumo 
vat  la  boto  f  comment  va  votre  santé  T 

Emp.  au  fr.  En  celt.  Boi,  pied. 

Boa,  s,  m.  Dim.  Bouté.  Bout  ;  fin,  extrémité,  reste  de 
quelque  chose;  brin.  —  Fiou  à  dous  bous,  à  tris  bous,  fil 
à  deux  ou  trob  brins.  Sèn  pa'ncaro  âou  bou,  nous  ne 
sommes  pas  encore  au  bout,  à  la  fin;  nous  n'avons  pas 
fini.  Tout  se  véira  âou  bou,  nous  verrons  bien  à  la  fin  du 
compte.  Lou  téne  pér  un  bon  bou,  j'ai  mes  sûretés  avec  lui; 
je  le  tiens  par  un  bout  qu'il  n'essaiera  pas  de  rompre. 

Lou  bou  dâou  mounde,  terme  de  charcutier,  l'intestin 
eœeum,  boyau  fermé  naturellemoit  d'un  côté,  dans  lequel 
on  ensache  de  la  viande  de  porc  hachée  dont  on  fait  une 
sorte  de  mortadelle  :  c'est  cette  mortadelle  qu'on  appelle 
bou  dâou  numnde, 

Dér.  du  celt.  Bod,  fond,  extrémité,  ou  du  gr.  BuO^c, 
fond,  profondeur. 

Bon,  s.  m.  Papillon  m&le  des  vers  à  soie.  Plusieurs 
femelles  pouvant  être  fécondées  par  un  même  mâle,  il  y  a 
intérêt  4  prendre  pour  le  grainage  plus  de  femelles  que  de 
mftles  ;  à  cette  fin,  lorsqu'on  choisit  les  cocons  qui  doivent 
servir,  on  donne  la  préférence  à  ceux  qui  sont  bien  formés, 
qui  sont  les  plus  durs,  parce  qu'il  est  à  supposer  qu'ayant 
plus  de  soie,  il  faut  admettre  que  les  papillons  qui  en 
proviendront  seront  plus  robustes;  on  reconnaît  ensuite  ou 
00  croit  reomnaitre  les  mftles  dans  les  cocons  à  forme  plus 
allongée,  plus  pointue  aux  extrémités,  mais  souvent  on  se 
trompe  à  ce  triage  dont  les  données  sont  peu  précises. 
C'est  du  reste  un  mauvais  procédé  et  une  économie  mal 
«Dtendue  que  de  choisir  trc^  peu  de  mâles  pour  le  nombre 
des  femelles  que  l'on  élève;  car  le  plus  souvent  la  mau- 
▼aise  qualité  de  la  graine  est  dœà  sa  provenance  de  mâles 
épuisés.  Il  est  prudent  de  calculer  seulement  deux  fem^les 
pour  un  mâle;  mais  l'usage  contraire  est  malheureuiement 
Boivi  par  les  spécnlatenn,  surtout  depuis  l'extension  que 


cette  industrie  a  prise.  Quand  il  sera  possible  d'échapper  à 
tous  les  inconvénients  des  grainages  faits  au  hasard,  et 
que  chaque  éducateur  éclairé  par  l'expérience  et  soigneux 
de  ses  intérêts,  voudra  lui-même  avec  intelligence  surveiUer 
cette  opération  délicate,  en  y  mettant  l'importance  qui 
convient,  peu^être  la  solution  du  problème  si  intéressant 
pour  nos  contrées  aura-t-elle  fait  un  pas  de  plus. 

Bou,  5.  m.  Figuorfleur,  ou  figue  précoce,  que  le  préjugé 
donne  pour  m&le  à  la  figue  franche.  C'est  cette  idée  qui 
lui  a  fait  donner  le  nom  de  Bou,  bouc,  qui  est  typique  du 
genre  mâle. 

Bou,  s.  m.  Péj.  Bouecu,  Boucaras.  Bouc,  mâle  de  la 
dièvre,  Capra  hireus,  Linn.  Mammifère  de  la  fam.  des 
Ruminants.  Se  prend  aussi  pour  :  outre  à  vin  faite  d'une 
peau  de  bouc,  dont  le  poil  est  tourné  en  dedans.  —  Es 
eoufle  coumo  un  bou,  il  est  enflé  comme  une  outre  ;  ou  au 
fig.  il  a  le  cœur  gros,  de  colère  ou  de  chagrin. 

Dér.  du  celt.  Bueh,  d'où  le  bas-bret.  boueh,  le  gallois 
bweh,  le  saxon  bock,  dans  la  bass.  lat.  buecus. 

Boubâoa,  s.  m.,  n.  pr.  de  lieu.  Boubaux,  Saint- 
Hartin-de-Boubaux,  hameau  de  la  commune  de  Lamelouze, 
arrondissement  d'Alais. 

Dér.  de  Bou,  bon,  dialecte  lozerot,  ou  peut-être  de  bos, 
en  lai.  busehus,  bois,  avec  apocope,  et  de  bâou,  baux, 
par  substitution  du  v  en  6,  lettres  identiques,  vaux,  vai, 
anc.  fr.»  vâou,  lang.,  vallon,  vallée  ;  d'où  bon  vallon  ou 
vallon  boisé.  Les  noms  analogues  seraient  :  Belval,  Bel- 
leval,  Beauvalon ,  ou  Konval ,  Bonneval ,  noms  d'homme  ; 
Bonnevaux,  canton  de'Génolhac,  arrondissement  d'Alais. 

Boubo,   ou  Boubou  1  interj.   Dim.   Boubéio ,  bouboA. 
Terme  d'enfant  ou  de  nourrice.  C'est  le  baragouinage  de 
l'enfsnt  qui  demande  à  boire.  On  sait  qu'à  cet  âge  où  peu 
de  syllabes  sont  encore  connues,  on  ne  s'attache  qu'à  quel- 
ques consonnes  qui  frappent  davantage  la  mémoire,  en  y 
joignant  une  voyelle  quelconque,  et  on  en  fait  une  réda- 
plication  de  la  syllabe  retenue  pour  la  rendre  plus  sen- 
sible. L'enfant  ne  se  rappelle  pas  de  tout  le  mot  bèouro, 
mais  le  B  l'a  frappé  comme  le  son  de  la  diphthongue  om, 
il  en  fait  boubo  et  boubou,  de  même  qu'il  a  créé  papa, 
poupo,  téti,  etc.  Les  grands  enfants  qui  sont  auprès  de 
lui,  et  qui  devraient  toujours  le  ramener  à  la  prononcia- 
tion du  mot  pn^re  pour  l'y  façonner,  au  lieu  de  cda, 
abondent  dans  son  sens  et  se  plient  à  son  vocabulaire.  La 
nourrice  ne  manque  jamais  de  lui  dire  :  Vos  boiAo,  vos  dé 
bouboU,  au  lieu  de  prononcer  le  mot  béoure,  qu'il  oompreo* 
drait  évidemment,  puisque  c'est  lui  qui  a  formé  par  ana- 
logie son  boubo.  S'il  ne  le  répète  pas  exactement,  ce  n'est 
pas  faute  de  l'entendre  ni  d'en  faire  l'application,  mais 
plutôt  d'être  exercé  aux  procédés  labiaux  et  autres  qui  sont 
nécessaires  à  la  prononciation.  Il  est  bien  entendu  que,  par 
cette  raison,  ledim.  BoiiMiiDn'estjamaisemployéquepirles 
nourrices  et  les  bonnes,  jamais  par  leur  poupon  lui-même, 
qui  aurait  aussitôt  lait  de  dire  béoure,  s'il  pouvait  varier  ei 
articuler  plusieurs  syllabes  avec  changement  de  oopsopaea. 


BOU 


BOU 


m 


Bonboiirado,  i.f.Pé^.  BoubouradasMo,  Vapeur  chaude  et 
étoaSuïtB  qui  s*exbale  d'un  endroit  chaud  et  enferma;  6tuve. 

Onomatopée  exprimant  le  bruit  d'une  eau  qui  bout  à 
fvoB  bouillons:  bôa\  hou  I  répètA. 

Boucan,  «.  m.  Ëoucan;  bruit;  vacarme:  tintamarre; 
bruit  d'une  rixe. 

Ce  mot,  qui  est  importé,  comme  son  homonyme  fr.,  de 
l'idiome  des  Caraïbes,  signifie  le  mode  et  le  lieu  de  la  pré- 
paration des  viandes  qu'on  boucane  ou  qu'on  fume.  Il  a 
donné  naissance  au  v.  boucaner  et  au  s.  boucanier,  appli- 
qués d'abord  aux  Indiens  qui  boucanaient  à  la  fumée  des 
viandes  de  bœufs  sauvages,  dont  ils  faisaient  commerce. 
Plus  tard,  ce  commerce  d'échange  innocent  et  primitif  tôt 
délaissé  par  les  sauvages,  qui  travaillaient  plus  directe- 
mÏBnt  et  qui  se  firent  flibustiers.  De  toutes  les  nations  leur 
vinrent  des  compagnons  :  c'étaient  bien  les  plus  grands 
tajpageurs  et  les  plus  mauvais  gar^s  du  monde.  Le  mot 
originaire  dévia  de  son  acception  primitive,  et  il  reparut 
comme  synonyme  de  tapage  tumultueux,  vacarme,  et 
caractérisa  ainsi  les  boucaniers,  faiseurs  de  boucan,  tapa- 
feurs  et  querelleurs.  — '  Voy.  Éotain, 

Après  cela,  oomme  l'étym.  a  des  ressources,  elle  a  fourni 
dans  le  celt.  Bœan,  impudique,  qualification  encore  très- 
applicable  à  ce  genre  de  tapageurs,  et  dans  le  gr.  Bux^, 
instrument  de  tapage  par  excellence,  qui  les  caractérise  aussi. 

Boncarlè,  «.  f,,  n.  pr,  de  rue  et  de  quartier,  qui  signi- 
fiait dans  l'origine  Boucherie,  inscrit  aujourd'hui  sous  le 
nom  fr.  de  Bouquerie. 

Dans  les  premiers  temps  de  l'émancipation  des  com- 
munes, les  différentes  corporations  des  arts  et  métiers  adq>- 
taient  des  rues  et  des  quartiers  particuliers,  soit  par  ordre 
de  leurs  syndics,  soit  que  l'autorité  consulaire  voulût 
détruire  tout  privilège  de  quartier  en  obligeant  tous  les 
explmtants  d'une  même  industrie  à  s'établir  dans  une 
même  rue.  —  Voy.  Fabrariè,  Fruekarié,  Pêiroulariè, 
Sabatarié,  THuariè,  etc. 

Souquariè,  dérivant  de  bou,  bouc,  boearia,  dans  la  basa, 
lat.,  désigne  le  lieu  où  l'on  tuait  les  boucs  et  où  Ton  en 
préparait  la  chair,  où  l'on  tenait  boutique  pour  la  vendre. 
Or  il  semble  extraordinaire  que  la  viande  des  boucs  et  des 
diéTFes  fût  le  principal  objet  du  commerce  des  boucheries; 
«pendant  le  doute  est  difficile  quand  on  se  rend  compte 
dçs  mots  boucher  et  boucherie,  et  quand  on  trouve  dans  la 
charte  d'Alais  de  l'année  4200,  écrite  en  Ungue  vulgaire, 
ce  curieux  passage  : 

£t  mmmadament  dUem  que  en  earrelras  publigas  o  em 
plas*ai  H  boguier  o  U  aitre  maselier  lo  sanc  delz  boez  non 
jÉttm  Ni  êicampoH,  ni  la»  butladeu  o  attras  causas  pudenz, 
ni  aueUon  Un  boex  empUusas  ;  e  aixo  vedam  a  totz  homes, 

c  Noos  défendons  expressément  aux  bouchers  de  jeter  ni 
répandre  le  sang  des  boucs  dans  les  rues  publiques  ou  sur 
les  places,  non  plus  que  les  intestins  ou  autre  chose  fétide, 
qu'Us  ne  puissent  non  plus  égorger  les  boucs  sur  les  places; 
et  œd  nous  le  défendons  à  tout  le  monde.  » 


n  paraîtrait  cependant  qu'au  moyen  âge  il  existait  deux 
sortes  de  bouchers,  les  uns  dits  boquiers,  les  autres majeftèfv» 
du  lat.  maeeUarhts.  Sauvages  nous  dit  que  ce  dernier  nom 
appartient  à  un  autre  dialecte.  Néanmoins  dans  la  charte 
de  4S00  nous  voyons  les  deux  noms  en  usage  à  Alab,  en 
rappro  chant  l'article  que  nous  venons  de  dter  de  celui-ci  : 

Esi  ablen  que  tuit  U  masellier  vna  vegada  en  lan  jwrvm, 
sobrelz  quatre  evangeiis  de  Deu  queul  masel  dejftra  la  vUa 
daUst  lur  etient  en  aleuna  gulsa  cam  de  moria  ni  poirida 
o  dalira  guisa  mortalz  non  vendran  ;  eant  ^vtrre  vendran 
o  aret  o  troia  digon  o  al  eomprador,  iasia  aisso  gué  Hou  H  o 
demant  ;  de  feda  si  hmn  non  U  a  demanda  non  son  tengut 
de  dire  nomnadamenz,  Creissem  que  las  eamz  mm  «ion  ten- 
gudas  en  aigo,  en  aiei  que  las  vendant  polrldas  per  bernas  ; 
e  si  en  centra  aiso  fusion  H  seinnor  metan  lur  pena, 

c  Nous  ordonnons  que  tous  les  bouchers,  une  fois  par  an, 
jurent  sur  les  quatre  Evangiles  de  Dieu,  que  dans  la  bou- 
cherie ou  dans  la  ville  ils  ne  vendront  sciemment  aucunes 
viandes  passées,  ni  pourries,  ni  provenant  de  bétes  mortes 
de  maladie.  Quand  ils  vendront  verrat,  bélier  ou  truie,  ils 
devront  en  prévenir  les  acheteurs,  même  sans  qu'on  leur 
demande;  s'il  s'agit  de  brebis,  ils  ne  seront  tenus  de  le 
dire  qu'en  tant  qu'ils  en  seront  requis  expressément.  Nous 
ajoutons  qu'ils  ne  tiendront  point  les  viandes  dans  l'eau 
afin  de  vendre  ainsi  pour  bonnes  celles  qui  serairat  pour- 
ries, et  s'ils  se  mettent  en  contravention  ils  seront  punis 
par  leurs  seigneurs.  » 

Il  existait  donc  des  états  distincts  et  par  le  genre  de 
leur  commerce,  et  par  le  quartier  de  leur  réunion  en  ccm- 
firérie,  puisqu'à  Alais  il  y  avait  une  rue  appelée  Boueariè, 
et  une  autre  nommée  Masèl-mèl,  Il  faudrait  en  conclure 
que  les  boquiers,  bouchers,  ne  vendaient  que  de  la  chair  de 
bouc,  chèvre  et  chevreau,  qui  était  sans  doute  plus  estimée 
que  de  nos  joun,  et  les  mas^iers  toute  autre  espèce  de 
viande,  comme  mouton  et  pore. 

On  pourrait  tirer  une  autre  induction  du  rapprochement 
de  nos  deux  citations.  On  y  voit  qu'il  est  défendu  aux 
bouchers  d'égorger  les  boucs  dans  les  rues  et  places  et  d'y 
jeter  le  sang  ;  mais  on  ne  retrouve  pas  la  même  prohibi- 
tion laite  aux  masriiers  pour  les  béliers,  verrats  ou  truies. 
D'où  on  pourrait  penser,  à  notre  avis,  que  les  boquiers 
égorgeaient  tontes  sortes  de  bètes  comprises  dans  l'expres- 
sion générique  bouos,  et  que  les  maseliers  n'étaient  que  des 
espèces  de  revendeurs  de  viande  de  basse  qualité,  qu'ils 
auraient  achetée  des  particuliers  ou  des  gens  de  la  cam- 
pagne. Ce  qui  confirme  cette  idée,  c'est  leur  serment  de  ne 
pas  vendre,  à  leur  escient,  de  la  viande  de  bêtes  mortes  ; 
il  est  évident  que,  s'ils  avaient  égorgé  eux-mêmes,  ils 
n'auraient  pu  être  dans  le  doute  si  leur  viande  appartenait 
ou  (non  à  mie  bête  morte.  Une  seconde  considération,  qui 
corrobore  cette  idée,  est  puisée  dans  l'étym.  de  maselier: 
maeellarius  signifie  moins  boucher  que  marchand  de 
viande;  en  outre  maeeUum  signifie  halle,  étalage  de  den- 
rées, étal  de  boucher;  enfin  maeéllus  est  le  dim.  de  maeer. 


iS 


1^ 


BOO 


BOO 


m&îgre.  06  tout  cela  on  pourrait  oondnre  que  le  ma$elier 
n'éUdt  que  le  revendeur,  Tètalagiste  de  viandes  maigres, 
de  moindre  qualité,  et  destinées  à  la  classe  la  plos  pauvre  ; 
les  boquien,  bouchers,  étaient  au  contraire  à  peu  près  ce 
qu'ils  sont  de  nos  jours . 

Bottcara,  udOi  adj.  Péj.  Bouearudas.  Lippu  ;  qui  a  de 
grosses  lèvres.  Ce  mot,  qui  n*est  plus  dans  le  dialecte,  est 
resté  nom  pr.  d'homme. 

Boucha,  V.  Tirer  une  boule,  débuter  une  boule  ;  terme 
du  jeu  de  boules.  On  lance  de  loin  pour  cet  effet  une  boule 
contre  celle  qu'on  veut  débuter,  éloigner  du  but^  si  elles 
sont  d'un  poids  égal  et  qu'on  tire  juste,  la  boule  lancée 
perd  tout  mouvement  et  le  communique  à  l'autre,  qui  part 
au  loin,  tandis  que  la  première  occupe  exactement  la  place 
qu'elle  a  usurpée,  par  droit  d'adresse  :  c'est  ce  qu'on 
appelle  :  Hran  plaço,  qui  s'emploie  aussi  au  fig.  —  Voy, 
Tira. 

Moucha  ne  se  dit  au  sens  de  houehsr  (iapa)  qu'au  part. 
pa^.  et  figurât.  ;  é«  hovucha,  il  est  bouché,  il  a  l'intellect 
fort  obtus. 

Dér.  de  Bocho. 

Bonchar,  ardo,  adj,  Dim.  Bouchardé,  péj.  Bouchar- 
dag.  Sale;  malpropre;  barbouillé  au  visage;  mouton 
marqué  de  noir  ou  de  brun  sur  le  museau  ;  un  bœuf  ou 
U)  muleti  portant  au  museau  une  couleur  noire  ou  diffé- 
rente de  celle  du  corps,  reçoivent  aussi  cette  dénomina- 
tion. 

Dér.  de  BauchQ,  ou  de  bouquo. 

BoncbardiÎDi  <.  ^  Saleté;  malpropreté;  crasse  sur  la 
figure. 

Joocharièt  «.  /.  Boucherie;  abattoir  public;  boutique 
où  l'on  vend  de  la  viande.  —  Voy,  Boucariè. 

Bouché,  $.  m,,  au  fém.  Bouchèiro,  dim.  Bouehèïroù. 
Boucher.  —  Voy,  Boucariè, 

Boachin-Cabro,  «.  m.  Barbe-bouc,  salsifis  des  prés,  à 
fleur  jaune,  Trapopogon  pratense,  Linn.,  de  la  fam.  des 
Composées  chicoracées.  Les  gamins  sont  très-friands  au 
printemps  de  cette  plante  dont  ils  sucent  chaque  jointure 
au  ncQud  de  sa  tige,  qui  a  un  goût  douçÀtre. 

Dér.  du  lat.  Barbula-Mrci,  d'où  bouchin-barbo,  et  la 
oorrup.  ^oucJitfi-co^ro.  En  ital.  Barba-di-becco  ;  en  esp. 
Barba-do^abron» 

^onchi-tè  I  irUery.  Cri  ou  plutôt  commandement  adressé 
k  la  chèvre.  Il  équivaut  à  Halte-là!  et  s'emploie  lorsque  cet 
animal  se  dresse  contre  un  arbre  pour  le  brouter,  ou  quand 
il  prend  quelque  direction  dangereuse.  Comme  cet  appel 
est  toij^ours  accompagné  d'un  coup  de  pierre,  ranimai  ne 
se  trompe  guère  sur  sa  signification. 

Dér.  de  Boueho, 

Boucho,  «.  f.  Dim.  BouchUo;  péj.  Bouchauo.  Chèvre. 
[Voy.  Cabro.)  Boueho  est  le  fém.  de  Boue,  et  l'ancien  nom 
de  la  chèvre  en  langue  d'Oe. 

Boocouran,  s.  m,,  nom  pr.  de  lieu,  fioucoiraui  com- 
mune du  canton  de  Lédignan,  arrondissement  d'Alais,  sur 


la  roulé  de  Nimes  à  Âlais,  et  sur  le  chemin  de  fer  qui 
traverse  sous  un  tunnel  le  rocher  que  domine  son  vieux 
cMteau. 

Sauvages  le  fait  dériver  de  deux  mots  gr.,  Bot}«,  boeuf  et 
Ko?po(,  porc.  On  pourrait  trouver  une  autre  racine  qui 
paraîtrait  s'accommoder  davantage  aux  allures  du  payé. 
Rarement  on  a  emprunté  chez  les  Grecs  pour  formuler  le 
nom  des  bourgs  qui  se  fondaient  dans  lés  Gaules,  excepté 
peut-être  pour  quelques-uns  qui  pourraient  remonter  à  la 
colonisation  phocéenne.  Il  est  plus  naturel  de  supposer 
qu'on  a  pris  dans  l'idiome  vulgaire,  surtout  alors  que  les 
racines  s'en  présentent  si  aisément  dans  deux  mots  de  l'an- 
cien comme  du  nouveau  languedocien  :  bou  ou  boue,  qui 
signifie  bouc,  et  outre,  outre  de  bouc.  La  désinence  an, 
qui  est  la  traduction  littérale  du  lat.  anus,  anum,  dérivée 
du  suf&xe  celt.,  signe  de  la  descendance,  de  la  propriété, 
de  la  provenance,  indique  le  sens  et  la  siçùficatlon  à  don*» 
ner  au  mot  qui  lui  est  attaché  ;  ici  Boue-ouïr-an  veut  dire: 
lieu  des  outres  de  bouc,  où  Ton  fabrique  des  outres  de 
bouc.  —  Voy,  l'article  Argue,  et  An,  suff. 

Sauvages  a  commis  une  erreur  en  écrivant  à  la  française 
le  prétendu  Côirot  venant  du  gr.  Le  mot  porc  se  dit  bien 
eôiro$;  mais  en  gr.  l'orthographe  veut  qu'on  mette  Xoîpoc 
par  un  X  et  non  KoX^ç,  par  un  K:  différence  qui  détermina 
le  sens.  Dans  le  mot  Boucouiran,  d'ailleurs,  pas  la  moindre 
trace  du  ch,  qui  aurait  été  conservé,  si  la  version  de  notre 
savant  lexicographe  eût  été  admissible. 

Boadélla,  v.  S'enfler;  se  gonfler;  se  boursoufQer. — 
Aquà  fax  bjudéfla  la*  bouquet,  cela  fait  enfler  les  lèvres. 
Las  figos  boudéflou,  les  figues  commencent  à  tourner  en 
maturité;  elles  se  gonflent. 

Boudéfle,  éflo,  adj.  Péjor.  Boudéflas,  asso.  Enflé; 
gonflé;  boufB;  boursoufllé;  gros.  Au  prop.  et  au  fig. 

Boudifla,  V.  S'enfler;  former  des  vessies,  des  clodies, 
des  ampoules  ;  enlever.  —  Moun  dé  beudiflo,  mon  doigt 
s'enfle  ;  il  me  vient  au  doigt  une  ampoule,  une  cloche. 

BoudiUo,    s.  f.  Dim.   Boudifléto,  péjor.   Boudifiiuào, 
Vessie  urinaire;  vessie  de  porc,  qu'on  conserve  gonflée  de 
vent  pour  l'appliquer  comme  dessiccalif;  cloche;  ampoule; 
ëlëvures  sur  la  peau;  bulles  formées  par  de  grosses  gouttes 
de  pluie  en  tombant  dans  l'eau. 

Dér.  comme  les  précédents,  du  celt.  Boi,  crapaud,  bas», 
lat.  botta,  en  ital.  bodda  ;  et  du  lat.  inflare,  flare  irt,  souf* 
fier  dans. 

Bondignièiro,  s.  f.  Boudinière;  charcutière  qui  vm 
dans  les  maisons  particulières  faire  l'assaisonnement  des 
viandes  salées  de  porc,  qu'il  est  d'usage  d'égorger  pour  la 
provision  de  l'année. 

Dér.  de  Boudin. 

Boudin,  s.  m.  Boudin,  boyau  rempli  d'un  mélange  de 
sang  de  porc,  d'herbes  et  de  graisse.  —  JVbtii  pourtan  peu 
dé  boudin,  nous  n'en  sommes  pas  aux  civilités  ensemble  ; 
nous  sommes  brouillés;  il  y  a  des  motiis  dlnimitié  entce 
nous.  Cette  loc.  prvb.  est  fondée  sur  l'usage  local  qui  veuf 


pou 


BOU 


123 


que  loiwfa'tn  ^orge  nn  porc»  ce  qui  a  lieu  ôèjû»  chaque 
maison  de  paysan  et  presque  dans  toutes  les  femilles  bour- 
geoises, on  envoie  un  plat  de  boudin  à  ses  parents,  à  ses 
amis  et  à  tous  ceux  auxquels  on  veut  témoigner  affection 
on  reconnaissance.  Aqud't  da  eoumo  dé  boudin,  c'est  clair 
eomme  la  bouteille  à  Tencre;  tout  cela  est  fort  obscur. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  BottUus  ou  boMus, 

Bon-Dion I  interj\  Bon-Dieu!  exclam,  de  surprise, 
d'êtonnement,  qu*on  place  à  tout  propos,  et  qui  survient  un 
peu  partout,  au  commencement,  au  milieu  ou  à  la  fin 
d'une  phrase.  —  Bou-Diou  /  qu'éi  bH,  Bon  Dieu }  qull  est 
grand.  Di  ^  tx)u/ét  faïre,  Bou-Dtou/  Que  voulez-vous 
faire,  grand  Dieu  ! 

Altération  de  Bo,  bon  ;  euphoaiquement  traduit  en  bou. 

Bondoli,  $,  m.  Petit  homme;  bout  d*homme;  nabot; 
«liant  gros  et  ôourt,  replet  et  joufllu. 

Dur.  de  Bou,  bout,  et  oii,  huile,  comme  terme  de  corn- 
paniaon  à  une  outre  à  huile,  qui  a  les  mêmes  dimensions 
et  nue  sorte  de  ressemblance  de  conformation. 

Bondonfle,  «.  m.  Péj.  Boudouftat.  Gros-bouffi;  gros 
joufflu  on  pansu  ;  bouffe-la-balle,  dans  Fargpt  populaîïe. 

Ce  mot  est  synonyme  de  Boudéfit,  proche  parent  de  bon» 
deii,  descendant  plus  ou  moins  direct  de  boudiflo  pour 
Tétym. 

Bondengna,  v.  S'élever;  s*enfler;  grossir.  La  difl&renoe 
avec  Boudifla,  est  que  renfiure  exprimée  par  ce  dernier 
est  censée  remplie  d'eau  ou  d*air;  dsms  celui-d  l'enflure  est 
produite  par  une  contuâon,  d*oû  résulte  une  bosse,  une 
Jtàgne,  en  v.  fr. 

Dér.  de  Boudougno, 

Bondongno,  «.  f.  Dim.  Boudougniio,  péjor.  Boudsu- 
puuMo,  Bosse,  enflure,  bigne,  produites  par  un  coup,  par 
une  ocmtusion  ou  par  l'engorgement  d'une  glande  ;  loupe, 
tumeor,  excroissance  charnue. — ^D  vient  de  pareilles  tumeurs 
à  certains  arbres,  au  chêne  et  au  châtaignier  principale- 
ment. 

Parait  un  augm.  de  Bougno.  —  f.  c.  m. 

Dér.  du  p.  Bouv6c,  élévation. 

Bondonsqno,  «.  f.  Epiderme  de  certams  légumes;  éc^e,' 
éooree,  coque  de  certains  fruits  ;  pellicule  qui  reste  sou- 
vent adhérente  dans  les  rugosités  de  la  châtaigne- sèche  ou 
blanchie;  efilorescence  du  vin  en  bouteille;  dépôt  de  lie 
au  fond  d'un  vase  ;  édaboussure  de  boue.  —  Manqua  pai 
boudùuiquo  din  tout  aqiid,  toute  cette  affiure  est  bien 
sale. 

Dér.  peut-être  du  gr.  B^p6opo<,  bourbe. 

Bondronn,  i .  m.  Terme  de  maçon.  Bigue  de  bois  qui  sert  à 
soutenir  les  planches  d'un  échafaudage,  soit  lorsqu'elle  est 
posée  transversalement  aux  poutres  principales,  soit  lors- 
qu'elle s'enfonce  dans  l'épaisseur  dei  murs,  ce  qui  arrive 
lorsqu'on  est  parvenu  à  une  élévation  telle  qu'on  ne  peut 
plus  échafauder  ni  sur  des  poutres  maltresses,  ni  sur  des 
étançons. 

Formé  de  Bou^é-^oun. 


Bondnfo,  s.  /.  Toupie,  sabot,  bourdat  ;  jouet  d'enfant. 
—  Voy.  BAoudufo, 

Bonésale,  f .  m.  Charpente  d'un  couvert  ;  boiserie, 
ouvrage  de  menuiserie  ;  boisage,  tout  le  bois  dont  on  s'est 
servi  pour  boiser  ;  parquetage. 

Dér.  de  Bo$. 

Bonfa,  V.  Souffler;  être  essoufflé  ;  siffler;  refuser  avec 
dédain  ;  manger  avec  avidité,  avec  excès  ;  dévorer.  — 
Boufa  eoumo  un  lètrou,  souffler  comme  un  lézard,  souffler 
de  fatigue;  le  lézard,  quand  il  est  aux  abois,  rend  une 
espèce  de  son  comme  le  vent  d'un  soufflet.  Laï$$as  un  pâou 
boufa  à  la  mountado,  donnez  le  temps  de  souffler  à  la 
montée.  Mé  boufè  d'uno  ïègo,  il  repoussa  au  loin  mes  pro- 
positions. Vn  pâoun  diable  tout  lou  boufo,  un  pauvre 
hère  est  mal  accudlli  partout.  L'Aouro  boufo,  le  vent 
souffle.  Aguè  lèou  boufa  tout  soun  fâoure,  il  eut  bientôt 
dévoré  sa  fortune.  Boufès  pas,  ne  souffle  pas;  chut! 
silence! 

Onomatopée  du  bruit  qu'on  fait  en  soufflant  ;  en  allem. 
on  dit  puffm,  gonfler  les  joues  pour  souffler.  L'étym.  peut 
'  s'^liqner  à  un  homme  qui  est  essoi^é,  ou  qui  se  gorge 
la  bouche  en  mangeant  avidement. 

Bonlidre,  s.  m.  Gomfre;  gros  mangeur;  vorace;  au 
flg.  prodigue,  mangeur. 

Dér.  de  Boufa. 

Bontar  (6ran)«  t.  m.  Boufflird,  maltre-soufflenr  dans 
une  verrerie,  celui  qui  souffle  les  grands  vaisseaux,  tels 
que  dames-jeannes,  sdambics,  matras. 

Dér.  de  Boufa. 

Bonlarèl  (An]on-),  f.  m.  Ange  bouffi,  gros  bouffi,  par 
comparaison  aux  têtes  d'anges  isolées  qui  sont  toujours 
joufflues,  et  aux  figures  du  vent,  que  les  peintres  repré- 
sentent comme  les  têtes  d'anges  et  que  le  peuple  confond 
avec  elles.  —  Sémblo  un  anjou-boufaràl,  il  ressemble  â  nn 
ange  bouffi. 

Dér.  de  Boufa. 

Bonfé,  «.  m.  Dim.  Bottfétoà.  EnÊmt  joufflu  et  nabot; 
gros  petit  joufflu  ;  fort  ressemblant  au  bôudoii. 

Dér.  de  Boufa, 

Bonfèlo,  s.  m.;  au  fém.  Bouf&isMo.  Dite.  Bottfêhà. 
Gros-enflé;  gros  bouffe-la-balle,  surnom  familier  que  l'on 
donne  aux  hommes  d^m  embonpoint  excessif.  Le  dimîn. 
ne  s'applique  pas  à  un  homme  moins  gros  que  le  premier, 
mais  d'ordinaire  au  fils  de  celui  qui  est  surnommé  Boufèh, 
quelle  que  soit  d'ailleurs  sa  constitution;  de  mêmepoior 
le  fém.  Bouf&éiso.  Cet  usage  de  faire  participer  les  femmes 
0t  les  enfants  aux  sobriquets  de  leur  mari  et  de  leur  péto 
est  trèsfréquent  chez  le  peuple,  surtout  chez  cehd  en 
communes  rurales. 

Dér.  de  Boufa  ou  de  boudifla. 

Bonfés,  s.  m.  plur.  IMm.  Boufêté»;  p^r.  B&ufékmes. 
Soufflet  à  feu,  instrument  pour  soutier. 

Dér.  de  Boufà. 

BottUga,  v.  Se  boursoiffler;  se  convrir  d'ampoules; 


134 


BOU 


BOtJ 


ii*èl6ver  en  postules,  ea  vessies,  avec  inflammatioD,  telles 
qoe  les  produisent  les  piqdresd^abeiHes,  de  moacherons,  et 
le  frottement  des  orties,  ou  les  brûlures. 

Dér.  de  Boufa. 

Booiigo,  <.  f.  Dim.  Boufiguéio,  péjor.  Bou^a$»o.  Vessie  ; 
cloche;  ampoule;  pustule;  échauboulure  ;  boursouflure. 

Dér.  de  Boufa,  boufiga. 

BoqIo,  <.  f.  Balle  du  blé;  gousse  ou  pellicules  des 
l^umes. 

Dér.  de  Boufa, 

BoqIo,  adj.  fém.,  inusité  au  masc.  Boufe.  Creuse  ;  ver- 
moulue; stérile,  appliqué  à  une  femme.  —  Ko$e  boufo,  noix 
vide,  qui  chante  creux,  parce  que  l'amande  est  desséchée. 
Finno  boufo,  femme  stérile. 

Dér.  de  Boufa, 

Bonlo-fiô,  $.  m.  Petit  bonhomme  ;  enfant  chétif  et  petit, 
toujours  au  coin  du  feu  ;  gratte-cendre  :  le  pendant  au 
masc.  de  Cendhllon. 

Bonio-la-balo,  $,  m.  Bouffe-la-balle.  Il  a  beaucoup  de 
rapport  avec  BoufHo;  seulement  celui-ci  exprime  plus 
particulièrement  l'embonpoint  de  la  figure,  de  grosses  joues 
et  une  petite  bouche;  celui-là  est  instantané  d'application 
et  ne  sert  jamais  de  sobriquet.  Le  fr.  d'argot  pop.  et  fam. 
dit  bouffe-la-balle,  qu'il  parait  avoir  emprunté  au  lang.  ; 
car  que  signifie  en  fr.  le  mot  bouffe  T  tandis  que  boufo, 
3"*  pers.  indic.  prés,  du  v.  Boufa,  indique  quelqu'un  qui 
souffle  et  qui,  pour  ce  faire,  enfle  ses  joues. 

Bonfonn,  <.  m.  Bouffon;  plaisantin;  gaudriole nr  ;  facé- 
tieux ;  farceur;  goguenard.  —  Boufoun  eoumo  un  eéndriè, 
\oc  prvb.,mot  à  mot  :  bouffon,  plaisant,  farceur  comme 
un  cendrier.  Voilà  un  de  ces  dictons  capable  de  déjouer  les 
plus  subtiles  et  les  plus  sagaces  explications.  Est-ce  une 
antiphrase?  c'est  probable,  car  on  ne  dit  cela  que  de  quel- 
qu'un passablement  refi\)gné,  nullement  rieur  ou  qui  plai- 
sante à  la  façon  des  fossoyeurs  d'Hamlet.  Mais  le  cendrier 
est-il  Tembltaie  de  la  tristesse,  l'image  de  la  morosité  ? 
peut-être;  surtout  lorsqu'on  se  le  représente  avec  ses  débris 
de  charbon  noirci  et  sa  couleur  grise,  sans  étincelles,  sans 
flamme*  Puis  n'est-ce  pas  da  cendres  qu'on  se  couvrait 
dans  les  jours  de  deuil  ;  et  le  premier  mercredi  du  Garé  me, 
le  Mêmtnio  hamo,  avec  ses  cendres,  ne  vient-il  pas  rappeler 
les  pensées  graves  et  solennelles  de  notre  néant  T  La  locu- 
tion peut  avoir  été  créée  par  toutes  ces  comparaisons.  Le 
ooQtraste  serait  parfait.  Le  fr.  a  dans  le  même  sens  :  gai 
comme  les  portes  d'une  prison.  Les  deux  phrases,  en  lang. 
et  en  fr.,  veulent  dire  ;  aussi  peu  gai  que  possible,  ce  qui 
approche  beaucoup  de  triste,  et  le  dépasse  souvent  quand 
il  s'y  mêle  ànt  soit  peu  d'ironie.  Donc  contre-vérité. 

Boufoun,  comme  son  correspondant  fr.  et  l'ital.  buffb, 
vient  du  nom  des  anciens  bouffons  de  cour,  dont  le  premier 
emploi  a  été  celui  de  grimacier;  la  principale  de  leurs  gri- 
maces consistait  i  s'enfler  les  joues  et  à  rouler  les  yeux, 
œ  qui  donne  ao  mot  la  même  dérivation  qu'au  verbe 
boufa. 


Bouioima,  v.  Bouffonner;  dire  ou  faire  des  plaisante- 
ries; mais  particulièrement  railler,  amuser  les  autres  aux 
dépens  de  quelqu'un  ;  goguenarder. 

Dér.  de  Boufoun, 

Bonfounado,  s.  f.  Bouffonnerie;  plaisanterie  presque 
toujours  mauvaise  ;  farce  qui  excite  à  rire. 

Dér.  de  Boufoun. 

Bonfonnaire,  aîro,  aif,  Péj.  BoufounoXra$,  Railleur  ; 
mystificateur  ;  mauvais  plaisant. 

Boagéronn,  ouno,  ar(;.  Matois;  luion,  petit  coquin. 
Dimin.  et  lénitif  d'une  expression  plus  énergique  ;  comme 
qui  dirait  en  fr.  d'argot  mitigé  :  un  bigre.  C'est  là  un  de 
ces  mille  mexxo-termineqjiB  le  lang.  emploie  volontiers,  pour 
faire  accorder  ce  qu'il  doit  à  l'énergie  d'une  qualification 
avec  son  respect  pour  la  pudidté  du  langage.  Dans  bougé' 
roun,  du  reste,  l'adoucissement  n'est  pas  seulement  dans 
le  terme,  il  est  aussi  dans  la  pensée  :  il  n'y  a  rien  dlnsol- 
tant  dans  cette  épithète,  et  la  signification  que  nous  lui 
donnons  est  exacte.  Les  Italiens  disent  aussi  en  langage 
trivial  bugiarone,  évidemment  un  dim.  de  bugiardo,  men- 
teur. Il  est  d'autant  plus  probable  que  notre  bougéroun  est 
emprunté  à  l'ital.  que  nous  le  croyons  vulgarisé  chez  nous 
depuis  seulement  que  les  chaudronniers  napolitains,  les 
tabraêaïra$  (F.  c.  m.),  nous  ont  apporté  leur  bugiarotte.  U 
a  été  au  surplus  très-bien  accueilli  comme  lénitif  du  gros 
mot  que  nous  n'écrivons  pas  ici,  et  qui  a  bien  quelques 
autres  variantes,  toutes  en  dimin.  classés  et  usuels. 

Bongnas,  s.  m.  Vieux  tronc  d'arbre  noueux,  tels  que 
ceux  qui  sont  charriés  et  délaissés  par  les  inondations.  Au 
fig.  grosse  et  vilaine  tète. 

Augm.  et  péjor.  de  Bougno, 

Bcmgné,  s.  m.  Débris  noueux  d'un  arbre;  petite 
souche. 

Dimin.  de  Bougno, 

Bongnéto,  «.  f.  Beignet,  sorte  de  pâtisserie  cuite  à  la 
poêle  avec  de  l'huile  ;  tache  produite  par  un  corps  gras. 

Dér.  de  la  même  source  que  l'ital.  Bugna,  tomeor, 
enflure,  parce  que  les  beignets  sont  une  pâte  boarsonf- 
flée. 

Bougno,  t.  f,  Dim.  Bougnéio,  péj.  Bougnauo,  Souche 
d'arbre,  particulièrement  la  partie  noueuse  du  tronc  oà 
sont  attachées  les  racines  ;  bigne;  bosse;  enflure  ;  glande  ; 
contusion;  meurtrissure.  —  Voy,  Boudougno, 

Dér.  de  Tital.  Bugna,  bosse. 

Bom,  «.  m.  Buis,  Buxui  êemper  virmi,  Linn.,  arivie- 
seau  de  la  fam.  des  Euphorbiacées,  commun  dans  nos 
montagnes.  Cet  arbuste,  qui  fournit  un  très-bon  engrais, 
est  fort  en  vénération  dans  le  pays.  On  prétend  qu'il  fome 
un  champ  pour  trois  années,  suivant  ses  divers  degrés  de 
putréfaction  :  il  fume  la  première  année  avec  ses  fléoillee» 
la  seconde  avec  l'écoroe,  la  troisième  avec  le  bois. 

Dér.  du  lat.  Buxui,  dugr.  nuEoc,buis. — Voy.  BonéiiMro, 

Boniargue,  «.  m.,ii.  pr.  de  lieu*BouiUargoes,  eonuBon» 
dans  le  canton  et  l'arroiidiasement  de  Nîmes.  H  est  fait 


BOU 


BOU 


t!» 


meDtkm  de  oe  village  dans  de  vieilles  chartes  sous  le  nom 
de  BoUanktB  et  Bolhaniea,  tfUla  de  Bolhanieû. 

Nous  aurions  à  répéter,  à  propos  de  l'étymologie  de  ce 
nom»  ce  que  nous  avons  dit  dans  l'art.  BaXargue,  {V.  c.  m.) 
Tous  ces  villages  ou  hameaux,  si  nombreux  dans  le  Gard 
et  dans  THérault,  ne  nous  semblent  pas  avoir  eu  nécessai- 
lement  pour  parrains  des  Romains  d*origine  auxquels  on 
attribue  leur  fondation,  sans  autre  preuve  qu'une  ressem- 
blance de  noms  et  sur  une  fausse  interprétation  de  la  finale 
arpu.  Parce  qu'un  Romain  inconnu  se  sera  appelé  Bo/antu, 
qu'un  certain  Vettius  Bolanus  aura  été  consul  avec  Cal- 
pnmius  Piso,  en  Tan  IH  de  Tére  chrétienne  ;  que  même 
Gicéron  aura  eu  un  ami  de  ce  nom,  et  qu'il  parle  dans  une 
lettre  à  Quintus,  son  frère,  d'un  domaine  près  de  Rome 
qu'il  nomme  Bouillanus,  ce  n'est  pas  une  raison  pour 
admettre  que  Bouïargue,  BouUlarguet,  Bolhanicœ,  tire  sa 
dénomination  de  cet  illustre  personnage,  non  plus  que  de 
quelqu'un  de  ses  clients  ou  descendants  établi  dans  les 
ea virons  de  la  colonie  nimoise.  Il  est  moins  superbe,  mais 
certainement  plus  sûr,  de  prendre  l'origine  du  nom  dans 
le  lat.  bovilia,  étables  à  bœufs,  de  bos,  bovU,  qui  a  donné 
i  notre  dialecte  Inôou,  bœuf,  bouxê,  bouvier;  au  prov. 
^véou  :  au  roman  bouièreM,  bouvières,  bovières,  terres  lais- 
sées en  jachère  pour  servir  de  p&turage  aux  bœufs.  Ainsi 
on  trouverait  à  ranger  dans  la  même  famille,  comme  l'a 
lait  le  latin,  qui  se  connaissait  en  traduction,  en  les  dési- 
gnant par  le  nom  analogue  Bovilhacum  ou  BovUiacum,  les 
identiques  correspondants  à  Bouïargue,  Bolhanicœ  :  BouU- 
lae  (Aveyron,  Dordogne,  Gironde,  Tam-et-Garonne)  ;  Bouil 
Uu  (Gers,  Lot-et-Garonne]  ;  La  BouUle  (Seine-Inférieure) 
BomtU  (Maine-et-Loire)  ;  BouUly  (Aube)  ;  Bouvine  (Nord) 
Mo9éUe$  (Somme);  Bovee  (Somme);  Bova,  en  Galabre 
même  Bovaea,  dans  la  Colombie  ;  car  la  racine,  la  même 
pour  tous,  est  tirée  du  nom  de  l'animal  le  plus  utile  à 
l'agriculture.  A  Bouiargue,  ce  nom  est  parfaitement  en 
situation. 

Bonîda,  V.  Vider;  faire  écouler  d'un  lieu,  d'un  vaisseau, 
d'un  sac  ce  qui  le  remplit  ;  enlever  ;  ôter;  éloigner . 

Dér.  du  lat.  Viduare. 

Boiûde,  bouido,  adj.  Vide;  qui  ne  contient  rien;  qui 
n'est  rempli  que  d'air. 

Dér.  du  lat.  Viduus  ou  fnduattu. 

Boaién,  énto,  part,  prêt,  du  v,  Bouli.  Bouillant ,  qui 
bout;  an  fig.  qui  a  beaucoup  de  vivacité,  d'ardeur  ;  colé- 
rique; prompt;  violent.  —  Aigo  bouXénto,  de  l'eau  bouil- 
lante. ÂMê-bouïén,  (Foy.  A$e.)  Sé$  trop  bouïén,  vous  êtes 
trop  vif,  trop  pétulant. 

Dér.  de  Bouli. 

Bonîno,  «.  f.  La  gent  bovine,  l'espèce  bovine  *,  viande 
de  bœuf  ou  de  vache.  —  lAngo-bouïno,  —  f.  c.  m. 

Mr.  du  lat.  BovU,  génitif  de  bot, 

Booio-baiuo,  ».  f.  Matelote  à  la  provençale;  espèce  de 
lagoàt  ou  de  potage  que  l'on  fait  avec  du  poisson  bouilli, 
àl'aU. 


Les  étymologistes  provençaux,  les  plus  compétents  pour 
un  mot  qui  leur  appartient,  lui  donnent  une  dérivation 
du  sens  même  des  mots  dont  il  est  formé  :  il  bout,  baisse  ; 
c'est-à-dire  :  descends  la  marmite ,  le  potage  bout.  Et 
servez  chaud  ! 

Bouîoù,  »,  m.  Peson  d'une  balance;  boulon,  contre- 
poids mobile  d'une  romaine. 

Dér.  du  lat.  BuUa. 

Bouioun,  f.  m.  Bouillon;  décoction  de  viandes  ou 
d'herbes;  consommé.  —  Vn  bon  bouïoun,  aqud  remonto, 
un  bon  consommé,  rien  de  mieux  pour  restaurer. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  EhuUium,  fait  du  lat.  buUire,  parce 
que  c'est  par  l'ébullition  qu'il  se  prépare. 

Bouionn-blan,  »,  m.  —  Voy.  Alapa», 

Bomra,  v.  Bourrer,  charger  de  coups;  frapper  quel- 
qu'un à  ccups  redoublés,  comme  Ton  fait  sur  le  corpe 
soufflé  d'un  bœuf  pour  en  détacher  la  peau. 

Dér.  du  gr.  Bouc,  bœuf. 

Boniril,  ».  m.  Ventre  ;  bedaine  ;  grosse  panse;  panse  de 
bœuf. 

Même  étym.  que  Bouïra. 

Bouissèi,  ».  m.  Boisseau,  mesure  de  capacité  qui  con- 
tient le  quart  de  la  carte,  le  huitième  de  l'émine,  le  soixante- 
quatrième  de  la  salmée,  d'après  nos  anciennes  mesures  ; 
en  mesure  métrique,  il  contient  3  litres  4  25.  Il  est  aussi 
mesure  de  superficie  et  vaut  4  are  25  centiares. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Bu»»Mu», 

Bouissièîro,  j.  f.  Terrain  couvert  de  buis  ;  taillis  de 
buis. 

Ce  mot  est  un  nouvel  exemple  de  l'analogie  qui  existe 
entre  les  désinences  celtiques  et  les  finales  latines  et  plus 
tard  romanes,  ou  en  langue  vulgaire  qui  les  traduisait.  Le 
primitif  final  était  certainement  oc  ou  ee,  marque  de  la 
collectivité,  que  le  lat.  a  rendu  par  eium,  et  que  le  lang. 
exprime  par  Uliro  :  beusac,beu»ek,  buxiacum,  forme  celtique; 
bwcetum,  forme  latine  ;  frouVfMÀtro,  forme  languedocienne, 
signifient  également  lieu  couvert  de  buis,  comme  le  fr. 
bussaie,  bussières,  Buxières,  n.  pr.,  et  Bussières  (Seine-et- 
Marne),  Bussiares  (Aisne),  Boussières  (Nord),  Bouxiéres 
(Meurthe).  {Voy.  l'art.  Argue»,  An,  léiro,  etc.,  suff.)  Ces 
aflMtés  sont  les  plus  directes  ;  mais  la  prononciation  de 
l'tt  en  ou,  l'altération  de  la  voyelle  double  elle-même  ou  et 
celle  de  la  voyelle  o  de  bo»,  bois,  les  traductions  employées 
dans  la  bass.  lat.  passées  dans  le  roman  et  enfin  dans  le 
languedocien,  rendent  souvent  très-mal  aisée  l'application 
pour  distinguer  s'il  s'agit  d'un  lieu  couvert  de  bois  ou  seu- 
lement couvert  de  buis.  Il  faut  toujours  citer,  d'après  Sau- 
vages, les  n.  pr.  Boissier,  La  Boiasière,  Montboissier,  etc., 
comme  dérivés  de  bouï,  buis,  qui  a  formé  le  masc.  houîMè 
et  le  fém.  frouVitt^ro.  Il  est  certain  que  dans  notre  dialecte 
la  prononciation  mène  droit  à  cette  étymologie.  H  faut  en 
dire  autant  de  La  BouUtiiiro,  La  Bdssière,- communes  de 
Bez  et  Esparon,  et  communes  de  Malons  et  Elze,  de  i^ouCf- 
rièiro»,  Boissières,  commune  du  canton  de  Sommièros» 


196 


BQU 


BOU 


anondissemeat  de  Nimes,  et  sans  doute  du  nom  de  BouXué, 
Bcisset,  BwMtum,  oommone  du  caaton  d'Andoze,  et 
hameau  de  la  commune  de  Saint-Sébastien.  En  composition, 
BèlMi,  de  la  commune  de  Rochegude,  aeca  Cément  à 
dVet.  On  est  ainsi  conduit  à  trouver  comme  similaires  : 
Boisftières  (Sarth^,  et  peut-être  La  BoiuMré  (Sarthe)»  et 
Boissi  (Seine  et-Oise)  ;  et  même  le  nom  prop.  Bdssy,  avec 
la  désinence  funilière  aux  dialectes  du  Nord,  et  chez  nous 
BoisttO,  .représenté  par  BùtOêêé;  k  moins  toutefois  «{u'ils 
n'aient  été  inspirés  par  le  mot  suiv.  ftotiSMoù,  qui  est  une 
sorte  de  péjor.  venant  encore  de  bout,  et  qui  a  donné 
comme  noms  de  lieu  et  d*bomme  :  BcHsson,  Bouuâoà,  Bois- 
sonade,  Bouïssaunado,  le  BuissoUi  JïoyiioiHim  (Gevaudan). 

—  Vay.  Bof . 

BonÎBSOÙ,  f.  m.  Dim.  Bouts$ounéM  jpéj.  Bouïssounoi. 
Buisson,  en  général;  toute  tou£Eè  d'arbustes  épineux  et 
piquants,  particulièrement  le  prunier  sauvage  ou  prunelier. 

—  Vay.  Âgmnai. 
Dér.  de  Boni'. 

Bouja,  V.  Verser,  répandre  ;  à  proprement  parler,  verser 
d'un  sac  ou  dans  un  sac. 

Bot^a,  se  vider,  rendre  tout  ce  que  l'on  a  dans  le  corps, 
se  dit  iron.  d'une  fille  qui  est  accouchée  depuis  peu.  — 
Yen  dé  lou  houja,  elle  vient  d'accoucher.  En  parlant  d'une 
pluie  torrentielle  :  Xén  hojo  à  plit  ferai,  il  en  tombe  à 
seaux. 

Dér.  de  Bojo, 

Boni,  s.  fli.  Bouillon;  ébullitM»;  action  de  bouillir; 
mouvement  des  bulles  soulevées  ;  bruit  d'un  liquide  qui  bout. 

—  Pria  hu  boul,  il  commence  à  bouillir.  Dine  un  baul 
ofuà  sera  quiè,  dans  un  seul  bouillon  ce  sera  cuit.  F^ou 
foi  gu'im  boîd,  c'est  l'afCdre  d'un  bouillon. 

Dér.  du  lat.  BuUa. 

Bcmlado,  t.  f.  Jet  d'une  boule  au  jeu  de  boules.  -^  Àï 
énearo  vno  boulado ,  il  me  reste  encore  une  boule  à  jouer. 

Dér.  deBoiifo. 

Boulanjariè,  i.  f.  Boulangerie;  profession,  atelier,  bon- 
tique  de  boulanger. 

Dér.  de  Bouku^'è. 

Boulaniè,  i .  m.  Boulanjèlm,  s.  f.  Boulanger,  boulan- 
gère; qui  fait  et  vend  le  pain. 

Dér.  du  lat.  Polm$iariu$,  de  polenia,  farine  de  froment. 

Bonlar.  j.  m.  P^.  Bovdarda»,  Grosse  boule  ;  gobille  plus 
grosse  que  les  antres.  —  Vn  boular  d'équipé,  une  grosse 
yobiUe  pour  jouer  à  ce  jeu  d'en&nt  que  ta  Fare  décrit 
dans  ce  charmant  HoU  dé  SagaHi»  CoêtagnadoM.  —  Foy. 
Boula. 

Augm.  de  Boulo. 

âouldrado,  «•  /.  Crevasse  ;  action  de  crever,  de  se  cre- 
vasser, de  s'entr'ouvrir,  de  répandre  par  là  son  contenu. 
An  fig.  tour  de  maladresse,  sotte  équipée.  Dans  ce  dernier 
sens  ce  mot  pamltrait  n'être  qu'une  altération  de  bàou- 
(irodo, 

Dér.  de  BouUro. 


Bouldro,  s.  f.  Boue  ;  vase  ;  dépôt  de  limon  d'alluvion; 
lie,  crasse,  fèces  que  dépose  un  liquide;  effondrilles  d'un 
bouillon,  d'une  infasion  ;  bourbe.  Bouldro  et  surtout  son 
péjor.  BotUdras,  entraînent  Tidée  d'un  plus  grand  épaissis- 
sement  dans  ces  matières  et  d'un  amas  plus  considérable 
que  la  loudro.  —  F.  c.  m. 

Dér.  du  gr.  B<Sp6opo;,  bourbe. 

Boulé,  «.  m.  Dim.  Boulété,  péj.  Boulétas.  Bolet;  cham- 
pignon; agaric;  fungus;  cryptogame  en  chapiteau.  On 
peut  diviser  en  deux  classes  les  champignons  comestibles 
dont  on  fait  usage  dans  ce  pays,  savoir  :  les  laminés  et  les 
poreux  et  fistuleux.  Dans  la  première  se  rangent  :  lou  dorguê 
fboulé  rouge),  Véwumèl,  lou  eapHan,  lou  souquarèlg  Um 
fnno^;  dans  la  seconde,  l'areialoùs,  la  léngo-bot^no^  Ja 
Mohaiélo  et  la  galinolo.  Il  est  rare  que  chacune  de  ces 
espèces  n'ait  pas  un  analogue  dans  la  classe  des  champi- 
gnons malfaisants.  Les  plus  communs  sont  le  pi$$agàg 
variété  de  Vareialoù$,  et  le  fdou-dorguo  qui  resseq^ble 
beaucoup  à  celui-ci.  —  F.  c.  m. 

Les  principaux  diagnostiques  des  champignons  vénéneux 
se  reconnaissent  :  4«  lorsque  la  cassure  qu'on  fait  au  cha* 
piteau  devient  en  quelques  secondes  d'une  couleur  violacée 
et  livide;  S<» lorsqu'on  les  rompant  il  en  suinte  une  humqur 
laiteuse;  3»  lorsqu'ils  ne  portent  pas  vers  le  milieu  de  leur 
tige  une  sorte  de  collet  ou  de  couronne,  qui  n'çst  au^ 
chose  que  la  membrane  liant  le  chapiteau  au  pédoncule, 
avant  que  cel*û-là  ne  fût  développé;  4<^  lorsque  l'épidenpe 
du  chapiteau  ne  se  détache  pas  nettement  en  ruban,  eo.le 
pinçant  du  bord  au  centre;  5*  lorsque  la  coupole  esit  par- 
semée de  petits  flocons  de  matière  laiteuse  et  spao^ea^. 

Dér.  du  lat.  BoUtui, 

Boulé,  s,  m*  Boulet;  boule  de  fer  dont  on  chaige  ks 
canons. 

Dér.  du  lat.  BuUa.  Dim.  de  Boulo. 

Bouléga*  v.  Bouger;  remuer;  se  remuer;  çbaiiger  de 
place  ;  tant  à  l'actif  qu'au  passif.  —  Vole  pat  j'amaï  ^oii- 
léga  d'a:m  e'ée  pae  vrai,  je  veux  ne  jamais  bouger  d&o^te 
place  si  je  mens.  Boulégi^ei  pas,  ne  bouge  ni  ne  remue. 
Bouléga  lou  véipiè,  remuer  le  gnèpier;  réveiller  le  chien 
qui  dort. 

Dér.  de  Tallem.  Wogen,  voguer,  ou  du  lat.  bulla,  M- 
lam  agere,  pousser,  agiter  une  boule. 

Bouléigadis,  «.  m.  Remue-ménage;  démai^geaisoii  de 
remuer;  frétillement. 

Dér.  de  Bouléga. 

Boulégado,  $.  /.Foule;  troupe;  tas;  fourmilière. 

Dér.  de  Bouléga. 

Boulégaîre,  atro,  a4j\  Dim.  BoulégaXré,  péjor.  Bmdé- 
gaXrae,  Remuant;  frétillant;  qui  s'agite,  qui  reouBUm- 
jours;  mauvais  coucheur. 

Dér.  de  Bouléga, 

Boulégamén,  i. m. Remuement;  mouyemeiUperpâiiel; 
irétillement. 

Dér,  de  Bouléga, 


BfiV 


Bm 


w 


Ikralèfa,  V,  âonfiner;  être  limitrophe  ;  être  contiga  ;  se 
londier,  en  parlant  des  propriétés.  —  ifbut  boîOéfan,  nos 
champs,  nos  propriétés  se  touchent. 

Dêr.  de  Boh. 

Bmilétiètro,  «.  f.  Terre  à  champignons;  proprement, 
champignonnière,  c'est-à-dire  on  endroit  particulier  où  les 
champignons  viennent  de  préférence.  Une  fois  que  cet 
edi^it  est  connu,  on  est  à  peu  près  sûr  d'y  en  trouver  plu- 
sieurs années  de  suite,  jusqu'à  ce  que  le  sol  soit  épuisé.  Gela 
ne  s'ai^que  guère  qu'aux  dorgue$,  aux  arciahiu,  aux 
m^iAbim/  les  autres  espèces  viennent  au  hasard,  ou  bien 
au  pied  des  souches  de  certains  arbres. 

Déf .  de  êaulé. 

Èoiifi,  V.  Bouillir;  s'élever  en  bulles  et  à  bouillons  par 
l'eiêt  de  la  chaleur  ou  de  la  fermentation  ;  fermenter  ou 
cuver,  en  parlant  du  vin. — Aqud  vin  a  prou  b<ndi,  ce  vin 
a  assee  cuvé.  Jfoun  sang  mé  boui,  là  colère  me  fait  monter 
le  sang  au  cerveau,  J'en  ai  la  fièvre.  —  FaHre  b&uli  Vémï- 
néou,  verser  de  très-haut  et  avec  force  le  blé  dans  la 
Dmire,  de  manière  qu'il  n'ait  pas  le  temps  de  s'y  tasser, 
et  qu'il  forme  par  conséquent  une  plus  grande  quantité  de 
vide.  C*est  ce  qu'on  reproche  aux  revendeurs  de  blé  qui 
veôleot  Ihib  maigre  mesure. 

Dér.  du  hit.  BtiUirê,  qui  vient  de  buUa,  bulle,  bouil- 

lOO'. 

Bmril,  t.  m.  Bouilli  ;  viande  bouillie  ou  cuite  dans  l'eau. 
—  Mitre  Um  hoiUï,  mettre  le  pot-au-feu.  Ei  poê  ho  ni  pér 
boÊik  ni  pér  rmuti,  il  n'est  bon  à  rien;  il  n'eel^  bon  m  à 
pSsdre  ni  à  dépendre. 

Mr.  du  lai.  BtUUr». 

BmdidtoÂ,  «.  m.  Tourbillon  dan» l'eau;  bas-fond  qui  se 
lofme  dans  une  rivière  par  le  tournoiement  des  eaux  causé 
pur  la  rencontre  de  deux  courants,  ou  d'un  rocher  qui 
l'ébfige  &  changer  de  direction,  ou  encore  par  des  ouvrages 
d*Ariqiâ  ont  le  même  e£Est.  C'est  également  toute  espèce 
ds  vaisseau  supplémentaire  dans  lequel  on  fait  cuver  la 
vsttdànge,  quand  la  grande  cuve  est  insuffisante  ;  celle-ci 
ne  prend  jamais  le  nom  de  bouUdait,  qui  est  un  dimin. 

Mr.  deBotia. 

Boulnado,  s.  f.  ^m»  BoulnadétOp  péjor.  BofdnadtuMo, 
Proprement,  panse;  la  poche  gastrique  où  se  rencontrent 
tes  àttuams  à  moitié  digérés;  en  général  les  intestins  et  le 
bas-ventre. 

Dér.  du  lat.  BoIuIum,  boyau>  intestin. 

Baiio,  s.  f.  Dim.  MouUto,  augm.  Boular,  boulasMo.  Boule  ; 
bine;  gobiUe;  tout  coips  rond  ;  au  fig.  la  tète.  —  BÔuh 
éré^pè,  aobiUe  d'un  jeu  d'enfant  qui  se  nomme  équipé. 
(?éy.  Boutar.)  Apérdulaboulo,  il  a  perdu  la  tète.  Tïra'no 
kmlo,  terme  du  jeu  de  boule,  viser  à  déloger  une  boule,  la 
dèbuterr  éD  lançant  fortement  la  sienne  conti^  elle.  —  Foy. 
Bocho, 

Ibér.  du  kt.  BuOa. 

Iwdoii»,  t*  m^  Dim,  Boidouni.  Boalon,  cheville  en  fer 
qti  a  une  tèia  tf  un  eéléi  et  de  l'autre  uae-ouverture  où  Toa 


passe  une  clavette  ou  une  mèche  taraudée  qui  est  vissée 
par  un  écrou. 

Boulzes,  s.  m.  plur,  SoufOiet  de  forge  ;  mais  particuliè- 
rement soufdet  double  des  chaudronniers  ambulants,  qui 
consiste  en  une  poche  terminée  par  un  tuyau,  et  qu'on 
élève  et  comprime  successivement  de  chaque  main.  Ce 
genre  de  forge  s'établit  en  plein  vent,  sur  la  première  place 
venue,  en  creusant  une  petite  fosse  de  trois  ou  quatre  pouces 
de  profondeur,  où  viennent  aboutir  les  tuyaux  des  boulzes, 
et  par-dessus  on  place  une  très-petite  quantité  de  charbon 
de  bois. 

Boulxe,  s.  m.  sing.,  est  encore  un  nom  pr.  très-répandu 
dans  le  pays,  dont  le  fém.  est  Boulsésso  et  le  dim. 
Boulxé,  Il  est  rendu  en  fr.  par  Boulze. 

Boum  !  intêrj.  Onomatopée  qui  exprime  le  brnit  sourd 
produit  par  la  chute  d'un  corps  pesant.  —  Voy,  Chinnanano. 

Dér.  du  lat.  Bombus, 

Bonmha,  v.  Battre  ;  frapper  un  coup  sourd  ;  heurter 
avec  force.  —  Boun^o-quiou,  cassen^ul  ;  coup  sourd  qu'on 
se  donne  en  tombant  sur  le  derrière. 

Dér.  du  lat.  Bombus. 

Boumbanço,  s.  f.  Bombance;  gala;  grande  et  bonne 
chère;  festin  pompeux. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Pompantia. 

Bonmbarda,  v.  Bombarder;  jeter,  lancer  des  bombes; 
caaonner;  par  ext.  tirer  des  coups  de  fusil,  même  lancer 
des  coups  de  pierre. 

Dér.  de  Boumbo. 

Boombé,  éto,  adj.  Petit  homme  court,  ramassé,  gras- 
somllet,  rondelet,  nabot  tout  rond  de  graisse.  —  Voy. 
Boutnboti,  Coufloti. 

Dér.  de  Boumbo,  arrondi  comme  une  bombe. 

Boumbe,  s.  m.  Augm.  Boumbas.  Bruit  sourd;  celui  que 
fait  un  corps  lourd  en  tombant. 

Dér.  du  lat.  Bombus. 

Bonmbl,  v.  Rendre  un  son  sourd  en  tombant  ;  au  fig. 
mourir;  crever.  —  Né  boumbiguèg  il  en  creva. 

Dér.  du  lat.  Bombus. 

Boumbo,  i.  f.  Bombe,  gros  boulet  de  fer  creux  qu'on 
remplit  de  poudre  pour  le  faire  éclater.  —  Tira  las  boum- 
bos,  tirer  des  boites  en  signe  de  réjouissance  et  fiiute  de 
canon.  Boumbo,  grosse  femme,  courte  et  replète. 

Dér.  du  lat.  Bombus. 

Boumboti,  s.  m.  —  Voy.  Boumbé,  m.  sign. 

Boumbourido,  s.  f.  Bourdonnement;  ne  s'emploie  qu'au 
fig^  caprice  ;  boutade  ;  transport.  —  Voy.  Grâoule. 

Boomboorina,  v.  Bourdonner,  comme  font  les  taons,  les 
abeilles,  les  hannetons;  au  fig.  murmurer;  marmotter; 
grogner  ;  bougonner  ;  corner  aux  oreilles. 

Dér.  du  lat.  Bombus,  bourdonnement. 

BoumbOQTinéJat  v.  fréq.  de  Boumbourina. 

Boum!»  V.,  ou  Yound.  Vomir;  jeter  par  la  bouche  ca 
qui  était  dans  l'estomao. 

WHé  du  lat.  Vomêt$, 


1)8 


BOU 


Bonnas,  aaso,  adj.  Bonhomme»  trop  bon,  sans  nuilice, 
avec  une  légère  teinte  de  stupidité. 

Angm.  de  So. 

Bonndoù,  <.  m.  Bonde;  bondon;  troa  rond  d'un  ton- 
neaa  par  où  on  le  remplit;  boachon,  tampon  qoi  ferme  ce 
trou.  —  Voudriez  qui  ma  gorjo  êérviguèsse  dé  boundoù,  je 
voudrais  que  mon  gosier  servit  d*entonnoir:  souhait  d'ivro- 
gne. Méire  hu  boundoù,  bondonner. 

Dér.  du  gr.  Buetv,  boucher. 

Bonne,  s,  m.  Dim.  Bounété;  péj.  Baunétas.  Bonnet 
d'homme,  génériquement,  ou  l)onnet  de  femme,  par  em- 
prunt au  fr.  Le  bonnet  de  coton,  qui  est  la  coiffure  habi- 
tuelle de  travail  pour  les  cultivateurs  et  la  plupart  des 
artisans,  se  nomme  particulièrement  bounéto,  ainsi  que  les 
bonnets  de  laine  rouge  ou  brune  des  auvergnats  ou  loze- 
rots.  —  Le  n.  pr.  Bouné,  en  fr.  Bonnet,  est  assez  porté. 

Bouné  signifie  encore  :  bonnet  carré,  bonnet  que  portent 
les  gens  d'église.  —  Un  curé  des  hautes  Gévennes,  qui  fai- 
sait ses  prtoes  en  patois,  dit  un  jour  en  chaire  :  Il  y  aune 
personne  dans  ma  paroisse  qui  scandalise  tout  le  monde 
par  sa  conduite  plus  que  légère  ;  voulez-vous  que  je  vous 
la  nomme,  que  je  la  désigne?  Je  vais  lui  jeter  mon  bonnet 
carré...  Le  geste  ayant  suivi  la  parole,  l'histoire  ajoute  que 
toutes  les  femmes  simultanément  baissèrent  la  tète,  chacune 
ayant  bien  quelque  petite  chose  à  se  reprocher.  Ah  /  fouriè 
bé  dé  bfnméi.  Ah  1  qu'il  faudrait  de  bonnets  carrés,  reprit 
le  malin  curé,  en  voyant  ce  mouvement.  ' 

Un  eo  dé  bmtné,  une  salutation,  un  coup  de  chapeau. 
On  Varapariè  àetu  dé  bouné,  on  le  prendrait  avec  un  cha- 
peau. —  On  croit  vulgairement  qu'un  bonnet  crasseux 
d'homme  calme  les  affections  histériques  d'une  femme, 
quand  on  lui  en  frotte  le  haut  de  la  poitrine  on  qu'on  le 
place  à  nu  sur  son  sein. 

On  n'est  pas  d'accord  sur  l'étym.  :  les  uns  la  tirent  du 
œlt.  Boned,  bonnet  ;  d'autres  de  l'angl.  bonnei;  quelques- 
uns  enfin  du  nom  d'une  espèce  de  drap  dont  on  faisait 
anciennement  les  bonnets. 

Bounôtado,  s.  f.  Coup  de  bonnet;  salutation,  révérence  ; 
salut  du  bonnet. 

Dér.  de  B<ntné. 

Bonnéto,  s.  f,  Dim.  BounHéto,  péj.  BounUoito,  —  Voy. 
Bouné, 

.  Bounta,  t.  f.  Bonté,  qualité  de  quelqu'un  on  de  quelque 
chose  qui  est  bon  ;  obligeance. 

Dér.  du  lat.  BoniUu, 

Bonnto,  t.  f.  Ce  mot  ne  s'emploie  qu'en  se  joignant 
avec  eahro,  ou  en  la  désignant  directement  et  quand  il  est 
déjà  question  d'une  chèvre  dans  la  phrase  :  Vno  bownfo. 
—  Cohro-bounto,  chèvre  franche,  sans  cornes. 

Dans  d'autres  dialectes,  au  lieu  de  bounio,  on  dit  moiOo 
pour  la  même  qualification.  L'étym.  donnée  alors  est  prise 
du  lat.  Mutila  eomubuê,  à  qui  on  a  coupé  les  cornes»  on 
du  gr.  Mf-niXoç,  qui  n'a  pas  de  cornes.  Nous  n'avons  pas 
mouto  :  il  n'y  a  rien  àdire.  Bounto  serait-il  une  altération.? 


BOU 

Ces  deux  mots  ne  paraissent  pas  se  prêter  à  une  commu- 
nauté d'origine.  Mais  pourquoi  le  nôtre  ne  viendrait-il  pas 
aussi  du  gr.  Bouv6c,  mamelle? 

Il  peut  sembler  extraordinaire,  au  premier  ab(Md,  que 
ce  mot  grec,  qui  a  une  acception  générique,  soit  employé 
pour  désigner  adjectivement  une  espèce  particulière  de 
chèvre.  Pour  que  la  déduction  fàt  logique,  il  faudrait  sans 
doute  que  le  radical  étymologique  indiquât  l'absence  de 
cornes.  Cependant  si  on  veut  remarquer  la  manière  dont 
les  langues  se  sont  formées,  il  ne  serait  pent^tre  pas  diffi- 
cile, dans  l'espèce,  de  se  rendre  compte  de  la  possibilité  et 
de  la  justesse  d'une  pareille  racine.  I^ics  divers  dialectes 
méridionaux  ont  puisé  alternativement  dans  la  langue  des 
colons  phocéens  et  dans  celle  des  colons  romains.  Dans  le 
mot  que  nous  étudions,  une  moitié  est  empruntée  au  lat. 
eapra,  cabro;  l'autre  moitié  vient  du  gr.  Bcuv6<,  qui  a  fait 
Bounto,  c'est-à-dire  l'animal  aux  mamelles.  Ces  deux 
idiomes  s'étant  confondus  dans  le  roman  lang.,  il  en  est 
résulté  deux  mots  divers  pour  rendre  l'idée  de  la  chèvre. 
Dès  lors  on  a  bien  pu  profiter  de  cette  richesse  pour  dési- 
gner par  l'un  des  deux  une  espèce  particulière.  Or  la  chèvre 
sans  cornes  parait  le  type  de  l'e^ièoe  ;  la  chèvre  eQcoqiée 
est  l'exception,  puisque,  en  fr.,  on  désigne  la  première 
espèce  par  le  nom  de  chèvre  franche,  an  témoignage  de 
Sauvages,  la  chèvre-type.  On  l'a  aj^lée  dès  Ion  eahrq- 
bounto,  comme  on  dirait  chèvre-chèvre,  et  ct^ro-banmdo, 
la  chèvre  à  cornes. 

Bouqua,  v.,  ou  Boolqua.  Verser  les  blés  ou  les  Um; 
les  coucher,  'ce  qui  est  d'ordinaire  .l'effet  d'une  grosse 
averse,  lorsque  les  blés  et  les  foins  étant  fort  ^mûs  et  fort 
orgueilleux,  les  tiges  en  sont  tendres  et  faciles  à  s'a^e- 
nouiller.  Ce  même  e£fot  est  produit  quand  une  personne  ou 
un  animal  les  foule  en  les  traversant  ou  en  s'y  vautrant. 
'-  S'aquél  bia  se  boufuo,  f-àoura  dé  paio,  si  ce  Ué  vient 
à  être  versé,  la  paille  sera  abondante  cette  année.  Gda 
veut  dire  que  ce  blé  en  herbe  est  bien  maigre,  et  s'il  vient 
à  être  assez  fort,  assez  dru  pour  être  versé,  c'est  une 
preuve  que  tous  les  autres,  qui  sont  de  plus  belle  veQBe« 
réussiront  merveilleusement.  Locution  ironique  pour  expri- 
mer un  champ  de  blé  étiolé  et  dair-semé. 

Dér.  du  lat.  Volvere,  rouler. 

Bouqua,  v.  Terme  de  magnanerie,  couvrir,  féconder  la 
femelle  du  papillon  du  ver  à  soie. 

Dér.  de  Bou,  papillon  mâle. 

Bonqué,  t.  m.  Dim.  Bouquéié,  bouquéioà.  Bouquet* 
réunion  de  fleurs  liées  ensemble;  mais  il  se  dit  plus  com- 
munément d'une  fleur  isolée.  —  Àh/  que  de  bouqué$/  Ah  ! 
que  de  fleurs  1  dira-t-on  en  entrant  dans  un  parterre.  Bm^ 
que  de  pêkros,  pierre  d'attente.  Bouqué  dé  pèout,  une 
mèche  de  cheveux,  un  toupet,  un  flocon  de  cheveux. 

Dér.  de  la  basa.  lat.  Botcêtum. 

Bonqaé,  «.  m.,  n.  pr.  de  lieu.  Bouquet,  commune  dm 
canton  de  Saint-Ambroix,  arrondissement  d'Alais.  G*eit 
le  nom  d'une  montagne  vers  le  nord^t  d'Alais,  Sèn  4i 


BOU 


BOU 


139 


Bouqtié,  an  sommet  de  laquelle,  dit  le  guidon,  on  a  érigé 
récemment  une  statue  colossale  de  la  sainte  Vierge.  L'alti- 
tude de  la  montagne,  au  guidon,  est  de  631  mètres. 

Ce  nom  est  d'évidence  un  dimin.  de  Bob  [V.  c.  m.),  tra- 
duit de  la  bass.  lat.  Bosquetum,  bosee(um,  boschetutn.  Il  a 
pour  analogues  Bousché,  Bouscbet,  communes  de  Ponteils 
et  de  firésis  ;  lou  Boutqué,  le  Bousquet,  hameau  de  la  com- 
mune deSaint-RomansKie-Godiére;  Unu  Bousqués,  les  Bou- 
quets, commune  de  Soudorgaes,  et  les  noms  de  personne 
Bouchet,  Bousquet,  Bosquet,  communs  dans  nos  pays.  Sa 
signif.  indique  la  présence  de  petits  bois,  bu  clair-semés, 
ou  de  médiocre  hauteur. 

Boaqaéto,  «.  f.  Petite  bouche,  bouche  mignonne.  — 
Faire  bonquéio,  faire  la  petite  bouche  ;  ne  manger  ou  ne 
parler  que  du  bout  des  lèvres  ;  faire  le  dédaigneux,  au  fig. 

Dim.  de  Bouquo. 

Boaqao,  s.  f.  Dim.  Bouqitétot  péj.  BouqiMUio,  Bouche, 
partie  inférieure  de  la  tète  par  où  on  parle  et  on  mange  ; 
ouverture.  —  La  bouquo  dé  l'ésiouma,  le  creux  de  Testo- 
mac.  {Voy.  Pcdéto.)  La  bouquo  d'un  four,  la  gueule  d'un 
four.  Bouquo-fino,  un  gourmand,  ou  un  beau  parleur. 

Bouquo  s'emploie  rarement  au  positif  pour  bouche,  qui 
ae  dit  Gorjo.  —  V.  c.  m. 

Las  bouquoe,  les  lèvres. 

Dér.  du  lat.  Bucea. 

Bonra,  v.  Casser  des  pierres  ou  des  rochers  avec  une 
masse  de  carrier  qu'on  appelle  bouro.  Au  fig.  Bourrer; 
frapper  rudement  ;  maltraiter  ;  travailler  avec  assiduité  et 
employer  toute  sa  force.  —  Fôou  boura  aquél  ro,  il  faut 
casser  oe  rocher  à  coups  de  masse.  Nous  bourarén,  nous 
lutterons  ensemble.  Zou/  bouras,  allons,  ferme,  forcez, 
poussez. 

Dér.  de  Bouro,  masse  de  fer. 

Bonra,  v.  Bourrer;  au  prop.  garnir  ou  remplir  de  bourre  ; 
presser  la  charge  d'un  fusil.  * 

Se  boura,  se  bourrer  de  vivres  ;  se  gorger  d'aliments  ; 
prendre  double  fourrure  contre  le  froid;  se  rembourrer,  au  fig. 

Dér.  de  Bouro,  bourre. 

Boura,  v.  Bourgeonner,  se  dit  principalement  de  la 
TÎgne  quand  elle  commence  à  pousser  ses  bourgeons. 

Dér.  de  Boure,  bourgeon. 

Bovrado,  s.  f.  Effort  ;  épaulée  ;  reprise  d'un  travail, 
d*un  ouvrage.  —  F  véou  faire  uno  bourado,  je  vais  don- 
ner encore  un  coup  de  main  à  cet  ouvrage.  T-avèn  fa  ttno 
bratfo  bourado,  nous  avons  donné  un  bon  coup  de  collier. 

Dér.  de  Bouro,  masse  de  fer. 

Booraiè,  t.  m.  Bourrelier,  celui  qui  fait  les  colliers  de 
labour  et  harnais  de  roulage,  parce  qu'il  emploie  beaucoup 
de  bourre  pour  rembourrer. 

Bovrajo,  t.  f.  Bourrache,  Borrago  officinalis ,  Linn. 
Plante  de  la  fam.  des  Borraginées,  diaphonétique  et  bé- 
chiq[ae. 

Dér.  du  lat.  Borrago,  aller,  de  eorago.  Selon  Apulée, 
mot  qui  dans  la  Lithuanie  signifiait  cordial. 


Bonras,  s,  m.  Péj.  Bourassas.  Lie,  boue,  que  dépose 
l'huile  soit  dans  les  fosses  du  pressoir,  soit  au  fond  des  jarres* 

Dér.  du  gr.  B6p6opo(,  boue,  bourbier. 

Bonras,  s.  m,  Péj.  Bourassas.  Etofle  de  laine  grossière; 
bure  ;  grosse  toile  d'étoupe  dont  on  fait  les  sacs  et  draps  de 
la  campagne,  bourén. 

Dér.  de  Bouro,  bourre. 

Boorasso,  s,  f.  Dim.  Bourasséio,  Lange  en  laine  gros- 
sière, espèce  de  bure  dont  on  enveloppe  les  enfants  au 
maillot  par-dessus  le  lange  de  toile,  drapé  ou  drapèl,  et  au- 
dessous  du  lange  de  parade.  —  Eslre  à  la  bourasso,  être  au 
maillot. 

Dér.  de  Bouras. 

Bourbouîado,  s,  f.  Hachis  d'herbes,  ragoût,  fricassée, 
macédoine  composée  de  légumes,  d'herbes  et  de  viande 
hachée,  d'œufs  brouillés,  apprêtés  comme  les  épinards;  plat 
assez  commun  et  qui  n'est  pas  du  goût  de  tout  le  monde. 
—  Vàov,  manja  aquélo  bourbovXado,  dit,  surtout  un  jour 
maigre,  quelqu'un  qui  n'a  qu'un  très-mince  ordinaire. 

Dér.  du  gr.  B6p6opoç,  bourbier. 

Bourbounés,  s,  m.  Au  ^\\a,^Bourbounéses.  Bourbon- 
nais, province  de  France;  habitant  du  Bourbonnais,  qui 
lui  appartient.  On  désigne  ainsi  une  espèce  de  porcs  tout 
blancs  qui  viennent  du  Bourbonnais. 

Boorboussado,  «.  /*.  Guroir  de  l'aiguillon  ;  petit  fer 
plat  en  forme  de  pelle,  au  bout  du  manche  de  l'aiguillon  à 
bœufs,  pour  détacher  la  terre,  les  herbes,  les  ronces  qui 
s'engagent  dans  le  soc  de  la  charrue  en  labourant.  —  Vcy. 
Curéio. 

Dér.  du  gr.  B<Sp6opoç,  boue,  fange. 

Bourdaléso,  s.  f.  Débris  fangeux  de  menu  bois  et  de 
végétaux  de  toute  espèce,  que  les  inondations  déposent 
dans  les  oseraies  et  qui  marquent  le  plus  haut  point  qu'a 
atteint  le  niveau  des  eaux.  —  Voy.  Bourdinchè, 

Ce  mot  parait  directement  issu  de  bordo;  la  place  où 
sont  déposés  ces  débris  sur  les  bords  des  rivières,  la  trace 
qu'ils  laissent  comme  bordure,  pourraient  avoir  aus8| 
influencé  sur  sa  dénomination. 

Bourdas,  s.  m.  Péj.  Bourdassas.  Au  plur.  Bourdasses. 
Rustre  ;  gros  lourdaud.  Epithète  injurieuse  donnée  aux 
montagnards  de  la  Lozère,  parce  qu'ils  voyagent  avec  un 
gros  bâton  nommé  bourdo.  De  là  ce  nom  ;  mais  ne  vien- 
drait-il pas  du  lat.  Burdo  ou  burdus,  mulet  engendré  par 
un  âne? 

Bourde,  s.  f.  Sabot,  espèce  de  toupie  qu'on  fait  tourner 
en  la  frappant  avec  un  fouet.  Ce  mot  n'est  plus  usité  que 
par  comparaison  :  Escarabta  coumo  un  bourde,  vif  comme 
une  toupie. 

Bourdèon,  n.  pr.  de  lieu.  Bordeaux,  ville,  ancienne 
capitale  de  la  Guyenne,  maintenant  chef-lieu  du  départe- 
ment de  la  Gironde. 

Dér.  du  lat.  Burdigala.  Isidore  de  Séville  dit  que  œ  nom 
lui  vient  de  ses  premiers  habitants,  qu'il  appelle  Burgos 
Gallos. 

a 


tso 


BOU 


BOU 


Bonrdéièon,  $.  m.  Bordereau  r&ctore  des  dififôrentes 
*  linaisons  d'une  marchandise  ou  d'one  denrée  vendues. 

Emp.  au  fr. 

Bonrdifaio,  s.  f.  Fétus  et  brins  de  quoi  que  ce  soit  qui 
surnagent  dans  un  liquide  ou  qui  vont  au  fond  ;  brous- 
sailles; rejetons  ravalés  qui  croissent  au  pied  d'un  arbre. 

—  T-a  bé  dé  bourdifoua,  c'est  une  affaire  sale  ou  em- 
brouillée. 

Dér.  de  Bordo. 

Boordiièl,  $,  m.  Péj.  BcudifèUu.  Amas  embrouillé  de 
fils  entrenoués,  de  racines  enchevêtrées. 

Dér.  de  Bordo. 

Bonrdinchè,  #.  m.  Péj.  BaurdindiHTiu.  Débris  fangeux, 

'  détritus  de  bois,  de  racines,  mêlés  de  Iknon,  déposé  dans 

une  cruede  rivière  sur  les  rives  ou  dans  les  oseraies.  — 

—  Yoy.  Bourdaléio. 
Dér.  de  Borda, 

Boordo,  <.  f:J^yBcurda$,  bourdauo.  Bas-bout  noueux 
d'une  souche;  long  bâton  renflé  &  une  extrémité,  qui  se 
termine  par  une  sorte  de  boule,  bougno.  —  Pi-dé-bourdo, 
pied-bot. 

En  V.  fr.  bourde,  bâton  ;  d*où  bourdon,  bâton  de  pèle- 
rin. 

Bourdo,  s.  f.  Bourde  ;  menterie  ;  fausse  nouvelle.  — 
JMnta  dé  àourdoi,  débiter  des  mensonges. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Burda,  mensonge. 

Bonrdouira,  v.  Ravauder  ;  farfouiller  ;  mettre  sens  des- 
sus dessous  ;  fouiller;  retourner  en  tous  sens.  —  Dé  que 
bourdoutreê  pér  aqui?  que  vas-tu  ravauder  là? 

Formé  de  Bordo,  balayures,  débris,  et  de  vira,  ou  de 
hardo,  V.  m.,  maison  des  champs,  et  vira,  tourner  la 
maison. 

Boure,  s.  m.  Dim:  Bouridù.  Bourgeon  qui  commence  à 
pousser  ;  plus  particuifièrement  osil  de  la  vigne.  —  Pouda 
à  bour€  et  bourïoit,  tailler  la  vigne  en  ne  laissant  au  scion 
restant  ipie  deux  bourgeons  ou  deux  yeux.  —  Yoy.  Bow 

Dér.  de  Bouro,  bourre,  parce  que  le  bourgeon,  quand  il 
commence  à  gcmfler,  est  couvert,  entouré  d'une  sorte  de 
duvet  cotonneux. 

Bonré,  êCo,  adjr  Brun,  codeur  de  la  bourre  de  bœuf 
-  ou  de  vache.  —  Virbouré,  vin  blanc  rosé,  clairet  et  dou- 
ceâtre. 

Dér.  de  Bouro,  bourre. 

Bourèio,  «.  f.  Bourrée,  bourrée  d'Auvergne  ;  rigaudon  ; 
'  danse  qui  s'est  efboée  déjà  devant  le  galop  et  la  contre- 
danse, détrénés  eux-mêmes  par  la  polka  et  la  mazurka.  — 
Voff.  Bourigal, 

Bourèl,  f.  m.,  au  fém. \Boiire2o.  Péj.  BourUa».'  Bour; 
têtu;  exécuteur  des  hautes-œuvres;  an  fig.  cruel,  inhur 
main,  iéroce.  — Pagode  bourèl,  paiement  d'avance.  Àvédr^ 
m»  fron  dé  btmrèt,  être  débouté  comme  un  valet  de  bour; 
reau.  Lou  bourHTa  manqua,  c'est-à-dird  il  s'est  échappé 
de  la  corde  qu'il  a  méritée. 


On  n'a  qu'à  choisir  entre  les  diverses  étym.  proposées. 
Ce  mot,  dit-on,  vient  àaceli.borrev;  Gaseneuve  le  tire  du 
gr.  Bop6ç,  qui  dévore:  Gui-Patin,  du  lat.  burrus,  roux, 
parce  que  les  rousseaux  sont  ordinairement  violents  ;  le 
P.  Labbe,  du  v.  fr.  bouehêriau,  petit  boucher  ;  Ménage,  du 
lat.  buccarui,  boucher,  passant  par  buccareilus,  bureUuâ, 
bourèl;  Eusèbe  de  Salverte  et  Roquefort,  du  bourguigncm 
buro,  lance;  Viilaret,  du  nom  d'un  clerc,  possesseur  en 
4260  du  fief  de  Bellem-Gombe,  à  la  charge  de  pendre  les 
voleurs  du  canton.  En  langue  romane  et  en  ital.  on  dit 
boya,  en  bas-breton  bourreo.  J'incline  pour  ce  dernier. 

Bourén,  5.  m.  Dim.  Bourénqué,  péj.  Bourénquas,  Drap 
de  grosse  toile  qui  sert  à  porter  du  foin,  de  la  paille,  etc. 
—  Voy.  Bouras. 

Dér.  de  Bouro. 

Bourétatre,  s.  m.  Au  fém.  Bourétatro.  Gardeur,  ^ar- 
deuse  de  fleuret  et  de  bourre  de  soie.  Us  cardent  les  ^tes 
et  ce  qu'on  appelle  lous  éstrasses  de  cocons  de  filature,  ils 
en  tirent  dans  les  premières  barbes  ce  qu'on  appelle  la  fan- 
taisie, et  du  reste  le  fleuret,  qu'on  nomme  bouréto, 
.  Bonréto,  <.  f.  Fleuret  ou  bourre  de  soie,  provenant  des 
débris  grossiers  des  cocons.  C'est  une  étoffe  qui  fait  un 
très-long  usage,  et  dont  les  femmes  de  la  campagne  étaient 
exclusivement  vêtues,  il  y  a  quelques  années,  excepté  dans 
les  grands  froids.  Aujourd'hui  les  jeunes  filles  ont  des  ten- 
dances marquées  â  s'émanciper  de  la  servitude  de  cette 
mode  antique.  L'étoffe  était  très-solide  â  la  chaîne,  mais-de 
mauvais  teint  et  peu  él^ante  d'ailleurs. 

'Dér.'  de  Bouro,  bourre. 

Bonrgadiè,  ièîro,  j.  et  adj.  Habitant  d'un  bourg,  d'une 
bourgade  ou  gros  village;  plus  généralement,  habitant é'«n 
faubourg  de  ville;  qui  appartient  au  faubourg  d'une  ville. 

Dér.  du  lat.  Burgus. 

Bourgado,  s  f,  Dim.  Bourgadéto.  Bourg,  boufadev 
petit  bourg  ;  faubourg. 

Dér.  du  laU  Burgue. 

Bourgal,  alo,  adj.  Franc,  loyal.  La  firanchise  et  ia 
loyauté  étaient  censées  les  vertus  particulières  aux  boorfeois 
affranchis,  par  comparaison  aux  serfs  de  la  f^èbe,  dont  les 
compliments  et  les  offres  de  service  étaient  entachés  d'une 
arrière-pensée  de  ifervilisme. 

Ce  mot  dérive,  évidemment  de  bourg,  qui  a  (ail-^oiir* 
geois;  l'idée  qu'il  exprime  est  l'honneur  de  la  bour^ 
geoisie. 

Bourgalamén,  adv.  Loyalement;  franchement;  orne- 
ment ;  sans  arrière^nsée;  avec  indépendance.  H  répon- 
dait autrefois  â  bourgeoisement,  qui,  dans  l'aceeptioi^fraii- 
çaise,  comme  subst.et  comme  adv.,  a  bien  dégénéré  de 
notre  temps,  où  bourgeois  est  devenu  une  exprassioD^Hle 
mépris  et  synonyme  de  homme  vulgaire»  sans  etpritrsens 
délicatesse  et  sans  goût. 

Bourges,  «.  m.  Au  fém.  Bourgéeo  :  au  pi.  m.  JleiifféMf. 
Bourgeois^  habitant  d'une  ville,  qui  vil  sans  Irtvaillar;  le 
peuple  entend  par  là  les  riches;  D  signifie  enooie:  fatran» 


BOU 


BOU 


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chef  d*atelier,  dans  le  langage  des  ouvriers;  maître  el  hètos- 
lier,  dans  celui  des  domestiques  ou  des  voyageurs. 

Dér.  du  lat.  Burgus,  bourg. 

Bonrgnoù,  «.  m.  Ruche  à  miel  ;  tronc  d*arbre  creusé, 
caisse  ou  panier  dans  lequel  on  met  les  abeilles. 

Dér.  de  Borgne,  obscur.. 

Boorgougno,  s.  f.  La  Bourgogne,  ancienne  province  de 
France.  —  Pégo  dé  Bourgougno,  importun  qui  s'attache  à 
vous  avec  obstination  et  dont  on  peut  se  débarrasser  plus 
difficilement  que  de  la  poix  de  Bourgogne,  qui  est  la  meil- 
leure et  la  plus  adhérente. 

Dér.  du  lat.  Burgundius. 

Bourgnignoon,  $.  m.  Porc,  cochon.  C'est  là  un  des 
nombreux  déguisements  que  l'urbanité  languedocienne  im- 
pose à  cet  animal  immonde  pour  le  produire  là,  où  il  doit 
da  respect.  Même  alors  n'eât-il  désigné  qu'en  accompagnant 
son  surnom  de  précautions  oratoires,  comme  :  parlan-i-én 
rispè,  parâouloi  pudou  pas.  Elle  fait  de  même,  quand  elle 
parle  du  fumier,  d'un  âne,  etc.  Cet  usage  se  perd  cepen- 
dant, soit  par  le  contact  du  fr.  qui  se  moque  de  ces  locu- 
tions, soit  par  l'extension  des  idées  d'égalité.  —  Voy. 
Laehén,  VéstUdé-sédo. 

Il  est  probable  que  les  premières  races  de  nos  porcs  nous 
sont  venues  de  la  Bourgogne,  ce  qui  leur  a  donné  ce  nom. 

Bonrigal,  $.m.  Dim.  Bourigaïé.  Rigodon,  bourrée,  sorte 
de  danse. 

Dimin.  de  Bourèïo.  —  F.  c.  m. 

Bonril,  t.  m.  Dim.  Bourioit.  Bouchon;  duvet;  coton; 
éraillures  de  fil  qui  dépassent  sur  la  trame  d'une  étoffe, 
qui  la  déprécient  et  qu'il  faut  éplucher  ;  bouchon  ou  caillot 
qui  se  forme  à  un  fil  en  le  filant.  —  Tiro  aquél  bouril  éndé 
tas  défis,  tire-toi  d'embarras  si  tu  peux  ;  dénoue  cette  diffi- 
culté. 

Dira,  de  Bouro. 

Bonrioù,  s.  m.  Petit  bouchon  de  fil  ;  petit  bourgeon  ; 
contre-bourgeon  qui  pousse  à  côté  du  principal  ;  le  plus 
bas  œil  d'un  sarment  de  vigne.  —  Voy.  Boure. 

Dim.  de  Bouril  et  de  boure. 

BonrioÙB,  0U80,  a(/y.  Dim.  Bouriousé;  pé}.  BouH'outof. 
Cotonneux  ;  bouchonné  ;  plein  de  duvets  et  de  bouchons. 

Dér.  de  Boure. 

Boiiri8C[aado,  s.  f.  Dim.  Bourisquadéto,  péj.  Bourisea- 
dasso.  Anerie,  faute  grossière,  ignorance  crasse. 

Dér.  de  Bourisquo 

BoQiisqao,  s.  /*.  Dim.  Bourisquoù,  Bourisquéto,  p^. 
BaurisquoBMo.  Bourrique,  ânesse,  ou  même  Ane  générique- 
ment.  Au  masc.  Bourisqumt,  avec  la  diphthongue  finale 
muette,  ce  qui  le  distingue  de  son  dim.  Bourisquoù  où  elle 
est  accentuée.  —  Voy»  Bourou. 

Bourisquoù,  baudet,  âne;  bourrique  ;  au  ûg.  ignorant  ; 
lourdaud  ;  ignare;  bourrique,  qui  a  aussi  les  deux  accep- 
tions. —  L't  média!  est  long;  il  est  bref  dans  Bourisquod. 

Dér.  du  gr.  Ilô^fiyoç,  roux. 

Loù,  s.  m.  Anon,  bourriquet,  petit  âne.  —  Ea 


nuance  entre  les  diminutifs,  hourisqué,  m.,  houriiquéto,  f., 
et  bourisquoù,  est  seulement  que  celui-ci  est  un  petit  âne 
qui  commence  à  porter  le  bât ,  les  autres  des  ânons  qui 
tètent  encore  leur  mère. 

Bourja,  v.  Fouiller  profondément  la  terre  avec  la  trénk' 
quo,  lou  béohar  ou  lou  coutriè.  —  V.  c.  m. 

Augm.  de  Bouléga. 

Bourjoù,  s.  m.  Tisonnier;  fourgon  pour  aliser  le  feu; 
tout  bâton  de  bois  ou  de  fer,  propre  à  fouiller,  à  remuer. 

Altér.  pour  Fourjoù,  dér.  du  lat.  Furca. 

Bourjouna,  v.,  et  Bourjonnéja,  fréq.  Fourgonner; 
remuer  ;  fouiller  dans  un  trou  avec  les  mains,  un  fer  ou  un 
bâton.  —  Bourjouna  lou  fia,  fourgonner  le  feu,  le  remuer 
avec  les  pincettes  ;  tisonner.  Bourjouna  las  sèrvos,  fouiller 
les  remises  du  poisson  avec  une  perche  pour  le  faire  sortir. 
Déqu'anas  bourjouna  aquï?  qu'allez-vous  farfouiller  là? 

Formé  de  Bourjoù, 

Bourjounaîre,  aîro,  adj.  Remuant,  qui  s'agite,  qui 
fouille  partout  et  sans  cesse. 

Dér.  de  Bourjoù. 

Bonrlis,  s.  m.  Trouble;  confusion;  tumulte;  foule 
agitée. 

Dér.  de  l'ital.  Burlana,  tourbillon. 

Boumal,  s.  m.  Cendrier  d'un  four. 

Il  est  dit  pour  Fournal,  altér.  fréquente  de  F  en  B. 

Boomèl,  s.  m.,  ou  Boomèou.  Dim.  Boumélé,  péj. 
Boumèlas.  Conduit  d'eau  souterrain  ou  extérieur,  en 
plomb,  en  zinc,  en  fonte  ou  en  poterie  ;  tuyau  de  poêle. 

Dér.  du  celt.  Bom,  fontaine. 

Bournlquèl,  èlo,  adj.  Dim.  Boumiquélé,  péj.  Boumi- 
quélas.  Myope;  qui  a  la  vue  basse,  faible,  mauvaise  vue; 
qui  cligne  les  yeux  ;  louche. 

Dim.  de  Borgne. 

Bouro,  «.  f.  Masse  de  fer  montée  sur  un  manche  long  et 
flexible  pour  briser  les  rochers;  masse  de  mineur  ou  de 
carrier  pour  rompre  les  pierres. 

Boaro,  s.  f.  Péj.  Bourasso.  Bourre;  poil  des  animaux; 
duvet  qui  recouvre  certains  fruits  et  certains  végétaux  ; 
bourre  d'un  fusil ,  bouchon  fait  de  bourre  ou  de  papier 
pour  presser  la  charge.  —  Bouro  dé  sédo,  bourre  de  soie. 
Quan-t'On  fa\  mérea  énd'él  féou  toujour  y  laHssa  dé  bouro, 
on  ne  peut  traiter  une  affaire  avec  lui  sans  y  laisser  du 
sien.  Emb'él  fôou  toujour  y  laissa  pèou  ou  bouro,  on  ne 
peut  se  tirer  de  ses  mains  les  braies  nettes.  Fâou  que  la 
bouro  né  sàoute,  il  ne  faut  pas  s'y  épargner  quand  vous 
devriez  y  laisser  de  la  peau.  Tira  pèou»  et  bouro,  tirer  d'une 
affaire,  d'une  spéculation,  tout  ce  qu'il  est  possible  de  lui 
faire  rendre.  Y-a  dé  bouro,  cela  s'entend  sans  qu'on  soit 
obligé  de  compléter  le  dicton  qui  est  :  Y-a  dé  bouro  à  tofiv. 
Pour  le  rendre,  on  trouve  la  phrase  toute  £ûte  :  il  y  a  da 
fil  à  retordre.  En  vérité,  si  Ton  voulait  positivement  et 
sans  velléité  même  d'antiphrase  qui  n'y  est  certainement 
pas,  si  l'on  voulait,  par  une  image,  par  une  comparaison, 
exprimer  une  très-grande  difficulté  à  vaincre,  an  pounait 


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sans  peine  trouver  plus  juste  et  plus  vrai.  En  effet,  rien 
n'est  au  contraire  plus  facile  que  de  tordre,  même  de 
retordre  du  fd  et  de  battre  de  la  boume  comme  de  la  laine. 
Le  français  a  donc  bien  décidément  déraillé,  quoique  les 
chemins  de  fer  ne  fussent  pas  inventés  à  cette  époque  ; 
mais  quUl  s'arrange.  Quant  au  languedocien,  qui  nous  tient 
en  oe  moment  davantage  au  cœur,  il  n*y  aurait  pas  moyen 
non  plus  de  sauver  sa  locution  en  la  prenant  comme  on  la 
dit  et  surtout  comme  on  l'entend  communément,  fl  en  serait 
tout  autrement  si,  au  lieu  de  battre,  il  y  avait  comme  dans 
le  français  et  plus  ^  propos  que  chez  lui  tordre  ou  filer; 
car  le  poil  si'court  de  la  bourre  se  prêterait  difficilement  à 
cette  op'^ration.  Il  n'est  pas  impossible  que  notre  dicton  soit 
parti  de  là  pour  arriver  où  il  est,  par  une  oblitération  quel- 
conque. Mais  il  est  plus  probable  encore  qu'il  ait  été  fait  dans 
un  autre  ordre  d'idées,  et  qu'il  ne  dise  pas  ce  que  Ton  croit. 

Bouro  signifie  aussi  la  masse  de  fer,  au  bout  d'un  long 
manche,  dont  se  sert  le  mineur  ou  le  carrier  pour  rompre 
les  blocs  de  rocher  et  les  réduire  en  moellons.  Frapper  de 
cette  masse  est  à  coup  sur  un  travail  des  plus  pénibles. 
N'est-ce  pas  cela  qui  a  donné  naissance  au  dicton  T  Notons 
d'abord  que  batre  est  pris  de  même  pour  frapper.  On  dit  : 
batre  tous  piqués,  frapper  les  pieux  pour  les  enfoncer  avec 
le  moutoù,  le  bélier  ou  la  sonnette,  qui  les  bat  comme  la 
masse  bat  la  pierre.  Notre  locution  a  dû  être  primitivement 
avec  une  inversion  :  Y-a  dé  la  bouro  à  batre  pour  y-a  à 
batre  dé  la  bouro,  autrement  dit  :  éndé  la  bouro,  ainsi 
qu'on  dit  en  français  :  jouer  de  la  prunelle,  des  couteaux, 
pour  avec  la  prunelle,  avec  les  couteaux.  Cela  équivalait  k  : 
il  y  a  à  frapper  de  la  masse,  ce  sera  aussi  rude  que  de  frapper 
avec  la  masse.  Dans  cet  ablatif,  l'article  la  a  disparu,  parce 
qu'il  n'était  pas  indispensable  ni  même  nécessaire  à  la  clarté 
de  la  phrase,  qu'il  allongeait  inutilement,  ce  dont  la  langue 
a  horreur.  Dans  nos  proverbes  si  nombreux,  des  irrégula- 
rités, des  ellipses  bien  autres  abondent.  Cette  suppression  de 
partie  de  l'article,  créant  un  calembour,  a  donné  ouverture 
à  cette  double  interprétation  par  les  deux  sens  qui  se  présen- 
taient; mais  dans  le  choix  à  faire  il  faut  se  garder  de  toute 
préoccupation  du  français.  A  chacun  sa  responsabilité,  à 
chacun  selon  ses  œuvres  :  parce  que  dans  cette  circonstance, 
le  fr.  a  mal  dit,  ce  n'est  pas  une  raison  pour  que  le'Iang. 
en  ait  fait  autant;  lorsque  surtout  il  est  si  facile  de  voir 
qu'il  a  autrement  et  mieux  dit,  qu'il  a  dit  ce  qu'il  fallait. 

Dér.  du  lat.  Burra,  bourre,  fait  de  burrus,  roux,  cou- 
leur de  la  bourre,  ou  du  gr.  nu^6(S(,  roux,  rougeâtre. 

Bouro,  j.  /*.  Jeu  de  cartes,  espèce  de  Ijéte-ombrée  ou  de 
mouche.  —  Ettre  à  la  bouro,  faire  la  béte  à  ce  jeu -là,  faire 
la  remise. 

Bouroa,  s,  m.  Ane,  baudet,  bourrique;  as,  au  jeu  de 
cartes.  —  Voy,  Bouriâquo. 

Bonrtoolaigo,  #.  f„  ou  Ponrtoolaigo.  Pourpier,  Por- 
tulaea  oleracea,  Linn.,  de  la  fam.  des  Portulacées,  plante 
potagère  et  grasse. 

Dér.  du  lat.  Portulaea, 


Bourtoumiou,  «.  m.  Barthélémy,  prénom  d'homme,  qui 
est  devenu  nom  de  famille  fort  commun.  Il  fait  au  fém. 
Bourtoumigo,  et  au  dim.  Bourtoumigtté.  —  Sén-Bourtou- 
mîou ,  la  Saint-Barthélémy,  jour  de  la  foire  principale 
d'Alais,  qui  commence  le  24  août  et  dure  huit  jours.  C'est 
une  date  fort  intéressante  pour  tout  le  pays,  parce  qu'elle 
sert  de  terme  aux  baux  à  loyer  et  à  ferme,  à  la  location  des 
domestiques  des  champs,  et  à  la  plupart  des  transactions 
et  des  échéances  de  rentes  foncières.  Quouro  que  vèngu» 
Sén-Bourtoumiou  y-àoura  dou$  ans,  il  y  aura  deux  ans, 
vienne  la  SainVfiarthélemy  :  formule  générale  de  comput 
de  date  pour  les  paysans,  qui  prennent  ainsi  pour  point 
de  départ,  tantôt  une  fête,  tantôt  une  récoite,  tantôt  l'époque 
d'un  travail  qui  se  fait  à  temps  fixe  :  quouro  que  vènyou 
las  prunos,  lous  Avéns,  lous  cabusses,  vienne  la  saison  des 
prunes,  l'A  vent,  l'époque  des  provins.  Finis  sous  ans  pér 
Sén-Bourtoumiou,  il  compte  ses  années  à  partir  de  la  Saint- 
Barthélemy  ;  il  est  né  aux  environs  du  24  août.  La  Pare, 
dans  ses  Castagnados,  a  fait  de  la  Fièïro  dé  Sén-Bourtou- 
miou, un  tableau  du  genre  des  plus  gais  et  des  mieux 
réussis. 

Dér.  du  lat.  Bartholomeus, 

Boom,  udo,  adj.  Dim.  Bourudé,  péjor.  Bourudas,  asso. 
Velu;  couvert  de  poils  ou  de  bourre.  Au  fig.  bourru, 
inquiet  avec  grossièreté.  Au  jeu  de  la  bouro,  celui  qui  a 
fait  une  mauvaise  affaire,  une  spéculation  ruineuse.  — 
M'a  fa  bouru,  il  m'a  mis  dedans.  Estre  bouruémbé  lou  rit, 
perdre  avec  beau  jeu;  en  effet,  au  jeu  de  la  bouro,  quand 
on  ne  fait  pas  de  levée  on  est  bouru,  et  il  est  par  trop  fort 
de  n'en  pas  faire,  quand  on  a  en  main  le  roi,  qui  est  la  plus 
forte  carte. 

Bonsa,  v,  Fienter;  mais  il  ne  se  dit  que  du  gros  bétail 
domestique,  dont  les  excréments  se  nomment  bouso. 

Bonaado,  t.  /*.  Augm.  Bousas.  Fientée  ;  tas  de  bouse 
que  les  bœufs  ou  les  vaches  ont  rendue  en  une  seule  fois. 

Dér.  de  Bouso. 

Bonaanqué,  éto,  adj.  Homme  ou  femme  de  très-petite 
taille  ;  banù)oche;  nabot.  Il  est  devenu  n.  pr.  —  Voy.  Bou- 
sérU. 

Dim.  de  Bousas. 

Bonaas,  «.  m.  Péj.  Bousassas.  Fientée  énorme.  Au  fig. 
homme  ou  enfant  de  taille  basse  et  large,  à  la  fibre  lâche 
et  molle. 

Augm.  de  Bouso  et  de  bousado. 

Bonacarasso,  s.  f.  Bois  fort  épais  et  mal  entretenu,  où 
les  ronces  et  les  plantes  sauvages  abondent  ;  fourré  sau- 
vage. 

Péj.  de  Bouseas. 

Bonacardiè,  s.  m.  Bûcheron,  qui  coupe  et  qui  dépèce 
les  arbres  sur  place  ;  qui  habite  les  bois. 

Dér.  de  Bos. 

Boiucardièiro,  s.  f.  Bûcher;  hangar  au  bois  ;  lieu  où 
l'on  serre  le  bois  de  chauffage.  —  Voy,  Pioh. 

Dér.  de  Bos. 


BOU 


BOU 


133 


BouBcarido,  <.  f.  Dim.  Bouscaridéto,  Fauvette  ;  bec-fin 
à  tète  noire,  Sylvia  atrieapUla,  Temm.,  de  la  fam.  des 
Passereaux.  Ce  charmant  oiseau,  le  seul  qui  puisse  riva- 
liser avec  le  rossignol  par  son  chant,  qui  dure  plus  long- 
temps sll  est  un  peu  moins  parfait,  est  fort  commun  à 
son  double  passage  d'automne  et  de  printemps  ;  il  en  reste 
aussi  beaucoup  en  hiver  dans  le  pays.  Il  vit  d'insectes  et 
de  larves,  ainsi  que  des  baies  du  sureau  et  du  grosciller,  et 
feit  son  nid  dans  les  buissons  d'aubépine  et  d'églantier.  Il 
a  le  dessus  de  la  tête  d'un  noir  profond,  le  corps  cendré, 
légèrement  nuancé  d*olivàtre  à  la  queue  et  aux  ailes,  le 
ventre  et  la  gorge  inclinant  au  blanchâtre.  Le  nom  de 
Jkuicarido,  qui  vient  évidemment  de  hos,  habitant,  ama- 
teur des  bois,  s'applique  bien  particulièrement  à  cette  fau- 
vette, mais  il  se  donne  également  aux  autres  espèces  de  ce 
genre,  qui  sont  nombreuses.  C'est  que  le  languedocien  n'est 
point  une  langue  de  savant;  il  se  contente  de  tracer  à 
grands  traits  et  abandonne  les  détails.  Ce  n'est  point  par 
pénurie,  car  il  donne  souvent  plusieurs  noms  au  môme 
individu,  mais  il  est  frappé  surtout  de  la  différence  des 
g^ires  et  néglige  ou  dédaigne  les  nuances,  insignifiantes 
souvent,  qui  distinguent  les  variétés.  Nous  le  verrons  ainsi 
confondre  sous  le  nom  de  tartano  et  de  mouicé  la  plupart 
des  oiseaux  de  proie,  de  sèr,  de  lu»èr  ou  lèirou,  de  ratopé- 
nado,  de  grapâou,  toutes  les  espèces  de  ces  animaux,  qui 
sont  trè&-nombreuses  et  qui  ont  chacune  un  nom  ou  une 
4pitbète  différents  dans  la  science.  On  pourrait  ci  1er  bien 
d*autr8s  exemples  de  ce  genre  qui  se  retrouveront. 

BauMcarido,  et  par  abrév.  Bouscar,  est  un  sobriquet  que 
l'oii  donne  à  quelqu'un  de  frêle,  maigre  et  fluet. 

Bonacarido  (Grosso),  t.  /*.  Sitelle  ou  Torchepot,  Sitta 
Suropea,  Linn.  Cet  oiseau,  qui  a  les  plus  grands  rapports 
avec  les  pies,  vit  sédentaire  chez  nous.  Il  a  les  parties  supé- 
rieures du  corps  d'un  cendré  bleuâtre,  la  gorge  blanche,  les 
flancs  et  les  cuisses  d'un  roux  marron.  —  Voy.  Raté. 

Bonscarlo,  s.  f.  Fauvette  ;  variante  de  Bomcarido,  qui 
a  la  même  racine  et  s'applique  aussi  aux  mêmes  variétés 
ÔB  fiauvettes.  —  Voy,  Bousearido. 

Bouscas,  s.  m.  Gros  bois  ;  grande  forêt  ;  forêt  solitaire  ; 
bois  qui  brûle  difiicilement  ;  mauvais  bois.  —  Voy.  Bous- 
carasêo. 

Angm.  et.péj.  de  Bot, 

Bonacaa,  casse,  s.  et  adj.  Sauvage;  sauvageon;  branche 
npn greffée;  bâtard;  faux.  —  Leva  lou  bouscas,  enlever  les 
pousses  de  sauvageon  d*un  arbre.  Pèro  bouscas,  père  nour- 
ricier. FraXre  bousc€is,  frère  utérin  ou  consanguin.  Cousis 
houseas,  cousin  bâtard,  parent  fort  éloigné.  Las  Utanïas 
bouseanos,  des  chants  obscènes,  grivois  ;  la  mère  Gaudi- 
ehon.  Fron  bouscas,  front  très-étroit,  où  les  cheveux  sont 
très-bas  plantés. 

Péjor.  de  Bos. 

BÔnscassino,  5.  /.  Généralité  des  arbres-sauvageons  ; 
pcNUses  de  sauvageon  qui  sortent  tout  le  long  de  la  tige 
d'm  arbre  greffé  à  la  tète,  qui  forment  souvent  comme  des 


buissons,  et  qu'il  faut  se  hâter  d'enlever  pour  ne  pas  afia- 
mer  le  bourgeon  de  la  greffe. 

Dér.  de  Bouscas. 

Bonaérlé,  s,  m.  Enfant  tout  petit  de  taille,  menu, 
mignon.  Il  est,  comme  bowanqué,  un  dim.  de  bousas,  mais 
il  n'entraîne  pas,  comme  lui,  une  idée  de  ridicule  ;  il  ne 
s'attache  qu'aux  enfants,  tandis  que  bousanqué  s'attache  à 
des  individus  de  tout  âge.  —  Voy.  Bousanqué. 

Boufliga,  v.  Fouiller,  remuer,  soulever  la  terre  avec  le 
grouin,  k  la  manière  des  pourceaux  et  des  sangliers.  Par 
ext.  gâter  un  ouvrage,  bousiller,  le  gâcher,  le  faire  à  demi 
et  sans  régularité  ;  rabâcher  ;  ressasser.  —  Bomiga  lou  tété, 
est  ce  que  fait  un  enfant  à  la  mamelle,  quand  il  donne  des 
coups  de  tète  au  sein  de  sa  mère  pour  faire  venir  le  trait 
ou  le  jet  de  lait. 

Dér.  de  Bou^so  et  du  lat.  agere,  remuer,  agiter,  parce 
que  tout  le  monde  sait  que  c'est  surtout  dans  la  fiente  que 
les  porcs  aiment  à  fouiller. 

Bouaigado,  j.  f.  Trace  laissée  dans  un  champ  par  le 
fouillement  des  pourceaux;  barbouillage,  mal-façon. 

Dér.  de  Bousiga. 

Bonsigadoù,  s.  m.  Fouillis  ;  endroit  hanté  par  les  porcs 
et  surtout  labouré  par  leurs  œuvres  ;  groin  ;  gros  nez  qui 
ferait  croire  que  le  propriétaire  pourrait  s'en  servir  à  bou- 
siga, iron. 

Bondgaîre,  «.  m.  Mauvais  ouvrier;  celui. qui  gâte  un 
travail.  Au  fig.  rabâcheur. 

Dér.  de  Bousiga. 

Bonaiga]e,  s.  m.  Bousillâge;  ouvrage,  travail  mal  fait  ; 
œuvre  donnée  à  un  champ,  peu  profonde,  inégale,  toute  de 
trous  et  de  bosses,  comme  si  elle  était  faite  par  le  groin 
d'un  porc. 

Dér.  de  Bousiga, 

Bonain,  $.m.  Tapage;  tintamarre;  train;  rumeur.  — 
Voy.  Boucan.  Par  ext.  mauvais  lieu,  lieu  de  débauche. 

Emp.  au  fr.  mais  le  lat.  Buccinare  semble  ne  pas  être 
étranger  à  sa  formation. 

Bonao,  t.  f.  Fiente,  crottin  des  bœufs,  vaches,  ânes, 
chevaux  et  mulets.  —  Bamcusàire  dé  bouso,  le  dernier 
degré  sur  l'échelle  sociale,  ou  plus  académiquement  sur  la 
roue  de  la  fortune  ;  ce  métier,  consistant  à  ramasser  du 
crottin  sur  les  routes,  est  sale  et  donne  de  petits  bénéfices; 
aussi  n'est-il  exercé  que  par  les  enfants,  les  vieilles  femmes 
et  les  hommes  hors  d'état  de  travailler.  Deux  jeunes  enfants 
se  rencontrent  ;  le  plus  grand  dit  à  l'autre  :  Dé  que  fas  ? 
—  Ramass9  dé  bousos,  et  tus  ?  —  Oh/  ïéou,  souX  à  las  bra- 
quas. Et  le  plus  petit  d'envier  son  camarade  qui  avait  fait 
son  avancement;  car,  quittant  son  premier  métier,  il  était 
passé  ramasseur  de  bûchettes.  —  Fara  bé  la  bouso  pér  la 
gorjo,  expression  fort  sale,  mais  très-énergique,  pour  dire 
qu'une  personne,  vivement  contrariée,  irritée,  va  finir  par 
exhaler  sa  colère,  vomir  sa  bile  et  son  venin. 

Dér.  du  gr.  BouoravCa,  venu  de  Bouc,  bœuf. 

Boiusa,  V.  Former  une  bosse,  s'élever  en  protubérance  ; 


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BOU 


BOU 


se  (lit  surtout  dos  plantps  tuboirulousos  ou  bulbeuses, 
cnrnnio  les  |)imiiiii's  de  terre,  les  raves,  les  aulx,  etc.,  lors- 
qu'elles roinrnenceiU  à  déveli>pi)er  leurs  tubercules  ou  l'urs 
cnieux. 

Di't.  d»^  Bosso. 

Boussado,  *•.  f.  Diin.  lUnfssathlo.  (^mleuu  d'une  b'Uirse; 
plMH  une  b'iursf;  mnirut  d'nn  avare  :  pn-ule d'une  feaniie, 
qui  se  dit  niieu\  fatétn. 

I)ér.  de  lioirssn. 

Boussar,  ardo,  ai/j.  ÎV'j.  Pffifssanltis.  Vilain  bossu; 
inan\;iis  bi)ssu;  S(^  pn-nd  toujours  en  mauvaise  part. 

ÎV'j  or.  de  lioitssu. 

Boussargue,  .v.  m.  /j.  pr.  de  lieu.  Houssar^'ues,  villaire, 
dnns  la  vii-uerie  de  Iîhl'uoIs,  Unissdnicœ,  dans  le  déiioni- 
bi'e'iieiit  de  1;»  S''ni''(.'liau>sée  de   Niiiies. 

r.  p'ur  r'''l\  m.  r.uiiel.»  lins. 

BoUSSèlO,  s.  f.  Dilii.  nn/fs^rlctt»  ;  l)éjor.  Iii>(/ssv!(iS!io. 
()iL'ii<»n  de  fleurs;  tète  d'ail,  (jui  esl  o"nii[)>s''e  d'un  asseai- 
blaL'e  de  plusieurs  eaïeiix.  on  ,i:ous<:^s,  hcsr(j)ios. 

Dini.  de  Jiossff. 

Boussi,  s.  w.  Dim.  Ifoffssiué.  Moreeau  ;  bribe;  [>etil  la>^. 
—  V(,y.  F/o,  Tifle,  Tro. 

DiiU.  de  Boss'f. 

Boussignolo,  *-.  f.  Diin.  lîinissiijufmU'tn.  Peiile  bos^e  ; 
l)0SS"^  au  fnMit;  eMi'rMJs^.uh'c;  piMlubér.iuee;  bosse  de  c!ia- 
ineau;  tuuiéiaction  ([uelcnnque. 

Diai.  de  Bw^so. 

Boussignoula,  r.  Eidler  ;  se  former  en  bdsse;  tuméfier. 
—  S<)}:}i  f/oti  f)(>,>fssi(jfi()>'/r  lor/f  de  snito,  r(i'di"'me  se  foi'ma 
fieat   de  suil"  sur  snji  froîiL 

Bousso,  s.  f.  Dim.  /lof/ssvto,  péj.  Bo/f.ssnsso.  Hourse; 
petit  SPC  d''  pe;iu,  de  (11,  on  de  soie,  où  l'on  i\[o[  de  l'arp'nt  ; 
par  e\t.  Tarirenl  que  l'on  a,  dont  on  peut  disposer.  —  i:s 
e!n  que  gar<lo  la  hnussn,  c'est  la  femme  (jui  lient  les  cor- 
dons d(»  la  bonr.se.  A  bono  hnusso,  c'est  un  ricbard.  Yônn 
mfi'i  (utiis  en  cour  qn'art/i'n  en  (inussn,  e\p.  prvb.,  la 
faviMir  en  justice  vaut  mieu\  que  l'ar.i^'ent.  Tant  que  rôti- 
ras anif,  mais  que  la  bousso  iwun  toques,  jirvb.  ami  jus- 
qu'ù  la  bourse. 

Dér.  du  irr.  Bûs^x,  ou  lijzi'.;,  peau,  cuir,  parce  que  les 
prennères  bour.ses  on  étaient  faites. 

Bousso,  5.  m.  Gousset,  petite  pocbe  placée  près  de  la 
ceinture  do  la  culotte,  où  autrefois  on  tenait  l'argent  pour 
porter  avec  soi. 

Curo-housso,  vide-gousset,  est  le  nom  d*un  village  sur  la 
route  de  Nimes  à  Beaucairo,  qui  autrefois  n'était  qu'une 
taverne  de  roule.  Ce  nom  lui  fut-il  donné  parce  qu'on  y 
faisait  bonne  obère  et  (ju'on  y  buvait  du  bon,  ce  qui  allé- 
chait les  voyageurs  il  y  vider  leur  gou.sset,  ou  bien  cette 
taverne  avait-elle  mauvais  renom,  et  supposait-on  que  le 
gousset  s'y  vidait  un  iieu  contre  le  gré  de  coux  qui  étaient 
forc^'îs  de  s'y  arnMer  ?  La  première  version  est  plus  chari- 
table, la  seconde  est  mieux  dans  les  mœurs  du  temps  où 
le  surnom  a  été  «lonné.  —  Par  ext.  on  appelle  curo-bottssà 


tous  les  olij-Ms  de  dép^ns^  habituelle  et  les  enfants  qui 
font  des  n]'i>els  fn^jUiuls  à  la  bourse  de  leur  père  ou  qui 
leur  coùi-'iil  beauetiip  jiiur  1  -ur  éducation.  —  Gratas  un 
p/înu  l'ostr  fxtusMt,  mettez  la  main  à  votre  gousset,  dit  à  son 
l)èr^  un  \]\<  (jui  di  (uaml' d*  l'argent. 

Dér.  d  »  B'ii'sso. 

Boussu,  udo ,  adj.  Dim.  ffoussude,  péj.  Boussudai. 
Bossu,  qui  a  un-'  bos^.^;  iiimlueux;  inégal  ;  contrefait.  — 
lu)  h'iu.^  rr'irc  se  s.'i'-s  hniissu,  lourno  sur  tes  talons  et  va- 
t-en.  S'oif  »•?><  j)  is  rr<')rf,  vénh'as  boussu,  si  tu  ne  veux 
pns  \o  i:i\<'\\v,  lu  d'nj.'îi.lras  bossu,  cVsl-;\-dire  Dieu  te 
jiunini.  De  joii<nc  nc-lcc),  rnnnifi'ri  boussu,  le  jeune  méde- 
cin i)eu[»l('  le  ciiiieliére. 

D-r.  de  fios^o. 

Boiissuduègno,  a\  f.  La  g^iit  bossue  ;  la  race  des  bossus  ; 
express,  (-'(llviiv»»,  avec  le  sufTi^e  if^'i/no  :  à  Conférer  à 
Basttiril'n'jno.  Ilfdftti'iijno,  etc.  —  V.  C.  m. 

D»  r.  de  Bosso. 

Bouta,  r.  .>l''llre,  posM*,  |)lacer. 

O  t 'nue  est  Irès-élasiiipie  ;  ses  diverses  acceptions 
s'él-'Uileiii  à  bi'aueonp  d",)c!es.  Quelipies  exemples  aideront 
à  en  bii-n  coiiiprendre  les  sens  divers.  —  Hniitas  qu'ague 
pas  n's  <//'.  r.)iles  etiiniiie  si  je  n'avais  rien  dit.  Lous  cabris 
boutou  <lc  bu  fins,  les  crues  Commencent  à  pousser  aux 
rbeMvauK.  f.ns  fi'  h. s  ho'Unu  de  j,irt,  les  brebis  commencent 
à  avoir  les  iii,viielli'>  -.cillés,  pnnive  qu'elles  mettront  bas 
bientôt.  A'//n'/  vfiU)  /h)/i<>  tir  i/cns,  les  dents  commencent  à 
percer  à  ce!  enfant.  Bmifa  l'arau,  faire  marcher  quelqu'un, 
un  IroupMU  d<'\ant  soi.  Bm/fas-y  la  vian,  lïielti^z  la  main 
;\  cette  ;ilV;iire.  Bnufa  m'irc,  iiicjlre  le  pot  au  feu,  OU  cn 
terme  de  boulaiiL'-rie,  t'nloiinier  le  pain.  B'mta  ftd,  com- 
mencer une  chose  «pie  d'autres  feront  après;  attacher  le 
grelot.  Boula  lou  Icvan,  mettre  le  levain,  pour  faire  le  pain; 
au  fig.  seiiii'r  des  fei'iueiiis  de  discorde. 

Dér.  de  la  bas^.  la  t.   B/iiare. 

Boutado,  A.  f.  F«  luse,  réservoir  d'un  moulin;  le  pre- 
njier  lait  qui  vient  aux   mamelles  après  l'accouchement. 

Dér.  du  gr.  IVj'i'yç,  fnnd,  profondeur. 

Boutar,  *-.  m.  (iros  tonneau;  tonne;  foudre. 

Augm.  de  BoKto, 

Boutas  1  hiterj.  Sorte  de  locution  explôtive,  qui  n'a 
rien  de  commun  avec  le  v.  />o///a.  Quand  elle  est  prise  inter- 
jectivement,  elle  répond  suivant  les  cas  h:  Allez  donc! 
Allons  dimc  î  Mon  Dieu,  non!  Je  vous  en  prie!  Allez! 
Attendez,  attendes  !  Bon  !  —  Btattas  !  fasè-m'aquél  plèsi, 
ah  î  rendez-moi  ce  service,  je  vous  en  supplie.  Ah/  boutas! 
mon  Dieu,  non,  vous  n'y  pensez  pas  !  Est-ce  possible  ?  Bou- 
tas, boulas  /  es  pas  tan  ni}ci,  allez,  allez,  il  n'est  pis  si  sot 
qu'il  en  a  l'air.  Boutas/ la tssa-lou  dire,  ne  vous  tourmentez 
pas,  laissez-le  dire.  Boutas/  n'agués  pas  pôou,  allez,  ne 
craignez  rien.  Ah  /  bouta-v^us ,  ah  !  laissez-donc  !  Vous  n*y 
p:»nsez  pas!  Ce  sont  des  balivernes.  —  Ce  dernier  exemple 
présente  un  idiotisme  qu'il  faut  remarquer.  L'interj.  a  pris 
ici  tout  fi  fait,  pour  ainsi  parler,  la  forme  verbale,  c'esl-à- 


90U 


BOU 


135 


4ke  que  (wuias  est  consiâérô  Gomme  un  temps  du  verbe 

bouta.  Il  entre  alors  dans  une  règle  générale  et  invariable 

qni  vent  que,  lorsqu'un  verbe  à  la  Sv^  personne  plur.  de 

l'impéralif  est  suivi  knoiédiatementdu  pronom  pour  régime, 

-on  supprime  Vs  final  :  Àima-vous,  régarda-mé,  rétcoundi- 

Um.  Ainsi  bouia-vous,  laissez  donc.   Dans  ce  cas,  comme 

•duis  les  précédents,  il  reste  une  observation  :  boulas  est  la 

'forme  respectueuse  et  plurielle;  au  sing.,  avec  la  même 

acception,  on  emploie  :  BotUo/  boutof  va!  va!  Bah!  pas 

•possible!  Bon,  bon  !  que  dis-tu  là?  Boutof  vingues  pas, 

-va,  je  t*en  prie,  ne  viens  pas.  Bouto  /  (é  troumpes,  bien  vrai, 

ta  te  trompes.  Boutof  save  eé  qui  tènes,  va,  va,  je  sais  ce 

que  tu  vaux.  Boutof  qu'où  faras  bé,  j'en  suis  sûr,  tu  le 

'feras. 

Bonté,  s,  m.,  ou  Siblé.  Tuyau  de  greffe,  pour  enter  en 

*§ùte  ;  virole  d*écorce  prise  à  un  scion  franc,  qui  a  un  ou 

deux  œilletons  et  qu'on  insère  dans  un  scion  écorcé  de 

«sauvageon.  Il  faut  faire  attention  que  cette  virole  soit  juste 

à  la  place  qu'elle  doit  occuper  :  trop  large,  elle  perdrait  la 

sève  et  laisserait  l'air  circcder  entre  elle  et  le  sujet  ;  trop 

^étroite,  elle  se  fendrait  avant  d'arriver  à  sa  place. 

IMm.  de  Bou,  bout. 

Bovtéia,  ado,  adj.  Qui  a  de  gros  mollets.  —  Bien  bou- 
lêia,  qui  a  de  forts  mollets,  l»en  pris,  bien  tournés. 
Dér.  de  Boulél. 

Boutéiè,  s.  m»  Plant,  semis  de  courges,  de  toute  espèce 
-do  cuoarbitacées.  —  Voy.  CougourUi. 
Dér.  ûe  BouUfio,  courge. 

"30111010,  s»  f,  Dim.  Boutiiéto;  augm.  et  péj.  Boutéïasso. 
tSoateille  ;  vase  de  verre  ou  d'autre  matière,  à  long  col  et 
v4  large  ventre,  propre  à  contenir  les  liquides  ;  quantité  de 
ëquide  contenu  dans  la  bouteille.  -^Sour  eoumo  uno  bou- 
t'UiOy  sourd  comme  un  pot.  Béoure  bouiéio,  boire   chopine. 
La  bo  tHo  l'a  mes  aqui,  le  vin  l'a  tué. 
Dér.  de  B  uto,  dont  boutèio  est  un  dimin. 
"Bontéio.  s,  f.  Courge  de  toute  espèce,  la  famille  appelée 
CQCurbitacée;  potiron.  —  BoutéSo-énvinadouiro,  .espèce  de 
.-coocgeyétianglée  par  le  milieu,  renflée  par  les  extrémités, 
•  dqnioa  fût  les  gourdes  à  vin.  {Voy.  Gosardo.)  Les  autres 
-  ospéœs  .sont  :  la  eougourh ,  ,lou  pasHs,   lou.eoumé,  la 
•comasso. 

;Dér.,  comme  le  préoéd.,  à&Bouio,  parce  que  la  courge 
'•art  aussi  de  vaisseau  à  vin. 

Boutéioù,  <.  m.  Graine  ou  pépin  de  courges  et  ides 
cocurbitacées  en  général. 
.]  Dér.  et  dim.  deBoiiléto. 

Boutél,  s.  m.  Dim.  Boutêié,  boutéioà,  péj.   Bouiéùu. 

Mollet,  gras  de  la  jambe.  —  Â  miè  bouêél,  à  mirjambe. 

1  Ltmg  d'é$quino,prin  dl  boutél,  rasdo  m'aquél,  mot  à  mot  : 

oioof  d'éobine,'  fluet  de  mollets,  n'est  pas  redoutable*  atta- 

^^fOA^  longue  taille  et  jambes  grêles  annoncent  la  faiblesse 

de  la  constitution,  qui  rendent  propre  à  recevoir  une  raclée. 

FcKrêlùUâbouiéU  énd'un  éfan,  fêter  à  table  le  baptême  d'un 


Ce  mot  parait  avoir  la  même  étym.  que  le  fr.  bo  tte,  fais- 
ceau d'herbes,  parce  que  le  mollet  est  un  faisceau  de  mus- 
cles et  tendons. 

Boutigna,  V.,  ou  mieux  Réboutigna,  Bouder;  rechi- 
gner; répondre  avec  aigreur;  revenir  sans  cesse  sur  un 
grief  passé;  se  montrer  capricieux,  mutin,  chagrin. 

Boutignaîrè,  aîro,  adj.  Péjor.  Boutignaïras.  Mieux 
Réboutignaîre.  Boudeur;  rechigné;  capricieux;  mutin; 
chagrin. 

Bontigo,  t.  f.  Dim.  Boutiguéto;  péj.  Boutigasso,  Bou- 
tique. 

Ce  mot,  en  fr.,  s'étendait  autrefois  aux  industries  et 
aux  professions  les  plus  libérales,  de  l'échoppe  du  savetier 
aux  brillants  magasins  de  nouveautés  et  à  l'étude  ou  plutôt 
au  cabinet  du  notaire  ;  il  ne  s'élève  pas  plus  haut  aujour- 
d'hui que  la  boutique  du  regrattier.  Le  lang.,  qui  ne  veut 
pas  être  en  reste,  a  suivi  la  progression  de  la  mode  ;  mais 
il  lui  a  faUu  emprunter  au  fr.  les  appellations  plus  pom- 
peuses pour  lesquelles  il  n'a  pas  été  consulté,  attendu 
qu'elles  lui  sont  arrivées  toutes  formulées  de  Paris.  Aussi 
est-il  obligé  de  se  faire  patois,  quand  il  entre  chez  le  bot- 
tier à  la  mode,  pour  appeler  sa  boutique  un  atéiê.  Cepen- 
dant il  a  conservé  l'ancien  vocable,  sinon  dans  toutes  ses 
applications,  au  moins  avec  certaines  acceptions  caracté- 
.  ristiques  dont  il  use  encore. 

-7  Faïre  boutigo,  tenir  une  boutique»  tenir  un  tout  petit 
commerce  de  détail.  Fat  bien  boutigo,  il  est  achalandé  ;  il 
est  gracieux.et, prévenant  pour  les  chalands.  Bara  boutigo, 
fermer  boutique  ;  faire  banqueroute  ;  au  ûg.  se  taire.  Leva 
boutigo,  commencer  un  commerce  ;  au  iig.  se  battre,  se 
quereller;  susciter  une  rixe. 

Dér..du  gr.  'A:cq^xi}. 

Boutigniè,  f .  m.  Au  fôm.  BoutiguiUro.  Boutiquier,  bou- 
tiquière  ;  celui  ou  celle  qui  tient  boutique;  petit  marchand 
.en  détail. 

Dér.  de  Boutigo. 

Bonto,  ié  /'.Dim.  l^ouféto  ;  angm.  Boutar,  péj.  Boulasio. 

Tonneau; lût;  futaille.  Lorsque  le  tonneau  de  ce  pays  est 

pris  pour  mesiiro  de  capacité,  il  contient  360  litres,  ou  six 

barraux.  — -•  Béoure  à  la  barbo  dé  la  bouto,  boire  à  même 

.  la  tonneau,,  en  plaçant  la  bouche  à  la  canelle.  Bouio-trém- 

.  piëiro,  tonneau  à  piquette»  trempo,  que  l'on  tient  à  part 

.  pour  cet  objet»  parce,  que  le  vin  pourrait  en  être  détérioré. 

BoutoHMréliiiro ,  petit   tonneau  qu'on   place  debout  et 

'  défoncé,  sur  une  chanette  pour  charrier  la  vendange. 

Dér.  de  la  bass..lat..J9iiia;.en  allem.  buite,  barrique, 
cuvier. 

.  Bouto  1  interj\  t^  igars.  sing.  impér.  de.l^oufa..  Terme 
de  menace,  qui  s'emploie  dans  toutes  les  acceptions,  qiuuid 
on  tutoie  l'interlocuteur.  —  Voy,  Boutas. 
>  Boutoù,  f.  m.  Dim..Bott<otffi^;^péj.,J3o«fQ^fio<t.Bonton 
d'habit  ;  de  fleur  ;  bubon^.éleynre  an^la  peau  ;  ,bonigeon 
d'arbre  ;  moyeu  de  voiture,  de  charrette  ;.t^tieule  d'aidmal. 
4»  J>érwLdo  laL.bass,  .lat.,.JlQCMiia>,  bouton,  que  ,ROqntfort 


138 


BRA 


BRA 


branU,  nous  allons  danser  la  ronde.  Lou  hranU  dé  Paia- 
dan,  Um  pu  nid  é$  loupu  gran,  chanson  qui  accompagne 
nne  ronde  d'enlants,  au  dernier  mot  de  laquelle  chacun, 
pour  ne  pas  être  pris  on  donner  nn  gage,  se  pelotonne  et 
se  fait  petit  ;  le  plus  grand  est  le  sot  qui  paie. 

Branons,  t.  m,,  n.  pr.  de  lieu.  Branoux,  hameau  de  la 
commune  de  Biannaves.  —  Voy.  Blannavo, 

Branqnado,  <.  f.  Dim.  Branquadéto,  Branche  chargée 
de  fruits  ou  de  feuilles  de  mûriers,  qui  s*éloigne  assez  du 
tronc  pour  qu'on  ne  puisse  les  cueillir  sur  l*arbre  sans 
échelle;  rameau  hors  de  portée  couvert  de  fruits;  grain  de 
folie. 

0ér.  de  Branquo. 

Branqnaio,  «.  m.  Branchage  ;  ensemble  des  rameaux  et 
branches  d'un  arbre;  bois-menu  produit  des  branches. 

Dér.  de  Branquo. 

Branqnar,  «.  m.  Brancard,  espèce  de  litière  pour  trans- 
porter un  malade,  sorte  de  civière  pour  porter  des  far- 
deaux, des  pierres;  les  bras  d'une  charrette  entre  lesquels 
on  attelle  le  cheval. 

Dér.  du  lat.  Braehium. 

Branquam,  ndo,  adj,  Branchu,  qui  a  beaucoup  de 
branches.  —  Voy,  Braneu. 

Dér.  de  Branquo. 

Branqnas,  «.  m,,  ouBranquasso,  f.  f.  Grosse  branche; 
longue  et  grosse  branche  considérée  comme  une  arme. 

Attgment.  de  Branquo. 

Branquo,  t.  /*.  Dim.  Branquéio,  péj.  Branqwùso.  — 
Branche  d'arbre;  branche  de  hviére  ;  brin  ;  division  ;  por- 
tion ;  racine  ou  germe  d'un  mai  ou  d'un  défaut. 

Dér.  du  ceit.  Brane,  d'où  le  lat.  braehium,  et  la  bass. 
lat.  In'anea,  branche. 

Brâou,  t.  m.  Dim.  Brâoudé,  Brdoudoù,  péj.  Bràoudoi. 
Taureau,  bœuf  entier.  —  Brama  coumo  un  brâou,  beugler. 
^..  Aquà't  un  brâou;  for  eoumo  un  brâou,  il  est  fort  comme 
^  '  un  taureau. 

Dér.  du  bas-bret.  Braw,  qui  a  fait  aussi  l'adj.  brave,  et 
le  £r.  braoe.  En  lat.  braoium,  et  en  gr.  Bpa6e?ov  voulaient 
dire  :  prix  des  jeux,  prix  de  la  bravoure  et  de  la  force. 
Forcît  aussi  signifiait  brave  et  fort  :  les  deux  qualités 
suprêmes.  Le  taureau  était  chez  tous  ces  peuples  le  type 
adopté  de  la  vaillance  et  de  la  force. 

Braqua,  v.,  mieux  Abraqua.  Braquer,  tourner  vers  ; 
fixer  un  but.  —  /  braqué  iou$  dous  ièl$  dessus,  il  biaqua 
ses  yeux  sur  lui.  —  Voy.  Abraqua. 

Einp.  du  fir. 

Bras,  f .  m.  Dim.  Brassé,  brassoit  ;  augm.  Brassas.  Au 
plur.  Brasses;  dim.  plur.  Brassés  et  Brassoiu.  Bras,  membre 
du  corps  humain  qui  tient  à  l'épaule;  ce  qui  en  a  la  forme, 
la  figure,  l'usage;  au  fig.  action,  force,  puissance.  —  A  pas 
que  sous  brasses,  il  n'a  que  ses  bras  pour  le  nourrir.  San 
prou  brasses  oKeï,  il  y  a  bien  assez  de  bras  ici.  Brasses 
d'uno  earéio,  brancard  d'une  charrette,  timons.  En  bras  dé 
eamiso,  en  manches  de  chemise.  Lou  bras  dé  JHou,  la 


puissance,  le  bras,  la  main  de  Dieu.  A  lou  bras  lon§,  il  a 
les  bras  longs;  il  peut  beaucoup. 

Dér.  du  lat.  Braehium. 

Braaa,  v.  —  Voy.  Abrasa. 

Braaas,  s.  m.  Au  plur.  Brasasses.  Grand  hraai^  ;  gros 
tas  de  braise;  foyer  bien  garni  de  braise  et  qui  ne  flambe 
plus. 

Augm.  de  Braso. 

Brasièiro,  t.  f.  Dim.  BrasUHréto.  Brasier,  jédj^eiit  à 
braise,  en  fer  ou  en  terre,  pour  c)iaufkr  un  appartement. 

Dér.  de  Braso. 

Braao,  s.  f.  Braise,  charbon  alluoié  ou  portion  de  bois 
brûlé  qui  ne  donne  plus  de  flamme. 

Dér.  du  bas-bret.  Bras,  braise,  du  gr.  BpdB^u  ou  Bpdogtd, 
bouillir;  en  allem.  Brasen,  brûler.  Esp.  Brasa,  ital. 
Bragia. 

Brassado,  t.  f.  Dim.  Brassadéto,  péj.  Brassadasso. 
Brassée,  ce  que  peuvent  enceindre  les  bras  étendus  en 
cercle;  embrassement  ;  embrassade  ;  accolade;  même  sim- 
plement baiser.  —  A  brassado,  à  pleins  bras. — Uno  bras- 
sado  dé  bos,  une  brassée  de  bois;  uno  brassado  dé  yaoéis, 
dé  paio,  une  brassée  de  sarments,  de  paille.  FoU  uno  bras- 
sado,  nn  baiser,  s'il  te  plait.  Arapa  à  brassado,  prendre  à 
foi  de  corps. 

Dér.  de  Bras. 

BraBsé}a,  v.  Gesticuler,  remuer  les  bras  avec  vivacité 
en  parlant;  travailler  des  bras. 

Dér.  de  Bras. 

Braaséiaira,  aûro,  adj.  Gesticulateur  ;  travailleur  à 
bras. 

Braaaiè,  s.  m.  Journalier,  cultivateur  qui  travaille  la 
terre  seulement  k  bras,  et  non  avec  un  instrument  ara- 
toire ou  le  secours  des  animaux  de  labour. 

Dér.  de  Bras. 

Braflaièîro,  s.  f.  Lisière  pour  soutenir  les  enfants  qui 
commencent  i  marcher.  —  Efan  à  la  brassi^iro,  eoiant  à 
la  lisière. 

Dér.  de  Bras. 

Brasucado,  s.  f.  Dim.  Brasueadéio.  Grillade  de  châ- 
taignes sous  la  braise.  —  Dans  une  partie  des  Haiites- 
Cévennes,  ce  mot  est  pris  pour  la  châtaigne  eUe-mème, 
quand  elle  est  rôtie.  —  Voy.  Afaehado, 

Dér.  de  Braso. 

Bravainén,  adv.  Beaucoup;  à  foison  ;  ni  trop,  ni  trop 
peu;  raisonnablement;  médiocrement.  —  Braoamén,  sui- 
vant l'intonation,  a  tous  ces  sens  divers  :  preuve  nommlle 
que  le  ton  fait  la  chanson. 

Bravo,  avo,  04;.  Augm.  Bravas.  Se  dit  généndament 
de  beaucoup  de  qualités  du  corps  ou  de  l'esprti.  Selon  les 
cas,  il  signifie  :  honnèle,  intelligent,  leste,  adroit,  robuste, 
bien  portant,  sage,  de  bonne  mine.  11  se  dit  aasii  des 
choses  inanimées  pour  :  bon,  avantageux,  beau.  -^  ffn 
brave  home,  un  honnête  homme.  I7fio  braw  fétmo,  une 
honnête  femme.  Uno  bravo  fio,  fille  sage,  de  nèrile.  Ses 


BRÊ 


BRE 


13» 


6nitt0  €oumo  un  sdau^  vous  vous  portez  comme  le  Poat- 
Nenf.  Sérioê  bé  bravê  se...,  vous  seriez  bien  aimable  si... 
Sè$  bra»ôf  vous  allez  bien?  Uno  bravo  tèro,  on  champ 
assez  considérable.  Un  brave  ouiiâou,  une  maison  confor- 
taMe.  Se  $én  pat  rMee,  êéguén  brav9$,  si  nous  ne  sommes 
pas  riches,  soyons  honnêtes. 

Brane  n'a  jamais  Taoception  de  brave  en  îr.  Cependant» 
favle  d'nn  mot  qni  réponde  k  bravonre  dans  le  sens  de 
courage  on  d'exploit  gnecrier,  on  dit  par  exception  et  en 
ajootant  un  nom  pour  qualifier  et  justifisr  cette  extension  : 
Brave  eoumo  César,  brave  comme  César.  Mais  l'exception 
oxifirme  la  r^le»  et  elle  est  rare. 

Dér.  du  bas-bret  Braw,  ou  du  lat.  Bravimm.  —  Vay. 
Brâou, 

Btanréf  éto,  adj.  Dim.  Bravoù,  brawmné,  bravounito. 
Joli;  gentil;  mignon.  C'est  là  un  exemple  frappant  de  la 
dégénérescence  des  mots,  quand  ils  passent  par  dififi^rentes 
filières  et  aiwôs  un  long  laps  de  temps.  Celm-ci  a  la  même 
origine  que  le  précédent,  et  voilà  leur  radical  brâou,  tau- 
reau, qui  finit  par  différentes  cascades  à  Tadj.  bravouné, 
geotillei»  qui  semble  la  qualité  la  plus  antipathique  avec 
lui. 

Bravén,  t.  m.  Nature  particulière  de  terrain  assez  fer- 
tile et  bon  surtout  pour  la  vigne,  mais  difficile  à  labourer 
en  bonne  saison  ;  car  il  est  très4ur  avec  la  sécheresse  et 
argileux  par  la  pluie.  Il  est  composé  d'un  mélange  de  limon 
et  de  schiste. 

Bravonro,  s.  f.  Honnêteté  ;  pi^ité.  Ne  signifie,  jamais 
bisvouie  ou  courage. 

Dér.  de  Brave. 

Brégadièy  s,  m.  —  Voy,  Bérgadiè. 

Bcègado,  «.  f.  —  Voy.  Bérgado, 

Brégan,  t.  m.  —  Voy.  Bérgan, 

Brtflandajet  s.  m.  —  Voy.  Bérgandaje, 

Brégandèia,  v.  —  Voy.  Bérgandésfa. 

Bségo,  i.  /.  Noise;  chicane;  queorelle  d'Allemand.  — 
Cérq^a  Mgo^  chercher  noise. 

Dér.  du  gallois  Breg,  mptue.  En  esp.  Brega,  en  itd. 
Briya,  dispute. 

Brégoùs,  ouso,  adj.  Dim.  Brégousé;  péfj.  Brégotiuas. 
Querelkiv  ;  hargneux  ;  tracassier.  —  Chi  brégoia  a  las 
âonrésae  i>irménou$o$,  chien  hargneux  a  les  oreilles  déchi- 
rées :  le  dicton  se  comprend  de  reste  et  ne  s'applique  pas 
sepfement  aux  animaux. 

Dér»  de  Brégo. 

Brin*  t.  m.  Son,  partie  la  plus,  grossière  du  blé  moulu. 
—  BéMfré  éou  brén  ePiarJe  à  la  farino,  économe  de  bouts 
de  chandelle;  il  ménage  la  paille  et  prodigue  le  grain. 

Dér.  du  bas-bret.  Brenn,  même  sign.  Il  a  formé  le  frv 
Iran,  excrément,  bran  de  son,  qui  est  le  son  véritable  du 
faifoean.  Tous  ces  mots  n'ont  aucune  espèce  d'analogii0im 
en  lai.  ni  eix  gr*,  ni  dans  les  langues  modernes  qui  ont 
pQîiéà  œlte  somce*  La  racine  celtîqne  est  iDrcéet. 

Brinoûii  ouaot  adj^  Qui  conlîenjt  trop  de  son,  en  par* 


lant  du  pain  ;  défaut  de  toute  autre  préparation  culinaire 
qui  n'est  pas  liée,  ou  qui  est  graveleuse. 

Dér.  de  Brén. 

Brèa,  s.  m.  Dim.  Bresse.  Au  plur.  Brèsses.  Berceau 
d'osier;  barcelonnette  d'enlant  Aufig.  jeune  âge;  commen- 
cement, lieu  où  une  chose  a  commencé.  —  Ou  a  prés  àou 
brèa,  c'est  un  dé&ut  qu'il  a  pris  au  berceau.  Gna'n  pUn 
brès,  loc.  prvb.,  il  remplit  son  berceau,  en  parlant  d'un 
gros  enfant,  quidquefois  même  d'un  adulte.  On  dit  d'une 
femme  qui  désire  ardemment  des  enfants  :  Àh  boutas/  Ioh 
fariè  en  tout  lou  brès,  ah  1  mon  Dieu  !  elle  consentirait  à 
accoucher  d'un  enfant  tout  botté,  tout  éperonné.  La  grano 
dé  brés,  les  petits  enfants. 

Dér.  du  lat.  Versus,  part.  pass.  de  versare.  Cependant 
quelques-uns  le  tirent  du  gr.  Bpd^eiv,  dormir,  oude  Bpdbvetv, 
agiter. 

Brés  (Séu-),  s.  m.,  n.  pr.  Saint-Brès,  commune  dans 
le  canton  de  Saint-Ambroix  (Gard).  Brés  est  la  traduction 
du  nom  pr.  Brioe,  Saint-Brice,  disciple  de  saint  Martin  de 
Tours,  vers  le  milieu  du  V*  siècle  ;  du  lat.  BrieHus. 

Brésoan,  s.  m.,  ou  Brisquo,  ou  Brisoaa.  Brisque,  bris- 
can,  nom  qu'on  donne  aux  as  et  aux  dix  du  jeu  de  mariage 
ou  de  biscambille. 

Bréal,  s.  m,,  n.  pr.  de  lieu.  Brésis,  quartier  du  terri- 
toire d' Alais,  au  midi  et  sud-ouest  de  la  mcHitagne  de  Saint* 
Germain-de-Montaign,  et  que  l'abbé  Teissier,  notre  compa* 
triote,  ainsi  que  d'autres  après  lui,  soutiennent  avoir  été 
Prusianus,  l'habitation  de  Tonance  Ferréol,  préfet  des  Gau- 
les au  V*  siècle,  décrite  par  Sidoine-Apollinaire. 

Brési  serait  une  altération  du  nom  lat.  Prusianu». 

Bréail,  s.  m.  Brin  ;  fétu  ;  résidu  en  poussière  ;  petite 
parcelle;  débris  de  charbon  qui  restent  au  fond  d'un  sac. 

Dér.  de  Brîfo. 

Bréaqno,  s.  f.  Rayon  de  miel;  gauffire  ou  gâteau  de 
cire  ;  cire  avec  ses  alvéoles  planes,  telle  qu'elle  est  on 
qu'elle  sort  de  la  ruche.  — '  Bâtonnet;  jeu  du  bâtonnet; 
jeu  d'enlanl. 

Dér.  du  bas-bret.  Bree,  cassant.  En  allem.  Breehm, 
rompre,  briser. 

Bréata,  v.  Bercer,  donner  le  branle  à  un  berceau; 
balancer  un  enfant  dans  son  berceau  pour  l'endormir.  — r 
Se  bréssa,  se  dandiner,  se  balancer  lourdement  en  mar* 
chant,  comme  font  les  béliers  et  les  gens  chaussés  de  gros 
sabots. 

Dér.  par  métathèse,  du  lat.  Versare,  agiter. 

Brètâo,  t.  f.  lit  en  planches  d'un  valet  d'écurie  dans 
l'écurie  même;  cabane  de  berger  portative  pour  ooudier 
dehore,  couverte  le  plus  souvent  en  paille. 

Augm.  deBf^. 

Brésaolp,  s.  f.  Dim.  BréstoMio,  Lit  d'enfant  à  bar- 
reaux ;  table  à  rebonis,  avec  des  pieds  en  batean»  sur 
laquelle  on  pose  le  berceau  d'un  enfant,  pour  l'élever  au 
niveau  du  lit  de  la  nourrice  et  lui  imprimer  au  bescMn 
le  balancement  qui  lebei«e  etTendort. 


140 


BRE 


BRI 


Bréthmat,  f.  m,,  n.  pr.  de  lien.  Brethmas,  écart  de  la 
commune  de  Saint-Hilaire,  à  laquelle  il  donne  son  nom, 
Sini-Àlari-dé-Bréthmas,  canton  et  arrondissement  d*Alais. 
D*antiqaes  raines  découvertes  dans  ce  quartier,  des  restes 
de  toiles  et  de  poteries  gallo-romaines,  sans  doute,  font 
remonter  assez  loin  son  origine  et  son  nom. 

Ce  village  est  mentionné  dans  une  ancienne  charte  qui 
mérite  d'être  rapportée.  —  Hist.  gén.  de  Lang.,  t.  I*',  pr. 
p.  35.  —  C'est  une  donation  faite  vers  Tan  840  à  Tabbaye 
d'Aniane.  Trademu$  rw  quœ  êurU  in  Urrilorio  nemauêêiui 
tubwbio  castra  andusianensi,  sive  infra  ipsum  pagum,  vilia 

cui  vocabulum  est  Berthamates ,  hoc  est  cum  mansis, 

eampis,  curtiset  hortis,  cum  exeis  et  regressis,  cum  ecclesia 
Sancti  BUarU  eonstrueta,  neenon  (UiU  ecclesiU  quœ  infra 
terminum  de  ipsa  villa  fUndata  fuerlnt,  cum  Matis  et 
mansionilnu  ad  Bertomates  €upicientibus. 

Le  nom  porté  dans  cet  acte  avec  une  légère  variante  se 
trouve  au  dénombrement  de  la  sénéchaussée,  en  4384, 
S.  YlariuM  de  Bretomanso. 

Il  n'y  a  rien  à  dire  de  la  dernière  portion  du  mot  Mates, 
identique  à  Maxes  et  Mages,  traduit  par  le  latin  mansus 
et  abrégé  selon  les  règles  par  le  lang.  et  le  fr.  en  mas.  Sa 
forme  au  pluriel  parait  moins  l'indice  d'une  agglomération 
que  la  réunion  ou  la  proximité  d'un  certain  nombre  de 
«Mifuî  dans  sa  dépendance.  La  première  partie  jouit  d'une 
possession  d'état  fort  respectable,  et  Bertho,  Br^o  pour 
sigmfier  breton  ;  par  où  on  arrive  à  Mas  du  Breton, 

En  contestant  cette  facile  interprétation,  je  ne  voudrais 
pas  me  faire  une  méchante  afEûre  avec  ce  Breton  breton- 
nant,  qui,  à  une  époque  assez  reculée,  nous  aurait  laissé  le 
nom  de  son  pays,  plutôt  que  son  nom  propre,  ce  qui  est 
étrange  d'abord,  liais  l'existence  même  de  cet  étranger 
transplanté  aux  bords  du  Gardon  ne  me  semble  pas  encore 
sufiBsamment  attestée  par  une  simple  dénomination,  à 
laquelle  on  peut  assigner  dans  notre  langue  vulgaire  une 
origine  et  une  raison  plus  naturelles.  En  eflfet,  si  Bertho- 
mates,  Bretomansus,  Brethmas  a  eu  pour  parrain  un  Breton 
quelconque,  le  droit  d'invoquer  pareille  descendance  au 
même  titre  appartient  à  une  petite  pUce  de  la  ville  d'Alais, 
ai^ée  en  fr.  BerthoU  aujourd'hui,  en  lang.  Brétolo,  et 
dans  une  proclamation  de  l'an  4388,  — Hss.  de  l'Hôtel-de- 
Ville,  —  trMum  de  Berthola.  C'est  la  même  racine  et  le 
même  mot.  Or  cette  place,  au  moyen  Age,  à  proximité  du 
Marché,  était  le  lieu  spécial  où  se  cantonnaient  et  s'éta- 
laient les  denrées  a[^rtées  des  Gévennes  avec  la  Ifréto,  la 
hotte  montagnarde,  ou  dans  le  bértotU,  brétoul,  panier  fait 
de  minces  lames  de  bois;  peu^ètre  aussi  y  avait-il  là  une 
industrie  de  fabrication  de  brétos  et  de  bértouls.  Elle  en  a 
retenu  le  souvenir.  Les  deux  noms,  en  tous  cas,  qui  ont 
contribué  à  faire  celui  de  Brétholo,  Birthole,  dérivent  du 
gaulois  brett,  en  lat.  lignum,  bois,  planche,  éclisse,  ser- 
vant à  faire  britos  et  bértouls.  Mais  les  analogies  nous 
viennent  encore  en  aide.  Le  nom  propre  BreteuU  n'est  pas 
plus  breton  d'origine  que  notre  Brethmas  et  que  notre 


Brétolo,  son  correspondant  direct,  avec  la  différence  du 
dim.  roman  euil  au  dim.  lang.  ol  ou  olo.  Et  l'on  sait  que 
le  nom  de  cette  ancienne  famille  était  autrefois  Tonnelior, 
changé  depuis  en  BreteuU,  son  équivalent  synonjrme,  plus 
noble  et  plus  sonore  peut-être  mais  sorti  de  la  même  souche, 
exprimant  la  même  idée,  fait  du  même  bois,  brett.  Pareil- 
lement pour  Bretehe,  vieux  mot  fr.  signifiant  fortifications 
de  bois,  dans  Du  Gange  Bretechiœ,  castdla  lignea.  Dans 
tout  cela  pas  la  moindre  trace  d'un  Breton. 

La  dérivation  pour  Brethmas  nous  parait  donc  fort  pro- 
bable, en  y  faisant  entrer  brett,  soit  que  le  montiif  pri- 
mitif fût  construit  en  planches,  soit  qu'il  ait  été  établi 
dans  un  pays  couvert  de  bois;  les  deux  hypothèses  peuvent 
être  également  soutenues. 

Brève,  s.  m.  Brevet,  privilège  ;  acte  portant  concessioii 
d'une  grâce,  d'un  don,  d'une  autorisation. 

Emp.  au  fr. 

Bréréta,  ado,  a4f-  et  part.  pass.  Breveté;  qui  est 
pourvu,  muni  d'un  brevet. 

Emp.  au  fr. 

Biîa,  V.  Briller;  reluire  ;  jeter  une  lumière  étincelante; 
avoir  de  l'éclat. 

Emp.  au  fr. 

Brian,  auto,  adj.  Brillant,  qui  a  de  l'éclat  ;  qui  reluit. 

Emp.  au  fir. 

Brida,  v-,  mieux  Embrida.  Brider,  mettre  la  bride  ; 
lier,  arrêter,  attacher.  —  M'an  bien  brida  et  séngla,  on 
m'a  joliment  lié  et  garrotté,  dit-on  proverbialement,  quand 
on  vient  de  passer  un  acte  qui  vous  lie  fortement.  Sén  bri- 
das, nous  sommes  arrêtés,  liés.  Sauvages  traduit  :  nous 
jeûnons.  Très-juste  :  la  loi  est  la  bride.  Brida  Vase  pér  la 
guuio,  prvb.,  prendre  une  aflkireà  contre-pied;  agir  à 
contre-sens. 

Les  étym.  paraissent  nombreuses  :  d'abord  le  oelt.  bridé, 
puis  le  vieux  saxon bridel,  bridl,  même  motet  même  signi- 
fication, le  gr.  éolien  Bputi{p,  pour  ^uti{p,  tirer,  parce  que  U 
bride  sert  à  tirer.  En  ital.  briglia;  en  esp.  brida,  bride. 

Bridèl,  s.  m.  Dim.  BridéU;  péj.  Bridélas.  Bridon;  filet 
à  mors  brisé,  sans  branches  ni  bossettes. 

Dér.  de  Brida. 

Brido,  s.  f.  Dim.  Bridéto,  péj.  Bridasso.  Bride;  partie 
du  harnais  d'un  cheval  qui  sert  à  le  ccmduire;  petite  bande 
de  toile  ou  d'étofle,  attachée  au  béguin  d'un  enfant,  aux 
bonnets  et  aux  chapeaux  de  femme,  destinée  à  passer  sooi 
le  menton,  pour  retenir  ces  coiffures.  —  Trépa  émbé  ta 
brido,  ou  émbé  lou  eabésire,  jouer  avec  sa  queue  à  la 
manière  des  jeunes  chats  ;  se  dit  des  gens  tràs-jeunes  qui 
ne  prennent  nul  souci  et  se  font  un  jeu  de  tout.  -~  Tby. 
Cabéstre. 

Dér.  de  Brida. 

Brido-monsqao,  t.  m.  Cogne-fétu;  tatilkm;  qui  fait  de 
grands  embarras  de  petite  chose;  homme  fluet,  fiMe,  débile. 

Bridoulo,  s.  f.  Dim.  Bridouléto.  Bois  de  jeunes  tdoni 
refendu  en  lames  fort  minces,  que  l'on  tressepour  fûn  lea 


BRI 


BRI 


14t 


piHaronê,  hértotUos  et  eampanèjes,  (F.  cm.)  Les  jeunes 
pousses  de  châtaignier  sauvageon  sont  considérées  comme 
les  plus  favorable;  à  cet  effet,  on  les  aménage  en  taillis  et 
on  les  coupe  tous  les  trois  ans. 

Dér.  de  Brido. 

Brignoà,  «.  m.  Mgnoie;  prune  de  mirabelle,  la  plus 
petite  de  tontes  les  espèces.  Elle  est  d'un  assez  beau  jaune 
quand  elle  est  mûre. 

Gomme  son  nom,  et  surtout  son  représentant  fr.  Tin- 
dique,  ce  fruit  vient  de  Brignoles,  en  Provence,  où  il  est 
cultivé  avec  succès,  et  où  Ton  fait  des  conserves  de  prunes 
ttéfr-rmommées. 

Brignoun,  s.  m.  n.  pr,  de  lieu.  Brignon,  commune  du 
cantcm  de  Vézénobres,  arrondissement  d*Alais.  La  tradi- 
tion donne  à  ce  viUage  une  origine  fort  ancienne. 

Le  nom  de  Brignoun  sous  la  forme  Briginn,  est  un  de 
ceux  qui  sont  inscrits  sur  un  petit  monument  du  musée 
de  Nimes,  portant  les  noms  de  onze  localités  du  territoire 
des  anciens  Voices  Arécomiques.  Il  occupe  le  second  rang 
dans  le  deuxième  groupe,  qui  parait  avoir  pour  chef-lieu 
UceUa,  Uzès.  L'attribution  de  Briginn  à  Brignoun,  Bri- 
gnon* n*esl  pas  douteuse.  Dans  l'inscription  le  mot  est  évi- 
demment abrégé  de  la  dernière  syllabe  à  cause  des  dimen- 
sions du  piédestal;  il  devrait  se  terminer  en  o,  Briginno, 
simple  nom  de  localité  avec  la  finale  celtique  si  commune, 
on  en  ontê,  au  plur.,  si  on  veut  l'appliquer  aune  peuplade, 
BrigtnnonBi,  La  traduction  latine  du  moyen  âge  donne 
raison  à  cette  désinence.  La  basse  latinité  des  Gartulaires 
disait,  en  efiEét,  en  4207,  Brinnonum,  en  4273  Brinno,  en 
4384  et  4384  Brinhonum,  en  4435  Brinhon,  dont  le  lan- 
guedocien a  fait  Brignoun  et  le  fr.  Brignon.  Ici  se  remarque 
la  transformation  du  g  entre  deux  voyelles,  dont  la  pro- 
nonciation était  mouillée,  ce  que  le  latin  rendait  en  plaçant 
un  à  on  un  t  après  n,  et  que  nous  avons  repris  par  notre 
gn  qui  produit  le  même  effet  ;  les  exemples  sont  nom- 
breux. 

Dans  le  voisinage  on  a  découvert  des  restes  d'antiquités 
romaines  ou  gallo-romaines;  un  monticule  où  l'on  prétend 
q[aB  l'ancien  village  était  établi,  porte  le  nom  de  Sére  dé 
Briàto,  colline  dé  Brienne,  et  un  ruisseau  est  aussi  appelé 
Jhéouno,  Branne  ;  ce  sont  autant  de  dérivations  du  celtique 
Brigitui. 

<2uant  à  l'étymdogie  du  mot,  on  trouve  en  gallois  Bri- 
ggtm,  dme,  sommet,  extrémité,  bout,  où  l'on  reconnaît  la 
racine  bri.  M»,  In-m,  colline,  élévation,  hauteur,  qui  a 
donné  avec  le  même  sens  dans  diverses  langues  ber,  bir, 
herg,  bêm,  Mm.  La  ûtuation  de  Brignoun  justifie  cette 
dénominatii»,  et  son  ancienneté  d'origine  est  également 
étaUie  :  village  sur  une  élévation. 

Brin,  t.  m.  Brin  de  fil;  fil  de  la  soie  sans  être  doublé  et 
tel  qu'il  se  dévide  sur  la  roue  à  filer;  brins  de  chanvre 
dont  est  conyoeée  une  corde,  ou  un  fil  redoublé  et  tordu. 
-^Fkhtndo  à  quair^  brins,  fronde  à  quatre  bouts. 

Ce  mot  parait  dérivé  de  Prin  dont  il  est  la  métathàse. 


n  ne  faut  pas  perdre  de  vue  que  le  mot  prin  vient  évi- 
demment du  lat.  primuM,  Le  fil  dont  on  fait  les  étoffes  est 
doublé,  triplé,  quadruplé;  lorsqu'il  est  simple,  il  se  dit 
brin,  ce  qui  revient  à  premier;  ce  sont  bien  là  dès^Iors  ces^ 
premiers  filaments  qui  restent  dans  la  main  de  celui  qui 
sérance,  les  brins  premiers,  par  excellence. 

Bringo,  s.  f.  Dim.  Bringuéto,  péj.  Bringasso.  Bringue  ; 
rosse;  cheval  maigre;  femme  maigre,  déhanchée,  mal 
bâtie.  —  Mélre  en  bringo,  mettre  en.  pièœs,  en  désarroi. 

Emp.  au  fr. 

Brîou,  s.  m.  Dim.  Brivé,  brioulé.  Certain  temps;  petit 
intervalle  de  temps.  —  Y-a  un  bon  briou,  il  y  a  longtemps. 
If'avès  pér  un  pouli  briou,  vous  en  avez  encore  pour  long- 
temps. Espérarés  un  briou,  vous  attendrez  un  peu.  Y-a'n^ 
brivi,  il  n'y  a  qu'un  petit  instant. 

Dér.  du  lat.  Brevï,  bientôt. 

Briqué,  5.  m.  Dim.  Briquétoù.  Briquet  à  feu,  outil 
d'acier  pour  tirer  du  feu  d'un  caillou  ;  sabre-briquet  courte 
à  l'usage  de  l'infanterie;  jeune  gars,  blanc-bec;  homme 
sans  valeur  et  sans  consistance;  petit  homme,  au  physique 
et  au  moral  ;  petit  et  mauvais  cheval,  criquet.  —  Batre 
dàou  briqué,  au  fig.  être  cagneux,  avoir  les  genoux  qui  se^ 
heurtent  en  marchant. 

Emp.  au  fr. 

Briqno,  t.  f.  Dim.  Briquéto  ;  péj.  Briquasso.  Brique, 
terre  argileuse  pétrie,  montée  et  cuite,  qu'on  emploie  dans^ 
les  constructions.  —  Briquo  énvémissado,  brique  vernissée. 
Briquo  eanéludo,  brique  à  crochet,  qui  sert  à  faire  des- 
voûtes. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Briea, 

Brisa,  V.  Briser;  casser;  rompre,  mettre  en  pièces; 
réduire  en  poudre. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Brisare,  presser. 

Brisai,  t.  m.  Dim.  Brisaïé.  Menus  débris  de  pierres; 
petits  fragments,  réduits  en  poussière,  de  tout  corps  dur 
très-divisé. 

Dér.  de  Briso. 

Briso,  s,  f,  Dim.  Briséto,  s.  f.  Brisouné,  s.  m.  Miette  ; 
brin  ;  parcelle  ;  morceau  détaché  d'un  plus  grand  ;  miette 
de  pain.  —  Douna-mé  n'é'no  briso,  donnez-m'en  un  petit 
morceau.  Né  résto  pa'no  briso,  il  n'en  reste  pas  un  fétu,  il 
n'en  reste  rien.  N'avédre  dé  las  brisos,  en  avoir  des  écla- 
boussures.  Aou  foun  dâau  sa  s'airobou  las  brisos,  prvb., 
au  fond  du  vase  la  lie  ;  au  dénouement  les  angoisses.  Las 
brisos  né  sâoutavou  âou  capèl,  on  mangeait  de  si  grand 
appétit,  on  cassait  si  vivement  la  croûte,  que  les  éclats, 
les  miettes  en  volaient  au  loin. 

Las  brisos,  châtaignes  sèches  qui  ont  été  brisées  en  les 
battant  pour  les  d^uiller.  Cette  espèce  de  châtaignes  a 
un  peu  moins  de  valeur  au  marché  que  les  autres,  psurœ 
qu'elle  se  met  en  marmelade  en  cuisant  ;  mais  elle  est  aussi 
bonne,  préférable  même,  si  on  veut  la  moudre  en  farine 
pour  raJ>reuvage  des  porcs,  parce  que  généralement  ce  sont 
les  châtaignes  de  meilleure  qualité  et  les  plus  sèches  qui  se 


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BRO 


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brisent  le  plos;  œlles  qni  sont  avariées,  moisies  ou  ver- 
moulues contenant  une  humidité  qui  les  préserve  de  se 
concasser. 

Dér.  de  Bri$a, 

BriBO-baro,  «.  m.  Ecervelé;  indompté;  tranche-mon- 
tagne ;  qui  se  met  au-dessus  des  lois. 

Comp.  de  Brùo,  brisa,  et  haro. 
'  Brisqué  I  inUrj,  intraduisible,  qu'on  adresse  à  quelqu'un 
qui  commet  une  incongruité  en  parole  ou  en  action  sales. 

Ce  mot  parait  la  contraction  et  un  sous-entendu  de  : 
brusquez  la  politesse. 

Brivado,  s,  f.  Dim.  Brivadéto.  Séance,  durée  d'un  tra- 
vail entre  ses  diverses  interruptions;  séjour.  —  Y-avèn  fa 
uno  bono  brivado,  nous  avons  fait  une  bonne  séance  de 
travail.  —  Ha  aussi  toute  la  portée  de  Briou;  on  dit  bien 
et  également  :  Y-a  un  bon  briou  et  uno  bravo  brivado, 
pour  :  il  y  a  un  long  espace  de  temps. 

Dér.  de  BrUrn. 
^  Broclio,  t.  f.  Dim.  BrouehUo,  mieux  :  Haste,  Broche 
de  cuisine;  e^éce  de  longue  aiguille. 

Dér.  de  Broquo,  parce  que  les  premières  broches  étaient 
un  pieu  de  bois,  une  bûche.  Sauvages  prétend  qu'il  y  a 
des  bâtons  d'un  certain  bois  dont  les  fibres  sont  de  leur 
nature  tellement  torses  que  la  chaleur  les  fait  détordre,  et 
que  les  viandes  qu'on  y  embrochait  autrefois,  tournaient 
d'elles-mêmes.  Probablement  ce  n'étaient  que  des  moineaux 
ou  tout  au  plus  des  grives,  avec  lesquels  on  pouvait  se 
permettre  cette  économie  de  tourneur  ou  de  tourne- 
broche. 

Brode,  f .  f.  Paresse  ;  fainéantise  ;  mollesse;  indolence  ; 
pcûduites  par  l'ennui  ou  par  une  certaine  disposition  d'es- 
prit ou  de  corps  semblable  au  »pUm  anglais.  Ce  n'est  pas 
une  paresse  habituelle,  mais  accidentelle»  un  entrainement 
irrésistible  et  momentané  au  far-niunte,  qui  donne  dn 
dégoût  pour  le  travail  et  par  conséquent  de  l'inapti- 
tude. 

Les  ouvriers  de  Paris  appell^t  cette  disposition  :  avoir 
la  flème,  ce  qui  veut  dire  :  avoir  la  hrpdo*  être  plus  en 
train  de  flâner  que  de  travailler.  —  La  brodo  mé  gagno, 
l'ennui»  le  dégoût  me  gagnent;  Je  ne  suis  bon  à  rien,  ^igti^ 
Un  fa»  véni  la  brodo,  ce  temps  lourd  donne  des  vapeurs, 
de  la  lassitude  dans  les  membres,  de  la  mélanoolie  dans 
l'esprit.  Mi  donêi  la  brodo,  tu  m'ennuies. 

Dér.  du  gr.  Bpcûà^,  lent,  BpiSoc,  lenteur. 

Broquo,  «.  f»  Dim.  Brouquito,]^.  Brouquoim.  Bâche; 
bâton  toit  ;  sci(xi  d'arbre  sec.  —  Lou  touqaarièi  pa$  énd'%mo 
broquo,  je  ne  le  toucherais  pas  avec  des  iMUcetles,  Porto  uno 
broquo,  lou  fia  s'amouêMo,  apporte  une  bûche,  le  feu  va 
s'éteindre.  S'arrapo  uno  broquo/  si  je  prends  «a  bâton» 
gaie! 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Broea,  branche  d'arbre,  édudas» 
broussaille. 

Broquo-quioii  (à),  adv.  Tout  de  traven;â  la  diable* 
~  Trav^ia  à  broquo^uiou,  gâter  l'ouvrage,  eA  se  hâtant 


trop  et  ne  faisant  nulle  attention  :  va  comme  je  te  pousse. 
Aqud  s'apèlojuja  à  broquo^uiou,  voilà  qui  s'appelle  jugé 
à  la  diable,  dit  un  jdaideur  qui  perd  son  procès»  dans  les 
vingt-quatre  heures  bien  entendu,  et  quelquelÎMS»  avec  ptos 
de  raison,  après  ce  délai  de  tolérance. 

Dér.  d'un  jeu  d'écolier  qui  porte  ce  nom  et  qu'on  nomme 
en  fr.  broche-en-cul. 

Brou,  «.  m.  Dim.  Brouté,  Jeune  pousse  des  arbres;  brin 
détaché  d'une  plante;  trochet  de  fleurs  ou  de  fruits;  bour- 
geon. —  Un  brou  dé  sâouvio,  dé  viàouHè,  dé  ba$ali,  vm 
branche  de  sauge,  de  giroflée;  un  brin  de  basilic. 

Dér.  du  celt.  Brout  ou  Brot,  brin ,  d'où  la  bass.  lat. 
BrogUum,  Bruillum,  BroUum,  petit  bois»  broussailles;  on 
du  gr.  BptSio,  bourgeonner. 

Brou,  «.  m.  Terme  de  boucherie,  pièce  du  poitrail  d'un 
mouton,  qui  répond  au  grumeau  du  bœuf;  haut  côté  de  la 
poitrine. 

Dér.  du  V.  m.  Brutz,  sdn,  poitrine. 

Broucanta,  v.  Brocanter;  acheter,  revendre  ou  troquer; 
vendre  par  échange;  vendre  du  brio4-brac,  des  marciiaa- 
dises  d'occaûon. 

Dér.  du  lat.  Becantare,  se  dédire,  parce  que  ce  genrç  de 
revendeurs  avaient  autrefois  vingt-quatre  heures  pour  se 
dédire,  et  rompre  leurs  marchés. 

Broucantur,  nrdo,  adj\  Brocanteur;  celui  qui  sans  être 
marchand,  a  la  manie  de  brocanter,  d'échanger,  de  troquer 
ce  ({ui  lui  appartient,  comme  chevaux,  voiturest»  meuUes. 

Dér.  de  Broucanta. 

Broacbado,  «.  f.  Dim.  Brouehadéto.  Brochée  ;  hàtelettes; 
enfilade  de  petifs-pieds  à  la  broche. 

Dér.  de  Broeho. 

Brouda,  v.  Broder. 

Emp.  au  £r. 

Broadariè,  «.  f.  Broderie. 

Emp.  au  fr. 

Brouduso,  «.  f.  Brodeuse. 

Emp.  au  fr. 

Bronèto,  s.  f.,  ou  BrouTÔto.  Brouette.  —  7oy.  Barisfe. 

Brouîa,  v.  Brouiller,  semer  la  discorde;  mette  le  de* 
sordre.  —  Se  brouta,  se  brouiller  avec  quelqu'un;  d'ami 
devenir  ennemi. 

Dér.  de  l'ital.  Brogliare,  imbroglio. 

Bronîadiflso,  t.  /*.  Brouillerie,  méslntelligenoe. 

Dér.  de  Bnnna, 

Barontar.  s.  m.  Dim.  Broutçrdé;  pé|.  Broutanfoi-  Brouil- 
lard ;  nuage.  — Lou  brovXar  a  mouqma  kui  tignot,  la  gibou- 
lée a  fait  p^rir  les  boiirgeons  de  la  vigne. 

Broniar,  en  st^e  d'écolier,  est  le  brouillon»  cahier  on 
écrit  qui  n'est  pas  mis  au  net.  —  Popiè  bromeiardf  pépier 
gris,  qni  boit. 

Dér.  dnkt.  Pmîaa»  ou  de  la  base.  lat.  Brolhatrduê,  m.  sig. 

Bioiûarda»  ard^do^  a^i-  Couvert  da  brame»  ohai|6  de 
brouillards^ 

Dér-  de  BrouUur. 


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Broido,  «.  f.  Bronille;  mésintelligence  légère;  petite 
bronillerie.  Le  même  que  Brouuidissa,  mais  avec  une 
nuance  vn  pea  pins  foncée. 

Dér.  de  JDnniKa. 

Bronn-bronn,  s.  m.  et  €uiv.  Hurlu-berlu;  étourdi; 
étooidiment,  en  renvecsant  tout.  Onomatopée.  Viendraitril 
du  1^.  Bpovni,  tonnerre? 

ftroil&das,  f.  m.  Dim.  Broundassoû;  péj.  Broundauoi. 
Rameau  de  chène-v^  avec  tontes  ses  feuilles,  dont  on  se 
sert,  en  guise  de  balai,  pour  amonceler  les  feuilles  mortes 
et  les  bérissons  de  châtaigniers;  brandes,  bourrée. 

Dér.  et  augm.  de  Broundo. 

Broundio,  i.  f.  Aamilies,  émondilles,  broutilles;  débris 
de  menu  bois  qui  reste  après  qu'on  a  dépecé  des  arbres,  ou 
élHranché. 

Dim.  de  Broundo, 

Broundioù,  i.  m.  Brindille,  petit  morceau,  petit  édat  de 
bois. 

Dim.  de  Broundïo. 

Broudo,  «.  /.  Bourrée; brandes;  fagots  de  menu  cbène- 
vert  ou  de  broussailles,  dont  se  servent  les  boulangers,  les 
potiers  de  terre  et  autres  pour  chauffer  leur  four. 

Dér.  du  lat.  Frons,  Frondit,  ramée,  feuillage,  qui,  par 
apocope  et  changement  de  f  en  b,  avait  fait  dans  la  bass. 
lat.  Bnmda,  menues  branches. 

BroiiBqiia,  v.  ou  Bmqna.  Broncher,  faire  un  faux  pas 
en  heurtant  du  pied  contre  quelque  chose.  —  Que  bmquo 
•f  noun  tombo  avanço  eamï,  prvb.  qui  bronche  sans  tomber 
accélère  ses  pas;  c'est-à-dire  on  apprend  en  faillant. 

Dér.  de  l'ital.  Bnmdare,  broncher,  et  Broneo,  tronc, 
touche,  henrter  contre  une  souche. 

Bronnqiiadp,  «.  f,  ou  Bmqnado.  Bronchade;  action  de 
broncher;  faux  pas  d'un  cheval. 

Dér.  de  Broungtia. 

fooucaire,  airo,  a^f,  ou  Bmquaîre,  airo.  Qui 
bronche;  qui  est  sujet  à  broncher;  cheval  qui  n'a  pas  les 
jambes  acdides. 

Dér.  de  Briwnqua. 

Bnmna,  v.  Bronzer;  donner  au  fer  une  couleur  bleuâtre 
pour  le  préserver  de  la  rouille,  ce  qui  se  fait  à  un  feu  trés- 
vif.  Au  fig.,  cuirasser  contre  les  douleurs  de  l'âme  et  du 
QOips;  aguerrir,  rendre  insensible  à  la  soufErance;  devenir 
dur  comme  le  bronze. 

BrouBsa,  part.  pa$ê.  Bronzé,  couleur  de  bronze;  teint  en 
Bûûr.  —  StHiXèê  brounMQ$,  souliers  de  peau  teinte  en  noir, 
piéseiilant  le  velouté  de  la  peau,  à  l'eitérieur. 

Dér.,  disent  aucuns,  du  celt.  Bronex,  m.  sig. 

BrouBid,  V.  Se  rôtir  outre  mesure,  se  dessécher  au  feu; 
noircir  comme  bronze;  bronzir  par  le  froid,  qui  produit  le 
même  effet. 

Dér.  de  même  que  Brounza. 

Bvoimili^-  Siflet»  bmiie,.  en  passant  comme  font  les 
baUes,  les  bootets,  une  pierre  lancée  avec  une  £ronde.  Au 
fig.,  murmurer,  grogner,  marmotter,  gnmder.  —  Loê  baioi 


brounzissièou,  les  balles  nous  sifflaient  aux  oreilles.  Dé  gué 
hrounsiises  din  toun  eantoù?  qu'as-tu  à  murmurer,  à  gro- 
gner dans  ton  coin?  —  Voy.  Brounzina. 

Dér.  du  gr.  Bpu^^,  hurlement. 

Brounâdoù,  «.  m.  ou  Rouflo.  Loup,  instrument  de  jeu 
pour  les  écoliers,  fait  d'une  petite  planche  fort  mince  atta- 
chée au  bout  d'un  cordon.  Ils  le  font  tourner  très-vivement 
au-dessus  de  leur  tète,  et  produisent  par  ses  vibrations  dans 
l'air  un  frémissement  sourd,  un  brounximén,  qui  imite  le 
hurlement  du  loup. 

Dér.  de  Brounzî, 

Bronnzimén,  «.  m.  Bruissement;  sifflement  d'un  projec- 
tile ;  frémissement  de  l'air  produit  par  le  frôlement  d'un 
corps  quelconque;  frôlement  d'une  robe,  d'une  étoffe. 

Dér.  de  Brounzi. 

Brotmslna,  v.  —  Voy,  Brounzï,  siffler,  bruire. 

Bronnaânaïre,  airo,  adj.  Péj.  Brounzinaïrat. Grondeur; 
grommeleux;  qui  marmotte,  qui  aime  à  gronder;  qui  mar- 
ronne. 

Dér.  de  Brounzi, 

Brouqua,  v.  Planter  des  oseraies,  des  saulsaies.  L'osier, 
le  saule,  le  peuplier  se  plantent  par  simples  boutures  dans 
les  graviers  les  plus  secs,  et  ils  y  réussissent  toujours  pour 
peu  qu'ils  trouvent  de  l'humidité  à  la  profondeur  où  l'on 
enfonce  leur  extrémité  inférieure.  Il  faut,  en  général,  les 
planter  après  que  la  sève  s'est  retirée;  cependant  lorsqu'on 
les  plante  dans  l'eau  ou  dans  des  terrains  marécageux,  ils 
prennent  en  toute  saison,  même  en  juillet  et  août. 

Gomme  ces  plantations  se  font  très  en  grand  dans  le  pays, 
au  bord  des  rivières,  soit  pour  en  défendre  les  bords,  soit 
pour  bonifier  les  graviers  inertes  en  arrêtant  les  dépôts 
d'alluvion,  on  prend  très-peu  de  soin  pour  ce  travail  de 
brauquqfô.  On  a  des  scions  de  toute  grosseur,  on  les  coupe 
à  la  longueur  d'un  mètre,  et  l'on  amincit  en  pointe  leur 
gros  bout;  ensuite  on  fait  un  trou  dans  les  graviers  avec 
un  instrument  de  fer  pointu,  appelé  AgvXo,  et  l'on  y  place 
trois  ou  quatre  scions  à  la  fois,  en  se  contentant  d'écraser, 
d'ébouler  le  sable  avec  le  pied  pour  remplir  le  vide  du  trou, 
n  est  rare  qu'aucun  de  ces  plants  reste  sans  pousser. 

Brouqua  s'applique  à  toutes  les  espèces  de  boutures, 
comme  celles  de  la  vigne,  du  figuier,  etc. 

Il  se  dit  aussi,  pour  repiquer  des  plantes  que  l'on  a 
semées  d'abord  sur  couches  et  qu'on  repique  à  distance  dans 
les  jardins  potagers,  comme  l'oignon,  la  betterave,  la  poi- 
rée,  la  laitue,  la  chicorée,  le  céleri,  etc. 

Dér.  de  Broquo,  dans  la  première  acception,  à  cause  des 
scions  qu'on  emploie  et  qui  se  nomment  Broquo;  dans  la 
seconde,  à  cause  de  la  bûche  qui  sert  de  plantoir  dans  cette 
opération. 

Broaqnaje,  f.  m.  Action  de  planter  des  oseraies;  la 
saison  de  os  travail,  et  surtout  la  masse  des  bois  qu'on  y 
emploie.  —  Aguà't  dé  brave  brouquaje,  éttén  bien,  o'est  du 
bois  très-favorableàplanter  en  oseraies,  il  foisonne  beaucoop. 

Dénr.  de  Brmtqtta. 


144 


BRO 


BRU 


Brouquéto,  «.  f.  Allumette. 

Toutes  les  allumettes  se  faisaient  avec  des  brins  de  che- 
nevotte  coupés  à  quatorze  ou  quinze  centimètres  de  lon- 
gueur, soufrés  simplement  aux  deux  bouts  et  mis  en  paquets. 
De  là  leur  nom  de  Brouquéto9,  dim.  de  Broquo,  parce  que 
ce  n*était  en  effet  que  de  minces  bûchettes.  Il  est  bien 
entendu  qu'aujourd'hui  on  ne  peut  plus  par  cette  raison 
appeler  Brouquétos,  les  allumettes  en  cire  de  Roche  et 
autres.  Aussi  le  lang.  a-t-il  été  forcé  d'adopter  VAluméto. 
Les  gamins  qui  vendent  les  allumettes  à  la  Congrève,  ont 
même  fait  disparaître  à  peu  près  entièrement  les  marchant 
dé  brouquétos,  quâou  né  vôou,  dont  le  cri  est  remplacé  dans 
nos  rues  par  celui  d'alumétos  à  la  Congre,  dou$  cén  pér  un 
4ÔOU.  C'est  du  bien  bon  marché,  mais  c'est  du  bien  mau- 
vais lang.  —  Voy.  Aluméto,  Luquéto. 

Bronqmado,  s.  f,  Dim.  Brouquïadéto.  Fagot  ou  brassée 
de  broutilles  ou  de  bûchettes  ;  ramassis  qu'on  en  fait  dans 
un  bois  ou  au  fond  d'un  bûcher.  Au  fig.,  feu  de  paille,  de 
peu  de  durée. 

Dér.  de  Broquo, 

Brouqniè,  s.  m.  Boisselier;  artisan  qui  fabrique  des 
futailles  de  bas -bord,  telles  que  seaux,  baquets,  cornues, 
cuves  à  lessive,  barillets,  etc.  Les  mêmes  font  les  patins  à 
semelle  de  bois  pour  les  femmes. 

Dér.  de  Broquo,  bois  refendu. 

Brousén,  s.  m.,  n.  pr.  de  lieu.  Brouzen,  quartier  du 
territoire  d'Alais,  en  amont  sur  la  rive  droite  du  Gardon, 
où  quelques  étymologistes  placent  le  PruHanut  du  préfet 
des  Gaules,  Tonance  Ferréol.  —  Voy,  Brési  et  Berén- 
guéri. 

Broussa,  v.  Tourner,  caillebotter,  grumeler;  faire  tourner 
le  lait,  une  crème,  une  sauce  ;  c'est-à-dire  que  la  partie 
butireuse  ou  onctueuse  se  sépare  de  la  partie  séreuse  et  se 
grumelle  par  caillots.  —  Moun  la  tés  broussa,  mon  lait  a 
tourné.  A  broussa  sa  crèmo,  elle  a  laissé  tourner  la  crème. 

Brousao-sâouço,  s.  m.  Gâte^auce,  mauvais  cuisinier 
qui  manque  ses  sauces. 

Dér.  de  Brousso,  parce  que  le  lait  tourné  forme  de  petits 
caillots  assez  semblables  à  la  graine  de  bruyère. 

BrouBSO,  t.  f.  Touffe  de  bruyère  de  la  petite  espèce,  basse 
et  rampante. 

Dér.  du  bas  bret.  Broust,  buisson,  broussaille.  Dans  la 
bass.  lat.  Bruseia, 

Brousso-pèou  (A),  adv.  A  contre-poil  ;  en  sens  contraire 
du  poil;  à  rebours;  de  travers;  au  pr.  et  au  fig.  —  Voy, 
Cronto-piou, 

Bronstio,  s.  f.  Petite  boite  de  sapin,  à  lames  minces, 
refendues. 

En  bas  bret.  Broustet,  branche  aisée  à  refendre.  Dans  la 
bass.  lat.  Brustia. 

Broutél,  s,  m.  Dim.  Broutélé.  Trochet  ou  glane  de  fruits  ; 
jet  d'arbre  qui  porte  une  certaine  quantité  de  fruits  ramassés 
en  bouquet. 

Dim.  de  Brou;  en  celt.  Brout  ou  Brot,  traduit  dans  la 


bass.  lat.  par  Brogilus,  BruiUut,  Brcliut,  qui  signifie  comme 
dimin.  petit  bois,  broussailles  qu'on  fait  brouter. 

Broutélado,  t.  f.  Quantité  de  fruits  qui  se  trouve  réunie 
dans  un  seul  trochet  ou  sur  une  même  branche. 

Dér.  de  Broutél. 

Bra,  «.  m.  Bruit,  son  ou  mélange  de  sons,  tapage, 
vacarme;  bruissement;  rumeur;  nouvelle  qui  circule; 
dicton;  renommée;  renom.  —  N'ét  pat  bru  que  d'aeà,  on 
ne  parle  que  de  cela.  Né  cours  un  bru,  on  en  murmure  bien 
quelque  chose  dans  le  public.  Faïfotso  bru,  il  fait  beaucoup 
de  tapage.  Crén  pat  bru,  il  ne  se  laisse  pas  intimider.  Un 
home  tant  bru,  un  homme  paisible,  qui  ne  fait  pas  parler  de 
lui.  S'én-ét  douna  lou  bru,  la  nouvelle,  le  bruit  en  a  couru. 

Dér.  du  bas  bret.  Brud,  Brut,  bruit,  rumeur,  ou  du  gr. 
Bou6(t)v,  rugissement,  murmure. 

Bm,  adj.  mate.  —  Pan-bru,  pain-bis.  N'a  pas  d'autre 
application. 

Dér.  du  lat.  Brutut,  grossier;  il  pourrait  être  aussi  une 
altération  ou  une  contraction  de  Brun. . 

Bmèl,  t.  m.  et  n.  pr.,  ou  Braèil.  En  v.  lang.  petit  bois; 
un  fourré  ;  jeune  taillis. 

Il  y  a  dans  l'Aveyron  un  village  et  commune  de  Saint- 
Jean-du-Bruel,  qui  a  pris  cette  épithéte  de  sa  position  dans 
les  bois. 

En  V.  fr.  on  disait  :  breuil,  brouil  et  brel,  auquel  le  mot 
lang.  répond  très-exactement;  et  dans  la  bass.  lat.  on  avait 
dit  :  broilut,  broilum,  brolium  ;  brogilut,  brogilum,  bruUluê. 
Cette  diversité  de  désinences,  attachées  à  un  radical  inva- 
riablement le  même,  donne  clairement  le  sens  dans  lequd 
il  faut  les  entendre  dans  les  différents  idiomes.  La  termi- 
naison lang.  èl  est  diminutive,  comme  le  sont  en  fr.  ses 
correspondantes  directes  en  et,  éU,  euU,  uil,  qui  traduisent 
ou  que  traduit  le  lat.  oilut,  olium,  ogilut,  uillut.  Par  con- 
séquent comme  règle  générale,  tous  les  mots-radnes,  affectés 
d'une  de  ces  finales  égales  entre  elles,  auront  une  signification 
diminutive.  De  plus  les  désinences  en  ol,olt,  ôou,  jol,  joU, 
jôou,  du  languedocien,  rendues  ^toUus,  oliut,  ogilut  latin, 
seront  identiques  à  èl  et  également  diminutives,  comme  dans 
le  fr.  etU,  euU,  èl,  oil  et  ea^,  eaux,  ége,  ellet,  eilet,  aittes, 
eiUet,  oillet,  parfaitement  équivalentes.  De  sorte  que  BruM, 
en  étymologie,  sera  le  même  que  Brueilet,  du  Breuil,  Bme- 
joul,  Bruejols,   Bruèges,   Broglio,   Brouelles,   firoaiUes, 
Bruellcs,  Brouxelles,  Breaux;  et  que  de  la  même  sonroe 
dériveront,  à  part  les  noms  communs,  les  noms  propres 
Bruyère,  La  Bruyère,  Bru^tè^  lang.  Bruguèirole,  Brugas. 
Le  gaulois  Bru,  ou  Brou,  Brout,  bois,  branche,  brin,  est 
atténué  par  sa  désinence  qui  prend  toute  sorte  d'inflexions; 
mais  l'élément  primitif  reste  immuable  et  toujours  recon- 
naissable. 

Bmgas,  t.  m.  Lande  couverte  de  bruyères. 

Péj.  de  Bruguiè. 

Bruguèirolo,  t.  f.,  n.  pr.  d'homme  et  de  lieu.  Bragaei- 
rolle.  Petit  champ  couvert  de  bruyères.  —  Voy.  BruM. 

Dim.  de  Bruguiè. 


BRU 


BRU 


145 


iè,  «.  m.  taillis  de  brayères  à  balais  que  Ton  met 
en  coupe  réglée.  —  N.  pr.  d'homme  :  Bruguier.  Avec  la 
désinence  féminine,  iëiro,  il  est  encore  n.  pr.  de  lieu,  et 
trô»-commun. 

Ainsi  que  nous  Tavons  déjà  remarqué,  les  anciens  radi- 
caux signifiant  bois  ou  forêt  ont  dû  nécessairement  donner 
naissance  à  de  nombreuses  dénominations  dans  nos  pays 
couverts  de  forêts,  de  landes  de  bruyères,  de  hautes  et 
basses  futaies  :  de  là  aussi  les  diminutifs  ou  les  péjoratife 
caractéristiques  d'une  situation  ou  de  Tétat  des  lieux  et  des 
propriétaires.  Aussi  le  primitif  celtique  brug,  adouci  en  dm 
ou  hru$,  bruyères,  broussailles,  que  nos  ancêtres  gaulois 
prononçaient  peutrêtre  broug,  et  dans  lequel  certainement, 
en  latin.  Vu  sonnait  ou,  s'est-il  reproduit  dans  nos  appella- 
tions locales  et  dans  les  noms  d'homme  avec  des  variétés 
nombreuses,  tantôt  en  conservant  sa  consonnance  simple, 
tantôt  en  adoptant  l'euphonie  latine. 

A  propos  du  mot  qui  nous  occupe,  la  plus  ancienne  forme 
connue  du  radical  est  tirée  d'une  inscription  gravée  sur  un 
petit  piédestal  conservé  au  Musée  de  Nimes,  malheureuse- 
ment tronqué,  mais  où  se  lisent  encore  onze  noms  de  loca- 
lités des  Volces  Arécomiques.  A  la  seconde  ligne  de  ce 
monument  est  porté  le  nom  de  Brugetia.  Nous  n'avons  pas 
à  chercher  ici  la  certitude  d'attribution  entre  les  diverses 
localités  qui  auraient,  chacune,  des  raisons  égales  à  la 
réclamer  :  les  savants  ne  sont  pas  d'accord  sur  la  vraie 
position  indiquée.  Cependant  le  mot  nous  reste,  et  la 
divergence  des  opinions  ne  fût  ressortir  qu'une  chose  : 
c'est  que  le  nom  Brugetia  est  aussi  bien  représenté  par 
Brugei,  hameau  de  la  commune  de  Gomillon,  que  par  La 
Bruguière,  canton  de  Lussan,  arrondissement  d'Uzès,  ou 
par  La  Bruyère  près  d'Anduze,  ou  par  Bruyês  de  la  com- 
mune d'Aigaliers;  comme  il  pourrait  l'être  par  Brugèdes, 
commune  de  Sénéchas,  par  Bruèje,  commune  de  Saint- 
Privatrdes-Vienx,  par  Bruguier,  commune  de  Monoblet  et 
Méjeannes-lés-Alais ,  et  par  tous  les  autres  noms  de  La 
Bruguière  répandus  dans  le  département  du  Gard.  Ce  qui 
amène  à  reconnaître  que  tontes  ces  appellations  ont  une 
commune  racine,  et  que,  si  elles  se  distinguent  par  leurs 
suffixes  en  et,  yès,  ède,  ié,  ièiro,  elles  n'en  représentent  pas 
moins  des  localités  où  les  bruyères  étaient  abondantes,  ce 
qui  donne  la  signification;  et  ces  nuances  prouvent  que  ces 
désinences  sont  égales  entre  elles  et  équivalentes,  ce  qui 
donne  raison  à  ce  que  nous  disons  des  suffixes  et  de  la 
composition  des  noms. 

Mais  il  y  a  plus  :  la  difiërence  de  prononciation  dans  le 
radical  multiplie  les  analogies.  Bru  étant  identique  à  Brùu, 
il  s'ensuit  que  les  noms  de  Brouzén  près  d'AIais,  Brouxet, 
commune,  Broussoùt,  près  de  Portes,  dans  notre  arrondis- 
sement, Broussan,  commune  de  Bellegarde  (Gard),  devront 
être  ramenés  à  la  même  signification  désignant  des  lieux 
anciennement  remplis  de  broussailles,  couverts  de  bruyères. 
La  variété  ethnique  des  terminaisons  n'empêchera  pas  de 
les  reconnaître  et  de  les  rapprocher;  elle  ne  servira  qu'à 


démontrer  la  fécondité  de  la  langue  qui  se  prête  harmo- 
nieusement à  ces  modulations  diverses,  à  prouver  la 
richesse  de  notre  idiome  et  sa  souplesse  à  diversifier  la 
forme  sans  altérer  ni  compromettre  le  sens  des  mots. 

Dér,  de  Brus, 

Bmla,  V.  Brûler;  consumer  par  le  feu;  être  en  état  de 
combustion;  brouir,  se  dit  des  effets  produits  par  le  froid 
sur  les  fleurs  et  sur  les  premiers  bourgeons  des  arbres.  — 
Fato-brulo,  jeu  d'enfant  qui  consiste  à  cacher  un  objet  de 
petite  dimension  et  à  le  faire  chercher  par  un  patient.  A 
mesure  qu'il  se  rapproche  de  l'objet,  on  lui  crie  :  fato-brulo/ 
et  quand  il  s'en  éloigne  :  brulo  pas;  par  ce  moyen  on  le 
conduit  petit  à  petit  à  l'objet  lui-même.  Par  suite,  le  mot 
Brûla,  dans  le  langage  ordinaire,  est  devenu  synonyme  de 
se  rapprocher,  être  prêt  à  deviner.  —  Brûles  biin^  tu  es 
sur  la  voie,  tu  te  rapproches  singulièrement  du  but. 

Brûla,  s.  m.  et  part,  pass,  —  Es  un  brûla,  c'est  une 
tête  brûlée. 

Dér.  du  lat.  Perustulare, 

Bmladnro,  s.  f.  Brûlure;  action  du  feu;  sa  trace,  sa 
marque. 

Dér.  de  Brûla, 

Bmlaire,  s,  m.  Poêlon  à  brûler  le  café;  brûloir;  instru- 
ment ou  ustensile  servant  à  cette  torréfaction. 

Dér.  de  Brûla, 

Bmn,  bnrno,  adj,  Dim.  Brune,  éto;  péj.  Brunas,  asso. 
Brun,  brune;  noirâtre;  d'une  teinte  foncée,  sombre;  obs- 
cur; bis.  —  Mouli  brun,  moulin  destiné  à  fabriquer  le 
pain  bis,  parce  que  les  meules  en  étant  plus  serrées  donnent 
un  degré  de  plus  de  trituration  à  la  farine,  ce  qui  rend 
impossible  sa  séparation  d'avec  le  son  au  tamis.  —  Il  est 
aussi  n.  pr.  d'homme.  Brun  :  d'où  son  dim.  Brunêl. 

Dér.  de  l'allem.  Braun,  en  ital.  et  en  esp.  Bruno. 

Braqua,  v,  —  Voy.  Brounqua, 

Bmqnaire,  aîro,  adj,  —  Voy.  Brounquaïre,  àiro. 

Brus,  s.  m.  Dim.  Brttui,  Au  plur.  Brusses,  Bruyère  à 
balais,  Erica  seoparia,  Linn.  Arbuste  de  la  fam.  des  Eri- 
cacées.  C'est  celle  qu'on  emploie  pour  ramer  les  vers  à  soie, 
et  dont  on  fait  des  balais,  éseoubos  dé  brus.  —  Ana  as 
brusses,  aller  à  la  provision  de  bruyère  pour  les  vers  à 
soie.  Capoula  dé  brusses,  couper  les  brins  de  bruyère  de  la 
longueur  nécessaire  pour  les  échalasser  entre  les  rangs  des 
tables.  Plégarias  lou  prou  fi  dine  unofièïo  dé  brus;  la  feuille 
de  bruyère  étant  sans  largeur  aucune,  que  pourrait-on  plier 
avec?  Aussi  cette  phrase  équivaut  à  celle-ci  :  le  bénéfice  est 
venu  à  rien. 

Dér.  du  celt.  bas-bret.  Bme;  Bruscus  en  lat.,  dans  la 
bass.  lat.  Bruseia  et  Brueria,  broussailles. 

Brutâou,  talc,  a4j,  Péj.  Brutalas.  Brutal;  grossier; 
féroce;  emporté;  sans  égard,  sans  politesse,  sans  ménage- 
ment. 

Dér.  du  lat.  Brutus.  • 

Ba,  s,  m.  Dim.  Buqw;  péj.  Buquas,  Chicot  d'arbre; 
ergot  de  branche;  bout  mort  et  desséché  d'un  scion  d'ari)re 

19 


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Bubo,  .V.  /'.  IIiiIm'Ii:  pu»-!!!!"  .jiu  -    t   ':i  ■  «  ,    .     "  ■     ;  - 
l'iil.tiils    III, il    s  ,i;.'ii(''s;    li'.iil")i)v   (ji,i    -  '  ;.      :it     .    \         1    -; 
•  M'IiaulMililiin'.    —     I(i'ntnn<'hi    /</>    hu.l.i.s,     ,  i  ]]:.   ;    •. 
<l<'  Irisit's  .s()ii\r,iii'^,  iiii'-  aii(i'':iii    'I'...!  ^i-. 

Di'i".  (lu  L'r.  Il  .j'>''»/,  liiii,'-ui . 

Bufadcl,  s.  ///.  .Mi'l-  «lu   |»->-  '■  ^m  ]■ -'    M-  i   ••-  ■' 
«'li.il.ii,L.'ii"'s  l>i.Miilli''>  ;  ci'll.'-.  <i  ,1  .Ji'îiii-r  iiT  >,  ij';    ■..    '. 
Cdfnssos.   -    ■   litij'uilil  i'^'    ri'\j'i'-~i  m'i  ij  ini(   I'j  ■  *     /    i-,     ..      : 
li'N  (y'\(''Iiu!s,  cil.'/,  |.'^f|iirl>  (•>•  .1,.  t^'-!    >;i;'  .  ;'   •■;■   !. 
le  liMiiini*'Ul    l'irimn  (o. 

I)»'!'.   llf    Ihlfil,    Mil    liinlju,   (ji;i    \'-lil    fjlif   V  ,■,!]]    ]•   ,,;|     • 

^(T,  (1('U\  .ici'*'jili' tii-,  ('•_mI"|(I'MiI  .'l'i»!!  ■  l'i'-'-   t  .lu  ;..  ■!-  ij  i  i! 
l'aill   liialiL'<'l'  chaud,  fl  -^iUril'-l  . 

Bugada,  r.  l'ain:  h  I*->-,i\i';  lilni-Iiii'    ;i'i    i:.  <\  -ni      i' 
l('S.si\i';  lair<*  Ii')ii'i'.i  l'Imii(1>  N'Ti-i  -  il  •  1  ■    >;   •  t  !•'  1  ■  !j-  ij, 

I'!l\Mi.  ^'»M)lll■'■ll'^l'^  l'I  \ari'-  >  :  'l-i  i''t.   /;/•/-/,]■—.•... 
al»n'U\cr,  (Tna  1"  h  i^  I,r  -1.  l!";/''' .  m.  -.;   !;i  J  ■(.  y/'/.  //.  i;.  ,i. 
parc-  t\\v  1,1  l''--i\,'  -••  ■  a:!  •  ^^  .;•  i,;)  ir  ,  ;  ;  .j  i    _■■•    |  :../:'',: 
(Mi\i',  ^LMMiiil  I),i^-aii  ;  ilii  hl.  ///"y    ■Il  Iii'hu'i'     i    ,!  il   ■/■. 

Buyadiciio,  s.  /'.  I' >  /.-'/-i''  >■  ..-.I.  -..  k  :  !■  v- 
'lii'n*  ;  l)liii''lii~>  Ml-  ■  ;  liiiurli  ,•  ■.  -  -  l  n  j  <  ',m,  t!  'j-'.ii  h  ,,  >>. 
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jaiiiais  une  u'.iiill.''  il'  sura!)  aid,iiii.".  (jx-nfo  h,i,j(i!,  no' 
([Ucl  l»a\,ir.l  I  lie-  .l"u\  .^'iii-'v. 

I)cr.  di'  Ihiijnl'i. 

Bugado,  s.f.  Lc.sshr;  ijuanlil'-  dr'  iiii'j'  ■aicuxc,  I  -n-.r, 
lil.iiu'lii.  —  M'in'  /<!  f'/'<ji(,'ii,  iiM'lIr.'  .(,  lanci'  ji-  jinji-  d  .i> 
la  Ics>i\ .-.  l'tni  I-  Initj  :^ln,  l.iiiv  II  \r-A  \  ■',  i'.sdn  I,  /■  id  ////y,/,/,,, 
•  'Iciidrt'  le  liîiL^e  l.-vp.,'-  pair  l'  rairc>cilii'i".  Au  lîj.  i,'i>)>;>l(>, 
p'Ttc  OM!i^id''i\di!c  au  j'U,  uu'  Ic-.-im-,  d.iii>  (;c  .-.•ii--.  I) 
lassinn  MIS  lu  (ia<i  I  II),  ,ij  ul-T  uii''  d'Ile  à  iiiii>  ;nili'c,  iiii'' 
iiialadro^e,  uu-  >  -tli-e  >ur  uii-  auU-',  laiitc  mh-  laiile. 

M'''!ll''  d'T.    A'^    Il '/;/(!  !'l . 

Buqiia  ('se),  r.  ><■  M  .— r,  se  laiiv  un.-  di'cliiiaire  a  la 
pe.iu  eii  M/  pitiUiul  à  uu  l'clal,  hu,  a  un  cliicul  de  Imis. 

DtT.  dç  liu. 

Buquado,  .v.  /'.  Diiu.  ^''/'/'/'/'/cVo.  J).'.  Iiiiure  a  la  peau  ; 
âcçi"'>ça  un  hal'il,a  u.'ie  imIic;  pi'.>çurrspar  un  (; liiçoi  dr  Imi^. 

IK-r.  de  Du. 


Eure.  l; 

-  f  n  ■  ,• 


A, 


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»  /  1 1       '    ■  y*  !  '    '     >i   "       *  *     ,  ,       ■ 

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Eurel.  elD."'  7.  H.       U 

•  .■    : ,  ,  ■.    -(...,-',>,.-. 
1)-..  :.;;/;  ^■->. 

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Bus,  .V.  ;//.  Dia..  Il  >;■<■.  !;.-■.  !,a.  de  iud 'iiie,  de  fer 
'  :  1  !  •  i-,  li'îi  -  •!•!  i  t''hii  •  ;■  -a  •  ;.,i  .,•  r^  s  ,1  •  jii[''\  Ou 
•  I  •    :i     eit;    j,  ;^    l>H\'i ni' II- .  :    •:.   i-    .;.'    i,   ....  cCi.!,:.-'    1  «ilijol 


1  l,';i  e  ;  '  l'ii-  I-"  'lu  lî't-r  ■■'^^  V  \.'  ail   ['  'pal  lire  d  ,ii>  l- ailes 
-  '■!  "■    ,    '!i   1  ''a.p.  iiiitv  1  ■  1;    ;:   a!  tr    'pii   lV.ean!i>vdl  la 


Busqua,  '  l!-li.ai  a*- i"  U'.i'  jap-',  uu  c  as'_".  jiiair  dessi- 
ij' 1  |i-  L  il.'-  il-  Il  l  il!-'.  —  >''  '"/\,'n,  S"  c.iiiilavr;  (--reu.xT 
1'^  f'aii-  el  d:\ '-l  •pp'i"  la  [•■  ilia.;e  .ai  iiiiiclMut. 

I)-r.  d-'  Jh!s. 

Busqiiaia,  c.  iPi[i,::s^..;- ,|ti   |j,ruu   | ,  jx.   dç>  l.m  util  les  ; 

(.•'  iilj)a"  il"S  laMUidl'-^  d  un  al'Iae. 
|)'a".    de    ItusiiHUn'. 

Busquaïo,  ••.  /'.   l>iiçlie  a   laul-r;  ln-.ailillos;  ni  nu-lic.is 

ivl    iidll  :   'cl.il   i|.'   Imi^. 

iliisf^iKiio  >'>[  •'■■>  idtauliieiil  pdiir  h(iifs(inuin,  ho$(^u(Hn,  \\*'i' . 
di'  //'>,v. 

Buta,    r.    p. ais^er;    lieiirha';    .s-Tivu"   centre;   snul.Miir  ; 

'   alVciaiiic;  uiuaina-.  —  lintn  lo<i  tcfi,  piUissor    le   lejups  avoo 

I    ri'paule.   .(  jffis  l/csoHu   (jnr   lua    hntoa,    il   n'a    jias  l)es(>iii 

d'èlii'  [loiiN^M',  dèlre   exi.'il'''.  Lu  l'un  Ion  buio,  la  mibèro  lo 

j  [iMU>.'e.  lintus  1(1  pnrht,  JkjUSSi'Z  hl  |l(»l'li\  Biitus  ferme, 
lieiiil.'/  \i\euienl.  .}fc  Oïdarés  un  pàou,  vous  ino  soulicii- 
di"e/  un  peu    Ifiilvs  /fds/  Ji''  jxiusst'z  pas!  Àqufil  ùoubrc  huto 


c 


147 


61^^  cet  arbre  pousse  avec  vigueur.  Lou  hla  a  buta,  le  blé 
a  commencé  à  germer.  Fôou  qui  quàouquus  lou  bute,  fariè 
pai  aqud,i\  faut  que  quelqu'un  l'excite,  il  ne  ferait  pas  cela 
de  lui-mèn)e. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Butare. 

Butado,  s.  f.  Dim.  Butaiéto;  péj.  Butadasso,  Secousse; 
heurt;  poussée;  coup  d'épaule.  —  A  bèlos  butados,  par 
secousses  :  par  épaulées.  M'a  fougu  douna  uno  bono  butado, 
il  a  fallu  donner  un  bon  coup  de  collier  pour  terminer  cette 
affaire,  pour  mener  cet  ouvrage  à  bonne  fin. 

Dér.  de  Buta. 

Butaron,  s.  m.  Chasse  roue.  —  Même  sign.  que  buto- 
rodo,  dont  il  n'est  qu'une  syncope  et  peut-être  une  corrup- 
tion. —  Voy.  Buto-rodo. 


ButaTan,  s,  m.  Boutoir,  outil  de  maréchal,  espèce  de 
pelle  tranchante  pour  parer  le  sabot  d'un  cheval  avant  d'y 
placer  le  fer. 

Formé  de  Buta,  pousser,  et  Avan,  en  avant. 

Butin,  8.  m.  Butin  ;  provisions  de  bouche  et  autres.  Il 
ne  se  prend  guère  qu'en  mauvaise  part  —  Manqua  pas 
butin,  il  y  a  iranche-lippée. 

Empr.  au  fr. 

Buto-rodo,  $.  m.  Borne,  en  pierre,  en  fer  ou  en  fonte, 
en  forme  de  cône  tr^^nqué,  placée  soit  au  coin  d'une  maison, 
à  la  porte  d'une  remise,  à  l'entrée  d'un  pont,  pour  empê- 
cher que  l'essieu  des  roues  d'une  voiture  ou  charrette 
n'éconie  les  murs  ;  soit  à  l'entour  d'une  place ,  pour  inter- 
dire la  circulation  des  voitures. 


c 


G,  troisième  lettre  de  l'alphabet  ;  elle  a  la  même  pronon- 
ciation qu'en  fr.  et  subit  les  mêmes  modifications,  c'est-à- 
dire  qu'elle  a  la  prononciation  du  K  devant  les  voyelles  a- 
O'U,  et  celle  de  Ys  double  devant  e  et  t. 

Le  C  est  la  deuxième  des  consonnes  ;  il  appartient  à  l'ordre 
des  Palatales,  parent  de  la  famille  des  Gutturales.  Les  gram- 
mairiens le  classent  ainsi  en  expliquant  la  manière  dont  se 
fait  son  émission,  forte  ou  faible,  par  l'organe  buccal  :  très- 
bien;  nous  n'insistons  pas  autrement.  Son  histoire  est  plus 
curieuse  et  présente  plus  d'intérêt  :  nous  lui  devons  une 
mention.  —  Les  Romains,  qui  avaient  adopté  l'alphabet 
des  Grecs,  l'appelèrent  d'abord  Gamma  et  le  figuraient  par 
le  signe  r  :  ce  qui  cependant  n'empêcha  pas  d'employer  la 
forme  arrondie  en  croissant,  C,  d'où  lui  vint  le  nom  de 
Lima,  surtout  quand  il  prenait  le  son  adouci.  Tout  cela 
est  formel,  et  il  est  bon  de  citer  à  ce  titre,  Varron  disant  : 
«  Antiquis  cnim  C  quod  nunc  G  ;  »  et  Festus  Avienus  : 
c  G  pro  G  fréquenter  ponebant  Antiqui,  >  et  dans  un  autre 
passage  :  «  Quse  nunc  C  appellatur,  ab  Antiquis  G  vocaba- 
>  fùT.  »  C'est  ce  qu'écrivait  aussi  Ausone  dans  ce  vers, 
De  tiieris  : 

Prsevalnit  postquam  garoraa^  vice  fVmcta  prius  C. 

Cependant  l'opinion  contraire  était  soutenue  par  d'impor- 
tantes autorités  :  en  latin,  Tacite,  Pline  et  Juvénal  en  par- 
lent, et  appuient  le  nom  lunaire  ;  en  grec,  Suidas  et  Plutar- 
que  penchent  aussi  pour  la  forme  du  cappa  au  lieu  du 
^mma.  Mais  on  sait  par  Isidore  de  Séville,  De  originibtts, 
que  le  K  prévalut  et  fut  introduit  définitivement  par  un 
maître  d'école,  nommé  Sallustius. 

Puérilités,  dira-t-on.  Nullement.  La  conclusion  à  tirer 
est  que,  si  la  forme  a  eu  quelque  influence,  au  point  de 
faire  confondre  une  lettre  avec  l'autre,  il  y  a  certainement 


rapprochement  d'articulation  quand  la  lettre  et  le  son  se 
produisent,  ce  qui  tient  à  leur  nature  et  au  procédé 
d'émission  ;  mais  ceci  explique  encore  que  le  C  latin  tenait 
de  son  origine  grecque  la  force  et  la  dureté  devant  toutes 
les  voyelles,  comme  le  r  ou  G  grec,  et  que,  par  suite  aussi, 
leur  permutation  est  naturelle  et  facile.  C'est  ce  qu'a  trans- 
mis le  latin  aux  langues  romanes,  et  celles-ci  au  languedo- 
cien. Par  où  on  ne  sera  plus  étonné,  dans  la  recherche  des 
étymologies,  des  substitutions  fréquentes  des  deux  signes, 
et  par  exemple,  des  changements  de  cavea,  lat.,  en  gabio, 
lang.,  cage,  fr.;  cicada  eneigalo;  erassus  en  gras  ;  crotalum 
en  grélà;  acus,  acuctUa  en  aguio;  ecdesia  en  glèiso;  ficus 
en  figo;  vicarius  en  viguîè;  etc.,  etc.  Et  encore,  par  des 
variantes  caractéristiques  plus  remarquables  :  le  lat.  canis, 
du  gr.  K^tov,  Kuv6ç,  qui  donne  au  fr.  chien,  à  notre  dial. 
chi  pour  chin,  au  toulousain,  gous  et  cos;  de  plus,  le  lat. 
catus,  en  gr.  Kaxfç,  donne  au  fr.  chat;  à  notre  dial.  ca;  an 
prov.  gat;  au  cat.  gat;  à  l'esp.  et  au  port,  goto;  à  l'ital. 
gatto. 

Mais  dans  la  formation  du  roman,  la  permutation  ne 
s'arrêta  pas  là  :  la  réaction  continuant  amena  d'abord 
l'adoucissement  de  l'intonation  sur  les  voyelles  e  et  i,  par 
lequel  le  C  dur,  romain  ou  grec,  se  convertit  en  deux  SS; 
puis,  pour  les  voyelles  éclatantes  et  fortes,  a,  0,  u,  les 
mêmes  tendances  firent  introduire  la  combinaison  primitive 
et  celtique  sans  aucun  doute  du  C  avec  H,  flexion  chuin- 
tante inconnue  au  latin.  Ce  CH  est  gaulois  pur-sang,  il  ne 
vient  pas  d'importation  germanique.  Les  peuples  tudesques 
ne  le  prononcent  qu'avec  une  articulation  fortement  guttu- 
rale aspirée,  et  leur  langue  en  général  ne  montre  aucune 
aptitude  pour  les  mouillures  adoucies  du  roman.  Nos  dia- 
lectes au  contraire,  et  le  français  lui-même,  l'ont  repris  à 


148 


CA 


sa  source;  et  en  particulier,  notre  dialecte  cévenol,  comme 
preuve  d*origiDe  ancienne,  lui  qui  a  mieux  conservé  les 
traditions  du  langage,  remploie  partout  et  invariablement 
et  dit  eha  pour  ea,  ehâou  pour  edou,  et  même  où  nous 
diaoas  fâou  :  ehâou  ana  iéjaïre;  chabro,  pour  cabro;  etc. 

Nous  signalons  ici  un  des  phénomènes  de  Télaboration 
ûe  l'idiome,  comme  nous  Tavons  fait  à  la  lettre  B.  En  pas- 
sant du  celtique  au  latin,  du  latin  au  rooian,  en  dérivant 
ensuite  vers  le  languedocien  et  ses  dialecles,  la  langue  ne 
s*annule  pas  plus  qu'elle  ne  se  crée,  elle  se  modifie  suivant 
les  latitudes  et  suivant  les  dispositions  propres  aux  groupes 
de  chaque  zone.  C'est  pourquoi  les  permutations  n'ont  pas 
de  règles  absolues,  invariables,  savantes,  en  vertu  desquel- 
les tous  les  mots  se  seraient  transformés  et  qu'on  devrait 
nécessairement  retrouver  dans  leur  composition  nouvelle. 
A  part  le  radical  à  peu  près  immuable,  toutes  ces  lois  de 
transformation  et  de  permutation  varient  à  l'infini  dans 
l'intérieur  d'un  idiome,  et  à  plus  forte  raison  dans  un  dia- 
lecte comme  le  nôtre,  qui  se  distingue  par  un  caractère 
si  particulier  :  nous  en  saisissons  seulement  les  principaux 
accidents.  Ce  qui  est  à  bien  constater,  c'est  que,  à  toutes 
les  époques  où  le  langage  s'est  modifié,  il  a  obéi  partout  à 
des  tendances  spéciales,  et  que,  sans  se  dépouiller  d'une 
manière  complète  de  ses  formes,  il  a  cherché  en  tout  temps 
et  partout  à  ressaisir  ses  propriétés  primordiales;  et  que 
toujours,  cédant  ou  à  la  puissance  de  l'habitude  ou  à  des 
influences  organiques  et  climatériques,  appropriées  au  pays 
où  il  était  reçu,  il  suivait  dans  ses  innovations  un  certain 
plan  uniforme,  sans  secours  de  la  science  ni  souci  de  la 
grammaire,  mais  sous  l'inspiration  d'aptitudes  innées  et  de 
facilités  de  prononciation,  dont  le  peuple,  peu  instruit 
d'ailleurs,  restait  le  souverain  juge.  Aussi  nous  contentons- 
nous  de  prendre  notre  dialecte  sur  le  fait,  et  laissons-nous 
de  côté  les  classifications  scientifiques. 

Le  languedocien  n'admet  pas  le  C  final,  non  plus  que  le 
C  devant  une  consonne  autre  que  les  fluides  Lei  M,  Lors- 
qu'il emprunte  au  gr.  au  lat.  ou  au  fr.,  qui  tous  admettent 
cette  rencontre,  il  supprime  net  le  C  et  le  considère  comme 
ncm*  avenu.  C'est  une  délicatesse  d'acoustique  qui  lui  est 
commune  avec  l'ital.  Une  seule  exception  a  été  faite  pour 
la  propos,  din,  dans,  précédant  une  voyelle;  on  dit  :  dine 
«fi  an,  dans  un  an. 

Dans  une  langue  dont  l'orthographe  n'a  rien  de  précis, 
rien  d'arrêté,  qui  n'a  jamais  eu  de  grammaire  et  qui  ne 
pouvait  en  avoir  à  cause  de  ses  variations  d'une  localité  à 
l'autre,  qui  n'a  eu  que  des  lexiques  partiels  et  à  principes 
divergents,  chaque  écrivain,  chaque  glossateur  surtout  doi- 
vent se  créer  des  principes,  des  règles  et  une  orthographe  à 
leur  usage,  faute  de  type  à  imiter,  de  loi  unanimement 
acceptée  et  reconnue  ou  d'académie  autorisée  qui  impose 
ses  décisions.  Au  milieu  de  ces  incertitudes,  un  principe 
semble  bien  surnager,  celui  de  l'orthographe  auriculaire  ; 
et  cependant,  son  application  absolue  a  présenté  des  diffi- 
cultés si  nombreuses  que  tous  les  essais  ont  échoué.  Sauva- 


ges, qui  a  été  plus  loin  qu'aucun  autre  peutrètre  dans  cette 
voie,  s'y  est  fourvoyé  lui-même,  et  plus  d'une  fois.  L'ori- 
gine de  certains  mots,  leur  étymologie  l'ont  entraîné;  et 
c'est  ainsi  qu'il  nous  donne  jusqu'à  trois  signes  dififêrents 
pour  rendre  la  prononciation  du  C,  en  se  servant  tour  à 
tour  du  C,  du  E  et  du  Q. 

Certes,  en  suivant  la  règle  de  l'orthographe  auriculaire, 
le  C  et  1*5  auraient  suffi  à  exprimer  les  diverses  prononcia- 
tions combinées  que  nous  offrent  les  lettres  C,  E,  Q,  S,  et 
nous  y  aurions  gagné  l'économie  de  deux  signes;  mais  nous 
l'avons  dit,  nous  faisons  de  l'éclectisme;  et  il  est  prudent, 
avec  une  certaine  mesure,  de  respecter,  dans  chaque  mot, 
sa  physionomie  étymologique.  Nous  avions  d'ailleurs  des 
traditions  qui  obligent,  et  mieux  encore  les  notes  et  les 
formules  de  l'éminent  poète  des  Castagnados,  qui,  dans  tout 
ce  travail,  sont  notre  guide,  notre  loi  et  notre  inspiration. 
Nous  conserverons  donc  chacmie  de  ces  consonnes,  en  don- 
nant toutefois  congé  définitif  au  E  intermédiaire,  qui  nous 
parait  tout  à  fait  anomal  au  languedocien  et  que  le  fr. 
lui-même  n'adopte  que  dans  quelques  emprunts  exotiques. 

On  s'étonnera  peut-être  d'après  cela  de  rencontrer  quel- 
quefois le  Qu,  là  où  le  C  aurait  été  parfaitement  suffisant, 
où  même  il  aurait  eu  plus  de  convenance  étymologique  : 
nous  l'avons  employé  ainsi  parce  que  notre  premier  besoin, 
en  cette  affaire,  a  été  de  faire  concorder  orthographiquement 
chaque  mot  avec  ses  composés,  avec  ses  dimin.  et  ses  péj., 
chaque  verbe  avec  les  divers  membres  de  sa  conjugaison. 
Si,  par  exemple,  nous  avions  écrit  broeo,  —  saco,  —  touea, 
il  aurait  fallu  écrire  brouciè  pour  brouquiè;  saeéio  pour 
saquélo;  toueére  pour  touquère;  l'on  comprend  bien  que 
cette  orthographe  n'était  pas  abordable. 

Ca,  s.  m.  Dim.  Caté,  catoû,  catouné;  augm.  Cotas;  péj. 
Cataras.  Chat,  felis  catus,  Linn.  Mammifère  delà  fam.  des 
Carnivores.  —  Le  chat  sauvage,  la  véritable  souche  de 
notre  chat  domestique,  existe  dans  nos  cantons  montagneux 
et  boisés  ;  gris  plus  ou  moins  brun,  avec  des  ondes  plus 
foncées  sur  le  dos  et  transversales  sur  les  flancs;  dedans 
des  cuisses  un  peu  jaunâtre  ;  les  lèvres  et  la  plante  des 
pieds  noires,  la  queue  annelée  terminée  en  noir.  —  Voy. 
Chaîné,  —  Lou  ca  miâotUo,  le  chat  miaule.  Et  $aje  cowmo 
lou  ca  âou  froumajè,  il  est  sage,  tranquille  comme  un  chat 
qui  tient  sa  provende,  c'est-à-dire  jusqu'à  ce  qu'elle  soit 
achevée.  Sdouta  coumo  un  ea  maigre,  sauter  comme  un 
chat  maigre,  comme  un  cabri.  Um  mes  das  cas,  le  mois  de 
février,  temps  des  amours  des  chats.  Au  fig.  Faïre  iou  ea, 
faire  la  chatte-mitte,  patte  de  velours  ;  baisser  le  ton  ;  baisser 
pavillon;  ramper  devant  plus  fort  ou  plus  puissant  que  soi. 
Empouria  lou  ca,  vider  un  loyer  sans  prévenir  le  maitre, 
décamper  à  la  sourdine;  partir  sans  prendre  congé,  sans 
faire  ses  adieux.  Acheta  un  ea  dinc  un  sa,  acheter  chat  en 
poche;  faire  marché  sans  voir  la  marchandise.  Soun  eoumo 
lou  ca  et  lou  ta,  ils  vivent  ensemble  comme  chien  et  chat; 
ils  vivent  très-mal  d'accord.  Y-a  pa'n  ea,  il  n'y  a  per- 
sonne, personne!  Farié  d'ièls  énd'un  ea,  exp.  prvb.«  il 


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est  ai  adroit  qu'il  ferait  des  yeux  à  un  chat.  Manjo  ca  que 
nmmiarai,  loc.  prvb.  pouvant  se  traduire  par  :  tel  qui  rit 
vendredi,  dimanche  pleurera. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Catta,  même  sig.  Quant  à  Tétym. 
de  celui-ci,  on  est  loin  d*ètre  d'accord  :  le  gr.  KaxCç,  furet; 
rbébreu  CkaiotU,  peuvent  y  avoir  contribué;  le  lat.  y  a 
pris  part  :  Catare,  ou  Catiare,  voir  clair;  Catum  ab  eo  quod 
eatai,  id  est  videi;  Catos  id  est  acutos;  et  encore,  Si  origo 
ejui  adferri  posiit,  à  caveo  diei  maxime  probcUur,  pense 
Vossius.  On  n'a  que  le  choix. 

CSabala,  v.  Gabaler;  intriguer  pour  quelqu'un  ou  pour 
soi;  comploter;  se  liguer  avec  quelqu'un. 

Emp.  au  fr. 

Cabale,  s.  f.  Cabale,  complot,  coalition  d'ouvriers. 

Emp.  au  fr. 

Cabanèl,  s.  m.,  n.  pr.  Au  fém.  Cabanélo;  dim.  Caba- 
nèU,  Cabanéhù.  Gabanel. 

Dér.  de  Cabano,  chaumière,  ou  du  béam.  Caban,  formé 
de  Cab,  tête,  en  v.  lang.,  manteau  des  pâtres  béarnais  et 
navarrois,  pourvu  d'un  capuchon. 

Cabanis,  «.  m.,  n.  pr.  d'homme.  Au  fém.  Cabanisso; 
dim.  Cabanissé,  Cabanis. 

Dér.  de  Cabano. 

Cabano,  s.  /*.  Dim.  Cabanéio;  péj.  Cabanasso.  Cabane  ; 
chaumière,  hutte.  —  Cabano  dé  pastre,  hutte  de  berger. 

Il  est  aussi  n.  pr.  d'homme,  Cabane.  Au  fém.  Cabanéiso; 
dim.  Cabane. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Capanna;  du  gr.  KaodÉvT),  tugurium. 

Cabàoa,  s.  m.  Bétail  gros  et  menu  qui  fait  partie  d'une 
ferme  d'exploitation  rurale,  et  que  le  code  civil  désigne 
sous  le  nom  d'immeubles  par  destination.  Par  ext.  ce  mot 
s'applique  à  fortune,  avoir,  héritage,  possession,  trésor.  — 
T-a  tin  for  cabàou  dine  aquél  mas,  il  y  a  un  bétail  consi- 
dérable dans  ce  domaine.  Àquà's  tout  moun  cabàou,  c'est 
tout  mon  avoir.  Las  fénnos  soun  un  michan  cabàou,  les 
femmes  sont  une  mauvaise  engeance  dans  une  maison.  Que 
s'aquitot  faï  cabàou,  prvb.,  qui  paie  ses  dettes  s'enrichit. 

On  emploie  aussi  famil.  le  dim.  Cabale,  pour  dire  toute 
sorte  de  famille  d'insectes  et  de  petits  animaux,  comme 
les  rats,  les  fourmis,  les  sauterelles,  etc. 

Dér.  du  lat.  CabaUus,  mauvais  cheval,  rosse. 

Cabaré,  s.  m.  Cabaret;  logis;  hôtellerie;  auberge;  lien 
où  l'on  donne  à  boire  et  à  manger.  —  Faïre  cabaré,  tenir 
une  auberge;  vendre  du  vin  en  détail. 

Les  étymologistes  français,  qui  ne  peuvent  se  décider  à 
devoir  quelque  chose  au  languedocien,  tandis  qu'ils  vont 
fouiller  dans  les  patois  les  plus  sauvages  des  Gaulois  et  des 
Germains,  font  dériver  cabaret  du  gr.  KaTcrjXeîov,  même 
sig.  Le  mot  nous  parait,  à  nous,  d'origine  purement  lan- 
guedocienne. En  fr.  il  était  peu  connu  au  moyen  âge;  il  n'a 
guère  commencé  à  paraître  qu'au  temps  de  la  Ligue,  et  il 
était  synonyme  alors  de  taverne  :  c'était  les  rendez-vous  de 
Taristocratie  comme  les  cafés  de  nos  jours,  à  la  seule  diffé- 
lenoe  qu'au  lieu  de  liqueurs  et  de  café,  on  y  buvait  du  vin. 


Le  lang.  Cabaré  semble  bien  plus  ancien;  car  son  acception 
est  plus  large  :  il  signifiait  autrefois  logis,  hôtellerie,  et  il 
n'a  pris  que  plus  tard  la  synonymie  de  taverne  et  bouchon. 
Le  nom  du  château  de  Cabaret,  dans  le  département  de 
l'Aude,  fameux  dans  les  fastes  de  la  guerre  des  Albigeois, 
-  était  une  corruption  de  Cab  -  are,  caput  arietis,  tète  de 
bélier.  N'est-il  pas  probable  que  le  nom  commun  de  Cabaré 
a  la  même  origine?  peut-être  parce  qu'une  tête  de  bélier 
était  l'enseigne  commune  des  logis  à  l'époque  et  dans  la 
localité  où  ce  nom  a  pris  son  origine.  II  est  bien  évident 
dès-lors  que  le  fr.  nous  aurait  fait  cet  emprunt ,  comme  en 
mille  autres  circonstances,  sans  qu'il  veuille  en  convenir. 

Gabarétéja,  v.  fréq.  Hanter  les  cabarets,  les  tavernes. 

Dér.  de  Cabaré. 

Gabarétô)aîro,  adj.  m.  Pilier  de  taverne;  habitué  des 
cabarets. 

Gabarétiè,  ièûro,  s.  Cabaretier,  cabaretière;  aubergiste; 
hôtellier. 

Cabas, «.  m.  Dim.  Cabassé;  péj.  Cabassas.Cab3&;  panier 
de  sparterie,  dont  se  servent  les  cuisinières  pour  aller  à  la 
provision  d'herbes,  de  légumes,  et  même  à  la  boucherie. 
Au  fig.  une  femme  sale,  mal  fagotée,  très-négligée  dans  sa 
tenue;  un  torchon.  —  Voy.  Acabassï. 

D'après  les  étym.  fr.  le  gr.  KdE6oc,  ancienne  mesure  de 
froment,  aurait  donné  naissance  au  mot  cabas.  Nous  le 
croyons  plutôt  tout  méridional  et  formé  du  lat.  Caput,  qui 
avait  fourni  à  l'esp.  Cabessa,  comme  au  lang.,  pour  dire 
tète,  sans  doute  parce  que  cette  sorte  de  panier  se  portait 
autrefois  sur  la  tête.  La  quantité  de  mots  lang.  qui  ont  la 
syllabe  cab  pour  racine,  et  qui  sont  tous  relatifs  à  la  tête, 
apporte  une  nouvelle  probabilité  à  cette  origine. 

CabasBO,  s.  f.  dim.  Cabasséto;  péj.  CabcLssasso.  Tronc 
d'arbre  étèté,  qu'il  soit  mort  ou  vivant  ;  maîtresse  branche 
de  la  tête  d'un  arbre.  Lorsque  les  mûrie»  ou  les  châtai- 
gniers sont  étiolés  et  menacent  de  périr  par  les  branches, 
on  rase  celles-ci  tout  près  du  tronc  :  s'il  arrive  que  les 
racines  soient  encore  saines,  l'arbre  reprend  toute  sa  vigueur 
et  pousse  de  nouvelles  branches,  qui  atteignent  vite  leur 
première  dimension. 

Dér.  de  Cab,  pour  tête,  Cabasso  augm.  En  esp.  Cabessa; 
en  ital.  Capo,  tête. 

Cabassa,  s.  m.  n.  pr.  d'homme.  Au  fém.  Cabassudo; 
dim.  Cabassudé.  En  fr.  Cabassut  ou  Chabassut.  Il  est  très- 
répandu,  indifféremment  avec  les  deux  intonations  à  la 
première  syllabe.  Qu'il  dérive  de  Cabésso  ou  de  Cabasso,  le 
mot  adjectivé  a  voulu  dire  en  principe  forte  tête  ou  grosse 
tête,  au  moral  ou  au  physique,  avec  Cab  pour  racine. 

Cabassudo,  s.  f.  Jacée  des  prés,  Centaurea  jacea,  ou 
Centaurea  nigra,  Linn.  Plante  de  la  fam.  des  Synanthérôes, 
commune  dans  les  prairies.  —  Yoy.  Carouje. 

Gabés,  s.  m.  Chevet  d'un  lit  ;  côté  du  lit  où  l'on  met  la 
tête;  oreiller;  traversin. 

Dér.  de  Cab,  tète. 

I,  s.  f.  Péjor.  CabéssassO'  Tête;  au  fig.  savoir,. 


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CAB 


CAB 


jUi:''liM'lil,  ospi'U,  l»nnS(*'Jls.  —  l'no  forlo  rahrsso,  niio  hniiiio 
tM<s  11"'^  '*''t<'  J»i'''ï  iiK'iiMro  cl  a  jugciiii'iit  snr. 

I>'t.  (lo  r//^>,  tr't«\  Kn  psp.  '^(ihessd.  Cahcza:  t'ii  p-irt. 
Cohera  :  m  h.  luvl.  fV/'v.  I.p  hit.  Capnl  ii'osl  [)as  ôtraiii't^r 
à  tous  r*'s  mots,  non  ])lus  (|uo  1»'  ut.  I\:v-*'.av  ^i  "'^  voulait 

Cabéstre,  .v.  ?/*.  Mcini  ou  lio>l;  li«'n  i\\v^  \\n\  m-'t  à  la 

Irlr»  il(\s  }j*''tt^S  (le  soininc  [n>ur  h^s  allacIitT  nu  liioyr-u  d'uiK* 
loii;jo.  —  Tréjia  cnt/H'  h>>f  cnhcUrP,  oU  cni^e  !(i  hritio,  s*'  dit 
(.les  jiMiijos  ;:«Mis,  'jui  s'amus'nt  d»'  tout,  sans  nul  snui'i, 
rriiiiraiits  et  di:'si]K's,  (jui  ont  la  ]irid<'  siir  le  criu.  —  Ynij. 
Pn'-îo. 

Di'i*.  du  lat,  Cffpisfr'Un .  loi'iin''  d''  nip'tl  s(r/'t.-f/n,  ctijtifis 
sh'in;//inn.  Vax  lias-lircl.  Knlicstr. 

Cabi,  i".  ^^('VWY  un  objet,  le  ranger,  le  jur-tlre  à  l'ahri  des 
\oleurs  (lU  des  euricuN:,  le  cacher.  —  (V////  imo  po,  uiarier 
une  fille,  la  cnllocjner.  ('(tus^i)  (jHicon  la  cnhircï},  d<'  inani>''i*i' 
ou  d'autp*  nous  hétahlintus  hien. 

I)éi".  du  lat.  Cavuin  ou  Carus,  ca\it<'',  cachette,  eni'once- 
uienl. 

Cabïè,  .S',  m.  lUihan  de  i\\  dit  (]lie\  illère,  dans  toutes  les 
localités  de  France,  (juoi({ue  non  enrej^^isln''  j»af  l'Acadrinie. 

SauvâLî/'s  le  lait  drv.  ile  ('/jf'/h',  l^s  che\eu\,  [)arç(*  i[U'\ 
dil-il,  les  feuHiK^s,  |i'U  <i\anl  lui,  s'  s<'t'\ai(Md  de  c  lailian 
|)oiir  tresser  hnn's  ch<"\<ni\:  il  aui'ait  j)u  ajouliM' (jU'-.  d'-^MH 
leuit)s,  il  ser\ail  à  t-ais  les  hoiumes  du  p'Mipl»'  |)nnr  r mler 
h'Urs  cli''\<'U\  tMi  (jUi'Ui'.  Auiraii-d'hui,  C'^iniiie  eiinl>>ii.  il 
entre  dans  hrauc-nij)  d'.aiN  raiîi'S  de  coutuie. 

Cabine,  .>\  ///.  ï)i'ii.  Cabi/u'h' :  [y''].  Cdffinctds.  Ani;  »ii'e  ; 
hahut  ;  ;."ard(^-rol)i»;  jcOnais  cahhp't.  C'st  le  n.t-uhle  e^s^ML- 
tie]  |)"ur  tout  nnuvenu  na-nage  :  une  (illi'  {]>'>  jilus  jiauvres 
ne  ctiiiN'iit  LTuèic  à  s*^  inniàer,  ([Uand  clic  ne  p-ait  j>aN  >ç 
donner  fnt  rahinv  :  elle  a  II  end,  s'il  le  faut,  avec  un*^  n''>i- 
gnatinu  incriloire,  jus(|u'à  ce  (|uc  son  jx-culc  arri\c  an  p;iir 
de  celte  dr-ncnse. 

Ce  uiui.  \ient  é\ideninient  du  pri'-céd.  T'/Ai  ;  ce|H'ndaid 
il  <*sl  siiiijidier  que  le  lat.  hai'han^  se  soil  renconln''  mnih- 
lui  dans  snu  eniidoi  rel  ilii' au  ni.)ria.i:e.  Dans  la  liass.  lai. 
Çab'nncnlinn  veut  dire  étal)li>seiri<'nt, 

Cabô,  V.  m.  (Ihahoi,  meunier,  che\ane,  poisson  de 
rivière  à  .«.'rosse  lète;  c  «jui  lui  \aut  sans  doute  son  nom. 
—  Voil'  Art'sloù. 

Cabosso,  s.  f.  Dini.  Cafxvissctn ;  péj.  Cahot/ssusso.  Clou 
de  ter  de  clu'val  à  L'ro>se  tèlr»  carri-e;  cl<>u  de  même  lV»rme, 
n:ai>  lie  plus  i/i'and-'  dimension.  a\ec  leijuel  on  li\ait  les 
hnndes  de  1er  sur  les  jinlt\>  de  cliarniie,  et  où  ils  étaient 
auti'el'ois  en  si  urand  noudtre  (jue  la  roue  partait  sur  les 
cle>us  et  non  sur  la  hantle.  Aujourd'hui  ([u'i m  ne  jeri-e  plus 
les  rou.^  à  hande,  mais  en  cercle,  on  n'emploie  (|ue  des 
]x>ulons  à  tête  plate.  —  )  o/y.   Clavcl  de  Cdntu. 

On  ai)t>elle  aussi  Cabossa^  certains  irros  clous  dinit  les  mon- 
la'riiards  îzarnisseut  leurs  sahots  et  souvent  leurs  souliers. 

I)ér.  lie  fiihéssa. 

Cabra,  s.  m.  Troupeau  de  chèvres.  gènéri(|uement  ;  mais 


il  !resl  ciiipleAé  qu'en  parlant  dos  chèvres  qu'on  envoie  au 
houe  jour  les  faiie  saillir.  C'est  là  une  l»ranche  d'iruhislrie 
ajjricole,  (pri  consiste  j)our  toute  mise  de  fonds  dans  l'achat 
d'un  Ixaic.  Ojj  auiéiie  là  toutes  les  chèvres  du  canton,  et 
ell'S  \  rç^l'Mit  ju>qu'à  un  mois  ou  deux.  En  attendant,  le 
propriéiain'  liu  houe  pr.tlite  d'un  restant  de  lait  que  los 
ché\  i"es  ont  runs"r\è,  se  l'ail  jiayer  la  nourriture,  el  quand 
le  lait  tarit,  il  a  L'rand  soin  de  renvover  les  chèvres  à  leur 
maître.  Thii  rai, m,  c'est  lianler  un  houe  pour  cc{  usage. 

Cabra,  r.  Dresser  une  éehi'lle,  une  planche,  une  jyoutre 
conîre  un  jmu\  dans  la  [msition  d'une  cliè\requi  se  dresse 
CMiitn*  un  arhre, 

Sr  rahra,  se  cahnM":  se  dresser,  se  rè\olti'r  contre;  s'ejn- 
p!>iter.  se  hi-ouiller  avec  quelqu'un.  —  Se  sofni  cabras,  ils 
Sont  en  opjKtsition. 

Dér.  de  Cabro. 

Cabri,  s.  m.  Dim.  C(ibi,\/e,  Cahrifloh.  Chevreau,  cabri. 
[xMit  de  la  chèvre,  fla-d/zs;  petit  côté  d'une  échelle  double. 
<[ui,  dans  certains  pays,  n'est  couqtosé  ijue  d'une  harre 
ronde.  —  Sàoffid  rciitiio  un  vahv'i,  s;iuler  comme  un  cabri. 
r}iù  tisto  lie  rabr),  au  liiî.  un  étoui'di,  un  éc^M'Nclé.  Qaatt 
lu  r((hr(>  V(ù  per  linr,  sr  Inu  rabr)  sâotito  n'a ]>as  (or,  prvb., 
(piind  la  chèvre  \a  dans  h'  jardin,  si  le  che\reau  y  saute. 
il  n'a  pas  te^rt  ;  |)our  >i;_'iiirier  (jue  h's  itarcnls  dt)i\ent  seuls 
rest'M'  r-'sp'ins ailles  \\f>  n.au\ais  e\em])les  (ju'ils  donnent  à 
l'Mirs  enrinls. 

Dèl".   i\o   ('(ihift. 

Cabrida,  r.  Ciievr.u.'r,  inetlre  has  «les  che\  reaux;  faire 
le  clieMeau.  Se  dit  enenre  d'une  échelltMioidile,  qui,  étant 
dr.'ss''e,  s'ou\  re  i'iili"'re!,ient,  jcirt'e  (jue  la  |>artic  (jui  sert 
lie  sui»porl  Aii'id  à  j-diss-'r  o\\  arrièrt*:  par  e\t.  el  de  là, 
euhii  1(1,  si'Jiiilie  dt'i^riiiL'oler,  londier. 

D'M".  de  Cuhr). 

Cabridado,  .v.  f.  Porl'e  d'une  chèvre,  (juantilé  de  che- 
M'ëaux  (pfelle  me|  has.  Par  e\.t.  dèijrinirolade,  chute  ile 
haul. 

])er    de   Cdhrt 

Cabridan,  v.  nt.  l^relon,  LOièpe  I'ri'li>n,  Vespa  crahro, 
Jiinn.  liiM'de  du  Lvui'e  de  la  «iuèpe.  —  Vo^.  Graoulc. 

Cabriè,  v.  ;//.  \\\  lem.  Cnhrièno.  Chevrier;  celui  ou 
celle  (pli  L'.irile  les  chèvres.  Kst  devenu  n.  pr.  d'homine  et 
fait  «'M  fr.  dans  le  Midi,  Chahrier,  et  dans  le  Aord,  Che- 
Yri(M". 

Dér.  d('  ("(ibro. 

Cabro,  s.  f.  Dim.  Calnêto;  jvj.  Cahrasso.  Chèvre, 
remclli'  du  houe.  ' —  fabrn-bituntn.  Vf'ij.  Bounto  Ol 
l{(inr}r).  Me  farids  ven)  ciibrn ,  Aous  me  rendriez  fou. 
Ai>us  me  feriez  ])  M'dre  palien';e.  La  cabro  dé  moussu  Sagnè 
.se  bnUfjuè  toi'lo  la  ipiffr  end)è  Ion  lanp,  mais  fhnt  jour  lou 
huip  hi  nianjr,  |>hrase  proverbiale  (jui  exprime  de  lon^^s 
et  \ains  ejl'nrts  pour  se  défendre,  surtout  nu  jeu;  on  syn- 
cope seaivent  et  l'on  dit  :  Fat  coumo  la  cabro  dé  moussu 
S(i</nê,  et  cela  siLTuifie  :  il  finira  par  être  enfoncé;  il  va  tout 
t>erdre. 


CAB 


CAC 


151 


11  8*agit,  comme  on  le  voit,  de  toute  défense  longue, 
obstinée,  désespérée,  mais  inutile,  contre  plus  fort,  plus 
habile  ou  plus  heureux  que  soi.  Un  joueur  qui  pcid  la 
partie  après  l'avoir  disputée  pied  à  pied  ;  un  malade  qui 
meurt  après  avoir  longtemps  et  péniblement  résisté  au 
mal;  un  négociant,  un  particulier  qui  voit  s'accomplir  sa 
déconfiture  après  l'avoir  retardée  autant  que  possible  en 
faisant  flèche  de  tout  bois;  nos  éducations  de  vers  à  soie 
depuis  vingt  ans,  commençant  bien  pour  finir  par  un 
désastre;  tout  cela  fait  coumo  la  cabro  dé  moussu  Sagnè. 
D'où  vient  qu'une  chèvre  est  devenue  le  parangon  de  tous 
ces  braves  malheureux? 

C'est  ce  qu'explique  suffisamment  le  complément  du 
dicton ,  qu'on  scinde  parce  qu'il  serait  trop  long  et  que 
tout  le  monde  le  sait  assez  pour  pouvoir  l'abréger.  J'ai 
même  vn  les  gens  en  pareille  occasion  se  permettre  une 
ellipse  bien' autre  en  disant  seulement  :  la  cabro/  Mais 
c'était  un  peu  des  argoliers.  L'entier  dicton  est  comme 
dessus  :  Faire  coumo  la  cabro  dé  moussu  Sagnè,  que  se 
batéguè  touto  la  gnuè  émbé  Imi  loup  et  lou  mati  lou  loup  la 
manjê,  faire  comme  la  chèvre  de  monsieur  Sagnier,  qui  se 
battit  toute  la  nuit  avec  le  loup  et  le  matin  le  loup  la 
mangea.  —  Cette  fin  était  prévue,  mais  celle  des  Spartiates 
aux  Thermopyles  l'était  aussi;  et  la  chèvre  ne  luêritait 
pas  moins  de  passer  à  la  postérité  et  d'y  entraîner  son 
inaitre,  qui  sans  elle  serait  fort  peu  connu,  et  avec  elle 
risque  même  de  ne  survivre  que  dans  le  proverbe. 

Dér.  du  la  t.  Copra. 

Cabro,  ».  f.  Echelle  double;  chevalet  des  scieurs  de 
long,  qui  soutient  le  baudet  ou  ase. 

Cabro,  ».  f.  Mante,  'mante  religieuse.  —  Voy.  Prêgo- 
Diau. 

Cabro,  ».  f.  Papillon  femelle  du  ver  à  soie;  morpion, 
vermine  qui  s'attache  aux  endroits  couverts  de  poils. 

Cabras,  au  pi.,  les  deux  poutres  principales  qui  soutien- 
nent l'appareil  d'une  sonnette  à  piloter,  ou  moutoù;  la 
troisième,  qui  est  garnie  d'échelons  pour  grimper  à  la 
poulie,  se  nomme  éscalo. 

Cabrôto,  s.  f.  Chevrette,  meuble  de  l'âtre  d'une  cuisine, 
appui  en  fer  pour  soutenir  les  pots  dans  les  cendres. 

Dér.  du  lat.  Capra. 

Cabrôou,  ».  m.  Chevreuil;  chamois;  isard;  toute  espèce 
de  chèvre  sauvage;  Capreolus, Liim.  Quadrupède  de  l'ordre 
des  Cerfs;  brun  ou  roux,  à  cinq  andouillers  au  plus.  —  Le 
n.  pr.  Chabrôou,en  fr.  Chabrol,  est  formé  de  là,  comme  en 
fr.  encore  Chevreuil  et  Chevreau.  La  seule  différence  est 
dans  la  désinence,  suffixe  diminutif  en  lang.  exprimé  par 
Ôou,  traduit  par  ol,  rendu  par  le  fr.  euil.  —  Voy,  Oou 
suffixe.  A  conférer  avec  Bagnôou,  Cassagnolo,  Plagnôou, 
etc. 

Dér.  de  Cabro. 

Cabroû,  ».  m.  Dim.  Cabrouné.  Chevron,  pièce  de  char- 
pente composée  d'un  pied  droit  et  de  deux  arbalétriers. 

Dér.  de  Cabro. 


Gabus,  s.  m.  Action  de  plonger  dans  l'eau,  ou  de  tomber 
de  haut  la  tète  la  première  ;  de  faire  un  plongeon. 

Dér.  du  lat.  Caput,  parce  que  la  tète  porte  la  première, 

Gabus,  ».  m.  Au  pi.  Cabusses.  Pro vin,  branche  de  vigne 
que  l'on  couche  dans  la  terre  pour  qu'elle  prenne  racine  et 
remplace  un  cep  qui  manque.  —  Ddou  tén  das  cabusses, 
dans  le  dernier  quartier  de  la  lune  de  mars. 

Gabus,  adj.  m.  Cdou  ou  Cùoulé  cabus,  Chou  blanc, 
chou  cabus  ou  chou  pommé. 

Dér.  du  lat.  Caput,  parce  que  cette  espèce  de  chou  forme 
une  grosse  tète  ronde. 

Gabussa,  v.  Plonger  dans  l'eau  ;  faire  le  plongeon  ;  tom- 
ber de  haut  la  tète  la  première.  Il  est  quelquefois  actif  :  — 
Cabussa  quâouquus,  plonger  pour  sauver  quelqu'un  qui  se 
noie.  Cabussa  un  sôou,  aller  chercher  un  sou  au  fond  de 
l'eau,  en  plongeant  :  exercice  qu'on  s'amuse  à  faire  exécu- 
ter aux  enfants  en  jetant  un  sou  dans  l'eau. 

Dér.  du  lat.  Caput,  tête;  en  esp.  Cabessa. 

Gabussa,  v.  Provigner  la  vigne;  marcotter  toute  espèce 
de  piaules  ou  d'arbustes.  Au  fîg.  inhumer,  enterrer  quel- 
qu'un. 

Gabussaire,  aïro,  adj.  Plongeur;  qui  a  coutume  de 
plonger. 

Dér.  de  Cabus. 

Cabussâou,  ».  m.,  ou  Cassàou,  ou  Sacol.  —  Voy.  Cas- 
sàou. 

Gabussé,  ».  m.  Raie  d'eau,  Rallus  aquaticus,  Linn.  Ce 
nom  est  aussi  donné  à  la  poule  d'eau  marouette,  galUnula 
porzana,  dont  les  habitudes  tiennent  beaucoup  de  celles 
du  Raie.  —  Voy.  Rasclé. 

Gabussèl,  ».  m.  Dim.  Cabussélé;  péj.  Cabussélas.  Cou- 
vercle; ce  qui  sert  à  couvrir.  —  Lou  cabussèl  dé  la  testa, 
le  crâne,  l'os  sui)érieur  de  la  boite  du  cerveau. 

Dér.  du  lat.  Caput;  en  esp.  Cabessa. 

Gabusséla,  v.  Mel|(e  un  couvercle;  couvrir  un  plat,  un 
pot,  une  hucjie;  dé  son  G^tecclf .      '  ^"    - 

Gabussèlo,  ».  f.  Couver&le  d'un  pot  au  feu,  uniquement. 

—  Chaquo  toupï  trobo  sa  cabussèlo,  chaque  cheville  a  son 
trou;  chaque  fille  trouve  un  mari. 

Las  cabussèlos,  au  pi.  les  cymbales,  parce  que  cet  ins- 
trument a  effectivement  la  forme  d'un  couvercle  à  pot. 

Même  étym.  que  les  préc. 

Gacaï,  ».  m.  Caca;  sellé  d'mi  enfant;  ordure,  saleté; 
terme  de  nourrice  qui,  pour  détourner  un  enfant  de  tou- 
cher à  quelque  chose,  lui  dit  :  Cacaïf  C'est  par  suite  de  la 
même  idée  qu'on  met  une  décoction  amère  au  bout  du  sein 
de  la  nourrice  quand  on  veut  sevrer  son  nourrisson,  et 
quand  il  y  porte  la  bouche,  il  se  retire  en  s'écriant  :  Cacaïf 

—  Aquà's  dé  cacaï,  c'est  sale. 
Dér.  du  gr.  Kaxxr),  excrément. 

Gacalaca!  interj.  et  ».  m.  Coquerico,  chant  du  coq; 
onomatopée.  Gosier,  au  fig;  par  ext  cou,  col.  —  Li  coupé 
saun  cacalaca,  il  lui  coupa  le  cou. 

Cacalaca,  ».  m.  ou  Pantouftéto,  ».  f.  Digitale  pourprée. 


15â 


CAC 


CAD 


mufle  de  veaa,  Aniirrhinum  majus,  Linn.  Plante  de  la 
fam.  des  Personnées,  qui  croît  sur  les  vieilles  murailles,  à 
fleurs  irréguliéres  et  pourprées,  auxquelles  il  ne  manque 
que  d'être  plus  rares  et  exotiques  pour  être  recherchées. 

Cacalaea,  en  terme  de  coiffure,  toute  espèce  de  nœud  de 
rubans,  de  pouf,  posé  sur  le  haut  d'une  coiffure  de  femme, 
en  guise  de  la  crête  d'un  coq  :  d'où  le  nom. 

Cacalas,  «.  m.  Au  pi.  Caealoêiet,  Eclat  de  rire.  —  Faguè 
un  hél  eacoias,  il  partit  d'un  grand  éclat  de  rire. 

Ce  terme  vient-il  du  gr.  Karfjakdm,  rire  à  gorge  déployée; 
ou  bien  n'est-il  qu'un  rappel  du  eaealaca  du  coq,  avec 
lequel  l'éclat  de  rire  a  un  rapport  d'onomatopée? 

Cacalaasa,  v.  ou  mieux  S'éscacalaasa.  Eclater  de  rire  ; 
rire  à  gorge  déployée,  bruyamment,  rire  aux  éclats. 

Dér.  de  Caeala$. 

Cacha,  v.  Serrer;  presser;  meurtrir;  casser,  briser  en 
serrant  fortement,  avec  les  dents,  ou  en  frappant  ;  mâcher, 
broyer  avec  les  dents.  —  Cacha  dé  notes,  casser  des  noix. 
Moun  iidd  mé  cachavo,  mon  sabot  me  blessait  le  pied.  Un 
au  dé  foim  tén  eachariè  pas  la  paio;  c'est  ce  que  l'on  dit 
de  quelqu'un  qui  veut  se  faire  ou  que  l'on  croit  plus  jeune 
qu'il  n'est,  et  qui  a  cependant  largement  atteint  ou  dépassé 
l'Age  où  un  âne,  faute  de  dents,  ne  pourrait  plus  broyer  ou 
mâcher  la  paille. 

Se  cacha  Icm  dés,  se  meurtrir  les  doigts;  au  fig.  être 
dupe  de  son  propre  stratagème. 

Dé  froumaje  cacha,  du  fromage  qui  a  dépassé  le  degré  de 
fermentation  qui  lui  convient,  vieux,  fort  et  rance. 

Dér.  du  lat.  Quassars,  briser. 

Cachadnro,  s.  f.  Meurtrissure  ;  pinçon  ;  blessure  produite 
par  une  forte  pression.  —  Aou  déàasta  se  vésou  las  cacha- 
dures,  exp.  prvb.,  quand  on  enlève  le  bât  à  un  âne,  on 
aperçoit  ses  blessures;  au  fig.,  c'est  à  fin  de  compte  qu'on 
juge  de  son  mal. 

Dér.  de  Cacha. 

Gâché,  «.  m  Cachet;  sceau;  pain  à  cacheter. 

Dér.  de  Cacha. 

Cacheta,  v.  Cacheter;  appliquer  un  cachet;  fermer  avec 
un  pain  à  cacheter. 

Dér.  de  Cacha. 

Cacho,  s.  {.  Cachette;  cache;  lieu  secret  où  l'on  cache 
quelque  chose. 

Emp.  an  fr. 

Cachô,  s.  fil.  Dim.  Cachauté;  péj.  Caéhoutas.  Cachot; 
prison  basse  et  obscure. 

Emp.  au  fr. 

Cacho-foné,  s.  m.  Chambrière  de  charrette;  gros  bâton 
suspendu  par  une  douille  mobile  au  tablier  d'une  charrette, 
qui  sert  à  soutenir  les  bras  en  équilibre  lorsqu'elle  est 
dételée,  et  à  soulager  le  limonier  lorsqu'elle  est  attelée 
chargée,  mais  au  repos. 

Corop.  de  Cacha  et  de  Foué,  fouet. 

Cachomonre,  s.  m.  Coup  de  poing  sur  la  mâchoire»  sur 
le  nez. 


Comp.  de  Cacha,  meurtrir,  et  Mours,  visage. 

Cadabre,  s.  m.  Péj.  Cadahras.  Cadavre,  corps  mort  ; 
plus  particulièrement  en  parlant  du  corps  humain  ;  au  fig. 
homme  maigre  et  décharné,  ou  seulement  livide. 

Dér.  du  lat.  Cadavcr,  qui  serait  la  syncope  de  caro  data 
vermibus,  à  ce  qu'on  assure  et  qui  est  vraisemblable  ei 
ingénieux. 

CadacQ,  n.  pr.  de  lieu.  Cadacn,  petit  hameau  dans  la 
commune  de  Laval,  arrondissement  d'Alais. 

Dér.  du  lat.  Caput  et  Aeuium,  chef  pointu. 

Cadai,  s.  m.  —  Vay.  CalaX. 

Cadanaa,  v.  Balancer;  remuer  en  équilibre;  pencher; 
branler.  —  La  tàouh  cadanso,  la  table  n'est  pas  solide  ; 
elle  branle  sur  ses  pieds. 

Dér.  du  lat.  Caderc,  tomber,  et  de  Danso. 

Cadàoula,  v.  Fermer  au  loquet;  fermer  une  porte  avec 
le  loquet. 

Cadàouléja,  v.  Loqueter;  agiter,  faire  aller  le  loquet 
d'une  porte  pour  ouvrir,  ou  pour  indiquer  qu'on  se  dispose 
à  entrer. 

Cadàoulo,  s.  f.  Dim.  CadAovdélo;  péj.  Cadàoulasso. 
Loquet;  cadole;  languette  de  fer,  avec  son  appareil  ea 
bascule  qui  U  soulève,  et  le  crochet-gache  qui  la  retient, 
pour  fermer  une  porte.  En  terme  de  charcuterie,  verge  du 
porc,  y  compris  son  fourreau  et  la  longue  membrane  qui  le 
lie  à  l'abdomen.  —  Es  taujour  en  Vair  eoumo  uno  cadAouHo, 
au  fig.,  il  est  sémillant,  actif,  agité;  il  ne  saurait  rester  en 
place.  Fino  eadàoylo,  loc.  prvb.,  fin  matois,  rusé  et  actif. 

Le  fr.  s'est  emparé  de  ce  mot  dont  il  a  fait  Cadole,  qui 
a  la  même  acception,  mais  qui  ne  s'emploie  que  comme 
technique  de  serrurerie. 

Dér.  du  lat.  Cadere,  tomber. 

CadarâoQ,  «.  m.,  n.  pr.  d'un  torrent  qui  borde  à  l'ouest 
la  ville  de  Nimes  :  Cadarau. 

Dans  le  dialecte  nimois,  ce  mot  est  synonyme  de  voirie, 
gémonies.  Cela  tient  peut-être  à  ce  que  le  lit  de  ce  torreat, 
sur  lequel  est  aussi  situé  l'abattoir  public,  servait  à  cet 
usage;  et  que  cette  destination  était  ancienne.  Mais  ne 
pourrait-on  pas  prétendre  avec  autant  de  fondement  que 
c'est  de  cette  circonstance  même  que  le  torrent  tire  son  nom? 
Il  n'est  pas  hors  de  probabilité  que  l'expression,  soit  qu'elle 
s'applique  génériquement  à  tout  emplacement  de  voirie, 
soit  à  l'emplacement  particulier  de  ce  torrent,  ne  dérive  dut 
lat.  Cadaver,  cadavre;  si  l'on  se  rappelle  surtout  que  des 
fourches  patibulaires,  véritables  gémonies,  dont  on  voit 
encore  quelques  piliers  sur  la  route  de  Sauve,  dominaieot 
le  cours  de  ce  ruisseau.  Cependant  Sauvages,  en  consultant 
sans  doute  quelque  dialecte  voisin,  applique  ce  nom  de 
Cadarâou  aux  ruisseaux  d'écoulement  des  rues,  et  lai 
donne  pour  origine  le  verbe  grec  Rat&^lco,  couler  de  haoat 
en  bas.  D'autres  veulent  le  faire  venir  du  catahm  catorBuep, 
torrent.  Le  mot  n'appartient  pas  à  notre  langue;  et  iKyos 
y  voyons  plutôt  une  redondance  réduplicative  de  notre 
Caràou,  qui  a  la  même  signification.  —  Vay.  Carâou. 


CAD 


CAD 


153 


Cadastre,  «.  m.  Cadastre;  anciennement  registre  de 
capitation  ;  plus  tard  terrier  des  propriétés  imposées  à  la 
taille;  aujonrd'hai  registre  public  où  sont  marquées  l'éten- 
due et  la  valeur  des  terres. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Capitastrium.  Godefroi  dit  :  In 
Gallia,  aliçuibus  in  locis,  à  capltïbus  vel  capitatlone  cap- 
dastra,  vel  enta  Ire,  vocatur  capitationis  scllicet  registrum, 
in  ç^ibus  singulomm  nomina  adnotata  erant. 

CSade,  «.  m.  Grand  genévrier  à  baies  rouges,  Juniperus 
oxycedrits,  Linn.  Arbrisseau  de  la  fam.  des  Conifères.  C'est 
la  grande  espèce  dont  la  racine  fournit  l'buile  empyreuma- 
tique  de  Cade,  qui  est  d'un  usage  très-fréquent  en  agricul- 
ture pour  le  traitement  des  animaux,  el  principalement 
contre  la  gale  des  moutons.  La  tige  de  cet  arbuste  fournit 
par  incision  la  résine  appelée  Sandaraque,  base  des  plus 
beaux  vernis.  —  E$  davala  ddou  cade,  il  a  dégringolé  ;  il 
est  en  déconfiture;  ou  il  est  mort. 

Cade-mourvls,  s.  m.  —  Voy.  BlourvU. 

Cade-tabl,  $.  m.  —  Toy.  Sabino. 

On  regarde  ce  mot  comme  dér.  du  celt. 

Cadè,  «.  m.  Dim.  Cadété;  péj.  Cadétas.  Cadet.  Surnom 
qu'on  donnait  beaucoup  dans  le  peuple  au  fils  puiné  d'une 
famille,  au  second  enfant  mâle,  n'importe  le  nombre  des 
frères  subséquents.  Ce  nom  était  tellement  incarné  à  l'indi- 
vidu qui  en  était  affecté  dans  son  enfance,  qu'il  ne  le  per- 
dait pas  même  par  la  mort  de  son  frère  aine,  quoiqu'il 
devint  par  là  le  chef  de.  la  maison.  Lorsqu'on  voulait  y 
ajouter  le  nom  de  famille,  on  faisait  précéder  celui-ci  de  la 
partie,  dé;  on  disait  donc  :  cadè  dé  Marti  et  non  cadè- 
Marti.  Il  en  est  de  même  encore  assez  généralement  pour 
ks  prénoms;  on  dit  plutôt  :  Jean  dé  Brunèl  que  Jean 
Brunèl.  Dans  les  races  vraiment  populaires  et  autochtones, 
il  n'est  pas  rare  qu'on  ajoute  au  prénom  et  au  surnom  de 
Cadè  la  désignation  de  la  mère,  surtout  lorsque  cette  mère 
est  plus  connue  que  le  père,  ou  lorsqu'elle  est  veuve.  On 
dira  plus  volontiers  par  ext.  cadè  dé  Martino,  Janà  dé 
Brunèlo,  que  cadè  dé  Martï  ou  Janà  dé  Brunèl.  Cette 
tournure  prend  un  caractère  plus  original  et  plus  local 
encore,  si  l'on  féminise  pour  la  mère  le  surnom  du  père. 
Un  homme  était  surnommé  Bon  Diou,  son  fils  était  connu 
sous  le  nom  de  cadè  dé  Bon  Dioulo.  Ce  nom  de  Cadè  est 
resté  dans  le  génie  de  la  langue,  mais  l'usage  se  perd  de  le 
donner  aux  enfants.  —  Un  bon  cadè,  un  bon  drille.  Lous 
codés  dé  la$  Matèloê,  que  lou$  dousfan  cent  ans;  loc  prvb., 
de  beaux  jouvenceaux  !  la  paire  fait  un  siècle  !  dicton  qui 
a  été  importé  de  Montpellier  :  les  Matèles  est  un  village  au 
bord  de  l'étang  de  Mauguio. 

Cadè,  qui  se  disait  autrefois  Capdè,  est  un  dim.  de  Caput, 
chef,  petit  chef,  second  chef  de  la  famille. 

Cadèl,  «.  m.  Dim.  Cad&é,  Cadéloù;^}.  Cadélas.  Axk 
fém.  Cadèlo,  Jeune  chien,  petit  de  la  chienne;  par  ext. 
jenne  homme  sur  les  confins  de  la  puberté.  —  Vn  cadélas, 
on  jenne  gars,  robuste  et  un  peu  niais. 

Dér.  du  lat.  Catellui. 


Cadèl,  s.  m.  Chaton  ou  folles  fleurs  des  arbres  que  les 
botanistes  distinguent  sous  le  titre  et  rangent  dans  la  fam. 
des  Amentacées,  comme  le  chêne,  le  noyer,  le  châtaignier, 
le  coudrier,  le  peuplier,  l'orme,  le  saule,  etc. 

Cadéla,  V.  Chienner,  mettre  bas,  en  parlant  d'une 
chienne;  pousser  des  chatons,  en  parlant  de  certains 
arbres. 

Cadélado,  s.  f.  Portée  ou  ventrée  d'une  chienne;  laitée, 
en  fr.,  se  dit  également  d'une  chienne  de  chasse. 

Dér.  de  Cadèl. 

Cadenas,  s.  m.  Cadenas;  serrure  mobile  et  portative, 
qu'on  adapte  par  un  anneau  à  un  autre  anneau  fixe,  com- 
me fermeture.  —  Lou  cadenas  ddou  col,  les  vertèbres  du 
cou  ;  les  clavicules  qui  joignent  les  deux  épaules  en  fermant 
l'orifice  supérieur  de  la  poitrine. 

Dér.  du  lat.  Catena,  chaîne. 

Cadénéto,  s.  f.  Cadenette,  longue  tresse  de  cheveux. 
C'était  la  coiffure  des  incroyables  du  Directoire,  qui  se 
nommaient  aussi  Muscadins.  Cette  mode  était  renouvelée 
d'autrefois,  et  remontait,  dit-on,  à  Henri  Albert,  seigneur 
de  Cadenet,  maréchal  de  France,  qui  lui  aurait  donné  son 
nom.  11  est  bien  aussi  probable  que  ce  nom  lui  vient  de  ce 
qu'elle  consistait  à  relever  les  cheveux  en  tresse  plate,  en 
chaîne,  qu'on  fixait  au  haut  de  la  tête  avec  un  peigne. 

Cadéno,  s.  f.  Chaîne,  suite  d'anneaux  ou  chaînons 
entrelacés.  —  Cadéno  dé  coulas,  mancelle,  chaîne  qui  tient 
au  collier  d'un  cheval  de  charrette.  Fré  coumo  la  cadéno 
d'un  pous,  froid  comme  une  chaîne  de  puits. 

Cadéno  est  le  nom  d'une  rue  du  vieil  Alais.  Est-ce  un 
souvenir  du  moyen-âge,  pour  rappeler  les  précautions  d'une 
bourgeoisie  toujours  jalouse  de  ses  libertés  et  privilèges  à 
rencontre  de  ses  seigneurs,  qui  faisait  placer  des  chaînes  à 
l'entrée  de  ses  rues  contre  les  incursions  des  gens  du  châ- 
teau dominant  la  ville  sur  ce  point,  ou  contre  les  attaques 
extérieures?  Ou  bien,  cette  rue  en  pente  était-elle  si  diffi- 
cile, qu'autrefois  il  avait  été  nécessaire  d'établir  une  chaîne 
dans  toute  sa  longueur  pour  servir  de  main-coulante  aux 
passants?  Le  nom  se  retrouve  dans  les  plus  anciens  titres 
des  archives  municipales  :  les  attaches  des  chaînes  se  dis- 
tinguaient encore  aux  deux  extrémités  et  indiquaient  leur 
position  en  travers  de  la  rue  ;  la  première  origine  nous 
paraît  donc  préférable.  Le  lat.  Catena  est  en  tous  cas  le 
radical  du  root. 

Cadièîraire,  airo,  «.  Fabricant,  tourneur,  faiseur  de 
chaLses  ;  rempailleur  de  chaises. 

Dér.  de  CadiUro. 

Cadièîro,  s.  f.  Dim.  Cadièiréto;  péj.  Cadièirasso.  Chaise, 
siège  à  dossier  où  l'on  s'asseoit  ;  chaire  à  prêcher.  —  Empdia 
uno  cadièîro,  rempailler  une  chaise.  L'an  traeho  dé  la 
eadiiiro  in  bas,  on  a  publié  en  chaire  les  bans  de  son 
mariage. 

Dér.  du  lat.  Cathedra,  qui  a  les  deux  mêmes  signif. 

Cadls,  «.  m.  Cadis;  étoffe  de  laine  grossière,  espèce  de 
gros  drap  gris  on  brun,  sans  teinture,  qu'on  fabrique  dans 


154 


CAO 


CAG 


les  campagnes,  surtout  dans  la  Lozère.  —  Faire  un  eadis], 
(aire  faire  une  pièce  de  cadis  dans  la  maison,  ce  qui  pro- 
cure une  meilleure  qualité  que  de  l'acheter  en  foire  ou  chez 
les  marchands . 

Dèr.  sans  doute  de  la  ville  de  Cadix,  d'où  cette  étoffe 
doit  avoir  été  importée  dans  Torigine. 

CadÎBMÏre ,  airo,  «.  Tisseur  de  cadis;  marchand  ou 
fabricant  de  cette  étoffe. 

Dér.  de  Cadis. 

CadiBsariè,  5.  f,  Hardes  et  habits  de  cadis  de  toute  une 
maison,  qu'on  lave  à  la  fin  de  l'hiver  et  qu'on  suspend  dans 
la  cave  pour  les  préserver  des  vers. 

Dér.  de  CadU. 

Cadiuèîsso,  s.  f.  ou  Cadôonsso,  ou  Dôousso.  Cosse  de 
pois,  de  fèves,  de  haricots  et  autres  légumes  qu'on  écosse; 
au  fig.  forte  tape,  causant  contusion  et  douleur.  —  Voy. 
Déousto. 

Cadra,  v.  Cadrer;  convenir;  s'ajuster,  s'assortir  avec. 

—  Aquà  cadro  bièrij  cela  vient  juste  à  point . 
Dér.  du  lat.  Quadrum,  carré . 

Cadran,  «.m.  Cadran,  surface  sur  laquelle  sont  marquées 
les  heures.  Au  fig.  homme  ou  femme  effronté ,  aux  allures 
hardies,  qui  s'aflîche  avec  affectation  et  mauvais  goût. 

Dér.  dans  sa  première  acception  du  lat.  Qwidratum;  dans 
la  seconde,  par  comparaison  peut-être  avec  le  cadran,  qui 
étale  et  marque  les  heures. 

Cadre,  «.  m.  Cadre,  bordure  de  bois  en  baguettes  dont 
on  entoure  une  glace,  un  tableau,  une  gravure  ;  chambranle 
d'une  porte. 

Dér.  du  lat.  Quadrum,  carré. 

Café,  «.  m.  Café;  nom  commun  à  la  graine  du  cafier,  à 
l'infusion  qu'on  en  fait,  et  au  lieu  où  on  le  vend  préparé. 

—  Faïre  café,  tenir  un  café  ;  être  cafetier,  limonadier.  Au 
fig.  préne  soun  café,  jouir  silencieusement  et  paisiblement 
d'un  spectacle  qui  amuse.  Cette  phrase  se  prend  d'ordinaire 
en  mauvaise  part,  c'est-à-dire  qu'on  jouit  malicieusement 
d'une  mystification  que  Ton  fait  subir  à  quelqu'un,  ou 
d'une  querelle  À  laquelle  on  ne  prend  part  que  pour  juger 
des  coups  et  en  rire. 

Dér.  comme  le  fr.  de  l'arabe  Gahouhah. 

Cafétiè,  ièîro,  s.  Cafetier  ;  limonadier  ;  le  maître  ou  la 
maîtresse  d'un  café. 

Dér.  de  Café, 

Cafétièîro,  s.  m.  Dim.  Cafétiëiréto.  Cafetière;  vase  à 
faire  le  café,  ou  toute  autre  infusion. 

Dér.  de  Café. 

Cafiô,  $.  m.  Chenet;  landier;  ustensile  de  cheminée  qui 
soutient  le  bois  dans  le  foyer. 

En  bas-bret.  Kafuner,  chenet;  en  ital.  Capi  fuocco, 

Cafonr,  t.  m.  Enfourchure  d'un  arbre  ;  le  point  où  les 
grosses  branches  se  séparent  du  tronc  ;  carrefour  ;  embran- 
chement de  plusieurs  rues  qui  forment  une  sorte  de  petite 
place. 

Dér.  du  lat.  Quadrum  et  Forum,  place  carrée. 


Caga,  V.  Chier;  aller  à  la  selle;  s'ébouler,  en  parlant 
d'un  mur,  d'une  tranchée ,  ou  d'une  bobine,  d'une  fusée, 
d'une  toupie,  dont  le  fil  ou  la  corde  est  enroulée  trop 
lâche. 

Notre  Dictionnaire  s'est  fait  un  devoir  d'enregistrer  tous 
les  mots  et  de  chercher  l'explication  de  toutes  les  locutions 
populaires.  11  suffit  de  le  rappeler,  c  En  mouchant  une 
expression  mal  propre,  on  s'expose  à  lui  arracher  le  nez  — 
c'est-à-dire  le  caractère,  l'originalité,  >  a  dit  un  glossateur 
de  beaucoup  d'esprit  :  il  n'y  a  donc  pas  à  faire  les  délicats 
avec  une  langue  qui  professe  hautement  et  avec  raison  que 
parâoulot  pudou  pas.  Un  empereur  d'assez  bonne  maison 
disait  la  même  chose  de  l'argent  ;  nous  pouvons  bien  le 
dire  de  la  monnaie  courante  du  peuple.  Nous  toucherons 
donc  au  passage  deux  dictons  fort  usités,  et  sans  aucun 
scrupule. 

Caga  dàou  pichà  quiou  :  inutile  de  donner  le  mot  à  mot; 
mais  l'argot  de  la  langue  verte  nous  fournit  un  correspon- 
dant :  chier  de  petites  carottes;  même  signification.  C'est 
mener  petit  train,  vivre  de  peu,  se  serrer  le  ventre  ;  cette 
dernière  expression,  plus  académique,  nous  mène  tout  droit 
à  la  nôtre,  comme  on  va  le  voir.  Quand  on  est  obligé 
d'économiser  jusque  sur  son  manger,  l'estomac  n'a  pas 
beaucoup  à  faire.  Dans  cet  atelier  de  fabrication,  comme 
dans  les  autres,  la  matière  première  faisant  défaut,  les  pro- 
duits diminuent  nécessairement;  et  l'importation  manquant, 
l'exportation  doit  être  peu  de  chose  :  d'où  il  suit  qu'une 
petite  voie  suffit  pour  l'opérer.  L'effet  est  dit  pour  la 
cause  dans  notre  locution,  qui,  par  une  bizarrerie  à 
noter,  indique  beaucoup  moins  le  fait  d'économiser  sur  sa 
cuisine,  avec  les  conséquences  de  l'espèce,  que  celui  de  se 
restreindre,  par  nécessité  aussi,  et  de  faire  petitement  tonte 
autre  chose,  quoique  les  mêmes  conséquences  n'y  soient  pins. 

Caga  méléto.  Le  melet  est  un  poisson  de  mer  assez  long 
mais  surtout  très-mince.  C'est  cette  conformation  qui  a 
donné  lieu  à  notre  dicton  qui  signifie  :  avoir  grand  penr. 
On  sait  qu'un  des  effets  de  la  peur  est  de  resserrer  singu- 
lièrement chez  l'homme  certain  conduit  sécréteur;  bien 
d'autres  dictons  dans  toutes  les  langues  viennent,  avec  la 
science,  témoigner  de  ce  fait.  Or,  il  doit  résulter  de  cet 
état  que  les  produits  ne  peuvent  être  que  fort  minœs, 
comme  la  méléto,  par  exemple,  et  c'est  encore  dire  la  cause 
que  de  dire  l'effet. 

Dér.  du  lat.  Caeare, 

Cagado,  «.  f.  Cacade;  excréments.  Au  fig.  éboulis; 
imprudence ,  entreprise  manquée  ;  ânerie ,  pas  de  derc.  — 
As  fa  aquï  uno  bélo  cagado,  tu  as  fait  là  une  lourde  soUâse, 
une  énorme  imprudence.  Dé  eagados  dé  mousquos,  chiures 
de  mouches. 

Dér.  de  Caga, 

Cagarâonlé,  s.  m.  Très-petit  pot  à  bouillir;  le  plus  petit 
pot,  dans  lequel  on  fait  chauffer  le  bouillon  d'un  malade, 
la  soupe  d'un  enfant. 

Dér.  dn  lat.  Caeabulus,  dim.  de  Caealus,  pot  an  feu. 


CAG 


CAl 


155 


Cagarâonlo,  s.  f.  Dim.  Cagarâouléto.  Escargot,  limaçon 
à  coquille;  hélice  aspergé,  Hélix  aspersa,  Linn.  Mollusque 
Gastéropode.  En  fr.  moyen -âge,  on  disait  Caquerole,  qui 
signifiait  à  la  fois  un  escargot  el  une  espèce  de  marmite 
à  trois  pieds  et  à  longue  queue.  Cette  dernière  acception 
semble  annoncer  sa  dérivation  du  lat.  Cacabus,  pot  au  feu; 
et  Tescargot  y  aurait  participé  par  analogie  de  forme.  Le 
limaçon,  quand  on  Tirrite  ou  qu'on  l'approche  du  feu,  rend 
une  écume  comme  le  pot  au  feu.  —  Lou  tambour  dé  las 
cagarâoulo*,  le  tonnerre.  A\ço  es  la  casso  dé  las  cagarâoulos, 
tan  dé  vit  tan  dé  prés;  dicton  pour  exprimer  un  succès 
complet  en  quoi  que  ce  soit,  comme  au  jeu,  par  exemple, 
quand  on  gagne  toutes  les  parties.  Ordinairement  on  ne  dit 
que  le  premier  membre  de  la  phrase,  le  second  restant 
facilement  sous-entendu.  Il  est  inutile,  pour  expliquer  ce 
dicton,  de  dire  que  lorsqu*on  va  à  la  recherche  des  escar- 
gots, ce  qui  se  fait  après  une  pluie  de  printemps  ou  un 
orage,  on  en  prend  tout  autant  qu'on  en  trouve  ;  ce  gibier, 
dont  on  est  généralement  friand  dans  le  pays,  étant  peu 
propre  à  dépister  ou  à  fuir  le  chasseur. 

Gagarèl,  Picarèl  ou  Suscle,  s.  m.  Mendole,  Sparus 
Mana,  Linn.  Petit  poisson  de  la  Méditerranée,  de  l'ordre 
des  Holobranches  ;  bon  quand  on  le  mange  frais,  mais  qui, 
ainsi  que  l'indique  son  nom  lat.,  peut  imiter  l'anchois, 
Mana,  et  qui  en  effet  se  conserve  dans  la  saumure  ;  c'est 
te  goût  piquant  qu'il  en  tire  qui  l'a  fait  appeler  Picarèl. 
—  Toy.  c.  m. 

Cagarèlo,  s.  f.  Mercuriale,  foirclle  ;  Mercurialis  annua, 
Linn.  Plante  de  la  fam.  des  Euphorbiacées,  purgative  et 
lâxative  :  elle  est  un  poison  pour  plusieurs  animaux  et 
enlr'autres  pour  les  lapins. 

Son  caractère  éminemment  émollient  lui  a  valu  son  nom. 

Cagâroclio,  s.  f,  Dim.  Cagarouchéto,  Très-petite  mai- 
son, cahutte  étroite,  taudis,  où  l'on  est  logé  à  pli  de  corps. 
Au  iig.  bamboche,  très-petit  homme,  nabot,  avorton. 

Il  peut,  dans  les  deux  sens,  pr.  et  fig.,  dériver  par  com- 
paraison de  la  posture  accroupie  exprimée  par  le  verbe. 

Cagasso,  ».  f.  A-bé-cé,  alphabet,  croix  de  par  Dieu.  — 
Voy.  Crous. 

Cagnar,  s.  m.  Dim.  Cagnardé.  Cagnard,  abri  exposé  au 
soleil  ;  c'est  le  foyer  d'hiver  des  pauvres  gens,  des  vieil- 
lards et  des  fainéants;  la  cheminée  du  roi  René  à  Aix. 

Dér.  du  lat.  Canis,  chien,  ou  de  l'ital.  Cagna,  chienne, 
parce  que  les  chiens  aiment  à  se  coucher  au  soleil. 

Cagnarda,  v.  Exposer  au  soleil  et  à  l'abri  du  vent. 

Dér.  de  Cagnar. 

Cagno  (Faire  la),  v.  Faire  la  mine,  la  grimace  ;  dédai- 
gner; refuser  d'un  air  dédaigneux. 

Dér.  du  lat.  Canis,  c'est-à-dire  faire  une  mine  de  chien. 

Cagnô,  Oto,  adj.  Dim.  Cagnouté,  éto;  péj.  Cagnoutas, 
ojvo.  Sot,  imbécile;  poltron. 

Dans  l'ancien  lang.  Cagnd  signifiait  chien  :  on  dit  encore 
un  foutrassàou  dé  cagnà,  un  gros  diable  de  chien. 

Dér.  du  lat.  Canis;  en  ital.  Cagnolino,  petit  chien. 


Cagnoto,  s.  f.  Dim.  Cagnoutéto;  péj.  Cagnoutasso.  Cor- 
nette de  femme  en  indienne,  sans  dentelle  ni  avance,  qui 
emboîte  la  tête  et  les  oreilles.  C'est  la  coiffure  exclusive 
des  femmes  du  peuple  et  de  la  campagne  dans  leur  négligé 
de  travail.  Les  étrangers  conspuent  cette  coiffure,  qui  n'est 
pourtant  pas  sans  grâce,  et  qui  ressemble  beaucoup  au 
bonnet  phrygien.  Tout  dépend  du  plus  ou  moins  de  coquet- 
terie dans  la  manière  de  l'arranger. 

Ce  mot  parait  encore  dér.  du  lat.  Canû^  parce  que,  dans 
le  principe,  cette  coiffure  descendait  sur  le  cou  en  oreilles 
de  chien. 

Cagnouta,  v.  Mettre  la  Cagnoto  à  quelqu'un  ;  coiffer  une 
femme  de  sa  Cagnoto. 

Dér.  de  Cagnoto. 

Cago-chl,  s.  m.  Bon-Henri,  épinard  sauvage,  Chenopo- 
dium  bonus-henricus  folio  triangulo,  Linn.  Plante  de  la 
fam.  des  Chénopodées;  commune  dans  les  lieux  gras. 

Son  nom  lang.  lui  vient  de  ce  que  les  chiens  aiment  à 
déposer  sur  elle  leurs  excréments. 

Cago-prin,  s.  m.  Pince-maille,  fesse-Mathieu;  ladre 
d'une  avarice  sordide;  vilain;  taquin.  •—  Sauvages  donne 
à  ce  mot  pour  équivalents  :  cago-dignès,  cago-du,  cago-$ée, 
cago-maïos  :  c'est  la  môme  idée,  que  nous  avons  expliquée 
dans  le  verbe  servant  à  la  formation  de  tous  ces  subst.  — 
Voy.  Prin,  Digne,  Maïo,  etc. 

Cago-trépo,  s.  f.  Chausse-trappe  ou  chardon  étoile, 
Centaurea  calcitrapa,  Linn.  Plante  de  la  fam.  des  Compo- 
sées Cynarocéphales,  qui  vient  le  long  des  chemins.  La 
même  que  Vdouriolo.  —  Voy.  c.  m. 

Çai,  adv.  de  lieu.  Ici,  céans.  Il  a  la  même  portée  que 
Aid,  avec  cette  différence  que  ce  dernier  suit  d'ordinaire 
le  verbe  auquel  il  sert  de  régime ,  tandis  que  le  premier  le 
précède .  —  Çaï  sera  lèou,  ou  sera  lèou  aïei,  il  sera  bientôt 
ici.  Çaï  sèn,  nous  y  voilà.  Diou  çaï  sièl  que  Dieu  soit 
céans!  exp.  prvb.,  quand  on  entre  dans  une  maison. 

Çaï  a  quelque  chose  de  plus  technique,  de  plus  syncopé 
et  partant  de  plus  poétique  que  Aicï. 

Dér.  du  lat.  Hàc,  par  ici. 

Caia,  V.  Cailler;  coaguler;  figer.  —  Lou  carboiit  dé  la 
Gran'Coumbo  es  lou  mtoîi,  parça  que  edio  lou  mot,  la 
houille  de  la  Grand'Combe  est  de  la  meilleure  qualité, 
parce  qu'elle  se  caille,  elle  fait  prise,  c'est-à-dire  que  le 
soufre  et  le  bitume  qu'elle  contient  se  mettent  en  fusion  et 
en  vitrification  à  l'action  du  feu  ;  ce  qui  cimente  les  mottes 
entr'elles. 

Dér.  du  lat.  Coagulare;  en  ilal.  Quagliare. 

Caîado ,  s.  f.  Caillé  ;  du  lait  caillé. 

Dér.  de  Caïa. 

CaîâoQ,  s.  m.  Dim.  Ca:ialé;  péj.  Cdialas.  Caillou;  galet; 
pierre  de  pleine  main  et  de  la  dimension  dont  on  se  sert 
pour  la  fronde  on  pour  le  jet  à  la  main.  —  Vabaidiavo  à 
eos  dé  caïàous,  il  le  poorsuivait  à  grands  coaps  de  pierre. 
S'arape  un  eaUou,  si  je  prends  une  pierre. 

Dér.  du  lat.  Calculus,  ou  Cautes. 


ITj^J 


CM 


CAI 


Calas,  s    rn.  Ciiil'.t  «J-'  >iii/.  ;:iirj.'Ma  J--  siu;:  cjiII'J. 
D'A  .  il'  i  nm. 

Caie,  éto,  nij.  \'>\;\ï?'-\  [>v\  'l-;  'J'-iL\  ':'.'Ul"iH>.  C:-  u.oi 

U»'  y  'lit  ^Mi-r-'  qil-:  'l'-'    I.''):!!.--    '1'  ;it    li    r  '!»•'    '."t    <1"    d'-'UX. 

(y;iil'iir>.  P"'.r  !'-^  ]'''r'>,  '-n   lit  dni:/,  •!  di-  l-.-  ii.'*':i.''  .■-'^ii.'î. 

lia-cnf:,   s.    tt> .   L-p't,    • -|> '';-'   .1*   L-ir   "U   d.-   ^'r.'^    i\it, 

l/i<;li''ji»'- d"  ^'iiT  «.-l  '!•'  M  iii'.'.  4111   iii:ti''   Mil'   l--:?   arlii''>.   — 

Voy.  Urt. 

Ctu't   M/inlJ"   ..u--i    :;/-H-'t..  a  .'!.  ■iti-;   ^•'.•,    -'ii    ['ti'liiit  d-' 

s^-.T,  .'i\;uit  iiii'.'  pi.rliit"  il'— 1.;  iti  II,  j>  iir  ''".ii'i-  <|ii"  li 
ft;uill',-  il'-"  }»r''.'iii"r«'  '.t.  !•;  ;.'i-iiii  il  ■>  >':"iils  u*'  h»*  d'''t.it:li'.'iit 
(•\i  ]•'".  pTuniit  fl  11''  .>','  |i'-i'l''iit. 

Caièiro,  v.  /\  \'';iitij':iil''  'Vi  '/-("lu  ti-  il'- ;i-'ti'''iii\,  v-mux 
i'\  cil''"'. rt;âii\,  411''  I  "Il  ••''11-''  i'\ '  l'.tr  iiii'"  |ii'''j'.ir.ili"ii.  jt"Ur 
caill'T  1''  l.iit.  L'i  {•i-'ijii  T'' M])''rali'.ri  (li,-'''-ln'' iL;  «.•••<  aiii- 
lfj:iu\.  '''tMil  il''  c.iill-T  I"  lait,  1-'  NÎS'.-'T''  qui  ^•Tt  a  «•••II'' 
oj/'rali'Mi ,  •>[  .^.'itur'''  •!"  o-ilaiii^  a':iil'->,  tjiii  {)rMliii>''iit  !•' 
iiiOfii'.'  •■irjl  ajjr-'^  la  inorl  d-;  r.iiiimal  ''t  la  dt'r?^icati'Jii  du 
viiOT''    —  T'/y.  ('al. 

D»''I".  d'.'  (nui. 

Gain,  ino,  ^/-/y.  Talill"ii;  iinii-irtiru  ;  iii'ini'.'tuit  ;  «{ui  se 
plaît  a  lourfii''iil''r;  iiicofniiiod''. 

D''t.  du  ii'ifii  di;  (liiii.  r.t*:.'  di-  (^lïii. 

Gaina,  »•.  'J"'aijiii'iil'a-;  iufiui'H-M';  iinp^rtunor  ;  i»i(iu».'r  à 
«:^ju|i^  d  '''[iiii^'l''S. 

Mriij»'  di'T.  qii''  Tiidj.  pn'c. 

GaïO,  s.  f.  Caillt.',  Pci'fi.r  rolnrnij-,  T'-iniii.  ()iN'\au  (!•'  la 
f.'ifii.  d'-.^  Al''t:tridi'>.  f/'^  cailli'^  aiTisoni  dans  iintiv  pa\> 
vers  h:  CMiniiiriio'i/irjit  d'.i\i'il.  Ou  1»'5  api»"!!'-  ali»rs  caill:'s 
v«*rtf'S,  parce  r|U'.'  la  <:ani]ia_;uê  f^l  d-'-jà  c<»u\t'rl','  d'j\frdure: 
T'ilc^»  Sont  [)''U  ^'ia>M'S  à  <'''ll*'  rpMju*',  «pu  <'st  oeil''  d».'  li'urs 
aiijoui's.  Vt.'is  1<'  Mmi^  d'aoul  <,'l  di'  S'^plfuil)!''!,  <'11<'S  fuut  un 
S'.'coud  [)a>^;i;.'i';  rui  1<'S  cli.isx'  daus  li's  luz''i'U''S  rt  ilau>  It'S 
viî5'ii<'s,  <'l  cniiiiiif  ('11''^  snul  fort  ^' t'a s>*'<,  «'lies  .sont  faciles  à 
lin-r;  l<'ur  «'liair  alors  est  uii  iiian;jt'r  dt''liei<'U\. 

Bci  de  caio,  s.  m.  Uàlc  do  gtniot,  Jiulltfs  crej-,  Linii. 
Ois^'au  <1<.'  la  nirinc  famille  (pu-  la  caille,  nii  pt'ii  plus  j:ros; 
il  vit  solitaire,  ce  qui  lui  a  \alu  saus  doute  d'être  traité  de 
majesté. 

Eu  ital.  Qnfi'jfia. 

Caïo,  .V.  .leu  d'eufauts  qui  ressemble  à  colui  de  cliguo- 
mnsetto,  uiais  dout  il  est  le  contre-pied  :  car  celui  qui  est 
caché  doit  prendre  celui  qui  lu  clif-rclie  a\ant  qu'il  ait 
touché  le  Init,  tandis  (pi'ici  c<dui  (jui  se  cache  fait  ses  efforts 
pour  no  pas  étro  découvert  d'abord,  et  une  fois  év(Milé  par 
le  cherchour  (pii  l'annonce  en  criant  :  caio  pà-  ?/;?  (èl,  lâche 
de  loucher  le  but  avant  d'être  saisi  sous  peine  d'interver- 
sion des  rôles. 

Caïradé,  s.  m.  Gesse  domestique;  pois  carré,  Laihijrus 
sativus,  Linn.  Plante  de  la  fa ui.  des  Légumineuses,  cultivée 
soit  comme  fourrage,  soit  pour  en  cueillir  la  graine. 

Ditn.  dér.  du  lat.  Quadrum,  carré. 


Caire,  5.  m.  Diii..  Cairoù.  (^<;.ié;  carré;  coin;  angle; 
oA"  d  un  aiiç'!-'.  Au  lu'.-ji.lr  it;  canl'.'n;  (juartier.  —  Cara 
(.!'■  t-ja(  eau  a,  carré  d  ms  t"U>  1">  ^en».  Cerqua  dé  tout  caire, 
cli'ji'_li''r  lie  t"U"^  C'jt'S.  Y-a  un  hiare  catre  dé  trufos,  il  y 
a  un  Icau  cai'i''  do  p- ..'i.ii.'/x  d-'  t-iTO.  Es  rescoundii  din 
(pifj'j'uiur  t'uue.  il  e^l  L'i'-li'''  d  in>  qU''lquo  cui[i.  Bèslo  pas 
rn  dd'jxr^hj  i-airr,  il  n  h. il 'il'.'  pas  daus  ce  quartier. 

\)<ï.  ilu  1  il.   ihia  lnn)i. 

Caire,  i.  m.  Cair'-m.  un--  ^l.'>  cvul''urs  du  jeu  de  cartes. 

—  Jofju"  c-.iue,  nuàon  n'a  pas  /<-.■  po  pas  tvaive,  c'est  un  de 

C'->  ii;ill'.'  dicl-iis  qu'-  ]•■>  ji  U'ur>  iii\oiit<Mit  pour  entn'tenir 
la  <;"n\''r^  ili'U ,  (]uiul  1"  j-'U  al'>  irbo  l':»utes  leurs  pensées 
au  point  d'.'  ne  pou\oir  causer  do  sujets  étrangers  à  ce  qui 
1''?  pr*''occupe  e.xi.'lusivi.'iu.'iit.  L»-  Ij'.'Soin  de  riuier  est  parti- 
culi'-r  au  -•'•jii.'  du  dict"ii.  >ui'l''Ut  on  languedocien.  Copo 
rutie  et  jixf)  caiif^,  il  triclio:  au  llg.  il  plaide  le  lau\  et  le 
Mai;  il  lau.-se  >a  parule. 

ticlia'n  caiif  pour  fiJui  >:n  caire  oU  /»V7m  un  caire.  Cela 
vriii  ilin-  ;  faiiL'uoi',  .-iniuNor,  scior  le  d.js,  et  auï^si  conlra- 
rit-r,  \.'\<T,  firhur  ihalJi'-ur,  ce  dcriii''r  verlk"»  mis  par  anien- 
d''ijient,  bi''ii  ont. -n  lu,  coijime  dans  notre  languedocien. 
Maint-'iiant,  d'apivs  c»'  ([110  n-'US  ^•'nons  de  dire,  Caire  a 
plu'^i''Ul■<  >i^iiiiii;ali"ns,  >rlon  ruccurrence  :  coin,  sons,  côte» 
et  carn'au  du  jou  de  carl^'S.  Il  n'ost  i»as  absolument  inij^os- 
sibl.'  que  la  locution  \i':nii''  dune  partie  de  caries  dans 
laquolle  un  jouour  aurait  été  obstinéaienti)oursui\i  et  battu 
par  la  coul'.ur  carnau;  o'p''ndint  il  y  a  une  autre  explica- 
ti'»n  assi'z  simple,  asM.^z  naivo,  si  ce  n'est  davantage,  i>our 
ôip'  la  bonno.  Lorxprun  onranl  n'ost  pas  sage,  on  l'envoie 
on  p''nilont»>  dans  un  ciii  ilo  la  chambre  où  il  doit  rester 
jusqu'à  r''\piralion  do  ^a  p-ano,  debout,  sans  bcmger,  et 
tourné  vrs  lo  mur;  il  rst  clair  (juo  cola  doit  l'ennuyer,  le 
vexer,  lui  faher  malhour,  si  \ous  ^oulez.  Ces  souvenirs 
d'onfance  resl-'Ut  on  grandissant  et,  quoique  plus  sage  alors, 
si  l'on  oprouvo  ({uehjue  contnuaélé,  quelque  einiui,  quelque 
Aoxation,  un  a  pu  li\s  assinjil''r  *i  ceux  du  jeiuie  temps, 
quand  on  vous  flanquait  dans  un  coin  pour  punition,  elles 
appoler  du  momo  n'»m  en  salant  tant  soit  peu  l'expression. 

iMais  il  ne  faut  rien  gaixler  sur  la  conscience.  Cette  der- 
nière explication,  ([ui  me  revenait  assez,  je  dois  convenir 
qu'elle  ne  peut  étro  acceptée  que  sous  bénéfice  d'inventaire. 
Le  dicton  est  exclusivement  languedocien  et  de  vieille  date. 
Ceux  (pli  font  los  dictons  étaient,  en  niatière  d'éducation, 
pour  l'ancienne  méthode  de  iM.  Cinglant,  et  je  crois  même 
qu'ils  le  sont  toujours.  Connnenl  auraient-ih  fait  celui-ci 
sur  une  nou^elle  [)énalité  qui  n'a  été  édictée  que  depuis  et 
seulement  dans  le  code  des  salons?  C'est  assez  difficile  à 
arranger,  et  il  faudra  sans  doute  revenir  à  notre  partie  de 
cartes  au  risfjue  de  la  perdre  encore. 

Dér.  du  lat.  Quadrum. 

Gaïre  (dé),  adv.  De  travers,  obliquement;  de  cùt^^;  en 
diagonale.  —  Ana  dé  caire,  marcher  de  aHé;  au  fig.  être 
gêné  dans  ses  affaires  ;  ne  pas  aller  franchement.  Coupa  dé 
caire,  couper  de  biais. 


CâL 

* 

Dér.  du  lat.  Quadrum;  oa  du  gr.  Xs{p,  la  main. 

Caissa,  v.  Terme  d'agric.  Equarrir  mie  fosse,  mie  fosse  * 
d'arbre,  tailler  ses  berges  perpendiculairement,  les  ragréer; 
taller,  pousser  plusieurs  rejetons  de  la  racine.  Au  fig.  se 
eciissa,  se  remplumer;  rajuster  ses  affaires;  s'arrondir; 
prendra  de  l'embonpoint.  —  Lou  bla  caïsso ,  le  blé  talle, 
lorsque  sa  fane  s'épaissit  et  forme  plusieurs  plantes  avant 
que  sa  tige  s'élève.  Un  home,  un  chivcU  bien  caïssas,  un 
homme  on  un  cheval  ragotés.  S'é$  bien  causa,  il  a  bien  fait 
ses  orges;  il  a  remonté  ses  affaires;  se  dit  aussi  d'un  jeune 
homme  dont  les  membres  se  sont  renforcés,  qui  a  pris  du 
corps.  Açuélo  fénno  s'és  bien  caïsstido,  cette  femme  s'est 
bien  meublée,  bien  nippée;  ou  elle  a  pris  de  la  carrure. 

Dér.  de  Caïsso, 

CaîsaàOQ,  «.  m.  Dim.  Caïssalé;  péj.  Caïêsalas,  Dent 
molaire  ou  màchelière.  —  M'a  déraba  dous  caïssàotts,  il 
m'a  extirpé  deux  grosses  dents.  Dérabo  aquél  caïssàou,  au 
fig.,  tire  toi  de  cet  embarras;  tire  toi  cette  grosse  épine  du 
pied;  trouve  une  solution  à  cette  affaire  difficile. 

En  lang.  romane  Cats,  mâchoire,  dent. 

CaÎMO,  s.  f.  Dim.  Càisséto;  péj.  Catssasso.  Caisse  de  bois 
propre  à  renfermer  tonte  sorte  d'objets;  coffre;  bière,  cer- 
cueil. —  Caïsso  dé  eabus,  fosse  à  provigner.  —  Voy.  Cros. 

Dér.  du  lat.  Capsa,  coffre. 

Caûsoù,  5.  m.  Caisson  de  charrette  ;  petite  armoire  placée 
sous  le  brancard  et  fermant  à  clé,  où  les  rouliers  renferment 
leur  argent  et  ce  qu'ils  ont  de  plus  précieux. 

Dim.  dér.  du  lat.  Capsa. 

CaîtiTiè,  s,  f.  Chétiveté;  misère;  infortune;  pauvreté; 
mësaise;  saleté,  crasse,  squalidité  qui  suivent  la  misère; 
maigreur,  mauvaise  santé  provenant  d'une  nourriture  mau- 
vaise ou  trop  peu  abondante.  —  Es  mor  dé  caïtiviè,  il  est 
mort  de  pénurie ,  de  misère.  Tira  soun  ventre  dé  eaitiviè, 
manger  goulûment,  avec  avidité,  comme  quelqu'un  qui  a 
longtemps  jeûné,  et  qui  est  à  bonne  table  pour  se  refaire. 
Y  vaï  pas  dé  càïliviê,  il  n'y  va  pas  de  main  morte. 

Dér.  du  lat.  Captivus,  captif,  esclave;  en  ital.  Cattivo, 
malheureux,  chétif. 

CtttiyoÙB,  onso,  adj,  Chétif,  malingre;  cacochyme;  qui 
végète  langoissamment. 

Dér.  de  Caïtiviè. 

Gajonla,  v.  Cajoler;  courtiser;  tenir  à  quelqu'un  des 
propos  flatteurs,  agréables,  séduisants. 

Emp.  au  fr. 

Cal,  t.  m.  Présure;  matière  acide  qui  sert  à  faire  cailler 
le  lait.  La  substance  que  l'on  emploie  le  plus  souvent, 
provient  de  la  macération  de  la  caï^ro,  caillette,  ou  estomac 
des  chevreaux,  qu'on  fait  tremper  longtemps  dans  l'alcool. 
Une  coilleiée  à  café  de  cette  liqueur,  ainsi  pénétrée  des 
acides  de  la  eaïêiro,  suffit  pour  faire  coaguler  trois  litres  de 
lait.  —  Voy.  CaSOiro. 

Cal  se  dit  an  prop.  de  cette  sorte  de  matière  gélatineuse, 
ressemblant  à  du  caillé,  qui  forme  le  noyau  de  certains  fruits 
an  commencement  de  leur  maturité,  l'intérieur  des  grains 


CAL 


157 


à  enveloppe  dure,  et  se  prend  pour  jointure,  calus,  nœud 
des  os  fracturés;  au  fig.  il  exprime  la  verdeur,  la  sève,  le 
défaut  de  maturité,  dans  le  sens  de  jeunesse.  —  Lou  bla  es 
en  cal,  le  blé  commence  à  former  son  grain;  le  moment  où 
le  grain  n'est  encore  qu'une  pâte  blanche,  laiteuse,  comme 
le  caillé.  Nose  en  cal,  noix,  lorsque  son  amande  n'est 
encore  qu'une  gelée.  Aquà's  pas  que  dé  cal»  cela  n'a  point 
de  consistance  encore.  Préne  cal,  en  parlant  d'un  os  cassé 
qui  commence  à  se  souder  par  la  coagulation  de  la  substance 
gélatineuse  qui  lubréfie  ses  pores  :  former  calus.  Aquélo 
jouïnèsso  es  éncaro  din  soun  cal,  cette  jeunesse  n'est  pas 
formée,  fam.,  si  on  lui  pressait  le  nez,  il  en  sortirait  du 
lait. 

Dér.  de  Caïa, 

Gala,  V.  Céder  ;  baisser  pavillon  ;  lâcher  ;  se  taire  ;  mettre 
les  pouces. 

Dér.  du  gr.  \cCkéxû,  céder,  faiblir. 

Galada,  v. Paver;  carreler;  couvrir,  revêtir  de  pavés,  de 
carreaux  ;  joncher.  —  La  tèro  èro  totUo  ccUadado  dé  poumos, 
le  sol  était  couvert  de  pommes.  Lou  ciel  es  calada  d'éstèlos, 
le  ciel  est  semé  d'étoiles.  Fôou  avédre  lou  gousiè  calada  pér 
béoure  aquà,  cette  liqueur  est  si  forte ,  qu'il  faut  avoir  le 
gosier  pavé,  le  palais  bronzé,  pour  la  boire. 

Dér.  de  Calado, 

Caladaire,  s.  m.  Paveur,  celui  qui  pave.  Au  fém.  Cala- 
dairo. 

Calado,  s,  f.  Pavé  des  rues;  chemin  pavé;  l'ensemble» 
l'espace  pavé,  recouvert  de  pavés. 

Dér.  du  celt.  Kaled,  dur;  en  bas-bret.  Kaled,  ou  Kalet. 

Caladoù,  s,  m.  Pavé;  pierre équarrie  qu'on  appelle  pavé 
d'échantillon.  Par  ext.  pavé  des  rues,  des  cours,  des  corri- 
dors intérieurs.  —  A  couja  nu  lou  caladoù,  il  a  couché  par 
terre. 

Même  dér.  que  Calado. 

Calai,  s.  m.,  ou  Cadaî.  Sorte  de  colle  claire  dont  la 
farine  est  la  base.  Les  tisserands  en  oignent  les  fils  de  leur 
chaîne,  pour  leur  donner  plus  de  fermeté,  les  empêcher  de 
s'érailler  ou  de  se  détordre ,  ce  qui  leur  procure  une  sorte 
d'apprêt  ou  de  raideur. 

Dér.  du  lat.  Catena,  ou  Cadeno,  chaine,  dans  Cadaï,  ou 
de  Cal,  pour  calus,  cdlosité,  dans  Calai*. 

Calaman,  c.  m,,  ou  Caraman.  Arêtier,  faîtage  d'une 
toiture;  pièce  de  bois  qui  s'étend  d'une  ferme  à  l'autre  et 
qui  supporte  les  chevrons  ou  traverses,  sur  toute  la  longueur 
du  toit. 

Dér.  du  gr.  Iko^ki^,  chaume,  parce  que  dans  l'origine 
les  maisons  étaient  couvertes  en  chaume;  ou  de  KaXov,  bois. 

Calamandriè,  5.  m.  Germandrée  ou  Chênette,  Tencrium 
ehamœdrys,  Linn.  Plante  de  la  fam.  des  Labiées,  qui  croit 
de  préférence  sur  les  coteaux. 

Calandra,  v.  CaLmdrer  ;  passer  une  étoffe  à  la  cahudre. 

Dér.  de  Calandro. 

Calandriè,  s.  m.  Calendrier,  almanach,  livre  ou  table 
qui  contient  la  suite  de  tous  les  jours  de  l'année. 


158 


CAL 


CAL 


D6r.  du  ht.  Cahndarium,  parce  qu'on  écrivait  autrefois 
en  gros  caractères  en  tète  de  chaque  mois  le  root  Calendœ, 
calendes,  premier  jour  du  mois,  nouvelle  lune. 

Calandro,  t.  f.  Calandre,  presse  ou  machine  cylindrique, 
qui  sert  à  lisser,  h  donner  du  lustre,  du  moiré  à  une  étoffe. 

Kodier  fait  dér.  ce  mot  du  gr.  KaXéovxsç,  rouleau,  et 
Roquefort  de  KûXivSpoç,  cylindre. 

Calandro,  s.  f.  Grande  alouette,  non  huppée;  calandre, 
Alauda  calandra,  Temm.  Oiseau  lie  l'ordre  des  Passereaux 
et  de  la  fam.  des  Subulirostres.  C'est  l'espèce  qui  supporte 
le  mieux  la  captivité  ;  elle  vit  longtemps,  chante  agréable- 
ment d'une  voix  éclatante  et  répète  les  airs  qu'on  lui 
apprend. 

Dér.  du  gr.  KiiXavopa,  alouette. 

Caléndâon,  s.  m.  Bûche  de  Noël;  grosse  bûche  qn*on 
met  au  feu  pendant  la  veillée  de  la  messe  de  minuit,  à  la 
Noël.  Les  gens  de  la  campagne  lui  attribuent  une  foule  de 
qualités  superstitieuses.  En  Provence,  on  l'appelle  Cacho- 
fuèc. 

Caléndàmt  est  le  titre  du  second  poème  provençal  de 
Frédéric  Mistral  :  une  nouvelle  et  magnifique  épopée  après 
la  charmante  épopée  de  Mirè\o.  Le  récit  des  amours  et  des 
aventures  du  jeune  et  beau  Caléndâoit,  le  héros  du  poème, 
sert  de  cadre  aux  tableaux  de  mœurs,  aux  descriptions  des 
vieux  usages,  des  fêtes,  des  gloires  de  l'ancienne  Pro- 
vence. 

Dér.  de  Caléndos. 

Caléndos,  j.  f.  pi.  Fête  de  Noël  ;  jour  de  la  fête  de  Noël. 
—  Pér  ccUéndos,  à  Noël,  à  fin  décembre.  Caléndoi  jalados, 
Pa$quo*  moutados,  éspigos  caradoi,  prvb.,  de  la  gelée  à 
Noël,  de  la  pluie  à  Pâques,  promettent  une  riche  moisson. 

Dér.  du  lat.  CcUendœ,  les  Calendes  :  terme  de  comput 
{lour  la  division  du  mois  chez  les  Romains.  Les  Calendes 
étaient  le  premier  jour  de  chaque  mois  ;  les  jours  qui  pré- 
cédaient se  comptaient  en  ordre  rétrograde.  Ainsi  le 
31  décembre  était  le  second  jour  des  calendes  ou  avant  les 
calendes  de  janvier,  secundo  calendas,  sous-entendu  antè; 
le  30  décembre  teriio  ccdendas,  le  29  quarto  calendas,  et 
ainsi  de  suite  en  remontant  jusqu'au  4  3">«  jour  où  commen- 
çaient les  ides,  que  Ton  comptait  aussi  en  rétrogradant 
jusqu'au  5">«  jour,  qui  était  le  jour  des  Nones.  La  fête  de 
Noël  se  trouvait  donc  à  peu  près  au  milieu  de  cette  série 
des  Calendes,  et  comme  cette  fête  occupait  plusieurs  jours, 
on  appelait  tous  ces  jours-là  les  Calendes  de  janvier;  et  la 
fête  de  Noël  étant  une  des  plus  grandes  solennités  de  l'année, 
on  l'a  appelée  Calendos  par  excellence. 

Le  mot  lui-même  en  lat.  Calenda,  vient  du  gr.  KaXsîv, 
appeler,  parce  que  le  jour  des  Calendes,  à  Rome,  on  convo- 
quait le  peuple  pour  lui  annoncer  le  nombre  des  jours  du 
mois,  la  nouvelle  lune  et  quel  jour  tomberaient  les  Nones. 

Calibè,  «.  m.  Gaillebotte,  masse  de  lait  caillé;  du  lait  en 
grumeaux  qu'on  obtient  du  pelil-lait  en  le  faisant  bouillir. 
On  en  fabrique  plusieurs  mets,  entr'antres  Visearassoù,  qui 
est  une  sorte  de  rhobarbe,  et  la  réquiieho,  reomte,  sorte  de 


crème  qu'on  prépare  avec  du  sucre  et  de  la  fleur  d'orange, 
et  qui  a  quelque  rapport  avec  la  crème  à  la  Chantilly. 

Dér.  de  Cal,  venu  du  lat.  Coagulare. 

Calibre,  s.  m.  Calibre,  diamètre  intérieur  d'un  tube, 
comme  fusil,  canon,  conduit  de  fontaine,  tuyau,  etc.  Au 
fig.  constitution  physique,  valeur  individuelle.  —  Quinte 
calibre!  quel  calibre!  dit-on  en  voyant  un  individu  forte- 
ment constitué,  surtout  une  femme  aux  formes  puissantes 
et  développées. 

Dér.,  dit  un  auteur,  de  l'arabe  Calib,  moule. 

Calice,  j.  m.  Calice,  vase  où  l'on  fait  la  consécration  de 
la  messe.  Il  s'applique  seulement  dans  cette  acception.  — 
Propre  conmo  tm  calice,  très-propre,  très-net,  comme  un 
calice. 

Dér.  du  lat.  falix,  coupe,  tasse. 

Calicô,  s.* m.  Calicot,  tissu  ou  toile  de  coton,  moins  fine 
que  la  percale. 

Emp.  au  fr. 

Caligna,  v.  Courtiser;  flatter;  coqueler,  faire  l'aimable 
auprès  des  femmes;  faire  sa  cour,  faire  l'amour;  niugueter; 
convoiter.  —  Caligna  à  cos  dé  poun,  faire  l'amour  à  coups 
de  poing. 

Ce  mot  parait  être  une  corruption  de  Galina,  qui  n'est 
pas  dans  la  langue,  mais  qui,  en  l'admettant,  signifierait 
faire  le  coq.  Les  mots  fr.  galant,  galanterie,  de  Gat,  ont 
la  même  étymologie,  de  même  que  coqueter,  coquetterie, 
coquet,  dérivant  de  coq. 

Calignaîre,  s.  m.  Dim.  Calignaïroà.  Le  galant,  l'amou- 
reux d'une  fille,  celui  qui  lui  fait  la  cour. 

Même  étym. 

Calimas,  s.  m.  Au  pi.  Calimasses.  Chaleur  forte  et 
humide;  air  chaud,  lourd,  étouffant;  vapeur  chaude. 

Dér.  du  lat.  Calidus,  chaud. 

Câlin,  ino,  adj.  Dim.  Câliné,  éto.  Câlin;  flatteur;  (pu 
fait  le  doucereux,  qui  s'insinue  hypocritement  dans  les 
bonnes  grâces;  patelin. 

Dér.  du  lat.  Callidus,  rusé. 

Galion,  «.  m.  De  la  cendre  chaude,  de  la  braise  qui  se 
conserve  sous  les  cendres  ;  au  fig.  feu,  verve,  inspiration . 

Dér.  du  lat.  Calidus,  chaud. 

Galo ,  «.  /".  Abri  proprement  dit.  —  Ne  s'emploie  guère 
qu'adverbialement  au  dat.  à  la  calo,  à  l'abri  du  froid  et  du 
vent. 

Dér.  de  Caloù, 

Calas,  ».  m.  Au  pi.  Calosse».  Dim.  Calouseé;  péj. 
Caloussas.  Trognon  de  chou;  grosse  tige  d'une  plante  léga- 
mineuse.  —  Calas  dé  brus,  chicot  de  bruyère  que  Ton 
coupe  quand  on  rame  les  vers  à  soie.  Calds  dé  ^Ho,  la  tige 
de  nouvelle  pousse  des  mûriers,  qui  est  verte  et  tendre, 
mais  que  les  vers  ne  mangent  pas.  An  pas  laïssa  que  tout 
colosses,  ces  vers  ont  bien  mangé,  ils  n'ont  laissé  qae  le 
bois  de  la  feuille. 

On  dit  an  fig.  tin  ealàs  dé  fénno,  une  femme  trds^^rasse. 

Dér.  du  lat.  Cavlis,  tige,  ou  du  gr.  KoXov,  bois. 


CâM 


câm 


159 


Calossos,  €uij.  f.  pL  N'a  d'emploi  qae  dans  Bajanoi 
ealoisos,  châtaignes  sèches,  qu'on  ne  fait  cuire  qu'à  demi  et 
qu'on  mange  d'ordinaire  avec  de  la  salade. 

Dër.  du  lat.  Callostu,  calleux,  durci. 

Caloto,  s.  f.  Calotte,  petit  bonnet  hémisphérique  qui 
couvre  le  sommet  de  la  tète  ;  calotte  de  prêtre  ;  taloche,  tape 
du  plat  de  la  main  sur  la  tète.  —  Dans  ce  dernier  sens  : 
jowfa  à  la  caloto,  jouer  en  prenant  une  taloche  pour  enjeu; 
on  comprend  que  c'est  le  gagnant  qui  paie  et  le  perdant  qui 
reçoit. 

Caioto  est  aussi  une  réunion  d'habitués,  qui  font  cercle 
et  causent  assis  en  public,  ou  debout,  sur  une  place,  devant 
un  café,  etc.   * 

Un  auteur  fait  dér.  ce  mot  du  celt.  Calota  :  nous  n'avons 
pas  le  moyen  de  le  vérifier.  D'autres  du  lat.  Callus, 
couverture  de  tète,  que  nous  ne  trouvons  pas,  mais  qui 
viendrait  du  gr.  lîoXucTTb),  couvrir,  voiler  :  à  la  bonne 
heure! 

Caloù,  «.  f.  Dim.  Calounéto;  péj.  Caloufuuso.  Chaleur; 
au  fig.  ardeur,  feu,  véhémence,  activité.  —  Estre  en  caloù, 
entrer  dans  la  saison  des  amours,  en  parlant  des  animaux. 

Dér.  du  lat.  Calor,  chaleur. 

Calourado,  «. /*.  Echaufiaison;  bouffée  de  chaleur.  Au 
Rg.  concupiscence,  passion  de  l'âme. 

Dër.  de  diloà. 

Calonrén,  énquo,  adj.  Chaleureux,  échauffé;  d'un 
caractère  chaud  et  bouillant. 

CalonssQ,  ndo,  adj.  Dim.  Caloutsudé  et  Calaussudd; 
péj.  CaiouMsudai.  Robuste;  bien  membre;  ragot,  gros  et 
court;  qui  a  de  gros  membres. 

Dér.  de  Calas. 

Calonta,  v.  Donner  du  plat  de  la  main  une  tape  sur  la 
tète  ;  soufQeter.  —  Té  vas  faire  calouta,  tu  vas  recevoir  une 
taloche. 

Dér.  de  Caloto. 

Gain,  ndo,  adj,  Dim.  Caludé;  péj.  Caludas.  Myope,  qui 
a  la  vue  basse;  presque  aveugle.  Par  ext.  se  dit  des  moutons 
ou  brebis  atteints  du  vertige  ou  tournis ,  sorte  de  maladie 
qui  leur  rend  la  tète  lourde  et  les  fait  tourner  sur  eux- 
mêmes  jusqu'à  ce  qu'ils  tombent.  Elle  est  occasionnée  par 
des  vers  qu'une  mouche  dépose  dans  leurs  naseaux  et  qui, 
pénétrant  jusque  dans  les  sinus  frontaux,  y  font  de  grands 
ravages. 

Dér.  du  lat.  Caligo,  obscurcissement,  venu  du  gr. 
KaX6oTb>,  couvrir,  voiler. 

Camar,  ardo,  adj.  Dim.  Camardé  et  Camardoà;  péj. 
Camardas.  Camard;  camus,  qui  a  le  nez  plat,  gros  et 
écrasé.  Dans  le  peuple ,  on  donne  volontiers  le  surnom  de 
Camar  par  antiphrase  aux  gens  porteurs  d'un  gros  nez.  — 
Dé  sautés  camars,  des  souliers  à  pointe  large  et  carrée. 

Lou  camar,  stibstant.  se  prend  pour  le  nez. 

Son  étym.  est^lle  dans  le  gr.  Ka^xdpa,  voûte,  arcade,  qui 
a  donné  le  lat.  Camurus,  tourné,  courbé  en  dedans,  parce 
que  les  nez  camards  ou  camus  sont  courbés  en  dedans?  Ou 


bien  serait-elle  tirée  de  Camelus,  chameau,  qui  a  le  nez 
très-aplati,  mais  qui  porte  aussi  une  bosse  et  a  l'épine 
dorsale  fortement  en  arcade  et  en  voûte?  Les  unes  ont  sans 
doute  formé  les  autres  :  tout  se  tient. 

Gamba,  ado,  acij.  Dim.  Cam6ai/é;  péj.  Cambadas.  Jambe; 
qui  a  la  jambe  bien  faite  ou  de  longues  jambes,  suivant  le 
qualificatif  qui  précède,  ou  même  seulement  l'inflexion  et 
le  ton.  —  Camha  coumo  un  gai,  qui  a  des  jambes  de  coq. 

Dér.  de  Cambo. 

Cambado,  s.  f.  Dim.  Cambadéto;  péj.  Cambadasso. 
Enjambée;  gambade.  —  Fondra  bé  né  dansa  uno  cambado, 
il  faudra  bien  essayer  de  cette  danse,  y  danser  une  enjam- 
bée. 

Uno  cambado,  en  termes  d'agric.  l'enjambée  de  terrain 
que  fait  un  ouvrier  avec  la  houe,  c'est-à-dire  la  largeur 
qu'il  peut  atteindre  autour  de  lui  sans  changer  de  place  ses 
jambes,  qu'il  est  obligé  d'enfouir  dans  la  terre. 

Dér.  de  Cambo. 

Cambaîa  (se),  v.  Mettre  ses  jarretières. 

Dér.  de  Cambo  et  de  ïa,  lier. 

Cambaiè,  s,  f.  Dim.  Cambaiè'tréto.  Jarretière. 

Môme  étym. 

CSambajoù,  s,  m.  Jambon,  cuisse  de  porc  salé.  —  Tirarén 
d'aguï  coumo  d'un  cambajoà,  ce  sera  là  notre  plat  de 
résistance,  qui  doit  servir  pour  plusieurs  jours.  Tiro  d'iéou 
coumo  d'un  cambajoù,  il  me  prend  pour  banquier,  il  tire 
sur  moi  comme  si  son  crédit  ne  devait  jamais  s'épuiser. 

Ce  mot  a  toute  l'apparence  d'un  dim.  de  Cambo,  de 
même  que  son  correspondant  fr.  jambon,  dim.  de  jambe  : 
nous  ne  savons  pourquoi,  car  c'est  la  cuisse  et  fort  grosse 
encore  qu'il  désigne.  Sauvages  fait  la  même  remarque,  et 
cite  plusieurs  mots  fr.  ayant  leurs  analogues  en  lang. 
qui  offrent  la  même  anomalie,  comme  :  caisse,  caisson, 
càisso,  caïssoù;  sdlle,  salon,  salo,  saloun;  saucisse,  saucis- 
son ;  sàoucisso,  sdoucissà,  etc. 

Cambaloto,  «.  f.  Dim.  Cam6a/ou(éto;  péj.  Cambaloutasso. 
Culbute  ;  cabriole  ;  saut  périlleux.  —  FaXre  la  cambaloto, 
faire  la  culbute,  tomber  cul  par  dessus  tète.  Faïrs  dé 
cambalotos,  faire  des  cabrioles. 

Quoique  ce  mot  semble  avoir  pour  racine  le  mot  Cambo, 
il  est  probable  qu'il  dér.  de  l'ital.  Tombolata,  qui  a  la 
même  signif.;  seulement  le  lang.  en  l'empruntant  Fa  trans- 
formé de  manière  à  lui  donner  une  physionomie  plus  locale 
par  la  métathèse  de  Cambo.  Il  est  certain  qu'en  prenant  ce 
dernier  pour  racine  du  mot  Cambaloto,  on  ne  sait  trop  que 
faire  de  la  désinence  aloto,  qui  ne  présente  aucun  sens  ni 
aucune  analogie. 

Cambaloata,  v.  Faire  la  culbute;  faire  des  cabrioles; 
tomber  la  tète  en  bas. 

Cambaln,  ndo,  a4j\  Qui  a  de  longues  jambes;  c'est  la 
tournure  du  héron  voyageant  sur  ses  longs  pieds. 

Dér.  de  Cambo. 

Cambarô,  s.  m.  Douleur  vive  au  poignet  à  laquelle  sont 
sujets  certains  artisans  par  le  fréquent  exercice  de  cette 


IGO 


CAM 


CAM 


partit^  (lu  l)r;is,  ou  plutôt  jnir  la  npriso  irim  Ir.n.iil  il*' 
iiiniii  on  (le  liras  iloFit  (Hi  a\ait  p'M'ilu  riialiilu<lf\  L"s 
fanrlu'Ui's  y  soFit  tivs-snjctsaii  iNMiiiiit^iii-cint'iit  d-' la  saison, 
[)arci*  qu'ils  «''laifiit  d(''slial)itn'''s  depuis  plusieurs  iumJs  d'un 
travail  (pii  iuliTcss"  pivsipie  cKelusiviMiiMit  les  nerfs  et 
liifalures  des  putii/iiels.  On  pivtend,  saii>  dtail"  jiar  pr-'-juLié, 
(ju'un  hiMcelct  (lu  conlnii  d'eearl.iif  e>l  le  |-t^iii('de  de  c-elte 
inen.'iiiiinditt'. 

D't.  dt'  l'ilid.  (iinuhd  rodii ,  qui  a  la  iiiriiie  siLiiif.  Pim- 
iKiM'Min'nl  on  a  appli.pi»'-  au  luvis  un  terme  qui  axait  été 
IrttU'.é  dans  le  piin.jp.'  ji  .ur  une  d.  ulcni-  d-'  uiém..  n.iiure 
à  la  jauiln'. 

Cambéto,  s.  f.  I^'li^•  j.iiidi<';  jiian«-!i(M'>n  d'un  araii'e, 
(pli  t>>l  >urintinl''  cl  l(^i"niin(''  [)ir  je  nianejic  uu  nianfj'fni. — 
Vfùic  Jti  (-(nn/n'io^  dunnei"  un  eîMeeii-jiuiilic. 

l>^-  si'mula-cantln'to,  l(u.'.  ad\i'rl)..  à  el*icli*'  pied. 

Dnn.  de  Vntiiho. 

Cambi,  5.  >//.,  nu  Candou.  Aluinnenieni  ;i\ee  nn  n.iré- 
clial  [Miur  Ierr<'r  les  c"lic\au\  d'iiin'  léiinc,  ci  r<'parci-  les 
outils  ar.llnire'^.  —  Fera  à  rnml'i.  l'cii-er  par  alcinncMi.'iit. 

l)an>  le  juineijtc  (^///</>/ >i..'niliail  ('l'Iian^ije:  cVst  par  ini 
exi.'cs  d"c\l'  n>i«in  de  >en>  (ju'il  en  cs|  \ciiu  a  ne  pins  >i_jni- 
licr  (ju'altMnnenient. 

I)i'r.  du  lai.  Canihiiifti,  écli.inLt' 

Cambo,  .v.  /'.  Dim  ('muf'rht;  \h'\.  <'(niflni'<s'>.  .laud'C, 
partie  du  (.•i»r[is  du  L;v>n"U  jusqu'au  ]iied;  ti""ne  d'ailtri',  tiLc 
de  plante.  —  Doiuni  fus  nnnhti^  à  un  ifofi,  dniincr  la 
lilii'rté  au\  jaiiilics  d'un  enl'inl  ,  ç'cst-à-dire  lui  <'>tcr  le 
niaillni  et  le  \clir  d"nne  r(tl»e  jkiui"  la  piiMnière  l'ois,  i^imf'o 
lii'  jf(isti<  tro,  -urnoin  (pi'on  aj»[»!ique  à  un  cai'iicnx,  à  eaux- 
de  lu  ressi'iid>lanee  de  conlomialion  de  ses  jandii-s  a\'H.' 
celles  d'un  liaju'  de  niaie-àqv-lrir  tpii  ont  la  niênic  d(''ri\a- 
tiou.  Ciniihit  f'ih (o,  'yAi\i]\\'  il  ujoiiii'  pai\d} .st'c.  qu'on  tr,nn«* 
ou  qu  on  jette  eji  axaul;  celui  qui  est  afllif-'é  de  (."elle  infir- 
niit''.  Scinhlo  tju'nn  vht  inc  pissn  à  lu  vmuho,  [)ln'i>e  faite, 
pour  e\prinier  le  mépris  «ai  le  peu  de  cas  qu'on  lait  de 
\aini>  [i.uolcs,  ou  d'une  sotte  fanfaronnade 

I)ér.  de  la  baSS.  lat.    Cnniha,  même  si|,'.,  ou  du  lT.  K7.;j.rrr], 

courbure,  jointure.  En  ital.  iKiiiibn. 

Camboï,  s.  m.  Cambouis,  \ieu\  oinn  d'une  roue  de 
charrette,  ou  d'uuo  macliine,  deNrnu  noir  par  suite  du 
IVottomenl  et  j)ar  le  mé|an;je  îles  parties  métalli(pies. 

I)ér.  du  celt.,  dit  Iloiuiorat.  Jo  lui  crois  plutôt  une 
parenté  naturelle  a\ec  Camhajoit ,  à  cause  de  la  graisse  de 
[»orc  (pii  (il  est  la  base.  —  Vo*/.  Cdinbnj'iit . 

Cambovira,  c.  Faire  la  cidbut*^  culbuter,  renverser, 
mettre  sens  dessus  d(\ss(His.  Au  ti^'.  tn'passer. 

l'urmé  de  Cambo  et  de  Vira. 

Cambra,  ado,  afj.  Caud)ré:  «nrqué;  courbé;  \oùté. 

I)ér.  du  gr.  Kaaa;>a,  voiite. 

Cambrado,  s.  f.  D'un.  Camhra<fvto ;  p(q.  Camhradasso. 
Cbaiid)rée,  en  terme  de  magnanerie,  la  quantité  de  vers  ou 
de  C(jcons  compris  dans  une  magnanerie.  —  Faire  uno 
cambrado,  (île\er  des  vers  à  soie;  mena  la  cambrado,  diri- 


!   gcM-  leur  éducalioii     Mamjua  sa  cambrado,  ne  pns  réussir 
sa  (•Iiamliré(\ 

Di'r.  de  Cmnhro. 

Cambrïoù,  >.  m.  Dim.    fambrïouné.   Petite  cb.imbro; 
cliambi'(MIe  ;  cabinet. 
J)ini.  de  ((inib/o. 

Cambro,  n./".  Dim.  f'arhbreto,  cambriou  ;\)i''}.  Cambrasso. 
(diandue;  plus  pirliiailièrement ,  appartement  où  V(m 
courlie,  —  Mninihi  uno  cambro,  meubler  une  cliainbn? 
pour  dcN  nou\(\ni\  marir-s. 

I (t  (••!n/''rn^  \.[  chambre  des  déjnilés.  .\ccej»tion  nouvelle 
[n'\<<'  du  fr.  cl  intiodiiite  d.uis  le  langage  j)n|ili(pio. 

D'i".  ilu  l'I.  CmiK-ni,  îjième  sign.,  ou  du  gr.  Ka-iaoï, 
\oule. 

Cambroul,  .s.  m.  Kchiubouhire,  énq^tion  de  boutons. 
eniore>ctM)ce  de  l'epiderme,  maladie  counnune  au\  enfants. 

Camélô,  .v.  )u.  (lanii^lol,  grosse  étoile  de  laine,  originaire 
^w  Le\  ml,  où  elle  éidl  lissée  dc  poils  de  chauKMU  ;  ce  qui 
'   lui  a  Valu  .^ou  nom. 

D'r.  du  -T.  \\'j-ir\<-,-t',  ]i«\ni  di»  chameau. 

Camcou,  s.  m.  ('.IriMieau,  Camo/us  barfrianus,  Linn. 
>l  i!.,'iiif''iv  il  '  la  faiii.  d  'S  Ruminants;  il  [lorte  deux  bosses 
sur  le  d  ■>.  \u  lig.  un  L-rand  nignid,  badaud;  une  grande 
fciiiiie  III. d  «•!i,n"penlée  cl  s.ius  grâce.  —  [,es  armoiries  tlf* 
l)'-/iei>  suiit  un  cliaiiMau.  \)">  malins  lui  ont  alîecté  jK)ur 
il  'N  i>e  :  St  H  f'";",  nous  >onnnes  fort  uombi'euv. 

/•\///r  /'///  nini'ou,  se  courliei',  se  Voûter;  faire  b^  dos  de 
(■liaMii\iu. 

D.'r.  du  lai.  <\inicf(ts ^  ou  du  gr.  Kc(;j.r,Ào;,  ni(>me 
sii'U. 

Garni,  .s.  m.  Dim.  Cdmiué.  Chemin,  route,  voie,  S(Miti(T. 
—  Cmn't  mrs.stf/iô.  clieniin  (jui  Conduit  à  la  messe,  k 
l'i-gii-ie.  C-/////  f/f»\-  vn'Irntitn'i,  ebemin  des  débiteurs  :  cheniiu 
lie  ira\cr>e,  mauNaiN  eheniin,  [dus  long  (pie  In  voie  directe. 
Ttiiit  rtnitf  nii-nnrtt  r//o,pr\b,.  tout  chemin  conduit  ;\  Houie. 
r.\  1)  1(1  fni  de  soufi  r./tn't,  il  est  à  la  fin  de  sa  course. 

Plusieurs  étuiiologies  ont  été  proposées:  d'abord,  du 
cell.  Coin,  marche;  tiii  d'un  mot  égypti»Mi  Cfunn  ou  Chem, 
siijnilianf  ineeudir,  l>u  ;  parce  (jue  les  premières  voies 
auraient  été  Ira  vers  |iar  le  feu  ;  ou  de  l'ancien  gothique 
l'anH'H,  ijifiinan,  ou  du  teuton  Komcn,  av(^c  le  sens  dc 
chemin;  <»u  de  l'allemand  Kommen.  aller  et  venir;  enfin, 
selon  Ménage,  de  Camhtarc,  tiré  de  Campinare,  diinin.  de 
Camparc,  formé  du  gr.  Ka-j-rrr],  jambe.  En  ital.  Cammino: 
en  c>,p.  (^(iminoj  on  portug.  Cami)iho;  en  cat.  fami.  La 
M'aie  sour«'(»  parait  être  dans  la  premi(''re  indication  :  on 
trou\e  en  «^ll'et  Camnn  en  kvmri,  Ccum  en  ga("'l,  Kamen  on 
armoricain  :  h'am  y  signifie  Pas,  comme  le  Kymri  Camre: 
dont  l'anglais  a  fait  to  corne,  venir. 

Camina,  v.  CbemiiKM-,  faire  route,  marcher,  aller,  faire 
Son  cheiinn.  —  famitw,  tron  dé  l'air!  as  pôou  que  la  lèro 
té  manque?  fais  ton  chemin,  morbleu!  lu  as  jxîur  que  la 
terre  te  man(iue?  C'est  une  phrase  faite  qu'on  accuse  les 
provençaux  d'adresser  aux  personnes  qui   leur  demandent 


CAM 


CAN 


161 


leur  route.  Ce  ne  peut  être  qu'une  calomnie  motivée  par 
leur  brusquerie  native  :  si  elle  a  quelque  chose  de  vrai,  ce 
défaut  8*efface  chaque  jour  par  les  progrès  de  la  civilisation. 
Ftti  bon  camina  lou  mati,  il  fait  bon  marcher  le  matin. 
Hamino,  eaminof  marche,  marche  :  sorte  dMnterjection, 
pour  faire  avancer,  ou  pour  chasser  quelqu'un. 

Dér.  de  Cami. 

Gaminaïre,  s.  m.  Cantonnier,  ouvrier  employé  à  l'entre- 
tien ou  à  la  réparation  des  chemins;  marcheur. 

D6r.  de  Camï. 

Caminarèl,  èlo,  adj.  Voyageur,  qui  fait  beaucoup  de 
chemin  ;  marcheur,  qui  marche  beaucoup,  longtemps. 

Dér.  de  Cami, 

Gaminolo,  s.  f.,  ou  Garéîroù.  Petit  sentier;  chemin  de 
traverse;  chemin  rural. 

Dim.  de  Cami. 

Camisar,  ardo,  adj.  Qui  est  en  chemise;  qui  va  en 
chemise. 

Lout  CamUards,  les  Camisards,  bandes  armées  de  calvi- 
nistes cévenols  dans  la  guerre  religieuse  du  commencement 
du  XVni"«  siècle.  Ce  nom  leur  fut  donné  de  ce  qu'ils  por- 
taient sur  leurs  habits  une  chemise,  camiso,  ou  un  sarrau 
on  blouse  de  toile  blanche. 

Camiso,  «.  f.  Dim.  Camiséio.  Chemise,  vêtement  de 
linge  avec  corps  et  manches,  qui  se  porte  sur  la  peau.  — 
En  cor  dé  camiso,  sans  autre  vêtement  que  la  chemise  et  le 
pantalon,  ou  la  jupe.  En  manche  dé  camiso,  sans  habit,  de 
manière  à  montrer  les  manches  de  la  chemise.  Tm  car  es  pu 
prèehi  que  la  camiso,  ou  es  pu  près  la  car  que  la  camiso,  la 
chair  est  plus  près  du  corps  que  la  chemise  :  cette  phrase 
est  employée  pour  exprimer  qu'on  porte  plus  d'intérêt  à 
soi-même  ou  à  sa  famille  qu'aux  étrangers. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Camisia. 

Cainmaa,  s.  m.  Hameau,  manoir  principal  d'un  domaine. 

Dér.  de  Cap,  chef,  tête,  et  de  Mas,  métiirie. 

Camouflé,  s.  m.  Camouflet,  insulte,  affront;  mystifica- 
tion, bans  l'origine,  cette  sorte  d'affront  consistait  à  soufller, 
an  nez  de  quelqu'un  qui  dormait ,  de  la  fumée  avec  une 
paille,  un  chalumeau  ou  un  cornet  de  papier  allumé. 

Dér.  du  lat.  Calamus  et  Flatus,  chalumeau  et  souffle, 
Caiamo  flatus. 

Campagnar,  ardo,  adj.  Campagnard,  qui  habite  la 
campagne.  On  dit  mieux  Pêtsan. 

Campagne,  s.  m.  Sonneur  de  cloches,  celui  qui  est 
chargé  de  sonner  les  cloches. 

Dér.  de  Campano. 

Campagno,  s.  f.  Campagne,  grande  étendue  de  pays; 
lieux  en  dehors  de  la  ville  où  sont  les  champs,  cultivés  ou 
non  cultivés;  expédition  militaire  et  sa  durée.  —  Àna  en 
campagno,  faire  un  voyage. 

Dér.  du  lat.  Campus,  champ. 

Campanéja,  v.  fréq.  Sonner  les* cloches;  brimbaler  les 
cloches  ;  sonner  à  coups  redoublés. 

Dér.  de  Campano. 


Campanéjado,  s.  f.  Contenu  d'un  clayon;  plein  un 
clayon. 

Dér.  de  Campanéje. 

Campanèje,  s.  f.  on  Léradoù.  Clayon ,  sorte  de  panier 
plat,  plus  long  que  large ,  avec  un  étroit  rebord ,  formé  et 
tressé  d'éclisses  en  bois  refendu.  On  l'emploie  à  faire  sécher 
les  fruits  au  soleil ,  pour  transporter  le  linge  sec  du  lavoir, 
et  pour  élever  les  vers  à  soie  dans  le  premier  âge. 

Campanéto,  s.  f.,  ou  Conréjolo.  Liseron  ou  volubilis, 
Cohvolvulus  arvensis,  Linn.  Plante  de  la  fam.  des  Convol- 
vulacées ;  sa  fleur  blanche  ressemble  à  une  clochette,  d'où 
lui  vient  son  nom.  —  Voy.  Couréjolo. 

Campano,  s.  f.  Dim.  Campanéto.  Cloche;  clochette, 
sonnette.  —  Bé  dé  campano,  se  disait  autrefois  d'une  pro- 
priété cléricale. 

Dér.  du  lat.  Campana,  nom  pris  de  la  contrée  d'Italie 
où  les  premières  cloches  furent  connups,  et  dont  saint  Pau- 
lin, évêque  de  Noie,  en  Campanie,  fut  le  premier  à  intro- 
duire l'usage  dans  les  églises,  en  400. 

Campéja,  v.  Poursuivre,  courir  après  quelqu'un;  chas- 
ser, dissiper.  —  La  fan  lou  campéjo,  la  faim,  la  misère  le 
talonne.  —  L'aï  campéja  tout  lou  jour,  je  l'ai  poursuivi 
toute  la  journée.  —  Lou  son  té  campéjo,  le  sommeil  t'ac- 
cable, te  poursuit. 

Dér.  du  lat.  Campus  et  Agere. 

Campèstre,  s.  m.  Terrain  inculte,  sauvage  ;  propriété  de 
peu  de  valeur  et  de  mauvaise  culture;  pays  montueux. 

Dér.  du  lat.  Campestris,  champêtre. 

Camus,  uso,  adj.  Camus,  camard,  qui  a  le  nez  court  et 
aplati.  Se  dit  mieux  Camar.  (Y.  c.  m.)  —  Qu*a  un  pan  dé  na$ 
n'es  pas  camus,  prvb.,  qui  par  une  inversion  du  physique 
au  moral,  du  propre  au  flguré,  s'applique  ironiquement 
à  quelqu'un  qui,  recevant  une  juste  mystification,  échouant 
dans  une  entreprise,  n'en  ayant  qu'un  pied-de-nez,  voudrait 
encore  se  faire  passer  pour  hahile  ou  pour  avoir  réussi.  — 
Yoy.  Camar,  même  étym- 

Can,  s.  f.  Plaine  sur  une  haute  montagne.  —  Avec  la 
même  signif.  et  sans  toutefois  que  cette  différence  puisse 
être  expliquée,  si  ce  n'est  par  un  usage  local,  on  dit  pour 
certaines  désignations  la  chan,  en  faisant  sentir  le  ch,  pour 
la  can,  synon.  Ainsi  la  chan  dàou  Tor,  plaine  sur  la  mon- 
tagne du  Taur  (Ardèchc),  et  la  can  dé  l'Èspitalé,  plaine 
d'une  montagne  de  la  Lozère,  n.  pr.  de  lieu,  ayant  appar- 
tenu aux  chevaliers  hospitaliers  de  St-Jean  de  Jérusalem, 
qui  possédaient  plusieurs  commanderies  dans  nos  pays. 

Il  n'est  pas  douteux  que  ce  monosyllabe  Can  pourrait 
être  une  altération  orthographique  dérivant  soit  du  latin 
campus,  soit  de  can  tus,  selon  qu'il  serait  orné  à  sa  der- 
nière lettre  de  la  consonne  indicative  pont;  mais  il  est  à 
remarquer  que  le  mot  n'est  reçu,  dans  notre  dialecte,  qu'au 
féminin,  dans  l'acception  qui  précède,  avec  la  flexion  du 
C  dur,  qu'il  a  retenue  du  latin  ;  il  n'existe  pas  au  masculin 
isolé,  avec  aucune  des  flexions  du  C.  Seulement  il  entre 
volontiers  en  composition  dans  les  deux  sens  de  champ  ou 

91 


164 


CAN 


CAN 


toutes  ces  altéiMlious,  en  coiiservanl  tantôt  leui'  tournure 
pninili\e,  en  Ja  remaniant  tantôt  à  sa  manière. 

Essayons^  pour  ariiviT  aux.  tiens,  mots  «pii  nous  occu- 
jKînt,  (le  ivmunlei"  e^lte  loUj/ue  éeln-lle  de  variantes.  .Nous 
avons  parlé  (lt\s  MilîiKi.'s  a,  ne,  ur^jue,  au  ;  dans  l'espèce  il 
en  apiKirail  d»;  nuiiseauv  sur  la  }ilus  ancifuiie  l'oriiu\ 
Camie f  Comlc ,  Comldte.  P.ir  l<'s  exf.Muples  on  arn\e  au\ 
plus  cljires  dénu mis! râlions.  La  j^rainmaire  et.'lli  jue  de 
Zeuss  en  lournil  d'  nombreux  :  dia,  dcus,  dia-de,  divinus: 
doin,  lioiiio,  doiii-dc,  humanus;  did,  forum,  dul-de,  lorcn- 
sis;  he(t,  \ita,  ln'o-de,  \i\us;  hi,  pix,  bi-dc,  [lieL'Us;  nntn, 
cu'lum,  iicin-di-,  eo'li'.slis;  ilum,  e<'r\us,  dam-de,  cei"\inus; 
trab,  [vAïii ,  h(if^-d(i,  Irahealus;  n'(j,  rcx,  ritj-dn,  re^'ius  ; 
/Vi</,  l'abus,  f»iij-dc,  i"aL:inus;  —  (-/.v,  liscus,  ecn^ns,  ris-tf, 
censoi'ius;  mîs,  iii'Misi>,  ntis-le,  men>truus;  vos,  rosa,  ms- 
/e,  i*os<iiium  ;  Inol,  mt>iin.'nlum,  tunbtoi-ie,  momentancum  ; 
(juty  Nov,  'Jtiîfn,  NOoalis;  — •  bric,  [)ons,  brir-atc,  i»onliiis; 
dun,  cabhum,  arx:,  dtm-alc,  casliensis;  mr/cv,  <.iUJipu>, 
mai'uU'y  camjK'btiis;  tidnl,  \,{\[\>,naul-t(ule,  valli'slris;  «'ir., 
etc.  l*ar  où,  il  ivsulle  cpie  de  =  du  =  /<?  =  aie,  linait-s 
adjeelixi'S,  s-mt  identiques. 

l)e  j>lns,  si  l'on  \eut  remanpifr  <jue  de  et  <li  sont  deux 
SNllaltt'S  Inrt  .>nj('U<'s  à  se  ei^idondie,  ou,  coumie  dit  Zeuss, 
qui  altenicnl  snu\.'nl  cnsemlilc;  —  nous  1<'S  a\ons  en  ♦•iVit 
retrou\écs  dan>  If  ;.^dl.'io;  —-si  l'un  lient  eoiiqde  de  riiilrn- 
dueti»tn  du  ^>'nilir  en  /,  iiii[)ii>é  par  je  lalin  au  e.lijijue, 
dans  les  di'iinmijialiiMis  locales,  et  (les  procédés  au  iiio\en 
desqu*-ls  la  il' ^in-'iu-i'  ;:aid(ii>e  </A,  cl, ,  élail  conberNt-e  à  la 
eondilioJi  de  s'adjoiihlre  la  linale  caraeléi-isli(pie  laline  en 
lis,  a,  uni:  il  x'ia  l'aeile  d'  eon^latei-  une  i>art,Milé  liv>- 
ra[ip]"nelieij  (  iih-'  (atdr^  ('<nid(ilc,  el  noli'e  i'andm,  (ati- 
di-ar-um,  (i.di-liae.  l/as>-imilali.<n  a\ec  (^m'Hanjur,  idn- 
dianiiiis,  i'dttliitHfrtr,  (^indillai'i-'ues,  ne  ser<i  pas  moius 
évidejile. 

Ce[n'jiilaMl  les  lei'iiies  de  rr-qualion  (pie  nous  NClioiiS  de 
piiser  ^;u  les  d.'siheiii'i'.s  a:ljeeti\i'S  bO  sont  mulliplies.  La 
lijiale  ^,.ul  1-"  pii:i,lli\e  ne  =^  ce  r=  de  =^  le  =  aie,  s'ebl 
miidili'.e,  c  >iu\  iii'  '  laiilol  a\ee  el!''-niL'iiie,  lanliH  a\ec  les, 
suni\es  ialins;  par  sinl<'  d'iiilluemes  agissiint  sur  les  or^^a- 
neb  de  la  \vix  el  de  la  pr-'invneialion,  bel-m  les  elimals, 
sui\anl  l"'  ]]ii.'Iaii_^e  cl  h  eontaet  île  divers  idit»me>,  elle  a 
pris  \rs  iurmes  li  >  plus  làzarres,  elle  admet  les  vari.ude.s  Ks 
plus  dl^p...■a^■.>  en  appircui-e.  Si  hien  (pTcHc  se  liuu\e 
aujourd'hui  i'epi't''StMil"e  par  a,  as,  at,  aryife,  c,  cy,  crync, 
orytie,  c:,  /es,  eu,  ivu,  y,  et  ime  jnlinité  d'aulres  sullixes 
simpli.-^,  >aii,-^  eo'ii^'ler  eeu\  produits  ])ar  redonldenienl,  par 
ladjonclion  du  laiiii  oU  du  tudesijue.  Ici  la  raison  de  ees 
variélés  cSl  seii>il)le. 

Le  radical  haut  ^^  hou  s'êtaiit  ailjeclivr-  pour  l'cdre  un 
nom  de  li«  u,  ])our  de.siuuer  une  propriété  d'at)rès  sa  j)osi- 
ti(»n,  a  donné  Knu-de  =  h'ou-de  =  Kon-uk  =  Kou-ck,  et 
les  autre>,  lalinivs  en  Ctmlale,  Vondatutn,  CundQlum,  tra- 
duits par  (  aueains,  angulaire,  pour  signifier  un  lieu,  un 
terrain,  une  maison,   Manùo,    Villa,  Prœdimn,  Castrum, 


situés  dans  un  angl(\  lormant  un  angle,  au  confluent  de 
deux  rivières,  dosiné  par  la  jonction,  la  rencontre  de  deux 
cours  deau,  le  plus  sou\ejit,  on  encore  et  par  extension, 
dans  un  angle  terreslre  f'irmé  i)ar  des  \allé'-s  ou  partout 
autre  aeciil'  ni  il"  terrain  rv'iiiaïqualile.  On  coujprend  pour- 
(pioi  le  radical  Kanl,  h'on,  se  trouvt!  dans  tant  de  noms  de 
lieux  et  e^l  dcM'im  si  coniiiiUii  en  l'rance  :  aussi  toutes  les 
localit*''S  (pie  l(.'s  anciens  litres  dt'signenl  ])ar  le  mot  lottdale, 
sont-elles  loulo  post'es  au  conilueiii  de  deux  rivières. 
l'Apill\  le  jeu^aïque  a  pi'opos  de  (Onde  r[  ro/iJ^//,  en  disant 
tf  que  Ces  iiouis  suiii  sNii' »n  \  uii^s  el  si^'inlient  la  même  chose 
ipie  coiiilii  "lit  ou  joiiciinii  de  i'i\  iiTt.'.  »  L\idemnienl,  Candia 
sur  le  N'isliv,  (  t  (  <ni<uaryiie  sur  Tel  nig  d»-  Maguelonne,  el 
rormanl  angh',  n'fuil  j)as  d'auh'e  rai>on  dénominative  ;  ils 
la  ]»reniieji(  d.ms  It  ur  situaliun,  comnie  leurs  analogues  : 
(landes,  Cou  laie ,  i'ondoia,  Touraine,  hidre -et -Loire  ; 
Candé,  i'onileifiin,  Loir-el-dlier,  .Maine-et-Loire,  Charente- 
[nlV'rieiir.',  \'ieiiue;  (lanililly,  Oise;  (lnidac,  Condatc  ad 
C(iiiutionn)n ,  (ai.iii'nîe ;  (loin [ne,  N'jemic;  Coudai,  Saône-et- 
Loiiv;  Cujhlal,  (\,icl(iti)^  (\iu  !(il>t)ii ,  l'/tf/daluni,  Cundadum, 
Lot,  Corrèze,  L :il-el-(iar'iii,ii-,  Pu\ -ile-Dôine,  nante-Vieinie, 
Caillai,  D'iilo-iic;  C.iiiiLs,  A\eyioii;  IZ  Coiiilé,  Cottdate, 
(On  hiliini,  ('<>/(  ,\ii.'tii,  (  'fil  'cl  m,  (Oirûilns,  (oadele,  (oue- 
ilaeiis,  <Ono<!(trn.\,  ('-.m  'l'i/fin ,  [\.A'  li-ule  la  iM'ance;  Cc^ndes, 
'l'ani,  .luia,  n.iiilr-M,iiiic;  (j  :ii!('-a  \ ,uues,  Lol-el-(iaronne  ; 
Coiidel,  Ca!\  ad»,  Tarn  ;  Coiideil»',  Pas-de-Calais;  Condillac, 
Droiiie;  C'iiileau,  Ojaie;  C  uiilrieu,  Conleiale,  Condriucum, 
lilione. 

Ce>  aïKil-gics  [)L.ur:\i!<Mi  s'  nulliplier;  adjulgnons-y 
M'ulemi'iil  II' •!>  a|"[' '''..ii' '..>  j.ii  i.  u-- 1  luclieiil  ;  (Oituddmiuo, 
Icire  aiili".]'.  i>  >  i„ji>iii  i;Je,  ,î  -i,..!!';-'!!  liV's-répandut- don- 
ne '  a  la  l-'ii'e  ja\,ici^;,,l,'  \\'{Va  il  maiiie,  coiiimi^  on  dirait  : 
le  coiii  Ju  sei,.,  riii',  ;lu  ni..ili>.  L  i''l(''!iienl  (O)ide,  Coula, 
lui  donne  «•••il  ^  .-ignili.a:!'  u,  q.ii  e^i  coinpléir'ç  par  l'abré- 
\ijli"n  ■  iijili  'iii  i'i'  1''  />  lui.i',  .01  g-'U.;  li-  mot  est  ensuite 
d''\eiiu  !'  il  'iii  pi..  !!.  e.'i.ii  •  .'.(/  C'jjiduintHe. —  Vo</.  Coum- 
ilaniiii  ). 

11  iaul  1  ne 'r.  rciwaitpi'':-  ;I<  a\  in 'ins  de  hameaux  dans 
le  (iarJ,  C  :i;  !ii:i  i ye,  i!...i:>  Li  c 'iMiiiune  de  SaiiU-Uonjau- 

dc-Ci  lûi.'ic,  vl  ton  !i(:.:ij'/i ,  Cnn  hisoniecf,  ComminiC  dc 
MonhlilL'i*,  qui  ]■  u»-ijI  èlr<  i.'L'iuerés  à  Condansargut, 
Conit.w^n.i','...',  J.ais  le  l-'iiit' -ire  du  (.laylar.  Les  variantes 
sur  h."  l'a.lii  d  ne  r>iil  que  c^ •iiili'hier  ce  que  nous  avons 
eîal'li  sur  i'i  l-uliî  '  X'  «  a/i  le  et  (  onde  :  même  conliguration 
ilaiis  le>  iii'..|s,  Uièiiic  si^-iiiliealion  ;  la  \o\elle  u,  qui  parait 
au  mili'-u  du  n-.!ii,  nous  l'aNoiis  égaleuieiit  trouvée  dans  les 
traducli  'U--  d     (  »-//  .\'  <  t  C»  n  lai,  dans  la  hass.  lat. 

Le  même  thème  pjimitir,  dans  sa  pureté,  suivant  que 
riniluetiee  gauloise  ou  roiuaim^  a  agi  sur  la  déiioiniiialion, 
se  m<tntre  enc'>re  dans  Loa  Cnn,  Le  Cun,  hameau  de  la 
commun".' de  Poiiniiiers,  (uneus  latin,  et  dans  Counâou, 
Connaux,  commune  de  Ijagnols,  cai  rélément  celtique  Jfon- 
ak,  est  i>lus  apparent. 

Les  termes  dc  co[nj)araison  auginenlciraient  si  l'on  voulait 


CAN 


CAN 


16& 


suivre  la  racine  dans  ses  transformations  :  Condate,  ancien 
nom  de  ville  dans  la  Gaule  entre  Nevirum  et  Brivodurum, 
est  aujoard'hui  Cosne,  Nièvre;  Condate,  vers  le  confluent  de 
rille  dans  la  Dordogne,  se  nomme  Condat,  près  Libourne, 
Gironde;  Cognac,  dans  la  Charente,  dans  la  Haute- 
Vienne  ;  tous  sont  appelés  au  moyen-âge  Condate.  On  voit 
d'un  coup-d*œil  la  nouvelle  série  d'appellations  locales  qu'a 
Eût  naître  le  premier  radical  :  Cognan,  Cognât,  Cogne, 
Gogners,  Cognes,  Cognièrcs,  Cognin,  Cogny,  Coin,  le  Coin, 
Coinces,  Coinches,  Coincy,  Coing,  Coigne,  Coigneux,  Coi- 
goières,  Coigny,  etc.  Concordance  de  racine,  variété  ethni- 
que des  terminaisons,  qui  se  rencontrent  dans  bien  des  noms 
communs  et  des  noms  propres,  en  lang.  et  en  fr.  de  même 
origine,  dont  le  sens  se  rattache  par  là  à  une  idée  de  coin, 
d'angle,  d'encoignure,  de  confluent. 

Mais  si  ces  déductions  sont  vraies,  de  tous  ces  rappro- 
chements il  faudra  conclure  au  moins,  sans  trop  de  témé- 
rité, que  les  noms  ainsi  formés  à  désinence  en  argue,  ou 
orgue,  ne  représentent  nullement  des  noms  historiques 
complétés  par  le  lat.  ager,  mais  des  localités  que  leur  situa- 
tion, leur  emplacement  seul  a  fait  dénommer. 

GandOQ,  «.  m.  —  Voy.  Camhi, 

Cane,  5.  m.,  n.  pr.  de  lieu,  Canet. 

Ce  mot  est  plutôt  un  nom  collectif  qu'un  dim.  Il  vient 
de  la  boss.  lat.  Cannelum,  cannaie,  comme  le  suivant,  lieu 
abondant  en  roseaux  et  môme  en  joncs ,  la  canne  des  ter- 
rûns  bas  et  humides,  rhassos. 

Ganéîè,  s.  m.  Lieu  planté  de  roseaux,  qu'on  coupe  tous 
les  ans  :  cannaie. 

Dér.  du  lat.  Canna,  roseau,  dont  le  rad.  celt.  est  Can, 
môme  sign.,  auquel  s'ajoute  le  suffixe  de  collectivité  ïè, 
similaire  à  ïèïro,  édo,  et  autres,  répondant  au  fr.  aie,  ay,  ei, 
eix,  etc.;  dans  le  bas  lat.  Cannetum. 

Canéla,  v.  Canneler  ;  en  parlant  du  blé,  se  former  en 
tuyau,  monter  en  tige. 

Dér.  du  lat.  Canna,  roseau. 

Ganèlo,  s.  f.  Roseau,  plante  aquatique.  Se  dit  aussi  du 
tuyau  de  bois  ou  môme  de  cuivre  qu'on  ajuste  à  un  ton- 
neau, à  une  cuve,  pour  en  tirer  la  liqueur,  la  faire  écouler  : 
robinet,  cannelle.  Mais  on  dit  mieux  en  bon  lang.  Enquo, 
dans  ce  dernier  sens.  —  V.  c.  m . 

Dér.  du  lat.  Canna,  roseau. 

Canéla,  ndo,  adj.  Caimelé;  creux  intérieurement;  qui 
forme  le  tube. 

Dér.  du  lat.  Canna. 

Ganfigoùs  ou  Ganfiégoùs,  5.  m.,  n.  pr.  de  lieu,  dans  la 
commune  de  Soustelle,  arrondissement  d'AIais.  —  Sauvages, 
prenant  la  seconde  version,  qui  est  cependant  peu  usitée, 
donne  à  ce  mot  la  sign.  de  terre  brûlée;  champ  où  le  feu  a 
passé  et  a  tout  embrasé  :  il  le  décompose  sans  doute  en 
Can  pour  Camp,  et  Fiégoùs  pour  Fuégoits,  do  Fuec,  ancien 
mol ,  feu.  On  potirrait  peut-être  aussi  le  faire  venir  de 
Com/ms  fiei,  champ  du  figuier,  lieu  planté  de  figuiers,  qui 
d'ailleurs  se  rapproche  davantage  de  la  première  appella- 


tion ;  mais  l'autorité  d'un  maître  tel  que  Sauvages ,  qui 
possédait  si  bien  la  connaissance  de  la  langue  et  le  senti- 
ment des  étymologies,  mérite  la  plus  grande  considération. 

Gangarô,  t.  m.  Blé  de  Crimée;  par  extension  tout  blé 
étranger  qui  arrive  par  mer  et  dont  le  peuple  fait  peu  de 
cas. 

Ce  mot  est  la  corruption  de  Tangarok  ou  Taganrok,  ville 
de  la  Crimée. 

Canîo,  *.  f.  Chenille.  —  Ce  mot  ne  s'emploie  que  pour 
désigner  ces  sortes  de  chenilles  microscopiques  qui  arrivent 
en  masse  et  détruisent  certains  végétaux  et  la  feuillaison 
des  arbres,  et  qui  meurent  sans  transformation,  au  bout  de 
quelques  jours  :  ce  sont  à  proprement  parler  des  vers  à 
pattes.  Par  là  on  les  distingue  de  VÈrugo,  qui  est  la  che- 
nille ordinaire  et  qui  passe  par  les  mêmes  métamorphoses 
que  le  ver  à  soie.  Il  est  une  sorte  de  Canïo  qui  s'attaque  à 
la  luzerne  et  en  dissè(iue  chaque  feuille  sans  en  altérer  les 
fibres  les  plus  tenues,  de  manière  à  la  réduire  en  dentelle. 
Ces  chenilles  s'abattent  en  telle  quantité  qu'en  une  matinée 
un  champ  de  luzerne  est  quelquefois  entièrement  dévoré. 
Après  trois  jours  de  vie,  cet  insecte  se  dirige  en  colonne 
serrée  vers  le  cours  d'eau  le  plus  voisin,  qu'il  devine  avec 
un  instinct  merveilleux,  et  où  il  termine  sa  courte  et  mal- 
faisante existence  en  se  noyant;  il  en  périt  aussi  beaucoup 
en  chemin,  et  leurs  cadavres  forment  une  trace  noire  dont 
on  distingue  à  peine  les  individus. 

Traduit  du  fr.  Chenille. 

Canisse,  s.  f.  Petite  et  même  espèce  de  roseaux  de 
marais;  le  clayon  lui-mêmo,  fait  de  ces  roseaux,  qui  sert 
de  plancher  aux  tables  de  vers  à  soie.  Ces  claies  en  treillis 
sont  préférables  à  des  planches  pour  cet  usage,  parce  qu'elles 
laissent  mieux  pénétrer  et  circuler  l'air  dans  leurs  inters- 
tices, et  qu'ainsi  la  litière  mieux  aérée  eét  préservée  de 
toute  fermentation.  Lorsque  les  vers  sont  jeunes  et  qu'ils 
pourraient  passer  à  travers  le  clayon,  on  le  tapisse  d'un 
papier  gris  qui  est  connu  sous  le  nom  de  papier-ma</Ha. 

Le  fr.  nous  a  emprunt!^  ce  mot;  mais  comme  chaque 
langue  a  sa  petite  vanité,  il  a  fait  comme  le  lang.,  il  a  défi- 
guré son  emprunt,  qu'il  nomme  Canis.  Quand  je  dis  le  fr., 
je  ne  dis  pas  celui  de  l'Académie  et  des  savants,  mais  bien 
celui  de  l'école  béricicole,  qui  recherche  et  fabrique  au 
besoin  tous  les  techniques  à  son  usage. 

Dér.  du  lat.  Canna,  dont  il  est  un  dim. 

Canisse,  s.  m.  Petit  homme  chc\olu  et  crépu.  C'est  un 
surnom  fort  répandu. 

Corr.  du  fr.  Caniche. 

Cano,  i.  f.  Canne,  bâton  ;  jonc,  pour  s'appuyer  en  mar- 
chant. 

Dér.  du  lat.  Canna,  roseau. 

Cano,  $.  f.  Cane,  femelle  du  canard,  Anas,  Linn. 

Cano,  t.  f.  Canne,  mesure  de  longueur.  Elle  varie  beau- 
coup suivant  les  pays.  La  canne  d'AIais  est  de  huit  pans, 
elle  vaut  4">  989;  la  canne  carrée  vaut  3'"  956  mill. 
carrés. 


ICG 


CAN 


CAN 


.Mt'suiv  (ItM-npacilf'  jMnir  lo  \in  :  r;mri(Miii''  oninic  rlnit 
il<^  IH  lilros,  l;i  MniiNoll.»  («Il  vaut  :M). 

Mosmv  Jp  capncil/'  [f^nr  riiiiilo  :  raiicioiinc  cniuie  \ niait 
!>  lihos  '.\1\,  la  M<  iiM'lIc  \;iiit  un  di'cnlitro. 

Cf'no  est  Sijii\<'iil  pris  j:''in''riijiit'iipM!t  pciu'  iJi'Vsiirc  d»' 
|nli|.-  (\sp'n'0.  —   r.s- yr/,v  Je  rr'//o.   (•^'^(   ili(lul»il;il)l(\  (."''.Sl  UllP 

;)SS'M"li(>ii  ([iii  n\i  pas  l"'s)iii  tl*  [irciivc  ;  uiu'  diiih'iisicii  <jiii 
pcul  M'  ['iSSM"  tl'iiiK'  iiifsure  f'\.i(.'lo. 

Kiicoiv  uni'  (It^  c^^s  JorutiiMis  (l'»nl  !«'  >\N|riiif>  iniMritjU'^  <\'^! 
(^n  .L;i;mil  Ir.iin  trolilit'ivr  rori;.'in<'.  Jjt  rcno  l'Miit  Uii»^ 
m  *>ii:v  (jr-  v-'»iil.Mi;itii;i^,  [uwv  l'iinih' suil'Uiî,  a  IrV-pi-u  pi^s 
1»^  d-'i'alili',*  ;u1u.'!:  ii);iis  liii  iurMnc  ii'uu.  ui'us  xc.iniis  ili«  !<• 
\iHi\  il  y  a\ait  nu^si  uiip  iii''*^iii't'  iL'  1.)1il;ii*'Ui\  (juî  (''ipii\a- 
lait  a  la  loisi-;  .^i  l'un  disiiî  (\if(fi  ••(hiiîik»  Ii-ïs^m'cI  auj-iur- 
d'iiiii  iii'''livr.  (i'csl  di'  c'Mli' d-Tiii ''!'■' uisui'i*  scid''i!)i'iil  ipi'il 
(^sj  ici  «[n"sli«>ii.  Nctr»'  1-iruli'iii  >'nsit;iil  surloul  au  j^Mi  d<' 
l)Mul\suua  d'aulr.'S  ji"U\  analit.i;ii''S  (|U<^  lo.s  cnraiits  avai^ul 
o]\  jjraîid  II  iiid)i'("  :  lors  diuic  cpTil  s'aiiissail  d»»  di'rid'M-  si  la 
l)uulf\  la  L'oliillt'  ou  11»  paliM  du  jitU'Hir  Olai-'iil  [>lu<  [uvs  du 
l)Ul  ([Ui'  f''lui  d'un  aulre,  nii  disait  ou  »'\aiiiiiiant  di's  }i'U\ 
d'alinrd  :  F.s  dé  rniin,  ou  lii>^Ii  :  Ils  pas  de  c<uto,  s^'liMl  i[Ui' 
1(^  (MS  l'-lait  (lU  pirais>;il  d  tuti'U\  nu  iiou.  Ils  jxis  de  r.:nn 
si;^ijilîail  jKir  (•oii>''(iui'iiI  :  il  n'y  a  pas  à  riM^surrr,  il  n'est 
pas  l)r'.>:»iu  d('  ijj('sui".'r  j.nur  di'cidiM'  »'»^  (jui  so  Mjit,  qu'il  y 
(Ml  a  dr  r<  st'V  VA  (•■'la  si'  dit  l  iuj'tur>  d»'  (.-o  (jui  l'sl  (Aident, 
li.'i>  de  ilisrussitu,  inroutistaldi*  ;  ri  par  exteiisinii  ou 
«'\  i::ér  iti"n,  d'  l'iut  in  li\iilu,  de  tout*'  rhuse  dnnl  les  qua- 
lités i»u  [>'■>  di'f.iuls  atlei^inMil  larL'i'iiiiMil  ou  dé('-i>^^'''d  iiiènic 
la  i)ie>uiv,  sans  (pie  toule|\  is  ni  Ciino^  ni  nnjtiv  aient  ri(:'n 
à  mesurer  en  tout  oo(.'i. 

Cano,  5.  /'.  (ihinrissiire  Mauelio,  isiièco  d"  iimisissure 
(pii  surnaLTP  on  paillettes  Manclies  sur  le  vin  mal  Itouclié, 
(tu  lorMpii'  la  luiulcille  a  été  mal  (''gouttéi^  au  lavai.'i'.  (Test 
co  cpii  Sort  1<^  premier  d'une  Imut^MlltMiM  lo  dernior  d'un 
tonneau.  On  dit  au  (ii:.  es  à  lus  canos,  il  esl  à  sec.  il  est  à 
son  dernier  sou. 

Dér.  (lu  Inl.  Cnniis,  blaiio. 

Canobas,  s.  m.  Mau\e  saii\age,  alcée. 

Canoù,  s.  m.  Dini.  Canouîié.  Canon,  lonj^^uo  pi('HV 
d'artillerie,  eannn  de  fusil,  de  pistolet. 

T)CY.  du  lat    Canna. 

Canoù,  5.  m.  Tuyau;  tul>e;  conduit;  plurn(3s  on  tuyau 
d'un  jeune  oiseau  :  ce  sont  les  gntssi^s  plumes  des  ailes  cpii 
poussent  l(.^s  preFnièr(^s,  tandis  que  celles  du  corps  ne  sont 
encore  (ju'un  duvet.  Ce  mot  s'applique  en  gén(''ral  fi  beau- 
coup d(^  clioses  en  forme  de  tuyau  :  Lou  canoh  dé  la  chimi' 
nho,  le  tuyau  de  la  clieminée;  î/ni  canoii  d'ffno  fon,  \e 
tuyau»  le  robinet  d'une  fontaine,  d'uno  b nuio ,  la  canelle 
d'un  tonneau;  un  vanoit  de  phmmn,  un  tuyau  de  plume. 

Dér.  du  lat.  Canna. 

Canouna,  r.  n.  Monter (^n  tuyau,  comme  toutes  Iesc(-T(}a- 
les,  les  oij^Mions  et  autr(?s  plantes  bulbeuses;  être  en  forme 
de  tuyau.  Dans  le  sens  actif,  canonner,  battre  à  coups  de 
canon;  il  est  re(;u,  mais  par  imitation  du  fr. 


Canounado  ,  s.  f.  Canonnade,  décbarge  de  coups  de 
ran  Mi;  C'  nduite  d'une  fout  aine  .soit  en  bois,  en  fonte  ou  eu 
poterie,  l(»r,>qu'*lle  est  diriL:éi>  s-ms  terre  :  quand  elle  est  à 
ciel  déroii\e.t,  on  eiiiploic  le  mot  Arandott. 

Dér.  du  lat.  Conna. 

Canouné,  >.  m.,  ou  Manouné.  Terme  de  triperie  : 
lio\au\  d'.iL'n-au,  de  el.eMvau,  de  mouton  et  même  de 
veau,  ([u'on  lie  par  ])etites  bottes,  et  dont  on  os{  friand 
surtout  à  AI  lis,  m'i  Ion  dit  mieuv  Mnnonné. —  V.  c.  m. 

Diiti .  di'  i'<ninii . 

Canoi'nge,  s.  m.  Clian  'iiie,  erlui  (pii  possède  un  canoni- 
eat.  -    Il  e>i  tle\('iiu  11.  pr.  iriiomuie,  rendu  par  Canonge. 
D-'l".  du  l;il.    (itii/'nirns. 

Canourgo  (La),  .s.  /'. .  /.•.  /ir.  d"  li 'u.  I.a  Canourgue.  vilk 
el  ciiil  -Il  <]ii  déj.arteiiieiit  de  la  bozère,  menti(tnnée  dans  les 
litres  !;■>  }ilus  anraeii.s  s  us  le  nom  île  vif/a  de  Cnnonira.  A 
Moiiipi'Ili"]',  une  place  est  au>si  appelée  Jai  Canotngue,  à 
cauM'  de  Son  oijjiue  e.  ii  iiiiale.  \«ii>inai:e  ou  dépendance 
d'mi'^  pro^iri'-li-  c;in'Mii,i|e. 

Les  d'iix  liiols  i'uuo/nn/f,  ('(Uio)tirus,  et  la  Canourgo, 
Ciitu.hirn,  d''-ri\i'iil  é\  iil-aninMit  de  la  même  s-nirc^^  :  leur 
ladieal  commun  se  ti'oini'  dans  le  i^r.  Kave.Sv,  rè|;le,  ordre, 
que  le  lat.  a  siinpleaiiMil  ail  opté  dans  le  même  sens  Canon, 
unis,  et  ipTil  a  adjertixé  en  dmiinlcus ,  a,  kw  ,  régulier, 
cbaiioine  ié,i.'nli''r.  Dans  le  priiieipe,  il  est  pnabable  que 
cette  unité  d'oriuiiie  en  avait  fait  deu\  meueebmes;  depuis, 
il.s  se  srtiil  un  pLMi  dél'oriiji's;  mais,  malgré  la  difîérence  de 
pliy^i'inomie,  l'air  de  famille  persiste  el  les  rapprocbe. 
Seulen.cnl,  le  premier,  ^u^sl.  masc,  a  ,i:anb'î  les  contours 
éiiiouss's,  le  ton  sourd,  (jui  soat  i»eut-ètre  plus  fréquents 
dans  le  .Nord;  tandis  que  le  second,  nom  propre  féminin, 
a  re\ètu  cette  forme  rude,  aceusée,  particulière  à  notre 
3lidi.  Mais,  la  parenté  une  fois  établie,  ees  ressendilancesel 
ces  variétés,  les  altérations  méîia^s  des  deux  mots,  que  nous 
[)renons  jxiur  t\pes,  inv.senteni  un  assez  curieux,  sujet 
d'étude  sur  ces  fameuses  finales  lanjzuedociennes  (marques, 
enjues  et  argues,  (li>nt  on  s'est  tant  occupé. 

1/importation  grecque  ou  latine  de  Canonicus  date  de 
répo(iue  où,  dans  les  (îaules,  l'ancienne  langue  nationale 
était  encore  comprise  et  parlée,  au  Fni>mentoù  conunenrait 
à  se  former,  du  m('!lange  avec  1»'  latin,  l'idiome  rustique 
vulgaire.  Des  besoins  nouveaux,  un»*  civilisation  plus  avan- 
cée, surtout  la  nécessité  de  se  recoFUiaître  avec  les  dénorni- 
nati(^ns  locales  débaptisiVs  ou  en  voie  de  se  modifier  au 
goût  des  corKjuérants,  des  traditions  ind(''structibles  el  des 
influenct^s  iuq)éiieus(^s  axaient  fait  subir  au  langage  dt^s 
cbangements  considérables;  niais  une  langue  ne  procéile 
pas  au  basard,  bien  (ju'il  soit  difTicile  d'avoir  toujours  rai- 
son de  ses  variali(jns,  et,  dans  la  c(»njonclure,  les  analogies 
ne  marupiaienl  pas  :  elles  sont  mr'me  si  frappantes  qu'on 
dirait  une  loi  n'-gulière,  systématique,  uniforme,  dont  on 
va  saisir  b^s  applications. 

Le  moi  arrive  tout  fait,  t(jut  d'une  pièce,  purement 
latin.  Quand  le  roman,  qui  se  entait,  le  rencontre  et  qu'il 


CAN 


CAN 


i67 


vent  s*en  emparer,  il  n*a  garde  de  toucher  au  radical  :  mais 
sa  finale  en  icus  n*allait  pas  à  ses  aptitudes  vocales  :  à 
d*aatres  semblables,  à  des  noms  de  lieux  ainsi  terminés,  il 
avait  fait  subir  une  altération  conforme  à  son  génie,  et  il 
ai^liqoa  à  Canonicuê  sa  méthode  habituelle  de  transforma- 
tion. La  voyelle  la  plus  souple  devait  d'abord  être  atteinte  : 
Yi  disparait  de  la  désinence ,  ou  il  se  change  en  e  plus  ou 
moins  ouvert,  qui  le  rappelle  ;  la  palatale  C  est  remplacée 
par  sa  correspondanle  G,  la  consonne  celtique  de  prédilec- 
tion, sur  laquelle  nous  revenons  souvent;  enfin  la  termi- 
naison devient  muette  et  s'éteint.  L'intrusion  de  P,  qui  se 
substitue  à  N,  est  particulière  au  Midi.  On  ne  peut  expli- 
quer sa  présence  que  par  le  désir  instinctif  du  peuple,  ce 
maître  souverain  de  sa  langue,  de  donner  à  certains  mots, 
à  des  noms  propres  de  lieux,  plus  de  consistance,  plus 
d'énergie,  et  de  faire  peut-être  un  accord  mieux  lié  avec  le 
son  guttural  fortement  accentué  qui  la  suit  presque  tou- 
jours; ce  que  Torganismc  méridional  ne  dédaigne  pas, 
quand  celui  du  Nord  y  semble  moins  porté. 

Ces  procédés  de  recomposition  se  révèlent  clairement 
dans  les  diverses  évolutions  du  mot  Canonicus.  Notre 
langue  romane  en  a  fait  Canonge,  Canonègue  et  Canorgue. 
Un  exemple  de  chaque  forme  :  la  chanson  de  geste  de 
Gérard  de  Roussillon  dit  :  iV»  monge,  ni  canonge,  ni  cape- 
lan.  Dans  un  titre  de  1174  on  trouve  :  La  claustra  des 
eanonégues  ;  dans  Pierre  Rogiers,  troubadour  du  XII'»»  siècle  : 
P9ire  Boigier  sifo  d'Àlvernhe,  canorgues  de  Clermon,  L'abbé 
de  Sauvages  cite  Canonèjhe  (Canonège),  comme  appartenant 
au  vieux  langage.  Enfin  le  languedocien  moderne  dit 
Canounge,  Le  subst.  féminin  suit  la  même  marche  :  Cano- 
%Ua  est  représenté  par  Canorgua,  Canorguia.  Dans  Pierre 
Rogiers  :  Laïsset  la  canorgua  et  fes  se  joglars  ;  dans  Pierre 
Cardinal  :  Son  paire  lo  mes  per  canorgue  en  la  canorguia 
dd  Puer.  Nous  arrivons  naturellement  à  la  Canourguo;  et 
pas  n'est  besoin  de  faire  remarquer  que  dans  notre  dialecte 
OH  ^ale  o  roman. 

La  preuve  maintenant  qu'il  s'agit  ici  d'une  loi  générale, 
au  moins  en  ce  qui  concerne  la  substitution  du  G  gaulois 
au  C  latin  dans  ces  désinences  ;  c'est  que  les  idiomes  cello- 
Uiins  l'adoptent  de  même.  Canonicus  a  donné  en  cat. 
Canongo,  en  esp.  Canonigo  et  Canongia,  en  port.  Cano- 
iMfo.  L'anglais  lui-même  a  Canongate,  faubourg  d'Edim- 
bourg, qui  accuse  pareille  filiation  ;  l'italien  seul  Canonico 
s'est  conservé  absolument  latin. 

Mais  la  règle  s'applique  encore  aux  noms  propres  et  aux 
noms  communs,  dans  lesquels  la  présence  du  même  suffixe 
Utin  a  dû  amener  une  pareille  combinaison  dans  le  roman 
et  dans  le  languedocien.  Sans  citer  Monackus,  qui  faisait 
en  roman  Monge,  Mongne,  Monègue,  Morgne,  Moyne;  en 
cat.  Monjo,  en  esp.  et  en  port.  Monje;  prenons  le  subst. 
fém.  Monica,  religieuse.  Le  roman  avait  Monja,  Monga, 
Mvrga,  Moyna;  en  cat.,  esp.,  port.  Monja;  comme  pour 
monastère  on  disait  Mongîa  et  Morgia;  et  notre  languedo- 
cien Moungio  (Hounjo),  et  Mourgo  :  la  cafièiro  dé  Uu 


Mourgos,  la  rue  des  Mourgues  à  Alais;  et  les  diminutifs 
Mounjéto,  Mourguéto,  petite  religieuse,  et  Mounjéios,  nom 
des  haricots  à  enveloppe  blanche  ou  noire,  fé véroles  sèches. 

11  faut  voir  comme  le  roman,  au  nord  et  au  midi,  en  fr. 
et  en  lang.,  s'exerce  sur  ces  syllabes  icus,  ica,  toutes  les 
fois  qu'il  les  rencontre  :  Car r ica,  de  la  bass.  lat.,  donne 
Carguo,  charge;  Granica,  Granjo,  grange;  Lanica,  lange; 
Serica,  sarjo,  serge;  Fahrica,  Forjo,  forge;  Pautrica, 
Fango,  fange;  Manica,  Margue,  Manche,  manche;  Porti- 
cw,  Porge,  porche;  Medicus,  Mêje,  médecin. 

Les  noms  de  lieux  suivent  la  même  voie.  Pour  ne  citer 
d'abord  que  les  plus  rapprochés  par  la  consonnancc  finale 
avec  notre  type,  dans  le  Gard,  Colorgues,  commune  de 
Saint-Chaptes,  était,  dans  un  dénombrement  de  1394,  Colo- 
nicœ;  comme  un  lieu  détruit  de  la  commune  de  Langlade, 
Golonges  ou  Colongres,  commune  de  Verfeuil.  Coloures, 
commune  de  Marguerittes ,  s'appelait  en  lat.  Colonicœ, 
Colonices;  Coulorgues,  commune  de  Bagnols,  Colonicœ; 
Golonges,  dans  la  Côte-d'Or,  Cologne  sur  le  Rhiji«  Colonicœ. 
Santonicus  est  devenu  Saintonge.  Conduzorgues,  commune 
de  Monldardier  (Gard),  vient  de  Condusonicœ;  Montuzor- 
gues,  de  Montusonicœ;  Solorgues,  de  Savaronicœ;  Soudor- 
gués,  de  Sardonicœ  et  Sordonicœ,  etc. 

Ces  rapprochements  indiquent  une  marche  constante  vers 
le  même  effet  à  produire.  Les  termes  de  comparaison  sont 
abondants  pour  démontrer  que  cette  désinence  latine,  nicus, 
nica,  nicœ,  au  sing.  ou  au  pi.,  au  masc.  ou  au  fém.,  se 
reproduit  dans  notre  langue  vulgaire,  et  même  dans  le  fr., 
par  les  combinaisons  nge,  nègue,  nège,  rgua,  rguia,  rgue, 
rguo,  qui  toutes  sont  équivalentes,  égales  entr'elles. 

Mais  ce  n'est  pas  seulement  alors  que  le  mot  porte  o  = 
ou  comme  voyelle  dominante  à  l'antè-pénultième,  onicus, 
onicœ,  que  la  permutation  a  lieu  ;  les  voyelles  a,  e,  i,  dans 
les  mêmes  conditions  ont  le  même  privilège.  Armasanicœd^ 
donné  Armasanègues ,  Aïmargue,  Aimargues;  Caxanicus, 
Caxanicœ,  Caixanègues,  Caïssargue,  Caissargues;  DomeS' 
sanicœ,  Domessanègues,  Domessanengues,  Domensan,  Dou- 
tnéssargue,  Domessargues  ;  Rutenicus,  Hodinigus,  Rouergue. 
Enfin  notre  mot  Diménche,  dimanche,  en  lat.  dies  DonU- 
nica,  et  le  nom  propre  Dominique,  du  masc.  Dominicus, 
offrent  une  autre  preuve  à  l'appui.  Le  roman  traduisait 
Diemence,  Diemenche^  Dimoinge,  Dimenge,  Diménche;  dans 
les  coutumes  d'Alest,  on  lit  Dimentge.  Le  verbe  était, 
d'après  Sauvages,  Endimérga  ou  Endiménga;  aujourd'hui 
Endiméncha,  De  son  côté,  le  nom  propre  a  passé  de  Domi- 
nicus en  Doumèrjhe,  Doumènjhe,  Doumènghe;  il  est  Dou- 
mèrgue,  en  fr.  Domergue;  en  esp.  Domingo.  Ce  sont 
toujours  et  partout  des  formes  identiques;  mais  les  derniers 
exemples  donnent  plus  d'extension  au  procédé  et  introdui- 
sent de  nouvelles  désinences  pour  représenter  le  même 
suffixe  :  ce  qui  ne  laisse  pas  que  de  jeter  le  plus  grand  jour 
sur  la  composition  des  mots  et  des  noms  propres. 

D'où  vient  cependant  cette  constance  à  repousser  une 
telle  finale,  cette  espèce  de  parti-pris  des  langues  néo-latines 


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CAN 


CAN 


cl«'  irMcliuellro  que  il*'S  ooiiil)iiiaisoiis  ([ui  s'»M(ii,i:ii<"'iil  t:Hit 
on  appareiicotli'  In  coiislriiclion  iinciiMiiie?  D'abord,  si  grand 
({uo  N»i|  l'<Varl  <'iitro  l«^s  lornu^  ncluclli^s  et  la  fonn»^  priini- 
liv»'  lies  nP'ls  (|iit">  ii'Uis  iv'l..'\(»!is,  il  faut  roînanjut^rcjne,  dans 
la  idiiparl  des  cis,  li's  dt''>iiit'in.'e>  S'ul'S  suit  att'Mutcs.  Dans 
nos  idinihcs  ni'O  hiijjis  rin<*<)ii\('Mnt'nt  n'est  pas  gra\e  :  car 
rinfluenee  de  la  If^nninais-ai  est  fi  P'"U  jtivs  nul!»'  sm*  la 
signi!ir..li'tn  d*'S  m  »is.  'l'iuil  se  iV-duil  dune  !•'  jiliis  suiiveiit 
à  mit'  (jn  >lii»n  ir<'nj)li<'nl<\  et  dépend  de  la  iiiMni'r''  dont  tel 
ou  t''l  smi  est  vendu  on  jit^ren,  siTiNant  eiTlaincs  [uvlV'iviiei's 
di^  llexl'iii  ii;itnrell(s  à  eli.iqu"  jtiaqile,  heloiinin*  di^iinsitinn 
[>articuli'"'ri' d''S  oiLMiii's (lU  la  dilTeivin'i'  des  teuijtér.Mni'nts. 
On  sait  (NI  clTet  «pielle  aetirtn  exerrent  snr  le  j,iii;_'a;je  |es 
iial)ilad-s,  le^  innu--n(;e>  1vm-;i|i's  et  eliinaiériques.  (yest  qiii\ 
il  faut  1<^  lùen  dire,  dans  toul^^s  les  laiiiiiu^s,  dans  titus  les 
pays,  dans  lnus  les  temps,  le  p«>uj)|ea  une  prrtpciisiitn  iiniée, 
inVsi>lil)le  à  la  ennlraetiMn  :  il  y  esl  poussé  d  enirclenu 
par  son  dédain  de  la  eeu'i'iMiion  elassitpie,  par  luie  iiéL^i- 
genet^  n.ilniv'lle  <li'  pr..ii(.iii;i.ilion,  par  rijnoi';iiii'e  îles  flexinus 
«[u'il  ;dianl'»inie  \oluiiiicr>  aii\  Ni\anls  et  aux  rlK-leurs; 
mais  à  î"Ul  [irix  la  s\  iieujr^  d  l'ellijise  doi\ent  s'adapter  à 
ses  iusîiiiels  et  à  sa  di';Ii<'ii.  On  rninpi-.'iidra  dés  Ini's  e^in- 
l)ieu  les  liceiui's  du  latin  vul_i:aire,  usuel,  tel  (pi'il  l'ut 
Iransporti'"  dnns  les  r  )!.»iiies  par  1<'S  snldaN  de  [{ome,  eu  m? 
mêlant  aux  idinin.'s  *:aul"is,  reiicuntrérent  de  fiieililé  à 
faire  acr/pler  leur-^  iiHoiaeeli»  ji>,  cl  eoinuieut  la  n-aiNcll.' 
Ian,:jue,  r,i  \v.\\\\  de  sj  'èiiiii'r,  é^ir. ui\a  [xai  d<'  lièii.',  piMi  île 
ré>istim<-e  à  [mu  li'e  >>•>  pr'>j»i'es  élt'ineuls  dans  le  lunule 
aceri'dilr'',  a  se  iV.nauu-r  ^ur  le  ni'>d(''!e  sans  Ir.'p  lumiuLs 
Conces>i<'U'<,  saus  perdj»;  >on  caraetr-i-e  o\  nui  f^éiiie. 

Mais  u'His  ne  faisMiis  (pi'iuiliijuer  eu  passant  ce  uiou\<'- 
ujeiit  de  lran>r<>riiialii»n  et  de  ivcnrnpnsitjnu ,  r-i  il  u'e.sl  pas 
de  U'ttre  sujet  de  reiiiontiu"  aux  causes.  Il  suHll  d'eu  cuis- 
lat'U"  r.i«'ti\  il<''  et  IV'iii'j'L'ie,  (>t  di-  siisir  <]U'  !ijU''>-inis  de  ses 
elTets  i>"!(''iiient.  pour  avoii*  une  idéedu  lj"a\ail  _:jéii.'M'.d  e(  de 
l'esprit  di'  n  ilro  l.ui.uue. 

M>un(''n;!i)l.  en  [îv.'-s'uce  d'-s  alt-'-ralious,  des  diver_L'cui"ês, 
di's  \ari-'t«''S  d"  [.r->u"Ui.'iatitu  <'t  <l'  structure,  [\uv  ]ev(pi.'ll.«s 
ont  [lass''  (juel(p;">  uiois,  ipie  nous  «Hudious,  a\aut  de  j>ar- 
venir  à  l''ur  foi'iue  açlucjle,  uuus  nous  d''iii;iiid.>UN  s'il> 
n'ont  [>as  «aliéi  ;\  \mo  loi  L^éuérale  de  ei-mposilious  dixeiN-s; 
et  il  JH  us  si'Uilile  iuij)''ssilile  de  jk»  pas  recnjjuailre  (\\u^ 
toutes  ces  disj)ai"ités  sont  plus  supei'liciellis  (jue  iv'Ilcs  , 
(prclles  Si'  eonfouilenl  et  se  lialaueeiil  ;  (ju'au  fond  le  nom- 
bre di's  m<ils  et  surtout  ctdui  des  noius  prujties,  (juoiijue 
lrès-\arié,  est  l)eauc<»up  ])lus  réduit  (ju'on  ne  piMisc\  Il  res- 
scuM  de  la  a\eç  évid,  née  i\n"  eliaijuc  [)ays,  piexpio  cli.Kpie 
localité  a<loj)l<-  de  préférence  une  loruude,([ui  ne  lui  e.>l 
[x'ut  èlre  \euue  (jue  par  un«'  disposition  pi'opre,  {i.iiticuli-'re, 
de  son  tagauisme  vocal  à  i)rononoer  plus  ou  mi>ins  fai'ile- 
ment  telle  ou  telle  nrliculalion ,  tel  ou  tel  ra[ii>rocIiemi'nt 
de  lettres;  et  les  excuijjles  nous  paraissent  ici  saisissants. 

Aiiisi,  à  propos  de  C<monicffs,  Cnnouuye ,  Canouica,  lu 
CatioKrijuo ,  nous  voyons  les  finales  orgue  et  vrijue  cones- 


pondre  exacleuieut  à  oh(ji\  nt()c,  vnqKc,  énche,  nne,  jiar 
onètjHc,  otiiajc,  oiiênche,  reliées  par  ooiUrnction  ix  ottn,  on, 
en,  et  au  fém.  ono.  imno  :  pourquoi  la  désinence  argues,  qui 
a  él<'  (ifi'ijiii's,  nnirhrs.  onIrJirs,  n'anrait-olle  pas  aussi 
(plelipie  airuiitr-  a\ec  an,  anges,  anche?  Pourquoi  inges, 
ignés,  igïilcs,  lg»r ,  f'ghi.  igng ,  u'auraient-ils  pas  une  atta- 
che [Kir  /// ,  iiic ,  {nies,  cin,  ci  ne,  ije,  ijc;  et  ne  sèpaient-ils 
pas  ani]i''S  à  C'dte  cnfuinuiiauté  dénoiuinativo,  qui,  |>our 
eULdober  tant  dappellalions  loeales  en  France,  part  d'une 
s.)Uice  uni(jue?  Pourquoi  i..us  es  sullixes  ne  roc/>nnaî- 
traieiit  ils  pas  pour  auteui"  le  celtique  ne  =  ec,  qui  s'est 
transfoiii]é  au  cnuiaet  du  lalin,  tantôt  faisant  fonction 
d'adjectif,  laul'>t  ser\anl  à  dnuner  certaines  attributions 
ethniques  <>!  [i;itioii\  iiiiqu^'S?  (.'e.s  couclusions  nous  semblent 
solidement  établies. 

Mais  alors  cpie  de\irnt  le  N\s(.'Miie  laborieux  qui  voulait 
ti'MU\er  une  siunifii-ili'Mi,  d  iiisli  désinence  exjdétive  «r^/w^, 
ib's  noms  proj'ivs  de  li'  u\  {]•■  in.s  contrées,  l'U  en  faisant  la 
traductiiMl  du  lat.  Ager? 

>'ous  nous  eu  Miinmes  expliqué  ailleurs  :  ceci  est  un 
nou\e|  ar,jument.  —  t'o//.  Argnr. 

Cansoù,  s.  f.  Dim.  t'ansnnn'  n,.  Chanson:  pièce  de  vers 
par  CMUpleis,  (jue  Inii  peut  ch.iiiter.  Au  fig.  sornettes. 
Colites  frivoles.  —  A(/u<)'s  /a  ransoii  de  f'agnèl  6/a^?  ;  c'est 
toujours  la  mèu:e  chanson;  c'est  un  thème  «[ui  ne  finit  pas. 

Dér.  du  lai.  Caniia,  inème  >i;.'u. 

Ganta,  r.  Ch.mler,  l'orm-Tmi  chant  i»ar  une  suite  de  sons, 
d'accords.  Au  fig.  célébrer,  b»uer;  sonner,  ivsonner.  — 
Canf((  l'Juii,  iv-iidre  un  s^n  chiir  comme  un  vase  vide,  lise 
dit  aus-^i  pour  :  riMulie  un  ><»n  fél.'^  Canlarén  pas  niésso, 
loc.  |U'\1».  p<»ur  diiv  :  imus  ne  serons  pas  longtemps 
d'accrd,  nous  ne  nou>  eiiîmilniis  p.is.  (l'est  saus  doute  une 
;dlusi'in  aux  chants  du  liili'in.  7'c  foura  cunfa  pa  nâou, 
dit-on  à  quelqu'un  (pii  umichaiide  a\ec  la  prétention 
d'oblenir  à  bas  prix  ou  à  ^]i-y'  c  •iitlilious  très-modérées  une 
chose  (pielcoïKjue,  uiK^  marcbandisi',  qu'on  estime  davantage 
(ju'il  nesl  olVert  :  il  le  hnidra  chauler  une  autre  gamme, 
\u\  Ion  [»lus  biuil. 

Dér.  du  lai.   Ctnilnre. 

Cantaïre,  a'iro,  a<fj\  p.'j.  (V///r////Y/.v.  r/.<,vr>.  Chanteur;  qui 
fait  piol('<si"U  de  chanteui'. -— l!n  terme  de  magnanerie,  on 
appel|(>  lin  rdfiianr,  un  ccoii  faible,  (jui  cède  à  la  pri^ssion 
du  dniut  et  rend  un  s  >n  quand  la  («npie  re[)rend  sa  première 
position. 

Dér.  du  lai.  ('(iiitare. 

Cantarèl,  arèlo,  <nfj.  Chanteur  seuqùterael  eteiuniyeux: 
(pii  aime  à  chanter,  ou  qui  a  des  disj)ositioMs  à  chanter. 

Cantarèlo,  s.  f.  Chauteiellc;  st»rte  de  bouteille  en  verre, 
dont  le  fniid  très-uduce  est  percé  d'une  petite  ouvertun?.  On 
cbaid  '  ct»nlre  ce  fond  pour  amuser  les  enfants,  et  le  souffle, 
qui  lait  \ibrer  forlement  les  parois,  augmente  très-singuliè- 
rement le  Volume  de  la  vitjx  en  lui  donnant  une  qualité 
métallique  et  frémissant(\ 

Dér.  du  lat.  Cantnre. 


CAN 


CAO 


169 


Canièl,  ».  m.  Chanteau  ;  premier  morceau  taillé  en  coin 
sur  un  grand  pain;  pointes  supplémentaires  d*un  mantean, 
d*iine  robe,  d'une  chemise  de  femme;  pièce  du  milieu  d*un 
fond  de  tonneau,  qui  est  terminée  des  deux  côtés  par  un 
segment  de  cercle. 

Dé  eantU  ou  pér  canièl,  posé  de  champ.  On  le  dit  d*un 
corps  plat,  d'une  brique,  d'une  pierre  de  taille,  posés  sur 
leur  tranche,  c'est-à-dire  sur  leur  face  la  plus  étroite, 
comme  les  livres  dans  une  bibliothèque. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  CanteUum,  dim.  de  Cantum,  coin, 

Canto-pérdrla,  s.  m.  Garou  ou  Saint-bois,  DaphM  îau- 
rmda,  Linn.  Arbrisseau  de  la  fam.  des  Thymélées;  à  feuille 
étroite,  commun  dans  les  landes  arides. 

Par  extension,  on  appelle  Canto-pérdrU ,  un  terrain  sec 
et  infertile,  une  propriété  de  peu  de  valeur,  serait-elle 
ornée  d*une  chétive  masure,  parce  que  c'est  là  que  l'arbuste 
de  ce  nom  croit  de  préférence. 

Les  botanistes  assurent  que  les  fruits  du  garou,  rouges 
i  leur  maturité,  sont  avidement  recherchés  par  les  oiseaux, 
surtout  par  la  perdrix  :  de  là  sans  doute  le  nom  lang. 

Canto-plouro,  s.  f.  Chante-pleure.  Ce  mot,  qui  est  imité 
du  fr.  chante-pleure,  ne  représente  pas  le  même  objet. 
Celui-ci  est  proprement  un  grand  entonnoir  pour  remplir 
les  futailles ,  ou  bien  un  tuyau  de  fuite  pour  les  eaux  plu- 
viales pratiqué  dans  l'épaisseur  d'un  mur. 

La  Canto-p/ouro  est  un  outil  de  moulin  à  huile.  Ce  qu'on 
appelle  l'Enfer  dans  ces  moulins  est  un  récipient  où  Ton 
rejette  les  eaux  qui  ont  servi  à  échauder  la  pâte  d'olives, 
après  qu'on  a  écrémé  l'huile  sur  leur  surface.  Cet  enfer  est 
composé  de  trois  cuves  superposées  l'une  à  l'autre  et  qui 
déversent  successivement  l'une  dans  l'autre.  Quand  la  plus 
haute  est  pleine,  elle  verserait  par  le  haut  et  entraînerait 
l'huile  qui  surnage  dans  la  seconde  et  de  là  dans  la  troi- 
sième, résultat  qu'il  faut  éviter,  puisque  cette  huile  doit 
rester  autant  que  possible  dans  la  cuve  supérieure,  et  tout 
au  plus  dans  la  seconde.  Pour  y  parvenir,  on  place  dans 
chacune  de  ces  deux  premières  cuves  un  tuyau  de  fer  blanc 
plus  ou  moins  recourbé,  qui  fonctionne  comme  un  siphon 
et  vide  les  cuvées  par  le  bas.  Par  ce  moyen  l'huile  baisse 
avec  l'eau,  mais  surnage  toujours  jusqu'à  complète  vidange 
de  l'eau.  C'est  ce  tuyau  qu'on  nomme  Canto-phuro. 

Canton,  ».m.  Dim.  Cantouné.  Coin;  carrefour;  quartier 
d'une  ville;  quignon  de  pain;  coin  du  feu;  recoin  d'un 
appartement;  angle  d'un  mur;  canton,  division  territoriale. 
En  terme  de  maçon,  pierre  angulaireà  faces  perpendicu- 
laires l'une  à  l'autre,  dont  on  forme  les  angles  saillants  d'un 
mur.  —  Béêta  à  soun  cantoù,  garder  le  logis,  demeurer 
dans  son  coin;  ne  pas  se  mêler  des  affaires  des  autres.  Vira 
lou  canioù  d'un  air,  prendre  la  ritournelle,  saisir  les 
reprises  d'un  chant.  Vira  lou»  eantoikê,  tourner  les  diffi- 
eullés.  À  un  h-ave  eantoik,  il  possède  un  bon  coin  de  terre, 
il  a  un  petit  domaine  bien  productif.  Mèsto  àou  eanio^  dé  la 
TêiMêariè,  il  demeure  au  coin  de  la  rue  Tisserie. 

Le  mot  est  riche  en  interprétations  étymologiques  :  nous 


en  avons  dit  quelque  chose  indirectement  à  l'art.  Candïa, 
Candiargue.  Les  uns  le  tirent  de  l'allem.  Kanl,  bord, 
extrémité,  marge,  angle,  coin.  D'autres  le  font  dériver  du 
gothique  Kant,  même  signif.;  ou  du  gr.  XavS6ç,  le  coin  de 
l'œil,  l'angle,  le  coin. 

Gantonnado,  s.  f.  Hameau;  amas  de  maisons  formant 
une  île  dans  une  commune  rurale.  Ce  mot  est  dit  par 
opposition  aux  maisons  isolées,  dont  se  composent  en 
grande  partie  la  plupart  des  communes  des  Cévennes. 

Dér.  de  Cantoù. 

Cantonrléja,  t>.  firéq.  Fredonner,  marmotter  une  chanson 
entre  les  dents  ;  gringotter  un  air. 

Dér.  du  lat.  Cantilare, 

Gantnrlo  (Vira-),  v.  Perdre  la  tête;  battre  la  campagne. 
Se  dit  plutôt  de  la  perte  de  la  raison  par  maladie  ou  acci- 
dent, que  d'une  folie  passagère  par  ivresse. 

Dér.  du  lat.  CantUare. 

Câon  ou  Càonlé,  s.  m.  Chou,  Brassica  oleracea,  Linn. 
Plante  potagère,  alimentaire,  de  la  fam.  des  Crucifères.  — 
Le  proverbe  dit  : 

Entre  Sén'Pière  et  Sén-Pdou, 
Planto  lou  pore  et  lou  cdou. 

—  T-a  càous  et  câous,  distinguons,  il  y  a  choux  et  choux. 
Une  anecdote  est  attachée  à  ce  dicton,  et  en  explique  l'ori- 
gine présumée.  Un  pauvre  diable  se  confessait  à  son  curé 
d'avoir  volé  des  choux  :  celui-ci  lui  fit  une  légère  répri- 
mande et  voulait  passer  outre.  Le  pénitent  ajouta  alors  : 
Mais  ces  choux-là  étaient  à  vous.  —  Ah!  reprit  le  curé, 
2f-a  câous  et  càoui,  c'est  bien  une  autre  affaire.  Et  la 
semonce  ainsi  que  la  pénitence  furent  doublées. 

Sganarelle,  dans  le  médecin  malgré  lui,  dit  dans  la  même 
acception  :  il  y  a  fagots  et  fagots. 

L'étymologie  prise  du  lat.  Caulie,  tige,  semblait  toute 
naturelle  ;  mais  on  a  dit  contre  elle  que  le  chou  Cdou, 
Cdoulé,  était  précisément  une  des  plantes  les  moins  remar- 
quables par  la  tige  ;  et  ceux  qui  n'étaient  pas  satisfaits  du 
dér.  lat.  ont  trouvé  dans  le  celtique  le  mot  Chaulœ,  Cawl 
ou  Caul,  qui  signifie  légume,  et  qui  leur  a  paru  de  beau- 
coup préférable.  Leur  raison  s'appuie  de  ce  que  de  Cawl, 
les  Italiens  ont  fait  Cavolo,  les  Espagnols  Col,  les  Allemands 
Koti,  les  Belges  Koole.  Cal  est  de  notre  vieux  langage,  mais 
il  est  encore  usité  dans  les  Cévennes;  la  plaine  emploie 
Cdou  et  Cdoulé  plus  adouci.  —  Voy.  Cdoulé. 

Câon,  Câondo,  adj.  Chaud,  chaude;  qui  a,  qui  procure, 
qui  fait  éprouver  la  sensation  de  la  chaleur.  Se  prend  quel- 
quefois adverbialement  :  Se  tène  edou,  se  tenir  chaudement 
Béoure  cdou,  boire  chaud. 

Dér.  du  lat.  Calidue,  même  sign. 

Il  faut  observer  que  dans  le  dialecte  des  basses  Cévennes, 
on  change  fréquemment  la  lettre  /  en  la  voyelle  composée 
ou;  cela  tient  au  goût  particulier  de  cette  population  pour 
les  polyphthongues,  qui  sont  en  général  plus  euphoniques. 
A  mesure  qu'on  s'éloigne  vers  le  levant  du  Languedoc,  les 


J70 


e*Q 


CAO 


CQBfloimes  se  multîplieQt  de  proche  en  ^ffodbe^  les  poly- 
pkthoogues  s'effacent,  les  syllabes  deviennent  plos^  labiates 
00  plus  gfittoralest  et  par  là  «e  rapprochent  davantage  du 
firan^is.  Le  g^e  orig^iav»  sembla  mienx  conservé  dans 
le  premier  mode,  car  il  n'a  pn  l'emprunter  à  aucune  autre 
langue  ;  aucune  ne  faisant  une  teUe  dépense  de  voyelkSi  et 
n'étant  aussi  avare  de  consonnes. 

Nous  avons  donné  des  exemples  de  cet  harmonieux  agen* 
cément  de  voyelles  au  mot  Âeén.  Les  diphthongues  et  les 
triphthongnes  se  rencontrent,  se  mêlent,  se  croisent  dans 
le  même  mot,  sans  se  heurter,  sans  choc  discordant,  grâce 
à  leurs  ingénieuses  compositions ,  faites  pour  ménager  tou- 
jours l'oreille.  Ce  mécanisme  appartient  tout  entier  à  notre 
langue,  et  donne  la  preuve  de  sa  souplesse  et  d'une  sensi- 
bHité  musicale  très^déveloj^. 

Gàoucion,  s.  f.  Caution;  celui  qui  répond  ou  s'oblige 
pour  un  autre.  —  Pâoure,  eâouelou  el  malaïroUa  noun  iou 
sif/jb  à  l'énv^'oits,  prvb.,  être  pauvre,  caution  et  malheu- 
reux ne  sont  pas  sujets  d'envie. 

Dér.  du  lat.  Cautio,  formé  du  verbe  Caven,  part.  Cet»- 

flM. 

Càoncionna,  v.  Cautionner;  se  porter  garant;  s'obliger, 
se  rendre  caution  pour  quelqu'un. 

Gàondéja,  v.  fréq.  Couler  la  lessive  à  chaud,  en  y  jetant 
fréquemment  de  l'eau  bouillante,  qu'on  laisse  écouler  par 
la  bonde  de  la  cuve.  On  verse  de  l'eau  bouillante  ou  da 
moins  très-chaude  pour  dégager  plus  facilement  les  alcalis 
contenus  dans  la  cendre  et  les  unir  au  corps  gras  du  linge 
sale,  ce  qui  les  change  en  véritable  savon.  Ces  corps  gras 
eux-mêmes  ont  besoin  de  cette  chaleur  pour  se  fondre,  se 
détacher  du  linge  et  s'unir  aux  alcalis  ou  sels  lixiviels.  La 
lessive,  Bugado,  est  purement  une  opération  chimique  d'un 
ordre  relevé.  Les  ménagères  ne  s'en  doutent  guère. 

Dér.  de  Câou. 

Gâondéiado,  t.  f.  Action  de  réchauffer  une  lessive  en  y 
jetant  une  nouvelle  ondée  d'eau  lixivielle  chaude.  —  Xi 
f^ou  iiwaro  très  câoudifadoi,  il  faut  donner  encore  trois 
réchauds  à  cette  lessive,  c'est^-dire  renouveler  trois  fcHS  le 
même  manège.  ' 

G&ondéto,  s.  f.  Châtaigne  bouillie,  qu'on  sert  sous  un 
linge  pour  lui  conserver  sachalear;  de  là  elle  tire  son  nom. 
—  Voy,  Této. 

Ciondo,  s.  f.  Battue;  reprise  de  travail;  chaude,  en 
terme  de  forgeron.  Il  s'emploie  surtout  pour  les  ouvrages  de 
forgeron,  et  pour  les  travaux  de  pilotage,  soit  aa  maillet, 
soit  à  la  sonnette,  où  les  ouvriers  doivent  mettre  de 
l'ensemble  dans  le  battage  du  fer  on  des  pilotis,  et  s'arrêter 
ensemble  à  un  signal  donné.  La  eàfiuâo  est  l'intervalle  de 
travail  continu  entre  deux  repos. 

Dér.  de  Càou. 

Càonfa,  t>.  Chauffer,  échauffer;  exposer  à  la  chaleur  du 
feu.  —  Lou  iourél  eâcufo,  le  soleil  est  ardent.  Âïço^  eàoufo, 
Taflaire  devient  chaude. 

Dér.  du  lat.  CaUfaeer$,  même  sign« 


Giooifl4#f  «•  m.  Action  de  se  chauflfor  ;  quantité  dir  bois 
ou  de  liottiile  qu'il  faut  à  une  famille  ou  à  un  individu. 

Gàosléja,  tt.  fréq.  Béchauffer;  chaufier  à  idusiem* 
reprises,  comme  on  lofait  pour  une  perBoane  ou  un  animale 
malade,  par  l'application  de  linges  chauds.,  on  au  moTon^ 
d'une  bassinoire. 

Gâonrllori,  s.  m.  Chou-fleur;  BroMêha  ofarooM  bûtrftk, 
Linn.  Variété  de  chou  commun,  selon  quelques  hotenistwsy 
espèce  distincte,  d'après  les  autres. 

Cftonlé,  s.  m.  Dim.  CâouUehoà.  Chou.  C'est  un  dim.  de 
C4ou,  mais  plua  usité  que  lui  pour  exprimer  le  f^ape  dans 
sa  généralité.  —  Voy.  Càw. 

CtUnUé-cabus,  s.  m.  Chou  cabus  ou  pommé,  Broêâ/Bm 
àUimeêa  eapii^ta,  Linn. 

CàouU  à  Voli,  s.  m.  Brocoli,  variété  du  chou-fleni ; 

CéKndi'hru,  CémUà-vèr,  chou  vert,  Bratsica  oIsnaH» 
viridiê,  Linn.  Espèce  qui  ne  pomme  jamais.  Ellea  un  giand^ 
nombre  de  variétés.  —  Voy.  Càou, 

Câooléiai,  V.  ftéq,  Efifeuiller  un  chou  sur  sa  tige,  saasj 
l'arracher,  afin  qu'il  puisse  pousser  de  nouvelles  feoiUett. 
On  n'enlève  que  les  feuilles  les  plus  vieilles  et  extérieures, 
sans  toucher  au  cœur.  On  dit  Càoidéja,  par  extension,  àm 
toutes  les  plantes  légumineuses  auxquelles  on  fait  subir  U.' 
même  opération,  comme  la  blette,  la  betterave,  etc. 

Gâoulichoù,  s.  m.  Dim.  de  Càouié,  Petit  chou,  et  mieia 
un  cœur  de  chou^  et  les  jeunes  pousses  du  chou-verlou  du 
chou-brouoli. 

Câmdichoii,  s,  m.,  est  aussi  le  nom  du  Carmillet,  comp^ 
gnon-blanc,  Lyeknis  sylvestris  Ma  iimplgx,  Linn.  Plante 
dé  la  fam.  des  Cariophyllées,  dont  on  mange  les  jeuMe 
pousses.  La  même  que  Této-lèàre.  —  Voy.  c.  m* 

Càonpiaa  ou  Gàoiuaiga,  v.  Fouler  aux  pieds;  mettre  le 
I»ed  sur  le  pied  de  quelqu'un,  ou  sur  quelque  chose.  — » 
Jf' ovèff  eàoupi9a,  vous  m'avez  marché  sur  le  pied. 

Dér.  du  lat.  Calx,  talon,  chaussure,  pied,  ou  de  Calettn, 
fouler,  uni  à  Pes,  pied.  En  ital.  Pigyiare  et  CaXfular%;  en 
esp.  Pittar,  fouler  aux  pieds. 

Gioupre,  v.  Contenir;  tenir;  être  contenu  dans.  —  li 
podû  pat  edoupre,  je  n'y  puis  tenir  plus  longtemps,  m» 
patience  est  à  bout.  Aquà  poura  pa»  januLï  câoi^n  dm  ma 
tiêio,  cela  n'entrera  jamais  dans  ma  tête.  Po  pas  eéompf 
dimapil,  ilne  peut  plus  tenirdanssa  peau,  il  est  trop  gros. 

Dér.  du  V.  pass.  lat.  Copi,  eapior,  être  contenu. 

Càouqua,  v.  Fouler  le  blé  avec  des  chevaux;  quand  ob 
le  bat  avec  le  fléau,  on  dit  Eteoudre.  Au  fig.  fouler  aux 
pieds,  presser  fortement  sous  les  pieds.  —  La  pan»  fié>«do» 
pas  hu  càouqua,  prvb.,  le  jeu  n'en  vaut  pas  la  chandeUa. 

Dér.  du  lat.  Caieare,  fouler  aux  pieds. 

Qâooqnado,  s.  f.  Airée;  reprise  de  foulage;  quanttt6  de 
gerbes  qu'on  foule  en  une  reprise. 

Loi  eâmiquadot,  »,  f.  pi.  La  saison  où  l'on  foule  le  blé. 

Gàouiquasoù,  s.  f.  Action  de  fouler  le  grain;  foulage; 
saison  de  ce  travail. 

Dér.  de  Cdon^tia. 


CAO 


eAo 


m 


flàoaqidèfiro,  c  f.  Tannerie;  atelier  où  l'on  tanne; 
maison  garnie  de  galeries  couvertes  poar  faire  séeher  les 
(fMQK  tannées. 

Le  nom  d*iine  ancienne  me  d*A)aÎ8,  désignée  ainsi  daïis 
Isa  Tîeax  titres,  a  été  francisé  en  rae  des  Galqiiiéres. 

Hér.  à"'A9âou,  parce  que  c'est  principalement  avec  une 
lesaiTe  de  dianx  qn'on  apprête  les  cuirs  et  qa*on  en  fait 
tomber  le  poil. 

Cêouqvio,  t.  f.  CoqaiUe,  partie  dure  qui  recouvre  ou 
-Mnfèrme  le  corps  des  mollusques  testacés;  trompe,  voûte 
en  saillie,  propre  à  soutenir  un  angle  de  mur,  le  coin  d'une 
«aiaoû. 

Dér.  du  lat.  ConeKa,  mèmesign. 

GAoaM,  s.  m.  Chose;  mot  que  l'on  applique  à  une  per- 
•sonne,  à  un  objet  dont  on  ne  se  rappelle  pas  le  nom,  ou 
qu'on  veut  éviter  de  nommer.  —  Moussu  edouse,  monsieur. . . 
^hose;  monsieur  un  tel. 

fSàOQBO,  s.  r.  Chose,  ce  qui  est,  ce  qui  existe;  toute 
lèhose  inanimée  ;  cause,  motif.  —  iVé  sièï  cdouso,  j'en  suis 
cause.  On  dit  mieux  :  Né  sou%  Vén-cdou$o,  qui  n'est  qu'une 
idlêration  de  la  première  forme  plus  régulière,  mais  moins 
usitée.  —  Se  siès  bono  eéouso  parlo,  se  que  dé  noù,  Diou  té 
rétire,  si  tu  es  bonne  chose  parle,  sinon  que  Dieu  te  fasse 
dBparaitre  :  phrase  de  conjuration  quand  on  croit  voir  ou 
entendre  quelque  chose  de  surnaturel,  un  revenant,  un 
esprit  familier,  etc. 

Dér.  du  lat.  Causa, 

GftoUBsa,  V.  Chausser;  mettre  une  chaussure,  des  bas  ou 
des  souliers  ;  buter,  chausser  un  arbre,  ramasser  de  la  terre 
M  pied.  En  terme  de  forgeron  ou  de  taillandier,  rechanger 
un  outil,  une  houe,  un  soc,  etc.,  en  y  appliquant,  lorsqu'il 
est  usé,  de  nouveau  fer  pour  l'élargir,  l'allonger  et  Tacérer 
une  seconde  fois.  —  Se  cdoussa  d'un  pê^n  doutre,  se  chaus- 
ser à  rebours,  mettre  par  exemple  le  pied  droit  dans  le 
soulier  ou  le  sabot  du  pied  gauche. 

Dér.  du  lat.  Caix,  chaussure. 

Otousoe,  s.  m.  Causse,  haute  montagne  ou  chaîne  de 
Ittutes  ihontagnes  terminées  en  haut  par  une  vaste  plaine. 

Les  parements  extérieurs  des  Causses  sont  fort  escarpés 
et  présentent  dans  leur  tranche  l'épaisseur  des  diverses 
assises  dont  ils  sont  composés  et  qui  sont  en  général  de 
nature  calcaire.  C'est  ce  qui  les  distingue  dans  le  pays  de 
ce  qu'on  appelle  la  montagne,  terrain  de  seconde  formation, 
composé  de  schiste  et  de  mica  la  plupart  du  temps.  La 
haute  chaîne  de  la  Lozère  est  de  la  première  nature;  les 
chaînes  inférieures  et  parallèles  à  cette  chaîne  sont  de  la 
seconde  espèce,  surtout  dans  les  versants  méridionaux. 

Cette  série  de  Causses  règne  en  arc  de  cercle  dans  le 
centre  du  département  de  la  Lozère  et  se  poursuit  dans  la 
chaîne  de  TAveyron.  Ce  sont  lés  Gausses  de  ce  dernier 
département  qui  fournissent  ces  excellents  fromages  de  lait 
de  brebîs  qui,  en  passant  par  la  fermentation  des  célèbres 
Orres  de  Roquefort,  acquièrent  une  renommée  eun^iéentie. 
Les  meilleures  qualités  sont  produites  dans  rarrondissemeni 


de  Saint-Affrique,  et  surtout  dans  le  canton  qu'on  appelle 
le  Gamarés. 

Ce  nom  de  Cdousse  peut  fort 'bien  dériver  de  la  natufe 
calcaire  des  rochers  dont  ils  sont  composés;  Sauvages  le 
tire  du  lat.  Cautes,  rochers. 

Gâonsaésoù,  s.  f.  Action  de  rechanger  un  outil  ;  quan- 
tité de  fer  qu'on  y  ajoute;  point  de  jonction  du  vieux  fer 
au  nouveau. 

Dér.  de  Cdoussa.  * 

Gàoussétariè,  s.  f.  Bonneterie;  chaussetterie;  fabrique 
ou  magasin  de  bas  et  de  bonnets. 

n  y  a  à  Alais  une  rue  de  ce  nom,  qui  est  bien ia  plus 
petite  de  toutes  celles  que  le  métier  ou  l'industrie  qu'on  y 
exerçait  eût  dénommées;  car  elle  n'a  pas  plus  de  vingt 
mètres  de  long  sur  trois  de  large.  Cela  indiquerait-il  que, 
dans  le  vieux  temps,  on  allait  beaucoup  plus  les  jambes 
nues  et  que  le  bonnet  de  coton  était  moins  en  vogue? 

Gàoussido,  s.  f.  Chardon  épineux  ou  hémorroïdal,  Sêr- 
ratula  arvensis,  Linn.  Civium  arvense,  plante  de  la  fam. 
des  Composées  Cynarocéphales,  très-commune  dans  les 
champs.  * 

Dér.  de  Cdoussiga. 

Câoussiè,  s.  m.  Chaussure  de  quelque  espèce  qu'elle 
soit.  Ce  mot  ne  s'emploie  guère  que  lorsqu'il  s'agit  de  la 
dépense  que  fait  un  individu  pour  sa  chaussure. 

Càoussiga,  v.  —  Voy,  Cdoupisa, 

Càoussignè,  i.  m.  Chaufournier;  faiseur,  fabricant  de 
chaux. 

Dér.  de  Acdou. 

Câoussina,  t>.  Passer  le  blé  de  semence  à  l'eau  ou  à  la 
fleur  de  chaux,  le  chauler,  pour  détruire  le  germe  du  char- 
bon ou  de  la  nielle,  qid  est  une  sorte  de  carie  ou  de  fungus. 
Aujourd'hui  on  emploie  plus  souvent  la  soude  et  l'eau  de 
vitriol  pour  cette  opération,  sans  cesser  pour  cela  de  dire 
Cdoussina  et  chauler. 

Dér.  de  Acdou. 

Câouasinar,  s.  m.  Habitant  des  Causses;  mouton  de 
petite  espèce  qu'on  nourrit  dans  les  Causses,  et  principale- 
ment dans  les  Causses  de  l'Aigoual. 

Dér.  de  Cdousse. 

Gâou8808,  s.  f  pi.  Chausses,  haut  de  chausses,  vêtement 
de  la  ceinture  aux  genoux,  propr.  culotte.  Les  deux  mots 
et  les  deux  modes  ont  vieilli.  Le  pantalon,  las  Bràïos  fV.  c. 
m.),  règne  seul.  Cependant  Cdoussot  s'est  conservé  dans  une 
locution  qui  revient  souvent  :  Coumo  y  farén  las  cdoussosf 
C'est  la  question  que  l'on  se  pose  devant  un  problème  à 
résoudre,  en  présence  d'un  embarras  qui  se  dresse  inopiné- 
ment, devant  un  coup  de  partie  difficile  à  jouer,  dans  un 
écart  au  jeu  de  piquet,  dans  une  situation  dont  on  ne  voit 
pas  le  moyen  de  sortir;  quand  en  se  grattant  le  front  on  se 
demaitde  :  comment  nous  y  prendrons-nous?  Quel  biais 
emploierons-nous?  Comment  sortir  de  ce  pas?  Comment 
nous  tirer  de  là?  Ou  autrement  :Bkbé/  aro,  coumo  y  farén 
las  tdouudi? 


172 


CAP 


CAP 


Ce  dicton  confirmerait  ce  que  j*ai  entendu  dire  mainte  fois, 
qae  les  pantalons  sont  très-difficiles  à  faire,  plos  difficiles 
qne  toute  autre  partie  de  l'habillement;  car  autrement  com- 
ment serait-on  plus  en  peine  pour  faire  chausses  et  haut  de 
chausses  que  pour  un  gilet  ou  un  paletot,  et  enGn  pour  une 
règle  de  trois,  une  mortèse  ou  une  paire  de  souliers?  J'aime- 
rais bien  aussi  de  savoir,  pour  vous  le  dire,  à  quel  tailleur 
on  doit  le  dicton. 

Gâoussoù,  s.  m.  Chausson;  chaussure  de  toile,  de  tricot, 
de  flanelle,  de  lisières,  qu'on  met  aux  pieds. 

Dér.  de  Câouisa. 

Câonto-à-Gàonto  (Dé),  aiv.  En  tapinois;  à  pas  de  loup; 
en  marchant  avec  précaution,  en  catimini.  —  F  vaï  dé 
eâouto  à'Câouto,  il  y  va  tout  doucement,  sur  la  pointe  du 


Dôr.  du  lat.  Cautus,  avisé,  prévoyant,  rusé. 

Capable,  blo,  adj.  Capable;  qui  est  en  état  de Ne 

s'applique  que,  par  une  extension  franchimande  et  réprou- 
vée, à  celui  qui  a  de  la  capacité,  de  l'intelligence.  —  Siè$ 
poi  capable,  tu  n'as  pas  la  force,  le  courage,  l'audace  de... 
Ei  capable  dé  tout...  Kore  lou  bé,  il  est  capable  de  tout 
hormis  du  bien. 

Dér.  du  lat.  Capax. 

Gapéiè,  s.  m.  Ch.ipelier;  celui  qui  vend  ou  fabrique  des 
chapeaux. 

Dér.  de  Cap^, 

Gapéîroù,  s.  m.  Sorte  de  filet  de  pèche  à  double  manche, 
en  forme  d'entonnoir.  Il  est  beaucoup  plus  grand  que  le 
Vignoù,  dont  le  manche  est  en  forme  de  fourche. 

Dér.  du  lat.  Capere,  prendre. 

Gapèl,  s.  m.  Chapeau;  coiffure  extérieure  des  hommes 
et  des  femmes. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Capellum ,  même  sign.,  qui  vient 
lui-même  de  Caput,  tète,  qu'avait  retenu  notre  vieux  lang. 
Cap,  resté  dans  beaucoup  de  composés. 

Gapélado,  s.  f.  Salut  du  chapeau;  coup  de  chapeau.  — 
li  dévèn  la  capélado,  nous  lui  devons  le  salut.  Emb'uno 
eapélado  t'en  vétrcu,  tu  t'en  tireras  avec  un  coup  de  cha- 
peau. 

Gapélan,  ».tn.  Prêtre;  celui  qui  a  reçu  les  ordres  sacrés; 
abbé,  ecclésiastique.  —  On  appelait  autrefois  Capellani  les 
dercs  qui  gardaient  la  chape  de  saint  Martin,  à  Tours, 
relique  que  nos  anciens  rois  faisaient  porter  devant  eux  à 
la  guerre.  On  appliqua  ce  nom  au  petit  édifice  où  était 
renfermée  cette  relique,  qu'on  nomma  Capèlo,  chapelle.  Ce 
dernier  nom  passa  par  extension  à  toutes  les  autres  cha- 
pelles, et  celui  de  chapelain  et  Capélan  à  ceux  qui  les 
desservaient.  Le  lat.  Cappa,  chape,  désignation  de  la  relique 
et  du  vêtement  que  portent  les  prêtres  dans  les  cérémonies, 
n*est  pas  étranger  non  plus  à  l'appellation. 

—  Mounla  dâou  coiuta  dae  capélan»,  monter  à  cheval 
du  côté  droit. 

Capélan,  s.  m.  On  appelle  ainsi  les  vers  à  soie  morts  sur 
la  bruyère  avant  d'avoir  filé  leur  cocon,  et  qui  restent  sus- 


pendus aux  branches.  Ce  nom  leur  vient  sans  doute  de  oe 
qu'ils  deviennent  tout  noirs. 

Capélan,  s,  m.  Sorte  de  champignon  très-commun  dans 
le  pays  et  qui  naît  dans  les  oseraieset  les  prairies  humides. 
Il  est  fait  en  pain  de  sucre  comme  les  morilles,  mais  il  est 
beaucoup  plus  grand.  Il  est  laminé  et  noir  en  dessons  quand 
il  est  un  peu  fait  ;  le  dessus  est  d'un  blanc  cendrè.  C'est  œ 
mélange  de  noir  et  de  blanc  qui  lui  a  valu  sans  doute  son  nom. 

Capélan,  s.  m.  Capélan  ou  officier,  Gadtu  minutuê,  Linn. 
Poisson  de  mer  de  la  fam.  des  Jugulaires  et  de  l'ordre  des 
Holobranches.  Sa  chair  est  peu  estimée. 

Capélan,  cm.  Carthame  ou  safran  bâtard,  Carthamue 
tinctorius,  Linn.  Plante  tinctoriale,  de  la  fam.  des  Iridées. 
Sa  semence  est  connue  sous  le  nom  de  graine  de  perroquet. 

Capélané,  s.m.,e&i  ledim.  très-bien  reçu  dans  toutes  les 
acceptions  précédentes. 

Capéléto,  s.  f.  Nombril  de  Vénus,  Cotylédon  umbUieui, 
Linn.  Plante  grasse,  de  la  fam.  des  Crassulacées,  qui  pousse 
dans  les  vieux  murs  humides.  Elle  a  la  forme  d'un  cham- 
pignon, dont  la  concavité  serait  en  dessus;  au  centre  exté- 
rieur de  sa  circonférence  se  trouve  un  renfoncement  q[m 
ressemble  à  un  nombril  humain.  Elle  est  connue  aussi  soos 
le  nom  de  Coucarèlo.  —  Voy.  cm. 

Son  nom  est  du  probablement  à  sa  ressemblance  assez 
éloignée  avec  un  chapeau,  Capil. 

Gapélino,  s.  f.  Têtière;  petite  coiffe  des  enfants  nouveau- 
nés;  espèce  de  capote  de  femme,  en  étoffe,  dont  l'usage  est 
récent  dans  nos  campagnes  pour  préserver  contre  le  solml. 

Dér.  de  Capèl, 

Capèlo,  s.  m.  Dim.  Capèlélo.  Chapelle;  petite  église» 
petit  oratoire  consacrè  à  Dieu.  —  Aïço  é»  pas  la  capèlo  dos 
hégandous,  dit  un  joueur  de  cartes  en  voyant  beaucoup  de 
figures  dans  son  jeu  :  on  sait  qu'il  n'y  a  point  d'images 
dans  les  temples  protestants. 

Le  mot  venu  du  lat.  Capella,  même  sign.,  se  rattache  à 
ce  que  nous  avons  dit  de  l'étym.  de  Capélan. 

Capéla,  ado,  adj.  Huppé,  ée;  qui  a  une  huppe  sur  la 
tête.  Il  se  dit  des  poules  ou  de  certains  oiseaux,  qui  ont  sur 
la  tête  une  touffe  de  plumes,  comme  l'alouette  huppée  et  la 
huppe  ou  puput. 

Capéssolo,  s.  f.  Capsule,  amorce  au  nitrate  d'argent, 
fulminate,  pour  les  fusils  à  piston.  —  Ce  mot  d'invention 
nouvelle  est  une  simple  corruption  du  français. 

Capéto,  s.  f.  Dim.  de  Capo,  Manteau  de  femme;  man- 
telet  de  femme  ou  d'enfant. 

Capigna,  v.  Chercher  querelle;  quereller;  taquiner.  Cela 
répond  principalement  aux  picotenes  et  petites  querelles 
des  enfants  cntr'eux,  qui  ne  vont  pas  plus  loin  que  de  se 
prendre  aux  cheveux  ou  à  la  tête. 

Dér.  du  lat.  Caput,  d'où  Cap,  et  Pigna,  peigner. 

Capignaire,  airo,  a4j\  Enfant  taquin;  qui  cherche  que- 
relle, noise.  S'applique  aussi  aux  grandes  personnes. 

Capignoùs,  onao,  adj.  Hargneux,  querelleur  d'habitude; 
pointilleux. 


I 


CAP 


CAP 


173 


Gi^iUiii»  i.  m.  Capitaine,  cbef  d*iine  compagniede  soldats. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  CapUanus,  et  autant  fr.  que  lang. 

Gapitàon,  «.  m.  Capital,  somme  principale,  principal 
d*iuie  dette  ;  peine  capitale.  —  L'an  jugea  âou  eapitâou,  on 
Ta  condamné  à  mort. 

Gapitèio,  s.  f*  Hutte,  maisonnettede  vigne,  non  habitée, 
oà  Ton  renferme  les  outils,  et  où  l'on  peut  se  mettre  à  Tabri 
d*nn  orage, 

Dêr.  du  lat.  Caput,  chef;  on  bien  parce  que  ce  petit 
édifice  terminé  en  cône  a  la  forme  d*un  chapeau,  ou  parce 
que  la  CapiiUo  est  en  quelque  sorte  le  chef-lieu  de  la  vigne. 
Peut-être  aussi  faut-il  chercher  sa  dériv.  dans  l'ilal.  Capi- 
teUo,  chapiteau,  parce  que  la  CapUUo  n'est  souvent  et  n'était 
surtout  autrefois  qu'un  appentis,  un  petit  toit,  une  sorte  de 
chapiteau  sous  lequel  on  mettait  à  l'abri  la  cuve  vinaire. 
De  nos  jours,  malgré  la  cour  d'assises  et  le  luxe  des  garde- 
vignes,  il  ne  serait  pas  prudent  de  laisser  la  vendange  ainsi 
à  portée  des  passants  et  des  vagabonds. 

Gapitolo,  s.  m.  Capitole;  hôtel-de- ville  de  Toulouse.  Ce 
nom  n'est  point  une  imitation  de  celui  du  Capitole  de  Rome. 
Il  vient  du  lat.  Copitu/um,  chapitre,  assemblée.  Il  fut  donné 
au  chapitre  des  consuls  de  Toulouse  par  une  lettre  de  la 
rône  Blanche  qui  portait  en  titre  :  DUbcIU  de  CapUulo, 

Capitonl,  $.  m.  Capitoul,  nom  que  portaient  les  consuls 
de  Toulouse ,  et  qu'ils  prirent  au  commencement  du 
XIV"«  siècle.  Cette  dignité  conférait  de  droit  la  noblesse 
à  ses  titulaires  avant  4789. 

Cqiitnla,  V.  Calculer,  spéculer.  Ce  mot  qui  d'évidence 
est  un  emprunt  au  fi*.  s'éloigne  complètement  de  lui  par  sa 
signification.  —  Aquà's  bien  eapUula,  c'est  bien  calculé, 
combiné. 

Gq^,  s.  f.  Cape,  espèce  de  manteau  de  drap  grossier,  que 
portent  les  paysans  et  surtout  les  bergers  pour  se  parer  de  la 
pluie.  Les  bergers,  qui  conduisent  les  troupeaux  dans  la  mon- 
tagne en  été,  couchent  sur  la  terre  nue  plies  dans  leur  cape. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Cappa,  chape. 

Gapô,  c.  m.  Chapeau  de  femme  en  paille  ou  en  étoffe  ; 
capote  de  femme. 

Dér.  du  lat.  Capui. 

Gapô,  oto,  adj.  Honteux,  confus,  qui  a  un  pied  de  nez; 
interdit,  attrapé. 

Ce  mot  dérive  du  fr.  Capoi,  terme  de  jeu  de  piquet.  Celui 
qui  est  capot  à  ce  jeu  est  honteux  et  désemparé  :  on  a  fait 
sor  lui  toutes  les  levées,  il  est  pris,  en  lat.  Captue,  eapere  : 
ou  bien,  il  a  perdu  du  commencement,  à  eapUe,  jusqu'à  la 
fin  du  coup.  Le  point  de  départ  est  un  peu  éloigné;  et  nous 
ne  sommes  pas  d'ailleurs  chargé  d'expliquer  lesétym.  fran- 
çaises. 

Capoù, «.  m.  Chapon;  jeune  coq  coupé  ou  châtré;  croûte 
de  pain  frottée  d'ail,  dont  on  assaisonne  la  salade  dans  ce 
pays  et  qu'on  nomme  aussi  en  fr.  chapon.  U  y  a  là  sans 
doute  une  ironie  :  la  croûte  à  l'ail  dans  la  salade  est  la 
poole  au  pot  du  pauvre. 

Dér.  du  lat.  Capo,  eunuque. 


Gaponchin,  t.  m.  Capucin,  religieux  de  l'ordre  de  Saint- 
François,  pprtant  ordinairement  une  longue  robe  brune  et 
un  capuchon. —  Le  mot  est  une  corruption  du  fr. 

Grano  dé  capouchin,  Cévadille,  Veralrutn  eabadiUa, 
plante  de  la  fam.  des  Colchicacées,  originaire  du  Sénégal. 
On  prétend  que  sa  graine  fait  mourir  les  poux.  Ce  préjugé 
remonte  sans  doute  à  la  même  source  que  ces  mauvaises 
plaisanteries  sur  la  barbe  et  la  saleté  des  capucins,  que  l'on 
disait  se  servir  de  la  semence  de  cévadille  pour  se  débar- 
rasser de  la  vermine  qui  nichait  sous  leur  menton. 

Gapoula,  v.  Hacher  menu,  couper  à  morceaux  ;  découper 
avec  des  ciseaux. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Capulare,  couper,  trancher,  déca- 
piter. 

Gaponlado,  s.  f.  Hachis;  abattis;  massacre. 

Gaponlaire,  airo,  adj.  Qui  hache,  qui  coupe  à  mor- 
ceaux. 

Gaponn,  onno,  adj.  Capon;  lâche,  poltron;  traître,  de 
mauvaise  foi,  vaurien;  gueux.  Terme  injurieux. 

Selon  Roquefort,  ce  mot  viendrait  du  fr.  Capoi,  qui  fait 
son  adversaire  capot,  qui  lui  prend  tout;  selon  le  P.  Puget, 
il  serait  tiré  de  Capoù,  chapon,  parce  que,  dit-il,  les  capons 
d'ordinaire  sont  gras  comme  des  chapons. 

Gapoona,  v.  Chaponner,  châtrer  un  jeune  coq  ;  caponner, 
lâcher  pied,  montrer  de  la  lâcheté. 

Gaponnadoù,  adj,  m.  seulement.  En  âge  d'être  cha- 
ponné;  poulet  assez  fort  pour  subir  cette  opération. 

Gapounairo,  s.  f.  Femme  qui  chaponne  les  poulets. 

Gapoonariè,  »,  f.  Polissonnerie;  action  méprisable; 
lâcheté;  trait  de  capon. 

Gapounéja,  v.  fréq.  Vagabonder,  polissonner;  faire  le 
galopin. 

Gaponnô,  oto,  s,  m.  /*.  Petit  vaurien;  jeune  efijronté; 
petite  libertine. 

Gaponràou,  s.  m.  Caporal,  chef  de  la  plus  petite  subdi- 
vision d'une  compagnie  d'infanterie. 

Dér.  de  l'ital.  Caporale,  dim.  de  Capa,  chef. 

Gaprice,  s.  m.  Caprice  ;  boutade  d'un  enfant  qui  pleure 
et  crie  pour  une  folie  idée  qu'on  contrarie;  entêtement; 
engouement  amoureux. 

Dér.  du  lat.  Capra,  chèvre,  dont  le  caractère  est  capri- 
cieux et  volontaire. 

Gapriciois,  onao,  adj.  Capricieux  ;  qui  a  des  caprices  ; 
qui  est  sujet  aux  caprices. 

GapriciouBé,  éto,  adj.  Dim.  du  précédent.  Petit  capri- 
cieux. Se  prend  quelquefois  comme  expression  de  câlinene, 
de  gentillesse  :  mais  suivant  le  ton  la  chanson. 

Gapriço,  ».  f.  Fantaisie,  caprice;  désir  déraisonnable; 
goût  particulier  et  capricieux. 

Gapucho,  s.  f,  Capuce,  capuchon;  chaperon  d'une  cape 
ou  d'un  manteau  de  berger. 

Dér.  du  lat.  Caput,  tète. 

Gapuaa,  v.  Charpenter,  menuiser;  couper  du  bois  en 
menus  morceaux,  soit  avec  la  hache,  soit  avec  un  couteau 


t74 


CAR 


CAR 


on  toat  antre  instnimeiit  tranchant;  mais  non  point  avec 
le  rabot  on  la  varlope.  Aafig.  inquiéter,  toormenter  à  ooQps 
d'épingles;  iaire  endèver. 

Dér.  de  la  baas.  lat.  Capulare,  couper,  trancher. 

Gapusadoù,  s.  m.  Espèce  de  banc  sur  lequel  on  amenuise 
le  bois. 

Capuaaîre,  s.  m.  Equarisseur,  charpentier,  bûcheron  ; 
ouvrier  qui  menuise  le  bois  sans  autre  outil  que  la  hache, 
la  plane,  le  ciseau  et  les  tarières.  C'est  ainsi  que  Ton  fabri- 
que les  échelles,  civières,  râteliers  et  la  plupart  des  outils 
aratoires. 

GapuBaje,  5.  m.  Action  de  roenuiser  le  bois,  de  Téquar- 
rir,  de  dégauchir  une  pièce. 

Capusïos,  s.  f.  pi.  Copeaux,  petits  morceaux,  gros  ou 
menus,  que  l'instrument  du  CapuêoXre  détache  d'une  pièce 
de  bois. 

Gaqué,  s.  m.  Caquet  ;  bavardage  ;  intempérance  de  langue. 

Onomatopée  du  caquetage  des  poules. 

Caqueta,  v.  Caqueter;  bavarder;  jacasser. 

Car,  t.  f.  Péj.  CMmoêêo:  dim.  Caméto,  Chair,  viande. 
—  Car  dé  cav^o,  chair  d'un  animal  dont  on  a  ôté  la  tftte, 
la  peau,  les  viscères  intérieurs  et  les  pieds,  et  réduit  à  la 
seule  viande  qui  a  cours  à  la  boucherie.  Vendre  car  dieatfio; 
quand  on  vend  au  poids  un  animal  de  boucherie,  on  ne  le 
pèse  que  quand  il  est  réduit  à  l'état  ci-dessus;  tout  ce  qu'on 
a  enlevé  ainsi  passe  sur  le  marché  au  profit  de  l'acheteur  : 
on  appelle  cela  Car  dé  eatKo,  parce  que  l'animal  dans  cet 
état,  à  l'abattoir,  est  suspendu  à  l'étal  particulier  du  bou- 
cher par  une  cheville,  et  pesé.  Eàtre  car  dé  caxHo,  au  fig., 
être  réduit  au  strict  nécessaire,  être  sans  le  sou.  Es  pu  près 
ib  car  gué  la  eamiêo;  ma  peau  est  plus  proche  que  ma 
chemise  ;  je  tiens  plus  à  ma  peau  qu'à  son  vêtement  :  pro- 
verbe d'égoïste,  dira-t-on,  mais  qui  peut  si  bien  se  justifier 
dans  ses  diverses  applications  I 

D^.  du  lat.  Caro,  chair. 

Car,  eonjone.  Car. 

Dér.  du  gr.  YdEp,  ou  du  lat.  Quart,  c'est  pourquoi. 

Câra,  s.  m.  Oreiller,  coussin  carré  pour  soutenir  la  tête 
quand  on  est  couché.  Il  tire  son  nom  de  sa  forme. 

Cara,  ado,  adj.  Carré  ;  qui  a  la  figure,  la  forme  cariée. 
An  fig.  large  d'épaules.  —  Cara  coufno  un  ekafre,  mat  à 
mot  :  carré  comme  la  pierre  à  aiguiser  des  faucheurs.  — 
Voff.  Chafre.  Cette  comparaison  répond  à  Taecoption  figurée; 
elle  signifie  :  bien  ràblu,  vigoureux;  mais  quel  est  le  rap- 
port avec  la  pierre  qui  donne  le  tranchant  à  une  &nlx  ?  Je 
ne  sais.  Sauvages  traduit  par  :  panader  comme  un  coq.  Je 
ne  l'explique  pas  mieux.  La  phrase  est  tiès-usitée  :  il 
suffit. 

Gara,  o.  Donner  le  bras  à  quelqu'un  ;  lui  prendre  le  brss. 
8ê  eara,  se  carrer,  faire  le  gros  dos,  se  pavaner,  sepiélasger, 
faire  l'homme  d'importance;  se  mettre  à  l'aise,  s'accom- 
moder. —  Cara  uno  poulido  fio,  marober  en  donnant  le 
bras  à  une  jolie  fille.  ÂçuMo  pîiço  mé  mnuiè  bé,  ce  cdnmp 
arrcndirait  bien  mon  domaine. 


Garabadio,  t.  f.  Cravache,  fouet  eonrt  d'une  aeiis.pttoe, 
pour  les  chevaux  de  srile. 
Gorr.  du  fr. 
Garabagnado ,  s,  f,,  ou  Garamagnado.  Quatttitt  piodh 

gieuse;  une  batelée. 

Serait-ce  une  corrupt.  du  vieux  fr.  CarabituuU,  dAofaarge 
générale  de  carabines? 

Garabata,  v.  Mettre  la  cravate  à  quelqu'un.  Sé-eorotafa, 
se  cravater;  mettre,  arranger  sa  cravate  A  son  cou. 

Garabato,  s.  f.  Cravate;  linge  qu'on  met  et  noue  aaUMr 
du  cou. 

Corr.  du  fr. 

Garabignè,  «.  m.  Carabinier  à  cheval;  gmnadiar  ée 
l'infanterie  légère. 

Emp.  au  fr. 

Garabinéja,  v.  fréq.  Transporter  quelque  choae,  ou 
promener  quelqu'un  d'un  lien  à  un  autre  et  à  plnnîwrn 
reprises;  porter  d'ici  et  de  là,  çà  et  là. 

Dér  peut-être  du  genre  de  guerre  que  font  les  eafabinen 
on  tirailleurs,  qui  vont  de  çà  et  de  là,  sans  ordre  de  bataille; 
et  mieux  peut-être  du  lat.  Currus,  char,  qui  a  fait  ohairier, 
et  de  Binus,  double,  double  charriage. 

Garabino,  ».  f.  Carabine,  petite  arquebuse  qu'on  portait 
à  cheval. 

En  ital.  on  dit  Carabina,  mot  altéré  de  CanaHna,  canne 
double,  soit  parce  que  le  canon  de  cette  arme  était  doubla* 
soit  parce  que  le  canon  de  fer  est  accompagné  d'une  eanoe 
ou  d'une  monture  en  bois. 

Garai,  s.  m.  Mâchefer;  scories  qui  se  détachent  du  fsr 
ou  de  la  gueuse  quand  on  les  forge;  balle  coupée  en  quatn 
ou  plomb  carré,  dont  on  se  sert  pour  la  chasse  au  loup  €i 
aux  bêtes  fauves,  dont  la  peau  très-dure  est  quelquefois 
impénétrable  aux  balles  rondes. 

Caral,  t.  m.,  se  dit  aussi  pour  l'ornière,  la  trace  qve 
laissent  les  voitures  sur  la  terra. — La  Fare  l'a  poAiquemem 
appliqué  à  la  voie  ferrée,  lou  tarai  dé  fèrê,  pour  les  nuls 
qui  forment  la  voie. 

Caramel,  s.  m.  Longue  trompette  faite  d'écoroe  d'arlire 
roulée  en  rubans,  ou  d'un  tuyau  d'oignon,  dont  les  enfimts 
s'amusent.  Par  extension,  flageolet,  chalomeaa. 

Dér.  du  lat.  Calamus,  chalumeau. 

Garâou,  «.  m.  Ruissetfu  des  mes;  ornière  de  oharrette» 
de  voiture;  espace  contenu  entre  les  ornières.  -^  Caupti 
caréou,  traverser  quelqu'un  dans  ses  projets. 

CarcU  et  Cardou  ne  sont,  dans  cette  acception,  que  1ê 
même  mot  :  al  correspond  à  âou.  —  Foy.  Aou. 

Dér.  du  lat.  Carm»,  char. 

Caravira,  v.  Défigurer,  décomposer  les  traits;  tionMw^ 
étourdir  ;  bouleverser  l'esprit  et  les  sens  ;  causer  nne  penftila 
émotion.  —  E$  tout  earamra,  il  est  tout  înterAt.  Aquà  Ha 
earavira,  cette  nouvelle  l'a  troublé,  bouleveraé.  CaraoSrm 
fouHAau,  mettre  la  maison  sens  dessus  dessous. 

Dér.  du  gr.  Kdpa,  tête,  figure,  et  de  FTra,  tonner  :  faim 
volte-face. 


CAR 


CAR 


I7S 


\,  9,  f.  Subite  61  péiûble  émollon  ;  bouleTMRe- 
fliBttt  dans  les  traite  et  daas  Teeprit. 

CtfbM,  «.  11».  GbarboD  de  bois;  houille;  braise  éteinte. 

D6r.  du  lat.  Carbo,  même  sign. 

Garbongnè,  s.  m.  Charbonnier  ;  fabricant  de  eharbon>de 
buis;  nûiMiiràe  bouille.  —  Sa  corôou^M^aaoàohafbon. 
B^mm  wm  toptougnè  po  pa$  jovrti  farmo  blanquo,  prvb., 
dntft  sac  àicbarfaon  on  ne  sort  pas  de  la  farine  blanche  :  on 
oft  lîro  d*ii&  sae  qoe  ce  qui  y  est  contenu.  Les  applications 
dBdieloD  sont  nombreuses. 

Garbougnèiro,  ».  f.  Mine  de  charbon;  hoaillére;  grawk 
fisse  cvsusôe  en  terre  où  Ton  fait  bràler  le  bois  pour  le 
convertir  en  charbon. 

La  pfois  ancien  tiim  qui  mentionne  les  mines  de  houîHe 
de  notre  pays,  et  qui  prouve  que  leurexploitelion,  si  infé- 
rlNMe  à  ce  qu'elle  esl  aujourd'hui»  comptait  cependant 
pour  une  certaine  valeur,  remonte  à  Tannée  4345.  Dans  la 
nme  faite  par  Hombert,  dauphin  de  Viennois,  à  Guillaume 
nager,  vicomte  de  Beaufort,  de  tous  les  droite  qu'il  possé» 
dait  comme  seigneur  û'AêeU  et  dépendances,  Testimation 
est  donnée  de  chaque  prc^été,  et  après  Tarticle  concer- 
ùsêH  lur  forti  d*Abylon,  dans  la  baronie  de  Portes-Bertrand, 
il  eu  ajoute  :  I9$m,  earbonêna  tapidum,  9U9  est  in  dicta 
fêMtim,  C¥$u9  «molufiisfiltem  em  ip$a  prowtMnê  wUereaprè- 
dMwii»  mH,  pro  rcddiiu  mnnuù,  quatuôr  Ubroê  Turon.  r«fi- 
dMoIff.  —  Et  Tartide  suivant  pour  les  minerais  de  Palme- 
salvle  :  Itmn,  menmie  ferré  iHe  in  tenamento  de  PaimB-' 
Stiùdù,  9um  «srpMUi  nanonim  foreete  de  Partis  et  de  EseKa" 
laHis,  apreeiatm  vahre,  pro  redditu  annuo,  textes  inginti 
Mrof  J^ron,  rendwUee.  Enfin,  pour  ne  pas  négliger  le 
dMt  régalien  sur  les  mines  ni  les  renseignements  sur  leur 
périmètre  de  concession,  cette  autre  clause  :  Item,  eensus 
tms  smMutes  quas  idem  dominus  DaipMnus  habei  et  pereh- 
pu,  ééetusquêëomùhisrex  habete  etpert^aere  eonsuêvU,  pfo 
ettpteeha  earbonerkintm  lapidum  mandammiti  eastri  de 
Partks,  aà  komltdèms  dé  Pwtis,  de  CamlwMhnigemdo  et  guo» 
rmtdam  aiiorum  ioeontm,  vatentes  seu  aeeendentes  ineteui 
reddUum  aiinmtm  quindecim  solides  TUren, 

Il  est  curieux,  au  moins  en  élymologie  et  en  industrie, 
da  savoir  quel  chemin  ont  fait  les  moto  et  les  choses  depuis 
sîK  oente  ans  environ. 

Cstrbouade,  s.  f.  Étuvée  de  moutcMi  ou  de  veau.  C'est 
dJcsdinairs  une  rouelle  prise  dans  la  cuisse  de  l'animal  et 
qu'on  pique  de  gros  dés  de  lard.  C'était  jadis  le  plat  mignon 
dn  dimanche  ches  la  petite  bourgeoisie,  qui  s'en  régalait  en 
fHBille  ou  avec  ses  amis  et  voisins.  Âiqourd'hui  le  luxe 
lépandu  dans  toutes  les  classes  Ta  fait  reléguer  dans  le 
Mrviœ  le  plus  journalier  et  le  plus  usuel. 

Dér»  de  Corhoii,  parce  que  c'est  avec  un  feu  doss  de 
charbon  de  bois  qu'on  apprêtait  ce  meto  autrefois. 

Cartonsçla,  s.  m.  Charbon,  maladie  inflammatoire  des 
hommes  et  des  animaux,  et  presque  toujours  mortelle  si  on 
n'y  apporte  un  prompt  remède.  Le  plus  ^eace  est  la  eau- 
tJrisatioo.  Autrafns  les  paysans  supersUtieux  n'osaient 


appeler  cette  maladie  par  son  nom,  parce  qu'ils  croyaient 
que  ce  nom  portait  malheur  et  donnait  la  maladie  elle-même 
à.  celui  qui  le  prononçait.  On  l'appelait  la  miehami;  la 
mauvaise.  C'est  par  suite  d'un  pareil  ordre  d'idées  qu'on- 
nomme  les  vers  à  soie  muscardins,  aquéio  mMioMto  mino, 
et  la  grêle,  lou  miehan  fé». 

Dér.  du  lat.  €arbunc%Uus,  petit  ulcère  enflammé,  bubon 
de  peste. 

Carbounêl,  t.  m.  Blé  niellé,  charbonné,  touché  par  un 
brouillard  appelé  la  nielle,  qui  le  rouille  et  le  noircit.  -^ 
Yoff.  Câouswinm. 

Garboonio,  t.  f.  Braise  éteinte;  poussier,  débris  de 
charbon  ;  cendre  de  houille,  mêlée  de  charbon  non  consumé. 

Dér.  de  Carboik. 

Carcan,  s.  m.  Carcan,  pilori;  peine  infamante;  collier  de 
fer  fixé  à  un  poteau  et  avec  lequel  on  attachait  par  le  cem 
les  malfaiteurs  qui  y  avaient  éte  condamnés. 

Mr.  du  gr.  KapicCvoc,  cancre,  éerevisse  de  mer,  parce  que* 
les  branchtt  du  collier,  aj^lé  carcan,  ressemblent  aux 
pinces  de  cet  animal. 

CarchoUs,  s,  m.  Artichaut,  cardonnette,  cardon  bon  à 
manger.  —  Vay,  Artiehdou» 

CarékofU  d^ase,  chardon  aux  Anes,  cardon  sauvage, 
Cynara  earêsmeulus  sylvesSris,  Linn. 

Garcnl,  s.  m.  Calcul,  supputation. 

Corr.  du  fr. 

Carcola,  v.  Calculer,  supputer,  compter. 

Caroulairo,  airo,  adj.  CalcuUteur,  celui  qui  aime  à 
supputer,  qui  est  près  de  ses  kiterêto,  qui  compte  minutieu- 
sement ses  inlérêto. 

Carda,  v.  Carder;  peigner  la  laine  avec  la  carde.  Au  fig. 
s'emploie  avec  le  mot  faïre,  faire,  et  comme  verbe  n.  :  Aquà 
tiU  faH  carda,  pour  dire  :  cela  me  fait  trépigner  de  dépit, 
de  colère,  à  peu  près  comme  si  on  me  peignait  avec  la 
carde.  —  Voy.  Cardo, 

Gardair«,  airo,  s.  m.  f.  Cardeur  de  laine,  d'étoupe,  de 
fleuret  de  soiCt  etc. 

Gardé,  #.  m.  n.  pr.  de  lieu.  Cardet,  canton  de  Lédi- 
gnan  (Gaid). 

La  désinence  en  é,  éto,  en  fr.  et,  ette,  formée  par  le  suf- 
fixe lat.  etitm,  indique  la  collectivite,  plutôt  qu'elle  n'est 
un  dim.  Nous  citerons  de  nombreux  exemples  {Y.  S, 
désin.)  et  ses  variantes  :  Cardé,  Cardet,  lieu  où  se  trou- 
vent beaucoup  de  chardons,  lat.  earduus,  ou  bien  où 
s'exerce  l'industrie  des  cardeurs.  —  Voy.  Cardo. 

Gaidèlo,  t.  f,  Laiteron,  Sonehus,  Linn.  Phmte  de  la 
fam.  des  Chicoracées,  laiteuse,  bonne  aux  lapins;  chicoiée 
jaune. 

Gardélo,  «.  f.  Séneçon,  Seneeio  wUgaris,  Linn.,  plante 
de  la  fam.  des  Composées  Corymfailéres,  commune,  à  fleurs- 
à  aigrettes  blanches,  qui  a  quelque  reuemblance  avec  cellsa< 
de  la  cardo,  d'où  lui  vient  son  nom  dim. 

Cardinal,  i.  m.  Cardinal,  un  des  soixante-et-dix  piélate. 
du  Sacré-Collège. — Rouje  eoumo  un  cardinal,  rouge  comme 


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-'r\  i--.  -:.\  i'i  o^^im? 

I)-r.   i'i  lit    Currui.  cYlxr. 

Caréiado.  f  f.  '.'U  Sàoupignano,  s  f  JuN]]iii':>^..îi  fhn-^- 
'">.:.".    fJ ^'-'^i.-imm  n-j^r,   Li:in  .    {'liiit'^   jI'""  1.\   ùt.     J-k 

'  '  l'..  :.  ^*p\  [*^it  Hr-^  un  e\>^ll'MU  r\i>M-^  <>u  un  vi-«l-MU 
['  >  :.    K"^  ►"•it  lia  r.  ir:.>ti'iii'.^  piii>.>iiit. 

Caréiè.  <.  w.  > ■rt^:»  d^^  s:.v\r>''  ►m  a\  int  d'un  t.^ur  à  filer 
li  -i'  .\  •"  1  -i^a  ►^nnlré'^s  plu^i^-'urs  U-'binos  tounLintt"»s  dos- 
tip/-s  i  t  r!:^^  !-^  fil  d?  s^e  as.int  qu'il  s»"»  déN  idosurla  roue. 

Caréïrôou,  j.  m.  Di'ii.  Careiroule.  Viol  :  {vtil  stMitier 
p«.':r  I^-s  p-rt  [i>  et  trioé  s^^ulenl'nU  par  l'uMge. 

Di.T..  de  C'jrif'tro. 


Cire- 2 


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-:.  >  utTnnop  et  en 


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Caremo .  s  f  i.:'  .  :  •"-:•.::•  d-  •ir.riiiU^  j-'^urs  de 
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:  ■'  ]"  V  :.  -  —  F  .i'--'  '•-'-f"'  .  r<  r\-^r  lej^nine:  faire 
:.  ■;:>•-  '  r  .  >  n  -i  '  ?  •»*  :>  ';  ••:''-"^  n"'U>  s-nuii»:^  à  la 
fr.   !':     '.r-'     ■'    V-  ;i  /  '■    ^  i   ?-f  'i   *  / -f  'i'»'"»  caremo,  j'y  ai 


'   .-  r    !.. 


Carèou,  <    »"    t'i.rr-^'.u.  jr  s  t-r  a  r-^pisv^r  des  tailleurs. 
F'-if.-Cï'-    •  .  J  '1   i  •':.*".':i'.  'i^i  0"!isi>U^à  Lmcer  en  l'air 

«riî  rM  »:i  l»'  sur  K^  carreau;   celui 


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d  !.t  11  j:-.v  '^-t  i-^  fl'is  v.i  c»^!itre  tîu  oarr»?au.  et  la  plus 
'  !  un-'*'  d'''<  '  i;,ts.  \  j"ij:>\ 

Caressa,  r  Cir  f^v.  iwy  d-^  oiresv-'s;  traiter  avec 
d'^<  d'"::  iiftriti  •:<  li-'  t-::.  ir'?>3-\  d'.itlacheriient,  d'amour; 
fîir"  Wx'v.  -'ir. 

IVt.  du  .T.  K^;::^'^.  ::.    siju. 

Caréssan,  anto,  nfj.  Cin^Nsint.  qui  aime  à  caresser; 
rr.i-^ll-Hix.  d  'U'V^reux. 

Carésso,  s.  f.  Cir^se.  biiv^r;  C'^ste  qui  approche  de 
la  trop  cran  le  f.\T.ilnnl^\  à  d'^-nn  ind^Vent. 

Pér.  du  lat.  Caru^:.  cher. 

Caréstiè,  s.  f.  Ch^^rtè,  div.^lte,  misère. — Jamaï  lou 


CAR 


CAR 


177 


mkhan  tin  noun  ingéndro  caréstiè,  la  grêle  n*eDgendre  pas 
la  disette  ni  la  cherté,  parce  qne,  tout  en  ruinant  la  con- 
trée qu'elle  frappe,  ce  ne  sont  qae  quelques  individus  qui 
en  souffrent,  sans  faire  augmenter  en  général  le  prix  des 
denrées. 

Dér.  du  lat.  Carerê,  manquer,  souffrir  de  disette. 

Caréatioûs,  onso,  adj.  Pauvre,  misérable;  chétif  ;  qui 
manque  du  nécessaire  ;  maigre,  rabougri. 

Carétado,  t.  f.  Charge  d'ane  charrette  :  charretée  ;  la 
quantité  qu'une  charrette  porte  ou  peut  contenir. 

Dér.  du  lat.  Carrus,  char. 

Caréiéja,  v.  friq.  Voiturer  d'habitude  ;  exercer  la  pro- 
fession de  roulier,  sans  suivre  une  route  habituelle. 

Carété)aîre,  s.  m.  Roulier  ;  qui  voiture  toute  sorte  de 
marchandises  et  de  denrées,  sans  service  régulier. 

Carétiè,  j.  m.  Charretier  ;  celui  qui  conduit  une  char- 
rette; roulier. 

Caréto,  s.  f,  Dim.  Carétouno,  Charrette,  voiture  à  deux 
roues  destinée  à  porter  de  lourds  et  gros  fardeaux.  —  La 
caréto  méno  lous  biâoia,  la  charrette  conduit  les  bœufs, 
loc.  prvb.,  qui  s'emploie  lorsqu'un  chef  de  famille  se  laisse 
gouverner  par  toute  sa  maison. 

Dér.  du  lat.  Carrui,  char. 

Carétoun,  $.  m.  Petite  charrette  ;  camion  ;  charriot  ; 
haquet. 

Carga,  v.  Charger,  mettre  une  charge,  un  fardeau  sur...; 
prendre,  se  vêtir  ;  attaquer  l'ennemi,  donner  la  charge  ; 
déposer  contre,  rendre  un  témoignage  accablant;  mettre 
de  la  poudre  et  du  plomb  dans  une  arme  à  feu.  —  Zou  / 
cargo  la  nUolo,  allons  !  charge  la  mule.  Cargo  mé  vn  pàou, 
porte-moi  un  peu.  Carga  lou  déou,  prendre  le  deuil.  Carga 
l'éâtiou,  prendre  des  habits  d'été.  Lou  tén  gé  cargo,  le  temps 
se  couvre.  Carga  mus  lou  davan,  prendre  du  ventre;  être 
enceinte.  Carga  la  mounino,  s'enivrer,  se  griser.  Té  vdou 
carga,  je  vais  fondre  sur  toi.  Lou  cargo  à  fàou,  il  dépose 
Haussement  contre  lui.  Carga  soun  ftail,  charger  son  fusil. 
Carga  tro,  tro  earga,  surcharger. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Caricare,  charger  un  char. 

Cargadon,  s.  m.  Chargeoir  ;  toute  espèce  d'engin  pour 
aider  quelqu'un  à  charger  un  fardeau  ;  spécialement,  gros 
billot  de  bois  qu'on  pose  debout  et  sur  lequel  les  manœuvres 
des  maçons  posent  et  garnissent  leur  planche  à  mortier, 
pour  la  charger  sur  leur  tête  sans  aide  et  sans  avoir  besoin 
de  la  soulever  de  terre. 

Cargadouiros,  «.  f.  plur.  Corde  à  charger  un  mulet 
lorsqu'il  porte  à  bât.  Elle  est  faite  exprès  et  très-peu  tordue 
pour  pouvoir  supporter  une  plus  grande  torsion  quand  on 
la  garrotte,  qu'on  la  serre  avec  le  garrot,  bïo. 

Cargaire,  aire,  adj.  Chargeur;  celui  qui  charge  ou  qui 
aide  à  charger. 

Cargamén,  t.  m.  Chargement;  charge  d'une  voiture  ou 
d'un  mulet  ;  quantité  qu'on  transporte  en  un  voyage  soit 
en  voiture,  soit  à  dos  de  mulet  ;  chargement,  reconnais- 
sance d'un  dép6t. 


Gargaasèlo,  s,  f.  Manière  de  porter  quelqu'un  sur  les 
épaules,  en  le  mettant  à  califourchon  sur  son  cou.  —  Fàùn 
eargaêiàlo,  faire  la  courte  échelle  à  quelqu'un,  le  hisser 
sur  ses  épaules  pour  l'aider  à  atteindre  à  un  point  plus 
élevé  ;  lui  servir  d'échelle. 

Dér.  de  Cargo  et  de  Sèlo,  parce  que  celui  qui  grimpe 
ainsi  est  placé  comme  sur  une  selle. 

Cargaatièiros,  t.  /*.  plur.  Cadre  de  bois  fixé  à  un  bât  et 
garni  de  cordes,  sur  lequel  on  transporte  à  dos  de  mulet 
les  gerbes  à  l'aire.  Ce  procédé  est  peu  usité  de  nos  jours,  à 
cause  du  progrès  de  la  grande  et  petite  voirie  qui  permet 
aux  voitures  d'aller  dans  presque  tous  les  champs.  On  ne 
le  rencontre  guère  que  dans  les  pays  de  montagnes. 

Cargo,  s,  f.  Dim.  Carguéto.  Charge,  fardeau,  faix  ;  obli- 
gation onéreuse,  permanente;  impôt;  ce  qu'on  met  pour 
charger  une  arme  à  feu.  —  Pourta  à  cargo,  porter  à.  dos 
de  mulet. 

Cargos,  s.  f.  plur.,  en  terme  de  vigneron,  une  vietle« 
un  sarment  qu'on  taille  plus  long  que  les  autres  et  qu'on 
fixe  en  arc  au  tronc  de  la  souche,  pour  obtenir  une  plus 
grande  quantité  de  raisins;  mais  l'excédant  que  produit 
cette  branche  à  fruit  forcée,  n'amène  le  plus  souvent  d'autre 
résultat  que  de  fatiguer  le  cep  et  une  prompte  mortalité,  si 
l'expérience  se  renouvelle  longtemps.  On  emploie  cepen- 
dant le  procédé  pour  une  vigne  vieille  qu'on  a  le  projet 
d'arracher  au  bout  de  quelques  années.  Il  est  toutefois  des 
espèces  de  cépages  qui  ne  se  trouvent  pas  mal  de  ce  trai- 
tement et  qui  même,  sans  lui,  ne  produiraient  que  médio- 
crement; le  raisin  dit  de  la  Madeleine  est  de  ce  nombre. 

Gargo-péîo,  s.  m.  Bruine,  petite  pluie.  —  Tombo  dé 
eargo'pêio,  il  bruine,  il  fait  une  pluie  fine  et  menue,  qui 
pénètre  et  alourdit  les  vêtements. 

Le  mot  est  composé  de  Carga,  charger,  et  de  Pêto, 
habits;  en  général,  mauvais  habillcms  portés  par  les  pauvres 
ou  gens  sans  asile,  qui  sont  plus  exposés  à  la  pluie.  — 
Voy.  Pêio, 

Cargué,  t.  m.  Étui  à  mettre  les  épingles  et  les  aiguilles 
à  coudre. 

Garia]e,  $.  m.  Charriage  ;  action  de  charrier  ;  salaire  du 
voiturier.  Au  fig.  train  de  maison;  train  de  grand  seigneur. 

Dér.  du  lat.  Carruê,  char. 

Carièiro,  s.  ^Péjor.  Cariifira$9o,  Dim.  Cariètréio,  Rue; 
grande,  longue  ou  vilaine  rue  ;  petite  rue,  ruelle.  —  E$  à 
la  eariêiro,  il  est  réduit  à  la  mendicité.  Dès  éscus  si  trolfou 
pas  à  la  carièiro,  dix  écus  ne  se  trouvent  pas  sous  le  sabot 
d'un  cheval.  Nèei  à  coure  carièiro,  fou  à  courir  les  rues. 
Escampa-mi  aquà  à  la  carièiro,  jetez-moi  cela  à  la  porte, 
à  la  rue. 

Dér.  du  lat.  Carrus,  char;  dans  la  bass.  lat.  carreria; 
en  esp.  earmra;  en  port,  carreira;  en  ital.  carriera. 

Cflôiolo,  s,  f.  Cariole;  en  agricult.  petite  charrette; 
espèce  de  petite  voiture  assez  légère,  montée  sur  essieu,  à 
deux  roues,  couverte  de  toile  et  garnie  de  bancs;  fourgon; 
patache. 


Î78 


CAR 


CAR 


Garioim,  «.  m.  CariHon;  tapage;  brouhaha  ;  battement 
des  cloches  à  conps  précipités  et  dans  une  sorte  de  me- 
sue. 

Caaritadoùa,  oiiao,  arfy .  Charitable,  amnâDier  ;  qui  aime 
à  foire  la  charité,  à  distnboer  des  aumônes. 

Dér.  da  lat.  Caritas,  charité. 

Cannantran,  s.  m.  Carème-preDant;  jours-gras,  der- 
nière semaine  du  carnaval. 

Gorr.  du  fr.  Garème-entrant. 

On  appelle  CarmatUran  le  mannequin  qui  représente  le 
carnaval  dans  les  mascarades  du  mardi-gras,  sous  la  figure 
de  Silène.  Parext  on  donne  ce  nom  à  une  femme  débraillée, 
sale  et  un  peu  déhootée. 

CUffmantrôto,  t.  f.  Dim.  de  CamuuUran,  Quelques 
personnes  donnent  œ  nom  à  la  semaine  de  la  Seragésime, 
ravantrdernière  du  carnaval  ;  les  autres  au  dimanche  des 
Brandons,  la  Quadragésime,  le  premier  dimanche  du 
Carême. 

Camabiôou,  $.  m,,  ou  Gornobiôou,  «.  m.  Vesce  sau- 
vage des  prés  et  des  blés,  à  fleur  jaune,  Fteia  Imua,  Linn., 
plante  de  la  fom.  des  Légumineuses. 

Dér.  de  Cor  et  de  Jfttfotc,  viande  à  bœuf,  parce  que  ces 
plantes  les  engraissent. 

Gamadwro,  «.  /.  Camatioa;  teint  du  visage;  ton  de  la 
chair. 

Dér.  de  Car,  chair. 

Garnaîa,  «.  m.  Carnage  ;  abattis  d'hommes  ou  d*ani- 
maux  ;  ensemble  des  chairs  d'un  animal  de  boucherie. 

Dér.  de  Car,  chair. 

Camaasiè,  aièiro,  adj.  Carnassier  ;  camivore;  en  par- 
lant des  hommes,  qui  aime  la  viande,  qui  s'en  nourrit  de 
préférence. 

Gamaasièiro,  c.  f.  Carnassière  ;  garde  à  manger  ;  caisse 
garnie  de  canevas  que  Ton  suspend  dans  un  lieu  frais  pour 
conserver  la  viande  et  la  préserver  des  mouches;  gibe- 
dère,  sac  de  chasse. 

Dér.  de  Cor,  chair. 

CamavaiaB,  t.  m.  Péjor.  de  Camatxd.  Femme  laide, 
sale,  débraillée,  mauvaise  langue,  déboutée  ;  mal  embouchée. 

CamaTal,  «.  m.  Carnaval  ;  temps  consacré  aux  amuse- 
ments, divertissements,  danses  et  bals.  Le  peuple  fait  partir 
le  carnaval  de  la  fête  des  Rois,  mais  seulement  jusqu'au 
mardi-gras.  Le  carnaval  n'eetmème  àproprement  parler  que 
le  mardi-gras,  lorsqu'on  se  sert  du  mot  pour  désigner  une 
date  :  Lou  jour  dé  eamawd  signifie  le  mardi-gras.  Car- 
nawU  est  aussi  une  épitbète  injurieuse  comme  Carmat^ 
Cran  et  Camawkia».  —  F.  c.  m. 

Dér.  de  Car,  chair,  et  Awd,  en  bas,  c'est-Ardire  que 
c'est  l'époque  où  le  régne  de  la  viande  va  finir.  Cette  ôty- 
mologie  semblerait  prouver  qu'en  eflfot  le  carnaval  dans 
son  origine  ne  comprenait  que  les  derniers  jours  ;  car  si  on 
Feùt  foit  remonter  à  l'Épipbanie,  il  était  absurde  de  dire 
que  la  viande  est  à  bas,  puisqu'au  ccmtraire  c'est  le  temps 
de  l'année  où  l'on  en  fait  la  plus  grande  consommation. 


D'autres  étymologistes  tirent  ce  mot  de  la  phrase  klin»  : 
Caro,  valet  Adieu  la  viande;  ce  qui  pour  le  sens  revient 
absolument  à  l'idée  ci-dessus. 

Rien  n'établit  quel  est  l'idiome,  du  fr.  ou  du  lang.,  qui 
eut  l'initiative  de  la  formation  de  ce  mot.  La  première  éty- 
mologie semblerait  l'accorder  au  lang.,  la  deuidème  an  fr. 
Cela  cependant  né  préjuge  rien  ;  car  la  section  eam,  prise 
du  lat.,  convient  aussi  bien  à  l'un  qu'à  l'autre  ;  le  mot 
«voi  est  aujourd'hui  plus  lang.  que  fr.,  mais  il  était  fr. 
jadis  ;  il  est  encore  comme  technique  un  tersoe  de  ponlt- 
et-chaussées.  Quant  à  vaU  provenant  du  lat.,  il  a  appar- 
tenu au  premier  occupant,  'quelle  que  soit  celle  des  ileiix 
langues  qui  a  puisé  à  cette  source,  et  aucune  ne  s'en  est 
fait  faute. 

Camilès,  t.  m.  au  pi.  Carnifèims.  Chagrin  cuisant;  ver 
rongeur;  malaise,  inquiétude;  remords;  souci.  —  Ji  «m 
carnifèi  que  mé  eharquo,  j'ai  quelque  chose  qui  me  roogf , 
qui  me  tourmente. 

Dér.  du  lat.  Camifex,  bourreau. 

Gomio,  s.  f.  Viande  ;  viandaille  ;  expression  de  mépris 
ou  de  satiété,  à  propos  d'un  repas  qui  est  trop  fourni  en 
viandes. 

Camivaa,  s.  m.  Camositè  ;  excroissance  charnue.  Se 
dit  surtout  des  mamelles  de  femme  et  des  animaux»  dont 
les  glandes  laiteuses  sont  peu  spongieuses  et  alvéoliquea  et 
ne  rendent  que  peu  de  lait. 

Péjor.  de  Car. 

Gamu,  udo,  adj.  Charnu  ;  fourni  en  chair  ou  en  pulpe, 
comme  un  fruit.  Au  fig.  épais,  volumineux. 

Caro,  s.  f.  Carre  ;  carrure  de  la  taille,  des  épaules  ;  mine, 
air  du  visage.  —  Aquà'i  uno  bèh  earo,  voilà  une  faéUe 
carrure,  une  bonne  mine  !  Vno  hono  earo,  une  heureuae 
physionomie,  un  bon  air,  prévenant  et  afiEftble.  Bou  pam, 
bon  w  et  bono  earo  d'oUe,  boa  pain,  bon  vin  et  bonne 
figure  d'hôte. 

De  ces  deux  acceptions  diverses,  la  première  d^.  de 
Cara,  carré,  et  la  seconde  du  lat.  eara,  masque. 

Carogno,  t.  et  a<^'.  f.  Dim.  Carougnéto;  péjor.  Carou- 
gnasso.  Charogne  ;  carogne,  dans  Molière.  Pris  adjecliv. 
comme  injure  à  une  personne  :  femme  de  mauvaise 
de  mauvaise  foi;  hypocrite. 

Péjor.  de  Car. 

Ciuroaao,  s.  m.  Dim.  Caroueséto,  s.  m.  Carrosse.  Se 
génériquement  de  toute  voiture  de  luxe,  à  quatre  nmes  el 
suspendue.  Le  lang.  éminemment  populaire  a  dédaigné 
toutes  les  appellali<ms  spéciales  que  la  mode  aristocratique 
attribue  à  chaque  espèce  de  voiture. 

Dér.  du  lat.  Carrus,  char. 

Carongnado,  s»  f.  Charogne  ;  de  la  chair  de  bêle  morte 
à  la  voirie.  Par  ext.  toute  sorte  de  viande  de  man^aiee 
qualité,  ou  trop  coriace  ;  môme  une  kète  vivante  q;iiaiid 
elle  est  extrêmement  maigre. 

Dér.  et  péjor.  de  Car. 

Carottie,  t.  m.  —  Voy.  Cabauudo, 


CAS 


CAS 


179 


Caronuadû,  «.  /.  Carrossée;  les  personnes  contenues 
dans  on  carrosse. 

iSaronatiè,  s.  m.  Carrossier;  qui  fait  et  vend  des  car- 
rosses et  voitures. 

CSaipan,  s.  «.  Bonnet  oïl  toquet  d^enfant  ;  coiffiire  de 
luxe»  à  côtes  de  melon,  dont  les  arêtes  étaient  souvent  bor- 
dées d'un  cordonnet  d*or  ou  d'argent,  ou  de  clinquant.  Ce 
bcnnel  était  d'ordinaire  en  velours.  La  mode  en  est  passée 
ctez  les  gens  riches;  le  peuple  la  conserve  encore  pour  les 
plus  jeunes  enfants. 

Diverses  étymologies  se  présentent,  toutes  également 
savantes.  D'abord  on  le  ferait  dér.  du  lat.  Carpere,  parce 
que  le  carpan  prend,  embrasse  toute  la  tète;  puis  de  l'hé- 
breu Carpoi,  &i  lin,  dont  on  faisait  ce  toquet  ;  enfin  du 
gr.  Kotpaca,  bonnet  grec  des  ilotes  de  l'Archipel. 

Carpan  est  pris  aussi  dans  le  sens  de  soufflet,  tape  sur 
la  joue  ;  coups. 

Dans  cette  demiôre  acception,  l'étym.  pourrait  être  prise 
dn  gr.  KaçiKài,  carpe,  poignet,  d'où  le  lat.  Corpus  et  carpere. 

GarpéloÛB,  ouso,  adj\  Chassieux;  qui  a  les  yeux  pleins 
âe  chassie.  —  yoy.  Ctroàt. 

Cartable,  t.  m.  Portefeuille  propre  à  contenir  des 
papiers,  fort  en  usage  aujourd'hui  parmi  les  jeunes  écoliers. 

Dér.  du  lat.  Cartoboluê. 

Gartaièno,  $.  f.  Liqueur  alcoolique  composée  avec  de 
Tespritetdu  moàt  qui  tient  lieu  de  sucre.  C'est  une  liqueur 
grossière  dont  le  peuple  use  seul  dans  les  cafés  borgnes  et 
sur  l'établi  des  marchandes  d'anisette. 

Corr.  de  Carthagène,  ville  d'Espagne,  d'où  sans  doute 
cette  liqueur  a  été  primitivement  importée. 

Garto,  M,  f.  Carte  à  jouer  ;  carte  de  géographie;  géogra- 
phie. —  Tira  ou  faïr9  las  eartos  à  quàot^uui,  faire  les 
cartes,  tirer  l'horoscope  de  quelqu'un  par  le  jeu  des  tarots. 
Ai  pat  qui  de  earta»  bianquoi,  ou  dé  eartoê  nobloê,  je  n'ai 
dans  mon  jeu  que  des  cartes  blanches,  c'est-à-dire  point  de 
figures,  ou  des  cartes  nobles,  c'est-à-dire  des  figures  seule- 
ment. Counauï  la  earto,  il  est  expert  en  géographie.  Au 
fig.  perdre  la  earto,  perdre  la  tète  ;  être  troublé  ;  se  brouiller  ; 
s'égarer. 

Dér.  du  lat.  Charta,  papier. 

Cartatoucho,  s.  f.  Cartouche,  petit  cylindre  creux,  de 
papier  roulé,  renfermant  la  charge  ordinaire  d'un  fusU. 

Ce  mot  est  une  corruption  du  fr.  ou  plutôt  un  rafifine- 
ment  pour  s'éloigner  de  lui.  On  l'étend  jusqu'au  nom 
propre  du  célèbre  voleur.  Cartouche,  qui  est  très-popu- 
laire, et  qui  sert  souvent  de  terme  de  comparaison. 

Cartoù,  f .  m.  Carton  ;  carte.  —  Aïmo  bien  lou  caricé, 
dil-oa  d'une  personne  qui  est  passionnée  pour  les  jeux  de 
cartes. 

Dér.  du  lat.  Charta. 

Gamro,  «.  /*.  Carrure;  taille  carrée  ;  largeur  des  épaules; 
eaibonpoint. 

Dér.  de  Coro. 

Cas,  s.  m.  Cas; événement,  aventure;  conjoncture;  &ît; 


action  ;  estime.  —  Pér  cas  d'asar,  par  hasard,  par  aven- 
ture. Es  pa'qtU  lou  cas,  au  fait  ;  ce  n'est  pas  l'embarras. 
En  cas  que  vèngue,  si  par  événement  il  venait  ;  au  cas 
qu'il  vienne.  N'en  faï  fosso  dé  cas,  il  Ta  ea  grande 
estime.  En  cas  dé  cas,  en  cas  que,  dans  le  cas  où;  idiotisme 
avec  une  forme  adverbiale. 

Dér.  dn  lat.  Casus;  par  apocope  cas, 

Caaâou,  s,  m.  Dim.  Casalé.  Péjor.  Casalas,  Masure  ; 
petite  maison  à  moitié  ruinée  ;  ruines  d'une  habitation  quel- 
conque ;  cahute. 

n  est  lui-même  péjor.  du  lat.  Casa,  chaumière. 

Les  noms  propres  Casai,  Casalis,  Chazsi,  Chaxeile,  sont 
dérivés  de  Casâou,  casai,  en  suivant  les  différentes  pronon- 
ciations des  divers  dialectes.  L'abbaye  de  la  Chaise-Dieu, 
dans  le  Velay,  qui,  dans  le  langage  du  pays  se  dit /a  Chaso- 
Diou,  vient  de  la  même  origine  et  répond  au  lat.  Ccua  Dd, 
Ija  me  des  Cazaux,  hus  Casâous,  du  vieil  Alais,  nom 
encore  conservé,  était  autrefois  Casalia  in  suburbio,  les 
chétives  et  pauvres  maisons  du  faubourg,  à  l'extrémité 
sans  doute  de  la  ville,  quand  elle  prit  naissance  soûs  la  Roque. 

La  série  de  noms  propres  formés  par  cette  nouvelle  con- 
sonnance,  se  modifiant  encore  suivant  les  fantaisies  ortho- 
graphiques, est  nombreuse,  et  laisse  apparaître  sa  constitu- 
tion primitive  :  Chazaux,  Casaux,  Cazot,  Chazot,  Chasa- 
lette,  ont  une  commune  dérivation  avec  les  précédents. 

Casaquin,  s.  m.  Casaquin,  espèce  de  vêtement,  de 
spencer  de  femme,  d'une  étoffe  et  d'une  couleur  différentes 
de  la  jupe,  que  les  dames  portaient  au  XVIII«  siècle,  et  que 
les  paysannes  ont  conservé  longtemps  au  XIX*.  Cette  mode 
a  disparu  même  chez  ces  dernières  qui  portent  la  robe  d'une 
seule  pièce.  Mais  on  ne  peut  encore  jurer  qu'il  n'y  aura  pas 
de  retour  aux  anciennes  formes. 

Dim.  de  Casaquo. 

Casaquo,  s.  f.  Casaque;  espèce  de  large  veste  dont  on 
couvre  les  autres  habits  pour  les  préserver  et  se  préserver 
soi-même  de  la  pluie  et  du  froid  :  terme  générique  de  toute 
espèce  de  surtout.  —  Tira  casaquo,  tourner  casaque,  chan- 
ger de  parti  politique,  ordinairement  pour  prendre  celui 
du  plus  fort. 

Au  rapport  de  Ménage,  ce  mot  ne  serait  qu'une  corr. 
de  Cosaque,  peuple  de  qui  nous  viendrait  cet  habillement. 

Gascaîa,  i>.  Glousser  comme  les  poules;  gazouiller; 
jacasser;  jaboter;  clapoter  comme  l'eau  d'un  ruisseau; 
sonner  creux  ctHnme  les  noix  sèches. 

Ce  mot  est  une  onomatopée  du  m  de  la  caille  et  forme 
comme  lui  une  mesure  semblable  au  dactyle  latin  composé 
d'une  longue  et  de  deux  brèves. 

Gaacaiaîre,  airo,  adj.  Qui  glousse;  qui  gazouille  ;  jacas- 
seur. 

Cascûaia,  t.  m.  Gazouillement;  babil;  jacasserie. 

Cascaléja,  v.  fréq,  de  CasceSia. 

Caaoavèl,  i.  «n.  Hochet  d'enfiint  garai  de  grelots  et  d'un 
bout  d'ivoire  ou  de  cristal  que  les  enfants  à  la  mamelle 
sucent  et  mâchent  quand  leurs  gendves  se  gonflent  et  que 


180 


CAS 


CAS 


leurs  dents  commencent  à  pousser;  quand  ils  sont  un  peu 
plus  grands,  ils  continuent  à  se  plaire  à  ce  carillon  du 
easeavèl;  mais  alors  le  bout  est  garni  d*un  sifflet.  Quelque- 
fois ce  hochet  est  composé  d'une  espèce  de  petit  tambour, 
garni  de  parchemin,  emmanché  d'un  petit  bâton  et  rempli 
de  pois  secs  qui  font  un  roulement  monotone  en  Tagi- 
tant. 

Sa  dérivation  parait  être  de  Cascaïa,  dans  le  sens  du 
bruit  des  noix  sèches  qu*on  remue  et  dont  l'harmonie  res- 
semble assez  à  celle  du  coacavH;  mais  Ménage  prétend  qu'il 
a  été  pris  du  lat.  Scabellum,  seabillum,  espèce  d'instru- 
ment qui  avait  de  grands  rapports  avec  les  castagnettes. 
D'autres  le  tirent  du  gr.  Kapxafpco,  résonner.  La  bass.  lat. 
disait  Cfucavidlum.  En  esp.  Cascai, 

Casernes,  s.  f.  plur.  Caserne;  bâtiment  pour  loger  les 
troupes  en  garnison. 
.  Ce  mot  ne  se  prend  qu'au  plur.  en  lang. 

Dér.  du  lat.  Casa,  logis. 

Casqué,  s,  m.  Casquette  d'enfant  ;  bonnet  â  visière. 

Dim.  de  Casquou. 

Casquéto,  s.  f.  Casquette,  coiffure  pour  tous  les  âges, 
avec  ou  sans  visière. 

Dim.  dér.  de  Ccuquou. 

Casquon,  s.  m.  Casque,  armure  défensive  qui  couvre  la 
tète.  —  De  La  Fare  a  dit,  dans  la  Bdoumo  dé  las  Fados, 
d'un  croisé  tué  en  combattant  en  Palestine  : 

Laissé  soan  casquou  et  lou  dédin 
Eotre  las  mans  d'un  Sarazin. 

Dér.  du  lat.  Cassis,  même  sign. 

Cassa,  V.  Chasser;  aller  à  la  chasse,  poursuivre  le 
gibier  ;  prendre,  attraper,  gagner  un  mal  ;  au  jeu,  détourner, 
interrompre  un  coup.  —  Bon  chi  ccuso  dé  raço,  bon  chien 
chasse  de  race.  Cassa  un  rdoumas,  gagner  un  rhume.  Faï 
pas  que  mé  cassa,  il  ne  fait  qu'arrêter,  que  détourner  mon 
coup,  m'empêcher  de  jouer. 

Le  radical  de  Cassa  est  fort  controversé.  On  le  prend 
dans  le  lat.  Casses,  rets,  filets  de  chasse,  dont  se  servaient 
les  anciens.  On  le  fait  venir  de  Casnar,  mot  gaulois  pour 
désigner  celui  qui  pourchasse,  qui  poursuit  quelque  chose. 
On  cite  aussi  un  mot  celtique,  lequel  aurait  fourni  Caeiare, 
chasser,  aux  capitulaires  des  rois  carlovingiens.  Ménage 
pense  qu'il  vient  du  lat.  Capiare,  et  Ch.  Nodier,  du  vieux 
fr.  Sacher,  formé  du  lat.  Sagittare,  lancer  une  sagète,  une 
flèche.  Les  probabilités  me  paraissent  en  faveur  de  Ccuses, 

Cassagno,  n.  p.  de  lieu  et  de  personne.  Augm.  Cassa- 
puis.  Dim.  Ceusagnéio,  Cassagnolo.  Cassagne,  Cassagnas, 
Cassagnette,  Cassagnoles. 

Ce  mot  est  un  de  ceux  que  leur  radical  et  leur  finale 
recommandent  spécialement  à  un  Dictionnaire  étymolo- 
gique raisonné.  Il  est  des  plus  propres  à  mettre  sur  la  trace 
de  la  formation  et  de  l'emploi  des  suffixes  dans  notre  dia- 
lecte, et  par  là  ce  que  nous  avons  à  en  dire  se  rattache  aux 
observations  générales  présentées  à  l'art.  Àgno,  désinence. 


fV.  c.  m.)  Ainsi  chaque  portion  de  notre  travail  essaie  de 
se  relier  à  une  pensée  d'ensemble,  sans  la  moindre  pré- 
tention à  faire  un  traité  didactique  et  complet,  et  surtout 
sans  autre  engagement  que  la  variété,  sans  autre  méthode 
que  de  ne  pas  abandonner  le  fil  conducteur  tout  en  le  repre- 
nant â  nos  heures. 

Nous  le  rappellerons  donc  :  les  désinences,  ces  syllabes 
jointes  au  radical  pour  lui  donner  plus  d'extension  signi- 
ficative, forment  une  des  parties  les  plus  originales  de  la 
physionomie  de  notre  langue.  Elles  lui  viennent  du  latin, 
qui  n'avait  fait  cependant  qu'accommoder  â  son  génie  des 
finales  antérieures.  Leur  emploi  ne  pouvait  pas  varier  et 
les  modifications  dans  leur  structure,  amenées  par  des 
causes  diverses,  dénonçant  une  articulation  plus  ancienne, 
n'ont  pas  empêché  de  reconnaître  leur  parenté  à  l'air  de 
famille,  de  s'assurer  de  la  régularité  de  leur  succession 
généalogique  et  d'établir  leur  égalité  de  valeur  à  la  manière 
dont  elles  affectent  les  radicaux.  Ici  se  présente  un  nouvel 
exemple  de  cette  équipollence  dans  la  diversité  des  formes, 
sur  laquelle  nous  avons  tant  insisté.  Nous  aurons  de  plus 
à  remarquer  les  tendances  que  nous  signalioQS  à  l'adoucis- 
sement des  inflexions,  qui  s'introduisit  dans  la  langue 
romane  à  mesure  qu'elle  se  dégageait  de  la  gravité  romaine 
quelquefois  un  peu  rude.  Notre  mot,  soumis  à  la  question, 
ne  résistera  pas  à  rendre  bon  témoignage  de  ces  phéno- 
mènes. 

Cassagno  est  formé  du  radical  celtique  Cass  et  du  suffixe 
collectif  agno  :  il  signifie  Chênaie.  Le  chêne,  cet  arbre 
typique  du  culte  des  Druides,  si  commun  dans  les  forêts 
dont  notre  sol  était  couvert,  a  dû  laisser  son  nom  à  une 
infinité  de  lieux  et  de  personnes,  et  il  est  naturel  que  ces 
dénominations  se  retrouvent  sous  des  formes  nombreuses, 
en  tenant  compte  des  modifications  que  la  langue  et  ses 
dialectes  ont  subies  à  toutes  les  époques.  Cass,  nuâne, 
voulait  dire  chêne.  Le  roman  l'avait  conservé  :  le  lexiq[iie 
de  Raynouard  le  confirme  par  cette  citation  :  Casser  (r 
muet]  es  arbre  glandier.  Dans  la  Guienne,  on  dit  encore  : 
Casso;  mais  notre  dialecte  n'a  pas  retenu  le  primitif  ancien  ; 
seuls,  ses  dérivés  augm.  ou  dim.  ont  persisté,  dans  la 
composition  de  noms  propres. 

Sur  ce  radical  bien  déterminé,  les  formules  adjectives  ne 
pouvaient  manquer  de  se  répandre.  Or  nous  savons  que  le 
signe  celtique  de  la  collectivité,  le  plus  en  usage,  était 
AC=EC  ;  il  est  donc  probable  que  pour  désigner  une  ré- 
union de  chênes,  un  lieu  abondant  en  chênes  ou  quelque 
provenance  du  chêne,  une  propriété  remarquable  par  ses 
chênes,  ou  même  le  possesseur  de  ce  domaine,  la  première 
forme  d'appellation  dut  être  cms-oc  ou  eoM-ee.  Le  latin 
trouva  d'abord  commode  d'ajouter  sa  propre  désinence  la 
plus  simple  en  us,  a,  um,  qui  ne  changeait  pas  la  signifi- 
cation; mais  il  avait  aussi  ses  finales  particulières,  et  filiis 
la  Gaule  se  latinisait,  plus  aussi  l'introduction  des  formes 
romaines  se  multiplia;  par  où  survinrent  les  terminaieons 
en  anus,  enus,  aneus,  anius,  atut,  élus,  a,  um,  qiii  8*al- 


CAS 


CAS 


181 


longèrent  ensuite  en  anieu$,  enieut,  et  en  anicœ,  êmeœ, 
oiUcœ,  etc.,  de  la  même  catégorie»  ainsi  que  nous  Tavons 
indiqué. 

n  8*agit  de  retrouver  ces.  métamorphoses  successives 
dans  les  dénominations  adoptées  à  Tépoque  où  le  latin  était 
parlé  dans  les  Gaules,  et  de  suivre  leur  dégénérescence 
dans  la  basse-latinité  jusqu'à  la  formation  de  la  langue 
romane  rustique  et  de  notre  languedocien.  Rien  ne  prou- 
vera mieux  que  toutes  ces  terminaisons  s'appliquent  à  un 
même  radical,  sont  égales  entr'elles  et  qu'elles  ont  voulu 
les  unes  et  les  autres  lui  imprimer  une  signification  équi- 
valente. Si  elles  se  reproduisent  exactement  dans  les  vieux 
cartulaires,  titres  ou  instruments,  dans  les  anciennes 
nomoiclatures  géographiques,  à  côté  des  appellations  en 
roman  et  dans  la  langue  vulgaire,  données  comme  une  tra- 
duction et  leur  représentation  fidèle,  et  si  on  les  voit  ainsi 
se  perpétuer  dans  notre  idiome  moderne  par  une  généalogie 
non  interrompue,  attachées  toujours  à  la  tige  radicale,  il 
en  résultera  de  plus  fort  cette  certitude  que  le  sens  adjectif, 
collectif,  possessif  ou  patronymique  ne  s'est  pas  altéré  à  la 
suite  de  transformations  purement  euphoniques  de  sufiixes 
dont  l'équivalence  substantielle  est  certaine. 

il  fout  remarquer  cependant  que  les  différences  d'in- 
flexion, auxquelles  les  finales  ont  été  soumises,  devaient 
avec  une  certaine  intensité  beaucoup  moindre,  atteindre 
les  radicaux  eux-mêmes.  Aussi  n'y  ont-ils  pas  non  plus 
échappé  dans  l'élaboration  nouvelle.  Le  C  qui  commence 
le  mot  Cass,  se  prononçait  toujours  durement  en  latin, 
même  devant  les  voyelles  e  et  t;  la  première  innovation  fut 
de  lui  donner  le  son  chuintant  du  CH,  quand  il  précédait 
une  voyelle  quelconque.  Nous  en  avons  cité  de  nombreux 
exemples,  parmi  lesquels  notre  mot  aurait  pu  entrer.  En 
s'adoucissant,  le  G  fait  souvent  aussi  infléchir  l'a  qui  le 
suit  et  le  change  en  e,  surtout  en  fr.  :  furca,  fourche  ; 
area,  arche;  mu$ea,  mouche;  peccare,  pécher;  vacea, 
vache,  etc.  De  Cass  il  a  fait  sans  difficulté  Ches,  qui  d'abord 
avait  été  Cais,  aujourd'hui  Ché  pour  Ches,  Une  fois  sur  cette 
pente  les  permutations  se  multiplient  :  le  son  S  s'applique 
au  C  dur  latin  ;  dans  quelques  dialectes,  le  C  =:S  devient 
égal  au  T,  et  par  réciprocité,  surtout  en  fr.,  le  T  se  trans- 
forme en  S.  De  son  côté  le  GH  est  attiré  dans  le  même 
orbite,  et,  variant  du  C  =  S  à  T  =  S,  il  prend  ce  dernier 
son  de  la  dentale  ou  se  complique  de  doubles  lettres,  comme 
SCH,  SH,  TSH,  DS.  Mais  ce  changement  du  T  est  plus 
rare  dans  notre  dialecte.  Il  devait  cependant  se  rencontrer 
dans  le  celtique,  et  si,  dans  des  mots  que  nous  allons  citer, 
cette  assimilation  se  produit,  c'est  plutôt  à  la  base  radi- 
cale du  mot  qu'à  la  permutation  qu'elle  doit  être  attribuée  : 
ex.  Tannelum  et  ses  dérivés  comparés  avec  Casnsium  et 
autres. 

Tous  ces  principes,  ces  changements  dans  la  prononcia- 
tion du  radical,  ces  altérations  dans  les  désinences,  l'occa- 
sîoo  se  présente  de  les  prendre  de  nouveau  sur  le  fait.  Il 
Crat  voir  comme  ils  se  vérifient  et  s'appliquent. 


Du  Gange  semble  avoir  tracé  en  quelques  lignes  cette 
histoire  des  transformations,  quand,  au  mot  Cctsnus,  em- 
ployé au  moyen-âge,  il  donne  ces  variantes  ethniques  : 
c  CcutU  sunt  quercus  ;  nostris  Chesnes,  Picardis  Qu&snes, 
Occitanis  Casses  et  Cassenate.  »  L'assimilation  entre  les 
deux  derniers  mots  est  certaine.  Cassenat,  d'après  Sau- 
vages, n'est  autre  que  Cessenat,  taillis  de  chênes,  devenu 
n.  pr.,  comme  Cauano,  noix  de  chêne,  est  la  reproduction 
du  lat.  Cassana,  par  adjonction  au  radical  Cojs  du  suffixe 
de  provenance  ana.  De  tout  cela  on  peut  faire  presque 
sortir  cette  équation  :  Cass  =  eais  =  ches  =s  ques  sss  chas 
=  cess.  Maintenant  sur  les  variantes,  les  suffixes  apporte- 
ront leur  contingent  de  variétés  et  viendront  se  former 
suivant  les  dialectes,  les  mots  analogues  et  équivalents, 
dont  nous  allons  voir  les  séries. 

D'abord,  le  radical  Ccus,  traduit  par  Casnus,  chêne,  n'in- 
dique qu'une  individualité.  Il  fournit  comme  analogues  les 
noms  propres  de  lieux  et  d'hommes  :  Gasse,  Ghas,  Gaisne, 
Le  Kain,  Duchêne,  Dnquesne;  Ghassac  (Gard);  Ghasse 
(Basses- Alpes  et  Jura)  ;  Ghasse  (Sarthe)  ;  Ghasne  (Ile-et- 
Vilaine),  et  plus  de  trente  bourgs  ou  villages  où  le  mot 
ehêne  entre  seul  en  composition  ou  comme  qualificatif  sin- 
gulier. 

Quand  il  s'agit  de  pluralité,  de  collectivité,  de  prove- 
nance, de  propriété,  le  latin  fait  sien  le  radical  et  y  adapte 
la  richesse  de  ses  suffixes  ;  à  côté  du  subst.  casnus,  on 
trouve  les  adj.  cassaneus,  nius,  a,  um;  cassetum,  casnetum, 
formés  sur  le  modèle  de  quercus,  quercenta,  quemetum, 
quesceium. 

Pour  sa  part,  la  langue  vulgaire,  qui  se  forme,  se  sou- 
vient aussi  du  radical,  et  voulant  écarter  le  latin  dégénéré, 
elle  écourte  le  mot  de  sa  finale  trop  romaine  ;  puis  chaque 
clan,  chaque  ville  plie  radical  et  suffixes  à  ses  aptitudes  de 
prononciation,  et  alors  les  variations  dialectales  croissent  à 
l'infini  sur  le  même  mot,  sans  que  pour  cela  sa  significa- 
tion ait  changé  et  que  le  sens  ait  été  détourné. 

Voilà  comment  s'expliquent  les  affinités  et  les  différences 
dans  la  formation  des  noms,  les  influences  de  l'organisme 
et  l'action  des  climats  sur  leur  prononciation.  Suivant  les 
zones  diverses,  telle  forme  est  répandue  ou  se  montre  rare- 
ment, au  Midi  comme  dans  le  Nord.  Nous  l'avons  déjà 
remarqué  à  propos  de  la  finale  caractéristique  argues:  nous 
y  reviendrons  sur  bien  d'autres. 

Gomme  il  apparaît,  notre  mot  Cassagno,  cliargé  de  sa 
terminaison  caractéristique  languedocienne,  appartient  à 
tous  les  titres,  par  son  origine  et  par  sa  configuration,  à  la 
nombreuse  famille  dont  nous  parlons  :  sa  parenté  n'est  pas 
douteuse.  L'analogie  et  sa  signification  le  placent  au  même 
rang  et  en  font  le  même  mot  que  les  noms  d'hommes  ;  La 
Chassagne,  La  Gbesnay,  Duchesnois,  etc.,  et  ceux  de  loca- 
lité :  Ghanac  (Gorrèze,  Lozère)  ;  Ghanas  (Isère)  ;  Ghanay 
(Ain,  Vendée);  Ghannay  (Gôte-d'Or,  Indre-et-Loire)  ;  Cha- 
nat  (Puy-de-Dôme);  Chanet  (Gantai,  Isère);  Le  Chanet 
(Jura)  ;  Le  Ghaney  (Ain)  ;  Ghanois  (Vosges)  ;  Ghesnei  (Eure)  ; 


189 


CAS 


CAS 


Ghdsnay  (IVièvre);  Chenay  (Marne);  Chenois  (Biefurthe); 
Sannois  (Seine^i-Oîae) ;  Xenois  (Vosges);  Qnesoay  (Cal- 
vados); Qnesnoy  (Nord);  iQiieiinois  (Belgique),  etc.,  dont 
l'identité  ne  résalte  pas  seulement  de  la  conformation»  mais 
sartout  de  leur  représentation  presque  invariable  en  latin 
par  quereeium,  quesnetum,  ou  cametum, 

La  nomenclature  pourrait  s*étendre  encore  et  Ton  trou- 
verait à  y  ajouter  dans  notre  voisinage,  avec  une  évidente 
concordance,  Sénëchas,  canton  de  Génolhac,  appelé  en 
1914  villa  de  Chanesehoê;  en  4620,  Channescha»;  et  d'au- 
tres appellations  où  le  C  est  remplacé  par  un  T,  moins 
pour  l'euphonie,  avons-nous  dit,  que  pour  répondre  à  un 
synonyme  celtique  de  chêne  ;  car  l'arbre  druidique  s'appe- 
lait aussi  Tkann,  tann,  dont  le  lat.  fit  Tasntts,  et  toutes  les 
variations,  très-rapproché  de  Camus,  au  point  de  se  con- 
fondre. De  là  naîtraient  les  homonymies  de  Thenay  (Indre)  ; 
Tannois  (Meuse);  Tagnac,  commune  de  Chamborigaud 
(Gard)  ;  et  Tanargues,  montagne  de  l'Ardèche,  avec  la  dési- 
nence qui  nous  est  familière.  Les  concordances  atteignent 
les  dérivés  augm.  et  dim.,  et  la  formule  ethnique  spéciale 
à  chaque  pays  n'empêche  pas  de  les  reconnaître.  Ca$sagnolo 
aura  par  conséquent  pour  identiques  Casseneuil  ou  Cas- 
neuil  (Lot-et-Garonne);  Theneuil  (Indre-et-Loire);  The- 
neuHle  (Allier)  ;  Smeuille  (Haute-Loire),  comme  Chmailles 
(Loiret),  est  identique  à  ThmaiUes  (Aisne),  par  le  moyen 
de  procédés  pareils. 

Toutes  ces  dénominations,  qu'elles  s'appliquent  aux  per- 
sonnes ou  aux  localités,  auront  donc  pour  principe  et  pour 
base  la  même  racine,  remonteront  à  une  source  commune. 
Pour  tenir  ainsi  à  l'idiome  celtique,  sont-elles  contempo- 
raines de  la  première  occupation  de  notre  territoire  par  les 
Celtes  ?  Je  ne  le  mettrais  pas  en  doute  pour  certaines  d'en- 
tr'elles  qui  sont  des  désignations  générales  ou  géographiques 
de  contrées,  de  montagnes,  de  régions  ;  quant  aux  noms 
propres  d'hommes,  qu'elles  soient  suffisantes  à  établir  une 
généalogie,  la  déduction  est  peut-être  possible,  la  descen- 
dance probable,  mais  je  n'ai  pas  charge  de  vérifier  non 
plus  que  de  certifier  autrement  leur  lignée.  En  tous  cas,  il 
est  certain  que  l'origine  radicale  de  notre  mot  et  de  ses  ana- 
logues se  trouve  dans  l'idiome  parlé  en  Gaule  avant  la 
ccmquête  romaine,  et  que  le  chêne,  arbre,  était  nojnmé 
eats  et  tann  ;  qu'une  terminaison  collective,  formée  sur  le 
modèle  latin,  variable  d'un  pays  à  l'autre,  communiqua  à 
ce  radical  primitif  un  sens  de  pluralité,  de  provenance,  de 
propriété,  le  transforma  en  adjectif,  et  qu'il  a  été  ainsi  trans- 
mis à  notre  dialecte  actuel,  avec  une  signification  assez 
poûtive  pour  pouvoir  affirmer  que  les  noms  qui  en  sont 
affectés  tiennent  au  chêne  par  quelque  branche  ou  par  leur 
racine.  Ce  qui  autorisera,  si  Ton  vent,  les  villes,  villages 
ou  individus,  désignés  par  quelqu'une  des  variantes  qui 
précèdent,  A  prendre  pour  armes  parlantes  un  chêne  de  sino- 
ple,  fàté  de  sable,  avec  glands  d'or  semés  sur  Vécu,  avec 
garantie  que  leur  nom  se  prête  à  cette  fantaisie  héraldique. 

GaMafre,  airo,  adj.  Chasseur,  chassereise;  celui  qui 


chasse  habituellement  ou  qui  aime  à  chasser.  —  Ca$$aSir9 
di  cardounios,  péscatre  à  la  Ugno,  noun  crompè  ni  téro,  ni 
vigno,  prvb.,  chasseur  de  chardonnerets,  pêcheur  à  la 
ligne,  n'achelèrent  jamais  ni  terre,  ni  vigne  :  trop  petits 
profits  des  deux  côtés. 

Dér.  de  Cas$a. 

Gaasana,  v.  Attacher,  coudre,  ajuster  la  ceinture  d'une 
jupe,  d'une  culotte,  d'une  robe,  d'un  tablier. 

Gaasano,  j.  f.  Ceinture  de  culotte;  coulisse  d'une  jupe  ; 
cordon  de  ceinture. 

Cassâoa,  s.  m.  Sac  à  demi-plein  de  paille  dont  se  servent 
les  manœuvres,  les  gens  de  la  campagne  pour  porter  les 
fardeaux.  Ils  mettent  sur  la  tête  le  fond  qui  est  vide  en 
guise  de  capuchon,  le  haut,  qui  est  plein  et  fermé  par  on 
cordon,  forme  sur  leurs  épaules  un  coussinet  sur  lequel 
repose  le  fardeau.  —  On  né  pourtariè  bé  tan  sans  cauàou, 
on  pourrait  bien  en  porter  autant  sans  coussin,  dit-on 
prvb.  d'une  faible  somme  ou  d'une  mince  fortune. 

On  disait  autrefois  Cabuêâdou,  et  le  mot  est  encore  usité 
dans  quelques  localités  voisines,  il  dérivait  probablement 
de  Cabésso,  tête.  Cauàou,  qui  n'est  qu'une  contraction, 
est  seul  admis  de  nos  jours. 

Il  est  impossible  ici  de  ne  pas  remarquer  l'analogie,  an 
moins  dans  la  forme,  qui  existe  entre  le  mot  précédent  et 
celui-ci  ;  ne  se  rapprocheraient^ils  pas  aussi  par  le  sens  ? 
Ca$sano,  qui  est  pris  pour  ceinture,  a  signifié  encore  capu- 
chon, cape,  chaperon,  et  Michel,  dans  YEmbarras  de  la 
foire  de  Beaucaire,  dialecte  nimois,  l'emploie  avec  cette 
orthographe  pour  Càoussano,  écrit  ailleurs  CouSMono.  Ne 
pourrait-on  pas  voir  là  des  altérations  dont  la  base  primi- 
tive et  commune  aurait  été  cap,  eab,  cabésso,  col,  et  dont 
le  sens  aurait  été  détourné  ensuite  pour  exprimer  aujour- 
d'hui et  d'une  part  la  ceinture  d'une  jupe,  d'une  robe,  et 
d'autre  part  cette  espèce  de  sac,  serré  aussi  par  un  cordon, 
qui  est  le  coussinet  placé  sur  la  tète  et  descendant  sur  le 
cou  et  les  épaules?  —  Voy.  Saeol, 

Gaasarèlo,  s.  f.,  ou  Vèato  caaaaràlo.  Espèce  de  frac  à 
basques  très-courtes  qui  fait  encore  l'habit  des  dimanobes 
des  faïbls  proprement  dits.  Il  est  ordinairement  de  cadis  el 
doublé  de  serge  écarlate.  La  coupe  du  Veston  de  nos  petit»- 
crevés  à  la  mode  ressemble  beaucoup  à  celle  de  la  Caua- 
rèlo.  Cet  habit  était  probablem^t  autrefois  une  veste  de 
chasse,  et  il  a  tiré  son  nom  de  cette  idée.  On  sapisiine 
ordinairement  dans  la  conversation  le  mot  vèsto,  et  on  dit 
simplement  uno  eassarèlo, 

Gasséirolo,  s,  f.  Dim.  Casséurouléto.  Casserole,  usten- 
sile de  cuisine  en  forme  de  bassin,  en  terre  le  plus  tonveot, 
muni  d'une  queue  ou  manche. 

Dim.  du  lat.  Capsa. 

Gaasérô,  s.  m.  Étameur  de  casseroles  dont  le  ovi 
est  :  Cassérd'éstama.  Un  Cttitéro  est  anssî  un  ch^ieau 
pointu,  parce  que  ces  industriels,  sortout  ceux  qfni  viao- 
nent  de  la  Calabre,  portent  des  chapeaBX  tiè»*|Miinftiis  ât 
forme. 


I 


CAS 


CAS 


183 


Gastilinio,  t.  f.  Canaille;  racaille;  race  de  bohème  ;  et 
marmaille,  en  parlant  des  petits  enfants. 

Son  étym.  est-elle  tirée  de  BriaXo,  canaille,  troupe,  Iruu- 
pean,  pent-ètre  formé  on  altéré  de  Bréhial,  par  oontract., 
ancien  mot  signifiant  tronpeau  de  brebis,  venu  de  B^rg,  qni 
a  fourni  VervBx;  ou  Inen  de  Braia,  brailler,  crier,  auquel 
on  aurait  ajouté  le  rad.  Ca9»,  de  ca$»e$,  filets,  qui  a  donné 
caua,  eauo,  et  les  composés  ? 

Gassino,  «.  f.  Cassine;  niauvaise  hôtellerie  ;  cabaret  sale 
el  à  mauvais  renom  ;  maison  mal  famée. 

Dim.  du  lat.  Cttsa,  chaumière,  loge.  En  ital.  Casino,  qui 
est  devenu  français  et  très-employé. 

Casno,  «.  f.  Produit  de  la  chasse;  le  gilûer,  gros  ou 
menu,  tué  dans  une  seule  chasse.  Il  est  pris  le  plus  sou- 
vent en  mauvaise  part,  en  parlant  d'une  mauvaise  chasse 
qui  n*a  produit  que  des  petits-pieds. 

Dér.  de  Ca$§o. 

GtMÎov,  t.  f.  Chatouillement  ;  action  de  chatouiller  ; 
sensation  produite  par  le  chatouillement.  —  Faïre  ia  ectê- 
ffotf,  chatouiller,  causer  une  contraction  nerveuse  en*  cha- 
touillant une  personne  au  genou,  à  la  plante  des  pieds  ou 
à  la  taille.  Crén  pa$  gdire  la  casiiou,  il  ne  craint  guère  le 
chatouillement,  dit  le  prvb.,  en  parlant  d*un  mari  qui  ne 
s*émeuK  pas  des  galanteries  de  sa  moitié. 

Il  aemble  que  Cautou  n*est  que  la  corruption  de  CaHou, 
ou  Tapplication  de  la  règle  française,  qui  change  en  C  ou 
en  double  SS,  la  lettre  T,  quand  elle  est  suivie  d'un  t  ou 
d'une  autre  voyelle*  Le  mot  Caiiou  lui-même  parait  dérivé 
de  Ca,  parce  que  cette  espèce  de  chatouillement  ressemble 
aux  caresses  des  petits  chats.  Peut-être  est-ce  aussi  la  cor- 
niption  de  Graiiou,  également  usité  et  tiré  de  Grata,  De 
GruiUm  la  dégénérescence  s'établirait  par  gcUiou,  caHou, 
maiou.  D'autres  cependant  veulent  voir  son  origine  dans  le 
lat.  Catulire,  qui  avait  produit  le  vieux  mot  français  CaHUer, 
-^  ?by.  Cattou  et  Graiiou. 

Casso,  s,  f.  Chasse,  action  de  chasser  ;  partie  de  chasse, 
poursuite  du  gibier. 

Dér.  du  lat.  Ca$iei,  filets. 

Casse,  «.  f.  Fois,  une  fois;  tour,  ronde,  au  jeu.  — 
ilfuéifo  easêo,  cette  fois-ci.  Servi  la  cas$o,  tenir  tète  au 
jeu  ju8qu*au  bout  de  la  partie.  Pas  qu'aquésto  casso,  rien 
que  cette  ronde,  que  cette  partie;  ce  rob  au  wisth. 

Ce  root  dans  Tusage  revient  parfaitement  à  l'ital.  Voila, 
à  Tesp.  Vegada,  que  la  langue  romane  avait  aussi. 

Dér.  peut-être  du  lat.  Casus,  sort,  incident. 

Gassô,  cassoto,  adj.  Ladre,  porc  atteint  de  ladrerie  au 
dernier  degré,  qui  tombe  en  pièces,  en  dissolution. 

Dér.  du  lat.  Cassus,  vain,  inutile,  bon  à  rien. 

Gaaaô,  s.  m.  Sorte  de  cuiller  faite  d'un  baril  d'anchois 
emmanché  d'un  bâton,  pour  arroser  d'eau  bouillante  la 
p&te  d'olives  dans  le  pressoir  d'un  moulin  à  huile. 

Dér.  du  lat.  Capsa,  cassette,  cassolette. 

Caato-9Bèiro,  s.  m.  Surnom  qu'on  donne  à  l'hiver  et  & 
tous  ses  accessoires,  parce  qu'ils  chassent  les  puces. 


Caasolo,  s,  f.  Grande  terrine  à  deux  anses;  soupe, 
potage,  cuit  au  four  dans  la  terrine  de  ce  nom,  composé 
de  riz  ou  de  gruau,  assaisonné  de  petit  salé  ou  d'andouille 
appelée  inw«oà.  C'est  un  mets  fort  en  honneur  chez  le 
peuple,  qui  en  fait  le  régal  de  son  souper  du  dimanche, 
depuis  un  temps  immémorial.  Sauvages  y  rapporte  cer- 
taines locutions  proverbiales  telles  que  leva  dé  eassolo,  être 
dégoté  au  jeu.  N'es  pas  dé  eassolo,  il  n'est  pas  de  la 
fête,  de  la  partie.  Ces  expressions  doivent  avoir  vieilli,  car 
on  ne  les  retrouve  pas  de  nos  jours.  Tout  au  contraire,  es 
dé  eassolo,  signifie  :  il  est  dégoté  au  jeu,  il  est  déçu  de  ses 
espérances;  l'an  mes  dé  eassolo,  on  Ta  renvoyé,  on  a 
Toussé  sa  demande  en  mariage,  il  n'est  pas  impossible 
que  ces  dernières  acceptions  ne  soient  la  corruption  des 
premières,  employées  par  des  personnes  qui  ne  se  sont  pas 
rendu  compte  de  leur  origine:  le  fait  est  que  l'usage  a  fait 
loi.  Il  ne  serait  pas  impossible  non  plus  que  cette  formule  soit 
un  mauvais  jeu  de  mots  amené  par  des  rapports  de  physio- 
nomie entre  le  mot  cassoloei  le  verbe ccum,  chasser,  renvoyer. 

Cassolo  est  aussi  l'auget  d'un  moulin  placé  au-dessous 
de  la  trémie  et  qui,  mis  en  mouvement  par  le  cliquet,  verse 
peu  à  peu  le  grain  dans  la  meule. 

Dér.  du  lat.  Capsula,  petit  coffre. 

Gassôcado,  s.  f.  Prêle  des  prés,  Equisetum,  Linn. 
Queue  de  cheval,  plante  de  la  faro.  des  Prêles,  rude  au 
toucher,  dont  on  fait  des  pelotes  pour  écurer  la  vaisselle 
de  cuisine.  Cette  plante  vient  en  abondance  et  naturelle- 
ment dans  les  prés  fraîchement  renouvelés,  ce  qtii  nuit  à 
h  qualité  du  foin.  Les  chevaux  en  sont  friands,  mais  elle 
leur  agace  les  dents  et  les  lime  singulièrement  k  cause  de 
sa  rudesse,  qui  produit  l'effet  de  la  pierre  ponce.  Cette 
herbe  ne  résiste  pas  ft  l'action  de  la  faulx  :  elle  périt  dès  la 
seconde  année. 

Casaoulado,*.  f.  Contenu  d'une  terrine,  d'une  soupière; 
plein  une  terrine  appelée  oassolo. 

Gamouléto,  s.  f.  Julienne,  Cheiranthusmaritimus,  Linn., 
ou  Hêsperis  nusironalis,  plante  de  la  fam.  des  Crucifères, 
siliqueose,  cultivée  comme  plante  d'ornement. 

Castagna,  v.  Ramasser  les  châtaignes  qui  tombent  d'elles- 
mêmes  à  leur  maturité,  en  faisant  éclater  le  hérisson  qui 
les  renferme. 

Castagnados,  s.  f,  plur.  Action  ou  saison  de  ramasser 
les  châtaignes.  Cette  récolte,  comme  toutes  celles  qui  ont 
quelque  importance,  sert  de  date  dans  les  divisions  de 
l'année,  aux  paysans  des  Cévennes.  —  Pér  castagnados, 
environ  le  mois  d'octobre.  C'est  un  temps  de  longues  veil- 
lées où  l'on  emploie  les  ramasseuses  à  filer  de  la  laine  ou 
des  débris  de  filature  de  soie.  Ces  ramasseuses  sont  des 
jeunes  filles,  et  comme  elles  sont  souvent  très-nombreuses, 
ces  soirées  attirent  les  jeunes  gens  des  environs  qui  s'y 
rendent  quelquefois  de  très-loin.  C'est  là  que  se  débitent 
ces  jolis  contes  et  ces  légendes  superstitieuses  qui  tien- 
nent une  si  grande  place  dans  l'imagination  des  gens  de  la 
campagne  et  surtout  des  montagnards. 


184 


CAS 


CAT 


Las  Castagnados  est  aussi  le  titre  de  ces  charmantes 
poésies  langnedociennes  de  La  Fare-AIais.  Le  théâtre  était 
bien  choisi  aa  gré  de  l'anteor  :  c'était  celui  qui  allait  le 
mieux  à  la  taille  de  son  dialecte  jovial,  causeur,  conteur 
et  narquois  par  goût  et  par  nature,  en  même  temps  que 
mélodieux,  élégant  et  noble,  quand  le  sujet  grandit  et  que 
la  pensée  s'élève.  Ce  livre  restera  comme  le  plus  pur  mo- 
dèle de  noire  langue. 

Caatagnaîro,  s.  f,  Ramasseuse  de  ch&taignes.  Il  n'y  a 
que  les  femmes  et  surtout  les  filles  qui  se  livrent  à  ce  tra- 
vail trop  minutieux  pour  les  hommes,  et  pour  lequel  ils 
seraient  moins  propres  peut-être. 

Castagne,  $.  m.  Dim.  CcutagnêHroù,  Châtaignier,  Fagui 
caitanea,  Linn.  Arbre  de  la  fam.  des  Amentacées.  Cet 
arbre,  en  état  de  sauvageon,  Bouscas,  grandit  plus  vite  et 
devient  plus  fort  ;  mais  son  fruit,  assez  gros  du  reste,  est 
de  mauvaise  qualité  et  fade;  il  est  d'ailleurs  peu  abon- 
dant. Ses  variétés  d'espèces  sont  nombreuses  :  nous  les 
indiquons  sous  leurs  noms  spéciaux. 

Lau  castagne  amaréi,  ou  simplement  atnarés,  au  plur. 
amarései,  est  le  marronnier  d'Inde.  Cette  épithète  lui  vient 
du  lat.  Atnarui,  à  cause  de  l'amertume  extrême  de  son 
fruit. 

Le  nom  de  l'arbre  qui  est  la  richesse  de  nos  pays  de 
montagnes  devait  naturellement  fournir  beaucoup  de  noms 
propres  d'hommes  et  de  lieux.  Ils  sont  communs  en  effet 
dans  nos  contrées,  et  présentent  des  variétés  d'orthographe 
suivant  leur  provenance  de  terroir  ou  de  dialecte  ;  ainsi  : 
Castanier,  Chastanier,  Castagnier,  Chastaigner,  Chastei- 
gnier,  etc. 

Caatagno,  «.  /*.  Châtaigne,  fruit  du  châtaignier.  — C'est 
la  providence  de  quelques  localités  en  France,  telles  que 
le  Périgord,  le  Limousin  et  les  Cévennes,  comme  le  fruit 
de  Parmentier  l'est  pour  tous  les  pays  pauvres  et  pour  l'Ir- 
lande en  particulier.  On  mange  la  châtaigne  bouillie  d'abord , 
quand  elle  esttrès-fralche;  elle  se  nomme  Téio,  parce  qu'on 
mord  dessus  et  qu'on  la  suce  comme  un  enfant  qui  tète; 
on  appelle  cette  manière  de  la  manger,  Téia,  têter.  Quand 
elle  commence  à  se  dessécher  un  peu,  on  enlève  la  pre- 
mière écorce  en  lui  laissant  la  pellicule  intérieure,  on  l'ap- 
pelle alors  Ploumado,  pelée.  Quand  on  la  fait  griller  dans 
une  poêle  percillée,  elle  se  nomme  Afachado,  Enfin,  lors- 
qu'on la  fait  sécher  à  la  fumée,  qu'on  la  dépouille  après  de 
toutes  ses  enveloppes,  on  la  mange  bouillie  et  on  la  nomme 
Bajano,  —  F.  c.  m. 

Dér.  du  lat.  Casianea,  que  l'on  dit  venir  du  nom  grec 
KayT(£<ja,  ville  de  Thessalie,  dont  le  territoire  produisait 
beaucoup  de  châtaignes.  Certains  auteurs  ont  prétendu  que 
le  mot  latin  avait  été  formé  de  Casta  et  Nota,  née  chaste, 
allusion  au  hérisson  très-piquant  qui  protège  la  châ- 
taigne. 

Castané,  $.  m.  Châtaigneraie,  lieu  complanté  de  châtai- 
gniers. Il  est  devenu  aussi  n.  pr.  Castanet,  en  fr. 

Castèl,  $.  m.  Dim.  Coilèlé,  castéloîi.  Augm.  CoitéUu. 


Château,  maison  de  plaisance  d'un  seigneur;  forteresse; 
fort. 

Dér.  du  lat.  CtuMlutn,  m.  sign. 

Caatélas,  s.  m.  Péjor.  de  CasUl.  Château  ruiné;  ruines 
d'un  vieux  château. 

Gaatélé,  s.  m.  Dim.  Châtelet,  petit  château  :  jeu  d'en- 
fant mentionné  par  Erasme  dans  ses  Colloques  Utins  et 
qui  consiste  â  disposer  leurs  noix,  trois  châtaignes,  trois 
noyaux  d'abricot  en  triangle,  avec  un  quatrième  super- 
posé, c'est  le  châtelet.  Le  joueur  cherche  à  abattre  le  petit 
édifice  avec  un  projectile  de  même  nature,  et  à  distance  il 
les  lance  jusqu'à  ce  qu'il  y  parvienne.  Au  plus  adroit  appar- 
tiennent les  débris  du  fortin. 

Caitélé,  s.  m.  Se  dit  encore  de  ces  petits  coffres,  ressem- 
blant à  une  maisonnette  en  planches,  à  compartiments  éta- 
ges et  percés  de  trous,  dans  lesquels  on  mettait  à  édore  la 
graine  de  vers-à-soie  ;  la  chaleur  était  produite  et  ménagée 
à  l'entour  par  une  lampe  à  esprit  de  vin  ou  même  par  la 
température  un  peu  plus  élevée  de  l'appartement. 

Caatéléja,  v.  fréq.  Fréquenter  les  châteaux;  aller  d'un 
château  ou  d'une  maison  de  campagne  à  l'autre,  ce  qu'on 
appelait  autrefois  cousiner.  Par  ext.  faire  le  parasite; 
vivre  d'aventures,  de  franches  lippées. 

Dér.  de  Castèl. 

Castéléjaire,  aire,  adj.  Parasite  ;  tondeur  de  nappe. 

Caatia,  v.  Châtier  ;  corriger,  punir  ;  reprendre. 

Dér.  du  lat.  Cattigare,  m.  sign. 

Castio-lol,  s.  m.  Porte-respect;  martin-bâton. 

Caatroù,  «.  m.  Retranchement,  petit  parc  fait  dans  l'in- 
térieur d'une  bergerie  ou  d'une  vacherie,  avec  des  claies, 
où  l'on  renferme  les  agneaux,  les  chevreaux  et  les  veaux 
pour  les  séparer  de  leur  mère  et  les  empêcher  d'en  absorba 
tout  le  lait;  long  râtelier  pour  les  brebis  et  moutons; 
agneau  ou  chevreau  châtré. 

Dim.  dér.  du  lat.  Castrum,  retranchement,  camp  re- 
tranché. 

Catalan,  $.  m.  Catalan;  Bohémien,  race  nomade  qui 
nous  vient  des  montagnes  de  la  Catalogne  et  de  Roussilion. 
—  Voy.  Bèmi. 

Cataplame,  s.  m.  Cataplasme,  médicament  mou  qa*on 
applique  à  l'extérieur. 

Dér.  du  gr.  Ka'ziaXaa^t.a. 

Cataras,  s.  m,,  péjor.  de  Ca.  Gros  chat  mâle,  matou  ; 
gros  et  vilain  chat. 

Cataraasos,  s.  f.  plur.  Cataracte,  maladie  des  yeux, 
excroissance  cornée  qui  se  forme  et  adhère  sur  le  cris- 
tallin de  la  pupille  et  occasionne  la  cécité. 

Empr.  au  fr. 

Catari,  «.  m.  Catarrhe,  inflammation  aigoê  ou  chronique 
des  membranes  muqueuses,  avec  sécrétion;  gros  rfaume. — 
Bouné  dé  catari,  laid  et  grand  bonnet  de  nuit. 

Dér.  du  gr.  Kari,  en  bas,  ^tiD,  couler. 

Catarino,  f.  f.  n.  pr.  de  femme.  Catherine.  Au  û%. 
femme  babillarde,  médisante. 


CAT 


CAV 


185 


Gfttarinô,  «.  m.  Hypocrite;  chattemite;  tartufe;  fin 
matois.  Ce  nom  iht  donné  à  des  religionnaires  séditieux  de 
Montpellier,  en  4647,  parce  qu'ils  se  rassemblaient  dans  le 
cimetière  de  Sainte^therine. 

Catas,  s.  m.  Gros  chat,  matou.  Au  fig.  homme  fin,  trés- 
rosé,  très-souple  et  dissimulé. 

C'est  Taugm.  de  Ca,  dont  eataroê  est  le  péjor. 

Gatôchime,  s.  m.  Catéchisme,  instruction  élémentaire 
sur  les  principes  et  les  mystères  de  la  foi  ;  livre  qui  les 
contient. 

Dér.  du  gr.  KaTTjxfCeiv,  instruire,  enseigner  de  vive 
voix. 

GatétOB,  s.  f.  plur.  Chatteries;  caresses;  mignardise. 

Dér.  de  Ca. 

Cat-éTèa,  s.  m.  Phrase  faite.  Chat  renversé  sur  le  dos. 
Cette  expression  n*est  usitée  que  pour  terme  de  compa- 
raison :  S'apara  coumo  cai-évèi,  se  défendre  comme  un 
chat  acculé,  renversé  sur  le  dos,  c'est-à-dire  des  dents  et 
des  grifies. 

Gatin,  $,  f,  n.  pr,  de  femme.  Péjor.  Catinasio.  Variante 
de  Catherine,  au  propre  et  au  fig.,  avec  l'aggravation  du 
péjor. 

Catln-Famèlo,  «.  f.  Phr.  faite.  Bégueule;  superstitieuse, 
bigote.  —  Vay.  Pèpio. 

Cette  expression,  comme  une  foule  d'autres  prises  dans 
le  sens  proverbial  ou  comme  simples  dictons,  a  eu  sans 
doute  son  type  primitif  dans  une  femme  de  ce  nom  et  de 
ce  caractère  dont  le  souvenir  n'est  pas  resté. 

Catîoa,  M.  m.  Chatouillement.  —  Voy.  Cassiou. 

Gato,  «.  f.  Dim.  C<itéto,  Catounéto.  Chatte,  femelle  du 
chat. 

Gatô,  s.  f.  n.  pr.  de  femme.  Variante  de  Catherine. 

Gato-Bagnado,  adj.  des  deux  genres.  Poule-mouillée  ; 
chattemite;  sainte-nitouche;  poltron,  qui  a  toujours  peur 
de  se  compromettre. 

Gato-Borgno,  s.  f.  Phr.  faite.  Ne  se  dit  que  par  compa- 
raison :  Enquiè  coumo  uno  cato-borgno,  inquiet,  fâcheux 
comme  un  chat  borgne. 

Gato-Ghà,  m.  m.  Couvre-sot,  couvre-chef,  chapeau  ou 
bonnet.  Cela  se  dit  ironiquement  à  l'égard  de  celui  à  qui 
la  coiffure  appartient. 

Le  mot  est  formé  de  Cato,  contract.  de  aeato,  couvre,  et 
Ckà,  chouette,  sot. 

Catogan,  s.  m.  Catogan;  mode  de  porter  les  cheveux 
longs,  qui  fut  en  concurrence  avec  la  bourse  et  la  queue. 
Elle  consistait  à  laisser  les  cheveux  de  derrière  la  tète 
découverts  et  natés  dans  la  moitié  de  leur  longueur;  la 
partie  inférieure  se  roulait  en  un  nœud  très-court  et  très- 
gros,  ficelé  par  un  ruban,  et  dûment  poudré  et  pommadé 
en  forme  d'andouille;  des  deux  côtés  extérieurs  de  la 
partie  natée,  on  pratiquait  une  tresse  dont  l'extrémité 
venait  se  rattacher  dans  le  nœud.  Telle  était,  avant  4789, 
la  coiffure  de  l'armée.  Sous  le  Directoire,  les  muscadins 
adoptèrent  le  catogan.  Plus  tard,  cette  mode  est  tombée 


dans  le  domaine  des  rouliers,  des  farots  et  des  postillons 
de  haute  volée. 

Ce  mot  vient  d'un  anglais  nommé  Cadogan,  qui,  le  pre- 
mier, a  importé  cette  coiffure  en  France. 

Catogan,  s.  m.  S'emploie  pour  désigner  ces  inscriptions, 
devises,  petits-vers,  madrigaux,  compliments,  qu'il  est 
d'usage  de  placer  sur  la  porte  de  nouveaux  mariés  ou  de 
fonctionnaires  municipaux  nouvellement  élus,  pour  célé- 
brer leurs  vertus  et  pour  leur  exprimer  des  souhaits. 

Cato-Mâoncho,  s.  m.  Sournois,  dissimulé;  rusé. 

Cato-Miâonlo ,  s.  m.  Chattemite;  doucereux;  miel- 
leux; hypocrite;  patte-pelue;  bon  apôtre. 

Les  habitudes  sournoises,  câlines,  de  la  race  féline  jouent 
un  grand  rôle  dans  toutes  ces  dénominations  et  ont  pro- 
duit ces  allusions. 

Catoù,  i.  m.  Chaton  de  certains  arbres,  comme  les  châ- 
taigniers, les  aulnes,  les  coudriers,  etc.;  espèce  de  floraison 
qui  apparaît  chez  quelques-uns  de  ces  sujets  avant  la 
pousse  des  feuilles. 

Ce  nom  est  venu,  disent  certains  glossateurs,  de  ce  que 
ces  folles  fleurs  sont  cotonneuses  et  présentent  quelque 
ressemblance  avec  la  queue  ou  la  peau  d'un  petit  chat. 

Catougnè,  èiro,  adj.  Qui  aime  les  chats,  qui  les  caresse 
volontiers  et  s'en  fait  caresser. 

Catougnèîro,  s.  f.  Chatière,  ouverture  qu'on  laisse  aux 
portes  des  greniers  ou  des  chambres  de  provision,  pour 
que  les  chats  puissent  y  pénétrer,  quoique  la  porte  reste 
fermée,  afin  de  faire  la  guerre  aux  rats. 

Catouli,  iqno,  $.  et  adj.  Catholique,  qui  appartient  â  la 
religion  romaine,  qui  professe  le  catholicisme.  —  On  dit 
d'un  marchand  ou  d'une  marchandise  :  es  pa$  catoM,  il 
n'est  pas  franc,  il  n'est  pas  chrétien  ;  c'est  fraudé. 

Dér.  du  gr.  KaOoXtxéç,  universel. 

Catouna,  v.  Chatter;  mettre  bas,  en  parlant  d'une 
chatte  ;  pousser  des  chatons,  catoùs,  en  parlant  des  arbres. 

Catounado,  s.  f.  Chatée;  portée  d'une  chatte. 

Catonné,  s.  m.  Dim.  de  Ca.  Petit  et  jeune  chat,  chaton. 
—  Voy.  Minouné. 

Catnègno,  «.  f.  La  gent  féline,  la  race  des  chats. 

La  désinence  uêgno  emporte  de  soi  un  sens  collectif  : 
c'est  un  suffixe  particulier  à  notre  langue.  Elle  entraîne 
aussi  une  idée  de  mépris  et  de  dédain.  —  Voy.  Baitar- 
duigno,  Efaniuègno,  etc. 

Catnro,  s.  /*.  Capture;  prise;  trouvaille. 

Corr.  du  fr.  ou  plutôt  accommodement  du  fr.  au  génie 
du  lang.,  qui  proscrit  radicalement  la  rencontre,  le  contact 
de  deux  consonnes,  lorsque  la  première  est  sèche  et  heurtée. 

Catnssèl,  t.  m.  Dentelaire;  malherbe;  Plumbago  euro- 
paa,  Linn.  Plante  de  la  fam.  des  Plombaginées,  qui  abonde 
dans  les  haies. 

Gava,  V.  Caver;  creuser;  miner  ;  arracher;  crever.  — 
Cava  lou$  iiU,  crever  les  yeux.  Gava  dé  trufoi,  extraire, 
arracher  des  pommes  de  terre. 

Dér.  du  lat.  Cawvre,  creuser. 

S4 


186 


CAV 


CAV 


GaTftdo,  «.  /*.  Contenu  d*ane  oave  ;  quantité  de  vin 
qn*on  récolte,  qu'on  met  en  cave. 

GaTEié,  s.  fit.  Cavalier,  homme  à  cheval.  On  dit  d*une 
femme  solide  à  cheval  :  es  eavàtëiro.  Au  plnr.  lous  eavaièê 
s'emploie  pour  désigner  la  cavalerie  en  général,  les  cava- 
liers de  la  maréchaussée,  les  gendarmes. 

Dans  notre  langue  romane  on  employait  le  mot  Cavaër 
pour  rendre  le  mot  lat.  tnile$,  homme  d'armes.  Nous  tra- 
duisons aujourd'hui  tniles  par  soldat  ;  mais  au  moyen-âge, 
la  guerre  se  faisant  presque  toujours  à  cheval,  à  l'excep- 
tion des  archers,  la  cavalerie  étant  la  force  des  armées, 
miles  répondait  à  cavalier,  eavaër,  dont  le  synonyme  était 
chevalier. 

Lous  Cavaiès,  les  chevaliers  du  vent  :  nom  par  lequel 
on  désigne  les  derniers  jours  d'avril  et  les  premiers  du 
mois  de  mai.  Le  proverbe  compte  :  Jourgé,  Marqué,  Cramé, 
umai  quâauquo  fés  Jané.  Des  remarques,  superstitieuses 
peut^tre,  font  croire  que  les  jours  de  fôte  de  ces  saints 
gouvernent  le  vent  et  qu'il  souffle  toujours  ces  jours-là. 
Ces  lètes  sont  celles  de  saint  Geoi^,  le  45  avril,  de  saint 
Marc,  le  36,  de  l'Invention  de  la  Croix,  le  3  mai,  et  de 
sainl  Jean-Porte-Latine,  le  6  mai.  Dans  d'autres  pays,  lous 
cawnès  BoaX  appelés  les  Saints-Gréleurs.  —  Yoy.  VadUi- 
rious. 

Dér.  du  lat.  CabaUus,  cheval. 

CSavaiè,  Ihm^adj.  Cavalier,  ière;  dégagé;  résolu;  rond 
en  affaires. 

CSaTEioù,  s,  m.  Vigne  en  échalas.  — Dans  ce  pays,  on 
distingue  les  vignes  éw  cavaXoîu,  et  les  vignes  adéri.  Cette 
dernière  occupe  tout  son  périmètre,  les  ceps  placés  à  la 
même  distance  et  plantés  en  quinconce.  En  oavatbta,  elle 
est  espacée,  c'est-à-dire  que  l'on  place  une  rangée  de  ceps 
sur  deux  ou  trois  rangs  an  plus  qui  sont  rapprochés;  on 
laisse  ensuite  une  espace  vide  double  en  largeur  de  cdui 
occupé  par  les  files  de  souches,  pour  pouvoir  y  semer  du 
blé  ou  des  légumes,  et  ainsi  de  suite  jusqu'aux  termes  du 
champ.  Les  c^  sont  élevés  plus  haut  que  dans  la  vigne 
en  quinconce ,  mais  au  lieu  de  les  échalasser  avec  des  écha- 
las perpendiculaires,  comme  cela  se  fait  dans  le  nord  de  la 
Fiance,  on  lie  toute  une  ligne  de  souches  par  une  suite  de 
perches  en  saule  ou  en  roseau,  horixontalement  placés, 
ooœme  on  faix  pour  les  treilles,  et  on  y  fixe  les  scions  de 
c^  par  une  ligature  &dte  avec  de  l'osier.  La  vigne  ainsi 
espacée,  plus  riche  en  bois  et  trouvant  à  ses  côtés  un  ter- 
rain vide  et  souvent  fumé,  produit  peut^tre  plus  de  raisins  ; 
mais  elle  donna  un  vin  moins  spiritueux  et  plus  vert,  et 
elle  est  plus  coûteuse  parce  qu'elle  ne  peut  fttre  labourée 
qne  dans  les  intervalles,  le  reste  ou  l'intérieur  des  rangs, 
èa»  cavtMOus,  ne  pouvant  être  cultivé  et  travaillé  qu'à  bras. 

Gavairo,  airo,  adj.  Qui  creuse;  qui  approfondit;  qui 
jaîne  en  dessous.  Au  prop.  et  am  fig. 

Dér.  de  Cava. 

Caralariè,  s.  f.  Cavalerie;  miliee  à  oheval  ;  tnmp»  de 
cavalerie. 


Ce  nom  a  été  donné  à  une  foule  de  localités  et  de  métai- 
ries, sans  doute  pour  avoir  servi  de  campement  à  quelque 
corps  de  cavalerie  dans  les  diverses  et  fréquentes  guerres 
civiles,  dont  notre  pays  a  été  le  théâtre. 

GaTalcado,  t.  /*.  Chevauchée;  cavalcade;  troupe  de 
bourgeois  à  cheval,  soit  pour  la  promenade,  soit  pour  une 
marche  pompeuse  en  l'honneur  d'un  prince  ou  de  quelque 
grand  personnage.  Avant  4789,  et  sous  le  premier  empire, 
l'usage  des  cavalcades  de  réception  était  fort  en  crédit.  On 
en  a  fait  de  très-nombreuses,  dont  le  souvenir  s'est  con- 
servé, même  pour  des  préfets;  et  l'escorte  d'honneur  se 
portait  jusqu'aux  limites  de  l'arrondissement,  à  l'arrivée 
et  au  départ.  De  nos  jours,  nos  plus  grands  fonctionnaires 
sont  reçus  avec  moins  de  façons.  Le  pouvoir  a-t-il  perdu 
de  son  prestige,  ou  sommes-nous  plus  indépendants?  Les 
chemins  de  fer  ont  fait  mettre  d'ailleurs  bien  des  berlines 
préfectorales  sous  la  remise,  et  les  entrées  solennelles  se  font 
par  la  gare  commune  et  par  les  trains  ordinaires,  et  même 
aujourd'hui  sans  privilège  gratuit  de  circulation. 

Au  moyen-àge,  ce  qu'on  appelait  Cavalgada  était  une 
espèce  de  guet  à  cheval  que  ^sait  la  milice  bourgecMse 
autour  et  dans  l'intérieur  de  la  cité  ;  c'était  aussi  le  droit 
qu'avait  le  suzerain  de  se  faire  suivre  à  la  guerre  par  ses 
vassaux  à  cheval.  Les  grands  feudataires  avaient  dans  cer- 
tains cas  ce  même  droit  sur  les  bourgeois  de  cité.  La  eawU' 
goda  était  distinguée  de  la  cavalerie  en  ce  que  celle-ci  était 
une  troupe  régulière  et  exercée,  presque  entièrement  com- 
posée de  gentilshommes  qui  seuls  avaient  droit  de  cheva- 
lerie et  de  porter  l'armure  de  fer. 

Cavale,  «.  m.  Forme  particulière  du  gerbier  sur  l'aire, 
qui  le  distingue  de  la  Garbi^ro.  Celle-ci  est  conique,  tandis 
que  le  Cavale  est  un  carré  long,  terminé  en  arête  cooune 
le  toit  d'une  maison. 

Ce  mot  vient  évidemment  du  lat.  CabaUus  ;  mais  il  est 
difficile  de  bien  saisir  sa  ressemblance  avec  un  cheval,  à 
moins  que  ce  ne  soit  son  arête  qui  figure  l'épine  dorsale, 
la  croupe  de  l'animal,  et  ses  pentes  qui  représentent  les 
flancs. 

Cavale,  s.  m.  Chevalet,  en  terme  de  dévideuse,  chevau- 
diement  d'un  fil  ou  croisure  produite  par  une  erreur  qui  a 
fait  prendre  une  broche  de  dévidoir  pour  l'autre,  œ  qpu 
mêle  et  brouille  l'écheveau;  chevalet,  pièce  de  bois  sur 
laquelle  les  tanneurs  étendent  leurs  peaux  pour  les  tn- 
vailler  en  les  sortant  de  la  chaux;  baudet  ou  tréteaa  sur 
lequel  les  scieurs  de  long  posait  leur  bois  pour  le  acier. 

GaTalindro,  inUrj,  Pouah  !  Fi!  Fi  donc  1 

Ce  mot  est  la  corruption  ou  la  variante  de  Cùvatitqmof 
qui  a  la  même  signification.  Or  odui-ci  est  le  subjonctif 
présent  du  verbe  avaR,  faire  disparaître,  perdre,  shtmer, 
faire  évanouir,  et  qu'il  swait  plus  rationnel  d'écrire  7«'ma- 
Usqu0,  gué  avalisquo;  c'eat  comme  si  l'on  disait  :  qae 
Dieu  le  tasse  disparaître  ;  qu'il  l'anéantisse. 

Gavoliao,  s,  f,  Raee chevaline,  en  général;  express,  ool- 
I  leot.  qui  conqtraad  tes  chevaux  et  juments»  mais  enome  râac, 


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la  mole  et  le  mulet;  les  botes  chevalines  en  général.  La 
désignation  est  synonyme  de  Mouuaio,  autre  nom  collectif, 
ei  plus  étendue  que  Miottlaïo,  qui  est  plus  spéciale. 

GaTalisqno  I  inUrj.  —  Voy.  Cavalindro, 

Cavalo,  s,  f.  Cavale;  jument;  femelle  du  cheval,  Equa, 
Par  ext.  on  le  dit  d'une  femme  découplée  et  hardie,  bru- 
tale, mal  embouchée.  Le  dim.  est  Cavaioto,  jeune  jument; 
pouliche. 

Gayîa,  v.  Cheviller,  mettre  des  chevilles  pour  jointer 
des  pièces  de  nienuiserie  ;  trafnser  un  écheveau  de  soie  à  la 
cheville  du  trafusoir  pour  le  démêler  à  la  main  et  le  dis- 
poser à  être  dévidé;  couronner  un  arbre,  l'étèter. 

Dér.  de  Cavto. 

Gaviaire,  f .  m.  Ouvrier  qui  a  pour  fonction  de  tra- 
fnser la  soie  en  écheveau  et  de  la  disposer  à  être  dévidée. 

CSaTio,  s,  f.  Cheville,  morceau  de  bois  ou  de  fer  destiné 
à  remplir  un  trou,  pour  le  boucher,  pour  faire  des  assem- 
blages ;  cheville  du  pied.  —  La  pu  pichoto  cavto  dâou  chari 
méno  lou  mali  dé  bru,  la  plus  petite  roue  d*un  char  est 
celle  qui  crie  le  plus  :  variante  de  la  mouche  du  coche. 
Y-a  d'aX^o  jmqu'à  la  camo,  il  y  a  de  Teau  seulement  à  la 
hauteur  de  la  cheville.  Mé  vèn  pas  à  la  cavto,  il  n'arrive 
{M»  à  la  hauteur  de  ma  cheville.  Cavïo  dé  jardimè,  plan- 
toir, grosse  cheville  dont  les  jardiniers  se  servent  pour 
piquer  les  jeunes  plants  de  salade,  etc.  Planta  cav^o,  s*in- 
craster,  se  fixer,  rester  en  place  comme  une  cheville 
plantée. 

Dér.  du  lat.  Clavieula,  dim.  de  Clavus,  clou,  ou  de 
Clavii,  clé. 

CaTO,  f .  /*.  Cave,  sellier  ;  creux,  trou. 

Dér.  du  lat.  Cavui,  creux,  profond. 

Géba,  «.  m.  Jeune  plant  d'oignon  venu  de  semis  et  qu'on 
repique  en  terre. 

Gébé,  cébéto.  Nom  qu'on  donne  à  Nimes  aux  journa- 
liers travailleurs  de  terre,  parce  qu'ils  vivent  en  partie 
d'oignon  et  d'ail.  Cette  classe,  qui  habite  particulièrement 
le  faubourg  des  Bourgades,  se  prononça  énergiquement,  en 
4792,  en  faveur  des  idées  contre-révolutionnaires  et  souf- 
frit beaucoup  dans  l'émeute  qui  fut  connue  sous  le  nom  de 
Bagarre  de  Nimes.  C'est  de  cette  époque  que  date  le  nom 
de  Cébé  que  leur  donnèrent  leurs  adversaires  comme  terme 
de  mépris,  et  qui  resta  dans  le  pays  comme  synonyme 
d'aristocrate. 

Cébi^o,  s,  f.  Planche  d'oignons;  oignonnière  ;  champ, 
terre  plantée  ou  semée  d'oignons. 

Cébioù,  s.  fit.  Poireau  de  chien,  Porum  agresie,  Attium 
vineaie,  Linn.,  plante  potagère  de  la  fam.  des  Liliaoées  ; 
petit  oignon  qui  vient  par  touffes  dans  les  vignes,  où  il 
multiplie  [wodigieuaemakt  par  cafeux. 

Géllioài,  s.  m.  plur.  Civette  ou  ciboulette,  grande 
dboiile;  appétits  on  fausses  échalottes,  Attium  êehœnopro- 
MM»,  Linn.»  variété  cultivée  de  la  précédente  plante,  et 
dast  la  Udb  est  bonne  comme  fourniture  de  salade. 

Gébo,  t.  /.  OigpDa»  AUiume^pa,  Uan.»  plante  potagère 


de  la  fam.  des  Liliacées.  —  Cébo  réïnardivo,  oignon  de 
l'arrière-saison;  on  l'obtient  en  mettant  en  terrre  un  vieux 
oignon  qui  pousse  de  nouveaux  caïeux,  tendres  et  bons  à 
manger,  mais  impuissants  à  former  une  tête.  Eêinar- 
divo,  qui  serait  mieux  appelé  Rêinadivo  ou  Rêinativo, 
signifie  :  qui  renaît,  remonté  ;  mais  ce  terme  n'est  employé 
que  dans  cette  seule  locution  et  avec  le  mot  cébo.  Cébo 
granadivo,  gros  oignon  qu'on  plante  comme  l'espèce  précé- 
dente, mais  pour  le  faire  monter  en  graine  ;  c'est  là  le  seul 
moyen  qu'on  ait  pour  reproduire  ce  légume.  L'oignon  qu'on 
obtient  de  semis  ne  saurait  monter  en  graine;  dès  qu'il 
s'est  formé  en  tête  d'oignon,  sa  fane  se  dessèche  et  meurt 
sans  monter. 

Crida  cébo,  c'est  demander  grâce,  crier  merci  !  Dans  une 
lutte,  le  vainqueur  dit  :  crido  ou  digo  cébo,  et  le  vaincu 
s'écrie  :  cébo/  Je  ne  sais  si  du  temps  des  quatre  fils  Aimon 
les  chevaliers  languedociens,  dans  leurs  terribles  joutes,  se 
servaient  de  celte  formule,  toujours  est-il  qu'aujourd'hui 
elle  n'est  plus  employée  que  dans  des  occasions  beaucoup 
moins  sérieuses,  par  exemple,  quand  deux  gamins  se  don- 
nent une  petite  peignée;  lorsque,  par  une  plaisanterie  plus 
ou  moins  bonne,  on  tire,  à  faire  quelque  mal,  les  oreilles 
ou  les  cheveux  de  quelqu'un,  ou  bien  qu'on  lui  serre  un 
peu  trop  fort  les  doigts,  etc.,  etc. 

Dans  tous  les  cas  on  ne  voit  guère  comment  l'oignon 
figure  en  cette  affaire.  A  moins  cependant  que  ce  ne  soit 
par  une  allusion  éloignée,  et  pour  dire  qu'à  pareils  jeux  de 
main,  les  larmes  viennent  souvent  aux  yeux,  comme 
quand  on  épluche  ou  que  l'on  coupe  des  oignons. 

Plutôt  que  de  hasarder  cette  explication  du  mot  Cébo,  je 
serais  tenté  de  croire  qu'il  a  été  substitué  à  un  autre  mot 
à  peu  près  pareil,  en  d'autres  termes  qu'il  y  a  corruption 
de  l'expression  primitive.  —  Celui  qui  est  vaincu  par  la 
force  ou  la  douleur  crie  :  Grâce!  Je  me  rends  !  Assez,  je 
me  soumets,  je  cède  \  Et  dans  la  langue  qui  a  donné  nais- 
sance à  la  nôtre,  il  s'écriait  :  Cedof  que  l'on  prononçait 
en  appuyant,  moins  qu'on  ne  le  fait  maintenant  sur  la 
seconde  syllabe  et  davantage  sur  la  première,  qui  étail 
longue.  Nos  pères  prirent  le  mot  et  l'employèrent  tant 
qu'ils  surent  ce  qu'il  voulait  dire;  mais  quand  ils  ne 
le  comprirent  plus,  —  et  cela  ne  dut  pas  tarder  par  l'alté- 
ration, la  décomposition  que  subit  bientôt  le  latin  pour 
arriver  au  roman,  —  ils  le  remplacèrent  par  son  paronyme 
Cébo.  Ils  n'y  auraient  guère  gagné  ;  car  s'ils  comprenaient 
maintenant  le  mot,  il  n'en  devait  pas  être  de  même  pour  la 
phrase;  mais  sa  signification  était  conservée,  tout  fut 
pour  le  mieux. 

En  français,  ne  manquent  pas  non  plus  ces  additions, 
suppressions,  changements  de  lettres,  qui  satisfcmt  l'oreille 
sinon  le  sens  dénaturé  ainsi,  et  qui  ont  été  amenés  par  les 
mêmes  motifs.  A  Paris,  il  y  a  une  vieille  rue  qu'on  appelle 
la  rue  aux  Ours,  qui  sont  fort  étonnés  de  se  trouver  là. 
C'était  très-anciennement  la  rue  aux  Oues.  Dans  le  vieux 
langage  les  Oues  étaient  des  oies,  et  l'on  appela  ainsi  la  rue 


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parce  qae  là  étaient  principalement  les  rôtisseurs  d*oies, 
qu'on  prisait  fort  à  cette  époque.  Si  le  mot  Oue  était  resté 
français,  on  n'aurait  pas  la  rue  aux  Ours.  De  même  si  nos 
anciens  avaient  continué  à  comprendre  le  latin  Cêdo,  ils  ne 
lui  auraient  pas  substitué  le  mot  Cébo,  qui  ne  signifie  rien  à 
cette  place,  mais  qui  du  moins  était  compris,  tandis  que 
l'autre  ne  l'était  plus  et  que  d^ailleurs  ressemblant  fort  à 
son  prédécesseur,  on  pouvait  croire  qu'on  avail  toujours 
voulu  dire  ainsi  et  qu'il  était  à  propos  de  rétablir  le 
texte. 

Je  voudrais  bien  que  de  mon  explication  du  mot  Cébo  on 
pût  dire  au  moins  :  Se  non  e  vero  e  ben  trovato.  Mais  que 
voulez-vous?  Je  n'ai  pas  trouvé  mieux.  Se  rés  noun  vises, 
attaquo  t'as  pèses,  selon  un  proverbe  trop  peu  juste  envers 
les  pois,  car  cela  veut  dire  :  faute  de  grives  on  mange  des 
merles,  autrement  dit  :  il  faut  se  contenter  de  ce  qu'on 
trouve.  Pour  moi  qui,  dans  ce  mince  repas,  n'ai  qu'un  plat 
d'oignons  à  offrir,  assez  mal  accommodé  par  parenthèse,  je 
ne  demande  pas  mieux  qu'on  trouve  autre  chose,  ceci  par 
exemple  : 

Les  Hébreux  perdus  dans  le  désert,  exténués  de  fatigue, 
mourant  de  faim,  regrettaient  amèrement  la  chère  d'Egypte  : 
oUas  camium  et  panem,  in  saturitate.  Ils  ne  pouvaient 
non  plus,  dans  cette  extrémité,  oublier  les  oignons,  si  bons 
au  pays  qu'ils  venaient  de  quitter  qu'on  les  y  adorait,  et 
ils  les  réclamaient,  les  appelaient  aussi  de  toute  leur  voix 
à  leur  aide.  La  Bible  traduite,  expliquée,  commentée  en 
langue  vulgaire,  enseignait  à  tous  les  détails  de  l'histoire 
du  peuple  choisi,  et  le  cri  de  détresse,  de  miséricorde  des 
Hébreux,  dans  cette  notable  circonstance,  devint  pour  une 
situation  analogue,  notre  locution  populaire. 

Dér.  du  lat.  Cepa,  dont  Isidore  de  Séville  dit  :  Cepa, 
Uà  diei  videturà  capitis  magnitudine,  la  grosseur  et  l'abon- 
dance des  racines  qui  donnent  à  la  bulbe  quelque  ressem- 
blance avec  une  tète,  lat.  Caput,  en  celt.  Ceb,  cep,  cap,  tète 
à  longue  chevelure. 

Le  latin  avait  donc  Cepa,  qu'il  l'eût  pris  dans  son  fond  ou 
qu'il  lui  fût  venu  du  celte.  Mais  le  latin  populaire  préférait 
Unio,  que  l'aristocratique  rival  du  languedocien  a  été  cher- 
cher dans  le  patois  de  Rome.  A  ce  propos  une  citation 
curieuse  de  M.  de  Ghevallet  : 

c  Golumelle  nous  aj^rend  que  les  paysans  appelaient 
Vnio,  onis,  un  oignon  d'une  certaine  espèce;  il  était  sans 
doute  nommé  de  la  sorte  parce  que  sa  forme  et  sa  couleur 
le  faisaient  ressembler  à  une  perle. 

Nune  çuœ  per  cutatem  circa  messem,  vel  etiam  exactis 
iaim  messUnu,  coiligl  et  reponi  debeant,  prwdpimus,  Pom- 
peianam  vei  ascalonUim  cepam,  vel  etiam  marsiacam  sim- 
plkem,  quam  vocant  taUonem  rustiei,  ellgito,  (Golumelle, 
liv.  xn,  chap.  5.) 

c  Les  personnes  qui  se  piquaient  de  science  désignaient 
cet  oigncm  sous  le  nom  de  eepa  marsiaea  simplex,  mais  le 
peuple  trouva  sans  doute  l'expression  un  peu  longue;  unio 
ftiit  i^os  tôt  dit.  L'accq>tioD  populaire  dt  ce  mot  ne  fut 


pas  agréée  par  les  gens  instruits;  aussi  l'expression  res- 
ta-t-elle  pour  eux  un  barbarisme  de  signification.  Ce  bar- 
barisme passa  du  latin  rustique  à  la  langue  d'oïl,  en  prenant 
un  sens  plus  général,  et  c'est  à  lui  que  nous  devons  notre 
mot  Oignon,  » 

Franchement,  il  n'y  a  pas  de  quoi  pour  le  français  être 
si  fier.  J'aime  mieux,  avec  les  vieilles  gens  instruits  de 
Rome,  et  en  bon  languedocien,  notre  Cébo  réunardivo  ou 
marsénquo. 

Céîè,  s.  m.  Cellier,  cave,  lieu  où  l'on  serre  le  vin  et 
autres  provisions.  Ce  qui  le  distingue  de  la  cave,  c'est  que 
celle-ci  est  creusée  dans  la  terre  et  en  contre-bas  du  sol  ;  le 
cellier  est  placé  au  rez-de-chaussée. 

'  Dér.  du  lat.  Cella  ou  cellarium,  remontant  sans  doute  i 
Celare,  cacher. 

Céloùs,  «.  m.,  ou  Arcialoùs,  s.  m.  Bolet  comestible, 
champignon  gris,  Bcletus  edutis,  esculentus,  bovinus.  Le 
même  que  V Arcialoùs,  dont  son  nom  est  une  contracUcNi. 
Nous  avons  donné  sa  description  sous  cet  article. 

Dans  le  midi  de  la  France,  et  surtout  dans  les  Cévennes, 
au  nord  d'Alais,  cet  excellent  champignon  se  récolte  abon- 
damment lorsque  le  printemps  est  chaud  et  pluvieux;  on 
le  rencontre  aussi  en  mai  et  en  juin,  mais  il  est  moins 
sapide  qu'en  automne,  époque  à  laquelle  il  possède  ses 
meilleures  qualités. 

Il  atteint  souvent  des  dimensions  considérables.  On  en 
voit  dont  le  chapeau  a  plus  de  trente  centimètres  de  diamè* 
tre  et  quinze  à  viogt  centimètres  d'épaisseur.  Cette  espèce 
est  européenne  et  toutes  ses  variétés  sont  délicieuses.  La 
pulpe  en  est  fine,  délicate,  d'un  parfum  agréable  surtout 
dans  les  jeunes  individus  qu'on  doit  toujours  préférer. 

Les  meilleurs  C^ùs  croissent  sur  les  coteaux  boiafis, 
dans  les  taillis  de  châtaigniers,  JourguiUros,  et  de  chênes, 
dans  les  bruyères,  Broussos,  au  bord  des  prés  montuenx  et 
un  peu  ombragés.  —  Voy.  AreioMts. 

Géméntèri,  s.  m.  Cimetière,  lieu  consacré  à  enterrer  les 
morts.  —  Dé  jouïne  médéci  céméntèri  boussu,  un  jeune 
médecin  peuple  le  cimetière. 

Dér.  du  lat.  Cœmenterium,  m.  sign.,  ou  du  gr.  Koi{u]tj^ 
piov,  dortoir,  lieu  de  repos. 

Gén,  n.  denonUfre.  Cent,  dix  fois  dix.  Il  se  dit  indé6ni- 
ment  pour  un  grand  nombre  de  choses  et  substantÎT.  pour 
les  choses  qui  se  vendent  au  cent. 

Dér.  du  lat.  Centum. 

Candraîo,  s.  f.  Cendrée,  frésil,  résidu  des  fourneaux  de 
houille  ;  grenaille  la  plus  menue. 

Géndras,  t.  m.  Péjor.  de  Cendres.  Cendrier  d'un  four- 
neau; gros  tas  de  cendres  ;  les  cendres  d'un  foyer. 

Géndras,  f.  m.  n.  pr,  de  lieu.  Cendras,  oommune  du 
canton  d'Alais,  qui  tire  son  nom  d'une  abbaye  de 
dictins,  brûlée  et  ruinée  pendant  la  guerre  civile  dits 
Camisards.  Cette  abbaye,  fort  riche  et  puissante,  ^lait 
raine  de  toute  la  contrée.  Sa  juridiction  s'étendait  sur 
trois  paroisses.  Dans  le  dénombrement  delà  rt^nérhawéa  de 


CÉN 


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189 


Beaucaire  et  di>  Nim»  de  4384,  ce  nom  «\^J  *'»^; 
Zn  •  en  4435.  on  trouve  Sonera»,  ce  qui  induit  à  penser 
S'nWuke  contraction  et  une  altération  de  Sa^u. 
C^.  Sut  André  n'était  pas  cependant  le  patron  de 
rïto^  qui  était  sous  l'invocation  de  saint  Loup;  ma^s 
m^  ^préexistait  au  monastère  était  probablemen 
^Tde^aLienne  paroisse  sur  le  territoire  de  laquelle  d 
S^.  Ce  qui  corrobore  cette  expUcation    c'est  que  non 
^TcendTet  sur  la  même  commune,  dans  le  vUla«e 
riLuveme.  fl  existe  une  petite  église  ou  chapelle 
dédiée  à  saint  Andi*.  qu'on  nomme  dans  la  langue  du  pays. 
^hu-AndrUnt.  dim.  évident  de  André. 
^^T*.r-  cendre,  poudre  ou  poussière  qui  «ste  de 

matières  brûlées.  .       a^  canâiw 

La,  Cinéru.  *.  f-pl^-  ^^  Cendres,  le  J<r  d»^"^' 

«adies  bénites  dont  le  prêtre  marque  le  front  d^  fi^^. 

le  premier  mercredi  de  carême;  la  cérémome  de  leur  distn 

bntion. 

Dér  du  lat.  Ctner»,  abl.  de  Cinit. 

CéBdréia.  V.  fréq.  Remuer  les  cendres,  tisomier  le  feu. 
JTbS  ^  désœuvrement;  se  briser,  s'émietter.  êtte 
S^en  Jîrlant  d'un  terrain  trop  léger  et  trop  peu  com- 

'"tUiè.  ..  «•  cendrier  d'un  potager,  d'un  fourneau; 
li«roù  la  cendre  tombe  et  où  on  la  ramasse.  Le  cendrier 
d^îour  se  dit  Boumal.  (Y.c.  mO-Bo-^o-n  co»mo  »» 
«WrW  plaisant  comme  un  cendrier.  Yoy.  au  mot  Bou- 
^^«pUcation  de  ce  dicton,  qui  nous  parait  r>n^ 
Z^il  du  style  comparatif,  mais  qm  est  familier  au  génw 
SSoden  comme  au  génie  orient^-  n  n'est  p^  n« 
Z  v^  consacre  des  comparaisons  aussi  excentriques 
îvec uMrichesse  étonnante.  C'est  en  quelque  sorte  mie 
Ltesution  de  sa  part  en  faveur  d'mie  figure  qud  veut 
ïïolnment  employer  coûte  que  coûte,  alors  même  que  la 
nison  et  la  logique  la  condamnent.  Mais  l'usage  est  bien 

le  maître  et  il  le  prouve.  ...     u-  j 

Ctadrons.  onso,  adj.  Couvert  de  cendres,  blanchi  de 
eendies  ;  terrain  léger  et  friable  comme  la  cendre,  comme 
le  lont  en  général  les  vignobles  des  environs  de  Montpel- 
lier. 

Dér.  de  Céitdre.  _     .  ... 

CéBdrouMo-Bacbaiwù,  phr.  faite.  Cendnllon  ;  jeune 

fille  peu  aimée,  peu  importante  dans  la  maison,  et  qu  on 

AoJZe  an  coin  du  feu.  Cette  expression  est-elle  due  au 

eoDte  bkn  de  Perrault,  qui  existeen  effet  dans  notre  idiome, 

mvae  quelqnes  variantes,  entr'autres  le  nom  de  l'bérofiie, 

on  Itoi  le  charmant  et  naïf  conteur  aurait-U  pns  le  sujet 

de  Cendrillon  dans  la  sornette  de  nos  veiUées  cévenoles  de 

puât  est  extrême  à  entendre  encore  conter  Inn  <m 

rmtre. 

GtotéiiA.  f.  m.  Centaine,  nombre  décent;  cent  environ, 
MHS  prtdser  le  chiffre.  —  Brau'qui  un  eénténa  dé  fénnoê, 
il  y  avait  là  «ne  centaine  de  femmes. 


Cérténo.  f .  f.  Centaine,  même  sens  qoc  le  pféoÉdent. 
se  dit  sortont  poor  centaine,  brin  de  m  on  de  ««e^^^ 
récheveau.  On  sait  qœ  dans  les  écheveanx  de  fil  on  de 
soie,  chaque  cent  tours  sont  séparés  et  marqués  psrun 
^^Tçour  pouvoir  les  dévider,  il  font  couper  ce  nœ«J 
qu'on  appelle  la  cmiéno.  -  Perdre  la  *^«^>.P^^^ 
fil  d'untocours.  Trove  pas  la  ^'^^'«^' 1^  f  «^  ^^ 
le  noeud  de  la  question.  L'histoire  du  nœud  gordien  nest 
autre  que  celle  d'mi  écheveau  célèbre  dont  Alexai^  ne 
trouva  pas  la  cénUno,  et  que  son  impatience  à  chercher 
lui  fit  trandier  net,  d'un  seul  coup. 
Dér.  de  Cm.  . 

Céntimèstro,  # •  m.   Centimètre  ;  centième  partie  du 

mètre. 
Emp.  au  fr.  , 

Centime,  s.  f.  Centime.  Cest  un  de  ces  moto,  comme  le 
précédent,  que  la  marche  du  siècle  a  forcé  d'emprunter  au 
fr..  parce  que  l'usage  en  est  populaire.  Seulement  le  lang. 
en  a  changé  le  genre,  qui  n'est  jamais  que  iémiriin.  Le  fr 
lui-même  l'a  pris  du  lat.  Cmtenmuê,  centièrfie  partie. 
Centura,  v.  Ceinturer  ;  mettre  une  ceinture:  «lU/nrer  ; 

environner. 
Dér.  du  lat.  Cineiuê,  part.  pais,  de  Cingere,  mtiùfft. 
Céntnro,  *.  f-  Ceinture;  cordon,  rul#an,  qui  sert  * 
ceindre  le  corps  ;  bas  de  U  taille,  partie  du  c^^nis  '^  la 
ceinture  s'attache.  —  Fïo  maduro  porto  Véfan  à  la  tkfUuro, 
prvb..  fille  mûre  porte  l'enfant  à  la  ceinture,  c'*»i^ire  \ 
une  fille  déjà  sur  le  retour  quand  elle  se  marie,  est  plus 
prête  qu'une  autre  à  devenir  enceinte. 

Géoucla,  «.  Cercler,  relier,  mettre  des  cercles  à  un  t/in- 
neau.  aune  cuve.  etc.  —  £•  fnAwi  tàmtda,  au  fig^  »l  »  1* 
tête  mal  cerclée,  mal  timbrée;  U  a  U  tète  fôlée. 

Céoucle,  #.  m.  Cercle,  cerceau;  cinxinfèrence,  ligne 
circulaire.  —  Vax  lou  eioiuiU,  U  se  ploie  comme  un  cer^ 
ceau.  il  est  courbé  en  cercle,  raUtiné  par  U  s\fn\Um  oo 
par  la  maladie. 

Les  cercles  ou  cerceaux  de  cuve  et  de  tonneau  ¥rt%i  le 
plus  souvent  en  fer,  surtout  pour  les  %f(mm  i^*a'j%  qui 
restent  à  poste  fixe  dans  les  caves  ou  celliers^  <>  pr^^îèdè 
plus  dispendieux  n'est  qtaune  avance  de  eapiUl,  qtil  se 
trouve  bien  compensée  d'ailleurs  par  U  facilité  du  reliage 
et  du  défonçage  et  par  la  durée  prewjue  (^m\Ui  du  cer- 
ceau. Quatre  cercles  suffisent  prmr  les  p^*^'^  ordinaires, 
six  au  plus  pour  les  plus  longues;  les  l^mdres  en  c^mipor- 

tent  douze.  . 

Autrefois  les  cercles  de  Vmneau  étoient  faitoavec  de  gros 
scions  refendus  de  cfiâulgnier  sauvage  m  de  mlcocotiller 
qu'on  pliait  et  qu'on  assujettissait  avec  de  minces  scions 
d'osier  jaune  dit  amarinof  ^m  en  pistait  dix  à  chacun  des 
boute  du  tonneau.  Cest  pour  ceU  qu'on  aménageait  dans 
les  Cévennes  de  nomlireux  taillis  de  châtaignier  sauvag  et 
de  micocoulier  Aimi  on  fabriquait  des  cercles  expédiés 
ensuite  dans  Umt  le  Languedoc.  Ces  taiUis  se  nomment 
Joftrgumroê.  Ce  procédé  est  encore  employé  dans  les  paya^ 


190 


CER 


CES 


de  grands  vignobles  pour  les  futailles  qa*on  expédie  et  qui 
n'ont  pas  besoin  de  durée.  Les  cerceaux  des  cuves  étaient 
une  sorte  de  charpente  en  forme  de  jantes,  soit  de  mico- 
coulier, soit  de  chêne,  et  reliée  au  mayen  de  chevilles.  Ce 
genre  de  ligature  se  nomme  aussi  encastre  et  aréscle.  (Y.  c. 
m.)  Les  bandes  de  fer,  aujourd'hui,  sont  une  simplification 
et  un  perfectionnement. 

Dér.  du  lat.  Circulus,  dim.  de  Circus,  m^  sign. 

Céouclièîro,  f  •  f.  Bois  taillis  de  châtaignier  sauvage  ou 
de  micocoulier,  destiné  à  la  fabrication  des  cerceaux,  des 
claies  à  faire  sécher  les  châtaignes,  et  de  notre  temps  à  la 
confection  des  treillis  ou  palissades  bordant  et  clôturant 
les  talus  de  nos  chemins  de  fer  ;  maie  disposée  pour  faire 
rouir  les  scions  de  ces  mêmes  arbres  afin  de  les  rendre 
plus  doux  et  plus  flexibles.  —  Voy,  Jourguièiro. 

Ce  que,  pron.  démonstr.  Ce  qui,  ce  que.  —  Ce  que  se 
fax,  ce  que  se  dis,  ce  qui  se  fait,  ce  qui  se  dit.  Ce  gué 
dévigno  lou  tén,  ce  que  présage  le  temps. 

Cérémougnè,  s.  f.  Cérémonie;  pompe  ;  courbettes  hypo- 
crites ;  civilité,  politesse  gênante  et  affectée.  —  Faire  dé 
cérémougnès,  faire  des  façons;  se  faire  prier. 

Certains  glossateurs  font  dériver  ce  mot  du  lat.  Cereris 
munia,  oblations  à  Cérès,  parce  que  les  offrandes  de  gerbes 
à  cette  déesse  étaient  accompagnées  d'un  rit  très-solennel. 
D'après  Valôre-Maxime,  il  vient  du  lat.  Cera,  ville  d'Italie, 
et  munia,  offrande.  Cette  ville,  proche  de  Rome,  est  citée 
par  les  oflrandes  qu'y  firent  les  Romains  avec  une  pompe 
inouïe  par  la  crainte  que  leur  inspiraient  alors  les  Gaulois. 
Selon  d'autres,  il  vient  des  mêmes  deux  mots,  mais  dans 
ce  sens  que,  lors  de  la  prise  de  Rome  par  les  Gaulois,  les 
Vestales  fugitives  et  sauvant  le  feu  sacré,  furent  conduites 
par  Albanius,  qui  fit,  en  témoignage  d'honneur  et  de  res- 
pect, descendre  de  son  char  sa  femme  et  ses  enfants  pour  y 
placer  ces  prêtresses.  Enfin  VElucidari  de  las  proprietates, 
en  langue  romane,  dit  :  De  cer<u  prendon  nom  ceremonia, 
car  ceris  antiquamen  kom  ofria,  de  cire  prennent  nom  les 
cérémonies,  car  anciennement  on  offrait  des  cierges. 

Cérièîre,  s.  m.  Cerisier,  Cerasus  vulgaris,  Linn.,  arbre 
de  la  fam.  des  Rosacées,  qui  porte  la  cerise.  —  Cousï  qui 
causi,  dawUo  dé  moun  cérièîre,  prvb.  Le  mot  à  mot  est  : 
cousin  que  cousin,  descends  de  mon  cerisier.  Le  dicton 
tient  sans  doute  à  quelque  anecdote  dont  les  acteurs  sont 
restés  anonymes  :  quelque  parent  qui  fut  surpris  par  un 
sien  cousin,  croquant  ses  cerises,  et  qui,  sur  l'arbre,  invo- 
quait sa  parenté  pour  excuser  son  méfait,  dont  le  cousin 
ne  parut  pas  vouloir  tenir  compte.  Cela  ne  se  borne  pas 
aux  cerises,  et  les  applications  sont  nombreuses.  Le  fr. 
rend  la  même  chose  par  un  dicton  équivalent  :  Ami  jus- 
qu'à la  bourse. 

Dér.  du  lat.  Cerasus,  venu  lui-même  de  Gerasonte,  nom 
d*une  ville  du  Pont,  d'où  furent  apportés  par  Lucullus,  en 
Italie,  les  premiers  cerisiers. 

Cérièiro,  s.  f.  Cerise,  fruit  du  cerisier.  Les  variétés  sont 
nombreuses;  les  principales  de  ce  pays  sont  :  la  loumbardo. 


la  blanqudou,  la  bétorgo,  VagfïoU),  la  bigarono,  la  duréto* 
—  Voy.  c.  m. 

Cérqua,  v.  Chercher,  se  donner  du  soin  pour  trouver; 
aller  quérir  ;  provoquer  ;  attaquer.  —  Cérqua  la  gnué  pér 
lous  arnuuis,  chercher  midi  à  quatorze  heoies;  prendre 
des  détours  ;  faire  des  phrases  dilatoires.  Dé  qu*anas  cérqua 
aqui  ?  Que  nous  chantez-vous  là  ?  Quelle  anicroche  allez- 
vous  chercher  ?  Cérqua  sounpan,  mendier.  Cérqua  sa  vida, 
a  le  même  sens,  mais  il  s'étend  aux  animaux  domestiques 
ou  autres,  quand  ils  sont  obligés  de  chercher  eux-mêmes 
leur  provende.  Cérqua  dé  nisados,  dénicher  des  oiseaiDC. 
M'es  véngu  cérqua,  il  m'a  provoqué.  Que  oérquo  irovo, 
prvb.,  A  bon  chat,  bon  rat. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Clrcare  ou  Eneereare. 

Cèrqao,  s.  f.  Recherches;  perquisition;  visite  domid- 
liaire  pour  découvrir  un  malfaiteur  on  un  ccmtrevenant,  on 
bien  encore  une  chose  volée  :  dans  ce  dernier  cas,  on  dit 
plus  techniquement  :  fa  fur. 

Cèrqao-brégo,5.  m.,  phr.  faite.  Hargneux;  qui  cherche 
querelle;  brouillon.  Synon.  de  CèrqutHréno. 

Cèrqao-nisados,  s.  m.,  phr.  faite.  Dénicheur  de  merles; 
jeune  gars  vagabond,  va-nu-pieds. 

Gèrqao-poùs,  s.  m.  Croc  à  puits  ;  crochet  à  double  on 
triple  bec  propre  à  pêcher  les  seaux  ou  autres  objets  qui 
sont  tombés  dans  un  puits.  — Fran  eoumo  un  cèrquo-poès, 
bonne  foi  de  Bohême. 

Cèrquo-réno,  s.  m.  —  Voy,  Cèrquo-brégo,  m.  sign. 

Cértèn,  tèno,  adj.  Certain  ;  assuré;  sûr;  ferme.  Il  ne  se 
prend  guère  que  négativement.  —  Es  pas  bien  oértèm,  en 
parlant  d'un  objet,  signifie  :  ce  n'est  guère  solide  ou  de 
bon  aloi  :  en  parlant  d'un  homme,  il  n'est  pas  très-frane 
ou  de  bonne  foi,  ou  bien  son  crédit  n'est  pas  très-solide. 
Es  pas  bien  cértèno,  en  parlant  d'une  femme,  on  ne  peut 
guère  répondre  de  sa  vertu. 

Dér.  du  lat.  Certus,  m.  sign. 

Cértifica,  s.  m.  Certificat;  témoignage  donné  par  écrit  ; 
attestation  écrite;  passeport. 

Emp.  au  fr. 

Cèrto,  adv.  interpeUatif.  Certes!  Oui  vraiment  !  Ah 
dame!  —  Cèrto I  m* en  dires  tan,  dame  !  vous  m'en  dira 
tant. 

Cérvèl,  9.  m.  Cerveau,  substance  molle  contenue  dans 
le  crâne. 

Dér.  du  lat.  Cervix,  tête. 

Génréla,  t.  m.  Fromage  de  cochon,  fait  avec  Uwiles  les 
parties  charnues  de  la  tête,  et  non  cervelas,  sorte  d'andooilla 
qui  se  vend  cuite  et  qu'on  ne  connaît  pas  dans  le  pxj%» 

Cérvèlo,  «.  f.  Cervelle,  partie  molle  et  blanche  dn 
veau.  Le  lang.  emploie  plus  volontiers  oe  mot  an  fili 
las  cérvèhs.  —  Mé  fat  sâouia  la$  eérvèlos,  il  me  casaa  la 
tête. 

Dér.  de  Cmrviœ,  tête. 

Céae,  f.  m.  Dim.  Céftfroè.  PaiftH^hiche,  CtetraKafinMm, 
Linn.,  plante  de  la  fam.  des  Légumineotes,  enltîTte  dans 


CES 


CEV 


191 


loat  le  Midi.  On  dit  aussi  par  dérision  Couflo-eouqui,  parce 
qoB  ce  légome  est  farineux  et  gonflant  ;  cependant  il  n'est 
pas  indigeste  eomme  les  autres  espèces  de  farineux,  parce 
qu'il  ne  fermente  pas  comme  eux  dans  Vestomac.  On  le 
mêle  avantageusement  avec  le  gruau  dans  la  confection  de 
la  Coêsoio.  fV.  c.  m.)  Ce  légume  est  difficile  à  cuire;  cela 
ne  tient  pas  à  une  variété  de  l'espèce,  mais  à  la  nature  du 
tenain  qui  l'a  produit.  Les  fonds  limoneux  et  schisteux 
sont  ceux  qui  sont  les  plus  contraires;  les  meilleurs,  les 
gras  et  les  calcaires.  Cependant  il  se  rencontre  de  nom- 
bieoses  exceptions,  et  souvent  cette  dureté,  que  le  pois- 
chiche  conserve  après  une  longue  ébuUition,  provient  de 
mille  circonstances  diverses  de  sa  végétation.  En  général 
fltossi  les  eaux  battues,  comme  celles  de  rivière  ou  de  pluie 
immédiate,  sont  les  plus  favorables  à  sa  caisson  et  sont 
piéférées  à  celles  de  puits,  de  source  ou  de  citerne.  Cette 
dernière,  quoique  provenant  de  la  pluie,  a  contracté  par 
un  long  séjour  dans  l'immobilité  une  mollesse  saumâtre 
qui  la  rend  impropre  à  cette  cuisson.  Sauvages  donne  une 
recette  pour  les  cuisinières  à  ce  sujet.  Il  prétend  que  les 
CéMeB  les  plus  rebelles  s'attendrissent  et  cuisent  très-bien 
avec  l'eau  où  l'on  a  fait  blanchir  les  épinards,  ou  avec  de 
l'eau  de  pluie  acidulée  par  une  pincée  de  sel  de  tartre.  Il 
est  à  cmindre  que  ce  procédé,  un  peu  trop  pharmaceutique, 
ne  trouve  d'obstinés  opposants  dans  le  peuple,  principal 
eonsommateur  des  Cétes, 

Tout  le  monde  sait  l'usage  local  qui  veut  qu'on  mange 
la  soupe  aux  pois-chicbes  et  à  l'huile  au  diner  du  dimanche 
des  Rameaux.  Le  populaire  attribue  cet  usage  traditionnel 
à  une  commémoration  pieuse,  parce  que  Jésus-Christ  aurait 
traversé  un  champ  de  ces  légumes  lors  de  son  entrée  triom- 
phale à  Jérusalem  le  même  jour.  Il  est  plus  raisonnable  de 
penser  que  cet  usage  vient  de  ce  que  le  dimanche  des 
Rameaux  étant  le  seul  dimanche  de  Carême  où  le  maigre 
soit  ordonné,  même  pour  ceux  qui  ne  font  maigre  que  trois 
jours  de  la  semaine,  on  mange  de  préférence  une  soupe 
aux  poîs-chicbes,  parce  que  c'est  là  un  des  meilleurs 
potages  à  l'huile,  et  qu'il  est  moins  indigeste  que  tout  autre 
potage  aux  légumes. 

Dér.  du  lat.  Cieer,  m.  sign. 

Césé,  «.  m.  n.  pr.  d'homme.  Altération  contractée  de 
Prmteéié,  qui  est  lui-même  un  dim.  de  Françouès,  Fran- 
çois. 

Qéfléro,  i.  f.  Draine,  grosse  grive,  grive  de  gui,  Turdtu 
viêewonêê,  Linn.,  oiseau  de  l'ordre  des  Passereaux  et  de  la 
£am.  des  Crénirostres.  C'est  l'espèce  de  grives  la  plus  grosse 
et  la  moins  délicate.  Cette  variété  est  sédentaire  dans  le 
pajs,  ou  du  moins  elle  s'y  fixe  plus  longtemps  que  les 
auties,  et  nidie  deux  fèis  dans  la  saison.  Son  chant,  qu'on 
ealend  surtout  avant  le  lever  du  soleO,  est  agréable  et  très- 
Matant. 

^  Tè^  dé  oéiiro,  étouidi;  tête  légère,  éventée;  tèle  de 
Itaotte. 

Le  nom  kng.  CiUro,  dans  lequel  entre  le  mot  Cé$e,  en 


lat.  Cicer,  et  peut-être  Edo,  je  mange,  correspond  àUa  même 
idée  qui  la  fait  nommer  Turdus  vùcivorus,  parce  que  cet 
oiseau  fréquente  surtout  les  champs  semés  de  vesces  ou  de 
pois,  dont  il  se  nourrit. 

Géséto,  s.  f.,  n.  pr.  de  femme.  On  croirait  volontiers 
que  ce  mot  est  le  fém.  de  Césé,  et  qu'il  représente  par  con- 
séquent Françoise  ;  il  n'en  est  rien  cependant.  Céséto  est  la 
reproduction  de  Suzette,  et  représente  en  dim.  Suzanne.  11 
devrait  donc  s'écrire  mieux  par  un  s  initial,  Séséto;  nous 
le  plaçons  ici  seulement  pour  le  rapprocher  de  Cé$é  et  faire 
ressortir  davantage  la  différence.  —  Voy.  Séséto, 

Césièiro,  s.  f.  Champ  de  pois-chiches,  terre  semée  de 
pois-chiches. 

Dér.  de  Cése. 

GéTénôon,  Gévénolo,  adj,  Cévenol;  cévennois;  habi- 
tant des  Cévennes.  C'est  le  nom  générique  et  commun  à 
tous  les  habitants  de  ces  contrées  montagneuses,  qui  se 
subdivisent  en  Maïâous,  Gavai  et  Vivaré$e$,  —  Voy,  ces 
différents  mots. 

Gévénos,  «.  f.  plur,  Cévennes,  montagnes  du  Bas-Lan- 
guedoc, dont  la  chaîne  se  suit  par  la  grande  arête  de  la 
Lozère,  du  Tanargne  et  du  Mésinc,  de  l'ouest  à  l'est,  et 
forme  en  contre-bas  diverses  autres  chaînes  inférieures  tant 
au  nord  qu'au  midi  de  la  première.  La  contrée  à  laquelle 
ces  montagnes  avaient  donné  leur  nom,  se  divisait  autre- 
fois en  quatre  subdivisions  :  4<»  les  Cévennes  proprement 
dites  dont  Âlais  était  la  capitale;  %"*  le  Gévaudan,  capitale 
Mende  ;  3®  le  Vivarais,  capitale  Viviers;  4»  le  Velay,  capi- 
tale le  Puy.  Aujourd'hui  la  première  de  ces  subdivisions 
porte  encore  le  nom  de  Cévennes  et  ses  habitants  celui  de 
Cévenols.  Elle  occupe  le  nord  et  l'ouest  de  l'arrondissement 
d* Alais,  sans  dépasser  cette  ville  au  midi  ni  à  l'est  ;  elle 
comprend  encore  presque  tout  l'arrondissement  du  Vigan 
et  les  communes  occupant  les  versants  méridionaux  et 
orientaux  de  la  Lozère  et  la  chaîne  inférieure  de  cette 
montagne  appelée  le  Bougés  ;  elle  embrasse  la  plus  grande 
partie  de  l'arrondissement  de  Florac  (Lozère),  et  elle  se  sub- 
divise elle-même  en  Cévenols  proprement  dits  et  en  MaïàauM. 
—  F.  c.  m. 

Le  nom  de  Céveimes  est  un  de  ceux  dont  on  peut  le 
moins  douter  qu'il  n'existât  dans  la  langue  des  Gaules 
avant  la  conquête  romaine  ;  car  il  n'a  pas  en  lat.  ni  en  gr. 
de  radical  équivalent  qui  offre  une  signification  applicable, 
condition  première  de  tout  nom  propre  de  lieu.  Le  latin  et 
le  gr.  l'ont  pris  en  lui  conservant  sa  consonnance  origi- 
nelle et  n'y  ont  ajouté  que  la  terminaison  conforme  à  leur 
génie.  César  nomme  cette  chaîne  Mons  Cebenna;  Pline  et 
Lucain,  Gebenna;  Pomponius-Mela,  G9bennœ,  G^fenniei 
Montes;  Strabon,  T6  KI(t(xsvov  6poç,  traduits  par  Cwnmenice, 
CemfMni  Montes,  Tous  ces  vocables  sont  évidemment  em- 
pruntés an  langage  du  pays,  et  ils  appelaient  les  redierches 
des  commentateurs  sur  leur  origine.  Bochard  a  cru  en 
trouver  la  racine  dans  le  syriaque  Gelnna,  sommet  d'une 
montagne,  et  ajoute  qu'en  hébreu  Gab  veut  dire  dos.  Astruc 


192 


CHA 


CHA 


soutient  que  le  mot  vient  du  œltique  Kebmn,  haut  d*une 
montagne.  Dans  le  pays  de  Galles  on  dit  encore  Eefen  pour 
colline.  Astruc  pourrait  bien  avoir  raison. 

Ghabrolo,  s.  f.  Framboise,  fruit  du  framboisier,  Bubus 
Idœa,  Linn.,  ronce  du  mont  Ida.  Le  framboisier,  arbuste 
de  la  fam.  des  Rosacées,  abonde  dans  nos  montagnes  et 
croit  naturellement  dans  les  bois.  Les  chèvres  sont 
friandes  de  sa  feuille,  et  c^est  ce  qui  a  valu  à  son  fruit  le 
nom  de  Chabrolo,  dér.  de  Cabro,  qu'on  dit  chabro  dans 
les  Hautes-Gé venues.  —  Voy,  Faragousto. 

Chabrôon,  s.  m.  n.  pr.  d'homme.  Au  fém.  Chabrolo, 
qu'on  traduit  en  fr.  par  Chabrol  et  Ghabrole,  femme  de 
Chabrol. 

Ce  nom  est  évidemment  d'origine  lang.  et  il  signifie 
chevreuil  dans  le  dialecte  des  Cévennes.  Ici  on  dit  Cabrôou 
en  parlant  de  l'animal.  Quant  au  nom  propre,  il  arrive 
tout  formé  du  pays  où  il  a  été  imaginé  et  on  a  dû  le  res- 
pecter dans  sa  prononciation.  La  finale  est,  en  tous  cas,  la 
même. 

Dans  plusieurs  articles  nous  avons  eu  occasion  d'expli- 
quer cette  différence  de  prononciation  du  ca  et  du  cha  : 
celle-ci  peut  être  plus  celtique,  celle-là  est  toute  latine. 
fVoy.  lettre  CJ  Le  suffixe  ôou  donne  aussi  au  mot  une 
physionomie  et  un  caractère  qui  méritent  d'être  remarqués. 
Oou,  comme  Aou,  parait  être  une  contraction  :  il  a  dû 
sonner  0/oti,  ouenlat.  Olum,  Olium,  avant  d'être  diphthon- 
gué  en  ôou,  comme  Aou  est  descendu  de  Al,  Alou,  Le  plus 
souvent  encore  il  affecte  le  mot  d'un  sens  diminutif,  comme 
le  faisait  la  désinence  latine  olu$,  a,  um,  nous  en  citerons 
des  exemples  nombreux.  Ses  analogies  en  noms  d'hommes 
et  de  lieux  se  signalent  par  les  influences  ethniques  qui  ont 
pesé  sur  la  finale  et  la  traduisent  :  au  'Midi  Cabrôou  ou 
Chabrôou  représentés  par  Cabrol  ou  Chabrol,  sont  au  Centre 
ou  au  Nord  Chevreau,  Chreveul,  Chevreuil.  —  Voy,  Oou 
suffixe. 

Ghabuscla,  v.  Flamber  ;  passer  à  la  flamme;  ôchauder  ; 
tremper  rapidement  dans  l'eau  bouillante.  C'est  le  même 
mot  que  Vscla,  sauf  que  ce  dernier  se  borne  à  la  première 
partie  de  la  définition,  et  ne  convient  pas  à  la  dernière.  La 
syllabe  Chah  qui  précède  celui-ci  ne  peut  étymologiquement 
s'expliquer  qu'en  l'interprétant  par  Chab,  dialecte  des  mon- 
tagnes, Cab,  cap,  extrémité,  sommet,  et  Vscla,  brûler 
l'extrémité,  la  superficie. 

Chaoïm,  chacune,  pron,  indéfini.  Chacun,  chacune. 

Ce  mot,  qui  se  disait  autrefois  et  se  dit  même  encore 
Cadun,  semble  formé  des  deux  mots  ca  et  d'un,  un  par 
tête,  tête  d'un.  Le  fr.  aurait  alors  la  même  origine,  ou 
aurait  pris  la  sienne  dans  notre  idiome.  Mais  n'est-il  pas 
plutôt  une  corruption  du  lat.  Quisque,  encore  reconnais- 
sable,  quoiqu'il  ait  bien  changé  en  route? 

Chadénédo,  «.  f.,  ou  Gadénédo.  Lieu,  champ  planté  de 
cades  ou  genévriers. 

La  variante  que  nous  donnons  après  Sauvages  est  peu 
usitée.  La  manière  dont  nous  le  prononçons  et  la  forme 


dans  laquelle  il  a  passé  dans  noire  dialecte  et  a  servi  de 
base  à  la  composition  de  noms  propres  d'homme  et  de  lieu, 
démontrent  clairement  que  le  mot  est  emprunté  aux  Hautes- 
Cévennes  ou  au  Vivarais.  S'il  eût  pris  naissance  ici,  on 
eût  dit  et  on  dirait  Cadénédo,  comme  l'on  dit  Cadéné  de 
plusieurs  quartiers  de  terrain,  ainsi  nommés  dans  les 
cadastres,  et  qui  ont  la  même  racine,  le  cade. 

Chalaré,  s.  m.  Bruit;  tapage;  tintamarre;  grabuge.  — 
Méno  un  for  cha  f  are,  il  fait  grand  tapage. 

Chaire,  5.  m.  Pierre  à  aiguiser,  sorte  de  grès  fin  et  tendre 
dont  on  se  sert  pour  aiguiser  à  sec  les  faucilles,  les  serpes 
et  serpettes.  La  queux  des  faucheurs  n'a  pas  la  même 
forme  ni  la  même  nature  ;  elle  est  d'un  grès  beaucoup  plus 
dur,  aussi  s'appelle-t-elle  pèïro  dé  daïo  et  non  point  ehafrt, 
malgré  l'autorité  de  Sauvages.  —  Cara  coumo  un  ehafrt, 
enflé,  bouffi  d'embonpoint  ou  d'importance  ;  au  prop.  ou  au 

fig- 

Chagrin,  s.  m.  Chagrin;  affliction;  peine  morale; 
humeur;  dépit;  colère. 

Des  étymologistes  le  disent  dérivé  de  l'arabe  Chakrain, 
malheureux,  pénétré  de  douleur;  d'autres  du  fr.  Aigrir,  et 
remarquent  que  dans  certains  endroits,  on  dit  aigrain  pour 
chagrin. 

Chagrina,  v.  Chagriner;  donner,  causer  du  chagrin; 
tourmenter,  inquiéter. 

Chaîne,  s.  m.,  ou  Ronve.  Chêne  blanc,  Quercus  robur, 
Linn.,  arbre  de  la  fam.  des  Amentacées.  c  Le  chêne,  a  dit 
Loiseleur  de  Long- Champ,  domine  en  roi  parmi  les  arbres 
de  l'Europe  ;  c'est  le  plus  beau  comme  le  plus  robuste  des 
habitants  de  nos  forêts;  c'est  son  image  qui  s'offre  d'abord 
à  la  poésie  quand  elle  veut  peindre  la  force  qui  résiste, 
comme  celle  du  lion  pour  exprimer  la  force  qui  agit.  > 

Cha'tne  et  Bouve,  dans  l'usage  ordinaire,  sont  parfaite- 
ment synonymes  ;  dans  le  langage  technique,  le  Chaîne  est 
le  mot  générique  pour  toute  espèce  de  chêne  blanc  ;  le 
Bouve  est  le  robre  ou  rouvre,  espèce  dont  le  bois  est  rouge 
en  dedans  et  la  feuille  cotonneuse  en  dessous;  il  est  plus 
flexible,  moins  cassant,  plus  imperméable  :  aussi  est-il  plus 
difficile  à  fendre  et  à  équarrir,  comme  bois  de  service,  à 
cause  de  ses  fibres  fortes  et  entrelacées  ;  il  brûle  mal  au 
feu,  où  il  noircit  sans  donner  de  la  braise.  —  Voy,  Bouve. 

On  trouvera  sur  l'étym.  du  mot  et  sur  sa  formation 
quelques  éclaircissements  au  mot  Cassagno, 

Chaîné,  s,  m.  Genette,  espèce  de  chat  sauvage,  Vivera 
ginetta,  Linn.,  mammifère  onguiculé  de  la  fam.  des  Carni- 
vores. 

La  genette,  la  fouine,  dit  Sauvages  au  mot  Chainé  ;  œ 
n'est  pourtant  pas  la  même  chose,  bien  qu'il  y  ait  quelq[ae 
analogie  dans  les  habitudes  des  deux»  animaux.  Du  reste  la 
description  qu'il  en  donne  s'applique  assez  bien  à  la  pre- 
mière et  nullement  à  la  seconde  ;  le  Chaîné  n*est  donc  pas 
la  fouine. 

Il  est  tout  simple  de  faire  venir  le  mot  de  genette;  en 
rendant  dure  la  prononciation  du  g  (dge  ou  tge)  on  atteint 


CHÂ 


CHA 


m 


à  pea  prés  celle  du  eh  suivi  d*uûe  voyelle  ;  dès  lors  Chaîné 
on  genette  sodI  le  même  vocable,  le  Chaîné  est  en  effet  la 
geaette  commune.  La  description  d'ailleurs  se  rapporte 
exaeleœent  an  Chàtné,  qui  n'est  pas  rare  dans  notre  pays  : 
pelage  gris,  agréablement  tacheté  de  brun  on  de  noir;  ces 
taches,  tantôt  n»des,  tantôt  oblongnes;  la  qneoe  aussi 
longue  que  le  corps,  annelée  de  npir;  le  mnsean  noirâtre; 
des  taches  blanches  aux  sourcils,  aux  joues  et  de  chaque 
côté  du  bout  du  nez.  Cet  animal  laisse  échapper  une  forte 
odeur  de  muse,  ce  qui  Ta  fait  classer  dans  un  sous-genre 
de  civettes.  Cette  pn^iété  lui  est  commune  avec  la  hyène, 
doot  le  pelage  présenterait  avec  le  sien  quelque  ressem- 
blance, la  même  distance  que  celle  entre  le  chat  et  Le  tigre. 
Le  Chetmé  se  prive  vite  en  domesticité;  on  le  dresse  pour 
la  chasse  aux  rats;  aussi  lui  donne-t-on quelquefois  le  nom 
de  diat  de  C(M»taiitinople.  Il  est  probable  que  dans  nos 
oontiées  on  le  confond  souvent  avec  le  chat  sauvage,  quoi- 
que celui-ci  soit  un  autre  animal. 

Chalo,  f .  f».  Chàle,  schall.  —  Encore  un  de  ces  mots 
que  la  mode  a  importés  du  fr.  Il  ne  saurait  rester  étranger 
aa  lang.  aujourd'hui  que  le  chàle,  qui  n'étaift  pas  dans  le 
cealome  national,  est  descendu  aux  classes  populaires. 

Ghamas,  s.  m.  Gros  tison  allumé.  On  s'en  sert  l'hiver  à 
la  campagne  pour  s'éclairer  au  sortir  de  la  veillée  :  c'est  la 
torche  de  pin  des  montagnards  écossais. 

Dér.  du  gr.  KijAoÇ,  pieu,  échalas. 

Ghamboà,  «.  m,,  n.  pr,  d'homme  et  de  lieu.  Ghambou, 
c'est-à-dire  bon  champ. 

La  moyenne  latinité  a  fait  passer  le  mot  au  roman,  qui 
l'a  transmis  an  lang.  et  au  fr.  Du  Cange  cite  un  ancien 
titre  qui  en  fait  foi  :  Cambo,  terra  arabilis  quam  riMiei 
Cambonam  vœant  Cambo,  latin  et  roman,  CambaU  et 
ChawUfoù,  lang.,  signifient  donc  une  terre  en  culture.  Et 
remarquons,  en  passant,  que  le  eampus  lat.  ne  s'est  con- 
servé dans  nos  dialectes  qu'avec  l'addition  d'une  épithète  ; 
camp  ni  champ  seuls  ue  sont  pas  du  pur  lang.  mais  du  fr. 
véritable,  bien  que  ficha  toim  oan  soit  toléré  et  usité. 

Le  vocable  qualifié  s'est  fort  répandu,  d'abord  en  se 
tenant  dans  la  généralité,  puis  en  spécialisant  ce  qu'il  vou- 
lait mieux  caractériser.  Les  champs  arables,  c'es^à-direen 
plaiae,  étant  fort  rares,  étaient  par  suite  hautement  prisés 
dans  un  pays  aussi  montagneux  et  escarpé  que  les  Cévennes, 
à  cause  de  la  facilité  de  leur  culture,  et  en  second  lieu, 
parœ  que  toajonis  placés  fu  pied  des  montagnes,  ils  rece- 
▼aîent  les  alluvions  que  les  pluiies  et  les  inondations  y 
dMPnaient.  Cest  pour  cela  que  ces  noms  sont  plus  mul- 
tipliés dans  les  contrées  hautes.  On  compterait,  dans  le 
sâd  département  du  Gard,  plus  de  quinze  localités,  com- 
mnoes  ou  hameaux,  dont  les  déûgnations  varient  du  simple 
au  diminutif,  de  Cambà,  Camhoù,  Cambon,  Ioub  Camboùs, 
Ckamboù,  Chambon,  à  Cambouné,  Chamboumé,  Cham- 
bonnet,  Chambounas^  toutes  formées  du  lat.  Campu$bonu$. 

Cette  appellation  donnée  d'abovd  aux  terres  dont  nous 
▼•nous  de  parler,  «a'élendît  ensuite  aux  maisons,  aux 


hameaux  et  villages  qui  se  formèrent  dans  leur  voisinage 
fertile.  Du  sol  à  l'homme  qui  le  cultive  la  transition  fut 
aisée  et  naturelle.  De  ce  nom  pris  pour  racine  il  s'en  forma 
mille  autres,  qui,  à  la  qualification  générale  existante ,  en 
ajoutèrent  une  autre  caractéristique,  ou  bien,  sur  le  pri- 
mitif Campui,  appliquèrent  une  particularité  significative. 
Ainsi  les  noms  propres  de  lieux  et  d'hommes  :  Chamboff 
rédoun,  Chamboredon,  champs  en  plaine  et  de  forme  ronde; 
Chambou-rigâou,  Chamborigaud,  plaine  arrosée,  eamptu- 
irriguui;  Chambovemo,  Chambovemes,  plaine  verdoyante 
ou  plantée  de  vemes.  Et  dans  la  seconde  catégorie  :  Cam* 
hargne,  Chambamier,  commune  de  Mèjanea-le-Clap,  terre 
en  vasselage  ;  Camboulan,  commune  de  Saint-Marcel  et  de 
Saint- Martial,  champ  servant  de  limite;  Canférén,  com- 
mune de  Beinis,  champ  fertile  ;  Chamclâou,  ChamclauXt 
commune  de  Sainte-Cécile-d'Andorge,  Mansus  de  Clatuo- 
Claustri,  enclos  du  cloître  ;  Champclàouioà,  Champclausoa, 
commune  de  la  Grand'Combe,  de  campo  clauso,  champ 
fermé;  Champdourous,  Champorus,  commune  de  Génolhac» 
champ  venteux,  qui  aun  dim.  dans  Champâouriôou,  Gham^ 
pauriol,  commune  de  Laval,  de  la  Bouvière  et  de  Montmirat; 
Camfigoîis,  Camphigoux,  commune  de  Soustelle,i;ainjMif  ^', 
champ  planté  de  figuiers;  Camplagnè,  champ  en  plateau; 
CampéXrigoùs ,  commune  de  la  Calmette,  champ  pierreux; 
Campméjè,  commune  de  Saint^ean-du-Pin  ;  Camp-méja», 
commune  du  Gaylar,  eampus  nmanuê,  champ  moyen  ou 
mitoyen  ;  Canrédoun,  Campredon,  commune  de  Nimes,  de 
Langlade;  de  Sumène,  de  Valleraugue,  eamipu»  rotundui, 
champ  arrondi  ;  Camriau,  Camprieux,  commune  de  Saint- 
Sauveur-des-Pourcils,  camptu  rivut,  champ  prés  d'un  ruis- 
seau; Campsèvi,  Commune  d'Arre,  champ  ensemencé; 
Camplong,  Camvi^,  etc.  Il  n'est  pas  nécessaire  d'insister 
sur  d'autres  dénominations  dans  lesquelles  est  intervenu  le 
nom  du  propriétaire,  qui  ont  aussi  la  même  racine  et  se 
sont  formées  avec  le  mot  eampus,  traduit  paream  ou  ehasnp, 
comme  CamarH,  Campmartin;  Changamier;  Champ-Ber« 
nard;  Champ-Bertin;  Champ  du  Four;  Champ  duRoussin, 
etc.,  etc.,  qui  n'ont  pas  besoin  d'explications. 

Caïambourdo ,  <.  f.  Péj.  Chambourdasso.  Chambrière; 
servante  épaisse  et  grossière  ;  maritome. 

Corr.  de  Chambriêiro,  emportant  une  idée  de  mépris  ou 
de  ridicule. 

Caïambraale,  s.  m.  Ce  mot  ne  signifie  pas  diambraole, 
cadre  en  pierre  ou  en  bois  d'une  porte,  mais  une  longue 
règle  de  maçon.  Ce  technique  est-il  une  imitation  du 
français?  Cela  parait  naturel,  et  cependant  il  n'existe 
aucune  relation,  aucune  similitnde  entre  les  doux  signifi- 
cations. 

Chambre,  s.  m.  Écrevisse  de  rivière,  Cawcaa  astaeui, 
Linn.  Crustacé  de  l'ordre  des  AstacoXdes. 

Le  nom  de  Chambre  est  uqité  à  quelques  lieues  d'Akûs, 
au  levant,  dans  le  canton  de  Saint-AndiiroiXi  surtout  aux 
bords  de  .la  fontaine  d'Arlinde  qui  en  féumit  beanoovp. 
onae  sert. du  mot  EsearabisM.  —  V.  e.  m. 


194 


CHÂ 


CHâ 


Chambre  parait  une  corruption,  une  variante  de  chancre, 
qui  traduit  le  lat.  cancer,  cancre,  écrevisse;  signe  du 
Cancer.  On  Ta  fait  aussi  dér.  du  lat.  Carabus,  m.  sign.,  ou 
de  i*aliem.  Crebs.  En  ital.  Gambero  et  Granchio;  en  esp. 
Cangréjo. 

Ghambrièîro,  s.  f.  Femme  de  chambre,  et  par  ext.  ser- 
vante, n'importe  la  nature  de  son  service.  —  Faï  coumo  la 
ehambrièïro  dé  Pilato,  c'est-à-dire  elle  va  fort  au  delà  de  ce 
qu'on  lui  commande.  Las  chambritïros  n'ah  qu'un  mdou, 
diêou  lou  iécrè  dé  Voustdou,  prvb.,  les  domestiques  n'ont 
qu'un  défaut,  c'est  de  dire  les  secrets  de  la  maison. 

L'anjounénquo  ehambrièïro,  l'augélique  servante,  a  dit 
La  Fare  de  la  sœur  de  charité,  servante  des  pauvres. 

Chambriiïro,  s.  f.  Trépied  pour  soutenir  la  poêle  sur  le 
feu  ;  quelquefois  cet  outil  est  une  anse  en  fer  et  sans  pied 
qu'on  suspend  à  la  crémaillère. 

Dér.  de  Can^ro,  qu'on  dit  Chambra  chez  les  Raïols  et 
les  Vivarais. 

Champouirâon^  $.  m,,  n,  pr,  Champoiral,  traduit  le  fr. 
sans  autre  façon.  Il  vient  sans  doute  du  lat.  Campus  em- 
porii,  champ  de  marché  ou  de  foire. 

CShancre,  s.  m.  Chancre;  ulcère;  aphthe;  petit  bouton 
transparent  et  douloureux  qui  vient  à  la  bouche  des  hommes 
et  des  animaux,  surtout  chez  les  enfants  à  la  mamelle 
quand  ils  tètent  un  lait  échauffé  et  vicié.  —  Àquà's  un 
chancre,  dit-on  d'un  importun  opiniâtre  et  dont  on  ne  peut 
se  débarrasser. 

Dér.  du  lat.  Cancer,  m.  sign. 

Ghanilès,  s.  m.  Malaise;  inquiétude  vague;  cauchemar 
éveillé,  ce  que  M"*®  de  Sévigué  appelait  un  dragon. 

Gorr.  du  lat.  Camt/eo;,  bourreau. 

Ghanja,  v.  Changer,  échanger  ;  quitter  une  chose  pour 
en  prendre  une  autre;  céder  une  chose  pour  une  autre  ; 
substituer  ;  passer  d'un  état  à  un  autre  ;  déménager,  prendre 
un  autre  logis  ;  permuter.  —  Se  chanja,  changer  de  loge- 
ment ;  changer  de  vêtement,  prendre  ses  habits  de  dimanche. 
—  Aï  ehanja  dé  las  quatre,  mes  vers  à  soie  sont  sortis  de 
quatrième  maladie  ou  mue.  Ma  grano  a  chanja,  ma  graine 
de  vers  à  soie  a  changé  de  couleur;  elle  devient  blanchâtre 
vingtrquatre  heures  avant  d'éclore.  Es  bien  ehanja,  la 
maladie  l'a  changé,  pâli,  amaigri.  La  luno  chanjo  aquéste 
sauèr,  la  lune  prend  ce  soir  un  nouveau  quartier.  Mé  vôou 
ehanja,  je  vais  changer  de  linge,  d'habillement.  Vous  ses 
ehanja,  vous  avez  changé  de  logement. 

Dér.  de  l'ital.  Camkiare,  m.  sign. 

Chanjaire,  aîro,  adj.  Changeant;  inconstant  ;  qui  aime 
à  changer;  qui  change  aisément;  d'humeur  mobile. 

Ghanjamén,  s.  m.  Changement;  passage  d'un  état  à  un 
autre;  mutation. 

Ghanje,  s.  m.  Intérêt  d'un  capital.  —  Amaï  que  mé 
pagu/e  soun  change,  pourvu  qu'il  me  paie  les  intérêts. 
Méire  âou  chaîne,  placer  de  Targent  à  intérêt. 

C3ia]i)iir,  f .  m.  Changeur;  prêteur  sur  gage;  banquier.  — 
Pago  eùumo  un  chanjur,  il  paie  comptant,  très^xactement. 


Chantiè,  «.  m.  Chantier;  grand  emplacement  à  ciel 
découvert  où  Ton  emmagasine  des  bois.  Par  extension» 
emplacement  où  un  certain  nombre  d'ouvriers  travaillent, 
n'importe  à  quel  ouvrage  ;  réunion  d'ouvriers  travaillant 
de  concert  sous  l'inspection  d'un  piqueur  pour  les  ouvrages 
d'art,  ou  d'un  baïle,  pour  les  travaux  des  champs. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Cantherius,  m.  sign. 

Châouclia,  v.  Patrouiller;  marcher  dans  la  boue,  dans 
un  gâchis  ;  fouler  aux  pieds  quelque  matière  mouillée  ou 
onctueuse  ;  fouler  aux  pieds  une  personne.  —  La  fachi- 
gn^ro  l'a  châoucha,  la  sorcière  lui  a  pesé  sur  l'estomac,  il 
a  eu  le  cauchemar.  Aï  châoucha  tout  lou  long  dé  la  carièïro, 
j*ai  patrouillé  dans  toute  la  longueur  de  la  rue. 

Ce  mot  est  le  môme  que  Cdouca  dans  quelques-unes  de 
ses  acceptions  ;  il  a  la  même  origine  du  lat.  Caleare, 

Ghâouchimèîo ,  s.  f,,  ou  Chichoamèio.  Ripopée; 
mélange  de  plusieurs  vins;  ragoût  sale  et  grossier;  salmi- 
gondis de  viande  ;  galimafrée. 

Châoucholo,  s.  f.  Soupe  au  vin  ;  tranches  de  pain 
trempé  dans  le  vin. 

Châouchouia,  v.  fréq.  de  Châoucha.  Patrouiller;  tri- 
poter ;  remuer  ou  marcher  dans  un  bourbier  épais  ou  dans 
un  liquide  malpropre. 

Châouchoaîaîre,  aîro,  adj.  Qui  aime  à  patrouiller,  au 
pr.  et  au  fSg.  tripotier,  qui  aime  à  se  mêler  de  ce  qui  ne  le 
regarde  pas,  à  mettre  salement  les  doigts  dans  une  sale 
affaire. 

Châoucho-vièîo,  phr.  faite.  Le  cauchemar,  l'incube.  La 
superstition  populaire  attribue  ce  malaise  à  la  pression 
d'un  démon  sous  la  forme  d'une  vieille  femme  qui  pèse 
sur  la  poitrine. 

Ghâouma,  v.  Chômer  ;  se  reposer,  rester  oisif.  Se  dit 
particulièrement  du  bétail  qui  cherche  l'ombre  et  y  dort 
sans  manger  quand  la  chaleur  commence  à  se  faire  sentir. 
Les  brebis,  au  lieu  de  chercher  l'air  dans  ce  cas,  se  tienneat 
pressées  les  unes  contre  les  autres  et  placent  leurs  têtes  les 
unes  sous  les  autres,  pour  les  mettre  à  l'ombre. 

Dér.  probablement  de  Câou,  chaud,  qui  se  dit  ehâou 
dans  quelques  localités.  Cette  origine  peut  bien  avoir  servi 
au  fr.  chômer,  quoique  certains  glossateurs,  qui  ne  veulent 
pas  que  le  fr.  puisse  être  redevable  au  lang.,  prétendent  le 
faire  dériver  de  l'allem.  Saumen,  8*arrêter,  négliger.  Le 
lang.  Châouma  et  le  fr.  chômer,  qui  sont  évidemment  le 
même  mot,  paraissent  plutôt  tou%  deux  venir  du  gr.  RanS|Aa, 
chaleur  étouffante,  et  la  preuve,  c'est  que  châoumasso,  à 
qui  l'on  ne  peut  contester  le  droit  de  consanguinité  avec 
ces  deux  infinitifs,  ne  signifie  autre  chose  que  grande  cha- 
leur, figurant  là  en  superlatif  d'un  positif  perdu,    qui 
devait  être  châoume,  traduction  littérale  du  gr.  Rotu{iA,  et 
qui  est  devenu  la  racine  de  châouma  et  de  chômer. 

Ghàoumadis,  s,  m.  Temps  chaud  et  lourd,  qui  invile  à 
la  paresse. 

Châonmadoù,  s.  m.  Lieu  choisi  par  les  bergers  pour  faire 
chômer  le  bétail  ;  endroit  propice  et  commode  pour  cet  acte. 


CHA 


CHA 


195 


Châoiimasso,  s.  f.  Chaleur  lonrde,  étouffante  et  mate, 
sans  un  souffle  d'air. 

Toy.  Châouma  pour  Tétym. 

Châoupl,  V.  Fouler  aux  pieds  ;  trépigner  avec  les  pieds, 
particulièrement  un  végétal  quelconque. 

Il  a  sa  racine  dans  le  lat.  Calx,  plante  des  pieds,  chaus- 
sure, qui  a  fait  calcare. 

Châonrl,  s.  m.  Sabbat  des  sorciers,  leur  assemblée  noc- 
turne. —  Aou  chàourït  allez  au  diable  !  Manjariê  lou 
diable  amat  lou  châmtri,  prvb.,  il  avalerait  le  diable  et  ses 
cornes. 

Dans  Fétym.  de  ce  mot  pourrait-on  découvrir  dans  la 
syllabe  Châou  ou  càou,  chaleur,  quelque  allusion  à  la  cha- 
leur infernale,  ou  bien  peut  être  une  contraction  ou  inver- 
sion du  mot  chàou-ma,  parce  que  ces  prétendues  réunions 
se  tenaient  le  jour  du  sabbat,  jour  de  repos  des  Juifs,  jour 
de  chômage?  Ce  ne  sont  là  que  des  conjectures  très-hasar- 
dées. 

Ghàoiirima,  v.  Faire  blanchir  des  légumes  dans  Teau 
bouillante;  mitonner;  flétrir  par  la  chaleur  ou  la  séche- 
resse. 

Châouta  (Se),  v.  Se  soucier;  s'inquiéter,  s'embarrasser. 
—  M'en  chàoute  caumo  dé  mous  vièls  souïès,  j'en  fais  cas 
comme  de  mes  vieux  souliers.  Quâou  s'en  châouto?  qui 
donc  s'en  soucie  ?  N'a  pas  l'air  dé  s'en  châouta  gaïre,  il 
n'a  pas  l'air  de  ^en  inquiéter  beaucoup. 

Dér.  du  lat.  Colère,  désirer  ardemment. 

Chapélé,  s.  m.  Chaperon,  couronne.de  mariée.  Symbole 
de  virginité  qui,  dans  le  principe,  était  un  petit  cha- 
peau. 

Chapélé,  s.  m.  Chapelet;  grains  enfilés,  sur  chacun  des- 
quels on  dit  un  Ave  Maria,  à  chaque  dizaine  se  trouve 
un  grain  plus  gros  sur  lequel  on  récite  un  Pater. 

Le  chapelet  se  nommait  dans  l'origine  couronne  de  la 
Vierge;  de  ce  rapprochement  de  couronne  avec  petit  cha- 
peau est  tiré  le  nom. 

Chapélé  se  dit  aussi  de  plusieurs  choses  enfilées  les  unes 
à  côté  des  autres. 

Chapla,  V.  Hacher;  couper  menu,  en  très-petits  mor- 
oe:iux;  briser  en  éclats;  dépecer.  —  Lou  michan  tén  a  tout 
ehapla,  la  grêle  a  tout  haché. 

La  bass.  lat.  disait  avec  la  même  sign.  Capulare.  Cham- 
poUion  pense  que  ce  mot  est  celtique,  et  le  P.  Puget  qu'il 
pourrait  bien  venir  de  l'hébreu  Kapad,  couper. 

ChapladU,  «.m.  Abattis;  débris  de  choses  brisées  ou 
cassées  ;  chablis  d'arbres  par  l'orage  ou  la  cognée  des  bûche- 
ions. 

Chapliin,  f .  m.  Menus  débris  ;  copeaux  de  bois  menuisé 
4  b  hache;  épluchure  des  légumes  ;  chapelure  de  pain  dont 
la  croûte  est  pilée  ;  recoupes  de  la  pierre  de  taille. 

Chaque,  adj,  des  deux  genres.  Chaque;  sert  à  désigner 
tout  individu  de  même  espèce  ;  toute  chose  individuelle  de 
même  nature.  —  Chaquo  moueèl,  chaque  morceau  ;  chaque 
fét,  chaque  fois. 


Ghara,  v.  Gronder;  faire  des  reproches  de  supérieur  à 
inférieur. 

Enitâl.  Ctar/artf  signifie  babiller,  causer;  Sauvages  même 
donne  à  Chara  cette  acception,  que  nous  croyons  erronée. 
Cependant,  quoique  les  deux  mots  aient  un  sens  différent, 
ils  paraissent  sortir  d'une  même  origine. 

Charade,  s.  f.  Gronderie  ;  réprimande  ;  mercuriale  ;  en 
style  fam.  un  savon. 

Gharaîre,  airo,  adj.  Grondeur  ;.  qui  n'est  content  de 
rien,  d'humeur  grondeuse;  qui  poursuit  toujours  de  re- 
proches. 

Charavari,  s.  m.  Charivari  ;  concert  ridicule  avec  accom- 
pagnement de  poêles,  chaudrons,  sonnettes  et  cris,  souvent 
avec  chanson  de  circonstance,  dont  on  régale  les  mariages 
des  veufs  et  dos  veuves  ;  plus  généralement  crierie,  bruit 
tumultueux,  querelle  populaire.  Cependant  les  charivaris 
politiques  ne  sont  pas  du  ressort  de  l'idiome. 

Dér.  du  gr.  Kapr^Çapsfa,  pesanteur  de  tête,  migraine,  parce 
que  c'est  l'effet  produit  par  cette  cacophonie,  surtout  sur 
celle  des  mariés. 

Charcutariè ,  s.  f.  Charcuterie,  magasin,  boutique  de 
viandes  de  porc. 

Ce  mot,  ainsi  que  son  correspondant  fr.,  est  formé  de 
chair  et  de  cuite,  parce  qu'autrefois  surtout  on  débitait 
dans  la  charcutariè  toute  espèce  de  chair  de  porc  cuite. 

Charontiè,  tièîro,  s.  et  adj.  Charcutier,  charcutière, 
qui  vend  de  la  chair  de  cochon  crue  ou  cuite,  fraîche  ou 
salée. 

Charfièl,  s.  m.  Cerfeuil,  Scandiœ  cerefolium,  Linn., 
plante  de  la  fam.  des  Ombcllifôres,  potagère,  indigène  du 
Midi,  cultivée  pour  l'usage  de  la  cuisine. 

Dér.  du  lat.  ChœrofoUum,  qui  vient  de  deux  mots  gr., 
Xafpw,  je  me  réjouis,  et  4>5jX>.ov,  feuille,  à  cause  de  l'abon- 
dance de  ses  feuilles. 

Chari,  s.  m.  Char  à  bœufs;  charriot.  Ce  mot,  en  lang., 
est  consacré  aux  seules  voitures  traînées  par  les  bœufs  ; 
toute  autre  voiture  différemment  attelée  ne  prend  point 
ce  nom.  —  Métré  lou  chari  davan  tous  biôous,  mettre  la 
charrue  avant  les  bœufs. 

Lou  chari  se  dit  pour  le  «harriot  de  David,  la  grande 
Ourse,  constellation. 

Dér.  du  lat.  Carrus,  ou  plutôt  du  celt.  karr,  disent  les 
étymologistes,  d'où  l'allem.  karr,  char,  charrette. 

Chariado,  s  f.  Charge  ou  contenu  d'un  chari.  On  dit 
uno  chariado  dé  mounde,  n'importe  dans  quelle  voiture  ils 
soient  transportés,  et  même  aujourd'hui  quand  il  s'agit  de 
wagons  du  chemin  de  fer  :  toute  une  charretée  de  monde. 

Gharita,  s.  f.  Charité,  amour  de  Dieu  et  du  prochain; 
plus  usité  dans  le  sens  de  aumône.  —  Prémiéïro  ehaîrita 
coutnenço  pér  se,  charité  bien  ordonnée  commence  par  soi- 
même.  Demanda  la  charita,  demander  l'aumône.  Fasès-mé, 
douna-mé  la  charita  âou  noun  dé  Dieu,  faites  l'aumône» 
donnez-moi  la  charité  au  nom  de  Dieu. 

Dér.  du  lat.  Carita$. 


196 


CHA 


CHI 


Charitable,  blo,  «<//*.  Charitable  ;  auinùnier,  (jui  aime  à 
faire  la  charité,  rauuiùne;  qui  a  rainour  de  son  prochain. 

Charlatan,  s.  m.  Charlatan  ;  marchand  d'orviolan,  ven- 
deur de  drogues  sur  les  places  [uiblinues;  hâbleur,  van- 
tard. —  Vcngues pa$  faire  aïcï  de  louu  cliaiialan,  ne  viens 
pas  ici  nous  conter  des  sornett«^s,  des  hâbleries. 

Dêr.  de  l'ital.  Ciarlare,  babiller.  Il  est  bien  fort,  comme 
nous  l'avons  vu  quebpie  part,  de  le  l'aire  venir  du  celle 
Cka  rla la  ria,  ba  varda  g<^ . 

Charlà,  s.  m.  Courlis,  courlis  comunni  ;  grand  courlis 
cendré;  Scolopax  arcuata,  Linn.  Oii*\ui  de  l'urdrt)  des 
Echassiers  et  de  la  fam.  des  Ténuiroslres.  Ce  courlis,  qui 
peut  atteindre  deux.  \)h^(h  de  lungueur,  \it  sÂl^ilaire  dans 
notre  déparlement.  Ckarlù  s'appliipie  aussi  au  petit  curlis 
ou  corlieu,  Scolopax  pluvpus,  Linn.,  espVe  plus  jM'lilf  et 
que  nous  n'avons  guère  que  de  passage. 

Charnègou,  s.  m.  Acariâtre  ;  diOicili^  h  \\\'iv  ;  hargneux  ; 
bourru.  — •  Voy.  Iiebrous%i('. 

Sauvages  prétend  que  c'est  le  nom  (pie  Ton  donne  ù  unr' 
CSi>éce  di;  chiiMis  métis,  engenihvs  de  deux.  e>])èces  dilli'- 
rentes  et  rpii  s^nt  t'Uijours  bargiieuK.  D'ajU'ès  cette  donnée, 
on  pourrait  supposer  «pie  fh'intnjnH  sMMJt  fnnn"'  de  c/j/  e| 
de  arnvfjotf,  chien  bargnouv.  (>  dernier  m  4  à  s*>n  tour, 
suivant  OM'tains  auteurs,  viendrait  de  Ifernîcud-,  \ieu\  lU'tt 
([ui  veut  dii'e  atteint  de  lieriii'\  ]nrc'.'  «pie  eeije  iiiliriiiit«'' 
rend  bypoctndriacpie.  —  loy.  Ki nuijoit. 

Charoun,  s  m.  Chirr<»a,  (pii  l'abri. pie  et  \i'iid  les  ehir- 
rues,  charrett.;'s  et  vi.itiires.  et  t'Hit  e^  (pii  li-s  euiie.Mnv 

Dér.  du  lai.  fur  ras.  ciiar. 

Charpa,  r.  (iroinler;  L'r"gii"r:  t".;ire  d-K  r^pr.'ch.^s;  (jne- 
reller;  crier  après  rpiejiju'iui  ;  s-^  iVi'ln'r, 

Ce  iiii»l  et  C'Iui  d'  Cfmra,  (\n\  muI  b  ,nie  ,iip  (raii:i|'i,i.'i'', 
5<'»nt  indill'eremiiM'nt  emp|:)\rs  dans  notre  diih'etv  Au-des- 
sous et  à  l'orient  d'Aliis,  (ui  ibl  de  pri-iVr.'nee  f'h'irjxi  :  ;'i 
Alais  et  au-dessus  (.najnii'  jni-  ii\  (lunn.  Cepiilmt  il  p"Ut 
y  avnjr  ipielque  ditV'ii'n.'e  il;:is  l'aee '[ili  «-i  ;  ('],'n\;  siLMiille 
[)lus  propriMM'Mit  groiid-'r  ou  'l'[u'uii.  el  TA  //•//-/.  ,i;i-o;_'n(>r,  se 
plaindre  de  tout,  n"èlre  content  d'  l'ien. 

Dér.  fin  lat.  Curp',  cnrpi>r.  èlre  tournii'iité,  anb;jé. 

Charpado,  .^.  f.  --  TVr/.  ciKuain,  m.  ^\'ji\. 

Charpaïre,  aïro,  a  ij.  —  ynif,  ch.n-nnr. 

Charpigna  (se),  v.  fi^q.  Se  eh  -relier  wn-^^  :  si^  pie-it^r; 
fi«?  quereller.  —  Voy.   Cap'ujna. 

Charpinoùs,  ouso,  nJj.  [{ibiuiM-i.  S--  dit  d'mi  arl>re 
plein  de  eliic^ts,  héiissé  de  pninls  et  d'ei'iMts. 

Dér.  de  fharpia. 

Gharpis,  s.  m.  Charpie,  nhuient  de  linire  u>'''  pour  uiefire 
sur  les  plaies;  menus  scions  morts  d'un  arbre  ([u'un  é|agui\ 

Charqua,  r.  Inqui''t"r;  niolest-'r:  i'ii[nrluner  ;  cberelier 
noise.  —  A(juél  a  faire  me  charqnn,  celte  alViir-"'  me  tour- 
mente. 

Dér.  du  lat.  Calcare,  fouler  aux  pieds,  éperoinier. 

Charquaïre,  aïro,af(/.  Iirq^ortun  ;  qu'UvlIiMU';  bruuillon, 
qui  tourmente  sans  répit. 


Charuro,  s.  f.  Charrue. 

Ce  mot,  (pie  le  lang.  a  emprunté  au  fr.  en  lui  faisant 
subir  la  petite  inversion  qui  est  dans  ses  habitudes,  n'était 
pas  connu  autrefois  où  Tonne  labourait  guère  qu'à  l'araire. 
La  grande  culture  s'étant  davantage  impatronisée  dans  le 
pays,  il  a  fallu  distinguer  par  un  techni(iuo  les  diverses 
es[)éces  d'uutils  aratoires. 

Chasso,  s.  f.  Mécht}  d'un  fom-t,  ficelle  déliée  placée  au 
bout  du  fouet  pour  le  faire  claquer;  grand  coup  de  fouet 
bien  appliciué. 

Chatisiè,  isièîro,  adj.  Qui  aime  à  faire  des  niches,  à 
jouer  un  mauvais  tour. 

Chatiso,  s. /*.  Niche  grossière  ou  indécente;  mauvais 
tour,  mauvaise  i»laisanlerie. 

Ce  mttt  est-il  une  corruption  du  fr.  sottis<3,  ou  bien 
vient-il  d'un  vieu>c  mot  lang.  Chatoù,  fripon? 

Chi,  f.  m.  Dim.  Chiné;  péj.  Chinas.  Chien,  Canis  fami- 
liaris,  Linn.,  mammit'èn*  onguiculé  de  la  fam.  des  Carni- 
\ores.  Au  fig.  avare,  j)ince-maille.  —  Vn  chi  régarjo  bén 
un  avt'sqnc,  aniai  li  /ii-o  jias  toit  capùl,  un  chien  regarde 
un  é\éque  sans  le  sduer,  ré[>*ind-on  à  quelqu'un  qui  se 
fâche  de  ce  (pi'im  le  Hxe.  Mountc  Ion  chi  japn,  y  a  quicon 
(le  traces,  prvb.  qui  répond  à  celui-ci  :  il  n'y  a  pas  de 
fumée  sans  feu.  (7//  canar,  cliieii  barbet,  caniche.  Chi  bré- 
ijoùs  a  l'i\  mrcio  arnienonstf,  ]u'vi).,  chien  hargneux  a 
r<jr.'ille  d'chir 'e.  Qu  t(ni  auni  Marti,  ainio  sonn  chi,  prvb., 
(pii  nraiiiie  aini'^  m  tn  ciii-n.  D-hm  U-a  (pic  Ion  chi  jn'sso^  la 
libre  f/f,  i)rvb.,  du  t'iiips  (pie  It;  chien  jùsse,  le  lièvre  s'en- 
fuit: C'^st-à-dire  :  il  u'  faut  pas  lais^'^r  perdre  l'occasion 
(juand  ô\i  la  tient,  l.s  tro  ch>  j^r  a'/uô,  il  est  tn^p  avare 
[)  au'  cela. 

Chi  est  aussi  le  nom  d'un.^  brouette  sans  roue,  dont  on 
se  st  rva.t  autrel'Vis  pour  s  «rlir  le  charbon  de  la  galerie 
dans  nos  li  -nillères,  et  eneore  d-^  la  pi'ce  de  fer  adaptée  à 
la  pi  itine  d'um.'  araie  a  feu,  unie  par  un  ressort,  autrefois 
[--riant  li  [larie,  auj  air.Hiui  en  lorm.'  do  marteau  creux 
[tour  éens  r  la  ea[t>ul'';  en  fr.  cliieii. 

Dér.  du  L^r.  K -><■//,  K.»vô;,  m.  sign. 

Chibàouqua,  v.  C!ie\auelier;  aller  j"!  che\al;  jxir  méta- 
pb  •r'\  îIn'  dit  il"d'Mi\  o'.iji'is  qui  de\  raient  être  assemblée 
et  d  uit  l'un  di''i)av^  <  ou  surai  inli'  l'autre. 

Dér.  du  iit.   Ctih.iUns,  cheval. 

Chicana,  r.  Tricher  au  jeu;  chicaner;  ergoter;  poin- 
till-r;  eb''i'çli 'r  un  [iroe's  de  chicane;  cherch«n*  noise. 

On  lait  Venir  ce  m  «l  du  gr.  l'./.a/o:,  Sicilien,  fourbe,  fri- 
pon, ou  de  l'./.-/o:,  dilTicile  à  vivre,  moroS'\ 

Chicanaïre,  aïro,f///.  'rrich.Mir;  clncaneur  ;  chicanier; 
(jui  eh'M't-hi'  chic  me.  qui  fiit  de  niiuvaise.s  (juerelles. 

Chicanéto,  a}j.  des  d-ux.  geniv-s.  Chicanier,  tricheur; 
technique'  du  tricheur  au  jeu. 

Chicano,  s.  f-  Tricherie;  chicane;  procédure  artifi- 
cieuse; subtilité  ca[>tieuse;  cantestation  mal  fondée. 

ChichoumèïO,  >•.  /*.  —  Voj/.    Châouchimèio, 

Chicouta,  v.    Entailler  une  pièce  de  bois  pour  mieux 


CHI 


CHI 


197 


faire  piendre  Tendait  de  plâtre  on  de  mortier;  la  rendre 
raboteuse  en  hachant  la  surface.  An  fig.  persécuter  ;  impor- 
tuner; vétiller;  contrarier;  impatienter. 

Ghicoutûre,  airo,  adj.  Importun;  tatillon  ;  inquiétant  ; 
fui  prend  plaisir  à  vous  dire  des  choses  fâcheuses. 

CShiira,  v.  Ghiffirer;  calculer  par  le  moyen  des  chiffres, 
la  plume  ou  le  crayon  à  la  main. 

Chiiro,  j.  /*.  Chiffre,  caractère  représentant  les  nombres; 
calcul  ;  arithmétique.  —  Counou%  bien  la  chifro,  il  est  bon 
calculateur;  il  connait  son  arithmétique.  Aprén  la  chifro, 
il  étudie  l'arithmétique.  Un  quatre  dé  chifro,  un  quatre  de 
chiffre. 

Dér.  de  Thébreu  Siphr,  compter.  En  arabe  Saphar,  écri- 
ture: livre;  en  ital.  Ci  fera,  chiffre. 

Gbifrur,  urdo,  adj.  ChifDreur;  calculateur;  arithméli- 
den,  même  mathématicien. 

Chignèîro,  «.  f.  Chenil,  lieu  où  l'on  renferme  les  chiens 
de  chasse;  loge  à  chien.  Par  ext.  mauvais  gite  ;  taudis  ;  lit 
mal  étofifô  et  en  désordre  ;  lit  de  chien. 

Formé  de  Chi,  chien,  et  du  suffixe  collectif  ièïro, 

Chignoan,  s.  m.  Chignon,  derrière  du  cou  ;  cheveux 
relevés  en  nattes  par  derrière  et  se  montrant  en  dessous  de 
U  cornette.  *Par  ext.  les  cheveux  et  même  le  crâne. 

Dér.  du  fr.  Chaine. 

Chima,  v.  Boire  à  petits  coups,  lentement,  avec  sensua- 
lité; siroter  en  gourmet. 

Dér.  du  gr.  Xu|x6;,  suc,  ou  Kujjia,  flot,  Uquide. 

Chimara,  v.  Barbouiller  du  papier,  charbonner  une 
muraille  ;  chamarrer  ;  griffonner  en  écrivant. 

Caûmaraduro,  <.  /*.  Barbouillage;  griffonnage;  trait 
vague  de  plume  ou  de  charbon  sur  une  surface  blanche. 

Ghimaraire,  airo,  adj.  Barbouilleur;  griffonneur  de 
papier. 

Chimarage,  s.  m.  Griffonnage,  écriture  ou  signature 
mal  formée  et  salement  conduite. 

Chinarédo,  s.  f.  Meute  ;  troupe  de  chiens,  telle  que  celle 
qui  suit  une  femelle  en  humeur.  Au  fîg.  bande  de  gens 
mal  famés,  dévergondés. 

Dér.  de  Chi,  chien,  avec  le  suffixe  collectif  édo. 

Ghinchoarlo,  s.  f.  Ortolan,  Emberiza  hortulanus,  Linn., 
oiseau  de  Tordre  des  Passereaux  et  de  la  fam.  des  Coni- 
rostres,  au  plumage  jaune  et  brun,  dont  la  chair  est  très- 
déUcate. 

On  nomme  encore  ainsi  le  Verdier  ou  Bruant,  Bruant 
commun,  jaune,  Emberiza  eitrinella,  Linn.,  oiseau  de  la 
mèoie  famille  que  Tortolan.  Le  mâle  a  la  tête,  les  joues  et 
la  gorge  d'un  jaune  fort  éclatant,  et  la  partie  supérieure 
du  cou  olivâtre. 

ChÂnfoimîo,  s.  f.  Bruit  fatigant  et  répété  ;  importunité 
incessante;  conduite  et  démarches  déplaisantes. 

Corr.  du  fr.  symphonie,  dont  on  prend  le  sens  en 
antiphrase. 

Oiin-nanano.  Onomatopée  intraduisible.  Les  gamins 
ont  trouvé  cette  onomatopée  pour  rendre  le  son  des  cym- 


bales et  de  la  grosse  caisse,  que  Ton  frappait  jadis  à  tour 
de  bras  d'un  côté,  pendant  que  de  l'autre,  en  caressant 
avec  un  petit  balai,  ce  qu'en  terme  de  métier  on  appelle  le 
timbre,  on  formait  une  espèce  d'écho  au  bruit  principal. 
Ils  cherchèrent  donc  à  imiter  de  la  voix  la  combinaison  de 
CJS  divers  sons,  et  ils  dirent  :  Boum  !  boum/  Chin-nanano/ 
Un  mot  était  créé.  Pour  les  enfants  qui  aiment  le  tapage, 
le  ehin-nanano,  qui  l'exprime  surtout,  représente  et 
dénomme  toujours  toute  musique  militaire. 

Ghino,  s.  f.  Chienne,  femelle  du  chien.  Au  flg.  avari- 
cieuse.  —  Voy.  Chi. 

Ghioa-chioul  Onomatopée  du  cri  de  certains  oiseaux 
piailleurs  ;  pipi  de  ces  oiseaux  et  des  jeunes  poussins. 

Chiponta,  v.  Chipoter;  vétiller;  lanterner; marchander; 
chicaner  sur  une  vétille;  gâcher  un  ouvrage,  le  gâter. 

Dér.  de  Chi,  chiqué,  peu,  avec  l'action  verbale,  ou  du 
verbe  lat.  Posium, 

Ghipoutaîre,  airo,  adj.  Chipotier;  qui  vétille;  qui 
marchande  trop. 

Chipoutoùs,  0080,  adj.  Chipotier;  vétilleur  d'habitude  ; 
barguigneur;  processif;  chicanier. 

Chiqua,  v.  Chiquer;  mâcher  du  tabac.  Par  ext.  manger 
et  boire. 

Chiqué,  s.  m.,  ou  Souqué.  Morceau  de  viande  qu'on 
donne  â  la  boucherie  de  surplus  au  poids  livré;  en  fr. 
réjouissance;  tout  supplément  à  un  marché  fait;  petit  coup 
de  vin.  —  A  soissanio  ans  amaï  lou  chiqué,  il  a  la  soixan- 
taine et  quelque  chose  par-dessus,  et  le  pouce. 

Dér.  de  Tesp.  Chieo,  chica,  petit,  petite.  On  soutient 
que  le  gaulois  aurait  pu  fournir  Tétym.  :  il  avait  Chic  pour 
dire  petit  morceau,  parcelle,  finesse,  subtiUté,  chicane, 
qui  pourrait  bien  venir  aussi  de  là.  —  Yoy.  Souqué. 

Chique,  s.  f.  Chique,  pelotte  de  tabac  qu'on  mâche  ; 
soie  de  qualité  inférieure,  faite  avec  le  rebut  de  cocons  tels 
que  les  fondus  et  les  peaux.  —  Voy.  Foundu  et  Pèl. 

Chiquo  (Faire)  phr.  faite.  Sorte  d'onomatopée  du  bruit 
que  fait  le  chien  d'un  fusil  en  s'abattant  à  vide,  c'est-à- 
dire  sans  que  l'amorce  prenne  feu  ;  faire  fausse  queue  au 
billard.  —  Moun  fusil  a  fa  chiquo,  mon  fusil  a  raté.  Cette 
expression  s'emploie  même  au  fig.  pour  signifier  Tavorte- 
ment  d'une  entreprise  dont  on  attendait  beaucoup  et  an- 
noncée pompeusement  d'avance. 

Chivaïè,  s.  m.  Chevalier. 

Avant  1789,  dans  les  familles  nobles,  quelle  que  fut  la 
qualité  du  chef,  on  donnait  ce  titre  au  puiné  de  la  maison, 
et  cela  dès  son  enfance.  Aussi  les  nourrices  et  les  bonnes, 
suivant  Tusage  invariable  des  dim.,  les  appelaient  Chitmièiré. 
Aujourd'hui  personne  ne  s'intitule  plus  chevalier;  les 
puînés  prennent  le  titre  im  nédiatcment  inférieur  à  celui  de 
l'ainé  et  on  épuise  la  série  jusqu'au  dernier.  C'est  plus 
commode,  et  si  innocent  d'ailleurs,  que  personne  ne  songe 
à  s'en  fâcher,  pas  même  une  loi  récente  dont  les  suscepti- 
bilités ne  prêtent  plus  qu'à  rire  et  tombent  en  désuétude  I 
Voyez  plutôt  les  lettres  de  faire-part,  cartes  de  visite  et  pan- 


198 


CHO 


CHO 


iiojicMUX  ariii"rii}>.  Ouaiii  an  liln-  Ci'  Cii'uu  ,  {.ar  !•  j'a.l 
on  (lisliiiL'iinil  aussi  les  anfi-.'iis  militaires,  il  riait  (l'-'inié  an\ 
<'li'na!i''i->  lie  Saiiil-Iyiiiis  t'I  i)n''-.'"Iail  >in.])!'Mii' lit  11'  ii -ii. 
dr*  l"ai/,ill<';  mai^  cet  ordr,"  -lu  in  ilt*  ::.i!it..ire  ;.'-l  ;).e>,|ue 
<''t''iiit  ai:j  iiir.riiiii,  it  oi-'iii  ijui  l-  i-.;..,[il  !i' •,  (  ;i  >'-t  n  !  ni 
nii  <;i\il.  aviv  la  |)r'»riisi  .u  (|!ii!ii  lui  ^  11:1  iil.  >  il  a  :;    i;i- 

tC'Illl  il  IIS  l'iili  );ii^  le  |j.,.l  (■/,  i-,u  ,  ■  [  u. ;'•;;.!>  >  U  ili  u.  T'. ''- 
va'v.nc,  11"  l'a  iMl,  li  ■! -s  I  <i;i\i!i  jii'.jii  li^' •  il'  ^  »ii  ..''■•yti  11 
aïK-i'-iiii'' ;  c;i'  !■■  i.'Ujil.j  I.'  i''.\\  s  ii\  mI  ^\ii  'iiy.i'  J'ii.hi- 
gaul. 

Chival,  .V.  m.  I)i:i].  Ch.'rti'tj;  p"j'4\  Chirahis.  Ci 'Vil, 
r.(jii'f^  vihni'iis,  Liii;i.,  ;k.i.,,  i.i,  T  '  .1'  la  Tuu.  *!  -  S  '1- 
Ji  "il  •-'.  aai.i,.;!  il  .ai'  >t;i|a''.  —  i  !  r  "  (.■.(/>/';.%.',  '  ....  ; 
iiTlil  :1  ('(  L'i'  >^i<'i',  '  il  -i.ji^  1  -.i,'.  il  i  (•/./*".;/,  ;..l  1:_.  11'.;.  :.  ' 
Liar,  1  t  li-î  ',  I  .11  .1  i  ii\ .  <  .  ra,'  ,'  // M(  ,, fy'_  .'•  •,  ,1  ,1  i  ■  .  1 
(lo    ti\uii|>  IL  :  i),'i\^  mi:  "  i|ui  n*  >;.   i.it  [    >  !'•  !  i  ;:(,  'j  '  '  '  -^ 

îli  M).  •■  •>   Il  ;  liiai'iil    [    .s.     I/'u    (/(.'(/'',    à    t'li/\.l,     à    ca'.li  '.ii"- 

(.•lit'ii.  M-)ii)if.','  ./■(/  c'icVi/  .v.<  ///  l\iisti  >,  (Mjai.il  '  r  a  «;.j- 
f('Ui\:.'i  a  rMJ.^iui  lî  uiu  rairuv. 

Dii!^  nu  Iiiu '5  .li;l"cl.>.  d'  liii.il  S''  ^  ii\''i;it  (M!  ,1^1,  a 
dit  chicii'K. 

i'iri!:>,  di:,i  c  fji  11  '  Cli.'r/'c,  iiidi.ju.-  la  ji.'i'.lie^s,'  d^ 
raui.ii  d,  >.;  i'  'Ul''  t  >ill''.  i.i  ,i.^  .1  m  c  uii  >  m>  ;,  r.,:--  ii\-;;  ;  ,t 
priii-r-iav-;  <:"■  .>l  iiU"  1k  im  '  [.'diL  IM'  !i  .1  i.  al  a,  i;  i'il 
il(.''ï.i^iie. 

D'V.  du  la.t.    C<d)<i'Ius. 

Chivalé,  .s.  m.  Daasa  du  (.■li':'\,i!  i  ^idu  pli!  0'.:  s.  1,  'M 
usii''-  dans  los  ;• 'j  aii>>uia'_'>  [luMiiju  ^>  du  Midi,  l'u  danseur 
esl  ruiMuic  d'ua  tcrcau  ^ur  '(.'([a"!  il  »;.;•'  un-'  >■{{<'  d"  , 
lar.'c  juj»':-  en  dn^^  ([iii  li-iae  uu"  Ip  il>n'  dr'  rlr^^ol;  ..a 
dc'saat  l>I  a!u:l''.'  rai-'  tri-  d^  oîi '\  d  tai  cul  .1,  d.  .il  la 
Lrid-'  cnI  ti.'iiu-j  pli'  la  ca\vdi.M'  :  par  diari'i".'  i^l  \\\' r  uaa 
vûril^dila  «lU'Mi'  dia  clignai.  Aii.^i  r.jui^'.',  il  o'vaal  ■  uar- 
surl-a  de  danse  d"  eirai,làrc  aj)pr'itîiâe  à  la  cire-'iislanoe  et 
qui  iaiit'.'  !.'>  ^.i,aî>.i  .1  s  d'ua  cli'^al.  \\  \{^  u^^'  Ta-l  1  iiLU* 
paii'è.;lj,iiil  d  aill 'Ui'S  (ju'iai  ii"  ^',^[)^\.;  à\.^  Ir.^p  (piil  ae 
ui.aJi'- <pie  sur  lI.'U\  j.aiili:^  :  rillu^i"ii  e.>t  paaiila.  liait 
danseurs  ou  dans 'us^>^.  eu  eostuaie  ai'V.'a-.'ije,  di^l!a^u.■s 
par  d  s  i"  ud'-ui?  dilT'ri'ule>  par  C'iUiil'S,  e\éeuteul  aut-uir  1 
du  c-'Jil. une  dia>eur  d-'s  r<»adfs  i-i  di\>  [>ass>\s  \.i:i'VN  ri 
eulrelaeées,  taudis  qu'un  neu\ièuu'  danseur,  l'i  reculuns  ' 
de\anl  la  tète  d'>  raniinal,  lui  pr''seiit'^  d.  s  dra-:ées  puur 
avi.'ine  dans  un  laadK»ur  de  basque. 

C'Ite  danse,  à  [leu  [)r"^s  irUiunale  d  nis  le  Midi,  rappelle 
celle  dev,  jeux:  de  la  Fète-Dii  u,  à  Ai\,  en  Pruvenee,  connue 
Suus  le  iMiii  di'  (liivciou-frus,  chevaux  frin;^anls.  Ell.^  est 
passée  de.  mode  de  nos  jours;  sa  d»:'rnière  repré>entation  a 
eu  lieu,  à  Alais,  en  riionneur  de  la  naissance  du  roi  do 
Uoine.  La  trailitiun  n'a  conservé  de  tout  cela  que  le  sou- 
venir et  le  nom. 

Cho,  *.  m.  Péjor.  Choufaras.  Hibou,  bibcu  commun, 
hibou  moyeii-duc,  Sfrix  otus,  Tennn.  Ce  nom  est  aussi 
celui  du  ik»tit-duc,  Strix  scops,  Tennn.  —  Voy,  Machoto, 
Duganèl,  Tuqué, 


Le  Cho,  lali  ai  mo_\en-duc.  <'St  un  oiseau  de  proie  noc- 
turne, vivant  de  rats  et  de  souris;   il  a  35  cent,  de  lon- 

-aeur,  I'au\(^  .ai  jaunâtre,  avec  des  taches  allongées  brunes 
et  ,uri>  .ti-s,  ],>'>:  n  lir,  iris  des  yeux  jamio.  Les  hiboux 
priait  l'"a\  plits  1»  niquets  de  plume  sur  leur  front, 
qa  lU  pan.at  r.(lr.:s<.'r  à  \<tlnnté,  caractère  qui  n'existe 
[  ■  "l-a:  la  el  I  1;  l'e  |,.,,|  i-,>nient  dite;  ce  sont  ces  ai<:rettes, 
"-■iidild'l  s  \  ,îr  jr'iitrs  crii-'s,  (pli  out  fait  donner  au  Cko 
!■'  saïai'  lii  di»'  /'.:.//.v. 

('.''>.  '■'  'I  >  -^  [aail  .!  lj'-eli\einent  poursnt,  liorné,  idiot. 
ipai  a-  >ait  ri  11  dire.  TAo  luniu  est  le  superlatif  des 
d^i..  a'>  [•v  y'  '  l'iils. 

C     ,,1    >!  r.ia  'ai..'  t--'  du  cri  de  cet  animal,  qui   est 

1  L    ,\      .•/■:,  1,1  ',    (1  i>t  •    r[   lu^MllilV. 

Ch::u,  ■''■']■   <'!i    pi"- a   adr-'sse  au\  cochons   pour  lei 
!  1.  1^  il  '  1  .a-  l-,'.j\  en  |e  répétant  :  Chou!  chou! 


1 1 

C'/'.i'f 


i    ,  u 


lai     :  '   i  ^-i    '     " 


l'.'t  w'i,  ()■"•,',  Nijailie  porc. 

Chcuchi,  V  //'  N  ':'.!  d\t;.iili-' que  les  inrdeuses  de  porcs 
d.  an'al  ,'i  1  ;ir<  .!  ms  -q  dt-at  '  ll-'s  les  ap[iellent  dans  les 
olriajp->  :  /J,  cKouc.'ie  ' 

C.  '  la  .t  e>l  le  dua.  du  piVv('dent. 

Chjuès,  ■>.  1)1.  (\\ À\\  l'pti.'n:  pr-'iV-rence.  Il  n'est  guère 
'.  .M^I  -s  qaa  r  a:..>i  a  !  s  }iiu\  à  leraie  «pii  donnent  à 
cîii.ciiii^  d  s  daix  paMi^s  la  f.aailté  de  nuapre  ou  de  con- 
^  i\.T  h  '  ;!  au  1  ul  d'^  d'U\,  Iras  u\\  six  années.  —  A 
'"  is  .,})>  ./-  f"  ■'■■'■>.  il  p^'ut  ré.silitM'  au  bout  de  deux 
ans. 

l)/r.  du  lu.  CcUi'jtrc. 

Chouqua,  r.  L  a^sn*  t'»ad»er  la  tête  sur  la  poitrine, 
(ja^aid    h  soaaa^il   ce-niiaeiice  à  ca.'ner   dans  une  longue 

\elll  e.   —    r<>^;.   (Itniira. 

Chouqué,  5.  ;;i  ILquet,  Mj'»uveiaont  convulsif  du  dia- 
}>liragme. 

L' >  J  '»a;-ai;-<  fraae  a's  et  le  Dictionnaire  de  Trévoux, 
iMi  II' la.  iV'iiî  il'a-i\(a'  ln^quet  du  llamand  Ilick,  malgré  son 
p. a;  lie  rapp  a"!  tle  eais 'unance.  L'an^dais  (.7/oAt//,  sufîo- 
cat".  n,  .aa-.al  c«tI'\s  uae  niial<>i:ie  bien  jilus  remarquable 
a\''c  le  IV.  <l  le  laag.  à  la  fois;  mais  comment  le  français 
iraiî-il  rev-uainitre  (tu  la  jvittM'iiité,  ou  seulement  la  confra- 
ttuaiité  de  s  m  frère  d'Outre-Loin'?  l^iurquoi  ici  ne  s'en 
s  r.at-il  i.i^  ias]iré,  ou  ne  [tas  avouer  au  moins  qu'il  a 
trouvé  O'Mte  onoaialnp.'-t'  en  même  temps  que  lui? 

Choura,  v.  (diôiaer;  rester  dans  le  silence  et  l'engour- 
disseai.'al,  C'eam,'  les  brebis  qui  chôment  ^Voy.  C/tâournaJ, 
ou  les  l;i//aroais  qui  s*^  couchent  au  soleil,  dans  le  far- 
}ii(iHt\  \\\  liL'.  faire  rimliècile,  le  niais.  Il  se  prend  aussi 
pour  souaaeiller,  ètia'  eng^nu'di,  rêver  creux.  Toutes  ces 
acceptions  se  ressemblent;  cachent-elles  au  fond  une  ori- 
gine commune  avec  Cfidoiww,  qui  a  le  môme  sens,  et 
C/ioufjua,  (jui  a  d-^  i>lus  le  mouvement  involontaire? 

Chourla,  v.  \Wuy  à  longs  traits,  en  aspirant;  se  gorger 
de  bt^isson;  lamper.  —  Chourla  ioxtn  flasquou,  boire  sa 
bouteille  de  vin. 


CIC 


CIG 


199 


Chonrlado,  s.  f.  Larges  et  nombreuses  lampées. 

Chourlé,  s.  m.  Nom  propre  devenn  générique  pour  les 
chiens  roquets,  qui  sont  les  chiens  du  prolétaire,  le  suivent 
au  travail  et  gardent  sa  veste  et  son  bissac  ;  on  les  appelle 
aussi  Gardo-biauo. 

Qumron,  i.  m.  Péjor.  Chouras.  Diablotin  d'un  moulin 
à  huile;  ouvrier  employé  aux  plus  bas  et  plus  pénibles 
offices;  valet  de  pressureur  de  vendanges  ;  tisonneur  de 
fourneau  de  chaudière  des  filatures.  Au  fîg.  idiot,  hébété, 
crétin. 

Dér.  de  Choura. 

CShonso,  s.  m.  Un  tel.  Moussu  Chouso,  Monsieur...  chose. 
Terme  dont  on  se  sert  pour  désigner  une  personne  dont  on 
ne  se  rappelle  pas  le  nom,  ou  que  l'on  ne  veut  pas  nom- 
mer devant  des  tierces  personnes.  Quelquefois  c'est  une 
formule  proverbiale  :  Coumo  dis  moussu  ehouso,  comme  dit 
cet  antre. 

Chouso  est  une  corr.  du  fr.  chose,  ou  plutôt  une  trans- 
figuration goguenarde  :  c'est  assez  l'usage  languedocien 
vis-à-vis  de  son  heureux  rival. 

Chnl  interj.  Chut!  Silence!  Doucement!  Expression 
souvent  explétive  pour  :  Attendez  donc  !  nous  allons 
voir,  etc. 

Chn-Chn,  5.  m.  et  f.  Silence  ;  discrétion  ;  secret.  —  A  la 
ehu-chu,  à  la  muette,  à  la  sourdine.  Gardou  lou  chu-chu, 
ils  restent  muets,  discrets. 

Gibiè,  s.  Ht.  Civet,  étuvée  de  lièvre  ou  de  lapin,  coupés 
par  morceaux  et  cuits  avec  du  bouillon,  un  bouquet  d'her- 
bes et  un  assaisonnement  de  vin,  de  farine,  d'oignons,  de 
quelques  feuilles  de  laurier  et  un  filet  de  vinaigre  ;  et  servez 
chaud. 

Dér.  du  lat.  C^^m,  ou  eébo,  oignon,  parce  que  ce  légume 
est  le  principal  assaisonnement  de  ce  ragoût. 

Gibièiro,  s.  f.  Civière,  sorte  de  brancard  sur  lequel  deux 
hommes  portent  à  bras  divers  fardeaux. 

Dér.  du  lat.  Canovoturium  ;  cumitm,  fumier,  et  vehere, 
transporter. 

Giblo,  5.  f.  Cible;  point  de  mire  pour  le  tir  au  fusil  ou 
ao  canon.  C'est  aujourd'hui  une  planche  fixée  sur  mi 
poteau,  où  l'on  trace  un  cercle  avec  un  point  noir  ou  blanc 
au  centre.  Dans  le  principe  ce  devait  être  un  tertre. 

Dér.  du  lat.  Cippus,  cippe. 

Glcovréio,  s.  f.  Chicorée,  Ciehorium  intybus,  Linn., 
plante  sauvage  de  la  fam.  des  Composées  Chicoracées,  com- 
mune le  long  des  chemins  et  dans  les  champs  incultes.  La 
chicorée  des  jardins  se  nomme  Endivio  fVoy.  c.  m.). 
CteourHo  à  la  hroipio,  espèce  de  chicorée  qui  croit  dans  les 
terrains  sablonneux,  dans  le  sable  même.  Comme  le  soleil 
pénétre  facilement  ce  terrain,  il  fait  germer  plus  vite  cette 
plante,  qui  végète  quelque  temps  sous  terre,  où  elle  reste 
Uanche  et  fort  tendre.  On  ne  la  reconnaît  qu'à  la  tige 
ligneue  et  desséchée  qu'elle  à  monté  l'année  précédente  ; 
OQ  tire  cette  bûchette  ou  broquo,  et  elle  entraine  avec  elle 
la  jeune  pousse,  qui  est  fort  bonne  en  salade.  Une  fois 


poussée  hors  de  terre,  cette  chicorée  devient  verte,  dure, 
am^re  et  laiteuse;  elle  n'est  plus  bonne  à  manger. 

Dér.  du  gr.  Kiyt&pT),  m.  sign. 

Ciel,  s.  m.  Ciel,  la  partie  supérieure  du  monde;  firma- 
ment; paradis,  demeure  de  Dieu,  des  anges  et  des  bien- 
heureux. 

Dér.  du  lat.  Cœlum,  m.  sign. 

Gièrje,  s.  m.  Cierge,  chandelle  do  cire  à  l'usage  des 
églises;  bougie. 

Cièrje-pascâott,  cierge  pascal,  cierge  que  l'on  bénit  et 
que  l'on  allume  le  jour  de  Pâques. 

Dér.  du  lat.  Cereus,  m.  sign. 

Gigalado,  s.  f.  Accès  de  folie  ;  acte  d'étourderie  ;  coup 
de  tête;  redoublement  de  fièvre;  élancement  d'une  dou- 
leur. 

Dér.  de  Cigalo. 

Cigale,  éto,  adj.  Léger,  étourdi,  évaporé  ;  jeune  homme 
fringant  et  sémillant. 

Cigale  est  le  sobriquet  donné  aux  habitants  de  Saint- 
Hyppolite-le-Fort  (Gard). 

Gigaléja,  t;.  fréq.  Aller  à  l'étourdie;  faire  le  fringant; 
causer  ou  éprouver  des  élancements  douloureux,  comme  il 
arrive  dans  les  panaris  ou  les  maux  d'aventure.  —  Moun 
dé  mé  cigaléjo,  j'éprouve  des  élancements  au  doigt. 

Cigalo,  s.  f.  Cigale,  Cicada,  Linn.,  genre  d'insecte  de 
l'ordre  des  Héminoptères  et  de  la  fam.  des  Collirostres.  Le 
frottement  d'une  membrane  sonore  que  la  cigale  mâle  porte 
de  chaque  côté  de  l'abdomen,  près  du  corselet,  produit  le 
bruit  qu'elle  fait  entendre  et  qu'on  appelle  chant. 

Cigalo  signifie  encore  caprice  ;  étourderie  ;  légèreté. 
—  Tèsto  dé  cigalo,  tête  légère,  éventée;  étourdi.  A  dé 
cigalos  din  la  tèsto,  il  a  des  rats,  des  caprices.  Pér  faire 
passa  las  tignos,  fôou  lus  faire  canta  uno  cigalo  dessus, 
prvb.,  pour  guérir  les  engelures,  il  faut  leur  faire  chanter 
une  cigale  dessus,  c'est-à-dire  que  le  retour  de  la  chaleur 
est  le  meilleur  remède.  Quan  la  cigalo  canto  en  sétémbre, 
noun  croumpes  bla  pér  revendre,  prvb. ,  si  tu  entends  chanter 
la  cigale  en  septembre ,  n'achète  pas  du  blé  pour  le  reven- 
dre :  la  spéculation  serait  mauvaise  ;  les  blés  ne  seront  pas 
chers. 

Dér.  du  lat.  Cicada,  m.  sign. 

Cigalo,  s.  f.  Cigare,  petit  rouleau  de  tabac  propre  à 
fumer. 

Le  mot  est  d'importation  nouvelle  et  vient  de  l'esp.  Noël, 
Dict.  des  orig.,  rapporte  que  ce  sont  les  sauvages  qui  ont 
appris  à  fumer  les  cigares,  mais  ils  aspirent  la  fumée  par 
le  nez  et  la  font  sortir  par  la  bouche.  —  En  Europe,  on 
fait  l'inverse,  au  moins  avec  la  cigarette.  Et  nous  nous 
vantons  d'être  en  progrès  et  de  tout  perfectionner  ! 

Gigâon,  i.  m.  Cigale  qui  ne  chante  pas,  c'estrà-dire 
cigale  femelle  d'après  la  science,  mais  d'après  les  notions 
populaires  le  cigâou  est  la  cigale  mâle.  Sauvages  affirme 
que  c'est  la  femelle  qui  est  privée  des  organes  du  chant, 
c'est-à^ire  des  deux  écailles  vibrantes  que  la  cigale  a  sous 


900 


QN 


CIN 


le  ventre.  Le  mot  n*en  re^te  pas  moins  masculin  et  désigne 
la  cigale  dénnée  de  cette  faculté. 

Cigâou,  étourdi  comme  une  cigale;  m6mes  acceptions  que 
eigalé. 

Gigogno,  «.  f.  Cigogne,  Ardea  eieonia,  Linn.,  de  l'ordre 
des  Echassiers  et  de  la  fam.  des  Cultirostres,  oiseau  de 
passage  qui  perche  sur  les  cbeminées  et  est  une  garantie 
de  prospérité  dans  les  idées  populaires  de  la  Hollande  et  de 
la  Belgique.  Au  Og.  femme  haut-montée,  au  cou  et  aux 
membres  trop  longs  ;  dégingandée. 

Dér.  du  lat.  Ciconia,  m.  sign. 

Gigongna,  v.  Remuer  ses  membres  ;  ne  pouvoir  rester 
en  place,  comme  lorsqu'on  éprouve  des  inquiétudes  aux 
jambes  ;  branler  comme  un  meuble  déjointé  par  la  sèche- 
resse;  secouer  dans  tous  les  sens,  tirailler,  étirer.  Au  fig. 
inquiéter,  importuner. 

Cigoagnado,  i.  f.  Ébranlement;  secousse  ;  redoublement 
d'un  mal. 

Gigongnaire,  aîro,  adj.  Remuant;  qui  ne  peut  rester 
ni  rien  laisser  en  place;  mauvais  coucheur;  importun; 
ennuyeux;  inquiet  el  inquiétant. 

Cigongné)a,  v.  fréq,  de  cigougna,  exprimant  à  un 
degré  supérieur  et  avec  redoublement  les  acceptions  de 
Cigougna,  au  pr.  et  au  fig. 

Gimbèl,  s.  m.  Appeau  des  oiseleurs;  chanterelle;  oiseau 
que  Ton  attache  à  un  filet  d'oiseleur  pour  appeler  par  son 
chant  ou  ses  cris  les  autres  oiseaux.  —  Prénes  moun  bras 
fér  tin  eimhèlf  prends-tu  mon  bras  pour  une  enseigne? 

Dér.  du  lat.  Cymballum,  sonnette,  clochette,  parce  que 
le  CimhH  appelle  comme  une  sonnette. 

Gimbéla,v.  Se  servir  de  l'appeau,  Ctm6è/,le  placer  pour 
la  chasse  aux  oiseaux  et  le  faire  manœuvrer.  Au  fig.  appeler, 
attirer  par  signes,  par  une  démonstration  qui  flatte,  qui 
séduit,  comme  pour  les  oiseaux  que  le  chant  du  CimhH  ou 
le  sifflet  amènent  au  piège  de  l'oiseleur. 

Glmèrlo,  «.  f.  Extrême  cime  d'un  arbre  ;  d'une  mon- 
tagne. 

Dér.  de  Admérla, 

CSimo,  $1  f.  Dim.  Ciméto,  Cime;  haut;  extrémité  supé- 
rieure d'un  corps  terminé  en  pointe;  sommet  aigu.  —  A  la 
fnto  eimo,  au  plus  haut  sommet. 

Dér.  du  lat.  Cyma,  pointe  des  herbes. 

Gincérisi,  s.  m.,  ou  Trido.  Proyer,  bruant  proyer, 
BinhBrixa  miNaria,  Linn.  Cet  oiseau  tire  son  double  nom 
lang.  de  son  chant,  qu'on  a  essayé  de  traduira  par  etn-eë- 
ri-xi,  ou  bien  trHri^tri'trH,  car,  comme  dit  Sauvages,  on 
éictix  différemment  le  cri  des  oiseaux  et  le  son  des  cloches, 
selon  qu'on  est  affecté  et  que  Timagination  s'y  prête.  Le 
proyer  a  les  parties  supérieures  brun  cendré,  queue  noi- 
rltttB,  milieu  du  ventre  d'un  blanc  jaunâtre,  gorge  blan- 
châtre marquée  de  petites  taches  noirâtres.  H  eat  très-com- 
mun dans  nos  contrées  où  il  vit  sédentaire.  Il  est  difficile 
de  1*élever  en  cage  ;  il  ^  brise  la  tète  contre  les  barreaux, 
Gfu  é'a  vit*  il  éBt  bien  rttte  de  Fetftendre  chanter.  fTeH-ee 


point  cette  tristesse  et  ce  dépérissement  que  l'on  remarque 
chez  le  proyer  captif  qui  ont  donné  naissance  à  cette  locft- 
tion  familière  faiirê  la  trido,  que  l'on  applique  à  qndqa'iin 
qui  se  traîne,  malingre,  sons  le  poids  de  la  maladief -* 
Voy.  Trido. 

Cindra,  v.   Cintrer;  poser  les  cintres  d'uoa  voàle; 
courber  en  cintre. 

Dér.  du  lat.  Cinctu»,  cinetura,  de  eingtrê. 

(Undre,  ».  m.  Cintre  ;  arc  de  charpente  pour  établir  lei 
voûtes  en  construction;  arc  de  cercle;  courbure  en  arc. 

Dér.  du  lat.  Cinetura,  ceinture. 

Cinq,  s.  m.,  n.  de  nombre.  Cinq,  nombre  impair,  eon- 
posé  de  deux  et  trois,  ou  de  quatre  et  un. 

Dé  cinq  en  quatre.  Quelle  est  cette  singulière  alliance 
de  nombre  qui  se  trouve  k  la  fois  dans  le  lang.  et  dans  le 
fr.  f  D'où  vient  cette  locution  ?  D'après  Geoin,  le  maître  en 
recherches  et  en  trouvailles  philologiques,  il  faut  dire  en 
fr.  :  de  cent  ans  quatre,  ou  mieux  :  de  cent  tems  (temps) 
quatre  ;  cette  expression  de  temps  étant  prise  pour  fois, 
ainsi  que  le  faisaient  nos  pères  et  que  font  toujours  les 
Anglais,  chez  qui  le  mot  iimê$  signifie  temps  et  fois.  Cette 
version  adoptée,  je  préférerais  la  dernière  forme.  Pourquoi 
ans  pour  dividende  plutôt  que  siècles,  que  jours?  L'expreSi» 
sion  indéterminée  de  fois  me  semble  plus  à  propos.  Ce 
dicton ,  ainsi  formulé,  s'applique  à  une  chose  qui  se  (ait 
rarement,  mot  à  mot  quatre  fois  sur  c^t. 

Cette  interprétation  est  elle  la  bonne?  Il  semblerait  <fae 
cela  ne  doive  pas  nous  regarder;  mais  le  lang.  ètaOl  un 
peu  intéressé  dans  la  question,  0  faut  bien  qu'il  essaye 
d'intervenir. 

Le  dicton  de  cinq  en  quatre  existe  donc  en  fr.,  eeb 
n'est  pas  douteux.  Génin  lui-même  le  constate  en  le  dtant 
une  fois  ainsi.  H  est  vrai  qu'après  cda  il  ne  s'en  occupe 
plus  ;  d'où  l'on  doit  conclure  qu'il  le  conûdère  comme  inn- 
site,  relégué  peut-être  dans  quelque  localité,  mais  en  tout 
cas  comme  une  corruption  à  dédaigner  de  la  forme  cpilSL  a 
adoptée.  Une  corruption,  en  effet,  n'est  pas  impoasifaie  ici 
par  suite  de  la  consonnanoe,  de  la  pnmonciatioQ  aasea  rap- 
prochée des  deux  textes,  qui  aurait  caiwé  facilement  un» 
confusion,  une  méprise.  Mais  s'il  y  a  eu  corr^>tlon,  B'a4-elia 
pas  été  faite  en  sens  inverse  de  celui  que  propose  Géoîn, 
c'est-à-dire  n'est-ce  pas  au  contraire  la  version  qu'U  admet 
qui  serait  corrompue  de  celle  qu'il  condamae?  Aax  lerâ- 
cographes  français  à  rechercher  et  â  débattre  œ  point. 

Le  languedocien  dit  eaivément  :  Dé  cinq  en  giustra,  «I 
ici  point  de  confusion,  point  de  méprise  possible  ;  waSk 
consonnance  dans  la  prononciation  de  ces  mots  sybo  is 
texte  Génin,  s'il  était  traduit.  D'ailleurs  il  ne  Test  pas,  ne 
Ta  jamais  été;  cette  forme  nous  est  entièrement  incoanva; 
notre  dicton  est  seul,  unique,  sans  la  moinife  variam».  Bk 
nous  l'avons  invenné,  le  français,  ayant  la   même  idAe  à 
rendre,  a  pu  l'inventer  de  son  côté;  il  a  pa  aussi  noas  la 
prendre.  Dans  les  deux  cas,  il  a  existé.  Il  a  été  ttspuAê. 
chez  lui  plus  sans  doute  qu'onne  veut  4e  carr^ve.  Si  nooi 


CIR 


crr 


301 


ravoos  empniQté  &  nos  vmsins,  nous  Tavons  pns  sur  un 
pttion  ooona,  à  la  mode.  Nons  raorions  de  même  taillé 
nir  on  antre  si  nous  ravions  trouvé  meilleur,  si  nous 
l*avioiis  trouvé  Beulement,  quitte  à  en  avoir  deux;  mais 
nous  n'en  avons  qu*nn.  —  H  reste  à  savoir  si  la  version  de 
Génin  est  réellement  usitée,  je  l'ignore,  et  il  se  pourrait 
que  ce  ne  fàt  qu'une  correction  qu'il  a  essayée.  Pour  nous 
il  n'y  a  qu'à  s'en  tenir  à  notre  dé  cinq  en  quatre,  qui  est 
le  vnû  texte  ancien,  sans  altération  ni  compromission. 

Sons  compter  la  difficulté  qu'on  trouverait  &  changer  de 
vieilles  habitudes,  il  y  aurait,  à  mon  avis,  un  désavan- 
tage à  accepter  la  correction.  Sous  la  forme  qui  nous  appar- 
tient, je  crois  sentir  quelque  autre  chose  qui  n'est  pas  dans 
la  nouvelle.  Nous  voulons  sans  doute,  avec  dé  cinq  in 
quatre,  dire  aussi  que  le  fait  dont  il  est  question  a  lieu 
rarement,  mais  de  plus  qu'il  a  lieu  irrégulièrement,  à  inter- 
valles inégaux.  Telle  est  la  vraie  signification  pour  nous 
de  ce  bizarre  idiotisme.  Or,  ce  rapprochement  des  deux 
nombres  cinq  et  quatre,  dont  l'un  n'est  pas  divisible  par 
l'autre,  dont  le  second  n'est  pas  contenu  d'une  manière 
exacte  dans  le  premier,  ne  semble-t-il  pas  faire  entendre 
cette  irrégularité  ?  Maintenant  que  cette  division  soit  plus 
difficile  à  faire  que  l'autre,  que  la  construction  de  la 
phrase  s'accommode  très-mal  aux  exigences  de  la  syntaxe, 
je  le  veux  bien  ;  ce  n'est  pas  une  raison  pour  déposséder, 
en  perdant  plus  qu'on  ne  gagnerait,  un  dicton  qui,  de 
longue  date,  s'est  toujours  très-bien  fait  comprendre  de 
nous  et  de  bien  d'autres,  j'imagine. 

Dér.  du  lat.  Quinque,  cinq. 

Ciwfpiantn,  n.  de  nombre.  Cinquante,  dix  fois  cinq. 

Dér.  du  lat.  Quinquaginta,  m.  sign. 

Ciniinanténo,  «.  f.  Cinquantaine,  nombre  de  cinquante 
personnes  ou  choses  ;  cinquante  ans. 

Cinqnanténéja,  v.  fréq.  Approcher  de  la  cinquantaine  ; 
avoir  près  de  cinquante  ans. 

Cinquantième,  adj.  des  deux  genres,  nombre  ordinal, 
$.  m.  Cinquantième,  50"»  partie,  4/50. 

(Snsa,  s.  m.  Punaise  domestique.  —  Voy.  Pénnaïso. 

Dér.  du  lat.  Cimea,  m.  sign. 

Gipriè,  i.  m.  Cyprès,  Cuprêssus,  Linn.,  arbre  de  la 
fam.  des  Conifères,  toujours  vert,  droit,  élevé  en  pointe. 
Il  est  l'emblème  de  la  mort  et  de  la  tristesse.  Son  bois  est 
regardé  comme  incorruptible. 

Cira,  V,  Cirer  ;  enduire  de  cire  ;  appliquer  le  cirage  ; 
cirer  les  bottes,  le  pavé,  un  fil.  —  Ciro,  le  vent  soulève  la 
neige  en  poussière.  Sur  les  hautes  montagnes,  le  vent  en 
soulève  une  si  grande  quantité  que  l'air  en  est  obscurci, 
que  bêtes  et  gens  en  sont  aveuglés.  Des  masses  de  neige 
ainsi  transportées  comblent  les  fondrières,  efiacent  la  trace 
des  routes  et  exposent  la  vie  des  voyageurs.  A-t-on  voulu 
comparer  cette  action  du  vent,  qui  aplanit  les  plus  hautes 
crêtes  sous  une  couche  unie  de  neige  miroitante,  à  unesur- 
fioe,  à  un  pavé  ciré,  brillant  de  cire? 

Giraje,  s.  m.  Cirage  pour  les  bottes  et  les  souliers. 


CSiro,  s.  f.  Cire,  matière  jaune,  grasse  et  ductile,  pro- 
duite par  les  abeilles;  chassie  des  yeux;  poussière  de 
neige  soulevée  par  le  vent. 

Dér.  du  lat.  Cera,  m.  sign. 

Cirons,  onso,  adj.  Chassieux;  qui  a  les  yeux  chassieux. 
—  Yay.  Carpéloiu, 

Cimsièn,  s,  m.  Chirurgien. 

Le  lat.  Ckirurgus  a  bien  évidemment  formé  le  lang.  et 
le  fr.  Les  deux  mots  sont-ils  contemporains  et  jumeaux? 
On  sait  que  ces  questions  de  priorité,  de  conception  et 
d'ainesse  ont  longtemps  embarrassé  les  docteurs  in  utroquê. 

Ciaampo,  s.  f.  Bise  froide  ;  froid  vif  et  rigoureux  ;  vent 
glacial. 

Ce  mot  pourrait  bien  venir  du  lat.  Citalpinui,  d(mt  il 
serait  la  corruption,  parce  que  la  bise  la  plus  froide  nous 
vient  de  l'aspect  des  Alpes. 

Cisèl,  »,  m.  Ciseau,  instrument  d'acier,  plat,  tranchant 
d'un  bout,  avec  une  tèle  ou  un  manche,  servant  à  tailler 
la  pierre  ou  le  bois.  —  CUèau  en  pHro,  ciseau  de  sculp- 
teur, de  tailleur  de  pierre. 

Pér.  du  lat.  Sci$»um,  supin  de  scindêre,  tailler,  couper, 
fendre. 

Cisèons,  s.  m.  plur.  Ciseaux  de  couturière,  de  tailleur; 
instrument  d'acier  composé  de  deux  branches,  terminées 
chacune  par  une  lame  et  un  anneau,  et  fixées  par  un  clou 
ou  pivot. 

àstèmo,  s.  f.  Citerne,  réservoir  d'eau  de  pluie. 

Dér.  du  lat.  Ciitema,  m.  sign. 

Cistraa,  s.  m.  Tuf  et  schiste  ;  rocher  friable  qui  n'est 
guère  que  de  l'argile  durcie,  qu'on  tire  par  dalles,  mais 
qui  se  décompose  et  devient  terre  par  l'action  de  la  pluie, 
du  soleil  et  surtout  de  la  gelée.  Le  terrain  dont  la  base 
est  le  eiëtras  est  le  plus  maigre  et  le  moins  accessible  aux 
émanations  de  l'air  et  de  la  rosée. 

Dér.  du  gr.  Sx^at^ç,  qui  se  brise,  qui  s'enlève  par  écailles. 

Cita,  V.  Citer  ;  donner  ou  faire  donner  une  citation  ; 
assigner  ;  faire  des  frais  de  jostice  à  quelqii'un. 

Dér.  du  lat.  Citare,  m.  sign. 

Citacion,  s.  f.  Citation  ;  exploit  d'assignation  ;  ajour- 
nement en  justice. 

Citonîèn,  èno,  adj.  Citoyen,  ne;  particulier.  Quand  on 
s'en  sert  adjectivement,  il  se  prend  en  mauvaise  part, 
comme  quand  on  dit  :  Oh!  c'est  un  particulier  qui...  C'est 
un  diable  d'homme  :  Aquo  vous  i»  un  citouïènf 

Dér.  du  lat.  Civiê;  du  gén.  eivitati». 

Citro,  »'  f.  Sorte  de  pastèque,  melon  d'Amérique,  Cucur- 
bita  eitruUus,  Linn.,  plante  de  la  famille  des  Cucurbita- 
cées,  dont  le  fruit,  Citro,  est  de  moyenne  grosseur,  d'un 
beau  vert,  écorce  lisse,  tailladé  de  bandes  et  de  tigrures 
d'un  jaune  serin.  Cette  espèce  de  melon,  sans  saveur  ni 
douceur,  n'est  bonne  qu'à  mettre  en  confiture.  —  Voy. 
Pastèquo. 

Ce  mot  vient  évidemment  du  lat.  Citrui,  citron,  quoi- 
qu'on n'aperçoive  aucune  affinité  entre  ces  deux  fruits. 


50^ 


CLA 


CLA 


que   leur    tonne   spliériquo.    La    dho   est   éminoinmenl 
fade. 

Civadïo,  .V.  /*.  Cévndillo,  graine  iiui  ré<liiite  eu  poiulre  ei 
jiiélangi'e  a\ec  de  rimile,  a  la  propriélé,  dit-on,  de  faire 
[V'YÏr  les  pouK  de  [(''te,  ainsi  qw  leurs  (vuls  ou  ItMiles.  11 
est  certain  qu'elle  contient  un  princii)e  actif,  un  acid<'  par- 
ticulier, qu'on  range  parmi  les  poisons;  mais  la  pro[»riét<'' 
que  le  peuple  lui  accorde  pourrait  tenir  aussi  à  riuiile 
(pvon  y  met  et  qui  est  un  \rai  poison  pour  les  animauv 
qu'on  veut  détruire.  —  l'o^.  (îrann  dé  capouchin. 

Civado,  s.  f.  Avoine,  Avom  saflva,  I.inn..  [liante  d(^  la 
fani.  des  Graminées.  Outre  les  sers  ices  qu<*  rend  l'avoine 
comme  nourriture  des  chevaux,  on  en  l'ait  encnre  du  gruau, 
qui  est  un  aliment  très-sain  pour  l'iiomme.  —  Donna 
civado,  s'arrêter  en  route  pour  donner  l'aNoine  aux  che- 
vaux. Gatjna  civado,  saut<'r,  gamhader  ;  faire  une  marche, 
un  exercice  pcjur  s^  donner  de  rapp«Hit.  Préuv  civado,  s<^ 
régaler;  prendre  sa  provend(\ 

Civado-folo,  folle  avuine,  averr)n,  Avcua  fatua,  Linn., 
plante  sauvage,  cpii  ressend>le  à  TaNoine,  mais  dont  Vr[n 
ne  contient  qu'une  graine  apparemni'Mit  imperceplihle, 
jmisqu'on  ne  peut  la  voir  ni  la  recueillir.  Kile  croit  s[!on- 
lanément  dans  les  blés,  où  elle  étoulYe  le  h<»n  grain.  — 
Voy.  Coiiffuioitlo^ 

Dér.  de  la  hass.  lat.  iivala,  m.  sign.,  que  Mén  ge  dit 
venir  du  chaldéen  Srvada,  aliment. 

Cla,  v.  m.  Pierraille;  cailloutagi' ;  hM're  mélangée  de 
pierrailles. 

Deux  observations  importa ntes  se  jirésrnienl  :  l'une  rpii 
touche  à  la  .signification  du  m<tt,  l'autre  cpii  concerne  son 
orthographe. 

Sauvages  le  traduit  par  :  un<'  pierre.  Nous  pensons  (juil 
exprime  une  idéo  de  collectivité,  un  amas,  un  las  de  pier- 
res; pierraille  nous  a  paru  le  rendre  i)lus  jusli'menl. 

Sauvages  l'écrit  Clap;  il  a  raisons!  l'élymologie  est  prise 
pour  règle  :  la  famille  assr-z  nomlinnist-  de  dérivés  et  d«^ 
composés  qui  suivent  et  dont  aucun  ne  peut  renier  sa 
parenté,  le  prouve  sulTisamment.  Mais  si  le  mol  doit  èlre 
prononcé,  s'il  est  fait  pour  èlre  compris  à  l'audition  autant 
qu'à  la  lecture,  il  est  nécessaire  de  l'écrire  sans  le  jt  final, 
qui  ne  se  fait  janjais  si-ntir. 

Dans  le  nom  français  de  Méjanes-Ie-Clap,  comname  du 
canton  de  Barjnc,  que  la  lettre  terminale  soit  maintenue 
puis(]u'elle  sonne,  nous  n'y  faisons  pas  d'o]>]).»siliuJi;  mais 
que,  dans  notre  dialecte  qui  dit  MéJano-lou-Cla,  il  s'intro- 
duise à  l'écriture  une  consonne  inarticulée,  on  ne  s'aïuail 
l'admettre,  tant  que  sul)sistera  le  principe  qu'en  languedo- 
cien il  n'y  a  i)oint  de  lettres  inutiles  et  de  non-\aleius,  et 
que  toutes  doivent  se  faire  entendre. 

En  conq)osition  ces  retranchements  de  lettres  ne  sont  pas 
rares  :  le  mot  Cap  se  passe  toujours  volontiers  de  sa  finale, 
et  nous  disons  couramment  :  Ca-dé-Rioussé,  comnmnc  de 
Soustelle;  Ca-dél-Pra,  coninumc  de  Peyroles;  Sén-VUoU- 
dé'Maka,  canton  de  Sainl-Ambroix  ;  comme  dans  le  juron 


Cadc'Us  (m   Cadcdiou ,  et  pour  celui-ci  la  cx)iMiivence  du 
français  nous  y  aide  un  peu. 

Nous  en  agirons  de  même  avec  bien  d'autres,  surtout 
parmi  les  monosyllabes,  et  par  exenq)le  un  des  plus  rappro- 
clu's  (V;,  en  fr.  coup,  qui  donne  cependant  Copo,  Coupa, 
etc.,  mais  dont  le  radical  primitif  ne  fait  pas  sonner  la 
consomie,  et  plus  loin  Trop  et  autres,  auxquels  nousréser- 
V(»ns  aussi  des  explications. 

L'adjectif  suivant  (7a  au  niasculin  se  rangerait  dans  c<?tte 
catégori<\  à  pr<»pos  de  la  suppression  de  sa  finale  r,  qui  a 
disparu  également  de  tous  les  infinitifs. 

Nos  oh.ser\alions  seront  mieux  à  leur  place  quand  nous 
traiterons,  sous  chaiiue  lettre,  de  la  méthode  d'orthogra- 
phe, dont  nous  avons  commencé  l'exposé  au  mot  Aoa.  Il 
sulTil,  au  passage,  d'avertir  cl  de  signaler  les  homonymies 
qui  poussent  à  chaijue  ligne,  pour  éviter  toutes  confusions. 

Quant  au  radical  lui-mèuie  Cla  peur  Clap,  vient-il  du 
gr.  I\).aa;/a,  éclat,  morceau,  formé  de  l\Xa<o,  briser,  rompre; 
ou  bien  le  latin  lapis,  jiierre,  ])ar  apoco[)e  Lap  et  par 
adjonction  d'un  C,  lui  aurait-il  dojuié  naissance?  Uaynouard 
vSoutient  cette  dernière  étymologie.  Sauvages  remarque  que 
l'addition  ou  la  su])pression  du  C  a  fourni  l(mr  a  tour  Ch- 
dovicus  pour  l.odovicus,  ramenés  ensuite  à  Clovis  pour 
Louis,  dernière  forme  du  nom  «pii  est  resiée. 

Avec  les  sullixes  exb'usii's,  (/(/  pour  Clap  donne  à  notre 
dial(^cle  Clapas,  Ciapassino ,  Claparvdo,  Clapiè,  Clapier, 
noms  pi'opies  (tu  noms  (■ommuns,  entraînant  tous  à  divers 
dei-'rés  un  .sens  de  tas  de  pierres,  mojiceau  ou  amas  de 
pierrailles,  de  lieux  voisins  ou  alnuidants  en  pierres  entas- 
sées ou  dispersées. 

De  là,  si  l'oji  cherche  les  anah^gies,  on  trouve,  seulement 
dans  nolie  départeujenl  du  (iard,  La  Claparedo,  commune 
d«'  Pompignan;  La  CUiparouso.  commune  de  Itevens; /-oii« 
Clapcivoous,  Les  Clajjavrols,  bois  dans  la  commune  de 
Dome.ssargues;  La  Clapcïiolo,  comumne  de  Gaujac;  Las 
Clapciiobis,  comumne  d'Luzet;  Clapisso,  comminie  de 
Sainl-André-de-V;iJl)orgiie  ;  Las  Clapissos,  commune  de 
Combas;  i.a  Ctapouso,  ruisseau  (.q  bois,  communes  de 
BoniJ«"wiux,  de  (ièuolbac  et  de  Quissac;  Clapissos,  Clap- 
{)ices,  7!umsHs  de  Clajdssis,  en  I4GG,  dans  la  commune 
d'Aulas.  Dans  tous  ces  noms  se  rencontrent  les  formes  de 
la  nioveime  lalinilé,  très-pures,  comme  Clapa,  Clapusdans 
Clapas  et  C  lapons,  ou  avec  leurs  suffixes  traduisant  Clapei- 
la  la,  ou  Clapcria,  ou  Cla  péri  i(s,  OU  Clapiceam,  ou  avec 
leurs  diminutifs  en  ol  et  olo  ;  ([ue  Du  Gange,  à  l'aide  de 
citations  d'actes  et  de  chartes,  rend  par  :  Congeries,  acer- 
vus  lapidum,  Clapié  de  peyre,  clapier  ou  tas  de  pierre. 

Puis,  si  l'on  voulait  se  n^idre  conqite  du  chemin  qiront 
fait  les  transformations,  dans  les  noms  propres  de  lieux. 
sous  certaines  innuencesethni(iuesijiappréciables,  on  aurait 
à  prendre  les  noms  anciens  de  la  géographie  du  moyen-âge 
qui  ré])ondentàcette  forme,  et  l'on  trouverait  par  exemple  : 
Clichy-la-Garenne,  doubleuient  significatif,  appelé  autrefois 
Clipiacus;  Cleppé  dans  la  Loire  nonnné  Clipiacus;  el  tou- 


CLA 


CLA 


203 


jours  avançant,  un  lieu  dit  aujourd'hui  Pierrecïos,  dans  le 
Rhône,  autrefois  CHpiacus.  Par  où  il  faudrait  conclure  que 
Clichy  =s  Cleppé  =  Clapier  =  Clapas,  Clapiue,  Clajnère, 
Claparède  ss^Pierredos,  qui  n*est  qu'une  traduction  fidèle  : 
tous  rendus  par  Clipiactu  =z  Claperiu$  =  Claplceiim  = 
Clapa.  Mais  le  fr.  Pierreclas  =  Clapouse,  dans  le  Gard  : 
par  conséquent  Clapouse  est  le  même  nom  que  Peyrouse 
(Hantes-Pyrénées),  que  Cheyrouse  (Cantal),  que  Panouse 
(Lozère),  que  Rocheuse  (Indre^t-Loire);  et  il  a  pour  cor- 
respondants Clapièru  (Hautes- Alpes),  similaire  à  Perrière, 
à  Qneyrière,  à  Rochière,  qui  sont  les  mêmes  que  Perosa  et 
Sassoso  en  Italie,  et  que  Queiroso  en  Espagne,  et  en  com- 
munauté avec  La  Peyrouse,  et  Cayrouse,  et  Carouse, 
et  Caire,  Cayrats,  etc. 

Comme  pour  prouver  que  le  fond  de  la  langue  reste  par- 
tout le  même,  que  l'origine  des  dialectes  est  une  source 
commune,  et  que  les  différences  de  climats,  d'habitudes  ont 
pu  faire  dévier  la  prononciation,  l'impressionner  et  l'influen- 
cer, de  manière  à  créer  des  variétés  qui  ne  sont  pas  des 
dissemblances  réelles,  à  donner  aux  mots  des  physionomies 
diverses,  sans  faire  disparaître  entièrement  l'air  de  famille 
et  les  signes  de  reconnaissance. 

Qa,  daro,  adj.  Dim.  Claré,  éto.  Clair,  aire;  lumineux; 
transparent;  qui  jette,  reçoit,  transmet  beaucoup  de 
lumière  ;  qui  n'est  pas  trouble;  peu  épais;  peu  serré  ;  clair- 
semé ;  rare.  —  Fài  cla,  le  temps  est  clair.  Faï  cla  dé 
luno,  i)  fait  un  beau  clair  de  lune.  D'digo  claro,  de  l'eau 
limpide.  Aquélo  tèh  é$h(4n  claro,  cette  toile  est  peu  serrée. 
Y  vue  pa$  cla,  je  n'y  vois  pas  clair.  Parla  cla,  parler 
clair.  Séméno  cla,  culiras  éspés,  prvb.,  le  grain  clair-semé 
donne  une  moisson  abondante.  Cla  d'en  bai,  mountagno 
étcuro,  plèjo  téguro,  prvb.,  clair  vers  le  midi,  montagne 
couverte  de  nuage,  présage  certain  de  pluie  :  orientation 
d'Alats  bien  entendu.  Las  castagnot  soun  claro»,  les  châ- 
taignes sont  rares,  clair-seinées. 

Dér.  du  kt.  Clarus,  m.  sign. 

(Uafi,  V.  Remplir  outre  mesure  ;  farcir;  gorger.  —  Jjou 
iàou  et  eHafï  dé  poumos,  le  sol  est  jonché  de  pommes.  Es 
clafl  dé  pésouls,  il  a  la  tète  farcie  de  poux. 

Sauvages  donne  pour  variante  le  terme  Cldoufî,  inusité 
aujourd'hui;  maisl'étym.  ne  seraitrelle  pas  là  pour  c/a/t  un 
peu  syncopée?  Clausus  fiêri,  du  lat.,  aurait  pu  la  fournir  : 
devenir  clos,  très-plein  ;  le  sens  serait  juste. 

Qàon,  s.  f.  Dim.  Clavéto.  Clé,  instrument  de  métal 
pour  ouvrir  ou  fermer  une  serrure  ;  petite  clé,  clavette.  — 
Téstamén  à  eldou,  testament  mystique.  Drouvi  sans  clâou, 
«"ufoncer  une  porte;  forcer  une  serrure. 

Dér.  du  lat.  Claris,  m.  sign. 

GUou,  9,  m.  Dim.  C4dousé,  Clâousèl,  Clàousélé,  Clos; 
enclos  ;  doseau  ;  closerie  ;  petit  jardin .  —  R  est  devenu  nom 
propre  avec  la  variante  dialectale  en  Duclaux,  Duclos, 
Laclos  et  même  Lendos,  et  les  dim.  Clausel,  Duclausel  : 
tous  de  même  origine.  Mais  il  est  remarquable  que  le  pre- 
mier Dm  Chua,  qui  devait  être  traduit  en  lang.  par  dà(ni 


elâou,  garde  sa  teinte  française  et  se  dise  couramment 
Ducldou,  comme  font  au  reste  les  noms  Du  Mas,  Du  Gas, 
et  autres.  —  Voy.  Dalmas. 

Dér.  du  lat.  Clausum,  m.  sign. 

Glâousado,  s.  f.  Enceinte;  certaine  étendue  de  terrain 
ou  même  de  pays,  entouré  de  clôtures  ou  de  limites  fixes, 
telles  que  collines,  ruisseaux  ou  rivières. 

Glâonsi,  v.  Clore  ;  clôturer  ;  entourer  de  murs  ou  de 
barrières;  fermer;  enfermer. 

Dér.  du  lat.  Clausum,  supin  de  claudere,  m.  sign. 

Qâoutriè,  s.  m.  Cloutier,  fabricant  de  clous  ;  marchand 
de  clous. 

Glaparédo,  s.  f.  Terrain  couvert  de  tas  de  pierres  rou- 
lantes et  détachées  et  non  de  rochers  ;  car  alors  il  s'appelle 
Hancarédo.  —  Voy.  Cla. 

Clapas,  s.  m.  Dim.  Clapassoà.  Augm.  Clapassas.  Au 
plur.  Clapasses.  Tas  de  pierres,  et  par  ext.  tas  de  toute 
sorte  d'objets  ;  monceau  ;  amas.  —  Las  pèïros  van  as  cla- 
passes,  dit  le  prvb.,  lorsqu'un  heureux  événement  arrive  & 
une  personne  déjà  fort  heureuse,  et  surtout  lorsqu'un  héri- 
tage échoit  à  une  personne  riche  :  c'est-à-dire  le  bien 
cherche  le  bien;  un  bonheur  ne  vient  pas  sans  l'autre; 
l'eau  va  toujours  à  la  rivière.  —  Y-aviè  un  clapas  de 
mounde,  il  y  avait  foule,  un  grand  encombrement.  —  V.  Cla. 

Clapassino,  s.  f.  Terre  très-pierreuse;  qui  peut  fournir 
beaucoup  de  blocaille. 

Glapéto,  adj.  fém.  Ne  se  dit  que  de  l'eau  :  aïgo  elapéto, 
eau  à  peine  tiède,  dégourdie  au  feu,  telle  qu'on  s'en  sert 
pour  aibreuver  le  bétail  malade. 

Glapisso,  s.  f,  Dim.  à  la  fois  de  Clapas  et  de  Claparédo, 
petit  coin  de  terre  rempli  de  pierraille.  —  Voy.  Cla. 

Glapo,  j.  Sonnette  de  mouton,  dont  les  flancs  sont 
aplatis  et  parallèles  ;  sonnaille,  grosse  cloche  de  mulet  con- 
ducteur dans  les  convois  de  mulets.  Elle  a  pour  objet  de 
rappeler  les  mulets  qui  pourraient  s'égarer  de  la  file  pen- 
dant la  nuit  et  dans  les  sentiers  méconnaissables  par  la 
neige  ou  les  éboulis. 

Qaquo,  s.  f.  Claque;  taloche;  coup  frappé  avec  le  plat 
de  la  main.  C'est  probablement  une  onomatopée  du  bruit 
que  fait  un  pareil  coup  en  frappant  sur  la  joue  et  surtout 
sur  certaine  autre  partie  du  corps  à  nu. 

Capèl  à  la  claquo,  claque,  chapeau  plat  qu'on  porte  sous 
le  bras. 

Clarénsoù,  n.  pr.  d'homme.  Clarenson. 

L'origine  de  ce  mot  est  bien  évidemment  anglaise.  Il 
signifie  fils  de  Clarence,  tout  comme  Fitz-Clarence. 

Claréto,  t.  f.  Clairette;  vin  clairet;  raisin  blanc  qui 
produit  ce  vin.  La  claréto  est  une  des  espèces  de  raisin 
qu'on  choisit  de  préférence  pour  la  conserver  sur  la  paille; 
son  grain  est  menu,  clair-semé  et  très-sain. 

dari  (Ganta),  phr.  faite.  Sonner  creux,  comme  fait  un 
vaisseau  quelconque,  soit  quand  il  est  vide,  soit  quand  il 
est  fêlé. 

aarin,  «.  m.  Sonnette  à  brebis,  la  plus  petite  de  celles 


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CLA 


CLA 


qu'on  emploie;  elle  est  à  peu  près  cylindriqne;  ainsi  nom- 
mée parce  qa'elle  rend  un  son  clair. 

Glarias,  s.  m.  Ce  mot  n'est  employé  qa*en  terme  de 
comparaison  et  sons  cette  seule  formule  :  un  fia  eoumo  un 
éUurjas,  un  fen  à  mi-cheminée,  on  feu  de  recalée. 

Sauvages  le  traduit  par  gueuse,  lingot  de  fer  fondu  qu'on 
coule  dans  le  sable,  au  sortir  du  fourneau  de  fusion.  Je  ne  sais 
sur  quoi  il  appuie  cette  qiinion,  puisque  ce  terme  n'est  jamais 
employé  en  parlant  de  la  gueuse  nominativement.  En  sup- 
posant même  cette  origine,  Clarjas  serait  plutôt  le  creuset 
dans  lequel  s'opère  la  fusion,  le  haut-fourneau  tout  entier. 
•  Ne  serait-il  pas  trop  simple  de  chercher  l'étym.  du  mot 
dans  la  description  même  de  l'opération  au  moment  où  la 
coulée  se  fait  et  où  la  gueuse  incandescente,  rouge  à  blanc, 
court  se  répandre  dans  son  lit  de  sable  et  s'étend  dans  son 
clarjoê,  sa  couche  claire  ou  en  feu?  Ceci  dit  en  admettant 
que  la  sign.  donnée  par  notre  devancier  soit  juste. 

Claro  d'iôon,  s.  f.  Blanc  d'œuf  ;  glaire  d'œuf. 

Dér-  du  lat.  Clarum  ovi. 

daron,  «.  f.  Lueur  ;  faible  clarté;  se  dit  de  la  clarté  de 
la  lune  ou  même  des  étoiles. 

Dér.  de  Cla,  elarus, 

C3arta,  s.  f.  Clarté  ;  lumière  ;  éclat  ;  splendeur. 

Dér.  du  lat.  Claritas,  m.  sign. 

dasses,  s.  m.  plur.  Glas  de  mort  ;  sonnerie  de  cloches, 
lorsqu'une  personne  vient  d'expirer,  et  lorsque  commence 
la  cérémonie  des  funérailles.  —  Loui  grant  elaues,  son- 
nerie à  grande  volée  pour  les  enterrements  de  première 
classe.  Sonou  sous  cloues,  on  sonne  pour  son  enterrement. 
Dé  quàou  soun  aquéles  dasses?  pour  qui  sonne-t-on  le  glas 
de  mort?  Sanou  tous  classes,  tu  as  perdu,  tu  es  dégoté,  tu 
ne  peux  pas  t'en  relever. 

Dér.,  d'après  quelques  auteurs,  du  lat.  Classieum,  son 
de  la  trompette,  parce  que  sans  doute  dans  les  premiers 
temps  et  avant  l'introduction  des  cloches  dans  les  rits  reli- 
gieux, on  annonçait  la  mort  avec  une  trompette;  suivant 
d'autres  du  lat.  Clango,  faire  retentir,  ou  clamo,  appeler  à 
grands  cris ,  ou  bien  du  gr.  KXdfa,  pleurer,  ou  de  KXdECco, 
faire  un  bruit  aigre  et  perçant.  Le  bas-breton  a  Glas,  qui 
a  passé  au  fr.  et  qui  indiquerait  aussi  l'origine  de  classes 
avec  la  m.  sign. 

ClasBO,  s.  f.  Classe  ;  salle  d'école  ;  classe  de  jeunes  sol- 
dats. —  Faï  la  elasso  dé  latï,  il  fait  ses  études  de  latin.  A 
fini  sas  classos,  il  a  fini  ses  études.  Yai  à  la  elasso,  il  va 
à  l'école.  Es  pas  d'aquésto  elasso,  il  ne  doit  pas  tirer  au 
sort  cette  année.  La  classe  est  distinguée  par  l'année  dans 
laquelle  a  eu  lieu  le  tirage  au  sort»  on  dit  :  la  elasso  trénto- 
très,  trénto-quaire.  On  s'en  sert  aussi  dans  ce  sens  pour 
indiquer  son  âge  :  couscri  dé  irénto-trés,  est  né  vingt  ans 
avant  la  date  de  sa  classe. 

Dér.  du  lat.  Classis. 

dastréja,  v.  fréq.  Aller  d'un  presbytère  à  l'autre,  pour 
y  faire  le  parasite;  fréquenter  les  curés.  —  Voy,  Castéléja, 

Qastro,  «.  f.  Presbytère;  maison  curiale.  —  Autrefois 


ces  maisons  étaient  habitées  par  une  réunion  ou  collège  de 
prêtres  qui  y  vivaient  claustralement  et  étaient  les  conseils 
des  évêques.  Plus  anciennement  encore,  elles  étaient  occu- 
pées par  des  moines  qui  desservaient  de  là  un  grand 
nombre  de  paroisses,  dans  un  temps  où  le  clergé  séculier 
inférieur  était  peu  nombreux  et  fort  peu  rétribué.  —  Bédi 
Castro,  propriété  de  main-morte,  bien  d'église. 
Dér.  de  la  b.  lat.  Clastra,  du  lat.  Claustrum,  clôture,  cloitre. 
Qava,  V.  Fermer  à  clé  ;  renfermer  ;  poser  la  clé  à  une 
voûte,  assujettir  les  voussoirs  de  moellon  au  moyen  de 
coins  ou  d'une  pierre  principale  qui  forme  la  clé  ;  séques- 
trer. Au  fig.  achever,  accomplir.  —  Se  elava  dédin,  s'en- 
fermer, fermer  la  porte  sur  soi.  Clava  uno  eroio,  mettre  la 
clé  à  une  voûte.  A  las  déns  clavados,  il  a  les  dents  serrées 
convulsivement. 

Dér.  de  Clâou,  lat.  Clavis. 

Qavèl,  s.  m.  Dim.  Clavélé,  Clou,  morceau  de  fer  allongé 
et  pointu  servant  &  fixer  une  chose  à  une  autre  ;  petit  clou, 
broquette.  —  Clavél  dé  caréto,  clou  de  jante.  —  Foy. 
Cabosso.  Clavèl  dé  tapUsarlé,  clou  à  crochet,  pour  fixer 
les  tentures  d'un  appartement.  Aujourd'hui  les  tapisseries 
en  papier  en  ont  diminué  l'usage.  Clavèl  doubla,  clou  toitn, 
tordu  ou  crochu.  Clavèl  tnouru,  déspouneha,  clou  rebouché 
ou  épointé.  Clavèl  dé  girofle,  clou  de  girofle.  On  dit  d'un 
mauvais  payeur  :  N'aï  pas  pougu  déraba  ni  fère,  ni  ela^, 
je  n'en  ai  pu  tirer  ni  sou,  ni  maille. 

Dér.  du  lat.  Clavus,  m.  sign. 

Qavéla,  v.  Clouer;  attacher,  fixéi*  avec  un  ou  plusieurs 
clous.  —  Es  elavéla  dé  pigoto,  il  a  la  figure  toute  semée 
de  bubons  de  petite  vérole. 

(Havélado,  s.  f.  Raie,  raie  bouclée,  Raiaclavata,  Linn., 
poisson  de  mer  de  l'ordre  des  Trématopnés  et  de  la  fam. 
des  Plagiostomes.  Il  parvient  à  une  grande  grosseur  ;  sa 
chair  est  agréable  et  savoureuse.  Il  est  plat  et  large,  sans 
écailles.  Les  aiguillons  qu'il  porte  sur  le  dos,  espèce  de 
cartilages  ou  d'osselets  qui  ressemblent  à  des  têtes  de  clous, 
lui  ont  fait  donner  le  nom  de  Clavélado. 

Qavélé,  s,  m.  Détente  d'un  fusil  ou  d'un  pistolet. 

Dér.  et  dim.  de  ClavéL 

Glaviè,  s.  m.  Crochet  defemme,  ordinairement  en  argent, 
garni  d'une  chaîne,  à  laquelle  les  femmes  suspendent,  à  la 
ceinture,  leurs  ciseaux  et  les  clés  les  plus  importantes. 
C'était,  il  y  a  cinquante  ans,  une  parure  pour  les  ména- 
gères du  peuple  un  peu  huppées.  Elles  ne  le  portaient  que 
dans  leur  grande  toilette,  et  il  était  alors  sans  clés  ni 
ciseaux.  Ce  bijou  se  transmettait  de  mère  en  fille,  et  on  le 
constituait  en  dot  dans  le  contrat  de  mariage.  Les  filles 
n'en  portaient  jamais.  U  était  le  signe  de  l'autorité  en  mé- 
nage. Aujourd'hui  le  Claviè  est  un  crochet  k  ciseaux  com- 
mun à  toutes  les  classes. 

Dér.  dt3  aàou,  lat.  Clavis, 

Qaviàiro,  s.  f.,  n.  pr.  de  lieu.  Clavière  ;  closerie;  champ 
entouré  de  murs  ou  de  haies, 
i      Dér.  de  Clâou,  clos,  avec  le  suflfixe  collectif  adjectif  éëiro. 


CLÉ 


CO 


905 


Qè,  s.  f.,  oa  Ptf 0  dé  dé.  Glai  ;  gerbôe  ;  paille  de 
ieifle  dont  on  a  fait  tomber  le  grain  au  fléau  et  mieux 
enooie  avec  on  râteau,  afin  de  lui  laisser  toute  sa  longueur. 
Elle  sert  à  garnir  les  chaises,  à  faire  des  paillassons,  à 
rembourrer  les  colliers  de  labour,  à  lier  les  ceps  aux  écha- 
Utt,  à  couvrir  les  toitures  en  chaume. 

Ce  mot  est  tiré  sans  doute  du  fr.  Claie. 

Oédado,  s.  f.  Récolte  de  châtaignes  sèches  ;  quantité 
comprise  dans  un  séchoir  appelé  Clédo, 

Caédanço,  s.  f>  Grêdence  ;  buffet  à  tenir  les  provisions  ; 
bahut.  —  La  eUdanço,  dans  ce  pays,  est  d'ordinaire  un 
meuble  d'utilité,  et  meuble  meublant  dans  la  cuisine  des 
paysans  cossus.  C'est  extérieurement  un  buffet  bien  ciré, 
bien  luisant,  quelquefois  ciselé,  sculpté,  et  en  l'ouvrant,  au 
lieu  d'un  buffet,  on  trouve  une  huche  à  pain. 

Ce  mot,  comme  le  fr.,  vient  de  l'allem.  Kredentx,  buffet. 

Cilédo,  s.  f.  Claie  d'un  parc  à  brebis,  composée  de  trois 
montants  et  de  quatre  traverses  ;  claire-voie  ;  porte  à  bar- 
reaux ;  ridelle  d'une  charrette  ;  cadre  sur  lequel  est  tendu 
un  treillis  en  fil  de  fer  pour  passer  le  sable  ou  la  terre:  on  se 
sert  de  ce  châssis  en  le  soutenant  de  champ  avec  une  légère 
inclinaison,  et  à  l'aide  d'une  pelle  on  jette  contre  ce  que 
l'on  veut  passer;  séchoir  à  châtaignes.  Dans  cette  dernière 
acception,  la  Clédo  est  un  bâtiment,  qu'on  isole  autant  que 
possible  des  habitations  à  cause  des  dangers  d'incendie  :  il 
est  bas  et  tout  d'une  pièce  ;  à  la  hauteur  de  deux  mètres 
environ  du  sol,  un  rang  de  solives  soutient  un  plancher 
composé  soit  de  minces  chevrons  joignant  l'un  à  l'autre, 
qu'on  nomme  $éiaà$,  soit  de  clayons  faits  de  scions  de  châ- 
taigniers sauvages,  qu'on  nomme  panels.  C'est  là  qu'on 
d^KMe  les  châtaignes  fraîches,  sur  une  épaisseur  qui  peut 
aller  jusqu'à  75  centimètres.  Au-dessous  on  entretient  un 
feu  continuel  et  lent  au  moyen  de  grosses  souches,  de 
vieux  troncs  d'arbres  ;  lorsqu'il  donne  trop  de  flamme,  on 
l'étoufie  à  moitié  avec  de  la  cendre  et  avec  les  épluchures 
de  châtaignes  de  l'année  pi*écédente  que  l'on  conserve  dans 
ce  but.  Par  ce  procédé  on  obtient  un  feu  calme  et  qui 
donne  beaucoup  de  fumée.  C'est  cette  fumée  qui  n'a  d'au- 
tre issue  que  le  plancher  superposé,  qui,  filtrant  à  travers 
les  interstices,  commence  à  faire  suer  les  châtaignes,  à 
volatiliser  toute  leur  humidité,  et  finit  par  leur  donner  ce 
d^ré  de  dessication  qui  permet  de  les  dépouiller  et  les 
durdt  sans  arriver  jusqu'à  la  coctîon. 

C'est  souvent  dans  le  séchoir  que  se  passent  les  veillées 
dites  Castagnados.  Comme  Ton  a  besoin  de  surveiller  le 
feu,  il  faut  que  quelqu'un  y  veille  à  tour  de  rôle,  même 
la  nuit.  La  veillée  s'assied  par  terre,  sur  une  pierre,  ou 
sur  une  souche,  et  toujours  le  plus  bas  possible,  parce 
que  le  local  est  plein  de  fumée  qui  n'a  point  de  conduit 
direct  et  que  l'on  en  souffre  moins  dans  la  zone  inférieure. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Cleda,  formé  du  grec  KXfJSo^,  clô- 
ture, haie,  de  KXc(o>,  je  ferme. 

aéna,  V.  Incliner;  plier;  baisser.  —  Cléna  las  éspanlos, 
\  hausser  les  épaules,  en  signe  de  soumission  ou  de 


dédain.  Gêna  lous  ièls,  baisser  les  yeux  ;  clignoter  ;  fermer 
les  yeux  à  demi.  Cléna  la  tèsto,  courber  la  tète  ;  se  pros- 
terner; s'incliner  de  respect;  s'humilier.  Se  cléna,  se  cour- 
ber; s'abaisser;  se  ratatiner. 

Dér.  du  lat.  Clinare,  pencher,  incliner. 

Clèr,  s.  m.  Clerc  d'église,  sous-sacristain  ;  servant  ;  clerc 
de  notaire;  étudiant  en  pratique,  qui  travaille  sous  un 
homme  de  pratique  ;  et  en  général,  dans  le  langage  fami- 
lier, tout  individu  qui  se  trouve  dans  une  position  secon- 
daire relativement  à  un  autre,  comme  un  commis,  un 
compagnon,  un  domestique. 

Dér.  du  lat.  CUrieus. 

Clèrci,  s.  m.  Quercy,  ancienne  province  ;  porc  de  l'es- 
pèce qui  nous  vient  du  Quercy.  Au  fig.  cochon  ;  pares- 
seux. 

Corr.  du  fr.  Quercy. 

Cliquétos,  s,  f.  plur.  Cliquette,  instrument  de  gamin, 
composé  de  deux  galets  longs  et  plats  ou  de  deux  petites 
douves  en  bois,  qu'on  fait  battre  en  les  tenant  et  les  agi- 
tant entre  les  doigts,  et  qui  rend  à  peu  près  le  même  son 
que  les  castagnettes.  —  Au  fig.  et  par  ironie,  se  dit  de 
jambes  dépourvues  de  mollets;  dans  le  même  sens  qu'on 
dit  en  fr.  des  flûtes.  —  Bairé  dé  las  cliquetas,  grelotter  de 
froid,  quand  il  fait  claquer  des  dents  et  flageoler  des 
jambes. 

Autrefois  on  obligeait  les  lépreux  de  nos  maladreries  à 
battre  des  cliquettes  ou  à  agiter  des  crécelles,  pour  avertir 
les  passants  de  ne  pas  les  aborder. 

Ce  mot  est  une  onomatopée. 

doucha,  t7.  Glousser.  —  Se  dit  du  chant  ou  du  cri  de  la 
poule  qui  couve.  —  La  galino  eloucko,  la  poule  demande, 
ou  se  prépare  à  couver. 

Dér.  du  lat.  Gloeire  ou  Glocitare,  m.  sign. 

Cloucliado,  s.  f.  Couvée;  troupe  de  poussins;  tous  les 
œufs  qu'une  poule  couve  à  la  fois;  les  petits  qui  en  pro- 
viennent. Au  fig.  engeance,  famille. 

Cloucliè,  t.  m.  Clocher;  bâtiment  ou  espèce  de  tour 
élevée  qui  soutient  et  renferme  les  cloches  d'une  égli»e. 

Dans  la  bass.  lat.  Clocarium,  formé  de  Cloca,  cloche, 
avait  la  m.  sign.  En  allem.  Kloke,  cloche;  en  angl.  Clok, 
horloge,  heure,  dér.  du  vieux  teutonique  Keeoken,  frapper. 

GloucliO,  i.  f.  Poule  couveuse.  —  Métré  la  eloucho, 
mettre  une  poule  à  couver,  lui  donner  des  œufs  à  couver. 

Ce  mot,  comme  le  v.  Cloucha,  en  lat.  Glocire,  est  une 
onomatopée  du  gloussement  de  la  poule,  durant  la  couvée 
et  l'éducation  des  poussins. 

Cluta,  V.  Cligner,  fermer  à  demi  les  yeux,  comme  font 
les  myopes,  afin  de  diminuer  l'ouverture  de  l'angle  visuel, 
ce  qui  le  rend  plus  aigu  et  plus  impressif  sur  la  cornée 
qui  est  trop  épaisse  et  trop  peu  diaphane  chez  les  myopes. 
—  Au  fig.  Cluta  hus  iHs,  s'éteindre,  mourir. 

Dér.  du  gr.  KX(vct>,  plier,  ou  du  lat.  Clusus,  fermé;  ou 
encore  du  gr.  KEtSOu),  cacher,  enfermer. 

Go,  «.  m.  Dim.  Coupé;  augm.   Coupai.  Coup;  choc; 


*206 


COI 


CON 


heurt;  mouvement  impétueux;  décharge  et  bruit  d'une 
arme,  du  tonnerre;  tour  subtil;  geste;  fait;  tentative; 
entreprise;  but;  trait  de  raillerie,  de  médisance.  —  Un  eo 
dé  vi,  un  verre  de  vin.  A  bégu  ioun  coupé,  il  a  bu  son 
petit  coup.  Àoti  co  dé  mièjour,  midi  sonnant  ;  root  à  mot  : 
quand  midi  frappe  son  coup.  Un  co  dé  san,  attaque  d'apo- 
plexie. Un  co  dé  sourél,  coup  de  soleil;  insolation.  Co  dé 
fusil,  dé  vén,  dé  tounèro,  coup  de  fusil,  de  vent,  de  ton- 
nerre. I  a  fa  lou  co,  il  lui  a  joué  un  tour.  —  Aro  sérié 
bien  lou  co,  maintenant  ce  serait  bien  le  cas;  l'occasion  est 
belle;  c'est  le  moment.  A  manqua  soun  co,  il  a  échoué 
dans  son  entreprise.  T'aouraï  vis  aquà  d'un  co  d'ièl,  j'au- 
rai vu  cela  d'un  coup  d'œil.  Donna  un  bon  co  dé  dm, 
faire  un  bon  repas.  Un  co  dé  man,  un  peu  d'aide.  Co  dé 
bè,  médisance.  Faïrê  lou  co  dàou  lapin,  donner  le  coup 
du  lapin,  c'est-à-dire  un  coup  de  main  derrière  la  nuque, 
parce  que  c'est  là  la  manière  de  tuer  les  lapins  domes- 
tiques ;  au  fig.  duper  quelqu'un,  lui  tendre  un  croc  en 
jambe. 

Tout  d*un  co,  adv.  Tout  à  coup.  Tout  énd'un  co,  ou  tout 
én^'un  eo,  tout  à  coup  ;  soudain  ;  subitement. 

Dér.  de  Cop,  qu'on  dit  celtique  ;  ou  de  la  bass.  lai.  Col- 
pus,  corr.  du  grec  K6Xa9oç,  soufflet. 

Go,  *.  m.  Fois.  Syn.  de  Fés.  —  Y  aviè  un  co,  il  y  avait 
une  fois.  M 'ou  fagues  pas  dire  dous  cos,  ne  me  le  fais  pas 
répéter,  dire  deux  fois.  Un  eo  l'âoutré  nou,  une  fois  et 
l'autre  non,  alternativement.  Un  co  que  l'àouraï  vis,  une 
fois  que  je  l'aurai  vu.  Toutes  àou  co,  tous  à  la  fois.  Tout 
d'un  eo,  tout  en  une  seule  fois. 

Co,  s.  m.  Vanne  ;  écluse.  —  Toumba  lou  co,  abaisser 
la  vanne  ;  leva  lou  co,  lâcher  Técluse;  au  propre  et  au  fîg. 
se  dit  de  ces  moulins  à  paroles,  qui,  une  fois  en  train  de 
discours,  ne  s'arrêtent  plus. 

Gobre  (dé),  adv.  De  surplus  ;  en  réserve  ;  par  dessus  le 
marché;  au-delà  du  nécessaire;  de  relais;  de  reste.  — 
Fàou  toujour  avédre  guicoumé  dé  eobre,  il  faut  toujours 
avoir  quelque  peu  de  chose  en  réserve  ;  il  faut  se  garder 
une  poire  pour  la  soif. 

Dér.  du  lat.  Cooperire,  couvrir,  mettre  en  réserve.  En 
esp.  Cobro,  à  couvert. 

Codon,  s.  m.  Caillou;  galet;  pierre  isolée;  celle  que  l'on 
lance  à  la  fronde.  —  Abatak'a  à  eo  dé  eodou,  poursuivre 
à  coups  de  pierre. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Codulus,  m.  sign.,  formé  du  lat. 
Cautes,  caillou. 

Gofre,  s.  m.  Dim.  Coufré;  péj.  Coufras.  Coffre;  bahut; 
meuble  en  forme  de  caisse,  propre  à  serrer  des  bardes,  de 
l'argent,  etc.  Au  fîg.  poitrine,  estomac.  —  Àquél  hmne  a 
un  bon  eofre,  cet  homme  a  une  excellente  constitution. 

Goîè,  s.  m.  dim.  Couïèïré.  Collier,  seulement  dans  l'ac- 
ception de  bijou,  ornement  autour  du  cou  ;  jamais  dans 
celle  de  collier  de  trait,  de  labour,  qui  se  dit  :  Coulas. 

Dér.  du  lat.  CoUum,  cou. 

Cdfo  «.  r.  Coiffe    bonnet  de  femme:   cornette.  —  Un 


prvb.  irrévérencieux  pour  le  sexe,  et  qw  n'est  pas  tou- 
jours vrai,  a  dit  :  Un  capél  vôou  mai  que  eén  eeUfos,  un 
chapeau  vaut  mieux  que  cent  coiffes  ;  métonymie. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Cufa  ou  Cuphia,  m.  sign. 

Goire,  v.  Cuire;  préparer  les  aliments  au  feu;  faire  cuire, 
spécialement  faire  cuire  du  pain. —  Quouro  couses?  quand 
faites-vous  du  pain  ?  Bouta  c&ire,  mettre  le  pot  au  feu. 
Aquà  vôou  pas  dé  eoïre,  cela  ne  demande  que  fort  peu  de 
cuisson. 

Goîre,  V.  Brûler;  havir;  cuire;  faire  éprouver  de  la 
cuisson  :  au  fig.  être  en  danger  de  mort,  de  perte.  —  La 
harbasto  a  quiè  la  fartaïo,  la  gelée  blanche  a  flétri  l'hor- 
tolaille.  Fas  trop  cotre  aquélo  car,  tu  brûles  cette  viande. 
Sont  quiè,  je  suis  cuit,  je  suis  perdu.  Mous  Ws  mé  eoêou, 
les  yeux  me  cuisent.  T'en  couïra,  il  t'en  cuira,  tu  t'en 
repentiras. 

Dér.  du  lat.  Coquere,  m.  sign. 

Gol,  s.  m.  ou  Gouol.  Cou,  col  :  partie  du  corps  qui  sou- 
tient la  tête.  —  Pourta  àou  col,  porter  un  fardeau  sur  ks 
épaules.  Col  dé  péro,  col-tort,  qui  porte  le  cou  de  traven  : 
au  fîg.  cagot;  hypocrite;  torticolis.  Col  dépé,  cou-de-pied 
ou  coude-pied.  M  d'uno  boutiio,  goulot  d'une  bouteille. 

Dér.  du  lat.  Collum,  m.  sign. 

Golis,  s.  m.  Colis;  ballot  de  marchandise;  terme  de 
roulage;  caisse;  barrique;  paquet. 

Importation  nouvelle  du  fr. 

Golibè,  s.  m.  Quolibet;  sarcasme;  plaisanterie  grossière 
et  méchante;  pointe;  équivoque. 

Dér.  du  lat.  Quod  libet,  tout  ce  qu'on  veut,  c'est-à-dire 
que  ceux  qui  lancent  des  quolibets  disent  tout  ce  qui  leur 
passe  par  la  tête  sans  égard  ni  réserve. 

Golo,  s.  f.  Colle  ;  matière  gluante  et  tenace  qui  sert  à 
joindre  deux  surfaces.  —  Colo  forto,  colle  forte,  faite  de  \a 
coction  des  parties  gélatineuses  des  animaux;  ainsi  carac- 
térisée à  cause  de  sa  grande  ténacité. 

Dér.  du  gr.  K6XXa,  m.  sign. 

Golo,  s.  f.  Bande;  troupe;  association  d'ouvriers  tra- 
vaillant ensemble  ;  multitude.  —  C<Ao  dé  réssaïres,  scieurs 
de  long  qui  sont  associés  par  bande  de  trois.  5^  pa»  dé 
eolo,  nos  chiens  ne  chassent  pas  ensemble. 

Dér.  du  lat.  CoUatus,  assemblé,  joint,  et  du  gr.  KoXXvit6«, 
uni,  rapproché. 

GomotiTO,  ff.  f.  Locomotive. 

C'est  encore  un  emprunt  au  langage  scientifique  par  son 
côté  populaire.  Mais  le  lang.,  fidèle  à  cette  antipathie  de 
rivalité  dont  le  fr.  a  pris  l'initiative  envers  loi,  a  Toula 
marquer  cette  adjonction  au  cachet  de  son  génie  en  défi- 
gurant son  modèle. 

Conquo,  «.  f.  Dim.  Counquéto.  Bassin  ou  baaaine  de 
cuivre  sans  anse,  dont  on  se  sert  dans  les  caislnea  pcmr 
faire  tremper  certaines  provisions  et  pour  d'auties  usages; 
au  fig.  terrain  creux  ;  bas-fond  formant  oomme  on  bassin. 

Dér.  du  lat.  Coucha,  conque,  vase,  coquille,  venant  da 
gr.  ^éfxyji,  conque,  coquillage. 


CON 


COR 


207 


fSoBMii,  S.  m.  Consul;  dchevin,  officier  inanicipal  dans 
l'ancien  régime.  Dans  les  chartes,  on  les  désignait  sons  le 
nom  de  consuls  modernes,  sans  doute  par  comparaison  aux 
ccnsuls  romains.  Ils  portaient  la  robe  et  le  chaperon.  Plus 
tard,  et  dans  les  campagnes  surtout,  ils  se  dispensaient  de 
la  robe;  leur  insigne  était  le  chaperon  cramoisi  bordé 
d'hermine.  —  Aourian  fa  un  consou,  nous  aurions  fait  un 
pape,  disons-nous,  lorsqu'un  autre  émet  une  idée  que  nous 
allions  émettre  nous-mème  dans  l'instant.  Cette  formule 
proverbiale,  tant  en  fr.  qu'en  laug.,  est  une  allusion  au 
système  également  suivi  pour  les  papes  et  les  consuls.  C'est 
comme  si  l'on  disait  :  avec  cette  communauté  d'idées,  on 
peut  foire  réussir  toute  candidature  :  il  ne  s'agit  que  de 
s'entendre.  Mais  ce  qui  était  autrefois  praticable  et  qui  a 
donné  naissance  au  dicton,  pourrait*il  aujourd'hui  être 
également  vrai  et  juste?  Nos  pères  avaient  des  franchises 
qui  passaient  en  proverbe  pour  attester  leurs  libertés  com- 
munales; nous  avons  le  progrès,  et  si  quelque  dicton 
se  conserve  jamais  de  nos  mœurs  électorales,  de  ce  temps 
de  snfflrage  universel,  il  est  douteux  qu'il  exprime  une 
idée  pareille,  qui  répond  k  une  autre  locution  plus  étendue 
encore  sur  la  nécessité  de  l'accord  :  Enténdè-vout  et  farés 
flUhure,  entendez-vous  et  vous  ferez  pleuvcûr. 

Conta,  «.  m.  Compte;  supputation;  nombre;  calcul; 
facture  ou  note  de  fournitures,  contenant  l'addition  et  le 
doit.  —  FcLir»  ÈOun  conte,  faire  son  compte  à  un  domes- 
tique, le  congédier  :  au  fig.  tuer,  assassiner.  Conte  dé 
Béoucaïre,  mémoire  des  fournisseurs  que  l'on  doit  solder  à 
l'époque  de  la  foire  de  Beaucaire.  C'est  une  époque  bien 
critique  pour  tous  les  consommateurs  dans  les  pays  voisins 
de  Beaucaire,  pour  lesquels  la  foire  de  cette  ville  est  un 
terme  de  rigueur.  Le  peuple  des  campagnes  surtout  renvoie 
tons  ses  paiements  à  cette  époque,  ce  qui  est  pour  beaucoup 
de  gens  une  cause  de  ruine  et  d'expropriation,  le  crédit 
qu'ils  obtiennent  dans  le  cours  de  l'année  les  alléchant 
souvent  à  dépenser  plus  qu'ils  ne  peuvent  payer.  Aussi,  la 
quinzaine  qui  suit  cette  foire  est-^ïle  abondante  en  exploits 
d'huissier. 

Dér.  du  lat.  Computum,  calcul. 

CSonta,  s.  m.  Conte  ;  sornette.  —  Conte  dé  ma  gran  la 
àorgno,  conte  de  ma  mère  l'Oie.  —  Voy.  Borgno. 

Conta,  s,  m.  Conntèsso,  t.  f.  Comte,  comtesse,  sei- 
gneur d'un  comté. 

Dér.  du  lat.  Cornes,  compagnon.  Ce  titre,  d'après  Dom 
de  Vaines,  Dict,  diphm.,  remonte  au  moins  aux  premiers 
empereurs,  qui  nommaient  leurs  conseillers,  eomites.  Au- 
guste avait  déjà  les  siens,  comités  Augusti,  Plus  tard,  et  en 
France,  les  comtes  étaient  les  compagnons,  les  aides  de 
camp  des  rois. 

Gonioronle,  s.  m.  Enregistrement;  bureau  du  receveur 
de  l'enregistrement;  marque  sur  l'or  et  l'argenterie  qui  ont 
le  titre. 

Corr.  du  mot  fr.  Contrôle,  ancien  nom  de  l'enregistre- 
ment. 


Conioronnla,  v.  Enregistrer;  soumettre  un  acte  à  l'en- 
registrement, le  déposer  au  bureau  de  l'enregistrement; 
marquer  l'or  et  l'argot  au  titre. 

Contoronnlor,  f.  m.  Receveur  de  Tenregistrement  ;  con- 
trôleur des  matières  d'or  et  d'argent. 

Copo,  s.  f,  Dim.  Coupéto.  Coupe  ;  certaine  étendue  de 
bois  que  l'on  coupe  régulièrement;  coupe  de  fourrage; 
coupe  au  jeu  de  cartes,  séparation  du  jeu  en  deux  parties. 
—  y  âoura  éncaro  une  bono  coupéto  dé  révioure,  nous 
aurons  encore  une  petite  provision  de  regain  à  couper. 

Dér.  de  Coupa, 

Gopo-jaré,  s.  m.  Coupe-jaret;  brigand;  scélérat;  mau- 
vais drôle.  Se  dit  souvent,  dans  le  langage  familier,  en 
supprimant  le  dernier  mot  :  es  un  trasso  dé  copo,  c'est  un 
mauvais  gueux,  un  très-pauvre  sire.  Frimousso  dé  copo, 
figure  de  coupe-jaret. 

Formé  de  Coupa  et  de  Jaré,  —  Voy,  c.  m. 

Copo-roso,  s.  f.  Couperose,  vitriol  en  sel,  nom  géné- 
rique qui  convient  autant  à  la  couperose  bleue,  sulfate  de 
cuivre,  qu'à  la  couperose  verte,  sulfate  de  fer,  dont  l'ex- 
ploitation était  si  connue  aux  environs  d'Alais,  à  Saint- 
Julien-de- Valgalgues . 

Dér.  du  lat.  Cupri  ros,  rosée  ou  eau  de  cuivre,  nom  que 
portait  le  vitriol  dans  l'ancienne  nomenclature  chimique. 

Coqao,  s.  f.  Châtaigne;  poulette;  mot  du  dictionnaire 
des  nourrices  et  des  bonnes  d'enfant. 

Coque,  s.  f.  Brioche,  gâteau  ou  pâtisserie  fait  de  fleur 
de  farine,  de  jaunes  d'oeufs  et  de  sucre.  —  Voy.  Bous- 
tido. 

Dér.  du  lat.  Coetus,  coeta,  cuit,  cuite. 

Coquo,  s.  f.  Coque  du  levant;  petit  fruit  à  baies  noirâ- 
tres de  la  grosseur  d'un  gros  pois.  Il  fait  périr  les  poux  et 
enivre  les  poissons,  qui  viennent  mourir  bientôt  sur  le 
sable.  On  ne  s'en  sert  guère  que  pour  empoisonner  le 
poisson  de  rivière. 

Dér.  du  gr.  K6xxoc,  grain. 

Cor,  s.  m.  Corps;  corps  humain  ;  cœur,  organe  principal 
de  la  circulation  ;  affection;  mémoire:  affection  de  l'àme  ; 
courage;  cor,  instrument  à  vent,  tourné  en  spirale;  corps 
de  jupe,  corset.  —  Y  a  pas  un  pèou  dé  moun  cor,  il  n'y  a 
pas  un  poil,  une  veine  de  mon  corps.  —  Mdou  dé  cor, 
mal  de  cœur,  faiblesse,  évanouissement.  Apréne  dé  pér  cor, 
récita  dé  pér  cor,  apprendre,  réciter  par  cœur.  Ou  save  dé 
pér  cor,  je  le  sais  par  cœur.  L'aïme  dé  tout  moun  cor,  je 
l'aime  de  tout  mon  cœur.  Cor  dé  casso,  cor  de  chasse.  La 
paouroto,  a  lou  cor  gros,  la  pauvrette,  elle  a  le  cœur  gros, 
elle  est  très-affectée.  —  Voy,  Cur. 

Dér.  du  lat.  Corpus  pour  corps,  de  Cor  pour  cœur,  et  de 
Cornu  pour  cor. 

Corcomaîre,  n.  pr,  d'une  rue  de  Nimes. 

Ce  mot  parait  venir  de  la  corroyerie  qui  se  faisait  dans^ 
cette  rue  située  le  long  du  canal  de  l'Agau.  D'après  cela,. 
CorcomaXre  signifierait  en  vieux  langage  du  pays,  corroyeur^. 
et  serait  composé  de  Coreom,  corruption  du  latin  Corttim». 


908 


COS 


COU 


cuir,  et  de  la  désinenoe  atre,  oommane  aux  adjectife  d'ac- 
ti<Mi,  corresiXHidaQt  à  la  désinence  fr.  etir. 

Du  reste,  Sauvages  tradoit,  comme  nous,  C&rtcamcXr^, 
qui  est  le  même  mot,  par  corroyeur,  tanneur,  et  le  fait 
venir  de  la  bass.  lat.  Corraienu»,  sans  entrer  dans  la  dé- 
composition de  cette  origine. 

Gordo,  s.  f.  Dim.  Courdéio;  péjor.  Courdasso.  Corde, 
tortis  fait  de  chanvre,  de  lin  ou  de  boyau.  —  Cordo  fino, 
ficelle  employée  pour  mèche  à  fouet. — Voy.  Ugnéio,  Cordo 
dé  fat,  —  Voy.  Séngloù. 

Dér.  du  lat.  Chorda,  corde  d'instrument  de  musique, 
cordeau. 

Cordes,  s.  f,  jdur.  Maladie  des  porcs,  des  chevaux, 
ainsi  que  des  agneaux,  chevreaux  et  veaux  de  naissance. 
C*est  une  contraction  nerveuse  des  articulations,  qui  les 
empêche  de  plier  les  membres,  et  rend  leurs  jambes  raides, 
comme  si  elles  étaient  tendues  avec  des  cordes. 

Goiiali,  V.  S'évanouir,  tomber  en  défaillance,  dispa- 
raître; se  p&mer. 

Formé  de  Cor  et  de  Fali,  manquer  du  cœur. 

Gorgno,  i.  f.  Fruit  du  cornouiller,  en  forme  d'olive, 
d'un  rouge  vermillon,  quand  il  est  mûr.  —  Vécu  pa'no 
corgno,  c'est  un  pauvre  homme,  un  mauvais  ouvrier,  qui 
ne  vaut  pas  une  pipe  de  tabac.  N'en  dounarièï  pa'no  cor- 
gno, je  n'en  donnerais  pas  un  sou  vaillant. 

Dér.  du  lat.  Comutn,  m.  sign. 

CSoroxilo,  s.  f.  Tresse  de  cheveux  entortillés  sur  la  tète 
des  femmes,  en  forme  de  couronne,  c  Cet  usage,  dit  Sau- 
vages, subsiste  en  Italie  chez  les  femmes  du  peuple,  et  il 
a  passé  de  mode  depuis  longtemps  dans  nos  provinces,  où 
les  tètes  de  femmes  sont  plus  changeantes.  >  Mais  on  y 
revient  :  ce  qui  ne  prouve  pas  que  le  spirituel  abbé  n'ait 
pas  eu  raison. 

Dér.  du  lat.  CoroUa,  contraction  de  Coronula,  petite 
couronne. 

Gor-san,  s.  m.  Corps  samt;  reliques  d'un  saint;  corps 
sacré  de  Jésus-Christ.  —  L'aï  préga  eoumo  un  cor-êan,  je 
l'ai  supplié  comme  Dieu  lui-même.  Mena  plan  eoumo  un 
cor-êan,  conduire  comme  un  corps  saint,  avec  précaution 
et  sollicitude,  comme  si  l'on  portait  des  reliques. 

Coati,  «.  m.  Coût;  dépens;  dépenses;  frais.  —  Crénpas 
iou  cosU,  il  ne  craint  pas  la  dépense.  Y  doura  fo$to  costi, 
il  y  aura  bien  des  frais. 

Dér.  de  Cou»ta. 

Gosto,  ff.  f,  Dim.  Counéto.  Coteau,  côte,  penchant  d'une 
montagne,  d'une  colline  ;  côte,  os  long  et  courbe  des  par- 
ties latérales  de  la  poitrine  de  l'homme  ou  de  Tanimal.  — 
A  la$  eoMloi  en  long,  il  a  les  côtes  placées  verticalement  ; 
il  ne  peut  se  courber;  c'est  un  fainéant  qui  fuit  tout  tra- 
vail. 

Dér.  du  lat.  Co»ta,  m.  sign. 

Coitoi,  «.  f.  plur.  Nervures  des  feuilles  d'une  plante  ; 
parties  proéminentes  d'un  melon  ;  membrure  latérale  d'un 
vaisseau,  d'un  clayon,  d'une  manne  :  côtes  de  cocons  de 


tirage;  fleuret  de  soie.  —  Coiioi  dé  blédoùa  CauHélot, 
cardes  de  poirée.  —  Les  côtes  de  cocons  sont  ces  filasses 
dont  on  les  purge  dans  la  bassine,  avant  d'arriver  au  brin 
de  soie.  Comme  l'enveloppe  extérieure  du  oooon  est  la 
première  travaillée,  les  premiers  brins  en  sont  grossiers, 
baveux;  c'est  pour  cela  qu'on  bat  les  cocons  au  bassin 
dans  l'eau  bouillante  pour  décoller  ces  premiers  brins;  on 
dévide  ainsi  les  cocons  jusqu'à  ce  qu'ils  deviennent  fins  et 
purs.  La  filasse  qu'on  retire  de  cet  ensemble  de  cocons  i 
la  battue,  sous  forme  d'un  gros  cordon,  se  nomme  Cosiot, 
On  la  carde  et  on  en  &it  du  fleuret  grossier. 

Cona,  V.  ou  Couga.  Couver  en  parlant  des  oiseaux  qui 
se  tiennent  sur  leurs  œufs  pour  les  faire  édore;  choyer, 
mitonner  un  enfant.  Au  fig.  préparer,  caresser,  surveiller. 
—  Se  coua,  rester  longtemps  au  Ût.  LaXssa  eoua  la  kugado, 
laisser  une  lessive  s'imbiber  liMigtemps.  LaXua  coua 
un'afaïre,  laisser  chômer  une  affaire  ;  la  calculer  avec  soin, 
en  soigner  les  détails. 

Dér.  du  lat.  Cubarc,  être  couché. 

Conacho,  t.  f.  Lavandière,  hoche-queue,  bergeronnette, 
petit  oiseau  qui  fréquente  le  bord  des  rivières,  se  mêle  aux 
troupeaux  de  mouton  et  porte  une  queue  longue,  toiyours 
en  mouvem^t  :  toutes  circonstances  qui  lui  ont  valu  les 
différents  noms  fr.  que  nous  citons.  Quant  au  lang.  Co«- 
œho,  dans  lequel  on  voit  poindre  un  bout  de  queue,  guouà 
ou  quoua,  il  est  bien  à  peu  près  l'équivalent  du  fr.  hoche- 
queue; aussi  a-t-il  pour  syn.  Brando-quuïo,  BérgiSréio  etX 
également  usité  ;  mais  celui-ci  est  du  fr.  tout  pur,  et  dans 
le  même  ordre  d'idées,  on  ne  devrait  donner  droit  de  cité 
qu'à  PastourèUto,  car  le  lang.  n'appelle  les  bei^rs  que 
pastrct.  Aussi  sommes-nous  ramenés  vers  le  vrai  mot,  qui 
traduit  le  fr.  bergeronnette,  en  appelant  cet  oiseau  Gala- 
pastrc.  —  Voy,  c.  m. 

Gonado,  »,  f.  Couvée  des  œufs;  actimi  de  faire  édore  la 
graine  de  vers  à  soie;  temps  de  l'incubation.  —  An  pré» 
màou  à  la  couado,  ces  vers  ont  été  trop  échauffêa  pendant 
l'éclosion.  Ou  a  manqua  à  la  couado,  dit-on  au  fig.  d'un 
individu  qui  manque  de  certaines  qualités  :  c'est  un  vice 
de  naissance. 

Dér.  de  Coua, 

Gooaios,  ».  f,  plur.  Derniers  vers  à  soie,  oeax  q[iii  sont 
tardifs  à  éclore.  Il  est  rare  que  cette  arrière^arde  vienne  à 
bien  et  qu'elle  prospère,  soit  parce  que  ce  sont  les  vers  ks 
plus  malingres  et  les  moins  actifs,  soit  parce  que  leur  re- 
tard provient  de  ce  qu'ils  ont  été  trop  pénétrés  par  la  cha- 
leur, soit  enfin  parce  que  leur  mauvaise  répatation  et  leur 
paresse  les  fait  négliger,  comme  de  pauvres  élèves.  Au 
reste,  on  fait  bien  de  les  délaisser.  Biais  les  magnaniere, 
les  femmes  surtout,  qui  se  sentent  une  tendre  oominsBioii 
pour  ce  qui  souffre  et  pour  tout  ce  qui  appartient  à  la  gent 
magnane,  les  conservent  et  les  font  réussir  quelquefois.  Il 
est  plus  sage  et  d'une  bonne  pratique  de  ne  oooserrer  ni 
les  ven  trop  hâtifs,  ni  les  retardataires,  mais  seulement 
ceux  qui  éclosent  à  trois  iours  de  distance  les  ans  des  autres. 


cou 


cou 


209 


fSonaire,  CSonairo,  adj.  Gouveur,  couveuse;  l'individu 
qui  fait  édore  les  vers  à  soie  à  la  chaleur  de  son  corps.  Ce 
qui  se  fait  en  portant  la  graine  dans  des  sachets  sur  le 
corps,  entre  les  habits  et  la  chemise,  ou  en  la  mettant  au 
lit  et  se  couchant  auprès.  Ce  procédé,  qui  a  été  le  seul  en 
usaijie  autrefois,  avait  du  bon  ;  mais  il  ne  pouvait  s'exé- 
cuter sur  une  grande  échelle.  On  y  a  substitué  générale- 
ment réclusion  dans  un  appartement  bien  fermé  (Voy,  Espé- 
lidouXroJ  et  où  l'on  entretient  un  feu  régularisé  par  le 
thermomètre.  C'est  là  le  mode  le  plus  usité.  L'éclosion  au 
moyen  du  Casiéié  (Voy,  c.  m.),  est  d'invention  relativement 
récente;  mais  cette  méthode  n'est  guère  suivie  que  par  les 
éducateurs  à  théorie.  Cependant  on  emploie  encore,  dans 
quelque  coin  des  Cévennes,  la  chaleur  humaine. 

CSouar,  «.  m.  —  Voy.  Qwmar, 

CSonaaso,  $.  f.  Gourde  faite  d'une  calebasse  ;  calebasse 
fendue  en  deux,  et  verticalement,  dont  les  fileuses  de  soie 
se  servent  comme  d'une  écope  pour  vider  leur  bassine 
quand  elles  veulent  en  renouveler  l'eau  ;  cuiller  à  arroser 
(Vai/.  ÀMdigadQuiro);  écuelle  de  bois;  sébille. 

Couble,  s.  m.  Couple;  paire  ;  attelage  de  deux  bêtes  de 
labour;  deux  choses  de  même  espèce,  prises  ou  considérées 
ensemble.  —  Un  coubU  dé  fé$,  deux  fois,  une  couple  de 
fois.  Un  bé  dé  dous  eoMes,  une  ferme  de  deux  charrues. 

Dér.  du  lat.  Copula,  lien,  couple,  lesse  dont  on  couple 
les  chiens. 

Conblé,  s.  m.  Traverses;  solives;  pièces  de  bois^  de 
brin  ou  de  sciage  qu'on  fixe  transversalement  sur  les 
grosses  poutres  d'un  couvert  ou  d'un  plancher  pour  sup- 
porter les  tuiles  ou  le  parquet.  —  Voy,  Jaséno. 

CSonblo,  j.  f.  Troupe  de  mulets  appartenant  au  même 
maitre.  Il  ne  se  dit  que  des  mulets  qui  portent  à  bât  et  qui 
ont  été  longtemps  le  seul  moyen  de  transport  des  marchan- 
dises dans  les  pays  de  montagnes.  Ce  nom  ne  se  donne  pas 
aux  mulets  de  trait  et  d'attelage. 

Goucaraîo,  s.  f.  Canaille;  truandaille  ;  réunion  de  gueux 
ei  vagabonds. 

Dér.  de  Couearou, 

Coucarda,  v.  Mettre  une  cocarde  à  quelqu'un  ;  attacher 
une  ganse  de  ruban  sur  sa  coifiFure  ;  mettre  un  nœud  ou 
on  pompon  sur  la  tète  d'un  agneau  ou  d'un  robin-mouton. 

Concardiè,  «.  m.  Soldat,  militaire,  porte-cocarde. 

Coucardo,  «.  /.  Dim.  Coueardéto;  péj.  Coueardoêto, 
Cocarde,  nœud  de  rubans  ou  pièce  d'étoffe,  plissée  et  ronde, 
qu'on  porte  au  chapeau  :  insigne  national  que  les  militaires 
portent  k  la  coiffure,  et  que,  dans  les  révoluticms,  les  divers 
partis  prennent  comme  signe  de  reconnaissance.  —  Préné 
la  eoueardo,  s'enrôler.  Chanja  dé  eoueardo,  être  transfuge 
d'un  parti  dans  un  autre. 

La  cocarde  nous  a  été  importée  par  les  soldats  croates, 
hongrois  et  polonais,  chez  qui  elle  était  une  touffe  de 
plumes  de  coq  attachée  à  leur  coiffure  ;  ce  qui  la  fit  d'a- 
boid  nommer  coquarde,  se  rapprochant  davantage  de  sa 
racine  coq. 


KoU'Coueardo,  s,  f.  Noix  de  la  plus  grosse  espèce  qui 
s'ouvre  très-facilement.  C'est  cette  espèce  que  l'on  emploie 
pour  en  faire  de  petits  nécessaires  en  miniature,  ou  des 
boites  à  une  paire  de  gants  de  femme. 

Goucarèlo,  s,  f.  ou  Capéléto.  —  Foy.  c.  m. 

Goncaron,  «.  m.  Péjor.  Coucaroi.  Gueux;  truand: 
mendiant  dépenaillé,  pauvre  diable  sans  argent  ni  consi- 
dération. —  Méno  uno  vido  dé  eouearwi,  il  mène  une  vie 
de  bohème,  de  gueux  et  de  paresseux. 

Ce  mot  a  des  assonnances  avec  Trutanui,  trudamut, 
truand,  de  la  bass.  lat.,  et  le  même  sens;  il  peut  s'être 
formé  de  là,  comme  il  a  probablement  servi  lui-même  à 
former  Couqui,  coquin,  et  certainement  Aeùueara,  acoqui- 
ner. En  esp.  Cuearo,  bohème,  truand. 

Conclia,  t).  Chasser,  pousser  devant  soi  ;  chasser  un  animal 
devant  soi,  le  toucher,  le  frapper  pour  le  faire  avancer.  -— 
Coucha  las  mouicoM,  chasser  les  mouches.  Qmeho  ta  bèiHo, 
touche  ta  bête.  Couchas  aguél  chi,  chassez  ce  chien. 

En  ital.  Caceiare,  chasser.  Les  deux  mots  viennent-ils 
du  lat.  Cogère,  forcer  àf 

Couché,  s,  m.  Cocher,  celui  qui  conduit  une  voiture, 
un  carrosse,  un  coche. 

Ce  mot  est  le  subs.  de  notre  verbe  Coucha;  il  ne  faut 
pas  lui  chercher  d'autre  étym.  Le  fr.  nous  en  parait  rede- 
vable au  lang. 

Gouclio-cha,  s.  m.  Litome,  grive  de  genévrier,  Turdus 
pilaris,  Linn.,  connue  aussi  sous  le  nom  de  Grivodé  mouH' 
tagno;  oiseau  de  l'ordre  des  Passereaux  et  de  la  fam.  des 
Crenirostres.  Cette  grive,  presque  de  la  taille  de  la  draine 
(Céséro),  tient  son  nom  de  son  chant,  ehâ,  chà,  seul  cri 
qu'on  lui  connaisse.  Les  baies  de  genévrier  dont  elle  se 
nourrit  donnent  à  sa  chair  un  goût  fort  prisé  de  certains 
amateurs,  mais  qui  n'est  pas  apprécié  par  d'autres  qui  la 
trouvent  amère.  La  livrée  de  cet  oiseau,  comme  celle  de 
ses  congénères,  est  un  gris  cendré,  tacheté  de  points  plus 
ou  moins  foncés,  avec  les  parties  inférieures  du  corps 
tirant  sur  le  blanc.  Mais  on  sait  que  l'âge,  le  sexe  et  au- 
tres circonstances  peut-être  modifient  souvent  le  plumage: 
et  il  en  est  du  reste  ainsi,  par  les  mêmes  raisons,  de  la 
couleur  des  autres  animaux. 

Goacho-cfai,  j.  m.  Bedeau.  Avant  l'introduction  des 
suisses  dans  le  personnel  de  la  gent  d'église,  c'était  le  be- 
deau qui  était  chargé  de  la  police  des  chiens,  d'où  lui 
vient  son  nom  lang.  Il  est  vêtu  d'une  robe  noire  ou  rouge 
et  armé  d'une  baguette  ou  masse  surmontée  d'une  lanterne 
ou  d'une  boule. 

Goiicoû,  «.  m.  Dim.  Caueouné.  Cocon  de  ver  à  soie; 
œuf  cuit  ou  cru,  dans  l'aigot  des  nourrices;  bouton  de  rose; 
champignon  oronge  en  boule,  à  demi  développé. — V.  Fouêéi, 

Dér.  du  lat.  Coneha  et  du  gr.  KdyxT),  coquille,  conque. 

Goucongnè,  s.  m.  Péj.  Coucougnètras.  Sale-pot;  homme 
qui  se  mêle  des  détails  de  ménage  ;  qui  usurpe  les  fonc- 
tions de  la  femme. 

Dér.  de  Coueaà  dans  l'acceplion  d'œuf,  parce  qu'ue 

t7 


310 


œu 


cou 


homme  de  celte  espèce  8*occape  particulièiement  des  poules 
et  desœufe. 

CSoucoiuado,  s.  f.  Gochevis,  alouette  hai^,coquillade; 
Alauda  eristata,  Limi.,  oiseau  de  l'ordre  d^  Passereaux  et 
de  la  iam.  des  Subulirostres.  Une  huppe  de  plumes  placée 
sur  la  tète  et  qu'elle  peut  redresser  à  volonté,  représente 
grossièrement  une  coquille,  c'est  ce  qui  lui  a  fait  donner  le 
nom  de  Coucouiado;  peut-être  sa  huppe  a-t-elle  plus  de 
ressemblance  à  un  capuchon ,  et  CueMata  la  caractérise 
mieux? 

Concoumar,  s.  m.  Dim.  Coucoutnardé.  Goquemar, 
bouilloire  en  terre  et  à  bec,  pour  faire  chauffer  l'eau,  faire 
les  décoctions  et  les  tisanes. 

Dér.  du  lat.  Cueuma,  vase,  qui  répond  au  Coucoumar  par 
ses  attributions. 

Cueutna  est  formé  lui-même  de  Cueunur,  concombre, 
parce  qu'il  était  autrefois  de  la  forme  de  ce  légume. 

CSoncoumé,  s.  m.  Champignon  en  boule,  tel  qu'il  sort  de 
la  terre  et  non  encore  développé.  C'est  dans  cet  état  que 
l'oronge  est  le  plus  délicat. 

Dér.  de  Coucoà,  œuf,  dont  Coueoumé  est  le  dim. 

Gonconrèlo,  s.  f,  Dim.  Cocot/ré/é/o.  Petite  figue  violette, 
fort  douce,  qui  miîrit  au  milieu  de  Tété.  C'est  une  de  celles 
qu'on  fait  sécher  en  les  exposant  au  soleil,  ou  enies  piquant 
une  par  une  sur  un  buisson  desséché. 

Le»  nourrices  donnent  ce  nom,  en  terme  d  amitié,  à  leur 
poupon  :  Ma  coueourélo/  ma  eaueourèUlo  /  mon  chou,  mon 
petit  cœur! 

Goucu,  s.  m.  Coucou,  CtMsiUus  catêorus,  Linn.,  oiseau  de 
l'ordre  des  Grimpeurs  et  de  la  fam.  des  Cunéirostres,  de  la 
grosseur  de  la  grosse  draine,  le  dessus  du  corps  cendré 
bleu&tre,  le  dessous  blanc  sale  avec  des  raies  transversales 
d'un  brun  noirâtre.  Il  se  nourrit  d'insectes  ainsi  qued'œufs 
d'oiseaux.  Vers  la  fin  d'août,  il  est  gras,  et  sa  chair  est  un 
bon  manger. 

On  prétend  que  cet  oiseau  étant  le  seul  à  avoir  les  intes- 
tins superposés  à  l'estomac,  il  lui  est  impossible  de  couver 
ses  œufs  sans  nuire  à  sa  digestion.  C'est  pour  cela  qu'il  va 
pondre  un  seul  œuf  dans  le  nid  de  certains  autres  oiseaux, 
parmi  lesquels  il  donne  la  préférence  à  la  fauvette,  au  rap- 
port de  notre  savant  ornithologue  du  Gard,  Crespon.  Quel- 
quefois c'est  à  la  couvée  de  l'alouette,  du  rossignol,  de  la 
pie-grièche,  etc.,  qu'il  vient  apporter  ces  intrus.  Bien  que 
TcBuf  de  la  fauvette  ait  quelque  ressemblance  avec  celui  du 
coucou  et  qu'il  soit  comme  lui  d'un  blanc  sale  et  tacheté, 
on  ne  conçoit  pas  trop  que  cette  couveuse  ne  puisse  s'aper- 
cevoir de  la  supercherie  par  la  différence  de  grosseur.  Dans 
la  nichée  d'une  grive,  d'un  merle,  cela  s'expliquerait  mieux. 
Faudrait-il  expliquer  cette  anomalie  par  une  destination 
qiôciale  de  la  nature? 

Quoi  qu'il  en  soit,  cette  version  parait  plus  plausible  que 
celle  que  nous  offre  Sauvages.  Celui-ci  prétend  que  le  cou- 
cou ne  place  son  œuf  dans  le  nid  de  la  fauvette  qu'après 
avoir  dévoré  k  progéniture  légitime  de  cet  oiseau.  Mais  il 


parait  bien  plus  singulier  que  la  mère  consente  k  cet  échange 
meurtrier,  qui  ne  peut  lui  échapper  dans  cette  hypothèse. 

C'est  par  antiphrase  de  cette  donnée  qu'on  appeùe  Coucu, 
en  lang.  et  par  le  mot  correspondant  en  fr..  le  mari  dont  la 
femme  manque  à  la  fidélité  conjugale.  Cette  expresûon,  qui 
est  une  injure  sanglante,  n'est  plus  usitée  dans  les  deux 
langues  que  dans  le  style  libre  et  bas.  Il  n'en  était  pas  tûnsi 
du  temps  de  Molière,  ni  encore  du  temps  de  l'abbé  de  Sau- 
vages, qui  cite  le  mot  comme  un  terme  de  dérision  un  peu 
libre,  seulement. 

Coucu'tttupï!  est  l'onomatopée  qui  représente  le  chant  de 
cet  oiseau,  avec  une  légère  variation  sur  la  dernière  syllabe  : 
c'est  un  cri  que  les  enfants  poussent  en  s'amusant.  ~~  JBii 
abriou  canto  lou  coueu  »'é$  viou,  prvb.  agricole,  au  mois 
d'avril  le  coucou  chante  s'il  est  en  vie  :  c'est  en  efifot  an 
printemps  qu'arrive  cet  oiseau,  et  son  chant  l'annonce. 

Dér.  du  lat.  Cueului,  onomatopée  de  son  chant. 

CSoacu,  »,  m.  Pain  de  cour  ;  muscari,  Hyacimhu*  mustari, 
Linn.,  plante  de  la  fam.  des  Liliacées,  sauvage,  bulbeuse, 
qui  donne  un  bouquet  de  fleurs  d'un  bleu  foncé,  disposées 
en  grelots  le  long  de  sa  tige. 

Goucudo  ou  Jâoavèrtaaso.  —  Voy.  c.  m. 

Goudasquéja,  t;.  fréq.  Caqueter.  —  Se  dit  du  cri  de  la 
poule  qui  vient  de  pondre. 

Le  mot  est  probablement  une  onomatopée. 

Gondasquo,  $,  f.  Poule.  Au  fig.  caqueteuse;  mauvaise 
langue;  caquet-bon-bec. 

Coudônas,  s.  m.  Péjor.  de  Coudéno,  Grosse  et  vilaine 
peau;  grosse  couenne,  au  prop.  Au  fig.  croûte  d'un  ulcère; 
spécialement  parcelle  de  terre  aride  et  peu  ou  mal  cultivée. 

Goudéno,  s.  f.  Couenne  de  porc,  peau  dure  qui  couvre 
son  lard.  Au  fig.  on  le  dit  d'une  personne  ou  d'un  animal 
fort  maigres.  —  Ari  coudéno  et  l'ase  gué  té  méno,  prvb., 
av£^ce,  baudet,  et  l'âne  qui  te  conduit;  c'est-à-dire  l'ànier 
qui  est  aussi  àne  que  sa  bête.  E»  iotu  coudéno,  il  n*a  que 
la  peau  et  les  os. 

Coudéno  se  dit  aussi  de  la  crasse  qui,  à  foroe  d*inl«aûlé, 
finit  par  se  former  en  écailles  et  par  avoir  toute  l'adhérence 
et  la  consistance  d'une  peau. 

Dér.  du  lat.  CutU,  peau,  et  Cutma,  peau  de  porc. 

Goudèr,  «.  m,  Dim.  Coudèrqué.  Petit  pré  sec  qu'où  voit 
communément  à  la  campagne  devant  les  maisons  de  ferme 
et  qui  produit  plutôt  du  gazon  que  du  foin.  C'est  là  que  les 
enfants  vont  jouer,  lesagneaux  gambader  et  les  poules  gratter. 

11  est  probable  que  le  fr.  coudrette  dérive  du  lang.  Couder. 
Les  glossateurs  français  en  font  un  dim.  collectif  de  coudraîe; 
mais  son  acception  résiste  à  cette  origine. 

Dér.  du  lat.  Codetum,  champ  en  friche,  ou  de  la  basa. 
lat.  Coderum,  place  au  devant  d'une  maiscHi  de  f^mpagnA 

Goudiou,  s.  m.  Étui  de  faucheur,  dans  lequel  il  met  i 
tremper  sa  pierre  k  aiguiser.  Il  a  presque  la  forme  d'un 
sabot,  se  termine  en  pointe  vers  le  bas  et  il  est  fixé  à  la 
ceinture  des  faucheurs  par  une  lanière. 

Dér.  du  lat.  Cas,  eolii,  queux,  pierre  à  aiguiser,  donnant 


cou 


cou 


311 


Coiaria,  carrière  de  ces  sortes  de  pierres,  et  peai-ètre  Codou, 
caillou. 

Covdis^coiidaBqaol  Imitation  du  cri  de  la  poule  qui 
Tient  de  pondre.  Il  se  prend  substantivement,  aufig.  comme 
aogm.  de  Omdanquo,  pour  caqueteuse,  mauvaise  langue, 
qui  ne  sent  pas  la  portée  de  ses  paroles.  —  E»  trno  coudkp- 
wudoMquo,  c'est  une  bavarde,  une  babillarde,  une  méchante 
langue. 

CSondfmgna,  s.  m.  Gotîgnac;  conGturedecmngs;  eau  de 
coings,  mélange  d*eau-de-vie,  de  sucre  et  de  coings  infusés, 
cordial  fort  employé  dans  la  clinique  populaire. 

Ce  mot,  qui  n'appartient  pas  au  dialecte  des  Gévennes, 
mais  an  gascon,  a  été  adopté  et  s*est  généralisé  par  les 
poésies  de  Jasmin,  qui  l'a  chanté  dans  sa  charmante  épopée 
intitulée  :  Mou$  vttéénU, 

Condoagnè,  s.  m.  Cognassier,  Pyms  eydonia,  Linn., 
artire  de  la  fam.  des  Rosacées,  cultivé  et  sauvage  dans  nos 
pays.  Le  cognassier  sauvuge  sert  à  marquer  les  limites  des 
prés  et  jardins,  à  cause  de  sa  facilité  à  venir  par  bouture. 
Dans  les  terrains  bas  et  susceptibles  d'alluvion,  les  bornes 
en  pierre  tendent  sans  cesse  à  être  recouvertes;  c'est  pour 
en  reconnaître  toujours  la  place,  alors  même  que  la  t^rre 
les  recouvrirait  entièrement,  qu'on  plante  sur  le  point  même 
des  boutures  de  cognassier  qui  s'élèvent  concuremment  avec 
le  niveau  du  sol  et  indiquent  toujours  le  point  où  il  faut 
chercher  la  borne.  Pour  plus  grande  sûreté,  on  multiplie 
ces  boutures  sur  toute  la  ligne  divisoire  à  courte  distance 
les  unes  des  autres. 

Dér.,  d'après  le  plus  grand  nombre  des  étymologistes,  du 
nom  de  Cydon,  ville  de  Candie,  aujourd'hui  la  Canée,  en 
gr.  RuScov,  d'où  le  lat.  Cydonia.  Mais  le  lat.  appelait  la 
coing,  Maius  eotonea,  sans  doute  à  cause  du  duvet  dont  ce 
fruit  est  recouvert;  la  bass.  lat.  en  fit  Caterum.W  pourrait 
bien  nous  être  arrivé  aussi  par  ce  chemin. 

Gondoumbre,  «.  m.  Concombre,  Cueumis  sativus,  Linn., 
liante  de  la  fam.  des  Cucurbitacées,  fruit  potager,  rafEral- 
chissant,  mais  aliment  indigeste  et  lourd  mangé  cm. 

Coudoumbre^'asê,  concombre  sauvage,  concombre  d'àne, 
Mmnordiea  datmium,  Linn. 

I>ér.  du  lat.  Cucumiê,  cueutneris;  par  substitution  du  h 
à  Vê,  CueumMê,  dont  le  primitif  est  Cuee,  chose  creuse, 
en  celt. 

Coudomi,  s.  m.  Coing,  fruit  du  cognassier.  Ce  fruit,  sto- 
machique et  sain  quand  il  est  cuit,  est,  à  l'état  de  crudité, 
âpre  et  rtcbe,  et  ne  se  laisse  pas  facîTement  avaler.  C'est 
par  allusion  à  cette  qualité  sans  doute  qu'on  a  fait  de  Cou' 
doun  le  synonyme  de  chagrin,  inquiétude,  qui  causent  un 
poids  sur  l'estomac.  —  Aï  lou  eoudoun,  j'ai  un  souci  pro- 
fond,  une  crainte  qui  m'empêche  de  respirer,  comme  si  je 
venais  d'avaler  un  coing. 

Dér.  de  Coudaugnê. 

Goné,  adj,  m.,  sans  fém.  Coi;  silencieux  ;  muet  d'éton- 
nement  ou  de  terremr;  frai^  de  stupeur.  —  Jiitttt  eoué, 
ooiirt,  ou  bien  sans  mouvement.  Pris  ainsi  adterina- 


lement,  Ccué  s'applique  aux  deux  genres.  Coi»  en  fr.  est 
adv.,  autrefois  il  était  adj.,  coi,  crâte. 

Dér.  du  lat.  Quietus. 

Couéto  dé  lapin,  «.  f.  Lagurier  ovale,  Lagurus  ovatuê, 
Linn.,  ou  Gramen  ahpecouro»  tpied  rotundiore,  graminée, 
que  la  forme  de  son  épi  a  fait  nommer. 

Goiifi,  V,  Confire,  faire  cuire  des  fruits,  etc.,  dans  un 
suc,  une  liqueur,  avec  du  sucre,  du  miel,  du  moût,  qui  les 
pénètre;  mitonner;  choyer;  dorloter;  remplir  jusqu'aux 
bords.  —  Coufî  d'ourgum,  bouffi  d'orgueil.  Coufï  dé  m/di- 
eh,  plein  de  malice.  A  eouft  $a$  poehoê^  il  a  rempli  ses 
poches. 

Se  coufi,  languir  dans  une  diambre  sans  sortir;  se 
séquestrer  dans  son  intérieur;  se  mitonner  chez  soi. 

Dér.  du  lat.  Confieerê. 

Goufin,  s.  m.  Cabas;  corbeille  ou  panier  en  sparterie,  rond 
ou  ovale,  avec  deux  anses,  propre  à  porter  des  provisions. 

Ce  terme  est  originaire  du  dialecte  provençal,  qui  n'a 
pas  d'autre  désignation  pour  cabas.  Son  importation  a 
commencé  depuis  quelques  années. 

Dér.  du  lat.  Cophinus,  petite  corbeille,  venant  du  grec 
K69iv(K,  panier  d'osier,  corbeille. 

Gonfla,  V.  Enfler;  gonfler;  causer  un  gonflement; 
augmenter,  prendre  un  plus  grand  volume;  tuer,  frapper 
avec  violence,  atteindre  quelqu'un  d'un  coup  de  pierre  ou  de 
fusil;  animer  quelqu'un  contre  un  autre,  l'excitera  la  ven- 
geance, à  la  haine  ;  lui  remplir  les  oreilles. 

Se  confia,  se  rengorger,  s'énoi^eillir;  être  prêt  à  pleu- 
rer, commencer  &  avoir  le  cœur  gros. 

La  patio  ié  couflo  à  lapastUtro,  la  pâte  renfle  et  se  dilate 
dans  la  huche.  Aquélos  bajanoi  eouflou  bien,  ces  châtaignes 
renflent  beaucoup  à  la  cuisson.  Aquà  ûouflo  Vértouma,  cela 
gonfle  l'estomac,  lui  donne  des  flatuosités.  5^  eoufla  di 
hUaXo,  dé  soupo,  se  gorger,  s'empiffrer  de  mangeaille,  de 
potage.  Gardoù  eoufio,  la  rivière  grossit.  Aquéito  pUjo  fara 
confia  lon$  raHn$,  cette  pluie  fera  gonfler  les  raisins.  Van 
bien  confia  eronto  iéon,  on  lui  a  bien  monté  la  tête  contre 
moi. 

Dér.  du  lat.  Compare,  souffler,  gcmfler,  exciter. 

Goullaire,  aire,  adj.  Boute-feu;  mauvaise  langue,  qui 
souffle  la  discorde. 

Conflaje,  «.  m.  Crevaille;  autant  de  vivres  que  l'estomao 
peut  en  c(mtenir.  —  Ai  manja  monn  conflaje  dé  pmnoi, 
je  me  suis  gorgé  de  pruneaux.  Gn'aviè  nn  eonfiaje,  il  y  en 
avait  de  quoi  se  rassasier.  iVoV  mann  conflaje,  je  n'en  puis 
plus.  —  Foy.  Tibaje,  Bamplimén. 

Gonfle,  coqUo,  adj.  Enflé;  gonflé;  plein;  dodu;  qui  a 
le  cœur  gros  de  larmes  ou  de  colère.  —  Confie  conmo  nn 
péeotd,  fier  comme  un  pou,  bouffi  d'orgueil  comme  la  gre- 
nouille de  la  fable.  SiH  confie,  j'ai  le  cœur  bien  gros.  A  ions 
iéle  confiée,  il  a  les  yeux  gros,  pleins  de  larmes. 

Gonfliie,  s,  m.  Gonflement  d'estomac  ^  ventosité  ;  météo- 
risation;  grosse  panse.  Au  fig.  orgueil;  chagrin  ou  colère 
ooncentsés. 


212 


COU 


COU 


CSonflo-conqni,  s.  m.,  phr.  faite.  Toat  mets  grossier  et 
farineux,  qni  fermente  dans  l*estomac  et  le  fait  gonfler,  et 
particulièrement  les  pois-chiches  et  les  haricots.  Dans  le 
même  sens  et  plos  cavalièrement  on  dit  CoufMf, . .  .e. 

Coniloti,  s.  m.  Bout-d'homme  fort  gros,  pansu,  ventru. 
—  Voy.  Boutnbég  BounUxiH, 

Couga,  V.  Couver. 

Ce  mot,  qui  semble  le  même  que  Coua,  a  un  sens  moins 
positif.  Ainsi  on  ne  dit  pas  Cou§a  pour  couver  des  œufs  et 
de  la  graine  de  vers  à  soie,  mais  on  dit  très-bien  :  —  Couga 
lapigoUf,  être  menacé  de  la  petite  vérole;  entrer  dans  la 
fièvre  par  où  elle  commence.  Couga  dé  poumot,  conserver 
des  pommes  sur  la  paille.  Couga  là  bugado,  faire  mitonner 
la  lessive.  FaHre  couga  lasoulivos,  faire  fermenter  les  olives, 
avant  de  les  fouler.  D'oulivos  oougado$,  des  olives  pochées. 
Se  couga,  ou  couga  ta$  gnitros,  rester  au  lit  la  grasse  mati- 
née. —  Voy,  Coua, 

Dér.  du  lat.  Cubare,  être  couché. 

Congna,  congnado,  s.  Beau-frère,  belle-sœur.  S'applique 
également  au  frère  et  à  la  sœur  de  la  femme,  au  mari  ou  à 
la  femme  de  la  sœur  ou  du  frère,  au  père  et  à  la  mère  du 
gendre  et  de  la  bru. 

Dér.  du  lat.  Cognatu$,  parent,  allié. 

Gougné,  s.  m.  Coin,  pièce  de  bois  ou  de  fer,  servant  soit 
pour  fendre  du  bois ,  soit  pour  déliter  un  banc  de  pierre 
dans  la  carrière,  soit  pour  assujettir  un  outil  à  son  manche  : 
cale.  —  Isêarta.âou  cougné,  greffer  en  fente. 

Dér.  du  lat.  Cunetu,  m.  sign. 

Congnèîro,  s.  f.  Fondrière,  terrain  bas  et  creux  où  la 
neige,  chassée  par  le  veut,  s*amoncè]e  à  une  très-grande 
hauteur  et  se  nivelle  avec  le  sol  adjacent.  Dans  les  routes 
des  hautes  montagnes,  ces  fondrières  offrent  un  grand  dan- 
ger aux  voyageurs,  parce  que  la  neige,  nivelant  les  chemins 
et  les  champs,  si  un  voyageur  égaré  manque  la  route  et  met 
le  pied  sur  la  fondrière  avant  que  sa  surface  ne  soit  durcie 
par  la  gelée,  il  disparait  abimé,  avec  cheval  et  voiture.  Le 
passage  est  surtout  dangereux  quand  il  règne  de  ces  bou- 
rasques  qu'on  appelle  Cira  (Voy.  c.  m.),  parce  qu'alors  la 
neige  aveugle  et  empêche  de  voir  ou  de  calculer  la  direction 
de  la  route. 

Dér.  probablement  du  gr.  Tcovfa,  angle,  coin,  ou  du 
celt.  Kon,  Kan,  même  sign.  —  Voy,  Candïargue. 

Goagnéta,  v.  Mettre  un  coin  à  un  outil  pour  en  assujettir 
le  manche,  et  le  rendre  solide  ;  caler  un  meuble,  une  table. 

Congoorlià,  t.  m.  Terrain  ou  lieu  planté  de  courges; 
pied  de  courge,  la  plante  elle-même.  —  Aquélo  fïo  réstara 
ûou  eougourliè,  cette  fille  restera  fille  :  comme  une  courge 
qu'on  laisse  sur  pied  sans  l'employer;  elle  restera  pour 
coiffer  sainte  Catherine. 

Gougovrlo,  j.  f.  Dim.  Cougourléto;  péjor.  Cougourlasso. 
Courge;  citrouille;  potiron;  CucurbUa,  Linn.,  nom  géné- 
rique qui  comprend  toute  la  fam.  des  Cucurbitacées,  dont 
les  variétés  sont  nombreuses.  La  citrouille  proprement  dite, 
melonnée  et  musquée,  s'appelle  PastU;  le  potiron,  la  gro$so 


m 

Cougourio;  la  gourde  de  pèlerin,  Ènvinadouïro:  le  giran* 
mont,  poire  à  poudre,  fausse  orange,  CougourUto;  les 
trompettes,  Coumé,  etc.  La  généralité  des  courges  à  manger 
se  nomme  aussi  Boutêio. 

Cougourio  est  souvent  employé,  au  fig.,  pour  dire  :  une 
sotte,  une  niaise. 

S'émbroMta  eoumo  dos  eougourhs,  s'embrasser  comme 
pain,  de  tout  son  cœur,  avec  bonheur  et  empressement. 

Dér.  du  lat.  Cucurbita,  m.  sign. 

Gonguioulo,  «.  f.  Primevère  jaune,  Primilavêrii,  Linn., 
plante  de  la  fam.  des  Primulacées,  qui  fleurit  aux  premiers 
jours  du  printemps. 

C'est  le  même  nom,  Couguioulo,  que  porte  la  folle  avoine, 
averon,  Avma  faiua,  Linn.  —  Voy.  Civado-folo. 

Gooiandro,  s.  f.  Coriandre,  Coriandrum  sativum,  Linn., 
plante  de  la  fam.  des  Ombellifères.  Sa  graine  est  employée 
dans  la  confiserie.  —  Voy.  Grano  dé  boudin. 

Gouiasto,  j.  f.  Nom  d'une  espèce  d'olive  :  la  plus  grosse 
et  la  plus  arrondie;  c'est  celle  que  l'on  fait  confire  de  pré- 
férence. 

Gonîda,  v.  Agenouiller;  faire  décrire  un  angle,  un  coude, 
à  une  branche,  à  un  provin .  à  une  marcotte  ;  courber  un 
sarment  en  terre,  pour  lui  faire  prendre  racine;  bifurquer; 
décrire  un  angle.  —  Lou  cami  se  couïdo  énd'un  tel  éndré, 
le  chemin  forme  un  angle,  se  dévie,  change  de  direction  à 
tel  endroit. 

Gouide,  s.  m.  Coude,  partie  postérieure  de  l'articulation 
du  bras  avec  l'avant-bras  ;  angle  plus  ou  moins  aigu  formé 
par  la  rencontre  de  deux  lignes;  changement  de  direction 
d'un  chemin.  —  Leva  loû  eouxde,  hausser  le  coude;  chopi- 
ner;  sô  griser.  Aï  moun  couïde  trâouqua,  mon  habit  est 
percé  au  coude.  Aqud  foi  lou  couide,  cela  est  courbé. 

Dér.  du  lat.  Cubitus,  m.  sign. 

Gomdéja,  v,  fréq.  Coudoyer;  heurter  avec  le  coude; 
donner  des  coups  de  coude  ;  pousser  avec  le  coude. 

Comdéjado,  s.  f.  Coup  de  coude. 

Gouîfa,  V.  Coiffer;  mettre  une  coiffe,  une  coiffure;  arran- 
ger les  cheveux. 

SécovXfa,  se  coiffer,  s'amouracher;  prendre  une  lantsdne. 

Gomfé,  s.  m.  Dim.  Couïfétoù.  Coiffe  particulière  aux 
paysannes  en  dessous  d' Alais  et  de  La  Vannage  ;  sorle  de 
calèche  à  longues  barbes  de  dentelle  ^i,  après  s'être  croi- 
sées sous  le  menton,  viennent  se  fixer  sur  le  haut  de  latèle. 
La  mode  nouvelle  effaice  peu  à  peu  tous  ces  costumes  natio- 
naux. Cette  coiffure  n'est  plus  portée  que  par  les  femmes 
de  la  génération  précédente  de  la  nôtre.  Le  type  s'en  con- 
serve particulièrement  dans  le  village  de  la  Calinette.  — 
Voy.  Coïfo. 

Gouîoon,  s.  m.  Dim.  Couïouné;  augm.  Couïouna$.  Sot; 
imbécile;  benêt;  nigaud;  lourdaud;  butor;  triste  ûre; 
animal. 

Tous  les  dictionnaires  français,  sauf  sans  doute  celui  des 
Précieuses,  mais  y  compris  celui  de  l'Académie,  air^gistrent 
le  subst.  masc.  Coïon;  et  ils  font  bien.  S'il  fallait  niettie 


cou 


cou 


S13 


ao  rebat  tons  les'  mois  qui  ont  avec  certains  autres  une 
amsonnance  entière  on  partielle  dont  on  peut  abuser^  les 
dictionnaires  diminueraient  bien  d'épaisseur  et  le  calem- 
bourg  de  ressources  :  ce  qui  serait  un  grand  malheur. 
L'orthographe  de  ce  mot,  qui  défend  de  toute  méprise 
écrite  ou  parlée,  sa  signification  qui  est  exclusivement 
en  fr.  lâche,  poltron,  sans  cœur,  ce  que  confirme  son 
étymologie,  car  on  le  fait  venir  du  lat.  Quietui,  paisible; 
fuyant  la  peine;  ami  de  la  paix;  en  voilà  bien  assez  pour 
le  faire,  en  sûreté  de  conscience,  admettre  à  sa  lettrine,  en 
avisant  toutefois,  ce  qui  n'est  pas  de  trop,  qu'il  n'est  pas 
du  style  très-noble. 

On  ne  doit  avoir  aucun  scrupule  d'en  faire  autant  pour 
son  correspondant  languedocien,  qui  a  même  un  avantage, 
puisque  son  orthographe  et  sa  prononciation  l'isolent  plus 
encore  et  empêchent  de  le  confondre  et  de'  le  compromettre 
avec  qui  que  ce  soit.  Cela  dit,  pour  les  besoins  de  la  cause, 
aussi  clairement  qu'il  m'était  possible  si  ce  n'est  autant 
qu'il  l'aurait  fallu,  rentrons  dans  notre  spécialité. 

Notre  vocable  n'a  pas  du  tout  la  signification  de  lâche, 
couard,  que  lui  donne  le  français,  —  et  il  me  semble  du 
reste  que  ce  dernier  a  tout  à  fait  abandonné  cette  acception, 
qu'on  ne  trouve  plus  que  dans  ses  dictionnaires,  pour 
adopter  dans  l'usage  la  nôtre,  que  l'Académie  fera  bien 
d'ajouter  si  ce  n'est  de  substituer.  —  Cou'wun,  qui  se  fémi- 
nise selon  les  exigences,  signifie,  nous  venons  de  le  dire  : 
sot,  niais,  imbécile,  lourdaud  et  butor;  animal  ;  triste  sire; 
quand  il  est  prononcé  sérieusement  ou  dans  la  colère;  mais 
dit  en  riant,  dans  l'usage  commun,  il  n'a  aucune  applica- 
tion insultante  et  il  n'est  qu'une  épithète  qui  correspond 
tout  au  plus  au  fr.  nigaud,  employé  dans  les  mêmes  cir- 
OMistances.  Ainsi  adoucie,  cette  appellation  n'est  devenue 
que  trop  parasite  dans  les  dialogues  libres  et  familiers,  et 
même  les  personnes  du  sexe,  un  peu  fortes  en  gueule,  il  est 
vrai,  ne  s'en  font  pas  faute.  Aussi,  an  pu  Uou  dit  couïoun 
que  moussu,  on  a  plutôt  dit  Couïoun  que  monsieur,  remar- 
quait quelqu'un  à  propos  de  ces  formes  de  discours  un  peu 
bien  sans  gêne.  C'est  ce  qui  fait  qu'après  avoir  assisté  à  une 
de  ces  conversations  animées,  où  assez  de  monde  avait  pris 
part,  et  qui  par  conséquent  avait  été  abondamment  lardée 
du  bannal  vocatif  qu'on  se  renvoyait  à  l'envi ,  un  étranger 
se  prit  à  dire,  moitié  figue  et  moitié  raisin  :  11  parait  qu'il 
y  a  beaucoup  de  coïons  dans  ce  pays-d. — Mais  honni  soit 
qui  mal  y  pensait!  D'ailleurs,  vôou  mai  èstrs  eoiiXoun 
qu'anugU,  exclama  un  jour  un  combattant  qui  se  trouva 
un  peu  trop  exposé  aux  balles  dans  une  de  ces  escarmou- 
ches. On  cessa  le  feu  et  on  lui  demanda  le  pourquoi  de 
cette  bizarre  proposition.  Pérei  qu'on  né  vëï  d'douires, 
répondit-il,  c'est  qu'on  en  voit  d'autres;  et  cela  est  devenu 
le  ecmsolant  dicton  dont  on  ne  manque  jamais  d'user  en 
pareil  danger,  sans  se  fâcher  autrement. 

On  voit  qu*à  r^arder  de  près  quelques-uns  de  ces  mau- 
vais garçons,  ils  ne  sont  pas  aussi  méchants  qu'ils  en  ont 
Tair  de  loin.  Certes,  je  n'engage  pas  pour  cela  à  les  fré- 


quenter :  ils  sont  suspectés,  c'est  assez  et  il  faut  faire  d'eux 
comme  César  de  sa  femme.  Mais  quand  l'occasion  se  pré- 
sente de  les  défendre,  et  il  n'est  même  pas  mal  de  la  cher- 
cher, alors  qu'on  en  a  fait  son  état,  il  y  a  utilité  et  justice 
à  le  faire.  J'ai  cru  d'autant  plus  à  propos  de  le  tenter  encore 
pour  ce  mot-ci  qu'il  entre  dans  un  dicton  qu'il  eût  été  assez 
diflScile  d'accueillir  sans  s'être  bien  expliqué,  et  assez  ori- 
ginal pour  qu'on  n'eût  pas  regretté  de  l'avoir  mis  en  retenue. 
—  Tris  eouïouns  manjavou'n  api,  U  suçavo  lou  grél,  mot 
à  mot  :  trois  imbéciles  mangeaient  un  céleri,  et  lui  suçait 
le  bout  ou  la  feuille.  On  dit  cela  de  quelqu'un  qu'on  veut 
dépeindre  tellement  bête  que  le  premier  idiot  venu  en  sau- 
rait plus  que  lui.  Dans  le  céleri,  —  ceci  est  élémentaire  en 
gastronomie,  —  le  pied  seulement  est  bon,  lou  ealds;  le 
commencement  des  côtes,  tant  qu'elles  sont  blanches,  est 
admissible;  l'extrémité  de  la  tige,  les  feuilles  surtout  ne 
valent  rien,  on  les  supprime.  Dans  une  salade  tout  au  plus 
et  pour  achever  de  remplir  le  saladier,  on  peut  laisser  un 
peu  de  ces  extrémités  avec  quelques  feuilles  nouvelles, 
gréls;  mais  elles  ont  toute  chance  de  rester  au  fond  du 
plat.  —  11  est  certain  que  si  trois  individus  minces  d'esprit 
se  trouvent  attablés  autour  d'une  telle  salade  et  que  deux 
de  ceux-là,  visant  à  se  garder  les  bons  morceaux,  peuvent 
persuader  le  dernier  que  la  mauvaise  part,  lou  grél,  vaut 
autant  et  peutétre  mieux  et  le  lui  laissent  à  manger,  c'est 
qu'ils  sont  plus  fins  que  lui  ou  plutôt  qu'il  est  plus  bête 
qu'eux  encore,  bête  par  conséquent  au  dernier  degré  de 
l'échelle. 

Un  sot  trouve  toujoure  un  plus  sot  qui  l'admire.  Notre 
troisième  convive  est  le  plus  sot  ;  et  c'est  ce  qu'a  voulu 
faire  entendre  notre  proverbe,  et  ce  qu'il  signifie  dans 
l'usage  fréquent  qu'on  en  fait. 

Couïoun  eoumo  l'abè  Lati,  plus  bête  que  celui  qui  inventa 
la  bêtise.  Notre  lang.  a-t-il  trouvé  dans  cette  phrase  faite 
quelque  consonnance  ressemblant  à  la  traduction  française, 
une  sorte  de  calembourg ,  pour  mettre  en  scène  un  person- 
nage de  fort  sotte  mémoire,  qui  n'est  pas  d'ailleurs  autrement 
connu?  Nous  ne  saurions  le  dire;  mais  notre  goguenardise 
en  est  bien  capable. 

Gouiouna,  v.  Tromper,  duper;  attraper,  mystifier  quel- 
qu'un; plaisanter,  hâbler,  railler,  goguenarder  et  goailler; 
dire  des  fariboles,  des  gaudrioles. 

Ce  mot,  comme  les  deux  suivants,  n'a  pas  plus  que 
leur  chef  de  file,  qui  les  a  formés,  une  figure  qui  prévienne 
dès  l'abord  en  leur  faveur  :  il  serait  inutile  de  le  dissimuler. 
Ils  sont  mal  vus  dans  la  bonne  compagnie.  Malgré  tout, 
ceux-ci,  bien  plus  que  le  premier,  s'ils  comparaissaient  de- 
vant un  jury,  auraient  droit  aux  circonstances  atténuantes. 
Le  fait  est  qu'il  ne  s'agit  pour  eux  que  de  plaisanterie,  que 
de  hâbleries  au  gros  sel  le  plus  souvent,  et  pas  davantage. 
C'est  dans  cette  acception  que  ces  termes,  qui  ne  sont  pas 
si  diables  que  noirs,  sont  employés,  et  c'est  là  leur  excuse 
pour  les  faire  admettre  ici.  C'est  avec  ce  caractère  que  le 
verbe  ci-dessus  se  présente  dans  le  dicton  proverbe  : 


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COU 


COU 


CouVotinan  ou  manjan  d'agr^otoi?  est-ce  pour  plaisanter 
on  sérieusement,  dit-il,  que  vous  fûtes  cela?  Est-ce  poor 
rire  on  tout  de  bon?  —  G*est  bien  là  le  sens  da  languedo- 
cien, dans  lequel  se  remarque  aussi  une  opposition,  une 
alternative.  Le  premier  mot,  c'est  entendu,  signifie  :  plai- 
santons-nous? rions-nous?  Gomment  le  second  membre  de 
phrase  peut-il  représenter  le  sens  du  français?  G*est  bien 
simple.  Les  cerises-griottes,  —  ^pio<,  du  grec,  ma  foi! 
agrioto,  aigre,  fort  bien  conservé  pour  son  âge,  —  sont 
assez  aigres  en  effet  pour  faire  faire^à  qui  en  mange  une 
grimace  qui  ressemble  assez  au  rire,  comme  le  rire  ressemble 
parfois  à  la  grimace,  témoin  le  rire  sardonique.  G'est  donc 
comme  si  Ton  demandait  :  Est-ce  rire  ou  grimace?  lorsqu'il 
y  a  lieu  de  douter.  Un  dicton  qui  s'exprime  ainsi  est  bien 
capable  de  faire  innocenter  les  mots  les  plus  verts.  Couiouna 
quâouquus,  ^pomper,  duper  quelqu'un  ;  le  plaisanter.  Sam 
eoftXouna?  interr.  :  Sérieusement?  Sans  plaisanter?  Sout 
esta  bien  coutouna,  j'ai  été  bien  attrapé. 

Comounado,  s.  /*.  Tromperie;  badinerie,  plaisanterie 
grossière,  d'un  goût  douteux,  trop  libre,  impertinente; 
goaillerie;  hâblerie;  gaudriole;  coglionerie  dans  le  sens  de 
celles  de  l'Arioste;  sottise;  maladresse.  —  Quinto  eotiiou- 
nadof  quelle  farce!  quelle  hâblerie!  Agud's  pa'no  cautou- 
nado,  ce  n'est  pas  une  plaisanterie.  Y  a  dé  eouïounado  âou 
jo,  il  y  a  quelque  dessous  de  carte  ;  ceci  n'est  pas  bien  clair. 
Pa»  di  eouïounado,  pas  de  plaisanterie;  sérieusement. 
Couïounado  à  part,  plaisanterie  à  part.  Tout  aqud's  dé 
eovXouncido,  tout  cela  ne  signifie  rien  ;  ce  ne  sont  que  des 
bêtises.  Aïtno  à  dire,  à  entendre  di  eoutounados,  il  aime  à 
dire,  à  entendre  des  gaudrioles,  des  hâbleries.  Ènténpae  la 
eouïounado,  il  n'entend  pas  la  plaisanterie.  A  fa  uno  pou- 
lido  eouïounado,  il  a  fait  une  fameuse  sottise,  une  fiére 
maladresse. 

Couoimaîre,  airo,  adj.  Railleur;  plaisant;  moqueur; 
goailleur;  goguenard;  mystificateur. 

Couîre,  s.  m.  Guivre;  métal  rouge&tre,  sonore,  dur, 
ductile,  fusible  et  malléable. 

Dér.  du  lat.  Cuprum,  formé  du  gr.  Kâicpoç,  nom  de  l'Ile 
de  Ghypre,  d'où  le  premier  cuivre  a  été  importé. 

Comssl,  s.  m.  Dim.  Couistiné.  Goussin;  carreau  de  lit, 
de  siège,  de  sopha,  etc.;  oreiller;  traversin,  oreiller  long 
qui  s'étend  de  toute  la  largeur  du  lit.  —  Ou  a  prés  âou 
MguK  ou  laïisara  dou  eouïssï,  c'est  un  défaut,  un  vice  qu'il 
a  pris  au  berceau,  et  qui  le  suivra  au  tombeau.  Lou  eovXssi 
porto  tout,  l'oreiller  est  un  remède  à  tous  maux,  dît-on  d'un 
ivrogne  en  l'envoyant  au  lit  cuver  son  vin.  Lou  eouïùi 
éndor  lou  sagan,  le  lit  conjugal  étoufie  toutes  les  querelles 
de  ménage.  Un  eo  dé  eouïtii,  un  long  sommeil. 

L'étym.  de  ce  mot  n'est  pas  sans  être  discutée.  Du  Gange 
le  dérive  du  lat.  Culeita,  matelas,  oreiller;  Hottman  et 
Ménage  de  l'ail.  EUisen, coussin;  Ferrari  de  l'ital.  Cueeire, 
coudre,  puis  de  Coxa,  cuisse,  parce  qu'on  met  des  coussins 
sous  les  cuisses;  ce  qu'approuvent  fort  Govarmvias  et 
^Court  de  Gebelin,  à  cause,  dit  odni-ci,  que  Foreilfer  rdéve 


la  tète,  comme  les  jambes  relèvent  le  corps.  Perrault  penche 
pour  le  lat.  Pultrinue,  matelas,  coussin  ;  Roquefort  les  cite 
tous  et  ne  prend  point  parti.  Nous  imiterons  sa  réserve. 

Coidtre,  «.  m.  Goutre,  fer  de  charrue,  tranchant  ;  instru- 
ment tranchant,  à  manche,  à  l'usage  des  bdsseliers,  pour 
refendre  le  bois  d'une  manière  régulière. 

Dér.  du  lat.  Culter,  couteau. 

Couja,  V.  Goucher,  mettre  dans  un  lit;  étoidre  horizon- 
talement; étendre  par  terre;  renverser.  Se  couja,  se  mettre 
au  lit  ;  se  coucher  par  terre.  —  La  luno  eé  cqjo,  ou  eé  to^jo, 
la  lune  se  couche.  Fat  té  eouja,  va  te  coucher  :  tu  m'en- 
nuies, va  te  promener.  La  plèjo  a  couja  lous  bka,  la  pluie 
a  fait  verser  les  blés.  Lou  eoujè  âou  $ôou,  il  le  renversa  par 
terre. 

Dér.  du  lat.  CoUocare,  placer,  mettre  en  place. 

Conjado,  s.  f.  Gouchée;  gîte,  lieu  où  les  voyageon 
s'arrêtent  pour  passer  la  nuit  ;  ce  que  l'on  paye  pour  souper 
et  coucher  dans  une  auberge;  fin  d'une  journée  de  route. 
—  Sérén  lèou  gandU  à  la  eoujado,  nous  serons  bieotAI 
rendus  à  la  couchée;  nous  touchons  au  terme  de  la  route 
pour  aujourd'hui.  Çai  tes  dé  eoujado?  Gouchez-vous  id? 

Coujan,  s.  m.  Gouchant,  endroit  du  del  où  le  soleil 
parait  se  coucher;  ouest.  —  Vèr  lou  coujan,  à  l'ouest,  au 
couchant. 

Conjan,  a^j.  m.  Gouchant,  qui  se  couche.  -—  A  somrél 
coujan,  au  soleil  couchant. 

Coula,  V.  Gonler;  suivre  sa  pente,  en  parlant  d'un 
liquide;  passer  quand  il  est  question  du  temps;  suinter; 
transpirer;  glisser;  décuver  son  vin,  tirer  la  cuve.  — 
Aquélo  bouto  eouh,  ce  tonneau  transpire,  ou  perd  par 
quelque  fissure.  La  eoulavo  douço,  il  passait  la  vie  gaiment. 
Couro  coulas?  Quand  décuvez-vous  votre  vin,  quand  aou- 
tirez-vous  le  vin  de  votre  cuve?  Couiala  frii^o, abreuver 
la  lessive.  Afaïra  eotfnio  tin  pâoure  home  que  couio  sa 
trémpo,  affairé  comme  un  pauvre  homme  qui  décave  sa 
piquette;  parce  que  le  pauvre  n'ayant  pas  ou  peu  de  vin, 
sa  piquette  est  une  grande  affaire  pour  lui. 

Dér.  du  lat.  Colare,  coul^,  filtrer. 

Coula,  V.  Goller;  joindre  et  faire  tenir  avec  de  la  oolle; 
placer  contre ,  appliquer,  rendre  adhérent.  —  T  es  coula, 
il  y  est  collé;  il  est  forcé  de  passer  par  là. 

Dér.  de  Mo,  colle. 

Conlado,  s.  ^  Goulée,  le  temps  ou  l'action  de  décuver  le  vin. 

Couladoù,  s.  m.  Gouloir,  espèce  d'écuelle  de  bois,  ou 
d'entonnoir  court,  en  fer  blanc,  dont  le  fond  peroé  est 
garni  d'un  linge  pour  passer  un  liquide,  particuliArement  le 
lait;  crible  pour  le  blé,  en  couenne  de  porc,  peroé  de  trous 
ronds  à  travers  lesquels  passe  le  grain  et  qui  retient  les 
pierres,  les  débris  de  paille  et  les  fragments  d'épis  noo 
dépouillés.  —  Voy.  Cruvèl, 

Dér.  de  Couia. 

CoulariTO,  s.  f.,  ou  GoolériTO.  Gollier  d'atlelage  de 
bêtes  de  labour,  disposé  pour  les  tenir  parallèleiDent  à  ime 
certaine  distance  :  cette  manièro  ooDsiste  à  atteler  deos 


cou 


cou 


315 


bètes  à  un  araire  qu'elles  tirent  au  moyen  des  colliers  de 
labour  portant  sur  un  cadre  en  bois  qu'on  nomme  jouatoi; 
œ  mode  s'appelle  aussi  :  Lâoura  àou  <hublU. 

La  Caularivo  est  encore  un  terme  de  maçon  pour  dési- 
gna la  manière  de  porter,  à  deux,  quatre  ou  même  six,  un 
kHud  fardeau,  comme  poutre  ou  pierre  de  taille.  On  entoure 
la  pièce  de  plusieurs  tours  de  corde  lâche,  à  distance  les  uns 
des  autres;  on  passe  transversalement  dans  ces  espèces 
d'anneaux  un  fort  rondin  de  bois,  dont  chaque  extrémité 
doit  poser  sur  l'épaule  d'un  des  porteurs,  par  couples  :  le 
nombre  de  ces  porteurs  de  deux  à  deux  varie  suivant  le 
poids  ou  la  longueur  de  la  pièce. 

Dêr.  de  Coi,  cou. 

Coulafl,  s,  m.  Collier  de  labour,  de  charrette  ;  collier  de 
chien  de  berger,  de  sonnette  de  brebis.  —  Aquél  ehivcUprén 
bien  lou  coulai,  ce  cheval  tire  avec  ardeur;  il  mord  bien 
au  collier.  Préne  lou  coula»,  au  fig.  s'atteler  au  char  du 
mariage;  se  marier. 

Dér.  de  Col. 

Coulé,  s.  m.  Colline,  petit  coteau;  monticule;  collet 
d*habit  ;  petit  manteau  court  qui  couvre  le  cou  et  les  épaules. 
—  Pér  valouns  d  pér  cotres,  par  monts  et  par  vaux.  Lou 
CouU  dé  VUofoti,  le  Collet  de  Villeforl,  n.  pr.  comme  lou 
OnOé  dé  Brin,  commune  de  Concoules,  le  Collet  de  Brin  ; 
désignations  locales,  traduit  directement  en  fr.  Collet, 
dim.  de  Col,  colline.  Pichà-coulé,  petit  collet,  ecclésiastique. 
Réde  coumo  lou  coulé  dé  Boubèr,  empesé  comme  un  pédant. 

Dér.  et  dim.  de  C(d. 

CSonlèje,  s.  m.  Collège,  lieu  où  se  fait  l'enseignement  des 
lettres,  langues  et  sciences.  —  A  passa  davan  lou  coulèje, 
c'est  un  ignorant;  il  a  passé  devant  le  collège,  c'est-à-dire 
qu'il  n'y  est  pas  entré. 

Dér.  du  lat.  Collegium,  assemblée. 

CSonlérèto,  s.  f.  Collerette;  collet  de  femme,  soit  mon- 
tant, soit  retombant  sur  les  épaules. 

Emp.  au  fr. 

CSonlériTD,  s.  f,  —  Voy^  Coularivo, 

Conlèro,  s.  f.  Colère;  emportement;  vive  indignation. 

Dér.  du  gr.  XàXoç,  bile  :  les  anciens  attribuaient  la 
colère  à  l'agitation  de  ce  liquide. 

Gonlétoà,  s.  m.  Percepteur  des  contributions;  collecteur 
des  tailles  :  personnage  fort  connu  et  fort  important  pour 
toutes  les  classes. 

Dér.  du  lat.  CoUcctor,  quêteur,  qui  lève  les  impôts. 

Goulinat  v.  Glisser;  s'ébouler  sur  un  plan  incliné,  lente- 
ment ;  s'en  aller  sans  bruit  et  sans  secousse  brusque. 

Dèr.  du  lat.  Ccttis,  colline,  plan  incliné,  proclivité. 

Goulino,  s.  f.  Ce  mot,  qui  semble  synonyme  du  français 
colline*  est  au  contraire  son  opposé;  car  il  signifie  :  bas- 
fond,  comparativement  aux  bords  plus  élevés  qui  l'entou- 
rent. C'est  la  partie  la  plus  basse  d'une  terre,  d'un  pré,  à 
conditioQ  qu'dle  ait  des  bords  relevés  ;  car  une  terre  qui 
final  en  proclivité  continue  ne  peut  s'appeler  Coulino,  C'est 
en  petit  oe  qu'est  en  plus  grand  une  vallée. 


ConliquOB,  «.  f.  Colique;  tranchées  dans  le  ventre.  — 
Mé  {ai  fsénï  Uu  eouliquos,  il  me  donne  le  cauchemar,  le 
spleen,  des  vapeurs,  par  l'ennui  qu'il  me  procure,  ou  par  la 
sottise  de  ses  propos. 

Dér.  du  lat.  Colina,  venu  du  gr.  KuiXix6(,  formé  de 
KcûXov,  intestin  colon,  qui  est  d'ordinaire  le  siège  de  la 
colique  inflammatoire. 

Coulitor,  s.  m.  Espèce  de  raisin  blanc,  peu  agréable  à 
manger,  mais  qui  donne  de  très-bon  vin  blanc. 

Coulobre,  «.  m.  Couleuvre,  dragon,  serpent  ailé,  suivant 
la  superstition  populaire.  Le  peuple  des  campagnes  est 
persuadé  que  la  couleuvre  se  raccourcit  en  vieillissant, 
prend  des  ailes  et  augmente  beaucoup  de  méchanceté  :  c'est 
ce  qu'on  appelle  s'acouloubri ,  et  par  conséquent  aussi 
s'acouloubrï,  c'est  grandir  en  malice,  en  méchanceté. 

Au  fig.  un  coulobre,  une  fille  effrontée ,  garçonnière  ;  un 
dragon. 

Dér.  du  lat.  Coluber,  couleuvre. 

Couloubrignè ,  «.  m.  Sureau,  Sambucus  nigra,  Linn., 
arbre  de  la  fam.  des  Caprifoliacées,  commun  partout.  Sa 
fleur  joue  un  grand  rôle  dans  la  pharmacie  populaire  :  elle  est 
employée  surtout  en  décoction  comme  puissant  sudorifique. 

Le  nom  lang.  véritable  de  sureau  est  Sambu,  on  ne 
l'appelle  Couloubrignè  que  par  relation  avec  le  mot  Coulou- 
brino,  ci -après.  —  Voy,  Sambu. 

Couloubrino,  s.  f.  Couleuvrine;  instrument  d'un  jeu 
d'enfant.  C'est  un  tube  formé  d'un  bout  de  tige  de  sureau 
coupé  entre  deux  nœuds  et  vidé  de  sa  moelle.  On  place  aux 
deux  extrémités  deux  tampons  de  filasse  ou  de  papier 
mâché  et  humecté  qui  interceptent  l'air  hermétiquement; 
puis,  au  moyen  d'une  baguette  taillée  en  forme  de  piston, 
on  force  l'entrée  d'un  de  ces  tampons  dans  le  tube,  jusqu'à 
ce  que  la  compression  de  l'air  soit  assez  forte  pour  chasser 
le  second  tampon,  ce  qui  a  lieu  avec  un  bruit  pareil  au 
claquement  d'un  fouet  :  c'est  en  petit  une  sarbacanne. 

Ce  mot  est  emprunté  au  fr.  couleuvrine,  grosse  pièce 
d'artillerie  qui  a  quelque  rapport  de  fonction  avec  la  Cou- 
loubrino des  enfants;  sa  forme  d'abord,  ensuite  le  bruit  et 
le  projectile  lancé.  Le  fr.  vient  de  Couleuvre,  avec  qui  il  a 
quelque  ressemblance  par  sa  forme  allongée  et  cylindrique. 

Coulouèr,  «.  m.  Sorte  d'ustensile  ou  d'outil  en  fer-blanc, 
en  forme  de  tuile ,  dont  les  épiciers ,  les  regrattiers  et  les 
grainetiers  se  servent  pour  puiser  certaines  marchandises  du 
sac  ou  du,tiroir  qui  les  contient,  et  les  faire  tomber  peu  à 
peu  dans  la  balance,  jusqu'à  ce  que  le  plateau  ainsi  chargé 
retombe  au  niveau  de  celui  qui  porte  les  poids. 

Dér.  de  i>nUa. 

Couloumbasso,  s,  f.  Espèce  de  feuille  de  mûrier  qui  est 
une  des  plus  estimées  pour  sa  qualité  et  sa  quantité.  Elle 
est  lai^e,  faite  en  cœur  et  porte  une  seule  dentelure  vers  le 
milieu  de  sa  circonférence.  Cette  feuille  n'est  pas  plus 
épaisse  qu'une  autre,  mais  son  arbre  pousse  plus  de  bois  et 
surtout  intérieurement  où  il  garnit  son  enfourchure  de 
menus  scions. 


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COU 


COU 


La  Couloumbasêo  est  encore  une  variété  de  la  graminée 
appelée  fenasse  on  herbe  à  foin.  Sa  tige  8*éléve  très-haut  et 
porte  au  sommet  un  épi  en  forme  sphérique.  Elle  donne  un 
foin  grossier  et  dur. 

Conlae,  s,  f.  Lit  de  plumes;  matelas  de  plumes. 

Dér.  du  lat.  Culeitra,  m.  sign. 

Ck>iimaire,  i.f.  Dim.  CovmaVré/o.  Joujou,  jouet  d*enfant. 
—  Faire  coumaïre,  jouer  k  la  madone,  an  ménage;  jeu 
dans  lequel  Tun  des  enfants  fait  le  mari,  l'autre  la  femme, 
les  autres  les  enfants  ou  les  domestiques,  et  où  chacun  des 
acteurs  apporte  sa  portion  de  joujoux,  tels  que  petites 
pièces  de  ménage,  des  poupées,  de  petits  meubles,  des 
chevaux  et  des  chars,  ainsi  que  toute  cette  bimbeloterie 
que  nous  expédie  Nuremberg,  et  qu*on  appelle  proprement 
et  génériquement  dé  Coufnaïr98,ovL  Coumaïrétos.  — M'a  prés 
touias  nuu  eoumaïres,  il  m'a  pris  tous  mes  joujoux.  Cou- 
maïre, et  fatre  coumaïre,  se  dit  aussi  pour  amusettes, 
enfantillages,  occupations  peu  sérieuses,  qu'on  se  permet  à 
tout  âge. 

Coumairéja ,  v,  fréq.  Jouer  an  ménage,  en  parlant  des 
enfants,  ou  à  la  manière  des  enfants  ;  faire  des  commérages, 
s'occuper  de  fadaises,  de  babioles. 

Ck>iimaiida,  i>.  Commander,  donner  des  ordres  ;  comman- 
der à  un  ouvrier  les  objets  de  son  art;  fixer,  arrêter  le 
bout  d'une  corde  ou  d'un  garrot  de  manière  à  ce  qu'il  ne 
puisse  se  détordre,  se  dérouler.  —  M'ou  ooumandè,  il  me 
l'ordonna.  Coumanda  dé  iouiès,  commander  à  un  cordon- 
nier de  vous  faire  des  souliers.  Sans  vous  eoumanda,  est 
une  formule  de  politesse  lorsqu'on  demande  à  quelqu'un  un 
léger  service,  ou  un  dérangement  momentané  :  c'est  comme 
si  on  lui  disait  :  ceci  n'est  pas  un  ordre,  mais  une  prière. 

Dér.  du  lat.  Commêndare,  recommander,  confier. 

Conmandamén,  s.  m.  Commandement,  ordre  donné; 
droit  de  commander.  —  Lous  eoumandaméns,  les  comman- 
dements de  Dieu  et  de  l'Église. 

Ctoumandan ,  anto,  adj.  Celui  qui  commande,  qui  a  le 
droit  de  commander  ;  impérieux  ;  un  chef  de  corps,  de  troupe 
quelconque,  sans  égard  pour  le  grade  de  celui  qui  l'exerce. 

Ckiumando,  s,  f.  Commande,  ordre  à  un  ouvrier  d'exé- 
cuter un  objet  de  son  art.  —  Marehandiso  dé  eoumanda, 
ouvrage  exécuté  par  commande,  par  opposition  à  celui  qui 
est  fait  de  pacotille,  à  l'avance,  ou  pour  magasin ,  et  qui 
«l'est  jamais  aussi  bien  confectionné  que  celui  qui  l'est  par 
commission  spéciale. 

Coambla,  v.  Combler,  remplir  autant  qu'il  est  possible; 
remplir  un  vide,  un  bas-fond  quelconque  jusqu'aux  bords. 

Dér.  du  lat.  Cumulare,  ou  Complere,  ra.  sign. 

Coumble,  s.  m.  Comblement,  remblai,  la  matière  qui 
sert  à  combler.  —  Aguà  demanda  un  M  eoumble,  il  faut 
beaucoup  de  matériaux  pour  combler  oela.  A  un  for 
wunMe,  ce  vide  est  fort  grand  à  remplir. 

Goumbo,  s,  f,  Dim.  CounUtéto;  péjor.  CoumbasMo,  Vallée 
étroite,  ou  mieux  gorge  entourée  de  collines,  resserrée  entre 
des  montagnes. 


C'est  de  ce  mot  qu'ont  été  formés  les  noms  propres 
d'homme  :  Coumbo,  Combe;  La  Coumbo,  Lacombe;  Las 
Coumbos,  Lascombe.  Il  entre  aussi  dans  les  noms  de  lien  : 
Coumbo-bâoudo ,  augm.  de  Coumbos;  Caumbo-rédoundo» 
vallée  arrondie;  la  Gran-Coumbo,  la  Grand'Combe,  com- 
mune et  canton,  arrondissement  d'Alais,  notre  grand  centre 
houiller.  Les  dim.  et  augm.  ont  fourni  les  noms  de  Cownbé, 
Combet,  ias  Coumbétos,  et  Coumbos;  d'où  Coumbalusiè» 
vallée  luisante;  et  probablement  Coumbié,  Combier;  Dés- 
eoumbié,  Descombiers  ;  Coumbal,  Combal  ;  qui  tous  ont  été 
francisés. 

Dér.  du  gr.  Kù^^cç,  enfoncement,  cavité;  en  bas-breton 
Komb,  vallon,  vallée. 

Coumédièn,  s.  m.  Comédien;  batteleur,  baladin,  jon- 
gleur, n'importe  le  genre  de  spectacle  qu'il  dcmne.  Au  fig. 
hypocrite,  qui  joue  toute  sorte  de  rôle  pour  tromper  la 
confiance.  —  Au  fém.  Coumédièno,  m.  sign. 

Coumédio,  s.  f.  Comédie;  curiosité  de  la  foire;  toute 
sorte  de  spectacle  et  de  jonglerie  ;  hypocrisie,  faux-semblant; 
larmes  ou  déclamations  simulées. 

Dér.  du  lat.  Camœdia,  formé  du  gr.  Ku»(it),  bourg  et 
9^ii,  chant. 

Couménça,  v.  —  Yoy,  Aeouménça. 

Couménçanço,  s.  f.  Commencement  d'un  livre,  d'an 
chant,  d'un  spectacle.  —  Voy.  Aeouménçanço, 

Couméaaari,  s.  m.  Commissaire  de  police. 

£mp.  au  fr. 

Couméasioa,  s.  f,  Dim.  Couméssûmnéto.  Commission. 
On  appelle  Couméssiou  toute  allée  et  venue  que  fait  un 
domestique ,  un  commis ,  un  subordonné  quelconque  dans 
l'intérêt  de  son  maître;  et  les  diverses  courses  que  Von  fait 
soi-même  dans  un  but  d'utilité  personnelle.  C'est  aussi  un 
terme  générique  sous  lequel  on  désigne  l'objet  d'une  course 
qu'on  veut  cacher.  —  Aï  fo  vosio  eoumissiou,  j*ai  rempli 
l'objet  dont  vous  m'aviez  chargé. 

On  remarquera  la  différence  d'accentuation  entre  le  mot 
Couméssiou  et  son  dim.  Couméssûmnéto  :  la  prononciation 
de  la  diphthongue  iou,  ici  et  là,  est  en  effet  très-difièrente. 
Dans  le  premier,  î  est  marqué  d'un  accent  circonflexe  pou 
indiquer  la  lettre  tonique  et  dominante,  sur  laquelle  la 
tenue  se  fait;  dans  le  second,  les  deux  voyelles  sont  privées 
d'accent ,  la  voix  les  fait  entendre  sans  appnyer  snr  Tune 
^lus  que  sur  l'autre.  La  distinction  entre  ces  diphthon(iies 
homographes  est  que  l'une,  accentuée,  est  masculine*  grave: 
l'autre  sans  accent,  est  féminine,  muette.  —  Vày.  Aein. 

Dér.  du  lat.  Commissio. 

Coumo,  adv.  Comme,  de  même  que,  ainsi  que;  comment, 
de  quelle  manière.  —  Coumo  que  n'ane,  de  quelle  manière 
que  la  chose  tourne.  Coumo  farén?  comment  feroiia-noiisT 
Coumo  que  siègue,  quoi  qu'il  en  soit.  Prvb.:  €kHsfno  Unu  géms, 
Véneén,  selon  les  gens,  l'encens.  Save  pae  amfno  n'aa  pas 
vérgougno,  je  ne  sais  pas  comment  tu  n'en  as  pss  bonté. 

Coumo  prend  encore  diverses  acceptions  ijai  prodniaeot 
des  idiotismes  propres  au  languedocien.  —  ArM 


cou 


cou 


217 


m'én-wiave,  il  arriva  an  moment  où  je  partais.  Es  michan 
flOMino  tout,  il  est  horriblement  mauvais.  Es  véngu  coumo 
U,  il  est  venu  en  même  temps  que  lui.  Es  pas  gaidr  eoumo 
vous,  il  n'est  pas  aussi  bien  portant  que  vous. 

Dér.  du  lat.  Quomodo,  m.  sign.  En  ital.  Coms,  espag. 
port.  Como, 

Conmode,  odo,  adj.  Facile,  traitable,  d'une  société 
douce;  qui  jouit  d*une  honnête  aisance,  aisé  dans  une 
condition  un  peu  inférieure.  Se  dit  des  personnes,  et  moins 
bien  des  choses ,  quoique  la  ressemblance  du  mot  avec  le 
fr.  l'ait  soumis  à  quelque  déviation. 

Dér.  du  lat.  Cum,  prép.  et  Modus,  mesure,  mode. 

Conmodo,  s.  f.  Commode,  meuble  à  plusieurs  tiroirs  pour 
le  linge  et  les  bardes. 

Emp.  au  fr. 

Comnoul,  onlo,  aâj.  Comble;  comblé,  plein  au-dessus 
des  bords.  Se  dit  des  mesures  de  capacité  de  matière  sèche, 
comme  les  grains,  les  châtaignes,  les  noix,  les  glands,  etc., 
dans  lesquelles  on  peut  entasser  la  denrée  en  c6ne.  Un 
décalitre  comble  ou  comblé  est  l'opposé  du  décalitre  ras  ou 
rasé,  quand  on  fait  passer  le  rouleau  sur  ses  bords  pour 
faire  tomber  tout  ce  qui  dépasse  ce  niveau.  —  Séméno  ras 
cf  euiis  eonmotd,  il  cueille  fort  peu  de  grains  au  delà  de  la 
semence,  seulement  la  différence  de  la  mesure  raso  à  la 
antmoylo;  ce  qui  est  peu  de  chose. 

Dér.  du  lat.  Cumulus,  dim.,  tas,  monceau,  comblement. 

Conmoula,  v.  —  Voy.  Acoumoula, 

CSonmoulim,  s,  m.  Comble  ;  tas;  monceau;  le  par  dessus. 

Dér.  du  lat.  Cumulus,  subs.  de  Coumoul, 

Conmpagnè,  s.  f.  Compagnie  de  soldats.  —  Coumando 
«no  coumpagnè,  il  est  le  commandant  d'une  compagnie. 

Dér.  du  lat.  Cum,  et  Panis,  qui  mange  le  pain  avec  un 
autre.  D'autres  soutiennent  qu'il  vient  de  l'ancien  mot 
teutonique  Eompan,  compagnon,  ou  de  Coumpagn,  Corn- 
pagn,  d'origine  incertaine.  Peut-être  serait-il  aussi  simple 
de  chercher  son  étym.  dans  le  lat.  Compages,  assemblage, 
liaison. 

CSonjnpagno,  s.  f.  Compagnie,  société,  assemblée  de  plu- 
sieurs personnes  ;  compagne ,  mari  et  femme ,  ou  bien  de 
jeune  fille  à  jeune  fille.  —  Une  femme  dit  de  son  mari  : 
ma  eoumpagno.  Adioussias  omat  à  la  wumpagno,  bonsoir 
{i  la  personne  à  qui  l'on  s'adresse  en  particulier),  ainsi 
qu'à  tonte  la  compagnie. 

Même  étym.  que  pour  le  précédent  et  tous  les  composés . 
qui  suivent. 

Coumpagiioù,  s.  m.  Compagnon,  ouvrier  en  sous^rdre 
du  maître  ;  compagnon  de  route;  frère  d'armes;  compagnon 
du  devoir.  —  La  trilogie  des  scieurs  de  long  se  compose 
dâou  mèsire,  ddou  coumpagnoik  et  dé  Vapéndtis,  du  maître, 
du  compagnon  et  de  l'apprenti.  Le  premier  et  le  dernier 
tirent  la  scie  d'en  bas;  le  second,  debout  sur  la  bique,  n*est 
chargé  que  d'élever  la  scie  quand  elle  est  descendue,  œ  qu'il 
fait  à  vide,  la  scie  ne  mordant  que  de  haut  en  bas  et  non 
de  bas  en  haut;  mais  il  dirige  le  trait. 


Coumpagnonnaje,  s,  m.  Compagnonnage,  société  d'ou- 
vriers; un  devoir  de  compagnon.  —  Dé  quinte  eoumpa- 
gnounaje  siès?  à  quel  devoir  appartiens-tu? 

Coampaîre, s.  m.  Compère:  gaillard  éveillé,  réjoui;  fin, 
gai,  adroit.  —  Es  un  eoumpàire,  c'est  un  fin  compère;  un 
luron,  un  bon  drille.  Coumpaire  et  eoumaïre  ne  sont  plus 
usités  pour  signifier  ceux  qui  ont  tenu  un  enfant  sur  les 
fonts  baptismaux.  Pér  eoumpaïreet  pér  eoumaïre  n'est  que 
du  franchiman. 

Formé  du  lat.  Cum,  avec,  et  Pater,  père. 

Coumparéaoù,  s.  f.  Comparaison;  supposition,  hypo- 
thèse; exemple.  —  Pér  Uno  coumparésoù ,  en  supposant. 
Véou  vous  faire  uno  coumparésoù,  je  vais  vous  poser  une 
hypothèse.  Métèn,  pér  uno  coumparésoù,  que  ses  moun  frèro, 
admettons  un  instant,  supposons  pour  un  moment  que  vous 
êtes  mon  frère.  Sans  coumparésoù  est  une  formule  polie,  une 
précaution  de  civilité,  dont  on  se  sert  quand  on  compare 
les  bêtes  aux  gens  :  Bramo  coumo  un  aie,  sans  coumpa- 
résoù, il  crie  comme  un  àne,  pardon  de  la  comparaison. 

Dér.  du  lat.  Comparatio. 

Coiimpés,  s,  m.  Compois,  anciens  cadastres  des  commu- 
nes, où  chaque  propriété  était  désignée  et  confrontée,  non 
d'après  les  numéros  d'un  plan,  comme  aujourd'hui,  mais 
en  réunissant,  sous  l'avération  de  chaque  propriétaire, 
toutes  les  parcelles  de  propriété  qu'il  possédait.  Quelques- 
uns  de  ces  registres  sont  faits  avec  une  précision  qui  étonne 
de  nos  jours,  surtout  lorsque  l'on  compare  la  modicité  du 
prix  dont  ce  travail  était  payé  avec  le  luxe  de  dépense 
qu'entraine  le  cadastre  moderne,  qui,  malgré  tout  cela,  est 
souvent  inexact.  Aussi,  dans  une  foule  de  discussions 
judiciaires,  à  défaut  de  titres  contraires,  les  tribunaux 
attachent-ils  avec  raison  une  certaine  importance  aux 
renseignements  donnés  par  ces  registres. 

Dans  les  archives  municipales,  il  existe  un  cadastral 
communal  de  4  642,  qui  porte  en  tête  le  verbal  d'adjudica- 
tion des  frais  de  sa  confection,  y  compris  le  coût  de  la 
transcription  au  net  de  ce  registre  qui  est  un  gros  in-folio 
de  4,500  pages.  Il  fut  adjugé  au  prix  de  470  livres. 
Aujourd'hui  un  copiste  ferait  payer  ce  prix  de  sa  seule 
transcription. 

Dér.  probablement  du  lat.  Compositus,  mis  en  ordre. 

Conmplaire ,  v.  Chercher  à  plaire  à  quelqu'un,  le 
caresser;  aller  au  devant  de  sa  volonté,  de  ses  désirs,  de 
ses  caprices.  —  Té  f&ou  bien  eoumplaXre  à  toun  ouncle,  il 
faut  cajoler  ton  oncle,  capter  son  affection. 

Dér.  du  lat.  Complaeere. 

Coumplasén,  énto,a((;.  Complaisant,  qui  cherche  à  être, 
à  se  rendre  agréable. 

Coiimpliinéii,  s.  m.  Compliment;  paroles  civiles ,  obli- 
geanly,  affectueuses;  félicitations;  éloges;  politesses;  flat- 
terie; cérémonies.  —  Farés  dé  mous  eoumpliméns  à  foui 
lou  moundê  dé  l'oustâou,  vous  présenterez  mes  civilités  à 
toutes  les  personnes  de  la  maison.  Mous  eoumpliméns  à  ma 
ianto,  mea  respects  à  ma  tante.  Foi'r»  un  eoumplimén. 


■lir 


GO  II 


COU 


■l-..i'!i   iiji.-    h.ir.iii;.'!!»'  <if  IV'lioitalioiis,  ou  on  parlant  il'iin 

•'•!.:  ij.t.,  iiMii' r  sdii  (((iiiiiliniciil  ilf  jour  (l<^  l'an  ou  de  IV'lc  ii 

il   rii^ 

Coumplimcrita,  r.  CofiiplnufiiltM-,  IV-licitcr,  con^'ratulr'r, 

Couinpliinéntous,  touso,  (i/j.  (loinpliincnlrur,  ailula- 

l/iii  ,  Il  il(<  ur,  |)iu'Ji..'H'  il''  ci^ilil''?»  cl  di'  I'iAimn^iccs. 

Couiiiplo,    >.    //'     <vuii{tlut,  di'sscin  ci'unini'i   fornir*  en 

Cournplouta ,  ».  (>  •  nj-l-l-r,  «on.spin'r  ;  l'orincr  un  ni.m- 

Ij-f.  ïi  i.l.  (''!/(,  .a'.':,<t  Pild .  halle  à  )ou<M",  paunn'. 
(.  • -î.  J  .1 . 1-  <i  •  M'.- 1 . '■•  <■[  du  I'.  I.,dilio;  mais  ciUli' (''Ivm. 
d'-rr,  ijjd-r  ut  '■   (ilir-iiati  ii 

Coumpûurta  ^Se;,  ».  ^''  .:  iiii[>  «i  icr,  se  comluhv  Imcik^u 

II, .il  ,  I  in;    1.  ,ii;i  '  ■    1   •/.  iil\  al-  ■  (.''.iidllil". 

Coumprenable,  ablo,  a /y  (.  ii.inrliciisihlc;  iiilclliuiJtli'; 
«'i.'j.  ;.•].•;  1  .,  v'.n  )1;1''  —  A^/an'.s  coinujircitah/c .  cria  si^ 
i',:..'y.- .  J    .{'i'i<>  \  i>ns  ( ()iii,,j,rKn'ih:L\  cm  nc  croirait  j.iiii;us 

•  '  ,  , ,   •  .',   ,'i  j  I.)  _  m-'   (t  i-  L'I.i. 

Coumprone.    *      (.  inj.i  ';i  ii--;    inlci-prcicr;    «"Miiri.'xctn  ; 

Cournpréné  oa.  >  /.  loi 'lii-'-n  ■•■,  (•itiinircliciisitui:  ontcii- 
<J'  ;).'  /il 

Coumprès,  eso,/'"^  //'/•>>.  du  \.  <'o/////y;n;//<'.  (imiipiis, 
r-ot.  Il  j'j  ;  '•  'lit  -:,.; .   \    u\'\  \  >'■. 

Coumuyna,  »  t.  .  ;.  *;..' r,  r<  (•«•\nir  jr  sacn'ihrjil  de 
I  fjj'.li  li  J-'.   .      ..  /   .   -    '  'If.   Iit|ii'-.  ;  !••  p.iiii  et  11'  \  iii  di-  la 

i^tt  ■  '  \r  /.   1'^    j.I   '!•  -!  .lit-,     f'oi/inf'ijnil  ,   rriV'Soir  |a  CiUlllliU- 

hi  ^11 ,  'i"  i.  )   e  ' -t  du   11!  !■•  ijui  .s'aj)pr<M-lii'  de  la  Sainlo- 
7-ihl'',  d  •  -I  j.J  I-  n  uh  il  'MPiil  ;  d  a  le  .>ens  aclii,  quand  on 
p.ifl'-  d.j  |U'  II'-  ij'ii  d.  n.'i',  di-li  liai'-  la  euinuiUiiioii. 
Cournuynoun,  s./.  (.  ii.JUiui  ai,irt;('iili('nderKueliaris|if' 

\)-  l  .    du    lit.    i  'ihiiiiiiiiio. 

Cournun,  >.  ///.  I.i  nx  d  ai-aiief,  latrines. 

Cournun,  uno,  a  !j  (.'«ii.inun,  t|e  (jualité  inréneurc,  en 
jMilidt  d-  /J.  H I  II  1)1  II-.  ■  <at  d"  toile.  (^)nanil  un  pari»,'  des 
J»*'! -''011'  -,  ..il  iM'  ,  j»'  j)id<iM«',  d»'  laeile  ahnrd  pour  m'S  inli'- 
/ifui-».  /  /">  jinn"  r(}iiiiiiiuii,  luie  reiiiMii'  mai'if'e  sdus  Ii* 
ic^'imc  df  1,1  '•  >Miiiiuiiaiit<''  :  l'NjMi'ssiun  de  nou\elle  impor- 
l.ilj'<ii  d.iii>  \\<i>  j'i>>  de  didil  é»'ril,  et  (pii  ne  liatf  que  du 
«•/>(]<•  <  l'vil  Mil-,  d  uilr,  iiiai>  liieii  laite  ylon  le  <jéi)ie  de  la 
lan^'ur  lios  (nftiitfOi,  liiiis.  (•(uiiiiiun,  ne  doit  pas  être  cnu- 
(ondii  a. ce,  /{(fs  comnanàou  :  celui-ci  a]iparlienl  à  la  com- 
(fiHKc  <jui  I  .idiniiiislre,  (jui  raniéiinue  en  coup*  >  r(''i;Iées, 
lufiiihi'  un  pal  lieidicr  ;  celuidà  est  un  J)nis  iiii  tous  1<'S 
hal>ilaMt%  ont  tirnil  de  dè])aissanc(\  et  .souvent  d'all'nuai^e. 
l''nHf  nu  />"//<  ('(niini'n,  lour  ou  ])uits  liaiial. 

Couinunâou,  s.  m.  (Àuuniunal;  birn,  [)rnj)nrié  apparle- 
nanl  a  ini<'  eoinuiuiH';  p.itur.i.L'es  i'ii  connuiniauté.    ^ 

Coumuuo,  »■  /'.  <^»uiiuune,  disision  tenitoriale  jidiiiinis- 
{Yi\^  par  H\\  maiii',  Taisant  partie  d'un  canton  ;  lidte|-de-villo 
ou  (le  la  mairie. 

l/«Hyui.  d<'  ce  ini>l  et  de  ses  composés  précédents  ^iont 


du  lat.   Cum,  avec,  ensemlile.  et  du  radical  Mun,  qui 
donné  Munusy  charj^^e,  don,  cm[)loi. 

Councha,  v.  Salir  avec  des  (U'duros;  gâter,  tacher, 
cmltrener.  Au  li^'.  comprom<>llre  ;  salir  la  réputation,  accu- 
ser d'uiu'  action  de^llonorante,  iîifaïuanle.  —  Se  scn  councha, 
il  se  sent  cou[)al»l(',  il  n"a  pas  le  cu'ur  net,  la  conscience 
nette.  (Jkc  se  svn  coma-lm  q/fc  se  UntjHv ,  prvh.,  (jui  se  seul 
niorveuv  se  mouche. 

Coiitract.  du  v.  IV.   tOnc/n'er. 

Cûunciénço ,  .v.  /.  Conscience,  S'^ntimenl  intérieur  du 
hi'H  et  du  m.d  ;  vérité.  — -  Aijttô's  cno  coKncicnço,  il  y  a 
c  »n^ei('nee  à  Taire  cela,  i^u  cn'nu-ivnro ,  on  consciencv ,  en 
vérité.  .(  ^^^  c<>iincivn{()  jjcr  (/arics,  il  n'a  pos  do  conscionco, 
il  la  j)  )\[''  par  iltiride. 

Counciéiiço,  *.  /'.  Outil  d<'  liois.M'Iier,  sorte  de  plastron 
en  liois  ipi  il  jilace  sur  sa  poitrine  pour  y  appuyer  la  pièc».' 
dt'  hois  ipi'il  laliole  a  la  [ilane. 

Coundaraino ,  >.  /".  Nom  proiue  d'un  champ.  Il  est  rare 
(pie  dans  un  ^r;:nd  d'imame  il  n'y  ail  jias  Uh<^  terre  (jui 
poil'  c  noiii'la,  surl-ait  d.in>  un  dom.iine  j;»diss 'iç^neurial. 
(^'est  d'ordinaire  un  champ  Toii  étendu  et  ([ni  est  alleaanl 
au  manoir. 

SauvaL'i'.s  <lit  (pi'il  par.ol  rli'déi'.du  l.il.  iainpfiSfUnnini, 
champ  du  maître,  du  si'i;«n.'iii'.  —   Voy.  cep'julant  au  mol 

('(tlKitil .    t''t\  lu. 

Couiidanna,  r  ("/.nilamner,  prononcer  un  jugement 
c  mliv  ()Ui'lquun;  improuNiT,  Lriiin'r;  murer  une  jKjrli', 
une  Iciièire.  nu  la  cloua-  di'  iiiaiii  ue  à  ce  qu'ell-.'  ne  puisse 
s'ou\rir.  —  Ls  roinulduna ,  ce  maladf  est  pt-rdu ,  il  est 
coml  imih'  par  la  rieiillé. 

Dér.  du  lat.  VonU-muarc,  m.  sign. 

Coundannaciou,  a.  f.  (ion  lamnali on;  jugement,  sen- 
teiiee,  vinèl  i[ui  c<  nd.irnn»'.  —  A<jt(ù's  sa  votiit  lannaciou, 
c  <'st  ce  (pii  le  toiulamne. 

Coundicîou,  ou  Couiidécîou,  s.  /'.  Ctndition;  clause 
d'un  paete,  d'un  marcli«',  piomess';  él.it,  (pialité,  situation 
et  p.silion  d(^s  p"'r>  innés  t'i  des  choses  ;  nais.sance,  noblesse, 
•itiitilliommerie;  condition  de  la  soie. 

La  soie,  contenant  hiuji»urs  une  portion  quelconque 
dhumidil''  [)ar  son  .séjour  j)lus  ou  moins  long  dans  des 
colVres  ou  dans  les  hallois  ipii  la  serriMit  hors  du  conlaci 
de  l'air,  à  cause  de  sa  nature  .sj)ongieuse,  il  est  de  condition 
sous-enlf'iidue  dans  l«»us  les  march(''s  qu'on  ne  doit  la  peser 
pour  la  \tnte  (pi»'  lors(prelle  a  p<rdu  cette  moiteur.  Sur 
c  rtains  uiarcoi's,  on  lés  )Ul  cette  dilVer.'uco  par  une  retenue 
sin' l«' jKtids  total,  ipii  varie  de  (piidilé  sous  le  nom  de  don; 
dans  il.mtrtvs  villes,  surtout  celles  de  manuTacturesœnune 
I.\on  et  Saint-Klienne,  la  condition  s'exécute  liltéralenienl. 
On  a  établi  inie  vaste  salle,  qu'on  nomme  ta  condition,  où 
la  Soie  est  exposée  à  nu  et  ])ar  écheveaux  et  soumise  à  une 
chaleur  «lonnet;  par  l'action  d'un  caloriTère  :  chaleur  qui  est 
ménagé.^,  de  maidère  à  enlever  ;\  la  soie  rhumidité  qui  lui 
est  étrangère,  sans  lui  enlever  celle  qui  lui  est  naturelle  et 
nécessaire  h  sa  ductilité  et  à  sa  souplesse. 


cou 


cou 


219. 


Chaque  ballot  de  soie  qui  se  vend  à  Lyon  est  ainsi  exposé 
à  la  condition,  marqué  d'un  numéro  qui  se  couche  sur  un 
registre;  les  feuilles  du  commerce  rendent  compte  journel- 
lement du  nombre  des  numéros  exposés  à  la  condition;  ce 
qui  annonce  la  fluctuation  de  cette  marchandise  mieux  que 
tons  les  bulletins  de  la  bourse.  Plus  il  y  a  de  numéros,  plus 
il  y  a  eu  de  ventes,  et  l'on  voit  par  là  si  Tarticle  est  recherché 
et  oflfert. 

Dans  ce  pays-ci,  quoiqu'on  vende  d'ordinaire  la  soie  sans 
la  passer  à  la  condition ,  il  s'en  présente  quelquefois  qui  a 
un  degré  d'humidité  trop  grand  pour  que  l'acheteur  puisse 
l'accepter.  Dans  ce  cas  il  réclame  la  condition,  qui  consiste 
à  la  détailler  et  à  l'exposer  à  l'air  extérieur  ou  dans*un 
magasin  ouvert  et  bien  aéré. 

Conndn,  ado,  pan.  pass,  de  Coundure, 

CSonndnre,  v.  Ranger,  serrer  dans  une  armoire. 

Se  eoundure,  v.  S'établir,  se  marier. 

Dér.  du  lat.  Condere,  cacher,  serrer. 

Goanégn,  ado,  part.  pass.  de  Counouïsse. 

Coonégado,  <.  f.  Connaissance  ;  amis.  —  Quâouquiis  dé 
counégudo,  quelqu'un  de  connaissance.  Aguà's  dé  bla,  dé 
grano  dé  eounégudo,  c'est  du  blé,  de  la  graine  de  vers  à 
soie  de  confiance,  parce  qu'on  connaît  d'où  ils  viennent. 
Voui  donnarat  dé  counégudos,  je  vous  offrirai  le  témoignage 
de  gens  de  connaissance  qui  répondront  de  moi. 

Coonéissable,  ablo,  adj.  Reconnaissable,  facile  à  recon- 
naître. —  Èro  bé  counéïisable  qu'èro  un  couqul,  il  était  aisé 
de  voir  que  c'était  un  fripon.  Es  pas  counêïssable,  c'est  à 
ne  pas  le  reconnaître. 

CoonéÎBSe,  v.  —  Voy.  Counouïsse,  plus  usité. 

Coanéîssénço,  s.  f.  Connaissance;  savoir,  intelligence; 
raison.  —  Las  couneissénços  soun  pas  d'amïs,  autre  chose 
les  familiers  et  les  amis.  Aguél  éfan  a  foço  counétssénço, 
cet  enfant  a  une  intelligence  précoce.  A  garda  sa  counéis- 
sinço  énjtisqtto  âou  darniè,  il  a  conservé  sa  raison  jusqu'à 
ses  derniers  moments. 

Coonf érénço ,  s.  f.  Conversation,  entretien.  —  Téne 
eoMinfirénço,  soutenir  la  conversation. 

Dér.  da  lat.  Confêrre,  conférer. 

Coonf éssa,  v.,  ou  Coaléssa,  Confesser;  se  confesser; 
entendre  une  confession  et  faire  sa  confession.  —  Es  ana 
eounféssa,  il  est  allé  se  confesser.  Dé  qitâou  coun fessas?  à 
qui  vous  confessez-vous?  Cotm fessa  un  iè,  faire  un  lit  à  la 
hâte,  sans  remuer  la  paille  ou  la  plume,  se  contenter  d'en 
arranger  les  draps  et  les  couvertures. 

Coonf ésûoa,  s.  f.  Confession,  déclaration  de  ses  péchés 
k  on  prêtre;  aveu. 

Coonf éssioonal,  s.  m.  Confessional. 
CoonfèssD,  s.  f.  Confesse,  déclaration  qu'un  pénitent  fait 
de  ses  péchés  à  un  prêtre;  confession. 

Coonf éssnr,  s.  m.  Confesseur,  prêtre  qui  confesse. 

Goonfiénço ,  s.  f.  Confiance ,  assurance  en  la  probité  de 
quelqu'un,  en  la  bonté  d'une  chose,  en  la  réussite  d'un  acte. 

Coonfirma,  v.  Confirmer,  rendre  plus  ferme,  assoief  de 


nouveau;  être  confirmé,  recevoir  la  confirmation;  donner 
un  soufflet,  -r-  Vôou  eounfirma,  je  vais  recevoir  la  confir- 
mation. Té  vôou  eounfirma,  je  vais  te  souffleter. 

Counfirmacioa,  s.  f.  Confirmation;  sacrement  de  la 
Confirmation. 

Dér.  du  lat.  Confirmatio,  m.  sign. 

Coonfisqaa,  v.  Confisquer;  s'emparer  de. . .  ;  adjuger  des 
biens  au  fisc. 

Counfissar,  s.  m.  Confiseur,  qui  fait  et  vend  confitures 
et  sirops. 

Counfitaro,  s.  f.  Confiture;  fruits  confits. 

Coonfroon,  s.  m.  Confins;  tenants  et  aboutissants  d'un 
champ;  nom  des  propriétaires  confinant  une  propriété; 
objets  matériels  qui  en  forment  les  limites,  comme  un 
cours  d'eau,  une  route,  les  eaux  versantes  d'une  montagne. 
—  Gardoà  es  un  michan  counfroun,  le  Gardon  est  un 
mauvais  voisin.  Démandariéï pas  qu'aquélo  tèro  sans  coun- 
froun, je  ne  demanderais  pour  tout  bien  que  ce  champ, 
pourvu  qu'il  n'eût  point  de  limites,  c'est-à-dire  que  ce  serait 
le  continent  tout  entier. 

Les  limites  ou  bornes,  Bolos,  entre  les  héritages,  ne  sont 
pas  ce  qu'on  appelle  lous  counfrouns;  elles  ne  font  que 
déterminer  la  ligne  divisoire  d'un  champ  d'avec  celui  qui 
le  confine,  et  ces  deux  champs  sont  Counfrouns,  confins, 
l'un  de  l'autre.  Lorsque  ces  confins  sont  des  limites  natu- 
relles, les  bornes  deviennent  inutiles,  il  suffît  que  les  titres 
mentionnent  cette  délimitation. 

Counfroanta,  v.  Confiner,  être  limitrophe,  toucher  aux 
confins  l'un  de  l'autre.  —  Nous  counfrountan,  nos  terres 
se  touchent,  elles  sont  limitrophes.  Counfrounte  un  tdouou 
émbe  un  tàou,  mon  champ  touche,  se  tient  avec  celui  d'un 
tel.  Counfrounte  dé  l'âouro  lou  vala  cfë. . . . ,  mon  domaine 
aboutit  du  nord  au  ruisseau  de. . . . 

Dér.  du  lat.  Cum,  avec,  et  Frons,  frontis,  tête,  face; 
c'est-à-dire  face  à  face,  côte  à  côte. 

Coanglaça,  v.  n.  Tomber  du  verglas;  glacer;  engourdir 
de  froid. 

Dér.  du  lat.  Congeliare,  se  congeler. 

Coanglas,  s.  m.  Verglas,  givre;  frimât. 

Coongria,  v.  Engendrer,  produire  par  génération  on  par 
germination;  pulluler;  multiplier. 

Le  préjugé  populaire  accorde  à  certains  animalcules  et  à 
certaines  plantes  la  faculté  de  se  reproduire  spontanément 
et  sans  semence  ni  marcotte.  Nous  n'avons  pas  à  discuter 
la  question  des  générations  spontanées,  et  nous  laissons  aux 
naturalistes  le  soin  de  cherchera  expliquer  la  reproduction 
de  vers,  d'insectes,  de  végétaux,  comme  les  champignons 
et  les  truffes  ;  mais  nous  combattons  cette  croyance  popu- 
laire relativement  à  une  foule  d'objets,  qui  se  reproduisent 
par  des  moyens  très-naturels ,  quoique  les  agents  de  cette 
génération  ne  frappent  pas  immédiatement  les  sens,  tels  que 
les  poux,  puces,  punaises,  et  bon  nombre  de  végétaux  dont 
la  semence  est  imperceptible,  ou  importée  par  les  vents  oo 
les  eaux.  C'est  cette  faculté  présumée  de  se  reproduire  que 


â-20 


COU 


COU 


le  peuple  désigne  par  le  verbe  se  coungrïa,  et  qni  lai  a  fait 
dire  :  la$  fénnos  coungriou  lot  nièïroi,  les  paces  s'engen- 
drent on  se  reproduisent  dans  les  jupes  des  femmes. 

Dér.  du  lat.  Congresius,  accouplement. 

Gonnièiro ,  s.  f»,  n.  pr.  de  lieu.  Conillôre ,  monticule 
près  d*Alais,  dominant  la  grande  route  et  le  chemin  de 
fer,  au  bout  de  la  Chaussée.  Signifiait  autrefois  garenne, 
lieu  habité  et  fréquenté  par  les  lapins,  en  v.  lang.  dmnU, 
du  lat.  CuniciUuê,  lapin.  L'étym.  est  directe. 

Ck>iimo,  s.  f.  Sotte,  prude,  nicette  :  terme  moqueur  et 
injurieux,  suivant  le  ton,  mais  expression  qui  ne  peut  être 
sans  injustice  suspecte  de  malhonnêteté,  et  nous  tenons  à 
la  réhabiliter  si  les  apparences  Tavaient  fait  mal  juger.  Le 
mot  signifie  une  prude,  une  femme  qui  joue  la  timidité,  une 
pudeur  trop  chatouilleuse,  quand  on  le  dit  d'une  tierce 
personne;  mais  il  est  aussi  une  de  ces  appellations  inteijec- 
tives  qui  émaillent  les  conversations  féminines,  aussi  com- 
mune que  nèeio,  foutralo,  et  au  besoin  ma  mio,  avec  qui 
elle  alterne  indifféremment,  équivalant  à  ces  vocatifs  fran- 
çais :  folle,  nigaude  et  tout  autre  de  ce  genre  qu'il  ne  faut 
pas  prendre  au  pied  de  la  lettre,  car  ce  ne  sont  que  des 
termes  d'amitié  familière.  Les  femmes  emploient  cette 
expression  plus  souvent  que  les  hommes,  et  ce  sont  surtout 
les  matrones  les  plus  intraitables  en  fait  de  prudhomie  qui, 
malgré  ce  qu'en  veulent  dire  les  malins,  s'en  servent  sans 
songer  le  moins  du  monde  à  mal,  et  elles  ont  raison  :  le  mot 
a  en  effet  la  plus  innocente  origine. 

Counil,  qui  nous  a  laissé  Hamo-counU  et  CounUiro,  vient 
du  lat.  Cunieuluê  :  il  a  pour  féminin  Couhio.  Counio  est 
donc  tout  bonnement  l'épouse  très-légitime  de  Jean  Lapin. 
Cette  brave  Jeanne  est  bien  une  de  ces  matrones  faciles  à 
effaroucher,  et  .en  étendant  cette  disposition  à  un  autre 
ordre  d'idées,  elle  est  devenue  ainsi  le  type  de  la  bégueule, 
mot  qui  rend  assez  le  sens  de  Counïo,  qui  cependant,  comme 
on  l'a  vu,  selon  les  besoins,  l'application  ou  le  ton,  est 
souvent  modifié.  —  Quod  erat  demonstrandum ,  car  il  ne 
faut  pas ,  quand  on  le  peut ,  laisser  calomnier  personne  ni 
même  en  médire ,  comme  on  n'y  aurait  été  peut-être  que 
trop  disposé  sur  la  seule  forme  graphique  du  mot. 

Cette  démonstration  était  facile  ;  il  ne  faut  pour  la  faire 
et  pour  la  comprendre  qu'un  peu  de  réflexion  et  la  moindre 
connaissance  de  la  langue.  Pour  achever  de  rassurer,  il  n'y 
a  qu'à  citer  La  Fare  qui,  dans  sa  Bono  annado,  met  ce  vers  : 

Dé  gué  dises,  Muso  counïo? 

Cette  pièce  est  imprimée,  ravant-denûère,dansla  seconde 
édition  des  Castagnados,  après  avoir  paru  dans  les  journaux. 
Ce  recueil,  qui  peut  être  mis  dans  les  mains  de  tout  le 
monde  et  dont  la  mère  permet  sans  crainte  aucune  la 
lecture  à  sa  fille,  n'aurait  pas  admis  une  expression  qui  eût 
fait  tache.  Si  cependant  l'auteur  s'en  est  servi  sans  scru- 
pule, sans  craindre  même  qu'elle  fût  mal  sonnante  et  pût 
être  soupçonnée,  c'est  un  incontestable  certificat  de  mora- 
lité qu'il  lui  a  dûment  délivré. 


Coimjè,  #.  m.  Adieux  en  se  retirant;  congé  militaire, 
permission  de  se  retirer,  fin  du  service.  —  Sam  eonnji, 
sans  adieux,  au  revoir.  A  fa  un  eounjè  à  Touloun,  il  a&it 
son  temps  de  forçat,  c'est  un  forçat  libéré. 

Dér.  du  lat.  Cammiatus. 

CoiinlèTO,  S.Y*  Bascule;  position,  mouvement,  machine 
dans  lequel  un  bout  se  lève  quand  on  pèse  sur  l'autre.  — 
Faïre  counlêvo,  faire  la  bascule,  jeu  où  deux  enfants, 
placés  à  chaque  bout  d'une  planche,  se  balancent.  Lapa 
fagué  counièvo,  et  xa/  pér  séou,  la  planche  fit  bascule,  et 
patatras  à  terre  ! 

Dér.  du  lat.  Cum  et  Levare. 

Gdunomsse,  v.  Connaître;  comprendre;  discerner;  dis- 
tinguer. —  Se  counouïtse,  avoir  sa  connaissance,  conserver 
le  sentiment  et  la  perception  au  lit  de  mort.  Se  eounoix  ké, 
on  voit  bien,  on  reconnaît  bien  que.  Se  eounauï  poi  gîtante 
ésloupu  nèci,  on  ne  pourrait  discerner  quel  est  le  plus  sot. 

Dér.  du  lat.  Cognoseere,  m.  sign. 

Coonséiè, s.  m.  Conseiller;  celui  qui  donne  des  conseils. 

Dér.  du  lat.  ConcUiarius,  m.  sign. 

Gonnsél,  ou  ConsBél,  s.  m.  Conseil,  avis;  celui  dont  on 
prend  conseil  dans  une  affaire;  réunion,  assemblée  où  l'on 
délibère.  —  Lou  eounsél,  le  Conseil  municipal.  Quàou  dow 
tous  counséls,  dono  pas  las  a  judos,  prvb.,  les  conseilleurs 
ne  sont  pas  les  payeurs  .  c'est  la  fable  de  l'Enfant  et  du 
Maître  d'école.  Counsél  dé  nuniïè  éspichd,gué  noun  Umpnn 
es  un  chà,  prvb.,  ce  n'est  pas  grand'chose  qu*an  conseil  de 
femme,  mais  qui  ne  l'écoute  point  est  un  sot.  En  parlant 
d'un  pauvre  avocat,  on  dit  :  dounariè  pas  un  bon  eounsU 
pér  siéï  frans,  parço  gué  lou  sa  pas,  il  ne  donnerait  pas  un 
bon  conseil  pour  six  francs,  parce  qu'il  ne  le  sait-:  quel- 
quefois le  dernier  membre  de  phrase  reste  sous-entendu 
comme  inutile  pour  compléter  le  sens. 

Dér.  du  lat.  Concilium,  m.  sign. 

Coonsén,  énto,  adj.  Consentant;  qui  consent,  qui  ac- 
quiesce; qui  approuve.  —  Y  ses  counsén?  Y  consentez-vous? 

Counséntl,  v.  Consentir,  donner  son  consentement; 
approuver.  —  Counsénîi  uno  véndo,  uno  àoubiigaieiou, 
passer  une  vente,  une  obligation  à  quelqu'un.  En  terme 
d*argot  de  notaire,  on  dit  aussi,  en  fr.,  consentir  une 
obligation. 

Dér.  du  lat.  Consentire,  m.  sign. 

Coansérra,  v.  Conserver;  préserver;  avoir  soin  d'une 
chose. 

Se  counsérva,  v.  Se  bien  porter;  prendre  soin  de  sa 
santé.  —  Aquélo  fénno  es  bien  eounsirwsdo ,  cette  femme 
est  bien  fraîche  pour  son  âge.  Counsérva-vous,  phrase 
d'adieu  :  portez-vous  bien,  conservez  votre  santé.  Dîou  me 
lou  counsérve,  Dieu  me  le  préserve,  me  le  sauve,  me  le 
maintienne  en  bon  état! 

Dér.  du  lat.  Conservare,  m.  sign. 

Connsinna,  v.  Consigner,  retenir  par  ordre;  mettre  en 
dépôt. 

Dér.  du  lat.  Coneignare,  m.  sign. 


cou 


cou 


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Connsiiiiio,  «.  {.  Consigne,  ordre  sapérlenr;  ordre  donné  1 
à  une  aentineHe. 

CoHiiionla,  V,  Consoler,  donner  des  consolations  ;  apaiser 
les  cris  et  les  pleurs  d*an  enfant. 

Dér.  dn  lat.  Comolare,  m.  sign. 

Cwmaonlacîon,  <.  f.  Consolation;  soulagement;  satis- 
itctioD. 

Goonsnlta,  v.  Consulter,  prendre  conseil,  avis,  instmc- 
tkm  de  quelqu'un. 

Mr.  du  lat.  Contultar0,m,  sign. 

Goonsolto,  «.  f.  Consultation  verbale  ou  par  écrit  d*un 
juriste  ou  d'un  médecin. 

CouBta,  V.  Compter,  faire  des  comptes;  calculer;  payer; 
èpeler  les  lettres.  —  Dé  que  contes  à  ta  fio?  Quelle  dot 
feras- tu  à  ta  fille?  Que  lui  compteras-tu  en  la  mariant? 
Âquélo  fénno  se  eonio  pas  pus,  cette  femme  ne  compte  plus 
les  jours  de  sa  grossesse,  elle  est  prête  à  accoucher.  M'a 
ctnmta  touto  ma  soumo,  il  m'a  intégralement  payé. 

Gounta,  v.  Conter,  faire  un  conte;  raconter.  —  Dé  gué 
wU  eountas  aqui?  Que  me  contez-vous  là?  Dé  que  eountas 
dé  mdouf  Que  dites-vous  de  nouveau? 

Gounta  (La),  s.  f.  Comté,  terre  possédée  par  un  comte. 
Autrefois  ce  mot  en  fr.  était  féminin  :  il  s'est  maintenu  tel 
en  lang.  On  Ta  même  appliqué  avec  ce  genre  dans  une 
appellation  locale  anciennement  connue  :  La  Counta,  quai 
de  la  Comté,  quartier,  terres  au  nord  de  notre  ville,  appar- 
tenant aux  comtes  d'Alais;  comme  La  Barougnè,  la 
Inronnie,  à  l'est,  appartenait  aux  barons.  —  Lou  Counta, 
AU  masc.,  désigne  spécialement  le  comtat  Venaissin. 

Dér.  du  lat.  Cornes,  Comitis,  comte. 

Gonntaire,  uro,  adj.  Conteur,  narrateur;  auteur. 

Gountan,  adj.  Comptant.  —  Argén  eountan,  argent 
comptant,  qui  est  compté  immédiatement  après  le  marché. 

Gountén,  énto,  adj.  Content,  satisfait. 

Dér.  du  lat.  Conientus,  m.  sign. 

GounténônçD,  s.  f.  Contenance,  étendue  d'un  champ, 
d'un  domaine;  capacité  d'un  vase;  pose  du  corps,  posture, 
maintien;  sang-froid,  dignité.  —  Avès  vosto  counténénço, 
votre  terre  a  la  superficie  vendue,  indiquée.  Mé  farés  ma 
counténénço,  vous  parferez  ce  qui  manque  à  la  contenance 
de  mon  champ.  Téni  sas  counténénços,  garder  contenance. 

Dér.  du  lat.  Continentia,  m.  sign. 

Gounténta,  v.  Contenter,  satisfaire,  rendre  content. 

Se  counténta  dé.  ...,  se  contenter  de ,  contenter  ses 

désirs. 

Gounténtamén,  s,  m.  Contentement,  satisfaction,  joie. 
— N'aguèrouàlus  counténtamén,  ils  en  eurent  à  cœur-joie. 

Conntra,  s.  m.  Contrat  ;  acte  par  lequel  une  ou  plusieurs 
personnes  s'obligent,  le  plus  souvent  devant  notaire  ;  titre 
de  la  convention. 

Dér.  du  lat.  Contractiu,  m.  sign. 

Gonntrari,  rio,  culj.  Contraire,  opposé;  nuisible  ;  adver- 
saire; rival.  Se  prend  subst.  au  masc.  —  Lou  countrari,\e 
contraire,  l'opposé  d'une  chose.  Aou  countrari,  au  contraire. 


tout  autrement.  Diie  pas  Vén  countrari,  idiotisme  de  notre 
diaîecte,  je  ne  dis  pas  le  contraire. 

Dér.  du  lat.  Contrarium,  e  contrario. 

GonntrèÎD,  s.  f.  Contrée,  certaine  étendue  de  territoire; 
région,  pays. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Contrata,  Contrada,  m.  sign. 

Countagna,  v.  Continuer;  durer;  persister;  prolonger. 

Dér.  du  lat.  Continuare,  m.  sign. 

Gountagno  (Dé),  adv.  Continuellement,  sans  cesse; 
journellement;  d'h2d)itude. 

GounTéngn,  ndo,  part,  pass.  de  Counvéni. 

CounTéni,  v.  Convenir,  faire  une  convention;  être 
ccmforme;  partager  le  même  sentiment;  plaire. 

Se  counvéni,  s'accorder,  avoir  les  mêmes  inclinations; 
vivre  bien  ensemble. 

Dér.  du  lat.  Convenire,  m.  sign. 

CoonTértl,  v.  Convertir,  changer  ;'&mender;  faire  aban- 
donner une  fausse  croyance. 

Se  counvérti,  se  convertir,  revenir  d'une  erreur,  abjurer 
une  fausse  croyance  pour  la  vraie;  changer  de  mœurs; 
revenir  aux  principes  et  à  la  pratique  de  la  religion. 

Dér.  du  lat.  Convertere,  m.  sign. 

GounTOuèta,  v.  Convoiter  ;  désirer  ardemment  ;  dévorer 
des  yeux. 

Dér.  du  lat. 

CounTOuqua,!).  Convoquer;  rassembler;  faire  assembler 
les  membres  d'un  corps,  les  appeler  à  une  réunion. 

Dér.  du  lat.  Convocare,  m.  sign. 

Coupa,  V.  Couper,  trancher,  diviser;  casser;  séparer; 
châtrer;  dévier;  séparer  en  deux  un  jeu  de  cartes,  couper 
avec  l'atout;  mélanger,  en  parlant  de  liquides,  tremper 
le  vin;  trancher,  en  parlant  de  couleurs;  rompre  des 
accords  de  mariage;  à  la  danse,  remplacer;  cancellcr  des 
conventions.  Se  coupa,  se  contredire,  se  démentir  soi-même. 
—  Coupa  dé  pan,  couper  du  pain.  Se  coupa  la  cambo,  se 
casser  une  jambe.  On  copo  tous  doubténs,  on  châtre  les 
moutons  à  leur  deuxième  année.  Cope  dé  caïre,  je  coupe 
avec  l'atout  qui  est  carreau.  Cope  ddou  rèt,  je  coupe  avec 
le  roi.  Anén,  coupas,  allons,  coupez.  Coupa  l'aïgo,  dévier 
un  ruisseau,  l'eau  torrentielle  d'un  ravin.  Coupa  lou  vi, 
tremper  d'eau  le  vin.  Lous  novis  an  coupa,  ces  fiancés  ont 
rompu  leurs  accords.  Escusas  se  vous  cope,  excusez-moi  si 
je  vous  interromps,  si  je  vous  coupe  la  parole.  Coupa  lou 
crii,  arrêter  la  croissance.  Coupa  las  taïos,  faire  la  réparti- 
tion de  la  contribution  mobilière  et  transcrire  sur  la  matrice 
cadastrale  les  mutations  de  H  contribution  foncière.  Coupa 
lou  pris,  arrêter,  fixer  le  prix.  Coupa  lou  visage,  affronter, 
injurier  en  face.  Coupa  cour,  roun,  couper 'court,  rond, 
dire  en  peu  de  mots.  Coupa  à  la  bouriio  :  la  bourrée  et  le 
rigaudon  sont  des  danses  pôle-mêle,  où  chaque  danseur  au 
milieu  de  la  cohue  n'a  affaire  qu'à  deux  danseuses,  avec 
lesquelles  il  figure  tour  à  tour  ;  comme  cette  danse  dure 
sans  interruption  et  sans  repos  pour  tous  les  danseurs  à  la 
fois,  il  n'y  a  d'autre  moyen  de  les  faire  reposer  que  de  les 


0-)0 


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COU 


nunpI.ioT.  Aussi  v  ;i-l  il  l<.iijniirs(l»s  dijusciirsot  (lcs(l:insi'u- 
s»''*^  (le  roclinn^'''.  qui  riMiiplisscnt  (•••l  nlTlivrii  VfMinnt  si^  plnctT 
<ltn;uil  In  ])«M'>Mirio  :i  pMiijjliKvr  cl  n\  riL'ur.iiit  nv»^  S'Mi  par- 
t'Minin':  nlurs  le  (lt■•(Kt^-;^'(l(''  xn  s*'  (lt''fniiL.'u<'r,  jiis(p.i';i  co  (jiTil 
njM'rr  .i\i'iiii  niitnHi^Mir.tiit  li;)rras.^r\(»ii  un  noiivc.nipnrhMiai- 
10  fjni  lui  ronvioiiin'.  (l'est  ci'lto  (''\nluti'»u  de  roinplnceim^nl 
»ju'«»ii  nj)pf'llf>  ('(Pipa.  —  Vvuc  nr''  vauin.  \  ifns  nio  r('ni[)lai'('r. 

I)»']'.  ilu  iir.  Kô-T:tv,Mi.  si;jn. 

Coupado,  N.  /'.  K>pt''i-''  (If  raisin  qu'on  «lisiinizu.-»  »mi  C  h- 
pndo  nt'(jnt.  ///vjv.vo  Coiiprf/o  nvifio  l't  fuup(i<{o  hlanquo.  La 
Conjui'fo  tn'jro  «'sl   tl"t>S-l"iM"tili' ;  ojjiMlnnnc  tlt\L'r(tSS('>  L'IMppi^S 

dont  li's  irrains  s<in1  n<")irs.  ptMi  lli-uris,  nvoidcs,  assoz  i:rns, 
rivxjuants  et  sucrés.  (Test  ju'ut-èln^  le  uicillcur,  le  plus 
délicat  raisin  de  laMe.  Il  donne  un  \in  très-fin;  mais  le 
proj»ri<''taire  dont  la  Ni-rne  ne  serait  plantée  «pKMle  cette 
e<pèi-e.  devrait  veiidaiiL"  r <ju«'lt[ues  j(iur>  [tins  tôt,  aulrement 
snn  vin  aurait  tn^p  (b  licpieur.  Li  s  sarments  de  ce  eepsonl 
Iniiîjs  et  faillies,  noirâtres  et  très-lendres  à  la  taille;  la  leuille 
est  d'un  trés-l)i'au  verl ,  lisso  et  ])eu  d'''Ç'Up'''e.  Iji  (jrosso 
Cnupndo  ni'tfio  ne  dill'erede  la  précédente  (pi»»  par  ses  l'rains 
plus  L'riis:  elle  est  encnrt*  j)lus  [U*tiducti\e.  (]«»s  deux  esj>éces 
demandent  un  bon  terrain.  !ji  Ctnipniin  hlumpiu,  j)lantée 
dans  \\\\  tei'rain  l>as  r-t  de  |)remiére  (jualité  et  tailli'-e  court, 
n*^  pro  luirait  rien;  tandis  (pie  dans  une  teri'e  m'-diocre, 
laill/'c  plus  l'Mi.i:,  elle  t'ournit  d<'  liellcs  i:rapp''S.  Si-s  l'rains 
S'Mil  M  nii's,  o\..i'l('s.  un  peu  nni^piés;  mais  ils  ne  suit 
point  fermes  ct.'nme  ceux  de  l'espèce  nfire.  (!e  cep  donne 
heaucnup  d''  l>'i^  M  lucli'itr*'  et  dur;  sa  fiMiilh»  est  tii'.inde 
et  peu  déi'oupée. 

Coupé,  N.  rn.  Diiii.  de  Ca,  coiip.  Petit  coup  de  \in. 

Coupèlo,  s.  f.  (!in[H"||.',  instrument  d-'  |ii*^a,L'e  «pii  tient 
à  la  fois  de  la  romaiiie  et  de  la  l.al.mee.  (ye>t  une  romaine 
véritaMe  d  Mit  le  crochet  de  suspi-iision  est  un  pl.ite.m  de 
balance.  I.es  njarclnnds  (pu  \ont  vendi-e  à  domicile  s'en 
s.M-\.'iit  de  préfépMice  ;\  1»  l>;dance,  qui  est  d'un  transport 
moins  commode.  La  romaine  ne  pourrait  ser\irà  une  fmde 
d'objets  fju'on  ne  peut  susp(Midre  à  un  croc,  cr)mni(^  les 
léi:um(^s,  les  fruits,  le  lu-un^e,  le  lVoma,L'e,  etc. 

Dcr.  fin  lat.  iHpti,  cou])e,  dont  il  est  dim. 

Goupèou,  .V.  }\i.  i!ope;iu  de  menuisier,  ruban  de  bnis  que 
délacbe  la  \nrlop.»  ou  la  plane. 

I)ér.  de  (^oftpd,  (jui  \ienl  du  gr.  Kô-t:-.'/.  couj»er. 

Goupïa,  r.  (^)pier,  faire  une  copie;  imiter,  contrefaire; 
transcrire  un  [»assa.i:e  d'un  livre,  une  page  d'éiriture, 
re|)nMluire  un  dessin. 

Coupïo,  v.  f.  (lo|>ie;  assiirnation  ;  exploit  d'huissier, 
n'importe  sa  nature. 

Coupoun,  .V.  m.  (A»upon,  restant  d'une  pièce  d'étoffe  que 
l'on  do,  ne  à  meilleur  marché,  parce  qu'il  est  trop  court 
[Hiur  nombre  d'usa;^'es. 

Gouquèto,  s.  f.  <:n(|ueHe,  femme  (pii  cherche  à  Mro 
courtisée;  coilTure  de  femme  dans  l'ancien  ré<:ime,  quittait 
un  bonnet  à  dentelles,  serré  et  appliqua  sur  le  front. 

Dér.  du  fr.  Coq,  avec  1c  dim.  éto. 


Gouqui,  ino,  rrlj.  Dim.  Comp/iné^  néto :  Couquinà,  noto; 
péjor.  foHf/ffiîins,  nasso.  Oxpiiu,  ine  ;  vob^ur,  fri|)on; 
débauché;  au  fém.  femuu^  de  mauvaise  \ie,  prostituée.  — 
Lous  ('otif//fts,  les  A<»leurs,  les  jjrifands.  Jomja  as  confjuu, 
sorte  de  jt'U  qui  éi.ut  fort  en  vo^'ue  parmi  les  écoliers,  il  y 
a  (pieNpies  années.  Il  consistait  à  diviser  les  joueurs  en 
deux  baiid.'s,  lune  appelée  fouK  c(nff/fns,  l'autre  iotts  gen- 
(larmns.  (i'était  une  sorte  de  ^uierre  pour  laquelle  un  choi- 
si^^siit  lie  préferencf^  ini  chanq»  de  bataille  accidenté^ 
montu''ux.  Coupé  de  ravins,  de  murs,  de  rochers,  qui 
l)rè|.iit  à  tons  li-s  calcids  «le  la  straté{j:ie.  11  est  à  renianjuer 
cpi"'  h'  parti  d.'s  coijuins  était  toujours  le  plus  recherché. 

Le.s  mots  ('(nif/uf  et  Coquin  fr.  ont  évidemuicnl  une 
orijiine  couMoune.  si  toutefois  ils  n'ont  pas  été  formés  l'un 
lie  l'autre.  Les  iL^lussateurs  français  font  dériver  coquin  du. 
lat.  Ciiipiinns.  de  Cofp/inn ,  cuisine;  et  comme  on  ne  voit 
pis  bien  la  relili.n  entr-^  un  servant  de  cuisine  cl  un 
m.ilfaiteur,  on  a  ajonlé  (jue  le  Co'/tfinns  était  un  des  plus 
bas  ojlii'iers  d'^  bouche,  état  méprisé  et  qu'on  donnait  par 
dérision  h  tout  ce  (jui  était  méprisable  et  vil.  Si  cette 
déiluciion  n'est  pas  tr-'s  loL'ique,  convenons  du  moins  que 
la  ressemblance  de  famille  entre  le  fr.  et  le  lat.  serait 
merveilleuse.  Dins  ce  cas,  le  lan;:.  serait  débiteur  envers 
le  fr. 

D'.iutre  j>art,  Sauva>:es  nous  laisse  apercevoir  une  autre 
oriiMiie;  maiscnmme  mali/ré  son  titre  de  chef  <le  clan  langue- 
docien, il  j>rofesse  un  n^spect  systématique  jiour  le  français 
vainqueur,  i!  ne  hasarde  sa  domiée  qu'indirectement  et  se 
L'irde  bien  dinscrin^  son  hvpothése  sous  la  rubri(juedu  mot 
Cn/npd,  ji.irce  iju'ab'rs  on  en  aurait  tléduit  la  conclusiiui  que 
le  nioi  fr.  coquin  n'était  qu'une  dérivation  de  ce  dernier. 
c"  (pli  n'arranL'f'ait  j)as  ]o  haut  et  pui.ssanl  sei^uieur  d'Outre- 
Loire.  .Nous  (]ui  n'avons  j)as  les  mêmes  raisons  de  ménager 
ce  rival,  nons  allons  droit  au  but. 

\eis  la  fin  du  XiV'"'"  siècle  et  jiendant  les  trouldes  de  la 
minorité  de  (Ibailcs  \\,  des  bandes  de  camj)agnards  des 
environs  <le  .Nimes,  excédés  du  ])oids  des  impôlsque  le  bas 
peu]»It«  suppoi'tait  seul  alors,  se  réunirent  en  armes,  pillè- 
rent les  maisiins  des  riches  (^t  des  seii:ueurs,  et  élendirenl 
leurs  ravaL'i^s  pnsfpie  |);ir  toute  la  France.  On  les  appela 
Tourhi  d.ins  le  piays  et  Tourhins  en  langue  d'oïl.  L'origine 
et  la  raison  de  cette  dénomination  sont  restées  inconnues; 
mais  l'histoire  la  consacre. 

Le  nom  advint  comme  suriK»m  aux  habitants  de  \'ézeno- 
bres,  «lans  ce  t'inps  où  les  sobriquets  de  village  à  village 
étaient  fort  répandus.  On  les  accusait  d'avoir  reçu  chez  eux 
ces  bri^'ands  et  de  favoriser  leurs  pillages. 

On  conçoit  très  bien  que  dans  les  diverses  inétalhèses 
(pTa  du  subir  la  langiie  d'Oc  depuis  cette  date,  le  mot 
Tourhi  ail  j)U  se  changer  en  celui  de  fouquï,  comme  la 
variante  Tnuchi?}  a  fait  celle  de  Coquin.  Quant  à  la  res- 
send)lance  nu)ra1e,  «»lle  nous  semble  parfaite.  D'après  cela 
ce  .sf^rait  le  languedocien  cjui  serait  l'inventeur,  le  frauçai» 
l'imita teu  r. 


cou 


cou 


223 


Conqniè;  s.  m.  Coquetier,  petit  vase  en  terre  ou  en  por- 
celaine, en  forme  de  verre  à  pied,  qui  sert  à  tenir  debout 
on  œuf  à  la  coque. 

En  langage  enfantin,  les  œufs  s'appellent  des  Coucoùi  : 
ils  viennent  de  la  femelle  du  coq;  ils  sont  cuits,  Cocta,  du 
lat.  Coquere  :  tout  cela  peut  être  entré  par  quelque  bout 
dans  l'étym. 

Coaqainariè,  s.  f.  Friponnerie;  astuce,  ruse,  qui  est 
souvent  prise  plus  ironiquement  que  sérieusement  :  c'est 
plutôt  la  ruse  d'un  faiseur  de  niches,  d'un  séducteur,  d'un 
plaisantin,  que  celle  d'un  vrai  malfaiteur.  —  A  pat  que  dé 
touquinariés  en  tétto,  il  ne  songe  qu'à  des  espiègleries,  des 
polissonneries. 

Conquinas,  asso,  adj.  Gros  coquin,  coquin  fiefTé;  quel- 
quefois expression  amicale,  suivant  le  ton  et  Toccasion. 

Coaquinô,  oto,  s.  eiadj.  Petit  coquin  ;  espiègle ,  enfant 
malin  :  terme  d'amitié. 

Dim.  de  Couqui. 

Gonr,  s.  m.  Dim.  Cournéto.  Cour,  lieu  où  est  un  souve- 
rain avec  ses  principaux  ofDciers  ;  siège  de  justice  ;  cour  ou 
basae-cour  d'une  ferme.  —  Faire  la  cour,  faire  la  cour, 
ne  se  dit  guère  de  celle  qu'on  fait  à  une  femme,  locution 
qui  nous  vient  de  Scudéri,  de  La  Calprenède  ou  de  Durfè, 
assez  mal  à  propos  importée  dans  notre  langage  ;  mais  on 
s'en  sert  pour  signifier  la  flatterie  à  l'adresse  d'une  personne 
riche  et  puissante. 

Dér.  du  lat.  Curia,  dans  les  premières  acceptions,  et  de 
Chors,  Ckortii,  du  gr.  Xàproç,  haie,  clos  de  basse-cour,  pour 
la  dernière. 

Cour,  conrto,  adj.  Court,  qui  a  peu  de  longueur.  Cour, 
pris  adverb.  court.  —  Tout  cour  et  tout  né,  sans  détour, 
sans  phrase,  en  un  mot  comme  en  mille.  Tout  y  es  cour, 
rien  ne  répond  à  ses  désirs,  il  n'a  jimais  assez  de  rien. 
Quàouquuno  li  sera  courto,  k  (oTce  d'en  faire,  il  finira  mal; 
tant  ira  la  cruche  à  l'eau,  qu'à  la  fin  clle'S^  cassera.  Souk' 
cour,  dit  un  joueur  dont  la  boule  ou  le  palet  reste  en  deçà 
du  but.  Tout  fougue  cour,  se  dit  de  la  réception  d'un 
amphytrion  qui  traite  ses  hôtes  avec  une  grande  abondance 
et  presque  un  excès  de  soins  et  de  bonne  chère.  Coupa  cour, 
être  concis,  abréger.  Un  cour  émb'un  Ion,  l'oste  se  sdouvo, 
prvb;  Système  des  compensations  :  ici  avec  un  morceau 
éooorté,  là  avec  une  portion  plus  copieuse,  l'hôte  se  tire 
d'afiaire  et  de  perte. 

Dér.  du  lat.  Curtu$,  m.  sign. 

Gonraje,  s.  m.  Courage;  constance;  force.  —  A  bon 
couraj0,  il  a  bon  espoir;  ou  il  a  une  santé  robuste.  Coumo 
«M  aquéi  couraje?  Comment  va  cette  chère  santé? 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Coragium,  îormé  du  lat.  Corel  Ago. 

Gouraîoàs,  ouso,  adj.  Courageux,  brave,  résolu. 

Conral,  ou  Pébéron,  s.  m.  Dim.  Couraïé;  péjor.  Cou- 
TÊlku.  Poivron,  piment,  Capsir.us  annuus,  Linn.,  plante 
potagère  de  la  fam.  des  Solanées.  Le  poivron  jeune  et  vert 
joœ  on  assez  grand  rôle  dans  la  culinaire  des  campagnes. 
On  le  mange  en  salade  avec  un  fort  assaisonnement  de  i 


poivre.  On  le  confit  également  au  vinaigre  et  on  le  conserve 
ainsi  toute  l'année.  Lorsqu'il  est  mûr,  il  devient  d'un  rouge 
corail  et  prend  une  causticité  si  violente  qu'un  zeste  suffit 
pour  mettre  le  feu  à  la  bouche;  la  main  même  qui  l'a  touché 
communique  une  inflammation  à  toutes  les  parties  délicates 
du  corps  où  elle  se  porte,  surtout  aux  yeux.  Néanmoins  les 
Espagnols  en  assaisonnent  la  plupart  de  leurs  mets  et  le 
mangent  même  dans  l'état  naturel.  —  Rouje  coumo  un 
coural,  rouge  comme  un  coq. 

Dér.  du  lat.  Coralium,  ou  Corallum,  corail,  à  cause  de 
son  analogie  de  couleur  dans  sa  maturité. 

Couratéja,  v.  fréq.  Exercer  le  courtage  ;  faire  le  courtier. 
—  Couratéja  un  bé,  offrir  l'acquisition  d'ua  domaine  par 
rentremi.se  d'un  courtier  ou  agent  d'affaires. 

Gouratië,  Gouratièïro,  s,  m.  et  f.  Courtier,  agent 
d'affaires,  entremetteur  de  marché  ou  d'affaires. 

Dér.  du  lat.  Cursitare,  courir  çà  et  là,  ou  bien  du  vieux 
verbe  lang.  Goura,  qui  veut  dire  à  la  fois  errer  çà  et  là  et 
tromper,  duper.  11  pourrait  bien  se  faire  qu'il  y  eût  un  peu 
de  toutes  ces  étym.  et  de  leurs  diverses  acceptions  dans  le 
fait  du  Couratiè. 

Courba,  v.  Courber;  recourber;  incliner;  plier  en  arc  de 
cercle.  —  Se  corbo  bien,  il  devient  bien  courbé,  il  prend  la 
taille  courbée.  Courba-vous  un  pàou,  baissez-vous  im  peu, 
inclinez  la  tète,  ou  courbez  le  dos. 

Dér.  du  lat.  Curvare,  m.  sigu. 

Gourbatas,  Gourpatas,  ou  Groupatas,  s.  m.  Corbeau, 
corbeau  noir,  Corvus  corax,  Linn.,  oiseau  de  l'ordre  des 
Passereaux  et  de  la  fam.  des  Pléniroslres.  Sa  couleur  est 
entièrement  d'un  beau  noir  avec  des  reflets  pourprés  et 
bleuâtres  sur  le  dessus  du  corps;  il  a  jusqu'à  deux  pieds  de 
longueur.  Cottrpatas  et  Croupatas  sont  des  variantes  locales 
de  Courbatas,  qui  est  lui-même,  par  le  changement  com- 
mun de  V  en  b,  un  augmentatif  ou  plutôt  un  péjoratif  du 
lat.  Corvus;  on  se  croit  en  effet  obligé,  en  parlant  de  lui. 
d'enlaidir  son  nom.  Son  cri  rauque,  son  plumage  lugubre, 
sa  voracité  ignoble  inspirent  jusqu'à  l'horreur  et  le  font 
regarder  comme  un  oiseau  de  mauvais  augure.  Les  enfants 
se  sont  inspirés  de  cette  idée  de  terreur  superstitieuse  dans 
une  sorte  de  refrain  injurieux  qu'ils  lui  adressent  lorsqu'ils 
l'aperçoivent  et  où  reviennent  sans  cesse  ces  mots  :  Cour- 
batas/ Diablalas! 

Le  scepticisme  du  XVIU™'  siècle  nous  a  légué  une  sorte 
de  dédain  pour  l'habit  ecclésiastique.  Les  esprits  forts, 
grands  dépréciateurs  du  clergé,  et  les*  solidaires  libres- 
penseurs  se  plaisent  à  nommer  un  prêtre  Courbatas,  et  ils 
expliquent  cette  ingénieuse  assimilation  par  la  couleur  de 
la  robe  et  par  l'instinct  commun,  disent-ils,  au  prêtre  et  au 
corbeau,  qui  les  appelle  l'un  et  l'autre  auprès  des  morts  ou 
des  mourants.  Cela  prouve  la  mauvaise  foi  et  l'absurdité 
d'une  prétendue  philosophie,  qui  ne  sait  pas  comprendre 
que  la  présence  du  prêtre  à  l'agonie  du  chrétien  est  un  des 
actes  les  plus  sublimes  de  son  ministère;  que  la  religion  est 
plus  belle  représentée  par  un  de  ses  ministres  consolateurs 


334 


COU 


COU 


an  chevet  d*an  pauvre  moarant;  et  qn*il  y  a  au  moios 
maladresse  à  Tattaquer  par  Tironie  de  son  c6tô  le  plus 
noble  et  le  plus  populaire. 

La  corneille,  qui  a  quelques  points  de  ressemblance  avec 
le  Courbatas,  est  souvent  aussi,  mais  improprement,  con- 
fondue dans  le  même  nom.  —  Voy.  Graïo, 

Courbe,  s.  f.  Ligne  courbe;  bois  qui  fait  une  courbe,  en 
cintre,  par  lui-même  ou  par  nature.  —  Se  tirariè  dé  pou- 
iido  courbo  d'aquél  doubre,  cet  arbre  fournirjiit  de  belles 
pièces  pour  jantes  de  roue  ou  de  puits  à  roue. 

Dér.  du  lat.  Curvus,  Curva,  m.  sign. 

Conrchâou,  Coorchâondo,  adj.  A  courte  queue,  qui  a 
la  queue  coupée  ou  raccourcie.  —  Chival  courchâou;  Galino 
eourchâoudo,  etc.,  cheval  écourté;  poule  sans  queue. 

Dér.  de  Cour,  Courto. 

Courcho,  s.  f.  Raccourci,  chemin  le  plus  court,  sentier, 
chemin  de  traverse,  pour  les  gens  à  pied,  qui  abrège  le 
trajet.  —  Coupa  dé  courcho,  prendre  le  raccourci,  la  tra- 
verse, pour  arriver  plus  tôt.  C'est  surtout  dans  les  côtes 
longues,  où  la  roule  décrit  des  circuits,  en  faisant  des 
lacets  pour  arriver  au  bas  par  une  pente  ménagée,  que  les 
piétons  tracent  une  ligne  directe  fort  scabreuse,  qui  sert  de 
corde  au  grand  arc  décrit  par  la  route.  Au  fig.  Coupa  dé 
courcho,  signifie  abréger,  arriver  vite  et  droit  au  but. 

Courcho,  ».  f.  Ver  à  soie  court.  C'est  un  ver  qui  com- 
mence à  se  métamorphoser  en  chrysalide,  avant  d'avoir 
grimpé  sur  la  bruyère  et  d'avoir  filé  :  son  état  de  faiblesse 
et  de  maladie  ne  lui  permet  pas  d'escalader  ni  de  jeter  les 
fils  de  sa  trame.  Quelquefois  il  fait  un  mauvais  cocon  dans 
la  litière,  mais  informe  et  fondu.  Cette  maladie  est  souvent 
épidémique,  et  une  partie  de  la  chambrée  tombe  en  court, 
iombo  en  courcho,  au  moment  de  la  montée.  Ces  accidents 
proviennent  aussi  quelquefois  d'un  excès  de  maturité,  lors- 
qu'on n'est  pas  assez  prêt  à  donner  le  bois  aux  vers. 

La  flacherie  ou  maladie  des  morts-flacs,  dans  la  nouvelle 
dénomination  séricicole,  n'est  pas  autre  chose. 

Toumba  en  courcho  s'applique  figurativement  à  tout 
projet  annoncé  qui  avorte,  à  une  belle  promesse  mal 
tenue. 

GonrcouBSOÙ,  s.  m.  Charançon,  calandre,  bruche,  cha- 
rançon des  blés  et  des  légumes,  Curculio,  Linn.,  de  l'ordre 
des  Coléoptères;  petit  ver  blanc  qui  se  change  plus  lard  en 
scarabée.  Ce  dernier  pond  un  œuf  dans  l'épi  encore  vert;  il 
en  naît  un  ver  qui  se  nourrit  dans  le  grain  et  l'accompagne 
au  grenier,  d'où  il  ressort  en  scarabée  pour  continuer  ainsi 
sa  malfaisante  rotation.  Au  fig.  rabougri,  ratatiné  de  vieil- 
lesse, comme  est  ce  ver  dans  son  alvéole.  En  fr.  on  le 
nomme  aussi  Cosson.  —  Voy.  Cousmoù,  dont  Coureousioù 
est  la  redondance. 

Dér.  du  lat.  Curculio,  m.  sign. 

Gonrcoiusoiiiia,  ado,ad[;.  Piqué  des  vers;  vermoulu.  — 
Koy.  Couuouna. 

Conrda,  s.  m.  Cordât,  grosse  toile  à  trame  croisée  qui 
sert  i  faire  du  gros  linge  de  table. 


Conrda,  v.  Corder;  ficeler;  entourer  de  cordes  ;embaltor 
avec  une  corde. 

Gonrdaje,  s,  m.  Cordage  de  navire,  toute  sorte  de  cordes 
servant  à  la  manœuvre  d'un  vaisseau. 

Courdéiè,  «.  m.  Cordelier,  moine,  religieux  de  l'ordre  de 
Saint-François,  de  l'un  des  quatre  ordres  mendiants.  —  Yèr 
tous  Courdeïés,  du  côté  du  couvent  des  Cordeliers.  Lou  dùval 
da$  Courdéïès,  c'est  aller  à  pied,  autrement  dit  avec  un  jeu 
de  mots  pareils  :  par  la  voiture  du  comte  de  la  marche. 

Dér.  de  Cordo,  parce  que  les  frères  de  cet  ordre  portent 
une  corde  pour  ceinture. 

Ck>urdéia,  v.  Tracer,  comme  le  fraisier  et  certaines  espè- 
ces de  graminées,  qui  étendent  à  fleur  de  terre  leurs  fils 
dont  chaque  nœud  prend  racine  et  forme  une  plante  nou- 
velle; en  terme  de  boulanger,  filer,  comme  la  pâte  qui 
s'allonge  en  cordes  quand  on  la  soulève.  —  Faire  courd^, 
donner  de  la  corde,  laisser  courir  la  corde  du  côté  où  son 
bout  est  trop  court,  lorsqu'on  corde  un  ballot,  la  charge 
d'une  charrette  ou  d'un  bât,  ou  même  un  fagot. 

Courdël,  s.  m.  Cordeau  de  maçon  ou  de  jardinier,  corde 
même  servant  à  prendre  des  aplombs  ou  des  alignem^ts. 
—  Tira  àou  cour  dit,  aligné  au  cordeau. 

Coardéla,v.  Lacer;  lacer  un  corset,  passer  un  lacet  dans 
les  œillets  d'un  corset. 

Coordélado,  s.  f.  Chapelet  d'objets  de  même  sorte  enfi- 
lés. —  Courdélado  dé  coucous,  chapelet  de  cocons  de  graine. 
Les  cocons  qu'on  réserve  pour  la  graine  sont  choisis  parmi 
les  plus  forts  et  les  plus  réguliers  de  forme.  On  les  enfik 
avec  une  aiguille ,  eo  ayant  soin  de  ne  prendre  que  Tépi- 
derme  pour  ne  pas  piquer  la  chrysalide  ;  oa  les  suspend 
ainsi  par  chapelets  dans  une  position  aérée  et  isolée  :  œ 
qui  donne  de  la  facilité  au  papillon  pour  percer  sa  coque. 

Courdélado  dé  péiisoùs,  brochette  de  poissons,  que  les 
pêcheurs  à  la  ligne  enfilent  comme  un  chapelet. 

Courdèlo,  $.  f.  Lacet,  cordon  de  fil  ou  de  soie  dont  las 
femmes  se  servent  pour  lacer  leur  corset,  et  qui  est  garni 
d'un  bout  métallique  pour  passer  facilement  dans  les 
œillets. 

Gourdîa,  «.  m.  Grosse  toile  d'emballage;  treillis. 

Conrdiè,  s.  m.  Cordier,  fabricant  ou  marchand  de  cordes. 

Conrdil,  s.  m.  Dim.  Courdïé.  Cordon,  petit  tissu,  tressé 
comme  la  corde,  de  fil,  de  soie,  de  laine,  de  coton,  de  crins, 
etc.  Lorsque  le  cordon  est  en  cuir,  il  se  nomme  Cotir^'oè. 
fVoy,  c.  m.)  —  Plôou  coutno  dé  courdiU,  il  pleut  à  seaux. 
Quand  il  pleut  ainsi,  la  pluie  ne  se  présente  pas  comme  une  . 
suite  de  gouttes,  mais  par  continuité,  comme  un  filet  d'eau 
sous  la  forme  et  de  la  grosseur  d'un  cordon  ;  ce  que  leprt* 
sente  assez  bien  notre  expression  pittoresque. 

Courdoù,  «.  m.  Ruban  d'attache,  comme  cMix  d*im 
chapeau  de  femme  ;  cordon,  décoration. 

Inutile  de  faire  remarquer  que  tous  ces  mois»  depais 
Courda,  et  quelques-uns  des  suivants,  augmeutatîfii  oa 
diminutifs,  ont  pour  racine  et  pour  principe,  Cotéo.  — > 
Foy.  c.  m. 


cou 


cou 


225 


Coordougnè,  èiro,  s.  m.  et  f.  Cordonnier,  femme  do 
cordonnier;  celai  qui  lait  des  souliers.  —  Notre  mot,  ainsi 
que  son  correspondant  français,  est  d'origine  assez  moderne 
et  ne  remonte  guère  qu'au  W^  siècle.  L'un  et  l'autre  sont 
la  corrupt.  de  Cordouanier,  c'est-à-dire  ouvrier  qui  emploie 
du  Gordouan,  ou  cuir  de  Gordoue.  L'ancien  confectionneur 
de  chaussures  s'appelait  Sabaiii.  La  corporation  de  ces 
artisans  a  donné  à  une  rue  d'Alais  son  nom  qu'elle  porte 
toujours,  Sabatariè.  Il  y  a  beaucoup  de  noms  propres, 
partout,  qui  ont  cette  étym.  —  Voy.  Sabatiè. 

CSonrdongnè,  s,  m.  Punaise  à  aviron,  Hydrometra  sta- 
^nomm,  Linn.,  insecte  de  l'ordre  des  Hémiptères,  connu 
sons  la  qualification  de  Notonecte  ou  Hémiptère  rémitorse. 
Ce  uom  gr.  N5)tovi{xti)(,  de  v&toç,  dos,  et  vi^xt?);,  nageur, 
indique  une  singularité  de  cet  insecte  qui  nage  en  efiet  à  la 
reverse.  Deux  de  ses  jambes  lui  servent  d'avirons  pour 
s'élancer  en  avant  par  secousses  ;  mais  tout  son  corps  est  si 
frêle,  si  léger  que  le  moindre  courant  qu'éprouve  l'eau  où 
il  navigue,  lui  fait  perdre  tout  l'espace  qu'il  avait  gagné 
par  sa  bnssée;  de  sorte  qu'il  fait  deux  pas  en  avant,  deux 
pas  en  arriére,  et  qu'en  résultat  il  demeure  presque  à  la 
même  place.  Admirable  disposition  et  merveilleux  instinct 
que  Dieu  a  déposé  dans  la  plus  infime  créature  !  En  appa- 
rence, ce  petit  insecte,  avec  ses  mouvements  automatiques 
et  sa  position  renversée,  passerait  pour  un  animal  stupide, 
si  l'on  ne  savait  que  tout  ce  manège  sur  l'eau  n'est  point 
on  voyage  qu'il  veut  tenter  à  contre-sens,  mais  une  chasse 
(les  plus  fructueuses  qu'il  fait  aux  moucherons  microscopi- 
ques qui  voltigent  à  sa  portée  et  qu'il  happe  au  passage.  Ses 
enjambées  ne  sont  donc  point  un  moyen  de  cheminer,  mais 
iMen  de  regagner  l'espace  que  le  courant  lui  a  fait  perdre; 
ses  exOTcices  de  natation  sur  le  dos  n'ont  d'antre  but  que 
de  lui  faire  apercevoir  et  saisir  facilement  sa  pâture.  On  ne 
le  doute  guère  non  plus  que  cet  insecte  a  des  ailes  qu'il 
dissimule  tant  qu'il  a  affaire  à  un  élément  où  elles  ne  sau- 
raient lui  être  utiles  ;  mais  dès  que  le  gibier  manque  sur 
on  point,  il  les  déploie,  les  ressuie  à  terre  et  vole  plus  vite 
qu'il  ne  nageait  vers  une  autre  mare  ou  quelque  cours  d'eau 
pour  se  remettre  à  faire  la  planche  et  recommencer  sa 
chasse. 

Ou  l'appelle  Caurdougni  parce  que  ses  enjambées  ressem- 
blent assez  au  mouvement  des  bras  du  cordonnier,  quand 
il  tire  le  ligneul. 

Coardomia,  v.  Border  d'arbres  un  champ;  planter  des 
arbres  comme  un  cordon  autour  d'une  terre. 

Coardoimé,  s.  m.  Cordonnet,  petit  cordon  d'or,  d'argent, 
de  soie,  de  fil,  de  coton  ou  de  laine,  pour  border  un  habit, 
«ne  robe,  etc.;  passepoil. 

Gonrdiira,  v.  Coudre;  assembler  deux  choses  au  moyen 
d'une  aiguille  et  de  fil  ;  au  fig.  faire  des  zigzags,  passer  à 
travers  des  objets  quelconques  disposés  en  ligne,  en  passant 
alternativement  de  la  gauche  de  l'un  à  la  droite  de  l'autre, 
comme  lorsqu'on  tresse  une  natte,  opération  du  reste 
pareille  à  celle  de  l'aiguille  qui  coud  et  qui  passe  tantôt 


dessus,  tantôt  dessous  l'étoffe.  —  Courdura  lou  cami,  faire 
des  zigzags  sur  la  route,  comme  font  les  ivrognes.  Dé  que 
fa\'  aquélo  fïo?  —  Courduro  ;  quel  métier  fait  cette  fille? 
—  Elle  s'emploie  à  la  couture. 

Dér.  du  lat.  Consttere,  m.  sign. 

Courduro,  s.  f.  Couture;  profession  de  couturière.  — 
Répassa  las  eourduros,  aplatir  les  coutures  d'un  habit  avec 
le  carreau  du  tailleur  :  au  fig.  donner  une  volée  de  coups 
sur  le  dos.  Bésta  pér  las  eourduros,  demeurer  pour  les 
gages  :  cela  se  dit  d'une  mauvaise  dette  dont  on  est  obligé 
de  faire  l'abandon  :  Aqud  la  y  es  resta  pér  las  eourduros. 

Coure,  ou  Court,  v.  Courir,  aller,  marcher  avec  vitesse  ; 
ne  pas  rester  chez  soi;  glisser;  en  parlant  des  liquides, 
couler;  circuler;  parcourir.  —  Coure,  cours,  cours, 
marche,  file!  Faï  pas  gué  coure,  il  ne  reste  jamais  en  place. 
Coure  que  Vat  vis,  va  t'en  vite,  je  te  connais,  je  t'ai  vu. 
Faire  coure  un  nous,  faire  glisser  un  nœud.  L'atgo  que 
coure  faï  pas  mdou  âou  meure,  prvb.,  l'eau  courante  est 
toujours  saine.  Coure  sus  lou  mérca  dé  quâouquus,  aller  sur 
le  marché  de  quelqu'un,  faire  des  offres  à  un  objet  qu'il 
marchande.  Laïssara  bé  coure  quieon,  il  donnera  bien  quel- 
que chose  sur  le  marché,  il  laissera  bien  courir  quelque 
chose  sans  le  faire  payer.  L'annado  que  coure,  l'année  cou- 
rante. Coure  que  ré»/i^,prvb.,  va  t'en  voir  s'ils  viennent, 
Jean.  N'en  coure  lou  bru,  la  nouvelle  en  circule. 

Dér.  du  lat.  Currere,  m.  sign. 

Courédis,  iaao,  adj.  Qui  court,  qui  roule;  propre  à 
courir.  —  Un  iè  courédis,  un  lit  à  roulettes. 

Courédoû,  s.  m.  Corridor;  galerie;  allée  de  maison  : 
c'est  particulièrement  une  galerie  à  ciel  ouvert  qui  conduit 
à  la  principale  entrée. 

En  espag.,  cat.  et  port.  Corredor,  en  ital.  Corridore. 

Couréire,  Mro,  adj.  Coureur;  léger  à  la  course;  qui 
court  très-vite. 

Dér.  du  lat.  Currere. 

Conréjo,  s.  f.  Courroie;  lanière  de  peau,  de  cuir;  fouet 
du  berger,  qui  n'est  pas  tressé,  mais  qui  se  compose  d'une 
lanière  assez  large  et  d'un  b&ton  court  et  blanc;  par  ana- 
logie, champ,  terrain  long  et  étroit  en  forme  de  lisière. 

Dér.  du  lat.  Corium,  cuir;  dans  la  bass.  lat.  Corrigia. 

Couréjolo,  s.  f.  Liseron  des  champs,  volubilis  sauvage; 
clochette;  Convolvulus  arvensis,  Llnn.,  plante  de  la  fam.  des 
Convolvulacées,  rampante  et  parasite,  qui  ne  peut  s'élever 
qu'en  s'entortillant  aux  plantes  ou  aux  arbres  voisins.  Elle 
produit  une  fleur  blanche  en  forme  de  clochette,  et  elle  est 
extrêmement  difficile  à  extirper;  le  tranchant  de  la  faulxla 
fait  périr. 

Dim.  de  Couréjo, 

Couréjoù,  s,  m.  Cordon  de  souliers  en  cuir;  cordon  de 
bourse  en  cuir.  —  Voy.  Courdil. 

Dim.  de  Couréjo. 

Gouréjonna,  v.  Serrer  les  cordons  des  souliers;  fermer 
les  cordons  de  sa  bourse. 

Conréii,  s.  m.  Plateau;  pièce  de  bois,  planche  longue, 

9» 


-2Î6 


COU 


COU 


large  et  épaisse,  qui  sert  de  plancher  pour  ce  que  Ton  peut 
appeler  le  second  étage  d*une  magnanerie.  Il  faut  se  rappeler 
que  la  magnanerie  est  un  grand  appartement,  qui  d'ordi- 
naire s'élève  du  plat  sol  jusqu'à  la  toiture  sans  division 
d'étages.  Vers  les  deux  tiers  de  sa  hauteur,  il  règne  un  rang 
de  poutres  transversales,  destinées  à  fixer  les  pieds-droits 
ou  montants  qui  soutiennent  les  tables.  On  donne  k  manger 
aux  plus  basses  tables  de  pied  ferme  jusqu'à  la  quatrième 
au  plus  ;  au-dessus  de  celle-ci,  on  a  recours  à  des  échelles 
courtes,  légères  et  faciles  à  manier;  mais  s'il  fallait  en 
employer  de  trés-longues  pour  atteindre  aux  plus  hautes 
tables,  ce  serait  à  la  fois  très-pôniblo  et  irès-dangeieux. 
Pour  y  obvier,  on  dispose,  tout  le  long  des  couloirs  supé- 
rieurs de  l'appartement,  une  file  de  longs  plateaux  posés 
et  cloués  sur  les  poutres  dont  il  a  été  question  ;  et  les  aides 
magnassiers  trouvent  dans  ce  nouveau  plancher  un  second 
rez-de-chaussée,  qui  leur  permet  d'atteiqdre  aux  tables  les 
plus  élevées,  dont  le  nombre  ne  s'élève  pas  à  plus  de  quatro 
au-dessus  de  ces  plateaux. 

Coarén,  êatOi  a^j.  Coulant,  anie;  courant;  qui  glLsse; 
qui  circule.  —  Nous  cQurin,  nœud  coulant.  AïgoeourérUo, 
eau  courante.  Pris  courén,  prix  courant.  Man  caurér^o, 
main -coulante,  pièce  de  menuiserie  sur  une  rampe  d'esca- 
lier; main-courante,  registre  journalier  d'un  commerçant. 

Gourgnè,  s.  m.  Cornouiller,  arbre.  —  Vau-  Corgno, 

11  est  devenu  n.  pr.  en  fr.  sous  la  forme  :  Cormer* 
Ducornier,  etc. 

Coarl,  V.  Courir.  —  Vgy.  Coure. 

Couiiè,  s.  m.  Courrier;  messager;  qui  £ait  le  servic$  de 
la  poste  ;  qui  porte  les  dépèches  d'un  bureau  à  un  autre.  —  ' 
Lou   Courte,  le  journal;  les  lettres  qu'on  prépare  pour 
envoyer. 

Courija,  v.  Corriger;  donner  une  correction;  amender; 
réformer;  châtier;  reprendre;  améliorer. 

Dér.  du  lat.  Corrigée,  m.  sign. 

Gooriola,  a^j.  f.  Fille  trotteuse,  et  non  pas  coureuse. 
Noire  expression  lang.  est  loin  d'avoir  cette  dernière  accep- 
tion. Elle  signifie  seulement  une  fille  un  peu  l^ère,  qui 
n'aime  pa&  à  garder  le  logis,  et  qui  suit  les  promenades,  les 
fêtes  villageoises,  etc. 

Couriôou,  adj,  m.  Dim.  Courioulé.  Qui  aioie  à  courir, 
à  trotter;  batteur  de  pavé;  éventé;  dissipé. 

Coiuriâoii,  «.  m.  Dim.  Courioulé.  Roulette  d'enfant; 
espèce  de  cbarriot  à  quate  roulettes,  où  l'enfaal  est  placé 
debout,  les  pieds  portant  à  terre  et  le  corps  enfermé  dans 
un  cercle  qui  l'empêche  de  tomber»  Comme  cet  appareil  est 
facile  à  mettre  en  mouvement,  l'enfant  le  fait  aisément 
rouler,  ce  qui  l'oblige  lui-même  à  suivre  et  à  changer  ses 
pieds  de  place  à  mesure  que  la  machine  roulante  avance. 
Cet  exercice,  qui  tient  tout  à  fait  de  la  gymnastique,  quoi- 
qu'il soit  fort  antérieur  à  cette  science  dans  l'éducation 
puérile,  a^rend  à  l'enfant  à  se  tenir  sur  se»  pieda,  k  mar- 
cher, et  développe  ses  forces. 

Connul,  adj.  m.  Terme  injurieux,  qui  ne  s'appUi^ue 


qu'au  masc.  et  pour  cause  :  mari  dont  la  femme  est  peu 
fidèle,  et  que  Molière  appelle  :  cocu. 

Dér.  du  lat.  Cornu,  corne. 

CovnuffédQ,  s,  f.  Plantation  de  cornouillers;  lieu,  ter- 
rain, bois  planté  de  cet  arbre. 

Formé  de  Courgnê,  radical,  avec  le  suffixe  collectif  éifo. 

—  Vou-  Édo. 

Coumé,  s.  m.  Cornet  à  bouquin  ;  sorte  de  trompette  faite 
en  terre  ou  de  la  corne  d'un  bœuf,  avec  laqui^lle  les  bergers 
et  les  vachers  appellent  le  bétail  qui  est  dispersé  au  loin. 

Coumé,  s.  m.  Courge-trompette,  sorte  de  calebasse, 
Cueurbita  lagmaria,  Linn.,  plante  poUkgère  de  la  fam.  des 
Cucurbitacées,  longue  de  trois  pieds  environ,  qui  a  cer- 
taine ressemblance  pour  la  forme,  sinon  pour  les  dimen- 
sions, avec  l'instrument  du  même  nom. 

Dér.  du  lat.  Cornu. 

Coumélu,  udo,  adj.  Péjor.  Cournéludoê.  Cornu,  qui  a 
de  longues  cornes.  —  Yoy.  Banu. 

Gottmndo,  s.  f.  Cornue,  vase  de  bois  à  deux  anses  laté- 
rales servant  à  porter  des  liquides.  Se  dit  mieux  Séméon. 

—  Voy.  c.  m. 

Coaro,  adv.  de  temps.  Quand;  à  quelle  ^oque;  qu«l 
jour;  à  quelle  heure;  tantôt;  en  quel  tempe.  —  Couro  «én- 
dréê?  quand  viendrez- vous?  Comro  aqud  i'éê  fat  À  quelle 
époque  cela  s'est-il  fait?  Couro  que  sièguo,  en  qud  temfK 
que  ce  soit.  Couro  que  vèngo,  Uparlaraï,  lorsqu'il  viendm,- 
je  lui  parlerai  avec  les  dents.  Couro  que  vén^ou  la*  pruno9^ 
y-àoura  un  an,  vienne  la  saison  des  prunes,  il  y  aura  un 
an.  Couro  m,  couro  plouro,  tantôt  il  rit,  tantôt  il  pl^ve. 

Dér.  du  lat.  Quota  hora,  quelle  heure. 

Gouroubiè,  s.  m.  Caroubier,  gainier  viaqueux,  atbrp 
de  Judée,  Cerci$  sUiquoêtrum ,  Linn.,  arbre  de  la  fam.  des 
Légumineuses,  naturalisé  dans  nos  pays. 

Gooroubio,  s.  f.  Caroube,  fruit  du  caroubier.  C'est  utie 
la^e  gousse,  noirâtre  quand  elle  est  mùro,  assez  semblable 
de  forme  à  celle  des  pois  dit  goulus,  mais  beanoonp  fAm 
grosse.  Elle  renferme  une  pulpe  charnue  et  donoo&tie,  qui 
tient  à  la  fois  de  la  datte  et  de  la  manne.  Les  enfanis  en 
sont  friands,  comme  de  tout  ce  qui  est  sucré.  Elle  esl  un 
excellent  engrais  pour  les  chevaux.  On  leur  en  donne  bena- 
coup  en  Espagne,  où  ce  fruit  est  très-abondant. 

L'arbre  de  Judée,  à  fleurs  roses,  est  de  la  mèoie  faintllA. 
mais  ses  gousses  sont  petites,  sèches  et  sans  saveur. 

GourDimèl,  s.  m.  Colonel,  chef  d'un  régiment. 

Emp.  au  fr. 

Conrsé,  t.  m.  Dim.  CounUoià,.  CoMrttoufw. Gosseft^  <orpb 
de  jupe,  lacé  ou  non;  camisole  de  femme  ;  habiUemeoi  du 
buste.  On  dit  Coursïoù,  quand  il  s'agit  de  la  camisole  d'iui 
enfant  au  berceau. 

Goorto-haléno,  t.  f*  Asthme  ;  essouflOeraont.  —  èm  «on 
dé  la  eourto-haUno,  il  est  mort  fiuite  da  respiiw  :  maa^RUff 
plaisaiiterie  pour  dire  :  je  ne  saisde  qiiQilemaiadieti 

Q>iirtoiièi,  ouèso,  aiff.  Courtois,  poli;  afidito. 

Empv  au  fr. 


cou 


COD 


587 


Goamcioa,  «.  f.  Odeur  de  corrompu:  iafection.  — 
Quimio  emurtÊCiou/  quelle  odeur,  quelle  infection! 

Ce  mot  n*e8t  Téquivalent  du  fr.  dont  il  est  formé,  que 
sons  le  rapport  de  Todeur. 

Coof,  i.  m.  Cours,  promenade,  allée  plantée  d'arbres, 
dans  une  ville;  cours,  taux  d'une  marchandise.  —  Fôou 
faïn  lou  cous,  ou  fôou  faire  coumo  »é  faï,  il  faut  suivre  le 
cours. 

Oér.  du  lat.  Cur$u$,  ou  Curtus. 

Conseil,  s.  m.  Conscrit,  qui  est  soumis  à  la  conscription 
iniUlaire.  Par  ext.  novice;  neuf,  sans  expérience. 

On  conçoit  très-bien  l'emprunt  de  ce  mot  fait  au  fr.  depuis 
les  lois  sur  le  recrutement,  le  point  le  plus  important  pour 
la  population  de  la  politique  intérieure. 

Gonségii,  uâo,  pari,  pou,  du  v.  Cuire,  cuire,  dans 
l'acception  de  douleur  inflammatoire  seulement. 

Cousésoù,  s.  f.  Cuisson  ;  action  de  cuire  au  feu  ;  degré 
(le  cuisson  ;  cuisson,  inflammation  légère  mais  cuisante. 

Dér.  de  Caïre. 

Coml,  CSoasino,  $.  m.  et  f,  Dim.  Cousine,  CousinMo; 
péjor.  Cousinas,  asso.  Cousin,  cousine.  —  Cousi  que  cousi 
davalo  dé  moun  cériitre,  dicton  devenu  prvb.  que  le  fr.  a 
rendu  par  :  ami  jusqu'à  la  bourse. 

Dér.  du  lat.  Consanguineus. 

Consigné,  Consignëîro,  s.  m.  et  f.  Cuisinier,  cuisinière  : 
domestique  à  gages,  homme  ou  femme,  qui  fait  la  cuisine 
dans  une  maison,  un  hôtel,  une  auberge.  —  Consigné 
maeari,  un  empoisonneur.  CVoy,  Macari.J  Consigné  lam- 
brUo,  $é  y-a  un  bon  moucél,  hn  fréto,  cuisinier  lambin,  le 
loeillenr  morceau  est  pour  lui. 

Dér.  de  Cousino. 

Contignèirot  (Las),  s.  /*.  pi.  Les  Pléïades,  constellation 
située  dans  le  signe  du  Taureau  et  composée  de  sept  étoiles 
jadis,  dont  une  a  disparu. 

Ce  mol  parait  une  corruption  du  fr.  /a  Ponssinière,  nom 
qu'on  donne  quelquefois  à  cette  constellation,  qui  par  son 
assemblage  ressemble  à  une  couvée  dé  poussins  pressés 
autour  de  leur  mère. 

Consina,  s.  m.  Potage  de  châtaignes  sèches.  —  Voy.  Ba- 
jana. 

Consinaje,  s.  m.  Cousinage,  parenté  entre  cousins;  manie 
de  traiter  tout  le  monde  de  cousin. 

Gonainéîa,  v.  fréq.  Faire  la  cuisine  ;  se  dit  particulière- 
ment,  en  ce  sens,  d'une  personne  tiont  ce  n'est  pas  la  pro- 
fession, qui  met  la  main  à  la  pâte  par  occasion  ;  se  cousiner, 
traiter  tout  le  monde  de  parent  pour  s'en  faire  le  parasite. 

Gonsino.  s.  f.  Dim.  Consînéio;  péjor.  Consinasso.  Cui- 
sine; ehëre.  —  La  cuisine  est  la  salle  à  manger  et  le  salon 
d'honneur  pour  les  paysans.  Piehoto  eousino  fafi  l'ousiâou 
groH,  prvb.,  petite  cuisine  enrichit  la  maison. 

Dér.  de  la  bass  lat.  Cocina,  qui  est  la  oormpt.  du  latin 
classique  Coqmina,  cuisine. 

Qansaégal,  «.  m.  Mdiei],  mélange  de  froment  et  de  seigle. 

Formé  du  lat.  Cwn,  avec,  et  Sigal,  bas-bretoci,  seigle. 


Consseia,  v.  —  Voy.  Aeousséia. 

Consaéjà,  v.  fréq.  Poursuivre,  courir  «nprès;  chasser 
devant  soi  quelqu'un  qui  fuit. 

Dér.  de  Consso. 

Gonssél,  s.  m.  —  Fdy.  Connsél. 

Conssi,  adv.  Comment,  comment  donc;  eh!  quoi!  — 
Coussï  quicon,  d'une  façon  ou  d'une  autre;  aussi  bien  que 
nous  pourrons.  Coussï  va\  la  santa?  comment  va  la  santé? 
Comsi  vous  pourtas?  comment  vous  portez-vous?  Coussï! 
m'ou  avias  pas  dit,  est-il  possible  !  vous  ne  m'en  aviez  pas 
parlé.  Co%kssï  m'ou  avias  pas  dit?  comment  se  fait-il  que 
vous  ne  m'en  ayez  pas  dit  un  mot?  Coussï  quicon  sèn 
avivas,  k  la  longue  nous  voilà  arrivés,  mais  ce  n'est  pas 
sans  peine.  Véjo  coussï  camino,  vois  comme  il  marche. 
Coussï/  vous  maridasf  Eh!  quoi!  vous  prenez  femme! 

Dér.  probablement  du  lat.  Quod  et  Sic,  cela,  ainsi. 

Cousso,  s.  f.  Course,  marche  précipitée;  voyage;  espace 
parcouru.  —  A  cousso,  en  courant,  à  la  course.  Foura  bé 
y-ana  faire  uno  cousso,  il  faudra  bien  y  aller  faire  un 
voyage.  Y  serai  d'uno  ccwmo,  j'y  arri verni  d'une  enjambée. 
Gnavés  pér  uno  bono  cousso,  vous  en  avez  pour  un  bon  bout 
de  chemin.  —  Voy.  Escousso. 

Dér.  du  lat.  Cursus,  m.  sign. 

Conssoû ,  s.  m.  Ârtison ,  insecte  on  ver,  de  l'ordre  des 
Coléoptères,  qui  ronge  le  bois  ;  charançon  du  blé  ;  ^'ermou- 
lure  ou  débris  du  bois  rongé  par  ce  ver,  dont  il  a  absorbé 
toutes  les  parties  aqueuses  et  nutritives  :  cette  poussière  est 
un  excellent  dessiccatif. 

11  est  singulier  que  le  fr.  ait  appelé  cosson,  l'artison,  le 
charançon  qui  ronge  le  blé  (Curenlio),  plutôt  que  celui-ci 
(Cossus),  dont  la  traduction  était  toute  naturelle.  Du  reste, 
en  lang.  Conssoii  et  Courconssoii  sont  souvent  confondus. 
—  Voy.  Coureoussoù. 

Dér.  du  lat.  Cossus,  Cossonus,  m.  sign. 

Coussouna,  ado,  adj.  Vermoulu;  piqué  des  vers;  ne  se 
dit  que*du  bois.  Lorsqu'il  s'agit  de  hanles,  d'étoffes  de 
laine,  on  dit  Arna. 

CouBSU,  ndo,  adj.  Cossu,  en  parlant  d'une  personne 
riche  et  opulente  ;  en  parlant  des  choses,  confortable,  élé- 
gant, riche,  bien  étoffé.  —  M*én  fichas  uno  coussudo,  vous 
m'en  donnez  une  bonne.  Aqud  po  se  dire  coussn,  voilà  qu'on 
peut  appeler  cossu,  élégant,  riche. 

Consta,  s.  m.  Au  pi.  Cousiassês.  Côté,  partie  droite  ou 
gauche  d'un  animal,  d'une  chose;  envers  ou  endroit  d'une 
étoile  ;  face,  aspect  ;  parti  ;  hanches  vniias  ou  factices  d'une 
femme.  —  Dé  eoufUi,  de  côté,  séparément.  Pér  eousta,  par 
côté,  obliquement,  de  biais.  Dâou  eousta  dé  Nime,  aux 
environs  de  Ni  mes.  Vira$-ou  dâou  bon  eousta,  tournez  cette 
étoffe  à  l'endroit;  prenez  ceci  du  bon  côté,  sous  son  bon 
aspect.  Mé  méte  dé  foun  eousta,  je  me  range  de  votre  parti. 
Marehavo  à  sous  cousiassês,  il  marchait  à  côté  de  lui.  A  pas 
gés  dé  Milite  ou  dé  eonuiasses,  elle  n'a  point  de  hanches, 
point  de  tournure.  Les  femmes  tirent  vanité  de  la  protu- 
béfanoe  ée  leuis  hanches:  serait-ce  pour  faire  ressortir 


±}8 


COU 


cou 


<lavaiilaj:e,  par  constrasle,  la  finisse  ib'  lour  Inillo,  ou  pour 
tout  autre  chef  de  eo(iuetterie?  Il  irii|)orto  peu  de  péiiélrer 
le  st^cret  de  C4\s  artifices  que  la  inodt'  impos(^  et  (pli  sont  de 
tous  les  temps  et  de  tous  les  pays.  Autrefois  les  lumiers 
niit  eu  leur  vogue;  puis  ou  a  appelé  ces  appareils,  ou  coussi- 
iicls  adnptés  à  la  taille,  tantôt  tournure,  tantôt  [)olissons; 
puis  est  Acnue  la  crinoline  ei  son  ampleur.  L<*  siècle  de 
Péricl»'s  cl  le  règne  du  Directoire  ont  fait  excejjtion;  les 
lailK's  en  guêpe  étaient  ])roscrites.  Sur  l'ancien  modèle  grec, 
l»s  élégantes  de  la  fin  de  1700  paraissaient  sous  fornu'  de 
Iu1m\  Cl'  (ju'on  ai)pelait  alors  taille  d'asperge.  A[)rés  les 
exagérations  boudins  îles  mnd»'s  de  notre  second  empire,  on 
a  semblé  rcNcnir  aux  lignes  droites  et  raidosdu  Dinvtnin', 
«pli  sont  déjà  remplacées  aujourd'Iiui  par  les  polissuiis  res 
suscités;  et  il  en  sera  toujours  ainsi  sui\ant  les  charmants 
caprices  de  ce  i\ran,  niaitre  du  monde.  Viu^  seule  chose  ne 
ehange  pas  ici;  ce  sont  les  mois  de  noiio  langue  déjiilixèc, 
mais'(]ui  peut  ce|)endant  s'appli<pierà  Inules  les  in\eiitiuns. 

Dér.  de  Costo. 

Cousta,  V.  n.  (ioiUer;  être  acheté  à  un  cerlain  ]>ri\;  èlre 
dilïicih'  ;\  ac([uérir,  au  prix  de  soins,  de  peines,  de  f.iliguis. 
—  Quv  ([nc  costff,  collt«'  qui'  colite.  Se  tnc  rduslut-o  juis  <jni' 
ifous  soous,  s'il  ne  m'en  coulait  <]U«'  dt'ux  sous.  .  .  Sares jms 
iie  y//e  ///('  ojslf's,  lu  ne  sais  [las  ce  ipie  lu  me  coules. 

Dér.  du  lai.  Coustare,  m.  sign. 

(Àinimc  rtMiiarque  gi-iiéralc,  il  est  à  oljservcr  (|ue  la  plu- 
part des  \erlies  dans  lesquels  se  ren*"unliv  la  s\llahe  ini  à 
i'iidiii.,  piéseiileiil  drs  iriV'gnl.irile.s  de  ('niijugaisou  à  (hlVe- 
l'cnls  te;ij[»s  :  ainsi  i'inisla.  iiiliu.  pr-'S.,  l'ail  i^uslf  à  I  ind. 
jirés.,  Cifustiie  au  fui.:  de  même  Troiii'K,  Atr^mbd,  Acou- 
inout/d,  Coujd,  inllii.,  doiinr-ul  a  Tind.  |ué>.  irrtve,  Aimljc, 
AciHfinoilr,   CdJC,  etc.,  (^Ic. 

CoUStélétO,  .V.  f.  (l'MelcUc,  pclile  colc  de  JiiuUlon, 
d  agneau,  d«'  \cau,  de  ho'ul',  déclinée  a  è|ic  m.mgée. 

D-'r.  de  i  osl<i. 

GouStétO,  v  /".  (y>le>  de  pojiV'c,  qii'dii  mange  coiiiii.e  les 
caide>. 

Der.  dim.  de  <'o.s7o. 

Coustiè  (Dé  ou  pér),  uf/r.  De  ct')l<',  jiar  cole:  deUavers; 
de  hiais,  ohli(piement.  —  Vat  tout  pcr  mtistir,  il  ma  relie 
lout  de  lra\ers. 

Dér.  de  (\mst(i^  coté. 

GoustïOÙS,  s.  m.  /*/.  (lôji'liites  de  pDiv  >alé.  -  il  nel'<»ul 
l)as  ouhlitM'  (]ue  les  os  de  pure  sonl  décharni's  pour  faire'  de 
cj'tle  \  iand<'  de  Tai.d  mille,  de  la  .saucisse,  du  saucis.sou,  elc; 
c<!  «pli  resie  a[»rés  l«s  coles  n'est  «prun  résidu  de  carlilages, 
lie  tendons,  de  memhranes  adhéii'nles.  (l'est  là  le  ('ousttoà^ 
(uopreiiienl  dit,  qui  assaisnune  liieu  un  [»olage,(  l  ijui  pa>se 
«'iicore  pour  \m  mets  déli»;al  à  ronger,  aj)rès  «pi'une  fuite 
éhullition  a  ramolli  tous  ces  «'arlilag(»s. 

Dim.  de  (osto. 

CoustOUlado,  s.  f.  Volée  de  couj)S  de  hàlon;  \olée  de 
1m  lis  \erl. 

Que  le  mot  vienne  du  suivant,  exprimant  rinslrumenl 


qui  sert  à  l'opération,  (ju'il  soil  tiré  de  la  partie  soumise 
à  la  correcliou,  son  radical  est  à  jx^i  près  le  même  et  loul 
aussi  éniM'gique. 

Coustoulo,  s,  f.  licote,  éclisse;  scion  d'osier  ou  de  châ- 
taignier sauvage  refi^ndu,  un  peu  plus  épais  que  la  hridoulo 
I  Voij.  c.  m.  :  halte  d'arleipiin. 

J)ér.  de  Costo. 

Coustoùs,  ouso ,  (idj.  douteux,  qui  entraîne  des  frais, 
(pli  cause  de  la  dépense. 

Dér.  de  l'ousta,  couler. 

Coustré,  Coustrécho,  (flj.  (lonlraint;  réservé;  gên»-: 
ujis  a  l'éiroil;  malaisé  sous  le  ra])[)orl  de  la  fortune. 

Di'r.  de  ('oustn'i/ne. 

Coustrégne,  r  (loniraiudre,  forcer,  ohliger;  resserrer. 
pres>urer,  mettre  à  rétroit,  conqirimer;  mettre  à  la  gêne; 
iV'stnMndre  la  liberté. 

.S(.'  ro/fsiinjue ,  se  reslri'indre ;  «liminuer  sa  dépense,  son 
train  de  vie. 

Der.  du  lai.  (Onslrihticrf.  resserrer. 

Coustumo,  6.  /'.  Ciulume,  usage;  hahitude  contraclei' 
daii.s  h  s  iiKcui's,  les  manières,  les  aclions. —  l'un  fes  es  pus 
cousfuino,  une  fois  n'est  pas  coulumt'. 

Moi/o,  ([ui  a  la  ménie  accepljnn,  est  plus  lechniqU''  — 
Va)/,  c.  ni. 

Dér.  du  lai.  f^(i/iS(ir(n</o,  m.  sii:n. 

Coûté,  V.  tii,  .Niique;  l.i.ssc  (M'cipitale  di-rriére  laquelle  >.' 
Ii.iiive  je  c.'r\('|rt  ahrilé  j»ai'  l'occiiMit. 

Sauvages  en  fait  une  corruptit)n  ou  une  variante  du  n»n| 
Cotijn-,  qui  a  Li  mèiii»'  si_'niti»'ati"n  dans  «piehpraulre  «lia- 
liHle  du  l.aiiguedtic  ;  cl  d"a[Més  lui ,  cc  dernier  mot  Coujte 
sérail  \Uiy'  déviation  «le  idpet,  [u-tile  tète,  (^'la  jiarail  un 
t»eu  tiré  t»ar  les  cheveux.  ('<jpct  d'ailleurs  ne  nous  semld»' 
[ia>  mi  dim.  de  (<ip,  tête,  temi»in  Ihigues-(]a[)et,  ainsi  sur- 
no'nmé,  dit-on,  à  cause  de  la  grosseur  de  sa  tête,  ou  à 
cause  di"  la  cajit  dont  il  S'  couv  l'ait.  \,)tre  Coufé  ne  vien- 
drait il  pis  iilu>  nalureljemt'ut  du  gr.  K^tTr^.  tête? 

Coutéïè,  V.  ni.  (^iiiteli.r,  «pii  f.ihrique  ou  vend  des  cou- 
teaux, ci.x'aux,  ras'iiis  et  autres  petits  instruments  tran- 
chants. 

Der.  de  iuuicL 

Coutèl,  s.  m.  Dim.  (nnfriv;  augm.  Coutelas.  Couteau, 
instrumeni  Iranchanl  composé  d'une  lame  e|  d'un  manche; 
coulre  «le  cliarrue,  lame  [ilacée  au-dessus  du  .soc,  pour 
tranchi'r  la  lerre.  —  Contrl  sunnnfJtnt,cAmU^:ni\(m^,\uhiçv 
«»l  très  pointu,  <lonl  se  serveni  les  égorgeurs  de  porcs,  de 
moutons,  lie  lomls.  (Test  une  sorte  de  coutiniu-poignanl 
«pi  ils  lienniiit  l'eulermé  dans  un  étui  eu  cuir.  Fàou  pas 
tau  li  planta  hni  coutèl,  il  ne  faut  pas  lui  faire  payer  cela 
si  cher,  il  ne  faut  jias  lui  surd«'mander;  il  ne  faut  pas  le 
ruiner  de  frais  pour  ce  qu'il  doit,  ou  exiger  rigoureusement 
tout  ce  que  la  loi  vous  accorde. 

Coutcl  (le  )uaria(je,  «'ouleau  volé.  Il  est  d'usage  dans  les 
noces  de  villageois  «pie  les  convives  au  festin  de  noces 
cherchent  à  s»'  voler   réci[)roquement   leurs  couteaux  :  la 


cou 


cou 


5^29 


gloire  est  de  voler  celui  d'une  fille,  surtout  si  elle  est  jolie 
et  qu'elle  joue  un  rôle  important  dans  1  assemblée.  11  n'est 
sorte  de  ruse  que  l'on  n'emploie  pour  arriver  à  ses  fins,  car 
chacun  est  fort  sur  ses  gardes.  Les  couteaux  des  mariés  sont 
seuls  exceptés  :  il  n'est  pas  non  plus  de  bon  jeu  de  se  voler 
entre  gens  de  même  sexe  ;  ce  serait  alors  un  véritable  larcin  ; 
entre  gens  de  sexe  différent,  cette  soustraction  est  considé- 
rée comme  une  simple  niche  que  l'usage  rend  de  bonne  guerre. 

Coutelas,  au  pK  haricots  verts,  quand  les  cosses  sont 
encore  jeunes  et  fort  minces,  imitant  la  lame  d'un  petit 
couteau.  —  Soun  pa'nearo  que  dé  coulélés,  ces  haricots  sont 
trop  jeunes;  ils  ne  sont  encore  que  des  fils.  On  dit  aussi 
fouièU,  en  parlant  des  cosses  de  pois- verts.  Àï  aiéja  vis 
dé  coutéis  à  mous  pèses,  j'ai  déjà  vu  de  jeunes  cosses  aux 
pois  de  mon  jardin.  Ce  nom  vient  aux  uns  et  aux  autres  de 
la  forme  de  ces  cosses  plates  et  légèrement  recourbées 
comme  la  lame  d'un  sabre  ou  d'un  couteau. 

Passo-passo  coutélé,  jeu  innocent,  qui  consiste  à  cacher 
un  petit  couteau,  un  dé  ou  tout  autre  objet  aussi  menu, 
dans  la  main  de  l'un  des  joueurs  réunis  en  cercle,  tandis 
qu'un  patient  cherche  à  le  saisir  au  passage.  Les  joueurs 
font  la  chaîne  avec  leurs  mains  et  font  tous  semblant  de  se 
passer  l'objet,  de  sorte  qu'il  est  difiicilc  de  distinguer  la 
main  qui  recèle  le  Coutélé  d'avec  œlles  qui  manœuvrent  à 
vide  :  celui  qui  le  laisse  prendre  dans  sa  main  remplace  le 
patient. 

Dér.  du  lat.  Cutter,  cultri,  m.  sign. 

Contàlo,  Anédo  ou  Alédro,*./'.  Grand  narcisse  des  prés 
à  fleur  blanche,  Sarcissus  poeticus,  Linn.,  iris  flambe. 
Iris  gertnanicus,  Linn.,  glaïeul,  Gladiolus  communiSt 
plantes  de  la  fam.  des  Irisées,  qui  se  confondent  sous  le 
nom  de  Coutêlo,  à  cause  de  la  ressemblance  de  la  fane  avec 
la  lame  d'un  couteau  ou  d  un  stylet.  —  Les  enfants  sont 
très-curieux  de  la  fleur  de  Couièlo,  qui  vient  par  masses 
dans  les  prés,  surtout  dans  ceux  abondamment  arrosés.  Ils 
en  font  des  bottes  énormes  qu'ils  vendent  à  leurs  camara- 
des citadins.  Autrefois  la  monnaie  courante  de  ces  marchés 
était  des  épingles.  Aujourd'hui  ce  billon  est  démonétisé  et 
déprécié  tout  autant  que  défunts  les  assignats  ou  les  cou- 
pons d'actions  mexicaines. 

Goatèloù,  f .  m.  Alouette  des  bois,  lulu,  cujolier,  Alauda 
arborea  ou  nemorosa,  Linn.,  oiseau  de  l'ordre  des  Passe- 
reaux et  de  la  fam.  des  Subulirostres.  Les  plumes  de  la  tête 
de  cette  espèce  sont  un  peu  alongées,  ce  qui  lui  fait  une 
sorte  de  huppe;  elles  sont  tâchées  de  noir  et  de  roux;  les 
parties  supérieures  sont  rousses  avec  une  large  tâche  noire 
au  milieu  de  chaque  plume  ;  queue  carrée  et  courte.  Le 
mâle  se  perche  quelquefois  et  fait  entendre  alors  un  ramage 
agréable.  Le  nom  de  Lulu  lui  vient  du  cri  lu,  lu,  lu,  que 
cet  oiseau  dit  souvent  avec  douceur.  Le  nom  de  Mauviette, 
que  Sauvages  donne  au  Coutéloii,  est  plutôt  un  nom  géné- 
rique que  la  gastronomie  donne  à  toutes  les  alouettes  gras- 
ses et  qui  doit  s'appliquer  surtout  à  l'alouette  ordinaire  des 
champs,  Alauda  arvensis,  Linn.,  la  plus  commune,  la 


meilleure  et  dont  la  chasse  au  miroir  fournit  abondamment 
nos  tables. 

Il  est  peut-être  un  peu  hardi  de  vouloir  faire  dériver  c^ 
mot  du  gr.  Kcut(XX(i),  babiller,  caqueter,  gazouiller;  cepen- 
dant la  ressemblance  et  l'analogie  ne  manquent  pas  d'at- 
traits ,  surtout  si  l'on  considère  que  le  grec  a  lui-même  tiré 
de  ce  verbe  un  nom  pour  l'hirondelle,  qu'il  appelle,  à  caus^ 
de  son  chant,  KtutfXT). 

Coutéto,  s.  f.  Jeune  poule,  poulelte.  Au  fig.  jeune  fille. 

Ce  mot  vient  du  cri  Coto/  Coto!  qu'on  adresse  nux  poules 
pour  les  rassembler  :  ce  n'est  qu'une  onomatopée  de  leur 
cri  ordinaire,  cot  !  cot  !  cot  ! 

CouU,  s,  m.  Coutil,  sorte  de  toile  croisée  dont  on  fait  les 
matelas  et  les  lits  de  plume.  Cette  dernière  espèce  de  coutil 
s'appelle  spécialement  FMoMsino:  pour  les  autres  on  dit  CouU. 

Emp.  au  fr. 

Goniinilonn  ( Madouméîsèlo  dé),  quépisso  IWigo  rose, 
loc.  prvb.  qu'on  adresse  à  une  précieuse,  à  une  mijaurée,  à 
une  femme  qui  se  donne  de  grands  airs  et  affecte  de  super- 
bes allures,  quoique  peu  riche  et  de  condition  inférieure. 

Gontionn,  s.  m.  Cotillon,  jupe,  jupon  de  femme,  qui  se 
met  d'ordinaire  en  dessous  de  la  robe.  —  A  fa  un  aerà  à 
soun  couVioun,  elle  a  fait  un  faux  pas,  une  tache  â  sa  répu- 
tation. 

Emp.  au  fr.  Cotillon,  qui  vient  de  Cotte,  et  celui-ci, 
disent  certains,  du  teutonique  Kutien,  couvrir,  cacher,  et 
d'autres,  du  lat.  Crocotula,  petite  robe  de  femme,  dim.  de 
Crocota,  robe  couleur  de  safran. 

Goutoù,  s.  m.  Coton,  duvet  floconneux,  long  et  fin,  qui 
provient  des  capsules  du  cotonnier,  dont  on  fait  des  étoffes, 
des  cordons,  etc.  —  Coutoii  en  ramo,  coton  non  filé. 

Dér.  de  l'arabe  Alkotonn,  m.  sign. 

Contounado,  s.  f.  Cotonnade,  toile  de  coton  assez  gros- 
sière mais  forte;  gros  basin. 

Gontonnino,  s.  f.  Cotonnine,  toile  de  coton  légère,  dont 
les  femmes  font  des  jupes  de  dessous  en  été. 

Goutréja,  v.  Labourer  avec  la  charrue  appelée  coutrier. 

Gontriè,  s.  m.  Coutrier,  sorte  de  charrue  sans  roues  et 
sans  avant- train.  Il  est  aussi  facile  à  conduire  que  l'araire, 
et  il  fait  de  meilleur  ouvrage,  parce  qu'il  coupe  les  racines 
et  tourne  complètement  la  terre  sens  dessus  dessous,  tandis 
que  l'araire  ne  fait  guère  que  la  déchirer.  Le  soc  du  cou- 
trier est  précédé  d'un  coutre,  Coutèl,  pour  trancher,  tout 
comme  la  charrue;  ce  qui  lui  a  valu  son  nom. 

Dér.  du  lat.  Ciilter,  couteau. 

Gontrio  (Dé),  s,  f.  et  adv.  Associé,  lié;  de  conserve; 
d'intelligence.  —  Se  prend  d'ordinaire  en  mauvaise  part. 

Contract.  du  fr.  coterie. 

Gonvén,  s.  m.  Couvent;  maison  religieuse  d'hommes  ou 
de  femmes;  communauté  dans  son  ensemble.  —  Pér  un 
motdns,  hu  eouvén  se  pér  pas,  prvb.,  pour  un  moine, 
l'abbaye  ne  faut  pas. 

Dér.  du  lat.  Conventus,  assemblée. 

Coavèr,  s.  m.  Toit,  toiture,  couverture  d'une  maison; 


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CRA 


CRA 


coavert  de  la  table,  tout  ce  qai  couvre  la  table,  les  mets 
exceptés;  cuillère  et  fourchette  d'argenterie.  —  Couvera 
dos  aHgos,  toiture  à  deux  pentes.  Couver  à  VémpéritUo  ou  à 
quatre  aigot,  toit  à  pavillon.  Couver  à  téoule  vis,  toit  où  la 
charpente  et  les  tuiles  s'aperçoivent  du  plafond,  comme 
celui  de  nos  magnaneries,  que  Ton  fait  ainsi  pour  obtenir 
plus  de  relation  avec  Tair  extérieur.  Répassa  lou  couver  dé 
quâouquus,  rosser  quelqu'un,  ou  tout  au  moins  lui  dire 
vertement  son  fait  en  reprenant  un  à  un  tous  ses  défauts. 
Quàou  rèsto  souto  soun  couver,  se  rés  noun  gagno  rés  noun 
pèr,  prvb.,  s'il  n'y  a  rien  à  gagner  à  rester  chez  soi,  du 
moins  ne  risque- t-on  pas  de  perdre  :  conseil  d'extrême 
pnidence  auquel  répond  cet  autre  dicton  :  Quâou  es  foutrdou 
que  reste  à  soun  oustâou,  que  le  sot  reste  enfermé  chez  lui, 
r homme  habile  trouve  toujours  avantage  à  se  produire. 

Dér.  de  Couvrï. 

Couver,  èrto,  adj.  Couvert  ;  sombre,  nébuleux  ;  obscur; 
jonché.  —  Es  couver  ou  fa4  couver,  le  temps  est  couvert, 
sombre.  Gn'a  lou  couver  sâou,  la  terre  en  est  jonchée,  le 
sol  en  est  couvert. 

Ce  mot  est  dér.  de  Couvri,  mais  il  n'en  est  pas  le  part. 
|)ass.,  qui  se  dit  Couvre,  couvrido. 

Gonvérta,  v.  Mettre  une  couverture  à  un  livre,  ou  plutôt 
cette  espèce  d'enveloppe  en  papier,  dont  les  écoliers  recou- 
vrent leurs  livres  classiques  pour  les  conserver. 

Gonvèrto,  s.  f.  Couverture  de  lit;  couverture,  enveloppe 
d'un  livre.  —  Voy.  Flassado. 

Gouvértoù,  s.  m.  Lange  de  dessus  d'un  enfant  an  ber- 
ceau; lange  de  parade;  couvre-pied. 

CoutI,  f.  m.  Invitation;  attrait;  ce  qui  attire;  ce  qui 
invite  et  convie.  —  Ses  dàou  couvï?  Êtes- vous  de  la  fête? 
Y  êtes- vous  invité? 

Dér.  de  Couvida. 

Convida,  v.  Convier;  inviter;  engager  à  un  banquet,  à 
une  fête.  —  Nous  a  pas  couvida  d'un  vétre  dé  vi,  il  ne 
nous  a  pas  offert  un  verre  de  vin.  Couvides  pas  dé  ^uicon? 
Tu  ne  nous  payes  pas  quelque  chose  à  manger  ou  à  boire? 

Dér.  du  lat.  C«m,  avec,  et  Invitare,  inviter. 

Couvii,  V.  Couvrir  ;  recouvrir  ;  couvrir  une  maison,  y 
|K)ser  le  toit;  saillir,  en  parlant  de  certains  animaux.  — 
fjm  eouvriguère,  et  l'oîistdou  mé  resté,  je  couvris  son  offre, 
je  renchéris  sur  son  offre,  et  la  maison  me  fut  adjugée. 

Dér.  du  lat.  Cooperire,  m.  sign. 

Craîonn,  s.  m.  Crayon. 

Emp.  au  fr. 

Craîoniia,  v.  Crayonner;  dessiner;  écrire  au  crayon. 

Gran,f.  m.  Crâne,  boite  osseuse  qui  recouvre  le  cerveau. 
—  Ta^u  cran  dé  la  tèsto,  le  crâne. 

Dér.  du  gr.  Kpocviov,  m.  sign. 

Cran,  s,  m,,  ou  Cranco,  s.  f.  Crabe,  cancre.  Cancer, 
Lina.,  animaux  du  genre  des  Crustacés,  qui  sont  à  peu 
près  les  mêmes  aux  yeux  du  vulgaire. 

Crané]a,  v.  Faire  le  crâne,  le  freluquet,  l'incroyable; 
.ifTiclier  une  mise  et  des  airs  de  petit-roaitre. 


Cranéto,  s.  m.  Jeune  petit-maître,  freluquet,  heau-fils. 

Crano,  adj,  des  deux  genres.  Crâne;  fier;  petit-maitre; 
en  parlant  de  choses,  fameux,  de  première  qualité.  — 
Faire  lou  crano,  faire  le  beau-fils,  poaer  en  bravache. 
Pourta  soun  capèl  à  la  erano,  porter  le  chapeavi  sur 
l'oreille,  en  fanfaron.  Aquél  vi  ée  dàou  crano,  ou  oquà's  un 
crano  vi,  c'est  du  fameux  vin. 

Dér.  du  gr.  Kpav{ov,  crâne  de  la  tête. 

Crânien,  éno,  adj.  Quarantain;  qui  revient  lous  les 
quarante  jours,  comme  les  roses  de  Bengale,  les  artichauts 
quarantains,  les  fraises  quarantaines,  etc.;  bien  entendu 
que  cette  faculté  de  reproduction  est  suspendue  en  hiver. 

Cranto,  n.  de  nombre.  Quarante.  —  Lou  iè  dé  cranto, 
le  grenier  à  foin;  le  lit  pour  quirante. 

Dér.  et  contr.  du  lat.  Quadraginta,  m.  sign. 

Crâon,  (I*a)f  »•  pr.  de  lieu.  La  Crau  d'Arles  :  vasVe 
plaine  entre  Arles  et  Salon,  toute  couverte  de  cailloux 
ronds  et  blancs  de  la  grosseur  d'un  œuf.  On  croit  qu'elle  a 
été  formée  par  une  inondation  du  Rhône ,  dans  un  temps 
rapproché  du  déluge.  Quand  on  considère  l'élévation  de  ce 
vaste  plateau  au-dessus  de  toutes  les  plaines  et  les  bas-foods 
qui  l'environnent  dans  toute  sa  longueur,  on  sent  qu*îl  n'a 
pu  suffire  d'un  simple  débordement  du  Rhône  pour  élever 
les  graviers  à  cette  hauteur  :  il  a  fallu  un  cataclysme 
véritable.  Cette  plaine  est  nue  et  ne  présentait  d'abord 
aucun  signe  de  végétation,  entièrement  recouverte  qu'elle 
est  de  ce  cailloutage  sans  interstices.  Cependant ,  dans  la 
partie  la  plus  rapprochée  d'Arles,  elle  a  été  mise  en  coltare, 
et  on  y  récolle  d'excellent  vin  et  de  riches  pâturages,  grâce 
au  canal  de  Craponnequi  l'arrose.  On  retrouve  cette  même 
culture  dans  quelques  coins  particuliers;    mais  la  plus 
grande  partie  est  infertile  et  déserte.  Du  reste,  entre  ses 
cailloux,  il  pousse  une  herbe  fort  délicate  et  noarrissant^* 
qui  sert  à  l'élève  de  grands  troupeaux  de  moutons  d'excel- 
lente qualité. 

Diverses  étym.  se  présentent  avec  une  autorité  à  x^en  prés 
égale,  qui  conviennent  à  ce  nom  :  le  celt.  Crai,  Craig,  Crag, 
Carreg,  pierre;  le  gr.  KpKva6{,  raboteux,  pierreux,  ou 
Kpceûpoç,  sec,  aride,  brûlé. 

Crâoumo,  s.  f.  Crasse  de  la  tête  et  des  mains  ;  viscosité 
qui  se  forme  sur  l'épiderme  de  la  viande  de  boacherie. 
qu'on  lui  enlève  en  la  faisant  blanchir  à  l'eau  bouillante 
avant  de  la  mettre  à  cuire  dans  la  casserole,  on  qui  s'en  va 
dans  le  pot-au-feu  en  l'écumant. 

Dér.  du  gr.  Xç&ilol,  peau  du  corps. 

Craqua,  v.  Craquer;  onomatopée  du  bruit  q[ae  fait  le 
bois  en  éclatant,  en  se  rompant.  Au  fig.  mentir,  hftbler,  se 
vanter  faussement. 

Craqnéja,  v.  fréq.  Craquer,  craqueter.  —  Se  dit  principa- 
lement d'un  meuble  dont  le  bois  travaille  et  craque  de  lui- 
même  ;  des  souliers  et  bottes  dont  le  cuir  trop  aee  lait  du 
bruit  en  marchant;  d'une  branche  d'aière  que  le  Tent  ou 
le  poids  de  la  neige  fait  craquer. 

Fréq.  de  Craqua. 


GRE 


GRÉ 


231 


Grai|ma,  s.  f.  Craque;  mensonge;  Mblerie.  | 

Craqm!  interj.  Grae!  soudainement.  Onomatopée  pour 
exprimer  le  bruit  d'uae  chose  qui  se  rompt. 

Graqavr,  j.  m.  Craqunrdo,  s.  f.  ^lenteur,  hAbleur; 
vantard. 

CraMi,  «.  Salir;  encrasser;  rendre  crasseux;  couvrir  de 
crasse. 

Graaso,  i.  f.  Crasse;  saleté;  lie;  ordure;  rebut.  — 
Crasio  éé  la  i^jId»  crasse  baptismale  des  enfants,  qu*il  faut, 
dit-on,  se  garder  d'enlever  dans  le  premier  âge,  parce  que 
c'est  un  extttoire  naturel  aux  humeurs  f^Foy.  IMso.J;  Crasto 
dW,  sédiment  de  Thuile  au  fond  des  jarcs.  Ai  tout  vendu, 
mé  Té»l»  pa*  gué  la  erauo,  j*ai  vendu  toute  ma  marchan- 
dise; il  ne  me  reste  que  le  rebut. 

Dér.  à  choisir,  du  gr.  Tpdbo^,  ordures,  suinl  de  la  laine 
lies  brebis»  ou  du  lat.  Crassus,  gras,  épais. 

Grassoàs,  ouso,  adj.  Crasseux,  sale,  sordide;  avare  à 
l'excès. 

Créanciè,  s.  m.  Créancier.  Dans  le  style  des  paysans,  il 
signifie  plutôt  débiteur. 

Emp.  au  Cr. 

Gréaiura,  s.  f.  Créature,  être  créé,  en  général  ;  mais  se 
prend  le  plus  souvent  en  mauvaise  part  pour  mauvaise 
femme,  femme  mal  famée,  ou  d'humeur  revêche.  —  San  dé 
créataroê  ddou  bom  Diou,  Dieu  nous  a  tous  créés.  Aquélo 
créaturo  mé  fai  donna,  cette  méchante  espèce  me  fait  faire 
mon  purgatoire  en  oe  monde. 

Dér.  dn  lat.  Crealura. 

Créba«  v.  Crever;  rompre  ou  se  rompre  avec  e£E6rt; 
percer;  aboutir;  mourir,  en  parlant  des  animaux.  Sécréàa, 
V.,  (aire  de  grands  et  vains  efforts.  — Lou  Gardoii  a  eréba, 
le  Gardon  a  renversé  la  digue.  Un  eréba,  un  hernieux; 
atteint  d'une  descente.  Httroùê  coumo  un  eréba,  heureux 
comme  on  crevé.  Maun  dé  a  eréba,  mon  abcès  au  doigt 
a  percé.  Crèbo-nègto,  qui  fait  crevasser  ses  habits  :  anti- 
phrase ironique  qui  s'applique  à  un  homme  très-maigre. 
Aquà  crèbo  lou  eor,  cela  fend  le  coeur.  A  eréba,  il  est  mort, 
se  dit  des  animaux  ;  mais  on  le  dit  aussi  des  hommes,  quand 
on  se  dispense  de  révérence  à  leur  égard. 

Dér.  du  lat.  Crepare,  m.  sign. 

Gréiiadîaao,  «.  f.  Hernie,  descente  de  boyaux  par  la 
rupture  du  péritoiDe;  mort;  bonheur  insolent.  — Faguè  m 
erébadi$99  hu  pdnze,  il  creva  ou  il  fit  sa  première  mort 
le  15. 

Grébaduro,  «.  m.  Hernie;  crevasse,  fente  d*une  chose 
qui  s'entr'omrre;  aeeroc. 

Crébioul  interj.  Sacrebleu! 

Gontr.  de  SacrédUni, 

Grébloro  I  interj,  Sacrebleu  ! 

Contr.  de  Saerébluro, 

GrèbiHbafihaa»  #.  m,,  phr.  faite.  Littéral  ;  qui  masche 
dans  les  bourbiers.  Surnom  qu'on  donne  aux  habitants 
d'Anduie,  sans  doute  parce  que  leur  villa  ètaat  arrosai  de 
fontaines,  l'eau  circule  dans  la  plupart  des  rws  qui  sont 


fort  étroites;  et  il  est  difficile  d'éviter  les  petites  flaques, 
BaehMS,  qu'on  rencontre  à  chaque  pas. 

Crèbo-sa,  s.  m.  Crè%)e-$ae,  sorte  de  graminée  ou  de  foin 
grossier,  dont  la  graine  est  dure,  sèche,  piquante,  un  peu 
semblable  à  l'avoine,  mais  bien  plus  mince  et  bien  plus 
acérée.  Elle  perce  à  travers  les  sacs  et  les  draps  dont  on  se 
sert  pour  la  transporter,  et  finit  par  les  déchirer  en  peu  de 
temps  :  circonstance  qui  lui  a  valu  son  nom. 

CSrèdi,  s.  m.  Crédit;  délai  pour  payer;  réputation  de 
solvabilité.  —  Foire  crèdi,  faire  crédit.  Vendre  à  crédi, 
vendre  à  crédit.  S'aï  pas  bono  botisso,  aï  bon  erédi,  si  je  ne 
suis  pas  en  argent  comptant,  j'ai  bon  crédit,  on  me  connaît 
pour  solvable.  Merchandito  dé  crèdi,  marchandise  de  mau- 
vaise qualité,  frelatée,  avariée,  celle  qu'on  vend  aux  ache- 
teurs à  crédit,  aux  mauvais  payeurs,  auxquels  on  ne  donne 
pas  le  choix. 

Dér.  du  lat.  Creditum,  dette. 

CSrédiouI  interj.  Sacredieu!  Dans  la  langue  verte,  le 
peuple  de  Paris  dit  aussi  :  crédieu!  et  crécoquin  ! 

Contr.  de  Saerédiou. 

Crédunle,  anlo,  adj.  Crédule;  qui  croit  trop  facile- 
ment. 

Dér.  du  lat.  Credulue, 

Grégne,  v.  Craindre,  éprouver  du  dégoût,  de  l'aversion, 
de  l'horreur;  redouter.  —  Aquà's dé  erégne,  c'est  dégoûtant 
de  malpropreté.  Satéi  pas  dé  crégne,  je  ne  suis  pas  un  pes- 
tiféré. Uno  bèstio  dé  crégne,  une  bête  dangereuse,  un  animal 
venimeux.  On  dit  es  dé  crégne  de  tout  ce  qui  offre  du  dan- 
ger, fait  éprouver  du  dégoût,  soit  à  s'en  approcher,  soit  à 
manger,  soit  à  s'en  servir.  Té  crégne  pas,  tu  ne  me  fais 
pas  peur.  Aquélo  couloik  crén  bien,  cette  couleur  est  de 
mauvaise  teinture;  elle  n'est  pas  solide;  elle  craint  l'eau  et 
le  soleil.  Crégne  la  ceLssîou,  être  sensible  au  chatouillement. 
Aquél  jardi  erén  la  sécarésio,  ce  jardin  éprouve  plus  qu'un 
autre  les  effets  de  la  sécheresse.  Crégne  pas  bru,  ne  pas 
s'effrayer  des  menaces,  être  courageux.  On  dit  prvb.  d'un 
objet  fragile  :  Crén  pas  lou  bru,  sibé  lous  ces,  cela  ne 
craint  pas  le  bruit,  mais  bien  les  coups. 

Emp.  au  fr.  craindre,  dont  le  subj.  prés,  fait  :  que  je 
craigne. 

Grégnén,  gnénto ,  adj.  Fantasque ,  qu'un  rien  dégoûte, 
et  non  craintif.  —  Es  tant  crégnén  que  manjo  pas  dé  rés, 
il  est  tellement  fantasque  pour  son  manger,  qu'il  ne  man^e 
de  rimi.  Souï  «il  pdou  crégnén,  s'ou  voulès,  mais  tombé  m'en 
passe,  je  suis  un  peu  bizarre,  si  vous  le  voulez,  mais  tout 
aussi  bien  je  me  passe  de  toucher  à  cela,  ou  de  faire  cela. 

Gréi,  j.  m.  Croit  d'un  troupeau;  accroissement  qu'il 
éprouve  par  la  reproduction;  accroissement;  croissance; 
action  de  grandir  ;  quantité  dont  on  a  grandi.  —  A  fa  soun 
eréï  tout  d'un  co,  il  a  pris  toute  sa  taille  en  peu  de  temps. 
La  malâaïuiè  H  coupé  soun  eréfi,  la  maladie  arrêta  sa  crois- 
sance. 

Dér.  dn  kt.  Creeoere,  ccoitre. 

QréEre,  v.  Croire,  estîmer  une  chose  vraie;  avoir  la  foi. 


^23-:î 


CRE 


CRÉ 


—  Cré$e  quel  interj.  de  menace  à  un  enfant,  sorte  de  Quo$ 
ego»  qui  est  aussi  le  commencement  d'une  phrase  interrom- 
pue. Éstre  dé  croire,  mériter  la  confiance  pour  ses  paroles, 
Atre  digne  de  foi.  S'en  erétre,  se  croire  un  personnage,  avoir 
de  Torgneil.  S*én  faire  en  erétre,  s*en  faire  accroire,  tirer 
vanité  de  quelque  chose.  Aquà't  pas  gué  dé  pér  en  créUre, 
cela  parait  plus  que  ça  n*est,  il  n'y  a  là  que  du  clinquant 
et  point  de  fond.  Créées  aquà  et  bévès  un  eo,  croyez  cela  et 
buvez  après  :  loc.  prvb.  usitée  lorsqu'on  entend  une  hâble- 
rie ou  quelque  fanfaronnade  gasconne,  c'est-à-dire  que  pour 
avaler  un  morceau  de  difficile  digestion,  il  faut  boire  par- 
dessus. Fôou  eriire  qué.,./\\&Xk  croire,  à  présumer  que. . . 
Crêire  soun  pèro,  soun  mèsire,  obéir  à  son  père,  à  son 
maître,  avoir  foi  en  leurs  avis,  en  leurs  remontrances. 
(>éi  pas  déngus,  il  n'obéit  à  personne,  il  n'écoute  per- 
sonne. 

Dér.  du  la  t.  Credere,  m.  sign. 

Créisse,  Croître  ;  augmenter  de  nombre,  de  taille,  de 
dimension  quelconque;  grossir.  —  Gardait  créa,  le  Gardon 
grossit;  il  commence  à  se  gonfler.  Aï  noun  eréi,  ni  noun 
crèbo,  il  ne  veut  ni  croître,  ni  mourir  :  cela  se  dit  d'un 
enfant  qui  ne  profite  pas,  d'un  jeune  arbre  qui  ne  pousse 
que  maigrement,  qui  végète  péniblement. 

Dér.  du  lat.  Creseere,  m.  sign. 

Créisséns  (Loiis),  s.  m.  pi.  Douleurs  de  croissance 
qu'éprouvent  les  enfants  aux  glandes  de  l'aine,  quand  les 
tendons  se  distendent  pour  s'allonger. 

Créma,  v.  Brûler,  flamber,  dans  l'acception  neutre  et 
non  active.  Ainsi  on  dit  :  AquH  bas  crèmo  tnèn,  ce  bois 
bnlle  bien,  et  non  :  Créma  foço  bas,  brûler  beaucoup  de 
bois.  —  Aquà  crèmo  âou  lun,  prvb.,  c'est  une  chose  abo- 
minable, criante  ;  c'est  par  trop  raide,  par  trop  fort.  M'en 
a  fa  uno  que  erèmo  Aou  lun,  il  m'a  joué  un  tour  pendable. 
M'en  a  di  uno  gué  crèmo  âou  lun,  il  m'a  tenu  des  propos 
horriblement  injurieux.  Aquélo  crèmo  âou  lun,  voilà  une 
gaillardise  par  trop  inconvenante,  par  trop  grossière,  qui 
passe  la  permission. 

Dér.  du  lat.  Cremare,  brûler. 

Crémal,  s.  m.  Dim.  Crémaïoiii.  Crémaillère. 

Les  anciennes  crémaillères  consistaient  en  une  tige  de  fer 
dentelée  de  coches  ou  de  crans  pour  graduer  la  hauteur  du 
vase  qu'on  exposait  au  feu.  De  nos  jours,  cette  tige  est 
courte  et  composée  d'une  série  d'anneaux  qu'on  accroche  à 
la  tige  :  on  peut  aussi  graduer  de  même  la  hauteur  de  la 
marmite  ou  du  chaudron  sur  le  feu.  Enfin,  dans  les  Hantes- 
Cévennes,  où  l'on  se  sert  d'énormes  chaudrons  contenant 
jusqu'à  60  litres  pour  cuire  la  provende  des  porcs  qu'on 
élève  en  grande  quantité ,  il  serait  difficile  de  manier  à  la 
main  d'aussi  grands  vaisseaux  ;  alors  la  crémaillère  consiste 
en  une  longue  et  forte  tige  qui  descend  jusqu'au  foyer  et  y 
pivote  ;  vers  le  milieu  de  sa  hauteur,  la  tige  porte  un  bras 
de  fer  qui  soutient  le  chaudron.  On  fait  pivoter  la  tige  qui 
entraîne  le  bras  et  décrit  un  arc  de  cercle  jusqu'au  milieu 
de  l'appartement;  quand  le  chaudron  est  rempli,  il  pivote 


de  nouveau  et  va  se  poser  de  lui-même  sur  le  feu.  La  même 
manœuvre  s'exécute  pour  le  retirer  ;  on  le  vide  à  l'aise  grâce 
à  cette  suspension  sans  s'exposer  à  se  brûler,  et  on  oe 
retire  le  récipient  qu'à  vide  et  très-allégé.  —  Planta  hu 
crémal,  pendre  la  crémaillère,  fixer  son  domicile.  Fôou 
faire  uno  osquo  âou  crémal,  il  faut-  faire  une  croix  à  la 
cheminée,  prvb.  qui  exprime  Tétonnement  que  cause  ane 
chose  extraordinaire,  la  vue  d'un  événement  agréable  et 
inattendu;  ou  lorsqu'une  personne  fait  un  acte  qui  semble 
sortir  de  son  caractère. 

Dér.  de  Créma,  ou  du  gr.  Kpeixaonip,  qui  suspend. 

Crémasoù,  i.  f.  Acreté,  aigreur  au  gosier;  ardeur  d'es- 
tomac; soda;  fer  chaud;  acrimonie  provenant  des  saburres 
et  gaz  acides  de  l'estomac,  occasionnée  par  une  fermenta- 
tion trop  forte  d'aliments  lourds  et  farineux.  L'oignon  et  la 
châtaigne  particulièrement  procurent  cette  incommodité, 
qui  est  combattue  efficacement  par  une  prise  d'yeux  d'écre- 
visse  en  poudre,  de  la  magnésie  sèche,  ou  antres  absor- 
bants. 

Dér.  de  Créma,  brûler. 

Grémèsi,  Crémésino,  adj.  Cramoisi;  qui  est  teint  en 
cramoisi  ou  en  rouge  foncé,  r—  Sédo  crémésino,  soie  cra- 
moisie. Trougno  crémésino,  trogne  enluminée,  visage  cra- 
moisi. 

On  remarquera  sur  ce  mot  une  application  bien  diflfôreaie 
de  l'accent  tonique  du  masc.  au  fém.  L'inUmation  change 
d'une  manière  notable.  Ainsi  au  masc.  t^rémèsi,  la  voix 
porte  et  s'arrête  sur  la  pénultième,  syllabe  forte  qui  est 
marquée  de  l'accent  grave;  dans  le  fém.  Crétnéêisuf,  la 
pénultième  est  aussi  le  siège  de  l'accent  tonique,  et  c'est  Vi 
qui  est  le  point  d'appui  de  la  voix,  par  où  l'accentoatimi 
de  l'é  qui  précède  a  dû  se  modifier,  et  de  grave  devenir 
aiguë,  c'est-à-dire  ne  former  qu'une  syllabe  faible  et  brève. 
On  voit  combien  ces  nuances  sont  essentielles  à  noter  et  à 
observer  à  la  prononciation.  —  Voy.  Acén. 

Dér.  de  l'arab.  Kermesi,  de  Kermès,  insecte  (fui  produit 
la  couleur  écarlate. 

Crèmo,  s.  f.  Crème,  mets  composé  de  lait,  de  saci«  et 
d'œufs,  ayant  une  certaine  consistance. 

Dér.  du  celt.  Crema,  m.  sign. 

Crénto,  s.  f.  Crainte,  timidité;  honte;  vergogne.  —  il 
crénto,  il  n'ose  pas,  il  est  intimidé.  Pourtaerinto,  imposer: 
inspirer  du  respect.  Fatr«  crénto,  intimider,  faire  honte. 

Dér.  du  lat.  Tremor,  m.  sign. 

Gréntoùa,  onao,  adj,  Dim.  Crënfoia^;péjor.  CrésUoutas. 
Craintif;  timide,  non  point  dans  le  sens  de  poltron  on  lâche. 
mais  le  contraire  d'effronté. 

Crépi,  ou  Grépi,  v.  Crépir,  enduire  un  mur  de  mortier, 
de  plâtre. 

Emp.  au  fr. 

Crépiaaa]e,  ou  Grépissaje,  s,  m.  Crépi,  eodoit  au  mor- 
tier, au  plâtre  ;  action  de  crépir. 

Grésca,  cudo,  part,  pass,  de  CrUsse  fVoy.  c.  m.  ).  Crû 
crue;  accru;  grandi. 


CRE 


CRI 


33)i 


Créflégu,  ndo,  part,  pau,  de  Crétre  (Voy.  c.  m.).  — 
Lou  pdoure  mounde  é*  pas  gaïre  créségu,  les  pauvres  gens 
sont  pen  écoutés. 

Crésénço,  i .  f.  Orgueil,  amour>propre,  confiance  en  soi; 
fierté  ;  le  défaut  de  se  croire  au-dessus  des  autres. 

Dér.  de  Crêire. 

Créspa,  v.  Crêper,  friser  les  cheveux. 

Vn  eréêpa,  «.  m.  Un  crêpé,  un  retapé,  un  pouf,  frisure 
courte  et  mêlée,  sorte  de  coiffure  qui  remonte  au  temps  des 
incroyables  du  Directoire. 

Dér.  du  lat.  Crispare,  friser. 

Créspi  (Sén),  s.  m.,  n.  pr.  Saint  Crépiu,  patron  des 
cordonniers,  qui  doit  sans  doute  ce  choix,  moins  à  cette 
circonstance  qu*il  avait  été  cordonnier  lui-même  avec  son 
compagnon  saint  Crépinien,  que  par  l'analogie  de  ces  deux 
noms  avec  le  lat.  Crepida,  chaussure.  —  A  manja  soun 
Un  Créâpè,  il  a  prodigué  tout  son  avoir  :  c*est  ce  qu*on 
traduit  en  fr.  par  la  phrase  triviale  :  il  a  mangé  son  Saint- 
Fnisqnin. 

Gréspino,  i.  /*.  Taie,  épiploon  des  jeunes  animaux; 
membrane  graisseuse  et  transparente  qui  enveloppe  les 
intestins.  —  J^  nascu  imbé  la  créspino,  il  est  né  coiffé.  Il 
est  de  préjugé  populaire  que  les  enfants  qui  naissent  la 
tête  couverte  d'une  portion  de  Tamnios  et  du  chorion  dont 
ils  étaient  enveloppés  dans  le  sein  de  la  mère,  sont  prédestinés 
àd*heureuses  chances.  Sur  cette  croyance  est  fondé  le  dicton. 

Dér.  du  lat.  Criêpm,  crépu,  frisé. 

Gréspon,  *.  m.  Crêpe,  étoffe  claire  et  légère,  de  couleur 
noire,  dont  on  porte  une  bande  en  signe  de  deuil. 

Grésta,  v.  Châtrer;  hongrer  un  cheval;  châtrer  une 
mcbe,  en  lui  enlevant  le  miel  qu'elle  a  de  superflu  pour 
passer  Thiver.  —  Crésta  uno  rodo,  enlever  aux  jantes  d'une 
roue  leurs  extrémités  usées  et  les  rejointer,  ce  qui,  en  dimi- 
nuant la  circonférence ,  resserre  et  raccourcit  les  rayons, 
auxquels  cette  opération  donne  plus  de  solidité.  Crésta  dé 
trufoM,  dé  eougourloê,  etc.,  châtrer  les  pommes  de  terre, 
les  courges,  en  coupant  l'extrémité  de  leurs  pousses,  ce  qui 
arrête  la  sève  et  la  fait  tourner  au  profit  du  fruit.  Le  pin- 
cement des  plantes,  qui  est  une  manière  de  les  bistourner, 
produit  le  même  effet. 

Il  est  probable  que  Crésta  vient  du  lat.  Crista,  crête, 
parce  que  lorsqu'on  châtre  les  coqs,  on  leur  coupe  la  crête. 
Ce  mot  a  donc  dû  être  inventé  pour  les  coqs,  auxquels  il 
ne  s'applique  plus  cependant  aujourd'hui,  depuis  qu'on  a 
adopté  pour  eux  le  v.  Capouna.  —  Voy.  cm. 

Gréstaîre,  s.  m.  Châtreur,  coupeur;  qui  exerce  la  pro- 
fession de  châtrer  les  animaux.  Cette  classe  d'opérateurs, 
qui  se  fait  reconnaître  par  une  veste  rouge,  est  une  espèce 
de  paria  parmi  le  peuple.  Il  existe  pour  eux  un  peu  de  cette 
défaveur  qui  s'attache  aux  bourreaux  et  aux  équarisseurs. 
La  veste  rouge  est  bien  pour  quelque  chose  dans  cette 
répulsion  qui  serait  moins  prononcée  sans  cet  uniforme, 
qu'ils  tiennent  à  conserver  comme  enseigne.  Ces  gens-là 
courent  les  campagnes  pour  exercer  leur  art,  et  on  les  voit 


dans  toutes  les  foires  de  bestiaux,  où  ils  servent  d'entre- 
metteurs dans  les  marchés.  —  Un  créstaïre  se  dit  aussi 
pour  une  flûte  de  Pan,  un  chalumeau,  instrument  de 
musique  triangulaire,  formé  de  l'assemblage  de  plusieurs 
tuyaux  en  roseau  d'inégale  longueur  et  disposés  en  grada- 
tion descendante  de  la  gamme;  chaque  tuyau  donnant  une 
note.  On  l'appelle  ainsi  parce  qu'autrefois  les  chàtrenrs 
s'annonçaient  dans  les  campagnes  par  la  musique  de  cet 
instrument.  Rouje  eoumo  un  créstaïre,  rouge  écarlate; 
allusion  à  la  couleur  de  la  veste  des  chàtreurs. 

Créstél,  s.  m.  Dim.  Créstéloù.  Chaperon  d'un  mur; 
encrêtement  d'un  mur  ou  d'une  fosse  mortuaire;  sommet 
et  forme  d'un  tertre  de  terre,  s'élevant  en  prisme. 

Dér.  de  Crésto. 

Créstian,  ano,  adj.  Chrétien,  ienne.  —  Ne  se  prend  qu'en 
mauvaise  part.  —  Aquél  créstian/  diable  d'homme. 

Dér.  du  lat.  Christianus. 

Crésto,  s.  f.  Crête,  excroissance  charnue  et  rouge  qui 
vient  sur  la  tête  du  coq  et  de  la  poule;  huppe.  Au  fig.  partie 
la  plus  élevée  d'une  montagne.  —  Leva  la  crésto,  lever  la 
tête;  faire  le  fier,  le  fanfaron;  s'enorgueillir. 

Dér.  du  lat.  CrMa,  m.  sign. 

Crésto  dé  gai,  s.  f.  Crête  de  coq,  cocriste,  Bhinantkus 
cristagalH,  Linn.,  plante  de  la  fam.  des  Rhinantacées.  Elle 
est  nuisible  aux  moissons  et  aux  prairies. 

Crétièn,  èno,  adj.  Chrétien,  qui  professe  la  foi  du 
.Christ.  —  Lou  crétièn  se  dit  pour  l'homme  en  général. 
Est-ce  par  un  sentiment  élevé,  par  ignorance  ou  par  mépris, 
que  le  peuple  renferme  l'humanité  entière  dans  la'  chré- 
tienté? Le  fait  est  qu'il  ne  fait  que  deux  parts  parmi  les 
êtres  vivants,  lou  crétièn  et  las  bèstios.^onr  lui,  hu  crétièn 
est  l'homme  générique;  lorsqu'il  est  pris  dans  l'acception 
religieuse,  et  ^ul,  il  est  en  bonne  part.  Créstian,  au  con- 
traire, est  d'ordinaire  pris  en  mauvaise  part  ou  sous  le  côté 
ridicule. 

Dér.  du  lat.  Christianus. 

Cri,  s.  m.  Cric,  instrument  à  crans  pour  soulever  de  gros 
fardeaux. 

Son  nom  est  peut-être  une  onomatopée  prise  du  bruit  que 
fait  celte  machine  en  agissant. 

Crida,  v.  Crier;  jeter,  pousser  des  cris;  gronder, donner 
une  mercuriale;  publier.  —  Ma  mèro  m'a  cridado,  ma 
mère  m'a  grondée.  Crido  énd'aguél  chi,  fais  sortir  ce  chien. 
Dé  gué  crides  tant?  Qu'as- tu  donc  à  tant  crier?  Dans  cette 
dernière  acception,  le  v.  Bada  est  plus  technique.  Crida  las 
anounçies,  publier  les  bans  de  mariage.  L'an  cridado 
diménche  passa,  on  a  publié  ses  bans  dimanche  dernier. 
Crida  las  véndimios,  publier  le  ban  des  vendanges.  Crida 
soun  vi,  publier  sa  propre  honte;  rendre  publique  une 
action  déshonorante  de  quelqu'un  des  siens. 

Dér.  du  gr.  KpH^cu,  en  Dorien  KpCSBco,  crier. 

Cridado,  s.  m.  Mercuriale,  gronderie;  reproche;  cri  que 
l'on  adresse  de  loin  à  quelque  malfaiteur,  à  un  maraudeur, 
à  un  pillard,  pour  l'éloigner. 

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334 


CRO 


CRO 


Gridaïre,  aïro,  $.  et  a4j.  Péjor.  Cridaïras.  Criard,  gron- 
deur; qui  crie  beaucoup  et  très-haut;  pleurard;  crieur  public. 

Crido,  $.  f.  Publication  de  mariage,  du  ban  des  vendan- 
ges ;  bruit  public,  nouvelle.  —  La  crido  fé  n'é9  scfunado,  la 
chose  8*est  ébruitée. 

Crime,  f .  m.  Crime,  infraction  grave  aux  lois  de  la 
morale;  mauvaise  action. 

Dér.  du  lat.  Crimen,  m.  sign. 

Criminel,  èlo,  adj.  Criminel,  condamné.  — Ne  s'appli- 
que pas  à  Tacception  morale  de  criminel. 

CiioQda,  V.  Marquer  au  visage,  y  imprimer  une  cica- 
trice. —  Es  tout  criouda,  il  a  le  visage  criblé,  marqué  de 
la  petite  vérole. 

Crioado,  f .  f.  Cicatrice  ;  marque,  trace  de  plaies,  ulcères 
ou  blessures  guéris. 

Criquo-lardé,  pkr,  faite.  Jeu  d*enfants,  qui  consiste  à 
éparpiller  sur  une  table  une  quantité  de  menus  fruits,  ou 
de  petits  carrés  de  pomme  ou  de  gâteau  ;  après  quoi  Tun 
des  acteurs,  les  yeux  bandés  et  armé  d*un  couteau  ou  d'une 
épingle,  pique  à  Taveuglette  et  croque  le  morceau,  jusqu'à 
ce  qull  arrive  à  celui  que  son  adversaire  a  touché  du  doigt. 
A  ce  coup,  il  cède  sa  place  avec  son  bandeau  et  le  couteau 
ou  l'épingle,  et  le  manège  recommence  jusqu'à  épuisement 
de  l'enjeu. 

Gris,  «.  m.  Cri;  dameur;  exclamation;  action  d'appeler 
quelqu'un  de  loin. 

Cristal,  i.  m.  Cristal.  —  IVé  eoumo  un  eristai,  pur 
comme  le  cristal. 

Dér.  du  kt.  Crystallum. 

CristôoQ,  n.  pr.  d'homme.  Christophe.  —  San  Criitôau, 
H.  pr.  de  lieu,  Saint-Christol ,  commune  du  canton  et 
arrondissement  d'Alais. 

Critiqua,  v.  Critiquer,  blâmer,  censurer  ;  médire  ;  trouver 
à  redire. 

Critique,  $.  /*.  Critique;  blâme.  —  La  critiquo  déou 
mounde,  le  blâme  général.  AqtMt  plo  é$  bien  à  la  eritiquo 
dâou  mounde,  le  public  médit  beaucoup  de  cette  fille;  la 
voix  publique  est  prononcée  contre  elle. 

Dér.  du  gr.  KptTw^ç,  qui  censure. 

Cro,  J.  m.  Dim.  Crouqué;  péjor.  Crouqwu,  Croc,  cro- 
chet; instrument  de  bois  ou  de  fer  recourbé  servant  à 
suspendre  ou  à  saisir  quelque  chose  ;  hameçon. — Louê  cro$ 
dâou  boM,  espèce  de  crochets  en  bois  qu'on  suspend  à  l'arçon 
d'un  bât  et  dans  lesquels  on  place  bûche  à  bûche  du  bois  à 
brûler  pour  le  transporter.  Cro  dé  roumano,  crochet  d'une 
romaine.  Sémbloun  cro,  il  est  maigre  comme  un  croc.  Viàt 
cro,  vieux  homme  :  cette  expression  est  ironique  et  mépri- 
sante. On  dit  aussi  en  fr.  vieux  croc.  Pénja  âou  cro, 
remettre  quelque  chose  au  crochet  pour  ne  plus  s'en  servir; 
mettre  sous  la  remise;  donner  les  invalides.  Pénja  tas  déns 
âou  cro,  mettre  ses  dents  au  croc,  garder  la  diète,  non  par 
régime,  mais  de  misère.  faXre  lou  cro,  être  recourbé,  se 
courber  comme  un  croc. 

Dér.  du  celt.  Croc,  m.  sign. 


Cronto,  prép.  Contre;  près,  fx>ntlgii,  opposé;  appuyé 
contre.  —  Jou^  la  eronêo,  jouer  la  contre-partie;  jouer 
quitte  ou  double.  Dé  cronto,  à  côté;  vis-à-vis;  proche.  low 
cronto  parte,  le  parti  opposé  :  cela  se  dit  en  politique; 
malheureusement  cela  se  dit  aussi  en  politique  retigieuse. 
Les  catholiques  en  parlant  d'un  protestant  disent  :  Es  déou 
cronto  parti,  et  vice  versé,  Pourîa  cronto,  porter  préjudice, 
faire  tort,  nuire.  Aquà  m'es  cronto,  cela  m'est  contraire, 
cela  me  ferait  mal. 

Dér.  du  lat.  Contra,  par  métathése. 

Cronto-bandiè,  «.  m.  Contrebandier,  qui  fraude  les 
droits,  n'importe  sous  quelle  forme. 

Cronto-bando,  s.  f.  Contrebande;  fraude  de  droits  léga- 
lement établis.  — Ne  se  dit  que  d'une  fraude  habituelle,  et 
presque  par  état. 

Dér.  de  l'ital.  Contrabbando,  m.  sign.,  formé  de  la 
prép.  Contra,  et  Bando,  ban,  publication  de  défense,  pro- 
hibition. 

Cronto-cara,  v.  Contrecarrer,  contredire;  s'opposer  ou 
nuire  aux  projets  de  quelqu'un  ;  se  mettre  à  la  traverse. 

Cronto-co,  f .  m.  Contre-coup;  heurt;  répercussion  d'un 
corps  qui  heurte  sur  un  antre.  —  Aquél  camï  a  foss» 
cronto-cos,  ce  chemin  est  rempli  de  trous  et  de  bosses. 

Cronto-danso,  s.  f.  Contre-danse;  air  de  danse. 

Cronto-iaire,  v.  Contrefaire,  imiter;  fausser,  altérer; 
défigurer,  déformer. 

Se  cronlo-faïre,  dissimuler,  feindre;  se  rendre  difforme. 

Emp.  au  fr. 

Cronto-marcho,  s.  m.  Contre-marche;  ruse  de  guerre; 
feinte. 

Cronto-martpio,  s.  f.  Contre-marque,  billet  de  rentrée 
délivré  au  théâtre. 

Croiita-pèou,  f.  m.  Contre-poil,  sens  contraire  à  œlui 
dans  lequel  le  poil  est  coudié.  —  Faire  lou  eronto-péou, 
enlever  la  seconde  peau,  au  fig. 

A  crontO'pèou,  adv.  A  cont)'e-poil,  à  rd!)onrs  du  poil*  en 
sens  contraire  du  poil,  au  pr.  et  au  fig.  —  Fôou  peu  lou 
pénehina  à  cronto-pèou,  à  brottsso-pèou,  il  ne  fait  pas  bon  le 
contrarier,  il  ne  faut  pas  le  prendre  à  rebours  de  poil.  — 
Voy.  Brousso'pèou(à). 

Gronto-pés,  f.  m.  Contre-poids;  poids  qui  sert  à  en 
balancer  un  autre. 

Gronto-pouîsoù,  t.  m. Contre-poison;  antidote;  moyen, 
remède  pour  combattre  l'effet  du  poison, 

Cronto-sinne,  i.  m.  Contre-seing;  visa  approtiatif. 

Gronto-tén,  «.  m.  Contre-temps;  difficuHé;  dbstacle: 
accident  imprévu  ;  opposition  providentielle;  mauvais  temps, 
intempérie.  —  Aquél  péoure  éfan  a  agu  foço  eronio-tén,  ce 
pauvre  enfant  a  été  arrêté  dans  sa  croissance  par  nombre  de 
maladies. 

Gronto-vén,  s.  m.  Contrevent,  volet  extérieur. 

Gros,  f.  m.  Dim.  Crousé;  augm.  Crousas.  Creux»  trou: 
fossette;  creux  à  planter  quelque  chose;  fosse  d*ttn  mort, 
tombeau;  creux  à  fumier;  vallon.  —  Lou  tn  Va 


CRO 


CRO 


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eroê,  c*est  le  vin  qui  a  cnmsé  sa  fosse;  le  vin  l'a  mis  au 
tombeau.  Cro$,  hloase,  fossette  dn  jeu  d*équipé  fVoy,  c.  m.)t 
qui  est  un  petit  tiou  dans  la  terre.  Cros  d'amouriè,  creux, 
troB  pour  planter  un  mûrier.  11  est  ordinairement  carré,  de 
ff*  50  sur  chaque  foœ  et  de  0«  65  de  profondeur.  Le  plan 
est  placé  au  milieu,  et  on  le  fixe  dans  cette  poiiîiioo  en 
formant  autour  de  ses  racines  un  petit  tertre  de  la  terre  la 
plus  sèche  et  la  plus  meuble  possible.  C'est  cette  opération 
qu'on  nomme  Souta  (Voy.  c.  m.).  On  répand  ensuite  le 
famier  dans  tout  le  périmètre  de  la  fosse.  Ces  précautions 
sont  prises  afin  que,  dans  les  premiers  temps  de  la  pousse, 
les  radicules  tendres  et  les  plaies  des  racines  qu'on  a  dû 
oonper  à  une  certaine  longueur,  ne  soient  pas  trop  échauf- 
fées par  le  contact  immédiat  du  fumier.  Dans  notre  arron- 
dissement, la  terre  classique  de  la  culture  du  mûrier,  les 
soins  donnés  à  cet  arbre  précieux  ont  assuré  longtemps  sa 
proqiérité  et  sa  riciiesse  :  aujourd'hui  les  conditions  sont 
changées  pent-^tre;  mais  il  n'y  a  pas  à  désespérer,  et  tout 
ce  qui  est  utile,  dans  les  pratiques  et  les  traditions  de  notre 
agriculture,  ne  doit  pas  être  mis  en  oubli  jû  dédaigné. 

Dér.  du  lat.  Scrùbê,  fosse  pour  provigner  les  vignes.  En 
lanf.  cette  fosse  se  nomme  CaJCtfo,  parce  qu'elle  est  enferme 
de  long  parallélogramme  comme  une  caisse  ou  bierre  de 
mort. 

Grosso,  «.  f,  Dim.  Craus$éto,  Béquille,  long  bâton  à 
traverse  pour  les  boiteux  ou  les  personnes  qui  ont  les  jambes 
bibles;  crosse,  b&ton  pastoral  d'un  évoque,  qui,  dans 
l'Église  gzecque,  a  la  forme  d'une  béquille;  crosse,  partie 
courbe  et  inférieure  d'un  fusil  ;  en  terme  de  maçon,  queue 
de  jambage  :  o'^t  une  de  ces  pierres  de  taiHe,  dans  les 
jambages  des  portes  ou  fenêtres,  qui  s'enfoncent  dans  la 
maçonnerie  par  leur  partie  brute,  et  sont  destinées  &  sup- 
porter les  gonds,  celles  qui  ne  forment  qu'nn  tableau  et 
n*ont  point  de  queue  se  nomment  Lanoè  (Voy.  c.  m.).  — 
Çuofi  pourtaroU  las  eroêsos,  tus  pm/riaras  iou  bastoii,  pour 
dm  :  il  n'y  a  pas  une  grande  dififôrence  d'âge  entre  nous; 
mot  à  mot,  quand  je  porterai  la  béquille,  tu  porteras  le 
b&ton. 

Dér.  du  iat.  Cruœ,  erueis;  en  ital.  Croce,  croix,  parce 
que  les  béquilles  sont  en  forme  de  croix  sans  haut  bout, 
comme  un  T  majuscule,  ainsi  que  les  premières  crosses 
d'év^e. 

GroîtO,  s.  f.  Dim.  Crmaélo;  péjor.  CrtnUasêo.  Grotte; 
cave;  voûte;  pièce  souterraine  voûtée. 

Dér.  du  lat.  Crypia,  caverne,  venu  du  gr.  Kp^^, 
m.  sign. 

Crrâché,  f.  m.  Crochet;  agrafe.  -*  Fatrs  un  crcuché, 
faire  un  détour. 

Dim.  de  Cro. 

CrM^6tt,  «.  Accrocher;  agrafer;  fermer  une  porte, 
une  feaètie  au  CRX^iet;  décrire  un  crochet,  former  un 
lacet,  en  parlant  d'une  route. 

•Gronelipi,  j.  m.  Quignon  dé  pain.  C'est  une  contraction 
de  Crtntttéêhùù,  ditn.  de  Crousté,  —  Foy.  c.  m. 


CroucintMo,  «.  f.  Cartilage,  partie  souple  qui  termine 
certains  os;  membrane  à  demi  osseuse  comme  les  oreilles, 
les  tendons,  etc. 

Dér.  sans  doute  de  Crauqua,  parce  que  les  cartilage» 
craquent  sous  la  dent  quand  on  les  mange. 

Groucu,  ndo,  adj.  Crochu;  recourbé  en  forme  de  croc 
ou  de  crochet. 

Dér.  de  Cro. 

CroumpjS,  t?.  Acheter,  acquérir  à  prix  d'argent. 

Ce  mot  n'est  pas  parfaitement  du  dialecte  cévenol;  mais 
il  est  très-usuel  dans  tout  le  Languedoc  et  s'emploie  ici 
sans  barbarisme.  —  Que  té  counoui*  pM,  gué  té  croumpe, 
celui  qui  ne  te  connaît  pas  peut  t'acheter,  diton  à  celui 
qui  a  mille  défauts  cachés.  Que  bo  Ion  eroumpo,  bo  Iou 
kéou,  prvb.,  qui  l'achète  bon,  le  boit  bon.  Dans  notre 
idiome  du  XJi»*  siècle,  <»i  disait  :  Compra  palmada,  mar- 
ché conclu  par  main  touchée.  —  Voy.  Pacho. 

Dér.  du  lat.  Comparare,  m.  sign. 

Croupatas,  i .  m.  —  Voy.  Cofêrbaias. 

Croupi,  V.  Croupir;  rester  on  stagnation,  dans  l'insou- 
ciance ou  la  honte. 

Dér.  dn  lat.  Corrumpi,  être  corrompu. 

Groupièiro,  s.  f.  Croupière,  longe  de  cuir  roulée  qui 
passe  sous  la  queue  d'une  bête  de  trait  ou  de  sdle. 

Groupe,  «.  f.  Croupe,  hanches  et  fesses  des  animaux  de 
monture  ou  de  charge.  —  Porto  bien  en  eroupo,  ce  cheval 
porte  bien  en  croupe.  Pourta  sa  fénno  en  eroupo,  mener  sa 
femme  en  croupe. 

Dér.  de  l'allem.  Grub,  gras,  épais. 

Cronqna,  v.  Croquer;  accrocher,  saisir  avec  un  croc; 
suspendre  à  un  crochet  ;  emporter,  enlever,  escamoter.  — 
Lou  diahls  té  croque,  le  di2d)le  t'emporte.  Croq^o  t'aquà, 
attrape. 

Dér.  de  Cro. 

Crouquarèl,  èlo,  adj.  Agaçant,  ^ui  croque  les  cœurs. 
—  Vous  a  un  paréi  d'iUs  crouquarèts,  elle  vous  a  deux 
yeux  fripons,  coquets. 

Grous,  e.  f.  Dim.  Crouséto.  Croix;  figure  de  la  croix; 
croix  que  les  femmes  portent  au  cou;  croix  de  Malte  qui 
figure  en  tète  des  alphabets  (Voy.  CagasooJ.  —  FoXre  sa 
trous;  autrefois  les  uotaii»s  faisaient  faire  une  croix  pour 
signature  aux  parties  qui  ne  savaient  pas  écrire.  Lou  sûme 
dé  la  erous,  le  signe  de  la  croix.  M'un  mes  à  la  santo- 
erous,  je  commence  k  apprendre  l'alphabet,  la  croix  de 
par  Dieu.  Poudès  bé  faxre  la  erous,  vous  n'y  reviendrez 
|du6  ;  vous  pouvez  y  renoncer,  rayer  cela  de  vos  papie». 

Dér.  du  lat.  Crttx,  m.  sign. 

Gnmsa,  v.  Croiser;  Hspoêst  quelque  chose  en  forme  de 
croix;  rayer,  bâtonner  un  compte.  —  M'avès  erousa,  vous 
avez  acquitté  mon  compte. 

Gnmsado  (à  la),  adv.  £n  qoinccnioe,  en  terme  d'agri- 
culture; en  croisant  les  fils,  en  terme  de  dévidage  et 
ouvraison  de  la  soie.  —  Séména  à  la  erousado,  semer  en 
fusant  croiser  les  siiloBS. 


ti3ô 


CKO 


CRU 


Crousadoù,  s.  m  Bivoio;  carrefour  où  aboulissenl 
ilivors  stMitiors,  où  l'on  planlail  autrefois  uno  croix.  On  dit 
aussi  Camt  crousadoù  :  la  hivt)ie  est  proproinont  reiulroil 
où  d(ni\  clioruins  so  rcnconlreut  pour  se  coiifoiulre  et  n'eu 
lorinor  qu'un  s»uil;  le  carrefour  est  le  point  de  section  de 
deux  cli'Mnins  qui  se  croisent  sans  se  confondre  el  dont 
cfiacun  suit  une  direction  dilïérente;  l'un  et  l'autre  se 
nomment  Crousadoù. 

Grouse,  s.  m.  Fossette;  [x^lit  creux;  |)etit  trou. 

Dirn.  de  Cms.  —  Voy.  c.  ni. 

Crousélu,  udo,  adj.  Creux,  creuse;  profond;  enfoncé. 
—  Sicto  crnuscludo,  sorte  d'assiette  creuse  et  profonde  en 
^'uise  d'écuelle.([ui  S(M't  d'assiette  à  soupe  :iux  i)a\s;uis.  On 
la  distinjjiic  d»'  rêcuelle  en  ce  que  celle-ci  a  des  anses  ou 
oreilles,  el  que  l'assiette  n'en  a  pas.  mais  smilcnnMil  un 
jM^it  hec  par  où  on  écoule  le  potage  j'i  sa  lin.  —  Vo/j.  Sif-to 

hèciidd. 

I)ér.  de  Cros. 

Crousïo,  s.  f.  (]roisure;  opération,  (i;;un',  fonin^  dans 
laqu»'lle  deux  choses  se  croisent,  sont  placées,  dispnsVs  en 
croix.  —  Croto  dn  cronsù^,  voûte  croisée,  c'est-à-dire  com- 
[loséc  de  qu;ilre  arêtes  ou  nervures  qui  se  croisent  par  le 
milieu  et  foninMit  cpiatre  voussures  sur  les  côtés,  de  sorte 
(pie  la  clé  do  vnùt(*  occupe  le  point  d'int»»rsection  des  «pia- 
tre  aréd^s. 

I)ér.  de  Cro'fs. 

Crousta  (Se),  v.  Sn  couvrir  d'um:  cioùle;  s'<'s>.Mrilier; 
s'>  durcir  à  la  siirric<\  en  jjarlant  du  t(M-rain. 

I)ér.  de  Crnuslo. 

Croustado,  s.  f.  T(unl<'(l»' p.'ilisserii^  au  i;ra«^;  pâté  i-hauil 
ou  froid;  vol-au-\ent. 

I)ér.  du  la  t.  Cr'fsla. 

Groustas,  s.  m.  (î rosse  et  large  croule;  gr;uide  escarre 
ipii  se  forme  sur  une  plaie  km\  une  l)|.»<^un'. 

Augm.  et  i>éjor.  de  i'roasto. 

Crousté,  s.  m.  Dim.  froustcr/ioù.  Petit  qiii;:iii»ii  de  j)ain; 
crouslille  coM[)ée  en  triangle  dans  un  pain  rond,  alin  ipi'il 
y  ait  plus  de  croule  que  di»  mie.  —  Mé  Irvohit  cmi/rtr  de 
la  mnii.  il  m'ôle  le  pain  de  la  honclie;  il  df'lruit  mes 
moyens  d'existence.  Que  crouste/  est  une  formule  u.silée 
dans  le  style  famili-M',  «pii  signifie  :  Kli!  rju'^-n  dis-tu?  ou 
plus  lrivialem"iit  :  Ça  te  le  coupe,  mon  gnn'on  ! 

I)i?n.  de  Cronsto. 

Croustéja,  v.  Croustiller;  manger  de  grand  apiiéiii.  — 
Af/ffe(  pan  crnustrjn  hlht.  ce  pain  a  ljeaucou[)  de  cronle. 
Àtiuo  .s'api}fn  croifstt'Ja ,  \oilà  (pii  est  liien  fonctionner  à 
table. 

CroustO,  s.  f.  Dim.  Croastéto;  péjor.  Crot/sfassn.  (A'iniW 
du  pnin;  partie  extérieure  et  dure  du  pnin,  iFun  j).ité: 
eroùte  d'uleére,  esearre;  surface  de  terrain  (linvit*  par 
l'effet  de-i  pluies  et  l'action  du  soleil,  ou  par  le  r.uilemeiii 
des  pieds. 

Oér.  du  lat.  Crusfa,  m.  sign. 

Crousto-léva   (Se),   v.   n.   Se  dit  du  pain   gras-cuit. 


morfondu,  sur[uis  par  une  forte  chaleur  du  four;  ce  qui  a 
pour  efi'et  de  s'parer  la  croûte  de  la  mie,  et  de  laisser  un 
inter\alle  entre  elles,  comme  l'expàme  notre  mot.  — 
Visatje  crousto-kvn ,  visage  couperosé,  lx)urgeonné,  soulex»'», 
sur  lecpud  il  se  forme  des  boursouflures  el  des  pellicul»^ 
qui  se  détacluMU. 

Crouta,  V.  Voûter,  jeter  uno  nuUe  ;  courtier  ou  arrondir 
en  forme  de  v«uite. 

I)ér.  de  Crofo. 

Croutoù,  s.  m.  Dim.  trjutouné.  Caveau,  petite  cave: 
cachot;  cul  de  basse  fosse. 

Dim.  de  Croto.  —  Vo»/.  c.  m. 

Crouvél,  A.  tn.  Co(pnlh;  coque;  écale;  enveloppe  o\t»'- 
rienre  et  dure  d'un  (vuf,  d'une  noix,  d'une  amande,  de  la 
chAlaigin».  —  Sor  ddoii  crotiréf,  il  sort  de  l'œuf,  il  vient  de 
liai  Ire. 

Ce  mol  \iendrait,  dit-on,  du  Ligurien;  mais  d'autres  l»^ 
tirent  du  gr.  Kpj-Tfo,  cacher;  n'aurait-il  pas  été  fourni  p.'ir 
le  lat.  Curvus,  courbé,  fait  en  voûte? 

Grouvéludo,  s.  f.  CbAlaigii'^  dans  sa  coipie;  celle  qui. 
npivs  a  Soir  [)assé  au  s'ciioir,  se  détache  difficilement  de  s.i 
co(]ue,  cjMpii  provient  iTuncMarequi  amène  une  adhérence, 
ou  qui'Nppfois  d'un  feu  tnip  \if. 

Cruci,  r.  (irincer:  imiter  le  bruit  que  fait  la  lime  sur  le 
fer;  ronger  avec  les  ilents,  comme  font  les  vers  el  les  rats 
dans  h'  bois,  hs  grains,  les  légumi'ssecs.  —  Faire  cruci  sa» 
(Iras,  griiiC''r  des  dents.  At^uelo  cîvaio  es  toulo  crucido, 
celle  avoine  a  élé  rongée  par  les  rats,  ([ui  n'ont  Laiss<Mpe* 
ren\«'|o[)[»e. 

Dér.  du  celt.  Crifsrir,  crncpier,  ou  du  lat.  Cruciare, 
loiu'meiiU'r,  ronger. 

Cruèlos,  v.  /'.  plnr.  Kcinuelles;  vice  scrofuloux,  qui 
alTecle  parliculiéremeni  les  glandes  cervicales. 

Dér.  tlu  lat.  Srr()fff/a\  m.  sign. 

Crus,  cruso,  a  !J.  du,  (pii  n'est  pis  cuit,  pas  apprit** ; 
éciii.  —  De  f,o//  cn/s ,  <!e  setfo  cruso,  du  fil  ccni,  de  la 
soif  écrue.  Cno  f'itio  fui-n  cruso,  feuille  de  mûrier  qui  a  de 
la  renii'l'',  de  la  crndité  au  toucber.  Ti'io  vraso,  toile  qui 
n'a  ])is  élé  décru'e.  rs  cn/s;  a  uno  mino  cruso,  il  a  un 
abnrd  SM",  baulain,  peu  liant. 

Dér.  du  lat.  c  nains,  m.  sign. 

Cruséja,»'//  7-  Craijner.éire  nub^  el  ferme  au  toucher.— 
Se  dit  princijialemeuf  do  la  soie  écrue,  qui  sendjle  grincer 
quand  on  la  m;uiie;  de  la  toile  écrue,  non  lavée,  gardant 
un  apprèl;  de  la  f«Miille  de  mûrier  (pli  n'a  pas  été  remuée 

D'r.  de  Crus,  écru. 

Crusije,  >.  f.  Crmlilé,  mamine  de  flaccidité  ;  état  exprifué 
par  le  v.  Crasija. 

Cruvèl,  s.  m.  Dim.  Cruvclc.  Crible,  sas.  —  \a^,  crible  A 
blé  est  fait  il' une  peau  il-  porc  percillée  de  jxîtits  trous 
ronds  'Toi/  Coutadoù  ';  c(^lui  des  châtaignes  blanches, 
Jtajjmts,  est  lissu  de  menus  cotons  ou  lames  de  bois 
refiMidu  tn"'s-minces  qui  laissent  enlr'eux  des  intervalles 
carrés  où  ne  pass«'nl  que  les  bris  des  cliAtaignes  et  la  pous- 


CUL 


CUR 


•i37 


sière  des  enveloppes.  Cet  outil  est  le  môme  qui  sert  pour  le 
blé  sons  le  nom  de  Pmo-paHo  (Voy,  c.  m.)*  Le  crible  à 
terre  ou  à  sable  est  un  treillis  de  ûl  de  fer. 

Le  dim.  CruwU,  petit  crible,  devait  sans  doute  être 
employé  autrefois  dans  les  divinations.  La  pbrase  {dire 
vira  Uni  eruvélé,  faire  tourner  le  sas,  s'est  conservée  pour 
exprimer  quelque  œuvre  de  sorcellerie. 

Dôr.  du  lat.  Criblum,  m.  sign. 

GniTéla,  v.  Cribler;  passer  au  crible. 

Coga,  V.  Cligner;  clignoter;  fermer  les  yeux  à  demi.  — 
Ne  s'emploie  qu'en  parlant  des  yeux. 

Dér.  du  gr.  KXfvu),  plier,  ou  Reuxcu,  cacher. 

Cniè,  f.  m.  Dim.  CuïéXré.  Cuiller,  ustensile  de  table  ou 
de  cuisine.  —  Un  cuïé  d'argén,  dé  bos,  d'éslan,\me  cuiller 
d'argent,  de  bois,  d'étain. 

Dér.  du  lat.  Cœhlear,  m.  sign. 

Gmèiras,'*.  m.  Canard  souchet,  Ana$  elypeata,  Linn., 
canard  à  bec  à  palette,  à  cuiller,  à  spatule  ;  oiseau  de  Tordre 
des  Palmipèdes,  qui  passe  Thiver  dans  nos  pays  :  ainsi 
nommé  de  la  forme  de  son  bec. 

CSmèîré,  s.  m.  Cueilleron  de  châtaigne,  ou  châtaigne 
avortée  dont  il  ne  reste  que  les  panneaux  de  la  peau  collés 
Tun  à  l'autre  et  sans  pulpe.  La  châtaigne  se  forme  d'ordi- 
naire dans  le  hérisson  au  nombre  de  trois;  lorsqu'un  de  ces 
hérissons  manque  de  nourriture  pour  amener  à  bien  les 
trois  châtaignes,  ou  bien  lorsqu'une  des  trois  plus  active 
prend  la  substance  des  autres,  celles-ci  restent  à  l'état  de 
cueillerons.  Le  plus  souvent  c'est  la  châtaigne  du  milieu 
qui  résiste  et  devient  alors  ronde  et  beaucoup  plus  grosse. 

Le  nom  est  tiré  de  la  forme  ressemblant  â  mie  petite 
cuiller,  Cuïèiré. 

Cuèîro,  s.  f.  Cuiller  à  soupe;  grande  cuiller  â  ra- 
goût. 

Gnirassiè,  s.  m.  Cuirassier,  cavalier  portant  cuirasse. 

Emp.  au  fr. 

GoiraBSO,  s.  f.  Cuirasse. 

Emp.  au  fr. 

Caja,  V.  Faillir,  être  sur  le  point  de. . .  —  Aï  cuja 
numrè,  j'ai  failli  mourir.  Cujère  vénï,  je  fus  sur  le  point 
de  venir. 

Sauvages  et  quelques  glossateurs  qui  lui  ont  emprunté 
cette  opinion,  pensent  que  Cuja  est  le  même  verbe  que 
Ctdder,  en  v.  fr.  penser,  croire,  imaginer.  Leur  racine 
commune  serait  dans  le  lat.  Cogitare.  Mais  le  sens  doit 
être  restreint,  croyons-nous,  à  la  seule  acception  que  nous 
lui  donnons  :  être  sur  le  point  de . . .  11  n'y  a  ici  qu'une 
étym.  figurative.  Aï  cuja  mouri,  ai  cuja  véni,  j'ai  pensé 
mourir,  venir,  pour  j*ai  failli,  j'ai  été  sur  le  point. 

CnU,  V.  Récolter;  prendre,  saisir.  —  A  culi  foço  vi,  il  a 
récolté  beaucoup  de  vin.  CulU  un  pdou  dé  tma,  il  a  un  peu 
de  tontes  les  récoltes  du  pays,  tous  gendarmas  Uni  $oun 
ana  culi  din  Moun  iè,  les  gendarmes  sont  venus  le  prendre 
dans  son  lit. 

Dér.  du  lat.  CoUigere,  ramasser. 


Cnlido,  j.  f.  Récolte;  quantité  récoltée  d'une  même 
denrée. 

Cor,  $.  m.  Dim.  Cumé.  Cœur,  organe  principal  de  la 
circulation  dans  le  corps  humain;  affection,  mémoire, 
courage;  couleur  des  cœurs  au  jeu  de  cartes;  coulant  de 
la  croix  que  les  femmes  portent  au  cou  et  qui  le  plus  sou- 
vent a  la  forme  d'un  cœur;  chœur  d'une  église.  Se  ditdaiis 
plusieurs  acceptions  Cor  (Voy,  c.  m.).  —  Apréne  dé  pér 
cor,  apprendre  par  cœur.  Ou  tave  pér  cur,  je  le  sais  par 
cœur.  Un  éfan  dé  cur,  un  enfant  de  chœur.  Las  éstalos  dâou 
cur,  les  stalles  du  chœur.  Un  cur  dé  camiso,  triangle  de 
toile  qu'on  met  au  bas  des  chemises  de  femme  pour  en 
augmenter  le  fond,  sans  quoi  elles  seraient  gênées  dans 
leur  marche  {Voy.  SimoùsJ.  C'est  aussi  une  petite  pièce  de 
toile  ou  contrefort  qu'on  place  aux  chemises  d'homme  au 
bas  de  l'ouverture  sur  l'estomac,  pour  empêcher  la  toile  de 
se  fendre. 

Trad.  du  fr.  Cœur. 

Cura,  v.  Curer,  vider,  nettoyer  quelque  chose  de  crcui, 
comme  un  puits,  une  fosse,  un  canal.  —  Cura  un  poule, 
un  peïstoà,  vider  un  poulet,  un  poisson,  leur  enlever  les 
intestins  et  les  viscères.  Cura  toun  nas,  se  fouiller  dans  le 
nez.  Té  curaruï  tous  tels,  je  te  crèverai  les  yeux.  Un  euro- 
boussà,  un  mange  tout,  qui  ruine  ses  parents  et  vide  leur 
bourse.  On  le  dit  aussi  du  fisc  et  de  toute  sorte  de  gens  qui 
légalement  ou  par  importunité  vous  soutirent  de  l'argent. 
An  cura  lou  pous,  lou  bésdou,  on  a  curé,  nettoyé  le  puits, 
le  canal.  Mé  souï  bien  cura  ou  éscura,  je  me  suis  bien 
nettoyé  l'estomac,  je  l'ai  bien  vidé  par  quelques  vomitifs 
ou  purgatifs. 

Dér.  du  lat.  Curare,  soigner. 

Cura,  8,  m.  Curé;  desservant  succursaliste  d'une  paroisse 
lorsqu'il  est  chef  de  son  église.  —  Ana  veire  lou  cura, 
aller  â  confesse.  Espéras  un  pàoti  que  lou  cura  se  moque, 
attendez  un  peu  que  le  curé  se  soit  mouché,  loc.  prvb. 
qu'on  emploie  quand  on  suspend  un  instant  une  narration 
écoutée  avec  intérêt.  Cela  doit  avoir  trait  â  quelque  anec- 
dote dans  laquelle  un  curé  aurait  usé  de  cette  précaution 
oratoire  pour  se  reposer  un  instant  dans  son  sermon. 

Le  mot  est  sans  doute  mie  contr.  du  lat.  Curator, 
tuteur,  gardien  des  âmes.  Dans  la  bass.  lat.  on  avait 
cependant  Curio,  qui  indiquerait  un  sons  de  chef  ou  prê- 
tre d'une  curie. 

Curalo^  s.  f.  Action  de  curer, de  vider;  curage;  balayu- 
res, restes,  fumier  qu'on  sort  en  une  fois  des  étables. 

Curio,  s.  f.  Menus  débris  d'mi  petit  objet  que  l'on  vide, 
que  l'on  nettoie  intérieurement;  intestins  des  animaux,  de 
la  volaille,  du  poisson  curés. 

Coréto,  s.  f.  Fourgon  en  fer  d'un  fourneau  â  houille; 
outil  tranchant  du  sabotier  pour  évider  l'intérieur  du  sabot  ; 
curoir  d'un  aiguillon  de  laboureur  CVoy-  BourboussadoJ, 
C'est  aussi  un  triangle  en  fer  recourbé  en  forme  de  cuiller, 
dont  les  mineurs  se  servent  pour  sortir  la  boue  et  les  débris 
de  pierre  du  trou  qu'ils  forent,  à  mesure  qu'ils  avancent. 


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D 


D 


Gnnoùs,  otuo,  aij.  Carieax»  qui  a  grande  envie  de 
savoir,  de  voir,  d*en tendre,  de  découvrir;  qui  étonne  à 
voir,  à  oui'r;  frappant,  intéressant. 

Dér.  du  lat.  Curio$us,  m.  sign. 

Garionsitè,  j.  f.  Curiosité,  petit  spectacle  de  la  foire, 
principalement  la  lanterne  magique  et  les  optiques  portatifs. 

Gnro-âonréio ,  «.  m.  Perce-oreille,  forfîcule,  Forfieuta 
tturictUaria,  Linn.,  insecte  de  Tordre  des  Orthoptères, 
ayant  l'abdomen  terminé  par  des  pinces  à  double  branche, 
en  forme  de  tenaille.  Un  préjugé  absurde  prétend  que  ces 
animaux,  en  s*introduisant  dans  Toreille,  peuvent  en  percer 
la  membrane  répercussive  des  sons  et  rendre  sourd.  De  là 
le  nom  fr.  et  le  nom  lang.  Mais  d'autres,  ses  défenseurs, 
blanchissent  le  Curo^uréto  de  ce  méfait.  Le  plus  sage  est 
toujours  de  ne  pas  s'y  fier. 


Goro^nis,  s.  m.  Culot;  le  plus  petit  et  le  dernier éelos des 
oiseaux  d'une  eonvée.  Au  fig.  le  dernier  né  d'une  famille. 

Formé  de  Cura  et  de  Nit,  parce  que  c'est  oelui  des  oisil- 
lons qui  vide  le  dernier  le  nid  maternel. 

Gnro-péro,  «.  m.  Capricorne  ou  cerf- volant.  ~  Voy. 
Maiy'O'pérû. 

Gnnm,  s.  m.  Curures,  boues,  vase,  vidanges  qu'on 
retire  des  puits,  des  fossés,  eto.,  qui  sont  un  amendement 
pour  les  terres;  débris,  restes,  rebuts  retifés  des  choses 
qu'on  nettoie. 

Cusqna,  v.  Parer,  arranger;  soigner  un  malade  bu  un 
enfant  au  berceau,  les  servir,  les  faire  manger,  les  vêtir, 
les  déshabiller,  les  eoueher;  foire  pour  eux  tout  ce  qu'ils 
sont  incapables  de  faire  par  eux-mêmes. 


D 


D,  «.  m.  D,  quatrième  lettre  de  l'alphabet,  troisième 
consonne.  Se  prononce  di  comme  ea  ilal.,  puisque  notre 
langue  ne  connaît  pas  Ve  muet,  ni  sa  consonnance  sourde . 

Le  D  est  une  des  consonnes  les  plus  douces  et  les  plus 
euphoniques  de  notre  alphabet.  Il  appartient  à  l'ordre  des 
Déniait»;  et  son  articulation  se  produit  par  une  explosion 
mécanique  de  l'organe  buccal  assez  heureusement  décrite 
par  Piis  dans  son  poème  de  V Hamumie.imifyMtive  : 

Il  faut  entre  les  dents  que  la  langue  le  darde. 

Les  grammairiens  rangent  dans  la  catégorie  des  Dentales 
les  consonnes  T,  S  doux  ou  entre  deux  voyelles,  et  Z;  ce 
qui  veut  dire  que  ces  lettres,  dont  l'émission  met  en  jeu 
les  mêmes  organes,  la  langue  et  les  dents,  d'une  manière 
presque  identique,  éprouvent  des  propensions,  dans  les 
langues  dérivées  comme  la  nôtre,  À  se  substituer  les  unes 
aux  autres,  ou  du  moins  ne  font  aucune  difficulté  à  entrer 
dans  la  composition  d'un  mot  où  se  trouvait  primitivement 
une  consonne  de  leur  ordre.  C'est  pourquoi  Cadéno  ae 
s'étonne  pas  de  descendre  du  lat.  Catena;  CaêUfUro  de 
Cathedra;  Nada  de  Nalare;  Nadàou  de  Natalis;  No%n  de 
Nodum;  Nouea  de  Nodare;  Madu  de  Malturue;  Mode  de 
êùtag  Courdura  de  Contven;  Caurduro  de  Sutura  jBinda 
ou  TMa  de  Jtfimïim;  Tùundéfire  de  Ttmeor:  Endorto  on 
Bitorto  de  Betoria;  Tourdu  ou  Tourtu  de  Tortue;  Endivio 
de  tntibum;  Adùu  de  Aetio;  Crimaeoù  de  Crematio;  etc. 

C'est  la  loi  des  permutations,  dont  nous  arons  déjà 
parlé  à  la  lettre  B,  et  qui,  en  étymologie,  a  une  importance 
notable  :  on  le  comprend  sans  peine.  Mais  cette  règle  n'a 
rien  d'absolu  et  n'est  pas  d'une  application  constante  :  il 
n'y  a  pas  à  rexagérer;  oq  le  saisit  de  suite. 


Les  permutations  ont  en  efiet  pour  base  l'harmonie  :  et 
chaque  peuple,  chaque  groupe  entend  l'harmonie  à  sa 
manière.  Les  sons  et  les  flexions  doivent  beaucoup  à  des 
convenances  inexplicables,  à  des  aptitudes  organiques  qu'il 
est  souvent  impossible  de  déterminer  :  l'usage  est  le  maître. 
Nous  ajouterons  seulement  à  ce  que  nous  avons  dit  aiUeurs, 
à  propos  de  la  formation  et  du  caractère  de  la  langue  d*Oc, 
que  notre  idiome,  étant  resté  plus  fidèle  à  ses  origines 
latines,  et  peut-être  des  influences  climatériques  pareilles 
le  rapprochant  davantage  du  latin,  procède  avec  plus  de 
régularité  À  ses  permutations  que  le  français,  qui  tend  au 
contraire  à  s'écarter  de  son  type  romain,  on  qui  cMe  ï 
l'empire  des  influences  du  Nord.  Les  deux  dialectes  étaient 
jumeaux,  nés  le  même  jour  dans  le  même  berceau,  \e 
roman  ;  mais  la  Loire  sépara  leurs  domaines,  et  depuis,  ils 
vivent  en  6éres  ennemis.  Le  français  est  le  pins  fort,  la 
prééminence  est  incontestable  :  le  languedocien  ne  vit  plus 
que  de  son  originalité  indestructible. 

De  là  il  résulte  que  leur  vocabulaire  doit  avoir  nëoeusai- 
rement  beaucoup  de  mots  communs,  contemporains,  4{ue 
ne  difiérencie  pas  la  permutation;  mais  il  est  arrivé  aussi, 
souvent,  que  le  français,  poussé  par  son  génie  propre,  s'est 
éloigné  de  sa  forme  primitive  en  secouant  la  règle,  et  qn^il 
a  introduis  des  changements  de  consonnes  d'nn  tout  antre 
ordre  dans  certains  mots,  et  qu'il  a  vonlu  ensiiHe  ks 
imposer  au  iangnedocien.  Toutes  les  fois  qne  celui-ci  a 
oédé  à  Cette  pression,  il  a  dévié,  il  est  sorti  de  sa  natur, 
panr  devenir  un  patois.  C'est  ce  que  les  pernantations  met- 
tant surtout  en  évidenee. 

Ainsi  notre  substantif  Cadéno  provient,  par  tin  diang»- 
ment  de  la  dentale  médians,  da  lut.  Cnftsuu    r  miân  \a 


DAI 


DAL 


339 


ft.  CHatfiê  en  dôrive  également,  par  la  rappressîoQ  de  ia 
deotale.  Or  si  le  lang.  6'oublîe  à  adopter  Chèino,  il  fait  du 
par  franehiman.  Pour  CadiiVr»,  il  sort  en  ligne  directe  de 
Cathedra,  lat.;  le  fr.  chaire  et  ehaiw  ont  la  même  origine; 
si  on  pariste  beau  diaenr  s^avise  oependant  d'employer 
Chèro,  dans  œs  phrases  par  exemple  :  L'an  traeho  dé  la 
éhèro  en  bas;  es  numnta  en  ehèro  pér  prêcha;  il  sera 
malheQreosement  compris  par  certains,  mais  il  aura  parié 
patois  aa  lien  de  parler  languedocien. 

Les  exemples  pourraient  se  multiplier;  c'est  pour  cela 
que  les  permutations  sont  utiles  à  observer.  Elles  admettent 
certes  des  exceptions;  mais  elles  servent  en  gtoéral  de 
pierre  de  touche  pour  éprouver  les  mots  de  bon  aloi.  Quand 
elles  se  font  sur  les  dernières  consonnes  S  ou  Z,  la  cormp- 
tk»  a  bien  pu  opérer  de  seconde  main  sur  un  mot  déjà 
modifié  ou  permuté;  mais  dans  ce  cas,  il  est  facile  de  les 
ramener  au  primitif.  —  Vay.  Franehiman,  Paiouès,  et 
lettre  T. 

Selon  les  principes  de  notre  orthographe,  qui  n'admettent 
pas  les  lettres  nulles  à  la  prononciation,  le  D  ne  figure 
jamais  à  la  finale  d'un  mot;  mais  il  reparait  trés-bîen, 
comme  en  français  du  reste,  dans  les  composés,  dans 
l'adjectif  féminin  ou  dans  les  temps  du  verbe  où  il  est  suivi 
d'une  voyelle;  nous  disons  :  Bavar,  Bavarde;  Segoun, 
Seyoundo;  Vér,  Yèrdo;  Pèr,  que  pèrdio,  perdre. 

Da,  «.  m.  Dé  à  jouer,  petit  solide  cube  d'os  ou  d'ivoire 
à  faces  marquées  de  points  de  un  à  six;  cube  de  pierre  de 
taille  en  forme  de  dé,  quelle  que  soit  sa  dimension. 

Dabor,  adv.  D'abord;  en  premier  lieu;  de  suite;  incon- 
tinent; avant  tout.  —  Dabor  que,  puisque,  dès  que.  Dabor 
qu'où  vouiês,  puisque  vous  le  voulez.  Dabor  quélou  véguêre, 
dès  que  je  le  vis.  Quelques  raisonneurs  franehmans 
emploient  assez  volontiers  :  Prima  dabor  et  d'une ,  locution 
redondante,  emp.  au  fr.,  qui  donne  de  la  force  à  une 
démonstraticHi  qui  commence  et  promet  d'être  longue. 

Daia,  v.  Faucher  ;  couper  avec  la  faux. 

Dér.  de  Daxo. 

Daiaire,  s,  m.  Faucheur;  celui  qui  coupe  le  foin. 

Daiaje,  f .  m.  Fauchage  ;  fauchaison  ;  action  de  faucher; 
salaire  du  fauchage;  saison,  temps  de  la  fenaison. 

0*ttça]&OQ&,  adv.  De  la  hauteur  qui  est  de  ce  c6té-ci  ; 
de  là-haut. 

Formé  de  Aicai  et  du  lat.  Moun,  hauteur. 

D'aiçamoundâou,  adv.  Même  acception  que  pour  Aïça- 
mmm,  dont  il  n'est  que  l'explétif  pléonasmatique. 

Formé  des  trois  mots  :  D'diçdi,  d'ici  ;  Moun,  hauteur,  et 
Dàou,  haut. 

D'aiçalin,  adv.  D'ici- bas;  de  ce  côté  en  bas.  Suppose 
une  relation  avec  un  endroit  plus  élevé.  —  Voy.  Alin. 

Vaiçaral,  adv.  Même  acception  que  le  précédent.  — 
Vmf,  Aval, 

D'aiel,  adv.  D'ici;  de  ce  point-ci;  de  ce  lieu-ci.  — 
D'oMi/  interj.  Hors  d'ici!  dehors!  apostrophe  qu'on 
adresse  à  un  chien  ou  à  une  personne,  que  l'on  voit  avec 


colère  ou  avec  dégoût,  et  que  l'on  veut  chasser  ou  éloigner. 
—  Voy.  Aiei. 

D'aici'n-lore,  adv.  Contr.  D'aXci^n-foro.  Sans  désem- 
parer; toute  affaire  cessante;  dorénavant.  —  V  vôou 
d'aïei'n-foro,  j'y  vais  de  ce  pas. 

Formé  du  lat.  Bie,  ici,  et  Foras,  dehors. 

D'aicrn-laî,  adv.  Contr.  D'atei-éM-laï.  D'ici-là;  doréna- 
vant; mais  ce  dernier  mot,  dorénavant,  dont  la  traduction 
littérale  est  D'houro-én  iaï,  a  une  portée  moins  longue  que 
notre  D'aXei'n4aï,  qui  s'étend  à  une  année,  à  une  saison.  — 
D'ofei'n-lat  las  véïados  s'alongou,  à  partir  d'aujourd'hui 
les  soirées  sont  plus  longues. 

Fwmé  du  lat.  Hèc,  et  lUac,  ici  et  là. 

D'aîlai,  adv.  De  l'autre  côté,  de  là.  —  Soun  partis 
d'aïei  d'c^HàH,  ils  se  sont  enfuis  de  côté  et  d'autre,  d'ici  et 
de  là.  —  Voy.  AtlaX. 

D'aflamoun,  adv.  De  là-haut,  de  par  amont.  —  Es 
d'àilamoun  dé  las  Cévénos,  il  est  de  par  là-haut  dans  lea 
Gé  venues. 

Formé  du  lat.  iUac,  ad  montem,  par  là ,  vers  le  haut. 

D'ailamoundâou,  adv.  Même  acception  que  le  précédent, 
avec  réduplication.  ^ 

D'ailavid,  adv.  De  là-bas,  de  vers  l'aval.  —  Es  d'anUaval 
vèr  Mounpétè,  il  est  de  là-bas,  du  côté  de  Montpellier.  — 
Voy.  Aïlaval. 

Daio,  f .  f.  Faux  ;  instrument  pour  faucher.  —  Piqua  sa 
daïo,  rebattre  sa  faux  pour  lui  donner  le  morfil.  C'est  ce 
que  fait  le  faucheur  lui-même  sur  une  petite  enclume 
appelée  Aïréto  (Voy.  c.  m.).  Aquà's  lou  piqua  dé  la  daïo, 
voilà  la  difficulté,  voilà  le  hic  :  loc.  prvb.,  qui  s'applique  à 
toutes  les  situations  difficiles. 

En  esp.  HadaUa,  m.  sign. 

Dalican,  i.  m.  Alicant;  espèce  de  raisin  sans  doute 
originaire  d'Alicante,  dont  le  nom  lang.  est  évidemment 
une  corruption.  Le  bois  de  ce  cep  est  gros,  court,  tendre» 
jaunâtre.  Il  porte  assez  de  grappes  de  médiocre  grandeur, 
dont  les  grains  sont  ronds,  bien  serrés,  trè^fleuris;  ses 
feuilles  sont  assez  grandes  :  il  donne  un  bon  vin. 

D'alin,  adv.  Même  acception  que  D'aHlaval.  —  r.  c.  m. 

Dér.  du  lat.  lUine,  de  ce  côté. 

Dalmas,  n.  pr.  d'homme,  Dalmas. 

Sous  la  rubrique  de  ce  mot.  Sauvages  donne  une  disser- 
tation toute  philosophique  sur  l'origine  des  noms  accompa- 
gnés de  la  particule  de.  Cet  article  est  trop  remarquable 
pour  que  nous  ayons  la  prétention  d'y  toucher  une  syllabe  : 
on  nous  permettra  de  le  reproduire  en  entier. 

«  Dalmas,  n.  pr.,  en  fr.  Dumas,  qui  est  une  partie  de 
nom,  ou  plutôt  un  surnom  séparé,  par  exemple  du  nom 
Pierre,  avec  lequel  Dumas  a  un  rapport  d'appartenance  : 
Pierre  du  mas,  Petrus  de  manso;  Pierre  de  la  métairie,  et 
par  contr.  de  la  Métrie. 

c  Le  n.  pr.  Dal-mas  ou  Dél-mas,  nous  fournit  l'occasion 
de  parler  des  articles  du,  de  la,  de,  des,  etc.,  dont  bien  des 
personnes  sont  jalouses  de  parer  leur  nom,  comptant  par 


-240 


DAL 


DAM 


cotte  j>f»tile  oddition  do  so  iloniior  une  apparence  de  no- 
lilesse. 

«  Ces  articles  ne  ninrqiiaient  dans  leur  origine  d'autre 
dessein,  dans  ceux  qui  les  pinçaient  au-devant  de  leur  nom, 
fjue  de  d('»signpr  le  rapport  de  leur  {personne  au  lieu  où  ils 
avaient  pris  naissance,  ou  à  celui  qui  bur  appartenait,  ou 
dont  ils  ♦^'taient  \oisins. 

*  l'n  liornnie,  par  «^veniph*,  aj^peU'^  Jean,  avait  un  mas, 
ou  métairie:  on  l'appela  Jean  daf  mas  ou  du  mas,  pour  le 
distinguer  d'un  autre  Jean  son  voisin,  qui  n'avait  pas  un 
pouce  de  terre,  et  avec  le(]u^l  (m  aurait  pu  le  confondre, 
l'n  autre  nommé  Jacques  habitait  près  d'un»^  porte  de  ville 
(ju'il  était  chargé  d'ouvriret  de  fermer;  on  l'appela  Jacques 
de  la  Porte.  Tu  troisièine  appelé  Pierre,  né  au  village  de 
Mauhos,  était  venu  habiter  la  \ille;  il  était  tout  simple  que 
ses  voisins,  qui  avaient  parmi  eu\  d'autres  Pierres,  appe- 
Icàssent  celui-ci  Pierre  de  Mauhos,  et  <jue  lui-même,  dans  la 
suite,  allongent  ainsi  son  nom,  pour  .se  conformer  i\  un 
usage  rc«ni,  et  sans  plus  de  prétention  qu'un  bon  capucin 
(fui,  étant  né  ii  Hémorantin.  signe,  sans  penser  ?»  mal,  frère 
Jean  Pancrace  de  Hémorantin. 

«  Il  était  con\enu  jusque-là  qu'il  n'y  avait  dans  les 
articles  (lu,  de  la,  (h,  rien  qui  dut  flatter  la  vanité  de  ceux 
(jui  en  faisaient  précéder  leur  nom;  et  si  le  [x»tit-lils  de 
Jean  dal  mas,  devenu  riche,  s«Mid)la  vouloir  faire  oublier 
son  grand-pére,  fort  hoiméle  pay.snn,  en  mettant  son  nom 
en  français,  et  signant  J(\an  de  la  Métairie,  ou  en  le  défigu- 
rant autrement  par  le  retranchement  ou  l'addition  de  quel- 
(jue  lettre,  c'était  une  \nnité  blAmable  qui  faisait  causer; 
mais  elle  était  d'un  autre  gfiu'e,  dont  nous  parlerons  ail- 
leurs. 

«  Les  nobles,  (jui  avaient  de  sinq)les  fiefs,  ou  des  terres 
titrées,  ajoutèrent  à  leur  nom  de  baptême  le  surnom  de  ces 
terres,  et  l'on  voit  dans  les  actes  latins  du  XII'"*"  siècle, 
Anu(in(hfs  de  Andusa,  Jahaunes  de  Afesfn,  Berîifirdus  de 
Duroforti,  sans  d'autre  d'^sscin  que  d»^  dire:  un  tel  d'un  tel 
lieu,  ou  soignr'ur  d'un  tel  lieu. 

«  Mais  comme  on  abnse  de  tnut,  les  aiticlcs  de,  du,  de 
la,  que  les  nobles  ont  continué  de  prendra  en  français,  ont 
passé  peu  à  peu  dans  le  préjugé  vulgaire  ]»our  un  signe 
dislinclif  de  la  noblesse.  Ft  dès  lors  il  n'y  a  eu  si  petit 
bourgeois  qui  n'ait  voidu  décorer  son  nom  df  (piebpi'ui)  de 
ces  articles  :  et  cela,  sans  aucun  prétext»',  (»u  qu(M(|ue  c*^ 
nom  ne  ilésignàt  aucune  propriété  de  fifM\  ni  aucun  rap})orl 
dliabitation,  d'origine,  ou  de  voisinage  mire  la  personne 
♦M  la  chose  nommée  par  le  surnom  :  ce  qui  eût  mis  les 
articles  îi  l'abri  de  toute  critifjue. 

«  Cei)endant  cette  mode  a  i)ris,  et  l'usage  a  fait  dis[)a- 
railre  ce  qu'il  y  avait  de  contraire  Tnéme  aux  règles  du 
langage,  en  mettant  quelquefois  l'article  dr  (qu'on  regarde 
sans  doute  connue;  le  plus  noble),  Ifi  où  il  n'en  faudrait 
point  du  tout,  même  pour  les  personnes  les  plus  qualifiées, 
et  où  tout  au  plus,  l'on  aurait  du  mettre  les  articles  J^^,  de 
la,   le;  en   sorte  qu'on   sigmH,  par  exen.ple  :    Pierre  du 


Hocher,  Jean  du  Bois,  Jacques  de  la  Rive,  FrançxDis  le 
Uoux,  etc.,  et  non  Pierre  de  Hocher,  .Jean  do  Hois,  Jacques 
de  Hive,  François  de  Houx,  etc.;  et  encore  ujoins  qu'on 
écrivit  simplefiient  de  Hocher,  de  Hives,  de  Roux,  etc.,  ce 
(pii  dioque  autant  le  bon  sens  que  le  langage. 

tf  Autre  usage  reçu  qui  n'y  est  [las  moins  contraire,  et 
qui  neren)onte  pas  bien  loin  :  on  ne  se  borne  pas  à  l'article 
qui  précède  le  surnom,  et  qui  sera,  si  l'on  veut,  celui  d'une 
soigneurie;  on  en  place  un  autre  devant  le  vrai  nom,  ou 
celui  de  famille,  qui  n'en  est  pas  susceptible,  puisqu'il  ne 
marque  ordinairement  aucun  rapport  de  propriété,  de  sei- 
gneiu'ie,  dp  dnmeure,  de  voisinage;  et  qu'il  cesserait  même, 
ce  semble,  d'être  nom  de  famille,  s'il  marquait  aucun  dp 
ces  rapports  :  ainsi  tel  qui  s'appellera,  par  exemple,  Jacques 
Sal>atier  de  Valorio,  signera  sans  façon  dans  un  contrat. 
Jacques  de  Sabatier  de  Valorio,  comme  si  son  nom  de 
famille,  Sabatier,  était,  comme  celui  de  Valorio,  un  noui 
de  terre  :  il  ne  mam[uerait,  pour  ajouter  aux  prétentions 
de  noblesse,  que  de  signer,  par  un  renfort  d'articles,  de 
Jacques  de  Sabatier  de  Valorio,  etc.,  etc.  M.  de  Petit- 
Jean,  ah!  gros  comme  le  bras,  dit  Racine. 

«  On  a  d'autant  plus  de  tort  en  cela,  que  ces  petites 
vanités,  le  plus  souvent  sans  fondement,  ou  sans  le  pré- 
texte même  d'un  petit  fief,  sont  tôt  ou  tard  punies  :  \p 
pulilic  ne  mnn(|ue  guère  d'en  faire  justice';  il  remonte  aux 
ancêtres  de  ces  nouveaux  nobles,  et  il  ne  \a  pas  bien  loin 
])Our  trouver  une  naissance  obscure  ou  fort  commune,  qu'il 
leur  aurait  pardonnée,  sans  la  faire  connaître,  si,  au  lieu 
de  courir  aj»rès  une  chimèi'e,  par  une  suite  de  l'opulence 
que  leurs  pères  ont  laissée,  ils  s'étaient  contentés,  comme 
eux,  d'êlro  de  modestes  hoimêtes  gens;  ou  bien,  s'ils 
avaient  aspiré  h  s'illustrer  ])ar  des  talents  et  surtout  par 
des  vertus.  » 

Qu'aurait  ajouté  Sauvages  s'il  eût  vécu  de  notre  temps? 
Dejiuis  3/.  de  lu  Sonche,  de  Vï^cole  des  femmes,  depuis  les 
Plai'leurSf  et  le  Monsieur  du  Çorbena  du  bon  La  Fontaine, 
malgré  le  ridiiMile  qui  s'est  attaché  à  tous  ers  anoblisse- 
ments de  contrebande,  la  manie  d'ajiuiter  la  particule  à  des 
noms  qui  n'en  sont  point  susceptibles  et  qui  jurent  avec 
elle,  soit  par  leur  physif>r)omie,  soit  par  leur  sens  étymo- 
logiijue,  s'est  g'''nèralisée  de  la  façnn  la  plus  plaisante.  Il 
est  même  assez  remarquable  «jue  pendant  la  pénultième 
république  cette  maladie  avait  redoublé  d'acerbation  et  la 
contagion  s'était  beaucoup  aggravée.  Tne  loi  spéciale,  sous 
le  ùernier  enqiire,  ne  l'arrêta  guère  :  elle  est  prolwblement 
endémiijue  et  incurable. 

Ah  î  si  Sauvages  revenait. 

Daméiano ,  <.  f.  Danje-jeanne;  grosse  bouteille,  recou- 
verte ou  revêtue  ordinairement  d'un  panier  d'osier,  dans 
la(iuelle  on  conserve  le  vin  en  cave.  — Sé  masqua  m  damé- 
jnivK  se  griser,  se  remplir  de  vin  comme  une  dame-jeanne  : 
sorte  d'euphémisme  plaisant.  Son  étymologicest  àcoupsùr 
anecdo  tique. 

Damo,  J.  f.  ni  m    Daméto;  péjor    Damasso  et  aussi  au 


DÂN 


DAO 


241 


masc.  tin  Damas,  Dame  ;  titre  d'honneur,  donné  à  la  femme 
d'an  homme  considérahie  ;  hie  ou  demoiselle  de  paveur, 
sorte  de  masse  à  oreilles  pour  enfoncer  les  pavés  ;  batte  de 
jardinier,  pour  hriser  les  mottes  ou  pour  battre  le  gazon  ; 
pion  du  jeu  de  dames;  figure,  au  jeu  de  cartes,  représentant 
les  dames.  —  Faïre  la  damo,  sortir  de  son  état  par  sa  toi- 
lette; porter  des  parures  au-dessus  de  sa  condition.  La  damo 
dé  mousÊu  un  tàou,  la  femme  de  monsieur  un  tel,  madame 
on  tel.  NoMio-Damo,  la  sainte  vierge,  Notre-Dame. 

Damo  dâou  douché,  x.  f.  Effraie,  fressaie,  Strix,  Linn., 
oiseau  nocturne,  espèce  de  chouette  ou  de  chat-huant  blanc. 
L'effraie  se  loge  exclusivement  dans  les  vieux  et  grands 
édifices,  surtout  dans  les  clochers,  qu'elle  trouve  partout; 
elle  en  est  la  principale  habitante  :  c'est  la  dame  du  lieu; 
de  \k  elle  a  été  appelée  Damo  dâou  douehè  ou  simplement 
Damo,  en  supprimant  le  nom  de  son  fief.  —  Voy,  Beau- 
roii. 

Damo  dé  miséricordo,  s.  f.  Nom  familier  et  même  un 
peu  goguenard  que  le  populaire  donne  à  une  espèce  de 
hareng  salé,  appelé  Haréncado  (  Voy,  cm.).  Gela  viendrait- 
il  de  ce  que  ce  hareng  n'entre  guère  que  chez  le  pauvre, 
comme  font  les  bonnes  sœurs  ou  dames  de  miséricorde? 

Dér.  du  lat.  Domina,  dame,  seigneuresse. 

Danjè  ou  mieux  Langé,  «.  m.  Danger,  péril.  — 
Voy.  Langé. 

Dér.  du  lat.  Damnum,  dommage,  dont  la  bass.  lat.  fit 
d'abord  Damniarium,  et  plus  tard  Damjerium. 

Daniéîroùs,  onso,  adj.  Dangereux,  qui  offre  un  danger, 
qui  est  en  danger  de  mort.  —  Ma  fénno  is  bien  dangéi- 
rou9o»  ma  femme  est  en  grand  danger  de  mort.  È$  pat 
dang^roùs,  il  n'inspire  aucune  crainte;  il  n'en  mourra 
pas. 

Danna,  v.  Damner;  juger  digne  de  l'enfer.  —  Se  donna, 
se  damner,  mériter  la  damnation  étemelle;  s'inquiéter; 
s'impatienter.  Faïre  danna,  faire  enrager,  faire  donner  au 
diable.  Es  danna  coumo  uno  rabo,  il  est  damné  comme 
iodas;  cette  loc.  prvb.  est  une  corruption  de  :  Danna 
ooumo  un  Arabo,  damné  comme  un  Arabe,  un  Sarrasin, 
ces  peuples  qui  ont  laissé  de  si  vifs  et  si  longs  ressentiments 
dans  les  provinces  de  la  langue  d'Oc. 

Dér.  du  lat.  Damnarc,  condamner. 

Dannacioii  (Ma)l  mrer/.  Juron;  je  jure  par  ma  damna- 
tion; Dieu  me  damne! 

Dannarèl,  rèlo,  adj.  Qui  damne,  qui  est  un  leurre  de 
damnation,  qui  provoque  à  se  damner. 

Danno,  s,  f..  L'enfer,  le  séjour  des  damnés,  ta  geôle 
infernale,  la  géhenne.  —  La  danno  es  pa'ncaro  pléno,  dit- 
QD  plaisamment  et  sceptiquement,  quand  on  vous  menace 
de  l'enfer. 

Danrèio,  s.  /*.  Denrée;  toute  sorte  d'objets  récoltés,  de 
produits,  qui  sont  susceptibles  de  vente. 

Dér.  du  lat.  Denarius,  denier;  parce  que  dans  le  prin- 
cipe on  appelait  Dénrèio  la  quantité  de  provision  de  bouche 
qu'on  pouvait  obtenir  pour  un  denier. 


Dansa,  v.  Danser;  exécuter  des  danses;  se  mouvoir  en 
cadence  ;  sauter.  —  lié  danxaras  uno  bêlo,  tu  recevras  une 
belle  danse,  une  bonne  frottée*.  Hé  hé!  cwirno  la  dansan? 
Eh  bien!  comment  réglons-nous  ce  pompte-là?  Dansa  sus 
las  barjïos,  sauter  de  joie  fVoy.  BarjiosJ.  Dansa  dos  pèses, 
être  pendu.  Danse  din  mous  soutes,  mon  pied  danse,  est 
trop  au  large  dans  mes  souliers. 

Dér.  de  Danso, 

Dansaîre,  aîro,  adj.  Danseur,  qui  fait  métier  de  la 
danse  ;  qui  cherche  les  occasions  de  danser. 

Bansarèl,  rèlo,  adj\  Péjor.  Dansarèlas.  Qui  aime  à 
danser  ;  qui  appartient  à  la  danse  ;  qui  engage  à  danser.  — 
Lou  prusé  dansarèl,  la  frénésie  de  la  danse.  Lou  galoubé 
dansarèl,  le  galoubet  qui  provoque  à  la  danse. 

Danso,  «.  f.  Danse,  pas  mesurés  ou  cadencés,  au  son  des 
instruments  ou  de  la  voix;  par  ext.  ou  par  comparaison, 
correction  verbale  ou  manuelle. 

Dér.  de  l'ilal.  Danza,  qui  lui-même  vient  de  l'allemand 
Dantxen,  m.  sign. 

Dansnr,  suso,  s.  Cavalier  d'une  danseuse;  dame  d'un 
cavalier,  en  termes  de  danse. 

Dâou,  art.  m.  Du.  —  C'est  une  contraction  pour  dé  km, 
comme  Dal,  forme  employée  dans  le  dialecte  montagnard, 
de  même  que  le  fr.  du  est  contracté  pour  de  h,  primitive- 
ment prononcé  do  ou  del.  Devant  un  substantif  commen- 
çant par  une  voyelle,  cet  article  redevient  dé  lou,  en  élidant 
sa  dernière  syllabe  et  fait  dé  V  :  dé  Vàouhre,  dé  l'home, 

Dàon,  «.  m.  et  adv.  Haut,  le  haut.  — Lou  dâou,  le  haut, 
dans  une  maison,  par  rapport  au  rez-de-chaussée;  la  ban* 
teur,  relativement  à  la  plaine.  Mounta  dâou,  monter  an 
premier  étage,  au  grenier,  en  haut.  Gagna  lou  dâou, 
gagner  la  hauteur.  Dâou/  dâou/  interj.,  là-haut!  en  haut! 
montez,  je  vous  l'ordonne.  Dé  gué  fasés  dâou  f  Que  faites- 
vous  là-haut?  Aouro'dâou,  vent  du  nord.  —  Voy.  Aouro. 

Dér.  du  lat.  Alius,  haut,  élevé. 

Dâondè,  n.  pr.  d'homme.  Daudet,  qui  est  formé  dn 
lat.  Deus  det,  que  Dieu  donne,  ou  Dieudonné,  correspon- 
dant à  Déodat,  le  même  que  Donnadieu  et  Donnedieu. 

Dâoniinén,  s.  m.  Marronnier,  châtaignier  qui  produit  le 
marron  proprement  dit.  —  L'aï  issarta  dé  dâoupnén,  j'ai 
greffé  ce  sujet  avec  une  ente  de  marronnier. 

Son  nom  lui  vient  certainement  de  ce  que  les  premières 
greffes  furent  apportées  du  Dauphiné. 

Dâonfinénqno,  «.  f.  Chàtaigne-marron,  qu'Olivier  de 
Serre  appelle  Sardones,  parce  qu'il  pense  que  l'espèce  nous 
est  venue  de  la  Sardaigne,  tandis  qu'il  est  plus  probable 
qu'elle  nous  vient  du  Dauphiné.  A  Paris,  on  appelle  Jfiir- 
rons  ou  marrons  de  Lyon  toutes  les  grosses  châtaignes,  et 
bien  qu'à  Lyon  il  n'existe  pas  l'ombre  d'un  châtaignier. 
Sans  doute,  celles  qu'on  expédie  viennent  des  montagnes 
du  haut  Vivarais,  qui  fournissent  en  effet  d'excellentes 
qualités  et  très-précoces. 

La  dâoufinénqm  est  la  première  châtaigne  par  le  goût, 
la  grosseur  et  la  beauté  de  la  forme.  Elle  a  des  reflets 

SI 


^i4^ 


DAO 


DAR 


fauves;  «.'lie  est  zéljivc,  paiisiii.',  lé^'orenn^iU  enselltV"  par  k 
somiiiel  où  elle  aillière  au  licriss')!!,  dans  laïuol  elle  so 
trouve  souvent  au  jii)Ih1)1'0  d»'  trois;  iiinis  presijue  toujours 
il  n'y  a  qu'un  fruit  Lien  nourri  et  convenable.  L'arltre 
demande  une  culture  soignée  el  alors  il  produit  beaucoup. 

Dàoumaie,  s.  m  Doniin;ii;»\  préjudice;  perl'\  détriujent. 
—  Afjuù's  (lâoumaje^  c'est  l)ien  doiuiiiage;  il  est  làclieiix. 
Es  (Uhtumujc  iVon  eslrassa,  c'est  dommage  de  perdre  cfla. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  iJamnaijiKm,  qui  est  lui-iiiéiiie  la 
corruption  de  Ommuin,  m.  sign. 

Dàounis,  n.  pr.  d'boiniiic.  Denis.  —  Sauvng'^s  et  d'au- 
tres lc\.icogra])lies  représenl<'nt  ainsi  en  l'r.  noire  iimi 
Dàounts,  o{  li's  slalisli<jui'S,  coiimie  la  gé<.grapliii,'  du  dt''[>ar- 
U-^nent,  leur  donnent  raison,  cw  Siu-Ddonu/s,  coniimun' du 
canton  de  Sainl-Anibroix,  arrondissiMnent  d'Alais,  est 
nonuiKN'  Saint-Denis.  Mais  nous  a\ons  aussi,  coimii..'  nom 
IJrojuv,  Ddoiinis,  en  fr.  Daunis,  au  niasc,  dont  la  Icniun" 
s'ap[)elle  Ddot/în'sso.  Il  y  a  si  loin  de  là  ;\  la  traduction  df 
Sau\.iges  qu'un  scrupul^  levicograpJiiqiK^  [x.nnail  liicn  tai 
naître. 

A'en  serait-il  pas  de  ce  nom  comiiih'  de  quelques  aulie^, 
où  se  rencontre  l'art,  de,  du,  ddou,  dal,  dil,  (|ui  se  sont 
aitéD.'S  ])ar  des  transfonualions,  en  restant  tn*])  IV.meais 
dans  la  moitié  de  leur  compusiiiuii?  Kxempif»  Dutnns,  (pii 
devrait  être  Ddoumus ;  Di(ddoH,  qu'il  faudrait  aus>i  pr>)- 
noncer  Ddou  cldou;  /)u//oui's,  i.>sn  dt»  Ddmi  bas^vn  IVancds 
Dubois,  (|ui  sonnerait  r-'^uliérem.'nl  Dl'Ukjs,  Dnho^r,  rie., 
etc.;  formes  mêlées  ou  se  iail  seiilir  riiillinMice  du  iVaucais. 
Il  n'en  est  pas  de  mènui  p  ur  Ddoufds,  dont  Tart.  et  le 
subsl.  sont  bien  tous  d<  u\  purs  lan;iiii'doeit'ns  el  de\  raient 
être  traduits  par  Du  ttid  ou  par  f)e  nid. 

VwQ  sorte  de  ressi'mbl.ince  a  amené  la  liailucii.m  Denis; 
mais  y  a-l-il  l)ien  idiMitit*'  (rélymoionie  entre  Denis  et 
Dùountsf  I.e  fém.  lan;:.  Ddoimifiso,  (pioique  Irés-i't'L'ulicr 
en  sa  forme  nid»^  et  s-'cbe,  démontrerait  le  contraire.  .Mais 
l'usage  a  pre\,du  ici  coiijme  dans  Ls  autres  Jinins  cili-s 
plus  baut  ;  cep^'ndant  la  raisnu  él\  nio|.»L'i(|U('  prnif>|(',  ri 
l'eupbonii'  ne.^i  p,;s  en  faveur  du  laniiueddcien,  ce  qui  est 
]»lus  rare. 

Que  D<^ui>.  \i.nne  du  lai.  Diotn/.sius^  u[  Denise  ili  Din- 
uysid,  tirés  du  gr»  c,  el  ([iie  la  nmlhpiicité  de  leurs  \My('l!es 
el  leurs  llevions  si  douces  et  si  bariuonicuscs,  soii-jil  îiiiMi 
rendues  dans  le  féminin  surlnul  ;  il  faut  le  recttiuiailre. 
Que  notre  mot  reproduise  celte  douceiu'  de  consonnaïu'i.' 
ionitpie  :  c'est  ce  ipii  (^st  à  n^grellfu*.  D'où  il  faut  conebue 
que  la  dérivalion  in  liqu^'-e  p.ir  Sau\a,L'es  n*(\st  paï.  exacte; 
cl  nous  lui  pri'l'eron^  d*'  beau<.'ou[)  la  m-'lodie  redoublée  de 
la  dérivation  grf^ctpie  ou  latine,  modulée  dans  le  doux  nom 
franc,  us. 

Dàou-pàou-pàou,  (i<Iv.  Petitement;  [xHit  à  petit;  tant 
soit  |)eu.  Si  n<nis  avons  |>eu ,  nous  ferons  piui,  ou  nous 
donnerons  peu,  est  la  traduction  presipie  liiléle  île  ci'l 
adv.  intraduisible  i»ar  un  mot  équiv.dcnl  fr.  C'est  là  toute 
l'histoire  du  dracbmo  de  la  veuve. 


Dâoura,  v.  Dorer;  enduire  ou  couvrir  d'or  ou  de  jaune, 
au  li;jr.  enricbir;  farder.  Au  part.  pass.  Ddoura  signifie  . 
e\cell(»ni,  précieux;  qui  vaut  son  pesant  d'or.  —  Aquel 
par  a'no  m/ùsso  ddoarado ,  ce  porc  a  uuc  gloutonnerie 
admirable,  il  dévore  tout  ce  qu'on  lui  présente,  sans 
rej^'irder  à  la  «pialité.  (^'tte  faculté  est  précieuse  pour  l'éle- 
veur, (jui  [KHit  le  nourrir  et  l'engraisser  k  i)eu  de  frais, 
puisipie  l'animal  se  paie  de  tout. 

Dér.  du  lat.  Aureas,  doré,  cudeur  d'or. 

Dàourado,  s.  f.  Doradi^  Aarula  viilijaris,Li\m. — Ce 
poisson,  du  gemv  cyprin,  «st  fort  connuun  dans  la  Médi- 
teiranée.  Sorti  à  l'air,  il  t)erd  de  ses  brillantes  couleurs; 
mais  dans  l'eau  il  parait  couvert  d'or  sur  un  fond  vert 
azuré,  el  e'csl  sans  contredit  un  des  plus  beaux  habitants 
de  la  mer.  La  Dorade  atteint  jusqu'à  un  mètre  de  long; les 
jeunes  et  plus  petites  s'ap(>ellent  Sùomjuéno ,  celles  d'un^ 
laill"'  inti-rmédiair»'  Mejano^  qui  \eut  dire  moyenne. 

Il  e^t  «'vidi-nt  par  l'éiymolD-ii»  toute  naturelle  de  ce  mol 
({ue  c't'si  i,'i  1..'  fr.  qui  a  eiripiimlé  au  lang.;  celte  désinence 
en  adc,  <rlo,  étant  toute  ilans  le  génie  de  notre  idiome  :  le 
fr.  l'eut  appelé  sans  cet  enquamt  :  Dorée. 

Dàoururos,  s.  f.  pi.  J  >\aux  en  or  ou  en  argent;  bagues, 
bijraix  el  ebaines.  Les  biles  du  peuj)le  ne  man(juenl  jamais 
de  l'aire  reconnailn'  dans  leur  contrat  de  mariage  ces  joyaux 
cojiiiiif  ai)j)ori  dolal. 

D'aqui'n-foro,  air.  (vtnlr.iclitMi  de  D'at/ui  ài  foro.  A 
partir  de  là;  après  cela;  (Hisuite.  --  D'at/ui'n'foro  y  ana- 
Kù,  j  iiMi  au  sortir  de  là. 

Formé  du  lat.  fine  (4  foras,  là  et  didiors. 

D'aqui'n-laï,  a<h\  Contraction  de  D'aqut  én-hit.  De  ce 
p.ànt-la  juMpi'à  cet  autre;  de  ce  jour-là  en  avant. 

l'ormé  tlu  lai.  Ifac  el  Ilhir. 

D'aquo,  pion,  ijenit.  de  .17/^'^  De  cela.  —  il  se  prend 
sou\ent  d'une  manién»  absolue  et  noujinative,  [XHir  expri- 
mer une  cnose  dont  on  ne  se  S(Ui\ient  ]>as,  ou  dont  on  veut 
•  •ludcr  le  n:)m.  Prcsia  me  cdsIc  '/'</ry.vô,  prètez-moi  votre. .. 
cela  :  ])lirase  (|ue  l'on  appuie  d'ordinaire  en  indiquant 
robji'l.  -l  de  f/ué  srr  ajifel  d'diptô'f  A  (luoi  sert  cet  outil, 
cl  inslrunient? 

Darboussicïro,  "U  Endourmidouïro,  ou  Hèrbo  dé  las 
tôoupos,  v.  /'.  Pomme  épineu.s'\  datura,  Datura  stramo- 
hhini,  Linn.,  plante  aninielle  de  la  fam.  des  Solanées,  dont 
\a  senii-nce  di.>posi''e  (Mi  alvciilcs  est  renfermée  dans  une 
-ou>se  epin<'U>e,  sendilalile  aux  hérissons  du  marron  d'Inde. 
L'infusion  de  cette  semtMice  est  mi  violent  narcotique  :  s;i 
j  lleiu"  es!  blanclie,  tMi  i'ormi'  de  cloche.  Klle  a  la  propriété 
j  d'eloiifUi'r  les  taupes;  il  suflit  pour  cela  fl'en  conserver 
([uelqu<  s  [ilanl's  diiis  L'S  Coins  d'un  j.uilin. 

Darda,  ou  Dardaïa,  c.  Darder,  lra|)per  comme  un  danl. 
— ■  Loti  soi'rct  ii'ardo,  le  soKil  darde  ses  ravons. 

D.-r.  du  gr.  "Aoo'.;.  dard,  aiguilK)n 

Dardèno,  «»u  Piastre,  s  f.  Pièce  de  deux  liards  ou  de 
six  deniers;  monnaie  (]u'<tn  battait  à  Aix  en  Provence  sons 
le  rèune  du  roi  Kéné. 


DAV 


DAV 


943 


Oariè,  ièiro,  adj.  Dernier;  tardif;  retardé.  —  Vase 
/idk«  Iqu  dariè  i  {)hra8e  proverbiale  que  les  enfants  emploient 
lorsqulls  s*exciteat  à  courir  vers  un  bnt  quelconque  : 
Malédioiion  à  oelui  qui  arrivera  le  dernier  !  C'est  le  moyen 
de  donner  de  Témulation  à  la  course.  Lou%  magntu  âoun 
bien  dariè$  aquéa(e  an,  cette  année,  les  vers  à  soie  sont 
plus  retardés  que  de  coutume.  Souï  bien  dariè,  je  suis  bien 
en  arrière  de  mes  travaux,  ou  toutes  mes  récoltes  sont 
arriérées.  Avan^dariè,  avant-dernier,  pénultième.  Dé-s'én- 
darii,  adv.,  en  dernier  lieu,  vers  la  fin.  Èb  à  soun  dariè, 
il  va  mourir,  il  est  à  son  dernier  soupir.  Fôoupat  régarda 
lou  dariè  digne,  il  ne  faut  pas  être  si  méticuleux  dans  un 
marché,  ou  exiger  si  strictement  tout  ce  qui  est  du. 
Dér.  de  Bariès, 

Oarièiraîo,  $.  f.  Récoltes  d'arrièrersaison,  qui  ne  sont 
iamais  très-productives,  étant  toujours  rabougries  et  mal 
servies  par  la  température. 

Barièirén,  énqno,  adj.  Fruits  ou  récoltes  qui  de  leur 
iiatnre  vieuneot  plus  tard  que  les  autres,  en  opposition  à 
Prémiêirén. 

La  difièrence  entre  ce  mot  et  le  précédent  consiste  en  ce 
qae  Darièïraïo  ne  s>ntend  que  des  fruits  arrivés  trop  taixl 
paiœ  qu'on  les  a  semés  tard,  ou  bien  des  rebuts  de  récolte 
qui  ne  sont  venus  en  maturité  qu'à  l'arrière-saison  :  cela 
s'entend  encore  des  derniers  fourrages  ou  regains  d'automne 
qui  sont  peu  abondants,  fort  difficiles  à  apprêter  et  toujours 
de  qualité  inférieure,  parce  que  les  pluies  et  les  premières 
gelées  leur  enlèvent  la  saveur.  Dariiirén,  au  contraire, 
s'entend  d'espèces  de  fruits  ou  de  récoltes  qui,  par  nature, 
ne  viennent  à  maturité  qu'après  les  individus  de  la  même 
kmille. 

Daiiès,  s.  m.,  adv,  et  prép.  Derrière,  arrière;  la  partie 
postérieure  d'un  animai,  d'une  maison,  etc.  —  Un  dariès 
dé  eabri,  la  moitié  postérieure  d'un  chevreau,  les  deux 
quartiers  de  derrière.  Dariès  dé  boutigo,  arrière-boutique. 
Y-a  darièê/  orie-t-on  à  un  cocher  pour  lui  indiquer  que  le 
talon  de  sa  voiture  est  garnie  de  gamins.  Regarda  pér  dariès, 
veganler  par  derrière  soi. 
Dér.  du  lat.  Beirà. 

Data,  V.  Dater;  mettre  une  date.  —  Aquà  data  dé  iuèn, 
cela  remonte  à  une  date  ancienne.  A  pas  data  soun  conte, 
il  n'a  i^as  daté  sa  facture.  Datan  pas  dé  hier,  nous  ne 
sommes  pas  d'hier. 

Date,  s.  f.  Date;  mention  du  jour  et  de  l'année  où  une 
lettre  a  été  écrite,  un  acte  passé,  un  événement  arrivé,  un 
monument  commencé. 

Dér.  du  lat.  Data,  datum,  à  cause  de  la  formule  finale 
des  ordonnances  ou  des  édits  royaux,  qui  se  terminaient 
tous  par  ces  mots  :  Datum,  ou  Data,  donné  en  tel  on  tel 
lien. 

Datiu,  s.  f.  Datte,  fruit  du  palmier  dattier,  qu'on  ne 
connaît  guère  chez  nous  que  sous  la  forme  de  conserve. 
Dér.  du  lat.  Daetylus,  m.  sign. 
Bavilai  V-  Descendre;  décroître;  baisser;  déchoir.  — 


Lou  sourél  davalo,  le  soleil  descend,  baisse  ;  il  se  rapproche 
de  l'horizon;  il  va  bientôt  se  coucher.  Davala  dâou  cade, 
déchoir;  perdre  sa  position  de  fortune  ou  d'honneurs. 
Davalo  chaquo  jour,  il  dépérit  chaque  jour.  Mas  forçai 
davalou,  mes  forces  diminuent. 

Davalo  se  dit  aussi  activement  pour  descendre,  déplacer 
une  chose  élevée  pour  la  mettre  plus  bas  ;  porter  en  bas.  — 
Davala  d'un  co  dé  fusil,  abattre  d'un  coup  de  fusil.  Ijou 
davalè  d'un  co  dé  eodou,  il  le  jeta  à  bas  d'un  coup  de 
pierre.  Davala  lous  ésca^ès,  descendre  les  degrés,  ou  dégrin- 
goler. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Devalare,  formé  du  lat.  Ad  vallsm 
ire,  aller  dans  la  vallée,  vers  le  bas  fVoy.  Aval).  En  bas* 
bret.  Davalem,  m.  sign. 

Davalado,  s.  f.  Descente;  rampe,  chemin  ou  pente,  qui 
est  une  montée  en  sens  inverse. 

Davaladoù,  s.  m.  Dim.  de  Davalado,  qui  a  lui-même 
son  dim.,  Davaladouné,  Petite  rampe;  raeile  fort  étroite 
qui  conduit  d'une  maison  à  la  rue,  ou  d'une  terrasse  à  la 
terrasse  inférieure. 

Dér.  de  Davala. 

Davan,  s.  m.,  adv.  eiprép.  Devant,  la  partie  antérieure  : 
avant,  auparavant;  plus  tôt. — Lou  davan  d'uno  boutigo,  ïa 
devanture  d'une  boutique.  Aou  bèou  davan  dé  ma  porto, 
tout  au-devant  de  ma  porte,  et  très-visiblement.  Lou  davan 
d'un  cabrï,  les  deux  parties  de  devant  d'un  chevreau.  Vén- 
davan  d'uno  porto,  le  devant  d'une  porte.  Ana  à  soun  én- 
davan,  aller  au-devant  de  lui  :  au  iig.  aller  au-devant  de 
ses  désirs,  de  ses  goûts  ;  le  prévenir.  Faï  té  davan,  passe 
devant  ;  prends  les  devants.  Davan  vous,  devant  vous,  à 
vos  yeux  voyants.  Qudouques  jours  davan,  quelques  jouis 
auparavant.  Davan  que  vous,  plus  tôt  que  vous.  Davan  que 
l'y  terne/  avant  que  j'y  remette  les  pieds!  Dé  davan, 
autrefois.  Davan  D(ou  sièf  Puisse  Dieu  l'avoir  reçu  dans 
son  paradis!  phrase  votive  et  pieuse  dont  on  accompagne 
toujours  la  mémoire  d'un  défunt  qui  nous  est  cher  et  vtoé- 
rable  :  Moun  pàoure  pèro,  davan  DUm  sièf 

Dér.  du  lat.  De  ab  antè,  qui  nous  parait  préférable 
comme  étymologie,  à  celle  tirée  aussi  du  lat.  Ad  vmtum, 
vers  le  vent. 

Davan-antan ,  adv.  de  temps.  L'année  avant-dernière. 
—  Voy.  Antan. 

Davan-c'houro,  adv.  de  temps.  Avant  l'heure;  avant  le 
temps  prescrit;  prématurément.  —  Mé  fara  mouri  davam- 
c'houro,  il  hâtera  ma  fin,  il  abrégera  mes  jours. 

11  est  formé  de  Davan  et  de  Jiouro  :  le  C  interposé  est 
purement  euphonique,  et  remplit  le  même  office  que  cer- 
taines lettres  en  français  :  comment  va-t-il,  entre  quatra*- 
yeux.  Toutefois  cette  consonnance  chuintante  du  th  parait 
bizarre;  mais  l'usage  le  veut  ainsi. 

DaTanciès,  s.  m.  pi.  Aïeux;  anciens;  ancêtres;  ceux 
qui  nous  ont  précédé  dans  notre  famille. 

Dér.  de  Davan,  ceux  qui  sont  venus  avant. 

Darantàoii,  s.  m.  Tablier  de  femme.  —  Voy.  FasMou. 


244 


DEB 


DEB 


Ce  mot  u'esl  p.is  proprciiuMil  ilu  dialcclc  ilr'S  O'îvcuiics; 
mais  il  a  été  irnpoi'lé,  cl  s'rst  fait  adopliM*.  On  s't'ii  sert 
aujourd'hui  surtout  dans  le  style  iKidin  c\  ironiqu»'. 

Dér.  do  Davan. 

Davanticïrasso,  adv.  do  toiii])s.  >'aguén's;  il }  ajuni  d<* 
jours.  —  C'est  un  au^MniMititif  do  Daviut-z-hUr,  (Iml 
l'cflot  est  d'en  éloigner  la  dale,  e'cst-iVdire  \\\\  lrni|is  plus 
reculé  ({u'avant-liier. 

Davan-trin,  a.  m.  A\ant-lrain  d'une  \niiure  à  (inalr»' 
roues.  On  appelait  aussi  Davan-lrin  une  .snil»»  de  foui"!/i>n 
qu'on  susin-ndait  sur  ra\ant-train  de  eerlain^s  dilipMioes, 
coupés  ou  herlines,  où  leeoelier  se  ])liiriit  el  rreevaiià  cnlé 
do  lui  deux  autres  plai't's  ;  (•(M[u'nii  nonnnerail  aujourd'lmi 
la  hotte.  Ces  sortes  de  voitures  n'exislani  plus  MiiiinltMiint, 
a'tte  plao'  avait  été  remplacée  par  crlli's  du  coupé;  mais 
les  dili;.'<MU-cs  clles-niéiiirs  dispar.iissnnl,e('  perriciinmirmeiil 
a  ou  le  mémi^  sort. 

Davan-z-hièr,  «idv.  de  tiMiips.  Avanl-lii»'r.  --  CCst  uiit^ 
variardi'  euphonique  de  Avff.ufiur. 

Davi,  n.  y*;-,  d'homme.  David.  — Au  t'ém.  il  f.iit  Di.nio  : 
diin.  Davioa  t*t  Dav'uln. 

Duvi,  s.  m.  signifie  aussi  un  sergent,  outil  il'  menuisfri**, 
tout  on  for,  composé  do  d(Ui\  crampîns,  dont  un  mohilr, 
«jui  sert  à  tenir  rapprnchéns  et  si-rn-es  l^s  j)arlirs  d'un*' pii'ce 
d'assoiidilag'N  pnur  «prelles  ne  puissiMit  se  di^j'ijndro  [x.'n- 
(lant  ([u'on  les  cltjuf  ou  ([w'^n  li\s  cheville. 

Dé,  (irf.  i[\n  coires])ond,  S(^lon  |t\s  cii'cniislaiircs,  aux: 
art.  fr.  de,  ,lu,  des,  de  la,  di'  V ,  etc.;  et  rn  méiiK'  l«'iiij)s 
prijt.  i\\\\  .St'  ri'ud  par  île,  à,  nif.r,  des,  «Me.  -  ~  Ditana-inf  de 
vi,  de  poinnos,  dé  cur,  d'oli,  un  inoitctl  de  juin,  doniii/liini 
du  \in,  des  pounnes,  do  lu  \iandi\  de  rhiiih»,  nu  m.tii.MU 
do  [»ain.  Vrn  tlé  Paris,  il  arii\e  dt*  Paiis.  Onu! l'Innur dàoH 
sa!  bi  fi'iiuD  dds  iùytns!  Il.ilàl  riitmiin'  au  sac  I  la  fiMniiii' 

aU\  O'ills!    Arjun's  tie   ttiotfn    rintsi,  '.'"(  si   à   ni'iii    cn||>iii,   t'rla 

appartient  à  mou  cnusin. 

I)ér.  dt'  la  piép.  la  t.  De. 

Dé,  •'»■.  m.  I)im.  D.'té;  aiigm.  Helds.  I).ii_t.i,  jiarlii'  lonuiic 
ci  ni  )i)il('  di'  la  main  ou  du  pied.  —  !.nu  de  (U'mn  j>(>its,  !•> 
(>ouce,  mot  à  mot  le  dciLil  du  ])iiiils.  In  lr<nè  i/r  de, 
l'épais.M'nr  d'un  doi^-t  et  non  sa  longiKMU' :  c'i'st  une  mcsmv 
nn  peu  id'ale,  (ju'onempl'iic  sousentpar  é\aluatiun  ait|»ro\i- 
inati\e.  On  ilit  7'/v/»',"an  li-Midc  7'/v/r/v  j»ar  [iinv  iMiphoiii»>  . 
les  It'dris  S  ol  I>  II''  S''  rriic  «nlniit  jamais  cote  à  (ùtc  dans 
notre  idimii''.  l'ti  de  de  fjifron,  un  iloii;!  d.-  JaiL;..'  ou 
d'é[iai^si'iir,  nn«-  lr'''s  ])''lil''  (piaulilé,  im  ri. mi,  un  oil  d'* 
|Kmdi"e.  Càoffs'i  (inn  '!e,  flioisj,  iii,'-  nu  doi^i  ,  c'e>t  à  <lire 
cli'iisi  sur  un  ln"'s-;_:iand  nom!»n',  a\''r  soin,  e[  p.ir  <■  ■iin.-- 
qU(Mit  (jui  (»ITi\'  toiii<^  s  >rt"  d'*  gnanlit-s  snr  sa  ipiaiilé.  Mu 
mo.s/ro  vn'i  àoii  de.  n)a  monti-c  mai'chc  hien  [)ai'ce  (pic  je  la 
ré;jlt'  a  diupi'  instant  du  d  >ii;|.  D'  (f>'  /i'/,  di»i_Lrli-'r,  iloiL'l 
tir  p. 'Ml  roiiti''  d'un  d  ù;_M  di*  gant,  donl  <iii  f.iii  nii  l'-lui  p  «ur 
un  doii'l  ri;  ija'l''  (Ui  M"ss-''. 

I)ér.  du  1  il.  D'jilns,  p'î|-  une  I". iil  •  c  ,\\\y . 


Dcbana,  w  l)é\id"i",   au   pr  ;  au   (i;.-    dpè 


.•!., 


dehanaiiei  las  tripos.'  niounco  iriiorrible  vengeanc^^,  comme 
si  l'on  faisait  \o'u  do  doN  ider  les  hcyaux  d'un  ennemi  après 
les  a\oir  arrachés.  !)chana  uno  histouèro,  raconter  une 
histoire,  un  conte,  avec  voluhililé.  lié  n'avès  débana,  vous 
en  asez  joliment  dégoisé. 

(j»  mot  vient-il  de  fesp.  Drvanar,  d(î  l'ilal.  Dipannare, 
ou  du  hns  hret.  Dibnna,  «pii  ont  la  m.  sign.;  ou  bien  sa 
racine  esl-olle  siinplement  dans  notre  propre  idiome?  La 
Ihnm  sigiiilii*  l'aile  ou  l<'  Noiant  d'un  touràtiler  la  soie;  el 
le  dé\idag('  ne  coasislaiil  (ju'à  enrouler  sur  le  nxjuot  la  soie 
rpii  est  s  ulie  du  tour  ou  do  la  Bano,  le  vorlxî  pour  evpri- 
wwv  celle  o|'érati.in  m^  s'est-il  pas  formé  de  là? 

Débanaïre,  s.  m.  I)é\i(loir,  instrument  qui  est  do  dilTo- 
lentis  formes  sui\ant  l'ouivre  de  désidage  auquel  il  est 
ilestiné.  ï.orsipie  c'est  du  lil  en  fus(*au  qu'il  s'agit  de  dévi- 
der en  éche\oau,  il  «'st  com[)osé  d'un  bâton  de  deux,  pieds 
environ,  pointu  par  le  haut-hout,  traversé  |)ar  une  broche 
\i'rs  chatpie  hmit;  l»s  deuv  broches  formant  angle  droit 
l'une  à  I  aulre  :  on  l'ail  courir  le  lil  de  l'une  à  l'autre  do 
ce^  liioclies.  OU  toui liant  le  dé\idoir  do  la  main  gauche, 
pour  (jue  cha<(ue  hroehi'  le  ier')i\e  ;\  son  tour,  tandis  que 
la  dioiii»  dé\ide  le  fuseau  et  accompagne  le  lil  sur  chacune 
ties  (jualre  hranchi  s.  Cet  oulil  s'appelle  proprement  £iC(i- 

vtl. 

Lorstpi'il  s'agit  de  désider  un  éclioNoaueu  jx'lolou,  on  le 
di<p  '.-'  dans  une  (sp'M-e  de  charpenl(^  de  forme  presque 
circulaire  ipie  Tnii  élargit  à  Noionté  à  la  largeur  de  l'écho- 
M'au.  O  de\idoir  tourne  sur  un  pivot  ou  tringle  en  for,  el 
il  est  mis  eu  mou\emenl  [»ar  le  seul  tirage  du  fil  qui  st* 
dé\ide  sur  le  j).'|i)i>in  (pi'nn  lient  de  la  main  gauche,  tandis 
(pie  la  droite  mani»'  le  Ml  el  l'y  dispose  régulièrement.  On 
d'iiiiie  dijl'.r.-nies  formes  à  celle  cliarpenlo,  qu'on  replie 
(liiehpK'f.às  Comme  un  parapluie;  mais  le  mécanisme  est 
It'iijoiirs  le  mèijie.  (!eiie  deriiièro  es[»éco  do  dévidoir  se 
nomme  i,iunlre.  —  Ko//,  c.  m. 

In  pioxeihc  a  dit  :  Tout  Ivnne  <pié  no>nt  t'ôou  yrùre,  on 
Inii  huitUi  ti<>u  defi{,u(,ïre ;  ou  met  au  dè\idnir  un  homme 
(]iii  n'es!  pi>  jir. ,piv  à  _i:raiid'»ji«.se.  Cette  opération  méca- 
iiiiiue  ir<\i_:i'  pas  m  elV.-i  mi  f('rt  di'ploioment  do  forcer 
mil-;  II!  lir-'s  ni  de  ri. inhin  liions  intejleeiutdlos.  M.iis  la 
i.-i'iii;il  lis  me  »    i.n    daiilres    raisons  peuvent  amener  à  s*' 

jtièli'i-  à  eeS  r«,||<li  iljs;  ,'t   je  p|n\erlie  jn^  préjugO  rioU. 

Dcbanaïro,  v.  /'.  l)/'\ideuse.  C'est  une  profession  dans 
]■'>  p  i\  ^  de  faliriiiiierl  d'ou\raisou  de  la  soie.  Au  Tilt,  havanle, 

«pii  en  (1''l  'i-e. 

Débanage,  .v.  //*.  I)e\  i.lai^e;  aeiion  dedésider;  profession 

de  i],'\  nl-'ii^  •  :   iV.iis  du  (l<''\  id  eje. 

Débanaduro,  .v.  /'  Le  lij  ou  la  soie  qu'on  a  dé\idé,  ou 
(pli  est  à  dévider. 

Dcbas,  .S',  tn.  et  (idw  vl"  li 'U.  I.e  h.is,  ce  (pii  est  en  bas; 
lris,  en  lias:  au-dess>us.  —  Lou  dehas  d'un.  ousUïou ,  le 
r-"/,  lie  el)  iu<s''e  d'une  mais  )U.  Vi  r/ne  fasès  dehas?  Que 
fait.'-.   Vdiis  eji  h.is?  -   -    \'n}j.   liifs. 

Dcbas,  v    Ht.  \h\\i.  fl:hn^sêi)H  hjjasson  ;  n\l  pi.  Déhnsscs. 


DEC 


DEC 


245 


Bas,  vêtement  des  jambes.  —  Un  parél  dé  débasses,  mie 
paire  de  bas.  Prén  toun  débat,  tricote.  A  uno  maïo  a  soun 
déàoê,  elle  a  uie  maille  qui  a  filé  à  son  bas  ;  son  bas  est 
percé;  au  fig.  sa  renommée  a  reçu  un  échec. 

Ce  mot,  comme  son  correspondant  fr.,  vient  de  cette 
expression  :  bas-de-chausses ,  comme  les  culottes  se  nom- 
maient hant-de-chausses  ;  ou  a  seulement  supprimé  chausses. 

Débassaîre,  ûro,  s.  plutôt  qik'adj.  Faiseur  de  bas,  et 
non  point  bonnetier,  chaussetier  ni  fabricant  de  bas;  car 
ces  trois  derniers  mots  désignent  le  commerçant  qui  fait 
confectionner  des  bas,  des  bonnets,  etc.;  tandis  que  le 
Débassaïre  est  simplement  l'ouvrier  qui  les  tisse  lui-môme, 
avec  un  métier  à  bas.  —  Voy.  Brando-nicoulàou , 
Branda. 

Débasta,  v.  Dévaster;  casser;  briser.  ^  Ce  mot  n'en- 
traine  qu'une  idée  de  fureur,  mais  non  de  rapine;  celui  qui 
accomplit  cet  acte  n'emporte  rien  au  dehors. 

Dér.  du  lat.  Vattare,  dévaster. 

Débita,  v.  Débiter  sa  marchandise;  vendre  en  détail; 
s'en  défaire  couramment;  débiter  un  sermon,  un  discours 
quelconque;  débiter,  diviser,  subdiviser  en  parties  menues, 
sortout  du  bois,  en  terme  de  menuisier. 

Dér.  du  lat.  DebUo. 

Débito,  s.  f.  Débit;  vente  au  détail,  surtout  du  via.  — 
On  dit  aussi  :  Soun  vi  a  bon  débï,  son  vin  a  du  débit;  mais 
c'est  sacrifier  à  l'idole  franchimande  :  le  vrai  mot  conservé 
par  les  vrais  languedociens  est  Débito,  au  fém 

Dér.  du  lat.  Debiior,  débiteur,  parce  qu'autrefois  ce  mot 
Débito  ne  s'appliquait  qu'à  la  vente  à  crédit,  vrai  et  seul 
moyen  pour  le  petit  commerce  de  détail  de  vendre  beau- 
coup, vite  et  cher. 

Débitoù,  Débitoono,  s.  Débiteur.  —  Encore  une  con- 
cession au  fr.;  le  véritable  languedocien  dit  Créancié,  qui 
convient  aussi  bien  au  titulaire  d'une  dette  passive  qu'à  celui 
d'une  dette  active.  C'est  sans  doute  la  nécessité  de  distin- 
guer le  créancier  du  débiteur  qui  a  entraîné  à  cet  emprunt. 

Débuta,  V.  Débuter;  entrer  en  matière;  faire  son  pre- 
mier pas  dans  une  entreprise,  dans  une  affaire,  dans  une 
carrière.  —  Lou  oéïrén  à  soun  débuta,  nous  verrons  à  sa 
manière  d'entrer  eu  conversation,  où  il  en  veut  venir. 

£mp.  au  fr.  sans  adopter  ses  autres  acceptions. 

Décade,  s.  f.  Décade;  le  jour  de  décadi;  jour  de  repos, 
dans  le  calendrier  républicain;  assemblée  que  les  autorités 
tenaient  ce  jour-là.  —  Dâou  tén  dé  la  déeado,  du  temps  où 
Ton  tenait  les  assemblées  décadaires,  c'est-à-dire  sous  la 
Convention  et  le  Directoire,  et  non  tout  le  temps  que  le 
calendrier  républicain  a  eu  une  existence  légale;  car  il  a 
duré  jusqu'en  1806,  et  cependant  depuis  le  48  brumaire 
1799  et  la  constitution  de  l'an  VIII,  ces  ridicules  parodies 
des  solennités  chrétiennes  du  dimanche  étaient  tombées 
sous  les  sifflets  du  peuple  et  le  dégoût  du  premier  consul. 
ilfia  à  la  déeado,  aller  aux  assemblées  décadaires. 

Le  mot  Déeado  était  familier  au  peuple  et  il  est  resté 
dans  ses  souvenirs,  soit  parce  qu'on  le  forçait  à  chômer  ce 


jour-là,  soit  à  cause  des  assemblées  de  ce  nom  où  son 
destin  était  souvent  discuté.  11  n'en  était  pas  de  même  pour 
la  nomenclature  arithmétique  des  autres  jours  de  la  semaine 
décennale,  primidi,  duodi,  tridi,  etc.,  qui  ne  lui  apparais- 
saient que  sous  forme  de  numéros.  Aussi  ne  les  connais- 
sait-il pas  alors,  et  il  n'a  pu  ouvrir  un  crédit  dans  sa 
mémoire  pour  eux.  Ainsi  ont  été  oubliés  les  noms  des  mois 
qui  sont  de  l'hébreu  pour  lui,  moins  encore  ceux  des  légu- 
mes qui  remplaçaient  les  saints  qu'il  vénérait  et  qui  ser- 
vaient de  patrons  à  ses  enfants.  La  décade  seule  l'a  frappé 
et  est  restée  dans  ses  souvenirs.  Nous,  les  interprètes  de 
son  langage,  nous  l'imiterons  en  cela. 

Déeado  est  évidemment  un  emprunt  forcé  du  fr.  qui  Ta 
pris  lui-même  au  gr.  Asxiç,  BsxiSoç,  dixaine,  parce  que  la 
décade  ou  la  semaine  décadaire  était  composée  de  dix  jours, 
dont  le  décadi  était  le  dernier. 

Décagramo,  s.  m.  Décagramme,  poids  de  dix  grammes, 
dans  le  nouveau  système. 

Emp.  au  fr.  qui  l'a  tiré  du  grec. 

Déçaî,  adv.  de  temps.  D'ici  à;  en  deçà.  —  Déçaï  gué 
vèngo,  avant  qu'il  arrive.  Lou  tène  pas  quite  déçaï  gué 
m'ague  paga,  je  ne  le  tiens  pas  quitte  qu'il  ne  m'ait  payé. 

Déçai  et  délai,  adv.  de  lieu.  De  çà  et  de  là. 

Décalitre,  s,  m.  DécaHtre,  mesure  de  capacité  de  dix 
litres. 

La  nouvelle  nomenclature  décimale  s'est  impatronisée 
dans  le  langage  populaire.  Nous  prenons  la  langue  en  l'état 
où  elle  se  trouve. 

D(';r.  du  gr.  Hm,  dix,  et  Xdpa,  livre. 

Décembre,  s.  m.  Décembre,  le  douzième  mois  de  l'année; 
autrefois,  le  dixième  seulement  dans  l'année  des  Romains. 
En  conservant  son  ancien  nom,  il  est  devenu  le  dernier  de 
la  nôtre,  qui  commence  eu  janvier,  à  partir  de  l'édit 
donné  par  Charles  IX,  en  4564. 

Dér.  du  lat.  December,  m.  sign. 

Déciala,  v.  Déceler;  découvrir;  divulguer;  trahir  un 
secret;  dénoncer;  dénoncer  im  complot.  —  Déciala  soun 
ami,  trahir  son  auii  en  divulguant  le  secret  qu'il  nous  a 
confié.  Déciala  la  mécho,  éventer  la  mèche. 

Formé  de  la  part,  négative  De  et  du  lat.  Celare,  cacher. 

Décida,  v.  D(icider;  déterminer;  résoudre;  porter  un 
jugement.  —  Se  décida,  se  déterminer  à. . .,  se  décider,  st' 
résoudre. 

Dér.  du  lat.  Decidere,  m.  sign. 

Décida,  ado,  adj.  D'un.  Décidadé.  Décidé;  déUbéré; 
hardi  ;  résolu. 

Découpa  (Se),  u.  Se  couper;  se  contredire  dans  ses 
paroles,  dans  ses  déclarations. 

Formé  de  Coupa, 

Découra,  v.  Décorer  d'un  ordre,  de  la  Légion  d'honneur 
ou  de  la  croix  de  Saint-Louis. 

Emprunt  poh tique  au  fr. 

Décrè,  «.  m.  Décret;  loi;  ordonnance  émanant  d'un 
pouvoir  exécuîif  suprême.  Les  lois  faites  sous  îa  Couven- 


^i4i; 


DEl) 


DEC 


lion  cl  lo  Diivcloiro  ()iirlni<''iil  h^  nom  do  JôciX'ls,  snil 
([u'ellfs  (Missf^it  une  noilre  nrj:niii(]uo  Lvnt'rale,  s^il  (]Uô 
Imir  objet  fût  teiii])oriiire  on  jKn'litiili'^r.  Le  mol  était  en 
parfaite  analogie  avec  la  cliose;  car  c'était  rexpiv-ssion  île 
la  majorité  d'nne  asseiiil)lée,  et  il  cléii\e  tin  lat.  hccrflmu, 
(le  ffccei  ncre,  donner  son  avis,  son  snllVag(\  Sons  rKm[>irt% 
le  mot  resta,  mais  non  la  diose;  car  ce  n'élail  là  (jn^  Topi- 
iiit^n  dn  hnii  vcniloir.  I>e[»nis  la  (>harte,  ce  mot  a\ail  éié 
hanni  el  r.'iiiplacé  par  cen\  de  loi  cl  d'ordiunianc»'.  dont  on 
cxiniait  la  dislinclion.  Avec  18i8  et  la  suite,  le  décrd  est 
revenu. 

Le  nittl  lang.  est  encoiv  un  emprunt  ]tolili([u<'  ;  le  peuple 
a  eu  trop  à  faire  avf-c  les  décrets,  et  ils  se  sonl  lrn[)  mulli- 
|tliés,  pour  n'avoir  pas  emprunté  une  e\[»i*ession  (]ui  en 
rende  le  sens. 

Décrouta,  v.  Décrniier;  ôler  la  crotte;  «'nle\««r  la  1)0U(^ 
d<'  la  chaussure;  ciror  les  hottes. 

Kmp.  au  fr. 

Décroutur,  s.  m.  Décrotleui-. 

Dé  d'aïçaï,  ^(/c.  de  lieu.  De  ù"»  c()té-ci,  a\rc  untuvc.iiint 
dun  lieu  à  un  autre;  c'est-à-dire  qu'il  est  rr-latif  à  nue  p^M*- 
s.>nn<^  qui  se  trouverai!  <lé  d'ailai,  sépaiée  par  un  mur,  un 
niurs  d'eau,  un  fossé,  etc.  —  Vène  dû  iVairni,  passe  de  ce 
cù  lé-ci. 

Dé  d'aïlaï,  mJv.  de  lieu  et  île  temps.  De  cr*  côté,  de 
Tautre  coté;  au-delà;  pai-delà.  C'i'st  le  contre-pied  de 
l'article  précédi^nt.  —  Dvniora  //<•  d'ai/a) ,  il  li;d)il»^  de 
Tautre  coté  de  la  ri\jér.^,  de  la  monta.LMie.  F.'an  de  d'uihu, 
l'année  avanl-derniére.  Iji  ynuè  de  d'ado),  ravanl-derjiière 
nuit.  Dé  d'adat  l'oijn,  de  l'autre  côté  de  l'oau,  de  ]:\ 
rivière. 

Dédàou,  s.  m.  Diuj.  Dédale;  au;-^fu.  Dèdahis.  Dé  à 
roudre. 

Dér.  du  lat.  D'njUalr.  Vax  es]).  Dedcd ;  en  ital.  Ditule. 

Dédénta,  v.  IMmior;  rompre,  cassiM'  les  dents.  —  Imu 
diable  lé  dedénle,  le  diahlo  te  cass**  la  uiàclioire. 

Dédénta,  ado,  part.  pass.  Kdeutée,  qui  n'a  plus  de 
dents. 

Form^de  la  part,  négative  !>e  el  du  lat.  Dens,  de)dis, 
dent. 

Dédin,  .s.  //(.  et  prép.  Le  dedans,  la  partie  inléiieure 
dune  chose;  dans,  dedans,  au-dedans.  —  Lon  dédin,  l'in- 
lérieur.  Garda  ha  dédin,  rester  assidûment  chez  soi,  ne 
pas  sortir.  Faire  lon  dedin  dé  l'oustôoa,  aN«»ir  soin  du 
ménage,  faire  le  travail  intérieur  d'une  maison,  ce  qui  est 
l'apanage  d'une  ménagère,  par  oj)position  rîo»/  déforo,  qui 
i'st  le  lot  du  mari  el  des  hommes. 

Il  est  dillicile  de  prériser  une  dislinclion  enln;  les  difle- 
rents  usages  de  ce  mol  et  ceu\  de  la  |)rép.  Din,  qui  sont 
parfaitement  synonymes  dans  certains  cas  ;  ainsi  on  dit 
également  :  Din  ma  pocho  et  dédin  ma  pocha ,  din  sotiu 
oastàou  et  dedin  soan  oustàtni .  11  faut  seulement  remarquer 
«pie  Din  est  j^lus  générique,  qu'il  se  plie  à  presque  toutes 
It'S  acco()lions  du  Dans  fr.   et  du  In  lat.  Déilin  a  le  privi- 


h'ge  de  pouvoir  ligurer  à  la  fin  d'une  phrase  connue  le 
Dedans  fr.,  ce  que  ne  peut  faire  son  concurrent  ;  il  peut 
encore  se  sid)slanti\er,  ha  dedin.  Exemple  :  On  y  es  pas 
délia,  on  ni'st  pas  dedans,  réj)ondrait  on  à  qiielqu'an  qui 
\ous  reprocherait  d'a\oir  acheté  un  mauvais  nielon.  Laissé 
stani  eas(jana  et  laa  dedin,  il  laissa  son  casqiie  et  le  Con- 
tenu, a  dit  La  l\are.  L'uu  el  l'autre  mot  prennent  un  C 
liiud  lorsfju'ils  se  heurtent  avec  une  voyelle  au  mot  qui 
suil:  toutefois  Dédin  ne  prend  pas  celle  consonne  lorsqu'il 
devient  suhslanlif.  On  dit  Di'dinc  ano  houro,  dans  une 
lieur(\  et  Loa  dedin  éx  lien  propre,  rintérieur  est  très- 
[iropre. 

Eoruié  du  lat.  De  intas,QU  dedans. 

Dé-fè,  aili\  De  l'ait;  en  ellet ;  par  le  fait. 

Défés,  adr.  de  tenq>s  el  de  nombre.  Parfois;  quelque- 
fois. —  Vo//.  Feu. 

Défila,  V.  Déliter;  marcher  par  file; s'en  aller  l'un  après 
l'autre. 

Formé  de  la  pré]).  Dé  el  de  Fila. 

Défléciou,  ,s.  f.  Ne  s'euq»loie  qu'en  y  joignant  dé  peitrino, 
[)0\\v  signitier  :  fluxion  de  poitrnie. 

Le  mot  n'esi  au  n  sie  qu'une  corruption  du  fr.  à  l'usage 
seuleuKMit  du  [n)j)ulaire. 

Déforo,  s.  m.  el  adr.  de  lieu.  Deliors,  qui  n'est  pas 
d(vlans  ou  à  l'intérieur;  dehors.  —  7.om  ^/e/V>ro,  rextérieur, 
[)ar  o])])osilion  doa  délia.  A'imo  lou  déforo,  il  aime  k 
\nv\n\iv  la  clé  des  chauips.  Loas  homes  fan  lou  déforo,  les 
houiiues  ftiut  le  travail  des  chanq)S.  A na  déforo,  s  iihsenicr^ 
aller  en  vo>age.  Déforo  Franco,  hors  de  la  France.  Déforo! 
inti'rj.:  Hors  d'ici!  Sorlez.  De  per  deforn,  adv.,d\l  dehors. 

D«'r.  du  lat.  Foras,  m.  sign. 

Degas,  s.  m.  Dég;it;  ravage;  ruine:  perle;  destruction. 

Dér.  du  lat.  Devastare,  dévaster. 

On  remarquera  ici  une  de  ces  i)ermul<ations  assez  fré- 
quentes dans  le  lang.  et  (jue  la  ruoyenne  lalinitéetle  roman 
avaient  déjà  <'onsacrées,  le  changement  de  V  en  G,  comme 
dans  Vasco,  (iascaiin,  gascon;  Vardo,  6'ar//oî>,  Gardon.  La 
loi  nesl  pas  sans  excejjiion,  puisiiue  les  exœptions  confir- 
ment la  régie  au  contraire.  L'eu])honie  en  a  décidé  ici 
coiume  en  beaucoup  d'autres  cas. 

Dégatïa(Sé),  v.  Se  dis[)Uler  une  chose;  n'être  jamais 
d'accord;  vivre  en  mauvaise  intelligence  avec  quelqu'un 
qui  est  dans  notre  intiuiilé;  se  quereller. 

Ce  mol,(jui  corres[)ond  à  Sécajdgna,  n'aurait-il  pas  aussi 
quehjue  rapjiort  étymologique  avec  lui?  Dans  quelques 
dialectes,  Ca  et  (ia  sont  synonymes  pour  signifier  chat  :  .Se 
de(jaiia  \ieiidrait  dom;  de  la  façon  de  vivre  des  chats,  qui 
s'agacenl  et  s'égialign<'nt ,  connue  le  fait  entendre  notre 
verbe. 

Dégavaïa,  r.  Détruire;  gâter;  laisser  perdre  par  sa  faute; 
dissii^er  sa  lorlune. 

Dér.  de  Défjas. 

Dégavaïaïre,  aïro,  adj.  Dissipateur;  prodigue;  dépen- 
sier; en  i)arlant  d'une  feimne,  mauvaise  ménagère. 


DÈG 


DEJ 


247 


DéglM  (Se),  v.  Se  disjoindre;  s*entr*otivrir;  bâiller; 
se  dit  des  futailles ,  cuves  ou  vaisseaux  en  bois,  dont  les 
dcaves,  après  qu*elles  sont  restées  quelque  temps  vides,  se 
déjoigiieol  et  bAiltent  par  la  sécheresse ,  et  que ,  pour  être 
employées  de  nouveau,  on  a  besoin  d'imbiber,  Èmbuga. — 
Pé§léH  ^^iàinêquuê,  c'est  ce  qu'on  appelle,  en  argot,  démolir 
un  homme. 

JHgUtï,  ido,  part,  pass.,  an  Gg.  défait,  e^&ténué  par  le 
besoin  ou  la  maladie  fVoy.  AdéUJ;  rompu  des  coups  que 
l'on  B*est  donnés  on  que  l'on  a  reçus. 

Formé  dn  lat.  Gii$ ,  glaise ,  parce  qu'on  enduisait  autre- 
fois de  terre  glaise  les  futailles  pour  les  empêcher  de  couler 
et  de  suinter;  et  de  la  part,  privative  De. 

Dégoù,  s.  m.  Dim.  Dégoiué.  Goutte;  gouttelette;  suinte- 
ment de  l'eau  pluviale  à  travers  les  rochers ,  ou  du  vin  à 
travers  les  douves  d'une  futaille;  eau  des  toits  qui  tombe 
goutte  à  goutte.  —  Voy.  Té. 

Dér.  dn  lat.  Gutta,  m.  sign. 

Dégonbia,  v.  Dégobiller,  vomir. 

Emp.  au  fr. 

Dégonîado,  ctdj,  f.  Grasse;  réjouie;  un  peu  hardie,  un 
peu  débraillée  et  assez  lurée. 

Dér.  du  vieux  mot  ^loutojeune  fille,  féminin  de  Gouia, 
dont  on  a  formé  Goujar,  c'est-à-dire  qui  a  perdu  la  timi- 
dité «t  la  pudeur  du  premier  âge. 

Dégourdi,  v.  Dégourdir;  tirer  de  l'engourdissement; 
réveiller;  raviver;  rendre  tiède.  —  Faire  dégourdi  Vaïgo, 
Caire  légèrement  chauffer  l'eau,  la  dégourdir.  Dégourdis  tas 
cambat,  donne  de  l'exercice  à  tes  jambes.  Couménço  bé  dé 
se  dégourdi,  il  commence  à  prendre  de  l'usage,  à  se  faire 
aux  habitudes  sociales,  à  prendre  de  le  ruse,  de  la  finesse  ; 
il  se  dégourdit. 

Dégourdi,  dido,  adj.  et  part,  pass.,  éveillé;  rusé;  luron. 

Formé  de  la  part,  privative  De  et  de  la  bass.  lat.  Gurdus, 
kmrd,  stupide. 

DégoÙB,  s.  m.  —  Voy,  Désgoàs,  qui  est  plus  technique. 

Dégoilflta,  v,  —  Voy.  Désgousta, 

Dégoata,  v.  Dégoutter;  couler  goutte  à  goutte.  —  Se 
fioun  plôou  dégovto,  prvb.,  s'il  ne  pleut  pas,  il  bruine; 
dicton  dont  on  se  sert  pour  dire  qu'on  gagne  toujours 
quelque  chose  ou  qu'il  vient  toujours  quelque  chose,  si 
peu  que  ce  soit,  du  travail  ou  de  la  patience  qui  sait  atten- 
dre l'ondée  et  se  contente  de  la  plus  légère  pluie. 

Le  sens  même  s'étend  un  peu  plus  ou  exprime  encore 
autre  chose  : 

Le  pêcheur  qui  remplit  peu  sa  gibecière ,  mais  qui  peut 
dire  de  temps  en  temps  comme  Sancho  :  pèche  toujours  qui 
en  prend  un  ; 

Le  marchand  que  quelques  pratiques  restées  fidèles  con- 
solent de  la  vogue  de  ses  concurrents; 

Le  dévot  à  la  loterie  qui  vivote  d'extraits  et  ne  dépasse 
jamais  l'ambe; 

L'agriculteur  à  qui  la  grêle  a  laissé  une  demi-récolte 
quand  il  la  croyait  perdue  tout  entière; 


Le  collégien  qui  rate  de  nouveau  le  prix  d'excellence  et 
va  chercher  son  troisième  accessit  ; 

L'avocat  des  petites  causes  qui  pelote  en  attendant  partie  ; 

Le  poursuivant  du  gros  lot  ou  du  lingot  d'or  dont  le 
numéro  gagne  quelques  couverts  Ruolz  ; 

\je  modeste  employé  qui  touche  son  mois  de  cent  francs 
immédiatement  après  son  chef  de  bureau  qui  vient  d'émarger 
le  sien  de  mille  ; 

Tous  ceux  enfin  à  qui  échoit  une  chance  an-dessous  de 
leurs  prétentions  sans  doute,  mais  passable  encore,  peuvent 
dire  :  Se  noun  plôou  dégouio,  qui  est  le  mot  de  satisfaction 
ou  de  résignation  du  gagne-petit  en  tout  genre. 

Formé  de  De  et  du  lat.  Gutta. 

Déguisa  (Se),  v.  Se  masquer;  prendre  un  déguisement 
au  carnaval  ;  se  travestir. 

Formé  de  De  privatif,  et  Guiso,  manière. 

Dégus,  s.  pron.  et  adj.  —  Voy.  Déngus. 

Déîma,  v.  Lever  la  dime.  —  On  le  dit  ironiquement 
d'un  grapilleur  qui  lève  en  pillant  un  grave  impôt  sur  les 
récoltes. 

DéËmafe,  s.  m.  Collecte  de  la  dime;  temps  où  elle  se 
levait;  la  viguerie  ou  le  territoire  sur  lequel  le  bénéficiaire 
avait  droit  de  l'exercer. 

Dèîme,  s.  m.  Dime  :  droit  qu'avaient  antrcfois  les  hauts 
bénéficiers  du  clergé  sur  certaines  récoltes  dans  toatc 
l'étendue  de  leur  bénéfice  ou  de  leur  dimerie.  Ce  droit  était 
quelquefois  du  dixième  de  la  récolte  brute,  sans  prélève- 
ment des  frais  de  culture  ;  d'autres  fois,  et  le  plus  souvent, 
il  était  du  quinzième  et  même  du  vingtième.  La  levée  ou 
collecte  s'en  faisait  â^l'époque  même  de  chaque  récolte  et 
en  nature.  Ordinairement  ce  droit  était  afifermé  à  im  fermier, 
qui  l'exerçait  toujours  avec  sévérité ,  souvent  avec  extor- 
sion, comme  certains  fermiers  des  octrois  actuels;  tandis 
que  lorsque  ce  droit  était  exercé  par  les  agents  directs  du 
bénéficier,  il  l'était  plus  paternellement.  Du  reste,  il  est 
aisé  de  voir  combien  il  était  facile  d'éluder  la  rigueur  d'un 
pareil  exercice  et  d'y  soustraire  une  partie  de  la  récolte.  Le 
lien  moral  et  religieux  était  la  plus  stkre  et  à  peu  près  la 
seule  garantie  du  titulaire  :  à  la  vérité  l'Église  avait  mis 
l'obligation  de  payer  dans  ses  commandements,  et  dans  ces 
temps  de  foi,  cela  suffisait. 

Dér.  du  lat.  Décima,  sous-entendu  Pars. 

Dèimiè,  s,  m.  Collecteur  ou  fermier  de  la  dime. 

Déjouqua,  v.  Déjucher;  dénicher;  faire  dégringoler; 
déloger;  dégoter.  —  Voy.  Jouqua. 

Déjuna,  v.  Déjeuner;  rompre  le  jeune.  —  Pour  les  cul- 
tivateurs, le  déjeuner  est  le  second  repas  de  la  journée  ;  le 
premier,  qui  suit  immédiatement  le  lever  et  précède  tous 
les  travaux,  s'appelle  Tiito-vèrme  (Voy.  c.  m.).  Dans 
rhiver  et  l'automne  où  l'on  supprime  un  repas,  c'est  le 
déjeuner  qui  est  élagué.  Le  repas  qui  suit  le  Tuïo-vèrme,  et 
qui  se  prend  sur  les  neuf  heures  du  matin ,  se  nomme  Ijni 
dina. 

Dér.  du  lat.  Jefunium,  jeune. 


^248 


D£M 


DEM 


Déléouse,  n.  pr.  d'homme.  Au  fém.  Déléouso  ou  Déléau- 
sésso;  dim.  Déléousé,  Déléousélo;  traduit  aujourd'hui  par 
Deleuze.  —  Dans  les  vieux  actes  écrits  en  lat.  on  le  ren- 
dait par  de  illke,  de  T yeuse,  du  chêne  vert.  On  voit  évi- 
demment que  le  mot  lang.  est  tout  à  fait  la  traduction 
littérale  du  nom  latin,  et  que  ce  mot  a  pris  naissance  dans 
le  terroir  de  notre  idiome.  Le  français  a  été  embarrassé 
pour  ce  nom  comme  pour  beaucoup  d*autres;  il  n*a  pas 
voulu  remonter  à  l'étymologie  qui  Taurait  conduit  à  de 
l'yeu$e,  de  peur  de  n'être  pas  compris;  d'autre  part,  il  ne 
pouvait  imposer  à  son  génie  la  diphthongue  éou  qui  ne  lui 
va  pas  ;  il  en  a  fait  lout  bonnement  le  barbarisme  Deleuse, 
qui  ne  répond  à  rien ,  mais  qui  a  le  mérite  de  s'éloigner  le 
moins  possible  de  l'idiome  originaire,  tout  en  conservant  la 
consonnance  française. 

Dell,  8.  m.  Joint  d'un  lit  de  pierres;  la  fissure  qui  sépare 
une  assise  de  rocher  de  celle  qui  lui  est  superposée  et  par 
où  on  peut  détacher  celle-ci  par  le  moyen  d'un  levier. 

Dér.  de  Déslia. 

Délia,  ado,  adj.  Délié;  adroit;  subtil. 

Déliado ,  s,  f.  J^Iême  sign.  que  Délï.  —  Es  peu  que  dé 
déliado,  ce  terrain  n'est  composé  que  de  couches  de  pierres 
superposées  qui  peuvent  facilement  se  disjoindre. 

Délibéra,  ado,  adj.  Décidé;  hardi;  sans  timidité. 

Délinqna,  i>.  Fuir;  vider  le  plancher;  s'esquiver; 'man- 
quer à  l'appel.  —  Se  dit  surtout  de  quelqu'un  qui  s'est 
sauvé  préventivement  à  toute  recherche  de  sa  personne  pour 
l'arrêter  ou  le  châtier. 

Dér.  du  lat.  Delinquere,  faire  une  faute,  manquer  ;  aban- 
donner; quitter;  fuir. 

Délivranço,  «.  f>  Délivrance;  débarras.  —  Bèlo  déli- 
vranço/  dit-on,  lorsqu'on  est  débarrassé  d'un  fâcheux, 
d'un  importun,  ou  de  quelqu'un  qui  est  à  charge,  soit  par 
sa  mort,  soit  par  son  départ. 

Dér.  du  lat.  Liberare,  m.  sign. 

Déluje,  s,  m.  Déluge;  le  déluge  universel;  grande  pluie 
d'inondation. 

Dér.  du  lat.  DUuvium. 

Déliira,  ado,  adj.  Luron;  sojbtil.  —  Se  dit  particulière- 
ment, au  fém.,  d'une  femme  qui  a  de  la  finesse  et  certaine 
hardiesse  qui  lui  donne  la  conscience  de  son  savoir  faire; 
tandis  que,  au  masc.,  Lura  ne  signifie  guère  autre  chose 
que  rusé,  matois. 

Déman,  adv.  de  temps.  Demain,  le  jour  qui  suit  immé- 
diatement celui  où  l'on  est.  —  Apris-déman  ou  paêta- 
déman,  après-demain.  Déman  matï,  demain  matin.  Déman 
âoti  iouér,  demain  soir. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  De  mane  pour  Manè. 

Demanda,  v.  Demander;  questionner;  s'enquérir;  exiger. 
—  Qvàoa  dimando?  Qui  frappe  à  la  porte?  Démanda 
qitani'kouro  é»,  s'informer  de  Theure.  Aquà  demanda  dé 
c&ire,  cela  exige  d'être  bien  cuit.  Démanda  soun  pan,  ou 
.simplement  Démanda,  mendier.  Que  mé  déou  mé  demanda, 
celui  qui  me  doit  me  demande  paiement  :  phrase  prvb.  qu'on 


emploie  contre  quelqu'un  qui  nous  fait  un  reproche  qu'il 
mérite  plus  que  nous. 

Dér.  du  lat.  Mandate,  donner  ordre,  commission.  Dans 
la  bass.  lat.  ce  verbe  et  son  composé  Demancfartf  signifiaient 
aussi  demander. 

Démandairé,  airo,  adj.  Questionneur;  quémandeur; 
solliciteur  ;  mendiant  ;  qui  aime  à  emprunter. 

Démando,  s,  f.  Demande;  question;  interrogation; 
demande  en  mariage.  —  Ma  f'io  a  foço  demandas,  ma  fille 
a  beaucoup  d'aspirants  à  sa  main.  Faire  uno  démando, 
commissionner  un  achat  de  marchandise;  déclarer  le  prix 
qu'on  demande  d'une  chose.  La  sédo  a  foço  demandai 
aquésie  moumén,  la  soie  est  fort  recherchée  en  ce  moment; 
on  a  reçu  force  commissions  d'achat. 

Démena  (Se),  v.  Se  débattre;  s'agiter;  se  démener, 
comme  fait  quelqu'un  que  l'on  conduit  par  force;  résister 
à  la  force  qui  vous  emmène.  —  Se  déméno  eoumo  lou  diabU 
dine  un  bén'uiè,  il  se  démène  comme  le  diable  dans  un 
bénitier. 

Formé  de  la  particule  oppositive  De  et  du  v.  Mena, 

Déménésconte,  adj.  —  Voy.  Ménéseonte. 

Dé  miè ,  dé  mièio ,  adj.  A  demi-plein ,  à  moitié.  —  Et 
toujour  plénoou  dé  mièjo^  cette  femme  est  toujours  enceinte, 
elle  n'accouche  que  pour  recommencer. 

L'adj.  Miè  a  la  même  acception.  La  différence  entre  cet 
deux  mots,  c'est  que  le  dernier  précède  le  substantif  auquel 
il  s'accorde,  tandis  que  Dé  miè  le  suit  :  on  dit  Vn  miè 
vék're,  un  demi- verre,  et  Moun  vé^re  et  dé  miè,  mon  verre 
est  à  moitié  ou  mi-plein.  Une  autre  différence  entr'eux, 
c'est  que  Miè  a  une  acception  plus  large  et  signifie  demi 
dans  presque  tous  les  cas;  tandis  que  Demie  n*est  employé 
que  pour  les  objets  de  capacité  et  se  renferme  dans  le  sens 
de  demi-plein. 

Dér.  du  lat.  Dimidius,  moitié. 

Démonn,  s.  m.  Dim.  Démouné  ou  Démound-  Démon. — 
Ne  se  dit  qu'en  poésie  ou  dans  le  genre  grave,  sérieux,  phi- 
losophique :  le  lang.  alors  appelle  le  diable  lou  démoun: 
mais  le  mot  est  fort  usité  au  ^g.  —  Aquél  éfan  ée  in» 
démoun,  cet  enfant  est  un  vrai  démon. 

Dér.  du  gr.  Aa([jKov,  génie,  intelligence. 

Démonnta,  v.  —  Voy.  Désmounta  :  meilleur. 

Démonra,  v.  Demeurer;  habiter,  loger;  rester;  rester 
tranquille.  —  DémoroàNime,  il  habite  Mmes.  Démoroâoa 
Mérea,  il  est  logé  au  Marché.  Mounté  as  tant  démauraf  Oè 
es-tu  tant  resté?  As  H  démoura,  tu  «s  bien  tardé.  Se  vos 
pas  vénï,  démoro,  si  tu  ne  veux  pas  venir,  reste.  Démouras, 
finissez  donc,  restez  en  repos.  Aquél  éfan  démoro  émbéqméam- 
que  sièguo,  cet  enfant  s'habitue  avec  tout  le  monde,  il  se 
laisse  garder  par  le  premier  venu.  Manjaras  d'aquà  om 
démouraras,  tu  mangeras  de  cela  ou  tu  jeûneras. 

Dér.  du  lat.  Morari,  tarder;  attendre;  mettre  de  la  len- 
teur. 

Démpièi,  ou  Désémpièî,  adv.  ft  eonj.  Depuis;  depuis  es 
temps-là;  depuis  que.  —  Es  malâoute  démpièi loti#  magiÊùM, 


J 


'M^r* 


DEO 

il  esl  malade  depuis  la  saison  des  vers  à  soie.  Démjnèt 
quanêre  à  la  fiiïro,  depuis  que  je  suis  allé  à  la  foire.  Marthe 
âémpiëi  Nimes,  j*ai  marché  de  INimes  jusqu'ici.  Démpièt 
Ânduio  jusqu'à  Sén-Christôau  a  pas  fa  gué  pl&oure,  il  n*a 
pas  cessé  de  pleuvoir  d'Anduze  à  Saint>Ghristol. 

La  différence  entre  Dèmpièï  et  DésémpiUi,  qui  pourtant  a 
la  mènie  portée,  c'est  que  le  premier  ne 'se  place  jamais  &  la 
fin  d'une  phrase  ou  d'un  membre  de  phrase,  position  qui 
convient  parfaitement  au  second  :  cela  tient  sans  doute  à 
quelque  délicatesse  d'acoustique  difficile  à  saisir.  On  dit  : 
YHtnère  l'an  paua,  y  souï  pas  tourna  désémpiëi,  et  non  pas 
démpièH;  j'y  fus  l'an  dernier,  je  n'y  suis  pas  retourné 
depuis* 

Dér.  de  la  bass.  lat.  De  post,  m.  sign.,  tiré  du  lat.  clas- 
sique avec  la  prépos. 

Oén,  s.f.Dim.  Déntéto,  Dénft^à/péjor.  Déntasso.  Dent, 
chacun  des  petits  os  recouverts  d'émail ,  implantés  dans  la 
mâchoire,  servant  à  mâcher.  —  Faï  dé  déns,  les  dents  lui 
poussent,  lui  percent.  Gn'a  pas  pér  ma  pichoto  dén,  il  n'y 
en  aurait  pas  là  pour  mon  déjeuner,  pour  une  dent  creuse; 
ce  travail  est  une  bagatelle  pour  moi  ;  ou  bien  :  cet  ennemi 
est  trop  faible  pour  moi  ;  je  l'avalerais  d'une  bouchée.  Mâou 
dé  dén,  mal  aux  dents.  Souàrédén,  surdent  fVoy,  c.  m.)* 
Dounén  un  for  co  dé  dén,  nous  fîmes  grande  chère.  Y-a  un 
eo  dé  dén  à  douna,  il  y  a  un  régal  à  faire.  Faï  crueï 
sas  déns,  il  grince  des  dents.  Garda  uno  dén,  garder  ran- 
cune. Aïf  dé  ma  déni  Aïe!  ma  dent!  expression  qui  s'em- 
ploie également  comme  un  cri  de  douleur,  dans  une  rage  de 
dents,  ou  comme  exclamation  de  crainte,  de  pitié,  de  com- 
patissanœ.  Ah/  povero/ 

Dén,  s.  f.,  signifie  aussi  une  pointe  de  rocher,  un  chicot, 
qui  s'élève  à  fleur  de  terre. 

Dér.  du  lat.  Dens,  m.  sign. 

Déngiis,  ou  Dégna,  ou  Dingna,  pron.  indéfini,  mase. 
Personne.  Quoique  ce  mot  ne  s'applique  qu'à  une  phrase 
négative,  il  n'entraîne  pas  la  négation  avec  lui  et  il  faut 
toujours  l'y  joindre.  —  T-a  pas  déngus,  il  n'y  a  personne. 
Déngus  âousarm  pas  OU  noun  âousara,  personne  n'osera. 

Enespag.  Dalgtino,  aucun  ou  d'aucun,  qui  vient  lui-même 
du  lat.  Aliquis  unus,  quelqu'un. 

Déntado,  s,  f.  Coup  de  dent,  morsure;  empreinte  que 
laisse  la  dent  sur  le  corps  qu'elle  a  mordu. 

Déntâon,  f .  m.  Sep  d'un  araire  :  c'est  une  langue  en  bois, 
terminée  en  pointe,  sur  laquelle  est  établi  le  soc  aux  deux 
tiers  de  sa  longueur,  et  &  laquelle  il  est  fixé  par  le  moyen 
des  Téndios.  —  Voy.  c.  m. 

Déougo,  gode,  part,  pass,  de  Déoure.  Dû,  due. 

Déoiire,  v.  Devoir,  avoir  des  dettes;  être  redevable;  être 
oUigé.  —  Ceumo  se  déou,  comme  il  faut.  Dans  les  temps 
où  le  préjugé  de  la  naissance  était  dans  toute  sa  vigueur,  on 
appelait  les  m^les  les  gens  comme  il  faut;  le  lang.  disait  : 
Dé  mounde  coumo  se  déou,  c'est  comme  si  l'on  disait  :  des 
geas  oomme  il  les  faut,  comme  ils  devraient  être  tous.  Cette 
phrase  beaucoup  trop  exclusive,  est  encore  employée  par  les 


DÉQ 


249 


gens  riches  entr'eux  en  parlant  de  leurs  consorts.  T-aï parla 
counuo  se  déou,  je  l'ai  tancé  d'importance.  Quàou  mé  déo^ 
mé  démando,  qui  est  mon  débiteur  me  demande  de  le  payer. 
Jouga  à  déoure,  jouer  sur  parole. 

Dér.  du  lat.  Debere,  m.  sign. 

Déonte,  s.  m.  Dette;  ce  que  l'on  doit;  créance,  ce  qui 
est  du.  —  Un  michan  déouie,  une  créance  véreuse.  Tout  es 
dé  sous  déoutes,  ses  dettes  absorbent  son  avoir;  son  bien 
appartient  tout  entier  à  ses  créanciers.  Es  manja  dos 
déoutes,  il  est  criblé  de  dettes;  il  est  dévoré  par  ses  dettes. 
Dourmï  coumo  un  vièl  déoute,  dormir  comme  une  mar- 
motte :  traduction  par  équivalent. 

Dér.  du  lat.  Debitum,  m.  sign. 

Dépàonsa,  v.  Déposer,  témoigner  en  justice;  faire  une 
déposition  en  justice.  —  Dans  le  sens  de  dépôt,  Dépdousa 
serait  du  pur  franchiman. 

Dér.  du  lat.  Deponere, 

Dépâouaicîou,  s.  f.  Témoignage,  déposition  en  justice. 

Départamén,  s.  m.  Département,  division  territoriale. 

£mp.  au  fr. 

Dé-pér-él,  adv.  De  lui-même  ;  de  son  propre  mouvement; 
volontairement;  par  ses  seules  forces;  sans  l'aide  d'autrui. 

—  AquH  àoubre  es  véngu  dé-pér-él,  cet  arbre  a  poussé 
naturellement,  sans  avoir  été  planté  ni  semé.  Ou  a  fa  dé- 
pér-él,  il  l'a  fait  de  lui-même,  il  n'a  été  ni  poussé,  ni  aidé. 

Dé-pér-én-créîre,  adv.  Pour  plaisanter,  pour  rire;  pas 
tout  de  bon;  par  jeu.  —  Voy.  Créïre, 

Dé-pér-énain,  adv.  Ainsi;  en  conséquence;  par  consé- 
quent; comme  ainsi  soit. 

Députa,  s.  m.  Député;  membre  de  la  Chambre  des 
députés. 

Emp.  au  fr. 

Dé-qné,  «.  m.  et  pron.  tnterr.  Le  nécessaire;  de  quoi 
vivre;  que?  quoi?  à  quoi?  de  quoi?  qu'est-ce  que?  —  Lou 
dé-qité,  le  nécessaire.  Y  manqua  pas  que  lou  dé-gué,  il  ue  lui 
manque  que  l'argent  nécessaire.  A  hiin  dé-qué,  il  est  fort 
dans  l'aisance.  Dé-gué  voulès?  Que  voulez- vous?  Dé-gué 
pensas?  A  quoi  pensez-vous?  Dé-qué  se  mèlo  moun  caf  De 
quoi  veut  se  mêler  le  petit  chat?  phrase  prvb.,  fort  usitée 
lorsqu'un  enfant,  une  personne  faible  ou  peu  capable  vent 
se  mêler  à  un  acte,  à  une  conversation,  au-dessus  de  sa 
portée.  Sa  pas  dé^ué  dis,  il  ne  sait  ce  qu'il  dit.  Sâoupéguè 
pas  dé-qué  dire,  il  fut  interdit,  il  ne  sut  que  répondre.  Sabe 
pas  dé-qué  mé  tèn,  je  ne  sais  ce  qui  me  retient  de. . .  Dé- 
qué  sèn  quan  sèn  mors,  ce  que  c'est  que  de  nous,  quand 
nous  sommes  morts.  Dé-qué?  Qu'est-ce  que  c'est?  De  quoi 
s'agit-il? 

Dé  qné-i-éa  qné-i-éaT  Qu'est-ce?  Qu'est-ce  que  c'est? 
Phrase  faite,  formule  générale  dont  on  fait  précéder  l'expo- 
sition d'une  énigme.  On  sent  que  le  Z  qui  reparait  deux  fois 
dans  la  contexture  de  cette  phrase,  n'est  qu'explétif  et 
seulement  dans  l'intérêt  de  l'euphonie;  le  heurtement 
redoublé  des  quatre  é  qu'il  sépare  ne  serait  pas  supportable. 

—  Si  dé  qué'X-és  qué-M-és  est  l'entête  obligé  de  toutes  les 


250 


DÈS 


DES 


énigmes  et  charades  que  les  sphinx  villageois  proposent  à 
la  veillée,  la  terminaison,  le  refrain  ordinaire  en  est  :  DM- 
gnoi^u  $anê  pensa  mâou,  cherchez,  devinez  sans  songer  à 
mal.  G*est  qu*en  effet,  si  le  mot  de  Fénigme  est  d'habitade 
très-innocent,  la  définition  dont  il  est  couvert  est,  autant 
que  faire  se  peut,  à  double  sens  et  tourne  peu  ou  prou  à  la 
gaudriole,  fort  leste  souvent.  De  là  Tusage  de  la  précaution 
oratoire,  avertissement  assez  charitable  du  reste  pour  vous 
faire  parfois  songer  à  une  malice  qui  sans  cela  vous  aurait 
échappé. 

Déraba,  v.  Arracher;  extraire;  détacher  avec  force; 
déraciner.  —  On  po  pas  ni  rés  déraba,  on  n'en  peut  rien 
tirer,  pas  une  parole  desabouche.  Déraba-né  ci  gué  pourés, 
tirez-en  denier  ou  maille.  Â^ptil  vièl  is  pas  dé  bon  déraba, 
ce  vieil  avare  est  dur  à  la  desserre.  Déraba  uno  dén,  arra- 
cher, extraire  une  dent.  Déraba  un  agacï,  extirper  un  cor. 
Déraba  un  douàre,  arracher,  déraciner  un  arbre. 

Dér.  du  lat.  Deripere,  m.  sign. 

Dérabado,  s.  f,  Arrachis;  quantité  de  choses  que  Ton 
arrache  en  une  seule  séance. 

Dérabaire,  airo,  adj.  Qui  arrache. — Dérabaïre  dé  déns, 
dentiste;  arracheur  de  dents.  T-vat  adéré  eoumo  un  déra- 
bàHre  d'ésses,  il  ramasse  tout  minutieusement  comme  un 
homme  qui  cueille  de  la  vesce  ;  parce  que  ce  grain  est  très- 
menu  et  qu'on  n'en  faudie  pas  la  tige;  mais  on  l'arrache  k 
la  main,  ce  qui  est  un  travail  minutieux. 

Dérbése,  s.  m.  Dartre,  maladie  de  la  peau,  souvent  avec 
ulcération.  —  Voy.  Endèrvi, 

Dér.  du  gr.  Àép(xa,  peau,  cuir,  épiderme. 

Dérénja,  v.  Déranger;  interrompre;  importuner.  — 
Estre  dérénja,  être  incommodé,  avoir  la  santé  dérangée. 

Dér.  de  Rénja  et  la  part,  privative. 

Déréyéîa,  v.  Éveiller;  réveiller. —  Se  dirévéïa,  s'éveil- 
ler, se  réveiller. 

Dér.  du  lat.  Tigilia,  veille,  et  le  réduplicatif  Re,  de 
nouveau. 

Démsqaa,  v.  Oter  l'écorce  des  arbres,  principalement 
des  chênes  verts  pour  en  faire  du  tan.  Au  fig.  éreinter; 
frapper  sur  quelqu'un  à  lui  enlever  au  moins  l'épiderme.  — 
Se  dérusqua,  se  déchirer;  s'écorcher;  se  meurtrir  en  tom- 
bant ;  s'éreinter  l'un  l'autre. 

Dér.  de  Rusquo, 

Dénuquado,  s.  f. Volée  de  coups  de  bâton,  de  bois-vert; 
éreintement. 

Désacrouqiia,  v.  Décrocher.  —  Voy,  Aerouqua. 

Désagréable,  ablo,  adJ.  Désagréable  ;  fâcheux  ;  ennu- 
yeux. —  Voy.  Agréable. 

Désamécbi,  v.  Débrouiller  les  cheveux  qui  sont  mêlés 
en  mèches  poisseuses.  —  Voy.  AméchL 

Désana,  ado,  o^;.  Défait;  pâle,  exténué,  en  parlant  des 
personnes;  usé,  élimé,  hors  de  service,  en  parlant  des 
choses. 

Formé  de  Ana,  pris  substantivement  pour  allure,  habi- 
tude du  corps,  et  de  la  part,  privative  De. 


Déaanqoa,  ado,  adj.  Déhanché,  qui  a  la  hanche  dé» 
boitée. 

Dér.  de  Anquo, 

Désâonbél,  v.  Désobéir;  ne  pas  obéir  à  un  comnum* 
dément,  à  un  ordre;  contrevenir  à  une  loi. 

Dér.  de  Aoubéï. 

Désâonbéissén,  énto,  adj.  Désobéissant;  qui  a  l'habi» 
tude  de  désobéir. 

Désâoabéîssénço,  s.  f.  Désobéissance;  habitude, action 
de  désobéir. 

Déaaparia,  v.  Dépareiller;  séparer  des  objets  qui  sont 
faits  pour  aller  ensemble;  désappareiller. 

Dér.  du  lat.  Disparare,  m.  sign. 

Désapésa,  v.  Faire  perdre  pied.  —  Voy.  Apésa, 

Désarma,  v.  Désarmer,  enlever  à  quelqu'un  ses  armes; 
déposer  les  armes;  mettre  an  repos  la  batterie  d'un  fusil, 
d'un  pistolet.  —  Voy.  Arma. 

Désarta,  v.  Déserter;  abandonner  son  corps,  son  ser* 
vice,  en  parlant  d'un  soldat;  abandonner  un  lieu. 

Dér.  du  lat.  Deserere,  m.  sign. 

Désartur,  s.  m.  Déserteur;  soldat  qui  déserte  ou  qui  a 
déserté. 

Désassésouna,  v.  Dessaisonner  un  champ,  une  terre; 
l'épuiser  :  ce  qui  vient  d'un  labour  fait  mal  à  propos  et 
hors  de  saison,  ou  du  dérangement  de  Tordre  des  assole- 
ments. Les  champs  ainsi  dessaisonnés  perdent  la  semence 
et  ne  produisent  souvent  que  de  mauvaises  heribes. 

Dér.  de  Sisou. 

Désatala,  v.  Dételer;  détacher  les  bêtes  de  trait  d*ane 
voiture,  d'une  charrette,  d'une  charrue,  d'un  char.  —  Voy. 
Atala. 

Désayantaia  (Se),  v.  Perdre  l'équilibre  du  corps;  perdre 
Tavantage  de  la  position  qu'on  occupait  :  c'est  oe  qui 
arrive  quand  on  est  en  équilibre  sur  un  arbre,  sur  une 
hauteur  quelconque  et  qu'un  faux  mouvement  vous  fut 
perdre  l'aplomb. 

Dér.  de  Avantaje.  ^ 

Désbadâoola,  v.  Ouvrir  une  porte  à  deux  battants.  — 
Si  disbadâoula,  se  crevasser;  bâiller;  s'entr'oavrir  comme 
une  figue  que  la  pluie  fait  ouvrir. 

Dér.  de  Badal. 

Désbala,  v.  Déballer  ;  ôter,  défaire  l'emballage  ;  étaler 
sa  marchandise.  —  Si  désbala,  se  précipiter.  JMwbaXA  tm 
fusil,  tirer  la  balle  d'un  fusil. 

Dér.  de  Balo,  ballot,  dans  le  premier  sens;  dans  le 
second,  de  la  bass.  lat.  Devallare,  descendre,  formé  de  ad 
vallem,  vers  le  bas,  vers  la  vallée;  dans  le  troisîénie,  de 
Balo,  balle  de  plomb,  et  De  privatif. 

Désbana,  v.  Couper  ou  arracher  les  cornes. 

Dér.  de  Bano. 

Désbanado,  s.  f.  Petite  hache  A  main  :  terme  da 
lecte  de  Montpellier  qui  s'étend  dans  les  localités 
taies  des  Gévennes.  On  appelle  ainsi  cet  instrament  parœ 
que  c'est  une  hache  sans  tête  ni  marteau. 


DES 


DÉS 


951 


Désbarba,  v.  Arracher  la  barbe  à  quelqu'un,  lui  arra- 
cher la  moustache;  le  dévisager. 

Oésbarqua,  v.  Débarquer;  arriver  au  gite;  sortir  de 
voitore  quand  on  est  arrivé. 

Oésbata,  v.  Dessoler;  enlever  la  sole  à  un  cheval.  — 
Se  désbata,  presser  sa  marche;  courir  à  toutes  jambes; 
s'essouffler  et  se  fatiguer  à  marcher. 

Dér.  de  Bato, 

Désbéronia»  v.  Déverrouiller  ;  tirer  le  verrou,  l'enlever. 
—  la  porto  et  désbérouXado,  on  a  6té  le  verrou  de  la  porte, 
ou  elle  a  perdu  son  verrou. 

Dér.  de  Béroul, 

Désbîa,  V.  Dégarrotter  une  balle  ou  une  charge  de  mulet, 
de  charrette  ;  défaire  le  garrot  qui  la  errait. 

Dér.  de  Sio. 

OésbiaÎBsa,  ado,  adj.  Gauche;  maladroit;  sans  tour- 
nure; sans  maintien. 

Dér.  de  Biau 

Désblasa,  v.  Oter  la  bave  des  cocons,  l'espèce  de  bourre 
blanche  appelée  Bla»o  (Voy.  c.  m.)  qu'on  enlève  avant  de 
les  filer,  parce  qu'elle  ne  ferait  qu'augmenter  le  déchet  des 
premiers  fils  grossiers  dont  on  purge  les  cocons  avant  d'ar- 
river au  brin  pur  de  la  soie.  C'est  le  résidu  de  cette  opé- 
ration qu'on  appelle  Coxtos.  —  Voy.  c.  m. 

Déablaaairo,  s.  f.  Ouvrière,  fille  ou  femme,  employée 
i  l'opération  ci-dessus. 

Désblétonna,  v.  Enlever  le  clou  rivé  d'un  couteau.  — 
CouUl  déiblétouna,  couteau  qui  a  perdu  son  clou  rivé. 

Dér.  de  Blétoù, 

Désblonqna,  v.  Déboucler;  dégraffer;  ôter  la  boucle  ou 
les  boucles  d'une  ceinture  ou  de  courroies. 

Dér.  de  Bhuquo. 

Désboncliina,  ado,  adj,  JËchevelé;  qui  a  les  cheveux 
épars  et  en  désordre. 

Dér.  de  Bou,  Boucko,  bouc  et  chèvre,  qui  servent  de 
terme  de  comparaison  à  tout  ce  qui  est  sale  et  en  désordre. 

Désbounda,  v.  Débonder  ou  dôbondonner  :  ôter  la  bonde 
d'ane  cuve,  d'un  tonneau.  —  Lou  tinàou  g'ét  désbounda, 
la  cuve  a  fait  partir  sa  bonde. 

Au  fig.  Se  diêbounda,  se  débonder;  lâcher  l'écluse  à  sa 
colère,  à  ses  secrets  chagrins;  se  dégonfler;  exhaler  son 
chagrin  par  les  larmes  et  la  confidence  entière  de  ses  in- 
fortunes. 

Dér.  de  Boundoù, 

Déiboitioiiiia,  v.  Déboutonner,  faire  sortir  les  boutons 
de  leurs  boutonnières.  —  Se  dé$houtouna,  au  fig.  se  dé- 
boutonner; faire  part  de  ses  sentiments,  de  ses  secrets;  se 
livrer  avec  confiance. 

Dér.  de  Boutoik. 

Désbraia,  v.  Oter  la  culotte  à  quelqu'un.  —  Se  dés- 
hf€3in,  se  déculotter,  se  dévêtir;  aller  à  la  selle.  Et  Una 
déAraXa,'\\  est  tout  débraillé;  salement  ou  indécemment 
vêtu;  mal  ajusté. 

Dér.  de  Braio, 


Désbrida,  v.  Débrider  :  ôter  la  bride  à  un  cheval,  à  un 
animal. 

Dér.  de  Brido. 

Désbroussa,  v.  Enlever,  extirper  les  bruyères,  qu'on 
nommç  Brouttot,  Dans  les  châtaigneraies,  les  arbres  souf- 
frent beaucoup  de  la  présence  de  ces  arbustes,  qui  y  crois- 
sent en  abondance. 

Désbura,  v.  Écrémer  le  lait,  en  enlever  la  crème  ou  le 
beurre. 

Dér.  de  Bure. 

Séscabésira,  ado,  adj.  Délicoté;  quia  perdu  son  licou, 
qui  a  rompu  sa  chaîne;  au  fig.  évaporé;  violent;  sans 
frein,  comme  un  cheval  échappé. 

Dér.  de  Cabéstre. 

Déscadâoula,  v.  Hausser  le  loquet;  ouvrir  une  porte  à 
loquet. 

Dér.  de  Cadâoulo. 

Déscadéna,  v.  Déchaîner;  délier  la  chaîne;  rendre  la 
liberté. 

Dér.  de  Cadéno. 

Déscagnouta,  V.  Décoiffer  une  femme,  une  fille;  lui 
enlever  sa  coiffe.  —  Voy.  Déscouïfa. 

Dér.  de  Cagnoto, 

Déscai,  s.  m.  Déchet,  diminution  qu'éprouve  une  mar- 
chandise ou  une  denrée,  soit  par  la  manipulation,  soit  par 
avarie,  soit  par  la  dessiccation. 

Déscaissa,  v.  Éprouver  du  déchet;  diminuer  de  volume. 
Opposé  de  Cattta,  qui  signifie  taller,  multiplier. 

Déscalada,  v.  Dépaver,  enlever  les  pavés  d'une  rue.  — 
Au  fig.  manger  gloutonnement,  avec  un  vorace  appétit.  — 
On  dit  :  Manjo  gué  détcalado,  ou  simplement  détcalado, 
en  parlant  de  quelqu'un  qui  dévore,  d'un  goihfre. 

Dér.  de  Calado. 

Déscaladaîre,  s,  m.  Dépaveur,  qui  n'est  pas  très-fran- 
çais mais  qui  passa  dans  la  langue  politique  après  les  jour- 
nées de  \  830,  comme  synonyme  de  révolutionnaire. 

Déscambaîa,  v.  Oter  les  jarretières  à  quelqu'un.  —  Et 
déscambaïa,  les  jarretières  lui  manquent  ou  elles  sont 
tombées. 

Dér.  de  Cambaïè. 

Déscambarloù  ou  Déscambarloùs,  adv.  A  califour- 
chon, à  cheval  sur  quelque  chose. 

Dér.  de  Èscambarla. 

Déscampa,  v.  Décamper;  prendre  la  fuite;  s'en  aller 
précipitamment. 

Dér.  du  lat.  Camput,  champ. 

Déscampéto,  s.  f.  Ne  s'emploie  que  de  la  manière  sui- 
vante :  Prént  ia  déscampéto,  ou  préne  dé  poudro  dé  dét- 
eampéto,  s'enfuir  ;  prendre  la  poudre  d'escampette  ;  pren- 
dre la  clé  des  champs. 

Déscandalisa,  v.  Scandaliser;  couvrir  quelqu'un  de 
honte,  le  faire  rougir. 

Dér.  du  lat.  Scandalum,  scandale. 

Déacâou,  àonsM,  adj.  Déchaux  »  déchaussé;  qui  n*a 


353 


DES 


DES 


pas  de  chaussure;  qui  a  on  marche  les  pieds  nus.  —  Mar- 
Ma  déscàou,  aller  nu-pieds.  Et  tout  déscâou,  il  n'a  pas  de 
quoi  acheter  des  souliers.  Un  pMéteâou,  un  va-nu-pieds, 
un  vagabond.  Et  faeh  étnb'aqud  eoumo  un  ehi  d'ana  dés- 
eâou,  il  est  habitué  à  cela  comme  un  chien  à  aller  nu-t6te. 

D6r.  de  Cdoussa. 

Déscâonquia,  v.  Dévaliser;  mettre  quelqu'un  à  sec»  en 
lui  gagnant  au  jeu  tout  son  argent. 

Dér.  de  Cdouquïo, 

Déscàonssa,  v.  Déchausser;  ôter  la  chaussure.  —  Ou 
faraï  bé  sans  mé  déseâouua,  je  le  ferai,  et  sans  grande 
peine.  lÀ  parlarài  bé  amaï  mé  déseâoussaraï  pas,  je  lui 
parlerai  sans  mettre  des  gants,  sans  prendre  de  grandes 
précautions  de  politesse. 

On  dit  aussi  :  Désedoussa  un  àotdtre,  ôter  la  terre  au 
pied  d'un  arbre  à  une  certaine  profondeur  pour  lui  enlever 
les  fils  ou  radicules,  et  lui  donner  du  fumier  plus  prctfon- 
dément. 

Dér.  de  Càousso. 

Déacaréma  (Se),  v.  Manger  de  la  viande  après  le  ca- 
rême, ou  même  pendant  les  jours  maigres;  rompre  l'abs- 
tinence ou  le  jeûne;  par  ext.  faire  une  chose  dont  on  est 
privé  depuis  longtemps. 

Dér.  de  Carémo. 

Déscarga,  v.  Décharger;  ôter  un  fardeau,  enlever  une 
charge;  absoudre,  acquitter.  —  Mé  «ouï  fa  déscarga,  j'ai 
obtenu  un  dégrèvement  d'impôt.  Déscarga  /ou  plandiè, 
vider  la  place,  se  retirer. 

Déacargo,  s.  f.  Décharge,  quittance;  soulagement;  dé- 
charge d'armes  à  feu.  —  Bèlo  déscargo,  heureuse  ddivranœ, 
dit-on  quand  on  se  débarrasse  d'un  fâcheux.  Témouén  à 
déscargo,  témoin  à  décharge. 

Dér.  de  Cargo. 

Déacama,  v.  Déchamer;  ôter  la  chair  qui  est  autour 
des  os.  —  Un  àoubre  déscama,  un  arbre  que  les  pluies 
ont  déchaussé  et  qui  montre  ses  racines.  Un  déscama,  un 
homme  qui  n'a  que  la  peau  et  les  os. 

Dér.  de  Car. 

Déacaaaana,  v.  Découdre,  arracher  la  ceinture  d'une 
culotte  ou  d'une  jupe. 

Dér.  de  Cassano, 

Déacastra,  v.  Chasser;  détruire;  extirper.  —  Déscastra 
tous  pésouls,  tous  ras,  las  nUehantos  hèrbos,  détruire  com- 
plètement les  poux  ou  les  rats,  extirper  les  mauvaises 
herbes.  Pode  pas  mé  déscastra  d'aquél  home,  je  ne  puis  me 
débarrasser  de  cet  importun. 

Dér.  du  lat.  Ccutrum. 

Déacata,  v.  Découvrir;  ôter  la  couverture  d'un  lit;  en- 
lever tout  ce  qui  sert  de  couvert  et  d'abri.  —  Se  déscata, 
perdre  la  couverture  de  son  lit,  la  faire  tomber  en  s'agi- 
tant  ;  se  découvrir. 

Dér.  de  Âeala. 

Déacatalana,  adj,  m.  Ne  s'emploie  guère  que  pour  : 
Capèl  déscatalana,  chapeau  rabattu»  dont  les  bords  ne  sont 


pas  agrafés  ou  relevés;  et  cela  ne  peut  s'entendre  que  des 
diverses  formes  de  tricornes,  comme  en  portaient  tous  les 
hommes  des  champs,  il  y  a  quelques  cinquante  ans.  Cette 
mode  des  tricornes  retroussés  nous  venait  pcobabtemeDt 
des  Catalans.  Autrefois  on  appelait  ces  chapeaox  :  CapH 
eatalana,  chapeau  à  la  catalane.  Le  mot  se  perdit  :  on  les 
appela  plus  tard  :  capH  gansa.  L'expression  déseataiana 
seule  est  restée.  On  d^gnait  aussi  sous  le  nom  de  catabh 
nos,  les  agrafes  qui  soutenaient  les  troussis. 

Détcato,  s.  f.  Tranchée  qu'on  ouvre  pour  mettre  à  nu 
un  rocher,  un  lit  de  carrière. 

Dér.  de  Déscata. 

Déacavîa,  v.  Enlever  les  chevilles.  —  Désea/i^  un  iè, 
ôter  les  clés  d'un  lit. 

Dér.  de  Cavto. 

Déacindra,  v.  Décintrer;  enlever  le  cintre  on  la  cbar- 
pente  qui  soutient  une  voûte  nouvellement  construite. 

Dér.  de  Cindre. 

Désclaya,  v.  Ouvrir  avec  la  dé;  détacher;  onvrir. 

Dér.  de  Clûjou. 

Déaclavéla,  v.  Déclouer;  arracher  les  dons;  détacher 
une  chose  clouée. 

Dér.  de  Cktvéla. 

Désconconna,  v.  Déramer  les  cocons,  les  détacher  de  la 
bruyère,  opération  qu'on  doit  faire  quatre  jours  an  moins 
après  la  montée  des  derniers  vers,  et  qninse  jours  an  plus 
depuis  que  les  premiers  sont  montés.  Dans  le  premier  cas, 
en  se  pressant  trop,  on  risquerait  d'arrêter  le  travail  des 
retardataires,  qui  mourraient  avant  d'être  transformés  en 
nymphes  et  resteraient  sous  leur  forme  première  qui  les  a 
fait  nommer  Douméïsèlos;  dans  le  second  cas,  les  vers  les 
plus  précoces  pourraient  s'être  transformés  en  papillons, 
parpaïouna,  et  avoir  percé  leur  cocon,  ce  qui  est  une  com- 
plète avarie  pour  ce  dernier. 

Dér.  de  Coucou. 

Désconconnairo,  s.  f.  Dérameuse  de  cocons  :  ce  travail 
est  fait  ordinairement  par  des  femmes. 

Déacouconnaje,  s.  m.  Action  de  déramer  les  oocons. 

Déaconlèa,  èsso,  adj.  Sans  confession.  —  Mouri  dés- 
coufès,  mourir  sans  confession.  Autrefois  cela  signifiait: 
mourir  ab  intestat,  c'est-à-dire  sans  avoir  eu  le  temps  de 
faire  des  legs  pieux,  ce  qui  était  considéré  comme  un 
péché.  Aujourd'hui  cette  acception  est  sans  portée,  et  la 
phrase  n'est  connue  que  sous  la  première  acception. 

DéacouHa,  v.  Désenfler;  dégonfler.  —  Se  déêetm/ta,  se 
dégonfler,  décharger  son  cœur  d'un  poids  moral  qui  l'op- 
presse, soit  en  s'ouvrant  à  un  ami,  à  un  confident*  soit  en 
s'exhalant  en  pleura  ou  en  reproches. 

Dér.  de  Coufla. 

Déacongnéta,  v.  Enlever  on  perdre  la  cheville  on  le 
petit  coin  de  fer  qui  assujettit  un  outil  à  son  manche. 

Dér.  de  Cougnéta. 

Désconîfa,  v.  Décoiffer;  ôter  la  coi£fo  d'une  femme;  dé- 
ranger sa  coiffure.  —  Voy.  Déscagnouta. 


DES 


DES 


253 


Mr.  de  CcHifo. 

Détcoola,  V.  Décoller;  détacher  ce  qni  était  fixé  avec 
delà  ooUe. 

D6r.  de  Coula,  coller. 

Béseoiiléta,  «.  Décolleter;  rabattre  le  ool  de  son  habit, 
de  sa  chemiae.  —  Aquélo  râoubo  déieotdéio  ira,  cette  robe 
est  trop  décolletée,  elle  découvre  trop  les  épaules  ou  la 
poitrine.  An  fig.  donner  de  Fair,  de  la  liberté. 

Dér.  de  CwM. 

Déacomnanda,  v.  Gontremander;  retirer  une  commis- 
sion ou  une  commande  ;  décrocher,  dénouer  un  lien  quel- 
conque dont  l'extrémité  est  arrêtée.  Par  ext.  on  dit  :  »é 
déteaumanda,  de  tout,  objet  qui  de  lui-même  se  dénoue, 
se  désunit,  ou  se  déplace  de  la  position  où  il  était  fixé. 
Ainsi  :  Aquél  ro  gé  déâcoumando,  ce  rocher  perd  son  équi- 
libre, il  se  détache. 

Se  diseoumanda  signifie  encore  :  perdre  Taplomb,  la 
tramontane  ;  ne  savoir  plus  ce  qu'on  fait. 

Dér.  de  Coumanda» 

Déscounsoula,  ado,  adj.  Inconsolable;  affligé;  désolé. 

Dér.  de  Countoula. 

Déaconntugna,  v.  Discontinuer;  cesser;  suspendre  un 
travail,  une  entreprise. 

Dér.  de  Couniugna. 

Déacoiiraia,  «.  Décourager;  détourner  de  laire;  abattre 
le  ooorage;  faire  perdre  Tenvie  de... 

Dér.  de  Cùwroje, 

Déaconrda,  v.  Décorder,  enlever  les  cordes  d'emballage. 

Dér.  de  Courda. 

Déscourdôla,  v.  Délacer  un  corset. 

Dér.  de  CaurdUo. 

Détconrdiira,  v.  Découdre;  défaire  une  couture. 

Dér.  de  Courdura. 

Désconrdiiraduro,  s.  f.  Décousure,  qui  ne  doit  pas  être 
confondue  avec  une  déchirure,  ni  un  accroc;  mais  la 
ropture  du  point  de  couture. 

Déaconvèr,  s.  m.  Lieu  découvert,  sans  ombrage  ;  lieu 
exposé  au  soleil. 

Dér.  de  Couver, 

Déaconvèrto,  «.  /*.  Vide  ;  perte  ;  manque  ;  fuite.  —  Âquél 
komê  fax  utw>  bèlo  déteouvèrto,  la  mort  de  cet  homme  laisse 
un  grand  vide  dans  sa  famille.  FaXre  la  déteouvèrto  d'un  té, 
enlever  la  courte-pointe  d'un  lit  et  faire  déborder  le  drap 
sur  la  couverture,  ce  qui  se  dit  :  faire  la  couverture  du  lit. 

Déscouni,  v.  Découvrir;  enlever  la  toiture  d'une  mai- 
son pour  la  remanier. 

Son  part.  pass.  n'est  pas  déteouvèr,  mais  détcouvri» 

Le  part.  pass.  de  tous  les  verbes  réguliers  en  ï  accentué 
est  pareil  à  l'infinitif  :  règle  générale. 

Dér.  de  Couvri, 

Déscroadiéta,  v.  Décrocher;  déoocheter;  dégrafer; 
défaire  un  crochet  ;  détacher  une  agrafe. 

Dér.  de  CrouMla, 

Déaeroiiclioima,  v.  Couper  le  quignon  d'un  pain.—  Il  y 


a  de  l'indiscrétion  d'enlever  ainsi  la  croate  tout  autour  de 
ces  grands  pains  de  ménage  qu'on  appelle  Tourtot,  en  ne 
laissant  que  la  mie  du  milieu. 

Der.  de  CroucAoà. 

Détcronsta  ou  mieux  Eacronata.  —  V.  c.  m. 

Déacniaa,  v,  Écruer  du  fil  ou  de  la  toile;  leur  enlever 
cet  apprêt,  cette  raideur  qu'ils  ont  contractés  dans  le 
filage,  ou  l'espèce  de  colle  qu'on  donne  au  tissage. 

Dér.  de  Crut. 

Déscmsado,  s,  f.  Décrusement;  lavage  de  viande; 
bouillon  dans  lequel  la  viande  n'a  cuit  qu'à  demi,  clair  et 
sans  suc.  —  Lou  Ua  erén  la  déserusado,  le  blé  ne  réussit 
pas  bien  sur  des  couches  de  terre  trop  fraîchement  renou- 
velée et  que  l'air  atmosphérique  n'a  pas  eu  le  temps  de 
pénétrer.  Vno  deterumdo,  une  volée  de  coups  de  b&ton  ; 
une  perte  éprouvée  au  jeu,  ce  qui  se  dit  une  lessive. 

Déadénta,  ado,  adj.  Édenté,  qtli  a  perdu  ses  dents,  qui 
n'a  plus  de  dents. 

Dér.  du  lat.  Edentatus,  ro.  sign. 

Déadire,  v.  Dédire;  contredire;  désavouer;  afiîrmer 
contre  l'assertion  d'an  autre;  démentir.  —  Se  dé$dire,  se 
rétracter;  retirer  sa  parole. 

Dér.  de  Dire. 

Détdoobla,  v.  Dédoubler;  enlever  la  doublure. 

Dér.  de  Doubla. 

Déaémbanasta,  v.  Oter  les  paniers  d'un  b&t,  ce  qu'on 
nomme  les  Banastos. 

Dér.  de  Ètnbanatta. 

Déaémbarasaa,  v.  Débarrasser;  vider  un  ustensile 
quelconque,  dont  on  a  besoin,  des  objets  qu'il  contient 
déjà. 

Dér.  de  Émbarasêa. 

Déaémbaata,  v.  Oter  le  bat  d'un  cheval.  —  Se  déêém- 
baiia,  terme  de  jeu,  se  décharger  sur  un  nouveau  joueur 
de  consommations  perdues  avec  un  précédent. 

Dér.  de  Èmàatta. 

Déaémbonîa,  v.  Débrouiller;  démêler  les  cheveux,  des 
écheveaux  mêlés  et  entortillés;  débrouiller  une  affaire, 
l'élucider. 

Dér.  de  Ètnbouïa. 

Désémbriaîga,  i>.  Dégriser,  désenivrer. 

Dér.  de  Émbriaïga. 

Déaémpacha,  v.  Débarrasser.  —  Voy.  Désémbarasia  et 
Despacha. 

Dér.  de  Empocha. 

Désémpégooml,  v.  Laver,  nettoyer  quelque  chose  de 
poisseux;  démêler  des  cheveux  collés  par  la  sueur  ou  par 
tout  autre  corps  gras. 

Dér.  de  Èmpé^oumï. 

Déaèmpéita^  v.  Dépêtrer;  délivrer,  dégager. 

Dér.  de  Èmpêita. 

Désémpéaa,  v.  Désempeser;  enlever  l'empois  du  linge 
en  le  faisant  tremper. 

Dér.  de  Èmpésa, 


254 


DÈS 


DES 


Désémpésouli,  v.  r)«*'Ii\ror,  dr^harrassor  quelqu'un  do 
SCS  poux;  en  ilésinfccter  ses  habits. 

Dér.  de  ÈmjKsouli. 

Désémpouïsouna ,  v.  Guérir  quelqu'un  du  prison; 
désinlecler;  e\lirpf'r  les  ninu\ aises  herbes  d'un  champ, 
l'en  puri^er. 

Dér.  de  Knipouisoiina. 

Déséndourmi,  r.  Dégourdir;  tirer  quelqu'un  do  sa  lan- 
{;ueur,  de  sa  l<)rj):Mir,  d<'  reiig<eardisseineiit.  —  Dèséïtdnttrml 
soun  /*;',  dégourdir  sou  pied. 

Dér.  de  Èndourmi. 

Désénfanga,  v.  Débourber,  désendtourber;  tirer  du 
hourltier,  d'un  mauvais  pas,  d'une  position  fàclieuse  et 
pr'\sque  dési'S]>érée. 

Dér.  de  Ènfunga. 

Désénfiala,  r.  Désonfiioi-;  dépasser  le  fil  d'une  aiguille; 
dép'»uiiler  une  quenoniire  du  chanvre  prêt  à  filer. 

Di'r.  de  Fiala. 

Déscnfièïra  ou  Désénfièïréja,  v.  Sortir,  retirer  le 
bélail  du  champ  d^  foire,  suit  pour  livrer  c^lui  «pii  est 
vendu,  s^it  i)uu:*  raiiifin^r  celui  qui  ne  Te.stpas.  Par  e\t.  se 
dit  dt*  t'tute  marclinnilisiMjuV)!!  endialle  [tour  quitter  la  foire. 

Dér.  di'  iw</ic//«. 

Désénfounça,  r.  DélVmcer;  enlever  le  fond  d'une  futaille. 

Déi'.  d»'  Foiutça. 

Désénfourna,  ?;.  Défourner;  sortir  du  four  le  pain  ou 
autres  objets  mis  à  cuir<?. 

Dér.  de  l'nfoiinid. 

Déséngaja,  v.  Dégager;  retirer  un  objet  mis  en  gage; 
donu'M"  la  libellé,  l'ispact'  nécessaire  à  n\\  ol»jct  gêné  daiis 
S''s  mouvemcnls,  lr<tj)  resserré,  pris  et  retenu  à  la  gène; 
ronjpn.'  l'engagement  d'un  soldat. 

Dér.  de  liuijujd. 

Déséngavacha,  v.  Dégager  le  gosier  de  ce  qui  l'obstrue; 
faire  passin*  la  sullocalioii  provenant  d'un  corps  quelcon- 
qiii'  (]ui  a  pénétré  diins  la  Irachée-arlére,  ou  qui  a  picoté 
la  lue!t<s  df'^agt'r  une  clé  de  la  serrure  où  elle  ne  tourne 
pas;  an  fig.  dég.iger,  tin-r  d'embarras. 

Dér.  de  Enrjuvarha. 

Déséngourja,  v.  Dégorger  un  conduit  ou  une  honde 


angorgi.'e. 


Dér.  de  îlufjourja. 

Déséngrana,  v.  Écosser  des  pois  et  toute  sorte  de  légu- 
mes à  cosse  :  j)ar  ex  t.  délivrer  des  poux,  de  la  \ermine. 

Dér.  de  G  tan. 

Déséngrava,  v.  Enlever  le  gravier  que  les  eaux  ont 
entraîné  sur  un  champ. 

Dér.  de  Kngrava. 

Désêngruna  ou  Ëngruna,  v.  Égrainer,  égrapper  des 
raisins. 

Dér.  de  Crun. 

Désénïassa,  v.  Désaccoupler  du  linge  qu'on  met  en 
liasse  pour  le  passer  à  la  lessive. 

Dér.  de  Èmassa. 


Désénjassa,  i*.  Déliter  les  vers  à  soie;  leur  enlever  la 
vieille  litière  qui,  en  se  mêlant  à  leurs  excréments,  fer- 
mente et  peut  leur  causer  de  graves  maladies.  On  doit 
renouveler  celte  opération  aussi  souvent  que  possible: 
mais  elle  est  toujours  indispensable  au  moment  où  les  vers 
entrent  dans  une  de  leurs  mues,  parce  qu'alors  ils  restent 
cachés  dans  la  litière  pendant  le  travail  de  ce  déi^uille- 
ment,  d  si  elbî  était  échaufTée  par  la  fermentation,  elle 
augm<M»lerait  leur  njalaise,  qui  est  inie  sorte  de  fièvre,  et 
leur  Cl  institut  ion  en  serait  très-sensiblement  altérée. 

Di't.  dt;  Jas. 

Désénjassaje,  s.  m.  Délitage;  opération  de  déliter  les 
vers  à  soie. 

Déséntéra,  v.  Déterrer;  exhumer.  —  Sétnblo  un  desén- 
fcra,  il  a  la  figure  li\iile  et  terreuse  comme  celle  d'un 
déterré. 

Dér.  de  Entera. 

Dcséntourtivïa,  r.  Dét"»rlilier;  détordre  une  corde,  un 
Cordon. 

Dér.  de  Entntirdvùi. 

Désèr,  s.  ru.  Dés'H't;  solitude;  lieu  inhabité. —  Ana 
(km.  di'sèr,  aller  au  tjréche,  aux  assemblées  religieuses  pro- 
testantes qui  se  t<Miaient  aulnMois  dans  les  champs  et  dans 
les  lieux  les  j)lus  diserts  <'l  les  moins  fré(]uentés,  à  cause 
d('  la  persécution. 

Di'r.  du  lat.  Desererc,  abandonner. 

Désèr,  èrto,  (nlj.  Dé.M^rt;  iiibal-itè,  solitaire.  Au  fig.  qui 
est  aux  abois,  (pii  ne  sait  plus  où  donner  de  la  tète;  aban- 
donné. 

Désespéra,  ?•.  Désespérer;  perdre  l'espérance;  cesser 
d'espérer. 

Der.  de  ilspéra. 

Déséspéssési,  r.  Allonger  un  li(]uide  trop  épais;  éclair- 
cir  des  plantes  tro])  serrées. 

Dér.  de  Fsj)cssés}. 

Déséspouèr,  s.  w*.  Désespoir;  perte  de  toute  espérance. 

Dér.  de  l'.spoiièr. 

Déséstaja,  v.  Démonter  les  tables  des  vers  à  soie  qui 
sont  disposé(!s  en  étages  les  unes  sur  les  autres. 

Dér.  de  ÏCstaJa. 

Désfa,  acho,  afj.  et  jxirt.  jmss.  de  Dêsfaire.  Défait  :  le 
contraire  de  fait;  dénns,  disloqué,  luxé. 

Désfaïre,  r.  Défaire;  détruire  ce  qui  est  fait.  —  Désfatre 
lou  I'k),  déranger  le  feu;  l'éteindre  en  détisant  les  bûches. 
Désfuïre  las  oulivos,  pressurer  les  olives,  faire  de  l'huile  : 
pour  ce  dernier  objet,  on  dit  simplement  :  désfatre,  tout 
court. 

Dés  faire  dé  favos,  dé  pesés,  etc.,  ôcosser  des  fèves,  des 
pois,  etc.  Dasfaire  loas  coucous,  déramer  les  cocons.  Il  en 
est  pour  les  cocons  comme  pour  les  olives  :  quand  on  dit  : 
dêsfaire,  tout  court,  cela  veut  dire,  suivant  la  saison  ou 
suivant  les  précédents  de  la  phrase,  tantôt  déramer  les 
cocons,  tantùt  jiresser  les  olives  ;  cei)endant  désfatre  est 
plus  techniijue  pour  ce  dernier  o])jet  (jui  n'en  a  pas  d'autre. 


DÉS 


DES 


255 


Désfian  soun  hra$,  se  disloquer,  se  laxer  le  bras.  Sa  pas 
ni  faire,  ni  déêfaHre,  il  ne  sait  ni  lier,  ni  délier;  il  est 
toujours  indécis. 

Dér.  de  Fattv. 

Désfaaore,  séiro,  s.  m.  et  f.  Dérameur  des  cocons  ;  près- 
seur  des  olives. 

Désiata,  «.  —  Vay,  Èifata. 

Désfato,  t.  f.  Défrichement  partiel  ;  champ  nouvelle- 
ment défriché. 

Dér.  de  ùéêfaXre. 

Désfèci,  s.  m.  Ennui;  chagrin  concentré;  dégoût;  mal 
au  coBor.  —  L'amouroiis  désfèci,  Tamoureuse  langueur, 
défaillance  amoureuse,  ii^tid  faï  véni  Uni  désfèci,  c*est  hor* 
riblement  d^oûtant.  Lou  désfèci  m'arapo,  le  décourage- 
ment me  prend;  Tennui  m'assomme;  le  mal  au  cœur  me 
gagne.  Mé  fasès  véni  lou  désfèd,  vous  me  donnez  le  cau- 
chemar. 

Dér.  du  lat.  JDefieere. 

Désféndre,  v.  Défendre;  prohiber;  interdire. 

DésIénBO,  s.  f.  Défense,  prohibition.  —  Mètre  soun  bé 
en  désfénso,  défendre  aux  voisins  le  pacage  dans  ses  pro- 
priétés; renoncer  à  la  compascuité  :  ce  qui  s'indique  en 
marquant  avec  du  lait  de  chaux  des  pierres  ou  des  troncs 
d'arbres  qui  servent  de  bornes  au  champ  mis  en  défense. 

Dér.  du  lat.  JOefendere,  defensus. 

Bésléra,  v.  Déferrer,  ôter  les  fers;  détacher  un  fer  de 
dieval,  ou  la  ferrure  d'une  fermeture  quelconque,  d'une 
charrette,  etc.  —  Moun  dUval  se  désfèro,  mon  dieval  est 
déferré. 

Dér.  de  Fère,  fer. 

Béafèto,  s.  f.  Rixe  qui  a  de  nombreux  acteurs;  bagarre 
tumultueuse.  —  Â^'s  uno  désfèto,  ce  fut  une  fameuse 
mêlée. 

Ce  mot  vient  du  fr.  défaite,  dont  l'acception  est  détour- 
née. 

Désiièîa,  v.  Effeuiller;  enlever  les  feuilles  à  un  ari)re, 
à  une  plante  :  cela  se  dit  de  presque  tous  les  arbres,  ex- 
cepté du  mûrier.  On  l'emploie  surtout  pour  la  vigne  qu'on 
^feuille  quand  le  raisin  commence  à  mûrir,  dans  le  but  de 
hâter  et  d'augmenter  sa  parfaite  maturité. 

Dér.  de  Fièïo, 

Désligiira,  v.  Défigurer  quelqu'un;  lui  meurtrir  le 
visage;  le  rendre  méconnaissable. 

Dér.  de  Figuro, 

Oésiisa  (Se),  v.  Terme  de  jeu  d'enfants  :  suspendre  une 
partie;  se  mettre  un  instant  hor»  la  loi  du  jeu;  espèce 
d'armistice  pendant  lequel  les  adversaires  ne  peuvent  rien 
oitreprendre  contre  vous. 

Dér.  de  Fisa,  parce  que  par  l'acte  que  désigne  ce  verbe, 
on  rend  sa  foi  et  l'on  rompt  la  sienne  relativement  aux 
oonditions  du  jeu.  Le  joueur  qui  veut  faire  ainsi  dit  :  M'en 
déifiée;  c'est  4  peu  près  comme  le  j'adimbe  aux  jeux  de 
Irietrac  ou  des  échecs. 

Déiloilliça,  V.  —  Toy.  Désénfounça. 


Déafonrtano,  s.  f.  Malheur;  accident  malheureux;  in- 
fortune. —  JHou  nous  garde  dé  désfourtvno,  Dieu  nous 
préserve  de  malheur.  Dé  pôou  dé  désfourtuno,  crainte 
d'accident. 

Dér.  du  lat.  Fortuna. 

DésMsa,  V.  Défriser,  défaire  la  frisure.  Au  fig.  con- 
trarier, dépiter;  désenchanter;  désappointer.  —  Âguà  mé 
désfriso,  cela  me  défrise,  me  contrarie,  change  ma  joie  en 
tristesse.  La  frisure  étant  un  signe  de  fête,  de  gala,  la  per- 
dre, l'abattre  est  un  signe  de  deuil  et  de  désappointement. 

Dér.  de  Frisa. 

DéagàoucM,  v.  Dégauchir  ;  dresser  à  la  hache  un  bloc 
ou  une  pièce  de  bois,  c'est  à  dire  lui  enlever  tout  ce  qui  est 
irrégulier  et  gaudie.  —  On  dit  par  ext.  triviale  et  badine 
d'un  appétit  solide  :  désgâouehis  pas  mâou  un  moueèl, 
comme  dans  le  môme  style,  en  fr.  on  dit  :  il  ne  décrotte 
pas  mal. 

Dér.  de  Gàouche. 

Désgâoula,  v.  Détruire,  efiacer  le  jable  d'un  tonneau, 
c'est  à  dire  la  mortaise  des  douves  dans  laquelle  se  jointe 
la  pièce  de  fond. 

Dér.  de  Gàoule. 

Déagami,  v.  Dégarnir;  détaler;  ôter  ce  qui  garnit. 

Dér.  de  Gamï. 

Déagouiado,  s.  f.  Péj.  JHsgouiadasso.Qommètt  débraillée 
et  libre  dans  ses  paroles  et  ses  gestes.  —  Voy.  Dégouïado. 

Désgoùs,  s.  m.  Dégoût;  manque  d'appétit;  aversion, 
répugnance  pour  un  aliment.  —  Lou  désgoùs  m'arapo,  je 
commence  à  éprouver  du  dégoût  ;  tout  ce  que  je  mange  me 
parait  insipide  ou  amer. 

Dér.  de  Gous, 

Déagonsta,  v.  Dégoûter;  inspirer  du  dégoût.  Au  fig. 
détourner  d'un  projet,  dégoûter  de  ce  qu'on  a. 

Désgrouasa,  v.  Dégrossir;  ébaucher  un  ouvrage. 

Dér.  de  Gros, 

Déaliabia,  v.  Déshabiller;  ôter  à  quelqu'un  ses  habits. 
—  Déshaifia  Pière  pér  halna  Jan,  déshabiller  Pierre  pour 
habiller  Jean,  dépouiller  l'un  pour  vêtir  l'autre. 

Dér.  de  Habta, 

Désliabiè,  s.  m.  Déshabillé,  sorte  de  spencer  de  femme 
d'une  étoffe  différente  de  la  jupe,  connu  aujourd'hui  sous 
différentes  dénominations  que  la  mode  a  multipliées,  mais 
désignant  toi:yours  un  négligé  du  matin,  comme  le  mot  le 
dit  assez. 

Déûa,  ado,  adj.  Dérjoint.  —Se  dit  d'un  vaisseau  formé 
de  douves,  lorsque  la  sécheresse  les  déjoint.  —  Voy.  AdélL 

Dér.  de  la  ou  Lïa,  lier. 

Déajala,  v.  Dégeler:  activ.  fondre  la  glace,  la  neige; 
neutre,  cesser  d'être  gelé.  —  Désjalo,  le  dégel  est  arrivé. 

Dér.  de  Jala. 

Désjaladoà,  s.  m.  Ne  s'emploie  que  dans  le  sens  et  sous 
la  forme  d^  un  bon  déttjaiadoù,  pour  dire  un  bon  et  grand 

feu. 

»,  V.  Dételer  les  hôtes  de  labour.  —  As  désjoun 


356 


DES 


DES 


tro  lèou,  ta  as  dételé  trop  tôt;  ta  as  fait  ton  attelée,  ta 
séance  de  labour  trop  courte. 

Dér.  de  Jougne, 

Désionn,  cho,  part.  pass.  de  Désjongne.  Dételé. 

Déslassa,  t;.  Délasser;  ôter  la  lassitude;  reposer  d*une 
fatigue;  récréer. 

Dér.  de  Lcusa, 

Déslia,  V,  Délier;  défaire  ce  qui  lie;  détacher  un 
nœud,  un  lien.  Au  fig.  absoudre,  dégager  d'une  parole 
donnée. 

Dér.  de  Lïa, 

Déamaîra,  v.  Enlever  d'auprès  de  sa  mère.  —  Désnu^ra 
dé  pasturo,  éparpiller  sur  le  pré  du  fourrage  qui  s'est  agglo- 
méré en  séchant,  ou  par  la  pluie  qui  a  coITé  les  tiges  les 
unes  aux  autres.  Désmàira  dé  irufos,  couper  la  plante  des 
pommes  de  terre  pour  les  faire  mûrir  plus  vite. 

Désmaîra,  ado,  parr.  jDa«5.  Dépaysé:  triste  et  inquiet 
de  ne  plus  retrouver  ses  habitudes,  qui  sont  aussi  chères 
qu'une  mère. 

Dér.  de  Haïre. 

Désmaîssa,  ado,  adj.  Qui  a  la  mâchoire  cassée;  par 
ext.  édenté. 

Dér.  de  MaUso. 

Désmama,  v.  Terme  de  magnanerie. 

Après  que  la  plus  grande  partie  des  vers  à  soie  sont 
montés  à  la  bruyère,  il  ne  reste  sur  les  tables  que  les  plus 
paresseux  ou  les  derniers  venus  et  les  invalides.  Trois 
jours  après  que  la  bruyère  a  été  donnée,  on  enlève  tous 
ces  vers  :  on  sépare  les  valides  des  invalides  et  l'on  réunit 
les  premiers  sur  une  ou  plusieurs  tables  réservées  à  cet 
effet.  On  trouve  un  avantage  à  cette  opération.  D'abord  les 
vers  ainsi  isolés  de  leurs  confrères  maladifs,  éloignés  de 
cette  litière  infecte  qu'on  ne  peut  plus  renouveler  une  fois 
qu'on  a  ramé ,  se  portent  mieux  et  achèvent  leur  œuvre 
avec  plus  de  chances  de  santé.  Ensuite,  il  faut  une  moins 
grande  quantité  de  feuille,  et  moins  de  perte  de  temps, 
pour  leur  donner  à  manger,  que  lorsqu'ils  sont  épars  sur 
toutes  les  tables.  Si  d'ailleurs  on  attendait  que  ces  retar- 
dataires montassent  sur  la  bruyère  où  déjà  leurs  confrères 
plus  hâtifs  ont  commencé  leurs  cocons,  ceux-ei  seraient 
achevés  bien  avant  les  lents  et  courraient  risque  de  par- 
paiouna  avant  que  Ton  pût  déramer,  ou  les  autres  ne 
seraient  que  des  douméisèlos,  si  on  hâtait  le  déraroage  — 
Voy.  Douméisèlot  et  Parpaïouna. 

C'est  cette  opération  qu'on  appelle  Désmama. 

Dér.  de  Mamo,  mère. 

Désmamadoros,  s,  f.  plur,  La  portion  des  vers  à  soie 
retardataires  qu'on  a  séquestrés  par  l'opération  ci-dessus 
décrite  ;  les  cocons  produits  par  ces  vers  et  qu'on  dérame 
ordinairement  plus  tard  que  les  autres. 

Désmancha,  v.  Démancher;  6tef  le  manche  à  un  outil 
ou  à  un  instrument;  détraquer;  déranger.  —  Ma  pioio  $'ét 
désmanchado,  le  manche  de  ma  cognée  s'est  détaché  ;  ma 
cognée  s'est  démanchée.  Aquélo  partido  §'4$  désmanehado. 


cette  partie  de  plaisir  a  manqué  :  elle  s'est  démanchée, 
ditron  familièrement  en  fr. 

Dér.  de  Manche. 

Désmantîa,  v.  Démantibuler,  en  parlant  d*un  meuble 
ou  d'une  pièce  d'assemblage  ;  détraquer. 

Dér.  du  lat.  Mandibulum,  mâchoire. 

Désmahouna,  v.  Décarreler;  enlever  le  carrelage  d'un 
appartement. 

Dér.  de  Makoù  ou  Maoit, 

Désmarida,  v.  Démarier;  déclarer  un  mariage  nul; 
séparer  judiciairement.  —  Se  désmarida,  divorcer. 

Désmaridaire,  s.  m.  C'est  un  être  de  raison,  un  per- 
sonnage hypothétique;  un  dicton  est  resté  sur  lui  :  Se 
lou  désmaridaire  passavo,  âouriè  fosso  pratiquas,  si  le  dé- 
marieur passait  par  ici...,  il  aurait  de  nombreux  chalands. 
La  phrase  ne  dit  pas  la  proportion  entre  les  hommes  et  les 
femmes  qui  en  seraient  le  plus  satisfaits. 

Désmémouria,  v.  Faire  perdre  la  mémoire;  rendre  fou. 

Dér.  de  Mémouèro,  qu'on  disait  autrefois  mémorio. 

Désméscoula ,  v.  Casser,  enlever  la  hoche  d'un  fuseau. 

Dér.  de  MéscotUo. 

Désmoanta,  v.  Démonter;  désassembler;  démonter  une 
charrue,  une  horloge,  un  meuble,  etc.  Au  fig.  calmer, 
apaiser;  troubler,  déconcerter.  —  S*és  mounta  gué  se  dés- 
monte,  s'il  est  en  colère,  s'il  a  la  tête  montée,  qu'il  se  calme 
de  lui-même.  Aquà  mé  désmonto,  cela  me  met  hors  de  moi. 

Dér.  de  Mounta. 

Désmoura,  v.  Couper  la  figure;  casser  le  museau,  le 
nez,  le  groin  d'un  porc;  égueuler  un  broc,  une  cruche. 

Dér.  de  Moure, 

Déanasa,  v.  Couper  le  nez  à  quelqu'un.  —  Se  désnasa, 
se  caiBser  le  nez  en  tombant  ou  en  se  heurtant  contre  un 
corps  dur. 

Dér.  de  Ifas. 

Désnougaîa,  v.  Ecaler  des  noix.  Par  ext.  disloquer, 
luxer,  désarticuler.  —  Se  désnougaîa  lou  hras,  iou  pougné, 
la  eavïo,  etc.,  se  déboiter,  se  disloquer  le  bras»  le  poignet, 
la  cheville,  etc. 

Dér.  de  Nougaïo. 

Désnousa,  v.  Dénouer,  défaire  un  nœud. 

Dér.  de  Noîa. 

Désoongla  (Se),  v.  S'arracher  les  ongles,  soit  en  ser- 
rant fortement  un  corps  dur,  soit  en  forçant  on  en  les 
rongeant.  Au  fig.  travailler  avec  ardeur. 

Dér.  de  Ounglo. 

Désoula  (Se),  v.  Se  désoler,  être  pris  d'une  afiliction 
extrême. 

Dér.  du  lat.  Desolare,  m',  sign. 

Désoussa,  v.  Désosser;  déchamer. 

Dér.  de  Os,  osses. 

Déspacha,  v.  Débarrasser;  dégager  de  ses  entraves ^oy. 
Désempaeha,  DésémbarastaJ.  —  Se  déspaéka,  ^se  dépêcher; 
se  hâter;  se  débarrasser  de  ce  qui  entrave  fVoy.  S'en* 
tanchaj. 


DES 


DÉS 


957 


Dér.  de  la  bass.  lat.  Depedieare,  corrap.  de  Expêdire, 
m.  sign. 

Déspaîa,  v.  Enlever  la  paille  on  le  jonc  qui  fonoe  le 
siège  d*iiiie  chaise. 

Dér.  de  Pato. 

Déspampa,  Déspampana  ou  fispampa,  fispampana, 
V,  Epamprer  la  vigne,  ébourgeonner  les  pousses  sauva- 
geonnes d'un  jeune  plant  nouvellement  greffé.  —  On  le 
dit  surtout  pour  la  vigne  et  le  mûrier.  —  Voy.  Pampa. 

Dér.  du  lat.  Pampinus,  pampre,  bourgeon. 

Déspampanaduro,  s,  f.  Pampres  ou  bourgeons  dôta- 
diés  de  la  tige. 

Déspampanaîre,  f.  m.  Epampreur,  ébourgeonneur. 

Déspantonia,  v.  Démaillotter;  dépouiller;  débrailler. — 
Se  degpantou'ia,  se  débrailler,  se  mettre  à  l'aise  dans  ses 
vêtements;  quitter  des  habits  qui  gênent  ou  les  lâcher. 

Dér.  peut-être  du  lat.  Spoliare,  dépouiller,  ou  du  grec 
IlâcvT^ç,  tout,  avec  la  particule  privative.  Cependant  la  pre- 
mière racine  parait  plus  naturelle.  Dégpantouïa  n'est  qu'une 
sorte  d'augmentatif  de  Déspouta,  qui  vient  évidemment  de 
Spoliare.  N'y  aurait-il  pas  aussi  quelque  rapprochement  à 
faire  avec  Pannus,  étoffe,  combiné  avec  la  particule  abstrac- 
tive  et  l'action  du  verbe?  Il  est  assez  difiQcile  de  se  pro- 
noncer sur  ce  mot  d'ailleurs  pittoresque. 

Dêspâoupa  (Se),  v.  Se  démettre,  se  disloquer,  se  luxer 
on  membre. 

Dér.  du  lat.  Palpa,  le  plat  de  la  main.  Ce  verbe  ne 
s'appliquait  sans  doute  qu'à  la  luxation  de  la  main  ou  du 
poignet;  il  a  étendu  son  acception  à  toutes  les  articula- 
tions. 

Déspâoupérla,  v.  Arracher  les  cils  des  paupières  :  au 
fig.  éblouir  au  point  de  faire  perdre  la  vue;  brûler  les 
yeux,  arracher  les  yeux.  —  Faï  un  sourél  gué  déipâoU" 
pèrlo,  le  soleil  est  si  fort  qu'il  brûle  les  paupières.  Plouro 
que  se  déMpàoupèrlo,  il  pleure  à  chaudes  larmes,  à  en  per- 
dre les  yeux. 

Dér.  de  Pàoupèrlo. 

Déspar  (A),  adv.  A  part;  de  côté;  séparément.  —  Mitre 
à  déspar,  mettre  de  côté,  en  réserve. 

  déspar  d'aquà,  à  l'exception  de  cela.  Déspar  aquà, 
outre  cela. 

Dér.  du  lat.  Dipartire,  diviser,  partager. 

Désparâoula,  v.  Couper  la  parole  à  quelqu'un,  le  rendre 
muet,  le  réduire  au  silence,  l'interdire.  —  Se  désparâotda, 
perdre  haleine  à  force  de  parler;  s'enrouer  à  babiller;  par 
ext.  se  hâter,  se  presser.  Aquél  toupi  botd  que  se  détpa- 
râoulo,  ce  pot  bout  à  grosses  ondes. 

Dispardo^/da  pris  adjectivement  signifie  :  prodigieux,  qui 
passe  ce  qu'on  en  peut  dire.  C'est  le  mot  lat.  ineffalnlis, 
oa  infandum, 

Dér.  de  ParAoulo. 

Déaparla,  v.  Déraisonner;  parler  hors  de  propos;  extra* 
vaguer. 

Dér.  de  Parla. 


i      Déspaasa,  v.  Défiler;  dépasser  une  aiguille  enfilée,  une 
aiguille  à  tricoter. 

Dér.  de  Ptusa. 

Déspéça,  v.  Découper;  dépecer  une  volaille,  un  quartier 
de  viande.  On  se  sert  de  Espéça  (Voy.  c.  m.)  pour  dire  : 
dépecer,  détailler  du  bois. 

Dér.  de  Pèço, 

Déspécoma,  v.  Casser,  rompre  les  barreaux  d'une 
chaise,  les  pieds  d'un  siège  ou  d'un  meuble. 

Dér.  de  Pécoul. 

Déspéîtrina  (Se),  v.  Se  découvrir  la  poitrine  ;  se  dé- 
brailler. 

Déspêitrina  pris  adjectivement,  débraillé,  qui  a  la  gorge 
et  la  poitrine  découvertes. 

Déapén,  s.  m.  Dépense;  coût;  frais.  —  Lous  magnat 
porlou  bien,  mais  fan  foço  déspén,  les  vers  à  soie  sont  un 
bon  produit,  mais  ils  exigent  beaucoup  de  frais. 

Dér.  du  lat.  Dispendium,  m.  sign. 

Déspénja,  r.  Décrocher  ce  qui  est  pendu  ou  suspendu. 
—  Sémblo  tin  déspénja,  il  a  une  figure  patibulaire. 

Dér.  de  Pénja. 

Déspénsa,  v.  Dépenser;  employer  son  argent  à. . .,  en 
général,  mal  à  propos. 

Dér.  du  lat.  Dispendere,  m.  sign. 

Déspénaiè,  alèiro,  adj.  Dépensier;  prodigue;  qui  en- 
traine de  la  dépense.  —  Lous  boules  soun  pas  chèrs,  mait 
soun  bien  déspénsiès,  les  champignon  ne  sont  pas  chen, 
mais  ils  le  deviennent  par  l'assaisonnement  qu'ils  exigent. 

Déspénso,  s.  f.  Dépense,  ce  que  l'on  débourse  ;  l'opposé 
de  la  recette  ;  argent  dépensé  ;  dépense,  lieu  où  l'on  serre 
les  provisions  de  table  ;  garde-manger.  —  La  déspénso  est 
pour  la  cuisine  du  petit  bourgeois  et  du  paysan,  ce  qu'est 
l'oflEice  ou  la  salle  à  manger  d'une  grande  maison,  c'est-à- 
dire  un  appartement  de  décharge  pour  certaines  provisions 
de  table.  AguH  ottstàou  faï  fosso  déspénso,  cette  maison 
fait  beaucoup  de  dépense. 

Déspésqna  (Se),  v.  Se  dépêtrer  d'un  bourbier,  d'une 
mare  ;  au  fig.  se  débarrasser  d'un  fâcheux  ;  se  tirer  d'une 
affaire  mauvaise  ou  difficile. 

Dér.  de  Pésqua,  mettre  le  pied  à  l'eau. 

Déspéatîa,  v.  Dépouiller  ses  habits  un  à  un;  au  fig.  Se 
déspéstia,  sortir  d'embarras,  se  désenchevêtrer,  se  dépêtrer. 

Dér.  de  Espés,  se  tirer  de  quelque  chose  d'épais. 

Déspichoùs,  chouno,  adj,  Quinteux;  tatillon;  boudeur; 
dédaigneux  ;  qui  se  fâche  de  rien  ;  qui  a  trop  de  suscepti- 
bilité ;  difficile  pour  son  manger  comme  le  rat  d'Horace. 

Dér.  du  lat.  Despieere,  mépriser,  dédaigner. 

Déapièi,  adv.  —  Voy.  DémpiUi  et  Désempiêi. 

Désplure,  V.  Déplaire,  mécontenter;  être  désagréable, 
le  devenir. 

Le  V.  fr.  n'a  qu'un  régime  indirect  :  il  a  déplu  au  public; 
le  lang.  a  son  régime  direct  :  foàu  pas  désplaïre  Unm  péro, 
il  ne  faut  pas  mécontenter  ton  père, 
j      Dér.  de  PlaXre. 

SI 


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DÉS 


DÉS 


Désplanta,  v.  Déplanter;  transplanter  on  arbre,  on 
arbuste  ;  repiquer  une  plante. 

D6r.  de  Planta. 

Déspléga,  v.  Déployer;  étaler  sa  marchandise;  déplier, 
étendre  ce  qui  était  plié;  décoiffer,  enlever  la  coiffure 
d*une  femme,  car  celle  d'un  homme  n'est  jamais  serrée  et 
ployée  autour  de  la  tète. 

Si  déspléga,  quitter  sa  coiffe  pour  se  recoiffer,  on  quitter 
son  bonnet  de  jour  pour  celui  de  nuit» 

Dôr.  de  Pléga. 

Désplissa,  v.  Déplisser;  défaire  les  plis;  chiffonner. 

Dér.  de  Plîsta. 

Déspluga,  v,  Oter  le  bandeau  qui  couvre  les  yeux;  en- 
lever les  lunettes  des  chevaux  qui  foulent  le  grain  {Voy, 
PtugotJ.  —  Déspluga  sons  ïèls,  ouvrir  les  yeux. 

Dôr.  de  Pluga. 

Déspoîo,  s.  f.  Dépouille,  défroque;  vêtements  que  Ton 
quitte;  mobilier;  bien  qui  compose  une  succession. 

Dér.  du  lat.  Spolia,  dépouilles. 

Déspougne  (Se),  v.  Cesser  de  pondre  :  ce  qui  arrive 
aux  poules  dans  les  grands  froids  et  dans  leur  temps  de  mue. 

Dér.  de  Pottgne, 

Déspouîa,  V.  Dépouiller;  déshabiller;  exproprier.  — 
s'és  déspouîa  dé  tout,  il  a  fait  cession  générale  de  ses  biens 
à  ses  créanciers  ;  ou  bien  il  en  a  fait  donation  à  ses  enfants 
par  un  partage  anticipé.  Aquéles  fouséls  se  déspouïou  qu*és 
un  plési,  ces  cocons  se  dépouillent,  se  dévident  que  c'est 
un  charme.  —  On  ditdes  cocons  qu'ils  se  dépouillent,  lors- 
qu'ils dévident  toute  leur  soie  et  qu'ils  laissent  bien  à  nu 
la  chrysalide,  sans  cette  pellicule  souvent  trop  déliée  pour 
être  filée  et  qui  produit  ce  qu'on  appelle  VÉstrai. — F.  c.  m, 

Dér.  du  lat.  SpoUan. 

Béspouncha,  v.  Épointer;  émousserla  pointe,  la  casser. 

Dér.  de  Apouncha, 

Déspouténcia,  mieux  Espouténcia,  v.  — Voy,  c.  m. 

Désprouvési  (Se),  v.  Se  dessaisir,  se  dégarnir;  vendre 
ses  bardes  ou  son  linge,  les  donner  ou  ne  pas  les  renou- 
veler quand  ils  sont  usés;  se  laisser  au  dépourvu. 

Dér.  de  Prouvési. 

Dès  que,  conj.  Puisque:  du  moment  que.  —  Dès  que 
aquo  es  coumo  aquà,  du  moment  qu'il  en  est  ainsi.  Dèsqué 
ou  voulés  pas,  se  ^ara  pas,  puisque  vous  ne  le  voulez  pas, 
ça  n'aura  pas  lieu. 

Désqné,  5.  m.  dim.  Gorbillon;  petite  corbeille  d'ouvrage 
en  osier. 

Dim.  de  Désquo. 

Désquîa,  v.  Abattre  des  quilles  au  jeu  de  ce  nom.  Au 
fig.  abattre  ce  qui  est  perché  ou  droit;  tuer.  —  Désqitk'a 
un  doussèl,  un  home,  abattre  un  oiseau,  un  homme,  d'un 
coup  de  fusil  ou  d'un  coup  de  pierre. 

Dér.  de  Quto. 

Désquo,  s.  f.  dim.  Désquéto.  Grande  corbeille  en  osier 
dont  on  se  sert  pour  porter  du  linge  à  blanchir  à  la  rivière, 
ou  dos  fruits  et  des  denrées. 


Dér.  du  lat.  Diseus,  disque,  plat. 

Désqaoua,  v.  Ck>uper  la  queue  à  un  animal  ;  caaMr  la 
queue  ou  anse  d'un  ustensile. 

Dér.  de  Que,  queue. 

Déarénqua,  v.  Éreinter;  casser  les  reins.  —  Es  détrén- 
*fma,  il  a  l'épine  dorsale  déboitée.  ^ 

Dér.  de  Béns. 

Désribla,  v.  Dériver  ;  casser  ou  redresser  la  rivuie  d*un 
clou,  d'une  pointe. 

Dér.  de  RiUa. 

DésronYîa,  v.  Dérouiller;  enlever,  efboer  la  romlle; 
nettoyer,  polir  un  instrument  en  fer. 

Dér.  de  MauvXa, 

Déssabnnla  ou  Sabranla,  v.  Ébranler  en  secouant 
fortement. 

Ce  mot  est  une  corruption  ;  il  devrait  être  en  e£fel  :  Dm- 
ioubranda,  secouer  par  dessous,  car  sa  racine  est  sous, 
sou,  et  branda. 

Dessala,  v.  Dessaler;  ôter  le  sel;  taire  tremper  un  mets 
salé  pour  lui  faire  perdre  le  sel. 

Dér.  de  Sala. 

Déssaparti»  v.  Spécialement  séparer  des  combattants, 
soit  qu'ils  se  battent  à  des  armes  honorables,  soit  à  coups 
de  poings,  soit  en  se  prenant  aux  cheveux. 

Dér.  du  lat.  DisparUH,  diviser. 

Dôsséla,  V.  Enlever  la  selle  d'un  cheval. 

Dér.  de  Sèlo» 

Déssèr  ou  Dissèr,  s,  m.  Dessert;  fruits  servis  sur  la 
table  après  les  viandes;  moment  de  les  servir.  Le  prvb. 
dit  :  Entre  Pasquo  et  Pantécousto,  lou  déssèr  es  uno 
erousto;  entre  ces  deux  fêtes  la  saison  des  fruits  n'est  pas 
encore  arrivée,  il  n'y  a  qu'à  grignoter  une  croûte  de  pain 
pour  dessert. 

Déssoastéra,  v.  Déterrer  ;  creuser  sous  terre  ;  creuj«r 
sous  un  arbre,  sous  un  mur  pour  le  renverser.  Au  fig. 
réveiller  des  querelles,  des  difficultés  depuis  longtemps 
éteintes  ou  enfouies.  —  Déqué  vaï  déssoustéraf  Pourquoi 
aller  réveiller,  faire  revivre  des  questions  irritantes,  des 
propos  oubliés? 

Formé  de  Déssouto,  sous,  et  de  Tèro,  terre. 

Déssouto,  adv.,prép.  et  s.  m.  Sous  ;  dessons  ;  au  dessous; 
le  dessous.  —  Qudou  aguè  lou  déssouto?  Qui  eut  le  dessons? 
Lou  déssouto  d*un  àoubre,  le  dessous  d'un  arbre. 

La  différence  entre  Déssouto  et  Souto,  c'est  que  ce  der- 
nier est  toujours  préposition  simple  et  ne  marche  pas 
sans  régime.  Déssouto  est  tantôt  préposition,  tantôt  adverbe, 
tantôt  substantif.  Soulo  ne  figure  jamais  à  la  fin  d*un 
membre  de  phrase,  parce  qu'il  est  toujours  suivi  d'un 
régime  ;  Déssouto  s'y  rencontre  souvent  adverbialement  ou 
substantivement.  —  Voy.  Souto. 

Dér.  du  lat.  De  et  Sub,  de  dessous. 

Déssubre,  ou  Dessus  adv.,  prép.ei  s.  tn.  Sur;  dessus: 
par  dessus;  le  dessus.  —  Voy,  Sus. 

Dans  les  hautes  Cévennes  on  dit  :  Déssoubre. 


DES 


DES 


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D6r.  da  lat.  De  aiper,  m.  sign. 

Oému,  adv.,  prép.  et  f.m.  Le  môme  que  le  procèdent. 

Dé-sns^éiiHraB,  adv.  En  effleurant  la  surface,  le  desaos; 
en  èciémant;  en  étant  la  saperficte  seulement. 

Déstanqua,  v.  Débâcher  une  porte;  enlever  la  barre  à 
coulisse  qui  la  ferme  intérieurement. 

Dér.  de  Tanquo. 

Désiapa,  v.  Déboucher;  débonder;  découvrir  un  vais- 
seau fermé  par  en  haut,  par  un  bouchon. 

Dér.  de  Tapa, 

Déataqna,  v.  Détacher;  délier;  enlever  les  liens. 

Dér.  de  Èêîaqua. 

Déstégne,  v.  Déteindre. — ^Se  dit  d*une  mauvaise  teinture 
qui  a'effiice  en  lavant,  ou  qui  déteint  sur  le  linge  ou  le 
corpa. 

Dér.  de  T^ftir. 

Désiégnigu,  ndo,  part,  pou,  de  Déstégne,  Qui  a  déteint. 

Déstérmina,  v.  Exterminer,  détruire;  Mre  périr  entiè- 
rement. —  Se  déêtérnUna,  se  déchirer,  se  blesser  griève- 
ment en  tombant  ou  en  se  battant.  Es  tout  déstérmna,  il 
est  tout  meurtri. 

Un  déâtérmina,  un  déstérminadas ,  un  évaporé;  un 
homme  violent,  emporté,  que  rien  n'arrête. 

Dér.  du  lat.  Ext^rminarê,  bannir,  exiler;  défigurer. 

DéfftMta«  V,  Étèter;  couper  la  tète  à  un  arbre,  le  cou- 
ronner. —  Voy,  Éteabaua, 

Dér.  de  Tèsto. 

Dèstéta,  V.  Sevrer  un  enfant,  l'éloigner  de  sa  nourrice. 
—  On  dit  d'un  gros  mangeur  :  Pauran  lou  déstéta  quan 
vouran,  que  manjo  tout  soiU,  on  peut  le  sevrer,  il  se  nour- 
rit snflBsamment. 

Dér.  de  Tété, 

Déatétadoù,  donne,  adj.  Qui  est  en  âge  d'être  sevré; 
qui  peut  se  passer  de  sa  nourrice. 

Oéstimbourla,  v.  Détraquer  le  cerveau;  troubler  l'es- 
prit. —  Un  déstimbourla,  un  écervelé,  une  tète  éventée; 
un  cerveau  timbré. 

Dér.  de  TimbowrU, 

DéstOBse,  V,  Détordre;  dégarotter  une  corde  d'embal- 
lage. 

Dér.  de  Tosse. 

Déstourba,  v.  Interrompre  quelqu'un  dans  son  occu- 
pation; distraire  l'attention;  détourner  d'un  projet. —  Dés- 
lotirèo  té  d'aquà^  éloigne  ces  idées  de  ta  tète.  S'és  déstourba 
d'aqméio  fio,  il  a  cessé  ses  relations  avec  cette  fille,  il  s'est 
distiait  de  cette  inclination. 

Dér.  du  lat.  Deturbare,  chasser,  renvoyer. 

Déstourbe,  s.  m.  Interruption;  contre-temps;  empêche- 
ment; obstacle;  incident;  embarras;  sujet  de  distraction; 
dérangement.  —  Manquo  pas  déstourbê,  ce  ne  sont  pas  les 
oontie-temps  qui  manquent.  Sans  déstourbê  y-anarax 
démon,  sans  empêchement  j'irai  demain.  Sans  déstourbê 
tendra  dé  cent  ans,  s'il  ne  lui  arrive  quelque  fâcheux  acci- 
dent il  vivra  jusqu'à  cent  ans. 


Déatratre,  v.  Distraire  ;  détourner,  dans  le  même  sens 
que  Déstourba.  —  Ses  déstra  d'aquélo  pio,  il  a  oublié  sa 
maltresse. 

Dér.  du  lat.  Distrahere,  arracher,  faire  sortir,  distraire. 

Déstrantaia,  v.  Détraquer,  démantibuler. —  Se  dit  par- 
ticulièrement d'un  ouvrage  mécanique,  comme  une  hor- 
loge, une  serrure,  etc. 

Dér.  de  Trantaïa.  Cette  fois  le  composé  n'est  pas  le  con- 
traire du  simple,  malgré  la  particule  dés,  Trantaïa  veut  dire 
branler,  vaciller.  Il  est  l'effet,  et  Déstrantaïa  la  cause.  La 
partie,  dés  est  explêtive  ou  plutôt  coactive,  Déstrantaïa 
étant  proprement  faire  trantaïa. 

Déatrâou,  s,  f.  Grande  hache  de  charpentier. 

Il  semble  que  cette  acception  est  toute  contraire  â  son 
étymologie,  qui  annonce  une  hache  qu'on  manie  de  la 
main  droite,  c'est-à-dire  d'une  seule  main,  tandis  que  la 
hache  de  charpentier  exige  remploi  des  deux  mains.  Mais 
la  déstràou  a  été  autrefois  la  hache  d'armes,  la  fameuse 
besaiguë  des  Sicambres,  qu'on  ne  maniait  que  d'une  main, 
puisque  c'était  une  arme  de  cavalier,  quoiqu'elle  fût  forte 
et  très-lourde. 

On  serait  presque  tenté  de  voir  dans  ce  mot  Déstràou 
la  racine  du  fr.  Destrier,  cheval  de  bataille  des  anciens 
guerriers,  en  opposition  au  palefroi,  qui  était  la  monture 
des  dames  et  des  voyageurs  paisibles.  Certains  glossateurs, 
et  Vossius  entre  autres,  veulent  bien  le  dériver  de  Deœte- 
Hties,  adresse,  dextérité;  mais  cette  analogie  est  bien 
flasque  pour  une  époque  où  l'on  ne  donnait  guère  pour 
racine  à  des  objets  frappants  et  usuels,  de  simples  qualités 
morales  et  peu  déterminées.  Il  n'y  a  pas  moyen  non  plus 
d'attribuer  cette  origine  à  la  main  droite,  dextera;  car  à 
coup  sûr  on  ne  manœuvrait  pas  un  destrier  de  la  main 
droite,  qui  était  indispensable  pour  combattre,  et  nous  ne 
sachons  pas  que  les  Francs  et  les  Sicambres  fussent  gau- 
chers. Il  ne  serait  donc  pas  impossible  que  Destrier  signi- 
fiât le  cheval  qui  porte  la  hache  d'armes,  la  déstràou.  Il  ne 
faut  pas  que  le  français  s'effarouche  de  cette  prétention  ;  il 
avait  peut-être  lui  aussi  un  terme  analogue  pour  désigner 
cette  arme,  et  ce  terme  peut  s'être  oblitéré. 

On  sentira  que  ceci  n'est  point  une  assertion,  mais  une 
simple  induction  que  nous  a  fait  tirer  le  rapport  de  l'arme 
au  cheval,  et  le  manque  d'origine  positive  du  mot  destrier, 
qui,  au  fond,  ne  nous  regarde  pas.  Cependant,  pour  être 
juste  avec  tout  le  monde,  nous  conviexidrons  qu'à  Nimes, 
par  exemple,  Déstràou  est  le  terme  générique  de  la  hache 
de  quelle  espèce  qu'elle  soit;  car,  dans  son  dialecte,  le  mot 
Piolo  n'existe  pas.  A  Alais,  bien  des  personnes  attribuent 
ce  nom  à  la  hache  du  menuisier,  Piolo  dé  man.  Peut-être 
est-ce  la  solution  de  Sauvages  qui  a  entraîné  cet  usage. 
Toutes  les  opinions  sont  libres.  Nous  livrons  la  nôtre  à  Li 
discussion  individuelle,  en  faisant  toutefois  remarquer  qu'il 
serait  singulier  que  la  hache  d'armes  et  la  hache  de  char- 
pentier n'aient  pas  reçu  un  technique  spécial.  Aujourd'hui 
la  hache  de  charpentier  est  celle  qui  se  rapproche  le  plus 


260 


DES 


DET 


de  la  liaclie  J'arnies,  soil  par  son  poids,  soil  par  la  lon- 
gueur de  son  manche.  C\'sl  celle  parlicularilé  d'étynio- 
logie  qui  a  induil  en  erreur  Sauvngcs,  qui  a  cru  n'y  voir 
qu'un  de  ces  oulils  de  menuisier  (ju'on  manie  de  la  main 
droite;  la  Destnioti  osl  proprement  celle  énorme  hache  de 
scieurs  de  long  dont  le  1er  pèse  jusqu'il  sept  ou  huit  kilo- 
grammes. —  Voy.  Piolo  de  tnan. 

De  tout  quoi,  pour  conclure,  il  parait  évident  que  Dés- 
trâou  déri\e  du  lat.  Dédiera,  main  droite. 

Déstraqua,  v.  Délraciuer,  déranger  un  mécanisme  quel- 
conque; au  lig.  déranger  la  santé. 

Ce  mol  i)arail  formé  de  la  particule  disjoiiclive  des  et  du 
vieux  niul  Trach,  (\\x\  n'<'Sl  plus  usit*',  mais  qui  siguillait 
trait,  jel,  distance.  C'<'st  de  Tracfi  qu'un  a  fait  Tnicun, 
tracané.  Dest raqua,  d'après  celte  origine,  signifierait  pro- 
prement :  tirrr  de  la  voie,  fain;  cesser  s»)n  allure,  sortir  de 
l'ornière,  de  la  piste  ordinaire. 

Déstrassouna,  v.  Ué\ ciller  en  sursaut,  réveiller  avant 
le  lenqts;  inlern)mpre  le  sommeil.  —  On  dit  d'un  enfant 
es  déstrassouna,  quand  il  ne  peut  reprendre  son  hummcil 
à  l'heure  accoutumée,  ilsiiç  desfrtissoima,  vire  njal  réviMllé, 
être  dans  un  étal  de  somnolence  qui  n'tst  ni  la  Neille  ni  le 
sonnneil,  comme  quel(|u"un  qu*«»n  a  rést^llé  trop  subite- 
ment ou  qui  a  mal  dormi  la  nuit. 

Dér.  du  lat.  Eslra  sontnum,  hors  du  souimeil. 

Dèstre,  s.  m.  I)e\tiv,  ti^aut^  darpcntàge .  mt'.>un;  de 
longueur  de  i"»ê>0'^  linéaires.  Le  Désire  carré  de  Monlix'l- 
lier  répond  à  ;20"'  canes.  Celle  unilé  de  surface  n'elail 
guère  emi)l«j}ée  que  pour  mi'surer  le  pl;U  sol  des  maisons, 
œurs  et  jardins,  et  tout  ce  (pii  exigeait  une  minulii-use 
exactitude.',  comuje  res]).''C(;  de  dec.niielro  dont  se  ser\ent 
les  architectes  et  qui  se  nomme  roulette. 

Ce  mot  vient  cerlainemonl  du  lat.  Ihrcm,  comme  les 
pierres  nnliaires  des  r-tuies  loinniMcs  el  cerl  lines  hurnrs 
d'héritiges  ([ui  élaienl  marquées  d'un  dix  romain,  X.  Celait 
prohahlenjent  la  decuplalion  d'um^  unité  de  mesure  que 
nous  ne  connai>sons  j»as. 

Le  d(!\tre  ou  rar[)eiit  a\ aient  la  même  dinjeubion  longi- 
tudinal;. Seulement  W.  premier  était  une  corde  jnarquée 
par  des  divi>ioiis  pourmtsuier  les  objets  minutieux,  el 
l'arpent  une  sorte  de  compas  en  bois  pour  mesurer  de 
grandes  longueurs.  —  Voy.  Arpau. 

Désiré,  s.  m.  Ihcssôir  à  Niji.  —  Vi  de  dcstré,  vin  pro- 
duit par  le  pre^sinage,  qui  e>l  de  couleur  plus  fiuicée,  mais 
plus  plat  el  plus  bourb(  ux.  —  Voy.  Deslrvyiic. 

Désiré,  désirécho,  adj.  Dim.  Desircrhé.  Klntit,  serré, 
étranglé,  rétréci  ;  au  flg.  avare.  —  ^osc  dcstraho,  iuÀ\ 
angleuse,  es]M"'ce  de  noix  dont  l'amande  est  tellement  serrée 
dans  les  angles  de  l'écale,  si  (Miche\étrée  dans  son  zeste, 
qu'on  ne  peut  l'extraire  qu'en  la  tirant  par  morceaux.  C'est 
du  reste  r<'S[)èce  la  moins  sujette  aux  sers  et  qui  fournit  la 
meilleure  huile.  Ks  désiré  don  hrén  cl  larje  à  la  farino,  il 
fait  des  économies  de  bouts  de  chandelle;  il  est  avare  dans 
les  menus  détails  et  prodigue  dans  Iesdéi)enses  imporlantes. 


Dér.  du  lat.  Strictu.s,  serré,  mis  à  l'étroit. 

Désirécési,  v.  Uetrécir;  rendre  plus  étroit,  moins  large; 
devenir  plus  étroit. 

Désirégne,  r.  Rétrécir;  restreindre;  serrer;  pressurer 
la  vendange. 

Der.  tlu  lai.  Siringcre,  serrer,  presser. 

Déstrégnéïre,  s.  m.  Piessureur  de  vendange.  —  Dans 
les  [>ays  de  vignobles,  les  grands  propriétaires  ont  des 
pressoirs  dans  leurs  celliers  et  font  pressurer  la  vendange 
par  des  ouvi'iers  à  leurs  gages;  mais  les  pelils  propriétaires 
el  les  grands  eux-mèmeb,  dans  les  contrées  où  la  vendange 
est  une  récidle  secondaire,  ont  recours  à  des  pressureurs 
publics,  qui  \ienniMit  exercer  leur  industrie  à  domicile  au 
jiji»\en  d'un  picsboir  ;i  roues  qu'on  transporte  facilement. 

Déstrémpa,  r.  Delr.^iiper,  délayer;  enlever  la  trenq)e 
à  un  fer  acieic.  —  VcsirtiiiiHi  l'acàou,  délayer  la  chaux, 
l'abreuver  a\ant  de  la  corroyer. 

l)<''r.  d(,'  TrLinpa. 

Dcstréna,  v.  Délie.>.Mn-;  défaire  une  tresse  de  cheveux; 
détordre  la  mèciic  d'un  fuuel;  dèt rester  les  nattes  d'une 
fascine,  d'un  liatardt'au  qu'on  ap^u'lle  Paynè. 

Dt.r.  du'  Tréna. 

Désvérdïa,  v.  Cu'illir  du  fruit  avant  sa  maturité;  dé- 
florer un  fruil,  lui  eiile\er,  en  le  maniant,  cette  fleur  qui 
est  une  Iranssudalion  farineu&e  qui  se  fige  sur  son  épidennc  : 
au  lig.  marier  une  jrune  lillc  avant  l'âge  nubile. 

Del',  de   Ver. 

Désvérnissa,  r.  Enlever  le  vernis;  elfacer  le  lustre,  le 
brili.Mit  d'nii  objet  vernissé;  récailler. 

Dér.  d".'   Vernissa. 

Désvira,  r.  l)é\ier;  détourner.  —  De.nira  ia'igo,  dé- 
tourner un  ra\in,  un  biez  de  moulin,  un  canal  d'irriga- 
tion. 

Dér.  de  Vira. 

Désvisaja,  v.  Dé\i.>ager;  couper  la  figure;  insulter  eu 
face;  fain'  bais.s'?r  les  veux;  couvrir  de  honte. 

Dér.  di'  Vis<ije. 

Détadû,  .V.  /'.  Couj)  de  doigt;  trou  fait  avec  le  doigt; 
em[>r('inle  d'un  doigl. 

Dér.  de  Ue. 

Détaia,  v.  Vendre  en  détail;  détailler,  cou|)er  sur  la 
pièce  ou  pii'ndre  sur  un  tas  et  céder  par  parties. 

Der.  de  Toi  a. 

Détaiaïre,  aïro,  .s.  m.  et  f.  Marchand  ou  marchande  au 
détail;  qui  vend  eji  bouti(|ue,  ncnis  dit  Sauvages,  paroppo- 
silioii  au  uiarchand  en  gros  qui  vend  eii  njagasin.  Cette 
dilTerenoe  n'existe  plus  :  la  boutique  mémo  n'est  plus  guère 
Connue;  tout  s'appelle  ujagasin. 

Déial,  s.  m.  Détail;  vente  au  détail. 

Dér.  de  Deiata. 

Déiras,  alv.  Derrière;  de  l'autre  côté.  —  Déirai  la 
mitraio,  derrière  le  mur.  Dciras  lou  sère,  sur  le  versaut 
opposé  diî  la  montagne. 

Dér.  du  bit.  Trans,  au  delà. 


DEV 


DEV 


361 


DéTarîa,  v.  Troubler  Tespht;  obséder;  chagriner  qnel- 
qa^UD;  bouleverser  les  meubles;  mettre  une  maison  sens 
dessus  dessous.  —  Souï  tout  dévarïa,  je  ne  sais  où  j'en 
sois  ;  je  £ais  tout  de  travers.  Mé  dévarïo,  il  me  persécute, 
me  tourmente;  il  m'obsède,  il  me  fait  perdre  la  tète.  A 
Umt  dévarïa,  il  a  tout  bouleversé. 

Un  devait  est  un  évaporé,  un  cerveau  mal  timbré  ;  un 
brise  raison. 

Mr.  du  lat.  Variare,  varier;  divaguer;  changer;  mêler. 

Oéranaîre , airo,  adj.  Qui  obsède;  qui  bouleverse  tout; 
qui  dérange  tout  le  monde;  un  hurluberlu. 

Oérô,  s.  m.  Devoir;  tâche  d*un  écolier.  —  Fatre  soun 
'dM,  faire  son  bon  jour,  recevoir  la  communion  eucha- 
ristique. Faï  toun  dévé,  fais  ce  que  dois. 

Dér.  du  lat.  Debere,  debiium, 

DéTO,  4'*  pers.  sing.  prés,  de  l'indic.  du  v.  Déoure,  Je 
dois. 

Oéréngn,  ndo,  part.  pa$s.  du  v.  Dévéni.  Devenu. 

SéTéni,  V.  Devenir;  commencer  à  être  ce  qu'on  n'était 
pas. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Devenire,  m.  sign. 

DaTèr  ou  Vèr,  prép.  Vers,  du  côté  de...;  aux  environs 
de...  —  Démoro  dévêr  Anduio,  il  habite  aux  environs 
d'Andnze.  Vdou  dévèr  moussu  tâott,  je  vais  chez  monsieur 
un  tel.  Jtfarehan  dévèr  la  gnuè,  nous  nous  approchons  de 
la  nuit;  la  nuit  nous  trouvera  en  chemin.  Aquà  èro  dévèr 
ia  Sén^an,  c'était  aux  environs  de  la  Saint-Jean.  Y-anèn 
dévèr  la$  vounxe  houroê  dé  gnuè,  nous  y  allâmes  vers  les 
onze  heures  du  soir.  Mounté  gagnes  dévèr?  De  quel  côté 
te  diriges- tu?  Dounte  vénès  dévèr?  D'où  venez-vous?  Ces 
deux  derniers  exemples  présentent  des  idiotismes  fort  ori- 
ginaux de  construction. 

Dér.  du  lat.  Versus  ou  Versum,  vers. 

DéTérgongna,  v.  Faire  honte;  faire  rougir  en  public. 

Uno  dévergougnado,  effrontée,  dévergondée  ;  qui  a  perdu 
toute  pudeur,  toute  retenue. 

Au  masc.  le  même  part.  pass.  dévérgougna  est  moins 
usiiê;  mais  la  langue  fournit  de  nombreux  équivalents. 

Dér.  de  Vérgougno» 

DéTés,  s.  m.,  au  plur.  Dévéses.  Bois  ou  paccage  mis  en 
défense  ou  en  réserve,  et  sur  lequel  le  propriétaire  seul  a 
droit  de  dépaissance. 

Dans  la  bass.  lat.  on  donnait  les  noms  de  Defensum,  de 
Dêfedum  et  plus  tard  enfin  celui  de  J>evesium  à  ces  bois  en 
défense.  Ce  dernier  mot  ne  semble  qu'un  barbarisme  lati- 
niste de  Dévés,  qui  préexistait  déjà  en  roman.  Or  il  est  ra- 
tionnel de  faire  dériver  Dévés  de  Devedar,  onVedar,  roman, 
défendre,  prohiber;  et  alors  il  aurait  son  origine  dans  le 
lat.  classique  Vetare,  m.  sign.  que  défendre,  qui  aurait 
moins  contribué  à  sa  formation. 

Dévigna,  v.  Deviner,  prédire,  présager.  —  Quetn  tous 
grapâous  eantau  dévignou  la  plèjo,  quand  les  crapauds 
sifflent,  ils  présagent  la  pluie.  Las  graïos  dévignou  lou  fré, 
quand  les  corneilles  descendent»  elles  annoncent  l'appro- 


che du  froid.  Lou  diable  té  dévigne f  Ah!  tu  ne  dis  que 
trop  vrai!  Que  dévigno  gagna,  prvb.,  un  sorcier  ferait  bien 
ses  affaires.  Dévignas-ou,  devinez. 

Dér.  du  lat.  Divinare,  m.  sign. 

Devignaira,  airo,  s,  m.  et  f.  Qui  devine,  qui  prévoit, 
qui  trouve  la  solution  d'une  difficulté,  et  non  point  devin 
ni  sorcier.  —  Aquà's  un  dévignaïre  dé  Mounlélimar,  il 
devine  tout  ce  qu'il  voit  :  c'est  ce  qu'on  dit  de  celui  qui 
annonce  la  découverte  d'un  secret  qui  est  celui  de  la  co- 
médie, et  connu  par  conséquent  de  tout  le  monde. 

Voici  à  peu  près  quelle  serait,  d'après  de  mauvais  plai- 
sants, l'origine  de  ce  dicton,  qui  place  la  scène  dans  une 
ville  du  Midi.  Un  étranger  arriva  un  jour  à  Montélimart, 
et,  à  grand  renfort  de  trompette  et  de  grosse  caisse,  con- 
voqua tout  le  populaire,  annonçant  qu'il  enseignait  à  de- 
viner et  cela  pour  la  bagatelle  d'un  sou  par  tête.  Ce  n'était 
pas  cher  :  les  pratiques  se  pressèrent  à  la  porte;  mais  il  ne 
pouvait  recevoir  qu'une  personne  à  la  fois  :  on  se  soumit  à 
la  condition.  Aussitôt  que  quelqu'un  était  entré,  le  pro- 
fesseur lui  présentait  un  petit  vase,  bien  fermé,  sauf  un 
trou  comme  à  une  tire-lire,  dans  lequel  il  lui  faisait  intro- 
duire l'index.  —  Sortez  votre  doigt,  disait-il  alors.  Que 
sentez-vous?  —  C'était  à  ne  pas  s'y  tromper;  l'odeur  était 
assez  prononcée  pour  que  l'élève  n'hésitât  pas  à  dire  ce  que 
c'était.  —  Vous  avez  deviné,  ajoutait  le  professeur  avec 
un  imperturbable  sang-froid.  Sortez  par  cette  autre  porte, 
ne  dites  à  personne  le  secret  et  laissez-moi  l'apprendre  à 
d'autres.  —  Et  comme  en  effet  beaucoup  d'habitants  de 
Montélimart  l'apprirent  de  même,  c'est  depuis  ce  temps  que 
les  gens  du  pays,  où  la  leçon  n'a  pas  été  sans  doute  perdue, 
passent  pour  des  sorciers  infaillibles  qui  devinent  tout  ce 
qu'ils  voient  et  surtout  tout  ce  qu'ils  sentent.  —  Credat 
Judœus  Apella. 

Dévignarèl,  èlo,  adj.  Devin,  sorcier;  devineresse,  sor- 
cière. —  La  dévignarèlo,  la  donneuse  de  bonne  fortune, 
infâme  métier  que  la  crédulité  populaire  soutient  encore  de 
nos  jours,  malgré  les  peines  que  la  loi  prononce  contre  lui. 
Il  y  a  à  la  fois  escroquerie,  parce  que  ces  prétendues 
sybilles  font  payer  fort  chéries  oracles  de  leurs  tarots; 
diffamation  et  calomnie,  parce  que,  consultées  la  plupart 
du  temps  pour  connaître  l'auteur  d'un  vol,  elles  font  planer 
à  leur  gré  le  soupçon  sur  la  tête  des  personnes  à  qui  elles 
ont  quelque  motif  d'en  vouloir.  Il  s'y  joint  presque  tou- 
jours une  autre  industrie  plus  infâme  encore  et  dont  leur 
clientèle  de  jeunes  filles  leur  rend  l'exécution  plus  facile. 

Dévignarèl  se  dit  aussi  adjectivement  de  tous  les  outils 
et  ingrédients  qui  servent  à  l'œuvre  des  devins  anciens  et 
modernes,  comme  à  tous  les  insignes  de  la  puissance  sur- 
naturelle. 

Déviao,  s.  f.  Papillote ,  sorte  de  bonbon  enveloppé  de 
papier  de  couleur  et  frisé,  contenant,  outre  la  sucrerie,  un 
rébus  ou  une  charade,  ce  qui  lui  a  fait  donner  son  nom 
francisé. 

Dévista,  v.  Découvrir,  apercevoir  le  premier;  aperce- 


^62 


DIA 


DIG 


voir  de  loin.  —  Loin  aguère  iiou  dévitUu,  je  les  eus  bien- 
tôt déoonverts. 

Dér.  de  Visio. 

Dérô,  OtO,  s.  9t  adj.  Dim.  Déwmté,  divouiéio;  pôj.  Dé- 
voutM,  déwuUuto,  Dévot;  pieux;  qui  suit  avec  zèle, 
quelquefois  avec  superstition,  les  exercices  de  la  religion, 
dont  il  dépasse  même  les  injonctions. 

Dér.  du  lat.  Devùius,  voué,  dévoué. 

Dévonra,  v.  Dévorer;  manger  avec  voracité. 

Dér.  du  lat.  Vorare,  m.  sign. 

Bévoiiraii,  s.  m.  Dévorant;  compagnon  du  devoir  de  la 
secte  des  Dévorants,  par  opposition  au  devoir  dit  de  Salo- 
mon,  qu'on  appelle  en  fr.  les  Loups,  et  en  lang.  tous  Gavât, 

Emp.  au  fr.  Devoir. 

Dévonrl  ou  Débonrl,  v.  Dévorer. — S'applique  surtout  à 
la  manière  de  manger  des  animaux  carnassiers  ;  par  ext. 
aux  personnes  qui  mangent  gloutonnement.  Au  fîg.  même 
acception  que  le  fr.  dévorer.  —  A  tout  dévouri,  il  a  tout 
fricassé. 

Dér.  du  lat.  Vorare, 

Di,  dicho,  part,  pasi,  du  v.  Dire, — Se  prend  aussi  subst. 

Diâblamén,  adv.  Diablement;  beaucoup;  très-fort;  ter- 
riblement. —  Eê  diMamén  bel,  il  est  étrangement  grand. 
Gn'a  diâblamén,  il  y  en  a  une  énorme  quantité. 

Diablariè,  $.  f.  Diablerie,  tour  de  lutin,  d'espiègle; 
nicbe;  bruit,  tumulte  que  font  les  enfants  entre  eux  en 
jouant.  —  Y'  a  quâouquo  diablariè  aqui  déssouto,  il  y  a 
quelque  malice,  quelque  intrigue,  quelque  noirceur  sous 
jeu. 

Diable,  s,  m.  Au  fém.  Diablésio;  dim.  JHaUatoii,  dior 
blaiouno;  péj.  Diablatoi,  Diable;  démon;  esprit  malin  et 
surnaturel;  diable-à-quatre,  étourdi,  tapageur;  mauvais 
garnement.  —  Es  lou  diable  pér  lou  traval,  c'est  un  vrai 
démon  au  travail. 

Comme  il  est  impossible  de  citer  toutes  les  phrases  où 
l'esprit  malin  entre  comme  superlatif,  et  tons  les  rôles 
qu'on  lui  fait  jouer  depuis  un  bon  diablas  jusqu'ddv  pdoure 
diable,  et  ils  sont  nombreux  et  variés,  par  cette  raison 
peut-être  qu'on  ne  prête  qu'aux  riches  :  il  £aut  se  bomei:  à 
quelques  locutions  les  plus  fréquentes. 

Diable/  Juron,  qui,  comme  en  Ir.,  annonce  la  colère,  la 
stupéfaction,  la  joie  ou  la  douleur.  Lou  diable  té  farté  bé 
/tififé...,  le  diable  t'emporterait  bien  si...  Lou  diable  té 
iou  cure,  le  diable  puisse-t-il  t'enlever  ton  trésor!  Ou 
peut-être  avec  plus  d'énergie,  selon  le  ton  :  le  diable  te 
vide  le  ventre,  t'arrache  les  boyaux!  Loti  diable-luno, 
Diàoussi-luno ,  Diâouquo-luno,  jurons  mélangés  de  païen 
et  de  chrétien  :  Par  le  diable  et  par  Hécate!  Lou  diable 
êié,  sé.„  Je  jure  par  le  diable  que...  Lou  diable  ta  pignae- 
trijel  Peste  soit  de  ton  obstination!  Lou  diable  ta  pUjoI 
Au  diantre  soit  la  pluie!  Dans  cette  dernière  sorte  d'im- 
précation, on  substitue  le  pronom  possessif  Urnn  ou  ta  aux 
articles  lou  ou  la,  quoiqu'on  ne  s'adresse  à  personne  et 
même  qu'on  soit  seul. — Voy,  Dlantres,  Diâoussi,  Piâouquo, 


Dér.  du  lat.  Diabolus. 

Diaman,  s,  m.  Diamant,  pierre  précieuse. 

Emp.  an  fr. 

Diantres,  s,  m.  Diable,  mais  il  n'est  employé  que  dans 
les  phrases  imprécatives,  ainsi  que  Diâouquo  et  Diâousti  : 
on  le  dit  seul  aussi  :  Diantres/  Diantre!  Toutes  ces  varié- 
tés du  mot  Diable  tiennent  au  langage  argotique  et  à  la 
diversité  des  dialectes  qui  les  ont  employées,  sans  qu'on 
puisse  y  apercevoir  autre  chose  qu'une  corruption  du  type 
primitif,  et  le  désir  d'adoucir,  de  gazer  le  mot  crû,  qui 
jadis  entraînait  une  sorte  d'idée  immcmde  et  bU^hétna- 
toire  qui  s'attachait  à  sa  seule  prononciation. 

Diàouquo,  $.  m.  Variante  du  mot  Diable. 

Diàonaai,  s,  m.  Autre  variante  du  mot  Diable.  —  Voy. 
ci-dessus. 

Diléra,  v.  Différer;  être  différent. 

Dér.  du  lat.  Différera,  m.  sign. 

Diférémmén  ou  Diléréntomén,  <«<i7.  Autrement;  sinon; 
différemment.  —  Se  plâou  pas  y-^narOi,  diférémmén  tés- 
tarai,  s'il  ne  pleut  pas  j'irai,  dans  le  cas  contraire  je  res- 
terai. Dans  ce  sens,  il  s'emploie  quelquefois  d'une  manière 
absolue  :  Se  voue  décidas  à  paya,  tammièl,  diférémmén.,. 
si  vous  vous  décidez  à  payer,  tant  mieux,  sinon... 

La  variante  Diféréntomén  ne  laisse  pas  que  d'être  em- 
ployée avec  le  même  sens  par  les  gens  qui  parlent  bien.  Sa 
composition,  qui  s'écarte  un  peu  plus  du  fr.,  est  tout  à  fait 
dans  le  goût  languedocien. 

Diférén,  énto,  adj,  Di£fêrent,  dissemblable;  qui  se  dis- 
tingue d'un  autre. 

Diférénço,  s.  f.  Différence;  distinction:  dissemblance. 
—  Aqui  la  diférénço  que  y-a,  voilà  la  jlifféreDce  :  c'est  une 
phrase  explétive  et  de  pur  remplissage,  que  les  paysans 
emploient  souvent  dans  leur  verve  loquace,  paraùte  et 
hérissée  de  pléonasmes.  Ils  s'en  servent  sortont  pour  ré- 
pondre à  une  objection  :  c'est  une  préparatioD  oratoiie  k 
un  argument  contraire  au  vôtre,  y-onorat  bé  *é  vamiè», 
mais  aqui  la  diférénço  que  troubaraï  pas  défupu,  j'irai  si 
vous  voulez,  mais  je  n'y  trouverai  personne. 

Dificinle,  inlo,  adj.  Difficile;  mal  aisé.  —  Em  poa  dî/E- 
tinle  que  plogue,  il  n'est  pas  étonnant  qu'il  pleuve. 

Dér.  du  lat.  DiffUHis, 

Digérl,  v.  Digérer.  Ne  se  prend  que  dans  le  sens  figue  : 
digérer  un  affront;  supporter  patiemment.  —  Pod»  pas 
digéré  aquél  home,  je  ne  puis  supporter  cet  homme.  Jquà*s 
qulcon  qu'on  po  pas  digéri,  c'est  là  une  de  œs  avanies 
qu'on  ne  peut  avaler;  pàtir;  digérer. 

Dér.  du  lat.  Digerere,  cuire,  digérer. 

Digne, s, m.  Dim.' DigfktXré,  dignUroà.  Denier;  donnème 
partie  d'un  sou  ou  les  5/4  2"^  d'un  centime.  —  Féou  pas 
régarda  lou  dariè  digne,  il  ne  faut  pas  être  si  "i»n^[t»CTt^ 
dans  un  marché,  ou  exiger  strictement  son  dà  jvqa*au 
dernier  denier. 

Dér.  du  Ut.  Denarius,  m.  sign. 

Dignéirolo,  s,  f.  Tire-lire,  sorte  de  pot  de  tene  qui  B*a 


DIM 


DIN 


263 


pu  d*aatre  entrée  qo^une  petite  ouverture  horizontale, 
oomme  celle  d'une  boite  aux  lettres  en  diminutif,  par  la* 
qndle  on  glisse  des  pièces  de  monnaie  provenant  d*un 
ptoile  quelconque  et  qu'on  ne  peut  retirer  qu'en  brisant 
le  vase.  C'est  un  moyen  d'éviter  les  emprunts  journaliers 
pour  les  dépenses  de  fantaisie  que  Ton  ferait  si  ce  pécule 
était  à  découvert  et  disponible  dans  une  bourse  ou  une 
armoire.  Ce  n'est  que  pour  une  dépense  importante  que  la 
tire-lire  se  casse  :  elle  force  en  attendant  à  l'économie. 

Dér.  de  JHgné, 

IH}6oit,  f.  m.  Jeudi,  cinquième  jour  de  la  semaine.  — 
la  sémmano  doM  quatre  dijâouê,  la  semaine  qui  aura  quatre 
jeudis,  c'est-à-dire  jamais. 

Dér.  par  contr.  du  lat.  Die$  Jovis,  jour  consacré  à  Ju- 
piter. Nous  avons  la  même  division  de  la  semaine  que  les 
Romains  ;  nous  leur  avons  emprunté  la  dénomination  des 
jours.  Le  fr.  n'a  fait  que  renverser  la  syllabe  c^î,  qu'il  place 
à  la  fin  du  mot.  L'Olympe  antique  a  tout  fourni  à  l'excep- 
tioa  du  samedi,  dis$ate,  et  de  diméncke. 

Dilua,  «.  m.  Lundi,  deuxième  jour  de  la  semaine.  — 
F&ihr€  lou  dilus,  chômer  le  lundi;  usage  assez  répandu 
parmi  les  ouvriers  artisans.  Lou  bon  dilus,  le  lundi  avant 
la  iète  de  Noël,  qui  est  une  sorte  de  foire  à  Alais,  ou  plutôt 
un  marché  plus  suivi  que  les  autres  et  plus  abondant  en 
marchandises  et  en  bétail,  surtout  en  porcs.  Dilua  dé  Pas- 
quos,  le  lundi  de  Pâques,  renommé  dans  tout  le  Blidi  pour 
ses  omelettes  et  ses  parties  de  campagne. 

Dér.  du  lat.  Dies  lunœ,  le  jour  d'Hécate,  de  la  lune. 

Dimar,  j.  m.  Mardi,  troisième  jour  de  la  semaine.  — 
E4m  dimar  dé  carnaval,  le  mardi-gras,  qu'on  dit  aussi 
Carnaval  tout  simplement. 

Dér.  du  lat.  Dies  Martis,  jour  de  Mars. 

Dimècre,  s.  m.  Mercredi,  quatrième  jour  de  la  semaine. 

Dér.  du  lat.  Dies  Mercurii,  jour  de  Mercure. 

Diménchâou,  châondo,  adj.  Du  dimanche,  qui  sert  au 
dimanche.  Ne  s'applique  qu'aux  habits  et  aux  parures  : 
Lou  capèl  diménehâou,  la  tnanto  diménchdaudo. 

Diménche,  s,  m.  Dimanche,  premier  jour  de  la  semaine. 
— Lou  diménche  das  Rampons,  le  dimanche  des  Rameaux. 
Lou  diménche  dé  carnaval»  le  dimanche  gras  ou  la  Quin- 
quagésime.  La  vèsW,  la  râoubo  das  diménches,  Thabit,  la 
robe  de  fête,  c'est-à-dire  le  vêtement  le  plus  neuf. 

Le  mot  Diménche,  dimanche,  dans  notre  dialecte  et  en 
fr.,  pour  arriver  à  sa  forme  actuelle,  a  traversé  bien  des 
fortunes  et  des  altérations.  Le  latin  lui  a  donné  naissance, 
et  c'est  en  se  contractant  de  Dominiea  dies,  ou  de  dies 
Domini,en  se  pliant  aux  propensions  organiques  de  chaque 
groupe  de  population  et  de  chaque  contrée,  qu'il  s'est 
enfin  Gxé.  Nous  avons  signalé  sous  plusieurs  articles  et 
notamment  aux  mots  Canottnje  et  Iji  Canourgo,  les  péri- 
péties des  transformations  de  mots  où  se  rencontraient  ces 
désinences  latines  repoussées  avec  une  sorte  d'horreur  par 
le  roman,  analogues  à  celle  qui  a  servi  à  composer  dimén- 
che :  nous  n'y  revenons  que  pour  en  rappeler  la  série.  Do- 


miniea, lat.,  se  changea  en  Dimirgue,  roman;  la  charte 
romane  d' Alais  de  4200  disait:  Diméntge;  notre  dialecte 
en  a  fait  Diménche;  le  gascon  a  conservé  Dimèrgue;  d'au- 
tres variantes  dialectales  du  Midi  ont  encore  :  Diaumergue, 
Dimerge,  Dimeehe,  Dimies,  Desmengea,  Dismengea,  Dimer- 
gue,  Diminergue,  Deminche,  cités  par  Honnorat.  L'ital. 
s'est  tenu  seul  au  lat.  Dominiea;  mais  l'espag.  et  le  port, 
ont  adopté  Domingo;  et  l'ancien  cat.  avait  Digmenge, 

Partout,  on  le  voit,  c'est  la  proscription  de  la  désinence 
antipathique  en  inicus,  iniea,  on  mieux  nicus,  nica;  car  la 
voyelle  antécédente  aime  à  se  reproduire  tantôt  en  argues 
et  ergues,  tantôt  en  orgue  ou  ourgue,  glissant  en  ange, 
énge  ou  onge,  puis  permutant  quelquefois  le  G  doux  en  la 
consonnance  chuintante  du  Ch.  Cette  unanimité  de  flexions 
sur  la  même  syllabe  indique  certainement  des  prédisposi- 
tions organiques  remarquables.  Le  mot  n'est  pas  isolé,  et 
nous  avons  cité  bien  des  exemples  qui  donnent  un  certain 
poids  à  l'observation.  Nous  aurons  occasion  d'y  revenir. 

Dimini,  v.  Diminuer;  baisser;  amoindrir;  rendre  ou 
devenir  moindre,  plus  petit. 

Dér.  du  lat.  Diménuere,  m.  sign. 

Din,  prép.  Dans.  —  Voy,  Dédin. 

Dér.  du  lat.  In,  m.  sign. 

Dina,  s,  m.  et  f>,  Diner. 

Lou  dina  est  pour  le  peuple  le  repas  du  milieu  du  jour  : 
les  citadins  le  prennent  à  midi;  les  paysans  en  varient 
l'heure  suivant  la  saison.  Les  premiers  y  placent  le  potage; 
les  derniers  le  renvoient  au  repas  du  soir,  au  souper.  — 
Voy.  Déjuna, 

Certains  glossateurs,  et  Ménage  particulièrement,  font 
dériver  le  mot  du  lat.  Desinere,  cesser,  sous  prétexte  que 
l'heure  des  repas  est  une  suspension  du  travail.  Cette  déri- 
vation parait  bien  tirée  par  les  cheveux.  Ne  serait-il  pas 
plus  rationnel  de  l'attribuer  au  verbe  gr.  Àsirrvétu  ou  au 
s.  ÀEMtvov,  qui  signifient  souper  et  le  repas  du  soir? 

Dinado,  s.  f.  Gala;  repas  invité;  auberge  de  route  où 
les  voyageurs  s'arrêtent  pour  diner  ;  coût  de  ce  repas. 

Dinamonn  ou  Dénamonn,  adv.  de  lieu.  De  là-haut; 
du  côté  d'en  haut;  vers  là-haut. 

Formé  de  Dé,  En,  Amoun,  par  con tract. 

Dindar,  s.  m.  Dindon,  coq  d'Inde;  dindon  commun, 
Meleagris  Gcdlapavo,  Temm.,  de  l'ordre  des  Gallinacés; 
mâle  du  dinde. 

Dinde,  s.  f.  Dinde;  poule  d'Inde;  femelle  du  Dindar. 

Dindouiè,  j.  m.  Jujubier,  Zysiphus  vulgaris ,  Linn., 
arbre  de  la  fam.  des  Frangulacées. 

Dindoulo,  s.  f.  Jujube,  fruit  du  jujubier,  si  commun  et 
si  populaire  à  Ni  mes  qu'on  avait  autrefois  établi  une  foire, 
à  la  Saint-Michel,  pour  la  vente  de  ce  seul  article.  Cette 
foire  a  pris  plus  d'extension  de  nos  jours,  mais  la  jujube 
y  figure  encore  en  masse,  comme  rhéroïne  de  la  solennité. 
Elle  s'y  vend  en  quantité  incalculable.  Les  jeunes  gens  et 
les  jeunes  filles  font  ce  jour-là  la  petite  guerre  avec  celte 
curieuse  espèce  de  projectile  sur  les  promenades  :  ce  qui 


364 


DIR 


DIS 


ne  contribue  pas  pen  à  sa  prodigieuse  consommation.  Les 
environs  de  Nimes  et  de  Montpellier  produisent  autant  que 
tout  le  reste  de  la  France  de  ce  fruit,  qui  du  reste  est  ori- 
ginaire des  pays  méridionaux  et  ne  se  plaît  pas  dans  les 
températures  plus  abaissées  que  le  Languedoc. 

Dingus,  pron.  indéfini,  masc.  Personne. — Voij,  Déngus. 

Diô,  interj.  C'est  la  syncope  de  Diou-ô/  Mon  Dieu,  oui! 
—  Diou'Sif  Diou-nouf  Mon  Dieu,  sil  Mon  Dieu,  non  !  Deux 
autres  interj.  du  même  genre,  particulières  à  notre  dia- 
lecte, reproduisent,comme  celle-ci,  les  formes  les  plus  ancien- 
nes; toutes  trois,  souvent  précédées  de  l'exclamation  Ah/ 
ou  Ohf  comme  pour  appuyer  sur  Taflirmation  ou  la  néga- 
tion, et  leur  donner  plus  de  force,  sont  des  invocations  du 
nom  de  Dieu.  Il  est  à  remarquer  que  la  vieille  affirmation 
romane  o  et  si,  empruntée  par  l'ital.,  se  retrouve  ici  dans 
toute  sa  pureté.  —  Ohf  Dià  [satqm.  Oh!  mon  Dieu,  oui! 
Sans  doute.  T-anaras?,..  Ohf  Did;  Tu  iras?...  Oui,  certes! 

Dieu,  s.  m.  Dieu,  le  premier  et  le  souverain  être  :  au 
fig.  divinité,  sujet  ou  passion  qu'on  adore. 

Ce  mot  ne  s'emploie  guère  ainsi  seul  que  dans  le  style 
poétique  ou  soutenu,  ou  pour  parler  d'une  divinité  païenne. 
Ordinairement  on  dit  :  Lou  bon  ntou.  —  Voy.  Bou-JHou, 
L'idée  de  Dieu  se  représente  en  languedocien  dans  une 
foule  de  locutions  souvent  explétives  :  Diou  vmt  Aouse/ 
Que  Dieu  vous  écoute  !  J'en  accepte  l'augure.  A  la  gardo 
dé  JHou/  Dieu  soit  béni!  A  la  bonne  heure!  Diou-mécis/ 
Grâces  à  Dieu!  Béniisia-Dion/  Dieu  merci!  Se  Diou-x-ou 
véou,  s'il  plait  à  Dieu.  Plèt-à-Diouf  Plût  à  Dieu!  Diou  té 
créique/  Dieu  te  fasse  grand  et  sage  :  souhait  qu'on  fait 
à  un  enfant  qui  étemue.  Daran  Diou  siè/  Dieu  ait  son 
âme!  fVoy.  Davan.J  Diou  vous  lou  donel  Dieu  vous 
donne  le  bondir  :  formule  pour  prendre  congé.  Diou  vous 
n'en  bonjour,  contraction  de  :  Dieu  vous  donne  le  bon- 
jour; forme  usitée  dans  les  environs  d*Anduze.  Il  est 
évident  que  dans  cette  phrase,  dons  est  supprimé  complè- 
tement et  sous-entendu,  comme  dans  la  précédente  le  s. 
Bùnsouèr,  Le  mot  n'en  n'est  que  le  prolongement  eupho- 
nique de  né  en;  c'est  comme  si  Ton  disait  :  Dieu  vous  en 
donne,  du  bonjour.  Gens  dé  Diou/  Juron  fVoy.  GénsJ, 
Diou  m'ajude/  Dieu  me  soit  en  aide  :  phrase  explétive 
pour  donner  du  nombre  et  de  la  vigueur  au  discours,  qui 
indique  toujours  une  contrariété.  Diou-çaï-siè/  Que  Dieu 
soit  avec  vous,  dil-on  en  entrant  dans  une  maison,  et  on 
réplique  :  Amaï  à  vous.  Tout  cela  répond  au  Dominus 
vobiseum  du  prêtre  à  la  messe  et  an  répons  du  clerc  : 
Et  cum  spiritu  tuo.  —  Diou-si/  Diou-nou/  —  Voy»  Dià, 

Dér.  du  lat.  Deut, 

Dire,  v.  Dire.  —  Aquà  fat  bon  dire,  c*est  fort  aisé  à 
dire.  Aqud's  un  bel  dire,  c'est  un  grand  avantage;  il  y  a 
bien  de  quoi  se  vanter.  H'ou  sâouprés  à  dirs,  vous  me  le 
ferez  savoir;  vous  m'en  donnerez  des  nouvelles.  Sa  ce  que 
né  vôou  dire,  il  sait  ce  qu'en  vaut  l'aune.  Se  lou  tén  né 
t)ôou  dire,  si  la  saison  veut  être  propice.  N'es  pas  pér  dire, 
«Roiff...  ce  n'est  pas  pour  s'en  vanter,  mais...  Vôou  pas  que 


siègue  lou  di,  il  ne  veut  pas  en  convenir.  Dé  que  v^ou  dire 
que  siègue  pas  ana  à  la  mésso?  Pour  quel  motif  a-t-il 
manqué  la  messe?  Dire  dé  nou,  refuser  une  proposition; 
se  dédire.  Aquélo  bouto  eouménço  à  dire  dé  nou,  ce  tonneau 
est  sur  sa  fin  de  coulaison.  Aquè's  pér  dire  que...  ou  dé..., 
c'est  pour  qu'il  soit  dit  que...  Sou-dis,  dit-il.  Digas/  Dites 
donc!  formule  vocative  qui  doit  être  suivie  du  nom  de 
l'individu  ou  de  sa  désignation  plus  ou  moins  explicite 
fVoy.  Voué).  Mais»  digas,  l'avès  visto  coumo  se  earavo/  Dites 
donc,  l'avez-vous  vue  comme  elle  se  rengorgeait!  formule 
familière  atl  comérage  féminin.  Aïci  digan,  entre  nous  soit 
dit.  Aqttà's  pas  pér  dire,  mais.,  ce  n'est  pas  l'embarras, 
mais...  Es  dé  dous  dire,  il  a  deux  paroles;  il  soutient  le 
pour  et  le  contre;  il  a  son  dit  et  son  dédit.  Coumo  disiè 
Vàoutre  (Voy.  AoutreJ.  Tén  pas  gaïre  à  soun  di,  il  ne 
tient  pas  à  sa  parole.  Entre  lou  fa  et  lou  di,  y-a  très 
lègos  dé  cami,  prvb.,  entre  la  promesse  et  l'exécution  il 
y  a  loin.  Disou,  on  dit.  Se  fouie  éscouta  lou  di  dàou 
mounde,  s'il  fallait  s'arrêter  aux  cancans.  Que  li  diguère, 
lui  dis-je.  Et  se  mé  disias  gué...,  vous  me  direz  peut- 
être  que...  Quoucon  mou  disiè,  j'en  avais  le  pressentiment. 

Dér.  du  lat.  Dicere,  m.  sign. 

DiBCOimforme,  orme,  adj.  Informe;  démesurément 
grand  ou  gros  ou  large;  hors  de  toute  proportion. 

Il  est  la  négation  du  mot  :  conforme,  semblable,  propor- 
tionné, relatif. 

Discour,  s.  m.  Dim.  Discoumé.  Discours,  harangue; 

sermon. 
Dér.  du  lat.  Discursus,  course  çà  et  là. 

Dispensa,  v.  Dispenser:  exempter;  faire  une  exception 
en  faveur  de...  —  Se  itou  ère  un  ose,  que  Diou  m'en  dis- 
pense/ Si  j'étais  un  âne,  que  Dieu  m'en  préserve! 

Emp.  au  fr. 

Diapénsos,  j.  f.  plur.  Dispense  d'une  ou  deux  publica- 
tiens  de  mariage,  ou  d'un  ou  deux  bans  à  l'église. 

Disputa,  V.  Disputer;  contester.  —  Disputan  pas  qu'un 
sôou,  nous  ne  sommes  en  désaccord  que  d'un  sou. 

Se  disputa,  discuter;  se  quereller;  se  battre. 

Dér.  du  lat.  Dispuiare,  m.  sign. 

Dispntaîre,  aîro,  adj.,  péj.  Disputaïras.  Querelleor; 
disputeur;  qui  cherche  noise. 

Dispnto,  s.  f.  Rixe,  querelle;  dispute. 

Dissate,  s.  m.  Samedi,  septième  jour  de  la  semaine.  — 
Lou  dissate  es  un  jour  cour,  le  samedi  est  un  jour  où  Ton 
n'a  le  temps  de  rien.  Dé  pouns  dé  dissat»,  couture  à  longs 
points,  parce  que  les  couturières  étant  fort  pressées  pour 
rendre  leur  ouvrage  le  dimanche,  se  dépèchent  tant  qu'elles 
peuvent  sans  tenir  à  la  perfection.  Y-a  pas  dé  disMaU  dm 
Van  que  lou  sourél  noun  végan;  dicton  devenu  une  crojWDieB 
populaire,  fondée  sur  je  ne  sais  quelle  observation,  qui 
veut  que,  par  les  temps  les  plus  couverts,  le  soleil  se  mon- 
tre toujours  le  samedi,  ne  fût-ce  qu'un  instant.  #Vi¥re  Ion 
dissate^  chômer,  fêter  le  samedi,  comme  les  Juife. 

Dér.  par  contr.  du  lat.  Diu  sabbati,  jour  du  sabbat. 


DOR 


DOR 


965 


DiTéndre,  t.  m.  Vendredi,  sixième  jour  de  la  semaine. 
—  Lou  divéndre  éa  lou  pu  fol  ou  lou  pu  tendre;  encore 
une  croyance  populaire  qui  prétend  que  dans  le  temps  de 
grand  vent,  de  froids  rigoureux,  le  vendredi  est  le  plus 
mauvais  ou  le  plus  doux  des  jours  de  la  semaine.  Faire  lou 
divéndre  el  loti  diseate,  observer  Tabstinence  le  vendredi  et 
le  samedi. 

Dér.  du  lat.  Dies  Veneris,  jour  de  Vénus. 

DiTérÛ,  V.  Divertir;  amuser;  égayer. 

Se  divértî,  se  divertir,  se  réjouir,  se  récréer;  prendre  du. 
plaisir. 

Dér.  du  lat.  Divertere,  détourner,  distraire. 

DiTèrtissaii,  anto,  adj.  Divertissant,  amusant;  facé- 
tieux, bouflbn. 

DiTèrUssanço ,  «.  f.  Réjouissance,  fête  publique;  fête 
patronale;  récréation. 

Dogou,  5.  m.  Dogue,  chien  de  forte  race,  à  grosse  tète,  mu- 
seau court,  lèvres  pendantes.  Le  boule-dogue  est  une  variété. 

Dér.  de  Tanglais  Dog,  chien. 

Dôon,  s.  m.  Deuil;  afiOiction,  tristesse;  convoi  funèbre; 
habits  de  deuil.  —  Lou  dôou  H  eounvèn,  le  costume  noir 
lui  sied.  Piehà-dôou,  demi-deuil;  noir  et  blanc.  Dé  quàou 
fa$  dôou?  Pour  quel  parent  portes-tu  des  habits  de  deuil? 
Faïre  eoun  dôou,  se  consoler  d'une  perte  quelconque,  même 
d'objets  matériels  de  la  plus  mince  importance.  N'a\  fa 
moun  dôou,  j'ai  passé  condamnation;  m'en  voilà  consolé. 
Tous  rigues  poi  dé  moun  dôou,  quan  lou  miou  sera  vièl  lou 
voitre  sera  nôou;  tel  qui  rit  vendredi,  dimanche  pleurera. 

Dér.  du  lat.  Dolor,  douleur,  chagrin. 

Dôoure,  v.  Douloir;  faire  mal;  causer  une  douleur.  — 
Ma  tèsto  mé  dôou,  j'ai  mal  à  la  tête;  j'éprouve  une  douleur 
à  la  tête.  Jfotfn  dé  fai  pas  que  mé  dôoure,  j'ai  un  mal  au 
doigt  qui  ne  me  laisse  pas  un  moment  de  repos.  M'en  dôou 
d'y  èstre  ana,  il  m'en  cuit  d'y  être  allé.  QuHH  noun  vH, 
cor  noun  dôou;  prvb.,  le  mal  qu*on  ignore  est  comme  non 
avenu;  en  vieux  fr.  :  ce  que  euls  ne  voit  cuers  ne  duet.  — 
Fénno  se  plan,  fénno  se  dôou,  fénno  es  maldouto  quan-t-^ou 
vôou;  prvb.,  femme  geint,  femme  se  plaint,  femme  est 
malade  à  volonté. 

Dér.  du  lat.  Dolere,  souffrir  d'une  douleur. 

Bôoiuso,  f .  /*.  Gosse  de  légumes.  —  Foy.  Cadôousso. 

Dorgue  ou  Bonlé  ronje,  s.  m.  Oronge;  agaric-oronge, 
Agarieus  aurontiaetis  eœsareus;  fungus  orleicularis  aureus; 
champignon  de  la  tribu  des  Amanites.  —  Chaque  année, 
au  mois  d'août  et  dans  les  premiers  jours  de  septembre, 
l'apparition  des  champignons  sur  nos  marchés  fait  événe- 
ment :  elle  est  aussi  le  signal  de  quelques  accidents  funestes. 
Il  ne  sera  donc  pas  sans  intérêt  de  résumer  ici  les  notions 
fournies  par  les  mycologud^  les  plus  autorisés  sur  le  Dorgue, 
BouU  rouje,  oronge  vraie,  comestible,  pour  empêcher  de  le 
confondre  avec  Vautre  espèce  vénéneuse  qui  lui  ressemble. 

Ce  beau  champignon,  si  renommé  par  son  goût  exquis» 
par  son  p^nm  délicat,  est  d'une  forme  ovoïde,  entière- 
neot  enveloppé  d'une  membrane  blanche,  ou  volva,  en 


I  sortant  de  terre  ;  mais  bientôt  son  chapeau  déchire  le  voile 
qui  le  couvre,  sans  emporter  de  lambeaux,  et  acquiert 
jusqu'à  onze  et  quinze  centimètres  de  diamètre.  Ce  chapeau 
est  alors  presque  plane,  orbiculaire,  d  un  jaune  orange, 
d'une  teinte  plus  vive  vers  le  centre  ;  sa  surface  est  douce, 
unie  partout,  excepté  sur  les  bords,  qui  sont  sensiblement 
rayés  et  quelquefois  incisés. 

Ses  feuillets  sont  larges,  épais,  inégaux  et  d'un  jaune 
d'or. 

Le  pédicule,  à  peu  près  de  la  même  couleur,  est  plein, 
bulbeux,  haut  de  dix  centimètres  et  quelquefois  plus,  en- 
touré à  sa  partie  supérieure  d'un  anneau  jaune,  large  et 
rabattu;  chair  blanche,  épaisse,  offrant  seulement  une 
légère  teinte  jaune  près  de  la  surface  ;  odeur  agréable, 
saveur  douce. 

On  regarde,  et  avec  raison,  l'agaric-oronge,  Dorgue, 
comme  le  plus  fin  et  le  plus  délicat  des  champignons. 

Il  était  connu  des  Romains  sous  le  nom  de  Boletus;  les 
Grecs  le  nommaient  BiSXitt]^,  et  le  préféraient  à  tous  les 
autres  champignons.  Leur  amanite  était  le  cèpe  que  Gallien 
place  au  second  rang. 

Apicius,  le  plus  fameux  gastronome  de  l'antiquité,  ou 
comme  l'appelle  Pline,  nepoium  omnium  altissimus  gurges, 
a  tracé  avec  détail  le  mode  de  sa  préparation.  Horace* 
Sênèque,  Pline,  Juvénal,  Martial,  Suétone,  en  font  men- 
tion. 

Juvénal  en  parle  comme  d'un  mets  recherché  que  les 
riches  faisaient  placer  devant  eux,  tandis  qu'on  servait  de 
mauvais  champignons  aux  parasites  qu'ils  voulaient  biea 
admettre  à  leur  table  : 

ViUlnts  ancipUes  fungi  ponentur  amids, 
Boletus  domino 

Mais  c'est  surtout  Néron  qui  a  rendu  ce  champignon 
célèbre.  Il  l'appelait  cibus  deorum,  mets  des  dieux  ;  mais 
il  faut  dire  que  c'était  par  reconnaissance  d'avoir  envoyé 
dans  l'Olympe  son  prédécesseur,  quelque  temps  avant 
l'heure  naturelle. 

L'empereur  Claude,  en  effet,  fut  empoisonné  avec  un 
plat  d'oronges  qu'il  aimait  passionnément.  Locuste  et  Agrip- 
pine  avaient  présidé  à  la  préparation  du  ragoût  ;  et  comme 
il  n'agissait  pas  assez  vite,  le  médecin  Xénophon  se  char- 
gea, sous  forme  de  contre-poison  ou  de  vomitif,  d'ajouter 
la  dose  nécessaire  qui  acheva  l'impérial  malade. 

Lou  dorgue,  oronge,  a  beaucoup  de  ressemblance  pour 
le  port  et  la  couleur  du  chapeau  avec  la  Fausse  oronge, 
Agarieus  muscarius.  Il  faut  bien  se  garder  de  confondre 
ces  deux  espèces  si  différentes  par  leurs  qualités. 

Voici  les  principaux  caractères  qui  les  distinguent  :  l'une, 
la  véritable  oronge,  a  un  volva  on  une  espèce  de  bourse  qui 
la  recouvre  entièrement  dans  sa  jeunesse,  l'autre  a  un 
volva  incomplet.  La  première  porte  un  chapeau  d'un  jaune 
orangé,  uni,  sans  verrues;  le  chapeau  de  la  seconde  est  de 
couleur  écarlate,  plus  ou  moins  moucheté  de  petites  peaux 


':2GG 


DOU 


dol; 


blain'li'^s  t'ii  ilavos,  cilii:i'\'^,  tVaillouses.  Lou  (lorgne  a  un 
doux  jKij"fiiiii,  (li's  lam-^s  coulnir  d'nr,  un  priliculo  j;ui- 
uàlre  ;  la  faus«;i^  oiv.n^je  rxlialo  uii'"'  (^'Icui'  il»''saL;ivnl)le  cl 
non  p.is  une  oilciuMlt'  oljani|iii:iii>n;  bcs  lanifs  muiI  d'un 
Ijlanc  (It*  U'i^'r-,  ainsi  (iiie  1<'  pcilieulo  ijui  osl  \A\v<>  épais, 
cyliiidii']!!',  U!i  p'*u  «''r;t)!l(Mi\.  laill.fux  \  la  hase:  la  IjuIIjc 
du  j)<''diciilt^  r<''j>aiid  {iliis  parliouli.'rr'iunit  une  r.di'ur  foiio 
et  nausv'alH  u(li\  Dans  la  vai'iôlé  à  taches  iloivos  oucilriiies 
les  II' iris  (le  raoneau  ({ui  rnl  luiv  I.'  p-Hlicul*:'  sont  liiie- 
ni>'nt  diMitCs. 

Autant  lou  D(ni!é  m^/jc  ost  d  'lici''UX  au  ^nùl  et  sain, 
autant  la  fausse -M'on^^f  est  riialfaisinlo  l't  un  poison  ^io- 
Icnt,  pivsquc  tnujViurs  ninrl-^l.  C'esl  pouniuoi  n-ais  avons 
insisl-''  snr  leurs  dilV.'iv'uees  et  sni"  l^nr  di  seiiplinn. 

Dos,  n.  dt."  ntiinliie;  [fin.  de  Dous^  doux.  —  Af/ud  fa) 
las  tJ<js ;  ("1  i|o  ({(Mix.  S'in  dmujiis  de  l(is  tins:  1*'S  ^o^s  à 
soi(*  Si  ni  sortis  do  leur  d''uxièine  nialadi'»;  ils  sont  à  leur 
Intisi'MiK^  âge.  F^iùc  lus  dos  nunts ;  ilire  le  [)t>ui'  el  le  Cin- 
tre; sor\ir  deux  partis  à  la  !'•  is,  ou  plulùl  les  Irahir  l(Uis 
deux  on  avant  l'air  de  les  suutonir. 

Dôr.  tla  la  t.  D'io. 

DotO ,  5.  f.  Del,  apport  dntal.  —  T'oy.  Ihrfjuinrn. 

Dor.  i!u  la  t.  Dos,  d'U. 

Doubla,  V.  DouMer,  niellreen  dnulile;  ployer  en  di^ux; 
joini]r.M:'t  t'inlredoux  fils  enseinM-",  rnetiro  uno  d<»ul)lure; 
faussT,  ka'Uier;  jtlier  en  arc. —  Itonhla  lu  Jo/frua  !n,  faire 
uno  (linMe  jîunai''' \  on  lra\aillinl  la  nuil.  Dofdda  un 
clav'!,  t-rUu'r  un  clou.  Doubla  luio  clcioti,  lausseï*  une  clé. 
A  donlda,  il  a  augiiienlé  du  d'iuMo. 

Se  doubla,  se  [»lier  eu  deux.  —  Su  doublo  co/fmo  uno 
fin/(/r//<o,  il  so  plie  o'irnnii'  nn  brin  <l'osior. —  On  ilil  iiiioux 
en  c'  ^'Mis  (]imhi(i.  —  Votj.  c.  m. 

l)ér.  fin  lai.  Di'jilicarc,  uj.  sii^n. 

Doublaïro,  s.  /".  Doulilfuse,  uuvriôro  cuiploxôc  à  d"U- 
Mer  l-i  s  i<-  .-.'.1  (.  lU  .miro  til. 

Doublaje,  .s.  m.  Aeiinn  ^h^  dDuMtr  un  fil  (]u<'lo<'nipio  ; 
frais  do  ce  tra\ail;  pr  l\i^i'•n  do  lil  douMo  ou  à  douliler. 

Double,  doublo,  .s.  air.  et  adj.  DouMo;  le  doulilo; 
une  fuis  autant;  acte  écrit  en  deux  copii^s.  —  Aquilo  fcnno 
es  doiililo,  celto  f«'nniitM'>t  eucointe.  Jou<ja  la  doubla,  jouer 
une  partie  en  doublant  It*  [u'emier  enjeu,  ftiou  sifma  lou 
double,  il  faut  siirner  Facto  en  double  oriu'inal.  L'énvalè 
tout  double,  il  l'aNala  sa.ns  liô>iier. 

Un  double,  uii  cocou  (jui  contient  deux  chrysalides  et 
qui  est  l\euvrc  siniultajiéo  de  deux  vers:  ce  (jui  f;dl  que 
leurs  fds  sont  enchevctrês  el  qu'ils  ne  produisent  qu'un 
brin  j:ros,  fort  cl  hourilleux.  Aussi  .si''i»are-t-on  ces  coc<.)ns 
des  siiuplos  pour  les  hier  à  part,  et  ils  produisent  une  soie 
grossière  et  terne  qu'on  (uuniue  </o//6/o,  employée  à  faire  de 
la  soie  à  coudre,  des  tissus,  des  lacets,  des  {.^alons  et  autres 
produits  qui  deniinident  de  la  force  et  non  de  la  finesse  : 
en  lernic  de  coumierce,  elle  se  nouune  Doupion, 

Depuis  l'introduction  des  races  chinoises  cl  japonaises 
dans  nos  éducations  séricicoles,  la  proix^rtion  des  doubles 


est  devenue  exorbitante  el  con;iuie  une  aggravation  au 
iléau  (jui  frap[)o  la  plus  riche  de  nos  récoltes.  Le  marché 
des  cocons  s'en  ri'ssenl  d'une  manière  j>onihle  par  les 
rabais  pnipnrlionnols  sur  |os  ventes. 

Double,  uiesiu'o  de  capacité,  double  décalitre,  20  litres. 

Dér.  du  lat.  DupUw,  m.  siu'U. 

Double-Milo,  iutcrj.  Junin  ]»eu  (U'th<>doxe  qui,  couinio 
l'uis  ceux  (Ml  oniro  le  mut  millo,  ini[»li(jue  la  i)luralité  dos 
dieux,  et  par  cnns-'-quont  ressembl-^  fort  à  un  legs  d(^  Tau- 
tiquité.  La  racine  de  co  junm  (st  Milo-Dunts.'  mille-dieux! 
Par  un  r.'sto  di?  ropoct  pour  le  nom  de  Diou  qu'on  renie 
en  iiui-iquc  snrit»,  on  supprinia  le  mot  Dit^u  qui  demeure 
s<ius-oiiirii(lii  ;  DuubU'-M (lo  cst  doiic  Ic  du[)licatif  dc  Mdo- 
Dkni:  Il  Toit  iVire  (ib>or\or  co[)endant  que  ce  juron  a 
mi'ins  do  [mric"  dans  Tusatje  (]ue  dans  sa  racino;  et  coiniiie 
il  I  si  fci  t  pM»ilili«  (ju(^  t'tus  ceux  qui  proudMcenl  le  mot 
D(>/d;fe-Milo  ignnrenl  qut^  c'est  uno  insulte  à  l'uiuté  de 
Dii'U,  ils  s mt  iiKiins  hèli  n.dovos  {]ue  coux  qui  disent  ou- 
vorteiiKMii:  Milo-lhous,  [•arcMju'ils  sa\<Mit  tous  que  c'est 
une  attcinto  ll,i,i.'ranle  aux  doux  [ireiiners  articles  du  Déca- 
loguo. 

Doublén,  douhlénquo,  s.  m.  et  /'.  Agneau  m;\le  eu 
femollo  (h'  di'ux  ans.  —  Voy.  Jh'dfijas. 

Doublis,  s.  m.  Atlel  vio  do  doux  chevaux  k  la  charrue. 

—  Idn/fid  dtiK  doublis,  laboui'or  avoc  deux  l)otos,  par  op- 
posilii'U  à  l.àoura  d'>u  fourcas,  labuurer  au  brancard  ou  à 
la  limonni<"'ro,  c'est-à-diie  avec  une  seule  bêle. 

Doubluro,  s.  f.  Duubluro,  élolT*'  dnju  une  autre  ctolîe 
est  d'.!iM'"\  —  On  d'>nne  [»laisa!nmenl  ce  nom  à  la  peau 
hum  liiio.qui  est  enqu<'lijno  sorte  la  doublure  d<Mioshnl)ils. 

—  /'/  cronl  >  l't,  vùou  j)'!S  /'('S  j>cr  doubluro,  pr\h.,  fm  COlitrC 
fin  w  \aut  rion  pun*  doublure  ;  à  bon  chat,  bon  rat;  tu 
as  h  faire  à  {pi^Kp^i'un  d'aussi  rusé  que  toi. 

Douçamén,  alv.  Dim.  Doueauiene.  Doucement;  à  petit 
bruit;  (Mioatomoil  ;  a\ei"  douceur. 

Dér.  de  Dous,  du  lat.  Dulcis. 

Doutinoùs,  ouso,  alj.  D.iucoàtre;  qui  est  d'une  dou- 
ceur fado,  [)res(|U(»  nauséabundo.  —  On  emploie  quelquefois 
Doucinas,  m.  sign.,  (pii  resseudjle  beaucoup  à  sou  péjo- 
ratif. 

Dér.  de  Dous,  doux. 

Douèlo,  >'.  f.  Volice,  latte-volice,  petite  planche  très- 
mince  el  fort  étroite  sur  laquelle  se  clouent  les  ardoises,  el 
dont  on  garnit  l'intervalle  des  traverses  lorsqu'on  veut 
faire  un  [ilafund  plat  garni  en  plAtre. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Dotjella,  petite  douve. 

Dougan,  s.  m.  Douvain,  hnis  refendu  ou  scié  propre  à 
faire  des  douves;  rensemhie  des  douves  d'une  vaisselle. 

—  Aquo  fara  dé  pouli  dougan,  celle  Iwguc  donnera  de 
fort  belles  douves. 

Dougo,  v.  [.  Douve  de  tonneau  ou  de  cuve;  aisdoléqui 
forme  le  corps  des  futailles.  Les  meilleures  dans  notre  pays 
se  font  en  bois  de  nuirier.  On  les  scie  de  manière  à  leur 
donner  une  certaine  courlje,  et  pour  cela  on  les  scie  eu 


DOU 


DOU 


267 


deax  traits  qui  commencent  par  les  deux  bouts  opposés 
sur  deux  lignes  qui  ne  sont  pas  la  prolongation  Tune  de 
l'autre,  mais  qui  se  coupent  en  angle  excessivement  obtus 
vers  le  milieu  de  la  douve. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Doga,  m.  sign. 

Donié,  doniéto,  adj.  Douillet;  délicat;  qui  se  dorlote; 
qui  ne  peut  supporter  la  plus  légère  douleur. 

Dér.  du  lat.  Dolens,  dolent  ;  qui  se  plaint. 

Donîétariè,  i.  f.,  ou  Douîétiîe,  s,  m.  Délicatesse  ;  gâte- 
rie ;  susceptibilité  excessive  pour  la  plus  petite  douleur. 

Ce  qui  constitue  une  différence  entre  ces  deux  mots,  qui 
cependant  s'emploient  à  peu  près  indistinctement,  c'est  que 
Doulétarii  est  un  acte  de  délicatesse,  et  DouïéUje  est  ce 
défaut  lui-même,  l'habitude  passée  à  l'état  chronique. 

Bonîre,  s.  m.  Buire;  jarre  à  huile;  urne  de  cuve; 
grand  vaisseau  en  terre  cuite. 

Dér.  du  lat.  Dolium,  vaisseau,  tonne. 

DoQJe,  n.  de  npmbre.  Douze;  deux  fois  six  ou  dix  et 
deux. 

Dér.  du  lat.  Duodeeim,  m.  sign. 

Doujéno,  s.  f.  Douzaine,  nombre  de  douze.  —  Les  œufs 
se  vendent  par  douzaines  ;  la  plupart  des  fruits  se  ven- 
daient de  même  autrefois;  c*est  ce  qui  a  amené  cette 
phrase  proverbiale  :  G  n'a  pas  tréje  à  la  dmjéno,  en  par- 
lant d'une  jolie  femme  ou  d'un  homme  de  mérite;  c'est-à- 
dire  que  c'est  un  objet  d'une  trop  grande  valeur  pour 
qu'on  puisse  ajouter  une  unité  de  plus  par  dessus  le  mar- 
diê,  comme  cela  se  fait  presque  toujours  pour  les  ventes  à 
douzaine. 

.  Doiilo,  «.  /.  Coup  de  poing  donné  sous  le  menton,  ou  à 
h  nuque  on  dans  les  côtes,  avec  l'angle  des  phalanges  fer- 
mées. Le  mot  a  voulu  exprimer  l'effet  toujours  douloureux 
et  en  a  fait  le  suprême  du  genre. 

Dér.  du  lat.  Dolere. 

Donloù,  s,  f.  Dim.  Doulounéto.  Douleur  rhumatismale 
ou  nerveuse,  et  non  la  douleur,  la  souffrance  générale,  que 
fait  éprouver  un  mal  physique  quelconque,  encore  moins 
la  douleur  morale. 

Dér.  du  lat.  Dolor. 

Donlonroùs,  onso,  aâj.  Douloureux  ;  accablé  de  dou- 
leur; affligeant.  —  Ne  se  dit  toutefois  que  des  objets  ou  des 
membres  et  non  des  individus  souffrants.  —  Honn  coda- 
(re  dtmlùurots,  mon  corps  accablé  de  souffrances  :  cette 
phrase  n'est  même  de  mise  qu'en  style  goguenard  et  fami- 
lier. 

Donméisèlo,  «.  f,  Dim.  DaumêitHMo.  Demoiselle;  jeune 
fiUe  d'une  classe  un  peu  plus  élevée  que  le  bas  peuple.  —  On 
se  sert  du  mot  au  vocatif  envers  les  filles  du  peuple,  quand 
on  veut  se  montrer  agréable  ou  par  politesse  :  c'est  un 
nom  qu'on  donnait  aussi  autrefois  aux  dames  de  la  petite 
bourgeoisie,  pour  les  distinguer  des  femmes  du  peuple  qui 
se  dénommaient  sous  la  qualification  du  nom  féminisé  de 
leur  mari,  et  des  dames  de  la  noblesse  et  de  la  haute  bour- 
feoisie  qui  seules  avaient  droit  au  titre  de  madame. 


DoumétsUo  est  encore  un  insecte  de  la  classe  des  Né- 
vroptércs,  appelé  Libellule  ou  Demoiselle,  Libelluta,  Linn., 
portant  des  ailes  de  gaze,  qui  vole  au-dessus  des  ruisseaux 
et  des  petits  cours  d'eau. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Domicella,  dim.  do  Domina, 

Donméîsélun,  $.  m.  Terme  collectif  :  ensemble  des  de- 
moiselles ou  des  filles  d'une  ville  ou  d'un  village. 

Doumèrgne,  n.  pr.  d'homme.  Domergue. 

Ce  nom,  comme  le  remarque  très  justement  Sauvages, 
est  devenu  n.  pr.  de  famille  après  avoir  été  d'abord  un 
simple  nom  de  baptême.  Il  fut  en  effet  Dominique,  que  le 
roman  languedocien  transforma  en  Doménge,  et  l'esp.  en 
Domingo,  maintenu  en  Domlngue  pour  l'appellation  d'une 
ile  des  Antilles.  Il  a  donc  subi  les  mêmes  métamorphoses 
que  ses  similaires  dérivés  de  la  même  source,  que  nous 
avons  déjà  rencontrés.  C'est  encore  cette  finale  en  mieiu 
ou  inicœ  de  la  bass.  lat.  que  le  roman  ne  tolère  pas.  Le 
latin  donnait  inus,  ina,  inum,  qu'on  avait  redoublé  on 
allongé;  et  ce  sont  ces  consonnances  sur  lesquelles  le  roman 
se  plaisait  à  s'exercer.  Aussi  tous  ces  noms  à  base  com- 
mune présentent-ils  les  plus  bizarres  variantes. 

Douméssargne,  n.  p.  de  lieu.  Dommessargues,  canton 
de  Lédignan,  arrondissement  d'Alais. 

Variété  de  même  famille,  avec  la  désinence  plus  par- 
ticulière à  nos  contrées.  Le  principe  est  dans  le  latin  Do- 
minui.  Pour  en  faire  un  nom  de  lieu,  le  suffixe  ordinaire 
vient  l'approprier  et  dans  la  bass.  lat.  on  appelle  ce  do- 
maine, appartenant  à  quelque  seigneur,  au  moyen-àgd, 
Dommsanieœ,  en  4235;  le  roman  vulgaire,  en  même  temps, 
4237,  dit  Domensianêguês ,  puis  Domenuanengue» ,  qui 
arrive  à  notre  Douméssargue  par  le  chemin  que  nous  avons 
indiqué  sous  les  noms  en  Argue. 

Doummai,  conjonc.  C'est  la  traduction  du  fr.  Plus,  pris 
pour  conjonction  et  lorsqu'il  sert  à  établir  une  relation 
entre  deux  verbes.  —  Daummaï  va\,  doummat  décline, 
plus  il  va,  plus  il  décline  ou  diminue. 

Formé  de  Mai,  plus,  et  du  lat.  Dum,  tandis  que. 

Donmmén,  conjonc.  Moins,  dans  l'acception  inverse  de 
Doummat.  Tout  ce  qui  est  dit  pour  celui-ci  peut  s'appli- 
quer à  celui-là. 

Doun,  eonj.  Donc,  par  conséquent.  Le  pronom  fr.  Domt 
n'est  pas  connu  dans  le  lang.  et  c'est  un  gros  solécisme  ou 
plutôt  un  gallicisme  que  de  l'employer.  De  qui  ou  dtiguei 
ne  sont  pas  admis  davantage  :  lacune  fâcheuse  sans  doute 
à  qui  veut  traduire  le  français;  mais  pour  ceux  qui  pen- 
sent en  lang.  en  écrivant  dans  cet  idiome,  la  pensée  ne 
leur  vient  pas  même  d'employer  cette  forme.  -^  Toy. 
Adoun. 

Dér.  du  lat.  Tune,  alors. 

D'onn,  adv.  de  lieu.  D'où,  de  quel  côtét  Contraction  de 
D'ounU,  mais  avec  cette  difiërence  que  D'oun  ne  s'emploie 
qu'interrogativement. 

Donna,  t?.  Donner;  fûre  on  cadeau,  une  donation;  li- 
vrer, vendre,  accorder;  causer;  ruer;  frapper;  atteindre. 


2G8 


DOU 


DOU 


Opeiidaiit  une  siiigularilô  :  dans  oAW  dcrniiM-i?  accoptioii, 
la  l»"**  ol  3'"''  p(?i>.  sijig.  do  l'iiidic.  pivs.  du  ^e^bo  Donna, 
n'ont  pas  la  inôiiie  l'orme  do  conjagaison.  Ainsi  Donna, 
doinier,  l'ail  :  Donc,  dones,  dnno ;  cl  lo  niAiiii>  wrlu',  lors- 
qu'il bi.unili»)  rut.T,  l'ail  aux:  mèiiios  temps:  Dounv,  douncs, 
tloitno. 

Doinia  so  dit  d'un  nmr  ou  d'une  ci instruction  (juelcun- 
<[ue  qui  s'all'aisse  sur  sa  base  ri  j)erd  son  nploml).  —  Sf 
donna  à  fjuàoa(i((f(s,  tnih'un  oustàou,  se  d'Hnier  corps  et 
bien  ù  inie  p;'rsninie,  à  um.'  t'ainille  :  ce  (|ui  arnve  Sfiuvenl 
parnji  le  |)i,'Uple  des  célibataires,  qui,  n'ayant  ni  la  mille, 
ni  bjjin'  sant"',  ni  ca[)âcilé  sulïisinle  pour  ^n'-rer  leurs 
alVain-s,  s'établissent  dans  une  famille  à  la(]uelle  ils  aban- 
doini'^nl  bur  avoir,  à  cbaruc  de  pourvoira  tous  leurs  be- 
soins. O'ile  situation  est  la  Ci)nlre-[>.irtie  de  la  tutelle  olll- 
cieuse  el  ]».iurrail  se  dénHmmci'  itupillarilé  uirieuMise. 
Aqudo  rerollo  dono  hlcn  ai^ne^te  an,  celle  r»''C<»lte  [)rodnit 
heaucitup  celle  année. 

Donna  veut  dire  enC'>re  :  avoir  \ue;  traiter;  el  laire 
l'aumône.  —  Sa  fcncsUo  dono  sns  Ion  ccntcntni ,  de  sa 
fenêtre  on  a  \ue  sur  le  cimi'ti('M'e.  Af/nct  hos(e  dono  bien,  ce 
traiteur  doinie  bii-n  à  dnu'i".  Dminas  qnoacon  don  /nlonrc 
avinjfc.  faites  ramuôni?  au  i)auvre  aveugle. 

Dér.  du  la  t.  Donarc,  m.  siu'ii. 

Douminargue,  n.  p.  de  lieu.  Dominari^ues,  canton  de 
(À)nnau\,  arrondissement  d'L'zès. 

Autn,'  \aj'iante  dt's  deux  noms  i)ropres  «[ui  précédeiit. 
Celui-ci  vient  encon'  du  la  t.  IhaninuSy  c'est  un»'  terre 
dominlcalo  au  mo\ l'ii-à^^f,  inléodée,  (pii,  poiu'  cela,  était 
dési^^néc  ]>ar  Duniinanica-,  et  <pie  la  laiii^'U*'  Nuli'aire  a  lini 
pai"  [)lier  au  Dunuiînarij^'js  aciuel. 

Des  ori-:ii;'\s  c  >iii!nun''S  apparenlml  toutes  ces  dénomi- 
nalioiis,  ([u'jl  faut  conférer  a\t'C  ci*  (pie  nuus  a\oiis  dit  di' 
Dinninlic,  d'une  con^;oi^'uiiiilé  frateruelli^  et  «pii  a  pas>é 
par  d  s  lr,.ii.-r  aiiiàli 'lis  puraitemcnl  id.iiliipi.vs.  'l'ous  ces 
rap[i'irl,>  doivent  encore  être  r;ipprncb'''S  des  imius  analo- 
j^ues,  cl  rieii  n'cbt  plus  curieux  qu<,''  ces  di\ersilés  sur  les 
luèmes  racines.  Ainsi  sont  ai^pcjés  :  Domassan,  Douiossan, 
Domeiiec,  DoMienecb,  n.  pr.,  «q  Domme  (Durdogne,  ;  Dom 
(A\eyron,;  Daumaize  fPuy-de-Domej  ;  Domezac  (Clia- 
rente,  :  Daumazan  'Ari/'i^e};  Doiuazan  ((iard;;  Doim^zain 
(Hautes  1\\  rénées j  ;  Dniut^iac  ^I.ot);  Domilbac  ^Lot-el- 
Garonne,;  Dominon  (Mévre). 

La  CAHup'.sition  etbni(pie  des  noms  est  féconde  el  fournit 
un  intéressant  sujet  d'études,  dont  nous  essayons  de  dojiner 
quebjues  éL''njents. 

Dounacîou,  s.  f.  Donation;  don  i)ar  acte  public;  acte 
qui  établit  la  donation. 

Dounaïre,  aïro,  adj.  Lil)éral;  aumônier;  cbarilable; 
qui  aime  à  rendre  service. 

Doun-Doun,  5.  f,  Dondon;  grosse  gagui;  femnie  ou  fdle 
qui  a  un  enjbonjHÛnl  excessif. 

Dcr.  du  roman  Dondaine,  ballon  à  jouer. 

Dounéto,  adj.  des  deux  genres.  Variante  de  Dounaïre, 


mais  qui  ne  s'euq>loi«^  (jue  négativement  :  iî**  pas  donneio, 
il  n'est  [v:\i^  généreux;  il  n'aime  pas  à  donner;  il  est  avare, 
serré.  La  fonrnitjo  éa  pas  donucio ,  la  fourmi  n'est  pas 
prêteuse. 

Douno,  s.  f.  Doinie,  la  main  aux  dilTérenls  jeux  de 
cartes;  distribution  d'aumônes  à  jours  fixes,  qui  sont  usi- 
tées dans  certaijuis  maisons  cbarilables.  —  lliuri  es  jour 
de  douno  cnco  dé  moussa...,  c'est  aujourd'hui  jour  d'au- 
mône cbez  lueiiisieur... 

D'ounté  ou  D'ounte,  alv.  de  lieu.  D'on,  do  (juel  côté? 

—  Voy.  D'oun. 

Dér.  de  Onnfv. 

Dourda,  r.  Fraj)per,  beurter  de  la  corne;  cosser.  —  >»«? 
dof/r<la,  se  cosser;  lutter  à  coups  de  cornas;  au  (ig.  se 
beurter,  se  cngur-r  la  télé  contre  un  cor[)s  dur  (luelconque. 
• — •  Jadis  dans  les  létes  |)ubli(pies  on  fa'isail  lutter  deux 
Itéliers  enseiidiie.  On  trou\e  dans  d(»s  comptes  munici|>aux 
de  Mimes  cet  article  de  d>'penses  :  Pro  nno  iniflona  qui  fuit 
luchitus  ad  IfK  l  ts  Sancti  Jjinrcndi  V  doiarti. 

vSiu\ages  prelend  que  ce  mot  est  d'origine  celtique:  il 
est  diiïicile  de  prouver  le  contraire. 

Dourdo-moucho,  aîj.  de  tout  genre.  —  Voy.  Dounh- 
niouio,  dont  il  n'e>l  qu'une  corrui)tion. 

Dourdo-mousquo,  adj.  de  loul  genre,  m.  sign.  que  le 
])récéileiii  el  l-:-  sui\.inl,  dont  il  .\st  une  variante.  Tous  trois 
s'a[»pliquenl  fort  bien  ^'i  un  butor,  un  bélitre. 

Dourdo-mouto,  a<lj.  de  tout  genre.  Sournois,  taciluruf: 
songe-cHMix.  Au  prop.  «pii  se  heurte  du  {)ieJ  en  marcliaut 
Contre  bs  molles  de  terr(\  tajil  il  est  iu*éoccui)é  de  ses 
soiiiiu'LS  et  sottes  ré\eries. 

Dans  l'usage,  Do^mlo-nutucho  a  i)ris  le  dessus,  et  il  csl 
l)lus  u.sité. 

Dourmar,  aïro,  adj.  Péj.  Donrmairas.  Gvtind  dormeur; 
roupdleur. 

Dourméïre,  cïro,  adj.  Dormeui-,  qui  aime  à  dormir. 
Doffnii'tr  est  son  jiéjoratif. 

Dourmi,  r.  Dormir;  rep  «ser;  être  dans  le  sommeil;  être 
calme  et  sans  nu^ivement,  comme  l'eau  dorniante.  — On  dit 
d'une  lou[:ie,  térnhin  que  dor,  lorsiiue,  vers  le  milieu  de 
ses  évolutions,  elle  se  met  ;\  lt»urncr  sur  sa  pointe  sans 
changer  de  jdace  et  avec  une  telle  régularité  d'équdibro 
qu'itn  n'ap(Mcoit  pas  ses  mou\emenls  de  rotalion.  —  Lous 
magnas  dor  mon  à  ias  très,  à  las  quatre,  les  vers  h.  soie  sont 
dans  leur  troisième  ou  quatrième  mue. 

Dér.  du  lat,  Donnire,  m.  sign. 

Dourmido,  6-.  f.  iMéridiennc,  sieste;  somme.  C'est  un  des 
repos  (jui  sont  dus  aux  journaliers  depuis  le  \^^  rnai  jus- 
qu'au \^^  août  :  il  a  lieu  iuunédiatement  après  le  repas  de 
midi. 

Dourinïouso,  *.  /'.  Torpille,  Torpch  ou  Torpilla,  lÀnn,, 
poisson  de  l'ordre  des  Tréma lopnées  et  de  la  fam.  des 
Plagiostonjes,  à  bouche  transversale,  plat,  cartilagineux, 
à  |)eu  près  de  la  figure  de  la  raie.  La  plus  grande  torpille 
a  deux  pieds  de  long.  On  sait  la  faculté  qu'elle  a  d'engour- 


DOU 


DRA 


269 


dir  ou  endormir  le  bras  de  celui  qui  la  touche,  comme  par 
une  décharge  électrique.  De  là  son  nom. 

Dourquado,  s.  f.  Dim.  Dourquadéto.  Plein  une  cruche  ; 
contenu  d'une  cruche.  —  Vaï  cérqua  uno  dourquado  d'aïgo 
frésquo,  va  remplir  ta  cruche  d'eau  fraiche. 

Dourqué,  i .  m.  Petit  broc  ;  pot  à  eau  ou  à  vin  ;  cru> 
cbon.  —  S*afnoura  dou  dourqué,  boire  à  même  au  broc. 

Dim.  de  Dourquo. 

Dourquièîro,  3.  f.  Violette-longue;  espèce  de  figue  d'un 
noir  violet  en  dehors  et  rouge  en  dedans.  Elle  a  le  cou 
allongé  et  la  base  large  et  plate,  ce  qui  lui  donne  certaine 
ressemblance  avec  quelque  ancienne  forme  de  cruche, 
Dourquo,  d'où  elle  tire  son  nom. 

Dourquo,  s.  f.  Dim.  Dourquéto;  péj.  Dourquasso.  Cru- 
che de  terre  ou  de  grès. —  Les  gens  de  la  campagne  s'en  ser- 
vent comme  d'un  broc  pour  le  vin  ;  mais  pour  cela  cette 
crache  à  vin  doit  avoir  un  bec  ou  canal  :  lorsqu'elle  n'a 
qu*nne  évasure  à  son  rebord,  on  l'appelle  Bkhè. 

Dér.  du  lat.  Orca,  jarre,  vaisseau  de  terre. 

D0U8,  n.  de  nombre.  Au  féni.  Dos.  Deux.  —  Dé  dons 
in  dous,  deux  à  deux  :  terme  de  jeu,  quand  on  est  associé 
deux  contre  deux  ;  se  dit  aussi  des  choses  et  des  individus 
divisés  par  paires  ou  par  couples.  Sèn  dous»  nous  sommes 
deux,  c'est-à-dire  je  partage  tout  à  fait  votre  manière  de 
voir.  Proumétre  et  iène  soiin  dous,  promettre  et  tenir  sont 
deux  choses  fort  différentes. 

Dér.  du  lat.  Duo,  m.  sign. 

Dous,  douço,  aij.  Dim.  Douce;  péj.  Douças,  Doux; 
suave;  agréable  au  goût,  à  l'odorat;  fade;  qui  manque 
d'assaisonnement  :  au  fig.  paisible;  d'humeur  douce;  tran- 
quille; humain;  pliant;  flexible;  velouté.  — Lou  pan  es 
Ira  dous,  le  pain  manque  de  sel  ou  de  levain  ;  il  est  fade. 
On  le  dit  aussi  du  vin  qui,  sans  être  liquoreux,  n'a  aucune 
pointe,  par  opposition  dou  vi  for,  celui  qui  commence  à 
aigrir;  mais  il  faut  que  ce  soit  dans  une  phrase  corrélative, 
sans  quoi  lou  vi  dous  est  simplement  le  vin  doux  qui  n'a 
pas  encore  cuvé.  La  passo  dovço,  il  passe  la  vie  douce. 

Dér.  du  lat.  Dulcis,  m.  sign. 

Dousil,  s.  m.  Dim.  Dousïé.  Fausset  de  tonneau;  bro- 
chette qui  ferme  une  petite  ouverture  pratiquée  soit  au 
haut  du  fond  pour  donner  de  l'air  à  l'intérieur  quand  on 
le  remplit,  soit  au  milieu  pour  en  déguster  le  contenu,  soit 
au  bas  quand  on  le  soutire  à  la  brochette;  ouverture  même 
ou  se  place  le  fausset.  Au  fig.  petit  trou,  blessure  étroite. 

La  racine  de  ce  mot  peut  bien  être  dans  le  lat.  Dolium, 
tonneau  ;  mais  elle  pourrait  bien  peut-être  se  trouver  dans 
Dueere,  ductus,  conduire,  conduit,  ou  Dux,  ducis,  chef, 
guide. 

Douta,  V.  Douter,  être  dans  le  doute;  soupçonner.  Se 
prend  presque  toujours  en  mauvaise  part.  —  Douta  sus 
quàouq;uus,  soupçonner  quelqu'un. 

Dér.  du  lat.  DubUare,  m.  sign. 

Doute»  «.  m.  Doute;  soupçon;  hésitation;  incertitude. — 
Leva  un  doute,  élever  un  soupçon. 


DouYèr,  èrto,  alj,  et  part.  pass.  de  Douvrï.  Ouvert; 
franc  ;  sincère  ;  qui  a  le  cœur  sur  la  main.  —  Vn  chival 
douvèr,  un  cheval  à  large  poitrine ,  dont  les  jambes  de 
devant  sont  largement  espacées.  Un  home  douvèr,  un 
homme  qui  a  les  cuisses  arquées  et  dont  les  genoux  sont 
fort  éloignés. 

Douvri,  V.  Ouvrir.  —  Voy.  Drouvi. 

Dra,  s.  m.  Drap,  étoffe  ordinairement  en  laine;  grand 
châle  en  mousseline  blanche  dont  les  femmes  cossues  s'en- 
veloppaient surtout  quand  elles  étaient  en  grand  deuil.  Cet 
usage  est  passé  de  mode  :  le  chàle  est  noir  en  grand  deuil . 
—  Dra  dé  mor,  drap  mortuaire.  Dra  d'hounm,  poêle 
d'hoimcur  qui  se  porte  devant  le  cercueil. 

Le  mot  Drappus  avec  la  m.  sign.  se  trouve  dans  les  Ca- 
pitulaires  de  Charlemagne  :  le  celtique  avait  Drap;  le  gr. 
donne  Karpoç,  trame. 

Dra,  s.  m.  Dim.  Draqué.  Lutin,  diable;  mauvais  génie; 
esprit  follet.  On  l'appelle  aussi  Janlou-Dra  ou  lou  Draqué. 

Dér.  du  lat.  Draco,  dragon. 

Dragas,  s.  m.  Dragon  ;  nom  que  l'on  donne  souvent  à 
une  femme  ou  à  une  fille  effrontées,  hardies  au-delà  de 
toute  pudeur.  C'est  une  contraction  du  péj.  Dragounas.  — 
Aquà's  un  dragas,  c'est  une  Virago,  un  démon  d'effron- 
terie. 

Dragoun,  s.  m.  Dim.  Dragouné;  }jéj.  Dragounas.  Dra- 
gon, soldat  appartenant  à  une  arme  de  la  cavalerie;  lutin, 
esprit  ou  serpent  fantastique.  —  Aquà's  un  dragouné,  c'est 
un  petit  lutin. 

Draîo,  «.  f.  Chemin  affecté  aux  troupeaux  et  qui  a  une 
plus  grande  largeur  que  les  autres.  —  11  se  dit  surtout  de 
ceux  que  suivent  les  troupeaux  qui  vont  passer  l'été  sui* 
la  montagne  et  sur  lesquels  on  croit  qu'ils  ont  prescrit 
le  droit  de  passage,  quoiqu'ils  ne  soient  pas  frayés  et  qu'on 
ne  distingue  guère  à  l'œil  leur  périmètre.  C'est  sans  doute 
un  préjugé  qui  ne  repose  sur  aucun  droit ,  bien  que  les 
anciens  cadastres  les  appellent  quelquefois  comme  tenants 
et  aboutissants  de  délimitation.  Du  reste  le  nombre  de 
routes  et  chemins  vicinaux  qui  se  multiplient  chaque  jour 
rendent  ces  Draïos  inutiles. 

Dériverait -il  du  gr.  Apàw,  s'échapper,  s*enfuir,  ou  de 
Tplyw,  courir,  passer? 

Draiôou,  s.  m.  Petit  sentier;  chemin  étroit,  à  peine 
tracé. 

Dim.  de  Dràio. 

Draja,  v.  Cribler;  passer  au  crible. 

Dér.  de  Dral  ou  Dra  je. 

Draîsûre,  s.  m.  Celui  qui  crible  le  blé. 

Drajé,  i .  m.  Crible.  —  Voy,  Dral, 

Draîèio,  s.  f.  Dragée;  amande,  pistache,  noisette,  ou 
autres  petits  fruits  enveloppés  de  sucre  durci.  —  Quouro 
nous  {as  manja  dé  drajèios?  Quand  te  maries-tu?  Bada  la 
drajèio,  au  fig.  cette  locution  signifie  :  Bayer  aux  corneilles , 
ouvrir  la  bouche  de  stupéfaction  ;  au  prop.  elle  est  devenue 
proverbiale  et  prend  son  origine  dans  un  jeu  du  carnaval 


270 


DRA 


DRE 


Dans  les  mascarades  des  jours  gras,  on  voit  toujours  un 
masque  habillé  en  Cassandre  et  monté  sur  un  âne,  sens 
devant  derrière;  il  lient  à  la  main  une  baguette  :  à  cette 
baguette  pend  un  iîl  :  à  ce  (il  est  accrochée  une  dragée  que 
Je  Cassandre  fait  sautiller,  en  frappant  avec  une  seconde 
baguette  sur  la  première,  au-dessus  d'une  foule  de  gamins 
qui  suivent,  la  bouche  grande  ouverte,  pour  hap[)er  le 
)x)nbon,  qui  leur  échappe  par  ses  sautillements,  car  il  est 
prohibé  d'y  porter  la  main. 

Cette  définition,  explication,  description  du  mot  et  de  la 
chose  est  empruntée  aux  Castagnados,  et  nous  n'avons  pas 
cru  pouvoir  mieux  faire. 

L'étymologie,  nous  le  savons,  est,  d'après  les  glossa- 
teurs.  tirée  du  gr.  Tpayiitiaxa,  dessert;  de  là  dragée,  disent- 
ils.  Nous  ne  nous  y  opposons  pas.  Mais  pour  qui  a  vu 
confectionner  cette  charmante  et  nuptiale  friandise,  une 
autre  dérivation  se  présente.  Les  amandes,  pistaches  ou 
noisettes  sont  jetées  dans  un  poêlon  de  confiseur,  au  milieu 
d'une  poudre  de  sucre,  et  soumises  à  un  mouvement  con- 
tinu d'agitation,  de  rotation,  d'oscillation,  jusqu'à  ce  que 
les  molécules  de  sucre  les  ait  entièrement  et  également 
revêtues  et  enveloppées,  de  manière  à  leur  former  une 
nouvelle  écorce,  cette  délicieuse  écale  durcie  au  frotte- 
ment, lisse  et  égale,  qui  distingue  la  dragée.  Cette  opéra- 
tion de  confiserie  n'est  autre  que  la  manœuvre  du  crible  à 
blé  appliquée  à  une  friandise.  Or  le  crible  se  nomme  en 
lang.  Drajé.  Pourquoi  les  amandes,  criblées  aussi,  ne  rap- 
pelleraient-elles pas  dans  leur  dénomination  le  moyen  par 
lequel  elles  sont  devenues  Drajéios?  Celte  origine  nous 
semble  valoir  autant  qu'une  autre  plus  savante. 

Dral,  s.  m.  Dim.  Drajé.  Crible  à  blé,  en  peau  de  porc 
et  à  trous  ronds,  ce  qui  le  distingue  du  Moundatre, 

Le  mot  Dral  est  un  terme  générique  dont  celui  de  Cau- 
ladoù  est  la  spécialité  relativement  au  blé.  Lou  Drajé  ou 
PisiO'païo  est  un  crible  dont  le  fond  est  tissu  en  collons 
de  châtaignier,  servant  à  séparer  le  grain  et  la  balle  d'avec 
un  résidu  de  paille. 

Dér.  du  gr.  Àpiu),  s'échapper,  s'enfuir. 

Drandaia,  <?.  —  Voy.  Trantdia, 

Drapé  ou  Drapël,  5.  m.  Drapeau  d'enfant,  linge  carré 
dont  on  enveloppe  immédiatement  le  corps  de  l'enfant  au 
maillot. 

Dim.  de  Dra. 

Drapèou,  i.  m.  Dim.  Drapélé.  Drapeau,  étendard,  en- 
seigne militaire. 

Dér.  de  Dra. 

Drapiè,  s.  m.  Drapier»  marchand  ou  fabricant  de  drap. 
—  Dans  un  acte  du  40  des  Kalendes  de  janvier  4294,  qui 
règle  le  rang  des  corporations  à  Alais,  il  est  fait  mention 
des  drapiers  et  marchands  de  drap,  faisant  commerce  avec 
Paris  et  en  France  :  Draparii,  utentes  officia  drapariœ  et 
amnei  illi  qui  Pariiii$  aul  in  Francia  tnêrcaturas  iuas 
exercent.  Ils  font  partie  de  la  deuxième  échelle  pour  former 
le  conseil  municipal  de  la  commune,  avant  les  avocats,  les 


notoires,  les  médecins,  les  apothicaires  et  les  épiciers,  qui 
ne  sont  classés  ensemble  qu'au  troisième  rang. 

Draqilé,  s.  m.  —  Voy.  Dra, 

Dré,  *.  m.  Droit;  jurisprudence;  justice;  loi;  ce  qui  est 
juste;  liljerté;  faculté.  —  Faïre  lou  dré,  faire  bonne  jus- 
tice, rendre  à  chacun  ce  qui  lui  appartient  légalement  ou 
consciencieusement.  A  fa  lus  drés  à  sous  éfans,  il  a  par- 
tagé son  bien  à  ses  enfants  avec  une  stricte  probité.  Lous 
drés,  les  droits  légitimaires  d'un  enfant  de  famille,  ce  que 
la  loi  lui  accorde  obligatoirement. 

Dér.  du  lat.  Direclum  pour  rectum,  justice,  équité. 

Dré,  drécho,  adj.  Dim.  Dréché,  Droit;  direct;  qui  est 
debout  ;  escarpé  ;  qui  a  une  j)ente  rapide.  —  Tèn-té  dré, 
suivant  les  cas,  signifie  :  tiens-loi  debout  ou  tiens-loi  droit. 
Dré  i'én-drè,  vis-à-vis,  en  face  de.  Marcha  tout  dré,  mar- 
che droit  devant  toi.  La  maimtado  es  bien  drécho,  la  mon- 
tée est  bien  rapide.  Dré  dé  tus,  vis-à-vis  de  loi,  en  hgnc 
directe  de  ta  position  ;  faisant  face  à  la  direction  de  tes  pas. 
Soun  mas  es  dré  dé  Lama,  sa  métairie  est  près  et  dans  la 
direction  de  Larnac.  Tout  es  en  dré,  tout  est  régnlièremenl 
disposé.  L'àouro  drécho,  le  vent  du  nord.  Faïre  l'âoubre 
dré,  (Voy.  Aoubre.J  —  Aqui  dré,  de  ce  côté,  dans  ceUft 
direction.  C'est  une  phrase  explétive  fort  usitée  dans  la 
région  orientale  d'Alais,  chez  ce  qu'on  appelle  les  GounèU, 
qu'on  y  emploie  à  tout  usage,  sans  le  moindre  rapport  avec 
la  phrase   anlécédente  ou  subséquente.   A  man  drécho, 
du  côté  droit,  à  main  droite. 

Dér.  du  lat.  Directus,  droit. 

Dréchè,  dréchèiro,  s.  m.  et  f.  Droitier,  qui  se  sert 
particulièrement  de  la  main  droite  pour  tout  exercice  et 
travail  d'adresse.  —  La  nature  a  donné  une  égale  force, 
une  même  dextérité  à  chacune  des  deux  mains  ;  ce  ne  sont 
que  les  habitudes  d'enfance  ou  d'apprentissage  qui  modi- 
fient celle  disposition  naturelle,  en  faisant  passer  par  un 
exercice  journalier  la  force  et  l'adresse  dans  celui  de  ces 
membres  qui  est  le  plus  mis  en  exercice. 

Dans  notre  état  de  civilisation,  nous  avons  donne  la 
préférence  au  bras  droit,  et  dans  tous  les  actes  que  nous 
apprenons  théoriquement,  c'est  lui  qui  joue  le  principal 
rôle,  non  pas  qu'il  y  ait  été  prédestiné  par  la  nature,  mais 
bien  parce  qu'il  faut,  dans  tout  apprentissage  TègTÛii»« 
adopter  une  unité  de  principes.  L'exercice  des  armes  a  dû 
être  un  des  premiers  rudiments  de  l'éducation  des  peup\e&, 
et  c'est  un  de  ceux  qui  exigent  le  plus  d'ensemble  et  d*a- 
nilé  de  principes. 

La  droite  a  été  préférée  On  ne  sait  par  quel  motif;  mais 
quand  on  a  vu  que  cette  main  avait  acquis  dans  cet 
exercice  plus  d'habileté  et  de  vigueur,  on  a  dû  penser  que 
ce  membre  était  privilégié  de  la  nature  à  quelques  exœfh 
lions  près. 

Cependant  quand  on  considère  combien  sont  nombreux 
les  gauchers  dans  les  classes  populaires;  lorsqu'on  voit  que, 
dans  ces  travaux  agricoles  qu'on  apprend  par  la  seule 
imitation,  les  gauchers  sont  aussi  communs  que  les  droi* 


DRO 


DU 


^71 


tiers;  lorsqu'on  voit  ceux-ci  continuer  à  manier  la  houe, 
la  bêche,  la  hache,  à  jeter  des  pierres,  de  la  main  gauche, 
môme  après  qu*on  a  exercé  leur  main  droite  à  l'écriture  et 
au  maniement  des  armes;  lorsqu'on  voit  la  nature  lutter 
victorieusement  contre  l'éducation  dans  certains  individus 
qui  restent  gauchers  malgré  les  leçons,  les  exeiuples  et  les 
punitions ,  il  faut  convenir  que  le  privilège  de  la  droite 
n'est  qu'une  convention  purement  sociale. 

Cette  prédisposition,  qui  crée  les  gauchers  et  les  droi- 
tiers, remonte  aux  premiers  mouvements  de  l'enfance  au 
maillot.  Ces  première  gestes,  ce  premier  exercice  des  arti- 
culations, sont  toujoure  ^outanés.  Qu'un  enfant  soit  un 
peu  plus  ou  un  peu  moins  serré  dans  ses  langes  d'un  côté 
que  d'un  autre,  le  membre  resté  le  plus  libre  agira  le 
premier;  si  sa  nourrice  en  lui  donnant  le  sein  lui  présente 
plus  souvent  un  côté  que  l'autre ,  le  bras  placé  en  dehore 
aura  plus  de  liberté  et  c'est  celui  dont  il  se  servira  d'ins- 
tinct pour  saisir  ou  pour  gesticuler.  Au  bout  de  quelques 
jours  ce  membre  se  renforcera,  et  au  moment  où  ces  mou- 
vements devront  prendre  plus  d'intensité  et  de  régularité, 
la  nature  qui  est  en  suspens  pour  décider  de  la  suprématie 
de  ses  membres,  l'accordera  de  préférence  à  celui  qui  aura 
montré  plus  de  dextérité  et  d'aptitude. 

Du  reste  ce  qui  prouve  que  les  gauchers  ne  sont  point 
une  exception  de  la  nature,  mais  bien  une  contravention 
des  lois  sociales,  c'est  qu'ils  ne  sont  point  rares  dans  les 
classes  populaires  et  agricoles,  où  l'on  n'a  rien  fait  pour 
combattre  cette  prédisposition. 

Drésèli  (Sén),  n.  pr.  de  lieu.  Saint-Dréséri  ou  Saint- 
Didier. 

Dér.  du  lat.  Sunclus  Desiderius, 

Drinda  ou  Dinda,  v.  Tinter;  rendre  un  son  aigre  et 
métallique  comme  des  grelots. 

Dér.  du  lat.  Tinnire,  m.  sign. 

Inutile  de  faire  remarquer,  après  ce  que  nous  avons  dit 
Jett.  D,  la  permutation  des  dentales  du  dérivé  au  primitif 
iat.  Le  fr.  et  le  lang.  suivent  leur  marche  parallèle. 

Drin-drinl  inierj.  Tin-tin;  onomatopée  d'un  son  aigu 
et  métallique. 

Dringo-drango,  phr.  faite,  sorte  d'adv.  pour  exprimer, 
par  imitation,  un  branlement  de  gauche  à  droite,  pareil  au 
brimballement  des  cloches.  —  Faire  dringo-drango,  se 
balancer  de  droite  à  gauche.  Se  dit  surtout  des  personnes 
débauchées. 

Formé  de  Drinda, 

firiBsa,  V.  Dresser.  —  Voy.  Adriua. 

Orogo,  i.  f.  Drogue,  préparation  pharmaceutique;  dro- 
gue, mauvaise  marchandise,  mal  fabriquée  et  qui  n'a  pas 
de  dorée. 

Dér.,  dit-on,  du  persan,  Droa,  odeur.  Selon  Raynooard, 
de  l'anglo-saxon  Druggs,  drogue. 

Drôle,  f.  m.  Dim.  Droule;  augm.  Droulas,  Jeune  gar- 
çon. —  Se  dit  d'un  enfant  qui  marche  déjà,  et  s'arrête  à 
l'adolescence»  au  commencement  de  la  puberté.  Ce  mot 


n'entraine  avec  lui  aucune  idée  défavorable,  comme  le 
Drôle,  fr.  —  Dé  qudou  es  aquél  poulï  drôle?  à  qui  est  ce 
joU  enfant,  ce  gentil  mignon  d'enfant?  surtout  avec  le 
dim.  Droulé.  Moun  brave  droulas,  mon  cher  petit  et  gros 
poupon  :  expression  caressante,  avec  l'augm. 

Son  étym.,  ainsi  que  celle  de  l'adj.,  parait  avoir  été  tirée 
du  danois  ou  saxon  Troie,  démon. 

Drôle,  drolo,  adj.  Plaisant, drole ;  singulier;  facétieux. 

—  Trobe  un  pdou  drole  que  m'a  gués  fa  aquél  tour,  je  trouve 
fort  plaisant,  fort  mauvais  que  vous  m'ayez  joué  ce  tour- 
là. 

Drolo,  s.  f.  Dim.  Droulélo;  péj.  Droidasso.  Jeune  fille: 
dans  la  même  acception  que  Drole;  cependant  on  en  pro- 
roge la  portée  au  delà  de  l'âge  nubile.  —  Uno  bravo  drolo, 
une  geute  bachelelte.  Aquà  faï  uno  bravo  droulasso,  c'est 
vraiment  une  fille  appétissante. 

Drouguistariè,  s.  f.  Droguerie,  terme  générique  pour 
exprimer  les  drogues  en  général  ;  épicerie  ;  profession  ou 
commerce  d'épicier.  —  Faïre  drouguistariè,  tenir  magasin 
d'épiceries. 

Dér.  de  Drogo. 

Drouguisto,  s.  m.  Droguiste,  épicier.  —  Le  premier  de 
ces  mots  a  presque  disparu  de  la  langue,  comme  terme 
qualificatif  de  profession  :  il  est  remplacé  en  fr.  par  épicier. 
On  ne  voit  pas  bien  ce  qu'il  y  a  gagné.  La  même  réforme 
s'est  opérée  pour  apothicaire,  qui  n'est  plus  qu'un  phar- 
macien. 

Droulé,  s.  m.  Sorte  de  basquine  ou  casaque  de  femme, 
particulière  aux  provençales  d'Arles  et  de  Tarascou,  qui 
parait  avoir  une  origine  ancienne.  Le  Droulé  était  un  jus- 
taucorps à  basques  étroites  descendant  à  mi-jamije  et  ouvert 
à  la  taille,  ordinairement  en  soie,  de  couleur  tendre  et 
tranchante  sur  celle  de  la  jupe.  Cette  mode  a  disparu,  em- 
portant avec.elle  ce  cachet  de  costume  national,  que  même 
dans  leur  coiffure  les  Ârlésiennes  ont  commencé  à  modifier. 

Drouvi  ou  Douvri,  v.  Ouvrir;  le  contraire  de  fermer. 

—  Se  drouvi,  au  fig.  développer  son  intelligence. 
Douvri  serait  plus  correct,  mais  l'usage  a  adopté  Drouvi, 

qui  n'est  qu'une  corruption  cependant. 

Dér.  du  lat.  Aperire,  m.  sign. 

Drubi,  V.  Ouvrir.  —  C'est  le  même  mot  que  le  précé- 
dent dont  il  est  une  variante  usitée  dans  les  hautes  Céven- 
nes. 

Druje,  drujo,  adj\  Dru;  robuste;  vigoureux.  —  /^ 
plèjo  es  drujo,  il  pleut  dru. 

Dér.  du   lat.  urus,  ferme,  solide. 

Dra]i)e,  s.  f.  Vigueur;  bonne  santé;  sève  forte  et  abon- 
dante. 

Dn,  dure,  adj,  Dim.  Duré;  péjor.  Duras.  Dur;  durci; 
ferme;  solide;  insensible;  rude.  —  Avèn  cava  tiêx  pans 
fflfu  atrouba  lou  du,  nous  avons  creusé  à  on  mètre  et 
demi  de  profondeur  sans  rencontrer  le  terrain  ferme,  soit 
le  rocher,  soit  l'argile  vierge. 

Dér.  du  lat.  Durus,  m.  sign. 


ITi 


E 


E 


Du,  f .  m.  Espèce  de  raisin  qu'on  peut  confondre  avec  le 
Dalican;  mais  son  bois  est  rougeàtre  et  très-dur;  ses 
fouilles  sont  aussi  plus  grandes. 

Duèio,  i.  f.  Douille,  partie  creuse  et  cylindrique  d'un 
outil,  d'un  instrument,  destinée  à  recevoir  un  manche. 

Dér.  du  lat.  Doliolum,  petit  vaisseau,  baril  ;  parce  que 
la  douille  est  effectivement  comme  un  barillet  où  s'enfonce 
le  manche  d'une  arme  ou  d'un  outil. 

Duga,  V.  Être  pensif;  être  rêveur;  rester  dans  le  far- 
niente; songer  ou  rêver  creux;  bayer  aux  corneilles;  se 
plonger  dans  ses  rêveries,  moitié  sommeil,  moitié  paresse. 

Dér.  de  Dugou,  grand-duc,  parce  que  cet  oiseau  est  dans 
un  état  pareil  pendant  tout  le  jour,  avec  ses  grands  yeux 
qui  ne  supportent  pas  la  lumière  et  à  demi-clos. 

Dnganèl,  s.  m.  Au  fém.  Duganèlo,  Duc,  grand-duc, 
hibou,  Strix  hi^,  Linn.  Le  plus  grand  des  oiseaux  de 
proie  nocturnes,  il  a  deux  pieds  de  longueur.  Sa  nourri- 
ture se  compose  de  lièvres,  de  lapins  et  de  perdrix,  ainsi 
que  de  rats  et  de  scarabées.  Couleur  fauve,  pommelée  de 
brun  ;  plumes  de  la  face  mélangées  de  roux,  de  noir  et  de 
gris;  gorge  blanche.  Sa  chair  est,  dit-on,  tendre  et  d'un 
goût  agréable.  Son  nom  lang.,  qui  se  dit  aussi  Dugou,  est 
une  traduction  de  Duc  et  peut-être  une  onomotapée  de  son 
cri  effrayant,  qui  est  d'une  consonnance  exprimée  par  son 
nom.  Le  fr.  ne  pourrait-il  pas  venir  aussi  de  cette  imita- 
tation,  et  ne  point  signifier  Duc,  Dux,  chef  de  son  espèce? 

Dngon,  «.  m.  Le  même  que  le  précédent  :  variante  plus 
imitative  dans  sa  prononciation. 


Dupa,  V.  Accuser;  incriminer;  se  concerter  pour  faire 
tomber  une  faute  sur  quelqu'un. 

Dér.  du  fr.  Duper,  mais  avec  une  légère  déviation  dans 
l'acception. 

Dura,  V.  Durer;  continuer  d'être;  persévérer;  persister; 
faire  un  long  usage.  —  Lou  rouve  duro  din  l'aïgo,  le  cliène 
se  conserve  dans  l'eau.  Mes  gué  dure,  pourvu  que  cela 
dure  ainsi.  La  plèjo  m'a  dura  tout  lou  tén  dâou  camï,  la 
pluie  ne  m'a  pas  quitté  pendant  tout  le  temps  de  la  route. 
Tout  mé  duro,  mes  habits  me  font  un  long  usage. 

Dér.  du  lat.  Durare,  m.  sign. 

Dnrado,  «.  f.  Durée;  espace  dfc  temps  qu'une  chose  dure; 
long  usage.  —  La  plèjo  sera  pas  dé  durado,  ce  n'est  pas 
une  pluie  qui  doive  durer.  Aguélo  tèlo  fara  durado,  cette 
toile  sera  d'un  long  usage. 

Durbè,  s.  m.  Gros-bec,  pinson-royal,  FringUla  Cocco- 
thraustes,  Temm.  Cet  oiseau,  remarquable  par  la  forœ  de 
son  bec  conique,  pointu  et  assez  dur  pour  casser  les  noyaux 
de  l'alisier  entr'autres,  dont  il  mange  l'amande,  n'est  sus- 
ceptible d'aucune  éducation.  Il  est  sauvage  et  silencieux. 
11  est  dur  d'oreille,  dit  Buffon,  ce  qui  peut-être  contribue 
à  rendre  son  intelligence  bornée.  Ce  caractère  connu  a  fait 
donner  le  nom  de  Durbè,  au  fig.,  à  un  sot,  un  butor,  un 
lourdaud. 

Durioù,  s.  m.  Durillon,  callosité  qui  se  forme  à  la  plante 
des  pieds  et  à  la  pomme  des  mains,  par  suite  de  la  com- 
pression de  l'épiderme  occasionnée  par  la  marche  ou  par 
le  maniement  d'un  outil. 


E 


E,  s.  m.  Cinquième  lettre  de  l'alphabet,  deuxième 
voyelle.  E  voyelle  a  diverses  prononciations,  qui  doivent 
être  notées  par  l'écriture.  Tantôt  muet,  tantôt  fermé  ou 
ouvert,  tantôt  aigu  ou  grave,  les  accents  correspondants 
le  distinguent.  L'absence  d'accent,  qui  désigne  Ve  muet, 
ne  lui  imprime  pas  cependant  la  consonnance  de  l'e  muet 
français,  qui  est  assourdi  en  eu  bref.  L'a  muet  langue- 
docien se  prononce  à  l'italienne,  comme  un  e  fermé  bref, 
c'est-à-dire  que  la  voix  appuie  légèrement  sur  la  pénul- 
tième dans  les  mots  qu'il  termine.  —  Voy.  le  mot  Acén. 

11  nous  est  impossible  d'adopter,  au  sujet  de  la  pronon- 
ciation de  l'E  et  de  son  orthographe,  le  raisonnement  et  la 
division  de  Sauvages. 

On  s'étonne,  quand  on  considère  la  haute  intelligence 

de  cet  auteur  et  son  esprit  d'analyse,  de  le  voir  sur  cette 

question  s'éloigner  si  visiblement  de  notre  vocalisation. 

Peut-être  faudrait-il  attribuer  cette  déviation  à  une  muta- 

i«n  dans  la  prononciation  de  ce  pays  survenue  depuii 


l'époque  où  écrivait  Sauvages,  ou  bien  à  des  types  qu^il 
aurait  choisis  dans  un  autre  dialecte  que  le  nôtre.  Car  il 
est  certain  que  les  théorèmes  qu'il  établit  sont  en  com- 
plète contradiction  avec  notre  prononciation  actuelle. 

Ainsi  il  n'admet  que  deux  divisions  de  la  vqyelle  E^ 
savoir  Ve  fermé  et  Ve  très-fermé,  qu'il  qualifie  par  imita- 
tion de  l'italien,  Stretto, 

Or,  ce  qu'il  appelle  l'e  fermé,  celui  qu'il    marque  d*nii 
accent  aigu,  est  précisément  celui  que  nous   nommons  Y» 
ouvert  et  que  nous  caractérisons  par  l'accent   grave.  Que 
l'on  observe  les  mots  qu'il  donne  lui-même  pour  exemp\^ 
de  Ve  fermé  :  Miraïè,  miroitier,  Rès,  chapelet    d'oignons. 
Pèses,  pieds,  Irangè,  oranger  :  il  est  évident  que  hoxa  pt^ 
nonçons  tous  ces  e  là,  comme  1*^  ouvert  français,  et  sans 
aucune  différence  avec  la  prononciation  des  niot&  sx^n^X^  > 
procès,  commère,  lumière,  grève,  etc.  On  opposera  pet&t- 
ètre  que  dans  le  nord  et  dans  l'est  de  la  France^  om  &pv<Qiie 
davantage  sur  cet  e  ouvert  et  l'ouverture  de  la  boache  est 


E 

on  pea  plus  grande  ;  mai*  ce  n'est  là  qu*un  mode  d'accen- 
tuation particulière  à  certaines  localités  :  comme  on  voit  à 
Lyon  peser  beaucoup  plus  qu*à  Paris  et  ailleurs  sur  certai- 
nes voyelles,  surtout  sur  l'o,  et  prononcer  par  exemple 
cariole  comme  s'il  y  avait  un  accent  circonflexe  sur  Vd, 
on  s'il  y  avait  deux  o,  carioole.  Il  est  certain  que,  dans 
tout  le  Midi,  les  personnes  qui  ont  l'accent  le  plus  pur  ne 
prononcent  pas  Ve  ouvert  français  d'une  autre  manière  que 
notre  0  languedocien  dans  Irangè,  pèses,  etc. 

Dans  tous  les  cas,  il  est  tout  à  fait  irrationnel  d'assi- 
miler ce  dernier  e  à  l'e  fermé  français. 

Arrivons  à  V»  très-fermé  ou  Siretto  :  Sauvages  prétend 
que  ce  dernier  e  s'écarte  autant  de  Ve  fermé  français  que 
celui-ci  s'éloigne  de  Ve  ouvert.  Voilà'  une  assertion  que 
l'exemple  ci -dessus  détruit  complètement.  Nous  demandons 
à  tous  ceux  qui  ont  quelque  connaissance,  quelque  usage 
de  notre  langue,  s'ils  aperçoivent  une  différence  saisissable 
entre  la  prononciation  de  l'e  lang.  et  de  Ve  fr.  dans  les 
mots  suivants  : 

Fr.  Pâté Lang.  Pâté,  lambin. 

€ôté Coûté,  nuque. 

Paré Paré,  muraille. 

Pécheur Pécadoù,  pécheur. 

Série Sédo,  soie. 

Sauvages  a  cru  voir  dans  le  mot  italien  Stretto,  l'an- 
nonce d'une  vocalisation  plus  étroite,  plus  fermée  que 
V$  fr.,  et  il  l'a  appliquée  au  lang.  Mais  la  désignation  de 
Sireito  n'a  pas  d'autre  portée  que  celle  de  l'application  à 
refermé;  l'italien  n'a  pas  d'autre  terme  pour  l'exprimer 
et  la  différencier  de  l'e  ouvert  :  cette  épithète  est  positive 
et  Qon  superlative,  comme  la  traduction  qu'en  fait  Sau- 
vages. 

Notre  glossateur  n'admet  pas  en  lang.  l'existence  de  Ve 
muet  :  cela  est  vrai,  si  par  là  nous  devons  entendre  la 
consonnance  brève  et  muette  eu  du  fr.;  cela  est  faux  au 
contraire,  si  par  0  muet  nous  entendons  une  consonnance 
en  e  brève,  inarticulée,  qui  s'échappe  plutôt  qu'elle  ne  se 
prononce  après  une  pénultième  grave  et  prolongée,  et  qui 
s'élide  devant  une  voyelle.  Il  range  cette  sorte  d'e  dans  la 
catégorie  de  Ve  ttreito. 

Nous  convenons  que  cette  sorte  d'0  a  une  consonnance 
fugitive  qui  ressemble  assez  à  Ve  fermé;  mais  si  on  suivait 
cette  analogie,  il  faudrait  en  fr.  assimiler  Ve  muet  à  la 
voyelle  composée  eti  et  l'appeler  eu  bref.  Il  est  assez  étrange 
du  reste  que  Sauvages  n'ait  pas  senti  la  nécessité  de  dis- 
tinguer et  de  classifier  à  part  les  syllabes  inarticulées  que 
nous  nommons  muettes,  soit  qu'elles  se  terminent  en  E, 
en  I,  0,  OU. 

C'est  Toubli  que  nous  relevons  en  dénommant  voyelles 
ou  dipbthongues  muettes  celles  qui  à  la  fin  d'un  mot  sont 
précédées  d'une  syllabe  longue  et  prolongée  et  s'échappent 
inarticulées  comme  Ve  muet  final  en  fr.,  comme  dans  les 
mots  :  manje,  gari,  broquo,  aïmou.  Nous  distinguons  ces 


EDO 


273 


voyelles  finales  de  leurs  correspondantes  toniques,  en  les 
privant  de  tout  accent ,  tandis  que  ces  dernières  reçoivent 
un  accent  grave.  —  Voy,  Acén, 

Il  est  à  remarquer  que  ce  genre  de  voyelles  muettes  ne 
se  trouve  qu'à  la  fin  d'un  mot,  et  jamais  au  commence- 
ment ni  dans  l'intérieur.  Il  devient  donc  inutile  d'accen- 
tuer celles  qui  ne  sont  pas  finales,  puisqu'elles  sont  tou- 
jours toniques  dans  ce  cas,  et  que  d'ailleurs  cette  multi- 
plicité d'accents  deviendrait  fatigante  à  l'œil. 

Nous  établissons  par  conséquent  en  règle  absolue  :  l^que 
au  commencement  et  dans  l'intérieur  d'un  mot,  chaque 
voyelle  a  sa  valeur  et  garde  le  son  qui  lui  est  propre; 
2"  que  les  voyelles  a  et  u,  qui  ne  sont  jamais  muettes, 
n'ont  aucun  besoin  d'accent,  quelque  place  qu'elles  occu- 
pent; 3»  que  les  voyelles  e,  i,  o,  et  la  composée  mt,  quand 
elles  sont  finales,  doivent  avoir  un  accent  grave  ou  aigu, 
si  elles  sont  toniques,  et  rester  sans  accent,  si  elles  sont 
muettes. 

Nous  avons  dit  qu'au  commencement  ou  à  la  fin  d'un 
mot,  les  voyelles  n'étaient  jamais  muettes,  et  qu'il  deve- 
nait dès  lors  oiseux  de  les  marquer  d'un  accent.  La 
voyelle  e  fait  exception  à  cette  règle,  parce  qu'ayant  deux 
vocalisations  difiiérentes,  Ve  fermé  et  1*0  ouvert,  il  était 
nécessaire  de  les  distinguer  par  l'accent  qui  leur  est  propre. 
Tous  les  e  doivent  donc  être  accentués,  hors  l'e  muet  final. 

Échantionn,  s.  m.  Échantillon,  partie  d'une  chose, 
morceau  d'une  étofie  ou  d'une  marchandise  pour  servir 
de  montre  ou  faire  apprécier  son  mérite. 

Emp.  au  fr. 

Ëdo,  suffixe,  qui,  en  s'ajoutant  en  composition  à  un 
radical,  lui  imprime  une  idée  de  provenance  et  surtout  un 
sens  collectif. 

Cette  terminaison  est  particulière  aux  idiomes  méridio* 
naux,  et  si  le  français  s'en  est  emparé  pour  former  quel- 
ques-uns de  ses  mots,  partout  où  il  la  conserve,  on  est 
presque  assuré  de  reconnaître  à  ces  vocables  une  attenance 
avec  le  Midi.  Seulement  le  français  donne  à  la  finale  fran- 
cisée une  modulation  difiièrente  de  celle  du  languedocien. 
Dans  notre  dialecte,  Èdo  final  est  invariablement  doux  et 
bref  sur  VÈ  pénultième  tonique,  que  pour  cela  nous  mar- 
quons par  un  accent  aigu  :  en  français,  VÈ,  tonique  aussi, 
est  toujours  grave,  ouvert  et  long.  Laquelle  des  deux  pro- 
nonciations se  rapproche  davantage  de  la  vocalisation  pri- 
mitive de  cette  syllabe  ?  nous  ne  saurions  le  dire  ni  en 
noter  autrement  la  nuance  ;  mais  l'espagnol  et  l'italien,  qui 
ont  gardé,  comme  nous,  la  consonnance  brève  et  douce 
dans  les  mêmes  cas,  pourraient  bien  reproduire  fidèlement 
aussi  la  prononciation  gauloise  ou  latine  de  cette  désinence 
partitive  qui  n'a  pas  beaucoup  varié.  Quoi  qu'il  en  soit,  la 
présence  dans  un  nom  propre  de  la  finale  Èdo  ne  viendrait- 
elle  que  prouver  que  les  appellations  où  elle  se  trouve  appli- 
quée à  des  noms  de  famille,  indiquent  que  ces  familles 
sont  certainement  originaires  du  Midi,  qu'il  y  aurait  quel- 
que intérêt  à  relever  le  caractère  et  l'emploi  du  suffixe. 


3S 


274 


EDO 


EFA 


Dans  la  fonnalion  des  noms,  ce  caolict  de  race  n'était  pas 
inutile  à  remarquer.  Toujours  est-il  que  le  Nord  et  le 
Centre  artV\-tionnent  pour  leurs  terminaisons  de  colleclivilô 
une  autre  formule»  comme  nous  Talions  voir,  hien  que 
provi^nant  de  la  même  source. 

On  connaît  déjà  l'emploi  et  îe  fonctionnement  des  suf- 
jixes,  ces  syllabes  adjonclives  imaginées  pour  donner  aux. 
mots  une  extension  caractéristique  de  s<^ns.  INos  ancêtres 
avaient  ck=  ah,  qu'ils  ajoutaient  quand  ils  voulaient  ex- 
primer la  réunion,  la  pluralité  de  mêmes  objets  dans  un 
lieu;  nous  avons  donné  de  nond)reux  exemples;  Cass, 
Casn  ilési-jnait  un  cliéne,  une  individualité;  Casmli  signi- 
liait  une  collecti»)n  de  cliènes,  et  ainsi  de  bien  d'autres 
nom-N.  (  Voy.  À<jno  et  passim.)  Les  arbres,  les  ])iern'S,  les 
rocbers  sont  naturellement  l(^s  objets  (pii  se  [»réseident  lo 
plus  Souvent  en  collection  :  et  l'oflice  de  la  lermin.iison 
collective  trouvait  là  à  s'api»liquer  avec  plus  de  fréquence 
et  de  précision.  C'est  pourquoi  ces  dénominations  ont  pris 
en  général  pour  base  le  radical  de  l'arbre  (|u'il  fallait  dé- 


signer. 


Le  latin  avait  des  procédés  d<^  suffixes  tout  pan-ils  : 
([uand  il  régna  en  vainqueur  dans  les  Gaub'S,  quel«iuefnis 
il  se  prit  à  imposer  ses  injj)ortations,  d'autres  fois  il  se 
contenta  des  mots  tout  faits;  mais  toujours  il  les  marqua 
au  cacliet  de  son  génie  linguisli(|ue,  qu'il  prenait  dans 
ses  finales  propres,  surtout  (juand  le  radical  se  ra])procliait 
sunisaiii ment  d'un  mol  (pii  lui  était  familier  et  usité  cbez  lui. 

Ce  mécanisme,  «pie  nous  avons  explicjué,  se  retrouve  ici. 
La  moyiMme  latinité,  <]ui  s'inqtrégnait  des  anci«'iines  tra- 
ditions et  qui  l*Midail  en  même  temps  à  ne  p;is  trop  se 
séparer  du  rofiiain,  forma  ainsi  son  vocabulaire  de  noms 
])ropres  de  lieux,  [»uis  de  iiersounes.  On  a\;iit  donc,  par 
exemple,  en  gaulois  L'<tssy  Casa,  et  i'asneli  ;  le  lalin  f;iis.iit 
Ciisiicfiiinf  correspoiulant  à  (J(a'<ucltfm ,  à  Qucrvch/nt,  [xuir 
dire  :  uu  Vin  ]>laiili'  cl  abonilanl  en  cbéjies,  doid  le  roman 
du  iNord  fit  C/iesnaic  ou  La  C/u-snaye,  (]ui  est  devenu 
notre  ChalcHi'do. 

JMus  tard,  lu  dillVreiice  des  climals,  les  aptiludes  de 
pronoiioialiou  et  mille  autres  causes  créèrent  les  variétés 
etbniqii'S  :  et  de  là,  (|uand  le  sulfixe  ])rimitif  était  ck  =  ah, 
IraiislitriiK'  en  cium  lalin,  au  moyen-Age,  on  disait,  en 
em[tii»y  inl  le  lalin,  cia)n  =  c.luin  =  îiluin  =  cium,  et  en 
faeoim.nit  le  rojiian  au  Aord  et  au  Centre,  on  piviV-ra  les 
finales  en  ai,  aye,  fus,  ait,  ci.  eye,  eis,  el,  es,  ej ,  etj-,  ai, 
ois^  oy,  oyi;,  et  autres  ilé>inences  équivalentes,  tandis  ([ue 
l'italien  gardait  elo,  l'espagnol  eda,  et  la  langue  d'Oc  eh, 
comiiH'  signi!  de  la  colleclivité.  Par  l'effet  de  la  iieriiiuta- 
lion  des  Idlres,  dont  nous  avous  aussi  indiijué  (juelques 
régies,  la  subslilution  du  (/  au  i  est  un  cbangement  na- 
turel. Il  en  résidle  [»ar  conséMiuent  que  notre  sulfixe  f-^(lo  = 
ch  =  ah  =^elum,  et  c<lum,  ainsi  que  toutes  les  autres  ter- 
minaisrais  éijuipollenles  du  roman  et  du  français  actuel, 
ont  des  liases  communes  el  se  substiluent  l'une  à  l'autre 
sans  autre  molif  que  l'elfe l  de  ccu'laines  prédisi)osilions 


organiques,  dont  il  n'est  pas  possible  de  se  rendre  compte. 
Par  où  on  est  amené  sans  surprise,  après  avoir  dégagé  la 
racine,  à  suivre  la  composition  des  mots  et  des  noms,  et 
à  saisir  cependant,  à  travers  leurs  variétés,  leur  généalogie  et 
leurs  formations  successives  :  Clapas,  Rancas,  Bloquas, 
racines  secondes  et  individualisant  un  objet,  conduisent  à 
Cloparéih,  Kancarédo,  Bfaquarédo,  noms  collectifs,  couiine 
le  lai.  Pitietum  a  donné  Pinay  =Piney  =  Pinel  =  Pinuye, 
noms  de  lieux,  <]ui  sont  identiques  à  notre  Pinédo  :  Ver- 
ueluin,  lai.  =  Verney  'Suisse)  =  l'e/^ej:' =  notre  Vèrntdo, 
de  Yèr  radical;  et  de  même  pour  nos  mots  Aoumédo, 
ormoie,  Figaredo,  Oïdivédo,  ISouyarédo,  Poumarédo,  Pru- 
narcilo,  Vtruarcdo ,  Sàouzaredo ,  Ceritïrédo,  Sâouzédo, 
lieux  plantés  d'ormeaux,  de  liguiers,  d'oliviers,  de  noyers, 
de  i>omiiiiei\s,  de  pruniers,  de  saules,  de  cerisiers,  et  d'une 
infinité  de  similaires,  que  le  français  a  également  traduits 
suivant  ses  propensions. 

Ce  suflixe  É<h  n'est  pas  seul  à  exprimer  la  collectivité, 
mais  il  esl  certainement  un  des  plus  originaux,  el  il  a  ce 
mérite  (jue  sa  descendance  est  si  nette,  si  régulière,  qu'il 
était  bon  de  nous  y  arrêter,  afin  de  bien  marquer  les  alla- 
cbes  de  notre  dialecte.  D'autre  part,  ses  afTuiités  sont 
encore  tellement  précises,  son  caraclèr(>  si  bien  indiqué,  et 
son  rôle  dans  la  langue  si  bien  défini,  que,  s'il  garde  une 
pliysioimmie  à  part  el  qu'il  la  conmiuniqueà  notre  idiorne, 
il  importail  de  lui  consacrer  aussi  un  article  spécial,  qui 
fera  corps  dans  l'enstMuble  de  l'élude  sur  les  noms. 

Éfan,  5.  m.  Ditu.  Èfanté,  éfnatoti,  efantoune  ;  péjor. 
iij'aafas.  Luiant,  garçon  ou  fille,  jusqu'à  l'âge  de  dix  ou 
dou/.e  ans.  —  Soau  efans  de  dos  maires,  ou  dé  dons  paires, 
ils  sont  frén's  consanguins  ou  utérins,  ii/a/t  dé  nalsséuço, 
enfant  iiouveau-né.  Faire  l'efan,  accoucber.  A  senti  soun 
ej'mi,  elle  a  senti  remuer  l'enlant  qu'elle  porte  dans  son 
S''in.  Monn  efaa !  moji  enfant!  terme  de  familiarité  nfl'ec- 
tueuse  fort  usité  en  languedocien,  m m-soulement  i)ar  des 
sujiérieursoudi'S  gens  plus  âgés  que  l'interlocuteur,  comme 
ct'la  se  [)ralique  l'ii  français,  mais  mèfue  parmi  les  gens  de 
même  classe  et  de  même  Age,  surtout  parun  les  jeunes 
filles  liées  enlr'elles  :  Ah!  mnnn  éfan!  Q^i  l'exorJe  el  le 
garde  à  \ous  de  tous  leurs  ce)mérages.  Panure  éfan!  lerme 
d'aiiiilK',  de  [ùlié  ou  di'  c<-»m:iiiséralie)n  alTectueuse.  hlfan 
(le  Ion!  FfdH  (fe  jior.'  sont  dt^s  épilbètes  injurieuses  que  les 
gamins  se  jettent  et  se  rendent  sans  que  leur  suscepiibililé 
s'émeuve  beaucoup. 

On  dit  Ûfan  adjectivement  et  pour  les  deux  genres 
comim;  on  français.  —  Aqui/s  an  éfan,  c'est  un  innocent. 
ils  éfan,  il  esl  enfant,  il  est  i»lns  jeune  que  son  âge. 

Der.  du  la  t.  In  fan  s. 

Éfantas,  asso,  adj.  Grand  enfant;  adulte  qui  a  les 
meeurs  et  les  gouls  d'un  enfant;  qui  fait  des  enfantillages. 
—  Us  un.  efantas,  il  agit,  il  se  conduit,  il  parle  comme 
s'il  n'avait  i>as  dépassé  l'âge  de  raison. 

Éfantougnè,  gnèïro,  adj.  Qui  aime  les  enfants,  qui  se 
plait  à  les  caresser,  à  badiner  avec  eux. 


EGO 


ÊLO 


975 


tfantonnéia,  v.  fréq.  Faire  l'enfant;  s*amuser  d'enfan- 
tiUages;  caresser  les  enfants,  jouer  avec  eux. 

filantaègno, i.  f.  La  gent  puérile;  les  enfonts considérés 
Bù  masse  et  comme  classe. 

Le  suffixe  Vigno,  particulier  à  notre  dialecte,  indique 
la  collectivité;  nous  Tavons  remarqué  déjà  sous  l'article 
Bastarduêgno.  —  Voy.  c.  m. 

£!è,  I.  m.  Effet  de  commerce,  lettre  de  change,  billet  à 
ordre,  simple  promesse  de  paiement;  domaine,  métairie, 
terre,  bien.  —  Aquà's  unpouli-Véfè,  c'est  une  belle  propriété. 

Dér.  du  lat.  Effectué,  production. 

filla,  V.  Enfler,  se  gonfler  ;  devenir  plus  volumineux. 
Au  fig.  S'éfla,  s'enorgueillir,  faire  le  gros  dos. 

Dér.  du  lat.  Infiare^  m.  sign. 

tfle,  éflo,  adj.  Enflé,  bouffi,  gonflé,  boursoufilé.  — 
Jfowi  dé  es  tout  éflê,  mon  doigt  est  tout  enflé.  Tapo  toun 
ièi  gué  ta  gàouto  et  éflo,  phr.  faite,  sorte  de  dicton  dont 
le  mot-à-mot  est  :  ferme  l'œil,  ta  joue  est  enflée,  et  dont 
le  sens  peut  être  rendu  par  ;  laisse  faire,  laisse  aller,  ou 
bien  :  attrape,  voilà,  le  mal  est  fait,  la  farce  est  jouée. 

fiflijo,  f.  f'  Enflure;  gonflement,  tuméfaction,  OBdéme. 

Égalita,  i.  f.  Égalité,  mot  que  les  idées  nouvelles  ont 
rendu  familier  au  peuple.  Du  reste,  il  se  disait  autrefois, 
mais  seulement  dans  l'acception  de  la  phrase  suivante  : 
Fôou  l'égalila  partout,  il  faut  de  l'équité  en  tout. 

figanâon,  âoudo,  $.  Dim.  Èganâoudé,  éganàoudoù;  péj. 
Èganâoudas,  Huguenot,  calviniste;  protestant. 

Le  mot  est  une  corrup.  du  fr.  Huguenot,  dont  l'étym. 
certaine  est  encoi-e  à  trouver. 

tgâou,  égalo,  adj.  Égal.  —  Cet  adj.  n'est  guère  usité 
pour  égal,  semblable,  qui  se  traduisent  par  Parié.  On 
l'emploie  fort  ordinairement  au  neutre:  E$  égàou;aquà 
m'é»  égâou,  c'est  égal  ;  cela  m'est  indifféi-ent. 

Dér.  du  lat.  JEquali»,  égal. 

£go,  s.  f.  Jument,  cavale  ;  rosse  de  quelque  sexe  qu'elle 
soit.  —  L'accent  grave  tonique  doit  être  trés-marqué  dans 
œ  mot  et  le  suivant  sur  1'^  initial. 

Dér.  du  lat.  Equa,  m.  sign. 

tgoa,  I.  m.  Yèble  ou  hièble,  petit  sureau,  sureau  her- 
bacé, Samhucus  élnUu»,  Linn.  Plante  de  la  fam.  des  Capri- 
foliacées.  Cette  plante,  qui  vient  spontanément,  ne  se  plait 
que  dans  les  bons  terrains,  et  les  paysans  la  regardent 
comme  un  indice  certain  de  fertilité.  On  raconte  à  l'appui 
l'anecdote  suivante  :  Un  aveugle,  voulant  acheter  un 
champ,  s'y  rendit  à  âne  pour  le  visiter.  On  riait  de  sa 
simplicité,  car  il  paraissait  difficile  qu'il  s'assurât  par  ses 
yeux  des  qualités  du  champ.  En  arrivant  sur  le  terrain, 
notre  aveugle  demanda  qu'on  lui  indiquât  un  égou,  une 
plante  d'hiéble,  pour  attacher  son  âne.  On  lui  répondit  qu'il 
n'y  en  avait  pas  trace  :  lui  de  remonter  aussitôt  sur  sa  bète, 
en  disant  qu'il  n'achetait  pas  un  champ  où  cette  herbe 
ne  poussait  pas;  et  les  rieurs  passèrent  de  son  côté. 

tgonal,  I.  m.  n.  pr.  Aigoual  ;  au  nord  du  Vigan,  la 
montagne  la  plus  élevée  du  département  du  Gard  :  son 


altitude  au  point  appelé  l'Hort-de-Dieu,  est  de  4562  métrés 
au-dessus  du  niveau  de  la  mer.  Elle  fait  partie  de  la 
chaine  qui,  par  la  Lozère,  s'unit  aux  Pyrénées;  par  la 
Lozère,  le  Vivarais  et  le  Dauphiné,  aux  Alpes;  et  par  le 
Lévêzon,  dans  l'Aveyron,  au  Cantal  et  au-delà.  Elle  est 
boisée  jusqu'à  la  hauteur  de  4 250  mètres;  son  sommet, 
cependant  très-accessible,  est  dans  nos  pays  le  plus  long- 
temps et  le  plus  tôt  couvert  de  neige. 

La  forme  française  du  nom,  qui  a  une  affinité  très- 
grande  avec  ceux  d'Aigues-Mortes,  Aigues-Vives,  Aigal- 
liers,  etc.,  ne  laisse  aucun  doute  sur  son  étymologie,  et 
représenterait  mieux  peut-être  la  racine  prise  du  lat.  Aqua, 
du  celt.  Aa,  Ag,  et  autres,  que  ne  le  fait  notre  orthogra- 
phe languedocienne,  si  l'on  ne  se  souvenait  que  le  roman 
disait  et  écrivait  de  même  Eve,  eveux,  etc.,  en  adoucis* 
sant  la  première  syllabe.  La  descendance  est  directe,  quelle 
que  soit  d'ailleurs  la  manière  d'écrire  et  de  prononcer.  La 
signification  indique  un  lieu,  un  terrain  aqueux,  abondant 
en  eaux  :  c'est  ce  qu'exprime  la  première  partie  du  mot, 
et  la  finale  en  Al  sert  sans  doute  à  marquer  la  hauteur.  — 
Voy.  Aïgoùs  et  Aïgo, 

£îdo,  ».  m.  Un  aide;  aide-meùnier;  tout  individu  qui 
aide  un  artisan  chef,  et  non  point  une  aide,  qui  se  dit  :  Ajudo, 

Corrup.  du  fr. 

Ëdo-de-can,  s.  m.  Aide-de-camp. 

Emp.  au  fr. 

Êîtiquéto,  «.  f.  Étiquette,  dans  le  sens  de  celles  que  l'on 
met  sur  un  dossier  de  papiers,  sur  une  préparation  phar- 
maceutique, etc. 

Corrup.  de  la  phrase  latine  :  esl  hie  quastio,  c'est  ici  la 
question,  que  l'on  inscrivait  autrefois  sur  chaque  dossier 
de  procédure,  dossier  qui  était  alors  enfermé  dans  un  petit 
sac. 

£l,  élo,  pron.  pers.  Au  plur.  Êtes,  Ho$.  11,  lui;  eux, 
elles.  —  11  est  bon  d'expliquer  cependant  que  El  ne  peut 
jamais  se  traduire  par  il,  quoique  ce  soit  là  véritablement 
sa  portée  et  sa  signification,  attendu  que  le  pronom  il  ne  ë 
s'emploie  que  joint  à  un  verbe,  soit  avant,  soit  après  :  U  f 
aime,  dit-il,  etc.,  et  qu'en  languedocien  comme  en  latin, 
on  ne  met  jamais  le  pronom  personnel  avant  ou  à  la  suite 
d'un  verbe.  On  dit  en  eflet  aïmo,  atnat,  soudés  finquitj, 
pour  traduire  comme  ci-dessus.  El  ne  peut  donc  être  ex- 
primé que  par:  lui.  Toutefois,  si  on  peut  toujours  tra- 
duire él  par  lui,  on  ne  peut  admettre  le  vice  versé;  car  lui 
au  datif  s'emploie  tel  quel,  sans  l'article  à  :  je  lui  donne; 
et  pour  rendre  cette  phrase,  nous  disons  :  U  done.  —  Voy,  lÀ, 

Dé  pér  él,  de  lui-même,  par  lui-même,  sans  l'aide  ou  le 
secours  de  personne,  de  son  plein  gré,  de  son  propre  mou- 
vement. —  Es  tout  en  él,  il  est  tout  en  lui-même,  il  garde 
toute  sa  pensée,  il  n'est  pas  expansif. 

Élo,  elle,  est  un  terme  par  lequel  un  mari  désigne  sa 
femme,  lorsqu'il  est  question  d'aflaires  du  ménage,  sans 
avoir  besoin  de  la  nommer  autrement.  —  Es  élo  que  mé 
lavo,  que  m'ésHro,  c'est  ma  femme  qui  lave  et  qui  repasse 


•27o 


EMB 


EMB 


;i,'-îi  iiii-'.  La  l'Mniijv  ne  se  pormct Irait  pas  une  paiviilo 
li'.i'iiL-'  1'  'ijirt'rjiic  rji  jiaiiaiil  de  son  mari  :  «luand  elle  en 
u-'",  «  •  ijui  f>i  (.••.•ilain''iijent  rexceplion .  Kl  pour  Va  cir- 
O'ji.-l.in'  ■  a  l'iuj'iii!>  mi''  cerlaine  inlenlion  île  mépris  nii 
.i\\  ii."i.i>  A  ii-'iii*'. 

D-r.  un  la(.  UU\  ilhi. 

Êlécious,  .V.  /■.  phir.  hl''itiniis.  —  On  sent  comment  ce 
m"l  '  l  1  '  >ui\,iiit,  si  aetie-L-î  aujounl  Inii  pour  le  [u'Uple, 
N»nl  l'uij,,  .>  (iu  lr.ini'o.>  (iaii>  >on  ilijiuaine. 

Èiélur  'U  Életoù,  >.  //<.  IJrdrur. 

Èli,  A.  m.  Li>,  Liliinn  nui  li  hnn,  Linu.  IManlo  de  la 
l'am.  il'  .■>  LiiMe''»'S,  lailin-ux',  a  llcuis  iiraiid'\sel  ôd(»ranles. 
tllr  a  jii:i-i"ur.>  N.iiiéls;  la  Idanclie  e.^l  la  plus  Ix il»'.  Au 
ïifi.  Jii  .n.li'Ui'  t'\lrt'iiii\  fiubl.Miie  ilt'  la  pun-le  Mriiinalc,  di' 
la  cMniv-ar  Hinoci'nie  li  di*  l.i  jjrandcui-.  — ■  Le  l;in^'.  ne  le 
conl'jh'l  pa.-?  L'itmmi'  le  Ir.  iwoc  les  jlctfrs  de  lis,  (jui  ont  ftê 
si  iMn-lt'iiipb  It's  îirmoirit'S  des  rois  eh»  France.  Il  ajipi'lle 
0'lit'»-ci  /'/.s  jlour<ialis,  par  une  corrup.  loule  liam-usi'. 

I>ir.  du  ial.  Lt/iuin. 

Éliou,  s.  m.  Lclair;  rclat  sidtil  et  passajj'r  de  lumière,  qui 
prt.'e'df  h- coU]»  dt.'  lunni-rre;  hunif-reétincelanl''  et  rujjitivc 

Di'r.  du  jir.  r/j.'jz,  soleil  dont  léclair  imite  le  rayon- 
iionirul  t't  leclal. 

Élioussa,  V.  Eclairer;  elinceier:  iairc  d''S  éclairs.  — 
Èliimssn^  il  éclaire,  il  l'ail  des  éclairs. 

S'flioussd^  siriiter,  monter  aux  nues  île  colère;  dis- 
parailit'  loul  à  coU[>;  s'enfuir  s.ul»ilement  et  précipitam- 
ment. —  S'cs  cliotts.sa,  il  a  disparu,  il  s'est  écliappé,  dit-on 
<lequel(tuuni[ui  <'laillaet<]ui  s'est  esanoui  connue  un  éclair. 

Élo,  pi'oti  pers.  fein.  Kl  h'.  —  To//.  i:7. 

Émbaïma,  v.  Lmhaumer,  dans  lo  sens  do  répandre  une 
bonne  «idcur.  —  Sen  qu'éinhaimo,  il  réj)and  une  odeur 
qui  end>aume  l'air. 

l)er.  du  lai.  Ualsamtfm,  haume. 

Émbala,  v.  Endjaller;  empaijueter,  l'aire  des  disposi- 
tions de  di'parl.  —  iimbdh  tant  (/ifé  po,  il  fait  ses  pa({uels 
|K)ur  l'autre  mondi^;  il  dépéril  chaiiiie  jour. 

I)ér.  de  Dalo. 

Émbaladouïro,  s.  /".  ;\e  s'euq)loie  qu'ajouté  au  mot 
Ayuïo  :  AijUio  émbaladouiro^  {^^'osse  aiguille  ou  {>oinçon 
pour  coudre  l'einhaHaj^e  a\ec  do  la  licello. 

Émbalaje,  s.  m.  Eud)aliage,  aclion  d'emljallor;  ce  qui 
sort  à  lemhallage. 

Ëmbanasta,  r.  Charger  sur  une  bote  de  somirie  les 
paniers  à  Làt,  les  mannes  ou  banustos.  Au  fiiz.  charger  à 
un  autre  son  fardeau  :  dans  ce  s^^ns,  se  dit  mieux  cepen- 
dant Èmbasta. 

Dér.  do  Bana.sto. 

Émbàouma  (S'),  r.  S'encaver,  s'enfoncer  dans  un  ter- 
rier, dans  une  grotte,  dans  un  bouge. 

Dér.  de  Vdoumo. 

Émbara,  v.  Serrer;  renfermer  une  chose;  enfermer  les 
èlres  vivants,  le  bétail,  par  ext.  enrayer  une  voiture»  une 
charrette,  ce  qui  se  faisait  par  une  barre  cordée  fortement 


Contre  la  roue,  et  qui  a  été  remplacée  par  ce  qu'on  appelle 
la  JuécaniijUf,  (pli  est  vérilahlrment  un  sabut,  —  Lou 
U'it  s'cmbaro,  le  l«Mii[)S  se  cou\re;  les  nuages  s'abaissii'ul  et 
soiiililent  nous  entVrmer  dans  un  hurizon  plus  étroit  et  une 
almdSjilière  plus  basse.  Senti  l'embara,  avoir  une  odeur 
do  renl<'rmé.  Crctjae  l'emOdra,  aimer  sa  liberté;  craindre 
les  chaînes  «'l  les  verroux  de  toute  est)éco. 

Dans  ct^s  derniers  «'xemt»les,  h:  mot  est  pris  subslanli- 
venit'ut. 

Dér.  de  tiaro. 

Émbaragna,  r.  Lnclnre  un  champ  de  haies;  entourer 
de  buisMins  un  "passage,  une  issue. 

S'cnib'nnijna,  s'emharras.ser  dans  une  haie;  s'accrocher 
a  des  luiissons;  au  iig.  s'enche\étrer  dans  quelque  aiïairo 
<''j)iiii.'US('. 

Der.  d''  Llarafjno. 

Émbaras,  £.  m.  Au  |)lur.  ilmharasses.  Embarras;  '^^^m\ 
imiiroglii»;  diilicull;  d'agir;  obstacle;  timidité;  irrésolu- 
tion. —  l'aire  de  sons  nubarasses^  fain?  ses  enj barras;  faire 
1  important.  Afjno's  pus  Icmharas,  ce  n'est  pas  pour  dire; 
cela  iaqxirte  peu:  phrase  explelivo  qui  répond  au  fr.  au 
surplus,  l'ôou  hu'U  aima  luus  euthu russes,  il  faut  en  vérité 
bien  aimer  les  jK'ines,  les  .soucis,  les  procès. 

J)er.  de  fiuro. 

Embarassa,  r.  Liubarrasser;  gêner;  causer  do  l'eiu- 
l)arras.  —  l^fubarassu  coinno  un  ru  entre  dos  jwses,  prvb., 
omllarras^è  comme  un  rat  entre  deux  noix,  ou  autreuient, 
la  pnsition  d(^  Tàne  di^  Jîuridan.  Es  un  embarassa,  c'est  un 
irrésolu,  ini  indécis;  il  ne  sait  lier  ni  délier.  Aquel  home 
es  embarassa,  cet  homme  a  de  mauvaises  alTaires,  l)oaucoup 
de  dettes;  il  est  gêné;  ses  alîaires  sont  embrouillées.  Vno 
l'ênno  emb'nassadu,  une  femme  enceinte. 

Ëmbarassaïre,  aïro,  adj.  [>(?j.  Èmbarassairas.  Impor- 
tun; fâcheux;  «[ui  l'ail  l'niqjorlant;  (|ui  aime  et  recherche 
l'endiarras  des  alîaires  et  qui  s'en  surcharge  à  plaisir. 

Embarqua,  v.  Endjanpier;  mettre  dans  une  barque,  im 
bateau;  ou  seulement  mettre  on  cheunn,  en  marche.  Au 
Iig.  S'emban/ua,  sc  lancer  dans  une  atllure,  une  entreprise. 

Dér.  do  Jfanpto. 

Émbartassa,  v.  Fermer,  avec  des  buissons  morts,  les 
entrées  d'une  propriété,  une  brèche  ou  la  crèle  d'un  mur, 
pour  en  enq)écher  l'accès  au  bétail  et  aux  gens. 

Dér.  do  Bar  tas. 

Ëmbas,  s.  m.  et  adv.  de  lieu.  Le  bas;  en  bas;  la  région 
qui  s'éloigne  des  montagnes  et  s'abaisse  vers  la  mer  par 
rapport  à  nous  :  l'émbas  est  au-dessous  do  Nimes  et  sur  le 
littoral  do  la  Méditerranée,  et  Vennâmi,  les  hautes  Céven- 
nos  et  la  Lozère.  —  Vai  sé<ja  émbas,  il  wi  moissonner  vers 
Saint-(jlilles,  Aiguos-Mortes,  Aimargues,  etc.  L'émàas  d'un 
ottstàou,  le  rez-de-chaussée  d'une  maison. 

Dér.  de  Bas, 

Ëmbasséga,  v.  Proprement,  mettre  un  timon,  une  flèche 
à  un  araire.  Au  fig.  arranger  de  travers;  faire  quelque 
chose  avec  mystère,  ou  plutôt  mettre  des  mystères  à  ce 


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qui  n*en  vaut  pas  trop  la  peine.  —  Dé  gué  tn'émbasséga$ 
àilat?  Que  tramez- vous  là-bas? 

Dér.  de  Basségou. 

fimbasta,  v.  Bâter  un  mulet,  lui  mettre  le  bât.  Au  fig. 
charger  quelqu'un  d'un  embarras  fV.  ÉmbanastaJ;  en 
style  de  joueur,  charger  son  adversaire  de  la  perte  qu'on 
a  éprouvée  auparavant  avec  d'autres  joueurs.  —  Àquélo 
fusto  es  émbasiado,  cette  poutre  est  déjetée;  elle  s'est 
arquée  en  cintre,  soit  parce  qu'elle  était  de  bois  vert,  soit 
à  cause  de  la  surcharge  qu'elle  supportait;  c'est-à-dire 
qu'elle  a  pris  la  forme  d'un  bat.  Part  pas  ehaquo  fés 
qu'émàasto,  locution  prvb.,  qui  se  dit  d'un  lambin  qui  met 
un  très-long  intervalle  entre  ses  prépara lifs  de  départ  et 
son  départ  lui-même,  ou  bien  d'un  indécis  qui  souvent 
contremande  ses  projets.  Notre  dicton,  revient  au  prvb.  fr.  : 
il  ne  cuit  pas  du  premier  bouillon. 

Dér.  de  Bas,  bât. 

tmbasto,  s,  f.  N'a  pas  d'autre  acception  que  l'acte  de 
jeu  défini  à  l'article  précédent.  —  Jouga  à  l'émbasio,  jouer 
à  la  décharge;  c.-à-d.  que  le  perdant  payera  autant  de 
consommations  qu'il  en  perdra,  à  la  décharge  et  sur  le 
compte  du  vainqueur. 

£mbé,  prép.,  ou  £ndé.  Avec;  ensemble;  en  compagnie 
de;  conjointement;  par,  dans,  en,  à,  suivant  certains 
cas.  —  Partes  émb'aquél  tén?  Vous  partez  par  le  temps 
qu'il  fait?  Déqué  dirén  émb'aquéste  home?  Que  dirons- 
nous  à  cet  homme?  Déqué  mélès  étnb'aquéste  sa?  Que 
mettez- vous  dans  ce  sac  ?  Conto  émbé  lous  dés,  il  compte 
sur  ses  doigts,  avec  le^  doigts.  Marche  émb'él,  je  marche 
avec  lui,  en  sa  compagnie  ;  nous  allons  ensemble.  Èmb'a- 
quà,  pourtant,  avec  cela,  en  cela.  Émb'aquà  n'aï  pas  tort, 
en  cela,  malgré  tout,  je  n'ai  pas  tort. 

Nous  plaçons  sur  la  même  ligne  Émbé  et  Èndé  :  c'est 
dire  qu'ils  sont  synonymes  ou  à  peu  près.  11  faut  ajouter 
cependant  que,  bien  qu'ils  puissent  être  substitués  l'un  à 
l'antre  sans  inconvénient,  Émbé  est  plus  propre  dans  l'ac- 
ceptioa  de  Avec,  et  Éndé  dans  toutes  les  autres  que  nous 
indiquons,  et  qui  sont  moins  directes. 

Émbé  dérive  évidemment  du  lat.  Ambo,  deux;  cela  se 
sent  encore  mieux  dans  le  dialecte  gascon  qui  dit  :  Amb 
ou  Damb,  Quant  à  Endé,  il  ne  parait  autre  chose  que  la 
oomip.  ou  la  variante  de  Émbé. 

£mbégu,  ado,  part.  pass.  du  v.  Émbéourê, 

fimbéguiiia  (S*),  v.  S'emmitoufler  ;  s'embéguiner  ;  s'en- 
velopper la  tête  de  coiffes  et  de  bonnets  l'un  sur  l'autre. 
Au  fig.  86  coiffer  de  quelqu'un,  d'une  idée;  s'entêter;  s'a- 
mouracher. 

Dér.  de  BéguL 

tmbélt  J.  m.  Terme  de  cordonnier  :  pièce  d'empeigne, 
morceau  de  cuir  avec  lequel  on  rapièce  une  crevasse  à 
l'empeigne  d'un  soulier  ou  d'une  botte,  et  qui  n'a  rien  de 
oommnn  avec  les  pièces  de  rapport  d'un  ressemelage  de 
chaotture.  Au  fig.  lanière  d'étoffe,  de  cuir,  ou  de  peau  hu- 
maine, qui  se  détache  par  une  écorchure  ou  une  dôchimre. 


Par  ext.  s'applique  à  un  pan  de  mur  écroulé,  et  autres 
avaries  du  même  genre.  Mais  VÈmbél  n'est  pas  l'avarie,  la 
déchirure  elle-même  :  c'est  le  lambeau  détaché. 

Dér.  du  lat.  Limbus,  bord,  bordure,  frange 

£mbéli,  v.  Embellir;  rendre  ou  devenir  plus  beau: 
augmenter  en  beauté. 

Dér.  de  Bèou. 

Émbélousa,  v.  Faire  tomber  dans  le  piège  ;  blouser  ; 
tromper;  faire  prendre  le  change. 

Dér.  de  Blouso. 

Émbémia,  v.  Enjôler;  attrapper  par  des  séductions  et 
de  belles  paroles. 

Dér.  de  Bèmi. 

Ëmbèougna,  v.  Contrefaire;  imiter  les  paroles,  les 
gestes,  la  physionomie  de  quelqu'un  pour  le  tourner  en 
ridicule.  Dans  le  style  soutenu,  on  l'emploie  pour  :  Être 
semblable  à. 

fmbèoagnaire,  aire,  adj.  Celui  qui  aime  à  contrefaire; 
.bon  mime;  qui  a  un  talent  d'imitation. 

Ëmbéoure,  v.  Terme  de  lingère  ou  de  couturière  :  faire 
boire  une  étoffe,  coudre  ensemble  deux  bords  ou  lisières 
d'étoffe  qui  n'ont  pas  la  même  longueur,  de  manière  ce- 
pendant à  ce  que  les  bouts  correspondent  l'un  à  l'autre  et 
arrivent  juste,  l'un  joignant  l'autre  :  c'est  ce  qui  se  dit 
Faire  émbéourê.  Cela  se  présente  lorsqu'on  veut  coudre 
ensemble  deux  pièces  dont  l'une  est  à  droit  fil  et  dont 
l'autre  est  à  fil  en  biais  ;  cette  dernière  étant  naturelle- 
ment plus  élastique  et  s'allongeant  quand  on  l'étiré  dans 
le  sens  de  sa  longueur. 

Ce  mot  d'ailleurs  ne  s'emploie  qu'à  l'inf.  et  précédé  du 
V.  faire. 

Ëmbéraga  (S*),  v.  Se  couvrir  de  verrues;  prendre, 
gagner  des  verrues. 

Dér.  de  Bérugo, 

Ëmbéstia,  v.  Ennuyer;  rendre  bête  à  force  d'ennui; 
importuner;  abêtir;  hébéter. 

S'émbéstia,  s'ennuyer;  éprouver  de  l'ennui,  du  dégoût; 
trouver  le  temps  long. 

Dér.  de  Bésth. 

fimbéstiaje  ou  Ëmbéstiamén,  s.  m.  Ennui;  dégoàt; 
fatigue;  importunité.  —  Quinte  éndféstiaje/  Quel  ennui! 
Quelle  importunité  ! 

Ëmbéstian,  anto,  adj.  Ennuyeux;  importun.  —  Se  dit 
plutôt  des  choses  que  des  personnes.  —  Aqui  un  tén 
émbéstian,  voilà  un  temps  ennuyeux.  Émbéstian  eoumo  la 
pUjo,  ennuyeux  comme  la  pluie. 

Émbia8808,  s.  f.  plur.  Espèce  de  châssis  à  bat,  d'oà 
pendent  deux  sacs  ouverts  par  en  haut  et  seulement  serrés 
par  un  cordon  au  bas,  pour  charrier  du  sable,  etc.  Quand  on 
veut  vider  les  sacs,  on  n'a  qu'à  lâcher  les  cordons  par  en  bas. 

Émbiassos,  signifie  aussi  ces  larges  cabas  en  sparterie 
qu'on  place  de  même  sur  une  bête  de  somme  des  deux 
côtés  du  bât.  —  Voy.  Éntarios, 

Dér.  de  Bia»90. 


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Émbloui,  i'.  Éblouir;  donner  la  berlue;  jeter  de  la 
poudre  aux  yeux;  s«}duirc,  fasciner  par  un  ^'rand  éclnl. 

roriric  de  Bla,  bleu,  pnrce  (jue  IVlTel  de  l'éblouissement 
est  de  teindre  les  objets  en  bleu; d'où  est  venu^l'expression 
prvb.  On  n'y  voit  que  du  bleu. 

Ëmbouèsa,  v.  Tromper  ])ar  des  flatteries;  entraîner, 
séduire  par  de  belles  promesses  dans  un  marcbé  onrreu\ 
ou  une  entreprise  l;k'beuse;  séduire  une  femme  ou  une 
fdle,  la  tromper. 

Formé  de  Jios,  boi.^,  comme  l'ital.  Inihoscarc,  tendre  des 
embiiclies,  comme  les  voleurs  qui  clierclient  A  entminor 
les  voyn^'eurs  dans  \os  bois  i)ar  de  belles  jjromcsses  pour 
les  dévaliser  ti  l'aide. 

Émbouèta,  v.  Terme  de  cbarronnerie  :  mettre  une  boîte 
en  fonte  dans  les  moyeux  de  roue  dont  Touverlui'e  sérail  trop 
clar^Me  par  le  frottement  de  l'essieu  Autrefois  cette  boit»» 
était  en  bois,  qu'on  ne  A)rait  que  lorsqu'il  était  en  place; 
mais  la  fonte  l'a  rem[ilacé. 

Dér.  de  Jiouiio. 

Ëmbouïa,  v.  Brouiller;  embrouilbu';  encbevétrer;  mêler 
un  écbeveau,  des  fds,  des  cbeveux;  obscurcir,  compliciuer 
une  oflairc,  une  question.  —  Es  tout  éinhonin,  sa  cbevelnre 
est  toute  mêlée. 

S'cmbouia,  s'embarrasser  dans  sr-s  pro[)os,  ne  pouvoir  en 
retrouver  le  [\\  et  le  raisnnnement. 

Dér.  de  Vital.  Imbroyliure,  embrouiller,  formé  lui-même 
de  la  bass.  lat.  /;n>liuin,  Imis  épais,  Inurré,  dniit  on  a  fait 
le  mol  fr.  liicuU  et  les  noms  propres  Diibnniil,  correspon- 
dant à  Hroglie. 

Émbouïssouna,  r.  KiUourer  la  tige  d'un  jeune  arbre  de 
])uissijns,  ])our  le  préserver  île  la  dent  des  animaux  brou- 
tants. 

Dér.  de  Jfon'issoù. 

Émboul,  s.  w/.  lîrouillis  de  fils  mêlés,  tortillés.  Au  lig. 
eiidiarras;  afTaire  liti-jieu.se  el  embrouillée;  trouble;  njêlée, 
bagarre;  [iiélange  confus;  renuie-ménaye. 

Dér.  de  l'ilal.  Imbroglio,  m.  sign. 

Émboulna  ou  Émbourna,  v.  Évenlrer;  étriper.  Au  fig. 
maltraiter  et  particulièrement  r<Mi\erser  un  corj)s  lourd, 
comme  un  njur  ou  un  rocber,  en  lui  faisant  perdre  pied, 
de  sorte  ([u'il  s'éboule  el  tombe  en  débris. 

Dér.  de  lioulnaffo. 

Émboulnadoù  ou  Ëmboulnèri,  s.  m.  Kboulement, 
éboulis;  anjas  de  ruines;  action  de  saper,  de  faire  écrouler, 
ébouler. 

Ëmbounigou,  s.  m.  .\onjbril;  ombilic. 

Dér.  du  lat.  l'mbUicus,  m.  sign. 

Ëmbouqua,  v.  Donnera  manger  aux  petits  enfants,  aux 
vieillards,  aux  malades,  aux  perclus  et  à  toutes  personnes 
qui  ne  peuvent  faire  usage  de  leurs  njains;  appâter  une 
volaille,  lui  faire  avaler  d(^  la  pAtée  ou  du  grain  jjar  force, 
en  les  enfonçant  dans  son  gosier,  i)our  l'engraisser  plus 
vite.  On  appAle  les  dindons  avec  des  noix  entières  sans  les 
écaler. 


Mdou-émftouqua,  mal  emboucbé;  grossier,  sale  dans  ses 
pro()iis. 

Dér.  d«'  Bniiquo. 

Ëmbourdado,  s.  f.  Vh'iu  un  tauiis  à  farine;  quantit*'* 
de  farin»'  rjue  l'nu  met  en  une  fois  dans  le  tamis  pour  la 
sasser. 

Ëmbourdiè,  s.  di.  Marcband  ou  fabricant  de  tamis. 

Ëmbourdo,  s.  /'.  Tamis,  sas,  de  la  forme  d'un  crible, 
dnnt  le  tissu  est  en  soie,  lorsrpi'on  ne  \eut  obtenir  que  la 
i\mv  df  farine,  et  en  crin  pour  fabriquer  du  pain-bis.  On 
sassi»  la  fariih'  cbe/  1rs  i)articuliiM-s  dans  la  bucbe  môme 
en  promenant  le  tamis  sur  un  cbassis  en  forme  de  croix, 
({uoii  apj)i'lle  p(jss(i(/()uno.  —  On  dit  au  fig.  passa  à  i'ém- 
bot.-rf/n,  éj)!mli,M"  les  (pialités  et  les  défauts  de  (luelqu'un; 
ptissa  à  fembonrdo  fno,  éplucber  minutieusement;  faire 
subir  un  S'''\én^  examtMi  ;  pass*"r  à  l'étamine. 

Ëmbourgna,  c.  —  Voy.  Ab'ninjua. 

Ëmbourna,  i\  —   l'o^.   Hinb'mlna. 

Ëmbousqua,  v.  ^lettn^  un  allut  ou  un  bois  nouveau  à 
un  fu.sil. 

S'vmbni/sqito,  s'enfono^r  dans  un  liois;  se  cacher  dans 
une  forêt. 

Formé  (le  /jos,  bois. 

Ëmboutéïa,  v.  Fntomier  un  licjuide  dans  une  l>outeille: 
niriin'du\in  cfi  lM.iit<Mll«».  Au  fig.  se  gorger  de  vin.  — 
Lou  tén  i')nb<ni(eio,  les  nuages  S''  chargent  d'eau;  le  ciel  va 
fnii(lre  iMi  eau. 

Dér.  de  Itoatcio. 

Embouti,  r.  —  Voy.  j'ittylout]. 

Embouti,  ido,  (nlj.  lîomMulUé;  boufii;  bos.sué;  renflé; 
gniill".  — •  J'id/otfso  vi/ihouiîdo,  (pi^noullle  en  roseau  re- 
ft'inhi  (pii  <.'st  lrés-\(Milrue  et  sur  laquelle  on  file  surtout 
les  cocons  dits  de  graine,  et  ceux  dits  /iassinas. 

Dir.  de  liouio,  (|ui  est  le  tyjH'  de  ce  qui  est  ventru  et 
rebondi. 

Émboutiga,  v.  r»enfermer  dans  une  boutique.  — Se  dit 
dts  céiValcs  et  auln\s  denrées  qu'on  a  transportées  sur  les 
balles  el  que,  faute  de  pouvoir  les  \endre,  on  rentre  dans 
un  magasin. 

Dér.  de  liniiti(jf), 

Émbranqua,  v..  Accrocher  quehju'un  en  passant;  l'en- 
Irainer. 

S'eitifiranfjua,  s'accrocher  fi  une  branche;  se  diviser  en 
plusieurs  braiu:hes.  Au  fig.  s'eudtarrasser  de  quelque  chos*? 
qui  est  à  charge;  s'engagi^'  dans  une  afl'aire  douteuse. 

Dér.  de  linin(]no. 

Ëmbriaï,  aïgo,  offj.  Ivre,  snùl  :  qui  a  trop  bu. 

Dér.  du  lat.  iJirius,  m.  sign. 

Émbriaiga,  r.  Enivrer;  s^ùler;  faire  trop  boire.  — 
S'cnibridiyo  en  parlnn,  il  s'enivre  de  paroles. 

Émbriaïgo-cabro,  s.  /".  Lolier  corniculé,  Lotus  corni- 
culdius,  lÀnn.  Fiante  de  la  fam.  des  Légumineuses.  Les 
Latins  la  nommaieikt  Lolus  (hrycnicum,  formé  du  gr. 
Aopy.v.ov,  de  A'^oj,  tige,  lanc<^,  parce  qu'elle   forme   luie 


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quantité  de  tiges  qui  s'élèvent  sans  former  de  tronc.  On 
prétend  qu'elle  donne  des  vertiges  aux  animaux  qui  la 
broutent  :  de  là  son  nom  lang. 

Émbrida,  v.  —  Voy.  Brida, 

flmbroucha,  v.  Embrocher;  mettre  à  la  broche. 

Dér.  de  Brocho, 

Émbmda,  t^.  Ébruiter;  divulguer  un  secret;  semer 
des  bruits  vrais,  mais  fâcheux  pour  celui  qui  en  est 
robjet. 

Dér.  de  Bru,  bruit. 

Émbmga,  v.  Ramer  les  vers  à  soie;  former  entre  les 
tables  de  petits  berceaux  en  bruyère,  qu'on  appelle  Caba- 
noi,  sur  lesquels  les  vers  grimpent  et  tendent  les  fils  des- 
tinés à  échafEauder  leurs  cocons. 

Les  vers  à  soie  ayant  commencé  à  paraître  en  France 
dans  les  Cévennes  et  le  Vivarais  où  Ton  les  rame  avec  de 
la  bruyère,  il  n'est  pas  étonnant  que  ce  verbe  ait  sa  racine 
dans  le  mot  Brus,  bruyère.  Ce  mot  est  devenu  typique 
même  pour  les  pays  où  Ton  rame  avec  d'autres  arbrisseaux 
ou  d'autres  branchages,  comme  le  chêne. 

Ëmbragaîe,  s.  m.  Bruyère  propre  à  ramer  les  vers  à 
soie  lorsqu'elle  est  coupée  de  la  longueur  voulue  et  débar- 
rassée de  ses  chicots.  —  Aprésta  l'émbrugaje,  préparer  la 
bruyère,  la  couper  de  même  longueur,  la  disposer  dans  un 
même  sens  et  en  petites  bottes  pour  la  commodité  de  ceux 
qui  la  placent. 

Êmbii,  s.  m.  Dim.  Èmbuqué;  péjor.  ÈmbuguM,  Enton- 
noir; vase,  instrument  pour  entonner,  pour  remplir  de 
liquide  un  vaisseau  quelconque.  —  Émbu  dos  boudins, 
boudinière,  petit  entonnoir  de  fer-blanc,  qui  sert  à  farcir 
le  boyau  du  boudin,  de  la  saucisse,  de  la  mortadelle,  etc. 
Émbu  dé  flèïo,  entonnoir  à  futaille,  qui  est  une  petite  auge 
en  bois  percée  d'un  trou  au  milieu,  auquel  est  adapté  un 
gros  tuyau  de  fer-blanc.  C'est  celui  qu'on  emploie  pour 
remplir  les  futailles  lorsqu'il  n'y  a  pas  de  pompe  pour  cet 
objet. 

Au  fig.  Émbu  signifie  :  ivrogne,  biberon.  —  Es  un  pouli 
émbu,  c'est  un  biberon  distingué.  Faï  émbu  dé  la  boutOo, 
il  boit  au  goulot  de  la  bouteille. 

Dér.  du  lat.  Imbuere,  abreuver,  verser  dedans  :  d'où 
l'esp.  Embudo,  et  l'ital.  Embuto,  entonnoir. 

Émbuga,  v.  Combuger;  abreuver,  imbiber,  humecter 
les  douves  d'une  cuve,  d'une  futaille,  déjointes  par  la  sé- 
cheresse. Se  dit  également  du  linge  de  lessive  qu'on  abreuve 
dans  la  cuve.  Au  fig.  S*émbtiga,  boire  avec  excès;  s'im- 
biber de  vin. 

Dér.  du  lat.  Imhuere,  imbiber. 

fminado,  «.  /*.  Mesure  de  superficie  ou  de  contenance, 
qui  équivaut  à  dix  ares.  —  Yoy,  Àrpan. 

fmino,  s.  f.  Mine,  mesure  de  capacité  pour  les  solides  : 
elle  équivaut  à  2  décalitres  5  litres.  Cette  mesure  ainsi  que 
la  Quarto  existait  en  réalité  sur  nos  marchés,  et  n'était  pas 
une  quantité  nominale  comme  le  setier  et  la  salmée.  On  la 
nommait  aussi  et  mieux  Émindon;  mais  ce  dernier  mot  ne 


s'appliquait  pas  théoriquement  dans  les  comptes.  On  ne 
disait  pas  :  Aï  acheta  dès  éminâous  dé  bla,  mais  bien  dès 
éminos, 

Vémino  valait     8    boisseaux, 

—  2    cartes, 

—  i/%  setier, 

—  4/8  de  salmée. 

On  dit  aussi  Émino  pour  une  mesure  de  superficie,  mais 
Éminado  est  plus  technique  et  plus  usité. 

Dér.  du  lat.  Hemina,  mesure  de  liquide  qui  équivalait 
à  une  cliopine. 

Ëmmaigrôsl ,  v.  aet.  Faire  maigrir,  rendre  maigre; 
amaigrir.  Au  fig.  diminuer  le  volume,  l'épaisseur  d'une 
pièce  de  charpente,  d'une  pierre  de  taille,  etc. 

S'émmaïgrési ,  maigrir,  devenir  maigre  ou  se  rendre 
maigre. 

Dér.  de  MaXgre. 

Émmalicia  (S'),  v.  n.  S'irriter,  se  courroucer;  se  mettre 
en  colère,  en  fureur.  —  Ijou  tén  s*és  émmalicia,  le  temps 
est  à  la  tempête. 

Dér.  de  Maliço. 

Ëmmanda,  v.  Renvoyer,  congédier;  éconduire;  jeter 
une  pierre  à  quelqu'un.  Émmanda  un  co  dé  fusil,  tirer 
un  coup  de  fusil.  Émmanda  la  man,  lancer  un  soufQet. 
Émmanda  las  floundos,  ruer.  Émmanda  lou  bou,  terme  de 
fileur  de  soie,  lancer  le  brin  de  soie  qu'on  tient  à  la  main 
et  provenant  des  cocons  qu'on  vient  de  battre,  de  manière 
qu'il  se  lie  et  se  confonde  avec  les  brins  qui  se  dévident 
déjà  et  auxquels  le  nouveau  se  soude  par  le  seul  effet  de  la 
torsion  très- vive  du  premier. 

Dér.  du  lat.  Mandare,  envoyer. 

Émmanquable ,  ablo,  adj.  Immanquable;  infaillible; 
assuré.  —  La  plèjo  es  émmanqiiablo,  la  pluie  est  certaine; 
.  nous  ne  pouvons  l'éviter.  Émmanquable  gué  vendra 
déman;  il  est  plus  que  probable  qu'il  viendra  demain. 

Ëmmanqnablamén ,  aih.  Immanquablement;  assuré- 
ment; sans  nul  doute. 

Ëmmarina  (S'),  v.  Tourner  au  vent  du  midi,  au  marin. 
—  Lou  tén  es  bien  émmarina,  le  vent  du  midi  souffle  avec 
violence;  ce  qui  dans  ce  pays  annonce  d'ordinaire  les 
inondations  à  la  suite  de  grandes  pluies  dans  la  région  des 
montagnes. 

Dér.  de  Marin. 

Ëmmasqna,  v.  Ensorceler;  jeter  un  sort;  fasciner  :  par 
ext.  ennuyer,  importuner;  être  insupportable.  —  Es  ém- 
masqua  d'aquélo  fio,  il  a  la  tête  tournée  par  cette  fille. 
Quàottquo  ganto  l'a  émmasqua,  quelque  sorcière  lui  a  jeté 
un  sort.  Garo  té  d'agui,  que  m'émmasgttes,  va  t'en,  tu 
m'ennuies,  tu  me  fatigues. 

Ce  verbe,  ainsi  que  le  mot  Masquo  son  correspondant, 
et  le  Masq;ue  fr.  paraissent  tous  dériver  d'une  même  ori- 
gine, le  gr.  Bacxafvto,  je  fascine,  j'ensorcèie,  Bdfoxotvoç, 
sorcier,  qui  fascine. 


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EMP 


EMP 


Les  Gotlis  et  plus  tard  les  Lombards  ont  lire  de  la 
même  source  leur  Masca,  sorcière;  et  c'est  probablement 
de  ceux-ci  que  le  lang.  et  le  fr.  ont  tiré  le  mot  Masqua  et 
Masque  :  ce  dernier  par  analogie,  soit  que  les  faux  visages 
représentent  la  hideur  des  sorcières,  soit  parce  que  ces 
dernières  prenaient  un  faux  visage  dans  leurs  opérations 
magiques. 

Êmmasqnacîou,  t.  f.  Sortilège;  encbantement  ;  sort  jeté. 
—  Aquà's  uno  émmasguaciou,  c'est  un  malheur  donné  ; 
cela  ne  peut  arriver  qu'à  moi . 

Ëmmasquaïre,  aïrOi  adj.  Enchanteur;  séducteur;  qui 
sait  attirer  dans  ses  filets  par  de  belles  paroles. 

Émmasqnan,  anto,  adj.  Ennuyeux  au  superlatif;  fas- 
tidieux jusqu'au  dégoût  ;  contrariant  à  l'excès. 

Émména,  v.  Emmener;  conduire  avec  soi;  entraîner. — 
Gardoù,  a  émména  lou  pon,  le  Gardon  a  entraîné,  renversé 
le  pont. 

Dér.  de  Mena. 

£mmoii8tou8l,  v.  Engluer;  oindre  de  moût;  enduire 
d'un  corps  poisseux  quelconque.  Au  fîg.  S'émmouitousi,  se 
compromettre  dans  une  sale  affaire. 

Dér.  de  If  ou*. 

Êmpacha,  v.  Empêcher;  embarrasser;  entraver.  — 
Souï  émpacha,  je  suis  occupé  d'une  autre  af&ire.  Aquél 
pagni  éi  émpacha,  ce  panier  est  plein  ;  il  n'est  pas  dispo- 
nible. Émpacho  pas  est  une  locution  explétive  qu'on  met 
à  tout  propos  dans  la  conversation,  et  qu'on  peut  rendre 
par  :  cependant,  nonobstant.  Émpacho  pas  qu'aquél  bla  es 
bien  pouU,  quoi  qu'on  en  puisse  dire,  il  faut  convenir  que 
ce  blé  est  fort  beau. 

Dér.  du  lat.  Imped%re,ovL  du  gr.  'E^inoBil^Eiv,  empêcher: 
la  racine  de  celui-ci  est  no<>6ç,  génit.  de  IIoûç,  pied  :  en- 
traver les  pieds. 

Êmpachamén,  s,  m.  Empêchement;  obstacle;  opposition. 

£mpala,  v.  Empiffrer;  gorger  de  vivres,  de  boisson. 
S'émpafa,  se  gorger,  s'en  donner  jusqu'au  menton.  Dans 
la  langue  verte,  se  paffer,  c'est  boire  avec  excès  ;  être  paf, 
se  remplir  l'estomac  de  nourriture.  Le  verbe  lang.  est-il 
une  traduction,  ou  bien  a-t-il  inspiré  l'argot  faubourien? 

Émpaia,  t;.  Empailler,  garnir  de  paille;  empailler  ou 
remonter  des  oiseaux,  des  animaux.  —  Semblés  émpaia,  tu 
es  là  raide  et  empesé  comme  un  homme  de  paille. 

Dér.  de  Poiio. 

fimpancéla,  v.  Ramer  des  pois,  des  haricots,  etc.;  leur 
donner  des  tuteurs  où  ils  grimpent  et  se  soutiennent,  et 
à  l'aide  desquels  ils  projettent  de  nouvelles  branches. 

Dér.  de  Paneèl. 

Émpancéladoù,  adouno,  adj.  Qui  est  de  nature  à 
grimper  sur  la  rame;  qui  est  assez  grand  pour  être  ramé; 
qui  demande  à  être  ramé.  —  Favidous  émpaneiicuioùe, 
espèce  de  haricots  grimpants.  Vaste»  pisee  eoun  émpan' 
eéladoùi,  vos  pois  demandent  à  être  rames. 

fimpâonma,  v,  Empaumer;  saisir  avec  la  main.  Au  fig. 
se  rendre  maître  de  l'esprit  de  quelqu'un,  pour  loi  faire 


faire  tout  ce  qu'on  veut;  l'entraîner,  le  capter,  le  captiver 
par  des  séductions.  —  La  pôou  l'émpéoumo,  la  frayeur 
le  saisit. 

Dér.  du  lat.  Palma,  paume  de  la  main. 

Empara  (S'),  v.  S'emparer,  se  saisir. 

Ce  mot  est  plus  restreint  qu'en  fr.;  c'est  s'emparer  d'une 
pla(.e  ou  d'un  objet,  qu'un  autre  vient  d'abandonner. 

Ëmparga,  v.  Renfermer  le  bétail  dans  le  parc;  clore  les 
claies.  Au  fig.  encaisser  un  cours  d'eau,  le  tenir  renfermé 
dans  son  lit  par  des  bordures  d'oseraies  et  des  bàtardeaux. 

Dér.  de  Parque. 

Ëmpéga,  v.  Coller;  poisser;  enduire  de  poix,  de  glu.  Au 
fig.  embarrasser,  empêtrer. 

S'èmpéga,  se  prendre  à  quelqu'un  ou  même  à  quelque 
chose,  un  travail,  un  ouvrage;  s'installer  auprès  de  quel- 
qu'un qu'on  iiiiportune;  ne  pas  vouloir  ou  savoir  s'en 
détacher.  Par  ext.  s'enivrer,  parce  qu'un  homme  ivre 
perd  tout  mouvement,  comme  s'il  était  collé  avec  de  la  poix. 

Dér.  de  Pégo. 

Ëmpégno,  s.  f.  Empeigne,  le  dessus  du  soulier. 

Dér.  du  lat.  Impilia,  sorte  de  chaussure  de  feutre,  selon 
Pline,  brodequins  de  poil  foulé. 

Empégouml,  ido,  adj.  Poisseux;  poissé;  sali,  noir  de 
poix. 

Dér.  de  Pégo. 

Êmpéira,  v.  Empierrer  un  chemin,  le -garnir  de  pierres: 

Dér.  de  Péiro. 

fimpéitar,  v.  Embarrasser;  entraver;  empêtrer.  —  Es  vn 
émpéïta,  c'est  un  empêtré,  il  ne  sait  ni  lier,  ni  délier. 

Dér.  du  lat.  Impeditus,  qui  est  embarrassé,  entravé  par 
les  pieds. 

Ëmpèîto,  s.  f.  Embarras;  obstacle;  empêchement;  acci- 
dent qui  dérange  un  projet;  pierre  d'achoppement. 

Émpéii,  ido,  ad[;.  Obéré,  insolvable;  un  homme  qui 
n'a  rien  à  lui,  surtout  un  homme  sans  crédit,  sans  consi- 
dération, sans  position  financière. 

Ce  mot  est  même  accompagné  d'une  idée  de  déconsidé- 
ration morale;  car  on  ne  le  dirait  pas  d'un  honnête  homme 
tombé  dans  la  misère. 

Dér.  du  lat.  Imperitus,  ignorant,  maladroit  :  la  traduc- 
tion languedocienne  a  dévié  de  l'acception  latine,  ce  qui 
lui  est  assez  ordinaire. 

Ëmpéronina,  v.  Goudronner;  enduire  de  poix-résine; 
cacheter  des  bouteilles  ;  oindre  ou  luter  avec  la  poix-résine. 

S'émpéronina ,  se  barbouiller,  se  tacher,  se  salir  les 
mains  ou  les  habits  avec  du  goudron  ou  de  la  poix  résine. 

Dér.  de  Pérouino. 

fimpérqoaira  (S'),  v.  Se  blouser,  se  mettre  dans  de 
mauvais  draps;  s'engager,  se  fourrer  dans  des  affiûresdoa- 
teuses  ou  du  moins  embrouillées.  —  Dé  que  s'anavo  ém- 
pérquaira  énd'aquél  home?  qu'allait -il  enchevêtrer  ses 
affaires  avec  celles  de  cet  homme?  Es  bien  émpérqticXra, 
ses  affaires  sont  fort  dérangées,  il  est  trâs-obérft,  trés- 
endetté. 


EMP 


ÉMP 


381 


Dér.  du  lat.  Preearius,  précaire,  titre  précaire  :  c'est 
comme  si  l*on  disait,  il  s'est  enfoDcé  dans  le  précaire,  ce 
qui,  ea  terme  de  pratique,  signifiait  en  lat.  un  bien  en- 
gagé. 

flmpésonll  ou  Ëmpésonlina,  v.  Garnir  de  poux  ;  donner 
des  poux  à  quelqu'un. 

S'émpésouU,  se  laisser  gagner  par  les  poux. 

Dér.  de  Pésoul. 

£mpésoulina,  v.  Le  même  que  Empésouli, 

fmpésta,  V.  Empester,  empuantir;  répandre  ou  com- 
muniquer une  odeur  fétide.  —  Pu  qu'émpèsto,  il  pue  à 
infecter;  il  pue  comme  un  rat  mort.  Èmpèsto  iou  bob,  il 
sent  le  bouc.  La  vilo  èro  émpéstado  dé  boules,  la  ville 
regorgeait  de  champignons. 

Dér.  du  lat.  Pestis,  peste,  fléau. 

£mpéstiféla,  v.  fréq.  de  Empesta. 

Émplastra,  v.  Engluer,  salir  d'un  corps  humide  et 
pâteux  ;  souffleter.  Au  fig.  S'émplastra,  s'établir  en  para- 
site chez  quelqu'un,  avec  la  ténacité  d'un  emplAtre. 

Ëmplastre,  s.  m.  Dim.  Èmplastroù.  Emplâtre;  onguent 
étendu  sur  du  linge  ou  une  peau  ;  large  tache  de  corps 
gras;  soufflet  appliqué  sur  la  joue;  parasite,  importun 
dont  on  ne  peut  se  débarrasser  ;  personne  inutile,  infirme, 
impropre  à  tout,  qui  est  à  charge  à  quelqu'un.  —  Siès  un 
impiastre  dé  Bourgotigno,  tu  es  un  ennuyeux,  un  impor- 
tun, par  allusion  à  la  poix  de  Bourgogne  dont  on  fait  des 
emplâtres.  Issarta  à  l'émplastre,  grefîer  à  l'écusson.  Cette 
greffe  consiste  à  fendre  l'écorce  du  sujet  avec  la  lame  du 
grefibir,  à  en  écarter  les  deux  lèvres  et  y  introduire  une 
plaque  d'écorce  franche  qui  porte  un  œil.  On  lie  forte- 
ment le  tout,  de  manière  à  empêcher  toute  infiltration 
extérieure  de  la  sève,  en  ayant  soin  d'écarter  le  lien  sur 
l'œil  qui  doit  rester  libre. 

Dér.  dugr.  *Eji7c>.aaTpov,emplâtre,formédut;.*E[i7c>.a9«iv, 
appliquer  sur,  coller  à. 

Émpoucha,  v.  Empocher;  mettre  dans  sa  poche.  —  Ce 
mot  entraine  une  certaine  idée  d'avidité  :  c*est  faire  des 
provisions  dans  sa  poche,  quand  on  est  invité  hors  de 
chez  soi;  ou  subtiliser  adroitement  et  peu  honnêtement 
quelque  chose. 

Dér.  de  Pocha. 

fimpongna,  v.  Empoigner;  saisir  avec  la  main;  s'em- 
parer de  ;  dérober. 

8'émpovgna,  en  venir  aux  mains,  lutter  corps  à  corps  ; 
s'empoigner,  se  battre. 

Dér.  de  Paugno. 

Êmpomaoniia,  v.  Empoisonner  ;  donner  du  poison,  faire 
périr  par  le  poison.  Au  fig.  infecter,  exhaler  une  odeur 
éfétide.  —  Téraïr  empoutêouna  pér  lou$  amowrièê,  terrain 
empoisonné  par  les  mûriers.  On  prétend  que  les  racines 
pourries  des  mûriers  morts  font  périr  les  nouveaux  plants 
qu'on  repique  sur  le  même  terrain  avant  de  l'avoir  bieo 
purgé  des  débris  de  ces  racines.  Il  est  fort  possible  que  la 
matière  phosphorique  qui  se  procrée  des  émissions  du  bois 


pourri  produise  cet  eflTet  ;  mais  cette  dégénérescence  n'a 
pas  pour  cause  exclusive  le  mûrier  seul,  dont  la  décom- 
position des  racines  répandrait  ainsi  des  sucs  délétères,  on 
en  accuse  aussi  le  chêne,  anciennement  très-commun  dans 
nos  pays.  Les  théoriciens  expliquent  qu'une  plantation 
antécédente  de  mûriers,  ou  la  préexistence  de  chênes  sur 
un  terrain,  pendant  un  assez  long  temps,  ont  dû  arriver  à 
l'épuisement  dos  sels  propres  et  nécessaires  à  l'arbre  le 
plus  précieux  de  nos  contrées,  car  les  deux  essences  pa- 
raissent se  nourrir  les  mêmes  sucs.  L'expérience,  d'autre 
part,  est  venue  démontrer  maintes  fois  que,  dans  les  terres 
d'où  l'on  a  extirpé  avec  soin  les  racinages  pourris,  la  mor- 
talité se  fait  peu  sentir;  tandis  qu'au  contraire,  dans  celles 
où  l'expurgnlion  n'a  pas  été  complète,  les  jeunes  mûriers 
font  des  pousses  magnifiques,  quelquefois  pondant  huit  ou 
dix  ans ,  puis  périssent  tout  à  coup  en  pleine  végétition, 
comme  frappt^  d'empoisinnoment.  Si  l'explication  scien- 
tifique était  vraie,  ne  serait-ce  pas  surtout  dans  les  pre- 
mières années  que  les  nouveaux  plants  souffriraient  de  ce 
manque  de  substance  nutritive,  tandis  que  plus  tard,  les 
sucs  naturels  se  renouvelant,  leur  rendraient  peu  à  peu 
l'alimentation  normale?  alors,  ce  serait  de  marasme,  de 
rachitisme  que  périraient  les  nouveaux  sujets,  et  non  de 
mort  subite ,  d'apoplexie  foudroyante ,  si  l'on  peut  ainsi 
dire,  comme  ils  font  généralement. 

En  présence  des  faits,  les  causes  restent  incertaines; 
mais  des  deux  hypothèses,  la  première  est  la  seule  adoptée 
par  le  peuple  des  campagnes.  Elle  peut  n'être  pas  fondée; 
elle  peut  tenir  d'autre  chose  que  d'une  dégénérescence 
amenée  par  une  trop  grande  diffusion  phosphoreuse;  elle 
peut  dériver  d'autres  germes  morbides  ;  mais,  à  notre 
avis,  l'observation  des  agriculteurs,  peu  familiers  avec  la 
chimie,  pourrait  bien  avoir  rencontré  juste,  et  le  sys- 
tème scientifique  ne  se  trouver  exposé  qu'aux  démentis 
donnés  chaque  année  par  l'expérience  et  la  pratique. 
Il  était  donc  très -intéressant,  dans  une  question  si 
grave  pour  nos  régions  séricicoles,  de  tenir  note  et  bon 
compte  des  dictons  anciens  et  de  leur  raison  d'être  et  d*avoir 
cours. 

Êmponlo,  s.  f.  Ampoule;  cloche,  vessie,  sorte  de  pus- 
tule pleine  d'eau  qui  se  forme  sur  la  peau,  principalement 
aux  pieds  et  aux  mains,  par  suite  d'un  exercice  forcé,  ou 
du  frottement  continu  d'un  corps  dur  comme  le  manche 
d'un  outil,  ou  une  chaussure  qui  blesse  et  entame  la  peau. 
Vider  cette  vessie  par  une  incision  est  on  moyen  insuffi- 
sant, parce  que  l'ouverture  se  referme  bientôt  et  la  cloche 
se  remplit  de  nouveau.  Le  remède  le  plus  simple  et  le 
plus  efficace  est  d'y  placer  un  petit  séton,  c'est-à-dire  une 
aiguillée  de  fil  qu'on  y  passe  de  part  en  part  avec  une 
aiguille  et  qui  facilite  l'évacuation  successive,  jusqu'à 
complète  cicatrisation.  —  Acampo  pas  d'émpovioi  à  l4U 
mam,  il  ne  prend  pas  le  travail  trop  à  cœur,  on  il  fait  un 
travail  peu  fatigant. 

Dér.  du  lat.  AmpuUa,  m.  ûgn. 

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EN 


EN 


Ëmpourta,  v.  Emporter,  enlever,  oter  d'un  lieu;  porter 
avec  soi;  entraîner. 

Dér.  do  PourUi. 

Ëmprégna,  i\  Engrosser;  roiidrc  une  fenune  enceinte; 
féconder  une  femelle.  —  Aquélo  fénno  es  émprègnado, 
celte  feiume  est  grosse;  elle  a  coneu. 

Dér.  du  la  t.  Progigno,  concevoir. 

Émpudicina,  i*.  Empuantir»  infecter. 

Dér.  de  Vudicino. 

Émpura,  i'.  .\lliser  le  feu  ;  fuurgomier;  rnpprocher  les 
lisons;  ra\iver  les  tisons  couverts  de  cendres.  Au  fig. 
attiser  la  discorde  ;  exciter  une  (luerelle  déjfi  allumée; 
jeter  de  l'huile  sur  le  feu. 

Dér.  du  gr.  IlOp,  r7J&»j:,  f(;u. 

Émpuraïre,  aïro,  a/y.  Hniuillon,  Ijoute-feu;  qui  fo- 
mente et  excite  des  ([uerelles. 

En,  En,  Éno,  Èno,  sn//ijes  au  luasc.  et  au  féui. 

Nous  aNons  essayé  déjà  ù  l'art,  Aytio,  su/j'.  cl  dans  quel- 
ques autres,  de  duuner  une  idée  générale  du  rôle  îles  suf- 
fixes et  des  furines  parliculién'S  qu'ils  ail» dent  dans  noire 
langue  d'Oc  :  nuus  n'y  resiendruns,  à  propos  de  cdui  qui 
se  présente  maintenant,  que  pour  rap[»oler  ce  ([ui  en  a  été 
dit,  et  le  raltaclier  connue  type  à  la  famille  qui  s'est  créée 
sur  sa  \o\elle  pivot  ou  tonique. 

Ces  désinences,  on  le  sait,  s'adaptent  ;i  un  radical,  et 
elles  ont  pour  objet  d'en  modifier  la  signilicnlion.  Syllabes 
par  elles-mêmes  dépour\  ues  de  sens,  elles  donnent  au  mot 
priiiiitif  des  qualités  diverses  et  y  ajoutent  une  idée  acces- 
soire qui  couslitueses  dérivations.  Du  substantif  au  verlie, 
les  terminais(»ns  manjuenl  la  i)ersonne,  le  lemj)S  el  le 
mode  :  du  substantif  à  l'adjectif,  elles  servent  ii  distinguer 
le  genre,  le  nombre  et  le  cas.  Ce  n'est  pas  tout  X  fait  à  ce 
l)oint  de  vue  que  nous  voudrions  les  considérer  en  ce  mo- 
ment :  la  déclinaison  et  la  conjugaison  rendent  compte 
d'ailleurs  <à  cbaque  instant  de  leurs  foiictions  et  des  cban- 
gemenls  qui  en  sont  le  résultat.  Mais  les  sulfixes  font  plus 
encore,  et  leur  véritable  (Muploi,  le  plus  intéressant,  est 
plus  ébMidu.  S'agil-il,  en  (vlfet,  do  généraliser  le  sens  d'un 
mot  ou  de  le  restreindre,  do  le  diminuer  ou  de  l'augmen- 
ter, de  spécifier  la  substance  dont  il  provient,  l'action  qu'il 
remplit,  la  source  dont  il  découle,  ses  relations  el  ses  con- 
cordances, sa  manière  d'èlre;  alors  inlervicinient  ces  dési- 
nences adjectivcs  qui  délerminenl  tous  ces  rapports,  par 
des  nuances  d'inllexions  el  de  coniposition  qui  semblent 
systémaliques  et  pour  ainsi  dire  uniformes.  (Jonnne  nos 
idiomes  méridionaux  s(?  sont  formés  en  majeure  partie  de 
radicaux  venus  du  latin,  ou  du  moins  d'élen]ents  que  le 
latin  s'était  apj>ropriés,  il  (\st  évident  (jue,  par  tradition, 
la  langue  nouvelle,  béritiére  directe  du  latin  et  qui  n'en- 
tendait point  perdre,  mémo  dans  son  nom,  ses  souvenirs, 
a  mis  en  œuvre  les  procédés  de  la  latinité,  toutefois  sans 
akliquer  roriginalité  de  son  esprit  et  sans  cbercber  à  les 
rendre  méconnaissabI<'s.  Elle  a  donc  pu,  eu  obéissant  à  ses 
instincts,   innés    peut-être,   mais   longtemps   comprimés. 


adoucir  des  consoiniances,  préférer  la  concision  à  l'am- 
pleur, accommoder  à  ses  aptitudes  organiques  des  into- 
nations et  sa  prononciation  qui  amenaient  fora''ment  les 
mots  à  une  autre  structure;  mais  le  fond  n'a  été  ni  changé, 
ni  dénaturé,  et  certaines  règles  de  convention  n'ont  pas 
été  abolies.  Ce  sont  et  ces  origines  el  toutes  ces  transfor- 
mations, indisj)ensables  à  étudier  pour  arrivera  l'étymo- 
logie  el  au  sens  vrai  des  mots,  que  nous  tentons  de  déga- 
ger, d(.'  noter  au  passnge,  en  suivant  leurs  {)hases  souvent 
oliscures  et  on  ra[»prochant  leurs  nondjreuses  variantes, 
qui  sont  la  riclu^^so  de  notre  langue. 

La  fré«iuence  de  cette  forna»  de  suffixe  lin,  /î'n,  masc, 
Kno,  Èno,  fém.,  n'est  [)as  précisément  ce  qu'il  offre  de 
plus  remaniuable;  mais  il  est  la  base  d'une  infinité  de 
combinaisons  curieuses,  «lui  viennent  à  l'appui  de  c«  que 
nnus  a\ons  dit  du  travail  de  la  langue,  au  moment  de  sa 
rénovation.  Il  n'est  pas  douteux  d'abord  que  la  désinence 
aclu'lle  ne  corresponde  directement  au  suffixe  latin  Emt$. 
a,  um  =  Anus,  a,  uni.  La  dilTéreiice  même  d'accenlua- 
tittn  de  la  voyelle  eujjhonitjue,  tantôt  avec  é  fermé,  tantôt 
avec  i]  «;uv(Mt,  pourrait  l)ien  n'avoir  été  produite  que  par 
la  variété  latine  enus  ou  anus;  alors  surtout  que  la  portée 
du  suflixe  et  sa  valeur  significative  n'ont  point  été  par  là 
sensibliMiient  altérées  :  Paganus  a  donné  Pagan,  paysan, 
ainsi  (jue  Paiên,  j)aïen;  VilttnHS,  vilèu,  vilain;  Christia- 
nus,  octicn,  créstian,  chrétien  fV.  c.  m.;.  Mais  en  même 
tenq)s  cette  aflinilé  de  consnimrnice  ramène  i\  la  terminai- 
son celtiiiue  adjective  />  =  Ac,  (jui  lient  toujours  au  sol. 
Il  n'y  aura  donc  i)as  à  s'étonner  du  rapprochement  et  de 
la  confusion  de  ces  \oyellis,  n<^n  iilus  que  de  leur  équi- 
pitllence.  Ce  doit  être  par  d'  mécanisme  que  la  terminai- 
son en  us  =  anus  latine  a  suppNv  et  r<^produit  la  gauloise 
ec  =  ac,  comme  les  autres  variétés.  Peut-être  le  celtique 
était-il  moins  riche;  mais  le  roman  et  {mis  la  langue  d'Oc 
s'assimilèrent  ti»ut  ce  que  la  moyenne  latinité,  celle  dégé- 
nérescence du  latin  vaincu,  ([ui  était  déjà  le  renouvelle- 
ment du  langage,  avait  entrepris  de  réformer,  de  rendre 
plus  vif,  plus  serré,  plus  concis,  par  la  contraction  et  par 
la  suppression  des  finales,  le  dé])lacement  de  raccent  toni- 
(|ue,  el  l'adoucissement  de  certains  sons.  Cette  méthode 
est  indiquée  par  les  exemples  pris  surtout  dans  les  noms 
propres  d'hommes  et  de  lieux  :  el  là,  en  efTet,  doit  se  ren- 
contrer sa  meilleure  démonstration. 

Comme  l^c  =. 4c,  comme  le  latin  Enus,  a,  um  =^  Anus, 
a,  um,  (jui  le  raiipelle,  notre  sullixe  En.  Eno,  (juel  quesoil 
son  acciMit,  est  destiné  à  marquer  rbabitation,  la  relation 
avec  une  société,  un  pays,  une  c« mirée,  une  secte,  une 
école,  un  culte,  quelque  idée  de  [irovenance,  d'apparte- 
nance, d'afTiliation  :  alaisiin,  vilin,  paièn,  crétiM,  langue- 
doucivn,  etc.,  sont  des  noms,  ou  plutôt  des  adjectifs,  pro 
près  ou  communs,  dont  les  primitifs  latins,  alesla,  villa, 
pagus,  christus,  ont  été  adjectivés  au  moyen  de  la  termi- 
naison caractéristique.  Quand  donc  il  fallait,  sur  c^  mo- 
dèle, désigner  plus  spécialement  la  propriété  d'un  individu, 


EN 


EN 


283 


le  lieu  où  il  habitait,  la  contrée  d*où  il  venait,  l'agréga- 
tion à  laquelle  il  appartenait  ;  les  Gaulois  avaient  leur  ter- 
minaison pour  adjectiver,  soit  le  nom  de  Thomme,  pour 
rappliquer  à  sa  tet-re,  à  sa  demeure,  à  sa  propriété,  à  son 
lieu  d'origine,  etc.,  soit  le  nom  régional,  pour  le  même 
effet  :  les  Latins  emptoyaient  ou  leur  génitif,  ou  leur 
suffixe  de  même  valeur,  et  les  accumulaient  quelquefois, 
surtout  pour  les  noms  propres;  le  roman,  après  eux, 
s'attacha  à  maintenir  les  mêmes  désignations,  en  suppri- 
mant les  finales  us,  a,  um ,  purement  latines,  en  conser- 
vant avec  soin  les  formes  primitives.  De  là  les  prove- 
nances Âlaitièn,  Andvsén,  Sén-Janén,  Saléndrén,  etc., 
les  noms  de  nombre,  céntin,  masc.  inusité,  céntmo,  ein- 
quanima,  erantén,  eranténo,eic.t  et  les  adj.  marsén,  é$U- 
vén,  ribiê%rin,  hivèrnén,  etc.;  et  sur  la  terminaison  au  fém. 
en  «no,  ou  èno,  s*appliquant  à  des  propriétés,  à  des  maisons, 
à  des  terres  appartenant  à  des  personnes  du  nom  de  Jules, 
primitif  abrégé  de  Julius  faisant  Julianus,  transformé  en 
Jmièn  et  en  la  Julienne  ;  du  primitif  Lucw,  coupé  de  Luc  ou 
Utx,  fournissant  Lucanus,  ou  la  forme  génitive  Luci,  ou  bien 
iAêtiuÊ,  même  racine,  donnant  au  génitif  Lueii,  traduit  en 
ËMcien  qui  en  provient  et  en  Lucienne,  terre,  propriété, 
hai>itation  de  Lueiue  ou  de  Lue;  arrivant  probablement  par  la 
auiteà  notre  nom  de  Luuargueovi  Luçargue;  Martin  donnant 
la  MaTîinienne,  se  transformant  en  Martigny,  campus,  cas^ 
îrum  Martini,  de  même  que  Mariignae,  Martignan,  Marti- 
nenehe,Martignargues;  Cornu,  lat.,  €ournïènno,  CournêHam, 
Gomeilhan  (Hérault),  etc.,  qui  ont  subi  d'autres  métamor- 
phoses encore,  et  dont  la  nomenclature  serait  trop  longue. 

11  suffit,  d'ailleurs,  de  mettre  sur  la  voie  du  prooédé 
général  :  les  différents  mots  donneront  raison,  autant  que 
possible  sera,  du  mode  et  de  l'agencement  particulier  des 
variantes  sur  les  noms  propres.  Nous  ne  saisissons  ici 
qu'une  des  formes  qui  durent  être  les  premières  intro- 
dailBB  dans  nos  dialectes  romans  et  languedociens,  parce 
que  9tB  affinités  sont  plus  rapprochées  du  suffixe  latin 
Awt»  a,  um,  et  que  l'impression  faite  sur  le  mot  est  iden- 
tique de  sens  et  de  valeur. 

Avec  ces  données,  sur  lesquelles  il  eàt  été  facile  de  mul- 
tiplier les  exemples,  oa  peut  relier  ce  qui  a  été  dit  aux 
aitîcles  Agno,  An,  et  autres,  au  sujet  des  propensions  qui 
se  manifestèrent  au  moment  où  le  latin  s'effiiça  pour  faire 
place  aux  nouveaux  Idiomes.  Gomment  s'opéra  le  cban- 
gsmeDt  et  par  quelles  phases  il  fut  conduit,  sans  antre 
aoienœ  qne  Hnstinct  euphonique  du  peuple,  sans  système 
sorant  et  préconçu  autre  que  de  rendre  l'accentuation  plus 
euBoodeet  plus  adoucie,  et  l'expression  égala  à  la  rapi- 
dité de  la  conception,  pour  mieux  entrer  dans  le  génie 
Batknal  ;  il  est  poasiUe  peut-être  d'en  avoir  le  sentiment, 
d£«n  apprécier  les  effets,  mais  il  est  mal  aisé  d*en  aperce- 
mret  d'en  expliquer  les  motifs»  Le  langage  aanoid,  dans 
la:ceniie  et  atimidi,  s'est  construit  dans  un  moule  com- 
mun :  il  n'y  a  pas  à  insister  sur  les  différences  qiû  sépa- 
rent la  langue  d'Oc  de  la  langue  d'Oil.  A  duicune  sea  for- 


mes, ses  attributs,  ses  préférences.  Mais  ce  qu'il  y  a  de 
général  en  principe,  au  fond,  dans  la  racine,  appartient  à 
l'une  et  à  l'autre  comme  un  héritage  et  au  même  titre.  Et 
c'est  pour  cela  qne  dans  le  languedocien  et  dans  le  français, 
bien  des  règles  gramniaticales  et  des  aperçus  lexicogra- 
phiques  doivent  demeurer  communs;  et  la  correspondance 
de  ces  remarques  paraîtra  toute  naturelle. 

Ce  qui  est  particulier  à  notre  dialecte  et  qu'il  est  néces- 
saire de  relever  pour  notre  sujet  est  spécial  aux  transfor- 
mations par  lesquelles  a  passé  le  suffixe  En,  dont  nous 
venons  d'indiquer  l'origine,  l'emploi  et  la  signification. 
Comme  on  le  voit  par  ce  qui  nous  en  reste.  En  doit  être 
la  plus  simple  traduction  du  Enus  latin,  qui  s'infecte  peu 
à  peu  du  similaire  Anus,  avec  la  prononciation  plus  forte 
sur  la  tonique,  et  par  la  même  raison  qui  rendait  le  cel- 
tique ec  égal  à  ac,  11  devenait  donc  à  peu  près  indifférent 
d'employer  l'a  ou  Ye  comme  syllabe  sonnante,  alors  que  le 
même  effet  était  produit  dès  que  le  suffixe  se  joignait  au 
radical.  Ici  le  caractère  particulier  se  trouvait  dans  la 
nasale  N. 

11  pourrait  se  faire  cependant  que  l'ancien  celtique 
ec=iae  eût  «aussi  voulu  laisser,  dans  la  composition  nou- 
velle des  mots,  son  empreinte  propre.  On  remarque,  en 
effet,  que  le  féminin  de  quelques-uns  des  vocables  cités 
en  exemple,  porte  comme  un  souvenir  de  cette  intona- 
tion :  Andusénquo,  manénquo,  Saléndrénquo  ;  ce  qui  per- 
mettrait de  supposer  que  le  masculin  se  terminait  par  un 
C,  souvenir  d'origine.  Mais  notre  dialecte,  dans  sa  pronon- 
ciation et  par  conséquent  dans  son  orthographe,  repousse 
toujours  le  C  final,  nous  l'avons  vu  iettre  C,  bien  que 
d'autres  l'admettent  encore  dans  la  langue  d'Oc.  La  preuve 
de  cette  filiation  de  suffixes  n'en  existe  pas  moins. 

Pour  en  revenir  à  l'introduction  de  la  nasale  N,  se  com- 
binant avec  le  C  et  le  gén.  en  t*,  il  est  encore  probable  qu'elle 
a  amené  les  finales  enicus,  inleus,  onicus,  a,  um,  pris  au  plur. 
fém.  enieœ,  inicœ,  onicm,  si  fréquentes  dans  la  moyenne 
latinité  pour  les  noms  de  lieux,  et  sur  lesquelles  nous 
nous  sommes  longuement  expliqué.  Ce  sont  ces  conson- 
nanoes  qui  étaient  sans  doute  antipathiques  à  l'euphonie 
du  roman,  qu'il  adoucit  en  Enche,  inche,  onche,  avec  le 
chuintement  traditionnel  du  gaulois.  —  Voy.  à  l'art.  Di- 
minche  et  autres. 

D'autre  part,  le  génitif  latin  en  i  dut  intervenir  aussi 
dans  la  modification  :  c'était  peut-être  une  redondance  qui 
augmentait  l'énergie  du  suffixe.  En  tous  cas,  il'  servit  à 
donner  une  mouillure  sur  N  inconnue  encore  au  génie  du 
latin.  L'expression  en  fut  rendue  par  le  Cn^  consonnance 
nasalisée  et  mouillée.  ^Voy,  Agno,  suffixe.  J  L'inversion 
par  le  ng^  avec  les  voyelles  a,  e,  i,  o,  plus  conforme  aux 
aptitudes  de  la  prononciation  germanique,  se  répand'  dâr 
vantage  au  nord  et  redescend  par  importation  dans  quel- 
ques, formes  méridionales  :  ainsi  Vèn,  qui  vènguo,  ou  que 
vigm,  de  venioÂ;  tèn,  tèfigp  ou  tègno,  de  teneat.  —  Voy.  aux 
mots  Cmunmj€,  CaMourgç,  etc. 


384 


EN 


ENC 


Telle  est  la  série  et  la  diversité  de  cette  famille  de  suf- 
fixe en  En  et  En,  masc.,  Èno  et  Èno,  fera.  Dans  les  recher- 
ches étymologiques,  il  est  indispensable  de  remonter  par 
cette  chaîne  non  interrompue  jusqu'à  la  racine  des  mots, 
et  de  les  dépouiller  de  toutes  les  adjonctions  qui  leur  ont 
été  imposées,  pour  avoir  et  comprendre  le  sens  des  dérivés. 
Quand  les  mots  affectés  de  ce  signe  se  présenteront  d'ail- 
leurs, nous  ne  laisserons  pas  échapper  l'occasion  de  nous 
en  référer  à  ces  observations  qui  ne  comportent  pas  de 
plus  amples  développements  dans  cet  article,  si  môme  ceux- 
ci  ne  semblent  pas  déjà  trop  longs. 

En,  prép.  En,  dans,  à,  avec.  —  En  Camargo,  en  Ca- 
margue ;  en  Aouséro,  dans  la  Lozère.  Lorsqu'il  s'agit  d'une 
contrée  prise  vaguement  et  dans  sa  généralité  comme  ci- 
dessus,  on  emploie  la  prép.  En;  mais  quand  il  s'agit  d'une 
ville  ou  village  spéciaux,  on  dit  A  :  Vôou  à  ISime,  je  vais 
à  Nîmes;  démoro  à  Uzès,  il  réside  à  Uzés.  Cependant  si  le 
nom  propre  de  lieu  commence  par  la  voyelle  a,  la  délica- 
tesse de  notre  acoustique  répugne  à  celte  rencontre  dont 
rhiatus  est  trop  heurté ,  et  nous  avons  recours  à  notre 
prép.  En  :  Vaï  en  Alai»,  en  Arle,  en  Alzè;  vèn  d'en  Avi- 
gnoun:  il  va  à  Alais,  à  Arles,  à  Alger;  il  révient  d'Avi- 
gnon. Dé  doua  en  dou$,  dé  quatre  en  quatre,  deux  à  deux, 
quatre  à  quatre,  ou  deux  contre  deux,  quatre  contre  quatre. 
Barunlè  tous  éscaïès  dé  quatre  en  quatre,  il  roula  les  degrés 
quatre  à  quatre.  En  tan  dé  péno,  avec  tant  de  peine  ;  en 
tan  d'éfans,  avec  tant  d'enfants.  Uno  mottro  en  or,  une 
montre  d'or.  Un  cuïè  en  arjén,  une  cuiller  d'argent.  En 
fi  d'aquà,  quant  à  cela.  En  fè  d'abésti,  n'es  un,  pour  un 
butor,  c'en  est  mi.  Anan  en  quicon,  nous  allons  quelque 
part  :  dans  cette  phrase.  En  est  simplement  supprimé  par  le  fr. 

En  ne  répond  pas  au  pron.  relatif  fr.  en,  comme  dans 
cette  phrase  :  j'en  veux  :  on  le  traduit  par  Né;  né  vole 
fVoy.  c.  m.).  Il  s'emploie  aussi  en  particule  comme  en  fr. 
pour  former  le  gérondif,  en  l'ajoutant  au  part.  prés.  masc.  : 
en  marchan.  Cependant  comme  ce  participe  est  peu  dans 
les  allures  du  languedocien,  et  qu'il  est  peu  harmonique  à 
son  génie,  il  est  bon  d'éviter  cette  forme  que  nous  avons 
empruntée  au  fr.  Mais  il  est  une  autre  composition  de 
gérondif  que  nous  adoptons  volontiers  et  qui  se  raccorde 
très-bien  à  l'allure  elliptique  de  notre  langage;  elle  con- 
siste à  remplacer  le  part.  prés,  par  l'infinitif,  et  nous 
disons  très-bien  :  en  véire,  en  faire,  en  dousi,  en  éscrioure, 
en  èstre,  en  avédre;  en  préne  lou  café,  en  voyant,  en 
faisant,  en  entendant,  en  écrivant,  en  étant,  en  ayant; 
en  prenant  le  café.  Ces  phrases  sont  éminemment  langue- 
dociennes :  mais  il  est  à  remarquer  que  cette  formule  ne 
8*effiploie  jamais  envers  les  verbes  qui  font  A  à  l'infinitif. 
On  ne  peut  dire  :  en  manja,  en  parla,  en  davala.  Il  est 
difficile  de  se  rendre  compte  de  cette  différence,  qui  semble 
un  scrupule  capricieux  de  l'oreille.  Cela  tient  peut-être  à 
ce  que  les  verbes  en  A,  qui  correspondent  aux  verbes  lat. 
en  Are,  sont  les  plus  nombreux  et  les  plus  réguliers  de 
tous  :  dès  lors  le  part.  prés,  s'en  déduit  naturellement  ; 


tandis  que  la  plupart  des  autres  conjugaisons  sont  irrêga- 
Hères  et  donneraient  un  part.  prés,  difficile  à  déduire  et 
souvent  très-long  à  prononcer.  Nous  ne  pouvons  guère 
trouver  d'autre  motif  plausible  à  cette  anomalie,  ou  à  cette 
délicatesse. 

Dér.  du  lat.  In,  ou  du  gr.  "£v,  m.  sign. 

Énaïga,  v.  Inonder;  imbiber  d'eau.  —  Ce  terme  implique 
ridée  d'un  excès  dans  l'imbibition  :  on  dit  Enaïga  des 
légumps  .qui  ont  poussé  par  un  temps  trop  pluvieux,  d'un 
potage  trop  étendu  d'eau,  comme  de  prairies  inondées  et  de 
terres  abreuvées  outre  mesure. 

Dér.  de  Aïgo 

Ënaîra,  v.,  ou  Ênâoura.  Aérer;  essorer  ;  donner  de  l'air; 
exposer  à  l'air.  —  Les  deux  mots,  que  nous  plaçons  sur 
la  même  ligne,  sont  quasi  synonymes.  Mais  Éndoura  in- 
dique un  acte  plus  explicite  :  il  signifie,  non  pas  seulement 
exposera  l'air,  mais  à  l'air  agité,  âouro,  le  vent,  et  en 
remuant  l'objet  qu'on  veut  aérer,  en  le  secouant  pour  le 
faire  mieux  pénétrer  par  l'air  ambiant  dans  tous  les  sens. 
Endira  a  moins  de  mouvement,  moins  d'extension  active. 
On  énaïro  un  appartamén,  on  l'ouvre  pour  lui  donner  de 
l'air,  et  on  ne  Vénâouro  pas.  Au  contraire  on  éndofuro  du 
fourrage,  en  le  séparant  et  l'agitant  avec  la  fourche,  pour 
que  le  vent  le  sèche  plus  vite,  et  on  ne  va  pas  l'énatra. 
La  nuance  est  parfaitement  saisissable. 

Dér.  de  Air. 

£n-ana  (S*),  t?.  —  Voy.  Ana. 

Énâoura,  t>.  —  Voy.  Ènaïra, 

Ëncabéstra,  v.  Mettre  le  licou. 

Dér.  de  Cabéstre. 

Éncadéna,  v.  Enchainer;  lier,  attacher  avec  des  chaînes; 
cadenasser;  fermer  avec  une  chaîne.  Au  fîg.  captiver; 
retenir  dans  les  liens  de  l'amour. 

Dér.  de  Cadéno. 

Encadra,  v.  Encadrer;  mettre,  placer  dans  un  cadre; 
entourer.  —  On  dit  ironiquement  :  Té  far  en  encadra, 
c.-à-d.  nous  ferons  exposer  ton  portrait,  comme  monu- 
ment historique  ou  d'intérêt  public. 

Dér.  de  Cadre, 

Éncafouma,  v.  Cacher  avec  soin  ;  enfoncer  profondé- 
ment; mettre  au  fond  d'un  antre,  d'un  lieu  obscur  el 
caché,  comme  le  tronc  caverneux  d'un  arbre. 

Dér.  de  Cafour. 

Énçaî,  adv.  de  lieu.  Vers  ici;  de  ce  côté;  plus  près  de 
moi.  —  Fasè-vouM  énçài,  rapprochez-vous  d'ici  :  cela  se 
dit  particulièrement  à  des  personnes  rangées  en  file  on  en 
cercle,  lorsqu'on  veut  faire  de  la  place  à  un  ncaveau  sur- 
venant. 

Encaissa,  d.  Ne  se  dit  qu'au  fig.  pour  :  mettra  dans  sa 
tête,  enregistrer  dans  sa  mémoire;  concevoir,  comprendre. 
—  Pode  peu  éneaUia  aquélo,  en  parlant  d'une  hâblerie 
trop  forte,  je  ne  puis  laisser  passer  celle-là  ;  je  ne  puis 
l'adopter. 

Dér.  de  CaUio, 


ÉNC 


ENC 


285 


Êncamba,  v.  Enjamber;  enfourcher;  se  mettre  à  cali- 
fourchon, jambe  d'ici,  jambe  de  là  ;  franchir  en  enjam- 
bant. —  Èncamba  lou  fid,  enjamber  le  feu,  écarter  les 
jambes  sur  les  chenets,  de  manière  à  occuper  toute  la 
largeur  du  foyer.  Èncambè  soun  chivcU,  il  enfourcha  son 
cheval.  Éncambo  lou  vola,  il  pose  une  jambe  sur  chaque 
bord  du  ruisseau. 

Dôr.  de  Cambo. 

Êncambra,  v.  Renfermer  dans  une  chambre,  tenir  dans 
une  chambre.  —  S'éncambro  tout  lou  jour,  cette  femme 
s'occupe  peu  de  son  ménage  ou  des  affaires  du  dehors,  elle 
reste  renfermée  dans  sa  chambre. 

Oér.  de  Cambro. 

Ènçamomi,  adv,  de  lieu.  En  haut  de  ce  côté;  vers  l'in- 
terlocuteur, quand  celui-ci  est  placé  relativement  au  haut 
de  quelque  chose,  comme  par  ex.  vers  le  haut  bout  d'une 
table  à  manger.  —  Voy,  Amoun. 

Ëaçamomidâou,  adv,  de  lieu,  aug.  et  variante  de  En- 
çamoun. 

Encan,  $,  m.  Encan,  vente  publique  aux  enchères. 

Formé  du  lat.  In  quantum  f  A  combien?  A  quel  prix? 
qui  est  la  formule  des  criées  publiques. 

fincanaia  (S*),  v.  S'encanailler;  se  mésallier;  avoir  des 
relations  avec  de  la  canaille;  s'unir  à  personnes  ou  à 
familles  mal  famées. 

Dér.  de  Canaïo, 

Ëncanta,  v.  Enchanter;  charmer;  séduire  par  des  en- 
chantements et  des  tours  de  magie;  captiver;  ravir. 

Dér.  du  lat.  Incantare  pour  cantare,  parce  que  les  ma- 
giciens accompagnaient  leurs  charmes  de  chants  magi- 
ques. 

Ëncantaïre,  aîro,  adj.  Enchanteur,  magicien  ;  séduc- 
teur; qui  exerce  une  fascination  magique,  qui  charme  et 
ravit. 

fincapriça,  t;.  Irriter,  agacer,  augmenter  l'irritation, 
l'obstination  de  quelqu'un. 

S'encapriça,  s'obstiner;  s'opiniàtrer.  —  Lou  tén  es  bien 
éneapriça,  le  temps  est  bien  à  la  bourrasque. 

Dér.  de  Caprice. 

Ënearéira,  v.  Mettre  en  route;  mettre  sur  le  chemin; 
donner  un  courant  et  de  la  pente  à  un  ruisseau,  aux  eaux 
pluviales.  Au  fig.  mettre  en  train,  mettre  sur  la  voie. 

S'énear^ra,  se  mettre  en  route,  se  diriger  vers... 

Dér.  de  Cariêïro. 

tncaro,  adv,  Dim.  Éncaréto,  Encore;  une  autre  ou  une 
aeccmde  fois;  de  plus;  en  outre.  —  Pa'nearo,  pas  encore; 
un  moment  ;  dans  un  instant. 

Éncaréto  ne  se  dit  que  négativement.  Pa'ncaréto,  pas 
encore,  mais  peu  s'en  faut. 

Dér.  du  lat.  In  Kae  horà  ou  de  Tital.  Ancora  fait  de 
Anehê  ora,  m.  sign. 

finearongna,  v.  Sentir,  puer  la  charogne;  par  ext. 
exhaler  une  odeur  fétide  quelconque.  —  Pu  qu'énearou^ 
gno,  il  pue  à  infecter. 


S'éncarougna,  s'allier  avec  une  femme  de  mauvaise  vie. 

Dér.  de  Carogno,  Carougnado, 

Encastra,  v.  Mettre  les  agneaux  dans  un  petit  parc,  les 
séparer  de  leur  mère  pour  les  sevrer.  Au  fig.  emboîter; 
assembler;  joindre  ensemble. 

Dér.  du  lat.  Castrum,  lieu  fermé. 

Encastre,  s.  m.  Encadrement;  toute  enceinte  en  char- 
pente. —  Encastre  dé  pous^  parquet  ou  grillage  de  ma- 
driers, sur  lequel  on  établit  la  base  d'un  mur  de  puits. 
Encastre  dé  mouli,  châssis  en  charpente  qui  entoure  le  gite 
d'un  moulin  à  farine.  Encastre  d'un  ciel  dé  iè,  châssis 
d'un  ciel  de  lit.  Encastre  dé  tinàou,  cercle  en  charpente 
de  cuve  vinaire  qui  consiste  en  jantes  de  chêne,  épaisses 
de  trois  pouces  et  larges  de  six,  qui  chevauchent  avec 
leurs  voisines,  qu'on  fixe  et  qu'on  assujétit  par  des  che- 
villes. Ce  mode,  qui  est  trop  lourd  et  trop  pénible  quand 
on  veut  défoncer  la  cuve,  est  généralement  abandonné 
aujourd'hui  pour  les  rubans  de  fer  battu,  tout  comme  les 
cercles  en  scions  de  châtaigniers  sauvageons,  ou  de  mico- 
coulier. Au  fig.  on  dit  Encastre  de  toute  sorte  de  clôtures. 

Dér.  du  lat.  Castrum. 

Énçaval,  adv.  de  lieu.  En  bas^  du  côté  du  bas,  vers  le 
bas,  par  rapport  à  l'interlocuteur,  lorsqu'il  est  placé  rela- 
tivement plu  sbas  ou  au  bas,  bout  d'une  table  par  exemple. 
—  Voy.  Aval. 

Éncavala,  v.  Entasser  les  gerbes  de  paille,  former  les 
meules  qu'on  appelle  Cavale.  — Voy.  c.  m. 

Éncén,  s.  m.  Encens,  parfum;  gomme  résine  aroma- 
tique. Au  fig.  flatterie,  louange.  —  Se  parfuma  émbé 
d'éncén,  s'appliquer  des  fumigations  de  Carabe,  ambre 
jaune  qui  a  une  forte  odeur  d'encens.  Cowno  las  gens, 
Véncén,  prvb.,  selon  les  gens,  l'encens. 

Dér.  de  Incensum,  m.  sign.  Formé  de  Incendere,  brûler. 

Encensa,  v.  Encenser,  jouer  de  l'encensoir.  —  Ce  mot 
ne  participe  pas  de  l'acception  figurée  du  fr.  :  Encenser, 
pour  louer,  glorifier. 

Ënchéîna,  v.  Enchaîner.  —  Le  même  que  Émadéna 
(V.  c.  m.),  qui  est  plus  pur. 

Ënchivoqno,  s,  f.  Équivoque,  ou  plus  proprement, 
anicroche,  dérangement,  pierre  d'achoppement;  subtilité; 
chicane. 

Ce  mot  est  évidemment  une  corrup.  du  fr.  Équivoque, 
avec  une  difiiêrence  assez  sensible  d'acception. 

fincho,  s.  f.  Spécialement,  anche  d'un  instrument  à 
vent,  d'un  hautbois,  d'un  basson,  etc.  —  Mouia  l'éneho, 
arroser  l'anche;  boire  un  coup. 

Dér.  du  gr.  "Ayyoç,  de  "hf^tt^,  serrer,  étrangler. 

ËnclâoQsl,  V.  Clore,  enclore;  enfermer  dans  une  en- 
ceinte: entourer  d'une  clôture.  Au  fig.  charmer;  jeter  un 
sort;  fasciner;  ce  qui  consiste  à  retenir  les  objets  charmés 
comme  s'ils  étaient  enfermés  dans  un  cercle  magique.  — 
On  dit  d'un  vieux  berger  qn*énekUmsis  sas  fédos,  quand, 
sans  le  secours  de  son  fouet  et  de  ses  chiens,  il  retient  ses 
brebis  dans  un  endroit  assez  resserré,  où  elles  paissent 


286 


ÉNC 


£ND 


sans  s*écarter,  ce  qai  est  dû  sans  doute  à  un  certain  savoir- 
faire,  soit  à  la  crainte  on  à  la  confiance  qo*il  leur  inspire. 

Dêr.  de  Cldouiï. 

findume,  s.  m.  Enclame,  masse  de  fer  sur  laquelle  on 
bat  le  fer  et  les  autres  métaux. 

Dér.  du  lat.  Incus,  udis,  m.  sign. 

Sncluso,  s.  f.  Écluse;  marteilièrc;  clôture  et  pertuis 
garni  de  vannes,  pour  retenir  et  lâcher  à  volonté  Tcau  d*un 
canal. 

Suivant  certains  auteurs,  le  mot  fr.  vient  du  lat.  Exelu- 
dêre,  exclure,  rejeter,  parce  que  Técluse  rejette  les  eaux 
qu'elle  barre.  Suivant  d*aulres  ,  il  est  dér.  du  teuton 
Schlusê,  m.  sign.,  dont  les  Hollandais  ont  fait  Siuys,  et  les 
Anglais  Sluiee. 

Quoiqu'il  en  soit  de  ces  diverses  hypothèses,  le  lang: 
parait  venir  plus  rationnellement  du  lat.  Includert^  ren- 
fermer, enclore;  car  Técluse  forme  plutôt  une  inclusion* 
qu'une  exclusion.  Le  fr.  nous  aurait-il  fait  cette  fois  un 
emprunt?  C'est  peu  probable;  mais  il  peut  avoir  puisé  à 
la  môme  source  en  s'éloignant  davantage  du  type  latin. 
Le  teuton  Sckluse  pourrait  bien  aussi  avoir  la  même 
origine.  Cependant ,  pour  ne  pas  nous  montrer  trop  fiers  et 
trop  entichés  de  nos  origines,  nous  admettons  comme  possible 
que  Éncluso  soit  une  corrup.  d'Écluse,  comme  tant  d'au- 
tres termes  qui  appartiennent  à  la  nomenclature  des  arts 
et  métiers. 

Éncô  dé,  prép.  Chez.  —  Ènûè  di  moussu,  chez  monsieur. 
Vène  d'éncd  dé  moun  ouncle,  je  viens  de  chez  mon  oncle. 

Snconlassa,  v.  Mettre  le  collier  à  une  bète  de  trait  ou 
de  labour. 

S'éneoulassa,  prendre  le  jpug  matrimonial. 

Dér.  de  Coulas. 

Éhcoiilérl,  V,  Mettre  en  colère,  irriter;  aigrir,  exciter, 
provoquer,  augmenter  la  colère  de  quelqu'un. 

Dér.  de  Coulèro, 

Ênconlo,  s.  f.  Contre-fort;  contre-mur;  pilier  butant; 
éperon.  —  <Je  terme  est  en  général  appliqué  à  la  maçonnerie 
purement  agricole,  et  non  à  la  haut»  archHeotnre.  C'est 
tiû  contre-mur  qu'on  établit  principalement  an  ba»  du 
mur  de  soutènement  d'une  terrasse,  soit  lorsque  sa  fonda- 
tion est  décharnée,  soit  lorsqu'il  surplombe  par  suite  de 
Ha  poussée  des  terres,  soit  lorsqu'il  menace  ruine  par  des 
lézardes  ou  tout  autre  élément  de  destruction. 

Dér.  peut-être  du  lat.  Anton,  coude  de  mur,  consolé; 

fiicouqna,  v.  Empoisonner  le  poisson  au  moyen  de  ta 
coque  du  Levant  (Yoy,  CoguoJ.  Au  fig.  ennuyer,  para- 
lyser d'ennui;  porter gidgnon. 

S'éncouqua,  S'enivrer. 

fincomnaift,  «.  Encorner;  planter  dles  oomes  sur  le 
front.  —  Ne  se  dit  que  dans  le  sens  flg.  et  injurieux. 

Dér.  de  Coumat, 

C&orésta,  v.  Chaperonner  un  mur  de  cléture,  te  ter» 
mitier  par  un  encrttbuieut  ou  un  chaperoir. 

Dér.  dii  bt.  CHêtu,  ci^,  cimier  (f  un  casque. 


Êncréstadnro,  s,  f.  Encrétement,  chaperon  d'un  mv. 

—  Voy.  Crésto. 

Ëncrouqna,  v.  n.  Tomber  de  dépérissement;  être  d'ooe 
maigreur  effrayante. 

Dér.  de  Croutpia,  accrocher,  par  catachrèse,  comme  si 
les  os  étaient  devenus  si  saillants  qu'ils  pussent  servir  de 
crocs. 

Énculpa,  t7.  Inculper;  accuser  d'un  fait;  faire  retomber 
une  faute  sur  quelqu'un. 

Dér.  du  lat-  Culpa,  faute. 

£ndâoiiina]a,  v.  Endommager;  causer  du  dommage; 
blesser;  faire  une  écorchure,  une  avarie  qui  porte  un  pré- 
judice. —  Aquél  àoubre  es  bien  éndâoumaia,  cet  arbre  est 
gravement  ébranché,  soit  par  le  vent*  soit  par  la  nudvttl- 
lance. 

Dér.  de  Dàoumaje, 

Ênd'aqnô,  adv.  Proprement,  avec  cela,  au  surplus.  C'est 
aussi  une  locution  explétive  fort  usitée  dans  une  narration, 
pour  en  lier  les  divers  membres.  Elle  remplit  à  peu  piés 
le  même  office  que  le  fr.  Cependant  ;  c'est  une  formute  que 
les  paysans  emploient  avec  une  grande  profusion  dans  leurs 
discours.  — Y-avièt  bien  réeoumanda  dé  çaï  étire,  énd'aguè 
es  pas  véngu,  je  lui  avais  fort  recommandé  de  se  troa.ver 
ici,  malgré  cela,  il  n'est  pas  venu.  Laïssa-mé  béoure  un  eo, 
énd'aquà'  vène,  laissez-moi  boire  un  coup,  après  œla  je 
suis  à  vous.  Énd*aquo  gué  s'en  passa,  attendes  donc  qu'il 
s'en  prive,  avec  cela  qu'il  s'en  passe. 

Formé  de  Èndë,  avec,  et  Aqud,  cela. 

Êndaréîra,  «.  Faire  perdre  du  temps,  faire  reslw  en 
arriére.  —  S'éndaréXra,  demeurer  en  arriére;  laisaer  arré- 
rager les  termes  d'une  ferme,  d'une  rente,  les  intérêts  d'iuà 
capital.  —  Xof  eourehos  éndareinm,  le»  chemin»  de  tra- 
verse font  perdre  du  temps,  pan^s  que  celui  qu'oa  gagPA 
en  abrégeant  le  trajet,  on  le  perd  par  les  difficultés  de  la 
tonte  et  les  obstacles  qu'on  lencontre.  Moim.  drote-  t'en- 
daréïro,  mon  fils  s'est  laissé  devancer  par  ses  QOQdisci|»les, 
il  est  resté  en  arriére-. 

Dér.  de  Dariès. 

Ëndaréirajes,  s.  f.  piur.  Arrérages  d'une  fornoe,  d'one 
lante^  etc.;  arriéré  d'une  delte.  —  Quouro  qué^martm  pia- 
ttsraS  pas  motok  émdarUmjtK  lor8i|ue  je  mourrai,  je  n'amauL 
pas  de  regieta  sar  raffriéré  de  ma  jennesse;  je  Taïuai  bien 
employée. 

Ëndavala,  v.  Avaler,  engloutir,  absorber.  —  Andowa- 
lurié  un  biôau  enté  sa»  toiot>*  VéspUAou  amoV  lau9  pdom^m: 
kns  diable  omaV  hu  eKâourà;  toutes  locutions  proverbîalfiS 
qui  répondent  à  un  gros  mangeur  qui  avalerait  la  mer  ai 
kn  ppi9M»s^  à  un  prodigue  qui  dévorerait  le  rojiaainB  de 
France  et  de  Navarre,  le  diable  et  ses  cornes.. 

Il  se  prend  aussi*  pour  :  faîie  deseandre,. faire  Unnber. 

—  la  paré  s'és  éndttvalado,  le  mur  a  cioulé,  oa  il.  a  dmwé 
dkirpieâv  M'u  éndtnmla  l'é^jianlo,  ilr  m'a  disiei]p6  r^fpffie. 
Un  mmr9  éndaiwiUt,Mnb  figura  avalée,  amigfM..  Jkm  se«a 
ëndavala,  il  a  le  visage  défait. 


ÈND 


END 


287 


Ce  mot,  comme  Aval  et  Davala,  est  formé  du  lat.  Ad 
valUm,  vers  le  bas. 

findé,  prép.  Avec.  (Voy.  Èmbé.)  —  La  différence  entre 
les  deux  formes  de  cette  préposition  a  été  déjà  notée. 
Mais  dans  quelques  locutions  d'un  idiotisme  trôs-original 
il  n*y  a  pas  non  plus  à  les  confondre  et  Éndé  est  seul 
admis  dans  les  tournures  pittoresques  des  phrases  suivantes, 
où  il  prend  la  signification  de  en,  avec,  à,  prép.  :  Es-U 
foueeible  qu'un  (ue  sibU  énd'avédre  lou  moure  ian  lonf 
Est-il  possible  qu'on  ane  siffle  avec  un  museau  si  long  ? 
Aquà  y-is  véngu  éndé  naïsse,  il  a  pris  cela  en  naissant, 
cela  lui  vient  de  naissance. 

Êndémésl,  ido,  adj.  Dim.  Éndémésidoù.  Pauvre  hère, 
sans  portée  d'esprit,  qui  tremble  au  moindre  vent,  qu'un 
rien  abat;  qui  s'embarrasse  des  moindres  dilTicultés;  qui 
ne  sait  jamais  conclure  une  affaire. 

Sauvages  donne  à  ce  mot  une  tout  autre  acception,  et  le 
traduit  par  :  arrêté,  ordonné,  fixé.  Cette  signification  peut 
appartenir  à  un  autre  dialecte  qui  n'est  pas  à  notre  con- 
naissance. Dans  nos  pays,  il  veut  dire,  au  physique,  un 
homme  sans  force,  sans  adresse;  au  moral,  sans  esprit, 
sans  initiative,  sans  valeur  :  c'est  un  demi-homme,  et  c*cst 
ce  qu'exprime  son  étymologie  du  lat.  Dimidius,  demi. 

Ëndémésl  (S'),  v.  Diminuer  peu  à  peu;  devenir  à  rien. 

Dér.  du  précédent  ou  du  lat.  Demere,  6ter,  faire  subir 
une  diminution. 

findéouta  (S'),  v.  S'endetter;  faire  des  dettes;  s'engager 
dans  des  dettes,  en  contracter  beaucoup.  —  Prén  lou  eamï 
doê  éndéoutas,  il  prend  le  chemin  de  l'école,  c.-à-d.  le 
plus  long,  le  plus  scabreux  et  le  moins  utile,  comme  les 
débiteurs  qui  veulent  éviter  la  rencontre  des  huissiers  ou 
de  leurs  créanciers. 

Dér.  de  Déoute. 

findéqna,  v.  Estropier,  donner  ou  causer  un  vice,  une 
tare;  rendre  maladif;  affliger  d'un  rachitisme  qui  arrête  le 
développement  du  corps.  —  Un  drôle  éndéqua,  un  enfant 
rachitique,  noué.  Un  àoubre  éndéqua,  un  arbre  entiché. 
Éê  tout  éndéqua,  il  est  tout  contrefait.  Es  éndéqua  pér  sa 
vido,  il  est  estropié  pour  la  vie. 

Ce  mot  serait  celtique,  d'après  Astnic,  et  le  primitif 
sans  doute  Entec  ou.  Endec,  tare, vice.  D'autres  le  font  déri- 
ver du  gr.  ' AvcOi}xa,  aor.  tiré  de  'AvaifOTjjii  exposer,  imposer. 

Êndèqno,  s.  f.  Tare;  défectuosité;  rachitisme;  défaut; 
langueur;  vice  intérieur. 

findéqnoùa,  onso,  adj.  Qui  a  une  tare;  rachitique; 
languissant;  malsain;  maladif;  chétif. 

tndé^nn,  s.  m.  Cacochymie,  rachitisme;  enfant  noué 
dans  ses  membres  ou  qui  a  les  organes  maladifs. 

findènri,  J.  m.  Dim.  Éndèrvioù.  Dartre;  maladie,  in- 
flammation de  la  peau  couverte  de  vésicules  blanchâtres, 
souvent  avec  ulcération.  —  Moure  d'éndèrvi,  visage  bour» 
geonné,  couperosé.  —  Voy.  Dérbése. 

Dans  le  bas-breton  Darvoéden  ou  Darouéden,  ou  Deroui, 
da  oelt.  Demi  ou  Vervit,  m.  sign. 


Éndévénable,  ablo,  adj.  ASàble  ;  d'un  caractère  facile 
à  vivre,  avec  lequel  tout  le  monde  est  d'accord  ;  sociable. 

findévéngn,  udo,  part,  pass,  de  Éndévéni. 

Êndévénl,  v.  Atteindre;  frapper  juste  et  de  loin;  ren- 
contrer à  point. 

S'éndévénï,  se  convenir;  sympathiser;  s*accorder.  — 
Véndévénguère  dâou  prémU  go,  je  l'atteignis  du  premier 
coup.  Endévénguèn,  nous  convînmes.  En  pariant  d'un 
portrait  :  Vofus  an  bien  éndévéngu,  on  a  bien  saisi  votre 
ressemblance.  Meu  miolos  s'éndévénou,  mes  mules  s'accor- 
dent très-bien  pour  labourer  ensemble.  En  parlant  de  vers  : 
Aquélo  cansoù  s'éndevén  bien,  cette  chanson  rime  bien. 
Éndévéni  un  air,  saisir  et  rendre  bien  un  air  de  musique. 
Faïre  éndévéni  uno  courduro,  dous  lès,  égaliser  les  lisières 
d'une  couture,  les  bords  d'un  lé.  Se  s'éndévèn,  le  cas 
échéant;  s'il  plaitàDieu;  suivant  toute  probabilité;  s'il 
arrive  jamais.  Nous  endévénguèn,  nous  eûmes  la  même 
pensée,  nous  nous  rencontriUnes  dans  la  même  idée. 

Dér.  de  Èndé,  avec,  et  Véni,  venir  avec;  ce  qui  revient 
au  lat.  Convenire,  convenir. 

Êndia,  v.  liennir;  faire  un  hennissement,  en  parlant  du 
cheval. 

Dér.  du  lat.  Hinnire,  m.  sign. 

Éndiabla  (  Faire  ),  v.  Eudiabler  ;  faire  donner  au  diable 
tourmenter  quelqu'un  pour  obtenir  de  lui  ce  qu'on  désire  « 
faire  enrager  ;  dépiter. 

£ndilérén,  s.  m.  Différend;  discussion;  contestation; 
maille  à  partir.  —  Parlaja  Véndifétén,  partager  le  diffô- 
rend. 

Ce  mot  vient  évidemment  d'une  corruption  du  fr. 

Ëndiféren,  énto,  oJj.  Ne  s'emploie  que  négativement. 
On  dit  :  es  pas  éndiférén,  pour  :  il  est  assez  beau,  assez 
bon,  pas  trop  désagréable,  pas  dépourvu  de  bon,  tant  des 
personnes  que  des  choses.  Aquél  bla  es  pas  éndiférén,  c'est 
d'assez  beau  blé. 

£ndil,  s.  m.  Dim.  Èndïé.  Hennissement.  —  Voy.  Éndia. 

flndiméncha  (S'),  v,  S'endimancher,  mettre  ses  habits 
de  fête  ou  de  gala.  —  Voy,  Diménche, 

Ëndinna,  v.  Irriter;  envenimer  une  plaie;  redoubler  la 
colère,  l'exaspération  ;  réveiller,  surexciter  une  douleur. 

S'éndinna,  redoubler  de  fureur  ;  se  surexciter  ;  s'exas- 
pérer; s'obstiner  avec  rage.  —  S'éndinna  âou  traval,  re- 
doubler d'ardeur  au  travail. 

Dér.  du  lat.  Jndignari,  s'indigner,  s'irriter. 

Êndinèl,  s.  m.  Andouille;  espèce  de  saucisson  qui  se 
mange  cuit,  et  qu'on  nomme  également  Missoù.  —  V.  c.  m. 

Dér.  du  lat.  Edulicum,  tout  ce  qui  est  bon  à  manger, 
ou  bien  de  indusioj  indusiola»  chemise,  camisole,  parce 
que  l'andouille  est  recouverte  d'un  boyau  qui  lui  sert  de 
chemise. 

Êndivio»  s.  f.  Eodive,  chicorée  potagère,  qu'on  maqge 
en  salade,  Chicorium  Endivia,  Linn.  Plante  de  la  lam.  des 
Composées  chicoracées. 

Dér.  du  lat.  Intybum,  ou  Intubum,  m.  sign. 


END 


ENF 


Ëndoulénti,    r.    Eiidnloiir;    rciidn.'   iIuImuiviix,   [«lus 

>en>JllLM[U(Ml«'  CdUtmiif^.  —  f.stre  endonlenl} ,  nvi'lre  Ion 
bras  tnui  fK!<>uU'hi/,  .iV(»ir  !»•  (."ips,  !•*  Lims  Iniu  eiul'jl<iii>, 
snit  [tar  suite  ilo  aiuj>>  uii  de  fati::u\  suit  par  lUi'"  c<uu'- 
lAiliire. 

D-T.  cl''  D'''0//rc 

Éndourméire ,  s.  m.  .Mi.:;i''i^ii  :  inaL'in'lisr-ui':  ilisc-'U- 
l'Mir  (jui  •'inl"rl  ïmm  ainiitnir.' 

Éndourmi,  v.  Kinl  >ni.ir,  j»i-.run'r  1.'  .s»!M;i-'iI;  lair'^ 
l'ailler  cl  .■iiiiiii  :  cii^'tui-.rn- ;  llaUcr,  aiiiiiN-r.  ca;v»,M'; 
cliani.er.  Calint-i'  un»'  cIuIiI.nu'.  —  Mo'm  jic  es  ()i  hmnnt , 
iiK'ii  j>i'<l  t'st  ('iiltmiUiIi.  (".♦'t  t'ii_'an"iliss":iM'iit ,  nui  c*  m- 
iiii-ne»'  i>;u'  Mii'^  i'ri\ati'iii  ci»!!.]"!- I':»  cl.»  h-'iiliii.' lit  claii>  l.i 
parti''  ft  «pii  i'>1  sui\itriiu  ffuriiiill-'Hifiit  (luainl  C''tl''\i\e 
iihpr- xMi'ii  t'Sl  cii>.-iii''t\  \ieiit  il'uii-^  c«<iii[ir.Nsi,  n  (1,\-;  n-'ils 
([ui.  (l  a{iiV'>  >.in\a;:  •>,  i^'^ai.'  !<•  cuirs  «lu  llr.i'l"  ii.ms- ii\, 
Uiai>  tjui  p"Uriail  I  i.-ii  su>p<'udi''' l't  nlilii-'r.'c  p"iii-  .jn^^l- 
(jU'''>  iii>l  mis  la  eiioul  ilii'U  du  sani:  t'lle-iin'''ii.*-,  s.'Uie.'dt' 
t'»ul  '  N''ii<ali.»n  clans  la  lil  re  ikin-hs'.  Aiiuo  tn'cfi'I'tr  tim 
•/u/i.  L-'  r'ii.' u''  c'aliirc  iifU  liud  aux  di'iit>.  (-)ii  dit  :  nt( 
(ioitlne  en  !'>urtu'f  dun  j'-uii»'  plant  cjui,  saii<  tire  nu  rt, 
tai"d.^  à  pou^<^M•;  c'  (]ui  pruvj.Mjt  sall^  d'iut''  d<'  (juel<]U' 
^vii''  dui    la  eiroulalinii  d,'  la  s.'\e. 

l)er.  du  lat.  Ihrinîie.  m.  ^ii-Mi. 

ÉndOUrmidOUÏrO,  >.  /".  .IUN|uianit\  JlisrJiiamns  nii/cr, 
LiniL,  nii  llaiit'h.ine,  plante  df  la  l'aui.  des  Stlan-'-ts.  Srs 
stvi.fUtN's,  ail:iii!ii<ti"t"  s  en  fu:nij.'ati"n«^.  d'''i:à;;-'iit  uni'\a- 
|wnir  (pu  a,  dil-cju,  le  ]^..uv.iir  d-^  câln,tn'  l^s  n;au\  d' 
dent  l^>  jthhs  d'iulMur.'ux. 

C  e>t  aussi  le  iinm  d«'  la  pninfni'  ejùn-nise.  rii.^rlie  aux 
taupes  :  aulr»'  Jiare('ti(]ue  assez  juiissant  dt^a  nièiiie  laniill'\ 
—  '".y.  l)(.ii boussim'o. 

Ëndourmidouïros,  s.  f.  pfur.  Truite  esp.'oe  de  iiarcci- 
li()ue,  eu  j:éuéral.  —  A  jkk  bcsmin  (le  jtrene  las  eicloiir- 
tmloKiros,  il  n'a  pas  Iw^sûn  d'c^piuui,  dit-on  d'un  dornimir 
S4MiipittTnel. 

Ëndré,  s.  m.  Diui.  Endrerhe,  cfhlrt'choù.  Endroit,  lieu, 
place;  pays.  —  Es  de  mourt  emire/û  est  de  mon  villajje,  de 
mon  canton,  de  ma  ccunmune.  Sèn  toutes  ddou  w-mo  énlré 
nous  sommets  du  mémo  pays.  Dans  cettc^  acceplion.  le  UiOt 
tudré  cs\  relatif  cominc^  cc?lui  de  pays,  près  de  chez  soi  : 
nn  ne  dit  :  dàon  mémo  éndre,  que  lorscju'on  est  nu  moins 
de  la  nn>me  commune;  à  mc^sure  que  l'on  s'éloiirne,  le 
cercle  de  cette  cornmunautc'  s'elar^'it  :  à  cinquante  lieues, 
il  suffît  d'être  du  int'me  arrondiss*?ment  ;  liorsde  France,  ou 
njc^me  à  rarmc''e,   le  Nimois  et  le  Baiol  sont  compatriotes. 

tendre,  l'endroit  d'une  étotïe,  le  coté  oppnsé  à  l'envers. 

Ce  mot  est  formé  évidenmient  comme  le  fr.  endroit,  du 
lat.  in  direcium  ou  m  directo,  sans  qu'on  puisse  trop  saisir, 
pour  l'un  comme  jx)ur  l'autre,  l'analogie  ou  la  divergence 
du  sens  :  la  dernière  acception  ci-dessus  répond  seule  à 
celte  étyniologie. 

Endura,  v.  Endurer,  supporter  avec  patience;  soulTrir. 

S'etidura,  se  supjx^rter  récipro<]uement,  se  plier  à  i'hu- 


I  ni'ur  i  un  d-'  l'ùutiv;  ce  qui  so  dit  surl-uil  en  niénnge.  — 
, /'o  y/M.s  s'cn^'uKi,  il  ne  pcul  Si;  sup[torter  lui-ujème;  il  est 
idinj»'  liU  ].tui'  si  p.u  >  M;ial)l'\  (lue,  quand  il  est  seul,  il  se 
i  cl;i'i'<lit'  <|h.  r>'!l''  a  lui-nii"'ii.t'.  Pourii  t  pus  m'endura  dinc 
KKja!  jnis,  j.'  11"  s;iiii'ais  m'iiahituer  dans  ce  }iays,  j'y 
'  n.nuiT lis  d  •  iinui. 
!       |)t'/.  dil  lat.  i)itnin',  •■mluiVir. 

I      Ènduran,  anto,  f."'/.   JJiduianl,  rjui  supporte  patiem- 
,  n.tMit    liii'   in>iiîi  •,   un    lii;  ii\ais   tiMit-'nit'nt.    >ie  s'emplui»' 

;.'iiM'''  (ju-'   n* -',ili\  •MK'iit.  —  y.s  jxi'i   endiirnn ,  il  est    fttrt 

ir.!>.i.  !•',  Il   .^-.-n^oi  piil'l'',  nnduMiiiuix. 
Enduro  (Màou  d"),  J'Iikisc  fuid'.   Mal  (jui  n'a  d'autre 
,  r<'iii''ii"  (]!..•  Kl   p  li.'ii«;.*.  Il  si_iiilir'  au>si  :   Uial  non  dange- 
,  r''U\,  (jiii  lit'  jU'sriit(>  (^u«'  (]•■  l.i  d"ul<'ur  et  n'rxigt»  qu«'  de 

la  ji  iti 'iif '.  >  ,!is  d  iiijcU' lie  w  "\\.  A<ii'ii's  de  mâond'i'udnro, 

c"»'>l   un   h. .il,  uin'  d'-ult  iir  a   iMMiu-Ilf.'  il  n'y  a  })a>  d'autre 

ri'tij'Jf    (|U''    la    pali''ne.',    (pi'il    !  ml    endu:>'r,    supix^rter 

pali''i  ii.iMil. 
!      Énémi,  Énémigo,  (/  '/•  T-un' mi,  ie  :  celui   uu  cello  qui 

Ii;iit  (jii'i.ju'un,  qui  lui  \t'ul  du  n.al.   (rr>t  IJoslis,  lat. 
I      D'T.  ilu  lat.  liiimîriis^  f^iin-Miii  pcM'Sonn'd. 
,      Ènfachina,  v.  Iji>  u-.'-l-r;  j 'l'-r  un  sort.  Par  ext-  puer, 
.exîial'-r  u;i''  (.licur  l-llil''.  (/ot  un  sup^rKitif  d»'  puanteur. 
[      l)''i".  du  lat.  i'asi'iiKire.  m.  sign. 

Énfachinaïre,  aïro,  s.  et  a!j.  Sirci<M%  j^Heur  de  sorts; 
I  cliai'ni''ur. 

I      Ènfaïssa,  e.  rag"t"'r;  li  t  en  l)olP:*s,  «mi  fagot;  disj><'»ser 
,  tout-'    •  sjH'ce    d'i.lj''ls    n.-'iius    (ju'ui    trans]>ortt'    sur   les 

épaul'\s.  Comme  d--  la  paillf,  du  iV'in,  etc. 

S'enf-i't.y.sa.  <c  dit  dune  puuln',  dune  ciiarpente,  d'un 

plancln-r.  qui.  par  tiop  d-'  surcharge  uu   faute  de  solidité 

et  d  étant;  -ns,  d''cri\"iit   un-'  cairho  vers  le  ndiieu.  C'est 
'  aloi-s  une  corrup.  du  l'r.  S'alVais>.er. 
D'T.  d-'  f  at,  faix,  pcuds. 
Énfaïssaje,  >\  m.  Eagotag»';  action  de  mettre  de  la  rame 

en  fagot,  uu  d"enihotlcli»r  de  la  p;dll'',  du  fourage;  frais  de 

cell»»  opération. 

Énfanga,  r.  Enihourh»M*;  j«qor  ou  laisser  toml)er  dans 

un  l»ourhier;  salir  avec  de  la  boue.  Au  fig.  S'enfanga,  se 

mettre  dans  quelqu-^  sal»^  nu  niau\aise  aflaire,  sjvî^culation 
/•u  entreprise.  -^  Â\«  bien  enfauga,  i\  est  eml)Ourbé  dans 

une   Uiau\aise  alTaire;  il  est  perdu  de  dettes.  Es  énfanga 
,de  mdo  escus  end'un   lâou,  il  s'est  enfoncé  de  mille  écus 

aNec  un  tel,  c.-a-d.  il  s'est  endetté  avec  un  tel  jusqu'à 
I  millt^  écus. 

Der.  de  F  an  go. 

Énfanço,  a.  f.  Enfance,  âge  de  l'enfance.  —  On  ne  dit 

pas  i-Y(Uj  (•''',  coin  nie  dans  les  autres  compost'^sd'Ê/Vin;  il  est 

pruhahleque  ce  suhst.  n'existait  pas  dans  rorigineet  qu'on 

l'a  euq^runté  plus  tard  au  fr. 

Enfarina,  v.  Au  pr.  enfnriner,  poudrer  de  farine,  qui  se 
jdit  mieux  Énfama.  Au  llg.  S'enfarina,  s'enticher,  s*en- 
I  fariner  d'une  idck\  d'une  opinion.  —  S'm  enfarina  d'aquélo 
I  fto,  il  a  la  tête  tournée  \xiv  celte  fille  :  il  en  est  êperdtiment 


ENF 


ENG 


389 


amoarenx.  Cette  expression  toute  figurée  prend  son  ori- 
gine dans  l'idée  des  pâles  couleurs,  maladie  qui  tire  aussi 
son  nom  d'une  idée  de  farine,  une  monomanie  qui  donne 
à  la  figure  une  couleur  de  farine.  Ce  mot  est  Tacception 
métaphysique  *de  Énfama,  qui  ne  se  prend  qu^au  sens  po- 
sitif. 

Dér.  de  Farino. 

tnlama,  v.  Rouler  dans  la  farine,  comme  certains 
poissons,  certains  mets  préparés  pour  la  friture  ;  enfariner 
le  \isage,  les  mains,  les  habits. 

Dér.  du  lat.  Far,  faris,  farine. 

Êniéra  (S'),  v.  S'enclouer,  comme  fait  un  cheval  ;  se  jeter 
sur  le  fer,  se  percer  soi-même.  Au  fig.  se  nuire;  se  couper, 
se  contredire;  s'engager  dans  une  impasse  en  affaires. 

Dér  de  Fère. 

fnféria,  v.  Entraver  un  cheval  avec  les  entraves  qu'on 
nomme  Énfèrios. 

fnfèiios,  8.  f,  plur.  Entraves  qu'on  met  à  un  cheval, 
lorsqu'on  le  laisse  paitre  dans  un  pâtis  sans  autre  attache, 
et  qui  sufiQsent  pour  l'empêcher  de  s'écarter  trop  loin.  Cet 
instrument  consiste  en  deux  colliers  de  fer  qu'on  place 
aux  deux  jambes  de  devant  de  l'animal,  un  peu  au-dessus 
du  sabot,  et  qui  sont  joints  par  une  chaîne  très-courte,  soit 
par  un  boulon  mobile  à  deux  têtes  qui  joue  entre  les  an- 
neaux des  colliers.  Il  est  semblable  à  celui  que  les  acro- 
bates se  mettent  aux  pieds  dans  certains  de  leurs  exercices 
sur  la  corde  roide  :  il  oblige  les  chevaux  à  tenir  les  jambes 
de  devant  rapprochées  et  à  sauter  à  pieds  joints,  quand  ils 
veulent  changer  de  place. 

Dér.  de  Fère. 

Ênlémal,  nalo,  adj.  Infernal;  de  l'enfer;  qui  appartient 
à  l'enfer;  diabolique. 

Énfiala,  v.  Enfiler  une  aiguille. 

Dér.  de  Fiou, 

Ênfialousa,  v.  Charger  une  quenouille  de  matières  à 
filer. 

Ce  mot,  portant  dans  sa  contexture  le  subst.  fialowo,  et 
étant  actif,  a  pour  régime  direct  la  matière  à  filer. 

Dér.  de  Fialouso, 

£niiétra,  v.  Conduire  à  la  foire;  introduire  au  champ 
de  foire  le  bétail  ou  la  marchandise  qu'on  a  à  vendre. 

Dér.  de  Fmro. 

tnfîonla,  v.  Enfiler,  mais  seulement  dans  le  sens  de 
tromper,  duper;  engager  dans  une  affiûre  douteuse. 

Dér.  de  Fiou. 

£nfioQqna  (S*).  S'enflammer  d'amour,  de  colère;  prendre 
feu;  se  passionner. 

Dér.  de  Fia. 

finlongna,  ado,  adj.  Rechigné;  boudeur;  grognon;  qui 
fût  triste  mine. 

Dér.  de  Fougna. 

finlounça,  v.  Enfoncer;  pousser,  mettre,  faire  pénétrer 
an  fond,  plus  avant;  forcer  une  porte,  une  serrure.  —  On 
dit  d'an  faux  brave,  d'un  fanfaron  :  Énfounço  la$  portai 


douvèrtoa,  c'est  un  enfoncenr  de  portes  ouvertes,  c'est  un 
pourfendeur  de  naseaux. 

Dér.  du  lat.  Infundicare,  m.  sign. 

Énfonma,  v.  Enfourner;  mettre  le  pain  au  four.  Au 
fig.  avaler  gloutonnement  ;  remplir  ses  ))oches. 

S'enfourna,  s'engouffrer;  s'introduire,  s'engager  dans... 
—  A  l'enfourna  $é  prén  lou  pan  cournu,  prvb.,  à  mal  en- 
fourner, on  fait  les  pains  cornus.  L'âouro  s'énfourno  din 
la  chiminèïo,  le  vent  s'engouffre  dans  la  cheminée. 

Dér.  de  Four. 

Ênfonrqna,  v.  Enfourcher;  piquer,  embrocher  avec  une 
fourche;  monter  à  cheval. 

Dér.  de  Fourquo.    J 

Ênfourqnaduro,  «.  f.  Enfourchure  d'un  arbre,  l'angle 
du  tronc  où  se  divisent  les  maîtresses  branches  ;  enfour- 
chure d'un  pantalon  ;  enfourchure  du  corps  humain ,  le 
sommet  de  l'ouverture  de  compas  que  forment  les  jambes. 

Énfu  (S'),  3n>e  pers.  sing.  indic.  prés,  du  v.  tnfujï  fS'J. 

Énfuji  (S'),  V.  S'enfuir,  prendre  la  fuiln;  déguerpir; 
s'esquiver. 

Dér.  du  lat.  Effugire,  m.  sign. 

Enfuma,  v.  Enfumer;  noircir  avec  de  la  fumée;  rem- 
plir de  fumée,  comme  on  fait  pour  le  terrier  d'un  renard; 
entourer  de  fumée,  comme  pour  un  essaim  d'abeilles. 

Dér.  de  Fun. 

£nfar6nna,  v.  Transporter  de  colère;  irriter  à  l'excès, 
rendre  furieux;  animer  contre  quelqu'un. 

Dér.  du  lat.  Furor. 

Êngabia,  v.  Encager;  mettre  en  cage;  parext.  empri- 
sonner; détenir  en  charte  privée. 

Dér.  de  Gahio. 

Éngacha,  v.  Regarder  dans...  —  On  dit  :  Èngacho, 
regarde,  de  quelque  chose  dont  on  montre  l'intérieur  ou 
qu'on  fait  voir  de  près  ;  Agaeho,  pour  quelque  chose  qu'on 
a  devant  soi;  Aré^acha,  regarder  derrière.  —  Voy.  Agacha. 

fingaja,  v.  Engager,  mettre  en  gage  ;  promettre  par  en- 
gagement; obliger;  enrôler  un  soldat. 

S'éngaja,  s'obliger;  hypothéquer  ses  biens;  promettre; 
prendre  volontairement  du  service  dans  les  armées.  — 
Èngaja  sa  mostro,  mettre  sa  montre  en  gage,  emprunter 
sur  ce  nantissement.  Éngaja  uno  elâou  din  la  saràïo,  em- 
barrasser une  clé  dans  la  serrure.  S'éngajè  pér  soun  frèro, 
il  s'obligea  pour  son  frère;  il  lui  servit  de  caution  hypo- 
thécaire. 

Dér.  du  lat.  Vas,  vadis,  caution,  qui  a  fait  dans  la 
basse  lat.  Vadium,  d'où  Gqje. 

£nga]aiit08,  s.  f.  plur.  Espèce  de  manchettes  que  por- 
taient \^  dames  sous  Louis  XV  et  qui  étaient  placées  aa 
coude,  les  manches  de  la  robe  ne  descendant  pas  plus  bas. 
C'est,  dans  l'idée  du  peuple,  le  née  plus  ultra  de  la  grande 
toilette.  Lorsqu'elles  parurent,  on  leur  donna  en  fr.  le 
nom  d'Engageantes,  comme  la  plupart  des  modes  de  l'épo- 
que, à  qui  on  prêtait  une  portée  morale  dans  l'idiome  de  la 
galanterie.  Le  nom  fr.  a  disparu  depuis  longtemps  :  le 

37 


•20  0 


KNG 


tNG 


laiig.  l'a  c(•ll^^'i•\L^  ol  aujniu\l"liui  ptHit-èlre  lji«Mi  des  por- 
soiiiies  ([iii  se  Si  r\oiit  jounii'll'.'iiioiit  du  mol  et  de  la  clinse, 
seraieiil  l'uri  tMnharrassôes  de  donner  rori^iue  de  celle  e\- 
|)res^i*jii  et  la  ili'.soriiilioii  de  celle  mode. 

Éngambo,  a.!],  de  loul  genre,  ^'esl  (junne  iradiiclion 
du  ïr.  iiiii.imlie ,  i'm[)luyo.;  seul<'menl  cojimit^  suhriquet  el 
par  anli|>liiM>'  .  I.»'  caraclère  nar([Uois  cl  i^iud<»is  se  montre 
toujour>  même  iliiis  It's  mois  <'ii  ap[)aiviie''  les  plus  insi- 
gnilianls. 

Éngana,  '.  TromptM",  ahus'-r,  flu[u'r;  i>u  mieux  :  roirn'-r 
la  porliitii.  C Vsi  piu|u"eiiienl  le  tori  que  l'ail  un*'  nuurric 
quanil  rlK-  ili  viinl  oiceinle  avaid  d";ivnir  m'Viv  son  nour- 
risson :  ell«'  lail  loit  aux  d-'ux  enlanls  à  la  fois,  qui  se 
rognent  récipivi(ju<*mt'iit  leui"  portion.  On  dil  d*.'  l'un  et  dr 
l'autre:  Sou/i  n((jun'fs.  H  ci's  eni'auls  \ienn<'iil  rarement 
à  liii'n,  ou  ilu  ijjojiiï,  ils  ri'>leul  inalinj^res  el  étiMl.-s.  — 
S'cs  pas  cn<j(tiiu,  il  iK-  s'est  pa>  (uddié  d.iiis  uji  [uirlai;»';  il 
s'est  adjuge  la  plu>  gro>s!'  et  la  iix'illi'ure  pari.  —  L'a  cn- 
tjana,  il  la  -Uipé.  AnumLU  nous  emjuncn  j^w^,  je  \ous  le 
recommand'  ,  ne  nous  trompons  [ms  à  UitUv  prijudiee. 

Der.  di'  I  ilal.  lu*ja)iHan',  tromper,  fraudii'. 

Ènganaïre,  airo,  atJj.  Hogneur  de  portion;  écornill-ur; 
IronqH'ur;  !i}p  «crite. 

Éngàoubi"U  Gàoubi,^.  m.  3Ianilieii  ;  tournure  du  cin'[»s. 
Au  lig.  plu^  ;i>il<\  ('S])ril;  adrcbSj;  saAoir-lVdr»?.  —  Mu  jkis 
ijas  (i\'i(ij<u>  itii,  il  esl  gaucln';  maladroit:  sans  ^a^oir-^aire. 

E[iq»r.  pr>  liahlemeut  du  l'r.  (hdht. 

Éugâûubo,  s.  /'  Pierre  à  Toulon:  pii.-rre  à  déiaclier  les 
étoile>  cl  ([ui  .igil  en  [»oudri.'  comme  alisorlKinl  :  l'^s  ilé- 
^rai^seui^  s  l'n  .^^rvoni  p<.tur  (Mde\(H'  les  laclies. 

Éngàoula,  (;.  .M-llrc  en  joue  un  lusil;  apjiliquer  contre 
la  joue,  l'ar  r\\,  d'>nn''r  un  soulllet. 

Dér.  de  (ta' ta  ta. 

Éngarafata  (S'),  v.  S'emmilouiler;  se  surcharger  la 
tète  t'I  le  cou,  I-'s  i-ntourer Comme  i\tnt  les  [»ei-sonn*'S  piises 
{.\\\i\  rhum ',  .lun  l'jrlicolis,  ou  de  lluxion. 

Lier,  d--  lilal  CaUifdlarr,  Tormé  du  gr.  ï  x'/.y.Y^''-'-^ ,  Cal- 
later  un  h  iii,i;<'n{',  [Mi'ce  (ju'en  s'enmnUjullant  on  terme 
toutes  le>>  \oi.  b  ou\erli's  à  l'air,  cunuje  le  calfat  tuuh'S  les 
Voie»  ouveiic^  a  I'imu. 

Éngarbièira,  v.  Dr-'^ser  les  gerbes  «.'Ji  gerhier:  dresser 
un  geriii'-r. 

Dér.  di.'  (miliiaio. 

Éngarouua,  c.  feuler  ses  sr»uli<'rs;  en  allaisser,  en  ava- 
chir les  (juiilii-rs,  de  manière  que  le  talon  est  déhoité; 
d«''chausser  (lUflipf  un  en  marchant  sur  ses  talons. 

S'aujmoHim,  l'aire  une  mau\aise  spéculation,  uni'  ïausse 
démarche;  se  mettre  dedans. 

Éngavacha  (S'),t\  Ktouller;  s'étrangler  pour  avoir  a\  aie 
une  arèle  ou  autre  chose  (lui  obstrue  le  gosier,  un  simple 
fétu  ou  une  goutter  d'eau  qui  entre  ])ar  la  trachée-artère; 
s'engouer,  s'engorger,  en  parlant  «l'un  tuyau  qui  s'embar- 
rasse, se  rem])lit,  s'obstrue  de  matièr«.\s  (jui  empêchent 
récouleuienl  du  li(iuide.  —  Ényjvac/ia  uno  clàou,  engager 


une  cléda  n>  .sa  serrure,  sans  i»oiivoir  la  faire  jouer,  ni  la  retirer 

l)-'r.  de  (uivaty  en  ilial.  provençal,  jabot  dos  oiseaux 
grani\ores,  ge»sier,  gorge,  gésier;  formé  lui-même  très- 
prohal>lemenl  du  lat.  (avns,  creux,  profond. 

Engendra,  ado,  <(<lj.  Engendré;  procréé,  produit.  — 
Dans  ce  >ens,  ce  mot  est  admis  en  languedocien;  mais  il 
esl  plus  usité  comme  dérivé  de  Gvuilre.  —  Aquél  home  es 
hivit  Dniou  cnijoi'lra,  ce  pauvre  honnne  n'est  pas  beun^iiv 
en  gendre. 

Éngipa,  r.  Pla(]u»M'  du  [ilàlre  ou  du  mortier  contre  un 
mur axt'C  la  Iruelh";  foueti-r  un  ujur,  l'enduire  au  balai:  o' 
(pii  jtioduit  renduit([u'vin  iiomnje  ta/orï/5//V/wo,'r.  cm).  Par 
exl.  éclahouss'-r;  cou\  rir  de]>oue,  d'eau.  Au  fig.  souûleler. 

Dei".  du  lat.  (lyjtsuni  vn  du  gr.  T^yoç,  plâtre. 

Èngipado,  s.  /'.  Kclahous>ure;  houe  qui  rejaillit  sur 
quf'jiju'un  ou  sur  (|u-'l(jue  chose. 

Englouti,  r.  i;nvsi'l.'r;  bos>uer  un  vase  en  métal  quel- 
Ce.ntjU'',  un  n^lensil'-,  im  chiudrou. 

Dér.  du  r.tiiian  (loi,  fosse,  Inui. 

Éngouïssa,  v.  (^.m.^'rdu  chagrin:  donut-r  des  angoisses; 
lh>nin'L-  du  .souci. 

Éngouisso,  .v.  /".  Ang"i>.s'';  atTlictioji;  douleur  amère 
d»'>prjt  et  {[<•  c**r[is;  gène  de  ràini.';  dure  néct'ssité. 

Dei".  du  lat.  AuyusUd. 

Éngouïssoùs,  ouso,  o<lj.  .Vngoisseux;  (pii  se  plaint 
toujours;  .pu  aime  à  .se  plaimlre;  (jui  .soupire  .sans  cesse. 

Éngouli,  v.  A\aler  goulum-'Ut;  engloutir;  boire  d'un 
seul  Irait. 

Der.  du  lat.  Gnia. 

Éngoulidoù,  s.  m.  GoullV'»;  tourbillon  qui  forme  un 
mlomioir  ien\er.sé,  pro\enant  d'une  communication  in- 
fèri'Ure  au  ni\eau  (h-  T'au  a\ec  un  contr«>courant.  Au 
lig.  large  gosii'r,  grand  avahur. 

Éngounsa,  v.  Enfoncer;  ejig.ainVer;  engoncer  en  parlant 
dnn  haiiil,  d'une  rolie  troj»  uioiUaiits,  dans  lesquels  le  C'.»u 
s'enfont.*'.'  et  ({ui  gène  les  mou\enients. 

Der.  du  lat.  AbH-ouc/erc,  ccaher. 

Engourdi,  v.  Engourdir;  causer  inie  pesanttnir  dans  une 
])artie  musculaire  ilu  cor[)s  (|ui  le  prive  de  niouvenient  ou 
de  sonlimejit.  —  S'apiili([ue  aussi  au  moral. 

Em[).  au  fr.  ni.  sign. 

Éngourga,  v.  Engurgei-;  obstruer  le  passage  d'un  liquide, 
un  canal,  un  tu\au;  faire  engorirer  un  moulin.  —  Un 
nKnili  s'eni/oKnjo,  lors(]ue  la  fuite  a  un  rjiveau  trop  élevé, 
sait  par  l'éli^vation  des  eaux,  hoit  par  les  dépôts  de  sable 
au-dessous  (jui  dinnnueni  sa  chute  et  gênent  le  mouve- 
ment de  sa  roue.  —  Voy.  Pnioicia. 

Der.  de  (iour,  du  lat.  Ctunjes. 

Éngourgoubïa  (S'),  u.  Se  recro(|ueviller;  se  replier  sur 
soi  même,  coiiiine  fait  le  charançon  du  J)lé,  lou  Gourgoul, 
dans  son  alvéole. 

Éngraï,  .s.  m.  n<HaiI  qu'on  engraisse  pour  la  ]>oucherie. 
En  terme  d'éducation  de  l>étail,  on  distingue  VEngrài  de 
la  ^'ourU'o  :  celle-ci  est  le  bétail  (jue  Ton  entretient  pour 


ENG 


ÉxNJ 


291 


la  multiplication  de  Fespèce;  celui-là  le  bétail  que  L'on 
engraissa  pour  le  vendre  quand  il  est  parvenu  à  son  point. 
-^Éseoumo  un  par  à  Véngrdi,  il  en  a  à  gorge  que  veux-tu 
comme  un  cochon  à  Tengrais. 

Dér.  de  Grai$»o, 

fingraïBBa,  v.  Engraisser;  rendre  gras,  c.-à-d.  donner 
aui  animaux  une  nourriture  qui  les  engraisse  ;  aux  terres, 
des  engrais  qui  les  fertilisent;  oindre  avec  de  la  graisse; 
graisser. 

S'éngraïssa,  s'engraisser;  prendre  de  l'embonpoint;  s'ar- 
rondir; s'enrichir.  —  Èngraïssa  lou  béstiâou,  engraisser  le 
bétail.  Èngraïua  las  rodoa,  oindre  l'essieu  d'une  voiture. 
S'éngraïÊSa  las  habinos,  s'oindre  les  lèvres,  c.-à-d.  faire 
ch^re-lie.  Vièl  dâou  mésîre  engraissa  lou  chival,  prvb., 
allusion  à  la  fable  de  l'œil  du  maître.  Èngraïssa  lou 
manèl  dé  la  porto,  graisser  le  marteau,  graisser  la  patte 
aux  valets  pour  avoir  entrée  auprès  du  maître.  Èngraïsso- 
té,  perlé  :  aqui'  n  aménloù,  engraisse-toi,  avare,  voilà  un 
denier  ;  ou  engraisse-toi  goinfre,  voilà  une  amande  :  phr. 
prvb.  qu'on  emploie  lorsqu'il  s'agit  d'un  dédommagement 
infime  à  une  perte  éprouvée.  —  Voy.  Aménloii. 

Dér.  de  Graïsso. 

Êngrana,  v.  Faire  moudre  son  grain.  —  Lou  prémiè 
ffu'és  âou  mouli  éngrano,  le  premier  au  moulin  engrène  : 
pnb.  qui  renferme  une  leçon  d'égalité,  et  qu'on  emploie 
lorsque  quelqu'un  veut  user  d'un  privilège  pour  avoir  la 
primauté  ou  la  priorité. 

On  dit  aussi  :  Éngrana  lou  béstiâou,  donner  du  grain  au 
bétail,  soit  avoine,  soit  blé,  soit  maïs,  etc.;  ce  qui  le 
rend  gourmand  et  l'erapèche  de  trouver  goût  à  la-  nourri- 
tare  ordinaire.  Et  encore  :  Lou  mouli  s' éngrano,  lorsque  la 
qoantité  d'eau  n'est  pas  suffisante  pour  faire  tourner  la 
loae  avec  la  vélocité  requise,  et  que  le  blé  tombant  de  la 
trémie  se  ramasse  sous  la  meule,  sans  pouvoir  être  broyé. 
Cette  expression  s'emploie  au  fig.  pour  se  plaindre  de  la 
Boif  à  table  et  demander  à  boire  : , /ou  mouli  s' éngrano, 
c.-à-d.  le  solide  a  besoin  de  liquide. 

S' éngrana,  se  laisser  gagner  par  la  vermine.  —  Èngrana 
di  manjanço,  couvert  de  poux.  lé  éngrana  dé  dnzes,  lit 
infecté  de  punaises. 

Dér.  de  Gran  ou  de  Grano. 

£ngrâoQfigiia,  v.  Égratigner. .—  Voy.  Éngràouta,  m. 
Mgn. 

lier,  de  l'espag.  Grafinar,  m.  sign.  ^ 

Èigrâoiifignaîre,  aire,  adj.  Égratigneur  ;  qui  égratigne; 
qui  fait  des  égratignures.  —  Cette  forme  de  l'adj .  est  plus 
^tée  que  celle  de  Èngràoutaire,  qui  n'est  guère  admis, 
tandis  que  le  verbe  dont  il  est  formé,  est  pour  le  moins 
âossi  souvent  employé  que  tngrdoufigna.  Le  provençal  et 
l'espagnol,  dans  le  même  mot,  suppriment  la  particule 
explétive  En. 

£ngràonta,  v.  Égratigner;  déchirer  légèrement  la  peau 
a^HBe  les  ongles,  avec  une  épingle  ou  tout  autre  objet 
pointu. 


Dér.  probablement  de  l'allem.  Kratzen,  gratter,  ou 
peut-être  du  gr.  'ApcuXoç,  crochu,  recourbé. 

Éngrâontado,  s.  f.  Égratignure,  déchirure  faite  avec  les 
ongles. 

Êngrava,  v.  Couvrir  de  gravier.  —  Voy.  Agrava. 

£ngmna,  v.  Mettre  en  pièces,  briser  de  coups;  assom- 
mer; éreinter.  —  Uno  bouto  éngrunado,  une  futaille 
dépecée,  dont  les  douves  sont  déjointes  et  tombent  en 
pièces. 

Évidemment,  les  acceptions  de  ce  mot  sont  le  flgnré  de 
égrener  ou  arracher,  séparer  les  grains  du  raisin  ou  d'un 
épi  de  blé,  ce  qui  se  disait  autrefois  Désgruna  et  aujour- 
d'hui Déséngruna. 

Dér.. de  Grun. 

£nguéfia,  fiado,  adj.  Difforme;  contrefait;  quia  les 
membres  noués. 

£ngaé]i,  s,  m.  Onguent,  médicament  externe,  mou, 
onctueux.  —  Enguén  gris,  onguent  gris,  onguent  mer- 
curiel. 

Dér.  du  lat.  Unguentum,  m.  sign. 

Êngusa,  v.  Enjôler;  cajoler;  attirer,  tromper  par  des 
cajoleries,  des  séductions. 

Dér.  de  Gus. 

Ëniassa,  v.  Mettre  des  papiers  en  liasse  ;  accoupler  du 
menu  linge  en  le  donnant  à  blanchir,  pour  qu'aucune  pièce 
ne  s'égare. 

Formé  du  fr.  Liasse. 

Énjiméra,  v.  —  Voy.  Énjiméri. 

tnjiméri,  v.  Mieux  que  Énjiméra.  Rechigner;  enticher; 
redoubler  l'obstination  de  quelqu'un. 

S' énjiméri,  s'obstiner;  rechigner;  agir  par  caprice,  avec 
mauvaise  humeur.  —  Aquà  faï  pas  gué  Vénjimérï,  cela  ne 
fait  qu'accroître  son  humeur  et  son  obstination.  Lou  tén 
s'énjiméris,  le  temps  se  brouille,  redouble  de  ])ourrasque.  * 

Dér.  de  Jimère. 

£njin,  s,  m.  Adresse  des  mains;  dextérité;  génie  par- 
ticulier qui  s'attache  aux  ouvrages  purement  manuels,  el 
qui  consiste  à  trouver  toujours  les  meilleurs  moyens  et  un 
remède  à  tout.  Il  ne  s'applique  point  à  l'adresse  d'esprit, 
à  la  subtilité. 

Dér.  du  lat.  Ingenium,  esprit,  génie. 

Ênjinqnoùs,  ouso,  adj.  Dim.  Énjinquousé.  Adroit  des 
mains;  doué  de  cette  espèce  de  génie  qui  s'applique  exclu- 
sivement aux  ouvrages  des  mains.  —  Si  souvent  le  lang. 
dans  les  mots  ne  bravait  l'honnêteté,  nous  ne  citerions  pas 
le  prvb.  très-énergique  et  fort  pittoresque  :  Étijinquoùs 
eoumo  lou  quiou  d'un  por  que  ié  baro  sans  couréjoik;  mais 
par  accommodement  avec  le  devoir  de  tout  dire,  nous  ne 
traduisons  pas. 

Énjouliva,  v.  Enjoliver;  rendre  plus  joli  ou  seulement 
joli. 

Empr.  au  fr. 

Ënjnèla,  v.  Enivrer  avec  de  l'ivraie,  qui,  mêlée  dans  le 
pain  à  une  assez  forte  dose,  porte  à  la  tète.  C'est  un  pro- 


39â 


ENL 


ENQ 


cédé  employé,  dit-on ,  par  les  maquignons,  qui  enivrent 
ainsi,  ou  plutôt  étourdissent  les  chevaux  rétifs  ou  vicieux 
et  les  rendent  par  là  plus  calmes  et  comme  frappés  de 
stupeur  :  il  leur  sufiSt  pour  cela  de  mêler  de  l'ivraie  à 
l'avoine.  Au  fig.  étourdir;  assoupir. 

Dér.  de  Juèl. 

Ën-jon,  adv.  Â  jeun  ;  sans  énergie  ;  sans  force  ni  cou- 
rage. —  5ottt  éncaro  én-jun,  je  suis  encore  à  jeun»  je  n*ai 
rien  mangé  de  la  journée. 

Dér.  du  lat.  Jejunium,  jeûne. 

£n-lai,  adv.  de  lieu.  En  delà;  de  ce  côté-là.  —  Faaès- 
vous  én-laï,  rangez-vous;  faites  place;  poussez  du  côté 
opposé  à  celui-ci.  D'aHcïn-laï ,  contract.  de  Âïci  én-laï,  à 
partir  de  ce  jour;  dorénavant.  Un  viro-t'en-laï,  un  soufflet. 

Dér.  du  lat.  lUae,  par  là. 

Énlamoun,  adv.  de  lieu.  Là-haut,  de  ce  côté.  —  Voy. 
Âmoun, 

£nlamoandâoQ,  adv.  de  lieu.  Le  même  que  le  précé- 
dent Énlamoun, 

£nlapa,  v.  Emhourher;  enfoncer  dans  la  vase,  dans  la  boue. 

Dér.  de  Lapo. 

Snlaval,  adv.. de  lieu.  Là-bas;  de  ce  côté.  —  Voy.  Aval. 

Enleva,  v.  Enlever;  lever  en  haut;  emporter;  dérober; 
ravir.  —  Lou  diable  t'enlève/  ou  par  contract.  simplement  : 
Ténlèvel  Le  diable  t'emporte  !  Peste  ! 

S'étUéva,  enlever  une  fille,  ou  plutôt  enlever  un  garçon. 
—  S'és  énlévado  émb'un  tàou,  elle  a  décampé  avec  un  tel  ; 
elle  a  consenti  à  un  enlèvement  avec  un  tel.  Ce  verbe 
s'emploie  ainsi  neutralement  pour  faire  disparaître  l'idée 
d'un  rapt,  d'après  un  préjugé  assez  enraciné  dans  les  classes 
populaires,  qui  tient  sans  doute  à  quelque  loi  du  moyen- 
âge  fort  sévère  à  cet  endroit.  Il  est  de  tradition  parmi  le 
peuple  que,  pour  éviter  l'accusation  de  rapt  au  complice 
masculin,  il  faut  que  la  fille  déclare  devant  témoins  an 
moment  de  la  fuite  que  c'est  elle  qui  enlève  son  amant;  ce 
qu'elle  fait  par  cette  formule  généralement  adoptée  :  A 
vâoutres  vous  en  souvéngo  gué  iéou  éfUève  un  tàmi,  soyez 
témoins  que  c'est  moi  qui  enlève  un  tel.  Tout  cela  serait 
vain,  d'après  le  code  pénal  (car,  malgré  la  formule,  il  n'y 
a  pas  moins  rapt),  s'il  y  avait  violence  ou  menaces  anté- 
rieures à  cette  déclaration,  ou  si  la  fille  séduite  n'a  pas 
atteint  l'âge  de  discrétion.  D'autre  part,  quand  l'enlevée 
est  maîtresse  de  ses  actions,  ou  d'âge  à  en  connaître  toute 
la  portée,  cette  forme  n'a  rien  d'obligatoire;'  car  ce  serait 
à  l'action  publique  à  prouver  la  violence  réelle  ou  morale 
qui  constitue  le  rapt  des  adultes,  et  quand  il  y  a  accord 
entre  les  parties,  la  morale  seule  en  souffre,  la  vindicte 
publique  reste  sourde  et  aveugle. 

Ce  mot,  au  reste,  n'a  aucune  autre  des  acceptions  du  fr. 
enlever  :  le  lang.  ne  le  lui  emprunte  que  pour  ce  seul 
usage  dans  les  deux  circonstances  citées. 

Éiliga,  V.  Embourber,  enfoncer  dans  la  vase  :  le  même 
en  ce  sens  que  Ènlapa  fV.  c.  m.).  Il  signifie  aussi  :  jeter 
du  limon  ;  couvrir,  remplir  un  objet  de  limon.  — Toy.  Aliga. 


Getiemier  mot  signifie  répandre  la  vase,  le  limon  sur  la 
surface;  celui-là  veut  dire  en  remplir  un  lieu,  iln  objet 
creux  et  profond.  Une  inondation  aligo  un  pré;  elle  énliyo 
un  puits,  un  fossé,  l'intérieur  d'une  maison. 

Dér.  de  Ligo. 

£n-nâon,  adv.  de  lieu.  En  haut;  vers  la  contrée  haute; 
du  pays  des  montagnes.  —  Et  d'én-ndou,  il  est  du  côté 
des  montagnes,  il  est  des  hautes  Gévennes  ou  de  la  Lozère; 
d'un  pays  élevé  ou  seulement  au  nord  de  celui  de  l'inter- 
locuteur. 

Dér.  de  Ndm,  haut. 

£nnégrési,  v.  Noircir;  salir  de  noir;  obscurcir;  assom- 
brir ;  barbouiller  de  noir.  Au  fig.  noircir  la  réputation.  — 
Lou  tén  s'énnégrésïs,  le  temps  s'obscurcit,  il  devient  noir. 

Dér.  de  Tfégre. 

Énnévoull  (S*),  v.  Se  charger  de  nuages;  s'obscurcir; 
devenir  nébuleux,  sombre.  —  Se  dit  du  temps. 

Dér.  de  Nivou. 

£n-odi,  phr.  faite,  qui  s'emploie  quelquefois  substan- 
tivement :  Mé  vénès  én-odi,  vous  m'ennuyez  ;  la  car  mé 
vèn  én-odi,  la  viande  m'ennuie,  me  dégoûte  ;  j'ai  du  rebut 
pour  elle.  Uén-odi  faï  véni  las  cabros  nèeios,  l'ennui  fait 
perdre  la  tète  aux  chèvres;  sorte  de  prvb.  qu'on  cite  pour 
exprimer  que  l'ennui  finit  par  rendre  fou  quand  il  se  pro- 
longe. 

Dér.  du  lat.  In  odium,  en  haine. 

£nqné,  phr.  faite,  qui  se  traduira  mieux  par  des  exem- 
ples que  par  une  définition,  comme:  tous  les  idiotismes.  — 
S'ère  énqué  vous,  si  j'étais  vous,  si  j'étais  à  votre  place. 
Cette  locution  ne  s'emploie  jamais  qu'avec  cette  formule  et 
précédée  du  verbe  S*ère;  et  toujours  à  la  l**  pers.  sing.  de 
l'indic.  prés.  Lorsque  le  régime  est  le  pronom  él  on  éie, 
éles  ou  élos,  on  fait  suivre  énqué  de  l'art,  dé  :  S'ére  énqué 
d'éles;  et  cela  par  un  simple  motif  d'euphonie.  Il  en  est  de 
même  pour  quelques  substantifs  tels  que  dans  ces  phrases  : 
S'ère  énqué  dé  moussu  tàou;  dé  moun  pèro.  L'usage  seul 
détermine  cette  différence,  qu'aucune  exigence  euphonique 
d'ailleurs  ne  motive,  au  moins  dans  la  prose. 

£n-qnèsto,  phr.  faite.  En  quête,  en  poursuite,  en  re- 
cherches. 

Dér.  du  lat.  QtuesHum,  supin  de  Quœrere,  chercher. 

Ënquèsto,  s.  f.  Enquête;  recherche  judiciaire;  infor- 
mation. 

Ënqidcon  ou  Ënquoncon,  ou  Ênticon  ou  Êntoncoa, 
adv.  de  lieu.  Quelque  part;  en  quelque  lieu;  en  un  certain 
endroit. 

Énqvicon-mài,  quelque  autre  part  ;  ailleurs. 

Dér.  du  lat.  Quocumgue,  m.  sign. 

Ënqniè,  s.  m.  Trou  de  la  canelle  on  du  rohinei  d*iuie 
futaille  ou  d'une  cuve. 

Dér.  de  Énquo. 

Ënquiè,  èto,  adj.  Dim.  Énquièté,  ÉnquiêM.  Inqniei; 
chagrin;  d'humeur  morose;  grognon;  qui  aime  à  se 
plaindre.  —  Énquiè  eoumo  un  ea  borgne,  prvb.  Inquiet 


EiNR 


ÉNR 


•i93 


comme  un  chat  borgne,  ce  qui  veut  dire  aveagle.  —  Voy.  \ 
Borgne. 

Dér.  da  lat.  Inquieiua,  inquiet,  agité. 

inquiéta,  v.  Inquiéter;  donner  du  souci,  du  chagrin, 
de  la  sollicitude. 

S'énqtUéia,  se  chagriner;  prendre  de  l'humeur;  se  mettre 
en  colère.  —  Faire  énquiéta,  donner  de  Thumeur;  faire 
mettre  en  colère. 

fnqniétndo,  s.  f.  Inquiétude  ;  chagrin  ;  humeur.  —  Aï 
«no  bèlo  énquiéiudo,  ana$;  allez,  j*ai  un  violent  motif  de 
chagrin;  je  suis  bien  en  souci. 

Ëiquo,  désinence  adjective  féminine.  —  Ce  suffixe  avait 
sans  doute  pour  masculin  Éne,  qui  n'est  pas  «resté  avec 
cette  forme  dans  notre  dialecte,  qui  n'admet  dans  aucun 
mot  le  G  final.  Aujourd'hui,  ce  masculin  est  En,  En,  qui 
marque,  en  s'ajoutan^  au  radical,  à  un  nom  de  lieu,  le 
voisinage,  l'habitation,  l'appartenance,  et  que  des  analogies 
rapprochent  des  autres  suffî&esdont  il  a  été  traité.  —  Voy. 
En,, En,  suffixes.  Ènquo  au  féminin  adjective  les  noms 
dans  le  même  sens  :  son  origine  et  ses  transformations  sont 
expliquées  dans  l'article  auquel  nous  renvoyons. 

Ênquo,  s.  f.  Ganelie,  d'une  cuve  d'un  tonneau,  qui  n'est 
qu'un  tube  fermé  par  une  broche.  —  Ana  coumo  uno 
énquo,  aller  fréquemment  à  la  selle,  avoir  le  dévoiement; 
aller  comme  un  robinet.  Lou  fai  ana  coumo  uno  énquo,  il 
le  mène  grand  train;  il  ne  le  ménage  pas;  il  le  plie  à  ses 
moindres  volontés.  On  dit  aussi  :  Va\  coumo  uno  énquo, 
d'un  outil,  d'un  appareil,  d'un  individu  même,  qui  fonc- 
tionnent parfaitement,  qui  font  vite  et  bien. 

Énquoucoil,  adv.  de  lieu.  —  Voy.  Ènguicon. 

Snraja,  ado,  adj.  Enragé;  qui  est  atteint  d'une  douleur 
extraordinaire,  d'un  mal  violent,  d'une  colère  furieuse.  — 
Dans  le  sens  de  rage,  hydrophobie,  on  dit  mieux,  Fot; 
«Il  chi  fol,  un  chien  enragé  :  on  ne  se  servirait  pas  de 
Ènraja,  qui  est  Une  acception  française. 

Dér.  du  lat.  Rabies,  rage. 

inràoumasBa,  v.  Enrhumer;  causer  un  rhume. 

S'énrâoumassa,  s'enrhumer,  gagner  un  rhume.  —  On  dit  à 
un  enfant  qui  n'ôte  pas  son  chapeau  devant  une  personne 
X  qui  il  doit  du  respect  :  As  satqué  pôou  d'énrâoumassa 
tous  pésouls?  tu  crains  sans  doute  d'enrhumer  tes  poux? 

Dér.  de  Râoumas. 

Inrâonqna,  v.  Enrouer,  causer  de  l'enrouement. 

Dér.  de  Bâou,  rauque. 

finraiQaa  (S*),  v.  Se  dit  du  vin  qui  pour  avoir  trop  cuvé 
dans  le  marc,  prend  l'&preté  et  le  goût  de  la  rafle;  et  aussi 
de  la  canelle  d'une  cuve  qui  est  obstruée,  ou  bouchée  par 
la  rafle,  faute  d'avoir  mis  un  filtre  quelconque  &  l'inté- 
rieur. Au  fig.  S'énraqua,  s'enivrer,  se  gorger  de  vin.  — 
Èstre  énraqua  dé  quieon,  être  fatigué,  dégoûté  de  quelque 
chose  ;  en  avoir  par  dessus  les  yeux. 

Dér.  de  Raquo, 

tnrédéai  (S*),  v.  Se  raidir;  devenir  raide. 

Dér.  de  Réde. 


Ënréga,'  v.  Semer,  planter  à  raies  ou  en  sillons  faits  à 
la  houe  une  planche  de  jardin.  —  Ènréga  dé  faviôous , 
semer  des  haricots  en  raies. 

S'emploie  aussi  pour  dire  :  tracer  le  premier  sillon,  la 
première  raie.  Par  ext.  commencer,  entreprendre  mie 
œuvre,  un  labeur,  une  t&che.  —  Ènréga  un  coumplimén, 
enfiler  un  compliment. 

Dér.  de  Régo. 

Ênrégaîre,  s.  m.  Ouvrier  qui  exécute  l'oeuvre  ou  Faction 
du  verbe  précédent. 

Enregistra,  v.  Enregistrer.  —  Cela  ne  se  dit  point  des 
actes  de  l'administration  de  l'enregistrement,  qu'on  nomme 
Contoronle,  et  Contourounla;  mais  bien  de  l'inscription 
sur  les  registres  de  l'état  civil.  —  S* es  pas  trouva  enre- 
gistra, sa  naissance  n'a  pas  été  constatée  sur  les  registres 
de  l'état  civil. 

Ênréïa,  v.  Piquer,  blesser  une  bète  de  labour  avec  la 
pointe  du  soc. 

Dér.  de  Réao. 

Ênréssa,  v.  Mettre  en  chapelet  les  oignons  ou  les  aulx. 
Par  ext.  appareiller,  ranger  régulièrement  et  par  rang  de 
taille  ou  de  dimension. 

Dér.  de  Rès. 

finrougna,  v.  Donner,  communiquer  la  gale.  — 
Un  troupèl  énrougna,  uu  troupeau  atteint,  infecté  de  la 
gale. 

Dér.  de  Rougno. 

Ênroonza  (S*),  v.  S'embarrasser,  s'empêtrer  dans  les 
ronces.  —  La  diflërence  de  ce  mot  avec  S'arounxa  est 
que  celui-ci  signifie  :  être  accroché  par  une  ronce,  être  la- 
bouré par  une  épine  de  ronce;  tandis  que  S'énrounia 
suppose  un  champ  de  ronces  dans  lequel  on  est  pris  et 
embarrassé. 

Dér.  de  Arounxe.  ^ 

Ênraga  (S'),  v.  —  Il  existe  un  préjugé  populaire  que 
représente  ce  verbe,  qui  n'a  pas  de  correspondant  français,  ' 
et  qu'il  est  nécessaire  de  traduire  et  d'expliquer  par  les 
faits. 

Lorsqu'une  personne  a  la  peau  couverte  instantanément 
d'une  éruption  de  petits  boutons  cuisants  et  à  forte  déman- 
geaison causée  par  une  ébullition  quelconque  du  sang,  on 
suppose  qu'elle  provient  de  la  déjection  d'une  sorte  de 
chenille,  animal  microscopique  qui  vient  sur  les  chênes, 
déjection  qui  atteint  les  personnes  passant  sous  l'arbre. 
Cette  croyance  a  toute  la  fixité  et  l'obstination  d'un  théo- 
rème, et  les  paysans  se  moquent  de  tous  les  raisonne- 
ments contraires  qu'on  leur  oppose.  On  a  beau  leur  dire 
que  l'individu  atteint  de  ce  mal  n'a  point  passé  sous  un 
chêne;  que  les  chenilles  n'ont  qu'une  vie  très-courte,  et 
qu'en  toute  saison  elles  ne  peuvent  exister;  qu'il  est 
sd)8urde  de  supposer  que  des  animaux  puissent  se  donner 
le  mot  pour  répandre  à  la  fois  leurs  déjections  sur  les 
passants,  et  plus  absurde  encore  qu'ils  puissent  les  répan- 
dre constamment,  de  manière  à  ce  que  le  passant  en 


•j:t4 


KNS 


ENT 


l'ii;.  i\o  r.ixiix"'  iliiiis  I.i  s*c<-iiilr'  t[u'\\  inrl  à  p'irc' •iii'ir  li' 
■li  i!i,'lr.'  (Ir  ri'iiiluv  il'iiii  .'liliiv.  Oii  ,\  Immu  !.-ur  i;iiiv 
"!  >"r\i'i"  tjiii'  (iiuml  iiit'iin'  If'Ul  cl.i  Ni-iil  \i,ii,  la  ilfj'.c- 
lit  II  II»'  jHiurnit  n-ir([ii('  >ur  !ts  [);irli'S  du  curps  laiss-'os  à 
(li'iniiNii'l  r\  r\\  CMiitact  irii  iiit'ilia  l  a\i'c  •'!!♦',  laiiili>^  tjut^  Its 
•  'nijitiniis  il'Ul  s'aiil  m'  ju-i'iIuim'uI  sur  l'.s  jiai'lif.s  Is  jilu^ 
(■<ar\t\-|t>,  ('.iiiiii"'  IV'jijin»  (IdNilc,  le  N.Miln»  et  l>'s  «•uiss"s; 
ImuI  crl.i  u  •  |).'ul  l'U  ri''ji  alt'-ivi-  la  rrrihilil''  <1''  ros  lH)iMit?s 
^'('11^.  Il  '.ul  n'iiian]u«M' ici  ijui'  lis  ^-mis  tl<'  In  cnuiii.i.u'iie 
\«'ul''Ul  \.n.  à  [n\i\  uii.'  (viust'  naluivlli' nu  sui'iiahiivllc  ;  du 
]ii"!iii'uî  11!  •  l.ur  iid''lliLriit'<'  lie  jr-ur  u.nnliv  pas  iiiiiin''- 
di.il'ii.'aiî  ••.'Ui-  i*,,u>-' .  ils  s"<'ii  «Tr.'nl  uuf  laiilasliiju»* 
[dulnt  (ji:  d'a\ "UtT  l.'ur  iL'ii-uaucf  <»u  di-  >"i\  rajtp  irtor 
.iu\  d''!;iii;.  .ii>  de  la  >«fi<jn-.\  rlms.-  ])mui"  latpi' lie  ils  nut 
InUj  aii's  u:.''  i-\Uvii.''  d<'Ji,,h(T'.  CrA  cf  pir|i!t<lu  cllrl  de 
la  Ci'i''iiill''  .jii  '  »li  aj>p»'lli'  Ijiinifd  :  mr  soiit  inrii(/(i .  j'iii 
iili-    rrupti'  .1  di'  l»'iul'iiiS 

|)''r.  d-'  Ain(jo. 

tnsabla,  r.  I{t'CMU\iir  de  salil.-;  il(''p'.>t'r  uii<^  eoutli»;^  de 
>il»l.'.  —  (.'.'st  ee  (jiu  aii'ive  NtUM-jit  aux  Ifirauis  exposés 
.1  l.i    .shî.ii;''i>i'i]i  d«'S   ii\i("T*'S  <■(  di'S   Inii-.'hls.    L'irsiju».'   la 

rn\>-  «  st   M.'  '.  •'lUIt',   rllr  ]U^  dr-jn-si'    ^Ul"  !•'>    tri'|V>    ri\-'lMiMt\S 

ipii.ii  '  ['•_  !"•'  l'MUfin'  de  lliJiMU  vl  les  iM'iiilii';  !••  in^uie 
;.>ii!t.it  .•«  ''leiil  <  iirci'c,  niriin' djus  les  t^r.iinl.  >.  erut-s, 
I  'i'MjU'  1  ^  ioids  Si  id  luuri'<'>  <'i  i^aiiii.s  il  ■'pai>.- -s  li>ii"'r''S 
d"->i'ia;.'.  ,  iiw- .|iii'  II'  e<an\uil  ♦'■laiil  al<'r>  lii"is«''  parées 
(t|i>l  iid''>,  I  'S  sahlrs  [)lu>  pi\>auls  (|ue  Ii;  liiiiitii  'i  ijui  oeeu- 
piail  uin'  ,.iin'  iidV  iirur.'  il.!n>  li' etaiianl,  ><  ni  («îiliuis  de 
>"arivl T  "il  d''  .>•  lai>M'r  eiilraiurr  »lins  if  .-l'Uranl  [Tiii- 
.•ip.il.  laiidi>  i\,:<-  |i'>  i»>'raii'S  lai>>.'iil  priii'-tii'i'  l' s  raux: 
•Ji.ir.'T.s  'il'  piriii'uli'>  plus  ltcSm-s  et  plu>  Ir.v  M"e>  (ju^llrs 
\  di''j..)s.'i;l  ■•Il  N'  iviifant. 

Énsaja  -ai  Assaja,  v.  KssayiT,  l<'Ht<'r,  ''pi-nux-'r;  faiiv 
1  <-nÛ  d'iiii'  rIiM>e;  IfieleT;  Si'  di>pMS"M'  à  lair»';  i^ssavT  ini 
\  »'(•  ;ii'']il. 

Va\  ilal.  Assdijiarn,  m.  sii^n. 

Éiisalado,  .s.  /".  Salade;  ujids  côuipnsé  di»  Iciruines  ou 
d'iiril.is  ,!^s  lis.iiiiit'es  a\i^cilu  sel,  de  l'iiuile  el  du  vinai^MV. 
—  Il  si'  dil  ;\  la  fois  eoinnie  on  fr.  de  la  salade  assaisoiuiée 
l'I  de  tout  lt'';junio  (jui  sert  ;\  la  eoiuposiM".  (Icpi-iidanl, 
iHixju.  1  'Il  [)it»iiniie«^  ce  mot  d'ujie  manière  alsnlui}  et 
sans  lar  •  'iii{»a|.nier  du  nom  de  res[»èfe,  il  ne  s^ippliijue 
.i:uri'>  (ju"  n\  ilifTiTmls  ^'inres  de  eliiconV  on  de  laitue. 
On  iliia  .1  ■>  la.'ii  A  une  personne  (|ui  li<'iil  à  la  main  une 
eliii;t»jM-  i.|  uni'  laitui'  :  rourtas  (iqut  u)ni  jniulûlo  cfisata^fo; 
mais  >,  e  -l  du  eélni,  Uu  civssi'U,  etc.,  il  faut  njnuler  lo 
nnui  de  r  •sj)!^!'.  Trïti,  csitoussd,  f/firn),  vira  rcnsalmlOf 
i'[)lueli''i'.  '';^iihller,  assaisonnor.  toni-niT  la  salade. 

Iji  ilal.  hisahttn,  m.  sign. 

Ênsaladiè,  5.  m.  Saladier,  «'suèce  do  panier  on  fd  d'ar- 
vhal  pian  •ut'Utt'-r  la  salade.  —  On  dit  aussi  :  Souï  cnsa- 
'•'■'.  vusk  '(ï'IUiio,  adjeelivenii'nt,  jniur  :  jaime  Ijoaucoup 


Énsannousi ,  r.  Ijisin;:l antt'r;  tacher,  souiller,  salir  de 

S.I.IL'. 

< 

I).  l*.  di'  Sahfj. 

Ênsaqua,  r.  Kn>acli.'r;  nicilri'  drns  des  sacs;  tasser; 
[)r('>N'i'  iMi  M  iiiu.eiit  |t'  sae.  - —  rnsdipta  fou  hht,  nii.'ttre  le 
Ml'  l'U  >.{{'.  i.nsa>i>'<i  h, Il  sa,  Mtu!('\er  lo  sac  et  lo  secouer 
quand  il  r>t  pii'NjUi'  jiliin  ]K>ur  (]no  le  contenu  s'entasso 
l'I  li'Miin'  nl"ln^  il-'  jil.ici'.  /lUSfKjua  hni  boutiin,  la  sâou- 
risso,  l'tc.,  laivir  Ir»  linyau  du  houdin,  do  la  saucisse,  etc. 
i:}i^(i,jii(i  lu:i  tlina,  i.mv  de  l'i-xcrcice  pi»nr  ahattre  les 
nj'iv<aii\  d.m.s  l'i  .>t'ih..c,  c.-a-d.  pnur  faciliter  la  dij/estion 
a|iri'S  dner.  l.s  lui:  uisdjtui  dm  sas  brn'tos.  il  a  la  taille 
t'ULMiiC'"',  enla>si''i\  l.iurd'',  rpiissi'.  Ar/uô's  hldt-énscfjita, 
fan'nn  ini'ii,uli>,  loc.  prvh.  (l'est  niai'clié  Conclu;  c'est  cliosp 
l'Ul'  inlui- ;  cr^l  fiMiiih'    >!  Vous  teniez. 

l)ér.  de  Sa. 

j        Ensarios,  .v.  /'.  ji!u> .  0  -idili^  cal-as  en  sparlerie.  — Voij. 
J:înhi(issos. 

Dér.  ilii  lat.  Sarrina,  jjaijuet,  ha^age. 

Énscgna,  ?\  lndi(;uer;  monirer;  aj)prendre;  njais  non 
dans  le  sriis  du  h'I.  y^(.^(,  i'ns''i_!ner.  —  Ijiscyna-mc  lou 
canii,  indi(iU''Z-nioi,  :n"nlrez-m<">i  le  chemin. 

Dér.  de  la  lias.  lat.  fftsi'/iinn.',  faire  une  manjue,  un 
.si-'ii'',  du  1.1 1.  Sl(jinn/i. 

Énscguo,  x.    /".    !!::>  i,:m  ;    mari[ue,    imlice  ;    lahleaii, 
l'crileiu  d'un  maL^asin,  d'un  caltarel,  d'une  auherp',  etc. 
.  Ensemble  «m   Énsém,  a(fv.  Ijisemhle;  de  compa,LMiie, 
Tini  .;vec  rautie,  |.s  uns  avi\'  les  autres. 

Le  pr-'M.lii'  n'i'st  :  a.^  l  p'U  iiiilii:èn(\  mais  il  est  fort  reçu, 
le  sei'und  l'st  plus  pur. 

l)i  V.  du  l,d .  Ins.hnu/,  m.  si'-'n. 

Énsiblo,  N.  ni.  i;asi;ii>Ie;  nnlean  aul<nu'  duijuel  <»st 
r-  ul''''  la  cliaine  ^Tna'-  l'i-lVr  qu'on  tisse. 

Di'i'.  di'  la  ha^.  l.iî.  Ins-if  f(f"tn,  m.  sii:n 

Énsin  ou  Énsindo,  mlv.  Ain>i;  de  celte  manière;  cela 
él.iid.  —  Il  ne  siu'iiilie  j.;i>  :  ainsi  que. 

Tonne  de  d-'ux  ad\.  lai..  Sic  r\  Indr,  qui  ont  à  pou  près 
la  Uièliie  pi.rl.'e  m  ce  SillS. 

Énsourcéla,  r  Knsoiceirr;  jeter  un  sort.  —  Aqucio 
féfinn  l'a  ensourrcla.  cette  fennne  lui  a  jeté  un  charme;  il 
est  amoureux  d'elle  comme  si  elle  lui  avait  donné  un 
l)hillie  d'an/oin'. 

Di'r.  di'  Sourric. 

Énsourda  ou  Assourda.  v.  Assourdir;  rendre  sourd  à 
force  il'  ciier,  d'-  faire  ilu  hruit;  abasourdir.  —  M'en- 
souj-'lci,  tu  m'iMinuii  s  de  tes  propos. 

I)èr.  de  So'ir. 

Énsupourtable,  ablo,  ndj.  !nsup[)ortahle;  ennuyeux; 
intolérahle;  assommant. 

Empr.  au  fr. 

Énsuqua,  v.  —  Voy.  Assuqun. 

Enta,  r.  (irelTer;  faire  l'opération  de  la  grofTe. 

Dér.  ilu  lat.  Tntns,  dedans  :  mettre  la  irretïe  ou  scion 
d'un  arhre  dans  un  aut.e. 


ÉNT 


ENT 


295 


Éntancha,  v.  Dépêcher;  hâter;  avancer  un  onvrage.  — 
S'ÀiiOficfta,  se  dépêcher;  faire  quelque  chose  avec  hâte, 
avec  dextérité;  se  presser  de  finir  un  ouvrage,  un  travail. 
Énianchen,  dépêchons-nous;  avançons  notre  ouvrage.  La 
bouto  s'éntancho,  le  tonneau  sera  bientôt  au  bas  ;  on  se 
presse  de  le  vider.  Lou  vi  éntaneho  lou  traval,  le  vin  fait 
avancer  l'ouvrage,  c.-à-d.  qu'en  donnant  du  vin  aux 
ouvriers,  on  leur  donne  du  cœur  et  du  zèle.  S'éntancho 
déplôoure,  il  pleut  dru,  ou  la  pluie  redouble. 

Formé  sans  doute  du  gr.  'Ev  et  Tu/^a,  vite,  promptement. 

Êatanche,  «.  m.  Ne  s'emploie  qu'à  l'ablatif  d'éntanche, 
et  seulement  sous  forme  négative.  —  Aquà's  pa'n  traval 
d'éntanehe,  ce  n'est  pas  un  travail  qui  puisse  marcher 
rondement,  qu'on  doive  mener  trop  vite  :  c'est  un  ouvrage 
minutieux. 

Ëntanchivou,  adj,  dés  deux  genres  et  des  deux  nom- 
bftj^.  Il  a  à  peu  près  la  même  signification  que  d'éntanche. 
—  Aqitéles  pèses  soun  pas  éntanchivou,  ces  pois  sont  menus 
et  longs  à  écosser  :  on  avance  peu  l'ouvrage. 

Ëntavéla,  v.  Empiler;  mettre  en  pile;  ranger  en  couches 
superposées,  comme  cela  se  fait  pour  du  bois  à  brûler,  des 
fagots,  des  gerbes,  des  bottes  de  foin,  etc. 

Dér.  de  Tavêl. 

finie,  s.  m.  GreÔc  d'un  arbre;  le  scion  qui  a  été  greffé; 
le  point  de  soudure  qui  reste  sur  la  branche  greffée  et 
qu'on  y  remarque  longtemps  après  l'opération. 

Pour  l'étym.  v.  Enta. 

Êntéména,  v.  Entamer;  blesser;  faire  une  écorchure, 
une  entaille,  une  blessure  ;  commencer  à  couper,  à  diviser; 
entreprendre,  commencer.  —  Éntéména  la  tourto,  entamer 
la  miche  de  pain.  Éntéména  uno  bouto,  mettre  un  tonneau 
en  perce.  Ai  moun  talou  éntéména,  j'ai  une  écorchure  au 
talon.  Dé  qu'éntéménan  déman?  Quel  travail  entreprenons- 
nous  demain? 

Dér.  du  gr.  ÉvtéfivEtv,  couper,  tailler,  dépecer. 

£nténcion,  s.  f.  Ce  mot,  qui  est  fr.,  n'est  employé  que 
dans  le  sens  des  phrases  suivantes  :  Aï  ënténciou  d'un  bé, 
j'ai  intention  d'acheter  un  domaine.  Mais  ici  le  langue- 
docien est  plus  explicite  que  le  français  ;  il  signifie  :  j'ai 
un  domaine  en  vue,  et  non  l'intention  générale  et  indéter- 
minée d'une  pareille  acquisition.  S'a  énténciou  d'aquélo 
fïo,  f&ou  que  s'anounce,  s'il  a  réellement  intention  d'épou- 
ser cette  fille,  il  faut  qu'il  se  déclare. 

Ênténdémén,  s,  m.  Connivence;  collusion;  entente  de 
deux  fripons  pour  duper  quelqu'un.  —  Y-a  d'énténdèmén 
âau  jo,  il  y  a  quelque  dessous  de  carte  :  cette  phrase  se 
dit  par  catachrése  de  toute  autre  affaire  que  le  jeu. 

Dér.  de  S'énténdre, 

Ën^ndre,  v.  Entendre;  ouïr;  comprendre;  deviner. 

S'entendre,  s'entendre  ;  être  d'accord  ;  convenir  ;  être  de 
connivence  comme  deux  larrons  en  foire;  s'appliquer  à... 
^Pér  entendre  dtre^-pour  l'avoir  entendu  répéter.  Séy-éntén 
prou,  il  a  assez  de  savoir-faire,  il  s'y  entend  assez  bien. 

Dér.  du  lat.  Intendere,  considérer  avec  attention. 


Entendu,  udo,  adj.  Entendu,  intelligent;  savant  et 
habile  dans  son  art;  qui  voit  bien  les  choses. 

fintéra,  w.  Enterrer;  mettre  en  terre;  ensevelir,  inhu- 
mer; cacher  en  terre;  enfouir;  couvrir  de  terre.  —  Aquél 

m 

àoubre  es  éniéra  jusqu'dou  cafour,  cet  arbre  est  enterré 
jusqu'à  l'enfourchure  des  branches.  Jtloun  pèro  m'éntérara, 
mon  père  vivra  plus  longtemps  que  moi.  Vène  Xou  cabaré, 
jogue  dé  t'éntéra,  allons  au  cabaret,  je  parie  de  te  mettre 
sous  la  table. 

Dér.  de  Tèro. 

Ëntérado ,  s.  f.  Convoi  funèbre  ;  inhumation  ;  funé- 
railles. —  L'éniérado  est  proprement  le  convoi,  la  pro- 
cession des  assistants.  Ana  à  Véntérado  dé  quâouqus,  suivre 
le  convoi  de  quelqu'un.  Y-aviè  uno  poulido  ëntérado,  le 
convoi  était  très-pompeux.  Le  languedocien  est  une  langue 
naïve  qui,  en  fait  de  convenance,  le  cède  au  fr.  :  celui-ci 
ne  dirait  point  un  joli  convoi  funèbre.  Le  provençal  va 
encore  plus  loin  que  nous  dans  ce  cas;  il  dit  :  Uno  galanto 
ëntérado. 

fintéraîre,  s.  m.  Fossoyeur,  seulement  pour  les  fosses 
mortuaires,  et  non  l'ouvrier  qui  creuse  des  fossés. 

fintésta,  V.  Entêter;  porter«à  la  tête;  donner  des  étour- 
dissements,  la  migraine.  Par  ext.  étourdir  par  le  bruit; 
casser  la  tête  en  parlant  trop,  ou  d'affaires  trop  sérieuses 
ou  ennuyeuses;  étourdir  par  la  vapeur  de  charbon  ou  autre; 
faire  tourner  la  tête. 

S'éntésta,  s'entêter,  s'opiniâtrer  ;  ne  vouloir  pas  démor- 
dre d'une  opinion.  —  Es  éntésta  coumo  un  ase,  il  est  entêté, 
obstiné  comme  un  mulet. 

Dér.  de  Tèsto. 

£nticon,  adv.  de  lieu.  —  Voy.  Énquieon. 

Êntiè,  Eutièiro,  adj.  Entier;  qui  n'a  pas  été  entamé; 
auquel  il  ne  manque  rien.  Au  fig.  entêté,  opiniâtre. 

Dér.  du  lat.  Integer,  m.  sign. 

Êntina,  v.  Encuver  la  lessive  ;  mettre  le  linge  dans  le 
envier  :  ce  qui  est  la  première  opération  de  la  lessive.  — 
Aï  éntina  démati,  c'est  ce  matin  que  j'ai  commencé  la 
lessive.  Éntino  émbé  la  nivou,  séquaras  éndé  lou  sourél,  il 
faut  encuver  avec  le  temps  couvert,  si  l'on  veut  sécher  son 
linge  par  un  beau  soleil. 

Dér.  de  Tino. 

tntissa  (S*),  v.  Se  dépiter  contre  quelqu'un,  s'opiniâtrer 
dans  son  humeur  contre  lui  :  ce  qui  ne  va  pas  cependant 
jusqu'à  la  haine. 

Dér.  de  Tiuo. 

fintoncon,  adv.  de  lieu.  —  Voy.  Énquieon. 

Ëntouèlaje,  s.  m.  Dentelle  sans  dessin  et  sans  picot, 
qui  est  en  pièce  et  qu'on  peut  coudre  sur  ses  deux  lisières. 
Il  sert  de  monture  à  la  dentelle  elle-même. 

Empr.  au  fr. 

£ntoana,  t>.  Entonner;  commencer  le  chant  d'une 
hymne,  d'un  psaume  d'église  ;  par  ext.  d'une  chanson. 

Emp.  au  fr. 

fintonr,f.  m.  Entours,  environs;  proximité;  voisinage; 


296 


ENT 


ENT 


intimité.  —  Es  toujour  à  moun  énlour,  il  est  sans  cesse 
autour  de  moi,  près  de  moi. 

A  Véntour,  adv.  A  Tentour;  aux  environs.  —  A  Vén- 
tour  dé  Pasquos,  près  de  la  fête  de  Pâques. 

Tout  Véntour,  adv.  Tout  autour,  tout  à  Tentour. 

De  rita^.  Intorno,  m.  sign. 

£ntonra,  v.  Entourer;  ceindre;  entortiller;  environner; 
enrouler. 

Éntonrna  (S'),  v.  Retourner;  revenir  sur  ses  pas;  s'en 
retourner. 

Dér.  du  lat.  Tomare,  tourner  en  rond,  parce  qu'en  re- 
venant sur  ses  pas ,  on  décrit  une  demi-circonférence ,  un 
demi-tour". 

Êntourtivia  ou  Entourtouvîa,  v.  Entortiller;  tortiller; 
entrelacer,  comme  font  les  plantes  parasites  autour  de 
leur  tuteur. 

Rédupl.  du  lat.  Tortum,  supin  de  Torquere,  tordre,  tordre 
plusieurs  fois,  à  plusieurs  volutes. 

Entra  ou  Intra,  v.  Entrer  ;  passer  du  dehors  au  dedans; 
pénétrer;  commencer.  —  Pode  pas  entra  din  moun  souïé, 
mon  pied  ne  peut  pas  entrer  dans  mon  soulier.  Éntro  et  haro 
la  porto,  entre  et  ferme  la  pc^te.  Éntro  din  soits  quinze  ans, 
il  entre  dans  sa  quinzième  année.  Éntro  pér  la  Sén-Bour- 
touîniou,  il  commence  sa  ferme  à  la  Saint-Barthélémy. 

Dér.  du  lat.  Intrare,  m.  sign. 

Éntraionira,  v.  Embrouiller;  mettre  en  désordre.  — 
S'entra  fouira,  s'ingérer,  s'entremettre,  fourrer  son  nez 
partout,  mal  à  propos  et  sans  y  être  appelé.  Es  tout  entra- 
fouïra,  il  est  tout  entrepris,  tout  empêtré,  comme  une 
personne  qui  aurait  lâché  dans  sa  culotte. 

Formé  de  Entre,  dans,  et  du  fr.  Fourrer. 

Éntramén,  adv.  Cependant;  en  attendant;  quoiqu'il  en 
soit.  —  Éntramén  que,  tandis  que,  pendant  que,  puisque. 

Dér.  du  lat.  Intérim,  pendant  ce  temps. 

£n-tranto,  sorte  d'adv.  qui  ne  s'emploie  qu'avec  le  verbe 
Èstre,  en  balance,  en  suspens.  —  Èstre  én-tranto  dé  fùire, 
être  en  suspens,  indécis;  sur  le  point;  entre  le  zist  et  le 
zest. 

Dér.  sans  doute  de  Trantaia,  balancer,  branler. 

£ntrapacha,  ado,  adj.  Dim.  Éntrapaehadé,  éto;  Èntra- 
pachadoù,  ouno,  Bancroche;  qui  a  les  jambes  torses,  nouées; 
qui  est  gêné  dans  sa  marche  par  l'enchevêtrement  de  ses 
jambes.  Au  fig.  embarrassé;  entravé;  qu'un  rien  arrête; 
entrepris. 

Formé  de  Entre  et  de  Pas,  qui  a  les  pas  entremêlés. 

Entrava,  v.  Entraver;  mettre  des  entraves  à  la  marche 
de  quelqu'un,  mettre  des  liens  aux  jambes  des  animaux; 
donner  un  croc-en-jambe  pour  faire  broncher  quelqu'un. 
Au  fig.  croiser  les  démarches;  susciter  des  obstacles. 

Dér.  du  lat.  Trabs,  poutre  qui  servait  à  entraver  les 
chevaux. 

Ëntravaqna,  v.  Entraver;  embarrasser;  égarer,  ou  plutôt 
avoir  placé  un  objet  dans  quelque  coin  dont  on  ne  se 
souvient   plus.  —  Lou  ehival  s' es  éntravaqua  din  soun 


cabéstre,  le  cheval  s'est  enchevêtré  dans  son  licol.  Entra- 
vaqua uno  saraïo,  mêler  une  serrure.  Quâou  sa  mounti 
s' es  éntravaqua?  Qui  peut  savoir  où  il  s'est  égaré? 

II  a  la  même  racine  que  Entrava,  dont  il  est  on  aug- 
mentatif. 

Êntravaqnaire,  airo,  adj.  Qui  égare  toujours  ce  qu'il 
tient  à  la  main;  chercheur  de  difficultés,  qui  ne  fiait 
qu'embrouiller  les  questions. 

Êntravaqucùs ,  ouso,  adj.  Difficile  à  débrouiller*  à 
démêler. 

Êntravéssa,  v.  Mettre  en  travers  ;  faire  croiser  une  chose 
sur  une  autre.  Au  iig.  traverser  les  projets  de  quelqu'un, 
lui  mettre  des  bâtons  dans  les  roues  ;  contredire,  contre- 
carrer. —  Un  êntravéssa,  un  esprit  de  travers,  caractère 
rebours. 

Dér.  du  lat.  Transversus,  en  travers. 

Entre,  prép.  Entre;  parmi;  au  milieu:  dans;  en^ — 
Paurta  entre  brasses,  porter  à  bras.  Entre  aïci  et  uno  Aouro, 
d'ici  à  une  heure.  Entre  paga  et  mouri  on  y-és  Umjour  à 
tén,  prvb.,  payer  et  mourir  sont  deux  extrémités  qu'on 
retarde  autant  qu'on  peut.  Entre  fïos  et  eapélans  sabau  pas 
mounté  manjaran  lus  pan,  prvb.,  les  filles  et  les  prêtres 
ne  savent  pas  d'avance  où  se  fixera  leur  domicile.  VéndraX 
entre  tout  déman,  je  viendrai  dans  la  journée  de  demain. 

Dér.  du  lat.  Inter,  intrà. 

Entre,  conj.  Dés  que;  aussitôt  que.  —  Entre  véni  dé 
dina,  d'abord  après  diner.  Entre  y-avédre  parla,  vous 
rendrai  résponso,  dès  que  je  lui  aurai  parlé,  je  vous  ren- 
drai réponse.  Entre  lou  véïre,  en  le  voyant;  aussitôt  que 
je  le  vis.  Entre  vira  lou  cantoù,  en  tournant  le  coin.  Ènire 
gué  H  séguère,  à  peine  arrivé  ;  aussitôt  que  j'y  fus  anivè. 

Éntrébonîa,  v.  Embrouiller;  brouiller;  mêler;  entre- 
mêler. 

Rédupl.  de  Émbouïa. 

Êntrébonîaire,  aîro,  adj.  Brouillon;  qui  ne  fait  qu'em- 
brouiller les  questions,  comme  tout  ce  qu'il  touche  ;  qni 
ne  sait  rien  démêler. 

£ntrébonli,  v.  Troubler  l'eau;  obscurcir  une  glaoe.  — 
On  diriè  qu'éntréboulis  pas  l'aXgo,  il  a  l'air  si  sage,  si  po8è, 
qu'il  ne  troublerait  pas  l'eau  en  la  passant  à  gué;  il  a  Pair 
de  ne  pas  y  toucher. 

Dér.  de  Trèbou, 

Éntrébonlimén,  s,  m.  Trouble  de  l'eau  agitée  et  salie 
par  la  vase  qui  remonte  à  la  surface. 

Êntrédi,  icho,  adj.  et  part.  pass.  de  Éntrédire.  Interdit; 
déconcerté;  confus;  interloqué.  —  Séguè  tout  éntrëdè,  il 
fut  tout  interdit.  D'uno  paràoulo  l'intrédiguère,  d'un  mot, 
je  l'interdis. 

Dér.  du  lat.  Interdictus,  m.  sign. 

fintrédire  (S'},  v.  Dire  à  part  soi;  faire  on  à-parte; 
se  dire  à  soi-même.  —  JU'éntridiêiH  que  txntt  a^ud  n'èro 
pas  vrai,  je  pensais  à  partmoi,  que  tout  cela  n'était  pas  vrû 

Ëntrédourml  (S*),  v.  Sommeiller;  être  entre  la 
et  le  sommeO. 


ENT 


ENT 


297 


ÊntrédoÙB,  adv.  Entre-deux;  en  balance;  ni  oui»  ni 
non;  ni  bien,  ni  mal. 

tntréfièl,  t.  m.  Petit  trèfle  des  près  à  fleurs  jaunes, 
Trifoiium  pratense,  Linn.  Plante  de  la  famille  des  Légu- 
mineuses; excellent  fourrage.  Les  variétés  de  trèfles  sont 
nombreuses  :  la  plus  commune  est  à  fleurs  rouges,  le  grand 
trèfle  artificiel. 

Dér.  du  lat.  Trifoiium,  trois  feuilles,  parce  que  chacune 
des  feuilles  de  cette  plante  est  composée  de  trois  folioles. 

Êntréfoire,  v.  Serfouir  la  terre ,  y  faire  un  second  et 
léger  labour  avec  la  boue  ou  la  serfouette.  Proprement,  ce 
travail  ne  s'applique  guère  qu'aux  plantes  potagères,  pour 
aérer  la  terre  que  les  pluies  ou  Tarrosage  ont  durcie  et 
caillée  à  la  surface;  lorsqu'il  s'agit  des  mûriers,  de  la 
vigne,  etc.,  on  dit  :  Maginqua. 

Formé  de  Ènire  et  Foire,  c.-à-d.  entre  les  plantes. 

Êntrélnsl,  r.  n.  Luire;  luire  à  travers;  entre-luire; 
éclairer  à  demi ,  à  peine,  faiblement.  —  Lou  sourél  tout- 
éte4u  énfréiuêU,  le  soleil  se  montre  à  peine,  de  temps  en 
temps,  entre  les  nuages. 

Dér.  de  LusL 

Ëntre-miè  ou  Êntre-mitan,  adv.  Entre-deux;  entre 
nne  chose  on  une  personne  et  une  autre.  —  L'éntre-miè, 
pris  snbst.  l'entre-deux  ;  une  chose  placée  entre  une  autre  ; 
l'espace  entre  les  deux. 

Dér.  de  Miè. 

Êntrémièjo,  t.  /.  Trémie  de  moulin,  de  bluteau,  etc.  ; 
auge  en  bois  en  forme  de  pyramide  tronquée  et  renversée, 
qui  laisse  échapper  le  grain  par  son  extrémité  inférieure, 
petit  à  petit  et  sans  s'encombrer. 

Dér.  du  lat.  Trimodium,  mesure  de  trois  boisseaux, 
parce  que  la  trémie  de  moulin  contenait  autrefois  à  peu 
prèscetteqnantité  :  elleest  beaucoup  plus  grande  de  nos  jours. 

Êntréna,  r.  Tresser;  entrelacer;  natter.  —  Voy,  Tréna. 

Êntrénonsa,  v.  Faire  des  nœuds  l'un  sur  l'autre,  et 
particulièrement  de  faux  nœuds  qui  deviennent  très-diffi- 
ciles à  démêler. 

Rédupl.  de  Nou$a. 

Ëntrépàoa,  s.  m.  Entrepôt;  lieu  où  l'on  met  en  dépôt 
momentané;  position  provisoire.  —  Aï  mes  aqud  aqui  pér 
étartpAou,  ce  n'est  pas  la  place  de  cet  objet,  je  l'ai  placé 
là  provisoirement  et  en  attendant  de  le  mettre  à  sa  destination. 

Dér.  de  Pàou$a,  Pâouso. 

Ëntrépàousa,  v.  Entreposer;  poser  provisoirement; 
poser  en  attendant. 

Dér.  de  Pâouio. 

Ëntrépréne,  v.  Entreprendre;  commencer  à  faire;  s'ap- 
prfeter  à  un  travail  ;  entreprendre  quelqu'un,  le  quereller, 
le  sémondre. 

S'intréptéM,  se  disputer,  s'attaquer,  se  chercher  noise. 
—  Goto,  $i  t'éntréprénê,  gare  à  toi,  si  je  te  pose  les  mains 
dessus.  Dé  qu'éniriprénèH  iuèïf  Quel  travail  commençons- 
nous  aujouid'hniî 

Dér.  de  Prine. 


£ntréprénén,  énto,  adj.  Entreprenant;  hardi;  qui  se 
lance  dans  des  spéculations  avec  hardiesse  ou  avec  loyauté. 

Ëntréprénnr,  «.m.  Entrepreneur,  qui  se  charge  d'un 
ouvrage,  d'un  travail  à  certaines  conditions. 

Importation  nouvelle,  empruntée  au  fr.,  qui  s'est  facile- 
ment impatronisée. 

Éntréprés,  éso,  tidj.  Entrepris;  embarrassé;  gauche; 
qui  né  sait  de  quel  côté  se  tourner,  ni  comment  s'y 
prendre. 

Éntrépréso,  a.  f.  Entreprise.  —  Ne  se  dit  que  dans  le 
sens  d'un  ouvrage  pris  à  forfait  et  par  entreprise,  c.-à-d. 
aux  périls,  risques  et  bénéfices  de  l'entrepreneur. 

Ëntre-Ségnos  (Las),  s.  f,  plur,  La  ceinture  d'Orion  ou 
les  Rois  Mages,  constellation  composée  de  trois  étoiles  de 
la  première  grandeur,  parmi  lesquelles  est  Sirins,  la  plus 
belle  de  notre  hémisphère,  disposées  à  égale  distance  l'une 
de  l'autre.  C'est  une  horloge  de  nuit  pour  les  paysans  qui, 
suivant  la  saison,  savent  toujours  quelle  heure  il  est  en 
examinant  sa  position  sur  l'horizon. 

Gorrup.  de  Trû  ségnos  ou  trois  seigneurs,  pour  désigner 
les  Rois  Mages. 

fintrétène  ou  tntréténl,  v.  Botretenir;  fournir  le  né- 
cessaire; conserver  en  bon  état;  raccommoder  une  chose 
pour  augmenter  sa  durée. 

S'énirétène,  s'entretenir;  discourir;  causer  de  quelqu'un; 
fournir,  soigner  son  vestiaire.  —  Vous  éniréténguès  dé  iéou, 
vous  vous  êtes  entretenus  de  moi  :  vous  en  avez  médit. 
S'éntrétèn  bien,  sa  mise  est  toujours  soignée,  propre.  Fôou 
bé  gagna  pér  s'énirétène,  il  faut  bien  gagner  au  moins  son 
vestiaire. 

Empr.  au  fr. 

tntréténénço,  s.  f.  Dépense  de  vestiaire  ;  soin  pour 
entretenir  en  bon  état.  —  La  vdissHo  démando  foço  entré- 
ténénço,  la  vaisselle  vinaire  exige  un  entretien  journalier. 

fintréténénciOB,  t.  /*.  plur.  Entretien;  conversation; 
causerie  confidentielle  ;  médisance.  —  Aime  pas  tout  aqué- 
los  éntréiénéncios,  tous  ces  entretiens  particuliers  ne  me  con- 
viennent guère. 

fintréténgn,  gndo,  part.  pcLss.  de  Éntrétène. 

fintréténi,  v,  —  Voy.  Éntrétène,  m.  sign. 

Éntrévéîre,  v.  Entrevoir;  apercevoir  un  instant,  d'une 
manière  fugitive;  voir  à  demi;  pressentir. 

S'éntrévéire,  se  visiter,  se  voir  en  passant. 

Ëntrévije,  s.  m.  Herbe  aux  gueux,  viorne  à  feuille 
étroite,  Clematis  vUalba,  Linn.,  ou  Viorne  à  large  feuille, 
vigne  blanche,  autrement  appelée  Âoubovi  (Y.  c.  m.).  Plante 
de  la  fam.  des  Renonculacées,  sarmenteuse,  dont  la  feuille 
a  un  goût  piquant  et  caustique.  On  s'en  sert  dans  les  Gé- 
venues  pour  envelopper  les  petits  fromages  de  chèvre  non: 
mes  Péraldoùs  ou  Pélardoùs,  auxquels  elles  communi- 
quent un  goût  piquant  et  poivré.  Cette  plante,  pilôe  et 
employée  en  applications  sur  la  peau,  la  cautérise  et  y 
produit  une  plaie  factice,  mais  facile  à  guérir  :  c'est  là  le 
secret  que  nos  mendiants  actuels  tiennent  des  anciens 

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•21)8 


ENV 


ENV 


Iruamls,  •'l  (jui  lui  a  \.ilii  ^MU  ik.ih  fr.  (l'Herh''  aii\  l'uoun.. 

Entrevis,  vistO,  paît.  puss.  iJo  hnlrcrnre. 

Éntrévisto,  s.  f.  Eutn'vuo  (1<'  uiarinL'c.  —  >"«'  s'cinploii' 

al)Snli;ij,«;|ll  «JUi*  .J.'lIlS  Cf  S''I1S. 

Efijpr.  ;iu  IV. 

Èntriga,  '■.  A^-Mcr  l-'s  ili'iits.  —  >'  a  [i.is  d'autiv  acc'p- 
tidii. 

Dt'T.  lin  lit.  Iulrirari  ^  <'inl);ii'ra>s»n",  l'i'ii'liv  ilillicil'^  : 
rn;;i<:i'ii)''nl  il'S  d  miIs  •  ii  ''iiJjnnMhy'  !•'  j«'U. 

Éntrigoùs,  gouso,  ^i'/y-  iiidw>lri<'U\  ;  ([ui  ><.•  fjoim*' ilu 
Minir.-'ii.'iil  [iMiir  réii-sir,  qui  \  «Mi!|ilMi.>  jjiijli^  iuov.mis  Ixiiis 
(Ui  fiiaii\:'is.  —  il  ji-^iiMil  ]i;''ii  «''liv  finpriiiit''' a  la  Jn-'-iU!^ 
soui'i't;  fjif  1"  Ir.  InU  >'jatti  t'I  r.tiiidni.  ([ui  lui  r»  .•-si-mbltMit 
(r;iill''iirs  [t.'ir  Ir  n  iJ^  ••!  l.i  i''ii',ii.'. 

Éntrin,  o//r.  Iji  ir,ii:i,  «u  |i  ,ij  Inin.  —  L/Un'ii  di'.  rire, 
t'ii  (li<j>'.vi(i.]ri  (]i'  rii'f.  /-;,s  un  pA'jit  vntrin,  il  c^t  un  [l'Mi 
(l.ilis  I  s  \  ii'iif^  du  S'i,  Ni'Ui".  ïjj'i  Ihnjn  es  ttitn'ii,  la  lila- 
tiiP'  fs!  'Ml  ti'aiii  d'  iii;ii"cl!<'!",  rll.>  n  c  iii:iif[iri'- d  '  î'-iic- 
lioiiiiff.  S'.v  ('in  culriti,  ^MU^  rhs  hj  (''\('ill'',  si  ili>j"'S,  >i 
afVaiiv.  Soui  in'hm  '}fitr>'n  nu  jms  hlvn  culritt,  j'''{)rtai\t'  dil 
mal  ii>  '. 

Eii;}'!".  an  ir.  /,//  (id.'n. 

Éntrinqua,  r.  ^î'ilr'' l'ii  Ir.dii;  i'\.a(''i';  <'in:nuui^'«a-. 

S't'tih'KiiiKi,  M'  ;i..'lli'i'  i\.  ii,i)U\ t  ii.ciil  ;  vc  ijji'tiiT  nu 
travail  [i\>'-.  ard  sir;  S'-   .,i^i-  I -.•  i-",:itMil. 

Éntrinquairc,  niro,  u-'J.  \\  u'  •  .ji-tiMii.;  (jui  ['r.jviM[u*^ 
au  [>lal.Mr,  a  la  )  i  ■:  i::ii  i'\<  i!--  >  \  :!,■  1  •  u  li-,.i!i.  —  /.on 
hffuri'j:!^  (on  (jn,'(i,ih\  !(..  •  iinnf'Ci  />  ■ /*'/ , //r/'.v/?/*',  l'aJ!'  d'' 
la  I)  airr-"-,  I-'  ;.':d";;!' 'i ,  !'  t,,!i.'H)!i;i;i  <|ni  iii\il<'iit  a  la 
(laii->  • 

Éiivala,  r.   \\,\l'i',   —    )'(uj.   i.h'Jdrahi. 

Énvalaire,  v.  i ai  ar/J.  m  S'.iii-ii|U''l  ilu  (îrtj,r  y.r.  m.  , 
<|u'(tii  II  •iiiiiM'  NaiN.iit  Cri/ii'  l'i'.iivdlini  (' ,  |a"ol>al)l''îiiri)i 
paiT'  (|ir  >:i  l'ii  ''lil  ;;!!  .•'.._;  i  d;'  !  'iivur  j.  ii.-  |,'s  ('ii!''tnl>  *'ii 
l«'Ui"  <-i)!i;,.;ii  (ju'il  -.w ..!  ■  ■••■<i\  d-'  li-^ur  àj". 

Éiivarci.xa,  '  .   V.:.  ^     '.-  >,\\  ''i-    i\!'."  du    Viiranc  iai  d''  l'i'l- 


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niUMiia''',  u,.  d  siî'  i  i  îi  -al  •  >•!  ;'.  !i!a  .;!;•'. 

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fauls  ap|i"ia  ii(  ciMia''-  ;at,  •'!  <ja'.  il  {  .        '' 
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Il   t  >      I ' •  1 


(lélaclio  du  d'ti''t  à  la  naissano'  diS  cii:,!.  f. 


Pour  ces  d«'U\  dorni'Mvs  acceplious,  la  variant»^  Evéjo 
n'est  [las  ivrue. 

Dér.  du  lat.  Invidia,  en\ie. 

Énvéjoùs,  ouso,  ou  Évéjoùs,  ouso,  adj.  Qui  désiro 
tout  ce  qu'il  vuit  ;  qui  a  mille  désirs  capricieux:  qui  ne 
sait  pas  se  jiasS'T  d'ai({uérir  tout  ce  qui  lui  convient:  qui 
.se  cive  d''S  Insians  factices,  «-t  chez  qui  le  désir  pass»'  à 
r<''lat  «le  1)1 'Soin. 

Énvéla  (S'),  v.  Se  dt-jeler,  .se  voiler,  se  tourmenter,  s*? 
dt-Nfis-a',  c.aiiiu"  lait  l»'  l)<'is  e[ii[»l.iyé  tro[>  vert.  Au  fi.u.  il 
M'  ilil  d's  memlires  humains  ou  de  la  cohmne  vertéhral»* 
qui  S''  conlraeleitt  par  une  courhure,  un-^  déviation  quel- 
C'tutjuf  (H  ]t  adiait  leur  l\>rme  t.'l  leur  direction  nalurell'^s. 
—  lis  tftfd  cnvda,  il  est  tout  histourné,  tortu. 

Déi'.  ilu  lat.   y  cl  are. 

Énvénciou,  s.  f.  Mensonjje;  caldnmie:  dit^aunti-u. 

Empr.  au  i'r.  avec  n^'-^'ra\ali(jn  d'acce^dion,  et  jamal^ 
dans  un  sens  ravorahle. 

Envénta,  »".  Inveuti'r  unn  calomnie,  réjmndre  des  luaiils 
fâcheux;    se  complaire  à  découvrir  et  à  conter  les  défauts 

i\i':^  il  U  In 'S. 

Énvénta  (S'),  r.  S'é\enler;  >.>  i:àt*u'  à  l'air,  prendre  du 
vt'nl.  —  S'  dd  [larliculiércnaait  <lu  n  in  mal  Ijourhé. 

I)<'r.  dt'  yen, 

Énvéntari,  >-.  nt.  Iinentain»;  nilf,  iLéinnirp,  élat,  dô- 
noiidaeiiUMil  par  écril  et  jKir  ai'ticle  d'ohjcts,  d'^-lléls,  ([o 
pa[ii.Ts,  de  lilit'S,  etc. 

\^^\'.  du  !.!t.  litiunirc,  i/ivetitum 

Énvérda,  r.  Eair.;*  la  t'>il>4t'^  d'un  roljin-mouton,  vai 
c^'lojaiit  >a  Liiijt'.  —  E''s  h-ayers  sont  jaîou\  de  la  toilelt<' 
de  l"urs  plus  ]mmii\  m-ailais.  l'u  de  l-urs  olijcts  de  luxe 
concis!*' à  l''Ui'  l.d«  M-,  l'is  de  I.'  t'ait'\  tnais  (ai  qualn* 
llocaisil"  lain*^  sui"  !•'  i\''>,  doni  h'  dernifM' \ienl  fnrmer  un 
tuui ''I  sur  1'^  lV"nt:.'f.  [loiir  ajail-M'iai^'or-' à  et  oi'ii''ai'air. 
ils  1'-  ("iuii'ait  •n'dinair'MaiMit  lai  \i'v\.  ("i.^st  ce  (pi'» m 
n"iii!ii''  l'.'iirrdd. 

Envérina,  ado,  "  './•  —  ^'"U-  i'-nrun-a,  m.  sii^n. 

Ènvcrnissa,  r.  Verni^v^r,  \'^ridr:  passer  une  C"uche  (!«' 
vtaaii^  d.'  «jU''l'pii'  nature  ipie  c-  soit  rt  qu''l  que  stùt 
l'olijtd  au(pi(d  il  s*appli([up. 

\)'V.    d(">     \   iTIl'lS, 

Énvinadouïro   'ii  Boutéïo  énvinadouïro,  s.  j\  Gran-d»' 

ca!''i'a.-M"'  *lr,ai!.d<''''  [»ar  li>  n.ili  ii ,  ''ii  léirm-' du  rhilTre  8  ; 
1'  a;  ri  11.'  i\'^  [iid<'rins,  ('"nir1tH(t  i(('if'-i<;r'fi.  CoM  l'esj^èf'e  que 
l'oji  p.  'pire  piiur  S'TNird*-  L'aii-alle  à  \in,  en  h  laissant 
loii..;i MK-iit  S''c!ier  a  la  riniiv'  s.tus  h""  mant'-au  de  la 
ci.  aaiij ''' :  ^a  c '(jii'Ml("M.>iit  alors  Ir  s 'lure.  Ou  la  perce 
[,^'r  T'aidroit  où  <'lle  ti^ail  à  la  ti;jv;  on  en  extrait  a\ec  soin 
['■ns  II  s  p.'-pias  fî  !>  s  i'(''sidus  di' pulpe  dessé(di'''e  ;  après 
([iioi,  nji  y  \'a"s.'  à  plii>i'M}rs  n'prisi's  du  \  in  ou  du  vinaigre 
h  'Uillanl,  (pi'on  y  laisse  r.>poser  taiviron  (piinze  jours.  Les 
oa\;ii'rs  et  IraN-iill-airs  dî'  t^aa';'  n'ont  pas  d'autre  ainphoro 
ji  ar  i'i]il' inr  1  au*  pi'ovisioii  de  la  journée. 
I       Énvinassa,  /•.  Préjiarer,  a[ij)réiiM'  une  gourde  au  nio- 


EOU 


EOU 


399 


ineat  de  l^ébullilion  du  vin  de  la  cuvée;  aviner;  plonger 
ou  iaire  macérer  dans  le  vin.  —  Énvina$sa,  ado,  adj,  et 
part.  pou.  Qui  a  la  figure  couleur  de  vin. 

Dér.  de  Vin, 

Ê&vironii,  adv,  de  temps.  Environ;  à  peu  près;  appro- 
chant ;  un  peu  plus  ou  un  peu  moins.  —  Es  énvïroun 
mièjour,  il  est  midi  ou  environ.  Ènviroun  la  Sén-Jan,  aux 
approches  de  la  Saint- Jean.  As  ènviroun  dé  milo  francs, 
mille  francs  ou  à  peu  près. 

Dér.  du  lat.  Gyrus,  tour,  circuit;  dont  la  bass.  lat. 
avait  fait  in  girum,  environ. 

£nzina,  v.  Arranger,  raccommoder;  mettre  un  objet,  un 
outil,  en  état  de  remplir  l'usage  auquel  il  est  destiné.  — 
Fosf.  Âsénga,  m.  sign. 

Ëou,  Ëon,  diphthongu»,  syllabe  à  deux  sons,  prononcée 
par  une  seule  émission  de  voix. 

Aucun  dissentiment  n*a  pu  s*élever  sur  la  prononciation 
de  cette  diphthongue,  dont  la  consonnance  est  seulement 
modifiée  par  la  lettre  initiale  tantôt  surmontée  de  Taccent 
aigu  qui  l'adoucit,  tantôt  portant  l'accent  grave  qui  la 
renforce.  On  convient  encore  par  toute  la  langue  d*Oc  que 
le  son  composé  ou  doit  s'y  faire  entendre,  qu'il  se  pro- 
nonce et  qu'il  eu  est  partie  essentielle.  Mais  comment  faut- 
il  l'écrire,  d'après  quelle  orthographe,  avec  quels  signes? 
Voilà  la  question  qui  s'est  posée  tant  pour  les  dipht.  ou 
tripht.  qui  ont  YE  à  leur  base,  que  pour  celles  qui  le  pren- 
nent avec  les  autres  voyelles  A,  I,  O.  Nous  en  avons  parlé 
&  l'art.  Aou  :  le  sujet  n'est  pas  épuisé,  et  nous  ne  préten- 
dons pas  que  le  problème  soit  résolu  aux  yeux  de  tous, 
bien  que  nous  persistions  à  croire  notre  système  ortho- 
graphique le  seul  logique  et  soutenable.  Et  l'occasion  se 
présente  de  l'appuyer  par  de  nouveaux  exemples,  sans  rien 
rabattre  de  nos  premières  observations.  —  Voy,  Aou, 

Sauvages  sera  toujours  considéré  comme  le  législateur 
par  excellence  de  notre  langue  d'Oc;  et  c'est  à  lui  qu'il 
faut  encore  revenir.  S'il  n'est  pas  permis  de  le  suivre  dans 
toutes  les  formules  qu'il  propose,  son  système  d'ortho- 
gn^he  ne  laisse  rien  à  désirer  ni  à  reprendre  quand  il 
traite  de  la  liaison  des  voyelles  A,  E,  I,  O,  de  la  concor- 
dance et  de  l'expression  des  sons  géminés  des  diphthon- 
gues  ou  des  triphthongues  dans  une  seule  syllabe.  Le  pre- 
mier entre  les  lexicographes  languedociens,  il  comprit  la 
nécessité  pour  tous  nos  dialectes  méridionaux  d'établir  un 
rapport  exact  et  direct  entre  l'écriture  et  la  prononciation. 
De  là  cette  règle,  sur  laquelle  nous  ne  cesserons  d'insister 
par  des  redites  fréquentes,  que,  dans  un  mot  écrit,  toute 
lettre  sonne  avec  la  valeur  que  lui  accorde  l'alphabet  usuel; 
et  son  corollaire  obligé,  qu'aucune  lettre  ne  s'écrit  si  elle 
ne  se  pnmonce,  et  ne  se  prononce  que  comme  elle  est 
écrite,  selon  les  liaisons  et  les  inflexions  que  les  signes 
alphabétiques  et  l'usage  lui  impriment.  Avec  une  langue 
dont  le  génie  réside  particulièrement  dans  son  accentua- 
tion, qui  a  pris  tous  ses  éléments  idéologiques^  dans  la  mo« 
dulation  et  l'euphonie,  la  seule  orthographe  rationnelle  et 


possible  est  en  effet  celle  qui  se  rapproche  le  plus  de  la 
prononciation,  qui  figure  la  parole  par  le  caractère  d'écri- 
ture, qui  représente  la  voix  par  la  lettre.  Si,  dans  ces  con- 
ditions, l'alphabet  usité,  courant,  est  jugé  suffisant  à  ren- 
dre tous  les  sons,  à  les  faire  sentir,  il  n'y  a  pas  à  avoir 
recours  à  d'autres  combinaisons,  à  s'évertuer  à  ressusciter 
des  méthodes  surannées,  tombées  en  désuétude,  pour  le 
seul  plaisir  de  faire  de  l'érudition  rétrospective.  On  ne 
peut  qu'accepter  les  notions  reçues  comme  l'alphabet  et  les 
conventions  du  langage  les  ont  faites,  sous  leur  point  de 
vue  le  plus  positif  et  sous  leur  forme  la  plus  matérielle. 

Une  fois  le  principe  de  Sauvages  édicté,  tout  alla  de 
soi  :  sa  haute  raison  suffît  à  le  généraliser.  On  en  trouve 
de  nombreuses  applications.  Mais,  il  faut  le  dire,  il  y  a  un 
siècle,  sa  manière  d'orthographier  les  dipht.  et  les  tripht. 
languedociennes  ne  s'était  pas  encore  répandue,  et  les  an- 
ciennes habitudes  persistaient.  Par  une  bizarrerie  asseï 
singulière,  VA  fut  la  voyelle  la  plus  difficile  à  se  plier  à 
cette  méthode.  D'Astros,  dans  lou  Trimfe  de  la  lengovo 
Gascovo,  employait  la  forme  Au,  et  en  même  temps  eou, 
iou,  oou;  le  prieur  de  Pradinas,  Peyrot,  dans  ses  Géoigi- 
ques  rouergates,  écrit  tantôt  au,  tantôt  aou,  et  toujours 
eoîi,  iouj  oou.  Le  P.  Pallas  reste  aussi  dans  ce  terme  moyen; 
son  dictionnaire  met  au  et  ou  à  côté  de  eou  et  iou.  Quel- 
ques auteurs  plus  modernes,  sans  s'en  expliquer,  consa- 
crent la  môme  anomalie  :  on  trouve  dans  les  fables  de 
D'Astros,  d'Aix,  dans  celles  de  Gros,  de  Marseille,  dans  les 
poésies  de  Diouloufet,  au  et  invariablement  eou,  iou,  oou. 
Goudouli  lui-même,  bien  plus  ancien,  a  reconnu  oou, 
bien  que  dans  son  époque  le  son  ou  se  traduisit  encore  par 
un  u  simple,  et  que,  pour  les  autres  voyelles,  il  mette  au, 
eu,  ttt.  Mais  les  auteurs  qui  se  rallient  pleinement  à  l'or- 
thographe de  Sauvages,  sont  nombreux  jusqu'à  nos  jours  : 
parmi  les  glossateurs,  Achard,  Garcin,  Avril,  Nicolas  Bé- 
ronie,  Couzinié  ;  parmi  les  poètes,  Pcyrol,  Jacynthe  Morel, 
Auguste  et  Cyrille  Rigaut,    Auguste   Tandon,  Anbanel, 
Goye,  Pierre  Bellot,  Carvin,  Jasmin,  et  notre  La  Fare- 
Alais,  pour  ne  citer  qu'un  petit  nombre  de  ceux  qui  ne 
sont  plus.  Toutes  les  publications,  dans  les  divers  dialectes 
du  Midi,  se  conformaient  à  la  règle  :  les  œuvres  du  prieur 
de  Celleneuve,  Fabre,  le  maître  en  esprit  et  en  connais- 
sance de  son  idiome;  les  proverbes  provençaux  de  1824, 
les  cantiques  des  Missions  d'Aix,  leis  juechs  de  la  Fèsto 
de  Diou,  les  Géorgiques  provençales;  les  pièces  du  théâtre 
provençal,  les  Recueils  de  poésie,  les  Journaux  eif  vers,  les 
Chansons,  les  fables  et  les  contes;  la  Bouïabaïsso,  lou 
Tambourinaïre,  l'Abeilho  prouvençalo,  lou  RambttHatre,  ne 
faisaient  pas  autrement,  et  personne  n'avait  à  s'en  plaindre. 
La  liste  est  loin  d'être  complète  des  auteurs  qui  se  ser- 
vaient de  cette  orthographe  :  celle  de  quelques-uns  qui 
persévéraient  dans  les  vieux  us,   fournirait   aussi   ses 
noms  et  sa  protestation  :  et  l'on  pourrait  sans  désavantage 
se  compter,  si  une  question  grammaticale  devait  être  dé- 
cidée par  les  gros  bataillons.  Mais  on  peut  s'en  tenir  à  cet 


300 


ÉOU 


EOU 


aperça  on  peu  historiqne,  pour  constater  l'état  des  choses 
jusqu'au  moment  où  une  école  récente  est  apparue  pour 
entreprendre  la  réforme  de  l'orthographe,  en  la  ramenant 
à  celle  des  troubadours. 

Cette  reprise  des  anciens  errements  de  l'écriture  eût  été 
plus  louable,  si  elle  se  fût  moins  annoncée  comme  une 
fantaisie  d'érudits,  et  qu'elle  eût  commencé  par  prouver 
que  tant  d'œuvres  excellentes,  qui  font  la  gloire  de  la 
langue  d'Oc,  n'avaient  pu  être  goûtées  et  appréciées  par  la 
faute  d'une  orthographe  vicieuse  ;  ou  bien  encore  si  elle 
avait  convaincu  les  populations  languedociennes  que  ce 
qu'on  se  proposait  de  substituer  étant  meilleur  ou  supé- 
rieur, elles  trouveraient  la  même  facilité  et  le  même 
plaisir  à  lire  les  compositions  de  leurs  poètes  favoris  habillées 
à  la  mode  nouvelle,  avec  des  ajustements  qui  ne  leur  étaient 
pas  familiers.  Mais  si  le  besoin  de  cette  rénovation  d'or- 
thographe ne  se  faisait  pas  sentir,  pourquoi  s'attacher  tant 
à  lui  trouver  des  prétextes  et  des  raisonnements  pour  la 
représenter  comme  un  progrès?  Et  ce  qu'ont  fait  des  hom- 
mes d'un  vrai  talent  pour  la  mettre  en  vogue,  ce  qui  ne 
s'établit  pas  heureusement  sans  résistance,  ne  sera-t-il  pas 
plus  nuisible  qu'utile  au  développement  de  notre  littéra- 
ture méridionale,  qui  peut  se  ressentir  de  ces  vaines  dis- 
putes d'école  et  s'amoindrir  au  choc  de  certaines  suscep- 
tibilités d'amour-propre  de  novateurs?  Deus  omen  avertat/ 

Ce  qui  a  troublé  les  eaux  jusqu'ici  limpides  de  l'Hippo- 
crène  languedocien,  ce  n'est  pas  une  grosse  avalanche, 
bien  qu'il  soit  tombé  par-ci  par-là  quelques  pierres  et  que 
certaines  rives  fleuries  aient  été  entamées  par  l'irruption 
et  dans  la  tempête.  Simplement  et  sans  figure,  il  s'agit,  on 
le  sait,  de  la  façon  d'écrire  les  diphthongues  ou  triphthon- 
gués  formées  sur  les  quatre  voyelles  a,  e,  i,  o  qui  prennent 
le  son  <m  à  leur  finale. 

On  vient  de  voir  comment  il  avait  été  procédé  et  les 
préceptes  qu'enseignait  Sauvages.  Les  lauriers  de  notre 
spirituel  et  docte  glossateur  cévenol  avaient  assez  bien 
verdi  :  de  modernes  Thémistocles  en  grammaire  n'en  dor- 
maient plus  cependant.  Les  vieux  manuscrits  consultés 
durant  ces  pénibles  insomnies,  on  y  avait  découvert  que 
les  troubadours,  ces  vénérés  maîtres,  n'avaient  jamais 
employé  que  l'orthographe  connue  et  usitée  de  leur  temps, 
dans  laquelle,  à  la  mode  latine,  la  lettre  u  se  prononçait 
invariablement  ou,  et  que  par  conséquent  ils  l'avaient  écrite 
seule  quand  ils  faisaient  entendre  cependant  ou  très-dis- 
tinctement. Et  là-dessus,  on  s'étayait  des  citations  d'abord 
d'anciennes  poésies  dans  leurs  formes  originelles,  puis  des 
méthodes  suivies  avant  la  réformation  orthographique  qui 
introduisit  la  voyelle  composée  de  deux  signes  ou,  pour 
l'empêcher  de  se  confondre  avec  u  simple. 

L'argument  n'était  pas  fort,  et  mieux  valait  imiter  ou 
même  surpasser  les  troubadours  dans  leurs  inspirations  et 
par  leurs  beaux  côtés  que  s'attacher  à  une  défectuosité  de 
leur  écriture  et  ramener  notre  orthographe  en  arrière.  Car 
le  système  de  l'agencement  des  lettres  pour  produire  les 


sons,  une  fois  adopté  tel  qu'il  existe  actuellement,  tel  qu'il 
doit  être  dans  les  dialectes  de  la  langue  d'Oc,  la  combi- 
naison par  la  voyelle  composée  ou  est  seule  admissible, 
puisqu'elle  doit  seule  être  entendue.  Pas  n'était  besoin, 
quand  on  l'acceptait  ailleurs,  de  faire  une  exception  pour 
dire  que,  partout  où  ce  signe  apparaissait,  son  épellatioa 
ne  devait  pas  causer  une  hésitation,  mais  qu'alors  que  ou 
articulé  serait  précédé  d'une  autre  voyelle,  il  sufi&saùt  de 
poser  la  simple  lettre  u  pour  lui  imprimer  la  consonnance 
obligée.  Nous  avons  donné  des  exemples  nombreux  de 
l'impossibilité  de  cette  application. 

Vouloir  donc  écrire  au,  eu,  iu,  ou  pour  faire  articuler 
aou,  eou,  iou,  oou,  était  exiger  un  tour  de  force  dont  tout 
le  monde  n'était  pas  capable,  et  créer  une  de  ces  subtilités 
d'érudition  que  la  masse  des  lecteurs  comprendrait  diffici- 
lement. On  pourrait  mettre  au  défi  un  habitant  de  la  cam- 
pagne, quelque  peu  frotté  du  syllabaire  de  l'école  primaire, 
de  traduire  les  diphthongues  ainsi  figurées  autrement  qu'il 
n'a  appris  à  les  épeler,  c.-à-d.  à  la  française,  parce  qu'il 
n'est  imbu  que  des  règles  de  l'alphabet  français.  Pour  se 
souvenir  de  l'exception,  il  aura  besoin  d'an  effort;  et  pour 
l'observer  à  la  lecture,  il  risquera  souvent  de  tomber  dam 
la  confusion.  Cet  inconvénient  seul  méritait  d'être  pris  en 
sérieuse  considération  avant  de  se  décider  à  rapprocher  des 
formes  françaises,  des  syllabes  qui  devaient  rester  dans 
leur  originalité  caractéristique  et  dialectale. 

Qu'au  contraire  un  lecteur  quelconque,  avec  l'alphabet 
en  usage,  dans  l'état  des  conventions  reçues  et  enseignées, 
rencontre  ces  syllabes  diphthonguées  écrites  en  âou,  éou, 
èou,  iou,  éou,  il  sera  au  moins  obligé  d'articuler  claire- 
ment, et  le  son  juste  se  trouvera  reproduit,  le  sens  lui 
arrivera  et  lui  deviendra  instantanément  intelligible.  C'est 
tout  ce  qui  est  nécessaire,  et  ce  qui  est  indispensable  dans 
notre  idiome  qui  n'obéit  qu'à  l'harmonie. 

La  méthode  de  Sauvages  et  de  La  Farb-Alais  n'aurait- 
elle  que  l'autorité  de  ces  deux  esprits  si  versés  dans  la 
connaissance  de  notre  langue,  que  c'en  serait  assez  pour 
nous  engager  à  suivre  la  voie  tracée  par  nos  devanciers. 
Nous  ne  courrions  pas  le  risque  de  nous  égarer  après  eux  : 
la  route  est  tracée  droit,  bien  éclairée,  point  bordée  de 
précipices  qui  donnent  le  vertige,  ni  de  fondrières  qui 
trompent  et  dans  lesquelles  on  se  perd  :  nous  la  préférons 
de  beaucoup  aux  nouveaux  chemins,  qui  ne  sont  que  les 
vieux  sentiers  d'autrefois,  abandonnés  et  dangereux  pour 
leurs  ornières.  —  Voy.  Aou,  âou,  lettre  U. 

Retourner  à  l'antique  manière  pour  le  seul  avantage  de 
faire  croire  que  l'on  connaît  ses  auteurs  et  qu'il  y  a  raisou 
de  faire  comme  ils  ont  fait,  semble  un  pea  poéril  et  peut- 
être  grandement  irréfléchi  à  la  fois.  Ce  que  les  troubadoun 
ne  pouvaient  s'empêcher  de  faire  de  leur  temps  en  em- 
ployant la  méthode  seule  pratiquée  et  enseignée  par  Val- 
phabet,  le  feraient-ils  aujourd'hui  que  le  progrès  a  amené, 
non  pas  l'usage  de  nouveaux  signes,  mais  une  notation  qui 
est  plus  vraie  et  plus  rationnelle,  pour  exprimer  logique* 


EOU 


EOU 


301 


ment  des  consonnances  qui  ont  toujours  existé  dans  la 
langue?  Voilà  ce  qu'il  fallait  se  demander  avant  de  con- 
damner ou  de  rénover.  Et  on  ne  se  serait  pas  étonné  de 
voir  les  partisans  de  l'orthographe  auriculaire,  —  et  tout 
le  monde  convenait  qu'il  fallait  écrire  en  la  langue  d'Oc 
comme  on  entendait,  —  se  rapprocher,  pour  rendre  les 
diphthongues  et  les  triphthongues ,  dont  chaque  nuance 
vocalisée  se  faisait  sentir,  de  la  traduction  par  les  lettres 
qui  en  définitive  les  reproduisaient  le  plus  clairement. 

Il  n'y  a  pas  plus  raison  de  maltraiter  et  d'accuser  la 
pauvre  voyelle  O  de  s'entremêler  aux  autres  pour  former 
on  son  qu'on  n'a  pas  appris  à  voir  autrement  représenté, 
qu'il  n'y  aurait  motif  à  exiger  qu'on  n'entendit  plus  le  son 
ou  dans  certaines  diphthongues,  et  qu'on  se  servit  du  ca- 
ractère u  à  l'instar  des  Italiens  et  des  Espagnols.  En  France, 
nos  conventions  alphabétiques  sont  autres  :  elles  ont  mar- 
ché et  changé  quelque  peu  depuis  les  troubadours  :  pour- 
quoi ne  ferions -nous  comme  le  français,  puisque  nous 
avons  le  même  alphabet,  et  que  nous  lisons  et  apprenons 
à  lire  sur  le  même  syllabaire  qui  nous  sert  à  écrire  dans 
nos  dialectes  ? 

D'après  cela,  comme  personne  ne  s'est  trouvé  embarrassé 
en  entendant  une  syllabe  sonnant  ou  rendue  par  deux 
signes  de  convention,  comment  s'expliquerait-on  la  bizar- 
rerie qui  transforme  le  son  à  prononcer  et  à  articuler  par 
on  signe  unique  et  différent,  alors  qu'il  s'agit  d'une 
diphthongue  ?  Gomment  admettre  surtout  que  cette  con- 
aonnance,  se  trouvant  en  contact  dans  la  diphthongue  avec 
d'autres  voyelles,  ne  profitera  cependant  du  privilège  d'être 
exprimée  par  un  seul  signe  u  au  lieu  de  deux,  qu'alors 
seulement  qu'elle  suivra  une  autre  voyelle?  Dans  ce  cas, 
pour  distinguer  l'exception,  faudra-t-il  faire  intervenir 
l'accent  qui  prévienne  du  changement  d'intonation  ?  mais 
encore  ici  quels  étranges  préceptes  va-t-on  professer?  Il 
convient  de  tenir  en  garde  le  lecteur  naïf,  peu  au  courant 
des  innovations  et  qui  n'a  pas  étudié  l'épellation  dans  les 
anciens  troubadours  :  or  toutes  les  fois  que  la  lettre  u  devra 
sonner  comme  ou,  dans  les  diphthongues  ou  les  triphthon- 
gues ,  pour  appeler  l'attention  sur  elle ,  on  marquera  la 
voyelle  la  plus  proche  voisine  à  gauche  d'un  accent.  — 
Qu'on  se  le  dise!  —  De  mieux  en  mieux.  De  telle  sorte 
que  si  jusqu'ici  on  avait  pu  croire  que  les  accents  étaient 
destinés  en  certaines  circonstances  à  modifier  le  son  de  la 
voyelle  qu'ils  surmontaient  :  de  par  l'école  nouvelle,  l'ac- 
cent, pour  concorder  avec  son  système,  devra  jouer  un 
rdle  entièrement  contraire  à  celui  qui  lui  avait  été  toujours 
donné,  et  ne  servira  de  rien  à  la  lettre  qui  le  porte,  tandis 
qu'il  fera  de  la  voyelle  le  suivant,  une  composée  sous  son 
apparence  de  voyelle  simple. 

En  vérité,  prétendre  que  le  son  ou  est  suffisamment  repré- 
senté par  un  u,  et  que  les  diphthongues  et  triphthongues 
peuvent  s'en  contenter,  c'est  prêcher  la  confusion  orthogra- 
phique an  lieu  de  se  faire  l'apôtre  de  l'unité  dans  les  dia- 
lectes de  la  langue  d'Oc  :  c'est  le  renversement  de  toutes  les 


lois  et  règles  de  l'alphabet  et  de  l'orthographe  rationnelle. 
C'est  pourquoi  nous  persistons  à  écrire,  comme  l'ont  fait 
Sauvages,  La  Fare-âlais  et  les  autres  maîtres,  âou,  èou, 
èou,  iou,  ôou,  et  les  triphthongues  siâou,  iéou,  hiôou,  etc.,  au 
lieu  de  au,  eu,  iu,  ou,  accentués  ou  non  sur  la  lettre-pivot. 

Les  raisons  ne  manqueraient  pas,  s'il  y  avait  à  résumer 
ce  que  nous  avons  dit  dans  tout  ce  lexique  et  ce  qu'il  met 
en  application  ;  mais  ce  qui  nous  frappe  est  cette  pensée 
que  nous  sommes  en  présence  d'une  langue  originale,  d'une 
vocalisation  particulière,  qui  n'a  cependant  à  son  service 
qu'un  alphabet  en  commwiauté  d'usage  avec  le  français,  et 
qu'en  somme,  en  France  et  par  tout  le  pays  où  les  dialectes 
de  cette  langue  sont  encore  parlés,  tous  ceux  qui  les  par- 
lent ne  connaissent  que  l'alphabet  français,  n'ont  appris  à 
lire  qu'avec  lui  et  que  par  lui  la  liaison  des  lettres  pro- 
duisant des  sons.  De  telle  sorte  qu'en  apportant  ces  con- 
naissances acquises  dans  la  lecture  ou  dans  l'écriture  de  la 
langue  d'Oc,  si  ingénieuses  précautions  qui  soient  prises, 
il  ne  pourra  résulter  qu'un  trouble  ou  des  confusions,  si 
l'orthographe  employée  n'est  pas  la  représentation  sonore 
et  exacte  du  mot;  car  l'intonation,  la  prononciation,  font 
et  donnent  le  sens.  Il  faut  donc  de  nécessité  se  séparer  de 
ses  habitudes  de  lecture  à  la  française  ou  bien,  avec  l'al- 
phabet français,  ne  présenter  à  l'oeil,  pour  être  articulé  par 
la  langue,  que  des  combinaisons  dans  le  ton  juste  et  dans 
la  clé  propre  à  l'idiome.  Que  le  premier  lecteur  venu  ne 
soit  pas  exposé,  par  exemple,  à  prononcer  à  la  française 
les  mots  écrits  comme  le  voudraient  les  réformateurs  :  Peu, 
leu,  meu,  etc.,  à  confondre  avec  peu,  le,  me:  tandis  que 
le  plus  ignorant  doit,  pour  comprendre,  rencontrer  comme 
il  prononce  couramment  en  épelant  :  Pèou,  lèou,  mèou,  et 
il  aura  la  certitude  de  comprendre  et  de  se  faire  com- 
prendre. 

Nous  ne  trouvons  aucun  motif  plausible  d'adopter  une 
orthographe  plus  savante  que  celle  qui  remplit  toutes  ces 
conditions  et  qui  suffît  à  la  plus  complète  intelligence  de 
notre  langue,  dont  le  premier  besoin,  toute  harmonie  et 
mélopée  qu'elle  est,  doit  être  dans  sa  notation  exacte.  Ce 
qui  sonne  et  se  cadence  doit  être  entendu,  il  faut  donc 
l'exprimer  et  le  traduire  en  signes,  suivant  les  règles  admi- 
ses :  c'est  de  ce  principe  que  nous  ne  croyons  pas  urgent  de 
nous  départir. 

Au  reste,  les  adeptes  les  plus  convaincus  eux-mêmes  du 
système  nouveau,  Honnorat  par  exemple,  et  d'autres  encore 
que  nous  ne  nommons  pas,  ne  laissent  pas  que  de  se  per- 
mettre maintes  infractions  surtout  avec  la  diphthonque 
éou  et  dou.  Ils  jugent  cette  forme  plus  claire  et  ils  ont  de 
bonnes  raisons  pour  cela  sans  doute  quand  ils  éditent  leurs 
œuvres;  mais  s'ils  professent,  la  rigueur  des  principes  tirés 
de  la  manière  d'écrire  des  troubadours,  les  détourne  de 
leur  voie  :  ces  contradictions  se  jugent  seules. 

fionfo,  $.  f,  Hiêble.  —  Voy.  Ègou, 

Ëonnas,  s.  m.  Grande  et  large  plante  de  lierre  qui  cou- 
vre tout  un  mur  ou  toute  la  tige  d'un  arbre  et  ses  bran- 


'60-2 


EQU 


ERN 


chos.  Il  lie  nuit  nulloiru'iit  <\  In  st'no  ilo  Inrliiv  sur  lequr-l 
il  ^'riinpo.  Quant  aux  murs,  il  les  soulii^nt  sans  iloute, 
mais  il  on  cuitûcIp  le  ciment,  dans  lequel  il  pt'nèdv,  »M 
(juaml  il  nu'urt,  le  nmr  s'écroule. 

C't'Sl  le  péjoratif  de  Êouun. 

Éouno,  5.  f.  Lierre,  liern*  «rriuipanl;  fTirfvra  hcHj-,  \a\\\\. 
Arlirisseau  de  la  lam.  de  Caprilnliacées,  (jui  cniii  spon- 
tanément dans  nos  pays. 

Ëouse,  s.  m.  I)im.  Èotfséroù.  Yeuse,  clièno-vcrl,  Qncr- 
rns  ik'j-.  Arlire  de  la  IVim.  des  Ameutaeées.  —  C'e>f  j'es- 
srnee  de  l)nis  la  plus  recherchée  pour  le  feu,  car  il  dure 
plus  lonirtemps  et  donne  une  chaliMir  plus  iiilense.  (l'est  de 
l'écorce  des  jeunes  chèneaux.  qu'on  lire  le  tan  })our  les 
tanneries. 

O'  îJiol  a  éxidemniiMit  la  méiiie  racine  ijne  le  fr.  Yeuse. 
dont  la  ci»nf»»rmation  et  la  consoiniance  annniicent  une 
nii|jii,e  celti<iue;  il  n'esl  pas  emprunlé  au  fr.  mnis  hien  au 
niiûns  son  cnntenjporain.  Le  lai.  avait,  ti  la  \érité,  Ilex; 
niais  la  que>îi(in  serait  de  sa\oir  s'il  ne  l'a  pas  pris  à  la 
danl»',  pour  uii-tlre  h  côté  de  son  Qffcrctts. 

Éousièïro,  .v.  f.  Tailhs  île  chrMies-v«Tls;  cliénaie. 

Formé  dt'  Lonse,  radical,  désii.'nanl  l'essence,  eUle  /."Vro, 
.^nflivede  collectivilé,  marqnaul  l'agrégation.  —  Voy-  Inro. 

Éousino,  s.  f.  (îlaiid  du  clién"-vert.  —  C(ir  (l'cmisinf,, 
vhv.v  f'^i'iiie  >'[  de  qnalit*''  >U]iérieure ,  comme  c.'ll''  d-'S 
pnui'e.'aux  ii'-riri'is  d-*  j.-!,inds.  —  l'o^.  Aousir.c,  ::.».  ^'_'!l. 

Équipa,  '■.  !'",'|niper,  mois  S'^ulenn'ui  a\ec  la  HL'uiii-- ôinii 

di'     l'n'llllir     ]■  s   \è|('!J;(^llls.    />    h/i'ji     LUJUt'jKl,    il     >\.[      'sï-'ll 

inpi'ii'.  hi''ii  lourni  d<^  hardis. 

H  •^>l  aus^i  un  tenu'  leeljnique  pnipre  au  j«"U  d  ^'^a-j,-. 
-—   r.  ce  li:"(. 

Èquipaje,  .v.  w.  Alt  'InL'e  d»'  charr.'lte. 

\l'ï  ])r.  au  l"r.  avec  une  t<inl  auln^  acc-ption. 

Équipé,  N.  m.  .\om  dnn  jeu  d'enlant  «ai  phil*»!  d'é- 
citlici",  qui  >''  jnniî  a\ec  dl'^  ^uijiillis.  Vujci  la  d.'sei'ipli.^n 
iju'eii  d'iiiii."'  ]  .1  l'are-AIais  d.ln^  b"S  Jjoles  il-s  (\i^l(i;/h'i  /os. 
On  l'ait  eu  t  -rn'  Ir^is  p'^lils  tnais  ou  liluusfs  ilf  la  dimen- 
si<"n  toui  ,oi  pins  suirisanti}  p^air  rece\nir  les  L'"l'illes,  el 
dispKs.'s  t'ii  iriaiigle.  Les  den\  joueurs  iléhuhMit  iMi  pous- 
sant leur  h  'Ule  \ers  le  [irejjiier  Irou,  et  1.»  juvmier  des  deux 
qui  li»uch''  la  Itille  de  l'aulre,  e.sl  ce  iju'nn  ajtp'lh'  tujm'p:! 
p'»ur  le  pD •iiii.'r  tnai,  c.-à-d.  (pi'il  r>t  ai»li^  à  faire  ce  pre- 
ijiii'r  trou  ■  a  à  v  h-i/er  sa  hille.  Alors  toul  !•"  ieii  de  (-('lui- 
ci  C'insisle  à  se  rapprocher  de  rc  Irou  el  h  s'en  euipariM"; 
la  finesse  d-'  l'ailversaire  est  au  cojitraire  d.'  l'en  empèclu'r 
en  le  Inrc.inl  h  tirer  sur  la  himle,  ceou  il  est  o!)li':éd('  faire 
toules  h's  loi<  (ju'il  la  rapproclu'  df  la  sienne  d('  uioins  de 
deux  •Mupan^  ou  deux  ouvertures  de  maiu,  depuis  Ti-xtré- 
uiitt'- du  p'Ui-e  jusqu'à  celle  du  médium,  qu'on  al  longe  à 
cet  elTet  anlanl  que  l'on  {)eut.  A  chaque  hille  lonehée  on 
h'Conimen.'' A  jouer,  comme  au  hillard  quand  on  fait  des 
points.  Eidin,  le  joueur  a-t-il  att(Mnt  le  jirerni.i-  imu,  il 
recoumience  à  <,'ë(jitip(i  pour  le  second,  à  y  arri\er.  et  de 
même  i)our  le  dernier.  Celui  (jui  le  luviuier  a  fini  ses  trois 


I    .! 


trous,  lève  sa  hille,  et  l'autre  est  ohligé  de  les  faire  à  son 
tour,  mais  alors  sans  ^\quij)a,  puiscju'il  n'y  a  pas  d'autre 
hille  (pie  la  sienne  sur  le  tapis.  Le  ^ainqueur  s'applique  à 
faire  huniip  garde,  et  pour  cela  à  clia(iue  coup  il  lirc  sur 
la  hille  adverse  pour  l'écarter,  en  se  plaçant  près  du  trou 
convoité,  et  s'il  e.^i  adroit,  la  corvée  du  second  est  fort 
longue  et  fort  tamuyeuse,  car  i\  chaque  instant  sa  houle 
es|  ri'ponssé"'.  (l-Mle  cor\é(^  se  nonuue  Trima. 

Ln  hrme  iraigot.  des  irois  trous,  le  premier  est  appelé 
/ou  jiruin.io,  le  M-coud,  (ou  snjn,  et  le  dernier,  loH  dario. 
Sou'i  ctji'ijxi  j)cr  juodfi  (lario,  ji»  suis  en  passe  de  faire  ma 
derniT're  hluu^e. 

(>e  uiot  d' rtjuipi'  annonce  clairement,  par  sa  désinence, 
nuf  origine  franijais''.  Pro])ahh'meni  ce  jeu  a  été  inventa 
]!ar  d.'s  éeoli  Ms  d'^  li  langue  d'Oil  ;  njais  il  s'est  ohlitéré 
ch'V.  c«ai\-ci.  Il  esl  \i'nu  s'élahlir  outre-Loire  où  il  a  eu 
nue  destinée  hiillaule  el  Imigue;  ce|)endant,  connue  toutes 
les  choses  huinain'S  dont  on  se  lasse,  surtout  quand  elles 
oui  a(l''i:il  du  [ir.fiiier  coiq)  liait  ItMir  perfectionneuicnt, 
rincon<tance  de  la  gi-nt  écolii'n*  aidant,  Vcquipc  est  un 
peu  n'-L'Hi:-''  de  nos  jiuirs. 

Équipcïo,  s.  f.  I^iui})é!';  acte  d'éi(»urderie;  fausse  dé- 
iiiarclii'.  iii.[air.h'iilc,  indiseréle;  entreprise  téméraire. 
Liiipi".  an  IV. 

Érénto  (à  toute  ,  (ilv.  De  tout'-s  ses  forces,  de  manière 
à  s'-'-reiiil-r. 

Érinas,  >.  ///.  î>'j"r.  dr  Lnne.  —  V.  c.  m.  et  Armas, 
'.  .  .  i  _  1 1 . 

Érme,  .v.  ni.  Dii,,.  l'nuf/ssoîf  :  ])éj.  Êrmas.  Hernies: 
I  '•.'iain  '  1  liieli  ',  ^-ns  culîuiv;  \aine  ])àlure, 

Dr.  \\[\  lil.  !'t\iiins  i  u  du  m'.  '''Lcr'j/>:,  désert  inculte, 
d"";'  s'i.i  X'iius  (Il  !V.  I',  :t!!i''  l'i  UiDtiunjc,  <]ue  noire  dia- 
l'\i''  l'i  pi     'uil  l'i"  Ai-iiiH'i  ''[  Arinifdjc.  —  V.  c.  m. 

Érnugou,  .<.  y/.-.  Il  >r;.:ii'Hix;  houjuie  taciturne;  hourru, 
d'I.um.'ir."  s'iii.î.i''  el  i!éil,!!il(\  insoi.'iahle. 

D  Mix  l'iNi,!  I,.ji  'S  N'  [!r.V('ii(.'nt  :  on  n'aura  rpie  le  choix 
à  i.iire  d-'  c<H  •  ijin  parailra  la  plus  .satisfaisante,  toutes 
i]i'\i  \  pr«>';i!:.nl  «.•••;'l.iiii''S  |'rohal!ilitt''S. 

Oiielipi"  ^e^s"l,,j,l;l|,.•.-  rrq.jToche  d'alMU'd  ce  mot  de  celui 
l'S  livr.^  llruul'-.  je.v!iii'^r  noi.-i  (pie  portaient  les  frères 
Vioi;  \.<,  secte  r."li-i-^u>>  -jui  vi\ail  en  communauté.  Celle 
coMiii.uiiaulè  es!  c.'lehiv  ]>ai'  ]o  no\icial  qu'y  lit  Pierre-le- 
(irand.  II  n'e>l  pas  éloiuianl  (pv  ci'S  sect;iires,  qui  con- 
tra liai,  ait  ouvi'itiMîiiMil  toutes  les  idées  reçues,  fussent 
jual  vus  et  méprisés,  d  (pie  leur  nom  soit  de\enu  un 
surnom  i'icheux,  dont  \o  stMis  du  reste  se  rapporte  aux 
iiio'ui's  Mi>t:'a-eï,  cl  à  rinsociahililé  de  ces  frères,  qui  n'a- 
vaiciil  (pK' d.-s  ivlalious  fort  rares  el  peu  afî;ihles  avec  le 
resle  du  gi'iire  huiiniii. 

D'au  Ire  ['art,  par  sa  configuration  seule,  Érnugou  n'est 
pas  éloigné  non  plus  du  fr.  I1ur<jneux,  et  comme  sa  dési- 
nence est  l'indice  d'un"  origine  ancienne,  il  esl  possible 
(pi-^  lis  deux  m~»ls  soient  C(mtenq)orains  el  qu'ils  aient 
l'un  et  l'autre  l.-ur  racin'Mlans  le  mot  /7e/-;îie.  c-à-d.  qu'ils 


ESB 


ESC 


303 


aient  voulu,  l'un  comme  l'autre,  représenter  la  situation 
morale  d'un  herniaire,  qui,  avec  une  pareille  infirmité, 
doit  être  un  peu  déclassé,  et  partant  d'humeur  sombre  et 
peu  sociable.  Gela  était  surtout  vrai  avant  qu'on  eût  trouvé 
les  moyens  curatifs  :  heureuse  réduction  qui  a  fait  que  la 
classe  de  cette  sorte  d'infirmes  n'est  plus  soumise  qu'à  une 
simple  incommodité ,  incapable  d'assombrir  leur  esprit  et 
leur  caractère  î  —  Aujourd'hui ,  grâce  aux  progrès  de  la 
science  et  des  lumières,  on  ne  ferait  pas  le  mot  avec  les 
mêmes  éléments  pour  exprimer  ce  que  dit  celui-ci,  dont 
la  signification  est  toujours  applicable  ;  mais  le  terme  étant 
donné,  et  l'ôtymologie  étant  à  trouver,  il  fallait  bien  re- 
monter à  la  source  la  plus  probable. 

Ëxngo,  $.  f.  Chenille  :  nom  que  Ton  donne  à  toutes  les 
chenilles  qui  passent  par  l'état  d'œuf,  de  ver,  de  chrysa- 
lide et  de  papillon,  excepté  toutefois  au  ver-à-soie,  bien 
qu'il  ne  soit  que  la  chenille  du  mûrier;  mais  on  lui  porte 
trop  d'amour  et  de  considération  pour  le  regarder  comme 
une  Érugo,  qui  est  toujours  un  objet  de  dégoût  et  souvent 
de  crainte. 

Le  mot  Érugo  ne  s'applique  pas  non  plus  à  ces  chenilles 
microscopiques  qui  vont  par  myriades  et  causent  tant  de 
dégAts  dans  les  champs  et  aux  arbres.  Celles-ci  se  nom- 
ment Canïoi  (Y.  c.  m.).  —  Pat\  coumo  las  érugosj  souf- 
frir, être  misérable  comme  une  chenille,  sans  doute  à  cause 
des  vicissitudes  et  des  métamorphoses  auxquelles  elles  sont 
soQioises.  Michan  coumo  uno  érugo,  méchant  comme  la 
gale  :  s'entend  sans  doute  des  chenilles  do  chou  que  le 
préjugé  fait  regarder  comme  malfaisantes.  C'est  peut-être 
aussi  un  rapprochement  de  la  chenille  et  de  la  gale,  amené 
par  la  superstition  mentionnée  à  l'art.  Bérugo.  — V.  c.  m. 

Dér.  du  lat.  Eruca,  m.  sign. 

Es,  3"*  pers.  sing.  indic.  prés,  du  v.  Èstre. 

ÉB-ariès,  adv,  de  lieu.  En  arrière.  —  La  caréio  cargo 
ét-ariès,  la  charrette  est  trop  chargée  sur  le  derrière.  Fai- 
te éi-ariès,  recule-toi.  —  Voy.  Dariès. 

£8-avan,  adv.  de  lieu.  Par  devant;  en  avant.  —  L'a- 
trofitbarés  és-avan,  vous  le  trouverez  en  avant,  il  a  pris 
les  devants.  S'és  toumba  és-avan,  il  est  tonil)é  en  avant, 
sur  la  face.  Aqitélo  muraïo  trésploumbo  és-avan,  ce  mur 
surplombe  sur  le  devant.  Es  és-avan  din  sous  afaires,  il 
est  au-dessus  de  ses  affaires. 

Quelquefois  le  mot  est  substantivé  pour  dire  :  avances  ; 
adresse;  agilité.  —  Quand  a  leva  boutigo,  aviè  bé'n  pâou 
d'és-avan,  quand  il  a  commencé  son  petit  coninierce,  il 
avait  bien  quelques  avances.  Àquél  home  a  pas  gés  d'es- 
omn,  cet  homme  n'est  ni  assez  les  le,  ni  assez  fort.  — ^ot/. 
Davan, 

Dér.  du  lat.  Ad  ventum,  du  côté  d'où  vient  le  vent. 

fiabadâonla,  v.  Entr'ouvrir  ;  laisser  une  ouverture  grande 
ouverte. 

S'iiàaddoula,  s'entr'ouvrir ;  se  crevasser;  baillor  coninu' 
ime  figue  gercée,  comme  une  chaussure  décousue. 

D6r.  de  Badal, 


Ësbalâousl,  ido,adj.  Ëbaubi;  surpris, étonné;  étourdi; 
stupéfait;  émerveillé;  tombé  des  nues;  abasourdi. 

Ésbérla,  v.  Écorner;  ébrêcher;  égueulerun  broc;  ébran- 
cher  un  arbre. 

Dér.  de  Bèrle. 

Ësbouiénta,  v.  Échauder;  faire  passer  par  l'eau  bouil- 
lante; asperger  ou  immerger  d'eau  bouillante. 

Dér.  de  Bouïén. 

Ësbouldra  (S*),  v.  Se  crevasser;  crever;  s'ouvrir  par  le 
ventre  comme  une  pomme  fondante  qu'on  met  sur  la 
braise,  comme  une  andouille  qu'on  fait  bouillir. 

Dér.  de  Bouldro  ou  du  lat.  Botulus,  boyau. 

Ësbourassa,  v.  Houspiller;  arracher  la  bourre  ou  lo 
poil. 

S'éshourasaa,  se  houspiller;  se  battre  comme  font  les 
chats  et  les  lapins. 

Dér.  de  Bouro. 

Ësbouséna  ou  Ësbousonna,  v.  Ébouler;  faire  crouler 
un  mur,  une  maison,  la  l)erge  d'un  fossé  ou  d'une  tran- 
chée. 

Ce  mot  vient  probablement  de  Bouso,  qui  a  donné  nais- 
sance au  fr.  Bouse  de  vache,  dont  on  a  fait  aussi  Bousiller, 
bâtir  en  torchis,  parce  que  les  premiers  torchis  étaient 
composés  de  bouse  de  vache,  et  que  les  murs  de  clôture, 
dans  certains  pays  de  pâturages,  sont  encore  construits 
ainsi.  Èsbouséna,  dans  ce  cas,  serait  renverser,  ébouler  ces 
murs  de  bouse  :  l'acception  s'est  étendue. 

Ëscabardatudo,  s.  f.  Ecart,  divagation,  au  physique  et 
au  moral. 

Ëscabarta,  v.  Chasser  loin;  écarter;  perdre;  égarer.  — 
^ï  ëscabarta  moun  coutèl,  j'ai  égaré  mon  couteau.  Èsca- 
barta  lou  pérpâou,  se  permettre  des  gaillardises  trop  fortes 
ou  obscènes. 

S'éseaharia,  s'égarer;  s'éloigner;  se  dissiper;  se  disper- 
ser au  loin.  —  Las  nivous  s'éscahartou,  les  nuages  se  dis- 
sipent. Soun  la  s'és  ëscabarta,  elle  a  perdu  son  lait.  Tés- 
cabartes  pas,  ne  t'éloignc  pas  ;  ne  t'écarte  pas  du  droit 
chemin. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Expartiri,  se  séparer,  prendre  de 
son  côté. 

Ëscabartado,  s,  f.  Écart,  échappée.  —  Le  même  que 
Éscabardaiudo,  et  plus  usité.  —  Voy.  c.  m. 

Ëscabassa,  r.  Étêter  un  arbre,  le  couronner,  le  réduire 
au  tronc  :  remède  héroïque  qu'on  applique  aux  arbres  ma- 
lades dont  on  suppose  que  les  branches  seules  sont  atta- 
quées et  les  racines  restées  saines.  Cette  opération  réussit 
quelquefois,  mais  rarement  aux  mûriers,  plus  souvent  aux 
châtaigniers. 

Dér.  de  Cabasso,  ou  de  l'esp.  Cabesso,  tête. 

Ëscabour,  .V.  m.  Crépuscule  du  soir;  la  brume;  le  déclin 
du  jimr. 

C'est  une  corruption  ou  une  métathèse  un  peu  forte  du 
lat.  OOsci'rus,  dans  laquelle  cependant  on  voit  se  repro- 
duire la  plupart  des  lettres  du  type. 


304 


KSC 


Éscacalassa  (S'),  ?■.  Kclaiir  iî<''  rire;  rire  <i  ir<i;:i,' J»'*- 
ployôo  et  'i  hniite  voi\. 

J)rr.  do  Cacalds. 

Éscachoù,  s.  m.  Pdilo  parlio,  rùsivlii  .runo  maiciiaii- 
Jist';  co  (iu'il  ou  n\slo  (ri:i\e:uln  :  ^i  c'r^l  lo  roslaut  d'une 
pir-ce  dT'lollo,  on  dit  i^(>/fji.>mi  ou  Esrrijjotifi^ini. 

i:.scnch()ù  rst  le  dini.  (I7f.sr</r/t,  aIoux  mot  hors  d'usi;;o 
i]iî''  îiiontinnut'  Sauvaiies  ci  ([ui  aurait  ou  la  niùiuo  .sii;ni- 
licili»  n. 

Éscafouia,  r.  Kcr;.s,'i';  ôc;iihor  dans  la  uiain  ou  sous 
lo>  iii«"ds  (iuol(|uo  clioso  d'humide  ou  d^  juteux  couiine  un 
(Vuit.  —  Aqncîes  rasins  se  smoi  t-iulcs  rscafouïas,  ces  rai- 
sins S'-nt  tout  njourlris,  à  uioilié  (*'CIms'''S. 

Éscafouïun,  .v.  m.  (iàchis  produit  i»ar  des  choses  ju- 
t''us"s  ('Ci'nséos:  niélanire  informe  de  c»'S  matières  avec  le 
JU^  (ju''"lles  réjKUidonl. 

Éscagassa,  r.  Allaissu-.  «'cras'r;  déprimer;  rendre  éi»;ité. 

S'esr(j(jass<i,  se  plier (Ui  drux,  s'ailnisser,  s'accroupir.  Par 
ext.  St.'  pâmer  tle  riie,  [iarce  qu'un  l'oil  le  mouvement  de 
sacci-oupir. 

Il  a  quelque  ressendjlance  avec  Acouyassa  et  s'ticou- 
l/assa.  —  T'.  c.  Ji). 

Ëscagnéto,  .s.  f.  'IVrine  ile  fahrique  de  soie  écheveau  de 
soie  i\  coudre  que  Vou  dévith^  avant  de  In  décruser  et  de  la 
tordre. 

ni  m.  de  Éxcnguo. 

Éscagno,  s.  f.  l)im.  Èacmjnùo.  Écheveau  de  fd ,  de 
laine,  ih'  colon,  de  suie 

Ëscaïè,  s.  m.  Dim.  l-:sra'ieirv;  pf\).  EicnUïras.  An  plur. 
Ésciiits^es.  Kscalier;  dej:ré;  march»^  irescalier.  —  Èscaïè 
vu  blscto,  escalier  en  colimaçon. 

hsca'tè  est  aussi  n.  pr.  Escalier.  —  Fran  connu)  Ehcaiù 
est  un  diclon  qui  prouverait  \)v,\x  en  ta\eur  de  la  franchise 
et  de  la  loyauté  d'un  individu  de  ce  nom,  car  il  signifie 
un  hnnnne  faux,  un  ([uasi  frij>on,  une  lame  à  deux  tran- 
chants. Mais  piHil-etre  n'est-ce  qu'une  sorte  d'allusion  à  la 
prestation  du  serment  dans  lequel  on  lève  la  mairj,  tandis 
(|ue  l'escalier  fait  lever  le  pied,  ci;  qui  n'engage  i)as  et 
n'est  qu'une  manière  de  prêter  un  faux,  serment.  Qu<'lquc- 
fois  il  n'en  faut  pas  tant  pour  faire  un  mot  k\\\\  passe  i)our 
spirituel  et  malin,  et  qui  ne  repose  ([ue  sur  un  rap])roche- 
ment  fort  [>eu  raisonnahle  et  se  conserve  néanmoins  comme 
une  énigme,  A  laquelle  les  malins  découvrent  un  sens  (jui 
n'existe  pas. 

I)ér.  du  lat.  Scala.  Scalaria,  qui  a  donné  Ec/wtle  et 
Escalier. 

Éscaïèrna,  r.  Éblouir;  doinier  la  berlue. 

Formé  du  gr.  ^xavoç,  gauche,  faux,  et  du  lat.  Lucenia, 
lumière,  flambeau;  fausse  lunnère,  parce  que  l'elD^t  de 
rébl(.»uissement  est  de  présenter  une  fausse  image  au  sens 
intérieur  de  l'œil. 

Éscaïnoun,  5.  w.  Sobriquet,  surnom;  épithète  burles- 
que et  dérisoire  appliquée  à  quelqu'un,  et  même  h  tous  les 
habitants  d'une  contrée. 


l/u>,)g.  d.  .s  snlirj.jur-ts  est  très  fréqu»nil  chez  les  classes 
î)'>l)uLiiri's.  !l  rsl  jk  u  d»  nfants  qui  n'en  reçoivent  un  dans 
U'ur  famiP.o  f>u  dans  leur  camaraderie;  et  ce  surnom  les 
accoiii[)a.miP  si'UV(Mil  toute  leur  vie;  bien  plus,  il  se  trans- 
jiir-l  au  fils,  qu  ■i(|u'll  n'ait  rirn  des  qualités  ou  du  défaut 
qui  l'nnt  valu  à  son  ])ère.  Ajoutons  que  le  sobriquet  se 
IV'iiiiniso  aus>i  \)"nv  ])ass('r  du  mari  ri  sa  moitié  :  ainsi,  la 
fi'iiiiuo  a'fhfu  ricioùs  s'aj'polli'  sans  gène  la  riciouso,  bien 
(pi'il  n'y  ait  rien  à  dire  d'elle.  Passe  encore;  car  au  moins 
il  n'y  à  1>;'S  la  de  harlMrisni(\  Mais  tout  le  monde  a  connu 
un  hoiiMLé  |j...,  dont  le  surnom  était  In  Loué  (façon 
lan^^u«'d«ici<'mi'_'  de  pivnioucer  le  fr.  la  loi),  parce  que,  lors 
du  rèuiiiii' d^'  cclh^-ci,  15. . .  avait  fait  usage  ou  abus  du 
nidt  :  fh  hii'u!  sa  f'^iuiue  s'ap[M'lait /«  Louêto. 

Ij's  suruoiiis  du  pou]>le  sont  rarement  llatteurs  ou  rému- 
nérateurs comme  C'Uix  qu*:'  la  courlisannerie  a  imaginés 
pour  les  prinns  et  j^our  les  barons  férailleurs  du  moyen- 
àgt\  L'risca'ùif'tfn  esl  ir»u"dinaire  tiré  d'un  défaut  person- 
nel, d'un  vice  ujoral  ou  physique ,  d'un  ridicule  ou  de 
([uolquo  fait  anocdoliqu<^,  tournant  fort  peu  à  la  gloire  et 
à  la  louange  de  celui  (ju'on  en  aiïul)le.  Il  est  souvent 
donné  par  aiiliiihrase,  coiumc  Bloundin  à  un  individu  très- 
brun,  Varnar  à  un  très-gnts  nez,  etc. 

Sous  le  système  fèdératif  qui  commença  \  l'émanci- 
pation d<^5  coîhmunes,  il  s'établit  une  sorte  de  rivalité 
entre  les  coiuiiumaulés  et  vill'»gr>s  voisins  les  uns  des 
autres  :  ri\ alité  souvent  ])aciri(|ue  et  no  consistant  qu'eu 
uni'  guerre  de  (piolibets  et  de  jeux  ào  mots.  De  \\  cette 
foule  do  surnnijjs  iinupieurs  ou  méprisants  que  les  loca- 
lités se  lançaient  l'une  j^i  l'autre  au  moven-àge  et  dont  le 
souvenir  est  resié  dans  le  pays,  quoiqu'on  n'y  attache  de 
nos  jours  aucune  ])enséo  de  haine  ou  de  dérision.  C'est 
ainsi  (|u'ou  dit  onciuv  : 

Ti'ij)'(-  ('\\.!(th.  ■ —  Crrho-hac/ids  (VAnduso.  —  Vofo-biôou 
(h'  S(hit-  \inhri(i.  —  F<'(inn)i  ou  Totnh}  (((■  fit^nobrc.  —  Assit- 
(lin)-li<  nù  (!('  S('n-I\tnnn(iït.  —  Phudcjaire  dé  Sénf-Andrè- 
d('-\'tilhorrj)(n.  —  Bidtvfo  dr  Ménde.  —  Éscorjo-truèjo  dé 
S<'H'J(in-d('-C,ardoif}ir)if/ffo.  —  Piquo-céscs  dé  Mialé.  — 
Sdonlo-roiujtté  ou  Dionioné  dr  Sôoure.  —  firoinizidoù  dé  la 
Sfi/f>-/!('''<éii-r'i'trr.  —  C'tfjdou  dé  Sénf-J/ipoidifc-dé-Dusfor. 

—  Tiif/'/tfff  ddotf  Sénf-Fspv).  —  lirarido-pitito  ddou  Coulé. 

—  lUtnihaii  dé  Sén-Chéli.  —  Taryairc  ou  Targués  dé 
Momvjc  (Marvéjols,  Lo/rre). —  Esfouiro-bari  dWoiibénas. 

—  Couflo-fripo  dé  l'Anjénficfrn.  —  Fout  râlé  dé  Bézlès.  — 
JUairr  dé  Vi Infor.  —  Pir/uo-séc(il  dé  Méjttno.  —  Gal'méto 
dé  liof/nôoK.  —  Touudur  dé  napo  dé  Ginoma.  —  Trabas- 
faire  dé  Lu.  —  Fdou  témouèn  dW\margue .  —  Passerait  dé 
Soumi-nr.  —  Manjo-méh'fo  d'Fzés.  —  Péfachoit  dWrlgnoitn. 

—  Parbo-foitrcndo  dé  In  Gardo.  —  Fspaséto  dé  Cavaicntn. 

—  VirO'fjdoH  dé  néoitcoire.  —  Soif  ré  ié  dé  Boitléno.  —  Las 
Gros  dé  M(d(i(arîrno.  —  Véiatrc  dé  Soitslélo.  —  ^'oublèsso 
dé  ('hamboitrifjdoK.  —  Bannstaire  dos  Apém.  —  Cmtgitï  dé 
Porto.  —  Pésquairc  ou  Aouboinssnire  dé  Aèr.  —  Pésqito^ 
limo  dé  Luml.  —  Paddou  ddou  Pour.  —  Mavjo-blédo  dé 
Sén-Pùou.  —  ManjO'Cdoulé  dé  Lusiès.  —  Damaïre  dé  Sén- 


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305 


Jwè. —  Coneho-péras  dé  Jtoussoà. —  Jasiôou  dé  Carpéntras. 
—  Dévignaxre  dé  Mountélimar,  etc. 

ÉêeaXnoun  est  formé  de  Noun  et  de  Escaï,  qui  paiatt 
aToir  existé  autrefois  dans  la  langue  et  qui,  dérivé  du  gr. 
Iauxt6ç,  faux,  du  mauvais  côté,  donnait  au  mot  entier  la 
signification  de  faux  nom. 

Êscaio,  i.  f.  Écaille,  substance  dure,  laminée,  cornée 
et  luisante  qui  recouvre  le  corps  des  poissons  et  des  tes- 
taoés;  éclat  de  bois  qui  se  casse  et  se  sépare  d'un  meuble. 

Dér.  du  lat.  Squamma;  dim.  Squamtda,  m.  sign. 

Éscaîre,  «.  m.  Équerre,  instrument  de  géomètre  pour 
tirer  des  lignes  droites  et  perpendiculaires,  et  tracer  des 
angles  droits.  —  A  VésecHre,  à  angle  droit.  Planta  à  Vis- 
eatre,  disposer  une  plantation  en  quinconce. 

Dér.  du  lat.  Quadrare,  rendre  carré. 

fiscairoù,  s.  m.  Petit  coin  de  terre;  angle  de  terrain 
clos  de  murs. 

Dér.  aussi  bien,  comme  dim.  de  Bseat,  morceau,  que  de 
ticaïre. 

Éscala,  V,  Monter  par  une  échelle;  grimper  sur  un 
ari)re;  escalader  un  mur;  gravir  une  côte,  une  montagne  ; 
en  général,  monter,  par  degrés,  peu  à  peu. 

Dér.  de  ÉsctUo. 

fiscalabrina,  t>.  Grimper  sur  une  hauteur  scabreuse  et 
rapide;  monter  avec  difficulté  et  en  employant  toute  son 
agilité. 

Dér.  de  Étcàlabroin, 

Ëscalabroùs,  ouso,  adj.  Scabreux;  ardu;  rapide;  dif- 
ficile à  monter;  raboteux. 

Formé  du  lat.  Scala,  échelle,  ou  de  SeabroiUij  ftpre, 
raboteux. 

Escalada,  v.  Escalader  un  mur  avec  ou  sans  échelle. 

Âugm.  de  Èteala, 

ÊBCalado,  «.  f.  Escalade;  action  d'escalader  un  mur.  — 
Intra  pér  é$eaiado,  s'introduire  par  escalade,  en  franchis- 
sant les  clôtures. 

Éscalaxre,  a!ro,  adj.  Qui  grimpe;  habile  à  grimper  au 
haut  des  arbres. 

Éscaléto,  ».  /*.  Squelette  ;  carcasse  du  corps  d'un  animal 
et  particulièrement  de  l'homme,  réduit  aux  os.  Au  fîg. 
personne  maigre  et  décharnée. 

Dér.  du  gr.  SxeXex^v,  corps  desséché. 

Éscaléto  ou  Tourtioù  dé  lère,  <.  f.  Sorte  de  gaufire 
fûte  au  moule,  plate  et  carrelée  par  l'empreinte  du  moule, 
ce  qui  donne  à  son  dessin  la  forme  d'une  série  de  petites 
échelles  juxtaposées. 

Dim.  de  É$ealo. 

fiscalo,  ê.  f'  Dim.  Éscaléto;  augm.  Èsealauo,  Échelle, 
instrument  composé  de  deux  montants,  traversés,  d'espace 
en  espace,  par  des  b&tons  nommés  Éscaloin,  échelon,  ser- 
vant À  monter  et  à  descendre.  —  Mé  farioM  mounta  àou 
eièl  »(m9  ésealo,  vous  me  feriez  prendre  la  lune  avec  les 
dents,  c.-à*d.  vous  me  pousseriez  à  des  extrémités  fâcheu- 
ses. L'iêcalo  dâou  moutoà,  l'une  des  trois  solives  qui  sou- 


tiennent la  machine  à  planter  les  pilotis,  appelée  sonnette; 
c'est  celle  qui  sert  d'échelle  pour  grimper  jusqu'à  la  poulie. 
Elle  est  composée  d'un  seul  montant  traversé  de  chevilles 
débordant  d'un  pied  de  chaque  côté,  qui  servent  d'éche- 
lons. Dans  le  Vivarais,  on  se  sert  d'une  échelle  du  même 
genre  pour  cueillir  la  feuille  de  mûrier  et  pour  élaguer  ces 
arbres  :  bien  entendu  que  la  forme  seule  est  semblable,  et 
non  la  dimension,  ni  surtout  le  poids.  Téni  Véêcalo  à 
quAouquui,  être  complice  de  quelqu'un,  l'aider  à  com- 
mettre quelque  mauvaise  action. 

Dér.  du  lat.  Seala,  m.  sign. 

Éacaloù,  «.  m.  Échelon,  chacun  des  barreaux  d'une 
échelle.  -—  M'en  iouï  fa  pér  un  brave,  un  poulit  étcaloù, 
j'ai  payé  un  fameux  écot  :  au  fig.  dans  ce  sens,  pour  dire  : 
c'est  un  fameux  degré  que  je  viens  de  monter  ou  de  des- 
cendre. 

Éscamandre,  s.  m.  Dim.  Éscamandroù;  péj.  Èsea- 
mandras.  Fille  ou  femme  sale,  laide,  déguenillée  ;  effrontée; 
garçonnière. 

La  ressemblance  de  ce  nom  avec  celui  du  fleuve  Sca- 
mandre  semble  annoncer  que  c'est  ce  dernier  qui  lui  a 
donné  naissance;  cependant  il  est  dillicile  de  saisir  un 
rapport  quelconque  d'acception  entr'eux.  Toutefois  est-il 
impossible  que  la  manière  mythologique  et  allégorique  de 
peindre  les  fleuves  qu'on  représentait  à  demi-nus,  les  che- 
veux épars,  la  barbe  mêlée  et  gluante  de  vase,  soit  venue 
servir  de  type  au  genre  de  saleté  et  de  désordre  que  nous 
offre  le  mot  languedocien?  Mais,  en  admettant  même  l'hy- 
pothèse, pourquoi  choisir  de  préférence  un  fleuve  phrygien, 
dont  la  représentation  ne  se  trouve  guère  que  dans  les 
hautes  peintures  classiques  et  le  nom  dans  la  haute  litté- 
rature?... Concluons  que  si  réellement  le  fleuve  a  prêté 
ainsi  son  nom  au  populaire,  cela  ne  peut  tenir  qu'à  quel- 
que fait  anecdotique  oublié  aujourd'hui.  Les  étymologistes 
qui  ne  seraient  point  satisfaits  par  cette  conjecture,  pour- 
ront trouver  l'origine  du  mot  dans  sa  substance  même  en 
le  décomposant.  Nous  avons  déjà  vu  que  le  mot,  ou  plutôt 
la  racine  Eseat  signifie  faux  et  gauche;  on  pourrait  y 
joindre  la  corruption  du  lat.  Matrtma,  dame,  femme  de 
qualité,  femme  considérée  et  de  haute  position  sociale. 
Dans  ce  cas,  le  mot  Èteamandre  rendrait  l'idée  d'une 
fausse  dame,  c.-ànl.  dame  de  bas  étage,  dame  dont  la  mise 
sale  et  dégoûtante  est  le  contrepied  de  la  mise  sévère, 
digne  et  recherchée  de  la  véritable  matrone.  Ce  qui  ferait 
pencher  vers  cette  dernière  déduction,- c'est  la  circonstance 
des  mots  Mandro  et  Mandrouno,  qui  existent  également 
en  languedocien  et  dérivent  bien  évidemment  de  Matrona 
(Voy.  cm.),  quoique  dans  une  acception  presque  opposée 
et  qu'on  peut  regarder  comme  une  ironie  ou  une  antiphrase. 
Malgré  toutes  ces  probabilités,  je  ne  sais  quelle  ressem- 
blance de  configuration  nous  fait  encore  revenir  vers 
l'étymologie  phrygienne,  sans  partager  néanmoins  les 
motifs  qu'en  donne  Sauvages,  qui  lui  paraissent  cependant 
si  peu  plausibles;  mais  pour  ne  rien  négliger  dans  toute 


30G 


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ESC 


celle  liistuiiv  labulouse  et  fort  obscure.  D'après  lui,  ce 
lleuvi',  llls  (Je  Jupiter  et  de  la  nyiiii>he  Doris,  fut  luéla- 
uiorpliusj'i  eu  lleuve  dans  le  seul  but  de  le  rendre  iuiinortel. 
Son  père  lui  accorda  en  outre  le  privilrj^'e  de  donner  une 
iVHe  il  toutes  les  jeunt^s  filles  (jui  allaifut  se  marun*.  La 
veille  de  la  noce,  elles  venaient  se  bni^Mier  dans  ses  eaux. 
Scaniandre  sortait  de  ses  roseaux,  les  prenait  par  la  main 
et  leur  faisait  les  honneurs  de  son  palais.  Aous  ne  voyons 
pas,  dans  toutes  ces  cérénionies,  un  [)oinl  (luelconque  qui 
rattache  notre  Èscamandre  au  fleuve  Es^'ainandre;  et 
Sauvn^'-^s,  tout  en  donnant  cet  aiterni,  le  juge  lui-mèinc 
et  trouve  toute  allusinn  bien  au-dessus  de  la  p(irlée  du 
vulgaire.  Nous  citons  seulement  à  tilre  d(^  curiosité,  et 
nous  nous  confirmtins  da\antage  dans  la  pensée  (ju'il  y  a 
ici,  plutôt  qu'un  fleuve,  qutMcpie  anecdote  seuis  roche. 

Éscambarla,  v.  Écanjuiller  les  jafidies,  soit  assis,  soit 
debout;  ouvrir  beaucoup  l'angle  (ju'elles  décrivent  entre 
elh^s.  —  ïîs  éscambarla,  il  a  les  jand)cs  arquécb  ou  voûtées 
outre  niisure;  il  est  bancal. 

Dér.  di*  fambo. 

Éscambarlado,  s.  f.  Plus  usitô  au  fig.  Étourderie  de 
jeunesse;  proj^os  grivois  ou  obscène. 

ËscambarloÙ,  adv.  —  To//.  Di-scambdi-loù. 

Éscamouta,  v-  Escainoler;  jouer  des  gobeb-ts.  Au  fîg. 
faire  disparailn^  sublilement  ;  dén.ber  adroilemeul  ;  vojer. 

Ëscamoutaje,  s.  m.  Escamotage,  lourde  passe-passe; 
larcin;  escnKjuerie. 

Éscamoutur,  .v.  m.  Escamoteur;  larron;  escroc. 

Pour  l'étym.  des  trois  mots  (jui  [Mvcèdenl,  en  espag. 
Camadar  veiu  dire  :  ciianger  des  chosi\s  de  face,  jouer  des 
gobe|(jls  :  dér.  ilu  lai.  Cninmulare,  m.  sign.,  qui  pourrait 
bien  certainement  avoiî*  formé  l'un  et  l'autre  mot. 

Éscainpa,  r.  Jeb^r;  rej.trr;  ré[iandi"e;  dissi]ier  — Aqucl 
lun  vsciunjio  l'oli;  aquclo  houlo  csr<nnpff,  celle  lampe  aune 
fuite  par  où  riniile  >e  répand,  ce  tonii"au  [)erd  li^  vin.  A 
éscanijKi  lu  brotjuo,  dit-on  ibune  femme  enceinte,  cljo  ne 
com[Me  plus,  elle  esl  .'i  son  terme;  on  suppose  par  là  que 
pour  le  compte  d''s  m.iis  d(!  sa  grossesse,  elle  se  sert  d'une 
bûchette  (qu'elle  manpie  d'une  cot-he  îi  cfiaipie  mois, 
comuie  cela  se  pratitpie  pour  mille  calculs  i)opulaires;  et 
que,  le  dernier  nmis  étant  r\[iiré,  la  taille  lui  devient 
inutile.  /:s(\ii)ijia  (rniyn,  pisser  :  re\pr(\ssion,  par  pudeur 
de  lang.ige,  s'i-ttMid  mènK^  à  tous  les  besoins  naturels.  .1 
éscdmiKi  sas  f'^brcs,  il  s'est  di'"!)arrassé  di's  accès  de  fièvre. 
ÈscautjHi  loii  bl'i,  répaiidri'  le  bit'  de  s";iienee,  semer.  A 
éscdinpii  sd'in  use,  il  a  perdu  son  àne;  il  a  C'té  obligé  de  le 
jeter  à  la  voirie,  l'.svimj.o  (ont  prr  csrti  l'ios,  c'est  un  pro- 
digue; il  jeile  son  bii;n  [»,K'  la  f.".ièin\  Luu  cadis  cscampo 
la  jdrjn,  le  cadis  r.  jette  la  pluie;  il  est  imperméable. 

Dér.  du  lat.  Campus,  chaiiq^». 

Éscampado'jïros,  s.  f.  plnr.  Versoir,  on  il  les  d'un 
araire  :  les  «bnix  p.eîil^  ;'i<  \\\\>,  atf/i.-lhs  au  s.^c,  ([ni  ont 
p<uir  destihati  »n  d'éc.irler  la  l  Tre  ù  diMi:..,'  et  à  gauche  cl 
de  vider  les  sillons. 


Éscampaïre,  aïro,  adj.  Prodigue;  dissipateur.  —  Aprèê 
un  acuinjiuïrc  vên  un  cscampuire,  prvb.  Après  un  acca- 
pareur, un  dissipateur;  après  un  avare,  un  prodigue.  — 
VfUj.  Acam paire. 

Ëscampia,  v.  Disperser;  éparpiller;  répandre  en  détail, 
un  peu  partout. 

Dim.  de  Kscampa. 

Éscandaïa,  r.  Étalonner  une  mesure  de  capacité,  de 
longueur,  etc.,  une  balance,  une  romaine;  c.-à-d.  les 
coiij]»arer  à  une  mesure  type  que  Ton  nomme  étalon,  et 
les  rectifier  s'il  y  a  lieu.  L'étalonnage  est  la  fonction  prin- 
ci])ale  du  \ériricateur  des  poids  et  mesures. 

Ce  mot  vient  du  lat.  Scnudere,  scander,  réciter  des  vers, 
en  manpiant  la  UK^sure,  en  faisant  sentir  la  division  des 
pieds  (^t  vérifiant  ainsi  s'ils  sont  justes. 

Éscandaïaïre ,  s  m.  Élalonneur;  ronjainier;  vérifica- 
teur lies  [)oids  et  mesures. 

Éscàouda,  v.  Échauder;  pass«n'  à  l'eau  bouillante,  en 
verser  dessus;  fiire  blanchir  la  viande  (n\  v  versant  de 
beau  bouillante  [tour  la  neltoyer  d'un  certain  emp:Meinent 
blanc  ([ui  se  fnrme  dessus,  quand  on  la  laisse  mortifier. 

S'i'.ycdouda,  >>?  brûler  avec  un  liquide  bouillant. —  Moun 
vin  s'cs  cscduuda,  mon  vin  a  tourné.  Frucho  escâoudado, 
toute  i'>p.'ce  de  fruils  avortés,  qui  séchenl  avant  leur  nia- 
turil''.  (al  l'scdouda  l'uïgo  fréjo  l'y  [ai  pùou,  prvb.  Chat 
écliaudé  ciMinl  l'eau  froidiî. 

Éscàoudun,  s.  m.  Pousse  du  vin;  goût  du  vin  tourné. 
—  Scn  l'escàvudun,  ce  vin  a  un  mauvais  grtùt  de  pousse. 

Éscàoufa,  V.  É.haulTer;  réchaulfer;  doinier  de  la  chaleur. 
Au  lig.  aninjer,  exciter. 

S'éscâoufa,  se  réchaulfer;  s'aniiner;  s'échaufi'er  la  bile. 

Dér.  de  Câoufa  :  Celui-ci  signifie  chaulfer  au  feu; 
l'scdoufa  est  plus  génériipie  et  plus  large,  il  s'étend  à 
toutes  les  minières  di'  n'cbaulTiu*. 

Éscàoufado,  s.  f.  EchaulVourée;  situation  périlleuse  et 
p«'niljle;  s.ii>i>sem!'ul  de  lirreur.  —  llnduràe  nno  poulido 
éscàoufado,  je  fus  un  moment  dans  une  cruelle  passe. 

Èscàoufamén,  5.  m.  Echauboulure;  légères  éruptions 
qui  viiMinent  sur  la  jîeau. 

Éscâouféto,  s.  f.  Réchaud;  fourneau  de  polagcr.  Au 
fig.  zélé,  aideur;  enqire.s^t.-menl.  —  Jouja  d'escdoufeto, 
loc.  lig.,  s'animer,  s'ap[ili(iuer  au  jeu,  ce  qui  dans  la  plu- 
part des  jeux  d';nlresse  renil  le  couj)  d'aul  plus  sûr  et  la 
main  plus  adroite  :  cela  se  traduirait  en  fr.  par  jouer 
d'inspiration,  si  cette  phrase  était  reçue. 

£scâoufo-iè,  5.  m.  Bassinnire,  ustensile  pour  chaufier 
le  lit.  —  Maure  d'c^câoufo-i-',  vis.igi^  plein,  rebondi, 
animé,  respirant  la  vivacité,  qui  ressemble  h  une  bassi- 
noire. 

Éscàouquïa,  ado,  adj.  Se  dit  d'une  figure  qui  est  bien 
mise  à  découvert,  dont  toutes  les  lignes  sont  bien  appa- 
renl'S,  débarrassée  par  conséquent  de  dentelles  tombantes, 
de  d<Miii-v»)iles,  mèiije  de  mèches  de  cheveux  tombants. — 
Maure  tscdouqu'ia,  minois  éveillé  et  même  un  peu  effronté. 


ESB 


ESC 


307 


Dér.  de  Cdouqi/^o,  comme  si  le  visage  était  débarrassé 
de  sa  coquille. 

fiacâoiiton  on  Candèl,  <.  m.  Dim.  ÉMCâtnaouné.  Pelo- 
ton de  ni,  de  soie,  de  coton,  de  laine. 

Éscàoutonna^  v.  Pelotonner;  dévider  en  peloton;  ra- 
masser en  peloton. 

ÉBcapa,  V.  Échapper,  fuir;  se  sauver;  éviter;  échapper 
d'une  maladie;  sortir,  se  tirer  d*un  danger.  —  M'é$eapavo 
dé  gn'&n  parla,  la  langue  me  démangeait  de  lui  en  parler. 
Sémblo  éseapa  dé  la  quiitsso  dé  Jupiter,  il  est  si  fier  qu'on 
le  croirait  sorti  de  la  cuisse  de  Jupiter  :  par  allusion  à  la 
naissance  de  Bacchus  que  Jupiter,  pendant  un  temps, 
logea  dans  sa  cuisse,  après  la  mort  de  Sémélé. 

Dér.  du  lat.  Capere,  prendre,  avec  la  particule  extrac- 
tive  Ém;  en  ital.  Scappare. 

tscapado,  «.  f.  Escapade;  l'école  buissonnière;  fre- 
daine;  évasion;  échappée;  course  que  fait  un  troupeau  ou 
partie  d'un  troupeau  sur  un  terrain  défendu  où  il  peut 
faire  du  dégât,  on  bien  sur  la  propriété  du  voisin. 

fiscapadoù,  ».  m.  Échappatoire;  défaite;  subterfuge. 

Éseapadoù,  ouno,  se  prend  aussi  adjectivement  pour  : 
capable  de  se  sauver,  prêt  à  s'envoler,  k  fuir  du  nid,  en 
parlant  des  jeunes  oiseaux;  et  par  ext.  des  personnes  qui 
80ttt  en  voie  d'échapper  à  un  danger,  de  garçons  ou  de 
jeunes  filles  qui  cherchent  à  s'émanciper,  à  échapper  à  la 
tutelle. 

Éscaponloim,  s.  m.  Coupon  d'étoffe;  restant  d'une 
pièce  ;  reste  d'une  marchandise. 

Formé  avec  la  partie,  privative  Es,  et  de  Cop,  tète; 
sans  tète;  avec  la  désinence  diminutive. 

Éscar,  «.  m.  Écart;  changement  de  direction;  dévia- 
tion; désarticulation  du  pied  d'un  cheval  par  suite  d'un 
accident  ;  cartes  que  l'on  rejette  à  certains  jeux  pour  en 
prendre  d'autres. 

Dér.  de  Éscarta, 

Ëscarabîa,  v.  Réveiller;  dégourdir;  donner  de  l'activité. 
—  Aguél  tén  ésearabïo,  ce  temps  vif  donne  des  forces,  de 
la  santé,  de  l'entrain.  Es  éscarabïa,  il  est  vif,  alerte,  dé- 
gourdi, sémillant.  Va$  véïre  se  le  vôau  éscarabita,  tu  vas 
voir  si  je  vais  te  dégourdir,  te  secouer. 

S'éêcarab\la,  se  donner  du  mouvement;  s'évertuer;  sa 
réjouir  ;  s'égayer.  —  Aquél  tén  s*éscaralho,  le  temps  tourne 
au  vif.  Couménço  dé  s' éscar  alita,  se  dit  d'un  convalescent 
qui  commence  à  reprendre  des  forces. 

Les  vieux  auteurs  français,  qui  empruntaient  peut-être 
au  languedocien,  disaient  aussi  Éscarabillat  pour  vif, 
alerte,  guilleret. 

fiftcaràoiigiia,  v.  Égratigner;  écorcher  la  peaUf  écrouter 
une  gale. 

Dér.  de  Car,  avec  la  particule  extractive  Es,  ou  du  lat. 
Exeoriare,  enlever  la  peau,  formé  de  la  même  manière,  de 
Ex,  privatif,  et  de  Corium,  cuir,  peau. 

£tcaràoiigaAdo,  s.  f.  Égratignure;  déchirure  de  la 
peau;  sa  marque. 


Ëscaras,  s.  m.  Porte-clayon  :  meuble  de  magnanerie 
composé  de  deux  montants  dont  diacun  est  armé  de  che- 
villes pour  supporter  les  clayons  les  uns  sur  les  autres. 
C'est  sur  cet  échafaudage  qu'on  élève  d'ordinaire  les  vers- 
à-soie  dans  leur  premier  âge.  On  les  soigne  en  enlevant 
successivement  chaque  clayon  et  les  mettant  tour  à  tour 
à  la  portée  de  la  main. 

Ce  mot  est  une  corrup.  et  un  péjor.  de  Èsealo,  dont  il 
a  un  peu  la  forme  et  la  pose. 

Êscaraasoù,  s.  m.  Sorte  de  caillebotte  fermentée.  C'est 
le  résidu  du  petit  lait  bouilli  à  petit  feu,  qu'on  roule  en 
pelottes  et  qu'on  épice  de  poivre,  de  vinaigre  et  d'eau-de- 
vie. 

La  forme  diminutive  du  mot  qui  est  patente,  n'impli- 
querait-elle pas,  pour  son  étymologie,  la  pensée  de  le  tirer 
de  Èseai,  éseaeh,  morceau,  dont  le  dim.  direct  lui-même 
est  Èseachoiii?  C'est  un  doute  encore,  mais  on  vient  de 
plus  loin. 

Êscarayisse,  s.  m.  Écrevisse.  —  Voy.  Chambrt. 

Dér.  du  gr.  Sx£^pa6o«,  m.  sign. 

fscarcaîa  (S*),  v.  Écarquiller  les  jambes,  soit  en  mar- 
chant, soit  assis  :  se  gonfler;  se  crever.  Au  ûg.  faire  le 
gros  dos,  l'important.  —  Éscarcaïa  sous  tels,  ouvrir  les  yeux 
comme  des  portes  cochères  ;  se  crever  les  yeux  à  regarder; 
les  tenir  grands  ouverts.  Marcha  ésearcaia,  il  marche  les 
jambes  écartées. 

Êscardassa,  v.  Tirer  les  cheveux  à  quelqu'un,  les  lui 
arracher  ;  étriller  quelqu'un. 

S'éscardassa,  se  prendre  aux  cheveux;  se  battre;  se 
peigner;  se  donner  une  peignée. 

En  ital.  Seardassare,  carder  de  la  laine. 

£scarlato,  s.  f,  Écarlate,  couleur  d'un  rouge  vif. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Scarlatum,  m.  sign.  En  ital.  Sear- 
laUo,  en  angl.  Searlet.  On  croit  le  primitif  dérivé  du  cel- 
tique. 

Ëscarlimpa,  v.  Grimper;  gravir  à  grandes  enjambées, 
étourdiment  et  sans  mesurer  ses  pas. 

Formé  de  Éscar,  tiré  du  fr.  et  du  roman  Limpa,  glisser. 

fscarlimpado,  «.  /*.  Grande  enjambée;  glissade;  faux 
pas.  Au  fig.  faux  pas;  coup  de  tète;  étourderie;  acte 
irréfléchi. 

ËBcamaÎBBe  (Faire),  v.  Vexer  quelqu'un,  lui  donner 
de  l'inquiétude  ou  de  l'impatience  en  lui  tenant  le  bec 
dans  l'eau;  faire  endèver.  Proprement,  causer  de  l'effroi, 
de  l'horripilation. 

Ce  mot  semble  formé  de  Car  et  de  Naïsse,  c.-à-d.  causer 
une  efilorescence  sur  la  peau,  donner  chair  de  poule.  Ce 
verbe,  ne  s'employant  qu'après  le  v.  FaSre,  n'est  usité 
qu'à  l'infinitif  :  c'est  le  premier  seul  qui  le  conjugue. 

Ëscarnl,  v.  Inspirer  à  une  personne  ou  à  un  animal  un 
effroi  qui  l'empêche  de  retomber  dans  la  même  faute 
qu'il  vient  de  commettre,  par  le  souvenir  du  châtiment 
infligé,  ou  par  la  crainte  d'une  correction  nouvelle,  ou  par 
la  peur  d'un  danger  imminent.  Proprement,  enlever  la 


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ESC 


ESC 


pean  on  la  chair.  —  Le  chat  échandé  craint  jnsqn'à  Tean 
froide,  parce  qn*il  est  éseami. 

Dér.  de  Car,  avec  la  partie,  privative. 

Éscamimén,  s.  m,  Ck)rrection;  crainte  de  châtiment. 

ÉBcarpîa,  v.  Éparpiller;  répandre  ça  et  là.  —  Le  même 
qtxe  É$p€urpaHa,  ou  dn  moins  dans  la  plus  grande  affinité 
de  sens  fVoy.  c.  m.}. 

Dér.  dn  lat.  Carpere,  ramasser,  mettre  en  tas,  et  de  la 
part,  privative  Et. 

ÉBCarpin,  s,  m.  Escarpin,  soulier  à  semelle  légère; 
soulier  de  danse;  chaussure  des  dimanches  pour  les  villa* 
geois.  —  Jouga  d<u  éicarpinê,  jouer  des  semelles,  se  sau- 
ver; prendre  la  course. 

Dér.  du  lat.  Carpitculum,  m.  sign. 

fiscarpina,  v.  Courir  légèrement;  jouer  des  jamhes; 
marcher  vite.  —  Èscarpina  d'éscldi,  chaussé  de  sahots  : 
phrase  ironique  qui  sert  à  mieux  faire  ressortir  la  gros- 
sièreté et  la  pesanteur  de  cette  chaussure. 

Éscarpinéia,  t^.  fréq.  et  augm.  de  Éicarpina, 

fiscarpo,  J.  f.  Carpe,  Cyprinut  earpio,  Linn.,  poisson 
de  Tordre  des  Holohranches  et  de  la  fam.  des  Gymno- 
pomes,  qui  vit  dans  les  eaux  douces  et  dans  les  laos.  Les 
carpes,  qui  deviennent  fort  grosses  et ,  dit-on,  fort  vieilles, 
sont  recherchées  des  gastronomes  pour  leur  délicatesse.  On 
les  engraisse  pour  les  améliorer  encore.  A  ce  propos,  un 
de  nos  vieux  amis  racontait  un  épisode  d'un  voyage  qu'il 
fit  à  Paris.  Il  y  a  longtemps  de  cela,  et  à  cette  époque,  où 
Ton  n'avait  pas  encore  inventé  les  locomotives  et  les 
hnffets,  on  donnait  largement  aux  voyageurs  le  temps  de 
diner.  Â  un  relai  quelconque,  notre  ami,  au  sortir  de 
table  où  il  avait  très-magistralement  officié  et  mangé  sur- 
tout avec  abondance  d'un  plat  de  carpes  fraîches  et  dodues 
qu'il  avait  trouvées  excellentes,  s'en  fut  dans  le  jardin  de 
l'hôtel  commencer  sa  digestion  et  attendre  le  départ.  Dans 
ce  jardin  était  un  bassin  vers  lequel  il  se  dirigea,  et  en 
avançant,  il  aperçoit  certains  objets  de  forme  indécise  qui 
s'agitaient  par  petits  bonds  au-dessus  de  l'eau.  Il  s'ache- 
mine et  croit  reconnaître  que  ce  sont  de  petits  chiens  venant 
de  naître  qui  semblaient  se  débattre  contre  la  noyade. 
c  Oh  !  les  barbares  !  s'écrie-t-il,  ne  pas  les  avoir  assommés 
avant  de  les  jeter  à  l'eau  !»  et  il  s'approche  tout  à  fait 
pour  les  secourir...  peut-être...  C'étaient  bien  de  petits 
chiens;  mais  ils  étaient  morts  depuis  longtemps,  et  des 
carpes,  les  compagnes  de  celles  qu'il  venait  de  manger 
avec  tant  d'appétit,  les  avaient  dévorés  à  moitié.  C'étaient 
elles  qui  en  les  becquetant  leur  faisaient  faire  ces  bonds 
qui  simulaient  leur  agonie.  L'hôte  engraissait  ainsi  les 
carpes  de  son  vivier,  à  la  façon  du  Romain  qui  jetait  des 
esclaves  à  ses  murènes.  On  peut  imaginer  l'effet  que  ce 
spectacle  produisit  sur  l'estomac  de  notre  voyageur  :  il 
paya  son  dîner  et  n'emporta  rien,  au  contraire,  se  pro- 
mettant bien  de  s'assurer  dorénavant  de  l'ordinaire  des 
carpes  qu'on  pourrait  lui  servir. 

fiicarta,  v.  Écarter;  éloigner;  séparer;  mettre  de  côté 


certaines  cartes  pour  les  remplacer  par  d'autres  —  Ymu 
éseartés  pas,  ne  vous  éloignez  pas,  je  vais  revenir.  Ètearta 
la  grana\o,  au  fig.  se  permettre  des  propos  par  trop  égril- 
lards. AqiUl  fusil  éicario,  ce  fusil  écarte,  éparpille  le 
plomb;  et  au  fig.  on  dit  :  Soun  fu$U  ésearto,  il  écarte  la 
dragée,  de  quelqu'un  qui  laisse  échapper  de  petites  parties 
de  salive  en  parlant.  Escorta  vous,  faites  votre  écart,  ^t- 
on  à  quelqu'un  dans  certains  jeux. 

Dér.  du  lat.  Bxpartire,  enlever  de  sa  part,  de  sa  posi- 
tion un  objet. 

Éscartaîra»  v,  Écarteler;  tirer  à  quatre  quartiers;  divi- 
ser; couper  en  morceaux. 

S'éscartaïra,  prendre  un  écart. 

ÊBcas  (Toat-)  ou  Toatp-£sca,  adv.  Dim.  Tout-éscassito, 
Tout  à  l'heure;  il  n'y  a  qu'un  instant;  à  peine;  non  loia. 
—  Çaï  y-éro  tout-iscM,  il  était  ici  il  n'y  a  qu'un  moment. 
Sor  tout'éseauéto ,  il  vient  de  sortir  à  l'instant  même. 
Tout'éscasséio  l'y  vése  un  pâou,  j'y  vois  à  peine,  à  peine. 

Dér.  probablement  du  grec  Ou*/,  éxàc,  non  loin ,  tout  près. 

Ëscassa,  v.  Échalasser;  échafauder;  élever  au  moyen 
de  supports. 

S'éscassa,  monter  sur  des  échasses;  au  fig.  monter  sur 
ses  grands  chevaux  ;  se  hausser. 

Ëscasso,  1*.  f.  Échasses  ;  longs  bâtons  munis  d'une  sorte 
d'étrier  sur  lequel  se  pose  le  pied,  et  dont  on  se  sert  pour 
s'élever,  pour  passer  une  rivière. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Scalaeia,  m.  sign.  pôj.  de  Seala, 
échelle. 

Éscava,  v.  Évider;  échancrer,  terme  de  tailleur  et  de 
couturière;  tailler,  couper  en  dedans. 

Dér.  de  Cava. 

ËBcayadaro,  s.  f,  Échancrure;  coupure  faite  en  dedans, 
en  forme  de  demi-cercle. 

Ëscayàl,  s,  m.  —  Voy.  Débandire,  m.  sign. 

Éscavéla,  v.  Dévider  avec  Véseavèl. 

ËBChaipo,  t.  f.  Écharpe;  ceinture  de  soie,  insigne  de 
fonctions  publiques. 

Corrup.  du  fr. 

Éschirpe  ou  Taïo-cébo,  s.  m.  Taupe-grillon,  conrtiUèie, 
Gryllo  talpa,  Linn.  Cet  insecte,  orthoptère,  k  peu  près  de 
la  longueur  et  de  la  grosseur  du  doigt,  quelque  peu  sem- 
blable à  l'écrevisse,  hideux  à  voir,  vit  presque  toujours 
sous  terre.  Il  est  fort  connu  et  fort  redouté  pour  les  dégâts 
qu'il  cause  dans  les  jardins,  où  il  coupe  la  racine  de  beau- 
coup de  plantes  potagères.  Nos  paysans  ne  manquent  iamais 
de  dire,  avec  un  grand  sérieux,  qu'on  les  tue  en  soufiDant 
dessus.  Ils  en  donnent  la  preuve  au  premier  témoin  qui  se 
trouve  là  quand,  en  bêchant,  ils  trouvent  un  taupe-grillon. 
Ils  le  saisissent  délicatement  par  le  corselet  entre  le  pouce 
et  l'index,  soufflent  dessus  à  deux  ou  trois  reprises,  et  en 
même  temps  ils  le  serrent  fortement  à  l'étouffer;  ce  double 
procédé  est  infaillible.  Le  fait  est  que,  avec  ou  sans 
témoins,  il  est  rare  qu'un  paysan,  rencontrant  un  tfjdUryf, 
le  tue  sans  souffler  dessus. 


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309 


Éaclafi,  V.  Dégorger;  lâcher  la  bonde  d'an  réservoir. 
An  fig.  mettre  à  découvert;  publier  un  secret;  déceler  un 
complot.  —  S*éidafï  dé  rire,  éclater  de  rire,  rire  à  gorge 
d^loyée;  crever  de  rire. 

Dér.  par  opposition  de  Clafï, 

ÉsclafidOQ,  «.  m.  Épanchoir;  ouverture  d*une  vanne. 

Ésdatra,  «•  —  Ce  mot,  qui  est  emprunté  au  fr.  Éclairer, 
ne  participe  point  de  ses  diverses  acceptions.  Il  n'est  guère 
employé  en  languedocien  que  comme  synonyme  de  Éclair' 
eir,  et  devient  surtout  un  terme  technique  de  magnanerie 
pour  exprimer  l'action  de  disséminer  les  vers-à>soie  qui 
ont  grossi  et  sont  devenus  plus  serrés,  sur  un  plus  grand 
nombre  de  tables.  On  le  dit  également  des  plants  de  légu- 
mes qui  sont  semés  trop  drus  et  dont  on  arrache  une  partie 
pour  donner  plus  de  distance  aux  autres.  Cependant,  dans 
cette  dernière  acception,  on  dit  plus  souvent  ÈtdaïrL 

Jamais  on  ne  se  sert  de  ce  dernier  verbe  par  rapport 
aux  vers-à-soie. 

Éêclaïra  est  admis  quelquefois  substantivement  dans 
pareille  locution  :  un  home  éêclàtra,  un  homme  éclairé, 
instruit;  mais  c'est  du  languedocien  un  peu  francisé. 

£sclairado,  f.  f.  Clairière;  lieu  découvert  au  milieu 
d'an  bois;  action  d'éclaircir  les  vers-à-soie;  diverses  repri- 
ses de  ce  dernier  travail.  — A  fa  très  éselaïrados,  il  a  fait 
trois  levées  de  vers. 

£sclatre  ou  £lion,  t.  m.  Éclair;  clarté  éblouissante.  — 
Éfeto'tre  ne  s'emploie  que  dans  le  style  soutenu  ou  en 
poésie.  —  Voy.  ÈlUnt. 

Ésclairl,  v.  —  Voy.  Èiclaïra.  —  Lou  tin  i*és€laïrii,  le 
temps  s'éclaircit. 

fiselaiiido  ou  Lacado,  s,  f.  Intervalle  de  temps  serein 
par  un  temps  de  pluie;  rayon  de  soleil,  jet  de  lumière  à 
travers  les  nuages. 

Ésdandre,  s»  m.  Esclandre;  scandale  public;  accident, 
événement  qui  fait  de  l'éclat  et  qui  est  toujours  fâcheux 
et  honteux. 

Dér.  du  grec  £xdh/BaXov,  scandale. 

fisclantl,  t'.  Retentir;  éclater;  résonner;  produire  on 
son  éclatant. 

Dér.  du  lat.  Clangere,  m.  sign. 

Éielapa,  v.  Fendre  du  bois,  le  dépecer,  le  détailler  en 
gros  quartiers;  briser.  Au  fig.  battre,  meurtrir  une  per* 
sonne,  lui  casser  bras  et  jambes. 

Dér.  de  Clap,  ela,  tas,  monceau  de  pierre,  avec  la  part, 
disjonctive  Es;  c.-à-d.  diviser  une  pierre. 

Ésdapaîre,  s.  m.  Fendenr  de  bois;  charpentier. 

ticlapéto,  f .  f.  Petite  vérole  volante,  qui  consiste  en 
une  éruption  de  pustules  rares,  clair-semées  et  qui  ne 
paraissent  pas  simultanément,  comme  dans  la  petite  vérole 
oïdinaire.  Les  nouveaux  boutons  paraissent  souvent  lors- 
que les  premiers  sont  déjà  secs. 

tidapo,  t.  f.  Grand  quartier  de  bois,  de  bûche;  pièce 
de  Ixûs  refendue.  Au  fig.  taille,  conformation  humaine. 
—  Uno  fïo  dé  bélo  éwlapo,  un  beau  brin  de  fille;  une  fille 


bien  charpentée  et  de  belle  venue.  Vn  por  dé  bèh  é$elapo, 
un  pourceau  à  taille  allongée,  bien  développé  et  qui  annonce 
de  devenir  grand  et  gros. 

ÊBClato,  «.  f.  Engelure;  gerçure;  crevasse  à  la  peau 
causée  par  le  froid,  ou  par  une  humeur  scrofnleuse.  — 
Médéei  dé  lai  éseiatoi,  médecin  d'eau  douce;  avocat  des 
petits  procès. 

Dér.  de  Elaium,  supin  de  Exferre,  produire  au  dehors, 
ouvrir. 

ÉaclaYaJe,  f.  m.  Esclavage;  servitude;  soumission; 
dépendance  ;  occupation  assujétissante. 

ÊsclaYO,  adj.  des  deux  genres.  Esclave;  celui  dont  la 
profession  ou  l'occupation  le  tient  à  l'attache  et  l'empêche 
de  sortir  de  sa  maison. 

Dér.  du  lat.  Sclavuê,  m.  sign.  —  Ce  dernier  mot  peut 
être  tiré  de  sa  substance  même  et  dériver  de  Clavii,  clef, 
c.-à-d.  enfermé  sous  clé.  Il  peut  venir  aussi  du  latin  clas- 
sique SHavi,  les  Esclavons,  parce  que  peut-être  ces  peu- 
ples perdus  et  subjugués  par  les  Romains  ou  les  Germains 
étaient  tous  réduits  à  la  condition  d'esclaves  ou  de  serfs. 
Peut-être  encore  cela  tient-il  aussi  à  quelque  anecdote 
historique  où  ces  peuples  figurent  comme  le  type  de  l'es- 
clavage. 

Êsclô,  ê,  m.  Dim.  Éscloupé;  péj.  Éscloupas.  Sabot, 
chaussure  de  bois,  creusée  tout  d'une  pièce,  pour  y  loger 
commodément  le  pied  avec  ou  sans  chaussons,  que  l'on 
garnit  souvent  de  paille  à  l'intérieur.  —  Ésdà  à  la  bésé- 
gudo  (Voy,  BéségudoJ.  Las  sélétos  d'un  éscld,  le  double 
talon  d'un  sabot,  dont  l'un  est  placé  au  talon  et  l'autre 
sous  la  naissance  des  orteils.  Ce  ne  sont  que  les  sabots  les 
plus  grossiers,  ceux  des  gens  de  peine  et  des  montagnards 
qui  ont  de  doubles  talons  élevés  pour  mettre  le  pied  à 
l'abri  de  la  boue  et  de  la  neige.  Lou  maure  d'un  éselà  est 
la  partie  de  devant  qui  se  recourbe  au-dessus  comme  les 
souliers  à  la  poulaine,  et  présente  quelquefois  un  angle 
saillant  en  avant,  comme  le  taille-mer  d'une  proue,  afin 
de  mieux  résister  au  choc  des  pierres. 

Ce  mot  parait  dérivé  du  latin  barbare  Clopus,  pied 
boiteux,  formé  lui-même  du  gr.  XcuXéieouc,  m.  sign.,  parce 
que  le  sabot  fait  marcher  lourdement  comme  un  pied-bot; 
peut-être  aussi  parce  qu'avec  cette  chaussure,  le  pied  est 
informe  et  ressemble  assez  au  sabot  d'un  cheval  ou  à  un 
pied-bot.  Ce  qui  parait  d'ailleurs  donner  encore  raison  à 
cette  étymologie,  c'est  le  P  final,  que  le  mot  porte  dans 
ses  composés  Éscloupé,  Éscloupiê,  Éschupéja,  qui  était 
certainement  dans  son  orthographe,  mais  que  dans  le  pri- 
mitif notre  dialecte,  qui  ne  le  fait  pas  sentir  à  la  pronon- 
ciation, a  dû  supprimer  en  l'écrivant. 

fisclonpé,  «.  m.  Dim.  de  Ésdà.  Petit  sabot,  sabot  d'en- 
fant; petit  haricot  blanc,  qui  nous  vient  des  montagnes 
du  Vêlai,  et  qui  est  plus  délicat  qoe  le  nôtre.  On  l'appelle 
ainsi  par  on  dim.  parce  que  son  grain,  qui  est  plus  petit 
que  les  autres,  est  aussi  plus  arrondi  et  on  peu  dans  la 
forme  d'un  sabot. 


310 


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Éscloupéja  <»u  Èscloupinéja,  v.  l'ivq.  Snholor,  In  ire  ilii 
bruit  en  marcliaul  avoc  des  sahols;  se  faire  onteiulre  de 
loin  avec  (les  sahols;  mari'liiM'  ImiriletneiU  av(.'C  îles  sahitls, 
connue  les  scieurs  de  long  auvergnats,  qui  n'ont  jamais 
d'autre  chaussure  dans  uns  pays. 

Ëscloapiè,  $.  m.  Sal)olier,  (jui  fahrique  ou  (jui  \ end  des 
saltots. 

Ëscloupinéja,  v.  Douhle  l'rnj.  de  liscUmpèja  f  r.  c.  m.]. 

Ésclurci,  .V.  m.  Kelipse;  dispariliui,  nhscuroisseiuejit 
total  ou  partiel  d'un  asire,  p;ir  1  int'^qiosiliun  d'un  autre. 

(le  mot  \ii^nt-il  de  Escn,  njtscur,  ou  du  lat.  Kx,  parti- 
cule privaliv(%  et  l.nj\  lucia,  c.-à-d.  sans  lumière;  ou  iuen 
n'csl-il  qu'une  corruplion  du  l'r.  ilcUpsc'*  Tuules  ces  opi- 
nions S'int  souteiiahlfs  v-t  ratinnriollr's. 

Éscoïre  (S'),  v.  S'écorcher  naturellement;  s'entamer  la 
periu  par  un  t'rotlt'iiient  contiiiu.  -  -  Les  enl'ants  au  maillot 
(jui  ont  l»'\'nicon[)  d'emltoiqxiint  sont  sujets  h  séeorcher 
dans  les  plis  que  forme  leur  chair.  On  dessèche  c<^s  «'^cor- 
chures  en  les  sau[)OuJrant  de  vermoulure  de  liois  (jui  est 
un  absoibant  et  un  rl<\ssieatif.  (lomme  ils  ont  natun^lle- 
inent  la  tète  on^one-'e  dans  l(^s  èp.iules,  faute  d'avoir  les 
verl'''l»res  du  cou  assez  fort-'S  p"ur  la  soutenir,  ils  >'ècor- 
cheiit  Siiuxf'nt  dans  les  ])lis  d^  ccll.^  paiti.^;  on  ])révient 
cet  incon\ènii'n(  en  leur  ])assant  autour  du  cou  un  petit 
colli  'r  de  m-'nu'*  \crr.t|»M'ii'  ijui  cmiièche  radliérence  et  le 
frottement  des  parties  (ju'il  sé])are. 

I)'''r.  de  Cotre. 

Éscolo,  .V.  /'.  l'ci-le,  classe  où  l'on  ens^ii^iie  la  l'Ylure, 
l'ècritur'S  f'te.  ;  I'k-.iI  lui-mèiiic  de  Tr-cole;  ens»^mhle  di's 
enfants  qui  la  fr''t|ii"'iilriit.  —  Moun  pèro  mi'  faï  t'csrolo, 
mon  iière  ot  m^n  [JrMfss'Mir,  mon  maître  d'école. 

Dér.  du  lit.  S<:!t'>l(i,  m.  s'eiii. 

Éscondre,  v.  —  Vf.>/.  Hcscoulrc. 

Dér.  ilu  lat.  Con'lerc,  cacher,  voiler. 

Éscorfi,  s.  m.  Av<irton;  enfant  malingre;  personne 
sèch",  mai;jr!',  d  \h;inii'''\  ra.-liilique. 

O  liiol  rsi-il  un  '  C(trrupIio;i  iPini  composé  de  la  partie. 
privali\(^  ils  et  de  Car,  p.ir  |i^  clianjenn'ut  de  l'a  en  o,  ce 
qui  sij:iiilit^r,iit  :  sans  chair;  ou  hini  s»^rait-il,  par  imita- 
tion, par  mépris  de  ce  qu'il  représente,  tiré  de  l'ital.  Scnr- 
zouc  et  Scoi za.  en  cat.  serjwMit,  vipère? 

Êscorjo-rosso,  phr.  fuite.  Écorelicur  de  voirie,  éijuar- 
risseur. —  ('/«'St  un  état  Lrénéral'^mcnt  uiéprisé.  et  ce  terme 
de\ienl  une  injure  <:i'.  ssière  domié  connue  soIu'i([uet  qui 
n'est  usil»''  que  dans  les  il''rjiiè|-.'s  classes  du  [leuple. 

\)or.  *1>'  ilscoHiJn  et  lio.ssn. 

Éscorso-dé-sèr,  s.  f.  l^ropremont,  écorce  do  siTpent; 
ce  qui  s-^nd»lr'rail  n\  indiipi.M*  la  p'Mu,  mais  qui  en  est  au 
contraire  la  chair,  la  pulpe  lorsipi'elle  est  dél)arrass6e  de 
la  p<\iu,  des  intestins  et  d(^  la  tète.  F.cs  gons  du  peuple 
salent  et  conser\ent  celte  pulp»-»  à  laquelle  ils  attrihuent 
de  uierveillêUM  elT<Ms  médicinaux,  principalement  pour 
l'hydropisie  et  les  alT<x"ti  »ns  de  vessie.  Inutile  de  dire  que 
la  science  se  refuse  à  lui   reconnaître  les  mêmes  vertus. 


C'est  un  pr-'jugé  fondé  sur  l'espèce  de  terreur  superstitieuse 
qu'inspire  ct-t  anitual  (pi'on  regarde  connue  cabalistique. 
La  mcJecine  et  la  cabale  se  tiennent  i)ar  la  main,  dans 
l'esju'it  dt'S  classas  ignorantes  :  nos  médecins  et  nos  char- 
latans, qu'elles  assimilent  et  confondent  volontiers,  ne 
bont  encore  pour  elles  que  des  mires.  Par  suite  do  cette 
même  prévention,  la  graisse  de  serpent  est  également  re- 
cueillie avec  s:;in  et  r('S])ecl  même,  comme  antidote  des 
douleuis  rhumatismales  et  des  simples  courbatures.  L'an- 
guille et  la  lanqjroie,  so'urs  iimocMites  de  la  couleuvre, 
jfont  SUIS  doute  ni  i)lus  ni  moins  de  propriétés  curatives, 
il  ne  l.'ur  mnmjut?  (pie  celte  he-rreur  traditionnelle  qui  date 
de  la  Genèse.  Peut-être  aussi  des  rspêces  venimeuses  de 
t:er[»ent,  dont  la  cmileuvre  est  restée  .soliJaire,  malgré  son 
innocuité,  mais  parresseud'lance  de  conformation,  ont-elles 
valu  à  plus  juste  titre  ti  la  scr  la  ré[»ulsion  qu'elle  inspire 
et  le  cr -ilit  superstitieux  qu'on  a  fait  a  sa  graisse  et  à  sa 
peau  par  un  enchaînement  d'idé^'S  assez  singulier  et  qui 
n'est  i»as  rare  dans  les  préjugés  [lopulaires. 

Éscorto,  s.  f.  Kscortf^;  troupe  ([ui  accompagne,  qui  fait 
la  conduite,  [)nUY  rendre  honneur  ou  pour  veiller  à  la 
sûreté  de  (piclipi'un. 

Dér.  du   lat.  Co/ors,  m.  sign. 

Èscoto,  s.  f.  Latlt^;  mairin  de  châtaignier-sauvageon 
ri^fondu  en  lann's  p-'u  éj^aissi^s,  qui  sert,  dans  nos  pays,  à 
relier  les  futailles  de  bas-fond. 

Ce  mol,  d"a[»rès  Sauvages,  [laraîl  dériver  du  lat.  Excu- 
tin\  pirc'^  que  l'^s  bro yeuses  de  chanvre  pour  espader 
la  niasse,  m'  s.  i\'-nl  d'ïlsrr.ios  comme  espadons. 

Éscouba,  r.  IJalaver;  iietlover  avec  un  balai;  enlever 
tout,  t  ail  (  iii[»oi'tcr. 

Êscoubal,  5.  ///.  l'Coiivillon  de  l!(udang'T;  longue  perche 
au  bout  «11'  latjU'^lle  Sont  as>iij'''lis  qu'^hpics  chilTons  qu'on 
indûbe  d'(\.u  j>our  lialayer  b'S  C'Midres  du  four  après 
qu'avec  le  fourgon,  né  table,  on  a  tiré  la  braise.  Au  fig. 
feaiiii''  sale,  <l'i:aenill'''e. 

Éscoubcto,  N.  /'.  Dim.  de  Èscoubo.  Petit  balai  do  bruyère 
av(  c  li^ipiel  les  lileuses  de  sr^ie  liattent  les  cocons  dans  la 
bassin-\ 

Éscoub'ia,  r.  fréq.  ou  dim.  de  J:srouba.  Balayer  les 
boues  «l'une  ville;,  exercer  la  {>rofession  de  balayeur  de 
ru.\s.  Au  (îg.  cbasser;  disperser;  dissiper,  faire  dispa- 
iMitrt\ 

Éscoubïaïre,  s.  m.  Balayeur  de  rues;  celui  qui  est 
char.iié  du  balayage,  boueur. 

Éscoubïos,  .^.  f.  j/lur.  Balayures;  immondices  ramas- 
sées en  b.ilayant. 

Éscoub'ioun,  s.  m.  Cendrilbtn;  petite  fdlc  sale,  mal 
peignét',  négligée  jiar  S(>s  parenis  et  qui  n'est  employée 
(pi'aux  travaux  les  |)lus  humbles  de  la  maison,  travaux 
dont  le  balayage  fait  partie. 

Éscoubo,  >\  f.  Dim.  Lscoubèio;  péj.  iisconhasso.  Balai; 
poignée  d»^  verges,  de  bruyère,  de  genêt,  de  crin,  de  plu- 
mes, etc.,  pour   balayer.   —  Escoubo  dé  brus,  balai  de 


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3it 


brayère.  Ésantbo  dé  iagno,  balai  fait  avec  les  tiges  da  | 
millet  aquatique. 

Éicouboesl  aussi  le  nom  de  ce  long  filet  à  pêcher,  appelé 
en  fr.  Seine.  Deux  pécheurs  le  tiennent  chacun  par  une 
extrémité,  et,  en  suivant  le  cours  de  l'eau,  le  traînent  sur 
le  lit  de  la  rivière  qui  en  est  ainsi  balayée. 

Dér.  du  lat.  Scopœ,  m*  sign.  En  bas-bret.  Skuhélen, 

fiscoudén,  s.  m.  Dim.  Èscoudénquë;  péj.  Éseoudénqwu, 
Dosse,  terme  de  scieur  de  long,  première  planche  qu'on  tire 
d'une  bille,  et  la  dernière,  qui  est  sciée  seulement  d'un 
côté  et  de  l'autre  équarrie  :  elle  est  toujours  prise  dans 
l'aubier  du  bois.  Cette  planche  est  toujours  mal  faite, 
maigre  sur  certains  points  et  renflée  sur  d'autres.  Au  fig. 
personne  maigre,  longue,  plate  et  mal  charpentée. 

Sauvages  lui  donne  pour  étymologie  le  gr.  '^Et/qlxqç, 
dernier,  qui  est  à  l'extrémité.  Cette  dérivation  s'éloigne 
beaucoup  par  la  forme  au  moins  du  mot,  si  ce  n'est  par 
le  sens.  ?i 'aurait-il  pas  pu  être  trouvé  dans  le  grec  aussi 
une  autre  racine  qui  semblerait  mieux  réunir  les  deux 
conditions?  Par  exemple  ]^xijtoc,  cuir,  peau,  puisque  la 
dosse  est  l'enveloppe  ou  la  peau  du  tronc.  De  là  s'est  formé 
probablement  notre  mot  Coudéno,  couenne,  qui  se  rap> 
proche  sensiblement  par  sa  con6guration  et  présente  la 
plus  grande  analogie  d'acception.  Nous  nous  en  tiendrons 
là  sans  chercher  dans  le  latin,  qui  demanderait  peut-être, 
comme  toujours,  à  intervenir  par  quelque  bout. 

iscondre,  v.  Abattre  des  noix  avec  une  gaule;  les 
gauler:  faire  tomber  avec  une  gaule  tout  autre  fruit  qu'on 
ne  peut  cueillir  que  par  ce  moyen.  Au  fig.  appliquer  une 
volée  de  bois- vert  à  quelqu'un. 

Sauvages  donne  à  ce  verbe  l'acception  de  battre  le  blé 
au  fléau  :  cela  peut  être  vrai  dans  d'autres  districts  de 
notre  idiome,  puisqu'il  prétend  qu'on  employait  l'expres- 
sion Excodare  hladum  dans  la  bass.  lat.,  qu'il  confond 
sans  doute  avec  le  barbarisme  tabcllionesque  des  vieux 
actes;  mais  dans  notre  dialecte,  l'opération  dont  s'agit  se 
dit  ÉteovMouna  et  non  autrement. 

Dér.  du  lat.  Excutere,  secouer,  faire  sortir  en  secouant. 

fiftcoiilia,  V.  Confisquer;  faire  disparaître:  arrêter  une 
personne,  la  mettre  en  prison  ;  tuer. 

L'argot  de  la  langue  verte  s'est  emparé  du  mot  pour  en 
foire  Etcoffier  avec  le  même  sens. 

Êscooiigna,  o.  Serrer;  presser;  entasser. 

S'éseoufigna,  se  presser  les  uns  les  autres;  se  rencogner.  — 
S^éêcoufgna  dé  rire,  rire  malgré  soi ,  rire  tout  en  se  retenant. 

Dér.  de  Coufl  et  de  Éi,  part,  explétive. 

fiftcoulignaire,  e.  m.  Qui  serre,  qui  presse;  qui  aime 
dans  une  presse  ou  dans  une  veillée  à  pousser,  à  presser 
les  gens,  surtout  les  jeunes  filles,  les  uns  contre  les  autres, 
ou  contre  une  barrière,  ou  dans  un  angle  d'un  appartement  : 
sorte  d'amusement  ou  de  niche  fort  usité  à  la  campagne. 

Éiooiilo,  e.  /*.  Écrou  d'une  vis  de  pressoir  :  c'est  cet 
écroQ  que  les  pressureurs  tournent  avec  leur  barre  et  qui 
agit  sur  la  presse. 


Éscongassa,  v.  Aplatir;  renverser  quelqu'un  sur  son 
derrière.  —  S'éscougassa ,  s'aplatir  en  tombant.  Un  na» 
éscougassa,  un  nez  écrasé,  épaté,  écaché. 

Dér.  de  Couga,  c.-à-d.  donner  la  position  d'une  poule- 
qui  couve. 

Êscomà,  Ëscomàîro,  j.  et  adj.  Écolier,  écoliére;  celuii 
ou  celle  qui  va  à  l'école. 

Dér.  de  Schola;  Èscolo. 

£8Coala,  v.  Écouler;  égoutter;  vider;  mettre  à  sec. 

S'éscoula,  voir  le  fond  de  sa  bourse,  vider  son  sac.  — 
M*an  éscoula,  on  m'a  gagné  tout  mon  argent  au  jeu. 

Dér.  du  lat.  Colare,  couler. 

Ësconloaèr,  e.  m.  Éeouloir  ou  envidoir,  outil  de  dévi- 
deuse  de  soie  pour  envider  sur  un  rochet  ou  grosse  bobine 
la  soie  en  flotte  :  c'est  une  broche  de  fer  qui  tourne  hori- 
zontalement sur  deux  poupées  portées  sur  un  plateau  de 
bois.  Le  rochet  est  enfilé  dans  la  broche  qui  à  l'autre 
extrémité  porte  une  roue  en  fer  qui  lui  sert  de  volant  :  on 
fait  tourner  cette  bobine  en  frappant  dessus  avec  un  petit 
outil  en  cuir  rembourré  de  crin  qu'on  nomme  Manéto. 

Éscoumonssa ,  v.  Terme  d'aire,  égrener  les  gerbes  au 
fléau  sans  les  délier.  On  ne  fait  par  cette  œuvre  que  dé- 
florer la  gerbe,  dans  le  but  d'obtenir  du  blé  dont  on  a 
besoin  promptement  ou  plutôt  du  blé  de  semence,  parce 
qu'on  ne  recueille  par  ce  moyen  que  le  grain  des  plu» 
longs  épis,  qui  est  toujourà  plus  beau  et  mieux  nourri,  et 
que  d'ailleurs  il  n'est  ni  mêlé,  ni  chargé  de  graines  étran- 
gères dont  les  tiges  montent  moins  haut  et  sont  renfer- 
mées dans  le  corps  de  la  gerbe.  Cette  défloraison  opérée, 
on  mêle  ces  gerbes  avec  les  autres  pour  le  battage  ou  le 
foulage  généraux. 

Dér.  du  lat.  Exeuitum,  supin  de  Excutere,  secouer, 
battre. 

Ësconmoiusnn,  s.  m.  Blé  qu'on  obtient  par  l'opération 
décrite  dans  le  précédent  article. 

fiscoandn,  ado,  part.  pasi.  de  Èscondre  fVoy.  c.  m.). 
Caché. 

Ésconija,  v,  Écorcber,  enlever  la  peau;  excorier;  ra- 
viner une  terre,  en  enlever  la  superficie  par  l'efiet  des 
grosses  pluies.  Au  fig.  déchirer  quelqu'un  par  des  médi- 
sances ou  des  calomnies  ;  faire  surpayer  ;  parler  mal  sa  langue. 

Dér.  du  lat.  Excoriare,  m.  sign. 

Ëscoiujadoù,  s.  m.  Écorchoir;  voirie;  abattoir. 

Éscomjadaro ,  s.  /*.  Ëcorchure;  déchirure,  éraflurede 
la  peau. 

Éscoorniila,  t;.  Écornifler;  faire  le  parasite;  être  alléché 
par  l'odeur  d'un  repas;  chercher  des  franches  lippées. 

Formé  de  Es,  part,  privative,  du  lat.  Cornu,  corne,  et 
de  Ai/Ia,  flairer  ;  ce  qui  rappellerait  une  idée  à! Écorner  et 
de  flairer,  double  étude  des  parasites.  Sauvages  prétend 
cependant  que  le  mot  intermédiaire  devrait  signifier  Cour, 
par  où  :  flairer  aux  cuisines  des  cours. 

Ëscoorniflaîre,  airo,  adj.  Écomifleur;  parasite;  pique- 
assiette. 


313 


ESC 


ESC 


Ëscourpion,  f .  m.  —  V^y.  Éioroupiou. 

fiflconsso,  $.  f.  Course;  traite  de  chemin;  course  pour 
prendre  6ian.  —  Préne  Véscou$$o,  prendre  son  élan.  Y-ëéraï 
d'uno  éâcouMo,  j'y  serai  d*un  saut. 

Dér.  de  Cousmo, 

fiscoiisaoà,  #.  m.  Fléau  k  battre  le  blé. 

Dér.  du  lat.  Ezcutum,  supin  de  Exeutere,  battre,  se- 
couer. 

ËscouBaouna,  «.  Battre  le  blé  avec  le  fléau;  par 
ext.  s'applique  à  toute  correction  de  bois-vert  bien  condi- 
tionnée. 

Éscoiissoimaîre,  s.  m.  Batteui*  de  blé;  ouvrier  chargé 
de  battre  le  blé. 

ÉBCOttta,  «.  Écouter,  prêter  l'oreille  pour  ouïr;  suivre 
les  conseils  qu'on  vous  donne.  —  Se  dit  aussi  de  la  part 
d'une  fille  pour  agréer  la  cour  que  lui  fait  un  garçon. 

S'éseouta,  s'écouter;  se  dorlotter;  s'occuper  à  l'excès  de 
soi  ;  faire  trop  d'attention  à  la  moindre  incommodité,  à  sa 
santé  ;  parler  avec  affectation  et  lentement.  —  Aquél  home 
es  bien  éseouta,  cet  homme  est  fort  bien  en  cour,  il  a  du 
crédit  auprès  des  puissants  du  jour,  ou  seulement  chez  les 
hommes  du  pouvoir. 

Dér.  du  lat.  AuieuUare,  m.  sign. 

Ëscontado,  «.  /*.  Reprise;  intervalle;  boutade.  —  Pl&ou 
à  bèlos  éscouiados,  il  pleut  par  ondées,  par  averses  inter- 
mittentes, à  diverses  reprises.  Partirén  à  la  ffrémièiro 
éicouiado,  nous  partirons  au  premier  intervalle  de  beau 
temps.  Dourmï  à  bèloi  éteoiUadoi,  dormir  à  bÂtons  rompus, 
d'un  sommeil  intermittent. 

fscoQtaîre,  airo,  adj.  Curieux;  qui  écoute  aux  portes. 

Ëscoutéla,  «.  Égorger  à  coups  de  couteau;  poignarder; 
éventrer. 

S'éscoutéla,  se  battre  à  coups  de  couteau;  jouer  des  cou- 
teaux. 

Dér.  de  Coutél, 

Ëacouti,  V.  Amener  à  bien  ;  élever,  faire  éclore  heureu- 
sement. —  On  le  dit  des  petits  enfants,  des  poussins,  des 
petits  des  animaux  domestiques,  des  vers-à-soie  à  la  couvée, 
qui  exigent  beaucoup  de  soins  et  de  peines  pour  les  pré- 
server des  maladies  et  des  accidents  fâcheux  ordinaires  à 
ce  premier  âge.  On  le  dit  aussi  d'un  malade  qu'on  amène 
à  la  santé. 

ËacoutoÙB,  ê,  m,  plur,  ou  mieux  sorte  d'adv.  Écoutes, 
aux  écoutes,  en  est  la  traduction.  —  Ana  d'éêcouioùi, 
aller  aux  écoutes,  écouter  aux  portes.  Que  vaï  pér  éseou- 
toài,  éseouto  sai  douloùs,  prvb.  Qui  se  tient  aux  écoutes, 
entend  souvent  son  fait  ;  celai  qui  écoute  aux  portes  en- 
tend souvent  des  choses  fort  déplaisantes  ponr  lui. 

Dér.  de  Èscouia. 

Ëscraia,  t>.  Effacer;  biffer;  raturer.  —  Poudés  bouta 
aquà  àou  libre  dan  éêcrafca»  dit-on  en  parlant  d'une  mau- 
vaise dette  :  vous  pouvez  la  considérer  comme  un  compte 
biffé.  Cette  locution  proverbiale  se  dit  d'une  manière  plus 
générale  pour  toute  sorte  de  choses  qu'il  est  sage  d'oublier; 


c.-à-d.  vous  pouvez  mettre  cela  au  rang  des  péchés  oubliéi 
(en  confession  s'entend). 

Formé  de  la  partie,  privative  JËf  et  du  gr.  Tp^n, 
écrire. 

Ëftcrafadiiro,  «.  f.  Ratture;  effaçure. 

Ëscramacba,  v.  Écraser;  écacher;  écarbouiUer. 

fiscraoïacliado,  s.  f^  Abattis  d'objets  écarbouiilés; 
action  d'éraser. 

Éscranqna,  o.  Éreinter;  harasser;  accabler  de  fatigue. 
—  Vn  éscranqua,  un  estropié;  qui  a  la  hanche  déboîtée. 
On  le  dit  aussi  des  meubles  qui  sont  désassemUés  et  qui 
jouent  par  vétusté  dans  leurs  joints. 

Formé  de  la  part,  privative  È$  et  de  Anquo,  hanche  : 
le  C  qui  précède  Jl  n'est  là  qu'explétif  et  par  euphonie,  la 
rencontre  de  #  et  de  r  étant  peu  facile  à  lier. 

Éscrâoiuna,  v.  Échauder;  jeter  de  l'eau  bouillante 
dessus,  comme  l'on  fait  aux  pourceaux  égorgés  pour  les 
dépiler,  et  ft  la  viande  qu'on  fait  blanchir  avant  de  la 
mettre  dans  le  pot  au  feu. 

Dér.  de  Cràoumo. 

Ëscraponcbina,  v.  C'est  là  le  technique  languedocien 
qu'on  cite  le  plus  volontiers  par  la  diCQculté  d'en  traduire 
toute  la  portée.  C'est  quelque  chose  de  plus  fort  que  Es- 
eramacha  et  Éspouehiga,  qui  participe  cependant  à  ces 
deux  verbes  et  signifie  :  écraser,  aplatir  on  corps  juteux 
par  un  coup  violent  ou  une  forte  pression.  Il  ne  s'api^ue 
en  général  qu'à  rencontre  d'un  animal  qu'on  écrase»  et 
dont  le  crapaud  est  le  type  ;  car  il  se  joint  à  ce  verbe  use 
idée  d'horreur  et  de  dégoût,  et  d'une  humeur  sanguino- 
lente qui  s'échappe  sous  la  pression.  Nous  pensons  donc 
que  la  racine  de  notre  mot  est  Grapàou,  crapaud,  et  qu'il 
veut  dire  :  Écraser  comme  un  crapaud. 

fscrasa,  v.  Écraser  ;  briser  et  aplatir  au  moyoi  d'un 
poids,  d'un  effort;  harasser  de  fatigue;  ruiner  par  des 
impôts  ou  autrement. 

S'é$cra»a,  s'ébouler,  se  démolir.  —  Aquà  m'éseroio,  cela 
me  ruine,  cela  complète  ma  raine. 

Emp.  au  fr. 

Éscrase,  s.  m.  Grande  quantité  d'une  chose;  abondance 
extrême  d'une  récolte.  —  Aquéête  an  y-àoura  dé  poumo» 
un  éscrase,  comme  si  l'on  disait  :  il  y  aura  cette  année 
des  pommes  à  écraser  l'arbre  et  ceux  qui  les  emporte- 
ront. 

Ëscrébassa,  asaado,  adj.  Crevassé,  entr'ouvert  ;  fen- 
dillé. Au  fig.  personne  qui  marche  les  jambes  écarquillées 
comme  les  oies  et  les  herniaires. 

Péjor.  de  Créba, 

Ëscri,  part,  pau,  de  Èscrioure  et  s.  m.  Écrit;  acte, 
mémoire;  convention;  imprimé  quelconque  et  en  générai. 

Dér.  du  lat.  Scriptus,  m.  sign. 

£gcrionre,  V.  Écrire;  tracer  des  lettres;  mander  par 
lettre.  —  Véscrioure  li  lévo  pas  lou  lég\,  prvb.  La  soif  ne 
lui  6te  pas  la  faim. 

Dér.  du  lat.  Seribere,  m.  sign. 


ESC 


ESC 


313 


tiorfiteii,  «.  m.  Ëchteaa;  affiche;  cartel;  devise. 

£aeritoii,  s,  m.  Écritoire:  encrier;  vase  pour  contenir 
FeDcre. 

Escritiiro,  t.  f,  Écritnre,  caractères  ecriu.  —  la  Sénto- 
Émrituro,  la  Sainte-Écriture;  les  livres  sacrte.  Se  dit 
ainsi  an  plnr.  et  absoloment  :  Uu  Éteriiurot,  les  Saintes- 
Écritmes.  Â  Véterituro,  il  sait  écrire.  LégU  tauto  mino 
d'éêcrUuro  dé  mon,  il  sait  lire  toute  espèce  d'écriture, 
terme  d'école,  par  opposition  avec  ce  qui  est  imprimé, 
lithographie  on  gravé. 

ÉBCi^ran,  t.  m.  Écrivain  public;  clerc  d'avoné,  de 
notaire,  etc.  ;  anteor.  —  Es  din  hu$  ucrivam,  il  est  dans 
la  classe  des  écoliers  qui  apprennent  à  écrire. 

Ëacro  on  Ëacrouqnnr,  s.  m.  Escroc;  filou;  homme  de 
mauvaise  foi.  —  Vay.  ÈMcrouçua. 

Éscnrà,  #.  m.  Écrou;  pièce  de  fer  ou  de  bois,  taraudée 
en  dedans,  qui  entre  dans  une  vis  et  sert  à  la  serrer  ou  à 
la  fixer. 

De  Tallem.  Scranbe,  vis. 

fiscronpion,  ou  Éaconrpion,  s,  m.  Dim.  ÉseroupUnUé; 
péj.  É9croupUnUaM.  Scorpion,  Seorpio  ou  Seorpius,  Linn., 
insecte  aptère,  de  la  fam.  des  Acères,  habitant  surtout  les 
lieux  humides.  Sa  description  est  inutile  :  sa  figure  se 
trouve  dans  tous  les  almanachs,  en  sa  qualité  de  signe  du 
zodiaque  présidant  au  mois  d'octobre.  Quoi  donc  lui  a 
valu  tant  d'honneur?  car  il  n'a  rien  que  de  très-laid, 
aucune  bonne  qualité,  et  s'il  est  méchant  il  n'a  pas  asseï 
de  puissance  pour  faire  le  mal.  On  peut  donc  conseiller 
aux  personnes  qui  en  trouveraient  dans  leur  lit,  —  et  il 
est  vrai  qu'elles  pourraient  y  trouver  mieux,  mais  cela 
arrive,  —  de  ne  pas  mourir  de  peur  :  elles  ont  longtemps 
i  vivre,  â  elles  ne  doivent  mourir  que  de  la  piqûre  du 
scorpion.  —  Simbio  un  éseroupUm,  dit-on  d'un  homme 
contrefait,  bancal  ou  bancroche. 

Dér.  du  lat.  Seorpio,  m.  sign. 

tacronqna,  v.  Escroquer;  filouter;  obtenir  par  fraude 
plus  que  par  adresse,  mais  par  une  manœuvre  illicite  et 
peu  honnête. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Excruttare,  m.  sign.,  ou  formé  de  la 
part,  abstractive  ts,  et  de  Cro,  c.-à-d.  tirer  avec  un  croc. 

Éaerouquiir,  qnuso,  s.  et  adj.  Escroc;  voleur,  filou. — 
Yay  Éferè. 

Éscroiuta,  v.  Écrouler;  enlever  la  croûte  d'une  gale, 
l'escarre  d'une  plaie,  le  vieux  enduit  d'un  mur,  un  lit  de 
pierre  extérieur;  écrouter  la  terre  durcie  ou  gelée. 

Dér.  de  Crousto. 

fitcmncèl,  t.  m.  Archet  de  berceau,  cercle  que  l'on 
met  sur  le  berceau  d'un  enfant  pour  soutenir  les  langes  ou 
la  couverture  en  guise  de  rideau  lorsqu'il  dort,  et  les  em- 
pêcher de  s'appliquer  sur  la  figure.  Se  dit  aussi  de  l'archet 
placé  sur  une  jambe  malade  pour  soutenir  les  couver- 
tures. 

Ce  mot,  qui  a  dû  suivre  de  nombreuses  transformations 
ou  métathèses  pour  arriver  à  sa  prononciation  actuelle«  i 


parait  avoir  pour  racine  le  lat.  Andla,  berceau,  tonne, 
arceau  de  verdure;  ainsi  que  le  mot  ArUelê  qui  a  à  peu 
près  te  même  sîgnificati<«i,  mais  plus  généralisée. 

ÉBCn,  t.  m.  Dim.  Éseupi,  augm.  Éseupas,  Écu,  an- 
denne  pièce  de  monnaie  d'argent.  —  Comme  en  français, 
cette  désignation  ne  représente  plus  qu'une  valeur  nomi- 
nale, empruntée  à  l'ancien  système  de  numération,  dont 
le  type  était  la  pièce  de  trois  livres  ou  petit  écu,  quoiqu'on 
dise  fort  bien  un  éseu  dé  ein  frans,  pour  désigner  la  pièce 
de  cinq  francs  :  la  valeur  qu'on  énonce  par  le  mot  éseu, 
comme  valeur  abstraite,  est  de  trois  francs.  Autrefois  il  y 
avait  une  foule  d'objets  dont  le  marché  se  traitait  par  écus, 
comme  les  mules,  les  porcs,  etc.  Aujourd'hui,  il  n*y  a 
guère  que  les  gages  des  domestiques  qui  ont  conservé  ce 
type;  mais  aussi  pour  les  gens  de  nos  pays  ce  mode  de 
calcul  est  à  peu  près  exclusif  :  dè$,  vint,  cent  éteut,  expri- 
ment toujours  trente,  soixante,  trois  cents  francs. 

Dér.  du  lat.  Seutum,  bouclier,  écu,  venu  du  gr.  2xiho<, 
cuir,  peau,  dont  étaient  faits  les  premiers  boucliers.  L'écu 
monnaie  prenait  ce  nom  de  ce  que  Técn  de  France  y  était 
gravé. 

Éseu,  Éscuro,  adj.  Obscur;  noir;  sombre. 

Cormp.  du  lat.  Ohwuru»,  m.  sign. 

Ëacudéla  ou  Éscunla,  v.  Dégoiser;  divulguer;  dévoiler 
par  le  menu,  du  fil  à  Taiguille;  déceler  un  complot;  avouer 
tous  les  détails  d'un  secret;  mettre  au  jour.  —  Éseudéla, 
dans  le  principe,  a  signifié  verser  d'une  écuelle  dans  un 
autre  vase,  et  par  ext.  verser  le  potage.  De  cette  opération 
s'est  formé  le  sens  figuratif;  parce  qu'^  dévouant  un 
secret,  on  verse,  on  fût  paraître  au  grand  jour  ce  qu'on 
avait  dans  l'àme,  comme  en  versant  le  potage,  on  met  à 
jour  tout  ce  que  renfermait  le  pot  au  feu.  Èteunia  n'est 
qu'une  corruption  ou  une  contraction  de  Éicudéia.  La 
racine  est  donc  È$eudèio, 

Éscudélado,  s-  f.  Écuellée,  plein  une  écuelle;  le  contenu 
d'une  écuelle. 

Éacudèlo,«.  f.  Dim.  ÉieudUéto.  Écuelle;  vase  d'argent, 
d'étain,  de  bois,  de  terre,  destiné  à  contenir  du  bouillon, 
du  lait,  du  potage,  etc.,  pour  manger;  assiette  à  soupe  des 
paysans,  qui  a  la  forme  d'une  écuelle,  sans  oreilles.  On 
l'appelle  aussi  Jifîèto  bémido,  parce  qu'elle  a  un  petit  bec 
comme  les  brocs,  pour  fidre  égoutter  le  potage  sans  le  ré- 
pandre. —  Plâou  à  hUos  iseud^oi,  il  pleut  comme  si  on 
versait  de  l'eau  par  écuellée;  il  pleut  à  seaux,  appartient 
au  même  ordre  d'idées. 

Dér.  du  lat.  SeuiMa,  m.  sign. 

Êscudéloù,  $,  m.  Dim.  de  ÉicudOo.  Vaisselle,  petit  vase 
en  forme  d'écuelle  et  percé  de  petits  trous  dans  le  fond,  où 
l'on  met  égoutter  le  lait  caillé  et  où  il  prend  cette  forme 
de  fromage  à  la  crème,  qu'on  appelle  dans  notre  pays 
Toumo, 

ÉBCuna,  «.  Écumer;  ôter,  enlever  l'écume  du  pot  au 
feu,  d'un  liquide  qui  bout.  Au  fig.  enlever  la  fleur;  écré- 
mer; s'approprier  ce  qu'il  y  a  de  meilleur  et  de  plus  net; 

40 


g/;* 


m 


j^ESC 


^  laisser  aux  autres  que -de  l'eau.  çUim,  —  Èscuma  .e»t 
ifuelquefi^is  verbe.' neutre  :  l'oitgoilc^  sQbettiitido  Aîc^wo^v 
mais  ce  .o'ç$]l  là  .qu'une  pl^'ase  (frant^aise  dont  on  doit  ^e 
présa-vCT  en  pur  languedocien,  Lien  qu'elle  soit.  uçité^.:!îLa 
.y^rilahle  expressiott  teclmiquedap^Çâ  cas,  est  iùscuméjut. 
i.iÉBCupadouïru,  «.  f.  Ëcuiuoire,  grande  cuiller  perciliée 
4û  trous  pour  écunier  le  potage  ou  enlever  la^graiss^'un  coulis» 
n.  Ssouméja,  v.  fréq»  — Voy.  j:set»na.  Écumof  ;  produire; 
jetçr  de  L'écume,  pris  dans  un  sons  neutre.  Au  fig.  t'jcum^r 
da  colère,  rendre  l'écume  couin^e  font  les  chevaux  par  1(3$ 
{Knfes  quand  ils  suent  fortement,  suit  par  la  bouche  quand 
y&  sont  fougueux  et  que  le  mors  les  fatigue;  baver  comme 
.Jes  chiens  enrag»}s  ou  les  personnes  épileptiques».  '       • 

mL  ÉBCumèl,  I.  m.  Gluseau,  champignon,  de  l'espèce  des 
Ji/fin>inés,  d'un  blanc  Ue  lait,  tr^-bun  à  manger.  11  a  m- 
dessous  du  chapiteau  uiie  sorte  de  mousse  ou  plutôt  de 
peluche  i;  il  porte  un  anneau^u  collet  au  milieu  de  s^  tige, 
il  a 'beaucoup  de  rapport  avec  l'oronge,  Dorgu^,  jiàuU 
fî^Mje^^pour  U  forme  pt  lo  goût':  il  est  môme  plus  délicat 
et  d'une  conformation  {ilus  n'gulière,  parce  qu'il  pous^ 
sur  des  terrains  pLus-ipieubles,  où  il  ne._troy.vè  quc^/pcu 
d'obstacles  à  son  développe urmiI.  il  vient  d'ordin^ir'O  dans 
4e$i.pn}B,  les...t^Tainj&  d'alluTion..fépeftie'''ot  les  hiuytt''^^, 
^•<?^^^.yo.ç/et,surtnut  onaut^Hiino*  !  .  ^ 

;  ^ Voici  du_xe^U)  la  dosc^iijjlinn  doimi'^*î,pna'  les  (uiculogut.^, 
qii'Ueét  \yoTï  de  repri)iinire  t'u  ceth^  uj.'Ui'"'iv.délical*i  à4ouii 
J^S'iKÙiiLs  do  vur  pnur-bi^'n  n'onniaiUv.  t;»^!^  chaïuiH^iioiirj  : 
'ii  i'4SC/o?/e/,  agaiic  t'iovo,  A<joricm''pvpt\enfA'f  ailubrinu.%y 
Koquos.  Taiil'"  élaucéo,  nlt^'igHuil  si>u\iMU  .IS  ou  20  cei-iU- 
4iièlrh'S,  qaL'l(iUofoisjus({u'à  iU.  S.wi  dinpvMiï;  d'uht)i>i  ilo 
iorme  ovuid(>,  s'étak^cnsuilopiui  à  peu  en  funiie  ileiparasol, 
diiais  il  Obt  toujmirs  plus  ou  uiuitjs  inaiiK'lonii*}  au  centre, 
d'un  rnii^'o  panaché  do  Itrun.  c^t^\^'^l  d'ivailUis  imbriqu*^»';^., 
«kkrnitvs  [x\y  l'épidunnequi  s»' M.uilt.'Vt»  ;  rouiIK»^B.i;la[iok>,tftN, 
libres,  iii«''gaux,  tr<s-rf'livois  à  lour  baso,  s"  ti^i'iniiiaul  à 
.une  certaine  distutce  du  pôdioulo,  It^quci  Oi^lrpaivîplk^'  de 
Jblmc  et  de  brui),  cylindricjue,  fisl^iluiix',  iriaui  an  s-)Uimi?t 
4'un  collier  mobiK'-et  iXM'sislnal  ;  <:li;ur  d'uiu.'  odeur  <>[ 
i^i'une  saveur  agréables.  •       • 

•  .  Son  nom  est  du  sans  doute  à  sa  couleur,  qui  le  fait  resf- 
sepibler  à  un  flocond'éoume. 

-  Ëscumo,  s.'/".  Écume;  bave;  mousse  blanclie  qui'  s'a- 
masae  sur  un  liquide  en  ébuUition  ;  bave  mousseuse  q^i  sort 
de  la  bouche  de  certains  animaux  irrité^  ou  échauffés;  sueur 
blanche  qui  s'amasse  sur  uu  cheval  api^ès  une  cpurse  pénible. 
..  Dépj  du  lat.  Sprama,  m.  sigo.       t  r;  ;  r 

>:  Ëscnmoùs,  ouso,  adj,  Écumeux;  écumant;  qui  jette, 
qn\  rend,  qui  produis  de  l'écume.         '  - 
r;  fiflOBUla,  V.  -^  r^.  Étcudéla.  De  plus  qm  Éscudélu,  ï\ 
signifie:  accoucher;  mettre  bas.  Au  fig.  accoucher  d'une  idé^. 
[I  En  bas  bret.  ii'iciiWar/ verserc  '».r..  :c:'^ 

.'  Ésoupagnas;,  »,  m^  Augm.  île  Éscupagno.  Gros,  crachat. 
:  y  Êsoupagnoou  Éscnpigno,  «. /.  Salive;  espèce d^écmm 


qu'on  aper^it:  au  printomps  sur.-ceftaiues  b€'*bç&;§|'jqui 
proyient,-  suivant  quelques  naturalistes»  d'ul;l^' :ni^tlide 
de  petites  bulles  d'une  liqueur  visqueuse  que  rejeU^r«i[l 
UBtvinsecte  blotti. dans  la  tige,  etâuivàiitd'aylJ^qsi.'dd^x- 
gtgydation  de  la  plante,  elle-même  ou  de  l'ébullition  d8,^  la 
aèvei.. — 4^ufU  Qusidk^u  es  insH  ^n  d'é^upagnop  cette  mj^ifien 
est  bâtie  peu  solidement,  ses  murs  sont  do  boue  et  de  ccj^hajl. 

.Ësqupagnoùs»  ouso,  <tdj.  Imprégné  de.salive;  f^it  ^y^ 
de  la  salive;  qui  salive  beaucoup.  -.-)• 

Ésoupi,  V.  Craclior;  rejeter  la  saliverou  les.,çra6hatsi4P 
1^  boucho;  n3j^ler.  — Aquélo  éstofo  éscupis  ^ai*i^W*2*3plle 
étoffe  est  imperméable.  Êscupï  (^'émZ^of  ou  /)ér  dé^a^^jall^ 
à  la  solle.  -.   ,. 

'  ;  Dér.  du  Ic^t.  ^Sj)uer$,  supin  Spu}um,  venant  du  gFinQ$^, 
m.  sign.  .    _     ;  i:-  ,, 

Êscupig&éja,',  ,v.  fréq.  de  Éscupi,  Crachoter; ^ç§^er 
peu  oi  souvent.      .  .    :        ;     ;     .      ."  ;.  ,î'. 

Ëscura,  v.  Écurcr;  nettoyer  la  vaisselle  de  cuivjç^  ç^ 
qui  se  fait  avec  du  salile  et  un  torchon  de-- laine,;  ou  luvec 
fbs  tiges  de  prélo,  la  Cas&ô(md9;  ^'Ea  stylCypeu^^é- 
ronc^eux,  cscurq  soun  pcirôuu  signifie  ;  aller  à  c^nfes^^ 
OU  V^  dit  sur^ut'de  quclqi^'un  qui  n'y; est  paS'lfabipi^/»^ 
^jui-y  .va  dans  une  grande  occasioii»  ,-  y,,..;i 

;.;  s'ésciiraf  expectorer;  purger  la  pituite.  ^    ,  •  ..•  tî 

^  jpjir.,  du  lai.  r^i/rare,  soigner.  »  :  :  ,  i  ;!■  i 
\  Èscuifé,  tf.  m.  EpithîMie;' sorte  de  topique,  d'aH)ul^U^, 
^u'.un;ipj)Iu{U'i  sur  la  puittincdcs  por^aunes  malades,  ^t^ 
tout  d«,s  onfiuUs»  pour  faiix)  divoi'siuu  à. une  afleclion  et  Ja 
déplacer. i^a  conjposiùou  de  ces  sortes  4'emplitres  difli^ 
.suivajU  la  n;iLure  de  la  maladie.  Le  plus  souvent  c'est  )^ 
couiposé  d'ail  et  de  persil  écrasés  cnseu^ble,  contre  le*4aiv- 
leurs  produites  par  les, vers;  quelquefois  c'est  simplem^ij* 
du  suif  étendu  sur  un  papier  gris  contre  les  quintes  do  la 
coqueluche.  Quoiijuc  ce  soient  là  de*  lo[)iques  d'empixîi/jup 
ou  de  bonne  femme,  et  que  .leur  vertu  repos^  suf  ua.^ré- 
jugç, peu  rationnel,  il  ne  faut  pas  trop; les  cogfçkadrg^jfvec 
^'amultîttc  des  anciens  et  du  môyen-;\gc,  dont  la  vertUj^pe 
reposait  que  sur  dos  croyances  supersti lieuses  .ço.mai&qçlTe 
de^  tali^rpans.  LYsçuré,  pourjie  pas  mériter  trojp  dç.^n- 
ûance,  n'est  qu'un  topkiuc  naturel  dans- l'idée  d&ceux«xmi 
Jler^iploiont  et  ne.se  rattache  à  aucune.. croyance. -«urçjtu- 
relle.  Il  est  aujourd'hui  certains  papiers,  préparas è.p^ 
l^rès  dç,mémCr,fort  savamment  recorauïandés,da4ia-f^ré- 
olam^'S,  de  journaux^ ;et,  dont  l  efficacité' est  aussi,  sot^ve^ 
raine,  qui  ont  les  mêmes  principes. et  1a  •même  efljcajcjjtf 
curative,  et  qui  doivent  peut-être  à  VEsc{iréle  ôecpQ^de 
j^eu^  vogue  et  de  leur  composition.  '     .      -râ 

r    Dér.  sans  doute  do  Èscura,  nettoyer. 
.  .  Éacurési  (S'),f).  S'obscurcir;  devenir  obscur»  so^ref 
fMjr rembrunir,  s'assombrir. — hou  tén  t'ëtùurésis,JiQcj^ 
s'ob^uroiti  il  se  couvre,  il  menace  d'orage  oii  de..pluie.^  {,, 

Dér.  de /l'sc?^,  obscur.  ^,  ^^^, 

,   Éscuré^iAO,  s.  f.  Obscurité;  ténèbres.   ...     « 
.cjÉfî«uré|to,  j./.  ^..Voy.  Catt^^uda.  Prèle,  planle.        j, 


q^SBF 


iSô 


316 


vaisselle.  .oiljarAi  ^oitçttk 

Éiciiia,  V.  ExcmeKiipai^aiaiier-»*^ — Atetstgt<ïffiitfih \ 
ttntoé^ûaK^M  se*  sei<  ooqiinedeiSlm ;  vàità^ufilut^(pAi'' 
frikipolK^foaSd^apui^msntifiUni  oribft8l6iiu^â.'iiH0  jpe<^ 
tonne  qui  a  droit  à  nosiâgad?V^ftl(ifii4'iik'lbm»^^e]nlleA 
m'excoser  :  formule  deqgiMtane^  iibiitoi|v.acaBhpfl|;nt  ttie 
olfation^  qmeaooDliàdiotioMMi  une^  opnkm  toUUÔBia^qzi 

£Bciiso^*i«^/J'£«ian$iiIlnrâonç  iaiaoii  ;piiipiétBXtaiqi» 
Hooodonriepilif  9ej$84id^/i^>j*:itbt^i}«r^4»^^ 
ilosâsiijèniii^qwiqheiwtifcalioQp^intq^^ 
colorer  ses  fàVi!lÊê\dM^àadléiçi^s(fyééaMniûi^^  dblw 
des  excuses  :  ce  qui  n*est  sonveot  qu'une  ttraif^ÉÎdiiâitytté. 
ndirfStevU^.iDtfdo&rqleffçâreô  uiailbtl^iB  soJaittBqaftie 
Iffdeicspe'IHidnii  ubetviiin&liàtiiifejÉiléUQ  d^tnnG«i|}i1tieBû 
nâti/bor,  QfM  çaé  UeaisiiBÎancd*iBlivieaxniUA'ii(Mirih|9ip 
qnJMtigtafiftit  dfipeteq»j^éflhirerjdn[iditeaxyliagfri  jw^'v^  &[  à 
offiéÉifdbiiUlo&dl  2n"L  ir/.)  r/Àiq  isL  'ilnoiivini'l  â  'Juub 
otAt^triinéla<j».3lMqpûgèr'janfri<Éiffg;;m  r:li|na(bean9f;^idè9 
peceren  loqMSh-:-*l>  ■>]>  ^oIIoj  J'j  ]il,;'.*L  uL  é^/y-iq  aol  'aiuo 

Dér.  de  Fatrimèi.    .u.fJjjL  jLi  c-iluf-i*»  r,*^l  •!'>/£)'  ^«o^-tD\:^t8 

Éafor,  #.  m.  Tonr  de^unri^ft  cpndvyi^esj  tiialacUeuau 

attribuer  la  plupart  des  maladies  interafls  ftlKlR^lqua-Ti^ 
tmt  jfn^eore;,ià«rt9^^^jr)%B|pjQ0n^  Ratosoâfi&il 
Mip(fim^ioiilài»iv«ffiMttij$l»bitii(Ni  ^l^iflFÎùijiI>^(antaftér^ 
lai^leAKBxjfpveeiri}ufaiij(^m^t4|^4ii('>f^  umi,ià»fimfA 
parcouru  à  peu  {ff^j|i}«(|ea'écbeUft«aibo]4giqiiejAi8j^ 
\lhnki^9ijb»iikyi^fpiBéi/^(a  ^ti4ihoqu\iX)i»f>làl6.  biUât^gie. 
Dér.  de  Et  et  de  For,  de  Forfai';i|.c'a,.]ji.;  'jWjh  u  -.  in*jn 
Efforces,  i .  m.  ^ur.  Forces,  grajiè»{pi;M8]ix  'ft>  res^rt 
p(iar-tondr^ilc4hrebt4i«t.lesriAwp9'i'>.:.i/:i  .rj  ,L3i;0i:iiaâ 

Ësfoiigassa,  v.  Aplatir;  écivMri^/^fiii^M  4|/flv|9MJ^>;^ 

'^fDéiL  de!^Ijaiiitai;4o^c.i]^-dt.  ,aplat»r  »»««)Qedui<.g4teattii>% 

fougasse.  .K^n  '/Un   -j  c.li.a''  ^ût  -K.jir.'L  '/i^  .'l'.iljuûl 

fisfouia  ou  Foma,  v.  Écraser  à  demi  du  feoi^,  Qetof^st 
pas  le  {ureasttrlaiijpplakâeilalj  |aîitliit»di»  çoui^WâqKfcis 
lui  faire  perdre  sa  fleur,  le  m9UrldQol^gteniM::9tfila 
pnÉâtI(il»irr^9.  0CihAlep90|lt.i(teii]IP»fti4l9i>.  l9aPQl)Uj^atle 

i!teditili|li|ial^i|id$sc»x<ii&it.terpeu^j!i»iq9i'4-^  ^hsppdi 
Dêr.  de  la  bass.  lat.  TMm9\i\S^^  «uiivIaDt.d»  Mlv 
c^^saéfBeitiRjNtfevfaiilQnk  ai  ;t /Il  i> 4^3  ivt  ...  âoiBqaâ 
<sofiitoiifi<ft<4!i)i:r^  HroptezA^olt  ift>ii«r{  ;Ay(4r  leiidf^oiih 
ment.  —  Se  dit  pnnoîp9teme8liitojM^iil9fmiâQi9f6tinAim 
qnbpnt  l0r déyqiemenit,  1  Aoift  .pw:  j:9sMliei^9<^t. ^opr j  ikipir 
Vottèiàg  rtieit]^il4ii«bfi'j$ir)fcyii  aq)»;»»^  Bfir  je«(.(/»'eff(Mk] 

0(JMri«;d0ifPM't9An'!;ii..(I  ij.  T  if;/  .Ij'i  ïj  iii.*.nir>.  nu  'iLirMCO 


8(  «oudp-qufâfA'Ae^g^iion^Siâl^.mt^^ 
8*ajf»  gri(adïidîhwaflPt^m!$:^J»¥.i/^AîHf^ 

stopeqt>^|Mad»t.iPBlr1InQl  to;fmr.>uii     TmPf  V^raif^é 

ou  môme  seulement  porte-respect.  ..  ;,.  ^jj)  g/j 

ofôar.oëtt.'lall  Fr^^i»rij4qrr^ïi:j  gra^d  ;¥9Ît,asî:figia^ 

iiifistotiûu  «vJEffaa)9MiE  'mmm^\^,^imii^M^t^jfKA 

de  la  terreur.  , :..,:j  j,,  ,  ,  ^  ,;  .ol  èMf 

S'ésfraïa,  s'effrayer;  s'épouv^1»;ôpij»|(irÇff(AiJ^rfraiyiiiLr. 

-JÈsiiiiigoula*j^iiP*clHtôrepn<  loq^ç^^  WW:  baRd?»;  ;f^j» 

Dér.  de  Fringo.  ../;,... J,  i;  ni,]  :  d  '..;?:.  :j_./.:-j  nu'b 
j|J^fl!liUK^»l«dp  («»  (afxtogojllAAqîl^,  ,f>\/.i)é<^in|i]uen 
long;  estafilade  dans  le.^çBirfa.ilitpUl  m..P*r.>fftf»>*9rt 
*»Qffflftld;*n«)J<}«gpi^tfi«WÇi9«^»jx.  L  ,.:i  .-j  ,£;ai/ob£qai 

se  gendarmer;  répondre  ou  riposter  verten^f^fj^j^^^ûr-f 
^Itecppt^  wa  XooqBdQi^  ^ibérij^iç^iiiinjs.un^x^iîj^jrii 

d4fi9P(i{S9S  PQU^QSi,.^  >.  ,,j(>  .  ,/;c,  ,..,;  ,<\  ,  ,.   ::  ^  ,n,  /:  jj,; 

Dér.  de  GaUwèm  ■,■■•,]:[  M  i.\  j».!  ;.ai  r,  i'.  um   i-,  :I:  .wj 
Ësgalissa  (S'),  «.  —Foy.  S'éi^w«r,XWt€^  |oi«,c'fsft  le 

coq  qiû]$eqt.:4^j  lanp^j^.mf^Pfi^i^^QiJpn^âbcb^ 

pVliB«»ifOjBl«jhïiMl^)è^n;|j,;  .')  .^»vn^  .^^^  .,  .suo-'.nBfiqaâ 
JoQôfV  mAm\\^  Jn.sèi/iL  -..<  ii'i  i; .':  ;iL  ci    !  jii'f.-jii.  .  ".  jJI|) 

iJcÉfiif  gmaSa  <(«•  )*i«.  r  S'é^o^illefA  jçrîffl  ^  jp^riJre  tej  iiîppc, 

à  se  luxer  le  larynx.  ,,..   i-j  ..  .,ji„„ 

W.pçw,.!^  BleBçs^jftÇft  IftDftenjjifjUpijs,;  •: .   .      .;;  .,^ ,,.  .^u 

«P9ft¥ft«!tfit,ipeiwf ,alwn^ î. ^^y^y mA^V^  ^\^^^^  n.i  > 

•.r*W*W>)M*|.i»î^.'FpnAr9  îwçi  })i^qçl^,  !4§nf  s^,  racinfi,  i^î^)^ 
sa  soudure  avec  le  tronc;  ce  qui  arrive  aup(.aTVp^^firni|i9n 
W^Mmm'&fii ..  W^;.  W:.k,  pçftfe^i^u^irRit  6i#^8jp 
mûriers  par  le  poids  des^affl^w^ïï^.d^iwlk-    ..u  .  ..lol 
Dér.  du  lat.  Clavuia,  scion,  sgrgfoq^  g]^e%,  j,    i/q 

parirf^teif}^,J*%r4ic|i9(ÇM}e8WSî  .^  .ri  i  ,-.,  .j'jo  ...;  i.puu 
"tonner.  '  .^.    ;     ,  ,,.,       t,|, 

«*jPt%lttHt^4fï¥>^/>Mlge.:fti?^^  4er9i§îi^y»r- 

tientau  style  pittoresque  fliigiîftbqiWr.i;  .].;......  j.  .Ho 

Dér.  de  Coi«o.,^jji:oi-.  eu  '^:.u:i  .j  -..•■/.,:]  -li..  î;.  j  0.  >î  .m 


316 


ESP 


ÉSP 


tigrâoiuéla,  v.  Déchauaser  on  pied  d'arbre,  pour  y 
placer  du  fdmier;  faire  la  même  opération  anx  œpa  de 
vigne,  non  ponr  les  fumer,  miûs  pour  attirer  dans  cette 
foflse  les  eaux  de  pluie  et  les  infiltrations  d'un  terrain 
supérieur,  ce  qui  les  préserve  de  la  sécheresse.  —  Cette 
oeuvre,  qui  se  fait  en  mars,  est  détruite  par  le  binage  de 
l'été  qui  nivelle  le  terrain  et  comble  ce  petit  fossé. 

Ce  mot  parait  une  corruption  de  Déseâouisélap  qui 
n'existe  plus,  du  moins  dans  notre  dialecte,  et  qui  dérivait 
de  Càoussa. 

fiamoulina,  v.  Faire  ébouler  peu  à  peu  la  terre  d'une 
bei^e,  d'une  tranchée,  comme  fait  une  rivière  enflée  sur 
ses  bords  qui  sont  élevés. 

Dér.  de  Moulina,  moudre. 

Éapadéla  (S*),  v.  S'étendre  en  s'applatissant,  comme  il 
arrive  au  pain  en  pftte  lorsque  la  pâte  est  trop  liquide.  Par 
ext.  tomber  à  plat  ventre,  s'étendre  tout  de  son  long.  -^ 
On  le  dit  aussi  d'une  chaussure  qui  s'élargit  par  l'humidité, 
d'un  chapeau  que  la  pluie  a  déformé. 

Dér.  de  Padilo,  par  imitation  de  ce  que  fût  la  p&te 
d'une  friture  dans  la  poêle  ft  frire. 

Éapadomia,  v.  Espadonner;  jouer  de  l'espadon;  faire  le 
moulinet  avec  un  sabre.  Au  fig.  s'escrimer;  faire  blanc  de 
l'épée;  férailler. 

Êspagno,  j.  ^  n.  pr.  Espagne,  royaume  d'Europe,  borné 
au  Nord  par  les  Pyrénées;  à  l'Ouest  par  l'Océan  et  le  Por- 
tugal; au  Sud  et  à  l'Est  par  la  Méditerranée. 

Dér.  du  lat.  Hispania, 

Êspagnôon,  olo,  adj.  Espagnol,  qui  est  d'Espagne. 

Ëspagnôous,  s.  m.  plur.  Gendarmes,  bluettes,  étincelles 
qui  s'élancent  hors  du  feu  en  se  divisant  plusieurs  fois  et 
s'éparpillaut  en  di£férents  sens,  avec  des  éclats  plus  ou 
moins  pétillants. 

Ce  mot  a  été  créé  sans  doute  du  temps  où  les  Espagnols 
faisant  la  guerre  dans  nos  contrées,  on  a  comparé  à  leur 
mousquetterie  ces  bluettes  qu'on  nomme  en  fr.  gendarmes. 

Ëspagnouléto,  «.  f.  Espagnolette,  tige  de  fer,  longueet  cro- 
chue à  chaque  extrémité,  servant  à  la  fermeture  des  fenêtres. 

Emp.  au  fr.  qu'il  traduit  littéralement,  et  dont  le  nom 
vient  de  ce  qu'on  croit  que  l'usage  de  l'espagnolette  a  été 
importé  d'Espagne. 

Éspaiè,  f.  m.  Espalier,  suite  d'arbres  fruitiers  étalés  le 
long  d'un  mur  en  forme  d'éventail. 

Dér.  de  Pal,  pâou,  pieu. 

£spa!nia,  «.  E£Er^er;  épouvanter;  produire  mi  serre- 
ment de  cœur  par  l'efiroi;  faire  tomber  en  pâmoison.  — 
Un  éipaïma,  un  ahuri  qui  s'effraie  de  tout;  qui  s'émeut 
du  moindre  danger. 

Dér.  du  gr.  £xdb|Aa,  spasme,  agitation,  convulsion. 

fispaûne,  t.  Spasme;  pâmoison  causée  par  la  frayeur; 
^roi;  terreur;  épouvante  subite. 

fispalanqna,  t^.  Éreinter;  briser;  déboiter,  disloquer  les 
épaules  et  les  hanches.  —  MareKo  tout  éipalanqua,  il 
marche  tout  de  travers  comme  un  éreinté. 


Ce  mot  parait  dérivé  à  la  fois  de  Éspanh,  épaule,  et 
Anquo,  hanche. 

Éapampaiia,  «.  —  Foy.  Déipampana. 

Éapandl,  v.  Étaler;  étendre;  épanouir.  —  S^ispandi  Aw 
iôou,  tomber,  s'étendre  tout  de  son  long.  En  parlant  des 
fleurs,  s'éspandï,  s'ouvrir,  s'épanouir. 

Dér.  du  lat.  Bxpanden,  m.  sign. 

fispangassa,  t.  m.  Brome  stérile,  Gramen  arenarwm; 
Panicula  sparsa,  Linn.  Plante  de  la  iam.  des  Graminées, 
commune  le  long  des  chemins  et  dans  les  champs. 

fispanla,  v.  Casser,  démettre,  disloquer  l'épaule;  rouer 
de  coups.  —  Un  ispanla,  un  pauvre  hère,  obéré,  insol- 
vable :  ce  que  les  Italiens  appellent  SpiantaUt, 

Dér.  de  Étpanio, 

tspanléto,  «.  f.  Dim.  de  Èspanlo.  Éclandie  de  mouton 
ou  d'agneau.  —  C'est  là  la  pièce  de  gala  pour  les  paysans, 
on  plutôt  c'était,  car  ils  commencent  à  se  faire  trài-bien 
à  la  gigue  et  aux  côtelettes.  Sa  popularité  tenait  sans 
doute  ft  l'infériorité  du  prix,  car  dans  les  boucheries  de 
campagne  il  y  a  une  différence  du  quart  ou  du  cinquième 
entre  les  pièces  du  devant  et  celles  de  derrière. 

Ëspanlo,  f.  f.  Épaule,  partie  supérieure  et  latérale  du 
dos.  —  Cléna  la*  éspanlos,  courber  les  épaules.  Leva  loi 
itpanloë,  lever  les  épaules  de  dédain. 

Dér.  du  lat.  Spatula,  omoplate. 

Éspanln,  ndo,  o^;.  Large  d'épaules;  qui  a  les  ^ules 
carrées  et  saillantes. 

fispâouri,  Éapftoiiruga  ou  Éapavourdi,  «.  Effrayer; 
épouvanter;  faire  peur  d'un  châtiment  si  l'on  retombe 
dans  la  même  faute. —  Un  éêpàour^,  un  poltron,  un  effrayé, 
un  ahuri,  un  trembleur  surtout  en  politique. 

Èipâoumga  et  Ètpavourdi,  tous  synonymes,  appartien- 
nent au  style  pittoresque. 

Dér.  de  Pôou,  peur. 

£8pàoiisa,t7.  Exposer,  faire  courir  un  danger.  —  Bé- 
garda  un  pàou  éndéqué  m'éipâouiêê,  considère  à  qnel  péril, 
à  qnel  madheur  tu  m'exposes. 

S'ispâouia,  s'exposer  ft  un  danger;  oser. —  Se  Vé§pdou$M 
à  mé  mètre  las  mant  déstu»,  si  tu  as  la  hardiesse  de  me 
toucher,  de  jouer  des  mains  contre  moi. 

Empr.  au  fr. 

Ëspâoutira,  v.  Tirailler;  tirer  dans  tous  les  sens. 

Formé  de  Tira  et  de  Pèl. 

Espar,  8.  m.  Sorte  de  raisin  noir,  hâtif,  à  grains  petits, 
ronds  et  serrés,  qui  donne  une  des  meilleures  qualités  de 
vin,  trés-coloré  et  fort  spiritueux.  >. 

Ésparcé,  «.  m.  Esparoette,  sainfoin,  Bodiêarum  ofio6ry- 
ehis,  Linn.  Plante  de  la  &m.  des  Légumineuses;  un  des 
meilleurs  fourrages  artificiels  connus. 

Cette  fois,  c'est  bien  évidemment  le  languedocien  qui  a 
prêté  ce  mot  au  français.  L'Académie  l'emploie  sans  trop 
connaître  la  nature  de  ce  fourrage;  tantôt  elle  le  oousidèrs 
comme  un  sainfoin  particulier  au  Dauphiné,  tantôt  comme 
un  fourrage  méteil  d'orge  et  d'avoine.  L'esparcet  du  I>an': 


ËSP 


ESP 


3ir 


phiné,  tout  comme  le  nôtre,  sont  certainement  la  même 
{dante  que  le  sainfoin  de  Paris. 

Dér.  du  lat.  Spanus,  part.  pass.  de  Spargêre,  répandre, 
èpupîller. 

tapardiOB,  s.  f-  plur.  Espadrille;  espèce  de  sandale, 
cfaanssure  dont  la  semelle  est  en  corde  tressée,  en  usage 
diez  les  Espagnols  et  les  Basques. 

Dér.  dn  lat.  Sparta,  de  spart  :  en  gr.  Sicifto^,  sorte  de 
chiendent  ou  plutôt  de  genêt  aquatique  dont  on  faisait 
aatrefois  des  cordages  et  dont  on  fabrique  encore  les  cordes 
à  puits  qu*on  nomme  Trtâau,  et  tous  les  ouvrages  de  spar- 
terie. 

fispargna  ou  Êspragna,  v.  Épargner;  économiser;  mé- 
nager son  bien  ;  ménager  quelqu*un,  le  traiter  doucement. 
-*  TétpargnaraX  pat,  je  ne  te  ménagerai  pas.  Éspargné 
bien  quieon,  il  se  forma  un  bon  petit  pécule  à  force  d'éco- 
nomie. Èipargna  woun  fôoure,  épargner  ses  habits,  en  avoir 
grand  soin,  les  faire  durer. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Eœpareinare,  formé  du  lat.  clas- 
sique Pareen,  m.  sign. 

Éspargnan,  gnanto,  adj.  Économe;  avare;  qui  s'appli- 
que à  faire  des  épargnes  dans  sa  dépense,  dans  son  mé- 
nage. 

£apargne,  s.  m.  Binet;  gàte-tout;  sorte  de  bougeoir 
dont  la  bobèche  est  armée  de  trois  pointes  de  fer  où  l'on 
pique  des  bouts  de  chandelle  pour  les  user  jusqu'au  bout  ; 
sorte  de  bidon  en  fer-blanc  où  l'on  ramasse  les  reliquats 
d'huile  de  friture  pour  s'en  servir  k  la  lampe. 

En  général,  signiGe  :  économie;  épargne  dans  le  ménage, 
dans  la  dépense.  —  Lom  pan  eâou  es  pas  d'itpar^ê,  le 
pain  chaud  n'est  pas  économique.  C'est  dans  le  même  sens 
qu'a  été  fait  le  proverbe  qui  résume  ces  principes  d'éco- 
nomie domestique  :  Pan  frés,  prou  fïoi  et  6os  vir,  botUou 
l'oustàou  en  déièr. 

fispargue,  t.  m.  Aspei^e,  ÂMparagut  offieinalis,  Linn. 
Plante  de  la  fam.  det  Asparagées,  cultivée  dans  les  jardins 
potagers;  aliment  sain  et  agréable.  —  Éiparguê  iâouvajû, 
asperge  sauvage.  Aiparagut  aeutifolius,  Linn.,  du  même 
genre  que  l'asperge  ordinaire,  qui  croit  naturellement. 

Le  mot  lang.  qui  vient  du  lat.  Atparagut,  m.  sign.,  a, 
disent  les  étymologistes,  son  origine  dans  le  gr.  'kviu^oç, 
formé  de  à  privatif  et  de  aid^^,  semence,  parce  que,  selon 
Athénée,  les  plus  belles  asperges  ne  sont  pas  celles  qui 
viennent  de  graine. 

fispamal,  s.  «n.  Épouvantail;  homme  de  paille  qu'on 
place  dans  les  chenevières  et  les  semis  de  plantes  potagères 
pour  éloigner  les  oiseaux.  Au  fig.  personne  déguenillée  et 
de  mauvaise  mine,  comme  les  vagabonds  et  gens  sans  aveu 
qui  entraînent  à  la  fois  une  idée  de  misère  pour  eux  et  de 
terreur  pour  les  autres. 

Ce  mot  semble  une  contraction  de  tspdaumai  ou  Éipa- 
voumal,  qui  n'ont  jamais  sans  doute  existé,  et  il  dérive- 
rait alors  du  lat.  Pavor,  firayeur. 

tipaio,  s.  f.  Un  des  d'eux  madriers  qui  soutiennent  eh 


long  le  plancher  d'une  charrette  et  qui  ne  font  qu'une 
pièce  avec  les  bras.  La  partie  qui  forme  les  bras  est  cyliur 
drique,  celle  qu'on  nomme  ÉêparomX  carrée.  Les  échelons 
transversaux  qui  lient  ces  deux  madriers  se  nomment 
Èsparoiu,  et  l'ensemble  total  des  deux  Éipara,  des  bras- 
et  des  échelons,  se  nomme  ÉMoalo.  Ce  sont  là  les  appella- 
tions techniques;  mus  dans  l'usage  vulgaire  on  appelle 
Brasses  les  bras  dans  toute  leur  longueur  jusques  et  y 
compris  le  talon,  et  Èsparos  les  échelons.  C'est  à  ÏÈsparo 
de  devant  et  de  derrière  que  l'on  passe  les  cordes  pour 
fixer  et  garrotter  le  chargement  :  c'est  kVÉsparo  de  devant 
qu'est  fixée  la  chambrière  ou  Cadwfoué. 

Ësparpaia,  v.  Éparpiller;  étaler;  épandre;  disperser. 

S'ésporpoto,  s'écarquiller;  se  mettre  à  l'aise;  s'étendre 
en  tenant  autant  de  place  que  possible.  Au  fig.  faire  le 
gros  dos.  —  ÉsparpaXa  sas  alos,  étendre  les  ailes,  les 
ouvrir. 

En  ital.  Sparpoj^iars,  augm.  du  lat.  Sparffên,  semer, 
répandre. 

Éaparsoù,  s.  m.  Goupillon;  aspersoir  d'église. 

Dér.  du  lat.  Aspersum,  supin  de  Aspsrgere,  asperger. 

Éspasiè,  s.  m.  Porte-épée;  officier  militaire;  bretteur; 
fourbisseur;  fabriquant  d'épées;  hurluberlu  :  dans  ce  der- 
nier sens  il  a  un  féminin  :  Éspasiitro. 

Éapaso,  s.  f.  Dim.  Éspasiio.  Épée,  arme  ofiensive.  — 
NosUhDamo  dé  las  éspasas,  Notre-Dame-des-Sept-Douleurs. 

En  gr.  Zné^,  spatule,  épée,  glaive  court  et  large  du 
bout. 

Éspavonidl,  v.  — Voy.  Éspâauri. 

Dér.  du  lat.  Pavor,  effroi. 

fiapé,  f.  m.  Étincelle  qui  s'élance  avec  explosion,  ou 
plutôt  explosion  du  gaz  interne  renfermé  dans  le  bois  et 
que  le  feu  dégage  tout  d'un  coup  en  lançant  des  éclats  de 
braise  enflammée;  pétard;  éclat,  tout  ce  qui  fait  du  bruit 
en  éclatant.  —  Voy,  tspéta, 

fiapéça,  V,  Dépecer;  rompre;  briser;  mettre  en  pièces; 
débiter  du  bois;  fendre;  couper. 

Dér.  de  Péço. 

fiipécé|ai  V*  fréq.  de  Éipépo.  Dépecer  menu  ;  détailler 
du  bois. 

iSspâa,  «.  Écorcher;  ôter  la  peau;  déchirer;  mettre  en 
pièces.  —  ts  éspéki,  il  est  déguenillé,  vêtu  de  haillons. 

Dér.  dans  les  premières  acceptions  de  PU,  peau,  et  dans 
la  dernière  de  Pêio,  haillons,  qui  du  reste  provient  de  la 
même  racine. 

Éapéiaiidra,  drado,  adj,  Augm.  de  Éspêia,  Déguenillé; 
dépenaillé,  déchiqueté;  déchiré  en  pièces,  en  loques. 

fiapéio-dindo,  s.  m.  Déguenillé;  gueux  en  haillons; 
dépenaillé. 

fiapéiriga,  v.  Épierrer  un  champ;  enlever  les  pierres 
d'une  terre. 

Dér.  de  Piïro. 

ÊapUto,  f.  f.  Trotte,  traite,  course,  e^Nice  de  chemin; 
temps  de  marche  sans  se  reposer.  —  Touf  d'uno  éspësto. 


318 


KSP 


ESP 


d'une  soula  Irailb.,  Y-a  unn  bdno  cxpUtn,  il  y  q  \\U  l<>nj 
trajet,  un  hon  teûips  de  marche.         '         !     î  .   .        •  •  • 

Dér.  du  Jht.  Expédition  maivhe,  cacu|n\^''ne.  .'•  , •"  .  '. 
'  £spéla,  V.  Peler;  écorchor;  <>iilover  la  penureirtniuer  U 
jjeau.   .  .  '     '  ■  ,  "v 

S'éipç^rt.' s'écorchor;  se  faire,  une  Kirge  écorcijure:  —  fou 
vidou  m'a  tout  espeia ,  la  maladiti  ma  fnil  dianpM'  de  pcair. 
,;  Dér.  de  Pèl:.- 

ËfipélU  p.  ÉClorc  et  faire  écloro,  égnleinenf  en  parlant 
dos  fleure  qui  entr' onvreiil  leurs  boutons  et  des.  aniiûiuix 
tjui  naissent  d'uii  œuf  ou  d'une  j^raine,  ci)inn'>o  les  oiseaux, 
les  '\(Ms-à-soii\  etc.  /-.spcJf  est  g/'oénriue nient  verbe  iP>ulre, 
on  dit:  «no  rosn  espelfs,  \iti.\i(]ou^  espéra,  ^  lDvr'7/ta^ias 
éipili^iou;  faire  éspaii  d'iôovf^  win,clomh<i(Jo;  mais  onulit 
alissi  activement:  éspéU  dd  ma7n«$ ;xctte :  exception  est 
eîiclusive  mi\  vers-à-soiej  c'est  nne  sorlfe  rie- liccface,  th.' 
snlroisiin"»  cr>nsn(Té  par  rusn;:e.  '' 

Sauvagejç  fâ^t  dériver  ce  mol  Ju  Jatvi..Ç£t/jj>i/cre;ipoTl4ser 
dehors;  peul-ôtrc  est-il  aussi  rationnel  d(^  le  faire. dériver 
do  Pèl  et  de, In  fjart.  Es,  c.-à-d.  snrtît  de  si  p6w3';qp5 

Ëspélido,.5.  /T.  Éclusi6ii;.acti(jii  d'éclottî. . — '  Gé  motfest 
employé  priiicipalement  comme  terme  de  rn'ngnquâ'ie. 
Affucles  magnaa  an  prés  mdou  à'i'bspélido,  ces  vere-à*srjie 
ont  pris  leur  mal  îi  réolosioti,' soit:  par  une  tn">Ji  Ibrte  cliar 
leur,  soit'pnr  inie  intermittence  do  chiiud  et  d«  fâ)id. 
Mous  niùonn.^  an  fa  trvs  cspélîflrn;^  iwes  vers  sont  ♦VioiS'A 
ttvtis  r^pris'S  dilIV'rentes.  On  dit  aii' fig.  ,:  A  prés  aqùb  à 
réspt'li'lo,  im  ])\vn  ou  a  manqua  à  l'espélt'do,  c'est  nn  défaut 
qu'il  a  contracté  nu  horcenu,  au.bic^n-eest  uiie  qualilé^'imo 
science  (ju'il  a  maïKjué  d'appikrloir'eu  naissant.  «! 

.    Ëspélidoniro,  5.  f.  Cabinpt,  petit  apfkirtemcint  6^  J'on 
îfak  éch)re  les  vei*s-à-soie,  sjvitnu  feu,  soit  ft  lii  ya{)(3ur,  et 
où  (^n  l<*s  scrigne  dans  les  premiers  àpçesj 
ii  Éspéloùfi,  icjo,  adj.  '—  y^ry ..  lispialoufï.  ■ 

Éspéoutièïro,  s.  f.  Champ  siuné  d'<îpautre;  par  ext. 
terrain  maign»,  si^c  et  propre  seulement  à*  ré}>îiuti^.  ;  /-. 

Éspèouto,  fi.  f.  Kpantre,  Triticvm  speltxi,  Lînui,  grande 
épautre;  ou  piHite  épautre,  Triticum  mnrwcffcnm,.lÀûu., 
plantes  do  la  fain.  des  f^gutninoiisoè,  nedifTéronf^ére^iue 
par  la  grandeur.  C'est  une  espèce  de  froment  monoarjub, 
uni^cioidaic'î,  h  6pi  linrbu,  dimt  le  gi'aiin  à  demi  adbqnàt  à 
sa  ^jalle  ne  s'en  détache  qu'en  le  jijond^U  au- moulin  à 
mander  /V.  PrudaJ.  Ainsi  mond»'>,  ce  blé,  est  ûélicAl  et 
sort  à  faire  un  excellent  potage*.:  C'e^t.  «ne  d«}s  semencds 
((u'on  nomme  blô  de  mars. 

D6r.  du' lat.  Spelta^  m.  si^n.  '   ,  :      :.T 

Éspèri  s.  m.  E.xpèrt-géomètre,  œlni  qu'on' nortimo  pour 
foiré' ime  prisée,  un  nfiport,  uile  vérification.  ^-    •  -.[''A 

Dér.  du  lat.  Ejrpertus,  part.  pass.  de  Experttri, -expè- 
rimonter.'  '  .    .    '     •   ^    '■"'■  y.'l 

Espéra,  v.  Attendre;  patienter.  —  t-spéra^Knéi  -attiîft- 
dez-moi,  M'éspérarés  hé  jusqu'à  la  fin  iJàon  ffié9,  (VOUS 
voudrez  laen  m'allendre  pojUJiice  rpaipoicnt  .iiw^ç'ifi  fin 
courant.  Qn'é^pèiv)  /an <^4if^;prvb.rJL  celui  qui  f^ttend  h^ 


temps  est  bien  long.  F^pèrot  éip^ra.' Attends l:a^içnds-W¥?!i] 

que  je  te  cbàlio  suivant  tes  mérijesy.  .  .  ;  -.  ■    :/.  i.j 

Dér.  du  lat.  Spàrare,  cspéreç.        .     ., -^     ■  '  .,:     :  a 

Espérance,  s.  f.  Espérance,  longue  attente.      .  j ;,(-..  |, 

Êspérlounga ,  t^. ,  Prc^tongor  ;  proloiiger  le^^îre^^jtf un 

paiement  par  i'efTet'de  Ja  VDjunié  du  créancier  î  te  diOiirefj 

le  renvoyer  d'un  jour  à  l'autre  de  1,1  pari  i^  défci^eur.  4- 

Un  éspi^rloftnga,  une  longue  ^'chine»  nt\  honmine;  loBfi  et 

ïnaigtP-  '.■_.•.•  :...i  .  i-.. 

Dér, du  lat.  Perhngus,  très-long.  .    .,::;; 

Éspéro,  5.  f.  Aguets;  guet;  aflfut.  -r-  4na  «k  ,/'4V)*f<fc 
chn^s^r  .1  l'atTùt.  Vat  à  l'éspéro  dé  las  manèflos,  il.eHi 
raffùtdi*  tou8  les  cancans.  Lmi  eu  es,  <^i^spérQj^ii;j^^e$\, 
aux  aguets,  il  fart- le  guet;  il  guette  le»  30uris,    ,   .     ^.,,1 

Ë&péroù,  s.  m.  Dim.  ihpérouné.  J^\i^on\^  ftrçQtîd'an 
coq.  Se  dit  aussi  d'nn  ixitit  ouvrage,  épi  de.pi5^x».ail 
devant  et  en  éperon  d'un  ouvrage  plus.fqrli.dil  P4ns^ 
Contre  les  invasions  des  rivières  sur*  leaï border  pl&ntâSid'fi,- 
aecaic.  "    .     .      "   .  ,,  •  '   '  •    .:       n 

En  ilnl.  S/jrone;  en  allem.  Sporf\,,m,  .sigii^       li"    f.  i^ 

Éspérouna,  V.  Chausser  des.  épçFcjuâ;^' ilQiH^ejjjdg. iljpe- 
ron ;  éperonner.         .'  ,       \    ^  ]■.  t    \u 

Éspérta,  v.  Faire  une  expertise;  faire  une  estimatif 
une  |n*isée  coinnxe  çx.j)erl.*  ;  .  .•.,..g-iGa2l 

Éspé s , .  éapéssQ ,  adj .  Ditn .  Éspés$é  ;  péj .  È$pém^ 
Épais;  dense;  dru;  consistant.  Au  fig.  lourd,  épai^;  .gfQ^ 
sier;  sans  tournure  et  sans  vivacité  d'esprit.  .-^.jii:sew«né» 
iroj}  éspés,  j'ai  sienîé  mon  h\é  trq)  dru.  Qité  séifi^npijnip 
Mpdî.  euro  soun  gragnè  dos  /"dv,  j)rvb.  Qui  sèraO).trop. épais 
vide  deux  fois  son  greiâer,  f>u  s'expose  à  le  içûsgcr  vi4c 
deux  fois,  d'alK>jfd  pour  sa  senience,  puis  par  JQ^^fat^dp 
récolte  qui,  tr».)p;  serrée,  .s'étOMiï''  "ôt  donne'  iT¥>iTis,  JÏsp^s 
,eoumo  {ou$  p^m  dé  /«  (<<s(o,  épois^coj^n.mç  le^chevcw/Vh  n 

Dér.  du  lat.  Spissus,  m.  sign.  ,  . ,     ;-.         •  ..."1 

Éspési,  V.  Démêler;  débrouiller;  chaj?pir;  PTfy^p^JiûX 
cheveux;  éplucher;  regaider  de  près;;cxa?TTiner.^vec,s<?ip 
pour  trouver  le  moindre  défaut.  —  Éspési  hu»  p^ia^,;d^ 
m>\^T  les  cheveux.  Èspé^  dé  fouséls,  .charpii:,*  cardei;  avjic 
les  doigts  des  cocons  de  graine,  afin  do  Içs  rendra  prçpcy 
k  être  filés  fi.  la  ^luenouille,  i-^spési  vno;  çifa\r€',  (jiébroujller 
iinc  affaire  litigieuse,  la  tirer  au  clair.. ilv^5  par  b^o^n 
d'où  t^nt  4sf)ési,  vous  n'avez  pas^,besofin  d'y  regard. ^ 
s^  pr^,  d'6pluol,ier  avec  tant  de  minutie^  ;     >*  ,    .,. ..    1/, 

S'éspési.  se  prendre  aux  cheveux,  sedonniprupe  peign^. 
'^r^'éspésiguèrou  conmo  se  doou,  ils  so  priant  ajjuCjGb^^ax 
comme  il  faut;  :     ,      ,  •        ,  .    Im 

Pér.  de  Ès])és,  c.-à-d.  détailler  quelque  chose  id'^pak* 
de  ^:ûnfus,  le  désépaissir.  D''aprôâ  cette  acception  origi- 
x\ellev'0n  devrait  dire  Èséspùsï  ou  Déwipéçi,  ina^s  l.'ijsag^ia 
préféré  la  contraction.  '.        '    .,        ;     ..| 

r  Ê^pé^idOy  s.  f.  Raclée;  volée  de  coups.'  \     .  :  ,/    .) 

Éspésoaïa  <S'),  v.  8'épouiller;  chercher  ^,  pqm,  l^ 
enlever;  s'en  délivrer.  .        \»       •   ,'\.       ;;  t 

.-.    Pér,  de  i>ft5ow/.  ,o-:r.]a3 


condenser-njjhd  •»_  ;  jrji'..'.il-,  j.v,!.  •ilni'ii;  .^  ;;ii,-'i  >  i'.b 
Dér.  de  Ètpii.  .(,mu,"\  l   ijd 

«(*¥*, *m.8ll'B!à--...v.?--  .™i  lit  '  i»i.ii  .b 

EspéBBn,  4.  n.  Dim.  Êspittugui.  —  Fuy.  l><lJ«.,jÇij)^ 
Eapéasngns  oa  PosBnga,  v.  Pincer,  ser^  SQJfe  ,|a 

le8propriei^^sçgy,9Jjiiçî^-tT,^oii,|i'4«%f.,.  .^,   ^^, ,-_ 

fe'»ti9fi»lip'inrif'*Ht!i'fl<(*WA"tf.,('2yvh«!WSS''' 

W^-  .,1,  È(:ti:M  miir.vii!  *':Ij   -.lip  Liiwi.'.>  'n,  J.  .: :i,:.^ 

lortes  d'extravagances  dans  son  chagfj^a.,  j^|f^^i.^i4^fjtii)f^ 

ditpilail,,  c'œl  une  cte»(H»i|Ôf ..jpopKrjilojiâ ' 

Corrap.  da  fr.  pour  le  sens.         sitn^n?    Mil    -ic: 

«W »!RWW«*  iM,:/,  is,i,  sLvTii.'-i  i-^'jT.V! 

éijMll  dé  ifti-nujré,  faire  faire  e^|çaiOi(  A  ^^i^W^flf 
l^/*^  ■'^(iî*^^^?Sf  iî^f??'  %|''^  '^  jPpDpMi  ilford 
et  éclà\^(),t„^ij^ff^te.  jiTOjJtriiit  [''H  ,^P^V'W^'.(^^^.i*i?i^ 
intérieure  qui  p'réua  railléj.tpiîiue^',.quci«fcfoU^eh  .^u- 


i,,Kitfv,»Iv 

JPj.JWliSi  ,W?i.§ 

IKl.lTliiiCiitouoj-jrJ  J./iii-:L  'T':;vi.l,è:'I     i;î:ii  .rj,j  ti-'l 
_Em.t.  nt^.opBuaio,rr.  c.iu.j.'Drins  ou  paille  dû 


'est',  ^çhé^pàdrl'&ire'  xhàuilér^^ 

(amiâé  Ôdoranto/.,',"  '   "'''  '"'',"'■", 

iir  fort  aromjliqué.  Il'eai/fort""" 


sfee 


,rt^  Çaipe  il  ■  -■      .  ■;■  ar  tort  aromjlique.  ffeat  fori 
nage  ains'la'iàmpa^'iuiit  délivrer  le.  bélaïl  lie,  là 
nioe.  Brulo  eoumo  a'iipi,  il  brûle  coiiime'dc^alluùieLun, 
^b,paill^,  ^..  „  ^      ^      ,  ,.^ .    ..^..'.>    ,        .'„,'.  f, 

Dâr.'dâ  lal.  Spka,  éfù,  rariie'âi^  t&T.Uge^  îof't  Wia- 
brenseset  haulMfomeatdès'epU.         ^-^   i  i    i     '.-m 

.  .novianoijel 


Upialonu,  iao,,od  linpeio 


gle:  iGUn;  Évei^j.f^j.^DftUjt.  „  ^.^,  .;  ■,  .  ., ,  .,■  .  ,„ 
.£;Çftiï)oJ<çf^çuQe,stt[(  ^'"î^^'i'lî'iî  fr-, dérive ^e.r^l^. 
Viespiagil,  n.  pr.'a'ua  personiiagc  saxob,  ^^éi>re  |^^s^^,l| 


Se  dij  ilgi'iy  ^'■'^S"^ 

Qt  d'iihè^  pcfsonopiotj} 
jui,  a  beaucoup  de  çÇn- 


./,Ef(jjîa|a^f^')V-'i-,Sï:pfijp3r.a  ûiieipiiie';  i'o^toh,c^T  une 
^f^ffS  Wr.f .'.Ç^^/rT'-r  .0^  i»t' jÀw!i"Ç''ft^ij,''.  a'  uiié  ■,'pe(iïe 

j^p<9yo,|grençz.gâttrçj'cjl^.yol^  ^a'igra  ja.kiïllç.'  -V    '  /,'. 
ta^fjn^.'j.^m',  A)iSJj^j  ^fi<.^'i''i^'  'BuÏsïoii  d ^pin^j 

Ede-mcM^êi3"ârLùs'ie8ép!Ùéux,.(^u'oh'me 
l'I'bnirûe  d"un 'yic[6B"Jjii  là  bïèclie  d'iin  mur.  ^ 

É«pig|çi^|^,,j,,f.  P|_ui,.^e  És^^M.Aa_^Gi.  Mnè;^'|ii^ 
^ù^i  esjirinii^rUa^kt  etsaliriij^ûè.  ^  ll.sé(ltt  (Iiiîi&Oùyiie 
comme  d'iule'  leiuiiie. 

fiapigno.  «.J*.  Ëpin«: 
paran  véBËU),  pèmeaii! 
transy  eisàles'  ô  uj  sou  l  ^i  ■  (  i 
soos  ■^eau.douM.'ei'p.ii 

li'msdû'ëpiiieux,  espni  ui.'t'ii.Liit.  fûiiiiahl.  — ^^ 
itpigmi,  c'est  un  homme  Icrrïblement  contra^i^iV 
àlaà.abordec:  un  viai  Iagbl'.a''(^i'nès.  '    '' 

£8pi([D0ÙS,  gilOHBO,  ,aJj.  pim.    fJ^'^notr  .      h 

MH3St^ffÈpmf«.''Â'u''fîÉv'acarUlre,'  Wgïïeux 
ttreâilHcile;  Wisèéae(lidicuT£i!s,_^r  pai'lajit  .  . 

'^f^Off.J.  &i,  ttte  dç1uyau4''l«.'ti'  ■ 
terme  le'gràifl;  èpi'ai  po'n  ou  de  cheVeuXj;  i.-^i  i 
dpiit  la  djreclion  est  inverse,  aux  autres  :  .c'e^i  uj^' 
3e'$ààlé,eiae''raC4i'i)our  les  clievaiix,  tgr^qu'às  li>^ 
flâpcsouau^i^raiT.  ..  ■     ., 

"'■bei'.''dàlal.'SpiÀî,''in-"siBn:  ''''^'■''■'"     '■-''•■        ^ 

ÊBpinar.t,  m.  ÉpipArd,  S^iiMciiji^érà^ra^Linu. Kww 
de'la  j^m.'tM  Clii>ti;>^Ëes',' culbvfe  i]aii4~  les  Jardins, 
esUm^  _  eu'  ,caikine  ! 
nier  mot]. 


.u,p,«afi 

iHi  III  tli'jlr'ucs'pois- 
1  de  .l'alùsti'"  AU  .ui. 


iiiV  et.iii^'J 


:Ili>tl;>podi 


£«ii»ia>'  idourûijuit.  (Toy.  cc|  fler- 

Son  nom  lai  vient  de  ca  mie  I4  cofie  .qui,  i^f^iné  ii 
—inçe  est  fertte.auèSîfiu^elblqii^nte'du'éjliftèi^^ 
ipiiidia,'i>.'flct;3rdéf  âà  coùl  lîe  Vçëli; 'ë^fetréjltàiiiiir; 


320 


¥£P 


ESP 


lorgner;  regarder  en  dessons;  regarder  à  travers  un  troa, 
nne  fente  ;  générîqnement,  fixer  son  regard  ;  regarder  avec 
attention  et  fixité;  faire  les  doux  yeux;  techniquement, 
regarder  comme  fait  un  espion,  un  curieux. 

S'éspincha,  se  parler  des  yeux,  correspondre  du  regard  ; 
s*entre-regarder. 

Dêr.  du  lat.  Aspieere,  regarder  devant  soi,  apercevoir. 

tspincliaire,  airo,  adj.  Curieux;  qui  aime  à  voir  ce 
qui  se  passe  chez  le  voisin  ;  qui  fait  les  doux  yeux. 

Ëspinga  (S'),  v  Se  piquer  avec  une  épingle. 

É8pingaé]a,  v.  fréq.  Causer  des  fourmillements;  faire 
éprouver  des  piqûres  dans  les  chairs,  des  élancements,  des 
douleurs  aiguës  comme  des  piqûres  d*épingle.  —  Moun  dé 
m'éspinguéjo,  j'éprouve  des  élancements  dans  le  doigt. 

fispinguéto,  j.  f.  Camion,  épingle  de  coiffure. 

fispingo,  i.  f.  Dim.  ÊspinguHo;  augm.  Éipingaiso. 
Épingle,  petite  tige  en  fer  ou  laiton,  munie  d'une  tête  et 
d'une  pointe,  servant  k  attacher  et  à  fixer.  —  Né  dou- 
nariiH  pas  la  tèsto  d'uno  éspingo,  je  n'en  donnerais  pas 
une  tête  d'épingle.  Jouga  à  las  éspingos,  jouer  avec  des 
épingles  pour  enjeu.  Longtemps  l'épingle  a  été  une  monnaie 
pour  les  enfants  non-seulement  dans  leurs  jeux,  mais  dans 
leurs  marchés  et  transactions.  Elles  sont  démonétisées 
aujourd'hui,  ainsi  que  les  coups  de  poing,  qui  étaient 
aussi  une  valeur  pour  les  plus  jeunes  écoliers. 

Dêr.  du  lat.  Spinacula,  m.  sign.,  qui  est  le  dim.  de 
Spina,  épine. 

Ëspioun,  f.  m.  Espion;  mouchard;  rapporteur. 

Espionna,  V.  Espionner;  épier;  observer;  servir  d'es- 
pion. 

Dér.  du  lat.  Inspieere,  regarder,  inspecter. 

Ëspiounaje,  s.  m.  Espionnage,  action  d'espionner. 

£spira,  v.  Suinter;  transsuder;  prendre  de  l'air  par 
quelque  fissure  imperceptible,  comme  fait  un  tonneau  qui 
perd. 

Dér.  du  lat.  Spirare,  respirer. 

Ëspiroù,  f.  m.  Dim.  Éspirouné.  Évent  d'une  futaille, 
petit  trou  percé  dans  le  haut  du  fond  extérieur  pour  donner 
de  l'air  au  liquide  qui  sans  cela,  lorsque  la  pièce  est 
pleine,  ne  viendrait  que  difficilement  par  la  canelle.  On 
bouche  Yéspiroù  avec  le  dousil. 

Esplanade,  s.  f.  Esplanade,  grande  place;  terrain 
aplani  et  nivelé. 

Dér.  du  lat.  Planus.  La  désinence  du  mot  fr.  parait 
annoncer  qu'il  a  été  emprunté  aux  contrées  méridionales. 

Éspliqna,  v.  Expliquer;  interpréter;  développer;  arti- 
culer; faire  comprendre. 

Ëspliqnacion,  s.  /*.  Explication  ;  démêlé  qu'on  explique. 
—  Avédre  d'éspliquacious  émbé  quâouquus,  avoir  des  ex- 
plications, expliquer  un  malentendu  ;  par  ext.  avoir  un 
difilërend. 

Dér.  dû  lat.  Explicatio,  txplieare,  m.  sign. 

Ésploumassa,  v.  Arracher  les  plumes;  plumer.  Au  fîg. 
maltraiter;  donner  une  volée. 


S'ésploumassa,  se  déplumer  pendant  la  mue,  en  parlant 
des  oiseaux;  se  prendre  aux  cheveux;  se  battre. 

Dér.  de  Plaumo. 

Ësponchiga,  v.  Ecarbouiller;  écraser;  écacher  quelque 
chose  qui  a  du  jus.  —  S'éspouchiga  dâou  rire,  se  pftmer 
de  rire. 

Ce  mot,  comme  le  fr.  Pocher,  pourrait  bien  venir  du 
lat.  Pungere. 

Ëspondasaa,  v.  Péjor.  de  Pouda.  Tailler  grossièrement 
et  à  grands  coups  de  serpe,  comme  le  fait  un  mauvais 
ouvrier  et  un  vigneron  apprenti. —  Aquél  doubre  es  éspom" 
dassa,  cet  arbre  semble  taillé  k  coups  de  hache. 

Ëspondra,  v.  Saupoudrer  et  époudrer;  répandre,  secouer 
la  poussière.  —  Ce  verbe  rend  à  peu  près  la  double  action, 
toute  diifêrente,  de  couvrir  légèrement  de  poudre  quel- 
conque, et  de  la  secouer  pour  la  faire  disparaître. 

Ëspondra  (S*),  v.  Avorter.  —  Ne  se  dit  que  pour  les 
animaux  et  ne  s'entend  que  des  premiers  temps  de  leur 
gestation,  lorsque  le  fétus  n'est  pas  encore  formé. 

Ce  mot  pourrait  bien  dériver  du  lat.  Eœ  et  Pondus, 
dont  la  bass.  lat.  a  pu  faire  Exponderare,  se  délivrer,  se 
débarrasser  d'un  poids. 

Ësponèr,  s.  m.  Espoir,  espérance. 

Dér.  du  lat.  Sperare. 

Ësponia  (S'),  v.  Se  sauver;  s'enfixir;  gagner  du  pied; 
s'évader;  poufierde  rire;  éclater  de  rire  involontairement, 
comme  si  le  rire  retenu  s'échappait,  on  s'il  partait  comme 
une  explosion.  C'est  là  sans  doute  ce  qui  rapproche  le 
sens  des  deux  acceptions. 

Ëspoula,  ado,  adj.  Dim.  Éspoutladoi^.  Éreinté;  époisé; 
écloppé.  Au  fig.  obéré  ;  criblé  de  dettes  ;  sans  crédit. 

Dér.  du  lat.  Spoliatus,  dépouillé. 

Ësponmpl,  ido,  adj.  Dodu;  mollet;  potelé;  renflé; 
rebondi  ;  jouflu. 

S'éspoumpi,  se  gonfler;  devenir  rond,  dodu,  mollet.  An 
fig.  s'enfler  ;  se  bouffir  de  fierté,  d'orgueil. 

Dér.  de  Poumpo  ou  Poumpe,  ancien  mot  signifiant 
gâteau,  galette,  qui  se  gonfle  au  four  en  cuisant. 

Ësponncho,  i.  /*.  Terme  de  nourrice,  trait  ou  jetdn 
lait  qui,  dans  les  premiers  jours  de  l'accouchement,  £iit 
sentir  une  piqûre  au  sein.  —  Fa  vénï  Véspouneho^  faire 
venir  le  lait  en  suçant  et  aspirant  fortement,  ce  qni  est 
difficile  quelquefois  dans  les  premiers  temps  parce  que  les 
voies  en  sont  obstruées  ;  quand  cette  obstruction  est  trop 
forte,  ou  l'enfant  trop  faible,  on  emploie  des  moyens  arti- 
ficiels, tels  que  U  bouche  d'une  personne  adulte,  un  jenne 
chien,  ou  une  sorte  de  pompe  aspirante  que  la  chinuigîe 
a  inventée  spécialement  pour  cet  objet. 

Dér.  de  Pouneho. 

Ësponsa,  v.  Épouser,  prendre  en  mariage;  marier, 
donner  la  bénédiction  nuptiale. 

Dér.  du  lat.  Spondere,  promettre,  fiancer. 

Ësponsado,  s.  f.  Épousée  ;  la  mariée. 

ËsponslYon,  adj,  des  deux*  genres.  De  noce,  d'épon- 


ÉSQ 


ÉSQ 


331 


saille.  —  Laedifo  étpousivou,  le  bonnet  d*éponsailIe.— Fby. 
Nouwàou, 

Ésponsqua,  v.  Saupondrer  ;  poudrer  avec  da  sel  on  de 
Teaa  sale;  asperger;  jeter  de  l'eau  avec  la  main  on  avec 
la  bouche  pour  humecter  le  linge  qu*on  veut  repasser,  de 
façon  à  imiter  la  pluie  ;  jeter  de  Teau  avec  les  doigts  à  la 
figure  de  quelqu'un  pour  Tagacer  ou  lui  faire  une  niche. — 
Èipottsqua  Vén$alado,  secouer,  égoutter  la  salade. 

Ce  mot  est  une  variante  de  Étpoussa. 

Ssponasa,  v.  Secouer;  faire  tomber  la  poussière; 
épousseter.  Au  h^.  battre;  maltraiter;  étriller;  donner 
ime  volée  de  coups  de  houssine.  —  Éspoutta  las  àourêios, 
secouer  les  oreilles,  prendre  un  air  mécontent.  On  dit 
plaisamment  à  quelqu'un  qu'on  va  vertement  corriger  :  Té 
vôou  éspousta  tcu  gnëiro$,  je  vais  joliment  secouer  tes  puces. 

Dér.  de  Pom,  poussière. 

fispoQSsado,  «.  f.  Volée  de  coups;  coups  de  bâton  ou 
de  verges. 

ÉspoQsséta,  V.  Épousseter;  brosser;  vergetter;  net- 
toyer, 6ter  la  poussière.  —  Semblerait  un  diminutif,  avec 
un  certain  mouvement  de  fréquence,  de  Éspousta. 

taponsséto,  s.  f.  Époussettes;  brosse;  vergette;  brosse 
d'habits,  detète,  de  peigne,  de  soulier,  de  table,  de  tapis,  etc. 

fiapoaténcia,  v.  Couronner  un  arbre,  lui  enlever  trop 
de  bois  en  le  taillant,  le  réduire  à  ses  maitresses-branches, 
finalement  en  faire  une  forme  de  potence. 

Dér.  de  Pouténcio, 

ispoutriga,  v.  Écarbouiller.  —  Voy.  Éspouehiga. 
Ësprès,  s.  m.  Exprès,  commissionnaire,  messager  mandé 
spécialement  pour  un  but  déterminé. 

Dér.  du  lat.  Expresse. 

Ésprèa  ou  Ésprèsai,  adv.  Exprès  ;  à  dessein  ;  expres- 
sément; pour  cela;  pour  un  objet  spécial.  —  Ou  faguè  pas 
ésprès,  il  ne  le  fit  pas  par  malice,  en  mauvaise  intention. 
Ou  faï  ésprès,  il  le  fait  exprès,  à  dessein,  volontairement. 

Dér.  du  lat.  Expresse,  m.  sign. 

Éspri,  s.  m.  Dim.  Ésprigué.  Esprit,  jugement,  imagi- 
nation; sens;  motif.  —  Perdre  l'ésprï,  perdre  le  sens; 
devenir  fou.  É$  ttniqua  dàou  Sént-Ésprï,  il  a  un  grain  de 
folie  :  expression  proverbiale  qui  répond  à  cette  pieuse 
pensée  que  les  idiots,  les  innocents,  sont  des  êtres  protégés 
et  privilégiés  de  la  Providence ,  comme  si  TEsprit-Saint 
leur  imprimait  une  marque  particulière.  C'est  de  la  même 
idée  que  naît  cette  sorte  de  culte  qu'on  accorde  aux  crétins 
et  aux  gens  à  seconde  vue  en  Ecosse. 

Éspri  signifie  aussi  alcool,  ou  esprit  de  vin,  liquide 
obtenu  par  la  distillation. 

Dér.  du  lat.  Spiritus,  m.  sign. 

isqnalancio,  s.  f.  Esquinande;  angine;  inflammation 
des  amygdales,  de  la  trachée-artère  ou  du  larynx,  qui 
peut  se  terminer  par  la  suffocation. 

En  gr.  IuvadE/1),  m.  sign. 

ttqiiialaBsa  (S'),  v.  Augm.  de  Quiala,  Pousser  des 
cris  aigus;  forcer  sa  voix  en  criant;  gueuler. 


fisqnicha,  v.  Serrer;  presser;  exprimer;  épreindre.  — 
Un  ésquichot  un  avare,  un  cuistre,  serré,  trop  parcimo- 
nieux. 

S'ésquicha,  s'efforcer  ;  faire  des  efforts. 

Dér.  et  augm.  de  Quicha. 

Ésquichado,  s.  f.  Serrée;  violente  étreinte. 

fisquicho-grapâoii,  s.  m.  Engoulevent,  tette-cbèvre, 
crapaud-volant  ;  engoulevent  ordinaire,  Caprimulgus  euro- 
pœus,  Temm.  Oiseau  de  l'ordre  des  Passereaux  et  de  la 
fam.  des  Planirostres  ou  Omaloramphes.  —  Cet  oiseau, 
qui  a  plus  de  dix  pouces  de  long,  par  son  plumage  sombre, 
sa  tête  disgracieuse,  est  loin  d'offrir  un  aspect  agréable. 
Le  fr.  l'a  appelé  Tette-chèvre,  parce  qu'on  a  cru  supersti- 
tieusement qu'il  tettail  ces  animaux;  crapaud- volant,  de 
la  ressemblance  qu'on  trouve  entre  un  de  ses  cris  et  celui 
du  reptile.  C'est  le  lang.  qui  aurait  dû  le  nommer  Engou- 
levent, de  Èngoulï,  avaler,  engloutir  le  vent;  en  le  déri- 
vant d'une  origine  commune,  Gula,  et  c'est  encore  le  fr.  qui 
lui  a  donné  ce  nom,  à  cause  de  son  bec,  petit  quand  il  est 
fermé,  mais  qui,  en  s'ouvrant,  présente  une  ouverture 
immense  où  viennent  s'engloutir  les  insectes  qu'il  chasse 
pendant  la  nuit  ou  le  crépuscule,  car  on  ne  voit  jamais 
cet  oiseau  en  plein  jour.  Pour  nous,  nous  l'avons  appelé 
Ésquicho-grapâou,  croyant  qu'il  tue  et  dévore  le  crapaud, 
en  le  pressant  cramponné  sur  son  dos  et  lui  perçant  la 
tête  a  coups  de  bec.  En  automne,  la  chair  de  l'engoule- 
vent, qui  est  fort  gras  alors,  est,  dit-on,  un  excellent  mets  : 
c'est  possible. 

Ësquicho-roli,  phr.  faite.  Jeu  de  veillée  qu'on  nomme 
en  fr.  Boute-dehors.  Il  consiste  à  se  placer  sur  un  banc  en 
aussi  grand  nombre  que  possible,  et  par  places  alternées 
de  garçons  et  de  filles.  Les  joueurs  aux  deux  extrémités 
poussent  chacun  de  leur  côté  en  dirigeant  la  force  de 
coaction  vers  le  centre,  jusqu'à  ce  que  l'un  de  ceux  placés 
à  ce  centre  soit  rejeté  hors  du  rang  ;  alors  celui-ci  va  re- 
prendre place  à  l'un  des  bouts  de  la  file,  et  pousse  à  son 
tour  sur  ceux  qui  l'ont  rejeté. 

Ssquichoù,  s.  m.  Pelotte  de  cire  dont  on  a  exprimé  le 
miel,  en  la  pressurant  entre  les  mains. 

Ësqnièl,  s.  m.  Génie;  intelligence;  bon  sens;  jugement; 
instinct  de  l'animal  poussé  à  un  degré  de  développement 
supérieur. 

Ësqnifa,  v.  Esquiver;  éviter  avec  adresse.  —  Ijou  tara- 
ean  ésquifo  l'aïgo,  le  bouracan  rejette  l'eau. 

S'ésquifa,  s'esquiver,  se  subtiliser,  disparaitre;  s'enfuir 
adroitement. 

Ce  mot,  comme  son  correspondant  fr.,  dérive  du  lat. 
Scafa,  nacelle,  dont  le  fr.  a  fait  encore  Esquif.  Ésquifa 
serait  donc  proprement  :  éviter  un  écueil  sur  un  esquif; 
mais  ce  sens  originaire  a  disparu  quant  à  l'application. 

Ësqoifo  (fin),  adv.  De  biais;  obliquement;  en  biseau. 

fisquina,  v.  Échiner;  éreinter;  assommer;  rompre  Té- 
chine.  Au  fig.  ruiner,  mettre  en  déconfiture. 

Dér.  de  tsquino, 

41 


322 


ESS 


EST 


£8<ininado,  i.  f.  Volée  de  coups;  raclée;  bastonnade, 
èreintement. 

fisquinaje,  s,  m.  Grande  fatigue;  charge  trop  lourde; 
èreintement;  perte  considérable  au  jeu. 

fisqninla,  v.  Sonner;  tirer  le  cordon  d*une  sonnette  pour 
appeler  le  portier  ou  les  domestiques. 

Ësqninlo,  s.  f.  Dim.  Ésquinléto.  Sonnette  d'apparte- 
ment ou  de  porte;  clochette  d'autel;  clochette  de  mouton, 
de  mulet. 

Dér.  du  tudesque  skei,  m.  sign. 

fisquinloù,  s.  m.  Petite  clochette;  grelot. 

Dim.  de  Èsquinlo, 

£sqnino,  s.  f.  Échine;  dos.  —  A  bono  ésquino,  il  a  bon 
dos,  phr.  prvb.  qu'on  applique  à  toute  personne  ou  même 
à  toute  chose  qu'on  charge  des  fautes  d*autrui,  ou  sur  qui 
on  rejette  la  responsabilité.  On  dit  :  Lous  magnas  an  bono 
ésquino,  les  vers-à-soie  ont  bon  dos,  c.-à-d.  que  les  paysans 
rejettent  sur  le  succès  de  leur  chambrée  toutes  les  dépen- 
ses, folles  quelquefois,  qu'ils  se  permettent  dans  l'année  : 
espérance  dont  la  déception  est  un  élément  de  ruine  presque 
certain.  Faï  Vésquino  d'ase,  il  est  fait  en  dos  d'âne. 

Dér.  du  lat.  Spina,  épine  du  dos. 

fisqninsa,  v.  Déchirer  une  étoffe  dans  le  sens  de  la 
chaîne;  lacérer. 

Dér.  du  gr.  ^x^^^^»  fendre,  diviser. 

fisqainsadaro,  5.  f.  Déchirure,  accroc  dans  une  seule 
direction. 

fisquirôon,  s.  m.  Dim.  Èsquiroulé.  Écureuil ,  écureuil 
commun,  Sciriut  vulgarU,  Linn.,  petit  mammifère  de  la 
fam.  des  Rongeurs.  Ce  petit  animal  fait  son  nid  au  sommet 
d'un  arbre  élevé,  et  le  construit  d'une  manière  si  ingénieuse 
qu'il  met  ses  petits  à  l'abri  de  la  pluie.  Vif,  alerte,  éveillé, 
il  se  prive  facilement,  et  apprivoisé,  vit  en  cage  en  se  don- 
nant de  l'exercice  à  faire  tourner  incessamment  un  cylin- 
dre mobile. 

Dér.  du  gr.  2x{ou()o(,  m.  sign.  formé  de  lani,  ombre  et 
O^pd,  queue,  c.-à-d.  qui  se  fait  de  l'ombre  avec  sa  queue. 

£sc[uirounèl,  s.  vu.  Martinet;  martinet  noir,  martinet 
de  muraille,  Hirundo  apus,  Linn.  Oiseau  de  l'ordre  des 
Passereaux  et  de  la  fam.  des  Planirostres  ou  Omaloramphes  : 
plumage  entièrement  noir,  queue  très-fourchue.  Il  arrive 
après  toutes  les  autres  hirondelles  et  part  le  premier.  La 
brièveté  extraordinaire  de  ses  pattes  lui  avait  fait  donner 
son  nom  latin  de  Apus,  sans  pieds  ;  aussi  a-t-il  bien  de  la 
peine,  lorsqu'il  est  tombé  à  terre,  à  reprendre  son  essor. 
Mais  en  revanche  on  admire  son  vol  facile  et  infatigable, 
n  parait  qu'on  appelait  autrefois  du  nom  générique  de  Es- 
quirounèl,  les  petits  oiseaux  de  proie  composant  la  faucon- 
nerie; Sauvages  le  leur  a  conservé  et  appelle  Aoubaléstrié, 
le  martinet.  Pour  nous,  il  n'est  connu  aujourd'hui  que  sous 
le  nom  de  Èsquirounèl,  et  il  est  si  commun  à  Âlais,  en  été 
et  en  automne,  qu*il  est  étonnant  que  Sauvages  ait  ignoré 
un  nom  qui  ne  s'applique  pas  à  d'autres  qu'à  cet  oiseau. 

fisses,  s.  m.  plur.  Ers,  Ervum  hirsutum,  Linn.,  plante 


de  la  fam.  des  Légumineuses;  espèce  de  vesce  noire  ou  de 
lupin  dont  les  pigeons  sont  très-friands,  mais  qui  est  on 
poison  pour  la  volaille  de  basse-cour  et  tous  les  animaux 
non  ruminants. 

fissnga,  v.  Essuyer;  sécher;  épuiser.  —  Aquélo  tèro  es 
bien  éssugado,  cette  terre,  ce  champ  a  été  épuisé,  on  ne  Ta 
pas  assez  laissé  reposer.  Fait  Èssu,  au  part.  pass.  —  Plous  dé 
fénno  soun  ièou  ésstu,  prov.,  larmes  de  femme  sèchent  vite. 

Dér.  de  l'ital.  Asciugare,  m.  sign. 

Esta,  éstado,  |>arr.  pass.  du  verbe  Èstre.  Été,  allé.  —  Es 
esta  un  diable  dé  soun  tén,  il  a  été  un  vrai  démon  dans  sa  jeu- 
nesse. Ses  esta  à  Parts ?Étes-vous allé  à  Paris?  Qttanéséstado 
novio,  s'és  dédicho,  quand  elle  a  été  fiancée,  elle  a  retiré  sa 
parole.  Y  sèn  estas,  nous  y  sommes  allés.  —  Yoy.  Èstre. 

Esta,  5.  m.  État,  métier,  profession.  — A  pas  gis  d'ésta, 
il  n'a  point  de  profession,  d'état. 

Gorrupt.  du  fr.  qui  se  rapproche  encore  davantage  quand 
on  dit  :  Éta  et  qui  ne  vaut  pas  mieux.  En  lang.  on  se  sert 
de  Mésta, 

Êstabla,  v.  Recevoir  des  chevaux  à  l'attache  dans  une 
écurie  d'auberge,  sans  leur  donner  la  provende.  Il  se  dit 
aussi  du  maître  du  cheval  qui  le  loge  ainsi  à  l'attache; 
mais,  dans  ce  cas,  on  l'emploie  même  quand  on  lui  four- 
nit l'avoine  et  le  foin.  —  Ounté  éstablarénf  à  quelle  an- 
berge  donnerons-nous  l'avoine,  où  nous  arrêterons-nous 
en  route  pour  faire  souffler  nos  chevaux? 

Au  fîg.  Èstabla  va  jusqu'à  s'appliquer  aux  personnes. 

Éstablado,  s.  f.  Fumier  d'écurie  ;  ensemble  des  ani- 
maux, des  bestiaux  logés  dans  une  écurie,  ou  même  des 
personnes  qui  passent  la  soirée  dans  une  auberge  de  route. 

Éstablaje,  «.  m.  Droit  d'attache  que  prend  l'hôtelier 
pour  le  simple  logis  donné  à  un  cheval. 

Êstable,  s.  m.  Dim.  Éstabloù.  Étable,  écurie:  nom 
générique  qui  se  divise  en  diverses  dénominations  techni- 
ques suivant  les  espèces  de  bétail  qu'on  y  loge  :  pris  spé- 
cialement il  signifie  écurie;  pour  les  moutons,  il  se  dit 
Jasso;  pour  les  porcs,  Pouciou.  —  Varié  d'éstable,  valet 
d'écurie. 

Dér.  du  lat.  Stabulum,  m.  sign. 

fistabli,  «.  m.  Établi,  grande  table  sur  laquelle  ou  à 
côté  de  laquelle  certains  artisans  travaillent  de  leur  état, 
c.-àd.  qu'ils  y  forment  leur  établissement,  comme  les 
tailleurs,  les  orfèvres,  etc. 

Êstabli  (S'),  V.  S'établir;  prendre  domicile;  former  un 
établissement  industriel.  Il  a  été  étendu,  par  quelques /ran- 
chimar^  à  la  vérité,  jusqu'au  mariage. 

Dér.  du  lat.  Stabilire,  assurer,  rendre  solide. 

fistabourdi ,  v.  Étourdir  ;  faire  perdre  connaissance  par 
un  coup  violent.  Au  fig.  abasourdir;  stupéfier;  frapper 
d'étonnement. 

Dér.  du  lat.  Stupor,  stupeur,  étourdissement. 

fistabonsi,  v.  n.  S'évanouir;  se  pâmer;  tomber  en  dé- 
faillance. —  Voy,  Éstavani. 

Éstaciou,  s.  f.  Station,  gare  de  chemin  de  fer. 


EST 


EST 


323 


Mot  que  de  nouveaux  besoins  ont  introduit  dans  le  lan- 
gage et  qui  s'y  est  impatronisé. 

Éstadis,  isso,  aâj.  Calme;  tranquille,  pacifique;  sans 
vigueur;  sans  énergie;  flegmatique.  Au  fig.  et  par  ext.  à 
demi-passé,  en  parlant  des  viandes,  des  mets;  flétri,  qui  a 
perdu  sa  fraîcheur  et  sa  crudité,  en  parlant  des  fruits  et 
des  légumes  verts  conservés  trop  longtemps  ;  pain  rassis  et 
mollet,  pour  avoir  été  trop  longtemps  renfermé. 

Dér.  du  lat.  Statutu9,  a,  um,  qui  reste  en  place. 

tstagnè,  «.  m.  Dim.  Éstagnèïroà,  Dressoir;  étagère  à 
loger  la  vaisselle  qu'on  y  étale  par  luxe  chez  les  paysans 
aisés. 

Dér.  de  Èttan,  étain,  parce  qu'autrefois,  dans  les  mai- 
sons les  plus  cossues,  on  étalait  ces  sortes  de  dressoirs  dont 
la  vaisselle  était  d'étain. 

Éstaja,  V.  Échafauder,  à  la  manière  des  maçons  qui 
dressent  leurs  échafaudages  à  mesure  que  la  bâtisse  s'élève; 
dresser  les  tables  des  vers-à-soie  qu'on  appelle  Td&u^èt 
(F.  c.  m.).  Cette  espèce  d'échafaudage  se  compose  de  pieds 
droits,  Mountans,  qui,  posant  sur  le  sol,  vont  se  fixer  à 
des  poutrelles  transversales  dites  Tirans.  Ces  montants 
sont  garnis  d'autant  de  chevilles  qu'on  veut  dresser  de 
rangs  de  tables  ou  d'étages  et  qui  sont  distantes  l'une  de 
l'autre  de  cinquante  centimètres.  Ces  chevilles  supportent 
des  traverses,  soit  équarries,  soit  en  bois  rondin ,  sur  les- 
quelles on  place  trois  planches  dans  la  longueur  et  deux 
dans  la  largeur  destinées  à  supporter  les  clayons  ou  canis 
(pour  parler  l'argot  des  magnaniers  modernes).  C'est  ce 
canis,  en  lang.  Canisto,  qui  forme  la  table  servant  de 
théâtre  au  drame  plein  de  péripéties  et  d'intérêt  de  ces 
troupes  de  précieux  insectes.  —  Voy,  Baroù,  CanUso, 
Mounian,  Tdouïè,  etc. 

tstajan,  anto,  adj.  Important;  orgueilleux;  qui  parle 
et  agit  en  maître  ;  arrogant,  qui  fait  ses  embarras. 

Ce  mot  signifiait  en  vieux  langage,  habitant,  locataire 
et  propriétaire  de  maison.  Le  sens  actuel  est  tiré  de  cette 
idée  de  l'importance  d'un  bourgeois  qui  a  pignon  sur  rue. 

fistaje,  f .  m.  Étage  d'une  maison.  —  Lou  primiè,  lou 
tégoun  éstaje,  le  premier,  le  second  étage. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Stagium,  habitation. 

tstajèiro,  i .  f.  Tablettes  composées  de  montants  et  de 
plusieurs  rayons,  comme  celles  d'ime  bibliothèque ,  ou  de 
chevilles  placées  dans  le  mur  et  d'une  seule  planche, 
comme  celles  qui,  dans  les  cuisines,  supportent  les  chau- 
drons, marmites  et  mille  autres  ustensiles.  C'est  l'ensem- 
ble de  plusieurs  tablettes  ou  Ésttyos,  qui  compose  uno 
ÉstajiSro. 

£8ta]08,  t.  /*.  ptur.  Tablettes  diverses  qui  composent 
YÉstajèiro,  prises  isolément. 

Ilstama,  v.  Étamer  une  glace,  une  casserole,  toute  espèce 
d'ustensile  en  cuivre  ou  en  fer;  enduire  d'étain. 

Dér.  de  tstan,  étain. 

Éstama-brasa,  phr,  faite.  Cri  de  me  des  étameuis  de 
casserole,  de  cuillers,  de  fourchettes.  —  Voy.  Abroiaïn. 


fistamaîre,  s.  m.  Étameur  de  casserole. — Voy,  Abrasaire, 

Éstamaje,  i.  m.  Étamage;  action  d'étamer;  enduit, 
couche  d'étain  qu'on  applique  sur  le  cuivre  pour  l'em- 
pêcher de  prendre  du  vert-de-gris. 

fistan,  f .  m.  Étain,  métal  d'un  gris  blanc,  malléable, 
facile  à  rayer;  le  plus  léger  de  tous  les  métaux.  —  Èstan 
dé  mirai,  nom  qu'on  a  donné  longtemps  au  bismuth. 

Dér.  du  lat.  Stannum,  m.  sign. 

Ëstan,  s.  m.  Fil  d'étaim  :  laine  la  plus  fine,  la  plus 
légère,  qu'on  obtient  au  premier  trait  de  la  carde.  C'est 
avec  le  fil  de  cette  laine,  qui  est  à  la  fois  le  plus  fin  et  le 
plus  fort,  qu'on  fait  la  chaîne  des  draps  et  des  bas  tricotés. 

Dér.  du  lat.  stamen,  chaîne  du  fil,  chaîne  de  tisserand. 

Éstan,  s.  m.  Étang,  grand  amas  d'eau  douce  ou  salée. 

Dér.  du  lat.  Stagnum,  m.  sign. 

fistandar,  s.  m.  Augm.  de  Èstan,  étang.  Grande  étendue 
d'eau  de  pluie  ou  d'inondation. 

Ëstanla,  v.  Installer;  mettre  en  possession,  en  évidence, 
en  une  place  apparente. 

S'éstanla,  s'installer  ;  prendre  position  ;  s'établir.  Au  fig. 
s'étaler;  se  pavaner;  se  prélasser. 

Dér.  du  lat.  In,  dans,  et  StaUut,  siège,  stalle. 

fistaqua,  v.  Attacher;  lier;  garotter. 

S'éstaqua,  s'attacher  â  quelqu'un  par  sentiment;  s'é- 
prendre; tenir  à...;  s'appliquer.  —  Vous  istaquas  à  doug 
iôous,  vous  vous  arrêtez  â  deux  sous  pour  conclure  un 
pareil  marché  !  È$  trop  éstaqua,  il  est  trop  intéressé,  trop 
parcimonieux.  Té  souï  éstaqua  dé  ho,  je  t'affectionne  tout 
de  bon. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Staca,  pieu;  c.-à-d.  attacher  à  un 
pieu. 

Ëstaqnadoù,  donne,  adj.  Fou  à  lier;  par  ext.  furieux, 
en  colère,  qu'on  ne  peut  contenir. 

fistaqoamén,  s.  m.  Attachement;  inclination;  affection; 
lésinerie:  parcimonie. 

Ëstaquo,  9.  f.  Lien;  lesse;  cordon;  tout  ce  qui  serti 
attacher;  jeune  plant  ou  plantard  d'olivier,  arraché  de  la 
souche  avec  son  drageon,  et  qu'on  lie  en  le  plantant  à  un 
tuteur  :  on  l'appelle  en  esp.  Estaca  de  olivas. 

Ëstarlô,  s.  m.  Dim.  Éstarhugui,  Astrologue  ou  plut6t 
astronome,  que  le  peuple  est  fort  enclin  à  confondre  dans 
une  même  catégorie,  ne  pouvant  ou  ne  voulant  pas  sup- 
poser que  l'on  puisse  arriver  â  un  pareil  degré  de  divina- 
tion, comme  celle  des  éclipses  par  exemple,  sans  autre 
agent  que  les  sciences  humaines. 

Ce  mot  est  purement  une  corruption  du  fr.  Astrologue. 

fista-SiâoUt  phr,  faite,  interjective.  Taisez-vous,  restes 
tranquille.  On  la  prend  aussi  substantivement  :  Garda 
l'ésta-siâou,  rester  muet  et  immobile. 

Formé  du  lat.  Sta,  sois,  reste,  et  sidou,  tranquille,  coi  : 
sois  calme. 

ÊstaTani,  v.  S'évanouir;  tomber  en  syncope;  faire  éva- 
nouir; causer  de  la  stupéfaction.  —  Voy,  Éstabouiï, 

Dér.  du  lat.  Etfaneseere,  disparaître. 


334 


EST 


EST 


Ëstéia  (S*),  V.  Se  gercer;  éclater;  se  fendre;  se  réduire 
en  esquilles,  en  parlant  du  bois.  Par  ext.  se  piqner  avec 
nne  esquille  de  bois,  se  renfoncer  dans  le  doigt. 

fistéîado  ou  fistéîadnro,  s.  f.  Piqûre  faite  avec  une 
esquille,  avec  un  éclat  de  bois. 

Ëstéîo,  i.  /*.  Esquille;  écharde;  menu  éclat  de  bois  qui 
entre  dans  la  chair. 

Dér.  du  lat.  Squidilla,  m.  sign. 

fistéîous,  ouso,  acy.  Bûche,  pièce  de  bois,  qui,  étant 
refendue,  est  hérissée  de  petites  esquilles  qui  ne  sont  autre 
chose  que  les  nervures  du  bois  rompues.  On  le  dit  aussi 
d'une  viande  dure  et  filamenteuse  qui  est  comme  de  la 
charpie. 

fistéla,  V,  Couvrir  d'étoiles  ;  briller  comme  une  étoile. — 
L'infinitif  est  peu  employé  :  le  part.  pass.  ou  Tadj.  Éttéla, 
ado,  étoile,  semé  d'étoiles,  est  nécessairement  plus  fré- 
quent. —  Lou  tén  et  éitéla,  la  nuit  est  étoilée;  bien  que 
l'on  dise  aussi  :  Éstèlo,  il  fait  un  temps  couvert  d'étoiles. 

S'éstéla,  s'étoiler;  briller  comme  une  étoile;  prendre  un 
regard  ou  un  aspect  rayonnant  et  miroitant. 

fistéléja,  V.  fréq.  de  ÈMtéla.  Rayonner;  miroiter;  luire 
comme  une  étoile;  se  parsemer  d'étoiles. 

fistèlo,  r.  Étoile;  astre,  corps  lumineux  la  nuit.  —  M'a 
fa  vénre  las  éitèlos,  il  m'a  donné  un  tel  soufflet  que  j'en  ai 
eu  un  éblouissement,  que  j'ai  vu  mille  chandelles.  Vous 
fariè  vétre  las  ésUlos,  il  vous  éblouirait  par  ses  belles  pa- 
roles, il  vous  ferait  croire  l'impossible. 

Éstèlo  se  prend  aussi,  en  style  poétique,  pour  :  influence 
heureuse,  dans  le  sens  de  Planéto,  planète  fV.  c.  m.). 
Signifie  encore  :  marque  blanche  au  front  d'un  cheval; 
éclat  de  bois  obtenu  par  la  hache. 

Dér.  du  lat.  Stella,  étoile  :  la  dernière  acception  pour- 
rait avoir  la  même  racine  que  Èstiio  (V.  c.  m.). 

Ësténiuos,  s,  /.  plur.  Tenaille,  instrument  de  fer  propre 
à  saisir,  prendre,  arracher,  etc.  —  On  dit  :  Vn  parél  d'és- 
ténaios,  une  paire  de  tenailles,  quoiqu'on  ne  parle  que 
d'un  seul  de  ces  outils,  parce  qu'il  est  composé  de  deux 
branches,  comme  on  dit  :  Vn  parél  dé  boufés,  dé  eiséous,  etc. 

Dér.  du  lat.  Tenaeula^  m.  sign. 

Èsténdre,  v.  Étendre;  allonger;  déployer;  étendre  du 
linge. 

S'ésténdre,  tomber;  s'étendre;  se  déployer;  se  dévelop- 
per; s'agrandir.  —  S'ésténdre  dé  tout  soun  long,  tomber  de 
toute  la  longueur  de  son  corps.  Lou  vôou  èsténdre,  se  dit 
plaisamment  et  d'une  manière  absolue  pour  :  je  vais  me 
coucher. 

Dér.  du  lat.  Exteruiere,  m.  sign. 

Ésténdndon,  s.  m.  Étendoir;  séchoir;  lieu  ou  l'on  met 
le  linge  à  sécher. 

Êtténin,  f.  m.  Dim.  Èstémudé;  péj.  Èstémudas.  Éter- 
nûment,  mouvement  subit  et  convulsif  des  muscles  expi- 
rateurs, qui  chasse  avec  effort  et  bruit  l'air  contenu  dans 
les  poumons. 

Ce  n'est  pas  un  Dictionnaire  comme  le  nôtre,  destiné 


à  recueillir  les  vieux  mots  de  notre  vieux  langage,  qui 
pourrait  négliger  de  relever  les  anciennes  formes,  souve* 
nirs  et  traditbns  des  usages  et  des  mœurs  d'autrefois.  A 
propos  du  subst.  qui  se  présente,  dans  cette  coutume  d'a- 
dresser un  souhait  à  une  personne  qui  étemue,  il  nous 
semble  distinguer  quelque  chose  de  touchant  et  de  respec- 
table comme  formule  et  comme  sentiment,  qu'il  seiait 
peut-être  fâcheux  de  voir  perdre  on  de  trop  mépriser.  On 
sait  que  le  grand  monde  ne  trouve  plus  aujourd'hui  de  bon 
ton  de  faire  intervenir  un  vœu  qui  appelle  la  protection 
de  la  Divinité  en  pareille  occurence  :  on  se  contente  d'une 
légère  inclinaison  de  tête,  et  encore  est-il  mieux  d'être 
distrait;  ainsi  le  veut  l'étiquette  d'une  société  gourmée  et 
prétentieuse,  et  la  mode.  Il  n'en  est  pas  de  même  dans  nos 
campagnes,  où  la  politesse  consiste  toujours,  comme  au 
bon  vieux  temps,  à  faire  suivre  un  étemûment  d'un  Dieu- 
vous-bénisse  bien  accentué  :  et  le  populaire  a  raison  de 
tenir  à  ses  bonnes  coutumes  et  à  ses  formules  de  civilité, 
qui  remontent  assez  haut  et  se  sont  conservées  assez  long- 
temps pour  valoir  qu'on  s'y  attache  et  qu'on  les  aime. 

Quelle  est  l'origine  de  cet  usage  de  saluer  celui  qui  éter- 
nue  et  de  faire  des  souhaits  en  sa  faveur?  Les  recherches 
de  la  science  ne  sont  point  parvenues  à  la  découvrir»  non 
plus  qu'à  lui  donner  une  date  précise.  Il  est  certain  néan- 
moins que,  dès  la  plus  haute  antiquité,  il  est  fait;nention 
d'une  coutume  semblable. 

On  a  bien  dit  que,  vers  la  fin  du  \i^  siècle,  sous  le  pape 
Pelage  11,  une  maladie  pestilentielle  ravageait  Rome  et 
l'Italie  et  qu'un  de  ses  principaux  symptômes  était  l'éter- 
nûment.  De  là  serait  venue  et  se  serait  répandue  la  cou- 
tume de  dire  en  pareil  cas  :  Dieu  vous  bénisse!  Dieu  vous 
vienne  en  aidel  Diou  vous  bënisque/  Diou  vous  ajudêf 
Mais  bien  plus  anciennement  l'usage  existait.  Aristote  le 
constate,  Homère  en  parle  dans  l'Odyssée  comme  d'un 
signe  de  bon  augure.  Les  Grecs  disaient,  quand  ils  éter- 
nuaient  :  Zau  oioÇov,  Jupiter  sauve-moi,  et  les  assistants 
répondaient  à  celui  qui  étemuait:  ZjJOi,  vivez.  Après  eux, 
les  Romains  traduisirent  ces  vœux  par  leur  Salve;  et  ils 
regardaient  l'étemûment  comme  le  troisième  des  présages 
domestiques  :  heureux  •  si  on  étemuait  à  droite,  fâcheux 
si  c'était  à  gauche. 

La  tradition  a  ainsi  amené  jusqu'à  nous  la  formule  de 
ces  souhaits,  sans  nous  en  dire  autrement  la  cause.  L'é- 
branlement convulsif  que  produit  rétemûment  sur  le  cer- 
veau a-t-il  fait  craindre  quelque  accident  t  Une  certaine 
superstition  s'est-elle  mêlée  à  ce  phénomène  natord  et 
fréquent?  On  ne  saurait  le  dire;  mais  au  milieu  de  la  vie. 
à  chaque  instant,  il  est  un  moyen  de  sociabilité,  de  bonnes 
relations  entre  individus,  et  il  élève  en  même  temps  l'es- 
prit vers  un  Dieu  protecteur,  dont  l'assistance  est  réclamée  : 
il  est  évident  que  l'usage  a  eu  raison  de  s'établir  et  qa'il  a 
raison  de  se  conserver. 

Éatémnda,  v.  Éternuer;  faire  un  étemûment. 

Dér.  du  lat.  Stemuere,  m»  sign. 


EST 


EST 


335 


fiftér}^  V,  ÉjNirpiller;  répandre;  disperser;  séparer. — 
Èttérpén  nous,  séparons-nous,  gagnons  chacun  d'un  côté 
difiërent.  Èstérpa  lou  fumii,  étendre,  éparpiller,  répandre 
le  fumier  sur  un  champ. 

Dér.  du  lat.  Siirps,  tronc,  souche,  parce  que  probable- 
ment ce  mot  a  eu  pour  première  acception  la  pousse  des 
racines  et  des  branches  d'un  arbre  qui,  en  s'êloignant  du 
tronc,  s'étendent  en  mille  directions  diverses. 

tstérréia,  ▼éîado,  adj.  Arbre,  branche,  rameau,  étiolés, 
dépouillés  de  feuilles  par  Teffet  d'un  tourbillon. 

SstérrMado,  s.  f.  Maladie  causée  à  un  arbre  par  un 
tourbillon.  Par  ext.  on  le  dit  aussi  de  toute  maladie,  n'im- 
porte la  cause,  qui,  n'atteignant  que  les  branches,  est  rare- 
ment mortelle. 

Êstéxrél,  «.  m.  Dim.  Èstérvéié.  Tourbillon,  vent  follet, 
qui,  dans  sa  plus  grande  extension,  se  nomme  trombe,  et 
produit  des  sinistres  extraordinaires.  —  Ces  phénomènes, 
qui  ne  se  distinguent  que  par  leur  intensité,  ont  proba- 
blement le  même  agent,  l'électricité. 

On  appelle  aussi  Éstérvél,  par  analogie,  un  petit  moulin 
que  les  enfants  composent  d'une  noix  évidée  et  percée, 
dans  laquelle  tourne  un  pivot  surmonté  de  deux  petites 
ailes  en  bois  posées  horizontalement  et  en  croix.  Un  fil, 
qui  se  dévide  intérieurement  autour  du  pivot,  est  l'agent 
du  moi\yement  de  ce  jouet.  On  dit  d'un  étourdi,  qui  est 
dans  une  perpétuelle  agitation  :  Sémblo  un  éstérvél,  il  res- 
semble à  un  tourbillon. 

Ne  dériverait-il  pas  du  lat.  Extra,  hors,  dehors,  et 
BvMere,  arracher,  extirper? 

£stèTe,  s.  m.  Ancienne  traduction  du  n.  pr.  lat.  5^0- 
fkanm,  Etienne,  que  nous  disons  aujourd'hui  ÉstiiHne.  La 
première  forme  ne  s'est  conservée  que  pour  un  n.  pr.  de 
heu,  précédé  de  Sent  :  On  appelle  Sént-Èstève,  tous  les 
lieux  qui  se  disent  en  fr.  Saint  Etienne. 

Èsiàîje  est  aussi  une  sorte  de  galette  ou  de  fouace  sucrée, 
ayant  la  forme  d'un  marmouset  plaqué  en  bas-relief  sur 
une  feuille  de  papier  gris  qui  lui  a  servi  de  berceau  au 
four.  Cette  galette  est  fort  à  la  mode  dans  la  semaine  de 
Noél  et  du  jour  de  l'an.  C'est  une  étrenne  généralement 
adoptée  pour  les  enfants  du  peuple.  Aussi  son  nom  lui 
vient-il  de  saint  Etienne,  dont  la  fête  arrive  le  lendemain 
de  la  Noël.  Autrefois  les  parrains  envoyaient  ce  cadeau  à 
leur  filleul  le  jour  de  la  Saint-Étienne,  et  il  avait  dans  le 
prindpe  la  forme  d'une  couronne,  en  commémoration  de 
la  couronne  que  mérita  ce  premier  martyr. 

On  dit  d'un  homme  grossier  et  brutal  :  Es  fi  coumo  un 
érthw  dé  pan  hru,  il  est  fin  comme  pain  d'oi^ge.  Es  aquh 
eoumo  un  éstive,  il  est  tout  ébaubi,  il  reste  là  planté  comme 
une  figure  de  dre. 

AftéYO,  t.  f.  Pièce  courbe  qui  sert  de  manche  à  un 
araire  et  qui  est  surmontée  du  mancheron  ou  Manipou. 

Dér.  du  lat.  Stiva,  u\.  sign. 

fiftiblaua,  V.  Éreinter,  rosser,  étriller  quelqu'un;  lui 
donner  une  volée  de  coups  de  b&ton. 


En  gr.  SrtGdQ^a),  battre,  fouler. 

fistiblassado,  s,  f.  Volée  de  coups  de  bâton  ;  raclée. 

Éstido,  f .  f.  Idée  ;  croyance ,  pressentiment.  —  Avèdrs 
bono  éstido,  avoir  bon  augure. 

Éstième,  s.  m,  n.  pr.  d'homme.  Etienne.  —  Voy. 
Éstève, 

fistiganço,  s.  f.  Projet;  dessein;  intention;  prévision; 
intelligence. 

Dér.  du  lat.  Instigaiio,  impulsion,  instigation. 

Ëstignassa,  v.  Tirer,  arracher  les  cheveux  ;  traîner  par 
les  cheveux. 

S'éstignassa,  se  prendre  aux  cheveux. 

Dér.  de  Tignasso. 

ÉstignasBado,  s.  f.  Action  de  tirer,  d'arracher  les  che- 
veux ;  châtiment  qui  consiste  en  cet  acte  ;  lutte  entre  deux 
personnes  qui  se  prennent  aux  cheveux. 

Estima,  t;.  Estimer;  priser;  évaluer;  juger  de  la  qualité, 
du  poids  ou  de  la  valeur  d'une  chose  par  un  simple  calcul 
d'esprit  ou  la  comparaison  avec  des  types  dont  on  conserve 
le  souvenir. 

Dér.  du  lat.  Bstimare,  m.  sign. 

fstimaire,  s,  m.  On  ne  donne  guère  ce  nom  aux  ex- 
perts géomètres  qui  ont  des  bases  fixes  et  presque  mathé- 
matiques d'appréciation,  mais  bien  à  ceux  qui  évaluent  à 
vue  d'œil  la  quantité  de  feuille  de  mûriers  que  portent  une 
ou  plusieurs  plantations.  Cette  denrée  se  vendant  souvent 
à  l'estime  et  sans  peser,  le  métier  à'estimeur  est  une 
profession.  L'habitude  et  diverses  expériences  contrôlées 
par  le  pesage,  jointes  à  la  justesse  d'esprit  ou  de  coup- 
d'œil,  rendent  ces  jugements  en  général  dignes  de  con- 
fiance. 

On  donne  aussi  le  nom  d^Éstinuiire  à  des  espèces  de 
prud'hommes  qui  estiment  le  bétail  et  les  agrès  d'une 
ferme  entre  les  fermiers  et  les  propriétaires. 

£stimo,  s.  /*.  Estimation;  prisée;  évaluation.  —  Aekéta 
à  Véstimo,  acheter  sans  prix  déterminé,  mais  à  celui  qui 
sera  fixé  par  un  ou  plusieurs  hommes  de  l'art.  Aquélo  fièïo 
es  pas  d'éstimo,  cette  feuille  de  mûrier  n'est  pas  encore 
assez  développée  pour  être  évaluée.  Il  faut  observer  ici  que 
l'on  n'évalue  jamais  la  feuille  de  mûrier  d'après  le  poids 
qu'elle  est  censée  avoir  à  l'époque  de  la  cueillette  ou  de 
son  estimation,  mais  bien  d'après  celui  qu'elle  aurait  réel- 
lement lorsqu'elle  serait  parvenue  à  tout  son  développe- 
ment ou  toute  sa  maturité.  Cela  est  si  vrai  que  lorsqu'on 
a  acheté  de  la  feuille  au  poids,  le  propriétaire  n'est  obligé 
de  la  peser  que  quand  elle  a  atteint  ce  degré  d'accroisse- 
ment. Si  toutefois  l'acheteur  est  pressé,  pour  les  besoins  de 
sa  chambrée,  de  cueillir  tout  ou  partie  de  cette  feuille 
achetée,  on  ajoute  un  cinquième,  un  quart,  en  sus  du 
poids  réel  pour  représenter  le  poids  qu'elle  aurait  pu  ac- 
quérir encore.  C'est  ce  qu'on  appelle  dans  le  peuple  :  FcXr^ 
hus  quintâùus  dé  sétanto-cin,  dé  quatre'vin  Uouros,  c-M. 
qu'on  compte  chaque  soixante^Vquinze,  ou  quatre-vingts 
livres  pour  un  quintal. 


^336 


EST 


EST 


Ëstinla,  v.  Styler  quelqu'un,  le  dresser,  lui  donner  Tin- 
teiligence  ou  la  ruse  des  sdTaires. 

Corrupt.  du  fr. 

Ëstinlé,  s.  m.  Stylet,  poignard  à  lame  très-aigtie  et  très- 
étroite. 

Corrupt.  du  fr. 

ÉsUoQ,  f.  m.  Dim.  Éttivé;  péj.  ÉtHvoi.  Été,  la  plus 
•chaude  des  quatre  saisons  de  l'année,  qui  commence  du 
49  au  2S  juin  et  finit,  astronomiquement  parlant,  vers  le 
24  septembre. 

Dér.  du  lat.  jEstat,  m.  sign. 

Ëstira,  t;.  Étendre;  allonger;  étirer;  tirer  quelque  chose 
d'élastique  dans  le  sens  de  sa  longueur  pour  l'allonger;  re- 
passer le  linge. 

S'éstira,  s'étendre;  allonger  les  bras  en  bâillant;  étendre 
les  bras;  ce  qui  fait  dire  proverbialement  en  pareil  cas: 
Lou  quièr  sera  pa»  cher  aquést'an,  hus  védèls  g'êstirou,  le 
cuir  ne  sera  pas  cher  cette  année,  les  veaux  s'allongent. 
A^fuéi  droulas  s'istiro  bien,  ce  jeune  gars  s'allonge  bien,  il 
grandit  beaucoup. 

Dér.  de  Tira. 

Éstirado,  i.  f.  Longue  traite  de  chemin;  traite,  trajet, 
distance  à  parcourir.  —  N'avès  pér  uno  bono  éstirado,YOXX'i 
en  avez  encore  pour  un  bon  bout  de  chemin. 

Éstiragna,  v.  Enlever  les  toiles  d'araignées;  housser  un 
appartement. 

Dér.  de  Iragnado. 

ÉsUragiiflûre,  i.  m.  Houssoir;  brosse  emmanchée  d'une 
perche  pour  enlever  les  toiles  d'araignée  d'un  appartement. 

fistiraire,  $,  m.  Établi  de  repasseuse;  tapis  composé  de 
plusieurs  doubles  étofifes  sur  lequel  elle  repasse  le  linge. 

Éatiraîro,  i .  f.  Repasseuse  de  linge. 

É8tira)e,  $.  m.  Linge  à  repasser  ou  déjà  repassé;  pro- 
fession ou  apprentissage  de  repasseuse. 

fistlTa,  V.  Passer  l'été;  faire  passer  l'été  au  bétail  sur 
les  montagnes.  —  Èstivo  lontén  aquésfan,  les  chaleurs  se 
prolongent  longtemps  cet  été. 

S'éniva,  prendre  les  habits  d'été,  se  mettre  en  vêtements 
légers  d'été. 

Dér.  de  ÉsUou, 

Ëstirado,  s.  f.  Saison  de  Voté;  le  temps,  la  durée  des 
chaleurs;  le  gain  des  manouvriers  pendant  la  saison  des 
foins  ou  des  moissons  ;  le  pécule  des  montagnards  qui  vont 
faucher  ou  moissonner  dans  les  pays  aux  environs  de 
Nimes  ou  de  Montpellier  et  qu'ils  appellent,  eux,  propre- 
ment lou  Languédd.  —  Aï  fa  uno  bravo  éHiiMdo,  j'ai  fait 
une  bonne  saison  d'été,  j'ai  gagné  beaucoup  d'argent  dans 
cette  saison. 

£8tiTa]e,  t.  m.  Action  de  conduire  les  troupeaux  dans 
la  montagne;  temps  qu'y  passent  les  moutons;  frais  de 
conduite  et  de  pacage  des  troupeaux;  réserve  de  ces  paca- 
ges pour  le  propriétaire  du  sol  ;  gages  des  bergers  on  gain 
du  maltre-berger  pendant  cette  saison. 

fistiré,  J.  m.  Dim.  de  tnUm.  Petit  été.  —  VéiHvé  di 


Sén-Michèou  ou  dé  Sén-MarH,  le  petit  été  de  la  Saint- 
Michel,  du  29  septembre,  ou  de  la  Saint-Martin,  du  44 
novembre. 

ÉstiTén,  énqno,  adj.  D'été;  qui  concerne  Tété;  qui  se 
produit  en  été.  —  Ifosto-Damo  ésHvén^pio,  Notre-Dame  d*èté, 
l'Assomption  de  la  Vierge,  le  quinze  août. 

Ëstofo,  $.  f,  Dim.  ÉsUntféto;  p^.  Èitwfasso,  ÈUAk; 
tissu  de  laine,  de  soie,  de  fil,  de  coton. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Siuffare,  garnir,  équiper.  En  allem. 
Stoff,  m.  sign. 

Êstôs,  $.  m.  Au  plur.  Èsîossm;  dim.  Êstousié.  Étau, 
outil  de  serrurier  ou  de  menuisier,  pour  fixer  la  pièce  qu'ils 
passent  à  la  lime  ou  à  la  râpe. 

Dér.  du  lat.  Sto,  je  reste  en  place,  immobile. 

Éstosse,  V.  Tordre.  —  Toy,  Toss9. 

Éstosso,  s,  /*.  IMm.  Éstousséto,  Entorse;  torsion,  frois- 
sement violent,  donnés  à  un  membre  ou  A  un  arbre,  soit 
par  accident,  soit  plutôt  par  une  violence  étrangère  et  vo- 
lontaire. 

Dér.  du  lat.  Extorsum,  supin  de  Exiorqwrê,  tordre, 
donner  une  entorse. 

Éstoufa,  f .  m.  Dim.  Éstoufadi,  Étuvée  de  viande  cuite 
sans  eau  et  à  la  braise.  —  A  manja  foço  éstoufa,  se  dit  de 
quelqu'un  qui  a  beaucoup  souffert  moralement  et  qui  par 
position  a  été  obligé  de  concentrer  sa  peine,  sans*  pouvoir 
ou  oser  l'épancher,  de  l'étoufTer  pour  ainsi  dire. 

Ëstoufa,  V.  Étouffer;  suffoquer;  asphyxier.  —  Éstoufa 
Ums  fùuséU,  étouffer  les  chrysalides  des  cocons  pour  pou- 
voir les  conserver  sans  laisser  éclore  les  papillons.  Cette 
opération  se  faisait  autrefois  au  four  avec  ou  sans  ther- 
momètre, ce  qui  présentait  bien  des  inconvénients  et  des 
pertes  :  dans  les  filatures  à  la  Gensoul,  elle  se  fait  à  la 
vapeur  et  au  thermomètre. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Stuffa,  étuve. 

fistoulomra  (S'),  v.  S'épanouir  au  soleil;  se  mettre  à 
l'aise  devant  un  bon  feu  ;  s'étendre,  se  vautrer  dans  une 
position  commode,  avec  un  sentiment  de  sensualité. 

Du  gr.  £Topévvu(it,  aor.  Ëar^peaa,  coucher,  étendre. 

fistouma,  f.  m.  Dim.  Éstoumaqué;  péj.  Éstornnofuas. 
Estomac,  principal  organe  de  la  digestion  ;  le  cœur,  la 
poitrine,  que  le  languedocien  confond  volontiers  avec  l'es- 
tomac proprement  dit.  —  Un  baramén  étéstouma,  suffo- 
cation, serrement  de  cœur.  Hourimén  d'istouma,  déCail- 
lance,  évanouissement.  Aquà  erèbo  Véstouma,  cela  tous 
fend  le  coeur,  c'est  un  crève-cœur.  A  bon  ésiouma,  il  a  la 
poitrine  bonne,  ou  une  forte  voix.  Au  fig.  cette  expresdon 
est  proverbiale  en  parlant  de  quelqu'un  qui  supporte  ti^ès- 
bien  les  reproches  de  sa  conscience,  qid  ne  s'émeut  pas  de 
sa  propre  improbité,  ou  qui  est  loin  d'exagérer  la  sensi- 
bilité. A  un  ésiouma  dâou  diable,  il  a  un  estomac  d'au- 
truche. Un  éstouma  di  ftato,  un  tempérament  débUè,  qm 
digère  mal,  qu'un  rien  incommode.  La  bouquo  dé  VésHoumM, 
le  creux  de  l'estomac. 

Dér.  du  lat.  Simiaehu$,  m.  âgn. 


EST 


EST 


327 


Éitovmaiiiia,  v.  Causer  du  saisissement,  une  stupéfac- 
tion douloureuse.  Au  fig.  étonner  vivement,  causer  une  fâ- 
cheuse suiprise;  affliger;  annoncer  une  mauvaise  nouvelle. 

Éstonnat  v.  Étonner;  surprendre;  causer  dans  l'Âme 
une  forte  impression  de  crainte,  d'admiration,  d'étonne- 
ment;  frapper;  émouvoir;  ébranler.  —  On  dit  proverbia- 
lement :  M'étiaww/  par  contre-vérité  d'une  chose  toute 
ttmple  et  qui  n'a  rien  d'étonnant. 

S'éstowM,  s'étonner;  se  troubler;  s'eilrayer;  être  surpris. 

fistoupado,  f .  f.  Etoupée,  sorte  de  topique  répercussif 
pour  les  entorses  et  les  .échymoses  produites  par  contu- 
sions. C'est  ordinairement  une  glaine  d'œuf  battue  et  épais- 
sie en  cataplasme  par  l'adjonction  de  l'alun  qui  s'y  mêle, 
qui  fait  la  base  du  remède.  On  étend  cette  pâte  sur  un 
plumasseau  d'étoupe,  par  où  lui  est  venu  son  nom,  et  on 
fait  une  application  souveraine. 

Sauvaoss  ajoute  que  VÉstaupadoM  encore  un  excellent 
remède  contre  la  brûlure.  Au  surplus,  ces  recettes  popu- 
laires sont  connues  et  fort  employées.  Le  proverbe  :  A 
mâou  dé  tèsto,  éstoupado  dé  vi,  n'a  pas  peu  contribué  sans 
doute  à  donner  crédit  au  topique. 

£stoapo,  s.  /.  Étoupe,  premier  rebut  de  la  filasse  du 
chanvre  ou  du  coton.  —  Éstoupos  dé  san  dé  por,  <  On  ap- 
pelle, dit  Sauvages  qu'il  est  toujours  bon  de  citer,  Éton- 
pes  du  sang  des  cochons,  une  pelotte  charnue  et  spon- 
gieuse qu'on  forme  dans  la  bassine  où  l'on  reçoit  le  sang 
de  cet  animal  qu'on  égorge;  on  la  forme,  disons-nous,  en 
maniant  le  sang  et  en  le  remuant  circulairement  tandis 
qu'il  coule  de  la  plaie  et  qu'il  est  chaud. 

<  Le  but  de  ce  mouvement  de  la  main  qui  tourne  en 
rond  et  qui,  à  mesure,  s'ouvre  et  se  ferme  pour  assembler 
les  brins  épars  de  l'étoupe  qui  se  forme,  est  d'empêcher 
le  sang  de  se  figer,  lorsqu'on  le  destine  à  faire  du  boudin. 

c  C'est  un  phénomène  remarquable,  qu'il  se  forme,  par 
cette  seule  manipulation,  de  vraies  fibres  charnues  bien 
distinctes  et  organisées,  que  le  mouvement  circulaire  ra- 
mène au  milieu  de  la  bassine,  et  qui  s'enlacent  et  s'amas^ 
tomosent  même  entre  elles,  par  la  pression  alternative  de 
la  main,  et  forment  cette  masse  spongieuse  appelée  étoupes. 

c  La  matière  de  ces  fibres  est  la  lymphe,  le  premier 
des  éléments  du  sang,  qui,  dans  l'animal  vivant,  se  con- 
vertit en  chair;  et  qui,  lorsqu'elle  se  refroidit  sans  qu'on 
y  touche,  comme  dans  la  palette  des  chirurgiens,  sert 
comme  de  présure  à  cailler  le  sang,  sans  y  former  de  fibres, 
et  d'où  résulte  le  caillot  qui  se  sépare  de  la  sérosité,  autre 
élément  du  sang,  dans  laquelle  le  caillot  nage. 

c  La  pelote  d'étoupes  d'un  rouge  foncé,  qui  a  la  con- 
sistance de  la  chair  ordinaire,  en  prend  la  couleur,  lors- 
qu'on l'a  fait  dégorger  dans  plusieurs  eaux,  et  qu'on  a 
séparé  par  ce  moyen  les  globules  rouges,  ce  troisième  élé- 
ment du  sang  dont  il  fait  la  couleur  :  éléments  qu'il  est 
facile  de  séparer  l'un  de  l'autre  par  les  procédés  ci-dessus. 

c  C'est  la  lymphe  qui,  dans  le  corps  humain,  forme  les 
CTcroissances  charnues  contre  nature,  telles  que  les  lou- 


pes, les  polypes  et  les  caillots  des  vaisseaux  sanguins  tron- 
qués ;  elle  s'y  organise  d'elle-même,  le  sang  y  circule,  elle 
devient  sentie  et  animée,  par  une  régénération  sans 
germe,  au  moins  connu,  ou  bien  allégué  gratuitement,  et 
dont  nous  avons  vu  des  exemples  dans  la  sève  extravasée 
de  certains  arbres;  telle  est  celle  du  chêne  vert  éoorcé,  qui 
a  une  tendance  pareille  à  s'organiser  de  même.  » 

Éstoura,  u.  ou  Ëstoorl.  Essuyer;  sécher,  rendre  sec; 
dessécher  et  mettre  à  sec. 

fistourdl,  ido,  adj.  Étourdi;  inconsidéré;  léger;  qui 
agit  étourdiment. 

Éstonrdl,  v.  Étourdir;  causer  un  étourdissement;  faire 
perdre  connaissance  par  le  fait  d'un  coup  violent  sur  la 
tête  qui  cause  un  ébranlement  au  cerveau.  Au  fig.  fatiguer 
par  le  bruit;  ennuyer  par  un  babil  incessant;  distraire 
d'une  occupation  par  des  éclats  de  voix. 

S'éitourdï,  s'étourdir;  se  donner  une  violente  commotion 
à  la  tête;  se  faire  illusion. 

Dér.  de  l'ital.  Stordire,  m.  sign. 

Éstonrl,  V,  Essuyer.  —  Voy.  Èstoura, 

Éstourls  ou  fistonrlBses;  «.  m.  plur.  Jaunisse,  ictère  ; 
deux  maladies  qui  diffèrent  peu  par  leurs  diagnostics  : 
leurs  symptômes  les  plus  saillants  sont  la  couleur  jaune  de 
la  peau,  du  blanc  des  yeux,  des  urines,  et  la  blancheur 
des  excréments.  Le  populaire  a  cent  topiques  plus  plai- 
sants et  plus  ridicules  les  uns  que  les  autres  contre  cette 
maladie.  H  n'est  pas  impossible  que  la  crédulité  du  malade, 
réagissant  sur  le  moral,  n'ait  pu  amener  des  cures  qui  ne 
sont  dues  réellement  qu'à  cette  action  morale  dans  une 
maladie  qui ,  produite  par  la  bile  et  ayant  son  siège  dans 
les  hypocondres,  a  une  connexité  avec  le  moral  pareille  à 
celle  du  spleen,  qui,  comme  on  le  sait,  agit  dans  la  même 
région.  —  tous  éiUmrisses  blam,  les  pâles  couleurs. 

11  semble  de  prime  abord  que  ce  mot  vient  du  lat.  Ex- 
iorris,  banni,  exilé;  car  la  ressemblance  graphique  est 
parfaite;  mais  comment  allier  les  acceptions  si  différentes 
des  deux  termes?  Est-ce  que,  dans  le  temps,  on  fuyait  les 
individus  atteints  de  la  jaunisse  à  cause  de  cette  couleur 
affreuse,  répandue  sur  leur  face,  qui  les  faisait  ressembler 
aune  race  maudite?  Étaient-ils  bannis  de  la  société  comme 
les  ladres  et  les  lépreux?  Nous  ne  le  savons,  et  nous  hasar- 
dons simplement  une  induction. 

Éstoumèli  f.  m.  Étoumeau,  sansonnet;  étoumeau  vul- 
gaire, Siumut  vfdgarU,  Linn.,  oiseau  de  l'ordre  des  Passe- 
reaux et  de  la  £am.  des  Conirostres  ou  Conoramphes,  à 
bec  conique.  Cet  oiseau  de  passage,  de  la  grosseur  d'un 
merle,  ayant  tout  le  corps  d'un  noir  lustré,  chatoyant  de 
vert  et  de  pourpre  foncé,  souvent  tacheté  de  blanc,  se  prive 
fort  bien,  apprend  à  répéter  des  airs  et  même  à  parler. 

Au  fig.  Éitoumêl  se  pDsnd  pour  nigaud,  homme  sans 
jugement  et  sans  têle.  —  Lous  éitoumèlê  en  troupo  toun 
pas  grasêei,  prvb.  Cela  se  dit  des  familles  trop  nombreuses 
ou  du  bétail  trop  considérable  pour  le  pâturage. 

Dér.  du  lat.  Stumui,  m.  sign. 


328 


EST 


EST 


fistrado,  s.  f.  Estrade;  tréteau;  trottoir.  —  Batre  l'ét- 
trado,  tenir  la  campagne;  courir  les  grands  chemins. 

Dér.  de  Tital.  Strada,  chemin. 

fistragoon,  s,  m.  Estragon,  Artemisia  dracuneuius, 
Linn.,  plante  de  la  fam.  des  Composées  Corymbiféres,  po- 
tagère, à  vertu  anti-scorbulique ,  dont  on  aromatise  le 
vinaigre  en  Vy  faisant  macérer. 

Dér.  du  lat.  Dracunculus,  de  Draeo. 

fistrangla,  v.  Étrangler;  presser  le  gosier  au  point  d'in- 
tercepter la  respiration;  étouffer;  suffoquer.  —  Es  huroùs 
coumo  un  ehi  quan  s'éstranglo,  il  est  heureux  comme  un 
chien  qui  s'étrangle,  dil-on  d'un  pauvre  hère  à  qui  rien  ne 
réussit. 

Dér.  du  lat.  StrangtUare,  m.  sign. 

Ëstrangladoù,  s.  m.  Chemin  fort  étroit;  ruelle  à  pli  de 
corps;  coupe-gorge. 

Ëstranglo-chi ,  «.  m.  Colchique,  safran  bâtard,  Colchi- 
€um  aittumnale,  Linn.,  plante  de  la  fam.  des  Colchicacées. 
On  l'appelle  vulgairement  :  Tue-chien  ou  mort  aux  chiens. 
Sa  racine  est  un  poison  violent  surtout  pour  les  chiens.  De 
là  son  nom. 

Éstrangoula,  v.  Dim.  de  Éstrangla.  Se  dit  d'un  vête- 
ment quelconque  trop  juste  qui  met  le  corps  à  la  torture, 
ou  d'un  animal  qui  avale  une  bouchée  de  travers. 

Éstranje,  anjo,  cutj.  Étrange,  extraordinaire;  qui  est 
contraire  à  l'usage,  au  sens  commun,  aux  convenances. 

Éttranje,  au  masc.  seulement  et  pris  substantivement, 
signifie  aussi  :  pays  étranger.  —  Et  ana  din  l'éstranje,  il 
est  allé  en  pays  étranger,  hors  de  France. 

Dér.  du  lat.  Eœtraneua,  étranger. 

Éstranjè,  jèiro^  adj.  Étranger;  qui  est  d'un  autre  pays 
que  celui  où  il  se  trouve  actuellement  ;  qui  n'a  aucun  rap- 
port avec  la  société,  avec  l'endroit  dont  il  est  question  ; 
qui  est  étranger  à  la  conversation,  à  l'affaire  dont  on  traite. 
—  Ja>u8  éstranjètf  les  troupes  étrangères  de  l'invasion. 

Dér.  du  lat.  Rxtraneus,  m.  sign. 

Èstras,  «.  m.  Au  plnr.  Éstratset.  Dégât;  débris;  reliefs 
d'étoffe,  ou  de  mets,  qu'on  laisse  perdre.  —  Laïtso  tout  à 
Véstras,  il  laisse  tout  se  perdre,  se  gâter,  s'avarier.  Baïla 
à  éttras  dé  mérea,  donner  à  vil  prix,  gâter  le  marché; 
mévendre. 

Dér.  de  Éstrasta, 

Ëstras,  «.  m.,  au  plur.  Ésircutet.  Capiton;  résidu  des 
cocons  qui  reste  avec  les  chrysalides  quand  on  en  a  filé  la 
soie;  résidu  trop  peu  consistant  pour  fournir  un  brin.  Pour 
profiter  cette  substance,  chaque  fileuse,  à  la  fin  de  la  jour- 
née, fait  bouillir  à  gros  bouillons  dans  sa  bassine  les  chry- 
8alid'?s  revêtues  de  cette  légère  pellicule  qui  les  recouvre  : 
en  les  battant  avec  son  balai,  elle  en  fait  tomber  les  chry- 
salides ;  il  en  résulte  un  réseau  de  filasse  grossière  qu'on 
appelle  Éstras,  que  l'on  carde  et  dont  on  fait  un  fleuret 
grossier. 

Ëstrassa,  v.  Perdre;  gâter;  gaspiller;  laisser  se  perdre, 
se  gâter.  —  Aquél  ouvrage  i$  éttrasta,  c'est  un  ouvrage 


gâté,  gâché.  Éstreusa  lou  pan,  laisser  perdre  le  pain.  Ce 
que  s'éstratso,  proufito  pa'n  déngus,  dicton  plein  d'une 
sage  et  charitable  économie  :  le  bien  qui  se  gâte,  qui  se 
perd ,  ne  profite  à  personne,  pas  même  aux  pauvres.  Au 
fig.  Èttratsa  sa  marehandiso,  vendre  à  vil  prix ,  gâter  le 
métier.  Aquélo  fïo  s'és  bien  éstrassado,  cette  fille  a  bien  gâché 
son  avenir  par  son  mariage,  elle  pouvait  trouver  beaucoup 
mieux  :  cela  se  dit  seulement  par  rapport  à  la  fortune  et 
à  l'alliance.  Éstrassa  lou  mâou,  se  distraire  d'une  souf- 
france, soit  par  une  occupation  agréable,  soit  par  un  travail 
sérieux  et  qui  préoccupe  entièrement  l'esprit.  Éstrassa  un 
lagui,  tromper  le  ch^rin,  s'étourdir  sur  ses  malheurs. 
Anén,  anéni  fôou  éstreusa  tout  aqub,  allons,  allons!  il 
faut  oublier  ce  sujet  de  discorde,  mettre  cette  injure  sous 
les  pieds.  Y-a  pas  rés  que  s'éstrasss,  il  n'y  a  pas  tant  à  se 
récrier,  il  n'y  a  rien  de  trop.  Es  bravéto,  pamén  y-a  pas 
rés  que  s'éstrasse,  cette  fille  n'est  pas  mal,  mais  il  n'y  a 
pas  de  quoi  tant  crier  :  venez-y  voir. 

Dér.  de  l'ital.  Elraziare,  maltraiter,  outrager;  prodi- 
guer. 

Êstrassaire,  aire,  adj.  Péjor.  ÉstrassaXras,  asso.  Pro- 
digue; dissipateur;  qui  n'a  pas  d'ordre;  qui  laisse  tout 
perdre,  tout  gâter. 

Ëstrasso-lénçôou,  s.  m.  Paresseux;  qui  passe  son 
temps  au  lit;  qui  se  lève  tard. 

Êstrasso-parâoulo,  s.  m.  Diseur  de  riens;  qui  parle 
toujours  pour  ne  rien  dire. 

Ëstrasuia,  v.  Éblouir;  fatiguer  la  vue;  appesantir  la  vue; 
donner  cette  espèce  de  berlue  ou  de  lourdeur  de  paupières 
que  l'on  éprouve  le  soir  quand  on  succombe  au  sommeil , 
et  lorsqu'on  vous  réveille  en  sursaut. 

Formé  du  lat.  Extra,  dehors,  au-delà,  et  du  fr.  OBU, 
qui  d'après  le  génie  languedocien  devrait  se  prononcer  VI  : 
c'est  proprement,  aveugler. 

Éstravagan,  gante,  adj.  Extravagant  ;  fou,  bizarre. 

Ce  mot,  qui  nous  vient  du  fr.,  est  formé  du  lat.  Extra, 
en  dehors,  et  Vagari,  être  errant,  vagabond.  Peut-être  a- 
t-il  été  pris  tout  fait  du  lat.  Extravagantes,  qui  étiieot 
des  lois  romaines,  jetées  çà  et  là  dans  la  jurisprudence  et 
non  contenues  dans  le  Corpus  juris  de  Justinien?  Ces  lois 
et  ordonnances  dont  la  bizarrerie  les  aurait  fait  exclure, 
auraient  bien  pu  former  l'adj.  Extravagant,  dans  son  ac- 
ception plus  étendue. 

Éstravaganço,  s.  f.  Extravagance;  état  de  l'âme  qui 
extra  vague;  action  ou  discours  hors  de  raison.  —  Dit /tôt 
ou  fa\  pas  que  d'éstravaganços,  il  ne  dit  ou  ne  fait  que  des 
extravagances. 

Ëstre,  V,  Être.  —  Parfois  il  fait  aussi  Béstre.  L'intro- 
duction de  B,  consounance  forte  et  rude,  est  fréquente 
dans  la  langue  d'Oc  :  elle  ne  déplait  pas  à  son  génie.  On  la 
remarque  dans  la  formation  de  bien  des  noms  pn^ires 
dans  des  mots  où  rien  ne  semblerait  devoir  Taf^er,  puis- 
qu'ils ne  traduisent  que  des  formes  romanes  ou  de  la 
moyenne  latinité  qui  ne  l'avaient  pas  admise,  et  par  ex. 


1 


EST 


EST 


3^ 


dans  les  reproductions  des  désinences  en  anicœ,  mica, 
anieœ,  latines,  pour  anègues,  énègues,  onègues,  devenues 
ensuite  ange,  enge,  onge,  anche,  enche,  agné,  ègne,  ogne,  etc., 
et  enfin  fixées  en  argue,  ergue,  orgue.  Ce  doit  être  en  vertu 
des  mêmes  propensions  qu'elle  apparaît  ici,  avec  cette 
circonstance  qu'elle  se  place  au  commencement  du  mot  et 
d*un  verbe  très-fréquent.  Serait-ce  pour  éviter  un  hia- 
tus quand  le  mot  qui  précède  finit  par  une  voyelle  non 
êlidée?  Serait-ce  pour  imprimer  une  sorte  d'énergie  plus 
sentie  à  la  phrase?  Toujours  est-il  qu'elle  ne  peut  être 
considérée  que  comme  euphonique  et  n'appartenant  en 
jffopre  qu'à  notre  langue  ;  et  sa  psésence  n'en  est  pas  moins 
très-remarquable  et  originale.  Au  reste  il  faut  remarquer 
encore  que  cette  forme  avec  R  initial  n'existe  qu'à  l'infinitif  : 
elle  ne  produit  dans  aucun  autre  temps  du  verbe. 

Èsire  ou  Bèstre  est  un  des  verbes  auxiliaires  en  lang. 
comme  en  fr.  Il  est  irrégulier,  a  dit  un  savant  grammai- 
rien, dans  la  plupart  des  langues  indo-européennes,  c.-à-d. 
qu'on  emploie  plusieurs  verbes  difiiârents,  défectueux, 
diacun  dans  quelques-uns  des  temps,  pour  composer  le 
système  général  de  conjugaison  de  ce  verbe.  —  Dé  que  U 
9èe ?  Qu'êtes- vous  pour  lui?  A  quel  degré  ètes-vous  parents? 
lÀ  souï  pas  rés,  je  ne  suis  pas  parent  avec  lui. 

Dér.  du  lat.  Esse,  sum,  fui, 

Êstré,  éstrécho,  adj.  Dim.  Éstréehé,  éto;  Éstréchoù, 
9uno.  Étroit.  —  Voy.  Déstré, 

Dér.  du  lat.  Sirictus,  m.  sign. 

Sstrécésl,  v.  Rétrécir.  —  Voy.  Déstrécési. 

Êstréma,  v.  Renfermer;  serrer;  mettre  à  l'abri;  mettre 
dedans  les  récoltes  et  tout  ce  qui  souffrirait  au  dehors  des 
intempéries  ou  des  voleurs.  —  Éstréma-vous,  renti'ez, 
mettez-vous  à  l'abri.  Éstréma  un  ehival,  faire  rentrer  un 
cheval  à  l'écurie.  Las  cagardouios  éstrèmou  lus  banos,  les 
escargots  rentrent  leurs  cornes.  Lou  sourél  s'éstrèmo,  le 
soleil  se  cache  dans  les  nuages.  On  dit  d'un  gros  mangeur  : 
PcsHra  pas  aquéste  hiver,  ëstrèmo  foço  pasturo,  il  ne  souf- 
frira pas  de  besoin  cet  hiver,  il  fait  bonne  provision  de 
fourrage. 

Dér.  du  lat.  Exiremus,  dernier,  le  plus  reculé;  parce 
qu'au  sens  propre,  Éstréma  signifie  serrer  avec  soin,  ren- 
fermer dans  le  coin  le  plus  secret,  le  plus  reculé  de  la 
maison. 

fistréna,  «.  Donner  des  étrennes  au  jour  de  l'an  ;  donner 
le  pour-boire  ou  les  épingles  aux  servantes  d'auberge,  aux 
postillons,  aux  garçons  d'hôtel  ;  mettre  pour  la  première 
fois  un  objet  d'  habillement  ou  de  toilette;  donner  l'étrenne 
à  un  marchand,  être  le  premier  à  lui  acheter  un  article  ou 
le  premier  chaland  de  la  journée;  avoir  le  premier  usage 
d'une  chose. 

fistréno,  s.  /*.  Étrenne;  libéralité,  gratification  aux  gens 
que  l'on  emploie  ordinairement:  premier  argent  que  reçoit 
un  marchand;  premier  usage  que  l'on  fait  d'une  chose.  — 
las  istrénos,  les  étrennes  du  jour  de  l'an.  N*ai  agu  Vis- 
trino,  j'en  ai  eu  les  prémices.  Diou  vous  done  bono  éstréno. 


dit-on  à  un  marchand  :  que  Dieu  vous  envoie  des  cha- 
lands. 

Dér.  du  lat.  Strena,  m.  sign.  —  Ce  mot  lat.  vient  du 
nom  Strenua,  déesse  de  la  force;  parce  que  des  branches 
coupées  dans  une  forêt  consacrée  à  cette  divinité,  furent 
offertes  le  premi  er  jour  de  l'an  à  Tatius,  roi  des  Sabins, 
qui  partagea  le  trône  de  Rome  avec  Romulus.  Ce  prince 
les  reçut  comme  un  heureux  augure ,  et  eu  autorisant  cette 
coutume  pour  l'avenir,  il  voulut  que  le  nom  du  présent 
qu'on  se  ferait  à  cette  époque  de  l'année  en  rappelât  l'ori- 
gine. 

fistriA,  V,  Étriller  un  cheval,  le  frotter  avec  l'étrille.  Au 
fig.  battre;  rosser;  rouer  de  coups;  étriller  les  épaules  de 
quelqu'un. 

Dér.  du  lat.  strigiîare,  m.  sign. 

Ëstriado,  s,  f.  Raclée;  volée  de  coups;  correction  ma- 
nuelle. 

Ëstricado,  s.  f.  Traite;  parcours;  temps  de  marche.  — 
T-a'no  bono  ëstricado,  il  y  a  une  bonne  traite.  V  anaru^ 
d'uno^éstricado,  j'irai  tout  d'une  traite. 

Dér.  du  lat.  Extricare,  dépêcher  une  affaire;  s*en  dé- 
barrasser. 

Ëstrigongna,  v.  Tirailler;  traîner;  tirer  parles  habits 
ou  par  le  bras;  secouer;  houspiller.  —  Yoy,  Trigoussa. 

Dér.  peut-être  du  lat.  Extringere,  serrer  fortement  : 
Éstrigougna  est  d'évidence  un  réduplicatif  qui  augmente 
l'action. 

£strigoiignado,  s.  f.  Tiraillement;  action  de  tirailler, 
de  déchirer  les  habits  de  quelqu'un  en  le  tiraillant. 

ÉBtrîon,  s.  m.  Étrier,  anneau  de  métal  suspendu  de 
chaque  côté  de  la  selle  et  servant  d'appui  au  pied  du  cava- 
lier. —  Tène  l'éstriou  à  quâouquus,  tenir  l'étrier;  servir 
de  marche-pied;  aider  quelqu'un  à  parvenir,  lui  prêter  la 
main  ;  être  son  complice. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Strivarium  ou  Streparium,  m.  sign. 

Ëstripa,  V.  Déchirer;  mettre  en  pièces,  en  loques;  essarter 
un  champ;  défricher;  étriper;  arracher  les  entrailles  à  un 
animal,  éventrer.  —  On  dit  par  antiphrase,  Éstripo- 
vèsto,  d'un  homme  très-maigre  qui  ne  peut  remplir  ses 
habits. 

Ce  mot  peut  venir  de  la  particule  extractive  Es  et  de 
Tripo,  boyau,  c.-à-d.  extraire,  arracher  les  boyaux.  Dans 
le  sens  de  défricher,  il  peut  venir  du  lat.  Ex  et  Stirps,  sou- 
che, arracher  les  souches.  Il  reste  à  savoir  dans  les  diver- 
ses acceptions  quelle  est  celle  qui  a  été  usitée  la  première. 

Éstripaduro,  s,  f.  Déchirure  ;  accroc. 

Ëstrivièîro,  s.  f.  Étrivière,  courroie  double  qui  soutient 
l'étrier.  —  Douna  las  éstrivièïros,  donner  les  étrivièies, 
frapper,  fustiger  avec  les  étrivières  ou  autrement.  Cette 
expression  vient  sans  doute  du  moyen-âge  où  les  chevaliers 
corrigeaient  les  fautes  de  leur  pages  et  varlets  à  coups  d'é- 
trivières. 

Ëstron,  s.  m.  Dim.  Éstrouné;  péj.  Éstrountu.  Étron, 
matière  fécale.  —  Se  dit  aussi  comme  terme  injurieux  et 

4S. 


330 


EST 


ET 


très-bas,  appliqué  ^  un  enfant,  à  un  ymnc  lionune  qui  fait 
des  embarras,  des  traits  nié[)risal)les. 

Ëstrouncha,  v.  Élronconnor  les  liranchcs  d'un  arbre; 
couper  la  ci  nie  d'une  plante  ou  rex.lréinité  supérieure  de 
tout  autre  objjt.  —  Èshouncha  lotis  pèous,  diminuer  la 
lon^^ueur  d'une  niècbe  de  clieveux. 

Dér.  du  lat.  Truncare,  ro^Mier,  couper  i>ar  le  bout. 

Éstroupia,  v.  Estropier;  casser  un  membre,  le  blesser» 
l'atropliier  ;  gàclier  un  ouvra^'c;  altérer  un  mot,  une  peiisée, 
la  langue. 

Dér.  de  rital.  Slroppiarc,  m.  sign. 

Éstru,  s.  m.  Félicitalion  ;  cumpliuient  à  l'occasion  d'un 
heureux  événement. 

Ëstrucîou,  s.  f.  Inslrucliun  pastorale,  .sermon  familier 
à  la  portée  du  ])euple;  inslrucliun  analytique  (]ue  les  caté- 
chistes font  sur  le  catécliisme  aux:  enfants. 

Il  y  a  telles  i)ersoniies  gi'ussiéres  (jui  vont  jusiju'à  faire 
de  ce  mot  celui  de  Dcstmciou  :  c'est  de  rhydro[)Iiobie 
archi-francljiriiand(3,  que  nous  n'adopterons  jamais  :  rien 
ne  conqn'omettrait  plus  sûrement  la  cause  si  belle  du  lan- 
guedocien, que  d'insérer  dans  sa  uomenclalure  ces  variantes 
barbares. 

Éstruga,  v.  Complimenter,  féliciter  quelqu'un  sur  un 
événement  heureux.  —  Vuus  ésirmjue  d'un  fU ,  je  vous 
félicite  sur  la  naissance  de  votre  lils. 

Ce  mot  et  sa  racine  a])parliemient  au  dialect*'  provençal; 
mais  ils  ont  percé  jus([u  à  nuus.  La  popiiîarilé  des  pocsies 
de  l'abbé  Favre  et  des  INuéls  plaisants  de  Sabuly  nous  l'ont 
importé. 

Sa  racine  parait  être  It;  lit  Sirucs,  sorte  de  galeau  dont 
on  faisait  oblation  en  actions  île  L'nce. 

Éstrui,  éstruicho,  mlj.  Instruit;  habile;  savant;  qui 
a  de  rac([uis. 

Corrujtt.  du  fr.  Instruit. 

Éstrumén,  s.  m.  Instrument  d<'  musique.  — Ce  mot, 
emprimlé  au  fr.,  ne  s'emploie  gu-Te  que  dans  cette  pbrase 
ironique  :  La  lenguo  es  un  ]mulU  cstrunicn,  la  langue  est 
un  instrument  bien  habile,  que  Ton  adn'sse  h  un  individu 
gascon  et  vantard  :  c'(»st  lui  din-  que  toutes  ses  bravades 
ne  vont  pas  \Àus  loin  ([ue  le  [impos. 

Éstudia,  V.  Étudier;  lâcher  d'a[)prendre  par  cœur;  ap- 
pliquer son  esprit  aux  sciei)e(\s;  jKMiser;  rélL'cbir.  —  Dé 
qu'esludies  aqui,  c/toutaras?  qu'as-tu  à  bayer  aux  corneilles, 
nigaud  ! 

Dér.  du  lat.  Sludere,  m.  sign. 

Éstudian,  s,  m.  Étudiant;  écolier;  jeune  garçon  qui  fait 
ses  études. 

Éstudie,^.  m.  Élude;  cabinet  d'un  notaire,  d'un  avocat, 
d'un  avoué,  d'un  homme  de  lettres,  etc. 

Éstui,  s.  m.  Étui.  —  iNous  n'ajoutons  rien  pour  une 
déljnition,  et  ce  n*e^t  qu'à  regret  que  nous  insérons  ici  et 
seulement  pour  mémoire,  un  mot  que  désavouerait  un  vrai 
langualocien,  mais  que  le  français  a  inq)osé  à  nos  nova- 
teurs, parmi  lesquels  il  a  cours  jounialier.  Pour  nous,  nous 


nous  renfennerons,  pour  notre  usage,  dans  son  correspon- 
dant pur-sang  Caryuc. 

iSéanmoins,  qu'il  soit  bien  entendu  que,  dans  cette  objur- 
gation, il  ne  s'agit  que  d'étui  de  couturière,  qui  ne  peut 
avoir  d'autre  nom  que  Caryué  ;  (juant  aux  autres  accep- 
tions du  mot  Ètiii,  il  faut  bien  l'accepter  du  fr.,  ne  serait- 
ce  que  pour  rendre  È$liii  dé  lunétos. 

Éstuvo,  s.  f.  Étuve;  lieu  qu'on  échaulTc  pour  faire 
suer. 

Der.  de  Atuba,  allumer. 

Et,  conjonciion  vopidaiive.  Et.  —  En  lat.  Et;  en  ital.  E, 
ed;  en  ancien  e.^p.  È,  aujourd'hui  Y  ;  en  i>ort.  E.  Dans  le 
plus  vieux  dos  lilros  de  notre  llùt^^l-de-Ville ,  la  charte 
rouKine  d'Abus  de  1200,  cette  conjonction  est  écrite  E;  les 
troubadours  l'écrivaient  de  même  par  un  E  seul;  Sauvages 
et  bien  des  auteurs  anci«'ns  et  modernes  de  la  laiigue  d'Oc 
n'euq>loient  [)as  d'autre  forme.  On  i)rononce  È,  è  grave, 
ouvert,  sans  jamais  faire  sentir  le  T  fmal,  qui  ne  sonne 
pijint  et  ne  fait  aucuiK^  liaison,  non  plus  ([ue  dans  le  fr. 
avec  le  mot  suivant,  même  commençant  par  une  voyelle. 

Pourquoi  cet»endant  adopl(»ns-nous  une  orthographe 
Contraire  à  ce  principe  (iu''Mi  languedocien  il  n'y  a  point 
de  lettre  inutile,  (]ui  ne  doive  se  prononcer,  qui  ne  garde 
sa  \aleur?  Pourquoi  ne  pas  suivre  tant  de  modèles  assu- 
rément fort  rocoinmandablcs  et  qui  font  autorité? 

C'est  une  rxc.'pijon  pour  laquelle  nous  n'att<}ndiuns  que 
le  moiueiit  de  dtMiiauib'r  grâce;  et  elle  a,  nous  l'avouons, 
d'autant  [>lus  brsoin  d'iiululgfiice  que,  si  noire  conjonction 
Et  eut  été  soumise  à  la  conliguration  roii»ane  ]tar  E  simple 
surmonté  d'un  acc'iit  giave,sa  consonnance  était  main- 
tenue cl  sa  sigiiilicatiKii  ne  perdait  rien.  Voici  pourtant  les 
raisonnements  aux.(pi-'ls  nous  n(»us  sommes  laissé  prendre. 

Dans  de  piécdenls  articles  nous  avons  déj.\  expliqué 
comuKMrt  nous  ent<Midions  l'ortlidgraphe  languedocienne,  et 
d'après  (juels  {irincipes  il  lui  était  imposé  de  se  diriger. 
Nous  faiM'iis  ici  encore  de  récltx'tisme,  et  nous  nous  gar- 
deri<»ns  bi«'n  de  roiique  avec  les  traditions.  Mais,  avant 
tout,  la  manière  d'ccrin*  les  mois  qui  nous  paraît  préfé- 
rable sera  toujours  celhî  qui,  sans  blesser  le  génie  parti- 
culier de  notiv  idioiin\  s'écarte  le  moins  des  Iiabiludes  de 
lectinv  et  decrituiv'  familières  dès  l'enfance  au  plus  grand 
nombre,  par  coiiS''qucnt  la  plus  accessibli-  à  tous. 

Aotie  langue  n'eiilcnd  point  sans  doute  descendre  au 
rang  de  patnis  du  français,  elle  (jui,  même  pour  consentir 
à  entrer  (juebjuelois  en  c^jinmerci^  avec  lui,  prend  un  soin 
si  minutit'U\  d'inquimer  é\  ses  emprunts  sa  marque  propre 
et  originale.  iNèannuiins,  nous  avons  beau  protester,  elle 
n'en  subit  pas  moins  les  innunnces  et  l'invasion.  Faute 
d'avoir  pu  rester  maîtresse  d'elle-même  et  vSe  gouverner 
par  son  génie;  faute  d'une  législation  et  d'une  charte, 
c.-à-d.  d'une  orthographe  et  d'une  syntaxe  incontestées, 
aux(|uelles  les  di.^sidences  pussent  être  toujours  ramenées 
et  soumises,  elle  s'est  abandonnée  et  s'est  laissée  souvent 
entraîner  hors  de  ses  voies;  si  bien  qu^in  usage  sans  sanc- 


ET 


ET 


381 


Uon  est  devenu  le  seul  maitre  et  l'unique  règle.  Mais  encore 
ce  tyran  capricieux ,  qui  procédait  plus  d'instinct  que  de 
logique,  était-il  toujours  bien  saisissable  dans  ses  volontés? 
Nullement  :  chaque  auteur  avait  son  système  et  en  préco- 
nisait l'excellence  avec  un  droit  égal.  Force  est  donc  aujour- 
d'hui, sans  autre  autorité  que  l'usage  mal  défini,  pour  se 
maintenir  dans  une  certaine  régularité  rationnelle,  d'adopter 
d'abord  bien  des  procédés  orthographiques  de  notre  voisin, 
pois  de  représenter  les  mots  comme  nous  les  articulons  au 
moyen  de  signes  el  de  combinaisons  qui  n'appartiennent 
point  en  propre  à  la  langue  d'Oc,  admise  seulement  au 
partage.  Notre  méthode  d'écrire  trouve  là  une  première 
justification. 

Hais  tout  n'est  pas  dit.  Les  dialectes  de  la  langue  d'Oc 
sont  nombreux,  et  quelles  facilités  ils  ont  eues  de  prendre 
leurs  franches  coudées,  il  est  plus  naturel  de  le  concevoir 
que  d*en  mesurer  la  licence.  Chacun  a  apporté  sa  pierre 
à  l'édifice,  et  personne  n'était  là  pour  apprécier  la  qualité 
des  moellons  et  diriger  la  pose.  Tout  est  entré  un  peu 
pèle-mèle;  et  là  où  manquait  un  contrôle  sévère  pour 
vérifier  la  légitimité  des  droits,  la  possession  devait  finir 
évidemment  par  valoir  titre. 

Ce  travail  d'envahissement  n'a  jamais  cessé  ;  le  purisme 
des  fidèles  a  crié  à  la  profanation  :  ces  apports,  malgré 
tons  les  scrupules,  ont  fini  par  s'impatroniser.  Nos  con- 
structions de  phrase,  par  exemple,  à  quelques  rares  excep- 
tions près,  et  nous  ne  nous  épargnons  pas  à  les  relever, 
ont  abandonné  leur  origmalité  romane  qui,  mieux  que  le 
français,  rappelait  le  type  latin,  et  elles  se  sont  formées 
sur  l'étalon  d'outre-Loire.  C'est  cette  similitude  de  con- 
structions qui  nous  a  forcé  d'emprunter  au  français  tous 
ces  liens,  tous  ces  ciments  de  la  phrase  que  l'on  nomme 
adverbes,  prépositions  et  conjonctions  surtout.  Les  trois 
quarts  en  efiet  de  nos  conjonctions  sont  purement  et  stric- 
tement françaises  :  Et,  Ni,  Coumo,  Quand,  Mais,  Pas,  etc. 
De  même  pour  un  autre  genre  de  mots,  substantifs  ou 
temps  de  verbes,  la  plupart  monosyllabiques,  qui  ont 
amené  des  liaisons  inconnues  au  languedocien,  et  dont  il 
est  nécessaire  de  tenir  compte  :  neus  les  signalerons. 

Nous  aurons  à  revenir  là-dessus  à  mesure  que  la  cir- 
constance le  fera,  et  aussi  peuVètre  à  réclamer  en  leur 
laveur  des  exceptions  et  des  tolérances.  Abrégeons,  en 
attendant,  le  douloureux  chapitre  des  concessions  pour 
rester  en  présence  de  l'obligation  imposée  à  notre  lexique, 
et  des  perplexités  qui  ont  dû  l'assaillir,  au  moment  de  se 
faire  un  système  orthographique  au  milieu  de  tant  de  di- 
vergences. 

Tout  d'abord,  avec  un  idiome  dont  la  mélodie  est  l'àme 
et  la  base,  chaque  mot  doit  être  figuré  par  une  notation  si 
précise  qu'elle  contraigne  à  l'épeler  comme  il  doit  être 
entendu  pour  avoir  et  représenter  le  sens  vrai  :  l'ortho- 
graphe auriculaire,  phonétique  s'érige  donc  en  principe. 
Puis,  si  l'on  considère  les  circonstances,  le  milieu  dans 
lesquels  un  lexique  de  cette  langue  va  apparaître,  où  il  est 


appelé  à  vivre,  n'est-il  pas  évident  qu'il  est  destiné  surtout 
à  des  lecteurs  qui  ont  fait  toutes  leurs  études  de  lecture 
dans  le  français  et  sur  le  syllabaire  et  l'alphabet  français? 
11  ne  s'agit  pas  ici  d'abdication  pour  la  langue  d'Oc,  ni  de 
faire  acte  d'humiliant  vasselage  envers  un  rival  :  tonte 
la  question  est  de  la  maintenir  dans  son  rôle  littéraire,  et 
de  donner  à  ses  compositions,  à  son  langage  usuel,  les 
moyens  les  plus  sûrs  de  se  faire  comprendre  et  de  conser- 
ver son  caractère  original.  Il  importait  encore  à  ce  point 
de  vue  de  ne  pas  contrecarrer  des  habitudes  venues  de 
l'école  à  la  grande  masse  de  ceux  qui  ont  à  consulter  des 
livres  languedociens.  Tous  ces  intérêts  expliquent  sufS- 
samment  notre  méthode. 

Or,  nous  avons  dû  conclure  de  là  que  notre  lexique, 
pour  être  au  courant  du  mouvement  linguistique  dans 
notre  pays,  était  tenu  de  reproduire  les  innovations  et  les 
apports  qui  ont  enrichi  la  langue,  en  plus  grand  nombre 
que  n'a  fait  et  n'a  voulu  faire  l'abbé  de  Sauvages,  soit 
parce  qu'il  fallait  être  plus  complet,  soit  parcr^  que  la 
foule  des  vocables,  nouveaux  venus  depuis  Sauvages,  est 
plus  considérable  que  de  son  temps.  Mais  nous  avons  été 
amené  à  cette  autre  déduction  que  la  prononciation  de 
chaque  mot,  pour  en  obtenir  l'intelligence,  devait  être 
représentée  par  les  lettres  admises  partout,  avec  leur 
valeur  consacrée  par  la  pratique,  constituant  le  son  et  la 
cadence,  ces  principes  essentiels  de  notre  idiome  musical. 

Les  risques  que  courait  notre  dialecte  à  se  rapprocher 
en  cela  de  l'orthographe  française  ne  nous  ont  point  frappé. 
Il  semble  qu'il  n'y  a  pour  lui  au  contraire  que  des  avan- 
tages à  recueillir  et  que  son  génie  n'en  est  nullement 
blessé.  Il  demande  à  être  bien  lu  pour  être  bien  compris, 
à  être  bien  épelé  pour  être  bien  prononcé  et  cadencé  : 
la  configuration  visuelle,  saisissante,  facile  de  ses  vocables 
par  l'alphabet  français,  le  seul  connu,  ne  leur  enlève  ni  le 
signe,  ni  le  cachet  du  crû,  ne  les  dénature  point  :  il  y  a 
convenance  à  se  servir  des  moyens  les  plus  simples  et  en 
même  temps  les  plus  commodes. 

Ces  considérations  devaient  nous  décider.  La  première 
des  conjonctions  dont  nous  avons  à  traiter,  et  la  plus  fré- 
quente sans  contredit,  appelait  ces  remarques  générales  qui 
préviendront  les  redites,  et  leur  raison  fera  comprendre 
leur  utilité. 

Comme  en  français,  notre  conjonction  Et  s'écrira  en 
deux  lettres  et  se  prononcera  sans  faire  sentir  le  T  final  : 
comme  en  français  aussi,  ce  dernier  T  ne  formera  point  de 
liaison  avec  le  mot  qui  suivra.  Cette  configuration  ne  sur- 
prendra pas  le  lecteur,  et  une  fois  expliquée  ne  peut 
porter  aucun  trouble,  ni  causer  la  moindre  hésitation, 
pour  être  prononcée  comme  en  français.  Dans  l'intérêt 
d'une  prompte  intelligence  de  la  phrase  écrite,  l'exception 
nous  parait  devoir  être  acceptée,  et  elle  sera  tout  à  fait 
légalisée,  quand  nous  aurons  rappelé  qu'elle  a  été  intro- 
duite, sans  soulever  un  reproche,  dans  les  Cattagnados.  Le 
modèle  est  toujours  bon  à  suivre. 


332 


FAI 


Évangile,  5.  m.  Évangile;  partie  de  l'évangile  qu'on 
récite  à  la  messe. 

Dér.  du  lat.  Evangelium. 

Èvéîa,  évéiado,  adj.  Éveillé;  vif,  alerte;  gai;  >>; 

Évéjo,  s.  /*.  Envie.  —  Voy.  Énvéjo. 

Ëvéioùs,  ouso,  adj.  Dim.  Évéjousé,  éto;  Ev^^'j  ■ 
Envieux.  —  Voy.  Énvéjoùs. 

Évès,  évèsso,  adj.  Couché  sur  le  dos;  à 
—  Ne  s'emploie  guère  que  dans  ce  diclnn  .  ' 
un  cat  évès,  il  se  défend  des  griffes  et  d,  > 

Dér.  du  lat.  Eversus,  renversé. 

Ézan,  adj.  masc.  Exempt;  exeiii[' 
par  le  conseil  de  révision. 

Mot  nouveau:  mais  il  est  fat.il- 


F,«. /•.  F, 

des  consonip 
cienne  Èfo. 
La  cla- 
parmi  I' 
nonce  1. 
se  r»! 
avtM 
tir. 

r 


.;  ^  iviôre 
:î  >\'iible 


■>  .  ^j::\  du  sexe 
>.::a.itinvl. 
•  i<Ius  uriijinale 
^.  \\w>i\n  moyon- 
^r;avl  rôle  dans  les 
.  >     •  i^^v.ple  qui  on  con- 
^    ,      i.  oMitnos  ([ui  n'aient 
-  -Mxi  i^VMe  (les   Casla- 
>  '   NirMis,  dans  la  liâoumo 
,^    .V.  u-.:^  de  s«\^  plus  touchan- 
V     .;^^'^  ui<|ùrali(^ns. 
,     .,"  d  un  fini  «'vquis  et  d'une 
\  V  •;ttv»M.  on  dil  :  Svmblo  que  las 
.  „    ,»  v"  ^"^t  un  oUNra^^e  do  fées;  niais 
.  ;>•  .'  .t.'MHi  vis,  quelque  foc  lui 
.:;\,o>  e«uq)-d'iril  ;  ce  n'est  pas  dos 
.-i  ,'nlend  parler  :  c'est  un  retour 
•.  tv.Jvluil  \\  par  Fado,  îi  cause  de  la 
X     •.  iluiel  de  ees  deux  espèees  si  diffé- 
X        s  ;. ms  allriluils  el  dans  leurs  actes. 
..vx   :îI    f'.»M.  ni.  si^Mi. 
.'^     '\\*;»>li*s  lont  ileriver  ce  dernier  mot  lat. 
^     x'    ,      .;  '  i .    tuais  il   S(Mnl)le  plus   rationnel  de  le 
f  V  '     •  '*  d,'  f  .in«rri.  destin,  au  plur.  Fata,  dont  l'a- 


VV 


.    ir  et  l'influence  des  fées  est  plus  na- 

.     ~    :.  rff</oM/e.  Fagot;   faisceau  de  menu 
--    co.,  charge,  paquet. 
y  'JUS,  ht^tre. 
,  .-.    rfiro,  ou  Faïssïaîre,  aïro,  5.  m.  et  f.  Fago- 
^  .•    u  nninsseur  et  vendeur  de  fagots.  —  S'ap- 
-  -    ::  uix  pauvres  gens  de  la  ville  qui,  les  jours 
,••  .:.an(jue,  vont  f»ire  des  fagots  de  menu  bois, 
>    >  U^is  communaux,  soit  même  chez  lesparticu- 
-    .    •  >.Tvice  desj  gardes -champêtres  n'est  pas  bien  fait. 
'•:.::utièîro,  5.  /*.  Fagotière;  grenier,  galetas  où  les  bou- 
,  -^  .'^^nferment  leur  provision  de  fagots. 
:ii.  5.  m.  Au  plur.  Faïsses.  Dim.  Fatssc ;  augm.  Fais- 
ais  r.i\:  charge;  poids;  fagot;  paquet.  —  N'aï  moun  fat 
.:  :'it  aqnà,  j'en  ai  por-dessus  la  tète.  Vichà  faï  et  bien 
.-..:.  prvh.  qui   revient  à  :  Qui  trop  embrasse  mal  étreint. 
i.ircja  à  biles  fats,  iransjKtrler  à  dos  d'homme. 
Dér.  du  lat.  Fascis,  fagot,  charge. 
Faï,  S"*  pors.  sing.  prés,  de  Tindic.  du  v.  Faire.  Il  ou 
elle  fait.  —  Yoy.  Faire. 

Faï,  5.  m.  Hêtre.  —  Voy.  Fa'iar. 
Faïa,  t'.  Fèler;  fendre  légèrement.  —  Trio  carto  fatctdo, 
une  carte  retournée  dans  le  jeu. 
Dér.  du  lat.  Fallere,  faillir,  manquer. 
Faïanço,  *.  /*.  Faïence,  poterie  de  terre  fine,  émaillée  el 
ordinairement  blanche. 

De  rit  al.  Faetiza,  ville  de  la  Homagne  où  celte  poterie 
fut  inventée,  vers  l'an  1299. 

Faïar  ou  Faï  ou  Fàou,  s.  m.  Dim.  Faïardé.  Hêtre,  fan, 
fayard,  fouleau,  Fagiis  sijlvatica,  Linn.,  arbre  de  la  fam. 
des  Anientacées.  —  Cet  arbre  joue  un  grand  rôle  dans  la 
poésie  l)ucolique,  soit  parce  (jue  c'est  sous  son  ombre  que 
le  pérc  des  bergeries  place  la  scène  de  sa  première  pasto- 
rale, soit  aussi,  je  m'en  doute,  parce  qu'en  fr.  il  rime 
admirablement  <'i  cl)amj)èlre.  Il  est  vrai  que  de  nos  jours, 
pour  cause  d'ahus,  cette  rime  n'est  plus  admissible,  au 
njème  titre  (pie  celle  de  guerrier  et  de  laurier. 

Ce  n)ot  est  un  de  ceux  (pii  se  sont  le  mieux  prêtés  à  des 
appellations  de  localités  et  de  personnes  :  les  variantes 
mémos  h^s  inditpient.  La  raison  on  est  simple  :  cet  arbre 
(Hait  connnun,  d'une  venue  remarquable,  d'une  grande 
utilité  pour  les  divers  usages  de  son  bois;  il  était  naturel 
(pi'il  servit  sous  (li(Térent(?s  formes  aux  désignations  loca- 
les, comme  le  ch(^ne,  le  ch;\laignier,  le  frêne,  etc.  Son 
nom  celtique  parait  avoir  été  Fao,  qui  se  rapprochait  du 
lat.  Fayus;  aussi,  sur  ce  radical  similaire,  quand  il  s'agit 
de  dénommer  un  lieu,  un  domaine  où  il  se  trouvait  en 
abondance,  le  suffixe  collectif  celtique  ec  =  ac  se  rencon- 
trait au  bout  de  concert  avec  le  suffixe  latin  de  collecti- 
vité acus,  acum,  etum,  qui  le  représentait  exactement;  et 
dans  la  moyenne  latinité  se  trouvent  naturellement  les 
noms  gé(^graphi([ues  Faiacus,  Faiacum,  Fagetum,  traduits 
par  le  roman,  par  le  languedocien  et  par  le  français  en 


FÀI 


FAI 


385 


■■.v 


'îï.'Fays,  Fey,  etc.,  qui  signifient,  pour  peu  que  le 
'if  s'y  joigne,  une  réunion  de  hêtres,  une  fou- 
Mté  de  tiètres,  et  plus  tard  le  nom  du  pro- 
'  >rnaine.  Les  altérations,  sans  s*écarter 
•1«'S  variantes;  les  aptitudes -ethniques 
i  cti'taines  formes  au  Nord  ou  au  Midi, 
i<  tjiarque  dans  tous  ces  noms  collectifs;  Tin- 
.>'  a  plus  ou  moins  imprimé  son  cachet  sur  telle 
•  1 -nomination  à  la  désinence;  mais  la  racine  ap- 
i\<'c  une  identité  constante.  Nous  n'en  citerons  que 
'  lupies  le  plus  prés  de  nous,  et  quelques  analogues, 
}>  uir  rappeler  ce  que  nous  avons  dit  de  la  composition  des 
iioius  propres. 

Dans  le  département  du  Gard  seulement,  comme  noms 
de  localités,  montagnes  ou  hameaux,  la  Fajo,  La  Page  se 
trouve  dans  les  communes  de  Cambo,  de  Gruviers-Lascours, 
de  Mialet,  d'Anduze,  de  Cézas  et  Gros,  de  Sumène;  La 
Fajé,  La  Faget,  commune  de  Malons-et-Elze;  Lou  Fdou, 
Le  Fau,  communes  d'Âujac,  de  Saint-Sébastien  d'Aigre- 
feoille;  Lovs  Fàous,  Le  Faus,  commune  de  Martin  de 
Corconac;  et  comme  noms  d'homme  trés-répandus,  Faje, 
Page,  Pages,  Faïé,  Fayet,  Fagé,  Faget;  donnant  naissance 
à  La  Fayette,  Fayel,  Fayelle,  Fajon,  Fageon,  Fayon,  Fa- 
yollat,  Fayolles;  et  sans  doute  à  Faugières,  Falguières, 
même  Faîteau,  d'où  aussi  Farjon  et  Fargeon  ;  remontant 
tous  également  à  notre  Faï,  Fdou,  Faïar,  fayard,  hêtre, 
du  lat.  Fagus  ou  du  celt.  Fao,  avec  la  marque  plus  ou 
moins  profonde  du  suffixe  de  collectivité. 

De  même  en  fr.  Fay  (Sarthe),  en  lat.  de  cartulaire  Fata- 
ew;  Pays  (Vosges),  Fagetum;  Les  Faix  (Doubs);  et  les 
nombreux  Faux,  Le  Faux ,  Les  Faux,  Fay,  Paye  ;  Fey, 
Feys;  noms  propres  de  lieu,  et  les  noms  communs  Foute- 
laie  et  Fouteau,  pour  la  pluralité  et  le  sujet  isolé. 
Faîno,  5.  f.  Fouine,  Muttela  foïna,  Linn. — Voy.  Martro, 
Faîoù,  s.  m.  Brandon  ;  botte  de  foin,  de  paille  ou  de 
toute  autre  matière  menue  inflammable,  dont  on  se  sert  à 
la  campagne,  après  l'avoir  allumée,  pour  transporter  du 
feu  d'un  endroit  dans  un  autre ,  pour  s'éclairer  pendant  la 
nuit  en  guise  de  torche,  et  pour  écarter  par  la  fumée  les 
abeilles  dont  on  châtre  les  ruches  ou  dont  on  enlève  le 
mid. 

La  pèche  aux  brandons,  qu'on  dit  Pétquo  à  la  luminado, 
se  fait  à  la  lueur  de  brandons  composés  de  brins  de 
bruyère  sèche  ou  de  roseaux  dits  CanUsn  :  ces  torches 
s'appellent  Fàioi^,  sorte  de  dim.  de  Fa\. 

Dér.  de  Fa^,  hêtre,  parce  que  c'était  en  général  de  menu 
bois  de  hêtre,  dans  nos  pays  où  cet  arbre  est  commun,  que 
se  faisaient  les  brandons. 

Faire,  V.  Faire;  agir;  créer,  former,  produire;  fabri- 
quer; composer;  opérer;  exécuter,  etc.  —  Sa  signification, 
oofflme  en  fr.,  est  très-étendue  :  des  exemples  peuvent 
donner  une  idée  des  formes  qu'il  prend  à  ses  divers  temps, 
comme  de  l'emploi  varié  qu'en  fait  notre  langue.  —  Fasè$- 
vo«t-éi-lov,  reculez  un  peu;  poussez- vous  par  côté.  Fa\- 


fin-çai,  rapproche-toi  d'ici;  serre-toi  plus  près.  Chaquo 
jour  que  Diou  a  fa,  tous  les  jours  de  la  vie.  Sou-fàX,  ton- 
fasiè,  dit'il,  disait-il.  Déman  fara  hiui  jours,  il  y  aura 
huit  jours  demain.  Fasès  votte  cami,  passez  votre  chemin. 
M'a  pas  soulamén  "di:  Bèstio,  dé  que  fas?  Il  n'a  pas  pris 
la  peine  de  me  demander  si  j'étais  chien  ou  loup.  Que  té 
fai  faK'li,  c'est  le  Par  pari  refertur  des  latins  :  œil  pour 
œil,  dent  pour  dent.  À  pas  rés  fa  que  noun  siègue  dé  fùïre, 
il  n'a  rien  fait  de  mal  ;  rien  que  de  très-convenable.  AqiiH 
méssaje  faï  fbço  tnèstres,  ce  valet  change  souvent  de  con- 
dition. Faï  dé  soun  home,  il  fait  l'important,  l'entendu,  le 
fier-à-bras.  Faï  damo,  elle  s'habille  comme  les  dames. 
Faï  capà,  faï  tartan,  elle  porte  des  chapeaux  et  des  châles 
comme  les  dames.  Se  faïre  émbé,  hanter,  fréquenter,  faire 
sa  compagnie  de...  Fat  michan  èstre  pâoure,  tout  vous 
bèquo,  la  pauvreté  est  une  fâcheuse  condition;  tout  le 
monde  vous  marche  sur  le  pied.  Faï  bon  pas  rés  sdoupre, 
qu'on  aprén  toujour  quicon,  il  est  bon  d'être  ignorant,  on 
apprend  toujours  quelque  chose  de  neuf.  Aquà  mé  fariè 
gàou,  voilà  qui  me  ferait  plaisir.  Voué/  se  fasias  lun, 
holà!  si  vous  éclaixiez  un  peu.  Lou  bla  a  fa  d'un  dès,  le 
blé  a  rendu  dix  pour  un.  M'a  fa  coumo  un  méloun,  il  m'a 
trompé,  flibuste  comme  un  juif.  Aquél  méloun  es  trop  fa, 
ce  melon  est  trop  fait,  il  est  passé.  L'ase  d'Aoubarno  se 
faguè  en  tnanjan  dé  pousses,  l'âne  du  Gascon  s'engraissa 
avec  de  la  paille.  Nous  fàsèn  bien  tard  pér  séména,  la  sai- 
son est  bien  avancée  pour  semer,  je  crains  qu'il  ne  soit 
bien  tard.  Se  faï  din  i'aje,  il  avance  en  âge,  vers  la  vieil- 
lesse. Pode  pas  faire  dé  mén,  impossible  de  me  dispenser 
de....  Dé  gué  faïre  aqui?  Que  faire  à  cela?  Faïre  dé  mita 
partager,  être  de  moitié.  Faï  luno,  la  lune  éclaire. 

Dér.  du  lat.  Facere,  m.  sign. 

Faîsséîa,  v.  fréq.  Porter  à  plusieurs  reprises  des  char- 
ges à  dos  d'homme,  le  faire  habituellement;  exercer  cette 
industrie  illégale  indiquée  à  l'art.  Faïssïaïre.  — Voy.  c.  m. 

FaÏBsèlo,  «.  f.  Écnelle  sans  anses  et  percée  de  petits 
trous  au  fond,  où  l'on  met  le  caillé  àégoutter,  et  qui  donne 
an  fromage  frais  cette  forme  sous  laquelle  nous  l'appelons 
Toumo. 

Dér.  du  lat.  Fiscelltis,  forme  à  faire  les  fromages. 

Faïssiaîre,  aîro,  s.  m.  et  f.  Fagotier,  faiseur  de  fagots; 
celui  ou  celle  qui  exerce  l'industrie  plus  ou  moins  licite  de 
ramasser  du  bois  mort  ou  vif,  gros  ou  menu,  et  d'en  faire    » 
des  fagots  pour  vendre,  sans  en  rendre  compte  au  pro- 
priétaire du  bois.  —  Voy.  Fagoutiè. 

Faîssîâon,  «.  m.  ou  Pagnè-lon  ou  Paîaron,  qui  semble 
une  corruption  du  précédent.  Panier  long,  sorte  de  mann& 
faite  de  côtes  de  châtaigners  sauvages,  deux  fois  plus  lon- 
gue que  large,  à  bords  relevés,  propre  à  porter  différentes 
charges  sur  les  épaules. 

Dér.  de  Faï,  faix. 

Faissiè,  s.  m.  Porte-faix,  crocheteur,  dont  le  métier  est 
de  porter  d'un  lieu  dans  un  autre  les  ballots  de  marchandise. 

Dér.  de  Foi,  faix. 


S36 


FAL 


FAN 


Faîssino,  5.  f.  Fascines  pour  les  vers-à-soie.  —  On  sait 
•que  pour  ramer  les  vers,  on  emploie  des  brins  de  bruyère 
qui,  s*appuyant  sur  la  table  inférieure,  s'arrondissent  par 
la  cime  et  forment  le  berceau  au-dessous  de  la  table  supé- 
rieure. Mais  lorsqu'on  est  arrivé  au  dernier  ou  au  plus 
haut  étage,  on  ne  peut  suivre  le  même  procédé,  puisqu'il 
n'y  a  plus  rien  au-dessus  pour  fixer  le  haut  bout  de  la 
bruyère.  Alors  on  prend  des  fagots  de  sarments,  ou  de 
vieux  élagage  de  mûriers  que  Ton  relie  en  bottes  de  la 
grosseur  de  la  jambe  et  d'une  longueur  égale  à  la  largeur 
de  la  table.  On  les  place  sur  celle-ci  à  la  dislance  d'envi- 
ron soixante-et-quinze  centimètres  l'un  de  l'autre,  après 
avoir  piqué  dans  leurs  interstices  des  brins  de  bruyère  qui 
s'y  fixent  ainsi  en  se  tenant  debout.  Ce  sont  ces  fascines 
ainsi  disposées  et  garnies  de  leur  bruyère  qu'on  appelle 

Dér  du  iat.  Fascii,  dim.  Fascieului,  dans  la  bass.  lat. 
Faxina,  botte,  fagot. 

Faî880,  «.  /*.  ou  Bancèl.  Terrasse  ou  bande  de  terrain 
soutenue  par  un  mur  de  revêtement  ;  plate-bande  de  jar- 
din. —  C'est  par  ce  procédé,  fort  coûteux  et  fort  pénible 
du  reste,  qu'on  parvient  à  transformer  un  terrain  en  pro- 
clivité,  les  flancs  d'une  montagne,  en  parcelles  nivelées, 
â'étageant  pour  ainsi  dire  les  unes  sur  les  autres  :  seul 
moyen  de  retenir  la  terre  de  nos  plantations  et  de  nos  vi- 
gnes, qui  sans  cela  serait  constamment  ravinée  et  balayée 
par  les  grandes  pluies,  le  terrain  en  étant  toujours  meuble 
à  cause  des  œuvres  qu'on  est  obligé  de  lui  donner.  La  plu- 
part des  montagnes  de  nos  Ce  venues  sont  coupées  ainsi  en 
terrasses  disposées  en  amphithéâtre. 

Le  mot  Bancèl  tient  au  dialecte  cévenol  ou  raïol.  Faïiso 
est  plus  usité  dans  les  environs  d'Alais. 

Dér.  du  lat.  Fascia,  bande,  lanière. 

Falaî,  falaîso,  adj.  Péjor.  Falaïsas.  Nonchalant;  indo- 
lent ;  insouciant  ;  qui  ne  s'émeut  de  rien,  ou  plutôt  qui 
prend  le  masque  de  ces  défauts  pour  faire  des  dupes. 

Dér.  du  lat.  Fallax,  trompeur. 

Falbala,  s.  m.  Falbala  ;  toute  garniture  au  bas  d'une 
robe;  bande  d'étoffe  au  bas  d'une  robe,  d'une  jupe.  Au 
fig.  pompons,  fanfreluches;  tout  ce  qui  constitue  la  toilette 
des  dames  du  grand  ton. 

Quelques  étymologistes  assignent  une  origine  tout  à  fait 
fantaisiste  à  ce  mot  qui  aurait  été  imaginé  par  hasard  et 
accepté  pour  sa  singularité  insignifiante.  Les  antiquaires 
font  remonter  l'ancienneté  de  cet  ajustement  aux  Parthes 
et  aux  Perses.  D'autres  le  font  venir  de  deux  mots  alle- 
mands Fald'plai,  feuille  plissée.  Nous  le  tenons  tel  quel 
du  fr.  sans  altération. 

Falèto,  adj.  f.  Boiteuse,  à  demi-paralysée.  —  Ne  marche 
qu'avec  Cambo,  —  F.  c.  m. 

Fali,  V.  Faillir;  manquer;  s'évanouir.  —  Jour  pâli,  cré- 
puscule du  soir,  entre  chien  et  loup. 

Dér.  du  lat.  Fallere,  tromper,  manquer. 

Faloupado,  ».  f.  Grosse  vague  ;  masse  d'eau  torrentielle 


ou  d'inondation,  qui  arrive  soudainement  et  se  retire  avec 
promptitude. 

Ce  mot  parait  dérivé  par  corrupt.  du  fr.  Envdopptr. 
Dans  certaines  localités  voisines  on  dit  Valoupado,  qui  se 
rapproche  davantage  de  cette  origine  :  simple  permutation 
d'ailleurs  de  la  labiale  F  aspirée  forte,  en  F  adirée  faible. 
—  Voy.  lettre  F. 

Falonr,  ourdo,  adj.  Péj.  Falourdas.  Gros  lourdaud; 
butor;  grossier  et  inepte;  sot  renforcé. 

Formé,  parait-il,  par  corrupt.  de  Fol  et  de  Lour. 

Famîè,  famièîro,  adj.  m.  et  f.  Familier,  qui  ^  fami- 
liarise aisément  :  qui  en  use  familièrement  ;  privé,  ap[n- 
voisé,  en  parlant  des  animaui. 

Dér.  de  Famïo. 

Famine,  s.  f.  Famine,  disette  générale  de  vivres,  dans 
un  pays,  dans  une  ville,  dans  une  place  forte.  Par  ext 
simplement,  faim,  grand'faim.  —  Bramo  fUmino,  il  crie 
famine. 

Dér.  du  lat.  Famés,  m.  sign. 

Famîo,  «.  f.  Dim.  Fanitéio.  Famille,  tons  ceux  du 
même  sang;  race,  lignée;  les  personnes  d'une  même  mai- 
son. —  Acampo  dé  famïo,  sa  famille  augmente  beaucoup. 

Dér.  du  lat.  Familia,  m.  sign. 

Fanabrégou,  «.  m.  ou  Béliconqniè  ou  Piqnopomè. 
Micocoulier,  bois  de  Perpignan,  Celtie  australie,  Linn., 
arbre  ^de  la  fam.  des  Amentacées.  —  Voy,  Bélieouqmè. 
Ne  pas  le  confondre  avec  l'alisier,  quoique  son  nom  lat. 
Celtis  soit  le  même;  mais  ce  n'est  là  sans  doute  qu'un 
nom  générique.  C'est  avec  les  scions  de  cet  arbre  aménagé 
en  taillis,  que  se  fabriquent  à  Sauve  (Gard) ,  ces  fourches 
à  trois  fourchons  pour  remuer  la  paille  et  le  foin ,  qui  sont 
supérieures  à  toutes  les  espèces  fabriquées  ailleurs.  Autre- 
fois cet  arbre  était  fort  estimé  dans  ce  pays  parce  qu'on 
en  faisait  des  cercles  de  futailles  préférables  à  œnx  du 
chàtaigner  sauvageon.  Les  cercles  de  fer  battu  ont  dépos- 
sédé cette  industrie,  et  les  micocouliers  tendent  à  dispa* 
raitre  chaque  jour  de  nos  contrées. 

Dér.  du  celtique  Fana-bren,  m.  sign.  Bren  ou  Pren  est 
le  nom  général  des  arbres  en  gallois  et  en  breton  :  on  les 
distingue  par  le  fruit  :  arbre  qui  produit  la  micoooule. 

Fanâou,  1.  m.  Fanal  ;  falot  ;  grande  lanterne  d'écurie, 
composée  d'une  cage  de  fer,  recouverte  d'une  toile  très- 
claire,  au  centre  de  laquelle  se  place  une  chandelle. 

Dér.  du  gr.  <Pav6{,  de  4»a(vcj,  luire. 

Fandalado,  $.  f.  Plein  un  tablier.  —  Les  femmes  du 
peuple  font  volontiers  de  leur  tablier  un  sac  pour  trans- 
porter du  linge,  des  vêtements,  de  la  soie,  etc.  ;  celles  de 
la  campagne  en  font  leur  cabas  pour  transporter  les  légu- 
mes et  les  herbes,  sans  pour  cela  le  détacher  de  la  c^ture. 

Fandàou,  s.  m.  Dim.  Fandalé.  —  Voy.  Dinaniàou. 
Tablier  de  femme,  grande  pièce  d'étoffe  ou  de  toile,  avec 
ou  sans  poches,  que  les  femmes  portent  devant  elles  sur 
la  robe,  dont  elle  recouvre  tout  le  devant  depuis  le  cou, 
ou  seulement  depuis  la  ceinture;  tablier  de  cuir  pour 


FAN 


FAO 


337 


tains  artisans.  —  La  notno  porto  tnilo  étcus  din  soun  fan- 
dàou,  la  future  apporte  mille  écus  comptant,  au  jour  du 
mariage,  dans  son  tablier. 

Ce  mot  semble  une  corrupt.  du  mot  Fàoudàou,  qui  parait 
avoir  existé  autrefois  avec  la  m.  sign.  et  qui  dérivait  évi- 
demment de  Fàoudo,  giron  :  le  tablier  étant  le  vêtement 
propre  de  cette  partie  du  corps. 

Fanfare,  s.  f.  Fanfare,  air  de  trompettes  martial.  Par 
ext.  tapage,  bruit,  train  bruyant;  éclat  avec  ostentation. 

Emp.  au  fr. 

Fanfaron,  $,  m.  ou  Lanlaroù.  Dim.  Fanfaronné,  Coupe- 
bonrgeon,  bêche,  lisette,  insecte  du  genre  des  Ryncbytes. 
—  Ces  dénominations  désignent,  ainsi  que  Fanfaroù,  un 
scarabée  moins  gros  qu'une  mouche  ordinaire,  revêtu  d'une 
écaille  verte,  relevée  d'un  bout  à  l'autre  par  Tor  le  plus 
éclatant.  Ce  coléoptère  porte  au-devant  de  la  tête  une  espèce 
de  trompe,  longue,  armée  de  dents,  avec  laquelle  il  scie 
le  pétiole  de  la  feuille  encore  tendre  de  la  vigne,  qui  se  des- 
sèche ;  il  la  roule  autour  de  lui  comme  un  cornet  et  la 
tapisse  d'une  sorte  de  toile  ou  duvet  pour  y  déposer  ses 
Œufe.  Le  cultivateur  ne  s'émeut  pas  des  dégâts  qu'il  peut 
ainsi  causer,  car  un  de  ses  prvb.  dit  :  L'annado  dàou  pan- 
faroù,  lou  pêisan  béguè  prou;  c.-à-d.  l'année  où  cet  insecte 
est  abondant,  la  récolte  du  vin  l'est  aussi. 

Quelquefois  Fanfaroù  s'applique  au  hanneton,  melolon- 
tha,  Linn.,  coléoptère  lamelliforme. 

Dér.  probablement  de  Fanfuro,  à  cause  du  bourdonne- 
ment de  cet  insecte  en  volant. 

Fangas,  «.  m.  Dim.  Fangoisoû.  Grand  bourbier;  large 
creux  plein  de  bourbe.  Au  fig.  mauvaise  affaire;  gâchis; 
embarras.  —  Es  din  lou  fangas,  il  est  dans  le  pétrin. 

Dér.  et  augm.  de  Fango, 

Fangastièiros,  s.  f.  plur  Pare-crotte  des  charrettes,  qui 
consiste  pour  elles  en  une  bande  de  cuir  on  de  feutre  qu'on 
cloue  au-dessus  de  l'ouverture  intérieure  au  moyeu  de  la 
roue  pour  empêcher  que  la  boue,  qui  tombe  des  jantes,  ne 
pénètre  dans  la  boite. 

Fango,  s.  f.  Dim.  Fanguéto;  augm.  Fangaiso.  Fange; 
boue;  crotte;  vase;  limon;  matières  corrompues  des  rues 
et  des  chemins,  délayées  par  l'eau  de  la  pluie  ou  des  ruis- 
seaux. 

Dér.  sans  doute  du  lat.  Fimus,  d'où  la  bass.  lat.  Fan- 
gus,  m.  sign. 

Fangoùs,  ouso,  adj.  Fangeux;  boueux;  couvert  de 
crotte;  bourbeux. 

Fanguè,  ».  m.  —  Voy.  Patroun-fànguè. 

Fantasquariè,  «.  /*.  Bizarrerie  fantasque  de  goût  et  d'hu- 
meur. 

Fantasque,  aaqno,  adj.  m.  et/*.  Fantasque;  capricieux; 
iMzarre;  extraordinaire;  bourru;  qui  est  fort  délicat  pour 
son  manger;  qui  n'a  que  des  goûts  bizarres. 

Dér.  du  lat.  Phantanna,  fantôme,  illusion,  chimère. 

Fantastl,  s.  m.  Farfadet;  lutin;  esprit  follet;  être  ima- 
ginaire; génie,  démon  familier;  être  fantastique,  qui,  dans 


les  idées  du  peuple,  est  cependant  encore  plus  malfaisant 
que  le  Gripé,  mais  moins  redoutable  que  le  Dra,  Braqué, 
et  surtout  que  la  Roumèquo  et  la  Babarogno,  —  Voy.  c.  m. 

Dér.  du  lat.  Phantattieus,  fantastique. 

Fantastissiè,  ièire,  adj.  Fantastique;  qui  tient  du  Fan- 
tastl; ensorcelé;  qui  ensorcelé. 

Fâeu,  5.  m.  Hêtre.  —  Voy.  Faïar, 

Fàeu,  fâeusse,  adj.  m.  et  /*.  Faux;  contraire  à  la 
vérité;  supposé;  altéré;  de  mauvaise  foi:  traître;  discor- 
dant; qui  manque  de  justesse.  —  Es  pas  fâou,  phrase  ha- 
bituelle pour  confirmer  un  fait,  ou  une  opinion  d'une  autre 
personne  :  c'est  bien  vrai. 

Dér.  du  lât.  Falsus,  m.  sign. 

Fâeu  ou  Fôou,  v.  impers.  Il  faut.  —  Fâou  faire,  fôou 
dire,  fôou  marida  la  Jano,  il  faut  faire,  il  faut  dire,  il 
faut  marier  Jeanne.  C'est  le  lat.  Oportet,  avec  le  même 
sens.  Fdou  hé  que  sièguo  vous,  il  faut  bien  que  vous  soyez 
de  mes  amis. 

Fâeucîe,  s.  f.  Faucille;  petite  faucille  qui  sert  à  couper 
des  herbes,  du  fourrage  en  vert,  et  non  du  blé. 

Fàoucïo,  par  un  jeu  de  mot,  se  dit  aussi  d'une  personne 
UQ  peu  fausse,  qui  câline  les  gens  pour  les  duper,  qui  dit 
blanc  et  pense  noir.  —  Ce  mot  devrait  s'écrire  préféra- 
blement  Fâoussïo,  eu  égard  à  son  origine  de  Fdou,  fâousso  : 
nous  le  plaçons  ici  pour  faire  sentir  le  jeu  de  mot. 

Dér.  du  lat.  Falcieula,  m.  sign. 

Fâeudéto  (Faire),  t;.  Au  jeu  de  la  main-chaude  ou  de 
cligne-musette,  c'est  recevoir  sur  ses  genoux  la  tête  du 
joueur  qui  doit  deviner,  en  lui  mettant  son  tablier  sur  la 
tête  pour  lui  ôter  la  vue  de  ce  qui  se  passe. 

Fâeude,  s.  f.  Dim.  Fdoudéio.  Giron;  espace  de  la  cein- 
ture aux  genoux  d'une  femme  quand  elle  est  assise;  géné- 
riquement,  les  genoux  d'une  femme  assise.  C'est  l'espèce 
de  siège  â  angle  droit  que  décrit  ainsi  sa  taille  avec  ses 
jambes.  Cependant  on  dit  :  Pourta  din  sa  fioudo,  porter 
dans  son  tablier  retroussé,  en  parlant  d'une  femme  qui 
marche.  —  Sus  la  fdoudo,  sur  les  genoux.  Fàoudo  dé 
caréto»  tablier  de  charrette,  intervalle  entre  la  caisse  et 
l'ouverture  du  brancard  :  place  que  prend  le  conducteur 
quand  il  voyage  à  vide,  contrairement  aux  règlements  de 
police. 

En  esp.  Falda,  jupe  de  dessous. 

Fâouiila,  v.  Faufiler;  bâtir  les  pièces  d'un  habit,  d'une 
robe,  d'un  ouvrage  de  couture,  à  longs  points,  pour  les 
assembler  avant  de  leur  passer  le  point  de  couture. 

Fâeufile,  s.  f.  Faufilature;  fausse  couture  à  points 
espacés. 

Formé  de  Fàm  et  de  Ftoti. 

Fâeu-iiô  (Faire),  v.  Faire  faux-feu;  rater,  ne  brûler 
qu'une  amorce  sans  que  le  coup  parte  ;  ne  pas  réussir. 

Fâouquièîro,  s.  f.  Bacule  d'un  bât  ;  croupière  de  bois 
courbée  en  arc,  fixée  au  bât  par  des  courroies,  ce  qui  l'em- 
pêche de  retomber  sur  le  cou  aux  descentes.  Elle  ne  porte 
pas  sous  la  queue  comme  la  croupière  ordinaire,  mais  sur 

43. 


.1  »M 


FA(.) 


FAR 


I  • .  i|.  Il  \  V  m  . .  '-^  >l/  l  .1111:1.  il  qu'.'ll'^  i'Mtour.^  crtiiiitl/'lt'iiitMil. 

I  M  .  .1  •  /  ■  v-i  .1  '  (^>(n<M).  fnu\-cul,  t»u  lii'-ii  il"  /-V/ou.sso 
.1    !•  (».'■■..  i  iii>s  «  .j.i.'ih',  im  laiiSM' cr<iu[)i''n'. 

l'iou.-.a.  Iiu-»'!-;  r.iiiv  plier;  r.iiiv  enui-l).'!-.  Au  li^'. 
m  i     ,  u.     >i  -.1  !vi!,  N'ii  stniiiiMil,  sa  iiarnlc;  li's  •'iilrL'unliv, 

II-  I  \  I  'I.'i 

h.'i     ilii  lu.   inlciirii.  pli"!"  coiiiiin'  Ullf  faux. 

r.lou.Mi),  '••  <l«N  «l''ii\  <:iMircs.  —   Voij.  rwntno. 

r,uMi..M»-coucho,  s.  f.  r.iiiss»^-i;oULl)f^;  a\nri.'i]it'iil  ; 
Il .  Mii.  li.'iiM'iil  [iri'iiialun''. 

l'.iou.sso-iiiouncdo ,    .V.    /'.    Faiis</'-in<iiiiiaiL';    iii'iimaio 

(  I  ilil  I  ri.i  l|r. 

ràousso-quuïo,  s.  f.  Oui'in'  pnslii'iie;  all'iiiijr'  dime 
<|iii  iir  (II-  r|i('\cu\,  Inil  l'ii  usa>;t"'  p-tiir  li's  iKHiiiHt'S,  ijiiaiiil 
il  ri.iii  lie  !)tiii  inii  cl  (!♦'  iiKulc  do  poiij'r  la  qu<'U''.  »'l  un 
pniiii  il.' \.iiiili'  (h'  la  poiltM"  lou.L'iKM'l  fniuiiio  :  aiijnunrimi 
les  h'iiiiiifs  usciil  lurt  ilu  iiiiii  cl  dr  la  chose  :\\rc  raiiipli- 
hiiir  ijf  It  iii>  cfii-juniis.  Au  j<'u  dv  liillanl,  i"aus>e  (jucue. 

Fâousso-sièfro ,  .v.  /".  Snus-viMiliicre  «ruii  olif;\al  (I(î 
r.liarr<-U'',  «pli  est  la  cnnlro-parlif  de  la  Slcfro  .'V.  c.  m.,. 
Dans  |i'  l.diLauc  usiirl  des  clianvliiTs,  on  la  nomnio  siin- 
pl«'ti)»'nl  la  Fâfiusso. 

Fàoutèrno,  s.  /'.  «m  Pantèrno.  Arislnldclic  chainpèire, 
Arixinioclnd  cleitidtttis,  Ljnn.,  j)lanl«'  de  la  fani.  des  Aris- 
l<)|(»i-|p\s,  i"nri  coiniaunedans  nos  vii!in's,  et  cpii,  dil-nn,  Inrs- 
qu'ellt'  n'esl  pas  extirpi'O  a\(V  soni,  cnniiiiunii[uc  au  vin 
une  sa\»'ur  auièn'  cl  di'sa;:iv;ilile.  —  Otniiin'  nous  m*  lai- 
sons  i)as  ici  un  cours  de  l)(jlani({ue  inrdicale,  nous  nous 
abstiendrons,  conuin'  [nui*  luules  ses  so'urs,  d'cnuiii'''r<'r 
ses  verlu>  cuialivcs  qui  j)araissenl  m.iiilnvusi's. 

Son  nnin,  d'.iprcs  Sau\a,L't\s,  <'sl  fdiiur  dune  des  appel- 
lations lalin<  >  «jue  |;i  nomenclature  lui  dmnie,  Fel  tenir, 
fiel  de  la  terre,  a  cause  de  sa  gninde  aiiiertuine. 

Fàouto,  s.  f.  lauli^  niainiueiiiciit  contre  une  loi,  une 
n'|ile;  iiiip'Tlection,  iuan(iue  ;  alisence  de  juiieinent,  d'or- 
dre, d  éc mnijjie;  nialadre^se.  sottise,  hèlise,  imprudence,  im- 
prévoyance.—  S^  [uvnd  snu\cnlad\erl)ialemenl  pour  mar- 
quer la  pri\alion,  le  rnantpie.  Aï /u  la  fàoitlo,  f^rai la  ]nni- 
(enço,  j'ai  commis  la  faute,  jo  ferai  la  pénitence,  je  la  répa- 
rerai. i:5  (II!  ma  jYunttu,  c'est  ma  faute,  laid  pis  pour  moi. 
Vendrai  sans  frt(nil'>,  je  viendrai  sans  mainjut^r.  A"5  jnort 
fdouta  (le  jnt'nc,  il  est  Miorl  d'inanition,  faute  do  soutenir 
ses  forces  {Kirune  nourriture  (iuelcon(iue.  Te  vàou  mètre  en 
fâonla ,  je  vais  le  niellre  dans  Ion  tort.  Àqnel  home  /ara 
bien  ftïoulo,  la  mort  do  cel  lioninie  fera  un  ^v\\\d  vide  dans 
sa  famille. 

I)ér.  du  lai.  Fallere,  marupier. 

Fàoutul,  v.  m.  Dim.  Fàoululc;  péj.  Fàoutalas.  Fauteuil  ; 
siège  l'i  bras  avec  un  dossier. 

Corrnpt.  du  fr. 

Faquin,  quino,  adj.  m.  et  f.  Pctit-maitre ;  élégant; 
reclierché  dans  sa  mise. 

Ce  mot  est  un  emprunt  évident  au  fr.;  mais  avec  un 
singulier  adoucissement  de  signification . 


Faquino,  s.  /".  liedinjdte.  \ élément.  —  Ne  se  dit  que 
d'un  lialiit  un  [)eu  fnn,LMnt.  d'un  liabit  de  dimanche:  c'est 
le  cnsiu:i;e  a  peu  pre>  liai'ill''.  Mais  le  languedocien  l'eiii- 
l)l')ie  dans  un  sens  iruni(jii\  OMiiiiie  pour  se  moquer  d'un 
artisan  endiiiianchè,  qui  S'jrl  du  c<'Slume  ordinaire  do  sa 
classe. 

Fara,  farado,  iidj.  m.  et  f.  Qui  a  le  teint  Irès-rougo; 
haut  en  c«»uli'ur.  Au  llg.  elV.iiv;  animé. 

Vieillirait  il  de  lùuo,  ou  bien  peut-être  du  lai.  Fera, 
bêle  l'au\e.  exprimant  Inuie  l'extension  du  sens? 

Faragousto,  s.  /".,  (»u  Chabrolo.  FrandKtise,  fruit  du 
fraiiibnisier.  —  (]('  nom  n'est  pas  usuel  dans  nos  plaines 
«»ù  la  Iraijibnise  est  rare  et  exotique;  il  lui  est  donné  dans 
les  hautes  Cé\iMnes  ou  le  framliviisier  vient  spontanéuient 
dans  les  lnii>.  —  V<nj.  Chabrolo. 

Dér.  du  lat.  Fla^rare,  sentir  bnii. 

Farandèl,  èlo,  adj.  Péj.  Farandelas.  Niguedouille;  dé- 
gin^'andé;  sans  tournure,  sans  manières;  gauche  et  décon- 
ti'iiancé;  sans  gène  et  un  })eu  niais. 

Farandouna,  r.  Danser,  sautt'r  la  farandole. 

Farandouno,  .v.  /'.  Farandole,  sorte  de  danse  d'origine 
provençale  :  c'e.st  une  hjiigue  lile  de  jeunes  gens  des  deux 
sexes  qui  se  tiennent  par  la  main,  ou  plutôt  par  le  bout 
d'un  niouehoir.  et  sautent  en  cadence  par  les  rues  et  les 
champs,  au  son  du  tambourin,  en  exécutant  mille  ligures 
et  [)asses  (Ulférentes.  C'était  surtout  dans  les  réjtuiissances 
piibliijues  et  politiques  «jne  cette  danse  avait  lieu.  L'usage 
s'en  piM'd  aujourd'hui  et  pour  cause. 

La  racine  de  ce  mot  parait  être  le  vieux  lang.  Faro, 
phare,  torche,  brandon,  ])arce  que  proljablement  celte 
dans-'  s'exi'culait  jadis  aux  IVimbeaiix,  ou  (juc  les  acteurs 
portaient  un  brandon.  Le  fr.  nous  a  évidemment  eirjpnuité 
ce  m<»l  (ju'il  a  accommodé  au  génie  de  sa  prononciation. 
L'étynio|o^-ie  du  gr.  d'âAay;,  phalange,  et  Aojao;,  esclave, 
assujéli,  parce  (im^  la  Farandouno  ou  Faran'Ioulo  repré- 
senle  une  troupe  de  danseurs  liés  cnsemLle,  a  été  aussi 
propo>ée.  Nous  la  relevons  pour  ne  rien  laisser  jjerdre. 

Farcéja,  v.  frécp  Faire  des  farces;  folâtrer;  faire  le  badin, 
le  railleur;  faire  îles  niches  boullonnes. 

Farcéjaïre,  aïro,  adj.  Farceur;  jovial;  qui  aime  à  faire 
ou  à  dire  îles  farces.  —  11  a  un  sens  un  j)eu  plus  étendu 
que  Farceur  y  dont  il  est  en  i[iieli|ue  sorte  l'augm.,  et  ne  se 
prend  d'ailleurs  ipi'en  bonne  jiart. 

Farci,  r.  Farcir;  bourrer;  gorger;  remplir  jusqu'aux 
bords;  remplir  dun  liachis. 

Dér,  du  lat.  Farcire,  m.  sigii. 

Farço,  s.  f.  Farce,  bouiîonnerie,  niche;  plaisanteries.— 
Mélange  de  viande  hachée  menu,  avec  ou  sans  herbes. 
—  On  le  dirait  pris  adjectivement  dans  ces  locutions  : 
Aquos  bien  farço,  c'est  bien  drôle,  bien  plaisant.  Que  siès 
farço,  peraqudJ  Pourtant,  que  tu  es  plaisant,  comique  I 

Dans  la  premier 3  acception,  l'étym.  du  lat.  Farstim, 
supin  de  Farcire,  farcir,  est  aussi  certaine  que  dans  la 
seconde.  La  bass.  lat.  avait  fait  le  mot  Fana,  tiré  da 


FAR 


FAR 


339 


même  verbe,  pour  désigner  certaines  pièces  dramatiques 
où  se  mêlaient  non -seulement  les  lazzis  burlesques  et  les 
facéties  les  plus  hasardées,  mais  aussi  toute  sorte  de  lan- 
gages et  d'idiomes.  C'étaient  là  des  pièces  qu'on  appelait 
farcies,  par  ressemblance  et  par  comparaison  avec  les  pièces 
de  cuisine  dans  le  hachis  desquelles  entre  un  peu  de  tout. 
De  là  le  rapprochement  des  deux  mots  et  des  deux  sens. 

Farcin,  s.  m.  Farcin,  maladie  cutanée  des  chevaux. 

Dér.  du  lat.  Farciminum,  m.  sign. 

Farçnr,  çurdo,  adj.  Farceur;  plaisant;  bouffon;  qui 
aime  à  Caire  des  farces. 

Farda,  v.  Habiller;  équiper;  parer;  ajuster;  faire  enra- 
ger; frissonner. 

Se  farda,  mettre  ses  habits  de  dimanche;  s'atifer;  soi- 
gner sa  mise;  se  laver  la  figure  comme  font  les  chats  qui 
se  débarbouillent  le  museau  du  bout  de  leur  patte. 

Ce  dernier  sens  du  v.  est  emprunté  au  fr.,  le  premier 
dérive  de  Fardo», 

Par  une  extension  singulière,  l'idée  du  mot  Fard,  qu'on 
dit  venir  au  reste  du  celtique  ffard,  m.  sign.,  semble  avoir 
déteint  sur  une  signification  du  v.  Farda,  par  exi.  dans 
la  phrase  suivante  très-bien  reçue  :  Aquà  mé  faï  farda, 
cela  me  fait  enrager,  me  met  hors  des  gonds.  Il  est  évident 
que  c'est  le  ronge  de  la  colère  qui  monte  an  visage.  Cette 
association  d'idées  et  de  mots  est  curieuse. 

Fardétos,  s.  f.  plur.  Layette,  trousseau  d'un  enfant  nou- 
veau-né; linge,  lange,  maillot,  béguins,  etc. 

Fardos,  s.  f.  jdur.  Bardes  de  toute  espèce,  habits,  linge, 
robes;  bagage;  trousseau  d'une  nouvelle  mariée.  —  Éj- 
youiia  la$  fardoi,  au  fig.  secouer  les  puces,  étriller  quel- 
qu'un. 

Ce  mot  parait  emprunté  au  fr.  Bardes,  en  changeant 
B  en  F,  métaplasme  fréquent  dans  le  dialecte  gascon, 
ainsi  que  le  vice-versà. 

Farèlo,  s.  f.  dim.  Petite  tour.  —  Voy.  Faro. 

Farfantaîre,  s.  m.  Charlatan;  batteleur;  tout  individu 
de  cette  gent  nomade,  qui  hante  les  foires  et  les  places 
publiques  pour  montrer  un  spectacle  quelconque. 

Ce  mot  est  sans  doute  un  réduplicatif  formé  du  lat.  Fari, 
parler,  donnant  au  part.  prés,  inusité  Fans,  fantis,  comme 
pour  désigner  un  grand  parleur,  un  braillard.  L'ital.  Far- 
fimte,  qui  signifie  fripon,  doit  avoir  la  même  origine. 
Comme  en  fr.  juif  est  synonyme  d'usurier,  en  ital.  char- 
latan peut  bien  s'étendre  à  fripon,  faiseur  de  dupes. 

Faiianté]a,  v.  fréq.  Faire  le  charlatan,  l'empirique; 
hàbler;  faire  le  discoureur. 

Farfantèlo,  s,  /*.  Berlue,  éblouissement  passager,  qui 
semble  faire  danser  et  sautiller  les  objets  devant  les  yeux. 
—  Mous  ièls  mé  fan  farfantèlo,  j'ai  la  berlue,  j'éprouve 
un  éblouissement. 

n  n'est  pas  impossible  que  ce  mot  vienne  de  Fatfan- 
taire,  ou  du  moins  qu'il  ait  une  racine  commune  avec  lui; 
cet  éblouissement  étant  pareil  à  celui  que  procurent  cer- 
tains empiriques  qui  font  voir  les  objets  différents  de  ce 


qu'ils  sont  au  naturel  au  moyen  de  quelque  procédé  phy- 
sique et  que  le  vulgaire  appelle  la  poudre  de  perlinpinpin. 
Dans  ce  pays  on  appelle  l'action  de  sortilège  Émbloui, 
éblouir.  Dans  cette  hypothèse,  Farfantèlo  aurait  été  l'é- 
blouissement  fantastique  produit  par  le  charlatan  Farfan- 
taîre; et  son  acception  se  serait  plus  tard  élargie. 

Fargnè,  fargnèîro,  adj.  Qui  sert  à  la  farine.  —  Sa 
fargnè,  sac  à  farine. 

Faribole,  5.  f.  Faribole;  parole  légère  et  oiseuse;  choses 
vaines  et  frivoles r  niaiserie;  sornettes. 

Dér.  du  lat.  Fari,  parler,  et  BuUa,  bulle  de  savon. 

Faribouléja,  v,  fréq.  Dire  des  fariboles;  s'amuser  de 
niaiseries;  folâtrer:  fariboler. 

Farignèîro,  s.  f.  Grande  caisse,  coffre  à  tenir  la  pro- 
vision de  farine  et  de  blé  suivant  le  cas. 

Farinèl,  èlo,  adj.  Dim.  Farinélé;  péj.  Farinélas.  Fari- 
neux; de  la  nature  de  la  farine;  blafard.  Au  fig.  niais, 
niguedouille,  Gille,  Jean-farine.  —  Péro  farinèHo,  poire  de 
la  vallée,  espèce  à  pulpe  grossière,  âpre  et  farineuse. 

Son  acception  figurée  vient  évidemment  de  l'usage  admis 
dans  la  comédie  italienne  de  barbouiller  de  farine  la  figure 
des  pierrots  et  des  gilles. 

Farinéto,  j.  f  Bouillie  faite  de  farine  de  maïs,  assai- 
sonnée d'huile,  quelquefois  de  sel  seulement,  comme  la 
Polenta  des  Italiens. 

Farino,  f .  f.  Farine,  grain  réduit  en  poudre,  principa- 
lement pour  faire  le  pain.  —  Passa  la  farino,  bluter, 
sasser  la  farine. 

Dér.  du  lat.  Far,  farts,  nom  d'une  sorte  de  blé  qu'on 
employa  d'abord  pour  faire  de  la  farine. 

Farlcquo,  *.  f.  Faribole.  —  Toy.  Faribolo. 

Dér.  du  lat.  Fart  et  Loqui,  m.  sign.  redoublés  l'un  et 
l'autre  :  parler. 

Farlnqné,  qaéto,  adj.  Freluquet;  petit-maitre,  petite- 
maitresse. 

Emp.  au  fr. 

Fama,  s.  m.  Breuvage  épaissi  par  la  farine,  surtout 
par  la  farine  de  châtaignes  blanches,  dont  on  empâte  les 
porcs  que  l'on  engraisse;  bnvée  de  farine. 

Famoùs,  ouso,  odj.,  au  plur.  Famouses.  Dim.  Far- 
nousé;  péj.  Famousas.  Blanc  de  farine;  sali  par  de  la 
farine,  comme  un  sac  ou  l'habit  d'un  meunier;  couvert  de 
farine.  —  Èndèrvi  famaits,  dartre  farineuse. 

Lorsque  les  vers-à-soie  sortent  de  leurs  mues,  leur  nou- 
velle peau  est  plissée,  blafarde  et  d'une  couleur  farineuse. 
Cette  dernière  qualité  est  un  signe  de  santé;  au  conlraiie 
une  peau  lisse,  tendue  et  luisante,  dénote  une  constitution 
adémateuse  qui  tourne  bientôt  à  la  dissolution.  C'est  donc 
très-bon  signe  quand  Imts  magnas  sortou  toutes  famouses. 

Faro,  s.  f.  du  vieux  lang.  Dim.  Faréto,  Phare;  tour  de 
signal.  —  Le  Languedoc  était  semé  de  ces  tourelles,  qm 
étaient  destinées  à  prévenir  le  pays  de  l'approche  de  l'en- 
nemi. Vers  le  milieu  du  XI V«  siècle,  et  durant  la  captiTité 
du  roi  Jean,  le  vicomte  de  Narbonne,  capitaine  général  de 


340 


FAT 


FAT 


la  Langae  d'Oc,  fit  coastniire  un  grand  nombre  de  ces 
tours  dont  quelques-unes  subsistent  encore  et  ne  parais- 
sent pas,  par  leur  isolement,  avoir  servi  à  d'autres  usages. 

Beaucoup  de  noms  pr.  de  lieux  et  de  personnes  ont  con- 
servé ce  nom,  et  même  son  diminutif  :  La  Fare,  La  Farelle 
avec  ou  sans  l'article. 

Dér.  du  gr.  4>dlpoç,  nom  d'une  ile  d'Egypte  proche  d'A- 
lexandrie, où  Ptolémée  Pbiladclphe  fit  élever  une  tour 
servant  de  phare,  qui  prit  le  nom  de  l'île  et  fut  classée  au 
nombre  des  sept  merveilles  du  monde.    • 

Faro,  s.  f.  Figure  rubiconde;  face  enluminée;  visage 
réjoui,  haut  en  couleurs . 

Dér.  de  Fara,  adj. 

Farô,  roto,  adj.  Dim.  Farouté.  Quia  une  mise  élégante, 
à  la  mode  ;  élégant  d'une  toilette  campagnarde  ;  petit  maitre 
de  campagne,  endimanché. 

Farouche,  5.  m.  Trèfle  à  fleur  pourpre,  Trifolium 
rubens,  Linn.  Plante  de  la  fam.  des  Légumineuses;  bon 
fourrage  artificiel. 

Ce  mot  est  probablement  une  altération  de  Farouge, 
venant  de  Farrago,  foin  sauvage,  donnant  Féraje, 

Fartaia,  v.  Cueillir  et  parer  les  herbages,  les  légumes 
verts  d'un  potager  ;  les  laver  et  les  disposer  pour  la  vente. 

Fartaïo,  s.  f.  Herbes;  réunion  de  plusieurs  sortes  d'her- 
bes et  de  légumes  verts;  jardinage.  —  Ne  s'emploie  que 
relativement  à  la  vente  de  ces  mêmes  objets,  ou  à  leur 
consommation  dans  une  ferme  ou  un  ménage.  Par  ext.  on 
l'applique  à  la  réunion  de  toute  sorte  de  menus  ustensiles 
en  bon  et  mauvais  état  et  pris  collectivement. 

Au  sens  positif,  ce  mot  est  le  même  que  Hourtoulato, 
que  nous  employons  indifféremment  ;  mais  ils  ont  dû  ap- 
partenir à  deux  dialectes  différents.  L'un  et  l'autre  ont 
leur  racine  dans  le  lat.  Hortus  :  les  changements  de  J7  en 
F,  comme  nous  l'avons  remarqué,  étant  très-communs  et 
dans  le  génie  propre  du  dialecte  gascon  proprement  dit. 

Fasti,  «.  m.  Dégoût;  répugnance.  —  N'est  guère  em- 
I^oyé  que  dans  la  phrase  suivante  :  Faï  vénï  lou  fasti,  ou 
dono  lou  fasti,  cela  est  dégoûtant,  cela  soulève  le  cœur. 

Dér.  du  lat.  Fastidiutn,  m.  sign. 

Fasti,  V.  Dégoûter;  répugner;  causer  de  l'aversion,  de 
l'horreur,  de  la  répulsion.  —  11  a  un  peu  plus  d'extension 
que  le  subst.  précédent,  dont  il  n'est  que  le  composé ,  et 
signifie  au  besoin  :  indigner,  exciter  le  mépris.  —  Aquà 
mé  faï  fastï,  cela  me  répugne.  Lèvo-té  d'aqui  que  fou  fa$H, 
va  t'en,  ta  fais  peur  et  horreur.  On  dit  proverbialement  : 
Aquà  fat  fastï  et  régoulije,  cela  soulève  le  cœur,  lorsqu'une 
personne  se  conduit  ridiculement,  ou  qu'elle  veut  prendre 
des  airs  qui  ne  conviennent  ni  à  son  rang  ni  à  sa  fortune. 

n  n'est  pas  nécessaire  de  faire  remarquer  le  déplacement 
de  la  syllabe  tonique  dans  le  substantif  et  dans  le  verbe, 
l'un  sans  accent  sur  l't  final,  l'autre  portant  l'accent  grave, 
qui  a  pour  effet  immédiat  à  la  prononciation  de  rendre 
brève  ici  la  première  syllabe,  et  là  de  la  faire  longue. 

Faftigoùa,  (mso,  adj.  Au  plur.  Foitigouses,  Fastidieux; 


dégoûtant;  ennuyeux;  importun.  —  Se  dit  d'un  mets  trop 
gras  ou  trop  sucré;  même  d'une  t^rre  trop  humide  ou  trop 
molle  pour  pouvoir  être  travaillée. 

Fata,  V.  Envelopper  d'un  linge  ;  faire  une  poupée  à  un 
doigt  qui  a  quelque  bobo;  étouper,  calfater,  étancher  une 
futaille  qui  fuit. 

Dér.  de  Fato. 

Fataïre,  aîro,  j.  et  adj.  Chiffonnier;  crieur  de  vieux 
drapeaux,  de  chiffons  ;  qui  les  achète  pour  les  revendre  aux 
papetiers.  —  Bada  coumo  un  fatdire,  crier  comme  un 
aveugle,  parce  que  les  chiffonniers  font  leurs  criées  à  grands 
éclats  de  voix,  quand  ils  crient  par  les  rues  :  Dé  fatos,  dé 
fère  vièl,  dé  véHre  rou. 

Fatamol,  s.  m.  Laurier-thym.  — Voy.  Eavétoii. 

Fatéto,  5.  f.  Dim.  de  Fato.  Petit  chiffon.  C'est  aussi  le 
pécule  secret  d'une  femme,  ramassé  à  l'insudu  mari,  parce 
que  d'ordinaire  elle  le  cache  dans  un  peloton  de  chiffons, 
afin  que  si  on  le  découvre  on  ne  se  doute  guère  du  magot 
qu'il  renferme.  —  Amaisa  sas  fatétos,  faire  son  paquet,  et 
au  fig.  être  à  l'agonie,  faire  son  paquet  pour  l'autre  monde. 

Fatigo,  s.  f.  Fatigue;  lassitude;  préoccupation.  —  Es 
en  grand' fatigo ,  il  fait  de  grands  préparatifs,  il  est  en 
grand  travail. 

Le  «verbe  est  Afatiga  fV.c.m.),ei  non  Fatiga,  barba- 
risme franchiman. 

Dér.  du  lat.  Fatigatio,  m.  sign. 

Fato,  s.  f.  Dim.  Fatéto.  En  provençal,  on  dit  PcUo,  qui 
est  aussi,  dans  quelques-uns  de  nos  cantons  cévenols,  adopté 
comme  variante.  Chiffon;  vieux  drapeau;  linge  à  panser 
une  plaie;  petits  coupons  d'étoffe  dont  les  enfants  habillent 
leur  poupée.  —  Fato  dé  magnaguiè,  nouet  ou  sachet  de 
magnassier  :  petit  sac  où  l'on  tient  au  large  la  graine  du 
ver-à-soie  pendant  la  couvée.  On  en  emploie  un  grand 
nombre  pour  que  la  graine  soit  plus  divisée,  et  qu'il  soit 
plus  facile  en  la  remuant  souvent  de  la  faire  participer 
également  à  un  même  degré  de  chaleur.  On  ne  met  guère 
que  deux  onces  de  graine  par  chaque  sachet.  Acampa  êas 
fatos,  ramasser  ses  guenilles.  A  dé  mans  dé  fato,  il  a  des 
mains  de  beurre  ;  tout  lui  échappe  des  mains.  Es  un  hom^ 
dé  fato,  c'est  un  homme  délaissé,  sans  force,  sans  courage. 
A  toujour  uno  fato  que  trémpo,  l'âoutro  que  se  bagno,  il  est 
toujours  empêtré  ;  il  trouve  des  anicroches  à  tout  ;  il   n'a 
jamais  le  temps  de  rien.  A  pér  dous  iars  dé  mdou,  pér  dnq 
sôous  dé  foUo,  il  fait  grand  bruit  pour  peu  de  mal.  Fafo 
erémado,  linge  brûlé,  de  la  mèche,  sur  laquelle  on  bat  le 
briquet  pour  avoir  du  feu.  Fato-bruto,  jeu  innocent*   où 
celui  qui  cherche  un  objet  on  un  gage  caché,  est  dirigé 
par  un  des  joueurs  en  suivant  l'indication  fàto-bruio,  oa 
bruh  pas,  suivant  qu'il  approche  ou  s'éloigne  du   bat» 
jusqu'à  ce  qu'il  l'ait  découvert . 

Chaquo  fato  a  soun  sén  :  dicton  qui  revient  trop  souvent 
pour  mériter  une  explication.  Le  mot  à  mot  est  :  chaque 
chiffon  a  son  sens;  la  signification  :  rien  ne  se  fait  sans 
motif,  tout  à  un  secret  motif;  et  cela  se  dit  quand  00  voit 


FAT 


FAV 


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quelqu'un  faire  quelque  chose  dont  on  ne  saisit  pas  bien 
la  portée. 

Si  Ton  pouvait  supposer  que  le  mot  Fato,  à  cause  de  sa 
grande  ressemblance  de  confîguration,vient  du  lat.  Fatum, 
l'antique  Destin,  formé  lui-même  de  Fart,  parce  qu*il  était 
fort  bavard,  on  dirait  que  ses  oiacles  qui  avaient  le  même 
nom,  Fata,  et  dont  il  s'agirait  ici,  quelque  obscurs  qu'ils 
fussent  d'habitude,  n'en  avaient  pas  moins  un  sens,  une 
signification  ;  car  le  Destin  ne  parlait  pas  pour  ne  rien  dire  : 
alors  l'êtymologie  serait  toute  trouvée,  et  elle  sonnerait 
assez  bien  ;  mais  Fato  n'a  pas  de  si  hautes  prétentions  :  les 
modestes  industriels,  Fataïres,  qui  crient  dans  nos  rues  le 
chant  qu'on  sait,  ne  débitent  point  d'oracles,  pas  même 
la  bonne  aventure,  et  leur  inharmonieuse  mélopée  avertit 
seulement  qu'ils  achètent  des  guenilles,  du  vieux  fer  et  du 
verre  cassé.  Prenons  donc  Fato  dans  son  humble  condition, 
sans  nous  occuper  de  son  étymologie,  qui  n'est  nullement 
nécessaire  pour  expliquer  notre  dicton. 

Un  chiffon,  —  je  ne  parle  pas  de  ceux  auxquels  les 
dames  attachent  si  justement  une  grande  importance, —  un 
chiffon  ordinaire  est  de  bien  mince  valeur,  sans  impor- 
tance aucune,  une  vétille,  un  rien,  et  qui  dit  l'un  dit  l'au- 
tre. Chaquo  fato  a  soun  tén  doit  donc  s'interpréter,  se 
traduire  ainsi  :  la  moindre  chose  a  sa  portée,  la  plus  futile 
en  apparence  peut  avoir  et  a  souvent  son  utilité.  Suit  le 
commentaire  ;  vous  ne  comprenez  pas  ce  que  je  fais,  ni 
pourquoi  je  le  fais;  vous  le  jugez  insignifiant  et  inutile, 
mais  dans  une  afiaire,  aucun  détail  ne  doit  être  négligé 
pour  la  faire  réussir,  tout  concourt  à  l'ensemble,  tout  con- 
tribue à  la  faire  marcher  :  une  montre  s'arrêterait  si  la  plus 
petite  aiguille  n'était  pas  à  sa  place  :  Chaquo  fato  a  soun  aén. 

Quant  à  la  dérivation  du  mot,  nous  sommes  fort  tenté 
de  considérer  Fato  comme  une  corruption  de  Pato,  et 
celui-ci  comme  de  même  origine  que  l'anglais  Patch,  pièce, 
morceau.  Il  en  est  de  même  du  mot  Pétas  qui  est  évidem- 
ment de  la  même  famille  et  que  le  fr.  nous  a  à  coup  sûr 
emprunté  comme  racine  du  verbe  Rapetasser.  Cet  emprunt 
ne  peut  être  douteux  pour  nous  qui  connaissons  le  mot 
Pétas  et  qui  ne  pouvons  faire  aucun  état  des  étymologies 
qui  prétendent  faire  descendre  Rapetasser  du  gr.  Pdbciciv, 
coudre,  ravauder,  rapiécer.  Il  nous  semble  donc  plus  ra- 
tionnel de  croire  Polo  formé  d'une  racine  commune  avec 
l'anglais  Paieh,  Après  cela,  les  uns  et  les  autres  pourraient 
bien  venir  vraiment  du  gr.  noréiv,  fouler  aux  pieds,  d'où 
ndtv)(&a,  chose  vile  et  abjecte,  sans  consistance,  comme  un 
diiffon,  une  guenille,  du  vieux  linge. 

Fatoù,  «.  m.  Facteur  de  la  poste;  facteur  de  camion, 
de  roulage;  agent;  intendant. 

Emp.  an  fr. 

Fatras,  s  .m.  Dim.  Fatrassoà.  Mauvaise  pièce  de  linge  ; 
gnode  loque  déchirée,  mise  en  pièces;  écouvillon  de  four 
de  boidaoger;  haillon.  Au  fig.  avec  le  sens  à  peu  prés  du 
fr.,  diiffon,  personne  mal  mise,  mal  tenue;  indolente; 
malingre. 


Ce  mot  est  un  augm.  de  Fato,  et  il  est  probable  que 
c'est  de  lui  que  s'est  formé  le  mot  fr.  Fatras,  quoiqu'il 
ait  aujourd'hui  une  signification  plus  métaphorique. 

Fatrassado,  s.  f.  Tas  de  vieux  haillons,  de  vieilles  bar- 
des, de  loques  usées,  en  lambeaux.  Par  ext.  quantité  con- 
sidérable d'objets  réunis  pêle-mêle,  en  désordre.  —  Fatras- 
sado dé  papiès,  gros  fatras  de  paperasses.  Fatrassado  d'hèr- 
bos,  brassée  d'herbes. 

Fatrassariè,  s.  f.  Fatrasserie;  médisance;  niaiseries; 
tracasserie;  le  défaut  d'un  tatillon,  d'un  homme  qui  se 
mêle  de  tout  ce  qui  ne  le  regarde  pas. 

Ce  mot,  ainsi  que  les  deux  suivants,  nous  viennent  du 
fr.  Fatras,  qui  lui-même  est  emprunté  à  notre  idiome. 

Fatrasséja,  v.  fréq.  Baguenauder;  dire  des  niaiseries; 
semer  des  cancans  ;  faire  des  paquets  ;  s'occuper  beaucoup 
des  autres  dans  ses  propos;  mettre  la  main  à  tout,  même 
au  pot  au  feu. 

Fatrassiè,  ièiro,  adj,  Dim.  Fatrassiëiré ;  péj.  Fatras- 
sièïras.  Faiseur  de  paquets;  commère;  cancanier;  chipo- 
tier;  tatillon;  tracassier. 

Fatrimèl,  èlo,  s.  et  adj.  Péj.  Fatrimélas,  Longue  loque 
de  linge  déchirée  ;  hanle  quelconque  en  lambeaux  et  qui 
perce  de  tous  côtés;  dégingandé,  mal  vêtu;  mou,  indolent, 
avachi. 

C'est  l'augm.  de  Fatras,  au  pr.  et  au  fig.,  qui  même  par- 
ticipe un  peu  quelquefois  au  sens  de  Fatrassiè,  toutes  ces 
significations  se  ressentant  les  unes  des  autres  par  com- 
munauté d'origine. 

Favarôoiu,  «.  m.  plur.  Fèves  sèches  de  haricots  dits 
mounjétos.  —  Voy.  c.  m. 

Favédo,  n.  pr,  masculin  ou  féminin,  suivant  qu'il  est 
porté  par  un  homme  ou  qu'il  s'applique  à  une  localité,  et 
fort  usité  dans  notre  pays  :  en  fr.  traduit  par  Favède  ou 
La  Favéde, 

Ses  analogues  se  trouvent  dans  Fabiargue,  Fabiargues, 
hameau  de  la  commmie  de  Samt-Ambroix  (Gard),  dit  Fa- 
bayranieœ,  en  4345,  par  une  transformation  de  désinence 
dont  nous  avons  cité  beaucoup  d'exemples;  et  dans  les  n. 
pr.  d'homme,  Fabier,  Favier;  et  de  lieux.  Le  Favarol  et 
Le  Faveirol,  ruisseaux,  FaveiroUes,  hameau,  commune  de 
Saint-Marcel  deFontfouillouse;  Favet,  commune  d'Aigues- 
mortes  ;  Favier,  de  Saint- André  de  Majencoules  ;  Les  Fa- 
vières,  de  la  Rouvière  ;  auxquels  la  différence  des  suflixes 
n'a  point  enlevé  les  signes  de  parenté  qui  les  font  tous  re- 
monter à  la  même  souche.  Ici  la  forme  du  suffixe  de  col- 
lectivité Èdo  est  parfaitement  saisissable,  pour  indiquer 
un  champ  de  fèves.  —  Voy,  Édo,  suffixe,  et  passim. 

FaTéloù  ou  Fatamol  ou  Tassignè,  s,  m.  Laurier-thym, 
Viorne-laurier- thy m ,  Vibumum  tinus,  Linn.  Arbrisseau 
de  la  fam.  des  Caprifoliacées,  commun  dans  nos  jardins, 
toujours  vert,  donnant  des  fleurs  vers  la  fin  de  l'hiver. 

Favéto,  s.  f.  Fèverolle,  gesse  tubéreuse,  Juithyrus  tube- 
rcsus,  Linn.  Plante  de  la  fam.  des  Légumineuses;  petite  fève. 

Dim.  de  Favo, 


942 


FAV 


FE 


Favièîro,  s.  f.  Champ  semé  de  fèves,  abondant  en  fèves. 

Dér.  de  Favo,  avec  le  suffixe  collectif  tAro.  —  Voy.  Fa- 
védo. 

FaTiôon,  j.  m.  Dim.  Fawoulé.  Haricot,  Phaseolui,  Linn. 
Plante  de  la  fam.  des  Légumineuses. 

Faviôou  est  le  nom  générique  qui  s'applique  à  plusieurs 
variétés  et  espèces  :  lou  faviôou  rouje,  dont  la  plante  n*est 
pas  grimpante  et  qui  forme  les  meilleurs  haricots  en  vert; 
ias  mounjétoi,  haricot  blanc  ou  haricot  proprement  dit; 
faviôous  garèls,  le  haricot  bigarré,  grossier  à  manger  en 
fève,  mais  en  très-grande  estime  à  la  campagne,  parce  qu'il 
produit  énormément  en  vert;  faviôous  prountes,  haricots 
hâtifs,  qui  donnent  des  cosses  bonnes  à  manger  au  bout  de 
quarante  jours  après  la  semaille  :  ils  sont  de  couleur  olive, 
ronx  et  aplatis  par  les  bouts;  fmviôoui  sans  fiou,  ainsi 
nommés  parce  que  la  cosse  n*a  pas  comme  dans  les  autres 
espèces  une  fibre  épaisse  et  dure  sur  la  jointure  de  la  cosse, 
ce  qui  les  rend  plus  délicats  en  vert  :  leitr  fève  est  peu 
estimée. 

Au  fig.  Faviôou,  qui  s'adjective  très-bien  en  Faviolo, 
signifie  :  nigaud,  benêt,  niais,  imbécile,  simple. 

Dér.  de  Favo,  dont  il  est  un  dim.  et  une  variété. 

Favo,  s.  f.  Dim.  Favéto;  péj.  Favasso.  Fève,  fève  des 
marais,  Vicia  faba,  Linn.  Plante  de  la  fam.  des  Légumi- 
neuses. —  Manjo'foLvos,  bredouillenr,  qui  a  toujours  la 
bouche  empâtée.  Ai  ou  avès  prou  manja  dé  fàvos,  est  un 
de  ces  dictons  qui  se  répètent  à  chaque  instant,  qui  se 
comprennent  aussi  vite,  mais  dont  Torigine  n'est  pas  facile 
â  trouver.  Dans  le  jeu  que  nous  entreprenons  à  la  piste 
des  origines,  —  je  suppose  la  partie  acceptée  —  plus  d'une 
fois,  après  avoir  longtemps  et  vainement  cherché  une 
énigme  qu'on  appelle  étymologie,  il  m'arrivera  de  dire,  si 
je  ne  l'ai  déjà  fait  trop  souvent,  non  point  je  jette  ma 
langue  au  chat,  ce  qui  serait  tout  à  fait  la  même  chose, 
mais  aï  prou  manja  dé  favos.  Je  crains  même,  sans  aller 
plus  loin,  d'être  obligé  de  le  dire  justement  à  propos  de 
l'origine  de  ce  dicton.  S'il  s'agissait  de  fèves  sèches  et 
crues,  qui  doivent  être  aussi  peu  faciles  à  mâcher,  à  avaler 
et  à  digérer  que  les  pois  de  frère  Tuck,  je  comprendrais 
qu'on  en  eût  bientôt  assez.  Mais  il  n'est  pas  question  dans 
cette  circonstance  de  les  manger  ainsi,  car  on  l'aurait  dit  : 
et  assaisonnées  à  la  manière  ordinaire,  si  je  ne  m'explique 
pas  l'antipathie  de  Pythagore,  je  ne  vois  pas  non  phis  qu'il 
y  ait  à  les  préférer  aux  lentilles  et  aux  haricots.  Il  faut  donc 
chercher  ailleurs  que  dans  nos  potagère,  et  je  pense  qn'une 
locution  vulgaire,  qui  vient  d'être  rappelée,  nous  viendra 
en  aide. 

On  ap;ielle  tnanjo-finos,  mange-fèves,  un  bredouineur, 
celui  qui  en  parlant  semble  avoir  la  bouche  pleine  :  on 
suppose  que  c'est  de  fèves,  crues  cette  fois,  ce  qui  n'est 
pas  commode  pour  bien  articuler.  Or,  on  a  dû  remarquer 
que  si  l'on  donne  un  problème  à  résoudre,  une  charade  à 
deviner,  par  exemple;  1»  chercheur,  machinalement,  tandis 
que  son  esprit  est  occupé  ailleurs,  parle  entre  ses  dents, 


marmotte,  répétant,  scindant,  essayant  d'arranger  des 
chiffres,  des  mots,  et  semble  en  effet  bredouiller  ou  man- 
ger des  fèves.  Un  jour  un  sphinx,  voyant  son  Œdipe  faire 
ainsi,  et  voulant  lui  donner  enfin  le  mot  qu'il  ne  trouvait 
pas,  dut  lui  dire  :  As-tu  assez  mangé  de  fèves,  comme  cela  à 
mâchonnera  vide  entre  les  dents,  â  bredouiller?  El  depuis» 
d'une  manière  générale,  qu'il  y  ait  ou  non  bredouillement. 
As  prou  manja  dé  favos?  signifie  :  as- tu  assez  cherché, 
donnes-tu  ta  langue  au  chat?  et  Ai  prou  manja  dé  favot, 
j'ai  assez  cherché,  je  ne  trouve  pas,  j'y  renonce  ;  dites  ce 
que  c'est.  L'anecdote  s'est  répandue,  et  la  locution  est  restée. 

Dér.  du  lat.  Faba,  m.  sign. 

Favoù,  5.  f.  Faveur;  action,  bienveillance  purement 
gratuite,  en  accordant  à  quelqu'un  plus  qu'il  n'a  mérité. 

Ce  mot  est  un  pur  emprunt  au  fr.  que  notre  langue 
n'admet  qu'assez  difficilement,  et  dont  il  n'est  pas  bon 
d'abuser  :  aussi  a-t-elle  repoussé  le  verbe  et  l'adjectif  com- 
posés. 

Favonii,  s.  et  adj.  m.  Favori. 

C'est  encore  une  exception  franchlmande,  proscrite  an 
fém.,  à  peine  tolérée  au  masc.  dans  le  sens  du  fir. 

Fazéîre,  fazéîro,  adj.  Faiseur;  grand  faiseur;  qui  fait 
et  sait  faire  un  peu  de  tout. 

Dér.  de  Faïre. 

Fazéndos,  s.  f.  plur.  Industrie  ;  savoir-faire.  —  Mol  du 
vieux  lang.  qui  ne  s'est  conservé  que  dans  cette  phrase 
prvb.  assez  souvent  citée  :  Fôou  réndos  ou  fàxéndo»,  il 
faut  être  riche  ou  être  industrieux,  il  faut  avoir  ou  savoir 
faire. 

Dér.  de  Faïre,  ou  du  lat.  Faciendus. 

Fé,  s.  f.  Foi  ;  vertu  théologale,  croyance,  confiance  en 
Dieu;  bonne  foi,  sincérité,  confiance;  croyance.  —  Pér 
ma  fé/  sar  ma  foi  !  T-aï  pas  la  fé,  je  n'y  ai  pas  confiance* 
je  n'en  crois  rien. 

Dér.  du  lat.  Fides,  m.  sign. 

Fé,  f .  m.  Péj.  Fénas,  Foin,  herbe  fauchée  et  séchée,  qui 
sert  à  la  nourriture  des  animaux.  —  Vira  lou  fé,  faner  le 
foin,  le  retourner  avec  la  fourche  pour  le  faire  sédier. 
Cache  pas  lou  fé,  dit-on  d'un  vieux  cheval  qui  se  ùdt 
rosse,  et  n'a  plus  de  dents  pour  mâcher. 

On  remarquera  â  propos  du  rapprochement  de  ces  deux 
mots,  Fé,  foi,  et  Fé,  foin ,  que  les  homonymes  par&its, 
tant  pour  la  prononciation  que  pour  l'orthographe,  sont 
fort  rares  en  languedocien  :  ce  qui  est  une  preuve  de  ri- 
chesse qui  manque  bien  â  son  rival.  —  Quant  an  mot  sui- 
vant, quoique  avec  les  mêmes  lettres,  son  acœnluatioA  le 
distingue  suffisamment. 

Dér.  du  lat.  Fvnum,  m.  sign. 

Fè,«.  m.  Fait;  action;  chose  faite,  accomplie.  —  A^^*t 
%m  fé,  c'est  un  fait,  c'est  évident,  hors  de  doute.  IM  /#,  de 
fait,  par  le  fait,  en  effet.  Pér  fè  d'aquà,  à  l'éganl  de  cela, 
pour  ce  qui  est  de  cela.  En  fè  dé  .,  en  matière  de...  Aqmà'ê 
pdou  fè,  aquà's  piehà  fè,  c'est  une  bagatelle,  mne  véitilUe, 
un  fait  de  peu  d'importance.  Surtout  dans  l'appréoittlioa 


FEG 


FEN 


345 


d'on  marché,  cette  locution  est  fort  employée  :  Âïçd's 
piehd  fè,  c'est  uae  petite'  différence  qui  nous  sépare,  cela 
ne  vaut  pas  la  peine  de  marchander. 

Dér.  du  lat.  Faclum. 

Fàbre,  s.  f.  Fièvre;  mouvement  déréglé,  circulation 
accélérée  du  sang  avec  fréquence  de  pouls,  chaleur  et  fris- 
son.—  Las  fèbrei,  fièvre  intermittente;  accès  de  fièvre. 
TranMa  las  fèhres,  avoir  des  accès  de  fièvre.  Coumo  van 
aquélos  fèbres?  comment  va  cette  fièvre?  dit-on  familière- 
ment et  par  antiphrase  à  une  personne  très-fraiche  et  d'une 
santé  inconteslahle.  Fèbre  gdioufardo,  fièvre  goulue  est  une 
expression  prvb.  de  même  nature  que  la  précédente,  et  qui 
a  la  même  portée.  Toumba  dé  fèbre  en  mâou  câou,  prvb., 
tomber  de  fièvre  en  chaud  mal,  de  Carybde  en  Scylla. 

Dér.  du  lat.  Febris,  m.  sign. 

Fébriè,  5.  m.  Février,  second  mois  de  Tannée,  composé 
de  28  jours,  et  de  29  dans  les  années  bissextiles.  —  Miè 
fébriè,  journâou  éntiè,  prvb.,  à  la  mi-février,  la  journée 
d'un  journalier  est  entière,  c.-à-d.  que  les  jours  sont  assez 
longs  pour  pouvoir  remplir  sa  journée  autant  qu'en  été  et 
au  printemps,  époque  où  s'il  travaille  plus  longtemps,  le 
nombre  des  repas,  des  repos  et  la  sieste  compensent  la  lon- 
gueur du  temps. 

Dér.  du  lat.  Februarius,  m.  sign. 

Fébroùs,  onso,  adj.  Fiévreux,  tant  pour  les  personnes 
qui  ont  la  fièvre  que  pour  les  choses  >)u  les  pays  qui  y 
prédisposent. 

Fédairo  (La),  s,  f,  La  gent  des  brebis  prise  collective- 
ment et  par  comparaison  ou  plutôt  par  distinction  d'avec 
les  autres  espèces  de  bétail. 

Dér.  de  Fédo. 

Fédo,  s.  f.  Dim.  Férféto,-,péj.  Fédasso,  Brebis,  femelle  du 
bélier.  — Fédo eountado,  lou  loup  l'a  manjado,  prvb.,  bi'e- 
bis  comptée  le  loup  la  mange . 

Dér.  du  lat.  Fêta,  pleine,  qui  porte  des  petits. 

Fédoù,  *.  m.  Sauvages  prétend  que  ce  mot  signifie  petit 
agneau,  comme  son  nom  diminutif  semble  l'indiquer.  Ce- 
pendant un  agneau  ne  se  dit  jamais  ainsi.  Fédoù  est  au 
contraire  un  jeune  poulin,  une  jeune  pouliche,  cheval  ou 
mule,  tiré  des  pâturages  natifs  de  la  montagne,  pour  le 
former  et  l'élever.  Au  reste,  son  nom  est  entré  dans  une 
seule  locution,  qui  ne  fournit  pas  de  grands  éclaircisse- 
ments et  dont  l'intelligence  est  difficile  quoiqu'elle  soit 
très-usitée.  On  dit  :  Péta  Aou  sôou  coumo  un  fédoù,  pour 
tomber  à  terre  lourdement  et  avec  bruit.  A  coup  sûr,  ce 
terme  de  comparaison  ne  désigne  pas  un  agneau,  mais  il  ne 
caractérise  pas  davantage  la  lourdeur  de  la  chute  d'un 
poulin,  si  tant  est  même  qu'il  tombe  plus  lourdement 
qu'autre  chose.  Nous  ignorons  de  la  manière  la  plus  com- 
plète à  quoi  peut  tenir  le  mot  et  son  acception  dans  cette 
phrase. 

Fégnèîro,  s,  f.  Fenil,  grenier  à  foin  ;  grande  meule  de 
foin  constniite  avec  art  pour  le  préserver  de  la  pluie  et 
qu'on  laisse  passer  l'hiver  sur  le  pré  pour  le  vendre  au 


commencement  du  printemps;  usage  pratiqué  en  Provence. 

Féjes,  s.  m.  plur.  Foie,  organe  sécréteur  de  la  bile, 
situé  sous  le  diaphragme,  au-dessus  de  l'estomac.  —  Se 
manjarièou  lous  féjes,  ils  sont  toujours  prêts  à  se  dévorer, 
ils  se  mangeraient  le  blanc  des  yeux.  A  lous  féjes  ataquas, 
il  a  un  vice  organique  quelque  part  :  il  se  dit  bien  qu'il  ne 
s'agisse  pas  du  foie.  A  Iota  féjes  dâou  diable,  dit-on  d'un 
homme  très-robuste  et  qui  résiste  soit  à  une  fatigue,  à  un 
travail  ou  à  un  effort  surhumain,  soit  à  une  maladie  ter- 
rible. 

Fémélan,  s.  m.  La  gent,  l'espèce  femelle,  surtout  en 
parlant  des  femmes.  —  C'est  un  terme  de  dérision  qui  ne 
se  prend  qu'en  mauvaise  part,  ou  en  faisant  le  détracteur 
du  beau  sexe  :  tout  à  fait  style  narquois. 

Fémèlo,  s.  f..  Femelle  d'un  animal;  femme;  mais  dans 
ce  dernier  cas  c'est  un  terme  de  dérision  ou  de  mépris. 

Dér.  du  lat.  Foitnina,  m.  sign. 

Fén,  s.  m.  Fumier;  excrément  des  animaux,  et  en  gé- 
néral tout  ce  qui  sert  d'engrais  aux  terres. —  Li  faï  vèïre  lou 
fén  énd'uno  floundo,  il  engraisse  sa  terre  bien  faiblement, 
il  y  jette  le  fumier  avec  une  fronde.  —  Voy.  Fumiè. 

Dér.  du  lat.  Fimus,  m.  sign. 

Fénaira,  v.  Faire  les  foins.  —  Voy.  Afénaïra, 

Fénaîraire,  aïro,  adj.  —  Voy.  Afénaïraïre. 

Fénassa,  v.  Mettre  un  champ  en  pré.  —  Voy,  Afénassa. 

Fénassiè,  s.  m.  Fenassier,  celui  qui  reçoit  chevaux  et 
mulets  dans  son  écurie,  et  leur  fournit  le  foin,  sans  loger 
les  voyageurs. 

Fénasso,  s.  f.  Graine  de  foin;  qui  se  traduit  volontiers 
par  Fenasse,  mais  qui  n'emprunte  pas  pour  cela  le  sens 
du  fr. 

Dér.  de  Fé,  foin. 

Féndascla,  v.  Fendre;  fendiller;  diviser,  séparer.  —  Au 
part.  pass.  fêlé,  crevassé  légèrement,  fendu. 

Féndasclo,  s.  f.  Petite  fente;  crevasse;  fêlure. 

Formé  de  deux  mots  qui  ont  à  peu  près  la  même  portée  : 
Féndo  et  Aselo.  —  V.  c.  m. 

Féndo,  s.  f.  Fente;  crevasse;  fêlure. 

Fendre,  v.  Fendre;  diviser,  disjoindre  sans  couper,  mais 
avec  des  coins  ou  par  un  effort.  —  Se  fendre,  se  fendre, 
s'entr'ouvrir,  se  gercer,  se  fendiller. 

Fendu,  udo,  part.  pass.  de  Fendre.  Fendu,  ue. 

Dér.  du  lat.  Findere,  m.  sign. 

Fénéstrièîro ,  adj.  fém.  Qui  aime  d'être,  ou  qui  est 
souvent  à  la  fenêtre.  —  JFïo  troutièiro  ou  fénésirièiro,  ra- 
ramén  bono  m&inajifiro,  prvb.,  fille  qui  aime  à  courir  et  à 
rester  à  sa  fenêtre  fait  rarement  une  bonne  femme  de  mé- 
nage. 

Je  crois  que  ce  proverbe  est  le  seul  où  ce  mot  soit  em- 
ployé. Les  proverbes  inventent  souvent  ainsi  des  mots 
pour  donner  plus  de  concision  à  la  phrase;  quoique  étran- 
gers à  l'idiome,  s'ils  sont  accommodés  ^  son  génie  et  d'une 
fecile  intelligence ,  ces  créations  sont  toujours  d'un  effet 
pittoresque  et  se  retiennent  aisément.  La  Fontaine  et 


,\u 


FÈN 


FEN 


Mnli.T.^  mit  •  iiriclii  lo  Ir.  (1«^  l'i<  ii  dt^s  Inriilinns  (|Ui  suiit 
p'^l'i-s:  iinin^  laiiL'ui' (l'Oc  a  l>i«Mi  le  dinji  tl  u>''r  ilu  iiiôin'^ 
|tri\  il'',L'f'  (]U<'  It''^  Fiiailivs. 

Fénèstro ,  *•.  /'.  Dim.  l'cnislrvto,  /cnestmii.  I  i'Ik'-Ii"»'', 
cit.is"'';  n!i\.'i-|iir("  i;iil''  il.iiis  un  rnar  \u<\[v  tl.iiiiicr  du  jmir 
«laiis  un».'  iij;)isi)ii,  un  hfiliiiit'iit.  —  Sf  ilil  à  la  J"is  il»'  la 
haie  .-il  (tii\'M"tiin',  ^'l  (h'  l,i  l<."iiii<'|iin\  In.is  «ai  vilrai:<'.  (jui 
la  L'iriiissi'iil. 

Dér.  (lu  lat.  l-eneslra,  m.  sil'U.,  (lui  \i<'iil  liii-iiir'îne  du 
LT.  «I'x'..ô:,  dia[iliaii"\  d-'  <l>a''/cj.  hun\  luillor. 

FénéstroÙ,  s.  m.  Dmi.  l'ctiv^tromn'.  Furaiin";  polilc 
i'ciiL'lrc  —  Il  est  liu-iin''iiit'  un  diin.  de  FvHcsiro. 

Féni,  V.  Fiidr. —  yo>j,  l'im.  —  Faniros  hon'.^  Aui'as-lu 
lùoiilol  liiii? 

Fénna,  s.  m.  Le  s«'\<'  lÏMiiinin,  la  j;<'iil  rciuinino,  en  p*'- 
iit'i.d:  iiiiiis  o't>i  plus  p.uliciiiii'ieiiiciit  !'<  iistMiiMc  des  Iciii- 
ims  d'un  j)ays,  d'un  lieu  di'lcnniuô.  Lo  uinl  n'ot  J)a♦^  tivs- 
it'Vt'iv'iKitHix. —  y^y-  i'\'nn'/(tu. 

Fénno,  s.  /'.  Diui.  Fcnriclo,  fennnii:  prj.  /'rfifiassn. 
roiiiiiît',  coriipaL'iuMh'  riioiniiip;- foiurm^  marin',  (jui  siMJit 
au>^i  Mniùèf  cil  lat.  Mulicr,  «'[(ousc,  ruoitit''  ,  V.  r.  m.;; 
Icfiiiji»',  (Ml  ;;('')iiTal  ;  daujo,  autivlois  fhmo,  Domina,  iimsili». 
—  Lorsproii  ap[)«'ll»?  xuw  ItMiifue  dnni  mi  i^iKU'c  1p  nom, 
on  lui  cric  :  Fenno!  Dirjas,  fenno.'  r\  pour  (pi'i'llc  coin- 
[)rtMino  (\no  c'est  à  elle  iprnn  en  veul,  on  la  désigne  par  co 
quelle  porte  ou  ce  qu'elle  \i'nd  :  fénno  lîânti  junjnv,  /en un 
<ias  iôous,  hé!  la  feuinie  au  ]>anier,  la  fcniine  aux  œufs! 
l'cnnèlo  et  sui'Ioul  /ennoù  Sf  disent  moins  d'une  feiniin'  do 
lrè>-pelitc  taille  «juc  c(tn)ine  termes  d'amilif,  ou  pour  dési- 
{.'lUT  une  livs-jeune  feiiiinc  qui  est  mariée  Inrl  jeune  et  «jui 
a  encnn;  les  allures,  la  vivacité  ou  la  nd,i:nardi<e  d'une 
jeune  lille.  Fcnnasso,  péj.,  <.'r«»sse  et  laide  femme,  sans  trop 
d'é^-ard  k  la  taille,  le  plus  souvent. 

Dans  toutes  les  lan;:ues,  par  tous  les  pays,  de  tous  les 
liMMps,  les  lemmes  ont  élé  le  sujet  le  plus  riche,  le  plus 
lécon'l  de  proverhes,  d'aiihorismes,  de  maximes,  de  sen- 
tences :  c'est  hunimajre  rendu  à  la  place  et  au  rôle  ([u'elles 
occupi'iit  dans  le  monde.  Mais  on  croirait  que  partout  on 
a  voulu  le  leur  faire  payin*  chèrement,  tant  <»n  leur  a  mé- 
na'îé  la  flatterie  et  les  éloi:es  et  insisté  au  conirairo  sur  le 
dénigrement  et  la  moquerie.  La  plupart  des  proverhes  s'en 
vont  donc  réjR'tant,  depuis  que  le  monde  est  monde,  plus 
de  mal  que  de  hien  sur  la  plus  belle  moitié,  connue  on 
dit,  et  la  meilleure  moitié  du  genre  humain. 

S'il  y  a  injustice  ou  ahus,  co  n'est  pas  A  ce  point  de  \uc 
psychologique  que  nous  av(»ns  à  examiner  le  fait  :  il  faut 
s'en  tenir  à  constater  que  le  fonds  se  trouNe  partout  le 
intime,  la  tendance  générale  partout  uniforme  et  constante, 
sans  en  rechercher  la  cause.  Il  serait  facile  d'en  avoir  la 
preu\e  en  rapprochant  des  citations  ou  même  seulement 
en  traduisant.  Nous  ne  l'essaierons  pas  ici,  jieut-étre  l'avons- 
nous  fait  et  le  ferons-nous  encore  sous  le  mot  principal  de 
chacun;  mais  pour  le  moment  notre  but  a  été  de  réunir 
'■•'.tons  populaires  qui  ont  le  plus  de  cours.  L'expres- 


sion eu  ;n)ji.'ir(i-'nl  |i'Hi  .-niiéie  à  la  langue  et  ressort  du 
dit'lionnoiv  :  ce  mihi  c's  Imi-ihuI-'s  vives,  co  tour  pittores- 
fjue  que  ll.•^^  \r,nl.  n>  !\iir<*  r-MiirirquiM"  :  resju'il,  la  malice, 
!•'  lion  sens,  l,i  r;.i<on  di'  i-*'>  j)i'.»\erl)Os  \iennent  presque 
toiijoiiis  l^.lill(■ul•^;  l;i  Im.jiieni^  ivp.Mid  que  de  ses  leuvres, 
et  (*'(•>(  ji  »ur  rrja  (jifon  l'vmsi  ra  plus  aisément  le  défaut 
d''  LMl.nili'rie  d  de  d.  lic.ilesNe  (jui  p<niirai(Mit  parfois  s'y 
fain'  li'oj»  N-nlir;  jh-hs  n'\  \oulons  voii*  (jue  le  moyen  de 
donii'T  nne  j.lus  jii*«le  idée  du  langage  (|ui  a  mis  l.'i  son  ca- 
c!i''t  It'  piu>  ori-'inai. 

Proverbes  sur  les  femmes. 

—  Aigo,  fun,  niirjiiiiio  tV-nno  et  fiô,  fan  fugi  l'honje  dé 
tout  io. 

—  Al!  qu''  vai'  ni.'p'ii.  qn.md  la  galino  faï  lou  g;\ou  î 

—  A  la  caiiil  'Io  la  douo  es  pu  helo. 

—  A   la   iV-nno   c>iniio  à  la   Imnpio  toujour  y-a  À  faire 
quaouquo  réii. 

—  A  la  tt'St'i  et  as  pés  S'-  enuiinui,  il<>no,  quAou  ses. 

—  Amour  d<'  couilisaii,  caréssos  dé  p. . .,  hé  dé  vièlan, 
et  l'é  dt'  féuiélan  noun  durou  pas  passât  un  an. 

—  A'iu  niés  di'  jnié,  ni  fénno  ni  cîoulé. 

—  .\(tivs  1res  jours  l'on  saiiuio  dé  fcniios,  d'hostes  et  dé 
pléjo. 

—  Aqui  ounl'és  h  m  ,i.'àou  f<'»<ui  [jas  (jué  la  galino  chante. 

—  Argeii  dé  IV-nn'M'i  lie  il.-  eann)an<)  jinun  tlourisni  grano. 

—  Bèlo  à  la  raiid»'!*»,  Inu  jour  ou  gasto  tout. 

—  liélo  IV'uno,  michanto  éspigno. 

—  Bèlo  fenno,  mirai  dé  nècis. 

—  Bèouta  dé  lèniio,  mirai  dé  fol, 

—  Belo  fénno,  lachoùs  révéïo-mati. 

—  B(»no  fénno.    niarido  t'''>lo;   hono   miolo,  michanto 
hèstio;  hono  téro,  niiehan  cami. 

—  (Roussel  dé  niouïè  es  jùchù,  que  noun  lou  prén  es  uu 
clio. 

—  Coulèl  que  noun  taio,  fénno  que  noun  vaïo,  se  lous 
perdes  noun  t'en  chaio. 

—  Daou  tén  que  la  fénno  es  malàouto,  y-a  dos  i)ôous  à 
l'oustAou,  l'uno  que  morie,  l'àoutro  qu'éscape. 

—  Dé  bèlo  lénno  et  dé  flou  dé  mai,  en  un  jour  la  l)éouta 
s'en  vaï. 

—  Dé  dos  fénnos  dins  la  méisoi'i,  dé  la  mita  gn'a  bien 
proù. 

—  Dé  marido  fénno  gardo-té  et  dé  la  Iwnonoun  t'en  fises. 

—  Dono  fougassièiro  al  cap  dé  l'an  nianjo  sa  Ijerquièïro. 

—  Dono  gaio  mé  plaï  bé ,   mais  que  janiaï  noun  mé 
siègue  ré. 

—  Dono  que  noun  manjo,  lou  béoure  la  mantén. 

—  Dono  viano  que  faï  huis  élans  sans  home. 

—  Doulou  dé  fénno  morto  passo  pas  la  porto. 

—  Doulou  dé  mouiè,  doulou  dé  couïde. 

—  Dons  béous  jours  à  l'home  sus  téro,  quan  prén  mouïè, 
et  quan  l'éntéro. 


FÊN 


FÉN 


345 


—  ÉCan  nourl  dé  vi,  fénno  que  parlo  lati,  fagnèrou 
jamaï  bono  fi. 

—  Émb'un  home  riche  sa  fénno  li  mouris,  émb'nn 
pâonr'hoine  sa  miolo. 

—  En  grans  caloùs,  se  m'en  vos  créïre,  quito  la  fénno  et 
prén  lott  véïre. 

—  Fénnos  éncéntos  et  poalé,  âon  mes  d*aoàs  an  toujonr 
ité, 

—  Fénno  d&ourado  es  léou  counsonlado. 

—  Fénno  dé  bé  et  dé  bono  roino,  nonn  vaï  pa  iuèn  qaé 
la  galino. 

—  Fénno  et  vi  émbrialîgou  lou  pu  fi. 

—  Fénno  faï  ou  désfaï  l'oustàou. 

—  Fénno  malàonto  et  que  siè  grosso,  a  un  das  pèses  din 
Ufosso. 

—  Fénno  raudo  fougue  jamaï  batudo. 

~  Fénno  qu*a  un  bon  mari  âou  visaje  ou  porto  pér 
éscri. 

—  Fénno  que  coï  et  faï  bugado  es  mièjo  folo  ou  énrajado. 

—  Fénno  se  plan,  fénno  sédôou,  fénno  es  maK^outo  quan- 
t-ou  vôou. 

—  Grando  sartan  pér  fricassa,  émbourdo  primo  pér 
tamisa,  uno  mouïè  déspénsièïro ,  an  lèou  vouïda  uno 
pagnèïro. 

—  Las  fénnos  soun  coumo  las  coustélétos,  dounmaï  on 
las  bat,  dounmaï  soun  téndros. 

—  La  mort  d'uno  fénno  es  coumo  un  co  i^ou  couïde. 

—  La  bousso  foumido  faï  la  dono  éstourdido. 

—  La  dono  pot  et  àouso  quan  soun  mari  la  lâouso. 

—  La  fénno  et  la  télo  mâou  se  caousls  à  la  candélo. 

—  La  fénno  et  lou  ris  en  aïgo  se  nourls. 

—  La  fénno  es  coumo  la  castagno,  bèlo  déforo,  dédin  es 
la  magagno. 

—  La  fénno  es  un  mâou  nécéssari  dinc  un  oustÂou. 

—  L'aïgo  gasto  lou  vi,  las  carétos  lous  camis  et  las  fénnos 
l'home. 

—  Las  fénnos  et  lous  éfans  soun  tâous  que  lous  homes 
loQS  fan. 

—  L*home  es  éndigne  d'home  rèstrequé  dé  sa  fénno  noun 
és  méstre. 

—  L'home  n'a  résoù  ni  bon-sén  qu'à  sa  fénno  faï  tout 
sabéa. 

—  L'home,  quan-t-és  pla  marida,  sa  pas  ce  que  Diou  i-a 
donna. 

—  Limassos  et  fénnos  à  vendre,  miel  courou,  miel  se 
fao  prendre. 

—  Luno  mèrcmdo,  fénno  bécudo,  dé  cent  en  cent  ans 
gn'a  trop  d'uno. 

—  Maridas  n'an  qu'un  mes  dé  bon  tén. 

—  Mourgo  que  danso ,  tâoulo  que  brando,  fénno  que 
parlo  latl,  faguérou  jamaï  bono  fi. 

—  Nàou  et  fénno,  y-a  toujour  à  réfaïre. 

—  Noun  se  podou  counouïsse  dé  iuén  lous  mélouns  et 
las  fénnos. 


—  Noun  se  podou  counouïsse  bén  bon  méloun  et  fénno 
débèn. 

—  Home  dé  païo  vôou  fénno  d'or. 

—  Home  rous  et  fénno  l)arbudo  jamaï  dé  prés  noun  lous 
saludes. 

—  Oumbro  d'home  vôou  cent  fénnos. 

—  ParUioulos  dé  fénnos,  béssinos  d'ase. 

—  Pér  avé  l'oustâou  né  tout  l'an  ni  fénnos,  ni  capé- 
lans. 

—  Pér  vîoure  bé  ségu,  préngues  pas  pu  grando  que  tu. 

—  Plous  dé  fénnos  soun  lèou  éssus. 

—  Qu'a  grando  padèlo  et  prin  tamis  et  fénno  déspén- 
sièïro, mostro  lou  quiou  nus  pér  carièïro. 

—  Quan-t-uno  lèbre  prôn  un  chi  és  contro  naturo,  quan- 
t-uno  fénno  faï  bé  és  pér  avanturo. 

—  Que  fénno  et  sàoumo  m  éno  és  pas  sans  péno. 

—  Que  perd  sa  fénno  et  quinze  s6ous  és  gran  dftoumaje 
dé  l'argén. 

—  Que  sa  mouïè  noun  honoro  él  mémo  se  déshounoro. 

—  Que  vôou  réloje  mantène,  vièl  oustàou  éntrétène, 
jouïno  fénno  counlénta  et  pftoures  paréns  ajuda,  és  toujour 
à  récouménça. 

—  Sajo  fénno,  oumamén  d'oustâou. 

—  Se  flatéjas  fénnos  et  goutos,  boutas  lou  fîô  à  las  éstott- 
pos. 

—  Toutes  lous  maris  que  soun  counténs  dansarièou  sus 
lou  quiou  d'un  véïre. 

—  Trénlo  cabros  etUrénto  fénnos  soun  dos  tréntanios. 

—  Un  fiô  dé  fénno  véouso,  uno  brouquéto  et  dos  païos. 

—  Un  home  qu'es  màou  marida  voudriè  maï  que  fou- 
gués  néga. 

—  Uno  bono  fénno,  uno  bono  cabro,  uno  bono  miolo, 
soun  très  maridos  bèstios. 

—  Vôou  maï  un  capél  que  dos  coïfos. 

—  Voulès  arésta  un  fol,  carga-li  uno  fénno  Aou  col. 

—  Y-a  gés  dé  vices  que  las  fénnos  et  las  mouninos  noun 
sachou. 

Dér.  du  lat.  Femina,  m.  sign.  Court  de  Gebelin  et 
Nodier  pensent,  non  sans  raison  très-plausible,  que  le  mot 
Femina  est  dérivé  de  Homo»  hominis  :  on  a  dû  dire  hamina 
au  fém.,  delà  Femina,  par  la  permutation  ordinaire  de 
H  en  F.  En  ital.  Femmina;  en  catal.  Femna;  en  esp. 
Hembra,  m.  sign. 

Fénondéio,  «.  f.  n.  pr.  Fenoudeille,  par  traduction  lit- 
térale en  fr.  Nom  d'un  quartier  an  territoire  d'Alais  :  il 
signifie  lieu  couvert  de  fenouil  ;  et  cette  circonstance  lui  a 
valu  sa  dénomination.  C'est  la  corruption  de  l'ancien  lan- 
gage Fénoutado,  qui  avait  la  même  acception,  tirée  de 
Finoul. 

Fénooièiro,  s.  f.  ou  Fèou  dé  tèro  ou  Fnmotèro.  Fu- 
meterre,  Fumaria  officinatis,  Linn.,  plante  de  la  fa  m.  des 
Papavéracées,  commune  dans  les  champs. 

Pline  dit  que  le  suc  de  cette  plante  appliqué  sur  les 
yeux  les  fait  larmoyer,  undè  nomen,  de  là  son  nom  lat. 


34G 


FER 


FER 


cl  gr.  (\ipnos  et  Kanvô;,  fuinôo,  à  causr  du  munie  ofTt'l 
pruduil  pnr  la  luiui'c;  mais  elle  a  aussi  un  i^out  (l:  ruint'o 
assez  pronoiic',  ce  qui  peut  a\uir  enuirilaié  à  la  f.ure  dé- 
nonimei".  Quaiil  ;\  la  variante  Féoa  de  téro,  fiel  de  la  t'Tre, 
elle  lui  vient  de  sou  amertume. 

Fénoul,  s.  ni.  Feiiiiull,  auel  dnuv,  aiiis  saunage,  Anv- 
thttm  fœniculinn,  Liiiri..  pl;iul'^  df  la  t'am.  des  Omht.'lli- 
fùres,  (jui  croit  daus  K'S  tmains  pi«'rnni\. 

Dér.  du  lat.  Fo'tttun,  à  cau-e  de  S'»ii  oileui' d*'  foin. 

Fénta,  r.  Fienter,  j<'tei"  sou  nvcrémt-ul,  eu  [)ailant  sur- 
tout des  animaux. 

Fèou,  .s.  m.  Fiel,  \ésicule  «ai  s<^  si-eiète  la  liile.  —  Il 
sort  comme  en  fr.  de  teriiii^  d»;  cdnparaiNUi  Ircs-usilê  dt; 
toute  sav(-ur  amère.  Ama  connu)  loa  fcuti,  amer  cnmiiie  le 
fiel. 

Dér.  du  lat.  Fd,  s.  m.  En  il  d.  /W'/;  eu  esp.  IT'I. 

Féouse,  s.  f.  F(Uii:i''r<',  VohjUam  jH.i ,  Liini.,  jilaiite  tii' 
la  fam.  do  Foug'Mvs;  crv[)lnga[ii('.  ï/alcali  ouiciiu  dans 
les  cendres  de  c*'  \éL^i''t  ilcnir ail  dms  I.t  ialirieali'-n  du  vcrrr* 
blanc  et  vert.  — Ana  à  las  fioifscs,  aller  à  la  reclicrche  ou 
à  la  cueilh-ttt^  de  la  iViu^ère,  «pii  crnil  eii  i^Tande  ([uanlité 
dansl«\s  ciialai;:n'MMi.s  t'i  iMiiniit  une  lilièr'  saine  et  iraicii<.' 
eu  mèm<'  temps  qu'un  l>«'n  eugrai^^. 

Féousièïro,  s.  f.  Li<'u  couNorl  d<-  i'cu^.uvs. 

Formé  du  radical  l'conse  avec  le  sullivi'  de  cull''cti\ile 
iè'xi'o . 

Fera,  s,  m.  Diin.  Frmfé;  au^^n.  Fetatas.  Seau  à  puiser 
l'eau,  ordinairement  en  Ikhs  relié  {Kir  des  cercles  île  1er.  On 
donne  aussi  ce  nom  aus'Viu  iaii>''S(pii  est  en  cuivra  étamé, 
dans  lequel  les  femnjes  partent  l'eau  sur  la  tète.  Ce  dernier 
ustensile  se  nomme  éi;  douait  Jcilo  «m  S'rVo  .  F.  c.  m.;; 
mais  ces  deux:  derniers  n  uns  s'ap[>li(pienl  au  même  uslen- 
silo  quand  il  est  en  bois,  tandis  que  celui  de  Fera  ne  cou- 
vieid  dans  ce  c  is  qu'au  seau  de  cuivre.  —  .Yc  boju  à  p/c^ 
feras,  il  pleut  à  seaux. 

Dér.  du  v.  Fera,  [»arce  (pi'il  e>t  cercl<'*  en  i'er.  Par  la 
permutati<)n  constaiile  et  fréquente  dan. s  les  lau;^ues  ou 
l'aspiration  est  plus  sensible  comm'-en  es[».,  on  dil  IF/raUi, 
seau. 

Fera,  c  Ferrer;  l'errer  un  cheval,  une  chanelle,  un 
meuble  quelconque;  cercler  en  1er;  marquer  im  anifnal 
avec  un  fer  rouL:l^ 

Dér.  du  lat.  Ferrunu 

Férado,  s.  f.  Ferrade,  lete  agricole  f(U-l  en  honneur  en 
Camargue  et  sur  le  littoral  de  la  Méditerranée,  daus  le  dé- 
partement du  (iard.  L'objel  en  est  la  marque  au  fer  chaud 
des  jeunes  taureaux  sauvages  qui  paissent  dans  les  njarais. 
Comme  ces  animaux  sont  fort  sauvages,  diiïiciles  à  con- 
duire et  à  terrasser,  cette  lete  est  un  second  spécimen  de 
la  course  des  taureaux.  Des  jeuu(^s  gens,  enrôlés  volon- 
taires, vont  i\  la  reclierclie  des  taureaux  dans  les  marais,  à 
cheval  et  arniés  du  trident;  à  force  d'adresse  et  dé\(»lu- 
tions,  ils  narviennent  à  les  acheminer  vers  un  point  dési- 
gné O''  lulations  voisines  se  rassemblent.  Vm 


enceinte  en  fer  à  cheval  s'ouvre  devant  les  arrivai\ts.  On 
ménage  une  entrée  au  mciyen  d'une  barrière  pour  laisser 
passer  un  seul  bo'id'  à  la  lois  :  il  s'y  précipite,  et  l'un  des 
toréadors  (pii  Fatlend  à  l'extrémité  opi>osée,  l'abat  en  le 
terrassant  par  les  cijrues.  Sitôt  l'aniuial  abattu,  on  lui 
ap[)li(jue  le  fer  roug.;  a\'C  dextérité  et  sans  remise,  car  û 
se  reniiïtlrait  liientôt  ^ur  ])ied.  A  peine  louché,  il  s'élance 
par  l'issue  (pi'un  tient  ouverte  à  cet  effet,  et  court  se  pré- 
ci^iitt'r  d  nis  le  ])re:]jier  courant,  la  {U'einière  flaciue  d'eau, 
doii  il  regigne  biejiîol  et  suis  guide  ses  pâturages  paler- 

nelï«. 

Féraje,  s  m.  .Vclion  de  ferrer  les  chevaux;  frais  de 
mi>"  el  denlrf'li.'n  de  ci-s  fers. 

Féraje,  s.  tu.  Fourrage  vert,  produit  par  des  plantes 
fi'omentao'i's,  comme  oi-(\  avoine,  vesce,  escourgeon.  — 
On  l'app'-lle  ainsi  même  1'  r.squ"il  est  mangé  sec,  pourvu 
<pi  il  soit  produit  par  les  planl''s  ci-dessus  coupées  en  vert. 
ij'  mot  n.idiinc  pas  la  [»oriéi'  g-aiérale  (.lu  fr.  F()urrage,  qui 
.s'étend  ;\  loiit.'  soi i"  d'herbe^  sèches  ou  vertes  servant  à  la 
nourriture  dv's  chesaux.  Les  plantes  jpi'ou  enq)loie  le  plus 
dans  ce  pays  [»our  pro  luire  loti  féraje,  sont  un  mélange 
d'orge  el  de  vesce  noire,  si  l'un  .sème  avant  l'hiver,  d'avoine 
el  de  \es,c,'  blanche,  en  inai'S. 

Dér.  du  lat.  Farrn»jo,  mélange  de  plusieurs  céréales 
coupée^  en  herbe. 

Féraménto,  v.  /".  Ferrure,  garniture  de  fer;  tout  ce  qui 
compoM»  la  ferrure  d'un  meuble,  dune  porte,  d'une  fcuètre, 
etc.;  vieill,'  ferraille. 

Féramio,  î.  f  Hèle  fauve,  dans  le  principe;  aujour- 
d'hui, fanlôme,  loup-garou. 

Ce  mot,  (pu  est  dojigine  gasconne,  dér.  du  lat.  Fera, 
bèltt  fauve. 

Féràou,  «.  m.  n,  pr.  d'homme.  Féraud. 

Ce  nom,  oiaginaire  du  Velay,  signifie  dans  le  dialecte 
de  ce  pay.>,  une  sorte  de  basalte  ou  pierre  volcanique  d'un 
gris  d  ardois»'.  et  (jue  si  couleur  et  sa  c«.»nsistance  font 
p'ssembleriï  du  fer.  Cette  pierre,  qui  est  exlrèniemenl  com- 
mune dans  les  montagnes  du  Vivarais,  du  Velay  el  de  la 
liante  Auvergne,  esl  taillée  par  les  mains  de  la  nature  en 
jirismes  peniagoiiiques,  et  conserve  cette  forme  dans  ses 
subilivisioiis  à  l'infini. 

Le  nom  provient  sans  doute  de  Fère,  fer,  avec  lequel 
cette  jiierre  olbe  tant  d'analogie. 

Fératado,  .v.  /'.  Contenu  d'un  seau,  plein  un  seau. 

Dér.  de  Fera. 

Fère,  s.  w.  Dim.  Fcré.  Fer,  en  général,  métal  fort  dur, 
compacte,  peu  malléable,  d'un  gris  argenté  ou  noirâtre; 
fer  a  cheval  ;  fer  à.  repass  n\  —  lis  un  bon  fère,  se  dit  iro- 
niqu'inent  et  t>ar  antiphrase  pour  :  c'est  un  homme  de  peu 
de  consistance  et  de  valeur,  un  homme  peu  loyal  et  peu 
franc,  un  piètre  sujet. 

Dér.  du  lat.  Ferrum,  m.  sign. 

Fère-blan,  s.  m.  Fer-blanc,  fer  en  feuilles  minces  qui 
a  été  recouvert  d'étain. 


FÈS 


FIA 


347 


Fère-blantiè ,  s.  m.  Ferblantier,  ouvrier  qui  travaille 
en  fer-blanc. 
Fèrén,  énqao,  adj.  Ferrugineux  ;  qui  contient  du  fer. 

—  Ne  se  dit  que  des  terrains,  des  couches  minérales. 
Fère-¥ièl,  s.  m.  Vieux  fer,  ferraille.  —  Se  joint  d'or- 
dinaire à  veïre  rou,  pour  former  le  cri  des  chiffonniers 
autochtones  qui  achètent  les  vieux  chiffons,  de  la  ferraille 
et  du  verre  cassé.  Au  fig.  on  donne  ce  nom  à  toutes  sortes 
de  vieilleries,  de  loques,  d'oripeaux  et  à  d'antiques  raba- 
dieries. 

Ferme,  adv.  interjecdf.  Ferme!  Allons,  courage!  frap- 
pez fort! 
Dér.  du  lat.  Firmus,  , 

Férnétégo,  s.  f.  Frénésie;  impatience;  démangeaison, 
envie  démesurée  de  dire  ou  de  faire.  —  Aï  dé  fémetégos 
din  mai  eambos,  j'ai  des  inquiétudes  dans  les  jambes. 

Gorrupt.  du  fr.  Frénésie, 

FérnétégoÙB,  ooso,  adj.  Chatouilleux;  irritable;  qui  a 
des  tics  nerveux.  —  Se  dit  d'un  jeune  chien,  d'un  jeune 
chat,  d'un  jeune  cheval,  qui  ont  l'impatience,  l'inquiétude 
de  leur  âge,  qu'ils  traduisent  par  des  passes,  des  voltes 
nerveuses. 

Fèrnl,  t?.  Frémir;  éprouver  une  horripilation;  trembler 
dans  sa  peau  ;  avoir  chair  de  poule  de  frayeur.  —  Mé  /a« 
férnï,  il  m'effraie  par  sa  hardiesse,  par  le  danger  auquel 
il  s'expose,  par  l'histoire  qu'il  me  raconte,  par  l'entreprise 
on  il  se  hasarde. 

Dér.  du  lat.  FretMre,  m.  sign. 

Férnimén,  s.  m.  Frémissement;  émotion;  tremblement 
de  frisson;  horripilation. 

Féroù,  s.  m.  Dim.  Férouné,  Ferret  d'aiguillette  ou  de 
lacet,  ordinairement  de  fer-blanc,  de  cuivre  ou  même  d'ar- 
gent. 

Dér.  de  Fère,  dont  il  semble  un  dim. 

Fémro,  «.  f-  Ferrure;  tout  le  fer  qui  entre  dans  la  gar- 
niture d'un  meuble  ou  d'une  fermeture. 

Fés,  1.  f.  Fois,  qui  désigne  le  nombre,  la  quantité,  le 
temps  des  choses,  des  actions.  —  A  bèto$  fis,  de  temps  à 
autre;  un  après  l'autre.  Dé  fés,  parfois,  quelquefois.  A  la 
fés,  à  la  fois,  en  même  temps.  Im  fés  gué  vénguè,  le  jour 
où  elle  vint.  Y-aviè  uno  fis,  il  était  une  fois.  Aquà  faï  las 
dos  fés,  ceci  fait  la  seconde  fois. 

Dér.  du  lat.  Vices,  m.  sign. 

Féstadiè,  ièiro,  adj.  De  fête;  qui  appartient  aux  fêtes; 
qui  court,  qui  aime  les  fêtes;  qui  prend  des  airs  de  fête. 

Dér.  de  Fésto. 

Féstéja,  V.  fréq.  Festoyer;  fêter;  chômer;  faire  fête  à 
quelqu'un;  se  régaler;  festiner. 

Dér.  de  Fèsio. 

Fèsto*  s,  f.  Fête;  solennité;  jour  consacré  au  culte,  en 
mémoire  d'un  mystère  ou  en  l'honneur  d'un  saint;  réjouis- 
sance publique  ou  particulière  dans  les  grandes  occasions. 

—  Faïre  fèsto,  fêter,  chômer  une  fête.  Pér  las  fèstos,  sui- 
vant l'époque  de  l'année,  signifie  :  au  temps  des  fêtes  de 


Pâques  ou  de  Noël,  qui  duraient  trois  jours  chacune  avant 
le  concordat.  Passa  las  fèstos,  fêter  les  fêtes  de  Pâques  ou 
de  Noël  en  famille.  Il  est  assez  ordinaire  que  les  membres 
d'une  famille  qui  sont  dispersés,  à  une  distance  peu  éloi- 
gnée, se  réunissent  à  cette  époque  dans  la  maison  pater- 
nelle. Lou  jour  dé  sa  fèsio,  le  jour  de  sa  fête.  Après  la  fèsto 
lou  fil  rèsto,  prvb.,  après  la  joie,  l'ennui.  Moun  chi  mé 
faï  bé  dé  fèstos,  mon  chien,  par  ses  caresses,  fête  mon 
retour. 

Dér.  de  lat.  Festum,  m.  sign. 

Fésiiso,  s.  f.  Tailleuse  de  robes;  couturière  en  robes. 

Empr.  au  fr.  Faiseuse  de  robes  :  on  retranche  le  mot 
robe,  comme  si  c'était  la  faiseuse  par  excellence. 

Fêta,  ado,  adj.  Futé;  rusé;  adroit. 

Corrupt.  du  fr. 

Fétiblamén,  alv.  Effectivement;  en  effet;  réellement. 

Corrupt.  du  fr.  Effectivement. 

Fi,  5.  f.  Fin;  bout;  extrémité;  par  ext.  mort,  fin  de  la 
vie.  —  A  longo  fi,  à  la  longue.  A  la  fin  finalo  ses  ariva, 
enfin,  à  la  fin  des  fins  vous  êtes  arrivé.  Cette  expression  a 
dû  être  empruntée  au  vieux  fr.,  chez  lequel  elle  était  reçue  : 
cela  se  voit  au  mot  Fin  qui  n'est  pas  languedocien  :  la 
locution  a  été  prise  en  bloc.  V(de  faïre  fi  dé  iéou,  je  veux 
mettre  fin  à  mes  jours,  me  tuer.  A  fa  pâouro  fi,  il  a  fait 
une  triste  fin,  une  fin  misérable.  A  la  fi,  té  taïsaras  saïquéf 
te  tairas- tu  enfin? 

Dér.  du  lat.  Finis,  m.  sign. 

Fi,  fino,  adj,  Dim.  Fine;  péj.  Finas,  Fin;  délié;  nu6 
en  affaires;  adroit;  subtil;  menu;  lisse;  poli;  doux  au 
toucher  ;  soyeux  ;  délicat.  —  Pesa  fi,  peser  extrêmement 
juste  sans  que  la  balance  trébuche  :  ce  qui  annonce  de  la 
parcimonie  et  peu  de  loyauté  chez  le  vendeur.  Es  pas  d'à- 
quêtes  tant  finasses,  il  n'est  pas  des  plus  lurés.  Faïre  fine 
à  quâouquus,  cajoler  quelqu'un,  lui  faire  patte  de  velours. 

Dér.  du  lat.  Finis,  fin.  En  teuton  Fein;  en  angl.  Fine; 
en  ital.  Fino, 

Fiala,  v.  Filer  à  la  quenouille  ou  au  rouet,  et  non  filer 
de  la  soie,  qui  se  dit  Tira,  ni  filer  pour  marcher,  décamper. 
—  Marida-mé,  ma  mèro,  gué  taniprin  fiale,  prvb.,  mariez- 
moi,  ma  mère,  car  je  file  assez  fin  pour  cela.  Cette  loca* 
tion  prvb.  se  rapporte  à  l'époque  où  la  quenouille  était 
l'occupation  presque  exclusive  des  femmes  après  les  soins 
du  ménage.  L'habileté  â  ce  travail  était  donc  une  des  qua- 
lités requises  pour  former  une  bonne  ménagère  ;  et  quand 
une  jeune  fille  était  arrivée  à  filer  assez  fin  pour  se  passer 
de  professeur,  elle  était  apte  à  se  marier. 

Dér.  de  Fiou,  fil. 

Fialaduro,  j.  f.  Action  de  filer;  profession  de  fileuse; 
frais  du  filage;  matière  à  filer  et  matière  filée.  —  Prén 
vin  sdous  de  fialaduro,  elle  fait  payer  son  filage  vingt  sons 
la  livre.  Autrefois  on  disait  d'une  servante  :  la  fialaduro 
es  pér  élo,  pour  exprimer  qu'en  sus  de  ses  gages  tout  ce 
qu'elle  gagnait  en  filant  était  pour  elle. 

Fialaire,  lûro,  adj,  Filenr,  fileuse  :  ce  qui  ne  s'applique 


348 


FIA 


Fie 


ni  au\  lil('U?''S  île  M'ic.  (jui  sr-  (li>.'iit  Tiiairos,  ni  a  lin- 
dusli'ii'l  qui  lail  iiuii'ln'i'  uni'  lil.ituiv  de  soie  à  so  risques 
et  fv)rluiie,  qui  se  ilil  Filur. 

Fialandièïro,  .v.  /'.  rilainlii-re;  filrus>' de  iirnr.ssion  au 
ruuet  nu  au  iuseau. 

Fialas,  s.  m.  TiL^l  «le  cljav>e  ou  dr,  |»(Vii.';  réseau,  fils 
eiilacr>  pour  [ueudir  d'^  auimaux.  ou  dr^  poix^tms. 

Di'ï.  de  l'iou. 

Fialousado,  s.  /.  Qu.Miouill.''*',  malleau  de  elian\re  ou 
do  liu  diuit  oii  j^aruit  eu  une  iois  une  ({ueiiouilk':  ijuaiilil»"' 
de  uialiiue  à  liler  doul  prul  rln-  ehai:^»'.'  une  (lucunuill»-. 
—  .1  acubd  A«  jidloiiMi'lo,  cVw  .1  aclie\r  sa  làflii>,  sa  (jue- 
riuuillce. 

Fialousèïo,  a\  /'.  Fil"M'Ile;  snie  |;r(xs>i«'"iv  r\  (•(uiiinuin', 
qui  piosicnl  dfs  coti  >  ou  des  cocoits  d*'  ;:rain<'  cardes  d 
lilés  au  roucl  ou  à  la  «[UtiiMuille. 

Fialouso,  s.  /'.  Quenouille;  haton  «m  ros*'au  au([uel  on 
atlaclie  la  lilas^e  ({u'on  vi'Ul  jijrr.  —  luaUniso  cmbonU'Io, 
quenouille'  i»ansue,  \enlrue,  laite  en  rosi-au  rdrudu  jnnu" 
filer  les  cocons  de  .maine  en  liloôdle. 

Der.  de  Fiou,  lil. 

Fïan,  v.  m.  La  gv'ul  rdlrtus  Ifs  lille^  considérées  en 
masse,  collcctivemenl. 

Dér.  di'  llo,  lille. 

Fianço,  *■.  f.  Cionliancf;  sin«'(é;  Ini;  assurance.  — Vous 
ou  dune  à  lidm.n,  j.;  \<»u.>,  jt'  donne  m  ami,  en  toute  c<tn- 
fiance.  Prcms  (Ufucl  cw/ts  à  jtnui-o,  |ii('nr/  «:r  cadis  en 
lOUtf  >urelt',  je  Vou^  !i'  }4  il.Uilis.  De  j/rann  ù  judu-o,  do  la 
graine  de  vers  a-soic  de  conliance,  c.-a-d.  celle  ([ui  a  été 
soij^'née  et  confectionnée  par  (luek^u'un  cpii  présente  de> 
garanties  tant  pnur  la  ï>é|,ctinn  et  la  qualité  d.-s  corons 
destinés  au  ^raina-e,  que  p,tur  rall-'ution  seiupuleiise  rt 
onnsciencieii.v;  donne-'  à  leui'  honn»?  éclt>sion  et  a  ce  travail 
délicat.  Ili'lasl  depuis  lii 'u  des  années  qu"  riii\asion  de 
maladies  inconnues  r^ixa-je  n^s  cluiudtn'v^  de  veis-a  >nie, 
que  les  inq)(irl,ilinii.>  d  la  >pécul.iliMn  itnl  en\alii  l'indus- 
trie des  {:rainai:es,  la  irraine  de  conlianc  e>l  devenue  un 
mylhe  :  c'e>t  !'•  raru  avis  in  ta  ris.  Op.Mulant  il» -s  expé- 
riences poursuis ii'S  a\ee  seienci',  intelligence'  et  succès  ont 
enfin  appris  quelques  proc.'dés  ipa  relèvent  un  peu  resp.dr 
de  nos  coiitn'es  séri.;icoIes  :  quand  ces  procédés  st;  mm'ouI 
vulî^arisés  davanli^(\  il  n'(  st  pas  doul-aiN.  que  le  mot 
oublié  dans  l.i  lani^'ue  d.'.s  éducateurs  de  /y/Y///o  ilc  fuinro  ne 
re\ienne  etne  Inani-cnotre  conniieaulrernissonapplic<iti<tn  . 

Grammalical'iii' ;»t  on  aura  remanpié  (pie  i  ianro  ne 
forme  quf  deu\  s}  llalx'S  comme  lun.s  l(\s  autres  luols  où  se 
rencontre  la  diplillioniine  /r/,  [uon'»nc(''e  en  une  seide  émis- 
sion de  voi\,  ù  cause  de  raccenlualion  impriiu.'e  par  Vi. 
Partout  où  se  rencontre  au  contraire  Vi  tréma  avant  la 
voytllt.'  (t  ou  autre,  il  y  a  separati<in.  .Nous  rappelons  ce 
qui  a  été  dit  à  l'art.  Arcn  ,  V.  c.  m.,. 

Dér.  du  lat.  Fiih-nlia,  cnufiance. 

Fïastre,  v.  m.  FilLilre;  Iteau  lits;  fils  de  la  leniiue. 

Dér.  de  fil.  fil^. 


Fîastro,  s.  /".  ïielle-rillG;  fille  d"un  autre  lit. 

Ilo«|ueinrt  dit  que  le^  deux  mots  ipii  précèdent  sont  for- 
mée du  lat.  nu  us.  ou  /'ilia  aUcrias;  leur  terujinaisun  se 
prête  à  cette  inlei'iu'etation  ets  mol(»;:iijue. 

Fibla,  r.  Faillir;  lleclni-;  lâcher;  plier;  mollir;  safTai- 
Mir. 

Fible,  fiblo,  <i</J.  Faillie;  (jui  inan(]ue  de  courage  ou  de 
nerl';  (pii  n"a  pas  de  l'nivi*,  au  physique  comme  au  moral. 

11  e^l  quelipiriuis  suhst.  au  ujasc.  [mm:  défaut  princi- 
]>al,  mauv.iis  ])encliaut,  [>issii>n  irrésistihle.  côh'  faihle.  — 
Vient'  jjcr  sonn  jihle,  pr-'iulrc  par  Son  faillie.  A  un  fible, 
il  a  du  j>eiich;nil,  un-'  l'aihle>se,  un  faihle  (»u  du  faihle. 

Fiblèsso,  s,  f.  raij»|.'>se;  faihle;  «l.'iailhno*;  action  in- 
délicate, manipi'î  île  f-uce,  de  caractère,  de  conduite; 
maUNais  penchant. 

Der.  du  lat.  l-lebUis,  tMiiplnyé  dans  la  hass.  lat.  dans  le 

sens  de  Ih'bilis, 

Ficela,  r.  Ficeler;  entoin-iM',  lier  avec  de  la  ficelle.  Au 
li^'.  eipiijier;  or;^ani>er  a\ec  Soin,  a\ec  élégance. 

Ficèlo,  v.  /'.  Ficelle;  ]»eiii.'  eorde  forjuée  iL'  deux  hrins 
tiudus.  —  AUnmtja  lu  fter/o,  au  li,i.'.  dilVerer,  prolonger. 

Der.  du  lat.  I-'idieula,  petit-'  corde  à  ho} au. 

Ficha,  '*.  Donner;  jeter;  lancer;  mettre;  ap[)li(iu»"'r.  — 
l'iehc  un  en  de  poiin,  dt-iiner  uii  Coup  di.'   poiu;/.    Me   souî 
fitim  tiinf  sônti,  je  me  suis  laissé   toud)er.  Fielta  lou   camp, 
il.'camper,  s'enfuir. 

l'nJia'n  cane  (lour  fie  fia  en  ca)re,  \eut  dire:  fatiguer, 
ennuyer,  scier  le  elos,  et  aussi  contrarier,  \exer,  ficher 
jiialh"'ur,  c«'  dernier  \ei'he  mis  par  ameuilenjent ,  bien 
entendu,  coujme  dans  le  ian^.  Mainten.nit  Ctiirc  a  plusieurs 
siLnilieiii.ijis,  si'lon  l'occurence  :  coin,  sen-,  cotri  i»t  car- 
pau  du  jeu  di'  cartes.  —  Il  n'est  i>as  ahsoluujent  imi»os- 
.sihle  que  la  litciitinu  \  ieniie  duue  partie  de'  cartes,  dans 
laquelle  un  joUtMU' aurait  été  olistinément  poursuivi  et  hattu 
par  la  couleur  carreau.  Cependant,  il  y  a  une  autre  e\.pli- 
cati'.ii,  asst'Z  simple,  âs>ez  naïve,  si  ce  n'est  davantage, 
pour  être  t'Uit  aussi  \  rai^end-lahle.  Loisqu'un  enfant  n'est 
[)a>  sai^e,  (iii  ren\(iie  en  jiénitence  dans  ini  coin  de  la 
chandire,  où  il  d  -it  rester,  ju>qu';ï  l'i^xpiration  de  sa  peine, 
ilehout,  sans  houger  et  tourné  \ers  le  nnir.  Il  est  clair  que 
cela  doit  l'ennuyer,  le  Ncxer,  lui  fieher  malheur,  si  vous 
\oule/.  Ces  souvenir>  d'enfance  nstent  en  grandissant,  et, 
qu"i(|ue  [dus  sa,L:e  alors,  on  a  pu,  si  on  éprou\e  quel(jue 
contr.ui-'t'',  quehpie  ennui,  (fUelque  \exalion,  les  assimiler 
à  ceux  du  jeune  temp>,  quand  on  nous  flanquait  dans  un 
coin  pour  j)uintion,  et  les  appeler  du  même  nom  en  salant 
tant  Soit  peu  l'expression. 

Mais  il  ne  faut  rien  garder  sur  la  C(»nscience.  Celte  der- 
nière ex])licatietn,  ([ui  me  rcNenail  assez,  je  dms  convenir 
qu'i'lle  ne  peut  être  acceptée  que  sous  bénéfice  d'inven- 
tainv  Le  dicton  est  exclusiveujeut  languedocien  et  de  vieille 
date.  Ceu?^  (jui  fcait  les  dictons  étaient,  en  matière  dïxlu- 
calion,  pour  l'ancienne  méthode  de  M.  Cinglant,  et  je  crois 
même  qu'ils  le  sont  toujours  :  comment  auraient-ils  fait 


FIE 


FIE 


34» 


œltti-ci  sur  ane  nouvelle  pénalité  qui  n*a  été  édictée  que 
depuis  et  seulement  dans  le  code  des  salons?  C'est  assez 
difficile  à  arrang  er,  et  il  faudra  sans  doute  revenir  à  notre 
partie  de  cartes,  au  risque  de  la  perdre  encore. 

Se  ficha,  se  moquer;  braver;  mépriser .  —  M'en  fiche  hé, 
je  m*en  soucie  fort  peu  ;  je  m'en  fiche.  Se  ficha  dé  qudou- 
quus,  se  moquer  de  quelqu'un ,  le  naf gucr ,  en  faire  peu  de 
eas.  C'est  le  lénitif  du  verbe  malséant  F  . . .  qu'on  emploie 
dans  les  mêmes  acceptions  en  fr. 

Dér.  probablement  du  lat.  Fixare  ou  Figere,  mais  sin- 
gulièrement détourné  dans  quelques-unes  de  ses  acceptions. 

Fichan,  anto,  adj.  Fichant;  contrariant  ;  désagréable; 
Ûcheux;  qui  cause  du  dépit,  du  désapointeraeot .  —  Il  est 
encore  un  lénitif. 

Fichouiro,  s.  f.  Fichure,  espèce  de  bidcnt  ou  de  trident 
avec  lequel  on  darde  le  poisso  n  dans  l'eau. 

Dér.  du  lat.  Fixorius  clavus,  fiche. 

Fidèl,  dèlo,  adj.  Fidèle;  exact  à  garder  sa  foi,  à  rem- 
plir ses  engagements.  —  Se  dit  principalement  de  la  fidélité 
on  plutôt  de  la  probité  des  domestiques  ou  gens  de  con- 
fiance, dans  le  sens  de  l'attachement;  probe  et  intègre.  — 
Es  fidèl,  il  est  probe,  il  ne  toucherait  à  rien  de  ce  qui  ne 
lui  appartient  pas. 

Dér.  du  lat.  Fiddit,  m.  sign. 

FidèoQ,  s.  m. Vermicelle,  sorte  de  macaroni  pour  potage. 
On  le  fabrique  avec  la  farine  de  riz  qu'on  teint  le  plus 
souvent  avec  une  décoction  de  safran .  On  lui  donne  cette 
forme  de  fils  ou  de  petits  vers  en  le  faisant  passer,  à  l'aide 
d'un  [Hston,  &  travers  les  trous  d'une  filière.  On  dit  en 
esp.  Fideoi. 

Dér.  du  lat.  Fide$,  corde  d'instrument  de  musique. 

Fièia,  v.  Pousser  des  feuilles;  se  garnir,  se  couvrir  de 
feuilles,  en  parlant  des  arbres. 

Fièiaje,  s.  m.  Feuillage;  quantité  de  feuille  de  mûriers 
que  contient  un  domaine.  —  Y-a  un  for  fièaje  dîne  aquél 
mas,  il  y  a  une  grande  quantité  de  feuille  de  mûriers  dans 
cette  métairie. 

Fitias,  s.  m.  Amas  de  feuilles  sèches  pour  litière.  — 
Coucha  dou  fièïas  :  dans  les  Cévennes  les  valets  de  ferme 
couchent  dans  des  amas  de  feuilles  sèches  de  ch&taignicrs, 
comme  ailleurs  dans  la  paille. 

Fièio,  s.  f.  Dim.  Fiètéto,  péj.  Fiéiatso.  Feuille,  en  géné- 
ral. —  Fièto,  tout  court,  signifie,  dans  nos  contrées  séri- 
cicoles,  la  feuille  par  excellence,  celle  du  mûrier.  Or,  le 
mûrier,  pris  ainsi  au  singulier,  ne  signifie  pas  seulement 
un  individu  de  l'espèce,  mais  la  récolte  en  entier  :  c'est 
pour  cela  que  FiHo  participe  à  cette  extension.  La  fièïo  é$ 
déjà  bêlo,  la  feuille  est  déjà  développée.  La  fièïo  a  prés 
mâau,  la  feuille  a  souffert  ;  elle  est  tachée  ou  brouic  par 
la  gelée.  Acheta  à  fièïo  morto,  acheter  de  la  feuille  en  hiver 
et  sur  l'estimation  qu'on  fait  des  arbres  ;  c'est  aussi  la 
retenir  et  arrfaer  en  hiver  sur  l'estimation  ou  pesage  qui  en 
seront  faits  à  l'époque  de  sa  maturité.  Faïré  manja  ta  fièïo, 
c'est  faire  une  éducation  de  vers-à-soie  avec  la  feuille  qu'on 


possède  :  c'est  dit  par  opposition  à  celle  qu'on  vend  en 
tout  ou  en  partie  ;  dans  ce  cas,  on  emploie  aussi  :  Ft^re 
touto  sa  fièïo.  Ana  à  la  fièïo,  aller  cueillir  de  la  feuille  de 
mûrier.  Ana  à  las  fiëios,  aller  ramasser  des  feuilles  sèches 
pour  litière. 

Fi^io  dé  rèsso,  allumette,  lame  d'une  scie. 

Fièïo  d'hdouboï,  anche  de  haut-bois. 

Fiito  dé  papié,  feuille  de  papier. 

Dér.  du  lat.  Folium,  m.  sign. 

Fièirâoii,  s.  m.  Champ  de  foire  pour  le  bétail  gros  et 
menu.  —  Ne  s'applique  pas  aux  lieux  où  s'étalent  les  au- 
tres marchandises  en  temps  de  foire. 

Fièîréja,  v.  fréq.  Acheter  à  la  foire,  y  faire  des  em- 
plettes; fréquenter  les  foires. —  Crése  qu'àouraï  bien  fiètréja,^ 
je  crois  que  j'aurai  fait  un  bon  marché.  Au  fig.  a  bien 
fièiréja,  il  a  eu  un  bon  lot  en  mariage  ;  il  a  rencontré  une 
femme  de  mérite. 

Fièiro,  «.  f.  Foire,  grand  marché  public  qui  se  tient  à 
des  époques  fixes.  —  C'étaient  autrefois  certains  jours  de 
fériés  ou  de  fêtes  patronales,  pendant  lesquels  tous  les  droits 
de  lods,  d'entrée,  de  péage  étaient  suspendus,  ce  qui  attirait 
la  foule  des  acheteurs  et  parlant  celle  des  vendeurs.  Faïre 
fièïro,  acheter  à  la  foire.  Té  dounaraï  ta  fièïro,  je  t'achè- 
terai un  cadeau  à  la  foire  :  les  cadeaux  à  l'époque  des  foires, 
comme  les  étrennes  du  jour  de  l'an,  sont  d'un  usage  ancien 
qui  commence  à  s'effacer  ;  on  les  fait  aux  enfants,  aux  amis 
intimes,  aux  domestiques  un  peu  anciens  dans  la  maison. 
Pér  un  éscu  né  véirés  la  fièïro,  pour  un  écu  vous  en  serez 
quitte,  ou  vous  pourrez  vous  satisfaire.  A  Alais,  lorsqu'on 
dit  :  Pagaraï  à  la  fièïro,  cela  signifie  :  je  paierai  à  la  foire 
de  Saint-Barthélémy,  le  S4  août,  qui  est  la  plus  considé- 
rable, la  foire  par  excellence. 

Dér.  du  lat.  Feriœ  mundinœ,  m.  sign.  On  n'a  fait  que 
supprimer  le  dernier  mot. 

Fiel,  s.  m.  Feuillet  d'un  livre;  feuille  de  papier.  — Viro 
fiel,  mèstre  Grabièl,  passons  à  autre  chose,  à  un  autre  dis- 
cours :  tournons  la  page  :  loc.  prvb. 

Dér.  du  lat.  Folium,  feuille. 

Fier,  fièro,  adj.  Fier  ;  superbe  ;  orgueilleux  ;  arrogant  r 
hautain  ;  altier.  —  Faï  dé  soun  fier,  il  prend  des  airs. 

Fier,  fièrto,  adj.  Grand;  considérable;  fort;  d'une 
fameuse  dimension;  bien  étrange.  —  Aquà's  uno  fièrto 
câouso,  voilà  qui  est  bien  étrange,  bien  extraordinaire; 
c'est  une  bien  singulière  affaire.  Un  fier  home,  un  terrible 
homme.  Un  fier  malhur,  un  bien  grand  malheur.  Uno 
fièrio  michantlso,  une  cruelle  malice. 

Cet  adjectif  ne  s'emploie  que  de  vaut  le  substantif  avec 
lequel  il  s'accorde. 

Dér.  du  lat.  Férus,  fier,  intrépide. 

Fièramén,  adv.  Fièrement  ;  avec  orgueil  ;  beaucoup  ;  en 
grand  nombre  ;  très  ;  fort.  —  Es  fièramén  bo,  c'est  bien 
bon,  d'une  très -grande  bonté.  Fièramén  iuèn,  excessive- 
ment loin.  Siès  fièramén  abéstï,  tu  es  grandement  sot^ 
ignare,  grossier,  impoli.      ^ 


FIO 


I  > 


.•'    1  •    [>  -lit  -  II;  iitiv.    fiiro    I'^ 

'■•       I  -N    ."    IMl.T'V-i     ;itVH"tf''''S,    un    t  'Il 

■  \  \-    l.i   li'nniiiiiis.iii    iv,luii!i.'nti\'^   '"'t 


ruiu^»i»»^»» .  uiil^^  *•  •''  "(y-  l^'^tit'iLutiT".  pivt-iiîinix. 

|\.H,.  ,  ,  Diin.  I'tijiir!<t;  j»t''j.  fit/nssn.  TiL'll»',  iVuit  illl 
I,  ui.M  \ii  II  '  II''/  trin'iiiiiM'  ou  (le  olii'.^n.  —  f).  (iijos  p.r 
,  .■,,,  ,.  ,s  il.-.  li^'Mcs  pour  ton  nez  :  co  n'rst  [»:i^  [yaiv  ta 
(|,i,  I  ■  Imiii  »  li.iiilVt',  (l'i-st  jKir  cttntr.M.'tinn  d^  c-it'^  [«lira^-^ 
i|M  i.ii  .hi  ntlrij('r|i\(Miionl  :  Fiijos!  NiMnii  ! 

!•  >  \.Hir|.''>  sont  n<)iiil»rous<\s  :  iinn>,  los  in!lir|iiôn>  >Mn> 
Il  III  tl'iKtiniiiation  spôoinlo. 

h' r    (lu  l.it.  Ficus,  fi^juc. 

l'iijo-lôouriôou,  s.  m.  L"ri.)t,  On'nfus  ffjlhuhi.  I.inn., 
Mi-^raii  il*'  l'ordre  (\o>  P;».s-i  rcaux  rt  df  la  fain.  il-s  Cmiù- 
Ki-livs.  (''«'St  par  S'.n  plininii,'.*  nn  de  n<'S  plus  If.tux 
«ti-^iMiix  :  d'un  jauM*'  d'nr:  une  ta«dn.'  eiitrf'  1«'  Ih'O  et  I'omI, 
hs  ailes  et  la  qu'Hie  nnin\s.  niais  c*He-ci  t^TUiin-e  df  jaunis 
Ik'c  ron^'eàtre:  iris  d'un  l>"au  n)u;je:  |iin;.nieiir  2i  C'iiti- 
nif'tres.  Sa  diair  «^st  f'»rt  t-rniM'.'.  Mirlout  à  l'(''p<>(|up  de 
son  secnnd  passage,  dans  h'.>  pnMni'TS  jours  de  S'^ptiMr}«re. 
Le  loriot  vit  en  eap\  mais  j'ius  diflieih'riit'nt  qu»^  ]>^  n.*'r]^ 
et  rr't''Urn'^au. 

(j»  non'  d»*  Looun'nou.  coujine  odui  lai.  Orinfus,  (jn<^  lui 
dnnnr  la  ii'^ru'ii'-lalure  si:i''nlill<{U'\  d»M\  du  lai.  Amcohis, 
coul'^ur  d'or,  a  <;..us''^  de  la  couleur  d-^  s  )n  pluiiiai:<\  Le 
mot  yi'jo  a  «''té  ajout»!'  en  lang.  parce  que  cet  oiseau  est 
très-1'iiand  d»^  ce  Iruil,  et  qu'ofi  raptMTMit  souvent  sur  les 
figuiers. 

Figuièïro ,  5.  f.  Dim.  Fùjuitueto;  pt'^j.  rî'juicirn^so. 
Figuier,  figuier  conmiun,  nots  can'cn,  Linn.,  arhro  de  la 
fani.  des  rrticées,  cultiv('»  de  temps  imm-Mnorial.  —  Fi- 
guiviro-Cnhinou,  figuier  sauvage,  dont  les  fruils  avarient 
sans  niùrir.  Iai  figuicirasso  est  une  expression  tout  alai- 
sienne  pour  d<''signer  le  forl  dWlais  (jui  s«'rl  de  prison.  On 
voyait,  il  y  a  quelques  ainn-es  encore,  un  immense  figuier 
sur  le  préau  de  la  citad(dle,  au-dessus  d<^  la  })orto  qu'on 
appelait  le  petit  poste  :  de  là  l'allusion.  Mounta  à  la 
figuiv'iri'iso.  c'était  simplement  aller  en  prison. 

Dér.  du  lat.  Fican'u  venu  de  Ficus. 

Figuièïroù,  s.  m.  Arum,  ou  pied  de  veau,  ou  verge 
(VAaron.  Annn  vulgarf,  Linn.,  plante  de  la  lam.  des 
Aroïdes.  Sa  racine  ost  caustique  quand  elle  est  fraîche; 
sèi'lie,  elle  est  un  l»on  cordial.  La  c<:>locase  d'Kgypte  et  le 
chou  caraï'  'étés  de  l'arum,  bonnes  à  manirer. 


L.-'  n  ••!  d-^  Fl-j'i-'T'  >  lui  \j-\:  :  r  1 --'.l-^i.ent  de  sa  sève 
!àitt'u.>.'  ft  .-..u-fiqu  '  i.-i  m!];-;'  ._••'.!•:  i  :  rjuier. 

Figuro,  v.  /'.  Difi^  F''juict:>:  ;-;.  F:jurasso.  Figure; 
^i^■''Lr':  î-'r'.i-^  ►'Xt-'ia-'ur-'  d"un  c:rj.s. 

I)'r     lu  ht.  F -g  lira,  m.  si-'U. 

Fil,  s.  ni.  Di'ii.  Fi''.  fioà;  p/'j.  F- is.  Fiis:  «^nfant  mâle; 
gare  -n.  —  Pirhn./n^  p  -[iî-î:!-,  !•'  îK!.  lu  ù\<  ou  de  la  fille, 
[)ir  rrpp  >i't  à  r.i'.iil  mu  1  r  ii'ul'^  /.a  nr.  b^aie  f^ll,  c'est  un 
ltra\e  ;;  ii'<".  m. 

D'V.  du  ],it.  Fih'us,  m.  sign. 

Fila,  f.  ri!-''r:  d-'raniprT:  cli-ii-in-r;  iinrclier  vile. 

I)''r.  du  lai.  l'ihnn.  11!,  par  Ii.'''t:;'.'h'r'"'  d"Vi  l.-T  >on  fil, 
fuir.  Fil -r  a  la  qu'?iiaiill'^  se  dit  Fiala  ;  mais  létymologie 
»'st  la  II, ■''M,''. 

Fin,  finto, '/'/y.  Kxtréuje;  juMju'à  la  lin. — Ne  s*em- 
]>l"i.>  gu":'-' (pi''  J  'iiil  aux  ii.nts  Fot/n  ou  Souti,  Cimo  OU. 
Cini'in.  Ann  fin  foun,  au  plus  iirof.ind.  A  la  finto  cimo,  à 
la  .ime  •'\tp\'ii".  rifi-z-ct  un  fJignc.  jus(ju'au  dernier 
doni'M'.  sans  rahattr-  une  <d)ole. 

D'-r.  du  lat.  Fhiis.  Fn  ital.  Fi  no,  jus(|ue. 

Finablamén,  af'v.  Final  ■m^Mil;  en  dernier  résultai; 
enfin  ;  a  la  fin. 

Dér.  du  lat.   Final is,  d.»  Finis. 

Finamén, /"7r.  D'Iicati'u.ent:   t-Midreuient ;  doucement. 

—  Sr»  pivu  1  >  ■uv.Mit  ironi(pi>^m'.'nt  t^n  antiplirase:  Y-vai 
/inami'ti,  enth'-  fouto  In  banastado,  il  n'y  met  ni  délicatesse, 
ni  fui•^'^^♦\  ni  précaution  :  il  n'y  va  pas  de  niain  morte. 

Dér.  df  /'/,  fino. 

Finanço,  s.  f.  —  O^  mot  n'a  rien  de  conniaia  avec  le 
mot  t'r.  F()iin>rc.  C''\st  uii'^  •'«sp-M'e  d.^  jeu  de  mots  jvaur  dé- 
sigii'^r  la  fni''sst\  réh'gani'"  de  manières,  l'ai  sus  la  finanço, 
il  »st  vêtu  couiii]'^  un  prince,  comme  les  pMM'soiuies  de  haul 
rang,  de  haute  p'siti  mi.  Catiti  sus  lu  finanço,  chanter 
C'tîiime  l'^s  nj'"^s>ifMirs  r-t  l*^s  darnes,  chanter  l'ariette  et  la 
romance  et  non  l(\s  airs  t-t  chansons  j)opulaires. 

Dér.  de  Fi,  fi  no. 

Finèsso,  s.  f.  Finesse;  astuce;  ruse;  artifice. 

Fini,  r.  Finir;  acluner;  terminer;  cess*?r;  prendre  fin. 

—  Finisses,  iNVsez,  ass-^z,  laiss("'z  donc.  —  Voy.  Fénè 
Dér.  du  lat.  Finire,  de  Finis. 

Finissanço ,  s.  [.  Fin  d'un  livre,  d'un  écrit,  d'une 
scènp. 

Fine,  finoto,  alj.  Finaud;  rusé;  qui  finasse. 

Finocho,  s.  m.  F'inasseur;  madré  compère;  rusé. 

D'T.  de  Fi,  pno. 

Finlo,  5.  f.  Feinte;  ruse;  emploi  d'un  moyen  apparent 
pour  masquer  le  but  occulte  qu'on  poursuit.  —  Finto  ca- 
luflo,  ruse  de  guerre  à  certains  jeux  d'enfants  :  traduit  du 
lat.  Callida,  rus-'e.  Ana  pêr  finto,  einployer  la  feinte,  la 
fourl)erie;  ne  pas  aller  droit  son  chemin. 

Dér.  du  lat.  Fin  gère,  au  supin  Fictum. 

Fiô,  s.  m.  Dim.  Fiouqué;  augm.  Fioucas.  Feu,  principe 
de  la  lumière  et  de  la  clialeur;  chaleur.  —  Faï  fia,  allume 
le  feu,  fais  du   feu    Va  fi(>  éncô  dé...,  il  y  a  un  incendie 


FIO 


FIO 


351 


chez...  Fia  dé  jofio,  dé  Sén-Jan,  feu  de  joie,  de  Saint-Jean- 
Y-a  hu  fia  âou  bla,  le  blé  est  d'une  grande  cherté.  Es  é^ 
que  y-a  mes  lou  fia,  c'est  loi  qoi  a  fait  renchérir  cette 
marchandise. 

Dér.  da  lat.  Focus, 

Ko,  s,  f.  Dira.  Fiéto,  Fioù;  péj.  Fûisso.  Fille;  enfant, 
personne  du  sexe  féminin  par  rapport  à  ses  père  et  mère  ; 
femme  non  mariée.  —  Bêlo-fïo,  belle-fille,  bru.  Pichoto- 
fïo,  petite-fille,  fille  du  fils  ou  de  la  fille  par  rapport  à 
Taïeul  ou  à  Taïeule.  Fio  dé  eambro,  femme  de  chambre. 

Comme  nous  Tavons  fait  à  l'art.  Fénno,  nous  réunissons 
sous  le  mot  Fio  les  principaux  dictons  que  la  malice,  l'es- 
prit d'observation,  la  sagesse  aussi  des  âges  passés  leur  a 
consacrés.  Ces  petits  proverbes  n'ont  point  de  date  :  ils  ne 
sont  pas  non  plus  particuliers  à  notre  dialecte,  ni  même  à 
la  langue  d'Oc,  qui  n'y  ont  mis  le  plus  souvent  que  le 
tour  et  la  vivacité  de  l'expression.  On  rencontre  leurs 
équivalents  dans  les  autres  langues  et  dans  le  français,  qui 
se  pique  cependant  de  raflîner  la  galanterie.  Ils  ne  repré- 
sentent donc  pas  la  civilisation  d'une  époque  ou  d'un  pays. 
Mais,  puisqu'ils  se  sont  reproduits  et  qu'ils  se  conservent, 
puisqu'ils  sont  encore  souvent  cités  et  appliqués,  il  sera 
peut-être  curieux  de  les  rassembler  à  peu  prés  tous  dans 
la  même  page,  et  de  les  apprécier  au  moins  au  point  de 
vue  de  la  linguistique,  sans  y  mettre  autrement  de  malice 
ni  de  commentaire. 

Proverbes  relatifs  aux  filles. 

—  66  vèn  quan  garçoù  naï,  s'uno  fio  vèn,  bé  s'en 
vaï.      • 

—  Ciel  pouméla,  fio  fardado,  soun  dé  courto  durado. 

—  Entre  fios  et  capélans  sabou  pas  ounté  manjaran  lus 
pan. 

—  Entre  fios  et  éscoubïos,  pourièn  pas  èstre  trop  iuèn 
dé  Toustàou. 

—  Fïo,  léntïo  et  pan  càou  soun  la  ruino  dé  l'oustàou. 

—  Fio  troutièïroet  fénéstrièïro  raramén  bono  maïnajèïro. 

—  Fïos'd'hoste  et  figos  dé  cami,  se  noum  soun  tastados 
dé  vèspré  ou  soun  dé  mati. 

—  Fio  d'hoste  et  dé  bouché,  agués  pas  gâou  que  rés 
noun  té  sié. 

—  Fio  d'hoste  et  figo  dé  cantoù  soun  pu  léou  maduros  que 
dé  sésoù. 

—  Fio  es  coumo  la  roso,  es  bèlo  quan-t-és  éscloso  (pour 
énelàouso). 

—  Fïo  maduro  porto  l'éfan  à  la  cénturo. 

—  Fio  pâou  visto  es  dé  réquisto. 

—  Fïo  poulido  sans  habls,  mai  dé  calignaïres  que  dé 
Duiris. 

—  Fio  qn'agrado  es  mita  maridado. 

—  Fïo  que  prén,  s6  vén . 

—  Fio  qu'éscouto,  vilo  que  parlamônto,  soun  lèou  prêsos. 

—  Fios  que  soun  à  marida,  michan  cabâou  a  garda. 

—  Fltio  que  vôou  éstre  présado,  ni  visto,  ni  visitado. 


—  Fïo  sans  crénto  vôou  pa'n  brou  dé  ménto. 

—  Fïo  à  marida,  chival  à  vendre. 

—  Fio  coumo  es  élévado,  éstoupo  coumo  es  fialado. 

—  Fïo  laïdo,  bien  parado. 

—  Fio  maïgro  émbé  dot  gras,  à  cade  jouïne-home  plas. 

—  Fios  et  véires  soun  toujour  en  dangè. 

—  Las  fios  fôou  pas  que  parlou  que  lou  fiô  noun  siègue 
acata. 

—  Ni  trop  fios,  ni  trop  vignos. 

—  Nose,  fio,  castagno,  sa  râoubo  cubris  la  magagno. 

—  Pan  frés,  prou  fios  et  bos  vér  bouton  l'oustâou  en 
désèr. 

—  Pàou  vignos,  pàou  fios,  et  bé  téngudos. 
Dér.  du  lat.  Filia,  m.  sign. 

Fiolo,  *.  f.  Fiole,  petite  bouteille  de  verre  blanc. 

Dér.  du  gr.  ^liXct,  m.  sign. 

Fîolo,  s.  f.  Filleule,  celle  dont  on  est  le  parrain;  œille- 
ton ou  filleule  d'artichaut;  drag»?on  enraciné  du  talon  d'une 
plante  qu'on  arrache  pour  transplanter. 

Dim.  de  Fïo,  dans  l'un  comme  dans  l'autre  sens  :  l'œil- 
leton étant  à  vrai  dire  la  fille,  la  pupille  de  la  souche-mère. 

Fiou,  s.  m.  Dim.  Fioulé,  Au  plur.  Fiousses,  Fil;  filasse 
du  chanvre,  du  lin,  du  coton,  de  la  soie,  de  la  laine,  etc., 
tordue  en  brin  délié  et  continu;  tranchant  d'un  outil; 
fibre  de  certaines  plantes;  courant  d'eau;  fil,  cours,  suite 
de  choses,  d'une  affaire,  d'un  discours.  —  Lou  fiou  dé 
l'aïgo^  le  fil,  le  cours  de  l'eau.  Âquà  vaï  à  fiou  d'aigo, 
cette  affaire  marche  que  c'est  un  charme  ;  elle  va  d'elle- 
même  comme  le  courant  de  la  rivière.  A  trop  lou  fiou,  il 
est  trop  rusé,  trop  fin.  Douna  lou  fiou,  aiguiser,  émoudre 
un  instrument  tranchant,  lui  donner  le  morfil.  Li  coupé 
lou  fiou,  il  1  interrompit,  il  l'interloqua.  Tin  pas  qu'émb'un 
fwu,  cela  ne  tient  qu'à  un  fil,  à  rien,  à  presque  rien. 
Dé  fiou  en  aguto,  d'une  chose,  d'un  propos  à  un  autre,  de 
fil  en  aiguille. 

Fiou  dé  richar,  fil  d'archal,  de  laiton,  passé  à  la  filière  : 
en  lat.  Auriealchus. 

Fwu  dé  fêre,  fil  de  fer;  fiou  d'aran,  fil  d'archal. 

Fiou  dé  vigno,  vrilles  ou  mains  de  la  vigne. 

Fiousses  dé  majoufo,  traînasses  des  fraisiers,  par  où  ils 
se  provignent  d'eux-mêmes. 

Dér.  du  lat.  Filum,  m.  sign. 

Fioucado,  «.  f.  Feu  de  paille  ;  feu  passager  et  de  courte 
durée,  tel  que  celui  qu'on  produit  avec  une  bourrée.  Au 
fig.  vivacité;  mouvement  passager  de  colère. 

Dér.  de  Fid,  feu. 

Fioula,  V.  Siffler  la  linotte;  boire  à  longs  traits;  siroter. 

Ce  mot  nous  vient  peut-être  de  Fiolo,  fiole,  peutrêtre  aussi 
du  gascon  Fioula,  siffler. 

Fioan,  s.  m.  Adresse;  biais;  habileté;  manière  de  s*y 
prendre.  —  A  lou  fioun,  il  ^t  donner  la  tournure  con- 
venable. 

Peut-être  n'est-il  qu'une  corrupt.  de  Fiou  dans  une  de- 
ses  acceptions. 


35^ 


FLA 


FLA 


Fiqua,  v.  Placer  de<l;ias;  lairc  (Milivr  ailntitoint'iU  «iU''!- 
qno  chose. 

Dt'V.  (lu  lai.  Fi(/rn\  piqutn',  fixer. 

Eisa,  r.  Fier;  confier  une  chose  à  (|iio](jiruii. 

Se /isd,  avoir  ci»iiliaiice;  .se  n'ix'ser  sur  (lueliju'nn  avec 
SÙrolé.  —  Li  /fsariei  jfus  fa  fjnHïo  <lc  moitn  ase^  ilit-oii  Cil 
parlant  d'un  nn'Jic  istr<\  criin  <'iii[)iri(]iie  :  je  ne  hii  cnn- 
fierais  pas  la  vio  de  nii»n  chien.  Mtt  //se  sus  cl,  ie  nie  re[>ose 
sur  lui  en  Ion  le  confiance. 

Dér.  du  l;it.   i'isum,  supin  de  ri'lcte,  ju.  siirii. 

Fisable,  ablo,  «'/y.  Qui  mérite  toute  confiance;  à  qui 
on  peut  se  fier;  personne  sure  et  fidèle. 

Fiso-té-li,  j/Jw.  fin'fo  iuterjcrtivr.  Ah  !  hien  oui  I  va  t'en 
voir  s'ils  "\  i-'iinent,  .Jean  !  Tiez-Mais  à  lui,  a  cla. 

Fissa,  V.  Fixer  ses  reuards;  fixer  les  yeux  sur  ([uel- 
qu'un;  jtiquer,  enl'oncer  un  aiiiuillon. 

î)ér.  du  lat.  fi.rus  de  l'i'jcre. 

Fisso,  .V.  f.  Gardes  de  la  htniille  :  pi'MTe  noire,  le  phis 
souvent  leuilletée  cnnune  Tardnise,  (pii  forme  les  ris>ises 
siij)érieures  <'t  inlV'rieures  des  filons  di'  charh:>n,  «'1  (piej- 
qucfois  se  trouve  iritercalée  d.ins  le  hloc  lui-mr'me.  File 
est  de  la  nature  du  charlttin;  mais  elle  est  peu  piuvnjse  et 
brûle  mal.  Sauva;.'es  la  nomme  en  l'r.  Fisse,  mot  qu'on  ne 
rencontre  j\is  dans  les  dictionnaires,  l't  c'est  snns  doule 
lui  emprunt  qu'il  lait  h  l'idiome  local;  mais  dans  la  lan- 
gue ])arlée  r.ux  mines  de  houille  même,  on  enq^hùe  le  uuA 
Firho,  (pli  s'i'ï^t  l'rnncis('M'n  Fiches,  les«[uels  n'oïit  certai- 
nemenî  ])as  d'antre  origine  que  le  vrai  laniruedocien  Fisso, 
plus  ancien  et  meilleur,  \''nant  du  lat.  Fiuu,  i)l;uit(!'f,  en- 
foncée. 

Fissoù,  5.  m.  Aiguillon  d'al)eille,  de  gu^jie,  de  frelon. 

Dér.  du  lat.  Fi(jere,  pitjuer. 

Fistra,  ♦•.  Filtrer;  distiller  i:oiitte  à  goutti*:  suinter; 
s'éouler  cMiime  en  passant  i»ar  un  filtre,  ou  par  une  fuile 
insensible. 

(>orrupt.  du  fr. 

Fistre,  im^rj.  Juron.  Fichtre I  ctMles!  peste!  dame! 
dial)leî  —  llessendde  tV»rl  à  l'adoucissement  d'un  mot 
grossier,  un  juron  aussi  de  i)lus  belle  maille. 

Fïun,  S",  m.  La  gent  fille,  la  g(''n»'ralité  des  jeunes  filles 
d'un  endroit  donm*.  —  Ae  se  prend  (pi'(?n  mau\aise  part, 
c.-:Vd.  en  style  narquois. 

Fia,  flaquo,  (t<lj.  D'un.  Flaque  ;  ptjj.  Flaqvas.  Flasque; 
mou;  sans  vigueur;  lâche;  sans  force;  indolent.  -  De 
cars  flaqnos ,  chairs  flas(pies,  molasses.  Fia  cnurno  la 
bano  d'un  biùnu,  par  antiphrast^  pour  exprimer  une  vigueur 
à  toute  <*  »reuve.  Fia  coumo  uno  trio,  coumo  uno  simousso, 
sans  force,  mou  comme  de  la  chiire. 

Dér.  du  lat.  Fluccns  ou  mieux  Flncridns,  m.  sign. 

Jlaïra,  r.  a.  Flairer  ;  sentir  par  l'oilorat  :  au  lig.  pressentir, 
prévoir;  el  r.  //.  Fleurer;  avoir  de  l'odeur;  exhaler  une 
odeur.  —  Flairas  aquél  bnuqué,  sentez  celle  Heur.  Aquo 
Jlaïro  pas  bo,  cela  ne  sent  pas  Ihhl 

~  '      Hi  lat.  Flagrare,  m.  sign 


Flaire,  a.  m.  Flair;  odorat. 

Flama,  v.  Flamber,  produire  ou  donner  de  la  flamme. — 
l'iamber,  \m<  aciivement,  ne  se  dit  pas  Flama,  mais  bi(}n 
l'scla  oll   (habiisvla. —   Vo^.  C.  m. 

Flamado,  v.  /'.  Flnmme:  feu  vif  et  clair,  tel  que  celui 
([u'on  piciluil  a  sec  de  la  bourrée,  des  sarments,  du  menu 
bois,  etc.  —  Fo'ne  à  la  flomado,  faire  rôtir  à  la  flannne. 

Flamba,  r.  Fl.imber,  jeler  de  la  flannne,  des  flamm(Vhes 
Au  fig.  [)erdi-';  ruiner.  —  Sou'i  flamba,  je  suis  flaml)é, 
perdu,  ruin*'. 

Dér.  du  II  t.  Flamma. 

Flanibéja,  c  ln}q.  Flamboyer;  jeler  de  la  flannue,  un 
\  if  éclnt. 

Flaméja,  v.  lVé«[.  Fliinber,  commencer  W  flamber;  pro- 
duire do  llnmmes.  Au  \v^.  être  irrité,  enflannné;  donner 
une  \i\<  .(rdt'in-,  causer  une  inflauniialion.  —  Moun  dé 
jJdiDi'Jo,  iiii-n  doi-t  e>l  brillant  d'irritation. 

Flame-nôoii ,  flame-novo,  adj.  Tout  neuf,  entière- 
mciil  niiil;  tout  b.iiiani  neuf;  (]ui  n'a  janiais  servi. 

Fn  t'>[K  on  dit  dans  le  même  sens  Flamante;  cela  signi- 
fi('  :  ipii  f.^i  dans  IriUt  son  lu>lre,  qui  fian)boie  de  lustre  el 
de  nouveauté. 

Flamo,  s.  /".  Dim.  Flamcta;  augrn.  Flamasso.  Flamme, 
parli'^  sublile  e|  lumineuse  du  feu. 

Dér.  du  lat.  Flamma,  m.  sign.  En  bas-breton,  Flam. 

Flan,  6-.  m.  (aème  (aile  a\ec  du  lait  et  des  œufs,  qui  a 
la  consistance  d'une  gel(''e. 

Flâna,  c.  Flamr;  ne  rien  faire;  se  i)romener  par  dé- 
so'UN  rement  :  jH-idre  si»n  tenq»s  parles  rues,  en  déambu- 
lant. —  C'est,  aN(\*  mi  résultat  id(Miti(pie,  pres<]ue  l'op- 
posé de  l)u[ia,  qui  supjiose  la  flânerie  sans  la  locomotion. 

Flandrin,  drino,  a/y'.Péj.  Flnndrinas.  Flandrin;  grand 
efllinqué,  paresseux  el  indolent.  IMus  usité  au  fém.,  grande 
femme  sans  maintien,  .sans  grâce;  lâche;  nonchalante;  ii 
qui  tout  Iraine  par  indolence  ou  maladresse;  une  marie- 
cbiJïon. 

Il  est  probable  rpie  ce  mot  est  dérivé  do  Flandre,  et  a 
désigné  autrefois  ses  habit-LUils. 

Flandrouïo,  s.  f.  Péj.  Flandroinasso.  C'est  un  augm. 
de  Flandrino,  avec  um^  certaine  aggravation  de  mauvaise 
tenue. 

Flanqua,  r.  Flanquer,  donner  un  coup,  j(?ter.  —  Lénitif 
d'un  mot  ])lus  énergique,  comme  Ficha. 

Flanur,  urdo,  s.  ei  adj.  Flâneur;  musard;  paresseux; 
(pii  se  promène  par  déso'UvnMnent. 

Dér.  de  Flâna, 

Flàougnar,  gnardo,  adj.  Flagorneur;  enjôleur;  cajo- 
leur; courtisan;  patelin;  chien-couchant. 

Dér.  du  lat.  Flare,  souffler,  enfler  de  vent,  parce  que 
les  flalteri«'S  ejiflent  la  \anilé. 

Flàougnardariès,  s.  f.  jdar.  Flalterrie;  flagornerie; 
chatteries  ;  patelinagc. 

Flàougnardéja,  r.  fréq.  Flatter;  faire  des  chatteries; 
flairorner. 


FLE 


FLO 


353 


Flâongnardije,  s.  m.  Caractère  flatteur,  patelin,  flagor- 
neur, corn  pli  mcntcnr  doucereux. 

Flâoujos,  8,  f.  plur.  Contes,  sornettes  dans  un  but  de 
flatterie,  tels  que  les  propos  hyperboliques  d'un  séducteur. 

Flâousino,  «.  f.  Coutil,  toile  croisée  à  larges  raies,  dont 
OD  fait  les  lits  de  plume  et  les  taies  d'oreiller. 

Ce  mot  doit  sans  doute  son  origine  à  une  circonstance 
anecdotique  ou  à  quelque  nom  fr.  de  cette  étoffe,  qui  a 
disparu. 

Flaqua,  v.  Faiblir;  fléchir  de  faiblesse;  manquer  de 
force;  mollir;  devenir  flasque.  —  Hfas  eamhos  mé  flaquou, 
les  jambes  faiblissent  sous  moi. 

Dér.  du  lat.  Flaccidus. 

Flacniéja,  v.  fréq.  Manquer  de  force,  de  courage;  lâcher; 
fléchir;  flageoler,  en  parlant  des  jambes. 

Flaquéto,  *.  /".  Ne  s'emploie  qu'avec  le  v.  Faïre.  — 
Faïre  flaquéto,  faiblir;  s'aflaisser;  flageoler. 

Flaquije,  »,  m.  Faiblesse  ;  indolence;  mollesse;  lassitude. 

Flaqno-lamo,  phr,  faite.  Lâche  au  travail;  sans  éner- 
gie; nonchalant;  indolent;  poltron;  lâche. 

Flasque,  s.  f.  Poire  à  poudre,  exclusivement. 

Flasquou,  s.  m.  Flacon,  bouteille  de  verre  blanc  à  large 
goulot  terminé  en  entonnoir;  génériquement,  toute  boutoille 
à  vin  qui  est  en  verre  blanc.  —  Flasquou  païa,  flacon 
disse. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Flascus  ou  Flasca,  Fiasco,  m.  sign. 
En  ital.  Fiasco. 

Flassado,  s.  f.  Couverture  de  laine.  Au  fig.  homme 
faible,  sans  énergie  morale;  poule- mouillée,  qui,  cédant  à 
toute  pression,  se  laisse  facilement  aller  et  retourner.  La 
couverture  aussi  est  essentiellement  molle,  flasque.  —  Fias- 
sado  vient  en  eflet  du  lat.  Flaccida,  et  son  radical  lang. 
Fia  a  la  même  signiflcation  ;  —  elle  se  laisse  aisément 
plier,  rouler,  tourner  et  retourner,  et  l'on  comprend  que, 
par  une  juste  comparaison,  pour  l'homme  en  question  l'on 
dise  :  es  uno  fUusado,  lorsque  c'est  son  caractère  habituel, 
et  a  fa  la  flassado,  lorsqu'il  a  fait  comme  elle  dans  une 
occasion  particulière. 

Dans  la  bass.  lat.  Flassada  ou  Flasciata,  m.  sign.,  con- 
traction de  FUassata.  En  esp.  Fracata. 

Flata,  V  Flatter  ;  caresser  de  la  main  ;  traiter  avec  dou- 
ceur, et  non  dire  des  flatteries.  —  Flata  Vaigo,  ne  pas  trop 
contrarier  le  courant  d'une  rivière  en  faisant  des  digues  ou 
fascines  pour  la  réparation  des  propriétés  riveraines.  Flata 
jo,  jouer  lâchement,  sans  application  :  ce  que  font  les 
fripons  pour  allécher  leurs  adversaires.  —  Cependant  on 
le  dit  bien  dans  un  certain  sens  de  dissimuler,  leurrer; 
vanter  :  Vous  ou  flate  pas,  je  ne  vous  le  dissimule  point. 

Se  flata,  se  dorlotter,  se  choyer  â  la  moindre  incommo- 
dité. 

Dér.  peut-être  du  lat.  Flare,  Flatare,  soufllcr,  donner 
du  vent. 

nèomne,  1.  m.  Flegme,  impassibilité;  lenteur;  bddo- 
lence.  —  Ne  s'emploie  qu'au  flg. 


Flèonmo,  s.  f.  Flegme,  pituite;  glaire;  humeur  qui  est 
qualifiée  de  froide,  et  qui,  dit-on,  jouo  un  grand  rôle  dans 
l'économie  animale. 

Les  deux  mots  m.  et  f.  ont  la  même  origine  du  lat. 
Phlegma,  du  gr.  <I>XiYH-a>  pituite,  parce  qu'on  croit  que 
l'abondance  de  cette  humeur  est  la  cause  du  tempérament 
flegmatique. 

Fléquo,  s.  f  Paquet  de  chanvre  ou  de  laine  cardée,  tel 
qu'il  est  posé  sur  la  quenouille:  boucle,  mèche  de  cheveux. 

Flétoù,  s.  m.  Boulet  d'un  cheval  :  la  jointure  qui  sépare 
le  tibia  du  paturon. 

Dér.  du  lat.  Flectere,  plier,  tourner. 

Fli-fia,  s.  m.  Terme  de  danse,  jeté-battu. 

Flin-fian  I  interj,  Flic-flac  :  onomatopée  pour  imiter  le 
bruit  d'un  soufllet  qu'on  applique  sur  l'une  et  l'autre  joue. 

Flisque-fiasqno,  interj,  Augm.  .lu  mot  piécédent,  plus 
énergique  et  plus  imitatif  que  lui.  —  S'applique  encore  aa 
bruit  que  fait  un  liquide  secoué  dans  un  vase  à  moitié 
plein,  des  vagues  sur  le  rivage. 

Fie,  s.  m.  Dim.  Flouque;  augm.  Flouquas,  Morceau, 
lopin,  pièce  de  quoi  que  ce  soit:  flocon  de  soie  ou  de  laine; 
houppe  de  bonnet,  bouffclte.  —  Au  moyen  àgp,  c'était  un 
luxe  d'orner  les  équipages  et  les  haquenées  de  main  d'un 
nombre  infini  de  houppes,  surtout  en  Italie  chez  les  car- 
dinaux et  les  princes  de  1  Église,  en  très  grande  cérémonie  : 
de  là  l'expression  italienne  m  fiochi,  qui  est  passée  telle 
quelle  dans  le  fr. 

On  appelle  particulièrement  Flo,  la  houppe  de  laine 
qu'on  laisse  sur  1rs  plus  beaux  moutons  et  les  agneaux 
lors  de  la  tonte  et  qu'on  tnut  en  rouge  ou  en  vert  :  c'est 
le  luxe  des  bergers,  —  /o«  fwu  emporta  lou  fin,  h  couture 
emporte  ou  déjhire  la  pièce.  Aquéto  ést:)fo  s'en  Vwt  à  bèUs 
flos,  cette  étoffe  s'en  va  par  loques.  Vn  flo  de  pan,  un  mor- 
ceau de  pain. 

Très-certainement  le  primitif  s'écrivait  Floc,  conservé 
encore  dans  quelques  dialectes,  que  le  nôtre,  qui  a  horreur 
du  C  final  dans  la  prononciation,  no  peut  ndiiiettre  que 
l'étymologie  indique  et  qui  se  retrouve  d'ailleurs  dans  les 
composés. 

Dér.  du  lat.  Floccus,  flocon  de  laine. 

Flôousouno,  s.  f.  Espèce  di>  tTte  à  la  crêmo,  qui  n'est 
autre  que  du  fromage  frris  de  ceux  (;ri  sont  nommi^s  Toumo, 
qu'on  renferme  dans  une  légère  pâte  de  farine  et  qu'on  fait 
cuire  au  four  sans  sucre. 

C'est  un  mets  et  un  nom  qui  appartiennent  à  la  Lozère 
et  à  l'Aveyron. 

Floto, s.  f.  Dim.  Floutéto. Gnni  écheveau de  soie  écrue 
telle  qu'elle  es.  dévidée  à  la  filatitre  sur  la  roue  du  tour  à 
filer;  poignée  de  chanvre  poignée;  mèc'ie  de  cheveux. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Flotta,  m.  si^^n.,  pris  du  lat.  Fluctus, 
flot,  parce  que  la  Floto  est  ondéo  lorsqu'elle  est  libre, 
comme  les  flots  de  la  mer. 

Floii,«.  f.  Dira,  Flourâto;  péj.  Florrasso.  Fleur:  terme 
générique  comme  en  fr.  et  qui  prend  la  plupart  de  ses  ac- 

45. 


854 


PLO 


.  .* 


POL 


oepttons  fîgnr63s.  Cependant  lorsqull  8*agit  d'one  indivi- 
dualité da  genre  des  fleurs,  on  dit  plutôt  un  bouqui 
fV.c.m.):  un  JarJi  plé  dé  bouquéi,  un  jardin  plein  de 
fleurs.  Coumo  apélai  aquéi  bouquéf  Comment  nommez- 
TOUS  cette  fleur  ?  —  Au  fig.  la  fli>ur  ;  la  crème  ;  la  partie 
la  plus  précieuse  d'un  tout.  La  pou  dé  la  pruno,  le  duvet, 
la  petite  poussière  qui  se  forme  sur  la  prune  à  Fétat  na- 
turel, et  qui  se  d^ore  au  contact. 

Dér  du  jat.  Fia,  m.  sign. 

Floundéja,  v  fréq.  Gamliiller;  jouer  des  jambes,  en 
ayant  le  corps  renversé  sur  le  dos,  comme  font  les  enfants 
au  maillot,  lorsqu'on  leur  enlève  momentanément  les  en- 
traves de  leurs  langes.  —  Se  dit  aussi  :  leva  las  floundos, 
jouga  dé  las  flouniot  ;  tout  à  fait  synonymes. 

Floundo,  s.  f.  Fronde  à  lancer  des  pierres.  —  Longtemps 
les  enfants  d'Alais  se  sont  battus  à  la  fronde,  et  il  se  faisait 
ainsi  des  cafnpagnes  fort  curieuses,  souvent  très-savantes 
en  stratégie,  quelqueiois  sanglantes.  Vno  fioundo  dé  quatre, 
une  fronde  tressée  à  quatre  brins,  était  alors  la  plus  re- 
cherchée. 

Dér.  du  lat.  Fvnda,  m.  sign. 

Flonqua,  o.  Garnir  de  houppes;  orner,  parer  de  houp- 
pes; tondre  un  mouton  en  lui  laissant  des  houppes  de  laine. 

Dér.  de  Flo. 

Flonquaraxi,  arando,  a'^j.  Péj.  Fiouquarandas.  Très- 
grand,  très-élevé,  mais  sans  tournure,  sans  grâces. 

Dér.  de  Flo,  c.-k-d.  un  très-grand  morceau  d'homme  : 
une  très  grande  taille  n'étant  pas  toujours  le  type  de  la 
grâce. 

Ce  mot  peut  venir  aussi  du  n.  pr.  Fulerand,  qui  est 
celui  d  un>  saint  évêque  de  Lodève,  patron  de  l'église  de 
cette  ville.  Il  n'est  pas  impossible  qu'à  Montpellier  on 
désignât  les  Lodé viens  sous  le  nom  de  Fulerans,  comme 
épithète  ironique  :  d'où  ce  sobriquet  aurait  été  formé. 

Floac[Qariè,  s.  f,  Loquettes,  crottins  ou  flocons  de  rebut 
d*une  toison,  qui  ne  font  pas  corps  avec  la  toison  entière  : 
c'est  la  laine  du  ventre  et  des  cuisses,  toujours  chargée  de 
crottins. 

Dér.  de  Flo,  flocon  de  laine. 

Floaqaé]a,  v.  fréq.  Couper  menu,  en  petits  morceaux; 
morceler;  déchiqueter. 

Floora,  ado,  a  IJ.  Fleuri  ;  vermeil  ;  velouté  comme  un 
fruit  qui  a  conservé  son  duvet,  sa  fleur.  —  Éf  fioura,  il  a 
un  teint  de  lys  et  de  rose,  comme  on  disait. 

Flourado,  s.  f.  Premier  choix;  fleur  d'une  marchandise 
quelconque;  élite  de  ce  qu'il  y  a  de  meilleur,  de  plus  fin, 
de  plus  délicat.  —  T^an  leva  la  flourado,  on  a  déjà  enlevé 
la  fleur,  ce  qui  avait  le  plus  de  prix.  Âï  prés  pa%  que  la 
flourado  dé  soui  moutoiis,  j'ai  acheté  tous  ses  plus  beaux 
moutons. 

Flonré,  t.  m.  Padou,  ruban  de  fil  ou  de  coton.  —  Foy. 
Cal^è. 

Flonrôto,  s.  f.  Dim.  de  Fhm,  Petite  fleur;  fleurette.  — 
Foy.  Flou. 


Flonii,  t^.  Fleurir;  être  en  fleur;  poiuser  des  fleurs; 
orner  de  fleurs. 

Se  flouri,  moisir,  chancir.  —  Cette  expression  rend 
d'une  manière  plus  explicite  que  le  fr.  cette  opération  de 
la  décomposition  des  corps  ;  la  moisissure  indique  l'eflto- 
rescence  qui  se  forme  en  poussière  blanche  et  ressemble 
à  une  végétation  ;  dans  tous  les  cas,  elle  a  beaucoup  de 
rapport  avec  celle  de  toutes  les  espèces  de  fungns,  qui 
n'est  aussi  qu'une  efllorescence  causée  par  l'humidité  et  un 
commencement  de  décomposition  dans  les  cprps  ligneux. 

Flonrido,  t.  f,  Fleuraison;  saison,  époque  de  la  forma- 
tion des  fleurs. 

Flonridim,  t.  m.  Moisissure,  chancissure. 

Flotiriè,  s.  m.  Charrier;  drap  de  toile  grossière  qu'on 
étend  sur  le  linge  rangé  dans  le  envier  d'une  lessive,  et 
qu'on  charge  de  cendres  pour  séparer  le  linge  de  leur 
contact  immédiat. 

Flonroiin,  «.  m.  Furoncle,  clou,  flegmon  enflammé, 
abcès  très-douloureux. 

Flordalla,  s,  f.  Fleur  de  lis,  considérée  comme  armes 
de  France.  Altération  en  un  seul  mot  de  Flou  dé  lès. 

Fliirdalisto  on  Frâondulisto,  s.  m.  Féodiste,  qui  exer- 
çait la  profession,  aujourd'hui  perdue,  de  lire,  de  déchifiîer, 
de  trachiire,  d'expliquer  les  vieux  titres,  les  anciens  actes. 

La  variante,  dérivant  de  Frâoudo,  est  inspirée  par  une  sorte 
de  jeu  de  mots  avec  le  premier  qui  n'est  qu'une  corr .  du  fr. 

Fins,  fiu880,  adj.  Fil  qui  n'est  point  tors.  —  Sédo 
flusso,  soie  plate,  non  tordue. 

Dér.  du  lat.  Fluxus,  mou,  lâche. 

Flnté,  s.  m.  Dim.  de  Fluto.  Flageolet;  octavin. 

Fluto,  s.  f.  Flûte,  instrument  de  musique  à  vent,  en 
forme  de  tuyau. 

Foço,  adv.  Beaucoup;  en  grande  quantité;  en  grand 
nombre  ;  extrêmement. 

Contraction  de  Forço.  — F.  c  m. 

Fogo,  «.  f.  Fougue;  presse;  ardeur;  empressement.  — 
La  fogo  das  magnai,  l'époque  où'  les  vers-à-soie  occupent 
le  plus  activement,  c.-à-d.  quand  ils  sont  en  fraise.  La 
fogo  ddou  màou,  au  fort  de  la  maladie.  Laissa  passa  la 
fogo,  laisser  ralentir  le  preaiier  empressement. 

Dér.  du  lat.  Focus,  feu,  foyer. 

Foire,  v.  Mai*er,  houer,  fouir  la  terre,  la  remuer  à  la  maie 
ou  à  la  houe  et  non  à  la  l)èche,  lucké;  car  on  dit  alors  luehéta. 
Au  fîg.  prendre  quelqu'un  dans  tous  les  sens,  le  tourner  et 
le  retourner  pour  le  décider  à  quelque  chose.  —  AtmariH 
maï  ana  foire,  j'aimerais  mieux  bêcher  avec  les  dents. 

Dér.  du  lat.  Fodire,  fouir,  bêcher. 

Fol,  folo,  adj.  Dim.  Foulé;  augm.  Foulas,  Fou;  en- 
ragé ;  atteint  de  la  rage  ;  insensé,  qui  fait  des  folies.  —  Vn 
ehi  fol,  un  chien  enragé.  Un  foulas  n'est  point  un  fou, 
mais  un  écervelé;  les  femmes  appellent  Foulassas,  celui 
qui  se  porte  envers  elles  à  quelques  privautés  dont  elles 
aiment  mieux  rire  que  se  fâcher. 

Dér.  du  lat.  Follis,  ballon  à  vent. 


FOR 


FOU 


355 


Fon,  s.  f.  Dim.  Ftmntéio.  Fontaine,  source;  «au  vive 
fui  sort  naturellement  de  la  terre  ou  d'un  rodier. 

Les  dénominations  de  lieux  et  ensuite  de  personnes  sont 
très -nombreuses,  dans  lesquelles  est  entré  ce  moi,  soit 
simple  avec  la  forme  latine  au  nomin.  précédé  ou  non  de 
Tarticle,  ou  celle  de  Taccus.  marquée  du  T,  soit  com- 
posée et  s*alliant  à  des  situations  caractérisées  par  Tad- 
jectif .  11  en  est  résulté  des  variétés  dont  nous  indiquerons 
quelques-unes  des  principales,  et  qui,  pour  ne  former 
qu'un  seul  mot,  n'en  laissent  pas  moins  apercevoir  leur 
origine.  —  Fons,  commune  de  Saiut-Mamert;  Fons-sur- 
Lussan  ;  Las  Font,  commune  de  Molières  ;  la  Fons,  ruis- 
seau, à  Saint-Julien  de  Valgalgues;  à  la  Salle;  et  La  Font, 
dans  les  communes  d'Arre,  de  Gambo,  de  Laval,  de  Rogues; 
La  Fous,  près  le  pont  du  Gard  ;  sans  coiopter  les  noms 
propres  d'hommes  :  Lafont,  Fontanes,  Fontaine,  La  Fon- 
taine; puis,  en  composition,  avec  ou  sans  séparation, 
Founiarano,  ruisseau.  Font  arenœ;  Founlaréeho,  Fonta- 
rôcbe,  Fons  ersctta,  fontaine  élevôe;  Foitntàoubo,  Fon- 
tanbe,  Fons  albus;  Fon-houHén,  Font-Bouillant ,  Fons 
ébnUisns;  Fon-cdoudo,  Font-chaude,  Fons  calidus;  Foun- 
duso,  Foni-Cluze,  Fons  Fclausus;  oncouvèrto,  Fonl-Cou- 
verte,  Fons  coopertus;  Founfrédo,  Fonfréde,  Fons  frigidus; 
Founfoutouso ,  Font-Fouillouse ,  Fons  foliosus ,  feuillue, 
ombragée  ;  Fcunmagno,  Fon magne.  Font  magnus  ;  Fonvivo 
Fonvive,  Fons  vivus,  etc. 

Fôon,  «.  impers.  3'*'  pers.  indic.  prés,  de  Foudre.  Il 
faut.  —  Fâou  dire,  il  faut  dire. 

Fôou  est  aussi  la  4^*  pers.  indic.  prés,  du  v.  Faïre,  Je 
fais.  —  Fôou  pas  qu'ana  et  véni,  je  ne  fais  qu'aller  et  venir. 

Fôoure,  s,  m.  Provisions  ;  bardes  ;  bagage,  ustensiles  de 
ménage,  d'une  maison;  le  nécessaire,  ce  qu'il  faut.  — 
Méeata  soun  fôoure,  soigner,  renfermer  ses  provisions,  ses 
bardes. 

Dér.  du  V.  Fondre  ou  Foure,  falloir. 

For,  s.  m.  Fort;  citadelle;  lieu  fortifié.  —  A  Alais,  où 
l'ancienne  citadelle  a  été  convertie  en  maison  d'arrêt  et  de 
justice,  il  signifie  prison.  Mounta  àou  for,  mettre  en  pri- 
son, parce  que  le  fort  est  élevé  au-dessus  de  la  ville. 

Dér.  du  lat.  Fortis,  fort. 

For,  forto,  adj.  Dim.  Fourté;  péj.  Fourtas.  Fort; 
robuste;  qui  a  de  la  force,  de  la  consistance;  de  haut- 
foùi,  acre,  piquant;  extraordinaire. — Se  prend  quelquefois 
substant.,  le  fort,  la  partie  principale,  le  plus  haut  degré. 
—  JM  m  for,  du  vin  tournant  à  l'aigre.  Aquilo  cébo  es 
forto,  cet  oignon  est  d'un  goût  fort  et  piquant.  Aou  for  dé 
lésHau,  an  plus  fort  de  l'été. 

Se  faire  for,  se  prévaloir;  s'engagera;  cautionner;  r6- 
poDdre  pour  quelqu'un.  —  Se  fui  for  qu'es  oousid'un  téou, 
U  se  prévaut  de  la  parenté  d'un  tel. 

F«rço.  s.  f.  Force  du  corps;  vigueur;  énergie;  scrfîdité; 
puissance.  —  Força  mi  siguè,  force  me  fut,  je  lus  bien 
forcé  de...  Foryo  dé  ni  fi^e,  à  force  d'^n  Mpe.  F(Wf  §ira 
tsTfo,  forée  vous  sera. 


Pér  força,  adv.  Forcément,  par  force,  par  contrainte.  — 
Pér  força  tous  pénjtu,  par  fcrce  on  les  pend;  que  voules- 
vous  y  faire? 

Dans  la  bass.  lat.  Fortia  ou  Forcia,  m.  sign. 

Force,  adti.  eu  Foço.  Beaucoup;  extrêmement;  en 
gr  snd  ncmLre;  en  grri  de  quanlilé.  —  Voj^.  Foça. 

Fcrjo,  4.  f.  Diui.  Fûuijeto;  péj.  Fourjutso.  Forge,  lieu 
où  Ton  fond  le  fer;  nlriier  de  forgeron. 

Dér.  de  la  bass.  Int.  F.  ig'a,  m.  sign.,  venant  de  Fabriea. 

Foimo,  s.  f.  Diui.  Fommelo;  p(*j.  Fourmasso.  Formç, 
configuraticn  dos  corps;  Uianiôredétre  d'une  chose:  forme 
de  soulier,  morceau  de  lx>is  façonné  de  manière  à  repré- 
senter le  pied  ;  emboudicir  de  bottes.  ^ 

Dér.  du  lat.  Fointa,  m.  sign. 

Fore,  aov.  Dehors;  hors  d'ici;  loin  d'ici.  —  Ou  vése 
d'ùïci'n  foro,  je  vois  cria  d  ici.  Y  anarén  d'aïci'n  fora, 
nous  irons  en  sortant  de  là  et  snns  désemparer.  D'uïei'n 
foro,  de  ce  pas  ci.  D'hivCï  en  foro,  à  partir  de  ce  jour. 
Âquà's  foro  man,  cela  rsl  hors  de  |)ortée,  en  dehors  de  la 
main.  Fora  visto,  hors  de  vue. 

Dér.  du  lat.  Forùs,  dehors. 

Fo8,  Fosfio;  au  plur.  Fosses,  Foxsot,  part.  pats,  du 
V.  Fc'ife,  L:iL(Uié,  creusé,  Icui. —  f'oy.  FtXre. 

F088O,  s.  f.  Fcs.se,  liru  creusé  dans  la  terre  pour  ense- 
velir un  corps  mort.  —  ^icus  n'eni*.  gistrons  ce  mot  que 
par  souvenir  d  un  prvb.  cilé  à  propos  des  femmes  :  il 
n'est  pas  de  nctre  ui<  de,  qui  dit  iros  ou  Tràou;  mais  il 
est  nçu  en  proveuç  1.  d  eu  n.  us  viont  aussi  le  prvb. 

Dér.  du  lat.  Fo.*ta,  ni.  sign. 

Foucbol  interj.  Lim  Fovchétof  re&lvl  Diantre!  Foin! 
Malpeste!  —  Juron  qui  est  aussi  un  déguiseoient  anodin. 

Fouchoiira,  v.  Ilnvaudrr;  mcUre  sons  dessus  dessous, 
sans  Lut,  sans  nécessité  <  u  à  contre  temps. 

Fondre  un  Foure,  r.  imp.  inég.  Fr.lLir,  être  de  néces- 
site,  d'obligation. —  Foiùie mouii,  être  oMigéde  mourir. 

Foné,  s.  m.  Fouet,  laiiif^res  d«;  cuir  tressées  et  attachées 
k  un  bâton  peur  fcueltor;  verges  k  châtier.  —  rai'  tourna 
un  fime,  il  va  comme  le  vent;  il  fait  vite  et  bien.  Foire 
péta  soun  fbté,  faire  chqnor  sr^n  fcuet,  au  prop.  et  au  fig. 
faire  riinportrnî;  f-  in*  giaud  bruit. 

Dér.  peut  être  du  Ut.  F.  ^u^,  (;ni  a  donné  le  vrai  mot 
Fouleav,  M'\u,  !  êlrr,  prne  t^ue  c'ot'  i(.  dans  l'origine,  des 
verges  ou  housbinesde  I  ^tre  dent  on  sf*  servait  pour  ibuet. 

Fouétéja,  v.  fiéq.  J  uer  du  fouet,  le  faire  claquer  sou- 
vent; agir  plus  du  iouct  i^uo  de  la  voix  pour  conduire  on 
atelage. 

Fousasso,  s.  f  Dim.  Fot.gassffo:  augm.  Fougassauo. 
Fouace;  gâteau;  g'^lettt  :  ps^pocede  \mn  trés-aplati,  cuit  au 
four;  morceau  de  pMe  Iroi^ii'inc^  et  découpé  en  différentes 
figures  qu'en  place  urns  le.  a  ur  avrnt  d*j  mettre  le  paûi, 
afin  d'en  éprouver  le  degré  de  chalpur  :  pAte  mal  cuite, 
indigeste  et  peu  économique.  Aussû  le  j^rvb.  dit-il  :  FinMo 
fcttgas.*i/vo,  pàomro  .iiul>*<i(;Vl*rc,  an  ■>  0  qui  fait  des  ga- 
lettes est  une  pauvre  femme  de  ut>  1.:  4;  •.  Par  euLt.  Fauf^usa 


350 


FOU 


FOU 


s'applique  h  toute  sorio  de  g'Uoiux  au  Lr-urit!,  au  gras  et 
au  sune.  —  /'ougusso  d(-  rtis,  galoau  dos  Ilois.  />e  lu 
pdSlo  ;U'  inhtin  cniuupa'îi c,  hono  /'ougusso  à  mou/t  ftôou, 
prvi).,  du  cuir  d'.iulrui  lari^<*.  courroie.  Vous  reuUr^u  p.n 
pér  f'.ngu^si,  je  v.ius  r.'ii  Ir.ii  la  pan'illc  avic  usure.  h\.'iie 
dé  foug  issoy  en  tenue  d';igricullurc,  cirit'urer  sculeiueiil  la 
terre  a\eo  la  linue,  (U  eu  laisser  um'  crilaiue  louiJUiMir 
sans  la  fouiller,  et  la  recouvrir  ensuite  avec  de  la  lerre 
remue  p:!ur  (ju'il  n'y  paraiss»*  j),':s.  Vaiie  [ougusso,  c'est 
<^prc  u\*'r  une  aversed'  pîuii*  p.'niLnit  1rs  travaux  de  l'aire, 
après  (ju'on  a  foulé  le  blé  et  avant  (pu;  le  ^Main  soit  nettvjyé. 

Drr.  du  lai.  Focus,  foyer,  [)irc-'  (lie*,  dans  le  principe, 
cette  j^'alelte  se  cuis.iit  s:>us  la  cendre. 

Foiigna,  v.  Iî)udir;  faire  la  lu- ii.^  à  (pidqu'un  ;  être 
de  m  lUNaise  luiineur.  —  On  dit  d'une  souclie,  d'un  arîir'\ 
foug^in^  il  h  aid'',  l.a■^^ue,  sans  éln^  jnoi't,  sa  sève  est 
cul;  ur<Iie,  et  (pi'il  p^ussi^  des  hourj^^vuis  beaucoui»  plus 
tni'l  [lie  l«s  ;iul:«'sd('s  in  cspèc»  :  il  s'  dit  é^^denllMll  d'nut' 
e[il*'  p.ir 'ssease. 

A>lnu;  pi'  t. ni  ipie  le  mot  vient  dn  celliipie. 

Fougnadisso,  .^.  f.  Houd^îe;  mauvaise  luinieur  a[ipa- 
rcnt'';  mécontentement  inanifeslô. 

Fougriaïrc,  aïro,  a  'j.  \Vi\v\^av\  renfrogné;  qui  fait  la 
rnoiie;  <]ui  fait  mauvaise  mine. 

Fougno,  •^■.  /*.  Mii.o  iKudeus';  j^ris'^  mine;  n.oue.  — 
Fai  II  [oug  lo,  il  ou  elle  me  re^jardo  de  mauvais  o'il  ;  me 

Foiigu,  udo,  paît    jJiss.  du  v.  Èslrc,  et  du  v.  Foahe. 
Fûi.gjù,  3""^  [)ci'>.  sing.  prèle,  d-fini  tlu  v.  /i'v/ro.  Il  ou 
rlli'  fui. 

Fougue,  V.  i;n{)'M's.  p[\'t.  def.  du  v.  Fou  lie.   Il  fallut. 
Fouguciroii,  n.  ui.  r»)}cr  d'uni'  clu^minèt';   aire;   f«itn-- 

neai. 

Dit    du  lit.  Focns^  d.jiil  il  est  un  dim. 

Fougucja,  v.  iVècj.  (aiire,  rs^'-itir  une  cuisson,  d(\s 
élancMi:' ii!>  di'  d-nilfur;  é^u".  uv"r  ou  causer  une  doulur 
ûpn.',  ;ii;,ii('',  la'ul  inti^.  —  Ma  g  ij'^  mé  fouguejo^  j'ai  la 
bouclio  en  feu. 

Dv    du  'al.  Focus  on  de  Fcg'>. 

Fouï,  fouïsso,  o  'j.  Tr  .'u!,l<\  baiche.  —  Vog.  Fous. 

Fouïa,  t'.  Fouler;  écrnsiM*;  enli^vcr  la  fraiclu'ur  et  la 
(Ipur  tl  u  .  fruit  dèlicil  en  h*  mini  ml  ou  le  transparlant 
snr.s  piètautii.-n,  comiuv;  les  r.ii.^ins,  les  fraises,  les  fruits 
1res  murs  —  Ne  se  dil  ([up  d'un  a.'l^  inv^.l  mliire  :  lors- 
qu'on veut  pirlcr  d'un  fruit  qu'on  écrase  à  dessein,  on  se 
sert  d  '  ï'.^piii'ta     -  V.  c.  m. 

I)ér.  de  la  bass.  lat.  FuHare,  fouler,  fait  du  lat.  clas- 
si(p«"  FuHa,  foulon. 

Fouïè,  .s.  f.  r\ili';  dVu'^u;e;  e\lravnganee;  passion 
exo^jssi.e.  —  Fuùc  <fé  fnut--s,  fair.i  des  folif\s,  des  oxlra- 
vngMices.  Fsirc  en  f(>}n\  être  en  clialan*,  en  rut,  en  par- 
lant <li'  cerliins  animiux  dus  la  siisin  de  leurs  amours. 
É:i  bé  foKï\  c'est  peine  perdue,  c'est  inutile. 

Dér.  de  la  liass   lat.  Folh'cia,  fait  de  FoUis 


Fonïè,  3'"*  pcrs.  sing.  de  l'imp.  du  v.  Foudre.  Il  fallait. 

Fouïétéja,  r.  fr,  (Uiopiner;  siroter;  hanter  les  cabarets, 
les  bouchons. 

Dèr.  de  Fou'ieio. 

Fouïétéjaïre,  aïro,  a//.  Ivro<5'ne;  (jui  aime  à  gobelotter; 
qui  aime  et  fréquente  Ips  lavernrs. 

Fouïéto,  .>'.  f.  La  (luatrieme  partie  d'une  pinte  du  pays, 
(pli  équivalait  i\  la  doubhî  pinte  de  Paris.  —  La  fouïelo 
répond  à  la  chopine  de  Paris  et  contient  en  mesure  métri- 
que lie  litre  0,48. 

(]e  mol  rst  fMnpruntô  au  fr.  Feuillette,  qui  est  aus.si  une 
mesure  d'  crqiaeilé  du  vin,  quoique  les  deux  mesures 
soient  h;rt  dillerentes  d'iiuportance  :  telle  dernière  coute- 
iiant  1  ii  [unies  de  Paris,  soit  138  litres  2o. 

Fouïna,  u.  S'enfuir  làclicment;  reculer  devant  un  dan- 
g''r,  un'*  iiienace;  fuir;  s'es(|uiver.  —  Fof'iner  est  pnp. 
•Ml  fr.,  mais  TAca demie  l'enreifistrera. 

L<'  m-d  pourrait  avuir  été  formé  du  lat.  Fugere;  mais 
il  est  plus  |)robable  qu'il  descend  de  Fouine,  imiter  la 
fouiii'V 

Fouïo-mèrdo ,  .v.  m.  Escarbol,  scarabée  stercoraire, 
pilluliiro,  fv  uille-niriile,  Scarafjœus  pillularis,  I.inn.,  in- 
s'cte  de  Tordre  d'S  (>dè(iplèn\s,  et  de  la  fani.  des  Lamel- 
licoims.  —  (bi  coini;!il  c  scand.éi',  assez  désigné  par  sou 
noiu,  (jui  fait  de  si  siogidières  boul'^tlcs  pour  log^r  sa  pro- 
géiiiiuic,  et  (jui,  dit  on,  déteste  la  rose,  dont  l'odeur  le  fait 
mourir.  Il  est  vrai  de  dire  cepeiMl.int  (pie  si  son  goût  est 
certain,  st»n  antipathie  l'est  beaucoup  moins. 

Fouira,  v,  —  Vog.  l'^sfouùa,  s  es  fou  ira. 

Fouïralado,  .s.  /".  Produil  d'une  décharge  de  ventre 
liquide  et  eu  diarrhé»^ 

Fouiro,  v.  /".  Foire,  diarrhée;  cours  de  vt^nire;  selles 
frét|Ui'nli\s  et  liipiides.  —  On  dil  d'une  piersonne  malingre 
et  d'un»'  sanl'"'  «'banc'lantt?  :  A  toujour  pèl  ou  /'ou'ào.  On 
em[)l  "itî  la  même  ex[uvssion  au  lig.  en  parlant  d'une  [)er- 
sonn<*  qui  a  toujours  (pii'hjue  niai  en  poche,  un  faux  pré- 
texte p)ur  se  disptMiser  d'uni*  corvée. 

Dér.  du  lat.  Foria,  m.  siL-n. 

Fouïta,  ado,  udj.  Terme  de  tailleur  et  de  couturière, 
étriipié;  idVKué;  «jui  manque  (rauq)leur. 

Fouïta,  i'.  Fouelli  r;  lialtre  de  verges;  fesser;  donner  le 
fou".t.  Au  lig.  agiter,  purilier.  —  Fou'ita  uno  baUisso, 
crépir  avm;  un  balai.  A(ju(>  /'ouïio  lou  siuig,  cela  fouette  et 
purifu'  1(^  sang. 

Dér.  de  Foui'. 

Fouïtado,  .V.  f.  Coujis  de  fouel;  corn^clion  à  coups  de 
fou<.'l  ou  de  verges;  fe^îSée.  —  Ne  s'applique  guère  qu*aux 
enfants. 

Fouïtéja,  V.  fréij.  de  Fomta.  Fustiger;  fouetter  rude- 
ment et  à  plusitMirs  n^j^ri.ses. 

Fouïto,  ^<f.  f.  Le  même  que  Fouitudo,  avec  un  peu  de 
b^nitif  p'Ut-élre.  —  Vog.  c.  m. 

Foulas,  asso,  alj.  Aug  n.  de  Fol.  Folâtre;  qui  aime 
à  folalnu-;   plaisant   gro.ssier,  lourdaud  et  maussade,  en 


FOU 


FOU 


357 


mauvaise  part;  mais  suivant  le  ton,  badin.  —  Que  sié» 
fintlof/  que  tu  es  sot! 

Fonlastrado,  5.  f.  Balourdise;  bêtise;  ânerie:  incar- 
tade; trait  d*étourderie,  de  iolie. 

Fonlastréja,  v.  fréq.  Folâtrer;  batifoler.  —  Voy.  Fou- 
Ugâoudeja . 

Fonlastrije,  s.  f,  Élourderie;  habitude  de  folâtrer,  de 
batifoler. 

Foulé,  s.  m.  Tourbillon  de  vent  ;  petite  trombe  d'air 
qui  tourne  en  volute  et  enlève  le  sable,  la  poussière  et  les 
feuilles  sècbes. 

Dér.  de  Fol,  dans  le  même  sens  que  esprit-follet,  feu- 
follet,  etc. 

Fonligâon,  âoudo,  adj.  Folâtre;  écervelé;  étourdi; 
volage;  enjoué. 

Dér.  du  lat.  Volaticus,  léger,  insouciant  :  permutation 
de  F  en  F,  assez  fréquente. 

Fonligàondariè,  s.  f.  Jeux  folâtres;  acte  d'étourderie. 

Fouligâoudas ,  asso,  arlj.  Augm.  de  Fmdigàou,  Le 
superlatif  de  Folâtre:  volage;  enjoué;  souvent  flatteur, 
sortoat  adressé  à  un  jeune  homme  par  une  femme  qui  ne 
hait  pas  les  folies. 

Fouligâondéia,  v,  fréq.  Faire  le  fou;  sauter;  gambiller; 
folâtrer;  batifoler. 

Fonligâoudiie ,  s.  f.  Étourderie;  folàtrerie;  caractère 
léger  et  turbulent. 

Foiimme,  iuierj.  Juron  qui  ressemble  à  FicAfre/  —  C*est 
encore  un  voile  sur  le  mol  grossier. 

Fonn,  s.  m.  Fond  ;  la  partie  la  plus  basse  d'une  chose 
creuse;  mais  dans  celte  acception  on  dit  mieux  Soun 
(Y.  c.  m.).  Fond  ou  oiifonçure  d'un  tonneau,  d'une  cuve; 
ampleur  d*une  robe,  d  un  habit;  fond  de  terre;  propriété; 
nature  du  terrain  —  À  foun,  adv.,  à  fond,  en  allant  jus- 
qu'au fond.  Âqui  Irju  f^un  de  l'afaïie,  voilà  le  point  im- 
portant de  la  question,  le  fond  de  l'afifaire.  Aquo'a  dé  bon 
foun,  c'est  du  terrain  excellent.  Di  bé  fàun,  du  bien  fond, 
un  fond  de  terre.  5î^t  din  moun  foun,  je  suis  chez  moi, 
dans  ma  propriété. 

Dér.  du  lat.  Fundus,  m.  sign. 

Foun,  3™  père.  sing.  indic.  prés,  du  v.  FounJre.  Il  ou 
elle  fond. 

Founça,  ado,  adj.  De  couleur  foncée,  sombre,  chargée. 

Founça,  v.  Creuser  profondément;  foncer,  uirtlre  un 
fond  à  un  tonneau,  le  démonter  pour  reformer  le  jnble  ou 
réparer  les  douves,  ou  seulement  pour  le  nettoyer  et  res- 
aerrur  les  cercles  ;  donner,  mettre  des  fonds,  contribuer  de 
son  argent;  débourser. 

Dér.  de  Foun. 

Fonnciè,  cièiro,  a-J.  Propriétaire  foncier  ou  d'immeu- 
bles. —  Ne  s'emploie  guère  qu'en  parlant  d*une  femme 
mariée  dont  la  fortune  ne  consiste  pas  en  constitutions 
dotales,  mais  en  biens  fonds,  en  immeubles,  ou  d'une 
vente,  d'une  pension. 

Dér.  de  Foun . 


Founcion,  i.  f.  Fonction;  profit;  usage;  volume.  — 
Aquél  pan  fui  foço  founciou,  ce  pain  est  très -nourrissant: 
par  sa  bonté  et  ses  qualités  nutritives  il  épargne  beaucoup 
d'autres  aliments.  Bfoun  cadis  m'a  bien  fa  founciou,  ce 
cadis  m'a  fait  un  long  usage.  Voit  dé  peïs  faï  maï  dé  foun- 
ciou que  Voli  d'en  bas,  l'huile  de  pays  foisonne,  se  gonfle 
davantage  dans  la  poêle  que  Thuile  du  pays  bas. 

Empr.  au  fr.  . 

Founçuro,  s.  f.  Enfonçure  d'une  futaille;  ensemble  des 
pièces  qui  en  composent  le  fond  ;  mairin,  bois  scié  et  des- 
tiné aux  enfonçures  de  futaille. 

Founda,  v.  Faire  fond:  compter  sur;  se  fier;  donner  de 
l'ampleur  à  un  vêtement.  —  On  po  pas  li  founda,  on  ne 
peut  pas  faire  du  fond  sur  lui,  compter  sur  lui.  Té  foundes 
pas  aquï,  ne  te  Vie  pas  à  cela,  ne  compte  pas  là-dessus . 

Foundaménta,  v.  Creuser,  établir,  bâtir  les  fondements 
d'une  construction  eu  maçonnerie,  lui  donner  un  bon  pied. 

Foundàménto,  s.  f.  Fondement  d'une  bâtisse,  la  partie 
qui  est  bâtie  sous  terre  en  assises  sur  la  rue. 

Dér.  du  lat.  Fundamentum,  m.  sign. 

Foundre,  v.  Fondre  ;  faire  fondre  ;  mettre  en  fusion  ; 
faire  liquéfier.  —  Au  fig.  ruiner,  se  ruiner;  démolir,  dé- 
truire; dissiper.  —  A  tout  foundu,  il  s'est  ruiné,  il  a  tout 
dévoré.  A  foundu  soun  bure,  il  a  mangé  son  avoir. 

Se  foundre,  fondre;  se  liquéfier;  se  consumer.  —  La 
candèlo  se  foun,  la  chandelle  fond . 

Foundre,  inierj.  Juron  édulcoré  et  mal  déguisé  du  mot 
grossier  F . . . 

Foundu,  udo,  part.  pass.  du  v.  Foundre.  Fondu. 

Foundudo,  s.  f.  Fondue,  œufs  brouillés,  préparation 
culinaire. 

Foundur,  s.  m.  Fondeur  d'étain;  potier  ambulant,  qui 
refond  les  cuillers  d'étain.  Par  ext.  et  par  un  jeu  de  mots 
ironique  on  appelle  ainsi  celui  qui  mange  son  blé  en  herbe, 
qui  fond  son  beurre. 

Fountagnè,  s.  m,  Fontainier;  qui  cherche  ou  qui  creuse 
les  sources;  particulièrement,  cette  espèce  d'empiriques 
qui  courent  les  campagnes  avec  la  prétention  de  découvrir 
les  sources  cachées  â  l'aide  d'une  branche  fourchue  de 
coudrier  ou  de  figuier  sauvage.  Ils  ont,  â  l'appui  de  leur 
sorlilége  de  baguette  divinatoire,  une  sorte  de  théorie  bâ- 
tarde sur  les  courants  magnétiques  qui  n'a  rien  de  com- 
mun avec  la  belle  théorie  géologique  de  l'abbé  Paramelle. 

Dér.  de  Fon, 

Fountaniou,  5.  m.  n.  pr.  d'homme.  Fontanicu.  —  Ce 
mot  porte  évidemment  la  marque  diminutive  du  radical 
Fon,  de  même  que  Fontenelle,  Fontenille,  Fontettes,  Fon- 
tanouille,  qui  indiquent  tous  une  petite  fontaine.  Ils  ap- 
parliennentà  la  même  famille  que  les  n.pr.,  communs  dans 
notre  pays,  de  Fountano,  Fontancs;  Fountcgna,  Fontagnac; 
Founsanjo^  Fonsange  autrefois  Fonsanche;  Fontaine; 
Founlanés,  Fonlanès;  Fountaré,  Fontaret;  Fountanai, 
Fontenay;  Fontézy;  etc.,  tous  formés  des  mêmes  éléments 
primitifs,  dont  les  conditions,  les  situations  diverses  ont 


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FOU 


FOU 


amené  les  variétés  de  désinences.  Ce  sont  de  nouveaux 
exemples  à  joindre  à  l'étude  des  noms,  de  Faction  et  de  la 
transformation  des  suffixes. 

Fonnzàon,  s.  m.  Dim.  Founxalé;  augm.  PounzcUas, 
Fond,  lieu  bas;  bas-fond;  fond  d'un  vallon;  terre  plus 
basse  que  les  autres . 

Augm.  de  founzo, 

Founzélu,  ado,  adj.  Creux;  profond;  ventru;  qui  a 
une  certaine  profondeur,  en  parlant  d'un  ustensile,  d'un 
engin.  —  Sièto  founséludo  ou  crousMudo,  assiette  creuse, 
assiette  à  soupe. 

Dim.  de  Founxu,  qui  a  plus  d'extension. 

Fonnao,  s.  /*.  Effbndrilles  du  vin  ou  de  tout  autre 
liquide;  lie,  marc  qui  tombe  et  reste  au  fond  d'un  vase; 
sédiment,  dépôt  d'une  liqueur. 

Fonnzo,  s.  f.  Bas-fond;  terrain  creux,  plus  bas  que 
ceux  qui  l'a  voisinent.  —  Voy.  Founxdou. 

Fonnza,  udo,  adj.  Creux,  profond,  qui  a  de  la  profon- 
deur. —  Se  dit  génériquement  de  tout  ce  qui  a  un  fond 
bas  et  profond.  —  Voy.  Faunzélu. 

Fonqno,  s.  /*.  Foulque,  Morelle,  Foulque,  Mairoule,  Fu- 
liea  atra,  Linn.  Cet  oiseau  est  aquatique,  quoiqu'il  n'ait  pas 
les  pieds  entièrement  palmés;  il  est  sédentaire  et  très-abon- 
dant dans  les  étangs  de  notre  département.  On  peut  le 
conserver  en  domesticité  dans  une  basse*cour.  Sa  chair 
est,  à  ce  qu'on  dit,  réputée  aliment  maigre  par  les  Canons. 
On  en  fait  des  chasses  vraiment  royales,  où  il  s'en  tue 
quelquefois  au-delà  de  deux  mille  dans  une  journée.  Ces 
expéditions  renommées  s'appellent  chasse  à  la  macreuse, 
mais  à  tort  :  la  macreuse,  canard  macreuse,  Cinaz  nigra, 
Linn.,  est  un  oiseau  différent,  rare  dans  notre  pays,  de 
dix-huit  pouces  de  longueur,  ayant  le  bec  à  sa  hue  sur- 
monté d'une  protubérance  arrondie,  et  dont  tout  le  plu- 
mage sans  exception  est  d'un  beau  noir  profond  et  velouté. 
La  Foulque,  au  contraire,  plus  petite,  a  la  tète  et  le  cou 
d'un  beau  noir,  la  queue  et  le  dessus  du  corps  ardoisés,  le 
dessous  d*un  cendré  verd&tre  avec  une  plaque  blanche 
sur  le  front.  La  Foulque  ne  doit  pas  être  non  plus  confon- 
due avec  la  Poule-d'eau.  —  Voy.  Poukni't^go. 

Dér.  du  lat.  FuUgo,  noir  de  famée. 

Four,  i.  m.  Dim.  Fourné;  angm.  Founuu.  Four  à  pain; 
lieu  voûté  en  rond  et  ouvert  par  devant,  où  l'on  fait  cnire 
le  pain.  —  La  gorjo  dàou  f&ur,  la  bouche,  l'entrée  du 
four.  Ijou  fandàou  dàou  four,  la  tablette,  l'autel  du  four, 
la  perte-bonchoîr  ;  c'est  la  pierre  qui  en  forme  le  seuil  et 
sur  laquelle  s'appuie  la  pelle  lorsqu'on  enfourne  le  pain. 
On  dit  d'une  personne  très^rosse  :  Simhlo  un  fàur;  le 
point  de  similitude  n'est  pas  facile  à  saidr,  si  ce  n*est  par 
rapport  à  la  rotondité  de  l'une  et  de  l'autre  forme. 

Four  d'aeàoH,  four  à  diaux.  Fowrà  briqua,  à  paià,  four 
à,  briques,  à  tuiles,  etc. 

Dér.  du  lat.  Pumus,  m.  aign. 

Eéma  ou  Fomdra,  3"^  pars.  sing.  fat.  du  v.  impers. 
Faure  ou  Fomire.  Il  faudia. 


Fonrbia,  v.  Éviter;  esquiver;  changer  de  route,  de 
direction  pour  éviter  un  danger,  un  importun.  —  FourUa 
qudouquus,  éviter  quelqu'un,  esquiver  sa  rencontre.  F(d 
fourhla  toun  aie,  détourne  ton  ane. 

Formé  du  lat.  Forà9  viam,  hors  la  route,  qui  a  donné 
naissance  aussi  au  fr.  Fourvoier. 

Fonrça,  v.  Forcer;  contraindre;  appuyer  avec  force; 
employer  ses  forces  à  un  ouvrage.  —  Fourpa  tmo  dàou, 
tordre  les  dents  d'une  clé.  Un  outU  fourça,  un  outil  quel- 
conque en  fer  qui  a  été  faussé  par  un  effort. 

Dér.  de  Força, 

Fourcado.  —  Voy.  Fourquaio,  et  de  même  pour  les 
autres  mots  où  se  trouve  le  C  dur,  exprimé  par  Qu, 

Fonrçamén,  adv  Forcément  ;  par  force;  obligatoirement 

Fourchétado,  s.  f.  Quantité  d'aliments  qu'on  peut 
prendre  en  une  fois  avec  la  fourchette. 

Fourchéto,  s  f.  Fourchette,  ustensile  de  table,  en  forme 
de  petite  fourche. 

Dim.  de  Fmirquo. 

Fourçn,  udo,  adj.  Taillé  en  force;  bien  membre;  qui  a 
beaucoupde  force,  soit  en  parlant  des  personnes,  soitde  choses 
solidement  établies  et  qui  présentent  une  bonne  rê«stance. 

Dér.  de  Forpo. 

Fonre  ou  Foudre,  v.  impers.  Falloir.  —  Voy.  Foudre. 

Fourèje,  èjo,  adj.  Farouche;  intraitable;  peu  civilisé; 
mal  apprivoisé;  sauvage. 

Dér.  du  lat.  Fera,  bète  fauve;  ou  de  Fttror,  fureur. 

Fourél  ou  Fousél,  t.  m.  Cocon  de  ver-à-soie. 

Ce  terme  tient  à  l'idiome  vivarais,  qui  s'étend  aux  pays 
circonvoisins,  les  cantons  de  Saint-Ambroix  et  de  Baijac. 
—  Foy.  Fousél. 

Fouréfl,  f.  m.  n.  pr.  de  lieu.  Le  Forez,  ancienne  pro- 
vince de  France.  —  Ne  s'emploie  que  dans  ce  sens  :  Mar- 
ehandiso  ou  Traval  dé  Foures,  marchandise  de  pacotille, 
peu  solide  et  fabriquée  en  masse  à  bas  prix  ;  tels  sont  les 
ouvrages  de  serrurerie,  de  coutellerie,  qu'on  fabrique  à 
Saint-Étienne  et  dans  la  plupart  des  villages  du  dépa^ 
tement  de  la  Loire. 

Fonrés,  5.  m.  Foret,  outil  d'acier  servant  à  percer  des 
trous  dans  des  corps  durs. 

Dér.  du  lat.  Forare,  percer. 

Fonréso,  adj,  fém.  Grosse  femme  ou  fille  rafamtenent 
et  grossièrement  charpentée,  aux  formes  carrées  el  puis- 
santes. —  C'est  un  terme  de  comparaison  pris  sans  doute 
chez  les  habitants  du  Forez. 

Fourfouia,  v.  Farfouiller;  fouiller  en  mettant  tout  seoi 
dessus  dessous;  brouiller  avec  désordre  en  furetant. 

Fourfoul,  s.  m.  Fouillis;  plus  particulièrement,  foule 
en  désordre;  cohue;  grand  ni.ssemblement  tumultnenx; 
pèle-mèle  d'individus  ou  d'animaux,  comme  les  abeilles, 
tes  insectes^  etc.,  en  masse  compacte  et  embrouillée. 

Fourgnè,  ièîro,  s.  et  aij.  Foumier;  boulanger,  ^ni 
tient  un  four  public  pour  cuire  le  pain  des  particuliers  et 
qui  n'en  vend  pas.  —  Sa  fouri^ni,  sac  à  pain. 


FOU 


FOU 


359*' 


Il  a  donné  naissance  à  quelques  noms  propfôâ,  tirés  de 
œtte  profession  :  Fornier,  Fournier. 
Dér.  da  lat.  Fumariui,  ouvrier  de  four. 
Fonijoù,  t.  m.  Remuant  inquiet  et  inquiétant;  tatillon; 
qui  fourre  le  nez  et  les  doigts  partout. 

Fonrjonna,  v.  Fouiller  avec  un  bâton  ou  un  outil  quel- 
conque là  où  la  main  ne  peut  atteindre,  ni  pénétrer.  — 
Au  fig.  remuer;  brouiller;  mettre  sens  dessus  dessous. 
Corr.  et  ext.  du  fr. 

Fourlèon,  s.  Mercuriales;  registre  municipal  où  sont 
constatés  par  des  préposés  les  divers  prix  des  denrées  dans 
les  marchés  publics. 

Fonmia,  v.  Former.  —  Ce  mot  qui  serait  du  mauvais 
languedocien  dans  cette  acception  générique,  est  tout  à  fait 
technique  pour  désigner,  chez  le  ver-à-soie,  le  moment  on, 
après  avoir  jeté  les  premiers  fils  d'attache  de  son  cocon, 
il  commence  à  former  son  orbe  et  à  tracer  sa  forme.  Cette 
première  enveloppe,  étant  encore  fort  légère,  est  assez 
transparente  pour  qu'on  voie  larcbitecto  travailler  inté- 
rieurement, quoiqu'on  juge  très-bien  extérieurement  de  la 
forme  du  vaisseau.  Couménpou  à  fourma,  les  vers  commen- 
cent à  former  leurs  cocons.  Fourma  est  absolu  et  se  dis- 
pense fort  bien  du  régime  cocon,  qui  reste  le  plus  souvent, 
sinon  toujours, sousentendu. 

Fonmiéii,  s,  m.  Froment  barbu,  à  épi  gris  et  à  longue 
barbe.  11  ne  faut  pas  le  confondre  avec  le  froment  propre- 
ment dit,  qui  s'appelle  ici  Tousèlo  (V.  c.  m.).  Le  premier, 
qui  a  le  grain  plus  gros  et  plus  grossier,  sert  particulière- 
ment à  faire  ce  qu'on  nomme  lou  Cruda,  —  F.  c.  m. 
Dér.  du  lat.  Frumenlum,  m.  sign. 
Fonrmo,  «.  /*.  Dim.  Fourméio.  Grand  fromage  d'Au- 
vergne qui  est  pétri  en  très-gros  pains  pesant  jusqu'à  25 
kilog.  —  Ce  fromage,  qu'on  appelle  aussi  Froumaje  dé 
fâoure,  parce  qu'il  est  grossier,  débeurré  et  d'un  prix  très- 
modique,  est  le  dessert  de  la  classe  ouvrière  dans  nos  pays. 
La  fourméto  dé  Baro  est  un  fromage  de  forme  beaucoup 
plus  petite  qui  se  fabrique  dans  une  partie  de  la  Lozère  : 
il  a  la  prétention  d'imiter  le  Roquefort,  dont  il  a  à  peu  près 
la  forme,  mais  non  la  qualité.  Il  est  sec,  friable,  débeurré, 
fait  avec  du  lait  de  vache,  tandis  que  le  Roquefort  est  le 
fromage  rouergat,  tout  fait  de  lait  de  brebis. 

Fùurmo  est  une  corrupt.,  du  fr.  Forme,  à  cause  du  vais- 
seau où  il  prend  sa  forme  et  qu'on  appelle  Formo.  Au 
surplus,  le  mot  Fromage  a  la  même  origine. 

Foumado,  s.  f.  Fournée  de  pain;  cuite;  quantité  de 
pains  qu'on  enfourne  à  la  fois,  ou  celle  que  peut  contenir 
le  four.  —  Fût  (rés  fournados  pér  jour,  il  fait  trois  cuites 
de  pain  par  jour. 

Foumaje,  s.  m.  Droit  du  fournier  sur  le  pain  qu'il  fait 
cuire;  prix  qu'il  est  en  druit  d'en  exiger. 

Fonméja,  t^.  Cuire  le  pain  au  four;  enfourner. —  Couro 
foumejas?  Quand  faites-vous  cuire  du  pain;  quand  faites- 
vous  votre  fournée  de  ménage  ? 
En  terme  de  magnanerie  ou  de  filature  de  soie,  Fouméja 


signifie  :  étouffer  au  four  les  chrysalides  dans  leurs  cocons. 
Autrefois  c'était  le  seul  procédé  connu  pour  cette  opéra- 
tion. Aujourd'hui  l'étouffage  à  la  vapeur  est  un  procédé  à 
la  fois  plus  prompt,  plus  économique,  et  il  éloigne  le  dan- 
ger de  brûler  le  brin  de  soie  par  une  chaleur  trop  forte  et 
trop  sèche,  qui  se  produisait  souvent  par  l'ancienne  pra- 
tique à  la  moindre  étourderie,  oubli  ou  inadvertance  de 
celui  qui  présidait  à  l'opération. 

Fonrné,  s.  m.  Fourneau,  principalement  celui  qui  des- 
sert les  bassines  de  filature  de  soie.  —  C'est  un  procédé 
qui  n'est  plus  usité  que  chez  les  particuliers  et  les  paysans 
qui  font  filer  le  produit  de  leur  propre  récolte.  Dans  les 
filatures  à  la  Gensoul,  qui  sont  généralement  adoptées  dans 
la  fabrication  en  grand,  la  vapeur  a  remplacé  hu  Foumé. 
Celui-ci  est  un  petit  fourneau  carré  en  maçonnerie,  placé 
sur  une  grille  et  surmonté  d'une  bassine  en  fonte  ou  en 
cuivre  :  au  fond  du  fourneau  s'élève  une  cheminée  coni- 
que, haute  d'environ  trois  mètres*  Dans  les  campagnes^ 
dans  les  Cévennes,  on  rencontre  partout  autour  des  habi- 
tations, ces  grossières  constructions  ou  la  trace  de  leur» 
ruines. 

Foumé  est  encore  le  fourneau,  œil  de  bœuf,  où  l'on 
brnie  la  houille  dans  les  appartements. 

Dim.  de  Four, 

Foomèl,  9,  m.  Fourneau  de  gazon  écobué. 

Fouméla,  v.  Écobuer;  construire  des  fourneaux.  Four- 
nèU,  en  forme  de  voûte  avec  des  mottes  de  terre  garnies 
de  gazon,  séchées  au  soleil,  et  qu'on  garnit  intérieurement 
de  bourrée  sèche.  Ces  fourneaux  brûlent  très-lentement,  le 
feu  ne  trouvant  pas  d'issue  ni  de  courant  d'air  et  consu- 
mant petit  à  petit  la  terre  du  gazon,  qui  réduite  ainsi  en 
cendre  volcanique,  fertilise  singulièrement  le  terrain  où 
elle  est  répandue. 

Fourni,  ido,  aJj.  Au  propre,  personne  qui  a  un  embon- 
point raisonnable,  dont  les  membres  sont  bien  fournis  en 
chair.  Au  fig.  nipé;  équipé;  pourvu.  —  Voy,  Prouvésï. 

Fournigo,  s.  /*.  Dim.  Foumiguéto.  Fourmi,  Formica, 
Linn.,  insecte  de  l'ordre  des  Hyménoptères  et  de  la  fam. 
des  Formicaires  ou  Myrmèges,  dont  il  y  a  beaucoup  d'es- 
pèces. 

La  société  des  Fourmis  parait  constituée  à  peu  prés  à 
l'instar  de  celle  des  abeilles.  Il  y  a  les  fourmis  mâles  et 
les  fourmis  femelles,  qui  toutes  deux  sont  ailées  et  ne  s'oc- 
cupent que  de  voler  et  de  reproduire  l'espèce.  Puis  vient 
le  peuple  nombreux  des  fourmis  ouvrières  ;  celles-ci  n'ont 
point  d'ailes  et  ce  sont  celles  qu'on  nous  propose  comme 
des  modèles  de  diligence  et  de  prévoyance.  Les  fourmis, 
restai)t  engourdies  pendant  l'hiver,  n'ont  point  besoin  de 
faire  des  provisions  pour  le  temps  où  vient  la  bise  ;  les 
grands  convois  de  vivres  qu'on  les  voit  continuellement 
charrier,  ne  sont  que  la  nourriture  d'un  juur,  d'elles  et  de 
leurs  sœurs  dispensées  de  travail.  Voilà  donc  leur  mérite 
réduit  de  moitié  :  diligentes,  elles  le  sont  pendant  la  belle 
saison  ;  prévoyantes,  inutile  qu'elles  le  soient  si  ce  n'est 


:W) 


VOV 


FOU 


ipidijin^s  jours  nu  plus  l'ii  os  do  mnuvnis  lofiij)«>  a>T.i- 
(lontol.  Ainsi  l'on  voit  (juo  si  In  cii^'alorlnit  v»miuo,  irnilant 
rhi\pr,  <^iiipnintfr  à  sa  Ynisinf  li;  plus  iM'Iil  soiiiiisso.iu, 
dont  par|»nr!"'ntliiS'''  cll'^  n'n\n!t  nul  Im^s  >in,  allPndu  (]u'fll<> 
no  rnan.L'o  p"inl,  ollo  l'aurait  IrouvAi^  ciidnrniit'  <'l  aussi 
drpourvuo  (]u'<HIp  nirMn<\ 

Dit.  du  lai.  r'>nnir<i,  ni.  sij^n. 

Fourniguéja,  r.  Uva[.  l'nurmilhT;  driuanir-T;  fairo 
r[>rnu\(M'  des  rourniillcnienls;  |)i».'oter  outre  ouir  et  chair. 

Drr.  d«'  /'(nintigo. 

Fourniguiè,  ».  m.  TourruillitMo;  retraite  des  Inurniis. 
\u  ll.l^  feule  iunoiidu*aM(^;  niuUilude  de  personnes. 

Fourniguiè,  s.  tn.  Toreol,  ois>'au.  --  Voy.  Itcnnurf. 

Fournimén,  s.  m.  Fourninir'ni  d'un  soldat,  ses  armes, 
si'S  vi''leiiieiits;  loul  ce  qui  constitue  raineufdenient  d'un 
apparle;u<'Ut  ;  trousseau  d'une  fille  à  marier. 

Fourqua,  r.  DoMuer  un  coup  de  rnurche;  frapji'^r,  [)i- 
quiM*  avec  une  Inurclie. 

»  f(»f/r</ii(i.  s(^  diviser  eu  JMurche.  on  deux  branches;  se 
hiTunjuer. 

Fourquado,  s.  f.  Coup  de  fnurclio;  l'ourchée,  quintitê 
de  fourrage  ou  de  paille  (jue  l'on  peut  [ïicjuer  et  emporter 
eu  une  lois  avec  la  fourrhe. 

Fourquaduro, .«.  f.  rourchuredes  lirancl)'\s  d'un  arl.ro; 
bilnrcalion.  —  Vay.  Jùt/ottr(/ua(htro,  m.  si^'u. 

Fourquas,  s.  m.  Charrue  à  brancard,  tirée  par  uw 
seule  bêle;  fourchure  «l'un  arbre;  fourcbo  eu  fer  à  d.ux 
pointes.  eu)maiu'h»''e  d'un  lrès-li)ni:  luancbe,  avec  laciut^ll'^ 
on  cbartre  le  foin  sur  une  cbarretlc  ou  sur  une  uieul"',  et 
ou  uarnil  de  laL'ots  un  four  déi;"i  allumé;  étai  de  liois  ter- 
miné  eu  foundie  pour  sup[)orlcr  une  braïu^be  (pii  menace 
fie  s'écuisser  ou  de  rompre  sous  le  poids  de  son  fruit 
f^y.  rnin(jn'in  ';  pieu  fourcbu,  dont  o/i  se  sert  p'Mir  fixer 
les  claies  d'un  parc  à  moulons.  —  V.  (infos. 

Fourquéja,  v.  fréq.  R'Mjuicr  à  la  f<uirche;  faner  le  foir» 
eu  le  retournant  à  la  f«uircbe  ;  pi<]uer  avec  les  poiults 
d'une  fourche. 

Fourquèlo,  *.  /*.  Ktauçon  fourchu  fjn'on  emploie  pour 
.soutenir  les  branches  d'un  arbre  (jiio  l(\s  fruits  surchar- 
i^eut  et  fout  plier;  étai  de  bois  ci\  forme  de  fourche. 

Fourquo,  s.  f.  Dim.  Four^/itéto;  auj;m.  Fourqurnso. 
Kourcbe,  inslrinnent  de  bois  ou  de  fer,  conquise  d'un 
manche  ti  terminé  par  deux  ou  trois  poiules,  uommôes 
f»)urcbons.  —  La  fourcbo  A  fourrage,  dans  ce  pays-ci,  est 
uu  trident  eu  bois  îi  braucbes  recourbées,  fait  d'une  seulo 
pièce  avec  une  pou.^se  do  micocoulier;  elles  vieunent 
toutes  (b  Sauve  ou  de  ses  environs  fVny.  FanahrégnuJ. 
La  foui.he  à  fumier  est  uu  trident  on  for,  garni  d'une 
douille  où  s'emmaut'be  un  maucbo  on  bois  légéroFuonl 
incliné. 

Dér.  du  lai.  Furra,  m.  sigu. 

Pp..^A:»  ..  fréq.  Tourner  A  l'aigre;  i)roudro  une  saveur 
tiQ  t  que  du  vin 

to. 


Fourtoû,  s.  f.  Aigreur,  nci,liî(^  du  vin;  rancissurft  de 
rbuile;  piquant  do  l'oignon  nu  du  radis. 

Fourtuna,  ado,  mlj.  Hicho;  qui  vil  dans  raisance;  qui 
est  au  di'^sus  de  s\s  affaires;  qui  a  do  la  fortune. 

Dér.  du  lil.   Fortunutus. 

Fourtuncja,  v.  frof.  Chercher  fortune,  aventure;  s'in- 
génier à  gagner  ijut^lque  cbi  so.  —  Il  se  prend  en  mauvaise 
pirt  pour:  faire  un  comnierco  de  gngne-peiil;  vivre  au 
ji>ur  le  jour  d'ex;  ^  lii'uts 

Fourtuno,  s.  f  l'orlune;  rie!  esse;  ])irus;  hasard;  l>on- 
Wnv:  étal,  condition  où  l'on  est.  —  Im  bono  fourtuno,  la 
boniit'  av-^nlup^  Pcr  fouriunn,  par  liasard;  par  bonheur. 
Va\  ilal.  F(j)inhnrhc.  .  .  heur,  u.semeul  que. . . 

Dér    du  lat.  Fi>r(tina,  m.  i^ign. 

Fous,  fousso,  <i'j.  Lnucho,  «pii  n'est  pas  clair;  trou- 
ble; néhul  ux;  cnuviîrt.  —  Se  dit  du  \in  et  do  la  vue. 

Dér.  du  lit.  Fii\riiH,  so'ubre,  obscur. 

Fouscgu,  udo,  pirt.  paxs.  du  V.  Foire.  Cultivé;  tra- 
vaillé. —  Voij.  Foire. 

Fouscïa,  V.  Taire  un  cocon,  terme  technique  dans  ce 
S'^ul  SMH.  --  An  ém'rvcja  Iro  cUi,  an  fo?>s(ïti  din  lou  jas, 
ou  a  ihis  la  biuyére  trop  clairsemée,  les  vers  ont  fait  leur 
cocon  (1  MIS  la  liti  Ve. 

Dér.  d.'  Fd'iscI. 

Fouséire,  a.  m  .ïournalier  qui  travaille  à  la  mare,  à  II 
piorho,  ;'i  1 1  boue. 

Dér.  du  V.  in'ire. 

Fousél,  ^.  r'i.  Dim.  Fousiié;  péj.  Foif.u'ias.  Cocon  du 
ver  à  s- 'ie. —  Dans  ce  pays  ci,  on  dit  indilTereminent  Fousél 
et  Fi)uco(i  :  cependant  on  ompb  ie  ce  donûfT  plus  généri- 
(pi'^iH'Mil  et  lorsqu'il  s'a.'.'il  d*^  la  récolte  entière;  r.n  se  sert 
du  mot  Fousél  en  parlant  d'un  iiidnidu  ou  de  l'espèce,  ou 
d'un  grand  uoiid)re  considérés  comme  individus.  Fous 
c<>ur')ùs  scran  cltirs,  les  cocons  seront  chers;  oqnà'i  uno 
pnnli'fo  f-viiio  <lé  foi'sds,  c'est  uno  belle  forme  pour  les 
cocons. 

Fousésoù,  N.  f.  Œ\\vri\  labour  à  h  pix^he,  ^  la  Iioue; 
diff  Tentes  faç  us  <ju'on  (b  une  à  la  terre;  saison  de  ces 
(iMivros. 

Dér.  du  X  .  Foire. 

Foussaje,  5.  m.  Action  do  labfturor  la  terre  à  la  houe  ou 
à  la  piocbo;  frais  de  ce  lra\ail.  —  Y  a  dt^s  joumalo*  dé 
foussnjp,  il  y  a  dix  journées  do  travail. 

Foutèso,  v.  f.  Minutie;  niaiserie;  chose  de  peu  d'im- 
portance ou  de  pui  de  valeur;  bétisos. 

La  racine  de  ce  mot  et  des  suivants,  sur  lesquels  il  fau- 
dra bien  s'expliquer,  est  c^rlainomont  do  colles  qu'on  doit 
traiter  avec  le  jilus  i\n  r'\s^rve  et  de  circonspection;  mais 
il  ne  faut  pas  la  tenir,  sur  la  simple  étiquette,  pour  aussi 
abomiFtable  qu-^  de  médian l'^s  allusi  )ns  l'ont  faite.  Notre 
langue  vulgaire  l'a  f  lit  entrer  dans  h»\aucoup  d'expressions 
pittoresquemont  comp 'sVs  et  énergiques  sans  jxîul-êlre 
trop  songer  à  niai;  et  notre  lexique,  sans  vouloir  les  réha- 
biliter abs)lumenl.  ni  en  conseiller  l'usage  trop  répété,  ne 


POU 


FOU 


361 


pouvait  néanmoins  les  passer  sons  silence  par  nne  affec- 
tation trop  timorée  qni  eût  donné  lien  à  des  interpréta- 
tions pins  compromettantes  qne  n*en  doit  être  le  vrai  et 
simple  commentaire.  —  Voy.  Foutrâou, 

Fontésqné,  ésqno,  ésqnéto,  adj.  Dim.  Foutriquet; 
cogne-fétu;  trotte-menu;  qui  s'occupe  de  vétilles,  de  petits 
détails  et  exagère  leur  importance. 

Fontésqnéîa,  v.  fréq.  Vétiller;  s'occuper  de  niaiseries, 
de  minuties  ;  perdre  son  temps  à  des  bagatelles  ;  bague- 
nauder. 

Fontimar,  ardo,  tidj.  Indécis,  chancelant  dans  ses 
idées;  qui  ne  sait  jamais  prendre  une  décision  tranchée. — 
Ne  se  dit  guère  que  négativement  :  Souï  pas  fbuHmar,  je 
suis  très-décidé;  je  ne  vais  pas  par  quatre  chemins. 

FontiniasBa,  v.  Déranger;  mettre  sens  dessus  dessous; 
inquiéter;  tourmenter.  Au  passif  :  être  inquiet,  malingre, 
indisposé.  —  Souï  tout  foulimassa,  je  suis  mal  à  Taise, 
mal  en  train. 

Foutimasséja,  v.  fréq.  Baguenauder;  niaiser;  s'amuser 
à  des  riens.  —  Il  a  la  même  acception  que  Foutésquéja,  à 
la  différence  qu'il  est  actif  et  prend  souvent  un  régime. 
Dans  ce  cas,  il  se  rapproche  davantage  de  Foutimassa  et 
signifie:  déranger,  bouleverser;  tarabuster. 

Foutrâou,  *.  m,  et  adj.  Dim.  Foutralé,  éto;  péj.  Fou- 
traias,  asso.  —  Adj.  disons- nous,  au  simple  et  dans  ses 
composés  dim.  et  péjor.,  qui,  comme  bien  d'autres,  passe 
substantif  dans  l'occasion. 

Ce  mot  signifie  simplement  :  niais,  nigaud,  niguedouille, 
imbécile,  pauper  spiritu,  et  pas  autre  chose.  Nous  avions 
bien  raison  de  remarquer  que  ce  mauvais  garçon  n'était 
pas  aussi  diable  qu'il  en  avait  l'air;  tant  est  vrai,  comme 
ou  dit  encore,  que  rien  ne  ressemble  plus  à  un  fripon 
qu'un  bonne  le  homme.  Ce  vocable  fort  bien  porté  est, 
cela  va  sans  dire,  très  en  usage;  mais  parmi  ceux  qui 
l'emploient  il  n'en  est  pas  un  peut-être  qui  ne  croie  dire 
une  sotlise  en  s'en  servant;  c'est  ce  qui  fait  son  malheur. 
Ce  que  voyant,  un  dictionnaire  est  là,  à  éprouver  toujours 
une  certaine  hésitation  pour  l'admettre  dans  ses  colonnes  : 
Sauvages  n'en  fait  pas  mention  et  c'est  grand  tort  :  que 
Ton  ne  nous  en  veuille  point  de  ne  pas  partager  ces  scru- 
pules. Car  tout  cela  parce  qu'on  croit  que  l'expression 
appartient,  et  elle  semble  en  effet  appartenir  à  une  famille 
de  mots  grossiers  que  rppousse  la  bonne  compagnie.  Ce- 
pendant je  suis  sûr  qu'il  n'en  est  rien. 

Les  choses  ne  se  passent  pas  différemment  enti'e  mots 
qu'entre  gens  :  une  ressemblance  physique  n'établit  pas 
seule  une  parenté  entre  eux.  Ici  cette  ressemblance  existe 
sans  doute,  mais  c'est  tout.  Je  crois  même  que  le  fr.  nous 
a  gâté  celui-ci  et  en  a  perverti  le  sens  pour  son  compte 
d'abord,  puis  en  l'aggravant  d'une  fâcheuse  allusion.  La 
signification  précise  du  mot  en  lang.,  qui  ne  peut  être,  qni 
n'est  jamais  déterminée,  exclut  en  effet  toute  possibilité 
pour  lui  d'une  origine  compromettante.  Mais  d'où  vient-il 
alors  s'il  ne  vient  pas  de  là,  d'où  vous  pensez  peut-être?... 


Genin  ne  serait  certainement  pas  de  trop  pour  nous  aider 
à  débrouiller  cette  généalogie,  lui  qui,  dans  ses  Récréations 
philologiques,  a  si  habilement  et  si  heureusement  réhabilité 
quelques  expressions  analogues.  Son  succès  dans  cette 
œuvre  réparatrice  doit  encourager  à  en  tenter  une  pareille. 
Je  souhaite  pour  la  justice  qu'elle  réussisse  aussi  bien. 
Pour  moi,  qui  ne  suis  ni  si  heureux,  ni  surtout  si  habile, 
il  faut  que  je  me  contente  de  protester  contre  une  médi- 
sance, de  signaler  une  injustice,  en  appelant  un  autre 
vengeur. 

La  preuve,  en  tous  cas,  qu'aucun  sens  honteux  ne  se 
cache,  ni  de  près  ni  de  loin,  derrière  la  locution  traduite 
du  latin ,  classique  ou  barbare,  Fatuus,  peut-être,  et  tant 
soit  peu  déformée  à  la  vérité,  c'est  son  application  même. 
Si  elle  était  autre  chose  qu'une  ironie,  aurait-elle  servi 
dans  cette  phrase  par  exemple  :  dàou  pu  /butràou  n'an  fa 
lou  batte,  du  plus  sot  on  a  fait  le  commandant,  qu'on 
prétend  avoir  été  souvent  si  bien  méritée?  Puis  encore, 
le  diminutif  aurait-il  trouvé  place  dans  ce  surnom  de 
Foutralé  dé  Bésiès,  sobriquet  donné  aux  habitants  de 
Béziers,  que  leur  sottise  ne  distingue  nullement  et  qui  ne 
l'accepteraient  pas  sans  doute  même  avec  l'atténuation  des 
malins  du  moyen-âge? 

Ce  que  je  dis  de  l'adjectif  regarde  également  le  subs- 
tantif devenu  et  restant  invariablement  masculin  dans  une 
autre  acception.  On  dit  :  un  fbulràou  dé  co,  un  fàutrAou 
dé  $i$à,  un  foutrâou  dé  miracle,  un  fbutrdou  d'homo  et 
même  un  fbutrdou  dé  fénno,  ce  qui  se  rend  exactement  par  : 
un  terrible  coup,  un  énorme  gigot,  un  étonnant  prodige, 
un  colosse  d'homme  et  un  colosse  de  femme;  car  le  fr. 
applique  aussi  sa  désignation  masculine  aux  deux  genres. 
Ce  sens  n'a  rien  de  commun,  ce  semble,  avec  le  premier, 
à  moins  qu'on  ne  suppose  qu'on  veut  exprimer  ainsi  une 
grosseur,  une  grandeur,  une  forme  hors  de  l'ordinaire, 
exagérée,  excessive,  folle,  insensée,  déraisonnable  en  un 
mot  et  qui  n'a  pas  de  bon  sens,  comme  on  dit  vulgaire- 
ment, Fatua,  dirait  le  latin. 

Bien  que  ce  soit  un  peu  tout  cela  que  l'on  veut  dire,  je 
ne  sais  pas  si  mon  explication  paraîtra  satisfaisante  et  sera 
s  ufiîsante  ;  mais  je  ne  crois  pas  non  plus  qu'il  y  ait  moyen 
de  donner  davantage  à  ce  dernier  mot  la  fameuse  racine 
dont  il  est  question.  Il  faut  donc  aussi  lui  en  chercher  une 
autre  si  mon  étymologie  latine  n'est  pas  la  bonne;  et  il  en 
a  été  dit  assez  pour  indiquer  au  moins  la  voie  et  rétablir 
la  réputation  d'un  terme,  à  tort  ou  à  raison,  fort  répandu. 

FoutraBBàon,  s,  m.  Péj.  Foutrassâoudas,  asso.  —  C'est 
l'augmentatif  du  précédent  dans  toute  son  étendue,  qui  a 
lui-même  son  amplificatif  également  usité.  Celui-ci  seule- 
ment n'a  cours  qu'adjectivement,  tandis  que  le  premier 
et  son  correspondant  restent  le  plus  souvent  substantifs. 

Mais  Foutrassdou  a  encore  une  acception,  que  prend  au 
reste  quelquefois  Foutrâou,  surtout  employés  l'un  et  l'autre 
au  pluriel,  et  il  signifie  :  coups,  coups  de  bâton,  de  poing; 
volée.  —  T-a  agu  dé  foutrassâous  pér  toutes,  il  y  eut  des 

46. 


362 


FRÂ 


FRâ 


coups,  des  éclaboassures  pour  tous.  Quintei  foutranâou»/ 
Quelle  dislribntion  de  bois  vert!  Et  xout  fbulrassAou  on 
fimtràou  sus  $a  fénno  /  Et  en  avant  !  de  rosser  sa  femme  : 
ce  sont  les  procédés  caressants  du  Sganarelle. 

Ce  dernier  sens  des  deux  mots  est  de  nature,  parait-il, 
à  lever  les  doutes  sur  leur  radical,  qui  n*est  point  tel  que 
le  fr.  le  ferait  croire,  et  à  réconcilier  avec  lui,  sinon  tout  à 
fait  la  bonne  compagnie  et  sa  langue  un  peu  prude,  au 
moins  le  parler  vulgaire  et  courant. 

Foutre,  ».  m.,  v.  ei  interj.  Mot,  juron  grossier  et  bas,  sur 
lequel  il  a  été  assez  et  même  tnip  dit  pour  n'y  plus  reve- 
nir. C'est  le  radical  de  la  famille  plus  ou  moins  honnête 
qui  précède. 

Foatringaèlo,  intêrj.  Juron  diminutif  ou  plutôt  oon- 
oentratif  de  Foutringo, 

Fontringo,  int$rj.  Juron  qui  correspond  à  Diantre  1 
Peste!  Halpeste! 

Fontn,  iido,  a4i.  Perdu;  déconfit;  mort. 

Fracha,  «.  Rompre;  briser;  casser;  fendre;  ébrècher. 

Dôr.  dn  lat.  Fratiffêre,  briser. 

Ftacho,  f.  f.  Dim.  Fraehéto.  Brèche;  fente;  fissure; 
cassure;  défaut  dans  une  pièce  de  menuiserie  on  de  char- 
pente; trou,  cavité;  scorie  dans  une  pierre  de  taille;  écor- 
nnre;  crevasse  dans  un  mur.  Au  fig.  fente;  accroc  à  Thon- 
neur,  à  la  probité;  frasque. 

Dér.  du  lat.  Fractus,  de  Frangsre. 

Frai,  f .  m.,  ou  Fraisse.  Frêne,  Fraxinus  excehior,  Linn. 
Arbre  de  la  fam.  des  Jasminées.  —  Cet  arbre,  commun 
dans  nos  pays,  fournit  d'excellent  bois  de  charronngc.  C'est 
d'une  variété  de  cette  famille  que,  dans  la  Calabre  et  aux 
maremmes  de  la  Toscane,  on  tire  la  manne  des  pharmaciens 
par  une  incision  faite  à  Fécorce. 

Dèr.  dn  lat.  Fraxinus,  m.  sign. 

Frairastre,  f.  m.  Frère  d*un  autre  lit;  frère  utérin  ou 
consanguin. 

Fraûre,  5.  m.  Frère,  qui  est  nô  du  même  père  et  de  la 
même  mère.  Par  ext.  pareil,  semblable. 

Ce  terme,  qui  n*est  usité  exclusivement  que  dans  les 
hautes  Cévennes,  dans  son  acception  usuelle,  est  encore 
ici  employé  dans  le  style  pittoresque  et  poétique,  surtout 
en  genre  goguenard.  On  dit  dans  le  style  ordinaire,  Frèro. 
—  Voy.  c.  m. 

Dér.  du  lat.  Frater,  m.  sign. 

Frûssiné,  t.  m.  Frênaie,  lieu  planté,  couvert,  abon- 
dant en  frênes.  —  Ce  mot,  qui  a  existé  longtemps  avec 
cette  acception  dans  la  langue  d'Oc,  n'est  plus  employé 
que  comme  nom  propre  d'homme  ou  de  lieu,  rendu  par 
Fraissinet.  En  l'analysant,  il  est  facile  de  se  rendre  compte 
des  procédés  et  des  combinaisons  qui  ont  servi  à  former 
les  dénominations.  Nous  venons  de  voir  le  radical  Fra%  ou 
Fra%$s€,  abrégeant  le  lat.  Fraxinus  et  le  reproduisant,  qui 
veut  dire  Frêne,  écrit  autrefois  Fresna.  Maintenant  il  s'agit 
d*une  collection  de  ces  arbres,  d'un  bois  où  ils  sont  plantés 


en  grand  nombre  :  le  sufifixe  latin  eium  s'ajoute  au  radical 
et  donne  Fraxineium.  Cette  marche  du  mot  est  bieo 
simple.  Dans  le  roman,  les  deux  idiomes  du  Nord  et  du 
Midi  restent  longtemps  confondus;  mais  la  séparation  eu 
langue  d'Oil  et  eu  langue  d'Oc  s'accuse  peu  à  peu  et  devient 
tout  à  fait  tranchée  ;  celle-ci  reste  plus  fidèle  au  type  latin 
et  sa  déformation  parait  moins  sensible  :  de  là  Fraïuiiiéet 
FUnaie.  Sans  vouloir  insister  davantage,  cette  succession 
ou  mieux  les  divergences  se  dessinent  nettement  sur  le  mot 
qui  nous  sert  d'exemple.  Nous  avons  au  surplus  indiqué 
ailleurs  par  quels  procédés  rapides  de  contraction  et  de  re- 
tranchement des  finales  latines,  notre  langue  était  arrivée 
à  se  donner  des  formes  et  à  imaginer  des  combinaisons 
propres  à  son  génie,  à  ses  aptitudes  de  prononciation. 

Ici  c'est  le  suffixe  collectif  latin  qu'elle  adopte  dans  sa 
simplicité  :  Fraxineium  répond  à  Fraïssiné,>comme  Fraxi- 
nus lui  avait  donné  Frai' et  Fraïsse:  la  désinence  romaine 
disparait,  mais  le  caractère  tonique  et  collectif  du  mot  se  con- 
serve. La  langue  d'Oïl  et  le  français  suivent  la  même  voie  : 
au-delà  de  la  Loire,  à  Test  et  à  l'ouest,  la  consonnance  du 
suffixe  rappelle  quelquefois  son  origine,  d'autres  fois  elle 
s'en  éloigne  davantage;  la  forme  surtout,  ou  mieux  l'or- 
thographe obéit  à  d'autres  tendances.  Ce  que,  au  midi, 
nous  exprimons  par  les  finales  é,  ié,  iè,  édo,  iiïro,  etc., 
signes  de  collectivité,  est  représenté,  au  nord,  par  ai,  aie, 
ay,  ée,  ei,  ey,  oi,  oie,  ois,  oy,  etc.  ;  nous   avons  signalé 
déjà  ces  difi'érences.  Elles  sont  peut-être  plus  frappantes 
sur  le  mot  actuel,  parce  que  sa  composition  est  plus  simple 
et  plus  directe.  11  résulte  donc  de  là,  d'abord,  une  nou- 
velle preuve  de  l'équipoUence  des  suffixes  de  même  ordre 
dans  les  deux  langues  ;  puis,  que  les  mots  terminés  par 
une  de  ces  syllabes,  en  lang.  comme  en  fr.,  représentent 
presque  toujours  une  idée  collective,  alors  surtout  qu'ils 
dérivent  d'un  nom  d'arbre,  les  arbres  étant  de  leur  nature 
les  objets  qui  se  montrent  le  plus  fréquemment  en  collec- 
tion; enfin,  qu'il  est  possible  de  déterminer  par  la  dési- 
nence l'origine  régionale  de  bien  des  noms  de  famille, 
quand  ces  mots  deviennent  noms  propres  d'homme.  C'est 
en  définitiv    le  profit  le  plus  intéressant  de  ces  curieuses 
études  sur  la  composition  des  noms,  sur  les  suffixes  et  sur 
les  étymologies.  Il  n'y  a  pas  à  s'y  tromper  :   une  ressem- 
blance de  physionomie  existe  sans  doute,  entre  tons  ces 
mots,  frères  d'origine,  mais  le  cachet  de  race  les  distingue 
et  les  fait  reconnaître,  les  uns  pour  être  nés  sous  le  ciel  da 
Midi,  les  autres  comme  élevés  dans  le  Nord.  Les  désinences 
servent,  pour  ainsi  dire,  à  chacun  d'acte  de  naissance  et 
les  localisent. 

Quant  à  l'orthographe  du  corps  du  mot  lui-même, 
elle  offre  aussi  ses  variétés;  si  elle  est  fixe  en  lang.,  il  n'en 
est  pas  tout  à  fait  de  même  dans  les  reproductions  en  fr. 
Peut-être  trouverait-on  encore  là  quelque  indication  ;  mais 
elle  nous  parait  un  peu  subtile  et  pas  assez  certaine  pour 
être  autre  chose  qu'une  altération  dialectale.  On  jugera 
mieux  au  surplus  de  ces  observations  en  mettant  en  parai- 


FRA 


ritA 


363 


lèle  les  appellations  identiques,  avec  leurs  formes  diverses 
et  leurs  altérations  ethniques. 

Ainsi,  pour  nous  et  dans  le  Gard,  Ltm  FraUiini  se  ren- 
contre dans  cinq  ou  six  communes;  dans  celle  de  Borde- 
sac,  il  est  nommô,  en  1251,  Fraissenelum,  lat.;  dans  celle 
du  Vigan,  en  4381 ,  Mansus  dé  Fraysseto;  en  1444,  Frays- 
nnefum;  en  1513,  Itfansus  de  Frax'meto:  le  fr.  les  écrit 
aujourd'hui  uniformément  Le  Fraissinet;  mais  il  n*est  pas 
rare  de  voir,  quand  les  noms  propres  d'homme  s*cn  sont 
emparés,  les  traductions  fantaisistes  Fraycinet,  Fressinet, 
Freyssinet,  Freycinet,  et  autres.  Malgré  ces  nuances  qui 
ne  changent  pas  la  prononciation,  la  formation  méridio- 
nale est  trop  saisissable,  pour  ne  pas  apporter  la  pleine 
certitude  que  tous  ces  noms  désignent  dos  localités,  des 
individus,  des  familles  originaires  du  Midi.  Au  contraire, 
on  peut  être  assuré  que  jamais  ne  lui  ont  appartenu, 
comme  noms  de  lieux  ou  d*hommes,  les  appellations  ana- 
logues qui  suivent,  bien  que  signifiant  aussi  une  frènr.ie 
ou  le  propriétaire  d*un  domaine  remarquable  par  ses  frênes  : 
Francis  (Doubs),  Frenai  (Orne),  Fresnay  (Seine- Inférieure), 
Frenay  (Loiret),  Freney  (Savoie),  Frenois  (Côte  d'Or), 
Frenoit  (Belgique),  Frenoy  (Doubs),  Fresnais(ne  et  Vilaine), 
Fresnay  (Aube),  Fresnaye  (Sarthe),  Fresney  (Calvados), 
Fresnoy  (Aisne),  répondant  au  lat.  parle  même  moi  Fraxi- 
netum. 

Et,  parmi  les  noms  d*hommes,  Fray,  Du  Fray,  Frais.se, 
Dnfraîsse,  comme  Fraissinet,  viennent  de  source  méridio- 
nale :  du  Nord,  sont  sortis  les  Dufrêne,  Du  Fresne,  Du 
Fresnoy,  Du  Fresny,  Frenée,  La  Frenay,  Lafrenais,  Freney, 
et  une  foule  d*autres. 

Ces  distinctions  par  zones,  qui  établissent  la  démarca- 
tion de  l'idiome,  en  remontant  à  la  source  commune,  nous 
ont  paru  utiles  à  noter  :  elles  pourraient  être  reproduites 
sur  une  foule  de  dénominations  semblables,  mais  il  suffira 
d'indiquer  les  analogies  et  les  concordances  sans  revenir 
sur  les  détails. 

Fraissinéto  ou  Pimparëlo,  j.  f.  Pimprenelle,  plante. 
—  Voy.  Pimparèlo, 

Fran,  s,  m.  Franc,  monnaie.  —  Ce  mot  n'a  pas  attendu 
la  promulgation  du  système  décimal  pour  être  national  et 
exclusivement  employé  dans  son  acception  actuelle.  On  ne 
s'est  jamais  servi  du  mot  Livre  à  sa  place  ;  toujours  on  a 
dit  :  mtVo  frant,  un  éeeu  dé  sîèï  frans,  et  non  miio  liouros, 
un  éscu  dé  tiHi  liouros,  comme  en  fr. 

Fran,  Iranqno,  adj,  Dim.  Franqué;  augro.  Franquas. 
Franc;  sincère;  loyal;  de  bonne  foi.  —  Fran  coumo  un 
bétni,  fran  coumo  un  cèrquo-poùs,  franc  comme  un  bohème, 
franc  comme  un  croc  à  puits,  contre-vérités;  on  comprend 
facilement  la  première;  la  dernière  est  plus  difficile  à 
expliquer. 

Dér.  du  lat.  Franeus,  Franc,  peuple  de  Germanie,  qui 
signifiait  libre. 

Fran-carèon,  «.  m.  Jeu  d'enfanl  qui  consiste  à  jet^r  en 
Tsûr  une  pièce  de  monnaie  qui  retombe  sur  un  pavé  de 


grandes  dalles.  Le  joueur  dont  la  pièce  se  rapproche  le 
plus  du  centre  de  la  dalle,  et  est  le  plus  éloignée  de  ses 
lignes  de  jointure,  a  gagné  une  mise  ou  un  point. 

Francés,  éso,  s.  et  adj.  Français,  habitant  de  la  France, 
né  en  France;  qui  appartient  à  la  France;  langue  fran- 
çaise. —  Lou  f.arla  fiancés,  ou  simplement  lou  francés, 
le  françiis,  le  langage  français. 

D^r.  dn  lat.  Franeus, 

FrancliiiDan,  ando,  s.  et  adj.  Français  d'outre-Loire, 
soit  l'hahitnnt,  soit  le  langnge:  nom,  épithète  un  peu  iro- 
nique, suLst.  ou  adj.,  que  nos  Languedociens  donnent  à  la 
fois  à  ce  français  dont  le  peuple  du  Nord  a  fait  une  sorte 
de  jargon  et  qui  est  son  patois,  et  à  celui  que  nos  com- 
patriotes rapportent  de  leurs  voyagrs  ou  de  leur  séjour 
dans  les  garnisons  d'outre -Loire  et  qu'ils  affectent  au 
retour  do  mêler,  non  sans  emphase,  à  l'idiome  natal. 
L'expression  s'applique  également  à  ceux  qui  parlent  cet 
argot  défiguré  soit  par  leur  ignorance,  soit  par  leurs  pré- 
tentions au  beau  langage. 

E(i  consacrant  un  terme  particulier  au  parler  qui  n'est 
pas  le  sien,  notre  langue  d'Oc  a  voulu,  semble-t-il,  mar- 
quer plus  expressément  sa  séparation  avec  la  langue  d'OKl. 
Quand  on  la  qualifie  de  patois,  elle  riposte  par  l'épithète 
de  fionehiman;  et  ce  mot  a,  dans  son  vocabulaire,  une 
pareille  signification  :  c'est  l'altération,  la  corruption  de 
sa  langue  par  l'immixtion  de  la  langue  étrangère  qui  cher- 
che le  plus  à  l'envahir.  Ces  distinctions  entre  les  deux 
idiomes  rivaux  et  leurs  patois,  trouveront  à  se  développer 
davantage  aux  articles  Lénguo  et  Patouès,  auxquels  nous 
renvoyons  et  qui  nous  paraissent  le  complément  nécessaire 
de  ce  que  nous  avons  à  dire  du  Franehiman.  Nous  vou- 
drions ici  reprendre  quelques-unes  de  nos  observations 
préliminaires,  appuyer  sur  certains  traits  du  tableau,  et, 
puisqu'enfin  il  passe  en  force  de  chose  jugée  que  les  dia- 
lectes méridionaux  ont  mérité  l'ostracisme,  apprécier  les 
motifs  de  la  sentence  et  avoir  le  signalement  des  cou- 
pables. 

Il  n'y  a  pas  d'illusions  patriotiques  à  se  faire  ni  à  exa- 
gérer :  pour  être  une  langue  contemporaine  du  français, 
issue  de  la  même  source  que  lui,  pour  avoir  partagé  l'em- 
pire avec  lui,  notre  langue  d'Oc  est  loin  d'avoir  eu  d'aussi 
brillantes  destinées;  mais  elle  en  est  entièrement  distincte. 
Si  la  perte  de  sa  nationalité  l'a  laissée  quelque  peu  & 
l'écart  et  en  arrière,  elle  ne  lui  a  rien  ôté  au  fond  de  son 
caractère  et  ne  lui  a  point  fait  abdiquer  son  génie.  Elle  a 
été  moins  favorisée  par  les  circonstances  ;  elle  est  déchue 
de  sa  condition  sociale;  et  cependant,  avec  le  sentiment  de 
son  infériorité,  elle  n'a  pas  voulu  rester  immobile,  parce 
qu'elle  n'entendait  point  mourir;  et,  quand  il  lui  a  été 
donné  de  prendre  la  parole  et  de  se  faire  entendre,  elle  a 
protesté  de  àou  étemelle  jeunesse,  de  sa  verve  harmonieuse, 
de  sa  vigueur,  de  son  abondance,  avec  tant  de  vitalité  et 
d'entrain,  qu'elle  a  étonné  la  littérature  et  fait  envier  ses 
richesses  et  ses  ressources.  Elle  s'est  dassée  au  moins;  et. 


364 


FRA 


FRA 


maintenant,  bien  qu'elle  n'aspire  point  à  reprendre  son 
sceptre  provijicial,  elle  restera  dans  sa  dignité  et  méritera 
encore  d'être  étudiée  et  c^^mservée  comme  lui  monument 
historique,  toujours  dehoul,  de  notre  gloire  nationale. 

A  part  le  rôle  littéraire  qu'elle  remplit  et  qui  lui  a  Nalu 
tant  de  faveurs  dans  a^s  derniers  teuqis,  la  langue  d'Oc, 
avec  la  variété  infinie  de  s<'s  dialectes,  est  toujours  parlée 
et  comprise  dans  le  tiers  de  la  France.  L'attachement  du 
peuple  méridional  ii  son  vieuv  langage  prouve  au  moins 
qu'il  le  croit  bon  et  suflisanl  à  ses  liesoins  :  il  en  vit  et  il 
s'en  sert.  Sa  persistance  démontre  encore  que  cette  langue 
ne  s'est  pas  plus  immobilisée  que  l'esprit  même  des  popu- 
latiojis,  et  qu'elle  a  mesuré  sa  marche  à  celle  des  idées 
qu'il  leur  convenait  d'exprimer.  Une  foule  de  termes  nou- 
veaux sont  devenus  nécessaiies  :  il  fallait  les  prendre  où 
ils  se  trouvaient  et  s'eiu'ichir  de  o?s  emprunts  forcés. 
Elle  n'a  point  hésité;  et  ce  n'est  pas  de  cet  accroiss^^ment 
qu'il  y  a  ti  se  plaindre  ;  seulement  elle  a  voulu  en  ap[)ro- 
prier  les  formes  A  son  génie  :  vWe  l<?ur  a  imprimé  le  sceau 
de  l'adoption  en  les  façonnant  suivant  ses  a[Mitud(îs;  elle 
les  a  naturalisés  languedociens  en  les  souiiuntant  ^  ses 
régies  d'accentuation  et  leur  impos:int  son  cachet  de  race 
et  de  famille.  Ce  n'est  pas  non  plus  d'avoir  usé  d'  c<'  droit 
souverain  (|u'elle  peut  être  blâmée,  tant  elle  y  ai)jiortait 
d'ailleurs  de  réserve  et  de  disi'eniemciit  et  mettait  d*'  déli- 
catesse à  en  ménager  Texereice  et  les  procédés.  O:  n'était 
pas  la  faire  du  patois  ou  du  fraudiimati,  mais  sii]ij)lt'ment 
monter  au  niveau  du  progrès  (jui  ani'''iii'  tout*\N  hs  laiiiivit's 
à  se  translurmer,  et  se  tniir  au  C(Hn;!nl  \l'>  idtvs  nouvelles 
en  s'eniparant  de  mots  m  qm  aux,  (lu'dlf  s"ab->imilail. 

Cette  élalna'ation  jMlui<lle  se  laisait  à  biu  <sei''iil;  alors 
que  la  langu*:-  d'Oe  élaiî  la  Iticiiv^'iiue  daii>  (oul^'s  les 
classas  d«*  la  .sociét'-,  ad;iii>t'  à  l>>iis  1rs  fuyci^,  l'.'ni"  d  li> 
toutes  les  rt'ialions.  Vm  plein  crédit  dans  si  pro\iiie*',  s  s 
emprunts  n'épi'r'U\ai'ail  auiann"  [)''i[i.'  ,i  être  lé^^»lis'''s  el 
a  prendic;  cour.--.  A  Isus  les  d'i^iV-s  •'!  (laii>  Itais  les  r.in;js, 
tout  h;  mniidc  s"t'nl 'iid  lil  a\ce  le  iiièin<'  idi^iiii.',  e(  Tin- 
tV'jducliun  ou  la  uii^e  en  eireul:îi«»n  d'un  \oe..i)I-'  rliiini 
Soumises  au  conlr^'le  de  lues,  de>  lelln-s  tl  d'-s  ii-'ii.ir.iiji>, 
des  grands  si'i,^ii*'i!!\-.,  di^  b;)U^l[l'-i^  et  du  p.'U[i'";  de  lelle 
sorle  qu'aui'une  iiino\alion  n.iuriit  pu  s"im[)alr. Miivi", 
pour  si  [M'ii  (jn"iil.'  eut  élé  en  (l'-siei-ji-,!  :i\,'e  lV>j)iil 
gé[iéral  et  l'inslinel  nUii' (]ui  iiiMnl-not  et  earael  u'is  ni  |;i 
liingue.  Ce  lV»t  cet  i''lil  de  eh  *>'S  ijU''  \int  smcli mil'  r 
Saitva';i:s  dans  s  tn  Dielionjuire  a\''e.  IViul  aité  de  sa 
scieiua,'  de  lingui.^îe  et  d  ol»s:'r\;(t-'ur  judioi«Mi\.  Il  \\\:\  Ii' 
[»ur  langued'ieien  de  s-  .i  tem])>,  tel  (jue  le  [nouveaieiii  des 
idées  et  des  hes' ins  l'avait  lail,  dans  s  ;n  iiidi\  idualil/^ 
pro])rij  et  originale';  r-t  il  l(î  (it  avec  le  d-  sS'Mn  airèlé  de  ne 
pas  le  laisser  cad'itndre  avt^c  le  frane.us,  d'jiit  il  \oulait 
surtout  j)rotéger  el  sauvegarder  la  diclion. 

Mois  une  langue  vivante  ne  s'arrête  prtint  au  nnlieu  à'. 
populations  vivantes  et  indép(»ndanles,  puisqu'elle  n'pré- 
sentc  nécessairement  leurs  mœurs,  leur  esprit,  leurs  ten- 


dances. L'ordre  social,  le  régime  politique,  les  divisions 
territoriales  ont  éprouvé  de  profonds  changements  :  la 
langue  a  suivi  l'impulsion,  A  ne  les  considérer  qu'au  seal 
pohit  de  vue  de  la  linguistique,  les  révolutions  qui  ont 
passé  sur  notre  pays,  ne  pouvaient  manquer  d'exercer  la 
plus  grande  influence  sur  lidioine.  Le  français  est  devenu 
le  maître  :  il  a  commencé  par  se  rallier  les  hautes  classes 
et  la  bourgeoisie;  le  peuple  l'a  suhi  et  force  lui  a  bien  été 
d'en  adopt(M' aussi  une  certaine  nomenclature  d'expressions 
techniques,  sous  peine  de  rester  en  dehors  de  tout  mouve- 
ment et  dtî  se  taire  sur  des  matières  portées  à  chaque 
instant  à  l'ordre  du  jour,  el  qui  remuaient  toutes  les  àmcs 
et  tous  les  intérêts. 

De  là  sont  venues  ces  concessions  À  la  {wlitique,  à 
l'organisation  administrative ,  au  systém«'  décimal,  à  la 
procédure,  qui  ojil  créé  ces  séries  de  mots,  d'abord 
comme  patrioto,  assigna,  aristotralo,  sansculoCo,  émigra, 
maHSimoun ,  ilistr} ,  etc.;  \nûs  prc/'r,  sous-pre/^'ê,  couscri, 
czantt,  ré/'ormoj  otrouè,  azoin}n,  etc.,  el  a[>rès  charlo, 
dcputa,  proïKjranio,  clcciou,  las  cambras,  et  lou  màs(re,  un 
litre,  un  kilo,  canti  virinàoUy  suslitu,  etc.  Il  fallait  s'en- 
tendre a  toutes  les  époques;  et  le  langu<\l>cien  ne  dérogeait 
i»as,  ne  s»?  cou \er lissait  pis,  en  imitant  le  franpis  lui- 
mênii;  et  en  lui  prêt  int  en  même  tem])s  ses  termes  d'agri- 
culture, par  e\(Mn])le  :  magnanerie,  canisse,  mort-flac, 
llâeheiie,  araire,  etc. 

C't'lait  bien  eneoie  ;  car  la  langue  d'Oc,  abandonnée 
depuis  longtemps  cunintî  langu-  oîlicielle,  avait  cependant 
conseivé  ass'z  de  son  pivslige  p  )ur  se  mèK-r,  disions-nous, 
aux  relations  privées  ei  familièies  du  grand  et  li'\'iu  monde 
(|ui  ifeii  e  )iniai^>ait  i.iuèi'  d'.iuh''',  el  à  eell'S  du  p  >pulaire 
el  lies  \illageois  ([ui  n'eiilendai'Ml  ipi  '  Ce  langage.  Sans 
di'Ul'\  elle  n'avaneiil  pis\('rs  Is  p 'ri'iviionneuj-'nts  cl 
n'y  (ejiilait  f.ir  aueun  S'-rieu^  etf'rl  lillemire;  pourtant 
SMU  eul'v'  n"*'(iil  pa.s  tout  à  laii  di'! ais^'.  franchimun,  an 
teiiiiii-ii..;^e  de  Sauvaoi:-^,  il  y  a  u;i.^  cnLiine  d'ajuiées,  ne 
d''si^;jn  'il  i|ue  la  dilTerence  daecent  enlie  le  langage  du 
Noi'^l  el  et'lui  du  Mi.li. 

Le  m  'I  g  irde  i;)njou;x  e  •  s;'ns,  unis  il  a  [)ris  plus  d'ex- 
te:i>i,n;eai  il  sl:^in'i''  auv>i  une  ùll'ralion  d(;  la  langue 
mi'saui' Fiale  [im-  un  au'eihiiine  nièaie  (jui  rilVecte.en  se 
serv.uit  du  parler  mateiaiel,  de  le  projnuioer  à  la  modo 
rr';ieii>',  d  uis  rinlon.'li.tn  el  dai.s  le  lourde  jihrase. 

{]''[[<'  .liîihili  >n  n"e>t  Ui.ilîiiMneus  "aieut  ijue  jnsle.  Le 
nid  a  eni^'ii'' e|  il  .ill  upi  ■  1'  i  .ad  mè.ii.',  la  sultsl.mce  de 
I  idi  Mue,  p,r  un»  n;i\lion  inùr.n*  el  ininl  dligenle  des 
aneieun''s  ra<;ines  r  lUi  nies  ei  d(>>  (lé.')rin  liions  du  français 
(jui  s'in'illre  insen^ilde.u  ni  A.\\ï>  s 's  \eiaes;  (H  cela  sans 
regirli'i-  au\  anti^nlliies  (|ui  les  s 'parent.  Le  Franckimnn 
aelnel  est  une  L'onii[)li  m  du  lan,::u  adtcien  et  du  français  à 
la  fois;  il  es!  pn.lnii  pir  un  •  allianj-»  journalière,  par  un 
fnitliMnent  inee.ssani  des  nilerêis  et  des  ra])[»orts  des  deux 
langages;  il  pensMMi  franeiis,  il  Ir.uluit  oralement  en  lan- 
guedocien, et  il  apporte  dans  celui-ci  la  physionomie,  la 


FRA 


FRA 


365 


ooustroctioD,  le  g6nie  du  premier,  et  jusqu'à  la  plupart  de 
ses  formules  parasites;  à  peine  même  si  les  désinences 
conservent  leur  cachet  d'origine. 

La  dégénérescence  était  peut-être  fatale  :  elle  a  pris  de 
noire  temps  une  intensité  sans  frein  et  sans  vergogne, 
contre  laquelle  il  ne  faut  cesser  de  s'élever.  Depuis  que  le 
français  est  devenu  la  langue  universelle,  depuis  qu'il  s'est 
vulgarisé  davantage,  qu'il  passe  pour  être  seul  de  bonne 
compagnie,  et  qu'à  ce  titre  il  est  reçu  parmi  les  classes 
élevées  et  la  bourgeoisie,  qui  veulent  faire  preuve  par  là 
d'instruction  et  d'éducation,  il  est  de  bon  goût  de  renier 
l'idiome  natal  comme  un  des  patois  barbares  du  français 
et  de  n'en  faire  qu'une  de  ses  corruptions  viciées,  au  lieu 
d'une  langue  originale.  Sur  cette  idée  fausse,  le  dédain  et 
l'abandon  :  et  c'est  ce  qui  nous  rappelle  une  de  ces  spiri- 
tuelles boutades  du  maître,  quand  il  représentait  au  vif  les 
causes  de  la  décadence  de  sa  langue  tant  aimée  et  faisait  le 
portrait  de  nos  franchimans.  Ce  qu'il  y  a  de  plus  fâcheux 
en  cela,  disait-il,  c'est  que  l'exemple  est  donné  de  haut  en 
bas;  de  bas  en  haut  la  séduction  serait  moins  à  craindre. 

Ce  sont,  parmi  le  peuple ,  les  hommes  qui  ont  reçu  ce 
commencement,  j'allais  dire  cette  fausse  couche  d'éduca- 
tion, qui  est  le  type  particulier  de  notre  siècle;  ce  sont  lei 
militaires  voyageurs  qui  ont  puisé  à  toutes  les  sources,  à 
tous  les  jargons,  à  tous  les  baragouins  ;  ce  sont  les  demoi- 
selles de  magasin  qui  se  pincent  la  bouche  en  cœur  et 
lèchent  leurs  paroles  sur  leurs  lèvres,  pour  ne  pas  être 
confondues  avec  la  classe  des  taveleuses,  race  vive,  alerte, 
un  peu  débraillée,  andaiouse  du  pied  jusqu'à  l'œil;  ce 
sont  les  demi-savants  des  campagnes,  tribuns  du  conseil 
municipal,  qui  ont  appris  le  français  dans  le  code  de  pro- 
cédure; c'est  toute  cette  petite  aristocratie  populaire  qui 
déforme  notre  pur  languedocien  pour  en  faire  le  laquais 
brodé  du  français. 

Aussi  distingue-t-on  deux  classes  bien  tranctiées  de 
puristes  franchimans  dans  notre  idiome.  La  variété  dont 
il  vient  d'être  question,  forme  ce  que  le  bas-peuple  appelle 
très-logiquement  d'avoucas.  Ceux-ci  reculent  devant  un 
technique  pur  languedocien  et  font  des  détours  risibles 
pour  tourner  la  position;  ils  craindraient,  par  remploi 
d'un  terme  authenliquement  du  crû,  de  déroger  à  leur 
dignité  de  citadins  et  d'être  salués  de  répithcle  de  ruiàous, 
la  plus  flétrissante  des  injures  à  leurs  yeux;  ils  sont  heu- 
reux quand  ils  peuvent  amener  à  bien  et  collocjuer  conve- 
nablement un  technique  Lien  français  qu'ils  ont  recueilli 
dans  leurs  rapports  avec  les  gens  de  science  et  de  bon  ton  ; 
ils  appuient  glorieusement  dessus,  ils  le  renflent  d'une 
accentuation  sentencieuse,  et  semblent  n'y  accoler  qu'à 
regret  la  désinence  languedocienne.  Inutile  de  dire  que  la 
construction  est  toujours  française  ou  à  peu  près.  Qu'ils 
tombent,  par  hasard,  sur  un  technique  bien  local,  ou 
mieux  encore  sur  une  de  ces  phrases  faites  et  proverbiales 
qui  abondent  dans  l'idiome,  ils  ne  les  lâchent  alors  qu'en 
tes  accompagnant  d'un  sourire  sardonique  ou  dédaigneux. 


qu'avec  une  rudesse  affectée  de  prononciation  ;  ils  ont  l'air 
de  les  souligner  oralement,  pour  qu'on  ne  les  confonde 
pas  avec  le  reste  de  leur  phraséologie;  et  quand  ils  revien- 
nent à  celle-ci,  ils  ont  grand  soin  de  signaler  la  différence 
par  un  redoublement  de  siffloterie,  de  syllabes  susurrantes 
et  de  vocalisation  emmiellée. 

La  seconde  espèce  de  puristes  est  plus  logique  et  plus 
patriote  :  elle  tient  à  conserver  à  l'idiome  sa  pureté  ori- 
ginelle et  le  cachet  de  son  indépendance  ;  elle  se  compose, 
quoiqu'en  petit  nombre,  de  gens  instruits,  mais  ils  doi- 
vent être  du  crû,  c'est  là  une  condition  exclusive,  car 
l'homme  du  terroir  peut  seul  avoir  la  chaleureuse  affection 
qui  pousse  à  défendre  une  cause  juste,  mais  condamnée 
d'avance.  C'est  là  le  bataillon  sacré. 

Viennent  ensuite  les  vrais  autochtones  du  pays  :  culti- 
vateurs ou  petits  propriétaires,  et  les  habitants,  non  dé- 
classés, des  communes  rurales.  Les  puristes  dans  cette 
classe  sont  particulièrement  ceux  que  leurs  voisins  grati- 
fient aussi  du  titre  d'avoucas.  Bien  différents  des  premiers 
que  nous  avons  déjà  signalés  par  cette  appellation,  ceux-ci 
se  préoccupent  quelque  peu  de  codes ,  de  législation  et  de 
politique  générale  ;  ils  sont  surtout  un  recueil  vivant  des 
théorèmes,  des  apophthegmes  de  la  sagesse  du  vieux  temps. 
Leurs  codes  sont  :  Pierre  Larrivay,  Mathieu  Lansberg;  leur 
doctrine,  les  recueils  des  dictons  ou  proverbes  agricoles,  as- 
tronomiques et  météorologiques  ;  leur  politique,  ladipiomatie 
municipale,  ou  quelque  boniment  en  vue  d'élection.  La  race 
menaçait  de  s'en  perdre  ;  mais  les  événements  ont  formé 
quelques  élèves  non  moins  prétentieux,  qui  s'exercent  dans 
les  clubs  ruraux.  Ceux-là  sont  les  savants  de  l'endroit,  les 
fortes  têtes,  les  importants,  les  discoureurs  diserts,  frottés 
de  lecture  et  d'instruction  primaire.  C'est  par  eux  que 
l'antagonisme  du  français  se  maintient  vif  et  constant, 
comme  entre  Rome  et  Carthage.  Grands  parleui's  d'ordi- 
naire, leur  verbe  a  une  certaine  énergie,  leur  pensée  de 
l'image,  leur  phrase  de  la  métaphore;  la  forme  compara- 
tive est  dans  leur  génie  particulier,  comme  dans  celui  de 
la  langue  elle-même;  ils  n'évitent  pas  sans  peine  tout 
retour  vers  la  pensée  française  inculquée  par  leur  journal, 
et  lorsque  les  besoins  du  moment  les  contraignent  à  l'em- 
prunt de  quelque  expre^slun  inévitable,  ils  mettent  une 
sorte  de  coquetterie  maligne,  de  rafijuernent  instinctif  à  la 
torturer,  à  la  défigurer,  à  la  rendre  méconnaissable  pour 
des  oreilles  franc  lises.  Quelquefois  même  ils  retendent 
sur  le  lit  de  Proouste,  la  umtilent  ou  retirent,  suivant  les 
cas,  pour  le  seul  plaisir  de  faire  affront  à  l'académie  ;  c'est 
ainsi  que  des  mots  bibliothèque,  locomotive,  cartouche, 
pour  ne  parler  que  des  plus  innocents,  ils  ont  fait  bliotèquo, 
comotivo,  cartatoucho. 

A  un  degré  un  peu  plus  élevé,  se  rencontrent  les  puristes 
écrivains,  praticiens  émérites,  rédacteurs  de  correspon- 
dances d'afilaires,  de  pétitions  et  même  do  mémoires;  et  au- 
dessus  les  poètes  de  l'endroit,  faiseurs  d'épithalames  ou  de 
chansons  charivariques,  aux  locutions  fantaisistes  et  son- 


366 


FRA 


PRA 


▼ont  originales  comme  leur  orthographe.  Toutes  ces  caté- 
gories professent  au  fond  le  respect  de  la  langue. 

Or,  comme  tout  purisme  est  toujours  entaché  de  fana* 
tisme,  il  s*en  est  suivi  quelquefois  des  excès  que  le  bon 
goût  doit  condamner,  quand  ifs  s*avancent  sur  le  terrain 
littéraire,  mais  qui  n*en  restent  pas  moins  liés  indissolu- 
blement aux  destinées  de  l'idiome.  Montrer  trop  de  sévé- 
rité pour  leurs  créations  déformées  ou  dissimulées  aurait 
bien  pu  n'être  pas  toujours  justice.  I^  français  n'a-t-il  pas 
fait  pire  quelquefois  dans  ses  emprunts  grecs  on  latins 
pour  ses  classifications  scientifiques,  et  dans  son  anglo- 
manie pour  toutes  ses  industries  depuis  ses  vêtements  jus- 
qu'aux chemins  de  fer,  pour  sa  langue  parlementaire  et 
son  argot  commercial?  L'omnipotence  et  l'impunité,  l'exem- 
ple et  l'initiative  ne  sont  pas  des  droits,  mais  on  s'en  est 
toujours  servi  depuis  qu*il  y  a  au  monde  des  forts  et  des 
faibles;  et  en  dernière  analyse,  il  faut  bien  accepter,  sous 
bén^ce  d'inventaire  toutefois,  quelques-unes  de  ces  locu- 
tions qui  ne  heurtent  pas  trop  le  génie  de  h  langue. 

Les  néologismes  de  cette  sorte  ne  sont  pas  les  plus  à 
redouter;  et  ce  n'est  pas  contre  eux  que  l'auteur  des  Cas- 
tapiadot  eût  dégainé,  comme  il  disait,  son  grand  sabre  pér 
se  garda  dâou  franchiman.  Dans  la  nomenclature  qu'il  a 
laissée  et  que  nous  suivons,  il  en  a  été  enregistré  un  cer- 
tain nombre  :  c'est  l'acte  de  leur  légitimation.  A  l'article 
Paiouès  nous  signalerons  les  motifs  qui  leur  ont  fait  trou- 
ver grâce  et  les  raisons  qui  ont  dû  faire  proscrire  les  autres. 

Ce  qui  a  jeté  les  premiers  et  les  plus  dai^gereux  ferments 
de  décomposition  dans  l'idiome  méridional,  est  venu  de 
oette  erreur  qui  a  fait  imaginer  que  deux  langues,  coexis- 
tant sur  le  même  sol,  gardant  certaines  afiinités  d'origine, 
avaient  cependant  la  même  nature  et  le  même  caractère  ; 
que  l'une,  n'étant  que  l'altération  de  l'autre,  la  plus  vul- 
gaire et  la  plus  pauvre  devait  prendre  modèle  sur  la  plus 
élégante  et  se  vêtir  de  ses  ajustements;  que  forcer  les  rappro- 
chements serait  avoir  raison  d'antipathies  inconciliables. 
Mais  par  le  mélange  on  n'est  arrivé  qu'à  la  confusion  :  les 
plus  habiles  ne  savent  plus  ni  la  langue  française  ni  la 
langue  d*Oc  :  certes,  il  n'y  a  pas  à  se  vanter  du  résultat. 
On  a  été  plus  loin  :  du  langage  courant,  qui  se  livrait  à 
tous  ces  amalgames  inconscients  et  souvent  inintelligrbtes, 
le  mal  est  passé  et  s'est  propagé  dans  les  livres,  les  traités, 
les  compositions  écrites,  où  l'on  n'a  pas  craint  de  professer 
iMtttement  l'assimilation  du  français  et  du  languedocien. 
C'est  contre  ce  débordement  qu'on  ne  saurait  trop  pro* 
tester,  en  creusant  plus  profondément  que  jamais  la  ligne 
de  démar -aticm  qui  sépare  les  deux  langues. 

Des  principes,  des  natures,  des  types  disparates  et  oppo- 
sés ne  peuvent  évidemment  se  concilier  et  se  fondre.  On 
ne  Ta  point  vu,  on  n'y  a  point  songé  :  le  même  vocabu- 
laire ne  saurait  être  commun  aux  deux  idiomes.  Mais  la 
langue  d'Oe  dépérru  dit-on  :  soit;  et  cela  ne  Tempêche  pas 
de  servir  encore  d'Instminent  de  relations  à  huit  on  dix 
millions  d'hommes;  elle  est  paiifre  et  inféconde  dans  sa 


sénilité  :  cependant  elle  n'en  a  pas  moins  enrichi  la  litté- 
rature nationale  d'admirables  et  harmonieux  chefe-d'o0tt- 
vre  de  poésie.  Mais  n'est-ce  pas  là  ce  qui  lui  donne  le 
droit  d'être  fière  de  sa  pénurie,  de  refuser  l'auméne  en 
fausse  monnaie  qu'on  lui  jette,  de  repousser  la  livrée  et  le 
vasselage  qui  l'humilient,  de  vouloir  être  rendue  à  elle- 
même?  Ces  levées  en  masse  chez  le  voisin,  qu'on  lui  con- 
seille et  qu'on  lui  amène  de  force,  ne  feraient  que  la  trahir 
et  boiter  sa  déchéance.  Il  est  sans  doute  des  auxiliaires 
dont  le  concours  lui  a  été  utile  et  qu'elle  a  accueillis;  mais 
ces  recrues  exotiques,  hybrides,  à  constitution  peu  saine, 
raccolées  un  peu  partout,  au  hasard,  que,  pour  la  vanité 
du  nombre,  on  essaie  d'affubler  de  quelque  lambeau  de 
costume  provincial,  et  qui  se  croient  déguisées  sous  la  cocarde 
d'une  désinence  caractéristique,  une  consigne  inexorable 
doit  les  bannir  à  jamais  des  rangs  où  ces  intrus  font  tache. 

Que  peut  donc  en  ces  circonstances  se  proposer  notre 
lexique?  Rien  de  plus  que  faire  de  l'histoire.  La  langue 
d'Oc  et  ses  dialectes  n'ont  pas  pour  eux  l'avenir,  en  ce 
sens  que  l'avenir  ne  peut  rien  leur  donner  et  qu'ils  en  ont 
tout  à  craindre.  Ils  vivront  en  se  souvenant  d'avoir  vécu  : 
leur  raison  d'être  est  d'avoir  été.  C'est  pour  cela  qu'il  y  a 
un  si  grand  intérêt,  non  pas  à  tenter  un  impossible  rajeu- 
nissement en  leur  insufflant  un  esprit  nouveau,  antipa- 
thique à  leur  génie  natif,  mais  à  revivifier  leurs  éléments 
d'origine  et  leurs  principes  vitaux  en  les  retrempant  à 
leur  source  pure  et  vraie. 

A  deux  époques  critiques  dont  nous  venons  d'indiquer 
l'influence,  notre  dialecte  a  eu  cette  rare  bonne  fortune 
que  deux  maîtres,  SAnvACiss  et  La  Farb-Aulis,  ont  dressé 
l'inventaire  de  son  entier  et  légitime  patrimoine.  Le  der- 
nier contrôle  a  dû  nécessairement  écarter  les  archaïsmes 
hors  d'usage,  atteints  de  désuétude,  comme  il  a  dû  con- 
sacrer les  acquêts  récents,  avec  un  savoir  et  une  autorité 
incontestables.  Dans  cette  classification  se  trouve  la  règle, 
et  elle  est  si  bien  la  loi,  que  tout  ce  qu'elle  ebibrasse  et  ce 
qu'elle  sanctionne  est  l'état  de  notre  langue,  son  seul 
avoir,  sa  propriété  véritable;  tout  le  reste  ne  serait  pour 
elle  que  du  bien  mal  acquis,  dont  elle  ne  veut  pas.  Notre 
lexique,  qui  l'a  adoptée,  sera  donc  à  ce  titre  pur  langue- 
docien et  non  franchiman;  sa  devise  sera  :  parlons  notre 
langue  et  non  son  patois.  —  Voy,  Lénguo  et  Paiouès, 

Franchimaiidéja,  v.  fréq.  Imiter  grotesqnement  la  pro- 
nonciation française  :  ce  qui  arrive  an  peuple  du  M\di 
quand  il  veut  se  mêler  de  parler  fhmçais,  surtout  aux 
militaires  du  terroir,  retour  des  garnisons  d'outre- Loire, 
qui  prétendent  faire  croire  avoir  oublié  Tacœnt  natal. 

Françouès,  n.  pr.  m.  Au  fém.  Françouèso,  François, 
Françoise. 

FÂnçonn,  n.  pr.  de  femme.  Dim.  Prançounéto,  Fran- 
çoise, dont  il  est  lui-même  un  dim. 

Franja,  ado,  adj.  Frangé,  orné  de  franges;  bordé d^une 
Arange. 

Gormpt.  du  h.  , 


FRË 


FRE 


367 


Kranjo,  $.  f.  B(»d;  bordare;  frange,  tissu  d'où  pçodent 
des  fiJeto  servant  d*ornement. 

Gorrapt.dafr.  qni  vient  lai-même  dalat.  Fimbria,m,  sign. 

Franqaéta,  «.  f-  Franchise;  loyauté. 

Dér.  de  Fran,  adj. 

Francpio-paîardo,  ».  f.  Espèce  de  figne  hâtive  et  de 
oooleiir  grise. 

Frâouda,  v.  Frauder;  employer  des  moyens  détournés 
pour  frustrer  quelqu'un  de  ce  qui  lui  appartient,  pour 
éviter  les  droits  de  régie  ou  d'octroi  ;  sophistiquer  le  vin 
on  autre  marchandise. 

Fr&ondo,  f .  f.  Fraude;  tromperie  cachée  à  reffet  de 
soustraire  certains  objets  soumis  aux  droits  à  la  connais- 
sance des  employés  à  la  perception  ;  contrebande. 

Dér.  du  lat.  Fraus,  fraudiê, 

Frâondulisto,  s.  m.  Féodiste.  —  Voy.  Flurdalisto,  — 
Ce  mot  est  une  corruption  du  vieux  terme  fr.  auquel  le 
peuple  a  voulu  attacher  ironiquement  une  racine  injurieuse 
tirée  du  mot  Frdoudo.  Le  peuple  et  les  interprètes  du  droit 
féodal  n'étaient  pas  fort  amis. 

Ftâondiir,  s.  m.  Fraudeur,  celui  qui  fait  et  pratique 
habituellement  la  fraude,  surtout  en  matière  de  droits 
d'octroi  ou  de  régie. 

Corrapt.  du  fr. 

Frftoiunma,  v.  Havir,  brûler,  dessécher,  bronïr  par  le 
brouillard,  en  parlant  des  feuilles  des  arbres;  rendre  ver- 
moulu, quand  il  s*agit  du  bois,  du  fromage,  etc. 

Pré,  s.  m.  Froid,  froidure;  hiver.  —  Fat  un  fré  que 
phutno,  il  fait  un  froid  à  faire  tomber  les  ongles.  Un  paro- 
fré,  un  vêtement  bien  chaud,  un  manteau.  Un  pisso  fré, 
un  homme  sans  vigueur,  sans  énergie  ;  flegmatique  ;  indif- 
I6ient;  indolent.  Un  fré,  un  catarrhe,  un  rhume,  toute 
espèce  d'indisposition  causée  par  une  transpiration  arrêtée. 
Fré  dé  pèsê»,  froid  aux  pieds. 

Fré  se  prend  aussi  adverb.  pour  froidement,  d'une 
manière  froide,  sèche,  glaciale.  —  Boire  fré,  battre  froid, 
recevoir  froidement,  sans  démonstration  amicale. 

Fré,  iréjo,  a<fj.  Dim.  Fréjé;  augm.  Frejas,  Froid,  qui 
a  perdu  sa  chaleur,  qui  est  à  une  température  peu  élevée. 
Au  fig.  froid,  indifférent  pour  ceux  qui  l'aiment;  qui  n'a 
pas  d'entrailles  ni  de  chaleur  de  cœur. 

Dér.  du  lat.  Frigidu»,  m.  sign. 

Fréchan,  s.  m,,  ou  Fréchîo,  s.  f.  Fressure  d'agneau  ou 
de  chevreau;  ensemble  du  cœur,  des  poumons,  de  la  rate 
et  du  foie  de  ces  animaux.  C'est  un  friand  morceau  pour 
les  campagnards,  qui  mangent  rarement  de  la  viande. 

Dér.  du  lat.  Frixum,  supin  de  Frigo,  fricasser. 

IVôeluo,  s.  f,G\i  Fréchan,  s.  m.  Blême  mot  que  le  pré- 
cédent. 

Fréifton,  âimdo,  adj.  Qui  est  d'une  température,  d'une 
exposition  de  site  froide,  glaciale.  —  Aquélo  cambra  et 
hièn  fréjdùudo,  cette  chambre  est  glacée.  Pètro-fréjâou, 
pierre  froide,  pierre  calcaire.  C'est  par  une  exception  bizarre 
qu'ici  l'adj.  ne  s'accorde  pas  en  genre  avec  son  subst. 


Fréjoa,  s.  f.  Au  propre,  douleurs  rhumatismales,  ca- 
tarrhe causé  par  le  liroid;  au  fig.  froideur,  indifférence; 
air  froid,  sérieux  et  composé. 

Dér.  du  lat.  Frigus,  frigoris. 

Fréjoulado,  s.  f.  Redoublement  de  froid;  froid  plus 
intense;  recrudescence  de  l'hiver  qui  se  fait  ressentir  son- 
vent  aux  premiers  jours  du  printemps. 

Frèro,  s.  m.  Frère,  né  du  même  père  et  de  la  même 
mère.  —  Voy.  Fraïre. 

—  Lous  Frèros,  les  frères  de  la  Doctrine  chrétienne.  Ion 
Frèro,  le  frère  qui  dirige  spécialement  ou  l'école  ou  la  classe. 

Il  est  probable  que,  avec  l'étabUssement  des  frères  de  la 
Doctrine  chrétienne  dans  nos  pays,  a  commencé  la  substi- 
tution du  mot  Frèro  à  celui  de  Fraïre,  du  moins  l'habitude 
de  ne  parler  que  français  aux  en£ants,  de  n'employer  que 
le  français  dans  leurs  classes,  a-t-elle  contribué  pour  une 
grande  part  à  ce  changement  tout  à  fait  passé  dans  la  langue. 

Frés,  frégquo,  adj.  Dim.  Fresque,  é(o;  augm.  Frésqwu, 
aeso.  Frais,  fraîche,  dans  toutes  ses  acceptions,  soit  pour 
la  température,  le  vent,  l'eau,  le  vin,  soit  pour  la  fraîcheur 
des  fruits,  légumes,  viandes,  poissons,  étoffes,  et  pour  le 
teint  des  personnes. —  Frétquauo,  en  parlant  d'une  femme, 
une  grosse  mère  bien  fraîche  et  pourvue  d'embonpoint. 

Pris  subst.  ou  adv.  au  masc.  Frais;  froid  agréable; 
fraîcheur.  —  Fui  frés,  le  temps  est  frais.  Prént  lou  frés,  se 
mettre  à  la  fraîcheur,  au  frais. 

Dér.  du  lat.  Frescum,  supin  de  Frigeo» 

Frésià,  siado,  adj.  Crêpé;  crépu;  frisé  comme  les 
feuilles  d'un  certain  chou  qu'on  appelle  chou  frisé. 

Dér.  de  Frisa. 

Frèso,  s.  /*.  Fraise,  fruit  du  fraisier,  qui  se  dit  techni- 
quement Majoufà  (Y.  c.  m.);  ris  de  veau,  fraise;  fraise 
de  collet,  ornement  du  cou,  plissé  et  empesé. 

Dér.  du  lat.  Fraga»  m.  sign. 

Frèso,  s.  /*.  Frèze,  temps  du  plus  grand  appétit  des 
versàsoie.  —  Ce  redoublement  d'appétit,  qui  précède 
chaque  mue,  croit  à  chaque  âge  proportionnellement  à  la 
grosseur  du  ver. 

Frésqaaîroûa,  ouso,  adj.  Frais,  humide,  en  parlant 
d'un  site,  d'une  maison,  d'un  appartement,  où  l'on  respire 
la  fraîcheur. 

Fréaqaéja,  v.  fréq.  Reverdir;  être  verdoyant;  se  cou- 
vrir de  verdure,  de  fraîcheur. 

Frésquièîro,  s.  f.  Fraîcheur;  temps  frais.  Au  fig.  froi- 
deur; indifférence.  —  Préne  la  frésquiiïro,  prendre  le 
frais.  Las  frésquièïros  arivou,  les  premières  fraîcheurs  de 
rhiver  arrivent.  Fat  frésquièîro,  il  fait  frais,  presque  froid, 
humide. 

Frésquoû,  «.  /*.  Fraîclieur;  froidure;  fraîcheur  de  l'eau: 
fraîcheur  du  teint. 

Fréaqaun,  s.  m.  Odeur  de  viande  fraîche.  —  Cette 
odeur  est  insupportable  aux  habitants  des  Cèvennes,  qui« 
accoutumés  à  une  vie  frugale  et  aux  assaisonnements  an 
porc  salé,  ont  du  dégoût  pour  la  viande  fraîche  et  le  potage 


368 


FRI 


FRI 


de  cette  viande,  en  même  temps  qa'ils  font  grand  cas  da 
porc  on  pea  rance,  qu'ils  nomment  êoboumn. 

Fréta,  v.  Frotter;  essayer;  oindre;  enduire.  Au  fig. 
battre,  rosser  quelqu'un;  lui  gagner  son  argent  au  jeu. 

Se  fréta,  hanter;  fréquenter;  avoir  à  laire;  se  faire  des 
frictions;  se  battre.  —  Se  fréta  dé  quàouquu$,  fréquenter 
quelqu'un.  Sa  loun  bé  ftéla»,  ils  se  sont  bien  houspillés, 
pelottés,  battus. 

Dér.  du  lat.  Frieare,  m.  sign. 

Frètado,  s.  f.  Coups;  rixe;  volée  de  coups  de  poings  ou 
de  bâton. 

Frétadon,  «.  m.  Frottoir;  linge  qui  sert  à  frotter,  à 
essuyer;  essuie-main. 

Fréto,  $.  f.  Terme  de  charronnerie,  frette,  lien  de  fer 
ou  virole  autour  du  moyen  d'une  roue. 

FricandèoQ,  s.  m.  Hachis  ou  godi veau  de  viande  maigre 
du  porc,  mêlé  du  ris  et  des  caillettes,  quelquefois  avec 
la  fressure  et  le  foie,  et  qui  n'a  rien  de  commun  avec  ce 
qu'on  entend  en  fr.  par  Fricandeau.  Lou  frieandèou  se 
façonne  en  boules  de  la  grosseur  d'une  pomme,  qu'on 
recouvre  avec  une  enveloppe  de  cette  membrane  graisseuse 
que  les  anatomistes  appellent  épiploon,  et  qu'on  nomme 
ici  en  terme  de  ménage  eréipino.  Ces  sortes  de  godi  veaux, 
que  l'on  fait  cuire  dans  la  graisse  et  quelquefois  en  terrine, 
se  conservent  longtemps  et  sont  fort  estimés. 

FricàoQ,  fricâondo,  adj,  Dim.  Frieâoudé.  Gentil; 
éveillé;  friand;  ragoûtant;  délicat.  —  Un  moure  friedou, 
un  minois  friand. 

Ce  mot  est  plus  usité  au  dim .  fém.  Pricâoudéto. — FITquet, 
le  nom  du  moineau,  n'aurait-il  pas  une  origine  commune 
à  cause  de  ses  qualités? 

Dér.  du  lat.  Pricaiui,  frotté,  nettoyé. 

Fricassa,  v.  Fricasser;  accommoder;  frire;  faire  cuire 
à  la  poêle.  Au  fig.  manger  son  bien  en  folles  dépenses.  — 
  tout  frieaua,  il  a  tout  dévoré,  tout  flambé. 

Fricassèio,  i.  f  Fricassée,  gibelotte. 

Fricasso,  f.  f  Ragoût  de  viande  en  morceaux,  cuit  à 
la  poêle;  galimafrée. 

Dér.  du  lat.  Frieare. 

Fricè,  s.  m.  Dim.  Frieouté.  Ragoût;  mets  cuit;  régal; 
repas  de  gourmand. 

Fricontéja,  v.  fréq.  Fricotter;  fréquenter  les  guinguettes; 
avoir  l'habitude  des  repas  de  tavernes.  --  S'entend  aussi 
des  petits  repas  d'amis  et  de  gourmands. 

Fricoutiè,  «.  m.  Gargotier;  cuisinier  de  taverne. 

Fricoutnr,  j.  m.  Gourmand  ;  qui  aime  les  bons  mor- 
ceaux; qui  fréquente  les  gargotes. 

Fiigouloùs,  f.  m.  Terre  en  friche  remplie  de  thym. 

Frigoulo,  «.  f  Dim.  Frigouléto.  Thym,  ThymuM  vtU- 
garii,  Linn.,  plante  de  la  fam.  des  Labiées,  aromatique  et 
fortifiante,  dont  on  parfume  les  agrès  de  magnanerie,  soit 
en  en  frottant  les  planches  et  les  traverses,  soit  en  la  fai- 
sant brûler  dans  l'atelier. 

Dér.  do  gr.  ^^akèyx^oyt,  plante  salutaire  contre  les  venins. 


Frimo,  f.  f.  Frime;  semblant;  mine;  feinte.  —  Ttmi 
aquà's  uno  ftimo,  dé  frimo  OU  pér  la  fHmo,  tout  cela  n'est 
qoe  semblant,  que  jeu,  que  vaine  apparence;  bon  poor  la 
frime. 

Frimimsio,  s.  f.  Mine:  air  du  visage;  trogne.  —  Té 
eopB  ta  frimousso,  je  vais  te  souffleter. 

Fringa,  v.  Faire  l'amour;  faire  la  cour;  avoir  des  fré- 
quentations en  vue  du  mariage.  —  Se  prend  en  gtoéral  en 
bonne  part  et  pour  le  bon  motif,  du  moins  en  aiq[iarenoe  : 
c'est  une  fréquentation  qui  s'opère  en  poblic  et  la  plopart 
du  temps  sous  les  yeux  des  parents.  Le  terme  Parla  d. . . 
est  encore  plus  explicitement  consacré  à  la  recherche  pour 
le  bon  motif. 

Dér.  du  lat.  Fringultire,  frétiller,  jaser,  coqoeter. 

Fringadiaso,  «./*.,  ou  Fringaje.  Action  de  faire  sa  coor; 
temps  où  l'on  se  fréquente  avant  le  mariage. 

Fringaire,  «.  m.  Au  fém.  FringaXro,  subst.  Amant; 
amoureux  ;  galant  ;  soupirant.  —  Voy.  Calignaire. 

Fringa]e,  s.  m.  —  Voy,  Fringadi$»o. 

Frmgarèl,  èlo,  adj.  Qui  a  le  cœur  disposé  à  l'amour; 
qui  aime  à  coqueter  auprès  des  femmes;  d'humeur  amou- 
reuse ;  l'amoureux  des  onze  mille  viei^. 

Fringo,  «.  f  Dim.  Fringuéto.  Bande;  lanière  d'éloffs 
prise  sur  une  grande  pièce.  —  Fringo  dé  tèro,  lisière,  lan- 
gue de  terre. 

Dér.  du  lat.  Fimbria,  frange,  ou  mieux  de  Frangert, 
diviser,  déchirer. 

Fripa,  V.  Friper;  gâter;  chiffonner  ses  bardes,  ses  habits; 
gaspiller,  dissiper  sa  fortune. 

Fripariè,  j.  f.  Friperie;  magasin  de  vieux  habits;  boa- 
tique  de  bric-à-brac;  commerce  de  friperies. > 

Fripiè,  s.  m.  Au  fém.  FripiHro.  Fripier;  marchand  de 
bric-à-brac;  qui  fait  commerce  de  vieux  meubles,  de  vieux 
habits. 

Fripoon,  oono,  adj.  Dim.  Fripounô,  ofo.  Fripon; 
trompeur;  qui  vole  avec  adresse;  fourbe.  —  On  ne  se  sert 
guère  que  du  dim.  Fripounà,  oto,  dans  le  sens  de  galant 
ou  coquette,  éveillé  ou  luronne,  appliqué  à  une  personne 
jeune  ou  à  son  air  et  à  ses  manières. 

Friponna,  v.  Friponner  ;  escroquer;  dérober  par  adresse; 
attraper  par  fourberie. 

Friponnariè,  s.  f  Friponnerie;  action,  manœuvre  de 
fripon. 

Frisa,  v.  Friser;  crêper;  boucler  en  parlant  des  che- 
veux; raser,  toucher  superficiellement;  broyer,  pulvérisa, 
ameublir  la  terre;  émietter. 

Frisa,  ado,  adj,  et  part.  pan.  Frisé,  crépu;  émietté. 

Frisos,  s.  f.  fdur.  Frisure;  cheveux  boudés  par  le  fer. 

Friaoon,  s.  m.  Terme  de  filature  de  soie,  frison;  filasse 
de  soie  mêlée  et  brouillée  que  l'on  tire  en  mèche  avaat 
d'obtenir  le  brin  pur  soie.  Plus  la  soie  qu'on  file  est  fine, 
plus  elle  doit  être  purgée  du  frison. 

Le  frison  diffère  des  côtes  en  ce  que  celles-ci  sont  for- 
mées de  la  bave  du  cocon,  qui  s'enlève  par  longues 


FRO 


FUM 


369 


qu'on  carde  ensuite  et  dont  on  fait  du  fleuret  grossier;  au 
lien  que  le  frison  contient  beaucoup  de  bonne  soie  à  la- 
quelle il  est  mêlé  et  qu'on  ne  peut  purger  à  cause  d'un 
agglutinement  trop  considérable. 

Fron,  s.  m.  Dim.  Frounté;  péj.  Frounta».  Front,  partie 
du  visage  qui  s'étend  d'une  tempe  à  l'autre  et  depuis  le 
cuir  chevelu  jusqu'aux  sourcils.  —  Lorsque  le  mot  Front 
fr.  est  au  fig.  pour  exprimer  hardiesse,  effronterie,  notre 
dialecte  le  rend  par  Froun.  —  V.  c.  m. 

Dêr.  du  lat.  From,  frontis,  m.  sign. 

Fronmaje,  »,  m.  Dim.  Froumajoù,  Fromage,  lait  caillé, 
égoutté  et  salé.  —  Le  fromage  des  Gévennes  est  le  plus 
souvent  fait  de  lait  de  chèvre;  il  est  du  volume  et  de  la 
forme  du  fromage  du  Mondor.  Quand  il  est  frais,  on  l'ap- 
pelle Toumo;  quand  il  est  demi-sec  et  gras,  Froumaje 
adraqua;  quand  il  a  subi  une  opération  de  fermentation 
particulière,  on  le  nomme  Péraldoù,  espèce  très-appréciée 
et  fort  estimée,  mais  des  indigènes  seuls. 

Au  surplus  la  réputation  du  fromage  de  nos  montagnes 
date  de  loin  :  Pline,  dans  son  Histoire  naturelle,  a£Grme 
que  le  fromage  le  plus  vanté  et  le  plus  recherché  à  Rome, 
ce  rendez-vous  général  de  tous  les  produits  du  monde, 
provient  de  la  contrée  de  Nimes,  de  la  Lozère  et  du  pays 
des  Cabales,  le  Gévaudan,  bien  que  son  mérite  supérieur 
ne  dure  qu'autant  qu'il  est  frais  et  que  sa  préparation 
gauloise  lui  donne  une  saveur  médicamenteuse  :  Laus  easeo 
Bomœ,  uhi  omnium  gentium  bona  eominiu  judicantur  à 
provineiis,  Nemausensi  prumpua,  Lesurœ  Gabalieique  pagi  : 
9êd  hrevi»,  ae  musteo  tantilim  eommendatio..,  nam  GaUta- 
rum  êapor  medieamenti  vim  obtinei, 

Froumaje  cacha  se  dit  d'une  sorte  de  préparation  de  lait 
caillé  fermentée,  assaisonnée  fortement  de  poivre,  d'eau-de- 
vie  on  de  vinaigre,  qui  se  conserve  dans  les  campagnes  en 
pots  comme  une  bouillie,  d'un  goût  très-piquant,  et  qu'on 
appelle  aussi  Itubarbo  (Y,  c.  m.).  Viro-froumaje,  espèce 
de  saut  périlleux  qui  s'exécute  en  se  tenant  suspendu  par 
les  poignets. 

Les  étymologistes  donnent  des  origines  diverses  ft  ce 
mot,  qui,  selon  les  uns,  viendrait  du  celt.  Fourmaich, 
m.  sign.  ;  suivant  d'autres,  du  gr.  <I>op(i6;,  natte,  panier 
de  jonc  où  l'on  met  égoutter  le  fromage  et  qui  lui  donne 
sa  forme,  d'où  la  bass.  lat.  aurait  tiré  Formaticum,  For- 
mago ,  changé  en  Fromago ,  par  métathèse ,  du  lat. 
FormOm 

Froumajèiro,  s.  f.  Fromagerie,  lieu  où  l'on  fait  et  où 
Ton  conserve  le  fromage;  grand  panier  en  forme  de  cône 
où  Ton  met  sécher  et  égoutter  le  fromage  du  pays;  fro- 
magère,  femme  de  la  campagne  qui  vient  vendre  journel- 
lement en  ville  les  petits  fromages  frais  dits  7oiimoj. 

Froim,  f.  m.  Front;  hardiesse;  effronterie;  audace; 
impertinence.  —  Tog,  Fron. 

Fronnri,  v.  Froncer;  rider;  plisser;  faire  un  frt>ncis. 

Dér.  du  lat.  Frons,  frontst,  front,  par  imitation  des 
rides  et  plis  qui  s'y  forment  lorsqu'on  fronce  les  sourcils. 


Frouuddnro,  s.  f.  Froncis;  ride;  plis;  rides  de  la 
peau. 

Fmclia,  V.  Fructifier;  porter  du  fruit.  —  /^  vigno  a 
bien  frucha  aquést'an,  la  vigne  a  fait  beaucoup  de  raisins 
cette  année. 

Dér.  du  lat.  Fruges  ou  Fructus. 

Fruchè,  m.  m.  Arbre  fruitier;  fruitier,  jardin  planté 
d'arbres  à  fruits;  lieu  où  l'on  serre  le  fruit. 

Fmchè,  fmchèîro,  adj.  Qui  porte  beaucoup  de  fruits; 
qui  aime  beaucoup  le  fruit;  fertile.  —  On  le  dit  aussi  par 
ext.  et  ironie  de  qui  aime  le  fruit  défendu. 

Frucho,  5.  /.  Fruit  en  général;  les  fruits  pris  collecti- 
vement. —  Saut  pas  for  à  la  frucho,  je  ne  suis  pas  très- 
amateur  de  fruits. 

Frui,  5.  m.  Fruit,  production  des  végétaux,  arbres  et 
arbustes,  servant  à  leur  reproduction. 

Emp.  franchiman  au  français. 

Fa,  S"*»  pers.  sing.  du  prêter,  défini.  Il  ou  elle  fuit.  Va- 
riante ou  contraction  du  v.  Fugi,  Fugie,  —  Dâou  tin  que 
hu  ehi  piîso,  la  lèbre  fu,  prvb.,  pendant  que  le  chien  ba- 
guenaude, le  lièvre  fuit.  On  dit  aussi  :  S'én-fu  pour  :  il  s'en 
fuit. 

Fugl,  V.  Fuir;  prendre  la  fuite;  courir  pour  se  sauver; 
passer  rapidement. 

Dér.  du  lat.  Fugere,  m.  sign. 

Fugidls,  isso,  adj.  Fugitif;  proscrit;  qui  est  obligé  de 
se  cacher;  qui  passe  vite. 

Fugido,  s.  f  Fuite  ou  déchargeoir  d'un  moulin  ;  canal 
de  fuite. 

Fulobro,  adj.  de  tout  genre.  Dim.  Fuloubréto.  Paresseux; 
fainéant  ;  qui  craint  la  peine  toutes  les  fois  qu'il  faut  la 
subir  dans  un  but  utile. 

Composé  des  deux  mots  Fu,  il  fuit,  et  l'obro,  le  travail. 

Fuma,  V.  Fumer,  jeter  de  la  fumée;  engraisser  la  terre 
avec  du  fumier;  fumer  du  tabac.  Au  fig.  s'impatienter; 
être  vexé,  ce  qu'on  appelle  vulgairement,  fumer  sans  pipe. 

—  A  las  càoudétos  qui  fumou,  vite,  aux  châtaignes  bouil- 
lies toutes  chaudes,  qui  fument. 

Dér.  de  Fun. 

Fumado,  s.  f.  Dim.  Fumadéto;  augm.  Fumadoêeo, 
Fumée,  vapeur  épaisse  que  le  feu  ou  la  chaleur  fait  exhaler. 

—  Lcu  Fumados,  les  Fumades,  n.  pr.  d'un  hameau  et 
de  sources  minérales  dans  la  commune  d'Allègre,  où  l'on 
a  découvert  une  piscine  antique,  des  monnaies  romaines, 
des  vases,  patères,  tuiles  gallo-romaines.  Ce  nom  est  encore 
celui  de  plusieurs  localités  dans  le  Gard,  ruisseaux,  mon- 
tagnes ou  quartiers. 

Fumadisao,  s.  f.  Grande  fumée,  persistante,  incommode. 

Fumarésto,  s.  f.  Grande  et  épaisse  fumée,  comme  celle 
d'un  four  ou  des  fourneaux  d'écobuage,  des  herbes  et  des 
racines  qu'on  fait  brûler  sur  la  terre. 

Fumé,  j.  m.  Hirondelle  de  mer,  mouette,  oiseau  de 
l'ordre  des  Palmipèdes  et  de  la  fam.  des  Longipennes.  — 
Les  espèces  de  ce  genre  d'oiseau,  qui  vit  autour  des  étangs, 

47. 


370 


FUR 


FUS 


sur  l'eau  (lesquels  il  se  repose  sans  nager,  sont  assez  nom- 
breuses, rumé  désigne  principalement,  tout  en  s'appliquant 
aussi  aux  autres,  Tespèce  la  plus  commune  qui  est  Thi- 
ronilelle  de  nier  à  tète  noire  ou  Gacliet,  hirondelle  de  mer 
épouvantail,  Sterna  nigrcty  Linn.,  tète  et  partie  postérieure 
du  cou  d'un  noir  profond,  poitrine  d'un  blanc  pur,  le  reste 
du  corps  noir  cendré  ou  bleuâtre,  bec  noir,  vingl-quatre 
centimètres  de  longueur;  ainsi  nonniice  à  cause  de  sa  cou- 
leur enfumée.  —  Voy-  Gabion, 

Fuméïroù,  A\  m.  Fumcron;  flambart;  petit  charbon  à 
demi  consumé  qui  jette  de  la  fumée. 

Fumélan,  s.  m.  Femme,  femi^lle,  ou  plutôt  femmes  en 
général.  —  Se  dit  ironiquement  et  en  mauvaise  part.  — 
Voy.  Fémclau,  qui  est  le  njùme  nml. 

Fumèlo,  s.  f.  Femelle,  compagne  du  mMc;  qui  appar- 
tient au  sexe  féminin.  —  Appliqué  à  la  femme,  c'est  un 
terme  de  mépris  ou  d'ironie.  —  Voy,  fcmèlo, 

Fuméto,  5.  f.  Camouflet,  bouiïée  de  fumée;  niche  qu'«»n 
fait  à  un  dormeur,  en  lui  souillant  de  la  fumée  dans  le  nez. 

Fumiè,  s.  m.  Fumier,  mieux  dit  Fén  (Y.  c  m.);  trou, 
fosse  à  fumier.  — Fôou  traire  aquô  àou  fumiè,  il  faut  jeter 
cela  au  fumier,  dans  la  fosse  à  fumier. 

Dér.  du  lat.  Fimus,  m.  sign. 

Fumièïro,  s.  f.  Fumée  qui  se  répand  dans  un  appar- 
tement; celle  qu'on  voit  dans  les  claic^s  ou  séchoirs  à 
châtaignes;  fuuiée  déviée  de  son  cours  urdhiaire  et  qui 
incomujode. 

Fumotèro,  *.  f.  Fumoterre  ollicinale,  Finnaria  offici- 
nalis,  Linn.,  plante  de  la  fam.  des  Papavéracées,  com- 
mune dans  les  champs.  —  Voy.  Fènondcio,  qui  est  un  de 
ses  noms. 

Fun,  s.  m.  Fumée,  va|)eur  plus  ou  moins  épaisse  (jui 
s'élève  d'un  corps  brùlanl.  —  Fatrc  fo{o  /un,  faire  l'im- 
portant, faire  cla(juers<»n  fouet.  D'aqui  mounle  déou  sourii 
lou  lun,  sor  Une  fun,  pr\b.,  ceux  qui  devraient  donner  le 
bon  exemple  sojit  les  i)remiers  a  scandaliser.  Vn  fun  dé 
mounik',  une  foule,  une  inliiiilé  de  personnes.  Un  fun  de 
tèsto,  un  étourdissemt'nl,  un  éblouissement. 

Dér.  du  lat.  Fumus. 

Fur,  s.  m.  Fouille;  reclu-rclie  dans  une  maison  opérée 
par  l'aulorilé  municipale  ou  de  police  pour  découvrir  un 
vol.  —  Faire  fur,  faire  des  recherches. 

Dér.  de  Furya. 

Fura,  V.  Ronger  en  dedans,  comme  font  les  vers  ou  les 
fourmis. — Fura  d'aolou,  faire  fuser  la  chaux ,  c.-ti-d. 
la  réduire  en  p<uidre  en  yjetajit  une  pelite  quantité  deau. 
Pètro  furado,  pierre  gercée,  calcinée,  roiig<''e  en  dedans. 

Dér.  du  lat.  Fitrare,  percer,  faire  un  trou,  forer. 

Furé,  s,  m.Aufém.  Fnreio.  Furet,  Musiclu  furo,  Linn., 
mammifère  onguiculé  de  la  fa  tu.  des  Digitigrades  ou  Car- 
nivores. 11  est  trop  connu  dfs  chasseurs  ^et  qui  n'est  pas 
chasseur?)  pour  le  décrire.  Le  furet  ne  peut  subsister 
chez  nous  qu'en  domesticité;  c'est  ce  qui  le  distingue  no- 
tamment du  Putois,  Pudïs,  avec  qui  on  pourrait  lui  trou- 


ver d'autres  rapports  soit  de  forme,  soit  quelquefois  de 
pelage,  mais  qui  ne  vit  qu'à  l'étal  sauvage. 

Dér.  du  lat.  Furo,  m.  sign. 

Furé,  s.  m.  Souris  de  la  plus  petite  espèce.  —  C'est 
en  quelque  sorte  une  classification  par  taille,  do  manière 
qu'une  souris  qui  grossirait  un  peu  trop  deviendrait  lia, 
qui  est  le  nom  généri<pie  de  ces  rongfïurs;  celui-ci  qui 
s'appelle  le  plus  ordinairement  Furé  est  le  rat  souris,  Mus 
musc id us,  Liini. 

Furé,  s.  m.  Furet,  pris  au  fig.,  curieux;  qui  s'enquiert 
de  tout  dans  l'intérieur  des  familles;  qui  fourre  son  nez 
partout. 

Furétéja,  v.  fréq.  Faire  la  chasse  au  furet.  Au  fig. 
fureter;  chercher  à  dr-couvrir;  courir  partout  pour  savoir 
des  nouvelles;  s  hilniduire  ])artout. 

Furga,  v.  Fouiller;  cluMcher  dans  les  poches,  au  fond 
d'un  trou,  d'un  lieu  bas  et  où  l'on  ne  peut  pénétrer  qu'avec 
les  mains  ou  un  ««util  quelcompie. 

Kn  (î.spag.  Jluryar,  m.  sign.,  permutation  de  F  en  H. 

En  bas-brel.  Furyuein. 

Furgaïre,  aïro,  a /y.  Fouilleur;  fureteur;  qui  aime  à 
fouilliM"  partout,  à  mettre  la  uiaiii  à  tout;  tatillon. 

Furoù,  5.  f.  Fureur;  enq)oitement  violent;  violente 
agitation;  passion  evci'ssive;  rage. 

Fiiqw.  au  fr.  ou  du  lat.  Furor,  m.  sign. 

Fus,  s.  m.  D'un.  Fuse;  péj.  Fusas.  Fuseau,  instrument 
qui  sert  à  lîler  à  la  ({ucnouille.  —  Tout  aquo  apouncho 
pan  fus,  iliclon,  mot  ;\  mol  •.  tout  cela  n'apointisse  pas 
un  Uiseau;  ce  qui  signifie:  tout  cela  est  bien  inutile; 
c'(.'st  en  vaiji  (jue  sous  elu-rcliez,  que  ve»us  vous  escrimez, 
que  vous  voulez  démontrer  ([uelque  chose,  tout  cela  ne 
prouve  rien.  La  corrélation  entre  ces  idéos  et  cette  locu- 
tion, qui  revient  souvent,  est  diilicile  ;\  saisir:  c<i  qui 
n'enqièche  nulleujt'nt  de  ciMnprendre. 

Dér.  du  lat.  Fusu,s.  ni.  siun. 

Fusa,  i\  Terme  de  chasse  ou  d'armurerie,  faire  long 
feu;  fuser;  brùlrr  lenlfincnt,  en  parhuit  dune  amorce.  — 
Se  fusd,  se  consuiiier  à  petit  feu,  se  calciner. 

Dér.  du  lat.  Fusum,  supin  de  Fundi,  se  répandre,  s'é- 
tendre. 

Fusado,  s.  f.  Fusée;  quantité  de  fil  qui  peut  se  dévider 
sur  un  fuseau;  é])i  de  mais;  pièce  (rarlifice. 

Fusïa,  V.  Fusiller;  passer  par  hîs  arnjcs.  Au  fig.  tirer 
aux  jandjes;  ce  que  lait  un  vendeur  de  mauvaise  foi  vis- 
à-vis  d'un  chaland  qui  ne  peut  se  passer  de  l'objet  qpi'il 
demande,  ni  se  le  [u'ocurer  ailleurs. 

Fusïado,  s.  f.  Fusillade;  plusieurs  coups  de  fusil  tirés  à 
la  fois,  soit  dans  une  bataille,  soit  à  la  chasse  par  amusement. 

Fusil,  v.  m.  Dim.  Fns'ié ;  péj.  Fusïas.  Fusil;  arme  à 
feu  composée  d'un  canon  allongV',  d'une  platnie  ou  batte- 
rie, d'un  fut  et  d'une  bagui-tle.  —  Avant  l'invention  de 
la  poudre,  le  fusil  n'était  qu'un  briquet,  et  œ  mot  était 
enqirunté  à  lital.  Focde  qui  a  la  même  acception.  Lors- 
qu'oii  donna  ce  nom  au  mousquet,  au  fusil  à  chien,  c'était 


G 

pour  indiquer  la  manière  identique  d'y  mettre  feu,  par 
opposition  à  l'arquebuse  qu'on  allumait  avec  une  mèche. 
Le  fusil  à  percussion,  à  piston,  le  chassepot  du  nom  de 
l'inventeur,  à  longue  portée,  le  fusil  à  double  canon,  sont 
des  perfectionnements  successifs  qui  n'ont  pas  encore  dit 
leur  dernier  mot. 

FoBté,  ».  m.  Petite  cuiller  en  bois,  et  par  extension 
toute  cuiller  d'enfant  ou  à  café,  qu'elle  soit  en  étain  ou  en 
argent. 

Dér.  du  lat.  Fustis,  bâton,  baguette  de  bois. 

Fastiè,  «.  m.  Au  fém.  Fustièïro.  Charpentier,  artisan 
qui  travaille  le  gros  bois  ;  tonnelier.  —  Il  est  devenu  n.  pr. 
d'homme,  rendu  littéralement  en  fr.  par  Fustier. 

Dér.  de  Ftato, 


G  371 

Ensto,  *.  f.  Dim.  Fustéto;  augm.  Fmtasso.  Poutre; 
solive;  grosse  pièce  de  bois  de  charpente  qui  sert  à  sou- 
tenir les  toitures,  les  planchers,  à  former  les  échafau- 
dages. 

Dér.  du  lat.  Fiisiis,  m.  sign.  . 

Futa,  fntado,  adj.  Futé;  rosé;  adroit,  plus  que  ne  le 
comporte  la  probité. 

Dér.  du  lat.  Fustis,  bâton,  par  allusion  aux  oiseaux  qui 
perchent  et  fréquentent  les  bois,  et  qui  sont  plus  rusés, 
plus  difficiles  à  attraper  que  ceux  qui  n'ont  pas  encore 
quitté  leur  nid. 

Futur,  oro,  s.  et  adj.  Futur,  future  ;  faturs  époux  et 
l'un  d'eux. 

Emp.  au  fr. 


G 


6,  ».  m.  G,  septième  lettre  de  l'alphabet,  cinquième  des 
consonnes.  Isolément  se  prononce  Gé.  Les  grammairiens 
le  rangent  dans  la  classe  des  Palatales,  qui  comprend  aussi 
le  C  et  le  J. 

Le  G  n'existait  pas  dans  l'ancien  alphabet  latin;  il 
n'avait  pas,  avant  la  première  guerre  punique,  de  carac- 
tère spécial  qui  le  distinguât  du  C,  et  ce  fut  Spurius  Car- 
vilius  qui  inventa  la  figure  par  laquelle  il  est  représenté; 
œ  qui  toutefois  n'empêcha  pas  les  deux  lettres  d'être  sou- 
vent confondues  dans  leur  prononciation.  Au  contraire  les 
idiomes  celtiques  l'avaient  toujours  admis,  et  il  était  une 
de  leurs  articulations  naturelles.  Cette  prédilection  se 
manifeste  dans  les  langues  néo-celtiques,  et  dans  notre 
dialecte  comme  dans  te  français,  ce  qui  prouverait  une  fois 
de  plus  leur  primitive  et  originelle  attache.  Le  bas  breton 
et  le  gallois,  en  effet,  ne  trouvant  pas  dans  leurs  aptitudes 
de  facilité  à  articuler  le  V,  lui  ajoutent  un  G  pour  adou- 
cir une  aspiration  trop  forte:  du  lat.  Yélum,  ils  font  Gwii; 
de  Vinum,  Gwin;  de  Ventus,  Gwent;  de  Viridi»,  Gwer; 
de  Vanu»,  Gtcan;  de  Vaeuu»,  Gwag;  de  Verus,  Gwir,  etc.; 
comme  nous  avons  fait,  sur  une  pareille  flexion,  Ga», 
Gué,  fr.»  du  lat.  Vadum;  Gardoû  et  ses  dérivés,  Gardon, 
du  lat.  Wardo  ou  Vardo,  A  la  vérité,  l'effet  inverse  se 
rencontre  :  le  lat.  Gyrare  est  devenu  pour  nous  Vira,  et 
en  fr.  Virer;  Gyru»,  en  fr.  Virole;  etc.,  etc. 

Gomme  le  C  chez  les  Grecs,  les  Romains  et  les  Gaulois, 
le  G  avait  toujours  le  son  dur  devant  toutes  les  voyelles. 
Mais  quand  la  langue  se  renouvela,  le  roman,  qui  cher- 
chait à  se  dégager  de  l'oppression  du  latin,  tout  en  utili- 
lant  ses  débris  et  ses  altérations  devenues  barbares,  obéit 
à  un  désir  instinctif  d'adoucissement  dans  la  prononciation, 


autant  qu'à  des  préférences  d'organisme  vocal,  à  des  in- 
fluences climatériques  peut-être,  que  rien  ne  comprimait 
plus.  La  force  ou  la  faiblesse  des  voyelles  agit  sur  la  nature 
des  articulations  et  particulièrement  sur  celle  du  G  et  du 
C,  selon  qu'ils  étaient  suivis  d'un  À,  d'un  O  ou  d'un  U, 
voyelles  au  son  grave  et  plein  ;  on  les  prononçait  différem- 
ment que  suivies  d'un  E  ou  d'un  I,  voyelles  faibles;  et  le 
G  doux,  prononcé  comme  /,  n'imprima  plus  à  !*£  et  à  1'/ 
de  consonnance  rude  qu'à  la  condition  d'interposer  un  u 
(Gu),  entre  lui  et  ces  dernières  voyelles. 

Cette  affinité  des  deux  Palatales  les  portait  facilement  à 
se  substituer  l'une  à  l'autre  (V.  lettre  C);  mais  les  per- 
mutations qui  amènent  le  G,  de  beaucoup  mieux  connu» 
sont  aussi  plus  fréquentes.  N'est-ce  point  pour  cela  que 
les  désinences  de  tant  de  noms  propres  et  de  noms  com- 
muns en  anicu»,  enicu»,  inicu»,  onieu»,  presque  toujouiB 
au  pluriel  fém.  anicœ,  enieœ,  inieœ,  ontctf,  sonnant  en  km 
à  la  finale,  furent  changées  des  premières  par  la  langue  rt>* 
mane  en  anègues,  énigues,  inègues,  onègues,  d'où  le  C  iatia 
avait  disparu?  Cependant  cette  combinaison  présentait  eiH 
core  deux  flexions  antipathiques  au  nouveau  langage,  celles 
de  iV  et  de  G  durs;  mais  elle  mettait  presque  en  contact  les 
deux  lettres  séparées  seulement  par  un  /  faible.  Il  est  peî^ 
mis  de  croire  que  ce  rapprochement  rappela  une  aneienns 
articulation  celtique  qui  manquait  au  latin  etqueleroBiaii 
se  hâta  de  reprendre  par  une  mouillure  nasalisée  avec  l'al- 
liance du  Gn;  et  l'on  voit  en  effet  les  appellations  latines 
Martinianicœ,  répondant  en  roman  Martinianègue»,  deve- 
nir en  lang.  Martignargues,  en  fr.  Martignac,  Martignan, 
Hartigny;  Salvinianicœ,  Salvanègue»,  Savignargues,  ^va« 
gnac,  Sauvigny,  Savigné,  etc.  Si  l'idiome  méridional  aflécle 


37-i 


GAB 


ces  loriiiinaisous  d'une  forme  particulière,  rude  encore,  ce 
n'est  peut-être  qu'un  souvenir  étymologique  du  latin  dans 
la  Narbonaise,  ou  il  l'ut  plus  cullivé  <iiii'  il  ms  1»*  res((^  ih  la 
Gaule;  niais  la  permutation  ne  s'en  fait  p.is  moins  sentir; 
et  ce  n'est  pas  notre  dialecle  (ju'on  peutaccusi-rde  né^^liger 
celte  vocalisation  caract'''rislii[ue  du  (in  ;:aulnis. 

Au  reste,  il  est  pnilmhle  qw  cette  l'orme  amena,  i)ar 
une  hyère  inversion,  C(^lle  du  y(l  a\t'c  toutes  les  voyelles, 
sur  laquelle  radoucisseinehl  du  0  fui  encore  plus  marquée  i 
par  les  finales  en  ontje,  emji',  imjL',  nmjc,  oum/',  (jui  n'é- 
taient que  des  variantes  iilentiijues  auv  [)rérédeiites,  et 
qui  passaient  par  une  p^^nnulalion  déjà  e\[)li(iU''e,  en 
anche,  enrhf^,  incita,  onvhc.  dérivant  toutes  du  même  j)rin- 
cipe.  —  Voy.  Atjno,  sulV.,  les  mots  fanotnnje,  La  (\i- 
nourgo,  et  la  lettre  A. 

Tel  est  le  chemin  ({u'a  parcouru  le  C*  et  les  transfor- 
mations par  lesciuelles  il  a  passé  pour  venir  dans  notre 
alplinliet.  Le  son  qui  lui  est  propre  est  i^utlural  devant  It'S 
Voy«dles  fortes  a,  o,  u,  ou,  Guni,  Gnulc,  (iulo,  (iouir-l . 

Devant  les  vovelles  faibles  e  et  /,  il  se  inodilie  comme 
en  fr.  et  prend  la  même  prononcialii'O  (pi-'  h'  ./.  c.-;Vd.  ^ 
peu  près  connue  le  J  fr.  précéiié  d'un  l)  :  (icn<jvn  ipii  se 
prononce  Djéntljivo,  et  en  ital.  (ieronimo,  (luigio. 

Devant  la  œnsoinie  IS,  lorsipie  clleci  est  suivie  d'une 
voyelle,  le  G  ne  se  fait  pas  sentir,  mais  il  mouille  Vu 
comme  en  i"r.,  c.-i\-d.  (ju'il  lui  donne  la  [)rononeiali>)n 
qu'elle  aurait  si  elle  était  sm\ie  duii  /  s»'  liant  a\**c  ejli', 
sans  former  deux  s\llal)es.  On  jnononie  GtKjna,  P>i;/H', 
Cougnc,  MUjnè,  Scijunr,  Viijnuh ,  comme  sd  y  a\ail 
GaniOf  Paniè,  Conniv,  Minid,  Senlur,  Viuiifit,  tous  dis- 
syllabiques, et  Comme  en  ital.  Atjncllo,  Jijnfi  /o,  Oijni. 

Dans  beaucoup  de  mots,  le  G  doit  cons'Mver  l'articu- 
lation dure  et  j^ulturale,  même  d(îvant  les  voyelles  e  et  i: 
en  ce  cas,  on  place  un  u  entre  celte  voyelle  et  le  //,  ce  qui 
est  usité  aussi  en  fr.,  l.amjuc,  Guenc,  Guider,  et  on  écrit 
Guèto,  G  niche,  Guinche,  Guimjoi,  etc. 

D'après  ce  priiicipe,  il  famlrait  absolument  bannir  la 
voyelle  u  de  tous  les  mots  où  le  g  serait  suivi  des  lettres 
a,  0,  n:  car  pour  eux  le  g  n"a  nullement  bes)in  de  cite 
inlercalalion  pour  èln'  i^ullural.  Le  fr.  la  supprimt^  le  plus 
souvent;  mais  nous  avons  éprouvé  qu''!qu(^  hé.^ilation  fi 
appliquer  celte  re-^le  générale.  Le  langu  ilooien,  (pi'on  lit 
moins  et  dont  rortliographe  est  moins  familière  aux  yeux, 
a  besoin,  pour  l'intelligtMice  de  certains  mots,  de  ra]»p'l.'r 
leur  racine,  leur  èlymobtgie,  et  leurs  rapports  de  familli'. 
Dans  les  divers  temps  d'un  même  verbe,  par  exemple,  on 
pourrait  ne  pas  sai^ir  de  prime-abord  la  parenté  entre 
l'infinitif  terminé  en  a  et  le  prétérit  dTmi  au  mili.Hi  du- 
quel intervient  un  e  avant  ces  terminaisons,  comme  Carga 
et  Carguvre.  Il  eji  serait  de  même  de  la  plu[)arl  dos  mots 
qui  ont  des  diihin.  en  éio  :  founiign,  rouniigutto,  etc. 

Ces  considérations  nous  ont  frappé,  sans  nous  détermi- 
ner absolument.  Nous  n'adopterons  donc  l'intrusion  de  cet 
u  parasite  que  comme  une  exception  et  toutes  les  fois  que 


la  clarté  du  sens  ou  le  besoin  de  mieux  indiquer  la  déri- 
vation d'un  mot  nous  paraîtront  nécessiter  cette  combi- 
naison, sans  l'ériger  eji  principe  d'orthographe. 

Gabiaïre,  s.  m.  Fabricant  ou  marchand  de  exiges. 

Dér.  de  Gabio . 

Gabian,  $.  m.  Hirondelle  de  mer;  mouette;  goéland; 
petite  mouette  des  rivières;  nom  commun  à  un  certain 
nombre  d't)iseaux  aquatiques  du  genre  Larus,  Linn.,  de 
l'onlre  d-^s  l^ilmipedes  et  de  la  fam.  des  Longipeinies  ou 
Macroptères.  —  Vuy.  luntc. 

Aulrefois,  le  peuple  donna,  comme  appellation  de  déni- 
grement qui  s'est  conservée,  le  nom  de  Gabian  aux  pré- 
posés de  la  gabelle,  couiuiis  aux  fermes,  douaniers  de 
l'èpinpie,  (pii  exerçaient  sur  nos  côtes  de  la  Méditerran*'^?. 
Pour  s>'  mellre  h  l'.dtri  d.'s  injures  du  tenq>s,  sur  une 
pl.ige  d<i>erte,  comme  aussi  pour  surveiller  la  fraude  de 
plus  loin,  ces  employés  avaient  di's  cahutes  élevées,  sortes 
d'*  lum-'s  ou  gabies,  ou  bien  gahios,  cages,  d'où  leur  nom 
fut  tiré.  —  Le  fr.  a  de  jiiênie  ses  matelots  gabiers,  et  en 
terni''  populaire  le  mot  Gttbclouj-,  pour  di'signer  les  mêmes 
piép  vvs.  —  L'analogi(»  fui  facile  entre  eux  ei  ces  oiseaux 
([Ui'  !' tii  voyait,  coaiii.e  les  cmmis,  s.ms  ce.sse  allant, 
Nenaiil  sur  la  ttlig<*,  el  Gahmn  devint  le  nom  générique 
d<'  o  liir»nili'll«'s  d.'  iiht,  d^  ce>  moui'tls  dont  le»  espèces 
Sont  tris  iiombrcUM'S  et  (ju'on  ap[ii'jle  encore  Fumc^Vanilo 
«ni  Gafcîo,  a})])!iqué.s  à  p.-u  près  ijulinorenmienl  à  toutes. 

Une  autre  étv  mi.lcgi»',  la  contr<--[»ailie  de  la  [irennére, 
se  pn'senle  aussi  nalm'ellemcul.  Mnuetto  se  dit  en  lat. 
Garid  ;  df  là  à  Guhian  il  n'}  a  qu'un  pas.  (^•  S''rail  alors 
l'oiseau  qui  aurait  donné  s^n  nom  au  douanier  ipii  venait, 
citncurremiueiit  a\(C  lui,  s'-'lablir  sur  le  bnrd  de  la  njer. 

Celle  èlN  ;ut»lo''i.^  est  sans  dnule  la  bonne;  mais  il  est 
certain  qu'à  son  défaut  l'autre  aurait  pu  utilement  la 
renqilacer,  et  dans  aucune  troui)t»  il  n'est  pas  (U'dinaire  de 
voir  une  utilité  appr"ch''r  aulaiit  du  premier  rôle. 

Gabio,. S',  f  Dim.  Gabieto;  augm.  G(i/>i(isso.  Cage,  petite 
logi;  en  (il  de  fer  ou  d'osier  pour  les  oiseaux,  en  fer  pour 
les  animaux  et  les  ca])tifs.  —  Gabio  dé  mancchal,  trav:iil 
de  maréchal,  esp^ci^  de  cage  où  l'on  enferme  une  bète 
rétive  pour  la  fernn-  ou  ^lour  lui  faire  subir  une  opération 
doul'iUi'Mise. 

l)ér.  du  lat.  f^uvca.  m.  sign.,  par  la  permutation  du  C 
en  G  et  du  u  en  b.  En  ital.  Gabhia. 

Gabre,  s.  m.  Dim.  Gabroii;  péj.  Giihras.  Jeune  fille 
elTi'ontée,  garçonnière  et  étourdie.  Par  exl.  le  mol  Gabre 
s'ap[t!i({ue  imlilTéremment  aux  deux  sexes  et  aux  choses 
inanimées  pour  :  folàlre,  étourdi,  effronté.  —  Autrefois  on 
ap[)elait  G(ibieh:$  vieill-'s  penlrix  m;Mes.  L'épi  thé  te  actuelle 
pourrail  bien  avoir  là  pris  naissance. 

En  syria(|ue  Gaber  signifie  force,  virilité;  homme  ; 
Gabriel,  homme  ou  puissance  de  Dieu.  Tout  cela  annonce 
que  notre  mot  Gabre  actuel  tient  ^  l'idée  de  Virago,  de 
fille  ressemblant  à  un  maie.  Ce  que  nous  avons  dit  des 
permutations  du  G  ne  fait  pas  obstacle  à  ce  que  ce  mol 


GAI 


GAL 


373 


latin  ne  soit  le  patron  eieact  sur  lequel  le  laog.  s'est 
formé. 

Gaiarô,  f.  m.  Glouteron,  plante,  de  la  même  fam.  que 
le  Grateron,  auquel  il  ressemble  beaucoup,  Arapo-man.  — 
Voff.  Lampourdo  et  Tir<hpèou. 

6aléto,  «.  f.  Mouette,  hirondelle  de  mer.  —  Voy.  Fumé, 
GaHan. 

6afo,  ».  f'  Tirtoir  de  tonnelier,  composé  d'un  manche 
en  bois  et  d'un  fer  mobile  et  recourbé,  avec  lequel  on  tire 
le  cercle  d'une  futaille  pour  le  faire  entrer  au-dessus  des 
douves. 

Dér.  du  vieux  nom  Gaf,  crochet. 
'  Gafoù,  s.  m.  Dim.  Gafouné.  Gond,  morceau  de  fer  qui 
soutient  la  penture  d'une  porte,  d'une  fenêtre. 

Dér.  du  gr.  réu^oç,  coin,  clou,  d'où  le  lat.  Gomphui, 
m.  sign.,  ou  de  Kuç^ç,  courbé. 

Gagna,  v.  Gagner;  faire  un  gain;  attraper;  obtenir;  se 
diriger  vers...  — Dé  que  gagno  aquél  varié?  quels  sont  les 
gages  de  ce  valet?  Âï  gagna  un  fré,  j'ai  attrappô  un  rhume. 
Gagna  lou  sers,  se  diriger  vers  la  montagne.  Gagna  lou 
gréa,  se  sauver,  décamper  pour  éviter  un  danger  ou  la 
prison  :  c'est  ce  que  font  les  déserteurs,  les  proscrits,  les 
repris  de  justice.  Que  gagno  tén,  gagno  tout,  prvb.,  avec 
le  temps  on  vient  à  bout  de  tout 

En  V.  1.  Gazagnar  ;  en  ital.  Guadagnare, 

Gai,  gaîo,  ajy.  Dim.  Gdié,  éto.  Gai;  réjoui;  joyeux; 
frais;  plaisant;  libre,  pas  trop  serré.  —  Lou  mes  dé  mai 
fréi  et  gai,  le  mois  de  mai  frais  et  vif.  Un  tén  gai,  un  temps 
serein,  un  air  frais.  On  es  gai  dinc  aquélo  vèsto,  on  est  au 
large,  on  a  les  mouvements  libres  dans  cet  habit. 

On  dit  Gai  d'un  ressort,  d'un  tenon,  d'un  crochet,  qui 
jouent  librement. 

Dér.  du  lat.  Gaviius,  m.  sign. 

Giûamén,  adv.  Galmcnt,  de  bon  cœur;  joyeusement; 
en  pleine  liberté;  sans  gêne. 

Gaïar,  gaiardo^  adj.  Robuste;  vigoureux;  bien  por- 
tant; qui  a  le  teint  frais.  Par  ext.  beau  et  joli. 

Ce  mot  employé  au  subst.  répond  au  Gaillard,  fr.  — 
È»  un  gdiar,  c'est  un  gaillard,  un  franc  luron. 

Augm.  de  l'adj.  Gaï,  Le  lat.  Validus,  par  la  permuta- 
tion connue  du  G  substitué  au  V,  pourrait  bien  ne  pas  y 
être  étranger. 

Gaiéto,  s.  f.  Riz  de  veau,  d'agneau;  la  partie  glandu- 
leuse qui  se  trouve  sous  la  gorge  au  haut  de  la  poitrine  des 
animaux  de  boucherie. 

Ce  mot  ne  s'emploie  qu'en  terme  de  cuisine  ou  de  bou- 
cherie. 

Gaio,  s.  t'  Barbe  de  coq,  petites  membranes  rouges  que 
les  ooqs  et  les  poules  ont  suspendues  sous  la  têle.  Par  ext. 
menton  à  double  étage;  trogne;  embonpoint;  visage  frais . 

Dér.  de  GoJL. 

Gaio  dé  nose,  «.  f-  Quartier  de  noix,  cuisse  de  noix. 

Contraction  de  Nougat,  qui  a  dû  exister  autrefois, 


comme  on  le  voit  par  son  dim.  Nougaïoù,  qui  est  resté. — 
Voy.  c.  m. 

Gaîofo,  5.  m.  Gros  réjoui;  viveur;  bélitre. 

Dér.  de  Gaïo.  —  Sauvages  se  demande  s'il  ne  pourrait  pas 
être  une  corruption  de  Guelfe,  parti  politique  fameux  dans 
rhistoire.  En  esp.  Gallofa  signifie  :  mener  une  vie  de  men- 
diant ;  en  port.  Galhafa,  joie,  réjouissance  :  les  deux  sens 
de  notre  mot  se  trouvent  là  reproduits. 

Gaioufardo  (Fèbre),  s.  /*.  Fièvre  goulue,  maladie  feinte 
ou  légère  qui  n'ôte  rien  à  l'appétit. 

Ce  mot  parait  dérivé  de  Gaïofo,  Sauvages  répète,  dans 
une  tradition,  qu'il  est  composé  de  deux  mots  de  l'ancien 
roman,  Galiou,  avale,  et  Fardo,  victuaille.  Nous  revien- 
drons volontiers  aux  termes  esp.  et  port,  cités  à  l'article 
précédent,  qui  nous  paraissent  fournir  une  origine  tout 
aussi  probable. 

Gaîre,  adv.  Guère,  peu,  pas  beaucoup,  presque  point. 

—  G  n'a  pas  gaiire,  il  n'y  en  a  guère,  il  n'y  en  a  pas  beau- 
coup. Sou  gaïre?  Sont-ils  nombreux?  Gaïre  hé,  presque. 
S'en  manqua  pas  dé  gaïre,  il  ne  s'en  faut  pas  de  beaucoup, 
il  s'en  manque  de  peu. 

On  est  loin  d'être  fixé  sur  l'étymologie  :  les  plus  savants 
la  tirent  de  l'ancien  haut-allemand,  pour  arriver  à  lui  faire 
signifier  :  beaucoup  ;  exactement  le  contraire  de  l'acception 
actuelle.  Autant  vaudrait,  et  mieux  peut-être,  faire  déri- 
ver G  aire  de  Caire  par  permutation  :  Caire,  quartier, 
morceau,  partie  de  quelque  chose,  fraction,  fragment,  plus 
petit  que  le  tout,  moins,  c.-à-d.  pas  beaucoup,  ou  peu. 
Avec  de  la  bonne  volonté,  ce  rapprocheiLent  est  admis- 
sible. 

Gairoutos,  s.  f.  plur.  Gesse  cultivée  à  fleur  rouge,  La- 
thyrus  cicera,  Linn.,  plante  de  la  fam.  des  Légumineuses, 
bonne  pour  fourrage. 

Gaja,  V.  Imposer  sans  jugement  une  amende  ou  une 
indemnité  à  quelqu'un  surpris  en  maraude  ou  qui  a  com- 
mis un  dégât  quelconque;  dresser  procès- verbal  contre  lui 
en  qualité  de  garde-champêtre. 

Dér.  de  Gaje, 

Gaje,  s.  m.  Gage,  ce  qu'on  livre  pour  sûreté  d'une 
dette,  d'une  promesse,  d'un  engagement;  nantissement, 
dépôt;  objet  déposé  au  jeu  comme  punition;  salaire;  ap- 
pointement;  gages  d'un  domestique,  qui  s'emploie  au  sing. 
en  lang.  —  Gagno  un  bon  gaje,  il  reçoit  des  gages  con- 
sidérables. Métré  en  gaje,  engager,  déposer  en  nantisse- 
ment. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Vadium,  venu  du  lat.  Vas,  vadis, 
caution. 

Gajô,  s.  m.  Dim.  de  Gas,  Geai,  petit  geai  ou  petit  du 
geai.  Cependant  il  s'emploie  peut-être  plus  communément 
encore  que  Gas  pour  signifier  l'oiseau  adulte. —  Voy.  Gas. 

Gai,  s.  m.  Dim.  Gaie  ou  Gale;  péjor.  Gaïas,  Coq,  mâle 
de  la  poule,  Phasianus  Gallus,  Linn.,  oiseau  de  l'ordre  des 
Gallinacés  et  de  la  fam.  des  Domestiques  ou  Alectrides. 

—  Lou  gai  cantè,  séguè  jour,  iéou  m'en  anère,  au  point 


374 


GÂL 


6âL 


du  jour  le  coq  chanta  et  je  m'en  fus  :  c*est  la  formule 
terminale  des  sornettes  et  contes  de  veillées,  qu*on  suppose 
durer  toute  la  nuit  et  finir  à  l'aube  comme  les  contes  de 
Shéérasade.  On  emploie  cette  formule  également  et  par 
ironie,  quand  on  entend  un  récit  quelconque,  pour  témoi- 
.  gner  qu*on  le  croit  fabuleux  et  qu'on  le  tient  pour  sor- 
nette. 

Gai,  comme  en  fr.,  s'applique  au  fig.  pour  :  Coq  de  vil- 
lage. Aupr.  il  signifie  encore  la  panne  d'une  pioche  qui  est 
tranchante  et  sert  à  couper  les  racines  et  les  souches 
i  mortes. 

Dér.  du  lat.  Gallus,  m.  sign. 
»  Gala,  V.  Cocher,  se  dit  de  l'acte  du  coq  qui  couvre  une 
pQi;ile.  —  Vn  iôou  gala,  un  œuf  fécondé  et  susceptible 
d'éclore,  ce  que  ne  font  point  les  œufs  des  poules  renfer- 
mées dans  les  maisons  sans  commerce  avec  le  coq,  et  qu'on 
appelle  Glatiè,  — X.  c.  m. 

Galabonntan,  s,  m.  Roger-Bontemps;  un  réjoui,  un 
«ans-souci,  qui  fréquente  les  cabarets  et  les  tavernes. 

Ce  mot  est  composé  comme  son  correspondant  fr.  de 
Bon -temps,  qui  s'est  conservé  dans  son  intonation,  auquel 
on  a  ajouté  Gala,  qui  dans  le  vieux  roman  signifiait  :  se 

réjouir. 

Galan,  s.  m.  Galant  ;  amant  ;  soupirant  ;  amoureux  d'une 
fille. On  le  prend  indifféremment  en  bonne  et  en  mau- 
vaise part ,  tandis  que  le  Fringaïre  est  presque  toujours 
supposé  amené  par  le  bon  motif.  Les  nourrices  et  les 
bonnes  d'enfant  appellent  leur  poupon  :  moun  galané, 
terme  d'affection  et  de  caresse. 

Dér.  de  Gai. 

Galanga,  s.  m.  Baudroie,  raie  pécheresse,  poisson  de 
mer.  —  Voy,  BdoudrcH. 

Galantino,  f.  f-  Ancolie;  églantine,  ÂquUegia  vulgaris, 
Linn.,  plante  de  la  fam.  des  Renonculacées,  commune  dans 
les  terrains  pierreux,  cultivée  comme  plante  d'ornement 
pour  l'élégance  de  sa  fleur. 

Galapastra,  s.  m.  Bergeronnette,  oiseau. — Voy.  CouacKo. 

Le  languedocien  a  purement  formé  ce  nom  :  son  père, 
le  vieux  roman,  disait  Gala,  pour  se  réjouir,  et  le  latin, 
son  grand-père,  lui  a  transmis  de  la  main  à  la  main  Pastre, 
de  son  Pastor,  Par  ses  jolies  couleurs,  sa  gentillesse,  sa 
familiarité,  la  Bergeronnette-Lavandière,  qui  aime  les 
troupeaux,  ne  réjouit-elle  pas  le  berger,  à  qui  elle  fait  une 
fidèle  et  aimable  compagnie? 

Galariè,  s.  f,  Dim.  GalariUréto.  Galerie,  terrasse  cou- 
verte attenant  à  une  maison.  Au  fig.  lieu  que  l'on  fré- 
quente, où  l'on  fait  ses  tenues  habituelles.  —  Lou  café  et 
lou  cabaré,  aquà  soun  sas  galariès,  le  café  et  le  cabaret 
sont  ses  galeries  habituelles,  il  ne  fréquente  que  ces  en- 
droits-là. 

Les  étymologistes  le  font  dériver  de  Tallem.  Watten, 
marcher,  se  promener  :  permutation  fréquente  du  TT  en  G 
sur  le  subst.  Walleria. 

Galatras  ou  Fos-âon,  s.  m.  Galetas;  les  combles  d'tine 


maison  sous  le  toit.  Par  ext.  logement  délabré  et  mal- 
propre. 

Dér.  suivant  les  uns,  de  l'hébreu,  Galisaih,  selon  les 
autres  de  l'arabe  Valata,  chambre  haute. 

Galavar,  ardo,  adj.  Dim.  Galavardaù,  ouno;  péj.  Ga- 
lavardas.  Gourmand;  goinfre;  goulu;  glouton.  —  P^isi 
galavars,  pois  goulus.  Las  trufos  soun  bien  galavardos, 
les  pommes  de  terre  sont  fort  gourmandes;  elles  exigent, 
absorbent  une  quantité  d'assaisonnement. 

Le  lat.  GtUa  doit  avoir  servi  de  base  ft  la  composition 
du  mot.  En  esp.  Galavardo,  prodigue. 

Galayardéja,  v.  fréq.  Goinfrer;  manger  beaucoup  et 
avidement,  sans  délicatesse. 

Galavardije,  s.  f.  Gourmandise  sans  goût;  goinfrerie. 

Gale,  s.  m.  Garrot  d'un  cheval  ;  cochet,  jeune  coq  :  dim. 
de  Gai.  Par  ext.  du  premier  sens,  cou,  nuque. 

Dér.  de  l'hébreu  Gharon,  gosier. 

Galéja,  v.  fréq.  Coqueter;  lever  la  crête;  Caire  le  galau- 
tin;  plaisanter;  badiner. 

Dér.  de  Gai  :  gallum  agers,  faire  le  coq. 

Galéjsûre,  aîro,  s.  et  adj.  Galant;  plaisant;  badin; 
moqueur;  goguenard. 

Galérien,  ièno,  s.  et  adj.  Galérien;  forçat;  condamné 
aux  galères. 

Galère,  s.  f.  Galères;  peine  des  travaux  forcés.  Au  fig. 
condition  désagréable;  situation  pénible,  tourmentée.— 
Comme  le  fr.  s'emploie  souvent  au  plur.  Coundanna  à  tas 
galèros,  condamné  aux  galères.  Sourti  d'en  galèro,  libM 
des  galères.  Èscapa  d'en  galèro,  injure  grossière  :  échappé 
des  galères;  vaurien;  mauvais  sujet.  Soun  oustàou  es  uno 
galèro,  il  est  au  supplice  dans  sa  maison,  c'est  une  vraie 
galère. 

Galèro  est  aussi  le  nom  de  cette  sorte  de  râtelier  double 
dont  on  se  sert  dans  les  bergeries  pour  donner  à  manger 
aux  brebis  et  agneaux  :  les  barreaux  en  sont  plus  serrés 
qu'aux  râteliers  ordinaires,  et  on  les  place  an  niveau  du 
sol.  S'applique  également,  en  terme  d'agrieultnie,  à  cet 
instrument  nommé  du  même  nom  en  fr.,  qui  est  un  grand 
râteau  ou  ratissoire  employé,  après  le  fauchage,  pour  re- 
cueillir tout  le  foin.  —  Ces  deux  dernières   acoeptions 
nous  paraissent  avoir  fourni  la  dénomination  d'une  des 
rues  du  vieil  Alais,  ta  Galèro.  Au  temps  où  la  ville  n'a- 
vait pas  encore  toute  l'étendue  qu'elle  a  acquise  d^nb* 
c'était  là  peut-être  que  les  troupeaux,  au  retour  da  pacage 
communal,  venaient  se  remiser,  et  q^e  se  tronvût,  oonune 
le  four  banal,  le  moulin  banal,  la  Galèro  banale  dans  la 
bergerie  commune.  Il  se  pourrait  encore  que,  à  celle  épo- 
que où  les  corporations  avaient  chacune  leur  quartier»  il 
se  trouvât  là  des  fabricants  de  ces  sortes  de  râteliers»  ou 
l'un  d'eux  plus  habile  que  les  autres  on  pins  achalandé» 
qui  eussent  donné  le  nom  des  instruments  agricoles  en 
question  à  une  rue  qui  éprouvait  le  besoin  d*ètre  connoe 
et  d'être  remarquée.  Les  choses  ont  bien  changâ  d^ois, 
mais  le  nom  rappelle  toujours  les  tiaditiont. 


GÂL 


GÀM 


37& 


Galignè,  s.  m.  Gaiignè^ré.  Poulailler;  lien  où  les  poules 
se  couchent,  se  juchent  et  pondent.  —  Propre  coumo  la 
haro  dâou  galignè,  antiphrase,  sale  comme  un  juchoir  à 
poules. 

Dér.  du  lat.  Gallinarium,  m.  sign. 

Galinô,  s.  m.  Coquet  :  qui  fait  le  galantin  auprès  des 
femmes;  petit-maitre. 

Galinéto  dâou  bon  Diou,  $.  f.  Bête  à  Dieu  ou  vache  à 
Dieu: en  terme  de  naturaliste,  Coccinelle,  Cocdnella,  Linn., 
insecte  de  Tordre  des  Coléoptères  et  de  la  fam.  des  Tri- 
mérées;  petit  scarahée  hémisphérique,  de  la  grosseur 
d'une  lentille,  dont  les  élytres  sont  rouges  et  marquées  de 
sept  points  noirs.  Il  a  des  frères  semblables  à  lui,  excepté 
pour  la  couleur,  qui  est  jaune  ou  brune,  ou  tachetée  de 
blanc  ;  mais  le  rouge  est  le  plus  joli  et  le  préféré  des  enfants, 
qui  en  font  leur  jouet  et  non  point  leur  victime  cette  fois, 
car  ils  ne  cherchent  qu*à  le  faire  envoler  au  refrain  d'une 
chanson  qui  est  composée  pour  lui. 

Galino,  j.  /*.  Dim.  Galinéto;  péj.  Galinasso.  Poule, 
femelle  du  coq  en  général  ;  en  particulier,  poule  qui  a 
déjà  pondu  ;  la  jeune  poule  se  nomme  Poulo.  —  Èmbé  las 
galinos  on  aprén  à  grata,  prvb.,  avec  les  poules  on  apprend 
à  gratter.  Se  couja  coumo  las  galinos,  se  coucher  de  bonne 
heure,  quand  les  poules  se  couchent. 

Dér.  du  lat.  Gallina,  m.  sign. 

Galino  ou  Dounniouso,  s.  f.  Torpille,  poisson.  — Voy. 
Dourmïouso. 

Galinolo,  s,  /.  Coralloïde,  champignon  de  la  tribu  des 
Clavariées  ou  Clavaires  coralloïdes.  Son  tronc  est  épais  et 
se  divise  en  un  grand  nombre  de  rameaux  glabres,  cylin- 
driques, pleins,  fragiles,  taillés  en  branches  de  corail  et 
dont  la  surface  est  comme  ondulée.  Sa  couleur  est  d'un 
jaune  pâle.  On  en  distingue  de  plusieurs  variétés  ou  sous- 
espèces,  dont  la  couleur  est  tantôt  fiavescente,  jaune,  blan- 
châtre, tantôt  incarnat  on  d'un  rouge  orangé,  améthyste. 
Ce  champignon  se  trouve  en  automne  dans  les  châtai- 
gneraies, surtout  dans  les  bruyères  (Broussos)^  sa  chair 
est  blanche,  cassante,  d'une  saveur  agréable,  d'une  odeur 
légère  de  champignon;  elle  fournit  une  nourriture  très- 
saine,  et  devient,  pour  les  paysans  qui  savent  la  conserver 
ou  dans  la  piquette  ou  dans  l'eau  salée  souvent  renou- 
velée, une  ressource  précieuse  pour  l'hiver. 

Galipian,  ando,  adj.  Écervelé;  indiscipliné;  un  polis- 
son ;  un  bélître . 

Galô,  s,  m.  Galop  d'un  cheval  ;  allure  précipitée.  —  A 
gran  dé  gald,  au  grand  galop,  ventre  à  terre;  au  fîg.,  avec 
la  plus  grande  rapidité. 

Dér.  du  gr.  K^Xtct),  trot  du  cheval. 

Gale!,  galofo,  adj.  Réjoui,  de  bonne  humeur;  plaisant; 
divertissant;  aimable. 

En  vieux  fr.  on  disait  dans  le  même  sens  Gallois,  déri- 
vés sans  doute  l'un  et  l'autre  du  gr.  Tikita,  rire,  se  ré- 
jouir; ou  du  lat.  Gallus,  coq,  galant. 

Galonbé,  s.  m.  Galoubet;  flageolet  de  Provence,  qui 


s'accolde  avec  le  tamboii^rin.  Il  n'a  que  trois  trous  et 
monte  quelquefois  à  la  dix-septième,  parce  qu'on  subdi- 
vise ses  sons  en  lermant  chacun  de  ses  trous  à  moitié,  au 
tiers  ou  au  quart. 

Dér.  du  gr.  ToXep^ç,  gai,  joyeux,  et  Oubé,  dim.  ou  cor- 
rupt.  de  Âoidtc^,  haut-bois. 

Galonn,  s.  m.  Dim.  Galonné,  Galon,  passement  de  soie, 
d'or,  d'argent,  de  laine.  —  Dé  gahun,  du  fleuret,  galon 
de  fil  ou  de  coton. 

Galonna,  v.  Galonner,  orner  ou  border  de  galons. 

Galoupa,  v.  Galoper,  aller  au  galop.  Par  ext.  aller 
très-vite;  courir  çà  et  là. 

Galoupado,  s.  f.  Temps  de  galop;  course  précipitée ^  .. 
course  déréglée. 

Galoupaîre,  aîro,  adj.  Qui  aime  à  courir  ;  qui  ne  reste- 
jamais  en  place;  qui  va  constamment  d'un  pays  à  un  autre 
sans  s'y  arrêter. 

Galoupin,  ino,  adj,  Dim.  Galoupinà;  péj.  Goloupinas. 
Galopin;  batteur  de  pavé;  polisson. 

Galoupinà,  v.  Battre  l'estrade;  courir  çà  et  là;  vaga- 
bonder. Par  ext.  fainéanter  par  les  rues  et  places. 

Galoupinéja,  v.  fréq.  du  précédent. 

Gama,  v.  Donner  des  goitres;  rendre  goitreux.  —  Aquà 
té  gamara  pas,  tu  n'en  tâteras  pas,  cela  ne  te  fera  pas  mal 
aux  dents. 

Gama,  ado,  adj.  et  part,  pass.  Se  dit  d'un  mouton  ou 
d'une  brebis  dont  le  foie  est  attaqué  et  qui  menace  de  dis- 
solution. Ce  vice  n'est  point  rédhibitoire,  parce  qu'il  est 
sensible  et  apparent  pour  les  connaisseurs  :  la  laine  des 
individus  attaqués  est  plus  blanche  et  plus  matte,  l'orbe 
de  l'œil  est  pâle  et  sans  reflet,  et  privé  absolument  de  ces 
filets  de  sang  qui  y  sont  toujours  injectés  dans  l'état  nor- 
mal. —  Es  gama,  en  parlant  des  personnes,  il  a  un  goitre. 

Ce  mot  dériverait-il,  comme  on  l'a  dit,  du  lat.  Camelus, 
chameau,  à  cause  des  bosses  que  cet  animal  porte  sur  le 
dos?  Allusion  par  similitude. 

Gamachado  ou  Gamatado,  s.  f.  Augée,  plein  une  auge 
de  mortier;  contenu  d'une  auge  de  maçx)n. 

Gamacho  ou  Gamato,  s.  f.  Auge  de  maçon,  espèce  de 
caisse  non  couverte  dans  laquelle  les  manœuvres  viennent 
déposer  le  mortier  qu'ils  apportent  sur  la  planche  ou  dans 
l'oiseau,  et  où  les  maçons  gâchent  aussi  le  plâtre. 

Dér.  du  lat.  Gabata  ou  Camélia,  jatte,  écuelle. 

Gambéja,  v.  fréq.  Gambiller;  remuer  les  jambes  de  côté 
et  d'autre;  aller  clopin-clopant. 

Dér.  de  Cambo,  par  permutation. 

Gamhîo,  adj.  de  tout  genre.  Boiteux;  bancal;  cagneux; 
qui  marche  à  cloche-pied. 

Game  ou  Larda,  s,  m.  Espèce  de  raisin  blanc  hâtif  :  à 
part  sa  précocité,  il  est  très-fertile  et  donne  beaucoup  de 
belles  grappes  ;  ses  grains,  très-serrés,  sont  blancs,  ronds, 
assez  croquants  ;  il  se  conserve  longtemps.  La  feuille  est 
assez  grande,  pas  trop  découpée  ;  le  bois  rond  et  tendre. 
On  fait  rarement  du  vin  de  Game  seul,  parce  qu'on  en  tire 


376 


GAN 


GÂO 


meilleur  parti  en  vendant  cette  espèce  comme  raisins  de 
table. 

Le  Game  nigre,  variété,  est  un  cep  des  plus  robustes. 
Il  demande  un  bon  terrain.  Il  est  bon  de  le  connaître  à  la 
taille  et  de  le  charger  beaucoup  en  bois;  alors  il  donne  de 
très-belles  grappes  ;  les  grains  sont  gros,  noirs,  ronds,  bien 
fleuris.  II  donne  un  vin  très-foncé.  Beaucoup  de  bois,  ten- 
dre, très-coudé  :  les  yeux  sont  gros,  feuille  grande  aussi, 
peu  découpée  et  d'un  vert  très-foncé. 

Gamégno,  s.  f.  Grive  rouge-aile,  mauvis,  roselle,  Tur- 
du»  iliacus,  Linn.,  oiseau  de  Tordre  des  Passereaux  et  de  la 
fam.  des  Crénirostres.  Cette  grive,  la  plus  petite  de  la 
famille,  est  une  des  meilleures  à  manger.  Le  dessus  du 
corps  gris  olivâtre  ;  couverture  inférieure  des  ailes  et  flancs 
rougeâtres;  ventre  blanc  pur;  vingt-deux  centimètres  de 
long  ;  n'arrive  qu'en  automne  pour  disparaitne  en  novem- 
bre. Cette  espèce  voyage  par  bande  et  par  vols. 

Gamèlo,  s.  f.  Gamelle;  grande  soupière  de  paysans.  — 
Manja  à  la  ^mèlo,  puiser  au  même  plat  comme  les  sol- 
dats; être  à  l'ordinaire  des  soldats. 

Dér.  du  lat.  Camélia,  grand  vase  de  bois. 

Gamije,  $.  f.  Gamme  ou  game,  goitre  des  moutons; 
maladie  du  foie  chez  les  moutons  ;  commencement  de  dis- 
solution. 

Dér.  de  Gama. 

Gamo,  «.  f.  Gamme,  échelle  des  notes,  des  tons  et  des 
sons  en  musique.  —  Se  prend  au  fig.  dans  quelques  locu- 
tions qui  existent  aussi  en  fr.  —  Té  vôou  dire  ta  gamo,  tu 
vas  entendre  tes  vérités.  Li  cantè  uno  gamo,  il  lui  chanta 
une  gamme,  il  lui  débita  des  injures.  A  pas  la  gamo,  il  n'a 
pas  le  fll,  il  manque  de  savoir-faire,  il  n'a  pa»  de  ruse. 
Avédre  la  gamo,  connaitre  la  rubrique,  avoir  la  clé,  le 
truc. 

Empr.  au  fr.  Gamme,  m.  sign.;  mais  bien  reçu  et  bien 
vu. 

Gan,  s,  m.  Dim.  Gané,  Gant,  vêtement  qui  couvre  la 
main  et  les  doigts  séparés. 

Dér.  du  lat.  Vagina,  gaine. 

Ganacho,  s,  f.  Longue  robe  de  laine  ou  de  tricot,  sorte 
de  chemisette,  que  les  femmes  portent  par-dessous,  et  les 
enfants  de  paysans  par-dessus,  jusqu'à  un  âge  souvent 
avancé  et  ridicule  pour  les  petits  garçons. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Guanaeum,  la  tunique  des  anciens 
Gaulois. 

Ganaro,  ».  f.  Dim.  Ganaréto:  péj.  Ganar<u»o.  Ivresse; 
état  d'ivresse,  de  délire,  de  demi-aliénation  que  produisent 
des  libations  prolongées. 

Dér.  d  i  lat.  Ganêa,  cabaret. 

Gandaia,  v.  Battre  le  pavé;  faire  le  fainéant,  le  marau- 
deur. 

Dér.  probablement  de  l'ital.  Andare,  aller. 

Gandar,  «.  m.  Dim.  Gandardi,  Gandardoù;  pejor., 
Gandarda».  Batteur  d'estrade;  gamin  renforcé;  dévergon- 
dé; maraudeur. 


Gandi  (Se),  v.  Arriver;  être  rendu  au  but  d'un  voyage^ 
d'une  course;  se  rendre;  toucher  au  but. 

Gandolo,  »,  f.  Terrain  plus  bas  et  à  bords  relevte, 
comme  le  serait  le  lit  d'un  torrent  desséché;  gondole,  en 
terme  de  ponts-et-chaussées,  rigole  pavée  et  fort  adoucie 
qui  coupe  à  angle  droit  une  route,  pour  le  déversement 
des  eaux  pluviales  dans  les  fossés  latéraux. 

Gandouèso,  ».  f.  Faribole;  sornette;  gaillardise;  dis- 
cours un  peu  graveleux. 

Se  ressent  dans  son  étym.  de  l'idée  de  Gandar. 

Gandré,  adv.  Assez;  en  assez  grande  quantité;  passa- 
blement. —  É»  gandré  iuên,  c'est  assez  loin. 

Gangasaa,  v.  Secouer;  ébranler;  agiter  fortement. 

Dér.  du  lat.  Conqua»»are,  m.  sign.,  par  la  permutation 
de  l'articulation  C  en  G. 

Gangassado,^.  f.  Secousse;  ébranlement;  frottée;  mau- 
vais traitements. 

Ganl,  s.  m.  Canif,  instrument  tranchant,  à  lame  étroite, 
qui  sert  à  tailler  les  plumes. 

Corrupt.  du  fr. 

Ganaa,  v.  Faire  une  ganse;  retaper  les  chapeaux  tii- 
comes,  seuls  portés  autrefois,  à  qui  on  faisait  prendre  cft 
tenir  cette  forme  au  moyen  de  petites  agrafes  et  ganses 
intérieures.  Par  ext.  empoigner;  saisir;  arrêter.  —  V€Bh 
ganta,  on  l'a  arrêté,  écroué. 

Ganao,  ».  f.  Ganse,  nœud  de  ruban,  boucle  ou  anneaa 
d'un  cordon,  d'une  agrafe. 

Dér.  du  lat.  An»a,  anse,  poignée. 

Ganto,  s.  f.  Oie  sauvage,  An»er  «e^tim^Temm.  Oiseau 
aquatique,  de  l'ordre  des  Palmipèdes  et  de  la  fam.  des 
Serri rostres;  plumage  cendré  ;  vivant  par  troupes  dans  le 
Nord ,  de  passage  rapide  dans  nos  contrées.  —  Ce  nom 
s'applique  aussi  à  la  grue  et  à  la  cigogne.  —  Vôou  mai  mi 
âou»»èl  à  la  man  qu'uno  ganto  en  l'air,  prvb.,  mieux  vaut 
moineau  dans  la  main  qu'une  grue  qui  vole. 

Ganto,  qui  n'est  plus  guère  connu  sons  cette  acception, 
l'est  e|[Core  beaucoup  dans  le  style  bas  et  ordurier  comme 
synonyme  de  femme  de  mauvaise  vie. 

Pline  dit  que  les  Germains  appelaient  les  oies  Ganxœ  on 
Hantœ.  En  allem.  Ganx,  oie. 

Gâoa,s.  m.  Envie;  joie;  plaisir;  aise;  hasard  heureux. 
—  Aquà  ti  faï  gâou,  cela  te  donne  envie.  Varjén  ma  féi 
pa»  gâou,  l'argent  ne  me  tente  pas.  Kéê  mé  fax  pa»  gàom, 
je  suis  dégoûté  de  tout;  rien  ne  me  sourit;  les  meilleurs 
morceaux  me  sont  fastidieux.  Aguèn  gran  gâou  di  ti'èftn 
déforo,  nous  fûmes  fort  heureux  d'en  être  dehors.  Manjam 
dé  pan  bru  et  grand  gdou  dé  n'avé,  nous  mangeons  da 
pain  bis  et  fort  heureux  d'en  avoir! 

Dér.  du  lat.  Gaudium,  joie. 

Gâoubi^  ».  m.  Biais;  adresse;  maintien.  —  Foy.  Èm* 
gdouln. 

Gâouche,  g&oncho,  adj.  Gauche;  maladroit!  gteé: 
contraint;  taillé  de  travers;  un  corps  sphêriqne  ou  cylin* 
drique  dont  la  circonférence  est  fausse.  —  La  gâomcke. 


GAO 


GAR 


377 


U  main  gauche.  A  gdoueho,  à  gauche.  A  mon  gàoueho,  du 
côté  gauche. 

Dér.  du  gr.  Tctuad^,  oblique. 

Gâouchè,  gâouchèlro,  adj.  Gaucher;  qui  se  sert  de 
piéférence  de  la  main  gauche  au  lieu  de  la  droite,  dans  les 
exercices  des  bras  et  des  mains.  —  Voy.  Dréchè. 

Gâongno,  s.  f.  Ouïes  des  poissons;  glandes  derrière  les 
oreilles  de  l'homme;  les  parties  latérales  des  joues,  les 
parotides.  Par  ext.  trogne,  visage. 

On  a  dit  que  ce  mot  était  ligurien,  et  d'autres  celtique; 
mais  le  grec  a  Févuc,  menton,  m&choire,  et  rviOoç,  joue, 
mâchoire,  bouche;  et  le  lat.  Gêna,  joue.  Viendrait-il 
aussi  de  là  ;  et  ne  Tavons-nous  que  de  troisième  main  ? 

GâoQJa,  s.  m.  n.  pr.  de  lieu.  Gaujac;  nom  commun 
dans  le  Gard  à  plusieurs  localités,  notamment  dans  les 
cantons  d'Andu2e,  de  Bagnols,  de  Beaucaire,  de  Vézeno- 
bres,  du  Vigan.  Le  latin  des  cartullaires  anciens  désignait 
uniformément  ces  quartiers,  ces  agglomérations  devenues 
des  communes,  parle  nom  de  Gaudiacum.  La  forme  Gdou- 
jargue,  Gaujargues,  hameau  du  canton  de  Gavillargues, 
représentée  par  le  lat.  en  924,  par  Ananica,  et  en  965,  par 
Villa  Agnaniga,  est  une  variante  remarquable  à  rapprocher 
de  Gâouja.  —  Ce  que  nous  avons  dit  du  mode  d'emploi  et 
des  fonctions  des  désinences  suffixes  simplifie  beaucoup  ce 
qu'il  y  aurait  à  rappeler  au  sujet  de  la  transformation  des 
noms  quand  ils  ont  passé  du  latin  au  roman  et  du  roman 
au  languedocien.  Ici  l'identité  est  sensible  et  les  terminai- 
sons offrent  de  frappantes  analogies.  Le  radical  Gàou  tra- 
duisant le  lat.  Gaudium,  que  vient  adjectiver  la  finale  a, 
argué  ou  ac,  du  lat.  Gaudiacum,  Gaudianiea,  formés  de 
GavisuM,  Gaudiosus,  indique  le  caractère  significatif  des  dé- 
nominations. Mais  ces  variétés  de  désinences  se  confondant 
dans  la  signification,  il  semble  que  l'ingénieuse  interpréta- 
tion de  argue  par  le  lat.  Ager,  et  toutes  ces  origines  patri- 
ciennes qu'on  en  voulait  déduire,  se  trouvent  singulière- 
ment écartées.  Nous  en  citerons  d'autres  exemples  :  celui-ci 
méritait  qu'on  s'y  arrêtât.  Nous  nous  contenterons  même 
de  la  remarque,  sans  chercher  les  analogies  avec  d'autres 
noms  propres  qui  paraissent  aussi  venir  de  la  même  source, 
et  que  représente  au  moins  la  même  appellation  latine 
Gaviiuê  ou  Gaudiosus,  comme  Gàoussén,  Gaussen,  Gaus- 
saint  ;  Jaujac,  Gaiac,  Gailhac,  etc. 

Gâonjé,  5.  m.  Souci  des  champs,  Caltha  arvensis,  Linn., 
plante  de  la  fam.  des  Composées  Corymbifères,  commune 
dans  les  champs. 

Son  nom  est  sans  doute  une  altération  dimin.  de  Câou- 
thê,  qui  n'est  pas  droit,  parce  que  les  semences  du  centre 
de  sa  fleur  sont  courbées  en  arc. 

Gâoujoimo  ou  Gâoujouao,  s.  f.  Sorte  de  châtaigne,  la 
plus  abondante  et  la  plus  productive  dans  les  basses  Cé- 
vennes,  mais  la  plus  retardée  :  moyenne  grosseur;  a  besoin 
d'humidité  et  aime  les  vallons,  près  des  ruisseaux;  ne 
craint  pas  les  brouillards;  se  dépouille  facilement  lors- 
qu'elle est  sèche  :  feuilles  arondies  ou  ovales. 


Gâonjoùs,  s,  m.  Espèce  de  châtaignier  qui  produit  la 
châtaigne  dite  Gâoujouso. 

En  vieux  lang.  ce  mot  était  adj.  formé  de  la  bass.  lat. 
Gaudiosus,  joyeux,  enjoué,  gai,  agréable;  il  est  devenu 
nom  propre  rendu  en  fr.  par  Gaujoux. 

Gâoujouso,  «.  f.—  Voy.  Gâoujouno. 

Gâoula,  V.  Jabler  un  tonneau;  faire  le  jable  des  douves. 

Gâoule,  s.  m.  Jable  d'un  tonneau,  d'une  cuve  ;  rainure 
des  douves  dans  laquelle  le  fond  s'enchâsse. 

Ç^  mot  est  une  corrupt.  du  fr.  Jable,  ou  iKa  une  origine 
commune  avec  lui. 

Gâoutam,  udo,  adj.  Joufflu,  moufflard;  qui  a  de 
grosses  joues  rebondies. 

Dér.  de  Gâouto. 

Gâoutas,  s,  m.  Soufflet;  coup  sur  la  joue. 

Gâoutiè,  n.  pr.  d'homme.  Au  fém.  GdouWèïro.  Gautier. 

—  En  langue  romane,  signifiait  bûcheron,  forestier  :  de  la 
bass.  lat.  Gatterius;  en  v.  fr.  Gaultier,  homme  des  bois, 
venant  de  Gault  ou  Gaude,  forêt,  qui  était  chez  nous 
Gâoudo,  On  voit  la  pépinière  qui  s'est  formée  et  les  va- 
riétés analogues,  Gaulthier,  Gauthier,  Gautier,  Galtier, 
Gaude,  Waltier,  Walter,  etc.  Le  radical  primitif  est  dans 
le  saxon  Gaud  ;  en  allem.  Wald ,  en  angf.  Wood,  bois, 
forêt. 

Gâoutiinas,  5.  m.  Gros  soufflet  sur  la  joue.  —  Appar- 
tient au  dialecte  gascon;  mais  trôs-bien  reçu  comme  augm. 
de  Gâoutas. 

Gâouto,  s.  f.  Dim.  Gâoutéto;  péj.  Gâoutasso.  Joue,  partie 
latérale  de  la  figure;  aspect  d'une  montagne  d'un  certain 
côté  ;  penchant  particulier  d'une  terre. 

Dér.  du  gr.  rvaOoç,  mâchoire,  bouche,  ou  du  lat.  Gêna, 
joue.  En  ital.  Guancia,  m.  sign. 

Gâontu,  udo,  adj.  Joufflu;  qui  a  de  grosses  joues; 
moufflard. 

Gara,  s.  m.  Dim.  Garaché;  augm.  Garaehas.  Guéret» 
jachère;  terrain  labouré  pour  être  ensemencé;  terrain  en 
jachère.  —  Li  fôou  donna  un  bon  gara,  il  faut  donner  un 
labour  bien  profond.  Aquél  âoubre  a  pas  prou  dé  gara,  cet 
arbre  n'est  pas  labouré  assez  au  large,  c.-à-d.  le  rond,  le 
carré  ou  l'allée  de  terrain  qui  doivent  être  labourés  autour 
de  son  pied  ne  sont  pas  assez  larges.  LaUsa  en  gara, 
laisser  une  terre  en  jachère. 

Dér.  du  lat.  Varatrum,  m.  sign. 

Gara,  v.  Otcr;  enlever;  tirer;  prendre  garde;  garantir. 

—  Garo'té  d'aquï,  ôte-toi  de  là.  Garo  davan/  Gare  devant» 
prends  garde  à  ce  qui  est  devant. 

Il  est  évident  que  l'impér.  fr.  Gare,  gare,  comme  le 
nôtre  Garo/  garo/  vient  de  Gara  et  non  de  garer  ni  de 
garde,  ainsi  que  le  prétendent  certains  académiciens. 

Garacha,  v.  —  Voy,  Agaraeha, 

Garalata,  v.  —  Voy.  Éngarafata. 

Garafo,  s.  f.  Carafe,  bouteille  de  verre  blanc,  à  large 
goulean,  destinée  à  contenir  de  l'eau. 

Empr.  au  fr. 

48. 


878 


6ÂR 


GAR 


GaraTÔsso,  s.  f.  Expression  populaire  el  fort  ancienne, 
qjà  est  usitée  seulement  pour  dire  :  PéU  di  garavéuo,  pays 
sec,  aride,  stérile. 

Gorrupt.  de  Gallovèse,  canton  de  la  Champagne  Pouil- 
leuse, dont  le  terrain  est  de  craie  et  les  habitants  misé» 
lables. 

Garbéja,  v,  fréq.  Être  abondant  en  gerbes;  engerber  ; 
ramasser  les  gerbes,  les  apporter  du  champ.  —  Aquélo 
tèro  a  bien  ffQrbéja,  cette  terre  a  fourni  beaucoup  de 
Ijwnes* 

Dér.  de  Garbo. 

Garbèlo,  s,  f.  Résille,  réseau  dans  lequel  en  Espagne,  et 
aujourd'hui  en  France  comme  autrefois,  parait-il,  les  fem- 
mes renferment  leurs  cheveux  ;  nasse,  espèce  de  filet  ou 
de  poche  à  double  capuchon  dont  Tun  entre  dans  l'autre 
et  qu'on  place  à  l'issue  de  la  rigole  de  fuite  d'un  ruisseau 
après  qu'on  l'a  endigué  au  moyen  de  ce  qu'on  nomme  une 
Tarido,  pour  faire  passer  toute  son  eau  par  cette  ouver- 
ture assez  étroite,  fermée  entièrement  par  ce  filet. 

Garbièûro,  s,  f.  Dim.  GarhiëiroU.  Gerbieren  général; 
qiédalement  ceux  qui  sont  montés  en  forme  de  pyramide . 
Les  gerbiers  construits  sous  forme  de  prisme  se  nomment 
Cavale.  —  Voy.  c.  m. 

Garbil,  s.  m.  Grabuge;  querelle;  noise. 

En  ital.  Guarbuglio,  m.  sign. 

Garbo,  i .  f.  Dim.  Garbéto.  Gerbe,  petit  faisceau  de  blé 
coupé  et  lié. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Garba,  m.  sign. 

Sariknje,  f.  m.  Grabuge.  —  GarbU  est  mieux  et  trôs- 
pur. 

Empr.  et  corrupt.  du  fr.  que  son  inversion  franekimande 
d^uise  mal  et  qui  a  cependant  trouvé  grâce  auprès  de 
quelques-uns. 

Garço,  s.  f.  Dim.  Garcéio,  —  Expression  ii^nrieuse 
pour  une  femme,  sans  qu'elle  spécifie  cependant  contre 
eUe  une  accusation  déterminée.  Ce  mot,  dans  l'origine, 
n'était  que  le  fém.  de  Garçoà,  et  il  avait  la  même  dériva- 
lion;  mais,  comme  en  fr.,  il  a  perdu  son  innocence  et  sa 
première  signification. 

Garçoù,  f.  m.  Dim.  Garçouné;  péj.  Garçounas.  Gar- 
fon,  enfant  mâle;  fils;  garçon  de  caifé,  d'hôtel  ou  d'au- 
berge. —  FaXrg  lou  garçoù,  faire  le  viveur.  Un  tâou  ma- 
Hdo  soun  garçoù,  un  tel  marie  son  fils.  Bé  vèn  quan  gar- 
§oà  vèn,  s'uno  fïo  naV,  bé  s'en  vaV^  dicton  qui  fait  consister 
k  richesse  et  la  fortune  des  paysans  à  avoir  plus  de 
larçons  que  de  filles. 

L'étymologie  est  très-contestôe  :  on  a  invoqué  le  cel ti- 
que Gareio,  m.  sign.;  l'allem.  Karl,  grand,  fort,  vigou- 
reux; l'espag.  Varo,  homme,  formé  du  lat.  Vira,  ablatif 
de  Ftr.  Autrefois  on  écrivait  Warpou,  la  permutation  s'est 
faite  depuis.  L'arabe  dit  Gnr,  gari,  pour  jeune  homme 
Taillant,  audacieux,  d'après  Court  de  Gébelin;  en  persan, 
Garan  signifie  fille  et  femme;  en  bas-breton,  Gu^re'h, 
jeune  fille.  En  vieux  fr.  le  nominatif  était  Gan,  conservé 


encore  en  style  fam.,  et  le  régime  Gardon.  Toute  difficulté 
n'a  pas  disparu  :  l'incertitude  reste. 

Garçouné]a,  v.  fréq.  Garçonner,  en  parlant  d'une  jeane 
fille;  fréquenter,  aimer  les  garçons. 

Garçounièiro,  i.  /".  Garçonnière;  se  dit  d'une  jeone 
fille  qui  fréquente  les  garçons,  qui  en  a  les  manières. 

Gtfda,  V,  Garder;  tenir,  avoir,  prendre  sous  sa  gaide; 
conserver;  préserver;  garder  un  troupeau;  surveiller,  gar- 
der une  propriété  en  qualité  de  garde-champètre;  ne  pas 
quitter;  ne  pas  perdre  ;  ne  pas  se  dessaisir;  ne  pas  révéler; 
rester. 

Se  garda,  se  conserver;  se  donner  de  garde;  s'abstenir, 
s'éloigner. 

Garda  la$  cabros,  au  jeu  de  la  balançoire,  c'est  être  an 
haut  de  la  partie  qui  est  élevée,  et  y  être  retenu  par  votre 
associé,  qui  pèse  sur  le  bas  pour  vous  faire  garder  cette 
position  :  au  fig.  faire  sécher  d'impatience;  tenir  la  dragée 
haute.    Garda  Véscampi,  avoir  la  dé  des  champs,  être 
fugitif.  Ai  garda  un  anUu  fèbre»,  j'ai  eu  la  fièvre  d'accès 
pendant  une  année.  Diou  vous  en  gardé.  Dieu  vous  en 
préserve.  Dé  marido  fénno  gardo  té,  eC  dé  la  bono  noun 
t'en  fises,  prvb. ,  de  mauvaise  femme  garde-trâ  et  k  la  bonne 
ne  te  fie.  La  pôou  gardo  lai  vignot,  prvb.,  la  défiance  est 
mère  de  la  sûreté.  T'en  gardaraï  bé,  je  saurai  bien  t'en 
faire  passer. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Wardare,  m.  sign. 

Gardaje,  s,  m.  Action  de  garder  un  troupeau;  frais  de 
cette  garde;  particulièrement,  pâturage,  paccage. 

Gardéja,  t>.  fréq.  de  Garda,  Faire  le  guet;  avoir  l'œil 
au  guet;  surveiller. 

Gardian,  s,  m.  Gardien  ;  qui  garde  aux  pâturages  com- 
muns les  chevaux,  les  mules  d'un  village;  gardien  des 
chevaux  et  bœufs  sauvages  des  marais;  gardear. 

Gardiano,  $.  f.  Dim.  Gardianéio,  Bonne  on  garde  d'en- 
fant. 

Gardio,n. pr.de  lieu  et  de  personne.Gardiea  en  fr.traduo- 
tion  littérale.  -—  Le  mot  prend  presque  toujours  en  fr.  cette 
forme  du  pluriel;  le  lang.  au  contraire  fait  la  distinction 
des  deux  genres.  Quoi  qu'il  en  soit,  il  appartient  à  cette 
&mille  qui  a  donné  le  suivant  et  ceux  qui  précèdent,  qui 
se  retrouvent  dans  la  bass.  lat.  avec  la  variante  de  Gorda 
et  Warda,  Gardia,  Guardia,  Wardia,  Wardum,  qui  ont 
fourni  le  verbe  et  les  divers  composés  subat.  on  a^î. 

Comme  n.  pr.  il  désigne  donc  les  localités,  assea  nom- 
breuses partout  et  dans  notre  département  en  partknlisr, 
appelées  encore  :  La  Garde,  LesGardelles»  La  Garde-Hage, 
La  Gardette,  La  Gardie,  Les  Gardies,  La  Gardiole,  q« 
devaient  être  des  postes  d'observation,  auxquels  cette  dis- 
tinction et  leur  situation  élevée  avaient  fait  appUqnir  ts 
nom  significatif.  On  sait  que  très-anciennement  c'était  par 
de  semblables  établissements  sur  les  hauteurs  que  le  pays 
veillait  â  sa  défense  :  on  ne  pouvait  choisir  que  des  éléva- 
tions pour  correspondre  ou  observer  de  plus  loin.  Les  deux 
idées  de  garde  et  de  hauteur  devaient  se  confondre,  et 


GâR 


GAR 


379 


elles  s'exprimaient  par  le  même  radical.  Ce  radical  pri- 
mitif devait  d'abord  représenter  la  situation,  avant  de  s*in- 
fléchir  à  ce  qne  comportait  cette  situation  même.  En  effet, 
Gart  on  Garth  en  celtique  veut  dire  :  sommet,  cime,  lieu 
escarpé  et  élevé  ;  dans  les  idiomes  néo-celtiques,  il  en  est 
de  même:  War,  sur,  dessus;  Bar,  Barr,  sommet,  en  bas 
breton;  Garth,  Gart,  mont,  roc,  en  gallois.  L'élévation 
est  le  point  le  plus  favorable  pour  observer  et  pour 
garder. 

Mais  on  va  remarquer  dans  un  autre  nom  propre,  celui 
de  Gardait,  Gardon,  les  mêmes  nuances  de  composition, 
en  lat.  Guardo,  Wardo,  Gartum,  Garda.  Le  mot  est  évi* 
demment  identique  et  trahit  la  même  origine  radicale. 
D'où  cette  aflSnité  a-t-elle  pu  lui  venir,  sinon  de  Gart, 
Garth,  Ward,  celtique,  sommet,  hauteur,  roc,  montagne; 
et  de  l'indication  caractéristique  des  lieux  élevés  où  le 
Gardon  prend  ses  sources?  Ces  rapprochements  sont  assez 
autorisés  par  la  similitude  des  noms  et  très-rationnels. 

Gardo,  5.  m.  Garde;  garde-champêtre;  tout  fonction- 
naire préposé  à  la  garde  de  quelque  chose;  sentinelle; 
gardien. 

Gardo,  s.  f.  Garde;  conservation,  protection,  surveil- 
lance; guet;  défense;  force  armée  qui  fait  la  garde;  milice 
à  ce  préposée.  —  Se  prend  dans  presque  toutes  les  accep- 
tions multiples  du  fr.  —  A  la  gardo  dé  Diou,  Dieu  merci; 
grâces  à  Dieu;  va,  j'y  consens.  Jtasins  dé  gardo,  raisins 
qui  se  conservent.  Chi  dé  gardo,  chien  de  garde.  À  la 
garda/  au  secours  !  Souna  la  gardo,  appeler  la  garde,  le 
guet.  Mounta  la  gardo,  faire  le  guet,  attendre,  être  de 
faction,  surveiller,  guetter.  Mounta  sa  gardo,  faire  son 
service  de  milice  citoyenne.  D avala  la  gardo,  descendre 
la  garde;  mourir,  trépasser.  Li  mounta  uno  gardo,  il  lui 
fit  de  vifs  reproches.  Prén  gardo i  prends  garde!  fais  atten- 
tion. 

Gardo-manja,  $.  m.  Pot  de  terre,  bas  et  large,  dont  un 
couvercle  emboîte  Torifice,  et  ayant  ordinairement  des 
pieds,  comme  une  marmite,  à  qui  il  ressemble  beaucoup, 
pour  pouvoir  être  chauffé  par-dessous  ;  il  sert  à  faire  des 
étuvées  do  viande,  du  bœuf  à  la  mode,  que  l'on  appelle 
Èstoufa.  Ce  n'est  qu'en  déviant  de  sa  vraie  et  légitime 
signification  que  Gardo-manja  en  est  venu  à  se  dire  aussi 
pour  Garde-manger,  qui  s'entend  d'une  espèce  de  cage  ou 
châssis  garnis  de  canevas  pour  conserver  les  aliments. 

Gardo-ràoubo,  s.  f.  Armoire,  grande  ou  petite,  en  forme 
de  buffet,  destinée  à  serrer  les  bardes,  le  linge;  sorte  de 
fourreau  de  toile,  ou  de  robe  par-dessus,  que  l'on  met  aux 
enfants  sur  leurs  habits  pour  les  protéger. 

Gardoù,  ê.  m.  n.  pr.  de  rivière.  Le  Gardon  ou  le  Gard, 
qui  a  dpnné  son  nom  à  notre  département.  Jl  se  compose 
de  divers  afiluents,  partant  tous  des  Cévennes,  qui,  sous 
la  désignation  de  Gardon  de  Mialet,  Gardon  de  Saint- Jean, 
Gardon  d'Anduse  et  Gardon  d'Alais,  se  trouvent  réunis 
au  pont  de  Ners  et  vont  se  jeter  dans  le  Rh6ne  sur  le  ter- 
Titoire  de  la  commune  de  Comps. 


Pour  la  plupart  des  Cévenols,  Gardon  est  devenu  syno- 
nyme de  rivière.  —  Ana  in  Gardoù  veut  dire  :  aller  k  la 
rivière  ;  lou  vala  sémblo  un  Gardoù,  le  ruisseau  semble  una 
rivière.  Ces  expressions  sont  employées  par  les  indigènes 
alors  même  qu'ils  sont  dépaysés  et  qu'ils  veulent  parler 
de  rivières  fort  éloignées  du  Gardon.  Sauvages  nous  a 
transmis  une  naïveté  assez  curieuse  d'un  domestique  céve- 
nol qu'il  avait  emmené  à  Rome,  et  qui,  étant  resté  dehors 
plus  qu'il  ne  devait,  répliqua  pour  sa  justification  :  AviM 
toumba  moun  capèl  din  Gardoù,  j'avais  laissé  tomber  mon 
chapeau  dans  le  Gardon,  tandis  qu'il  était  sur  un  pont  da 
Tibre. 

Il  est  inutile  de  parler  du  Pont  du  Gard  à  propos  da 
Gardon.  Personne  n'a  besoin  de  nouvelle  description  da 
cette  merveille  archéologique  et  personne  n'ignore  qu'il  est 
placé  sur  le  Gardon. 

Ce  nom  a  subi  plusieurs  variantes  dans  son  orthographe. 
Sidoine  Apollinaire  l'appelle  Vardo;  Ruricins  Guardo; 
Théodulphe,  Gardo  et  Wardo;  Catel,  le  grand  Gumrdom. 
M.  Germer-Durand  cite  un  cartullaire  de  Notre-Dame  da 
Nîmes  qui  porte,  en  984,  Quardones;  eu  1096,  Galdonê, 
dans  rilistoirc  du  Languedoc,  Vardo,  en  41o0;  Gartum, 
en  4  456,  Gardo,  en  42G2,  dans  la  Gall.  chrUt.  C'est  cette 
dernière  forme  qui  a  prévalu.  —  Voy.  pour  l'ôtym.  Gardio. 

Gardounado,  s.  f.  Inondation,  débordement  du  Gardon. 
—  Les  inondations  du  Gardon  sont  malheureusement  très- 
fréquentes  :  il  ne  se  passe  presque  pas  d'année  sans  qu'une 
crue  subite,  à  la  suite  d'un  orage  ou  de  pluies  dans  les 
montagnes  au  nord  d'Alais,  ne  fasse  déborder  ses  eaux  qui 
envahissent  et  ravagent  les  riches  prairies  sur  ses  rives. 
Mais  le  torrent  ne  cause  pas  toujours  des  désastres;  et  on 
ne  conserve  la  mémoire  que  des  plus  terribles  Gardam- 
nados,  qui  ont  le  caractère  de  malheurs  publics.  Dans  cette 
liste  sinistre,  il  faut  inscrire  celle  du  40  septembre  4604, 
qui,  au  rapport  des  chroni(](ùes  municipales,  dura  environ 
cinq  heures,  et  par  lequel  c  déluge,  ravage  et  desborda- 
ment  d'eaux,  les  habitants  de  la  ville  ont  plus  souffert  de 
pertes  qu'ils  n'ont  fait  durant  les  guerres  civiles,  prise  et 
reprise  d'icelle  et  peste  qui  y  a  esté.  » 

L'invasion  de  la  rivière  qui  a  laissé  le  plus  profond  sou- 
venir dans  toute  la  population,  fut  celle  du  45  septembn 
4  744 .  On  la  désigne  encore  sous  le  nom  de  Déluge  d'Alais. 
Les  eaux  atteignirent  les  premières  marches  de  Tescalier 
du  perron,  sous  le  clocher  de  l'église  cathédrale. 

Dans  la  nuit  du  3  au  4  octobre  4768,  la  ville  et  ses 
faubourgs  furent  encore  envahis. 

Du  29  au  30  septembre  4845,  le  fléau  lut  plus  terrible, 
et  si  le  débordement  des  eaux  n'atteignit  pas  tout  à  fait  la 
niveau  de  4744,  les  ravages  dans  la  ^le  furent  plus  ooii- 
sidérables,  car  la  prospérité  y  était  plus  grande;  les  pio- 
priétés  rarales  souffrirent  beaucoup. 

Les  crues  de  4826, 4827  et  4834  ont  offert  à  peu  pièi 
le  même  niveau.  Elles  ont  été  dépassées  par  l'inondatioD 
du  20  septembre  4846,  dont  le  souvenir  néfaste  ne  s* 


ccra  pas  >lo  loi.f 

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Gargoutiè,  s.  m.   Au  lOm.  Gargoutièïro.  Cargnlier; 
Gorjuil,  V.  >,t.  i;ii.:iijf.'ii. !;.■■':  lio^iHliiui;   im'M)luUiin  : 

Cii-i,,    ,.,    <ii.-.i-,i;   r.U  .!■■  ^T-iu^'/,  J(,:î  M(((rH,I.mii,, 

I.    1,1  .i    1,    .i   ,.-,:■  Il  ,;i-.-  iImI.-.  (■   |.K-'I.  il   ii'.us  viotil 


Gargai.iiiû ,  >.  /,  l  i 


Gartjaiis.i,  r 

bliUvilL.   (,■  J.'.-l-l 


Gargai 


Gargamûio,  v  /  C  . 
Gargalù,  >.  '«  Lui.  - 
Gai'yaLu  (ù  ih;,  ..  ..- 

Ihv'-f;    t-'M    i...,i.'    .!>,;, 

c-a-d.    Miiv    t ;.,■,    !,■ 

WldlVM.l.-i-d M... 


■  lui 


Lu   di'b   a\,Liil,.^.->  d'   iM.ir.  „  ;.'  :i..j'i:-.  .■>!  d, ..■!,-, 

salulaire  sii  suif  ot  d.;  niiMnliir  iilu-  i.-.ii!i|ilrli; ni  liiil,'- 

rieurdu  pahis. 

GargotO,  a.  f.  Diin.  Cari/jnicio;  |vj.  «oiyuHfaiJo.  Gar- 


/i"i.ij.  .  „li  .i-  -;i  <|ti'ii>'iiilli'.   liiniir  -le  rai/ii'iruï,  empailler 
a,  =  11,  ,1-  ■-,   i;<u.,,  U.„  l,„t.  ivm(ilir  dl.uik  la  lampe. 


Garnimcn , 


.  Gai'jiiluix'  tie  lit;  tenture,  rideaux. 


GÂS 


GAV 


381 


courtines,  ciel  de  lit,  etc.  —  Ne  se  dit  point  des  matelas, 
draps  et  couvertures. 

Qaniimén,  j.  m.  Garnement,  mauvais  sujet;  libertin; 
méchant  garnement. 

Gamos ,  «.  ^.  plur.  Tranches  de  pommes  ou  de  poires 
sôchées  et  conservées  l'hiver  pour  tisane. 

Gare,  ».  f.  Mâchoire;  grosse  et  large  mâchoire:  joue 
enflée  par  inflammation  des  amygdales;  bajoue,  partie  delà 
tôte  depuis  Vœil  jusqu'à  la  mâchoire. — Se  dit  d'un  cochon. 

Gare,  inierj.  Gare  :  prenez  garde,  laissez  pass»^r. 

Contraction  de  Gara-vous,  ùtez-vous  de  là,  ou  impér. 
du  V.  Gara. 

Gares,  5.  f.  plur.  Écrouelles,  humeurs  froides  avec 
tumeurs  à  la  gorge,  aux  glandes. 

Par  allusion  tirée  de  Garo,  grosse  joue  eiifl«V. 

Gam,  gamdo,  a'Ij.  Fort;  robuste;  grossi(^remenl,  mais 
solidement  charpenté.  —  Ne  se  dit  que  des  personnes. 

Ganissièîro,  s.  f.  Terre  ou  bois  garai  de  buissons,  de 
broussailles,  qui  ne  s'élèvent  pas  :  c'est  ce  qui  arrive  d'or- 
dinaire aux  terrains  maigres,  dont  on  abandonne  la  cul- 
ture et  qu'on  livre  au  pâturage  des  bestiaux. 

Dér.  du  celt.  Gari,  qui  a  formé  Garigo,  dont  celui-ci 
est  une  sorte  de  variante.  ' 

GaB,s.  m.  Gué  d'une  rivière,  endroit  où  ellt^  est  guéablo. 
—  A  manqua  lou  gas,  au  fîg.  il  a  fait  fausse  route;  il  est 
empêtré,  embourbé. 

Dér.  du  la  t.  Vadum,  m.  sign. 

Gas,  s.  m.  Dim.  Gajé;  péj.  Gajas.  Goai,  Goai  glnndi- 
vore,  Corvus  garrutus  ou  glandivorus,  Linn..  oisoau  do 
l'ordre  des  Passereaux  et  de  la  fam.  dos  Plénirostros.  — 
Le  geai  est  le  cousin  germain  de  la  pie,  dont  il  a  toutes 
les  habitudes:  son  plumage  est  roux,  vineux  et  cendre; 
deux  rangées  de  plumes  bleues  sur  l'ail.^;  t^t»  hiipptV  ; 
gorge  et  couverlare  de  la  queu»?  d'un  blanc  pur;  longueur 
trente-cinq  centimètres. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Gaius,  gaia,  gay;  onomatopée  de 
son  cri. 

Gasa,  V.  Passer  â  gué;  traverser  à  piM  en  gn»''ant. 

Gasaîre,  s.  m.  Qui  passe  à  gué;  qui  fréijuente  les  eaux; 
qui  a  de  longues  jambes. 

Gasétaîre  ou  Gasétié,  s.  m.  Gazetier,  journaliste;  ré- 
dacteur d'un  journal. 

Gaséto,  s.  f.  Gazette;  journal.  —  Aquh's  din  la  Gasélo, 
on  lit  cela  dans  les  journaux. 

Mot  nouveau  dans  le  lang.,  mais  qui  est  devenu  une 
nécessité,  puisque  ce  qu'il  représente  est  une  puissance. 

Gaspéja,  t\  fréq.  Fournir  une  certaine  quantité  de  petit 
lait.  —  N'a  que  cette  acception. 

Gaspièiro,  adj.  fém.  seulement.  Chèvre  ou  vache  dont 
le  lait  contient  trop  de  petit  lait. 

Gaspo,  s.  f.  Petit  lait;  sérosité  du  lait  qui  s'en  sépare 
lorsqu'on  le  fait  cailler. 

Dans  le  bas-bret.  Guipad,  lait  ;  en  port.  Ga$pa,  crasse, 
ordure. 


Gasqnièl,  s.  m.  n.  pr.  d'homme.  Au  fém.  GasquOïo  ; 
dim.  Gaâquièté,  Gascuel.  —  Ce  nom  est  assez  répanda 
dans  notre  pays  :  il  est  certainement  ancien,  et  sa  racine 
ne  peut  que  se  trouver  dans  la  première  langue.  En  bas- 
bret.  Gwaskall,  pressoir  à  vendange. 

Gasta,  V.  Gâter;  dégrader;  endommager;  user;  dété- 
riorer; corrompre;  gâter  un  enfant,  avoir  trop  d'indul- 
gence, le  trop  caresser.  —  Gasto  un  parél  dé  sou\è$  pér 
mes,  il  use  une  paire  de  souliers  par  mois.  Se  gasto  foço 
bos  dinc  aqnél  ousiâoii,  il  se  consomme  beaucoup  de  bois 
dans  cette  maison.  Gasta  louméstiè,  gAterle  métier;  livrer 
à  trop  bon  compte  une  marchandise.  Un  éfan  gasta,  un 
enfant  g;Mé,  trop  dorloté,  trop  flatté. 

Gasta,  ndo,  dans  ce  dernier  sens,  part.  pass.  ou  plutôt 
adj.,  a  son  dim.  Gaslaiè,  et  son  augm.  Castadas,  le  plus 
souvent  termes  de  cajolerie  caressinle. 

Dér.  de  lat.  Vastare,  pour  les  premières  acceptions. 

Gastadije,  s^f.  Gftlerie;  caprice,  définit  d'enfant  g.ité. 

Gasto-lénsôou,  s.  m.  Paresseux;  fainéant;  qui  se  lève 
tard;  qui  reste  longtemps  et  volontiers  au  lit. 

Gasto-pénche,  v.  m.  Personne  chauve»  par  antiphrase 
ironique. 

Gasto-sâousso,  .v.  m.  (ii\te-sauce,  mauvais  cuisinier; 
marmiton. 

Gavèl,  *.  m.  Sarment;  fagot  de  sarm^îUs.  —  Le 
sarment  ne  désigne  guère  en  fr.  la  pouss-^  d'une  vigne  que 
quand  elle  a  acquis  la  consistance  du  l)ois;  avant,  elle  se 
nomme  pampre.  En  lang.  Gavi'l  signifie  â  la  fois  cette 
pousse  et  les  fagots  qu'on  en  forme  après  qu'on  a  taillé  la 
vigne.  —  Lou  bon  Diou  a  mes  un  gav}f  dé  mnï  :  c'est  ce 
que  l'on  dit  im  jour  d'été  où  le  soleil  chaulTe  un  peu  plus 
fort  que  la  veille;  on  feint  de  croire  ainsi  qun  Dieu  entre- 
tient son  vaste  foyer  comme  nous  nos  Inimblos  chf^minées 
et  qu'il  y  jette  simplement  (in^^lipps  sarments  pour  l'ac- 
tiver. Émpuro  lou  gnvM,  amorce,  poussa  le  sarment  sous 
les  bûches. 

Ce  mot  passe  pour  celtique  Gavellri,  m.  sign.  En  esp. 
Gavilh'a.  javelle,  ho  fr.  Javelle  est  cerl".inement  de  môme 
dérivation. 

Gavéla,  v.  Javeler,  fagoter  il^s  sarmt^nts,  les  mettre  en 
javelle. 

Gavélaîro,  s.  f.  Javeleuse  ou  fagoieuse  de  sarments.  — 
Les  femmes  seules  sont  employées  A  ce  travail. 

Gavô,  gavoto,  s.  et  adj.  Dim.  Gavouté;  péj.  Cavoutas. 
Lozérien  ou  Lozorol;  habitant  du  Gévaudan.  —  C'est  un 
surnom  d^  déni trremf'nt  ou  plutôt  de  rancnno  de  voisinage; 
car  les  habitants  de  la  Lozère  ne  le  prennent  pas  eux- 
mêmes,  le  supportent  plus  ou  moins  patiemment  et  s'en 
fâchent  quelquefois.  Cependant  l'origine  n'en  parait  nulle- 
ment offensante  :  elle  vient  du  lat.  Gabalum,  GabalUanus, 
habitant  du  Gévaudan.  Il  est  vrai  que  les  Espagnols  qui 
donnent  le  nom  de  Gavaeho  â  ces  mêmes  individus  qui, 
autrefois,  allaient  faire  la  moisson  jusqu'en  Espagne,  en 
avaient  fait  an  terme  de  haine  et  de  mépris  qui  existe 


382 


GEN 


GIA 


encore  chez  eux,  et  que»  m^tiio  dans  ib^s  c-^Un-es,  pr^ur 
exprimer  une  certaine  grossièreté'  do  mani'hvs  et  d'.illiires 
en  général,  on  se  sert  de  cette  é[>itliiM«^:  mais  ce  S"iii  des 
déviations  dont  la  racine  du  mol  n'est  pas  p^spr.ns'^l.l''  et 
qui  ne  préjugent  rien  sur  If"  caractT'H'  et  It^s  ri  tvms  di's 
habitants  des  montagnes.  Il  n»"'  \\\u\  p'-iiit,  'ju  u  <pril  nn 
soit,  cnmprnndre  dans  ff^lt-^  dén'"iiiîP.tinn  ih  (iai-ô,  1-'^ 
Lozéri<'nsd<^s  vcrsinls  sud  <]>'  la  flj.^iu'' d'*  la  L-'Z-'t-  .  c-iix- 
ci  sont  Ea'iônus.  —  V.  cm. 

Gavoto,  •'.  f.  G.iv.ttte,  nom  d'u-i"  rs}^''»-<'  d»^  d  'i:^".  d'-nt   ' 
l'air  a  d-UY   n-prisN,   cliacnn"*  d"   tjuatr''.  d»-   ! 'ii'   o;i  d-^   ! 
plusi'Mirs  fnis,  ipiatr»'  rm^sun  s  à  dfux   tt'inps.  —  On  croit 
que  Tnir  el  la  dans-'  ''Ut  <''té  invr-nt-'-s  p  :r  l'>    n.'  iii';/iiard^ 
fiovns 

Gazaï,  7'.  pr.  d'ho-[im<\  Au  ^'id.  ""."Z'VySo:  1':i;,  C<i- 
zaisH'.  (ja./;ii\.  en  fr.  —  Signiliiit  ^n  vi.  u\  1  mi:  fîiétay.^-  à 
ch'^pl»-'!  C-'  l;.il  dî'  l'-^sli  lux  qui  c.ii;-i<î\if  t^'ï  1'  !!  urri- 
tnr»^  v\  pnlreli'Mi  i' air  la  ri.MJii.''  d-s  "r. 'lU.  s'';';-' ! 'il 
Gazmo.  d»"»  h  ].;>s.  lit.  (tas., fin.  drri\i!it  du  'at.  (■><:''. 
lii'Mis,  ricti '<<'\  V)V  "U  S''  f-int  ap''r''^'>  àr  \r>  nn'd  ;:!' -  d<'S 
noms  i)ropr'^>  :  Gazin,  GazaL'n'\  Gaza;-MiMn,  etc. 

Géïna,  v.  G-'-nrr;  S'Tiv'r;  [nvvs.^r:  r-i-iiiaiiii-'r;  «^i.nuy'T; 
impnrtuîj.T:  •""nLirra^^-T. 

Se  ijrnifi,  S''  .i:*'n"r;  <••  'j.rtîr'' à  li  'j^iii-.  --  /"v  '/"!>? a,  il 
est  J'''n<'',  »un!ori'a >■■-'''  luis  «.•^>  niï  ir^^.  V<"i\  .,'■)  i-'i-  jnis.  v.' 
vous  dérang'V  pas;  n«^  vous  g-'-niv.  pas 

Gèïno,  *■■.  f.  (^''0'^:  cnntrainl-"';  inc-unniiMlit.'-;  p-'ine 
d''"'S[iril;  ennui;  t''r!uro;  (|U''Stiou  en  parlant  d'un  rri'iiin'd. 

D'T.  du  lat    CrhentKi,  i:rU'\ 

Géndarmariè ,  .s.  /".  G-"idM'm'^rii^:  tr^up'-»:  ([uarli-M- 
0CÇU[i<'  pir  les  :.''r:darri.o<. 

Gendarme .  v.  m.  G-'inlarMit-»,  S'Id  il  du  cirjw  d»^  h 
jjen  lar:ii'''ri'\ 

Kmp.  au  l'r. 

Gcnébrouso,  s  /.  —  Ce  mni  ne  s'e-nplMio  qut'  daiis  un 
seul  cas  t^t  r  mniio  t'"'riiie  di"'  c-irnpnj'ai'^'aj  :  fcuquï  c  nmo 
la  gnfiehvf'f/so. 

Il  est  par  tmp  évident  par  la  çomj^osiiiiui  du  mot,  par 
raceeption  rpi'nn  lui  donne  dans  la  phrase  ci-d('s^us,  (ju'il 
signifie  les  Juifs,  la  l'pnt  kcbreusc  ou  héhraï'jue,  gens 
hehnva.  On  U'^  conçoit  pas  (prun«^  dnluclinn  si  simple  n'ait 
pas  frappé  Sauvages,  ni  comrn'''nt  il  a  pu  poser  un  pr)inl 
d'interrogation  pour  savoir  si  l'étymologii»  n<^  venait  pas 
du  mot  Cinchre,  genévrier,  champ  de  genévriers.  C'est  une 
faiblesse  de  grand  homme. 

Général,  .v.  m.  Général,  olTicier  supérieur  de  l'armée. 

Emp.  ?n  fr. 

Généfalo,  .V.  f.  Générale,  batterie  d'alarnje  au  son  du 
tambour. 

Gengivo,  .s.  f.  Gencive,  chair  qui  entoure  les  d'^nts. 

Dér.  du  lat.  (^engivia,  m.  sign. 

Gens,  •^.  f.  plur.  Gens;  la  famille,  les  personnes  qui 
composent  la  maison:  habitants  d'un  pays.  —  A  la  dilTé- 
rence  du  fr.,  où  le  mol  gens  signifie  les  domestiques  d'une 


granilo  m  lis  ai,  d'un  grand  seigneur,  en  lang.  on  désigne 
par  If  m 't  Co/s  l'iuu's  les  ptM'soinies  qui  liennenl  à  la 
faii;i!I"\  (|n.'!(jU('  chose  comim^  la  Gens  romaine.  —  las  gens 
<}'<  }ti'i\i>v ,  l""s  hrliilanls  de  la  Lozère,  de  la  montagne. 
Ma\  g<'fi^'  .^>p'("  d'inl'^rj.,  de  jurun  innocent,  qui  revient 
^  Di'iil  r.. ///('/  fas  g  fis,  rL'ftCL'us,\)T\'h,^  selon  les  poissons, 
la  >an''.  n,.ns  C"  [m  \'M'be,  le  sens  du  mot  send^le  plus 
;. '';:'i.  I'-',  "*  \  ulr.iit  dire  les  hommes,  l'homnie.  Las 
f'  >  'n  '/■  >  g'  fis,  'es  honnêtes  ;.'ens. 

D'à*   (Im  lat.  Cens,  nation. 

Gcrtc,  gcnto,  <:-ij.  G  ut,  g'.Milil;  gracieux;  joli;  mignon; 
aimable  :  agréalile. 

S  !  Ml  ]  '  Di.  ti.inii.'.ir,'  de  Pi  Crusca,  le  n^ot  \iendraitde 
la  l;;iL'';"'  |  i'  v-'iir-;!.' :  i'..r'  (Difirfm  vrnuta  dal  prnvensale. 
'  '■■.'!  '\i  e^:  .;•  '!.;;. ri.se  :  prcv-^ncal.  langue  de  la  pro- 
N  inc''  rtmaine. 

Gè"u.  v.  /    r.  1    ',   -d  K".  —  /'/•(   counio  la  g*ou,  froid 


C'  'M,  "lie  ^'l')(V». 


I  '  'I 


D't    In  ht.  (,ph',  m.  si.L'n. 

Gcrïo.  s,  /    Ts;.  •<•(•  d''  cli;;iii[)i,;non. —  Yog.  Girbouléto. 

Gcrlo,  V  /*  S  lu  du  l'.KjUf  t  lie  cuivre,  étamé  intérieu- 
•;it.  ''\>'r  !  'pi.'l  ni!  va  jMii.^er  \\':\u  h  la  fontaine  ou  au 
pnits.  —  V  ■;  '".«M  :ii.s  \r  p  .it-'iil  ^ur  la  tète  sans  le  tenir  el 
1  ar  !••-    'i  ■:'::iis  l-'S  plii^  scabr-'UX. 

O  \  ■"'•.  '  -'  lin  11  .ut  ra:^!  :  [A  nn  dit  Scto  (V.  c.  m.), 
'|!!i  ''-'  ;  hi-"  i:''ni''ri'jue. 

D't.  'hi  l;-t.   Ccrcrc.  jKU'ler. 

Germa,  '■.  ("ier-i''"!-;  j^iais-'r  lui  geruie. 

D'r   du  lat.  Ccnyiiufirc,  m.  sign. 

Gc^Tiie  v.  ;•).  G.T.'i!*'.  prini-ip'-»  de  r<  pnxiuction  du  vé- 
,.''''t  il.  \\[  \]-:.  Mi'ijM].^:  s^Miieiio.';  i-u;se  principale  et  pre- 
n:i'''re. 

T)  M"   du  lat.  Crnnr}},  m.  siun. 

Gês,  ti-'jiit.  r.rjilrt.  et  (ifh\    Peint;   aucun:   nullement; 

au  •un n!:  iioiut  du  t'Uit.  —  On  pourrait  rapi>eler  une 

néj  ti  II  lit'  ni<rii^re.  On  l'i^nijiloie  rarement  sans  la  par- 
ticule !,''"aîive:  Pas  gcs.  C>^|)endanl  il  se  place  de  préfé- 
reu'-e  ai.isi  à  la  tin  d'mie  phrase.  Dans  le  style  elliptique 
et  \ir,  Cn'if  gcs  vaut  uncux  que  Gn'a  pas  gés,  N'en  vole 
gvs,  je  n'tMl  Vi'UX  pas. 

D-'r.  du  lat.  Cens,  gens,  personne,  et  revient  à  l'expres- 
sion l.it.  7)ihnt)i>  gniUnm,  pas  une  sculc  |x:*rsonne.  D'après 
cette  (Lamée,  il  (bnrait  ne  pouvoir  se  passer  de  la  part. 
n-'g.;  mais  l'usage  l'on  a  dispensé  pour  la  fluidité  el  la 
rapidité  de  la  langue. 

Gi,  5.  m.  Plâtre;  gypse;  chaux  sulfatée  ou  sulfate  de 
chaux.  —  Gi  hnstar,  pbUre  avec  lequel  on  gâche  une 
partie  de  mortier. 

Dér.  du  lat.  Cgpsum,  m.  sign.  En  bas  bret.  Gyp. 

Gïa,  V.  Fuir;  décamper;  s'enfuir;  faire  Gille;  tromper 
son  monde. 

L'origine  de  ce  mol  si  court,  traduit  par  cette  petite 
phrase  française,  faire  Gille,  cl  l'un  rendant  Pantre,  n*esl 
pas  chose  facile  à  débrouiller.  Qu'on  nous  permette  d'en 


GIA 


GIB 


38» 


dire  ce  que  nous  en  avons  découvert,  et  d'éclairer  pent- 
ètre  le  problème  à  la  lueur  d*une  autre  expression  qui  a 
un  sens  tout  pareil.  Voici  donc  ce  qu*on  raconte,  ou  à  peu 
prés,  dans  le  Dictionnaire  de  Trévoux  et  autres  gros  in- 
firiio,  sur  la  locution  française. 

^gidius,  dont  on  a  fait  Gillon  et  puis  Gilles,  ^  on  ne 
sait  trop  comment  ni  pourquoi  —  était,  selon  les  uns,  un 
prince  languedocien  qui  s'enfuit  plutôt  que  d'accepter  une 
oouronne  qu'on  lui  offrait;  —  on  n'ajoute  pas  de  quel 
royaume  —  selon  d'autres,  il  était  d'Athènes,  d'une 
ûmaille  illustre,  qu'il  quitta  pour  se  meltre  à  la  recherche 
d'autres  biens  préférables  à  ceux  qu'il  abandonnait.  11  vint 
débarquer  non  loin  de  Marseille  et  s'établit  dans  un  lieu 
eè  plus  tard  fut  bâtie  une  ville  qui  prit  son  nom.  Les 
commencements  de  la  vie  de  saint  Gilles,  car  c'est  de  lui 
qu'il  s'agit,  nous  ont  paru  quelque  peu  incertains  et 
obscurs,  ce  qui  se  comprend  à  la  distance  de  treize  ou 
quatorze  siècles.  Mais  qu'il  ait  renoncé  aux  richesses  et 
aux  honneurs,  à  un  tr6ne  même,  ou  à  la  plus  simple  vie 
mondaine,  pour  se  réfugier  dans  la  vie  religieuse;  comme 
ridée  d'une  fuite  quelconque  est  restée  attachée  à  son 
souvenir,  histoire  ou  légende  à  la  main,  on  a  fait  en  fr.  le 
didon  Faire  Gille,  pour  dire  :  s'enfuir  précipitamment, 
s'esquiver,  se  dérober.  Le  languedocien  a  aussi  le  verbe 
actuel  6fo  pour  exprimer  la  même  chose.  Il  se  sert  sur- 
tout de  son  impératif  Gïo  comme  exclamation  rendant 
tour  à  tour:  eh!  vite,  vite!  cours  donc,  détale,  file!  ou 
hîeii  quand  on  raconte  :  el  de  courir,  et  de  jouer  des  jam- 
bes. 

Gïa  s'écrivait  autrefois  GiUa,  dont  nous  avons  dû  sup- 
primer X^  qui  ne  se  fait  plus  entendre  chez  nous,  bien 
qu'elle  se  prononce  encore  dans  un  dialecte  voisin  un  peu 
plus  rude.  Cette  vieille  orthographe  indique  de  plus  fort 
que  le  languedocien  a  puisé  à  la  même  source  que  le  fran- 
çais ;  mais  dans  le  principe  il  n'avait  fait  probablement 
qu'on  simple  verbe,  s'il  ne  l'avait  déjà;  tandis  que  le  fr. 
se  servait  d'une  petite  phrase,  que  le  souvenir  légendaire 
d'un  saint  consacrait.  Or,  nous  trouvions  que  le  langue- 
docien, qui  sans  doute  ne  tenait  pas  à  rester  en  arrière, 
avait  élément  introduit  un  nom  d'homme  dans  une 
kcvtîon  synonyme;  pour  lui,  faire  GilU  était  faïrg  Gui- 
rdott.  Quels  traits  de  ressemblance  pourraient  avoir 
drax  personnages  différents  pour  avoir  laissé  dans  le  vo- 
cabulaire la  mémoire  d'un  trait  de  leur  vie  qui  en  rappe- 
lait une  particularité  identique?  Nous  étions  à  bout  de 
eonjectures  et  de  recherches,  quand  un  de  nos  amis,  très- 
Iradit  sur  notre  histoire  méridionale  et  auteur  d'un  remar- 
quable travail  sur  la  maison  d'Uzès,  voulut  bien  venir  à 
notre  aide.  Ses  explications  ne  laissent  aucun  doute  sur 
l\ingîne  el  le  sens  du  mot. 

Gérard,  Gérald,  Gèraud,  Guiraud  ou  Guiraudet  Amie, 
plus  connu  sons  le  nom  de  saint  Gérard,  était  fils  de  Gé- 
laud  on  Guiraud  Amie  IV  et  de  Thérèse  Gaucelin  d'Uzès, 
héritière  par  substitution  de  la  moitié  de  la  baronnie  de 


Lunel.  Cette  seigneurie  fut,  en  4S95,  l'objet  d'un  échange 
entre  Philippe  leBel  et  Géraud,  qui  reçut  en  contr'échange 
les  seigneuries  de  Rochefort,  Fournée  et  autres  lieux  situés 
dans  le  diocèse  d'Uzès,  et  vint  se  fixer  à  Rochefort.  — 
C'est  à  ce  moment  que  son  fils  Gérard,  alors  Âgé  d'environ 
vingt-quatre  ans,  quitta  furtivement  sa  famille,  comme 
avait  fait  saint  Gilles,  pour  embrasser  la  vie  monastique. 
Il  se  retira,  disent  les  Bollandlstes,  dans  une  grotte  située 
à  proximité  d'un  pont  d'une  structure  remarquable,  dans 
lequel  tous  les  historiens  s'accordent  à  reconnaître  le  Pont 
du  Gard.  —  Bientôt  après,  saint  Gérard  voulant  se  déro* 
ber  à  l'empressement  des  populations  qui  assiégeaint  sa 
retraite,  entreprit  le  pèlerinage  des  Lieux-Saints  et  mourut 
en  4296,  en  Italie,  avant  d'avoir  pu  l'accomplir. 

La  locution  était  faite  et  le  nom  trouvé  en  languedocien 
pour  correspondre  au  français.  La  situation  était  la  même  : 
c'était  aussi  un  homme  remarquable  par  sa  naissance  qui 
se  dérobait  à  l'éclat  de  sa  fortune  et  aux  pompes  terres- 
tres, qui  fuyait  le  monde  pour  entrer  dans  la  solitude  et 
la  contemplation  des  choses  du  ciel.  Ce  spectacle  devait 
frapper  le  peuple  et  le  souvenir  s'en  est  perpétué.  Le  temps 
a  bien  apporté  quelque  déviation  à  l'expression,  qui  ne  se 
prend  pas  toujours  dans  une  acception  favorable,  mais  il 
parait  évident  qu'elle  vient  de  ces  circonstances  —  Voy. 
Guirâou  (FaïreJ. 

Giba,  V.  Souffrir  :  avoir  grande  peine  à  accomplir  une 
œuvre  ou  un  travail  quelconque;  trimer;  faire  effort. — Se 
dît  particulièrement  d'un  voiturier  ou  d'un  attelage  qui 
ont  peine  à  sortir  d'un  mauvais  pas.  —  Gibou,  ils  ont 
entr'eux  des  différents,  des  procès,  des  incompatibilités 
d'humeur. 

Gibadisso,  s.  f.  Longs  efforts  pour  venir  à  bout  d'une 
œuvre  difiBcile;  différend  ;  difficulté;  procès. 

Gibaire,  aîro,  adj.  Hargneux;  d'humeur  difficile,  pro- 
cessive, inquiète. 

Dér.  de  Giho. 

Gibâoudan,  s.  m.  n.  pr.  de  lieu  et  d'homme.  Le  Gévau- 
dan,  aujourd'hui  département  de  la  Lozère. 

Dans  l'antiquité,  pays  des  Cabales,  Gabalieue  pague,  qui 
a  formé  le  nom. 

Gibéloto,  s.  f.  Gibelotte;  blanquette;  fricassée  de  viande, 
ordinairement  d'agneau  de  lait  ou  de  chevreau. 

Gibèmo,  s.  f.  Giberne,  boite  dans  laquelle  le  soldat  met 
ses  cartouches. 

Empr.  au  fr. 

Gibiè,  «.  m.  Gibier;  animaux  bons  à  manger  pris  à  la 
chasse. 

Dér.  du  lat.  Ciharia,  aliments,  par  la  permutation  trés- 
répétée  du  C  en  G. 

Gibo,  «.  /*.  Difficulté;  mauvaise  entente;  différend  y 
procès.  —  Èstre  in  gibo,  n'être  pas  d'accord. 

Gibowna,  o.  Grésiller;  par  ext.  &ire  un  froid  tràs- 
piquant.  —  S'applique  surtout  à  cette  variation  d'atmos- 
phère si  firéquente  au  mois  de  mars,  et  à  la  petite  pluie 


384 


Gl.M 


froiilo  (jui  luiii!)t'  aloi>  pariiiter\;ill(>s.  —  (iihoumo,  il  lu;iil>o 
du  j/ivsil:  il  lait  un  Inàd  tivs-vif. 

Dér.  (lu  IV.  (îivrc,  ou  du  moins  do  la  inriii»'  lacim^  \[\u}  , 
lui.  I 

Gibournado,  .s.  /.  0)n[)  df  Nnil  lurlc  d.'  jiluit'  «-l  •!•'  i 
giV'sil,  Ici  (ju'oii  en  Noit  M>u\enloii  iiiai>:  ^dn-ulfo;  ;.uiln';  ^ 
mau\ais  Icinps.  I 

Gibournaje,  .s.  m.  —  O  iii"l  d  a  pi'u  |l^'•^  la  nirihc 
accoplittn  <[Ui'  !•'  [uvct'ii.'iit  ;  ^'hI'Mi.i  ni,  c'ol  [>Uil<>l  un»' 
silu.iliun  {)  irlitnli"iv  d--  i'ciliii<)S|'ii.'r«'  «[U*'  racciil<'nl  ou  1»' 
grain  [irndud.  On  !<•  dit  (•(iniiiiniK'nicnl  [)Hur  un  linid  tivs- 
vil",  co  ijuo  n  '.Api'iino  pas  f/ihournuiio. 

Giboùs,  ouso,  </•'//.  Conlrciail  ;  ]»ossu  v[  iniiu,  r.uld- 
liiiuo;  (jui  a  Ic.->  iinMiJjifs  et  surlnnl  jr-.^  j.iinl.çs,  luidus. 

l)(.'r.  du  Lil.  iiihhua  ou  (iUthasus,  \*\>»\\,  \niilç,  i-oii- 
vexe. 

Gie ,  //■  i>i .  d'IiciiiniL*.  Au  l'jni  (.ns'>o:  dilii.  (êioù,  . 
Cnutinn.  (jill"'>,  rn  lat.  .L</i<titi>.  | 

Gifla,  f  Nailliclt'i"  a\t'i'  Imri'  .  dans  la  lan^ti^'  \-x\r,  ^ 
Gif/fer.  ' 

Giflo,  A.  /.  Siiulll-'l  l)i<ai  a[)pii(pu''  :  «ai  ar^'oi,  r;/^t'  ou 
Ciijpe,  (|Ui  iMpjwili-  Sv!ii^>  d(»nlc  «pu-  ^"c  iik'I  >ii.'ijilMil  auli'c- 
luis  Joue. 

Gignèï  (Sén-),  //  />/■.  di)  In  a,  Sainl-tiian-st,  auj-iur- 
d  iiid  Saiji.-(i'ini's,  a.s.^'V.  coimijini  il  iii>  1':  liaid,  hauuil 
du  lai.  S(iN((u^  (irticuns. 

Gigo,  -v  /.  (iiL'-l:  ipi.irlitr  d  a^^ncau  ou  de  nicul-'U  iwcc 
la  lon^'c.  I 

Gigo,  A.  //*.  Diiii.  (li'f'Uiic;  aUL'in.  (i.ijoiiids.  Ci\j<*\  i()ii[.c  ' 
t'Xjuv.s  et  n.\uuli.'i"('infii|  sur  »a  ntufjl,'.  1 

Laor.'iil    |t)iji(pi.'   l.iil    la   (u.r'-it'ii    •  d'- ipi.iiililô  d.ius   li 
[)i<iii  )ii(a;uii'n,    t'I    l.t   lidVi  iciiC''   tl<'   ;.■  111''.  ilan>    i>'-^   d'-ux   | 
ni'tis  (juj  j)n"c»'a('nl.  I 

l)»'!'.  du  l.it.  l'"J'  :,  >'U\.^^'\  d  ;i|a"i*>  M'  iia;:i\  "U  ili'  hcliiuiu, 
os  (!•'  la  li.iniiii'.  .^iiisanl  Ivj.tI. 

Gimbéieto,  .v  /.  Viimi-^'itil'';  p-ail*'  p-ni-^ni.-  du  ii.iuv  ^ 
lies  L'eiiauil''>,  tp»"nii  cniiit*  à  un  lii  c  .ihmi*'  un  <.ii,t^)>  Itl. 

Gimbla,  r.  Tnrdrc;  plu-r;  courii' i  ;  rundiT  couriic 
homln',  cnnscxr.  — Au  p.nl.  [hi>^.  adj"  (iiMjnfiil,  (latrl 
(jimhla,  i'I'>u  Idi'du;  ihunt  <jiin'>la''<),  cli"'  InrCM';  r,,uil>o 
ijlinbludo,  jaiiilit'  crncliUc. 

Se  (jimhltt,  V.  Se  j)liL'r;  se  courlicr  en  arc.  —  Vo  pas  sa 
(j'nnbla,  il  n V>t  plus  asx'z  souj)li'  pnur  se  pli-  :'. 

Dér.  lin  l;it.  (,ihhus,  ctuulif,  Ixisvu. 

GiinèrC,  èro,  '/'/y.  hllii.  (/imiioù  ;  jmj.  iiinnrus.  Tùlu; 
cntèlé;  (■t)>(in''';  «-pinialre;  liarirm-ux  ;  conlriirianl  ;  difli- 
cil*'  à  vi  it\  —  /:v  fn.s  f/hui're,  il  n»  -I  [.n>  cifiUf,  il  [ilic 
sans  point'. 

(il'  nj'jt,  ([ni  ('.si  un  sul'>L  d.ni^  ciiainos  coiilri'is,  no- 
laniiiiiMil  eu  (i.'Vaul'n,  y  siudli'.'  ini  juiii;irl,  s<»rt<'  do 
inul'H  pi'odiiii  nu  cr'iisi'iiji^iil  do  I  oJm't-'  olicvalino  et  hn- 
vino.  (.cl  aniui,')!,  donl  la  pi'MVoïKino*'  n'osl  indji-nioui  cms- 
Uloe,  tort  laid  do  lornios,  est  tivs-lorl  ot  tros-vicioux. 
Xous  a\ons  eniprunlô  sa  (jualilô  sans  adojilor  lo  subslantif. 


GIN 

Gimérije,  >•  /.  Liitôtniionl;  obstination;  opiniâtreté 
c a  p ri  t  '  i  0  u  so  ;  «  -a  ra  c  t«"' r<  »  ro  v  »^cl  ic . 

Ginèbre,  .v.  m.  i*olil  ^'névricr,  à  baios  noires»  Juni- 
jicriis  0(////^>n</</.s,I.iiin.,  ailtij>soau  do  la  fani.  dos  Conifères. 
--  Ol  arltiis^fMu,  d«iiil  \r^  dilTôronls  ^'onres  se  confondent 
dins  nut^  ii;ciii''  dt'!i"iidiialioii  on  fi".,  so  distinjxue  dans  lo 
ÏAii'^.  en  (intJfic  •'(  C ./,/('.  Ci'lui-ci,  ijui  de\ient  un  arbre  et 
iK'U  uji  all)n^l"  oiiiiiiir  le  pi'ouiior,  fuumit  un  fruit  ou 
iaiodi  la  i^r'^vr.r  duh"  ji-'htr  oorise,  d'où  l'on  lire  l'huile 
do  (iiilc.  —  ^  oij .  c.  m . 

Di'r.  d\\  U\\.  Junipcnis.  lù.  sign. 

Ginès,  s.  j,i.  Au  [ilur.  Cf/irsscs.  Gonol,  nj>in  connnun  à 
plu^i••UI.^  osjiM.'t^s  of  (jui  d*''>i;. 11..'  li»  (iiMiôl  dos  loinluriors,  la 
(ion''^li"l',  (>inu:yi(i  linciiivia,  Linii.;  le  (i*'nol  d"K>paj^ne, 
(,  )i>\,ti;  j'iin f.i^lÀiiïi.;  {[■■ï\[\  ]os  ji'ls  rossouiblonl  à  du  j<.»nc. 
On  Kiil  oauii--  !  •>  li')u;"iis  dç  so^  flours  dans  le  vinaigre 
♦■•'n.iiio  I.  s  c  ,pi"i  s  Auv  ••ii\irt)ns  de  L''dôvo  ol  dans  le 
C.<iii,ii<>,  un  a  ,'ii.iL;f  lo  -.'I.  i  (iKs^agno,  qui  couvre  des 
jii"iii..^in'>  <iiii  ■',■,■.>:  s-'s  tiçi'-s,  rouios  conifuo  le  chanvre, 
fnuriiicv.'îail  une  iciii^  .^rossi^ro,  uiais  très-.-inlide  pour  l'u- 
sa uo. 

On  »li>(ni^i»o  ('!ii^»io  l'm  iihns  ou  (î ruas  on  Sabayol, 
(i'iifi  i.\  li^f,  j^r  'Ui!  (iaiôl  à  ludiii."-,  Cciu'ila  scoiiaria,  Lirui., 
.'l  /i>".  {,.111^  r.vhnl ,  (iciirl  à  tnull'i'S  bass'''S,  Si>nrtium- 
I •'mj-!'((ii>nu^  î/nnj..  Il \  îi.^v' a  fouilles  plio-'s;  t(tus  arbris- 
N\iu\  ctiiiaïUii-,  'ulaliiii.  d'\s  L.'L'Uinininises. 

Los  .i\js  SI  ni  parl;i;,^''s  sur  la  d':  i'.alion  du  n(uu  :  les 
un>  \eiiJrni  tju  il  M»ii  tir«''  du  l.it.  Cieno  ou  Cigno;  *juia 
,^l><.,m  yuKiitii ,  /('(•/'>/  ^jiyi'iîur;  (bnutros  lui  dt>nnoiil  pour 
iMdic.il  je  ot'Iliquô  (ioi,  .'irbuslo,  arbre. 

Gincstièiro,  >.  /.  t-i  //.  y*/ .  d'IiMiniiio  et  de  lieu.  Chauip, 
ip.  niier  abi-nd  ml  <ii  piMièis.  — Quanil  il  devient  n.  pr. 
h'  i.".  Ir.iduiL  par  (iin;'siit'a-e. 

Gincstoùs,  v.  m.  ;/.  pr.  (riioinino  et  d-  lieu.  Variante 
(lu  iiimI  jir.  c  1  jil,  .ivco  uni'  ^i_iiili'j,ili(»n  i.lenticjue.  — 
'i"«'U>  {>•:,  (\r\\\  S'.'iil  .lU  rosi  '  ri''i.'nli'''r«'Jiion t  Innnés. 

Ginyia,  r,  N.nL:!ir  (bs  coups  do  \oi  ;..->,  de  baguette,  de 
buu>siue. —  y^'U'  (liscla. 

l)ér.  lie  (iifHjmlo. 

Gingoula,  r.  (ioiudit?;  pi  i:!"T;  se  [)bindre;  gémir; 
ji«ai^^ 'r  tl''>  s.  ii|«ir.>  "U  l- >  cris  ])l;dntils,  in.iis  à  petit  bruit. 
—  l'o-y.  jaiujfd  ol  Jan(}  lula. 

11  est  in;-'-'intMix,  cojiinio  on  l'a  fait,  de  trouver  à  co  mot 
une  il-ri\ar.  tii  liî'<(.>  du  (Un,  p>iur  Chin  ou  fhi,  par  ia 
pciiiiulalion  Cl  liiiue,  ol  Je  Cuh,  gueule,  ;  ur  exprimer 
des  'ji'niiss<'iiionls  rissi'mbb.nls  .'i  ceux  (b^s  jeunes  chiens. 

Gingoulino,  .s.  /.  Uijiopéo,  mélange  de  vin  sans  force 
ni  \orUi,  [tlal  ol  fail»  :  breuvage  (luelconquo  qui  n'a  ni 
gnul,  ni  sa\our,  ni  ()u  dite. 

Ginguèlo,.N.  /.  Selon  il'iui  ol  ro;  jet  d'une  seule  [mdussc 
et  sans  iKouds,  cuinnio  ceux  dos  mûriers,  qui,  étant  taillés 
eli.njuo  aiMoo,  S'-nl  longs  ol  \igoureux;  baguette,  gaule  à 
ballre  les  habits. 

Dér.  du  coll.  Cen,  arbre  :  forme  diminutive. 


.\x 


GIN 

Ginonia,  s.  m.  n.  pr.  de  liea.  Génolhac,  chef-lien  de 
canton,  arrondissement  d*Alais.  —  Son  nom  est  cité  dans 
les  cartullaires  on  les  vieux  titres  et  dénombrements  :  en 
4469,  Junilhacum;  en  4476,  Gînolacum;  en  4499,  castrum 
de  Genamllfie;  en  4243,  Gmolhaeum;  en  4384,  Junilka-' 
eum;  en  44S6,  Jindtaeum;  depuis  4433  jusqu'en  4724  et 
aujourd'hui,  avec  des  variantes  d'orthographe,  de  Genoihac, 
GinoUuie  et  GmouiUac,  il  est  arrivé  à  sa  forme  actuelle 
et  k  la  prononciation  que  nous  représentons  en  lang.  et  en  fr. 

Sauvages  pense  que  le  nom  lat.  de  JunUiaeum,  où  il 
trouve  quelque  chose  du  romain  Junius,  doit  être  con- 
sidéré comme  ayant  formé  le  mol  CrénolKae,  Un  tel  parrain, 
noble  ou  non,  n'a  rien  qui  nous  séduise,  et  nous  n'avons 
nulle  foi  en  ses  reliques.  En  général,  toutes  ces  dénomi- 
nations géographiques,  tirées  du  nom  d'anciens  possesseurs 
vainqueurs  de  la  Gaule,  nous  inspirent  une  médiocre  con- 
fiance :  nous  les  avons  combattues,  et  l'occasion  se  pré- 
sente ici  d'apporter  un  nouvel  argument  à  l'appui  de  la 
thèse  que  nous  soutenons. 

A  la  place  de  ce  chimérique  Junius,  qui  n'a  pas  fait  les 
noms  communs  Ginéi  et  Ginèlhre  que  nous  venons  de  voir 
et  où  il  aurait  eu  quelque  raison  d'entrer,  il  faut  substi- 
tuer un  radical  pris  dans  l'ancienne  langue  nationale,  qui 
soit  significatif  et  en  rapport  direct  avec  le  lieu  à  désigner. 
Pour  l'obtenir,  ici  comme  ailleurs,  la  première  opération 
est  de  dégager  le  mot  de  toutes  les  adjonctions  complé- 
mentaires qui  sont  venues  en  modifier  le  sens  et  la  forme. 
Ainsi  l'on  doit  être  fixé  sur  les  désinences  appliquées  aux 
substantifs  dans  le  but  de  les  adjectiver,  de  les  transfor- 
mer en  noms  propres,  en  noms  patronymiques  ou  géogra- 
phiques, en  des  noms  de  propriété  ou  de  quartiers,  de 
provenance  ou  de  collectivité,  de  situation  ou  d'aspect  ;  de 
même  que  l'on  connaît  les  formules  par  lesquelles  sont 
exprimés  les  diminutifs  et  les  augmentatifs,  qui  affectent 
en  général  des  règles  systématiques  peu  variables.  Ces 
procédés  de  composition  se  trouvent  dans  la  langue  la 
plus  anciennement  parlée  dans  les  Gaules,  celle  d'où  sont 
sorties  sans  contredit  la  plupart  des  appellations  régiona- 
les, et  dans  les  idiomes  qui  se  sont  succédé,  le  latin  en 
première  ligne  dont  l'influence  s'est  continuée  par  la  basse 
latinité,  son  altération,  et  par  le  roman  qui  lui  est  encore 
si  redevable.  Les  diverses  phases  par  lesquelles  ont  passé 
à  peu  près  tous  les  mots,  ont  déposé  certaines  couches  sur 
le  noyau  primitif  auquel  il  faut  arriver;  et  l'élément  ou 
le  radical,  débarrassé  de  cette  espèce  d'enveloppe,  donnera 
la  raison,  c.-à-d.  l'étymologie  de  la  dénomination. 

Il  n'y  a  qu'à  suivre  cette  opération  analytique  sur  le 
sujet  vivant;  et  d'abord  la  comparaison  de  sa  structure 
ancienne  avec  celle  qui  nous  reste  fait  apparaître  à  la  finale 
le  suffixe  adjectif  gaulois  ae,  latinisé  en  aeum,  par  l'accord 
avec  eoÊirum,  réduit  ensuite  ou  ramené  à  la  chute  de  la 
forme  latine  en  ae  fr.  et  en  a  simple,  lang.  Ce  suffixe  n*a 
rien  ici  que  la  condition  ordinaire  dont  nous  avons  déjà 
parlé  bien  des  fois.  Il  est  lié  par  la  mouillure  à  la  syllabe 


GIN 


385 


précédente  de  la  voyelle  i,  du  génitif,  ou  de  Ih,  qui  la 
remplace  et  est  équivalent,  de  manière  à  donner  comme 
désinence  iacum,  normal.  La  provenance,  la  descendance 
se  trouve  déterminée. 

Reste  Junil,  Ginol  ou  Jinoi  :  la  forme  est  identique,  elle 
ne  présente  de  remarquable  que  la  présence  de  Vo  à  la 
dernière  syllabe,  consonnance  qui  a  persisté  et  s'est  con- 
servée non  sans  motif.  01  est  en  effet  la  reproduction  du 
lat.  Olu9,  comme  Oh,  au  fém.,  celle  de  Ola,  qui  ne  sont 
autres  que  des  terminaisons  diminuUves,  qui  ont  la  pro- 
priété de  se  convertir  très-diversement  suivant  les  dia- 
lectes, comme  leurs  similaires  en  al  et  el,  et  de  donner  ôtm 
le  plus  souvent,  et  oui,  et  les  autres  àou  et  èou,  avec  les 
variantes.  Le  même  phénomène  se  retrouve  dans  le  fr.  et 
dans  l'espag.  et  l'ital.  :  FUiolu$,  lat.,  Fiôou  et  Fiel,  lang. 
Filhol,  FUhoù,  prov.  Fiolo,  FUholoj  Filleul,  Filleule,  fr., 
Figliuio,  ital.,  Hijuelo,  esp.;  Linteolum,  Lénsâou,  Linsôou, 
Lansôou,  Lmzuelo,  Lensol;  linceul,  etc.  Sauvages  dte  aa 
mot  Brueil,  en  v.  fr.  Breuil,  Brouil  et  Brêl,  bois,  forêt» 
de  la  bass.  lat.  Broilum,  brolium,  broglium,  bruUlus,  el 
Brugu^'rolo,  dim.  de  Bruguièïro  :  nous  trouverions  encore 
Cassagnolo  de  Cassagno,  et  Maruéjùou,  Marvéjols,  de 
Maruèje;  Lanuèjôou,  Lanuéjols,  de  Lano  ou  Lanu,  etc. 
Nous  les  mentionnons  à  cause  de  l'analogie  de  \$i  forme 
diminutive  existant  dans  notre  mot  et  dans  une  foula 
d'autres,  composés  de  même. 

De  telle  sorte  que,  disparaissant  la  désinence  adjective* 
suffixe  sans  signification  par  lui-même,  s'il  ne  restait  ici 
que  Ginol  ou  Jinol,  Ginouï,  Ginoulh  ou  Génol,  la  finale 
aurait  grande  chance  d'êtro  prise  pour  un  diminutif  du 
radical  auquel  elle  aurait  été  attachée. 

Or  ce  radical  se  rencontre  précisément  dans  le  mot  que 
nous  venons  de  citer,  Ginèt,  Genêt,  et  c'est  le  celtique 
G  en,  arbuste,  arbrisseau.  En  bas-breton,  Gwix9n,  Gwém, 
arbre. 

Il  semble  donc  très-probable  que  le  nom  de  GénolKae  a 
suivi  le  même  chemin  d'abord  que  Ginès  et  vient  de  la 
même  racine,  et  par  suite  qu'il  a  été  approprié,  par  le  di- 
minutif et  par  les  suffixes  ordinaires,  à  ce  qu'il  était  des- 
tiné à  représenter  et  à  signifier.  Que  ce  soient  de  petits 
arbustes  simplement,  ou  des  genêts  communs,  qui  crois- 
sent en  abondance  sur  ce  revers  de  la  Lozère  où  est  em- 
placé  aujourd'hui  Génolhac,  la  dénomination  est  également 
justifiée  :  elle  veut  dire  :  quartier,  lieu  abondant  en  genêts, 
et  elle  dépeint  exactement  le  site,  ce  qui  est  la  première 
condition  des  noms  propres,  bien  entendu  en  se  reportant 
à  l'époque  où  le  baptême  se  fit. 

Ceci  ne  signifie  donc  point  que  la  petite  ville  actuelle 
remonte  aux  Gaulois,  ni  même  au  temps  des  colonies  ro- 
maines :  son  ambition  sans  doute,  malgré  Sauvages,  m 
revendique  pas  une  si  lointaine  origine;  et  nous  n'avons 
pas  fait  de  généalogie,  en  trouvant  à  son  nom,  comms 
pour  bien  d'autres,  une  racine  celtique.  La  ville  est  née 
quand  die  a  pu;  mais  elle  s'est  emplacée  dans  un  quartier 

4e. 


380 


GIP 


GIK 


aiicii'iiiiriiiiui  (ltSi-;ui'  .  v.iil.i  t<tut.  l.i'S  noms  propres  ot 
loraiiv,  i;l  It  >  inMiis  cniiimuiis  .^iiui  ti'-niKMil  on  lres-;:raJid 
uoiiilir-'  ;i  l.t  l.iii.U''  aiicii'iiii",  <|iu  ii  a  jamais  •'•li'  oiihln'»'; 
ctc"«'st  poiu"  rail  ulicr  ii'>  iiMilili'ii'^  ((<•  laiiLiai:»^  à  loiir  \raie 
souii.c,  qii*'  iDiis    iNniis  in>i.sl<'  >iii' »:''lb'  iioUNt'Ili-  promo. 

La  pii-ii-imialiui  ilu  mot  fil  laii^;.  no  ptMil  ollVir  la 
iiioiii'ir»'  ùiiliv'tiUr'  ;  uii  lu'  cuuipiviidi'.iil  j.as  ([u'cll''  «mi  [)ùl 
pié.y'iilt'r  en  IV.  Sa  (.lîmi-'iv  >\llain'  est  t'SSi'nli«'lliMm'nl 
ni"Liill<'i'  :  //(  csl  le  siunc  t''i|iii\alant  au\  iii'n\  ii  nu  > 
li\':i;a  iMlr-' \'.>i'!l  •>,(';  con- >>j»  nul  irail!''m"S  .lU  h\\.  liacKin, 
duhl  il  i:iii.'»it'"  ili'  C'»ii>"r\"'i"  la  c  »ii>.>jiiianct'. 

GinO'il,  >.  m.  Dim.  (tmouv;  p-'j.  ('t'HUHvis.  GtMiiu,  ar- 
liciilati  'iâ  (jui  uiiit  la  jaîi.l  •  à  !a  ciii-s^''.  !•'  tV-miii'  au  lilàa. 

—  D'il   ij  nnn  ,>   .t.i   />■//;/ '//0',<'.r  s,  a  ,U  'ii"ll\  ;   >Ur  li'b  ^'MloUX; 

en  piiMU.i'  <lt'  -uppli  ml . 

.Ma!;^i«'  ^.crlaiiii'  ii\>si'!iilil;.ii<:''  ,^i'ap!ii<[U'\  k  ninl  ppVé - 
(lent  ne  pi'ut  i!es.-en,lie  de  eeliii-ei.  et  il  y  a  [)<»ui'  cela 
deux  ^ai^.ils  :  il'ali -.d,  il  n'aiii.ol  aii«;nn  ^fus  ap[)licd>le 
et  ]>  (liimn.  si  e.ii"a  l'ais''  en  lai.  e|  <'n  IV.  ili>jiaraitrait 
con.[)l<'t.'mci!t,  e.iiiiiii'  !••  .siiHiv''  d-'  !a  d 'Miie;!'.-";  pins,  en 
lanr(''''dini  Ml,  ('"lui  ei  ne  >e  [i.-.'-i.-r.dl  nii'i<'ai''nl  à  la  ior- 
inali-ai:  car,  -ii  \i''iiv  î  ji-mj'',  i!  'Lui  h'.i'^n'i,  eeril  I)d- 
ntfnlji .  C  -^l  pal'  u.i  •  /  a'nif  'i  ui  fnnn'ji',  m  ni  h'  cpTon  dit 
iUij  an  i  iiiu  (,:ii<,  1^  tu  .i  tjii  d  dii\-     .i   Ir.  iiiire  An  1  ilin 

(iCHK,    'Al.   siLil. 

Giiîous,  n.  [  .  1  li  •  iMi  '.  Ail  l'.ii.  /i,//'.'0(/;dim.  (jinouM-, 
èlo.  ÏAi  li".  (ii:.  -lu  >.u  (  joi  •ii\ . 

Ce    U'ia;  d''    la.i.i'.l  •,  a>.-  z    i'''[)ai,lii  dans  c'-»    pays,  a   >'l''' 
un  prMi-'.n   .,iiL<i  li.s,  ,jui  a\ai>   |i  an'  p  iIi"mii    Mini   (îen.»u 
uu  (ie.iii"-,  é.èjiif  d.'  C  Al  as,  \i'/>  I.     imli-ai  du  111*"  >i'"'cl«'. 
Le  n.  \n'.  dlirnc,   (^ar-vT,   n<ais   pii.iil    a\(»ii*   la   mr-iin- 
ori;:iiie  plùlcl  .^u  '  ]  '  i.'>\\\  d"  ^aail  .lan\  i  T. 

GinouiClo,  >.  /'■  'l'illiN  mal'',  Cnlarils  r.njtliarhia,  Linn., 
un  di'>  n"ii.^  de  ct^ll''  e>p'M-r  .1.'  pl-ij  •>  df  la  lam.  nnm- 
ijreii>e  d>  .^  i/;p!)'a"!  iai'-'>.  —  il  p.oail  (pr*  le  jji'.'iniei'  n«>ni 
lat.  ''>l  ^'  !»  ri  jîie  :  l],  rjini!>i  i  n  d'-i^nerail  <pidin<'  <.'sp''ee 
pai'li' idi-T",  >dui.in'  dan-  Is  njdii.diniMS  »M  (|ui  duit  ^on 
nom  à  Ijiplioili",  méd.'idn  du  loi  Julia.  .Sun  lait  est  ovliè  - 
riiemml  eau>li[ii'' ;  il  lue  cu  élnurdil  le  p(»isson  dans  les 
vi\iers  el  l'S  llaqies  d^'au  ir-ii  t''~>UiMnl'V  au^^i  >nn  usa^^e 
est-il  .séxeii'inent  d'-lmilu  par  la  polit-e,  sàt  paiVe'  que 
rL'mp<'isunncnitM;t  d's  ri\ii''i"'>  au  uj'i;. <'n  d''dr. i^jues  e>l  un 
mode  (!'.•  [»''"Llie  piM!;l!i«'',  si-il  part;.'  ipi''  ee  l,dl  e>l  l'ort  dan- 
jj'er.'iix  p..nr  le  liiM.dl  «pii  p  imr.nl  alI-M"  >'al)i"''U\er  au- 
dess'iu>  du  [Kiinl  <'U  il  a  été  re['iiidu. 

Ginqua,  v.  \'is'r:  mirer;  \is"r  m  lan-'int  un  pr.iji.'e - 
tile  qu*'l»"n.|iie.  —  rfin(j"cs  ù  nie  Irutftitjxi,  lu  vises  à  nie 
ln)m[)er.  — V- ^.  (i/i'iicffa. 

Ginquo-gal,  s  m.  Fronde  ;^  dniv  brins  et  à  une  seule 
mailb'  :  l;i  pins  simple  ot  celle  cpn  a  le  moins  de  j>ortée. 
Son  nom  rindi'tiu';  il  a  l'air  de  suppos 'ri[u'(^lle  n'''St  honni; 
qu'à  \isiw'  et  ipTà  atleindre  un  animal  faihle  et  que  la 
dome>iiriié  rend  fort  accessilde. 

Gipas,  N.  ?/e.  Au  plur.  Gijiasscs.  Plairas,  débris  de  ina- 


eomiene.  !>ar  e\t.  lai'j^e  éclaboussure  de  boue  compacte; 
soulll'l  appliqué  sur  la  joue,  dans  le  sens  de  Lmplaslrc, 
([ui  c^l  avec  elle  aerepiii.n  une  francis  itioii. 

1  )<'!•.  de  r;/,  i»làtr''. 

Gipiè,  N.  m.  J^Ialti- r;  «luvrie-r  qui  travaille  aux  car- 
rièivs  de  |ilalre;  maivliand  ou  labriqu.nil  de  jilâlre. 

Gipièïro,  s.  f.  Plitriere,  carrière  v\  four  ^  plâtre.  — 
MnU-iroàs  çiunno  un  ase  ilé  las  yljn'ijùos ,  malheureux 
commr  un  an(Ml'\jardini;-r,  dil-jii  l'u  l'r.;  comme  un  ;\iie 
di'S  /»M//-/V/('.s,  de\  rail-oii  tralniiv  lilléralement.  L'appli- 
cation est  loul''  loeal'»  el  comnirnec  niéui"  à  se  perdre.  Il 
y  a  <pielqu-'s  années  le  pJAin'  ;jris  n'arrivait  à  Alais  des 
}t!.".tii'"'r  •>  de  Plcinij-  qu'.'  >ur  le  dos  irun»-  cara\ane  d'ànes 
dont  chaeuii  a\ail  ])  »ur  conduet-'ur  un  j^amin  armé  d'uu 
;^ranil  hàlon.  L<'S  i^amins  moulaient  sur  l.i  crou|>e  du  hau- 
del,  1»'  sac  d-'  plâtre  t'-iiit  piac-  sur  IV-diiue;  et  le  bâton  de 
joiiiT  ''t  l'àu'  iralL'r  ;^ianl  tianu  qU"iipi'>  sous  un  double 
fardeau,  in  ds  sans  bàl  ni  \)vhh\  .Vujouiirhui  (pi-)  les  voitures 
arrivent  parlait,  lànc  d<'s  j»làlri'"'r('S  l'sl  p''U  Connu,  son 
rôlt'  r[  >.^s  ma!li''urs  onl  ces>.'',  <'t  le  dieion,  sans  tomber 
•  11  d''Mi('lri  le,  p'aurail  n'èln,-  [us  bi-'ii  coiiqiris,  si  la  tra- 
dili  'U  ln.>loiii[U'''  s'i'u  '"Liil  pi  rdu'\ 

Girbas,  >■.  m.  \n  plur,  dii/xissi-s;  p-'-j.  (iiihiis<>qs.  Ter- 
rai!. "\\\  -l'A  par  k  j.\.ou\,  !'' clii  nd'-nl  el  toule  sork^  de 
plaii!'\>  raiiipaiit'-^,  et  ivdiiil  à  l'éîal  de  friche;  iVailCS- 
I.or.l>  '-l  !  dii.>  riiii''  leriv'  éle\(''e  >ur  S''s  voi^ini'S  i)u  sur 
Son  1ms>.''  ^rrc..iul''iii'.'nl. 

.\u,..;m.  d'^  Ciirbo. 

Girbo,  .V.  /'.  (iaz  '11;  molle  d(.'  ^m/oii  ;  lerrain  ^azonué  de 
[ui-aié,:,t\ 

(!''  mot  hcjiihle  ."videium  ni  emprunté  au  fr.  (ierbe,  dont 
il  '^t  uin'  corriiplioiu  tpioiquil  ny  ad  aujourddiui  aucun 
ra[»[i  'Il  enli'o  li'>  ohj'  L^  (jn-'  chacun  représt.'iite. 

Girboulcto  ou  Jargouléto  ou  Gcrïo,  s.  /.  Chanterelle 

CoiiK'sliiilc,  Ccinllunvlhis  cll/arius,  Ayirivus  canlhar«Uus, 
Maru/lus  cmdfnirel/us,  Liun.,  IN'i'S.,  lto([.  Champignon  Je 
la  tribu  de>,  A^;aric,>.  —  C'est  un  j-tli  champi^nioa  tout 
jaune  ou  couleur  d'or,  qui  croit  abondamm''nt  dans  les  lM.ns, 
les  jxiouses,  les  chalii^:,nerai"S,  ou  il  se  fait  remarquer  par 
un  peti'  chapt-au  d\d)ord  arrondi  i-t  convexe,  qui  prend 
«iisuib'en  se  développant  la  forme  d'un  petit  entonnoir 
dont  1<'S  bord>  >ionl  divi'r>'Mn''nl  contournés  el  coniine  frisés 
ou  fesionnés.  La  face  inféii«iiie  d(^  c<?  chajK^iu  est  marquée 
de  ii''r\  lires  une  ou  deux  lV»is  bilurquées  et  décurrenles 
sur  un  i)'''diciile  ordinairement  court,  plein  el  charnu.  La 
chair  e>t  ferme,  blanche,  un  peu  libi-eiise;  t'Ile  ne  change 
point  de  couleur  a  l'air.  Ce  champi<3'non  est  Irès-salubre, 
el  Son  usai:''  est  ^ans  aucun  dani:er. 

Girofle,  >-.  m.  Gii'ofle,  clou  de  {girofle.  —  Ce  que  nous 
ai)i>*'lons  aiiibi,  el  que  nous  ne  connaissons  que  sous  le 
nom  de  Clavil  de  giroiU  n'est  autre  que  le  calice  de  la 
Heur  du  girollier,  arltre  originaire  des  Molusques,  Caryo- 
phyllns  aromaticHs,  Linn.  de  la  fain.  des  MyrtoïJes . 

Le  mot  est  une  abrévialion  du  nom  lat. 


GLÂ 


GNA 


387 


Gironilado,  s.  f.  Œillet,  et  plus  particulièrement  œillet- 
plume,  Dianthus  plumarius,  Linn.,  fleur  ou  plante  de  la 
fam.  des  Caryophyllées,  à  odeur  de  girofle.  —  11  ne  faut 
pas  la  confondre  avec  la  Giroflée  en  fr.,  pour  nous  Vidouïè, 
qui  est  une  fleur  totalement  distincte,  quoique  Todeur  de 
girofle  l'ait  fait  aussi  dénommer. 

Gironfliè,  s.  m.  Pied  ou  plante  d'oeillet. 

Gironio,  s.  f.  Carotte  sauvage,  faux  chervis,  Daneut 
earoita,  Linn.,  plante  de  la  fam.  des  Ombeilifères,  com- 
mune dans  les  champs.  On  la  nomme  aussi  Pasténargo 
sâouvajo.  —  Voy.  c.  m. 

Giflcla,  V.  Sangler  à  coups  de  houssine,  de  gaule  ou  de 
fouet. 

Variante  de  Gingla,  même  formation  et  m.  sign. 

Gisclas,  s.  m.  Au  plur.  Gisclasses.  Houssine,  baguette, 
gaule  ;  mais  ne  représentant  ces  objets  qu'en  tant  qu'ils 
servent  à  frapper,  à  châtier.  —  S'emploie  aussi  pour  le 
coup  de  houssine,  le  fouet  lui-même,  et  l'action  de  frap- 
per. —  Y  fichère  un  gisclas,  je  lui  sanglai  un  coup.  Garo/ 
s'arape  un  gisclas,  gare,  si  je  prends  le  fouet,  un  bâton. 
Réeassartu  quâouque  gisclas,  tu  attraperas  quelque  coup 
de  gaule. 

Gisclassa,  v.  augm.  et  fréq.  de  Giscla. 

Gisdassado,  s.  r  Volée  de  coups  de  verges;  gaulade 
bien  sanglée. 

Gistèl*ou  Listel,  s.  m.  Petite  tringle  de  bois;  toute 
espèce  de  règle  en  bois,  mince,  étroite  et  longue,  qui  sert 
&  divers  usages,  en  menuiserie,  souvent  pour  fermer  un 
vide  ou  niveler  une  ligne  qui  n'est  pas  à  angle  droit  avec 
ses  voisines,  et  en  plâtrerie  pour  clouer  à  petits  intervalles 
entre  les  solives  d'un  plafond,  les  revêtir  de  plâtre  qui 
fait  mieux  prise  et  former  les  lambris. 

Ce  mot,  quoi  qu'en  dise  Sauvages,  se  traduit  très-correc- 
tement en  fr.  ^&t  Liteau,  en  terme  de  menuiserie;  c'est 
le  Lambris,  en  terme  de  maçonnerie. 

Gistèl  est  très-usité  ;  il  ne  nous  parait  cependant  qu'une 
cormpt.  de  Listel,  —  F.  c.  m. 

Glacièïro,  s.  f.  Glacière  :  lieu  où  Ton  conserve  la  glace 
en  été.  Au  flg.  lieu,  appartement  très-froid;  exposition 
glaciale. 

Glaço,  s.  f.  Glace,  eau  glacée;  miroir. 

Empr.  au  fr. 

Glaçoù,  s.  m.  Glaçon;  morceau  de  glace. 

Glando,  s.  f.  Glande,  tumeur  enflée.  Dans  l'usage,  si- 
gnifie purement  l'engorgement  d'une  glande.  —  A  uno 
glando,  il  a  une  glande  engorgée. 

Glâoujôoii,  s.  m.  Calmar,  cornet,  Loligo,  poisson  de 
mer,  cephalopède,  du  genre  des  Sèches  et  des  Poljrpes. 
Comme  les  poissons  de  cette  fam.  il  a  une  sorte  de  réser- 
voir d'une  liqueur  noire  qu'il  répand  autour  de  lui  dans 
le  danger,  pour  échapper  à  la  vue  d'un  ennemi. 

Dér.  du  lat.  Gladiclus,  petit  glaive,  parce  que  ce  pois- 
son a  sous  la  peau  de  l'échiné  un  os  mince  et  tranchant 
de  la  forme  d'un  glaive. 


Glatiè,  adj.  masc.  seulement.  —  No  se  joint  jamais  â 
aucun  autre  subst.  que  lôou,  —  Un  îôqu  glatiè,  un  œuf 
couvé  dont  le  jaune  et  le  germe  sont  tombés  en  sérosité  et 
en  dissolution,  et  qui  par  conséquent  ne  peut  éclore. 

Glèîso,  s.  f.  Dim.  Glèïséto,  Église;  lieu  où  les  fidèles 
s'assemblent  pour  assister  aux  offices  divins.  —  À  la  gran 
glëiso,  à  la  cathédrale,  à  l'église  principale.  Encore  un 
exemple  où  l'adj.  ne  s'accorde  pas  en  genre  avec  le  subst.; 
c'est  l'effet  d'une  élision  faite  sur  le  lat.  d'où  vient  le  mot. 
Aquèl  cura  fdi  bien  gl^so,  ce  caré  officie  avec  beaucoup 
de  dignité,  ou  il  prêche  bien  ;  ou  encore,  remplit  bien  les 
fonctions  de  son  ministère  à  la  satisfaction  des  fidèles. 

Dér.  du  lat.  Ecclesia,  m.  sign. 

Gléjoù,  s.  m.  Dim.  Gléjouné,  Chaume;  mais  seulement 
tant  qu'il  tient  encore  à  la  terre. 

Gléna,  v.  Glaner;  ramasser  les  épis  restés  sur  la  terre 
après  la  moisson.  Au  fig.  cueillir  après  les  autres. 

Glénaîro,  s.  f.  Glaneuse;  qui  glane,  qui  ramasse  les 
épis  après  les  moissonneurs.  Au  fig.  il  peut  s'employer  aa 
masculin,  Glénaïre, 

Gléno,  s.  f.  Glane;  glaneuse;  petite  gerbe  ramassée 
après  la  moisson  ;  action  de  glaner  ;  au  pr.  et  au  fig. 

Dér.  de  la  l)ass.  lat.  Gelina,  m.  sign. 

Globe,  s.  m.  Globe,  corps  rond  et  solide;  ballon; 
aérostat. 

Dér.  du  lat.  Globus,  m.  sign. 

Glorio,  5. /*.  Orgueil;  vanité;  et  non  gloire,  dans  le 
sens  du  fr.  —  Es  pas  pér  glorio,  ce  n'est  point  par  vanité, 
par  luxe,  mais  par  nécesifité  et  besoin. 

Dér.  du  lat  Gloria,  avec  une  certaine  modification  d'ac- 
ception. 

Glonriéto,  s.  f.  Fournil;  petit  réduit  dans  l'arrière- 
boutique  d'un  boulanger  et  près  du  four,  où  la  pâte  se 
manipule  et  lève  à  un  certain  degré  de  chaleur.  En  v.  fr. 
Gloriette  était  un  cabinet  de  verdure. 

Glourioûs,  oaso;  adj.  Au  plur.  Glouriouses;  dim. 
Clouriousé.  Glorieux;  vain;  superbe;  vaniteux,  principa- 
lement dans  sa  mise. 

Gn'a,  contraction  de  la  phrase  iVé  y-a,  il  y  en  a,  qu'on 
mouille  euphoniquement  par  l'adjonction  de  la  lettre  G; 
par  conséquent  Gn'a  n'est  autre  que  le  verbe  avédre,  avoir, 
précédé  du  Gn  qui  l'accompagne  dans  toute  sa  conjugai- 
son lorsque  la  construction  de  la  phrase  l'exige.  —  Gn'a 
pas  que  gn'ague,  ou  pér  gn'avédre,  mais  gn'a,  ce  n'est  pas 
pour  dire,  mais  il  y  en  a. 

Gn'a  est  pris  quelquefois  interjectivement.  Gn'a/  dit- 
on,  il  en  tient,  lorsqu'en  jrtaiit  des  pierres,  on  atteint  juste 
le  but  visé,  ou  qu'on  atteint  une  personne. 

Gnâou!    Onomatopée  du  cri  du  chat.  Pris  interjective- 
ment, il  est  une  formule  mignarde  et  agaçante  de  refus, 
fort  employée  par  et  pour  les  enfants.   —  Faï  mé  tm 
poutouné, —  Gndou/  Fais-moi  un  petit  baiser.  —  Nenni. — 
Donc  mé'n  un  pâou.  —  Gndou/  té  fara  pas  mâou.  Donne 
m'en  un  peu.  —  Nix  !  ça  ne  te  fera  pas  mal. 


888 


GON 


GOU 


Gnèûro,  s.  f.  Puce,  Pulex  irriians,  Lin n.,  insecte  de 
Tordre  des  Aptères  et  de  la  fam.  des  Parasites  on  Rhinap- 
lères,  trop  connu  et  qui  aurait  pu  se  passer  de  sa  défini- 
tion scientifique.  —  Manjado  dé  gnèuro,  piqûre  de  puce  : 
ce  petit  cercle  rouge  avec  un  point  plus  foncé  au  centre, 
qui  indique  la  petite  inflammation  que  procure  cette  pi- 
qûre. Trïa  las  gnèïros,  épucer.  Li  boulégaraï  $at  gnàïros, 
je  le  tancerai  d'importance . 

Gnèïro  est  aussi  un  terme  d'amitié  très-employé.  —  Ma 
gn^rof  mon  chou,  mon  petit  cœur  I 

Les  uns  le  font  dériver  du  ligurien,  d'autres  du  celtique 
Nyer,  m.  sign.,  ou  plus  simplement  du  lat.  Niger,  nigra, 
noir,  noire. 

Gnèiroùs,  ouso,  adj.  Au  plur.  Gnèirouses;  dim. 
Gnéïrousé.  Mangé  de  puces;  qui  est  couvert  de  traces  de 
piqûres  de  puces. 

Gnuè,  s.  f.  Nuit;  temps  pendant  lequel  le  soleil  est  sous 
notre  horizon;  obscurité.  —  Â  gnuè  ou  d'agnuè,  ce  soir, 
oette  nuit.  La  gnuè  pa$sado,  la  nuit  dernière.  Bono  gnuè, 
bonsoir,  bonne  nuit.  Et  gnuè  ou  faï  gnuè,  il  est  nuit  close, 
on  l'obscurité  est  profonde.  Fat  un  an  dé  gnuè,  les  nuits 
durent  une  année  dans  cette  saison.  Passa  la  gnuè,  ne  pas 
dormir,  veiller;  passer  la  nuit  blanche. 

Chaque  petite  circonscription  en  Languedoc  a  une  ex- 
pression différente  pour  reiulre  le  mot  Nuit.  A  Montpellier, 
on  dit  Gnoch,  qui  semble  plus  primitif  en  ce  qu'il  se  rap- 
proche beaucoup  de  la  racine  commune,  le  lat.  Nox.  Les 
autres  formules  ne  seraient  en  ce  cas  que  la  corruption  de 
celle  de  Montpellier.  En  provençal  et  en  gascon,  on  em- 
ploie Nuech,  Neit,  Not,  Nieu,  Nueyt,  Gniu,  Net,  Ney,  et 
quelques  autres  variantes. 

Gnuèchado,  s.  f.  Nuitée;  durée  d'une  nuit. 

60,  *.  m.  Gobelet  ;  verre  à  boire.  —  Voy.  Gouvélé. 

En  bas-bret.  Gob  et  Goblet,  m.  sign.  Gontr.  de  Gobelet, 
fr.,dér.  du  lat.  Ctipella,  dim.  de  Cupa,  coupe. 

Godo,  s.  f.  Vieille  brebis  éd entée  et  maigre,  qui  n'est 
plus  bonne  à  porter  ni  à  engraisser. 

Cvoïno,  5.  f.  Femme  de  mauvaise  vie;  prostituée. 

Dér.  du  gr.  Koiv6;,  commun,  indivis.  Il  est  probable  que 
c'est  ici  le  lang.  qui  a  prêté  au  fr.  dans  l'adoption  du  mot 
Gùuine,  m.  sign. 

Golfe,  golfe,  adj.  Gonflé;  bouffant;  raide  d'apprêt, 
comme  une  étoffe  qui,  au  lieu  de  s'aplatir,  se  tient  gonflée 
d'elle-même  en  se  courbant  en  rond  ou  en  angles. 

Dér.  de  l'ital.  Goffb,  lourdaud,  grossier,  sans  grâce; 
parce  que  l'étoffe,  à  cet  état  de  raideur,  ne  forme  que  des 
plis  disgracieux. 

Qome,«.m.  Goitre,  et  plus  particulièrement  signes  diag- 
nostiques de  la  maladie  d"s  animaux  qu'on  nomme  Gamije 
fV.  c.  m.).  —  Mostro  lou  gome,  on  commence  à  distin- 
guer, à  reconnaître  le  goitre. 

Génie,  s.  m.  Cuilleron  de  la  châtaigne  qui  n'est  autre 
chose  qu'une  châtaigne  avortée,  puisqu'elle  a  la  même 


forme  et  toutes  les  parties  entièrement  semblables  :  la 
pulpe  seule  manque  à  l'avorton.  —  Voy,  CuiUré, 

Oonle,  gonlo,  aiij.  Gauche;  mal  arrondi;  de  travers. 
—  Se  dit  d'un  corps  sphérique  ou  cylindrique  dont  la 
ligne  de  circonférence  est  irrégulière. 

Gorge,  s.  f.  Gouttière  des  toits;  conduit  d'une  fontaine, 
en  pierre  ou  en  toute  autre  matière;  tout  déversoir  des 
eaux  pluviales. 

Dans  la  bass.  lat.  Gorga,  canal,  dér.  du  lat.  Gutgu^ 
gouffre. 

Oorjo,  «.  f,  Dim.  Gourjéto;  augm.  Gourfasso.  Bouche; 
intérieur  de  la  bouche;  gueule;  gosier.  —  Prêcha  pér  m 
gorjo,  être  sur  sa  bouche.  La  gorjo  li  fumo,  la  gueule  loi 
pèle  d'impatience  de  manger.  La  gorjo  ddou  four,  reotrte, 
la  porte  du  four,  i^  ela  eoumo  la  gorjo  dùou  four,  il  kit 
noir  comme  dans  un  four. 

Dér.  du  lat.  Gurges,  abime,  gouffre. 

Gorjo-vira,  ado,  adj.  Qui  a  la  bouche  de  travers;  dif- 
formité de  la  bouche. 

Gonno,  «.  ^  Morve,  maladie  terrible  des  chevaux. 

Le  lang. ,  peu  fort  sans  doute  en  hippiatrique,  a  em- 
prunté ce  mot  au  fr.;  mais  en  changeant  son  acception.  La 
gourme  proprement  dite  est  las  Poujolos,  —  F.  c.  m. 

Goubélé,  «.  m.  —  Voy.  Gouvélé. 

Gonhio,  s.  f.  Gouge;  outil,  ciseau  de  menuisier,  d'é- 
béniste, de  tourneur,  de  charpentier,  etc.,  dont  la  lame 
est  plus  ou  moins  courbée  sur  le  plat,  et  forme  une  por- 
tion de  cercle,  une  sorte  de  canal. 

Dér.  du  gaulois  Guvia  ou  Gugia,  m.  sign. 

Goudonmarov,  s.  m.  Malotru,  selon  Sauvages;  mais 
dans  l'acception  usuelle,  il  signifie  homme  peu  civilisé, 
ours  mal  léché,  un  de  ces  gens  qui  ne  disent  rien  et  n'en 
pensent  pas  davantage.  Nous  croyons  donc  que  Sauvages 
a  poussé  l'extension  de  ce  mot  jusqu'à  la  signification  de 
malotru  pour  mieux  justifier  l'origine  qu'il  lui  donne. 
D'après  notre  spirituel  glossateur,  il  serait  la  corruption 
de  la  phrase  anglaise  Good  morow,  bonjour.  Pendant  l'oc- 
cupation anglaise  des  provinces  méridionales  de  la  France, 
sous  Charles  VI  et  Charles  VII,  on  subissait  ce  joug  odieux 
avec  impatience,  et  les  envahisseurs  étaient  appelés  ironi- 
quement d'un  surnom  pris  dans  une  de  leurs  phrases 
habituelles  :  bonjour.  Plus  tard,  quand  on  voulut  désigner 
un  malotru,  un  être  déplaisant,  on  le  nomma  Goudou- 
marou,  comme  Ton  aurait  dit  ;  un  Anglais. 

A  côté  de  cette  interprétation  s'en  présente  une  seconde, 
moins  ingénieuse  sans  doute,  mais  plus  naturelle  et  plus 
en  harmonie  avec  le  vrai  sens  du  mot  aujourd'hui.  Gau- 
demar  est  un  prénom  très-commun,  très-familier  au  moyen 
âge,  un  individu  de  ce  nom  a  bien  pu  servir  de  type  à 
cette  appellation  ironique,  comme  l'on  dit  :  un  Biaise,  un 
Gille,  un  Basile. 

Gou]ar,  s.  m.  Dim.  Goujardé;  péjor.  €r€ujardas.  Au 
fém.  Goujardo.  Goujat;  aide-berger,  qui  aide  à  conduiro 
les  troupeaux;  jeune  garçon  qui  garde  les  cochons  dans 


GOU 


GOU 


38» 


me  ferme.  Par  ext.  et  injariensement,  polisson,  petit 
drôle;  vaurien. 

6oa]è  (La),  s.  f,  n.  pr.  de  rue.  La  Gougé,  nie  de  la 
ville  d*Alais.  Elle  est  nommée  dans  un  titre  de  4393  la 
Gougia,  le  nom  n*est  pas  altéré.  En  vieux  lang.  Goujo 
voulait  dire  servante,  puis  jeune  fille.  Existait-il  dans  ce 
quartier  anciennement  quelque  auberge  dont  une  servante 
eux  été  assez  remarquée  pour  donner  son  nom  à  une  rue  ; 
ou  s*y  trouvait-il  une  ou  plusieurs  de  ces  filles  que  le  vieux 
fr.,  aggravant  l'acception  par  dénigrement,  appelait  gou- 
ges? La  question  n*est  pas  résolue,  non  plus  que  celle  de 
la  vraie  étymologie  du  mot  qui  Téclairerait  peut-être. 

Goulamar,  ardo,  adj.  Paresseux;  vaurien;  batteur 
d'estrade;  ce  que  sont  les  lazzaroni  à  Naples. 

Parait  un  augm.  péj.  tiré  de  Gulo,  Goulu. 

Goulu,  gonlndo,  adJ.  Goulu;  glouton;  goinfre;  qui 
mange  avidement. 

Dér.  du  lat.  GvIosm,  m.  sign.,  de  Gula. 

Goulndiîe,  «.  /".  Gloutonnerie;  goinfrerie. 

Gouina,  t^.  Regorger;  abonder;  foisonner.  —  En  terme 
d'agriculture,  se  dit  de  la  sève  d'un  arbre  qu'on  grefie  en 
flûte,  lorsqu'elle  remonte  au-dessus  de  la  virole  de  la  grefie; 
ce  qui  prouve  que  l'opération  est  bien  faite,  puisque  la 
sève,  après  avoir  rempli  hermétiquement  l'espace  entre  la 
greffe  et  la  branche  dénudée,  se  répand  au  dehors. 

Gùuma  signifie  aussi  former  calus  au-dessus  d'une  plaie. 

Goiuno,  s.  f'  Gomme  de  toute  espèce;  substance  col- 
lante, qui  est  un  des  principes  des  végétaux  ;  sève  des 
arbres. 

Dér.  du  lat.  Gummi,  m.  sign. 

Goiinèl,  s.  m.  n.  pr.  Au  fém.  Gounèlo.  — Sobriquet  que 
l'on  donne  aux  habitants  des  communes  de  l'an'ondisse- 
ment  d*Alais  au  levant  et  au  midi  de  cette  ville,  dans  la 
direction  de  Nimes  et  d'Uzès.  Ce  n'est  point  là  une  appel- 
lation géographique  comme  Raïol  et  cévenol;  mais  un 
surnom  railleur  que  les  intéressés  répudient,  ou  que  leurs 
voisins  leur  donnent  par  dérision  :  il  prend  son  origine 
dans  cet  esprit  de  rivalité  qui  se  montra  si  fécond  au 
mojen  âge  dans  cet  échange  piquant  de  sobriquets.  Ce  nom 
au  reste,  qui  porte  en  lui-même  le  cachet  de  son  ancien- 
neté, doit  venir  nécessairement  d'un  vêtement  particulier 
qui  distinguait  ces  populations.  Les  sources  qui  peuvent 
l'avoir  fourni  ne  manquent  pas  :  l'ancien  fr.  Gofie  ou 
Gonne,  robe,  et  Gonelle,  casaque  d'homme  pour  la  chasse, 
étaient  au  moins  de  m^me  provenance,  et  le  lang.  Gounèl 
avait  emprunté,  comme  lui,  et  en  même  temps,  sa  signi- 
fication de  tunique  ou  longue  chemise,  à  la  bass.  lat. 
Gonda,  tunica,  palla,  qui  venait  du  lat.  Gunna;  en  cam- 
brique  Gwu,  en  saxon  Gfoon,  en  gr.  FoSva,  ont  une  pa- 
reille signification.  Le  mot  remonte  loin  :  le  vêtement  qu'il 
désignait  était  connu  partout.  Dans  nos  contrées  la  mode 
de  ces  longs  sarraux  de  laine  ou  de  toile  grossière,  par- 
dessus tout,  pour  hommes  et  pour  femmes,  s'était^Ue  plus 
longtemps  conservée  qu'ailleurs?  avait-elle  été  reprise  et 


distinguait-elle  les  habitants  des  quartiers  dont  nous  avons 
parlé,  à  l'époque  où  l'on  imagina  d'en  faire  un  sobriquet 
plaisant  ou  injurieux?  Il  importe  peu  d'en  connaître  au 
juste  la  raison,  quand  il  suj£t  de  savoir  que  l'appellation 
est  due  à  une  singularité  de  costume  :  la  racine  du  mot 
le  dit  et  c'est  tout  ce  qu'il  en  faut. 

Goor,  s,  m.  Dim.  Gourde  ou  Gourgué  ;  ViUgm.  Gourguas. 
Fosse  d'eau  dans  une  rivière  ou  un  ruisseau;  flaque  d'eau 
de  pluie  ou  d'inondation;  mare.  —  Susa  eoumo  un  gour^ 
être  tout  en  nage.  Un  gour  dé  sang,  une  mare  de  sang. 
Àquélo  vigno  et  un  gour  dé  vi,  cette  vigne  produit  un  fleuve 
de  vin. 

Dér.  du  lat.  Gurges,  gouffre. 

Goura,  v.  Gourer;  attraper;  tromper;  duper. 

Gourdo,  s.  ^.  Gourde;  calebasse;  courge  servant  de 
bouteille. 

Probablement,  contraction  de  Cougourdo  ou  Cougourlo, 
du  lat.  Cucurbita,  courge.  —  Voy,  Cougourh. 

Gouré,  5.  m.  Goret,  petit  cochon;  porc;  et  par  ext.  eu 
terme  injurieux,  Juif. 

Dér.  du  gr.  Xotpo^,  porc. 

Gonrga,  v.  Regorger  d'eau;  être  abreuvé,  imbibé  à 
l'excès;  tremper.  —  Aqudo  ièro  gourgo,  ce  champ  est  trop 
imbibé  d'eau,  l'eau  ne  peut  s'y  écouler  ou  y  être  absorbée. 

Dér.  de  Gour. 

Gonrgnè,  n.  pr,  et  adj.  m.  Goumier.  —  Mouli  gour- 
gnè,  moulin  entouré  de  fosses  d'eau.  C'est  le  nom  que 
portait  un  vieux  moulin  dont  les  ruines  existent  encore» 
sur  l'emplacement  duquel  sont  b&ties  quelques  maisons  en 
face  de  celle  de  l'administration  de  l'usine  des  Fonderies 
et  Forges  d'Alais.  Il  a  donné  son  nom  à  tout  ce  territoire. 

Gourgo,  s.  f.  Bassin,  réservoir  d'eau  de  pluie  ou  de 
fontaine,  pour  servir  à  l'arrosage  d'un  jardin,  d'une 
prairie. 

Dér.  du  lat.  Gurges. 

Gonrgouia,  v.  Grouiller;  produire  des  borborygmes,  dea 
flatuosités  dans  les  intestins.  —  Un  co  dâou  jour  las  tripot 
gourgouïou,  littéralement,  une  fois  le  jour,  les  boyaux 
grouillent,  c.-à-d.  au  fig.,  il  n'est  pas  de  caractère  si  doux, 
si  calme,  qui  ne  murmure,  qui  ne  se  fâche  quelquefois. 

Ce  verbe  parait  dérivé  de  Gour,  par  suite  de  la  fausse 
idée  que  ce  sont  des  amas  d'eau  qui  clapotent  dans  les 
intestins,  au  lieu  de  gaz  qui  sont  la  véritable  cause  de  ce 
grouillement. 

Gonrgoul,  s.  m,  Chalançon,  calandre,  qui  ronge  le  blé» 
Curculio,  Linn.,  insecte  de  l'ordre  des  Coléoptères  et  de  la 
fam.  des  Rostricomes.  —  Voy.  Coureoutsoù. 

Dér.  du  lat.  Curculio,  m.  sign. 

Gourgouli  ou  Léngasto,  5.  m.  Ilippobusque  du  mouton» 
moustique  des  brebis,  Hippohosea  ovina,  Linn.»  insecte  de- 
l'ordre  des  Diptères  et  de  la  fam.  des  Hanstelles  ou  Sclé- 
rostomes.  Il  est  plat,  rouge  et  de  la  forme  d'une  punaise  ; 
armé  de  crocs  très-acérés  et  très-forts,  qui  pénètrent  dana 
la  peau  ;  il  vit  sur  le  mouton  et  la  brebis. 


390 


GOU 


G  OU 


La  Len(jas(o  cl  le  Courgouli  sont  à  pou  près  le  fri«}in( 
însocb'  :  (juelqiio  clinV'iviice  iloil  piobal)leijjeiil  les  dislin- 
gucr  coiHMiilanU  jjiais  les  deux,  noms  sont  é^^alenlenl  laini- 
liers  aux  liergers  du  i>ays.  — Voy.  Lvntjasto. 

Gourgoulina,  v.  Siroter,  lioire  à  petits  coups  et  lon;;- 
tenips;  hoire  à  la  ré-jalade;  <:ari'ariser;  pn»preiiient,  boire 
au  gouleau  d'une  ijonrijoulino. 

Gourgoulino,  s.f.  Cruclutn;  petite  irounle;  liibiron. 

Gourin,  ino,  a^/y.X'aiialx.ud;  libertin;  dél>auelié;  ruITlan; 
fdle  de  joie,  coureuse;  iiouii^andine. 

Dér,  de  Gouré. 

Gourina.  r-  Va^sabonder,  liattie  le  pavr;  courir  les  Uinu- 
vais  lieux;  courir  a [irès  les  fommes  débaucliées;  faire  le 
mauvais  sujf-t. 

Gourjado,  s.  f.  (iorgée;  bnicbée;  quantit*'-  de  li(|uido 
qu'on  p<'Ut   avaler  on  unt»  lois.  —  A   hèlos  ijonrjados,  à 


gurg(*es. 


Dér.  lie  Gorjo. 

Gourjè,  èïro,  (vij.  Qui  a  une  lar^'c  ouvcM-tun^  (|ui  a  uu 
grand  avaloir.  —  Ln  sa  ijourjc,  un  sac  lariie  d  cntriV.  Cu 
mo«/ifIa'ire  (fourjc,  un  crible  à  blé  ibtiil  !<'S  trous  sont  lort 
larges  et  laissent  passer  trop  de  l)ons  grains. 

Dér.  de  Gorjo. 

Gous,  s.  m.  Goût;  saveur;  celui  des  cin([  sens  dont  la 
langue  est  le  principal  organe. 

Dér.  du  lai.  Gu.siu.s,  m.  sign. 

Gousiè,  s.  m.  Diiu.  G(nisi'/trc.  Gosi'T.  partie  intérieure 
du  cou;  canal  de  la  vuix  '^l  des  abuK.'nts. 

Euq^  au  fr. 

Gousta,  .V-  }n.  Dim.  Guusia'lc.  douter,  petit  repas  entj'e 
le  duier  et  le  souper.  —  Les  travailleurs  de  terre  à  la 
journée  font  tr(.»is  re|>as  sur  le  cbantier  à  partir  du  l'i 
li'vrier  jus(]u'au  I*''  nnvendjre  ;  le  di-jeuner  (jui  a  lieu  à 
8  lieures  du  n.atin  o\  plulùt  luèine  ilans  les  j-'rands  j'»urs; 
le  diner,  invariablement  a  midi;  le  goûter  à  *  bennes. 
Pendant  le  reste  de  Tanné'-,  \o  déjeun^'r  esl  supprimé,  le 
diner  a  lieu  ;i  9  beures  et  le  goûter  à  1  b-'ure  après 
midi. 

Gousta,  V.  Goûter,  c.-.-^-d.  faire  le  reins  dit  (inûter,  et 
non  point  Goûter  pour  déguster,  rpii  se  dit  Tasia. 

Dér.  du  lat.  Gustave. 

Gonstado,  s.  f.  Goûter,  lorsqu'il  entraine  l'idée  dun 
petit  régal,  d'un  gala,  d'un  extra  quelconque,  bor>dc  Tor- 
dinair-v  C'est  ordinairejiient  un  gala  d'eidant>,  <'t  aussi  ce 
gala  de  certains  artisans  aisés  «jui  se  réunissent  dans  un 
cabaret  <'û  cliacun  apporte  son  j)lat.  Ce  fiiot  enfin  om- 
porle  l'ii'  ed'un  extra,  njais  modeste.  L'babitude  s'en  [x-rd 
dans  la  classe  moyenne  :  les  nueurs  ne  sont  plus  à  celte 
sinqilicité. 

Gousto-soulé,  yjAra^e  fdile,  s.  m.  Avare;  égrïsle;  qui 
n'aime  pas  à  faire  j^art  de  son  beurre. 

Goustoùs,  ouso,  utlj.  Qui  a  du  goût;  qui  a  bon  goût; 
savoureux;  appétissant;  qui  flatte  le  goût.  —  S'em])Ioie 
surtout  en  parlant  du  pain  de  ménage,  en  opposition  aux 


.  derni  •re>  «pialiLs  du   pnin  de  b<:>ulanger,  dont  on  a  retiré 
la  dcui"  el  (pii  c^l  iad('. 
Déi'.  di»  G') lis. 

Goutéja,  ''.  fié(|.  SiNiiter;  dég')utter;  toml)er  goutta  à 
goutte. 

Dt'i.  de  Coulo. 

Goutièïro,  >.  f.  V(ù-^  d"r,  u  à  travers  une  toiture,  causée 
I  par  la  ieni  •  (riui-*  luile  uu  .^ou  déplacement,  par  un  trou. 

—  Le  elj.'îieau   eu  c  udî. il  sur  les  bords  des  toits  appelé 
(•n  Ir.  Guulli''re  se  dit  A-  :iu\>n  —  V.  c.  m. 

Gouto,  s.  f.  Dim.  G<>u,ci«.  Goutte,  i>e'it  globule  d'un 
liquide;  r^uji";  par  (  \t.  et  multiplicalion,  piHit  verre 
d'eau  de  \ie.  —  lie,  ure  /..  (i',tiio,  boire  la  goutte,  un  j^til 
verre  \\r  b(pi''ur  alco(. Tapie  (p^'lcnque. 

Dér.  ibi  ial.  (luihiy  ui.  sign. 

Gouto-niîcLgiTaio ,   s.   /.  Migraine,  douleur,  souvent 

])éj-it.;bque.  (jlii  iuléi  !<•  \\\\  rolé  de  la  tète. 

l)é|-.  p.iir  la  sr.a  mil'  jinriie  ilu  mot,  de  sou  nom  lat. 
Ilciiiiu ':n'r,i ,  du  <^i- .  'Wx'./.yjivioi,  moitié  du  crAnc. 

Goûtes  (Las),  s  /".  j>hir.  La  g<»utte;  maladie;  fluxion 
à<:re,  d  ul<>ur»u-e,  .i\rc  îi^'ullement,  qui  attaque  les  join- 
tures, le>  ritlieulalioii.s,  N-s  nerfs.  — Las  goutos  éMacaJos 
à  l'os,  (linoit  jtfstfK'âiHf  cms,  à  la  goutte  point  de  remède; 
l'il'^  dure  juMju'au  toud)eau. 

Gouto-séréno,  .s.  f.  Goutte-sereine;  amaurose,  maladie 
di'S  yeux  (jui  eiiiranie  la  cécité. 

Goutoun,  s.  /.  n.  {ir.  de  fennue.  Gotou  :  dim.  de  Mar- 
(jnuioau,  .M.irgt'l'  u,  qie  snnt  eux-méu^es  une  variété  fami- 
lièr.   il  caios.iue'  d.'  Marguerite  ou  Margarido. 

Gouvélé,  >  //'  Mi.  ii\  et  plus  usité  que  Goubélé.  Dim. 
I  Gourr/t'ic.   (io|..  |.t,  \a^e  naid  .'i  boire;   verre  à  boire.  — 

j   yntj.   iio. 

\      Dér.  du  lai    GujrUn,  [le'ite  cuupe. 
'      Gouvélétéja,  r.  iretj.  (;(.li(  lotler;  buvolter;  l)oire  sou- 
vent (_'i  à  p'Mils  CMup>;    fréqrieiiter  les  cabarets,  y  faire  de 

I  longues  N'-aiices. 

!       ' 

I      Gouvèr,  ^.  m.  (barveiiirment  ;  direction,  maniement  des 

laU'aires;  éennomii^  domes'i(pie;  reine  ou  mére-abeille d'une 
ruclit\  (pT"U  'lit  iiiieiiv  Muïstro;  mailresso-branche  d'un 
arbre;  ])riii-ipal  reJ!  I  »n  dune  plante.  —  Y-a  pas  ge$  dé 
;/nHi\)   'linr  (.(jud  oastàou ,  il  ji'v  a  pas  d'ordrc  dans  ce 

jiiiéuap'.  A<^(icl    ntiôvu  es  de   michan   gouvèr,  c^?  nuilet  est 

,  ma!  ais''  a  .4ou\i'rn(U*. 

;      D<  r    du  lil     GitihcrtioGo,  de  Gubcruare,  gouverner. 

Gouverna,  /\  Gouverner;  coiumander;  diriger.  —  Quand 
un  elran^'i  r  eh',i,>   lins  ui.e  n»;  ison  dont  il  ne  connaît  pas 

,  les  Inbilanls,  il  ilil,  par  pliia.se  l'aile  :  Quâon  çaï  gouvèrno? 

!  Qui  est  le  maitie  ici  ? 

!       Gouvérnamcn,.s.  n>.  (Gouvernement. —  Depuis  le  régime 

[  Cunhtituliounel,  ce  mot  a  du  descendre  dans  tous  les  idio- 

!  mes,  comnje  lant  d'autres  ajipartenant  à  cette  politique  qui 

I  est  à  la  [HUtéc  de  tous. 

Gouvèrno,  .s.  /.  Gouverne;  règle,  principe  de  conduite. 

-  Pér  ta  gouvèrno,  p(Hir  te  fixer,  pour  ta  règle. 


GRA 


GRA 


391 


6ra,  s.  m.  Gré;  volonté;  bon  plaisir;  reconnaissance. 
—  Sàoupré  gra,  savoir  gré,  être  reconnaissant.  Dé  bon 
$ra,  volontiers;  volontairement,  de  bon  cœur.  Mé  save 
hién  gra,  je  me  félicite,  je  suis  heureux,  content  de... 
VouM  en  save  gra,  je  vous  en  remercie. 

Dér.  du  la  t.  Gratum,  qui  agrée. 

Gracio,  s.  f.  Grâce,  faveur  volontaire;  remise  de  peine; 
grâce,  agrément  dans  les  personnes  ou  les  choses,  manières 
agréables,  bonne  tournure. 

Gracions,  onso,  adj,  Dim.  Graciousé.  Gracieux;  affa- 
ble; riant:  poli;  obligeant. 

I>ér.  du  lat.  Gralia,  grâce. 

Gragnè,  «.  m.  Dim.  Gragnèïré;  augm.  Gragnèïras. 
Grenier  à  blé  et  autres  provisions  ;  non  point  grenier  à  foin 
et  paille,  qui  se  dit  Païè. 

Dér.  du  lat.  Granarium,  m.  sign.  de  Grana,  Grano, 
Gran. 

Graîo,  s.  f.  Corneille,  nom  sous  lequel  se  rangent  plu- 
sieurs espèces  :  la  Corbine  ou  Corneille  noire,  Cor^ui 
corone,  Linn.:  le  Freux,  Fragonne  ou  Grolle,  Corvu$  fru- 
gUêgus,  Linn.;  et  au  besoin  la  Corneille  raantel(>c,  Corvus 
comûc,  Linn.;  celle-ci  plus  rare  et  bien  reconnaissable  par 
le  gris  cendré  qui  recouvre  le  dessus  et  les  parties  infé- 
rieures de  son  corps  et  tranche  sur  la  robe  coinnmne  tou- 
jours noire  à  divers  reflets  bleuâtres  ou  pourprés.  Toutes 
ces  corneilles,  y  compris  le  Freux  malgré  son  épilhéte  de 
Frugilegus,  sont  omnivores.  II  n  est  donc  pas  étonnant 
qu*avec  tant  d'autres  poihts  de  ressemblance  encore,  elles 
puissent  être  souvent  appelées  Courbatus  ou  Croiipatas,  la 
première  surtout  qui  est  la  plus  grande  et  dont  les  appétits 
ae  rapprochent  davantage  Je  ceux  du  corbeau.  —  En  v.  fr. 
on  disait  aussi  :  Graille,  tiré  du  lat.  comme  Graïa,  Gra- 
cula,  m.  sign. 

Graîoù,  s.  m.  Graillon  ;  odeur  de  la  graisse  fondue  ou 
de  celle  qui  tombe  sur  les  charbons  ardents  ;  goût  que  con- 
servent les  ustensiles  de  cuisine  qui  ont  servi  à  la  prépa- 
ration d'aliments  gras  et  qui  se  communique  â  d'autres 
aliments  maigres. 

Dér.  et  sorte  de  dim.  de  Gratsso. 

Graissé,  s.  m.  Farlouse,  alouette  des  prés,  pipi  des 
buissons,  Anthus  arboreus,  Linn.,  oiseau  de  l'ordre  des 
Passereaux  et  de  la  fam.  de  Subulirostres  ou  Raphioram- 
bes,  plus  connu  sous  le  nom  de  Graisset  ou  Grasset,  quoi- 
que Sauvages  dise  que  c'est  un  barbarisme  ;  car  comment 
pourrait-on  mieux  nommer  ce  petit  pied,  si  rond,  si  fon- 
dant, si  délicat,  si  apprécié  des  gourmands,  auxquels  il 
hnX  d'ailleurs  renvoyer  pour  le  décrire  et  surtout  en 
vanter  l'excellence?  si  ce  nom  n'existait  pas,  ne  faudrait- 
il  pas  l'inventer? 

GraÎBBO,  8.  f.  Péjor.  Graîm^asso.  Graisse,  substance  ani- 
male, onctueuse,  molle,  huileuse.  Au  fig.  embonpoint; 
excès  ;  gras.  —  St  plan  dé  tro  dé  gratsso,  il  se  plaint  que 
la  mariée  est  trop  belle.  Es  mort  émbé  toutos  sas  graïssos, 
il  est  mort  avec  tout  son  embonpoint.  Es  malâou  dé  tro 


dé  graïsso,  il  est  malade  de  trop  d'aise;  il  se  meurt  de  gras 
fondu.  Aguélo  roumano,  aquélo  mésuro  an  tro  dé  graïsso, 
cette  romaine,  cette  mesure  (de  longueur  ou  de  capacité) 
font  trop  forte  mesure,  trop  fort  poids,  c.-à-d.  pèsent,  me- 
surent ou  contiennent  plus  que  leur  valeur  nominale. 

Graïsso'blanquo,  saindoux,  graisse  de  porc  fondue. 

Dér.  du  lat.  Crassus,  crassa. 

Graïsson,  s.  m.  Cresson  des  fontaines,  à  petite  fleur 
blanche  et  cruciale,  Sisymbrium  nasturtium,  Linn.,  plante 
de  la  fam.  des  Cmcifères  siliqueuses. 

Dér.  du  lat.  Crescere,  croître  :  permutation  ordinaire 
du  C  en  G. 

Graîssoùs,  onso,  adj.  Dim.  Graïssousé;  péj.  Graïssou- 
sas.  Graisseux;  poisseux;  gluant;  enduit  de  graisse;  taché 
de  corps  gras. 

Grame,  s.  m.  Dim.  Graméné.  Chiendent,  Triticum 
repens,  Linn.,  plante  de  la  fam.  des  Graminées,  commune 
dans  les  terrains  gras  et  humides,  dont  la  racine  sucrée  est 
employée  en  tisane,  mais  dont  la  présence  dans  un  champ 
est  une  peste  et  le  désespoir  des  agriculteurs,  tant  il  est 
difllcile  de  l'extirper  et  d'en  purger  la  terre. 

Dér.  du  lat.  Gramen,  gazon. 

Gramécls,  phr.  faite,  tantôt  s.  m.  aJj.  ou  inlerj.  Grand 
merci!  Grâces  à  Dieu!  merci;  remerciement.  —  Gramécls 
à  iéou  que  vous  ses  pas  toumba,  grâces  à  moi,  si  vous 
n'êtes  pas  tombé.  Gramécïs  gué  l'doubre  èro  pas  nâou,  que 
mé  sérièï  ésquina,  fort  heureusement  que  l'arbre  n'était 
pas  haut,  sans  cela  je  me  serais  cassé  les  os.  Aquà's  lou 
gramécls,  voilà  le  remerciement  que  vous  me  faites,  la 
reconnaissance  que  vous  me  témoignez.  Mé  digue  pas  sou- 
lamén  gramécls,  il  ne  me  dit  pas  seulement  merci. 

Graménas,  s.  m.  Augm.  de  Grame,  mais  encore  avec 
un  sens  plus  étendu,  car  il  signifie  :  une  partie  de  terre,  de 
champ,  de  pré,  envahie  et  labourée  par  le  chiendent  qu'on 
ne  peut  extirper  qu'à  grand'peine.  —  Voy.  Grame, 

Gramo,  s.  m.  Gramme;  terme  d'unilé  dans  le  nouveau 
système  des  poids  et  mesures,  valant  un  peu  moins  de 
4  9  grains. 

Il  n'est  pas  nécessaire  de  relever  cette  importation  fran- 
çaise ou  grecque,  introduite  dans  la  langue,  par  de  nou- 
veaux besoins. 

Gran,  i.  de  tout  genre.  Dim.  Grané,  Granéfo.  Aïeul,  aïeule. 

—  Moun  gran,  ma  gran,  mon  grand -père,  ma  grand'mère. 

—  Ma  gran  la  borgno,  ma  mère  l'Oie.  —  Voy.  Borgno. 

11  y  a  aussi  comme  dim.  terme  de  familiarité  et  de 
caresse  :  Moun  grané  et  ma  granéto,  mon  petit  bon  papa, 
ma  bonne  petite  maman . 

Gran,  s.  m.  Dim.  Grané.  Grain;  nom  générique,  mais 
qui  ne  se  dit  guère  qu'en  parlant  des  céréales.  Le  grain 
de  raisin  se  dit  Grun. 

Dér.  du  lat.  Granum,  m.  sign. 

Grana,  v.  Grener;  monter  en  graine  ;  produire  beaucoup- 
de  grain  ;  en  terme  de  magnanerie,  pondre .  —  Lous  par- 
paioùs  an  bien  grana,  les  papillons  de  vers-à-soie  ont  pro- 


392 


GRA 


GRA 


4ult  beaacoap  de  graine.  Lous  pélouiuê  $oun  granas,  les 
hérissons  des  châtaigniers  ont  déjà  formé  leur  fruit.  Lcu 
éêpigos  ioun  granadoi  eoumo  dé  sâou,  les  épis  sont  bien 
grenus.  Àrgén  dé  fénno  et  bé  dé  eampano,  nottn  fleuris  ni 
noun  grano,  ou  avec  la  variante,  se  fleuris  noun  grano, 
prvb.  qui  ne  témoigne  aucune  confiance  en  la  prospérité 
de  biens  provenant  de  femmes  ou  de  prêtres  :  il  sous- 
entend  sans  doute  les  biens  spirituels  qui  leur  reviennent 
à  plus  juste  titre,  au  moins  comme  compensation. 

Granadiè,  s.  m.  Grenadier;  soldat  appartenant  à  la 
première  compagnie  d*un  bataillon.  Au  fig.  intrépide; 
audacieux  ;  délibéi^  :  se  prend  alors  adjectiv. 

Empr.  au  fr. 

Granaîo,  j.  f.  Grenaille  ;  le  plus  menu  plomb  de  chasse, 
cendrée.  —  Èscarta  la  granaio,  se  permettre  des  propos 
grivois,  licencieux,  surtout  devant  les  femmes  et  les  en- 
fants. 

Granàon,  5.  m.  Grandin,  graneau,  gumau,  gronau  ou 
bellicant,  Trigla  gumardus,  Linn.,  poisson  de  la  Méditer- 
ranée, de  Tordre  des  Holobranches  et  de  la  fam.  des 
Dactyles. 

Son  nom  fr.  lui  vient  sans  doute  du  bruit  qu'il  fait  en- 
tendre quand  on  le  prend  :  le  lang.  ne  serait  qu'une  sorte 
d'altération  à  sa  manière. 

Grané,  s.  m.  Pois  ou  haricots  cosses  et  secs.  —  Soupo 
dé  granés,  soupe  aux  haricots.  Fégnan,  vos  dé  granés?  — 
Ot/  —  Porto  ta  sièto,  — Né  vole  pasgés;  paresseux,  veux- 
tu  manger?  —  Oui!  —  Avance  ton  assiette.  —  Je  n'en 
veux  pas. 

Gnuiéto  d'Avignoun,  5.  f.  Grain  du  Nerprun.  —  Voy. 
Avignoun. 

Grangala,  v.  n.  —  Ne  s'emploie  qu'à  l'infinitif  et  pré- 
cédé de  Poudre  pas.  On  ne  dit  pas  :  Grangala  dé  fré,  dé 
se,  dé  fan,  mais  bien  :  Pode  pas  grangala  dé  fré,  dé  se,  dé 
fan,  etc.,  je  meurs  de  froid,  de  soif,  de  faim;  ou  mieux, 
le  froid,  la  soif,  la  faim  paralysent  mes  forces,  je  ne  puis 
mettre  un  pied  devant  l'autre.  —  Sauvages  admet  à  la  fois 
Grangala  et  Poudre  pas  grangala,  l'affirmative  et  la  néga- 
tive, avec  la  même  signification,  ce  qui  nous  parait  une 
erreur.  Dans  ce  pays,  on  ne  l'emploie  qu'à  la  négative. 

GraniTOU,  adj.  des  deux  genres.  Terre  à  blé  très-pro- 
ductive, où  les  céréales  réussissent  très-bien  et  produisent 
beaucoup  de  grain. 

Grano,  s.  f,  Dim.  Granéto.  Graine,  semence  des  plantes, 
des  herbes,  des  fleurs  ou  des  fruits;  graine  ou  œufs  des 
vers-à-soie.  Métré  la  grano,  mettre  à  couver,  à  incubation 
la  graine  des  vers-à-floie.  Mounia  in  grano,  se  dit  des 
plantes  potagères  qu'on  laisse  monter  pour  porter  et  re- 
«leiUir  leur  graine.  On  dit  encore  d'une  jeune  fille  un  peu 
mûre  :  Réstara  pér  grano,  elle  restera  pour  graine;  ce  qui 
n*est  cependant  qu'une  contre-vérité  flagrante  :  les  filles, 
▼ouées  à  coiffer  sainte  Catherine ,  ne  laissent  pas  souche. 
Miehanto  grano,  mauvaise  raoe,  famille  tarée. 

Dér.  du  lat.  Gretnum. 


Grano  dé  boudin,  s.  f.  Coriandre,  plante.  —  Yog, 
Coutandro. 

On  met  ses  feuilles  dans  le  boudin  pour  l'épioer  :  de  14 
le  nom. 

Grano  dé  capouotain,  s.  f.  Cévadille,  plante.  —  Voff. 
Cévadïo. 

Grano  dé  chapélé,  s.  f.  Larme  de  Job  ou  larmiUe  des 
Indes,  Coyx  lacryma  Jobis,  Linn.,  plante  de  la  fam.  des 
Graminées,  exotique  mais  bien  acclimatée,  dont  la  semence 
est  en  forme  de  perle  allongée  vers  ses  p61es  et  de  la  gros- 
seur d'un  haricot.  Cette  graine  est  d'un  gris  perle  veiné  et 
luisant  ;  en  la  perçant  d'un  bout  à  l'autre,  on  en  fait  de 
jolis  chapelets.  De  là  son  nom. 

Grano  dé  por,  s.  f.  Grains  de  ladrerie  :  petite  vessie  on 
aphte  qui  se  manifeste  dans  l'intérieur  des  muscles  da 
porc.  Les  languëyeurs  les  reconnaissent  sur  l'animal  vivant 
à  la  racine  de  la  langue  et  à  l'intérieur  des  paupières. 
Sauvages  prétend  que  cette  maladie  n'altère  en  rien  la 
qualité  de  la  viande  et  qu'elle  peut  être  mangée  sans  in- 
convénient ;  cependant  l'opinion  générale  lui  est  contraire, 
ou  du  moins  le  préjugé.  Toujours  est-il  que  c'est  cette 
opinion  qui  a  créé  la  profession  de  languéyeur;  car  o^oi- 
ci  n'a  pas  d'autre  utilité  que  de  signaler  ce  vice.  Et  cette 
constatation  a  paru  tellement  importante  à  nos  pères  que 
de  leur  temps  les  languéyeurs  étaient  des  fonctionnaires 
assermentés  et  on  leur  octroyait  le  titre  de  Conseillers  di 
roi.  Au  surplus,  la  loi,  après  les  coutumes,  a  fait  de  la 
ladrerie  un  vice  rédhibitoire. 

Granonïo,  s.  f,  Dim.  Granouïéto,  Grenouille,  Rana, 
Linn.,  reptile  de  l'ordre  des  Batraciens  et  de  la  fam.  doi 
Anoures.  Il  en  existe  plusieurs  variétés  qui  sont  confon- 
dues sous  ce  nom. 

Granouto  signifie  encore  :  Crapaudine,  pièce  de  fer  on 
de  fonte,  en  forme  de  dé,  sur  laquelle  porte  et  tourne  le 
tourillon  ou  le  pivot  d'une  porte  cochère,  on  celui  d'un 
joug  de  cloche. 

Las  granouïos  se  dit  du  râle  qui  se  fait  entendre  dana 
le  gosier  des  moribonds,  et  qu'on  a  comparé  an  coasse- 
ment des  grenouilles. 

Dér.  par  une  formation  régulière,  du  lat.  Ranula,  dim. 
de  Rana,  m.  sign.;  avec  le  G  paragogiqne. 

Grâon,  5.  m.  Le  Grau  :  nom  que  Ton  donne  anx  em- 
bouchures par  lesquelles  le  Rhône  se  déverse  dans  la  mer. 
—  Lou  Grdou,  n.  pr.,  désigne  plus  particulièrement  le 
Grau  du  roi,  le  Grau  d'Aigues-mortes,  lau  Gréou  dàau  rêi, 
tout  récemment  érigé  en  commune,  et  qui  acquiert  cha- 
que jour  plus  d'importance  à  cause  de  l'affluence  des  bai- 
gneurs. Se  relie  à  la  ville  d'Aigues-mortes  par  le  oanid 
Saint-Louis,  sur  lequel  ce  roi  de  France  s'embarqna  pour 
sa  dernière  croisade. 

f^  mot  Grâou  pourrait  n'être  qu'une  forme  analogue  à 
Gravo,  Gravas,  qui  a  donné  Gravier  et  Grève  an  fr.,  <» 
une  permutation,  comme  il  s'en  produit  beanooiqi,  ds 
€râou,  la  Crau  fV.  0.  m.);  on  propose  aussi  de  le  faire 


GRA 


GRA 


393 


dériver  du  lat.  Gradtu,  emportant  ]e  sens  de  rade,  baie, 
port.  Ces  diverses  interprétations  peuvent  convenir. 

Grâouligiia,  v.  Égratigner.  —  Voy.  Éngràoufi^a  et 
Bngrdouta, 

Grâonfignado,  s.  f.  Égratignure;  coups  de  griffe.  — 
V&y.  Éngrdoutcuio. 

Grâongnâou,  s.  m.,  ou  Bécar.  Goujon,  Bonillerot,  Cy- 
prinus  gohio,  Linn.,  petit  poisson  de  rivière  de  l'ordre  des 
Holobranches  et  de  la  fam.  des  Gyronopomes,  à  opercule 
lisse.  —  Voy.  Béear. 

Grâoula,  v.  Miauler  comme  un  chat  en  colère  ou  en 
humeur;  rouler  la  voix;  geindre  fortement;  bourdonner. 

Ce  mot  est  probablement  une  onomatopée  du  miaule- 
ment du  chat  en  colère,  comme  Miàoula  est  celle  de  son 
cri  roignard  et  caressant. 

Orâonlaire,  aîro,  adj.  Enfant  pleurard;  grognon,  qui 
ne  cesse  de  grogner  et  de  geindre. 

Grâonle,  «.  m.,  ou  Cabridan.  Frelon,  la  plus  grosse 
espèce  de  guêpes,  Crabro,  Linn.,  insecte  de  l'ordre  des  Hy- 
ménoptères et  de  la  fam.  des  Ptérodiples.  —  Il  y  en  a  un 
jaune  et  un  autre  noir;  ce  dernier  est  le  plus  venimeux. 
Ces  insectes  sont  forts  et  carnassiers  et  détruiraient  un 
grand  nombre  de  mouches,  d'abeilles  surtout,  si  leur  vol 
lourd  et  bruyant  n'avertissait  leur  proie  de  l'approche  du 
danger. 

C'est  sans  doute  ce  bourdonnement  incommode  qui  a 
inspiré  les  acceptions  et  les  locutions  dans  lesquelles  il 
intervient  au  fîg.  —  À  la  tètto  pléno  dé  grdouUs,  c'est  un 
brise-raison,  un  querelleur,  il  a  mille  rats  dans  la  tôte; 
par  suite,  un  grâoule  est  un  caprice,  un  accès  de  frénésie; 
une  lubie. 

Dér.  du  lat.  Crabro,  frelon. 

Grâonléja,  v.  fréq.  Perdre  la  tramontane;  faire  le  fou, 
l'étourdi,  la  mauvaise  tète. 

Gràoiiliîe,  «.  f.  État  de  celui  qui  a  des  lubies,  des  ca- 
prices ;  caractère  étourdi,  tapageur,  brise-raison, 

Grâouloùs,  ouso,  adj.  Dim.  Grdoulousd.  Capricieux; 
querelleur,  tapageur;  écervelé;  évaporé;  qui  a  des  lubies. 

Grâonméto,  s.  f.  Gourmette,  chaînette  de  fer  qui  tient 
au  mors  de  la  bride. 

Emp.  au  fr. 

Gràoumia  (Se),  v.  Se  gratter  à  la  manière  des  gueux  et 
des  pourceaux,  en  se  frottant  contre  un  mur  ou  contre  un 
arbre  la  partie  qui  démange,  ou  en  faisant  un  tour  d'épaule 
qui  déplace  et  distrait  la  vermine  qui  cause  celte  déman- 
gjeaison. 

Grâoiiséiè,  ».  m.  Groseillier,  Ribes  uva  crispa,  Linn., 
arbuste  épineux  de  la  fam.  des  Groseilliers,  dont  on  con- 
naît plusieurs  variétés  :  le  Groseillier  à  maquereau,  fruit 
blanc,  Ribe$  gro$$ularia,  Linn.;  le  Groseillier  à  fruits 
rouges,  Ribes  rubrutn,  Linn. 

Dér.  du  lat.  Grosstdaria. 

GrâoQsèio,  j.  f.  Groseille,  fruit  du  groseillier.  — On  sait 
quelles  confitures  on  en  fait. 


Gràoatoà,  s.  m,  Cretous;  petits  morceaux  de  viande 
maigre  de  la  panne  du  porc  qui  est  le  résidu  de  la  graiâse 
fondue.  Avec  ces  cretons  racornis  et  rissolés,  on  assaisonne 
une  fouace  ou  galette,  Fougasso  dé  grâoutoù,  dont  on  est 
friand  dans  le  pays. 

Formé  d'un  dimin.  de  l'adj.  Gras.  i 

Grapado ,  s,  f.  Poignée  de  grains,  autant  que  la  main 
peut  en  contenir. 

Grapâon,  s.  m.  Dim.  Grapâoudé;  augm.  et  péj.  Gra- 
paias.  Crapaud,  Bufo,  Linn.,  famille  assez  nombreuse  des 
Anoures,  de  l'ordre  des  Batraciens,  plus  laide  que  veni- 
meuse, qui  ressemble  beaucoup  à  la  grenouille,  avec  la- 
quelle on  peut  les  confondre. 

Grapâou  et  son  dim.  Grapaïoù  s'appliquent  à  un  jeune 
polisson,  un  drôle,  incommode.  Insolent,  qui  se  démène  et 
prend  des  airs  d'importance,  un-  Gavroche,  un  jeune  voyou. 

Dér.  du  lat.  Crepare. 

Grapassea,  s.  m.  plur.,  ou  Grapiè.  Criblures  du  blé; 
grains  non  dépouillés  de  leur  balle,  qu'on  fait  venir  à  la 
superficie  par  le  mouvement  de  rotation  du  crible  appelé 
Moundaïre,  parce  qu'ils  sont  plus  légers  que  les  autres  ea 
égard  à  leur  volume.  Le  cribleur  les  enlève  à  petites  poi- 
gnées, à  grapados.  De  là  le  nom  de  Grapasses. 

Grapiè,  s,  m.,  ou  Grapassea.  Quantité,  ensemble  des 
criblures  du  blé,  pris  et  considéré  en  masse  et  comme 
résidu  de  récolte. 

Grapil,  s.  m.  Grapin,  outil  en  forme  de  pelle  à  douille 
et  à  branche  recourbée,  armée  de  trois  larges  dents  à  soa 
extrémité,  pour  creuser  les  graviers  dans  l'eau. 

Dér.  de  l'allem.  Greifen,  prendre,  saisir. 

GrapOB  (Las),  s.  f.  plur.  Maladie  de  la  race  chevaline, 
sorte  de  dartre  croûtée,  qui  se  forme  au-dessus  du  sabot, 
entre  le  sabot  et  la  naissance  du  poil. 

Gras,  grasse,  adj.  Au  plur.  Grasses,  grassos.  Gras;  qui 
a  beaucoup  de  graisse:  qui  a  de  l'embonpoint;  enduit, 
couvert  de  graisse;  trop  large,  excédant  une  certaine  pro- 
portion, un  certain  degré;  en  parlant  d'un  terrain,  fertile, 
argileux;  stibst,  gras  par  opposition  à  maigre;  jours  où  il 
est  i)ermis  aux  catholiques  de  manger  de  la  viande.  — 
Mesura  grosso,  pés  gras,  mesure,  poids  trop  fort  fVoy. 
GraissoJ.  Àedau  grosso,  chaux  hydraulique  fVoy.  Acàou). 
Es  gras  âou  lord,  il  est  rond  de  graisse.  Parla  gras,  gras- 
seyer. Manja  gros,  faire  gras,  manger  de  la  viande. 

Gras,  en  parlant  des  vers-à-soic,  se  dit  d'une  maladie 
dont  ils  sont  atteints  et  qui  n'est  autre  chose  qu'une  disso- 
lution, c.-à-d.  que  la  liqueur  visqueuse  qui  leur  sert  en 
quelque  sorte  de  sang  se  transforme  en  sérosité.  On  appelle 
le  sujet  ainsi  malade  Gras  ou  Jâoune,  aujourd'hui  mort- 
flac,  et  le  mal  qui  répand  tant  de  terreur  et  fait  tant  de 
ravages  dans  nos  éducations  séricicoles,  la  FUuhmê. 

Dôr.  du  lat.  Crassus,  m.  sign. 

Grasâoa,  s.  m.  Dim.  Grasalé.  Petite  auge  en  bois  ou 
en  pierre  pour  servir  d'abreuvoir  aux  poules.  C'est  oidi- 


394 


GRA 


GRE 


nairomeni   unt^  pierre  de  grès  carnée  cl  creusée  dnns  le 
milieu,  en  Tonue  de  nioi-tier. 

Dér.  do  Grés  :  aussi  dans  cerlninos  hn-aliiés,  on  dit 
Grcsàuu,  drnt  Crasdou  iTest  (ju'une  vari;uite  uu  une  cor- 
ruption. 

Grasïa,  r.  (Irill-'r;  faire  rolir  sur  le  gril. 

Grasïado,  .v.  /'.  (îrillade;  Iranelies  de  viande  cuilcs  sur 
le  gril. 

Grasïo,  a,  f.  Gril,  usl'^nsili'  de  cuj>int\  petite  rI;iio  en 
minces  lames  ou  Ija^uellos  de  \'f'ï^  propir  à  l'aire  rnlii  la 
viande. 

Dér.  du  lai.   Crntirufn.  in.  sii/ti. 

Grata,  r.  riraller;  racî.T;  frulîia'  a\ec  les  niides;  ratis- 
ser. —  Grain  l<i  Itro,  é*:ratij^ner  la  terre,  l'elll  urer  seid'- 
ment,  lui  dcnner  ini  lalx'ur  trop  l<';^er.  Que  m.'  ijrato  ounic 
se  /nus^  f(u  j)(is  tor  en  (Icikjks.  pr\h.,  [Mswv  s'  i^rall  r  à 
l'endroit  qui  déinan;^^.',  ce  n'est  nir:ns.'r  ni  fiire  lor(  à 
personne. 

Dér.  de  l'allem.  Kralzen,  j^'ralter. 

Gratadisso,  s.  /.  DêinaiJi:e.ii.s  .n;  action  de  i,MMttei-. 

Gratassa,  r.  iVê(|.  de  Gnua.  Gratter:  reiinier  la  l(M're  à 
la  manière  des  poules. 

Gratèlo,  .v.  /'.  (iratelle,  petite  galle;  démangeaison  opi- 
niâtre. 

Grati  (A),  a<h\  Gratis;  gratuitement,  sans  qu'il  en 
coûte  rien  ;  de  pure  grâce. 

Dér.  du  lat.  Gratis,  m.  sigu. 

Gratiou,  *'.  ///.  Chatouillement.  — Voy.  cassiou. 

Grato-Quîou,  s.  m,  Gralle-cnl,  Cyuorrliod<in,  fruit  du 
rosier  et  de  l'églairlier.  On  eu  fait  des  conser\es  estimées. 

Gratusa,  r.  (ihalouiller;  râper  du  sucre;  chapeler  du 
pain. 

Dér.  de  G  rata. 

Grava,  ado,  a'Ij.  .Marque  p.ir  la  petite  N^-role;  qui  a  la 
fi''ure  mèl»','. 

Dér.  ilu  i:r    V'Ajz'.u,  écrire. 

•.Il 

Gravas,  s.  m.  Au  plnr  Gruvussrs:  dim.  CraiMssoù, 
Grnv^'troif .  Lai'je  étendue  de  ^!r"'V('  siu'  les  l»i)rd>  dijU'' 
riviéie. 

Augiii.  de  Grarn. 

Gravéïroû,  v.  ,n.,  «tu  Graveïrolo,  s.  f.  Dim.  de  Gruro 
et  de  Grarn  s. 

Gravénas,  s.  in.  Angm.  de  Grin-o  et  de  Gravas.  Au 
plur.    Gr--rv.nfi.\sf's. 

Ce  m. il  ii"r>|  p«s  efi)pl(»ye  à  désigner  les  lai'ges  gnAes 
d'une  [)1iL'-',  iiiai-;  la-ai  ]'•>  d(''p<M>  di^  gi'a\ir'rs  ([u<'  les  inoii- 
datiais  i'uii  sMi'  !e  IJM  >!\l  l'erlil'*  qu'elles  cliau^u  ut  en 
lande  sl'Mile. 

Gravéto,  s.  [.  Dim.  de  Gmro.  —  i\e  s'emploie  guère 
quo  [wiiir  désii^rijj.i-  ,in  (-..ju  (]<.  <jiôve  uni,  cnn\ erl  d'un 
sable  fin,  propre  et  arp-nté,  tel  ([n'en  choisissent  les  les- 
siveuses pour  éta1)Iir  leur  at<'lier  et  p(Uir  étendre  le  linge 

Gravie,  s.  m.  Large  grève;  gravier;  sahle. 

Gravièïro,  s.  f.  Grève,  mais  seulement  dans  le  sens  de 


voirie,  parce  (pie  c'est  sur  les  grèves  (ju  on  jelle  comnni- 
nément  les  charognes  des  ècpiarisseurs. 

Grave,  A'. /.  (irè\e;  gra\ier;  gravois;  terrain  mêlé  de 
s.d)le  gii.s  ''t  menu,  de  cailloux,  et  de  petits  galets,  aux 
liords  dun-'  ri\ière. 

Du  mot  sim[)le  .niv  c(»m])oses  et  dérivés,  diminutifs, 
augiiiiiii.iiiis  ,.[[  p-éjoraiifs  a.ss-.v.  iioml)r''U\,  les  variétés 
ilevaieiit  aussi  èlr<*  fécondes  en  noms  pnqtres  soil  d'hom- 
m<'s,  Soit  de  lieux,  !^eu■  Jioire  seul  départ''menl,  plu.^ieurs 
co:i)iii(iihs,  \il!iiges.  Iiameauv.  ruis.s"aa\,  dans  toutes  les 
direcli  MIS,  s-  ralladienl  à  cette  forme  par  La  Grave,  les 
Gri\e.s,  1,'  (iiMN.LS  Les  (ira\ entes,  f.e  (jra\eron.  Le  Gra- 
Nes'.n,  Le  (ii'a\il,  (ira\  illai'gues.  Partout,  cmme  noms  de 
P'r-inii<s  ou  de  fiiijilîr,  oiil  {U'is  naisMiiice  pal*  une  iuspi- 
rafi.in  >  iitM.iiile,  ci'uv  de  La  Grave,  de  Gra\ es,  Dugra- 
viii",  Gî.n ciinle,  (;ra\r/.on,  ([ui  portent  un  cachet  njéri- 
dioird,  et  Lagrè\e,  Grève,  Grevin  et  Gi'é\y,  ([ui  ont  dû 
être  don:i<'s  au  nord  au  delà  ile  la  Loire  pour  nous,  et  qui 
S'ut  identiques. 

Dér.  de  la  hass.  lat.  (trarer/a,  m.  sign.,  du  lal.  Glmea. 

Grè,  v.  at.  (irec,  espèce  de  raisin.  —  Ijhi  (jrè  est  peu 
fertile;  ses  grqipe»  ne  sont  jamais  hien  fournies  en  grains, 
qui  suiit  hlancs,  o\oide>  ci  les  plus  gros  que  l'on  con- 
naisse. On  le  met  ordinairement  en  hocaux  avec  de  l'eau 
de  \ie  |»our  faire  du  ratidiat.  Il  ne  doit  pas  être  confondu 
a\ec  liai  musca  ijrè,  qui  est  une  variété. 

Gréfiè,  s.  m.  Grefller;  secrétaire;  clerc  de  notaire, 
d'avoué;  scrihe. 

Grâce  à  son  origine  sans  doute  du  gr.  rpa^cjc,  écrivain, 
de  VrAy^vi,  écrire,  ce  mot  a  pris  i>lus  d'exteusion  rjue  son 
correspond.mt  fr.;  mais  il  n'est  pas  allé  juscjua  Greffe, 
pour  n(^  pas  dévier  de  sa  racine. 

Gréfuïo,  v.  m.  Houx,  arbre.  —  Voij.  Aijuvou. 

Gréïa,  r.  Germer;  hourget-nner;  pousser,  lever  en  par- 
lant des  |»lantes,  d''s  semailles.  —  Vous  prses  mé  f/rùou. 
j'ai  les  j>ieils  gelés. 

Déi'.  jMoh  dileuKMit  du  gr.  lyA.'»,  pouNser,  crtjitre. 

Gréïé  ou  Grïé  on  Gril,  s.  m.  (;rillon,  cricri,  Gryllus, 
Linn.,  insecte  de  Tordre  des  Orlhoj)tèr<\s  et  de  la  fanj.  des 
(JrilJoùltK.  —  f.e»  i4jilJ;Mi  doriicsiiijue  et  le  grillon  des 
cliaiiq.^  ^"Uf  la  même  e^nèc'  .  mais  la  nianière  de  vivre 
a  iiiodiliè  leurs  g<tuts  d  cbang'''  leurs  habitudes;  de  plu> 
rb.iî>ita;it  de  la  cauii>i;j.(e  (|U"  de^  rait  brunir  le  S'>leil  est 
moins  n>»ir(|ue  j'liot<'  du  lovci'.  'I'ou>  deux  ont  celte  osjH\-e 
de  cb.nit  aigu  et  nion  tone  (pTon  jetu- cvtnnait  ;  Ujais  le 
ni.'de  seul  a  cette  f.icult'''  et  il  b^  pmduil  eu  imprimant  une 
vibi'.iti'Ji  lapiil'^  à  >es  é|\tre<,  (juj  fra[ipiMit  d'Mix  inrm- 
hraiies  tendues  en  foiaiie  de  limbaîes. 

Le  nom  lat.  G) ijlhis.  qui  ><  inble  une  onomatopée,  a  lait 
le  n<'!!i  lam:. 

Gréïé,  N.  ta.  Dim.  de  Grcl. —  f'oy.  r,rél. 

Gréïo,  N.  f  Taillis  cnupé  depuis  moijis  de  cini|  ans  et 
dans  lequel  le  parcours  des  troupeaux  est  fort  domnia- 
gtvdjle,  et  très-sévèrement  |)rohihé. 


GRE 


GRl 


395 


Grél,  s.  m.  Dim.  Gré\ié.  Bourgeon  qui  s'épanouit;  jeune 
pousse,  rejeton  ;  germe  d'ognon  ;  cœur  de  chou,  de  céleri, 
de  salade.  —  Leva  lou  grél,  au  fîg.  se  redresser;  s'enor- 
gueillir après  une  disgrâce  ;  reprendre  vie  et  vigueur  après 
une  forte  maladie,  comme  un  jeune  rejeton  flétri  par 
l'orage  ou  la  gelée  se  redresse  par  un  beau  soleil  ou  une 
pluie  salutaire. 
Dér.  de  Gréia. 

Grêla,  ado,  adj.  Marqué  de  la  petite  vérole;  grêlé;  qui 
a  été  frappé,  gâté  par  la  grêle.  Au  iig.  qui  a  un  aspect 
misérable;  qui  manque  de  tout  confortable;  qui  dans  toute 
sa  tenue  présente  les  signes  du  malaise. 
Dér.  du  lat.  Graeilis,  grêle,  ou  Fragilig,  frêle. 
Grêla,  v.  impers.  Grêler,  quand  il  tombe  de  la  grêle; 
V,  a.,  frapper  par  la  grêle,  gâter  par  la  grêle. 

Grèlo,  s.  f.  Grêle,  pluie  gelée,  tombant  en  grains  plus 
on  moins  gros.  Au  fig.  personne  méchante;  misère.  —  Ce 
météore  désastreux  inspire  une  telle  terreur  superstitieuse 
parmi  les  habitants  agricoles,  qu'ils  n'oseraient  prononcer 
son  vrai  nom,  et  qu'ils  le  désignent  par  la  périphrase  de 
michan  tén.  Il  en  est  de  même  pour  la  maladie  des  vers- 
à-soie,  la  muscardine  :  ils  ne  disent  pas  de  muteardin$, 
mais  aquélo  michanto  tnéno. 

Se  dit  en  lat.  Grando,  grandinis,  que  l'on  soutient  être, 
comme  notre  mot  lang.,  une  onomatopée  du  bruit  que  fait 
la  grêle  en  tombant  sur  les  toits. 

Grélô,  s.  m.  Dim.  Grélouté.  Grelot,  boule  de  métal 
creuse  et  bruyante. 

Grèon,  grève,  adj.  Lourd;  pesant.  Au  fig.  rude;  diffi- 
cile;   pénible;    fâcheux;    chagrinant;    insupportable.  — 
Aquà  m'es  bien  dé  grèou,  cela  m'est  un  grand  crève-cœur. 
Dér.  du  lat.  Gravis,  m.  sign. 

Grèpi,  s.  m.  Onglée,  engourdissement  des  doigts  causé 
par  le  froid. 
D'après  Astruc,  le  mot  est  celtique. 
Grèqno,  s.  f.  Chignon  de  femme  très-relevé  sur  la  tête 
et  qui  donne  au  bonnet  qui  la  couvre  la  forme  d'un  cimier 
de  casque.  —  Cette  coiffure,  qui  ressemble  assez  à  la  coif- 
fure grecque  ancienne,  fut  un  instant  â  la  mode  en  France 
ou  on  la  nomma  la  grecque.  La  mode  passée,  le  lang.  n'en 
a  pas  moins  continué  à  appeler  Grèquo  toute  protubé- 
rance de  cheveux  en  forme  de  crête. 

Grés,  s,  m.  Grès,  pierre  composée  de  très-petits  grains 
de  quartz,  agglutinés  par  un  ciment,  qui  fait  feu  sous  le 
briquet.  —  Téraïre  dé  grés,  terrain  graveleux  :  c'est  celui 
qui  produit  le  meilleur  vin  et  qui  a  le  plus  de  chaleur 
intérieure,  aussi  la  germination  y  est-elle  plus  précoce.  Il 
y  a  plusieurs  natures  de  ce  terrain  dit  Grés;  la  plus  com- 
mune dans  notre  pays,  où  elle  est  en  général  employée  en 
vignobles,  est  un  pudding  rouge  composé  d'un  gluten  d'ar- 
gile et  de  cailloux  blancs  et  ronds.  Gagna  lou  grés,  pren- 
dre la  fuite,  se  cacher  comme  un  malfaiteur  ou  un  déser- 
teur. 
Dér.  du  celtique  Craig,  caillou. 


Grésa  (Se),  v.  Se  candir;  se  cristalliser;  se  tartariser, 
se  garnir  de  tartre  comme  font  les  confitures,  le  miel, 
toutes  les  substances  sucrées,  ainsi  que  les  futailles.  — 
Grésa,  ado,  pris  adj.  ou  comme  part.  pass.  Aviné,  telle- 
ment adonné  au  vin  qu'il  semble  gagné  par  le  tartre.  — 
A  l'éstouma  grésa,  dit-on  dans  ce  sens,  d'un  ivrogne,  en 
supposant  par  hyperbole  que  les  parois  de  son  estomac  se 
sont  enduites  de  tartre,  comme  celles  d'un  tonneau. 

Grésil,  s.  m.  Dim.  Gré^é.  Grain  de  sable  ou  de  gravier, 
pris  dans  son  unité,  tel  que  ceux  qui  entrent  dans  les  yeux 
par  un  grand  vent,  ou  qui  pénètrent  dans  la  peau  des  pieds 
quand  on  marche  sur  le  sable  ou  qu'on  passe  une  rivière 
â  gué. 

Ce  mot  n'a  rien  de  commun  avec  le  fr.  Grésil,  menue 
grêle,  quoique  l'un  et  l'autre  dérivent  de  la  même  racine 
et  soient  des  dim.  de  Grés,  lou  grés, 

Gréso,  5  f.  Tartre,  acide  cristallisé  du  vin.  —  Cette 
concrétion  est  due  plutôt  au  long  séjour  du  vin  dans  une 
même  futaille  qu'à  sa  qualité.  C'est  le  défaut  général  de 
nos  vins  du  crû  qu'on  soutire  rarement,  ce  qui  leur  pro- 
cure une  àpreté  qui  nuit  beaucoup  à  leur  qualité.  —  Dé 
vi  for  dé  gréso,  du  vin  tartareux.  Aïçà's  un  pâou  for  dé 
gréso,  dicton,  celle-ci  est  difficile  à  avaler,  en  parlant 
d'une  histoire  que  l'on  vous  conte,  sans  doute  comme  un 
vin  qui  est  for  dé  gréso. 

Le  tartre  qu'on  détache  des  tonneaux  sert  à  fabriquer 
la  crème  de  tartre  qui  est  employée  en  teinturerie  et  en 
pharmacie. 

Cette  incrustation  cristallisée  a  quelque  ressemblance 
avec  la  composition  du  caillou.  Grés,  dont  la  base  est  le 
quartz;  le  nom  pourrait  bien  avoir  pris  là  sa  dérivation. 

Grîa,  V.  Griller,  enclore  de  grilles;  poser  une  grille,  un 
grillage;  et  non  faire  une  grillade,  qui  se  dit  GrasHa. 

Gribonîa,  v.  Gribouiller  ;  faire  un  gribouillage,  soit  par 
une  mauvaise  écriture,  soit  en  traçant  toutes  sortes  de 
figures,  de  traits  ou  de  lignes  sans  forme  ni  sens. 

Griboaiaje,  s,  m.  Gribouillage,  action  décrite  par  le 
verbe  précédent. 

Gribooio,  s.  m.  Sot,  niais;  qui  gribouille;  qui  confond 
et  brouille  tout.  —  Es  ^  coumo  gribouïo,  rusé  comme  gri- 
bouille, qui  se  jette  dans  l'eau  pour  éviter  une  ondée,  qui 
se  met  nu  pour  se  garder  du  froid. 

Grîé,  s,  m.  Grillon,  insecte.  —  Voy.  Gréïé. 

Grila,  t*.  Frotter  ou  gratter  avec  la  main,  fortement 
et  à  plusieurs  reprises;  griffer,  égratigner,  donner  un 
coup  d'ongle  ou  de  griffe;  battre  quelqu'un,  en  combinant 
les  deux  acceptions. 

Dér.  du  fr.  Griffe. 

Grilado,  s.  f.  Égratignure,  coup  de  griffe  ou  d'ongle; 
volée  de  coups  ;  correction  manuelle. 

Grifûre,  aîro,  adj.  Qui  frotte,  qui  gratte  fortement 
avec  la  main;  qui  lime. 

GrifOQ,  5.  m.  Bigarreau,  espèce  de  cerise  à  chair  ferme, 
grosse,  croquante  et  bariolée  de  blanc  et  de  rouge. 


390 


GRi 


GRO 


Grimaça,  r.  (inni.icer,  laiiv  des  L^riiiiac-s;  fairo  di-  lai.i\ 
ji!i>:  i\'  ir  de  fiiiss<v  l'Uinmres,  eu  jKirlaiil  d''S  vêlements, 
dr  ;•  ri  -^   ai  eliaiissures. 

Grimaciè,  ièïro,  aij.  (iriiiKu-i'T;  ijui  t'ai!  «a-diiiaiiN'- 
II.  wl  il  •>  i;ri;ji,iees  ;  ([n\  sf  e<nili'''fail,  >e  coutorsiiaiii-' ; 
di>M  i.iilf':  liyp.M-i-id',  au  (i^^ 

Grimaco,  .<.  /'.  Cirimac',  ct>iil'»r>i')ii  du  nIsu:-^;  iii;ni\ais 
p!i^.  Au  li-.  leiiili',  di>siaiu!  ili'»ii  ;  all-'elilinii  iiia:il'''ive. 

Grimâou,  >.  m.  Au  t'i-m.  <,r'nntit»(iii).  Suri-ifr,  j-Mr-ur  df 
sorh,  v'M.'ir,.  '  1  ■  [»ivjui:<''  eu  ailriljU''  le   [)■  uvoir  aux  \i''U\ 

C'^  rn-  t  a  uue  raeiiK'  e'riifiiuin' ;i\''e  l*^  iV.  GiaiU'  ii'-',  (jui 
puî  l'-rt  là''ii  Mi''  'lU  du  uiniiis  >.>  i\)[);HV)rl].'i'  IiMUcaip 
du  l'is-lil.  li.'iii'  y  ini  Iltiuirid,  riiii'M"  t't  li\re  rimé,  [i.iv-^ 
(jU'-,  au  m"yi'ii-aL.',  les  giàm-àns  cu  lixi'-'^ili'  pr-iph  "li-'s 
s'é  riw.i  ^iil  ni  \f"'i"S"l  ''ii  (M;ti\<s,  t'''iii  )iii  Ni<slrad  ;iiiu>  l't 
.iuli''>.  a  I  iu>lar  d'>  (irarl(>s  sil»)  llius.  Cr'nitt'tiu  pi/ut  au»i 
d'''ri\ -i' tl-' lit  d.  (in'tno,  vit'uv,  rid''.  L'iian' de  llicAli'-'.  ()u  i 
sail  ;;ii'"ii'"'  >i  1*.^  unit  [UVi.'-'d'Mit  Critnm-'t  n'aurait  [y.)>  d.ius 
ce>  d-.'ti\  ja»  •rii'''''t  iti  >iis  i]!i  'I([ue  eli'>>''  à  [u'eiidi'''?  (ilinri  s 
iNodi-'i*  \iiul  lit  It*  liitM"  d<'  Ilima,  ride,  [iir  l'aildilinii  du  G 
par.ii.'"-:i([U'',  e' 'UiMii' lie  Hmnl'i  "H  a  iViil  (i runnutn. 

Grimouèno ,  s.  f.  AiiTrcavàia',  A'ir'nii'min  rttjin!i)i''i, 
Liuii.,  jilaiite  d''  la  l'.im.  d.'S  lv..> '.•.■  n,  .jr- li  aail''.  «•mI!!- 
inuu'' daii^  Ut»  llay^  el  (jui  ('mit  di'  pr-'ItT-Mic»'  iJ ':i>  li'> 
lieuK  ]iU!idd'\>  l'I  omiir.i,:jés. 

Snu  n>'!u  lai.,  pir  a[>'>t-.)p",  a  donne  j.'  n,»in  laui:. 

Grioule  fu  Ra-grioure,  v.  tu   —  r.-Y.  f! '-'jr.un'-'. 

Grïôou,  A.  m.  ilt'enup.'s  (»u  ^«ni  uns  (pii  e  >uli  ai!  <ai  •  )  r" 
!x'aU(:')U|)  df  l'ii-iu-*  .i[H'''S  ([u''Hi  ;ai  a  liiv  \\  ll^ur  p -Ui'  I'.mi'" 
le  piin  d  ^  pi'  Miii'iv  qui!  il-'. 

Gripé,  .  tn.  Dim.  (in'pi-l'iù.  Lutin  hjdin.  iiii"i  Ll,  r(r>* 
im  iL'iniir-'  d  '  1 1  m\  l!i  •'  tji.^  T'e-iiu  ■  du  mtVM-u'.    (!'.s| 


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rili'V  v-»'\ 


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Il  •!,  ipTil    t"int  >     .-   ;•  1  ■:  d  •  c  .:i.  -u  Ir 


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MMiN  li'U  ui  1"  l'':!>  :!•'  e  >  !ii:i'U  ;  I,!  j)S  i/'lt  '  ;':'t'  ;;••.  /v  ' 
(înp'!  i'>t  ua  t'-h  '  '•<-'iiti''H'en  ait  uiiliaai\,  m  m^  h, m 
m'v'lp.m',  [)!u!'>l  <•'!'. a  d-l-'  ipi-^  liivurd^  n  ^il^:'all•^;  I  aii- 
dis  i[u  •  l<^n  rniiidsh,  d  »iit  |f  iin;u  r,"i[;ji' ll-^  i 'S  ruii'"':i  e>. 
les  n'Nt'ii  uiî^  ([ui  r"\i'"i.;  !i!  d*'  l'antr.»  iiruid'"  p^mr  l'.iiri^ 
pîair;  /"-/  D.-ii'iu-,  ([\:'\  si-iiilj.^  l'anti-pi''  ilr.'.:.>n  ili^  !i  r.ilijf 
ou  il*'  ri'' laliiiv' ;  /  Huiim  qui),  \'>^u\u>  ,]■:  \.'iii('v<i>  lr.,1.  n^  ■ 
([ui  p.u>  wiii!!'*  if  r-ui, 'îtls.  l'  nau'' ,  ri-piii'"  »!  -  h  '  ;i- 
scienec,  roufiiic,  \'\r\:\  mot;  toutes  e<N  er.''ati"n<  im..„i- 
Iiail'N,  et  ■ai.'  U'i'  /''>t  lliihiî'ii,  f(i  Ifd'inrot/mi.  !'i-<[iil'n'!il 
ini»^  su[i  M'alite  u>  '  t'aiviuMUV  _L.u"aiiiU  <'l  aux  p-lil-^  r:iL  i!-- 
des  m"nl,!Jh-\',  r  aiin*  liMn>  n'>':i>  .>'a';s.  iit\.'Ul''>  [i.uîi"  I'^^ 
nd'Mix  .'u!..;i!!r,  "l  ^  ''îdi!  'i"i!f  Ta  ■-•  !  •-  >\  'u'i  ■',•;  d  pi  |'lus 
nul!""  Ui '-■il  ..!•■ 'I-.  /."^'  ^^■ /y.'  'i;  [iT  a^^,M  I  .'U  i'' ait  l'ai '.'t^ 
daii-^  e-lî'  capiàei  ais  •  ln'Ta;'«"lii<*  CMinm*'  un  p-'it  e'aii»' 
snu\<ail  liii'ni;'i>.inl  .M  t  aij  au's  f  .!Mi"c  dan<  si'>  uiilirs,  ^.^ 
plaisaul  a  l'aiiv  d<*s  nieli-s  aux  jiaïU'^s  IIIIcn.  l'amirrr  pr-'-s- 
que  el  necnnipairnanl  ses  ini''limorpli'»sos  (Ui  se^  lions  tours 
d'un   luaiNant  cartihis.  t^t  se   niunuanl  d-'s  [Kniiqu-s  qu'il 


causait.  Le  llieàln'dt'  ses  •'X[»l'tils,  c'étaienl  les  campagnes, 
li's  l-uau-'s,  II'  i'»yru-  nisti(jue  :  lliistoire  de  ses  apparitions 
charmait  les  vrull'''^s.  Son  nom  est  des'enu  svnonvm»^  d'en- 
l'ant  i'<pi''Ld<',  ♦Aiùll.',  ji'un*'  el  aimaMe  lulin. 

La  li\-:iail"  p 'pul  iii<'  du  larfad-'t  rmot  est,  dans  las 
('(t\i<i(/tri-/')s,  uu'^  ili's  [dus  p<t!''iiqn»\s  el  des  plus  heureuses 
i!i-pirati"ii«>  d''  ï.  v  K  vnr.-Ai.Ai-i. 

Gripio ,  s.  /'.  (àv. •!!(•;  mm.''' >ii"('  iI'n  elie\au\.  el  des 
liiiuils.  -Ou  dit  au  IIl:.  :  .1  su  ijiîpiit  bihi  i/irni  In,  il  a  du 
Inin  dw]'^  >•:>  lK»tt''S. 

La  liiss.  lai.  avait  Gif/t/tid,  m.  sign.;  mais  d'où  venait 
ce  fip.t  ipii  f^uruiNsait  If  ni>ir.'?  Ouf^jui^s-uns  pfnsenl  du 
lat.  (^)nUs,  ralt'iier;  daulivs,  du  gr.  KoaiEf.).  c<»nlenir,  ou 
de  V'.::'..<).  ai  iiiU'U' 

Gris,  griso,  itlj.  Diui.  (,ri^>'  :  au|.;m.  (irisas,  (iris;  cou- 
leur g!a>i'.  r  aulr.'v;  m''lau;j'''i'  di'  n  "ir  H  d»'  hlanc.  Quant  à 
t'tui  '-^  hs  .iulres  nuiui-'^>  Ion  lip<.  1^  gris  [uvnd  mille  dif- 
iV'rt'ut'^  iioiijs  [) ar  suil'^  di*  ci'l  «.'Spril  d.'  ci^niusirjn  <jui  iV»gne 
l'ii  liiig.  sui"  l'appr-'-'i  (liitii  di"'>  eoiiliuirs  :  (fiis-fjfu,  yris- 
Jà'unii'.  i/ris-tnujri',  (/lis-roujc,  >fris-v<}r,  (^te.,  iP.i'iue  daus 
l.s  d 'aii-l''iut''s.  Au  lig.  i-t  au  l't'-m.,  chas-"'  de])laisanlo, 
miU\;ii>  trait  —  M'en  a  fa  uno  (jrisn.  il  m'a  fait  une 
av.aiic  —  .y'dï  t/n  'ff  f/z'/soN-,  j'.'ii  ni  vu  di'  cru''llps. 

\)   v.  d'  la  l»a>N.   \.  î.   (,riscu<,  m.    siLUl. 

Grisé,  •^.  //'  N"ni  iVnniîiia-  (ju'on  dnnne  à  Tàne,  dont  le 
iV  ,  [1. lur  la  ua''i,'^  eau^'^  d'-  la  e.adeur  de  snn  [vMage,  a 
fait  aussi  (iris"!!. 

Griséja,  '•.  Tiî'a'  >ii:'  h  l'N.^.  a\-ar  une  Ifiiiti^  grisàhv. 

Grisèl,  èlo,  a//.  (ir'NMr->,  (pd  tii'e  sur  le  gris.  —  Est 
d'\' nu  n.  pr. 

Griséto,  v  /'.  (iris^tl*'.  leuii-   lill'\  itunii^  laivriiuv. 

Grisou,  V  ///.  (i:i-Mi,  g  z  inlhnimaMi\  expl.'Mble  el 
dét  aiiKUit  qui  s'inliltiv  dans  I''S  mines  o\  prend  feu  sou- 
\Mil  a  11  1.  !ip'  il''"-  "iMia'-  "Il  caiL^.iiit  d--  iirands  rava'^ps 
•  a  dt'  _Li'  i'.  •  -^  ae-a  l"ii!-. 

C"  u-e,  s  ji'i!"  un  '  (■  ii";'u;\  l-  nr,'s.,,'i,  tpii  e^t  au>si  un 
d^s  iiiahs  Ac  C'  g.i.',  pli"-"  (pi'  S''>  t^xpl^simis  l)ris<"'nl  el 
r.Mi\er-"iil  l'UH.  S"rait-il  ainsi  appel»''  P'aul-tMre  parce  (pie 
sa  JU'  >  ie-'  d  ;!.>  ia  'iii-i-'  d  inin'  aux  lumi'Tes  un»'  teinte 
;jr>aliv  ? 

Grivo,  V  /'.  (iiive.  —  Ce  uii>t,  jtur  Ir.  inconnu  au  lang. 
de  '^  iU\..,L'es.  (^<t  luj.'urd  liui  de  mis'.^  p mr  d-'sigii'n'  les 
di\  a'>  s  .  >p';.'>  d"  T  'unlr^  :  «■  'lui-ei  'Sl  {dus  [»  u-liculière- 
ur  u!  Il  lal-iiie,  T'n  ■' />  //r/>"  m,  Liim.   —  Toy.   Tourdre. 

Grivoiiès,  oncso,  u  •].  (iiaNi-is:  rN.iHô,  ni«ule.  —  >'e  se 
pr.aid  p'>  I  iiiN  \o  sens  d.'  gr. is-i'U*,  li'-.aici'Uix,  mais  dans 
C'dui  d  ■  Iti  M  din't\ 

Gros,  groaso,  '/ //.  Dim.  G:<*fissv:  [kj.  (inmssas.  Gros; 
éi  li^:  taill';  (jui  a  lieauc  aip  de  \(duuie.  —  Fenno  gros.Kn, 
ftMi,aie  gr"S>!\  ("*u '''iut'^  /.ou  Gdrdoit's  gros,  la  ri\i»»r»}  esl 
rnl1i'\  /'«//  fd  7/v)sAn.  il  gr^^^  de,  il  éLU'il  en  gros,  l'n  [)ar- 
laut  d'un  i'''-'dier.  Lotis  /y/oss-^;\.  les  notables  d'un  endroit, 
les  gr  ts  [)ersonnag<^s. 

Dér.  du  lat.  (*'roNS/^s  m.  sign 


GRO 


GUE 


397 


Gros,  <tdv.  Gros;  fort.  —  Gagna  grot,  gagner  gros. 
Fiaia  grot,  filer  du  gros  fil.  En  gros,  en  gros,  en  bloc.  Dé 
gros  en  gros,  sans  examiner,  sans  peser  ;  en  gros. 

Grosso,  s,  f.  Grosse,  douze  douzaines  d'une  marchandise 
qui  se  compta  ;  écriture  grossoyée,  en  gros  caractères  ;  ex- 
pédition d'acte,  en  terme  de  pratique. 

Grouga,  v.  Frayer,  féconder  en  parlant  des  poissons, 
pour  désigner  l'acte  par  lequel  le  mâle  féconde  le  frai  de 
la  femelle.  Au  fig.  muser;  rester  tranquille;  bayer  aux 
corneilles,  comme  fait  le  poisson  qui  en  stationnant,  im- 
mobile, semble  endormi  quand  il  fraie. 

Racine  très-incertaine  :  on  le  prétend  celtique. 

Grongadis,  isso,  adj.  —  Se  dit  de  la  place  favorable 
aux  poissons  pour  frayer,  pour  déposer  leur  frai  ou  leurs 
œufs;  plus  directement,  qui  grouille,  qui  fourmille. 

Grougna,  v.  Grogner;  grommeler  comme  certains  ani- 
maux. Au  fig.  murmurer;  gronder;  être  de  mauvaise  hu- 
meur. —  Moun  ventre  grougno  dé  fan,  la  faim  donne  des 
borborygmes  à  mon  estomac. 

Dér.  du  lat.  Grunnire,  grogner  comme  les  porcs;  d'où 
le  fr.  a  fait  Grouin,  groin. 

Grongnadisso,  s.  f,  Grognerie  prolongée;  grognement, 
au  pr.  et  au  fig. 

Grougnaïre,  àiio,adj,  Péjor.  Grougnaïras.  Grogneur; 
d'humeur  grogneuse. 

Grougnoun,  adj,  des  deux  genres.  Grognon,  qui  grc^ne; 
qui  aime  à  gronder. 

Grouiè,  s.  m.  Savetier;  mauvais  cordonnier  en  vieux; 
rapetasseur. 

Comme  ceux  de  presque  toutes  les  professions ,  ce  mot  a 
donné  naissance  à  quelques  noms  propres  :  GroUier,  Grou- 
Uot,  Groulard,  Groulart,  Grolée. 

Gronlo,  s.  f.  Dim.  Grouléto;  péj.  Groulasso.  Savate; 
vieux  soulier  éculé  et  déformé.  —  Mètre  soun  souïè  en 
groulo,  porter  ses  souliers  en  pantoufle,  c.-à-d.  en  abattant 
le  quartier,  ce  qui  est  une  preuve  de  mal  au  pied,  et  par 
ext.  de  maladie  vraie  ou  fausse.  Rabala  la  groulo,  traîner 
la  savate;  au  fig.  être  tombé  dans  la  misère. 

Dér.  du  gr.  rpu-crj,  vieux  soulier. 

Gronman,  ando,  s.  et  adj,  Péj.  Groumandas.  Gour- 
mand ;  qui  aime,  apprécie  et  recherche  la  bonne  chère,  les 
bons  morceaux;  friand.  —  Las  trufos  soun  groumandos, 
les  pommes  de  terre  demandent  beaucoup  d'assaisonne- 
ment. 

L'étymologie  de  ce  mot  n'a  pas  été  sans  donner  beau- 
coup d'embarras  aux  chercheurs.  Ménage  est  porté  à  la 
prendre  dans  le  celtique,  ainsi  que  Caseneuve.  Saumaise 
le  prétendait  originaire  du  persan  Gour  ou  Chour,  signi- 
fiant Mangeaille,  et  Mand,  addition  attributive  :  d'où 
Kourmand,  manger.  Camdem  le  fait  dériver  du  breton 
Gormod,  trop  mangeur  ;  le  Kimri  Guyar,  et  le  gallois 
Gaor  auraient  fourni  la  racine  :  l'assertion  de  Ménage 
poorrait  donc  être  juste. 

Gromnandije,  s.  f.  Gourmandise,  péché  capital. 


Gronmandiso,  «. /".  Friandise;  bonbons;  mets  délicat. 
—  Ne  signifie  pas  Gourmandise. 

Groomèl,  s.  m.  Morve  épaisse  et  en  grumeaux,  telle 
qu'elle  pend  au  nez  des  enfants  mal  soignés. 

Dér.  du  lat.  Grumvks  ou  Grumellus,  grumeau,  caillot. 

Groussiè,  ièîro,  adj.  Grossier;  mal  élevé;  qui  a  des 
manières  rudes,  des  airs  communs;  rustre;  rude  au  tou- 
cher; épais.  —  Éstofù  groussièïro,  étoffe  grossière,  dont  la 
trame  est  grosse.  Groussiè  coumo  pan  d'ordi,  poli  comme 
les  portes  d'une  prison. 

Dér.  de  Gros. 

Groussoù,  s.  f.  Grosseur  ;  état,  volume  de  ce  qui  est 
gros. 

Gtu,  s,  m.  Cor  roi  de  mortier,  composé  de  chaux  bien 
éteinte  et  de  sable  bien  grenu,  dont  on  fait  des  pavés 
grossiers,  mais  d'une  grande  consistance  quand  ils  sont 
bien  manipulés;  espèce  de  glacis.  Plus  le  corroi  est  grossier 
plus  il  a  de  chances  de  durée. 

Gruda,  s.  m.  Gruau,  froment  mondé,  c.-4-d.  dépouillé 
de  sa  pellicule  au  moyen  du  moulin  à  gruau.  —  On  en 
fait  d'excellent  potage,  et  il  est  la  base  de  ce  mets  local 
appelé  Cassolo.  —  Voy.  cm. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Grutum,  m.  sign. 

Gmda,  v.  Monder  du  froment,  du  riz,  etc.,  pour  en 
faire  du  gruau;  égrapper  la  vendange  dans  les  cornues 
pour  séparer  le  grain  de  la  rafle  ;  ce  qui  se  fait  au  moyen 
d'un  bâton  disposé  en  forme  de  trident.  Cette  opération  a 
pour  objet  de  préserver  le  vin  de  l'Apretè  qu'il  contracte- 
rait dans  la  cuve  si  la  rafle  était  mêlée  au  moût  pendant 
son  ébullition. 

Gmdaïre,  s  m.  Moulin  à  gruau.  Sa  meule  est  un  cône 
tronqué,  qui  tourne  sur  elle-même  et  autour  d'un  pivot  où 
elle  est  fixée. 

On  appelle  aussi  Grudaïre,  Végrappeur  de  vendange, 
d'après  le  procédé  indiqué  à  l'article  précédent. 

Grumèou,  s.  m.  Trumeau  de  bœuf,  terme  de  boucherie  : 
la  partie  du  devant  de  la  poitrine,  entre  les  jambes,  mor- 
ceau très-gras  et  délicat. 

Grume,  s.  f.  Grains  de  raisin,  pris  dans  leur  ensemble 
à  la  vendange.  —  Aquà's  dé  poulido  grumo,  voilà  de  belle 
vendange. 

Dér.  du  lat.  Grumus,  grumeau. 

Gnm,  5.  m.  Grain  de  raisin,  grain  de  chapelet.  — 
Toumba  un  grun,  boire  un  coup  ou  plutôt  plusieurs. 

Gudos,  s.  f.  plur.  Petites  fourches  pour  soutenir  ^t  arc- 
bouter  les  claies  d'un  parc  à  brebis. 

Parait  être  une  altération  de  Ajudo,  aide,  soutien. 

Guèino,  s.  f.  Gaine,  coulisse  de  jupe  ou  de  tout  autre 
vêtement. 

Dér.  du  lat.  Xagina,  m.  sign. 

Guènche,  èncho,  ou  Gninche,  incho,  ojdj.  Louche,  qui 
a  les  yeux  de  travers  ;  aflecté  de  strabisme. 

Gnénla,  v.  Chevrotter;  bêler  comme  la  chèvre. 

Gnéréja,  v.  fréq.  Guerroyer,  faire  la  guerre. 


Guèriè.  ièïro,  -  fi  '«'j.  ('•i>'-\i 


ilii,'(ii-il,-  |iis  jmi|iic  iliiiis  h'  Miili.  rii:iis  l(i  nVit  de  leurs 


Guèro.  >.  /,  liui^nv,  nm  ivll-^; 


Guéia,  '■.   (;ii 


il.'Morniii.ilimi  |iiiivr,ieiH  il-'  f.iiil.Msie.  .^l  un 
■lui  ^-  (■■■hvi.iv.ijt  ou  l;iii;_-.?  ,-.iriit-il  venu  iia- 
i>l..lit.r  :i  ljiiLlu-lrie,l.>,rsli,nr,!jsfn[i..tis..ii 
'il    I t  l'iulriirllre.  Huithr,  ï,  f r  .  SJ^IlilUit 

I  i.Mi  j>rii\'Tl":  |.> -(.MSiiriv:  Tri  eroii  fruillfr 
aiM'iil  (^iiilM  ^'iiill'-.  nnjiii  In  hii^ui;  d'Oi-. 


(;.7/in, 


■  i;, 


ejm 


nil  nuhvr.ii:,,  I,,'  |oii]i  m  Ii.is-IhtIifh  s':i[ipeile  Guil- 
■■  iliiil.U'..-'  vieil \  ir..iii|i.>iir,  f;";///.p.-rn;.  Eli  pressant 

'Il  le  iiinl    f;.i;(iJo«,    l;.ii\   |h>j.|s,  ,•]   ,-oitn   Irx'ulifin 

:,,i:,wm  .-..if^i l.iiit  nii  Ir.  ^jne  (iille.  Si    Cille  a 

yiiii'  e ,1111.-  iW''-  r.Hiiàoi,  |inr  (i-iilkr  ou  Cuilka 

■I  i|ii"  !!■  "Il-  |.<  t.iil.i--li'>,  lU'  Inmln-l-il  [LIS  r,ilt,n- 


n.n.., 


iMulDée 


Guétra,  c.  Mi'l 
Guïâoume,  n. 


r«'il le  h  m 


Guignardo,  s  f.  Visn': 

GuilÉri,  .!.  )".  Pf^liiil, 

u.pr.  lUMlep-rlem-rMi 

pl,ue.„j-.,,..ri,niqii.-,bii 


'M'"' 


:iilie-tïi[ii'll.  On  I 
iplinse  :  f  i,  foE.i 


nile  le  tuei 


lii'îu  roilioTll's  II'  iiii'riii'  niirji 
nage. 

On  Kiil,  fpie,  après  les  troubles  de  la  [.ii;iie.  les  Gnilleris 
bande  Je  ctmpeurs  de  bourse  el  de  filous,  iiifosl-irenl  Pnri; 


Guincha,  e.  Viir'r;  mir.T;  i.lrhi'r;  regarder  d'un  wul 
'■il.  —  (liiuich,:  ■In-,  ïi-iT  dr'iil.  <: iiîiii-linvo  tu  tl'nquà,   j) 

<: I    i-l    liiliiJi'  -l-    I  n.lj.  Ihfielie   liU  li"hirhe,  parw 

ju'iii  \  iviKl  11(1   lei'Kir'  1111   iril  l'I  un  a  r.iir  d'iMre  louche. 

Giiinche,  incho,  '"'/. l'"y.  Crmi-lie. 

Gumdre.  ■    m.  (Iniudie  nii    (riiinii'lli',  iiisiriinii'iil  pour 

Guingo!  ("De),  "•''■.  D''  IriviT'^t  'ilitirpifiuetil;  di~  yuiii- 
.■nU:  il.'  ,-ù|.V  —  IV.//.   '*■  Ithigni. 

Dit,  iIii  ,-r.  r.!.i:.  Iii.il-||i\.  cslr.>]iie,  d.'iil  le  provem^l  a 
liiil  *.<i.  iii  "■i.LJM  :  i|iie  \f  l.iML'.  el  le  l'r,  s<'  sniil  npproprié 
■u  )  i|.>iiiiri1  ini'  iiliV  ilii  Guiiinii,  ou  lluigner.  \M  de 
l,„n„hii  r\  i.iihteUe,  \'.\t  le  dinii(;eiiiii||l  du  V  lat.,  de 
y;i,-i-.  .n  /l,  i'.iir  b;».,^./,  ^.-n  onrn-peiidniit.  Toute  C.;tte 
ii'rii'  di'  iiii'is.  q'ii  i.iil  dis  :iii>  de  f.iiiiille  si  tuarqués,  cl 
l.iiil  di"'  rnp|i"rls  île  sii^iiillrMliiui,  ne  ïii'iMliMJ.'iit-ils  [>as  de 
hi  irji'rne  |irii\ l'iDine?  Ou  :;'■  ri'SseuiMe  de  plus  loin. 

Guirâottdé,  «.  m.  r.iu\-|wiids  des  Kineliers,  dit  Sauva- 
^•|'^  :  |i'  .unitL  i|ii'ils  fixil  pnr  i-elle  vnlerie.  —  I.e  mot  ii'eît 
|dns  l'ii  iw.iL'i'  :   l;i  rni?ilis^iiK-''   |'iv|oiid  ipi'il  n'en  esl  pas  de 

Guiràoudé,  s.  «i-  Him  de  CuirAou,  di'sjgne  aussi  le 
priil  IléiMii.ei  snppliqueau  IJlnngion.  autre  variété,  Butor 
linin-riin^fiiu  liulor  rmix.  Jléri.n  Blmipion.  Ardeaminula, 
Teiiiiii. 

Guirâou  f  Faire),  ;i/;e.  fniie.  Faire  Gille;  s'esiiuiver; 
s'enfuir  préiipilaDiment,  en   se  dérobant.  —  Toy.   Cia. 

Sidiiii  Sanvn^Ts.  Fu'i<-  giiiriimi  si;;nifierflil  faire  faUX-pOJds. 

c.-;\-d.  tromper,  IJien  que  eelte  aeee|d(oii  ne  soil  plus  usil^ 


H 


HÂB 


399 


aajoard'hui,  le  sens  indiqué  laisse  cependant  apercevoir 
une  certaine  relation  d*id6es  entre  la  signification  ancienne 
et  celle  actuelle  :  c*est  tromper  que  fausser  compagnie  à 
quelqu'un,  et  par  conséquent  s'esquiver.  En  tout  cas, 
faire  faux-poids  laisse  au  moins  supposer  que  celui  qui  se 
rend  coupable  de  ce  méfait  a  tout  intérêt  à  faire  Gille  : 
autre  rapprochement  qui  peut  mettre  sur  la  voie,  et  que 
nous  avions  pressenti  au  mot  Gïa,  auquel  nous  renvoyons . 

Guirâou-péscaïre,  s.  m.  Héron  cendré,  principalement 
ArJea  einerea,  Temm.  ;  mais  aussi  d'autres  variétés  de 
héron.  —  Sa  description  se  trouve  au  mot  Bérna-péscaïre, 
le  même  exactement,  à  la  différence  du  prénom.  Pourquoi 
cette  préférence  ici  en  faveur  de  Guirâou,  dont  nous  ve- 
nons de  signaler  un  autre  exemple  pour  Gilles?  Tout  rap- 
port nous  échappe  avec  l'inusité  Guirâou;  ce  qui  n'expli- 
querait pas  d'ailleurs  pourquoi  on  lui  a  substitué  Berna  : 
nous  laissons  à  de  plus  érudits  à  deviner  l'énigme,  qui 
n'est  peut-être  insoluble  que  pour  nous.  —  Voy.  Bérna- 
péscaïre. 

Gnla,  V.  Gueuler  ;  crier  à  tue-tête  ;  appeler  à  toute  gueule. 

Dér.  du  lat.  Gula,  gueule,  gosier. 

Gnlado,  «.  f.  Coup  de  gueule,  grand  cri  ;  franche  lippée, 
ample  réfection;  gorgée,  si  l'on  boit,  bouchée,  quand  on 
mange 


Gnlar,  ardo,  adj.  Gueulard,  qui  parle  beaucoup  et  très- 
haut;  enfant  pleurard,  criard. 

Gulo,  s.  f.  Gueule;  grande  bouche. 

Golo  dé  Ion,  .v.  m.  Muflier  à  grande  fleur  ou  mufle  de 
veau,  Anlirrhinum  majus,  Linn.,  plante  de  la  fam.  des 
Personnées,  qui  croit  dans  les  vieux  murs,  et  qui  est  cul- 
tivée comme  fleur  d'ornement.  —  Voy.  Cacalaca  et  Pan- 
toufLèto. 

Son  nom  lui  vient  de  la  ressemblance  de  sa  fleur  avec 
la  gueule  d'un  animal. 

Gua,  guso,  adj.  Dim.  Gusé,  Gusù;  péj.  Gusas.  Gueux; 
vaurien;  mauvais  sujet;  libertin;  homme  de  mauvaise  foi. 
— Ne  s'emploie  pas  dans  l'acception  de  mendiant,  en  lang. 
—  Uno  guso,  fille  de  joie,  une  dévergondée,  débauchée. 

Gusaîo,  «.  [.  Canaille;  las  de  mauvais  sujets;  marmaille 
mal  élevée  et  malfaisante. 

Gusariè,  s.  f.  Haillons;  vieux  linge;  vieilles  bardes  et 
guenilles  qui  encombrent  les  galetas. 

Gusas,  s.  vi.  Péjor.  de  G  us.  Grand  coquin;  vaurien 
fieffé;  gredin;  chenapan. 

Gaséja,  v.  fréq.  Guesailler;  gueuser;  faire  le  débauché, 
vivre  dans  la  crapule. 

Gusô,  5.  m.  Jeune  voyou,  petit  vaurien;  Gavroche,  au- 
jourd'hui que  le  mot  a  passé. 


H 


H,  s.  f.  Huitième  lettre  de  l'alphabet;  s'appelle  Acho. 

Cette  lettre  n'est  point  à  proprement  parler  dans  le  génie 
du  languedocien,  et  elle  n'aurait  aucun  droit  à  faire 
nombre  dans  notre  nomenclature  ;  car  elle  ne  peut  y  inter- 
venir d'une  manière  absolue  que  pour  former,  comme  en 
fr.  la  consonnance  ch.  Mais  pour  rester  fidèle  à  notre 
système  orthographique,  et  bien  qu'elle  ne  soit  point  indis- 
pensable, le  respect  de  Tétymologie  nous  impose  mie 
exception  facile  à  comprendre  et  à  justifier.  Ainsi,  il  nous 
a  paru  utile  de  l'employer  dans  tous  les  mots  d'origine 
française  où  elle  figure  soit  comme  initiale,  soit  comme 
dérivée  du  grec,  et  nous  écrivons  par  exemple  Hèrbo, 
Habïa,  Haréncado  et  Philipo,  Philosopha.  Sans  cette  pré- 
caution, nous  deviendrions  d'une  difliculié  extrême  pour 
la  lecture,  même  aux  personnes  les  plus  familiarisées  avec 
notre  idiome. 

Cette  consonne  n'est  en  effet  qu'un  signe  de  convention, 
sans  valeur  par  elle-même.  A  part  deux  ou  trois  mots 
comme  Hier,  hier,  et  Hiuè,  huit,  et  ses  composés,  l'aspira- 
tion gutturale  qu'elle  représentait  en  latin  et  qui  s'est 
conservée  en  français,  n'existe  pas  et  nous  disons  :  Vhasar, 


l'hàousdr,  l'halo,  l'hégandou,  pour  le  hasard,  le  hussard, 
la  halle,  le  huguenot,  que  nous  aurions  pu  écrire  l'asar, 
l'alo,  etc.,  comme  on  prononce,  si  nous  n*eussions  redouté 
des  confusions  et  si  avant  tout  nous  ne  nous  étions  fait 
une  règle  de  la  clarté  graphique  qui  facilite  l'intelligence 
de  l'expression. 

Dans  l'ancien  languedocien,  pour  figurer  la  prononcia- 
tion du  gn  mouillé,  on  faisait  intervenir  une  h  après  n, 
en  supprimant  le  g,  et  l'on  trouve  écrit  en  langue  vulgaii'e 
besonha,  gazanha,  senhor,  etc.,  qu'aujourd'hui  on  prononce 
et  on  écrit  plus  exacU^nent  besougno,  gazagna,  signe,  eu 
donnant  aux  lettres  et  à  leur  combinaison  leur  vraie 
valeur.  L'espagnol  admet  encore  l'ancienne  orthographe. 

Il  en  était  à  peu  près  de  même  de  Y  h  pour  mouiller  /  : 
on  mettait  Ginoulhac,  aginoulha,  etc.,  que  le  fr.  conserve 
dans  le  n.  pr.  Génolhac  et  que  nous  remplaçons  par  \'ï, 
faisant  fonction  entre  deux  voyelles  de  II  mouillée  fr.  pré- 
cédée d'un  i,  fille,  famille,  pour  nous  fio,  famto:  Ginouia. 

Habi,  5.  m.  Dim.  Habiqué;  péj.  Babiquas,  Habit,  frac; 
vêtement  de  cérémonie.  —  Faire  habi,  porter  un  frac,  un 
habit  liabillé  :  se  dit  d'un  homme  du  commun  qui  prend 


400 


HAI 


HAO 


le  costume  d'une  classe  supérieure.  Coupa  un  habi  ou  uno 
vèsto  à  quâouquus,  au  fig.  tailler  des  croupières  à  quel- 
qu'un, médire  de  lui,  le  tourner  en  ridicule. 

Dér.  du  lat.  Hahitus,  vêtement. 

Habîa,  v.  Habiller  ;  mettre,  fournir  un  vêtement  à  quel- 
qu'un. Au  fig.  critiquer;  tourner  en  ridicule;  gourmander; 
réprimander. 

S'habïa,  s'habiller;  se  vêtir;  mettre  ses  habits;  se  parer; 
se  mettre  en  cérémonie. 

Habiaje,  5.  m.,  ou  Habîamén. Vêtements  de  toute  sorte; 
habillement:  mais  surtout  habit,  veste  et  culotte. —  Carga 
sous  kabfiajes,  se  vêtir.  FaSre  un  habiaje,  a  le  même  sens 
que  Coupa  un  h<ibi  ou  uno  vèsto,  tailler  des  croupières. 

Habinle,  inlo,  cuij.  Dim.  Habinlé;  augm.  Habinlas. 
Habile;  doué  d'adresse,  de  dextérité;  qui  dépêche  beau- 
coup d'ouvrage. 

Dér.  du  lat.  HabUis. 

Habinlèsso,  s.  f.  Habileté;  adresse;  dextérité. 

Dér.  du  lat.  Habilitas,  m.  sign. 

Habitan,  s.  m.  Habitant  :  qui  habite,  qui  réside  dans 
un  endroit. 

Habitude,  s.  f.  Péj.  Habitudasso,  Habitude,  coutume, 
disposition  acquise  par  des  actes  réitérés.  —  N'est  guère 
employé  qu'au  péjor.  :  Uno  habitudasso,  un  défaut,  un 
vice  d'habitude,  invétérés  et  incorrigibles. 

Dér.  du  lat.  Babitudo,  m.  sign., 

Hacha,  v.  Hacher  de  la  viande,  des  fines  herbes;  couper 
avec  le  hachoir.  —  Se  dit  mieux  CapotUa. 

Empr.  au  fr. 

Hacliadoù,  s.  m.  Hachoir,  couteau  à  large  lame  pour 
hacher  les  viandes. 

Hal,  V.  Haïr  ;  répugner  à  faire  quelque  chose  ;  éprouver 
du  mécontentement;  souffrir  du  malaise.  —  Haïsse  bien 
dé  travaïa,  le  travail  m'est  en  horreur.  Haïssiè  dé  parti, 
pamén  se  décidé,  il  avait  de  la  répugnance  ik  s'éloigner,  il 
se  décida  cependant. 

Dér.  du  lat.  Odire. 

La  notation  qu'emploie  notre  Lexique  est  essentielle  à 
observer  dans  les  mots  surtout  comme  ceux-ci  et  les  deux 
suivants,  dérivés  du  verbe,  où  la  différence  de  l'accen- 
tuation sur  r»  produit  une  si  grande  différence  sur  la  pro- 
nonciation prosodique. 

Nous  rappelons  nos  remarques  au  mot  Acén  et  à  la  lettre  /. 
L'accent  grave  sur  i  le  rend  tonique,  fait  porter  par  con- 
séquent la  tenue  de  la  voix  sur  lui  et  le  détache  de  la 
voyelle  qui  le  précède,  de  manière  à  en  faire  une  syllabe 
distincte  :  Hai,  dissyllabique.  Vï  tréma,  précédé  de  la 
voyelle ,  forme  diphthongue  et  se  prononce,  en  s'y  joignant, 
par  une  seule  émission  de  voix,  Hdissablo,  trois  syllabes; 
si  an  contraire  Tt  tréma  était  placé  avant  la  voyelle,  il  ne 
se  confondrait  pas  avec  elle,  Fian,  deux  syllabes.  Quand 
Vi  simple  se  rencontre  en  contact  avec  la  voyelle  a  le  prô- 
oédant,  par  exception,  avons-nous  dit,  il  sonne  è,  comme 
en  français  mait,  fais;  lorsque  Va  suit  1  simple,  il  se 


diphthongue  :  Pianço,  monosyllabe.  Gomme  00  le  voit, 
l'accent  fait  la  quantité,  la  mesure,  et  l'on  ne  saurait  trop 
insister  sur  son  influence  comme  sur  sa  position,  si  néces- 
saires à  connaître  pour  bien  prononcer. 

Haïssable,  ablo,  adj.  Dim.  Haissabloù;  péj.  Hatsm- 
blas.  Haïssable;  qui  se  fait  haïr;  disgracieux;  fastidieux. 

Haissîeu;  s.  f.  Haine;  aversion;  répugnance;  anti- 
pathie. —  L'aH  prés  en  haïssiou,  je  l'ai  pris  en  grippe,  en 
aversion. 

Dér.  du  lat.  Odium,  m.  sign. 

Halabardo,  5.  f.  Hallebarde;  pique  garnie  par  le  haut- 
bout  d'un  fer  large  et  pointu. 

Dér.  de  l'allem.  Hallebard,  m.  sign. 

Halabardiè,  s.  m,  Hallebardier;  garde,  soldat  armé  de 
la  hallebarde. 

Halé,  s.  m.  Haleine;  soufiQe;  respiration.  Au  fig.  Hbertë; 
hardiesse;  courage.  —  Garo  l'halé,  il  pue  à  enlever  la  res- 
piration. M'a  leva  l'halé,  il  m'a  coupé  la  respiration,  il 
m'a  suffoqué.  Tèn  l'halé  coumo  un  cabussaïre,  il  retient 
son  secret  comme  un  plongeur  son  soufile.  Préne  d'halé, 
reprendre  courage.  Dmmas  tro  d'halé  à  vost'éfan,  vous 
donnez  trop  de  liberté,  de  licence  à  votre  enfant.  Aquà  U 
douné  d'halé,  cela  lui  remit  du  cœur  au  ventre,  on  bien 
cela  a  enflé  sou  orgueil. 

Dér.  du  lat.  Halilus,  ^  sign. 

Haléna,  v.  Aspirer,  r^irer;  prendre  haleine,  se  repo- 
ser; prendre  du  vent  ou  suinter,  en  parlant  d'un  vaisseau 
qui  doit  être  hermétiquement  fermé.  —  Déngus  n'a  pas 
haléna,  personne  n'en  a  soufflé  le  mot.  Se  fasiè  tin  d'ha^ 
léna,  il  était  temps  de  se  reposer  un  peu.  Aquéio  bouto 
haléno,  ce  tonneau  fuit,  suinte. 

Halénade,  s.  f.  Halenée,  bouffée  d'haleine;  halenée  de 
vin,  d'ail,  etc.;  respiration  des  punais. 

Halénadeù,  s.  m.  Dim.  Halénadouné.  Soupirail  de  cave; 
fausset  d'une  futaille  que  l'on  ouvre  en  haut  de  son  fond 
pour  donner  l'avant  au  vaisseau;  toute  espèce  d'ouverture 
étroite  qui  ne  sert  qu'à  donner  de  l'air  à  un  intérieur 
quelconque. 

Halo,  s.  f.  Halle  au  blé;  place  publique,  couverte,  pro- 
pre à  tenir  les  marchés  ou  foires. 

Dér.  du  gr.  "Xho^,  aire  :  le  celtique  avait  Hala,  m.  sign. 
En  has-bret.  Hall. 

Hâonboî,  s.  m.  Dim.  Hàouboîàssé.  Hautbois,  instni- 
ment  k  vent  et  à  hanche,  à  sons  aigus  et  nasillards.  —  Le 
hautbois  et  le  taml)ourin  sont  l'orchestre  obligé  de  toute 
fête  villageoise  dans  la  contrée  des  GounèU.  Les  jonenn 
de  hautbois  donnent  une  telle  vivacité  à  la  mesure  de 
leurs  quadrilles  et  contredanses,  que  les  danseurs  sont 
obligés  de  dédoubler  cette  mesure  dans  leurs  pas  ou  d'imi- 
ter celle  de  la  gigue.  Mais  les  danseurs  GounMs  ont  liea- 
reusement  du  jarret. 

Hàonbonissaire,  t.  m.  Ménétrier  joueur  de  hautbois. 

Hâomnénas,  s.  m.  Péj.  et  augm.  de  Hoim.  Grand  al 
vilain  homme.  —  Voy.  Home, 


IlÂR 


HÈR 


401 


Kâouméné,  «.  m.  Oim.  de  Berne.  Petit  homme;  petit 
bonliouiuie.  —  Voy.  Home. 

Hâoumcnén,  énquo,  adj.  D'homme,  qui  tient  à 
Vhomrne.  —  Un  parla  hâouménén,  une  voix  d'homme, 
une  voix  màle  et  rude.  Au  fém.  Udauménénquo,  fille  gar< 
çonniere,  qui  aime  trop  à  se  trouver  parmi  les  hommes, 
qui  les  agace  volontiers. 

Dér.  de  Home,  du  la  t.  Homo,  hominit. 

Hâonsar,  s.  m.  Hussard,  soldat  du  corps  de  cavalerie 
légère  de  ce  nom. 

Empr.  au  fr. 

Hâousardo  (à  T),  adv.  A  la  housarde;  crânement, 
lestement,  cavalièrement,  sans  se  préoccuper  du  qu'en 
dira-t-on. 

Hâonssa,  v.  Hausser.  —  Voy.  IVâoutsa, 

Hâonssé,  s,  m.  Tronssis.  —  Voy.  Aoussé, 

Eâonssuro,  s.  f.  Hauteur;  colline;  simple  tertre  ou  le 
haut  d'un  tertre  en  pente,  lorsqu'il  est  composé  et  en 
rapport  avec  un  bas-fond.  —  Voy,  Aoutsuro. 

Hardi,  ido,  Dim.  Hardidd,  oto,  Hiidi,  courngeux; 
téméraire,  effronté.  —  Dé  que  vôcu  aqiiélo  hardidoto?  Que 
veut  cette  jeune  effrontée? 

Der.  de  l'allem.  Hart,  audacieux. 

Hardi,  interj.  Courage!  en  avant!  sus!  or  sus,  allons! 
—  C'est  Eia!  des  latins. 

Harén,  j.  m.  Hareng.  —  Ne  s'entend  que  du  hareng- 
saur  ou  fumé,  Uarcn-sdouré. 

Haréncado,  »,  f.  Hareng  plus  petit  et  qui  a  subi  une 
rutre  préparation  que  le  précèdent.  —  Le  populaire  lui  a 
donné  le  nom  familier  et  tant  soit  peu  goguenard  de  Dumo 
dé  mùérieordo  ;  mais  sa  dénomination  sérieuse  et  scienti- 
fique est  en  lat.  Hulex  ou  Clupea  aiengus,  Linn.,  poisson 
de  mer,  de  l'ordre  des  Holobranches  et  de  la  fam.  des 
Gymnopomes,  en  fr.  Hareng;  en  lang.  Harén  et  Harén- 
cado :  ce  qui  veut  dire  pour  ce  dt^mier  mot  ce  hareng 
blanc  salé,  plus  petit  et  autrement  préparé  que  le  hareng- 
saur  ou  fumé,  très-proche  parent  de  la  sardine,  Sardo.  Celui- 
ci  rst  salé  seulement,  et  il  est  encaqué  dans  des  barils,  6ari- 
quoê,  d'où  on  le  tire  un  à  un  pour  le  vendre  en  détail  an 
ptuple,  qui  ne  le  dédaigne  pas  parce  qu'il  est  piquant,  fait 
manger  force  pain  et  excite  à  boire.  Aussi  un  de  ces  phi- 
losophes de  position  disait  qu  il  n'était  pas  mécontent  du 
tout  du  menu  que  lui  servait  sa  ménagère,  attendu  que 
lirn  souvent  dans  la  semaine  il  avait  à  son  diner  un  pois- 
son de  mer  et  un  poulet  :  c'est  un  hareng  et  un  œuf  qu'il 
entendait.  —  C'est  donc  une  très  grande  ressource  pour 
le  paLvre,  et  quoiqu'il  en  soit  aujourd'hui  du  sens  légère- 
ment railleur  qu'on  attache  à  son  surnom  de  Damo  dé 
mUéricordo,  il  est  probable  qu'il  lui  a  été  donné  par  allu- 
sion à  cette  haute  et  puissante  Dame,  celle  qui  vient  tou- 
jours au  secours  de  ceux  qui  ont  besoin ,  ou  plus  hum- 
blement parce  que  ce  harerg  n'entre  guère  que  chez  le 
pauvre,  comme  font  les  bonnes  sœurs  de  charité  qa*on 
appelle  justement  aussi  Dames  de  la  miséricorde. 


Hamèi,  s.  m.  Harnais,  équipage  de  sMlo  ou  de  trait. — 
Carga  Vamèï,  signifie  plaisamment  :  se  marier. 

Dér.  de  l'allem.  Humitch,  m.  sign. 

HamèÎBsa,  v.  Harnacher;  mettre  le  harnais  à  une  faèto 
de  somme.  Au  fig.  et  au  passif,  s'arnéissa,  se  harnacher,  se 
vêtir;  s'habiller;  se  parer;  s'ajuster. 

Hasar,  «.  m.  Hasard;  événement  fortuit:  rencontre; 
fortune.  —  Pér  co  d'hasar,  par  bonne  fortune.  Fér  co 
d'hatar,  âourias  pas  un  luché  à  mé  présla?  Puurrirz-vous 
me  prêter  une  bêche?  Co  d'hasar,  dans  cette  phrase,  n'est 
qu'explétif  et  comme  formule.  On  la  pas  l'hasur,  on  no 
sait  pas  le  bonheur.  Vhasar  é$  tcn  b^l,  le  hasard  est  si 
grand. 

Hasarta,  t?.  Hasarder,  risquer;  exposer  au  hasard; 
essayer  la  chance.  —  Dises  que  Jan  es  ton  for,  vos  qui 
Vhasarte?  Tu  dis  que  Jean  est  si  foit,  veux-tu  que  j'essaie 
de  me  mesurer  avec  lui?  Huiarta  un  gas,  tàterun  passage 
il  gré;  être  le  premier  à  oser  l'entreprendre  :  au  pr.  et  au 
fig.  s'il  s'agit  d'une  affaire,  de  quelque  proposition  délicate. 

EaE£rtOL8,  OUBO,  adj.  Hasardeux;  qui  aime  à  risquer 
ou  è  affrcnler  le  danger;  hardi;  téméraire. 

Hastado,  s.  f.  Brochée  ;  quantité  de  viande  eu  de  gibier 
en  filée  à  la  fois  dans  une  broche. 

Easte,  s.  m.  Broche  tournant  à  la  main,  verge  de  fer 
pointu  pour  embrocher  et  foire  rôtir  la  viande. 

Dér.  du  celt.  Asta,  ou  du  lat.  Hasta,  m.  sign. 

F£Eté, s.  f.  Brochette;  Lattelels;  brochée  de  petits-pieds. 

Dim.  de  Haste, 

Hégaoâcu,  bcganâcndo,  s.  m.  et  f,  Vlm.Héganâoudé, 
héganâoudoù;  péj.  Hégandotidas.  Huguenot;  protestant; 
calviniste. 

Ce  mot  est  un  empr.  au  fr.  :  son  étymologie  a  été  vaine- 
ment cherchée  jusqu'ici.  Pasquier,  D'AuLigné,  Alénagoet 
autres  ont  tour  à  tour  proposé  des  solutions  inadmissibles. 
Ampère  avait  tranché  la  question,  en  décidant  que  le  mol 
Huguenoi  venait  certainement  d*Eidgno(en,  confédérés, 
en  bas  allemand.  Littré  vient  de  ruiner  cette  opinion,  cl 
il  laisse  la  controverse  ouverte  et  non  épuisée,  sans  indi- 
quer la  racine  certaine  et  vraie. 

Hélaisse,  v.  Geindre;  gémir;  se  plaindre;  pousser  des 
soupij-s,  des  bêlas. 

Tiré  du  fr.  Hélas. 

Hèrbaîo,  s.  f.  Bfauvaises  herbes  qui  sont  à  sarcler. 

Eèrbaje,  s.  m.  Herbage;  prairie  d'herbager,  dont  les 
herbes  se  mangent  sur  pied  par  les  Lestianx;  herbes  d'hiver, 
c.-à-d.  les  dernières  pousses  des  prairies  après  qu'on 
a  fauché  le  regain,  et  qu'on  fait  aussi  brouter  sur  place. 

Hèrbétos,  j.  f,  plur,  Dim.  d'Hèrbo.  Fines  herbes  pour 
le  potage  ou  la  salade,  pour  l'assaisonnement  en  général. 

C'est  aussi,  à  Alais,  le  nom  d'un  quartier  à  proximitA 
de  la  ville,  l€u  Hèrbétos,  promenade  autrefois  fréquentée* 
dont  le  nom  désignait  les  fraîches  et  petites  prairies  du 
Tempéras. 

Hèrbo,  i'  f-  Dim.  Hèrbéto;  péj.  nèrba$$o.  Herbe,  plante 

SI. 


«e 


HÊR 


HËR 


de  faible  consistance,  qui  perd  sa  Xig^i  en  hiver;  gazon.  — 
Soupo  d'hàrbo,  scupe  aux  fines  herbes.  Las  hèrbos,  les 
herbes  d'hiver.  Hirbo  que  poun  quart  naï,  toujour  duro, 
prvb.,  Tépine  en  naissant  va  la  pointe  devant. 

Dér.  du  la  t.  Berba,  m.  sign. 

Hèrbo  apéganto,  s.  f.  Pariétaire.  —  Koy.  VanaUHo  ou 
Hèrbo  dé  Nosto-Damo, 

Hèrbo  batudo,  .f  f-  Flomis,  Phtomî*  herbaventi,  Linn., 
plante  de  la  fam.  des  Labiées,  à  fleur  labiée,  dont  les 
îénilles  sont  couvprlps  de  duvet. 

Hèrbo  dâon  cor,  t.  f.  Ambroisie,  Ambrosia,  Linn.,  de 
la  fam.  des  Corymbifères,  apétalôe,  annuelle,  sudorifique  ; 
très-nrotnatiquc,  qui  croit  dans  les  sables  et  graviers;  elle 
est  ohgiiifiire  du  Mexique,  ce  qui  Ta  fait  appeler  en  fr. 
Thé  du  Mexique.  Son  nom  semblerait  annoncer  quelque 
propriété  c  nfortalive. 

Hèrbo  diou  fôîe,  s.  f.  Hépatique  de  fontaine,  Anémone 
hepat'ea,  Linn  ,  de  la  fam.  des  Rcnonculacées ;  fleurs  bleues 
ou  blnnchps;  rolijles  de  Tinvolucre  enlières,  très-rappro- 
chées  de  la  fljur;  sépales  ovales;  habite  les  haies  et  les 
bois  :  vulnéraire,  astringente,  apéritive,  tonique. 

Une  autre  plante  est  oncore  connue  sous  le  même  nom 
d'Uérbo  f^dou  féje,  Hv^li^ue;  c'est  une  sorte  Je  crypto- 
games qui  tient  le  miJeu  entre  les  lichens  et  les  mousses  : 
on  remploie  dans  les  maladies  du  foie,  ce  qui  lui  a  valu 
son  nom.  Elle  est  acotylédone,  formée  d'une  membrane 
herbacée  et  rampante,  elle  croit  au  bord  des  fontaines  et 
dans  les  lieux  hirtiides. 

Hèrbo  dâou  lagni,  s.  f.  Myrte.  —  Voy,  Murtro, 

Son  nom  laiig.  lui  vient  de  ce  qu'on  couronnait  de 
myrte  le  ch.-ipeau  des  nouvelles  mariées,  et  que  VHèrbo 
dâou  lagui  étnit  un  symbole  ou  une  allusion  aux  soucis 
et  aux  chagrins  du  ménage. 

Hèrbo  dâou  mèoa,  $.  f.  Caille-lait  à  fleur  jaune,  Ga- 
Uum  luteum,  Linn.,  de  b  fam.  des  Rubiacées,  commune 
dans  les  champs . 

Hèrbo  dâoorado,  s.  f.  Cétérac,  doradille,  espèce  de 
capillaire,  Aspîenium,  Linn.,  (I3  la  fam.  des  Fougères; 
croit  à  l'ombro  sur  les  vieux  murs;  l'infusion  de  ses  feuilles 
est  un  excellent  dinrélique. 

Hèrbo  dâou  sièje,  s.  ^..  ou  Bouènsèdi.  Herbe  du  siège, 
Bcroi'uh.ire  nquitique,  bédoine  d'eau,  Scropularia  aqua- 
tica,  Linn.,  de  la  fam.  des  Personnels:  bonne  contre  les 
Bcroful's  el  l<*s  hémormïJ.?s  :  ses  feuilles  sont  employées 
cominc  vulin'mirp  pir  application  pour déterger  les  ulcères. 
Elle  tire  s»ii  nom.  dit  on,  du  sijge  de  Troie  où  les  guer- 
riers s'rn  s»^rvr.i  ni  pour  panser  lears  blessures  ;  mais  cela 
pourrait  aussi  lion  convenir  à  tous  les  sièges  qui  ont  eu 
lieu  depuis.  tN'iin^wrt»;  si  ce  n'est  lui  c'en  est  un  autre,  et 
l'orijîine  <Io  Trin  rsl  plus  noble  et  plus  antique,  mais 
ljeauo<  v\)  ninins  sûre. 

Hèrbo  dâou  tal,  s.  f,  Cynoglosse.  —  Fo^.  Léngo-cano  . 

Hérbo  dâoa  tron.  x.  f,,  ou  Barbajôou.  Grande  jou- 
barbe. —  Voff.  Bariajôou. 


On  a  ainsi  nommé  cette  plante  en  lang.  par  suite  de 
l'idée  ridicule  qu'elle  préserve  du  tonnerre. 

Hèrbo  das  agacls,  s.  f.  Un  des  noms  encore  de  la 
Grande  joubarbe,  parce  que  le  suc  de  cette  plante  est  em- 
ployé pour  détruire  les  cors.  —  Voy.  Barbajôou. 

Hèrbo  das  canaxis,  5.  f.  Mouron,  morgaline,  Anagat- 
Ht  arvensit,  Linn.,  de  la  fam.  des  Primulacées. 

Hèrbo  de  Tabéio,  s.  f.  —  Voy.  Hèrbo  dâou  tnèou. 

Hèrbo  dé  la  gravèlo,  s.  f.  Turquette,  herniaire  glabre 
et  velue,  Hemiaria  glabra  et  hirsuta,  Linn.,  de  la  fam. 
des  Chénopodées  :  passe  pour  astringente,  diurétique,  anti- 
herniaire, anti-calculeuse  :  habite  les  terrains  sablonneux. 

Hèrbo  dé  la  loquo,  j.  f.  Morelle  douce-amère,  vigne  de 
Judée,  Solanum  dulcamara,  Linn-,  de  la  fam.  des  Solanées: 
sarmenteuse,  grimpante,  à  fleurs  violettes  et  à  baies 
rouges  :  sa  tige  en  décoction  est  un  excellent  dépuratif  du 
sang. 

Hèrbo  dé  la  rato  ou  dé  la  ratèlo,  5.  /*.  Scolopendre, 
Scolopendrium  officinale,  Linn.,  de  la  fam.  des  Fougères, 
croit  dans  les  lieux  humides  et  couverts,  dans  les  puits  : 
bonne  probablement  pour  les  affections  de  la  rate. 

Hèrbo  dé  la  ronmpéduro,  s.  f.  Sceau  de  Salomoo, 
Convaliaria  polygamalum,  Linn.,  de  la  fam.  des  Aspara- 
gées;  espèce  de  muguet  dont  la  racine  bulbeuse  est  em- 
ployée contre  l'ophthalmie  et  pour  résoudre  les  ecchymoses 
produites  par  une  fracture  ou  une  contusion  ;  de  là  son  nom. 

Hèrbo  dé  las  alonètos,  s.  f.  Filipendule,  Spirea  fli- 
pendula,  Linn.,  de  la  fam.  des  Rosacées  :  fleurs  blanches, 
rouge&tres  en  dehors,  un  peu  odorantes  ;  ses  racines  sont 
astringentes  et  nourrissantes,  recommandées  contre  la  gra- 
velle  :  les  fleurs  donnent  un  petit  goût  agréable  au  lait  : 
habite  les  bois,  les  garrigues  et  les  prairies. 

Hèrbo  dé  las  bémgos,  .f.  f.  Héliotrope  d'Europe,  F<- 
liotropium  Europœum,  Linn.,  de  la  fam.  des  Boraginées; 
agreste,  sa  fleur  roulée  ressemble  de  loin  à  une  chenille 
ou  à  une  verrue  un  peu  développée. 

Hèrbo  dé  las  cardpanîos,  s.  f.  Séneçon,  Seneeio  vul- 
garis,  Linn.,  de  la  fam.  des  Composées  Corymbifères.  Cette 
plante  est  appelée  en  fr.,  à  part  Séneçon,  du  nom  vulgaire 
à' Herbe  au  charpentier  ;  nous  ne  trouvons  là  aucun  rap- 
port avec  celui  que  lui  donne  le  lang.,  qui  est  au  moins 
justifié  parce  que  les  serins  et  les  chardonner3ts  sont  très- 
friands  de  ses  graines.  Elle  vient  dans  les  lieux  cultivés  et 
partout. 

Hèrbo  dé  las  cin  costos,  s.  f.  Plan ti in  \  fenille  étroite» 
Plantago  minor,  Linn.,  de  la  fam.  des  Plankigi.ïées;  croit 
sur  le  bord  des  chemins  et  dans  les  champs;  à  fleurs  ia- 
fundihnliformps;  vulnéraire  et  résolutive. 

Hèrbo  dô  las  déns,  s.  f.,  ou  fndourmidotiîro.  Jus- 
quiame.  —  Toy.  ÈniourmiJouïro, 

Hèrbo  dé  las  fèbres,  5.  /:  Petite  centaurée  des  pris  à 
fleur  pourpre,  Centaurea  centaur&i les,  Linn.,  de  la  fun. 
des  Gr^n tin  nées  :  c'était,  avant  l'importation  du  quinquina, 
le  meilleur  fébrifuge  connu  en  Europe. 


HÉR 


HET 


403 


Hèrbo  dé  Ibb  gnèîros,  s,  f.  Herbe  aux  puces,  plantain 
des  sables,  Plantago  pêyUium,  Linn.,  de  la  fam.  des  Plan- 
taginées.  Pline  le  nomme  simplement  Psyllion.  Les  graines 
de  cette  plan  le,  quand  on  les  fait  bouillir  dans  l*eau, 
donnent  un  mucilage  abondant. 

Hèrbo  dé  las  tâoupos,  s,  f.  Jusquiame,  et  pomme 
épineuse.  —  Voy.  Éndourmidouiro  et  DarbottssUïro. 

Hèrbo  dé  las  tétinos,  t.  f.  Herbe  aux  mamelles,  Lam- 
pmna  eommunis,  Linn.,  de  la  fam.  des  Composées  Chico- 
racées  ou  Synanthérées  :  amère,  laxative,  rafraicbissante  ; 
on  8*en  sert  pour  guérir  les  gerçures  du  sein,  comme  son 
nom  rindique  :  se  mange  crue,  en  salade,  dans  sa  jeunesse; 
babite  dans  les  lieux  cultivés  et  les  haies. 

Hèrbo  dé  Ténrôiaduro  ou  dé  rénréïaje,  s,  f.  Herbe 
à  étemuer,  Achillea  ptarniea,  Linn.,  et  Mille- feuilles  ou 
Herbe  au  charpentier,  Achillea  millefoHum,  Linn.,  deux 
variétés  d'Achillées,  de  la  fam.  des  Composées  Corymbi- 
fères  ou  Synanthérées.  Les  fleurs  et  les  feuilles  de  la  pre- 
mière, qui  croit  dans  les  prairies,  mises  en  poudre,  sont 
sternutaloires.  La  seconde,  agreste,  vivace,  à  fleur  radiée, 
est  vulnéraire,  astringente,  résolutive  et  antihémorrha- 
gique.  On  s*en  sert  par  application,  après  l'avoir  écrasée 
et  réduite  en  pâte  comme  un  cataplasme.  Son  nom  vient 
de  cette  propriété,  parce  qu*on  l'applique  fréquemment 
pour  les  piqûres  que  se  font  les  bétes  de  labour  avec  le  soc 
de  la  charrue,  réto,  ce  qu'on  appelle  S'énréïa.  — Foi,'.  Énréïa. 

Hèrbo  d'éstan,  s.  f.  Girandole  ou  Lustre  d'eau,  Chara 
vbîgaris,  Linn.,  de  la  fam.  des  Naïadées  :  se  trouve  dans 
les  ruisseaux  et  les  eaux  stagnantes  :  elle  n*a  pas  d'usage 
connu. 

Hèrbo  dé  Nosto-Damo,  s.  f.  Parit^taire.  —  Voy,  Pa- 
natàïo. 

Hèrbo  dé  Sénto-Clèro,  s.  f.  Chélidoinc  ou  Éclaire, 
Ckelidonium  vulgaie,  Linn.,  de  la  fam.  des  Papavéracées. 
Cette  plante  rend  un  suc  jaune,  acre,  que  l'on  emploie 
pour  détruire  les  verrues  et  les  dartres  :  elle  passe  pour 
diurétique,  apéritive,  fébrifuge  et  anti-bydropique.  Son 
nom  du  reste,  qui  est  une  corruption  du  mot  Éclaire,  est 
prétentieux  et  peu  employé  :  on  l'appelle  habituellement 
Saladuigno,  travestissement  du  mot  Chelidonium,  Chéli< 
doine. 

Hèrbo  dé  Sént-Ëstèye,  5.  f.  Circée  blanche,  herbe  de 
saint  Etienne,  herbe  aux  magiciens,  Cireaa  alba,  Linn. 
de  la  fam.  des  Onagrariées  :  plante  grimpante,  qui  s'at- 
tache aux  habits  au  point  d'arrêter  la  marche  d'un  homme, 
comme  le  faisait  Circée  par  ses  enchantements. 

Hèrbo  dé  Sén-Jan,  s.  /*.  Caille-lait,  jaune  ou  blanc, 
Gaillet  jaune,  Galium  verum,  Linn.,  de  la  fam.  des  Rubia- 
cées  :  dessicalive,  astringente,  vulnéraire  et  anti-spasmo- 
dique;  ses  sommités  fleuries  font  cailler  le  lait  :  habite 
Id  prairies  et  les  bords  des  champs. 

On  la  nomme  aussi,  mais  rarement,  Hèrbo  dâou  màou 
(Y^  c.  D.).  Sauvages  désigne  aussi  par  le  nom  d'Jffirte  dé 
Stn-Jan,  une  autre  plante,  le  JUille-pertuis,  ton  Troiealan 


jdoun9  :  il  n'est  pas  impossible  que  dans  d'autres  conlrôra 
ou  dans  d'autres  temps,  le  mille-pertuis  n'ait  été  désigné 
ainsi  ;  mais  il  est  certain  que  les  deux  variétés  ici  connues 
de  Caille-lait,  jaime  ou  blanc,  sont  nommées  Hèrbo  dé 
Sén-Jan, 

Hèrbo  dé  Sén-Ro,  s,  f.  Herbe  de  saint  Roch,  innle 
dyssentérique,  Pulicaire,  Inuia  dysenterkajnvla  Pullcaria, 
Linn.,  de  la  fam.  des  Synanthérées,  deux  variétés  confon- 
dues dans  le  même  nom  lang.  que  l'on  trouve  sur  le  bord 
des  eaux  ou  des  fossés.  Leur  racine  est  mucilagineusft, 
d'une  saveur  acre  et  amère.  Le  peuple  les  croit  salutaires 
contre  les  maladies  pestilentielles  ou  épidémiques,  et  c'est 
pour  cela  qu'il  les  place  sous  l'invocation  de  saint  Roch. 

Hèrbo  grépo,  s.  f.,  ou  Tèro-grépo.  Picridio,  Pricri- 
dium  wlgare,  Scorsonera  picroideg,  Linn.,  de  la  fam.  des 
Synanthérées.  On  mange,  en  salade,  les  jeunes  pousses  du 
printemps.  Elle  est  connue  sous  le  nom  de  Laitue  de  lièvre* 
et  habita  les  lieux  pierreux,  les  vignes,  contre  les  rochers. 

Herbu,  ndo,  affj.  Herbu,  herbeux;  où  l'herbe  abonde, 
où  elle  croit  épaisse  et  drue.  —  Uno  ribo  hérbwlo,  un 
gazon  épais,  un  talus  de  gazon  bien  garni. 

Héîrita,  v.  Hériter;  recueillir  une  succession;  succéder. 

Héuîtaje,  5.  m.  Héritage;  succession;  patrimoine. 

Héîritiè,  s,  fit.  Héîriticîro,  s.  f.  Héritier;  héritière; 
successeur;  qui  hérite. 

Dér.  du  lat.  Hœres,  haredis,  m.  sîgn. 

Hérmas,  s.  m.  Augm.  de  Hèrme,  Dim.  Hérmcu^où. 
L  ande,  friche  ;  terre  vague  et  vaine,  qui  ne  sert  qu'an 
parcours  des  troupeaux. 

Dér.  du  lat.  Eremus,  désert. 

Hèrme,  s.  m.  Même  sign.  que  Hérmas.  -«^  On  dit  tw 
Hèrme  et  non  une  Tèro  hèrme, 

Hérô,  s.  m.  Héros.  —  M.  sign.  qu'en  fr.  sans  aspiration 
de  Vh.  —  Quelquefois  employé,  mais  pur  franekiman. 

Héspitaiè,  ièiro,  adj.  Habitant  d'un  hospice;  hôte 
d'un  hôpital. 

Héspitâou,  5.  m.  Oim.  Héipitalé.  Hôpital;  hospice  où 
sont  reçus  les  pauvres  et  les  malades.  Par  ex  t.  une  maison, 
une  chambre  où  se  trouvent  plusieurs  malades  ou  même 
des  personnes  dolentes  de  la  famille.  —  nétpitâou  faX  U 
bèU  s'écrie-t-on  quand  on  voit  un  prodigue  marcher  à  sa 
ruine,  et  par  suite  à  l'hôpital. 

Le  n.  pr.  l'Héspitalé,  qui  est  resté  à  plusieurs  localités 
ou  quartiers,  n'est  pas  un  dim.  :  il  désigne  une  possession 
ancienne  des  chevaliers  de  Saint -Jean  de  Jérusalem  ou  de 
Alalte,  un  domaine  des  Hospitaliers,  qu'ils  y  eussent  une 
maison  ou  simplement  des  terres. 

L'héspitâou  est  encore  le  nom  que  donnent  les  enfants  à 
on  jeu  de  cartes  qui  ressemble  beaucoup  k  la  bataille.  Il  ne 
serait  pas  étonnant  qu'il  y  eût  là  un  souvenir  des  che- 
valiers hospitaliers,  qui  s'amusaient  peut-être  à  co  jeu  dans 
leurs  loisirs,  quand  les  cartes  furent  inventées. 

Dér.  du  l^t.  HospUium,  Kospitalis,  m.  si^. 

Hétaro,  t.  m.  Hectare,  cent  ares.  — Voy^  Sâaumado, 


404 


ilIR 


HOC 


EétOgraTÎO    'm     H    "    ,.     ;>  ..  '.    :"M  ^T'i':.  i.> 
E^toLitre,  :    ru    W     '     .*:.,'  .l'r- -    —  V-'j    htre 


inifrj   H.>;  :   Pi--'.'  Tire!  Courage!  Cri  des 


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f'.ri  •:  J  i  >  ::i  !.  ..t.  [  ur  s*e:iO':ur:.i:eret  agir ensomble. 
(■  ^^-t  '  :>-.  ".■•:..  i:  ^i^  .  :.!  «jui-n 'rtiin^  à  uno  personne 
(j'ii  jr.  :  :  '.  // ^  ^/''/if  r/tâ  "i*"  '  (iri:n[>e,  que  je  te  pousse, 


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Histouèro.  >   /*  Il  •  it  ■1'*  hi's  :  r.ir"»!u-'nt,  histoire,  dnns 
!"  --.s   r  1  '.  ►.'  Il   fr,n..if  n  irr.ili  «m.   cjhI'*;  diiïicult'^s; 


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n.ripoatéqua ,   cdD,  "  y    M  i'jlif;    r.cl.ilitjii-;   ijul  .i 
|i' .♦     i   •    ...'iK.'iliî   i->;  ,j  ir 'Al.  •' I,  l'irr  .33'',  ♦"':ii;)'''!r''. 

I!  '  ■>:  V.iJ-  .«  j  .••  ;•  Il  .|  ''-l  '-îjj):-  .:.l.''  ;ni  fr.  (jui  r,i\:";it 
|;r  ^  \>i  l'I  ,  l'i'i-l  le  i'';)iil  ij-i  ;:r.,  et  (jii  il  a  Inij -iirs 
£;;f..li  II.,  l .  •  I  . ',  ',''1  'iT-  !  ;.i  ,;i  J  i  «Ir  «il  ij  ili  Ci-'- huit 
K  if  ('::>  !i  :  «  f]';  s  fi  ri-!  i!- iir.  e-iiufi.»:'  <:'.riiili-'  tl-"»  si 
trV.n:'-.  !)•  1  .::l  t  "i  ji>  .'ui-  •  il  .i  fxi^I-  .1*-»  crviii'i  t^  ^'l 
d''*^d''!.i'  'ir>:  î.rm '!••  t'iiH  I'-iijk  li  j)r -jiri ''r'*  i:ii:ij  jhi- 
l'.'T"  i."'-l  p.t  p' >>  Mi'i"  1' >  M.  i;,-»  ilii  j)";ij'I  '  (jui  fut  il 
\:\\\;\i'-,  ]"  •:.  ::i  ■:<•  »  r-ÎM.  t  ;i  ^'.ii'il  -y-'r  un  :ii  .t  ;ip|'li  .'.ilil.' 
A  un  '  MlM' Il  .11  lr'->- m;  i  1  ■.;'  Il  \  (> '^- 'M  i  iiit,  c  jiijiih'  il  on 
CMiHii-.'.  .il  1"  :->'ristl  l'S  'If'l.^,  ''l  rjii*  Cttiiii-;  rij),»  )rU 
n  i'-aL  ()••  ii'ilnr'.'  a  It;  fr.;>,.i-,  il  lui  d xiiii  une  a(::''|)ti'>n 
rlli;,lifjir',  f-n  I»'  ri,«lliil  ;,u  li^urv  |,his  s  aufiil  qu'au 
j.r.'jr',  ''t  il  I'  c  i,>T\  I  j) 'U.- (I  ^i.jniT  \\\\  in;liviiju  frq»;ii'' 
(!"-)ivT>  'iiu  .  •l'^Tv-'/î  1"  i];l]"'r.Ml'S  lar^s,  [)ir  a^sinil  i- 
li 'M  ^  rh '.fi  :.  ■  :r>,->f)''  c-i  ejai-»''  d'Iiyp  ):'i!']u 's.  C'i*sl 
j).nr(('!'  i,u  '  u.ir'  i'iinitijii  n  f.iil  é^''il»'in.'nt  do  l'aec^s- 
Krar;  1'  \\\,.\-\^\  L  s  n.^  '.  ni!  'ir  l  iu'"/ii>  in'-j  >a:nitr"»  (ju' 
îe  sris  fr  .  <•  )  trii'^  1  Tai»;  do  dr  )il  oi  do  jirati  pi\  n.'  >  .il 
a  M -si  r-v':!'''. 

Hirr.'.nd'),  >.  /"  Dm.  !rr(ri:r:('in.  niiYtiilollp,  ni.s.>nu  d-"* 
lordr-d  -  i*;iss -i'- ,u\  oi  d'  la  fiai  d's  Piaiiin»>lres.  Kii 
!a  ^.  ciaïai'  "ii  fr  '•■■>!  nu  jii»rii  grnôricjue  (jui  (oui  se 
dMii'.'T  à  l  -::!'•  I:i  T'imi!!',  U)ii>;qui  s' ij»j>liiju  ^  priiicipilo- 
iii"n!  i\  VU\,-  iil '!!'!•  -l'Mia"  nu  d  iin^sli  [d.',  Hrunio 
rifsf'"i,  la  la  l!lIo.i  l>  fruilet  l.i  g'rgNlun  friirroii  ivuix., 
le  de- sas  *u  r  tr^js  oali  Vofueul  nûr  \  reliais  violets,  de 
mônio  sur  la  poiu..i;';  voairo  ol  a'odoaien  d'un  bl^nc  terne 
c.w  roussMi"  Ellcc^lun  |>"u  pi Ub  grande  que  le  liarbajôun. 
—  Voy.  c.  m. 


e '".'  i  •  :li 'iis:  «'îi  >■'.  .ilT.iire.  —  founla  d'Ms- 
i'  ■  ■■  <.  :  ':.:-  1  >  .•■.'.?■>.  Tj;  'iit-rd/s  s.rn'"^U'^s.  Zouf  pets 
inu  i  >  \' r:  i  o< ,  !!■;.>:  p^  iiald^  f>;xis,  d.^  lauihine- 
ri  >.  1  "ja/.  ju  -,  J '.'■'.'.■  ua'i>.  fP:  n  l'niai  cérqua  d'his- 
l'-.'r  1 7>.  q  r.ul  ■z-\  u.-  iaseal-^r  tint  de  ch'js?s,  tant  de  dif- 
fi  iilaS  ? 

I)ô.-.  du  Iil.  ÏIlsloriQ 

Hiuè.  «    m.   n.  'V  îtûDihyç.  Huit    —  L'/7  est  aspir«^<î. 

I)  \  ait  u:i  '  \'\''!1'"'  oU  uu'  h.  .n  dit  H'mvch.  —  fis  hiuèch 
h'rn-s,  il  ►'.^1  liad  Ipar^s.  A  liirrh  a;j«,  il  a  huit  ans. 
I)'h'n>\  -r*  'j  w  .  l'iu^  uM!)ai  e:i  liait  j  »urs,  en  coinplinl 
lo  pr'  ..;  ■:  ot  h  d  a-ai  t  j  uir.  Oa  o  oii^)te  ainsi  d'un  jour 
•  le  II  >•  J  '!.!•  au  ui'ei.j  J  iir  do  la  siii\n:it.\  d'un  mardi  à 
r.ii.ff' [o  (■  .A,^-;.^!!  \  (|u  a  (u'on  r'-alit''  il  n'y  ait  que  sept 
j  iur>  d  iiit  T\.ill'^. 

1)  a'    du  lil.  Orin,  ru.  si-'u. 

Hiuèï,  (J /'■.  Auj  aiidiiui,  le  jvUir  où  l'on  est»  où  l'on 
pir!o.  —  \ïj  .'Si  iiiiti.t  l'iil'",  tiuîol  nsjiréo.  On  dit  :  Dà 
juu  o(  /rit  I.  du  pan  du  jjur,  el  L'ai  pjs  v's  d'h-ufii,  je 
n^'  IVii  p  s  \u  il  ■iu''Uid  liui.  n.ui'i  fn'i  h'ud'  jours,  il  y  a 
auj  iirl  liui  Imil  j  airs,  o.-à  1.  il  y  a  sqtl  jours  de  cela; 
nr,  diîis  le  e  )ai;>ut,  on  oa  upie  \^  premier  et  le  dernier 
j'iur  Tr,  .  //;«  —  Scni'jlo  t  ''i  lt-u(^(,  il  est  énorme. 
\ivn>  cuaiMio  uii  tnnn  MU  ;  I  in^'  c  »iu:ne  un  joar  sans  pain. 
D'himi  ('n  foi",  diT 'aimant. 

Dt   ilu  lat    ffoUr,  m.  sign. 

Hiver,  s.  n.  Hiv.T;  siism  h  [»lus  froide  de  l'année, 
V  )aru'a.e  nt  le  iî  d-veaibre  selon  le  calendrier  et  finissant 

le   '11   ili:U'>. 

Dàr    du  I  il.  Hib'rnus  \onu  d"»  Uijems. 

Hiverna,  v.  niv»aner;  pi  en  Ire  S'^s  quirliers  d'hiver; 
c^.u  \s\v  un  1  H'  d  du  uno  c  mlréo  plus  (diauds  p'iur  y  pis,vr 
riiixor:  p'^sT  1  ;ii\'r.  -—  nivrno  hi}n  aquést'an,  l'hiver 
Obi  I  u  1  '  ol  I  nu  eello  nnnôe. 

Hivérnaïre,  s.  m.  Puiiveau  de  l'annS^,  ou  de  l'aniiôe 
nroe-ilailo.  (ju'nii  entnqient  seulement  pour  Icn^Taisser  el 
I  o<:'.riziu*  riiivor  suivant. 

Hivémajo,  .^.  m.  Hivernage;  quartier  d'hiver;  saison 
ddiiviT;  pr.iviM'jns  de  bétail  en  hiver. 

Hivèmén,  énquo,  acfj.  D'biver;  plantes  potagères  oo 
fruits  d'hiver. 

Hocho,  s.  f.  Clavelle  en  fer  qui  retient  l'essieu  dans  la 
moyeu  d'une  roue  de  voiture. 


HOU 


HUR 


405 


Eome,s.m,D\m.nàouminé;  augm.  etpêj.  Hàouménat. 
H)fii:ne,  être  hamain  du  saxe  mile;  mari. — S'emploie 
du  reste  comme  dans  le  fr.  et  dans  presque  toutes  les 
mèmrs  ncceplions.  —  Moun  home,  ou  mieux  Nost'home, 
dit  une  femme  en  parlant  de  son  mari.  Es  un  bon  home, 
cest  un  bon  ouvrier;  c'est  un  homme  fort,  robuste,  adroit. 
El  b^J  moun  h:.me,  dé  que  dUej  de  nôou?  £h  bien!  mon 
cher  ami,  que  contes-tu  de  nouveau?  Faire  Je  soun  home, 
te  vanter,  faire  le  vantard,  jouer  l^homme  fort  ou  l'homme 
valeureux;  se  donner  du  galcn.  Vous  dounaraï  mièjo  pér 
borne,  je  vous  donnrrni  un  lit;*e  de  vin  pnr  tête.  Jouïn- 
home,  gnrçHi,  jeune  iiouiUie  fVoy.  c.  m.).  Un  hravhome, 
un  honnête  homme.  A  gdsia  très  homes,  elle  a  eu  trois 
maris,  ou  mieux,  elle  est  veuve  du  troisième.  Voué  l'home! 
Bolà  hé!  un  L^l. . .  cri3-ton  pour  api)eler  un  homme  dont 
on  Ignore  le  nom.  Vous,  ses  moun  home,  vous  êtes  l'homme 
qu*il  me  faut.  Vendrai  déman  émbé  moun  home,  je  vien- 
drai demain  avec  mon  compagnon,  mon  associé.  Aquà's  un 
home,  \oï\h  qui  est  un  homme!  Es  adeja  un  home,  ce 
n*est  plus  un  enfant,  il  a  grandi  et  a  pris  la  raison  d'un 
homme,  hla'.s,  visèsbé,  moun  pdmr'home,  mais  vous 
vous  voyez  bien. mon  ami.  Aï  pâjut'home,tih !  pauvrecher ! 
Es  lou  co  dé  fa  l'home,  c'est  le  moment  de  se  montrer. 
Fagiè  l'Iiome,  il  fit  voir  qu  il  avait  du  cœur,  du  courage. 

Dér.  du  lai.  Humo,  m.  sign. 

Horamén,  alv.  Horriblement;  cruellement;  beaucoup. 

Dér.  de  Hore, 

Hore,  h:ro,  adj  Affreux;  horrible;  vilain;  laid;  abo- 
minable. —  Las  horos  de  Bîalatavèrno ,  est  le  surnom 
ancien  donné  à  lUala taverne  :  comme  il  se  pratiquait  dans 
le  moyen-âge  de  village  à  vilbge.  S*appiiquait-il  aux 
femmes  de  cette  localité,  ou  bien  à  quelque  particularité 
de  site,  de  choses  quelconques?  Nous  n3  prenons  aucune 
responsabilité  sur  cette  origine.  —  Voj.  Èscaïnoun. 

Dér.  du  lat.  Uorror,  horreur,  effroi. 

Hort,  s.  m.  Jardin  potager. 

Ce  mot  est  du  haut  raioL  —  Quan  la  cabro  sâouto  pér 
hort,  se  lou  ccbri  ly  sàmto  h'u  pas  tor,  prvb.,  quand  les 
pères  ou  mires  donnent  mauvais  exemple,  si  les  enfants 
tournent  mal,  la  faut?  en  est  aux  parents. 

Dâr.  du  lat.  Utriux,  m.  stgn. 

Hoste,  «.m.  Au  Tmi.  Iljustéiso.  Ilôt?,  hôtelier;  auber- 
giste; caba relier;  logoiir. 

Dér.  du  lat.  U^jApat,  hc^sp'tis. 

Hoonèstamén ,  alv.  inn.ièteinont;  convenablement; 
avec  civilité,  avec  politesse. 

Eropr.  au  fr. 

Hoonàstd,  è3t3,  a^j.  Honnête;  poli;  bienséant. 

Hounèstàta,  s.  f,  H  miièielé,  pjlitess3,  civilité;  présent 
fait  par  &invenancc:  prévonauces.  —  Mé  faguè  foço  hou- 
nèstiioi,  il  ou  elle  me  fit  f  irce  pjlite8S38. 

Ce«  trois  mois,  bien  que  reproduits  du  pur  latin,  ont 
une  nuance  ir^  franch^manle,  qui  les  fait  mettre  en 
rtierve  par  le  vrai  languedocien. 


Hoimoù,  s.  m.  Honneur;  probité;  réputation;  bonne 
renommée. 

Dér.  du  lat.  Honor,  m.  sign. 

Houro,  s.  f.  Dim.  Houréto.  Heure;  douzième  partie  du 
jour.  —  Mièj'houro,  demi-heure.  D'houro-én-laï,  doréna- 
vant; à  partir  de  ce  moment.  Quan  piquo  d'hourosf  Quelle 
est  l'heure  qui  sonne?  Quan  es  d'houro?  Quelle  heure  est- 
il?  Y-a  pértoul  uno  houro  ou  uno  lègo  dé  miehan  eami^ 
prvb.,  chaque  entreprise  a  ses  difficultés,  chaque  position 
ses  embarras,  chaque  profession  ses  désagréments,  chaque 
affaire  son  mauvais  côté.  Li  vôou  d'aquést'houro,  j'y  vais 
de  ce  pas.  D'aquést'houro  soun  gandïs,  à  présent  ils  sont 
arrivés.  Vésiè  pas  V houro  et  lou  moumén  dé  parti,  il  brûlait, 
il  trépignait  d'impatience  de  partir.  Dinc  un'houréto  vène, 
dans  une  petite  heure  j'arrive.  A  quant'houro  f  à  quelle 
heure?  Qu'houro?  Quand?  coutr.  de  A  quanto houro, — Voy^ 
Coftiro, 

Dér.  du  lat.  Uora,  m.  sign. 

Hourtéto,  5.  f.  Potage  maigre  aux  fines  herbes.  Dans 
un  pot  d'eau,  où  l'on  met  cuire  une  petite  poignée  d'oseille, 
d'épinards,  de  cerfeuil,  hachés  à  grands  coups,  et  que  Ton 
assaisonne  avec  du  sel,  et,  quand  on  veut  mieux  faire, 
avec  un  peu  de  beurre,  on  délaie,  au  moment  de  servir, 
un  ou  plusieurs  jaunes  d'œufs,  et  Ton  verse  le  tout  sur 
des  tranches  de  pain  trés-minces  arrosées  d'un  peu  d'huile  : 
telle  est  la  recette. 

Hourtéto  devrait  se  dire  jardinière;  car  ce  mot  vient  du 
lat.  Horlus,  jardin. 

Hoartoolaio,  s.  f.  Toute  sorte  de  légumes  frais;  her- 
bes potagères;  hortolage. 

Dér.  du  lat.  liortulus,  dim.  de  Hortns, 

Hoastésso,  s.  f.  Hôti;3S3,  femme  de  l'hôte;  aubergiste; 
cabarelière.  —  Voy.  Hoste, 

Honstîo,  5.  f-  Hostie,  pain  consacré  ou  qui  est  destiné 
à  lètre;  mais  plus  communément,  pain  à  cacheter,  À 
cause  de  sa  ressemblance  avec  le  premier. 

Dér.  du  lat.  Ilostîa,  m.  sign. 

Hnitanto,  ;i.  de  nombre.  Huilante,  quatre-vingts. 

D3r.  du  lat.  Octoginla,  m.  sign. 

Hupo,  s.  f.  Hjuppe;  huppe;  crête;  col.  —  Ne  se  prend 
guère  cependant  vu  ce  sens  que  dans  la  phrase  suivante  : 
Po  pas  leva  l'àupo,  il  ns  peut  remuer  ni  bras,  ni  jambes, 
bouger  ni  pieds«  ni  pattes  ;  mais  s'emploie  aussi  intcrjec- 
tiveinent  :  Hupo  lanlèro/  dit-on  à  un  enfant  en  le  soule- 
vant en  l'air  pour  le  faire  sauter  entre  les  bras. 

A  peu  près  Tinterj.  Houp!  en  fr.  —  En  armoricain, 
Hopa  signifie  Aller. 

Hnr,  5.  m.  Hiur;  bonheur;  bonne  fortune;  heureuse 
chance. 

Dér.  du  lat.  Hora,  heure,  parcs  que  les  anciens  admet- 
taient les  heures  prospères  et  les  heures  funestes,  qui,  en 
lang.  et  en  fr.,  se  sont  caractérisées  par  répithète,  à  la 
malo  houro,  à  la  marheare,  à  la  bon'houro,  à  la  bonne  heare  . 

Hnroàs,  onao,  adj.  Heoreux;  qui  a  dn  bonheur;  qui 


406 


I 


jouit  da  bonheur;  qui  donne  le  bonheur,  qui  y  contribue; 
qui  est  de  bon  augure. 

Huroosamén,  adv.  Heureusement;  par  bonheur;  d'une 
manière  heureuse. 


HnssU,  »•  m.  Huissier,  officier  de  justice  qui  ajourna, 
fait  les  significations  et  fait  la  police  de  l'audience.  —  £a 
bon  languedocien,  on  dit  mieux  Sarjam,  sergent  :  BuuU 
est  un  empr.  au  ir.  Huissier. 


I 


I,  $,  m.  I,  troisième  voyelle  et  neuvième  lettre  de  Tal- 
phabet. 

Cette  voyelle  est  de  tontes  la  plus  harmonique  et  la  plus 
déliée;  c*est  pour  cela  sans  doute  que,  par  un  raffinement 
d*acoustique ,  dans  ces  trilles  mélodieux,  particuliers  à 
notre  seul  idiome,  où  doivent  se  faire  entendre  trois  sons 
distincts  en  une  émission  de  voix,  dans  toutes  nos  triph- 
thongues,  l't  est  comme  la  base  de  l'accord  et  se  trouve 
toujours  le  premier  :  iaï,  iâou,  itï,  iéou,  iôou,  iuè.  Sa 
combinaison  avec  les  autres  voyelles  ou  avec  les  conson- 
nes, le  rôle  qu'il  joue  suivant  la  place  qu'il  occupe,  font 
varier  son  intonation,  ou  pour  mieux  dire  sa  mesure  pro- 
sodique; il  devient  dès  lors  plus  nécessaire  de  marquer  ces 
nuances  de  tons  ou  de  quantité  par  des  signes  distincts. 

Notre  langue  d'Oc,  musicale  avant  tout,  si  délicate 
d'oreille  et  d'accent,  a  besoin  d'être  solfiée  pour  être  com- 
prise; c'est  donc  à  son  orthographe  qu'il  appartient  d'in- 
diquer nettement  la  valeur  de  chaque  note  et  presque  de 
chaque  lettre,  surtout  de  chaque  voyelle,  car  pour  elle  il 
n'y  a  pas,  comme  en  français,  de  sons  muets.  Cette  diffé- 
rence est  essentielle  à  rappeler  au  sujet  de  la  lettre  /. 

En  français,  VE  qu'on  nomme  muet,  reste  en  effet  com- 
plètement sourd  et  inarticulé  :  à  la  fin  des  mots,  il  ne  se 
fait  pas  plus  entendre  que  s'il  n'existait  pas,  et  la  voix 
appuie  sur  la  lettre  ou  la  syllabe  qui  le  précède.  Au  con- 
traire, nos  idiomes  du  Midi  n'admettent,  à  proprement 
parler,  aucune  syllabe  muette  :  1'/  terminal  lui-même,  la 
voyelle  la  plus  fluide,  se  fait  toujours  sentir,  plus  légère- 
ment là  où  il  n'est  pas  tonique,  mais  il  ne  s'efiace  jamais 
à  la  prononciation,  non  plus  que  VE,  même  sans  accent. 
Aussi  peut-être  conviendrait-il  mieux  d'appeler  ces  syl- 
labes brèves  que  muettes,  ou  de  les  distinguer  en  fortes  ou 
faibles,  en  féminines  ou  masculines.  Ce  sont  au  moins  ces 
degrés  de  force  ou  de  faiblesse,  d'ampleur  ou  de  ténuité 
qu'une  exacte  notation  par  les  accents  doit  indiquer;  car 
leur  observance  est  devenue  une  des  conditions  indispen- 
sables de  la  vraie  prononciation  comme  de  l'intelligence 
ot  du  sentiment  mélodique  de  la  langue.  Après  tout  ce  qui 
«D  a  été  déjà  dit,  nous  insistons  sur  ce  point  pour  faire 
mieux  comprendre  l'importance  des  signes  employés  qui 
modifient  le  cacactère  de  la  voyelle  où  ils  apparaiiaeol  et 


l'impressionnent  de  la  valeur  spécifique  qu'elle  doit  prendre: 
nous  nous  arrêtons  sur  1'/,  qui  est  la  voyelle  la  plas  fré- 
quente, pour  étudier  de  plus  près  ses  diverses  positions. 

VI  dans  un  mot,  entre  deux  consonnes,  garde  con- 
stamment le  son  naturel  qui  lui  est  propre  :  binlo»  dif- 
cinle,  rasin,  trin.  A  la  différence  du  français,  qui  le  con- 
vertit le  plus  souvent  en  en,  il  se  prononce  comme  dans 
inique,  innocent,  immente, 

A  la  fin  des  mots,  s'il  forme  à  lui  seul  la  syllabe,  avec 
ou  sans  s  signe  du  pluriel,  il  est  tantôt  bref  et  tantôt  long, 
c.-à-d.  tonique  eu  muet,  masculin  ou  féminin.  11  est  bref 
dans  laguis,  chari,  eharis,  grêpi,  eéméntèri,  eètie,  crdi;  il 
est  long  dans  biguï,  mati,  eamï,  camU,  toupi,  émpéri, 
étpavourdi,  etc.  Dans  ce  dernier  cas,  nous  le  marquons 
d'un  accent  grave  pour  appeler  sur  lui  le  repos  et  l'insis- 
tance de  la  voix  ;  tandis  que,  dans  le  pn^mier  exemple, 
nous  le  laissons  simple,  parce  que  l'absence  d'accent  l'as- 
soupit et  le  rend  bref,  la  tenue  se  faisant  sur  la  sylkd» 
antécédente. 

Un  peu  plus  de  précision  est  nécessaire  alors  qu'il  s'agit 
de  diphthongues,  et  pour  le  cas  où  l't  se  trouve  en  contact 
avec  des  voyelles  qui  ne  doivent  pas  faire  alliance  avec  loi. 

Nous  venons  de  voir  qu'il  se  place  toujours  en  tête  des 
triphthongues;  nul  besoin  de  lui  donner  là  un  signe  spécial. 
Mais  pour  les  diphthongues,  au  commencement,  au  milieu 
ou  à  la  fin  d'un  mot,  17  qui  s'allie  d'ailleurs  avec  UMiles 
les  voyelles,  est  premier  ou  dernier.  Or,  les  voyelles  A  et 
U  exceptées,  parce  qu'elles  sont  graves  et  pleines  de  leur 
nature,  toutes  les  autres,  y  compris  la  composée  o»,  peu- 
vent être  masculines  ou  féminines,  sonores  ou  muelles; 
leur  qualité  ne  dépend  que  de  l'accent. 

Quand  l't  précède  une  voyelle  accentuée  quelconque,  il 
est  sonnant,  mais  faible  et  l'effort  de  la  voix  est  enlrainA 
par  l'accent.  Aussi  en  écrivant  miè,  bien,  piHa,  fia,  6M/«, 
nous  indiquons  deux  sons  qui  n'en  font  qu'un,  mais  où 
le  dernier  est  dominant,  et  celui  donné  par  l't  naturel  est 
presque  éteint  et  confondu  dans  la  voyelle  sonore  et  mar- 
quée. Par  voie  de  conséquence,  si  la  voyelle  que  l't  ain^ 
précède,  n'est  point  elle-mèffle  accentuée»  la  liaiaua  qui  ae 
fait  ne  change  pas  son  caiactèie  de  syllabe  féminiiie»  et  lea 
deux  sons  diphthongues  soot  pour  ainsi  dire  égaux. 


1 


î 


tXff 


rendu,  que  je  rende;  ^oindie,  que  je  vende;  glotio,  gloire; 
kofio,  ferme;  éntarioi,  paniers  de  bât;  gripio,  crèche; 
hiaiio»^  bètes;  etc.;  les  désinences  i»  et  io,  privées  d*acceni, 
sont  féminines,  et,  voyelles  diphthonguées,  se  prononcent 
d  un  jet  avec  leur  valeur  normale.  11  en  est  autrement 
dans  les  terminaisons  en  mêmes  lettres  réndiè,  rentier; 
iaearià,  traître;  pià,  dindon;  ealid^  chenet,  etc.,  qui  por- 
tent avec  Taccent  la  force  du  son  sur  la  seconde 
voyelle. 

Lorsque  Tinverse  se  présente  dnns  la  diphthongue,  c.-à-d. 
que  r»  termine  la  syllabe,  pour  éviter  toute  confusion  avec 
le  français,  qui  a  d?s  combinaisons  graphiquement  sem- 
blables s^ns  les  diphthonguer,  il  convenait  de  revêtir  Vi 
d'un  signa  spécial  qui,  sans  rien  ajouter  au  son  naturel, 
permit  cependant  de  le  distinguer  en  ne  transformant  pas 
b  syîlabe  en  une  voyelle  composée.  Une  seule  exception 
aétô  faite  pour  cinq  ou  six  mois;  elle  est  expliquée  à  l'art. 
EL  Nous  avons  donc  orthographié  pantaï,  rèï,  erii,  eriire, 
VJXre,  galoï,  souk',  etc. ,  pour  avertir  que  la  tonique  repose 
sur  it  voyelle  qui  précède  Vï,  en  l'appelant  néanmoins  à 
elle  pour  n'en  faire  qu'un  son. 

Vi,  au  commencement  de  la  diphthongue  formée  par  la 
composée  ou,  n'a  pis  à  suivre  d'aulres  principes  que  ceux 
applicables  aux  voyelles  non  accentuées,  et  par  là  même 
féminines,  comme  inténdiou,  qu'ils  entendent,  véndiou, 
qu'ils  vendent,  counèistiou,  qu'ils  connaissent,  pérmétiou, 
qu'ils  permettent,  etc.  Mais,  avec  la  même  composée  ou, 
il  entre  souvent  dnns  une  diphthongue  essentiellement 
masculine,  et  il  devient  très-tonique  et  lung;  par  ex.  dans 
D,ou,  miou,  $iou.  Itou,  léisiou,  liouro,  éscrioure,  etc.  Ce 
caractère  plus  marqté,  nous  le  notons  d'un  accent  circon- 
flexe, qui  oblige  à  prolonger  plus  longuement  le  son. 

Enfin,  à  cause  de  la  uiultiplicité  des  cadences  sonores 
qu*affectionne  notre  langue,  1'/  se  prodigue  volontiers 
entre  les  voyelles  simples  et  les  diphtongues  et  il  en  adoucit 
le  conLict.  Cette  position  est  des  plus  difficiles  à  figurer, 
parce  que  Vi  impressionne  en  même  temps  d'une  mouillure 
la  voyelle  qui  le  précède  et  celle  qui  le  suit.  La  clarté  de 
la  vo^ilisition  exige  alors  nivd  marque  particulière  qui 
isole  1rs  syllabes  et  permette  de  les  scander  sans  confusion  : 
c'est  le  tréma  sur  l'i'  qui  remplit  cet  office.  Le  tréma  est 
d'une  néccssilé  absjlue  pour  indiquer  celle  séparation  : 
sans  lui  les  voyelloi  qu  il  prècèiJc  ne  manqu^^raient  pas  de 
te  lier  avec  celles  qui  ne  doivent  pas  faire  corps  ensemble, 
et  il  serait  iiuijossibie  d.î  s^  r.»co.maitre,  d'épeler  et  de 
prononcer  certains  m  )!s  iMs  qu3  vAiuïè,  giroflée;  rdout^, 
banc  do  pierns  rouïlou,  rnyal;  ra\ôou,  rnyol;  vi'èVo^ vieille  : 
en  s'interposant,  1 1  ti'é.na  établit  l.i  disUnction  des  syllabes , 
détache  chaque»  partie  du  mot  pir  unr;  mesure  presque 
insensible  et  lui  sert  en  mène  temps  do  liaison.  Cet  effet 
se  simplifie  lorsque  !'¥  irëmx  sj  place  entre  deux  voyelles 
simpl>*s  dont  la  seconde  est  diphthonguée,  comme  païo, 
i(Xo,  eéflè,  eut}  :  la  toutes  les  lettres  sonnent  séparément 
pour  ainsi  dire,  seulement  i't,  qui  so  fait  sentir,  ne  forme 


pas  une  syllabe,  mais  adoucit  la  voyelle  qui  le  suit  en 
mouillant  sa  consonnance,  et  en  lui  laissant  son  caractère 
masculin  ou  féminin  suivant  qu'elle  a  ou  non  l'accent. 

Enfin,  notre  dialecte  a  une  sorte  d'/  initial,  qui  produit 
le  même  effet  sur  la  syllabe  précédente  que  VH  aspirée,  et 
que  pour  cela  nous  nommerons  /  aspiré.  Quelle  que  soit 
la  voyelle  qui  le  rencontre,  muette  ou  tonique,  il  n'y  a  pas 
d'élision  et  point  d'hiatus  avec  elle  :  la  consonnance  placée 
avant  lui  ne  fait  pas  non  plus  de  liaison. 

Quelques  exemples  feront  mieux  comprendre  cette  sin- 
gularité :  on  dit  dé  iuèn,  de  loin,  lou  ian,  le  lien,  èro  iéou, 
c'était  moi;  qucUre  iards,  quatre  liards;  tin  iè,  un  lit;  uno 
iéchoto,  une  couchette;  et  l'on  ne  peut  prononcer  d'iuèn, 
Vian,  èr'iéou,  quatr'iardt,  un'iè,  un'iéchoto,  etc. 

Quand  nous  en  viendrons  à  étudier  les  élisions  et  les 
syncopes,  nous  signalerons  d'autres  cas  également  curieux, 
qui  s'éloignent  des  règles  établies  dans  la  prosodie  française, 
et  que  chez  nous  l'usage  a  adoptés  et  consacrés.  Pour  le 
moment,  nous  avons  à  dire  que  cette  bizarrerie  nous 
semble  tenir  à  l'étymologie  des  mots  cités  en  exemple  et  de 
leurs  consorts.  En  effet,  iuèn,  iard,  ian,  iè,  et  les  autres 
viennent  du  français  loin,  liard,  lien,  lit;  dans  quelques 
localités,  d'où  s'est  inspiré  Sauvages,  on  leur  conserve 
encore  VL  initiale,  qui  disparait  complètement  dans  notre 
dialecte  local  ;  mais  comme  on  croit  encore  sentir  sa  pré- 
sence, l'oreille  et  l'usage  se  refusent  à  la  liaison  ou  à  l'éli- 
sion  de  la  syllabe  précédente. 

Cependant  le  mot  iéou  est  comme  une  exception  dans 
l'exception  elle-même.  Mais  aussi  est-il  bon  de  remarquer 
le  chemin  qu'a  suivi  notre  langue  pour  arriver  jusqu'à  la 
forme  actuelle  dans  les  versions  dialectales  usitées  et  sou- 
vent très-diverses.  Il  est  probable  que  nous  avons  dû  dire 
et  écrire  Jou  et  Jéou,  comme  font  encore  quelques-uns  de 
nos  voisins,  et  cela  à  cause  de  la  confusion  dans  l'alphabet 
du  /  ou  /  consonne  avec  /  voyelle,  et  aussi  parce  que  le 
pronom  venu  du  lat.  Ego,  passé  dans  le  fr.  Je,  avec  le 
changement  du  G  dur  en  G  doux  ou  J,  avait  apporté  cette 
modification  dans  le  languedocien.  Ces  deux  motifs  ont 
influencé  certainement  l'orthographe  et  la  prononciation, 
et  ont  fait  maintenir  l'aspiration.  Elle  ne  peut  pas  être 
figurée,  mais  personne  ne  s'y  trompera;  ici  l'oreille,  le 
goût  et  l'usage  sont  souverains,  et  il  n'y  a  point  de  heurt 
choquai. t  dans  ces  rencontres  que  la  nature  même  de  notre 
voyelle  explique  et  juclifie  :  Émbé  iéou,  tui  et  iéou,  sont 
aussi  doux  et  aussi  faciles  à  articuler  que  lou  iè,  un  for 
ian,  uno  iécholo;  sans  hiatus,  sans  rudesse,  l'i  se  main- 
tient de  même  qu'il  le  fait  en  poésie,  où  on  l'entend  et  où 
il  ne  compte  pas  dans  la  mesure  et  le  nombre  des  pieds. 
La  prose  a  le  même  priviiéje  et  dit  par  ext.  :  lou  cémén- 
tèri  es  bel;  lou  ckari  anavo  plan,  OÙ  en  scandant  on  trou- 
verait sept  sons  divers,  mais  qui  ne  formeraient  que  six 
temps,  à  cause  de  l'élision  insensible.  Ce  ne  sont  pas  des 
licences  de  poètes  que  le  quidlibet  awlmdi  absout,  mais  la 
prose  elle-même,  comme  on  le  voit,  en  ose  sans  hésiter» 


408 


IBR 


lE 


par  le  seul  sentiiDeat  inné  et  harmonique  de  sa  diction 
ordinaire. 

I  ou  Li,  pron.  relat.  et  adv.  Lui,  à  lui,  à  elle;  y,  là,  à 
cela,  en  cela.  —  /  dounère,  je  lui  donnai.  /  digues,  vous 
lui  dites.  Mouttras-i,  montrez-lui.  Anas-i,  allcz-y.  Fàou  i 
gâta,  il  faut  passer  par  là.  Que  vos  i  faire?  que  veux-tu 
faire  là,  à  cela? 

Dér.  du  lat.  Ibi,  ou  du  datif  de  JIU. 

II  interj.  Va!  en  avant,  marche!  c'est  le  cri  avec  lequel 
on  excite  Tallure  d'un  cheval  et  particulièrement  d'un  àne. 

Impératif  pur  lat.  du  v.  Ire,  i,  va. 

la,  V.,  pour  Lia.  Lier,  mettre  un  lien  ;  serrer  avec  une 
<M)rde,  avec  un  lien  quelconque;  joindre;  unir;  engager, 
au  pr.  et  au  flg. 

Dér.  du  lat.  Ligare,  m.  sign.,  ou  du  fr.  Lier. 

laïre,  s.  m.  Au  fêm.  laïro.  Lieur  de  gerbes,  de  fagots; 
•enjaveleuse,  femme  qui  lie  les  gerbes,  les  snrments,  etc. 

lan,  s,  m.  Lien,  cordon  ;  scion  d'osier  qu'on  tord  pour 
lier  des  fagots;  tout  ce  qui  sert  à  lier.  —  Un  ian  dé 
rasins,  plusieurs  grappes  de  r.Jsins  réunies  en  faisceau  par 
un  lien,  qu'on  suspend  au  plancher  ponr  les  conserver  en 
hiver. 

VèT.  du  lat.  Ligimen,  lien. 

lard,  s.  m.  Dim.  lardé.  Liard,  petite  monnaie  de  cuivre 
valant  trois  deniers.* —  Un  tardé,  un  pauvre  petit  linrd, 
la  plus  chétive  aumône.  Fôou  pas  régarda  Aou  dariè  iard, 
il  ne  faut  pas  regarder  le  dernier  denier,  c.-à-d.  il  faut  èlre 
coulant  en  affaires  et  ne  pas  s'arrêter  à  une  misère  de  dif- 
férence sur  un  marché. 

Il  est  bien  entendu  que  le  d  final,  qui  ne  se  prononce  et 
ne  se  lie  jamais,  n'est  conservé  que  pour  Tétymologie  et 
en  faveur  des  composés  qui  le  reproduisent. 

Les  savants  ne  sont  pas  d'accord  sur  la  dérivation  de  ce 
mot.  Ménage,  Génin,  Ampère  y  voient  un  nom  propre, 
celui  de  l'inventeur  de  cette  piécette,  en  4430,  Guignes 
Liard,  d'une  famille  de  Crémien  en  Dauphiné,  où  les  dau- 
phins de  Viennois,  dont  un,  Humbert  H,  avait  été  sei- 
gneur d'Alais,  battaient  monnaie.  D'autres  prétendent  que 
la  fabrication  des  liards  remonte  au  temps  de  Philippe  le 
Hardi,  et  prit  de  lui  son  nom.  Quelques-uns  pensent  que 
cette  monnaie  a  été  ainsi  appelée  de  argmtum  arsum, 
argent  brûlé,  noir,  li  ars,  à  cause  de  sa  couleur  et  par 
oppsition  à  celle  qu'on  nommait  H  blancs,  les  blancs,  au- 
tres pièces  de  couleur  blanche.  On  a  invoqué  le  basque  qui 
dit  Ardita,  sorte  de  monnaie  de  valeur  aussi  de  trois 
deniers. 

lardàon,  s.  m.  Don  du  prix  d'un  liard;  maigre  et  mince 
libôralité. 

lardàja,  v.  Liarder  ;  se  faire  "payer  les  plus  petites  frac- 
tions du  prix  d'un  marché;  marchander  minutieusement; 
demander  l'aumône. 

Ibrongno,  adj.  des  deux  genres.  Ivrogne,  ivrognesse; 
qui  est  ivre  d'habitude. 

Dér.  du  lat.  Bbrius,  ivre. 


Idèlo.s.f,  Dim.  Iltiélo:  péj.  lîiXisso,  Idée:  pcnséo 
réfléchie,  méditée;  dessein;  envie;  projet;  repiéjentalioa 
qu'on  se  fait  d'une  chose  existante  ou  chimérique;  imagi- 
nation; conception;  parcelle,  molécule,  brin,  petite  quan- 
tité de  quelque  chose.  —  Aquà*s  moun  idCïo,  c'est  là  mon 
idée  arrêtée;  ma  volonté  précise;  ma  manière  de  voir.  AM 
idèïo  d'aquélo  fïo,  j'ai  des  vues  matrimoniales  sur  cette 
jeune  personne.  Aï  bien  idiïo  dé  y-ana,  j'ai  grande  envia 
d'y  aller.  Quinto  idiïo  té  prén  ?  quelle  idé?,  quel  projet  vous 
est  venu  là?  Jl'  id^o  que,. .,  je  présume,  je  pense,  j'ai  dans 
l'idée  que...  Uno  idtïéto  d'oli,  dé  v'naïgre,  déjâouvèr,  une 
gouttelette  d'huile,  un  filet  de  vinaigre,  une  pincée,  un 
tantinet  de  persil.  Idëiassos,  mauvaises  pensées,  pn)jets 
déshonnètcs. 

Dér.  de  lat.  Idea,  m.  sign. 

Idèîoùs,  OUBO,  a^j.  Faiseur  de  projets,  chercheur  de 
plans;  fantaisiste;  capricieux. 

Idoul  ou  Idoula,  s,  m.  Hurlement  du  loup;  cri  plaintif 
du  chien. 

Dér.  du  lat.  Ululatus,  m.  sign. 

Idoula,  V.  Hurler;  pousser  des  cris  plaintifs,  des  gémis- 
sements. 

En  bas-bret.  Yuda!,  m.  sign. 

Idonlaire,  airo,  adj.  Pleurard;  qui  hurle;  qui  gcinL 

lè,  ièîro,  suffixes. 

Nous  rapproi  bons  à  dessein  ces  deux  désinences  à  cause 
do  leur  communauté  d'origine,  et  bien  que  la  seconde  no 
soit  pas  toujours  le  féminin  de  la  première.  Elles  provien- 
nent du  sulljxe  latin  Arius,  aria,  orium;  et  sont  expri- 
mées en  français  par  ter,  ière.  Une  loi  de  notre  orthogra- 
phe nous  fait  supprimer  la  finale  r  qui  ne  se  prononce  pas 
et  qui  a  dû  cependant  exister  dans  le  principe;  le  fr.  la 
maintient  sans  la  prononcer  non  plus;  et  il  se  prive, 
comme  le  provençal,  de  l'adoucissement  de  l't  euphonique 
sur  la  féminine. 

Le  suflixe  iè,  dont  il  est  ici  question,  ne  doit  pas  être 
confondu  avec  une  autre  finale  en  iè,  très-commune  aussi, 
et  issue  du  lat.  Aria  ou  Eria.  Celle-ci  ne  s'attache  qu'à  des 
snlst.  fém.  et  reproduit  invariablement  dans  son  intégrité 
son  générateur  latin  par  Ariè,  que  le  françiis  rend  par 
Erie.  Elle  désigne  la  profession,  le  métier,  le  lieu  où 
s'pxerce  l'industrie,  où  est  établie  la  corporation  exprimée 
par  le  radical;  à  ce  titre  elle  était  appelée  à  fournir  biea 
des  noms  de  rues  et  de  quartiers,  au  moyen -âge;  elle 
marque  encore  un  exercice  habituel,  répété  de  la  profes- 
sion, la  fréquence  de  l'action  avec  une  sorte  d'idée  de 
petitesse,  de  détail  spécial  amoindri.  En  voici  quelques 
applications  diverses  :  Drapariè,  Bouquariè,  Fabrafiè, 
Téissariè;  Boulanjariè,  Révéndariê,  Manjariê;  Bémqua^ 
riê,  PCéciardariè,  Gusariè/eic:  Draperie,  Bouqoerie,  Fa- 
brerie,  Tisserie;  Boulangerie,  Revenderie,  Mangerie;  Niai- 
serie, Gneuserie,  etc. 

Au  contraire,  la  terminaison  iê  de  cet  article  est  atta- 
chée à  un  subst.  masc.  et  en  fr.  elle  est  représentée  pjr 


lÈ 


IGN 


409 


ter  ou  er.  Elle  sert  à  désigner,  au  lieu  du  métier,  de  l'état, 
cdni  qui  Texerce  ;  non  pas  Taction  elle-même,  mais  celui 
qui  agit,  comme  Capêïè,  Saratè,  Téïttii,  Sabatiè,  Tounaïè, 
Ésctoupiè,  Caritiè,  Drapiè,  Télatiè,  etc.;  et  encore  la  fonc- 
tion, Tusage,  l'emploi  de  la  chose,  Candeiè,  Èsca'iè,  Béniliè, 
Paito-mourtiè,  etc.;  la  réunion,  l'habitation  des  êtres  ou 
des  objets  indiqués  par  le  radical  :  Couloumbiè,  Pijougnè, 
Paulati,  Viviè,  Fruitiè,  PaXè,  etc.  Elle  marque  dans  ce  der- 
nier sens,  la  collectivité,  l'ensemble  de  certaines  choses 
réunies,  le  Heu  où  elles  se  trouvent  et  ce  qui  les  produit, 
arrivant  par  là  naturellement  à  former  des  noms  d'arbres, 
de  fleurs  et  de  plantes;  exemples:  Apiè,  rucher,  Abéïè, 
troupeau,  Caniiè,  cannaie,  Boutêiè,  semis  de  courges. 
Planta,  plant  de  vignes;  Plantouïê,  semis  d'oignons,  de 
choux,  de  poireaux,  pépinière  de  chàtnigniers,  de  mûriers; 
Périè,  gésier,  à  cause  des  petites  pierres  qui  le  remplissent, 
et  Grdouiéfiè,  Bousiè,  Giroufliè,  DindouU,  Nouguiè,  Cou- 
gourliè,  Làouriè,  Majouflè,  Béiicouquiè,  Aménliè,  Casta- 
gne, OuUviè,  Figuiê,  etc. 

On  peut  même  remarquer  que,  dans  beaucoup  de  ces 
dernières  désignations,  c'est  la  forme  neutre  Arium  qui  a 
servi  de  base  :  Columbarium,  Vivarium,  Apiarium,  Bosa- 
rium,  et  autres.  Le  masculin  Ariut  a  cependant  fourni  le 
ptus  grand  nombre. 

Notre  désinence  iêïro,  en  fr.  ière,  qui  provient  du  lat. 
Aria,  Eria,  au  fém.,  et  se  montre  souvent  au  plur.  Ariœ, 
Ériœ,  ièïros,  lèret,  a  des  rapports  naturels  avec  le  masc. 
Ariuê,  et  par  suite  avec  la  finale  lè.  Comme  lui,  elle  est 
entrée  dans  beaucoup  de  noms  propres  de  lieu  ;  car  sa  fonc- 
tion est  de  désigner  les  endroits  de  réunion  de  certains 
animaux,  les  quartiers  abondants  en  certains  arbres  ou 
plantes,  en  objets  particuliers  de  certaine  nature,  les  ate- 
liers où  se  rencontrent  certains  travaux,  ouvrages  ou  pro- 
duits fabriqués  ou  exploités.  Dès  lors,  les  dénominations 
collectives  de  tout  ce  qui  se  fait  remarquer  en  masse,  en 
pluralité  comme  ensemble,  comme  production,  devaient 
être  marquées  à  ce  signe.  Dans  ces  différentes  catégories 
de  dérivés,  c'est  à  ceux  qui  sont  restés  noms  propres  de 
quartiers  que  nous  nous  attacherons  de  préférence,  en 
citant  sdrtout  les  appellations  locales,  et  en  rappelant 
quelques  analogies.  Ainsi,  la  Cabriêiro,  Capraria,  les 
chèvres;  las  Galignèïros,  Gallinariœ,  les  poules;  la  Gra- 
nouiUro,  Banuncularia,  les  grenouilles;  la  Loubièïro,  Lu- 
pariœ,  Louvières,  Louviers,  les  loups  ;  la  B^inardiiïro,  la 
Renardière,  et  Vôoupéïèïro,  Volpelière,  les  renards  ;  la  Ta- 
bûgnèïro,  les  frelons;  la  Tartuguiè\ro ,  les  tortues;  Va- 
quièiras,  Vaquières,  Vaceariœ,  les  vaches,  etc. 

Lat  Avignètros,  Avenariœ,  les  avoines;  la  BlaquiUro, 
la  Blaquière,  la  Blachère,  de  Blaquas  =  Slaquarédo:  las 
ifouïssiHros,  Buxeria,  les  Buissières  =  la  Boissière  = 
Bttssières  =r  Bouïssounargue,  Bouïssonargues  ;  Broussièkros, 
Bfogariœ,  =  las  Broustos  =  Broussoiis  =  Boussargue, 
Brossanicœ,  les  Bruyères;  Canabièïro,  Cannetum,  Cane- 
bière;  t^anéïi,  Cannaie,  les  roseaux;  ÊouziUro,  Bêlzaria, 


Elzière,  Euzière,  de  EIze,  Ilex,  chênaie,  les  chênes:  Fol- 
guièiro,  Fàouguiëiro,  Falguière,  Falgère,  Faugère,  de  Fàou» 
Fagus,  hêtre,  Foutaie,  les  frênes  ;  Jounquièiros,  juneariœ, 
Jonqnières  =  Joncbères,  les  joncs;  Nouzièvro,  Auzeriœ, 
Nozières,  Nougaré  =:  Noxigarédo,  Noyelle  =  Noueilles  := 
Nouguiès,  de  Nouguiè,  de  fiux,  nucis,  noix,  nose,  nouse, 
les  noyers;  la  Bouvièïro,  Roubiére,  Bouvière,  Boveria  = 
Bouvéïran  =  Bouvéïrdùu,  Rouveirol,  dim.  =  BouvUra, 
Rouveirac  =  Bauv^rolo,  Rouvayrolle,  de  Bobur,  Bovariœ, 
les  rouvres,  etc. 

Aourièï'ros,  Aureriœ,  les  Auriôres,  =  Aureillac,  Auril- 
lac  =  Auriasses  =Auriols,  Aurioùl,  de  Aurum  ou  Aura; 
rArgéntihro,  Largentière,  =  Argentan  =  Argental  =*  Ar- 
genson,  de  Argentum;  Gipièïro,  platriére,  de  Gipsus,  le 
plâtre  ;  Mouieïro,  MoHieyriœ,  Molière  =  Mouliôres,  Moleriœ 
=  Moulézan  ==  Moulézargues  =  Molariœ,  les  meulièresi 
les  moulins,  les  terrains  bas,  détrempés,  arrosés  d'eaux  ; 
Pèïrièros,  Perrières  =  Peyrouse  =  Peyrolles,  Peyrols  = 
Queyrières;  Cadrariœ,  =  Carrières  =  Clapières,  Clip- 
pariœ,  de  lapis,  lat.,  de  Cair,  Cairn,  cclt.,  des  pierres; 
Poulviëiros,  Polvières,  Polvereriœ,  =  Polveriegras,  Pol- 
veriès,  dô  Pulvit,  les  poussières;  Sablièiros,  Sableriœ,  les 
sablières  =r  Sablons  =  Sablonières,  de  Sabula,  les  sables; 
Téouièïro,  Tegulariœ,  =  Taulières,  la  Teulière  =  Tuileries, 
les  tuiles;  Véri^ro,  Vedraria,  une  verrerie,  etc.  —  Voy, 
Léngo,  Bouman. 

lè,  s,  m.  Dim.  lèché;  augm.  léchas.  Lit,  meuble  pour 
y  coucher,  y  dormir;  lit  d'une  pierre,  côté  sur  lequel  elle 
repose  dans  la  carrière  ;  couche  de  quelque  chose  super- 
posée à  une  autre;  en  anatomie,  arrière-faix  ou  placenta. 

—  Soubre-ii,  ciel  de  lit.  lè  courédïs,  lit  k  roulettes.  Lou 
iè  ou  porto  tout,  le  lit  est  un  spécifique  excellent,  dit-un 
à  un  ivrogne  qu'on  engage  à  se  coucher. 

Dér.  du  lat.  Lectus,  m.  sign. 

lèchoto,  s.  /*.  Dim.  de  lè.  Petit  lit;  couchette. 

lèl,  j.  m.  Dim.  ièïé;  augm.  ièïas,  OCil,  yeux,  organe 
de  la  vision  ;  vue.  —  A  mous  ièls  vésens,  à  ma  vue,  sous 
mes  yeux,  à  mon  nez.  A  visto  d'ièl,  à  vue  d'œil,  à  première 
vue.  La  pruno  dé  l'ièl,  la  prunelle.  Mâou  d'ièl,  mal  aux 
yeux.  Li  tomba  un  ièl  chaquo  co  que  dis  uno  vérita,  amaï 
n'es  pas  borgne,  il  perd  un  œil  à  chaque  vérité  qu'il  dit  et 
il  n'est  pas  borgne,  ièl  dé  biôou,  œil  de  bœuf,  jour  en 
forme  de  segment  de  cercle  ou  de  demi-lune,  dont  on 
éclaire  un  escalier,  un  grenier,  etc.;  lucarne. 

Dér.  du  lat.  Oeulus,  m.  sign. 

léon,  pron.  pers.  Moi,  et  non  pas  je.  —  Ce  dernier  pro- 
nom, ni  un  analogue,  n'existe  pas  en  languedocien,  cha- 
que verbe  s'y  conjuguant  sans  les  pronoms  je,  tu,  il,  etc. 

—  youn  faraï  iéou,  non  ferai-jo  moi.  Es  iéou,  c'est  moi. 
léoti  tabé,  mieux  que  també,  moi  aussi,  moi  de  même. 
liou  tapâou,  mieux  que  tant  pâou,  moi  non  plus. 

Dér.  du  lat.  Ego. 

Ignonra,  v-  Dédaigner;  ne  faire  aucune  attention  à 
quelqu'un,  comme  s'il  n'existait  pas,  ou  si  l'on  ne  se 

SI. 


410 


100 


lOU 


doutait  pas  de  son  existence;  mépriser.  —  Vous  ignore,  je 
ne  sais  qui  vous  êtes. 

Dér.  du  lat.  Ignorare,  ne  pas  savoir.  —  Le  suhst.  ou 
i'adj.  formés  en  fr.  de  Ignarut,in  privatif  et  ^narta,  igno- 
rant, ne  sont  pas  admis  en  languedocien . 

Imaîe,  m.  m.  Image,  estampe;  gravure  enluminée,  à 
sujet  religieux  ou  profane.  —  Planta  eoumo  un  imaje, 
immobile  comme  une  statue. 
Oér.  du  lat.  Imago,  m.  sign. 

Ime,  5.  m.  Idée;   sens;  discernement;   imagination; 
jugement.  —  A  bel  ime,  approximativement,  à  vue  de 
pays.  Avès  bén  ime  que,..,  vous  pensez  bien  que...  Aï pae 
gés  d'ime  d'aquà,  je  n*ai  aucune  souvenance  de  cela.  Aï 
pas  ime  d'y  ana,  je  n'ai  aucune  envie  d*y  aller.  Travaia 
d'ime,  travailler  de  tète,  dlmagination;  faire  un  ouvrage 
sans  modèle  et  sans  leçon.  Aviê^  ime  que  véndrUu,  j'avais 
un  pressentiment  de  votre  venue.    Aehata  à  ime  ou  à 
bel  ime,  acheter  sans  mesurer,  par  estimation  ou  plutôt 
par  approximation.  M'én'a  douna  sans  ime,  il  m'en  a 
donné  sans  mesure  et  sans  raison. 
Abréviation  du  lat.  Animus,  esprit. 
Imouï,  imomsso,  adj\,  ou  Mouî,  mouisso.  Humide; 
moite  ;  légèrement  imbibé  d'eau  ;  trempé  par  la  brume  ou 
le  serein. 
Oér.  du  lat.  Humor, 

'  Impoquo,  s.  f.  Empêchement;  pierre  d'achoppement; 
accident  fâcheux  qui  entrave,  qui  arrête  ce  qui  est  commencé. 
Incan,  s.  m.  Vente  de  meubles  à  l'encan,  à  l'enchère. 
— Voy.  Encan,  m.  sign.,  m.  étym. 
Inlo,  s.  /*.  Ile,  terre  entourée  d'eau  de  tous  côtés. 
Dér.  du  lat.  Insula,  m.  sign. 

Inoucén,  énto,  adj.  Innocent,  faible,  simple  d'esprit; 
idiot;  crétin.  —  Inoucén  d'Agnano.  —  Voy.  Agnano. 

Intra,  v.  a.  et  n.  ad  libitum.  Entrer,  pénétrer  dans,  en- 
foncer. —  Pode  pas  intra  moun  pè  din  m^un  souiè,  je  ne 
puis  faire  entrer  mon  pied  dans  mon  soulier.  Intras  aquél 
éfan,  que  vaï  plôoure,  rentrez  cet  enfant,  il  va  pleuvoir. 
Jntras  voste  capèl,  enfoncez  votre  chapeau. 
Dér.  du  lat.  Jntrare,  m.  sign. 

Intrado,  s.  f.  Entrée;  endroit  par  lequel  ou   entre; 
action  d'entrer;  commencement;  début. 

Intran,  anto,  adj  Hardi;  entreprenant;  qui  se  faufile 
partout;  entrant;  insinuant;  intrigant. 

lô,  s.  m.  Lieu;  endroit;  place;  occasion;  moment  op- 
portun. —  Pa'n-ià,  nulle  part.  Èn'ià  mai,  autre  part, 
dans  un  autre  endroit. 
Dér.  du  lat.  Locus. 

lôou,  s.  m,  OCuf,  corps  organique  que  pondent  les  fe- 
melles des  oiseaux,  des  poissons,  etc. —  Claro  d'iôou»  glaire 
d'œuf .  CruvH  d'iôou,  coquille  d'œuf  D'iôous  àou  plate,  des 
œufs  au  miroir.  D'iéous  issanlas,  des  œufs  pochés,  cuits  à 
la  poêle.  D'iôous  d'acdou,  les  biscuits,  les  rigaux  de  la 
chaux,  pierres  mal  calcinées  qui  ne  fusent  pas. 
Dér.  du  lat.  Ovum,  m.  sign. 


Ion,  diphthongue. 

On  aura  peutrètre  remarqué,  et  nous  redirons,  que  toutes 
les  diphthongues  on  intervient  l't  initial,  autres  cepen- 
dant que  celles  formées  avec  l'a  on  Vu,  sont  masculiDes 
ou  féminines,  fortes  ou  faibles,  selon  que  la  présence  ou 
le  défaut  d'accent  vient  modifier  leur  son  on  leur  genre  : 
ex.  :  réndiè,  fermier,  rèndU,  que  je  rende;  drapariè  et 
aparie;  papiès  et  répapies;  fia,  eafià,  et  bofio,  sofio,  etc. 

La  voyelle  composée  ou,  se  joignant  à  un  t  antécédent, 
se  conforme  à  la  règle,  mais  elle  offre  une  autre  particula- 
rité. Quand  elle  se  diphthongue,  tantôt  la  tonique  porte 
sur  1*1,  et  si  alors  elle  est  finale,  la  syllabe  est  masculine  ; 
tantôt  les  deux  voyelles  sont  égales,  unies  dans  leur  son 
propre,  et  la  syllabe  est  féminine  :  ainsi  dans  le  premier 
cas  :  boudiou,  coudiou,  éscrouptou,  roumUm,  et  une  foule 
d'autres;  dans  le  second  cas,  toundiou,  foundiou,  éstrou- 
piou,  roumiou,  etc.,  à  terminaison  féminine. 

Lorsqu'il  n'y  a  pas  diphthongue,  les  voyelles  t  et  ou,  à. 
la  finale  d'un  mot,  ont  pareillement  leur  diversité  de  genre 
déterminée  cette  fois  par  l'accent  sur  la  composée,  ce  qui 
la  rend  masculine,  tandis  que  sans  accent  la  syllabe  est 
naturellement  féminine  :  par  ex.  ardtoit  et  roudïou;  eéènioù 
et  rébïou;  coustïoit  et  rébofusfiou,  etc. 

Cette  distinction  a  son  importance  en  versification;  mais 
elle  est  aussi  essentielle  à  observer  pour  bien  prononcer  et 
souvent  pour  arriver  an  sens  dans  les  mots  homographes. 
Enfin  ce  rapprochement  de  voyelles  se  rencontre  dans 
l'intérieur  d'un  mot,  et  suivi  d'une  consonne;  là,  il  n'est 
plus  question  bien  entendu  de  genre;  mais,  suivant  les 
cas,  r»  et  Vou  sont  égaux  ou  inégaux  en  quantité,  et  leur 
inflexion  diffère,  comme  dans  tiouno  et  béstiouno;  miouno 
et  mtouno;  carïoun  et  Marioun;  sioiUo  et  malieiouso; 
piouta  et  éspiouna,  etc. 

De  bon  conipte,  voilà  donc  la  combinaison  de  deux 
mêmes  voyelles  qui  produit  quatre  modulations  dilTérentes; 
en  ne  prenant  qu'un  exemple  de  chacune,  boudiou  sonne 
autrement  que  toundiou,  ardioii  que  roudïou,  tiouno  que 
béstiouno,  carïoun  que  Marioun,  Siotdo  que  gradouwo,  et 
ainsi  d'une  foule  d'autres. 

Il  faut  pouvoir  distinguer  ces  différences.  Nous  les  re- 
présentons à  l'œil  autant  et  aussi  clairement  que  possible 
par  les  accents   orthographiques  et  le  tréma.   L'accent 
donne  la  valeur,  rend  la  note  longue  ou  brève,  aiguë  ou 
grave  :  sou  absence  la  laisse  avec  le  son  naturel  et  pro[Mie; 
le  tréma  détache  le  plus  souvent  la  voyelle,  adoucit  le  son 
en  le  doublant  presque  ou  en  le  mouillant  en  quelque  sorte; 
c'est  pourquoi  la  diphthongue  seule  a  besoin  d'être  accen  - 
tuée  sur  l't  qui  est  la  voyelle-pivot,  et  l'accent  circon- 
flexe lui  est  réservé  ;  pour  la  dissyllabe,  la  tonique  étant 
transportée  sur  ou,  c'est  celle-ci  qui  doit  être  marquôe  du 
signe  quand  elle  est  finale  et  masculine,  car,  suivie  d*nne 
consonne  au  milieu  d'un  mot,  elle  est  sufilsammeiit  ren- 
forcée. 
Après  cela,  il  est  difficile  de  comprendre  que  notre  lan- 


JOU 


IKA 


411 


gue  d'Oc,  avec  ces  variétés  de  vocalisation  et  d'intonation 
qui  exigent  une  précision  assez  rigooreose,  paisse  se  trou- 
ver bien  d'être  compliquée  encore  par  le  renversement  des 
notions  orthographiques  reçues,  alors  qu'il  n'y  a  pas  né- 
œssité.  C'est  là  pourtant  ce  qui  a  été  proposé  et  presque 
imposé  par  des  novateurs,  sous  prétexte  de  ressusciter  l'an- 
cienne et  défectueuse  orthographe  de  leurs  devanciers. 

Irions  persistons  à  croire  et  à  soutenir  que  l'alphabet 
adopté  suffit  ;  et  du  moment  qu'il  est  convenu  que  l'on 
doit  écrire  comme  on  prononce,  s'écarter  des  règles  qui, 
par  le  contact  des  lettres,  leur  position  et  leur  agencement, 
représentent  tel  ou  tel  accord  à  rendre,  telle  consonnance 
à  exprimer,  c'est  évidemment  faire  de  la  fantaisie  et  arri- 
ver au  trouble  et  à  la  confusion,  en  revenant  aux  méthodes 
abaissées  par  l'enseignement. 

La  diphthongue  qui  nous  occupe  n  a  pas  échappé  plus 
que  les  autres  aux  prétendues  réformes  d'une  école  nou- 
velle :  ce  ne  sera  pas  perdre  notre  temps  que  d'essayer  de 
la  ramener  à  l'orthographe  véritable  qui  lui  appartient. 

Nul  ne  saurait  contester,  après  l'esquisse  succincte  qui 
vient  d'être  tracée,  que  les  sons  ou  et  u  n'existent  dans 
la  langue  d'Oc,  et  qu'ils  ne  soient  représentés,  l'un  par 
deux  signes  et  l'autre  par  un  seul  :  défectuosité  sans  doute 
de  nos  alphabets,  mais  insuffisance  admise,  si  regrettable 
qu'elle  soit,  et  passée  dans  la  pratique  et  l'usage  ;  ce  qui 
n'empêche  point  que  ou  et  u  ne  soient  l'une  et  l'autre  de 
simples  voyelles,  reconnues  comme  telles  dans  tous  les 
traités  et  les  nomenclatures  grammaticales. 

Ceci  posé,  il  est  encore  incontestable  que  nos  idiomes 
ont  adopté,  dans  beaucoup  de  mots,  le  son  double  i-u  et 
i-ou,  l'un  et  l'autre  tantôt  joints,  c.-à-d.  diphthongués, 
prononcés  d'un  jet,  tantôt  séparés,  c.-à-d.  dissyllabiques. 
Par  suite,  la  conclusion  forcée  est  que,  si  la  consonnance 
existe,  elle  doit  être  figurée  ;  si  elle  est  distincte,  le  même 
caractère  alphabétique  ne  doit  pas  l'exprimer:  et  notre 
lexique  s'est  cru  obligé  par  une  conséquence  contre  laquelle 
aucune  objection  raisonnable  ne  semblait  devoir  s'élever; 
suivant  en  cela  les  préceptes  des  maîtres,  l'abbé  de  Sau- 
vages, Jasmin,  La  Fare-Alais  et  les  autres. 

Pourquoi  cependant  certains  traités  professent-ils  en 
règle  absolue  que  <  la  voyelle  u  se  prononce  comme  en 
français,  excepté  lorsqu'elle  suit  immédiatement  une  autre 
voyelle;  dans  ce  dernier  cas,  elle  prend  le  son  ou?  > 

Nous  avons  déjà  exposé,  en  parlant  des  diphthongués 
Aou  et  Èou,  les  raisons  qui  rendaient  inadmissible  une 
pareille  proposition  ;  nous  aurons  occasion,  sous  la  voyelle 
O,  de  renouveler  nos  protestations  contre  cette  hérésie 
historique  et  grammaticale  ;  ici,  sans  autre  autorité,  nous 
l'avouons,  que  celle  de  la  logique  et  de  l'amour  de  notre 
langue,  affirmons  de  plus  fort  qu'avec  t  voyelle,  comme 
avec  a,  e,  o,  si  la  voyelle  ou,  sonnant  ou,  se  fait  entendre 
à  la  suite,  il  convient  d'écrire  ou,  et  que  la  substitution 
de  Vu  simple  ne  peut  être  un  équivalent  toléré,  raison- 
nable et  satisfaisant.  Puis,  contentons-nous  de  prendre  sur 


le  fait  quelques-unes  des  contradictions  des  réformateurs 
eux-mêmes. 

Si  la  règle  tant  préconisée  est  vraie  et  juste,  ils  ont 
raison,  par  exemple,  d'écrire  le  n.  pr.  Marius,  à  la  con- 
dition de  le  prononcer  Marious.  Disent-ils  ainsi  ?  Ce  serait 
bien  romain  :  mais  ils  ne  vont  pas  jusque-là.  L'u  cepen- 
dant suit  immédiatement  l'i. 

Grâce  au  principe,  l'm verse  aurait  droit  aussi  à  réclamer. 
Avec  un  autre  nom  propre,  très-commun,  Marioun,  il 
suffirait  d'écrire  Mariun  :  voilà,  se  réalisant,  cette  écono- 
mie bien  entendue  de  ïo  qu'ils  traitent  si  mal,  en  concours 
avec  l'u^  quand  une  voyelle  le  précède.  Si  l'on  s'avisait, 
pour  l'honneur  du  système,  de  cette  orthographe,  serait-il 
bien  certain  que  le  mot  fût  correctement  épelé  comme  il 
demande  à  être  prononcé?  Il  est  quelque  peu  permis  d'en 
douter. 

Il  y  a  mieux  encore  :  à  les  croire  sur  parole,  en  écrivant 
lu  iuè,  niuè,  aniuè,  liuèn,  dé  liuèn  en  liuèn,  etc.,  ne  pré- 
tendent-ils pas  obliger,  et  ne  se  soumettent-ils  pas  les  pre- 
miers sans  doute,  à  prononcer  lis  iouè,  niouè,  aniouê, 
liouèn,  dé  liouèn  en  liouèn,  etc.  Que  leur  orthographe  soit 
régulière,  la  prononciation  devra  se  conformer  au  principe  : 
le  fait-elle?  Non,  certes  :  ils  se  gardent  bien  d'articuler 
autrement  qu'ils  n'écrivent.  Mais  s'il  faut  ici  pix>noncer 
nettement  tu  et  là  très-distinctement  iou,  leur  formule  et 
leur  exception  mêlent  tout,  brouillent  et  confondent  tout  : 
pour  qui  donc  sont-elles  bonnes?  à  quoi  servent-elles? 
L'orthographe  dite  des  troubadours  est  jugée. 

Sur  une  base  si  malheureuse,  que  l'on  cesse  donc  de 
rêver  l'unité  orthographique  de  la  langue  d'Oc  Que  le 
provençal  soit  maître  chez  lui,  rien  de  mieux  ;  mais  qu'il 
soit  satisfait,  et  son  lot  est  magnifique,  de  nous  imposer 
l'admiration  pour  ses  chefs-d'œuvre  en  poésie,  sans  vouloir 
nous  soumettre  à  ses  préceptes  de  grammaire.  ijQ  langue- 
docien lui  refuserait  ses  sufiragcs.  11  a  déjà  asfiez  à  faire 
à  lutter  contre  le  franchiman  d'outre -Loire,  sans  avoir 
encore  à  se  défendre  contre  les  importations  de  contrebande 
d'outre-Rbône,  si  séduisante  que  soit  l'estampille.  Et  il 
dira  et  écrira  toujours  :  Oh/  sdouvérdiou/  lèou,  lèou, 
chacun  pér  se  et  pér  Iou  siou;  es  ce  que  fôou,  énd'aquà  pas 
mai, 

Iragnado,  s.  f.  Araignée,  ou  plus  correctement  toile 
d'araignée.  —  Dans  le  pays  on  appelle,  par  corruption 
peut-être,  l'araignée  plus  souvent  iragnado  que  iragno.  Ce 
dernier  mot  est  plus  technique  et  doit  être  préféré. 

Iragnaa,  s,  m.  Augm.  à'Iragnado.  Large  toile  d'arai- 
gnée; cette  multiplicité  de  toiles  qu'on  remarque  aux  plan- 
chers des  remises  et  écuries  d'auberge,  où  l'on  prend  rare- 
ment la  peine  de  les  enlever  et  où  elles  se  multiplient. 

Iragno,  s.  f.  Araignée,  nom  générique  qui  s'applique  à 
toutes  ses  nombreuses  variétés,  Aranea,  Linn.,  insecte  de 
l'ordre  des  Aptères  et  de  la  fam.  des  Aranéïdes  ou  Acérés. 
—  L'araignée  n'est  point  un  poison  pour  l'homme,  à  preuve 
l'astronome  Lalande  qui  suçait  volontiers  l'animal  vivant  : 


412 


ISS 


IZE 


les  singes  en  sont  très-friands.  Mais  sa  morsnre,  inoffensive 
dans  nos  pays,  est  dangereuse  et  procure  de  vives  douleurs 
dans  d'antres  contrées. 

Dér.  du  lat.  Aranea,  m.  sign. 

Iragnoùs,  s.  m.  Espèce  de  raisin  noir,  à  grains  serrés, 
ronds,  assez  gros.  II  ne  donne  pas  une  grande  quantité  de 
grappes,  mais  elles  sont  très-belles.  Ce  raisin  se  conserve 
longtemps  :  le  cep  en  est  propre,  les  yeux  bien  espacés,  la 
feuille  bien  découpée. 

Son  nom  lui  vient  de  ce  que  ses  grappes  logent  une  mul- 
titude de  petites  araignées  jaunes.  Cependant  cette  parti- 
cularité n'est  pas  exclusive  à  cette  espèce,  mais  on  y  ren- 
contre plus  souvent  ces  insectes,  le  rapprochement  des 
grains  leur  fournissant  un  abri  plus  sûr  pour  s'établir. 

IragnoÙB,  otiso,  adj\  Couvert,  embarrassé  de  toiles 
d'araignées.  Au  iig.  qui  est  de  mauvaise  humeur;  inquiet; 
et  cettte  acception  vient  sans  doute  du  rapport  de  conson- 
nance  avec  Argnoùs,  mauvaise  traduction  de  Hargneux, 
dont  le  franehiman  a  fait  faire  une  sorte  de  jeu  de  mots. 

Iranjariè,  s.  /;  Orangerie,  serre  où  l'on  renferme  les 
orangers  en  hiver. 

Iranje,  s.  m.  Orange,  fruit  de  l'oranger. 

Iranjè,  s.  m.  Oranger,  Citrus  aurantium,  Linn.,  arbre 
de  la  fam.  des  Hespéridées,  cultivé  en  pleine  terre  dans 
quelques  parties  de  la  basse  Provence,  à  Hyères.  Les  pre- 
miers orangers  furent  apportés  en  4547  de  la  Chine  en 
Portugal  :  de  là  ils  se  répandirent  aux  îles  Majorques,  en 
Italie  et  en  Afrique. 

Dér.  du  lat.  AuranHum,  m.  sign. 

Irèje,  irèjo,  aàj.  Capricieux;  difficile  à  vivre;  bourru; 
revôche;  rèche;  quinteux. 

La  racine  du  mot  parait  être  le  lat.  Ira,  colère  :  Irêje, 
colérique. 

Issama,  v.  Essaimer,  former  de  nouveaux  essaims,  pro- 
duire un  essaim,  comme  font  les  plus  jeunes  abeilles  qui 
sortent  de  leur  ruche -mère,  une  jeune  reine  en  tète,  pour 
aller  coloniser  ailleurs. 

Issama,  en  parlant  des  abeilles,  multiplier.  Activement, 
éparpiller,  disposer,  dissiper,  répandre,  comme  un  essaim. 

Dér.  du  lat.  Examinare,  m.  sign. 

Issan,  s.  m.  Essaim ,  peuplade  de  jeunes  abeilles  qui 
quittent  la  ruche-mère,  trop  étroite  pour  toute  sa  popii- 
lation.  Une  ruche  bien  entretenue  essaime  deux  fois  et  jus- 
qu'à trois  fois  dans  l'année. 

Itsan  se  dit  aussi  dans  le  sens  de  multitude  serrée, 
compacte,  remuante.  —  Un  inan  dé  mounde,  une  foule  de 
monde  ;  —  d'éscouïês,  une  troupe  d'écoliers; — dé  gràovd$$, 
d'àoussils,  de  frelons,  d'oiseaux. 

Dér.  par  corrupt.  du  lat.  Examen,  m.  sign.  D'autres 
disent  du  celt.  Eczaim,  m.  sign.  ou  du  lat.  Exin,  sortir, 
qui  avait  donné  au  vieux  fr.  Eiair. 

Issanla,  v.  Pocher  des  œufs,  les  faire  cuire  à  la  poêle,  où 
il  se  forme  autour  du  jaune  une  pellicule  qui  le  recouvre 
comme  s'il  était  dans  une  poche.  —  ïaanla,  qui  n'a 


pas  du  reste  d'autre  acception,  est  une  fioriture  variée  du 
V.  Sanla,  envelopper.  —  F.  o.  m. 

Issar,  s.  m.  Dim.  Issarté;  angm.  Usartat.  Essart;  lande; 
garrigue;  bois  nouvellement  défriché.  C'est  un  terrain  dont 
on  n'a  fait  qu'effleurer  la  croûte,  dont  on  a  arraché  les 
souches,  les  ronces,  les  épines,  et  seulement  enlevé  les 
pierres  de  la  surface  pour  les  réunir  en  tas  de  distance  en 
distance.  On  y  sème  du  blé  qui  y  réussit  très-bien  d'or- 
dinaire pendant  trois  années,  sans  autre  culture,  sans 
engrais,  ni  jachères. 

Ce  mot  a  donné  naissance  à  quelques  noms  pr.  :  Issarte, 
Issartet,  Des  Essarts,  Des  Issarts. 

Dér.  du  lat.  Sartus,  réparé,  rapiécé,  remis  à  neuf;  essarté. 

Issarta,  v.  Greffer,  enter  un  arbre;  essarter;  remettre 
à  neuf.  —  Issarta  un  débas,  refaire  à  neuf  le  pied  d'un 
bas,  ce  qui  se  pratique  en  faisant  un  tout  du  neuf  et  du 
vieux,  qui  sont  joints  ensemble  sans  suture  comme  la 
greffe  d'un  arbre.  Issarta  un  râoumas,  prendre  un  rhume 
sur  l'autre;  —  uno  mounino,  s'enivrer  de  nouveau  avant 
d'être  dégrisé  d'une  première  ivresse.  Issarta  âou  eougné, 
à  l'émplastre,  âou  siblé,  greffer  en  fente,  en  écusson,  en 
sifflet. 

En  esp.  Enxestar,  m.  sign. 

Issartadnro,  s.  /*  Ente,  greffe;  joint  de  suture  entre 
l'ente  et  le  sujet,  qui  se  remarque  encore  sur  l'arbre  long- 
temps après  l'opération  et  quelquefois  toujours. 

Issartaîre,  s.  m.  Qui  greffe,  qui  ente;  qui  fait  sa  pro- 
fession de  greffer. 

Issartéja,  v.  fréq.  Faire  un  essart,  défricher  un  ter- 
rain comme  il  Test  expliqué  à  l'art.  Issar.  —  Il  ne  faut 
point  confondre  Issarta  et  Issartéja,  non  plus  que  Isàar  et 
Issèr;  leurs  acceptions  sont  tout  à  fait  disparates. 

iBfièr,  s.  m.  Jeune  arbre  nouvellement  greffé,  ou  qui  ne 
l'est  pas  encore  et  qu'on  destine  à  être  enté. 

Issèrqnes,  s.  m.  plur.  Sentiers  tortueux  et  difficiles, 
qui  allongent  souvent  te  chemin  au  lieu  de  l'abréger 
comme  las  courchos,  et  qui  ont  pour  but  de  suivre  les  sinuo- 
sités d'un  torrent,  d'un  ruisseau,  d'une  rivière,  sans  les 
traverser.  Sauvages  les  appelle  Eschitpàs  an  FsehirqtÊos. 

Issonlén,  énto,  at//.  Dim.  IssotUéntà.  Insolent;  orgueil- 
leux; effronté;  qui  manque  de  respect. 

IsaoQlénço,  s.  f.  Insolence;  effronterie;  parole  hardie. 
irrespectueuse  et  provoquante  ;  outrage. 

Dér.  du  lat.  Insolmtia, 

iMailço,  s.  f.  Distance  d'un  point  à-  un  autre. 

Corrupt.  du  fr.  Distance. 

luèn,  adf).  Loin;  à  une  grande  distance.  —  Dé  iuên  en 
iuën,  de  loin  en  loin,  par  longs  intervalles.  Se  vêt  dé  imên, 
on  l'aperçoit  de  loin.  Po  pan'a  pu  tuèn,  il  est  au  bout  de 
sa  course,  il  ne  peut  plus  vivre  au-delà. 

L't  initial  est  aspiré  ;  il  ne  s'élide  pas  et  ne  £ait  paÀ 
hiatus. 

Dér.  du  lat.  Longé,  m.  sign. 

Isèto,  s.  f.  Z,  nom  de  la  dernière  lettre  de  l'alphabefl'. 


JA 


JAL 


418 


J 


1,  f.  m.  Consonne,  dixième  lettre  de  Talpbabet  :  se 
nomme  et  8*épeUe  Ji. 

La  consonne  J  se  classe  comme  aspirée  palatale  faible. 
L'articulation  qa'elle  représente  était  inconnue  dans  les 
langues  anciennes^  et  le  signe  n'en  existait  pas  ;  il  resta 
même  longtemps  confondu  avec  L  celui-ci  considéré  tou- 
jours voyelle,  et  J  ou  I  long  pris  comme  consonne.  Au- 
jourd'hui encore,  les  langues  qui  ont  la  même  origine  que 
la  langue  d'Oc  et  la  langue  d'Oil,  l'expriment  d'une  ma- 
nière différente  :  l'ital.  écrit  Giamma,  Ciardino,  GiaUo; 
que  le  fr.  écrit  jamais,  jardin,  jaune,  comme  le  lang. 
jarnat,  jardè,  jàounB.  L'esp.  adopte  le  caractère,  mais  le 
confond  avec  Vx  et  le  prononce  avec  une  forte  aspiration 
gutturale,  sonnant  presque  comme  K,  Koia  écrit  Joia. 
Nous  sommes  plus  près  de  la  vocalisation  italienne,  douce 
et  siflUante;  et  c'est  pourquoi,  tout  en  conservant  le  signe, 
sa  dénomination  et  son  articulation  la  rappellent. 

Ainsi  nous  employons  le  J  : 

4«  Dans  tous  les  mots  où  nous  avons  à  faire  sentir  la 
prononciation  du  G  doux,  c.-à-d.  devant  les  voyelles  a, 

o,  ti; 

2^  Dans  les  mots,  qui  semblent  communs  avec  le  fr.,  où 
l'on  pourrait  placer  le  G  sans  inconvénient  de  pronon- 
ciation, seulement  dans  le  but  de  leur  conserver  la  phy- 
sionomie de  leurs  correspondants:  ex.:  jante,  jénio;  jeton, 
jîfoù;  jumelle,  jimèio;  jeter,  jéla,  etc.; 

3^  Dans  des  mots  et  divers  temps  de  verbe  où  le  J  est 
suivi  des  lettres  e  ou  t,  lorsque  ces  mots  sont  les  com- 
posés ou  les  co-composés  d'autres  mots  chez  lesquels  le  G 
deviendrait  dur  et  guttural.  Nous  écrivons  VUuje,  car  si 
nous  mettions  VUage,  comme  la  terminaison  française, 
nous  obtiendrions  au  dim.  et  à  Yaugm.VUagoù  et  VUagas, 

Or,  il  nous  a  paru  impossible  d'avoir  deux  orthographes 
différentes  sur  des  mots  d'une  origine  identique.  Ceci  est 
encore  plus  sensible  dans  les  conjugaisons  :  les  verbes  en 
ja  à  TinGnitif  sont  très-nombreux,  il  nous  a  paru  néces- 
saire de  laisser  subsister  ce  j  dans  tous  les  temps  où  il  est 
suivi  des  voyelles  e.  i,  ou  :  chanja,  chanje,  chanjou,  chan- 
jamin,  ehanjên,  chanjèrou,  etc. 

Ja!  inierj.  Dia,  cri  ou  plutôt  commandement  des  char- 
retiers pour  faire  aller  ou  tourner  les  chevaux  à  gauche, 
comme  Enéou,  et  en  fr.  A  hue,  ou  à  burau,  à  hurant,  si- 
gniGe  :  à  droite.  —  L'un  tiro  à  ja,  Vàoutre  à  ruôou,  Tun 
tire  à  dia,  l'autre  à  hurant;  au  ^g.^  ils  ne  sont  nullement 
d'accord,  ils  agissent  en  sens  contraire;  quand  l'un  veut 
blanc,  l'autre  veut  noir. 


Jabô,  ê,  m.  Dim.  Jahouté;  augm.  Jaboutas.  Jabot,  or- 
nement de  mousseline  plissée  ou  de  dentelle  à  la  fente  du 
haut  d'une  chemise  d'homme.  Par  ext.  estomac,  poitrine. 
—  Faire  jabà,  se  pavaner,  s'enorgueillir;  prendre  plaisir 
à  la  louange. 

Jacoù,  ou  Jacoupé,  éto,  dim.,  s.  m.  et  f.  Niais  ;  dadaia, 
imbécile.  —  Le  fr.  emploie  dans  le  même  sens  :  JaquinH, 
composé  de  même. 

Dér.  du  lat.  Jacobu$,  Jacques. 

Jaîé,  s.  m.  Jais,  bitume,  fossile  d'un  noir  très-brillant 
et  solide,  qui  prend  un  très-beau  poli  ;  sorte  de  verre  teint 
en  noir,  qui  en  est  une  imitation. 

Jaire,  v.  Coucher;  être  couché;  reposer  à  plat.  —  Se 
dit  d'une  pierre  qui  pose  bien  sur  sa  base.  Fdi-la  jaïn, 
pose  cette  pierre  de  manière  qu'elle  touche  hermétique- 
ment sur  son  assise. 

Séjaïre,  se.coucher;  se  tenir  couché.  —  Vaï  té  jatrt, 
va  te  couche',  tu  m'ennuies. 

Dér.  du  lat.  Jacere,  coucher. 

Jaisso,  s.  f.  Gesse,  espèce  de  lupin  ou  de  fèverolle, 
Lathyrus  saiivus,  Linn.,  plante  do  la  fam.  des  Légumi- 
neuses, cultivée  partout. 

Jala,  V.  Geler,  glacer;  endurcir  par  le  froid;  faire  périr 
de  froid.  —  Se  jala,  mourir  de  froid.  Aquà's  un  mariajê 
jala,  dit-on  ou  disait-on  de  celui  où  l'amour  ne  joue  qu'un 
faible  rôle  :  dans  notre  siècle  positif,  où  Ton  a  changé  tout 
cela,  cette  phrase  signifie  aussi  un  mariage  où  il  y  a  plot 
d'amour  que  d'argent. 

Dér.  du  lat.  Gelare,  m.  sign. 

Jalado,  s.  f.  Gelée;  action  de  la  gelée,  froid  qui  la  pro- 
duit; saison  des  frimas. 

Jaladuro,  s.  f.  Gelée,  dans  le  sens  de  l'impression  qu'elle 
fait  sur  les  èti'es  vivants  et  inanimés:  gelivure. 

Jalarèîo,  s.  [.  Gélatine,  gelée  animale,  suc  ou  jus  coa- 
gulé. 

Jalibra,  v.  Verglacer;  faire  du  givre;  faire  de  la  gelée 
blanche,  du  verglas.  —  Fos  jalibra,  bois  roulé,  dont  quel- 
qu'une des  couches  circulaires  manque  d'adhérence  et  sa 
sépare  quand  on  le  travaille,  ce  qui  le  rend  impropre  à 
tout  ouvrage.  Ce  vice  provient  de  ce  qu'à  la  formation  de 
cette  couche  la  sève  a  été  surprise  par  une  forte  gelée  qui 
l'a  glacée  et  a  empêché  l'adhésion  successive  des  couches 
superposées. 

JaÛbre,  «.m., ou  Barbasto.  Givre,  gelée  blanche;  ver- 
glas. —  Ce  météore  est  formé  par  les  vapeurs  qui  s'élèvent 
de  la  terre  et  que  le  froid  surprend  la  nuit  et  condense  à 


414 


JAN 


JAN 


la  snrfaroilu  sol  ot  sur  los  [ilant':*'^,  on  s'y  formant  on  cris- 
tal lisilioiK 

On  (liMino  (lo  piviï'ronco  lo  nom  d^  Jah'bm  un  î^ivn' 
d'hÏMM',  cl  ('''lui  (Jt^  Hdihastn  ;ni\  ucl.'ts  l»laiii-|i»\s  fin  prin- 
temps, (jiii  sont  si  i'uijost(\s  aux  lunir^^'Mns  cl  mciiK^  à  la 
feuille  (''pin'>iiie  ilu  mûrier  cl  de  la  vipuc. 

Jalo-fré,  r/ //.  (les  «lcii\  genres.  l'iileuK,  transi  (le  IVud. 
qui  craiiil  le  l'rnid.  An  Tilt.  [iM*s>nii'*  dilli.ile  à  éiii  ujxitir, 
d'un  tem[iérament  froii  cl  ins'fisihle  A  lain  lar  ;  un  [)is^^; - 
froid. 

Jaloûs,  OUSO,  n.lj.  Jalnu\;  cnvieuv;  d'''sireu\;  alleiilif 
à  CdiiS'rwr  une  ch"se  ac^iui-".  à  irard^'r,  à  mainleoir,  à 
accrnilr''  un  li'n-n,  une  snlisi'e-li  m.  —  l.s  jn'tn'fs  <lr  sons 
dnuhir--,  dr  muis  hoiujKc.s^  ]\  |i"!l1  !"■ 'rliMiH'nl  a  la  li'Ue  \eiiue 
de  SCS  arlues  eu  de  >'^s  (leui's;  il  (Mi  pivnd  un  ^ur.iiid  s. in. 

Jalousie,  v.  /'.  .I.doUsie;  ('n\ie;  eli  ilOMU  de  \iiir  pi>Asé- 
der  |»ar  un  aulie  ce  cpi'on  d'>ire  a\'>ir  p:)Ur  S'>i-iu'''iii'' ; 
Iniillis,  S'U'I'.'  de  vnlci  (le  fciu'Mre  à  claire- voie. 

Kn  il.il.  (ir/nsid ,  m.  ^iLMi. 

Jamaï,  r/ /r.  de  tem[)>^.  Jariiais,  dans  aueun  I(Mii})s  (  To//. 
James  .  —  JiinKiï  fi>off  (I  rc  'l'n'j!ii''n  (l'ifj)  nr.itn  {nuniri'i, 
pi'vl).,  il  ne  |';iul  pas  dire,  leul  liic,  je  m  •  htii'ii  p:>s  d"  Inn 
eau.  Janmi  amuiroim  Vi'i  (j'u/jtK  ùs  natin  ojné  b.'lo  (nnit/o, 
prvh.,  jamais  Imuleux.  n'iail  belle  amie. 

I)eu\  pri>\erlM's  (|ui  se  tr'iU\''nl  ana'aineaieni  dnis  In 
deux  lanL.;ues,  avec  leur  expr*  ^si()n  p.irlieuli're  «pii  n'''sl 
pas  t'>ul  ;\  fait  une  Iradui'linn  nutt  à  frint,  \\\]\^  m'i  l'id-M- 
lité  de  sens  est  n^pni  Inile.  Msl-ce  le  l;in«:.  un  le  fr.  «pii 
doiv<'nl  Cl)  rc\(aidi(pier  la  {iiim;!u!é?  M  Tun  ni  l'aulie, 
sans  (Imite;  (.-ar  la  sij^o'ssc  des  naliiUis  n'av.iil  pas  alt-Midn 
leur  formation  [)our  metlre  ces  vi-ialcs  en  axiom-'s;  niais 
chaque  uliome  li^s  a  n^udues  ;\  sa  manière. 

I)cr.  du  la  t.  Jam  huk/îs. 

Jambar,  ar do, '/'//.  nnnavu-lic,  l>aneal,(]ui  a  les  jandies 
tortues. 

James,  adv-  de  temps.  Jamais,  en  aucun  tempis.  — 
S'em[»l(tie  plus  ranMiieni  ijue  .lavu.i ;  mais  il  scmlile  avoir 
quel(|ue  chose  de  plus  eue r^nijuc,  de  plus  virtuel,  de  plus 
tranché;  il  appartient  au  dialuLOie  plus  (ju'.'i  la  narration. 
Bien  qu'il  soit  plus  identique  au  fr.,  il  est  fort  dans  le 
génie  du  languedocien. 

Jan,  s.  m.  n.  pr.  d'homme.  Dirn.  Jaiif^,  Jand.  Jean. 

Dér.  du  lat.  Jnnunns  ou  Johannes,  venu  de  l'héhreu 
Jchohhanan,  grAce  de  Dieu.  En  v.  fr.  Jehan;  en  ital.  Gio- 
vanni; en  esp.  Juan. 

Nous  avons  dû  placer  ici  alphahétiquemenl  ce  mot,  ses 
dérivés  et  ses  composés,  pour  nous  conformer  à  la  règle 
de  notre  orthographe,  (jui  supprime  toutes  les  lettres  qui 
ne  se  prononcent  pas. 

Jan  (Sén),  n.  pr.  Au  masc,  n.  pr.  de  lieux  en  grand 
nombre  partout  :  au  fém.  fête  de  Saint-Jean  Baptiste,  le 
24  juin.  —  La  Sén  Jan  ou  pér  Sén- Jan,  le  24  juin.  C'est 
une  des  époques  principales  de  l'année  pour  les  termes  de 
paiement  et  autres  afTaircs.  Cette  échéance  de  la  fête  de 


SaiiU-Jean  Baptiste  vient  sans  doute  de  ce  ^\\^^  cette  date 
on  a  fini  et  réalisé  la  récolte  dt^s  cocons,  et  ipie  tout  le 
monde  est  censé  av(  irde  l'argent.  Klle  divise  aussi  l'année 
cgaltMiieiit.  en  deux,  seiueslivs.  Ces  cisconslanccs  concoQ- 
rent  à  eu  faire  un  terme  remarquahle. 

Scn-Jan  das  ancls,  Siint-J»  an  de  M.U'iK'jols,  commune 
du  cnil m  dr;  Hai-jac  ((lard),  ainsi  n  wniuée  parce  qu'au- 
trefois il  s'y  fahriquait  une  (jnanlilé  de  hagues,  ands,  en 
crin  avec  cliilhes  cl  devis(\s.  Il  s'y  tenait  une  foire  exprès 
pour  ct.'Ue  industrie. 

Scn-Jan  (lé  (InrtUnini'miuo,  Saint-Jean  du  Gard,  chef- 
lieu  de  canton,  arrondissement  d'Alais. 

Sin-Jiin  di'  l<;s  cchos,  Saint  Jean  de  Valériscle,  commune 
du  canlcu  ih;  Saint-Amhnûx.  ((iard),  renomujée  pour  sa 
judduçtini)  (Tun  pi'lit  oigion  délicat,  espn-e  d'échalolte, 
dont  elle  fiii  eomfiierce  et  expurtalion  :  de  là  déiivc  son 
surnom. 

iN'tus  ne  rapportons  pas  un  plus  grand  nombre  de  ces 
localités  «pii  ont  le  nom  de  Saint  Jean,  bien  que  noire  dé- 
pirl'Miieiil  et  Tarr- indissrment  d'Alais  en  foarni.<.s«3nt  beau- 
couji  d'aiilres,  parce  (|n'cn  lang.  elles  ciuisorvenl  le  même 
stiiii'iiii  disliiK-tir  (|u'cn  fr.  .Nous  a\(ais  cité  les  trois  com- 
munes ci(l''^sus  à  cause  de  la  diirérence  de  leur  appella- 
lioii  IV.nKviise  a\ec  leur  désignation  Usuelli!  et  jjopulaire. 

Jané,  s.  m.  Dim.  de  J<in.  l'ils  de  Jean,  cjuand  il  e^l 
n.  pr.;  mai^,  suhsl.  m.,  il  signille  :  un  jeannot,  un  niais, 
un  imb-'cile,  (jui  se  laisse  mener  par  le  bout  du  nez;  qui 
S(^  laisse  in^uller,  lUitlesler;  on  encure  un  Jocri.^se. 

Janén  (Sén),  Sén-Janénquo,  a//.  De  la  Saint-Jean; 
(pii  vieiii  à  la  Sainl-.lean,  en  parlant  des  fruits  et  produits 
d(*  la  terre;  hihilanl  de  l'une  des  commun(\s  «|ui  portent 
le  nom  d(»  saint  Jean;  mcinhre  de  la  confrérie  de  Sainl- 
Jean,  (|ui  existe  a  Alais,  dont  la  cathédrale  est  sous  Tin- 
vocalion  de  saint  Jean  Baptiste. 

Janénquo  (Scn),  .s.  f.  Territoire  de  l'une  des  communes 
notinnécs  Saint-Jean,  ou  de  plusieurs  communes  dont  un 
Saint-Jean  serait  coiuuje  le  chef-lieu. 

Janéto,  s.  f.  n.  pr.  de  femme.  Dim.  de  Jano.  Jean- 
nette. 

Janétoun,  s.  /.  n.  pr.  de  femme.  Dim.  de  Jano,  qui  a 
lui  même  un  dim.,  Janétonne.  Jinmneton. 

Jan-fénno,  s.  m.  Homme  qui  se  môle  des  ouvrages 
ré.servés  au\  femmes,  des  menus  soins  du  ménage;  un 
tfite  [loule. 

Jangla,  r.  Glapir;  crier  comme  un  chien  qu'on  frappe. 
—  Jangla  dâou  fré,  grelotter,  trembler  de  froid. 

Dér.  du  loi.  fiemere,  gémir. 

Jangladisso,  s.  f.  Glapissement  d'un  chieu  qu'on 
châtie. 

Jangoula,r.,ou  Gingoula.  Geindre,  gémir;  se  plaindre 
languissamment,  à  diverses  reprises,  comme  par  habitude. 

Dér.  du  lat.  Vlulare. 

Jangoulaire,  airo,  adj.  Pleurard;  qui  se  plaint  d'ha- 
bitude ;  qui  ne  cesse  de  se  lamenter. 


JAO 


JAQ 


415 


Jasgonlino,  ».  f.  Ripopée,  boisBon  sans  saveur  ni  verbi. 

—  Foy.  Ctn^ott/iAo. 

Jano,  »,  f.VL.  pr.  de  femme.  Dim.  Janéto,  Janok,  Jané- 
Umn,  Janétouné.  Jeanne. 

lanô,  ».  m.  n.  pr.  d'homme.  Dim.  de  Jan.  Jeannot.  — 
Gstte  variante  touche  de  prés  à  notre  dim.  Joué;  mais  Janô 
a  un  peu  moins  le  caractère  de  celle  ingénuité  niaise  que 
oelui-ci  représente.  Le  fr.,  au  contraire,  son  correspondant, 
en  est  devenu  le  type,  depuis  la  fin  du  siècle  dernier.  Une 
pièce  de  Durvigny  lui  donna  une  vogue  extraordinaire,  et 
le  JanoHsme,  longtemps  de  mode,  fit  fureur.  Les  calem- 
bredaines et  le  langage  de  Janot,  après  un  succès  fou,  sont 
aujourd'hui  abandonnés  et  ne  font  plus  rire  ie  public,  qui 
se  prend  au  charme  d'autres  farces,  ni  plus  ni  moins  spi- 
rituelles peut-être,  mais  qui  le  sont  autrement  et  l'amusent 
davantage. 

Jansono,  ».  f.  Gentiane,  Gentiana  lutea,  Linn.,à  fleurs 
jaunes,  plante  de  la  fam.  des  Gentianées,  commune  dans 
le  Midi.  Sa  racine,  tonique  et  stomachique,  est  employée 
avec  succès,  dit- on,  contre  la  goutte. 

Pline  assure  que  son  nom  lat.,  dont  le  nôtre  parait 
formé  avec  quelque  inversion,  lui  \ient  de  Geniiu»,  roi 
d'Illyrie,  qui,  environ  150  ans  avant  Jésus-Christ,  décou- 
vrit les  vertus  de  cette  plante. 

Janyiè,  ».  m.  Janvier,  premier  mois  de  l'année  suivant 
notre  calendrier  actuel,  composé  de  trente-un  jours. 

Dér.  du  *at.  Januariu», 

Jâoime,  ».  m.  Jaune,  la  couleur  jaune. 

Dér.  du  lat.  Gulbinu»,  vert  pâle. 

làoime,  iâouno,  adj.  Dim.  JAouné;  péj.  Jàouna», 
Jaune,  qui  a  la  couleur  du  safran,  du  citron;  livide;  pâle. 

—  Le  j;)uiie  foncé  se  dit  Bouje. 

lâoune,  ».  m.  En  terme  de  magnanerie,  désigne  le  ver- 
a-8oie,  magnun,  atteint  de  cette  maladie,  qui  est  une  dé- 
eomposilion  véritable,  et  une  variété  ou  un  symptôme  de 
ce  qu'on  nomme  aujourd'hui  la  Flacheriê. 

lâoQnéja,  v,  fréq.  Jaunir;  tirer  sur  le  jaune;  paraître 
ou  devenir  jaune. 

Jâouniie,  ».  f.  Couleur  jaune,  celle  que  prennent  les 
feuilles  en  l'arrièie-saison,  et  non  jaunisse,  qui  se  dit  lou» 
Étfourés.  —  Yo^.  c.  m. 

lâouEséml,  s.  m.,  ou  Jâousaéinin.  Jasmin,  Ja^mmum, 
Linn.,  arbrisseau  de  la  fam.  des  Jasminées.  Il  est  origi- 
naire du  Malabar.  Sa  fleur  blanche,  étoilée,  à  suave  odeur, 
et  la  flexibilité  de  ses  rameaux  en  font  l'ornement  et  le 
charme  des  berceaux  et  tonnelles  de  jardin. 

IftouTèr,  ».  m.  Persil,  Apium  petroselinum,  Linn.,  plante 
de  la  fam.  des  Ombelliféres,  cultivée  pour  les  usages  de  la 
cuisine. 

On  a  dit  que  son  nom  était  une  corrupt.  du  fr. /ufverl. 

JàouTèrtaaao,  t.  f.,  ou  Coucndo  ou  Jonbèitmo.Ciguê, 
Conûum  maeulatum,  Linn.,  plante  do  la  fam.  des  Ombel- 
liféres qui  croit  dans  les  lieux  humides  et  gras.  C'est  le 
de  cette  plante  qui  fournit  le  poison  de  Socrate. 


Son  nom  lang.  lui  vient  de  sa  ressemblance  avec  le 
persil,  et  il  en  est  le  péjor.  à  cause  de  sa  vertu  malfaisante, 
il  est  prudent  en  cueillant  le  persil  de  ne  pas  faire  con- 
fusion, ce  que  l'on  prévient  en  remarquant  que  la  ciguë  a 
la  feuille  plus  large,  qu'elle  exhale  une  odeur  désagréable 
et  difièreiite  du  persil,  et  que  sa  tige  est  parsemée  de  taches 
noirâtres. 

Japa,  V.  Japper;  aboyer;  pousser  des  aboiements;  aver- 
tir par  sf*s  cris  ;  crier  beaucoup.  —  È»  pàoure  que  japo,  il 
est  au  dernier  degré  de  misère,  au  point  de  manquer  de 
pain  et  de  crier  famine. 

Formé  par  onomatopée. 

Japadla,  s.  m.,  ou  Japariè.  Aboi;  aboiement  de  plusieurs 
chiens  à  la  fois. 

Japaîre,  airo,  adj,  Aboyeur;  clabaudeur;  qui  se  plaint 
de  tout  et  de  tout  le  monde. 

Japariè,  ».  f.  —  Voy.  Japadi», 

Jaqnaa,  ».  m.  n.  pr.  Augm.  de  Jaqu$.  Gros  Jacques; 
gros  et  vilain  homme  du  nom  de  Jacques.  —  Pàoun 
eoumo  Jaqva»,  pauvre  comme  Job.  Fatre  Jaqua»,  faire  le 
chien  couchant;  caresser,  flatter  l'homme  ou  plus  fort  oa 
plus  puissant  que  soi. 

Le  n.  pr.  vient  certainement  du  lat.  Jaeobu»;  mais  à  la 
dernière  acception,  le  lat.  Jacere,  se  coucher,  pourrait 
bien  avoir  quelque  peu  participé. 

Jaque,  s.  m.  n.  pr.  d'homme.  Dim.  Jaque.  Jacques. 

A  propos  de  ce  prénom,  il  convient  de  faire  une  obser- 
vation qui  s'ap[  lique  à  tous  les  autres  :  c'est  qu'en  déâ- 
gnaut  un  individu  par  nom  et  prénom,  on  les  sépare  d'or- 
dinaire par  la  particule  dé,  de,  non  point  par  aucune  pré- 
tention nobiliaire,  mais  comme  si  le  nom  élait  pris  là  pour 
appellation  de  race,  de  famille,  dans  la  personne  du  père. 
Ainsi  l'on  dit  :  Jaque  dé  Bédn»,  c.-àd.  Jacques,  fils  de 
Bédos.  Quelquefois  la  chose  se  pousse  plus  loin  :  c'est  la 
mère  que  l'on  prend  pour  type  de  la  famille,  et  l'on  dit: 
JcLque  dé  Bélosso;  ce  qui  arrive  soit  lorsque  cette  mère, 
restée  longtemps  veuve,  a  été  regardée  comme  chef  de 
famille,  soit  lorsque  la  mère,  un  peu  maitresse-femme, 
plus  connue  du  public  que  son  mari,  est  réputée,  comme 
on  dit,  porter  les  culottes. 

Jaque,  s.  m.  n.  pr.  d'homme.  Dim.  de  Jaque.  Petit 
Jacques. — Faïre  Jaque,  faire  le  poltron;  mettre  les  pouces; 
s'enfuir  devant  un  danger  ou  une  rixe.  Un  jaque  est 
une  coiffure,  ou  plutôt  une  manière  de  tailler  les  cheveux 
en  brosse  :  le  toupet  ainsi  taillé  se  nomme  jaque. 

Jaqnéli,  >.  m.  n.  pr.  d'homme.  Sorte  de  dim.  de  Jaque, 
qui  se  rapproche  par  le  sens  de  cet  autre  dim.  Jane  et 
implique  aussi  une  idée  de  niaiserie  candide  et  ingénue; 
un  Kicaise,  un  Nicodème,  un  Janot. 

Jaqnélino,  ».  f.  n.  pr.  de  femme.  Jacqueline. — Gomma 

le  précédent,  son  masc.,  également  formé  de  Jaque,  ^\  rap- 

pe  tant  une  certaine  synonymie  avec  Nicette,  d'une  nai- 

plicité  un  peu  sotte. 

Jaqnéto»  ».  f.  Gorpa  de  jupe;  habillement  court  da 


416 


JAS 


JAS 


femme  ou  d*enfant,  sorte  de  spencer  qui  tient  à  la  jupe 
sans  èlre  de  la  même  étoffe. 

Ce  mot,  qui  a  été  francisé  pour  désigner  un  vêtement 
d*homme  qui  tient  le  milieu  entre  la  veste  et  la  redingo  te, 
est  on  dim.  de  jaque,  nom  passé  de  mode  d*une  sorte  de 
pourpoint  et  de  colle  d*armes  au  moyen- âge.  Ijb  fr.  Ja- 
ptêttB  est  donc  fort  de  mise.  Jaque  était  une  sorte  d*an- 
denne  casaque  à  Fusage  des  gens  de  guerre.  Dans  le  même 
sens  Tesp.  dit  Jaca  et  Tital.  Giaco.  En  boll.  Jak,  casaque, 
cape;  en  island.  jacka;  en  angt.  Jacke;  en  allem.  Jack- 
d^en,  surtout,  jaquette. 

Jardl,  5.  m.  Dim.  Jardiné;  augm.  Jardinât,  Jardin, 
lieu  clos  où  Ton  cultive  des  fleurs,  des  légumes,  des  arbres. 

En  gniiois  Gard;  en  allem.  Garden,  m.  sign. 

Jardignë,  «.  m.  Jardinier;  maraîcher.  —  Barlo  déjar- 
dignè,  barbe  clair-semée  :  Torigine  ou  Tallusion  de  ce 
dicton  n'est  pas  assez  propre  pour  pouvoir  être  expliquée. 

Jardignèîro ,  s.  f.  Jardinière,  femme  d*un  jardinier; 
marchande  d'hortoinge.  v 

Jardinaje,  s.  m.  Hortolage  ;  légumes  et  herbes  de  toute 
espèce  cultivés  dans  un  jardin  potager;  plantes  potagères. 

lardinéja,  v.  fréq.  Jardiner;  s'occupor  aux  travaux  de 
rhorticulture;  arranger,  travailler  un  jardin. 

Jaré,  s.  m.  Jarret:  partie  postérieure  du  genou;  endroit 
où  se  plie  la  jambe  des  animaux  à  quatre  pieds;  jarret  de 
cochon. 

En  bas-breton,  Garr,  jambe;  Jaritel,  jarret;  en  gallois, 
Car,  jambe  et  jarret;  en  irlandais,  Cara,  jambe. 

JaréUè,  ièîro,  alj.  Cagneux,  dont  les  genoux  se  tou- 
chent ou  chevauchent  en  marchant;  jarrelé,  en  parlant 
d*un  cheval  dont  les  jarrets  de  derrière  frottent  et  se 
croisent. 

Jarétièiro,  s.  f.  avec  la  signification  de  jarretière,  est 
du  pur  franchiman  :  on  dit  Cambaïè.  —  V.  c.  m. 

Jas,  5.  m.  Gîte:  couche,  endroit  où  on  a  demeuré  et 
couché;  limon,  bourbe,  dépôt  au  fond  d'un  vase,  d'un 
tonneau.  —  Jai  dé  moulï,  gite  d'un  moulin,  la  meule 
gisante  et  immobile.  Loujas  <ldou  fé,  la  fane  inférieure  du 
foin  qui  ne  monte  pas  et  qui  reste  drue  et  touffue  :  celte 
herbe,  toujours  plus  verte  et  plus  tendre,  donne  beaucoup 
de  volume  et  de  qualité  au  foin.  Lou  Jas  d'un  méloun,  la 
couche  d'un  melon,  lo  côté  sur  lequel  il  repose  et  qui 
mûrit  plus  vite.  Lou  jus  dàou  vinaigre,  le  sédiment  qui 
reste  au  fond  d'un  tonneau  à  vinaigre  et  qu'on  y  laisse 
déposé.  On  trobo  pas  dos  lèbres  àou  mémo  jas,  on  ne  prend 
pas  deux  lièvres  au  même  gite  :  c'est  un  heureux  hasard 
qui  ne  se  répèle  pas  deux  fois. 

Dér.  de  Jaïre,  formé  du  lat.  Jacere, 

Jasén,  énto,  part.  prés,  du  v.  jaïre.  Qui  est  couché, 
qui  pose  horizontalement.  —  Aoubre  jasén,  madrier  hori- 
contal  qui  forme  l'essieu,  Taxe  de  la  grande  roue  d'un 
puits  à  roue. 

Jasén,  ».  f.  En  provençal  signiGe  :  femme  en  couches, 
nouvelle  accouchée. 


laséoo,  s,  f,,  on  Gonblé.  Chevron;  pièce  de  charpente 
de  couvert  qui  pose  sur  les  pannes  et  supporte  elle-même 
la  tuile  sans  autre  intermédiaire.  —  Lat  jaténot  doivent 
avoir  huit  centimètres  d'équarissage  et  2<»i5  on  lo^li  de 
longueur;  dans  le  premier  cas,  elles  portent  sur  trois  pan- 
nes et  mesurent  deux  intervalles;  dans  le  second,  elles  ne 
portent  que  sur  deux  pannes  et  n'occupent  qn*nn  inter- 
valle. Celles  qu'on  emploie  pour  Téchafaudage  d'une  ma- 
gnanerie doivent  avoir  en  longueur  2">25  et  quelquefois 
davantage,  suivant  la  distance  des  montants  :  elles  posent 
sur  les  chevilles  ou  les  mortaises  du  montant  et  supportent 
les  tables. 

Dér.  de  Jasén. 

laaiôoQ,  jasiolo,  t,  et  adj,  Dim.  JatioM:  péj.  Jatiau- 
lat,  Juif,  Israélite;  qui  professe  le  judaïsme.  An  fig.  nsa- 
rier;  qui  prêle  à  usure;  qui  vend  trop  cher;  âpre  au  gain. 
—  Les  juifs  avaient,  au  quatorzième  siècle,  des  synagogues 
dans  les  plus  petites  villes  du  Languedoc,  et  déjà  même 
pendant  la  première  moitié  du  IX">«  siècle,  leur  nombre 
était  considérable  ;  un  de  leurs  rabbins  les  plus  célèbres. 
Benjamin,  fit  un  long  séjour  à  Lunel,  où  de  nombreux 
disciples  suivaient  son  école  et  ses  enseignements-  publics 
de  la  médecine.  Notre  ancienne  Charte  d'Alais,  en  4  200, 
contient  des  dispositions  relatives  au  costume  qui  doit  les 
distinguer  et  à  la  condition  sociale  à  laquelle  ils  étaient 
soumis.  Comme  monument  de  notre  ancienne  langue  et 
des  mœurs  de  celle  époque,  il  n'est  pas  sans  intérêt  de 
rapporter  cet  article  des  vieilles  coutumes  alaisiennes  : 

Derrecap  establem  que  entre  christiant  e  iusieus,  laseali 
sofrem  per  toi  umanitat,  en  habite  de  vettir  sion  manifett, 
e  sia  talz  la  deferentia  quel  iusieu  leugieiramens  tion  co- 
negut  de  celz  quelz  veiran;  e  mandam  que  porton   habité 
dessemhlan  a  Ihabite  delx  cristians.  Oltra  aixo  vêlant  deé- 
treitament  e  mandam,  quel  iuzieu  per  aleua  maneira  non 
auson  obrar  alz  ditmenges  ni  en  las  outras  granz  fetta» 
nostras  davan  los  oilz  delz  cristians  que  il  o  puescun  veter; 
mas  lur  portas  clausas  arescost  obron  aquo  que  lur  let 
obrar.  Plus  fort  empena  de  lur  cors  veiam  que  non  autan 
apurer  en  publege  lo  iouz  nil  mercret  tainz  nil  venres  nii 
sapte  denant  la  nosîra  pasca. 

Jassea,  s.  m.  plur.  de  Jns.  Litière  de  vers-à-soie,  com- 
posée des  débris  de  la  feuille  rongée  et  des  crotins  de  ces 
animaux.  Ce  mélange  nécessairement  humide  entre  facile- 
ment en  fermentation,  à  cause  surtout  de  la  chaleur  da 
local  ;  il  est  donc  prudent  de  la  prévenir  en  délitant  son- 
vent,  c.-à-d.  en  enlevant  cette  litière,  surtout  au  moment 
où  l'animal  va  entrer  dans  une  de  ses  mues,  et  au  monoent 
de  la  fraise  :  dans  le  premier  cas,  parce  que  dans  le  pa* 
roxismc  d(;  sa  mue,  le  ver  se  tient  enfermé  sous  la  litière 
et  qu'il  périrait  si  cette  litière  entrait  en  fermea talion; 
dans  le  second  cas,  parce  que,  la  feuille  étant  fouraie  pins 
abondamment,  la  litière  est  plus  épaisse  et  que  les  déjec- 
tions des  vers  sont  plus  volumineuses. 

On  emploie  cette  litière,  après  l'avoir  fait  sécher  pour 


JOB 


JOU 


417 


U  conserver,  en  la  donnant  bouillie  aux  poarceaax.  On  la 
donne  séciie  aax  vaches  et  aax  montons,  souvent  même  à 
Fespèce  chevaline;  mais  c*est  un  tort  grave,  car  les  cas 
morbides  qui  résultent  de  cette  nourriture  sont  trés-fré- 
qnents.  Pour  les  porcs  et  les  animaux  ruminants  au  con- 
traire, cet  aliment  n'a  aucun  danger,  et  ils  en  sont  très- 
friands. 

lassino,  s.  f.  Couche;  couchette;  empreinte  qu'un 
corps  laisse  sur  la  paille  ou  la  litière  où  il  a  couché;  ac- 
couchement, aclion  de  mettre  bas.  —  Es  dé  michanto  jas- 
àno,  c'est  un  mauvais  coucheur  ;  un  camarade  de  lit  in- 
commode. 

lasso,  5.  /.  Bergerie,  étable  à  moutons,  spécialement. 

lénio,  s.  f.  Jante  de  roue,  pièce  de  bois  de  charronnage 
courbée,  qui  fait  partie  du  cercle  de  la  roue  d'un  char, 
d*ane  charrette. 

limèlo,  s.  f.  Jumelle,  la  bigue  ou  plutôt  les  deux 
bigues  de  bois  qui  servent  de  coulisse  à  ce  qu'on  nomme 
mouton  ou  sonnelte  pour  enfoncer  les  pilotis.  Ces  jumelles, 
retenues  par  en  haut  au  moyen  d'un  boulon,  sont  libres  et 
flottantes  par  le  bas;  le  contre-roaitre  chargé  de  la  direc- 
tion des  ouvrages,  les  lient  dans  ses  deux  mains  par  le 
petit  bout,  et  suivant  qu'il  les  dévie  légèrement,  il  dirige 
la  chute  du  mouton  sur  la  tète  du  pieu. 

Jita,  V.  Vomir,  rejeter  par  la  bouche  ce  qui  est  dans 
Testomac;  pousser  des  jets,  bourgeonner,  en  partant  des 
arbres.  — N'a  pas  toutes  les  acceptions  du  v.  fr.  jeter,  mais 
lealement  le  sens  restreint  et  spécial  ci-dessus  :  les  autres 
ressemblent  fort  à  des  licences  franchimando», 

Dér.  du  lat.  Jactare, 

Jitoù,  f .  m.  Jeton,  pièce  de  métal ,  d'os  ou  d'ivoire, 
pour  compter  ou  pour  marquer  au  jeu.  —  Fdou  coumo  un 
jUoii,  faux,  menteur,  trompeur  comme  un  jeton  de  jeu, 
qui  favorise  souvent  les  tricheries. 

le,  s.  m.  Dim.  jouqué.  Jeu,  en  général  ;  la  chose  que 
Ton  joue,  l'enjeu.  —  Tène  jo,  tenir  l'enjeu.  Faï  toun  jo, 
mets  ton  enjeu,  fais  ta  mise.  Flaia  jo,  ne  pas  jouer  à  la 
rigueur,  ne  pas  surmonter  la  carte  de  son  adversaire  lors- 
que la  règle  l'exige  :  en  général,  ce  n'est  pas  tricher  au 
jeu,  mais  c'est  employer  certaines  feiriles  ou  ruses  non 
licites.  Té  faï  bèou  jo.  il  le  fait  beau  jeu,  il  joue  largo  ruent 
et  loyalement,  de  manière  à  te  faire  prendre  ta  revanche. 
Jfét  lou  jo  trop  iuèn,  il  éloigne  trop  le  but,  le  lieu  où  il 
faut  jouer. 

Dér.  du  lat.  Jocus,  m.  sign. 

lo,  ».  m.  n.  pr.  d'homme.  Au  fém.  Joto;  dim.  Jouté. 
lob. 

lobi,  5.  m.  Mgaud,  benêt;  musard;  badaud. 

Ce  nom  provient  prukiblenient  de  celui  du  saint  homme 
Job  de  l'Écriture,  ce  modèle  devenu  proverbial  de  la  pa- 
tience, de  la  résignation,  de  la  mansuOtudo,  surtout  envers 
sa  femme;  ce  qui  pouvait  bien,  aux  yeux  de  nos  pères,  le 
laire  assimiler  à  un  niais.  La  langue  J'Oil  et  puis  le  fran- 
çais aux  XIV*  et  XV®  siècles,  avaient  fait  aussi  sur  le  même 


patron  Jobet,  Jobelin,  Jobélot  et  Jobard,  fort  communs, 
signiBant  niais.  Jobard  seul  a  passé  avec  ce  sens  dans  les 
noms  communs  et  correspond  très-bien  à  notre  Jobi;  plu- 
sieurs de  ceux  qui  le  portaient  comme  nom  propre  ont 
obtenu  de  se  faire  débaptiser. 

Joîo,  4.  f.  Joie;  contentement;  satisfaction;  réjouis- 
sance. —  Fia  dé  joïo,  feu  de  joie,  qu*on  allume  en  signe 
de  réjouissance. 

Joîol  inferj.  Au  revoir!  Dieu  vous  maintienne  en  joie! 
souhait  que  Ton  forme  en  quittant  quelqu'un. 

Les  étymologisles  sont  partagés  sur  sa  racine  :  quelques- 
uns  indiquent  le  lat.  Jœus,  jeu,  mot  pour  rire;  Ménage 
préfère  Gaudium,  gaudia,  joie,  qui  nous  a  déjà  fourni 
Gdou, 

Jor,  s.  m.  Dim.  jour  gué;  augm.  Jourgas.  Houssine; 
gaule;  propr.  scion  de  mûrier,  d'osier,  etc.,  de  la  pousse  de 
l'année.  —  Eamasêa  lous  jors,  ramasser  les  scions  d*éla- 
gage  de  mûriers  pour  en  faire  des  fagots.  Ces  scions  sont 
quelquefois  si  longs  et  si  gros  que  les  enfants  en  font  des 
fouets.  Pour  cela  ils  les  écorcent  en  long,  en  laissant  seu- 
lement un  pied  ou  un  pied  et  demi  du  gros  bout  pour 
servir  de  manche;  les  lanières  écorcées  et  qui  tiennent  au 
manche  sont  tressées  à  trois  brins,  et  l'on  obtient  un  fouet 
très-long  et  très- gros,  dans  la  forme  de  celui  des  muletiers. 
Comme  les  fibres  de  cette  écorce  sont  très-ductiles  et  ner- 
veuses, ces  sortes  de  fouet  dureraient  assez  longtemps  en 
les  faisant  tremper  chaque  jour  dans  l'eau  pour  prévenir 
leur  dessiccation. 

Jou,  s.  m.  Joug,  pièce  de  bois,  garnie  à  chaque  extré- 
mité d'attelles  ou  de  courroies  propres  à  la  fixer  sur  la  tète 
des  bœufs  ou  animaux  de  trait.  Au  fig.  servitude. 

Dér.  du  lat.  Jugum,  m.  sign. 

Joubértino,  s.  f.  Ciguë.  —  Voy.  Jàouvértatso. 

Jouga,  V.  Jouer;  s'amuser,  se  divertir;  s'occuper  au 
jeu;  mettre  au  jeu;  parier;  faire  une  gageure,  un  pari; 
jouer  d'un  instrument  de  musique.  —  Jogue  que  plôoura 
déman,  je  parie  qu'il  pleuvra  demain.  Té  jogue  dous  sôout, 
je  joue  deux  sous  contre  toi,  je  parie  deux  sous.  Nous  jou- 
guè  un  air,  il  joua  OU  exécuta  un  air. 

Dér.  du  lat.  jocare,  jouer,  badiner. 

Jougadoù,  douno,  adj.,  ou  Jougaire,  alro.  Joueur  de 
profession;  qui  a  la  passion  du  jeu. 

Ce  mot  est  plus  teclmiquo  pour  marquer  l'habitude,  la 
passion  du  jeu,  que  celui  de  Jougaire,  qui  n'indique  sou- 
vent que  les  membres  d'une  partie  de  jeu,  sans  entraîner 
une  idée  de  passion. 

Jougaio,  s.  f.  Joujou,  jouet  d'enfant.  —  Voy.  Cou- 
maire, 

Jougaire,  aîro,  adj.  Péj.  jougaïras.  Joueur.  —  Voy, 
Jougadoù, 

Le  péj.  Jougairas  impliqua  toujours  la  passion  du  jeu. 

Jougne,  v.  Accoupler  des  bœufs;  atteler  des  chevaux 
ou  des  mules,  deux  à  deux,  pour  le  labourage;  atteindre; 
unir;  rapprocher.  —  Anan  jougne,  nous  allons  accoupler 


418 


JOLI 


JOU 


les  hœnh.  Nous  jougnigm' en  ranit,  il  nous  ntl'^i^Miiloii  routo. 
Dt'T.  du  lai.  Jiwgeie,  joindra. 

Jougué,  5.  m.,  ou  Sucé.  Biinhelot;  li-ich"!  (Vi^irint  ; 
jouet  d'argent  uu  d  or»  or[ié  do  gn'lots,  dnns  liHjuel  est 
♦^minnnché  un  niorce.iu  de  crisinl,  d'ivoire  ou  de  cornil, 
qu'on  suspend  au  cou  df\s  enfants  à  la  niaiinMle  «'t  «]u'ils 
portent  volonlii'rs  ;\  la  honelie  en  le  s-^rraiit  a\ec  leurs 
^^encives,  en  qui  eliarme  en  partie  la  dnultMn'  d»^  la  d'Mi- 
lition,  facilite  la  salivation  (U  ramollit  la  «.'cnciNe. 

Joui,  t'.  Jouir;  éprouver  un  sentiment  liénrial  de 
bonlirur.  de  jtuiissanc»^;  se  drjfN'ler;  av(tir  rnsai:(',  la  po>- 
session,  l'usufruit.  —  On  pn  )nis  jnu)  (raquel  cfinf,  on  ne 
jvjut  »^tre  maître  de  cet  enfant,  on  ne  [leiil  le  retenir  à  la 
maison,  l'empcVJier  de  courir  et  de  [uilissoiuiin*.  Me  snu- 
vénrlraï  que  m'as  fa  joui,  je  me  souviendrai  du  hnidieur 
que  lu  m'as  d(Miné.  Jouis  (Vaquai  ousUioUf  i(  a  l'usufruit 
de  cette  maison. 

I)ér.  du  lat.  Gnudere  ou  Coud  ire. 

Jouïè,  5.  m.  Au  fém.  Jouiviro.  (ieolier;  femme  d'un 
geôlier;  coneierf^e  d'une  prison. 

Jouïne,  jouïno,  ailj.  Dim.  jouiuè;  au^'m.  Jnu'inns. 
Jeune,  qui  n'est  pas  avancé  en  àu'e;  qui  a  di»  la  jaunisse; 
étourdi,  6vai)oré.  —  Se  loKrfiavc  jouwe,  si  je  red(nen:iis 
jeune.  Aquos  jouinaa,  c'est  un  {.'rand  enfant.  Mu  pu  joumo, 
la  plus  jeune  de  mes  filles. 

I)ér.  du  lat.  Jurenis.  m.  si^m. 

Jouïnèsso,  s.  f.  J<Mnirss(\  ài:e  (pn  suit  l'adolrscenre;  la 
gent  juvénile;  Is  j-Mni^s  î.'<'n>  d'um'  eontréi',  d'un  \il!.r-''\ 
d'une  ville.  —  Voij.  Lou  jouven. 

Jouïn'home,  5.  m.  Jfune  Iiomme;  crarrun;  céliliataire. 
—  A  î)Ktï  dé  rrnulo  fins,  uwn'i  es  niraro  jniù'n'hntne,  il  a 
pass'''  la  (piarantainf  et  il  (\sl  encore  garçon. 

Jouïoùs,  ïouso,  (ifj.  J\ven\;  ;jai;  qui  a  ou  donn»^  d" 
la  joie.  —  Mat  Inu  jofnons,  le  nmis  de  mai  gai  et  riant. 

I)ér.  de  J<i'tn. 

Jouissénço,  s.  f.  Jonissanee;  u^agc  j't  pos^(*^sion  de...; 
plaisir,  il''li«"'^  df  la  pissi-in.  —  A  [xia  l(,i\sf/  qt/r  In  Joh^k- 
sénro  à  SI  fennn,  il  n'a  légué  .n  sa  femmi^  qui'  l'usulVuit 
de  ses  lii'wis.  Lon  hnnhurdc  hi  jnn'isspnçn,  |o  l)iMilii  ur  de  la 
jouis^ince,  plé  m.Ktne  expressif,  (pi'une  téinme  seule  jumi- 
vait  trouver,  je  ne  saurais  dire  a  quelle  occasi'»n  ni  dans 
quelle  di^s  deux  aeee[)tions. 

Dér.  de  Jou). 

Joun,  .V.  7/j.  Jonc,  Ji/nrifs,  Linn.,  genre  de  plante  cpii  a 
fourni  le  type  de  la  fam.  des  Jnncr'cs,  (jui  cotiiprend  lui 
a.^^sez  grand  nomlire  d'es[iè(;.'S,  croissant  pr''S(Hie  toutes 
dans  les  endroits  marécageux. 

Joun  se  dit  encore  de  toute  sorte  de  canne,  lȈton,  l)a- 
guette,  badine  ou  rotin. 

Joun,  jouncho.  port.  pn^s.  du  v.  Jongnc.  Joint,  accou- 
plO  pour  le  labour  en  parlant  des  boeufs;  joint,  rap|)rocljé 
(îl  les  doigts  entrelacés,  en  parlant  des  mains.  —  A  mans 
jounckos,  vo2iS  n'en  prrgup,  mains  jointes,  je  vous  en  prie. 
Sàmtla  d'à  pé  joun,  sauter  à  pieds  joints. 


Jounchado,  s.  f.  Jointée  de  grain  ou  d'autres  objets 
mernis.  c.  ad.  autant  qu'en  p'Miveni  contenir  les  deux 
mains  j  iiites,  rapi^'ocbrr^s  et  ouvertes. 

J(f7fncfifi  et  j(nnirh(i(h,,  dans  le  s.^ns  de  Joncher  cl  Jon- 
rhi'p,  ne  sofïl  j)as  de  ni)tre  dialecte. 

Jounchis,  isso,  lufj.  Jt»inlif;  parfaitement  joint,  ber- 
niéti(juemenl  fermé. 

Dér.  du  lat.  Junctus,  de  Jangere. 

Jouncho,  .V.  f.  Tenq)s  de  laluuir;  durée  d'une  attelée; 
S'''ance  de  laliourage  sans  dételer.  l\ar  ext.  t(jut  travail  fait 
de  suit'»  sans  désenq)arer.  —  Les  laboureurs  font  d'ordi- 
naire deux  attelées  par  jour. 

Jounchuro,  .<.  f.  Jointun\  articulation  des  membres; 
point  où  diMix  os  se  loucbent  l'un  l'autre  au  moyen  de 
ligaments. 

Jounquas,  s.  m.  Terrain  ac^ueux,  inarécajjeux  et  rempli 
de  joni's. 

Dér.  de  Joun. 

Jounquino,  s.  f.  Mauvais  pré  qui  ne  produit  gu«^re  que 
des  joncs  et  des  berlies  d(î  marécage;  les  joncs  pris  en 
général  et  en  ma^se  peur  servir  de  litière. 

Joupi!  inicrj.  (Iri  ou  commandement  des  muletiers  pour 
faire  n-ntrcr  dans  les  rangs  le  mulet  qui  se  dévie. 

Jouqua,  e  JiieliiM",  piM'cher  sur  le  jucboir  ou  sur  une 
branche,  cuniuie  f.nt  l"s  oiseaux  pour  dormir. 

Dér.    pr.'b.iM'iii.'iii  dn  Int.   jt.ccrr,  par  le  changement 

(le  Jiir  en  Jour. 

Jouqrc.  s.  ui.,  on  Chouquc.  Tï  iquet,  mouvement  con- 
vuNlj'  (lu  iln|i|ir;ig'ne. 

L'flerii  -ni  '^ry  ;;ii:i.ine  parait  dominer  dans  la  formation 
de  ce  ii,..t,  ]■•  [•i.'.iiiit  l'ii  l.in,.'  tM  oii  fr.  \l\i  islandais,  IJixta, 
a\oir  1(^  liMiuci;  ;inc.  alkin.  Ifi.irn,  m.  sign.;  en  hollan- 
d.iis  et  en   danois,  n:/J:t>n.  a\oir  |e  bitquet;  on  anglais, 

llivrni:,j}i ,  (il   atlein.    Ilurhup,   ||0(pir't.  —  l'o»/.    Chouqué. 

Jour,  .V  m.  Di'ii.  Join  in'  J-'Up;  clarté,  lumière;  espace 
I  de  \ingl  (piilr'oii  de  i|.u/.e  beures;  épojpu!  indéterminée 
I  du  jiasM''  ou  (le  l'aM'iiir;  ji.iic,  jcnélie,  (ouverture  pnr  où  la 
I  clirlé  |n<^s.':  \ i^'e  oîiIi-imIcux  choses  mal  unies;  facilité, 
•  jjiovi  II  dt'  ji/'iiéirtM-.  —  Se  jwend  .1  j>eu  prés  dans  toutes  les 
I  accrjitioiis  (lu  fr.oK-ais. — jr^ur  f'ati,  au  déclin  du  jour. 
lùù  Jour,  le  jnm'  se  lèv(\  f'n  jour  et  i'ôoutre  nou,  de  deux 
jours  l'un.  Qwiouqun  Jour,  bvltou  ij  véjnlras.  p'^ut-Mre  un 
jour,  tu  y  parviendras,  jour  nnsscn,  fré  cousén,ti  inesuro 
I  ([ue  1<'S  jours  coiiiineiH'ent  h  croître,  on  décembre  et  jan- 
I  \ier,  le  fr.-id  ;iiig:ii -nie  de  rigueur.  Mous  magnas  vènou 
'  as  hiur  jouis,  mes  vtM"s-.'\-soie  arrivent  A  la  mue  au  hui- 
tième jour.  Me  topo  mous  jours,  il  ferme  mes  jours  de 
soullVance  ou  d'aspee.,  il  m'oblige  à  les  supprimer.  Faire 
soun  bon  jour,  recevoir  la  sainte  communion.  De  ma  vida 
et  de  mous  jours  f  excl.  de  surprise  :  de  ma  vie  ou  jamaisi 
Dér.  du  lat.  Diurnus. 

Jourga,  y.  Dijnner  des  coups  de  houssine;  sangler  nn 
coup  de  gaule. 
Dér.  de  Jor. 


JUÉ  . 


JUR 


419 


Joargnièlro,  s.  f.  Taillis  de  châtaigniers  sauvageons, 
qa*on  anaén.ige  par  coupes  réglées  tons  les  cinq  ans,  pour 
&ire  avec  les  jeunes  rejetons  des  cercles  de  futaille,  des 
«laies  à  sécher  les  châtaignes  et  toute  sorte  d'ustensiles 
tressés  d'éclisses. 

Jouriflado,  s.  f.  Œillet.  —  Yoy.  Girouftado. 

Joumado,  s.  f.  Dim.  Joumaiéto.  Journée;  espace  d'un 
jour  employé  au  travail  des  champs;  travail  ou  chemin 
qui  se  fait  dans  un  jour;  temps  depuis  le  lever  jusqu'au 
ooucber.  Ana'n  journado,  aller  travailler  chez  un  pro- 
priétaire à  la  journée.  Sàiqué  es  trop  fort  pér  ana'n  jour- 
nado, sans  doute  il  se  croit  trop  excellent  ouvrier  pour  se 
contenter  du  prix  de  la  journée  ordinaire,  il  ne  veut  tra- 
vailler qu'à  forfait,  à  ses  pièces.  À  pas  que  sajournadéto, 
le  pauvre  homme  n'a  que  le  prix  de  sa  journée  pour  nourrir 
sa  famille  ;  il  n'a  d'autre  gagne-pain  que  ses  bras.  Vigno 
dé  dès  joumados,  vigne  de  dix  journaux  de  piochage. 
N'avès  pér  bono  journado,  vous  avez  pour  une  bonne 
journée  de  marche.  Sèn  à  fi  dé  Journado,  nous  arrivons  à 
la  un  de  la  journée,  au  bout  du  travail. 

Joumâou,  s.  m.  Journal  de  labour,  quantité  de  terrain 
qu'un  seul  homme  peut  labourer  à  la  mare  ou  à  la  pioche 
en  un  jour. 

Journàou,  journal,  gazette  périodique,  quotidienne,  est 
une  importation  franchimando  que  les  besoins  nouveaux 
QOt  fait  admettre. 

louve,  s.  f.  Jeune  fille.  —  Ma  jouve,  ma  bonne  amie, 
cdle  que  je  fréquente  en  vue  du  mariage. 

On  dit  aussi  :  la  jouve  dé  maussu  un  tàou,  la  maltresse 
ea  titre  de  monsieur  tel. 

Dé^.  du  lat.  Juvenis,  jeune. 

Jouve,  adj.  des  deux  genres.  Dim.  Jouvéné;  augm. 
Jauvénas.  Jeune,  qui  a  de  la  jeunesse;  jouvenceau,  ado- 
ksceot;  jeunet,  presque  enfant,  pour  le  dim.;  et  à  l'augm. 
grand  garçon  qui  fait  encore  l'enfant.  —  Voy.  Jouine, 

JoQTén  (lou),  s.  m.  La  gent  juvénile,  la  jeunesse  d'un 
endroit  spécial,  prise  dans  son  ensemble. —  Voy.  Jat^nèsso. 

Déi,  du  lat.  Jnventus. 

Inèl,  5.  m.  Ivraie,  Loiium  perenne,  Linn.,  ivraie  vivace, 
et  Lolium  temulentum,  Linn.,  ivraie  enivrante,  plante  de 
la  fam.  des  Graminées,  qui  vient  dans  les  blés,  et  pro- 
duit une  petite  graine  noirâtre  qui  altère  la  qualité  du 
pain  et  peut  même  causer  i*ivres.se,  dit-on.  Toujours  est-il 
que  cette  opinion  est  fort  ancienne  et  générale,  puisque 
c'est  elle  qui  a  valu  à  la  plante  son  nom  fr.  Ivraie,  tra- 
duction évidente  du  lat.  Ebrius,  ou  Ebrietae,  ivre  on 
ÎTreise.  Une  opinion  encore  très-répandue,  quoique  peu  de 
personnes  en  aient  vu  la  justification,  c'est  que  les  ma- 
quignons qui  ont  quelques  bètes  rétives  ou  vicieuses,  les 
«livrent  avec  de  l'ivraie  avant  de  les  exposer  à  la  vente, 
«n  jonr  de  foire,  afin  de  dissimuler  leurs  vices;  car,  prfr- 
tend-on,  dans  cette  ivresse,  elles  deviennent  douces  comme 
des  agneaux.  Mais  on  comprend  difiEicilement  comment  ces 
trafiquants  peuvent  se  procurer  une  quantité  sufiisante 


d'ivraie,  on  qui  la  leur  fournit,  qui  s*amuse  à  ce  commerce 
et  à  ce  triage;  et  comment  le  maquignon,  en  achetant 
celte  ivraie,  ce  qui  doit  revenir  souvent  fort  cher  et  tou- 
jours suspect,  ne  craint  pas  les  mauvais  propos  du  public 
et  de  la  rivalité. 

En  ailem.  Loleh;  en  esclavon,  Lyuvly,  m.  sign.  Sau- 
vages et  autres  citent  Fe^^  celt.  m.  sign.,  comme  la  racine 
première. 

Jui,  s.  m.  Au  fém.  Juivo;  dim.  Juive.  Juif.  —  Voy. 
Jasiôou. 

Juï  est  du  patois;  Jasiôou,  du  languedocien. 

Juîè,  s.  m.  Juillet,  septième  mois  de  Tannée  actuelle,, 
composé  de  trente-un  jours. 

Dér.  du  lat.  julius,  m.  sign. 

Juja,  V.  Juger,  rendre  la  justice,  prononcer  un  juge- 
ment, une  condamnation;  apprécier;  conjecturer.  —  Jvjae 
un  pdou,  réfléchissez,  voyez  un  peu.  L'an  juja  àou  eapi- 
tâou,  on  l'a  condamné  à  mort,  on  a  prononcé  contre  lui 
la  peine  capitale. 

Dér.  du  lat.  Judicare,  m.  sign. 

Jujamén,  s.  m.  Jugement,  arrêt  de  justice.  —  Ne  s'em- 
ploie que  fort  mal  et  improprement  dans  le  sens  de  faculté 
d'appréciation,  esprit  judicieux. 

Juje,  s.  m.  Juge,  magistrat  préposé  pour  rendre  la  jus- 
tice; arbitre;  celui  qui  juge  de  quelque  chose. 

Jun,  s.  m.  Juin,  sixième  mois  de  l'année,  de  trente  jours. 

Dér.  du  lat.  Junius,  m.  sign. 

Jun  (en),  adv.  A  jeun,  sans  avoir  mangé  de  la  journée. 
—  Voy.  Èn-jun. 

Dér.  du  lat.  Jejunus. 

Juna,  t;.  Jeûner,  se  priver  d'aliments  pendant  un  certain 
temps;  manger  peu;  observer  les  jeunes  prescrits  par 
rÉglise.  Au  fig.  se  priver  de...  s'abstenir  forcément. 

Dér.  du  lat.  jejunare,  m.  sign. 

June,  t.  m.  Jeune,  abstinence  de  viande  ou  d'un  repas; 
jour  de  jeûne  ;  abstinence  commandée  ou  volontaire  d'ali- 
ments ou  de  plaisirs. 

Dér.  du  lat.  Jejumum,  m.  sign. 

Jura,  V.  Jurer  ;  prêter  serment  ;  afiîrmer  par  serment  ; 
prendre  le  nom  de  Dieu  ou  des  choses  saintes  à  témoin, 
comme  le  prohibe  l'article  %  du  Décalogue  ;  proférer  des 
paroles  obscènes;  blasphémer.  —  Jura  Dion,  jurer  par  le 
nom  de  Dieu. 

On  appelle  encore  un  jura,  un  prêtre  qui  avait  prêté 
serment  à  la  constitution  civile  du  clergé  par  l'Assemblée 
constituante  :  les  orthodoxes  refusaient  d'entendre  leur 
messe  et  de  recevoir  les  sacrements  administrés  par  eux. 

Vn  jura  est  aussi  un  membre  du  jury  institué  près  les 
cours  d*assises  ou  pour  l'expropriation  pour  cause  d'utilité 
publique. 

Dér.  du  lat.  Jurare,  m.  sign. 

Juraire,  airo,  adj.  Pég.  JuraSirus.  Qui  a  l'habitude  des 
blasphèmes,  des  jurons,  des  mots  obscènes. 

Inramèn,  «.  m.  Jurement;  serment  prêté  en  justice.  — 


A10 


KIL 


KIR 


N'est  pas  bon  lang.,  qui  pr(3fère  dans  la  seconde  accrplion 
Séramén,  et  qui  sait  se  passer  d'employer  le  mol  dans  la 
première. 

Jus,  .ç.  m.  Jus;  suc;  sauce;  suc  qu'on  tire  d'une  chose 
par  expression,  par  ébullition  ou  par  infusion. 

Dér.  du  lat.  Jus,  m.  sign. 

Jusclos,  s.  /*.  plur.  Longes  de  joug,  longues  lanières  de 
cuir  ou  courroies  au  moyen  desquelles  on  fixe  le  joug  sur 
la  tête  des  bœufs. 

Dèr.  du  lat.  Jugnlia,  m.  sign. 

Jusquo,  prép..  ou  Énjusquo.  Ju^^que,  pour  drsigner  le 
terme,  le  but,  la  fin  du  temps;  adv.  marque  l'excès,  le 
terme,  le  d^gré,  le  but. 

Justamén,  a  Iv.  Justomenl;  précisément;  c'est  cela  riièine. 

Juste,  .V.  m.  Corsage  de  jupe  qui  ne  tient  pas  avec  elle 
et  juste  ^  la  taille  et  aux  manches  :  ce  qui  lui  a  valu  son  nom. 


Juste,  justo,  adj.  Juste,  équitable,  qui  est  suivant  la 

justice;  conforme  au  droit  cl  à  la  raison;  exact;  trop 
étroit.  —  Pris  comme  subsl.,  un  juste,  un  bienheureux, 
celui  qui  a  bien  observé  la  loi  divine.  —  Coumo  dé  juste, 
comme  de  raison,  comme  il  convient.  Juste,  y  toumba$, 
vous  devinez  juste.  Mouri  juste,  mourir  sinon  insolvable, 
du  moins  ne  laisser  aucune  fortune.  Es  l'houro  justo,  c'est 
l'heure  exacte.  Aquélo  vèsto  es  bé  justo,  cette  veste  est 
bioiï  étroite  Juste  coumo  un  mantèl,  d'\c\ on  ironique  en 
parlant  d'un  vèîemont  qui  n'est  pas  précisément  à  pli  de 
corps,  qui  ^st  trop  large. 

Dér.  du  lat.  Jnstus, 

Juste,  adv.  Tout  juste;  justement;  précisément. 

Justice  ou  Justicio,  s.  f  Justice,  droit,  raison,  équité; 
la  justice,  ordre  judiciaire;  h  s  gens  de  justice. 

Dér.  du  lat.  Justicia,  m.  sign. 


K 


K,  s.  m.  K,  onzième  lettre  de  l'alphabet,  huitième  con- 
sonne ;  s'appelle  Ka. 

Celte  lettre  S'^Mit  ri^  )ur'^HSt'!iient  à  sup[iriiiior:  m.iis  il 
convient  de  lui  ouvrir  un  compte  pour  lui  attribuer  quel- 
ques mots  qu'on  ikî  pourrait  écrire  autrcuKMit  qu'avec  elle 
sans  déconcerter  l'u'il,  (\  fjui,  c  >iiiiiie  d'autres  termes  du 
systèriKMlécimal,  (Mit  bien  aussi  le  druii  de  I  oiii-i!*  nisie, 
depuis  que  la  liiMi.»,  île  pays  s'est  raceiutreie  et  qu'on  ne 
peut  plus  vendre  ù  la  livre  sans  être  .'i  ramejule.  Il  est 
vrai  qu'^  tous  les  inend-res  de  cette  famille  tant  soit  peu 
barbare  n'ont  point  et-'*  é</;iîfMii<'nl  aeeneillis  :  le  stère  et 
SOS  composés  ne  sont  p(ti!il  connus;  l'heetoiT.èli'e,  le  déra- 
mètre,  le  centiare,  li;  kilulilre,  IfMlécililre,  snnt  des  dix  i- 
siôiis  inn^itéf's,  et  toute  la  f)!in(:f^  biéraivliie  di\s  gi'.immes 
juscpi'au  déca  est  trop  p(Mi  de  chose  pour  «ju'nn  s'en 
occupe. 

Kilo,  s.  m.  >'om  générique  et  qui  signifie  mille  fois  la 
chose.  —  Ne  s'eiiqiloie,  ainsi  qu'en  fr.,  que  coniriie  abré- 
viation nou'.elle  de  hUotjnnnn.  —  Lt>u  nv't^-h/fo.  le  dcini- 
kilo,  représente  notre  livre  ordinaire.  Paha/a  snun  A/M, 
locution  iu>uvelle,  devenue  synonyme  d<î  Bubuhi  snun 
Idfjui,  tramer  le  poids,  le  boulet  de  son  cliairrin. 

Kilogramo,  .v.  m.  Ril(\L'ramme,  jnille  grammes;  moins 
en  usage  que  son  al)réviation  Kif^.  — •  L<\s  nouvelles  me- 
sures dont  le  rapport  avec  les  ancii^nnes  était  exact  et 
clair,  furent  assez  aisément  adoptées;  mais  il  n'en  fut  pas 
de  mémo  pour  le  kilogramme,  dont  le  rapport  avec  l'ancien 
poids  ne  se  rend  que  par  des  fractions  indéfinies,  et  est 
par  conséquent  difileile  A  saisir.  Aussi,  jusqu'à  ces  der- 
niers temps,  les  paysans  avaient  persisté  à  n'acheter  et 


vendn\  surtout  leur  prîr.eipale  récolte,  les  cocons,  qu*à  la 
li\n»,  anei'Mi  poids  du  pays.  Vint  1848;  alors  celte 
livre  {]o  e oeoiis  ne  \nlut  plus  que  75  ou  80  centimes. 
C'(''tnit  un  er/vi' cdMir  «le  livrer  ;\  ce  prix-là,  la  moitié  à 
p. Ml  piès  de  ce  «pTils  A'i.d.iienl  de  coutiiuje;  ils  cédèrent  à 
I  fr.  ÎK)  ç.  li^  kil.i.  C'était  la  même  chose,  la  bourse  n*y 
;;;"!'jii;iil  rjiii:  n.-is.  ri  inii.e  en  rrntiMnl  chez  eux  ils  sont 
dans  ri  al  ihjl<'  di'ii"  iiccr  le  prix  de  leur  vente  sans 
l'ai  II  r  de  ri.iiitc  de  p(  ids,  (jui  va  de  suite,  cette  fois  encore 
ils  pui'iit  dire  r.n  ohiOVe  ;  ssez  rend,  et  rhonneur  fut  sauf. 
l)epii>  (U  n'a  }tn>  li.ilé  ces  mareliés,  ainsi  que  tous  les 
autres,  iju'au  kilcgramme;  et  c'est  de  cette  époque  que 
date  sitn  ad- |  tien  délinitivt'.  Du  reste  on  a  bien  fait,  c^ 
les  ac|,.>i(iîis  [I  .ic;ii.''s,  qui  ét.iiejii  tenus  de  peser  avec  une 
romaine  étaluii.ée  «M  par  conséquent  au  nouveau  système, 
de\  lient  cnsuile  traduire  le  rendement  eu  petit  |>oids,  et 
la  traduciion.  était  ranMijeut  a  l'avantage  du  vendeur.  — 
Voij.  I.iouro. 

Kilomèstre,  s.  m.  Kilomètre,  n}ille  mètres.  —  Ainsi 
([ue  lions  l'aviMis  dit,  l'ahrcvi  ilion  In'/ù  ne  serait  pas  ici 
de  ii,i-e,  ear  v]\o  s'app-lique  exclusivement  au  kilogramo 
et  n'c\j  riii;e  (]ue  ce  mot. 

Kirièleïson,  s.  m.  Kyrie-eleison,  partie  de  la  messe  où 
l'on  invoijue  la  uiisériçorde  de  Dieu;  commencement  de* 
litanii^s. 

Cette  i)riére,  chantée  ou  prononcée  îi  haute  voix  et  sou- 
vent répétée,  en  a  rendu  la  formule  populaire  :  Texpres- 
si(»n  en  est  rendue  coin  nie  le  pouvait  la  langue. 

Dér.  du  gr.  Kuçm,  seigneur,  et  ''EXsiaov,  impér.,  ayei 
pitié. 


LA 


43t 


L 


L,  s.  f.  L,  neavième  des  consonnes  et  donzième  lettre 
de  Talphabet. 

Cette  consonne  est  classée  parmi  les  Lingtiales  à  cause 
de  son  articulation  produite  par  un  mouvement  particulier 
de  la  langue;  et  on  la  qualifie  aussi  de  Liquide,  pour 
exprimer  la  facilité  avec  laquelle  elle  se  coule  et  s'allie  au 
milieu  des  autres  consonnes. 

Elle  se  nomme  et  se  prononce  Ènlo;  et  cette  prononcia- 
tion se  reproduit  dans  presque  tous  les  mots  que  le  fr.  ter- 
mine en  aie,  allé,  ile,  ille  (non  mouillé),  olle,  ouïe;  soit  que 
notre  dialecte  les  lui  emprunte,  soit  qu'il  les  prenne  comme 
lui  à  une  source  commune  :  ex.  :  binlo,  panle,  tanle,  inlo, 
Baxinlo,  tranquinle,  facinle,  eoronlo,  morde,  utinle.  Serait- 
ce  par  suit«  de  cette  propension,  qui  leur  viendrait  du 
nom  et  de  la  nature  de  la  lettre  elle-même,  que  les  méri- 
dionaux mériteraient  le  reproche  adressé  à  leur  façon  de 
parler,  par  Sauvages,  de  prononcer  les  mois  français  où 
se  trouve  cette  articulation  en  y  intercalant  un  N,  et  de 
dire  vicieusement  inlustre,  inlumination ,  inlégitime,  au 
lien  de  illustre,  illumination,  illégitime?  Il  y  a  faute  sans 
doute  au  regard  du  langage  d*outre-Loire;  mais  le  Midi 
se  souvient  peut-être  que  dans  la  moyenne  latinité  on 
disait  de  même  vir  inluster  pour  vir  illuster;  et  le  nom  de 
sa  lettre,  comme  son  usage  et  son  articulation,  ne  seraient 
alors  qu'une  tradition  d'assez  bonne  origine,  qui,  pour  ne 
pouvoir  être  transposée  d'un  idiome  à  l'autre,  serait  loin 
d'être  condamnable  dans  le  nôtre.  C'est  une  différence  de 
plus  à  noter. 

n  en  est  une  autre  que  nos  remarques  sur  la  lettre  /ont 
pu  faire  pressentir,  et  qui  touche  à  l'orthographe,  cette 
représentation  de  la  prononciation.  Le  français  emploie, 
pour  figurer  certains  sons,  deux  II  précédés  d'un  t^  et 
appelle  cette  combinaison  l  moidllée  :  notre  dialecte 
n*admet  pas  cet  agencement  de  lettres  ni  les  variations  qui 
tantôt  les  laissent  simples  et  tantôt  les  redoublent.  Pour 
lui,  dans  les  cas  pareils,  la  labiale  ne  se  fait  pas  sentir; 
il  n'avait  donc  pas  à  l'introduire  ;  mais  la  mouillure  existe 
et  elle  a  dû  être  représentée  par  Vï  tréma,  qui  produit  le 
même  effet  sans  complications  :  ainsi  nous  écrivons  faniio, 
fto,  batato,  imbrouïo,  qui  correspondent  au  fr.  famille, 
fille,  bataille,  il  embrouille.  Notre  orthographe  obéit  par  là 
à  deux  règles  également  essentielles  :  écrire  comme  on 
l^rononoe  et  ne  pas  redoubler  des  lettres  qui  ne  sont  pas 
articulées. 

Sur  ce  point,  Sàttvagbs  a  fait  quelques  observations 


qu'on  nous  saura  gré  certainement  de  recueillir  :  nous 
nous  sommes  attaché,  plus  qu'il  ne  fait  peut-être  lui-même, 
à  sa  leçon,  qui  est  l'anatomie,  comme  il  le  dit,  ou  le  dé- 
veloppement de  cette  espèce  de  prononciation  : 

c  On  voit  dans  les  plus  anciens  manuscrits  langue- 
dociens, une  orthographe  particulière  dont  on  était  con- 
venu pour  mouiller  17,  qui  consistait  à  faire  suivre  cette 
lettre  d'une  h,  sans  y  joindre  la  voyelle  i,  quoiqu'on  la  fit 
sonner  dans  la  prononciation  ;  c'est  ainsi  qu'on  écrivait  : 
ulh,  falha,  nuvalhos,  ovelha,  malha  nigra,  et  bien  d'autres: 
orthographe  qui  ne  subsiste  plus  que  dans  les  n.  pr.  tels 
que  Troulhas,  Verdelhan,  Ventalhae,  Salhen,  Pâoulhac, 
Grefulho,  Lagulhon,  etc.,  qu'on  prononce  Troulias, 
Verdelian,  Ventaliac,  etc.  Les  gens  sensés  qui  portent  ces 
noms,  ont  été  d'autant  plus  jaloux  de  retenir  cette  ancienne 
orthographe,  que  les  altérations  qu'ils  s'y  seraient  per- 
mises, pour  se  rapprocher  du  français,  auraient  pu  donner 
des  atteintes  à  leurs  propriétés,  et  devenir  matière  à 
procès. 

«  Cette  orthographe,  au  reste,  pour  mouiller  Yl,  était 
aussi  peu  naturelle  que  celle  qui  est  usilée  en  français 
pour  certains  mots ,  tels  que  fille ,  famille ,  etc.,  qu'il 
serait  plus  simple  et  moins  sujet  à  éqmvoque  d'écrire 
comme  filie,  familie  :  c.-à-d.  en  mettant  un  i  après  une 
seule  l,  et  ne  faisant  qu'une  diphthongue  des  deux  der- 
nières voyelles  ie,  afin  qu'on  ne  prononçât  pas,  comme  on 
le  ferait  en  français,  famili-e,  en  séparant  ces  voyelles  qui 
devraient  être  jointes  en  une  vraie  diphthongue. 

«  Pour  mouiller  VI  en  français,  il  faut  nécessairement 
prononcer  comme  nous,  mais  faiblement,  nos  diphthongues 
aï,  ëi,  &i,  oui  et  ut^  et  ainsi  dans  bouilli,  par  ex.,  il  faut 
prononcer  notre  diphthongue  ouï  comme  nous  la  pronon- 
çons dans  ouire,  houirae.  » 

La,  pron,  relatif  et  article  fém.  sing.  La;  elle.  —  Le 
masc.  est  Lou;  au  plur.  Las.  —  La  fénno,  la  femme.  La 
véguère,  je  la  \\s,  Aïmo-la,  aime-la. 

Dér.  du  lat.  JUa  ou  Ea. 

La,  8.  m.  Dim.  Lachoù,  Lait,  liqueur  blanche  des 
mamelles;  suc  blanc  de  certaines  plantes.  —  Agnèl  dé  la, 
agneau  de  lait,  qui  n'a  encore  été  nourri  qu'en  tétant  sa 
mère.  —  On  disait  autrefois  Lach,  et  l'infiexion  ch  s'est 
conservée  dans  ses  composés. 

Dér.  du  lat.  Lae,  lactie,  m.  sign. 

La,  adv.  Assez,  suffisamment  ;  arrêtez-vous.  —  C*est 
une  locution  que  n'oublie  jamais  celui  à  qui  l'on  verse  à 

M. 


432 


LAG 


LÂM 


boire.  Mais  son  acception  ne  se  borne  pas  là,  et  on  rem- 
ploie ainsi  inteijectivement  pour  arrêter  la  continuation 
d*nn  acte  quelconque. 

Laboà,  «.  m.  Labour;  labourage;  œuvre  de  cbarrue  ou 
d*araire.  —  Aquélo  tèro  a  agu  dont  laboùs,  cette  terre  a 
reçu  deux  œuvres  de  labourage. 

Dér.  du  lat.  Labor,  travail,  œuvre. 

Lâcha,  V.  Lâcher;  abandonner;  laisser;  lâcher  pied; 
£ûre  le  lâche  ;  mettre  les  pouces  ;  détendre  ;  relâcher  les  liens. 

Dér.  du  lat.  Laxare,  m.  sign. 

Lachassoù.s.  m.,  ouLachéiroù  ou  Lachéto.  Laiteron, 
lauron,  laitue  sauvage,  Senchus  ohraeeus,  Linn.,  plante 
de  la  fam.  des  Ghicoracées,  cultivée  et  commune. 

Son  nom  lui  vient  de  ce  qu'en  la  coupant  elle  répand 
une  liqueur  qui  a  la  consistance  et  la  couleur  du  lait, 
Loch,  dit  autrefois  pour  La, 

Lâche,  lacho,  adj,  Péj.  Lâchas.  Lâche;  mauvais 
ouvrier,  sans  force  ou  sans  bonne  volonté;  mou,  amolli  ; 
détendu;  desserré.  —  Aquél  courdU  es  tro  loche,  ce  cordon 
n*est  pas  assez  serré. 

Dér.  du  lat.  Laxus,  m.  sign. 

Lachàîro,  s.  f.  Marchande  de  lait;  laitière;  qui  donne 
du  lait.  — Yaqw}  /acAA'ro,  vache  laitière.  Es  Ixmo  laehèïro, 
elle  a  beaucoup  de  lait. 

Lachéîroù,  s.  m.  Laiteron.  —  Voy.  Lachassoù. 

Lachén,  s.  m.  Porc,  cochon  de  lait,  jeune  pourceau.  — 
Dans  le  principe,  c'était  cette  dernière  espèce  que  Ton 
appelait  spécialement  Lachén;  aujourd'hui,  par  ext.,  on 
donne  ce  nom  aux  porcs  de  tout  âge. 

Dér.  de  Lach,  vieille  dénomination  de  lait. 

Lachéto,  s.  f.  Laiteron.  —  Voy.  Lachassoù, 

Lâchage,  <.  /.  Dim.  LachuguMo,  Laitue,  Xocfucatoliva, 
Linn.,  plante  de  la  fam.  des  Ghicoracées,  dont  on  cultive 
plusieurs  espèces  et  de  nombreuses  variétés  :  se  mange  en 
salade. 

Dér.  du  lat.  Lactuca,  venu  de  Lac,  lait. 

Ladre,  ladro,  adj.  Ladre,  lépreux;  atteint  de  ladrerie; 
au  fig.  avare,  fesse-mathieu  ;  insensible.  —  Un  por  ladre, 
un  cochon  ladre.  —  Voy,  sur  cette  maladie  de  la  race 
porcine,  l'article  Grano  dé  por, 

Ladrije,  «.  /*.  Ladrerie,  maladie  des  porcs;  au  fig.  ava- 
rice sordide,  cuistrerie;  vilenie. 

Lagagno,  s.  /.  Ophtalmie,  maladie  des  yeux;  humeur 
à  peu  près  semblable  à  de  la  cire  qui  coule  des  yeux; 
chassie. 

En  celtique  Laig;  en  bas-bret.  Lagad,  œil  ;  et  encore  en 
bas-bret.  Lagen,  bourbier. 

Lagagnoûs,  ouso,  adj.  Ghassieux;  qui  a  mal  aux  yeux; 
qui  a  les  yeux  larmoyants. 

Lagaîno,  s.  f.  Renoncule  des  champs,    Banunculus 
'arvensis,  Linn.,  plante  de  la  fam.  des  Renonculacées.  — 
On  donne  aussi  ce  nom  au  pissenlit. 

Lagrémuso,  s.  f.  Lézard  gris  des  murailles.  —  Voy. 
Béngloro, 


Lagni,  s.  m.  Ghagrin;  inquiétude;  souci  longeor, 
incessant;  ce  que  Horace  appelle  Atra  eura,  —  Rabala  un 
lagui,  traîner  avec  soi  un  chagrin  qui  monte  eu  croupe  et 
galope  avec  nous.  AquHo  éstofo  dura  à  lagui,  cette  étoffe 
est  d'une  telle  durée  qu'on  s'ennuie  à  la  porter. 

Dér.  du  lat.  Langor,  langueur,  tristesse,  ennui. 

Laguia»  v.  Ganser  de  la  peine;  donner  du  chagrin; 
tourmenter;  inquiéter. 

Se  laguia,  se  chagriner;  s'inquiéter. 

Laguia, ado,  jxirr.  pass.  et  adj.  Ghagrin;  inquiet;  tour- 
menté de  noires  préoccupations  ;  triste. 

Lai,  laide,  ady.  Dim.  Laïdé,  LaXdoù;  péjor.  Laidas; 
péjor.  rédup.  Laïdassas.  Laid;  difforme;  déplaisant;  hor- 
rible, abominable;  vilain  gros  laid.  Au  fig.  laid;  honteux; 
sordide. 

Laide,  laide,  adj.  Laid,  au  pr.  et  au  fig. 

Ges  deux  adjectifs  sont  absolument  identiques  et  s'em- 
ploient indifféremment  ;  s'il  peut  y  avoir  une  légère  difi^ 
rence  dans  l'usage,  c'est  que  Laïde  ne  se  place  guère  qu'à 
la  fin  d'un  membre  de  phrase.  On  dit  :  tov  eoumo  (ou  féca, 
laid  comme  le  péché,^et  non  laïde.  Gependant  le  second  ne 
serait  pas  une  faute.  Il  y  a  là  une  nuance  imperceptible. 

Dér.  du  lat.  Lœders,  blesser,  gâter,  endommager 

Laissa,  v.  Laisser;  délaisser;  quitter;  aimdonuer; 
céder;  permettre.  —  Fat  pas  véni,  laïsso  t'en,  tu  ne  veux 
pas  venir,  demeure,  tu  peux  t'en  dispenser.  LaUissén  oçnd- 
Uài,  laissons  cela,  brisons  là-dessus.  Laissas  un  pâou, 
permettez  un  moment. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Laxare,  m.  sign. 

LaisBO-m'ista,  s.  m.  Indolence;  mélancolie;  douillet- 
terie;  l'état  d'une  petite  maitresse\  à  Tair  dolent  et 
inquiet,  qui  a  ses  nerfs  ou  des  vapeurs. 

Ge  substantif  est  une  sorte  de  phrase  faite,  correspon- 
dant en  fr.  à  Laisse-moi  ici  ou  laisse-moi  tranquille.  Le 
mot  Isia  est  du  vieux  lang.  pris  des  adv.  lat.  Istac  ou 
tsiic,  ici  ou  par  ici,  ou  plutôt  du  verbe  Stare,  L'ital.  dit 
de  même  Lasciare  star, 

Laisso-m'isteÙB,  ouso,  adj.  Indolent;  maladif;  qui  a 
l'humeur  dolente. 

Lalà,  5.  m.  Dim.  Lalouté;  augm.  Laloutae,  Dada;  nom 
du  cheval  dans  le  langage  des  nourrices  et  des  enfants  qù 
commencent  à  baragouiner.  —  Il  est  à  remarquer  que 
presque  tous  les  mots  du  lexique  enfantin  ne  sont  que  des 
doublements  d'une  même  consonne,  ce  qui  les  rend  {rfos 
accessibles  à  l'oreille  et  à  la  langue  de  Tenfant,  qui,  de 
lui-même,  dans  la  composition  de  ces  mots,  n*emploie 
guère  qu'une  consonne  à  la  fois:  boubo,  papa,  marna* 
tété,  etc. 

Lambourde,  s.  f.  Masse  d'eau,  roseau  des  étangs»  Typha 
palustris,  Linn.,  plante  de  la  fam.  des  Thyphacées,  qui 
habite  dans  tous  les  lieux  marécageux. 

Lambmsqno,  s.  f.,  ou  Rimièiro.  Lambmsqae,  vigne 
sauvage,  Vitis  vinifera,  Linn.,  plante  de  la  lam.  des  sâr- 
mentacées,  qui  produit  des  raisins  à  grains  très-petits  et  on 


LAN 


LAN 


4% 


vin  un  pen  âpre,  mais  susceptible  d'une  certaine  bonifica- 
tion en  vieillissant. 

Dér.  da  lat.  Lambnuea,  m.  sign. 

Lamo,  s,  f.  Lame,  table  de  métal,  mince,  tranchante; 
lame  de  couteau,  d*ëpée,  etc.  —  Fino  lamo,  an  fig.  homme 
fin  et  rusé;  grand  diseur;  enjolenr.  Flaqwhiamo,  indolent, 
molasse,  apathique  ;  l&che  au  travail. 

Dér.  du  lat.  Lamina  ou  Lamna,  m.  sîgn. 

Lampa,  v.  Lamper;  boire;  siroter;  solfier. 

Dér.  du  lat.  Lamberê,  lécher. 

Lampése,  s.  f.  Lamproie,  sorte  d'anguille  de  mer,  Pe- 
tr€mizon,  Linn.,  poisson  de  Tordre  des  Trématropnés  et  de 
la  fam.  des  Cyclostomes.  On  en  connaît  de  plusieurs 
espèces  :  la  grande  lamproie  a  jusqu'à  un  mètre  de  long 
et  habite  principalement  la  mer  ;  on  en  trouve  dans  la 
Méditerranée.  La  plus  petite,  qui  ne  dépasse  pas  vingt- 
cinq  centimètres,  se  rencontre  dans  le  Gardon. 

Son  nom  scientifique  lat.  tiré  du  grec  Ilérpo^,  pierre,  et 
M^w,  je  suce,  Lamho  petras,  qui  a  formé  le  nom  fr.  et 
par  altération  le  lang.,  lui  vient  de  ce  que  la  lamproie 
s'attache  aux  pierres  avec  la  bouche  comme  ferait  une 
sangsue. 

Lampourdo,  «.  f.  Bardane,  glouteron;  hérisson,  tète  ou 
fruit  de  la  bardane;  Aretium  lappa,  Linn.,  plante  de  la 
fam.  des  composées  Cynarocéphales.  —  Le  hérisson  qui 
contient  sa  semence,  est  formé  de  petits  dards  qui  s'accro- 
chent au  poil  des  animaux  et  aux  cheveux,  et  s'y  enche- 
vêtrent en  un  instant  de  telle  façon  qu'on  ne  peut  plus 
les  arracher  qu'en  coupant.  Sauvages  remarque  que  cette 
faculté  de  s'accrocher  au  poil  des  animaux  doit  être  une 
prévision  du  Créateur  pour  porter  au  loin  la  semence  de  la 
plante,  comme  toutes  ces  semences  emplumées  que  le  vent 
transporte  et  multiplie. 

C'est  pour  cela  que  la  Lampourdo  est  encore  connue  vul- 
gairement sous  le  nom  de  Tiro-piou.  On  l'appelle  aussi 
Gafard  et  Ârapo-man.  — Voy.  c.  m. 

Dér.  du  gr.  Aa6erv,  prendre,  ou  selon  Théis,  du  celt. 
Uap,  main. 

Lana,  ado,  adj.  Laine,  laineux,  fourni  en  laine. 

Lanaje,  s.  m.  Toison;  lainage;  qualité  de  la  toison  des 
moutons  et  des  brebis;  récolte  de  la  laine. —  Aquél  troupèl 
a  un  pouli  lanaje,  ce  troupeau  a  une  belle  qualité  de 
laine. 

Lancé,  s.  m.  Lancis,  terme  d'architecture,  pierre  de  taille 
langue  et  étroite  mise  en  parement  au  jambage  d'une  porte, 
d'une  fenêtre,  reposant  sur  une  autre  plus  large  qui  s'en- 
fonce dans  l'épaisseur  et  se  nomme  Crouo,  —  V.  c.  m. 

Lancéja,  v.  fréq.  Donner  ou  éprouver  des  élancements 
douloureux.  —  Moun  dé  mé  laneéjo,  j'éprouve  au  doigt 
des  élancements  douloureux,  comme  dans  l'inflammation 
d'un  apostume. 

Dér.  de  Lanço,  parce  que  cette  douleur  ressemble  à  celle 
que  causerait  un  coup  de  lance  ou  d'une  lame  quelconque 
en  pénétrant  dans  les  chairs. 


Lancéjado,  s.  /*.  Élancement  douloureux  qu'on  éprouve 
au  foyer  d'une  inflammation  ou  apostume. 

Lancéto,  s.  f.  Lancette,  instrument  de  chirurgie,  com- 
posé d*une  lame  à  deux  tranchants,  montée  sur  une  chasse 
à  plaques  mobiles,  servant  à  saigner  les  veines;  en  terme 
de  filature,  va-et-vient  d'un  tour  à  filer  la  soie,  qui  est  un 
liteau  ou  une  règle  de  bois  mince,  ayant  un  mouvement 
direct  de  droite  à  gauche,  et  qui,  portant  une  petite  fiche 
à  anneau  où  passe  le  biin  de  soie,  le  distribue  dans  toute 
la  largeur  de  l'écheveau  et  l'empêche  de  s'appliquer  deux 
fois  de  suite  au  même  endroit,  ce  qui  ferait  coller  les 
divers  tours  du  brin  l'un  à  l'autre  et  nuirait  au  dévidage. 
—  Foy.  MarUa. 

Lanciso,  s.  f,  n.  pr.  de  lieu  commun  à  plusieurs  loca- 
lités. Lancise.  —  Signifie  dans  l'origine  un  rocher  ou  un 
terrain  taillés  à  pic 

Dér.  du  lat.  Incisus,  coupé,  tranché. 

Lancisolo,  j.  f.  n.  pr.  de  lieu  et  d'homme.  Lancisole. 

La  désinence  du  mot  en  fait  évidemment  un  diminutif 
du  précédent  Lanciso.  Appliqué  à  une  localité,  il  désigne 
une  coupure,  une  anfractaosité  moindre;  à  une  personne, 
c'est  un  habitant  de  l'endroit  dénommé. 

Landa,  v.  Ouvrir  une  porte  à  deux  battants.  —  Dans 
ce  sens,  il  est  identique  à  Alanda.  —  F.  c.  m. 

Se  landa  ou  Se  landra,  s'étendre  au  soleil  à  rien  faire 
comme  les  lazzaroni;  prendre  ses  aises;  fainéanter.  — Voy. 
Alanda. 

Landiè,  s.  m.  Landier,  gros  chenet  de  cuisine  en  fer  qui 
supporte  la  broche. 

En  allem.  Bandeiren,  en  angl.  Handiron,  pied  de  fer, 
de  Andes,  jambage.  Landiè  serait-il  pris  pour  Jambier,  ou 
bien  l'article  se  serait-il  joint  tout  simplement  au  radical 
Andes? 

Landoro,  s.  m.  Fainéant,  batteur  de  pavé. 

Landra  (Se),  v.  Fainéanter. —  Voy.  Se  landa. 

Landrin,  s.  m.  Péj.  Landrinas.  Grand  flandrin;  propre 
à  rien  ;  fainéant. 

Les  trois  mots  précédents,  formés  par  le  même  généra- 
teur, ont  d'intimes  rapports  pour  la  signification  et  une 
parenté  évidente  avec  Flandrin  et  Gandar.  —  Voy.  c.  m. 

Landuro,  s.  /.  Sorte  de  jeu  de  mot  qui  n'a  d'autre 
emploi  que  dans  la  phrase  suivante  :  Aqttà's  dé  mâou  dé 
landuro,  c'est  un  mal  auquel  il  n'y  a  rien  à  faire  que  de 
l'endurer.  Il  n'y  a  ici  qu'une  reproduction,  avec  une  légère 
variante,  de  la  phrase  faite  déjà  citée  :  Mdou  d'énduro.  — 
Voy.  Enduro. 

Lanéja,  v.  Porter,  produire  delà  laine. —  Se  dit  des  mon- 
tons et  brebis  qui  fournissent  plus  ou  moins  de  laine.  — 
Lous  bédigasses  an  pas  gaXre  lanéja  aquést'an,  les  moutons 
d'un  an  n'ont  guère  produit  de  laine  cette  année. 

Dér.  de  Lano. 

Laniios,  s.  f.  plur.  Futilités;  sornettes;  simagrées; 
mignardises  affectées  dans  les  manières  et  dans  les  paroles. 

Langé,  i .  m.  Danger,  péril.  —  Se  dit  mieux  que  Danjè 


424 


LAN 


LAN 


(V*  c.  m.]-  —  Lanjè  d'y  laissa  moun  fuu,  au  péril  de  mon 
nez  ;  danger  de  me  casser  le  nez  ;  je  devrais  m*y  casser  le 
nez.  Langé  /  crie-t-on  au  jeu  de  colin-maillard  ou  de  cli- 
gne-musette, quand  celui  qui  a  les  yeux  bandés  s'approche 
d'un  obstacle  ou  d*un  danger  quelconque. 

Corrupt.  du  fr.  Danger. 

Langéîroùs,  ouso,  adj.  Dangereux,  périlleux;  qui 
menace  d'un  danger  ;  qui  est  en  danger  de  mort.  —  Es  bé 
langéiroùs  que  l'cUroubarés  pas,  il  est  bien  à  craindre  que 
TOUS  ne  le  trouviez  pas.  Aqviél  malàoute  es  langéHroàs,  ce 
malade  est  en  danger  de  mort.  Crésès  que  siègue  lan- 
géiroiu?  vous  croyez  qu'il  est  dangereusement  malade,  en 
danger  de  mort? — Voy.  Danjétroùs. 

Langvd,  v.  S'ennuyer;  dépérir  d'ennui,  de  tristesse; 
éprouver  le  mal  du  pays.  — Les  habitants  de  la  campagne, 
les  femmes  et  les  enfants  surtout  sont  sujets  plus  que 
d'autres  à  cet  ennui,  à  ce  dégoût  nostalgique  lorsqu'ils 
changent  de  domicile  et  qu'ils  ne  rencontrent  plus  sous  la 
main  tous  leurs  objets  d'habitude  et  ne  voient  que  des 
sites,  des  horizons,  des  meubles  nouveaux,  des  figures 
nouvelles.  Se  garda  dé  langui,  se  désennuyer,  se  parer 
contre  l'ennui,  s'amuser,  se  distraire.  Languisse  dé  vous 
vémre,  il  me  tarde  de  vous  voir.  Mé  fdi  langui  pér  moun 
argén,  il  me  fait  attendre  mon  paiement.  Mé  languisse,  je 
m'ennuie  à  périr  :  je  ne  sais  que  devenir. 

Dér.  du  lat.  Languere,  m.  sign. 

Langnidouiro,  s.  f.  Séjour  triste  et  ennuyeux;  mo- 
ments d'ennui  et  de  découragement.  —  Y-aï  fa  dé  bravos 
languidouHros,  j'y  ai  éprouvé  de  longues  heures  d'ennui. 

Languimén,  5.  m.  Ennui,  abattement;  tristesse.  C'est 
une  variante  de  Languitudo, 

Languino,  s,  f.  Mélancolie;  tristesse;  découragement. 

Languissable,  ablo,  adj.  Eimuyeux,  qui  porte  à  l'en- 
nui, aux  regrets,  en  parlant  d'un  séjour,  d'une  localité.  — 
Lou  péis  es  pas  languissable,  le  pays  n'est  pas  désagréable  ; 
oh  ne  doit  pas  s'y  ennuyer. 

Languitudo,  s.  /*.  Ennui  ;  langueur  causée  par  la  maladie 
du  pays.  —  La  languitudo  m'arapo,  la  tristesse  me  saisit, 
la  nostalgie  me  gagne. 

Lanla,  adv.  Coussi-coussi ;  ni  trop  ni  trop  peu;  par-ci 
par-là;  là  là;  tout  doucement. 

Lanière,  terme  enfantin,  sans  signification  précise,  quand 
il  se  joint  à  Hupol  interj.  (V.  c.  m.),  mais  qui  semble 
avoir  plus  de  portée  dans  la  bouche  des  grandes  personnes 
•t  dans  cette  phrase  :  L'ai  manda  fa  lanlèro,  je  l'ai  envoyé 
paître.  Il  dissimule  alors  un  mot  plus  énergique,  qui  n'est 
pas  de  bon  goût. 

Lano,  s.  f.  Laine,  toison  des  brebis,  des  moutons,  des 
agneaux.  —  Lano  surjo,  lahie  surge,  crue,  laine  en  suin . 
D^Hu  dé  lano,  bas  de  laine. 

Dér.  du  lat.  Lana,  m.  sign. 

Lanfloinan,  5.  m.  Grand  escogriffe;  homme  de  hante 
tulle,  mal  charpenté.  —  C'est  un  sobriquet  que  nous 


donnons  volontiers  aux  Allemands  et  que  nous  avons 
emprunté  à  leur  langue,  Landsman,  homme  du  pays. 

Lantérgnè ,  <.  m.  Ferblantier,  et  plus  spécialement 
fabricant  on  marchand  de  lanternes,  qui  parcourt  les  mes 
et  les  chemins  en  colportant  toutes  sortes  d'ustensiles  de 
fer-blanc  et  de  fil  d'archal. 

Lantèméja,  v.  Lanterner,  muser;  lambiner;  faire  atten- 
dre; retarder;  différer;  s'occuper  de  bagatelles  lorsque  des 
affaires  plus  importantes  vous  appellent. 

Lanterne,  s,  f.  Lanterne,  boite  transparente  pour  en- 
fermer une  lumière. 

Dér.  du  lat.  Laiema,  de  Laiere,  cacher,  qui  cache  le 
feu. 

Lanu,  lanudo,  adj.  Laineux,  couvert  de  laine;  quia 
beaucoup  de  laine.  —  Lou  béstiâou  lanu,  les  bètes  à  laine, 
en  général. 

Lanaéjôea,  s.  m.  n.  pr.  de  lieu.  Lanuéjols,  commune 
de  Trêve,  arrondissement  du  Vigan  (Gard).  —  Il  ne  saurait 
y  avoir  aucun  doute  sur  la  signification  diminutive  que  la 
désinence  en  dou  pour  ol,  ois,  imprime  au  radical  :  il 
s'agit  certainement  d'un  objet,  d'un  lieu,  représenté  en 
petite  quantité,  de  petite  dimension,  de  moindre  abon- 
dance. Mais  le  radical  lui-même,  quel  est-il?  L'appellation 
au  moyen-âge  peut  fournir  des  éclaircissements.  M.  Ger- 
mer-Durand donne 'les  dates  des  anciens  titres  où  cette 
localité  est  mentionnée:  elle  avait  nom,  en  4150,  Faiêtœ 
de  Lanejol;  de  Lanoyol,  en  4463;  de  Noculis,  en  4467,  de 
Lanogo,  en  4474;  la  forme  Lanuejolz,  Lanuejol  et  Laniê- 
jol  se  trouve  dans  le  roman  de  4229  à  4257;  puis  le  latin 
reprend  VUla  de  NuogoUs,  en  4344,  e2e  Nuyolo  en  4324, 
de  Nugulo  en  4332;  la  dénomination  revient  à  Lanu^oUg 
en  4384,  pour  redonner  de  Nt^ulo  en  4446,  et  dire  La 
Nueiols  en  4582;  qui  ont  produit  en  tout  un  mot  la  forme 
actuelle.  On  aurait  pu  croire  d'abord  que  la  laine,  Lana, 
pouvait  entrer  dans  la  composition  du  nom  ;  mais  le  dimi- 
nutif se  prête  peu  à  cette  combinaison  pour  s'allier  avec  œ 
sens  de  laine. 

On  remarque  d'ailleurs  dans  le  latin  l'affectation  de 
s'écarter  de  cette  signification  de  Lana,  en  écrivant  le  naot 
sans  la  première  syllabe  caractéristique;  par  où  oa  est 
amené  à  une  autre  racine,  qui  est  sufiisamment  indiquée 
et  ne  peut  être  que  Nuces,  les  noix,  les  noyers  ;  oe  qui 
voudrait  dire,  pour  faire  raison  au  diminutif ,  on  petit 
lieu  planté  de  quelques  noyers,  où  se  trouvait  peut-être  on 
seul  noyer,  ou  bien  un  lieu  dans  lequel  les  noix  élaieni 
plus  petites.  Il  suivrait  de  là  que  l'article  la  serait  venu 
faire  corps  avec  le  mot  lui-même,  ce  qui  n'est  pas  rare 
dans  la  formation  des  noms. 

Quant  aux  analogies,  il  y  aurait  identité  parfaite  avec 
une  dénomination  d'une  ville  d'Espagne,  UanuaiUo,  et 
l'on  arriverait  aux  représentations  du  lat.  iVuotiun%  et  de 
la  bass.  lat.  Nugaretum,  Nogaredum,  champ  de  nojefSt 
passés  dans  le  lang.  avec  Nougaré,  Nougarido,  etc. 

Cependant  un  autre  radical  pourrait  peul-ètro  enooie 


I 


LAO 


LAP 


435 


èHe  pmposé,  dont  la  oonsonnance  an  moins  se  rapproche; 
ei  n  8i|niieation  ou  sa  raison  appellative  ne  manquerait 
pas  de  justesse  d'application.  En  gaulois,  Now  signifie 
Mairie,  comme  Noue  en  roman  :  nn  grand  nombre  de 
noms  de  lieux,  ayant  des  rapports  avec  le  nôtre,  tirent  de 
là  leur  origine  :  Noailles,  Moaillac,  Noyelle,  Nenilles,  etc. 

Notre  première  interprétation  nous  parait  préférable. 

LàOQÎè,  jèiro,  adj.  Léger,  au  physique  et  au  moral; 
plus  particulièrement  au  moral,  étourdi,  qui  no  sait  s'oc* 
cuper  de  rien  de  sérieux;  inconséquente,  en  parlant  d'une 
fille. 

Dér.  sans  doute  du  lat.  Levis,  m.  sign.,  mais  non  sans 
avoir  subi  des  altérations. 

LàOQJèiramén,  adv.  Légèrement,  avec  légèreté,  sans 
préméditation,  inconsidérément. 

lÂoajèiriîe,  s.  f.  Légèreté;  inconséquence;  manque 
d'aplomb,  de  bon  sens. 

Lâonra,  v.  Labourer  à  la  charme  ou  à  l'araire,  et  non 
à  la  mare  ou  à  la  bêche.  —  Làourou  pas  dé  col,  ils  ne 
vivent  pas  en  bonne  intelligence;  ils  sont  mal  d'accord; 
ils  sont  comme  deux  bètes  de  labour  qui  ne  peuvent  pas 
s'aoooapler. 

Dér.  du  lat.  Laborare,  travailler. 

Làourado,  s.  f.  Égratignure  longitudinale,  comme  celle 
que  fait  une  ronce  sur  la  peau  humaine  ;  estafilade  à  la 
peau. 

Lâimraîre,  s,  m.  Laboureur,  c.-à-d.  celui  qui  laboure 
lui-même  ;  valet  de  charrue,  dans  le  sens  de  son  sa  vol  r- 
Daire  et  de  son  adresse.  —  N'a  rien  de  commun  avec  le 
laboureur  en  fr.,  qui  est  un  chef  de  ferme,  exploitant  en 
gvtnd. 

lAonraie,  <.  m.  Labourage  ;  manière  dont  une  terre  est 
labourée;  quantité  de  terrain  labourable  dans  un  domaine. 
—  y-a  /KM  gj'an  Idouraje,  il  n'y  a  pas  une  grande  étendue 
de  terrain  susceptible  d'être  labourée. 

Lâonréîa,  v.  fréq.  Labourer  légèrement;  effleurer  la 
terre. 

Lâouriè,  s.  m.  Dim.  Ldourièïré.  Laurier,  laurier  franc, 
laurier  commun,  Laurtis  nobilis,  Linn.,  arbre  de  la  fam. 
des  Lauriacées,  naturalisé  depuis  longtemps  dans  le  Midi 
avec  ses  nombreuses  variétés. 

Le  laurier  est  en  grande  affection  ou  vénération  parmi 
la  population  rurale,  soit  comme  fournissant  un  assaisonne- 
muit  et  servant  d'épices  à  presque  tous  les  ragoûts,  soit  parce 
qu'il  loi  offre  des  palmes  pour  le  dimanche  des  Rameaux, 
qui  en  ùàl  un  laurier  bénit,  conservé  au  chevet  du  lit.  — 
Émpourta  lou  Idouriè,  obtenir  la  palme.  Èmpourtara  pas 
Um  lâouriè  d'aquélo  afdirs,  il  n'aura  pas  le  dessus  dans  ce 
procès.  Planta  lou  Idouriè,  couronner  d'un  laurier  ou  d'une 
branche  enguirlandée,  le  faite  d'un  e  construction  qui  vient 
d*être  achevée  :  petite  fête  ou  cérémonie  qne  l'on  arrose  en 
payant  aux  ouvriers  une  étrenne. 

Dér.  du  lat  Laurus,  m.  sign. 

Lâouriolo,  f.  A  Lauréole,  garou,  Daphne  thymalaa. 


Linn.,  plante  de  la  fam.  des  Thymelées.  —  Le  laurier- 
thym  des  jardins  est  de  la  même  famille;  peut-être  le 
garou,  LdourUdo,  n'a-t-il  d'autre  différence  avec  lui  que 
d'être  sauvageon  et  agreste. 

Lâouriôou  (Fige-).  —  Yoy.  Figo-Lûouriéou. 

Lâoaaas,  s.  m.  Augm.  de  Ldouso.  Grande  pierre  plate; 
grand  pertennement  de  schiste  à  la  superficie  d'un  terrain^ 
qui  s'exfolie  ou  se  lève  par  couches. 

Làouséro  ou  Aouséro ,  s,  f.,  n.  p.  de  lieu.  Lozère  ;. 
montagnes,  pays  de  la  Lozère,  au  nord  d'Alais.  —  Voy, 
Aouséro, 

Celte  variante  du  nom  nous  parait  en  être  la  forme  pri- 
mitive dérivée  de  Ldouso,  On  dit  très-bien  sus  Ldouséro, 
sur  les  montagnes  de  la  Lozère  ;  dMr  Làouséro,  vers  la 
Lozère,  sans  l'article  et  en  un  seul  mot,  comme  Ldouso; 
mais  le  nom  était  connu  des  anciens.  Strabon,  César,  Pline, 
citent  les  Lesurœ  montes  ;  c'est  de  là  que  Rome  tirait  les 
fromages  tant  appréciés  des  gourmands  {Voy,  FroumajeJ, 
Des  dénominations  encore  existantes  en  divers  lieux  attes- 
tent le  passage  des  légions  à  la  suite  du  grand  vainqueur 
des  Gaules.  Le  mot  Lesura  était  donc  répandu,  et  son 
rapproclicment  de  celui  de  Lozère  prouve  qu'il  s'est  con- 
servé ;  mais  les  Romains  n'avaient  pas  inventé  l'appellation 
géographique;  ils  n'avaient  pu  la  prendre  que  dans  la 
langue  nationale  et  ils  l'avaient  latinisée.  Il  devrait  donc 
se  trouver  dans  le  celtique  un  mot  ressemblant  de  forme 
et  de  consonnanœ  appliqué  à  ces  hautes  montagnes,  adopté 
dans  le  pays,  que  les  conquérants  firent  passer  dans  leur 
langue.  Ce  mot  était-il  le  gaulois  Lawr,  pavé,  répondant 
à  LâoiLso,  dalle,  actuel?  C'est  possible;  mais  le  latin 
aurait  quelque  peu  défiguré  peut-être  la  prononciation  en 
rcinplnrant  l'a  par  un  e,  et  le  lang.  l'aurait  ramené  au  son 
primitif  et  à  sa  signification  ancienne.  A  la  vérité,  on 
trouve  dans  le  grec  Aaoç  ou  Xdaoç,  pierre,  rocher,  qui 
pourrait  avoir  donné  Ldouso  et  Ldouséro, 

Lâonsérô  ou  Aouséro,  s,  m.  et  àdj.  Au  fém.  Lâouséroto; 
Lozerot,  Lozérien,  habitant  des  montagnes,  du  pays  de  la 
Lozère.  —  Voy.  Aomérà. 

Lâouséto,  s.  f.  Alouette  des  champs,  Alanda  arvensis, 
Linn. — Voy.  Alouèto,  dont  le  nom  Lâouséto  n'est  qu'une 
corrupt. 

Lâonsisso,  s,  f.  Amas,  dépôt,  tis  de  lûousos, 

Làouso,  s.  f.  Dim.  Lâouséto;  augm.  Ldousas,  Pierre 
plate  et  mince,  relativement  à  sa  surface.  —  Dans  les 
hautes  Ce  vannes,  on  en  couvre  les  maisons  comme  avec 
l'ardoise  ;  mais  l'épaisseur  est  beaucoup  plus  considérable, 
ce  qui  surcharge  excessivement  les  couverts  et  exige  l'em- 
ploi d'un  bois  très-fort  pour  la  charpente.  Ces  sortes  d'ar- 
doises, qu'on  devrait  appeler  plutôt  dalles,  sont  en  gtaéral 
en  mica-schiste. 

Les  étymologistes  font  dériver  ce  mot  du  celt.  Lamr,. 
pavé,  ou  de  la  basa.  lat.  Lcutrum;  mieux  encore  peut-être 
ds  gr.  AôuK  ou  Xdoaç,  pierre,  rocher,  contr.  de  Xâoc,  m.  sign. 

Lapaa,  s,  m.  Augm.  de  Lapo.  Large  bourbier;  larg» 


436 


LAR 


LAS 


dépôt  de  limon  au  bord  d'une  rivière,  où,  après  une  forte 
plaie  ou  une  inondation,  gens  et  bêtes  s'enfonceraient  quel- 
quefois jusqu'à  moitié  du  corps,  et  cela  d'autant  plus  aisé- 
ment qu'il  se  forme  k  la  surface  une  croûte  sablonneuse 
qui  a  une  certaine  apparence  de  solidité. 

Lapignëîro,  s-  /^.  Clapier,  enclos  couvert  ou  découvert 
où  l'on  nourrit  et  l'on  fait  multiplier  des  lapins. 

Lapin,  s.  m.  Dim.  Lapiné,  Lapina;  augm.  Lapinai. 
Lapin,  sauvage  ou  domestique,  Leput  eunieulus,  Linn., 
mammifère  unguiculé  de  la  fam.  des  Rongeurs.  —  H  con- 
vient de  dire  en  passant  que  ce  qu'on  appelle  communé- 
ment ici  un  lapin  de  garenne  n'est  autre  chose  qu'un  lapin 
de  clapier,  réduit  étroit  et  infect  où  le  pauvre  animal  est 
condamné  au  chou  à  perpétuité.  En  empruntant  le  mot  au 
fr.  le  languedocien  en  a  tout  à  fait  modifié  le  sens,  et  c'est 
aux  dimensions  du  clapier  qu'il  a  réduit  la  garenne,  vaste 
enclos,  bois  menu  fermé  de  murs,  où  le  lapin,  prisonnier 
sans  s'en  douter,  a  toutes  les  facultés,  la  nourriture,  les 
habitudes  et  ce  qui  vaut  mieux  encore,  le  goût  du  lapin 
sauvage. 

On  dit  :  un  lapin,  un  bon  lapin,  pour  un  fameux  luron, 
un  bon  compagnon,  hardi,  solide.  —  Uno  lapino,  lapine, 
une  femme  féconde,  qui  fait  beaucoup  d'enfants.  Lou  co 
ddou  lapin,  le  coup  du  lapin,  coup  sur  la  nuque  qui  abat 
son  homme,  dans  le  genre  de  celui  qu'on  applique  aux  lapins. 

Lapina,  v.  Mettre  bas,  en  parlant  des  lapins. 

Lapinado,  s.  f.  Portée  d'un  lapin  femelle;  quantité  de 
petits  qu'elle  met  bas  dans  une  portée. 

Lapino,  $.  f.  Dim.  Lapinéto;  augm.  Lapinasso.  Femelle 
du  lapin,  lapine.  Au  fig.  femme  très-féconde. 

Lapo,  s.  f.  Boue  provenue  d'mie  alluvion,  du  déborde- 
ment des  eaux  d'une  rivière,  d'un  torrent,  composée  de 
menu  sable  et  de  limon,  ce  qui  la  distingue  de  la  Eango, 
qui  est  produite  par  toute  sorte  de  matières  triturées  et 
délayées,  comme  celle  des  rues  et  des  routes. 

Laqua  (Se),  v.  Se  vautrer  dans  la  boue  liquide,  à  la 
façon  des  pourceaux  ;  barboter,  se  crotter  dans  la  fange. 

Lar,  s.  m.  Dim.  Lardé;  augm.  Lardât.  Lard,  graisse 
ferme  du  porc,  entre  la  chair  et  la  peau;  en  général,  graisse, 
partie  adipeuse  de  la  chair,  appliqué  à  l'homme  comme 
au  cochon.  —  Se  laUso  pas  manja  soun  lar,  il  sait  tirer 
son  épingle  du  jeu.  Ésténdre  soun  lar,  s'étendre,  se  coucher 
pour  fainéanter  ou  pour  dormir.  Faire  dé  lar,  s'engraisser 
à  ne  rien  faire. 

Dér.  du  lat.  Lardum,  m.  sign. 

Lar,  adv.  du  v.  lang.  Largement;  libéralement.  —  N'est 
guère  usité  que  dans  ce  vieux  dicton,  toujours  employé 
tant  il  est  juste  :  Lou  bon  Diou  pago  tar,  mais  pago  lar, 
la  justice  de  Dieu  se  fait  quelquefois  attendre,  mais  alors 
elle  est  sévère. 

Larda,  v.  Larder;  mettre  des  lardons;  piquer  de  lar- 
dons ;  habiller  une  volaille,  en  terme  de  cuisine.  Au  fig. 
percer  de  coups;  piquer;  embrocher,  traverser  comme  avec 
une  lardoire. 


Larda,  s.  m.,  ou  Game.  Espèce  de  raisin.  ^Foy.  Game. 

Lardièîréto,  s.  f.,  ou  Lardièiro.  Mésange.  — -  Tby.  Xof 
giuOiréltn. 

Lardon,  s.  m.  Lardon;  morceau,  aignilleite  de  lard.  An 
fig.  mot  piquant,  brocard. 

Lardonîro,  s.  f.  Lardoire,  instrument  pour  banler  et 
piquer  la  viande. 

Largan,  auto,  adj.  Généreux,  libéral;  qui  rend  laige- 
ment  un  service. 

Dér.  du  lat.  Largus,  m.  sign.  En  itai.  Largo, 

Larguiè,  «.m.  n.  pr.  d'homme.  Au  fém.  Larguièiro; 
dim.  Largui^ré.  Larguier.  —  Est,  d'après  Sàuvacbs,  une 
corrupt.  de  Larquiè,  par  la  liaison  de  l'article,  mot  du 
v.  lang.  signifiant  archer,  dér.  du  lat.  Artarius. 

Larguièiréto,  s.  f.,  ou  Sènsérigaîo.  Mésange  bleue, 
Farus  cœruleus,  Linn.,  oiseau  de  l'ordre  des  Passereaux 
et  de  la  fam.  des  Subulirostres  :  tète  noire  et  blanche  avec 
calotte  azurée  ;  le  dessus  du  corps  cendré  olivâtre,  le  des- 
sous d'un  beau  jaune;  gorge  et  ailes  blanches.  —  Le  lan- 
guedocien a  voulu  par  des  diminutifs  exprimer  la  petitesse 
de  ce  joli  oiseau  qui  n'est  guère  plus  grand  que  le  roitelet; 
du  catalogue  de  ses  noms  on  peut  enlever  LardiUro  ou 
Larguiè'iro,  pour  le  donner  à  la  grosse  mésange  qu'on 
appelle  aussi  Siràiè.  —  Voy.  c.  m. 

Larie,.larjo,  adj.  Large;  ample;  qui  n'est  pas  étroit 
Au  fig.  libéral,  généreux.  —  A  la  maneho  larjo,  il  est 
facile,  tolérant,  bon,  complaisant;  il  a  la  manche  large. 

Dér.  du  lat.  Largus,  m.  sign. 

Larjoù,  5.  f.  Largeur,  dimension  d'un  c6té  à  l'autre 
d'une  chose. 

Larméja,  v.  fréq.  Pleurnicher;  larmoyer;  pleorer  sans 
grosses  ni  bien  vraies  larmes.  Au  fig.  suinter,  laisser 
tomber  des  gouttes  d'humidité. 

Dér.  dujat.  Lacrgmare. 

Larmo,  5.  f.  Larme,  pleurs;  goutte  d'eau  qui  sort  de 
l'œil  ;  goutte  d'un  liquide,  d'une  liqueur. 

Dér.  par  contract.  du  lat.  Ijaeryma. 

Las,  art.  fém.  plur.  de  La.  Les. 

Las,  s.  m.  Lac,  lacet  ou  collet,  piège  pour  prendre  des 
oiseaux,  formé  d'un  fil  ou  d'un  lacet. 

Dér.  du  lat.  Laqueus,  m.  sign. 

Las,  lasso,  adj.  Las,  fatigué;  accablé  de  fatigue.  —  Sa 
bien  préne  las  Uibres  lassos,  il  sait  prendre  les  lièvres  par 
lassitude  :  on  le  dit  d'un  usurier  qui  tend  ses  filets  aux 
gens  obérés,  qui  ne  trouvent  plus  de  crédit  que  dans 
l'usure.  Es  las  dé  bien  faïr$,  il  s'ennuie  de  bien  Caire. 

Dér.  du  lat.  Lassus,  m.  sign. 

Lassa,  v.  Lasser,  fatiguer  ;  ennuyer,  importuner  à  force 
d'assiduités. 

Se  lassa,  se  lasser,  se  fatiguer;  prendre  du  dégoût  pour 
une  chose,  se  dégoûter. 

Dér.  du  lat.  Lassare,  m.  sign. 

Lassije,  s.  f.  Lassitude,  fatigue,  état  d'une  personne 
lasse;  dégoût;  abattement. 


LE 


LÈD 


427 


Latat,  «.  m.  Aagm.  de  Laio.  Grande  et  longue  iatle, 
pièce  de  boi$  longue,  mince,  étroite  et  plate. 

Lati,  s.  m.,  ou  Latis.  Latin,  le  latin,  langue  latine,  parler 
ou  langage  latin. 

Latiniste ,  s,  m.  Écolier,  collégien  arrivé  aux  classes 
de  latin. 

Lato,  s,  f.  Dim.  Latéto;  angm.  Latauo.  Gaule,  perche, 
hrin  de  bois  de  trois  ou  quatre  mètres,  dont  on  se  sert  soit 
comme  écbalas,  soit  pour  la  vigne  plantée  en  CavaXoùs.  — 
F.  c.  m. 

Ce  terme  ne  doit  pas  être  confondu  avec  le  mot  fr.  Latte, 
qui  se  dit  Douèlo,  —  V,  c.  m. 

En  gallois,  Lath,  m.  sign.  Mais  ne  viendrait-il  pas  aussi 
bien  du  part.  pass.  du  v.  lat.  Fero,  Laiu$,  porté,  qui 
porte? 

Lava,  V.  Laver,  nettoyer  avec  de  Teau;  purifier. —  Lava 
«n  ffoybéU,  rincer  un  verre.  Lava  lou  péHuoù,  la  viando, 
faire  d^orger  le  poisson,  la  viande.  Lava  dé  linge,  laver 
du  linge  ;  simplement  Lava,  sous-entend  le  plus  souvent  la 
pensée  de  laver  du  linge.  Lava  sas  mans,  se  laver  les 
mains. 

Lava  signifie  encore  :  vendre  à  perte  un  objet  que  l'on 
avait  acheté  pour  le  garder;  dissiper  étourdiment  son  bien 
en  l'engageant,  en  le  vendant.  —  A  lava  sa  mostro,  il  a 
mis  sa  montre  à  la  lessive,  c.-à-d.  il  Ta  vendue  et  en  a 
mangé  le  prix.  A  toui  lava,  il  a  mangé  tout  son  avoir. 
Cette  acception,  qui  n'est  pas  cependant  récente,  nous 
parait  une  importation  de  Targot  français. 

Dér.  du  lat.  Lavare,  m.  sign. 

Laradoù,  s.  m.  Lavoir  public;  endroit  sur  le  bord  d'ime 
rivière,  non  disposé  particulièrement  à  cet  usage,  mais 
commode  pour  laver  le  linge. 

Laragna,  V.  Flatter;  caresser;  amadouer;  adoucir  une 
personne  chagrine  ou  irritée. 

Laragnaîre,  ûro,  adj.  Caressant;  flatteur,  enjôleur. 

Lavttro,  s.  f.  Laveuse;  blanchisseuse. 

LaTa]e,  s-  m.  Lavage;  linge  fraîchement  lavé  et  non 
encore  sec;  breuvage  trop  étendu  d'eau;  vin  trop  trempé, 
ressemblant  à  de  la  rinçure  de  bouteille;  potage  beaucoup 
trop  allongé. 

Lavamén,  s.  m.  Lavement;  clystère,  remède. 

Lararido,  s.  f.  Boue  occasionnée  par  le  dégel. 

Larassi,  i.  m.  Pluie  torrentielle,  qui  lave  tout  à  grande 
eau.  Par  restriction,  et  plus  expressif  que  Lavaje,  vin, 
bouillon,  tisane,  sauce,  où  Ton  a  mis  trop  d'eau. —  Lavassi 
di  plous,  torrent  de  pleurs,  déluge  de  larmes. 

LaTO-pè,  s.  m.  Grand  vase  de  terre  ou  de  métal  servant 
a  se  laver  les  pieds. 

Lé,  s.  m.  Cochonnet,  but;  terme  de  jeu  de  boules  ou  de 
palets;  boule  plus  petite  que  les  autres |qui  sert  de  but; 
petit  palet  qui  fait  le  même  office.  —  Avédre  ou  tène  lou 
li,  tenir  le  haut  du  pavé,  le  dé  dans  la  conversation  ;  être 
le  premier  personnage  d'une  réunion.  Cela  vient  de  ce  que 
au   eu  de  boules,  celui  qui  tient  le  but  ou  cochonnet,  le 


jette  ainsi  qu'il  l'entend,  près  ou  loin,  et  oblige  les  autres 
joueurs  à  faire  ce  qu'il  veut,  à  lui  céder. 

Lébràou,  s,  m.  Dim.  Lélnrâoudoù,  Levreau,  jeune  lièvre; 
petit  du  lièvre. 

Lèbre,  5.  /:  Dim.  Lébréto;  augm.  Lébraias,  s.  m.  Lièvre, 
Lepus,  Linn.,  mammifère  onguiculé  de  la  fam.  des  Ron- 
geurs, trop  connu  pour  être  plus  amplement  décrit.  — 
Tèsto  dé  lèbre,  tête  éventée  et  sans  mémoire.  Vno  lébréto, 
xme  jeune  fille  fort  éveillée,  égrillarde. 

Dér.  du  lat.  Lepus,  leporis,  m.  sign. 

Lébriè,  s.  m.  Lévrier,  chien-levrier  ;  chien  de  chasse 
pour  les  lièvres.  —  Afama  eoumo  un  lébriè,  affamé  comme 
un  chasseur. 

Lédignan,  s,  m.  n.  pr.  de  lieu.  Lédignan,  cheMieu  de 
canton  dans  l'arrondissement  d'Alais. 

Ce  n'est  pas  tout  à  fait  l'étymologie  de  ce  nom  qui 
appelle  particulièrement  notre  attention  :  elle  est  du  reste 
assez  difficile  et  peu  claire.  Serait-elle  prise  du  vieux  mot 
Lédo  ou  Lèoudo,  en  lat.  Leudum,  Leude,  droit  de  hallage, 
ou  péage  payé  aux  seigneurs  pour  un  passage  ;  ou  viendrait- 
elle  d'un  nom  d'bomme;  ici  désignant  un  propriétaire 
appelé  Ledut  ou  Ledinus,  ou  Ledinius,  possesseur  d'un 
domaine  devenu  plus  tard  un  centre  d'agglomération;  là 
signifiant  peut-être  le  lieu  où  se  percevait  un  droit  de 
leude,  à  la  limite  de  deux  héritages  seigneuriaux?  I^a 
question  est  indifférente  à  la  composition  du  mot,  qui 
indique  par  sa  désinence  un  sens  de  provenance,  d'appar- 
tenance ou  d'attribution;  et  c'est  cette  finale  surtout  qui 
nous  fait  insister. 

Sur  la  première  partie  du  mot,  si  les  conjectures  sont 
permises,  si  même  l'incertitude  domine  à  propos  de  sa 
véritable  racine  significative,  sur  sa  terminaison  il' ne 
saurait  y  avoir  doute.  Disons-le  donc  tout  de  suite,  ce  qui 
dans  ce  nom  mérite  d'être  remarqué,  c'est  sa  forme  d'abord 
qui,  bien  que  témoignant  d'une  provenance  purement 
latine,  garde  cependant,  par  le  ^  mouillé,  une  saveur 
très-franche  du  vieux  crû  celtique  ;  puis  ce  sont  les  ana- 
logies que  sa  désinence  fait  naître  avec  les  suffixes  déjà 
étudiés,  et  qui  doivent  la  faire  classer  par  droit  de  parenté 
dans  cette  grande  famille  issue  des  primitifs  Ac  =  Be, 
s'alliant  avec  le  latin  qui  s'impose,  déclinant  et  se  contrac- 
tant avec  la  moyenne  latinité,  et  par  les  variantes  romanes 
arrivant  à  la  langue  d'Oc,  sans  avoir  trop  perdu  des 
anciennes  empreintes  au  point  d'être  entièrement  mécon- 
naissable. 

Lédignan  est  mentionné  pour  la  première  fois,  à  notre 
connaissance,  dans  une  donation  faite  par  deux  frères, 
seigneurs  de  Sauve  et  d'Anduze,  en  4042,  où  il  est  écrit 
de  Laninhan;  il  se  retrouve,  en  4052,  dans  le  testament 
de  l'un  desdîts  seigneurs,  avec  la  variante  de  Ledinhano; 
du  XIII*  au  XV«  siècle,  il  reparait  en  Ladinanum,  de 
Leodinhaeo,  de  Ledinhano,  et  ledinhanum,  pour  se  fixer 
en  Lédignan,  en  4435  et  4539,  comme  aujourd'hui,  sans 
autre  changement  important. 


438 


LED 


LÉD 


On  le  voit,  la  terminaison  latine  en  anut,  anum,  est  la 
pins  persistante;  mais  elle  n*a  pas  empècbô  le  gaulois  Ae 
latinisé  de  se  montrer  sons  la  forme  de  Leodinhaeo.  La 
consonnance  originelle  d'ailleurs  persévère  à  tous  les  âges 
du  mot,  qu'elle  s'exprime  par  le  nh  qui  mouille  la  syllabe, 
ott  qu*elle  prenne  le  gn,  sa  forme  la  plus  ordinaire  :  les 
deux  modes  d'orthographe  et  de  prononciation  étant  éga- 
lement usités,  comme  on  sait. 

Le  nouveau  suffixe  se  dégage  avec  netteté:  c'est  une 
variété  caractéristique  pour  désigner  la  provenance,  pour 
donner  au  radical  un  sens  de  propriété,  d'appartenance, 
pour  l'adjectiver,  ou  faire  d'un  nom  d*homme  le  nom  d'un 
domaine  qu'il  possédait.  C'est  à  cet  emploi  que  servait 
chez  nos  ancêtres  leur  suffixe  Ae,  dont  un  ressouvenir  se 
décèle  ici,  et  ce  que  faisait  aussi  le  suffixe  latin  anus, 
anum,  traduit  par  an,  ane,  et  se  métamorphosant  ensuite 
par  l'intervention  du  génitif  et  de  la  syllabe  Ni,  en  une 
cadence  nasalisée  ou  adoucie  par  la  mouillure  du  g  gaulois, 
et  passant,  suivant  certaines  prédispositions  ethniques,  en 
Agne,  Egnê,  Igné,  Igné,  Igny,  transformés  en  Ange,  Inge, 
et  Anigue,  Anègues,  Aniehe,  Anche,  Enehe,  avant  d'at- 
teindre dans  les  régions  méridionales  Argues,  Ergues,  Or- 
gues, qui  en  définitive  correspondent  à  toutes  ces  variantes 
et  dont  la  filiation  est  certaine.  Ignan  appartient  à  la 
même  catégorie  de  suffixes.  La  conséquence  forcée  est 
donc  que  cette  terminaison  imprime  au  radical  qui  la 
porte  la  même  signification  adjective  qui  est  donnée  par 
ses  congénères. 

La  vérité  de  cette  déduction  se  démontre  mieux  par  le 
rapprochement  de  quelques  noms  à  finale  identique,  et  sur 
lesquels  la  succession  des  variantes  se  laisse  mieux  aper- 
cevoir. A  part  Lieinianus,  lat.,  qui  a  donné  Lézignan,  dans 
l'Aude,  Lesignana  et  Lesignano,  en  Italie;  Lucinianus, 
Lusignan;  Pompeianus,  Pompignan,  commune  de  Saint- 
Hippolyte  du  Fort  (Gard):  Pompignas,  de  la  commune  de 
Valleraugue;  Pompeano  et  Pompejana,  en  Italie;  on  peut 
citer  encore  comme  reproduisant  des  combinaisons  de  finales 
analogues  à  côté  desquelles  d'autres  se  sont  greffées,  du 
lat.  Albinianus  ou  Albanacus,  Aubignan  et  Albanhac  = 
Albignac  =  Albigny  et  Aubigny  et  Aubigné  =  Aubignar- 
gues  =  Albignano  (Italie)  =  Albinana  (Espagne);  Cavinia- 
eum  et  Cavilhanieœ  traduits  par  Cavignan,  et  Gavignac,  et 
Gauvignac,  et  Cavaniac,  et  Gavagnac,  et  Gavigny,  et 
Cauvigny,  et  Gavillargues;  Marinianus,  faisant  Mari- 
gnano  en  Italie,  et  pour  nous  Marignan  ;  comme .  Marti- 
nianus  et  Martinaeum  étaient  rendus  par  Martignan, 
Martignas,  Martignac,  Martignat,  Martigny,  et  Martignar- 
gues,  et  Martinenche,  etc.,  suivant  la  situation  au  midi, 
au  nord,  à  l'est  ou  au  centre;  puis,  et  toujours  dans  de 
semblables  conditions,  Magrinanum  ou  Mayrinaeum,  lat., 
dans  la  basse  lat.  Mayrinanieœ,  qui  produisent  Mérignan 
et  Mérignargues  (Gard),  »  Mérignac  (Charente,  Gironde), 
Merignas  (Gironde),  Merignat  (Creuse),  Meyrignac,  Mey- 
rinhac  (Gorrèze,  Lot); ss  Meyrannes  et  Meyrargues  (Gard), 


et  se  syncopent  en  Meyrac,  Mayran  et  Maires,  eie.;  de 
même  pour  Sérignan  et  Sérignargues  (Gard),  du  lat.  SeH- 
nacum,  à  côté  de  Sérignac  (Gard);  et  le  lat.  Sgn&nvm, 
rendu  par  Signan  et  Signargues  (Gard),  aUleurs  par  Signae, 
Signes,  etc. 

En  donnant  ces  exemples,  qu'il  serait  facile  de  multiplier, 
nous  ne  prétendons  pas  expliquer  la  raison  qui  H  Mi 
accorder  la  préférence  à  telle  forme  plutôt  qu'à  telle  MUtté 
dans  la  composition  de  noms  dont  le  radical  est  simihdré 
au  fond  et  dont  le  suffixe  doit  représenter  une  idée  et  uA 
sens  identiques.  Pour  remplir  le  même  office,  le  gaulois 
avait  son  Ac  =  Ec  le  plus  fréquent,  qui  s'employait  ateè 
peu  de  variantes;  le  latin  diversifia  davantage  ses  finales; 
mais  les  langues  romanes  s'enrichirent  de  toutes  Ips  in- 
flexions qui  les  avaient  précédées  et  y  ajoutèrent  de  leur 
fond  propre,  suivant  leurs  aptitudes  et  leurs  propensions 
que  des  conventions  ou  des  règles  faites  d'avance  ou  im- 
posées ne  gênaient  plus  :  ce  fut  le  génie  nouveau  du  lan- 
gage qui  se  donnait  carrière.  Il  est  peu  probable  qu'en 
créant  des  dénominations  on  ait  à  aucune  époque  procéda 
au  hasard,  surtout  dans  le  principe  où  toute  appellation 
devait  être  significative;  les  altérations  sont  venues  après, 
et  chaque  groupe  a  entendu  et  prononcé  à  sa  manière,  en  se 
rapprochant  assez  du  primitif  reçu  pour  se  reconnaître  et 
être  compris.  La  diversité  des  climats,  qui  agit  sur  les 
organes,  a  fait  naitre  les  différences  de  dialectes,  et,  comme 
par  zones.  Je  langage  s'est  nuancé  ou  altéré  dans  des  cir- 
conscriptions à  peu  près  fixes.  Et  l'on  comprend  combien 
en  pareille  matière  Texception  devait  tenir  de  place,  et 
comme  il  était  facile,  par  exemple,  au  moyen  d'une  syn- 
cope qui  favorisait  la  rapidité  de  la  pensée,  d'une  inflexiob 
qui  flattait  davantage  l'oreille  ou  se  prêtait  mieux  à  la 
flexibilité  de  l'articulation,  d'arriver  à  des  variantes  et  de 
les  laisser  s'impatroniser  même  à  côté  les  unes  des  autres. 

De  là  ces  ressemblances  et  aussi  ces  transformations  dans 
les  noms.  Le  fond  reste;  la  désinence  tantôt  s*al}onge, 
tantôt  est  abrégée;  elle  s'adoucit  ou  devient  rude;  eUe  est 
sourde  ou  éclatante  ;  elle  obéit  à  des  propensions  inconnues, 
inexplicables,  mais  le  mot  garde  presque  toujours  Tem- 
preinte  de  son  origine.  Et  il  est  remarquable  comme  cer- 
taines sympathies  de  sons  et  de  formes  se  font  jour  el 
affectent  de  se  produire  sous  les  mêmes  latitudes.  Gomme 
nous  venons  de  le  dire,  c'est  ce  qui  fait  la  particularitë  ou 
l'étrangeté  pour  les  gens  du  Nord  de  quelques-unes  de  nos 
terminaisons  méridionales.  Il  n'y  a  pas  exclusion  sysid- 
matique,  puisque  dans  les  appellations  toutes  les  finales  ae 
rencontrent  et  se  côtoient  ;  mais  des  préférences  évidentes 
apparaissent  et  répondent  très-certainement  à  des  aptitudes 
organiques    toujours   persistantes.   Nous   avons 
ailleurs  ces  sortes  de*divergences  de  prononciation,  qui 
constituent  point  des  déviations  ou  des  altérations  du 
C'est  ce  qui  peut-être  fait  l'accent  de  la  langue  d*Oc  et 
de  la  langue  d'Oïl;  et  aujourd'hui  que  cette  distinctioii 
s'efface  de  plus  en  plus,  et  que  le  fronçais  se  généralise. 


LÈG 


LEI 


439 


Undis  que  le  languedocien  persiste  et  se  maintient,  c*esl 
ce  qui  rendra  toujours  une  fusion  ou  une  assimilation 
impossible  entre  les  deux  langues,  car  les  noms  propres  de 
liens  et  d'hommes  seront  toujours  là  pour  soutenir  les 
traditions. 

Quoi  qu'il  en  soit  de  cette  observation,  elle  devait 
trouver  place  dans  nos  études  des  sufiQxes.  Dans  la  re- 
cherche des  étymologies,  leur  classiQcation,  leurs  évolutions, 
tout  leur  rôle,  sont  d'une  extrême  importance  :  ils  déter- 
minent en  quelque  sorte  le  pays  et  le  dialecte  d'oà  provient 
un  mot  ou  un  nom  propre  et  auxquels  il  appartient.  Si  la 
terminaison  Ignan  ne  fournit  point  par  elle-même  tous  les 
degrés  de  sa  descendance  et  ne  trahit  directement  qu'une 
source  latine,  ses  analogues  la  ramènent  au  moins  au 
eentpe  commun,  et  les  rapprodiements  établissent  son  vrai 
caractère.  Il  faut  la  rattacher  aux  autres  et  reconnaître 
l'emploi  de  procédés  pareils  pour  affecter  un  radical.  Ignan 
est  le  signe  adjectif  destiné  à  lui  communiquer  une  idée 
de  propriété,  comme  le  font  les  finales  en  AgM,  Igné, 
Jgmy,  Ae,  Ange,  Anche,  Argues,  Erguee  et  les  autres. 

Léga,  s.  m.  Legs,  donation  testamentaire. 

Légi,  V.  Lire;  faire  une  lecture;  parcourir  des  yeux  un 
écrit.  -^  Lou  légï  H  Uvo  pas  l'éMcHaure,  dicton  très-sou- 
vent employé  comme  allusion;  savoir  lire  ne  lui  6te  pas  le 
savoir  écrire,  c'est  ce  qu'il  dit;  ce  qu'il  entend  et  veut  dire, 
c'est  :  la  soif  ne  lui  ète  pas  la  faim  ;  il  a  faim  et  soif  à  la 
fois,  et  l'un  ne  nuit  pas  à  l'autre  tant  il  s'en  acquitte  bien. 

Comme  on  le  voit,  le  sens  littéral  ne  suffit  pas  à  expri- 
mer toute  la  pensée;  on  ne  peut  y  arriver  que  par  une 
inversion.  11  ne  s'agit  guère  en  effet,  dans  cette  petite 
phrase,  de  grade  à  prendre,  d'examen  à  passer,  pour 
constater  qu'un  jeune  lauréat  de  l'école  primaire  mérite 
un  bon  point  de  lecture  et  un  prix  d'écriture,  deux  cou- 
ronnes qui  prouveraient  que  pour  savoir  lire  couramment, 
il  serait  parvenu  même  à  apprendre  à  écrire.  C'est  bien  à 
une  tout  autre  mention  honorable  que  s'applique  notre 
dicton,  et  notre  traduction  ne  le  trahit  pas.  Formule 
d'admiration,  de  félicitation,  elle  n*a  jamais  été  employée 
à  vanter  des  succès  scolaires,  quoi  qu'elle  en  dise.  C'est 
un  de  ces  euphémismes,  assez  fréquents  du  reste,  dont 
notre  langue  use  volontiers  pour  faire  compliment  à  quel- 
qu'un de  ce  qu'il  fait  également  bien  deux  choses  où  la 
lecture  et  l'écriture  ne  sont  pour  rien.  Voici,  par  exemple, 
un  joyeux  compagnon  à  table,  qui  boit  sec  et  qui  mange 
à  l'avenant  :  hu  légï  U  Uvo  pas  Véeerioure,  bien  boire  ne 
l'empêche  pas  de  mieux  manger,  au  contraire;  il  est  digne 
de  cet  éloge. 

Le  mot  n'est  pas  fait  d'hier.  11  est  d'évidence  que  cette 
locution  remonte  à  une  époque  où  savoir  lire  et  écrire 
pouvait  passer  pour  une  merveille  de  science,  si  bien  qu'on 
en  fit  un  terme  de  comparaison  pour  exprimer  un  prodige 
de  cùfaeUé,  pour  caractériser  une  supériorité  non  intel- 
lectuelle mais  physique,  non  point  un  esprit  cultivé,  mais 
un  brillant  appétit  servi  par  un  bon  estomac.  Rien  n'est 


plus  simple  et  à  la  Ibis  plus  délicat.  Ce  n'est  pas  aujour- 
d'hui qu'on  eût  trouvé  cette  tournure;  ce  n'est  pas  notre 
siècle,  qui  se  moque  du  fort  en  thème,  en  même  temps 
qu'il  aspire  à  inventer  l'instruction  gratuite  et  obligatoire 
et  le  progrès,  qui  songerait  à  s'étonner  de  la  multitude  des 
forts  en  lecture,  voire  en  écriture  anglaise,  ronde,  bâtarde 
et  courante,  et  en  ferait  une  fine  allusion.  Mais  en  ce 
temps-là,  où  l'on  trouvait  ce  dicton,  une  ins^truction  si 
complète,  au  point  de  savoir  lire  et  écrire,  était  prodige, 
et  la  phrase  était  juste  :  c'est  pourquoi  elle  s'est  conservée. 
  la  vérité,  on  assure  que  la  poule  au  pot  se  prêtait  au 
rapprochement  des  deux  idées  ;  mais  depuis...  le  niveau  de 
l'appétit  n'a  pas  baissé,  pas  plus  que  celui  des  études  et  des 
lumières,  et  cette  espèce  de  proverbe  familier  a  besoin  de 
commentaire  pour  en  faire  sentir  toute  la  justesse.  Aurons- 
nous  réussi?  Nous  le  voudrions,  et  surtout,  pour  nos 
lecteurs  et  nous,  de  quelque  façon  qu'on  le  prenne,  que 
de  longtemps  lou  légi  nouê  lève  pas  Véscrioure/ 

Dér.  du  lat.  Légère,  m.  sign. 

Légno,  s,  f^  Bois  à  brûler. 

Ce  mot  n'est  pas  parfaitement  indigène,  mais  haut- 
cévenol  et  vivarais  ;  il  est  très-bien  employé  dans  notre 
pays. 

Dér.  du  lat,  lÀgnwn,  m.  sign. 

Légo,  «.  f.  Envie;  convoitise;  désir.  —  Faite  légo,  faire 
montre,  faire  parade  de  quelque  chose,  pour  exciter  l'envie, 
pour  faire  venir  l'eau  à  la  bouche,  sans  permettre  d'y  tou- 
cher :  imposer  ainsi  le  supplice  de  Tantale.  Légo-légof  est 
le  terme  dont  on  accompagne  ironiquement  ou  mécham- 
ment la  montre  de  l'objet.  Tout  aquà  mé  fat  pas  légo, 
toutes  ces  belles  choses  ne  me  sourient  nullement,  n'excitent 
pas  la  plus  petite  convoitise,  ne  me  tentent  pas. 

Étymologie  au  moins  incertaine,  sinon  inconnue. 

Légo,  s.  f.  Dim.  Lèguéio;  augm.  Lègasso,  Lieue,  mesure 
de  distance. — En  Languedoc,  la  lieue  usuelle,  qui  est  encore 
dans  l'usage  vulgaire,  était  de  5,837  mètres  ou  trois  mille 
toises.  —  Y-a  pértout  uno  lègo  dé  miehan  eanU,  en  toute 
chose  il  y  a  un  revers  de  médaille;  en  toute  entreprise, 
quelque  heureuse  qu'elle  soit,  on  rencontre  des  embarras, 
des  difficultés.  Y-a  uno  lèguéio,  il  y  a  une  petite  lieue,  un 
peu  moins  d'une  lieue;  ce  qui  veut  dire  le  plus  souvent 
qu'on  en  a  encore  pour  deux  heures  de  marche.  Vmo 
lègasso,  une  grosse  lieue,  de  celles  qu'on  trouve  intermi- 
nables. 

Dér.  du  lat.  Leuca,  m.  sign. 

Iiégnmaîe,  s,  m.  Ensemble  des  légumes  secs  de  diffé- 
rentes espèces.  —  Es  un  péès  dé  légumaje,  c'est  un  pays 
qui  produit  toute  espèce  de  légumes. 

Lôgun,  5.  m.  Légume  sec,  ou  plutôt  celui  qui  vient  en 
gousses,  en  cosses,  comme  fèves,  haricots,  pois,  etc. 

Ce  mot  a  moins  d'extension  qu'en  fr.  et  ne  s'applique 
pas  aux  légumes  verts  et  aux  plantes  potagères. 

Dér.  du  lat.  Legumen,  m.  sign. 

Lèi,  s,  f.  Loi,  règle  établie  par  l'autorité  divine  on 

55. 


430 


LEN 


LEN 


humaine;  foi  religieuse,  croyance,  culte,  dans  sa  compa- 
raison ou  sa  rivalité  avec  un  autre  ;  règlement,  disposition 
législative  ;  droit,  justice.  —  Sèn  pas  dé  la  mémo  lèi,  nous 
ne  sommes  pas  de  la  même  religion.  Aquélo  marchandi$o 
ii  pat  dé  lèï,  cette  marchandise  n*est  pas  de  recette,  elle 
n'est  pas  recevahle  en  justice.  Té  vôou  apliqua  la  lèi,  je 
vais  te  faire  le  droit  que  tu  mérites. 

Dér.  du  lat.  Lex,  legis,  m.  sign. 

Lén,  lento,  adj.  L^èrement  humide  ;  qui  commence  à 
moisir. — Se  dit  surtout  des  herbes  fourragères  qui  ne  sont 
pas  parfaitement  sèches  et  qu'on  pourrait  tordre  en  corde. 

Dér.  du  lat.  Lontut,  flexible,  ramolli. 

Lénçôou,  $.  m.  Drap  de  lit;  linceul.  —  C'est  avec  le 
drap  de  lit  que  se  font  la  plupart  des  transports  de  paille, 
de  fourrage,  de  feuilles  et  de  mille  autres  récoltes,  pour  les 
renfermer  à  la  ferme  ;  lorsqu'ils  sont  fort  grands  et  de 
grosse  toile  grise,  on  les  nomme  Bourén.  — F.  c.  m. 

Dér.  du  lat.  Linleolum,  linge,  drap  de  lit. 

Lénçoula,  s.  m.  Plein  un  drap  de  lit,  ce  qu'il  peut 
contenir. 

Lénçonlado,  s,  A  —  Même  sign.  que  Lénçoula,  mais 
moins  bon  languedocien  que  lui. 

Lénde,  «.  m.  Lente,  œuf  de  pou.  —  On  les  détruit, 
comme  les  poux  eux-mêmes,  avec  de  la  poudre  de  céva- 
dille. —  Voy.  Grano  dé  eapouehin. 

Dér.  du  lat.  Lem,  lendis,  m.  sign. 

Léngado,  s.  f.  Coup  de  langue;  médisance;  quolibet. 

Plusieurs  fois  l'occasion  s'est  présentée  de  citer  ce  subst . 
et  le  suivant  comme  exemples  de  prononciation.  Il  y  a  entre 
eux  identité  de  lettres  :  la  mesure  est  tout  à  fait  différente, 
et  l'accent  suffit  pour  déplacer  la  tonique  et  changer  la 
quantité.  Le  premier,  à  terminaison  féminine,  est  composé 
de  deux  longues  et  une  brève  finale  :  la  voix  appuie  et 
s'arrête  sur  sa  syllabe  médiane  ^.  Le  second  a  une  brève 
entre  deux  longues  :  la  voix  glisse  sur  sa  médiane  ga 
pour  tomber  fortement  sur  \b  final,  masculin,  éclatant  et 
accentué.  La  mesure,  la  cadence  ou  l'accent  font  en  défi- 
nitive la  signification  et  le  sens  :  la  prononciation  donne 
l'intelligence  des  mots»  et  l'orthographe  ne  saurait  trop 
s'attacher  à  la  reproduire  et  à  la  figurer. 

Léngadô,  «.  m.  n.  pr.  Languedoc,  province  de  l'an- 
denne  division  de  la  France.  Elle  formait  le  plus  grand 
gouvernement  du  royaume,  après  celui  de  Guyenne-Gas- 
cogne; il  était  borné  au  nord  par  le  Forez,  à  l'est  par  le 
Rh6ne,  au  sud-est  par  la  Méditerranée,  au  sud-ouest  par  le 
Roussillon  et  le  Comté  de  Poix  qui  le  séparaient  de  l'Espagne , 
à  l'ouest  par  le  Cominges ,  la  Gascogne,  le  Quercy,  le 
Rouergue,  et  au  nord-ouest  par  l'Auvergne.  Il  était  divisé 
en  Bas-Languedoc,  comprenant  les  diocèses  d'Uzès,  de 
Nimes,  d'Alais,  de  Montpellier;  en  liaut-Langnedoc,  formé 
des  diocèses  de  Toulouse,  du  Cominges  lai^edocien,  du 
Lauraguais,  du  Sanlt,  du  C^rcasseg  et  du  Rasez;  en  littoral 
méditerranéen,  où  se  trouvaient  les  diocèses  d'Agde,  de 
Béziers  et  de  Narbonne;  et  en  provinces  annexes,  qui 


étaient,  vers  le  nord ,  le  Vivarais,  le  Velay  et  le  Gevau- 
dan,  au  sud-est  le  Quercy  languedocien  et  l'Albigeois. 
Cette  circonscription  comprend  aujourd'hui  les  départe- 
ments de  l'Ardèche,  de  l'Aude,  du  Gard,  de  la  HaQte- 
Garonne,  de  l'Hérault,  de  la  Haute-Loire,  de  la  Lozère  et 
du  Tarn. 

Le  Languedoc  correspond  en  grande  partie  à  la  Narbo- 
naise  première  des  Romains,  hsdiitée  par  les  Voloes  Tecto- 
sages  et  Arêcomiques  et  quelques  autres  peuplades  ou  tribus 
de  race  celtique.  Il  fut  appelé  Septimanie,  puis  Gothie, 
lorsqu'il  passa  sous  la  domination  des  Visigoths.  Ceux-ci, 
dépossédés  par  les  Franks  de  Clovis,  gardaient  encore  quel- 
ques lambeaux  de  territoire  et  leur  passage  vers  le  siège  de 
leur  royaume  d'Espagne,  mais  les  Sarrasins  les  rempla- 
cèrent et  forent  à  leur  tour  expulsés  par  Charles-Martel  et 
Pépin -le -Bref.    Charlemagne    réunit  la    Septimanie  au 
royaume  d'Aquitaine  :  elle  en  fut  ensuite  séparée  pour  former 
Comté  et  Duché,  s'annexant  la  Provence,  étendant  sa 
puissance,  sa  domination  par  la  force  de  ses  armes  et  le 
prestige  des  arts,  de  sa  culture,  de  sa  langue  et  de  sa  civi- 
lisation sur  tout  le  Midi  et  sur  là  France  et  l'Europe.  La 
quasi-royauté  des  comtes  de  Saint-Gilles  et  de  Toulouse, 
à  l'apogée  de  leur  grandeur,  touchait  d'un  côté  aux  Alpes 
et  de  l'autre  aux  Pyrénées  :  c'est  en  son  état  le  plus  floris- 
sant qu'elle  fut  réunie  à  la  France  au  XIII®  siède,  en  4270, 
sous  Philippe-le-Hardi,  et  que,  de  ce  moment»  le  pays  entier 
prit  le  nom  de  Languedoc. 

On  sait  que  le  mot  Langue  s'employait  autrefois  dans 
l'acception  de  pays  :  on  disait  la  langue  de  France  on  la 
hmgue  d'Oïl,  et  la  langue  d'Oc,  l'idiome  méridional,  à 
cause  de  la  différence  de  prononciation.  Le  Langfuedoc,  Ion 
Léngadà,  est  donc  le  pays  de  la  langue  d'Oc;  tout  ce  qui 
est  compris  entre  la  Loire  et  les  Pyrénées,  qui  ne  parlait 
pas  la  langue  d'Oïl,  l'ancienne  province  romaine,  le  vieux 
territoire  des  Volces,  Gaulois  ou  Celtes. 

Lou  Léngadà  désigne  le  pays  :  pour  son  idiome,  on  dit  : 
la  Ungo  d'O,  dont  nous  allons  avoir  à  parler.  On  entend 
quelquefois  employer  le  mot  Languédà;  oe  n'est  là  que  dn 
patois,  c.-à-d.  du  français  accommodé  aux  désinences  du 
languedocien.  Notre  mot  Léngadà  n'est  guère  lui-même 
qu'une  corruption,  qui  sent  son  latin  du  moyen-^et  mais 
elle  a  pour  elle  la  priorité,  l'ancienneté  d'origine;  et  c'est 
ce  qui  nous  la  (ait  distinguer  dans  l'aj^iication.  Q^iant  à 
la  question  d'idiome,  vay.  Léngo  d'O,  O  et  Oc  particules. 

Iiéngasto,  <.  f.,  ou  Gourgonli.  Hippoboaqoe  da  mouton, 
insecte. —  Voy.  Gourgouli. 

Léngo,  s,  f.  Dim.  Lénguéto;  péj.  LéngoMêo,  Langue* 
partie  charnue,  muscnleuse.  mobile  dans  la  bonche;  organe 
du  goût  et  de  la  parole;  langage,  idiome  d'une  nation, 
d'un  peuple,  d'un  pays.  —  FaXr§  la  léngo,  servir  d'inter* 
prête,  parler  pour  un  autre;  haranguer  nu  nom  d'une 
assemblée,  d'une  troupe,  d'une  collection  qoeloonqoe  d'in* 
divîdus.  FcXr$  la  léngo  à  quâouquut,  styler  qoèlqu'on,  loi 
souffler  ses  réponses,  lui  faire  la  leçon,  en  Ini  dictant  ce 


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qu'il  doit  dire.  Â  uno  léngo  de  péiar,  il  a  la  langue  bien  ^ 
affilée;  il  manie  très-bien  Tironie  on  la  médisance.  Moum- 
ngo  dé  la  léngo,  il  mord  de  la  langue,  c.-à-d.  il  a  la  parole 
mordante,  incisive.  Ma  léngo  mé  pru$,  j'ai  une  déman- 
geaison de  parier.  Mouniga  »a  léngo,  se  retenir  de  faire 
une  réponse  indiscrète  ou  compromettante.  A  poi  que  dé 
Ungo,  il  n'a  que  dn  babil.  Avès  la  léngo  trop  longo,  vous 
parlei  beaucoup  trop;  se  dit  d'un  bavard  ou  d'un  indiscret. 
Frêne  léngo,  prendre  langue;  s'informer.  Ma  léngo  m'a 
vira,  la  langue  m'a  fourché;  je  me  suis  trompé.  Envola  $a 
Ungo,  mourir,  rendre  le  dernier  soupir;  métaphore  éner- 
gique et  en  même  temps  ironique.  Es  uno  lénguéto,  c'est 
une  langue  dorée;  une  fine  mouche;  un  doucereux  diseur, 
câlin  et  insinuant.  Vno  léngano,  une  mauvaise  langue. 

Dér.  du  lat.  Lingua,  m.  sign. 

Iiéngo-boilino,  i.  f.  Langue  de  bœuf,  Hypodrys  hépa- 
tique, Boletu»  hêpatieut,  BoMus  6tt^/o«mfm,Linn.,  Roques; 
champignon  du  genre  des  Agarics,  fistuleux,  dont  les 
mioologues  donnent  ainsi  la  description  :  chapeau  d'un 
ronge-brun,  d'autant  plus  foncé  que  le  sujet  est  plus  Agé, 
parsemé  à  la  surface  supérieure  de  papilles  de  même  cou- 
leur; surface  inférieure  couverte  de  tubes  allongés,  accolés 
les  uns  aux  autres,  d'un  jaune  blanc  ou  jaune  rougissant  ; 
chair  mollasse,  fibreuse,  zonée,  ressemblant  au  tissu  de  la 
betterave  rouge  lorsqu'eUe  est  cuite  ;  saveur  un  peu  adde, 
odeur  nulle.  U  croit  sur  les  vieilles  souches,  le  plus  sou- 
vent au  pied  des  vieux  chênes  et  des  vieux  châtaigniers. 
On  le  désigne  en  fr.  sous  les  noms  de  Foie  de  bœuf,  lan- 
gue de  bœuf,  glu  de  chêne  ;  en  Toscane  Lingua  di  cof- 
tagno,  ra$sa  huova. 

Par  son  volume  et  sa  saveur  agréable,  ce  champignon 
doit  être  mis  au  nombre  des  espèces  alimentaires  les  plus 
utiles.  Mais,  pour  ceux  qui  se  trouvent  dans  les  châtai- 
gneraies, il  arrive  qu'ils  sont  tellement  saturés  de  la  sève 
âpre  et  acerbe  de  l'arbre»  en  s'attachant  à  son  tronc  ou 
aux  maltresses-branches,  qu'il  faut  les  faire  tremper  long- 
temps et  blanchir  à  l'eau  bouillante  pour  leur  enlever  cette 
tereté. 

La  composition  du  mot  ne  présente  aucune  difficulté  : 
Wouino  est  là  comme  traduction  de  bovine, 

Léiigo*cano ,  <.  f.,  ou  Hèrbo  dàou  tal.  Cynoglosse, 
Cynoglouum  officinale,  Linn.,  plante  de  la  fam.  des  Bora- 
ginées.  Sa  feuille  est  légèrement  veloutée  et  douce  au 
toucher  comme  la  langue  du  chien,  dont  elle  a  du  reste  la 
forme  et  pris  le  nom.  Sa  racine  est  adoucissante  et  somni- 
fère :  sa  feuille  est  employée  par  application  contre  les 
dartres. 

Dér.  du  lat.  Lingua  canie,  langue  de  chien. 

Léngo  d*0,  i.  f.  Langue  d'Oc;  languedocien;  langage, 
idiome  languedocien;  langue  parlée  dans  le  pays  de  Lsm- 
guedoc,  par  opposition  à  la  Langue  d'Oïl,  parlée  dans  le 
nord  de  la  France. 

La  dénomination  seule  de  Léngo  d'O,  la  langue  d'Oc, 
trace  les  limites  dans  lesquelles  doivent  se  renfermer  ces 


observations.  Nous  reviendrons  à  rechercher  nos  origines 
dans  la  langue  romane  fYoy,  RounuinJ,  et,  sous  le  mot 
Troubadour,  à  exposer  sa  marche  et  son  développement  ; 
nous  en  sommes,  le  mot  l'Indique,  au  moment  où  l'idiome 
méridional  a  déjà  conquis  la  plénitude  de  son  individualité 
propre,  où  il  est  si  bien  fixé  par  le  caractère  particulier 
de  son  euphonie  que  son  accent  et  sa  prononciation  ser- 
vent à  le  classer  par  une  démarcation  territoriale.  —  Yoy. 
Léngadd. 

Il  doit  être  accordé  une  assez  large  part  aux  influences 
climatériques  sur  le  langage  pour  faire  admettre  en  prin- 
cipe que,  de  tout  temps,  des  différences  dialectales  ont 
distingué  les  groupes  de  populations  d'un  vaste  pays,  de 
même  race  et  de  même  langue.  Ce  que  nous  voyons  au- 
jourd'hui permet  d'affirmer  ce  qui  a  été  avant  nous.  Dans 
l'ancienne  Gaule,  où  les  divisions  par  tribus  furent  si 
nombreuses,  ces  différences  existaient  :  la  conquête  romaine 
constitua  une  sorte  d'unité  sous  sa  domination;  mais  elle 
laissa  forcément  vivre  ce  qu'elle  ne  pouvait  atteindre,  le 
génie  national  dans  son  sentiment  intime  et  dans  la  parole, 
sa  manifestation  la  plus  persévérante. 

La  Narbonaise  première  s'était  donnée  plutôt  qu'elle 
n'avait  été  soumise.  Entre  les  mains  des  vainqueurs  du 
monde,  elle  était  devenue  la  plus  florissante  et  la  plus 
riche  de  leurs  provinces  transalpines.  Peut-être  cette  pros- 
périté était-elle  due  à  ce  qu'ils  avaient  su  conserver  chez 
elle  plus  de  son  esprit  natif  d'indépendance,  en  lui  appre- 
nant à  se  gouverner  elle-même  dans  ses  municipes,  et  parce 
qu'ils  avaient  été  amenés  aussi,  par  calcul  ou  par  néces- 
sité, à  respecter  ses  habitudes  et  ses  traditions  de  langage, 
en  conservant  toutes  ses  dénominations  géographiques,  en 
latinisant  beaucoup  de  ses  locutions  usuelles  qu'ils  s'ap- 
proprièrent, à  mesure  qu'ils  lui  imposaient,  dans  les  lob  et 
les  affaires,  la  langue  officielle,  et  dans  leurs  relations 
privées,  le  charme  de  leur  littérature.  C'est  au  moins  ces 
caractères  de  la  politique  romaine  qui  ont  survécu  pour 
attester  les  traits  les  plus  saillants  de  notre  nationalité.  Ce 
double  courant  s'est  creusé  un  lit  profond  à  travers  les 
contrées  méridionales. 

Dans  un  intervalle  de  trois  ou  quatre  siècles  de  l'éta- 
blissement des  colonies  romaines,  le  flot  commence  à  se 
troubler,  où  plutôt  une  nouvelle  ère  s'annonce.  La  Gaule 
comprend  qu'elle  n'a  plus  besoin  de  maîtres  :  elle  a  donné 
des  empereurs  au  monde,  des  sénateurs  au  Capitole,  des 
orateurs  à  la  tribune,  des  rhéteurs  et  des  grammairiens 
aux  écoles;  elle  a  un  instant  disputé  à  Rome  même  le 
Mége  de  l'empire;  un  effort  encore,  elle  va  s'appartenir. 
Hais  à  ce  moment  les  irruptions  des  Barbares  recommen- 
cent; les  Wisigoths  viennent  occuper  le  Midi,  les  Sicam- 
bres  ravagent  le  Nord  :  partout  se  montrent  les  signes  pré- 
curseurs d'un  grand 'déplacement  de  puissance  et  de  réno- 
vation d'idées  et  d'idiomes. 

Le  christianisme  se  propageait.  Les  Wingoths  admiraient 
les  institutions  romaines  et  ils  conservèrent  beaucoup  de 


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l'organisation  administrative  :  1»^  latin  était  la  lani/ue  de 
leur  cr)ur  do  Toulouse,  et  celle  dont  ils  s<?  servaient  dans 
les  édits  et  dans  leurs  codes  :  et  le  latin  n'avait  jamais 
entièrement  elFacé  le  celtique. 

A  leur  tour,  les  Sarrasins  s'étaient  répandus  dans  le 
Midi  :  ils  tenaient  Mmes,  (^arcassonnc  et  Narbonne  :  les 
Francks  de  Clovis,  de  Childebert,  de  Pé[)in.  y  avaient  été 
aj)[)<Més.  Comment  les  traces  de  tous  les  envahisseurs,  rc- 
connaissaliles  sur  notre  sol,  n'auraient-elles  pas  laissé  quel- 
ques empreintes  dans  la  langue?  Cependant,  ni  le  gothique, 
qui  avait  légué  son  nom  h  la  province  romaine,  ni  l'arabe, 
que  les  dévastations  des  bandes  sarrasines,  l'antipathie  des 
croyances  et  l'épouvante  rendaient  odieux,  ni  le  franci- 
que ou  le  tudesque  aidé  même  de  toute  la  puissance  de 
Charlemagne,  n'avaient  pu  s'acclimater  sous  notre  soleil 
et  sur  cette  terre  où  le  vieux  tronc  gaulois  gardait  ses 
racines  vivaces  et  qu'avait  si  merveilleusement  fécondée 
la  culture  latine. 

Mais  l'ébranlement  et  la  chute  de  l'empire,  les  guerres  et 
les  invasions,  tous  ces  chocs  de  peuples  divers  ne  pouvaient 
manquer  de  produire  des  bouleversenjents,  des  perturba- 
tions dans  les  esprits  et  une  étrange  confusion  dans  les 
rapports  habituels  et  nécessaires  des  populations.  Au  milieu 
de  ces  conllitset  de  la  diversité  d'idiomes  qui  se  heurtaient 
et  se  repoussaient,  l'uniipie  moyen  de  s'entendre  et  de  se 
o^mprendre  était  de  composer,  presque  d'instinct,  sans  se 
soucier  des  règles  et  de  la  syntaxe,  un  langage  courant, 
populaire,  dont  le  fond,  comme  la  forme,  se  fut  généralisé 
et  (jui  ne  pouvait  avoir  pour  base  que  le  latin,  la  langue 
la  plus  répandue. 

Alors,  en  effet,  dans  la  nuit  intellectuelle  de  ces  Ages 
troublés  et  malheureux,  apparaît  la  langue  romaine  rus- 
tique, le  roman,  comme  une  Iraubaction  éclatante  entre 
la  civilisation  décrépit»?  de  la  vieille  Home,  et  une  société 
rajeunie,  turbulente,  pres(]ue  sauvage  encore,  pleine  de 
ses  traditions  nationales,  exubérante  d'ardeur,  nouvelle- 
ment retrempée  aux  sources  du  christianisme.  Tous  les 
[Xîuples  qui  s'étaient  dis])utés  l'héritage  lacéré  de  la  gran- 
deur romaine,  furent  ap[»elés  à  apporter  leur  moellon  à 
l'édifice  de  régénéraliim.  iîientôt  le  roman  était  en  posses- 
sion de  toute  la  Gaule,  de  la  Méditerranée  au  Rhin  ;  et.  né 
dans  la  |)rovince  latine,  comme  on  appelait  la  Gaule  nar- 
bonaise,  il  régnait  au  nord  de  la  France  au  IX®  siècle,  et 
formulait,  en  8 il,  les  serments  réciproques  de  Louis-le- 
Germanique  et  de  Charles- le-Chauve,  son  frère. 

Cependant,  si  le  roman  était  universel  et  commun  à 
tout  le  territoire  des  Gaules,  les  éléments  divers  dont  était 
composée  la  population,  réagissaient  naturellement  contre 
l'unité  d'un  langage  dont  le  lien  fondamental,  le  latin, 
déjà  miné  et  altéré,  ne  trouvait  plus  ni  sanction  ni  con- 
trôle, et  tendait  cha<iuc  jour  davantage  à  se  dissoudre.  Des 
propensions  ou  des  aptitudes  opposées,  du  midi  au  nord, 
dirigeaient  d'ailleui*s  le  mouvement  en  sens  contraire.  Par 
une  convention  tacite  ot  instinctive,  partout  il  y  avait  un 


accord  unanime  pour  domier  à  la  diction  la  rapidité  et  la 
clarté,  pour  siipi)rimer  les  inversions,  pour  abréger  les 
finales,  pour  réi)udier  les  redondances  :  c'était  le  travail, 
la  recherche,  l'instinct  de  l'esprit  nouveau  et  son  aflfaire. 
Mais  la  mécanique  du  langage  et  l'oreille  avaient  aussi 
leurs  droits  :  ici,  la  sonorité  et  l'éclat  des  voyelles,  quel- 
quefois même  la  rudesse  affectée  de  certaines  consonnes 
rappelant  le  vieux  gaulois,  l'harmonie  surtout  étaient  dans 
les  prèdilecti(^ns  natives  et  semblaient  mieux  servies  par 
la  S(^uplesse  <»t  la  dextérité  de  l'organe  obéissant  à  la 
promptitude  de  la  i)ensée  ;  là,  le  son  ne  redoutait  pas  de 
s'assourdir,  la  voix  de  s'elTac^r  et  de  tomber  avec  les 
désinences  et  les  inflexions,  comme  pour  se  soumettre  à 
une  conception  plus  lente,  qui  ne  demandait  pas  à  faire 
explosion;  et  l'expression  devenait  lourde,  traînante,  em- 
barrassée et  inœlore  ;  mais  la  phrase  et  les  mots,  au  prix 
de  la  mélodie  sacrifiée,  prenaient  une  ferme  netteté  et  une 
concision  qui  n'étaient  pas  sans  forces  ni  sans  charmes.  Ces 
différences,  que  la  nature,  les  dispositions  organiques, 
l'influence  des  climats,  les  impressions  d'origine  avaient 
mises  entre  les  dialectes  du  Midi  et  du  Nord,  ne  s'effacè- 
rent jamais,  et  plus  le  défaut  du  trait  d'union  qui  les 
reliait  à  la  source  principale  se  relâcha,  par  l'oubli  ou 
le  mépris  de  la  littérature  romaine,  plus  aussi  les  tendances 
divei'g«Mit'\s  prenaient  d'empire  et  accusaient  leurs  anti- 
pathies. 

De  ce  tableau  de  l'état  de  la  Gaule  après  la  chute  de 
l'empire  romain,  trop  imparfaitement  esquissé,  qu'on  nous 
permette  de  reprendre  quelques-uns  des  traits  les  plus  sail- 
lants. 

Les  provinces  du  Midi,  plus  cultivées  et  plus  fières  de 
leur  culture  intellectuelle,  moins  exjx)sées  aux  incursions 
germaniques,  vivaient  dans  leur  prospérité  pleine  des  sou- 
venirs de  Home  ;  mais  toujours  impatientes  du  joug,  elles 
ne  l'avaient  souffert  dans  leur  langue  que  par  une  sorte 
d'acconnnode[nent  et  j\  la  condition  de  prêter  au  vainqueur 
presque  autant  qu'elles  consentaient  à  en  recevoir.  Elles 
s'étaient  identifiées  avec  le  latin,  el  l'avaient  pour  ainsi  dire 
att^Khé  à  leur  fortune.  Les  Barbares  apportèrent  le  premier 
élément  dissolvant  sans  parvenir  à  substituer  leur  idiome 
à  celui  des  Gallo- Romains.  Les  nouveaux  conquérants 
d'ailleurs  s'entendaient  dans  la  môme  langue  que  ceux 
qui  avaient  envahi  le  Nord  et  toutes  les  bandes  qui 
franchissaient  continuellement  et  sans  obstacle  le  Rbin  à 
la  recherche  d'une  autre  patrie.  L'ancienne  province  roma- 
ni sée  pressentait  vaguement  que  la  force  qui  avait  renversé 
l'empire  la  dominerait  un  jour,  et  bien  des  fois  elle  l'avait 
regartlée  et  avait  recherché  son  alliance  et  son  secours. 
Quand  le  flot  menaçant  des  Arabes  était  venu  inonder  les 
Gaules,  c'est  au  nord  que  s'était  élevée  la  digue  qui  le 
repoussa  jusqu'au-delà  des  Pyrénées.  Chaque  jour  la 
puissance  franque  s'était  accrue,  et  au  milieu  des  secousses 
et  de  ces  terribles  tremblements  de  terre,  sa  prépondérance 
ne  fit  que  grandir.  Sous  les  rois  de  la  première  race,  les 


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habitants  daa  coatrées  méridionales  n'étaient  connus  que 
sons  le  nom  de  Manwins.  La  loi  saiique  consacrait  cette 
distinction  de  peuples;  et  la  terre  des  Franks  ne  se  con- 
fondait pas*  pour  les  privilèges  que  la  possession  y  atta- 
chait» avec  les  provinces  de  la  Gaule  méridionale.  La 
langue  commune  était  la  basse  latinité  dégénérant  déjà,  s*im- 
prtgnant  aa  nord  de  tudesque  et  de  teuton,  et  elle  ne  per- 
sévérait au  midi  que  sous  le  nom  un  peu  méprisé  de  langite 
rsmoifM  ruêtique^  Durant  cette  longue  période  de  guerres  et 
de  défilacements  continuels  de  peuples,  toute  culture  intel- 
ketnelle  avait  été  abandonnée,  les  écoles  publiques,  autre- 
fois ai  renommées,  n'existaient  plus;  les  esprits  troublés 
marchaient  au  hasard  et  sans  règle  dans  les  terribles  inquié- 
todes  d'un  présent  sans  fixité,  mais  avec  des  aspirations 
d'avenir  à  reconstruire  sur  d'autres  bases.  Le  génie  de 
Gbarlemagne  avait  un  mom^t  essayé  de  reconstituer 
l'unité  de  l'idiome  et  de  l'empire  :  entre  les  mains  de  ses 
débiles  successeurs,  son  œuvre  s'était  démembrée.  Mais 
dans  le  moroellement,  lorsque  la  Gaule  méridionale  eut 
reconquis  sa  part,  elle  commença  à  respirer;  et  sur  elle 
UBQ  in  nouvelle  allait  se  lever,  en  lui  redonnant,  avec 
l'indépendance  et  le  repos,  l'amour  des  arts  et  des  lettreijs. 
De  petits  états  s'étaient  formés  qui  relevèrent  en  droit  plus 
qft'en  fait  de  la  souveraineté  royale  établie  au  nord,  et  qui 
s'érigèrent  bientût  en  gouvernements  héréditaires  sous  leurs 
seigneurs  locaux  :  ils  furent  le  berceau  de  la  rénovation 
politique  et  de  celle  du  langage. 

Ge  fut  an  moment  où  la  seigneurie  suzeraine  atteignait 
soD  pl«8  haut  degré  d'importance,  que  la  délimitation  du 
domaine  ftodaU  tracée  par  la  possession,  se  manifeste  et  se 
fait  par  le  nom  du  dialecte  qu'on  y  parle.  La  langue  dési- 
gne et  caractérise  le  territoire  ;  et  alors  on  choisit,  pour 
diviser  la  Gaule  en  langue  d'Oc  et  en  langue  d'Oïl,  le  mot 
d'afibmation  le  plus  usuel,  suivant  la  manière  dont  il  était 
articulé  au  midi  et  au  nord.  —  Voy.  O  et  Oc. 

Celte  dénomination  n'était  en  réalité  que  la  reconnais- 
sance et  la  sanction  des  faits.  Comme  nous  venons  de  le 
Toir  et  de  le  redire,  des  deux  côtés  de  la  Loire,  prise  pour 
limite,  le  langage  n'avait  pas  attendu  jusque-là  pour 
prendre  sa  voie  et  suivre  ses  tendances;  mais  il  n'avait 
lût  que  traverser  une  phase  de  préparation  et  placer  ses 
jadona.  fieidement  alors  l'unité  du  roman  se  dédoublait,  et, 
sortis  de  la  même  source,  les  deux  dialectes,  qui  avaient 
jMiglemps  suivi  une  marche  parallèle,  se  sépanuent  en  un 
cours  difE^nt. 

La  langue  d'Oïl  n'était  pas  encore  parvenae  à  se 
défanoBiller  dee  langes  grossiers  de  son  enfance,  que  la 
langue  d'Oc»  plus  fidèle  à  ses  traditions,  s'était  o^anisée 
d*s(»ésdBS  règles  savamment  étudiées.  Elle  avait  ses  gram- 
««•Swaifc»  el  sortottt  ses  poètes;  et  elle  était  devenue  la 
kngue  politique,  la  langue  légale,  la  langue  des  traités  de 
eommerae  et  d'alliance  qui  unissaient  les  dlés  indastriiiuses 
du  Midi  aux  plus  puissantes  républiques  italiennes,  avec 
Gènes,  :Pise»  Florence  et  Venise,  la  langue  dans  laquelle  se 


réveillaient  les  formules  et  l'esprit  des  vieux  municipes 
romains  de  la  Gaule  méridionale,  lorsque  les  communes- 
naissantes  obtenaient  de  leurs  seigneurs  féodaux  leurs* 
chartes  d'afirancbissement. 

Dans  le  Xl«  siècle,  l'époque  où  les  comtes  de  Saint- 
Gilles  et  de  Toulouse  réunirent  sous  leur  sceptre  la  Pro- 
vence au  Languedoc,  fut  l'époque  où  cette  langue  prit 
toute  l'extension,  toute  la  richesse,  toute  la  régularité  que 
les  troubadours  lui  avaient  données  (Yoy.  TroubadourJ. 
Son  infiuenoe  ne  s'était  pas  amoindrie  par  la  cession  de 
la  Provence  au  comte  de  Barcelone  :  la  maison  de  Tou- 
louse  régnait  toujours  dans  ses  états  indépendants  qui 
s'étendaient  du  Rhône  aux  extrêmes  Cévennes,  et  de  la 
haute  Dordogne  aux  Pyrénées  ;  et  les  comtes  de  Provence 
en  même  temps  comtes  de  Barcelone  et  rois  d'Aragon,  lui 
conservaient  sa  primitive  afiOnité  avec  le  catalan.  —  V^jf, 
Prouvénçàou. 

Longtemps  enccxe  après  que  la  comté  de  Toulouse  fut 
passée  dans  le  domaine  de  la  couronne,  sous  Philippe-le- 
Hardi,  la  langue  d'Oc  conserva  sa  portée  et  sa  valeur 
politique.  Philippe-le-Bel  et  ses  successeurs,  par  divers 
édits,  ordonnèrent  la  publication  des  lois  et  l'instruction 
des  procédures  dans  chacun  des  idiomes  qui  divisaient  la 
France.  La  légalité  de  la  langue  d'Oc,  son  authenticité 
juridique  s'afiirmaient  ainsi,  et  l'unité  se  maintenait  dans 
les  diverses  circonscriptions  de  son  vaste  territoire,  tant 
que  l'institution  politique  générale  faisait  tout  ressortir  du 
centre  commun.  Mais  la  cause  qui,  dès  le  principe,  avait 
amené  la  grande  division  en  deux  langues,  ne  pouvait  pas 
cesser  de  les  suivre  dans  leur  développement  ;  c'était  l'in- 
dépendance originelle  de  chaque  groupe  de  population  qui 
se  faisait  jour. 

Les  seigneuries  vassales  du  pays  de  la  langue  d'Oc 
rendaient  foi  et  hommage  à  leur  suzerain,  avec  la  même 
soumission  à  peu  près  que  celui-ci  en  usait  avec  le  roi  : 
l'hérédité  des  fiefs  passée  en  principe,  la  force  et  l'impor- 
tance de  la  terre  constituant  le  droit,  sans  troubles  trop 
violents  pour  la  hiérarchie,  dans  les  subdivisions,  des 
compositions  étaient  devenues  souvent  d'impérieuses  et  de 
légitimes  nécessités.  Du  peuple  au  seigneur  les  rapports 
étaient  relativement  les  mêmes,  et  des  concessions  étaient 
également  forcées  en  tout  ce  qui  relevait  du  peuple  serf  ou 
vassal,  ou  formé  en  commune.  Le  parler,  dont  il  était  le 
maître,  et  qu'il  faisait,  se  pliait  à  ses  aptitudes  et  obéissait 
à  ses  tendances  :  là  aussi  il  avait  à  prendre  librement  ses 
franchises.  De  là  les  dialectes  de  la  langue  d'Oc,  ralliés 
par  une  sorte  de  fédéi'ation  ou  de  vassalité  à  sa  constilsa- 
tion  centrale  et  souveraine,  mais  se  nuançant  en  indivi- 
dualités distinctes  et  se  multipliant  par  fractionnements  qui 
conespondaîant  à  ceux  des  domaines  particuliers,  .sana 
méoonnaitce  jamais  leur  génie  natal. 

Aussi,  quand  le  centre  dominant,  qui  imposait  aux 
antns  son  e^rit  et  ses  habitudes,  vit  amoindrir  sa  pré- 
pondérance et  qu'elle  se  d^[ilaça,  quand  une  Uttécatire 


434 


LEN 


LEN 


acceptée  également  par  tous  cessa  d'être  accueillie  et  favo- 
risée par  les  cours  princières,  et  que  ce  foyer,  d*où  jaillis- 
saient la  lumière  et  tant  d'éclat,  s'éteignit,  le  prestige  de  la 
langue  d'Oc  commença  aussi  à  décroitre.  A  mesure  que  se 
fit  l'unité  française,  et  que  les  provinces  ne  formèrent  plus 
que  le  royaume,  en  restant  encore  pays  d'états ,  de  plus 
en  plus  s'abolit  la  division  tracée  autrefois  par  la  Loire, 
qui  n'était  que  nominale.  Le  français  s'était  constitué  dans 
ses  formes  définitives  :  la  langue  d'Oc  avait  perdu  son 
privilège  de  centralité  et  de  métropole;  et,  sans  autre 
règle  que  ses  intérêts  ou  ses  besoins,  ses  souvenirs  ou  ses 
propensions,  plus  que  jamais,  dans  ses  anciens  domaines, 
chaque  généralité,  chaque  baillage,  chaque  paroisse  même, 
morcelèrent  à  l'envi  son  héritage,  et  chacun  l'appropria  à 
son  génie  particulier,  à  son  accentuation  locale,  à  l'in- 
fluence de  son  voisinage  immédiat,  de  son  organisme  ou 
de  sa  température. 

A  ce  point  semblerait  terminée  l'histoire  de  la  langue 
d'Oc:  il  n'en  est  rien  cependant;  si  l'avenir  est  fermé 
pour  elle,  elle  peut  vivre  de  son  passé  et  se  consoler.  La 
nouvelle  division  de  la  France  a  efiaoé  sa  dénomination 
provinciale;  depuis  longtemps  avant,  elle  n'était  plus 
langue  ofiBcielle;  mais  une  langue  ne  s'anéantit  point  et 
n'a  pas  à  disparaître  ni  à  se  renier  devant  un  décret 
de  proscription.  Notre  langue  d'Oc,  que  nous  affectons 
d'appeler  ainsi  pour  ne  pas  la  réduire  à  un  de  ses  dialectes, 
mérite  mieux.  Comme  nous  l'avons  dit  dans  quelques 
considérations  préliminaires,  elle  est  restée  populaire  et 
c'est  être  quelque  chose;  à  ses  chefs-d'œuvre  anciens,  sa 
renaissance,  retrempée  à  ses  sources,  vient  en  ajouter  de 
nouveaux;  quatorze  millions  d'habitants  l'entendent,  la 
parlent  et  la  chantent  encore  dans  tous  ses  dialectes;  pour 
le  monde  savant,  son  étude  et  sa  connaissance  sont  indis- 
pensables à  tous  les  travaux  de  linguistique  et  de  philo- 
logie; elle  fait  partie  au  meilleur  titre  de  notre  gloire 
nationale;  et  c'est  ce  qui  nous  fait  aimer  et  entourer 
d'un  culte  patriotique  et  fervent  ses  autels  délaissés. 

Son  nom  même  est,  en  effet,  devenu  une  généralisation, 
qui  s'est  encore  restreinte  en  transformant  le  nom  de  1^- 
cienne  province  romaine.  Le  parler  d'Oc  résiste  toujours, 
mais  chacun  de  ses  dialectes  a  une  vie  à  part  :  le  toulou- 
sain, le  gascon,  le  provençal,  l'auvergnat,  le  cévenol  ou 
rcXol  n'en  sont  point  des  branches  détachées,  mais  des 
pousses  vigoureuses  sorties  du  même  tronc,  que  la  même 
sève  alimente  et  que  distingue  cependant  une  floraison 
différente.  Ces  dialectes  ont  eu  et  gardent  encore  l'empreinte 
du  type  primitif  que  leur  frottement  avec  le  français  n'a 
point  effacée  ;  et  c'est  pour  cela,  pour  conserver  à  la  langue 
«a  physionomie  vraie,  que,  de  toutes  parts,  dans  le  Midi,  sa 
terre  natale,  la  poésie  rajeunit  ses  traits  et  ses  couleurs. 

Nous  ne  rallumerons  pas  son  flambeau,  nous  le  savons, 
«t  peut-être  cette  flamme  ravivée  n'aurait  que  des  ardeurs 
factices;  mais  ne  fit-elle  que  rappeler  son  premier  éclat,  il 
élait  bon  de  suivre  à  travers  les  Ages  ces  longues  traînées 


de  lumière  venues  du  Midi.  La  langue  d'Oc  est  dépossédée 
de  sa  souveraineté  :  elle  décline  vers  une  décadence  fatale, 
qui  ne  doit  pas  cependant  s'accomplir  de  sitôt,  pour  si 
peu  qu'elle  veuille  rester  elle-même.  Le  français  peut  la 
remplacer  et  se  substituer  à  elle;  mais  une  fusion  ou  une 
alliance  est  impossible.  Le  danger  est  là  :  le  mélange  ne 
serait  qu'un  patois  informe;  et  quelle  que  f&t  la  liviée 
dont  cette  transformation  se  revêtirait,  elle  ne  représen- 
terait ni  le  français,  ni  le  languedocien  CVoy.  PaiouhJ. 
C'est  à  cet  abaissement  qu'elle  ne  doit  pas  descendre,  si, 
blessée  au  cœur,  elle  doit  mourir.  Elle  doit  rester  une  dans 
ses  variétés  dialectales  propres,  sans  se  laisser  déshonorer 
et  défigurer  par  des  raffinements  prétendus  qui  la  corrom- 
pent, vulgaire  dans  sa  forte  vitalité,  simple,  harmcmiease, 
originale  sans  les  atours,  les  sophistications  et  les  ajus- 
tements qui  la  déparent.  Elle  est  assez  riche  pour  se  passer 
d'emprunts,  trop  fière  pour  recevoir  l'aumàne,  de  race  et 
d'extraction  assez  nobles  et  assez  anciennes  pour  avouer 
ses  origines.  Pour  cela,  nous  avons  voulu  dire  son  histoire, 
et  nous  faisons  effort  pour  la  maintenir  dans  ses  traditions. 

Léngoù,  «.  m.  Dim.  de  Léngo.  Petit  bout  de  la  langue; 
dans  le  langage  des  nourrices,  langue  d'un  enfuit. 

Léngonsto,  s,  f.  Langouste,  Aêtaeu$,  PaUnuru$  locutta, 
Linn.,  crustacé  de  l'ordre  des  Astacoldes  et  de  ïsl  fam.  des 
Longicaudes  ou  Macroures,  grosse  écrevisse  de  mer,  com- 
mune dans  la  Méditerranée.  Ce  qui  la  distingue  du  homaid, 
c'est  qu'elle  manque  des  deux  formidables  pinces  doot 
celui-ci  est  armé  :  ils  ont  d'ailleurs  assez  de  rsssembUnœ 
pour  qu'on  ne  leur  ait  pas  donné  des  noms  di£G6rent8  : 
celui  de  Léngousto  suffit  et  s'applique  à  tous  les  deux. 

Léngn,  ado,  adj.  Dim.  Lén^wié,  Ho;  péj.  lÀnptAa», 
aao.  Babillard;  bavard;  parleur;  qui  a  la  langue  trop 
longue;  qui  ne  sait  pas  se  taire  sur  ce  qu'il  doit  garder 
secret.  —  Tatêo-té,  Ungudo,  tais-toi,  bavarde. 

Léngaéja,  v.  firéq.  Languéyer;  examiner  la  laogoe 
des  porcs  pour  reconnaître  les  grains  de  ladrerie.  —  Tbf  . 
Grano  dé  por, 

Léngné]atre,  5.  m,  Languéyeur;  qui  fait  métier  de 
languéyer  les  porcs  dans  les  foires  et  marchés.  —  Tby. 
Grano  dé  por, 

Lénguéta,  v.  Terme  de  menuiserie,  évider  en  boudiiit 
ou  en  languette  le  bord  d'une  pièce  d'assemblage  pour  le 
faire  entrer  dans  la  rainure  ou  canal  de  la  pièce  à  joindre. 

Léntio,  s,  f.  Lentille,  lentille  commune*  Brxmm 
Linn.,  plante  de  la  fam.  des  Légumineuses. 

Lento,  <.  f.  Luzerne  sauvage,  luzerne  faudlle, 
eago  faleaia,  Linn.,  plante  de  la  fam.  des  LègamineoaBS*  à 
feuilles  menues,  à  fleura  jaunes,  qui  se  propage  d'elle- 
même  dans  les  champs  de  blé.  Comme  elle  est  TÎTaoe» 
qu'elle  se  marcotte  et  se  multiplie,  ses  racines  très-fortei, 
ûès-ligneuses,  arrêtent  quelquefois  la  charrue  et  font  mêaw 
briser  le  soc.  Elle  est  fort  gourmande  et  fort  nviaihle  aa 
blé  et  en  outre  difficile  à  extirper. 

Dér.  du  lat.  JL«nfii«,  flexible,  ou  lent,  qui  nleatit« 


LES 


LÈV 


435 


Lénton,  t.  f.  Humidité  ;  flexibilité  causée  par  rhomi- 
dité;  moisiasuFe.  —  Fby.  Lén. 

Iièoa,  «.  m.  Péj.  Xtfvotoj.  Terme  de  boucherie,  moa  ou 
poumon  des  animaux;  morceau  peu  recherché,  dont  les 
pauvres  gens  seuls  font  usage.  Le  mou  du  porc  est  plus 
délicat;  on  le  mêle  à  la  viande  des  andouilles  et  saueis- 
sons,  on  Talteme  avec  le  foie,  et  ces  carrés  de  viande 
maigre  qu'on  nomme  poupo,  dans  les  garnitures  que  Ton 
fait  au  boudin. 

Dér.  du  lat.  IavU,  léger,  parce  que  la  substance  spon- 
gieuse et  fistuleuse  du  poumon  le  rend  léger  et  le  fait  sur- 
nager sur  Teau. 

Lèou,  oip.  Bientôt;  promptement;  vite.  —  lÀou,  lèou/ 
Vite,  vite!  dépêchons.  Pu  lèou  que,  plutôt  que... 

Dér.  du  lat.  Leviê,  léger  :  l'analogie  entre  léger,  leste  et 
vite  explique  facilement  la  signification. 

Lécpio,  s.  f.  Piège  pour  les  oiseaux  ou  les  rats,  com- 
posé ordinairement  d'une  pierre  large  et  plate,  placée  de 
champ  et  inclinée  en  angle  de  45  degrés,  soutenue  dans 
cette  position  par  une  charpente  de  bûchettes  si  légère,  si 
délicatement  montée  que  la  moindre  pression  d'un  animal 
qui  8*y  hasarde  pour  manger  l'app&t  semé  au-dessous,  fait 
cronler  brusquement  l'édiafaudage,  qui  écrase  presque 
toujours  le  téméraire.  En  général,  piège,  traquet,  traque- 
nard, trébuchet,  quatre  de  chiflre. 

On  l'a  dit  dér.  du  celt.  Laitehe  ou  Lech,  pierre,  ou 
fignrativement  du  lat.  Laqueui. 

Lès,  s.  m.  Lé,  largeur  d'étoffe;  longueur  quelconque 
d'étoffe  prise  dans  toute  sa  largeur  d'une  lisière  à  l'autre. 

Lésarda  (Se),  v.  Se  lézarder;  se  couvrir  de  lézardes. 

Lésardo,  s.  /.  Lézarde;  fente,  crevasse;  fissure  qui  se 
produit  dans  un  mur  quelquefois  par  vétusté,  mais  qui 
date  d'ordinaire  de  sa  construction  et  provient  le  plus 
souvent  d'un  afEdssement  dans  une  partie  des  fondations. 

Dér.  du  lat.  Lemtm,  supin  de  Lœdere,  offenser,  léser. 

Lésé,  s.  m.  Loisir;  temps  disponible  et  suffisant  pour 
foire  une  chose.  —  Soui  pat  dé  /^é,- je  n'ai  pas  le  temps. 
Quan  néroM  dé  lété,  quand  tu  y  seras;  quand  tu  seras 
dispoe;  quand  tu  auras  le  temps. 

Dé  Uté,  à  loisir,  à  son  aise. 

Dér.  du  lat.  lÂett,  il  est  permis. 

Léténo,  I.  /.  Aléne,  outil  de  cordonnier  pour  percer  le 
ouïr;  poinçon  courbe  emmanché. 

Eq  espag.  Akma,  m.  sign. 

Lésqno,  s.  f,  Dim.  Léêquéio.  Tranche  de  pain  ;  mouillette. 

Usdon,  a.  m.  De  la  lessive,  eau  imprégnée  des  sels 
lisiviflls  de  la  cendre. 

Dér.  du  lat.  Idxkfîum,  m.  sign. 

Lésiioa,  f  •  m.  Essieu  de  voiture,  pièce  de  fer  qui  passe 
dans  le  moyeu  des  roues. 

Dér.  du  lat.  Àteis,  aariUwn,  m.  sign. 

Létao,  #.  /.  Grasse  de  la  tète,  pellicules  qui  s'amassent 
sons  les  cheveux;  crasse  qui  se  forme  ea  petites  écailles 


sur  d'autres  parties  du  corps  par  une  habitude  de  mal- 
propreté, surtout  aux  genoux  :  cette  dernière  se  nomme 
aussi  Péréso  fVoy.  cm.).  —  Foui  lèvo  la  létio,  au  fig.  il 
emporte  pièce  dans  ses  quolibets. 

Leste,  lèato,  adj.  Leste;  agile;  qui  a  de  la  légèreté; 
dispos;  préparé;  prêt;  prompt;  vif;  éveillé. 

Létro,  5.  f.  Lettre,  caractère  de  l'alphabet;  lettre- 
missive.  —  Caunouï  la  litro,  il  sait  lire  et  écrire.  FasèM-y 
uno  létro,  écrivez-lui.  Li  tnandaraï  uno  létro,  je  lui  écrirai» 

Dér.  du  lat.  Littera,  m.  sign. 

Lètron,  s.  m.,  ou  Lusèr.  Lézard,  Lacerta,  Linn.,  reptile 
de  la  fam.  des  Sauriens,  dont  les  variétés  sont  nombreuses. 
—  An-dessous  du  plus  grand  de  nos  lézards  qui  dépasse 
deux  pieds  de  longueur,  ou  en  trouve  bien  d'autres  diffé- 
rant de  taille  et  de  couleur,  ce  qui  tient  peut-être  autant 
à  l'âge  qu'à  l'espèce  ;  et  par  une  gamme  descendante,*  on 
arrive  au  lézardeau  de  muraille,  qui  atteint  à  peu  près 
cinq  pouces  dans  son  plus  grand  développement.  En  thèse 
générale,  les  plus  gros  de  ces  reptiles,  tous  conformés  de 
même,  s'appellent  Létrou  ou  Lusèr;  ceux  de  moindre 
dimension  ont  des  noms  divers;  mais  à  quel  degré  de 
l'échelle  faut-il  s'arrêter  pour  que  le  Lèirou  devienne  Rén- 
gloro  (y,  c.  m.}?  Ce  point  de  démarcation  n'est  pas  bien 
déterminé.  Disons  toujours  néanmoins  que  le  lézard  ocellé, 
Lacerta  oeellata,  Linn.,  et  le  lézard  vert,  Lacerta  viridiê, 
un  peu  moins  grand,  tous  deux  remarquables  par  leur 
belle  couleur  verte  se  modifiant  quelquefois  par  du  brun 
et  du  jaune,  communs  dans  notre  pays,  où  ils  sont  les 
plus  grands  du  genre,  sont  essentiellement  le  Létrou  ou 
Lusèr  :  on  s'arrange  avec  les  autres  et  on  leur  donne  l'épi- 
thète  depic^,  pour  arriver  au  nom  spécifique  de  Réngloro. 

Leva,  V.  Lever,  en  général;  mais  les  nombreuses  et 
variées  acceptions  de  ce  verbe  ne  peuvent  être  bien  con- 
nues que  par  des  exemples.  —  Leva,  pousser  en  parlant 
du  blé  qui  germe  en  terre,  des  plantes  qui  sortent  de  terre; 
lever,  fermenter,  en  parlant  du  levain.  LétM  un  éfan^ 
accoucher  une  femme,  recevoir  l'enfant.  Leva  uno  maXo, 
relever,  reprendre  une  maille  à  un  tricot,  à  un  bas.  Leva 
la  tâouh,  desservir,  enlever  le  couvert.  Leva  lou  eapèl, 
ôter  son  chapeau;  saluer  quelqu'un,  le  reconnaître  pour 
son  supérieur.  Leva  las  tatos,  percevoir  les  contributions, 
être  percepteur;  par  ironie,  mendier.  Leva  lou  nas,  lou 
moure,  être  orgueilleux,  porter  la  tête  haute.  Leva,  quêter,, 
faire  une  collecte.  Leva  la  man,  prêter  serment.  Leva 
boutigo,  commencer  à  tenir  un  magasin,  à  faire  un  com- 
merce; ou  par  ext.  entier  en  danse,  se  disposer  à  en  venir 
aux  mains,  se  battre.  Leva,  faire  un  rabais  :  Mé  lévarée  bé 
quieon,  vous  rabattrez  quelque  chose.  Aquà  vôou  pas  Uns 
leva  dàou  sôou,  cela  ne  vaut  pas  la  peine  de  se  baisser 
pour  le  ramasser.  M'ou  Uvarias  pas  dé  ma  testa,  vous  ne 
me  feriez  jamais  croire  antre  chose.  Jama»  noun  mé  lève 
d'cXei  s'és  pas  vrai,  je  consens  à  ne  jamais  bouger  de  place 
si  je  ne  vous  dis  pas  la  vérité;  formule  d'imprécation  ou 
de  protestation  fort  usitée.  Uva  Uu  msados,  chercher  des. 


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1 


436 


LEV 


nichées,  dénicher  des  oiseaux.  Té  vôou  leva  ddou  téména, 
je  vais  te  relancer  d'importance.  Leva  dé  eassûlo,  dégoter 
quelqu'un  du  jeu,  prendre  sa  place.  AourU  pas  qu'à  liva 
lou  dé,  il  n'aurait  qu'à  faire  un  signe. 

Se  leva,  se  lever,  en  parlant  d'une  personne  couchée, 
sortir  du  lit  ;  se  mettre  debout  ;  monter,  paraître  sur  l'ho- 
rizon. —  Lou  tourél,  la  luno  se  lèvo,  le  soleil,  la  lune 
parait,  se  lève.  Lou  tén  se  lèvo,  le  temps  se  hausse,  il 
commence  à  s'éclaircir,  Si  faire  beau.  Se  leva  dé  davan, 
disparaître,  quitter  la  partie,  s'en  aller,  s'esquiver. 

Dér.  du  lat.  Levare,  venant  de  Levis,  léger. 

Lévadéto,  s.  f.  Dim.  de  Lévado.  Fressure  d'agneau,  de 
chevreau.  —  Voy.  Lévado. 

Léyadis,  disso,  adj.  Qui  peut  se  lever,  s'enlever,  se 
his^r  facilement;  aisé  à  lever,  Pl  remuer;  mobile,  muable. 
—  Pon  lévadis,  pont-levis. 

Dér.  de  Leva, 

Lévado,  s.  f.  Dim.  Lévadéto.  Terme  de  boucherie,  fres- 
sure d'un  porc,  d'un  mouton,  etc.  Elle  se  compose  du  foie, 
du  poumon  et  du  cœur,  qui  tiennent  ensemble  et  que  le 
boucher  enlève  à  la  fois,  en  dépeçant  l'animal. 

Ce  mot  vient-il  de  cette  dernière  action  et  parce  que  la 
fressure  ne  compte  pas  comme  viande,  ou  bien  du  mot 
Lèou,  qui  donne  à  son  péj.  Lévatas,  d'une  grande  ana- 
logie, et  parce  que  le  poumon,  qui  est  une  partie  essen- 
tielle de  la  Lévado,  pourrait  bien  avoir  servi  de  racine  à 
l'ensemble  de  la  fressure? 

Léyado,  s.  f.  Digue;  chaussée;  déversoir  d'un  moulin; 
barrage  quelconque  en  travers  d'un  cours  d'eau  pour  le 
dévier  dans  un  canal  de  moulin  ou  d'arrosage. 

Lévado,  s.  f.  Levée;  action  de  lever,  d'enlever.  En 
terme  de  magnanerie,  c'est  une  certaine  quantité  de  vers 
qu'on  enlève  des  tables  où  ils  sont  trop  serrés  et  trop 
nombreux,  pour  les  disposer  sur  des  tables  nouvelles,  ce 
qui  arrive  après  chaque  mue  par  le  développement  de 
leur  volume.  —  Au  jeu  de  cartes,  levée,  cartes  qu'on  lève 
en  gagnant. 

Lévadoù,  s.  m.  Levier  d'une  meule  de  moulin  à  farine, 
composé,  dit  Sauvages,  de  deux  pièces,  l'une  verticale, 
appelée  l'épée,  l'antre  horizontale,  qui  fait  l'ofiSoe  de 
levier  et  qu'on  appelle  la  trampure  :  l'une  et  l'autre  servent 
à  hausser  la  braie,  et  par  ce  moyen  la  meule  tournante. 

Lévadok  signifie  aussi  un  clayon,  sorte  de  panier  plat, 
plus  long  que  large.  —  Voy.  Campanèje» 

Ce  mot,  qui  n'est  pas  connu  à  Alais  en  ce  sens,  est  tout 
k  fait  technique  à  nos  portes,  dans  la  Gardonenque  et 
l'arrondissement  du  Vigan. 

Lévan,  j.  m.  Levain,  morceau  de  pâte  aigrie  qui  sert  à 
faire  fermenter  la  pâte  du  pain.  —  Métré  lou  lévan,  opé* 
ration  préparatoire  à  la  manipulation  du  pain,  qui  consiste 
à  détremper  un  morceau  de  levain  avec  une  petite  quantité 
de  farine  dans  la  huche,  qu'on  laisse  fermenter  quelques 
heures  ensemble  et  qui  augmente  le  volume  du  levain  en 


LIB 

même  temps  que  la  force  de  fermentation;  on  mâele  tout 
ensuite  avec  la  pâte  nouvelle. 
Dér.  de  la  bass.  lat.  Lepamen,  m.  sign. 

Lévan,  s.  m.  Levant,  Orient,  Est,  partie  du  ciel  oA  le 
soleil  se  lève;  pays  situés  au  levant  de  la  Méditerranfie. 
—  Sourél  lévan,  lever  du  soleil  ;  soldl  levant. 

Lévandièîro,  s.  f.  Sage-femme,  accoucheuse. 

Dér.  de  Leva  ;  leva  un  éfan,  prendre  un  enfant  du  sein 
de  la  mère,  accoucher  une  femme. 

Lévatas,  s.  m.  Péj.  de  Lèou.  Terme  de  boucherie, 
poumon,  principalement  de  bœuf  :  ce  qui  est  toujouis  un 
mauvais  mets.  —  Voy.  Lèou. 

Lévite,  s.  f.  Lévite,  redingote,  sorte  d'habit  long,  croisé 
par  devant. 

Empr.  au  fr. 

Lèvo,  s.  f.  Terme  de  palemardier,  lève,  cuiller  d'an 
mail ,  sa  face  taillée  en  biseau  et  qui  sert  à  enlever  U 
boule,  tandis  que  la  face  opposée,  la  masse,  la  fait  rouler 
terre  à  terre.  —  Jou^a  dé  lèvo,  enlever  la  boule  pour  U 
porter  à  une  plus  grande  distance,  sans  être  arrêtée  dans  si 
course  par  des  ricochets  ;  par  ext.  au  fig.  agir  hardimeut, 
avoir  de  la  vigueur,  de  la  verdeur,  de  l'entrain. 

Lèvo,  s.  f.  Levée;  quête;  collecte.  —  Faïre  uno  lèoo, 
faire  une  quête. 

Dér.  de  Leva. 

Lèvo-qnion,  s.  m.  Fourmi  rouge,  fourmi  à  tète  ronge, 
qui  va  toujours  en  procession  le  long  des  vieux  muis  on 
des  vieux  troncs  d'arbre.  Elle  passe  pour  méchante  et  sa 
morsure  cause  une  légère  inflammation.  On  l'appelle  lèw- 
quiou  de  ce  qu'elle  relève  volontiers  son  abdomen. 

Lévnro,  $.  f.  Tranche  extérieure  de  panne  de  porc,  qui 
est  devenue  rance  et  qu'on  enlève  pour  ne  pas  laisser  ce 
goût  aux  assaisonnements.  On  donne  ces  reliefs  aux  pauvres 
mendiants. 

Li  ou  I,  pron.  relat.  et  adv.  Lui,  à  loi.  —  Foy.  /. 

Lia,  V',  ou  la.  Lier.  —  Voy.  la. 

Lian  ou  lan,  s.  m.  Gordon,  ce  qui  sert  à  lier;  lien; 
cordon  de  sac.  —  Voy.  lan. 

Liardo,  s.  f.,  ou  Piastre.  Pièce  de  deux  liards*  depuis 
longtemps  démonétisée,  hors  d'usage  dans  la  circoUtioo 
comme  en  dénomination.  —  Voy.  lard  et  Piatiro. 

Liasse  ou  lasso,  s.  f.  Liasse;  paquet  de  menu  lingl^ 
lié  ensemble;  trousseau  de  clés  réunies.  —  Le  fr.  Liasse 
ne  s'entend  que  de  papiers;  le  lang.  a  presque  une  aatR 
signification  et  ne  s'applique  qu'à  de  menus  objets.  H  dit 
an  reste  beaucoup  mieux  Ttoumo.  —  K.  o.  m. 

Libérta,  s.  f.  Liberté;  indépendance;  état  d'une  pc^ 
sonne  libre. 
Dér.  du  lat.  Wmias,  m.  sign. 

Libertin,  boio,  adj.  Dim.  lÀbérHnà:  p6|.  £i&éniiMt* 
Libertin.  —  Cet  adj.  an  masc.  n*entraiAe  pas  l'idée  de 
mauvaises  mœurs  comme  le  fr.  Libertin  :  c'est  plutftt  va 
coureur  de  cafés  et  de  cabarets;  un  homme  qui  pense  p0a 


LIG 


LIM 


437 


à  Ses  af&ires  et  vit  dans  le  vin  et  le  jea.  An  fém.  c'est 
différent,  le  moi  libertino  ne  porte  que  sur  les  mœurs. 

Libraire,  «.  m.  Libraire;  marchand  de  livres. 

Dér.  du  lat.  LibrariuM,  m.  sign. 

Libramén,  aiv.  Librement;  sans  contrainte;  sans  gène. 

Empr.  au  fr. 

Ubre,  s.  m.  Dim.  Libre;  péj.  Libras.  Livre;  volume, 
feuilles  imprimées  reliées  ou  brocbées  ;  ouvrage  d'esprit 
qui  fait  un  volume.  —  Libre  dé  doits  iar§,  la  croix  de  par 
Dieu.  Parlo  coumo  un  libre,  il  parle  d'or. 

Dér.  du  lat.  Liber,  gén.  libri,  m.  sign. 

Libre,  libre,  adj.  Libre;  exempt  de  contrainte,  de 
gène,  d'embarras,  de  liens,  d'obstacles. 

Dér.  du  lat.  Liber,  m.  sign. 

Licol,  s.  m.  Licol  ou  licou,  lien  autour  du  cou  du  cheval, 
mule  ou  mulet.  —  Le  vrai  mot  est  Cabéetre,  mais  celui- 
ci,  qui  n'est  peut-être  qu'un  empr.  au  fr.,  s'est  facilement 
impatronisé. 

Liçoù,  5.  f.  Dim.  Liçounéio.  Leçon,  instruction;  ce 
qu'un  maitre  donne  à  apprendre  et  ce  qu'apprend  par  cœur 
un  écolier.  —  As  pas  di  ta  liçoù,  tu  n'as  pas  récité  ta 
leçon.  Té  dcunartU  uno  liçounéio,  je  t'appliquerai  une 
l^ère  correction  pour  t'apprendre. 

Dér.  du  lat.  Lectio,  m.  sign. 

lidor,  s,  m.  Louis  d'or,  pièce  de  vingt-quatre  francs. 
—  Malgré  l'adoption  presque  générale  du  système  décimal, 
il  y  a  encore  certains  marchés  qui  persistent  à  se  faire  sur 
le  type  des  anciennes  monnaies,  parmi  le  peuple;  dans  les 
foires,  celui  des  chevaux  et  des  mules  se  fait  en  louis  d'or. 
n  est  encore  certains  nombres  dans  les  sommes  d'ai^enl 
qui  ne  s'énoncent  qu'en  ces  vieilles  dénominations,  en  fr. 
comme  en  lang.,  ainsi  :  dès  éscus,  cent  èsetts,  milo  éseus, 
otnio-ctn  lidors,  cinquanto  lidors,  eént  lidors,  malgré  le 
changement  de  valeur  de  ces  différentes  pièces,  signifient 
toujours  trente,  trois  cents,  trois  mille,  six  cents,  douze 
cents,  deux  mille  quatre  cents  francs,  puisqu'il  n'y  a  plus 
délivres. 

Lié,  t.  m.  Lit. — Voy.  lé,  seul  usité  dans  notre  dialecte. 

Ilècboto,  s,  f.  Dim.  de  Lié,  Petit  lit,  couchette.  —  Se 
dit  mieux  lèehoio,  —  Voy.  c.  m. 

Liéto,  s.  f.  Layette;  petit  coffre  en  forme  de  bahut,  en 
carton  ou  en  bois  très-mince,  qui  sert  aux  jeunes  femmes 
•t  jeunes  filles  4  renfermer  leurs  objets  de 'toilette,  bonnets, 
cols,  collerettes,  et  tous  les  atours  qui  craignent  d'être 
aplatis  ou  chiffonnés.  C'est  lÀ  aussi  que  sont  serrées  leurs 
Aomres  et  chaînes. 

Ulré,  liiréto,  a^*.  Gai;  éveillé;  coquet;  accort; 
délicat. 

Uga,  V.,  ou  Aliga.  Limoner;  couvrir  de  lie,  de  limon, 
de  vise.  —  Foy.  Énliga. 

UffAB,  s,  m.  Gros  amas  ou  dép6t  de  limon,  où  le  pied 
enAmee,  dans  les  premiers  temps  de  sa  formation. 

Augm.  de  Ligo,  lie»  boue. 

Ugnéto,  «.  f.  Ficelle;  bitord;  corde  à  fouet. 


Ligno,  s.  f.  Ligne,  instrument  de  pèche;  canne,  perche 
légère  en  roseau  d'ordinaire,  à  laquelle  est  attaché  un  fil 
ou  une  mince  corde  et  un  bout  de  crin  blanc  qui  porte  le 
hameçon. 

Dans  le  sens  du  fr.  Ligne,  trait  simple,  le  lang.  ne 
connaît  que  Bigo,  et  pour  Rangée,  file,  rien  que  la  variante 
lîéfi.  —  Foy.  c.  m. 

Dér.  du  lat.  Linea,  fil,  ficelle. 

Lignôou,  s.  m.  Ligneul  des  cordonniers,  fil  ciré  avec 
de  la  poix,  doublé  plusieurs  fois,  qui  sert  à  coudre  les 
souliers. 

Dér.  du  lat.  Linetum,  de  Linum,  lin. 

Lignoto,  s.  f.  Linotte,  Gros-bec  linotte,  Fringilla  ean- 
nabina,  Temm.,  oiseau  de  l'ordre  des  Passereaux  et  de  la 
fam.  des  Gonirostres  ou  Gonoramphes.  —  Ge  joli  oiseau 
vit  longtemps  en  cage  et  rivalise  avec  le  chardonneret  pour 
le  chant  et  l'intelligence. 

Ligo,  s.  f.  Lie  du  vin;  dépôt,  sédiment,  vase  des 
rivières. 

Ligo,  f.  f.  Acabit,  qualité  bonne  ou  mauvaise  d'une 
chose,  des  fruits,  des  productions  de  la  terre  ;  race,  origine, 
source,  en  parlant  des  personnes.  —  Il  est  probable  que 
c'est  même  dans  cette  dernière  acception  que  le  mot  a  été 
imaginé  d'abord,  et  qu'il  ne  s'est  étendu  que  par  analogie 
aux  objets  inanimés.  L'homme  ayant  été  formé  de  limon, 
la  ligo  a  été  sa  source,  son  origine  ;  quand  on  dit  :  Es  dé 
la  bono  ligo,  il  est  de  la  boçne  souche,  de  la  vieille  roche, 
on  semble  supposer  que  le  Gréateur  se  servit  de  diverses 
qualités  de  limon  pour  former  les  diverses  races. 

Dér.  sans  doute  du  lat.  Ligare,  lier. 

LigouBSO,  s,  f,  Brette;  épée  longue;  sabre. 

Lima,  v.  Limer;  polir;  couper;  amincir,  user  avec  la 
lime,  par  le  frottement.  Au  fig.  perfectionner  par  un 
travail  assidu,  attentif. 

Dér.  du  lat.  Limare,  m.  sign. 

Limaio,  s,  f.  Limaille,  partie  de  métal  en  poudre,  que 
la  lime  enlève. 

Limâoucboùs,  onso^  adj,  Péj.  Xtmdotie^usaj.  Gluant; 
poisseux;  visqueux,  mucilagineux;  baveux,  comme  l'hu» 
meur  qui  couvre  le  corps  de  la  limace. 

Dér.  à'AUmase,  limace,  limaçon. 

Limaae  ou  Alimase,  «.  m.  Limace,  limaçon  sans 
coquille,  Limax,  Linn.  —  Voy.  Alimase, 

Limbardo,  s.  f.  Limbarde,  inule,  perce-pierre,  /ntila 
chrithm&ides,  Linn.,  plante  de  la  fam.  des  Gorymbiféres, 
qui  croit  dans  les  lieux  marécageux,  au  bord  de  la  mer. 

Limboron,  s.  m.  Varaire,  plante.  —  Voy.  Varc&re. 

Limo,  s.  f.  Lime,  carrelet  d'ader,  de  fer,  à  raies,  pour 
polir,  user,  couper  les  corps  durs.  —  Limo  doufo  on  Umo 
sourdo,  au  fig.  sournois,  hypocrite;  homme  qui  voua 
mine,  qui  vous  ruine  en  vous  caressant,  qui  agit  secrète- 
ment avec  de  mauvais  desseins. 

Limongnè,  limongnèîro,  a4i»  Cheval,  mule  ou  mulet, 
attelés  au  limon  d'une  voiture,  c-à-d.  au  brancard,  par 


438 


LIO 


LIR 


opposition  à  ceax  qui  sont  attelés  devant,  et  qa*on  dit 
Atalas  en  cavto, 

limoun,  ».  m.  Limon,  dépôt  de  terre  détrempée;  boue 
bonrbe,  vase;  limon,  fruit  du  limonier,  plus  petit  que  le 
citron,  avec  lequel  on  le  confond  cependant  ;  limon,  bran 
card  d'une  voiture,  d*une  charrette;  pièce  de  bois  qui 
soutient  les  marches  d*un  escalier. 

Dér.  du  lat.  Limus,  limon,  vase,  boue. 

Limouna,  v.  Limonner  une  terre,  Tengraisser  de  dépôts 
de  limon.  —  Se  dit  d*une  prairie  couverte  par  une  inon- 
dation qui  y  a  déposé  du  limon . 

Limounado,  s.  f.  Limonade,  boisson  du  jus  du  limon 
ou  du  citron,  avec  de  l'eau  et  du  sucre. 

Lûnounéto,  f .  f.  Mélisse,  citronnelle,  plante.  —  Foy. 
Abêiano, 

Limpa,  v.  Vieux  et  hors  d*usage.  Glisser .  —  Est  entré 
dans  Ésearlimpa,  v.  très-usité.  —  Voy,  c.  m. 

Dér.  de  Litnpo,  boue,  en  v.  lang. 

Idmpéto,  s.  f.  Pierre  mince  et  plate,  galet;  caillou  plat, 
rond,  sur  une  grève  :  ce  sont  ces  galets  avec  lesquels  les 
enfants  s'amusent  à  faire  des  ricochets  dans  l'eau.  —  Vay, 
Saupéto, 

Lin,  «.  m.  Lin,  lin  commun,  Idnum  usitatisnmum , 
Linn.,  plante  de  la  fam.  des  Garyophyllées  ;  dont  Técorce 
se  file  et  fait  des  tissus,  et  dont  la  graine  possède  des  qua- 
lités émollientes  fort  appréciées  en  pratique. 

Linde,  lindo,  adj.  Clair;  transparent,  limpide,  comme 
Feau  de  roche  ou  celle  qui  court  sur  une  grève  unie  et 
argentée.  —  Lou  eiil  es  linde,  le  ciel  est  pur,  sans  nuage, 
ni  brume.  Un  jouïn'home  linde,  un  jeune  homme  à  taille 
svelte.  —  Ainsi  pris  au  fig.  dans  ce  dernier  sens,  Linde  a 
contracté  une  extension  qui  semble  participer  de  celle  du 
vieux  mot  Linje,  ou  n'en  être  plutôt  qu'une  corruption  : 
car  il  revient  à  Fluet,  efflanqué,  effilé,  élancé;  se  rappro- 
chant de  la  signification  du  mot  en  espag.  et  en  port. 

En  espag.  Lindo,  beau,  net,  pur;  en  port.  Lindo,  joli, 
gentil. 

Linja,  ado,  adj.  Nippé;  qui  est  bien  fourni  en  linge; 
pourvu  de  linge. 

Linjariè,  s.  f.  Ensemble  du  linge  d'une  maison,  d'un 
ménage,  et  non  lingerie,  qui  est  un  appartement  réservé  à 
la  conservation  et  à  la  réparation  du  linge,  en  fr. 

Linje,  s.  m.  Linge,  toile  employée  aux  besoins  du 
ménage;  linge  pour  le  corps. 

Dér.  du  lat.  Linium  pour  Lineum,  transformé  en  Linjum, 
linjeutn,  et  par  suppression  de  la  finale,  Liry'e. 

Linla,  s.  m.  Lilas,  Lilae  vulgarie,  Linn.,  arbuste  de  la 
iam.  des  Jasminées,  originaire  des  Indes,  à  fleurs  mono- 
pétales, tubulées,  disposées  en  grappes. 

Uo,  s.  f.,  ou  Rédorto.  Lien  formé  d*un  jeune  scion 
d'arbre  on  d'arbrisseau,  ou  même  de  jonc  ou  de  tige  her- 
bacée, qui  est  tordu  par  les  bouts  et  assez  flexible  pour 
lier  un  fagot. 

Dér.  du  lat.  Ligamen,  lien. 


Liô  ou  lô,  s.  m.  Lieu,  endroit;  place;  occasion.  —Est 
plus  dans  le  dialecte  montagnard  que  dans  oeloi  de  la 
plaine.  —  Voy,  /d. 

Lionrèîo,  5.  A  Livrée.  —  Voy,  Liwèxo. 

Lionro,  5.  f.  Livre,  unité  de  poids  d'après  l'aucieQ 
système,  qui  se  divise  en  4  6  onces,  4  20  gros,  384  sera- 
pules,  9,346  grains,  et  qui  variait  suivant  les  localités. 
Celle  d'Alais  valait  445  grammes  89  centig.  —  La  liouro 
dé  déssouto,  retenue  de  un  pour  cent  que  les  acheteurs  de 
cocons  font  subir  à  leurs  vendeurs  en  certaines  localités  : 
c'est  pour  tenir  compte  du  déchet  que  peut  avoir  éprouvé 
la  marchandise,  soit  dans  le  transport,  soit  par  défaut 
d'un  triage  préalable  assez  exact.  Cette  retenue  n'a  lieo  de 
commun  avec  la  proportion,  qui  n'est  qu'un  escompte.  — 
Voy.  ProupoureUw. 

Dér.  du  lat.  Libra,  m.  sign. 

Lipa,  V.  Lécher.  Au  fig.  manger  son  bi«i.  —  A  Una 
Upa,  il  a  tout  achevé.  —  Voy.  Liqua, 

Dér.  de  l'allem.  Lippe,  lèvre. 

Lipado,  s.  f.  Lippée;  bouchée;  coup  de  langue  d'un 
animal  qui  lèche;  franche  lippée,  repas  copieux  et  gratuit. 

Lipaîre,  aîro,  s.  et  adj.,  ou  Liqnaire.  Qui  lèche,  qui 
aime  à  lécher;  et  au  fig.  écomifleur,  parasite;  gourmand, 
moins  délicat  que  Lipé. 

Lipé,  lipéto,  adj,  Dim.  Lipétoît.  Friand;  raffiné  gour- 
mand; délicat  mangeur;  qui  est  sur  sa  bouche. 

Liqua,  v.,  ou  Lipa.  Lécher  avec  la  langue  ;  effleurer  avec 
la  langue.  Par  ext.  et  au  fig.  enlever,  emporter;  efiacer; 
faire  disparaître.  —  Gardoù  a  liqua  las  eastagnot,  le 
Gardon  a  emporté  la  récolte  des  châtaignes,  bien  entendu 
dans  une  inondation  après  orage,  qui  charrie  les  produits 
et  la  terre  des  montagnes.  L'âouro-ddou,  la  liquo-fango, 
le  vent  du  nord,  qui  sèche  la  boue. 

Dér.  du  gr.  \tlx^,  je  lèche. 

Liquado,  s.  f.  Bouchée;  action  de   l^her.  —  Foy. 
Lipado, 

Liquaire,  aûro,  adj.  Qui  lèche.  —  Voy.  lÀpoUre. 

Liqaofroîo,  s.  f.  Lèchefrite,  ustensile  de  cuisine  pour 
recevoir  le  jus  du  rôti. 

Liquo-aièto,  i.  m.  Gourmand;  parasite;  ce  qu'on  pour- 
rait traduire  mot  à  mot  en  fr.  par  lèche-plat,  lèche-asâeUe. 

Liquon,  s,  f.  Liqueur;  liquide  en  général;  boisson  dont 
l'eau-de-vie  est  la  base.  —  Un  vêire  dé  iiquoù,  un  petit 
verre  d'eau-de-vie  ou  d'autre  liqueur. 

Dér.  du  lat.  Liqtàor,  m,  sign. 

Lirgo,  «.  f.  Glaïeul,  iris  ou  flambe,  Iris  Germanieu$,  ou 
Gladiolus  communie,  Lûm.,  plantes  de  la  fam.  des  IriséeSi 
qui  se  confondent  avec  la  Coutilo.  — F.  c.  m. 

Lironn,  5.  m.  Loir,  rat  des  Alpes,  loir  commun,  Jfyocta 
glie,  Linn.,  petit  mammifère  de  la  iam.  des  Rongeurs. 

Ce  nom  n'est  point  très  en  usage;  et  comme  le  Loir, 
plus  rare  que  le  Lérot,  lui  ressemble  beaucoup,  on  lui 
donne,  ainsi  qu'à  ce  dernier^  le  nom  de  Jto-Misé.  -* 
Voy.  c.  m. 


LIU 


LON 


439 


V 


Lis,  Ubo,  adj.  Poli;  lisse;  usé  parle  frottement;  mince, 
fluet.  —  Bago-liso,  jonc,  bagne  nnie,  sans  chaton  ni  gnil- 
lochage.  Soupo  Ixto,  potage  sans  gamitnie,  eau  bouillie 
sans  grand  assaisonnement.  Pèço-liso,  pièce  de  monnaie 
osée,  élimée,  mais  conservant  encore  quelque  valeur. 

Dér.  du  gr.  Aiç,  Xi9q6ç,  m.  sign. 

Lis,  adv.  En  courant,  sans  bruit,  comme  en  glissant.  — 
Passa  lit,  passer  sans  s'arrêter,  sans  saluer,  en  voulant 
être  inaperçu. 

Liséto  ,  Idso,  Lisonn,  t.  f,  n.  pr.  de  femme.  Lisette, 
Lise,  Louison,  dim.  de  Louise  ou  de  Elise. 

Liflièiro,  s.  f.  Lisière,  bord  d'une  étoffe,  d'un  champ. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Lisiera,  du  lat.  Lieium,  trame; 
mais  importé  du  fr. 

Lisqno,  s.  f.,  ou  Lésquo.  Dim.  LisquHo.  Lèche,  tranche 
de  pain  fort  mince;  tranche  de  viande,  de  saucisson,  etc.; 
tartine  de  beurre,  de  fromage  frais.  —  Lisquo  dâourado, 
friandise  dont  on  fête  un  heureux  accouchement  chez  le 
peuple,  en  la  distribuant  aux  personnes  qui  viennent  faire 
visite  à  Taccouchée  et  à  celles  qui  assistent  au  baptême. 
Elle  consiste  en  de  larges  tranches  de  pain  blanc,  trempées 
à  diverses  reprises  dans  une  pâte  faite  de  lait,  d'oeufs  et  de 
sucre,  et  cuites  ensuite  à  la  poêle.  Les  pâtissiers  ont  per- 
fectionné cela  et  en  ont  fait  ce  qu'ils  appellent  des  mi- 
nerves. 

LisBandro,  5.  m.  n.  pr.  d'homme.  Alexandre.  —  Alté- 
ration par  apocope. 

Listel,  5.  m,,  ou  GistèL  Liteau.  —  Voy.  Gittil, 

Liste,  s.  r  Bande  de  toile  ou  de  mousseline  claire  dont 
les  femmes  en  grand  deuil  garnissent  leurs  bonnets,  en 
guise  de  dentelles.  Elle  doit  être  empesée,  lisse  et  sans 
aucun  pli. 

Listo,  dans  le  sens  du  fr.  Liste,  est  du  pur  franchiman 
réprouvé. 

En  angl.  List,  bande,  lisière. 

Litièîro,  s.  f.  Litière.  —  Ce  mot  comprend,  en  lang., 
non-seulement  la  litière  dont  on  fait  le  lit  des  chevaux, 
bœufs,  porcs,  etc.,  mais  toute  autre  substance  qu'on  mêle 
au  fumier  dans  les  cours,  pour  servir  de  véhicule  aux 
déjections  des  animaux,  comme  buis,  hérissons  de  châ- 
taigniers, mauvaises  herbes,  etc. 

Litre,  s.  m.  Litre,  mesure  de  capacité  du  système  déci- 
mal. C'est  un  des  termes  de  la  nomenclature  nouvelle  qui 
est  devenu  plus  tôt-  et  plus  généralement  familier  dans  le 
peuple.  —  Joumto'n  liits,  boire,  vider  un  litre.  Towmba 
«ottfi  litTt,  boire  une  bouteille  de  vin  d'un  litre  en  un 
repas,  déjeuner  ou  dîner. 

Litnr,  litnrdo,  adj.  Lecteur,  lectrice;  celui  ou  celle  qui 
lit,  qui  fait  la  lecture. 

Utore,  s,  f.  Lecture:  savoir,  étude.  —  A  la  lituro  pér 
é<,  il  a  l'avantage  de  savoir  lire.  A  dé  lituro,  il  a  de  Tin- 
struction,  du  savoir,  il  sait  lire  et  écrire. 

Dér.  du  lat.  Leetura,  du  v.  Lsgsre,  lire. 

linèii,  adv,  de  lieu  et  de  temps,  ou  Inèn.  Loin,  à  grande 


distance.  —  Dé  liuèn  m  liuèn,  à  intervalles  espacés,  à 
distance  l'un  de  l'autre,  de  loin  en  loin.  —  Voy.  luên. 

Livrèlo  ou  Idourèîe,  s.  f.  Livrée  ;  uniforme  ;  signe  dis- 
tinctif  comme  drapeau,  cocarde,  etc. 

Loge,  s.  f.  Dim.  Louguito.  Espèce  de  foire  ou  plutôt  de 
rendez-vous,  où  l'on  loue  des  ouvriers  pour  la  moisson,  la 
vendange,  l'éducation. des  vers-à-soie,  et  surtout  pour  les 
travaux  d'hiver.  Ce  sont  en  général  des  ouvriers  de  la 
Lozère  qui  se  présentent  le  jour  dit,  qui  est  toujours  un 
dimanche  :  ils  se  réunissent  en  masse  sur  quelque  petite 
place  autour  de  l'église,  et  les  enchères  commencent  à 
l'issue  de  la  messe. 

Dér.  du  V.  Louga. 

Logo  (A),  adv.  Au  lieu,  tout  au  contraire.  —  A  logo 
d'un  ehi,  mé  mandé  un  lou,  au  lieu  d'un  chien,  il  m'en- 
voya un  loup.  As  agu  hèou  din  ta  eampagno?  —  A  logo, 
a  plougu  tout  lou  tén,  as-tu  eu  beau  temps  dans  ton 
voyage?  —  Bien  au  contraire,  il  a  toujours  plu. 

Dér.  du  lat.  Loco,  au  lieu. 

L'on,  particule,  ou  mieux  pronom  personnel  indéfini. 
On,  l'on. 

Ce  mot  est  le  même  que  On,  et  l'euphonie  seule  règle 
les  cas  où  chacun  doit  être  employé  de  préférence,  absolu- 
ment comme  dans  le  fr.  On  et  l'on. 

Comme  en  fr.  contraction  de  Homines,  les  hommes. 

Long,  longe,  adj.  Dim.  Loungué;  péjor.  Loungas. 
Long;  qui  a  de  la  longueur,  de  la  durée,  de  l'étendue; 
tardif;  lent.  —  Dé  long  péls  longo  nouvèlo,  a  beau  mentir 
qui  vient  de  loin.  S'ésténdre  dé  soun  long,  tomber  de  tout 
son  long.  Ses  bien  long,  vous  tardez  bien;  vous  êtes  bien 
lambin. 

Dér.  du  lat.  Longus,  m.  sign. 

On  a  compris  que  le  G  final,  au  masc.  sing.,  ne  se  fait 
pas  sentir  :  il  n'aurait  donc  pas  dû  être  écrit,  d'après  les 
principes  de  notre  orthographe.  Mais  dans  ce  mot,  et  dans 
quelques  autres  monosyllabes  surtout,  conjonctions  ou 
adverbes,  une  exception  à  la  règle  était  nécessaire,  moins 
peut-être  en  faveur  de  l'étymologie,  qu'à  cause  de  la  for- 
mation des  composés  qui  prennent  presque  toujours  la 
lettre  caractéristique  du  primitif. 

Long,  adv.  Le  long;  amplement;  d'une  manière  diffuse. 
—  Long  dé  Vaigo,  tout  le  long  de  la  rivière,  sur  les  bords 
de  l'eau.  Long  dâou  jour,  tout  le  long  de  la  journée.  N'en 
sa  long,  il  en  sait  long,  il  est  très-expert.  A  la  longo,  à  la 
longue,  avec  le  temps,  tout  dàou  long,  en  longueur,  en 
long. 

Lengamén,  adv.  Longuement;  durant  un  long  temps. 

Longe-mai,  adv.  ou  mieux  interj.  Souhait,  vœu,  féli- 
citation  de  politesse  que  l'on  adresse  à  une  personne  en  la 
complimentant  sur  un  vêtement  neuf,  sur  une  maison,  sur 
un  domaine  nouvellement  acquis.  La  phrase  entière  usitée 
en  ces  circonstances  ou  en  occasions  semblables,  est  : 
longo-maï,  en  hono  santa,  c.-à-d.  puissiez- vous  en  jouir 
longtemps  encore  en  bonne  santé.  La  syncope  abrège,  et 


440 


LOU 


LOU 


se  fnit  sulTisaiiiiiii^it  comprendre.  La  ni^mc  roniiiilc  simple 
LotKjO'iiint  s"oijj]>l<:)i(?  aussi  comme  adieu,  lorsque  deux  [ler- 
sonn'''s  se(juilhnU  pour  quehiiic  temps  et  se  prennniil  la  main. 

Longos  (Las),  s*,  f.  plur.  —  Ne  s'emploie  sprcialiMnent 
qu'on  lerine  (le  \iL;neron  :  Donna  las  ïotKjos,  lais>erde  très- 
longues  vi<'tlvs  au  bout  des  sarments  de  la  vigne  en  la 
taillant.  Cnnime  le  noiuhre  d':'s  b'iuiyfons  laissés  est  litvau- 
coup  plus  considérable,  la  vigne  a  Ix-aucoup  })lus(le  raisins; 
mais  la  qu;inti!é  ne  s'obtient  qu'aux:  dép«Mis  de  la  (jualité 
du  vin  et  do  la  vitalité  du  cep.  Aussi  n'est-co  gur^re  (\yC^ 
une  vigne  vi«Mlle,  rabougri»^  et  destinée  à  élre  arraché*  (|ue 
l'on  fait  subir  cett'"'  épreuve.  —  Yo'j.  Cardin, 

Longo-vuïo,  ••f.  f  Longue-vue,  lunollc  d'ap[irocIie. 

Trad.  du  fr. 

Lonjo,  .V.  f.  Longt\  îkukIo,  lanière  de  cuir,  ou  corde, 
qui  tit-nt  au  licou  di^s  l)ètes  de  souime;  échine  du  veau  ou 
sa  moitié,  d"puis  les  épauli's  jus(iu'à  la  «jueue. 

Empr.  au  IV. 

Lontén,  alv.  Longtemps;  durant  un  long  cs])ace  de 
temps.  —  7V  iiarh  dé  Ionien,  je  te  parle  de  longlemps. 
Y-a  lonfrn,  il  V  a  li'uVJtoiiipS. 

Loquo,  s.  f.  IVmi.  ÏjtniiuHo.  Lnche,  loche  des  rivières, 
loche  lrancb'\  Co/uds  hnrbtitula,  ÏJnn.,  [unisson  de  l'ordre 
des  ir»lMbr;'i;ches  et  d'*  la  farn.  des  CylindrosofUi^s  :  dessus 
du  cor|)s  d'un  brun  oli vitre;  entes  j:iunMr('S  niiag-'s  et 
pointillèsd'^  b'nni;  six  barbillons  aux  mVbr)iivs;  longu-^ur 
de  M  à  1")  c'Mitimèlres,  quand  Dieu  leur  prélo  Aie.  (]e 
pMil  poisson,  fort  c<unmun  dans  le  (î.irdon,  n^ste  au  fond 
de  l'eau,  caché  dans  l'h-n-be  et  les  pierres  ;  sa  chair  est 
d'un  bon  goût. 

Lou,  ar(.  (•(  pron.  m.  Le.  — S'élide  d'avant  une  vctyelle: 
l'âouhvi',  rar!)r'\  comm<'  en  fr.  Au  gèn.  f/c  lou,  contracté 
en  dèl,  (lal,  aujourd'inii  dn<iu  ou  de  i  de\aiit  une  \(iyell(\ 
équivalout  au  fr.  (l\  du  (  Von .  DdnuK  .\udat.  à  lou,  con- 
tracté en  àoK  ou  à  /'.  au.  L»^  plur.  masc.  nomin.  et  accus, 
est  Ions,  h's;  L»''n.  d((s,  des;  dat.  et  atd.  os,  aux.  Son  fém. 
sing.  fait  In.  la;  g<\n.  dé  la:  dat.  à  In:  au  plur.  noiu.  et 
accus,  las,  les;  gén.  de  las,  des;  dat.  à  los,  aux. 

Lou  cnpM,  le  chaj)eau;  dànu  capêl,  du  chapeau;  âou 
capcl,  au  chap(\iu;  l'douhrc,  l'arbre;  dé  l'doubrc,  de  l'arbre; 
à  l'âouhre,  à  l'arbre  ;  Ions  vapèls,  lous  doubres,  les  chapeaux, 
les  arbres;  das  capcls,  das  âonbrrs,  des  chapeaux,  des 
ar])res;  as  capcls,  as  âoubres,  aux  chapeaux,  aux  arbres. 
La  fénno,  la  femme;  dé  la  fénno,  de  la  femme;  à  la  fénno, 
à  la  lennne;  las  fénnos,  les  femmes;  dé  las  fénnos,  des 
fennnes;  //  las  fcnnos,  aux  femmes. 

Dans  le  sons  prononnnal,  L.ou,  m.  sing.,  le;  f.  sing.  la^ 
la;  au  plur.  m.  Lous;  f.  Las,  les.  —  Aima -lou,  aimez-le  ; 
lou  vése,  je  le  vois.  Lous  aime,  je  les  nime;  vésè-lous, 
voyez-les.  A'imo-la,  aime-la;  la  vése,  je  la  vois;  las  aiman, 
nous  les  aimons;  vésè-las,  voyez-les.  Lou  que,  c«lui  qui, 
celui  que;  la  que,  celle  que.  L.ou  que  vèn,  celui  qui  vient; 
lou  que  vése.  celui  que  je  vois;  la  que  t'aimo,  celle  qui 
t'aime;  la  que  préne,  celle  que  j'épouse. 


Dans  la  région  montagneuse,  au  nord  d'Alais,  où  les 
raffinements  du  français  ont  moins  pénétré,  il  s'est  conservé 
une  formule  Iiabituelle  de  langage  et  d'emploi  de  rarlicle 
(jue  nos  j)ays  de  plaine  ont  presijue  perdu.  Pour  désigner 
une  perS'ume  dont  on  parle,  on  fait  précéder  de  rarlicle 
son  nom  ou  son  prénom;  on  dit  :  lou  Dumas,  lou  Rocho, 
Ion  Jan,  lou  VolUo,  lou  Viérc;  la  Bâoudano,  la  Mièrguesso, 
la  Jielonn,  la  Juno,  la  Man'ouné,  etc.  Dans  quelques  uoms 
comineneant  par  une  voyelle,  on  euphonise  par  une  liaison 
la  rencontre  mal  sonnanlCt'i  l'oreille,  lou-z-Idoro,  le  Isidore, 
ou  \)w\\  d'au(r(\s  fois  on  compose  le  nom  en  sui)priinant  la 
voyelle  hiitial^s  lou  Lissaudro,  le  Alexandre. 

Ce  sont  là,  me  parait-il,  les  anciemies  traditions  qui  se 
perpétuejit,  les  lendanc'^s  harmoniques  de  l'idiome  qui  se 
njainlienneni,  même  avec  des  mots  de  forme  relativement 
récente  et  i)lus  recherchée.  C'est  le  même  esprit  qui  a  créé 
l'élision  ot  qui,  à  la  place  de  la  contraction  au  ^'én.  dâou, 
du,  substitua  le  dé  /'  avec  l'apostroplie.  C'est  encore  ce  qui 
amena  la  [irosthèse  ou  addilion  de  l'article  au  substaulif  et 
au  nom  pn>[)re  connneneant  par  une  voyelle,  avec  lesquels 
il  s'ost  si  souvent  confondu. 

Pi»ur  se  naidiv  complèi(Mnent  raison  de  cette  dernière 
parlicularitt'  si  essentielb?  à  noter  dans  la  recherche  des 
étyinulogios,  il  fuit  se  reporter  à  ré]>o([ue  où  la  langue 
as[iire  à  se  renouveler  et  piviian^  ses  voies.  Sa  grannnaire 
viendra  plus  lard;  en  attendant  son  vocabulaire  se  forme; 
il  relient  tous  l-'s  mots  (jui  suHisent  «1  se  com{>rendre;  mais 
les  e\pres>ions  et  les  tournures  sont  empruntées  à  tous  les 
idiomes  «pli  counnit  dans  b»  pays.  Le  latin  en  est  toujours 
la  base,  h  latin  dègi-nérè,  corri)mpu  d'abord  {»ar  son  mé- 
lang«'  avec  l'idiome  des  pi'ovinces  romanisées,  et  par  la 
prononciation  gauloise  toujours  persistante,  puis  descendant 
encore  dans  la  bass'^  lalinilé  rustique,  et  plus  que  jamais 
laissaid  dénaturer  s-m  caractère.  La  fixité  lui  manque;  une 
ordonname  régulière  n'a\ail  ni  les  moyens,  ni  le  temps  de 
se  formuler  en  lois  assez  i)récises  pour  discipliner  des 
esprits  différents  d'habitudes  et  indépendants  les  uns  des 
autres,  l'autorité  magistrale  du  latin  ayant  disparu.  De 
loin  on  pouvait  di'jà  pressentir  que  le  roman,  issu  de  cette 
latinité  sans  cethésion  et  sans  régies,  arriverait  bientôt  à 
se  diviser  lui-mèirje  en  dialectes  qui,  sans  se  séparer  tout  à 
fait  de  leur  principe  conunun,  s'en  affranchiraient  assez 
pour  être  distingués  en  deux  langues,  la  langue  d'OiI  et  la 
langue  d'Oc.  —  Voy.  Kouman. 

Aussi,  au  moment  de  la  rénovation,  disons-nous,  la 
langue,  qui  ne  désertait  i)as  son  vocabulaire,  manifestait- 
elle  une  irrésistible  tendance  à  lui  donner  une  autre  forme. 
Les  modes  de  déclinaison  et  de  conjugaison  avaient  com- 
mencé par  s'éloigner  du  pur  latin  classique  :  par  la  sup- 
pression des  désinences  et  de  la  quantité,  l'accent  tonique 
se  déplaçait  et  la  prononciation  modifiait  le  sens  et  l'ortho- 
graphe des  mots  selon  de  nouvelles  exigences  :  les  flexions 
n'avaient  aucune  valeur  grammaticale;  tous  les  cas  dispa- 
rurent, et  l'article  détermina  la  relation  et  les  genna,  en 


LOU 


LOU 


44t 


précédant  invariablemeat  tous  les  substantifs,  même  les 
noms  propres,  qui  ont  fini  cependant  par  le  supprimer. 
Avant  tout,  la  nouvelle  langue  vise  un  but  et  ne  semble 
préoccupée  que  du  besoin  de  rendre  sa  forme  plus  brève, 
plus  adoucie  et  plus  commode. 

Nous  ne  voulons  saisir  au  passage  qu'un  des  phénomènes 
de  ce  mouvement  qui  amène  le  roman  à  modifier  les  prin- 
cipes et  le  caractère  de  l'idiome  générateur  dont  la  déca- 
dence ne  suffît  plus  aux  besoins  intellectuels,  ^'ous  avons 
précédemment  indiqué  les  procédés  dont  on  avait  usé  envers 
les  finales  latines  et  les  suiTixes  (  Voy.  Agno,  MuffJ,  il  est 
évident  que,  les  cas  et  les  genres  une  fois  supprimés,  la 
désinence  avait  dû  tomber,  puisque  sa  iportée  était  nulle 
el  qu*dle  devenait  un  embarras  à  la  prompte  expression  de 
la  pensée.  Mais  en  même  temps  devait  intervenir  un  signe 
aensible  pour  suppléer  aux  genres  et  donner  aux  mots  une 
détermination  précise,  et  leur  acception,  nécessaires  à  la 
clarté  du  discours  :  et  l'article  se  posa  en  avant  de  tous  les 
noms,  au  masculin  et  au  féminin,  au  singulier  et  au  pluriel. 
Il  fat  pris  au  latin  ille,  iUa,  son  pronom  démonstratif  le 
plus  usuel  :  son  r61e  et  son  emploi  étaient  fixés.  De  la  basse 
latinité,  où  son  usage  n'était  pas  inconnu,  il  se  transmit 
an  roman,  et  advint  à  la  langue  dOil  et  à  la  langue  d'Oc. 

L'idiome,  qui  arrivait  ainsi  à  se  simplifier  en  secouant 
la  gène  des  règles  grammaticales  et  des  flexions  trop  variées 
et  trop  diverses,  représentatives  du  genre,  du  nombre,  des 
CBS,  de  la  personne,  des  temps  et  des  modes,  avait  encore 
&  obéir  aux  instincts  d'euphonie  qui  convenaient  le  mieux 
h  l'oreille  et  d'une  plus  facile  articulation.  La  contraction 
•t  l'adoucissement  modifièrent  donc  la  forme  latine  :  en 
roman,  comme  dans  les  langues  d  Oil  et  d'Oc,  l'article  faisait 
au  masc.  sing.  nom.  El,  lo;  gén.  del,  de  /o;  dat.  al,  el,  a  lo; 
au  plur.  nomin.  Hs,  los,  U;  gén.  deU,  de  loi,  de  li;  dat. 
aie,  a  lo$,  a  lis;  le  féminin,  au  sing.  et  au  plur.,  était  en 
tout  conforme  au  nôtre,  sauf  au  nomin.  qui  disait  la  et  t7. 
Ce  n'était  pas  suffisant  pour  le  français  et  le  languedocien 
modemes  :  le  et  l'  fr.  remplacent  el  et  lo,  au  sing.  masc,  et 
MQfti  de  suite  pour  les  autres  cas;  pour  nous,  la  conson- 
oance  est  aussi  amortie  par  lou,  dâou,  âou;  loue,  das,  om. 

Mais  l'introduction  de  l'article  précédant  tous  les  noms 
devait  avoir  un  résultat  également  notable.  Lo,  le  et  lou^ 
de  formation  identique,  se  terminaient  par  une  voyelle 
plus  ou  moins  sourde,  et  qui  était  exposée  à  rencontrer  un 
mot  portant  une  voyelle  initiale.  L'élision  eût  sauvé  un 
heortement  désagréable  :  le  roman,  plus  dominé  par  Tin- 
fluenoe  latine,  ne  s'en  préserva  pas  toujours;  le  français  et 
le  kngiiedocien  en  redoutèrent  le  choc,  et  la  combinaison 
de  la  première  lettre  de  l'article  avec  l'apostrophe,  l\ 
éflgnisa  l'inoonvénient  à  l'oreille.  Mais  peu  à  peu  cette 
ûamtf  qak  était  purement  orthographique,  fut  impuissante 
è^iattnguer  le  substai^tif  auquel  elle  s'adaptait,  et  elle  fut 
absorbée  par  œ  substantif.  U  s'en  suivit  on  écart  qui 
irsnsfign  rait  le  primitif,  puisque  l'article  accessoire  devenait 
le  mot  Ini-ménie,  et  de  là  des  obscorités  étymologiques 


souvent  difficiles  à  débrouiller.  Ce  qui  même  augmente 
l'embarras,  c'est  que  ces  incorporations  d  articles  constituant 
un  mot  ne  sont  qu'un  accident  qui  n'a  rien  de  systéma- 
tique ni  de  régulier  :  elles  se  sont  impatronisées  dans  le 
vocabulaire  par  l'usage  et  sans  parti-pris  d'application 
générale;  car  on  peut  remarquer  souvent,  à  côté  d'un 
substantif  dans  lequel  l'article  s'est  agrégé,  un  autre  nom 
dans  les  mêmes  conditions  qui  a  résisté  à  l'amalgame. 

Dans  le  vieux  français  les  exemples  ne  manquent  pas  : 
on  cite  Lierre,  du  lat.  liedera,  qui  fit  primitivement  edre, 
puis  terre,  ière,  avec  l'art.  Vière,  et  enfin  par  la  confusion 
Lierre,  et  qui  est  pour  nous  Èouno;  Loriol,  qui  reste,  après 
avoir  été  Oriol,  l'oriol,  du  lat.  Oriolus  ou  Âureolut,  notre 
Figo-Lôouriôou  ;  Luette,  de  la  basse  lat.  Uveia;Landier,  de 
Anderia;  Lendemain,  dans  le  principe  endemain  ou  domain; 
Liard,  que  nous  avons  gardé  avec  sa  forme  si  particulière 
de  Vi  initial  aspiré;  etc.,  etc. 

Dans  le  domaine  de  la  langue  d'Oc,  de  semblables  trans- 
formations se  sont  produites,  sans  s'assujettir  k  celles 
qu'opérait  la  langue  d  Oïl  ou  le  français;  ce  qui  est  une 
nouvelle  preuve  de  son  indépendance  et  justifie  sa  préten- 
tion d'être  considérée  comme  une  langue  à  part,  de  même 
origine  que  le  français  et  non  un  de  ses  patois  corrompus. 
Nous  ne  relèverons  pas  les  différences  ou  les  similitudes 
dans  les  substantifs  communs  autrement  que  par  ce  qtû 
ressort  de  la  nomenclature;  nous  ne  voulons  ici  nous 
attacher  qu'à  certaines  dénominations  locales,  territoriales, 
et  aux  noms  propres  qui  en  peuvent  dériver,  sur  lesquels 
ont  agi  les  influences  dont  nous  parlons.  Le  nombre  des 
mots  appartenant  à  cette  catégorie  est  nécessairement  assez 
restreint,  bien  que  les  agrégations  de  l'article  se  soient 
étendues  au  masculin  et  au  féminin,  au  singulier  et  au 
pluriel;  mais  ces  accidents,  et  nous  ne  les  signalons  pas 
tous,  ont  dû  nous  arrêter,  si  peu  considérables  qu'ils 
semblent  en  apparence,  car  ils  intéressent  l'histoire  des 
noms  propres  et  ne  peuvent  être  négligés  dans  la  recherche 
de  leurs  étymologies. 

Voici  quelques-uns  des  exemples  à  l'appui  des  indications 
qui  précèdent  et  qui  leur  serviront  de  commentaire.  Il 
suffira  le  plus  souvent  de  placer  à  côté  du  nom  actuel  la 
plus  ancienne  de  ses  formes  mentionnée  par  les  vieux  titres, 
pour  avoir  raison  de  celle  dans  laquelle  il  s'est  ùné  et  des 
adjonctions  parasites  qui  lui  donnent  une  nouvelle  physio- 
nomie, sans  qu'il  se  prive  cependant  aujourd'hui  de  l'ajus- 
tement pléonastique  de  l'article. 

Lacan,  n.  pr.  de  lieu,  dit  Mansus  de  Campo, 

La  fous,  Mlansus  Foniiwn,  —  Voy.  Fon, 

Lagriniè,  Mansus  de  Agrintrio, 

Laneiso,  du  lat.  Jnsisus,  ineisa. 

Langlado,  appelée  en  4  4  25  Anglata,  en  4  SI  4  dtf  Anglada. 

Làoumida^  nom  {Kàititif,  lien  pUntA  d'ormes,  ionné  da 
Ut.  Vlmmt,  VUnêtm^,  en  fr.  Ormoie,  dit  en  4460  de, 
VlmêiQ,  en  4554  l'Oloiède,  aiyoud'hui  Xa imiMe,  commute 
de  Roqvadur  (Gard)  ;  le  n.  pr.  d'homme  Lmàés,  aven  la 


443 


LOU 


LOU 


simple  Lolm  n.  pr.  de  lieu,  oommnae  de  Saint-Christol- 
lés-Alais,  L'hom,  variante;  d*où  les  noms  d'hommes  Aou- 
menas,  Àouméroê,  lang.,  et  les  analogues  Almessas,  Ornes- 
sas,  et  Ormoy  (Eure),  tous  venus  de  Tancien  lang.  OlmB, 
Outne,  en  fr.  Orme,  sans  compter  les  composés  Delorme, 
Dormoy,  comme  les  autres  en  un  seul  mot. 

Lâouriôou,  Lauriol,  n.  pr.  de  lieu  et  de  personne,  du 
lat.  Aura  ou  Aurum,  donnant  Aureolus,  dimin.,  dit  en 
4237,  ad  ripariatn  d'Auriol;  en  4  463,  Vallatum  de  Auruol; 
Loriot  plus  tard,  et  enfin  en  fr.  Lauriol. 

Lama,  S.  m.  n.  pr.  de  lieu.  Larnac,  hameau  près  Alais, 
de  la  commune  de  Saint-Hilaire  de  Brethmas,  mentionné 
en  4344  Ecelesia  de  Amaco.  —  Le  même  nom  est  commun 
à  d'autres  hameaux,  notamment  dans  les  communes  des 
Mages  et  de  Montaren,  pour  le  Gard.  11  est  devenu  aussi 
n.  pr.  d'homme. 

L'ancienne  désignation  donne  la  clé  de  l'étymologie.  Il 
s'agit  évidemment  du  nom  tudesque  ou  goth  Arnold, 
devenu  Arnaud,  Arnal,  ahrégé  en  Arna,  tous  assez  répandus 
dans  notre  pays,  auquel  s'est  ajouté  l'article  lou,  le,  élidé 
et  syncopé  avec  la  première  syllabe  du  mot,  comme  on  le 
trouve  fréquemment. 

Larza,  s.  m.  n.  pr.  de  lieu.  Larzac,  plateau  fort  élevé 
dont  une  partie  se  trouve  à  l'extrémité  du  département  du 
Gard,  commune  de  Trêve,  et  forme  la  ligne  de  séparation 
entre  la  Dourbie  (Gard)  et  la  Jonte  (Aveyron). 

Le  même  mode  de  formation  par  la  fusion  de  l'article  nous 
parait  avoir,  comme  pour  le  précédent,  fait  le  mot  actuel  : 
lou  Arza,  l'Arzac,  Larza,  Larzac.  Le  primitif  dégagé  serait 
Arzac,  forme  romane,  conservée  par  le  fr.  mais  réduite 
dans  notre  dialecte  qui  supprime  toujours  le  c  final,  en 
Arza,  provenant  du  lat.  Artacui,  avec  l'adoucissement 
euphonique  du  z  pour  m  et  la  modification  ordinaire  du 
suffixe  caractéristique;  de  sorte  qu'il  se  présenterait  deux 
étymologies  également  probables  et  justes.  L'une,  tirée  du 
lat.  Arx,  arciê,  forteresse,  venue  du  gr.  !4pxa,  sommet, 
sommité,  prise  dans  ce  dernier  sens;  l'autre,  du  lat.  Ar$u», 
arsa,  brnlé,  indiquant  un  lieu  qui  aurait  été  ravagé  par 
les  flammes  :  circonstance  assez  fréquente,  soit  pendant  les 
invasions  des  Barbares,  soit  à  la  suite  des  guerres  de  reli- 
gion, pour  perpétuer  le  souvenir  de  ces  calamités  à  la  place 
qu'elles  avaient  le  plus  frappée.  Gomme  analogues  les  n.  pr. 
Larcy,  Darcy,  etc.,  malgré  la  variante  des  désinences,  sont 
trop  rapprochés  pour  n'avoir  pas  une  des  deux  racines  à 
s'appliquer  :  c'est  toujours  l'incorporation  de  l'article  au 
radical. 

Lascourt,  du  canton  de  Vézenobres,  qu'on  trouve,  en 
4003,  Curtet,  en  4294  Mantue  de  Curiibus,  et  en  4547 
Las- Cours;  comme  dans  la  commune  d'Aulas,  le  roman 
écrivait  en  4074  La$  Cor$,  le  latin  de  4447  Mansui  de 
Curtibui,  et  en  4543  territorium  de  la*  Cortee. 

Laval,  commune  de  la  Grand'Corabe,  de  Colias,  de  Nimes 
et  autres  lieux,  d'abord  mentionné,  en  4099,  pour  la  pre- 
mière indication  sous  le  nom  de  Vallie,  et  en  4344, 4345 


et  4564,  Parrochia  ou  Ecelesia  de  Valle,  traduit  en  46SO, 
avec  la  séparation  de  l'article  par  Notre-Dame  de  La  Toi, 
et  enfin  avec  la  réunion  par  Notre-Dame  de  Laval. 

Dans  cette  série  pourraient  encore  être  compris  des  noms 
propres,  qui,  à  divers  degrés,  par  la  prosthèse  ou  par  apo- 
cope, ont  donné  Heu  à  des  variantes  singulières,  comme  - 
Leyris  ou  Jjairix,  n.  pr.  de  lieu  dans  les  communes  de 
Castillon  de  Gagnère  et  de  Quissac,  et  nom  d*homme; 
LeyroUo,  Leyrolies,  commune  de  Génolhac,  dimin.  formés 
sans  doute  de  Aïro,  aire  à  blé,  du  lat.  Area,  m.  sign.,  que 
la  bass.  lat.  rendait  par  Lairanica,  donnant  ensuite  Lai- 
rargues  (Hérault),  et  Alairargues  (Hérault),  Alairanieœ, 
dont  les  analogues  pourraient  amener  Alleirac,  AUeyrac, 
Olérargues,  Oulérargues,  comme  Oleyra  et  Lerrac  (Cha- 
rente), et  encore  une  nombreuse  famille  ;  à  moins  cependant, 
ce  qui  n'infirmerait  en  rien  notre  thèse,  que  ces  dernière 
commençant  par  o,  ou,  n'eussent  leur  primitif  dans  le  lat. 
Olla,  qui  a  donné  par  la  même  addition,  à  côté  de  nous  et 
dans  le  Gard,  le  n.  pr.  Loulos,  Loules,  commune  de  Tomac, 
dans  lequel  l'article  avait  plus  de  facilité  à  se  confondre. 

Léousiiïro,  Leuzière,  la  Leuzière,  les  Leuzières,  dans 
plusieurs  de  nos  communes,  de  Èouti,  chêne,  en  lat.  ilex, 
ayant  pour  analogues  La  Lauzière,  Lozière,  et  peut-être 
Luziès,  et  Luziers,  commune  de  Mialet,  seraient  toujours 
dans  le  même  cas. 

Lou,  s.  m.  Dim.  Loubé,  loubatoù;  péj.  Loubatas.  Loup, 
Canis  lupus,  Linn.,  mammifère  unguiculé  de  la  fam.  des 
Digitigrades  ou  Carnivores.  C'est  l'animal  le  plus  dan- 
gereux de  nos  contrées.  Il  habite  les  montagnes  au  nord 
de  notre  département  ;  mais  quelquefois  la  faim  le  chasse 
de  ses  bois  et  il  vient  visiter  nos  plaines;  on  organise  alors 
de  grandes  battues  officielles  :  on  y  fait  bombance,  on  tne 
quelques  lièvres  ou  quelques  perdreaux  qui  n'en  peuvent 
mais,  le  plus  souvent  rien,  et  le  loup  s'en  retourne  chez  loi. 
—  A  las  eostos  en  long  coumo  lous  tous,  c'est  un  fainéant 
qui  ne  veut  pas  se  baisser  pour  travailler  :  ce  dicton  tient 
à  un  préjugé  d'autant  plus  sot  que  tout  le  monde  est  à 
même  d'en  vérifier  la  fausseté,  quand  on  tne  un  lonp,  oe 
qui  arrive  et  n'est  pas  même  bien  rare,  en  dehors  des 
battues.  D'après  cette  croyance,  le  loup  aurait  les  o6tes 
placées  en  long,  parallèlement  à  l'épine  dorsale,  œ  qui 
l'empêcherait  de   faire  des   voltes  et  des   mouvements 
ondulés  dans  le  torse.  Le  fait  est  qu'il  a  un  peu  moins 
d'élasticité  et  de  souplesse  que  les  chiens;  mais  il  n'en  est 
pas  moins  agile,  et  le  dicton  s'applique  sans  doute  k  sa 
paresse  que  le  besoin  seul  lui  fait  secouer  an  pcnnt  de  le 
rendre  féroce.  Es  counégu  eoumo  lou  lou  Uan,  il  est  ooimii 
comme  Barabas  à  la  passion.  Grano  dé  lou,  raoe  biscaiïie, 
maudite,  vagabonde.  A  vis  lou  lou,  il  est  pris  par  le  gosier, 
il  ne  peut  parler,  articuler  un  son  :  d'après  nn  prôpi^ 
vulgaire  et  très-ancien,  puisque  Platon  lui-même  le  r^»- 
porte,  la  vue  de  l'homme  sur  le  loup,  et  rédproqnemeat 
celle  du  loup  sur  l'homme,  a  une  influence  telle,  «pi»  si 
c'est  le  loup  qui  aperçoit  le  premier  Thomme,  oelui-ci 


LOU 


LOU 


443 


frappé  d'nne  extinction  subite  de  voix  ;  qne  si  au  oontraire 
c*est  rhomme  qui  voit  d'abord  Tanimal,  le  loup  perd 
complètement  sa  force.  Le  dicton  perpétue  cette  ridicule 
croyance. 

Dér.  du  lat.  Lupus,  m.  sign. 

LoQ,  1.  m.  Loup,  lubin,  bars  commun,  Labrax  lupuê, 
linn.,  poisson  de  mer,  de  Tordre  des  Holobranches  et  de 
la  Dam.  des  Acanthopomes,  qui  atteint  une  grande  taille, 
et  dont  nos  gastronomes  font,  ainsi  que  les  anciens  Romains, 
beaucoup  de  cas.  Son  nom  lui  vient  de  sa  voracité.  A 
rapprocbe  du  printemps  il  cbercbe  k  remonter  dans  les 
eaux  douces  et  pénètre  en  quantité  dans  les  étangs  de  la 
Méditerranée,  d'où  il  regagne  la  mer  en  septembre. 

Loa,  «.  m.  Dim.  Loubé.  Louve,  petite  fenêtre,  lucarne, 
pour  communiquer  des  combles  d'une  maison  sur  les  toits. 

LOQbftoii,  adj,  des  deux  genres,  —  S'emploie  comme 
qualificatif  pour  désigner  certains  sols  :  tèro  ou  iéraXre 
laubdou,  terrain  friable,  léger,  semé  de  rocailles  à  fleur  de 
terre  toutes  percillées.  Les  racines  des  plantes  et  des 
arbres  y  pénètrent  et  y  trouvent  toujours  de  la  fraîcheur 
et  de  rbumidité. 

Ce  nom  a  été  imaginé  sans  doute  à  cause  de  l'aspect 
étrange  et  hérissé  de  ces  pierres  et  rochers. 

Lonbatado,  s.  f.  Portée  d'une  louve  ;  nichée  de  louve- 
teaux. Au  fig.  famille  mal  famée. 

Lonbatas,  «.  m.  Augm.  et  péjor.  de  Lou,  Gros  loup, 
dangereux  et  redoutable.  Au  fig.  homme  avide,  sauvage, 
dur. 

Loubatièiro,  s.  ^  Lieu  hanté,  habité  par  les  loups;  site 
escarpé,  sombre  et  sauvage. 

Loubatoù,  5.  m.  Dim.  de  Xou.  Louveteau;  petit  de  la 
louve;  jeune  loup. 

Loobé,  s.  m.  Dim.  de  Lou,  Petit  ou  jeune  loup,  et  n. 
pr.  de  chien;  petit  chien-loup.  —  C'est  cette  espèce  parti- 
culièrement qui  fournit  aux  journaliers  le  chien  qu'ils  ap- 
pellent Gardo-sa,  garde-sac. 

Lonbièiro,  s.  f,  et  n.  pr,  de  lieu  et  de  personne,  Lou- 
bière,  la  Loubière.  —  Cette  appellation  est  commune  et 
comme  celle  de  Louhatiëiro  (Y,  c.  m.),  a  été  inspirée  on 
par  l'aspect  sauvage  du  site  lui-même,  ou  par  ce  qu'il  était 
fréquenté  par  les  loups  :  ce  qui  se  tient.  Le  masc.  Loulnê, 
en  fr.  Loubier,  Louviers,  ses  analogues,  ont  la  même 
origine. 

Lonbo,  5.  f.  Louve,  femelle  du  loup. 

Latibo  est  aussi  un  terme  injurieux  pour  une  femme  : 
une  réminiscence  du  mot  fr.  Louve,  traduisant  le  lat. 
JLupa,  qui  était  jadis  donné  aux  femmes  de  mauvaise  vie. 
Cependant  cette  injure  ne  comporte  point  dans  notre 
dialecte  cette  ancienne  acception  :  Loubo  veut  dire  plutôt 
une  méchante,  une  cruelle,  une  brutale  femme. 

Londro,  i.  /:  Bourbe;  débris  ou  détritus  pourris  et 
délayés;  tout  dépôt  d'un  liquide  épais,  croupissant,  entrai- 
nant  l'idée  de  la  saleté  et  du  méphitisme. 

Dér.  du  lat.  Lutum,  m.  sign. 


Lonio  dé  Ion,  s.  f.  Vesse  de  loup,  sorte  de  champignon 
de  la  tribu  des  Lycoperdonés,  très-facile  à  reconnaitre  : 
forme  arrondie,  surface  lisse,  chair  homogène,  et  transfor- 
mation de  sa  partie  intérieure  en  une  poudre  brune  on 
noire  d'une  excessive  ténuité.  La  production  de  cette 
poussière  noire  à  l'intérieur  n'arrive  que  peu  k  peu  et  par 
les  progrès  de  la  végétation;  dans  le  jeune  âge,  la  chair  est 
d'un  blanc  pur.  Cette  espèce  est  suspecte,  quoique  certains 
auteurs  affirment  qu'elle  soit  comestible.  Roques  ne  partage 
point  cette  opinion.  Le  mieux  est  de  se  priver  d'en  pré- 
parer et  d'en  manger. 

Longa,  v.  Louer;  prendre  ou  donner  k  loyer;  affermer, 
donner  ou  prendre  à  ferme;  louer  un  domestique  à  gages. 
—  Aï  louga  moun  drôle  pér  manobro,  j'ai  loué  mon  jeune 
garçon  pour  servir  de  manœuvre.  S'és  lougado  pér  cham- 
briëiro,  elle  s'est  mise  en  service.  Louga  un  varié,  prendre 
un  valet.  Louga  un  ehiwU,  louer  un  cheval. 

Pour  les  immeubles,  il  vaut  mieux  dire  Arénta  (V.  c.  m.) 
tin  bé,  un  oustàou,  uno  cambro.  Dans  cette  acception,* 
Louga  et  Arénta,  comme  le  fr.  Louer  et  Affermer»  se 
disent  du  propriétaire  et  du  fermier,  du  bailleur  et  du 
preneur. 

Dér.  du  lat.  Loeare,  m.  sign. 

Longaje,  s.  m.  Louage,  location  d'un  meuble,  d'une 
chose.  —  Un  chival  dé  lougaje,  un  cheval  de  louage,  un 
locati.  Lougaje  d'uno  cadi^ro,  location  d'une  chaise. 

Louïro,  s.  f.  Loutre,  loutre  commune,  Mustela  lutra, 
Linn,  mammifère  unguiculé  de  la  fam.  des  Digitigrades  ou 
Carnivores.  —  Cet  animal ,  aux  pieds  palmés,  ne  s'écarte 
jamais  de  l'eau,  car,  marchant  difficilement,  il  deviendrait 
une  proie  aisée  pour  ses  ennemis,  s'il  s'éloignait  de  son 
refuge.  Il  vit  uniquement  de  poisson,  et  comme  il  est  très- 
adroit  pêcheur,  il  suffit  d'un  seul  de  ces  animaux  pour 
dépeupler  une  grande  partie  de  rivière.  Il  est  d'un  naturel 
très-sauvage.  Il  atteint  soixante  centimètres  de  longueur. 
Sa  fourrure,  assez  prisée  dans  le  temps,  a  beaucoup  servi 
depuis  à  confectionner  des  casquettes  qui  ornèrent  le  chef 
des  conducteurs  de  diligences,  quand  il  y  avait  encore  des 
diligences. 

Dér.  du  lat.  Lutra,  que  Pline  affirme  être  venu  du  gr. 
AoÙEiv,  détruire,  ou  laver,  par  cette  double  raison  que  cet 
animal  coupe  et  détruit  les  racines  des  arbres  au  bord  des 
rivières,  ou  qu'il  est  presque  toujours  dans  l'eau. 

Looiso,  s,  f,  n.  pr,  de  femme.  Louise.  -*  Le  dim. 
est  Louisoun,  Louison.  Le  fr.  Louis,  au  masc.,  a  fourni 
son  similaire  jLouIf  aulang.,  qui  fait  au  dim.  masc.  Louise, 
Luise,  —  Voy,  Luis  et  Luiso. 

Dér.  du  lat.  Ludoweus,  formé  lui-même  de  Tancien 
frank  ou  tudesque  LuU,  illustre,  et  Wiek,  vaillant  guerrier. 

Louja,  V.  Loger;  donner  à  loger;  héberger.  —  Dans 
l'acception  de  Habiter,  Démoura  et  Hésta  sont  de  meilleur 
aloi. 

Dér.  du  lat.  Loeare,  placer. 

Lottiamèn,  t,  m.  Logement,  habitation,  gite. 


444 


LOU 


LUC 


Lonjls,  s.  m.  Hôtellerie;  auberge;  maison  où  on  loge 
les  voyageurs  et  qui  porle  encore  souvent  pour  enseigne  : 
Bon  logis. 

LoTimbar,  s.  m.  Lombard,  établissement  où  l'on  prêtait 
sur  gages;  espèce  de  mont-de-piété.  —  Des  Italiens,  soi^is 
particulièrement  de  la  Lombardie,  vinrent  en  France  où 
ils  se  firent  prêteurs,  banquiers  et  surtout  usuriers;  ils 
durent  créer  les  premiers  établissements  de  ce  genre,  qui 
prirent  leur  nom.  Loumhar  désigne  donc  la  maison  de 
prêt  fondée  par  les  Lombards,  et  aussi  Tindividu  qui  exer- 
çait leur  profession.  Il  est  devenu  nom  propre. 

Lonmbardo,  s.  f.  Espèce  de  cerise,  grosse  guigne,  ainsi 
nommée  parce  que  probablement  elle  fut  apportée  de  la 
Lombardie. 

Loungamén,  adv.  Longuement,  pendant  longtemps.  — 
Variante  de  Longamén. 

Lonngano,  s.  f.,  ou  Loungagiio.  Longueur;  lenteur; 
retard;  musardie;  lambinerie. 

Lonngarn,  ndo,  adj,  Péj.  Loungaruda$,  asio.  D'une 
longueur  exagérée  et  disgracieuse,  comportant  aussi,  pour 
certaines  cboses,  l'idée  de  mince  qui  semble  ajouter  encore 
à  la  longueur.  C'est  un  péjoratif  capricieux  de  Loungas 
qui  est  déjà  un  augm.  de  Long, 

Loimgoà,  s.  f.  Longueur;  étendue  d'une  cbose  d'un 
bout  à  l'autre;  durée  de  temps.  —  Réâsa  dé  fusto»  dé 
loungoh,  scier  des  poutres  à  la  même  longueur,  les  débiter 
à  la  longueur  voulue.  Faire  uno  batudo  dé  loungoù,  faire 
une  séance  qui  compte. 

Loungnéto,  s,  f.  Nom  d'une  châtaigne  de  très-bonne 
espèce,  grosse,  en  cœur,  productive. 

Lonnjèîro,  s.  f.  Enseigne  qu'un  particulier  suspend 
accidentellement  à  sa  porte  pour  annoncer  qu'il  vend  au 
détail  le  vin  de  sa  récolte  ;  elle  reste  en  permanence  au 
contraire  à  l'entrée  du  cabaret,  qui  en  reçoit  son  nom  ; 
taverne,  bouchon,  cabaret.  —  Ackata  soun  vi  à  la  loun- 
jitro,  acheter  son  vin  à  pot  et  à  pinte  dans  un  de  ces 
endroits.  En  fr.  le  cabaret  s'2t))pelle  Bouchon,  de  son 
enseigne  composée  ordinairement  dans  le  Nord  de  plusieurs 
bouchons  de  bouteille  enfilés.  La  lounjëiro  est  un  paquet 
de  verdure  ou  de  linge. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Longieria,  m.  sign. 

Lonpio,  i.  f.  Loupe,  tumeur  enkistée  sous  la  peau; 
excroissance  charnue,  ronde,  indolente. 

Dér.  du  lat.  L6bu$,  m.  sign. 

Lonr,  lourde,  adj.  Lourd,  non  pas  de  poids,  mais 
d'esprit;  grossier;  épais;  lourdaud. 

Dans  l'acception  de  Pesant,  nous  employons  Grèou.  — 
Toy.  c.  m. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Lurdm,  m.  aign. 

Lonrdije,  s.  m.  Lourdise;  grosssièreté;  épaisseur,  pe- 
santeur d'esprit.  En  parlant  des  animaux  et  spécialement 
des  moutons,  vertige,  tournis,  maladie  qui  leur  est  par- 
ticulière. 

Louta  (Faire),  v.  Faire  une  loterie  d'une  ohoee,  la 


mettre  en  loterie.  —  Qttouro  tiron  aquélo  mostro  fvé  fon 
louta  ?  Quand  tire-t-ou  la  loterie  de  cette  montre? 

Empr.  au  fr.  Lot. 

Loutariè,  s.  f.  Loterie,  sorte  de  tirage  au  sort  de  divers 
lots  ou  objets. 

Loutoù,  s.  m.  Laiton,  cuivre  jaune;  métal  d'un  jaaue 
pâle,  résultant  de  l'alliage  du  cuivre  et  du  zinc. 

En  gallois,  Lœtum,  m.  sign.;  en  flamand,  Lœtéon;  en 
angl.  Latien, 

Lu  (Sén),  5.  m,  n.  pr.  Saint  Luc,  dont  la  fête  est  le 
18  octobre.  —  Pér  Sén- Lu  séméno  mol  ou  du,  à  la  Saint* 
Luc,  sème  la  terre  molle  ou  desséchée,  dure:  c'est  le 
temps  des  semailles,  et  il  n'est  pas  bon  de  les  retarder 
quel  que  soit  l'état  du  terrain. 

Dér.  du  lat.  Lucat,  Luc. 

Lucado,  s.  f.  Ëclaircie,  court  intervalle  de  beau  temps 
pendant  une  pluie  continue;  rayon  de  soleil  ou  jour  plus 
clair  qui  luit  à  travers  les  nuages  qui  s'ouvrent  un 
moment. 

Dér.  du  lat.  Lux,  luci$,  lumière. 

Lucha,  V,  Lutter;  combattre  à  la  lutte,  corps  à  corps. 
Au  fig.  chercher  à  l'emporter  dans  une  lutte  quelconque. 

Dér.  du  lat.  Luetare,  m.  sign. 

Luchaire,  s,  m.  Lutteur;  qui  fait  sa  profession  de  lutter 
dans  les  jeux  publics.  —  La  lutte  et  la  course  de  taureaux 
sont  toujours  fort  en  vogue  parmi  les  populations  du  midi 
do  notre  département.  Pour  figurer  comme  acteur  dans 
une  de  ces  courses,  il  sufiît  d'un  peu  de  hardiesse  et 
d'agilité  dans  les  jambes  au  besoin;  il  n*en  est  pas  de 
même  pour  la  lutte.  Il  y  a  là  des  règles  et  un  art  dam 
l'attaque  et  la  parade  à  laide  duquel  un  adepte  abattra  un 
homme  deux  fois  plus  fort  s'il  n'en  sait  pas  autant  que 
lui.  Aussi  dans  ces  localités,  dès  leurs  plus  jeunes  ans,  tes 
enfants  s'exercent  à  ce  jeu,  et  c'est  de  là  que  l'on  vdt 
sortir  cette  foule  d'athlètes  qui  vont  se  disputer  le  prix 
dans  nos  cirques  romains  ou  de  fabrique  plus  moderne  et 
plus  modeste  qui  s'improvisent  dans  toutes  fêtes  de  village. 
Mais  parmi  ces  lutteurs  combien  peu  atteignent  la  gloire 
des  Vénitien,  des  Mazard,  des  Rabasson  !  M'importe  :  oe 
n'en  est  pas  moins  devenu  une  profession;  il  est  vrai  de 
dire  qu'elle  ne  mène  guère  à  la  fortune,  et  oomme  on  s'y 
use  vite,  bien  moins  encore  par  les  efforts  qfu'on  y  fait  que 
par  les  habitudes  de  cette  singulière  vie  d'artiste,  il  vau- 
drait mieux  faire  autre  chose. 

Luché,  1.  m.  Louchet,  espèce  de  bêche,  outil  d'agri- 
culture et  de  jardinage.  *—  La  forme  de  la  bêche  varie 
dans  les  diverses  localités  ;  le  louchet  se  compose  invarii* 
blement  d'un  manche  de  bois,  ayant  à  son  extrémilé 
supérieure  une  main  ou  petite  traverse  ea  forme  de  T  : 
l'autre  extrémité,  sur  le  même  plan,  fomaant  la  pdle,  da 
même  morceau  de  bois,  est  recouverte  ou  chausafie  dtu 
fer  large,  aplati  et  trandiant,  parallélogramme  de  33  om- 
timètres  sur  48  environ,  au-dessus  duquel  est  un  épeim 
en  fer  en  marchepied.  On  enfonce  verttoalenaeat  le  looohet 


LUC 


LUN 


445 


en  appuyant  les  deux  maios  sur  la  petite  traverse  et  en 
forçant  vigooreusement  du  pied  sur  l'éperon.  La  tranche 
de  terre  ainsi  coupée  est  détachée  tout  à  fait  en  faisant 
levier  avec  le  manche  de  l'outil  ;  l'ouvrier  l'enlève  comme 
une  pelletée  et  la  jette  sens  dessus-dessous  devant  lui. 
Dans  les  terrains  trop  caillouteux  où  le  fer  plein  du  lou- 
chet  ne  peut  pénétrer,  on  se  sert  d'un  louchet  k  trois 
pointes,  sorte  de  trident,  qu'on  manœuvre  de  la  même 
manière.  Le  travail  au  louchet  est  le  meilleur  de  tous;  car 
il  est  profond,  uni,  et  la  terre  en  est  complètement  retour- 
née; mais  c'est  celui  qui  va  le  moins  vite  et  qui  par  con- 
séquent est  le  plus  cher  :  néanmoins,  ici,  dans  toutes  les 
terres  où  ne  peut  aller  la  charrue,  le  premier  labour  se 
fait  au  louchet  de  préférence  au  béchar  (Y.  c.  m.),  qui  le 
remplace  aussi  dans  les  sols  caillouteux. 

Lnchéta,  t;.  Travailler  au  louchet;  bêcher  au  louchet, 
puisque  le  Dictionnaire  de  l'Académie  ne  nous  permet  pas 
encore  de  nous  servir  du  verbe  Loucheter,  après  avoir 
cependant  adopté  le  louchet,  qu'il  définit  du  reste  fort  mal. 

Lnchétado,  s.  f.  Coup  de  louchet;  sa  profondeur;  la 
portion  de  terre  qu'il  remue  ou  qu'il  enlève.  —  Èn^'un 
parél  dé  luchétculoi  lou  irâou  sera  prou  bel,  encore  deux 
coups  de  louchet,  et  le  trou  sera  assez  grand.  A  dos  ou 
très  luehétados  trouvas  Vaïgo,  à  la  profondeur  de  deux  ou 
trois  coups  de  louchet,  vous  trouvez  l'eau.  Trasès  did 
quâouquos  luehétados,  jetez  ici  quelques  pleins  louchets  de 
terre. 

Lnchétaire,  aire,  adj.  Ouvrier  qui  travaille  au  louchet. 

Lncho,  s,  f.  Lutte,  exercice  gymnastique.  Au  fig.  com- 
bat d'esprit,  d'énergie,  d'argent,  contre  un  adversaire 
quelconque;  effort,  résistance.  —  Y-a  cent  francs  à  la 
lueho,  le  prix  de  la  lutte  est  de  cent  francs.  Soun  pas 
pariés  énd'aquilo  lucho,  ils  ne  sont  pas  d'égale  force  dans 
cette  lutte.  La  trouisiétno  es  lucho,  ou  mieux  à  las  très 
stm  luckos,  prvb.,  ce  qui  correspond  au  lat.  Tsrtia  solvet. 
Cette  locution  vient  d'une  règle  de  la  lutte  qui  veut  que 
les  deux  adversaires  qui  se  disputent  en  dernier  lieu  le 
prix,  aient  déjà  renversé  chacun  deux  hommes;  c'est  ce 
qu'on  appelle  Èstre  din  hu  rampèou  fY,c,  m.).  Cette 
troisième  lutte  est  donc  la  bonne  ou  la  belle,  celle  qui 
décide  tout.  C'est  bien  la  signification  du  dicton  langue- 
docien ,  que  le  fr.  avait  anciennement  rendu  aussi  par  : 
A  la  troisième  voit-on  la  lutte. 

Dér.  du  lat.  Lueta,  m.  sign.  par  apocope. 

Laden,  s.  m.  n.  pr.  d'homme.  Lucien. 

Lucîo,  s.  f,  n.  pr.  de  femme.  Lucie. 

Lnço,  s.  f.  n.  pr.  de  femme.  Luce.  —  Ce  dernier,  par 
une  altération  familière,  est  devenu  aussi  n.  pr.  d'homme, 
abrégeant  Lucien, 

Ces  trois  noms  du  reste  paraissent  avoir  le  même  radical 
lat.  Lux,  lueis,  lucmre,  qui  a  donné  Lu,  Luc,  Lucas. 

Lacre,  s,  m.  Lucre;  gain;  bénéfice;  profit  d'une  indus- 
trie, d'un  négoce»  d'un  travail. 

Dér.  du  lat.  Luerum,  m.  sign. 


Lucre,  5.  m.  Cabaret,  petite  linotte;  gros-bec  sizerain, 
FringUla  linaria,  Temm.,  oiseau  de  l'ordre  des  Passereaux 
et  de  la  fam.  des  Conirostres  ou  Conoramphes.  Sommet  de 
la  tète  d'un  cramoisi  foncé;  la  gorge  et  la  poitrine  d'un 
cramoisi  plus  clair  ;  ventre  blanc-rosé  ;  parties  supérieures 
roux-brun  avec  des  taches  noires;  deux  pennes  d'un  blanc 
roussâtre  traversant  l'aile.  Son  cri  d'appel  ressemble  à 
celui  du  tarin  et  ses  allures  sont  celles  de  la  mésange; 
lorsqu'il  est  en  cage,  on  le  voit  toujours  en  mouvement  et 
sa  gaitô  ne  se  dément  jamais. 

Lugar,  s,  m»  —  Ce  mot  qui,  dans  l'origine,  s'appliquait 
à  toutes  sortes  d'étoiles,  surtout  aux  plus  brillantes  et 
notamment  aux  planètes  qui  sont  plus  apparentes,  ne 
s'emploie  guère  que  dans  cette  phrase  :  lou  lugar  dâou 
pastre,  l'étoile  du  berger;  c'est  la  planète  Vénus  qu'on 
appelle  aussi  l'étoile  du  soir  ou  du  matin,  selon  l'heure  à 
laquelle  elle  se  lève. 

Dér.  du  lat.  Lucere,  luire,  briller. 

Luis,  s.  m.  n.  pr.  d'homme.  Louis.  —  Son  dim.  est 
Luise  et  par  fantaisie  Lisaïo;  Louise  est  presque  franchi- 
man,  -^  Yoy.  LouUo. 

Luisan,  s.  m.  Œil.  —  Ce  terme  est  de  pur  argot  cita- 
din, inconnu  dans  la  campagne,  où  il  n'a  été  importé  que 
par  quelque  loustic  revenu  de  l'armée  ou  de  son  tour  de 
France;  il  ne  s'emploie  guère  qu'au  plur.  lous  luisans,  les 
yeux. 

Luise,  s.  f,  n.  pr.  de  femme.  Louise.  —  Son  dim.  est 
Lisoun  ou  Louisoun,  même  Liséto,  qui  pourrait  cependant 
venir  de  Èliss  ou  Lise,  en  fr. 

Luiténén,  <.  m.  Lieutenant. 

Empr.  au  fr.  qui,  pour  le  même  besoin,  a  dû  prêter 
sou-luiténén  et  luiténén-courounèl,  etc. 

Lun,  s.  m.  Lampe  en  fer  et  quelquefois  en  fer-blanc, 
composée  d'un  petit  récipient  où  est  l'huile,  dans  laquelle 
nage  une  mince  mèche  qui  sort  par  un  bec  pour  brûler 
sans  verre,  et  d'une  queue  verticale,  dont  la  première 
moitié  est  ûxe  et  la  seconde,  mobile  au  moyen  d'un  anneau 
qui  les  joint,  est  terminée  par  une  pointe  et  un  crochet  : 
cette  mobilité  sert  à  maintenir  le  récipient  de  niveau,  la 
pointe  et  le  crochet  à  porter  et  à  suspendre  la  lampe.  Il 
est  bien  certain  que  le  mot  Lun  ne  s'applique  qu'à  cette 
lampe  primitive  et  que  toutes  celles  d'invention  moderne 
s'appellent  Lampos,  Le  lun,  qui  ressemble  beaucoup  à  la 
lampe  antique,  est  léger,  peu  embarrassant,  commode; 
c'est  ce  qui  le  conserve  obstinément  dans  l'usage  domes- 
tique. Cependant  comme  sa  lumière,  qui  n'est  point  pro- 
tégée, éclaire  assez  peu,  qu'elle  s'éteint  au  moindre  cou- 
rant d'air  et  qu'elle  peut  aisément  mettre  le  feu,  justement 
par  la  facilité  dont  on  abuse  d'accrocher  le  lun  partout,  il 
serait  à  désirer  de  le  voir  remplacer  par  quelque  lampe 
perfectionnée  et  surtout  par  la  lanterne,  là  où  il  offre  du 
danger. 

Lun  se  prend  aussi  en  général  pour  lumière,  la  lumière 
d'une  chandelle,  d'une  lampe,  etc.  —   Fasès-mé  lun, 

97. 


446 


LUN 


LUS 


èdairez-moi,  mot  k  mot,  faites-moi  lumiôre.  Âmou3»as 
Um  lun,  éteignez  la  chandelle,  la  bougie.  Pourtaê  dé  lun, 
apportez  de  la  lumière.  Pourias  pourta  êit  eandèhs  qité 
jamaï  noun  tné  farias  lun,  quand  vous  auriez  sept  chan- 
delles allumées,  ce  n*est  pas  à  vous  que  je  demanderais  de 
m'éclairer;  c.-à-d.  je  n'ai  pas  confiance  en  vous,  ni  en  vos 
conseils;  je  n'ai  pas  foi  en  vos  reliques.  Ounté  vaX  san$ 
lun?  où  va-t-il  ainsi  à  l'étourdie,  en  aveugle,  pour  se 
casser  le  nez?  Lou  mes p'Aou  lun,  il  n'en  fait  pas  &,  dit-on 
de  quelqu'un  soupçonné  de  hausser  le  coude,  en  comparant 
le  vin  à  de  l'huile  qu'il  aime  mieux  boire  que  mettre  à  la 
lampe.  Lou  diabU  vcm  fariè  bé  lun  se...,  le  diable  vous 
pousserait  bien,  vous  inspirerait  bien,  si. ..  M'en  fiche  eoumo 
dé  pissa  sans  lun,  je  m'en  moque  comme  de  coucher  nu-pieds. 

Lun  sans  doute  plus  anciennement  s'écrivait  Lum;  notre 
dialecte  fait  sentir  très-nettement  la  finale  n  et  nous  la 
maintenons  comme  à  bien  d'antres,  tels  que  issan,  essaim, 
noun,  nom,  fun,  de  fumus,  etc.;  il  dérive  du  lat.  Lumen, 
lumière. 

Lonar,  ardo,  aiy.  Lunatique;  capricieux;  fantasque; 
d'humeur  inégale;  quinteux. 

Dér.  de  Luno. 

Lnnardiè,  ièïro,  adj.  —  Même  sign.  que  Lanar.  — 
JamaH  lunardiè  noun  rampliguè  soun grogné,  prvb.,  jamais 
capricieux,  inconstant,  ne  fit  fortune. 

Lunèl,  s.  m.  n.  pr.  de  lien.  Lunel,  ville,  départ,  de 
l'Hérault.  —  Le  sobriquet  ironique,  donné  au  moyen-âge 
aux  Lunellois,  Pésquo-Luno,  qui  pèche  la  lune,  était-il  une 
allusion  an  nom  de  leur  ville,  ou  à  l'esprit  sottement  avan- 
turenx  et  préoccupé  de  chimères  impossibles  de  ses  habi- 
tants? —  Voy.  Éseatnoun. 

Lonétos,  s.  f.  plur.  Lunettes  à  deux  branches  qui 
serrent  les  tempes,  plutôt  que  celles  qui  tiennent  en  pin- 
çant le  nez,  qu'on  appelle  Méricles.  —  Lunétosf  liuèn 
fïétos,  bonjour  lunettes,  adieu  fillettes. 

Dér.  de  Lun. 

Luno,  s.  f.  Lune,  planète  satellite  de  la  terre;  lunaison; 
quartier  de  la  lune.  —  Faï  luno,  la  lune  éclaire,  il  fait 
clair  de  lune.  Son  aspect,  sa  clarté  ou  sa  pâleur,  la  lim- 
pidité ou  la  brume  de  l'atmosphère  qui  l'entoure  ont  donné 
lieu  à  des  observations  passées  en  proverbes.  Le  latin 
disait  en  un  hexamètre  : 

Pallida  luna  pluit,  rubicunda  flat,  alba  serenat. 

Le  languedocien  traduit,  en  rimant  : 

Luno  panlo,  l'aigo  davalo; 
Luno  rùiQo,  Vdouro  se  bot^o. 

Le  français  dit  à  son  tour  : 

La  lune  p&le  fait  la  plnie  et  la  tourmente, 
L'argentine,  temps  clair  et  la  rougeAtre  vente. 

L'influence  de  la  lune  sur  les  divers  travaux  de  l'agri- 
culture est  encore  une  croyance  fort  répandue,  et  la  lune 
nouvelle  et  la  vieille  lune  jouent  toujours  un  très-grand 
rôle,  dont  les  nombreux  dictons  en  cours  parmi  les  agri- 


culteurs rendent  témoignage.  Couper  le  bois,  planter, 
semer,  taiUer  en  luno  vt'èVo  on  en  hmo  /otiimo,  sont  loin 
d'être  une  chose  indifférente  pour  les  coltivatean.  n  n'y 
a  pas  grand  mal  à  observer  pour  tout  cela  les  phases  de 
la  lune,  mais  il  y  en  aurait  si  l'on  renvoyait  un  travail 
pressant,  lorsque  d'ailleurs  toutes  les  eoiMlitions  de  l'at- 
mosphère et  du  terrain  sont  réunies,  pour  attendre  la  lone 
favorable  qui  n'offrirait  pas  ces  mêmes  conditions.  Bos 
ooupa  dé  luno,  txHS  coupé  dans  le  quartier  favorable  de  la 
lune.  Quaj^  ténèn  dé  luno?  Quel  est  le  quantième  de  la 
lune?  Pldoura  tout  aquésfo  luno,  il  pleuvra  tout  ce  quartier. 
Et  pas  dé  luno,  il  n'est  pas  disposé,  il  n'est  pas  dans  son 
bon  jour.  Aou  qukm  d'aquésto  luno,  réponse  évasive  pour 
renvoyer  aux  calendes  grecques.  Quan  la  luno  àoura  très 
bès,  quand  le  croissant  de  la  lune  aura  trois  becs,  trois 
pointes,  c.-à-d.  jamais.  Lou  diable  luno,  imprécation  appro- 
priée aux  nouvelles  croyances,  du  lat.   Me  dina  lune, 
sous-entendu  adjuvet.  Luno  mérerudo,  fénno  béeudo,  dé 
eént  ans  en  cent  gn'a  trop  d'une,  lune  qui  commence  au 
mercredi  et  femme  bavarde,  c'est  trop  d'une  tous  les  eent 
ans. 

Dér.  du  lat.  Luna,  m.  sign. 

Lnpégo,  s.  f.  Huppe,  puput,  Vpupa  epops,  Linn., 
oiseau  de  l'ordre  des  Passereaux  et  de  la  fam.  des  Ténu* 
rostres  ou  Leptoramphes.  —  Une  belle  huppe,  formée  par 
deux  rangées  de  longues  plumes  rousses  terminées  de  noir, 
a  fait  donner  son  nom  à  ce  joli  oiseau.  Il  est  dommage 
qu'on  ne  réussisse  que  difficilement  à  l'élever  en  cage.  Sa 
taille  est  celle  d'un  merle,  et  sa  chair  est  délicieuse  à  son 
passage  de  septembre  et  d'octobre  ;  il  est  insectivore. 

Lnqnétaîre,  airo,  adj.  Vendeur  d'allumette  appelées 
Luquétos;  modeste  industriel  qui  vendait  ordinairement 
ce  qu'il  fabriquait,  détrôné  aujourd'hui  sans  espoir  de 
restauration  et  dont  le  nom  même  sera  oublié,  car  il  n'y 
a  plus  de  luquétos  ni  brouquétos.  —  Voy.  o.  m. 

Luquéto,  s.  f.  Allumette  en  chènevotte,  qui  se  dit  aussi 
Brouquéto.  —  Ces  anciennes  allumettes,  remplacées  par 
les  nouvelles  qui,  tout  en  offrant  quelques  dangers,  valent 
infiniment  mieux  et  sont  meilleur  marché,  n'ont  pu  même 
léguer  leurs  noms  qui  s'appliqueraient  parfaitement  aussi 
à  leurs  héritières,  puisque  Luquéto  vient  de  Aluqua,  de  œ 
qu'elles  sont  destinées  &  allumer  ou  à  s'allamer  facilement, 
et  Brmtquéto  veut  dire  menu  bois,  bûchette.  On  dit  com- 
munément aujourd'hui  Aluméto.  —  Voy.  Brtntquéto. 

Lara,  ado,  (k/j.  Luron:  rusé;  subtil;  hardi;  habile  avec 
finesse.  —  Voy,  Dèlura, 

Loto,  s.  f.  Allure;  manière  d'agir;  rose;  manigance. 
—  Boutas!  counouisse  vosto  luro,  allez  !  allez!  je  connais 
votre  affaire;  je  vous  vois  venir  avec  vos  gros  sabots. 

Corrupt.  du  fr.  Allure. 

Lus,  pron.  pers.  des  deux  genres,  ^in^.  «f  plur.  Leur, 
à  eux,  à  elles.  —  Douna  lus  quieon,  donnez  leur  qn^qne 
chose.  Lus  part  sera  lèou  fàcho,  leur  part  sera  bienlM 
faite.  Aquà's  lus,  c'est  à  eux  ou  à  elles. 


H 


M 


447 


Lasir,  s,  m.  Lézard.  —  Voy.  Lèlrou. 

Dér.  du  lat.  Lacerta,  m.  sign. 

Lnsèmo,  «.  f.  Luzerne,  M^dioago  saliva,  Linn.,  plante 
de  la  iam.  des  Légnminenaes,  qui  fournit  un  fourrage  très- 
bon  et  très-abondant. 

Dér.  selon  Bnllet,  du  celt.  Xta,  herbe;  herbe  par  excel- 
lence. 

Lnséto*  s.  f,  Lusette,  ver-à-soie  qui  fait  son  cocon  bien 
avant  ceux  avec  qui  il  vit  et  dont  il  semble  Être  un 
avorton.  On  attribue  cette  précocité  k  ce  qu'il  n'aurait 
accidentellement  que  trois  mues.  Si  cela  était,  ce  serait  en 
effist  un  accident,  car  les  vers  provenus  de  sa  graine  ou  de 
son  papillon  rentrent,  dit-on,  dans  l'espèce  ordinaire  de 
cinq  âges  et  de  quatre  mues.  Peut-être  aussi  les  lusettes 
sont-elles  soumises  aux  phases  régulières  de  l'insecte,  que 
seulement  des  causes  inconnues  leur  font  accomplir  avec 
plus  de  rapidité.  Quoi  qu'il  en  soit,  on  considère  comme 
d'un  bon  augure  ces  avant-coureurs  qui  sont  ordinaire- 
ment en  petit  nombre  dans  une  chambrée,  et  on  ne  s'avise 
que  par  la  petitesse,  de  leurs  cocons  qu'on  voit  paraître 
lorsque  la  masse  des  vers  n'est  encore  qu'à  la  quatrième 
mue. 

On  donne  aussi  le  nom  de  Luséto  à  ces  vers  petits, 
maigres,  sans  force  et  sans  vigueur,  qu'on  voit  dresser  et 
balancer  machinalement  leur  tète  transparente  et  qui  ne 
sont  qu'une  variété  de  la  pernicieuse  engeance  des  PassU, 

L'Académie,  qui  enregistre  dans  son  Dictionnaire  mainte 
expression  provinciale  lorsqu'elle  a  mieux  ou  tout  aussi 
bien,  adoptera  sans  doute  Lttsette  ou  le  reste,  comme  il 
lui  plaira,  et  tant  d'autres  techniques  de  la  langue  séri- 
cicole,  pour  lesquels  elle  n'a  point  d'équivalents  et  que  le 
languedocien  lui  offre  tout  faits  et  bien  faits. 

Dér.  de  Lusi,  à  cause  de  la  transparence  de  ces  vers, 
provenant  chez  les  uns  de  maladie  et  chez  les  autres  d'une 
maturité  h&tive. 

Luséto,  5.  f.  Ver-luisant,  lampyre  luciole,  Lampyrû 
nocHeula,  Linn.,  insecte  de  l'ordre  des  Coléoptères  et  de 
la  fam.  des  Apalytres  ou  Mollépennes.  La  femelle  est 
aptère,  c.-à-d.  sans  ailes,  et  jette  une  clarté  phosphorique 
et  brillante  qui,  dans  les  nuits  d'été,  fait  le  charme  des 


promeneurs  champêtres;  le  mâle  est  ailé  el  beaucoup 
moins  brillant,  et  la  nature  se  montre  ici  admirable  dans 
ses  dispositions  :  la  luciole,  qui  ne  peut  voler,  se  laisse 
découvrir  dans  l'herbe,  grâce  au  phare  amoureux  qui 
trahit  sa  présence. 

Dér.  de  Lusi,  Lucere,  briller. 

Luséto,  s.  f.  Vesce  sauvage  ou  vesceron.  Vicia  segetum 
parva,  Linn.,  plante  de  la  fam.  des  Légumineuses,  qui 
croit  entre  les  blés,  aux  tiges  grêles  et  rameuses,  aux 
feuilles  étroites,  vertes,  opposées  par  paires  le  long  d'une 
côte  qui  finit  par  une  vrille  avec  laquelle  elle  s'attache  aux 
plantes  voisines;  ses  fleurs  sont  blanches  et  les  gousses  qui 
leur  succèdent  sont  velues.  Cette  vesce  est  résolutive  ap- 
pliquée extérieurement. 

Luséto,  s.  f.,  ou  Nivonléto.  Luette,  dont  ce  mot  est  une 
corruption.  —  Foy.  Niwuléto, 

Lusi,  V.  Luire;  briller;  étinceler;  éclairer:  répandre  de 
la  lumière,  de  la  clarté,  un  brillant  éclat. 

Dér.  du  lat.  Lucere,  m.  sign. 

Lusido,  s.  f.  Rayon;  jet  de  lumière;  lueur  accidentelle; 
éclaircie  en  parlant  du  temps  brumeux,  pluvieux;  inter- 
valle lucide  dans  le  délire  de  la  fièvre.  —  Faguè  uno 
lusido,  la  pluie  cessa  un  moment,  eut  un*  instant  de  répit. 
A  héquàouquos  lusidos,  ce  malade  a  bien  quelques  inter- 
valles lucides. 

Dér.  de  Lusi- 

Lustre,  s,  m.  Lustre,  appareil  pour  éclairage;  lustre 
d'une  étoffe  est  du  pur  fr.  —  Sauvages  définit  Lustre, 
crépuscule,  clarté  de  l'aurore,  et  Lusires  au  plur.,  mouches, 
morceau  de  taffetas  noir  que  les  femmes  mettaient  sur 
leur  visage  pour  faire  paraître  leur  teint  plus  blanc.  Ces 
deux  acceptions  ne  sont  point  de  notre  idiome,  ou  se  sont 
oblitérées. 

Lustro,  s.  f.  Huître. 

Ce  mot,  hors  d'usage,  est  remplacé  sans  façon  par 
Huitro,  franchiman  qui  ne  le  vaut  pas. 

Dér.  du  lat.  Ostrea,  m.  sign. 

Ly  ou  Y,  adv.  Y,  en  fr.  —  Selon  les  besoins  de  l'eu- 
phonie ou  le  caprice,  on  dit  l'un  ou  l'autre  :  Vat-lff  ou 
Vaï'M-y,  vas-y;  ly  vôou  ou  y  vôou,  j'y  vais. 


M 


]!,«./:  M;  s'appelle  tmffio,  treizième  lettre  de  l'al- 
phabet, dixième  d^  consonnes. 

M  est  classée  grammaticalement  parmi  les  labio^nasdes, 
à  cause  de  l'intervention  simultanée  des  lèvres  et  du  nez 
dans  son  émission.  Elle  est  une  des  articulations  que  l'en- 
fant réussit  le  mieux  et  le  plus  vite  à  former,  et  se  pro- 


duit presque  par  la  seule  commissure  des  lèvres  qui  oblige 
l'air  et  le  son  à  remonter  et  à  ressortir  :  ma  mamo,  marna, 
meXr&,  mèro,  sont  les*  premiers  mots  prononcés  et  les  plus 
faciles.  Aussi,  dans  toutes  les  langues,  M  sert-elle  à  dé- 
signer l'idée  de  maternité,  de  mère. 
L'orthographe  et  la  proncmciation  des  mots  od  intervient 


448 


H 


MAC 


VÈmmo,  M,  appelle  nne  observation.  Quand  elle  précède 
une  voyelle,  elle  la  saisit  de  sa  vraie  articulation  :  point 
de  difScttlté.  Mais  quand  elle  est  suivie  d'une  consonne, 
le  ^  ou  le  P  particulièrement,  et  complétant  une  syllabe, 
ou  qu'elle  se  redouble,  par  exemple  :  cambo,  poumpo, 
témpouri,  toumple,  simple,  simbèl,  émmasqua,  émpéïta, 
émmaïgrési,  etc.,  alors,  comme  en  fr.  elle  prend  le  son 
de  Yn.  Le  français  et  quelques-uns  de  nos  lexicographes 
vont  plus  loin  :  à  la  fin  de  certains  mots  dans  lesquels  M 
se  rencontre,  ils  l'écrivent  pour  ne  pas  la  prononcer  et 
font  entendre  nettement  un  n,  comme  dans  essaim,  par- 
fum, nom,  renom,  etc.,  et  à  la  première  personne  plur. 
des  verbes  aïmam,  aïmaviam,  avèm,  énténdiam,  etc.  11  y 
a  là  une  anomalie  à  laquelle  nous  n'avons  accédé  qu'à 
regret  et  à  demi  :  dans  les  cas  de  redoublement  et  devant 
le  B  et  le  P,  nous  suivrons  l'orthographe  usitée;  mais 
nous  n'avons  pu  nous  résoudre  à  placer  Yèmmo  finale, 
comme  fait  le  français,  au  bout  des  mots  où  le  son  nasalisé 
est  si  distinctement  accentué,  dans  les  subst.  et  dans  les 
verbes  ;  nous  la  refusons  encore  aux  noms  venus  de  lan- 
gues étrangères,  comme  Jérusalem,  Mathusalem,  Bethléem, 
qui,  pour  notre  dialecte,  ont  une  très-franche  terminaison 
par  en  grave.  Ces  réserves  faites,  l'explication  est  aisée. 
Cette  orthographe  n'est  qu'une  concession  étymologique 
au  latin  ;  mais  elle  ne  s'imposait  pas  avec  la  même  force 
aux  idiomes  issus  du  latin,  qui  la  conservent  en  l'altérant 
au  moins  dans  beaucoup  d'inflexions.  Le  latin  faisait  pres- 
que toujours  suivre  m  d'une  voyelle,  excepté  dans  quel- 
ques nominatifs  neutres,  à  l'accusatif  et  au  génitif  plu- 
riels, et  il  l'articulait  distinctement,  comme  signe  carac- 
téristique des  cas  et  des  genres.  La  moyenne  latinité 
n'avait  pas  à  enfreindre  ces  règles  :  elle  attaquait  autre- 
ment la  langue.  Peu  à  peu  le  roman,  qui  était  aussi  une 
dégénérescence  si  l'on  veut,  et  une  rénovation,  se  montra 
plus  hardi  dans  ses  procédés.  Une  de  ses  principales  pré- 
occupations fut  de  donner  à  la  parole  la  rapidité  et  la 
concision  ;  il  y  arriva  par  les  syncopes,  les  retranchements 
de  finales  et  par  ses  méthodes  d'abréviation  des  mots  et 
des  syllabes  ;  il  se  reprit  aux  consonnances  et  aux  tradi- 
tions de  prononciation  longtemps  oubliées,  et  se  plia  aux 
nécessités  que  lui  faisaient  subir  les  importations  de  nou- 
veaux conquérants.  De  ce  travail,  aidé  par  les  instincts 
nationaux  et  par  un  esprit  diffèrent,  sortirent  la  langue 
d'Oc  et  la  langue  d'Oïl,  qui  ne  répudiaient  pas  la  suc- 
cession :  qui  gardaient  l'alphabet  latin  avec  toute  la  valeur 
de  ses  lettres,  mais  qui  arrangeaient  leur  prononciation  à 
leur  manière  et  la  combinaient  suivant  leurs  dispositions. 
Les  troubadours,  auxquels  nous  sommes  redevables  des 
plus  sérieux  efforts  de  transformation  et  qui  furent  les 
interprètes  et  les  initiateurs  du  génie  de  la  langue,  étaient 
imbus  de  la  diction  latine,  de  sa  syntaxe  et  de  son  ortho- 
graphe :  ils  transposèrent  tout  cela  dans  la  langue  écrite, 
peut-être  dans  la  langue  parlée  :  ainsi,  par  respect  pour  le 
romain,  les  infinitifs  de  leurs  verbes  s'écrivaient  par  r 


final  avec  la  simple  suppression  de  la  voyelle  :  amar,  Ugir, 
far,  pour  amare,  Ugere,  fart,  etc.;  les  substantife  se  débar- 
rassaient de  leurs  désinences  :  têmplum,  tempus,  famu, 
lumen,  nomen,  fumus,  pour  faire  tempHe,  temps,  faim, 
nom,  fum,  lum,  etc.;   les  temps  des  verbes  amamut, 
habemus,  venimus,  sumus,  etc.,  s'écrivaient  amam,  avèm, 
vénèm,  som,  etc.  Ils  écrivaient  avec  les  lettres  étymolo- 
giques; il  est  douteux  qu'ils  les  fissent  entendre  à  ta  pro- 
nonciation :  le  temps  au  moins  est-il  venu  y  apporter  de 
sensibles  modifications.  Un  seul  exemple  encore:  Hom, 
roman,  homme,  tiré  du  lat.  Homo,  hominis,  est  leprêsenlft 
par  ces  trois  lettres  originaires  dans  les  vieux  manuscrits; 
il  est  devenu  Om,  dégagé  de  rJET  parasite;  il  est  aujour- 
d'hui le  pronom  indéfini  On,  et  le  son  nasal  se  fait  sentir 
comme  il  est  écrit. 

La  lettre  M  a  passé  par  tous  ces  degrés  ;  et  les  mots  qui 
la  portaient,  en  arrivant  dans  la  langue  d'Oc  et  dans  la 
langue  d'Oïl  à  travers  le  roman  et  la  basse  latinité,  n'ont 
pas  su  se  dégager  suffisamment  de  son  empreinte  en  écrivant, 
alors  qu'elles  retournaient  à  leurs  véritables  tendances 
organiques  en  la  prononçant  comme  un  n.  La  nasale  N  est 
en  effet  gauloise,  une  consonnance  que  le  celtique  recherche 
et  affectionne  ;  M  est  une  lettre  plus  latine,  essentiellement 
latine.  La  langue  d'Oc  et  le  français  redoutent  également 
cette  inflexion  à  vide  que  produit  M  dans  un  mot  ou  à  sa 
finale,  puisqu'ils  la  transforment,  ce  que  ne  faisait  pas  le 
latin. 

Nous  n'apercevons  donc  pas  bien  pourquoi  notre  ortho- 
graphe ne  représenterait  pas  aussi  exactement  que  possible 
une  articulation  si  précise.  Si,  cependant?  nous  avons 
voulu  concilier  toutes  choses,  en  redoublant  les  m  comme 
en  fr.,  et  en  les  conservant  devant  le  6  et  le  p,  nous  nous 
révoltons  contre  les  exagérations  et  les  tyrannies  étymo- 
logiques, en  la  remplaçant  par  la  lettre  réellement  son- 
nante et  à  la  finale  de  certains  mots  ;  nous  croyons  par  là 
nous  rapprocher  davantage  de  la  prononciation  eupho- 
nique, qui  est  le  vrai  génie  de  la  langue  d'Oc. 

Ma,  pron.  poss.  f.  Ma.  —  Le  masc.  est  Moun,  mon; 
cependant  comme  en  fr.,  devant  les  mots  qui  commen- 
cent par  une  voyelle,  on  dit  Moun,  quoique  an  fém.  : 
Moun  amigo,  mon  amie. 

Ck)ntr.  du  lat.  Mea,  m.  sign. 

Ma,  s  m.  Màt.  —  Ma  dé  cœagno,  mât  de  cocagne,  que 
nos  fêtes  publiques  ont  tant  vulgarisé. 

Ma,  en  entrant  dans  ce  composé,  doit  être  ainsi  écrit 
d'après  la  rigueur  de  notre  orthographe;  mais  peut-ètrD 
vaut-il  mieux  lui  conserver  sa  forme  française  et  lui  lùsser 
le  t  étymologique  final,  puisque  aussi  bien  c'est  on  mot 
tout  français,  seulement  avec  la  désinence  languedocienne. 
—  Voy.  Mat. 

Maca,  i>.,  et  ses  composés  et  dérivés.  —  Yoy»  Maqfna. 

Macaroun,  s.  m.  Macaron,  massepain,  pâtisserie  de 
pâte  d'amandes  et  de  sucre. 

Ce  mot  est  anden  :  il  existait  dans  la  moy.  lat.  avec  la 


MAD 


MAD 


449 


même  signification,  témoins  les  Actes  de  la  vie  de  Guil- 
laume Termite,  qui  rapportent  que  Ad  prandium,  ei 
apposuerurU  maecarones  seu  lagana  cum  pastiUis, 

Machoto,  s.  f.  Chevêche,  petite  chouette,  Strix  poste- 
rina,  Linn.,  oiseau  de  Tordre  des  Rapaces  et  d,e  la  fam. 
des  Nocturnes  ou  Nyctérins  :  c'est  la  chouette  pour  laquelle 
les  petits  oiseaux  ont  tous  tant  d'antipathie  et  qui  sert  à 
leur  faire  une  chasse  fort  amusante.  Elle  est  la  plus  petite 
de  ses  sœurs,  25  centimètres  de  longueur,  et  comme  elle 
n'est  guère  plus  grande  que  le  hihou  petit-duc  (lou  Cho  ou 
TuquéJ,  on  peut  facilement  les  confondre  et  échanger  leurs 
noms.  —  On  appelle  également  Maehoio,  la  Hulotte  ou 
Chat-huant  de  Buffon,  chouette  hulotte,  Sirix  cUuco, 
Temm.,  quoique  celle-ci  soit  plus  grande  et  atteigne  jus- 
qu'à quarante  centimètres.  —  Nous  rappelons  ici  que  ce 
qui  distingue  surtout  les  chouettes  des  hibous,  c'est  que 
les  premières  n'ont  point  de  plumes  en  forme  de  petites 
cornes  que  les  seconds  dressent  à  volonté  sur  leur  tète  ; 
tous  deux  ont  d'ailleurs  beaucoup  de  traits  de  ressem- 
blance qui  peuvent  faire  confondre  certains  d'entr'eux. 
On  devrait,  au  reste,  mieux  tenir  compte  aux  uns  et  aux 
autres  des  services  signalés  qu'ils  rendent  à  l'agriculture 
en  détruisant  les  petits  mammifères  rongeurs  qui  causent 
tant  de  dégâts  aux  récoltes. 

Cho  semble  être  entré  dans  la  composition  du  mot 
Machoto.  —  Voy.  Cho,  Duganèi,  Tuqué, 

Machoii,  s.  m.  Gros  lourdaud,  grosse  bète;  mauvais 
compagnon;  vilain  homme.  —  Il  est  d'ordinaire  accom- 
pagné de  cette  épithète  qui  ajoute  à  sa  portée  :  VUèn 
maehou,  appellation  injurieuse  et  méprisante,  comme  :  sot 
animal,  méchant  voisin,  difforme  de  visage  et  d'esprit. 

En  espag.  Macho,  mulet. 

Machoga,  v.  Meurtrir;  causer,  produire,  faire  des  meur- 
trissures; mâcher;  mâchonner;  broyer.  —  Dans  le  premier 
sens,  il  renchérit  sur  JUaqua  (Y.  c.  m.).  S'm  machuga  la 
mon,  ii  a  eu  la  main  écrasée,  broyée.  Aquà'i  tout  machuga, 
c'est  tout  abimé,  tout  charcuté.  Machuga  un  eroutté, 
mâchonner  un  morceau  de  pain.  —  Voy.  Machuguéja. 

Machugadnro,  i.  f.  Violente  meurtrissure. 

Machoguéia,  v.  fréq.  de  Machuga.  Mâcher  négligem- 
ment et  par  petits  morceaux  ;  mâchonner  ;  pignocher. 

Maçoû,  »,  m.  Maçon,  ouvrier  ou  artisan  qui  fait  les 
bâtiments,  les  maisons,  à  chaux,  pierres,  ciment. 

Maçonmèon,  s.  f.  Ambrette;  graine  musquée,  Bamia, 
nom  des  semences  de  la  Ketmie  musquée  ou  odorante, 
ibiteuê  abelmoschus,  Linn.,  plante  de  la  fam.  des  Mal- 
vacées,  qui  croit  dans  les  Indes,  TÉgypte  et  l'Arabie. 

Maçoiuia,  v .  Maçonner;  bâtir  en  pierre,  brique  ou  moellon. 

Maçoimariè,  $.  f.  Maçonnerie,  ouvrage  du  maçon;  art 
on  profession  de  bâtir. 

Macmao,  «.  f.  Macreuse,  oiseau  fVoy.  FouquoJ,  avec 
laquelle  celle-ci  ne  doit  pas  être  confondue. 

Madame,  s.  f.  Madame  :  nom,  titre  qui  ne  se  donnait 

lis  qu'aux  femmes  d'un  certain  rang.  Ce  n'est  plus  au- 


jourd'hui qu'une  appellation  polie  qui  se  répand  chaque 
jour  davantage  :  aussi  que  de  Moa  sont  devenues  Madamof 
—  Voy,  Mas. 

Ma-dannacion,  s.  f.  Par  ma  damnation  !  que  ma  dam- 
nation, sous^ntendu  arrive!  —  Dien  des  jurons  ont  été 
tellement  adoucis  ou  masqués  que  ce  ne  sont  plus  même 
des  paroles  dénuées  de  sens,  mais  plutôt  de  simples  sons. 
Quant  à  ceux  qui  ont  conservé  leur  pureté  primitive,  ils 
sont  ordinairement  revêtus  d'une  construction  elliptique 
qui  en  rend  l'intelligence  assez  difficile  au  premier  abord, 
et,  si  Ton  veut  bien,  la  signification  presque  douteuse.  Il 
ne  faut  donc  pas  croire  que  les  personnes,  et  c'est  heureu- 
sement le  plus  grand  nombre,  qui  emploient  ces  tristes 
formules  sans  songer  à  toute  leur  portée,  soient  aussi  cou- 
.pables  que  si  elles  la  complétaient  par  l'intention.  Cepen- 
dant, s'il  faut  absolument  à  la  colère  des  paroles  qui  sou- 
lagent en  s'échappant,  comme  le  vocabulaire  des  jurons 
est  certes  assez  riche,  que  le  choix  des  plus  innocents 
prouve  du  moins  que  l'instruction  que  Ton  répand  sert  à 
faire  comprendre  ce  que  Ton  dit. 

Madéiréso,  s.  f.  Espèce  de  pomme,  calville  blanc, 
bariolé  de  cramoisi. 

En  espag.  Madera,  bois. 

Madéléno  (La),  s.  f.  La  Magdeleine;  jour  de  la  fête  de 
sainte  Magdeleine,  le  22  juillet;  pris  comme  date.  —  Par 
singularité,  la  Madéléno  qui,  dans  cette  acception,  s'écrit 
et  se  prononce  avec  les  deux  é  fermés,  prend  le  dernier  é 
ouvert  lorsqu'il  devient  nom  pr.  de  baptême,  Madéléno.  — 
Pér  la  Madéléno  la  noie  es  pléno,  lou  rasin  vèira,  la  figuo 
maduro,  lou  bla-t-éslréma,  prvb.,  à  la  Magdeleine,  la  noix 
est  pleine,  le  raisin  tourné,  la  figue  mûre,  le  blé  renfermé. 
Rasin  dé  la  Madéléno,  raisin  de  la  Magdeleine,  espèce 
précoce  qui  ne  réussit  bien  que  dans  les  bons  terrains  et 
en  treille  suspendue.  En  espalier,  elle  donne  fort  peu  et 
en  vigne  basse  encore  moins  ;  même  pour  obtenir  du  fruit 
faut-il,  en  la  taillant,  ne  lui  laisser  que  des  viettes. 
Cargos,  qu'on  courbe  en  les  attachant.  Si  on  ne  lui  laissait 
que  des  coursons,  elle  produirait  peu.  Elle  donne  alors 
beaucoup  de  belles  grappes  dont  les  grains  assez  serrés 
sont  de  moyenne  grosseur,  ovoïdes  et  assez  fermes.  Le  bois 
est  tendre,  les  yeux  renflés,  les  feuilles  bien  découpées.  La 
fi^ro  dé  la  Madéléno  ou  dé  Béoueaire,  parce  qu'elle  a  lieu 
à  cette  époque ,  la  fameuse  foire  de  Beaucaire  qui  est  une 
époque  importante  dans  nos  localités.  C'est  à  ce  moment 
que  marchands,  artisans,  fournisseurs  de  toute  sorte,  qui 
donnent  à  crédit  toute  Tannée,  apportent  leurs  comptes  k 
payer.  Deux  raisons  avaient  introduit  cet  ancien  usage  : 
le  vendeur  tenait  à  toucher  tout  son  argent  à  la  fois  pour 
aller  k  Beaucaire  renouveler  ses  approvisionnements  de 
douze  mois,  et  le  propriétaire  consommateur  n'avait  guère 
d'argent  qu'alors  où  il  venait  de  vendre  ses  cocons.  La 
facilité  qu'cmt  maintenant  les  commerçants  de  s'approvi- 
sionner au  jour  le  jour,  et  l'invasion  des  industriels  qui 
n'attendent  pas  une  seule  époque  dans  Tannée  pour  toucher 


450 


MAG 


MAH 


des  fonds,  doivent  tendre  à  diminuer  beaucoup  les  comptes 
de  Beaucaire. 

Dér.  du  lat.  Magdalena,  m.  sign. 

Madéloun,  5.  f,  n.  pr.  de  femme.  Dim.  ou  variante  de 
MadUèno,  Madelon,  formation  française. 

Madoun,  5.  f,  n.  pr.  de  femme.  Dim.  et  contraction  de 
Madéloun,  qui  ne  peut  se  rendre  que  par  Madon,  en  fr. 

If  adonne,  s,  f.  Madone;  représentation  de  la  Sainte 
Vierge.  —  N*est  pas  tout  à  fait  de  Fidiome  local  ;  dans  ce 
cas,  on  dit  ordinairement  la  Sénto-Vièrjo,  comme  Nosio- 
Damo,  lorsqu'il  s'agit  d'une  dévotion,  d'un  lieu  de  pèle- 
rinage. 

Ck)mposé  de  Ma  et  du  vieux  mol  Dono,  traduit  par  Ma 
Douno,  ma  dame. 

Madn,  maduro,  adj.  Mûr,  mûre;  qui  a  acquis  toute  sa 
maturité;  en  parlant  des  fruits  de  la  terre,  quand  ils  n'ont 
plus  de  verdeur  ;  d'un  abcès,  quand  il  est  prêt  à  crever  ; 
d'une  fille,  quand  elle  arrive  à  un  âge  où  elle  est  bonne  à 
marier.  —  Magna  madu,  ver-à-soie  prêt  à  faire  son  cocon 
et  qui  devient  alors  quasi- transparent,  d'une  couleur  jaune 
dorée.  Fïo  maduro  porlo  l'éfan  à  la  eénturo,  fille  mûre  a 
chance  d'être  bientôt  mère. 

Dér.  du  lat.  Maturuê,  m.  sign. 

Madara,  v.  Mûrir.  —  Se  dit  mieux  Àmadura,  — 
Voy.  c.  m. 

Madonm,  s,  m.  Portion  d'une  quantité  de  fruits  ayant 
atteint  leur  maturité  que  tous  n'ont  point  encore.  — 
Saparti  lou  madurun,  séparer  le  mûr  de  ce  qui  ne  l'est 
pas.  —  Voy.  Amadurun, 

Magagua,  v.  Tracasser;  malmener;  incommoder;  gâter. 
—  Lou  magagnés  peu,  ne  le  tourmentez  pas.  É»  tout  ma- 
gagna,  il  est  tout  mal  hypothéqué,  il  a  bien  des  infirmités. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Matignare,  m.  sign.,  dont  le  v.  fr. 
avait  fait  aussi  Méhaigner, 

Magagno,  <.  /*.  Malaise;  tracas;  incommodité;  fatigue; 
défectuosité;  vice,  tare,  défaut.  —  A  toujour  quàouquo 
magagno,  il  a  toujours  quelque  dérangement,  quelque  in- 
commodité. Crén  la  magagno,  il  redoute  la  peine.  La 
fénno  é»  eoumo  la  eastagno,  bèlo  déforo,  dédin  es  la  ma- 
gagno, la  femme  est  comme  la  châtaigne,  belle  au  dehors, 
la  tare  est  au  dedans. 

MagagnoÙB,  onso,  adj.  Malade;  dolent;  chétif;  valé- 
tudinaire; tourmenté;  inquiet;  accablé. 

Magasin,  s.  m.  Magasin,  lieu  où  l'on  tient,  où  l'on  vend 
des  marchandises*  —  Voy.  Boutigo. 

Empr.  au  fr.  qui  avait  pris  le  mot  de  l'arabe  Maghaxin, 
trésor,  lieu  où  il  est  renfermé. 

Magna,  5.  m.  Ver-à-soie,  bombyx  du  mûrier,  insecte  de 
l'ordre  des  Lépidoptères  et  de  la  fam.  des  Filicomes.  On 
sait  que  c'est  la  chenille  de  cet  insecte  qui  forme  le  pré- 
cieux cocon  d'où  on  tire  la  soie.  —  F<^re  dé  magnas, 
élever  des  vers-à-soie,  pour  son  propre  compte,  soit  que 
le  propriétaire  en  dirige  lui-même  l'éducation,  soit  qu'il 
la  confie  à  un  magnaguier.  Faire  lous  magnas,  élever  les 


vers-à-soie  d'autrui,  en  qualité  de  magnagoier.  Fasès  dé 
magnas  ou  vendes  vosio  fièio?  Élevez- vous  des  vers-à-soie 
ou  vendez- vous  votre  feuille?  Jan  {ai  lous  magnas  6t^ 
dé  moussu.,, t  Jean  élève  les  vers-à-soie,  ou  est  aiaguaguier 
chez  monsieur... 

En  langue  romane.  Manger  se  disait  Maniar;  de  là  a  dû 
venir  Magna,  à  cause  de  la  voracité  du  ver-à-soie  à  svi 
dernier  âge.  Le  vieux  français  l'appelait  aussi  Magnon, 
que  le  nouveau  aurait  dû  garder.  Magnan  qui,  du  rei^B, 
commence  à  revenir  dans  la  langue  savante,  fiaira  psr 
avoir  cours  partout  ainsi  que  plusieurs  autres  termes  de  la 
sériciculture,  que  le  français  est  bien  obligé  de  preadie 
dans  les  pays  séricicoles. 

Magnagniè,  s.  m.  Magnanier,  ou  magnagnier  ou  magna- 
guier,  chef  d'un  atelier  où  l'on  élève  des  vers-à-soie;  celui 
qui  les  élève  pour  le  compte  d'autrui.  ifayno^iMètro  eit 
le  fém.;  celle  qui  remplit  le  même  emploi.  —  léou  soM 
moun  magnaguiè,  je  dirige  moi-même  l'éducation  de  mes 
vers-à-soie.  Quouro  davalo  voste  magnaguiè?  Quand  doit 
arriver  celui  qui  élève  vos  vers-à-soie?  —  Les  conditions 
auxquelles  le  propriétaire  traite  avec  le  magnaguier  soat 
diverses  :  tantôt  il  le  paie  entièrement  en  argent,  tant6t  il 
diminue  la  somme  fixe  et  l'intéresse  dans  la  réussite,  ea 
lui  donnant  un  tant  pour  cent  du  produit;  enfin,  et  oeei 
est  pour  le  magnaguier  spéculateur  qui  doit  avoir  quelques 
avances,  le  propriétaire  donne  sa  feuille,  fournit  la  magoa- 
nerie  avec  tous  ses  agrès  et  n'est  plus  chargé  de  rien  :  le 
magnaguier  fait  tous  les  frais  de  l'éducation  et  prend  les  deux 
cinquièmes  ou  le  tiers  des  cocons.  C'est  ce  qu'on  appelle  : 
Faïre  lous  magnas  et  Douna  scus  magnas  dé  tr,és  un  ou  dé 
cin  dous.  Il  est  bien  entendu  qu'en  cas  d'échec,  l'un  peid 
le  prix  de  sa  feuille  et  l'autre  les  dépenses  qu'il  a  faites. 

Magnagnièîro,  s,  f.  Magnanerie,  et  tout  aussi  bien  ma- 
gnaguière;  coconnière;  atelier  où  l'on  élève  des  vers-i- 
soie  ;  femme  qui  dirige  une  éducation  de  vers-à-soie. 

Magnèrétos,  s.  f.  plur.  Petites  façons  ;  petites  miaei; 
minauderies. 

Dim.  de  Magnèro, 

Magnèro,  s,  f.  Manière;  façon  d'agir,  on  de  faire  ou 
d'être;  sorte,  espèce;  usage,  coutume;  habitude;  afl^ta- 
tion,  —  Dé  magnèro  que,.,,  de  manière  que...,  de  sorte 
que...,  espèce  de  conjonction. 

Mago-mnôon,  5.  m.  Jacée  des  prés»  CenUiwna  jaiSÊa, 
Linn.,  plante  de  la  fam.  des  Composées  Gyna^roo^ibaJes,  à 
tige  haute  d'un  mètre,  cannelée,  droite  et  xougeàtie,  à 
racine  ligneuse  et  vivace,  à  fleurs  en  tuyaux  purpurins 
et  serrés;  excellent  vulnéraire,  bonne  pour  les  henûBS 
et  pour  guérir  en  gargarisme  les  aphtes,  les  mam  de 
gorge,  et  en  application,  employa  pour  les  ooDlasioiis  ou 
les  écorchures  que  le  bât  ou  les  traits  font  aux  mnlets  et 
aux  bêtes  de  somme. 

Son  nom  lui  vient  probablement  de  œtle  circoastanoe. 
car  il  semble  une  altération  de  Maquo-muùou  ou  4itidP«, 
mulet  meurtri,  blessé. 


MAI 


MAI 


451  . 


Mahov,  «.  m.  Carreau  en  terre  cnite.  —  Voy,  Maoiii. 

Mahonna,  v.  Carreler.  —  Voy.  Maoùna, 

Mai,  s.  m.  Mai,  cinquième  mois  de  l'année,  composé  de 
ttente-un  jours;  arbre  orné  de  rubans  et  de  banderolles, 
phmté  devant  la  porte  de  quelqu'un  pour  lui  faire  honneur, 
parce  qu'originairement  cela  se  faisait  le  K^^  mai.  —  Lou 
méi  dé  maX  frés  et  gai,  le  mois  de  mai  frais  et  gai. 

Dér.  du  lat.  Hatut,  m.  sign. 

Kax.  5.  m.,  adv,  eonj.  Plus,  le  plus  ;  davantage  :  se  rend 
encore  différemment  selon  qu'il  est  employé.  —  Lou  mat' 
«f  lou  mén,  le  plus  et  le  moins.  Né  vole  pas  tnaï,  je  n'en 
veux  pas  davantage.  JV'aï  tnaï  qu'él,  j'en  ai  plus  que  lui. 
Né  vos  unpdou  tnaï?  En  veux-tu  un  peu  plus?  Lou  maï 
que  vou'n  pièsque  leva,  es  ein  sôous,  le  plus  que  je  puisse 
vous  en  rabattre,  c'est  cinq  sous.  Aqu6  vôou  un  éscu,  lou 
mat,  cela  vaut  un  écu  au  plus.  Né  vos  maï?  En  veux-tu 
encore?  Dé  que  voulès  mat?  Que  voulez-vous  de  plus? 
Aquà  vdou  mat,  cela  vaut  mieux,  cela  vaut  davantage. 
Aime  maï  y-ana,  j'aime  mieux  y  aller.  L'haïsse  mai  que 
mat,  je  le  hais  au  possible,  plus  qu'il  n'est  possible  de  le 
dire.  T  fartas  maï  et  maï  que  vous  ou  diriè  pas,  vous 
auriez  beau  faire,  il  ne  vous  le  dirait  pas.  Y  pode  pas  dé 
mat,  je  n'y  puis  autre  chose,  ou  faire  autre  chose.  Ni  maï 
ni  mén,  quoi  qu'il  arrive,  quoi  qu'il  en  soit,  de  toute  façon, 
quoique  vous  en  disiez.  Faguén  un  tour  et  pas  mai,  faisons 
un  tour  seulement,  sans  plus.  Es  tus  qu'aïme  lou  mai, 
c'est  toi  que  j'aime  le  plus.  Dé  maï  en  mai,  de  plus  en 
plus.  Tant  et  maï,  autant  que  possible . 

Dér.  du  lat.  Ma  gis,  m.  sign. 

Maîa,  adj.  m.  Maillé.  —  Se  dit  du  perdreau  qui  se  maille 
lorsqu'il  devient  adulte,  c.-à-d.  dont  l'extrémité  des  pennes 
prend  de  petites  marques  ou  taches  blanches,  appelées 
mailles,  qui  disparaissent  en  vieillissant.  Au  flg.  par  ext. 
on  le  dit  d'un  adolescent  qui  commence  à  se  sentir,  et  par 
antiphrase  d'un  ci-devant  jeune  homme. 

Dér.  de  Maïo, 

Maîa,  t;.  Terme  du  jeu  de  quilles  pour  exprimer  que  la 
boule  passe  au  travers  sans  en  renverser  aucune . 

Maïtioii  (Lou),  5.  m.  n.  pr.  de  lieu.  Le  Masdieu,  vil- 
lage de  la  commune  de  Laval  dans  l'arrondissement  d'Alais. 
—  Les  vieux  titres  donnent  à  ce  lieu,  en  4223,  le  nom  de 
Mansus  Dei,  et  aussi  Mansa  Dei.  Le  lat.  Mansus,  Mansa, 
Mansio,  maison,  demeure,  a  fait  le  lang.  Mas;  de  là 
Mas'Dîou,  qui,  par  hyperbole  d'euphonie,  est  devenu 
Maï-Diou.  C'est  une  formation  analogue  à  celle  de  Hôtel- 
Dieu,  Lachaise-Dieu ,  etc.  Il  existe  encore  au  Mas-Dieu 
une  vieille  église  à  laquelle  était  sans  doute  attachée  quel- 
que Mense.  Il  est  connu  au  surplus  que  le  Mas-Dieu  était, 
avant  4790,  une  communauté  indépendante,  faisant  partie 
de  la  viguerie  d'Alais  et  du  diocèse  d'Uzès,  doyenné  de 
Sénécbas. 

Maîgrainéii,  adv.  Maigrement,  petitement;  parcimo- 
nieusement. 

Maigre,  maïgro,  a4j\  Dim.  Maigre;  augm.  Mmgras. 


Maigre,  qui  n'a  point  de  graisse;  aride;  sec.  —  Aeàou 
maïgro,  chaux  maigre.  —  Voy.  Aeâou, 

Maigre,  s.  m.  Maigre,  partie  de  la  chair  où  il  n'y  a 
point  de  graisse;  le  maigre,  chère  où  l'on  s'abstient  de 
viande;  ordinaire  des  jours  maigres.  —  Faire  ma^igre,  ne 
pas  manger  de  viande,  s'abstenir  du  gras. 

Dér.  du  lat.  Macer,  maera,  m.  sign. 

Maigri,  v.  Maigrir,  devenir  maigre.  —  On  dit  mieux 
S'émmaïgrésî.  —  Voy.  c.  m. 

Maigrinèl,  èlo,  adj.  Maigret,  maigrelet. 

Dim.  de  Maigre. 

Maigroù,  s.  f.  Blaigreur;  état  de  ce  qui  est  maigre. 

Mûgroustèl,  èlo,  adj.  Maigre;  décharné;  mince;  sec. 

Variante  ou  péj.  de  l'augm.  Maïgras. 

Maïo,  s.  f.  Maille,  d'un  bas,  d'un  filet,  d'un  tissu  fait  à 
l'aiguille  ou  au  métier.  —  Toumba  uno  ma'io,  laisser  tomber 
ou  s'échapper  une  maille  en  tricotant.  Y-a  uno  mdio  à 
vosie  débas,  il  y  a  une  maille  échappée,  un  trou  à  votre  bas. 
Au  fig.  A  uno  mdio  à  soun  débas,  en  parlant  d'une  fille, 
veut  dire  qu'elle  a  fait  une  tâche  à  sa  réputation,  un 
accroc  à  son  honneur.  Pérdéguén  pas  la  maïo,  ne  nous 
embrouillons  pas  dans  les  feux  de  file;  ne  perdons  pas  la 
tète;  ne  perdons  pas  la  tramontane;  ne  perdons  pas  la 
carte.  Es  dé  la  bèlo  maïo,  se  dit  au  pr.  et  au  fig.  pour  une 
chose  ou  un  homme  d'importance,  qui  ne  saurait  passer 
inaperçu  ni  à  travers  maille,  comme  le  fretin. 

Maïo,  Maille,  désignait  aussi  une  petite  monnaie  de 
cuivre  valant  un  demi-denier,  une  obole,  dont  le  nom 
s'est  perdu  comme  l'usage,  en  lang.  et  en  fr.  Cependant 
on  entend  encore  dire  quelque  fois  :  A  pas  pus  ni  sôou  ni 
maïo,  qui  traduit  peut-être  le  fr.  :  il  n'a  plus  ni  sou  ni 
maille,  il  n'a  ni  denier  ni  maille. 

Dér.  du  lat.  Macula,  tache,  maille. 

Maiôoa,  s.  m.  Bande,  morceau  d'étoffe  dont  on  enve- 
loppe l'enfant  au  maillot.  —  Ce  mot  comprend  la  couche, 
les  langes,  etc.,  qui  servent  à  l'enfant  au  berceau  et  se 
rend  par  Bourasso. 

Dér.  du  gr.  MaXX6c,  tresse  de  laine. 

Maiôoa,  s.  m.  Avantin,  sarment  que  l'on  plante  pour 
obtenir  un  cep.  —  C'est  une  erreur  de  croire  que  la  cros- 
sette,  sarment  auquel  tient  un  peu  du  vieux  bois,  lou  ca- 
vièl,  prend  mieux  que  le  sarment  qui  n'en  a  pas  :  l'expé- 
rience a  prouvé  que  ce  dernier  est  tout  aussi  bon.  Quant  à 
l'avantin  appelé  Barbu,  Barbudo,  parce  qu'il  a  du  chevelu, 
il  reprend  un  peu  plus  aisément  bouture  et  a  de  l'avance 
sur  elle. 

Dér.  du  lat.  Malleoeus,  m.  sign. 

Maioto,  s.  f.  Maillet  ;  petite  masse  en  bois  dont  se  servent 
particulièrement  les  menuisiers. 

Maillet,  contre  les  règles  phoniques  de  la  formation  des 
mots,  est  en  réalité  un  augm.  de  Mail  ;  il  en  serait  de  même 
de  Maïoto,  si  on  le  faisait  venir  de  Maïou,  mail  ;  mais  il 
est  plutôt  le  dérivé  dim.  de  Mal,  et  s'écrivait  originaire- 
ment Malioto,  ou  Malhoto,  comme  on  le  prononce  encore, 


452 


MAI 


Mai 


ainsi  que  les  mots  analogues,  en  faisant  sentir  la  labiale 
mouillée,  dans  des  dialectes  voisins. 

Maîon,  s.  m.  Mail;  jeu  de  mail;  instrament  dont  on  se 
sert  pour  y  jouer,  espèce  de  masse  de  bois  ferrée,  longue- 
ment emmanchée. 

Dér.  du  lat.  Malleus,  maillet. 

Maioula,  v.  Envelopper  l'enfant  au  berceau  des  langes 
appelés  Maïôou, 

Maîrastro,  s.  f.  Belle-mère,  seconde  femme  du  père  à 
regard  des  enfants  du  premier  lit.  —  Ne  se  dit  point  en 
mauvaise  part  comme  en  fr.  Marâtre;  il  est  clair  pourtant 
que  c'est  un  péjor.  de  Maire. 

Maire,  t.  f.  Mère. 

Sauvages  dit  sur  ce  mot  : 

c  La  plupart  des  Languedociens  de  certains  cantons  disent  : 
ma  maïre  ou  ma  mèro,  suivant  leur  fortune  ou  leur  con- 
dition. Les  paysans  pauvres  disent  ma  maire,  les  honnêtes 
gens  et  ceux  du  peuple  qui  jouissent  de  quelque  aisance 
disent,  même  en  parlant  languedocien,  ma  mèro.  Il  en  est 
de  même  des  noms  paire,  fraïre,  tore  ou  souore,  au  lieu 
de  pèro,  frèro  ou  sur. 

c  L'origine  de  cette  différence  dans  le  langage  remonte 
probablement  au  temps  où  la  langue  française  commença  à 
s'introduire  dans  nos  provinces  ;  elle  fut  sans  doute  apportée 
par  ceux  que  les  dignités,  les  emplois  ou  la  fortune  rappro- 
chaient plus  de  la  cour,  et  qui  étaient  dans  le  cas  d'en 
parler  la  langue  par  nécessité  (n'en  sachant  pas  d'autre], 
ou  par  émulation,  ou  par  air. 

c  Le  français  devint  par  là  comme  le  caractère  distinctif 
de  ce  qu'on  appelait  les  honnêtes  gens.  Le  peuple,  moins 
inconstant  pour  ce  qui  est  de  mode,  continua  à  parler 
comme  auparavant,  soit  par  attachement  pour  l'ancien 
langage,  soit  par  éloignement  de  tout  ce  qui  sent  le  faste 
et  pour  ne  pas  affecter  un  usage  qui  semblait  n'appartenir 
qu'aux  personnes  d'un  étage  supérieur;  et  cette  coutume, 
ou  cette  façon  de  penser  est  si  bien  établie,  mais  seulement 
parmi  les  pauvres  gens  de  la  campagne  éloignés  des  villes, 
que  ceux  qui  sont  sages  et  modestes  disent  à  leurs  enfants 
qui  reviennent  du  service,  que  leur  condition  ne  leur 
permet  pas  de  parler  français.  En  conséquence  il  ne  leur 
arrive  d'écorcher  cette  langue  que  lorsqu'ils  sont  pris  de 
vin  :  ce  délire,  les  mettant  bien  au-dessus  de  leur  fortune, 
leur  fait  oublier  leur  misère  ou  leur  condition  présente. 

c  Mais  ceux  qui  jouissent  de  quelque  aisance  cherchent 
depuis  quelque  temps  à  se  mettre  de  niveau  avec  ceux 
qu'on  appelle  les  honnêtes  gens,  en  mêlant  dans  leur 
idiome  certains  termes  français  qui  flattent  le  plus  leur 
amour-propre,  parce  qu'ils  semblent  affectés  à  cette  classe 
d'honnêtes  gens  :  tels  sont  les  termes  de  pèro,  mèro,  frèro 
et  $ur,  qu'ils  prononcent  de  cette  façon,  comptant  que 
c'est  la  même  chose  que  père,  mère,  frère  et  sœur.  > 

Ces  altérations  depuis  Saxtvages,  on  en  comprend  la  cause, 
se  sont  étendues,  mais  surtout  dans  les  villes  et  jusque 
parmi  les  artisans  du  plus  bas  étage.  Et  c'est  ce  qui  donne 


tant  de  piquant  à  une  citation  qu'il  fait  ailleurs  sur  le 
même  sujet  : 

c  On  trouve  dans  les  actes  du  xin^  siècle  les  expres- 
sions suivantes  :  Lo  paire  dèl  viicomte  dé  Béxiès;  la  iore 
dèl  rèï  d'Aragon.  Moun  païre  lo  donat  à  ma  tore,  dit  le 
comte  de  Cominges,  etc.  On  disait  :  lo  tan  Païre,  en  parlant 
du  Pape,  et  la  tanta  Madré  Gléïa.  Le  Pater  commençait 
ainsi  :  Lo  notte  Païre  gué  et  at  cièlt,  et  on  faisait  le  signe 
de  la  croix,  dans  un  autre  dialecte,  en  disant  :  tn  nun  dil 
Païre  et  dèl  Filh,  etc.  Et  un  savetier  de  ville  s'offensera  si 
on  lui  demande  :  Ounfét  toun  païre?  qudou  et  ta  tore?^ 

Cependant  le  raffinement  franchiman  ne  s'est  élevé  que 
jusqu'aux  personnes.  On  ne  pouvait  guère  moins  faire,  en 
parlant  de  soi,  de  sa  famille,  de  ses  enfants,  de  Dieu  même, 
que  de  se  rappiocher  servilement  du  français!  Mais  quand 
il  s'agit  des  animaux,  ou  dans  les  mots  homonymes  qoi 
suivent,  l'ancienne  forme  s'est  conservée.  —  Li  vaX  plan, 
coumo  t'anavo  préne  la  maïre  dou  nit,  il  y  va  tout  doux, 
comme  un  preneur  de  taupes. 

Dér.  du  lat.  Mater,  m.  sign. 

Maire,  s.  f.  Matrice,  partie  du  corps  de  la  femme  où  se 
fait  la  conception.  —  Ne  s'emploie  guère  que  pour  :  mal 
de  mère,  vapeur  de  mère.  On  dit  en  plaisantant,  d'un 
homme  qui  est  pris  d'insurmontables  bâillements  :  À  la 
maïre,  il  a  le  mal  de  mère. 

Maire,  t.  f.  Lie,  dépôt,  formant  un  corps  mollasse  au 
fond  du  baril  dans  lequel  la  plupart  des  ménages  tiennent 
leur  provision  de  vinaigre;  c'est  ce  qu'on  fait  aigrir,  ce 
qu'on  ajoute  au  baril  de  tous  les  fonds  de  bouteille,  et  qui 
sert  comme  de  mère  au  vinaigre. 

Mairino,  t.  f.  Marraine,  celle  qui  tient  un  enfant  sur 
les  fonds  baptismaux.  —  Voy.  PaïrL 

Mais,  ou  Mes,  conj.  Mais,  cependant;  pourtant:  marque 
la  contrariété,  l'opposition,  la  balance,  la  comparaison,  la 
restriction,  l'objection.  —  C'est  un  des  eoaprunts  faits  par 
le  lang.  au  fr.  de  ses  adverbes,  prépositions  et  conjonctions 
surtout,  lorsqu'il  abandonna  la  construction  romane  pour  se 
former  sur  l'étalon  d'outre  Loire.  Mait  ayant  conservé 
sans  altération  aucune  le  sens  et  la  prononciation  qu'il  a  en 
français,  nous  lui  avons  laissé  ainsi  son  orthographe,  bien 
que  la  diphthongue  at,  sonnant  comme  1'^  ouvert,  n'existe 
point  dans  les  mots  de  pure  formation  languedocienne.  Il 
en  est  de  même  de  quelques  autres  mots  analogues  de  pro- 
nonciation. Air,  Àlait,  etc.,  qui,  ainsi,  mieux  et  plus  vite 
compris  par  l'œil,  le  seront  aussi  par  rintelligênce.  ^ 
Voy.  l'art.  Ai,  diph. 

MaîBsa,  V.  Donner  un  coup  de  mâchoire  ;  jouer  de  la 
mâchoire  ;  par  ext.  bavarder,  dégoiser. 

Dér.  de  Maïtto. 

Maîssaîre,  aire,  ady.  Bavard;  qui  parle  sans  discrétian 
et  sans  mesure. 

Maisséja,  v.  rédupl.,  de  Maïtta.  Bavarder;  jabotter; 
cancaner. 

Maisso,  ».  f.  Mâchoire;  os  dans  lequel  les  dents  sont 


MAJ 


MAi 


4S8 


im|ilantées.  —  Mé  mandé  ^h  eo  di  moKuo,  il  me  kmça  les 
dents.  Té  eope  la  nuOsiô,  Dsim.,  je  te  casse  la  gueule.  Et 
tino  hono  tnaïtso,  se  dit  d'on  porc  k  Tengrais  qui  a  bonne 
dtntt  qui  a  bon  appétit  et  n'est  point  difficile  :  de  même, 
uno  maïsto  dàourado,  une  mâchoire  d'or.  Par  métaphore, 
tmo  maïêso,  uno  èono  maisto,  s'entendent  d'une  personne 
fort  bavarde  et  quelque  peu  mauvaise  langue  au  besoin. 
Quinta  fnaXsêo/  Quel  caquet  bonbec  !  Voui  prouméte  qu'éi 
uno  bono  màiêio,  je  VOUS  assure  qu'il  ou  qu'elles  la  langue 
bien  peodue. 

D6r.  du  lat.  MawUla,  m.  sign. 

Maissn,  udo,  acy.  Qui  a  une  forte  mâchoire,  une  bonne 
mAdioire;  une  grosse  ganache.  Au  fig.  gourmand;  frieot- 
teur. 

Dér.  de  Maïsso. 

Kttstre,  8,  m,  Maitre;  chef;  principal.  —  Se  disait 
d*abord  Magitire,  du  lat.  Magister;  mais  il  n'est  plus 
guère  usité,  même  avec  la  forme  que  nous  inscrivons,  et 
bien  que,  à  la  campagne,  on  l'emploie  quelquefois  pour 
désigner  proprement  le  maitre  du  domaine  ou  le  maitre- 
valet,  le  cl^f  :  Aïci  lou  matstre  que  vén,  voici  le  maitre 
qui  vient.  Il  est  d'un  usage  plus  ordinaire  pris  adjective- 
ment dans  cette  expression  :  vola  maïstre,  ruisseau  ou 
mieux  fossé  principal,  car  c'est  ordinairement  une  tranchée 
faite  de  main  d'homme,  dans  laquelle  tous  les  petits  ruis- 
seaux ou  fossés  des  champs  voisins  viennent  jeter  leurs 
eaux. 

MaXiire  est  devenu  un  nom  propre,  et  s'écrit  en  £r. 
Mahiêtre.  Sa  dérivation  n'est  pas  douteuse. 

Maistro,  j.  f.  Féminin  de  Maïâtre,  avec  la  même  signi- 
fication. —  Se  dit  encore  de  la  reine  abeille,  et  du  chaton 
femelle  de  certains  arbres,  particulièremeDt  du  chÂtaignier 
qui  porte  sur  le  même  pied  des  chatons  mâles  et  femelles. 
La  maïsiro  est  le  maltre-chàton  qui  décide  de  la  bonne  ou 
de  la  mauvaise  récolte  selon  que  le  châtaignier  en  est  plus 
ou  moins  fourni  après  la  chute  des  chatons  mâles.  —  La 
remarque  est  de  Sauvages,  qui  s'y  connaissait. 

Maje,  adj.  des  deux  genru.  Grand;  plus  grand;  aine; 
0OS  âgé.  —  Aquéite  é$  lou  nw^'e,  celui-ci  est  le  plus  grand. 
lau  maj$,  l'ainé.  La  maje-part,  la  plus  grande  partie,  la 
plupart.  La  maje-fésto,  la  fête  patronale. 

Dér.  du  lat.  Major,  maju$,  m.  sign. 

Majéncoulo,  «.  m.,  n.  pr.  de  lieu.  Majencoule;  Saint- 
André  de  Majencoules,  commune  de  Valieraugue  (Gard). — 
Cette  désignation  est  évidemment  antérieure  à  celle  du 
patronage  sous  l'invocation  duquel  aurait  été  placé  ce  vil- 
lage et  appartiendrait  à  la  mythologie  païenne,  si  l'on 
croyait  à  l'origine  du  nom  de  Majencoules  que  donne  Sau- 
VAflSs.  c  Majéneoulo,  rapporte4-il  en  effet,  nom  propre  de 
lieu  qu'on  dit  probablement  pour  MoKétteoulo,  en  prenant 
Vi  voyelle  pour  un  /  consonne;  et  dès  lors  Majéncoulo  res- 
semblerait au  lai.  Maim-intolm,  et  signifierait  les  habitants 
d'un  lien  consacré  â  Mdia,  mère  de  Mercure,  divinités, 
l'une  et  l'autre,  des  anciens  Gaulois;  en  sorte  qu'on  pour-  | 


rait  appeler  ce  lieu,  Fanum  Maiœ  incolarum;  et  pour  dire  : 
à  Majéncoulo,  on  traduirait  en  lat.  Ad  Maiœ  incoUu  :  ce 
qui  est  une  étymologie  assez  naturelle. 

c  L'on  remarquera  à  ce  sujet  que  la  prononciation  de 
Majéncoulo  par  le  j  consonne,  est  plus  récente  que  ceUe 
par  l't  voyelle,  Maïéncouh  ;  puisque  dans  les  plus  ancûras 
manuscrits  languedociens ,  le  j  consonne  esl  incoimu  • 
comme  il  l'est  dans  l'italien,  et  comme  il  l'était  probaUe- 
ment  dans  la  langue  des  anciens  Romains.  > 

Nous  ne  disconvenons  point  que  les  déductions  du  glos- 
sateur  ne  soient  ingénieuses  et  naturelles,  et  cependant, 
sans  invoquer  ce  nom  perdu  de  déesse  gauloise,  il  nous 
paraîtrait  tout  aussi  naturel  de  prendre  au  pins  près  notre 
adjectif  Mt^'e,  grand,  de  if  a/ut,  lat.,  écrit  ou  prononcé  à  la 
romaine  Maïui,  pour  la  première  partie  du  nom  en  la  liant 
euphoniquement  par  un  n  â  la  seconde,  en  lat.  aussi  eoUù: 
colles,  les  cols  ardus  et  élevés  de  ces  montagne»  justifient 
d'ailleurs  l'application;  et  le  mot  aurait  alors  caractérisé 
un  lieu  aux  pics  élevés.  Toutefois,  dans  cette  hypothèse, 
la  dérivation  par  incolœ  serait  sacrifiée,  et  il  faut  recon- 
naître qu'elle  a  son  mérile,  d'autant  que  le  plus  ancien 
titre  où  il  soit  fait  mention  du  nom,  en  42S4,  dit  de 
Magencolis,  ablatif  pluriel  qui  laisse  supposer  la  forme 
incolœ,  nomin.  Par  comparaison,  un  autre  nom  de  lieu 
dans  notre  département,  Concoiào,  Goncoules,  a  une  termi- 
naison identique.  Si  on  était  tenté,  à  cause  de  sa  situation 
sur  le  versant  le  plus  élevé  de  la  Lozère,  de  lui  attribuer 
une  dérivation  du  lat.  cum  collibus,  se  traduisant  par  :  au 
milieu  des  montagnes,  ce  qui  serait  caractéristique,  il  fau- 
drait rappeler  aussi  sa  forme  appellative  dans  un  cartulaire 
de  4476,  qui  le  désigne  par  de  Coneolas,ei  dans  le  dénom- 
brement de  4  394  par  Concoim,  ce  qui  ramènerait  de  plus 
fort  vers  l'étymologie  de  incolœ,  habitants,  proposée  par 
Sauvagss  pour  Majéncoulo, 

Que  si  l'on  voulait  s'aventurer  plus  loin  en  ces  recherches, 
tenant  la  terminaison  des  deux  mots  prise  dans  le  lat. 
colla,  coUis,  dat.  plur.  de  coUum,  cols,  montagnes,  ne 
trouverait-on  pas  le  celt.  Magm  s?  Mage  =s  Mag,  qui  est 
rqirésenté  en  lat.  par  Mantio  ou  notre  Mas,  avec  ht  signi- 
fication plus  large  de  Liou?  (Foy.  l'art,  soiv.)  Majéncouio 
voudrait  dire  en  ce  cas  :  lieu  des  cols,  des  montagnes;  et 
l'attribution  serait  aussi  exacte  que  pour  Concoulo,  forme 
du  radical  celt.  Mon,  coin,  ou  du  lat.  Cum,  avec,  eupho- 
niquement lié  à  collis,  signifiant  coin  sur  les  montagnes 
ou  avec  les  montagnes,  dans  ou  au  milieu  des  cols  de 
montagnes,  que  l'aspect  et  l'emplacement  justifient. 

Majes  (Loua),  «.  m.  plur.,  n.  pr.  de  lieu.  Les  Mages, 
commune  de  SaintrAmbroix  (Gard).  —  Le  cartulaire  de  la 
seigneurie  d'Alais,  cité  par  M.  Germer-Durand,  appelle  ce 
lieu,  en  4337,  locus  vocatus  als  Maiht,  désignation  toute 
romane  ;  prononciation  mouillée  par  Ih,  Près  de  Montpellier, 
Im  MoMee  est  le  nom  d'un  village  :  l'appellation  est  la  même 
quelanètie. 

En  4745,  on  trouve  Les  Mages,  en  47S9  Le  Mage,  et  en 


454 


MAJ 


MAL 


^B^t,Le$Maxet.  C'est  cette  dernière  forme  qui  est  la  vraie 
et  qui  met  sur  la  voie.  Maxes  est  en  lang.  le  pluriel  de 
Mas,  qui  répond  an  lat.  manâio,  mansus,  lieu,  demeure. 
Or  Mag,  avec  le  g  doux  équivalent  au  j,  traduit  en  lat.  par 
Magus,  dans  les  noms  propres,  correspondait  au  mot  lat. 
Mamio,  selon  Adrien  de  Valois  et  d*après  Zeuss,  dans  sa 
Gratnm.  eeli.  Par  conséquent,  JUag  ou  Mages  «s  Jfos  ou 
Maxes  ss  Mansio  :  la  forme  et  Torigine  gauloises  du  mot 
ne  sauraient  être  mieux  accusées.  Dans  les  langues  néo-cel- 
tiques, en  gaélique  Mag  signifie  champ;  en  breton,  Mag 
représenté  par  Maes  =  Mages^  avec  le  même  sens. 

Majinqua,  v>  Diner,  donner  un  second  labour,  moins 
profond  que  le  premier,  aux  vignes,  aux  mûriers  et  à  diverses 
récoltes.  Cette  façon,  qu'on  donne  avec  le  Béchar  (Voy. 
c.  m.)f  détruit  les  mauvaises  herbes  que  le  printemps  a  fait 
croitre  en  abondance.  Aussi  dit-on  communément  pour  la 
vigne,  par  exemple,  que  le  premier  labour  est  pour  elle,  et 
le  second  pour  le  propriétaire.  En  effet,  si  par  suite  du  pre- 
mier, le  cep  végète  vigoureusement,  par  le  second  la  terre 
est  débarrassée  des  plantes  parasites  qui  la  dessèchent  et 
Fépuisent,  et  les  racines,  qui  n'auraient  pu  grossir  faute 
de  l'humidité  nécessaire  à  leur  développement,  se  gonflent 
et  fournissent  un  jus  abondant  qui  remplit  le  envier. 

On  a  dit  Majinqua  pour  Maïénqwt,  parce  que  le  binage 
se  fait  en  mai. 

Majinquaje,  s.  m.  Binage,  second  labour,  seconde  façon 
donnés  à  la  terre.  —  Voy.  l'art,  précédent. 

Major,  s.  m.  Major,  désignation  de  divers  grades  de 
l'armée.  —  S'emploie  comme  en  fr.  ;  seulement  si  l'on 
s'adresse  à  la  personne  elle-même,  en  se  servant  sans  plus 
de  façon  de  cette  appellation,  il  est  probable  qu'il  s'agira 
d'un  tambour-major  ou  d'un  sergent-major. 

Major  se  dit  aussi  quelquefois,  par  extension,  pour  dési- 
gner le  principal,  le  maître,  le  chef,  le  premier. 
Dér.  du  lat.  Major. 

Majorto,  <.  f,  et  adj,  —  Évidemment  le  féminin  du 
précédent  Major,  dans  sa  seconde  acception  ;  mais  en  tous 
cas  et  en  tout  sens,  toujours  un  peu  d'argot.  —  Vno  cano 
majorto,  est  non-seulement  la  canne  du  tambour- major, 
mais  toute  autre  canne  de  dimension  quelque  peu  exagérée 
et  dont  on  se  sert  avec  une  certaine  affectation. 

Majonfiè,  s.  m.  Fraisier,  Fragaria  vesea,  Linn.,  plante 
de  la  fam.  des  Rosacées,  commune  dans  nos  bois  et  cultivée 
pour  ses  nombreuses  et  remarquables  variétés,  qui  donnent 
en  grosseur  ce  qu'elles  perdent  en  parfum. 
Majonlo,  s.  [,  Fraise,  fruit  du  fraisier. 
Pourquoi  faut-il  que  Majoufiè  et  Majoufo,  mots  du  véri- 
table crû,  cèdent  insensiblement  le  pas  à  FrésU  et  Frèso, 
qui  ne  sont  que  du  jargon  ?  Ne  pouvant  mieux  faire,  con- 
statons du  moins  la  légitimité,  toutes  les  fois  que  l'occasion 
s'en  présentera.  —  Voy.  Frèso, 

Astruc  soutient  que  le  nom  lang.  de  la  plante  et  du  fruit 
vient  du  oelt.  Mefus  ou  Mefous,  qui  est  conservé  encore 
dans  le  pays  de  Galles. 


Majonrano ,  s,  f.  Marjolaine,  Origanum  majçrenaf 
Linn.,  plante  vivace,  cultivée  dans  les  jardins,  aromatique, 
bonne  pour  les  nerfs,  l'estomac. 

Dér.  du  lat.  Majorana,  par  une  meilleure  traductioa  que 
le  fr.  Marjolaine. 

Majonrano-fèro,  s,  f.  Origan  commun,  marjolaine  sau- 
vage, Origanum  vulgare,  Linn.,  plante  médicinale,  àiori- 
tique,  histérique,  stomacale,  sudorifique,  pour  les  mau  de 
tète,  les  indigestions.  —  Voy  Ménuguéto. 

Formé  du  lat.  Majorana  et  Fsra,  sauvage. 

Majonrâon,  s.  m.  Maître,  chef;  premier;  aîné  àe  \a 
famille;  maitre-bei^r;  jcbq  du  village;  le  premier, le  plos 
considéré,  le  plus  important  de  l'endroit  par  sa  foiUmfi, 
son  savoir,  les  services  qu'il  a  rendus. 

Dér.  du  lat.  Major,  plus  grand. 

Mal,  5.  m.  Gros  maillet  ou  masse  en  bois,  avec  on  long 
manche,  pour  fendre  le  bois.  —  A  uno  tésio  que  sémblo  «n 
mal,  il  a  une  tète  énorme,  difforme. 

Dér.  du  lat.  Mallus,  m.  sign. 

Malabouaéno, «.  f.,  ou  Malobonséno.  Malheur;  malen- 
contre  ;  mauvaise  chance  ;  guignon.  —  Pourta  malabouséM, 
porter  malheur,  guignon. 

Composé  de  Mala  ou  Malo,  du  lat.  Malus,  mauvaise,  et 
de  BotuénOf  dont  l'exacte  signification  nous  est  inconnae 
et  qui  n'est  pas  employé  isolément,  mais  qui  équivaut  à 
heur,  encontre;  de  là  le  sens  du  mot. 

Maladéstracion,  sorte  d'interj.  d'exclamation,  qui  est 
un  adoucissement  masquant  l'imprécation  MaladicUm,  qoft 
l'on  commence  et  dont  on  escamote  la  fin  pour  y  substi- 
tuer des  syllabes  vides  de  sens  qui  en  font  un  toul  asaei 
innocent,  sinon  bien  intelligible  ni  sufiSsamment  applicable 
peut-être. 

Maladéstréto,  variante  diminutive  de  Maladéstradou, 
sans  plus  de  sens. 

Maladiciou,  s.  f.  Malédiction;  action  de  maudire  ;  mau- 
vaise dessinée;  fatalité.  —  S'emploie  aussi  comme  excla- 
mation, imprécation,  mais,  dans  ce  cas,  Tiisa^  ne  loi 
donne  pas  toujours  la  même  gravité  qu'en  français.  -* 
Maladieiou/  quinte  fré/  Peste l  quel  froid  il  fait!  Lom 
erésès  riche?  —  Oh/  maladieiou/  \oxia  le  croyez  ridie? 
—  Oh!  certes! 

Malagné,  i.  m.  Cerisier  sauvage.  —  Son  éooroe  est  on 
fébrifuge  :  son  fruit  est  amer. 

Malaîrosos,  s,  f,  jdur.  Rose  de  Provins,  ainsi  nomiDèe 
en  fr.  parce  que  cette  variété  fut  apportée  dans  ce  paysptf 
un  comte  de  Brie  revenant  de  la  croisade.  Lie  ton  vigouieux 
de  leur  couleur  pourpre  dut  les  faire  appeler  d*aboràMdb» 
roses;  et  c'est  ce  nom  que  le  lang.  s'est  approprié. 

Malamén,  adv.  Beaucoup,  extrêmement,  exlndOt^B»* 
rement,  étrangement.  —  Gn'a  malamén  ?  Y  ea  a-t-il  ht» 
coup  ?  Gn'a  pas  malamén,  mais  gn'a,  il  n*y  en  a  pas  ^la^ 
manidns  extraordinaire,  mais  il  y  en  a  passablement. 

Dér.  du  lat.  Malè,  parce  que  dans  le  prind^ 
dut  exprimer  l'excès  d'une  chose  mauvaise. 


Mal 


MAL 


455 


Malamor,  «.  f*  Male-mort;  mort  funeste,  violente,  tra- 
gique. —  Jf  oiiH  di  moiamar,  mourir  de  ia  main  du  bour- 
reau. Qui  la  malaimiOT  té  foèngu9quèret  Puisses-tu  faire  une 
triste  fins 

Formé  du  lat.  Malus,  mala,  mauvais»  mauvaise,  et 
Mor$,  mort. 

Malandro,  «.  f.  Chétivitô;  état  misérable  de  santé;  ma- 
rasme; mal  indéfini  qui  mine;  maladie  ayant  un  caractère 
épidémique;  malaise,  langueur  qui  consume.  —  Aï  agu  ia 
maiandro,  j*ai  eu  la  grippe,  par  exemple,  ou  la  cbolérine. 
Aï  la  malandro,  je  suis  tout  mal  en  train,  tout  chose, 
popul. 

On  appelait  autrefois  les  lépreux  Malandrins,  du  mal 
ladre  ou  de  saint  Ladre,  corrupt.  de  saint  Lazare  qu*on  invo- 
quait dans  cette  maladie;  de  là  sont  venus  Ladrerie  et 
Ladre,  synonymes  de  lèpre  et  lépreux.  G*est  aussi  Torigine 
de  Malandro,  quoique  ce  mot  n'exprime  plus  le  même 
mal.  —  Souê  por$  erébèrou  dé  la  malandro ,  ses  cochons 
tombèrent  dans  le  dépérissement  et  crevèrent.  Cette  ex- 
pression qui,  de  tous  les  animaux,  ne  s'applique  guère 
qu'au  porc  sujet  à  la  ladrerie,  prouverait  encore  plus  son 
origine. 

En  fr.  on  appelle  Malandres,  un  mal  qui  vient  au  genou 
du  cheval,  sortes  de  crevasses  d'où  découle  une  humeur 
fétide. 

Malàon  ou  Malàonte,  to,  s.  eiadj.  Malade;  qui  n'a  pas 
de  santé;  qui  n'est  pas  sain;  celui  dont  les  lacultés  sont 
altérées.  —  Malâouie,  avec  la  m.  sign.  que  Malâou,  est  un 
peu  plus  en  usage  dans  la  partie  haute  de  notre  contrée. — 
Féou  pa$  démanda  à  malàoutê  se  vôou  médéeino,  prvb.,  il 
ne  faut  pas  demander  à  un  malade  s'il  veut  santé. 

Les  dim.  de  l'adj.  sont  Malâouté,  éto;  MalâouUnà, 
moto, 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Malaius,  formé  de  Mah  ou  Malè 
aplus,  apte  ou  prédisposé  au  mal,  ou  mal  disposé.  Henri 
Etienne  le  fait  venir  du  gr.  MaXoK^c,  mou,  languissant. 

Malàoiitas,  aaso,  adj.  Augm.  de  Malâou,  malâouis. 
Très-malade  ;  malade  qui  se  traîne  ;  malingre;  cachec- 
tique. 

Malàonte,  o,  adj.  Malade.  —  Voy.  Malâou, 

Malâontéja,  v.  Être  malade;  avoir  une  maladie;  lan- 
guir, traîner  par  l'eflet  d'une  maladie.  —  Malâoutéjè  pas 
gaSr9,  sa  maladie  ne  fut  pas  longue.  T-a  Ionien  que  matâou" 
Ujo,  il  y  a  longtemps  qu'il  traîne. 

Malàontiè,  s.  f.  Maladie;  privation,  altératicm  de  la 
santé.  —  FcXre  uno  malâoutiè,  avoir  une  maladie.  —  Las 
malâouHês  das  magnas,  les  mues  des  vers-à-soie,  qui  sont 
au  nombre  de  quatre,  mais  qu'on  désigne  par  leurs  numéros 
d'ordre  sans  ajouter  maldouiiis  :  mous  magnas  jasou  à  la 
prémUéro,  à  las  dos;  s'ajassou  à  las  très,  sortou  dé  las 
fuofre,  mes  vers-à-soie  dorment  à  la  première ,  à  la  seconde 
mue;  ils  v(»t  s'endormir  à  la  troisième;  ils  sortent  de  leur 
quatrième  mue.  Dans  ces  derniers  temps,  en  agriculture  et 
en  parlant  de  la  vigne  surtout,  et  même  des  vers-à-soie,  le 


mot  a  pris  toute  son  extension  :  il  désigne  pour  la  vigne 
l'oï^tum  et  l'invasion  désastreuse  du  philoxera  vastatrix, 
comme  pour  les  magnas,  la  pébrine  et  la  flacherie. 

MalàontiMroB,  s,  f,  plur.  Maladrerie,  léproserie;  hôpi- 
taux placés  sous  le  patronage  de  saint  Laxare,  dont  on 
avait  fait  saint  Ladre,  et  destinés  aux  lépreux.  —  Le  lang. 
donne  à  ces  maisons  une  dénomination  plus  générale,  parce 
que  plus  tard  elles  furent  consacrées  à  recevoir  d'autres 
malades  que  ceux  pour  lesquels  elles  avaient  été  fondées  ou 
que  ceux-ci  étaient  les  malades  par  excellence. 

Il  est,  au  surplus,  peu  de  villes  où,  comme  à  Alais,  le 
souvenir  d'un  de  ces  établissements  ne  soit  resté  attaché  à 
quelque  quartier  à  proximité.  Mais  la  désignation  est  deve- 
nue tout  à  fait  n.  pr.  pour  quelques  villages;  comme  La 
MaiAoutièiro,  traduit  en  fr.  par  La  Malautière,  communes 
de  Bellegarde,  de  Golias,  de  Montfrin,  et  las  Maladièïros, 
plus  francisé,  les  Maladières,  commune  de  Nimes. 

Malâoutls,  isso,  adj.  Maladif;  sujet  à  de  fréquentes 
maladies;  malingre;  valétudinaire;  infirme. 

Malatavèmo,  s,  f.,  n.  pr.  de  lieu.  Malataveme,  village 
de  la  commune  de  Cendras,  canton  d'Alais  (Gard). 

Ce  nom,  d'assez  mauvais  augure  pour  les  voyageurs,  est 
formé  du  lat.  Mala  iabsrna,  par  le  changement  du  6  en  v; 
le  fr.  l'a  pris  tel  quel  du  lang.  Il  a  du  reste  quelques  simi- 
laires dans  le  département,  et  on  le  trouve  encore  dans  les 
communes  du  Gam,  de  Lussan  et  de  Saint-Hippolyte  du 
Fort.  Partout  était-il  significatif  pour  désigner  une  halte 
dont  il  fallait  se  méfier  à  cause  du  peu  de  sécurité  qu'elle 
présentait,  ou  de  la  mauvaise  chère  qu'on  y  faisait,  ou 
simplement  de  sa  chétivité  misérable  ?  On  ne  saurait  trop 
le  dire.  En  tous  cas,  ici,  un  ancien  sobriquet  renfor^it 
l'appellation  ;  on  disait  au  moyen-âge  :  las  oros  dé  Malata- 
vèmo, les  horreurs  de  Malataveme;  mais  à  qui  ou  à  quoi 
s'appliquait  ce  surnom  7  Aux  femmes  du  lieu,  la  méchan- 
ceté jalouse  de  quelques  voisines  en  était  bien  capable;  à 
la  localité  elle-même,  cela  peut  être.  Rien  ne  justifierait 
aujourd'hui  un  pareil  dénigrement  contre  ce  village  qui 
proteste  contre  sa  réputation  d'autrefois. 

Malapéndicion,  s  f.  interj,  Male-pendaison.  —  La 
malapéndieiou  té  vèngus/  Puisses-tu  être  pendu  !  Que  male- 
mort  t'advienne! 

Malapéndieiou,  comme  beaucoup  de  ses  consorts,  simple 
interjection  à  qui  on  n'ajoute  aucun  verbe,  sans  même  le 
sous-entendre  pour  compléter  le  sens,  n'est  qu'un  de  ces 
maudissons  sans  portée  qui  échappent  an  dépit  et  à  l'impa- 
tience; au  besoin  ce  n'est  même  qu'une  forme  explétive 
correspondant  au  fr.  Peste!  mâtin  1  malepeste! 

Malé,  s.  m.  Dim.  de  Mal.  Maillet,  petite  masse,  —  Est 
devenu  n.  pr.  reproduit  en  fr.  par  Mallet. 

Maléacho,  s.  f»,  n.  pr.  de  lieu.  Malenches,  hameau  de 
la  commune  de  Sénéchas,  arrondissement  d'Alais. 

La  terminaison  de  ce  mot  indique  sufiBsamment  un 
adjectif  féminin  faisant  au  masculin,  inusité,  Maléne, 
réduit  à  Halén,  par  la  suppression  ordinaire  du  e  final. 


456 


UâL 


MâM 


mais  q[ai  a  dû  en  reprendre  la  oonsonnance  an  fém.»  en 
donnant  d*abord  McUéneo,  adouci  ensuite  en  MtUéneho. 
Le  nom  n*a  fait  que  suivre  la  marche  indiquée  sous  les 
articles  En,  En,  tuf.,  Énquo,  et  Dimanche,  etc.  ^Foy.  c. 
m.)*  Cette  désinence,  adjectivant  le  mot,  le  transformait  en 
nom  propre,  et  Tépithète,  ainsi  ajoutée  et  isolée,  sert  à 
trouver  sa  signification.  Malén  veut  dire  mauvais;  Ma- 
léneho  devra  donc  se  traduire  par  mauvaise  :  nous  n'avons 
pas  à  savoir  comment  ni  pourquoi  ce  petit  village  mérite 
la  qualification.  Tel  est  le  sens  étymologique  qui  se  présente 
le  premier.  Son  correspondant  serait  La  Hfaléno,  La  Malône, 
n.  pr.  d'une  autre  localité,  qui  vient  certainement  de  la 
même  provenance  et  d'une  formation  très-rapprochée. 

Cependant  un  scrupule  peut  naitre  au  sujet  d'une  signi- 
fication assez  mal  sonnanle.  La  première  syllabe  du  mot, 
qui  est  seule  la  cause  de  l'interprétation,  n'aurait^elle  pas 
été  altérée  euphoniquement  en  changeant  par  un  a  sonore 
un  0  primitif,  qui  eût  donné  alors  Méléncho,  dérivant  du  lat. 
Melleut,  mellicuê,  mellicosus,  de  miel,  produisant  du  miel? 
Une  permutation  semblable  s'est  bien  faite  sur  le  nom 
propre  Afalérargue,  dans  la  commune  de  Saint-Bonnet  de 
Salindrenque ,  appelé  en  4345  Mansus  de  Melamieis, 
métairie  des  ruches  d'abeilles  CVoy,  BagarJ.  On  dit  encore 
La  Mialouso,  avec  un  a,  rendu  en  fr.  par  La  Melouse.  Ceci 
soit  dit  pour  rétablir  la  bonne  renommée  de  notre  hameau. 
Maléncougnè ,  $.  f.,  ou  Mélancougnè ,  moins  bien. 
Mélancolie;  tristesse;  chagrin;  bile  noire,  en  terme  d'an- 
cienne médecine. 

Dêr.  du  lat.  Mdancolia,  m.  sign.,  venu  du  gr.  MeXay)^oX(a, 
de  MiXaç,  noir,  et  XoXi{,  bile . 

Maléspèls,  «.  m.  plur.,  n.  pr.  de  lieu.  Malespels,  ferme 
dans  la  commune  de  Galargues. 

Nous  ne  relevons  cette  dénomination  que  pour  son  ëty- 
mologie  assez  curieuse.  A  cause  de  sa  forme  au  pluriel  et 
du  sens  apparent  des  deux  mots  qui  composent,  on  serait 
tenté  de  la  traduire  par  mauvaises  peaux.  Ce  serait  une 
faute  lourde.  Le  nom  est  mentionné  dans  les  plus  vieux 
titres,  en  961,  VUla  Malum  ExpeUe;  en  965,  In  terminio 
de  villa  Malum  Expdle,  et  encore,  en  4007,  VUla  Malum 
Expelli*  in  littoraria.  Rim  n'est  plus  clair  et  ne  peut  être 
appuyé  de  meilleurs  titres  :  c'est  bien  la  villa  qui  expulse 
et  chasse  le  mal.  Qu'en  étymologie  on  se  fie  ensuite  aux 
apparences  et  aux  assonances. 

MaUtéiroÙB,  ouso,  adj.  Malheureux,  indigent,  misérable  ; 
qui  est  dans  le  malheur,  dans  une  situation  fâcheuse,  ou 
qui  amène  le  malheur  et  qui  a  des  suites  funestes.  —  Ém 
un  malhéïroiiis,  c'est  un  mauvais  homme,  un  homme  perdu, 
qui  a  commis  quelque  mauvaise  action;  plutôt  qu'un 
pauvre  homme,  indigent.  Âquà'e  malhéiroiiis,  c'est  bien 
ftcheux,  c'est  malheureux.  Uno  malhéîrouso,  en  pnlant 
d'une  femme,  signifie  aussi  une  femme  perdue,  une  intri- 
gante, et  s'emploie  le  plus  souvent  comme  terme  de  blâme, 
de  reproche,  en  mauvaise  part. 
Ce  mot  et  le  suivant,  dont  il  dérive,  sont  écrits  aveoime 


h  par  une  concession  étymologique,  contraire  aux  prind^ 
de  l'orthographe  romane  qui  posait  h  ajvès  l  pour  la  moiiil- 
kr  :  ici  la  mouillure  ne  se  ûdt  pas  sentir,  et  ces  mots  ne 
devraient  être  séparés  que  par  un  trait  d'union.  L'enphoiiie 
de  Mal  est  au  reste  toute  française»  ce  qui  en  bit  des 
expressions  presque  franehimandes. 

MaUiiir,  «.  m.  Malheur;  infortune;  mauvaise  chinée; 
sort  contraire.  —  Èstre  ddou  maihur,  être  en  malheur, 
jouer  de  malheur.  —  Foy.  Hur. 

Maliciado,  s,  f.  Malice;  acte,  tour  de  malice;  quinte; 
mutinerie.  Au  fig.  giboulée  :  ces  intempéries  ayant  lieu  le 
plus  souvent  en  mars,  mar,  sont  une  malice,  un  tour  de  oe 
mois,  et  le  languedocien,  dans  ce  cas,  a  bien  pu  d'sboid 
être  aussi  Marieiado,  qui  a  été  ensuite  confondu  avec 
MaUeiado. 

MalicioÙB,  ouso,  adj.  Dim.  Malieiouté.  Malicieax; 
méchant;  enclin  à  faire  des  malices;  colérique. 

Maliço,  s.  f.  Méchanceté,  plutôt  que  malice,  qui  est 
quelquefois  moins  odieuse  et  ne  cherche  qu'à  faire  des  toon 
pour  se  divertir;  colère.  —  Y  vaX  dé  maHço,  il  y  va  mé- 
chamment. La  maliço  l'ésUmfo,  la  méchanceté  l'étrangle, 
l'empêche  de  parler.  Mi  farae  vénï  la  maliço,  tu  me  feras 
mettre  en  colère. 

Dér.  du  lat.  MalUia. 

Malingre,  ingro,  adj.  Malingre  ;  infirme;  cbétif  ;  maladif; 
épuisé. 

Malo,  M.  f.  Malle  ;  valise  ;  coffre  pour  contenir  desbaides; 
voitures  des  courriers  pour  les  lettres. 

Empr.  au  fr. 

Malolacho,  «.  f.  Méfait;  mauvaise  action;  contraven- 
tion ;  déht.  —  Es  ana  en  malofacho,  il  est  allé  en  maiande, 
il  est  à  marauder. 

Malo-fan,  $.  f.  Faim  dévorante;  ifamine;  misère.  ^ 
Mourl  dé  malo-fan,  mourir  de  faim,  de  misère. 

Malo-fi,  «.  f.  Mauvaise  fin.  —  Faïre  maio-fl,  mal  finir, 
faire  une  triste  fin. 

Comme  tous  ces  mots  dans  la  formation  deiquels  entre 
l'adj.  lat.  Malui,  Maladietou,  MtUapéndiciou,  etc.,  on  em- 
ploie aussi  Malo-fi  dans  les  phrases  imprécatives  conne 
quelqu'un  à  qui  l'on  souhaite  qu'il  mésarriye. 

Maloùs,  melouBO,  adj\  Qui  a  une  humeur  darti«iae,ua 
ulcère,  une  lèpre  à  la  figure  ou  sur  le  corps. 

Mama^  s.  f.  Maman,  terme  enfantin.  Mère.  —  Marna, 
papa,  sont  les  premiers  sons  articulés  qpe  pronomoe  VsDr 
faut;  de  sorte  que  l'on  peut  dire  que  c'est  lui  qni*  pov 
nommer  sa  mère  et  son  père,  a  créé  ces  deux  mots  qas 
beaucoup  de  langues  anciennes  et  modernes  ont  adoptés.  Oa 
ne  voit  pas  pourquoi  le  fr.  ne  les  a  pas  pris  sans  y  neu  < 
ger,  et  ne  dit  pas  Marna  comme  tl  dit  Papa.  **  Vojf. 

Mamâoo,  t.  m.  Bobo;  petU  mal;  petite  donlew, 
le  langage  des  enfants.  •—  Fax  viSre  toun  mamâou^ 
fa  mamàou  à  sa  maniio,  montre-moi  ton.  bobo;  on  M  & 
&it  bobo  k  sa  menotte. 

Réduplicatif  mignard  de  Mâou,  mal. 


i 


MAN 


MAN 


457 


Mamé,  «.  f.,  ou  Maméto.  GraQd'maman,  bozme-maaum; 
alieole. 

Dèr.  de  Marna. 

Mamo,  i.  f.  Variante  de  Marna,  maman»  à  Tiuage  de 
Tenfant  on  pea  plus  grandelet.  Mère,  du  vocabulaire  enian- 
tin  comme  les  trois  articles  précédents. 

Mamonr,  j.  /*.  M*amour,  mon  amour;  ma  chère  amie; 
terme  d'amitié,  de  mignardise,  de  caresse,  envers  une 
femme  ou  un  enfant.  —  Mamoun,  au  plur.,  faïr0  dé  ma" 
mourê,  signifie  caresses,  faire  des  caresses,  combler  de  pré- 
venances. 

Ccmtraction  de  Moun  amour, 

Man,  M.  f.  Dim.  Manéio;  augm.  Manauo.  Main,  extré- 
mité du  bras  divisée  en  doigts.  —  Man  dréeho,  man 
gâotêcho,  main  droite,  main  gauche.  Man  càoudo  ou  manéio 
oàowio,  jeu  de  main-chaude.  Man  ouvèrto,  mesure  un  peu 
ari>itniire  de  la  main  étendue  qui  passait  à  peu  près  pour 
TancieniNin.  Faïre  la  man  à  quàouquùs,  donner,  prêter 
la  main  à  quelqu'un,  Taider  dans  une  entreprise,  ordinai- 
rement répréhensible.  Éscrituro  dé  man,  écriture,  caractères 
écrits  à  la  nmin.  Y-a  bono  man,  il  y  a  la  main  heureuse. 
Aquà'ê  pa»  ma  man,  ou  souï  paê  dé  man,  je  ne  suis  pas  du 
bon  côté  pour  agir  avec  la  main,  pour  porter  avec  l'épaule 
dont  je  me  sers  habituellement.  Âqaà's  pa$  dé  man,  ou 
aquà'i  ftro  man,  ce  n'est  pas  commode,  à  portée,  sous  la 
main,  ou  cela  est  outre  main.  Âvédre  dé  man9  dé  falo,  avoir 
des  mains  de  beurre,  qui  laissent  tomber  tout  ce  qu'elles 
tiennent.  FaXre  la  man,  jouer  seul  contre  deux  aux  cartes 
ou  aux  boules.  A  soim  amouriès  à  sa  man,  il  tient,  il  fait 
valoir  ses  mûriers  lui-même.  Fa:ire  la»  dos  mans,  être  un 
double-main,  qui  mange  à  deux  râteliers,  et  crie  selon  les 
gens  vive  le  roi  !  vive  la  ligue  !  A  man  révèsso,  du  revers 
de  la  main.  Préne  entre  mans,  embrasser  une  affaire  avec 
attention.  Uno  man  dé  papié,  une  main  de  papier.  Avédre 
la  man,  au  jeu  de  cartes,  de  boules,  être  le  premier  à  don- 
ner, ou  à  jeter  le  but,  jouer  le  premier. 

Dér.  du  lat.  Manus,  m.  sign. 

Manado,  s./*.  Botte,  poignée  de  légumes;  ce  que  la  main 
peut  en  serrer.  —  Aï  déjuna  dé  mali  émb*uno  manado  dé 
robes,  j'ai  déjeuné  ce  matin  avec  une  botte  de  radis. 

Manado,  troupeau  de  bestiaux.  —  Uno  manado  dé  pors, 
«n  troupeau  de  porcs,  de  cochons. 

Sauvigss  prétend  que,  dans  ce  dernier  sens,  Manado  est 
«ne  altération  de  Ménado,  d'un  autre  dialecte,  conduite  de 
troupeaux,  quantité  de  bestiaux  qu'on  mène  à  la  foire; 
mais  il  n'est  pas  nécessaire  qu'il  en  soit  ainsi  puisque  le 
lat.  Manus,  qui  a  formé  le  mot  dans  les  deux  acceptions, 
ngniûe  main  et  en  même  temps  troupe,  bande. 

Mancéno,  t.  f.  Mancelle,  attache  qui  tient  par  un  bout 
au  billot  fixé  aux  attelles  du  collier  du  cheval,  et  forme  de 
Favtre  bout  un  grand  anneau  dans  lequel  on  passe  le  bout 
du  timon  de  la  chanetta  jusqu'au  trou  où  elle  est  attachée 
par  une  eheville;  c'est  le  trait  par  lequel  tire  le  limonier. 
—  La  maneéno,  qui  était  en  cuir,  est  remplacée  aiqonr- 


d'hui  par  une  chaîne  en  fer  qui  ne  s'attache  plus  de  même 
et  ne  s'appelle  plus  ainsi;  on  la  nomme  Tiréto.  —  Voy. 
c.  m. 

Altération  de  Mancelle,  et,  comme  le  fr.  sans  doute,  dér. 
du  lat.  Manipula,  petite  main.  —  Voy.  Jfoftcfoà. 

Mancha,  v.  Emmancher;  mettre  un  manche  à  un  outil. 
—  Daïo  manehado  dé  réboùs,  faux  emmanchée  à  rebours, 
c-à-d.  dont  la  lame  est  dans  la  même  direction  que  le 
manche.  Sont  pas  manoha  dé  véno,  je  ne  suis  pas  en  veine, 
je  n'ai  pas  la  main  heureuse  ou  je  n'ai  pas  bonne  main. 

Mancha,  s.  m.  Manche,  poignée  adaptée  à  un  instru- 
ment, à  un  outil,  un  couteau,  une  hache,  une  pioche,  etc. 

Dér.  du  lat.  Manubrium,  m.  sign. 

Mancho,  s,f.  Oim .  Manchélo ;  augm.  Manchasso,  Manche, 
partie  du  vêtement  pour  le  bras;  sac  pour  filtrer  ;  terme 
de  jeu,  partie  gagnée  quand  on  joue  en  parties  liées  ;  espèce 
de  filet  en  forme  d'entonnoir. 

Dér.  du  lat.  Maniea,  m.  sign. 

Manchô,  oto,  adj\  Manchot,  estropié  d'un  bras,  d'une 
main.  —  On  dit  plus  purement  Manqué.  —  Voy,  c.  m. 

Empr.  au  fr. 

Mancioù,  s.  m.  Anneau  en  cuir,  appelé  billot,  qui  entoure 
l'attelle  du  collier  du  cheval  de  trait  et  tient  au  crochet 
auquel  s'attache  la  mancelle  qui  est  fixée  de  l'autre  bout 
au  timon  de  la  charrette.  —  Voy.  Maneéno. 

Dim.  de  Maneéno» 

Manda,  v.  Envoyer;  mander;  faire  savoir;  faire  dire; 
lancer.  —  Mandas-i  sàoupre  dé  vénï,  envoyez-lui  dire  ou 
mandez-lui  de  venir.  Mandas  éncà  dé  M...,  envoyez  chez 
M...  I mandé  un  eo  dépoun,  il  lui  lança  un  coup  de  poing. 
Dans  ce  dernier  sens,  Émmanda,  qui  est  un  composé  de 
celui-ci,  est  préférable. 

Dér.  du  lat.  Mandare,  m.  sign. 

Mandamén,  s.  m.  Mandement,  en  général,  ordre  par 
écrit  émané  d'une  autorité  quelconque;  plus  spécialement 
lettre  pastorale  d'un  évêque  à  ses  diocésains. 

Dér.  du  lat.  Mandatum,  m.  sign. 

Mandian,  mandiano,  s.  m.  et  /.  Mendiant,  mendiante; 
qui  mendie  ;  qui  demande  l'aumône. 

Dér.  du  lat.  Mendicus,  m.  sign. 

Mandianaîo,  s.  f.  Mendiants,  en  général  ;  engeance  des 
mendiants;  race,  troupe  de  mendiants. 

Man  d*obro,  s.  f.  Main-d'œuvre,  façon  d'un  ouvrage; 
travail  d'un  ouvrier. 

Dér.  du  lat.  Manns  et  Optra. 

Mandraaao  (à  la),  adv.  Gauchement;  tout  simplement; 
sans  se  gêner;  mollement  ;  nonchalamment;  sans  goût  à  la 
diose.  —  S'en  val'  à  la  mandrasso,  il  marche  avec  noncha- 
lance. 

En  catalan,  Mandra,  paresse. 

Mandre,  «.  m.  Tourillon  de  l'arbre  horizontal  de  cer- 
taines machines  qui  tourne  dans  les  crspaudines.  — -  Foy. 
Mas^rin. 

Mandra,  $.  m.  Mendiant»  qui  fait  {dos  que  aoo  état  é» 


458 


MàN 


MAN 


mendier,  et  qui  a  la  toornure  et  la  mine  d'nn  pire  mendiant. 

Ce  mot  poiflô  à  la  même  source  que  la  catalan  Mandra, 
paresse,  désigne  l'homme  valide  et  paresseux  qui  se  fait 
mendiant;  ce  qui  suppose  chez  l'individu  une  certaine 
adresse  pour  soutenir  son  rôle  et  réussir  dans  son  métier; 
c'est  sans  doute  pour  cela  que  Mandra,  d'après  Sauvages, 
voudrait  dire  en  même  temps  fin  et  adroit.  Cette  acception 
est  tout  à  fait  hors  d'usage  et  Mandre  lui-môme  ne  reste 
plus  que  pour  indiquer  la  formation  de  quelques  mots  qui 
en  sont  dérivés. 

Mandrigonlo,  t.  f.  Mandragore,  Atropa  mandragora, 
Linn.,  plante  très-narcotique,  purgatif  violent,  bonne, 
employée  à  l'extérieur,  contre  les  squirres  et  les  écrouelles. 
On  en  distingue  deux  espèces,  la  blanche  ou  la  m&le,  la 
noire  ou  la  femelle.  Sa  racine,  qui  prend  souvent  une  forme 
bizarre,  se  bifurque  quelquefois  et  représente  grossièrement 
les  parties  inférieures  du  corps  humain.  De  prétendus  sor- 
ciers achèvent  de  leur  mieux  la  ressemblance  et  la  vendent 
comme  une  amulette,  ou  l'enterrent  avec  des  conjurations 
pour  faire  doubler  l'argent  que  leurs  dupes  mettent 
auprès.  Mais  les  sorciers  commencent  à  avoir  moins  de 
pratiques. 

On  a  dit  que  le  mot  lat.  et  par  suite  le  lang.  et  le  fr.  qui 
le  reproduisent ,  avaient  été  formés  par  deux  mots  grecs, 
MdvSpa,  étable,  et  ^^foup^ç,  nuisible,  MovSpoYépaç,  dange- 
reuse pour  les  bestiaux  :  ce  qui  est  vrai  de  cette  plante. 

Mandrin,  «.  m.  Mandrin,  pièce  de  tour  en  l'air  sur 
laquelle  on  assujettit  les  ouvrages  qui  ne  peuvent  se  tour- 
ner entre  les  'pointes  ;  pièces  que  l'on  place  ordinairement 
dans  d'autres  qui  sont  creuses  pour  tenir  celles-ci  lorsqu'on 
les  travaille. 

Ce  mot  et  Mandre  ci-dessus  ont  la  même  origine,  et  le 
lat.  Manuhrium,  manche,  y  est  sans  doute  pour  quelque 
chose. 

Mandrin  est  aussi  le  nom  du  fameux  chef  de  brigands 
qui  rivalisa  avec  CartatoucKo,  Cartouche,  dans  les  légendes 
populaires.  Il  sert  encore  à  désigner  un  malfaiteur,  un  bri- 
gand, qui  ressemble  beaucoup  à  Mandre  {Voy,  c.  m.).  Il  y 
a  des  noms  prédestinés. 

Mandro,  s.  /.  Fém.  de  Mandre,  Pauvresse  rusée  et  ma- 
toise. —  Vno  viêiio  mandro,  une  vieille  bohémienne,  une 
vieille  sorcière. 

Mandronn,  s.  m.  De  Mandre,  par  un  dim.  qui  est  loin 
d'être  atténuant,  car  le  Mandroun  est  un  gars  jeune,  vigou- 
reux, ce  qui  le  rend  plus  bl&mable,  vagabond  pour  fuir  le 
travail,  maraudeur  par  instinct,  qui  demanderait  au  besoin 
mais  qui  trouve  plus  commode  de  prendre. 

Mandrounéja,  v.  fréq.  Mendier  à  la  manière  de  ceux 
dont  il  est  question  dans  les  mots  Mandre,  Mandro,  Man- 
droun, Mandrouno:  car  les  véritables  pauvres,  ceux  qui 
sont  dignes  d'intérêt,  loue  pâoures  enfin,  démandou  et 
mandrounéjou  pot. 

Mandrouno,  t.  f.  Dim.  de  même  nature  que  le  précé- 
dent Mandro,  mais  qui  indique  moins  une  différence  d'âge  : 


jeune  ou  vieille  mendiante,  valide  ou  qui  l'a  été,  mais 
toujours  paresseuse,  avec  bien  d'autres  défauts  que  com 
porte  une  telle  profession  ainsi  comprise.  —  Voy,  Mandre, 
Mandro,  Mandroun,  Mandrounéja, 

Mané  ou  Manè,  «.  m.,  n.  pr.  d'homme.  Dim.  de  JVa- 
nuèl,  qui  est  l'abréviation  ordinaire  du  prénom  Emmanuel. 

Mané,  subs. ,  se  dit  de  certaines  choses  dodues  où  il  y  a 
à  manier.  —  Y-a  dé  mané,  il  y  a  de  quoi  prendre  à  pleines 
mains,  à  man^a, 

FaXre  lou  mané,  autre  acception  pour  désigner  la  ma- 
nœuvre dont  se  servent  divers  ouvriers  et  notamment  les 
maçons  pour  changer  de  place  un  tas  de  tuiles,  de  briques, 
etc.,  en  se  les  faisant  tenir  ou  se  les  jetant  de  main  en 
main,  selon  que  les  chaînons  de  cette  chaîne  sont  plus  on 
moins  éloignés. 

Manéchal,  s,  m.  Maréchalferrant.  —  Altération  ou 
adoucissement  très-bien  adopté  de  Maréchal.  —  Yoy.  c.  m. 

Manéchalo,  f.  f.  Maréchale  :  nom  d'une  place  d'AlaiSi 
en  plate-forme  élevée,  au  devant  de  la  citadelle.  —  Le  mot, 
par  le  même  principe  que  le  précédent,  est  une  corruption 
de  Maréchalo  :  La  Fare-Alais  l'a  employé  sous  cette  forme 
dans  ses  Castagnados ;  c'est  une  consécration.  Les  notes 
ajoutent  une  explication  que  nous  croyons  devoir  renvoyer 
au  mot  Maréchalo. 

Manéflariè,  s.  f.  Flagornerie,  flatteries,  cajolerie,  pour 
faire  mieux  admettre  les  rapports,  les  tripotages  qui  engen. 
drent  les  brouilleries. 

Manèfle,  s.  m.  Faiseur  de  cancans,  de  commérages; 
brouillon  qui  fait  des  tripotages  ;  rapporteur  qui  flagonie 
ceux  à  qui  il  s'adresse  pour  s'en  faire  bien  venir  el  leur 
inspirer  plus  de  confiance  par  cette  manière  de  faire. 

Le  mot  est  formé  du  lat.  Manu  fleetere,  adoucir,  flatter 
de  la  main. 

Manéfléja,  v.  fréq.  Faire  des  cancans,  des  commérages; 
faire  des  paquets,  des  rapports  vrais  ou  faux  ;  flagorner.  — 
Voy.  Manèfle, 

Manèflo,  t.  f.  Commérage;  cancans;  paquets;  tripo- 
tages. —  Il  est  aussi  le  fém.  de  Manèfle, 

Manéja,  v.  Manier;  toucher,  palper  à  pleine  main. 

Dér.  du  lat.  Manu  agere,  m.  sign. 

Manèje,  s,  m.  Manège,  machine  destinée  à  imprimer  un 
mouvement  de  rotation  suivant  deux  dûections  recUim;ik- 
laires,  au  moyen  d'un  engrenage  à  lanterne  dont  L'arbre 
vertical  est  muni  d'un  levier  ou  timon  horizontal  à  ooone 
circulaire,  sur  lequel  s'applique  la  force  motrice. 

Dér.  du  lat.  Manu  agere,  agir  avec  la  main  on  comme 
avec  la  main. 

Manôto,  f.  f.  Dim.  de  Man,  Menotte;  petite  main.  — 
Fatre  manéto,  faire  main  morte  pour  en  caresser  dooœ- 
ment.  Jouga  à  manéto,  jouer  au  pied  de  bœuf. 

Manéto  est  le  nom  d'un  petit  instrument  en  cnir  rem- 
bourré de  crin,  dans  la  forme  d'un  fer  à  repasser,  dont  se 
servent  les  dévideuses  de  soie  pour  frapper  la  bobine  et  la 
faire  tourner.  —  Voy,  Eêeouhuèr. 


MAN 


MAN 


459 


Manéto-câoudo  ou  Man-càoado,  s.  f.  Jeu  de  la  main- 
chaude. 

Manétos,  «.  f.  piur.,  on  Pantacoosto.  Chèvre-feuille 
oommnn,  Loniara  eaprifolium,  Linn.,  arbrisseau  de  la  fam. 
des  Gaprifoliacôes,  cultivô  dans  les  jardins. 

Le  nom  de  Manito  lai  vient  de  ce  que  ses  pétales  sépa- 
rés ressemblent  un  peu  aux  doig^ts  d'une  main  demi-fermée. 

Man--lorto,  t.  /.  Main-forte,  assistance  donnée  à  la 
justice. 

Kangougnè,  s.  m.  Au  fém.  MangougnHro,  Regrattier; 
qui' vend,  au  petit  détail  et  de  la  seconde  main»  toute  sorte 
de  menues  denrées. 

Dér.  du  lat.  Mango,  mangoniâ,  maquignon;  fripier, 
revendeur  qui  déguise  sa  marchandise  pour  en  tirer  plus 
d'aiigent. 

Kangounariè,  s.  f,  Regrat;  boutique  ou  vente  de  me- 
nues denrées  au  détail.  — Faire  tnangounariè,  être  regrat- 
tier, faire  le  regrat;  vendre  de  la  regratterie. 

Kanif  manido,  adj,  Dim.  Manidé,  éto,  Manidoù,  ouno. 
Petit  ;  petit  enfant.  —  Uno  pôulido  manido,  une  jolie  fil- 
lette, et  même  une  jolie  fille.  On  en  fait  un  superlatif  en 
le  répétant  :  manï,  manï,  très-petit.  Cette  façon  de  faire 
des  superlatifs  est  très-ordinaire  en  lang.  Ce  n'est  pourtant 
pas  ainsi  que  les  gardeuses  de  cochons  emploient  cette 
expression  et  qu'elles  disent  manï,  manï,  pour  appeler  ces 
animaux  :  c'est  dans  leur  bouche  un  terme  d'affection,  car 
ces  manïs,  manï»,  petits,  petits,  sont  fort  souvent  du  plus 
énorme  volume  et  pèsent  au-delà  de  deux  cents  kilog. 

Dér.  du  lat.  Minutus,  moindre,  petit. 

Manilique,  iquo,  adj.  Magnifique;  superbe;  splendide; 
somptueux;  qui  a  beaucoup  d'éclat. 

Empr.  au  fr.  mais  fort  naturalisé. 

MLanigança,  v.  Manigancer;  tramer  de  petites,  de  mau- 
vaises ruses. 

Kaniganço,  «.  f.  Manigance;  petites  manœuvres  cachées; 
intrigue;  mauvaise  ruse. 

Dér.  du  lat.  Manu  agere,  et  dans  la  bass.  lat.  Manipu- 
lare;  id  e$i,  dit  Ou  Cange,  manibus  ludificare  uti  aguni 
prϐtigiatorei,  jouer  adroitement  des  mains  comme  font  les 
escamoteurs. 

Xanio,  t.  /.  Anse  d'un  vase,  d'un  chaudron,  d'un 
panier  ;  portant  d'une  malle  ;  anse  ou  corne  de  la  tinette, 
Êtmâou,  vulgairement  connue  dans  nos  pays  sous  le  nom 
de  Cornue  que  l'Académie  n'accepte  point  pour  cela,  et 
qui  sert  à  transporter  des  liquides  et  notamment  la  vendange. 

En  espag.  Maniiia,  m.  sign. 

MLanipolo,  s.  /.  Ruse;  fraude;  tromperie.  —  Faïre  la 
manipoh,  tromper,  filouter.  Le  prestidigitateur  qui  monte 
ses  cartes,  le  marchand  en  fraudant  ses  denrées,  l'homme 
de  mauvaise  foi  qui  tripote  les  afiaires,  font  également  la 

Dér.  du  lat.  Manu  ou  Manibus  spolio,  je  dépouille  avec 
les  mains,  ou  simplement  de  la  bass.  lat.  Manipulare,  ma- 
nipuler, arranger  avec  les  mains. 


MLanipou,  j.  m.  Mancheron,  extrémité  du  manche  de  la 
charme,  que  le  laboureur  tient  dans  la  main. 

Dér.  du  lat.  Manipulus,  poignée,  ce  que  l'on  empoigne. 

llanivèlo,  $.  f.  Manivelle,  manche  pour  faire  tourner 
l'essieu  d'une  machine;  machine  quelconque  elle-même. 

Dér.  du  lat.  Manibula,  petit  manche. 

Manja,  v.  Manger,  mâcher  et  avaler  des  aliments; 
prendre  sa  nourriture;  prendre  son  repas;  ronger,  miner, 
détruira.  •*  Lou  iè  câou  faï  manja  la  eoupo  fréjo,  prvb.« 
le  lit  chaud  fait  manger  la  soupe  froide,  pour  dire  que  la 
paresse  n'enrichit  pas.  Que  manjo  3oun  eapUàou  prén  lou 
eanU  dé  l'éspitâou,  prvb.,  celui  qui  mange  son  capital  prend 
le  chemin  de  l'hôpital.  Lou  tro  manja  rèn  abésU,  trop 
manger  abêtit.  Manja  pér  las  gnUroê,  piqué,  dévoré  par 
les  puces.  Manja  pér  lou  rouvil,  pér  las  amoê,  pér  un 
chancre,  rongé  par  la  rouille,  par  les  teignes,  par  un 
chancre.  Mar^ja,  élimé,  usé  par  le  frottement.  Dé  qu'avèê 
manja  iuèif  Sur  quelle  herbe  avez-vous  marché  aujour- 
d'hui ?  dit-on  à  quelqu'un  de  mauvaise  humeur  sans  qu'on 
sache  pourquoi.  Avès  prou  manja  dé  favoi  f  Donnez- vous 
votre  langue  au  chat  ?  Lorsqu'on  cherche  le  mot  d'une 
énigme,  la  réponse  à  une  question  embarrassante,  on  peine 
comme  un  forçat,  dont  on  sait  que  l'ordinaire  fiiigal  est 
composé  en  grande  partie  de  fèves;  la  locution  languedo- 
cienne ne  serait-elle  donc  pas  une  paraphrase  pour  dire  : 
avez -vous  assez  subi  les  galères  ?  voulez- vous  que  je  vous 
en  tire  en  vous  disant  le  mot  que  vous  cherchez  ?  Quant  à 
son  équivalent  français  :  consentez  à  donner  votre  langue 
au  chat,  c'est  avouer  qu'elle  n'est  bonne  qu'à  cela,  puis- 
qu'on ne  sait  pas  s'en  servir  pour  répondre  à  la  question 
posée.  Au  surplus,  une  autre  explication  du  dicton  a  été 
essayée,  qu'on  peut  consulter.  —  Voy.  Favo. 

Dér.  du  lat.  Manducare,  m.  sign. 

ManjacUs,  isso,  adj.  Mangeable  ;  qui  est  bon  à  manger  ; 
qu'on  peut  manger. 

Manjado,  «.  /.  Mangeure.  —  Voy,  Manjaduro,  m. 
sign. 

Manjadoù,  j.  m.  Auget,  petit  vase,  vaisseau  quelconque 
où  l'on  met  la  mangeaille  des  oiseaux,  de  la  volaille  que 
l'on  tient  en  cage.  —  Mangeoire,  en  fr.,  n'exprime,  d'une 
manière  directe,  que  la  crèche  des  chevaux,  en  lang.  Gri- 
pio;  cependant,  dans  l'usage  familier,  on  s'en  sert  pour 
rendre  Manjadoù. 

Maniaduro,  j.  /*.  Mangeure;  endroit  d'un  drap,  d'une 
étofie,  d'un  pain  mangé,  rongé  par  les  souris,  par  les  vers» 
par  les  chats.  —  Manjaduro  dé  gnitros,  piqûre  de  puces. 
—  Voy.  Manjado. 

Manjaire,  uro,  adj.  Gros  mangeur;  qui  mange  beau- 
coup. Au  fig.  prodigue,  dissipateur;  exacteur;  grugeur; 
mangeur  de  chrétiens. 

Manjamén,  m.  m.  Démangeaison  vive;  picotement  entre 
cuir  et  chair  ;  prurit. 

Manjanso,  «.  /.  Vermine;  poux  en  général,  qui  attaquent- 
la  tète  et  les  autres  parties  du  corps. 


460 


MAX 


MâN 


Manjarèl,  èlo,  adj.  Qui  aime  ii  manger,  dans  le  sens  de 
gruger  quelqu'un.  Qui  est  l)on  à  croquer,  dans  raccei)tion 
d'ngnçnnt,  mais  moins  délicat  que  Crouquarcl.  —  Un 
amour  manjarèl,  un  amour  intéressé,  mù  par  l'inlérêl; 
uno  qâouto  manjarèlo,  une  joue  à  dévorer  de  liaisers. 

Manjariè,  s.  f-  Mangerie,  action  de  manger;  exactions; 
frais  de  chicane;  action  de  gruger  quelqu'un. 

Maniio,  $.  f.  Mangeaillo;  victuaille;  vivres  en  général 
des  hommes  et  surtout  des  animaux;  })àtée. 

Manjo-favo,  s.  des  deux  fjenres.  Bredouilleur;  qui  i)arle 
d'une  manière  mal  articulée  et  pou  distincte,  comme  s'il 
avait  la  bnuche  pleine  de  fèves,  par  exemple;  ce  que  les 
Romains,  en  employant  la  même  ligure,  disaient  d'un  ora- 
teur  empâté  :  versât  in  ore  fabas.  —  Vo»/.  Favo. 

Manio-nèci,  *.  des  deux  yenrcs.  Parasite;  attrape-lour- 
daud. —  L*"'  renard  de  la  fable  qui  vit  aux  dépens  du  cor- 
beau qui  l'i-coute  est  un  manjo-ntri. 

Manjo-péro,  s.  m.,  ou  Banar.  Capricorne,  ca[>ricorne 
musqué,  Cerambyx  moschatus,  Linn.,  insecte  de  l'ordre  des 
Coléoptères,  et  de  la  fam.  des  Lignivores  ou  Xilophages, 
genre  des  Scarabées,  remarquable  par  ses  antennes  articu- 
lées aussi  langues  que  le  corps.  Le  plus  grand  de  ces  colé- 
optères, tout  noir  et  qui  a  trois  centimètres  environ,  reçoit 
le  nom  de  Manjo-péro  :  ces  poires  qu'on  trouve  à  demi- 
rongécs  seraient,  dit-on,  sa  pMure;  mais  ici  ne  l'accuse-t-on 
pas  du  méfait  d'autres  insectes  vorac'\s,  du  gros  frelon  ou 
grdoule,  par  exemple?  Plusieurs  scarabées,  dont  il  est  une 
variété,  déposent  leurs  œufs  dans  l'écorce  rugueuse  ou 
dans  le  tronc  de  vieux  arbres  :  en  voyant  le  ca[)ricorne  se 
poser  sur  des  p(iiriers  pour  accnjr)|)lir  cette  œuvre,  on  a 
pu  mal  jug-'r  ses  intentions. 

Manjo-roso,  5.  m.  Capricorne  du  même  ordre,  de  la 
mémo  famille  et  de  la  même  forme,  moins  la  taille,  que  le 
précédent,  scarabée,  rjui  se  niche  et  s'endort  sans  doute 
dans  le  calice  des  n^ses,  le  sybarite I  sans  craindre  que  le 
pli  d'une  f'Miille  blesse  sa  peau  assez  dure  jiour  su])porter 
de  plus  ru(l<\s  atteintes. 

Manjuquéja,  v.  frétj.  Grignoter;  pignochor;  manger 
nonchalamment,  sans  appétit  et  et  petits  morceaux.  —  Le 
rat  de  ville  qu'Horace  nous  peint  mangeant  du  bout  des 
dents,  dente  superbo,  le  maigre  ordinaire  de  son  ami  des 
champs,  manjuquéjavo  :  il  est  le  type. 

Manjuquéjaïre,  aïro,  adj.  Petit  mangeur  d'habitude; 
celui  qui,  [)ar  occasion,  fait  comme  il  est  dit  au  mot  pré- 
cédent du  rat  d'Horace. 

Manléva,  v.  Emprunter;  demander  et  recevoir  un  prêt. 
—  Vos  aronina  toxin  vési  ?  mantèvo-z-i  dé  matï  et  pago  dé 
x'èspre,  firvb.  Veux-tu  ruiner  ton  voisin  ?  emprunte-lui  le 
matin  et  rends-lui  le  soir. 

Dér.  du  lat.  Manu  levare,  lever  avec  la  main. 

Manno,  *.  f.  Manne,  nourriture  miraculeuse  que  Dieu 
envoya  aux  Israélites  dans  le  désert. 

Ce  mol  est  de  toutes  les  langues  puisqu'il  est  dans  la  Bible, 
et  le  lang.  l'emploie  aussi  pour  désigner,  par  similitude,  tout 


alimen  tabond  uU  venu  à  propos,  réparateur  et  de  bon  goût. 

Manno,  [»ris  pour  la  substance  purgative,  l'inséparable 
du  séné,  est  un  autre  empr.  obligé  au  fr.  Manne. 

Manobro,  s.  m.  Manonivre,  ouvrier  subalterne;  exclu- 
sivement, aid^i'-mar-Dn,  celui  qui  sert  le  maçon.  —  Cet  em- 
ploi  est  d'ordinaire  rempli  par  des  enfants  ou  des  adoles- 
cents \  qui  ce  travail  facile  procure,  en  attendant  autre 
ch(^st\  quelqu«'s  n-ssourcr^s  en  les  enlevant  à  l'oisiveté,  mais 
c'est  le  noviciat  obligé  di^  c<nix  qui  veulent  devenir  maçons. 
Les  manoMivn^s  sont  les  S'uiïre-douleur  des  maçons,  qui 
les  rudoient ,  bs  rabrouant  sans  cesse  pour  hàler  leur 
paresse,  (jui  les  Iniss'^  manciuer  de  tout  et  les  force  à  l'inac- 
tion ;  mais  les  mano'uvres  pensent  sans  doute  que  la  paresse 
qui  a  un  tel  résultat  ne  nuit  guère  à  personne,  car  ils  ne 
s'impiiètont  ])as  aulremcjit  do  menaces  qui,  il  faut  le  dire, 
sortent  rarement  à  effet. 

hou  mun(>hro ,  le  man<euvre  de  profession,  es  manobro; 
l'ouvrier  (jui  en  fait  acci.lentellement  le  travail  faï  mano- 
bro; aussi  le  picmier  dira  :  Ère  manobro  quan  bastiguêroxi 
aquf^l  ousiâou ,  j'étais  manonivre  quand  on  b;Mit  cette 
maison;  et  le  second  :  fa  guère  manobro.  —  Faire  manobro 
se  dit  aussi  d'un  aide  qui  sert  un  ouvrier  quelconque  qui  a 
besoin  qu'on  lui  fournisse  sur  place  les  matériaux  à  em- 
plnyor.  —  Éspêrn,  rspèro,  té  farai  manobro,  attends,  attends, 
je  ^iens  t'aidor,  dit-on  ;\  un  maraudeur  qu'on  trouve  sur  le 
fait  nnnjilissant  s^^s  poches  :  ofTre  qui  n'est  pas  souvent 
acceplèf,  on  le  ptMise  bien.  Au  fig.  foire  7nanobro  à  qudou- 
quns,  c'est,  dans  une  ilispute  où  l'on  en  vient  aux  coups, 
s»^  servir  aciivoment  de  ses  mains  et  ne  se  laisser  manquer 
de  rien  d»^  ce  qu'il  faut  en  ce  genre. 

Dér.  du  lat.  Manu  opéra,  oeuvre  ou  ouvrier  de  la  main, 

Mon  et  Obro. 

Manoul,  s.  m.  Paquet;  botte;  poignée,  —  Ne  s'emploie 
plus  gu-'ie  (jue  dans  le  sens  du  mot  suivant  quoiqu'il  soit 
bien  moins  usité. 

Dér.  du  lat.  !)la)}ualis,(\vCou  \)c\\X  empoigner,  tenir  avec 
la  main. 

Manouné,  $.  w.,  ou  Canouné.  Petit  paquet,  petite  botte 
de  tri[)os  de  certains  animaux,  tels  que  chevreau  ou  agneau. 
—  T^o»/.  Canouné. 

Ces  deux  mots,  quoi(}ue  ayant  une  racine  différente»  sont 
parfaitement  synonymes;  mais  Manouné  est  beaucoup  plus 
en  usage  fi  Alais.  11  est  le  diminutif  de  Manoul,  mais  il 
reste  dans  snn  ap[)lication  toute  spéciale  de  terme  de  triperie. 

Manqua,  r.  Manquer;  faillir;  être  de  moins;  faire  défaut; 
ne  pas  atteindre,  ne  pas  toucher.  —  Y-a  maï  d'un  an  que 
soun  frcro  manquo,  il  y  a  plus  d'im  an  que  son  frère  est 
absent.  S'en  manqua  bé  que  y-aduse,  il  s'en  faut  bien  qu'il 
y  atteigne.  S'en  manquo  bé!  Tant  s'en  faut,  bien  loin  de 
là!  .S'en  manqué  pas  dé  gaire  que  mouriguèsse,\\  s'en  fallut 
peu  qu'il  mourût.  IS"a gués  pas  lagui,  té  manquaraï  peu, 
n'aie  pas  souci,  je  t'attraperai,  je  te  trouverai.  L'a  pas 
manqua,  il  l'a  bien  touché. 

Dér.  du  lat.  Mancus,  manchot. 


MAO 


MAO 


461 


Manqnamôii,  s.  m.  Manquement;  omission;  faute  que 
Ton  commet  en  manquant  de  faire  ce  qu'on  doit;  mais  d'un 
emploi  assez  restreint.  —  Aqui  faguère  bé  un  tnanqtiamén, 
là  je  manquai  bien  de  tlire  ou  de  faire  ce  que  je  devais. 
Aquélo  fïo  a  fa  un  manquamén,  celte  fille  a  eu  une  fai- 
blesse ;  elle  a  manqué  à  son  bonneur. 

Manqué,  éto,  adj.  Manchot;  estropié  d'un  bras  ou 
d'une  main;  à  qui  l'un  ou  l'autre  manque.  —  Voy. 
Manehd. 

Dér.  du  lat.  Mancus,  m.  sign. 

Manquo,  i.  f-  Manque  ;  faute,  déficit.  —  Lou  manquo 
di  sén,  le  manque  de  bon  sens.  Manquo  d'argén,  faute 
d'argent.  Aquéste  an  y-âoura  uno  forto  manquo  din  la 
réeolto,  cette  année  il  y  aura  un  grand  déficit  dans  la 
récolte.  Quan  avés  agu  dé  manquo  ?  combien  avez- vous  eu 
de  moins,  quelle  diminution  avez- vous  eue  ? 

Maxi->révè880,  <.  /*.  Revers  de  la  main;  main  renversée. 
—  Un  co  à  man-révè9so,  un  revers,  un  coup  d'arriére-main, 
du  revers  de  la  main. 

Mantèl,  <.  /.  Dim.  Mantélé;  augm.  Mantélas.  Manteau, 
ample  vêtement  qui  se  met  par  dessus  l'habit;  manteau  de 
la  cheminée.  —  Juste  coumo  un  mantèl,  juste  comme  la 
manche  d'un  cordelier. 

Dér.  du  lat.  Mantellum,  m.  sign. 

Mantélé,  s,  m,  Dim.  de  Mantèl.  Mantelet,  mantille.  — 
Faire  lou  mantélé,  se  dit  des  oiseaux  malades,  vieux  ou 
blessés,  dont  les  ailes  pendent  comme  un  manteau;  et  au 
fig.,  d'un  malade,  qui  se  traîne  faible,  languissant  et 
amaigri  dans  ses  habits  devenus  trop  larges. 

Mantène,  v.  Maintenir;  soutenir  un  poids;  soutenir, 
affirmer  une  chose;  parier  pour  quelqu'un  au  jeu,  se  mettre 
de  son  c6té.  —  Manténèe  un  pdou,  soutenez  un  peu  la 
charge.  Mantène  moun  di,  je  persiste  dans  mon  dire, 
j'affirme  ce  que  j'ai  dit.  Vaï,  té  mantène,  marche,  avance, 
je  suis  avec  toi,  je  te  soutiens. 

Manténgn,  udo,  part.  pa$$,  de  Mantène,  Maintena,  sou- 
tenu; confirmé. 

Manto,  j.  f.  Ancien  mantelet,  assez  ample  et  d'étoffe 
commune,  que  portaient  les  femmes  du  peuple,  à  peu  prés 
abandonné  aujourd'hui  ou  peu  à  peu  remplacé  par  le  man- 
telet de  forme  moderne  et  d'étoffe  plus  élégante. 

Maoù,  f .  m.  Carreau  en  terre  cuite,  servant  au  carrelage 
d'un  appartement. 

L'italien  appelle  ce  carreau  Mattone,  et  le  fr.  Malons 
une  espèce  de  briques.  Maoin  a-t-il  une  origine  commune? 
Est-il  une  imitation  de  ces  mots  ou  vient-il  de  Mahon,  lieu 
d'où  l'on  aurait  importé  son  usage  ? 

Dans  ce  dernier  cas,  peut-être  eût-il  fallu  lui  donner 
l'orthographe  figurative  quelquefois  employée  et  écrire 
Jfa^ù.  Mais  d'abord  cette  origine  n'était  pas  assez  sûre 
pour  nous  faire  introduire  une  h  parasite  et  de  pure  super- 
fétation,  et  puis  nous  n'avions  pas  à  craindre  que  notre 
accentuation  ne  fût  point  sufiisante  pour  distinguer  le  mot 
du  suivant  composé  des  mêmes  lettres  et  laissât  quelque 


hésitation  sur  la  manière  de  l'articuler.  C'est  une  occasion 
de  rappeler  ce  que  nous  avons  dit  de  l'accent  et  de  son  rôle 
aux  articles  Aou,  dipht.,  et  Aoikt,  s.  m.,  auxquels  nous 
renvoyons.  Il  est  bien  évident  ici  que  l'accent  grave  placé 
sur  la  voyelle  double  où  signifie  qu'elle  est  tonique  et  ne 
doit  point  se  confondre  ou  se  diphthonguer  avec  l'a  précé- 
dent comme  dans  nuloii^  tout  autremenl  orthographié.  Dans 
maoîn  deux  syllabes,  deux  temps,  une  brève  suivie  d'une 
longue  :  dans  màou,  une  seule  émission  de  voix,  une  seule 
syllabe  diphthonguée,  dans  laquelle  l'appui  du  son  se  fait 
plus  fort  sur  Va  circonflexe  et  long,  que  sur  ou  qui  tombe 
et  est  absorbé.  Voilà  l'accent  et  sa  raison  d'être. 

Màou,  $.  m.  et  adv.  Mal,  le  contraire  du  bien  ou  de 
bien;  peine;  travail;  douleur;  maladie;  incommodité; 
dommage;  perte;  faute;  péché;  crime;  mal,  de  mauvaise 
manière.  —  Màou  dé  dén,  dé  tèsto,  mal  de  dent,  de  tête, 
.if  mâou  dé  dén,  dé  tèsto,  j'ai  mal  aux  dents,  à  la  tête.  Aï 
mdou  à  moun  éstouma,  s'emploie  ordinairement  d'une 
manière  impropre  en  le  rapportant  aux  douleurs  de  poi- 
trine. Màou  d' éstouma,  mal  au  cœur.  Aï  màou  à  moun  dé, 
j'ai  mal  au  doigt.  Se  faïre  màou,  se  blesser.  Ma  cambo 
mé  faï  màou,  j'ai  mal  à  la  jambe,  ou  la  jambe  me  fait 
souffrir.  Aquà  mé  farté  màou,  cela  m'incommoderait,  me 
dérangerait.  Avédre  lous  màous,  en  parlant  d'une  femme, 
éprouver  les  premières  douleurs  de  l'enfantement,  avoir  le 
mal  d'enfant.  Préne  màou,  en  général,  contracter  une  ma- 
ladie; d'une  femme,  avorter,  accoucher  avant  terme.  Et 
plé  dé  màous,  il  est  plein  d'ulcères,  de  pustules  à  la  tête. 
Gardoù  a  fa  fosso  màou,  le  Gardon  a  fait  beaucoup  de 
ravage,  a  causé  de  grands  dommages.  Mé  fagues  pas  dire 
lou  màou,  ne  me  fais  pas  mentir  ou  dire  de  mauvaises 
choses.  A  fa  lou  màou  émbé  moussu  ...,  elle  a  eu  des  rap- 
ports coupables  avec  M.  ...  Qu'a  fa  lou  màou,  fara  la 
péniténço,  celui  qui  a  fait  le  péché,  fera  la  pénitence,  en 
portera  la  peine.  Aquà  fài  mâou  dé  vêire,  cela  fait  mal  à 
voir.  Màou  vaï  quan  las  cambos  (laquou,  mauvais  signe 
quand  les  jamb^  défaillent,  flageolent,  fléchissent.  Tan 
vàou  bé  batu  que  màou  batu,  tant  pleure  mal  battu  que 
bien  battu.  Se  sàoupre  màou,  se  fâcher,  se  piquer,  se  for- 
maliser CVoy.  Sàoupre).  Aoutre  màou  noun  y-ague.  Dieu 
nous  garde  de  pire!  Aoutre  màou  noun  y-aguèsse,  ce  serait 
un  petit  mal  s'il  n'y  avait  que  cela.  Faï  màou  ou  michan 
èstre  pàoure,  il  est  triste,  fâcheux,  il  n'est  pas  bon  d'être 
pauvre.  Pour  établir  une  resssemblaiice,  un  rapport,  on  se 
sert  de  cette  tournure  :  Avèdre  lou  màou  d'aquéles  que..., 
être  comme  ceux  qui...  Es  pas  poulido,  a  lou  màou  dé 
iéou,  elle  n'est  pas  jolie,  elle  a  cela  de  commun  avec  moi. 
A  lou  màou  dé  la  candi,  la  fémèlo  vôou  maï  que  lou  masele, 
il  en  est  comme  du  chanvre,  la  femelle  vaut  mieux  que  le 
mâle,  dicton  que  le  fr.  a  rendu  par  cet  autre  proverbe  : 
mariage  d'épervier,  la  femelle  vaut  mieux  que  le  mâle. 

Dér.  du  lat.  Malum,  m.  sign. 

Mâou-adré,  écho,  adj.  Maladroit,  qui  n'a  point 
d'adresse. 


4G2 


MAO 


MAO 


Màou-adréchamén,  adv.  Maladroitement,  sans  adresse; 
gaiiclieiii-  lit. 

Màou-aprés,  éso,  «(//.Mal  élevô;  malhonnête;  insolent; 
malotru.  — Ce  dernier  mot  fr.  a  ori^^'inairement  la  m.  sign. 
que  Maléstru,  mal  instruit ,  i^'nurant,  vieux  mot  lang. 
pcul-oU'o  oiie-ue  mi  nsi^'e  dans  des  localités  voisines. 

Mâou-aquis(Dé),  locution  adverbiale,  phrase  faite,  em- 
ployée seulouioiii  dans  cette  conslructi(»n  :  Âqu'ùs  dé  bé  dé 
mâou-aquis,  c'est  du  bien  mal  acquis,  de  provenance  mau- 
vaise, il!'''L4li!iie. 

Maou-avisa,  ado,  a  !j.  Mal  avisé;  imprudent;  irrédéchi; 
étourdi. 

Mâou-avisamcn,  5.  m.  Êtoiirderie;  imprudence;  mé- 
jîarde;  irn'll.'X.ijn. 

Màou-basti,  ido,  a!j.  Mal  bàli,  niai  fait;  mal  tourné. 

Mâoubérna,  s.  tu.,  n.  pr.  d'homme.  Maubernard.  — 
Signifiait  autr-'lois  lîernard-le-Mauvais,  et  devait  s'écrire 
avec  un  trait  d'union.  Le  fr.  en  tait  M/iubernard  ainsi  qu'il 
a  fait  pour  bi-aucouj'  d'autres  qui  ont  la  même  origine,  et 
que  SArvA<;Ks  cite  et  traduit,  tris  que  Mau-bué,  mal  les- 
sivé; iMau-clerc,  ignorant;  Mau-duit,  mal  condiliitnné; 
Mauq)il''ux.  inexordile;  Mau-pas,  passage  dangereux; 
Mau-[)erluis,  mau\ais  trou;  Mau-pèou ,  mauvais  poil; 
Mau-roi,  mauvais-roi;  Mau-vilain,  mauvais  paysan;  et  de 
même  do  Mau-bec ,  Mau-croix,  Mau-ron,  Mau-buisson, 
Mau-lcvrier,  Mau-rt'[)as,  Mau-voisin,  etc. 

Tout  cet  article  Jiiérite  d'être  cité.  Les  judicieuses  obser- 
vati(>]is  du  maître,  à  propos  de  ces  noms  [iropres  et  de  leur 
ortbograplie,  sont  d'une  piquante  actualité.  Elles  l'ont  jus- 
tice de  ce  prétendu  progrès  qu'une  nouvelle  écolo  de  réfor- 
mateurs i»récunise  avec  ardeur  en  prêchant  la  croisade 
en  faveur  de  rorthographe  des  troubadours. 

Sauvaoks  ajoute  donc  : 

a  Nous  l'aNons  d<'jà  amioncé  comme  une  conjecture,  mais 
il  est  plus  (ji|.>  pp.!  ;:îili'  que  l'ancien  m^'/zf  français <les  noujs 
précédants,  est  l;  iiSiiv  que  notre  /nàoif,  et  se  prononçait 
de  même  ou  cohf.iiinément  A  notre  arlhogra])he,  qui  est 
celle  dos  S(  us  ;  et  que  1'/^  s'y  faisait  sentir  dans  son  ancienne 
prononci::lion  ou,  avant  qu'on  eut  fait  de  la  diphthon^'ue 
au,  dans  ninx,  un  o  long,  et  qu'oji  prononçât  ce  terme 
comme  nio,  sans  ([ue  1';/  y  entrât  pour  rien. 

«  Muus  a\<'ns  dit  ailleurs  que,  dans  l'origine  des  langues, 
la  prorioii-iation  C'jurante  en  a  réglé  l'orthographe,  et  qu'il 
n'est  pas  naturel  qu'tjii  ait  commencé  d'écrire  d'une  façon, 
et  de  prononcer  d'une  autre  ;  cette  contradiction  ne  s'est 
introduit*' que  dans  la  suite;  on  prononçait  1'//,  puisqu'on 
l'écrivait  :  mais  (\o  plus,  il  est  comme  certain  que,  dans 
les  prenders  termes  que  le  français  avait  imités  du  latin  ou 
du  roman,  on  retint  d'abiM'il  la  prononciation  de  Vu  en  ou 
de  ces  an^'ietuies  langues;  prononciation  qui  s'est  perpétuée 
dans  l'italitMi,  res])agnol  et  le  languedocien,  qui  en  descen- 
dent coiimic  le  franc  lis;  et  qu'ainsi  on  prononçait  rnau 
comme  mdnif,  et  non  cîomme  mo  dans  Maujxuluis,  de  la 
même  façon  (pie  le  mol  latin  autem,  que  les  Français  pro- 


noncent aujourd'lmi  otem,  est  prononcé  par  les  Italiens  el 
les  Espagnols,  comme  âoutem. 

a  Cette  orthographe  des  sons  que  nous  suivons  était 
autrefois  imitile  lorsqu'il  était  généralement  reçu  de  pro- 
noncer 1'//  coiume  Vou.  On  écrivait  donc  par  un  u  simple 
dans  mau;  et  cet  usig(^  s'est  si  bien  établi  que  tous  ceux 
qui  ont  écrit  dans  noti'e  idiom»"',  depuis  les  premiers  trou- 
badours jusqu'à  nous,  n'ont  pas  orthographié  autrement  : 
ils  n'ont  nds  (ju'un  u  (»ù  il  est  bien  certain  qu'ils  pronon- 
çaient o(f,  conqitant  liien  de  rentre  par  \{ï  leur  prononcia- 
tion, ï  'S  anciens  avaient  raison,  en  ce  que  cette  ortho- 
grai»lii'iieciinlrariait  point  leur  prononciation:  les  Langue- 
dociiMis  niod''riies  auraient  dû  en  vuir  le  vice,  depuis  les 
cbangiMUt-nts  arrivés  à  la  prononciation  du  franç.iis,  dont 
l'orthogr.qili'»  a  r.'glé  la  leur.  » 

Màoubos,  s.  in.,  n.  pr.  d'lii>mme  et  de  lieu.  Mauvaise 
forêt  ;  bris  mauvais,  dangvM'eux  ;  Malbos  en  fr.  ou  Malbosc, 
plu<  anei-'uni'  fornu'.  —  Même  formation  que  le  précédent, 
Md'>'{  <■!  Hns,  et  d.'V.Miu  un  seid  mot. 

Mâou-càoii,  s.   m.  Chaud  mal,   fièvre  chaude,   fièvre 
maligue,  par.'"  (pi.»  cptte  fièvn^   est   accompagnée    d'une 
grandi'   c!i  dtnir.   —   Tomabn  dé  la  féhre  eu  mâuu-câou,  au 
fig.  tumlj  r  di!  la  li-nre  en  chaud   mal,  de  Charybde  en 
Scylla. 

Màou-céoucla,  ado,  adj.  Écervelé;  cerveau  mal  timbré; 
fou;  (pii  a  la  t^te  fêlée.  —  Se  dit  également  d'un  vaisseau 
en  bois,  d'un  tomn-au,  mal  jointe,  imparfiiit,  ou  en  mau- 
vais état,  qui  suitite  et  i)erd  comme  uno  tôslo  niàou-céouclado, 
([ui  lii>^^  fair  le  !>on  simjs. 

Màou  dé  la  mort,  >\  m.  .Maladie  fâcheuse,  dangereuse 
ou  niort'll'.  —  Gn'n  pér  prcne  Ion  7iiâou  dé  la  mort,  il  y 
a  de  (pioi  périr  ou  gigner  une  malailie  mortelle  en  s'expo- 
sant  ainsi . 

Mâou  dé  la  tèro,  s.  m.  Eiiil''psi<\  mal  caduc,  haut-mal. 
—  Touinba  ddon  mâou  dé  la  tèro,  OU  simplement  dâou 
mnou,  Comme  si  les  autres  n'étaient  rien  en  comparaison, 
être  Lttaqii'''  du  mal  caduc.  On  rai)[)elle  ainsi  de  ce  que 
ceux  qui  .'n  sont  atteints  tondient  par  terre  comme  si  elle 
les  attirait. 

Mâoudi,  mâoudiclio,  udj.  Maudit;  chargé  de  malédic- 
tions; réprouvé.  —  Qiianie  maouli  drôle .' q\iQ\  maudit 
garçon,  ipirl  coquin,  quel  jiHm»^  scélérat!  Ah/  hu  mdot*dï 
d'Uoitœ!  ah!  le  diable  d'homme,  ah!  le  vaurien  d'homme  ! 

Màou-émbouqua,  ado,  alj.  Mal  endjouché;  qui  a  tou- 
jours à  la  bouche  des  paroles  gr<:tssiéres,  indécentes  et  sot- 
tisières. 

Mâou-én-trin,  alj.  des  deux  yenres.  Indisposé;  mal  à 
Tais»:;  débilï's  dérangé.  —  Sou'i  tout  mâou-én-trin,  je  suis 
tout  mil  en  train. 

Màou-èstre,  s.  m.  Mal-être,  maladie  de  langueur;  indis- 
position vague;  malaise;  détresse;  pauvreté;  l'opposé  dt 
bien-être. 

Màou-faïre,  v.  Mal  faire;  faire  du  mal.  —  Sa  pas  que 
mâou-fairc,  il  ne  s'applique  qu'à  mal  faire. 


MAO 


MAO 


463 


MâonlaBén,  énto,  adj.  Malfaisant,  qui  se  plait  à  &ire 
du  mal  ;  nuisible  ;  dont  la  nature  est  de  noire. 

Mâou-iisa,  ado,  adj\  Mal  confié;  mal  gardé;  qui  n*est 
pas  en  sûreté. 

Mâoa-gouYèr,  s.  m.  Impéhtie;  mauvaise  conduite  dans 
le  gouvernement,  la  direction,  le  maniement  d'une  affiiire. 
—  Lou  jo  dé  eapiiani  Mdou-gouvèr,  jeu  d*enfant  où  Ton 
se  dépouille  de  ses  habits  qu'on  jette  pièce  à  pièce  l'un 
après  l'autre. 

Mâougrè,  prép.  Malgré;  contre  le  gré  de  quelqu'un; 
nonobstant  quelque  chose.  —  Mâougrè  tui,  malgré  toi. 
Mâougrè  que  n'en  vèngtie,  que  n'en  digou,  quoi  qu'il  en 
advienne,  qu'on  en  dise.  Ou  fat  mâougrè  soun  pèro,  ou 
mâougrè  que  ioun  pèro  y-aguê  défendu,  il  fait  cela  contre 
le  gré,  la  volonté  de  son  père,  ou  quoique  son  père  le  lui 
ait  défendu. 

Mâonlo,  5.  f.  Mauve  ou  grande  mauve  à  feuilles  rondes. 
Malvia  êylvestris,  Linn.,  plante  de  la  fam.  des  Malvacées, 
commune  partout,  dont  les  fleurs  et  les  feuilles  servent 
également  pour  amollir  et  calmer,  employées  extérieure- 
ment ou  int^eurement.  —  Âna  fuma  Uu  màouloi^  aller 
prendre  sa  place  au  cimetière,  où  les  mauves  abondent  sur- 
tout. 

Dér.  du  lat.  Màlva,  m.  sign.,  venu  lui-même  du  gr. 

ViakéL^y  mauve,  formé  de  MaXax(a,  mollesse,  ou  de  MaXeocfCcu, 
amoUir. 

Mâoulo-blanquo,  <.  /.  Guimauve,  Althœa  offieinaii$, 
Linn.,  plante  de  la  même  fam.  que  la  précédente,  qui  a  les 
mêmes  propriétés  émollientes  et  adoucissantes. 

Maoôxia,  v.  Carreler;  poser  des  carreaux  de  terre  cuite 
appelés  Maoiu,  —  Voy,  c.  m. 

On  remarquera  la  différence  de  l'accent,  qui  a  pour  effet 
d'empêcher  la  première  partie  de  ce  mot  de  se  diphthouguer, 
qui  détache  par  conséquent  la  syllabe  où  et  force  la  pro- 
nonciation à  scander  le  mot  comme  si  un  trait  d'union 
séparait  ses  syllabes,  Ma-oiHML, 

Nous  avons  expliqué  cette  orthographe  aux  mots  Aoii$ 
et  Maok, 

Mâon-parla,  v.  Médire;  calomnier;  critiquer  mécham- 
ment; dire  des  injures. 

Mâou-parlan,  anto,  adj.  et  part,  pou,  du  précédent. 
Médisant;  insolent;  impertinent;  sottisier. 

Kàou-quiè,  iècho,  a4j.  Indisposé;  dérangé;  mal  bftti; 
tout  je  ne  sais  comment. 

Màou-réjoun,  ouncho,  adj.  Hors  de  place,  détourné  de 
sa  place,  dérangé;  mal  serré;  mal  ramassé;  mal  gardé.  — 
Se  lou  trove  éntieon  mâou-r^'oun,  si  je  le  trouve  dans 
quelque  coin  à  l'écart. 

Mâourèl,  t.  m.,  n.  pr.  d'homme.  Maurel.  —  Sauvages 
donne  encore  Mourèl,  lang.,  et  Aiorel,  ir.,  qui  ne  sont  en 
efiel  que  des  variantes  d'orthographe,  et  il  ajoute  :  c  En 
vieux  fr.  Moreau,  tanné,  tirant  sur  le  brun,  en  lat.  Sub- 
fu$cu$.  Le  n.  pr.  Chan-mâourél  est  un  de  ses  composés  et 
Màouro  est  son  féminin  dans  le  n.  pr.  Roco^mâiouro,  mis 


en  fr.  dans  Roche-more.  Autant  valait-il  le  traduire  en 
entier,  et  dire  Roche-brune,  ou  plutôt  le  laisser  dans  sa 
première  intégrité,  Roco-mauro,  —  Le  nom  de  la  localité 
sur  les  bords  du  Rhône  est  en  effet  aujourd'hui  HogtM- 
maure. 

c  Les  altérations  dans  les  noms  qui  se  font  peu  à  peu 
deviennent  de  droit  incontestables  lorsqu'il  s'est  passé 
quelques  générations,  et  que  personne  n'a  eu  aucun  intérêt 
de  les  attaquer  ou  de  les  contredire.  » 

Dér.  du  gr.  Moupéç,  obscur,  sombre,  qui  a  donné  au  lat. 
Mauru$,  m.  sign.,  d'où  notre  Morou,  More  et  Maure,  nègre. 

Mâouréla  (Se),  v.  Se  rouiller,  être  attaqué  de  la  rouille, 
en  parlant  du  blé  et  de  cette  maladie.  —  La  sève  trop 
abondante  des  blés  trop  vigoureux  s'extravase,  couvre 
l'épiderme  des  tiges  et  des  fanes  et  engorge  les  vaisseaux 
sécréteurs;  le  soleil  achève  d'épaissir  cette  sève,  qui  prend 
une  teinte  couleur  de  rouille.  L'épi,  ayant  ses  conduits  obli- 
térés, ne  reçoit  plus  de  nourriture  et  son  grain  devient 
maigre  et  étique,  tandis  que  la  paille  est  grosse  et  trop 
nourrie.  C'est  ce  qu'exprime  ce  verbe. 

Dér.  du  lat.  Maurus,  bistre,  qui  est  la  couleur  de  cette 
rouille. 

Mâonréléto,  s.  f.  Morelle,  crève-chien  ou  morelle  noire, 
Solanum  nigrum,  Linn.,  plante  de  la  fam.  des  Solanées, 
commune  le  long  des  murs  et  sur  le  bord  des  chemins. 

Mâonrèlo,  «.  /.  Morelle,  tournesol  des  teinturiers,  Cro- 
ton  tinctorium,  Linn.,  plante  de  la  fam.  des  Euphorbiacées. 

—  De  temps  immémorial,  les  habitants  de  Gallargues, 
arrondissement  de  Ni  mes,  après  avoir  cueilli  cette  plante 
chez  eux  ou  dans  les  pays  voisins,  la  broient,  en  exprimant 
le  suc  dont  ils  imbibent  des  chiffons  qu'ils  exposent  à  la 
vapeur  de  l'urine  mêlée  avec  de  la  chaux  vive,  de  l'alun  et 
du  fumier  de  cheval  ;  c'est  ce  qu'on  appelle  tournesol  en 
drapeaux  dans  le  commerce.  Cette  plante  est  pourtant  très- 
différente  de  celle  qu'on  nomme  vulgairement  tournesol  ou 
Viro-Sourél, 

Mâourl  ou  Mâonrin,  «.  m.,  n.  pr.  d'homme.  Maurin. 

—  Sauvages  le  dit  corrompu  de  Mâou-riou,  mauvais  ou 
dangereux  ruisseau. 

Màou-traire,  v.  Faire  mal  ;  tourner  à  mal  ;  se  mal  con- 
duire; être  en  peine  pour  quelqu'un,  craindre  pour  lui; 
mal  penser;  mal  augurer.  —  Canaïre  et  jougaïre  notm 
podou  que  màou-traïre,  prvb.,  chasseur  et  joueur  ne  peu- 
vent que  mal  tourner,  mal  finir.  Es  paa  dé  mâou-traïrê, 
il  n'est  pas  à  plaindre,  il  ne  faut  pas  être  en  peine  de  lui. 
Nous  a  fa  mâou-traïre,  il  nous  a  mis  en  peine,  en  souci. 
Aquô  mé  faï  mâou-tratre,  cela  me  fait  mal  augurer. 

Mâou-trata,  v.  Maltraiter;  malmener;  faire  éprouver  de 
mauvais  traitements;  réprimander  vigoureusement  avec 
accompagnement  de  coups  ou  de  très  dures  paroles. 

Mâou-Yalé  (Se  faire),  v.  Se  faire  haïr,  se  faire  méses- 
timer ou  regarder  de  mauvais  œil  ;  se  faire  des  ennemis. 

Mâou-Yalénço,  s.  f.  Malveillance;  inimitié;  haine. 

Altération  du  v.  Voulé  ou  Vendre,  vouloir.  -^  MâouvoulA 


464 


MAQ 


MâR 


KàOQ-Yàougn,  ado,  adj.  et  part,  pan.  de  MâourvaU. 
Mal  vu;  qui  n'est  pas  estimé;  qui  est  regardé  de  mauvais 
œil.  —  Y  nnei pa$  mâowvâougu,  je  n*y  sois  pas  mal  yu, 
on  y  a  des  bontés  poor  moi.  Màou-vâougu  is  tniè  pendu  on 
mâou-vougu  mita  pendu ,  prvb. ,  variante  qui  assore  le 
même  sort  à  celai  qui  est  mal  va  et  à  celui  qui  mérite 
qu'on  lui  en  veuille;  ce  qui  est  à  peu  près  même  chose  et 
aboutit  à  pareille  fin. 

Màouvès,  èso,  adj.  Mauvais;  méchant. 

Mot  français  prononcé  et  écrit  à  la  languedocienne  et 
qu'on  pouvait  se  dispenser  d'emprunter,  puisqu'on  avait 
Michan  pour  la  même  chose.  Cependant,  avec  ses  allures 
étrangères,  Màouvèê  a  su  se  faire  bien  accueillir,  et,  em- 
ployé à  propos,  presque  exclusivement  au  masculin,  il  a  un 
certain  cachet  et  ne  manque  pas  d'énergie. 

Mâoa-vivén,  énto,  adj.  Homme  ou  femme  de  mauvaise 
vie;  mal- vivant. 

Mâoa-Yoalé,  s.  m.  et  v.  Mauvais  vouloir;  inimitié; 
haine;  en  vouloir  à  quelqu'un,  lui  vouloir  du  mal;  avoir 
de  la  rancune,  de  la  haine  contre  lui.  —  Sous  les  deux 
formes,  il  est  du  reste  l'équivalent  de  Mâou-vaU  et  Mâou- 
valénço,  avec  lesquels  il  est  à  peu  près  confondu. — Voy.  c.  m. 

Maqaa,  v.  Meurtrir;  contusionner;  blesser;  cotir,  meur- 
trir un  fruit.  —  A  loui  ièU  moquai,  il  a  les  yeux  battus, 
pochés  au  beurre  noir,  comme  on  dit  populairement. 

Dér.  du  lat.  MactUare,  tacher,  maculer,  noircir. 

Maquaduro,  s.  f.  Meurtrissure;  contusion  livide;  cotis- 
sure  pour  les  fruits. 

Maquarèl,  èlo,  adj.  Proxénète;  maquereau,  maquerelle  ; 
entremetteur  ou  entremetteuse;  qui  débauche  et  prostitue 
des  femmes  et  des  filles.  —  Se  prend  le  plus  souvent  subs- 
tantivement. 

On  le  fait  dériver  de  l'allem.  Mâkler,  entremetteur,  ou 
du  vieux  mot  Maca,  maque,  qui  signifiait  vente,  venant 
probablement  de  l'hébreu  Maker,  vendre. 

Maquarélaje,  s.  m.  Métier  de  maquereau  ou  de  maque- 
relle ;  métier  d'un  souteneur  d'une  maison  de  tolérance. 

Maquarèoa,  interj.  Même  acception  que  notre  mot 
Maquarèl,  et  emprunt  au  dialecte  provençal,  qui  prononce 
en  èou  nos  finales  qui  sonnent  chez  nous  en  èl.  —  Ce  mot 
pris,  ainsi  qu'il  l'est  en  Provence,  comme  interjection,  dis- 
simule pour  nous  sa  vraie  signification  sous  une  prononcia- 
tion étrangère  qui  le  défigure  un  peu;  il  est  très-bon  pour- 
tant d'en  éviter  l'usage. 

Maquari  ou  Macari,  «.  m.  Employé  seulement  avec 
Cousignè,  et  encore  dans  une  locution  peu  usitée  :  Consigné- 
Macari  ou  Maquari,  cuisinier  du  diable,  mauvais  gàte- 
sauce,  Coquui  nundinalis. 

Maqaéiroà,s.  m.  Ecchymose;  petite  meurtrissure  noire, 
comme  un  pinçon. 

Dim.  de  Maquaduro. 

Maqnigna,  v.  Tripoter,  faire  des  tripotages;  brouiller  ; 
mêler;  gâter;  mettre  de  la  confusion,  en  parlant  d'afEaires. 

Sorte  de  péj.  de  Moqua,  meurtrir,  gâter. 


Maqaigoaje,  «.  m.  Tripotage;  mélange  dôsagrèaUe 
au  goût,  malpropre;  intrigue;  tracasserie;  confusion; 
désordre. 

Maqnigaoan,  m.  m.  Maquignon,  qui  vend  et  achète  des 
chevaux,  qui  les  revend  et  les  troque. 

Dér.  da  gr.  Md^avov,  ruse,  fanl«  d'où  le  lat.  Mango, 
mongonis,  maquignon. 

Maqnignoana,  v.  Faire  le  maquignon,  ou  comme  4es 
maquignons;  user  d'artifice  pour  dissimuler,  déguiser,  cou- 
vrir les  vices  d'une  chose  qu'on  veut  vendre. 

Mar,  5.  m.  Marc,  lie,  résidu  des  fruits  pressés,  des  subs- 
tances bouillies,  d'un  liquide  qui  dépose.  —  Mar  dé  café, 
marc  de  café  ;  ou  simplement  mar,  qui  est  suffisamment 
entendu  et  presque  exclusif. 

n  est  très-probable  en  ce  sens  que  le  mot  vient,  par 
apocope,  du  lat.  Amarus,  reproduit  dans  l'ancien  lang. 
Amar,  à  cause  de  l'amertume  du  marc  de  café. 

Mar,  <.  m.  Mars,  troisième  mois  de  l'année,  composé  de 
trente-un  jours.  —  Mar  âouroiu,  abriou  pUjoùs,  fan  hu 
péXsan  ourgutoîis,  prvb.,  mars  venteux,  avril  pluvieux, 
font  le  paysan  orgueilleux.  Mar  marièio,  abriou  coutUo, 
prvb.,  mars  martelle,  avril  coutelle. 

Mar  (Péa  dé),  s.  m.  Poids  de  marc,  qui  était  l'ancien 
poids  usuel  de  nos  locahtés,  celui  dont  la  livre  avait  djeui 
marcs  ou  seize  onces,  ou  bien  aujourd'hui  un  demi-kilo- 
gramme. 

Mar,  s.  m.,  ou  Péîroù.  Maîtresse  branche  d'un  arbre. 

Dér.  du  lat.  Mas,  maris,  mâle,  vigoureux.  Le  vieux  fr. 
avait  aussi  Mar,  qui  signifiait  grand,  haut. 

Marano,  s.  f  Ver,  mite,  insecte.  —  Voy,  Areisoiu. 

Marano,  s.  f.  Espèce  de  phthisie  ou  de  marasme,  qui 
attaque  les  brebis;  dépérissement  du  mûrier  dont  les 
branches  languissent,  se  dessèchent  et  meurent  petit  à 
petit.  Quand  ce  mal  est  le  résultat  de  la  vieillesse,  il  est 
irréparable;  mais  le  plus  souvent,  surtout  quand  il  semble 
prendre  un  caractère  épidéinique,  comme  il  provient  alors 
d'une  culture  négligée,  par  des  amputations  à  propos  de 
branches  et  de  racines,  par  des  labours  et  des  engrais,  en 
rendant  au  sol  appauvri  les  sucs  nécessaires  à  l'arbre, 
on  peut  encore  le  rétablir ,  ce  qui  est  plus  avantageux  qne 
d'en  planter  de  nouveaux. 

Dér.  du  gr.  Mapafvco,  dessécher,  consumer  peu  à  peu. 

Marcandéja,  v.  Marchander;  discuter  le  prix  d'une 
chose;  débattre  le  prix.  Au  fig.  hésiter;  balancer. 

Dér.  du  lat.  Mercari,  faire  le  marchand. 

Marcandéj^e,  aûro,  s.  m.  et  /*.  Marchandeur;  qoi 
aime  à  marchander.  Au  fig.  barguigneuFt  qui  hésite,  qm 
balance. 

Marcha,  v.  Marcher;  cheminer;  aller;  avancer;  faire  son 
chemin.  —  Marchas  que  vous  démandou,  dit-on  k  quelqu'un 
en  lançant  de  son  mieux  un  projectile,  en  jetant  de  toutes  ses 
forces  un  objet  quelconque,  comme  pour  hâter  sa  niarcbe 
en  l'avertissant  qu'on  le  demande;  cela  s'adresse  aussi  i 
quelqu'un  qui  vous  importune,  qui  vous  fatigue  et  doot  il 


MÂR 


MAR 


465 


tarde  d'être  débarrassé.  Marchas,  trasso  d'home,  allez 
doDC,  triste  sire  ! 

Dér.  de  Fane,  allem.  Marchieren,  aller  à  cheval,  che- 
vaucher, de  Mareh,  marach,  mark,  cheval  ;  qtd,  par  inter* 
version,  en  est  venu  à  signifier  aller  à  pied,  marcher, 
marcha. 

Marchaîre,  aîro,  «.  m.  et  /.  Marcheur,  marcheuse  :  qui 
mardie  beaucoup,  sans  se  lasser.  —  Ne  se  dit  guère  qu'avec 
une  épithéte  pour  signifier  celui  qui  marche  beaucoup  ou 
qui  marche  peu  :  tin  michan,  un  bon  marchaîre,  un  mau- 
vais, un  bon  marcheur. 

Marchamén,  m,  m.  Démarche,  allure,  manière  de  mar- 
cher; le  pas,  le  marcher  de  quelqu'un. 

Marchan,  ando,  t.  m.  et  f.  Marchand,  marchande; 
celui  qui  vend;  acheteur,  chaland.  —  Marchan  dé  bla , 
wiarchan  donna,  prvb.,  marchand  de  blé,  marchand 
damné.  Se  vèn  marchan,  vendrai  moun  ousiâou,  si  je 
trouve  acquéreur,  je  vendrai  ma  maison. 

Dér.  du  lat.  Mercator,  m.  sign. 

Harchandiso,  s.  /.  Marchandise;  toute  chose  qui  se 
vend,  en  gros  ou  en  détail.  —  MarchandUo  préséntado, 
mita  dounado ,  prvb. ,  marchandise  offerte  vaut  moitié 
prix. 

Marcho,  «.  /.  Marche,  action  de  marcher,  chemin, 
route  que  fait  celui  qui  marche  ;  distance  à  parcourir.  Au 
fig.,  combinaison,  mesure  que  l'on  prend.  —  Chacun  bai 
M  marcha,  chacun  marche,  agit  à  sa  guise,  sans  entente  et 
sans  ensemble.  —  Marcho  d'Ancono,  locution  un  peu 
argotique  :  un  joueur  de  piquet  embarrassé  pour  écarter, 
le  fit  d'une  manière  bizarre  à  étonner  ses  voisins  :  Dé  qu'es 
aquélo  marcho?   murmurèrent -ils;   et  lui  :   Aqud's  la 

marcho d'Ancono,  ajouta-t-il  par  un  affreux  calem- 

bourg,  car  il  était  un  peu  lettré.  Depuis,  l'expression  est 
restée  dans  un  certain  rayon  local  pour  signifier  une 
numière  de  faire,  une  marche  que  personne  ne  comprend, 
pas  même  souvent  celui  qui  la  suit  ;  mais  on  voit  qu'elle 
est  de  pur  argot,  et  elle  ne  doit  pas  remonter  au-delà  des 
premières  guerres  d'Italie  de  la  fin  du  dernier  siècle,  où  il 
était  fort  question  dans  les  journaux  de  la  marche  d'Ancône 
occupée  par  les  Autrichiens. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Marca,  marcha,  frontière,  limite, 
pays  frontière  :  d'où  est  venu  Marquis,  en  bass.  lat. 
Marehio,  gouverneur  d'une  province  frontière,  d'une 
marche. 

Mardiou,  inferj.  Mort-Dieu,  juron,  qui  peut  être  rendu 
aussi  bien  par  Morbleu,  qui  est  une  autre  altération  léni- 
tive,  avec  cette  différence  que  le  lang.  a  formé  le  mot  avec 
l'initial  mar,  substitué  souvent  à  nuU  et  entré  en  compo- 
sition de  beaucoup  de  mots  en  mauvaise  part,  tandis  que 
le  fr.  n'adoucit  que  la  dernière  syllabe  en  la  convertissant 
avec  un  sens  qui  n'a  pas  de  signification . 

Mardioune,  inierj.  Variante  du  précédent,  équivalent 
de  Mordienne. 

Karéchal,  t.  m.  Maréchal-ferrant,  artisan  qui  lem  les 


chevaux,  les  mules  et  mulets  et  les  bœufs.  —  Foy.  Mané- 
ehal,  qui  est  peut-être  plus  pur. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Manescailus,  m.  sign. 

Maréchale,  t.  /.  Maréchale,  place  publique  &  Alais,  en 
plate-forme,  au  devant  de  la  citadelle,  servant  de  prome- 
nade d'été.  —  Dana  les  notes  des  Casiagnados,  il  a  été 
inséré,  sur  cette  place  dont  notre  ville  s'est  toujours  mon- 
trée assez  fière,  un  article  que  nous  recueillons  avec  plai- 
sir, en  rappelant  cependant  que  le  trait  final  a  été  écrit 
en  4843  et  qu'aujourd'hui  la  place  est  entièrement  nette  : 
le  miracle  attendu  n'est  pas  encore  accompli,  et  c'est  ce  qui 
manque  seulement  à  notre  belle  promenade. 

c  On  varie  sur  l'origine  de  ce  nom  de  Maréchale.  Le 
doit-elle  au  maréchal  de  Vauban,  qui  changea  le  château 
comtal  en  citadelle  royale  ?  U  aurait  bien  pu  donner  son 
nom  a  une  place  qui  n'en  est  que  l'appendice  et  qui  a  pu 
figurer  sur  les  plans  de  ce  grand  homme.  Est-il  dû,  au 
contraire,  au  maréchal  de  Montrevel  qui  commandait  à 
Alais  à  l'époque  de  la  construction  de  la  Maréchale,  c'est  à 
dire  en  4702  et  1703  ?  Cette  dernière  version  parait  plus 
fondée  et  plus  conforme  à  la  tradition. 

c  Cette  promenade,  qui  domine  la  ville  et  sa  verdoyante 
banlieue,  et  qui  rappelle,  en  miniature,  le  Peyrou  de  Mont- 
pellier, a  subi  bien  des  vicissitudes  depuis  sa  naissance. 
Sous  le  règne  des  Montagnards  de  la  Convention,  on  y 
éleva  une  montagne.  Ce  furent  les  dames  principalement 
qui  en  firent  les  frais  et  y  travaillèrent  de  leurs  propres 
mains  :  le  petit  nombre  par  enthousiasme,  le  plus  grand, 
crainte  de  pis.  Depuis  lors  on  y  a  fait  des  prolongements, 
des  accessoires  plus  ou  moins  gracieux.  Dernièrement  on  a 
voulu  un  trait  de  plus  de  ressemblance  avec  le  Peyrou  : 
un  château-d'eau.  On  a  déjà  un  bassin  et  le  cippe  d'un  jet 
d'eau;  quant  â  l'essentiel Dieu  seul  est  grand!  » 

Maréla,  v.  Terme  de  fileur  de  soie,  vitrer  :  c'est  distri- 
buer le  brin  de  soie  sur  l'écheveau  de  la  roue  du  tour,  de 
façon  qu'il  y  fasse  des  losanges. 

Dér.  du  gr.  M£(p<i>,  distribuer,  partager.  , 

Maréla]e,  s,  m.  Vitrage  d'un  écheveau  de  soie,  ou  les 
losanges  que  le  brin  de  soie  y  forme  en  se  croisant  sur  lui- 
même  au  moyen  du  va-et-vient.  Lorsque  ces  losanges  sont 
trop  grands  ou  trop  larges,  le  brin  revient  souvent  au  même 
endroit  avant  que  celui  sur  lequel  il  s'attache  ait  eu  le 
temps  de  sécher;  c'est  alors  un  vitrage  vicieux  qui  a  un 
double  inconvénient  :  les  brins,  se  collant  l'tm  sur  l'autre, 
rompent  fréquemment  au  dévidage  pour  les  décoller,  et  la 
dévideuse  perd  beaucoup  de  temps  pour  retrouver  le 
bout  de  soie  rompu  qu'il  faut  nouer  avec  celui  qu'elle 
tient. 

Marèlo,  s,  f,  Mérelle  et  quelquefois  Marelle,  jeux  d'en- 
fants; car  il  y  en  a  deux  de  ce  nom.  Pour  le  premier,  on 
trace  sur  un  plan  quelconque  un  petit  carré  traversé  par 
quatre  autres  lignes  qui  partent  des  coins  et  du  milieu  des 
lignes  déjà  tracées  pour  se  croiser  au  centre;  il  s'agit,  en 
posant  chacun  à  son  tour  une  marque,  une  petite  pierre 


466 


MAR 


MâR 


sur  l'endroit  où  se  trouvent  deux  raies,  de  faire  arriver 
trois  marques  sur  la  môme  ligne.  Le  malin,  qui  connaît 
les  finesses  de  ce  jeu,  est  sûr  de  gagner  lorsqu'il  pose  le 
premier»  ce  qui  s'appelle  bouta  fia.  La  seconde  marelle  con- 
siste à  pousser  à  cloche-pied,  entre  des  lignes  circonscrites 
et  dans  un  certain  sens,  un  palet  qui  ne  doit  s'arrêter  sur 
aucune  raie  et  ne  doit  sortir  du  polygone  que  par  le  c6tô 
voulu,  sous  peine,  pour  le  délinquant,  d'avoir  perdu. 

Maréso,  «.  /*.  Citrouille,  plante  dont  les  feuilles  sont 
découpées  et  tachetées  de  blanc.  —  Voy.  BoutHo,  dont  elle 
est  une  des  nombreuses  variétés. 

Son  nom  lui  viendrait-il  de  ce  qu'elle  se  sème  au  mois 
de  mars,  mar?  C'est  probable. 

Marfi,  t>.  Flétrir;  faner;  ternir,  froisser;  chiffonner. 

Marfi,  ido,  part,  pais.,  qui  fait  aussi  au  masc.  Marfe, 
flétri;  fané;  chiffonné:  bouchonné;  froissé. 

Dér.  du  lat.  Marcere,  m.  sign. 

Mari oundre  (Se),  v.  Se  morfondre  ;  se  refroidir  subite- 
ment lorsqu'on  était  en  sueur;  gagner  une  maladie  par  cela 
ou  par  un  excès  de  fatigue.  Au  fig.,  s'eimuyer  à  attendre; 
perdre  son  temps  à  attendre;  perdre  sa  chaleur. 

Marlounda,  udo,  part.  peut,  de  Marf oundre.  Morfondu; 
refroidi  trop  vite  après  avoir  eu  chaud.  Au  fig.,  dégoûté, 
fatigué  d'attendre,  de  poursuivre  un  but  sans  succès. 

Margal,  «.  m.  Herbe  des  prés,  graminée,  que  les  Anglais 
appellent  Ray-gra$9,  la  meilleure  et  la  principale,  dont  on 
recueille  la  graine  pour  ensemencer  un  pré,  connue  en 
botanique  sous  le  nom  de  Lolium  perenne,  Linn.  Une  de 
ses  variétés,  du  même  nom,  croit  aussi,  comme  une  sorte 
d'ivraie,  sur  le  bord  des  chemins  et  dans  les  champs  après 
qu'on  a  coupé  le  blé. 

Margaridéto,  9.  f.  Pâquerette,  petite  marguerite,  BeUi$ 
perennis,  Linn.,  plante  de  la  fam.  des  Composées  Corym- 
bifères,  commune  dans  les  prairies.  On  la  nomme  en  fr. 
Pâquerette  parce  qu'elle  fleurit  au  temps  de  Pâques. 

Margaridéto,  n.  pr.  de  femme,  dim.  de  Margarido, 

Margaridiè,  s.  m.  Camomille  romaine,  Ànthemi»  nobilh, 
Linn.,  plante  de  la  fam.  des  Composées  Corymbifères.  Ses 
feuilles  et  ses  fleurs,  à  odeur  assez  agréable,  sont  prises  en 
infusion  comme  fébrifuges  et  stomachiques;  en  applications 
externes,  elles  sont  très-résolutives. 

Margarido,  <.  /.«  n.  pr.  de  femme.  Marguerite. 

Margarido,  s.  f-  Marguerite;  grande  pâquerette,  grande 
marguerite;  Chrysanthemum  leucanthemum,  Linn.,  plante 
de  la  fam.  des  Composées  Corymbifères,  qui  croit  dans  les 
champs  et  les  prairies.  —  A  la  franquo  margarido,  à  la 
franche  marguerite;  franchement;  simplement;  bonne- 
ment. L'amoureux  superstitieux,  comme  ils  le  sont  tous, 
consulte  la  marguerite  en  l'effeuillant  pour  savoir  s'il  est 
aimé  à  son  tour;  si  la  dernière  feuille  arrachée  lui  dit  :  un 
peu  ou  pas  du  tout,  il  se  désespère;  mais  qu'elle  lui 
répooide  :  passionnément,  il  s'enivre  de  joie  et  croit  au 
bonheur:  car  la  marguerite  est  trop  franche  pour  le  trom* 
per.  De  là  l'origine  de  la  locution  que  nous  citons. 


MargasBO,  s.  f.  Pie-grièche,  oiseau.  —  Voy.  Tamo^. 

Formé  de  Mar  et  Àgatso  :  Mar  pris  pour  Mal  oa 
Màou,  inversion  ou  altération  assez  fréquente,  et  Àgano, 
pie;  mauvaise  pie. 

Margô,  s.  f.,  n.  pr.  de  femme,  dim.  de  Hargovttm, 
qui  l'est  déjà  de  Margarido.  Margot,  Marguerite. 

Margô,  s.  f.  Margot,  nom  donné  à  la  pie  surtout  qqand 
elle  est  privée  ;  il  se  donne  aussi  à  une  femme  bavarde,  à 
une  péronnelle. 

Margonia,  v.  Patauger,  patrouiller  dans  l'eau  bour- 
beuse; tremper,  remuer  dans  l'eau.  Au  fig.,  être  dans  le 
margouillis,  dans  une  mauvaise  et  sale  affaire. 

Ne  serait-il  pas  formé  du  radical  Mar,  presque  tonjonn 
péjoratif  au  commencement  d'un  mot,  pour  Mal,  màou, 
et  de  Grou\'a  ou  Grouga,  grouiller  ? 

Margonl,  s.  m.  Margouillis;  gâchis;  désordre;  fouillii 
de  choses  sales  et  dégoûtantes.  Au  fig.,  embarras  d'une 
mauvaise  affaire. 

Margoulin,  s.  m.  Pauvre  et  mauvais  ouvrier;  petit  mar- 
chand qui  ne  peut  faire  que  des  affaires  étriquées;  eaœ 
sens,  vrai  regrattier  du  commerce. 

Margoatoon,  s.  f.,  n.  pr.  de  femme.  Variante  et  eobi- 
dissement  de  Margarido,  Marguerite,  qu'on  peut  rendre  eo 
fr.  par  Margoton. 

Mari,  5.  m.  Mari;  époux;  conjoint  par  mariage.  ^On 
l'emploie  surtout  quand  on  parle  des  maris  en  génèidi, 
afin  de  ne  pas  confondre,  dans  certains  cas,  les  deux  signi- 
fications à'home,  qui  veut  dire  homme  et  mari.  —  ToutBi 
lou9  marii  que  90un  countém  dansarièou  iui  lou  quUm 
d'un  v^re,  prvb.,  tous  les  maris  qui  sont  contents  danse- 
raient sur  le  cul  d'un  verre. 

Dér  du  lat.  Maritus,  m.  sign. 

Mari,  marido,  adj.  Mauvais;  chétif;  de  peu  de  valeur; 
méchant  par  le  caractère  ou  par  le  coeur.  —  Vn  mari 
eapdl,  un  mauvais  chapeau.  Uno  marido  bêstio,  une  mé- 
chante bête.  Uno  bono  fénno,  uno  bono  cahro,  uno  bono 
miolo,  soun  tré»  maridot  bèêtiot,  prvb.,  une  bonne  femme, 
une  bonne  chèvre,  une  bonne  mule,  sont  trois  mécbantBi 
bêtes.  Un  mari  mdou,  un  mauvais  mal,  dangereux,  i 
craindre.  Un  mari  réeontre,  une  mauvaise  fortune,  on 
fâcheux  malentendu,  un  malheur,  une  mésaventure. 

Dér.  de  la  bass.  ht.  Marrire,  mal  agir,  affliger. 

Mariaje,  s.  m.  Dim.  Mariajoit.  Mariage,  union  \è|^\inR 
de  l'homme  et  de  la  femme;  dot;  contrat,  aete  dressé  par 
le  notaire  ou  l'officier  de  l'état  civil  ;  solennité  dea  noos; 
cérémonie;  cortège,  réunion  de  la  noce  ;   espèce  de  jea 
de  cartes.  —  T-an  fa  un  bon  mariaje,  on  Ini   a  faiX  utt 
bonne  dot.  Avés  pourta  vo9tê  mariaje  f  dit  Thomme  d'af- 
faires consulté  par  un  client,  avez- vous  apporté  votre  ccBr 
trat  de  mariage?   Anan  vêire .paesa  lou   fnariaje,  nov 
allons  voir  passer,  la  noce,  les  époux,  les  parents*  les  invités 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Mariagium,  m.  sign« 

Mariano,  5.  f.,  n.  pr.  de  femme.  Marianne. 

Marias,  asso,  adj.  P^or.  de  Mari,  ido.  Vaniien;  cbe- 


MâR 


MAR 


487 


napan;  mauvais  sujet;  homme  sans  honneur  et  sans  pro- 
bité, de  conduite  répréhensible. 

Le  mot  n'est  pas  tout  à  fait  de  notre  dialecte  ;  mais  à 
cause  du  voisinage  de  la  Provence,  il  s'est  très-bien  impa- 
tronisô. 

Marible,  s.  m.,  ou  Maruble,  ou  Bouènrubi.  Marrube, 
marrube  ordinaire,  noir,  puant,  ou  ballote  fétide,  Ballota 
nigra,  Linn.,  plante  de  la  fam.  des  Labiées,  commime  le 
long  des  chemins. 

Marida,  v.  Marier,  unir  légitimement  par  le  mariage  un 
homme  et  une  femme.  Au  fig.,  joindre,  unir,  rapprocher, 
allier,  accoupler.  —  Se  marida,  se  marier,  contracter 
mariage.  Aï  marida  moun  garçoù,  j'ai  marié  mon  fils.  Ma 
$ur  â'és  maridado,  ma  sœur  s'est  mariée.  Fiot  que  $oun  à 
wuirida,  miehan  troupèl  à  garda,  filles  bonnes  à  marier 
sont  on  troupeau  difficile  à  garder.  Fio  qWagrado  es  mita 
maridado,  fille  qui  plait  est  à  moitié  mariée.  Que  té  marido 
pér  amoun  a  banos  gnuèi  et  michans  jours,  qui  se  marie 
par  amour  a  bonnes  nuits  et  mauvais  jours.  Que  se  marido 
s6  brido,  qui  se  marie  se  bride.  Qtéé  se  marido  pér  amours 
se  péntis  lêou  pér  doulours,  qui  se  marie  par  amour  se 
npent  bientôt  par  douleurs.  Qité  se  marido  dé  coucho  se 
répéniU  dé  lésé,  qui  se  marie  en  hâte  à  loisir  se  repent. 
Maridas  n'an  qu'un  mes  dé  bon  tén,  les  mariés  n'ont  qu'un 
mois  de  bon  temps. 

Dér.  du  lat.  Maritare,  m.  sign. 

Marida,  s.  m.  et  part.  pass.  Marié,  épousé;  nouveau 
marié;  allié  intimement. 

Maridado,  s,  f.  et  part»  pass.  Nouvelle  mariée;  l'épou- 
sée; la  mariée. 

Maridadoù,  maridadonno,  adj.  m.  et  f.  Nubile;  en  âge 
d'être  marié  ;  bon  à  marier. 

Maridaîre,  s.  m.  Marieur;  faiseur  de  mariages;  officier 
de  l'état  civil  préposé  aux  mariages. 

Mariéto,  s.  f.  Femme  ou  fille  faisant  partie  de  la  con- 
grégation de  la  vierge  Marie,  fort  nombreuses  à  Alais,  où  on 
les  appelle  communément  en  fr.  Maricttes. 

Marin,  t.  m.  Marin,  homme  de  mer;  ofi&cier,  soldat  ou 
matelot,  appartenant  à  la  marine. 

Marin,  s.  m.  Augm.  Marinas,  Vent  de  mer,  vent  du 
midi  relativement  à  Alais,  où  il  donne  ordinairement  la 
pluie.  —  Marin  blan,  vent  du  sud-est,  [sec  et  chaud,  plus 
fedonté  encore  pour  les  vers-à-soie  que  le  vent  du  sud. 

Marine,  s.  f.  Marine;  ce  qui  concerne  la  navigation  sur 
mer. 

Mario,  s.  f.,  n.  pr.  de  femme.  Marie,  nom  de  la  sainte 
Vierge,  que  portent  beaucoup  de  personnes,  femmes  et 
hommes. 

Marionn,  s.  m.,  n.  pr.  Dim.  Mariouné,  Mariounéto. 
Marion,  Marionnette,  nom  dim.  donné  à  presque  toutes  les 
femmes  qui  s'appellent  Marïo, 

Marmaâo,  s.f.  Marmaille;  les  petits  enfants  en  général  et 
particuliérementceux  qui  sont  incommodes  et  impatientants. 

Dér.  du  gr.  Mup{i72xidl,  fourmilière,  de  Mup^y}^,  fourmi. 


Marmando,  s.  f.,  n.  pr.  de  lieu.  Marmande,  ville.  — 
11  est  inutile  de  donner  de  plus  amples  renseignements  sur 
une  localité  dont  notre  lexique,  qui  ne  fait  pas  précisé- 
ment de  la  géographie,  ne  retient  le  nom  que  parce  qu'il 
revient  souvent  dans  le  discours,  et  ne  s'emploie  d'ailleurs 
que  dans  cette  locution  :  Aïçà's  pas  Marmando. 

Le  sens  exact  de  ce  dicton,  si  ce  n'est  sa  traduction  litté- 
rale, est  celui  du  français  :  ce  n'est  pas  le  diable  ;  ce  n'est 
pas  le  Pérou.  Du  diable,  nous  n'en  avons  que  faire.  Mais 
un  chef-lieu  d'arrondissement  du  Lot  et  Garonne  assimilé 
à  l'empire  des  Incas!  Gela  sent  un  peu  le  terroir  dont 
le  fleuve  inspirateur,  qui  arrose  ce  pays  sans  doute  fertile, 
ne  roule  pas  cependant  l'or  dont  les  imaginations  avaient 
pavé  et  bourré  le  Pérou.  Quoi  qu'il  en  soit  et  sans  pro- 
noncer sur  leurs  mérites  comparatifs,  toujours  est-il  que  c'est 
la  même  pensée  qui  a  fait  choisir  les  deux  pays  pour  types 
d'une  excellence,  d'une  supériorité  à  laquelle  rien  ne  peut 
atteindre.  Le  choix  qu'on  avait  fait  du  Pérou  s'explique 
assez  par  les  succès  récents  de  la  Galifornie  et  ceux  en  voie 
d'aboutir  de  la  Nouvelle-Calédonie  ;  mais  celui  de  Marmande 
donne  plus  à  chercher.  Si  le  dicton  avait  pris  naissance 
dans  l'Agenois,  il  serait  dû  aux  regrets  d'un  indigène 
dépaysé  et  pris  de  nostalgie,  dulces  reminiscitus  Argos,  ou 
mieux  aux  vanteries  d'un  autre,  ce  qui  serait  plus  con- 
forme à  l'humeur  gasconne.  Mais  comme  il  semble  particu- 
lier à  notre  localité,  —  je  ne  me  rappelle  pas  l'avoir 
entendu  employer  ailleurs ,  —  voici  ce  qui  est  pro- 
bable. 

On  n'a  pas  toujours  eu  des  chemins  de  fer,  pas  plus  que 
des  diligences.  Il  fut  un  temps  où,  faute  même  d'un  coche. 
Racine  partit  à  bidet  de  Paris  pour  Uzès,  tout  comme 
d'Artagnan  s'était  acheminé  du  Déarn  à  Meung  sur  son 
poney  orange.  Dans  ces  temps  antédiluviens,  où  voyager 
ét!ût  si  grosse  et  si  rare  affaire,  un  Alaisien  fut  obligé 
d'aller  à  Marmande.  Personne  d'ici  n'y  était  jamais  allé, 
cela  va  sans  dire.  Il  fallut  sans  doute  un  motif  bien  grave 
pour  le  décider  à  s'aventurer  si  loin.  Il  partit  cependant  ; 
on  ignore  par  quelle  voie.  Mais,  dira-t-on,  on  ne  va  pas  à 
Marmande.  — .On  y  va  bien,  puisqu'on  en  revient,  comme 
d'Astrakan.  Notre  homme  revint  donc,  et  Dieu  sait  les 
merveilles  que  le  nouveau  Pizarre  cévenol  raconta  de  cet 
autre  Pérou  qu'il  avait  découvert.  G'est  depuis  lors  que 
pour  nous,  rien  n'a  valu  Marmande. 

Marmito,  «.  f.  Marmite;  'ustensile  de  cuisine,  en  métal 
ou  en  terre,  dans  lequel  on  fait  bouillir  la  viande,  ou  sim- 
plement de  l'eau.  —  Se  vira  ddou  eousta  dé  la  marmito, 
se  tourner  du  côté  de  la  marmite,  c.-à-d.  de  ceux  qui  font 
manger,  comme  faisait  Sancho  aux  noces  de  Gamache;  et, 
par  extension,  se  tourner  du  bon  côté,  de  celui  où  il  y  a 
quelque  chose  à  gagner. 

Dér.  du  lat.  Marmor,  marbre,  a-t-on  prétendu,  parce 
que  les  premières  marmites  étaient  faites  de  marbre. 

Marmitoù,  s.  m.  Marmiton,  bas  valet  de  cuisine. 

Marmoto,  <./.  Marmotte,  Mus  alpinus,  Linn.,  mammi- 


468 


MAR 


MÂR 


fore  nDe;nîcii]é  de  la  fam.  des  Rongeurs.  —  On  ne  connaît 
ici ,  bien  entendu ,  que  la  marmotte  apportée  par  les 
Savoyards  de  leur  pays  ;  ils  en  ont  appris ,  dit-on ,  à 
monter  dans  les  cheminées  en  la  voyant  grimper,  par  xme 
manœuvre  qu'ils  ont  imitée,  entre  deux  parois  de  rocher. 

Marmoto  est  aussi  comme  le  fr.  Marmotte,  le  coffiret 
plein  d'échantillons  que  porte  le  commis- voyageur  courant 
la  pratique,  nom  qui  lui  a  été  donné  sans  doute  par 
un  rapprochement  avec  la  boite  où  le  petit  Savoyard  tient 
sa  marmotte  en  vie. 

En  ital.  Marmotta, 

Marmonsé,  «.m.  Marmouset,  petite  fîgure  d'homme  ou 
de  femme;  figurine,  statuette;  petit  homme  mal  fait;  petit 
garçon. 

Dér.  du  gr.  Mop[Ki>,  masque. 

Marmoutoù,  $.  m.  Bélier,  mouton  entier,  Ariet. 

Ce  mot,  dans  la  composition  duquel  entre  évidemment 
le  lat.  Mas,  maris,  signifie  mouton  mâle,  le  mouton  sans 
épithète  ayant  perdu  celte  qualité.  Marmoutoà  n'est  point 
tout  à  fait  de  notre  dialecte,  qui  dit  Are  pour  le  même 
animal.  —  Foy.  c.  m. 

Maroaqnin,  s.  m.  Marocain,  espèce  de  raisin  noir,  à 
grains  très-fermes,  gros  et  peu  serrés,  cultivée  dans  le 
Languedoc,  et  qui  sans  doute  a  été  importée  d'Afrique,  du 
Maroc;  maroquin,  peau  apprêtée  de  chèvre  ou  de  bouc, 
employée  à  la  chaussure  et  à  la  reliure  des  livres. 

Marqua,  v.  Marquer,  faire  une  marque,  imprimer  un 
signe;  tracer  des  lignes  apparentes;  indiquer,  désigner, 
noter  par  une  marque  quelconque;  annoncer,  pronostiquer, 
promettre  ;  écrire;  donner  à  connaître  ;  imprimer  une  tache, 
une  empreinte,  la  flétrissure  en  parlant  d'un  condamné  à 
la  marque  par  le  bourreau;  indiquer  ses  points,  ou  les 
parties  gagnées  au  jeu.  —  A  marqua  sa  plaço,  il  a  marqué 
sa  place.  Ta  ploumo  marqua  pas,  ta  plume  ne  marque  pas, 
ne  lais.se  aucune  trace  sur  le  papier,  faute  d'encre.  Lou  co 
marquavo,  le  coup  était  apparent.  Aquélo  nivou  marqua 
dé  vén,  ce  nuage  annonce  du  vent,  est  un  signe,  un 
pronostic  de  vent.  Marquas  la  pajo,  faites  un  signe,  un 
onglet  à  la  page  de  ce  livre.  Marqua  soun  linje,  mettre 
son  chiffre,  ses  initiales  à  son  linge.  L'an  marqua  à 
l'éspanlo,  le  bourreau  l'a  marqué  à  l'épaule.  Marqua  tous 
pauns,  marque  tes  points.  Marqua  pas  pus,  en  parlant  du 
cheval,  il  ne  marque  plus,  on  ne  reconnaît  plus  son  âge  à 
la  dent  :  par  extension  et  iron.  se  dit  de  quelqu'un  qui 
baisse,  qui  vieillit. 

Dér.  de  Marqua. 

Marquaûre,  s.  m.  Marqueur;  qui  marque  les  points 
dans  une  partie  de  jeu.  —  léau  séraï  lou  marquaïre,  je 
serai  le  marqueur,  je  marquerai  les  points. 

Marqnan,  auto,  adj.  Remarquable;  considérable;  qui 
marque,  qui  produit  des  points.  —  Aqtid's  un  home  mar- 
quan,  c'est  un  homme  marquant,  un  personnage.  La  earta 
marquanta ,  l'atout ,  la  carte  qui  fait  le  point  ;  une 
figure. 


Marquis,  marquise,  s,  m,  et  /.  Marquis,  marquise, 
titre  d'honneur  et  de  distinction. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Marchiones,  officiers  préposés  à  la 
garde  des  frontières.  Marcha,  marches,  de  l'allem.  Mark, 
bord,  frontière. 

Marque,  s.  f.  Marque  ;  signe  quelconque  pour  désigner, 
pour  distinguer  un  objet;  empreinte,  indice;  figure;  im- 
pression; trace  apparente,  sensible;  signe;  cbifi&e,  carac- 
tère, sur  un  ouvrage,  une  marchandise;  jeton,  fiche  pour 
marquer  ou  compter;  Instrument  dont  on  se  sert  à  cet 
effet  ;  témoignage,  preuve  ;  présage  ;  peine  infamante  de  la 
flétrissure.  —  Marqua  dé  ce,  idiotisme,  de  prononciation 
surtout,  preuve  de  cela. 

Dér.  de  l'allem.  Mark,  marque,  signe. 

Marque,  s.  /*.  Craie,  pierre  blanche,  calcaire  et  tendre, 
plâtre  blanc,  dont  on  se  sert  pour  tracer  des  lignes,  pour 
marquer.  —  Uno  Sénto-Vièrjo  en  marqua,  une  statue  de 
la  Vierge  en  plâtre  :  métonymie. 

Marque-mâeû,  s.  des  deux  genres.  Qui  marque  mal; 
qui  dénote  mal  ;  qui  montre  des  intentions,  des  penchants 
mauvais. 

Mar-sâouse,  s.  m.  Marseau,  saule-marseau,  Salixcapn, 
Linn.,  arbre  de  la  fam.  des  Amentacées,  qui  croit  bien 
dans  les  terrains  secs  et  craïeux;  son  bois  est  pins  dur 
et  plus  plein  que  celui  du  saule  aquatique;  on  s'en  sert 
avec  avantage  pour  faire  des  perches  et  des  échalas.  Le 
marseau  donne  aussi  d'assez  bon  bois  à  brûler. 

Formé  de  Mar,  du  lat.  Mas,  maris,  mâle,  et  Sâouu, 
saule. 

Marséîés,  éso,  s.  m.  et  f.  et  adj\  Marseillais,  aise; 
habitant  de  Marseille;  qui  est,  qui  provient  de  Mar- 
seille. 

La  Marséïéso,  la  Marseillaise,  la  fameuse  chanson  de  la 
Révolution. 

Marséîe,  s.  f.,  n.  pr.  de  ville.  Marseille,  chef-lieu  da 
département  des  Bouches  du  Rhône. 

Les  opinions  sont  fort  divisées  sur  l'étymologie  du  nom. 
Les  analogies  ne  manquent  point  et  s'appliquent  à  des 
localités  d'une  bien  mince  importance  et  de  moindre 
ancienneté  :  ce  qui  ne  diminue  en  rien  l'embarras.  Le 
prendre  dans  le  lat.  Massilia,  qui  traduisait  le  gr.  MaovaXb, 
ne  fait  que  déplacer  la  question.  Où  le  grec  et  le  latin 
l'avaient-ils  pris  eux-mêmes?  Adrien  de  Valois  indique 
comme  radicaux  Mctaaeiv ,  moUire ,  amollir ,  on  bien 
MaXoxCa,  mcHUUes,  calme  de  la  mer,  peu  différent  de 
MoaaaXCa.  Expilly  et  d'autres  tirent  des  inductions  du  nom 
des  Salyes  ou  Salyens,  peuples  qui  occupaient  ces  nvages 
gaulois  au  moment  où  les  Phocéens  y  abordèrent  et  vinrent 
bâtir  la  ville.  Cette  dernière  interprétatioii  pourrait  fùit 
intervenir  l'élément  celtique  dans  Tappellation ,  Mu, 
mansio,  lieu,  demeure,  pour  la  première  syllabe,  Saljfss, 
évidemment  régional  et  pris  sur  les  lieux  et  dans  la  langoe 
du  pays,  ou  dans  le  Ligurien. 

Marséja,  v.  impers.  Faire  un  temps  de  mars,  pour 


MâR 


MÂR 


469 


exprimer  les  intempéries,  les  giboulées  habituelles  dans  ce 
mois.  —  Marséjo,  il  fait  un  temps  de  mars. 

Manéjado,  $.  f.  Intempérie,  giboulée  de  mars. 

MarsÔB, marsénquo,  culj. Du  mois  de  mars;  qui  appar- 
tient au  mois  de  mars;  qui  nait,  pousse»  est  cueilli  en 
mars.  —  Loum  marséns,  les  mars,  menus  grains,  orge, 
avoine,  millet,  etc.,  que  Ton  sème  au  mois  de  mars. 

Ifarsîoiire,  s.  m.  Hellébore  vert,  rose  de  Noël,  HeUe- 
boru8  viridiê,  Linn.,  plante  rustique  de  la  fam.  des  Renon- 
culacées,  qui  fleurit  pendant  la  gelée,  et  dont  on  emploie 
la  racine,  sous  le  nom  d*hellébore  noir,  à  faire  des  setons 
pour  les  maladies  contagieuses  des  chevaux. 

Dér.  de  Mar  pour  Mal,  mdou,  mauvais,  et  Sioure, 
liège. 

Martel,  s.  m.  Dim.  Martelé;  péj.  Martelas.  Marteau, 
outil  de  fer,  à  manche  et  à  une  ou  deux  têtes,  pour 
frapper;  heurtoir  d'une  porte. 

Dér.  du  lat.  Martelluê,  m.  sign. 

Martela,  V.  Marteler;  battre,  travailler  avec  le  marteau; 
frapper  à  coups  de  marteau. 

Martélado,  <.  /*.  Coup  de  marteau.  Au  flg.,  inquiétude, 
souci  imaginaire;  folie,  lubie  :  dans  le  même  sens,  à  peu 
près,  le  fr.  emploie  encore  le  v.  m.  Martel,  se  mettre 
martel  en  tète. 

Martélaje,  ».  f.  Martelage,  marque  que  l'on  fait  sur  les 
arbres  que  Ton  doit  abattre,  ou  sur  ceux  exposés  à  un 
cours  d'eau  torrentiel,  pour  que  le  propriétaire  puisse  les 
réclamer  s'ils  sont  emportés  ;  coups  de  marteau  répétés, 
leur  bruit,  leur  roulement. 

Marti,  «.  m.«  n.  pr.  d'homme.  Dim.  Martine,  Au  fém. 
Martino.  Martin.  —  Gomme  patron  très- vénéré  par  sa 
sainteté,  comme  date  du  jour  de  sa  fête,  le  44  novembre, 
comme  locution  proverbiale,  le  nom  de  Martï,  Martin,  est 
entré  dans  beaucoup  de  locutions,  d'appellations  et  de 
phrases  faites,  en  lang.  et  en  fr.  —  A  Sén-Marti,  tapo  toun 
vi,  prvb.,  à  la  Saint-Martin,  bouche  tes  tonneaux.  Manqua 
pag  d'a»es  à  la  fièïro  que  $'apèlou  Martï,  à  la  foire  il  y  a 
bien  des  ânes  qui  s'appellent  Martin,  pour  dire  qu'en  une 
foule  de  choses  il  ne  faut  pas  se  fier  à  la  première  appa- 
rence, non  plus  que  se  contenter  d'un  nom,  même  hono- 
rable, pour  se  confier  et  croire  au  premier  venu  sur  cette 
seule  étiquette. 

Dér.  du  lat.  Martinus  ou  Martius, 

Martignargne,  s.  m.,  n.  pr.  de  lieu.  Martignargues, 
dans  le  canton  de  Vézénobres  (Gard). 

Nous  ne  relevons  le  nom  de  ce  petit  hameau  inconnu 
que  parce  qu'il  représente  dans  sa  forme  un  des  spécimens 
les  plus  authentiques  des  diverses  altérations  par  lesquelles 
sont  passés  les  noms  propres  revêtus  aujourd'hui  de  la 
fameuse  désinence  en  arguei,ei  parce  qu'il  sera  plus  facile 
ici  de  vérifier  ce  que  nous  avons  dit  à  ce  sujet  par  les 
rapprochements  et  les  analogies  qui  s'y  rattachent.  Il  n'est 
besoin  pour  cela  que  de  suivre  la  série  des  dénominations 
successives,  et  de  placer  en  regard  ou  à  la  suite  les  simi- 


laires, qui  tous,  comme  celui-ci,  ont  eu  pour  parrain  ou 
pour  patron  le  nom  du  grand  et  saint  apôtre  des  Gaules, 
évêque  de  Tours,  mort  à  la  fin  du  iv«  siècle.  L'identité  de 
valeur  significative  des  suffixes  servant  à  adjectiver  un 
substantif  nom  propre,  pour  en  faire  un  nom  de  localité, 
de  domaine  ou  de  propriété,  en  sera  mieux  démontrée, 
depuis  leur  formule  ancienne  tirée  du  celtique,  et  ses  chan- 
gements dans  la  moyenne  latinité  et  le  roman,  jusqu'à  leurs 
variantes  ethniques  adoptées  par  la  langue  d'Oc  et  la 
langue  d'Oïl. 

Le  nom  de  ce  village  est  mentionné,  en  l'an  850 ,  Mar- 
Uniacum  co^onica;  Ecelesia  de  Martinhanicis,  en  4344; 
le  lieu  de  Sckint-Martin  de  Martingnanges,  en  4  346  ;  Mar- 
tinhanicœ,  eh  4  S84,  dans  le  dénombrement  ;  Martinhargues, 
en  4547;  Saint-Martin  de  Martinhargues,  en  4620;  et 
enfin  fixé  en  Martignargue,  et  Martignargues. 

Comme  analogues,  on  trouve  Martignac  (Ariège,  Lot); 
Martignas  (Gironde)  ;  Martillac  (Gironde)  ;  en  latin,  Mar- 
tinacum,  notre  plus  ancienne  forme;  Martignan  (Gard, 
Haute^aronne);  Martissan  (Tarn  et  Garonne);  Martinms 
(Gers),  en  lat.  Martinanum,  amenant  dans  la  bass.  lat. 
Martinhanicœ,  et  dans  le  roman  Martinangss  et  Marti- 
néncho,  Martinenche,  que  nous  allons  voir,  produisant 
aussi  Martigné  (Mayenne)  ;  Martigni,  Martigny  ou  Mar- 
tinhac,  dans  le  Valais;  Martinengo,  dans  la  Lombardo- 
Vénétie  ;  Martinho,  en  Porlugal. 

Tous  se  retrouvent  dans  Martignargue  sous  ses  difièrenls 
aspects,  et  avec  les  terminaisons  que,  au  Midi  et  au  Nord, 
ont  modifiées  les  influences  du  climat,  de  la  contrée  et 
leur  prononciation  propre  ;  mais  tous  adjectivant  le  même 
nom  propre  et  le  convertissant  en  un  nom  de  propriété, 
avec  la  signification  de  domaine  de  Martin  ou  lieu  sous 
l'invocation  de  Martin  et  dont  il  est  considéré  comme 
maître. 

Nous  n'avons  donc  pas  à  redire  que  ces  exemples  con- 
firment de  plus  en  plus  cette  opinion  que  la  désinence 
argue,  particulière  à  notre  Midi,  e^t  purement  adjective, 
équivalente  aux  suffixes  ac,  at,  é,  igny,  et  autres,  et  n'a 
point  à  revendiquer  une  racine  dans  le  latin  Ager.  — 
Voy,  Argues,  An,  En,  etc.,  etc. 

Martine,  s.  m.  Martinet,  gros  marteau,  mû  par  la  force 
de  l'eau  et  plus  souvent  aujourd'hui  par  une  machine  à 
vapeur;  se  dit  en  même  temps  de  la  forge  et  de  la  fonderie 
elle-même.  Aussi  est-il  devenu  un  nom  de  lieu  pour  plu- 
sieurs endroits  où  il  existait  des  usines  de  ce  genre. 

11  est  encore  le  dim.  du  n.  pr.  Martï,  Martin. 

Martinéncho,  s.  f.,  n.  pr.  de  lieu  et  d'homme.  Marti- 
nenche, hameau  dans  la  commune  de  Sénéchas,  arrondis- 
sement d'Alais. 

La  forme  féminine  de  ce  nom  le  fait  remonter  au  masc. 
Martinén,  avec  le  suffixe  chuintant  éncho  provenant  de 
en,  in,  ine,  énquo,  variantes  déjà  étudiées,  et  établissant 
son  analogie  avec  Martignargue  ci-dessus  et  les  autres.  Sa 
signification  est  en  tout  semblable,  le  suffixe  adjectif  ne 

eo. 


470 


MAR 


MAS 


cliangcant  pouii  lo  sens  du  radical.  —  Voij.  En,  Ln,  su/f., 
i)l  MnrtlijmtnjHe. 

Martre,  s.  /".,  ou  Martro.  Mario,  marte  coiumuiie, 
Mu.^U'lif  nuirtes,  Liiiii.,  luauiiuifère  iiii;:uiL'iil('  d''  la  lani. 
des  Di^'ili^i:i'ades  uu  Cariiivor.'S  :  iK'Ia^'e  •'iili'''r*'nitMit  Lrua 
avec  une  lâche  jaiiiie-dair  sous  la  g')ri:<s  (jueiK"'  longue  i^l 
bien  fournie,  —  Cet  aniinal,  de  la  taille  à  peu  pns  d'un 
chat  ordinaire  mais  plus  bas  sur  ses  jamlics,  est  rare  dans 
le  Midi,  l'i  r,.n  n'en  trouve  ipielc^ues-uns  (|ue  dans  les 
monla^'ni's  de  TAid-'clie,  de  la  Lo/.Te  et  il-'s  Cé\<'inn'S.  La 
fouine  au  ennlraire  t'>l  CDunnuii'-  c!i«'z  nous;  ell»-  ne  dilTèri} 
de  la  marte,  d'une  manière  un  peu  distincte,  (]Ui^  parc^ 
cpi'elle  a  1<'  dessous  de  la  jiorge  blanc;  l«'urs  mnius  sr.nl 
d'ailleuis  ontirTcnienl  semMaMis  :  aussi  (inl-ell-s  .H»'-  ci>ii- 
fondiK's  tnuli's  d'MiA,  et.  pour  le  Laiç-u-MlDcitMi,  la  l'uuine 
est  aussi  la  Marlro.  Du  reste,  les  anciens  naluralisl.'S  en 
avai(Mit  lait,  autant,  (^t  pour  eux.  la  l'ouine  riait  la  lu.Mie 
domestii[U(',  non  (|u"il  lut  bien  facile  et  plus  liabitu'l  alors 
qu'il  ne  l'est  auj-turd'hui  île  la  r.'duin' imi  (him'iliriu'',  mais 
s*aus  doute  parc»»  (pi'on  la  \oyail  roder  plus  voI  )nlius  (pie 
la  marte  a.ut our  de^  habit  li'-ns.  I.or.>ipie  K^s  sa\.'nî>  Coji- 
fondejii  ainsi  ,  p  .ur.pioi  le  I ai r, :: ued ne ien  ,  rjui  n"<  s;  pas 
savant,  eut-il  l'ail  nnenx  ?  La  sci-'iice  a  mar. •!;<'•  et  cîa>M'' 
distinct. 'ineiit  la  marie  o[  lafouin.^;  le  lan.L^u 'd'.ei.  ii  piu'- 
sisle  à  n'en  j>.is  f.dr.'  l.i  dilTienci'  tU  à  u"  leur  donu'r  qu'un 
seul  nom.  celui  de  }I(irlre  ou  Mdiiro. 

Martro,  a*,  f.,  n.  pr.  d»^  l'*'m;iie.  M.>î-l!ie.  —  Dâoa  tm 
(juc  MdiLru  jhi'.'iro,  disuis-iious  [)our  expia uier  c  ■  «pie  dit 
le  français  :  du  t  •;!;;)>  (pie  P,,Tihe  lilait  ;  il  n'y  a  (pae  la 
filandiere  de  cl;.i:r-'''\  M.iis  I  ail  l'  :n  md''  connaissait  [>eu 
ou  [»rou  la  reine  i;a-!li.',  et  1  un  n'ai  u  iil  di.-'  aiitant 
de  la  Marthe  (|ui  Ta  détron»v  chez  nous:  a  m-ins  ipie  ce 
ne  Soit  la  Niair  (]e  Lizaie,  el  ri/au'cusrm.Mil  cela  jifu! 
»Mn\  Comme  il  s'ai'it,  d.i.is  1- s  d":i\  diet-.îi^,  d.'  r.-m.ajl-'r 
dans  des  leinps  Ir 's-r-'cu'.'S ,  a  l'\^  choses  .s<^  pass  tient 
autrement  ipi"  du  ii'iti'.',  où  par  r^-iuple  b's  rois  ('•pousaicnt 
des  lif-rgeres,  il  est  p '.^si!,!'^  (pi-'  If  la:i^u«'doci(Mi  ail  voulu 
renchérir  sur  son  voisin  ;  et,  ne  se  contentant  [»as  du  moytai- 
;\ge,  il  est  allé  jus(jifà  la  'raras(pie.  (]r[»endant  il  n'est  pas 
à  croire  ([ue  celte  course  au  clocher  rétro^M'ade  ail  eu  lieu; 
et  voici  comment  je  soup;;  tune  (pie,  simjileiii'-^nL  et  sans 
songer  h  la  chronolo^i*?,  c'i  Il^rlhe  on  a  substilué  Marthe. 
Le  [premier  dt^  ces  noms  n'i'l  .il  pas  u.silé  ni  connu  dans 
nos  conlivts;  le  second  au  caitraire  l'élait  beaucoup,  et 
l'on  disait  Mnilo  mieux  p^it-èlre  cpie  Martro,  rpii  est 
cependant  resté.  En  entendant  |);onoiic«'r  le  nom  étranger, 
le  languedocien  crut  (]ue  c'<'t.it  le  sien  ({u'on  estropiait; 
l'assonance  aida  à  sr-n  erreiir;  il  corrigea  ce  (ju'il  avait  mal 
dit,  et  la  correction  nous  a  été  transmise.  C'est  l.\  tout  le 
secret. 

Celte  marche  me  parait  évidente  et  la  conservation  de  la 

quenouille  est,  à  mon  avis,  la   confirmation  du  fait.  La 

reine  Berthe  filait,  cela  n'est  pas  dout-nix  :  riii>toire  et  la 

ient  appris  à  tous  ce  modeste  em{)loi  du  temps 


de  la  mère  île  Charleinagne;  et  il  était  assez  exc»*nlriqiie 
en  si  haut  lieu  pour  O'tre  rappelé  comme  contraste  à  ce  qui 
s'*  si  passé  plus  tard,  car  aujourd'hui  et  il  y  a  longtemps 
les  reines  ne  fil(Mil  plus.  Mais  qu'importe  que  Marthe 
s'occu[»;il  h  filer,  à  coudre  ou  à  tricoter,  ce  qui  devait  iHre 
une  parlii'  des  soins  du  ménage  dont  elle  était  chargée  ? 
Dans  sa  position  plus  humble,  cla  n'avait  rien  que  de  fort 
nalund,  de  fort  ordinaire,  et  elle  filerait  encore  si  le  mi- 
racle qui  ressuscita  son  frère  se  renouvelait  en  sa  faveur; 
il  n'y  avait  di^nc  pas  à  le  remaniuer,  .'i  le  relever,  à  en 
faire  une  op|u)silion  \  nos  usag(^s.  Il  faut,  eu  effet,  bien 
reconnaître  et  constater  que  le  proverbe  n'a  pas  voulu 
seul.^ment  citer  une  épo(jut"'  reculée.  Pour  cela  il  n'avait 
p:  s  Ix'soin  de  s'arrèler  en  si  bon  chemin,  et  il  pouvait 
nMUonter  au  déluge  où,  par  parenthèse,  s'il  y  tenait,  il 
l)ou\ait,  sans  trop  d'.^  crainlp  de  se  tromper,  faire  filer  et 
mè.Mie  tisser  la  femme  et  les  brus  de  Noé  ({ui  ne  devaient 
p)s  s'y  ('iiargner  [H>ur  vèlir  la  famille,  attendu  qu'on  niau- 
{pi:iit  un  peu  de  magasins  de  confection.  Mais  il  a  voulu 
surtout  parler  d'un  l'Mnps  où  les  usages,  les  habitudes,  les 
iiKeiirs,  les  choses,  meilleurs  ou  plus  mauvais,  étai-^nt  tout 
diiV  lents  des  nôln\s,  où  l'on  vo\ait  ce  (ju'(»n  ne  voit  plus. 
L'  iVaiKjais  a  nMidu  cMI'"'  pen^-'-e;  le  langiK^d.icit^n  ne  la 
rend  pas.  Il  me  parait  daic  certain  (\\ic  ce  dernier  n'a 
point  fait  son  provephe  qu'il  aurait  fait  différemment,  et 
(pi'il  l'a  pris  du  français,  en  raU'-ranl,  sans  s'en  douter,  en 
eirieanl  même  le  sons  (pi'il  doit  avoir. 

Martroù,  s.  f.,  n.  pr.  de  femme.  Dim.  de  Marlro. 
Mai'Mi". 

Mas,  s.  /*.  Madame  ou  Mademoiselle.  —  On  donnait 
auii''^i''i<  je  noiit  d"  "Nl-xlame  à  la  bourgeois':'  mariée.  Mas, 
abr-'".  ieliiiii  d'^  Mn-^^niwis-lo ,  s'a])pli({uait  de  même,  et 
d'S''-Midiil  jdsju'aux  femmes  d'une  condition  bion  infé- 
ri-an-e  <-i)c  nv.  Ce  !i:nt  n'allait  jamais  seul;  on  y  joignait 
toujours  le  nom  de  la  p-^rsonnepréc-'d'''  lui-même  de  l'article 
'/(.,  qui  n'-'-lail  pas  toul  à  fait  la  particule;  ainsi  l'on  disait  : 
.4/  v's  HUIS  (le  Sàintri ;  Coiuno  anas,  mas  dé  Picchcgu?  etc. 
Aujourd'hui  Madamo  est  venu  égaliser  toutes  les  femmes  : 
aussi  Mas  ne  reste  que  comuie  souvenir  d'usages  passés  de 
mode,  nu  t<»ut  au  plus  pour  S'M'vir  quelquefois  d'appella- 
tion plai.sante. 

Mas,  s.  m.  .Maison  de  campagne;  f(^rme,  métairie,  habi- 
tation des  champs;  campagne,  di^puis  la  modeste  demeure 
du  paysan  jusfju'au  chàt<?au  exclusivement.  —  Mom 
exprime  en  général  l'ensemble  de  la  propriété  rurale, 
habitation,  bâtiments  d'exploitation  et  terres  dépendantes  ; 
mais  quelquefois  il  peut  s'entendre  seulement  delà  maison. 

Dér.  du  lat.  Mansus,  m.  sign. 

Masado,  s.  f.  Tour  du  Mas,  de  la  ferme,  le  vol  du 
chapon,  les  champs  les  plus  rapprochés  et  par  conséquent 
les  mieux  cultivés. 

Masado  est  aussi  l'agglomération  de  quelques  Mtu,  et 
alors  «à  peu  près  l'équivalent  de  petit  hameau.  De  là  le 
nom  du  village  de  Maza,  Mazac,  aux  environs  d'Alais. 


MAS 


MâS 


471 


Masâoiiri,  s.  m,,  n.  pr.  d'homme.  Mazannc  —  La 
tndactioQ  n'est  pas  heureuse,  et  le  français  y  a  rarement 
bonne  main  pour  nos  noms  propres.  Le  c  final  qu'il  a 
introduit  dans  celui-ci  a  l'inconvénient  de  le  défiguier 
oompiétement. 

Le  mot  est  une  contraction  de  Mai  âou  riou,  du  lat. 
Mansui  ad  rivum,  métairie  près  du  ruisseau. 

Mascara,!?. Mâchurer;  noircir;  charbonner;  barbouiller 
de  noir.  —  Lou  péïrôou  vôou  mascara  la  sartan,  le 
chaudron  veut  noircir  la  poêle,  ou  la  pelle  se  moque  du 
fouiigon. 

Le  languedocien  Caro,  mine,  figure,  de  la  bass.  lat. 
Cara,  m.  sign.,  précédé  de  Atas,  altération  de  Mal,  malo, 
mauvais,  a  formé  Mascara,  rendre  la  figure  mauvaise, 
laide,  défigurer;  ce  qui  a  lieu  quand  on  la  barbouille  de 
noir.  De  même  se  sont  formés  par  contraction  Masqm  et 
Mtisquéto,  vilaine  et  fausse  figure,  faux  visage  par  exten- 
sion, parce  qu'aussi  dans  le  principe  pour  se  masquer,  il 
sufiSsait  peut^tre  de  se  noircir,  se  nuucara,  le  visage. 

Maacaradiiro,  s.  f.  Noircissure;  état  d'une  chose  m&- 
cburée,  cbarbonnée,  barbouillée  avec  du  noir. 

MaBcaroù,  s.  m.  Chaudronnier,  mineur  de  houille,  for- 
geron, ouvrier  ou  artisan  que  son  travail  ou  son  métier 
expose  à  avoir  souvent  la  figure  noircie  ;  jeune  ramoneur 
de  cheminées. 

Mascle,  s./*.  Augm.  et  péj.  Jlfasctos.  Mâle;  qui  est  du 
sexe  masculin;  opposé  de  femelle. 

Dér.  du  lat.  Maseuliu,  m.  sign. 

MasclOQS,  s.  m.  plur.  Crinons,  dragonneaux  ou  dra- 
ooncules,  petits  vers  microscopiques,  de  la  grosseur  d'un 
cheveu  (CrinU),  et  longs  en  proportion,  qui  naissent  de 
préférence  sous  la  peau  des  enfants  maigres  et  délicats, 
surtout  de  ceux  qui  manquent  de  soins  de  propreté,  et  se 
logent  dans  les  parties  musculeuses  du  corps  où  ils  causent 
des  démangeaisons  continuelles  et  fâcheuses  qui  rendent 
i'oKiant  malade.  On  s'en  débarrasse  au  moyen  de  frictions 
avec  de  l'huile  ou  d'une  pommade  légèrement  mercurielle. 
Le  ciron,  type  de  la  petitesse,  est  un  insecte  aptère  qui  a 
les  mêmes  aptitudes  et  doit  être  compris  sous  le  même 
nom. 

On  remarquera  que  l'on  n'emploie  guère  le  mot  Mas- 
eloùM  qu'au  pluriel,  ces  animaux  étant  si  petits  qu'il  n'y  a 
pas  lieu  de  s'occuper  d'un  seul. 

lEasé,  s.  m.  Dim.  de  Mas,  Maisonnette  dej  plaisance, 
pour  lequel  on  a  aventuré  en  francisant  le  mot  :  Mazet.  — 
Les  Mazets  ont  bien  autant  de  droit  que  les  Bastides,  leurs 
sœurs  germaines,  à  être  nommés  de  leur  nom  en  français  : 
ils  sont  du  reste  en  assez  grand  nombre  pour  faire  valoir 
leurs  titres,  car  les. campagnes  qui  entourent  nos  villes  en 
sont  couvertes. 

Moêé  est  le  dim.  de  Mas,  diminutif  s'il  en  fut  jamais, 
car  il  se  compose  ordinairement  d'une  seule  pièce  au  rez- 
de-chaussée  servant  à  la  fois  de  salon,  de  cuisine  et  surtout 
de  salle  à  manger;  une  autre  pièce  au  premier,  où  l'on 


grimpe  par  une  échelle  de  meunier,  accuse  déjà  beaucoup 
d'ambition ,  et  quelque  chose  de  plus  lui  ferait  perdre  son 
caractère  et  jusqu'à  son  nom  pour  atteindre  celui  de 
Mas, 

Masèl-Vièl,  s.  m.  Mazel-Viel,  nom  d'un  des  quartiers  de 
la  ville  d'Alais,  auquel  on  a  bien  fait  de  conserver  en 
français,  en  classant  les  rues,  sa  forme  originaire,  quoi- 
qu'on pût  cette  fois  le  traduire  d'une  manière  exacte  par  : 
vieille  boucherie. 

Du  lat.  Macellum,  boucherie,  on  avait  fait  Masél,  avec 
la  m.  sign.,  mais  le  mot  est  tombé  en  désuétude  et  ne  sert 
plus  que  pour  dénommer  d'anciens  quartiers  ou  des  loca- 
lités où  ont  dû  exister  dans  le  temps  des  boucheries. 
Quelques  noms  propres  d'homme  sont  sortis  de  là. 

Maséla,  v.  Terme  de  boulangerie,  former  le  pain  lors- 
qu'il est  en  pâte  et  levé,  le  marquer  de  la  tranche  de  la 
main  ;  presser,  entasser  la  pâte,  la  condenser,  la  patiner, 
au  lieu  de  la  remuer  largement  ou  légèrement,  sans  la 
presser  ni  l'aplatir. 

Maséla,  ado,  adj.  et  part,  pass.  Pressé,  entassé;  con- 
densé. 

Dér.  du  gr.  Aldfaooj,  pétrir,  exprimer  en  pressurant. 

Masiè,  s.  m.  Métayer;  qui  habite  et  cultive  un  Mas. — 
Ne  se  dit  que  de  celui  qui  est  dans  une  métairie  de  peu 
d'importance. 

Masqua,  v.  Masquer;  déguiser;  cacher;  dérober  à  la  vue. 

Se  masqua,  se  masquer  ;  mettre  un  masque  sur  la  figure, 
un  habit  de  masque;  se  déguiser. 

Dér.  de  Masquo,  masquéto. 

Masquarado,  s.  f.  Mascarade;  troupe,  cortège  de  car- 
naval, de  gens  masqués  et  déguisés. 

Masquéto,  s.  f.  Masque;  faux  visage  en  carton  avec 
lequel  on  se  déguise  en  carnaval;  personne  masquée, 
déguisée.  —  S'alfia  en  masquéto,  se  masquer,  se  déguiser. 
—  Voy.  Mascara. 

Masquo,  s.  f.  Masque,  sorcière  ;  parce  que  les  sorcières 
se  cachaient  sous  un  faux  visage  pour  faire  leurs  conjura- 
tions. Aujourd'hui  ce  mot  n'est  plus  qu'une  injure  diite  à 
une  femme  pour  lui  reprocher  sa  vieillesse,  sa  laideur  et 
surtout  sa  méchanceté.  Cependant,  comme  beaucoup  de  ces 
termes  injurieux  qui  ont  perdu  de  leur  signification  pre- 
mière, celui-ci,  dont  l'application  s'est  fort  étendue,  change 
de  valeur  selon  la  personne  à  qui  il  s'adresse  et  le  ton  avec 
lequel  on  le  prononce.  Car  il  y  a  loin  de  Masquo/  dit  à  la 
fillette  malicieuse,  espiègle  et  un  peu  démon  par  sa  mère 
qu'elle  fait  enrager,  à  Vièio  masquo/  dont  on  apostrophe 
une  femme  vieille,  laide,  méchante,  ayant  enfin  tous  les 
défauts  qu'on  reprochait  aux  sorcières  —  Voy.  Mascara. 

Massa,  v.  Piler,  écraser;  assommer;  frapper  avec  la 
massa,  masse. 

Massacra,  t>.  Massacrer;  tuer;  blesser  fortement;  char- 
cuter; travailler  mal;  massacrer,  gâcher,  barbouiller  un 
ouvrage. 

Massacre,  «.  m.  Attiseur,  celui  qui  attise  le  feu  dans 


♦72 


MAS 


MâS 


une  filature  de  soie  ;  dans  les  moulins  à  huile,  on  appelle 
Fattiseur  lou  Chourou.  —  S*entend  aussi  d'un  ouvrier  qui 
travaille  mal,  un  massacre,  qui  gâte  un  ouvrage. 

Massacre,  s.  m.,  dans  le  sens  du  fr.  Massacre,  carnage, 
tuerie,  est  bien  reçu,  transmis  qu'il  a  été  directement  par 
la  bass.  lat.  Mazacrium,  m.  sign. 

Massano,  s.  f.,  n.  pr.  de  lieu.  Massanes,  commune  du 
canton  de  Lédignan  (Gard). 

Deux  autres  localités,  quartiers  ou  fermes,  portent  la 
même  dénomination,  le  village  du  canton  de  Lédignan  est 
le  plus  considérable  ;  il  a  été  chanté  par  Florian  dans  sa 
charmante  idylle  d'Esté  et  Némorin  :  ce  serait  un  titre 
pour  ne  pas  être  passé  sous  silence,  mais  pour  le  moment 
c'est  aux  noms  seuls  que  nous  en  voulons.  A  décomposer 
le  mot,  on  obtient  sans  effort  pour  la  première  partie  Mas, 
abréviation  connue  et  fréquente  du  lat.  Mansus  ou  Mansio, 
et  pour  la  seconde,  le  lat.  encore  Sana  ou  Sanœ,  au  sing. 
on  au  plur.  ;  ce  qui  représente  une  ou  plusieurs  habitations 
saines,  salubres,  et  se  trouve  parfaitement  applicable,  pour 
peu  qu'on  soit  de  l'avis  de  Florian,  qui  n'a  fait  que  la 
description  cependant,  et  non  le  baptême. 

Eh  bien  !  cette  interprétation  étymologique,  si  naturelle 
semblc-t-il,  risquerait  de  ne  pas  être  vraie.  Le  doute 
8*appuie  des  meilleures  raisons;  car  aucune  des  deux  par- 
ties du  mot  ne  résiste  à  une  analyse  un  peu  sévère.  D'abord 
Mas  pourrait  bien  n'être  que  ce  radical  transformé  dont  on 
rencontre  tant  d'exemples,  mis  ici  pour  Mal,  venu  de 
Malè  ou  Malum,  et  la  signification  serait  l'inverse  de  ce 
qu'on  croirait.  Puis,  la  finale,  à  la  bien  considérer,  n'est 
autre  que  le  suffixe  d'attribution  lat.  Anus,  a,  um,  au 
nominatif  sing.  ou  plur.  féminin  :  par  conséquent  l'expli- 
cation par  le  lat.  Sana  ou  Sanœ,  saine,  se  détache  absolu- 
ment. Et  il  est  à  peu  près  certain  qu'il  doit  en  être  ainsi 
pour  les  deux  fractions  du  nom,  car  sa  syllabe  initiale 
n'est  qu'une  altération  adoucie;  et  sa  désinence  qu'un 
retour  ou  mieux  qu'une  restitution  de  forme  du  suffixe. 
La  preuve  en  ressort  évidente  de  l'appellation  gallo-latine 
de  Massano,  Massanes,  qu'un  cartulaire  cité  par  M.  Ger- 
mer-Durand désigne,  en  4038,  par  Villa  que  vacant  Mar- 
sanieus,  changé  par  le  roman  de  4  435  en  Marsane,  devenu 
seulement,  en  1582,  Massanes  et  Massannes,  De  plus,  il 
se  rencontre  que  la  forme  rude  s'est  conservée  dans  le  nom 
d'un  autre  lieu  de  la  commune  de  Bellegarde,  appelé  encore 
Marsane;  sans  même  tenir  note  des  analogues  Marsan 
(Gers)  et  Massan  (Aude),  non  plus  que  de  Marsac  (Cha- 
rente, Creuse,  Dordogne,  Lot,  Lot  et  Garonne ,  Puy-de- 
Dôme,  Hautes-Pyrénées,  Tarn,  Tarn  et  Garonne) ,  corres- 
pondants à  Massac  (Aude,  Charente-Inférieure,  Tarn). 

Mais,  par  l'appellation  dans  la  moyenne  latinité,  nous 
sommes  amené  à  une  autre  identité  plus  rapprochée  et  plus 
familière  à  notre  contrée  :  elle  se  trouve  dans  Massargue, 
Massargues,  hameaux  ou  quartiers  des  communes  de  Car- 
nac,  de  Saint-Martin  de  Saussenac  et  de  Saint-Quentin 
(Gard),  ce  dernier  dit  aussi,  en  4245,  Marsanieœ, 


Voilà  un  nouvel  exemple  frappant  de  la  similarité  ou  de 
l'équivalence  des  suffixes  :  la  forme  gallo-latine  ankm, 
représenté  par  le  roman,  le  languedocien  et  le  français  eu 
ano,  ânes,  et  argue,  argues,  se  tenant  avec  an,  ao  et  ai. 
Nous  verrons  au  reste  les  mêmes  phénomènes  d'inversion 
se  reproduire  dans  Massillargue  et  MarsiUargues,  et  bon 
nombre  d'autres.  —  Voy.  c.  m. 

Il  ne  s'agit  donc  ici  que  d'une  désinence  suffixe  :  les 
variantes  ne  changent  point  l'attribution,  le  sens  reste  le 
même  avec  ac,  an,  ano,  ânes,  argue,  as;  et,  suivant  la 
forme  première  ou  plus  ancienne  du  mot,  si  son  radical  est 
Mars,  du  lat.  Mars,  martis,  ou  du  génitif  du  nom  de 
Marcus  on  Maricus,  avec  une  légère  permutation,  il  est 
probable  qu'il  signifiera,  par  l'adjonction  du  suffixe,  le 
domaine  de  Mars  ou  de  Marcus,  un  lieu  dédié  à  Mars,  divi- 
nité gauloise  et  romaine,  ou  appartenant  à  Marcus  oti 
Marcius. 

De  là  il  n*y  a  pas  à  inférer  que  tons  ces  villages  oa 
hameaux  remontent  à  une  date  perdue,  comme  on  dit, 
dans  la  nuit  des  temps  ;  mais  il  ne  serait  pas  impossible 
qu'un  souvenir  du  dieu  Mars  se  fût  peut-être  conservé.  Ce 
qui  est  pourtant  plus  vraisemblable,  c'est  le  nom  simple 
du  propriétaire,  ou  bien  le  patronage  de  l'évangéUste 
Marc,  sous  l'invocation  duquel  une  église,  toujours  le  pre- 
mier étabissement  fondé,  aurait  été  placée. 

Masaapan,  s.  m.  Petite  boite  en  bois  léger  où  l'on  met 
des  friandises,  des  confitures  sèches;  boite  aux  graines 
pour  les  couvées  de  vers-à-soie. 

Massaparén^  s.  m.,  ou  Pissagô.  Potiron  rouge,  poly- 
pore  bigarré,  Polyporus  versicolor,  Linn.»  espèce  de  cham- 
pignon vénéneux,  comme  l'indique  son  nom  qui  signifie 
tue-parent,  du  lat.  Mactare,  tuer,  en  ital.  Maxxare,  —  Ce 
champignon  devient  bleu  ou  violet  lorsqu'on  le  casse,  on 
simplement  en  y  appuyant  le  doigt,  n  cesse,  dit-cm,  d'être 
malfaisant  quand  on  l'a  fait  bouillir  et  dégorger  «isoite 
dans  l'eau  fraîche;  mais  nous  ne  voudrions  pas  garantir 
l'efficacité  du  procédé.  —  Voy,  Pissagd. 

Masséto,  s.  f.  Maillet  en  fer  de  tailleur  de  pierre. 

Dim.  de  Masso,  masse. 

Massîargue,  s.  m.,  n.  pr.  de  lieu.  Massillargnes,  dans 
le  canton  d'Anduze  et  dans  la  commune  de  Saint-Maximin 
(Gard). 

Ce  nom  et  quelques-uns  de  ses  analogues  présentent  des 
particularités  de  formation  qui  noua  paraissent  asseï 
curieuses  :  leur  orthographe  s'est  modifiée  d'une  manière 
si  diverse  avant  de  se  fixer  comme  elle  est  aujourd'hui* 
qu'il  en  résulte  une  certaine  incertitude  sur  leur  véritable 
dérivation. 

Massîargue,  d'abord,  reproduit  en  fr.  par  Massillargoes, 
était  désigné,  en  43&5,  dans  deux  titres  diflBtaDts  par 
Parrochia  Saneti  MareeUi,  et  par  Coi frufn  «C  mandammtfÊim 
de  MassUianieis,  devenu,  en  4402,  dé  MosneUhasueis,  en 
4  435^  MassiUargues  en  Anduse,  forme  romanet  et  encore, 
en  4437,  de  Mareilhanieis,  en  4485,  MfarûeihasUoœ;  puis* 


MAS 


MAS 


473 


Matilkargœ,  en  4525,  et  MareUhargues,  en  4568;  pour 
flotter  toujours  entre  ces  vsgiantes  jusqu'à  l'appellation 
actuelle  qui  parait  définitive  dans  la  langue  vulgaire  et 
dans  le  français.  On  sait  à  quoi  s'en  tenir  sur  la  transfor- 
mation de  la  finale  de  la  basse  latinité  anieœ  en  argue, 
languedocien  :  ici  une  complication  du  mot  se  produit  sur 
ses  premières  syllabes  avec  la  lettre  r  qui  parait  et  dispa- 
rait au  gré  de  je  ne  sais  quel  caprice. 

Pourquoi  le  même  phénomène  se  montre-tril  dans  le  nom 
de  Marseille,  que  le  grec  et  le  latin  faisaient  nettement 
sonner  en  Massalia,  et  qui  a  pris  la  forme  rude  en  langue 
d'Oïl  et  en  langue  d'Oc  ? 

Plus  près  de  nous,  l'appellation  analogue  Moiiia,  Mas- 
aillac,  commune  de  Bouillargues,  était,  en  944,  Villa  que 
voeani  Mareeglago;  elle  devint,  en  4446,  MarcUiaehum  et 
iforeettaotifii,  en  4200,  MarsiUaeum,  en  4479,  MassUhae, 
pour  finir  en  JUasiïa,  ou  Massillac  dans  notre  dernière 
orthographe. 

Par  le  rapprochement,  sinon  de  la  forme  actuelle,  au 
moina  de  celle  donnée  à  notre  Ma»s\argue  dans  le  moyen- 
âge,  il  faut  reconnaitre  la  même  composition  non  altérée 
dans  BUarUargm,  MartUlargues,  autrefois  Massillargues 
(Hérault),  en  lat.  MarctUianiem,  Marcellianicus,  Dans  la 
même  catégorie  viendront  se  confondre  Marcilhac  (Lot); 
Marcilhac  (Aveyron,  Gorrèze,  Dordogne,  Gironde,  Lot); 
Marseillac  (Haute-Garonne)  ;  Massillac  et  Marcillat  (Creuse, 
Puy-de-Dôme);  Marsillat  (Creuse);  Marsellan  (Gers)  ;  Mar- 
œllanges,  n.  pr.;  Marséian,  Marseillan  (Gers,  Hérault, 
Hantes-Pyrénées);  Harsïan,  Marsillan  (Gard);  et  déplus 
les  MareiUé,  et  vingt-deux  MarciUy,  répandus  sur  tous  les 
points,  sans  compter  les  MarsUly,  qui  sont  aussi  de  la 
famille,  et  les  MauiUy,  dans  lesquels  se  retrouvent  les 
formes  latines  Mareellus,  MareelUanus  et  MarceUianicu», 

La  question  n'est  pas  de  remarquer  une  fois  de  plus 
l'identité  de  dénomination  malgré  la  différence  des  dési- 
nences. Il  est  bien  certain  qu'en  ajoutant  à  un  nom,  à  un 
substantif,  le  suffixe  final,  qu'il  soit  a,  ac,  an,  at,  anges, 
arguet,  é  ou  y,  on  a  voulu,  suivant  une  méthode  que 
nous  avons  déjà  exposée,  et  par  des  procédés  connus  et 
variés,  faire  de  ce  nom  un  nom  de  propriété,  de  localité. 
Mais  quel  est  le  mot  générateur  ?  Est-il  clairement  précisé 
pur  la  forme  en  Mau  ou  Mat,  ou  bien  par  la  consonnanoe 
en  Mar,  Mars,  Marée?  Deux  voies  ne  se  présentent-elles 
pas  à  l'étymologie  à  cause  de  ces  variations  ? 

L'une,  comme  pour  Mar$êU),  Marseille,  venant  de  ifa«- 
taiia,  adoptant  oependant  la  consonne  r,  n'indique-t-elle 
pas,  pour  les  analogues  correspondants,  un  primitif  égale- 
ment en  MoM  pris  dans  l'idiome  gaulois  et  si  fidèlement 
conservé? 

L'autre  ne  mène-t-elle  pas,  avec  autant  de  probabilité, 
vers  le  nom  propre  latin  Mareellus,  porté  par  un  saint 
Marcel,  évèque,  sous  le  patronage  et  l'invocation  duquel 
ces  nombreux  villages,  qui  ne  remontent  pas  au-delà  de 
Tère  chrétienne,  auraient  été  placés  ? 


Contre  ce  dernier  aperçu  s'élève  une  objection  de  quelque 
importance  :  pas  une  de  ces  appellations  n'est  précédée  de 
l'adjectif  qualificatif  Sén,  Saint,  ce  qui  arrive  d'ordinaire 
quand  un  patron  religieux  est  adopté.  Quant  à  l'origine 
par  le  nom  romain  de  Mareellus,  il  est  possible  que  ce 
nom  ait  été  plus  répandu  au  moyen-âge  qu'il  ne  l'est 
aujourd'hui,  mais  elle  ne  peut  être  attribuée  à  la  famille 
patricienne  qui  aurait  laissé  son  souvenir  dans  la  Gaule 
avec  cette  profusion. 

Faut-il  revenir  au  Mas  celtique,  avec  la  signification  de 
lieu,  demeure,  habitation,  plus  générale  que  l'acception 
restreinte  de  maison,  avec  laquelle  nous  le  trouvons  si 
souvent  employé,  soit  seul,  soit  en  composition?  Pour 
Mars&o  il  semble  qu'il  n'y  a  pas  doute  fVoy,  c.  m.).  Mais 
pour  la  terminaison,  qu'elle  soit  eeilla,  eilhae,  seiUae,  Ha, 
silhargue,  Han,  cilhy,  silly,  etc.,  il  convient  de  la  cher- 
cher ailleurs  que  dans  le  mot  Salyes  ou  Saliens,  nom  d'une 
tribu  gauloise.  Mais  les  Salyes  n'auraient-ils  pas  été  eux- 
mêmes  dénommés  d'un  radical  de  leur  langue?  Et  dès-lors 
le  primitif  ne  pourrait-il  pas  avoir  été  pris  dans  la  racine 
Cal  ou  Chai,  que  l'ancien  comique  rend  par  Kelli,  et  le 
gaélique  par  Caïl,  transformé  par  le  lat.  du  moyen-âge  en 
Seyllœ,  correspondant  à  Sylvw,  et  par  le  roman  en  SeUles, 
Celles,  avec  la  même  signification,  métamorphosé  encore 
en  Salles,  que  nous  gardons  CVoy.  SallosJ,  d'où  sont  sorties 
tant  de  variétés  avec  le  sens  de  forêt,  bois  ? 

L'assemblage  des  deux  racines  donnerait  par  conséquent* 
à  tous  ces  noms  de  lieu,  plus  ou  moins  transformés,  le 
sens  de  :  lieu  de  la  forêt  ou  dans  les  bois,  au  milieu  des 
bois.  La  topographie  ancienne  du  pays  pourrait  assurer  à 
cette  dérivation  quelque  vraisemblance  ;  et  nous  n'avons 
pas  le  moyen  de  vérifier  autrement  nos  conjectures  et  ces 
indications. 

Peut-être  une  interprétation  plus  simple  s'ajouterait-elie 
à  celle-ci,  eu  admettant  toujours  pour  la  dernière  partie 
du  mot,  à  part  les  sufiixes,  le  radical  synonyme  de  Sylva 
ou  de  Nemus,  eeille,  celle,  silly  ou  autres,  mais  en  remar- 
quant le  commencement  du  nom  formé  de  Mar  ou  Mas, 
ce  radical  si  fréquemment  employé  en  composition  pour 
imprimer  la  signification  péjorative  qui  correspond  au  lat. 
if eUuffi  ou  Mali,  dont  nous  avons  cité  beaucoup  d'exemples. 
On  .sortirait  ainsi  de  ces  dénominations  légendaires  qui  se 
justifient  difiicilement,  et  on  serait  ramené  à  des  mots  des- 
criptifs, inspirés  par  l'aspect  de  la  contrée  à  laquelle  ils 
s'appliquent,  situation  ou  nécessité  sans  aucun  doute  com- 
mune dans  la  Gaule  remplie  de  forêts.  On  voit  dès-lors  que 
ces  appellations  voudraient  dire  naturellement  :  petite, 
mauvaise  forêt,  bois  mauvais;  et  cette  signification  aurait 
dans  bien  des  lieux  trouvé  sa  raison  d'être. 

Massimonn,  s.  m.  Maximum,  le  plus  haut  d^gré,  le 
prix  le  plus  élevé  que  puisse  atteindre  une  chose,  une 
marchandise.  —  Ce  mot,  de  physionomie  assez  étrange» 
est  dû  à  la  première  révolution  où  la  fameuse  loi  du  maxi- 
mum frappa  bien  plus  encore  sur  le  peuple  que  les  lois  de 


474 


MâS 


MAS 


proscription  et  de  sang  :  aussi  adopta- t-il  Mcusimoun,  dont 
il  était  tant  question  et  dont  il  souffrit,  et  le  corrélatif 
Minimoun  lui  resta  étranger. 

Massls,  s.  m.  Jetée  en  maçonnerie,  digue,  boulevard, 
sur  le  bord  d'une  rivière  torrentielle  pour  briser  le  cours 
de  Feau,  le  détourner  et  empêcher  les  terres  qui  sont  der- 
rière d'être  sapées  et  emportées.  —  Un  massis  plus  consi- 
dérable dans  un  port  de  mer  est  un  môle. 

Massis  ou  Massl,  adj.  m.  Au  fém.  Mastipo  ou  Mas- 
sivo.  Massif;  matériel;  ample  et  épais;  lourd;  grossier; 
matériel. 

La  déviation  singulière  du  mot  au  fém.  Massipo  n'est 
pas  toute  due  à  l'euphonie  ;  elle  suppose  à  un  masc.  inusité 
la  présence  d'un  p  final.  Il  est  difficile  d'en  voir  et  d'en 
savoir  la  raison. 

Masse,  s.  f.  Masse  ;  maillet  de  menuisier,  de  tonnelier, 
de  chaudronnier,  etc. 

Masse,  s.  f.  Masse;  fonds  d'argent,  d'une  succession, 
d'une  société.  —  Rapourta  à  la  masso,  faire  rapport  à  la 
masse.  Métré  à  la  masso,  mettre  à  la  masse  :  c'était  une 
assurance  mutuelle  entre  quelques  parents  de  jeunes  gens 
soumis  à  la  conscription  qui  formaient,  par  part  égale,  un 
fonds  commun  :  si  le  sort  était  favorable  à  tous,  chacun 
retirait  sa  mise  ;  sinon,  le  mauvais  numéro  prenait  la 
masse  entière,  ou  les  mauvais  se  la  partageaient,  pour  faire 
un  remplaçant.  Cet  usage  était  un  peu  passé  de  mode 
depuis  l'établissement  des  compagnies  pour  les  remplace- 
ments militaires  ;  mais  traiter  avec  elles  se  disait  encore 
souvent  métré  à  la  masso.  L'intervention  du  gouvernement 
avait  porté  le  dernier  coup  à  la  locution  :  la  nouvelle  loi 
sur  l'organisation  de  l'armée,  qui  abolit  le  remplacement, 
la  fera  mettre  tout  à  fait  en  oubli. 

Masse-biôeu,  s.  m.,  n.  pr.  d'homme.  Ancien  nom  des 
bouchers  pour  la  viande  de  bœuf,  et  proprement  Tue- 
bœuf,  de  l'ital.  Mazzare,  tuer;  en  esp.  Matador,  du  lat. 
Mactare,  mactator,  d'où  Matar,  m.  sign. 

Sur  ce  mot,  Sauvages,  qu'il  fait  bon  toujours  citer,  dit 
dans  un  article  plein  de  haute  raison  : 

€  Ce  dernier  nom,  ou  tue-bœuf,  serait  préférable  à  celui 
de  masse-bœuf,  que  nos  notaires  emploient  constamment 
dans  leurs  actes,  s'il  était  cependant  permis  de  changer 
les  noms  propres  en  tout  ou  partie,  sous  prétexte  de  les 
franciser  en  les  rendant  méconnaissables  :  ce  qui  est  con- 
traire aux  bonnes  règles. 

«  Cet  usage  est  d'autant  plus  extraordinaire,  que  lorsque, 
dans  un  ouvrage  français,  on  cite  un  nom  propre  anglais 
on  allemand,  on  ne  s'avise  pas  d'en  changer  l'orthographe, 
quelque  hérissée  qu'elle  soit  de  consonnes  qui  n'ont  pas 
coutume  de  se  trouver  ensemble  dans  des  mots  français; 
encore  moins  les  tradoira-t-on  dans  cette  dernière  langue  ; 
on  écrira,  par  ex.,  le  nom  propre  Sohenchzer,  sans  y  chan- 
ger une  seule  lettre. 

<  Et  l'on  se  permet  des  changements  dans  les  n.  pr. 
languedoeieRs ,  dont  beaucoup  sont  cependant  du  fmat 


allemand,  étant  mis  en  parallèle  à  côté  du  françûs.  N'eslpîl 
donc  pas  permis  à  un  languedoden  d'être  de  sa  langue 
maternelle,  la  première  qu'il  a  appris  à  bégayer,  celle  qû 
lui  est  la  plus  familière,  et  qu'ont  parlée  ses  alieax,  pour 
qui  le  français  fut  longtemps  une  langue  presque  am 
étrangère  que  celle  des  peuples  qui  nous  environnent? 

c  Cette  manie  d'altérer  les  n.  pr.  ou  de  les  dèfigoret 
gagne  tous  les  jours  parmi  nous  ;  on  signe  différemment  de 
ses  ancêtres,  soit  qu'on  imagine  qu'il  y  ait  quelque  cho» 
d'ignoble  dans  l'orthographe  et  la  prononciation  languedo- 
ciennes, soit  peut-être  que,  rougissant  de  son  origine,  o& 
cherche  à  la  faire  oublier  par  ce  moyen  et  se  rapprocher 
d'un  nom  ou  plus  illustre,  ou  qui  sonne  mieux  à  Toreille, 
on  se  débaptiserait  volontiers  pour  s'élever  au-dessus  de  la 
condition  de  ses  pères.  Mais  si  l'on  venait  un  jour  disputer 
à  ces  franciseurs  de  noms  leur  héritage  et  leur  filiation, 
quelle  autre  voie  auraient-ils  pour  l'établir,  que  l'exacte 
conformation  de  leur  nom  avec  celui  de  leurs  aïeuls*} 

c  II  faudrait  dsnc  écrire  en  fr.,  sinon  Massahiôou  (ce 
qui  serait  le  mieux),  au  moins  Massebiou  ou  Mossabiol; 
comme  on  le  trouve  dans  les  anciens  cadastres;  et  non 
Massebœuf.  —  Voy.  Déléouze  et  Màourèl,  a 

Massenla,  v.  Assommer;  abattre  d'un  coup  de  masse; 
battre  avec  un  battoir. 

Le  radical  Masso  entre  certainement  dans  la  composition 
de  ce  mot,  comme  il  se  trouve  dB,m  Massacre,  MastabiàiWy 
etc.,  pour  leur  donner  la  signification. 

Sauvages  cite  immédiatement  après  Massouliè  ou  ITar- 
souliè,  du  vieux  lang.  et  n.  pr.  que  nous  aurions  écrit 
Massouïè,  s'il  eût  été  encore  usité.  Il  lui  donne  la  signifi- 
cation de  Assommeur,  garçon  de  boucher  qui  assomme  les 
bœufs.  Nous  ne  le  relevons  que  pour  indiquer  quelques 
noms  propres,  assez  répandus,  tels  que  MazoUier,  Mar- 
sollier,  Mazoyer,  qui  se  confondent  presque  avec  Mazelier, 
Marsellier,  venus  du  lat.  Maeellarius,  boucher,  et  qui  ont 
une  singulière  affinité  de  sens  et  d'origine  avec  notre  verbe 
et  le  substantif  n.  pr.  :  ce  qui  confirmerait  la  âèrivation 
et  le  sens. 

Maaté,  s.  m.  Mastic  ;  composition  pour  joindre,  ooHiei 
ou  enduire  certains  ouvrages. 

Mastéga,  v.  M&cher;  broyer  avec  les  deata.  Au  ^^ 
préparer,  disposer  un  ouvrage  pour  le  rendre  plus  facile  A 
faire  à  quelqu'un  ;  éclaircir  une  affaire  pour  la  renâie  p\iB 
facile  à  comprendre,  à  suivre.  —  Aquà's  tout  nuitUfa, 
c'est  tout  préparé,  tout  mâché,  comme  si  Fou  ajoutait  *.  û 
n'y  a  qu'à  avaler.  Y-ou  cX  pas  mastéga,  je  ne  le  lui  ai  point 
mâché,  je  le  lui  ai  dit  crûment,  je  le  lui  ai  servi  VmA 
om. 

Oér.  du  lat.  Masticare,  m.  sign. 

Mastiqua,  v.  Mastiquer,  joindre,  coller;  fixer»  boocber 
avec  du  mastic. 

Mastiqua,  en  languedocien  tant  soit  peu  excentrique,  » 
dit  aussi  pour  manger,  officier,  et  vient  alors  du  lat.  M» 
tieare,  dont  le  fr.  a  su  faire  du  même  coup  MasticatioQ  rt 


MAT 


•MEC 


475 


pais  Mâcher  ;  tandis  que  notre  verbe  dérive  de  Masté,  subst . , 
qui  abandonne  sa  finale  pour  se  rapprocher  de  la  conson- 
nance  française. 

Mastls,  s.  m,,  on  Masti.  Mâtin,  espèce  de  gros  chien, 
de  garde,  de  basse-cour,  de  berger.  Canis  loniariui,  Linn. 
—  Qu'a  bon  vési  a  bon  mattï,  qui  a  bon  voisin  a  bon 
mâtin. 

Dér.,  d*après  les  pins  accrédités  étymologistes,  du  lat. 
Moêtaiiviu,  chien  de  la  métairie,  de  la  maison . 

Mat  on  Ma,  j.  m.  Mât,  arbre  d*nn  navire.  —  Mat  dé 
eoeagno,  mât  de  cocagne,  expression  qui  nous  vient  direc- 
tement du  fr.  —  Voy.  Ma . 

Dér.  du  lat.  Malus,  m.  sign. 

Mata,  V. Mater;  humilier,  abattre;  surpasser  quelqu'un, 
Tefiacer  en  esprit,  en  adresse,  dit  Sauvages,  ce  qui  équi- 
vaut un  peu  à  l'humilier. 

Dér.  du  lat.  Mactare,  immoler,  sacriGer.  Eu  espag. 
Matar;  en  ital.  Mattare,  tuer,  dompter. 

Matable,  s.  m  Battant  de  cloche,  de  sonnaille,  de  son- 
nette. 

Dér.,  avec  une  légère  altération,  de  la  bass.  lat.  BatcU- 
lium,  m.  sign.,  qui  a  fait  ansi^i  Battant. 

Matado,  s.  f.  Dim.  Matadéio.  Gépôe  ;  touffe  de  tiges  de 
bois  sortant  de  la  souche  d'arbres  récemment  coupés.  — 
Vno  matado  d'éouset,  une  cépée  de  chènes-verts. 

Augm.  de  Maio,  ou  plutôt  réunion  de  plusieurs  Motos. 

Matala  ou  Matalan,  s.  m.  Gros  plat  de  résistance,  quel 
qu^il  soit,  qui  mate  ou  mieux  qui  tue  la  faim. 

En  esp.  Mattar,  tuer;  en  gr.  Motteiv,  dompter. 

Matalas,  s.  m.  Dim.  Matalassé.  Matelas,  sac  plat  et 
piqué,  rempli  de  laine,  de  bourre,  de  crin  ou  de  plumes, 
pour  un  lit. 

Les  étymologies  ne  manquent  pas  :  Ménage  trouve  la 
vraie  dans  le  lat.  Matta,  natte;  Roquefort  est  pour  le  lat. 
Maleries;  d'autres  l'attribuent  au  celt.  3Iatt,  lit,  et  Ras, 
laine  ;  la  bass.  lat.  avait  Matalacium  ;  et  dans  le  bas-bre- 
ton, Matalaex,  m.  sign.,  existe  toujours.  Nous  sommes 
Gaulois. 

Matalasssnre,  aîro,  j.  m.  et  f.  Matelassier;  ouvrier  qui 
fût  et  qui  rebat  des  matelas. 

Mataa,  s.  m.  Buisson;  hallior. 

Augm.  de  Mato. 

Matéloto,  s.  f.  Vêtement  de  femme  :  camisole,  che- 
misette, espèce  de  gilet  ou  mieux  de  corset  sans  ba- 
leine et  sans  lacet,  en  étoffe  chaude  ou  légère  suivant  la 
saison. 

Probablement  ce  nom  a  été  donné  à  ce  vêtement  de 
ce  que,  par  sa  forme  aisée,  il  rappelle  la  jaquette  du 
matelot. 

Matéloto,  s.  /*.  Matelotte,  ragoût,  apprêt,  manière 
d'accommoder  le  poisson  À  la  façon  des  matelots. 

Matèn,  èno,  s.  m.  e\f.,eiinierj.  Mâtin;  Inron;  matois; 
ntté  compère.  —  Se  prend  quelquefois  en  bonne  part,  plus 
souvent  en  mauvaise  :  sa  valeur  change  du  reste  suivant 


son  emploi.  Un  bon  matên,  un  gaillard  déterminé,  qui  a 
l'adresse  et  la  force  de  se  défendre  et  d'attaquer  aussi. 

Aquà's  uno  matèno  gué C'est  ime  luronne  qui Un 

matèn  que  $é  laïsso  pas  émbouèsa,  un  fin  matois  qui  ne  se 
laisse  pas  mettre  dedans.  Ses  un  pouli  matèn  dé  vous  faire 
espéra,  vous  êtes  un  joli  monsieur  de  vous  faire  attendre. 
Interjectivement,  Matèn/  quinte  fré.  Mâtin!  quel  froid!  Le 
fr.,  en  style  familier  ou  populaire,  se  sert  du  même  dans 
toutes  ces  locutions;  le  lang.  le  lui  a  bonnement  emprunté 
sans  songer  qu'il  avait  lui-même  Mastïs  pour  rendre  aussi 
le  mâtin,  chien  fort  et  hardi,  qui  a  donné  lien  â  cette 
expression  figurée. 

MaU,  s.m.eladv.  Dim.  Mâtiné.  Matin,  première  partie 
du  jour;  de  bonne  heure.  —  L'aï  visto  dé  mati,  je  l'ai  vue 
ce  matin.  Lou  bon  mati,  de  grand  matin,  de  très-bonne 
heure.  Se  leva  mati,  déman  mati,  se  lever  matin,  demain 
matin.  Que  pago  dé  vèspre  déou  pas  rés  dé  mati,  qui  paie 
le  soir  ne  doit  rien  le  matin.  Rouje  dé  mati  éscoumpisso 
lou  cami,  prvb.,  le  ciel  rouge  le  matin  verse  l'eau  sur 
le  chemin. 

Dér.  du  lat.  Matutinum,  m.  sign. 

Maligne,  ignèiro,  adj.  Matinal  ;  matineux.  —  Ses  bien 
matignè  hiuèï,  vous  êtes  bien  matinal  aujourd'hui.  Souï 
toujour  esta  matignè,  j'ai  toujours  eu  l'habitude  de  me 
lever  matin,  j'ai  toujours  été  matineux. 

Matinado,  s.  f.  Matinée,  du  point  du  jour  jusqu'à  midi. 
—  La  matinado  faï  la  journado,  prvb.,  la  matinée  fait  la 
journée.  , 

Matino,  s.  f.  Matin,  matinée.  —  Variante  de  Mati- 
nado. 

Matines,  s.  f.  plur.  Matines,  première  partie  de  l'oflice 
divin.  —  Âquà  i'acordo  coumo  lou  manifUat  à  matinos, 
prvb.,  c'est  chanter  magnificat  à  matines. 

Mato,  s.  f.  Touffe  d'une  ou  plusieurs  plantes,  de  celles 
dont  la  fane  sort  immédiatement  de  terre  ou  dont  la  tige  se 
garnit  de  feuilles  à  partir  du  sol.  —  Uno  mato  dé  trufos, 
dé  lusèrno,  dé  brus ,  une  touffe  de  pommes  de  terre,  de 
luzerne,  de  bruyère. 

Mato  se  dit  aussi  d'arbrisseaux  on  d'arbres  dont  le  pied 
a  été  coupé  et  dont  la  souche  donne  de  jeunes  pousses 
formant  également  une  touffe.  —  Uno  mato  d'arbousiè,  dé 
castagne,  une  touffe  d'arbousier,  de  châtaignier.  —  Voy. 
Matado, 

En  cat.  Mata,  arbrisseau. 

Mé,  pron.  pers.  Me,  moi.  —  Ne  s'emploie  que  comme 
objet  ou  régime  du  verbe.  —  Fouie  mé  eré^re;  crésà-mé,  il 
fallait  me  croire;  croyez-moi.  Douna^mé  quieon,  donnez- 
moi  quelque  chose.  Que  mé  déou  mé  demanda,  qui  me  doit 
me  demande. 

Dér.  du  lat.  Me,  me. 

Méchas,  s,  m.  Morveau,  morve  plus  épaisse  et  plus 
recuite. 

Augm.  et  péj.  de  Méeho, 

Méchéûroù,  «.  m.  Lamperon  ;  principalement,  bec  creusé 


476 


HÉI 


MÉI 


en  gouttière  qui  soutient  la  mèche  de  Tancienne  lampe 
appelée  Zun;  lamperon  des  nouvelles  lampes;  languette, 
petit  canal  pour  contenir  la  mèche. 

Héchino,  s.  f.  Fressure  d*agneau  ou  de  chevreau,  com- 
prenant le  foie,  la  rate,  le  cœur  et  le  poumon. 

Dit  pour  Méjino,  qui  dérive  de  Méjan,  comme  si  Ton 
disait  :  partie  du  milieu,  du  centre. 

Mécho,  $.  f,  Augm.  Méchas,  Morve  du  nez,  humeur 
visqueuse  des  narines,  qui  sort  souvent  sous  forme  de 
mèche, 

Mécho,  s.  f.  Mèche,  cordon  de  coton  pour  les  lampes; 
mèche,  corde  préparée  pour  mettre  le  feu  à  une  mine,*  an 
canon  ;  mèche  de  vilebrequin,  d'une  vrille,  d'une  tarière  ; 
pointe  de  fer  d*un  outil  pour  forer  ;  touffe  aplatie  ou  pen- 
dante, ou  roulée  de  cheveux. 

Dér.  du  lat.  Myxus,  lumignon. 

Méçhoùs,  0080,  adj.  Morveux,  qui  a  de  la  morve  an 
nez. 

Médaîo,  s.  f.  Médaille,  pièce  de  métal  portant  une  effigie 
et  des  inscriptions. 

Dér.  du  lat.  MetaUum. 

Médar,  s.  m.,  n.  pr.  d'homme.  Médard.  —  La  fête  de 
Saint-Môdard  tombe  le  8  juin,  et  le  proverbe  dit  : 

Quan  plôou  pér  Sén  Médar, 
Plôou  cranto  jours  pu  tar. 

Un  autre  ajoute  : 

(iuan  plôou  pér  Sén  Médar, 
Dé  la  récolto  emporta  un  quar; 

Quan  plôou  pa, 

N*émporto  la  mita. 

Médéd,  s.  m.  Médecin,  docteur  en  médecine,  qui  exerce 
la  médecine.  —  Déjouïne  médécï  eéméntèri  boussu,  prvb., 
de  jeune  médecin  cimetière  bossu.  Vièl  médéd,  jouïne 
barbiè,  riche  apouticari,  prvb.,  vieux  médecin,  jeune  bar- 
bier, riche  apothicaire. 

Dér.  du  lat.  Medicus,  m.  sign. 

Médécina,  v,  Môdiciner;  faire  abus  de  médecines,  de 
drogues,  de  remèdes  de  toute  sorte  dans  le  traitement  des 
maladies. 

Médécino,  s.  f.  Médecine;  art  de  traiter  les  maladies; 
purgation  employée  dans  ce  traitement. 

Mégnè,  s.  m.  Souche-mère  du  châtaignier  franc,  dont 
on  recèpe  annuellement  les  jets  pour  en  greffer  les  châtai- 
gniers sauvages. 

Dér.  de  Méno,  comme  si  Ton  disait  faiseur,  producteur 
de  3Iéno,  ou  porte-greffe. 

Mèila  (Se),  v.  Se  mêler;  s'entremettre;  s'occuper  d'une 
affaire,  d'une  chose,  bien  ou  mal  à  propos.  —  Dé  que  si 
mèilo  ?  de  quoi  se  mêlc-t-il  ?  Se  mèïlo  pas  dé  trop,  il  s'en 
tirera,  il  n'entreprend  pas  au-dessus  de  ses  forces. 

Mêfîla,  avec  la  légère  altération  qui  essaie  de  dissimuler 
l'emprunt  an  fr.,  a  un  peu  plus  de  cachet  que  Mêla,  qui 


s'emploie  aussi  dans  les  mêmes  circonstances.  —  Voy.  Meta, 

Méinaja,  V.  Ménager;  épargner;  traiter  avec  égard,  avoir 
soin  de...  —  Mêinaja  soun  eo,  frapper  doucement,  avec 
précaution.  Âdioussias,  mUnaja'Vous,  bonjour,  ménagez 
votre  santé. 

Mémaje,  s.  m.  Ménage  ;  économie,  gouvernement  domes- 
tique; meubles;  ustensiles  d'une  maison;  vaisselle  de  cui- 
sine. —  Se  boula  din  $oun  méinaje,  se  mettre  en  ménage. 
Lava  lou  méinaje,  laver  la  vaisselle.  Faïre  lou  méinaje, 
balayer,  frotter,  nettoyer,  mettre  tout  en  ordre  dans  un 
appartement,  dans  une  maison. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Mainagium,  venu  de  Mansio, 
demeure. 

Méinaje,  s.  m.  Homme  aisé  qui  vit  de  son  bien  qu'il 
travaille,  et  qui  ne  travaille  point  pour  autrui;  fermier, 
laboureur. 

Méinajèiro,  s.  f.  Ménagère,  femme  qui  entend  l'écono- 
mie et  la  conduite  du  ménage.  —  Fïo  troutiUro  et  féoét- 
trièïro  raromén  bono  mêinajèiro,  prvb.,  fille  trottiére  et 
fenestrière  rarement  bonne  ménagère. 

Méïrano,  s.  f.,  n.  pr.  de  lieu.  Meyranes,  commune  dans 
le  canton  de  Saint-Ambroix  (Gard). 

Nous  ne  voulons,  à  l'appui  de  notre  thèse  sur  les  dési- 
nences suffixes,  que  présenter  la  série  des  variantes  de  ce 
nom  et  des  analogies  qu'il  attire.  Ces  rapprochements 
seront  des  conclusions  suffisamment  déduites  et  prou- 
vées. 

Le  Dictionnaire  topographique  du  Gard  de  M.  Germer- 
Durand,  si  plein  de  savante  érudition,  nous  fournit  les 
citations.  Méïrano,  Meyranes,  est,  en  964 ,  Villa  quevoeaiur 
Mairanichos;  en  4037,  Mairanègues;  en  4240,  de  May- 
ranis;  en  4344,  Eeclesia  de  Mayranicis;  en  4549,  Jfay- 
rannes;  enfin,  depuis  4  634,  Meyranes. 

Dans  la  même  commune,  un  hameau  se  nomme  MoiroM, 
de  Mayrassio,  en  4463. 

Sous  la  forme  gallo-latine,  Mayranieœ,  prononciation 
identique,  représente  Meyrargues  (Hérault,  Gard  et  Bonches 
du  Rhône)  ;  la  forme  correspondante  latine,  Mayranum, 
Mayracttm,  Mayranœ,  a  donné,  dans  des  départements 
divers,  Mayran,  Mayrens,  Mayres,  Mayrac,  Mejrac, 
Mairac,  Meyras,  Meyriat,  Meyrié,  Meyries,  Meyrieo, 
Meyrueis,  etc. 

De  même,  les  formes  similaires  Merinhanieœ,  moj.  lat 
et  Mayrinacum  et  Marignaeum,  lat.,  fournissent  Mèri- 
gnargues  (Gard),  dit  aussi  Mirignanieue^  MerignaniemM, 
de  Marignanicis,  Merinhanieœ  et  Marinhankœ,  comme 
les  noms  de  Mérignan,  Méijgnac,  Mérignas,  MérignaU 
Mérigneux,  Mérignies,  Mérigny,  Mayrinhac,  Mayrinhagnes, 
Mayrignac,  Meyrinhac. 

Par  où  il  devient  évident  que  tous  ces  noms,  où  la  dési- 
nence reste  indifférente  pour  le  sens,  dérivent  da  même 
principe,  ont  la  même  racine,  qui  se  rencontre  dans  le 
celtique  Maer,  chef,  préposé,  gardien  ;  d'où  le  gallois  a  fait 
au  pluriel  Mairi,  fermier,  métayer,  gardien;  en  bas-bietoo 


MEL 


MEL 


477 


Matir,  maire;  en  roman,  Mairin,  Mérin,  échevin,  maire. 
La  signification  amène  pour  tous  celle  de  domaine,  pro- 
priété du  gardien,  dn  préposé,  du  fermier-chef,  du  métayer, 
da  ffuilinfr,  maire,  major. 

Môjan,  méiano,  adj.  Moyen;  mitoyen;  ce  qni  est  entre 
deux.  —  Un  m^jan,  s.  m.,  une  allée  ensemencée  entre 
deux  qui  ne  le  sont  pas. 

Cet  adj.  du  reste  devient  facilement  snbst.  masc.  ou  fém. 
et  forme  ainsi  des  noms  propres,  on  bien  entre  en  compo- 
sition, en  se  déterminant  suivant  le  genre  du  mot  auquel 
il  s'allie.  , 

Méjan,  n.  pr.  d'hqmme.  Méjan,  a  formé  Moiméjan, 
Mâoum^jan,  Malméjan,  Mauméjan,  Camméjan,  Gamp- 
méjan,  Câousséméjan,  etc. 

Méjano  est  devenu  n.  pr.  de  lieu,  rendu  en  fr.  par 
Méjannes,  qui  signifie  moyenne  on  intermédiaire,  sans 
doute  de  ce  que  l'habitation  autour  de  laquelle  se  groupa 
le  hameau  ou  le  village,  était  à  moitié  chemin  entre  des 
agglomérations  préexistantes.  De  la  même  manière  et  pour 
les  mêmes  raisons  se  sont  produits  les  noms  de  VUoméjano, 
Saroméjano,  etc. 

Méjano,  s.  f.,  désigne  également  la  dorade  moyenne,  de 
moindre  taille,  poisson.  —  Voy,  Dâourado. 

Dér.  du  lat.  Médius,  média,  m.  sign. 

Méjanciè,  ièîro,  adj.  Moyen;  médiocre;  de  moyenne 
grandeur;  intermédiaire. 

Méjanèl,  èlo,  adj.  Mitoyen;  moyen.  —  Désigne  aussi 
nn  habitant  de  Méjannes,  village.  —  Voy.  Méjan. 

Mél  ou  Mil,  s.  m.  Mil,  millet,  Panicum  mUiaeum, 
Linn.,  plante  de  la  fam.  des  Graminées,  dont  la  tige  est 
terminée  par  une  panicule  ou  de  menues  branches  éparses 
et  chargées  de  grains.  —  Avédre  lou  gran  dé  mil,  expres- 
sion figurée,  sorte  de  phrase  faite,  qu'il  n'est  pas  difficile 
de  traduire  mot  à  mot  :  avoir  le  grain  de  millet.  Voilà  qui 
est  fait.  Mais  il  n'est  pas  aussi  commode  d'en  donner 
Texplication.  Nous  essaierons  cependant  défaire  comprendre 
un  dicton  qui  revient  assez  souvent. 

La  peur,  dit^n,  grossit  les  objets;  c'est  possible,  mais 
pas  tous,  car  il  en  est  qu'elle  diminue  notablement.  Pour 
exprimer  jusqu'où  cela  peut  aller  chez  quelqu'un  frappé 
par  cette  divinité  à  laquelle  sacrifiait  l'intrépide  Romain, 
—  la  Peur  avait  un  temple  à  Rome,  —  le  languedocien 
inventa  cette  phrase  pittoresque  :  /  hu  taparia»  émb'un 
gran  dé  mél;  taparias  du  verbe  tapa,  boucher,  émb'un 
gran  dé  mél  ou  dé  mil,  avec  un  grain  de  millet.  On  com- 
prend que  le  pronom  lou,  le,  fut,  conformément  à  ses  fonc- 
tions, mis  plus  tard  pour  couvrir  le  mot  primitif  lui-même, 
quand  on  le  trouvait  trop  énergique.  C'était  traduire  par 
une  métonymie  risquée  sans  doute,  et  un  peu  crue,  mais 
juste,  un  des  effets  physiques  causés  par  la  frayeur;  si 
bien  qu'en  suivant  cette  voie  d'adoucissement  et  en  cher- 
chant à  représenter  l'effroi,  la  terreur,  cette  crispation  ou 
cet  éréthisme  nerveux  donnés  par  la  peur,  par  une  singu- 
lière succession  ou  déplacement  d'idées,  le  grain  de  mil  est 


devenu  lui-même  synonyme  de  peur,  et  avédre  lou  gran  dé 
ma,  c'est  avoir  peur...  Ah!  quelle  peur! 

Dér.  du  lat.  MUium,  m.  sign.,  qui  a  été  fait  lui-même 
de  Mille,  pour  exprimer  la  fécondité  du  millet,  qui  rend 
mille  pour  un. 

Mél-négre,  s.  m.  Blé  noir,  blé  sarrasin  ou  sarrasin, 
Polygonum  fagopyrum,  Linn.,  plante  de  la  fam.  des  Poly- 
gonées,  fromentaoée  dont  le  grain  triangulaire  est  noir,  ce 
qui  lui  a  valu  son  nom,  et  la  fieur  blanche.  On  peut  en 
faire  du  pain,  mais  il  est  indigeste  et  ne  convient  qu'à  des 
estomacs  robustes;  aussi  l'emploie-ton  surtout  à  engraisser 
4es  volailles. 

Mêla,  V.  Mêler,  faire  un  mélange;  assortir;  brouiller; 
particulièrement  mêler  les  cartes,  les  battre. 

Se  mêla,  se  mêler;  s'entremettre;  s'occuper  d'une  chose, 
à  tort  ou  à  raison.  —  Que  copo  ei  méh  dé  trop  se  mHo, 
qui  coupe  et  mêle  de  trop  se  mêle.  Dé  que  se  mUo  motm 
ea  r  de  quoi  se  mêle  mon  chat  ?  dit-on  à  quelqu'un  qni 
essaie  de  dire  ou  de  faire  plus  qu'il  ne  sait  ou  qu'il  ne  peut. 
—  Yoy.  Se  mêUa  et  Mésela. 

Empr.  au  fr. 

Mélôto,  s.  f.  Melet,  joël  athérine,  Athorina  hipsetus, 
Linn.,  poisson  de  mer  de  l'ordre  des  Holobranches  et  de  la 
fam.  des  Gymnopomes,  long  et  très-mince.  —  Voy.  Caga. 

Dans  nos  environs,  d'après  Crespon,  le  nom  de  Mélélo 
appartient  véritablement  au  joêl  du  Languedoc,  variété,  si 
c'en  est  une,  qui  se  confond  avec  le  melet.  Les  joëls  habi- 
tent la  Méditerranée,  mais  ils  pénètrent  dans  nos  étangs  et 
y  vivent  en  grande  troupe.  C'est  aussi  un  très-petit 
poisson  que  les  anciens  nommaient  AptUa;  ils  pensaient 
qu'il  naissait  de  l'écume  de^la  mer.  Sa  chair  est  bonne  en 
friture. 

Mélgouîrés,  éso,  adj.  Melgorien,  enne;  nom  que  l'on 
donnait  à  la  monnaie  de  l'ancien  comté  de  Melgueil  ou 
Mauguio,  qui,  de  4432  à  4474, fut  par  suite  d'une  alliance 
possédé  par  Bernard  Pelet,  seigneur  d'Âlais.  Le  sol  Melgo- 
rien, sol  Mélgouîrés,  qui  était  d'argent,  valait  huit  sols 
tournois,  et  la  livre  Melgorienne,  Mélgouïréso,  huit  livres 
tournois. 

Ce  mot  n'a  survécu  que  pour  servir  de  nom  distinctif  à 
un  village  important  de  l'arrondissement  d'Uzès,  Sén-GignM 
dé  Malgouirés  ou  Mélgouîrés,  Saint-Geniès  en  Malgoirés, 
qui  devait  être  une  dépendance  du  domaine  Melgorien. 
Dans  le  Bullaire  de  Saint-Gilles,  cité  par  M.  Germer- 
Durand,  on  le  trouve,  en  4449,  appelé  Sanctus  Genesius  de 
Mediogoses;  en  4384,  dMe  edio  Guoto;  en  4384,  de  Medio 
Goto;  en  4464,  de  Malgorio  et  de  Mandegoto;  il  n'arrive 
qu'en  4547  à  Saint-Génies  de  Malgoirés,  dénomination 
actuelle.  Il  faut  convenir  que  les  plus  anciennes  forme^ 
s 'écartent  beaucoup  du  primitif  Melgueil  et  Melgorien,  ce 
qui  infirme  nos  conjectures  sur  son  origine.  Tontes  nos 
recherches  ne  remontent  pas  plus  loin,  et  nous  ajouterons 
cependant,  toujours  d'après  le  savant  auteur  du  Dictionnaire 
topographique  du  Gard,  que  le  Malgoirés,  pays  du  diocèse 

M. 


478 


MEM 


MEN 


d*Uzôs,  était  un  pagus  formant,  an  x*  siècle,  une  vignerie 
qni  comprenait  quinze  villages,  dont  il  donne  les  noms,  et 
appartenait  4  la  circonscription  du  doyenné  de  Sanzet.  Ce 
fMi^uj  était  désigné,  en  943,  sons  le  nom  de  Yulli$  Medio 
Gonlensis  in  eomitatu  Uzetico;  dans  le  dénombrement  de 
4384,  on  trouverait  Médium  Gotum,  Gomme  notre  Salnt- 
Ciéniès,  un  autre  village  de  cette  viguerie,  Saint-Mamert,  est 
nommé  Sandus  MfafMtug  de  Medio  Goxes,  en  4204.  La 
finale  Goto,  goium,  confondue  avec  le  mot,  se  rencontre 
dans  Tappellation  d*un  village  éloigné  de  là,  aujourd'hui 
Mandagout,  dit,  en  4088,  Mandagot;  en  4233,  de  Manda- 
gotio;  en  4280,  de  Mandagoto;  en  4294,  MandagotumT 
Gomment  la  différence  de  traduction  on  de  reproduction 
s*est-elle  faite  ?  par  quelle  altération  est-on  arrivé  à  Mal- 
gouïris  ici,  et  là  à  Mandagoiu,  un  peu  plus  fidèle  ?  Ces 
rai^rochements  amèneraient-ils  à  faire  admettre  une  ori- 
gine wisigothe  ou  un  souvenir  d'appellation  de  ces  anciens 
possesseurs  de  nos  contrées?  Il  est  difficile  de  se  prononcer 
sor  ces  indices;  mais  elles  se  présentent  assez  naturelle- 
ment à  la  pensée. 

Mélonn,  $.  m.  Melon,  Cucumù  melo,  Linn.,  plante  de 
la  fam.  des  Cucarbitacôes,  originaire  de  PÂsie,  dont  les 
variétés  par  la  culture  sont  aujourd'hui  très-nombreuses.  — 
Vn  amateur,  sans  doute  frappé  de  la  difficulté  de  distinguer  la 
bonté  d'un  fruit  qui  ne  soi^re  pas  la  médiocrité,  a  consigné 
en  latin  les  qualités  qu'il  doit  avoir  :  Melo  tit  formosue, 
ÎBproeus,  rotundus  et  pondero8u$,  le  melon  doit  être  beau 
de  forme,  rugueux,  rond  et  pesant.  L'an  fa  eoumo  un 
méhun,  on  Ta  joué,  dupé,  mis  dedans  :  jeu  de  mot  sur  fa, 
fait  à  point,  qui  est  une  des  qualités  du  melon.  iVbim  té 
podou  eounouïeee  dé  iuén  hue  mélotme  et  lai  fénnoe,  prvb., 
femme  et  melon  à  peine  les  connait-on. 

Dér.  du  gr.  MfJXov,  pomme. 

Mémhra,  ado,  adj.  Membru,  qui  a  des  membres  gros, 
puissants,  forts. 

Membre,  s,  m.  Membre,  partie  extérieure  et  mobile  du 
corps,  la  tète  exceptée;  chambre,  pièce  d'une  maison.  — 
T*a  très  mémbree  d'un  van,  il  y  a  trois  pièces  de  plain-pied. 

Dér.  du  la  t.  Membrun,  m.  sign . 

Méméto  (Aro),  adv.  Dim.  de  Mémo,  A  présent  même, 
à  l'instant  même.  —  Réduplication  pour  raccourcir  encore 
rintervalle,  le  moment  dont  on  parie.  Yen  dé  m'ou  dire 
oro-méméto,  il  vient  de  me  le  dire  à  présent,  à  présent;  il 
n'y  a  pas  une  seconde. 

M6mo,  pron.  dee  deux  genres  et  adv.  Même,  qui  n*est 
point  autre,  point  diffèrent;  semblable,  pareil;  même; 
plus;  aussi;  encore.  —  Se  met  immédiatement  après  les 
personnes  pour  marquer  plus  expressément  celle  dont  on 
yarle.  —  Èstre  en  mémo  dé..,  être  en  état,  en  disposition, 
en  mesure  de... 

En  ital.  Medêiimo,  m.  sign. 

Mémorio,  e.f.,  ou  Mémouèro.  Mémoire;  faculté  de 
souvenir. 

Dér.  du  lat.  Memoria,  m.  sign. 


Mèn,  s.  m.  et  adv.  Le  moins,  la  moindre  (Aioae,  la 
moindre  quantité;  moins,  pas  tant,  en  plus  petite  quantité. 
-—  N'a  pa$  mén,  il  n'en  a  pas  moins.  Ou  laïttarét  èe  pér 
quieon  dé  mén,  vous  le  laisserez  bien  pour  quelque  ^ose 
de  moins.  Wi  maï  ni  mén,  ni  plus  ni  moins.  Aou  mén,  au 
moins.  A  tout  lou  mén,  pour  le  moins,  à  tout  le  moins. 
Gn'én  dounère  lou  mén  que  pouguère,  je  lui  en  donnai  le 
moins  que  je  pus.  Pod»  pas  faire  dé  mén,  je  ne  puis  fiire 
autrement,  je  ne  puis  me  dispenser.  Né  voulé  ou  né  voudre 
dé  mén,  mot  à  mot,  en  valoir  moins,  c.-à-d.  mourir.  L'ita- 
lien a  une  expression  analogue  :  Venir  mèno,  s'évanouir, 
tomber  en  défaillance.  A  mén  que...,  à  moins  que,  à  œ 
n'est  que.  A  mén  dé,..,k  moins  de.  A  mén  d^oufaèireétprè$, 
à  moins  de  le  faire  exprès.  Aou  mén  que  vèngue  pas,  de 
grâce  qu'il  ne  vienne  pas.  A  mén  que  lou  sone,  si  ce  n'est 
que  je  ne  l'appelle. 

Dér.  du  lat.  Minus,  m.  sign. 

Mena,  v.  Mener;  conduire;  amener;  diriger;  donner 
accès.  —  Sa  fénno  lou  méno,  sa  femme  le  mène.  IfM 
tifio  caréto,  conduire  une  charrette.  Mena  la  coréto,  être 
voiturier.   Véndrés  dilus  et  ménarès  vostê  eougna,  vous 
viendrez  lundi  et  vous  amènerez  votre  beau- frère.  Mena 
d'aise,  manier,  mouvoir  un  objet  doucement,  peu  à  peu,  à 
petits  coups,  sans  secousses.  Mena  carosso^  rouler  carrosse. 
Mena  fosso  fun,  mener  beau  bruit,  grand  brait,  Mie  des 
embarras.  Mena  fosso  rambal,  faire  beaucoup  de  remae* 
ménage,  grand  bruit  et  surtout  beaucoup  de  brait  poor 
rien.  Mena  dé  bru,  faire  du  tapage.  Chu,  menés  pas  tan  dé 
kru,  chut,  ne  faites  pas  tant  de  bruit.  Se  voulès  mena 
moun  afaïre,  si  vous  voulez  vous  charger  de  mon  procès. 
Ménarès  mous  afaïres,  vous  dirigerez  mes  afiEaires.  Mâou 
mena,  malmener,  réprimander,  maltraiter.  Aquàlouménarû 
pas  iuèn,  cela  ne  le  mènera  pas  loin.  AquéHo  trctvèsso  méno 
à  la  plaço,  cette  rue  conduit  à  la  place.  Méno  soun  M  <k  m 
mon,  il  fait  valoir  lui-même  sa  propriété. 

Menaça,  t;.  Menacer,  faire  des  menaces;  pronostiquer. 
—  Aquélo  muraw  ménaço,  ce  mur  menace  mine.  AipA 
tén  ménaço  dé  plèj'o,  ce  temps  annonce  la  pluie. 

Dér.  du  lat  Minari,  m.  sign. 

Ménaço,  s.  f.  Menace;  parole  ou  geste  pour  faire  con- 
naître ou  faire  craindre  à  quelqu'un  le  mal  qu'on  veut  lui 
faire. 

Dér.  du  lat.  Minadœ,  m.  sign. 

Ménaire,  s.  m.  Valet  de  meunier;  charretier  des  mou- 
lins à  blé  et  à  huile,  qui  va  chercher  le  blé  et  les  olives, 
et  rapporte  la  farine  et  l'huile  chez  les  partionliers. 

Ménaire,  s»  m.  Meneur;  celui  qui,  à  une  noce  et  pen- 
dant toute  sa  durée,  est  le  cavalier  affidô  d'une  invitée. 
Chaque  jeune  fille  ou  femme  a  le  sien,  qui  lui  donne  le  bras 
dans  le  cortège  de  couples  à  la  file  qui  accompagnent  les 
mariés  à  la  mairie,  à  l'église  et  dans  la  promenade  ocmsa* 
crée  où  tonte  la  noce  va  parader  triomphalement  dans  le» 
endroits  les  plus  fréquentés,  ménétrier  en  tète  et  au  son  du 
violon  qui  la  fera  danser  le  soir.  D  est  bien  èrideat  qu'à 


MEN 


MEN 


478 


ne  s'agit  id  que  des  noces  du  peuple,  les  antres  vont  en 
voiture,  dédaignent  la  promenade  tniditionnelle,  et  n'ont 
plus  besoin  de  MénMret. 

Ménaïre  se  dit  aussi  du  mouton  sonnailler,  meneur  ou 
conducteur  du  troupeau,  et  du  mulet  qui  marche  en  tète 
de  la  bande  appelée  Caubh, 

MénaîroB,  s.  f»  plur.  Les  deux  jeunes  filles,  amies, 
compagnes  d'une  nouvelle  mariée,  qui  sont  ses  meneuses, 
parce  que,  dans  la  cérémonie  des  noces,  elles  la  conduisent 
chez  son  époux  et  la  mènent  au  lit  nuptial. 

Ménar,  s.  m.  Arbre  moteur  ou  conducteur  d'une  ma- 
chine. Il  est  placé  comme  prolongement  de  l'axe  de  la  roue 
motrice  et  porte  aussi  loin  qu'on  veut  son  mouvement 
qu'il  distribue  en  même  temps  sur  toute  sa  longueur.  On 
appelle  Chapoù  l'appareil  en  fer  qui  relie  bout  à  bout  deux 
pièces  de  bois  lorsqu'une  seule  n'est  pas  suffisante  pour  la 
longueur  voulue  du  Ménar, 

Mén-dicho,  s.  f.  Rabais;  adjudication  au  rabais.  —  A 
la  mén-dicho,  adjudication  d'un  ouvrage,  d'un  travail, 
d'une  construction,  d'une  entreprise  au  plus  fort  rabais. 

Dér.  de  Mén,  moins,  et  Dieho,  dite. 

Méndre,  méndro,  adj.  Moindre;  plus  petit;  moins  grand. 
—  Lou  pu  méndre,  le  plus  petit.  Aquà's  moun  pu  méndre, 
c'est  le  dernier,  le  plus  jeune,  le  plus  petit  de  mes  enfants. 

Dér.  du  lat.  Minor,  m.  sign. 

Méndrigonlé ,  éto,  adj.  Mingrelin,  mince,  fluet;  de 
petite  taille,  avec  de  petits  traits  et  sans  vigueur. 

Dim.  de  Méndre. 

Ménéja,  v.  Produire  de  son  espèce,  s'il  s'agit  des  végé- 
taux, et  de  sa  race  si  c'est  d'un  animal.  —  Méno  ménéjo, 
dit  le  prvb.,  l'espèce  fait  la  même  espèce,  la  race  se  repro* 
duit,  se  continue  par  la  même  race  :  idée  que  l'on  rend 
aussi  par  tous  cho$  fan  pa$  dé  canaris,  un  hibou  ne  fait 
point  un  canari,  l'aigle  n'engendre  point  la  colombe,  en  un 
mot  bon  sang  ne  peut  mentir;  ce  qui  se  dit  particulière- 
ment et  par  antiphrase  de  Méno,  —  Voy,  c.  m. 

Ménésconte,  8,  f.  Mécompte;  erreur  de  calcul. 

Dér.  du  lat.  Minia,  moins,  et  Computare,  compter. 

Ménéscor,  $.  m,  Discord;  désaccord.  —  Se  dit  des  par- 
ties qui  ne  peuvent  s'entendre  pour  conclure  un  marché. 

Formé  du  lat.  Minins,  moins,  pour  mauvais,  et  Acor, 

Ménôscordi,  s.  m.  Discord;  désaccord.  —  Même  mot 
que  le  précédent;  la  différence  finale  tient  tout  au  plus  à 
quelque  délicatesse  d'acoustique,  selon  la  place  que  ce  mot 
occupe.  Ainsi  l'on  dira  :  Sèn  en  ménéscor  dé  quioon,  et 
T-aviè  trop  dé  ménéseordi, 

Ménéslisa  (Se),  v.  Se  méfier;  se  défier;  ne  pas  se  fier; 
avoir  de  la  méfiance. 

Formé  de  Mén  et  de  Fisa, 

Ménésprls,  s.  m.  Mépris;  dédain;  dépréciation. 

Dér.  du  lat.  Miniu  et  Pretium. 

Méaéspriaa,  v.  Mépriser;  dédaigner;  avoir  du  mépris; 
déprécier;  mésestimer. 

Méno,  «.  f.  Espèce;  race;  engeance;  manière;  façon; 


qualité.  —  Uno  souquo,  un  âoubre  dé  bono  méno,  ou  dé 
michanto  méno,  un  cep*  un  arbre  de  bonne  ou  de  mauvaise 
espèce.  CM  dé  bono  méno,  chien  de  bonne  race.  On  dît 
également  d'un  homme  qu'il  est  de  bonne  race,  dé  bono 
méno.  Trasso  dé  méno,  mauvaise  espèce  et  mauvaises  gens, 
mauvaise  engeance.  Gn'a  pas  méno,  il  n'y  en  a  pas  tnce, 
il  n'y  en  a  pas  un,  pas  la  moindre  chose.  Ènira  ou  se 
métré  en  méno,  au  pr.  commencer  à  avoir  d'une  e^èce 
pour  la  multiplier;  au  fig.  c'est  ce  qu'on  dit  ordinairement 
d'un  joueur  malheureux  qui  marque  un  premier  point 
longtemps  attendu,  d'une  personne  qui  commence  une 
série  quelconque  qu'il  craint  ou  désire  voir  augmenter.  Un 
pdou  dé  chaquo  méno,  un  peu  de  chaque  espèce,  de  tout 
genre.  Aquélo  méno,  cette  espèce;  locution  restrictive  et 
technique.  —  Voy.  Museardin. 

Méno,  s.  f.  Scions,  jeunes  pousses  d'arbres  dont  oa  veut 
propager  l'espèce  et  que  l'on  coupe  pour  en  tirer  des  greffes. 
On  le  dit  surtout  du  mûrier.  A  l'époque  où  l'on  a  coutume 
de  le  greffer,  sa  feuille  est  entièrement  développée  et  sou- 
vent cueillie  :  on  ne  pourrait  "prendre  de  la  greffe,  dé  méno, 
sur  l'arbre;  il  faut  donc  s'en  prémunir  à  Tavanoe,  et  quand 
la  sève  se  met  en  mouvement,  on  coupe  des  jets,  jinguéhs, 
qu'on  lie  en  bottes  ;  on  les  enterre  dans  un  endroit  fhds, 
on  les  met  le  pied  dans  l'eau.  Les  bourgeons  restent  ainsi 
sans  se  développer  jusqu'au  moment  de  greffer. 

Méntastre,  s,  m.  Menthe  sauvage,  Mentha  sylve^ris, 
Linn.,et  Menthe  à feuillesrondes,  Mentha  rotundifolia,à&ux 
plantes  du  même  nom  en  lang.  de  la  fam.  des  Labiées,  aro- 
matiques, communes  dans  les  fossés  et  leslieux marécageux. 

Dér.  du  lat.  Mentastrum,  m.  sign. 

Méntl,  V.  Mentir;  affirmer  comme  vrai  ce  que  l'on  sait 
être  faux;  dire  un  mensonge;  tromper.  —  Se  dises  aqud, 
vous  faraï  menti,  si  vous  avancez  cela,  je  le  dénierai,  je 
soutiendrai  que  c'est  faux,  je  vous  donnerai  un  démenti. 
Aqui  moussu  que  mé  gardara  dé  menti,  voilà  monsieur  qui 
sera  mon  garant,  qui  attestera  que  je  dis  vrai.  BadMt  po 
pas  menti,  se  noun  vôou  manja,  vôou  dourmi,  dicton, 
bailler  ne  trompe  point,  si  ce  n'est  indice  de  la  faim,  c'est 
celui  du  sommeil. 

Dér.  du  lat.  Mentiri,  m.  sign. 

Ménto,  s.  f.  Menthe,  non  donné  indistinctement  en  lang. 
et  en  fr.  à  la  menthe  verte  ou  baume  vert,  Mentha  viridis, 
Linn.,  et  à  la  menthe  ou  baume  des  jardins,  Mentha  gen- 
tUis,  Linn.,  plantes  de  la  fam.  des  Labiées,  cultivées  à 
cause  de  leur  odeur  forte  et  agréable.  —  Fto  sans  eréhto 
vôou  pas  un  brou  dé  ménto,  diot.,  fille  effrontée  ne  vaut 
pas  un  brin  de  menthe. 

Méntoù,  s.  m,  Dim.  Méntouné,  Menton,  partie  du  visage 
sous  la  bouche. 

Dér.  du  lat.  Mentum,  m.  sign. 

MéntougnèûrOf  s.  f.  Mentonnière;  bande  d'étoffe  ou 
simple  cordon  sur  les  c6tés  d'un  bonnet,  d'une  coiffe,  d'un 
casque,  qui  passe  et  s'attache  sous  le  menton. 

Empr.  au  fr. 


480 


MER 


MÉR 


Méntre,  eonj.  souvent  est  Téqnivalent  de  Entre  fVoy, 
cm.).  —  Méntre  que,  tandis  que;  pendant  que;  aussitôt 
que.  Méntre  qvé  dinaraï,  pendant  que  je  dînerai.  Méntre 
qu'anaraï  dina,  aussitôt  que  j'irai  diner. 

En  ital.  Méntre,  m.  sign. 

Héntnr,  ménturdo,  adj.  Menteur.  —  Moins  bon  que 
Méiiourguiè.  —  Voy,  cm. 

Menu,  ménudo,  adj. Menu;  délié;  mince;  qui  a  peu  de 
volume.  —  Vous  ou  diraï  tout  pér  lou  menu,  je  vous  dirai 
tout  par  le  menu,  jusqu'aux  plus  petits  détails. 

Dér.  du  lat.  Minutut,  m.  sign. 

Hénuda,  v.  Couper  menu;  diviser  par  petits  morceaux*, 
par  petites  parties.  —  Voy,  Aménuda, 

Hénudaîo,  ».  f.  Menuaille;  fretin;  *b6atilles;  menues 
choses  délicates  et  friandes  que  l'on  met  pour  garniture 
d'un  plat  ou  qui  composent  le  plat  lui-même;  toute  sorte 
de  petits  objets.  —  Ai  agu  fosto  ménudaHo,  j'ai  eu  force 
menuaille,  dit  un  magnagnier  qui  a  eu  beaucoup  de  petits, 
pichds,  dans  sa  chambrée  de  vers-à-soie. 

Dér.  du  lat.  Minus,  moindre,  petit. 

Ménudos,  s.  f.  plur.  Fourniture  de  salade,  menues 
herbes  :  cerfeuil,  civette,  estragon,  etc. 

Ménngué,  j.  m.  Menuet  ;  sorte  de  danse  à  trois  temps , 
grave  et  compassée,  qui  ne  fut  jamais  bien  populaire  et 
dont  le  nom  même  est  aujourd'hui  presque  oublié  ;  air  sur 
lequel  on  la  dansait. 

Ménnguéto,  i.  f.  Origan,  espèce  de  mélisse,  de  thym 
ou  de  marjolaine,  Mellissa  nepeta,  Linn.,  plaate  de  la  fam. 
des  Labiées,  aromatique,  stomacale,  sudoiifiqne,  commune 
dans  les  bois.  On  la  confond  avec  la  Majourano  fèro,  — 
Voy.  c  m. 

Hèoii,  8.  m.  Miel,  sac  doux  des  abeilles.  —  Voudritu 
lou  mèou  amaï  Uu  brésquos,  vous  voudriez  le  miel  et  les 
rayons,  c.-à-d.  tout. 

Dér.  du  lat.  MU,  mellis,  m.  sign. 

Hèr,  s.  f.  Mer,  amas  des  eaux  salées  qui  environnent 
les  continents.  —  La  mèr  brulo  pas,  la  foire  n'est  pas  sur 
le  pont,  il  n'y  a  rien  qui  presse.  La  mèr  fdi  dé  riches  et  dé 
pâoures,  la  mer  fait  des  riches  et  des  pauvres,  pour  dire 
aussi  qu'il  n'y  a  pas  le  même  bonheur  pour  tout  le 
monde. 

Autrefois  on  disait  ilfar^  plus  près  du  lat.  Mare;  l'usage 
on  l'altération  franehimande  a  fait  prévaloir  Mèr,  comme 
enfr. 

Hérca,  s,  m.  Marché;  lieu  public  où  l'on  vend;  vente 
dans  le  marché;  assemblée  de  marchands  et  d'acheteurs; 
pacte  ;  convention  ;  prix  d'un  achat,  d'une  vente.  —  Lou 
mérea  es  trop  pichà,  le  marché  est  trop  étroit,  trop  petit. 
Y-aguè  un  for  mérea  dilus,  lundi,  il  y  a  eu  un  très-bon 
marché.  Faïre  mérea,  discuter,  conclure  un  marché.  Coupa 
hu  mérea,  rompre  le  marché.  A  éstras  dé  mérea,  à  marché 
donné  :  se  dit  d'une  chose  vendue  à  très-bas  prix,  au- 
dessous  de  sa  valeur,  à  gâter,  éstrassa,  le  métier. 

^I^ca  dé  Soumèïre,  marché  de  Sommières,  et  l'on  sous-  | 


entend  d'habitude  comme  complément  du  dicton  devenu 
proverbe  :  tout  d'un  eousta,  pas  rés  dé  l'âoutre,  toat  d'en 
côté  et  rien  de  l'autre.  Le  mot  est  fait  depuis  longtemps  et 
reçoit  bien  des  applications  variées  et  figurées  :  en  void 
peut-être  l'origine.  Plusieurs  foires  importantes  de  chevaux, 
notamment  celle  du  dimanche  des  Rameaux,  se  tiennent  à 
Sommières.  Elles  sont  fort  en  renom  dans  nos  contrées,  et 
vendeurs,  acheteurs,  échangeurs,  s'y  rendent  en  fonle  de 
tous  côtés.  Or,  on  sait  qu'autrefois  du  moins,  maquignons 
de  profession  et  maquignons  par  circonstance  ne  passaient 
pas  pour  priser  très-bas  leur  marchandise  et  pour  vendre  à 
prix  fixe.  Aussi  les  chalands  au  courant,  et  tant  pis  pour 
ceux  qui  n'y  étaient  pas,  ne  se  gênaient  guère  pour  oflGrir 
cinquante  pour  cent  de  rabais  sur  le  prix  demandé,  ce  qui 
généralement,  non  sans  force  débats,  finissait  par  être 
accepté.  Cette  manière  connue  de  conclure  les  affaires 
donna  lieu  au  dicton  qui  s'étend  à  bien  d'autres  choses 
qu'à  un  marché  quelconque  à  débattre,  et  en  tous  cas 
l'apostrophe  Mérea  dé  Soumèire  signifie  aussi  :  on  ne  peut 
croire  que  la  moitié  de  ce  que  vous  dites,  rabattez  donc 
d'autant. 

On  voit  que  le  caractère  des  habitants  de  Sommières 
n'est  nullement  compromis  en  ceci,  et  pas  même  en  cause. 
De  certains  marchés  scabreux  qui  se  passaient  chez  eux, 
mais  auxquels  ils  étaient  étrangers,  il  n'y  a  pas  à  conclure 
à  leur  avidité  mercantile,  ou  à  leur  déloyauté,  que  le 
proverbe  reste  dans  sa  concision  ou  même  avec  son  com- 
mentaire de  supplément.  Du  temps  que  villes  et  villages 
s'infligeaient  mutuellement  des  sobriquets  souvent  véh- 
diques  et  injurieux  le  plus  possible,  inspirés  qu'ils  étaioit 
par  les  haines  qu'enfantaient  les  guerres  féodales,  on  n'eût 
pas  manqué  d'infliger  ce  reproche,  tandis  qu^on  n'a  trouvé 
rien  de  pis  contre  les  gens  de  Sommières  que  de  les 
appeler  Passerons,  moineaux.  Certes  le  moineau  n'est  pas 
parfait  non  plus,  sans  doute  :  il  est  tapageur,  égrillard,  un 
peu  maraudeur  et  très-amoureux.  Mais  on  défaut  n'est  pas 
tout  à  fait  un  vice  :  et  si  les  dictons  sont  contemporains, 
ce  qui  parait  probable,  on  ne  se  fût  pas  fait  &ute  de 
stygmatiser  le  vice  pour  peu  qu'il  eût  été  mérité. 

Dér.  du  lat.  Mareatus,  m.  sign.,  de  Morx,  merds, 
marchandise. 

Hércadén,  énqno,  adj.  Du  marché;  qui  appartient  au 
marché,  considéré  -  comme  place,  quartier;  qui  habite  le 
quartier  du  marché,  ou  qui  s'y  trouve  ;  marchand  qui  y 
tient  échoppe. 

Mércouîrôou,  s.  m.,  n.  pr.  de  lieu.  Mercoirol,  hameau 
de  la  commune  de  Saint-Florent,  arrondissement  d'Alais. 
—  Ce  nom,  comme  ceux  de  Mércouli,  conlmone  de  Saint- 
Martin  de  Valgalgues,  de  Méreouïro,  Mercoire,  communes 
de  Peyremale,  de  Portes,  de  Saint-Martin  de  Goroonac 
(Gard),  et  de  Melcoire  (Lozère),  celui  de  Méreo^,  dans  le 
Gard  encore,  dit,  en  4424,  Castrum  de  Moreorio,  et,  en 
4  244,  de  Mereurio,  avec  la  forme  propre  ou  diminutive, 
désignent  évidemment  des  endroits  autrefois  consacrés  à 


MÈR 


MÊR 


481 


Mercure,  une  des  principales  divinités  des  Gaulois.  Les  noms 
analogues  français,  soit  géographiques,  soit  noms  propres, 
comme  Heroour,  Mercuire,  Mercurol,  Mercurin,  etc., 
appartiennent  à  la  même  origine. 

Mèrdo,  f.  ^  Merde;  excrément;  matière  locale.  — 
Mirdo  d'abéxo,  miel,  bien  qu'il  ne  soit  pas  un  produit  de 
cette  nature.  Dounmaï  on  bouUgo  la  mèrdo,  dounmaX  pu, 
prvb.,  la  traduction  n*est  pas  nécessaire  ;  au  fig. ,  cette 
location,  sous  une  forme  triviale  et  basse,  fait  entendre  cet 
excellent  conseil  de  ne  pas  ressasser  une  mauvaise  aflGûre 
qui  ne  ferait  que  s'envenimer,  en  revenant  sur  les  torts  ou 
rindélicatesse  de  ceux  qui  y  ont  pris  part. 

Dér.  du  lat.  Merda,  m.  sign. 

Mérdoùs,  onso,  adj.  Dim.  Mérdouté,  éto.  Merdeux, 
bréneux.  —  Pris  substantivement,  au  masc.  ou  au  fém. 
surtout  avec  le  dim.,  quoiqu'il  puisse  être  rendu  littérale- 
ment dans  le  langage  populaire,  il  équivaut  au  fr.  Mor- 
veux, qui  se  dit  d'un  enfant  qui  veut  jouer  l'homme 
entendu,  et  même  d'une  personne  plus  âgée  qui  affecte  des 
airs  au-dessus  de  sa  capacité  et  de  sa  position. 

Mérides,  t.  f.  plur.  Besicles,  dont  il  ne  parait  être 
qu'une  altération.  —  Ce  nom  s'appliquait  particulièrement 
à  l'ancien  pince-nez  qui  figurait  assez  bien  le  huit  de 
chiffire,  8,  et  comme  il  a  vieilli  avec  l'instrument  qu'il 
désignait,  il  n'est  plus  que  l'équivalent  goguenard  de 
LfÊnéioi. 

Héricouqoa,  v.  Émailler;  peindre  de  diverses  couleurs; 
couvrir  de  fleurs. 

Si  le  mot,  comme  il  le  parait,  est  dér.  du  lat.  Miré 
eoocui  ou  eœdnatus,  admirablement  teinté,  écarlate,  il  ne 
doit  indiquer  que  les  couleurs  les  plus  voyantes. 

Merlan,  s.  m.  Merlan,  merlan  de  la  Méditerranée,  Gadus 
fÊUBrludus,  Linn.,  poisson  de  l'ordre  des  Holobrancbes  et  de 
la  fam.  des  Jugulaires  ou  Auchénoptères,  commun  et  abon- 
dant dans  la  Méditerranée . 

Dér.  du  lat.  Herlangui,  m.  sign . 

Mérlaio,  s.  f.  Merle  femelle;  d'un  brun  noirâtre  ou 
couleur  de  suie.  —  Voy.  Merle. 

Merle,  s.  m.  Merle,  merle  noir,  TurdtAS  merula,  Linn., 
oiseau  de  l'ordre  des  Passereaux  et  de  la  fam.  des  Créni- 
rostres.  —  La  finesse  proverbiale  du  merle  est  souvent  en 
dé£aut,  car  on  voit  beaucoup  de  ces  oiseaux  en  cage  où  ils 
s'apprivoisent  aisément  et  vivent  de  longues  années.  Il  est 
vrai  qu'ils  y  sont  souvent  enfermés  au  sortir  du  nid.  Le 
merle  est  le  chantre  préféré  dans  la  boutique  de  l'artisaut 
qu'il  charme  en  sifflant  les  airs  qu'on  lui  apprend.  Aussi 
nous  ne  saurions  dire  pourquoi  le  lang.  et  le  fr.  ont  pris 
cet  oiseau  au  ramage  charmant,  quoique  un  peu  triste, 
comme  type  de  l'homme  désagréable;  car  on  dit  :  vilèn 
mèrU,  vilain  merle,  et  toujours  ironiquement  un  pouli 
9kèrle,  un  joli  merle. 

On  sait  que  le  merle  blanc  n'est  plus  impossible,  pas 
même  difficile  à  trouver.  Cette  couleur  ne  semble  pas  créer 
une  nouvelle  espèce  et  n'est  sans  doute  qu'une  exception, 


plus  ou  moins  rare,  chez  un  individu.  —  Nous  avons 
aussi,  sédentaire  dans  le  pays,  le  merle  bleu,  Turdu» 
eyanus,  Temm.  Il  a  toutes  les  parties  supérieures  (excepté 
les  ailes  et  la  queue  qui  sont  d'un  noir  profond)  d'un  beau 
bleu  foncé,  et  toutes  les  parties  inférieures  d'un  bleu  plus 
clair.  Ce  bel  oiseau,  très-semblable  au  suivant  par  ses  habi- 
tudes, n'a  guère  d'autre  nom  que  lui. 

Mèrle-rouqniè,  t.  m.  Merle  de  roche  ou  Paisse  solitaire, 
Turdus  ioxatUis,  Linn.,  oiseau  du  même  ordre  et  de  la 
même  fam.  La  tête,  le  cou,  la  gorge  et  les  petites  couver- 
tures des  ailes  d'un  bleu  cendré;  un  espace  blanc  sur  le 
milieu  du  dos;  les  ailes  et  les  deux  pennes  de  la  queue 
brunes;  les  autres  pennes  caudales  et  les  parties  inférieures 
d'un  roux  ardent.  Cette  espèce  nous  visite  au  printemps  et 
nous  quitte  en  automne.  Ainsi  que  le  merle  bleu,  il 
recherche  les  endroits  les  plus  pierreux  et  les  plus  solitaires 
des  montagnes,  et  ni  l'un  ni  l'autre  ne  supporte  facilement 
la  captivité.  Le  merle  de  roche  est  plus  petit  que  le  merle 
bleu,  qui  est  lui-même  moins  grand  que  le  merle  noir. 

Mérlé,  s.  m.  Créneau  ;  ouverture  de  distance  en  distance 
au  haut  des  murs  des  châteaux-forts  ou  des  anciens  rem- 
parts des  villes. 

En  ital.  Mwrlo,  m.  sign. 

Mérléta,  v.  Orner  de  créneaux,  créneler  le  haut  d'une 
muraille,  d'une  tour. 

Mérlusao,  s.  f.  Merluche,  morue,  Gaduê  morrhua, 
Linn.,  poisson  de  l'ordre  des  Holobrancbes  et  de  la  fam. 
des  Jugulaires  ou  Auchénoptères.  —  La  merluche  est  une 
morue  qui  a  subi  une  préparation  particulière  :  la  morue, 
appelée  verte  ou  blanche,  que  l'on  ne  connaît  guère  que 
dans  le  Nord,  est  seulement  salée  et  emportée  ainsi.  La 
merluche  est  salée  et  séchée,  â  l'air  ou  au  vent,  car  le 
soleil  chauffe  peu  dans  le  pays  où  l'on  fait  cette  pêche.  La 
morue  est  un  poisson  excessivement  goulu;  aussi  a-t-il 
reçu  le  surnom  latm  de  Merludus,  tnarû  lueius,  parce 
qu'on  le  compare  au  brochet,  lueius,  pour  sa  voracité  : 
c'est  le  brochet  de  la  mer.  De  là  sont  venues  les  dénomi- 
nations en  lang.  et  en  fr.  Il  faut  avouer  que  si  la  moroe 
mange  beaucoup,  elle  est  aussi  considérablement  mangée. 
Pour  compenser  l'énorme  quantité  qu'en  dévorent  journel- 
lement les  hommes  et  les  poissons,  une  morue  femelle,  au 
dire  d'un  fameux  naturaliste,  porte  jusqu'à  9,344,000  œufs; 
il  y  a  donc  espoir  que  l'espèce  ne  se  perdra  pas. 

Mère,  s.  m.  Maire,  premier  officier  municipal  d'une 
commune.  —  Comme  dans  chaque  commune  il  y  a  un 
maire  et  un  ou  plusieura  adjoints;  que,  dans  les  villages 
surtout,  ces  fonctions  donnent  à  ceux  qui  les  remplissent 
une  certaine  importance  et  peutrêtre  quelques  avantages; 
que  dès  lors,  ambitionnées  par  plus  d'un,  elles  sont  le  siget 
de  bien  des  conversations;  loumiro  et  l'axouèn  devaient 
prendre  place  dans  le  vocabulaire  languedocien.  Du  reste, 
si  le  dernier  mot  est  vraiment  un  nouvel  intrus,  l'autre  a 
pu  prendre  rang  depuis  très-longtemps;  car,  sans  remonter 
à  l'époque  reculée  où  des  villes  achetèrent  de  leuraseigneura 


482 


MES 


MES 


le  droit  d*élire  des  consuls  ou  des  maires;  sans  parler  de 
rimilation  que  dut  suivre  cet  exemple  et  des  modifications 
successives  que  Fautorité  royale  apporta  depuis,  quant  au 
fond  et  quant  à  la  forme,  à  cette  institution,  nous  rappel- 
lerons seulement,  comme  date  de  ce  mot  dans  notre  loca- 
lité, que,  le  5  avril  4693,  Louis  des  Ours  de  Mandajors, 
juge  en  la  cour  des  premières  appellations  de  la  comté 
d'Alais,  pourvu  par  le  roi  de  la  charge  de  conseiller  du 
roi,  maire  perpétuel  de  cette  ville,  fut  installé  en  cette 
qualité  pour  en  jouir  lui,  ses  hoirs  et  ayant-cause,  hérédi- 
tairement, aux  gages  de  400  livres  par  an  et  exemption  de 
taille,  logement  militaire,  charges  et  toutes  contributions, 
etc.,  etc.  Môme  nomination  eut  lieu  dans  toutes  les  com- 
munes du  royaume. 

Mèro,  s.  f.  Mère;  celle  qui  a  donné  naissance  à  un 
enfant.  —  Bèlo-mèro,  bellc-mèrc,  la  mère  de  l'un  des 
époux  à  l'égard  de  l'autre;  deuxième  femme  du  père  à 
l'égard  des  enfants  du  premier  lit  :  dans  cette  acception, 
lorsqu'il  existe  de  bons  ou  de  passables  rapports  entre  les 
alliés,  bèlo-mèro  est  employé  plutôt  que  matrastro,  quoique 
ce  dernier  mot  n'ait  pas  tout  le  sens  injurieux  de  Marâtre. 
Il  est  bien  entendu  que  ceux  qui  disent  encore  maire  pour 
mère,  disent  également  bèlo-maïre  ;  mais  le  nombre  de 
ceux-là  diminue  chaque  jour  et  l'on  peut  prévoir  que  bien- 
tôt maire,  après  avoir  régné  seul,  sera  relégué  dans  les 
emplois  que  dédaignera  mèro,  qui  s'appliquera  exclusive- 
ment et  sans  partage  à  la  femme.  —  Sémblo  que  vaï  préne 
la  mèro,  ou  mieux  la  maïre  âou  ni$,  c'est  marcher  à  pas 
de  loup,  doucement,  dans  le  dessein  de  surprendre ,  aller 
comme  un  preneur  de  taupes.  —  Voy.  Maïre. 

Mémîè,  5.  m.  Amélioration;  soulagement;  mieux  dans 
une  maladie,  dans  la  douleur.  —  T-a  un  pâou  dé  méruïè, 
il  y  a  un  peu  de  mieux,  un  peu  d'amélioration  dans  son 
eut. 

Dér.  du  lat.  Melioratus,  amélioré. 

Mes,  s.  m.  Mois,  douzième  partie  de  l'année.  —  Quoi- 
qu'on dise  fort  bien  Mes  dé  maï,  mes  dé  janviè,  etc.,  on 
préfère  souvent,  pour  rendre  plus  fluide  la  première  syl- 
labe, mé  dé  mai,  mé  dé  Janviè,  etc. 

Dér.  du  lat.  Mensis,  m.  sign. 

Mes  ou  Mais,  conj.  Nous  écrivons  en  effet  Mais  comme 
en  fr.  par  une  exception  dont  il  est  rendu  compte.  —  Voy. 
Mais  et  Aï. 

Mes ,  mésso ,  partie,  pass.  de  Métré,  mettre.  Mis,  mise. 

Mésado,  s.  /*.  Durée  approximative  d'un  mois;  salaire, 
loyer  d'un  mois.  —  Vendrai  dinc  uno  mésado,  je  viendrai 
dans  un  mois  environ.  Y  réstère  uno  mésado,  j'y  restai  à 
peu  près  un  mois.  Quan  gagnères  din  ta  mésado?  combien 
as-tu  gagné  pendant  ton  mois? 

Mésadiè,  ièîro,  s.  eladj.  Ouvrier  engagé  pour  un  mois, 
à  tant  le  mois.  —  C'est  surtout  pour  l'éducation  des  vers- 
à-soie  que  l'on  prend  ces  ouvriers  supplémentaires. 

Mésda,  V.  Mêler;  mélanger;  réunir  et  confondre  plu- 
sieurs choses  ensemble  ;  faire  un  mélange. 


Dér.  du  lat.  Miseere;  dans  la  bass.  lat,  Misculare, 
m.  sign. 

Méscladls,  t.  m.  De  l'entrelardé,  viande  entrelaidëe, 
mêlée  naturellement  de  gras  et  de  maigre.  —  Dé  lar  més- 
cladls, du  lard  entrelardé  tel  que  celui  de  la  poitrias,  dit 
Véntrésquo. 

Méscle,  mésclo,  adj.  Mêlé,  mélangé.  —  Un  (atoè  dé 
hoitdin  émhé  quâonques  flos  dé  poupo  méseles,  un  morœaa 
de  boudin  et  quelques  garnitures  avec. 

Mésele,  adv.  Ensemble;  pêle-mêle.  —  Boujas-ou  UnU 
méscle,  versez  tout  ensemble,  pêle-mêle. 

Mésclo,  5.  f.  Mouture,  méteil,  mélange  par  tiers  de  fro- 
ment, de  seigle  et  de  paumelle;  mélange  de  foin  oade 
luzerne  et  de  paille  pour  les  bestiaux. 

Mésconla,  v.  Entailler  un  fuseau  par  une  coche,  le 
marquer  d'une  cannelure. 

Méscoulo,  s.  f.  Coche,  cannelure  en  spirale  d'on  fosean, 
au  bout  opposé  au  peson,  vértél,  qui  sert  à  arrêter  le  fil 
pendant  que,  pour  le  tordre,  on  fait  tourner  le  fosean  sv 
lequel  on  l'enroule  ensuite. 

Mésconnégn,  udo,  part.  pass.  de  MéseounouHsse.  né- 
connu.  —  Voy.  Méscounouisse. 

Méscounéîssable,  ablo,  adj.  Méconnaissable;  que  Ton 
ne  peut  reconnaître  ;  qui  n'est  pas  facile  à  reconnaître. 

Méscounouîsse,  v.  Méconnaître;  ne  pas  connaître.  An 
fig.,  désavouer  ;  oublier  par  ingratitude. 

Dér.  de  Mes  pour  Méou,  mal,  et  Cùunouisse,  con- 
naître. 

Mésonlo,  s.  f.  Moelle,  substance  molle  et  grasse  dans 
les  os  ;  substance  molle  dans  le  coeur  du  bois. 

Dér.  du  lat.  Medulla,  m.  sign. 

Méspooiè,  s.  m.  Néflier,  Mespilus  germaniea,  Linn., 
arbre  de  la  fam.  des  Rosacées,  qui  produit  la  nèfle. 

Pourquoi  le  fr.  s'est-il  tant  écarté  du  radical  lat.  qne  k 
languedocien  a  reproduit  ?  Un  étymologiste  a  trouvé  que 
le  celtique  avait  Nesp  ou  Nespl  avec  la  signification  de 
tronqué,  coupé  en  deux,  et  que  le  grec  MeaicfXïj,  d'où  était 
venu  le  lat.  Mespilus,  et  puis  notre  Méspotéiè,  était  formé 
de  Waoi,  moitié,  et  de  IIiXoc,  boule  ;  par  où  sans  doute  le 
fruit  du  néflier  assez  ressemblant  à  une  n^oitié  de  globe, 
avait  mérité  son  nom  gaulois  représentant  la  particulaiité 
que  notait  le  grec.  Nous  ne  voyons  pas  mieux  ponr  œb 
pourquoi  le  français  aurait  adopté  la  forme  prétrâdue  cel- 
tique, tandis  que  le  languedocien  s'en  serait  tenu  an  giec 
et  au  latin. 

Méspoulo,  s.  f.  Nèfle,  fruit  du  néflier,  qui  ne  mnnt 
jamais  sur  l'arbre  et  qui  a  besoin,  pour  être  mangeable,  de 
même  que  la  sorbe,  de  blossir  sur  la  paille. 

Mes  que,  conj.  Pourvu  que;  en  cas;  à  condition  que. 
—  Mes  que  n'y-ague,  pourvu  qu'il  y  en  ait.  Mes  fé 
vèngue,  à  condition  qu'il  arrive. 

En  vieux  langage,  on  disait  Mas  que,  de  Mas,  pas  pins, 
seulement  :  Mas  un  drap,  un  drap  seulement.  Mat  fté 
s'amor  m'anci,  pourvu  que  son  amour  me  tue.  Le  simpk 


MES 


MES 


48» 


Mas  s'est  perda;  le  eomposé  JlfM^ués'est  altéré  ou  adouci, 
en  gardant  son  ancienne  acception.  L'adverbe  et  la  con- 
jcmclion  ont  évidemment  une  commune  origine  dans  Maï, 
{dus,  provenu  du  lat.  Mfagis. 

Méua]ariè,  s.  f.  Messagerie,  voiture  publique  pour 
Inm^rter  les  voyageurs,  qui  fut  d'abord  chargée  aussi 
des  messages  ou  des  lettres,  ce  qui  lui  valut  son  nom.  — 
Ces  voitures,  que  les  chemins  de  fer  font  maintenant 
prendre  en  pitié  et  un  peu  en  haine,  n'ont  pas  toujours 
marché  aussi  vite  que  dans  leurs  derniers  beaux  temps, 
poussées  qu'elles  étaient  presque  toujours  par  une  rude 
concurrence.  Au  commencement  de  ce  siècle,  rapportent 
les  obrosiques,  il  y  avait  ici  une  messagerie  qui,  pour 
duinier  directement  les  Alaisiens  à  Nimes,  ne  leur  pre- 
nait pas  moins  de  quinze  à  seize  heures.  Pour  savoir  com- 
met elle  pouvait  parvenir  à  exécuter  un  pareil  tour  de 
force,  il  faut  lire,  dans  les  Castagnados  du  Marquis  de  la 
Parb-Alais,  l'épopée  de  Roeho  et  Pîagnôou,  ces  deux 
antomédons  du  Consulat  et  du  premier  Empire,  dont  main- 
tenant le  nom  vivra  autant  chez  nous  que  celui  de  leur 
devancier. 

Héssaie,  «.  m.  Domestique  de  fermier  ou  de  paysan  ; 
messager;  commissionnaire,  envoyé;  me$sagc,  envoi,  com- 
mission. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Messagium,  m.  sign.,  du  lat. 
Miissio. 

Héssajè,  s.  m.  Messager;  commissionnaire;  envoyé; 
qui  est  chargé  de  porter  les  lettres  d'un  endroit  dans  un 
autre.  —  Âvédrê  l'esprit  méssajè,  avoir  un  secret  pressen- 
timent; ce  qui  rappelle  l'ancienne  croyance  aux  esprits 
làmOiers. 

Méftso,  s.  f.  Messe,  sacrifice  du  corps  et  du  sang  de 
Notre  Seigneur  Jésus-Christ.  —  Mésso  hasso,  messe  basse 
OQ  petite  messe.  Mésso  dé  tnor,  messe  des  morts.  Préne  la 
mésso,  recevoir  la  prêtrise,  être  ordonné  prêtre.  A  pas  la 
mésso,  il  n'est  pas  encore  prêtre.  Pode  pas  èstre  âou  prêche 
M  à  la  mésso  f  je  ne  puis  êlre  au  prêche  et  à  la  messe,  c.-à- 
d.  partout  en  même  temps;  je  ne  puis  sonner  les  cloches  et 
aller  à  la  procession.  Au  fig.  Sans  argén  se  canto  pas 
mésso,  locution  qui  s'emploie  pour  dire  que  sans  argent, 
sans  payer  on  ne  se  met  pas  en  frais,  on  ne  fait  pas  de 
cérémonies. 

Dér.  du  lat.  Missa,  m.  sign. 

Méssorgo,  s.  f.  Mensonge;  menterie;  fausseté;  impos- 
ture. 

Méssorgos,  au  plur.,  signifie  ces  petites  taches  blanches 
qiii  viennent  sur  les  ongles  de  la  main,  parce  que  c'est  sur 
leur  nombre  et  sur  leur  forme,' fait-on  accroire  aux  enfants, 
que  Ton  reconnaît  la  quantité  et  la  grosseur  des  mensonges 
qnlh  ont  dits. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Mendonia,  du  lat.  Mentitia,  dont 
le  fr.  a  fût  Mensonge,  l'ital.  Menzogna,  et  notre  lang.  avec 
une  légère  altération  Méssorgo. 

Mêssourgiiiè,  ièiro,  adj.  Menteur;  mensonger;  faux; 


trompeur;  qui  dit  un  ou  des  mensonges;  qui  a  l'habitude 
de  mentir.  —  Méssourguiè  se  dit  mieux  et  vaut  mieux 
que  Méntur,  qui  n'est  qu'une  traduction  franehimande. 
Méssourguiè  coumo  un  lébriè,  menteur  comme  un  chas- 
seur. 

Héstiè,  s.  m.  Métier;  profession  d'un  art  mécanique; 
profession  qui  exige  l'emploi  des  bras;  machine  dont  se 
serl  l'artisan  pour  la  fabrication  de  son  ouvrage  —  Douna 
un  tnéstiè,  faire  apprendre  un  métier,  mettre  en  métier. 
Sabatiè,  fat  toun  méstiè,  savetier,  fais  ton  métier,  c'est  le 
JVé  sutor  ultra  erepidam,  du  latin;  chacun  son  métier  et 
les  vaches  seront  bien  gardées. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Ministerium,  office,  occupation. 

Héstièîrâoa,  *.  m.  Artisan  ;  celui  qui  exerce  une  pro- 
fession mécanique;  corps  d'artisans;  gens  de  métier. 

Mèstre,  s.  m.  Maître;  qui  a  des  serviteurs;  qui  com- 
mande; instituteur;  professeur;  qui  enseigne  un  art,  un 
métier,  une  science;  propriétaire;  maître,  titre  d'honneur; 
principal.  —  Ses  bé  lou  mèstre?  vous  êtes  bien  le  maître? 
vous  pouvez  commander.  Ou  diraï  à  toun  mèstre,  je  le 
dirai  à  ton  précepteur,  à  ton  maître  d'école.  Vôou  pas  pus 
as  mèstres,  je  ne  vais  plus  à  l'école,  au  collège.  Aquél  chi 
a  trouba  mèstre,  le  propriétaire  de  ce  chien  est  trouvé. 
Mèstre  Blasi,  Maître  Biaise.  Un  mur  mèstre,  un  mur- 
maître.  Un  mèstre  d'armes,  se  dit  d'un  maître  d'escrime 
et  au  ûg,  d'un  habile  jouteur,  d'un  madré  compère,  qui  ne 
craint  personne  en  fait  de  ruses,  de  tours  d'adresse,  de 
finesses.  Lou  mèstre-varlé,  le  maître-ouvrier,  le  principal 
valet  de  ferme. 

Il  se  prend  quelquefois  au  féminin,  Mèstro,  pour  Mes- 
trésso,  maîtresse,  surtout  en  parlant  de  la  femme  d'un 
maitre-valet. 

Dér.  du  lat.  Magister,  m.  sign.  En  ital.  et  en  espag. 
Maestro, 

Mèstre,  s,  m.  Mètre,  mesure  de  longueur.  —  Le  mètre 
a  été  plus  facilement  et  plutôt  vulgarisé  que  les  autres 
mesures  du  système  décimal,  parce  qu'il  est  continuelle- 
ment dans  les  mains  d'une  foule  d'artisans,  menuisiers, 
serruriers,  maçons,  charpentiers,  qui  sont  un  peu  plus 
lettrés  et  d'ailleurs  sans  cesse  en  rapport  avec  des  archi- 
tectes, des  ingénieurs,  hommes  officiels  ;  aussi  depuis  long- 
temps, avec  ses  subdivisions,  a-t-il  détrôné  la  eano,  la 
touèso,  lou  piè,  lou  pouce,  la  ligno,  dont  il  n'est  plus  ques- 
tion. Un  mèstre  eourén,  eara,  cube,  sont  fort  de  mise,  car 
il  faut  bien  être  à  la  hauteur  de  la  science  et  parler  de 
mètre  courant,  carré  ou  cube,  quand  on  en  a  be^in.  On 
sait  que  le  mètre,  unité  fondamentale  du  nouveau  système, 
est  la  dix-millionième  partie  du  quart  du  méridien  terrestre, 
allant  du  pôle  à  l'équateur;  il  vaut,  en  ancienne  mesure, 
3  pieds,  41  lignes  296.  —  Yoy,  lettre  JT. 

Méstréja,  t;.  Maîtriser;  dompter;  réduire;  faire  le  maître; 
commander  ou  gouverner  en  maître. 

Méstrésso,  t.  f.  Maîtresse  ;  celle  qui  commande  dans 
une  maison;  institutrice,  qui  enseigne  une  science,  un  art» 


484 


HÉS 


MIA 


un  métier;  amante,  bonne  amie;  pris  adjectivement  :  prin- 
cipale. 

Hésvra,  v.  Mesnrer;  déterminer  une  quantité,  une 
étendue,  un  espace  par  une  mesure. 

Dér.  du  lat.  Mmturare,  m.  sign. 

Hésuraîre,  s.  m.  Mesureur;  celui  qui  mesure;  préposé 
ayant  droit  et  charge  de  mesurer. 

Hésuraje,  s.  m.  Mesurage;  action  de  mesurer;  droit 
qu*on  prend  pour  mesurer. 

Mésiiro,  s,  f.  Mesure  ;  ce  qui  sert  à  déterminer  la  quan- 
tité, les  dimensions;  instrument  pour  mesurer;  contenu 
d*nne  mesure  de  capacité;  quantité  mesurée.  —  Mésitro 
raso,  coumoido  fVoy.  CoumotUJ.  Dé  mésuro,  à  mesure,  au 
fur  et  à  mesure.  Dé  mésuro  que,  à  mesure  que  :  sorte 
d'adverbe.  Bono  mésuro,  évent,  excédant  donné  en  sus  de 
la  juste  mesure  ;  par  ext.  on  remploie  pour  répondre  à  une 
personne  qui,  en  parlant  d'une  chose  quelconque,  énonce 
une  quantité,  une  dimension,  un  chiffre,  que  Ton  sait  ou 
que  l*on  croit  bien  au-dessous  de  la  vérité  :  Aquélo  fïo  a 
vin-t-ans.  —  Bono  mésuro,  réplique-t-on,  si  on  lui  en 
croit  davantage.  On  dit  aussi  dans  le  même  cas  :  Mésuro 
dé  Sént-AmbriH,  mesure  de  Saint-Ambroix.  Et  un  mot 
d'explication  ne  sera  peut-être  pas  de  trop  pour  bien  faire 
comprendre  la  synonymie  de  ce  localisme.  —  On  sait 
qu'autrefois,  en  France,  les  poids  et  mesures  variaient  d'une 
localité  à  l'autre,  cause  continuelle  pour  le  commerce  de 
difficultés  dans  les  calculs,  de  malentendus,  d'erreurs  et  de 
déceptions,  auxquels  l'uniformité  du  système  décimal  est 
heureusement  venue  mettre  un  terme  :  c'est  la  seule,  la 
vraie  égalité  qu'aient  fondée  les  faiseurs  à  qui  nous  le 
devons.  A  Saint-Ambroix,  la  mesure  de  capacité,  sous  une 
même  dénomination,  était  plus  grande  que  celle  d'Alais. 
Dans  cette  dernière  ville,  qui  alors  comme  aujourd'hui  et 
à  charge  de  revanche  s'approvisionnait  dans  les  marchés 
de  sa  voisine,  on  devait  s'occuper  beaucoup  de  la  supério- 
rité de  contenance  de  la  mesure  de  Saint-Ambroix.  Il  en 
résulta  qu'on  appliqua  l'idée  qu'on  en  avait  à  toute  autre 
chose;  et  lorsque  quelqu'un  avançait  une  appréciation  qui 
paraissait  insuffisante,  on  complétait  sa  phrase  en  ajoutant 
ces  mots  :  mésuro  dé  Sém-Âmbrièi,  équivalents  plus  pitto- 
resques de  bono  mésuro;  comme  si  l'on  avait  dit  :  soit, 
vous  voulez  parler  de  la  grande  mesure  et  non  de  la  petite, 
sans  quoi  vous  seriez  au-dessous  du  vrai,  mettez-en  donc 
plus  largement,  etc.,  etc.  Et  en  avant,  par  exemple  dans 
le  cas  ci-dessus,  citait-on  l'âge  d'une  personne  que  l'on 
savait  plus  vieillotte,  ou  bien  elle-même  retranchait-elle 
quelques  printemps  de  ses  années,  au  lieu  de  glisser  doucet- 
tement, comme  de  coutume,  la  petite  réflexion  :  Et  le 
pouce  !  ou  :  Sans  compter  les  mois  de  nourrice!  on  prenait 
un  tour  figuré  paiement  expressif  en  murmurant  :  Mésuro 
dé  Sént'Ambrièï/ 

Ce  dicton,  qui  ne  peut  être  que  local,  est  sans  doute 
d'ancienne  date;  mais  il  n'y  a  plus  que  les  aines  du  kilo- 
gramme ou  du  décalitre  qui  en  connaissent  l'origine,  qu'ou- 


blieront bientôt,  si  ce  n'est  déjà  fait,  ceux  qui  ne  savant 
pas  qu'il  fut  un  temps  où  l'on  n'avait  pas  besoin  de  tant 
de  grec  pour  mesurer  son  blé  et  ses  ch&taignes.  C'est  pour- 
quoi notre  Dictionnaire,  à  qui  la  tradition  en  est  levenœ, 
et  qui,  pour  être  de  son  époque,  ne  rougit  pas  du  parier  et 
des  usages  du  bon  vieux  temps,  en  a  cherché  et  donné 
l'interprétation. 

Dér.  du  lat.  Mensura,  m.  sign. 

Mètre,  v.  Mettre;  placer;  poser;  établir;  disposer.  —Se 
métré,  se  mettre,  se  placer;  commencer;  s'habilier.  Métn 
dé  pièi,  prendre  du  pis,  se  dit  des  femelles  des  mammifèrei 
lorsque,  étant  pleines,  leurs  mamelles  ou  leurs  pis  com- 
mencent à  se  gonfler.  Mètre  la  grano,  mettre  k  couver, 
mettre  à  éclore,  à  l'incubation,  la  graine  ou  les  oBufe  de 
vers-à-soie.  Métré  lou  lévan,  mettre  le  levain  fVoy.  Uwn). 
Métré  lou  toupi,  mettre  le  pot  au  feu.  Méire  bien  sits  Um 
papiè,  bien  écrire,  rédiger,  composer.  Métré  lou  pétas  don 
tràou,  mettre  le  doigt  dessus,  deviner  quelque  chose  de 
secret;  mettre  le  doigt  sur  la  plaie,  sur  l'enclouure.  Métn 
uno  ràoubo,  un  capèl,  mettre  une  robe,  un  chapeau.  Ifétre 
la  tàoulo,  mettre  le  couvert.  Se  métré  à  tdoulo,  s'attabler, 
se  mettre  à  table.  Se  métré  en  trin,  s'enivrer  ;  oommenoer 
un  ouvrage.  Aquélo  fénno  se  mes  bien,  cette  femme  se  met 
fort  bien.  Métré  trempa  tous  granés,  faire  macérer,  tremper 
les  pois-chiches.  Mes  pas  la  man  àou  se  pér  un  pésovi,  au 
fig.,  il  ne  se  dérange  pas  pour  peu  qui  vaille. 

Dér.  du  lat.  Mittere,  mettre. 

Mialada  ou  Miélado,  t.  f.  Miellat,  miellée,  mielluie; 
gouttelettes  d'une  substance  visqueuse  et  sucrée  assez  abon- 
dante parfois  pour  former  une  sorte  de  vernis  sur  les 
feuilles  de  certains  arbres  et  particulièrement  sur  celles  du 
tilleul,  de  l'érable,  du  platane,  du  châtaignier,  etc.  On 
attribue  la  miellée  soit  à  une  espèce  de  rosée,  soit  à  la 
transsudation  même  des  feuilles,  ou  enfin  à  des  pucerons. 
Elle  apparaît  dans  la  première  sève  du  mois  de  mai  et  le 
lendemain  d'une  forte  chaleur.  Elle  est  purgative,  et  ia 
feuille  du  mûrier,  qui  en  est  cependant  moins  attaquée, 
devient  un  poison  mortel  pour  les  vers-à-soie  lorsqu'il  y 
en  a  quelques  restes  que  la  pluie,  la  chaleur  ou  le  vent 
n'ont  point  lavés  ou  fait  disparaître. 

Dér.  du  lat.  Mél,  miel. 

Mialé,  s.  m.,  n.  pr.  de  lieu.  Mialet,  commune  dans  le 
canton  de  Saint-Jean  du  Gard.  —  Noos  ne  relevons  cette 
dénomination  que  pour  signaler  une  variante  semblable  à 
celles  dont  nous  avons  parlé  au  mot  MaUncho.  MiaU, 
rendu  en  fr.  par  Mialet,  s'appelait,  en  4  S94,  en  4  345  et 
4384,  de  Meleto,  Meletum;  le  roman  en  fit  MèlUt,  et,  en 
4545,  Mialet,  qui  est  resté.  Son  radical  primitif  est  pris 
dans  le  lat.  Mél,  miel,  comme  celui  de  La  Jlf iolouso,  en 
fr.  La  Melouse,  et  sans  doute  de  Maléneho  pour  Méléneho. 
Ces  propensions  se  font  jour  daus  le  mot  précédent  M»- 
lado  plus  usité  que  Miélado  .'c'est  l'introdaction  de  la  oon- 
sonnance  éclatante  a  remplaçant  e,  tout  à  fait  dans  le  génie 
de  la  langue  d'Oc  et  de  la  langue  d'Oïl. 


MIC 


MIË 


485 


KialoÙB,  mialouso,  adj.  Mielleux;  qui  tient  du  miel; 
fade,  doux;  doucereux. 

La  MiaUmso,  La  Melouse,  village  de  l'arrondissement 
d'Alais,  sur  les  confins  de  la  Lozère,  dit  en  4092  jusqu'en 
4508,  de  MéLosa,  qui  tire  évidemment  son  nom  du  lat. 
Mél,  à  cause  de  la  quantité  de  miel  qu*on  y  récolte. 

Miâou.  Onomatopée  du  miaulement  du  chat.  —  Ou 
votuirias?.,,  Miâou/  dit-on  à  quelqu'un  à  qui  l'on  présente 
une  chose  qu'on  ne  veut  pas  lui  donner;  ce  qui  répond  à  : 
Vous  le  voudriez  ?...  Je  vous  en  souhaite,  vous  n'en  cro- 
querez que  d'une  dent. 

Miâoula,  v.  Miauler  :  formé  de  l'onomatopée  du  cri  du 
chat,  Miâou. 

Lou  miâoula,  s.  m.  Le  miaulement  du  chat. 

Miâonlwe,  aîro,  adj,  Miauleur,  qui  a  l'habitude  de 
miauler.  —  Jamài  ca  miâoulaïre  noun  fugué  bon  eassàire, 
prvh.,  jamais  chat  miauleur  ne  fut  bon  chasseur. 

Mîâoiiqao,  s,  f.  Millet  sauvage  ;  pied  de  poule  ou  chien- 
dent pied  de  poule,  Gramen  daetylon  radice  repente,  Linn., 
plante  de  la  fam.  des  Graminées,  graminée  de  l'arrière 
saison,  dont  la  racine  sert  au  même  usage  que  celle  du 
chiendent  ordinaire. 

Dér.  de  Mil  ou  Md,  millet,  du  lat.  Millium. 

Mîas,  «.  m.  Pain,  ou  plutôt  gâteau  de  millet  ou  de  maïs 
cuit  au  four.  —  Aromatisé  avec  quelques  grains  d'anis, 
quoique  lourd  et  indigeste,  il  n'est  pas  encore  trop  dédai- 
gné par  les  enfants  que  les  nouvelles  friandises  n'ont  pas 
rendus  trop  gourmands  et  délicats. 

Dér.  de  Mil  ou  Mél,  millet. 

Michan,  michanto,  adj.  Méchant,  mauvais;  qui  est 
par  nature ,  par  caractère ,  par  tempérament ,  porté  et 
enclin  au  mal;  en  qui  les  défauts  dominent.  — Bono  miolo 
tniehanto  bèstio,  bono  fénno  michanto  tèslo,  bono  tèro  michan 
eami,  bonne  mule  méchante  bêle,  bonne  femme  mauvaise 
tète,  bonne  terre  mauvais  chemin.  Pértout  y -a  uno  lèguo 
dé  michan  cami,  il  y  a  partout  une  lieue  de  mauvais  chemin. 
Dé  fnichanto  fénno  gardo  té  et  dé  la  bono  noun  t'en  fiées, 
garde-toi  de  méchante  femme  et  ne  te  fie  pas  à  la  bonne. 
BèU>  fénno  michanto  éspigno,  belle  femme  mauvaise  épine. 
A  fniehan-t'ouvriè  gés  dé  bot  outistes,  mauvais  ouvrier  ne 
trouve  jamais  de  bons  outils.  Michanto  tétoin  quan-t-un 
lou  manjo  l'âoutre,  mauvaise  saison  quand  les  loups  se 
mangent  entr'eux.  Fios  que  eoun  à  marida  michan  troupU 
à  garda,  filles  à  marier  sont  un  troupeau  difficile  à  garder. 
Douna  un  michan  co,  donner  un  mauvais  coup,  un  coup 
dangereux.  Vn  michan  capél,  un  mauvais  chapeau,  vieux, 
osé.  Michan  vi,  michan  pan,  mauvais  vin,  mauvais  pain. 
Miehan  tén,  mauvais  temps  :  se  dit  surtout  d'un  orage 
accompagné  de  grêle.  Aï  pàou  que  tombe  dé  miehan  tén,  je 
crains  que  nous  ayons  de  la  grêle.  Michan  mâou,  charbon 
qui  vient  au  visage,  ulcère  cancéreux,  que  la  superstition 
empÊche,  comme  pour  la  grêle  ou  pour  les  maladies  des 
veis-à-soie,  de  nommer  par  leurs  noms.  Aquélo  michanto 
wnéno,  michanto  méno,  —  Voy,  Muscardin. 


Miehan  se  prend  adverbialement  :  Senti  michan,  sentir 
mauvais  ;  faire  michan,  faire  mauvais  temps.  Foi'  micron 
éstre  malâou,  il  est  pénible,  triste  d'être  malade.  Fat 
miehan  véni  vièl,  il  est  fâcheux  de  vieillir.  Faï  michan  ana 
déecâou,  il  n'est  pas  bon,  il  est  désagréable  d'aller  nu-pleds. 
—  Faï  michan  est  plus  usité  que  Faï  mâou,  qui  s'emploie 
aussi  dans  ces  locutions. 

Lou  michan,  pris  subst.,  le  démon,  le  diable,  pour  ne 
pas  l'appeler  par  son  nom  ;  comme  on  dit  en  fr.  le  malin  : 
c'est  en  effet  le  méchant  par  excellence. 

Dér.  du  lat.  Mis  pour  Mali,  et  Cadere,  choir,  Mis-cadens, 
mal  échéant,  méchant,  méschant,  v.  fr.  Michan. 

Michantiso,  s.  f.  Méchanceté;  malignité;  inclination  à 
faire  le  mal  ;  calomnie.  —  A  un  enfant  boudeur,  obstiné, 
rageur,  on  dit  :  Michantitof  comme  s'il  était  la  méchan- 
ceté incamée  ;  cela  revient  à  Méchant  !  vilain  méchant  !  et 
le  reproche  n'a  point  d'autre  portée. 

Micho,  s.  /*.  Pain  de  brasse,  pesant  de  vingt  à  vingt- 
cinq  livres  ;  petit  pain  formant  la  ration  quotidienne  du 
berger  pendant  qu'il  est  aux  champs.  —  Cette  similitude 
de  noms  appliqués  â  deux  pains  si  différents  de  taille  est 
une  singularité  qui  doit  venir  de  ce  que  l'un  et  l'autre  sont 
faits  de  la  même  pâte. 
Dér.  du  lat.  Mica,  mie  et  morceau. 
Miè,  s.  m.  Muid,  mesure  de  vin  valant  dans  l'Hérault 
sept  cents  litres.  —  Se  dit  aussi  spécialement  pour  une 
mesure  de  contenance  de  la  chaux  :  un  miè  d'acâou,  un 
muid  de  chaux. 

Miè,  s.  m.  Milieu;  centre.  —  Coupa  âou  miè,  couper  au 
milieu.  Aou  miè  dâou  jardl,  au  milieu,  au  centre  du  jardin. 
Dér.  du  lat.  Médium,  m.  sign. 

Miè,  mièjo, ac^y.  Mi,  demi;  moitié;  milieu.  — Mièjour, 
mièjognuè,  midi,  minuit.  Mièjo-houro,  demi-heure.  Mièjo- 
lèguo,  demi-lieue.  Vno  houro  et  mièjo,  une  heure  et  demie. 
Mièjo  journado,  moitié  journée.  Vn  an  et  miè,  un  an  et 
demi;  mais  on  dit  plutôt  au  masc.  tin  an  et  démï,  mièjour 
et  demi.  Gn*a  jutqu'à  mièjo  cambo,  il  y  en  a  jusqu'à  mi- 
jambe.  A  miè-camï,  â  mi-chemin.  Miè-nèci,  demi-fou, 
demi-imbécile;  écervelé;  niais.  Miè-motAseu,  demi-mon- 
sieur, demi-bourgeois,  demi-manant.  Manjo  pas  soun  miè 
sadoul,  il  ne  mange  pas  à  demi  son  soûl.  Y  véï  pas  $a 
mièjo  vido,  locution  bizarre  en  parlant  d'une  personne  qui 
a  mauvaise  vue,  qui  n'y  voit  qu'à  demi  et  à  peine  pour 
gagner  sa  vie  ou  ne  pas  se  casser  le  cou.  A  mièHroiu,  à 
peu  près  à  moitié  de  la  hauteur,  à  hauteur  moyenne,  à  mi- 
tronc,  du  lat.  Truncus.  Un  sa  dé  miè,  un  sac  à  moitié 
plein.  La  pàïèïro  es  pas  dé  mièjo,  la  cuve  n'est  qu'à  moitié 
pleine,  que  demi-pleine.  On  dit  cavalièrement  d'une  femme 
qui  fait  beaucoup  d'enfants  :  Es  toujour  pléno  ou  dé  mièjo. 
Douna  soun  bé  à  mièjo,  affermer  son  bien  à  moitié  fruits, 
amodiation  par  laquelle  le  propriétaire  prête  sa  terre  et  les 
produits  sont  partagés.  Miè-fébrièjoumâou  énHè,  prvb.,  à  la 
mi-février,  la  jouméedu  travailleurestentière.-*Foy.Fé6n>. 
Dér.  du  lat.  Médius,  a,  um,  m.  sign. 

ei. 


486 


MIL 


MIN 


Mièjo,  s.  /'.  Moitié  ele  la  pinte  J'Alais  qui  équixalait  au 
pot  ou  à  Jeux  piulos  de  Paris.  —  La  micjo  coulicjit  0,90 
coiitilitres,  elle  est  donc  à  peu  de  chose  près  le  litre.  Auén 
béoure  micjo,  allons  hoire  un  litre.  Ma  fcnnu  es  economo, 
d'un  paqué  de  brouquclos  ne  j'ai  sici  mcv  cl  de  micjo  né  fui 
pas  qu'un  co,  ma  l'emnie  est  Lunne  uiénMLj-'re,  d'une  Lutte 
d'alhunclles  elle  fait  si\  mois,  et  d'un  litre  une  seule 
fois. 

Miel,  s.  m.  et  alv.  de  comparaison.  Mieux.;  le  mieux. 
—  rams'uu  Vnd  pér  loa  miel,  faites  tout  pour  le  mieux. 
Qnan-i-on  es  vicl  on  danso  pas  'miel,  ([uand  on  est  \ieux 
on  ne  danse  jias  mieux.  Aune  jniii  vent,  j'aime  mieux, 
je  préfère  veiiir.  Aqtfd  vaï  miel ,  la  sanlè  va  un  peu 
mieux. 

Dèr.  du  lat.  Melias,  m.  sii:ii. 

Mièro,  s.  f.  ?se  s'emploie  <[ue  (hms  ci-'lte  locution  :  Sda 
coumo  la  mièro,  saL'.'  comme  la  mer,  dont  Mièro  est  [jrolia- 
Llemenl  une  allcrallMn. 

Miétoù,  A\  m.  Milan,  oiseau.  —  l'oy.  Tartano. 

Mignar,  mignardo,  adj.  Mi.Miarl,  gracieux  et  gentil 
avec  un  peu  d\;rill'ri<' ;  d;'lieat;  duuillel. 

Dèr.  de  Mina,  mine. 

Mignardéja,  v.  frcq.  Mignard'?r;  dorloter;  poup-amer; 
faire  d-'s  njignardises,  des  coqueii.riés  délicates. 

Mignardijc,  i. /'.  .Mignardi>e;  gentillesse  un  peu  alT-clèe; 
dèlical'.'ose,  coipi'.tlerie,  car^ssiis. 

Mignô,  mignoto,  s.  et  adj.  Mignot;  mignon;  gàtè; 
terme'  d'ami iiuvnx  et  de  nouirice. 

Mignounéto,  s.  f.  Mignonette,  mignardise,  (villet  mi- 
^'nardise,  uàlîel  pluUie,  Dianthns  phiniariiis,  Linu-,  ijlanlc 
de  la  lam.  des  Ciryopli} liées ,  cultivé j  coamie  Heur 
d'agrément,  et  qui  croit  jiaturellejnent  sur  nos  mon- 
tagnes. 

Mignouta ,  v.  Mignoler;  caresser;  ilatler  doucement; 
dorloter;  traii-.r  delicalouienl.  —  Il  e^l  aus^i  réciproque  : 
Se  mijnoutd. 

Migou,  s.  m.  Fumier  uu  croltin  de  brebis;  fumier  de 
bergerie. 

Dér.  du  gr.  ^h:/.yj;,  petit,  d'où  le  lat.  Mica,  petit  mor- 
ceau, miette,  graiji,  i\  cause  de  la  petite  dimension  du 
croltin  de  brebis.  Ce  qui  donne  raison  à  cette  étymologie, 
c'est  que,  dans  le  même  ordre  d'idées,  œ  croltin,  pris 
isolément,  s'a])pelle  Pécolo,  qui  vient  de  Pichù,  en  ital. 
Piccolo,  petit. 

Mijè  (Dé),  adv.  De  moitié,  par  moitié.  —  Faire  dé 
mijù,  faire  de  moitié;  ùtre  de  moitié  au  jeu;  donner  la 
moitié  de  son  lit,  de  son  diner,  etc.  L'ase  dé  mijè  fuyuè 
toujour  Ion  pu  mdou  émbasta,  prvb.,  l'Ane  en  connnunauté 
fut  toujours  le  plus  mal  embàté.  —  Mijè  est  dit  pour 
mèjè  ou  Mièjo. 

Mil,  s,  m.  Millet.  —  Voy.  Mél. 

Milanés,  s,  m.  et  adj.  Milanais,  du  pays  lombard.  — 
Ce  mol  désignait  surtout,  il  y  a  quelques  années  encore, 
dans  nos  contrées  cévenoles,  une  race  de  vers-à-soie  prove- 


nant de  la  Loinbardie,  dont  on  distinguait  plusieurs  variétés 
de  cucoiis  :  le  milanais  ordinaire,  jaune,  assez  gros,  coupé 
ou  serré  par  le  milieu;  le  petit  milanais  qui  n'en  différait 
que  par  son  moindre  volume,  et  enfin  le  milanais  blanc. 
Semblable  au  jaune  par  la  forme,  mais  qui  laissait  quelque 
cbo.^e  i\  désirer  pour  la  couleur.  De])uis  l'invasion  du  fléau 
(pji  ra\agi^  nos  cbandjrées,  l'importation  a  amené  et  répandu 
d'autres  races  de  la  Chine,  du  Jajion,  de  la  Natolie,  du 
Chili,  du  Cauca.se,  qui  n'ont  pas  fait  oublier  les  belles 
réussites  des  milanais;  mais  la  confiance  et  l'ancien  crédit 
ne'  leur  .sont  pas  encore  revenus,  car  la  Lombardic  souffro 
des  mémos  maladies  ({ue  les  Cévennes  séricicoles.  Espérons 
cependant  une  régénération  prochaine  que  des  expériences 
scient lliques  promettent  et  font  présager, 

Milanto ,  s.  m.  De^  millions,  des  milliasses;  nombre 
inJélini  et  considérable  de  choses  (juelconitues. 

Dèr.  du  lat.  Mille. 

Millimèstre,  s.  m.  Millimètre,  millième  partie  du  mètre. 

—  T'o//.  Mcdro. 

Iiupt'iialion  nouvelle  et  obligée  du  fr. 
Milo,  .v.  m.  Mille,  nom  de  nombre,  et  Mil,  lorsqu'il  sert 
pour  une  date.  .Notre  langue  ne  fait  j)as  cette  distinction. 

—  Milo  lesdiis,  mille  r<iisons.  Milo  hiuè  cén  sètanto-trés, 
mil  liuit-ceiit  soixanle  et  treize. 

Milo  reste  toujours  indéclinable. 

Dér.  du  lat.  Mille,  m.  sign. 

Milo-floùs,  s.  m.  Boule-de-neige,  arbuste.  —  Voy. 
Toumiè. 

Mina,  r.  Miner,  faire  une  mine;  creuser;  caver.  Au 
lig.,  consumer,  détruire  peu  à  peu  par  le  chagrin,  les 
re'^'ets. 

Minable,  ablo,  adj.  Minable;  pitoyable;  dont  l'appa- 
rence, le  costume,  l'air  font  pitié. 

Miné,  s.  m.  Dim.  Minouné.  .Minet,  petit  chat;  nom 
caressant  donné  aussi  h  un  vieux  chat  familier.  —  Faire 
mine,  manger  plus  de  pain  (jue  de  viande  :  ce  qui  doit  ôlre 
sans  doute  une  antiphrase,  car  on  dit  également  :  Gronman 
co^unio  uno  cato,  gourmand  comnie  une  chatte,  pour  expri- 
mer le  type  de  la  gourjuandise  délicate  et  quelque  peu 
recherchée. 

Minéto,  s.  f.  Dim.  de  Mino.  Minette;  petite  chatte.  — 
Ainsi  (jue  le  précédenl,  se  donne  aussi  à  une  chaltc  favorite 
quel  que  soit  son  Age. 

Minganèlo,  s.  f.  Minauderie;  manières  affectées  pour 
plaire;  petites  façons  de  l'enfant  g<àté  ou  de  la  jeune  fîlle 
minaudiére,  où  perce  une  pointe  naissante  de  coquetterie. 

En  bas-breton,  Mingan,  simagrées. 

Mingre,  mingro,  adj.  Chétif;  un  peu  minable;  piètre; 
débile;  qui  n'a  point  de  forces. 

Mino,  s.  f.  Mine;  air;  apparence;  expression  de  la  phy- 
sionomie, de  l'accueil;  mine;  métaux,  minéraux  à  exploi- 
ter, de  cuivre,  de  charbon,  d'or,  d'argent,  etc.;  mine  de 
carrier,  de  mineur,  pour  faire  sauter  une  roche  à  l'aide  de 
i  la  poudre;  minette,  chatte,  femelle  du  chat. 


MIO 


MIR 


487 


Dans  le  premier  sens,  en  bas-breton  Min,  mine;  dans  le 
second,  da  lat.  Minera,  mines,  minières. 

Minon,  s,  m.  Dim.  Minouné.  Minon,  petit  chat  qui 
vient  de  naitre.  —  Chanja  soiu  nUnoàt,  changer  d'amour, 
porter  ailleurs  ses  affections,  en  prenant  métaphoriquement 
ce  qne  fait  au  propre  la  chatte  en  changeant  de  place  ses 
petits  qui  sont  aussi  ses  affections. 

Minouna,  v.  Chatter,  faire  des  petits  en  parlant  de  la 
chatte. 

Minoanado,  5.  f.  Chattée;  petits  chats  qu'une  chatte 
met  bas  d'une  fois. 

Minato,  t.  f.  Minute,  soixantième  partie  d'une  heure; 
original  des  actes  qui  demeure  chez  le  notaire,  ou  original 
des  actes  judiciaires,  qui  reste  au  greffe. 
Dér.  du  lat.  Minutiis,  minuta,  petit. 
Ko,  s.  f.  Mie;  amie;  maltresse.  — Ana  véHre  mHo,  aller 
voir  sa  bonne  amie.  Ma  mïo,  mou  amie,  m'amie ,  est  un 
de  ces  vocatifs  que  s'adressent  les  femmes  dans  leurs  con- 
versations, qui  la  plupart  du  temps  est  moins  une  expres- 
sion d'amitié  qu'un  terme  souvent  indifférent  et  banal,  fort 
semblable  au  £r.  :  ma  chère. 
Contraction  de  Amigo,  moun  amigo. 
Miolo,  9.  f.  Dim.  Mioulélo;  augm.  Mioulasso.  Mule, 
femelle  du  mulet,  produit  de  l'âne  et  de  la  jument.  — 
Bono  miolo,  michanto  bèslio,  bonne  mule,  méchante  bète. 
Rendre  l'argén  dé  la  miolo,  rendre  gorge,  reperdre  ce  qu'on 
a  gagné  ;  en  général,  tout  revirement  de  fortune,  tout  revers 
de  médaille.  Faïre  uno  miolo,  faire  une  sottise,  une  faute, 
une  maladresse. 

Dér.  du  lat.  Muta,  m.  sign. 

Miôoa,  s.  m.  Dim.  Mioidé;  augm.  Mioulaa.  Mulet,  bête 
de  somme.  —  L'âne  et  la  jument  produisent  les  grands 
mulets;  le  cheval  et  l'ânesse  les  petits  que  l'on  appelle 
Bardas, 

Dér.  du  lat.  Mulus,  m.  sign. 

Mîon,  miouno,  s.  et  pron.  poss.  Mien;  à  moi;  qui  est  à 
moi  ;  qui  m'appartient;  le  mien.  —  Es  mïou,  il  est  à  moi. 
Es  miouno,  elle  est  à  moi.  Démande  pas  gué  lou  m(ou,  je 
ne  veux  que  le  mien,  je  ne  réclame  que  ce  qui  m'appar- 
tient. 

Dér.  du  lat.  Meus,  mea,  meum,  m.  sign. 
Mioù,  mioimo,  s.etadj.  Mieux,  le  mieux;  meilleur. 
—  £^  trémpo  es  bono,  lou  vi  mïoù,  la  piquette  est  bonne  et 
le   vin  meilleur.  Béoure  bo  et  mtoù,  boire  du  meilleur. 

Vosie  mïoà  sérié  dé ,  ce  que  vous  auriez  de  mieux  à 

faire,  votre  meilleur  parti  serait  de 

Dér.  du  lat.  Melior,  m.  sign. 
Miougragné,  s,  m.,  ou  Miongragnèîro,f.  f.  Grenadier, 
Punica  granatum,  Linn.,  arbre  de  la  fam.  des  Myrtes,  qui 
produit  la  grenade. 

Son  nom  latin  le  suppose  originaire  du  nord  de  l'Afrique, 
d*oà.  il  aurait  été  transporté  en  Italie  pendant  les  guerres 
puniques;  sa  dénomination  languedocienne  et  française  lui 
vient  de  Grano,  grain,  à  cause  de  son  fruit. 


Miougrano,  s.  f.  Grenade;  fruit  du  grenadier;  en  lat. 
Malum  granaium,  pomme  grenue,  pleine  de  grains.  —  Ce 
fruit,  dont  le  malade  suce  avec  plaisir  la  pulpe,  trop  peu 
charnue  d'ailleurs  pour  être  un  aliment  qui  fatigue  son 
estomac,  contient  un  acide  agréable  qui  flatte  le  goût, 
nettoie,  rafraîchit  la  bouche  et  apaise  l'ardeur  de  la  soif 
excitée  par  la  fièvre  ;  ces  précieuses  qualités  ont  bien  pu 
lui  valoir  aussi  son  nom  languedocien  qui  serait  formé  de 
Grano,  graine,  grain,  et  de  Mïoîit  la  meilleure. 

Miougrano  (Gouto),  s.  f.  Migraine,  douleur  qui  affecte 
ordinairement  une  moitié  de  la  tête,  un  seul  côté. 

En  lat.  Hemicrania,  qui  rend  bien  la  localisation  du 
mal,  et  qu'il  semble  que  la  langue  d'Oc  a  voulu  exprimer 
aussi,  sans  y  réussir  aussi  bien. 

Mioulan,  s,  m.  Mule  ou  mulet  vieux,  mauvais  et  laid. 
Rossinante  du  genre. 

Mionne,  miouno,  s.  et  pron,  poss.  Mien,  le  mien.  — 
Variante  de  Miou,  miouno,  avec  la  m.  sign. 

Miqnèl,  s,  m.,  n.  pr.  d'homme.  Au  fém.  Miquèlo. 
Michel.  —  Se  dit  aussi  couramment  Michel,  Miehèlo  et 
Michèou, 

Miqnélé,  s.  m.  l^fiquelet,  bandit  des  Pyrénées,  dont  le 
nom  a  été  retenu  dans  cette  seule  locution  :  Arma  aoumo 
un  miquélé,  armé  comme  un  miquelet. 

Mirabèlo ,  s.  f.  Mirabelle,  sorte  de  prune  ronde ,  jaune 
et  sucrée. 

Dér.. du  lat.  Mirabilis,  m.  sign. 

Miracloùs,  ouso,  adj.  Miraculeux;  prodigieux;  qui 
tient  du  miracle;  merveilleux;  surprenant;  extraordi- 
naire. 

Miraîa(Sé),  v.  Se  mirer;  se  regarder  dans  un  miroir  ou 
dans  une  surface  unie  qui  rend  l'image.  Au  fig.,  se  regarder 
avec  complaisance  ;  s'admirer.  —  Que  trop  se  miraïo  pâou 
fialo,  fille  qui  trop  se  mire  file  peu.  Se  miraïa  din  sous 
poulïs  habïages,  s'admirer  dans  ses  atours,  se  mirer  dans 
ses  atours.  Quan  réstarés  aqu\  à  vous  miraïa  ?  dit-on  à 
quelqu'un  qui  n'a  pas  l'air  de  comprendre  ce  que  vous  lui 
dites  et  reste  là  tout  ébaubi,  planté  devant  vous  comme 
s'il  ne  songeait  qu'à  se  mirer  dans  vos  yeux. 

Miraiô,  s.  m.  Dim.  de  Mirai.  Petit  miroir;  écusson  d'un 
trou  de  serrure,  de  bouton  de  porte.  —  Ccusa  àau  mirdié, 
faire  la  chasse  au  miroir. 

Mirai,  s.  m.  Miroir;  glace  de  verre;  surface  polie,  unie, 
qui  rend  les  images.  —  Bèlo  fénno,  mirai  dé  nécis,  prvb., 
jolie  femme,  miroir  de  niais. 

Dér.  du  lat.  Mirari,  admirer,  considérer  avec  admira- 
tion. 

Mirgaîa,  ado,  adj.  Diapré,  émaillé  de  diverses  couleurs 
brillantes. 

Altération  peut-être  du  mot  Miraïa,  mais  avec  une  cer- 
taine extension. 

Mirgo,  Miirgo  ou  Mirguéto,  s.  f.  Souris.  —  Ces  déno- 
minations qu'on  trouve  dans  Saitvagks  sont  peu  usitées. 
Le  lat.  Mus,  mûris,  ou  Musculus,  rat,  pourrait  bien  être 


488 


MIT 


MOL 


pour  quelque  chose  dans  leur  formation.  Nous  disons  Fi«r«. 
—  Voy.  c.  m. 

Miricontonn,  s.  m.  Brugnon,  espèce  de  pèche  dont  la 
pulpe  adhère  au  noyau;  sa  peau  est  lisse,  d'un  blanc  un 
peu  jaunâtre  du  côté  de  Tombre,  et  d*un  beau  rouge  violet 
du  côté  du  soleil  ;  sa  chair  est  ferme,  sucrée,  et  d'un  jaune 
clair  excepté  auprès  du  noyau  où  elle  est  très-rouge. 

En  espag.  Malaeoton. 

Miscarolo,  s.  f.  Alouette  calandrelle.  Aîauda  braehi- 
dactylo,  Temm.,  oiseau  de  l'ordre  des  Passereaux  et  de  la 
fam.  des  Subulirostres,  commune  dans  le  pays.  —  Elle  a 
les  allures  du  coche  vis,  Coitquïado,  avec  qui  elle  se  mêle 
volontiers,  ce  qui  peut  les  faire  confondre,  quoique  celle-ci 
ne  soit  pas  huppée. 

Sauvages,  à  ce  mot  Miscarolo,  se  contente  de  dire  : 
Petite  alouette.  Gela  signifie-t-il  petite  de  taille,  quelle  que 
soit  d'ailleurs  l'espèce,  ou  s'applique-t'il  à  l'alouette  la  plus 
petite  du  genre,  car  elle  ne  dépasse  pas  douze  centimètres? 
Mais  cette  dernière  n'a  pas,  comme  les  autres,  de  nom 
particulier  que  nous  lui  connaissions.  Miscarolo  ne  semble 
pouvoir  désigner  que  l'alouette  calandrelle. 

Missarô,  s.  f.  Marmotte.  —  Elle  n'est  vulgairement 
connue  que  sous  le  nom  de  Marmoto.  —  Voy.  c.  m. 

Missoù,  s.  m.  Espèce  de  saucisson  de  ménage,  de  cer- 
velas, plus  court  que  le  saucisson  ordinaire  et  fait  avec  de 
la  viande  moins  choisie  et  coupée  moins  menue,  que  l'on 
ensache  aussi  dans  des  boyaux  lisses  ou  non,  de  manière 
qu'il  est  souvent  assez  informe.  On  le  mange  cru  ou  cuit, 
et,  dans  ce  dernier  cas,  chaud  ou  froid,  Q||il  est  toujours 
également  bon.  Le  missoù  est,  pendant  toute  l'année,  la 
grande  ressource  de  la  plupart  de  nos  modestes  ménages, 
et  comme  son  apprêt  particulier  et  son  emploi  ne  permet- 
tent pas  de  le  désigner  pour  un  équivalent  français,  on 
devrait  bien  franciser  son  nom  et  l'appeler  Missoti  :  nous 
le  recommandons  au  Dictionnaire  de  l'Académie. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Missonum,  paquet,  botte  :  le  missoii 
étant  une  agglomération  de  petits  morceaux  de  viande 
réunis  en  paquet  ou  faisceau. 

Missonnariè,  s,  f.  Confection,  fabrication  du  Mistoù 
(Voy.  cm.).  —  Comme  dans  la  plupart  des  ménages  du 
pays,  qui  peuvent  le  faire,  on  est  dans  l'habitude  d'égorger 
tous  les  ans  un  cochon,  plus  ou  moins  gros  selon  les 
moyens,  on  appelle  Faire  missounariê,  en  faire  la  salaison, 
parce  que  confectionner  les  missoiis  est  la  chose  principale 
dans  cette  opération. 

Mistrâou,  s.  m.  Mistral,  vent  du  Nord-Nord-Ouest,  le 
plus  froid  et  le  plus  impétueux  de  ceux  qui  soufflent  en 
Provence,  d'où  ce  mot  a  été  importé. 

Contract.  de  Magistràou,  du  lat.  Magister,  le  maître,  le 
plus  fort  des  vents. 

Mita,  s,  f.  Moitié  ;  une  des  parties  égales  ou  à  peu  près 
du  tout.  —  Es  dé  Moussa,  aïmo  maï  lou  tout  que  la  mita, 
prvb.,  il  est  de  Moussac,  il  aime  mieux  le  tout  que  la 
moitié.  As$  dé  mita  es  toujour  mdou  émbasta,  l'âne  de  la 


communauté  est  toujours  le  plus  mal  b&té  /Toy.  Mij^;.  i 
mita  canU,  à  moitié  chemin.  Mita  qwi,  à  moitié  eût. 
Èstre  dé  mita,  être  de  moitié.  Fal'r»  dé  mita,  paitas». 
Mita  mita,  moitié  chacun,  part  égale.  Jftfo  Tm  niia 
l'àoutre,  moitié  de  chaque  :  équivalant  de  «iia  mita.  A 
mita,  ou  mieux  dé  mita,  à  moitié,  à  demi. 

Dér.  du  lat.  Medietas,  moitié. 

Mitadiè,  s,  m.  Qui  fait  de  moitié  avec  qnelqa'no;  objet 
qui  sépare  par  moitié,  comme  un  mur,  un  fossé  diviant 
un  héritage. 

Mitau^  s.  m.  Milieu,  centre,  point  central.  —Eav.fr. 
popul.  on  disait  aussi  Mitan,  —  T-a  pas  dé  mitan,  il  n'y 
a  pas  de  moyen  terme,  point  de  milieu,  de  tempémneat. 
Entré  mitan,  au  beau  milieu. 

C'est  le  synonyme  plus  usité  de  Mii  et  plus  éteado. 
.  Dér.  du  lat.  Médius,  m.  sign. 

Mitèno,  s,  f.  Mitaine;  long  gant  de  femme  qui  leooavn 
le  bras  et  n'a  que  le  pouce  et  l'origine  des  doigts;  gant  qui 
n*a  de  distinct  que  le  pouce. 

Mite,  s.  f.  Mitaine;  gant  qui  n*a  que  le  poQce  de  dis- 
tinct, souvent  fourré  en  dedans,  dont  se  servent  paruco' 
lièrement  les  voituriers.  —  Il  est  synonyme  de  MitcM 
dans  sa  dernière  acception. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Mitana  ou  Mitm,  m.  sigo.,  laMs 
vel  pellicea  chirotheca,  dit  Du  Gange. 

Mitonna,  v.  Mitonner;  faire  cuire  lentement;  dor\otei; 
cajoler. 

Dér.  du  lat.  Mitis,  doux. 

Mo,  s.  m.  Mot;  expression;  terme;  parole.  —  i^* 
pas  lou  mo,  ce  n'est  pas  répondre;  ce  n'est  pas  là  l'affùic* 
ce  dont  il  s'agit.  Té  dirai  un  mo,  je  te  dirai  ton  fait;  je  te 
parlerai.  /  digità  soun  mo,  il  lui  parla  comme  il  faot.  Tàw 
i'éscrtoure  un  mo,  je  vais  lui  écrire  un  petit  mot,  un  l»ot 
de  lettre.  Quinquè  pas  lou  mo,  il  ne  dit  mot,  il  ne  rèpliqu 
rien. 

Dér.  du  lat.  Multum. 

Moble ,  5.  m.  Meuble,  tout  ce  qui  sert  à  oiner  im? 
maison,  une  chambre,  et  qui  n'en  fait  point  partie,  n'y 
étant  pas  attaché  à  perpétuelle  demeure. 

Dér.  du  lat.  Mobilis,  mobile. 

Modo,  s.  f.  Mode,  usage  dans  les  vêtements,  les  pl^- 
sirs,  les  mœurs;  vogue  passagère;  manière  d'agir,  de 
parler. 

Dér.  du  lat.  Modus,  manière,  façon. 

Mol,  molo,  adj.  Mou;  tendre;  qui  n'est  pas  dur.  Âa 
fig.,  mou;  lent;  flasque  et  sans  vigueur;  sans  éne^; 
indolent.  —  Es  trop  mol  pér  ana  lâoura,  la  terre  est 
encore  trop  trempée  pour  être  labourée.  Boîsdiau/  qui  sièt 
mol/  Bon  dieu!  que  tu  es  indolent!  A  lai  cars  bé «o(oi, 
elle  a  les  chairs  bien  flasques. 

Dér.  du  lat.  Mollis,  m.  sign. 

Molo,  s,  f.  Meule,  cylindre  plat  pour  broyer,  poor 
aiguiser;  meule  de  moulin,  de  coutelier. 

Dér.  du  lat.  Mola,  m.  sign. 


MOR 


MOU 


489 


Molo,  s.  f.  Terme  de  boucherie,  cimier,  partie  de  la 
cuisse  du  bœuf,  qui  contient  plusieurs  tranches  de  diffé- 
rentes qualités  :  la  pièce  ronde,  la  semelle  ou  hè-d'àouquo, 
le  tendre  ou  din-dé-quiiïiso;  le  derrière  du  cimier,  depuis 
les  tranches  jusqu'à  la  queue,  s'appelle  Culotte. 

Molo,  s,  f.  Relâche;  intermission;  rabais.  —  F-a  molo, 
la  presse  n'y  est  plus  pour  louer  à  haut  prix  les  journaliers 
lors  des  forts  travaux  agricoles  ;  y-a  molo,  quand  le  prix 
des  denrées  baisse  par  la  concurrence  des  marchands  ou 
l'abondance  de  la  marchandise  ;  quand  il  y  a  interruption 
dans  les  arrivages  sur  un  marché.  Par  extension,  on  le  dit 
toutes  les  fois  qu'il  y  a  ralentissement  dans  l'animation 
d'une  partie  de  jeu,  d'un  plaisir,  d'un  travail. 

Dôr.  du  lat.  Mollis,  mou. 

Monle,  s.  m.  Moule,  instrument  ou  matière  creusée  pour 
donner  une  forme  au  métal  fondu,  au  plâtre,  à  la  cire,  etc.; 
modèle.  —  Monle  dé  boutoù,  moule  de  bouton,  qu'on 
recouvre  d'étoffe. 

Dér.  du  lat.  Modidus,  m.  sign. 

Môoiire,  V.  Moudre,  réduire  le  grain  en  farine  au  moyen 
des  meules;  par  ext.  broyer,  réduire  en  poudre  par  un 
moyen  quelconque. 

Dér.  du  lat.  Molere,  m.  sign. 

Môonto,  s,  f.  Mouture;  action  de  moudre;  ce  que  Ton 
moud  à  la  fois  ;  salaire  que  prend  le  meunier. 

Mâouto,  part.  pass.  fém.  du  v.  Môoure,  moudre.  Moulue; 
broyée.  —  Bla  énsaqua,  farino  môouto,  littéralement,  blé 
mis  en  sac,  farine  moulue  ;  locution  figurée  employée  sou- 
vent pour  dire  :  affaire  conçue,  chose  conclue  ;  entreprise 
commencée,  succès  assuré. 

Mort,  s.  f.  Mort;  fin  de  la  vie;  mortalité;  désastre; 
massacre;  carnage.  S.  m.,  mort;  cadavi'e;  un  mort;  mort, 
morto,  part»  pau.  et  adj\,  mort,  morte,  qui  a  cessé  de 
vivre.  —  Jouïne  que  veto,  viêl  que  dort,  sinne  dé  mort, 
prvb.«  jeune  qui  veille,  vieux  qui  dort,  signe  de  mort.  La 
mort  d'uno  fénno  é$  coumo  un  co  àou  couïde,  prvb  ,  la 
mort  d'une  femme  est  comme  un  coup  au  coude,  douleur 
vive  qui  passe  vite,  à  peu  près  comme  celle  qu'éprouve  la 
matrone  d'Ephèse.  La  mort  das  blas:  quand  éclate  une 
catastrophe,  qu'arrive  ce  qu'on  appelle  vulgairement  le 
commencement  de  la  fin,  dans  une  débandade,  une  décon- 
fiture, une  déroute,  dans  un  sauve  qui  peut,  on  s*écrie  :  la 
mort  das  blas/  Le  blé  étant  la  chose  la  plus  utile,  la  plus 
précieuse,  sa  destruction  serait  le  plus  grand  malheur 
possible,  et  l'on  ne  peut  déplorer  davantage  tous  les  autres 
désastres  qu'en  les  assimilant  à  celui-là.  Àïçà's  pas  la 
mort  dé  Twrèno,  dicton  conservé  dans  nos  contrées,  qui 
fait  comprendre  l'impression  profonde  que  causa  la  mort 
du  grand  capitaine,  et  qui  sert  encore  de  comparaison  pour 
témoigner  que  le  malheur  dont  on  peut  avoir  à  se  plaindre, 
si  déplorable  qu'il  soit,  n'est  pas  aussi  grand  que  la  mort 
de  Tnrenne.  Lou  pàoure  mort,  locution  ordinaire  en  par- 
lant d'une  personne  décédée  depuis  peu,  emportant  l'estime 
et  les  regrets.  Vn  mort-dé-fan,  un  meurt-de-faim,  un  famé- 


lique, un  besogneux  à  genoux  devant  un  écu.  La  morto- 
sésoù,  la  morte-saison,  celle  où  le  mauvais  temps  arrête  les 
travaux,  où  un  ouvrier  ne  trouve  pas  d'ouvrage.  Douloù 
dé  fénno  morto  passo  pas  la  porto,  prvb.,  deuil  de  femme 
morte  dure  jusqu'à  la  porte.  Morto  la  bèstio,  mort  lou  vérï, 
prvb.,  morte  la  bête,  mort  le  venin!  Lou  mai  atrapa  es 
lou  mort,  le  plus  dupe  c'est  le  mort.  Lou  fia  es  mort,  le 
feu  est  éteint.  D'argén  mort,  de  l'argent  qui  ne  rapporte 
rien.  A  mort,  adv.,  à  mort,  mortellement.  Travaïo  à  mort, 
il  travaille  rudement.  Mort  subito,  mort  subite. 

Dér.  du  lat.  Mors,  mortis,  m.  sign. 

Mor,  s.  m.  Mors;  fer  de  la  bride  qui  entre  dans  la  bouche 
du  cheval.  —  Préne  lou  mor  à  las  déns,  auprop.  et  au  fig. 
prendre  le  mors  aux  dents,  s'emporter. 

Dér.  du  lat.  Morsus,  parce  qu'il  est  mordu  par  le  cheval. 

Morço,  5.  f.  Amorce,  poudre  dans  le  bassinet  d'un  fusil, 
sur  la  lumière  d'un  canon,  à  l'ouverture  d'un  trou  de  mine; 
appât  mis  à  un  hameçon,  à  un  piège;  pierre  d'attente  qui 
avance  d'espace  en  e^ace  à  l'extrémité  d'un  mur  pour  faire 
liaison  avec  un  autre  mur  qu'on  doit  y  joindre;  entaille 
faite  au  joint  d'une  pierre  que  l'on  veut  soulever  ou  arra- 
cher, pour  y  introduire  la  pointe  d'une  pince,  d'un  levier. 

Dér.  du  lat.  Morsum,  supin  de  Mordere,  mordre. 

Moron,  s,  m.  Nègre,  et  non  pas  seulement  Maure. 

Dér.  du  lat.  Mourus,  noir. 

Mostro,  5.  f.  Montre,  machine  pour  indiquer  les  heures; 
montre,  marchandise  exposée  sur  la  porte  d'un  magasin; 
boite,  étagères,  vitrage,  où  elle  est  étalée;  échantillon.  — 
Mostro,  échantillon  pour  les  grains  et  autres  denrées  ana- 
logues, se  dit  TastofVoy.  c.  m.)  lorsqu'il  s'agit  de  liquides. 
—  Dilus  y-âoura  fosso  mostros,  lundi  il  y  aura  beaucoup 
de  montres  :  sans  autre  désignation  s'entend  exclusivement 
des  cocons  à  l'époque  surtout  où  leur  vente  préoccupe  tout 
le  monde.  Aqui  la  mostro  et  lou  mouloik,  voilà  la  montre  et 
le  magasin,  la  pièce  avec  l'échantillon,  c.-à-d.  tout  ce 
qu'on  a,  tout  ce  dont  on  peut  disposer. 

Dér.  du  lat.  Monstrare,  montrer. 

Moubla,  V.  Meubler,  garnir  de  meubles. 

Dér.  de  Moble, 

Moncliétos,  s.  f,  plur.  Pincettes  pour  tisonner  le  feu  ; 
mouchettes  poilr  la  chandelle.  —  Le  mot  languedocien 
semble  la  traduction  de  ce  dernier  et  l'on  ne  comprend  pas 
pourquoi  le  même  nom  a  été  donné  à  deux  instruments 
d'usage  fort  différent.  Il  est  certain  pourtant  que  Mouehétos 
est  la  bonne  signification  de  pincettes,  et  si  vous  aviez 
besoin  de  mouchettes,  il  serait  bon  d'ajouter  :  pér  mouqua, 
car  autrement,  dans  le  doute,  il  est  probable  que  ce  seraient 
des  pincettes  qu'on  vous  apporterait. 

Monchoù,  s.  m.  Dim.  Mouchouné;  augm.  Mouehounas. 
Peloton;  bouchon;  paquet  de  quelque  chose  ramassé  en 
pelotte.  —  Un  mouchoù  dé  pèous,  dé  fiou,  dé  gràisso,  dé 
lano,  etc.,  une  poignée,  un  bouchon  de  cheveux,  un  paquet 
de  fil,  un  peloton  de  graisse,  un  flocon  de  laine,  etc. 

En  ital.  Moechio,  tas,  amas,  monceau. 


490 


MOU 


MOU 


Mouchouèr,  s.  m,  MtMichoir;  ru-liu;  ('rav.itt\  «jui  S'^  dit 
}Tnurfiourr  //é  col,  ficlju  OU  ciMvntr»,  suivant  qu'on  parle 
d'un»'  l'i^iiinie  ou  d'un  li'Hiini<\  Pour  niouchuir  do  poche, 
Mouqnniloù  est  préférablo.  —  Votj.  c.  m. 

Enii)r.  au  fr. 

Mouchounado,  5.  /*.  Tas,  amas;  monceau;  réuniou  de 
Mt)iichoffs.  —  yoij.  0.  m. 

Moude,  s.  m.  Moutnn  qui  n'a  pas  d'  cornes. 

Moude,  (l'ij.  (les  deux  tjenres.  Kiuousn'',  r'pMini('»,  en  par- 
lant d'un  «nitil  tranchant. 

Dér.  tous  deux  du  lat.  Mntllus,  mutili'',  h  <ini  il  monqu^ 
qu«'li]Uo  chose  :  on  sous-<'nti'n<l  Comibtis  dans  la  iuviuïm'.^ 
acception. 

Moudélas,  s.  m.,  ou  Moulédas.  Gros  m.-iciMu  d«^  mir 
[h  pain.  (Ui  plutôt  gDs  morceau  do  pain  où  il  y  a  beau- 
C'iu])  de  !i)ie. 

MomUUis  ou  Mnulé.lns  se  dit  aussi  puur  d«'sigiier  l'''!)- 
(h'dil  le  plus  charnu  du  corps  d'un  animal.  — Lou  rnoulrdds 
(fc  hi  camho,  le  gras  de  jamhe,  le  mollet. 

Auum.  do  M  ou  fiel  (t. 

Moudélo,  s.  f.,  ou  Moulédo.  Mio  de  pain. 

Di'-r.  du  lat.  Me.fuf/fi,  moelle  :  la  mi'^  rtanl  la  nnëll»^  du 
])aiii,  et  la  m-'-talhès-^  d^s  d'^ux  mots  hmju-\l'ici"i.sno  clnn. 
L'iMut  rii^n  à  l'^ur  siLMHJi-'.ition. 

Moudèlo,  s.  7)1.  M'"l."'l'';  e\(Mijplain^;  orijin.d  d'écritup^ 
do:it  lin  O.'orpu'  fait  la  ('opi(\ 

Di'r.  du  lat.  Molalus,  mtsiuv. 

Moudéloù,  s.  m.  P<'lit  morciwu  <li^  mi«^  de  [iiiii,  <»u  pMit 
morcoau  d<'  pain  où  il  y  a  surtout  de  la  mie. 

Dirn.  de  Moudélo. 

Moufle,  raouflo  ,  ffdj.  MaHi'';  iinflu;  d'Ja:  pôti''; 
rt'hoiidi  ;  rp'ds;  mo»'!ltMi\  ;  irros;  coiisi  1  ''ra''I'\  —  De  'j  '  ;.'l-'^ 
jnoujlos,  di's  joues  [lotrl.'-rs,  r'iM-n  Ji'S,  ma^l-'-rs.  fn  a- 
moufle,  un  lit  t''])ais,  moi'lleux.  Y  ru  foyi^-  /"J^ja  y?»  ;)/•/?  >ni 
liâoa  j/iouflny  il  lui  n\  fit  pav'M*  uiw'  ^  l'im..'  u  1  [l 'U  f  .rt\ 

\a'  fr.  >!Miin^  si^Miifi."»  un  \i<iL'.'  '-'ia<  »'t  rehs  eli  :  C'* 
qui  ne  voiil  pis  din^  (jm^  n^u.s  lui  ry-'us  •'!ii[irniité  1-^  mot. 

En  o>p.  Muflcfes,  qui  a  1"^  joîi  s  iMifl«''s  e..:,.\,e  H^r-V. 
Le  lai.  rime,  soufrier,  no  d<  il  pas  rîr-'  r'tran-j.n"  ;'i  tou'<  ces 
u'jots,  au  moins  pour  une  moitié. 

Mouflèti,  ç.  m.  (iros  enfant  jouiïlu,  aii^e  houfTi.  — 
S'a[)pliquo  i^lus  iiarticulirriMneiit  au  visaje  ou  au  corps,  et 
aux  enfants. 

Mouflije,  s.  f.  État,  qualité  de  C'^  ipii  -  ^t  M'iuflc.  — 
Vofj.  c.  m. 

Mouflos,  s.  f.  plur.  Monflos,  gants  fourrée,  sans  doigts, 
n'ayant  ordinairement  que  le  inmce  ilo  distinct. 

Dér.  do  Mouff^,  à  cause  do  l'épaissr^ur. 

Mougnè,  mougnièïro,  5.  yn.  et  f.  M'-nni-T,  meunièro; 
qui  dirige  un  moulin  fi  blé.  —  La  ccirlnro  dé  la  Mniijniî)'ro, 
la  rue  de  la  Meunière,  une  des  vi  ill^s  rues  d'Al'ii<,  qui 
conduisait  et  conduit  enctrc  au  ninulin  ;qip'M(''  le  M  lulin- 
^'euf,  depuis  bien  des  siècles,  déplacé  ou  reconstruit  comme 
pour  mériter  toujours  le  même  nom. 


Mouïa ,   V.   Mouiller;   humecter;  tremper   dans   l'eau. 

—  Se  ninuui,  rocfvoir  une  averse  de  pluie  ;  se  l)aigner. 
Mouïaduro,  s.f.  Mouillure;  action  de  mouiller;  étal  de 

ce  (pii  est  mouillé,  trempé. 

Mouïcé,  s.  m.  Kper\ier,  Falco  iiisus,  Temm.,  oiseau  de 
l'ordre  des  Itapaces  et  de  la  fam.  des  Plumicolles,  dont  le 
niàli^  <"st  aj'pelé  en  fauconnerie  Tiercelet,  Emouchet  ou 
M'ea/hit,  (pli  a  bien  é\idejjimenl  engendré  notre  vocable 
Moii'iri'.  A- anmoinson  donne  également  ce  nom  à  plusieurs 
.luti.'s  p'iiis  <  iseaux  de  proie,  qui  n'en  ont  point  de  parli- 
ciili.'r  'Il  l.!n;,uedocien,  tels  que  le  hobereau, /"u/ro  «m^^m^co, 
réii.'MJÎlMji,  fiifro  a'Sdlotf,  la  crescerelle,  falco  tinnunculus, 
Teiii'ii.  (]''>  .<is\aux  du  mémo  genre  ^  quelque  différence  de 
t'iille  pi/s,  se  ressemblent  beaucoup  entr'eux  et  avec  ré|)er- 
\\i\  l't  habitent  de  même  nos  contrées  où  ils  sont  seule- 
ment un  lieu  moins  connus  que  ce  dernier.  —  Voy. 
Tavhnio. 

Mouïè,  a.  f.  Femme,  épouse;  moitié.  —  N'est  pas  pré- 
ci^éM.'iit  de  11. »tre  dialecte. 

D'r.  du  lat.  MuHer,  m.  siirn. 

Moiiïèïro,  s.  /*.  et  n.  pr.  de  lieu  et  d'homme.  Terre 
iii'.li'Te,  grasN,^  et  jnarècag.uise ;  Molière  ou  Molières,  dési- 
'.'iLiii-n  il'nno  di/aine  ib-  c(jmmuni\s,  seulement  dans  le 
Cl -ni,  dit-'"^,  dans  les  anciens  titres,  de  Moleria,  de  Mo- 
/'V^//.\-^  df  Molcriis,  Molcricr,  à  cause  de  la  nature  des 
terrains  sur  lesquels  l'agglomération  s'était  fondée.  Des 
:\  '\\\<  d'IiMinme  se  sont  formés  de  Ifi,  (jui  doivent  se  rendre 
l'ii  fr.  par  MMJj/'re,  tout  comme  le  fief  de  Pt)quelin.  — Èi 
(inj'ufa  cotinio  hui  calice,  dé  Moinifiroy  il  est  argenté  comuie 
le  caliee  de  régli>e  de  M<.>hère;  vieux  dicton  ironique, 
\u\.-,-  qu'.  :i  p.rè!'\'id  que  ce  calice  était  de  bois  :  ce  qui 
\\   n.I    .01  fr.  :  .-Irn-^è   d'argent    comme   un   crapaud   de 

\']\\'\-''<. 

i. 

T)'a'.  du  l.-'l.  Mdlis,  mou. 

T.Touîèn,  V.  ;/<.  ]M«yi'n;  expèilionl;  voie  pour  réussir  ou 
]  M-N  iiir  à...;  f;'culî'''s  i)ècu'daires;  talents  naturels,  au 
!iir.  --  T i-}' i  u-ou'i-n,  tssaytT,  tenter,  que  le  languedo- 
:  Il  j.;i'-siiig  lie  mamiue  guère  de  rendre  par  tâcher 
moyi!.  rôo  i  l'irha  mouHH  dé  s'en  tira,  il  faut  tâcher, 
essixer  l'>u^  les  uiovons  de  s'en  tirer.  Tachas  mou ièn  dé 
rcfi',  fdtes  en  soite  <le  "V'enir.  Véjan  se  tj-a  mouïèn  dé 
J7if)u)'(na,  Voyons  s'il  y  a  moyen  de  s'arranger,  de  sortir 
de  1,1;  si  l'on  jMut  iiiiyeninn'.  ménager  une  bonne  issue. 
Aquo's  l'ii  h'.wf  dé  m  oui  à}  j  cet  liomme  a  des  moyens, 
qu''lque  fortune. 

Eiij['r.  au  fr. 

Mouïéna,  v.  Essayer  de  plusieurs  moyens;  tenter  une 
voi'\  e^v^yer  d'uu  exp'diont,  pour  amener  à  bien  une 
afi'airo,  une  entreprise. 

Vnu'inta,  ado,  [mrt.  pass.  Oui  a  des  moyens,  des  facultés 
pé(Miniaires,  de  l'argent  fi  sa  disposition. 

Mouïcnan,  prép.  et  conj.  Moyennant;  au  moyen  de... 

—  M<oi.i'))nn  fifjKô,  au  moyen,  ii  l'aide  de  cela,  moyennant 
cela.  Mon'irnan  que,  ])Murvu  que. 


i 


MOU 


MOU 


491 


Ce  mot,  emprunté,  comme  les  précédents,  au  fr.,  est 
aujourd'hui  très-souvent  et  très-bien  employé  dans  les 
divers  dialectes  de  la  langue  d'Oc. 

Mouîne,  s.  m.  Moine,  religieux  d'un  ordre  monastique; 
meuble  pour  chauffer  les  pieds  dans  le  lit ,  en  place 
d'une  chaufferette,  à  l'aide  de  charbon  allumé  ou  d'eau 
bouillante.  —  L'abadiè  se  perd  pas  pér  un  rnouine,  prvb., 
pour  un  moine  l'abbaye  ne  faut  point,  ou  pour  un  moine 
on  ne  laisse  pas  de  faire  un  abbé. 

Dér.  du  lat.  Monachus,  m.  sign. 

Momssâoii,  s.  m.  Dim.  Mouïssaîé.  Moucheron;  cousin; 
Culex,  Linn.,  insecte  de  l'ordre  des  Diptères  et  de  la  fam. 
des  Hanstelles  ou  Sclérostomes.  —  L'espèce  la  plus  com- 
mune, parce  qu'elle  est  la  plus  incommode,  est  le  Culex 
pipiens,  Linn.  La  femelle  pond  ses  œufs  sur  le  bord  des 
eaux  ;  elle  en  fait,  selon  Réaumur,  plus  de  850  qui  éclosent 
dans  deux  jours.  Il  y  a  aussi  entr'autrcs  les  moucherons 
du  vinaigre,  qui  abondent  surtout  au  moment  de  la  ven- 
dange, et  ceux  qui  volent  par  essaims  semblant  ne  vivre 
que  d*air,  car  l'on  voit  souvent  des  promeneurs  dans  la 
campagne  être  entourés  d'une  nuée  de  ces  insectes  sans  en 
éprouver  la  moindre  piqûre.  Mais  ces  derniers  sont  de 
petits  êtres  inoffensifs  au  regard  des  premiers,  chanteurs 
agaçants  et  enragés  à  piquer  venimouscment,  qui  sont  un 
vrai  fléau,  surtout  dans  les  nuits  d'été. 

Monîsse,  mouîsso,  adj.  Moite  ;  un  peu  humide  ;  un  peu 
mouillé. 

Dér.  probablement,  à  l'aide  d'une  syncope,  du  lat. 
Bumidus,  m.  sign. 

Homssé,  mouîsséto,  adj,  Émoussé;  écourté;  qui  a  les 
oreilles  courtes.  —  Fédo  mouîsséto,  brebis  à  courte  oreille, 
qui  est  une  variété  et  non  une  espèce  différente. 

En  ital.  Mezzo,  tronqué,  écourté. 

Moulan,  s,  m.  Espèce  de  raisin  noir  hàtif.  —  Le 
Moulan  ne  veut  pas  être  placé  dans  un  terrain  bas  et 
humide;  il  s*y  rouille  et  ne  produit  rien.  Dans  toute  autre 
condition,  en  ayant  soin  de  le  bien  charger  à  la  tiille,  il 
donne  de  très-belles  grappes;  ses  grains  sont  gros,  ronds, 
noirs,  bien  fleuris.  Le  raisin  s'égrène  beaucoup  lorsqu'il 
est  mûr.  Quand  on  eu  écrase  un  grain  entre  les  doigts,  sa 
peau  les  noircit  comme  de  l'encre  :  aussi  fait-il  un  vin 
noir.  Le  bois  est  très-facile  à  reconnaître,  gros  et  long, 
roQgeâtre,  avec  de  raies  longitudinales  noirâtres;  feuille 
grande,  peu  découpée. 

Monlari,  s.  m.,  n.  pr.  d'homme.  Au  fém.  Motdario. 
Moulari.  —  Est  resté  seulement  comme  appellatif  ;  le  sub- 
stantif est  inusité ,  amsi  que  l'adjectif  :  Pierre  à  meule, 
MQulari,  et  pèïro  moulari  ou  moulario,  pierre  meulière, 
on  'roche  dont  on  tirait  les  meules,  du  lat.  MolarU  lapis, 
m.  sign. 

Ifonlas,  asso,  adj.  Molasse,  très-mou.  Au  fig.,  lambin 
renforcé,  très-indolent. 

Âugm.  de  Mol. 

Monléîre,  «.  m.  Ouvrier  de  moulin  à  huile,  celui,  spé- 


cialement parmi  les  ouvriers  qui  ont  chacun  leur  emploi 
et  leur  nom  distinct,  qui  est  chargé  du  broiement  des 
olives. 

Dér.  du  lat.  Molere,  moudre. 

Monlén,  s,  m.  Espèce  de  terrain  aqueux,  humide.  Uno- 
tèro  moulén  fait  la  mouïèïro,  terre  molière,  grasse  et  maré- 
cageuse. —  Voy.  Mouïèïro. 

Dér.  de  MoL 

Monlésan,  s,  m.,  n.  pr.  de  lieu.  Moulôzan,  commune* 
de  Saint-Mamet  (Gard).  —  Ce  village  et  celui  de  Monta- 
gnac,  annexe,  ne  forment  qu'une  seule  commune  dans 
l'arrondissement  de  Mmes.  Ils  sont  situés  sur  un  terrain 
montueux  et  aride,  ce  qui  a  valu  directement  à  l'un  le 
nom  de  Mountagna,  Montagnac,  et  sans  doute  à  l'autre 
celui  de  Moulésan,  dérivé,  non  de  Moulén,  et  analogue  à 
Mouïèïro,  comme  sa  consonnance  semblerait  l'y  porter, 
mais  ayant  pour  radical  significatif  le  lat.  Mola,  meule, 
qui  a  donné  Molarit,  roche  meulière.  Il  est  en  effet  cité, 
en  1149,  sous  le  vocable  de  Molasano,  en  1 383  Molazanum, 
et  varie  peu  dans  la  suite.  Dans  son  territoire  sont  situées 
les  carrières  de  Lens,  qui  ont  servi  à  la  construction  de 
plusieurs  monuments;  et  d'ailleurs  sa  contiguïté  avec  Mon- 
tagnac rend  encore  probable  l'étymologie  de  Mola  au  lieu 
de  Mollis. 

Moulésan,  pris  comme  simple  s.  m.,  reprend  cependant 
une  signification  qui  en  fait  un  synonyme  de  Mol,  Moulas, 
Moîdén,  et  veut  dire  :  un  musard,  lent,  nonchalant,  indo- 
lent, au  superlatif. 

Mônlétoun,  s.  m.  Molleton  ;  étoffe  croisée  de  laine  et  de 
coton,  dont  le  poil  est  tiré,  ce  qui  le  rend  très-moëlleux  et 
très-chaud. 

Dér.  de  Mol. 

Monll,  s.  m.  Dim.  Mouliné,  Moulissait,  et  Moulinoto, 
s.  f.  Moulin,  machine  à  meule  pour  moudre  ;  moulin  à 
farine.  —  3fouli  blan,  moulin  où  l'on  fait  la  plus  belle 
farine.  Moulï  brun,  celui  où  l'on  fait  la  farine  inférieure. 
Mouli  d'àouro,  moulin  à  vent.  Moulï  d'oli,  moulin,  pres- 
soir à  huile.  Moulï  dé  la  farino,  bluteau.  Moulï  paradïs, 
moulin  à  foulon.  Moulï  dé  sédo,  moulin  à  soie,  pour  ouvrer 
la  soie.  Lou  prémiè  qu'es  âou  moulï  éngrano,  prvb.,  le 
premier  au  moulin  engrène  :  ce  proverbe,  usité  pour  dire 
que  la  diligence  dans  les  affaires  en  facilite  et  en  assure  le 
succès,  est  basé  sur  les  anciennes  coutumes  qui  voulaient 
que  la  première  personne  arrivée  au  moulin,  quel  que  fût 
son  rang  et  son  état,  fût  aussi  la  première  à  moudre. 

Dér.  du  lat.  Molinum,  m.  sign. 

Monlignè ,  s,  m.  Moulinier,  ouvrier  qui  travaille  au 
moulinage  de  la  soie,  ce  qui  consiste  à  la  tordre  plus  ou 
moins,  à  plusieurs  reprises  et  de  diverses  façons,  selon  le 
besoin. 

Monlina,  v.  Mouliner  la  soie,  la  faire  passer  au  moulin 
où  elle  arrive  sur  des  bobines,  rouqués,  pour  être  tordue  : 
c'est  l'œuvre  du  MouUgnè. 

Monlina,  v.  n.  S'ébouler  petit  à  petit;  couler,  en  par- 


49-2 


MOU 


MOU 


lant  des  lorros  et  du  sal>lp,  comino  coule  de  rnnche,  pour 
lojiilier  dans  la  huclie,  la  farine  sortant  du  moulin  à  blé. 

—  En  fr.  Mouliner  se  dit,  j)our  un  eflot  à  peu  \)vî's  pareil, 
des  vers  qui  creusent  la  terre  ou  rongent  le  bois. 

Moulinaje,  s.  7n.  3Ioulinai:e,  pn'-paration  ([ue  ron  fait 
subir  à  la  soie  au  moulin.  —  Voy.  Moulina. 

Mouliné,  5.  m.  et  n.  pr.  do  lieu.  Moulinet  ;  petit  moulin. 

—  Ce  nom  ost  commun  à  h'wn  des  locîditôs  et  à  dos  quar- 
tiers :  ;\  .'Vlais,  il  dêsi|:ne  un  dfs  quntre  moulins  qui  dos- 
sorvrnt  la  ville  et  qui  doit  avoir  grandi  d''|iuis  son  bap- 
tême, car  il  a  aujourd'bui  la  ujoiiie  iuqiortance  que  les 
autres. 

Un  autre  diminutif  de  Mouli  étnit  Mmilissoù.  nint  qui 
n'est  pins  en  us-igo  et  ne  sert  plus  «ju'à  dônominor  une  de 
nos  placps.  Moulisson  en  fr.,  au  bout  de  ln(piell<»  ex.isl.ait 
jadis  un  moulin  sur  le  Gardon.  —  Voy.  }fnulissnù. 

—  Fane  ton  mouliné,  au  lig.,  a  la  m.  sign.  qu'en  fr.  : 
fairo  lo  mnnlinet,  c'est  faire  ttairn-M*  ra[iideiii'"nt  devant  soi 
un  sabi'»',  un  bâton,  que  l'on  ti»'nt  à  la  main,  de  manière 
à  empocber  que  l'arme  de  l'adNorsiire  puisse  vous  at- 
teindre. 

Moulino,  *'.  /*.  Moulin  à  tuurille  ou  à  petite  roue  liori- 
znntile  et  dt'cnu verte,  d'apnS  SAUVA(^.n:s. 

Le  mot  est  devenu  n.  pr.  d'bnmmo.  ol  se  mot  au  maso. 
Moulino,  ou  IV.  Molino.  Monlims.  ot  n.  pr.  de  Ijou  restant 
fV'iii.  traduit  en  fr.  par  Mnline,  la  Mnjino  et  MoliiK^s.  Par 
luio  autre  bi/.arrerio,  Mouli,  s.  irL,est  rondu  naluroll.'jnent 
en  n.  i>r.  fr.  jiar  Moulin,  mais  le  n.  pr.  en  Inng.  aiïecto  la 
c-'iisoininnce  finale  franraise  et  l'on  dit  plus  smvent  },'ou- 
lln  (pie  sim[)l(Mnent  moussu  Moult  :  c'est  une  o\ct'[)ii()n 
singulière. 

Moulinoto,  s.  [•  Polit  mnulin.  —  Dim.  do  M<nil'i  ou  de 
MouVnio. 

Moulissoù,  s.  m. y  n.  pr.  «l'un  (juartior.  Moulisson.  — 
On  trouve  dans  un  vionx  tilro  auv  arcliivos  de  la  ville 
qu'on  13.SS,  uno  j)rôclnmatiou.  faile  pnr  le  criour  public 
dans  tous  bs  (piartiers  ordinaires,  out  lion  aussi  m  trivio 
son  quautono  de  Montdissono,  au  carrefour  ou  au  coin  de 
Mont''lissou,  litlôraleuiont.  Il  y  a  là  une  erreur  ou  une  tra- 
duction fantaisiste  du  tabellion  rédaotour  de  l'acte,  peut- 
C'tre  du  copiste;  car  Motitelissonum  no  répond  à  rien  en 
latin.  La  langue  vulgaire  a  mieux  conservé  la  vraie  déno- 
mination (pie  cetto  moyenne  latinité  barbare  qui  la  défi- 
gure. Lu  appelant  ce  carrefour,  Moulissoii,  comme  on  le 
nomme  encore,  on  enq^loyait  un  diminutif  représentant  ce 
qui  existait  alors,  c'est-;\-dire  un  petit  moulin,  établi  au 
l)ord  du  Gardon,  dans  cette  partie  de  la  rue  du  Bari,  du 
rempart,  dont  les  murs  protégeaient  la  ville  et  formaient 
son  enceinte  sur  l'emplacement  même  de  la  rue  et  place 
actuelles.  —  Voij.  Mouliné. 

Mouloù,  s.  m.D'un.  Moulouné;  augm.  Moulounas.  Tas; 
monceau;  amas,  de  pierres,  de  blé,  de  fumier,  etc.  —  Un 
mouloù  (lé  fé,  une  meule  de  foin.  Câousi  dou  mouloù  ou 
din  Inu  mouloù,  cboisir,  prendre  dans  le  tas. 


Mouloit  se  prend  aussi  pour  :  groupe,  attroupement; 
troupe. 

Dér.  du  lat.  Moles,  amas. 

Moulounado,  s.  f.  Foule;  troupe;  réunion  nombreuse  et 
pressée.  —  Se  dit  surtout  des  jiersonnes  et  des  animaux, 
et  a  la  m.  sign.  (pie  Mouloù.  —  A  bèlos  moulounados,  par 
l)olotons,  par  bande.  Vno  moulounado  dé  pâoures ,  une 
lrou|>e,  un  attroupement,  une  foule,  une  multitude  de 
pauvres. 

Dér.  de  Motdoù. 

Moulounéja,  v.  fréq.  Former  une  réunion  pressée,  un 
attroupement  sans  cosse  croissant,  uno  moulounado;  for- 
mer un  las,  un  mouloù.  —  Réi)ond  également  aux  deux  mots. 

Moumén,  .V.  m.  Moment;  instant;  occasion  propice. — 
Vn  moumm  que  lou  cura  se  wtoryjie,  un  instant  î  laissez-moi 
respirer,  me  remettre,  reprendre  baleine.  Allusion  au  mo- 
ment de  repos  (pie  i)rend  un  prédicateur,  entre  les  points 
de  son  S(M*mon,  pondant  lofpiel  il  se  moucbc  et  tout  son 
auditnire  aussi.  A  tout  moumen,  }\  cbaque  instant,  à  tout 
moment.  Ter  moumcns ,  par  intervalle.  A  câousi  soun 
tnoumi'n,  il  a  saisi  le  moiuont  favorable. 

Dér.  du  lat.  Momenliim,  m.  sign. 

Mouméné,  s.  m.  Petit  moment;  triis-court  instant.  — 
Quniipi'un  momiMit  n'ait  pas  de  durée  précise,  et  indique 
rig<iur»ui<emoni  le  plus  court  espace  de  temps  possible,  le 
laiiguodoeion,  avec  sa  propension  et  sa  facilité  à  donner  d»3s 
diminutifs  et  dos  augmentatifs  à  i)resque  tous  les  mots,  a 
vnulu  encore  raccourcir  celui-ci  en  disant  :  un  mouméné, 
un  t'iiit  ])otit  morjjont,  comme  il  a  cberclié  d'autres  fois  à 
l'abMigor  par  :  tni  bon  moutncn,  un  long  moment.  Tour- 
nartn  dinc  un  mouméné,  je  reviens  à  l'instant.  V-a  tin  bon 
moinnrni'  qw:  vous  éspcre,  j'ai  pu  compter  les  minutes  A 
Vous  attendre. 

Moun,  jnon.  poss.  junsc.  .Mon  :  son  fém.  est  Ma.  — 
Moun  ami,  înoun  caprl,  mon  ami,  mon  cbapeau.  Cejien- 
daiit  devant  \m  mot  féminin  qui  commence  par  une  voyelle, 
comino  en  fr.,  il  faut  mettre  moun  :  moun  aguto,  moun 
csculo,  mon  aiguille,  mon  écbelle. 

Moun,  n.  pr.  de  lieu.  3Ions,  commune  dans  le  canton 
d'Alais,  désignée,  en  1156,  par  Villa  de  Montibus.  —  La 
forme  [)liiriol!o  du  nom  ne  se  reproduit  pas  en  languedo- 
cien. L'emploi  de  ce  radical  dérivé  évidemment  du  lat. 
Mons,  montis,  est  du  reste  assez  rare,  seul;  mais  en  com- 
position il  est  entré  dans  un  grand  nombre  de  dénomina- 
tions géngrapbiipies,  dont  i)lusieurs  sont  ensuite  devenues 
dos  n.  pr.  d'bômnje;  et  l'aspect,  la  i^osition,  la  culture  des 
localités  lui  donnent  des  qualifications  appropriées  et  signi- 
ficatives. 

Mottntafpf,  Mountcgu,  francisant  Montaigu,  traduit  le 
latin  de  I  :>04  Castrum  ou  Mansus  de  Monte  acuto. 

Mountôoun,  Montaury,  une  des  sept  collines  de  Nimes, 
en  10SO,  In  Monte  Aureo. 

Mounclus,  !\Iontclus,  canton  du  Pont  Saint-Esprit,  Mons 
Serra  tus. 


MOU 


MOU 


493 


Moundardièt  Montdaidier,  que  noos  croyons  formé  dn 
lat.  Mwis  Arduut,  bien  qa*en  4  255,  on  cartalaire  le  nomme 
de  Monte  Deêiderio. 

Mounmira^  Hontmirat,  du  canton  de  Saint-Mamel,  Mone- 
Miratus. 

Mounrédoun,  assez  commun  dans  plusienrs  communes, 
Montredon,  SÊont-Botundue, 

Mounsàouve,  Montsanve,  dans  la  commune  de  Génô- 
rargues,  dit  :  Lœus  de  Monte-Salvio.  —  Voy,  Sàouve. 

Mountèlgue,  Montselgues,  hameau  de  la  commune  de 
Ponteils  et  Rrésis,  de  Monte-Seeuro. 

Mounpetroùs,  Montpeirous,  Mom  petrosus. 

Moun-Vénioù,  Mont-Ventou,  Mont  venteux,  Mons  ven- 
iosus. 

A  cette  liste  s*ajouteraient,  avec  Tadjectif  ({ualificatif,  les 
noms  de  Montgrand,  Montgros,  Montjardin,  Montlouvier, 
Montplan,  Montferrand,  Montferré,  Montfaucon,  Montfrin, 
Mont  val,  etc.,  etc.,  dont  on  voit  la  formation.  —  Voy, 
Mountagna,  Mountél,  Mountâou,  Mounpêiè» 

Monnastiè,  s.  m.  Monastère,  couvent  de  religieux  ou 
de  religieuses. —  Loumouwuliè  éê  pàoureqtian  las  mounjos 
van  gléna,  le  monastère  est  pauvre  quand  les  nonnes  vont 
glaner;  le  ir.  traduisait  le  même  dicton  par  :  TablMiye  est 
bien  pauvre  quand  les  moines  vont  aux  glands. 

Ce  subst.  est  devenu  n.  pr.  de  localité,  à  cause  de  quelque 
ancienne  abbaye  autour  de  laquelle  se  sont  formées  des 
agglomérations  devenues  villages.  —  Lou  Mounastiè,  Le 
Monastier,  ancien  monastère  de  Tomac. 

Dér.  du  lat.  Monasterium,  m.  sign. 

Mounda ,  v.  Cribler  le  grain  au  crible  appelé  Moun- 
daïre. 

Dér.  du  lat.  ifuiufaro,  nettoyer. 

Monndaire,  s.  m.  Grand  crible  de  peau,  dont  les  trous 
sont  oblongs,  pour  monder,  nettoyer  le  grain;  cribleur, 
celui  qui  se  sert  du  crible  pour  vanner,  monder  le  grain. 

Moundaîe,  s,  m.  Action  de  monder  ou  cribler  le  grain, 
de  le  passer  au  tnoundaïre. 

Monade,  ».  m.  Monde;  Tunivers;  la  terre;  Tespèce 
humaine;  gens;  personnes.  —  Dans  cette  dernière  accep- 
tion, qui  est  la  plus  commune,  on  voit  souvent  l'appli- 
cation de  la  règle  latine  des  noms  collectifs;  turba  mit  ou 
ruunt  ;  ainsi  on  dit  :  lou  mounde  savou  pas  dé  que  s'ima- 
pna,  les  gens  ne  savent  que  penser  :  lou  mounde  sou  bien 
miehans,  le  monde  est  bien  méchant,  les  gens  sont  bien 
méchants.  Aquà's  pér  faire  tia  lou  mounde,  cela  est  mis 
pour  faire  tuer  les  gens.  Dé  que  diriè  lou  mounde  f  Que 
dirait-on?  Lou  bou  ddou  mounde? (Voy,  BouJ Manquo pas 
mounde,  il  y  a  foule.  Mandas  dé  mounde,  envoyez  du 
monde,  des  gens. 

Dér.  du  lat.  Mundiu,  m.  sign. 

Moundlo ,  s.  f,  Criblure  de  grains,  tirée  par  le  moun- 
ddire,  —  Voy,  Moundaïre  et  Grapasses. 

Mouné,  s.  m.  Minet,  minon  ;  nom  donné  au  petit  chat 
et  même  au  chat. 


Mounéda,  ado,  <»(;•  Pécunieux  ;  qui  a  de  la  monnaie, 
pour  de  l'argent  comptant  ;  riche. 

Mounédo,  s.  f.  Monnaie;  petites  espèces  d'argent  ou  de 
billon.  —  Rendre  la  mounédo  dé  l'argén,9ixi  fig.,  rendre  la 
monnaie  de  la  pièce,  c-à-d.  la  pareille. 

Mounino,  s,  f.  Dim.  Mouninéto,  Singe,  m&le  ou  femelle, 
de  la  petite  espèce  seulement  :  pour  désigner  les  grandes, 
on  emprunte  au  fr.  le  mot  Singe,  —  S'applique  surtout 
aux  espèces  qui  ont  les  fesses  nues  :  mouninéto  quiam 
plouma,  petite  guenon  au  cul  pelé.  Pagamén  dé  mounino, 
sâous  et  gambadas,  paiement  en  monnaie  de  singe,  en  gri- 
maces. Dounpunàou  monto  la  mounino,  doumOU  mostsv 
lou  quiou,  prvb.,  plus  le  singe  s'élève,  plus  il  montre  son 
cul  pelé  :  conseil  de  prudence  et  de  modestie  à  ceux  qui 
veulent  sortir  de  leur  sphère  et  risquent  de  montrer  un 
petit  bout  d'oreille  échappé  par  malheur. 

Mounino  est  une  qualification  donnée  à  mie  jeune  fille 
effrontée  ;  une  petite  morveuse. 

En  espag.  Mona,  singe. 

Mounino,  s.  f.  Ivresse,  état  de  celui  qui  est  ivre,  saoul 
ou  gris.  —  PrénSf  cargo  la  mounino,  se  griser.  Àvédre  la 
mounino,  ôtre  gris,  être  dans  les  vignes.  On  assure  que  les 
singes  aiment  beaucoup  la  soupe  au  vin  et  qu'ils  s'enivrent 
en  en  mangeant.  D'un  autre  côté,  l'homme,  que  le  vin 
prive  de  la  raison,  imite  le  singe  par  ses  contorsions,  ses 
gambades  et  ses  grimaces  ;  à  telles  enseignes  que  nos  anciens, 
désignant  les  diverses  sortes  d'ivresse,  appelaient  vin  de 
singe  celui  qui  faisait  sauter  et  rire.  Tout  cela  a  donné 
naissance  à  l'expression  languedocienne,  qu'ont  à  peu  près 
aussi  les  Espagnols,  qui  disent  :  dormir  la  mona,  pour 
cuver  son  vin. 

Mouniéto,  s.  f.  Variété  de  haricots  blancs  à  ombilic 
noir,  qui  se  mangent  secs.  —  En  vieux  langage,  mounje 
signifiait  moine  ou  chanoine  régulier  ;  on  appelait  mou^jo, 
une  religieus\  mais  seulement  celle  qui  était  vêtue  de 
blanc,  de  l'ordre  de  Citeaux,  par  exemple  ;  le  dimin.  était 
mouf^'éto,  petite  religieuse.  Cette  conformité  dans  la  cou- 
leur de  l'habit  dût  valoir  au  haricot,  à  la  féverolle,  dont 
il  est  ici  question,  le  nom  de  Mounjéto,  qui  se  donne 
généralement  à  tous  les  haricots  blancs  quand  ils  sont 
secs. 

On  appelle  aussi  Mounjéto  une  espèce  de  limaçon  blanc, 
comme  on  nomme  Mourguéto  la  variété  de  couleur  foncée. 
—  Voy,  Mourguéto, 

Moii)ôon  ou  Mounjoî,  s,  m,,  n.  pr.,  est  évidemment 
le  lat.  Mons  Jovis,  mont  de  Jupiter  ou  consacré  à  Jupiter  ; 
on  le  rend  par  Montjoie.  C'est  la  manière  d'écrire  l'ancien 
cri  de  guerre  des  rois  de  France,  qui  remonte,  dit-on,  à 
Clovis.  Mais  s'il  est  vrai  que,  à  la  bataille  de  Tolbiac, 
Clovis,  invoquant  le  dieu  des  chrétiens  pour  en  obtenir  la 
victoire,  s'adressa  aussi  au  patron  de  la  France  en  l'appe- 
lant dans  son  langage  encore  pafen  :  Mon  jove,  mon  pro- 
tecteur, ma  divinité,  c'est  Alontjoie  -  Saint  -  Denis  qu'il 
faudrait  écrire  pour  rendre  le  véritable  sens  de  ces  paroles 

63. 


494 


MOU 


devenues  sacramentelles.  —  Notre  languedocien  a  d'antres 
mots  qui  sont  de  même  formation  :  Dijôou,  Barbajôou, 
Cttttèljôout  etc.,  die$,  barba,  eaiiellum  Jovis.  On  voit, 
comme  le  remarque  Vabbê  db  Sauvages,  qne  ces  mots  et 
lim  d'autres,  que  nous  rencontrerons,  conservent  des  ves* 
tiges  où  Ton  trouve,  comme  dans  des  médailles,  le  langage, 
les  divinités  et  le  culte  de  nos  pères. 

Mounla,  v.  Jfeuler;  jeter  au  moule;  faire  au  moule.  *r 
Maunla,  ado,  part.  pass.  et  adj.  Moulé;  fait  au  moule, 
accompli  et  parfait  de  forme .  ÂguU  home  es  mounla,  cet 
homme  est  fait  aa  moule.  lAtro  mounlado,  lettre,  carac- 
tères moulés,  c.-à-d.  imprimés.  Aqiià's  mounla,  c'est  moulé  ; 
se  dit  d'une  belle  écriture,  nette  et  propre. 

Dér.  de  Monte. 

Mounmar,  s.  m.,  n.  pr.  d*homme.  Montmart,  ou  Hom- 
mar,  ou  Montemar.  Tous  dérivés  en  lang.  et  en  fr.  du  lat. 
Moni  Mariis,  montagne  consacrée  à  Mars,  dont  le  français 
a  fait  encore  Montmartre.  —  Voy.  Mounjôou. 

Mouno,  s»  f.  Dim.  Mounéto;  augm.  Mounauo,  Chatte, 
chatte  favorite;  mot  dont  on  se  sert  surtout  pour  l'appeler, 
c'est  une  variété  que  la  ménagère  retourne  de  cent  façons 
oaressanles  :  Mino,  Mounéto,  et  en  fr.  Minette,  Mou- 
moute, etc. 

Mounpéîè,  s.  m.  n.  pr.  de  lieu.  Montpellier,  cheMieu 
du  département  de  l'Hérault. 

MoMpesteUarius,  en  975.  MonspiâliUa,  en  4060.  Mons- 
fUleriUi,  en  4068.  MonsptMtellariue,  en  4076.  MonspeUer, 
Monipeslier,  en  4090.  Villa  Montispesitdani,  en  4444, 
4448,  4432.  Monspeisulut,  en  4 4  4 9,  4  4  62,  Mompesmlanut, 
au  xn®  siècle.  Ber  ghà$s,  Mons  eoncuuionis,  montagne  du 
tremblement,  au  xn*  siècle,  dans  l'Itinéraire  de  Benjamin 
de  Tudèle.  Monspelius,  Mompdlerius,  en  4240. 

L'origine  de  Montpellier  ne  peut  pas  être  ici  en  cause  : 
c*est  de  son  nom  et  de  son  étymologie  seulement  qu'il  s'a- 
gît ;  mais  ces  deux  choses  se  tiennent.  Les  commencements 
de  Montpellier  touchent  à  la  légende,  et  celte  légende  a  été 
inspirée  par  le  nom  même  de  la  ville.  C'est  cet  aperçu  qui 
peut  donner  la  clé  de  l'énigme. 

Nous  l'avons  assez  répété  :  il  n'est  point  contestable  que, 
dans  les  temps  les  plus  anciens,  tout  le  littoral  de  la  Médi- 
terranée n'ait  été  occupé  par  les  tribus  celtes  ;  qne  la  lan- 
gue celtique  ne  s'y  soit  maintenue  pendant  des  siècles, 
même  après  l'invasion  romaine  ;  qu'elle  ne  fût  parlée  en 
même  temps  que  le  latin,  et  que  le  gaulois  et  le  latin,  d'ac- 
cord ou  séparément,  n'aient  servi  à  la  désignation ,  à  la 
dénomination  des  points  les  plus  remarquables  du  territoire. 
n  n'est  pas  douteux,  non  plus,  que  la  tradition  a  gardé 
les  traces  de  ces  appellations  plus  ou  moins  altérées,  mais 
souvent  très-reconnaissables  encore. 

L'emplacement  sur  lequel  s'est  bâtie  la  ville  de  Montpel- 
lier était  connu  ;  il  était  par  conséquent  nommé.  Sa  topo- 
graphie, le  site,  son  aspect  étaient  assez  remarquables  pour 
mériter  une  qualification  individuelle,  comme  tous  les  lieux 
environnants,  à  plus  de  titres  peut-être.  Les  anciens  géo- 


MOU 

graphes  parlent  de  marécages  entourant  un  mouticale  :  celte 
particularité,  il  est  naturel  de  le  croire,  avait  dû  provoquer 
une  dénomination.  Quand  on  songea  vers  le  vn«  ou  \e  vm* 
siècle,  à  établir  des  constructions  sur  cette  colline  située  au 
milieu  des  marais,  et  qu'on  voulut  les  désigner,  leur  situa- 
tion se  présentait  d'elle-même  et  le  baptême  fut  fait  H  suffit 
du  simple  contact  d'un  mot  pris  dans  le  langage  gadob, 
plus  anden,  usuel,  commun  même  aux  deux  idiomes,  mais 
signicatif,  précis,  appliqué  à  toute  la  contrée,  poavaat 
caractériser  l'établissement  nouveau,  et  d'un  mot  latin  qui 
était  compris  par  tous,  accepté  par  l'usage,  qui  détermi- 
nait et  précisait  le  point  culminant  où  se  fondait  un  éta- 
blissement agricole.  Celui-ci  était  le  subs.  Mons,  émineoœ, 
colline,  monticule,  hauteur.  Celui-là  venait  de  poU,  pét, 
puU,  marécage,  marais,  palustre  ;  pyliaue,  marécageux  ; 
dans  la  bass.  lat.  pabula,  poël,  traduit  par  palus,  qjiBh 
Belgique  représente  aujourd'hui  par  PuMe  et  Pevelle,  plus 
fidèle  à  l'ancien  roman,  qui  n'est  autre  que  le  sing.  du  géo. 
plur.  puellarum 

La  situation  était  à  décrire;  mons,  éminence,  coUine  se 
présentait  d'abord;  mais  cette  élévation  était  entourée  de 
marais,  poll,po^,  puU,  marécage,  pifllaue,  marécageux,  en 
celt.  traduits  en  latin  par  pabtda  et  palus,  était  trouvé.  U 
dénomination  était  simple  et  juste.  Elle  précéda  peut-être 
toute  agglomération  d'habitants  et  tontes  constmctioDS  : 
Mais  le  site  attirait  ;  on  s'y  fixa  ;  il  grandit,  il  prit  de  l'im- 
portance; une  ville  y  fut  fondée.  En  même  temps,  la  vieille 
langue  était  oubliée;  un  nouveau  langage,  formé  de  ses 
débris,  mêlé  de  son  souvenir,  la  remplaçait;  ce  n'était  plus 
le  celtique,  ce  n'était  pas  le  latin,  mais  le  roman  qui  se 
parlait  parmi  le  peuple  ;  les  savants,  les  tabellions  usaient 
de  la  ba£se  latinité  et  défiguraient  à  plaisir  les  deux  langues 
anciennes,  au  profit  de  locutions  hybrides.  C'est  certaine- 
ment à  quelque  érudit  ingénieux  de  ce  temps  que  nous 
devons  la  traduction  du  gaulois  poil  ou  poël,  ou  du  latiu 
pabula,  ou  puellarum,  et  l'arrangement  de  MonspueUa- 
mm.  Ce  fut  la  première  époque.  De  là,  à  la  légende  des 
deux  sœurs,  puellarum,  qui  viennent  fonder  la  ville,  il  n'y 
a  que  la  main.  L'histoire  sonnait  bien  et  flattait  des  vani- 
tés :  elle  a  fait  son  chemin  dans  le  monde  des  étymolo- 
gistes,  puis  est  venu  Monspessulus  et  monapesmiantii  ;  ks 
verrons,  les  barricades  verrouillées,  fermant  l'entrée  de  la 
ville,  ont  joué  leur  rôle,  en  méconnaissant  leur  véritable 
origine.  Cette  dernière  forme  est  cependant  aussi  une  autre 
corruption  un  peu  plus  éloignée  et  plus  méconnaissable,  à 
cause  de  la  disparition  de  la  source  ;  mais  elle  se  compose, 
je  crois,  des  mêmes  éléments,  et  il  est  facile  de  les  retrou- 
ver par  l'analyse.  Cette  dérivation  pourrait  bien  être  exacte 
et  vraie  :  En  tout  cas,  comme  les  autres  n'ont  pas  paru 
jusqu'ici  satisfaisantes,  elle  peut  espérer  de  trouver  gr&oe 
par  sa  simplicité  même  et  parce  qu'elle  explique  assez 
naturellement  les  autres. 

Mounta,  v.  a.  et  n.  Monter;  élever;  porter  dans  un  lieu 
plus  haut  ;  monter  ;  croître  ;  se  transporter  dans  un  lieu 


MOU 

plus  hant  ;  s*Ôlever  ;  disposer  ;  agenoer  ;  pr^rer. — Mounta 
une  muraïo,  élever  un  mnr.  Jfotinfa  dé  fé,  monter  du  foin 
an  grenier.  Xoim  magintu  monUm  hièn^  les  vers  à  soie 
montent  bien,  quand  ils  grimpent  snr  labmyôre  pour  faire 
leurs  cocons.  On  dit  à  Aiais  :  Mounta  à  VUofcr,  monter, 
aller  à  Villefort,  comme  on  y  dit  :  Davala  à  NimBf  descen- 
dre aller  k  Nimes,  pour  spécifier  le  voyage  du  pays  bas  au 
pays  de  montagne  et  vteeversd.  Quouro  mountoM  à  Ginau^f 
ou  seulement  Quouro  mountat  ?  Quand  montez-vous  ?  dit 
à  Alais,  par  exemple,  un  habitant  de  Génolhac  à  quelqu'un 
qui  doit  y  aller  ou  y  retourner.  En  changeant  le  rôle  des 
interlocuteurs  et  le  lieu  de  leur  conversation ,  on  dit  : 
Quouro  davalas  en  Âlaisf  ou  Quouro  davaUuf  Qnmi 
descendez-vous?  Fat  pat  que  mounta  et  davala,  il  ne  foit 
qu*aller  et  venir,  monter  et  descendre.  L'cXgo  monto,  la 
rivière  croit.  Y-an  mounta  lou  co,  on  lui  adressé  une  em- 
bâche,  monté  un  coup. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Moniare^  m.  sing.,  formé  de  Mon$, 
mantU,  montagne. 

Mountado,  s.  f,  Dim.  Mountadito,  Montée;  côte; 
rampe;  plan  incliné  qu'on  suit  en  montant  et  qui  devient 
descente  en  sens  inverse;  chemin  qui  va  en  montant; 
action  de  monter.  —  Mountado  d'éseOiè,  escalier.  Àï  perdu 
foÊÊO  magna»  à  la  mouniado,  j'ai  perdu  beaucoup  de  vers  à 
soie  à  la  montée,  au  moment  où  ils  grimpent  sur  la  bruyère 
pour  faire  leurs  cocons.  Davcdarén  un  pâou  à  la  moun- 
tado^ nous  descendrons  un  peu  à  la  côte,  ce  qu'on  ne  num- 
quait  jamais  de  solliciter  des  voyageurs,  du  temps  des 
diligences.  La  mountado  faï  ftra,la  montée,  la  côte  est  rude, 
le  chemin  montant  fait  trimer  bèies  et  gens. 

Mountadoù,  s.  m.  Marche  d'escalier  ;  montoir  ;  pierre 
ou  élévation  qui  sert  à  monter,  à  s'élever  ;  montoir,  côté 
gauche  du  cheval.  —  Dim.  de  Mountado. 

Mountagna,  s.  m. ,  n.  p.  de  lieu.  Montagnac,  dans  le  canton 
deSt-Mamet,etdansles  communes  deMeyrannes  etdeSt-Cris- 
toMez-Âhis  (Gard),  sous  l'appellation  latine  Montanhaeum. 

n  n'est  pas  peut-être  de  dénominations  géographiques 
plus  répandues  que  celles  où  est  entré  le  radical  Mons^ 
mofifts,  lat.,  mont,  hauteur,  éminence,  caractéristique 
d'une  situation.  Et  on  se  l'explique  facilement  par  cette 
préférence  de  tous  les  peuples  et  dans  toutes  les  époques  de 
choisir  les  lieux  élevés  pour  y  former  leurs  établissements. 
Aussi  était-il  naturel ,  pour  éviter  les  confusions ,  pour 
signaler  un  accident  de  position,  pour  mieux  particulariser 
une  localité  de  s'attendre  à  des  variétés  très -nombreuses 
sur  lesquelles  s'est  répandue  la  richesse  des  surffixes  destinés 
à  adjectiver  ou  k  modifier  le  radical.  Et  c'est  là  ce  qui  n'a 
pas  manqué  d'arriver  tant  les  circonstances  s'y  prêtaient  ; 
mais  c'est  ce  qui  démontre  avec  une  évidence  plus  sensible 
en  même  temps,  on  nous  permettra  de  le  remarquer,  que 
toutes  ces  désinences,  si  variées  qu'elles  se  rencontrent 
partout,  en  a,  ae,  argue,  erguet,  orguee,  igny,  etc.,  sont 
équivalentes  entr'elles  et  n'afiectent  le  radical  que  d'une 
manière  uniforme.  Les  exemples  que  nous  citerons  ont  pour 


MOU 


495 


but  de  faire  ressortir  ces  analogies  et  une  parfaite  identité  ; 
ils  ne  sont  qu'une  application  pour  ainsi  dire  de  ce  que 
nous  avons  répété  plusieurs  fois  au  sijyet  de  nos  divers 
surfixes  ;  il  n'est  donc  nécessaire  que  d'en  donner  une 
simple  nomenclature  et  d'indiquer  les  variantes  par  les- 
quelles ces  appellations  ont  passé,  en  suivant  les  modifica- 
tions de  la  langue  elle-même  et  sous  les  influences  ethniques 
qui  ont  agi  sur  elle, 

Mountagna,  Montagnac,  Montanhaeum  correspond  à 
MounHgnargue^  Montignargues,  dit,  en  4469,  Monlina- 
n^^es,  forme  romane,  et  MontinhaniciB,  en  4384,  forme 
latine,  et  à  Mountueorgue,  Montuzorgues,  commune  de 
Durfort,  dit,  en  4280,  MonHueanicm:  et  à  Mouniêirarg%»e^ 
Monteirargues,  commune  de  Saint-Gristol-lez-Alais,  dit  en 
4345,  Montueanieie ,  et  à  Monlésorgue,  Montézoï^es, 
commune  de  Saint-Jean-du-Gard,  dit,  en  4249,  deMonUe- 
sanieiêt  en  49177,  if on/uiantecp,  en  4346,  de  Montuxanieis  ; 
mêmes  terminaisons,  mêmes  reproductions,  mêmes  signifi- 
cations. Tous  ce^  noms  encore  se  rapprochent  de  ceux  de 
Mountése,  Montèze,  commune  de  Verfeuil  ;  Lout  Mountéeee^ 
les  Montèzes,  commune  de  MonoLlet,  et  Mountéiet^  Mon- 
tèzes,  commune  deSaint-Ghristoi-lez-Alais,  appelé,  en  1384 
MonthesUe,  en  4435,  de  Montetiis, 

Et  s'il  &ilait  sortir  de  notre  département,  les  concor- 
dances abondent  ;  nous  ne  rappelons  que  les  plus  proches, 
sans  parler  des  identiques  Montagnac^  en  Franche-Comté, 
dans  l'Agenois,  en  Guienne,  en  Provence,  en  Armagnac,  et 
Manitagnat^  en  Bresse,  dans  le  Goudomois,  en  Périgord, 
Montignao  (Aveyron,  Charente,  Dordogne,  Gironde,  Lot^- 
Garonne,  Lozère);  Montagne^  Montagney^  en  Franche- 
Comté  et  en  Dauphiné,  Montagny^  en  Normandie,  enBou^ 
gogne,  dans  le  Beaujolais,  dans  le  Lyonais  ;  Montagnieux, 
en  Dauphiné;  Montenayt  dans  le  Maine  et  la  Lorraine, 
Monteynard^en  Dauphiné;  et,  surtout  ces  points,  les  nom- 
breux Montigné  et  Montigny;  comme  sur  les  dernières 
formes,  Montut,  Montussan,  Montutsainls,  etc.,  etc.  — 
Voy,  Moun,  Mountél, 

Mountagnar,  s,  m.  Soulcie,  moineau  des  bois,  gros-bec 
soulcie,  Fringilla  patronia^  Linn.,  oiseau  de  l'ordre  des 
Passereaux  et  de  la  fam.  des  Conirostres  ou  Conoramphes. 
—  La  soulcie  a  tout  le  fond  du  plumage  d'un  brun  cendré 
mêlé  de  blanchâtre  sur  les  parties  inférieures,  avec  des 
taches  blanches  çà  et  là  et  une  jaune-citron  sur  le  haut  de 
la  poitrine.  Cet  oiseau  nous  arrive  en  bandes  nombreuses 
des  montagnes  voisines  quand  le  chasse  la  neigCi  ce  qui  l'a 
fait  appeler  Mountagnar. 

Mountagnar,  s.  m.  Au  fém .  Mountagnardo,  Montagnard  ; 
habitant  des  montagnes;  habitant  des  hautes  Cévennes,  de 
la  Lozère  et  de  l'Auvergne  pour  les  Alaisiens.  —  On  avait 
aussi  pris  au  fr.  ce  nom  pour  désigner  un  parti  politique 
qui,  dans  la  seconde  et  la  troisième  république,  a  préféré 
s'appeler  Rouge,  mais  qui  a  conservé  le  thym  et  le  serpolet 
symboliques  pour  rappeler  son  origine. 

Dér.  du  lat.  Mantanus,  m.  sign. 


4S6 


MOU 


Mountagnâ,  s.  m.  Au  fém.  MountagnHro,  Blême  signi- 
fication qne  le  précédent,  saof  la  dénomination  politique, 
mais  moins  nsitée  qne  Mountagnar. 

Mountagno,  $.  f.  Montagne,  ou  plutôt  région  monta- 
gneose,  car  il  ne  s'entend  qu'ainsi. —  La  mountagno,  pour 
l'arrondissement  d'Alais,  est  surtout  la  Lozère,  qui  est  à 
son  Nord.  Y-a  dé  nàou  in  mountagno^  il  y  a  de  la  neige 
sur  la  montagne,  sur  la  Lozère.  Lous  troupèU  van  en  motin- 
iB^fio,  les  troupeaux  vont  à  la  montagne,  passer  l'été  sur 
la  Lozère.  Mountagno  éteuro,  pléjosiguro^  prvb.,  montagne 
(Nord)  obscure,  pluie  assurée,  certaine.  —  Est  aussi  n.  pr. 
de  lieu  et  de  personne,  avec  de  nombreux  analogues. 

Dér.  du  lat.  Montana,  de  Mont,  moniis* 

Montagnn,  ndo,  adj.  Montagneux  ;  montuenx  ;  entre- 
eoupé  de  montagnes. 

Monntan,  »,  m.  Montant  total  d'un  compte  ;  montant, 
poutrelle,  bigue  de  bout  dont  on  se  sert  pour  dresser  les 
tables  des  vers  à  soie  fVoy.  ÈatajaJ  ;  parties  en  saillie  des 
eôtés  d'une  porte,  d'une  fenêtre,  qui  en  soutiennent  la  cor- 
niche; goût  relevé,  odeur  forte  et  piquante. 

Mountâon,  s.  m.,  n.  pr.  de  lieu.  Montant,  dans  la 
commun  d'Anduze  (Gard).  -—  Synonyme  de  haute -mon- 
tagne. 

Mountarén,  s.  m.,  n.  pr.  de  lien.  Montaran,  dans  la 
commune  d'Uzès  (Gard).  —  Il  est  dit,  en  4454 ,  Mont 
Hdenus,  qui  doit  être  une  altération ,  et  qui  est  rétablie 
sans  doute,  en  4S77,  par  Mont-Ârmvt,  et  dans  la  suite  par 
Loeut  de  Monto^Àronoy  du  lat.  Aronotut,  de  Arma,  sable  ; 
ce  qui  est  plus  conforme  à  son  aspect  et  à  la  nature  des 
lerrains. 

Monnté  ou  Oiinté,  ad,  do  lieu.  Où,  en  quel  lieu,  en 
quel  endroit.  —  Ounté,  du  lat.  Undè,  est  le  mot  original 
auquel  on  y  ajoute  quelquefois  une  M  initial  pour  raison 
d'euphonie  :  l'oreille  seule  décide  donc  de  l'emploi  de  l'une 
ou  de  l'autre  forme.  Monté  ou  Ounié  vaï?  Où  va-t-il  ?  Di 
wHfunié  ou  d'ounti  vèn  ?  D'où  vient-il  ?  Li  digue  mounté, 
vaut  dirai  ounié,  il  lui  dit  où,  je  vous  dirai  où.  Mounté,  là 
où  ;  mounté  que,  tandis  que,  au  lieu  de.  Y  mandé,  mounté 
fu'âourièdéouguy'ana,i[  y  envoya  au  lieu  d'y  aller,  tandis 
qu'il  aurait  dû  y  aller.  Lou  eharère  mounté  fouie  lou  baîre, 
je  le  grondai  là  où  il  fallait  le  battre.  Mounté  et  Ounté  ont 
quelque  différence,  peu  sensible  néanmoins,  dans  ces  der- 
nières locutions,  où  Mounté  parait  préférable,  quand  Ounté 
n*est  pas  faute. 

Monntél,  t.  m.,  n.  pr.  de  lieu  et  d'homme.  Monieil,  en 
Ir.  que  la  bureaucratie  écrit  Monteils,  sans  aucune  raison 
de  cette  t  finale.  —  C'est  un  hameau  sur  une  éminence, 
dief-lieu  de  la  commune  de  ce  nom,  dans  le  canton  de 
Vézenobres,  arrondissement  d'Alais.  11  est  dérivé  de  la 
faass.  lat.  Montile,  Montilœ,  petite  montagne,  monticule. 

Montilia  est,  d'après  Sauvages,  le  nom  d'une  ancienne 
petite  ville  où  s'est  tenu  un  concile.  On  n'en  voit  plus  que 
des  débris  et  pour  ainsi  dire  que  la  place  appelée  Ciouta, 
ou  Viè'Cïouta,  du  lat.  Civitat,  vetut  eivitat,  vieille  cité. 


MOU 

Samson,  dans  sa  cartes  des  conciles,  place MoiuUia  an 
même  endroit  où  celte  douta  est  située,  près  du  haousan 
de  Mbnteil ,  à  environ  un  kilomètre  da  distauoe.  Des 
fouilles  ont  été  tentées  plusieurs  fois  sous  ces  ruines  qui 
couvrent  une  surfsoe  d'au  moins  deux  hectares;  on  a  pîé- 
tendu  que  deux  beaux  vases  d'albâtre  y  avaient  été  trou- 
vés :  nous  no  les  connaissons  pas  ;  mais  des  visites  plus 
récentes  et  des  recherches  heureuses  ont  déterminé  le  carac- 
tère de  Tiè'étouta  qui  peut  être  considéré  comme  un  des 
plus  curieux  restes  de  la  forteresse  gauloise  dans  notre  pays; 
et  elles  ont  fait  découvrir,  dans  ses  substructioos.sQ 
milieu  de  divers  tronçons  de  colonnes,  des  débris  de  pote- 
ries grossières,  d'amphore,  de  poteries  en  terre  de  Saàios, 
des  fragments  de  mosaïque,  des  urnes  funéraires,  des 
fioles  laerymatoires  en  verre  et  des  lampes  en  bronze,  qû 
marquent  les  occupations  successives  de  l'antique  ofpir 
dum  et  son  importance  aux  époques  celtiques,  romaine  et 
gallo-romaine. 

L'habitude  bien  connue  chez  tous  les  peuples  et  dins 
tous  les  temps  de  s'établir  de  préférence  sur  les  bauteois, 
a  singulièrement  multiplié  les  dénominations  qne  caracté- 
rise une  désignation  de  montagne,  d'éminence,  soit  au 
simple,  comme  un  autre  village  peu  éloigné  de  TiMouta. 
nommé  Moun,  Mons  {Voy,  c.  m.),  soit  en  composition  pov 
des  localités,  que  nous  avons  citées,  où  est  entré  le  même 
substantif.  Il  ne  s'agit  ici  que  de  la  forme  diminutive  de 
Jfotinfëf,  qui  se  présente  également  avec  une  longue  série 
de  variantes,  dont  nous  avons  ft  signaler  seulement  autov 
de  nous  les  principales. 

Ainsi  Mountél,  ou  tout  Mountélt,  au  sing.  ou  au  plnr. 
en  fr.  Monteil,  Monteils,  Montels,  est  rendu  uniformément 
dans  la  hass.  lat.  par  MontUium,  MotUiUut,  MontUlm,  dt 
MontiUit,  de  MonteUit,  forme  diminutive  corra^ndante  I 
moniieule;  et  la  ressemblance  devient  frappante  avec 
Mountïo,  Monlille,  commune  d'Aiguesmortes,  latMounXiM, 
les  Montilles,  canton  de  Beaucaire,  en  4227,  m  loeo  dkit 
de  MontiUit.  Mountalé,  Montalet,  commune  de  Meyranes, 
où  se  font  remarquer  les  ruines  d'un  vieux  ch&teau  légen- 
daire, parait  être  de  même  formation.  —  Voy.  Mom, 
Mountagnâ, 

Mountnro,  t,  f.  Monture  :  bête,  mule,  cheval  ouàne  sur 
laquelle  on  monte,  destinée  à  être  montée. 

Momnimén,  t.  m.  Monument;  édifice  public;  tom- 
beau. 

Empr.  au  fr. 

Mouoî  (Pér),  Pérmouino  ou  Pér  moi,  ou  Pér  moiô, 
adv,  et  interj.  Par  ma  foi  !  Peste  1  Parbleu!  certes,  assué- 
ment,  sans  doute.  D'abord,  sorte  de  serment,  puis,  jure- 
ment, n'est  plus  dans  le  discours,  dénué  qu'il  est  de  toit 
sens,  qu'un  mot  purement  explétif. —  Pér  mot/  ou  àouri^ 
pat  eréségu,  Dame  !  parbleu  !  par  ma  foi  !  ma  parole  !  je  ne 
l'aurais  pas  cm. 

Sauvages  le  croit  formé  du  lat.  Per  Maïam^  par 
mère  de  Mercure. 


.'t 


MOU 

Moiior,  Iroif .  p9r».  ring,  de  Vindie,  prié,  dw  v.  Mourir 
mourir.  11  o«  elle  meart.  -^  Cette  yaiiaiite,  de  teinte  on 
peu  nii'oto,  est  ntenmoine  eommonéraent  employée  à  trois 
00  quatre  kilomètres  aa-dessns  d^Alais  ;  on  y  dit  de  prèfô- 
renoe  :  àquél  àoubvB  tnouor,  cet  arbre  meurt.  On  va  plus 
loin  :  dans  cette  circonstance  on  retranche  IV  final  :  lou 
fà  mùuà,  tott  ItM»  moud,  le  feu,  la  lampe  s'éteint. 

Le  part.  pase.  du  môme  verbe  fait  également  Mouor, 
MOMorfo.  —  àqM  âoubre  es  mouor^  cet  arbre  est  mort, 
Cependant  les  mêmes  disent  :  La  mor  et  un  mtekanmcuisU 
à  énvaia^  la  mort  est  un  mauvais  morceau  à  avaler.  II  est 
vrai  que,  là  où  ces  mots  se  prononcent  de  cette  manière, 
oft  dit  aussi  :  lou  couol,  tau  pouor,  etc.,  pour  lou  ool,  hu 
par»  U  est  difficile  de  se  rendrecompte  de  toutes  ces  nuances 
de  langage;  notre  intention  n*estpas  non  plus  de  constater 
toutes  les  différences  de  prononciation  qui  se  produisent 
d'une  localité  à  un  localilé  voisine  ;  nous  avons  voulu  seu- 
lemeiit  en  donner  un  spécimen  dans  un  mot  en  usage  tout 
près  de  nous  qui,  en  poésie  surtout,  peut  remplacer  d'une 
manièie  heureuse  le  mort  ou  mouritt  qui  ont  l'inconvénient 
de  ae  rapprocher  un  peu  trop  du  français. 

Mouqua,  v.  Moucher  le  nez,  la  chandelle.  Au  fig.,  rebif- 
far*  river  ses  clous  à  quelqu'un. —  Se  mouqua,  semoucher, 
s'ôter  la  morve  du  nez.  On  en  est  venu  aussi  à  dire  Se 
mouqua^  pour  se  moquer  :  locution,  empr.  au  fr.,  vicieuse 
e»  languedocien.  Moqwhté,  mouche-toi,  dit-on  à  un  enfant  : 
moquo,  souffle,  lui  dit  celui  qui  le  mouche.  La  barbiuto 
a  mouqua  loui  grétËf  la  gelée  blanche  a  broui  les  jeunes 
pousses.  Lou  mouquère  bien,  je  lui  relevai  bien  la  mous- 
tache, je  lui  rivai  bien  son  clou. 

Dér.  du  lat.  Mueeare,  m.  sign.  de  Muous,  morve. 

Mouquadoù,  $,  m.  Mouchoir.  —  Ce  mot,  dérivé  de 
Mouqua,  moucher,  n*a  dû  d'abord  s'appliquer  qu'au  mou- 
choir de  poche,  et  ce  n'est  que  par  une  ressemblance  de 
forme  qu'on  a  ensuite  donné  le  môme  nom  au  mouchoir  de 
cou,  servant  de  fichu  ou  de  cravate.  Mouquadoîi  semble 
revenir  plus  particulièrement  à  sa  première  signification 
depuis  l'adoption  du  fr.  Mouchouér,  qui,  tout  en  expri- 
mant la  môme  chose,  s'emploie  aussi  pour  mouchoir  de 
cou. 

Mouquarid,  $.  f.  Moquerie  ;  risée  ;  dérision  ;  acte  pour 
tourner  quelqu'un  en  ridicule. 

M ouqué,  mouquéto,  adj.  Penaud  ;  confus  ;  honteux  ; 
attrappé  ;  interdit  ;  trompé  dans  son  attente. 

Dér.  du  gr.  Moxou),  $e  moquer. 

M ouqnéta  v.  Mortifier,  confusionner  ;  rendre  penaud, 
interdit  ;  rendre  mouqué, 

Monraîa,  v.  Museler;  mettre  une  muselière  à  un 
animal. 

Dér.  de  Maure,  museau. 

Mouraios,  s.  f.  plur.  Alorailles,  sorte  de  tenailles,  qu'on 
place  à  la  lèvre  supérieure  des  chevaux  ou  des  mules,  pour 
les  empocher  de  mordre,  quand  on  les  tond  ou  qu'on  les 
ferre. 


MOU 


497 


Mouràou,  s.  m.  Sac  à  foin  ou  sac  à  avoine,  le  premier 
en  sparterie  à  jour,  le  second  en  toile,  que  l'on  suspend  à  la 
tôte  des  mulets  ou  des  chevaux  de  travail  pour  les  faire 
manger  lorsqu'ils  s'éjoument  hors  de  l'écurie  ou  qu'ils  sont 
en  route. — Méirê  hu  pè  din  lou  mouràou,  au  fig.,  donner 
dans  le  piège,  dans  le  panneau. 

Der.  de  Moure,  museau. 

Mourça,  v.  Amorcer;  mettre  une  amorce  à  un  fusil,  à  un 
hameçon,  à  un  piège. 

Dér.  de  Morpo,  amorce. 

Meure,  s.  m.  Museau;  mufle;  groin  ;  par  ext.  figure; 
visage  ;  face.  —  Un  pouH  mourê,  un  joli  minois.  Viro  aïei 
toun  moure,  tourne  ta  face  de  ce  côté.  FaMrê  lou  maure, 
faire  la  moue,  la  mine  ;  se  renfrogner.  Leva  lou  moure, 
lever  le  nez,  porter  haut  la  tôte  ;  prendre  un  air  insolent, 
provoquant. 

Moure,  se  prend  pour  un  gros  quartier  de  rocher,  qui  sort 
de  terre,  pour  un  terrain  en  surélévation. 

Dér.  du  celt.  Mourre,  m.  sign. 

Mouréja,  v.  Montrer  le  nez;  commencer  à  paraître; 
rudoyer  quelqu'un,  lui  faire  la  mine,  lou  moure;  donner 
des  soufflets. 

Monrga,  v.  Ravaler;  raccourcir  une  branche  d'arbre, 
un  cep.  de  vigne  ;  châtrer,  écourter  les  pousses  d'un  abre, 
d'une  plante  trop  orgueilleuse;  morguer;  narguer. 

Mourgo,  s,  f,  ou  Mounjo.  Dim.  Mourguélo,  Nonne; 
nonnain  ;  religieuse.  Avec  cette  différence  que  la  Mourgo 
était  vêtue  de  noir,  comme  les  Bénédictines,  les  Cla- 
ristes,  les  Ursulines,  etc.,  et  la  Mounjo  de  blanc.  —  Voy. 
Mounjélo. 

Co  mot  désigne  encore  à  Alais  une  vieille  rue,  la  earrièiro 
dé  las  Mourgos,  qu'on  traduit  :  rue  des  Mourgues,  sur 
laquelle  était  bâti  un  vaste  couvent  des  Dames  de  Saint-Ber- 
nard. Au  masc.  inusité  comme  nom  commun,  Maurgues, 
est  cependant  nom  propre  d'homme  et  de  diverses  localités, 
de  hameaux  dans  les  communes  de  Castillon-de-Gagnère, 
de  la  Bouvière,  de  Saint-Anastasie,  de  Vergèze  et  d'un 
quartier  dans  le  canton  de  Nîmes,  dont  le  nom  rapporté 
dans  un  compois  de  4380,  en  lat.,  serait  en  contradiction 
avec  ce  que  dit  Sauvages  de  l'application  de  Mourgo  on 
Mourgue  à  une  religieuse  ou  religieux  vêtu  de  noir;  car  le 
vieux  titre  porte  Ad  Monacum  Album,  et,  en  4479,  Margue- 
Blanc,  pour  Les  Mourgues  aujourd'hui. 

Mourguéto,  s.  f.  Petit  escargot.  Hélice  vermiculé,  Hélix 
vermicuUUa,  Linn.,  mollusque  de  l'ordre  des  Gastéropodes 
et  de  la  fam.  des  Adélobranches.  —  Comme  l'indique  son 
nom  diminutif,  il  est  en  e£fot  petite  de  taille,  ce  qui  ne  le 
rend  pas  plus  beau.  Il  est  en  tous  cas  difficile  d'établir 
un  rapprochement  entre  l'objet  du  présent  article  et  celui 
du  suivant;  l'un  est  le  type  de  la  légèreté,  l'autre  de 
la  laideur  ;  et  on  leur  a  donné  le  môme  nom  !  Cela  ne 
peut  s'expliquer  que  par  quelque  rapport  de  couleur, 
trouvé  dans  leur  robe ,  qui  les  a  fait  comparer  tous  deux 
à  la  Mourgo  ou  Mourguéto,  qui  serait  bien  alors  vrai- 


4D8 


MOU 


MOU 


ment  la  r"ligicuse  liabilléc  de  noir.  Peut-être  aussi  est-ce 
à  cause  'If'  la  coquille  de  l'escargot,  consid»!'rée  comme  son 
capucboii  >u  sa  cellule,  qu'on  est  arrivé  par  un  autre  chemin 
\  en  faire  .le  m^meiuie  Mourguéto.  —  Voy.  le  mot  suivant. 

Mourguéto,  s.f.  Libellule,  demoiselle,  Libellula,  Linn., 
insecte  d'  l'ordre  des  Névroptères  et  delà  fam.des  Libelles 
ou  Ordoii  it'.^s,  au  corps  allongé,  à  la  taille  fine,  aux  ailes 
de  gaze,  'yfi  vole  avec  une  grAce  charmante  sur  le  bord  des 
eaux.  Les  libellules  sont,  suivant  les  espèces,  bigarées  do 
diverses  '"nleurs,  mais  la  plus  commune,  celle  qui  a  donné 
son  nom  vix  autres,  a  les  ailes  noinUres  ;  c'est  ce  qui  lui 
M  valu  d'-'t'e  appelée  Mourguéto,  d'une  religieuse  du  même 
nom  donî  le  costume  ét^iit  noir;  elle  est  cependant  plus 
connue  m:^  urd'hui  par  celui  de  Doumé'isèlo  ou  Douméisé- 
této,  imit'  !a  français.  —  Voy.  Douméïsêlo,  et  le  mot  pré- 
cédent. 

Mouri,  V.  Mourir,  cesser  d'exister,  de  vivre.  Au  fig. 
finir,  souffrir  beaucoup;  éprouver  un  vive  et  douloureuse 
impression.  —  Es  mort  dé  la  courio  haléno,  il  est  mort  de 
la  respira  li  n  arrêtée,  ou  laute  de  pouvoir  respirer  :  mauvaise 
plaisanter!  '  à  proj)os  d'un  défaut  sur  la  maladie  duquel  on 
discute.  A'i^élo  tèro  mourts  en  pouncho,  ce  champ  finit,  se 
termine  en  nointe.  Mé  far  mouri  dâou  lagui,  elle  me  fait 
mourir  d-^  chagrin. 

Dér.  du  ht.  Mori,  m.  sign. 

Mourimén  s.  m.  Défaillance;  spasme;  syncope;  éva- 
llOuisse[^^'^i^  —  Mourimén  dé  cor,  n'a  pas  d'autre  signifi- 
cation. 

Mouriscàou,  àoudo,  adj.  Moricaud,  qui  a  le  teint  ouïe 
[)i"»il  noirMr^. 

Dér.  du  !nt.  Mourus^  m.  sign. 

Mournifle,  s.  m.  Au  fém.  Mournifln.  Petit  morveux, 
[leiitp  morveuse. —  C'est  comme  si  l'on  disait  :  Moure  que 
r('))ifn,  mn^t^TU  qui  renille.  Taïsa-vous^  mnurnillo^  taisez- 
\on<,  péronnelle. 

Mourtalén,  5.  m.  La  gent  mortelle,  les  mortels.  —  Ex- 
pres-^ion  fjui  n'a  cours  qu'en  poésie. 

Mourtàou,  aloouMourtèl,  mourtèlo,  «^//.  Mortel,  elle. 
—  >'«^  s'eriiiiloie,  dans  le  sens  du  français,  que  pour  péché 
mortel,  jn-rq  mnurtâou,  car  il  faut  pouvoir  dire  son  caté- 
chisîi.ednn<  toutes  les  langues  :  mais  dans  l'usni-e  ordinaire, 
il  signifi'^  :  dangereusement  malade,  qui  est  en  danger  de 
mort.  —  Si'  rréï  pas  mourtàou  ou  mourtèl,  il  ne  se  croit 
pis  en  dani^^r  de  mort,  /.ou  crésh  mourtcl?  croyez-vous 
>a  maladi'^  :nortelle,  qu'il  ne  peut  en  réchapper? 

Dér.  du  !nt.  Mortalis. 

Mourtiè,  .^.  m.  Mortier,  vase  pour  piler;  pièce  d'artillerie 
pour  l.niC'^r  une  lK)nd)e.  —  Lou  mourtiè  scn  tnujour  l'inc, 
le  ni'  rtier  s-  nt  toujours  les  aulx,  proverbe  qui  se  rend  aussi 
en  fr.  par  :  la  caque  sent  touj<turs  le  hareng.  On  l'applique 
î\  une  persojnie  (jui,  par  quelcjue  action  ou  quelque  parole, 
fait  voir  qu'elle  retient  encore  quelque?  chosr»  de  la  bas- 
sesso  de  son  origine  ou  des  mauvaises  impressions  qu'elle  a 
roeues. 


Mourtiè,  s.  m.  Mortier,  mélange  de  chaax  éteinte  et  de 
sable  pour  bî\tir.  —  Mourtiè  gras,  mortier  où  il  y  a  beaucoup 
de  chaux  ;  mourtiè  maigre,  celui  où  le  sable  domine.  Jf  ottr- 
tiè  bastar,  mortier  fait  le  plus  souvent  avec  des  plâtras  et 
de  la  chaux. 

Dér.  du  lat.  Mortarium^  m.  sign. 

Mourtigoùs,  ouso,  adj.  Malingre,  languissant  ;  rabougri. 
—  Se  dit  des  arbres  dont  les  feuilles  sont  petites,  jaunes, 
flétries  et  dont  quelques  branches  sont  sèches,  en  un  mot 
qui  menacent  de  mourir. 

Mouru,  mourudo,  adj.  Rebouché  ;  émoussé  ;  mousse,  en 
parlant  du  tranchant  et  surtout  de  la  pointe  d'un  outil  ; 
lippu,  qui  a  de  grosses  lippes  ou  lèvres,  en  parlant  princi- 
palement de  la  lèvre  inférieure. 

Mouru,  s.  m.  Au  fig.  Se  prend  pour  :  bourru,  rustre; 
incivil  ;  fAché  ;  de  mine  renfrognée  et  d'humeur  sombre. 

Dér.  de  Moure,  museau. 

Mourudo,  5.  /*.  ou  Biàou  ou  Granàou.  Groneau.  Gran- 
din,  poisson  de  la  Méditerranée. —  Voy,  Granàouy  qui  est 
une  espèce  de  Muge,  si  ce  n'est  le  Muge  lui-même,  déguisé 
sous  ses  divers  noms  locaux.  Ses  lèvres  fortes,  son  museau 
court  lui  ont  valu  son  appellation  de  Mourudo. 

Mourvis,  5.  m.  ou  Cade-mourvi,  Genévrier  dePhénicie, 
Juniperus  Phœnicea,  Linn.,  arbrisseau  de  la  fam.  des  Co- 
nifères, commun  dans  nos  bois.  —  Voy.  Cade. 

Mous,  pron.  pers.  mas.  plur.  de  Moun,  Mes.  —  Mous 
éfans,  mes  enfants. 

Mous,  trois,  pers.  sing.  de  Vindic,  prés,  du  v.  Moute, 
traire.  11  ou  elle  trait. 

Mous,  5.  m.  Moût,  jus  de  raisin  qui  n'a  pas  encore  fer- 
menté :  se  prend,  dans  le  style  goguenard,  pour  le  vin 
même. —  Y-a  dé  mous,  dit-on  à  quelqu'un  ou  de  quelqu'un 
en  pointe  de  vin,  un  peu  dans  les  brindesingues. 

Dér.  du  lat.  Mustum,  m.  sign. 

Mouscal,  s.  m.  Émouchoir;  queue  de  cheval  attachée  à 
un  manche  pour  émoueher  les  chevaux  pendant  qu'on  les 
ferre;  lanière  de  papier  autour  d'un  petit  bâton  pour 
chasser  les  mouches  des  enfants  et  des  malades,  ou  dont 
se  sert  un  marchand  de  sucrerie  en  plein  vent ,  par 
exemple,  pour  garantir  des  mouches  sa  marchandises;  par 
extension,  pompon,  panache,  que  l'on  met  à  la  tôle  des 
mulets,  (jni  est  un  ornement  après  avoir  été  d'abord  un 
chasse-mouches  ;  gland  de  bonnet ,  qui  semble  avoir  le 
même  emploi. 

Dér.  de  Mouaquo,  mouche. 

Mouse,  t'.  Traire;  tirer  le  lait  des  vaches,  des  chèvres, 
etc.  —  Au  fig.  Mouse  quàouquus,  obtenir  de  quelqu'un  ce 
qu'on  désire  par  des  caresses,  de  câlines  instances;  lui 
gagner  ou  lui  soutirer  son  argent  par  petites  saignées  douces. 

Dér.  du  lat.  Mu! gère,  m.  sign. 

Mousï,  mousido,  adj.  Moisi  ;  qui  est  atteint,  altéré  par 
la  moisissure.  Au  fig.  Es  pas  mousi,  se  dit  de  quelqu'un 
remuant,  retors,  qui  ne  risque  pas  de  se  moisir  par  inaction 
de  corps  ni  d'esprit. 


MOU 

Lou  moial,  s.  m.  le  moisi  ;  odenr,  goût  de  moisi  ;  moi- 
sissure ;  partie  d*iine  chose  moisie.  -7-  Voy,  Moundun. 

Dé.  da  lat.  Mtieidus,  m.  siga. 

Mouidun,  s.  m.  Moisissure;  le  moisi. —  Exprime  d'une 
manière  plus  générale  que  Mousi  et  Mousiduro,  une  partie 
de  chose  moisie  sur  une  quantité  ;  ainsi  on  dira  :  fôou  tria 
hu  mouêidun  d'aquélos  poumos,  il  fauU  enlever  les  pommes 
moisies  de  ce  tas,  et  :  iévas  lou  motui  d'aquélo  poumo,  ôtez 
la  partie  moisie  de  cette  pomme. 

Mouaidiiro,  s.  f.  Moisissure,  altération  d'une  chose  moi- 
ne. —  Voy.  Moundun. 

Monsqué,  s.  m.  Mousquet  ;  fusil  dont  le  canon  est  court  ; 
ancienne  arme  à  feu,  en  usage  avant  le  fusil. 

Mousquéia,  v.  Émoucher  ;  chasser  les  mouches.  —  Un 
ehival  moutquéjo,  se  dit  d'un  cheval  qui  chasse  les  mouches 
à  coups  de  pied  et  de  queue ,  qui  bat  ses  flancs  de  sa 
queue. 

Dér.  du  lat.  Museas  agerê,  chasser  les  mouches. 

MoQBqnéto,  s.  f,  Dim.  de  Mousquo,  Petite  mouche. 

Mouaqno,  s.  f.  Dim.  Mousquéto;  augm.  Mouscauo,  Mou- 
che, Muica,  insecte  classé  en  histoire  naturelle  dans  l'ordre 
des  Diptères  et  la  fam.  des  Latérisèles  ou  Ghetoloxes  qui  a 
d'innombrables  variétés,  toutes  confondues  sous  le  nom 
commun  de  Mousquo,  sans  classification  savante.  —  L'hip- 
pobusque,  Hippobotea  «çutna^Lun.,  cette  mouche  si  incom- 
mode aux  chevaux,  si  tenace  et  si  dure  à  écraser,  est  la  seule 
qui  ait  reçu  une  qualification  distinctive  :  on  l'appelle 
Mousquo  dé  ehival  et  surtout  Mousquo  d'ase, 

Dér.  du  lat.  Musea. 

Mousquo ,  <.  ^.  Mire  ;  mouche ,  visière  d'une  arme 
à  feu. 

Mousquo  ou  Mousquéto,  s.  m.  touffe  de  barbe  sur  le  men- 
ton ,  qu'on  a  souvent  appelée  royale ,  puis  impériale ,  et 
mouche  qui  n'a  pas  de  couleur  politique,  quand  un  des 
mots  précédents  n'était  plus  de  mise. 

Moussa,  s.  m.,  n.  pr.  de  lieu,  Moussac,  commune  dans 
le  canton  de  Saint-Ghaptes  (Gard),  nommé  en  4469,  Moxae, 
roman,  et  Mazacum,  latin;  en  4228,  Mociacum,  variant  un 
peu  plus  tard  en  Mossacum  et  Mossiacum,  Ce  village,  sur 
les  bords  du  Gardon,  exposé  souvent  à  ses  ravages,  aurait- 
il  pris  son  nom  de  cette  situation  ou  de  quelque  accident 
causé  par  la  rivière?  Sa  formation  lui  viendrait -elle  de  la 
même  source  ou  de  la  même  idée  que  MoussU,  morceau, 
synonyme  Boucï,  dans  un  autre  dialecte  dérivant  de  Morsus, 
de  mordere,  mordre,  qui  nous  a  donné  le  verbe  Mous- 
siga  ?  G'est  probable  ! 

—  Sou  dé  Moussa  :  aïmou  maï  lou  tout  que  la  mUOf 
provb.,  ils  sont  de  Moussac  :  ils  aiment  mieux  le  tout  que 
la  moitié.  LaRouviUro  sansvi,  La  Càouméto  sans  couquï, 
Moussa  sans  bla,  lou  pêitan  es  arouHna,  La  Rouvière  sans 
vin,  La  Calmette  sans  coquin.  Moussac  sans  blé,  le  paysan 
est  ruiné  :  dicton  ancien  que  les  rivalités  de  village  à  vil- 
lage se  jetaient  volontiers  et  sans  ménagement.  —  Toy. 
Èseaïnoun. 


MOU 


399 


Moussa,  V.  Mousser,  faire  de  la  mousse,  en  imrlant  d'un 
liquide;  Eseuma  est  préférable  dans  ce  sens. 

Fort  ressemblant  à  un  empr.  au  fr.;  aussi,  presque 
inconnu  dans  les  campagnes  et  dans  les  endroits  on  le 
languedocien  est  resté  plus  pur. 

Moussèl,  s,  m.  Dim.  Mousséié;  augm.  Moussélas.  Mor- 
ceau, partie  d'un  tout  et  quelquefois  le  tout  ;  bouchée, 
fraction  d'une  chose  bonne  à  manger.  —  Moussèl  énvala 
n'a  pas  pus  dé  gous,  provb.  qui  ne  manque  pas  et  ne  man- 
quera jamais  d'applications,  non  plus  que  de  traductions 
ou  reproductions  dans  toutes  les  langues  et  dans  tous  les 
temps  ;  car  il  se  rend  en  fr.  par  :  service  rendu  est  bientôt 
oublié;  plaisir  passé  ne  laisse  pas  de  trace  :  bonheur 
savouré  n'a  ni  goût  ni  souvenir.  N'a  pas  fa  qu'un  moussèl, 
il  n'en  a  fait  qu'une  bouchée.  Aquà's  un  pouli  mouuèl  dé 
fïo,  voilà  un  beau  brin  de  fille,  un  friand  morceau. 

Dér.  du  lat.  Morsus,  part.  pass.  de  Mordere^  mordre  :  ce 
que  l'on  enlève  en  mordant. 

Monssiga,  v.  Mordre  ;  serrer,  entamer,  diviser  avec  les 
dents,  avec  le  bec,  avec  tout  ce  qui  serre  ou  pince. 

Dér.  du  lat.  Morsus. 

Moussigado,  s.  f.  Dim.  Moussigadéto.  Morsure;  action 
de  mordre;  meurtrissure;  empreinte,  marque  faite  en  mor- 
dant ou  en  piquant  avec  le  bec. 

Moussigaire,  aire,  adj.  Qui  mord,  mordant. —  Au  fig. 
n'est  guère  admis  qu'en  style  poétique  :  la  langue  est  avant 
tout  positive. 

Mousse^  s  f,,  ou  MooBsi.  Mousse,  apprenti  matelot. 

En  esgag.  Moço,  jeune  garçon,  jeune  valet. 

M0U88O,  s,  f.  Traite  des  vaches,  des  chèvres,  des  bre- 
bis, etc. ;  action  de  les  traire;  quantité  de  lait  qui  en  pro- 
vient. 

Dér.  de  Mouse,  traire. 

Moosso,  s.  f.  Mousse,  écume.  —  Se  dit  mieux  Éseumo. 
—  Voy>  c.  m. 

Monsso,  s.  f.  Mousse,  cryptogame,  plante  ou  herbe 
parasite. 

Dér.  du  lat.  Museus^  m.  sign. 

M0U88O  d'araire,  «.  m.  Versoirde  charrue. 

Mousse  dé  mèr,  s,  f,,  ou  Aoubo  dé  mèr.  Algue  de  mer, 
algue  marine,  foin  marin,  dont  on  enveloppe  le  verre,  les 
bouteilles,  pour  les  transporter  ;  on  en  fait  des  matelas,  des 
coussins  et  même  du  papier  ;  elle  croit  dans  la  mer  et  sur- 
tout dans  nos  étangs. 

Une  a^tre  plante  du  même  genre,  le  Mousso  dé  mèr,  la 
mousse  de  mer.  Fucus  Mminthoeorlon,  Linn.,  de  la  fam. 
des  Algues,  qu'on  trouve  dans  la  Méditerranée,  est  un 
des  meilleurs  vermifuges  connus. 

Mousso  (Fîou  dé)  s.  m.  Fil  de  moche,  de  Quibray  ou 
de  Bretagne,  paquet  de  soies  filées,  disposées  pour  le  pei- 
gnage.  Le  nom  lang.  n'est  qu'une  altération  du  fr.  Moche, 
soie  en  moche,  en  paquet. 

Moussu,  s,  m.  Monsieur;  titre  donné  par  civilité,  par 
respect  ou  par  bienséance.—  Un  mouuu,  moussu  un  tâou, 


500 


MOU 


an  monsienr,  monsieur  tel.  An  plnr.  il  est  toujours  pré- 
cédé de  Tart.  loui  ;  hus  moussiu,  les  messieurs,  en  géné- 
ral, les  gens  qui  ne  sont  pas  du  peuple;  Iom  moussus  un 
fdoti,  les  messieurs  tels;  mais  on  ne  remploie  qu*en  par- 
lant des  personnes  et  non  point  en  s'adressant  à  elles- 
mêmes.  Ainsi  Ton  dit  :  Coumo  anas,  moussu  ?  et  Coumo 
anas,  méssius?  Ce  dernier  n*est  qu'une  autre  traduction 
plus  moderne  de  messieurs.  —  Un  miè"  moussu,  un  demi- 
bourgeois,  demi-manant,  Moussu  Chouso,  monsieur  Chose, 
dont  le  nom  ne  vient  pas  à  la  mémoire  CVoy.  Chouso), 
Moussu  moun  ami,  phrase  purement  explélive  :  Ah! 
certes.  —  Voy,  Amï. 

Dér.  du  vieux  langage  Moussen  ou  Mossen,  formé  du 
pronom  poss.  et  du  subst.,  abrégés  ou  transformés  de 
Moun,  du  la  t.  Meus  et  du  roman  Seiner,  Senker,  Seinhor, 
donnant  Sieur,  Sire,  Seigneur,  venus  du  lat.  Senior,  plus 
âgé. 

Monssudé,  <.  m.,  ou  Monssnrdé,  Jeune  monsieur.  — 
Dim.  presque  toujours  respectueux,  qu'il  ne  faut  pas  con- 
fondre avec  ce  que  le  fr.  exprime  par  :  Petit  monsieur, 
qui  est  le  plus  souvent  un  terme  de  raillerie  ou  de  mépris. 

Moussurô,  s.  m.  Petit  monsieur;  jeune  freluquet;  arti- 
san qui  veut  se  donner  des  airs  de  monsieur. 

Moustache,  $,  f.  Dim.  Moustaokéto;  aug.  Mousia- 
chasso.  Moustache  ;  barbe  qu'on  laisse  croître  au-dessus  de 
la  lèvre  supérieure;  longs  poils  autour  du  mufle,  de  la 
gueule  de  certains  animaux. 

Dér.  du  gr.  MiScoroÇ,  d'où  le  lat.  Mystax,  m.  sign. 

Monstachoù,  s.  m.  Momifie;  petit  soufilet  ;  coup  de  la 
main  sur  la  figure. 

MouBtaclioima,  v.  SoufiQeter  ;  donner  des  momifies,  de 
petits  soufilets,  des  moustachoîts. 

Moustachu,  udo,  aâj\  Qui  a  des  moustaches,  surtout 
de  grandes  moustaches. 

Moustardiè,  s,  m.  Moutardier,  petit  vase  dans  lequel 
la  moutarde  est  servie  sur  la  table.  —  Sémblo  lou  prémiè 
moustardiè  dâou  papo,  dicton  qui  s'applique  à  un  homme 
qui  prend  des  airs  d'importance  et  d'autorité,  qui  veut 
trancher  du  grand  seigneur  ou  du  personnage  très-entendu  : 
et  fondé  sans  doute  sur  ce  que  le  peuple  s'imaginait  qu'au- 
près du  Pape  devait  se  trouver,  à  titre  d'office,  un  ser- 
viteur de  sa  maison,  ayant  charge  de  Moutardier,  et  qu'on 
le  supposait  ironiquement  jouissant  d'une  grande  in- 
fluence. 

Moustardo,  s.  f.  Moutarde,  Sinapis,  Linn.,  plante  delà 
fam.  des  Crucifères,  dont  il  y  a  deux  espèces,  là  blanche 
et  la  noire.  Ce  n'est  guère  à  la  plante,  peu  connue,  que 
l'on  applique  ce  nom,  mais  au  condiment  fort  en  usage  pour 
exciter  l'appétit  et  faciliter  la  digestion  des  estomacs  pares- 
seux, que  l'on  fait  avec  la  graine  réduite  en  poudre.  Sous 
cette  forme,  elle  est  également  vulgarisée  par  l'emploi  qu'en 
fait  depuis  longtemps  la  médecine  dans  les  bains  de  pied  et 
les  sinapismes  ;  pour  cela  la  moutarde  noire  est  préférable 
comme  plus  acre  et  plus  excitante. 


MOU 

Ce  mot  vient  du  lat.  Multum  ardet,  qu'en  vieux  fran- 
çais on  rendait  par  Moult  ard,  il  brûle  beaucoup  ;  on  de 
Mustum  ardenSf  parce  que  l'assaisonnement  de  table  se 
composait  quelquefois  de  cette  farine  délayée  dans  di  moût 
de  raisin. 

Moustardo,  t.  f.  Raisiné  ;  moût  de  raisin  cuit  en  confi- 
ture. —  Comme  Qp  y  mâle  parfois  quelques  grains  de 
moutarde  pour  le  rendre  piquant,  il  prendrait  de  là  son 
nom.  C'est  à  cette  composition  que  s'appliquerait  fort  bien 
la  seconde  étymologie  donnée  à  l'article  précédent.  Néan- 
moins ce  mélange  n'est  point  ordinaire,  et  Moustardo,  con- 
fiture, est  le  plus  souvent  la  même  chose  que  Rasmé.  — 
Voy.  c.  m. 

Monstas,  s.  m.  Gros  soufilet,  bien  appliqué  sur  la  figore, 
sur  la  moustaeho, 

Augm.  de  Moustachoik» 

Monstéja,  v.  Rendre  du  moût  ;  être  juteux.  —  An  fig. 
on  dit  :  Aiçà  maustéjo  pas,  ceci  n'est  pas  brillant,  d'une 
affaire  qui  s'annonce  mal,  qui  ne  rend  pas  ce  qu'on  espérait. 

Dér.  du  lat.  Mustum  agere,  m.  sign. 

Monstèlo,  s.  f.  Belette,  Mustela  vulgaris,  Lino.,  mam- 
mifère unguiculé  de  la  fam.  des  Digitigrades  ou  Carnivores. 
La  Belette,  la  dame  au  nez  pointu,  est  beaucoup  pins 
pçtite  que  la  marte  et  le  furet;  mais  elle  leur  ressemble per 
la  forme.  Son  corps  mince  n'a  que  six  à  sept  pouces  de 
longueur  ;  sa  queue,  plus  courte  même  en  proportion,  n'est 
aussi  garnie  que  de  poils  très-courts.  Son  pelage  est  d'oa 
roux  vif,  cendré  en  dessus  et  blanc  en  dessous.  Malgré  sa 
petitesse,  elle  est  courageuse  et  forte,  et  ne  craint  pas  d'at- 
taquer une  proie  plus  grande  qu'elle;  elle  n'éparpe  pas  les 
poules  et  est  très-friande  surtout  de  leurs  œufs  et  de  œni 
des  perdrix  et  des  cailles  dont  elle  fait  ample  destraction 
Dans  les  montagnes  du  nord  du  département  on  tronve, 
quoique  rarement,  l'Hermine,  Mustella  erminna,  Linn., et 
comme  elle  est  en  tout  semblable  à  la  belette,  à  la  conlenr 
près,  on  l'a  prise  pour  elle,  et  tout  simplement  appelée 
Moustèlo  blanquo,  belette  blanche. 

On  dit  Moustèlo  d'une  fillette  rasée,  matoise,  finemoocbe 
et  un  peu  effrontée. 

Moustoùs,  moutonso,  adj.  Plein  de  moût;  qni  rend 
du  moût;  gluand  ;  juteux;  visqueux  ;  douceâtre. 

Monstra,  v.  Montrer;  indiquer;  faire  voir;  enseigner. 

Dér.  du  lat.  Monstrare,  m.  sign. 

Monstre,  s.  m.  Monstre  ;  production  ou  être  contre  na- 
ture ;  individu  très-laid,  très-méchant,  dans  l'usage  ordi- 
naire; mais  comme  exclamation,  ou  apostrophe,  il  n'a  pas 
toujours  cette  gravité  et  le  ton  peut  l'adoucir  jusqu'à  on 
simple  reproche  de  bouderie  ou  même  d'affection.  Dans  la 
même  acception,  il  devient  aussi  interjection. 

Dér.  du  lat.  Moratrum,  m.  sign. 

Monstroûs,  ouao,  adj.  Monstmeax;  prodigieux  ;  exces- 
sif ;  effrayant;  épouvantable. 

Montas,  s.  m.  Augm.  de  Mouto.  Grosse  motte,  surtool 
de  terre  ;  gros  grameau,  gros  morceau. 


MOU 

Montèl,  j.  m.  Gromean  ;  morceau  d*ime  matière  <iiiel- 
oonque,  adhôreote,  coagolôe,  caillée. 

Dim.  de  M<mto, 

Montillàon,  âondo,  adj,  Monfllard;  gros  jooffla  ;  qui  a 
de  grosses  joues. 

Serait-il  formé  de  Mouto,  motte,  et  du  lat.  Flare,  souf- 
fler, enfler  ?  on  bien  un  augmentatif,  un  peu  capricienx,  de 
Moufle? 

Monte,  f.  /".Dim.  Mouiéto;SLUgm.  Monta»,  Hotte;  mor- 
ceau de  terre  soulevé  par  la  cbarrue  ou  tout  autre  outil  ara- 
toire ;  terre  adhérente  aux  racines  d*un  arbre  déplanté.  — 
MovOio  dé  earboU,  motte  de  houille,  morceau  d*un  plus  gros 
Tolume,  par  opposition  au  menu,  Tris.  On  fait  des  Moutos, 
des  mottes  artificielles;  en  pétrissant  et  pressant  en  pains 
de  la  houille  menue,  du  tan,  rusquo,  qui  ne  peut  plus 
servir,  et  du  marc  d*olives  ou  grignon,  o$se$  d'ouHvos  : 
c'est  le  combustible  des  pauvres  ménages,  et  là  aussi  est 
ridée  première  et  perfectionnée  de  la  fabrication,  des  agglo- 
mérés, Tutilisation  des  menus  de  mines,  cette  invention 
qui  a  été  une  si  grande  ressource  dans  nos  grandes  indus- 
tries houillères.  Mouto  dé  niou,  boule  de  neige. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Moia,  m.  sign. 

Dér.  du  Meuif  a,'umy  m.  sign. 

Moatoù,  s,  m.  Mouton,  Verveœ,  Linn.,  mammifère  ungui- 
culé  de  la  fam.  des  Ruminants  ;  mâle  châtré  de  la  brebis. — 
S'emploie,  de  môme  qu'en  fr.,  pour  signifier  les  moutons, 
brebis  et  béliers,  en  troupeau ,  un  troupêl  dé  montoàs,  un 
troupeau  de  moutons. 

L'origine  du  radical  qui  a  formé  le  mot  Moutoù  a  lassé 
tous  les  étymologistes,  dit  Honnorat  :  c  Jean  Picard  l'a  fait 
venir  du  gr.  M69(i>v,  qui  désigne  une  espèce  de  danse  dans 
Pollux,  à  cause  des  sauts  que  font  les  moutons;  Caseneuve 
pense  qu'on  pourrait  le  dériver  du  lat.  MiUUui,  employé 
dans  le  sens  d'écorné;  Bochart  prétend  qn  il  vient  de  Mons, 
moniis,  d'où  l'ital.  Montone  et  Monton,  parce  que  les  mou- 
tons se  tiennent  sur  les  montagnes.  Ce  qui  parait  justifier 
cette  étymologie,  c'est  le  mot  Montero,  qui  signifie  chasseur 
en  espag.,  et  qui  est  bien  évidemment  dérivé  de  Monti»; 
Huet  le  prend  de  Mulus,  muet,  parce  que  cet  animal  est 
silencieux;  enfin,  selon  d'autres,  il  viendrait  de  l'allem. 
Mutsm,  couper,  tronquer,  parce  que  le  monton,  proprement 
dit,  est  un  bélier  coupé.  > 

Littré  résume  à  peu  près  ces  anciennes  opinions,  et  il 
constate  que  la  forme  primitive  du  mot  portait  un  l,  en 
ital.  et  dans  la  bass.  lat.  Multonem,  Moltonem,  Mutlonmn: 
Il  trouve  dans  le  celtique  :  gaël.  Mult;  Kimry,  MiUt;  irl. 
Molt;  bas-breton,  Maoud,  bélier  ;  il  y  voit  une  forte  raison 
pourcroirequelemot  est  indigène,  et  que  l'étymogie  incline 
vers  le  celtique. 

Montoù,  ».  m.  Monton  on  sonnette,  masse  de  fer,  on 
gros  billot  garni  et  armé  de  fer,  qui  se  lève  à  bras  ou  à 
machine,  et  qui,  en  retombant,  sert  à  enfoncer  des  pilotis, 
de  pieux  :  ainsi  appelée  parce  que  le  mouton,  dont  la  ma- 
chine entière  porte  le  nom,  donne  des  coups  avec  la  tète 


MUL 


501 


et  que  la  sonnette  semble  cesser,  dourda,  les  pieux,  comme 
l'animal. 

Mouioik  se  dit  aussi  des  anses  en  bois  dans  lesquelles 
on  fait  entrer  les  anses  d'une  cloche,  un  moutoiJk  dé  cam- 
pano. 

Montongnè,  être,  adj.  Moutonnier;  qui  suit  l'exemple 
des  moutons  et  fait  comme  les  moutons  de  Panurge. 

Mu,  modo,  adj.  Muet;  qui  n'a  pas  l'usage  de  la  parole; 
qui  ne  parle  pas,  on  qui  reste  sans  parler.  —  Léngo  ou 
fénno  mudo  fougue  jamaï  haiitdo,  prvb.,  langue  ou  femme 
muette  ne  fut  jamais  battue;  excellent  conseil  à  ceux  ou 
à  celles  qui  parlent  trop.  A  la  mudo,  à  la  muette,  sans 
parler. 

Dér.  du  lat.  Mutu»,  m.  sign. 

Mnda,  v.  Remuer  un  enfant  au  maillot  ;  le  nettoyer,  le 
changer  de  langes.  —  Pèou-tnuda,  muer,  changer  de  poil, 
et  par  ext.  changer  de  plumage,  de  peau.  Aquél  que  »i 
mudo,  Dtou  Vajudo,  prvb.,  qui  pèche  et  s'amende,  à  Dieu 
se  recommande. 

Dér.  du  lat.  Mutar»,  changer. 

Mndairo,  ».  f.  Remueuse,  femme  qui  remue,  mudo,  un 
enfant,  qui  l'emmaillotte. 

Mudo,  ».  f.  Mue;  changement  de  poil,  de  plumes  ou  de 
peau,  dans  l'animal  et  particulièrement  des  vers  à  soie  à 
chacune  de  leurs  maladies. 

Dér.  de  Muda. 

Mngan,  ».  m.  Ciste  cotonneux  à  fleurs  roses,  CiHu» 
aibidu»  Linn.,  arbrisseau  de  la  fam.  des  Cistes,  qui  croit 
spontanément  sur  les  collines  arides  du  Midi. 

Mngo,  ».  f.  Ciste  de  Montpellier  à  feuille  étroite  et  à 
fleur  blanche,  Ci» tu»  MoMpelien»i»,  Linn.,  plante  de  la 
fam.  des  Cistes.  —  Il  y  a  un  grand  Ciste,  dans  nos  landes, 
qui  est  le  môme  que  celui  sur  lequel  on  récolte  dans  le  Le- 
vant, dit  Sauvages,  la  résine  appelée  Labdanum,  drogue 
de  pharmacie. 

Mngué,  ».  m.  Jacinthe  orientale.  Jacinthe  des  jardins, 
Hycusinthu»  orientait» ^  Linn.,  plante  de  la  lam.  des  Li- 
liacées,  commune  et  dont  on  cultive  des  variétés  très-nom- 
breuses. 

Mugué,  est  encore  le  nom  d'une  autre  jolie  plante,  Con- 
vallaria  majali»;  Linn.,  de  la  fam.  des  Asparagées;  qui 
vient  naturellement  dans  les  bois  humides  du  Midi,  et  qui, 
par  ses  petites  fleurs  blanches  en  campanules,  répandant  une 
odeur  suave,  mérite  aussi  d'être  comptée  parmi  les  plantes 
des  jardins. 

Majon,  ».  m.  Muje  ou  mulet.  Mage  de  la  Méditerranée, 
Mugil  labeo,  Cuvier,  poisson  de  l'ordre  des  Holobranches 
et  de  la  fam.  des  Lépidopomes.—  Ce  poisson,  très-commun 
dans  la  Méditerranée  et  dans  nos  étangs,  atteint  42  centi- 
mètres de  longueur  ;  il  a  le  dessus  brun  verdàtre,  les  côtés 
et  le  bas-ventre  blancs,  les  lèvres  fortes  et  crénelées. 

Mulatiè,  ».  m.  Muletier;  celui  qui  conduit  des  mules  et 
mulets  pour  le  transport  du  vin  ou  des  marchandises.  — 
Jusqu'aux  premières  années  de  ce  siècle,  le  muletier  a  été 

64. 


503 


MCS 


on  personnage  bien  antremeât  important  que  ne  le  fit 
jamais  on  roolier,  lorsqu'à  la  tète  de  quinze  on  vingt  mulets» 
et  quelquefois  davantage,  dont  chacun  pour  la  plupart  ne 
valait  pas  moins  de  mille  francs,  et  qui  tous  lui  apparte- 
naient, il  était  seul  chargé  du  transport  de  nos  marchan- 
dises dans  toutes  nos  montagnes  jusqu'au  Pny-en-Velay. 
n  n'existe  presque  plus  de  muletiers  et  encore  ne  sont-ils 
que  des  grandeurs  déchues  qu'on  rencontre  par  hasard  dans 
un  chemin  écarté  et  difficile  :  l'ouverture  de  nouvelles 
routes  et  l'amélioration  des  anciennes  leur  firent  céder  la 
place  aux  routiers  qui,  à  leur  tour,  tendent  à  disparaître, 
écrasés  sous  la  concurrence  plus  redoutable  encore  des 
chemins  de  fer. 

Mur,  s.  m.  Mur,  muraille;  rempart.--  Mur  est  un  fran- 
çais qui  nous  est  arrivé  avec  son  cortège  franMmam  de  : 
Mur  énbriquoi,  gros-mur,  mur-mèitre,  mur  dé  ré f en,  mur 
mitouïèn,  mur  d'appui^  etc.,  qu'il  faut  bien  accepter,  faute 
de  mieux,  pour  s'entendrs . 

Dér.  du  lat.  Murus,  m.  sign. 

Muraia,  v.  Murer,  clore ,  entourer,  enceindre  de  mu- 
railles. 

Muraîo,  s.  f.  Dim.  âturaïéto;  augm.  Muraïasso.  Mu- 
raille; mur.  —  Quoique  Muràio  soit  aussi  une  traduction 
du  français,  ce  qui  prouve  en  sa  faveur  c'est  qu'on  ne  pour- 
rait la  bien  mettre  à  la  place  de  Mur,  dans  les  locutions 
citées  à  l'article  de  ce  dernier  mot . 

Marge,  s,  f.  Souris.  —  Voy.  Mirgo, 

Murtro,  f .  f,  ou  Birbo  dâou  lagui.  Myrte,  myrte  com- 
mun, Myrtui  communia,  Linn.,  arbrisseau  de  la  fom.  des 
Myrtes.  —  Cet  arbrisseau  toujours  vert  était  consacré  à 
Vénus;  il  devint  le  symbole  de  l'amour  et  de  l'hymen  aussi, 
car  les  nouvelles  mariées  en  couronnaient  leur  front  :  On 
prétend  qu'alors  on  lui  donna  son  autre  nom  d'£rér6o  d'âùu 
iaguij  pour  rappeler  les  soucis  et  souvent  les  chagrins  qui 
suivent  le  mariage.  —  Voy.  c.  m. 

Dér.  du  gr.  Muptoç,  d'où  le  lat.  Myrtus,  que  notre  dia- 
lecte a  un  peu  altéré  à  sa  manière. 

Mus,  j.  m.  Musc,  parfum. —  Inutile  de  dire  que  le  musc 
est  fourni  par  une  sorte  de  chevrotin  ou  de  chevreuil;  le 
languedocien  ne  connait  que  son  odeur  :  il  a  pris  pour  cela 
seulement  le  mot  au  français,  en  supprimant  le  e  final  qui 
lui  est  antipathique.  Là  Farb-Alais  l'a  heureusement  appli- 
qué, dans  les  Castognados»  dou  basalï,  le  basilic,  qu'il 
appelle  mut  ddau  péïsan  et  raïâou  packoulï. 

Mus,  s.  m.,  n.  pr.  de  lieu.  Mus.  —  Il  existe  dans  notre 
département  deux  localités  qui  portent  ce  nom  :  Mus, 
commune,  canton  de  Vauvert  dans  l'arrondissement  de 
Nimes,  et  ce  qu'on  appelle  la  ville  de  Mus,  dans  la  com- 
mune de  Durfort,  arrondissement  du  Vigan ,  ruines  d'une 
villa  gallo-romaine. 

La  commune  de  Mus  est  connue  par  ses  carrières  d'où 
l'on  tire  les  dalles  appelte  Bars  dé  Mus.  Ces  pierres  pren- 
nent un  beau  poli  et  l'on  en  pave  les  appartements,  surtout 
ceux  du  premier  étage,  car  au  rez-de-chaussée  elles  se 


MUS 

détériorent  facilement  par  l'humidilé;  mais  c'est  priadp^ 
lement  au  pavage  des  fours  qu'elles  sont  employées  paroi 
qu'elles  résistent  bien  à  l'action  du  feu. 

«  Quant  à  la  ville  de  Mus,  dit  SaDtaobs,  elle  panât  a'a- 
voir  été  qu'une  maison  de  campagne,  wUa,  appartsosiit  à 
quelque  grand  seigneur.  Elle  était  dans  un  endroit  aride, 
élevé  et  resserré  par  des  rochers  d'im  aspect  affreux*  L'on 
ne  conjecture  sa  situation,  et  cet  endroit  n'est  remarqnaUs 
que  par  un  aqueduc  de  bonne  construction,  qui  aboMit  à 
un  petit  espace  susceptible  de  culture.  Cet  aqueduc,  dont  il 
7  a  de  beaux  restes ,  amenait  par  de  longs  drciiits  il 
milieu  de  ces  rochers,  l'eau  d'une  fontaine  appelée  fm  im 
Barazii, 

c  Mus,  sendt-îl  le  même  nom  que  celui  d'un  général  dei 
Sarrazins  appelé  Mtsso  r  Ces  infidèles  avaient  lait  d'asss 
longs  séjours  dans  la  Septimanie  pour  y  avoir  oonstmit  m 
monument  peu  connu,  quoique  digne  des  Romains,  et  le 
nom  du  général  abrégé  dans  celui  de  Mus,  sendt  en  îokat 
temps  resté  au  lieu  de  scm  habitation.» 

Mosa,  9.  Muser;  s'arrêter  en  chemin  ;  être  oisif;  s'i^ 
muser  à  des  vétilles  au  lieu  de  faire  son  travail.  —  Doit 
signifier  encore  :  se  repentir,  dans  le  sens  au  mrâis  que  la 
perte  du  temps  ou  de  l'occasion  peut  donner  lieu  à  tt 
repentir;  appert  le  proverbe  :  Quàou  refusa,  musù,  qui 
refuse,  qui  retarde,  se  repent. 

Musaire,  aîro,  s.  et  adj.  Musard  ;  fainéant  ;  lambin  ;  lent; 
tardif;  qui  muse. 

Musca,  s,  m.  Muscat,  raisin  et  vin  dont  tout  le  monde 
connaît  le  goût  qui  rappelle  le  parfum  du  musc.  —  On 
cultive  dans  le  pays  trois  espèces  de  muscats  :  lau  mmsê 
blan  ;  il  ne  réussit  pas  dans  les  plaines  où  le  sol  est  humide; 
il  s'y  rouille  et  ne  produit  rien  ;  il  lui  fout  un  teiraîa 
élevé;  le  sol  siliceux,  formé  de  débris  de  gras,  grés,  oufe^ 
rugineux,  lui  convient  très-bien.  Il  donne  de  très-belies 
grappes  ;  les  grains  sont  blancs,  ronds ,  trés-serrés,  de  oou- 
leur  dorée  à  la  maturité.  Son  bois  est  an  peu  roux,  ten- 
dre, et  sa  feuille  assez  grande.  Lou  musea  nègre,  le  muscai 
noir  ne  diffère  du  blanc  que  par  sa  conleor  qui  est  tris- 
noire.  Lou  musea  gré,  le  muscat  grec  :  ses  grains  sont  gros, 
blancs,  ovoïdes,  croquants  et  légèrement   musqués;  99 
grappes  ne  sont  pas  très-bien  fournies. 

Muscadèl,  èlo,  s,  et  adj.  Musqué  ;  qui  a  le  parfum  da 
musc.  —  On  donne  ce  nom  à  une  espèce  de  poire  appelée 
Muscadclle  et  l'on  dit  Péro  museadilo  on  seulement  if lueo- 
dèlot  subst.  comme  MuscadH,  s.  m.  on  Périè  muse^dM, 
adjectivé. 

Muscadin,  s.  m.  Muscadin;  fat  masqué;  freluqurt; 
damoiseau  ;  s'emploie  aussi  au  fém.  Mu9e(sdino  :  pour  petite 
maîtresse,  élégante;  muscadine. 

Muscade,  s.  f.  Muscade,  noix  du  musoadier  aromatiqoe, 
Myristica  aromatica,  Linn.,  employée  asees  oommunémsnt 
comme  épioe  et  dans  des  remèdes.  Quant  à  la  muscade, 
une  petite  boule  de  liège  qui  parait  ei  diapunatt  dans  ki 
doigts  du  prestidigitateur,  le  mot  languedocien  ne  la  désigne 


MUS 

point  parce  qu'il  ne  la  connait  pas,  et  q«e,  aeuls,  les  fran- 
ekimanê  ont  pu  rempmnter  an  fr.,  si  môme  il  leur  arrive 
de  s'en  servir  dans  de  rares  occasions. 

Huscardin.  «.  m.  Moscadin,  pastille,  espèce  de  dragte 
que  Ton  disait  en  enduisant  une  graine  de  coriandre  d'une 
p&te  suorée,  aromatisée  avec  du  musc.  Ce  bonbon  n'est 
guère  plus  connu,  mais  son  homonyme  ne  l'est  que  trop. 

Muscardîn,  s.  m.  Muscardin,  ver  à  soie  mort  de  la  mus- 
cardine.  —  Sa  ressemblance  avec  le  JUttscardm  de  l'article 
procèdent  lui  a  certainement  fait  donner  son  nom  :  en  efiet, 
le  ver,  m<^t  de  cette  maladie,  se  roidit,  se  dessèche  et  sem- 
ble couvert  d'une  couche  de  plâtre  blanc  ou  plutôt  semble 
être  un  plâtre  de  l'insecte.  On  le  nomme  même  qudquefois 
Ura^iio,  dragte,  lorsqu'il  meurt,  racorni  en  chrysalide 
ttauchée,  dans  le  cocon  qu'il  a  pu  faire  et  qui  tinte  alors 
comme  un  grelot  :  ce  qui  achève  de  donner  raison  à  cette 
etymologie  en  la  complétant. 

De  même  que  bien  des  gens  se  gardent  d'appeler  le  Diable 
lutr  son  nom,  de  crainte  qu'il  ne  réponde  à  l'appel,  de  même 
les  magnagniers  évitent  avec  le  plus  grand  soin  que  le  mot 
Muteardin  soit  prononcé  dans  leur  magnanerie,  et  s'ils  sont 
forcément  amenés  â  en  parler,  ils  ne  le  font  qu'en  disant  : 
aquélo  mino,  cette  engeance,  la  plus  mauvaise,  la  plus  à 
craindre  de  tontes  :  superstition  bien  innocente  d'ailleurs 
si,  après  une  éclosion  attentivement  soignée  qui  est  une 


MUS 


508 


première  condition  de  succès,  viennent  une  bonne  nourri- 
ture, une  température  égale,  des  délitements  fréquents 
autant  que  possible,  et  une  aération  bien  entendue,  qui 
forment  l'ensemble  indispensable  des  soins  hygiéniques  â 
donner  aux  vers  â  soie.  C'est  jusqu'ici  ce  qu'il  y  a  de  mieux 
à  faire  pour  écarter  la  muscardine  ou  en  arrêter  les  progrès 
lorsqu'elle  a  fait  invasion;  en  attendant  que  la  science, 
qui  a  découvert  enfin  d'une  manière  assurée  le  Botry^, 
nous  donne  aussi  un  moyen  également  sûr  de  le  chasser  ou 
de  le  tenir  loin. 

Muscle,  «.  m.  Houle,  HyUlm,  Linn.,  mollusque  de 
l'ordre  des  Acéphales,  coquillage  bivalve  de  mer,  de  rivièie 
et  d'étang,  dont  les  variétés  abondent.  —  On  ne  connait 
guère  sous  le  nom  de  Muscle  que  la  moule  de  mer,  com- 
mune sur  nos  côtes  et  dont  la  couleur  est  d'un  bleu  foncé. 

Mnso,  s,  f.  Délai;  retardement;  ce  que  fait  le  mnsard. 
— Faut-il  dire  que  JfuJo,muse,  a  été  pris  quelquefois  dans 
le  sens  du  français  pour  une  des  neuf  sœurs,  divinités  des 
arts  et  de  la  poésie  ?  C'est  un  de  ces  anachronismes  qui  ne 
vont  pas  cependant  à  la  langue  d'Oc;  mais  il  est  tout  per- 
mis aux  poètes  i 

Masqua,  v.  Musquer;  parfumer  de  musc. 

Empr.  au  fr. 

Musquéja,  v.  fréq.  Sentir  le  musc;  avoir  le  goût  du 
musc  ou  du  muscat. 


N 


N 

K,  s.  ^  dans  l'ancien  système;  s.  m.,  dans  le  nouveau. 
N,  quatorzième  lettre  de  l'alphabet,  onzième  des  consonnes. 
On  la  prononce  ènno  isolément.  Correspond  au  nu  des 
grecs,  au  nun  ou  noun  des  Phéniciens.  Il  est  employé  dans 
l'articulation  spéciale  gn  que  les  espagnols  écrivent  an 
moyen  d'un  n  simple  surmonté  d'un  signe  appelé  Ulda  d'où 
lui  vient  le  nom  d'n  tUdé.  Dans  les  anciens  manuscrits 
cette  consonne  est  souvent  remplacée  par  un  trait  marqué 
sur  la  consonne  précédente.  Employée  en  abréviation,  cette 
lettre  suivie  d'un  S,  N.-S.  signifie  Noste-Ségnou,  N.-D., 
Notta-Damo,  En  astronomie  "N.  est  mis  pour  nord.  Dans 
les  livres,  N  suivi  de  quelques  points  ou  astérisques  désigne 
une  personne  dont  le  nom  est  inconnu  ou  qu'on  ne  veut 
pas  faire  connaître.  N.  B.  signifie  nota  bene.  On  n'est  pas 
bien  sûr  de  son  ancienne  valeur  numérale;  les  uns  lui 
attribuent  la  valeur  de  90;  les  autres  de  900.  N  était 
l'ancienne  marque  monétaire  de  Montpellier.  Cette  consonne 
ne  se  double  pas  en  languedocien.  Par  une  contradiction 
singulière,  les  Cévenols  qui  n'articulent  pas  Vn  final  dans 
certains  mots  languedociens  tels  que  bon,  vin,  fin,  qu'ils 
prononcent  bo,  vi,  fi,  articulent  an  contraire  cette  con- 


NAB 

sonne  dans  les  mots  français  équivalents  bon,  vin,  fin, 
qu'ils  prononcent  bonne,  vènne,  fènne,  ce  qui  produit  on 
effet,  on  ne  peut  plus  disgracieux. 

Au  commencement  d^on  mot  ou  dans  l'intérieur,  lors- 
qu'elle est  suivie  d'une  voyelle,  cette  lettre  se  prononce 
comme  en  français  ;  mais  au  milieu,  suivie  d'une  consonne, 
ainsi  qu'à  la  fin  des  mots  elle  sonne  comme  dans  examen, 
amen,  hymen,  abdomen  :  ainsi,  autant  que  peut  le  rendit 
la  prononciation  figurée,  antan,  ancien,  éndiférén,  printém, 
bouehin,  son,  lun,  roundèlo,  soun,  eic^se  prononcent  comme 
si  l'on  écrivait  anetane,  aneeiène,  éndifiréne,  prineléne, 
bouchine,  sone,  lune,  rounedèlo,  soune;  c'est  la  pronon- 
ciation latine  conservée  aussi  par  les  Italiens. 

Naba,  v.  Gagner,  plumer,  dépouiller  quelqu'un  au  jeu; 
lui  gagner  jusqu'à  son  dernier  sou  ;  dauber,  battre  à  coups 
de  poings.  Soui  naba,  je  suis  enfoncé,  j'ai  perdu;  /'an  naba, 
on  l'a  gagné. 

Nabé,  s.  m.  Navet.  Brassiea  napus,  plante  potagère  ;  du 
latin  napus.  Es  pas  pu  ndou  qu'un  nabé,  il  n'est  pas  plus 
grand  qu'un  navet,  se  dit  d'un  enfant  malingre,  d'un 
homme  de  petite  taille.  Nabé  se  dit  aussi  de  la  racine  de 


504 


NÂD 


diverses  plantes  pivotantes  dont  la  radne  charnue  s'en- 
fonce verticalement  dans  le  sol,  comme  le  radis  long,  robe, 
dont  ce  pivot  porte  aussi  le  nom. 

Nabé,  to,  adj,  et  subit.  Nabot,  de  petite  taille,  pas  plus 
haut  qn*un  navet. 

NabÎBSO,  i.  f.  La  fane  de  la  rave,  du  navet;  la  partie 
herbacée  et  extérieure  de  la  plante.  On  dit  aussi  Babùso. 

Nabo,  s.  m.  Nain  ;  du  lat.  Nanus  ou  plutôt  Napus  navet, 
qui  n'est  pas  plus  haut  qu'un  navet.  fVoy.  Nané.J —  C'est 
le  nom  dont  s'appellent  entr'eux  les  petits  ramoneurs  et 
dôcrotteurs  savoyards;  il  a  sans  doute  la  même  origine  que 
notre  nabé  et  le  français  nabot,  et  correspond  à  petit,  pitiot, 
gamin.  Ce  mot  s'est  naturalisé  à  Alais  pour  désigner  un  de 
ces  jeunes  artistes. 

Nacion,  «.  f.  Nation,  peuple,  et  dans  un  sens  plus 
restreint  :  population,  famille,  assemblée,  réunion  ou  asso- 
ciation d'un  certain  nombre  d'invidus.  Quinlo  sanlo  nacîou/ 
Quinto  triito  naciouf  Les  vilaines  gens!  Quelle  mauvaise 
engeance  1 

Dér.  du  lat.  Natio. 

Nada,  v.  Nager.  Nada  à  la  révétséto,  faire  la  planche, 
nager  sur  le  dos.  Savèn  coumo  nado/  se  dit  d'un  honune 
dont  on  devine  les  allures  suspectes. 

Dér.  du  lat.  natare,  m.  s. 

Nadado,  s.  f.  L'espace  que  peut  parcourir  dans  l'eau 
un  nageur  de  force  moyenne.  Dans  un  sens  plus  restreint, 
l'espace  parcouru  par  un  seul  effort  des  quatre  membres, 
et  que  Ton  désigne  plus  communément  sous  le  nom  de 
brassado,  brasse. 

Nadadoù,  t.  m.  Baignoir  ;  endroit  d'une  rivière  propre 
à  nager  et  à  se  baigner.  On  dit  aussi  bagnadoù;  mais  ce 
terme  s'applique  plus  spécialement  à  une  baignoire,  à  un 
cuvier  destiné  aux  bains  domestiques. 

Nadaïre,  aîro,  adj,  et  subs.  Nageur. —  Un  bon  nadaïre 
àlafiié  nègo,  un  bon  nageur  finit  par  se  noyer;  tant  va 
la  cruche  à  Teau  qu'à  la  fin  elle  se  casse. 

Nadâou,  s.  m.  Noël  ;  francisé  par  Natal  ou  Nadal,  du 
lat.  Na(ali$.  Ce  terme  est  souvent  donné  comme  nom  de 
baptême  à  ceux  qui  naissent  le  jour  de  la  Noël.  Souc  dé  Na- 
dâou ou  Nadalén;  CaléndâoUj  la  huche  de  Noël.  0  n  dit  pro- 
verbialement :  A  Nadâou  dâou  fio;à  Pasco  dâou  ro.  —  Qu'à 
Nadâou  se  souréïo,  à  Pasquos  crèmo  sa  légno.  fVoy .  Caléndo.) 

On  dit  aussi  Noué  ouNouvè,  dans  le  voisinage  de  la  Pro- 
vence: P^riVaué  âoufio,  pér  PaseOf  âoujo.  A  Noël,  au  balcon, 
à  Pâques,  au  tison. 

Nadèlo,  s,  f.  Sardine  fraîche  de  la  Méditerranée  ;  nom 
peu  répandu  aujourd'hui. 

Nadièlou  Nadiuèl,  s.  m  L'orvet  fragile,  anguis  fra- 
gUiSy  Linn.,  petit  serpent  couleur  d'acier  bruni,  à  la  queue 
émoussée,  court,  tardif,  ferme,  lisse  et  très-fragile. 

Ce  serpent  mesure  environ  40  centimètres.  Quand  on  le 
touche,  il  se  roidit  tellement  qu'il  se  casse,  ce  qui  lui  a 
fait  donner  son  surnom  scientifique  et  l'appellation  vulgaire 
de  serpent  de  verre.  Il  est   commun  dans  nos  campagnes. 


NÂI 

Suivant  un  préjugé  populaire,  l'orvet  serait  aveugle  et 
très-venimeux  ;  deux  accusations  également  erronées.  Le 
nom  languedocien  de  l'animal  rappelle  la  première  de  «s 
deux  erreurs  :  N'a  d'iH  qui  n'a  point  d'yeux.  On  dit  pro- 
verbialement :  Si  lou  nadièl  i  vésiè,  se  la  vipèro  VénténOèf 
davalarièou  souncavaiè.  Si  l'orvet  voyait,  si  la  vipère  en- 
tendait ;  ils  démonteraient  un  cavalier. 

On  dit  aussi  :  Se  lou  nadiH  i  vésiè,  se  la  talabréno 
i'énténdiè,  etc.  Si  l'orvet  y  voyait,  si  la  salamandre  enten- 
dait, etc. 

Il  est  certain  que  l'orvet  est  tout-à-fait  inoffensif  et  qa'il 
y  voit  fort  bien. 

On  donne  aussi  le  nom  de  nadièl  au  Seps,  Seps  ehaleides, 
Ch.  Bonap.)  qui  ressemble  beaucoup  à  l'orvet,  par  la  fomu 
de  son  corps  allongé,  mince  et  presque  cylindrique,  et  aussi 
^T  la  couleur,  bien  qu'en  général  elle  soit  plus  cmvrée  et 
que  le  noir  y  apparaisse  davantage.  Le  seps  est  d'ailleurs 
muni  de  pattes  qui  ne  l'empêchent  pas  de  ramper,  car  elles 
sont  attachées  à  la  naissance  du  cou  et  à  côté  de  l'anus,  ce 
qui  ne  leur  permet  pas  de  soutenir  le  corps  de  l'animal  au- 
dessus  du  sol.  Tout  imparfaites  qu'elles  sont,  elles  aident 
cependant  le  seps  dans  sa  course  qui  est  très-rapide,  et  elles 
l'ont  fait  aussi  conserver  dans  la  grande  famille  des  Sau- 
riens comme  transition  pour  arriver  à  celle  des  serpents. 
Ainsi  que  l'orvet,  le  seps,  qui  n'est  pas  plus  rare  chez  noos, 
habite  surtout  la  plaine,  parmi  les  herbes  des  fossés,  et 
s'abrite  sous  les  pierres  des  vieux  murs  éboulés.  En  pre- 
nant le  nom  de  nadièl,  le  seps  devait  être  chargé  de  toute 
la  mauvaise  réputation  de  l'orvet  :  il  est  de  toute  justice  de 
dire  qu'il  ne  la  mérite  pas  davantage. 

On  voit  par  l'exemple  de  ce  mot  n'a-dièl,  dit  Sauvagb, 
que  le  languedocien  ne  le  cède  point  au  grec  pour  la  faci- 
lité de  faire  des  noms,  et  des  noms  énergiques. 

Nado,  i.  f*  La  nage,  natation,  l'art  et  l'action  de  nager. 

Nadio,  s.  f,  Anille,  Plaque  de  fer  en  carré  long,  douV 
les  deux  bouts  sont  en  queue  d'aronde;  elle  est  encastrée 
dans  la  partie  inférieure  et  au  centre  de  la  meule  tournante 
d'un  moulin  à  farine,  laquelle  est  soutenue  par  l'anille  qni 
porte  elle-même  sur  l'axe  vertical  qui  fait  tourner  cette 
meule. 

Nafo.  —  Voy.  Atgo, 

Nafra,  u.  Blesser,  balafrer,  estafilader  avec  un  instru- 
ment tranchant. 

En  vieux  fr.  Navrer,  d'où  ce  mot  parait  être  une  cor- 
ruption. 

Nâfro,  V.  f.  Blessure,  balafre. 

Dér.  du  celt.  Naf,  couper,  ou  du  catal.  Nafra,  bles- 
sure. 

Nai  ou  Nais,  v.  m.  Nats  dé  canibe  ou  dé  eande,  routoîr 
ou  creux  dans  une  rivière  où  l'on  met  à  roidr  le  chanvre. 

c  Que  nulla  persona  aye  faire  nais  de  eatnbe  en  la  rivieyra 
de  Gardon  sans  licence  desdi  Consouls.  »  (G.  Charvet.  Om- 
tûmes  de  Remoulins,  publiées  dans  la  Revue  des  lang.  Ro- 
manes, T.  IV,  p.  226.) 


NAS 

Naisse,  v.  Naître,  venir  an  monde.  On  dit  aussi  grêia 
en  parlant  des  plantes.  (Foy.  c.  m.)  —  En  parlant  d'an 
terrain  où  Ton  voit  sonrdre  l'eaa  on  dit  :  Vaïgo  y  na%  dé 
pérUna;  tout  amouriès  an  hiin  gréia;  hus  bUu  naUtou 
Nèn. 

Dér.  du  lat.  Nasci,  m.  s. 

Nttssédoro,  «.  f.  Mal  d'aventure;  toamiole;  sorte  de 
panaris,  moins  grave  qne  le  panaris  ordinaire  et  qui  n'at- 
teint qoe  le  tissus  soasH^atanô.  On  dit  aussi  un  roudaïre, 
et  près  da  Rhône,  un  lavourcXre. 

Nané,  éto,  subst.  Nain;  Nabot.  — Dans  un  jeu  d'enfant, 
oà  Ton  ônnmôre  chaque  doigt  de  la  main  en  lui  donnant 
une  épithéte,  le  petit  doigt  est  appelé  jriehd  nané. 

Dér.  du  lat.  Nan%u,  m.  s. 

Nanèto,  «.  f.  Nom  de  femme  diminutif  dôrivô  d'Anne, 
On  dit  aussi  en  fr.  Nanette,  an  lien  d'Ânnette.  —  Yoy, 
Nanoun, 

Nani,  adv,  Nenni  ;  non  ;  pas  du  tout.  Cette  expression 
s'emploie  par  politesse  de  préférence  à  Nou,  comme  le  pro- 
nom vdui  au  lieu  de  tu, 

Nanoun,  «.  f.  Nom  de  femme,  dérivé  d'.Anno.  ^  (Voy. 
Nanèto,)  —  On  dit  aussi  Nèno,  en  languedocien. 

Nâon,  s.  m.  Auge  où  les  charcutiers échaudent  les  porcs; 
ange  à  pourceaux,  ordinairement  creusé  dans  un  tronc 
d'arbre;  fosse  au  tan  où  l'on  fait  macérer  les  peaux;  auge 
de  moulin  à  foulon;  bateau,  navire,  vaisseau. 

Dér.  du  lat.  Navis,  du  grec  va&(.  On  dit  aussi  au  fém. 
Nàouquo, 

Nàon,  to,  adj.  Haut,  élevé.  Nàou,  nàou  /  très-élevé.  — 
Aquél  om$  é$  nàou,  cet  homme  est  grand.  —  Ce  mot  est 
aussi  employé  adverbialement  :  Dé  ndou-én-bas;  de  haut  en 
bas.  —  Toumbè  dé  gaïre  nàou  f  Tomba-t-il  de  bien  haut  T 
•^  Dé  la  cadièiro  en  nàou,  dn  haut  de  la  chaire.  —  Es 
d'en  nàou,  il  est  du  haut  pays — highlander;  —  de  la  mon- 
tagne. 

Nàou,  n'est  antre  que  àou  du  lat.  AUus. 

Nâonqnado,  s.  f.  Plein  une  auge,  une  augée. 

Nâouqné,  adj.  Dim.  de  nàou,  une  petite  auge. 

Nâonqno,  f .  f.  Piio  ou  piUo.  ^  Toy,  Nàou. 

Nàonssa,  v.  Exhausser,  hausser,  rendre  plus  haut  ;  aug- 
menter de  prix. 

Dér.  de  Nàou,  haut,  élevé. 

Nàonsso,  j.  /*.  Hausse  ;  tout  ce  qui  sert  à  élever;  aug- 
mentation de  prix. 

Nâonsso-pè,  s.  m.  Harche-pied. 

Nàouton,  «.  f.  Hauteur,  élévation.  Et  dé  ma  nàou- 
toà,  il  est  de  ma  taille. 

Nâontres,  Nâontros,  pron.  pers.  plur.  de  iéou.  Nous, 
nous-mêmes,  et  non  pas  nous  autres.  Contraction  de  nous 
àautres, 

Nario,  «.  f.  Les  narines  des  hommes  et  des  animaux. 

Dér.  dn  lat.  Naris,  m.  s. 

Nas,«.  m.  Dim.  N€ué,SLXigm.Nas(u,  Le  nez  de  l'homme. 
Aeà  n'a  pas  gés  dé  nas,  cela  n'a  ni  tète  ni  queue,  c'est  insi- 


NËB 


505 


gnifiant.  Aï  agu  bon  nas,  se  dit  lorsqu'on  a  eu  le  bon 
esprit  d'éviter  nn  mauvais  pas,  une  mauvaise  affaire. 

Dér.  du  lat.  Nasus, 

Nascn,  do,  paru  pass.  de  Naisse.  Né.  Es  nascu  érnbé 
la  eréspino,  il  est  né  coiffé.  Voy.  Crespino.  —  On  dit  en 
jouant  sur  les  mots  :  J^  hé  naseu,  d'un  homme  qui  a  un 
gros  nez. 

Naséja,  v.  Montrer  le  nez  ;  épier  furtivement,  à  la  déro- 
bée; flairer.  Dé  que  vèn  naséja  ?  de  quoi  vient-il  se  mêler  T 
où  vient-il  mettre  son  nez? 

Nature,  s.  /.  Nature;  l'ensemble  des  créatures;  les  lois 
qui  régissent  l'univers  ;  la  propriété  de  chaque  être  créé,  sa 
complexion,  son  tempérament,  sorte,  espèce,  affection, 
et  parties  sexuelles  des  femelles  en  général. 

Dér.  du  lat.  Natura. 

Navacèlo,  n.  pr.  de  localité.  Navacelie,  commune  dn 
canton  de  Saint- Ambroix.  En  lat.  Nova  cella.  Même  étym. 
que  Ceiienenve,  commune  de  l'Hérault.  —  Pendant  l'occu- 
pation romaine  on  appelait  Cslla  une  ferme,  une  grange 
isolée  où  l'on  enfermait  les  récoltes.  Au  moyen  âge  on 
donna  ce  nom  à  une  retraite  de  moine  dépendante  d'un 
prieuré. 

Né,  pron.  relat.  ou partievie  relalivs.  En.  Vé  de  né  s'éiide 
devant  une  voyelle  :  Quan  avis  d'éfans  ?  — Naï  très.  Com- 
bien avez- vous  d'enfants  ?  —  J'en  ai  trois.  Né  vène,  j'en 
viens.  —  Né  vole  pas,  je  n'en  veux  pas.  —  Nàouras  pas 
gés,  tu  n'en  auras  pas, —  Né  vos?  Véjo-n'aqui,  en  veux-tu? 
en  voilà. 

Né,  Néto,  adj.  Net,  propre,  sain,  poli,  luisant. 

Du  grec  v(ffTu)  ou  du  lat.  NUere,  nettoyer.  —  Aquél  bla 
es  né,  aquélo  civado  es  néto,  ce  blé,  cette  avoine  sont  nets, 
c.-à-d.  sans  mélange  de  corps  étrangers.  Es  révéngu  né,  il 
est  revenu  ruiné. 

Nébla,  V.  Bruiner.  Se  dit  des  fruits  et  surtout  des  blés 
gâtés  par  la  bruine,  épais  brouillard  qui  est  une  des  causes 
principales  delà  carie  ou  charbon.  Aufig.  obscurcir,  voiler, 
couvrir  de  nuages,  intercepter  la  lumière.  Se  dit  de  certains 
oiseaux  ou  insectes  dont  le  grand  nombre  forme  une  sorte 
de  nuage.  Néblavout  il  y  en  avait  une  nuée,  une  foule. 
— Nèbloupast  il  y  en  a  peu.  A  tous  tels  néblas,  se  dit  d'une 
personne  dont  la  vue  se  trouble,  s'affaiblit. 

Nèblo,  s.  f.  Brouillard,  brume.  Du  lat.  Nebula.  Vapeur 
épaisse  dans  l'air  ;  Bruine,  vapeur  qui  est  une  des  causes 
du  développement,  de  la  maladie  des  blés  appelée  carie  ou 
charbon,  maladie  contagieuse  qui  se  reproduit  par  la  semence 
quand  elle  en  est  attaquée  ;  le  chaulage  du  blé  en  est  un 
remède  efficace. —  Voy.  Càoussino. 

Neboù,  do,  s.  Neveu.  Dim.  Néboudé,  to.  Le  diminutif 
ne  concerne  que  l'âge;  pour  exprimer  le  fils  du  neveu,  le 
petit-neveu,  il  faut  dire  pichd^éboù.  Que  nouris  néboudos 
et  néboàs,  nouris  loubos  et  loubétoUs,  qui  nourrit  nièces  et 
neveux,  nourrit  louves  et  louveteaux. 

Dér.  du  lat.  Nepos,  m.  s. 

Nébondé,  to,  s.  Dim.  de  néboà. 


506 


NEG 


Nèci,  Ifècio,  «.  Fou,  sot,  niais,  nigaud,  imbécile.  Du 
lat.  neseitit,  ignorant.  È$  rUei  dé  sa  fénno,  il  raffole  de  sa 
femme  ;^  nèci  à  coure  earièiro,  il  est  fou  à  courir  les  rues; 
anéspat  faire  lou  nèci,  n*allea  pas  faire  la  bèts;  es  pu  nici 
que  Vaïgo  es  longo,  il  est  plus  fou  qu*on  ne  saurait  dire; 
nisado  dé  n^eî,  une  couvée,  une  famille  d*imbôciles. 

Vn  pàoure  nèei,  un  pauvre  innocent;  un  michant  nèci, 
une  méchante  bête;  ses  bénèei  dé  créire  acà,  vous  êtes  bien 
simple  de  croire  à  cela  ;  soui  peu  tant  nèci  /  je  ne  suis  pas 
si  sot  !  anés  pas  faHre  lou  nèci,  n*allez  pas  faire  la  bête.  — 
Voy.  Bajanèl. 

Néciardaiiè,  s,  f.  Niaiserie,  sottise,  bagatelle,  conduite 
ou  action  d'un  sot. 

Néciardas,  so,  s.  homme  simple,  péjoratif  de  nécias, 
qui  est  lui-même  une  augm.  de  nèd, 

Nécias,  asso,  t.  augm.  de  nèci,  gros  lourdaud,  gros 
imbécile. 

Nécié,  éto,  «.  dim.  de  Nèci, 

Nécije,  j.  /*.  Niaiserie,  simplicité,  bêtise,  imbécillité,  sot- 
tise, mauvaise  plaisanterie,  privante.  Acà  es  dé  nécije,  tout 
cela  n*est  pas  sérieux  ;  finisses  vostos  nécije,  cessez  vos  ges- 
tes, vos  plaisanteries  déplacées;  quinto  nécije/  quelle  folie! 
fat  pas,  dis  pas  que  dé  nécije,  il  ne  fait,  il  ne  dit  que  des 
bêtises. 

Néga,  v.  Nier,  déclarer  faux  ce  qui  est  vrai  ou  considéré 
comme  tel;  du  lat.  negare,  —  Saique,  ou  négarias  pas? 
Vous  n'auriez  pas  sans  doute  le  front  de  nier  cela?  Ou  a 
néga,  il  l'a  nié. 

Néga.  v.  Noyer,  faire  périr,  étouffer  dans  l'eau,  submer- 
ger, inonder,  délayer  dans  une  trop  grande  quantité  d'eau. 
As  néga  ta  scupo,  tu  as  mis  de  l'eau  outre  mesure  dans  ton 
bouillon;  ra  néga  demanda  pa  que  d'ai^,  rat  noyé 
ne  demande  que  de  l'eau,  se  dit  de  celui  qui  s'osbtine  à  lutter 
contre  la  mauvaise  fortune,  au  risque  de  s'empêtrer  de  plus 
en  plus. 

On  dit  d'un  homme  timide,  irrésolu  :  a  tcujour  pôou 
dé  se  néga  pér  quîou,  il  craint  de  se  noyer  dans  un  verre 
d'eau;  poudèn  néga  lou  chi,  aro  qu'a})èn  dé  la  méno, 
nous  pouvons  noyer  le  chien,  à  présent  que  nous  avons  de 
la  race;  mauvaise  plaisanterie  adressée  à  un  père  à  qui  nait 
un  premier  garçon. 

Dér.  du  lat.  necare,  tuer,  faire  périr. 

Négadis,  «.  m.  Un  noyé. 

Négadiflso,  s,  f.  Noyade.  Au  fig.,  ruine,  catastrophe. 
A  tout  perdu  din  aquélo  négadiuo ,  il  a  tout  perdu  dans 
cette  catastrophe. 

Négadoù,  f.  m.  Endroit  propre  à  se  noyer,  gouffre 
d'eau  à  bords  escarpés. 

Négadoù,  no,  «.  m.  et  f.  Celui  qui  nie   une  dette. 

Celui  ou  celle  qui  doit  être  noyé,  qui  mérite  de  l'être. 

Dér.  de  néga,  noyer. 

Négôci,  s,  m.  Négoce,  commerce,  trafic  de  marchandises 
ou  d'argent;  embarras,  tracas;  du  lat.  negotium,  m.  s.  Lou 
Diable  lous  négbcisi  au  diable  les  affaires  ennuyeuses! 


Kl 

Négo-f ol,  I.  m..  Petit  batelet  qpx  chaw^facileant,  on 
dit  aussi  :  nègo-thi. 

Nègre ,  négro,  adj.  Noir  de  coQle^r  noire,  is  nègre  eom» 
lou  péca,  il  est  hideux  comme  le  pécbé.  Négrû-éê-fim,  noir 
de  fumée. 

Dér.  du  lat.  niger,  nigra,  m.  8. 

Négréfa,  ^,  tirer  sur  le  noûr,  se  rembruni^,  lunadm  ve 
teinte  sombre.  Cmménfo  à  négréja,  le  «r^vscide  oom* 
mence  k  paraître,  le  jour  commeooe  >  tomber. 

Négrâon,  àoado,  adj.  Moricaud;  noiiaud;  penoona^B 
an  teint  très-brun,  hàlé,  à  la  peau  tirani  sur  le  noir. 

NégroÂ,  s.  f.  Noircissure,  taches  de  saliwuie»  et  imb 
pas  noirceur  qui  ne  s'emploie  qu'au  figuré.  Qualité  46  ce 
qui  est  noir,  tache  noire. 

Nèn,  s.  m.  Nain,  emprunt  fait  au  français.  Employé  mpI, 
ce  mot  signifie  exclusivement  mûrier  nain,  mûrier  à  \»m 
tige  qui  se  dit  aussi  nané.  Pour  désigner  tout  autre  arb»- 
nain,  il  faut  mentionner  son  nom  :  tni  iiranjé  tâm,  on 
oranger  nain. 

Néné,  subs,  m.  Nom  d'enfant,  dim.  à'éfanUmmk  <m  de 
^fi,  Jané.  Fan  ^nm  néné,  eodors-toi,  ee  dit  en  psilast  i 
un  petit  enfant  i  la  mamelle.  —  Hèno,  nom  d'uoepsttle 
fille,  dim.  de  Jeanne  ou  d'Anne. 

Nèoa,  subs.  f,  La  neige.  Si  n'es  tira  hlam  coump  h  nèw, 
il  s'en  est  tiré  blanc  comme  nnge,  en  parlant  d'une  aiûre 
fâcheuse.  Tambo  dé  nèou,  il  neige.  La  nèou  dé  imè  jfntn, 
maXre  dé  la  tèro;  dé  huiè  jours  en  la%  foaXrastro,  ndge 
de  huit  jours  nourrit  la  terre,  au-delà,  c'est  une  marfttie. 

Dér.  du  lat.  ni»,  nivis,  nu  s. 

Nère,  et  non  pas  Nèr,  s.  m.  Nera,  village  du  canton  de 
Vézenobre.  Le  nom  vulgaire  et  la  sitnatioa  de  cette  Iflce* 
lité  pourraient  en  indiquer  l'élymologie.  Neia  se  trouve 
placé  au  point  où  l'ancienne  voie  romaine  de  Nîmes  à  Ger- 
govie  et  le  nord  de  la  Gaule,  par  bi  vallée  de  l'AlUer,  fna- 
chissait  le  Gardon  par  un  pont  dont  les  vestiges  subsistent 
encore.  Un  droit  de  passage  était  perça  sur  ce  pont,  et  œ 
droit  était  sans  doute  équivalent  à  ua  nérei  inonniie  de 
bronze  ou  monnaie  noire  équivalente  à  une  saille.  9ni 
grant  quantité  demaiUes  oh  néretx,  pesant  U  pei»dMBSMimk 
six  livres  pesant  ou  environ,  —  Lit.  remisa,  ana*  44lt,  t» 
Beg.  198,  ch.  372. 

Voy,  DncÂNGB.  Glossariumt  T.  iv.  p.  6)4  ;  od.  1,  n 
moi  Neretus. 

Nétéja,  V.  Nettoyer.  L'annétéja,  Van  rosela,  se  ditd'v 
homme  qui  a  tout  perdu  au  jeu. 

Dér.  du  lat.  NUidum  agere,  faire  net. 

Néviè,  s.  m.  Grande  quantité  de  neige  tombée  à  la  fois; 
grande  surface  de  pays  couverte  de  neige;  tapis  de  nei^e. 

Dér.  du  lat.  nix,  nivis,  neige. 

Ni,  particule  négt.  et  eonj.  Du  lat.  née  ;  de  l'ital.  m  M 
ne;  de  l'esp.  cat.,  ni.'Ni,  en  firançais.  Aed  é$  m^niwem, 
se  dit  d'une  chose  ou  d'une  personne  ioeîgnillaale  et  saas 
conséquence.   • 

On  dit  aussi  dans  le  même  sens  :  Éê  ba  mi  pér  besâèm 


NIS 

^  mcifi,  il  n'eM  bon  à  rien.  -^  Ouwndêtpa$f^Ni  maï 
M>tf>Toiigii6l6voalet  pas?--Nt  moi  non  plus.  —  iTi  p^ 
«9iitfiD,  ii*impôrte,  peu  importe,  nonolntant  cela.  —  Voy, 

nilft,  t».  Flaiv&r,  ren^r,  espionner  an  fig. 

NilUMlOî  #.  f  Reniflement;  action  de  renifler,  de  flairer. 

lliAaiire,  llillâiro,  «.  Un  homme  qoi  a  le  défaut  de  reni- 
fler oonalamment;  reniflear. 

Viflafii  «.  m.  Le  nez.  C'est  un  mot  de  fantaisie,  imité  de 
i*nfol,  qui  est  habitoé  à  donner  anx  divers  membres  on 
'aux  parties  da  corps  un  nom  qui  rappelle  on  représente 
kms  fonctions.  Ainsi,  de  même  que  Ton  a  appelé  les  yeux 
kdstmm  oa  qitkêquen,  parce  qil*ils  éclairent,  on  a  fait  dn 
■se  Mt/lan  parce  qn*il  renifle.  —  Un  cà  dé  poun  sus  hu 
9ifUm^  on  conp  de  poing  sur  le  nez.  Douna  un  ed  dé 
nàfUm,  i^procher  son  nez  de  quelque  chose  pour  en  sentir 
i'odeor. 

milard,  1. 1».  Un  individu  qui  a  le  défaut  d'espionner, 
d'épier  furtivement,  à  k  dérobée. 

IfiflOi  $.  f.  La  morve  qui  pend  au  nez  des  enfants.  Tirm 
te  nt/l9^  ou  nifa,  ou  nifléja,  renifler. 

mine»  nom  pr.  m.  Flimes,  nom  du  chef-lieu  du  départe- 
ment du  Gant,  et  de  l'ancienne  Givitas  des  Volkes-  aréko> 
mftes.  -^  Ptoes  (Nemausns  en  lat.)  a  la  signification  de 
source  sacrée,  céleste.  >  c  Ce  nom  trouve  son  explication 
dans  l'ancien  irlandais  Mm,  del,  gén.  nims.  On  trouve 
Hmnua  (Auson.  Mosd,  v.  354)  afil.  de  la  Moselle  appelé 
aujourd'hui  la  Nims,  qui  est  le  nom  vulgaire  de  la  ville  de 
Nimes,  articulé  en  faisant  sonner  Vs  final.  {Voy.  G. 
Charvbt.  *^  £ef  ffoies  romaines  ehex  les  Vdkes^rékomikes, 
deux.  part.  —  ch.  !•',  page  48.) 

Ninfro,  «.  f.  Une  petite  effrontée.  Ce  mot  ne  serait-il  pas 
une  corruption  de  ninfo,  la  mythologie  nous  ayant  rare* 
ment  représenté  ses  nymphes  comme  des  modèles  de  mo- 
destie et  de  retenue? 

lVipa,ado,  adj.  Nippé, ée  ;  pourvu  d'habillements;  Es  bé 
nipa,  il  est  bien  pourvu  de  vêtements. 

Mipo,  s.  ^.Hardes,  nippes,  vêtements,  trousseau. Ce  terme 
ne  s'emploie  qu'au  pluriel,  comme  dans  le  français;  mais  si 
on  ne  le  relève  de  quelque  épithôte,  il  signifie  ordinairement 
une  défroque  de  peu  de  valeur. 

Niquouès,  adj.  Narquois,  goguenard ,  malin,  nigaud^ 
simple.  En  dé  soun  èr  niquouès,  avec  son  air  narquois  ou 
badaud. 

Nia,  s,  m.  Nid.  du  lat.  Nidus.  Petit  réduit  de  diverses 
formes,  ordinairement  circulaire,  composé  d'éléments  divers, 
dans  lequel  les  oiseaux  pondent  leurs  œufs  et  élèvent  leurs 
petits.  SémiUo  que  vaï  préne  la  maïre  âou  nis,  se  dit  d'un 
homme  qui  agit  avec  des  ménagements,  des  précautions 
ridicules. 

Nisa,  o.  Nicher.  Qudau  sa  ounté  niso?  qui  sait  où  il 
niche,  où  il  perche?  se  dit  en  demandant  où  quelqu'un 
demeure.  On  dit  aussi  nisa;  terme  de  jeu  pour  mettre  sa 
mise,  dont  c'est  sans  doute  alors  une  corruption. 


NIS 


SOT 


Niaado,  r.  f.  Nichée.  Se  dit  familiéremefit  pottr  désigner 
une  famille  nombreuse.  Yaqui  imo  bèh  nisado,  voilà  une 
belle  famille.  Leva  dé  nisados,  dénicher  de»  oiseaux.  Par 
extension  on  dit  :  uno  nisado  dé  rats,  dé  sers,  une  nichée 
de  souris,  une  couvée  de  serpents. --iVIsado  dé  eassibreffSas, 
nichée  ne  canailles,  nichée  de  racaille. 

Niaftou,  s.  m.  L'œuf  couvain,  en  v.  fr.  nicheul,  l'oeuf 
qu'on  laisse  dans  un  nid  de  poule  pour  engager  la  volaille 
à  pondre  d'autres  œufs  au  même  endroit.  Nid  de  la  poule 
qui  pond  et  de  celle  qui  couve.  Nisdou  de  pijouniè,  un 
boulin  :  trou  pratiqué  dans  un  colombier  pour  faire  nicher 
les  pigeons. 

Kiaétairo,  s,  f.  Marchande  d'anisette,  de  coco.  Type  qui 
disparaît  et  que  Lafare  a  si  bien  dépeint  dans  ces  vers  : 

L'algo  éa  freMpio,  mésfliiM,  Ydne  <lé  k  tin  ; 
Nisdto,  casiaMèDO  et  sird,  qa*âoa  toodrt 
Se  aan  dé  ma  tftoulo  âonra  bono  mésuro. 

11  fallait  la  voir,  les  dimanches  d'été,  dans  les  promenades, 
triomphante  surtout  les  jours  de  foire,  portant,  d'une  main, 
sa  cruche  pleine  d'eau  qu'elle  n'osait  tont-à-fait  garantir 
comme  étant  à  la  glace,  et  de  l'autre,  un  petit  panier  où 
étaient  deux  ou  trois  verres  et  l'intarissable  fiole — làaupéio — 
contenant  son  anisette  dont  elle  blanchissait,  pour  un  sou, 
les  verres  d'eau  qu'elle  débitait  à  ses  nombreux  chalands. 
C'était-là  son  bon  temps.  Plus  tard,  au  lieu  de  courir, 
alerte  et  provoquante,  dans  la  foule,  elle  s'établit,  immobile, 
auprès  d'une  table  où  s'étalaient,  à  côté  de  l'anisette  déjà 
dédaignée,  des  sirops  et  des  ratafias;  et  cette  transformation 
même  n'a  pu  la  sauver  !  Les  cafés  l'ont  tuée,  et  l'absinthe 
malfaisante  et  plus  chère,  a  remplacé  pour  toujours  peut- 
être  la  pauvre  anisette  qui  n'est  autre  chose  d'ailleurs  qu'un 
équivalent  du  ralU  des  Arabes. 

Nisèto,  s,  f.  Anisette.  Liqueur  fabriquée  avec  de  l'anis. 
Dans  le  midi  on  l'extrait  du  fenouil  par  la  distillation, 
et  elle  n'arien  de  commun  avec  cette  liqueur  moelleuse,  onc- 
tueuse et  parfumée  connue  sous  le  nom  d'anisette  de  Bor- 
deaux. 

Niaaôou,  s.  m.  Bunium  hdboeastantêm ,  plante  de  la 
famille  des  Ombellifères  vulgairement  appelée  lerrenoix. 
Racine  formée  par  un  bulbe  arrondi  de  la  grosseur  d'une 
cerise,  bonne  à  manger,  fournissant  de  l'amidon.  On  trouve 
cette  plante  dans  les  champs  et  prairies,  au  bord  du  Gardon, 
à  La  Baume,  à  Uzès,  à  Alzon,  au  Vigan.  Elle  fleurit  en 
juin- juillet. 

Quelques-uns  de  ces  bulbes  ont  la  grosseur  et  même  la 
saveur  de  la  châtaigne. 

Nista,  V.  Flairer,  fureter;  espionner;  écornifler;  s'in- 
former avec  curiosité;  fourrer  son  nez;  pressentir  ;  prévoir; 
découvrir  de  loin. 

Nistéja,  V.  épier  furtivement,  fureter  à  la  dérobée.  Fré- 
quentatif de  nista, 

Niatéjaîre,  s,  m.  Homme  curieux,  indiscret,  importun, 
fâcheux  ;  fureteur,  qui  fourre  son  nez  partout. 


508 


NOO 


Ni-tn-ni-Tons,  Voy,  Ni.  Mot  à  mot,  ni  toi  ni  vons, 
phrase-faite  dans  laquelle  on  supprime,  par  euphonie,  Yi 
final  de  tus  qui  la  prend  toujours.  Pfoun  es  ni-turni-vous, 
il  n'est  ni  chair  ni  poisson,  en  parlant  d'une  personne  irré- 
solue, qui  ne  sait  prendre  un  parti  sur  rien,  ou  qui  nage 
entre  deux  eaux  :  On  le  dit  également  d'une  chose  qui 
n'est  ni  mauvaise,  ni  bonne,  qui  n'a  ni  vice  ni  vertu. 

Nivèl,  j.  m.  Niveau,  instrument  de  géodésie.  État  d'un 
plan  qui  n'a  aucune  inclinaison,  qui  est  horizontal. 

Dér.  du  lat.  libellum,  pris  pour  libella,  fléau  d'une 
balance  qui,  pour  être  juste,  doit  être  horizontal. 

Niyéla,  v.  Niveler,  mettre  de  Niveau. 

NiTon,  s,  m.  et  f.  Nuage ,  nuée.  Lou  tén  es  nivou;  fat 
nivou,  le  temps  est  couvert,  nébuleux.  Lou  nivou  gagno,  le 
temps  se  couvre.  Lou  nivou  dé  la  nàou,  temps  qui  menace 
de  neige.  Pfàou  eoumo  las  nivous,  haut  comme  les  nuages. — 
Au  fîg.  on  le  dit  d'une  personne  qui  se  rembrunit,  dont  la 
mauvaise  humeur  couve  et  va  éclater. 

Dér.  du  lat.  Nubes»  m.  s.  ou  du  celt.  Niul. 

Niyonlado,  s.  f.  Nuée  d'orage  qui  donne  une  pluie  de 
peu  de  durée.  Aquà's  pa  quuno  nivoulado,  ce  n'est  qu'une 
averse  sans  importance,  un  nuage  qui  crève. 

On  dit  aussi  troussado,  mais  cette  dénomination  s'ap- 
plique à  une  pluie  d'orage  plus  intense,  accompagnée  de 
tonnerres  et  quelquefois  de  grêle. 

NivoulétoouLacéto,  s.  f,  luette;  on  dit  aussi  niouléto, 
par  contraction.  Luette,  appendice  charnu  à  l'entrée  du  gosier 
dont  il  forme  la  communication  avec  le  nez;  cet  organe  est 
nécessaire  à  la  prononciation  et  à  la  succion.  Du  lat.  uva, 
m.  s.  à  cause  de  la  ressemblance  de  la  luette  avec  un  grain 
de  raisin,  et  de  son  dim.  uvula.  Le  français  a  fait  uvette, 
uvulette,  puis  luette,  et  le  languedocien  l'a  imité  par 
nivouléio  et  luséto. 

Nivouléto,  s.  f,  dim.  de  nivou  ou  plutôt  de  nivoulado; 
celle-ci  est  une  nue  qui  porte  souvent  le  tonnerre  et  la 
^Tè\e;lanivouléto  ne  jette  ordinairement  qu'une  ondée. 

Noço,  5.  f.  Noce,  festin.  Anan  faïre  la  noi^, nous  allons 
festoyer,  banqueter,  faire  ripaille.  L'assemblée  qui  assiste  à 
une  noce. 

Nonanto,  adj.  numéral.  Nouante,  quatre-vingt-dix.  Du 
lat.  nonaginta,  m.  s. 

Nono,  5.^.  Dim.  nounéto.  Dodo,  terme  de  nourrice,  som- 
meil d'un  enfant.  Fat  sa  nono,  se  dit  d'un  enfant  qui  som- 
meille. Faïre  nono,  faire  dodo,  dormir.  Nono-nounéto  est  le 
commencement  d'une  chanson  sur  un  air  monotone,  très- 
propre  à  endormir  un  enfant. 

Nôou,  NoTO,  adj.  et  5.  Neuf,  neuve.  Es  nàou  coumo  un 
pifrsf  se  dit  d'un  homme  naïf,  sans  expérience.  —  Èseoubo 
novo  faï  l'oustàou  né,  balai  neuf  fait  maison  nette;  c.-à-d. 
tous  les  commencements  sont  beaux.  Flame-nâou,  v.  ce 
mot.  Faiire  dé  nôou,  refaire,  faire  à  neuf. 

Dér.  du  lat.  novus,  m.  s. 

Nôou,  nom  de  nombre.  Neuf.  Du  lat.  novem,  m.  s. 

Nôont  loe,  prononcée  sous  forme  d'inteij.  et  dont  on  se 


NOU 

sert  lorsqu'on  décortique  les  châtaignes  dans  les  Gêveimn 
pour  indiquer  que  le  battage  est  suflSsant.  Cette  exprossioa 
signifie  littéralement  :  elles  sont  assez  battues;  elles  en  eut 

Noro,  s.  f.  Belle-fille  ou  bru.  Du  lat.  nurus.  On  dit  prvb.: 
amour  dé  noro,  amour  dé  gendre,  es  uno  hugado  sans  eMrt. 

Nose,  s.  f.  Noix,  fruit  du  noyer.  Du  lat.  mx,  la 
nose  d'Aou  gintml,  la  rotule.  Sou»  sa  tin  pa  las  noset,  son 
sac  ne  retient  pas  les  noix,  se  dit  d'une  personne  qui  parie 
sans  réserve,  qui  raconte  indistinctement  tout  ce  qu'elle 
sait,  même  ce  qu'elle  devrait  cadier.  On  dit  auaû  novss. 
fVoy.  Sauvagbs.) 

Tèsto  de  nose,  tête  de  linotte,  étourdi,  tête  creuse.  Nom 
boufo,  noix  creuse,  vide.  QuièUso  dé  nose,  quartier  de 
noix  ;  nose  muscado,  noix  muscade,  nose  (otcm6ardo  oa 
nougo,  noix  de  jauge,  fruit  très-gros  dont  l'amande  n'est 
pas  aussi  volumineuse  que  la  coque  semble  l'indiquer.  Km 
d'éstréeho,  noix  anguleuse  dont  le  fruit  est  petit,  serré  ei 
très-difficile  à  casser;  nose-eoueardo. — Voy.  ce  dernier  mot. 

Nostre,  noitro,  pr.  poss.  et  subst.  Qui  est  à  nous,  le 
nôtre,  la  nôtre.  Lou  nostre,  ce  qui  nous  appartient.  Lm 
nostres,  les  nôtres,  nos  parents,  nos  partisans.  SèndinUm 
nostre^  nous  sommes  sur  nos  terres  et  non  pas  fermiers. 
Lou  bon  IHou  té  fague  nostre/  que  le  bon  Dieu  vienne  te 
prendre  !  Démandan  pas  que  lou  nostre,  nous  ne  deoum- 
dons  que  ce  qui  nous  revient,  ce  qui  est  à  nous* 

Note,  s.  f.  Note  de  musique.  Facture  de  commerçant, 
mé  dounarés  ma  noto,  vous  me  donnerez  facture  de  ce  qoe 
je  vous  dois. 

Notos,  s.  f.  plur.  Les  minutes  d'un  notaire.  Ce  mot  ne 
s'emploie  qu'au  pluriel.  Les  notaires  sont  les  gardes-noUi 
des  actes  originaux  déposés  dans  leur  étude. 

Non,  part,  négat.  Non.  Expression  plus  familière  que 
nani,  bien  qu*ayant  la  même  signification.  A  di  dé  non,  U 
a  renoncé  à  son  idée,  à  son  projet,  il  a  reculé,  il  a  caponé, 
il  a  fouiné  (langue  verte).  Un  jour  et  l'âauire  nou,  de  deax 
jours  l'un.  CVoy.  jour.)  Ah!  Diau  nou/  Ah!  grand  Diea, 
non  !  Ah  !  non  pas  certes  ! 

Noublèsso,  s.  f.  Noblesse,  qualité  de  œlui  qui  est  noUet 
s'emploie  au  fig.  comme  qualité  du  cœur. 

Nouga,  s.  m.  Nougat.  Sorte  de  gàteaa  fait  avec  du  miel 
et  des  amandes. 

Nougaîo,  s.  f.  Articulation.  S'és  désnougaïa  Véspanlo»  Um 
ginoul,  il  s'est  démis  l'articulation  de  l'épaule,  du  genoa. 
Cerneau,  moitié  d'une  noix  verte  tirée  de  sa  coque  avec  mi 
couteau  appelé  cemoir,  du  lat.  eernere,  séparer. 

Nougarédo,  s.  f.  Noiseraie,  terrain  planté  de  noyers.  Ce 
terme  s'emploie  souvent  comme  nom  de  lieu  ou  noo 
d'homme.  On  dit  aussi  iVcm^ar^^  Nogaret,  nom  d'homme,  et 
Nousièïro.  —  Voy.  ce  mot. 

Nouguiè,  s.  m.  Noyer.  Juglans  regia,  Linn.,  arbre  de 
la  famille  des  Juglandées  qui  produit  le  fruit  connu  soos 
le  nom  de  noix.  Nom  propre  rendu  en  français  par  Noguier. 

Nou'n,  contr.  de  nous-én.  Nou'n  dounarés,  vous  nous  en 
donnerez. 


NOU 

Noim,  part.  nég.  On  ne  remploie  jamais  isolément,  car 
il  n*est  pas  le  même  que  Tadv.  Non,  opposé  de  oni,  qui  se 
dit  toujours  non.  Noun^  dans  une  phrase,  suivi  ou  non  de 
pas,  équivaut  à  ne  pas,  non  pas,  quelquefois  à  ne,  seule- 
ment. Noun  save,  je  ne  sais  pas,  je  ne  sais,  je  n*en  sais  rien. 
Noun  fardi,  pardiou,  je  n*en  ferai  pardieu  rien  !  T-anarài, 
noun  pas  péracà,  inaV...  J'irai,  non  pas  pouroela,  mais... — 
Cependant  noun  pas  remplace  wm,  comme  composé  donnant 
même  plus  de  force  à  la  négation  :  Ou  voulés? —  Ifaun  pas/ 
Le  voulez- vous  ?  non  pas  1  non,  certes  ! 

Noim,  s.  m.  Nom  ;  terme  dont  on  se  sert  pour  désigner 
un  être.  Les  noms  propres,  dans  Tidiome  Cévenol,  comme 
dans  les  autres  langues,  sont  tirés  en  général  de  la  religion, 
des  diverses  professions,  des  qualités  et  des  défauts  moraux 
ou  physiques,  des  habitudes,  des  mœurs,  des  noms  de  lieu 
d'origine  et  de  choses  qui  nous  entourent.  Quelques  exem- 
ples épars,  que  nous  allons  donner,  indiqueront  suffisamment 
le  mode  de  formation  et  surtout  les  difficultés,  les  inconvé- 
nients d'une  traduction  de  ces  noms;  quant  à  leur  emploi, 
quelques  tournures  locales,  tout-à-fait  différentes  des  habi- 
tudes françaises  doivent  être  mentionnées. 

De  même  qu'en  Italie  où  l'on  dit  :  l'Alighieri,  l'Ariosto, 
il  Boiardo,  il  Petrarca,  il  Tasso,  il  Boccaccio,  le  languedo- 
cien emploie  volontiers  le  même  article  et  l'ajoute  indistinc- 
tement au  nom  de  famille  et  an  nom  de  baptême  :  lou  Sa- 
batte,  VAntouèno,  hu  Boeho,  la  Jano,  Il  est  aussi  d'usage  de 
dire  :  Pière  dé  Déssaïén,  Jan  dé  Bouvéïrôou,  Céséto  dé 
Mâourin,  César  d'Arnaviè'io,  la  particule  dé  n'ayant,  cette 
fois,  d'autre  prétention  que  d'indiquer  la  filiation  ;  et  lorsque 
la  mère  a  été  veuve  de  bonne  heure  ou  que,  maitresse- 
femme,  elle  passe  pour  avoir,  du  vivant  de  son  mari,  une 
bonne  part  dans  l'administration  de  la  communauté,  c'est 
elle  qui  donne  son  nom  aux  enfants,  et  l'on  dit  alors  : 
Jané  dé  Roso,  Luisi  dé  Bouvéïrolo,  Jàousè  dé  Miérguésso, 
André  dé  Blanquo. 

C'est  une  politesse  en  languedocien,  de  nommer  par  son 
nom  la  personne  que  l'on  salue  en  passant  ou  à  laquelle  on 
adresse  la  parole,  fût-elle  seule,  et  quoiqu'il  n'y  ait  aucun 
risque  d'équivoque.  Cette  coutume  est  usitée  aussi  en  Italie, 
où  on  ne  l'emploie  cependant  qu'avec  le  nom  de  baptême. 
On  sait  qu'en  français  il  n'est  point  de  bon  ton  de  dire 
ainsi,  et  qu'il  suffit,  dans  ce  cas,  de  dire  Madame  on  Mon- 
sieur. 

Les  noms  de  famille  languedociens  sont  tous  susceptibles 
de  féminin  ou  de  diminutifs.  Comme  on  ne  dit  pas,  pour 
le  peuple,  madamo  uno  tèlo,  comme  en  français,  il  a  fallu 
donner,  à  chaque  nom  propre,  une  désinence  féminine 
pour  l'épouse  de  tel  et  tel.  On  est  souvent  fort  embarrasé 
pour  former  ainsi  le  nom  des  femmes;  les  principes  suivants 
sont  assez  généralement  reçus  à  quelques  rares  exceptions 
près  : 

Les  noms  terminés  au  masculin  par  un  e,  un  t,  uno 
un  ou  muets,  font  ésso  au  féminin  : 

Rouvièïro  —  Rouviètrésso  —  Dim.  Bouviéïré. 


NOU 


609 


Mièrgue  —  Mièrguésso  —  Dim.  Mïèrgué, 
Gardko  —  Gardiésso  -<Dim.  GardioU. 
Sâouvi  —  Sdouviésso  —  Dim.  ^âouvioà,  Sâouviéto. 
Basquou  —  Basquésso  —  Dim.  Basque. 

Les  noms  en  a  font  ado  : 

Priva  —  Privado  —  Dim.  Privadé. 
Béma  —  Bémado  —  Dim.  Bémadé. 

Exe.  cependant  certains  mots  qui,  en  français,  pren- 
nent un  c  final  et  qui  font  ago  : 

Altéira  —  Altéïrago  —  Dim.  AUéiragué. 
Brassa  —  Brassago  —  Dim.  Brassagué. 

Ceux  en  al  font  ato  : 

Bigal  —  Rigaïo  —  Dim.   Rlgaïé. 
Guibal  —  Guibaïo  —  Guibaïé. 

Ceux  en  an  font  quelquefois  arUo,  quelquefois  ando, 
quelquefois  anquo,  quelquefois  ano  : 

Paladan  —  Paladano  —  Dim.  Palademé. 
Duran —  Duranto  —  Dim.  Durante. 
Mdouran  —  Mdourando  —  Dim.  miUmrandé. 
Blan  —  Blanquo  —  Dim.  Blanqué. 

Ceux  en  àou  font,  suivant  le  cas,  alo  quand  il  fait  a 
en  français  et  Aoudo  quand  il  fait  aud  : 

Pourtâou  —  Pourtalo  —  Dim.  PourtaU. 
Bamassdou  —  Bamassalo  —  Dim.  Bamatsaié. 
Amâou  —  Amâoudo  —  Dim.  Amdoudé. 
Bérdou  —  Bérdoudo  —  Dim.  Bérdoudé. 

Ceux  en  ar  font  ardo  : 

Bérar  —  Bérardo  —  Dim.  Bérardé. 

Gaiar  —  Gaïardo  —  Dim.  Gaïardé. 
Foucar  —  Foueardo  —  Dim.  Foucardé. 

Ceux  en  as  font  asso  : 

Jhtmas—  Dumasso  —  Dîm.  Dumassé. 
Dalgas —  Dafgasso  —  Dim.  Dalgassé. 

Ceux  en  é  fermé  font  éto  : 

Coulé  —  Couléto^  Dim.  CoulétoU. 
Bouné  —  Bounéto  —  Dim.  BounétoU. 

Ceux  en  è  ouvert  font  èio  : 

Ddoudè  —  Dâoudèto—  Dim.  Dâoudété. 
Balè  —  Balèto  —  Dim.  Balété. 

Cependant  : 

André  fait  Andrèio  —  Dim.  Andréné  ou  Andréssé. 

Ceux  en  té  font  iêdro  : 

Cavaté  —  Cuvaïèïro  —  Dim.  Cavaïéïré. 
Larguiè  —  Larguièiro  —  Dim.  Larguiètré. 
Plè  fait  Piècho  —  Dim.  Pièché  ainsi  que  Ikdpiè,  Ttè,  etc. 

Ceux  en  él  font  &io  ceux  en  éi  èlo  ; 

Dounsél  —  Douméio  —  Dim.  Dounzéiok. 
Roussel  —  Roussélo  —  Dim.  Roussélé. 


510  NOU 

Bninèl  —  Bnnùio  —  Dirn.  Bntnélé. 

Ceux  en  en  font  cnto  : 

Sirvén  —  Sirvcufo  —  Dim.  Sir  venté. 
Clamén  —  Claniénto  —  Dini.  Clainénté. 

Ceux,  en  èou  font  èoudo  : 

Chapèou  —  Ckapèouno  —  Dini.  Chapèoudé. 
Vèou  —  Vcoudo  —  Dini.  VèoudoU. 

Ceux  en  èr  font  èrto  : 

Houbcr  —  Roubèrto  —  Diïii.  Roubèrtoù  ou  lé. 
Maser  —  Masèrto  —  Dim.  Mashté. 

Ceux  en  es  font  cso  : 

Pages  —  Pciijéso  —  Dim.  Page  se. 
Courtes  —  Courféso—  Dim.  Courtésoii. 

Cependant  : 

lires  fait  Brésso  —  Dim.  Bresse. 

Ceux  en  /  accentué  font  ino  : 

Baldï  —  Bafdino  —  Dim.  Baldiné. 
Sabouri  —  Sabourino — Dim.  Sabouriné. 
Mûourln  —  Mdourhio  —  Dim.  Mâouriné. 

Ceux  en  iou  font  ivo  : 

Donadiou  —  Danadivo  —  Dim.  Donadivé. 
Matiou  —  Matiro—  Mativé. 
Fountaiùou  —  Fouiitanivo  —  Fountanivé. 

Cependant  : 

Fiou  (ixii  F  husso  —  Dim.  F  lotisse. 
CarioH  -  -  Carhudo  —  Dim.  Carioudé. 

Ceux  en  d  accLMitué  font  oto  : 

Ribù  —  Biboto —  Dim,  Bibouté. 
Mord  —  Moroto. —  Dim.  Morouté. 

Ceux  en  ol  font  oto  : 

Bnvassof  —  Piarassrdo—  Dim.  Bavassoulc. 
Tréscof  —  Trcscolo  —  Tri'scoulé. 

Ceux  en  ôok  font  olo  : 

Soulein'iou  --  Soidiu-ofo  —  Dim.  Souléiroule. 
Mussabiàaa  —  Massabiolo  -  •  Miissabioidé . 

Ceux  en  or  l'ont  ordo  : 

Itor  —  Jtordo  —  Dim.  Itourdé. 

Ceux  en  os  font  osu)  : 

Bédos  — Bédosso  —  Dim.  Bédoussé. 
Mdoubos  —  Môoubosso  —  Mdouboussc. 

Ceux  en  ou  et  en  oun  font  ouno  : 

Chnpnù  —  C/tapouno  —  Dim.  Chapouné. 
Chardon  —  Chardnuno  —  Dim.  Churdouné. 
Pièrédoun  —  Picrédouno  —  Dim.  Pièrédouné. 

Ceux  en  oui  font  oido  : 

Coumoul —  Coumoulo  —  Dim.  Coumoulé. 

Pxéboal  —  Pxvboulo  —  Bcboulé. 


NOU 

Gourdoùs  —  Gourdomo  —  Dim.  Gourdousé, 

Ceux  en  ôm5  font  tantôt  ouso,  tantôt  otwio  : 

Bous  —  Bousso  —  Dim.  Boussé. 
Gïnoùs  —  Ginouso  —  Dim.  Ginoicsé. 
Cahoiis  —  Cahousso  —  Dira.  Cahoussé. 

Ceux  en  u  font  udo  : 
Téstu  —  Téstudo  —  Dim.  Téstudé. 

Cependant  : 
Cadu  fait  Caduquo  —  Dim.  Caduque. 

Ceux  en  us  font  uso  ou  tisso  : 

Pértus  —  Pértuso  —  Dim.  Pértusé. 
Tabus  —  Tabusso  —  Dim.  Tabussé, 

Ceux  en  un  font  uno  : 

Ddontun  —  Ddoutuno  —  Dim.  Dâoutuné. 
Véirun  —  Véïruno —  Dim.  Vétruné. 

On  sent  que  c«  ne  sont  Ic'i  que  des  noms  usuels  et  com- 
munsdans  le  pays;  il  en  est  une  foule  d'autres  qui  n'ont  pu 
suivre  les  règles  générales,  surtout  ceux  que  le  français  a 
introduits  parmi  nous.  A  leur  égard,  on  doit  suivre,  autant 
que  faire  se  peut,  les  analogies  et  les  étyinologies,  surtout  la 
lettre  finale  du  masculin  dans  le  français.  Quand  aux  dimi- 
nutifs, il  est  diflicilc  de  préciser  ceux  qui  doivent  être  ter- 
minés en  é  et  en  où  :  l'usage  et  Teuphonie  sont  les  seuls 
juges  en  cela.  Le  féminin  des  diminutifs  se  forme  en  ajou- 
tant la  syllabe  muette  to  à  ceux  en  e  et  la  syllabe  muette 
no  à  ceux  terminés  en  où. 

Il  est  bien  entendu  que  les  nomi  de  baptême  ont  aussi 
leurs  diminutifs  et  c'est  sous  cette  forme  surtout  qu'ils  sont 
employés.  Mais  qui  pourrait  essayer  de  poser  des  règles  aux 
capricieuses  transfigurations  qu'ils  subissent  ainsi  ?  L'inva- 
sion de  prénoms  nouveaux  rendrait  plus  vaine  encore  cette 
prétention  ;  car  s'il  élait  possible,  par  habitude  peut-être, 
de  reconnaître  Alexis,  François,  Isabelle  ou  Elisabeth.  Thé- 
rèse, voire  Jacciues  sous  le  masque  de  Sissé,  Césé,  Béloun, 
Trésoùei  Jacourto,  qui  s'imaginerait  que  Frè^  Dalè,  Mané 
représentent  Ferdinand,  Edmond,  Emmanuel?  Mais  ces 
diminutifs  ne  sont  pas  seuls  niéconnaissables  :  lorsque  le 
beau  monde  françiis,  ne  voulant  plus  s'appeler  Pierre, 
Paul  ou  Jeun,  comme  ses  pères,  alla  chercher  ses  patrons 
dans  les  légendes  étrangères,  le  languedocien  eut  la  vani- 
teuse pensé.Mle  le  suivre  dans  celte  voie.  Mal  lui  en  prit,el 
s'ilbajjtise  ses  enfants  des  noms  d'Oswald,  d'Edwige,  de 
Wilfrid,  il  est  obligé  de  les  aj)peler  autrement  ;  car  ces  noms, 
il  ne  peut  pas  les  i)rononcer,  qu'il  revienne  donc,  pour  ne 
plus  les  quitter,  aux  jolis  prénoms  Thérèse,  Marie,  Jeanne 
et  tant  d'autres  du  mènie  genre,  si  propres  à  son  fluide  lan- 
gage, dùt-il  continuer  à  en  faire  des  Trésoù,  des  Mariouné, 
des  Janoù,  Janéioù  ;  cela  vaudra  toujours  mieux  que  Cli- 
tènnésfréto,  ou  Brutusé,  petits  noms  dont  nous  avons  entendu 
une  mère  appeler  ses  enfants  que  l'on  avait  trouvé  de  bon 
goût  de  baptiser  Clytemnestre  et  Brutus.  —  Voy.  £<cat- 
noun,  Dalmas,  DéUouse,  Masèl,  Massabiôou. 


NOU 

Jfonn-dé-iioim  «  Nom  de-nom  !  juron  qui  était  sur  ie 
point  de  transgresser  le  second  oommandement  de  Diea  et 
qni,  étranglé  à  temps,  finit  en  marmorant  un  vain  son. 

Hoorl,  V,  Nourrir.  Du  latin  nutrire^  alimenter  ;  four- 
nir les  aliments  nécessaires;  allaiter;  entretenir;  élever. 
— Mé  doHou  vin  sôous  et  nouri,  on  me  donne  vingt  sous  par 
jour,  plus  la  nourriture. 

HonriQO,  j.  f.  Nourrice,  femme  qui  allaite  un  enfant 
qui  n'est  pas  le  sien. 

Dér.  du  lat.  nulrùDt  ou  de  nutrieia,  Iûf. 

Nouridoù,  $.  m.  Cochon  d*un  an,  cochon  à  engraisser, 
prêt  À  être  mis  à  Tengrais. 

Dér.  du  lat.  n%Uriendu$, 

Ifonrls,  Sf  m.  Le  nourricier,  le  père  nourricier.  Le  mari 
de  la  nourrice.  —  Voy.  Nouriço,  On  dit  (»tlinairement  : 
PtiXre  ou  pèro-nourU,  Cependant  la  mère,  en  parlant  du 
mari  de  la  femme  qui  dlaite  son  enfant,  le  désigne  fort 
bien  ainsi  :  MaunnourU.  L'enfant  l'appelle  plus  tard  de 
même,  et  il  va  plus  loin  encore  car,  du  frère  de  cet  homme 
il  dit  :  moun  ounele^nouris. 

Nous,  s.  m.  Nœud.  Du  lat.  nodus,  par  la  suppression 
du  df  Protubérance,  saillie,  tubérosité.  Nous^courén,  nœud 
eoulant. 

Nous,  pr.  pert.  Nous,  régime  et  jamais  pluriel  de  je,  le 
verbe  se  conjuguant  toujours  sans  pronom.  Fath^ouê  tm 
filità,  faites-nous  un  plaisir.  Nom  ou  dounè^  il  nous  le 
donna.  Faguén  coumo  lous  ^arjani  :  se  nous  aimou  jnm, 
€amén-nous  entré  nàoutres,  faisons  comme  les  huissiers  : 
si  l'on  ne  nous  aime  pas,  aimons-nous  entre  nous. 

Nousa,  17.  Nouer.  Pc  pas  nousa  lous  dous  bous,  il  a  de 
la  peine  à  joindre  les  deux  bouts  de  l'année  pour  subsister 
avec  ses  revenus. 

Nousa,  do,  adj.  Nouée,  ée;  chose  fixée  au  moyen  d'un 
nœud.  On  dit  en  parlant  d'un  enfant  rachitique  et  qui  ne 
grandit  pas  :  es  nousa. 


NUS 


511 


Nouaclôto,  s.  f.  Sorte  d'anneau  en  métal  qui  fait  partie 
d'une  agrafe.  On  dit  aussi  mataéto. 

Nou8-couién,  s.  m.  Nœud-coulant  et  non  pas  nœud- 
courant  —  Voy»  Nous. 

Nouae,  «.  f.  Noix.  —  Voy.  Nou. 

Nonaiètro,  n.pr.ds  lieu.  Nozières,  hameau  de  lacommune 
de  Boucoiran,  canton  de  Lédignan,  près  duquel  se  trouve 
une  station  du  chemin  de  fer  d'Alais  à  Nimes.  Lieu  plantéde 
noyers,  noiseraie,  synonyme  de  Nougarédo.  —  Voy.  ce  mot. 

Nomao,  s.  f.Dïm,  de  Noss,  petite  noix.  Le  roitelet,  qui 
n'est  pas  plus  gros  qu'une  noix:  c'est  le  plus  petit  oiseau 
d'Europe. 

Nontàri,  s.  m.  Notaire. 

Nouvel,  adj.  Nouveau,  nouvelle. 

Nonvèlo,  s.  f.  Nouvelle,  première  annonce  d'un  événe- 
ment récemment  arrivé,  brait,  rumeur.  Brebis  qui  a  atteint 
sa  seconde  année.  Nouvèlossm  plur.  se  dit  surtout  des  nou- 
velles données  par  les  journaux.  Avès  légï  las  nouvèhs  ? 
avez -vous  lu  les  journaux? 

Nonvômbre,  s.  m.  Novembre,  nom  du  onzième  mois  de 
l'année  Julienne  et  Grégorienne.  Ou  lat.  novembris,  fait  de 
novmn,  neuf,  parce  que  ce  mois  était  le  neuvième  de  l'an- 
née romaine,  lorsque  cette  année  n'avait  que  dix  mois. 

Nouviàon,  do,  adj.  Nuptial.  Abi  nouviâou,  râaubo 
nouviàoudo,  habit  ou  robe  de  noces. 

Nouséln,  do,  adj.  Noueux,  euse. 

Dér.  du  lat.  nodosus,  m.  sign. 

Novi,  Novio,  subs.  Le  fiancé,  la  fiancée,  au  plur.  JVMf, 
les  fiancés.  Ses  pressa  eoumo  un  nàvif  vous  êtes  pressé 
comme  celui  qui  va  se  marier. 

Dér.  du  lat.  novi. 

Novo,  adj.  f.  —  Voy.  Nôou. 

Nus,  nso,  adj.  Nu,  nue,  Èro  nus  eoumo  un  vèrms^  il 
était  nu  comme  un  ver.  M'an  Uûissa  tout  nus,  on  m*a 
dépouillé  de  tout. 


o 


0 

0;  s.  m.  La  lettre  0.  L'o  final,  même  suivi  de  l'j  qui  se 
fÎEÛt  toujours  sentir  qu'elle  soit  ou  non  la  marque  du  plu- 
riel, est  muet  ou  tonique.  Muet,  il  est  le  pendant  de  Ye  muet 
tançais  et  se  perd,  assez  peu  articulé,  exactement  comme 
dans  l'italien  mêoo,  mio,  petto;  tonique,  il  a  toute  sa  valeur 
accentuée  comme  dans  le  français  écho,  numéro,  zéro,  ou 
le  latin  ergà,  eieero.  Pour  le  distinguer  dans  ce  dernier  cas, 
il  prend  un  accent  grave.  L'Italien  ^oore  procède  de  même, 
il  écrit  faro,  phare,  et  farè,  je  ferai.  Le  languedocien  a 
également  besoin  de  difièrencier  les  deux  valeurs  de  son  o 
final,  et  l'accent  qui  indique  la  prononciation  peut  changer 


0 

en  même  temps  la  signification  d'un  mot  :  fïoeXfid,  fille  et 
feu,  babo  et  baba,  bave  et  chrysalide,  tanlos  et  tantàs,  tantes 
et  tantôt. 

Dans  la  triphtongue,  d'un  usage  très-fréquent,  l'o,  ainsi 
que  l'a  et  l'i  prend  un  accent  circonflexe.  Cet  accent  n'a  point 
pour  effet  de  changer  le  son  de  la  lettre,  mais  d'indiquer 
quel  est  la  tonique  de  la  triphtongue  c.-à-d.  que  celle-ci  se 
prononce  en  forçant  sur  la  voyelle  accentuée  et  en  coulant 
sur  les  autres,  mais  le  tout  par  une  seule  émission  de  v<mx, 
sans  l'allonger  comme  s'il  formait  deux  syllabes  :  mdoure, 
fàourof  bidou.  —  d  prend  encore  le  même  accent,  par  ana- 


512 


OH 


logie  avec  le  français  et  poar  le  distinguer  du  suivant, 
lorsqu*il  est  particule  précédant  ou  indiquant  le  vocatif  :  à 
moun  Diou/  à  mon  Dieu!  —  Voy.  la  lettre  I. 

0,  par(.  affirmative.  Oui.  Peu  en  usage  et  jamais  qu'a- 
vec les  personnes  que  Ton  traite  très-Camiliérement,  o  est 
Fancien  oc  abrégé,  adouci  ou  dégénéré.  C*est  encore  le  oui 
des  Hautes-Cévennes.  —  Voy.  Oc, 

Obro,  s.  f,  GEuvre,  travail,  ouvrage.  T-a  prou  olfro,  y-a 
fotso  obro  aquï,  il  y  a  là  beaucoup  d*ouvrage,  beaucoup  de 
travail,  de  la  difficulté.  Y-àoura  hé  d'obro,  il  y  aura  bien 
du  travail,  et  aussi  bien  des  difficultés.  Faïre  dé  Vohro  hu 
vola,  faire  de  la  terre  le  fossé,  c.-à-d.  tirer  de  la  chose 
les  dépenses  nécessaires  pour  l'agrandir,  pour  l'entretenir, 
ou  bien  faire  de  nouvelles  dettes  pour  en  payer  4'anciennes, 
L'obro  làouso  lou  mèsire,  l'ouvrage  recommande  Fauteur, 
autrement  :  à  Tœuvre  on  connaît  l'ouvrier.   Fulobro.  — 

Voy.  ce  mot. 

Dér.  du  latin  opéra,  m.  sign. 

Obro,  5.  f.  Labour,  façon.  Donna  uno  obro^  donner  une 
façon,  un  labour  à  un  champ.  Y-a  pa  'ncaro  Vobro,  la  terre 
est  encore  trop  humide  ou  trop  sèche  pour  être  labourée, 
pour  recevoir  un  bon  labour.  T-a  michanto  obro,  le  travail 
est  difficile,  pénible.  Y-a  bono  obro  f  le  labour  se  fait- il 
aisément  ?  et,  par  extension,  cette  question  s'adresse  à  une 
personne  occupée  d'un  travail  quelconque.  Lou  ban  dé 
Vobro,  le  banc  de  l'œuvre,  des  marguillers.  Bon  jour,  bon 
obro,  phrase  de  salutation  adressée  à  des  gens  qui  tra- 
vaillent. 

Oc,  particule  affirmative  dont  se  servaient  nos  provinces 
méridionales  qui,  pour  cela,  furent  appelées  la  langue  d'Oc, 
séparée  par  la  Loire  de  la  langue  d'Oil  ou  d'Oui,  parce  que 
ces  deu.x  derniers  mots  étaient  l'affirmation  de  cette  autre 
moitié  de  la  France.  Oc  n'est  autre  chose  que  le  lat.  hoc^ 
ellipse  de  hoc  est,  cela  est.  Après  avoir  été  l'expression 
caractéristique  d'une  langue  au  point  de  donner  son  nom 
au  pays  où  on  la  parlait,  oc  est  complètement  tombé  en 
désuétude.  Il  est  encore  employé  dans  les  environs  du  Vigan  ; 
mais  pour  nous,  il  n'existe  plus  ;  oï  Ta  depuis  longtemps 
remplacé,  et  il  ne  reste  qu'un  souvenir  presque  effacé  de 
lui  dans  o  qui  en  est  la  corruption  et  dont  on  fait  même 
peuusnge. —  Voy.  Où 

Ocho,s.  f.  Esse,  clavette  en  fer  que  l'on  met  au  bout  de 
l'essieu  pour  retenir  la  roue.  Ocho  serait-elle  une  altération 
bien  forte  et  bien  gratuite  du  français  esse?  —  On  donne 
aussi  ce  nom  aux  groseillers  épineux  communs  dans  les 
haies. 

Odi,  s.  m.  Ennui,  dégoût.  On  ne  l'emploie  qu'ainsi  : 
Vén\  en  odi.  La  car  mé  vèn  en  odi,  la  viande  me  répugne, 
m'est  devenue  fastidieuse.  iWc  vènes  en  odi,  tu  m'ennuies, 
tu  me  fatigues,  tu  m'es  insupportable.  C'est  du  pur  latin 
mi  venis  in  odium^  tournure  que  l'italien  a  aussi  imitée  en 
disant  :  venir  a  noia,  ennuyer. 

Oh  !  interj.  commune  à  toutes  les  langues.  Oh  !  qui 
marque  la  surprise,  l'admiration.  On  se  sert  aussi  de  cette 


ON 

exclamation,  en  prolongeant  le  son,  pour  appeler  quel- 
qu'un de  loin. —  Oh/  hé/  chl  vraiment,  oh!  bien.  Ok/ 
Dià.-'  Voy.  Dià. 

Oî,  partie,  affirmative.  Oui.  Ainsi  qu'on  peut  le  voir  aux 
articles  nani,  non,  o  et  vouK  le  languedocien  a  deux  néga- 
tions et  deux  affirmations,  l'une  familière  et  l'autre  respec- 
tueuse. Ces  nuances  sont  scrupuleusement  observées  dans 
l'usage  et  l'on  en  verra  l'origine  à  l'art.  Vouï.  Ot  est  l'af- 
firmative familière  ;  on  en  use  seulement  envers  les  per- 
sonnes que  l'on  tutoie  ou  avec  qui  l'on  agit  du  moins  très- 
familièrement  si  on  leur  dit  vous;  il  est  par  consâqnent 
le  corrélatif  de  non.  Il  ne  parait  pas  être  une  altération  do 
vieux  oc  aujourd'hui  abandonné;  c'est  bien  plutôt  l'oUd'oa- 
tre-Loire,  qui  du  reste  devait  se  prononcer  à  peu  près  de 
même  et  qui  est  devenu  l'oui  français.  Cet  oil,  dont  le  lan- 
guedocien fit  (fi,  dût  être  adopté  par  imitation  d'un  langage 
plus  élégant,  et  plus  tard  il  resta  comme  affirmation  tutoyante 
lorsque  le  oui,  qui  parut  encore  plus  raffiné,  et  dont  on  fit 
voui,  lui  succéda  et  s'établit  définitivement  comme  affir- 
mation respectueuse  que  devaient  employer  les  gens  bien 
élevés. 

OU,  5.  m.  Huile.  Dans  un  pays  où  la  cuisine  se  fait  à 
l'huile,  il  est  bien  entendu  que  si  on  n'indique  pas  une 
qualité  particulière  il  ne  s'agit  que  de  l'huile  d'olive.  Dé 
bon  àli,  de  la  bonne  huile.  OU  for,  huile  forte.  OU  d'anfèr. 
(Voy.  Anfèr,)  OU  d'éspï,  dé  codé,  (Voy,  ces  deux  mots.) 
OU  dé  pè'dé-biôou,  synovie,  liqueur  visifiieuse,  de  la  nature 
du  blanc  ou  de  la  glaire  d'œuf ,  qu'on  trouve  dans  les  join- 
tures des  grands  os  des  animaux  et  en  plus  grande  quantité 
dans  celles  du  bœuf,  à  raison  de  sa  grosseur;  on  l'emploie 
pour  la  brûlure.  Aquà  'j  taquo  d'àli^  c'est  tache  d'huile  qui  ne 
s'efface  pas,  cela  vaut  contrat.  OU  dé  couïde,  on  le  dit  plai- 
samment d'un  travail  où  il  faut  faire  agir  vigoureusement 
les  bras,  user  de  la  graisse  de  coude.  Dàou  et  d'dU  /  Allons  ! 
courage  ! 

Dér.  du  lat.  oleum,  même  signification  ou  plutôt  d'oti- 
vum,  huile  d'olive. 

On,  pron.  port,  indéfini  ou  TOn.  On,  l'on.  C'est  i  la 
langue  romane  que  le  français  a  pris  ce  pronom  qui  n'est 
autre  chose  que  l'abréviation  du  lat.  homo  ou  hotninn.  l/t 
roman  disait  :  per  tal  que  hom  iapia,  afin  qu'on  sache  on 
que  homme  sache  ;  non  voUm  que  hom  prendan  lat  per- 
tonas  des  elerghes,  nous  ne  voulons  pas  qu'on  saisisse  la 
personne  des  clercs,  etc.  Mais  il  est  à  remarquer  qu'alors  que 
le  français  s'accommodait  de  la  tournure  romane,  le  lan- 
guedocien l'abandonnait  pour  revenir  à  la  tournure  latine; 
et  s'il  reprend  parfois,  avec  quelque  utilité,  son  bien  passé 
en  d'autres  mains,  comme  dans  :  on  po  pas  y  tine,  on  ne 
peut  y  tenir,  etc.,  etc.  Par  euphonie  on  rend  souvent  on 
par  don,  dans  le  dialecte  alaisien  :  c  Don  se  força,  âoutramtH 
vost'  éstouma  se  haro.  »  (Leyris,  poésie  inédite.)  Là  où  le  fran- 
çais emploie  on,  le  languedocien  peut  presque  toujoon 
rendre  la  phrase  d'une  manière  différente  et  souvent  préfé- 
rable :  on  dit,  on  fait  beaucoup  de  choses,  té  dit,  té  fti 


OSQ 

/owo  eâa%êso$;  on  vous  le  fera  voir,  tx>tM  ou  ptiran  vêire; 
OQ  TOUS  le  dit,  on  vous  l'a  dit,  vous  ou  dinut  vous  ou  an 
di,  on  va  oommenoer,  van  aeouménça;  on  ne  prend  pas  les 
mouches  avecda  vinaigre,  étnbé  fèou  noun  se  prénou  mous- 
quai. 

OoQh  !  ùuerj.  qu'on  peut  rendre  par  ho  là  !  hé  !  Oouhf  y-a 
pas  dingus?  holà  !  hé  !  il  n'y  a  personne  dans  la  maison  ? — 
Oouh  1  en  appuyant  longtemps  sur  le  premier  ô,  est  aussi 
le  œmmandement  à  la  bote  de  somme  ou  de  trait  de  s*ar- 
réter  et,  dans  ce  cas,  l'opposé  de  t;  le  français  le  rend  par 
oh!  ou  ho!  que  le  languedocien  emploie  aussi. 

Ordi,'«.  m.  Orge  fhordeumj,  dont  il  y  a  plusieurs  espè- 
ces ;  l'orge  commune,  orge  carrée,  grosse  orge  ou'  escourgeon, 
qui  a  quatre  rangs  de  barbes,  est  la  plus  connue  sous  ce 
nom. 

Dér.  du  \Bt,hord0um,  m.  sign. 

Orgue,  s.  m.  Orgue  ;  toujours  du  même  genre  au  pluriel 
comme  au  singulier. 

Dér.  du  lat.  organum,  m.  sign. 

Orle,  s.  m.  Bord,  margelle  d'un  puits;  bord  d'un  vase 
quelconque;  ourlet,  repli  et  couture  au  bord  d'une  étoffe, 
d'un  tissu,  pour  qu'il  ne  s'effile  pas. 

Dér.  du  lat.  orula,  dim.  de  ora,  bord. 

Orviatan,  s.  m.  ou  bien  Ourviatan.  Orviétan,  qu'un 
charlatan  de  la  ville  d'Orvièle,  en  Italie,  importa  à  Paris 
dans  le  xvii>  siècle.  C'était  un  électuaire  dans  la  compo- 
sition duquel  il  entrait,  disait-on,  54  drogues  et  qu'on 
regarda  longtemps  comme  un  remède  infaillible  contre 
b^ucoup  de  maux.  Selon  M.  Magnol ,  on  donne  ce  nom  à 
Montpellier,  à  VAnehusa  monspeliaca.  Il  n'en  reste  plus  que 
le  nom,  et  le  languedocien  s'en  sert  en  disant  :  marchait 
d'ourviatan,  pour  désigner  un  hâbleur,  un  charlatan  qui 
débite  toute  autre  chose  que  des  électuaires  ;  mais  ce  mot 
est  aujourd'hui  tombé  en  désuétude. 

Os,  s.  m.  plur.  08888.  Noyau  de  cerise,  de  pèche,  de 
prune,  etc.,  osses  d*oulivos,  marc  d'olives  pressuré.  Piqua 
lous  otses^  casser  les  noyaux.  Leur  dureté,  pareille  à  celle 
de  l'os,  a  valu  ce  nom  aux  noyaux  que  le  lat.  appelait  aussi 
Osta,  t'um. 

Os,  s,  m.  plur.  08868.  Os,  partie  de  l'animal  dure, 
solide,  qui  forme  comme  la  charpente  de  àon  corps.  A  bon 
eki  bon  ot,  à  bon  chien  bon  os.  Os-pudén,  os  pubis  ;  du  lat. 
pudms^  pudique  ou  pudendus,  que  Ton  cache  par  pudeur. 
Os-Bertran,  l'os  du  croupion,  l'os  sacram,  la  dernière  des 
vertèbres,  terminée  par  un  pelit  os  un  peu  recourbé  appelé 
coccix.  C'est  là  qu'aboutit  une  foule  de  nerfs  dont  la  luxa- 
tion est  toujours  dangereuse  et  souveDt  mortelle,  ce  qui  a 
fait  donner  par  les  anatomisles  à  cet  os  le  surnom  de 
sacrum  parce  qu'il  n'y  faut  pas  toucher.  Quant  à  ce  qui  lui 
a  vain  son  nom  languedocien,  il  serait  difficile  de  le  dire,  et 
cela  tient  sans  doute  à  quelque  fait  anecdotique  oublié.  Os 
dé  suph,  os  de  seiche  que  Ton  met  dans  les  cages  d'oiseaux 
et  qui  leur  sert  à  affiler  leur  bec. 

Osquo,  V.  f.  Hoche,  encoche,  entaillure  pour  marquer 


OUI 


513 


sur  une  taille  le  pain,  le  vin,  la  viande  qu'on  prend  à  crôdit, 
ou  pour  tenir  toute  autre  espèce  de  compte  ;  cran,  entaille  sur 
un  solide,  pour  accrocher  ou  arrêter  quelque  chose,  comme 
en  ont  notamment  certaines  crémaillères.  Nâoussa  d'uno 
osquo,  hausser  d'un  cran.  Fôou  faXre  uno  osqw  âou  erémal, 
il  faut  faire  une  croix  à  la  cheminée,  se  dit  lorsqu'il  se  pro- 
duit un  fait  extraordinaire,  en  dehors  de  toute  prévision. 
Vous  farai  uno  osquo  à  Vâouréw,  je  vous  couperai  un  petit 
bout  de  l'oreille  pour  vous  en  faire  ressouvenir.  Save  eé  que 
né  vôou  Vosquo,  je  sais  ce  qu'en  vaut  la  marque  ou  l'aune. 
A  fa  uno  osquo,  il  s'est  endetté. 

Dér.  du  lat.  oceare,  couper. 

Osquo,  part,  affirmative  qui  répond  à  oui,  assurément, 
certainement.  C'est  le  mot  précédent  devenu  affirmation 
familière  et  plaisante,  en  l'employant  d'une  manière  ellip- 
tique, comme  si  l'on  répondait  :  ce  que  vous  dites  est 
entendu,  acquis  au  procès- verbal,  marquons-le,  enregis- 
trons-le, faguén  uno  osquo.  Osquo  dé  ségà,  se  dit  dans  le 
même  sens. 

Otobre,  s.  m.  Dixième  mois  de  l'année  actuelle  qui  n'é- 
tait que  le  huitième,,  comme  ce  nom  l'indique,  lorsqu'elle 
commençait  le  \*'  mars. 

Dér.  du  lat.  october,  m.  sign. 

On,  pron,  relat.  Le.  Vous  ou  dise,  erésés-ou,  ou  eréségués 
pas,  aquà  m*és  égâou,  je  VOUS  le  dis,  croyez-le,  ne  le  croyez 
pas,  ça  m'est  égal.  Ou  faraï,  je  ferai  cela,  if 'ou  a  di,  il 
m'a  dit  cela. 

Dér.  du  lat.  hœ,  m.  sign. 

On,  conj.  alternative.  Ou.  Hiuêi  ou  démon,  aujourd'hui 
ou  demain.  On  le  fait  suivre  aussi  de  bé  :  Vendrai  dilus, 
oubé  ou  mandarés,  je  viendrai  lundi,  ou  bien  vous  l'en- 
verrez ;  c*est  à  l'habitude  et  au  goût  à  décider  de  l'emploi 
de  cette  variante. 

Ou  !  est  un  de  ces  sons,  comme  oh!  ho!  etc.,  qui  appar- 
tient à  toutes  les  langues  pour  exprimer,  sans  paroles,  la 
surprise,  l'admiration,  la  douleur,  le  dégoût,  selon  l'into- 
nation qu'on  leur  donne?  Ou,  que  Ton  fait  ordinairement 
très-long,  peut  se  rendre  au  besoin  par  fi!  fi  donc!  Ou/ 
lou  pori  fi!  le  cochon  !  fi  donc!  le  vilain!  Ou/  n'âourièi  bé 
vérgougno  /  fi  donc  !  j'en  aurais  bien  honte  I  —  On  crie 
aussi  aux  pourceaux  :  Ou/  pour  les  chasser,  comme  on  dit 
en  anglais  out,  hors  !  dehors  ! 

Dans  la  bass.  lat.  Auanum  signifiait  huée. 

Oui,  est  une  de  ces  interjections  ou  exclamations,  dont 
il  est  question  à  l'art,  précédent,  qui  exprime  la  douleur, 
la  souffrance:  Ouï  mé  fasès  mâoul  aïe,  vous  me  faites 
mal. 

Onîèîrado,  s.  f.  Le  contenu  d'un  huilier  plein,  ouiêïro. 

Onîèîro,  i.  f.  Huilier  en  verre  et  surtout  en  fer-blanc, 
ne  se  dit  bien  que  du  récipient  qui  contient  l'huile  pour 
l'usage  courant  ou  journalier;  ce  serait  donc  plutôt  une 
huilière  ou  cruche  à  l'huile.  Ouïèiro,  pour  huilier  composé 
des  burettes  où  l'on  met  l'huile  et  le  vinaigre,  est  un  galli- 
cisme. 


514 


OUL 


(hiira  on  Bonira,  9.  Frapper,  meurtrir»  briser  les  os,  et 
propremeot,  faire  une  oatre  oa  préparer  pour  cela  la  peau 
d*ua  vieux  bouc,  ce  qui  se  fait  de  la  manière  suivante  : 

Le  boucher,  après  avoir  égorgé  Tanimal,  le  frappe  à  coup 
de  barre  par  tout  le  corps,  pour  ramollir  les  chairs  et  briser 
les  os,  qu'il  détache  ensuite  par  l'ouverture  du  cou  dont  il 
a  séparé  la  tète.  Quand  tout  le  dedans  est  net,  il  fait  à  la 
peau  les  préparations  nécessaires  pour  qu'elle  puisse  con- 
tenir le  vin  ou  l'huile  sans  leur  communiquer  de  mauvais 
goût. 

On  voit  par  là  que  l'expression  lou  Diable  vous  ovXn 
serait  une  imprécation  horrible  si  l'on  savait  la  force  du 
terme  ou  qu'on  l'eût  dans  l'intention  ;  mais  ce  ne  sont  le 
plus  souvent  que  des  expressions  qu'on  peut  appeler  expié- 
tives,  qui  ne  signifient  rien  ou  tout  au  plus  que  de  l'im- 
patience dans  la  bouche  de  ceux  qui  les  emploient.  (Sau- 
vages.) 

Outre,  peau  de  bouc  accommodée  pour  y  mettre  des 
liquides.  Les  outres  faits  avec  une  peau  de  vache  cousue 
d'un  bout  à  l'autre  sont  plus  solides  que  ceux  de  bouc.  Ils 
sont  beaucoup  moins  en  usage  depuis  que  les  transports  se 
font  très-peu  à  dos  de  mulet. 

Dér.  du  lat.  uter,  m.  sign. 

Oulado,  s,  f.  Le  contenu  d'une  marmite,  oulo, 

Dér.  du  lat.  oUa,  m.  sign. 

Oiiliya,  0.  Cueillir  les  olives  dans  nos  localités  où  Ton 
récolte  les  olives  avant  qu'elles  soient  assez  mûres  pour 
tomber  d'elles-mêmes,  et  où  les  oliviers  n'atteignent  pas 
des  dimensions  telles  qu'il  soit  nécessaire  d'en  gauler  le 
fruit.  Ouliva  doit  se  rendre  par  cueillir  et  non  ramasser 
les  olives.  Ce  mot  peut  être  pris  dans  le  sens  de  fhicha  : 
Moui  ouliviès  an  bien  ouliva,  ont  donné  beaucoup  de  fruit. 

Oulâyados,  s.  f.  plur.  Olivaison,  saison  où  l'on  récolte 
les  olives,  la  récolte  elle-même  ou  l'action  de  cueillir  ce 
fruit.  Pér  oulivados,  à  l'olivaison,  au  temps  de  l'oli- 
vaison. 

Onlivaxre,  Oullyairo,  «.  m.  et  f.  Cneilleur,  cueilleuse 
d'olives,  qui  fait  la  cueillette  des  olives;  ici  ce  travail  est 
ordinairement  dévolu  aux  femmes,  ce  qui  fait  que  le  fé- 
minin oulivaïro  est  presque  usité.  On  dit  aussi  ouU- 
varèlo, 

Ouliyastre  ou  Aoulivastre-BonscaB,  s.  m.  Troène. 
lÀguêirum  vulgaro,  Linn.,  arbrisseau  indigène,  à  fleurs 
petites  et  blanches  et  baies  noires,  dont  on  forme  des  palis- 
sades et  des  haies.  C'est  en  parlant  de  lui  que  Virgile  a  dit  : 

O  formùsB  puer,  nimium  ne  crede  côlori  : 
Atba  liguilra  eadunt;  vaccinia  nera  leguntur. 

c  0  bel  enfant,  ne  t'enorgueillis  pas  de  tes  fraîches 
couleurs  :  les  blanches  fleurs  du  troëne  tombent;  des  baies 
noires  leur  succèdent.  > 

Onlhrédo,  «.  f.  Olivette,  champ  planté  d'olives. 

Dér.  du  lat.  olivefum,  m.  sign. 

OuliTiè,  «.  m.  Olivier,  arbre  qui  produit  l'olive,  ote 


OUN 

luropea,  Linn.,  l'olivier  sauvage,  oUa  sylvettrU,  Uan.  ^ 
OuHviè  dé  toun  gran,  castagne  dé  loin»  pèro,  amounè 
dé  tus-mémo,  olivier  de  ton  aïeul,  châtaignier  de  ton  père, 
mûrier  de  toi-même.  Très-lent  à  venir,  l'olivier,  ooâteoxà 
soigner,  ne  rend  qu'en  raison  de  ce  qu'on  lui  donne,  ainu 
qu'il  le  dit  lui-même  dans  cet  autre  dicton  :  ûmeh(MÊékm 
pè  t'oundtaraï  lou  bé,  graisse-moi  le  pied,  je  te  graisserai  le 
bec.  Ajoutez  que  son  produit,  qui  n'est  point  annid,  n'est 
que  trop  souvent  détruit,  pour  de  longues  années,  par  les 
hivers  rigoureux  qui  ravagent  presque  périodiquement  m 
olivettes. 

La  culture  de  l'olivier  semblerait  donc  peu  avantageuse; 
mais  comme  il  vient  bien  sur  nos  collines  eu  terrasses,  oà 
il  ne  serait  pas  utilement  remplacé,  et  qu'il  fournit  cette 
huile  indispensable  à  tous  nos  apprêts  culinaires,  il  partage 
toujours,  avec  le  mûrier  et  le  châtaignier,  l'amour,  les 
soins  et  la  reconnaissance  de  notre  pays. 

Dér.  du  lat.  oleaster,  m.  sign. 

OuUto,  s.  f.  Olive  fruit  de  l'olivier.  A  Tousêom,  foidwo 
à  la  nutn,  à  la  Toussaint,  l'olive  à  la  main. 

Dér.  du  lat.  oliva,  m.  sign. 

Oulo,  s.  f.  Marmite  de  potin  ou  de  fonte  où  l'on  fiiit 
cuire  toutes  sortes  d'aliments.  Chacun  sa  eé  que  boul  dm 
soun  oulo,  chacun  sait  ce  qui  bout  dans  son  pot,  cfaaenn 
sait  où  son  soulier  le  blesse. 

Dér.  du  lat.  olla,  m.  sign. 

Oiimbra,  o.  Ombrager,  faire  de  l'ombre,  défendre  dn 
soleil. 

Oumbrale,  s,  m.  Ombrage,  ombre  que  fait  un  corps 
opaque  en  interceptant  les  rayons  du  soleil  et  particuliè- 
rement celle  que  font  les  arbres. 

Onmbréja,  v.  Variante  à'oumbra, 

Onmbrén ,  que,  adj.  Ombragé,  couvert  d'ombrage,  qui 
est  à  l'ombre;  soupçonneux,  pour  une  personne;  ombra- 
geux, pour  une  bête,  un  cheval  surtout. 

Onmbro,  s.  f.  Ombre,  obscurité  causée  par  un  oorpi 
opposé  à  la  lumière  ;  espace  privé  des  rayons  du  soleil. 
Outnbro  d'home  vdou  cent  fénnos,  l'ombre  d'un  homme  vaut 
cent  femmes. 

Dér.  du  lat.  umbra^  m.  sign. 

Onme,  s,  m.  Orme,  ormeau,  ulmus  eampestris.  Lion., 
on  disait  autrefois  om  et  oum  et  c'est  de  là  que  sont  venos 
plusieurs  noms  de  lieux  :  Sént-Éstève  dé  Lan,  hunuudi 
Lon,  que  le  languedocien  prononce  ainsi  et  que  le  fran(ais, 
plus  respectueux  cette  fois  pour  l'étymologie,  écrit  Saiatr 
£tienne-de-Lolm,  etc.  Le  nom  propre  Delon  Déloua^  i 
sans  doute  la  même  origine,  mais  alors  le  laoguedociea  et 
le  français  auraient  repris  leurs  rôles* 

Onncha,  v.  Oindre,  enduire  d'un  corps  gras,  graisser. 
Ouneha  las  rodos,  graisser  les  roues. —  SaUtdo  màou  om- 
ekado,  salade  qui  manque  d'huile,  affaire  mal  conduite. 

Dér.  du  lat.  ungere,  m.  sign. 

Ounchuro,  s,  f.  Graissage,  action  d'cùndre;  toute  sorte 
de  matières  grasses  et  huileuses;  ce  qu'on  mange  de  grv 


OUR 

avec  da  pais.  Fan  wiéhan  manja  wunpan  êOM  (mnehuro, 
A  est  dôMgréable  de  manger  son  pain  seo.  An  ptagnégu 
roKiaMtiro*  on  n*a  pas  employé  assez  d'huile  dans  oe  ragoût» 
daos  cette  salade  ;  qud&u  manjo  9<mn  pan  sans  ounehuro, 
tou  mamjo  mn$  meiuro.  On  dit  aussi  :  mmehadurù* 

Ounde,  s.  m.  frère  da  père  on  de  la  mère,  mari  de  la 
tinte  :  Dans  le  vocabaiaire  plaisant,  ounde  signifie  crôan- 
cier»  qn*on  appelle  aossi  comme  dans  le  Nord  »  on§tét , 
anglais. 

D6r.  da  lat.  avuneulus ,  m.  sign. 

OvBQO,  f .  f,  Ârticalation,  nœad  oa  jointnre  des  doigts 
de  la  main  ;  la  phalange  elle-môme. 

Dôr.  da  lat.  uneus,  croc,  crochet. 

Onnço,  f.  f.  Once;  seizième  partie  de  Fancienne  lîTre; 
elle  vaat  à  Âlais  S5g.  99.  soit  en  chiffre  rond  26  grammes. 
L*once  de  Provence  était  équivalente  à  31  g.  25.  C'était  la 
doazième  partie  de  la  livre  romaine.  L'once  se  subdivisait 
en  8  gros.  Il  y  avait  la  petite  once,  comme  la  petite  livre. 
Le  qointal  de  400  grosses  livres  contenait  411  livres 
petit  poids.  L'once  d'AIais  était  la  petite  once  de  26  gr« 

Dér.  da  lat.  wnoia,  once,  qui  n'était  contenue  qae  douze 
fois*  dans  la  livre  romaine. 

Onndado,  s,  f.  Onde,  flot,  lame,  vague,  delà  mer,  d'une 
rivière  débordée.  L'digo  sor  à  bèlos  oundados,  l'eau  sort  par 
lames,  à  flots  pressés,  par  ondes  :  c'est  un  aug.  de  oundo. 

<hmdo,  t.  f.  Bouillon,  en  parlant  de  l'eau  qui  bout.  Li 
fômt  pas  çu'uno  o»  dos  oundos,  il  ne  lui  faut  qu'un  ou  deax 
bouillons.  Lou  toupi  boul  à  bèlos  oundos,  le  pot  boat  à  gros 
bouillons. 

Dér.  du  lat.  undo,  faire  des  ondes,  bouillir. 

Oonglado,  s.  f.  Coup  d'cnngle,  de  griffe,  ounglOf  égra- 
tignure. 

Oiinglo,  s.  f.  Ongle  ou  griffe  selon  l'individu.  D'oun- 
$lo$  pounchudos,  des  ongles  pointas  ou  des  griffes 
pointues. 

Dér.  Da  lat.  ungula,  syn.  de  unguis,  m.  sign. 

(hmté,  adv.  de  lieu  ou  Mounté.  Fo^.ce  dernier.  Ount'- 
asuuf  ounté  vaï?  où  allez- vous?  où  va-t-il  ? 

Oar,j.  m.  Ours.  Ursus  arctos,  Linn.,  quadrupède  plan- 
tigrade. SénMo  un  our,  se  dit  de  quelqu'un  à  la  structure 
informe,  agissant  lourdement  ou  surtout  velu  comme 
un  ours.  —  Our  est  un  nom  propre  commun  dans  le  pays, 
qu'on  est  dans  l'habitude  d'écrire  Hours  en  français;  du 
reste,  pour  témoigner  d*une  même  origine,  son  fêm.  fait 
OuTso  et  son  dim.  Ourse. 

Oordre,  s,  m.  Andain,  espace  que  parcourt  en  largeur 
la  faux  d'un  faucheur  ou  la  faucille  d'un  moissonneur, 
en  avançant  en  droite  ligne  ;  bande  de  terre  que  chaque 
vigneron  ou  journalier  laboure  sans  empiéter  sur  les  rangs 
de  ceux  qui  sont  à  ses  côtés  :  rayon  ou  rangée  de  ceps  de 
vigne.  Sttoi  soun  ourdre,  suivre  son  andain,  son  rang. 
Tira  un  ourdre,  faire  un  somme.  —  On  dit  aussi  andasw, 
anéaXdo,  ou  cambado. 
L'abbé  DX  Sattvagbs  pense  que  le  terme  andain  est  dit 


OUR 


5t5 


pour  ondain,  parce  que  chaque  coup  de  faox  laisse  sur  on 
pré  des  ondulations  pareilles  à  celles  de  l'eaa  agitée  par  le 
vent.  Une  rangée  de  ceps  de  vigne  ne  s'appelle  pas  un 
ourdre^  comme  parait  le  croire  Tabbé  »  Sauvagcs  ;  il 
porle  le  nom  de  eavaïôou, 

Dér.  du  lat*  wdo,  rang,  rangée. 

Onrgansin,  s.  m.  Organsin,  avec  cette  diflérance  que  le 
fiançais  se  dit  d'une  soie  moulinée,  tordue  au  moulin, 
tandis  que  le  languedocien  s'entend  de  la  soie  la  plos  fine 
qu'on  (^tient  à  la  filature,  par  opposition  à  trmmo  et  9ra- 
métù,  et  qtii  n'a  reçu  encore  aucon  apprêt. 

Dér.  de  l'italien  organsino, 

Onrgaéno,  s.  f.  Sirène,  monstre  fabuleux  qui  séduisait 
par  le  charme  de  sa  voix.  Canta  eoumo  uno  ourguéne, 
chanter  comme  une  sirène. 

Dér.  du  lat.  organum,  organa,  nom  que  Ton  donnait  à 
toute  sorte  d'instruments  de  musique. 

Onr]ôoa,  s,  m,  Dim.  Ourjoulé.  Orgeolet,  oiigelet,  cri- 
the»  orgueilleux,  vulgairement  grain  d'orge,  petit  bouton, 
petite  tumeur  inflammatoire  aux  paupières.  Le  peuple  dit 
que  ces  petites  postules  viennent  en  punition  à  ceux  qui  ont 
refusé  quelque  chose  à  une  femme  enceinte.  —  Une  cruche 
en  poterie. 

Dér.  du  lat.  hordeolum,  Dim.  à*hordeum,  grain  d*orge. 

Onrla,  v.  Ourler,  faire  un  ourlet,  orle. 

Oiimo  (!'),  n.  pr.  Rivière  qui  prend  sa  source  à  Saint- 
Félix-de-Pallières,  traverse  les  territoires  d'Ânduze  et  de 
Tomac  et  se  jette  dans  le  Gardcm  sur  le  territoire  de  Mas^ 
aillargaes  et  Attaech.  C'est  l'ancienne  VRNIA  des  Romains 
citée  dans  une  inscription  antique  trouvée  à  Nimes. 

Onroà,  «•  f.  Errear,  méprise,  erreur  de  calcul.  Faguén 
pas  ouroù,  ne  nous  trompons  pas,  ne  commettons  pas  de 
méprise,  trouvère  uno  ouroii  din  soun  compte,  je  trouvai 
ane  erreur  dans  son  compte.  €e  moi  est  une  corruption  du 
français  poussée  au  point  de  le  faire  ressembler  à  la  tra- 
duction d'horreur  pour  laquelle  il  ne  faut  pas  commettre 
Vouroit  de  l'employer. 

Oorqué,  s.  m.  Blette  vulgaire  des  jardins;  espèce  d'ar- 
roche,  propre  à  lever  les  taches  d'huile  sur  les  étoffes  de 
laine  ;  on  les  frotte  avec  la  feuille  de  cet  herbe,  on  lave 
ensuite  l'endroit  de  la  tache.  (Sauvages.) 

Otiraaii,  n.  pr.  de  lieu,  Orsan,  village  du  canton  de 
Bagnols-sur-Gèze,  dans  l'arrondissement  d'Uzès.  Orsanum, 
en  4310  et  4485. 

Dans  un  mémoire  adressé  à  Pierre-François  Orsino,  car- 
dinal deGravina,  qui  fut  pape  de  4  724  à  4730,  sous  le  nom 
de  Benoit  XIH,  M.  de  Mandajorsa  cru  pouvoir  admettre  que 
cette  localité  doit  son  nom  aux  cardinaux  Orsini,  seigneurs 
de  Bagnols,  dont  les  possessions  s'étendaient,  dit-il,  sur  le 
territoire  du  village  précité;  mais  cette  opinion  hasardée  ne 
doit  être  accueillie  que  sous  toutes  réserves. 

Oortéto,  Vog.  Hourtéto. 

Ourtiga,  v.  Ortier,  piquer  avec  des  orties,  s'auriiga, 
se  piquer  ainsi. 


516 


OUS 


Ourtigado,  «.  /*.  Piqûre  d'ortie. 

Ourtigo,  f.  f.  Ortie,  plante  dont  il  y  a  partout  en 
abondance  pi asienrs variétés;  lapins  petite,  rortie-grièche, 
est  la  pins  piquante  ;  la  grande  ortie  romaine  ou  pilulaire, 
urtica  pUulifera,  Linn.,  donne  une  filasse  dont  on  peut 
faire  de  la  toile  ;  ses  semences  sont  excellentes  pour  les 
pertes  et  pour  les  crachements  de  sang.  —  Toutes  les  orties 
sont  sudorifiqnes.  Dans  les  environs  de  Nimes  ont  dit  : 
outrigo. 

Ourtoulan,  «.  tn.  ou  Samanvù —  Voy,  ce  mot. 

Onsqua,  v.  Entailler,  faire  une  hoche  ou  coche,  osquo. 

Onstaîè,  !ro,  adj\  et  «.  Casanier,  qui  aime  à  rester 
chez  lui. 

Onstalado,  «.  /*.  Maisonnée,  tous  les  habitants  d'une 
maison,  outtàou;  tous  les  membres  d'une  famille  qui  de- 
meurent ensemble.  Touto  Vawtalado,  toute  la  famille.  Vno 
oustalado  dé  mounde,  une  maison  pleine  de  gens. 

Onstalariè,  «.  f>  Agglomération  de  quelques  habitations 
dans  la  campagne  et,  dans  ce  sens,  à  peu  près  le  synonyme 
de  masado,  pouvant  se  rendre  par  petit  hameau.  On  l'ap- 
plique aussi  aux  divers  et  nombreux  bâtiments  appartenant 
à  la  même  exploitation  rurale,  à  la  même  usine.  On  dit 
même  d'une  seule  et  vaste  maison  :  Y-a  fosso  oustalariè,  il 
y  a  beaucoup  de  logement  dans  cette  maison.  On  dit  aussi 
mataje, 

Oostâon,  s.  m.  Aug.  Oustalas.  Dim.  Outtalé.  Maison, 
logis,  bâtiment  pour  y  habiter  ;  maison,  famille,  ménage. 
Oustàou  patroulâou,  maison  paternelle,  celle  oà  l'on  est 
né  et  qu'ont  habité  nos  ancêtres.  Un  outidou  éipai  cabâou, 
mais  îou  eàou,  une  maison  n'est  pas  un  avoir  mais  il  en 
faut  une.  Qudou  é$  foutrâou  que  reste  à  soun  oustàou,  que 
le  niais  et  maladroit  croupisse  chez  lui  ;  l'homme  habile  se 
donne  du  mouvement,  court  après  la  fortune  et  l'attrape, 
car  cela  se  dit  à  propos  de  l'un  de  ces  derniers.  Pér  réfourma 


CUV 

eé  que  vai  mûou  eouménço  tus  pér  Unin  oustdou,  pour  prêcher 
la  réforme,  réforme  d'abord  ta  maison.  Bos  vér  ei  pan  edou 
fan  la  ruino  d'un  oustâou,  bois  vert  et  pain  frais  ruinent 
une  maison.  Faïre  oustàou  né 9  faire  maison  nette,  congé- 
dier toute  la  maison.  Lou  fio  n*és  pas  à  l'oustàou,  rien  ne 
presse. 

OiMfdotf^  pourrait  venir  du  lat.  stalio,  demeure;  Sau- 
vages cite  à  ce  propos  un  passage  d'un  vieux  titre  où  il  est 
dit  :  in  stars  comitis  Bermundi,  pour  dans  la  demeure  du 
comte  Bermond.  Cette  ôtymologie,  lorsqu'on  sait  la  pronon- 
ciation languedocienne  des  lettres  initiales  :  $(, expliquerait 
et  légitimerait  même  la  variante  éstàou  dont  se  servent  k 
tort  cependant  quelques  personnes,  car  il  est  plos  naturel 
de  faire  dériver  simplement  oustàou  de  la  bass.  lat.  Aotia- 
/arta,  m.  sign.  dont  on  fit  d'abord  ostal  et  oiustal. 

Oatis,  s»  m, —  Plur.  OuHsses.  Outil,  instrument  d'arti- 
san, de  laboureur,  etc. 

Dér.  du  lat.  utUis,  utile. 

Ouvra,  V.  Ouvrer  ne  se  dit  que  de  la  soie  et  signifie  :  lui 
donner,  au  sortir  de  la  filature,  soit  aux  tavelles,  an  dou- 
blage ou  au  moulin,  les  divers  apprêts  nécessaires,  selon 
l'emploi  qu'on  vent  en  faire.  Dé  sédo  imvrado  est  donc  de 
la  soie  ouvrée  en  opposition  à  la  soie  grège  prise  en  sortant 
du  tour. 

OaYrésoù.  5.  f.  Façon,  apprêt  donné  à  la  soie  ainsi  qu'il 
est  dit  à  l'art,  précédent.  Ouvraison,  qui  devrait  être  fran- 
çais car  il  est  formé,  selon  l'esprit  de  la  langue,  de  son 
verbe  ouvrer,  est  très-reçu  en  style  de  filateuret  de  mou- 
lineur  de  soie. 

Gavriè,  îro,  s.  m.  et  f,  ouvrier,  ouvrière.  A  miehant 
ouvriè  gés  dé  bos  outissês,  mauvais  ouvrier  ne  trouve  jamais 
de  bons  outils.  —  Es  un  ouvriè,  uno  ouvriélro  que,  c'est 
compère,  une  commère  qui  saura  bien  se  tirer  d'aflaire. 
Traço  d'ouvriè,  mauvais  ouvrier.  —  Emprunt  au  français. 


p 


PÀ 

P.  Pé,  s.  m.  La  lettre  P.;  mêmes  valeur  et  emploi  qu'en 
français. 

Paou  faa^part,  négat.  Pas,  point.  En  français,  il  est 
ordinairement  précédé  de  la  négative  ne;  en  languedocien, 
il  s'emploie  seul  et  quelquefois  se  rend  simplement  par  ne. 
Ou  vole  pas,  je  ne  le  veux  pas.  Dise  pas,  je  ne  dis  pas. 
Y-anés  pas,  n'y  allez  point.  Gouste  pas  jamaï,  je  ne  goûte 
jamais.  Y-a  un  an  que  l'aï  pas  vis,  il  y  SLJin  an  que  je  ne  l'ai 
vu.  Pas  fosso,  pas  beaucoup.  Noun  pas,  non  pas,  non,  point 
du  tout. 

Pas  est  un  emprunt  au  français.  Le  roman  employait  la 
construction  latine  :  Establem  que  nostres  suceessors  non 


PÀ 

dom  ghisaje  que  quelque  plaigon  no  sidou  greugat,  etc.  En 
délaissant  cette  tournure  pour  se  servir  de  la  particule 
française,  le  languedocien  lui  conserve  souvent  son  orlo- 
graphe;  toutefois,  contrairement  à  la  règle  générale  qli 
veut  que  l'é  final  se  fasse  toujours  sentir,  même  devant 
une  consonne,  celle  de  pas  ne  sonne  jamais  dans  ce  dernier 
cas.  C'est  un  vice,  car  pas,  démarche,  qoi  s*ôcrit  de  même, 
se  prononce  différemment;  mais  en  faisant  ainsi,  on  évite 
beaucoup  d'hiatus  qui  créeraient  surtout  trop  de  difificnllésà 
nos  poètes.  Cependant  on  écrit  également  pa  et  il  le  faut 
bien  pour  expliquer  certaines  syncopes  fort  en  usage  : 
pa  'ncaro  pour  pa  énearo,  pas  encore;  éê  pa  çud,  pour  éi  |M< 


PAC 

aqudt  ce  n*est  pas  cela,  y^pa  *n  ea,  pour  pa  un  ea,  il  n'y  a 
pas  un  chat,  contractions  où,  parétrangeté,  ce  n*est  point  la 
première  mais  la  seconde  voyelle  de  l'hiatus  qui  est  élidôe. 

D'après  Gébelin,  la  particule pa«  viendrait  du  lat.  passus  : 
il  n'y  en  a  pas;  c'est  comme  si  l'on  disait  :  il  n'y  en  a  trace, 
vestige. 

Pachéja,  «.Faire  pacte,  conclure  une  afiaire,  un  marché, 
paeho. 

Dôr.  du  lat.  paetum^  m.  sign. 

Pacbo,  s.  f.  Pacte,  traité,  convention,  accord,  marché. 
FaxTt'pacho,  conclure  un  marché  ou  absolument,  conclure. 
Aquà  'è  pas  din  nosio  pacho,  ce  n'est  pas  dans  nos  conven- 
tions, dans  notre  traité.  A  fa  pacho  émbé  lou  Diable^  il  a 
fait  pacte  avec  le  démon  ;  se  dit  d'un  homme  qui  a  une 
chance  extraordinaire. 

Dér.  du  lat.  paclio,  m.  sign. 

Pacholo,  «.  f.  Pot-pourri,  tripotage,  ripoppée,  mélange 
hétéroclite  de  choses  diverses  qui  s'annoncent  difficilement; 
choses  qui  se  voient  rarement  ensemble  dans  un  mets; 
mélange  de  différentes  sauces,  vins  ou  liqueurs,  le  tout  peu 
agréable  à  l'œil  et  au  goût.  Pâtée  pour  la  volaille  faite  avec 
du  son  et  des  herbes  cuites  à  l'eau  et  pétries  ensemble. 

Pachoqno,  <.  /*.  Margouillis,  gâchis,  flaque  d'eau  sale, 
de  boue  liquide.  Femme  minutieuse,  tripoteuse,  épilogueuse, 
bigote,  ridiculement  scrupuleuse,  diseuse  de  riens.  Pachà 
parait  en  être  le  masc.,  comme  si  l'on  disait  brouillon,  tri- 
poteur. 

Pachonqua,  v.  Patauger,  marcher  dans  la  boue  liquide, 
s'y  crotter;  barboter  comme  un  canard  dans  une  mare  ; 
tripoter,  brouiller,  gâter,  gâcher. 

Pachouqué,  to,  adj,  et«.  Tatillon,  vétilleur,lanternier, 
chipoteur,  minutieux,  barguigneur,  qui  ne  sait  se  tirer 
d'affaire. 

La  racine  de  Pachouqué  semble  être  pachd,  et  l'adjectif 
serait  un  diminutif  comme  si  l'on  disait  petit  feseur  ou 
feseur  de  petites  affaiires.  On  dit  à  un  enfant  :  anén,  pa- 
chouqué î  Allons,  petit  barbouilleur. 

Pachouquéia,  o.  Vétiller,  tatillonner,  être  un  pa- 
chouqui. 

Pacién,  to.  aày  et  tuhsU  Patient.  Du  lat.  paXUfM,  m. 
sign.  —  Un  patient,  une  personne  souffrante  ou  malade 
avec  résignation  ;  celui  qu'on  doit  supplicier. 

Paciénço,  5.  J.  Patience.  Padm^^  médéeino  dos 
pâoures^  la  patience  est  la  médecine  des  pauvres.  Paciénço 
laïssè  brtda  soun  outtâou.  Patience  laissa  brûler  sa  maison, 
se  dit  souvent  proverbialement  pour  indiquer  que  la  patience 
doit  avoir  des  limites. 

D.  du  lat.  paiimtia,  m.  sign. 

Pacontîo,  i.  /*.  Pacotille.  Ce  fut  d'abord  les  marchandises 
que  les  officiers  et  les  gens  de  l'équipage  avaient  le  droit 
d'embarquer  gratis  pour  leur  propre  compte.;  et  comme  elles 
étaient  en  petite  quantité,  on  les  appela  pacotille,  petit 
paquet.  On  donna  ensuite  le  même  nom  à  l'assortiment  que 
de  petits  spéculateurs  emportaient  avec  eux  sur  un  navire 


PAG 


517 


pour  aller  trafiquer  au  loin  ;  et  les  uns  et  les  autres  ayant 
à  faire  à  des  chalands  ordinairement  peu  connaisseurs, 
ces  marchandises  étaient  de  qualité  fort  inférieure.  De  là, 
toute  chose  fabriquée  sans  soin  ou  de  mince  valeur,  est 
dite  de  pacotille  ou  de  balle.  Le  languedocien  emploie  paeou- 
iïo  dans  le  même  sens.  Voy.  Fourés.  Il  dit  aussi,  comme 
le  français,  d'objets  quelconques  réunis  en  assez  grand 
nombre  :  quinto  pacoutïo/  quelle  pacotille,  quelle  pro- 
vision ! 

Padélado,  s.  /*.  Poêlée,  plein  une  poêle,  padèlo,  ou  sim- 
plement poêle.  Vno  padélado  dé  pétssoùs,  d'afachados,  plein 
une  poële  de  poissons,  de  châtaignes.  On  dit  aussi  padé- 
nado  et  sartanado, 

Padéléjà,  v.  Frire,  fricasser  à  la  poêle,  passer  à  la  poële. 

Padèlo,  j.  f.  Poêle  à  frire,  lôous  à  la  padèlo,  œuis  à  la 
poêle.  Adouba  uno  padèlo,  affriter  une  poële,  c'est,  lors- 
qu'elle est  neuve  et  pour  la  rendre  propre  à  s'en  servir,  lui 
donner  un  apprêt  qui  consiste  ici  â  la  chauffer  presque  au 
rouge  et  à  la  frotter  fortement  à  l'intérieur  avec  un  oignon 
puis  avec  du  lard.  Padèlo  dé  las  afachados,  poële  où  l'on 
fait  rôtir  les  châtaignes  et  qui ,  pour  cela ,  est  percée 
d'un  grand  nombre  de  trous.  —  On  dit  aussi  padéno  ou 
sartan, 

Dér.  du  lat.  patella,  plat,  assiette. 

Paga,  v.  Payer.  Paga  en  mounédo  dé  singe,  payer  en 
grimaces,  c.-à-d.  pas  du  tout.  A  paga  n'àoustres  dévèn,  il 
a  payé  le  tribut  que  nous  devons;  il  est  mort  et  nous 
mourrons.  Entre  paga  et  mourl  on  es  ton  jour  àtén,  k  payer 
et  mourir  on  est  toujours  â  temps.  Pago  ce  que  déves  et 
gariras  dàou  mùou  qu'as,  paie  ce  que  tu  dois  et  tu  guériras 
de  ton  mal.  Quan  dévès  fôou  paga,  quand  on  doit  il  faut 
payer. 

On  le  fait  dériver  du  celt.  paga,  m.  sign.  ou  du  lat. 
pactare,  traiter,  accorder. 

Pagaire,  Pagaîro  s.  m.  et  f.  ou  Pagadoù  ne  s'emploie 
guère  qu'avec  la  qualification  de  bon  ou  michan,  bon  ou 
mauvais  payeur.  Pour  désigner  l'employé  du  Gouvernement 
qu'on  appelle  payeur,  il  faut  dire  piiur  ;  on  dit  de  même 
ouficiè  péïur. 

Pagamén,  s.  m.  Paiement  d'une  dette,  d'une  rente, 
salaire  d'un  ouvrier;  honoraires  d'un  médecin,  d'un  avocat. 
Aquà  's  esta  moun  pagamén,  dit-on  de  quelqu'un  qui  vou.h 
a  payé  d'ingratitude. 

Page-dé-conr,  s,  m.  Cette  expression  toute  française  ne 
sert  qu'à  rendre  la  comparaison  :  effronté  comme  un  page 
de  cour,  hardi  coumo  un  page  dé  cour. 

Pagèl,  s.  m.  Pagel.  Spams  eryihrinus^  Linn.,  Pagrus 
pagel,  Dict.  des  sciences  nat.,  poisson  de  mer,  à  nageoires 
épineuses,  de  l'ordre  des  Holobranches,  de  la  famille  des 
Léiopomes,  dont  le  dos  est  roux  en  hiver,  bleuâtre  en  été,  et 
le  ventre  blanc.  Sa  chair  est  blanche,  grasse  et  d'une  saveur 
agréable.  On  le  trouve  dans  la  Héditerranâe. 

Dér.  du  lat.  pageUus. 

Pa-gés,  négai.  Qu'on  peut  écrire  aussi  pas  gés,  est  un 


518 


PAG 


composé  de  ces  deux  négat.  et  signifie  aucun,  point.  Né 
véie  pas  gés,  je  n*en  voit  point,  ancan.  On  dit  pa-gés,  en 
parlant  des  choses  et  pa-rés,  en  parlant  des  personnes.  — 
Voy.  Géi. 

Pages,  0,  s.  et  n.  prçp.  Vieux  mot,  hors  d^usage  chez 
uons,  qui  signifiait  paysan,  villageois;  métayer,  fermier; 
il  est  resté  nom  propre  fort  commun  dans  le  pays. 

Dér.  du  la  t.  paganus,  m.  sign. 

Pagnè.  s,  m.  Dim.  PagnUré,  ang.  Pagnèiras.  Panier. 
Ce  mot,  générique  en  français,  l'est  beaucoup  moin  s  chez 
nous  où  la  plupart  de  ces  engins  ont  un  nom  particulier  : 
bérioul,  bancutoù,  désquo,  etc.  Pagnè  est  le  panier  d*osier 
n'ayant  qu'une  anse  en  demi-cercle  qui  va  d'un  bout  à 
l'autre  et  qui  sert  à  le  porter  d'une  seule  main.  Lorsque  ce 
panier  est  fermé  par  un  couvercle,  on  l'appelle  pagnè^- 
radîs.  On  dit  aussi,  pour  le  contenu  :  un  pagnè  dé  figos, 
dé  rasins,  un  panier  ou  plein  un  panier  de  figues,  de  rai- 
sins.—  Pagnè'lon.  (Voy,  ce  mot.)  Sot  eotimo  un  pagnè, 
se  dit  d'une  personne  qui  vient  d'éprouver  un  afiront,  une 
contrariété,  un  échec. 

Dér.  de  Pan,  parce  qu'on  le  fit  d'abord  pour  contenir 
le  pain,  ou  du  lat.  panarium,  corbeille  à  pain. 

Pagnè,  s.  m.  Sorle  d'épi  ou  de  batardeau,  fait  avec  des 
pieux  et  des  fascines,  sur  le  bord  d'une  rivière  pour  dé- 
tourner les  eaux  ou  en  amortir  le  choc.  La  manière  dont 
on  entrelace  les  fascines  dans  les  pieux,  assez  semblable 
à  celle  dont  on  tresse  les  joncs  d'un  panier,  a  fait  donner 
le  même  nom  à  cet  ouvrage. 

Pagnèirado,  x.  f.  Panerée,  plein  un  panier  de  quelque 
chose. 

Pagnèûraîre,  5.  m.  Vannier,  fabricant  de  paniers. 

Pagnèiro,  s.  f»  Panetière,  huche ,  armoire  au  pain , 
lieu  où  l'on  serre  le  pain  ;  panier  de  boulanger.  Vôou 
m'ai  pan  à  la  pagnèiro  que  bel  home  à  la  earièïro,  l'ai* 
sance  vaut  mieux  que  la  beauté. 

Pagnè-lon.  s.  m.  Pagnè-loungué,  tmg.  Pagnè-lounguas. 
Panier  long,  manne  ou  mannequin,  fait  avec  des  scions 
refendus  du  châtaignier  sauvage  ;  il  est  deux  fois  plus  long 
que  large  et  sert  à  porter  difi'érentes  charges  sur  l  épaule  : 
c'est  pour  cela  qu'on  l'appelle  encore  fatssiâou,  de  /aï, 
fardeau,  charge. 

Pagnoto,  s.  f,  Pagnote,  poltron,  couard,  es  unopognoto, 
c'est  un  trembleur. 

Pago,  s.  f.  Paie.  Dissate  fan  la  pago,  samedi  est  jour 
de  paie.  Pér  la  pago,  en  revanche,  pour  récompense.  Dé 
que  mé  daunarés  pér  la  pigof  que  me  donnerez -vous,  en 
récompense,  si  c'est  un  service  qu'on  vous  demande,  en 
dédommagement  ou  en  échange,  s'il  s'agit  d'une  espèce  de 
marché  qu'on  propose?  Pogo  dé  bourèl,  paiement  fait 
d'avance  :  autrefois  le  bourreau  percevait  une  contribution, 
en  argent  ou  en  nature,  sur  les  denrées  de  la  halle,  le  jour 
où  il  devait  faire  une  exécution.  On  dit  même  qu'en  cer- 
tains lieux  il  attendait,  pour  se  mettre  à  l'œuvre,  qu'un 
officier  de  justice  lui  eût  jeté  sur  l'échafaud,  en  présence 


PAI 

de  la  foule,  la  somme  qui  lui  revenait.  C'est  sur  œt  usage 
qu'est  fondée  la  locution  se  faire  payer  en  bouireau.  H  y  1 
une  autre  explication  :  du  temps  quo  l'on  brûlait  et  que 
Von  rompait,  un  condamné,  redoutant  avec  raison  les  souf- 
frances d'un  supplice  beaucoup  moins  expéditif  qu'aujourd'- 
hui, promit  au  bourreau  une  bonne  somme  s'il  les  loi  épar- 
gnait en  lui  donnant  promptement  le  coup  de  grtoe;  oèLai- 
ci  accepta  et  tint  parole,  mais  il  perdit  sa  créance,  car  il  n'est 
aucun  moyen  d'actioimer  son  débiteur.  Mieux  avisé  depûs 
lors,  lui  et  ses  collègues,  qu'il  informa  de  sa  mésaventure, 
prirent  l'habitude  de  se  faire  payer  d'avance  lorsqu'on  leur 
proposa  de  pareils  marchés.  Diou  pago  iar  mai  pago  2èr, 
Dieu  paye  tard,  mais  avec  largesse. 

Dér.  du  oelt.  paga,  m.  sign. 

Pago-lâougô,  s.  m.  mot  à  mot  :  qui  paie  lentement,  qai 
a  bientôt  payé,  parce  qu'il  ne  paie  pas  du  tout.  C'est  une 
qualification  qu'on  donne  à  un  mauvais  payeur. 

Paia,  V.  Rempailler  des  chaises;  clisser  une  boateilte, 
un  flacon  ;  envelopper,  garnir  de  paille  un  ballot,  un  paquet, 
une  caisse 

Dér.  ûepato. 

Paîado,  s.  f.  Jonchée  de  paille,  qu'on  met  sous  les  bes- 
tiaux, et  dans  une  basse-cour  ou  dans  une  me  pour  la  faire 
pourrir  et  la  convertir  en  fumier. 

Paîado,  s.  f.  Charivari  donné  à  un  homme  qui  se  laisse 
battre  par  sa  femme.  Dans  l'origine,  cette  burlesque  comédie 
avait  de  plus  grandes  proportions  :  on  mettait  sur  un  ✠
un  complaisant  qui  jouait  le  rôle  du  mari  quand  on  ne  pou- 
vait pas  l'y  bûcher  lui-même.  On  armait  le  patient  d'one 
quenouille  et,  au  milieu  des  huées  et  d'une  musique  appro- 
priée à  la  circonstance,  on  le  promenait  triomphalement. 
Comme,  pour  lui  faire  plus  d'honneur,  on  jonchait  de  paille 
le  chemin  qu'il  devait  parcourir,  cette  cérémonie  s'appela 
paîado. 

Pûaron,  s.  m.  Dim.  Pa\arounqué,  ang.  patarounqwa. 
C'est  une  variante  et  une  corruption  également  usitée  de 
pagnè-lon,  dont  on  fit  d'abord  pagnaion,  ainsi  que  le  pro- 
noncent beaucoup  de  personnes. —  Voy.  Pagnè-hm. 

Paîarouncado,  s.  f.  Le  contenu  d'un  païaron  ou  paghè- 
Ion. 

Paîas,  s.  m.  Grand  tas  de  paille  ;  amas  de  balayures. 

Paîasso,  s.  f.  Paillasse,  sac  de  toile  rempli  de  paille  pour 
servir  à  un  lit  ;  ce  sac,  cette  paille. 

Paîasso^  s.  m.  Paillasse,  bouffon,  bateleor  de  la  foire. 
On  l'appelle  sans  doute  ainsi  à  cause  de  son  vêtement  de 
toile,  large,  informe  comme  le  sac  dont  il  est  question  i 
l'art,  précédent. 

Païassoù,  «.  m.  Dim.  païauouné.  Panneton,  panier 
rond  de  paille,  en  forme  de  coupe  ou  de  vasque,  oà  rou  met 
la  pâte  qu'il  faut  pour  faire  un  pain. —  Ce  mot  peut  rendre 
aussi  celui  de  paillasson,  couverture  de  paille  longue  socs 
laquelle  les  jardiniers  abritent  les  plantes  de  la  gelée  oa 
nattes  dont  on  se  sert  pour  essuyer  les  pieds  ;  mais  alon 
c'est  le  français  que  l'on  emploie. 


PAI 

Paie,  j.  m.  Grenier  an  foiaplas  encore  qn'à  la  paille, 
malgré  ce  qae  semblerait  indiquer  Tétymologie;  mais  la 
paille  qui  entre  dans  ces  magasins  y  tient  de  toute  façon 
une  place  moins  importante  que  le  foin  :  de  sorte  que  fôoil, 
qui  a  son  équivalent  parfait  dans  fégnUro,  peut  aussi 
fendre  paie, 

Dér.  du  lat.  paUarium^  m.  sign. 

Paie,  <.  m.  Palier,  repos,  plateforme  sur  le  même  esca- 
lier après  plusieurs  marches,  sur  lequel  s'ouvrent  plusieurs 
portes.  Réstan  sus  hu  mémo  paXé,  nous  demeurons  sur  le 
même  palier^  au  même  étage,  porte  à  porte. 

PaîMrés,  f .  m.  Espèce  de  raisins  dont  les  grappes  sont 
grosses  et  divisées  en  grapillons.  Ses  grains  sont  gros,  ronds, 
blanca  et  de  couleur  dorée  à  la  maturité,  légèrement  mus- 
qués, sujets  à  se  pourrir.  Ils  donnent  un  bon  vin  blanc. 
Le  cep  n'est  pas  bien  vigoureux,  sans  doute  à  cause  de  sa 
grande  fertilité.  Le  bois  est  tendre,  les  feuilles  assez  grandes 
et  pas  trop  découpées.  Les  sarments  sont  assez  remarqua- 
bles ;  quelquefois  ils  se  fendent  en  deux  et  se  pèlent. 

Paîèîro,  f .  A  Cuve,  vinaire  en  bois,  moins  grande  que  le 
tinâou  qui,  de  plus,  est  ordinairement  en  maçonnerie.  Le 
vin  blanc,  se  faisant  en  moindre  quantité,  devait  se  mettre 
dans  la  plus  petite  cuve  qui  prit  son  nom  de  païèïros, 
raisin  qui  fournit  principalement  à  ce  vin  ;  ce  qui  n'em- 
pêche pas  qu'on  met  aussi  à  cuver  du  vin  rouge  dans  la 
pa*êtro.  Le  français  paillet  a  beaucoup  de  rapports  avec 
ces  diverses  expressions. 

Paîèîro,  f».  pr.  de  lieu.  Paillères,  nom  qui  désigne  plu- 
sieurs localités  du  Gard,  dans  les  communes  de  Laval,  de 
Soustelle,  le  ruisseau  de  la  Grande -Paillère  qui  prend  sa 
source  dans  la  commune  de  Thoiras,  et  surtout  Saint-Félix- 
de-Paillères,  commune  du  canton  de  Lasalle,  désignée  en 
959,  sous  le  nom  de  Villa  dePatellaco,  PatelloLcum  signifie 
le  lieu  où  l'on  fabrique  les  plats  d'étain.  C'est  en  effet  dans 
le  hameau  de  Paillères  dépendant  de  la  commune  de  Saint- 
Félix,  que  se  trouvent  les  mines  de  plomb  argentifère,  exploi- 
tées par  les  Romains  et  dont  l'exploitation  continue  encore 
de  nos  jours. 

Paiéja,  V.  Remuer  la  paille,  ce  qui  se  fait  surtout  en  la 
faisant  sauter  sur  l'aire  à  l'aide  d'une  fourche,  pour  faire 
tomber  le  grain  qui  y  est  mêlé.  On  le  dit  aussi  du  mouve- 
ment continuel  des  mains  et  des  doigts  d*un  malade  à  l'a- 
gonie qui  semble  vouloir  prendre  ou  arracher  de  la  paille, 
délire  qu'en  terme  scientifique  on  appelle  carphologie,  du 
grec  Kap^,  fétu,  Xt^ta,  je  ramasse. 

Paiéjûre,  s,  m.  Paillenr,  qui  vend  on  qui  voiture  de 
la  paille. 

Paîéto,  s,  f.  Clayon,  éclisse  pour  faire  égoutter  le  fro- 
mage frais,  toumo^  en  le  sortant  de  Yéseudélois  on  /àXssilo. 
Elle  est  faite  en  paille  ou  en  jonc.  Brin  de  paille,  fétu. 
Tira  la  paîéto,  tirer  la  courte-paille. 

Paio,  s.  f.  Paille,  tige  des  graminées  et  particnlièrement 
des  céréales;  défaut  de  liaison  dans  les  métaux.  Home  dé 
foxô  vôou  fénno  d'or,  homme  de  paille  vaut  femme  d'or. 


PÀJ 


519 


Fo)^  d'uno  pa^  un  patè^  il  fait  d'une  mouche  un  éléphant. 
Ânén  à  la  pdw  i  allons  nous  coucher  ! 

Dér.  du  lat,  PoUa,  m.  sign. 

Paio-dé-dè,  s,  /*.  Glui,  paille  longue  de  seigle  qui  sert 
à  garnir  les  chaises,  à  faire  les  paillassons  des  jardiniers,  à 
emballer  les  marchandises,  à  couvrir  les  chaumières,  etc. 
On  l'appelle  gerbée  lorsque,  demi-battue  et  contenant  un  peu 
de  grain,  on  la  donne  à  manger  aux  chevaux.  —  Foy.  CU. 

Gorrup.  de  glui  ou  du  flamand  gheluys,  dont  on  le  fait 
dériver. 

Pairastre,  s.  m.  Paràtre,  beau-père,  second  mari  de  la 
mère.  Pairastre  et  Maïrastro  sont  des  péjoratifs  de  /Mitre 
et  me^re,  comme  si  Ton  disait  faux  ou  mauvais  père,  fausse 
ou  mauvaise  mère. 

Païre,  s,  m.  ou  Pèro.  Voy,  maïre  et  pèro. 

<  Les  noms  paire^  maire,  fràire,  sorre,  dit  t'abbé  or 
Sauvages,...  ne  sont  plus  usités  que  parmi  les  pauvres 
gens  du  Bas-Languedoc  et  des  Cévennes.  Les  artisans  du 
plus  bas  étage  qui  habitent  les  villes  et  les  paysans  de  la 
campagne,  qui  ont  un  peu  de  fortuno.  dédaignent  ces  noms 
comme  avilissants  et  disent  moun  pèro,  ma  màro,  moun 
frèro,  ma  sur.  Ce  changement  introduit  dans  notre  langage 
ou  cette  affectation  d'imiter  ce  qu'on  appelle  les  honnêtes 
gens,  qui  parlent  plus  communément  français,  ne  date  pas 
de  bien  loin  ;  elle  est  une  conséquence  du  luxe  ou  de  la 
vanité  qui  gagne  tous  les  rangs  :  elle  a  bien  pénétré  dans 
les  provinces  gasconnes  méditerranéennes,  éloignées  des 
grandes  routes  et  du  commerce  des  grandes  villes.  L'ancien 
idiome  y  est  bien  moins  altéré;  les  mœurs  anciennes  qui 
vont  d'ordinaire  de  compagnie  avec  les  bonnes  mœurs,  s'y 
sont  mieux  conservées.  Dans  le  Rouergue,  ajoute  Sauvagbs, 
les  personnes  de  la  première  qualité  ne  se  distinguent  point 
du  bas  peuple,  pour  le  langage,  et  disent  encore  avec  lui  : 
moun  païre,  comme  dans  les  siècles  précédents,  où  l'on 
ignorait  cette  bigamie  de  termes  français  ou  presque  français. 

Nous  devons  ajouter  que  les  poètes  et  les  écrivains  de  la 
Renaissance  provençale  se  sont  bien  gardés  d'employer  ces 
mots  francisés  que  le  marquis  de  La  Farb  a  pourtant  cru 
devoir  adopter. 

Paire,  5.  m.  Maître- valet,  qui,  dans  une  ferme,  a  autorité 
sur  les  autres  domestiques,  comme  le  père  de  famille  dont 
il  tient  la  place.  On  l'appelle  aussi  baïlo, 

Pairè-nonria,  s  m.  Père-nourricier,  le  mari  de  la  nour- 
rice. —  Voy.  Nouris. 

Paire,  «.  m.  Parrain.  Le  plus  vieux  parent,  dans  une 
maison. 

Paiaae,  v,  Paitre,  Que  dé  ca  naï,  dé  ra  se  pdi,  qui  de 
chat  nait  de  rat  se  pait.  Quàou  dono  à  naisse,  dono  àpaïsso.' 
celui  qui  donne  la  vie,  donne  aussi  la  subsistance!  A.  Ley- 
ris,  Lous  Quatres  poutoiis. 

Dér.  du  kt.  paseero.  m.  sign. 

Pajo,  5.  /:  Page,  c6té  de  feuillet  d'un  livre,  d'un  cahier; 
l'écriture  qu'elle  contient. 

Dér.  du  lat.  pagina. 


520 


PAL 


Palado,  8.  f.  Pelletée,  pellée,  pellerée,  ce  qui  peat  tenir 
sur  une  pelle,  polo.  Bouléguo  l'argén  à  paladot  se  dit  d'an 
homme  qui  a  la  réputation  d'être  très-riche. 

Palafargnè ,  s.  m.  Palefrenier,  valet  qui  panse  les  che- 
vaux. 

Dér.  du  bas-lat.  pcUafredus^  palefroi,  cheval  de  marche 
ordinaire.  Court  de  Gibelin  fait  dériver  le  mot  palefroi  de 
pal  en  roman  grand,  et  fred  ou  vred,  cheval. 

Palaliqaa,  Perdre,  égarer.  Se  palafiqua^  tomber  rude- 
ment, tomber  de  haut,  se  précipiter.  Palafiqua,  do,  impo- 
tent, perclus. 

Pal  ou  Pdou,  pieu,  et  fiqua,  du  lat.  figere^  ficher,  faire 
entrer,  semblent  former  ce  verbe,  lorsqu'il  est  réciproque; 
c'est  comme  si  l'on  voulait  dire  entrer,  s'enfoncer  comme 
un  pieu  ;  le  participe  impotent  est  la  conséquence  d'un  tel 
accident.  Quant  à  l'acception  première,  on  ne  voit  pas  le 
rapport  qu'il  peut  y  avoir  entre  ces  idées,  et  nous  donnons 
la  définition  d'après  Sauvages. 

Palamar,  «.  m.  Mail,  du  lat.  pila,  boule,  dont  l'italien 
a  fait  aussi  palla  et  de  mar,  ait.  de  mal,  dérivé  de  tncU- 
leus,  marteau,  marteau  de  boule,  ou  bien  de  palus  et  de 
martellus,  marteau  emmanché  d'un  pal,  bâton  ou  long 
manche.  Le  français  procédant  de  même,  mais  se  servant 
de  malleut,  avait  faitpalemail.  Ce  mot,  remplacé  par  maiiou, 
n'est  guère  plus  en  usage,  et  il  se  trouve  surtout  ici  pour 
expliquer  l'origine  du  suivant,  fort  usité  an  contraire. 

Palamar,  do,  adj.  et  «.  Lourdaud,  gros  lourdaud,  qui 
parle  et  agit  lourdement,  par  assimilation  à  l'objet  précé- 
dent qui  agit  et  frappe  de  même. 

Palamardiè,  s.  m.  Fabricant  de  mails;  celui  qui  loue 
des  mails  et  des  boutes  à  la  journée. 

Palastraje  ou  Palastrajo ,  t.  f.  Penture,  bande  de  fer 
qui  sert  à  soutenir  les  portes  et  les  contrevents  et  dont 
l'œil  reçoit  le  gond. 

Paie,  s.  m.  Palet,  sorte  de  disque,  pierre  plate  et  ronde 
ou  circulaire  qu'on  jette  vers  un  but  pour  en  approcher  le 
plus  possible,  dans  le  jeu  qui  porte  ce  nom. 

Dér.  du  grec  BàXXto,  lancer. 

Paléja ,  V.  Remuer  avec  la  pelle,  se  servir  de  la  pelle, 
palo. 

Paléjaire,  s.  m.  Ouvrier  qui  remue  avec  la  pelle,  qui 
travaille  avec  la  pelle.  Dans  les  greniers  à  sel  on  lui  donne 
le  nom  de  palayeur. 

Paléto,  s.  /*.  Férule,  petite  palette  de  bois  ou  de  cuir 
avec  laquelle  les  pédagogues  frappent  sur  la  main  ou  sur 
les  doigts  des  écoliers  en  faute  ;  un  coup  de  férule.  Paléto 
est  ledim.  àepalo,  pelle,  l'instrument  de  correction  ayant 
cette  forme. 

Paléto,  s,  f.  Lançoir,  petite  vanne  ou  pale,  pelle  de  fer 
emmanchée  qui  bouche  l'abée,  par  où  l'eau  s'élance  de  l'é- 
cluse sur  la  roue  horizontale,  rodo,  d'un  moulin.  Dim. 
de  palo. 

Paléto,  t.  f.  Omoplate,  os  de  l'épaule,  mince,  large  et 
triangulaire.  En  terme  de  boucherie,  c'est  le  paleron,  pièce 


PAM 

de  viande  qui  enveloppe  Tomoplate  et  dans  laquelle,  si  elk 
est  de  bœuf,  on  distingue  le  premier  et  le  second  travers 
et  la  joue  de  bœuf.  Dans  le  premier  travers  est  la  veine 
grosse. 

La  forme  de  cet  os  lui  a  valu  son  nom  languedocien. 

Paléto-dé-ré8toama,«./*.  Bréchet,  extrémité  inférieure 
du  iternum  ou  os  de  la  poitrine,  qui  correspond  au  créai 
de  l'estomac . 

Pâli,  <.  m.  Dais  ;  poêle,  drap  mortuaire. 

Dér.  du  lat.  p(Ulium,  manteau,  couverture. 

Pallissoù,  f .  m.  Échalas,  pieu,  palis,  qui  sert  de  tuteur 
à  un  jeune  cep  ou  que  Ton  plante  de  distance  en  distance 
pour  soutenir  les  perches  horizontales  d'une  rangée  de 
vigne  en  eavaïoiis,  car  on  n'a  point  ici  de  vigne  entière 
échalassée.  Palistoà  est  le  diminutif  de  pâou,  pieu,  qui  se 
dit  aussi  pour  le  même  objet. 

Palmosalado,  n.  pr,  de  lieu.  Palmesalade,  ancienne 
chapelle  ruinée  dite  de  N.-D.  de  Palmesalade,  dans  la  com- 
mune de  Portes,  et  située  au  bord  de  l'ancienne  voie 
romaine  appelée  Régordane  qui  conduisait  de  Nimes  à  la 
Loire,  par  Gergovie  et  la  vallée  de  l'Allier.  On  trouve,  à 
proximité  de  cette  chapelle,  un  point  de  la  route  appelé  tes 
Calades  qui  présente  des  traces  de  l'ancien  pavé  de  la  voie 
romaine,  et  un  pont  antique  jeté  sur  le  ruisseau  de  Palme- 
salade. Sur  les  terrains  qui  entourent  la  chapelle  s'éten- 
dent les  anciennes  exploitations  de  minerai  de  fer,  prati- 
quées à  l'époque  romaine,  reprises  à  notre  époque  et  récem- 
ment abandonnées. 

Suivant  la  tradition,  le  nom  de  Palmesalade,  que  porte 
ce  quartier,  lui  aurait  été  donné  à  la  suite  d'an  combat 
meurtrier  livré  aux  Sarrasins,  sur  lesquels  l'année  franque 
aurait  remporté  une  victoire  chèrement  achetée. 

Palo,  <.  f.  Pelle  de  toute  sorte,  en  bois  ou  en  fer. 

Dér.  du  lat.  pala,  m.  sign. 

Paloumbo,  t,  f.  Ramier,  pigeon  sauvage.  (Colombe  ra- 
mier, Columba  palutnbus,  Temm.)  Sous  ce  nom  et  celai 
de  Bité.  {Voy.  ce  mot.)  on  confond  facilement  les  diverses 
espèces  de  pigeons  sauvages,  ramiers  ou  bisets,  il  n'y  a  pas 
jusqu'à  la  tourterelle  qui  n'y  puisse  être  comprise,  quoique 
son  vrai  nom  soit  Tourtouro. 

Palan,  s.  m.  Marais,  marécage;  en  Provence,  ou  appelle 
surtout  ainsi  un  ancien  marais  desséché  et  mis  en  culture. 

Dér.  du  lat.  palus,  m.  sign.  ou  du  grec  tcoXoç,  boue, 
marais. 

Pamén,  adv.  Cependant,  néanmoins,  pourtant,  nonobstant 
cela.  Formé  de  pas,  négat.  et  de  mén,  moins,  ce  qui  fait  qw 
de  bons  languedociens  ne  se  gênent  guère  pour  dire  pa* 
moins  au  lieu  de  cependant. 

Pamoulo,  s.  f.  Paumelle,  orge  distique,  petite  orge, 
baillarge,  orge  à  deux  rangs  sans  barbes.  Ilardeum  du- 
lichum,  Linn. 

Pampaligoumo,  n.  de  lieu.  Nom  de  fantaisie  d'un  pay^ 
imaginaire,  si  loin  qu'on  n'en  revient  pas,  auquel  oo  a 
coutume  d'envoyer  les  gens  qui  vous  ennuient.  11  pourrait 


PAN 

se  faire  pourtant  que  ce  fût  an  enjolivement  de  Pampelone, 
ville  d'Espagne  qu'on  supposait  fort  éloignée  autrefois;  et 
en  effet  on  dit  encore  :  té  mandaraï  à  Pampaligoumo,  je 
t'enverrai  à  Pampelune,  aux  grandes  Indes,  aux.  antipodes, 
voire  au  Diable.  On  dit  aussi  Pampaligouito  ou  Pampa- 
Hgo$ao. 

Pampe,  s.  m.  ou  Pampo,  t.  f.  Pampre,  jeune  pousse 
franche  ou  sauvageonne  qu'on  doit  enlever  pour  former  la 
plante,  empêcher  qu'elle  en  soit  fatiguée  ou  que  la  greffe  en 
soit  affamée.  Voy.  Déspampa,  *-  De  toute  les  ramées  que 
l'on  donne  pour  nourriture  aux  bestiaux ,  le  pampre  de 
vigne  est  sans  contredit  la  plus  mauvaise  :  c'est  pour  cela 
que,  par  métonymie,  on  appelle  aussi  pampo  un  cheval 
efflanqué  haridelle  ou  Rossinante,  qui  semble  n'avoir  pas 
d'autre  provende.  Anara  jusqu'as  pampos,  il  ira  jusqu'à  la 
chute  des  feuilles,  se  dit  d'un  poitrinaire  dont  la  mort  pa- 
rait inévitable  à  la  saison  d'automne  la  plus  rapprochée. 

Pan,<.  m.  Dm.pané.  Pain,  dont  la  forme  et  les  qualités 
sont  diverses.  Pan  d'oustdou,  pain  de  ménage,  de  cuisson, 
de  bourgeois.  Pan-bru,  pain  bis.  Pan  émbé  soun  tout,  pain 
à  tout,  dont  on  n'a  point  ôté  le  son.  Panséda,  pain  de 
seigle,  dont  la  farine  a  été  tamisée,  sassée,  sédado.  Pan  dé 
mouniciou,  pain  de  munition.  Pan  dé  eoiuino,  pain  de  cui- 
sine ou  plutôt  pain  de  la  cuisine,  acheté  chez  le  boulanger 
ou  fait  dans  la  maison  pour  les  domestiques,  plus  grossier, 
par  opposition  au  pain  plus  blanc  de  la  table  des  maîtres. 
Pan  d'ordi,  pain  d'orge,  lourd  et  grossier,  ainsi  que  l'in- 
dique le  dicton  :  groussiè  coumo  pan  d'ordi.  Le  pain  de 
boulager  reçoit  d'autres  noms  :  Pan  hlan,  pain  blanc,  de 
1  '^qualité.  Pan  ségoun,  pain  second,  de  2« qualité.  Pan  dariè, 
pain  dernier,  de  dernière  qualité.  Pan  ou  pané  d'un  sdou, 
(letit  pain,  pain  mollet,  valant  un  sou.  Pan  rotusé,  pain  de 
recoupes,  pain  bis  blanc.  Pan  réquiè,  petit  pain  de  luxe, 
de  forme  ronde  :  le  pain  de  luxe  n'étant  point  taxé  pour  le 
poids,  les  boulangera  le  font  cuire  davantage,  de  là  Pan- 
réquiè,  recuit.  Pan  croutto  leva,  pan  màou  apétoul,  crousté 
dé  pan,  lisquo,  pèço  dé  pan.  Voy.  ces  mots.  Ou  aï  fa  en 
moun  pan,  en  moun  vi,  je  l'ai  fait  sans  l'aide  de  personne, 
à  mes  dépens,  de  mes  propres  ressources.  Avédre  lou  pan 
et  lou  coutèl,  avoir  le  pain  et  le  couteau,  avoir  une  chose 
à  sa  discrétion,  être  dans  toutes  les  conditions  pour  la  faire 
à  sa  fantaisie. 

Dér.  du  lat.  panis,  m.  sign. 

Pan,  f .  m.  Empan,  mesure  linéaire  qui  avait  été  fixée  à 
9  pouces,  8  lignes,  pied-de-roi,  soit  262  millimètres  et  demi. 
Lors  de  l'adoption  du  système  métrique,  on  ne  l'appliqua 
pas  d'abord  dans  toute  sa  rigueur;  tenant  compte  des 
vieilles  habitudes,  et  dans  l'idée  erronnêe  de  faciliter  la 
transition,  on  conserva  le  nom  de  beaucoup  d'anciennes 
mesures,  et  l'on  se  contenta  de  les  modifier  pour  les  mettre 
en  rapport  avec  les  nouvelles.  C'est  ainsi  qu'on  allongea  le 
pied-de-roi,  tandis  que  l'empan  fut  raccourci  pour  qu'ils 
fassent  contenus  d'une  manière  exacte  dans  le  mètre  :  le  pre- 
mier trois  et  le  second  quatre  fois;  le;»an  valut  donc  9pou- 


PAN 


594 


ces  du  pied  métrique  ou  25  centimètres.  Quoique  proscrit 
aujourd'hui,  on  se  sert  toujours  beaucoup  de  son  nom  et  il 
est  bien  plus  ordinaired'entendre  dire  d'une  étoffe  :  M'aeousta 
einqs&omhttpan,qxiQvingt tâous  loumèstre,  ou  bien  :  numt 
fdoiités  an  hiuè  ou  nôou  pans,  plutôt  que  dous  mèstret  on 
dousmèstreset  quart,  surtout  doui  mèstrei  vinUxinq.  C'est, 
en  effet,  une  mesure  fort  commode,  car  chacun  la  porte  tou- 
jours avec  soi  :  c'est  l'espace  compris  entre  le  bout  du  petit 
doigt  et  du  pouce  très-écartés  ;  et  les  mains  trop  petites 
ajoutent  la  première  phalange  du  pouce,  en  l'abattant  pour 
compléter  cette  mesure,  que  chacun  s'étudiait  sur  un 
étalon  à  rendre  assez  exacte  et  qui  suffissait  lorsqu'il  ne 
s'agissait  pas  d'un  mesurage  rigoureux.  —  Le  pan  s'entend 
de  la  mesure  elle-même  comme  de  la  chose  mesurée.  Miè- 
pan,  demi-empan.  Avédre  un  pan  dé  nas,  avoir  un  pied 
de  nez. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  spanna,  qui  était  cette  mesure  ainsi 
formée.  En  allemand  spannen,  étendre,  mesurer  avec  la 
main. 

Pan  !  8.  m.  Onomatopée  pour  rendre  le  bruit  d'une  claque, 
d'un  soufQet,  d'un  coup  que  l'on  donne  ou  que  l'on  reçoit. 
Y  douné  uno  anquado,  pan  /  ille  fouetta,  flan,  vlan,  pan  ! 
ad  libitum. 

Pana,  do,  adj.  Qui  a  des  taches  de  rousseur  sur  la 
figure  ;  tacheté  de  roasseurs  auxquelles  les  personnes  blondes 
ou  rousses  sont  plus  sujettes.  La  sève  de  la  vigne,  au 
moment  de  la  taille,  est,  dit-on,  un  excellent  cosmétique 
pour  faire  passer  les  rousseurs.  Ces  taches,  qui  apparaissent 
aussi  nombreuses  que  les  mille  petits  yeux  d'un  pain  bien 
apprêté,  ont  pu  donner  lieu  à  un  rapprochement  qui  a  crê^ 
l'expression  de  pana. 

Panado,  f .  f.  Panade,  pain  émietté  et  longtemps  mi- 
tonné dans  du  bouillon  ou  simplement  de  l'eau  dans  laquellt^ 
on  met  ensuite  du  beurre  ou  de  l'huile. 

Panar,  do,  adj.  et  s.  Boiteux. 

Panardéja,  v.  Boiter,  clocher,  clopiner. 

Panari ,  «.  m.  Panaris.  Voy.  Roudatrê.  .Inflammation 
phlegmoneuse  des  doigta  qui  provoque  souvent  la  carie 
de  l'os  des  phalanges.  Du  lat.  panaritium,  formé  du  grec 
Ka^ytMyija,  dont  les  racines  sont  napa,  auprès  et  ovu/, 
ongle. 

Panataîo,  t.  f.  Bèrbo-dé-Nosto-Damo,  Pariétaire,  casse- 
pierre,  herbe  de  Notre-Dame.  Pamtortaoy^'d'^*^'  Linn., 
plante  qui  croît  sur  les  vieux  murs  dont  elle  prend  le  nitre 
qui  lui  donne  ses  vertus  :  elle  est  émoliiente  et  diurétique  ;  on 
l'emploie  pour  les  tisanes,  les  cataplasmes  et  les  lavements. 
Panataîo  est  une  corr.  de  parélaïo,  formé  de  paré,  en  lat. 
paries,  muraille.  On  désigne  aussi  cette  plante,  dans  plu- 
sieurs localités  du  Gard,  sous  le  nom  de  Paradàou,  dont 
l'étymologie  du  lat.  paries  est  plus  régulière. 

PanaUèiro,  s.  f.  Blatte/'B/aia;;  insecte  orthoptére,  très- 
vite,  lucifuge,  brun-noir,  plat  et  large,  à  deux  longues 
antennes,  qui  habite  autour  des  cheminées  et  des  fours.  Il 
est  assez  difficile  de  se  débarrasser  de  cette  blatte  dômes- 


:m 


PAN 


PAO 


tique  là  où  elle  a  établi  son  domicile.  Sa  pn^^férencc  pour 
la  farine  et  le  pain  lui  a  fait  donner  le  nom  de  panatièïro; 
rlle  est  pluscoiHiuc  sous  cvlui  do  Babaroio. 

Pan-blanc-d'ase,  s.  m.  Chardon-Uoland,  chardon  .'icent 
listes,  panicaut  commun,  Enjmjium  campestre,  Linn.  Sa 
racine  faisait  partie,  avec  celle  du  chiendent,  du  câprier, 
de  la  garance  et  de  l'arrète-bœuf,  des  cincj  petites  racines 
a|)6ritives;  elle  passe  pour  Mre  diurétique,  ni^phrélique, 
propre  à  provoquer  les  règles  et  à  exciter  à  l'amour;  tou- 
tefois la  médecine  en  fait  beaucoup  moins  usage  qu'autre- 
fois. Le  goût  bien  connu  de  l'ane  pour  le  chardon,  duquel 
il  fait  son  pain  blanc  ,  exi)li(}ue  suffisamment  l<^  nom 
languedocien  du  [)anicaiit.  Celui-ci  n'est  pas  cependant  l'es- 
pèce dont  les  f'nes  sunt  le  plus  friands,  et  le  français,  de 
son  coté,  a[>pello  chardon  aux  ânes  le  chardon  hémorrh<»i- 
dal,  Serrattfha  an^pnsts,  Linn.,  qui  est  nritre  câoussido. 

Pané,  s.  m.  Petit  pain,  dim.  de  pan.  Pané  d'un  sôou, 
pain  mollet  qui  vaur  un  sou.  Pane  dou  la,  petit  pain  au  lait. 

Panéja,  v.  On  1<^  dit  du  blé  et  de  la  farine  qui  f<)urni>sent 
plus  ou  moins  d<'  pain.  Aqudo  jarino  pani'jo  bien,  colle 
fariiip  foisonne  I)iiMi,  et  elle  fait  ainsi  lorsqu'elle  boit 
beaucoup  d'eau  :  ce  qui  arrive  quand  le  blé  qui  la  j)roduit 
ei'oit  dans  un  terrain  ou  graveleux  ou  sec,  tel  que  celui  des 
cùloaux  ou  des  cha/nps  en  pente. 

Panel,  s.  m.  Claie  :\  stclier  les  châtaignes.   Voy.    Cléio. 

Panel,  s.  m.  Pan,  bisque  d'un  habit,  d'un  cor^ts  de  jn|)e. 
Panrl  (le  catnisn^  le  bas,  les  bouts  inférieurs  d'une  chemise. 

Dél.  du  lat.  pdtui'a,  drap,  étoile,  qui,  dans  la  l)ass.  lat. 
^i;.MUli;iil  aussi,  portion.  S"gment. 

Panéto,  s.  /'.  Pain  de  boulang^-r,  par  o{»posilion  au  paiii 
de  ménage,  qui  est  plus  gn-s. 

Fém.  de  ;;r/;u',  dim.  (ht  pan. 

Pan-Froumén,  s.  m.  .Mâche,  Doucett^^,  Valcriana  locusta, 
Linn.,  (pii  porte  encore  beaucoup  d'autres  noms  :  blanchette, 
clairette,  p<.»ule-{jrasse,  Ixturs'Ule,  salade  de  chanoine.  Celte 
plante  croit  nnfurelji^ment  et  en  abondance  dans  les  champs, 
et  on  la  cultive  aussi  dans  les  potagers.  Elle  fournit  une 
excellente  salade,  du  moins  d'après  le  goût  de  plusieurs  de 
ses  parrains  qui  Vont  nommée  salade  de  chanoine  et  pan- 
froumvn,  parce  qu'elle  est  au-dessus  des  autres  comme  le 
j)ain  de  froment  est  au-dessus  des  autres  pains.  On  dit  aussi 
Pan-fourmén. 

Pani8,s.  m.  Panis  ou  Panic,  mil  blanc,  millet  desoiseaux, 
Panicnm  italicum,  Linn.  Dans  l'usage,  ce  millet  est  con- 
fondu avec  le  millet  commun  ou  petit  mil  panicum  milia- 
ceum.'Vnn  porte  son  grain  en  i>anicules  tandis  que  l'autre 
n'a  qu'un  épi  ras,  cylindrique  où  loul  le  grain  est  entassé  : 
c'est  11  toute  leur  différence  et  ils  sont  d'ailleurs  employés 
aux  mêmes  usages.  —  Voy.  Mél. 

Panissièïro,  s.  f,  et  n.  pr,  de  lieu.  Champ  de  panis, 
devenu  nom  de  lieu. 

Panle,  panlo,  adj.  PAIe,  Panle  coumo  las  cendres,  p;\le 
comme  la  mort.  Voy.  la  lettre  L. 

Dér,  du  lat.  palUdiis,  m.  sign. 


Panléva.  v.  Soulever.  Le  languedocien  prononce  ènlo  la 
lettre  /,  et  lui  conserve  celte  prononciation  dans  beaucoup 
de  mots  quand  elle  est  entre  deux  voyelles;  il  met  alor> 
une  n  qui  précède  l'/,  ou  qui,  lorscju'elle  est  double,  rem- 
place la  première  :  de  sorte  que  panléva  n'est  autre  que 
pal  leva,  ce  qui  équivaut  à  leva  avec  un  pal  ou  pâou  qui, 
dans  ce  cas,  signilie  levier  ;  il  ne  s'emploie  par  conséquent 
que  i)our  rendre  soulever  au  propre,  élever  quehjue  chos»^ 
de  matériel  et  de  lourd. 

Panli,  t'.  Pâlir.  Du  lat.  palier e,  m.  sign. 

Pnnloù,  s.  f.  Pâleur. 

Panos,  s.  f.  pliir.  Housseurs,  taches  de  rouss'?ur.  Voy. 
Pana. 

Pan-réquiè,  s.  m.  comp.  Pain  recuit.  Toy.  Pan, 

Pansèïo,  s.  f.  Pensée,  violette  tricolore,  Viola  tricolor. 
Linn.,  inijt.  du  français. 

Pansèl,  s.  m.  Kame.  petite  branche,  brancliage,  pour 
ramer  ou  soutenir,  enj)anselay  des  pois,  des  haricots. 

Var.  de  paissrl,  d'un  autre  dialecte,  dim.  de  pdou, 
pit'u. 

Pantaï,  s   m.  Hève,  song»^,  qu'on  fait  en  dormant. 

Dér.  du  LM'oc  c^avTQcj'i.a,  tait  de  ':>a^'j.x,  fantôme,  vision. 

Pantaïsa,   r.    Hèver,    songer,    faire    des   rêves,    de^^ 


songps. 


Pantécousto,  s.  f.  La  Pentecôte,  fête  que  célèbre  l'Église 
cinquante  jours  après  Pàqut's  en  mémoire  de  la  descente 
du  Sainl-L>[>rit  sur  les  apôtres.  Entre  Pasqitos  et  Panie- 
C(nistf),  l'ai  ta  fin  t!('ssf'r  du  no  crousln. 

Pantécoustos,  s.  f,  plur.  Tn  des  noms  du  chèvre- 
feuille, (pii  lui  a  .>ans  doute  été  donné  parce  qu'il  fleurit 
vers  la  Pent-'oôt»'.  Son  autre  nom  est  Manetos. 

Pantèrno,  mieux  Fàoutèrno,  seul  en  usage  ici.  Voy. 
c>^  df'rnier. 

Panto,  s.  /".  Bamboche,  ribote,  orgie.  Faire  la  panto, 
faire  sas  paatths,  faire  la  dél)auche. 

Pantoufléto.  s.  f.  Lu  di^s  noms  du  mufle  de  veau.  Voy. 

Carafara . 

Pàou,  s.  m.  Échalas,  quand  on  l'emploie  pour  palisser 
la  vigne;  pieu  ou  piquet,  quand  il  sert  ;\  tout  autre  usage 
analogut^.  Dé  que  fax  aqut  planta  coumo  un  pàou,  que 
fais-tu  lù  immobile  ot  tout  étonné? 

Dér.  du  lat.  Palus,  n\.  sign. 

Pàou,  alv.  de  quantité.  Peu,  dont  il  n'est  point  cepen- 
dant l'équivalent  ordinaire  qui  est  plutôt  pas  ga'ire.  H 
mange  peu,  se  dit  wanjo  pasyaire  et  non  point  manjo  pâou  ; 
il  a  {KHI  d'argent,  a  pas  gaii'f>  d'argén  et  non  a  pdou  d'ar- 
gén .  Pàou  ne  s'emploie  donc  guère  que  dans  certaines 
phrases  faites,  et  le  plus  souvent  comme  substantif.  Douna- 
mé  n'un  pdou,  donnez-m'en  un  peu.  Pâou  ou  prou,  peu 
ou  prou,  plus  ou  moins,  et  par  ext.  de  manière  ou  d'autre, 
par  bécarre  ou  par  bémol .  Pèr  pâou  qu'on  digues  mai,  pour 
peu  que  vous  ledisi-^z  encore,  si  vous  le  répétez.  Dé  pâou  à 
pâou,  peu  à  peu.  Dàou  pâou  pâou  c'cstleproverbe:petit  à 
petit  l'oiseau  fait  son  nid,  ou  rnailleàmaillese  fait  le  hau- 


PAO 

berigeon.  L^Ksia-mé  un  pâou  posta,  laissez-moi  passer,  je 
vous  prie.  Douna-mé  un  pâou  aqud,  donnez -moi  cela,  ft*il 
fous  plail.  Véir9  un  pâou,  voyons»  examinons  attentive- 
roeot.  Ou  fxnOêtpas  ?  et  Hou  tan  pâou,  vous  ne  le  vonles 
past  ni  moi  non  pins.  Entre  trop  ot  pâou,  miiuro  litâou, 
ni  trop  ni  pas  assez  ;  c'est  le  lat.  est  modus  in  rébus  et 
la  devise  du  jaste-miliea  :  in  msdio  virtu».  Pâou-vâou, 
on  vaurien.  Pâouparlo,  homme  soarnois,  silencieux,  qni 
parie  peu.  / 

Dôr.  du  lat.  paucus,  on  paueè,  pea,  en  petit  nombre. 

PâoQ  (Séa).  La  Saint-Paul,  fête  de  l'apôtre  célébrée  le 
t9  juin.  —  Nom  de  lien  fort  répanda  que  porte  une  com- 
mmie  du  canton  d'Âlais,  à  qui  l'on  ajoute  Lacosto,  parce 
que  le  cheMieuest  sur  une  montagne,  Salnt-Paul-I^coste. — 
Il  font  observer  que,  lorsque  ce  nom  devient  nom  de  bap- 
tême, il  se  prononce  comme  en  français  et  qu'il  faut  alors 
l'écrire  Pcl  ou  Paul,  si  Ton  veut  conserver  Tétymologie; 
son  dim.  est  Poule,  Potdoà,  Poulétoà,  Sén- Poule,  désigne 
le  village  de  Saint-Paulet-de^aissons,  localité  du  canton  de 
Bagnols. 

PâOQ-dé-Sén,  f.  des  deux  genr.  Personne  de  peu  de 
sens.  Aqud  's  un  pâou  dé  sén,  c'est  une  {jetite  tête,  et 
Ton  dit  souvent  le  péjoratif  pâou-dé-sénas,  c'est  un  im- 
bécile. 

Pâonière,  s.  m.  Pince,  levier,  pour  soulever  une  masse, 
ébranler  ou  détacher  un  bloc  de  pierre,  etc.  il  est  presque 
pointu  par  un  bout;  et  l'autre,  plus  gros,  est  taillé  en  pied 
de  biche.  Planta  uno  vigne  âou  pâoufire,  planter  une 
vigne  à  l'avant -pieu  et  planter  des  oseraies  à  Vaguio, 
(Voy.  ce  mot,  et  brouquaj,  c'est  faire  en  grand  ce  que  fait  le 
jardinier  avec  son  plantoir;  seulement  le  plantoir,  appelé 
aguio  ou  pâoufére,  qui  n'est  plus  le  levier,  est  une  barre 
de  fer  pointue  d'un  côté.  —  En  terme  de  meunier,  pdou^ 
fère  est  l'axe  de  fer  vertical  qui  porte  à  son  bout  supérieur 
Fanille  enchâssée  dans  la  meule  tournante  et  dont  le  bout 
inférieur  est  encaissé  dans  une  rainure  de  l'arbre  de  bois. 
[Vog.  Candèlo.J 

Pâoufére  est  un  composé  de  pâou  et  de  fère,  pieu  de  fer, 
barre  de  fer  qui  s'applique  à  toutes  ses  acceptions. 

Pâonmo,  s,  f.  Balle  pour  jouer  au  jeu  de  courte  et  de 
longue  paume;  ce  jeu  lui-même.  Drouvï  d'ièls  eoumodé 
pâoumos,  ouvrir  des  yeux  grands  comme  des  salières, 
comme  des  portes  cochères.  Pâoumo  dé  la  man;  paume  de 
la  main  ;  cette  dernière  acception  explique  la  première 
parce  que  c'est  avec  la  paume  de  la  main  qu'on  renvoie 
la  bdlle  quand  on  ne  se  sert  pas  de  la  raquette  ou  du 
battoir. 

Dér.  du  lat.  palma,  paume  de  la  main . 

Paoàn,  J.  m.  Voy.  Pavoiin, 

P&ouparlo,  s,  des  deux  genr.  Mot  à  mot,  qui  parle  peu, 
ce  qui  n'est  pas  toujours  un  défaut;  aussi  n'adresse-t-on 
guère  ce  reproche  qu'à  un  sournois,  à  quelqu'un  qu'on 
tvppose  avare  de  ses  paroles  par  calcul. 

Pftoupèilo,  s.  m.  Paupière,  voile  membraneux  et  mo- 


PAO 


523 


bile  qui  couvre  l'osil,  et  cils  ou  poils  qui  garnissent  la  pau- 
pière. On  dit  d'an  avare  :  Vtou  pas  que  dé  pâoupèrlos 
d'agasso, 

Dér.  da  lat.  palp^a,  m.  sign. 

Pâoupa,  «.  Manier,  toucher  avec  la  main. 

Dér.  da  lat.  paipare,  m.  sign. 

P&OQqaA,s.m.  Bien  peu,  très-peu,  aneidée,  on  soupçon. 
Douna-mé  n'un  pâouqué,  qu'on  pousse  quelquefois  jus- 
qu'au pâouquété,  ou  pâouquéné,  donnez-m'en  un  tantinet. 
Es  un  pâouqué  malâou,  il  est  indisposé. 

Dim.  de  pdou^  peu. 

Fâonramén,  adv.  Pauvrement,  misérablement,  triste- 
ment, mesquinement;  car  ce  mot,  comme  le  suivant,  a 
plus  d'une  nuance.  Mouriguè  pdouramén,  il  mourut  triste- 
ment, misérablement.  Mé  toumbire  bien  pdouramén,  je 
tombai  bien  malheureusement.  M'en  dounè  tan  pdouramén, 
il  m'en  donna  si  peu,  si  petitement,  si  mesquinement. 

Pàonre,  Pâonro,  adj,  et  s.  Dim.  pàouré,  aog.  pâouras. 
Pauvre,  nécessiteux;  mauvais  au  physique  et  an  moral; 
infortuné,  qui  est  à  plaindre  ou  à  regretter;  mendiant.  Las 
gUàisos  sou  pdouros  :  las  vitrossou  dé  papiè,  les  églises  sont 
pauvres,  les  vitres  sont  de  papier.  Pâoure  eoumo  Jaquas, 
pauvre  comme  Job.  Mouririè  pu  léou  Vase  d'un  pdour' 
home,  l'âne  d*un  pauvre  homme  crèverait  plutôt,  se  dit  à 
propos  de  quelqu'un  de  mince  valeur  qui  réchappe  d'une 
maladie,  et  le  français  dit  de  même  :  il  mourrait  plutôt 
quelque  bon  chien  de  berger.  Aquél  vi  es  bien  pâoure,  bien 
pâouras,  ce  vin  est  bien  mauvais,  bien  piètrc,  détestable. 

Dé  pâouros  résous,  de  mauvaises  paroles,  de  vilains 
propos.  Dé  pâouros  magnèros^  de  mauvaises,  de  tristes, 
d'inconvenantes  manières.  Pâoure  iéou  ou  pdoure  dé  Hou! 
malheureux  que  je  suis  !  Pdoure  dé  vous!  que  je  vous 
plains  !  Pâoure,  vièl  et  maldou,  souhait  de  malheurs  qup 
l'on  adresse  à  on  ennemi  :  |Je  te  souhaite  pauvreté,  vieil- 
lesse et  maladies  !  Lou  pâoure  mort,  formule  qu'on  n'omet 
guère  en  parlant  d'une  personne  décédée  depuis  peu,  sur- 
tout lorsqu'elle  mérite  rcstiroo  et  les  regrets.  Moun  pdoure 
pèro  davan  Diou  sièguef  feu  mon  père,  que  Dieu  absolve, 
ou  devant  Dieu  soit  son  âme  I  La  seconde  partie  dévotieuse 
de  cette  phrase  n'est  pas  toujours  employée  et  no  se  répète 
pas  dans  la  même  conversation;  mais  un  languedocien, 
parlant  de  son  père  ou  do  sa  mère  qui  n'est  plus,  ne  manque 
jamais,  et  cela  ordinairement  toute  sa  vie,  de  se  servir  à 
leur  égard  de  la  première  formule,  respectueuse  et  tendre, 
qu'il  traduit  même  littéralement  au  besoin  sans  s'éloigner, 
ce  nous  semble,  de  l'esprit  de  la  langue  française  :  Moun 
pdoure  pèro  disii  sottvén,  mon  pauvre  père  disait  souvent. — 
Un  pdoure,  uno  pâouro,  un  pauvre,  une  pauvresse,  un 
mendiant,  une  mendiante.  Batre  lous  pâoures,  on  dit  cela 
de  quelqu'un  de  fort  pauvre  et  aux  expédients  pour  expri- 
mer sans  doute  qu'il  battrait  les  mendiants  poar  leur 
disputer  et  leur  prendre  l'aumône  dont  il  a  plus  besoin 
qn'eux. 

Dér.  du  lat.  pauper,  m.  sign. 


524 


PAO 


Pâoure  (rasin  dé)  t.  m.  qu'on  appelle  aussi  simplement 
pdoitre,  raisin  de  pauvre  ;  aucune  espèce  ne  donne  d*aussi 
belles  grappes,  qui  sont  divisées  en  plusieurs  grapillons, 
trés-serrés,  aux  grains  assez  gros,  de  couleur  ronge  ou  rose. 
Il  n'est  pas  rare  de  voir  des  grappes  qui  pèsent  deux  kilo- 
grammes. Ce  raisin  donne  un  vin  rose  ;  sa  peau  est  un  peu 
coriace  mais  il  a  bon  goût,  Sarments  gros  et  tendres,  feuille 
assez  grande,  pas  trop  découpée. 

La  grosseur  de  ses  grappes,  dont  une  seule  suffît  pour  le 
repas  d'un  pauvre  à  qui  on  le  donne  ou  qui  le  prend,  lui 
a  valu  son  no;n. 

Pâour'  home,  inierj.  Cette  expression  n'est  point  de 
notre  dialecte  et  a  été  importée  chez  nous  du  Gévaudan  où 
elle  est  fort  en  usage;  elle  n'a  point  de  rapport  aux  facultés 
])écuniaires,  ni  aux  qualités  du  cœur  ou  de  l'esprit;  c'est 
simplement  un  terme  d'afifection  familière  qui  répond  à 
mon  ami,  mon  cher,  mon  camarade. 3f aï p^lowr'  home,  vésèi 
bé,  mais  vous  voyez  bien,  mon  cher.  11  en  est  de  même  de 
/tâouro  fénno. 

Pâourièîro,  «.  f.  Pauvreté,  misère,  indigence.  Pâûu- 
riètro  méno  lagno,  de  pauvreté  fatigue  et  peine.  Pâourièîro 
fai  l'home  impourtun,  pauvreté  rend  importun.  Pdmiriëiro 
faï  coure  carièïro,  pauvreté  fait  courir  les  rues ,  fait  perdre 
la  tête. 

Pâouroùs,  Pâouroaso,  adj.  Peureux,  craintif,  poltron. 
Il  serait  mieux  de  dire  pôouroù$;  puisqu'il  vient  de  pôou, 
peur,  mais  l'usage  a  consacré  l'altération. 

Pâousa,  V.  Poser,  placer,  déposer,  décharger,  ôter.  Pdousae 
aqud  sus  la  iâoulo,  mett<^z  cela  sur  la  table.  Pdousaunfaï. 
uno  caréto,  décharger  un  faix,  une  charrette.  Pdousa  sa 
vèjto,  ôter  sa  veste.  —  Pdousa  marqua,  Voy,  ce  mot.  — 
Se  pâousa,  se  reposer,  faire  une  pause.  Vénès  voue  pdoiua 
que  dévès  èitre  lat,  venez  vous  reposer,  vous  asseoir,  car 
vous  devez  être  las.  Pâotisén-notis  un  pâou,  suspendons 
un  moment  ce  travail,  reposons-nous  un  peu,  prenons 
haleine. 

Le  second  du  lat.  pausa,  pose,  repos,  et  le  premier  de 
ponere,  posui,  positum,  poser,  mettre  bas,  quoique  la 
prononciation  s'éloigne  du  radical  et  se  confonde  avec 
l'autre. 

Pâoiuiadis,  Pàoussadisso,  adj\  Tranquille,  reposé,  au 
propre  comme  au  figuré. 

Pâoasadoù,  s.  m.  Lieu  où  l'on  se  repose;  endroit,  objet 
où  l'on  dépose  quelque  chose. 

Pâonsaîre,  s.  m.  Poseur.  Lorsqu'on  demande,  d'un  fai- 
néant qui  ne  sait  ou  ne  veut  rien  faire,  ce  qu'il  veut  être  : 
pâouiaïre,  répond  un  tiers  qui  le  connaît,  et  cette  espèce 
de  calembourg,  tiré  du  verbe  sépdouna,  se  reposer,  est  à  peu 
près  le  seul  emploi  de  ce  mot  que  le  français  remplace 
assez  drôlement  par  inspecteur...  des  pavés. 

Pâonsado,  s.  f.  Terme  de  chasseur  pour  le  gibier  ailé. 
Tira  à  la  pàauiado,  c'est ,  pour  les  perdrix,  tirer  à  la  re- 
mise ;  mais  on  le  dit  surtout  des  autres  volatiles  pendant 
qu'ils  sont  posés  sur  une  branche  ou  par  terre.  On  peut 


PAP 

rendre  cela  par  :  tirer  au  repos,  par  opposition  à  tira  à  (a 
voulado,  tirer  au  vol  ou  en  volant. 

Paonso,  f.  f.  Pose  et  pause.  En  termes  d'arts  et  métiere, 
il  se  dit  surtout  de  la  pose  des  pierres.  Faguén  uno  pâouto. 
faisons  une  pause,  reposons-nous  un  moment.  La  pdome, 
proprement  dite  indique,  pour  les  ouvriers,  l'intervalle  com- 
pris entre  deux  reprises  de  travail. 

Pâoutéja,  V.  Manier,  patiner,  remuer,  toucher  grossière- 
ment une  chose  avec  les  mains,  pâautoi, 

Pâouto,  s,  f.  Patte,  mais  on  entend  presque  toujours  par 
ce  mot  une  grosse  et  vilaine  main  qui  ressemble  en  effet  à 
une  patte.  Marcha,  camina  dé  quatre  pdoutot,  marcher  à 
quatre  pattes. 

Pâoatn,  do,  adj.  Pattu;  qui  a  de  grosses  ou  vilaines 
mains,  de  gros  vilains  pieds.  Au  fig.  grossier,  lourdaud, 
pataud.  Pijoun  pdoutu,  pigeon  pattu,  variété  de  pigeon 
appelée  aussi  pigeon  de  maison  ou  jacobin.  Ce  pigeon  a  des 
plumes  jusqu'au  bout  des  pattes. 

Papa,  s.  m.  Terme  enfantin  synonyme  de  père.  Dans  l'a- 
sage  français,  il  n'est  par  rare  de  voir  des  hommes  et  sur- 
tout des  femmes  d'un  âge  avancé,  dire  à  leurs  parents  papa 
et  maman.  Dans  le  languedocien  et  surtout  parmi  le  peuple, 
il  n'en  est  jamais  ainsi  :  Le  tout  jeune  enfant  qui  balbutie 
papa  et  marna,  dit  bientôt  papa  et  mamo  dès  qu'il  articule 
un  peu  mieux  ;  et,  à  peine  est-il  grandelet,  qu'il  ne  dit  plas 
que  pèro  et  mèro,  ou  même  paire  et  maïre.  Aussi  serait-il 
parfaitement  ridicule  de  demander  à  un  homme  fait  et 
même  à  un  jeune  adolescent  :  Coussi  vc^  ta  tnama?  Voy. 
Marna.  Du  grec  nij^oLç,  père  en  terme  enfantin. 

Papa,  s.  m.  Jabot,  poche  ou  premier  estomac  des  oiseaux 
dans  lequel  la  nourriture  est  humectée  et  macérée,  ce  qui 
la  dispose  à  recevoir  la  digestion  dans  le  gésier;  périê, 
second  estomac  où  elle  passe  ensuite. 

Dêr.  du  lat.  pappare,  manger  des  choses  qu'il  n'est  psi 
besoin  de  mâcher. 

Papassar,  s.  m.  Augm.  et  péj.  de  papier  papier  qui  est 
formé  dans  le  même  esprit  que  paperasse.  On  l'applique 
aussi  bien  à  une  grande  affîche  collée  au  coin  d'nne  me  qu'à 
un  long  et  ennuyeux  mantiscrit. 

Pape,  <.  m.  Variante  plus  courte  et  plus  facile  à  pro- 
noncer du  mot  suivant. 

Papéto,  «.  m.  Grand-papa,  bon-papa»  dans  le  vocabu- 
laire des  petits-enfants  qui  ne  disent  moun  gran  qu'un  peu 
plus  tard.  Papéto  et  jpopa  sont  les  dim.  de  papa;  et  le  fran- 
çais, par  la  même  antiphrase  câline,  dit  aussi  aa  grand-père: 
petit  papa. 

Papiè,  s.  m.  Papier.  Papiè-bétcui,  feuille  de  papier  sur 
laquelle  les  pâtissiers  disposent  leurs  biscuits  vnlgairemeot 
appelés  langues-de-chat  avant  de  les  mettre  aa  four.  Les 
biscuits  enlevés,  les  pâtissiers  vendent  oa  plat6t  vendaient 
ces  papiers  vides  aux  enfants  qui  en  suçaient  les  em- 
preintes. 

Papiè-magna,  qu'on  appelle  ailleurs  papier  d*embalUge, 
grand  papier  gris,  grossier,  fort  employé  dans  Véducatioa 


PAR 

des  versàsoie,  pour  couvrir  le  fond  des  clayons  appelés  cam- 
panèjes,  où  OD  les  tient  an  premier  âge,  on  bien  les  tables 
sur  lesquelles  on  les  transporte  encore  petits,  pour  qu'ils  ne 
passent  pas  au  travers.  Ce  serait,  dans  les  Cévennes,  le  plus 
connu  de  tous  les  papiers,  si  ce  n'était  le  papiè^marqua  qui 
ne  Test  que  trop;  sans  compter  lom  papiès  oMpapièê-nou- 
vélos  qui  cependant  commencent  à  passer  un  peu  de  mode 
(X)ur  prendre  le  nom  français  de  journal,  —  M'a  fa  un 
papié,  il  m'a  fait  un  billet.  Quan  papiès  parlou,  barbos 
ealou,  quand  le  papier  parle  les  hommes  se  taisent.  A  quel- 
qu'un qui  veut  dissimuler  un  état  d'ivresse  encore  niable, 
on  dit  de  prononcer  :  figo  lignolo  papiè  hlu;  mots  qui  n'ont 
aucun  sens  mais  dont  l'articulation  est  un  effet  assez  dif- 
ficile pour  qu'une  langue  qui  commence  à  s'embarrasser  ne 
paisse  sortir  de  l'épreuve  avec  honneur. 

Papièlréja,  v.  Paperasser,  remuer,  feuilleter,  arranger 
des  paperasses  ;  en  avoir  les  poches  pleines,  faire  beaucoup 
d'écritures,  le  plus  souvent  inutiles. 

Dér.  de  papiè,  papier. 

Papièîré)aîre,  f .  m.  Paperassier,  écrivassier,  qui  aime  à 
papièïréja, 

Papo,  s.  m.  Pape,  le  chef  de  l'Église  catholique. 

Dér.  du  lat.  papa,  père  et  pape. 

Papo,  variante  de  papa,  pour  père,  et  qui,  comme  mamo^ 
est  le  second  degré  de  cette  dénomination  enfantine.  — 
Voy.  Papa. 

Papogai,  s,  m.  Perroquet.  L'italien  dit  papagallo  et  le 
portugais  papagajo,  comme  le  français  disait  papagai  ou 
papegai,  aujourd'hui  parouqué,  seul  nom  en  usage,  est 
tout  français.  Papogaï  n'est  usité  que  dans  cette  phrase  : 
Simblo  aqui  lou  Papogaï,  il  est  là  comme  le  pape  Colas, 
qui  est  dit  pour  Nicolas. 

Paqné,  «.  m.  Paquet,  assemblage  de  plusieurs  choses 
liées,  ficelées,  enveloppées,  réunies  ensemble. 

Par.  5.  f.  Part,  portion  d'une  chose  divisée,  partie  d'une 
chose  commune  à  plusieurs.  Dé  très  pars,  uno,  le  tiers; 
dé  très  pars,  dos,  les  deux  tiers;  dé  quatre  pars,  uno,  le 
quart,  etc.  —  Le  français  est  ici  plus  concis;  mais  notre 
ancien  langage,  comme  le  fait  observer  Sauvages,  n'était 
pas  familiarisé  avec  les  termes  abstraits.  —  Ma  par  /  je 
retiens  ma  part  !  dit-on  à  quelqu'un  qui  ramasse  une  chose 
perdue  et  que  l'on  retrouve  en  notre  présence.  Cette  locution 
qui  n'exprime  plus  aucun  droit,  à  moins  qu'on  ne  le  fasse 
valoir  par  la  force,  vient  du  droit  de  part  en  vigueur  dans 
certains  pays  où  celui  qui  avait  fait  une  trouvaille  était 
obligé  de  la  partager  avec  celui  qui  en  avait  été  le  témoin.  — 
Y'ou  dires  dé  ma  par,  vous  le  lui  direz  de  ma  part. 

Dér.  du  lat.  pars,  m.  sign. 

Para,  v.  Parer,  ragréer  avec  la  serpette  la  place  que  la 
scie  a  faite  à  une  branche  d'arbre;  enlever  les  chicots,  le 
vieux  bois  de  la  vigne,  d'un  arbre,  avec  la  serpe;  parer  le 
cuir;  enlever  avec  le  couteau  à  deux  manches  appelé  bou- 
toir, ce  qui  est  resté  de  l'épiderme  de  l'animal  attaché  à  la 
peau;  en  terme  de  sellier,  ravaler,  amincir  le  cuir;  parer 


PAR 


525 


le  pied  d'un  cheval  avant  de  le  ferrer  ;  couper  la  corne  avec 
le  boutoir,  butavan  ;  fouler,  dégraisser  le  drap  dans  les  fou- 
lons. On  le  dit  aussi  pour  parer,  éviter  un  coup  r/xirooftié/, 
pare  celui-là. 

Parabondo,  s.  /*.  Parapet,  garde-fou,  balustrade  d'un 
pont,  d'un  quai,  d'une  terrasse,  d'un  balcon;  rampe  d'un 
escalier.  —  Un  curé  retraçait  en  chaire  les  difficultés  du 
Paradis.  On  ne  peut  y  arriver,  disail-il,  que  par  un  pont 
jeté  sur  le  gouffre  de  l'enfer,  et  ce  pont  est  si  étroit  !. . .— 
A  cette  peinture  émouvante  qui  ne  laissait  pas  de  l'in- 
quiéter, un  paroissien  s'écrie  du  milieu  de  l'église  :  Y-apas 
gés  de  parabondo;  mottssu  lou  cura  ?  —  Nani,  moun  orne, 

—  Alor,  à  bas  mé  vése. 

Parabondo  est  dit  pour  parabando,  et  c'est  de  cette  der- 
nière manière  que  l'écrit  Sauvages,  malgré  sa  prédilection 
pour  le  dialecte  rayol  ;  il  paraîtrait,  dès  lors,  .que  ce  mot 
est  formé  dépara,  défendre,  préserver,  et  de  bando,  troupe, 
foule  ;  c'est  dans  ce  sens  qu'est  formé  le  français  garde-fou. 

Paradis,  s.  m.  Paradts,  séjour  des  élus,  des  bienheureux. 

Dér.  du  grec  Tcapiostdoç,  jardin.  Le  premier  paradis  ter- 
restre était  en  effet  un  jardin. 

Paradis,  s.  m.  Paradis;  dernières  galeries  d'un  théâtre. 
Ce  n'est  point  parce  qu'on  y  est  mieux,  mais  parce  qu'elles 
sont  très-élevées  que,  par  un  rapprochement  irrévérencieux, 
on  a  donné  à  ces  places  la  dénomination  de  paradis  que 
les  voyous  remplacent  aujourd'hui  par  celui  de  poulailler, 
lieu  où  s'entassent  les  poules  pour  se  jucher. 

Paradis,  Paradoù  et  Paraîre,  adj.  et  f .  m.  MouH  pa- 
radis, moulin  à  foulon,  pour  fouler  et  dégraisser  les  draps. 

—  Ce  nom  est  encore  celui  d'un  moulin  à  blé  et  à  huile 
d'Alais,  bien  qu'il  ne  serve  plus  à  sa  première  destina- 
tion et  souvent  on  retranche,  en  en  parlant,  le  mot  moulé  : 

—  Ounte  anas  môoure  ?  — En  paradis. 

Paradoù,  adj.  et  «.  m.  C'est  le  synonyme  de  Para<fl«et 
j9ara«or0  :  mais  aussi,  comme  substantif ,  il  signifie  le  foulon 
lui-même. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  paratorium,  lieu  où  l'on  prépare  les 
draps.  —  Coutèl  paradoù  ou  seulement  paradais,  paroir, 
couteau  à  parer  dont  se  servent  les  sabotiers  pour  donner 
la  dernière  façon  aux  sabots. 

Paraîre,  Voy.  Paradis,  dont  il  est  le  synonyme. 

Parâoulassos,  s.  f.  plur.  Paroles  grossières,  sales,  œ 
que  l'on  appelle  populairement  gueulées,  d'où  l'on  a  fait  en- 
gueuler, dans  le  même  style,  péjor.  de  parâoulo. 

Parâoull,  s.  m.  Parlerie,  babil,  caquet,  bavardage, 
verbiage. 

Parâoulo,  s.  f.  Parole.  Parlan-t-én  réspè,  que  par&oulos 
pudoupas.*.  sauf  votre  respect,  car  paroles  ne  puent  point... 
précaution  oratoire  dont  on  ne  se  dispense  guère  en  parlant 
d'un  animal  immonde  ou  peu  noble,  ou  de  choses  de  même 
nature.  Ploumos  et  parâoulos,  l'âouro  las  émportOf  plumes 
et  paroles  le  vent  les  emporte.  Pardoùlos  volou,  éseris  démo- 
rou,  paroles  s'envolent,  écrits  restent;  c'est  le  mot-à-mot 
de  l'adage  latin  :  verba  volant,  scripta  manent,  idée  que  l'on 

67 


r)'2t) 


PAR 


rend  encore  par  :  les  paroles  sont  des  i'enieiles,  les  l'ails  sont 
des  njàies. 

Parapèl,  s.  m.  Parapet,  ^m  r  de -ion,  murs  t'i  hauteur  d'ap- 
pui sur  un  pont,  un  quai,  une  terrasse.  Alléralion  du  mot 
français  parapet  qui  est  Inrmr-  do  ritalieii  parapeliu,  qui 
défend  la  poitrine,  petio. 

Parapléjaïre,s.  m.  Fabricant  et  marchand  d^  [Kirapluies, 
surtout  le  marchand  ambulant,  qui  court  la  ville  et  la  cam- 
pagne, sa  boutique  sur  le  dos,  raccommodant  plus  de  vieux 
(ju'il  ne  vend  de  neuf. 

Paraplèjo,  5.  m.  Dim.  Paraplèjclo;  aug.  paraplèjassoy 
parapluie. 

l)«h\  de  para  ou  apura,  défendre,  et  de  plèjo,  pluie. 

Parasol,  s.  m.  Dim.  parasoulc  ;  auj:.  parasoulas.  Para- 
sol, emprunté  au  français,  mais  [tour  signifier  plutôt  para- 
pluie plus  soigné  et  d'étotVe  plus  coûteuse. 

Parasoulaïre,  s,  m.  fabricant  et  marchand  de  para- 
[)luies,  et  de  parasols,  connue  le  jiaraplèjaïre.  —  Voy. 
Parasol. 

Parço,  couj.  Ahrév.  de  parço-qffc,  (jui  ne  sert  que  pour 
faire  une  réponse  fort  usitée  et  la  plus  péremptoirc  de  toutes. 
Pér  dé  qnou  vos  jkis?  —  Parço.  Pourquoi  ne  Ic  vcux-tu 
pas?  —  Parce  que.  Dans  la  mèuic  circonstance  parço  que 
est  aussi  employé. 

Parço  que,  conj.  Parce  que.  Par  pour  par,  qui  se  dit 
pér,  n'est  [las  languedocien;  cela  indique  du  reste  ([ue /;  a  rj;o 
que  est  une  de  ces  conjonclions  empruntées  au  français, 
et  il  s'iMnplnjo  dans  les  mêmes  cas  que  parce  qu<». 

Pardi,  iuicrj.  Pardi,  |)ris  au  français  pour  adoucir, 
comme  lui,  le  juron  par-liou,  pardieu. 

Pardinche,  interj,  Pardicnne,  parbleu.  C'est  une  de  ces 
nombreuses  variations  exécutées  par  une  bouche  timorée 
[K)nr  fain^  presque  disparaître  le  thème  original  panliuu. 

Pardiou,  interj.  Pardieu!  Le  languedocien  devrait  faire 
<l  dire  pénliou;  ce  mot  est  donc  une  copie  servile  du  fran- 
çais qui  a  prêté  jusqu'.'i  sa  préposition  |)ar.  cjui  n'est  point 
languedocienne.  Pardiou^  cotume  ses  attéJiuations,  y^/'Jîn/i, 
pardinche,  csl  une  sorte  de  jurement  et  d'aflirmation.  Par- 
diou.' l'ou  faraiveire,  pardieu!  je  to  le  ferai  bien  voir.  Oh  ! 
pardiou,  nou,  non  C'M't':'S  pas  ! 

Paré,  s.  f.  Paroi,  mur,  muraille.  Parés blanquos,  papùs 
/7é /b/i;  muraille  blanche,  papiin*  do  fou,  d'imbécile;  avis 
aux  personnes  qui  y  inscrivent  leur  nom  :  IS'orrUna  siulto- 
rum  semper  parietibus  iiisunt. 

Dér.  du  lat.  paries,  m.  sign. 

Parégu,  do,  ;>arf.  pass,  de  Partisse . 

Paréïsse,  v.  Paraître,  se  faire  voir,  se  montrer;  avoir 
Tair,  l'apparence,  sembler.  Mù  paréi,  il  me  semble. 

En  QS[K  parecer,  m.  sign. 

Parél,  s.  m.  Paire,  couple.  Paire,  lorsqu'il  s'agit  de  l'as- 
semblage de  deux  choses  qui  vont  ordinairement  ensemble 
et  d'une  chose  unique  essentiellement  composée  de  deux 
pièces  séparables  :  un  parél  dé  bi^kius,  dé  soutes,  dé  pistou- 
Us,  dé  pouUs,  dé  pijouns,  une  paire  de  bœufs,  de  souliers, 


PAR 

de  pistolL-ts,  de  poulets,  de  pigeons;  un  parél  dé  €itèou.s, 
d'éstenaios,  de  braios,  unc  paire  de  ciseaux,  de  tenailles  ;mi 
pantalon.  Aqno's  un  7^0 u/î  ^are/,  c'est  un  joli  couple,  en 
parlant  de  deux  époux.  Couple  qui,  dans  ce  cas,  est  nias- 
culin,  redevient  féniinin  lorsiju'il  est  considéré  comme  un 
certain  nombre  de  choses  à  peu  près  indéterminé  :  un  parel 
d'ioous,  dé  lidors,  dé  jours,  uue  coui>le  d'œufs,  de  louis, 
de  jours.  —  A  bêles  partis,  deux-à-deux. 

Dér.  du  lat.  par,  paris,  pareil,  égal. 

Parén,  to,  5.  m.  et  f.  Parent,  qui  est  uni  par  le  sang. 
Â(juén  d'arfjériy  manquara  pas  paréns,  ayons  de  l'argent, 
les  parents  ne  nuuKjueronl  pas.  Paréns  sans  amisy  farino 
sans  tauùs,  parents  sans  arnis,  farine  sans  tamis.  Quant 
aux  parents  par  alliance,  ils  sont  encore  plus  mal  traités 
par  le  proverbe  :  paréns  dé  ma  fénno,  paréns  dé  nwun 
quiou.  —  Paréns,  ceux  de  qui  l'on  descend  et  plus  ordi- 
nairement le  père  et  la  njére.  Sous  paréns  soun  estas  dé 
GinouïUf  ses  parents,  ses  ancêtres,  ses  ascendants,  étaient 
de  Gén<»lh,ic.  S'és  brouia  émbé  sous  paréns,  il  s'est  brouillé 
avec  ses  parents,  avec  son  père  et  sa  mère.  On  domie  le 
nom  géiiériiiue  de  parén  pour  laisser  dans  le  vague  le 
degré  de  parenté  qui  est  souvent  plus  éloigné  :  Coumo 
anasj  parén  Y  Comment  allez-vous  oncle  ou  cousin  ? 

Dér.  du  hi.  parcns  qui  s'entendait  des  ascendants  directs. 

Paréntaje,  s.  m,    Parentagc,  parenté. 

Paréntèlo,  v.  m.  Parentelle,  les  parents  en  général;  tous 
les  parents. 

Pargado,  s.  f.  Étendue  de  terrain  parqué  ou  occupe 
par  un  parc,  parguc,  et  amendé  par  le  crottin  et  le  pissAt 
des  moulons;  Sauvages  dit  i)arquée. 

Pargue,  *.  m.  Parc  A  l)rebis,  clôture  faite  avec  des  clai^^s, 
vlcdos,  soutenues  par  des  pieux  auxquelles  elles  sont  atta- 
chées. Vira  lou  pnryue,  changer  le  parc,  ce  qui  se  fait  en 
laissant  en  place  les  claies,  d'un  côté  du  terrain  circonscrit, 
et  repliant  l(?s  autres  pour  former  une  nouvelle  enceinte 
pareille  et  con ligué  à  la  première  ;  oj)ération  bien  mieux 
précisée  par  le  terme  vira,  tourner,  retourner.  —  Ai  hé 
d'doutres  panjues  à  vira,  j'ai  bien  d 'autres  aflaires,  d'au- 
tres chiens  à  fouetter. 

Parqué j a  ou  Parga,  v.  Parquer  ou  faire  parquer  les  bre- 
bis :  pratique  ([ui  procure  à  ces  animaux  la  santé,  un  bon 
engrais  aux  terres  î\  blé,  et  un  l)elle  toison  au  propriétaire. 
(Sauvaoes.) 

Paria,  v.  Parier,  faire  tenir  un  pari,  une  gageure. 

Empr.  au  français  :  on  dit  mieux  jou^a. 

Parié,  ïro,  adj.  Pareil,  égal,  semblable.  Lou  parié  man- 
quo  OU  soun  parié  es  à  naisse,  son  pareil  n'existe  pas  ou 
son  pareil  est  à  naitre,  dit-on  d'un  original,  d*un  exlrava- 
gajit.  Sou  pariés,  ils  sont  égaux,  de  môme  force,  du  même 
âge,  de  même  taille.  Sou  pas  pariés,  ils  ne  sont  pas 
égaux  de  force,  d'adresse  ou  d'intelligence.  Se  fùou 
faire  émbé  sous  pariés,  il  faut  se  faire,  se  fréquenter  avec 
ses  égaux.  M'en  fùou  un  parié,  il  m'en  faut  un  semblable. 

Dér.  du  lat.  par,  paris,  m.  sign. 


PAR 

Pariuro,  «.  f.  Pari,  gageure.  Faguén  uno  pariuro,  pa- 
rions, gageons,  faisons  une  gageure,  un  pari. 

Parla,  v.  Parler.  Parla  e&umo  la  bèlo  Jano,  babiller, 
bavarder,  comme  une  commère,  comme  une  pie  borgne.  Si 
$iét  bono  câouso,  parlo  ;  se  que  dé  nou,  rétiro-té,  si  tu  es 
bonne  chose,  parle;  sinon  retire-toi;  ce  qui  veut  dire: 
Si  tu  viens  de  Dieu,  parle;  si  tu  viens  du  démon,  va-t-en  ; 
sorte  de  conjuration  que  font  les  poltrons  qui  croient  voir 
des  spectres  dans  Tobscurité.  —  Àquà  i'apMo parla/  Voilà 
ce  qui  s'appelle  parler!  —  Parla-mé  dé  Méjano,  pér  lou 
bon  vif  vive  Méjannes  pour  le  bon  vin!  —  Parla-mé  qu'où 
mvim,  —  Notez  que  je  le  savais,  le  bon  de  TafTaire  c'est 
que  je  le  savais.  —  I^rla-mé  qu'où  aï  pa$  vis^  je  ne  l'ai 
sans  doute  pas  vu!  se  dit  ironiquement  pour  montrer  qu'on 
est  au  courant  d'une  affaire.  —  Eh  hé,  quan  té  parlo/  Eh 
bien  qui  l'aurait  dit  !  Parla  di  iêsto,  délirer.  Parla  coumo 
un  libre,  parler  comme  un  livre,  ex  profèsso,  Parlan-t-én 
réspè,  sauf  le  respect  que  je  vous  dois,  que  je  dois  à  la  com- 
pagnie, sauf  révérence,  révérence  parler,  formules  familières 
au  français;  mais  le  languedocien  emploie  la  sienne  dans 
toutes  les  occasions  où  il  parle  de  quelque  chose  dont  il 
craint  que  l'idée  ou  l'expression  peut  choquer  ou  blesser; 
et  il  complète  souvent  sa  formule  par  :  parâoulos  pudou  pai. 
—  Vby.  Parâoulo, 

Parla  à  uno  fïo  ou  émb'uno  fïo,  faire  la  cour  aune  fille, 
la  rediercher  dans  des  vues  honorables.  Se  parla  est  plus 
réciproque  et  se  dit  des  fréquentations  souvent  fort  lon- 
gues, connues  de  tout  le  monde,  autorisées,  approuvées 
par  les  parents,  qui  ont  lieu  entre  un  garçon  et  une  fille, 
et  dont  presque  tous  les  mariages  du  peuple  sont  précédés. 
Se  pairiay  éveille  l'idée  d'une  grande  réserve  dans  ces  rela- 
tions, réserve  que  n'indique  pas  tout-à-fait  le  terme  fringa, 
qui  laÎAse  un  peu  plus  de  prise  à  la  médisance.  —  Voy, 
Fringa, 

Parladiflso,  s.  f.  caquets,  partage,  longs  propos,  longs 
entretiens. 

Parlaire,Parlttro,5.  m.  et  f.  Parleur,  causeur,  bavard, 
indiscret. 

Parlamén,  «.  m.  Entretien,  causerie,  conversation.  Se 
prend  aussi  pour  synonyme  de  parla,  subst.  :  Vat  eounégu 
à  toun  parlamén,  ou  à  soun  parla,  je  Tai  reconnu  à  sa  voix, 
a  sa  manière  de  parler. 

Paro-fré,  s,  m.  mot-à-mot  pare-froid  qui  devrait  bien 
être  françait  au  même  titre  que  parapluie,  paravent.  On 
peut  donner  ce  nom  à  une  chose  quelconque  qui  garantit 
du  froid;  mais  on  l'applique  communément  à  tout  vêtement 
chaud. 

Paro-monsqno,  s.  m.  Émouchette,  caparaçon  à  treillis 
ou  réseaux  avec  des  bouts  de  cordes  pendantes,  appelées 
volettes,  pour  garantir  les  chevaux  des  mouches,  (^mme 
nom  générique  on  peut  aussi  donner  ce  nom  à  l'émouchoir 
ou  chaSBe-mouches.  -^  Voy.  Mouseaî, 

Panmassièii,  o,  s.  Paroissien,  halntant  d'une  paroisse. 
Parawutièn,  livre  qui  contient  les  prières  qu'on  dit  dans 


PAR 


527 


la  paroisse.  Emprunt  fait  au  français.  Es  un  parouassièn 
que  a'émbèstio  pas,  c'est  un  gaillard  qui  n'a  pas  de  pous- 
sière aux  yeux. 

Parouèsso,  f.  f.  Paroisse,  territoire  d'une  cure;  ses 
habitants. 

Parouqué,  s,  m.  Perroquet.  Psittacus.  Oiseau  grimpeur, 
frugivore,  à  bec  crochu,  dont  les  variétés  nombreuses  sont 
remarquables  par  leurs  riches  couleurs.  L'Italien  dit  Papa- 
gallo,  et  le  Portugais  Papagayo,  comme  nous  disions 
Papagaï,  Aujourd'hui  Parouqué,  nom  tout  français,  a 
prévalu. 

Parpaîoù,  s.  m.  Papillon.  Papilio,  Tout  le  monde  sait 
que  les  papillons,  la  plupart  remarquables  par  leur  robe 
brillante,  ont  été  d'abord  des  chenilles,  en  général  fort 
laides.  C'est  l'insecte  arrivé  à  l'état  parfait  après  avoir  passé 
par  ceux  d'œuf,  de  chenille  et  de  chrysalide. 

Parpaîouna,  v.  tous  fouséls  parpaïounou,  les  cocons 
percent,  les  papillons  éclosent;  parpaîouna  est  dit  ici 
pour  faire  des  papillons.  Au  moment  de  la  mue  des  vers  à 
soie,  quand  la  plupart  sont  endormis,  pour  préparer  les 
retardataires,  on  jette  quelques  feuilles  çà-et-là  jusqu'à  ce 
qu'on  cesse  tout-à-fait  de  donner  à  manger  :  cela  s'appelle 
parpaîouna.  Lorsqu'il  tombe  de  ces  flocons  de  neige  rares 
el  assez  gros,  on  dit  encore  :  la  nèou  parpdiouno.  Dans  ces 
deux  dernières  acceptions,  parpaîouna  exprime  papillonner, 
faire  comme  le  'papillon.  Parpaîouna,  papillotter,  remuer 
involontairement  les  paupières  qui  imitent  le  mouvement 
rapide  des  ailes  du  papillon. 

Parténço,  s.  f.  Départ.  Souî  dé  parténço,  je  suis  sur 
mon  départ,  à  la  veille  de  mon  départ. 

Parti,  s.  m.  Parti,  union  de  personnes  contre  d'autres 
qui  ont  un  intérêt  contraire;  détermination,  usage,  utilité; 
personne  à  marier,  considérée  sous  le  rapport  des  avantages 
qu'elle  apporte.  Sèn  dàou  mémo  parti,  nous  sommes  du 
même  parti,  de  la  même  opinion  politique.  Aquél  luchcXr^ 
faî  soun  parti  tout  soûl,  ce  lutteur  est  seul  de  son  parti,  il 
est  sans  associés.  Préne  soun  parti,  prendre  son  parti,  se 
décider.  Tira  parti,  tirer  parti.  Aquélo  fîo  far  a  un  bon 
parti,  cette  fille  sera  un  bon  parti.  Outre  ces  acceptions 
toutes  françaises,  on  dit  parti  pour  exprimer  une  certaine 
quantité  :  aehatèrs  un  parti,  un  pichà  parti  dé  bla.  j'achetai 
une  certaine  quantité  de  blé.  Y-a  aqui  un  pouli  parti  dé 
fiëio,  il  y  a  là  une  belle  quantité  de  feuille,  un  beau  produit 
en  feuille. 

Dér.  du  lat.  partiri,  partager,  et  pars,  partis,  partie. 

Parti,  t7.  Partir,  se  mettre  en  chemin;  prendre  sa  course, 
son  vol;  partir,  pour  un  coup  de  fusil,  de  mine;  fendre, 
partager,  Partis  pas  lou  jour  qu'émbasto,  il  ne  cuit  pas  du 
premier  bouillon,  se  dit  d'un  lambin.  La  tèsto  mi  partis,  la 
tête  me  fend.  Partiriè  un  peu  en  dous,  il  partagerait  un 
cheveu;  il  couperait  un  liard  en  quatre,  se  dit  d'un 
avare. 

Dans  les  premières  acceptions,  du  français  parrtr;  dans 
la  seconde,  du  lat.  partiri,  partager,  séparer. 


528 


PAS 


Particnîè ,  îro,  «.  m.  et  f,  Particalier.  Ce  mot  français 
n*est  emprunté  que  pour  cette  locution  populaire  :  é»  un 
particule,  uno  parlicuïèïro  qu'é  nén  sa  prou,  c'est  un 
gaillard,  un  malin  qui  en  sait  long,  qui  ne  se  gène  pas,  etc. 

Partido,  s.  /*.  Partie,  portion,  partie  de  plaisir,  de  jeu. 
Purtido!  gagné!  cri  de  triomphe  qu'on  ne  pousse  pas  seu- 
lement au  coup  qui  donne  une  partie  de  jeu,  mais  encore  à 
nn  accident  ou  un  événement  qui  décide  d'un  succès  quel- 
conque et  même  d'un  revers,  d'un  échec.  Seulement,  dans 
ce  dernier  cas,  l'intonation  l'indique,  et  c'est  le  contum- 
matum  est/ 

Pas,  s.  m.  plur.  Passes,  dim. passé.  Pas,  déplacement  des 
jambes  en  avant  pour  marcher;  pris  pour  mesure,  lou  pas, 
équivaut  à  un  mètre.  Préne  sous  quinze  passes,  faire  ses 
quinze  tours.  Vôou  davan  mous  passes,  je  vais  tout  droit 
devant  moi,  répond-on  à  un  curieux  indiscret.  Regarda 
davan  tous  passes,  fais  attention  où  tu  marche,  regarde 
à  tes  pieds,  recommandation  adressée  aux  enfants  qui 
marche  à  l'étourdie.  Lèvo-té  dé  davan  mous  passes,  ôte-toi 
de  mon  chemin.  Pas-à-pas  Von  vaï  iuèn,  pas  à  pas  l'on 
va  loin.  Après  lou  repas,  lou  fia  ou  lou  pas,  après  le  repas, 
il  faut  se  chauffer  ou  marcher.  —  En  terme  de  métier 
pa-dé-vis,  pas  de  vis,  distance  comprise  entre  les  filets 
d'une  vis,  et  du  français;  il  faudrait  autrement  dire:  pas 
d'avis.  —  Le  pas  romain  équivalent  à  la  millième  partie  du 
mille  romain,  dont  la  longueur  a  été  fixée  par  M.  Aurès  à 
1484 i^oO,  présentait  donc  un  intervalle  d'un  peu  'plus  de 
4"*48.  Dans  l'acception  moderne,  le  pas  proprement  dit 
représente  l'intervalle  compris  dans  une  enjambée,  et  peut 
être  assimilé  au  gressus  ou  gradus  des  Romains,  équivalent 
à  deux  pieds  et  demi  (0'°74);  tandis  que  le  passus  romain 
représente  deux  enjambées  (4  "48),  c'est-à-dire  l'espace  par- 
eonru  par  un  même  pied,  en  mouvement  de  marche, 
pendant  que  l'autre  pi^,  servant  de  point  d'appui,  reste 
immobile. 

Dér.  du  lat.  passus,  m.  sign. 

Pas,  part,  nègat.  Pas.  —  Voy.  Pa, 

Pas-d'ase,  s.  m.  ou  Pa-d'ase.  Pas-d'âne  ou  Tussilage. 
Tussilago  fùrfara,  Linn.,  plante  dont  les  fleurs  jaunes 
qui  paraissent  avant  les  feuilles,  sont  employées  en  infusion 
eontre  les  rhumes,  ainsi  que  l'indique  son  nom  français  et 
latin,  formé  de  tussim  ago,  je  chasse  la  toux.  Celui  de  pas- 
d'âne  lui  vient  de  ce  que  sa  feuille  a  quelque  ressemblance 
avec  la  trace  qu'imprime  sur  le  sol  le  sabot  d'un  âne. 

Pasquâoa,  adj.  m.  Pascal,  de  Pâques.  Cierge  pasquàou, 
nom  d'homme  Pascal,  dont  le  fém.  est  Pasquah  et  le  dim. 
Pasqualé. 

Pasquéia,  v.  Célébrer  la  fête  de  Pâques,  mais  seulement 
aa  point  de  vue  mondain  et  gastronomique  :  c'est  faire  le 
premier  repas  où  Ton  retrouve  le  gras,  si  longtemps  proscrit 
pendant  toute  la  semaine  sainte  ;  se  décarêmer,  comme  dit 
Sauvaobs.  Pasquéja  s'entend  surtout  des  parties  champêtres 
du  lundi  de  Pâques;  et ouni'anas pasquéja  équivaut  à ount'- 
anas  faire  ou  manja  l'douméléto?  —  Voy,  ce  dernier  mot. 


PAS 

Pasquétos,  s.  f.  plur,  Pâques-closes,  le  dimanche  de 
Quasimodo  qui  suit  immédiatement  celui  de  Pâques  et  dot 
le  temps  pascal.  Pasquétos,  dim.  de  Pâques,  petite  fête  de 
Pâques. 

Pasquo,  5.  f.  ou  Paaquos,  s.  f.  plur,  Pâques,  jour  de 
la  résurrection  du  Sauveur.  Comme  la  fête  de  Pâques  est  la 
règle  de  toutes  les  autres  fêtes  mobiles  de  l'année,  le  coq- 
cile  de  Nicée,  tenu  l'an  323,  fixa  Pâques  an  dimanche  après 
le  44  de  la  lune  de  mars,  c.-à-d.  après  la  pleine  lune  la 
plus  proche  de  Téquinoxe  du  printemps. 

On  dit  la  Pasqua,  si  l'on  parle  de  la  Pâque  des  joils  ; 
mais  quand  il  s'agit  de  la  fête  chrétienne,  Pasqua  ou  Poh 
quos,  qui  s'emploient  également,  ne  prennent  point  l'art. 
la  ou  las.  Pér  Pasquos,  à  Pâques.  Faïre  sas  Pasquos,  faite 
ses  Pâques,  communier.  La  quinzéno  dé  Pasquos,  la  quin- 
zaine de  Pâques,  tout  l'intervalle  compris  entre  le  dimancfae 
des  Rameaux  et  celui  de  Quasimodo,  inclusivement,  com- 
prenant ce  que  l'on  appelle  le  temps  pascal.  Lasémmanoié 
Pasquos,  la  semaine  de  Pâques,  qui  suit  le  dimanche,  en  y 
comprenant  le  dimanche  suivant.  Lou  dUu$  dé  Pasquos,  \e 
lundi  de  Pâques  où  la  ville  est  déserte  et  morne,  et  les  ma- 
sets  peuplés  et  joyeux,  parce  que  c'est  le  jour  des  wpas  de 
campagne  où  l'omelette  joue  un  tel  rôle  qn'on  appelle  sou- 
vent ce  lundi  :  lou  dilus  de  Vâouméléto.  Voy.  Aouméléto. 
Il  n'y  a  pas  un  très-grand  nombre  d'années  qu'il  était  ooe 
règle  fort  suivie  de  mettre,  le  jour  de  Pàqaes,  les  babils 
d'été,  quelque  temps  qu'il  fît,  et  fallùt-il  endosser  de  doo- 
veau  les  habits  d'hiver  le  lendemain.  On  en  était  quitte  poor 
dire  :  fàou  moun  dévé,  que  lou  tén  fague  iott  siou.  On  est 
moins  formaliste  aujourd'hui,  et  l'on  attend  assez  générale- 
ment que  le  temps  commence  lui-même  par  faire  son  devoir. 
Pasqua  mouiado  fat  Véspigo  carado  ;    le  vieux  français 
disait  :  les  Pâques  pluvieuses  sont  souvent  fromenteuses;  il 
est  vrai  qu'il  ajoutait  maintes  fois  la  restriction  :  et  souvent 
fort  menteuses. 

Dér.  De  Vh&hvexkpesahh  onpAcu^qni  signifie  passage,  d'où 
les  Grecs  avaient  fait  na^a  et  les  Latins  paseha  ;  les  Hâtreox 
célébraient  dans  la  Pâque  la  commémoration  du  passage 
de  la  Mer  Rouge,  à  leur  sortie  d'Egypte. 

Passa,  t).  Passer,  dans  tous  ses  emplois.  PatsarUs,  puser 
sans  dire  mot,  sans  s'arrêter,  sans  saluer.  Pana  un  1ère, 
lire  un  livre  d'un  bout  à  l'autre.  Passa  pér  la  pUjfo,  peroé, 
mouillé  jusqu'aux  os  par  la  pluie.  Passa-^ier,  atant-hter. 
Passa-déman,  après-demain.  Passorhiuèi,  anjoard'hiii  passé. 
Passa  dilus,  y  sérés  pas  pus  à  tén^  après  lundi  prochua 
expiré,  vous  n'y  serez  plus  à  temps.  Qtian  mé  passarés 
aquo?  Combien  me  comporterez-vous  cela  ?  A  quel  prix  me 
le  laisserez- vous  ? 

Dér.  de  pas  et  de  la  désinence  active  a  pour  ar,  andeone 
terminaison  de  l'infinitif  emportant  l'idée  de  faiie,  dérivédu 
lat.  agere;  littéralement  faire  le  pas. 

Passade,  5.  f,  Dim.  passadéto.  Ce  mol  a»  sansaocan 
doute,  la  même  origine  et  avait  primitivement  le  même 
sens  que  <  passade  >  qui  ûgnifie  passage  dans  un  Ikn  oâ 


PAS 

Ton  séjourne  pea.  Mais,  de  plus  qae  le  Français,  pasiodo 
exprime  nn  intervalle,  une  durée  de  temps  indéterminée, 
que  l'intonation,  un  diminitif,  une  épithète  allongent  ou 
raccourcissent,  sans  néanmoins  les  préciser  davantage.  C'est, 
dans  ce  cas,  le  synonyme  de  briou*  brivado,  ioisi,  et  sasii-' 
gado.  Y  souH  réua  um  passado,  j'y  ai  fait  une  passade. 
Aquél  eapél  mé  fara  éncaro  uno  passctdo.  Ce  chapeau  me 
servira  encore  quelque  temps.  Y-a  uno  bano  passado  ^ué 
Vtnpas  vis,  il  y  a  déjà  longtemps  que  je  ne  l'ai  vu.  Y-a  ttno 
passadéio  que  çaï  èro,  il  y  a  peu  de  jours  qu'il  était  ici .  Touto 
tiquésio  passado,  tous  ces  jours  passés,  pendant  ces  derniers 
jours. 

Passadon,  s.  m.  Passage,  brèche,  trou  ou  trouée  à  tra- 
vers un  mur  on  une  haie  de  clôture. 

Passadouîro,  5.  f.  Châssis  pour  passer  la  farine  et  sur 
lequel  on  fait  aller  et  venir  le  tamis  dans  la  huche. —  Voy. 
Bmbourdo. 

Passage,  «.  m.  Passage,  action  de  passer;  lieu  par  où 
l'on  passe;  droit  qu'on  paie  pour  passer;  corridor. 

Passar,  s.  m.  Nom  donné  au  turbot ,  Bhombus  et  à  la  plie 
Pl^^  poissons  de  mer,  de  figure  rhomboïdale,  larges,  plats, 
à  nageoires  molles.  Tous  deux  se  trouvent  sur  nos  marchés  ; 
mais  le  turbot,  comme  partout,  est  préféré. 

Aller,  de  pansar,  pansu,  à  cause  de  sa  forme. 

Passa-rés,  s.  m.  C'est  l'interrogation  ne  passe-t-il  rien  ? 
Il  n'y  a  personne  qui  remplace  :  Gare  l'eau  !  pour  avertir 
les  passants  attaidés  dans  les  rues,  qu'on  va  jeter  d'une 
lenètre  quelque  chose  qui  n'est  pas  toujours  de  l'eau  ;  et, 
comme  on  a  remarqué  qu'en  pareille  circonstance,  la  menace 
et  le  coup  étaient  d'ordinaire  une  seule  et  même  chose,  quand 
la  première  n'arrivait  pas  après,  passa-rés  est  devenu  sub- 
stantif, qui  signifie  :  — •  passons  vite  —  le  contenu  solide 
d'un  vase  de  nuit.  Ce  n'est  même  que  comme  substantif  que 
ce  mot,  qui  n'est  point  de  notre  dialecte,  est  connu  et 
adopté  dans  le  nôtre;  car  ici,  un  pareil  avertissement, 
lonqa'il  est  donné,  ce  qui  est  rare,  l'est  dans  d'autres 
termes. 

Passa-tôn,  v.  Prescrire,  acquérir  la  prescription.  Vosts 
papiè  a  passa-tén,  votre  billet  a  prescrit,  la  dette  est 
piescriie  faute  d'en  avoir  demandé  le  paiement  en  temps 
mile.  —  On  le  dit  aussi  d'une  chose  passée  de  mode,  hors 
d'usage. 

Passa  titt,  adv.  autrefois,  jadis  au  temps  passé. 

Passa-Tsla,  ou  Passavala,  v.  et  5.  m.  Cette  expression 
est  une  contraction  de  passa-à^vala,  Passavala^  v.  c'est  faire 
le  travail  agricole  dont  nous  allons  parler;  Passavala,  s, 
estce  même  travail  fait.  Passa  signifie  passer,  et  «ola,  ruisseau 
naturel  et  aussi  fossé  ou  tranchée  creusés  de  main  d'homme. 
Pour  rendre  le  mot  de  cette  expression,  on  a  dit  d'abord 
efibodrery  défoncer,  qui  ne  rendent  pas  le  véritable  sens.  On 
a  essayé  de  dire  alore  :  passer  à  fossé,  passer  à  tranchée; 
elt  enfin»  peu  satisfaits  de  leur  traduction,  nos  agriculteure 
lettrés  ont*  de  guerre  lasse,  hasardé  le  français  passavaiat, 
Noos  nous  garderons  bien  d'en  faire  autant,  et  nous  nous 


PAS 


529 


contenterons  de  décrire  l'opération  à  laquelle  ce  mot  s  ap- 
plique. 

A  l'extrémité  d'un  champ  et  du  côté  le  plus  élevé,  s'il  est 
en  pente  (car  la  terre  tend  toujours  à  descendre  et  on  la 
remonte  ainsi),  parallèlement  au  franc  bord  et  sur  toute  sa 
longueur,  on  ouvre  avec  le  louchet  fVoy.  Luché)  une  tran- 
chée d'environ  cinquante  centimètres  de  largeur.  A  l'aide 
d'une  pelle  en  fer.  on  achève  ensuite  de  rejeter  au  dehors 
la  terre  détachée,  mais  non  enlevée  en  entier  par  le  lou- 
chet. Sur  ce  second  plafond,  ainsi  nettoyé,  on  recommence 
le  même  travail,  en  y  revenant  une  troisième  fois  au 
besoin,  selon  la  culture  que  l'on  se  propose  de  faire  :  car 
la  profondeur,  suffisante  pour  les  plantes  annuelles,  ne 
le  serait  pas  pour  des  arbres.  On  appelle  cela  passer  à  dos 
ou  très'pounchos,  à  deux  ou  trois  longueurs  de  louchet. 
Cette  première  tranchée  achevée,  on  en  fait,  de  la  même 
manière,  une  seconde  contiguë,  avec  cette  différence  que, 
cette  fois  et  les  suivantes,  la  terre  que  l'on  enlève,  au  lieu 
d'être  éparpillée  sur  le  champ  est  rejetée,  au  fur  et  à  mesure, 
dans  la  première  tranchée  restée  vide  et  qui  se  trouve  par 
conséquent  comblée.  On  passe  à  une  troisième  tranchée  et 
l'on  continue  ainsi  jusqu'à  ce  que  le  champ  entier  soit 
retourné.  Bien  souvent  le  sous-sol  est  de  telle  nature 
qu'il  ne  permet  plus  l'usage  du  louchet  :  on  trouve  parfois, 
dans  les  couches  inférieures,  de  l'argile  durcie,  du  tuf,  des 
poudingues,  amerda  {Voy.  ce  mot),  et  même  le  rocher  com- 
pact, dans  les  terrains  qui  n'ont  jamais  subi  cette  opération, 
Dans  ce  cas,  la  pioche,  le  pic,  la  trénquo  et  lou  piquoù,  et 
même  l'emploi  de  la  poudre  de  mine  deviennent  nécessaires. 
C'est  alors  que  ce  travail  devient  coûteux,  au  point  que  l'on 
achète  véritablement  le  sol  ;  mais  on  donne  ainsi  à  l'agricul- 
ture des  terrains  qui  seraient  restés  improductifs  ;  et  les 
bons  terrains  mêmes  sont  améliorés  par  cette  opération  qui 
ameublit  la  terre,  l'amende  par  les  engrais  qu'on  y  mêle 
ordinairement,  et  la  renouvelle,  pour  ainsi  dire,  en  ramenant 
à  la  surface  celle  qui  était  au-dessous.  Aussi  est-ce  un  des 
travaux  d'hiver  les  plus  usités,  et  les  plus  utiles  pour  l'ou- 
vrier qui  en  manquerait,  et  pour  le  propriétaire  qui  place 
bien  son  argent. 

Passègre,  s.  m,  ou  Péssègre.  Pêche  des  vignes.  Le 
français  donne  le  nom  de  persique  et  persèque  à  des 
variétés  de  la  pêche,  en  lat.  persiea,  et  c'est  ainsi  qu'a  été 
formé  passègrs  ou  péssègre  qui  n'est  qu'une  variante. 

Passègriè  i.  m.  ou  Péssègriè.  Ce  fut  d'abord  le  nom 
générique  du  pêcher,  amygdala  psrsica;  aujourd'hui  il  s'ap- 
plique seulement  au  pêcher  des  vignes  qui  parait  être  du  reste 
le  type  de  toutes  les  espèces  améliorées  par  la  culture.  Pour 
cellesHÛ  on  se  sert  des  mots  français  pèehô,  et  péehè,  ou 
péchèiro,  Quan  làu  passègriè  es  en  fioù,  jour  et  gnuè  dé 
mémo  lâungoià,  quand  le  pêcher  est  en  fleurs,  jour  et  nuit  on 
même  longueur. 

Passeja,  v.  Parcourir.  Aï  passé ja  tùvx*  aquéles  éndrés, 
j'ai  parcouru,  arpenté  tous  ces  parages.  —  Passéja  et  se 
passéja,  se  promener.  —  i/m  méndre  vén  que  fasiè,  ious 


5oO 


PA> 


PAS 


jxi'ist'jfnà  om^tr  vninc,  le  nioimliv  venl  l's  pr<">;i.i"'nait.  Ii-s 
hall'^lnil  à  st>n  irré.   Anrti  nous  pn^scjn,  oll»iis  ii^us  pr-j- 

D.'T.  ilu  Int.  pnssffs  oi  mjere.  l'aiiv  le  pas. 

Passéjado,  v.  /*.  Promeiiade,  aclkni  île  s«'  promeiior  ; 
li.u  où  l'on  se  proriièiic;  paivoiir-^,  espact' à  pirourir  el 
a(ti'»n  (If  parcourir. 

Passéjaïre,  Passéjaïro,  v.  m. '4  /'.  Pr>niejit'ur,  (jui  aime 
Il  promenade. 

Passérïa,  r.  S^'her  dis  raisins,  j^r-'j^arer  l»^s  raisins  s»^cs 
ap}"Hés  jtnssrrio:  tli-irir,  t'atu^r,  viilt'r,  lain^  devenir  comme 
(••'s  raisins.  C'est  dans  ce  dernier  sons  snrloul  <pie  Cf  terme 
est  cmplové.  Vu  panure  ricu^  (nul  })assrn(i,  un  pelil  vieil- 
lard t.iut  ridi',  loul  ratatiné. 

Passérïo,  s.f.  Pass»-*  ou  pans»"»,  pass.M-ill-^  «m  pnssarillos, 
•  'l  j^!us  conifinnït'int^nt  raisins  secs.  0'>  r;tisinscuit<t>u  sécliés 
au  soleil  ou  au  four,  sont  undesijualre  fruits  iiM'iidiants.  <mi 
ciMi!j>ai:nit^  des  liu'ues,  d<'S  noistMt«^<  et  dt^s  aniandfs. 

D'M".  du  la  t.  pffssd  Kva  ou  /fnssula,  m.  si.i:n. 

Passéro,  s.  /".  >i  V^^n  demandait  ;\  la  plupart  des  clias- 
si'urs  ce  qu'ils  aj^pellent  la  pdssth'o.  ils  répônilraient  })roha- 
ltl''!iit^nt  <]Uè  c'e^t  un<^  espèce  de  L'rive  ou  de  n^^rle.  Ils  n»^ 
jtfnivent  dès  lors  appli(|U<n*  ce  iiimii  qu'aux  ft"'in»Mles  de 
i:enre,  tous  couk  des  espèces  étant  pris,  et  ils  le  d-anient 
communément,  en  olltM.  ;^  la  femell.^  du  m-M'li'  di*  roclie. 
M  lis  un  autrf^  nis'\ui,  sans  auln^  nom  lanjuedooi.'n.  a  par- 
licurhMvment  di">i»  à  être  a[»ju^lé /jf/.Nicro.  *'{  c'est  snn-^iloute 
aiii>i  (juil  l'est  l»*  [tins  souvent  :  c'^^st  !•'  m^Mle  d'^au  ou 
cincle.  cinclt»  ploiiL-our,  Cinchfs  fi(pf,itici(s,  Tt'iiim.:  il  est 
dun  luani  foncé,  ti^int  de  cMuiré  pu  dessus,  avec  la  l'orire,  le 
il'vant  du  cou  (  l  la  poitrine  blancs  et  le  ventr»'  mux:  sa 
Ici-'UtMU*  est  d-^  20  centimètres.  Il  nx'lit^rclie  les  eaux  dont 
|t' r'>ndestpi''rnnix  ;  e|,  (pinirpi»:'  son  orjanisalion  suit  o[)pnsée 
à  C'MIe  des  oiseaux  aquatujues,  il  ne  fraint  pas  de  s'immer- 
L"T.  il'^  marclifr  mèin''  au  iVmd  île  I'-mu  qu'il  cupe  dans 
l»us  les  sen<  pour  y  cli»^rcli«M-  les  ins'\'t'^s  qui  font  sa  prin- 
cipilc  nourriluiv.  H  ainie  à  vivre  solitaire,  et  s^n  chant  a 
«pi'Mque  nnalo:ie  avec  celui  du  merle  noir. 

Passéroù,  s.  m,  .Moiii'MU,  passer'\iu.  |mMa'»l:  ilu  lai. 
/.  sscr,  !.♦'  moin'\au.  moineau  franc  ou  moineau  domes- 
l:iue,  ;_'r(>s  -  ht\'  mrtineau,  Friti<jill/i  dotncstica,  et  le  fri(iuet, 
(jr'S-l»ec  friquet,  Fn'ngilld  ïnnnt'inn,  Tciiiih..]  qui  aime 
l'-MUcoup  moins  (]ue  l'autre  le  vr^isina.'t^des  villes,  portent  le 
i\é:iien(Mn,  dislin-rués  t"»ut  au  plus,  le  premier  \\:\y passe roù 
(l(  <  imffles  et  l«^  secoiul  par  pnsseroK  <le  trdnu,  d»"»  ce  que  ce 
drrnitM'.  plus campai:nard,  niche  dans  les  troncs  d-'s  arbres 
'U  d'^s  vieux  murs,  et  l'autre  sous  les  toits  de  n  'S  triaisons 
qui  sont  sa  résidence  habituelle. 

Passi.  V.  riéirir,  faner.  >V  passi.  se  tlétrir.  s-'  faner, 
passer,  se  rider.  Dr  fîr'o  pffssido.  «le  la  feuill»"'  tlétrie.  l'no 
/  '"////n  pnssido,  une  j>(^mme  ridée  ;  'mo  flou  jxissido,  unetleur 
tl-'trie  si  elk  est  trop  maniée  ou  s.'paré'^  depuis  longtemps 
du  rani'MU,  ou  bien  passée  si  elle  a  fait  son  temj^s.  D'hèrhn 
/"'^vf(/o.  de  l'herbe  fané.\  (n  tv'v/yc  /"/<</.  u!i   visa,v  tlélri. 


'  s^i'c,  d<Mh;irné.  On  dit  d'un  enfant  élKjue,  qoi  dépérit  ou 
tombe  PU  chartre  :  es  passt .  (Charlre,  carreau  ou  atrophie 
mésentérique.) 

Dér.  ilu  lat.  pffssKs,  a,  um,  cuit,  séché,  dont  rilal.  a  fait 
nppnssirey  m.  sign.  que  pnsst. 

Passi,  .s.  m.  La  maladie  des  passis,  (car,  en  terme  de 
mairnani^rie,  on  a[)p'dle  ainsi  lotis  passis),  est,  d'après  Sau- 
v.\c.i:.s,  une  esi»éc'^  de  phtisie  propre  aux  vers  à  soie  qui  fait 
que,  bi«Mi  (piils  mangent,  ils  ne  profitent  point,  sèchent  et 
[lériss'^nt.  Cetl»»  maladie  est  souvent  due  à  la  chaleur  trop 
forte  (*t  trop  concentrée  qu'on  donne  imprudemment  ou  qui 
survient  par  accidents  ;i  la  graine  pendant  la  couvée,  ou  aux 
vers  (jui  vi.Mnit:'nt  d'éclore.  Lorsque  la  cause  de  cette  maladie 
a  «ni  plus  d'intensité  dans  ses  effets,  ce  sont  les  prétendus 
brûles,  «|Uoii  jette  avec  raison;  loi*s(ju'elle  a  agi  avec  moins 
il'activiir,  ell.^  produit  les  passis.  Mais  ce  n'est  pas  seule- 
ii;<Mit  àrorigint^  i\\v^  s'engendn'  et  se  dévelopi)e  celte  maladie: 
la  maladresst^  «m  rigiiorance  du  magnagnier  y  expose  une 
chandtrée  ;\  chaqu-^  nouvelle  mue.  Lorsqu'à  ce  moment  le 
ver  est  enl-M'iv  sous  la  litière,  s'il  survient  du  froid,  le  tra- 
vail d<^  la  mu-'  est  ralenti;  le  magnagnier  impatient  veut  le 
bâter  par  la  clial«-ur,  et  pour  cela  il  augmente  le  feu  et 
fi'riij'^  li^s  ouvertures.  Mais  la  maturité  du  ver  ainsi  obtenue 
est  loin  dèin^  de  b«tn  aloi;  et  comme  le  fruit  trop  hùtif  ou 
le  fruit  cU'mIH  avant  l'heure  se  fan'\  se  ride  et  n'est  jamais 
bon.  d.^  même  le  magnan,  qui  est  sorti  prématurément  de 
sa  iiiut\  n'ste  dans  un  étal  de  langueur  et  ne  larde  pas  à 
périr. 

Il  existe  une  autre  esi^ce  de  passis  qu'on  appelle  aussi 
lifsctos  :  o'  sont  d'^s  vprs  àtète  transparente  qui,  au  monienl 
d'entr-M-  en  mue,  n'-Mil  jui  se  placer  convenablement  pour 
dormir,  par  l'elVtn  d»^  la  trop  grande  chaleur.  Ils  ne  peuvent, 
par  suite,  se  dépouiller  et  par  consétjuent  se  développer  el 
ils  ne  val'^nt  alis olum-'nt  rien.  On  a  vu  des  chambrées 
avorter  entièrement  s«>us  l'intlut^nce  de  cette  maladie. 

Passiduro,  s.  f.  Flétrissure,  altération  de  la  fraîcheur, 
de  la  vivacité  île  couleur,  de  la  délicatesse  des  tleurs,  des 
fruits,  ilt^s  C'iuleurs.  du  teint,  de  la  peau. 

Passion,  .v.  f.  Passion  d»^  .Notre -Seigneur  Jésus-Christ,  le 
récit  de  la  Passion  dans  l'Évangile;  sermon  sur  ce  sujet. 

Dér.  du  lat.  j)ati,  j)a^si(s,  souffrir. 

Passîou.  .s.  /.Passion.  g'"^iit  très-vif,  jKmchanl  irrésistible 
p-nir  qu<^lqu-^  obj-M  ou  quelque  occupation.  Ainsi  en>ployé. 
ce  mot  lliire  un  p-ni  1.^  français;  mais  il  est  de  pur  aloi 
dans  cettt»  locution-ci  :  prene  uno  passion .  se  mettre  dans 
un-'  viol.Mile  colère. 

Passo,  s.  f.  Lue  de  ces  grosses  pierres  sur  lesquelles  les 
pièt(^ns  traversent  un  ruisseau  qui  coupe  un  chemin.  Las 
pf(ssns,  (\\n  désigne  un  de  ces  passages,  est  devenu  presque 
un  nom  de  lieu  qu*:»  le  français  rend  par  :  les  passes,  —  Èsir^ 
dinc  ?/t\o  michnnio  passa,  ^tre  dans  une  mauvaise  passe  : 
èstre  eu  passa  de  faire,  être  en  passe  de  faire  ;  passo,  terme 
de  jeu.  sont  des  expressions  françaises. 

Passo-pértout,  >.  m.  Passe-partout.  clé  qui  ouvre  plu- 


PAS 

sieurs  serrures;  clé  commane  à  plusieurs  personnes  pour 
ouvrir  une  même  porte. 

PasBO-rOBO,  s.  m.  Passerose,  rose  trémière,  guimauve, 
alcée,  rose  de  Damas.  AUea  rosea,  Lian. ,  plante  originaire 
de  Syrie,  d*oû  elle  fut  apportée  par  les  croisés,  bisannuelle 
et  souvent  vivace  par  ses  racines.  Sa  grandeur,  l'élégance  de 
son  port,  la  richesse  de  sa  végétation,  la  prodigieuse  quan- 
tité de  ses  fleurs,  la  langue  durée  de  leur  épanouissement, 
la  variété  de  leur  forme  simple,  semi-double  ou  parfaite- 
ment pleine  et  celle  de  leur  couleur,  depuis  le  blanc  le 
plus  pur,  jusqu'au  pourpre  presque  noir,  toutes  ces  bril- 
lantes qualités  en  font  un  des  plus  beaux  ornements  de  nos 
jardins  et  l'ont  fait  appeler  passerose,  plus  belle  que  la  rose. 

Pasio-sonlitaris,  s.  f.  Paisse  solitaire,  dit  Sauvages, 
qui  est  probablement  le  même  oiseau  que  la /Muxéro. —  Voy. 
ce  mot. 

Passo-tén,  s. m.  Passe-temps,  plaisir,  amusement,  diver- 
tissement. Expression  française. 

Paita,  V.  Pétrir  se  rend  de  différentes  manières  :  Posta, 
seul,  s'entend  comme  en  français  d'ailleurs,  pour  pétrir  du 
pain.  Posta  dé  mourtiè,  corroyer  du  mortier.  —  Posta  dé 
gi,  gftcher  du  plâtre.  Posta  d'orgèlo,  coroyer,  pétrir  de 
l'argile.  —  Es  soun  pèro  tout  posta,  c'est  son  père  tout 
craché.  —  Sa  pa  ce  que  se  pasto  I  il  ne  sait  pas  ce  qui  se 
pr^re,  ce  qui  se  brasse,  ce  qui  se  mitonne. 

Dér.  de  pasto,  ou.  du  lat./wrfum,  de  pinssre,  pétrir. 

Pastadoù,  s.  m.  ou  Glooriéto.  —  Voy.  ce  dernier  mot. 

Pasiénargo,  s.f.  Carotte.  Daucus  carota,  Linn.,  racine 
potagère,  rouge,  jaune  ou  blanche,  de  la  famille  des  ombel- 
iifères,  fort  connue  en  cuisine  et  cultivée  aussi  pour  les 
bestiaux,  qui  en  mangent  la  feuille,  et  pour  qui  la  racine  est 
une  excellente  nobrriture  d'hiver. 

Dér.  du  at.  Pastinago,  m.  sign. 

Pasténargo^ouTaîo  ou  Fôro,  s,  /'.  ou  bien  Giromo. 
Carotte  sauvage,  faux  chervis.  Daucus  vulgaris,  dont  la 
racine,  mangée  en  friture,  a  le  goût  et  l'odeur  de  la  carotte 
des  jardins.  Le  cherchis  porte  le  nom  de  girolles,  ce  qui  lui 
a  fait  aussi  donner  le  nom  de  girouio. 

Pastèqiio  ou  Gitro,  «.  f.  Faux  melon  d'eau  ou  melon 
d'Amérique.  Voy,  Citro.  On  appelle  également  pastèquo, 
pastèque,  le  vrai  melon  d'eau.  Cucurlnta  eitruUus,  Linn., 
semblable,  à  l'extérieur,  au  melon  d'Amérique,  ciiro,  mais 
dont  la  chair  fondante,  sucrée,  de  couleur  rose  et  pleine 
d'eau  est  très-rafraichissante;  ses  pépins  rouges  ou  noirs 
sont  une  des  quatre  semences  froid». 

PastièiTO,«.  f.  Huche,  pétrin,  maie  ou  maie  à  pétrir. — 
Poitièiro,  écbandoir,  huche  des  charcutiers,  de  même  forme 
que  la  précédente,  mais  sans  pieds,  dans  laquelle  on  échaude 
les  cochons  pour  les  épiler  après  les  avoir  égorgés  sur  la 
hnche  retournée.  On  procède  à  l'épilage  à  l'aide  d'une  ràcloiie 
qui  est  ordinairement  une  petite  sonnaille  sans  battant. 
Cette  méthode,  ineoDDue  dans  le  Nord,  où  l'on  grille  le  poil 
des  porcs  sur  on  feu  de  paille,  a  l'avantage  d'arraober  les 
soies  jusqu'à  la  racine  et  il  est  peu  probable  qu'elle  ait  l'in- 


PAS 


531 


convënient  de  rendre  le  lard  moins  ferme  que  par  le  gril- 
lage. Pastiêïro  dé  moulL  huche  d'un  moulin  à  blé;  grande 
caisse  dans  laquelle  tombe  la  farine  en  sortant  de  dessous 
la  meule  et  qui  lui  sert  de  récipient. 

Paatièîro  (cambo  dé).  Cagneux,  qui  a  les  jambes  en 
manche  de  veste,  dans  le  langage  populaire.  La  forme  éva- 
sée d'un  pétrin  exige  que  ses  pieds,  qui  partent  de  la  partie 
la  plus  étroite  s'écartent  en  sens  inverse  de  la  caisse  pour 
être  solides,  de  manière  que  le  tout,  vu  dans  le  sens  de  la 
longueur,  ressemble  assez  à  un  X,  dont  les  extrémités  des 
branches  tendent  à  s'écarter  de  leur  point  de  croisement. 
Cette  similitude  de  forme  avec  les  jambes  en  question  a 
donné  naissance  à  l'expression  de  eambo  dépastiiïro,  appli- 
quée à  un  cagneux. 

Paatia.  s.  m.  Pâté,  pâtisserie  renfermant  de  la  viande, 
du  poisson,  etc.  —  Past^  d'ancro,  pâle  d'encre,  goutte 
d'encre  tombée  sur  le  papier;  on  est  convenu  d'appeler  cette 
tache  un  pdté.  —  Pastis,  gros  pâté,  enfant  potelé,  joufflu, 
mais  cacochyme  et  stupide;  quand  pastis  s'applique  à  une 
grande  personne  faite,  on  le  rend  par  gros  pataud. 

Pastisaarià,  5.  f.  Pâtisserie,  pâte  préparée  et  assaisonnée 
par  les  pâtissiers  ;  art  du  pâtissier. 

Paatissiô,  îro,  s,  m.  et  /*.  Pâtissier,  celui  qui  fait  de  la 
pâtisserie. 

Pa8ti880Ù,«.  m.  Petit  pâté.dim.  de  pastis. 

Pasto,  s.  f.  Pâte,  farine  détrempée  et  pétrie  pour  faire 
du  pain,  et,  par  analogie,  tout  ce  qui  y  ressemble.  On  dit 
des  choses  trop  cuites  ;  es  en  pasto,  c'est  en  charpie,  en 
purée,  en  boullie,  en  marmelade,  selon  ce  dont  il  s'agit,  viande, 
légumes,  etc.  Dé  ta  pasto  dé  moun  eoumpaire,  tfonno  /bu- 
gasso  à  moun  fïôou;  de  la  pâte  de  mon  compère,  grosse 
fouace  à  mon  filleul,  c.-â-d.  du  cuir  d'autrui  large  courroie. 
On  dit  d'un  homme  accommodant,  de  bonne  composition, 
qui  se  range  facilement  à  l'avis  des  autres  :  es  uno  bono 
pasto  f  ou  bien  es  uno  ptuto, 

Dér.  de  labass.  lài.  posta,  m.  sign.  Du  lat.  pastus,  nour- 
riture ;  ou  de  pistum  de  pinsere,  pétrir. 

Paato-momtià,  «.  m.  Houe,  rabot  à  corroyer;  outil  de 
maçon  qui  sert  à  éteindre,  à  détremper  la  chaux  et  à  la 
mélangera  du  sable  et  à  corroyer  le  mortier.  Cet  instru- 
ment, en  fer  ou  en  bois,  assez  semblable  à  une  petite  boue 
aux  coins  arrondis,  est  emmanché  comme  elle,  mais  à  un 
manche  fort  long,  avec  lequel  elle  forme  un  angle  plus  aigu. 

Dér.  de  posta  eifnourtiè. 

Paatoù,  s.  m.  Tas  de  mortier  corroyé  et  prêt  à  être  em- 
ployé; la  quantité  que  l'on  corroyé  en  une  fois. 

Paaiotirël,  0,  s,  m.  et  f.  Dim.  Pastourélé,  to.  Pastou- 
reau; pastourelle,  jeune  el  gentil  berger;  mots  un  peu  tombés 
en  désuétude,  depuis  que  l'églogue  est  passée  de  mode  et 
que  le  Gardon  a  emporté,  avec  les  prairies  de  Beau-Rivage, 
près  de  Cardet,  jusqu'au  souvenir  des  Estelles  et  des 
Némorins. 

PastourM  est  aussi  un  nom  propre  d'homme  qui  se 
rend  par  Pastourel.  —  Voy.  Pastrésso,  dim.  de  pastn. 


r,30 


PAS 


Pastras,  so,5.  ;//.  el/".  IVjoralif  d*^  pasire.  iiros  et  Inunl 
lier^'^r.  bergère  t'^paisse  el  lourde.  On  ilonne,  jiarexi.Mision, 
oMi'"  qualiJicatioii  à  une  i>ersonne  grossière  ilaiis  sa  tour- 
iiure  ri  dans  ^es  i)art»les.  —  Vu'/.  Pastr(^sso. 

Pastre>  .v.  m.  Ik-rg^r  qui  gaule  l.-s  moutons:  car  pâtre, 
<iui  a  la  même  origine,  signilie  celui  (]ui  couiluilles  hoMits, 
les  chevaux,  les  mules  nu  pâturage,  o{  se  n-nd  en  langue- 
docien yàv  (jdrilicni.  —■  yc  sti  mm  qu'/ni  vit!  jiastre.  Les 
lei'-ers,  que  leur  vie  solitaire  entoure  dun  c-Mlain  |ires- 
lig.\  [lassenl  pour  avoir  une  iV.ultï  de  remèdes  et  des  secrets 
(le  tout"'  sorte  et  mèiue  pcur  se  li\rer  à  d^^s  pratiques  qui 
Irir-nt  la  sorcellerie  :  dans  l'espril  d-'s  jiaysaus.  c'est  donc 
en  >avuir  beaucoup  (ju'en  savoir  {»lus  (]u'un  \ieu\  Iterger, 
(|ui  a  eu  le  leiiq^s  d'apj)reiidr<'  be:iucou[).  Pour  niUre  inirt. 
iicus  avons  eu  occasion  de  rencontrer  dans  le>  ('.eveimes.  à 
Mailencbe,  dans  la  commuiie  tle  S.'-; w -chas,  un  \i'^ux  b'^'ger 
(pli  -'xislail  eucore  en  IST^I,  «-t  ijui  [irofessait  autrelV.i>  Petat 
de  meunier  au  moulin  du  Péras.  Cet  b«>miiie  s"ét;ùt  adoinié. 
san>  maître,  dans  sa  jeunesse,  à  l'étude  du  grec  et  du  latin, 
et  cMiain  professeur  de  la  l'acuité  des  lettres  de  Monipellier 
n^  dédaignait  pas  de  converser  avec  lui  sur  ces  deux 
I  niques. 

Dér.  du  lai.  pastor,  ni.  sign. 

Pastrésso,  >.  f.  Vcm.  de  jxistre.  bergère:  irais  cela  ne 
pt  ut  s'entendre  que  li'une  femme  qui  girde  quelijues  jirebis 
auluu*  de  la  maison,  car  il  faut  un  bomire,  im  pastre, 
puur  garder  tle  grands  tnaq^eaux.  les  conduire  à  la  m^n- 
la;.iie  et  ct»ucber  au  parc,  liemarquous  d'ailleurs  (pie  n^us 
son:!iies  loMJours  bien  loin  de  Florian  el  de  S''s  |j''rgèn's: 
car  la  ]>(islriss(t  est  le  iy[ie  île  la  femnie  louale  et  grossière, 
el  c'  mot  rivalisi'  a\ec  />astrass<\  (jui  n'e>!  gU'Te  pire, 
pour  désigni'r  toute  pers(>nne  du  sexe  taill-'-e  sur  ce  vilain 
paliou.  —   }'oij.   I*(istrt'  et  Pastras. 

Pastroù,  pastrouno,  >-.  m.  et  f.  IViit  beign-.  enfant 
ou  a  lolescfiil  ijui  n'a  que  «pi-  Iques  iiioulons  à  garder.  Le 
jKKiioù  peut  être  au>si  eiuployé  ù  la  garde  d'un  grand 
li<'U[)eau  sous  la  direction  du  berger,  pastrc. 

Pastrouïa,  v,  Palri>uiller.  manier  saleihent  et  grnssiè- 
re!i  'Mit:  patrouiller,  trip.«ter,  ivi!uv?r  avec  les  pied^  ou  les 
[liai ns  de  l'eau  lH>urbeuse  ou  sale. 

Pastrounéja,  v.  Ltre  bi-rger:  se  dit  surtout  d'un  jeune 
g.ih'on,  d'un  pastroà  iMi  d'une  pastrouno,  (|ui  g  irde  quel- 
(pi-  s  moutons. 

Pasturga.  v.  Pâturer,  paître,  pacager,  en  j'arlant  des 
ani  ::aux  ipii  broutent  Iberbe  on  la  ramée. 

Pasturgaje.  i.  m.  Pâturage:  droit  de  pacage. 

Pasturgàou,  s.  m.  lue  pMure,  un  herbage,  des  pacages, 
une  \  a  renne  :  étendue  de  pays  où  il  croit  de  llierbe  non 
.s<';i.\\  «pie  l'on  ne  fauche  point  et  ou  l'on  n.^'ne  paitre  les 
bt  >iiaux. 

Pasturo,  s.  f.  Sous  cette  dénominali-ni  on  comprend 
toute  es|H\'e  d'iierlx'  ou  de  feuille  que  r<»n  enferme  p.,Mir 
iK'Urrir  les  banifs,  les  chevaux,  les  mouti")ns.  etc.,  nuiis  elle 
désigne  cependant  d'un-'  manière  plus  particulière,    le  foin 


PAT 

■  et  les  f<urra.''5.  Kn  style  goguenard,  vôou  éstrémn  dé  pas- 
turo, je  vai.>  manger,  dmer  ou  souper. 

Pata.  s.  m.  Patoc  ou  Patard,  ancienne  monnaie  pon- 
tificale dWvignon  appelée  aussi  double,  parce  qu'elle  valait 
un  double  denier  tournois  ou  deux  deniers.  Le  palac  exista 
jusiju'à  1,1  Hi'\olution,  dans  le  conital  Venaissinoù  il  valait 
alors  un  peu  moins  que  le  doul>le  tournois.  Aussi  était-il 
peu  prisé  ilaiis  nos  contrées,  et  il  en  est  resté  celte  locution  : 
7\c  dounnrlti  pan  un  pata  d'Avifjuoun  OU  un  jmtQf  je  n'en 
donnerais  pas  un  double,  une  obole,  une  pipe  de  tabac. 

On  fait  dériver  pata  de  jtater,  nom  que  portait  cettii 
mêii.e  monnaie  en  Flandre:  et  patar  de  l'allemand  peter, 
parce  (pie  la  jnèce  llamande  portait  sur  une  des  surfaces 
lin. âge  de  Saint-Pierre.  Le/Kif(urAvignon  portait  d'ailleurs 
aussi,  (l'un  coté,  la  croix,  et  de  l'autre,  les  clés  de  Saint- 
Pierre  en  saul'jir. 

Patafioula,  e.  Ce  vérité  eii;prunté  au  français  familier. 
n'e^t  au>si  I  :i.j  loyé  que  de  cette  manière  en  languedocien  : 
Lou  bon  l)\<,ii  Ion  pata  fol  r  :  que  le  bon  Dieu  le  patatîoleîle 
iH'iiisse  a\ec  son  grand  Ivnissoir!  Il  est  difficile  de  trouver 
l'ori-'ine  de  c^"*  mot  qui  n'a  rien  de  malveillant  et  qui 
exprinie  iLriwc  \in  certain  N'iitiment  de  pitié  p)ur  celui  à 
qui  e»n  radr'\'^S(\ 

Pataflèou  !  Lspèc-'  d'-tiiomatopée  pour  exprimer  le  bruit 
que  fiit  ut^  c  :r}>s  en  tombant,  faire  patafltoii,  faire  p>ata- 
tras.  Tonnd»-  ailaval,  patailiou!  il  londja  là  bas,  patatras I 

Patantèino,  .<.  /".  Pn-tantaine,  accomodée  au  goût  da 
pa\s,  n'est  d'usage,  comuie  en  français,  que  dans  celte 
phras''  :  Court'  la  patauttïno,  courir  la  prétantaine,  pour 
dire  aller,  venir,  courir  eà  et  là,  saiis  sujet,  sans  dessein. 
Cejiendant,  c.-mtue  en  fran«;ais  aussi,  coure  la  patantèino, 
surt -ut  quand  on  \\:\vV:  d'une  femme,  signitie  encore 
lair-'  d'.'ï  allt'-es  et  venues,  des  courses,  des  vovajjes.  conlr: 
la  biensénice  et  dans  un  es|>rit  de  libertinage. 

Patàoudas.  so,  s,  m.  et  f.  Superlatif  dont  le  positif 
n'existe  t>as  :  gros  pataud,  gros  lourdaud.  —  Voy.  Patâoudo. 

Patàoudo,  adj.  et  v.  f.  Femme  lounle.  grosse,  pataude. 
L'adj.  iHji'i  >hIo  n'a  point  de  masculin  régulier,  qui  devrait 
iair.'  patàon,  et  l'on  dit  patà.  prononcé  comme  le  français 
pataud,  quand  on  veut  employer  cette  expression  qui  ne 
sert  guère  (jiie  de  nom  à  un  chien  ou  de  sobriquet  à  un 
indivi  lu  grossièrement  et  lourdement  conformé. 

Patarafo,  5.  /".  Paraplie  ou  parafe.  On  pourrait  voir 
encore  ici  la  faiblesse  ou  la  malice  du  langued«xien  à 
déguiser  s>s  en.prunts,  si  le  franeais  n'avait  pas  aussi  pata- 
raf'^  qui  signifie  écriture,  traits  informes,  lettres  confuses  : 
patarafo  d')it  \enir  de  la  même  source,  d'autant  qu'un 
parafe  resseihlde  souvent  à  une  patarafe.  Boutas  aqui  vosto 
patarafo,  mettez  là  votre  parafe,  signez  là.  ce  mot  se  pre- 
nant aussi  maintefois  pour  la  signature  elle-même,  qui  se 
dit  i>lus  exactement  sinne. 

Patato,  s.  /'.  Topinambour,  artichaut  de  Canada  et  poire- 
de-terre,  Helianthus  tuberosus,  Linn.  Cette  plante  connue  en 
j  Euro[v  avant  la  pomme  de  terre  et  la  |)atate.  et  comme 


PAT 

elles,  originaire  d'Amérique,  a  été  cultivée  en  France  à  la 
fin  du  46*  siècle  :  Olivier  de  Serres  en  parle  dans  son 
Théâtre  d'agrieuUure»  Ses  tobercnles  irréguliers,  charnus, 
nourrissants,  dont  la  saveur  approche  de  celle  de  l'artichaut, 
offrent  un  bon  aliment  pour  l'homme  et  surtout  pour  les 
bestiaux  ;  mais  comme,  en  somme,  le  topinambour  est  en 
tout  inférieur  à  la  pomme  de  terre,  il  est  beaucoup  moins 
cultivé,  du  moins  dans  ce  pays  ci.  —  On  donne  aussi  à  la 
pomme  de  terre,  trufo,  tuféro  ou  tartifle,  le  nom  de  patato, 
quoique  elle  et  le  topinambour  diffèrent  essentiellement  de 
la  patate,  batate  ou  liseron  patate,  Convolvulus  bataUu, 
Linn.,  plante  rampante  dont  les  racines  bulbeuses  sont  très- 
sucrées  et  d'un  goût  excellent,  mais  qui  n'est  encore,  môme 
pour  nos  climats  chauds,  qu'une  culture  de  luxe.  Il  parait 
que  batatas  est  le  nom  mexicain  de  la  pomme  de  terre,  et 
l'on  a  donné,  comme  nom  générique,  celui  de  pataU),  qui 
en  est  formé,  à  toutes  ces  plantes  qui  ont  quelques  rapports 
de  végétation,  de  goût  et  d'emploi. 

Pâté,  to,  adj.  et  s,  m.  et  f.  Lambin,  qui  agit  lentement, 
en  style  d'argotier,  un  lambines;  mais  il  a  un  autre  sens, 
qui  dérive  de  celui-ci,  également  technique,  et  signifie 
scrupuleux,  simple,  timoré;  qui  a  des  peines  de  conscience 
sur  les  moindres  choses.  Es  uno  patéto,  c'est  une  bonne 
fille,  mais  qui  s'embarrasse  de  tout  et  n'ose  pas  dire  que  son 
âme  est  à  elle.  Anat  ses  un  pâté,  allez,  vous  êtes  une 
poule  mouillée.  —  Patéto,  dim.  de  palo. 

Patèr,  s.  m.  Pater,  oraison  dominicale;  grain  de  chape- 
let plus  gros  que  les  autres  à  la  rencontre  duquel  on  dit  le 
Pater.  Aquà  t'es  défendu  eoumo  lou  patèr  as  oses,  cela  t'est 
défendu  comme  le  pater  aux  ânes,  c.-â-d.  cela  est  autant 
au-dessus  de  tes  forces,  de  ta  capacité,  de  ton  intelligence, 
qu'il  est  impossible  à  un  âne  d'apprendre  le  pater. 

Patèr-dé-là,  «.  m.  Pater  de  lait,  grain  de  verre,  d'émail 
ou  d'agatbe,  espèce  d'amulette  que  les  femmes  supersti- 
tieuses portent  au  cou,  lorsqu'elles  nourrissent,  pour  faire 
monter  le  lait  au  sein,  en  avoir  beaucoup  ou  le  faire  passer. 
Il  fallait  sans  doute,  dans  le  principe,  y  joindre  quelques 
pater t  «ce  qui  l'a  fait  appeler  ainsi. 

Patèméia,  v.  Dire  des  patenôtres,  marmotter  des 
prières,  être  grand  diseur  de  patenôtres. 

Patétariè,  s.  f.  Lambinerie  ;  scrupules,  simplicité,  les 
petitesses  ou  les  minuties  de  la  dévotion.  Tout  aquà  sou 
pas  que  dé  patétariès,  ce  ne  sont  que  de  vains  scrupules, 
des  vétilles,  des  niaiseries.  N'a  pas  que  dé  patétarUs  à 
dire,  il  n'a  que  des  misères  à  vous  dire. 

Dér.  de  pâté. 

Patété,  to,  s.  m.  et  f.  Diminutif  ou  plutôt  réduplicatif, 
car  il  augmente  le  défaut;  dér.  de  pâté  pris  dans  sa  deuxième 
acception  de  vétilleux,  timoré,  scrupuleux  outre  mesure. 

Patétàja,  v.  Lambiner,  faire  hu  pâté  ou  être  pâté, 
lambin. 

Pati,  v.  Souffrir,  pâtir;  endurer,  supporter;  peiner,  avoir 
de  la  peine,  de  la  difiiculté.  Patï  coumo  las  érugos,  coumo 
las  sers,  coutno  las  pèïrot,  être  misérable  comme  les 


PAT 


533 


chenilles,  comme  les  serpents,  malheureux  comme  les 
pierres.  Aquél  pdoure  mounde  patissou,  se  savias,  vous  ne 
savez  pas  combien  ces  pauvres  gens  pâtissent,  souffrent  de 
la  misère.  A  pas  fini  dé  pati,  il  n'est  pas  au  bout  de  ses 
peines.  Lou  fagués  pas  pati,  ne  le  faites  pas  souffrir,  ne 
prolongez  pas  son  agonie,  expédiez-le  vile.  Lou  pode  pas 
pati,  je  ne  puis  le  souffrir,  il  m'est  insupportable.  Pode  pas 
pati  lou  bure,  je  ne  puis  sentir,  supporter  le  beurre,  je  l'ai 
en  aversion.  Pâtira  à  se  gandi  dé  jour,  il  lui  sera  difficile 
d'arriver  de  jour,  il  aura  de  la  peine  â  arriver  avant  la 
nuit.  Lou  tén  patis  à  se  leva,  le  temps  â  grand'peine  â  se 
mettre  au  beau.  Vousprouméte  que  patissièi  pas  à  iène  lou 
rire,  je  vous  assure  que  je  n'avais  pas  de  peine  â  m'empê- 
de  rire,  phrase  assez  originale  dont  on  se  sert  en  racontant 
un  très-mauvais  moment  qu'on  a  eu  â  passer,  un  danger 
que  l'on  a  couru. 

Dér.  du  lat.  ou  plutôt  le  lat.  pati,  m.  signif. 

Patimén,  s.  m.  Souffrance,  misère. 

Patin,  s.  m.  Patin,  soulier  dont  la  semelle  en  bois  est 
mobile  dans  la  moitié  du  côté  du  talon.  1^  patin,  fourré 
en  dedans,  était  excellent  pour  le  froid  et  pour  la  boue; 
c'était  la  chaussure  ordinaire  des  femmes  pendant  l'hiver 
et  plus  d'un  homme  ne  le  dédaignait  pas.  Aujourd'hui  il 
est  fort  passé  de  mode  :  le  caoutchouc  en  fera  fin. 

Patln-patourlo.  Pati-pata  ou  bredi-breda,  mots  fabri- 
qués pour  exprimer  la  trop  grande  volubilité  de  la  langue 
et  pour  s'en  moquer. 

Pati-pata-pas-rés,  Patati-pataU  et  puis  plus  rien  ;  mot- 
â-mot  â  peu  près  de  ce  cliquetis  de  syllabes  inventé  pour 
donner  une  idée  de  beaucoup  de  paroles  ou  beaucoup  de 
bruit  pour  rien,  et  que  l'on  répond  à  quelqu'un  qui  vous 
fatigue  de  mauvaises  raisons,  de  sottes  excuses. 

Pato,  #.  f.  Dim.  Patéto,  augm.  Patasso.  Patte.  Le  fran- 
çais fait  une  différence  entre  pied  et  patte,  en  ce  qui  con- 
cerne les  animaux  :  il  dit  pied,  des  animaux  solipèdes  ou 
au  pied  fourchu,  le  bœuf,  le  cheval,  le  porc,  le  mouton,  etc., 
et  patte,  des  quadrupèdes  qui  ont  des  doitgs,  des  ongles  ou 
des  griffes  ;  des  insectes  et  de  tous  les  oiseaux,  hormis  les 
oiseaux  de  proie  qui  ont  des  serres.  Le  languedocien  fait 
une  différence  du  même  genre  entre  bato  et  pato  et  géné- 
ralement il  emploie  la  première  pour  pied  et  la  seconde 
pour  patte  ;  mais  la  règle  peut  être  moins  rigoureuse  qu'en 
français  :  on  dit  plutôt  par  exemple,  la  bato  d'un  tùmn;  et 
polo  sert  aussi  â  rendre  la  serre  de  l'oiseau  de  proie.  — 
Pato  d'éspargue,  patte  d'asperge.  —  Pato,  patte,  clou  à 
tête  plate,  et  percée  pour  recevoir  une  pointe  ou  une  vis 
qui  sert  à  attacher  un  lambris,  une  glace,  etc.  —  Voy. 
Bato. 

Dér.  du  grec  TcaT»,  fouler  aux  pieds. 

Patô,  s.  m.  Brique  dont  la  forme  est  un  carré  long 
presque  aussi  épais  que  large  ;  sa  massivetélui  a  fait  donner 
ce  nom  qui  est  l'appropriation  languedocienne  de  pataud.  — 
Patà,  masc.  de  patàoudo,  —  Voy,  ce  mot. 

Patoiiàs,  0,  adj,  et  5.  m.  et  f.  Qu'on  ne  doit  pas  rendre 


534 


PAT 


par  patois,  da  moins  dans  Tacception  du  dictionnaire  de 
l'Académie.  De  même  qu'ils  disentpaWa  francés,  égpagnâou, 
votre  latUt  les  habitants  du  Languedoc  disent  au  môme 
titre  parla  patouès,  car  c'est  ainsi  que  s'appelle  la  langue 
qu'ils  parlent  :  le  languedocien  n'a  pas  d'autre  nom  que 
patouès,  et  celui-là  en  vaut  bien  un  antre.  Qu'importe  que 
le  français  ait  altéré  le  sens  du  mot  et  en  fasse  un  reproche 
ou  une  moquerie,  quand  il  devrait  en  fkire  un  titre  d'hon- 
neur :  Patouès  tire  son  origine  de  patria  ou  patavinitas,  la 
langue  des  pères  ou  de  la  patrie  ;  c'est  ainsi  que  le  langue- 
docien l'entend,  l'emploie  et  l'accepte  de  son  vainqueur. 
L'article  suivant  de  l'abbé  de  Sauvages,  que  nous  tenons  à 
tous  égards  à  reproduire,  démontrera  péremptoirement 
qu'en  donnant  le  nom  de  patois,  avec  le  sens  qu'il  lui 
attribue,  à  son  rival  malheureux,  le  français  manque  de 
justice  aussi  bien  que  de  courtoisie. 

Le  mot  patois  est  un  terme  général  qu'on  applique  aux 
différents  jargons  grossiers  et  rustiques  que  parle  le  bas 
peuple,  soit  dans  les  provinces,  soit  dans  la  capitale, 
puisqu'on  dit,  le  patois  normand ,  champenois,  et  le  patois 
des  halles.  Mais  il  parait  que  cette  sorte  de  langage  n'est 
réputé  rustique  et  grossier  que  relativement  à  un  autre  de 
même  genre,  qui  est  plus  pur,  plus  correct,  plus  cultivé, 
que  parlent  les  personnes  lettrées  ou  bien  élevées. 

Ainsi  le  patois  normand,  par  exemple,  est  un  patois  du 
français;  et  il  n'est  réputé  tel,  que  parce  que  ce  langage  du 
bas  peuple  de  Normandie,  est  du  français  corrompu  ou 
altéré,  et  fort  inférieur  à  celui  de  la  cour  et  des  honnêtes 
gens  de  la  capitale  ;  en  un  mot  c'est  un  langage  dégénéré 
d'une  langue  plus  parfaite,  mais  de  même  genre,  et  qui  ont 
l'un  et  l'autre  une  origine  commune. 

11  n'en  est  pas  de  même  du  gascon  ou  languedocien, 
auquel  on  a  donné  la  dénomination  de  patois  par  une  suite 
de  l'espèce  d'avilissement  et  d'oubli  où  il  est  tombé  depuis 
environ  un  siècle,  faute  de  culture  ou  d'encouragement; 
tandis  que  depuis  la  même  époque  on  s'est  appliqué  à  per- 
fectionner la  langue  française,  qui  a  fait  presque  éclipser 
son  ancienne  rivale,  et  qui  la  fait  de  plus  en  plus  dédai- 
gner. 

Le  languedocien,  quoique  négligé,  et  en  partie  dégénéré, 
n'en  est  pas  moins  une  langue  à  part,  loin  d'être  le  patois 
d'aucune  autre  :  langue  aussi  bien  à  soi,  que  puissent 
l'être  aucune  de  celles  de  l'Europe,  et  qui  a  ses  termes 
propres,  sa  syntaxe  et  sa  prononciation  entièrement  étran- 
gères au  français,  et  dont  le  génie,  le  tour  des  phrases  et 
des  constructions  sont  si  différentes  de  cette  dernière  langue, 
qu'on  les  appelle  gasconismes,  lorsqu'ils  s'y  trouvent  mêlés. 

«  Le  nom  de  patois  ne  peut  convenir  à  une  langue  subsis- 
tante (disent  D.  Vaissette  et  M.  Court  de  Gebelin),  depuis 
plus  de  quinze  cents  ans,  formée  sur  les  plus  anciennes 
de  l'Europe,  plus  ancienne  qu'aucune  de  nos  langues 
modernes,  entre  autres  le  français,  et  dans  laquelle  on 
trouve  tout  ce  qui  constitue  une  langue  abondante  à  cer- 
tains égards,  et  surtout  agréable.  > 


PAV 

n  n'y  a  pas  de  doute  qu'il  n'a  manqué  à  ce  prétendu 
patois,  pour  devenir  la  langue  dominante  du  royaame,  qiie 
de  s'être  trouvé  dans  les  mêmes  circ(»istaiioes  qui  out&vo- 
rîaé  les  progrès  [de  la  langue  française,  on  que  nos  rois 
eussent  pris  pour  la  [capitale  de  leur  empire  et  leur  sèjoar 
ordinaire,  une  des  villes  de  la  langue  d'Oc  :  c'est  bieft 
alors  que  la  langue  d'Oil  eàt  été  regardée,  à  plus  juste 
titre,  comme  un  jargon  grossier  et  rustique.  —  Vof^ 
Bouman. 

Patouia,  v.  Patrouiller,  patauger,  marcher  dans  une 
eau  bourbeuse  ou  dans  de  la  boue  liquide.  On  dit,  par 
extension,  patouïa,  patauger,  lorsque  embarqué  dans  vie 
mauvaise  affaire,  on  essaie  divers  moyens  d'en  sortir  sans 
trouver  le  bon  qui  souvent  n'existe  pas,  comme  œlm  qû 
patauge  dans  un  bourbier,  fort  embarrassé  de  s'^  tirer.— 
Patowa;  qui  se  dit  patrouiller,  dans  certaines  pvovinoes 
françaises  :  lorsque  dans  une  rivière  on  un  canal,  on 
barrage  inférieur  fait  monter  l'eau  de  manière  que  la  roœ 
motrice  d'une  usine  en  amont  est  immergée  et  ne  peut  |das 
tourner  parce  que  la  chute  est  diminuée  ou  annulée,  oa 
dit  de  cette  roue  ou  de  cette  usine  qu'elle  patouXo,  et  c'est 
encore  par  assimilation  à  quelqu'un  qui  se  trouve  eufoacè 
dans  une  mare  sans  pouvoir  marcher. 

Patomaîre,  patomaîro,  s.  m.  et  f.  Pataugeur;  en  style 
familier,  irrésolu;  qui  ne  sait  pas  se  décider,  qui  essaie 
maladroitement  et  inutilement  plusieurs  partis  sans  savoir 
en  suivre  aucun. 

Patoniar,  s.  m.  C'est  le  nom  de  oeloi  qui,  dans  m 
moulin  d'huile,  empile  sons  la  presse  les  cabas  remjpUs  de 
pâte  d'olives. 

Patouîo,  s.  f.  Lavoir,  pièce  à  portée  d'une  cuisine  où  ou 
lave  et  où  l'on  tient  la  vaisselle. 

Patonl,  s.  m,  PatrouilKs,  gâchis,  margonillîs,  aaïasde 
boue  liquide  ou  d'eau  bourbeuse,  altér.  de  la  basa.  lat. 
pasta,  pâte,  mélange  de  farine  et  d'eau  pétries  et  tout  ce 
qui  y  ressemble. 

Patraquo,  i.  /*.  Patraque,  personne  à  santé  dèUbràe, 
corps  faible,  usé  ;  patraque,  machine  mal  faite,  ou  biea 
usée,  détraquée. 

Patrilas,  s.  m.  plur.  Patriftuses,  tripotage,  fagot,  médi- 
sance, paquet,  micmac. 

PatiifaBséja,  v.  Bavarder,  tripoter,  faire  des  micmacs, 
des  fagots,  des  patrifasses. 

Patrilasséjaire,  Patrifasséjairo,  s.  m.  et  /.  BronilloOt 
feseur  de  tripotages,  de  fagots,  de  micmacs,  de  poCrifoMs. 

Patrilassiô,  ïro,  s.  m.  et  f.  Variante  de  ptÊirifasséjaHre. 

Patroon-fangné,  «.  m.  Cogne-lètu,  tatillon,  embanassè 
dans  tout  ce  qu'il  fait,  comme  on  le  serait  en  marchant 
dans  la  boue,  fango,  pour  ne  pas  se  crotter,  ou  peut-êtie 
comme  un  patron  manœuvrant  sa  barqae  dans  uns  mare 
fangeuse. 

Pavano,  s,  f.  On  ne  l'emploie  que  dans  cette  phrase  : 
batre  la  pavano,  battre  l'estrade,  vagabonder;  pent-ètn 
par  quelque  rapport  de  consonnance  avec  battre  le  pavé. 


PE 

Pavouii,  f .  m.  oa  Paoun,  Paon,  paon  domestique,  Pavo 
eriskUus,  Linn.  Originaire  des  Indes  orientales,  le  paon 
existe  depuis  si  longtemps,  en  Europe^  qn*il  peut  être  consi- 
déré comme  un  oiseau  indigène  ;  c'est  le  plus  beau  de  tons. 
Malgré  la  laideur  de  ses  pattes  et  de  son  cri  affireux,  on 
l'admire  pour  les  magnificences  de  son  plumage  tout  en 
riant  de  la  vanité  quelque  peu  sotte  qu'il  met  à  les  étaler. 
Ainsi  que  Toie,  avec  laquelle  il  serait  bien  humilié  d'être 
comparé,  il  est  de  très-bon  goût  et,  du  haut  des  toits  ou 
des  arbres  où  il  aime  à  se  percher,  il  crie,  comme  il  sait  le 
faire,  aussitôt  qu'il  aperçoit  venir  quelqu'un.  Le  jeune  paon 
est  un  rôti  de  luxe;  la  chair  des  vieux  est  dure  et  sèche. 
Cet  oiseau  cause  beaucoup  de  dégâts  aux  jardins  et  aux 
toits  des  maisons;  de  sorte  que,  malgré  ses  qualités  ou 
plutôt  à  cause  de  ses  qualités,  assez  peu  de  personnes  peu- 
vent en  avoir  et  on  l'élève  plutôt  comme  objet  d'ornement 
que  comme  utilité.  !Le  paon  blanc,  dont  l'introduction  en 
France  est  due,  dit-on,  au  roi  René,  est  une  variété  de  paon 
domestique. 

Pavouna  (se);  v.  Se  pavaner,  se  panader,  se  carrer, 
marcher  avec  ostentation  et  complaisance,  d'un  air  fier  et 
superbe  :  c'est  faire  le  paon  ou  comme  le  paon  qui  fait  la 
roue  et  qui,  tout  en  s'admirant,  semble  dire  :  admirez-moi. 

Pé,  5.  m.  Pet,  vent  qui  sort  avec  bruit  du  fondement; 
tout  bruit  qui  se  produit  en  éclatant  comme  celui  d'un 
fusil,  d'une  mine,  du  tonnerre,  d'un  fouet  qui  claque,  d'une 
branche  qui  craque  et  se  rompt.  De  quelqu'un  qui  fait 
beaucoup  d'ouvrage,  qui  dépèche  besogne,  on  dit  :  né  faï 
coumo  un  ase  dé  pés.  Parlas  à  Vase,  vous  fara  dé  pés, 
chantez  à  l'âne,  il  vous  fera  un  pet,  le  proverbe  languedocien 
a  un  équivalent  dans  :  fasès  dé  bé  à  Bèrtran^  vous  ou  ren- 
dra en  caguan. 

Dôr.  du  lat.  peditus,  de  pedo,  m.  signif. 

Pè,  s.  m.  plur.  Pés  ou  Pèses.  Dim.  péné^  augm.  pénas> 

Pied^  partie  du  corps,  â  l'extrémité  de  la  jambe,  qui  sert 
à  se  soutenir  et  à  marcher.  On  ne  le  dit  que  de  l'homme  : 
là  où  le  français  dit  pied  pour  un  animal,  le  languedocien 
se  sert  de  hato,  col-dé-pè,  cou  de  pied.  Pè-dé-bourdo,  pied- 
bot,  qui  ressemble  à  la  boule  noueuse,  bourdOj  qui  termine 
par  en  bas  un  gros  bâton  ou  gourdin.  Sdouta  dé  pè-joun, 
sauter  à  pieds  joints.  Passa  dé  pè-joun,  passer  de  plein 
saut,  arriver  sans  passer  par  les  degrés  intermédiaires. 
A  pè'cauqué,  à  cloche-pied.  Pé-déscàou,  nu-pieds,  les 
pieds-nus.  Tène  pè,  au  jeu  de  boules,  piéter,  tenir  le 
pied  au  lieu  marqué.  Tène  pè  à  quàouqus,  marcher  aussi 
vite  que  quelqu'un,  le  suivre  pied  à  pied,  et  par  exten- 
sion, faire  autant  d'ouvrage  que  lui.  Se  eâoussa  d'un 
pé  'n  àot^ref  contraction  de  d'unpè  un  âoutre,  chausser  un 
pied  pour  l'autre;  aufig.  Faïre  oupréne  quieàn  d'unpè  'n 
âouUre,  c'est  faire  une  chose  à  rebours,  en  comprendre  une 
autre  à  l'envers.  Douna  lous  pèses  à  un  éfan,  habiller  un 
enfant,  lui  donner  sa  première  robe  quand  il  commence  à 
marcher.  Trouba  sabato  en  soun  pè,  trouver  chaussure  à 
son  pied.  —  Pè  est  encore  la  tige,  le  pied  d'un  arbre,  qui 


PEC 


535 


se  dit  pourtant  mieux  cambo,  la  base,  le  support,  le  pied 
d'une  table,  d'un  lit,  d'une  échelle,  etc.  —  le  pied  de  roi, 
mesure,  se  dit  piè, 

Dér.  du  lat.  pes,  m.  signif. 

Pébérin,  s.  m.  Pièce  d'artifice  tout-à-fait  primitive  : 
c'est  un  peu  de  poudre  écrasée  et  pétrie  avec  de  l'eau  ou  de 
la  salive,  puis  moulée  en  petite  quille;  quand  elle  est  à  peu 
près  sèche,  on  met  le  feu  à  la  {pointe  et  elle  brûle,  sans 
éclater,  en  fusant,  â  la  grande  joie  des  .enfants  qui  s'amu- 
sent ainsi.  De  quelqu'un  emporté,  qui  part  comme  une 
soupe  au  lait,  qui  est  vif  comme  la  poudre,  on  dit  :  es  un 
pébérin. 

Dér.  du  lat.  pulvis,  pulveris^  poudre. 

Pébéroù,  «.  m.  et  mieux  Conral.  —  Voy,  ce  dernier. 

Pébra,  v.  Poivrer,  assaisonner  avec  du  poivre.  Au  fig. 
survendre,  vendre  trop  cher;  on  dit  de  quelqu'un  qui  a 
surpayé  quelque  chose  :  y-ou  an  pébra,  on  le  lui  a  poivré 
ou  salé,  tous  deux  s'emploient  dans  le  style  familier. 

Pébrado,  s.  f.  Poivrade,  sauce  avec  du  vinaigre»  de 
l'huile,  du  sel,  où  le  poivre  n'est  point  ménagé. 

Pébre,  5.  m.  Poivre,  fruit  du  poi  vrier  aromatique,  Pi>cr 
nigrum,  Linn.,  arbrisseau  qui  ne  croit  que  dans  les  Indes 
orientales.  Le  poivre  blanc  n'est  autre  chose  que  le  poivre 
commun  dépouillé  de  son  écorce  noire.  C'est  l'épice  qui 
tient  le  premier  rang  dans  la  cuisine  de  nos  campagnards 
surtout  ceux  de  la  montagne;  ils  en  font  une  large  consom- 
mation, car  il  n'est  guère  de  mets  où  il  n'en  jettent  abon- 
damment. 

Dér.  du  lat.  piper,  m.  signif. 

Pébriô,  f.  m.  Gatilier,  Viiex  agnus-eastus,  arbrisseau 
dont  les  feuilles  sont  à  peu  près  comme  ailles  du  chanvre. 
Ses  fruits  ressemblent  à  des  grains  de  poivre  dont  ils  ont 
un  peu  l'àcreté  et  l'arôme;  c'est  de  là  que  lui  vient  le  nom 
de  pébriè,  poivrier. 

Pébriè,  s.  m.  Autrefois  on  appelait  ainsi  l'épicier,  mar- 
chand de  poivre,  la  principale  ou  la  seule  épice  alors  en 
usage  parmi  le  peuple,  quand  c'était  lui  qui  faisait  et 
donnait  les  noms. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  pebrarius,  marchand  de  poivre. 

Pébrièiro,  s.  f.  Poivrier,  boite,  ordinairement  en  fer- 
blanc,  pour  contenir  le  poivre  moulu;  c'est  le  plus  souvent 
par  sa  forme,  un  moulin-à-vent  microscopique,  une  minia- 
ture de  ces  tourelles  qui  en  avaient  pris  leur  nom  :  à  la 
pointe  de  son  toit  en  cône  est  une  petite  ouverture  par 
laquelle  s'échappe  le  poivre  dont  on  saupoudre  les  divers 
apprêts.  La  poivrière,  toute  différente,  est  une  boite  à  com- 
partiments dans  lesquels  on  tient  le  poivre,  le  girofle  et  les 
autres  épices. 

Pécadoù,  Pécadoono,  adj.  et  s.  Pécheur,  pécheresse. 

Dér.  de  péqua,  pécher. 

Pécaire,  interj.  Variante  de  2»écAatre.—  Voy.  ce  dernier. 

Pécata,  s.  m.  Peccata,  nom  que  le  français  donne  seu- 
lement aux  ânes  qui  figurent  dans  les  combats  d'animaux 
et  que  le  languedocien  a  pris  pour  en  faire  un  nom  commun 


-'•>/• 


53( 


PEC 


;\  tous  les  individus  de  l'espèce.  Dans  ces  tristes  jeux,  le 
pauvre  Ijaudet  est  le  soulïVe-douleurs,  le  paillasse  de  la 
troupe  qui  reeoit  tous  les  coups,  et  l'on  a  trouvé  plaisant 
de  Tapp-'ler  peccatu  parce  cju'il  [lorte  les  pécliésdes  autres. 

Péchaïrasso,  intcrj.  Au^/in.  de  peckaire;  il  est  aussi 
trop  coiiipilissant  pour  n'être  pas  souvent  ironique  :  C'est 
alors  le  Pauvre  lioniineî  de  Tartufe,  pnuiuncé  par  une 
autre  bouche  (|ue  ci.'lie.  d'Orj/on. 

Péchaïre,  Dirn.  pcckairéto,  aug.  pcrhaïrasso,  inlerj., 
qui  exprime  ordinairement  la  com[)assion,  l'amilié,  la 
tendresse»,  (|uo  l'ironie  rend  parfois  dédaiimeuse  ou  nar- 
quoise, et  qui  souvent  n'«\st  qu'explélive.  Les  italiens  ont 
jiovcrcllo,  jinvcrino,  povcrcUo,  povcracvin,  h  la  place  de 
Hnln»  pcchatre  et  ses  dérivés,  (jue  le  fran«;ais  pauvret,  (jU'»!- 
qu'il  s'en  ap[)rocli'^  le  plus,  ne  peut  c''[)eii(hnt  rendre  dans 
toutes  Sf'S  métamorphoses.  S'('s  ((mt  unialu^jff  j'éclidire!  il 
s'est  hrisé,  moulu  en  tond)ant,  le  [)auvre  diahie,  h>  i)au\re 
malheureux!  Dvipic  [tiran  (Kpiclcs  cfan,  pi'chcure:  ([ue 
(ît'vieiidroiu  c<'S  pauvres  petits  (MifantsI  ils  taii  trosso, 
prchaircio  !  elk  est  si  frêle,  si  malingre,  la  pauvre  jill-'lie! 
Pi'rh.urc/  snnï  hini  mahlou,  hélas!  ou  mon  Dii'U  î  je  suis 
hien  malail\  ]*rrifaïrc/  i  ilotmarias  Ion  bon  Diau  sans 
cuunfcs^ff,  le  pauvre  homme!  la  honn»'  pièce!  Vous  lui 
donneriez  le  l)"n  Dieu  sans  conr''ssion.  S'/'.v  b(-  <lc  pUujna, 
peclunrcf  Vraiment!  vous  èles  hi:n  à  plaindre,  c'est  bii'n 
il  Vitus  i\  vous  plaindre.  Et  imii,  pcchnirc,  sdns  pcn.stt 
vià'nt,  et  moi  ])onnemenl,  sans  soiil'-m'  ù  mal.  —  Des 
dialectes  \«èu-,ins  proiujncMit  jnrrùre  (jui.  :incierHiom"nl, 
^iLfuiliiit  p'''cheur,  ci'lui  (pii  eomm-H  il->  j'éciiés;  c  niot 
n'est  plus  d'usai'e  dans  c-^  sens,  m:iis  il  est  r''slé  piuir 
s'aj^filiquer  à  (juelqu'un  qui  est  à  [»Kiiiritv  c  >m:iie  doit 
l'être  un  [X'cheur. 

Pèco,  s.  f.  Diin  pcrct/i.  Pièce,  uioi'''  lu,  uno  jnrn  ^'t'  fard, 
une  j)ièce,  un  (juartier  di'  l;ud,  uno  pin>  de  pan,  une 
lraii<;tie  de  [laiu  pour  faire  une  larlin;\  nn')  jh'ro  tir  sonvK 
une  li.iuss<s  [»i'"'ce  d.»  cuir  ([ue  les  corddimi'TS  allachent 
'\  un"  seiuelle  usée.  Il  s'eiiqiloie  en  i:énéral  pour  riMidre  le 
fr<ni';iis  [li'V'e,  mèuie  lorsqu'il  s'a;/it  de  certaines  choses  <jui 
font  un  tout  ct)m[)lt't.  A  tcut  l<i  prro,  cinq  sùous  pi{'o,  à 
tant  la  pièce,  ciiuf  sous  pi^ce.  l'no  pcço  dr  tido,  uno  pnjo 
dr  cranto-.'iôous,  une  pièce  de  toile,  une  pièce  de  (}uarante 
sûus.  —  Le  dirn.  pécclo  ne  se  dit  que  d'une  petite  pièce 
dari:*'nt,  une  piécette. 

En  Italien  Pezzo,  marceau. 

Pèço-dé-la-crous,  s.  f.  Gras  double,  partie  de  la  panse 
du  bœuf  ou  ligament  en  croix  de  son  premier  ventricule, 
eu  de  celui  qui  est  au-dessus  du  réseau. 

Pécolo,  4'.  /*.  Crolte,  crottin  de  lapin,  de  souris,  de 
ver  à  soie,  de  chèvre,  de  brebis,  etc.,  toujours  moulée  sous 
la  même  forme  et  dure,  en  l'état  de  santé  de  ces  animaux; 
excrément  dur  et  arrondi  des  personnes  constii)ées. 

Dér.  du  lai.  pecora  plur.  de  pecus,  pris  particulièrement 
par  brebis  ou  mouton  dont  le  produit  en  question  est  le 
le  type  du  genre. 


PÉG 

Pécolo,  s.  f.  Pécore,  personne  sotte,  slupide,  bèt^, 
animal.  Les  latins  employaient  aussi  dans  le  môme  sens 
pecus,  pecoris. 

Pécoul,  s.  m.  Pied  d'une  table,  d'une  chaise,  d'un  banc, 
d'un  lit  ;  (lucue  ou  pédoncule  d'un  fruit,  pétiole  d'une 
feuille;  par  extension,  bras  dodu,  vigoureux  et  surtout 
jambe  grosse  et  forte.  A  dé  bos  pécouls,  il  est  solide  sur 
sa  base,  il  a  de  bons  piliers. 

Dér.  du  lat  pediculus,  dim.  de  pès,  m.  signif. 

Pécoula,  V.  Mettre  un  pied  ou  les  pieds  à  un  metible, 
mettre  un  jiecoul. 

Pécoula,  V.  Lâcher  du  crottin,  lienter  à  la  manière  des 
aniijiaux  ({ui  font  des  pecohs. 

Pécoula,  .s.  m.  Fumier  de  crottin,  crottin  de  bergerie 
qu'on  a[»[)elle  également  7ni<jon  :  c'est  l'anuas,  l'agglomé- 
ra lion  de  pccnlos. 

Péga,  V.  Poisser,  enduire  de  poix  ;  c'est  particulièrement, 
mar(|uer  l-s  moulons,  et  les  brebis,  c.-à-d.  imprimer  sur 
leur  t'>i>..u,  avec  de  la  poix,  le  cliilYre  du  propriétaire:  cette 
man|u<.'  <'sl  néjessaire  pour  les  reconnaître,  quand  on  réunit 
plu>ieurs  tiMupeaux,  pour  les  envoyer  passer  Tété  à  la 
mouliLTiie.  Arjin)  p('(jo,  cela  esl  poisseux,  gluant,  cela  poisse 
les  ujaiiis. 

Pégadoù,  .v.  m.  .Manpie  en  fer  ou  en  bois,  (ju'on  trempe 
dans  la  [)  -ix  j.our  iuqjrimer  les  signes  qu'elle  porte  sur  le 
dns  lies  hêt-'s  a  laine,  {)*uir  les  pci/n. 

Pcgas,  s.  nt.  Emplâtre  tle  poix,  (ju'on  nomme  plus 
Co;iiiiiU!i<''me:ii  vniidnstre,  — T'o?/.  ceniotet  P'go.  — Pefjass^ 
dil  au;-si  d'une  i/i'ande  l.khe  prùsseuse,  grasse  ou  visqueuse, 
f<u"ii,;;ii[  .'îiluil.  cdinijiî'  serait  celle  d''  moût  ou  de  candiouis. 
H  est  êL\d<i;ieiit  iaugiu.  rie  pc(jo  daiis  le  sens  d'importun, 
obs-'ôanî. 

Pégassoù,  s.  m.  Dim.  (l^péijas  dans  toutes  ses  acceptions. 

Pégô,  A-.  m.  .Nom  méprisant  que  l'on  donne  en  général 
aux  ceirdjniii"rs  et  j)articulièrement  aux  mauvais,  aux 
sa\ ''tiers.  11  \ie:it  do  l'emploi  fréquent  <|ue  ces  artisans 
font  de  la  [)oix,  pvjo.  —  Pe<jù  de\ieni  souvent  une  quali- 
healion  injurieus-^  qui  C(U'res[)ond  à  grossier,  malotru.  On 
dit  d''  même  :  e.v  un  pi'ip'tf  coujine  en  français  :  C'est  un 
savetier,  d'un  mauvais  ouvrier,  en  ([ueliiue  métier  que  ce 
soit.  Dans  les  ihnw  derni<'rs  sens  on  féminise  souvent 
rexpression  et  l'on  dit  pegoto. 

Pégo,  5.  /'.  Poix,  ne  s'entend  ([ue  de  la  poix  noire  ser- 
vant, dans  l'emi^Ioi  le  plus  connnun,  à  marquer  le  bétail, 
i\  poisser  le  lignoul  des  cordonniers  (jui,  il  cause  de  cela, 
ont  reçu  le  surnom  dont  il  est  question  a  l'art,  précédent. 
On  Toblient  par  la  combustion  étoutlee  du  bois  de  pin  ou 
de  sapin  dont  la  résine,  noircie  par  la  fumée  ou  la  suie  qui 
s'y  mêle,  dans  l'opération,  forme  celte  poix.  J»'^re cou mo  la 
p('«jo,  noir  comme  la  poix,  comme  l'encre.  Dans  un  endroit 
très-sombre  et  surtout  d'une  nuit  très-obscure  on  dit  :  es 
êscu  coumo  la  pégo,  il  fait  noir  comme  dans  un  four.  — 
Es  uno  pégo;  que  siès  pégo!  s'adresse  à  un  importun,  un 
fâcheux  qui  vous  obsède  et  dont  on  ne  peut  pas  plus  se 


PEI 

» 

débarrasser  qne  de  la  poix  qui  vous  tieat  aux  mains;  en 
langage  familier  on  rend  cette  acception  par  :  C'est  on 
emplâtre. 

En  espagnol  pega  et  en  ital.  peee, 

Pégo,  8.  f,  Meconium,  excrément  noir,  épais  et  gloant 
qui,  pendant  la  grossesse,  s'amasse  dans  les  intestins  da 
fœlQs,  et  qu'il  rend  par  le  fondement  deux  on  trois  jours 
après  sa  naissance.  A  défant  de  terme  scientifique,  on  désigne 
ainsi  cette  matière  à  cause  de  sa  ressemblance  avec  la  poix 
noire;  on  voit  que  c'est  bien  moins  un  nom  qu'une  com- 
paraison. 

Pégo-dé-Bonrgoiigno ,  Poix  de  Bourgogne,  poix  blanche 
ou  plutôt  d'un  blanc  jaunâtre  ;  suc  résineux  de  plusieurs 
espèces  de  pins,  lorsqu'on  en  a  extrait  la  térébenthine  ;  elle 
est  extrêmement  tenace,  et  c'est  pourquoi  on  l'emploie  à 
faire  des  emplâtres  dessicatifs.  Du  reste,  les  emplâtres  de 
poix  de  toute  espèce,  sous  toutes  les  formes,  pour  toutes 
les  maladies,  jouent  un  très-grand  rôle  dans  la  médecine  de 
campagne.  —  On  dit  par  syncope  :  Siis  un  émplastre-dé- 
Bourgougno,  â  un  importun,  un  fâcheux  des  plus  tenaces. 
—  Voy,  Émplattre, 

Pégonmas,  i.  m.  Emplâtre  de  poix;  variante  de  pégai 
avec  ridée  toutefois  d'une  pins  grande  dimension.  ~ 
Sauvages  donne  aussi  à  pégouma*  la  signification  de  tor- 
chon, qui  n'est  alors  en  usage  que  dans  les  dialectes 
voisins. 

Pégoumassa,  v.  Poisser,  empoisser,  enduire  largement 
de  poix  et,  par  extension,  de  tonte  autre  matière  épaisse  et 
gluante  ;  couvrir  d'un  pégoê,  d'un  pëgoumas. 

PégoÙB,  Pégouso,  adj.  Poisseux,  gluant,  visqueux. 
Au  fig.  pégoiu,  avec  toute  la  série  des  pégo^  pégoi,  pégas' 
toit,  pëgoumas,  pégoutuègno,  forme  ce  répertoire  gradué 
dont  on  qualifie,  un  importun,  un  fâcheux,  un  emplâtre, 
selon  son  degré  de  ténacité  ou  la  dose  d'ennui  qu'il 
procure. 

Pégoutuègno,  j.  /*.  Tout  ce  qui  poisse,  englue,  forme 
une  tâche  visqueuse,  s'attache  et  tient  comme  la  poix  et, 
par  extension,  la  gent  fatigante  des  fâcheux,  des  importuns. 
On  sait  que  la  terminaison  uègno  exprime  ordinairement  le 
mépris,  le  dédain  et  le  dégoût. 

Péîa,  V.  Boucher,  calfeutrer,  tamponner  avec  du  vieux 
drapeau,  du  chiffon,  péio. 

Péiarô,  «.m.  Chiffon,  drapeau,  petit  et  mauvais  mor- 
ceau de  linge,  d'étoffe.  Dim.  de  pêto. 

Péîla,  V.  Fermer  â  clé,  mot  â  mot  faire  mouvoir,  faire 
jouer  lou  pèïle, 

PèQe,  s.  m.  Ne  dut  être  d'abord  que  le  pêne,  cette  partie 
mobile  d'une  serrure  qui  joue  au  moyen  de  la  clé  et  entre 
dans  la  gâche,  faisant  ainsi  fonction  de  verrou  ;  mais  dans 
l'usage  on  prend  la  partie  pour  le  tout,  et  pUle  signifie  la 
serrure  elle-même,  qui  se  dit  autrement  saraio. 

Dér.  du  lat.  peisulue,  dont  le  français  avait  fait  aussi  pèle 
qu'on  disait  autrefois  pour  pêne. 

Péio,  s,  f.  Haillon,  chiffon,  peilles  qui  sont  les  vieux 


PEI 


537 


chiffons  qu'on  emploie  dans  la  fabrication  du  papier. 
Carguo-péU).  —  Voy.  ce  mot. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  pellia^  m.  sign.  formé  du  lat. 
pMis,  peau,  enveloppe,  couverture. 

Péîofo,  «.  f,  Ecale,  peau  des  pois  qui  se  détache  à  la 
cuisson;  écorce  brune,  première  peau  de  la  châtaigne; 
coque-vide  de  la  graine  ou  des  œufs  de  vers  â  soie,  après 
que  l'insecte  éclos  l'a  abandonnée.  En  général  péîofo 
s'emploie  aussi,  indistinctement,  avec  péïôou  et  pélouïro, 
pour  désigner  la  peau,  l'écorce,  la  coque  de  beaucoup  de 
fruits  et  de  grains,  principalement  lorsque  cette  pelure, 
enlevée  d'une  manière  quelconque,  est  séparée  de  ce  qu'elle 
enveloppait. 

Dér.  du  lat.  pellii,  peau,  enveloppe. 

Péîôon.  t.  m.  Coque,  coquille,  écale  d'œaf.  D'une 
personne  fort  jeune,  d'un  blanc-bec  qui  veut  faire  l'entendu, 
l'olibrius  on  dit  :  fat  pas  que  dé  sourti  ddou  péïdou,  il  ne 
fait  que  sortir  de  la  coquille.  —  Voy.  péîofo,  —  Péïôou, 
ivresse,  état  de  celui  qui  est  pris  de  vin.  Âvédre,  préne  ou 
cargua  un  péïôou,  être  soûl,  se  griser,  s'enivrer,  se  soûler. 
Il  est  souvent  impossible  de  chercher  môme  â  expliquer 
une  phrase,  un  mot  d'argot  :  un  simple  rapport  de  consou- 
nance,  un  mal-entendu,  un  quiproquo,  un  caprice,  le 
hasard  leur  donnent  naissance  ;  puis  ils  se  perpétuent,  même 
quand  ils  semblaient  n'être  pas  nés  viables.  Ici  cependant 
on  peut  indiquer  du  moins  l'origine  et  le  sens  probables  de 
Péïôou  dans  son  dernier  emploi.  Péïôou,  du  lat.  pellis,  ne 
serait,  dans  cette  acception,  qu'un  équivalent  de  pèl  et  se 
prendrait  pour  la  peau  de  mounino  autre  technique  fort 
usité  pour  la  même  chose.  La  locution  signifierait  donc, 
plus  énergiqaement  encore,  revêtir  cette  peau  et  devenir 
ainsi  mounino  au  lieu  seulement  de  lui  ressembler.  Ce  qui 
ferait  valoir  cette  dérivation  ce  sont  les  expressions  tràouqua 
la  pèl,  la  séqua,  qui  s'emploient  en  pareille  occurence.  — 
Voir  ces  mots  et  mounino. 

Péîrado,  s.  f,  Buvée,  ce  qu'on  fait  cuire  dans  un 
chaudron  pour  le  repas  des  pourceaux.  Péirado  doit  être 
une  altération,  une  syncope  de  peiroulado,  chaudronnée; 
cependant  une  auge  â  cochons,  faite  en  pierre,  pèïro,  a  pu 
former  cette  expression  qui  signifierait  le  contenu  d'une  de 
ces  auges. 

Péîral,  5.  m.  Margelle  d'un  puits,  seuil  d'une  porte; 
tablette  d'appui  d'une  fenêtre. 

Pèîre-Bnièire,  n.  p.  de  lieu.  Pierre-Bufiîère,  petite  ville 
ou  village  du  Limousin ,  dont  le  nom  n'est  venu  jusqu'ici 
que  par  la  réputation  d'un  de  ses  curés,  fort  saint  homme 
sans  doute,  mais  très-loin  d'être  savant,  â  ce  qu'il  parait. 
Aussi  lorsqu'il  s'agit  de  quelqu'un  de  peu  lettré,  ne  manque- 
t-on  pas  de  dire  :  es  eoumo  lou  cura  dé  PHre-Bufèire  que 
saviè  pas  légi  que  din  soun  libre,  amai  din  sa  gléiso,  il  est 
comme  le  curé  de  Pierre-Buffière  qui  ne  savait  lire  que  dans 
son  livre  et  encore  dans  son  église. 

Péirèlo,  s,  f.  Pérelle  ou  parelle,  Patellaire  parelle 
(PaUUaria  parglla,  Hoiï.),  plante  qui  croit  sur  les  rochers 


538 


PEI 


sons  forme  de  croûte  blanchâtre,  de  la  famille  des  lichens. 
On  remploie  dans  les  teintures  m  ronge,  après  Tavoir 
préparée  avec  de  la  chanx  et  de  Tnrine,  et  eu  avoir  formé 
une  pâte  connue  sous  le  nom  d*orseille  que  porte  aussi  la 
plante  elle-même.  Il  y  a  diverses  qualités  d*orseiIle  prove- 
nant de  divers  pays  :  la  plus  commune  est  Torseille  d*Au- 
vei^ne. 

Dér.  de  pètro^  pierre  sur  laquelle  croit  cette  plante. 
Pérelle  n*est  autre  que  péïrèlo  prononcée  en  français;  celui- 
ci  aurait  formé  dififôremment  ce  mot,  s'il  Tavait  créé. 

Pôîrièîro,  j.  f.  Carrière,  lieu  d'où  Ton  tire  la  pierre  à 
bâtir,  moellon  ou  pierre  de  taille. 

Quelques  dictionnaires  français  enregistrent  perrière, 
mais  alors,  cette  fois,  nous  dirons  que  c'est  du  langue- 
docien. 

Pèîrigàl,  8.  m.  Pierraille,  amas  de  petites  pierres  ;  par 
exagération  on  le  dit  d'un  champ  très-pierreux,  très- 
caillouteux. 

Pèiro,  8,  f.  Dim.  pèïréio,  aug.  pèircisto.  Pierre,  corps 
solide  et  dur,  non  ductile,  formé  de  particules  terreuses 
qui,  en  se  rapprochant  les  unes  des  autres,  ont  pris  diffé- 
rents degrés  de  liaison.  Pèiro  dé  taïo,  pierre  de  taille. 
Pèïro'fréjâou,  pierre  vive,  calcaire,  espèce  de  marbre  ou 
se  rapprochant  du  marbre  dont  elle  a  la  densité  et  la  froi- 
deur. —  Voy.  Fréjâou.  Pèiro  négro,  pierre  noire,  schiste 
aluminenx  noir,  qui  se  sépare  en  écailles,  comme  l'ardoise, 
et  que  les  maçons  et  tailleurs  de  pierre  emploient  pour 
tracer  leur  ouvrage  ;  cette  sorte  de  crayon  ne  marque  que 
lorsqu'il  est  mouillé.  Pèïro-plantado,  pierre  plantée,  espèce 
de  cippe  ou  de  poteau  placé  à  une  bivoie  on  à  un  carrefour, 
sur  lequel  on  inscrit  la  direction  des  divers  chemins  qui  y 
aboutissent.  Muraïo  à  pèHro  séquo,  mur  de  pierres  sèches, 
c'est-à-dire  bâti  avec  des  pierres  seules  sans  mortier  ni 
aucun  ciment.  Pèïro  àou  jo»  terme  de  jeu  de  boules  où  i] 
est  de  règle  que  la  personne  qui,  sans  le  vouloir,  arrête 
ou  détourne  une  boule,  est  considérée  comme  une  pierre 
au  jeu  ou  dans  le  chemin  et  que,  par  conséquent,  le  coup 
étant  bon  ne  doit  pas  être  rejoué.  Aquà  vaï  eoumo  la  pèïro 
à  Vanèl,  cela  va  comme  une  pierre,  un  brillant  à  une  bague, 
cela  vient  fort  â  propos.  Pichoto  pèïro  vèn  à  poun  à  gran 
bastimén,  pour  exprimer  qu'on  a  souvent  besoin  d'un  plus 
petit  que  soi. 

Dér.  du  lat.  petra,  m.  sign. 

Pèîro-jono,  «.  f.  Nom  d'une  [espèce  de  châtaigne.  Les 
végétaux  portent  souvent  le  nom  de  leurs  inventeurs  ou  de 
la  personne  à  qui  ceux-ci  les  dédient.  Pèïro -Jon^  Pierre- 
Jean,  qui  est  la  manière  dont  certains  dialectes  languedo- 
ciens prononcent  Pierre-jean,  dût  ainsi  être  le  nom  de 
l'arbre  dont  le  fruit  féminisé  a  fait  Pètro-jono. 

Pèîro-malo,  n.  p,  de  lieu,  Peyremale,  commune  du 
canton  de  Bessèges,  qui  faisait  autrefois  partie  du  canton 
de  Génolhac. 

L'étymologie  de  ce  nom,  qui  s'applique  à  diverses  autres 
localités  du  Midi  de  la  France  ne  présente  aucupe  obscurité. 


PÉI 

Peyremale  est  aussi  le  nom  de  l'une  des  deux  montagnes 
qui  dominent  le  cours  du  Gardon,  en  amont  de  la  ville 
d'Anduze.  Celle  qui  porte  ce  nom  est  sitaée  sur  la  live 
gauche  de  cette  rivière,  en  face  de  celle  de  Saint-Jniien  qui 
domine  la  rive  droite. 

Ces  deux  montagnes  appartiennent  à  l'étage  oxfordien  et 
celle  de  Peyremale  ou  Pierremale  est  spécialement  remar- 
quable par  les  plissements  et  les  contoumements  des  strates. 

La  hauteur  sur  laquelle  est  assis  le  village  de  Peyremale 
est  formée  par  un  contrefort  de  schiste  talqueux  qui  pré- 
sente une  sorte  de  presqu'île  contournée  par  la  Gèze. 

Le  peu  de  consistance  de  iette  formation  schisieose,  qui 
s'effrite  au  contact  de  l'air,  justifie  l'appellation  de  cette 
localité  :  Pëiro-malo,  Pierre-male  ou  mauvaise  pierre. 

Péirôon,  «.  m.  Dim.  péiroulé,  aug.  péXroulas,  chaudron, 
ustensile  de  cuisine,  petite  chaudière  en  cuivre  avec  une 
anse  pour  la  porter  et  la  suspendre  à  la  crémaillère.  Un 
plén  pèïrôou,  une  chaudronnée,  plein  un  chaudron.  An 
fig.  On  appelle  aussi  piirôou  un  endroit  creux  et  fait  en 
chaudron,  soit  une  cavité  qui  contient  de  l'eau,  soit  un 
bas-fond  entouré  de  montagnes  ou  de  collines.  Lous  Van», 
Ginowa  sou  dine  un  péïrôou,  la  ville  des  Vans,  àe 
Génolhac  sont  bâties  dans  un  chaudron. 

Sauvages,  qui  mentionne  le  bas-breton  ou  gallois  pairer 
comme  signifiant  chaudron,  incline  cependant  à  faire  déri- 
ver notre  péïrôou  de  pèïro,  de  ce  que,  dans  un  canton  de  h 
Lombardie,  on  fait  au  tour,  avec  un  marbre  appelé  serpen- 
tine, en  lat.  lapis  oUariSj  pierre  à  pot,  des  chaudrons  et 
autres  vases  pareils  qui  auraient  été  les  premiers  ustensiles 
de  ce  genre.  Cette  étymologie  est  sans  doute  bien  préférable 
à  celles  de  certains  savants  qui  vont  la  chercher  dans 
l'hébreu  parour,  chaudron,  marmite,  parce  que  l'hébreu 
est  bien  loin  de  nous  ;  ou  dans  le  grec  7n»perov,  pot  dans 
lequel  on  met  du  feu,  attendu  qu'ici  c'est  dehors  [qu'on  le 
met.  Toutefois  une  origine  plus  modeste  et  toute  locale  ne 
se  présente-t-elle  pas? 

Païrôou,  qui  se  dit  presque  aussi  communément  que 
peirôou,  de  même  que  ce  dernier  et  beaucoup  d'autres 
mots  à  terminaison  semblable,  se  prononçait  autrefois  e\ 
se  prononce  encore  dans  plusieurs  dialectes  païrol.  Ce 
mot  dès  lors  se  formerait  de  païre,  père,  siguifiaul  par 
extension,  chef,  principal,  le  premier  et  de  oulo,  en  lat. 
olla;  on  désignerait  ainsi  la  plus  grande,  la  principale 
marmite.  Le  mot  suivant  présente  une  analogie  à  l'appui 
de  cette  étymologie. 

Péîroù,  ou  Mar.  s,  m.  Maîtresse-branche  d*an  arbre, 
grosse,  principale  branche.  Péïroii  est  dit  pour  potroù, 
dim.  de  paire,  père,  auteur,  d'où  naissent  les  branches 
secondaires,  ou  premier,  principal  en  sous-entendant  le 
substantif.  Dans  les  deux  cas,  pàïroù  étant  en  second^ 
ligne  après  le  tronc  a  dû  être  un  diminutif.  Son  sjmonyme 
Mar,  formé  dans  la  même  pensée,  vient  dn  lat.  maw,  maris, 
mâle  et  par  suite  fort  vigoureux,  le  même  substantif  restant 
toujours  sous-entendu. 


PEl 

I»  1.  m.  Cbandroimier,  qui  fait  et  vend  des 
cbandroQS  et  autres  ustensiles  de  cuisine  du  même  genre. 
U  s'applique  surtout  au  chaudronnier  ambulant  appelé 
drouinenr,  qui  porte  tout  son  bagage  dans  sa  drouine  ou 
haviesao  et  improvise  son  atelier  sur  la  place  publique. 
Ces  artisans  nomades  sont  quelquefois  catalans  ou  calabrais  ; 
mais  le  plus  souvent  ils  nous  arrivent  du  Cantal,  pays 
classique  du  métier.  Dans  le  cri  qu'ils  font  entendre  pour 
s'annoncer  en  parcourant  nos  mes,  on  reconnaît  avec 
quelque  attention  les  paroles  suivantes  que  défigurent  un 
peu  leur  accent  et  leur  traînante  mé\apée  :  PéUrôou  rout 
à  broia,  eoMëéroio  à  éstama,  à  blanchi  Us  fourchettes» 

Péîronlado,  «.  f.  Chaudronnée,  ce  qui  est  contenu  dans 
un  chaudron,  pêiréou, 

Péûroiilarià,  «.  f.  Chaudronnerie,  fabrique,  marchan- 
dise et  métier  de  chaudronnier.  Si  ce  mot  n'exprime  plus 
qa*un  nom  de  rue,  ainsi  que  tous  les  noms  de  même  genre, 
il  ne  doit  pas  être  traduit  et  il  faut  seulement  le  prononcer 
à  la  française  :  c'est  ainsi  qu'à  Alais  on  dit  la  rue  Pérolerie 
qu'on  écrit  souvent  Peyrolerie. 

Péîronna,  ou  Gaisaa  t?.  Taller  ;  se  dit  des  céréales  :  un 
grain  qui  germe  n'a  d'abord  qu'une  seule  tige,  mais  lorsque 
multipliant  ses  racines  latérales,  il  développe  d'autres  tiges 
k  côté  de  la  tige  principale^  il  talle  ou  forme  des  talies  et 
produit  ainsi  à  lui  seul  plusieurs  épis;  c'est  ce  qu'on 
appelle  péXrauna  ou  caSitêa, 

De  péïroit,  maîtresse- branche,  on  a  formé  ce  verbe  qui 
signifie  faire  des  branches,  des  tiges. 

PéU,  5.  m.  Pays,  région,  contrée.  Lau  péi-bas,  car  alors 
Vs  ne  se  fait  plus  sentir;  pour  les  hautes-Cévennes,  la 
Lozère,  l'Aveyron  et  même  pour  les  pays  montueux  plus 
éloignés  encore  vers  le  nord,  c'est  tout  le  plat-pays  méri- 
dional du  Gard  en  y  adjoignant  les  parties  limitrophes  de 
l'Hérault,  de  Vaucluse  et  des  Bouch£^-du-Rh6ne.  Quan  Uu 
mountagnos  soun  bkmqiuft^  lou  pét-bas  es  bien  fréj  quand 
il  neige  sur  la  montagne,  il  fait  bien  froid  dans  la  vallée  : 
les  personnes,  dont  l'âge  a  blanchi  les  cheveux,  remarquent 
que  ceci  n'est  point  une  simple  observation  météorologique. 

Péisan,  do,  s.  m.  et  f,  péj.  péisandas,  so.  Paysan, 
paysanne,  homme,  femme  de  village,  de  campagne,  ou 
habitant  la  ville  qui  ne  s'occupe  que  des  travaux  des 
champs.  Vn  bon  péisan,  un  paysan  aisé.  A  la  péïsando,  à 
la  manière  des  paysans,  à  la  paysanne.  —  L'augmentatif 
ne  concerne  point  la  condition,  mais  l'éducation,  les  habi- 
tudes :  un  péisandas,  un  gros  paysan,  lourdaud,  s'applique 
aussi,  par  assimilation,  à  tout  individu  grossier,  sans 
formes,  inculte  au  physique  et  au  moral. 

Dér.  du  lat.  pagantu,  dont  la  bass.  lat.  avait  fait  jNi^eru^ 
m.  sign. 

Péisandaio,  s»  f.  Paysannerie,  la  classe  des  paysans,  la 
gent  paysanne.  Ce  mot  comporte  un  sens  déprisant  comme 
beaucoup  d'autres  à  désinence  semblable.  Y-aviè  pas  gué 
dé  péismnddioy  il  n'y  avait  que  des  paysans. 

Dér.  de  péisan  et  de  la  terminaison  ato  qui  donne  aux 


PEI 


539 


mots  à  qui  on  l'unit  l'idée  de  généralité,  de  collection;  elle 
parait  dérivée  de  aZ/,  qui  dans  les  langues  germaniques 
signifie  tout,  le  tout  ensemble.  C'est  ainsi  que  se  sont 
formés  gusaio,  tripaïo,  su,,  tous  les  gueux,  toutes  les 
tripes,  comme  en  français  mangeaille,  pierraille,  etc., 
tout  ce  qui  se  mange,  toutes  les  pierres,  un  amas  de 
pierres. 

Péîsandoù,  péisandoono,  «.  m.  et  f.  Petit,  jeune 
paysan.  U  prend  quelquefois  une  signification  particulière 
et  de  même  qu'un  moussurà  est  un  artisan,  un  paysan  qui 
cherche  à  s'élever  et  fait  le  monsieur,  un  péïsandoii,  est 
un  monsieur  qui  se  laisse  aller,  tend  à  descendre  et,  par 
ses  habitudes,  se  fait  paysan,  est  un  peu  paysan. 

Péîssoù,  s.  m.  Dim.  péissouné,  augm.  péissounas.  Pois- 
son, animal  qui  naît  et  vit  dans  l'eau.  Péissoà  d'Abriou, 
poisson  d'Avril,  attrape  fort  en  usage  le  premier  de  ce  mois 
et  qui  consiste  à  faire  accroire  à  quelqu'un  une  fausse 
nouvelle  ou  à  l'induire  à  une  course  inutile.  Que  prén  un 
péissoù  pésguo,  pèche  toujours  qui  en  prend  un,  les  petits 
profits  ne  sont  pas  à  dédaigner.  Ounte  y-a  lou  bouïoùn  y-a 
lou  péïssoiin,  il  n'est  que  pécher  en  grand  vivier  :  conseil 
qui  ne  s'adresse  pas  seulement  aux  pécheurs  mais  aux 
gens  timides  pour  les  engager  dans  les  grandes  entreprises 
où  il  y  a  plus  à  gagner.  Ajoutons  que  comme  bouïoim 
signifie  aussi  l'eau  trouble  d'une  inondation,  dans  laquelle 
en  effet  la  pèche  est  ordinairement  fructueuse,  d'autres 
pécheurs  en  eau  trouble  s'arrangent  volontiers  de  ce  dicton 
en  en  détournant  un  peu  le  sens. 

Dér.  du  lat.  piseis,  m.  sign.  dont  l'ital.  a  fait  aussi  pe^ce 
eXpescione. 

PéîsBongnè,  s.  m.  Poissonnier,  qui  vend  le  poisson 
frais,  la  marée.  On  dit  aussi  par  fantaisie  péissougnè  de 
quelqu'un  qui  aime  le  poisson  comme  on  dit  soupier  pour 
celui  qui  aime  la  soupe. 

Péîssongnèiro,  s,  f.  Poissonnière,  marchande  de  pois- 
sons ;  poissarde,  qui  a  la  même  origine  :  les  poissonnières 
étant  partout  un  peu  fortes  en  gueule  comme  les  dames  de 
la  halle  de  Paris.  —  Péissougnètro,  poissonnière,  ustensile 
de  cuisine  dans  lequel  on  fait  cuire  le  poisson  en  entier. 

Péîssounarià,  s.  f.  Poissonnerie,  endroit,  halle  où 
l'on  vend  le  poisson. 

Péissounén,  qno,  adj.  Poissonneux;  qui  abonde  en 
poisscms. 

Péitavl,  n.  p.  qu'il  faut  rendre  par  Peitavin,  bien  qu'il 
ne  soit  autre  que  Poitevin,  car  il  est  formé  du  lat.  pictavi, 
habitants  de  Poitiers,  du  Poitou.  On  ne  se  doute  pas  de  ce 
qu'on  a  sous  la  main  lorsque,  pour  désigner  un  de  ces 
compagnons  du  devoir  qui  portent  le  surnom  de  Poitevin^ 
on  l'appelle  pouoiet}^;  il  est  vrai  que  d'autres  lui  disent 
podévèn,  mais  les  premiers  font  du  patois  et  les  autres  ne 
savent  ce  qu'ils  font.  —  Péitavi  est  encore  le  nom  qu'à 
Saint-Ambroix  et  dans  ses  environs  on  donne  à  la  ronce 
bleue.  [Rubus  oœsius,  Linn.) 

Péftrâon,  s.  m.   Poitrail,   le  devant»  entre  les  deux 


540 


PËL 


épaules  au-dessus  de  renoolure,  des  bètes  de  trait  et  de 
somme  ;  poitrail,  harnais  qui  passe  sur  cette  partie. 

Dér.  du  lat.  peettu,  peeiorU,  poitrine. 

Péîtrâon,  «.  m.  Terme  de  scieur  de  long  :  les  anses  ou  le 
joug  de  la  partie  inférieure  de  la  scie,  par  où  les  scieurs  qui 
sont  à  terre  tirent  de  haut  en  bas  la  scie,  que  celui  qui  est 
sur  la  ligne  laisse  descendre  et  remonte  ensuite  pendant  que 
les  premiers  cessent  à  leur  tour  de  tirer.  L'un  tiro  la  rèsso 
0t  Vâautre  lou  péïiràou,  moyen  excellent  de  ne  rien  faire 
quand  on  ne  s'entend  pas,  car  c'est  tirer  chacun  de  son 
côté  en  même  temps. 

Ce  mot  est  dit  aussi  à  cause  de  la  position  que  cette 
partie  de  l'outil  tient  contre  la  poitrine  de  l'ouvrier. 

Péitrino,  «.  f.  Terme  de  boucherie,  poitrine  ou  bas-côté 
de  l'animal  :  c'est  la  partie  au-dessous  du  haut-côté  ou  du 
brou  et  qui  contient,  pour  le  mouton,  les  bouts  des  côtes 
ou  carré  de  côtelettes;  le  bas-côté  s'étend  depuis  le  milieu 
de  la  cavité  de  la  poitrine  jusqu'au  bréchet,  paléio  dé 
l'éstoutna.  La  poitrine  de  veau  contient  les  os  cartilagineux 
appelés  tendons.  —  Bien  qu'on  dise,  par  imitation  uno 
défUeiou  dé  piitrino  pour  une  fluxion  de  poitrine,  éstouma 
s'emploie  le  plus  souvent,  quoique  d'une  manière  impropre, 
pour  désigner  l'intérieur  de  la  poitrine  et  les  organes  essen- 
tiels qu'elle  renferme.  —  Voy,  Éstouma  et  Mdou.  Péitrino, 
quand  il  s'agit  de  l'homme,  s'entend  donc  ordinairement 
de  la  partie  extérieure.  Se  twta  la  péurino,  se  frapper  la 
poitrine.  /  batlè  un  santui  sus  la  péïirino,  il  lui  donna  un 
grand  coup  sur  la  poitrine.  —  Voy.  Santus, 

Dér.  du  lat.  pectus,  pecioris,  et  ait.  de  poitrine, 

Pèl,  s,  f.  Peau,  enveloppe  du  corps  de  l'animal.  Elle  est, 
particulièrement  pour  l'homme,  composée  de  trois  parties 
ou  membranes  superposées  :  4<>  l'épiderme,  j9é/éro  on  pré- 
tnièiropèl,  surpeau,  la  première  peau  et  la  plus  mince, 
celle  que  les  vésicatoires  et  les  brûlures  font  soulever; 
2®  le  tissu  réticnlaire  qui  se  trouve  entre  celui-ci  et  le  sui- 
vant ;  3*^  le  derme,  le  cuir  ^de  la  peau  ou  la  peau  propre- 
ment dite  qui  lui  donne  la  consistance.  —  Pèl,  peau, 
pellicule,  écorce,  pelure  des  plantes,  des  fruits,  des  graines, 
du  fromage,  etc.  Pèl  d'iranje,  écorce  d'orange.  Pèl  dé 
poumo,  pelure  de  pomme.  Pèl  dé  sèr.  —  Voy.  Sèr.  Pèl- 
morto  ou  car-morto,  chair  morte,  insensible,  durillon, 
petit  caius  que  la  marche  et  le  travail  forment  sous  les 
pieds  et  dans  les  mains.  —  En  langage  libre,  pèl  est  une 
prostituée  que  le  français,  dans  le  même  style,  appelle  aussi 
peau  ;  on  donne  même  ce  nom  à  une  femme  à  qui  on  ne 
peut  rien  reprocher  que  de  n'être  plus  jeune.  —  Léwi  la 
prémièïro  pèl,  au  jeu,  dans  une  afiaire  d'argent  quelconque, 
c'est  gagner,  pressurer  vigoureusement  quelqu'un,  en  un 
mot  lui  enlever  la  première  peau,  ce  qui  est  bien  près  de 
l'écorcher  tout-à-fait.  Dans  le  vocabulaire  figuré  des  viveurs, 
trâouqua  la  pèl  c'est,  après  une  ribotte,  ce  qu'on  appelle, 
par  une  autre  métaphore,  en  venir  à  un  règlement  de 
comptes  et  restituer  ce  qu'on  a  pris  de  trop;  c'est  une 
allusion  au  péiôou,  à  la  pé/  dé  mounino  qu'on  est  censé 


PÈL 

revêtir  dans  une  orgie  bachique.  Foy.  ces  mots.  U  puadt 
que  l'accident  susdit  aurait  pour  effet  de  trouer,  de  percer 
cette  peau,  ce  qui  la  déprécie  beaucoup  au  dire  des  ooniuis- 
seurs;  il  est  donc  essentiel  en  pareil  cas  [de.  la  jégua;  de  la 
sécher,  c-à-d.  de  la  bien  préparer  pour\qu'elle  soit  de 
bonne  qualité.  —  Di^uta  la  pèl  avan  d'avédrB  l'agnH, 
vendre  la  peau  de  l'ours  avant  de  l'avoir  couché  par  terre. 
Mai  toquo  la  pèl  que  la  eamiso,  ma  chair  m'est  plus  près 
que  ma  chemise  ;  mes  parents  me  sont  plus  que  (ks  étran- 
gers ;  mon  intérêt  me  tient  plus  à  cœur  que  celui  des  autres. 
Y-a  maï  dé  pèls  dé  cabris  que  dé  pèls  dé  cabros,  il  va  (dus 
au  marché  de  peaux  d'agneaux  que  de  vieilles  brebis,  il 
meurt  plus  de  jeunes  que  de  vieux. 

Dér.  du  lat.  pellis,  peau. 

Pèl,  s.  f.  Peau,  en  terme  de  magnanerie,  mauvais  cocon, 

inachevé,  incomplet  et  par  conséquent  mince,  faible  et 

fournissant  peu  de  soie   d'une  qualité    inférieure.  Les 

papillons  qui  proviennent  de  ces  cocons  produisent  de  U 

bonne  graine;  il  est  vrai  qu'on  croit  avoir  remarqué  qu'elle 

cessait  de  l'être  à  la  seconde  génération,  ce  qui  dénoterait, 

chez  le  premier  ver  qui  a  fait  un  mauvais  travail,  ks 

germes  du  moins  d'une  maladie  et  un  commencement  de 

dégénérescence.  Aussi,  ce  qu'il  y  a  de  plus  prudent  et  de 

mieux  à  faire,  pour  la  reproduction  de  la  graine,  c'est  de 

choisir  les  meilleurs  cocons  annonçant  dans  leurs  auteurs 

toutes  les  conditions  de  santé  et  une  vigueur  qu'ils  doiveat 

transmettre  entière  à  leur  race.  —  Pèl,  en  terme  de  filature, 

est  un  cocon  en  grande  partie  dévidé,  dont  le  fil  est  plas 

mince,  parce  qu'il  tire  à  sa  fin  ;  on  le  met,  soit  comme 

appoint  à  des  cocons  neufs  pour  compléter  la  grosseur 

voulue  du  brin  de  soie,  soit  pour  maintenir  égale  cette 

grosseur  lorsque  le  fil  des  cocons  neufs  commence  à  son 

tour  à  s'amincir.  On  file  à  deux,  trois,  quatre  cocons  et 

une  ou  deux   peaux,   à  dous,  très  fouMéls  et  uno,  dos 

pèls,  etc. 

Pela,  V.  Peler  écorcher.  Tèsto  pélado,  une  tète  chauve, 
un  chauve. 

Pélado,  s.  f.  Écorchure;  le  poil,  la  peau;  pelade,  alo- 
pécie, maladie  qui  fait  tomber  les  poils  et  les  cheveux.  T-« 
émpourta  la  pélado,  il  lui  entamé,  enlevé  la  peau,  il  l'i 
mordu,  écorché  jusqu'au  vif,  jusqu'au  sang. 

Pélaje,  s,  m.  Pelage,  couleur  du  poil  de  certains  animaux, 
du  cheval,  du  bœuf,  du  chien,  etc. 

Pélandro,  s.  f.  Houppelande,  dont  on  pourrait  supposer 
que  c'est  une  corruption,  si  ce  n'était  plutôt  un  p^oratif 
capricieux  de  pèl,  la  houppelande  étant  primitivement  une 
cappe,  un  manteau  de  berger  fait  de  cuir  ou  de  peau  avec 
le  poil.  Des  glossateurs  font  venir  la  chose  et  le  mot 
d'Upland,  province  suédoise  où  cette  sorte  de  casaque  est 
en  usage,  de  toute  ancienneté,  contre  le  froid  et  b  pluie. 
Depuis,  pélandro,  comme  houppelande,  s'est  dit  d'antres 
surlouts  d'homme.  Aujourd'hui,  on  l'applique  souvent  par 
plaisanterie  à  toute  redingote  ou  lévite  ample  et  longue. 

Pélâon,  do,  s.  m.  et  f.  Avare,  vilain,  ladre,  {Huoe- 


PËL 

maille,  feB8e-mathiBa  ;  malotni,  bélitre,  gredin;  car  Tavare 
bien  caraotârisô  est  un  peu  toat  cela. 

Pélar,  s.  m.  —  Voy.  Péraldoù, 

Pélardoù,  «.  m.  —  Voy:  Fératdù^. 

Pélégli,  t.  m.  Espèce  de  châtaignier  qui  fait  la  pUégrino, 
11  est  probable  qne  ce  châtaignier,  introduit  plus  demie- 
rement  dans  le  pays,  reçat  alors  le  nom  de  péUgri,  dn  lat. 
Pêregrinw,  étranger. 

Pélégrino,  s.  f.  Espèce  de  ch&taigne,  fruit  du  pélégri,  la 
seconde  en  bonté,  la  meilleure  aprâs  la  dâoufinénquo,  le 
marron,  qui  est  la  meilleure  de  toutes.  D  n'est  pas  d'usage 
local  de  franciser  le  nom  de  l'arbre  qui  la  produit,  mais, 
pour  le  fruit,  on  dit  ici  couramment  pélégrine,  et  nous 
proposons  ce  nom,  si  le  climat  et  la  culture  l'ont  modifiée, 
appropriée  au  pays,  et  en  ont  fait  une  variété  inconnue 
ailleurs.  —  Tby.  le  mot  précédent. 

Péléttioù,  «.  m.  —  Voy.  PéhuHiùù. 

Péléto,  «•  f.  Ëpiderme,  surpeau.  Dim.  de  Pèl,  il  se  dit 
surtout  d'un  petit  morceau  d'épiderme  enlevé  par  excoria- 
tion. —  PéUio  est  aussi  le  fém.  du  nom  d'homme  Pété, 
Pelet. 

Pélican,  s.  m.  Va-nu-pieds,  poiloux,  homme  de  néant. 
C'est,  dit  Sauvagbs,  une  corruption  de  jMiean,  publicain, 
nom  qu'au  Xll«  siècle  on  donna  aux  hérétiques  albigeois, 
baSa  et  fort  décriés.  On  sait  que  les  publicains  étaient,  sous 
les  Romains,  les  fermiers  des  impôts  et  revenus  publics,  et 
que  leur  nom,  en  horreur  chez  les  Juifo,  servit  à  désigner 
un  grand  pécheur,  un  homme  de  mauvaise  vie,  détestable 
par  son  caractère  et  par  ses  moeurs.  Genom,  ainsi  défiguré, 
est  resté  dans  le  pays  comme  une  qualification  injurieuse 
dont  on  ne  recherche  pas  l'origine  et  qui,  de  chute  en  chute, 
répond  assez  à  celle  de  voyou,  du  vocabulaire  populaire. 
Gela  n'empêche  pas  que,  si  l'on  avait  à  parler  du  pélican 
{Pdeeanuê  anœratolui,  Linn.],  oiseau  dont  la  réputation, 
méritée  on  non,  est  bien  le  contre-pied  de  celle  du  publicain 
romain,  on  dirait  également  péHean. 

Péligantiè  ou  Péliasiè,  «.  m.  Pelletier,  fourreur, 
peaussier.  Le  français  désigne  sous  ces  noms  et  d'autres 
encore,  les  divers  ouvriers  qui  donnent  aux  peaux  d'ani- 
maux les  difiérentes  préparations  dont  elles  ont  besoin  selon 
l'usage  auquel  elles  sont  destinées;  le  languedocien  les 
confond  toussons  la  dénomination  de  PUigantiè  ou  Péiiitiè, 
qui  s'appliquent  aussi  aux  ouvriers  qui  travaillent  ces 
peaux  comme  à  ceux  qui  les  vendent.  Le  nom  commun  de 
péliffanHè  semble  formé  de  pèl  et  de  gan  ou  ganHè,  faiseur 
de  peaux  de  gants,  qui  est  particulièrement  le  peaussier. 

Péligor,  «.  m.  Périgord,  nom  d'une  ancienne  province 
française  qu'on  donne  ordinairement  à  quelqu'un  qui  en 
est  originaire,  comme  on  appelle  £tmoà<  et  BéH  un  natif  de 
la  ville  de  Limoux  ou  de  la  province  de  Berry.  Ce  mot  est 
au  besoin  féminisé  et  l'on  dit  la  PéUgardo  d'une  périgour- 
dine  ;  on  le  dit  même  de  la  femme  du  PiUgor,  bien  qu'elle 
soit  étrangère  an  pays  qui  a  donné  son  surnom  à  son 
mari. 


PEN 


541 


Pélisalè,  s.  m.  Synonyme  de  PéliganHè.  {Voy,  c.  m.) 
Toute  l'industrie  qui  concerne  la  manipulation  diverse  des 
peaux  d'animaux,  autre  que  celle  dç  la  tannerie,  étant 
devenue  rare  dans  le  pays,  les  mots  qui  la  désignent  tron- 
vent  peu  à  être  employés,  et  pélit$iè  surtout  n'est  presque 
plus  qu'un  nom  propre  que  l'on  rend  par  Pélissier.- 

PéUssarlè,  n.  p.  de  lien.  Par  les  raisons  données  à  l'art 
précédent,  ce  n'est  plus  guère  qu'un  nom  de  rue,  que  le 
français  rend  par  pelleterie  ou  peausserie  et  que  dans  nos 
localités  on  traduit  avec  raison  par  pélisserie.  Du  teste,  la 
rue  d'Alais  qui  prit  ce  nom  à  l'époque  où  la  plupart  des 
métiers  donnaient  ainsi  le  leur,  étant  fort  petite,  semble 
témoigner  que  même  alors  cette  industrie  était  peu  impor- 
tante. 

Pèl-moxto,  s.  f.  —  Voy.  Pèl. 

Pilonîro,  s,  f.  Pelure,  de  pomme,  de  pois,  etc.  ;  peau 
dégoûtante  des  viandes;  peaux  flasques  et  pendantes  des 
vieilles  gens.  C'est,  notamment  dans  ses  dernières  acceptions, 
un  péj.  de  Pèl. 

Pelons,  s.  m.  Hérisson,  bogue,  enveloppe  piquante  delà 
châtaigne.  Péloùs  est  dit  pour  p'ouioùi,  poilu,  hérissé  de 
poils,  qui,  cette  fois,  sont  un  peu  rudes. 

Dér.  du  lat.  Pilus,  poil,  ou  Pilosus,  velu,  couvert  de 
poils. 

Péloussièy  s.  m.  L'arbre  au  hérisson,  le  châtaignier,  le 
porteur  ou  faiseur  de  hérissons.  Ce  mot  n'est  pas  du  lan- 
gage ordinaire;  mais  la  poésie  peut  en  faire  un  heureux 
emploi. 

Péloostioù,  f .  m.,  ou  Pélèstloù.  Espèce  d'huitre  de  la 
Méditerranée;  plus  petite  que  celle  de  même  provenance 
appelée  pied-de-cheval  pour  sa  massiveté;  elle  remplaçât 
pour  nous,  avant  leur  arrivage  si  facile,  si  rapide  et  si 
abondant,  les  huîtres  de  l'Océan  qui  ne  l'ont  pas  fût 
oublier,  et  à  côté  desquelles  elle  tient  son  rang  avec  honneur. 
Le  Péloustioà,  que  certains  prononcent  pélUtkù,  a  la 
coquille  très-raboteuse  et  souvent  garnie  de  pointes  et  de 
parties  hérissées,  ce  qui  lui  a  valu  sans  doute  son  nom 
pour  quelque  rapport  de  ressemblance  avec  le  péloiu  ou 
hérisson  de  la  châtaigne.  —  Saxjvaobs  définit  lepéhusUoà  : 
petite  huître  qui  tient  â  une  plus  grosse.  Peut-être  en  effet 
n'est-ce  point  une  espèce  particulière  mais  seulement  une 
jeune  huître  attachée  à  une  autre  de  la  grosse  et  même 
espèce  qui  l'a  produite.  Ce  qui  le  ferait  croire  c'est  que,  â 
la  dififérence  de  taille  près,  le  péhutHoù  et  le  piêd-de- 
cheval  sont,  pour  l'œil  seulement,  absolument  semblables. 

Péluqua,  v.  Picoter,  becqueter,  croquer  çâ  et  là  des 
grains  d'une  grappe  de  raisins,  picorer  sur  un  panier  de 
cerises.  PUuqm,  au  propre,  se  dit  des  oiseaux. 

Péna,  «.  Faire  de  la  peine;  peiner,  fatiguer,  travailler 
beaucoup,  dififtcilement.  —  Mé  pénavoprou  dé  y-ov  dir9,  il 
m'en  coûtait  assez  de  le  lui  dire.  Fougue  péna  pér  ou 
mounta,  il  fallut  peiner,  il  fallut  du  travail  pour  le 
monter. 

Pénablo,  pènaUo,  adj.  Laborieux,  infatigable,  qui  ne 

e9 


542 


PËN 


craint  point  la  peine  ;  pénible,  difficile.  —  Aquél  home  es  kim 
pénabk,  cet  homme  est  trôs-laborieox,  âpre  an  travail,  c'est 
on  homme  de  grand  travail.  Un  chemin  montant,  sablon- 
neux, mal-aisô  est  on  chemin  pénabU.  Un  pHs  pénabU,  on 
pays  montneox,  difficile,  où  l'on  ne  va  qu'avec  beaucoup  de 
fatigue,  où  les  travaux  sont  pénibles.  S'és  bépénahU  dé.., 
vous  êtes  bien  complaisant,  vous  êtes  bien  bon  de,  etc.  ; 
cette  tournure  est  souvent  ironique  et  équivaut  à  :  Vous  avez 
bien  de  la  complaisance  de  reste,  de  quoi  vous  mèles-vons? 

Pénado  ou  Péaado.  «.  f.  Empreinte  du  pied,  pè. 

Penche,  s,  f.  Peigne,  pour  démêler,  tenir,  fixer  les 
cheveux,  pour  décrasser  la  tête,  etc.— -Panc^  dé  las  grossoi 
pifiot,  démêloir,  peigne  clair  pour  démêler.  Penche  de  las 
piehotos  puïos,  peigne  fin,  à  décrasser.  Urw  péneho  bérquado, 
un  peigne  édenté.  Pénehe,  séran,  espèce  de  caide  flûte 
d'une  pièce  de  bois  ou  de  fer,  en  carré  long,  garnie  de 
longues  pointes  de  fer  entre  lesquelles  on  passe  le  chanvre 
et  le  lin  pour  les  dégager  des  restes  de  la  chenevotte  et  les 
affiner.  Pénehe,  dent  de  la  roue  de  champ  d'un  puit»^- 
roue  ;  elle  est  placée  perpendiculairement  sur  le  plan  de  la 
roue  ou  parallèlement  à  son  axe.  Ce  mot  est  ici  bien 
modifié,  puisqu'il  n'exprime  plus  qu'une  dent  de  cette  sorte 
dépeigne. 

Pénchignè,  s.  m.  Chanvrier,  filassier,  artisan  qui  sérance 
ou  qui  peigne  le  chanvre  et  qui  l'habille  ou  le  met  en 
paquets  pour  le  rendre  propre  à  être  vendu  et  filé.  Lorsque 
c'est  une  femme  qui  fait  ce  travail,  on  l'appelle  pignaresse. 
—  Voy.  Pénehe. 

Pénchina,  v.  Peigner,  démêler,  nettoyer,  arranger  les 
dieveux  avec  un  peigne.  —  Pénchina  dé  candi ,  peigner, 
aérancer  du  chanvre.  (Voy.  Pénchignè  et  Pénehe. J  Pén- 
china dé  ribeia,  peigner  à  rebrousse  poil  ;  et,  comme  cette 
manière  de  faire  est  douloureuse  et  irritante,  on  se  sert  au  fig. 
de  cette  expression  pour  dire  ;  contrarier,  heurter  vivement 
quelqu'un  et,  par  conséquent,  lui  échauffer  les  oreilles,  lui 
faire  monter  la  moutarde  au  nez.  Pénchina,  peigner,  soigner, 
travailler,  faire;  aquà's  bien  ou  mdou  pénehina,  c'est 
bien  ou  mal  fait,  arrangé,  etc.  Ou  pénchino  pas  mdou,  il 
ne  s'en  tire  pas  mal,  il  s'en  acquitte  on  ne  peut  mieux,  et 
la  phrase  étant  souvent  ironique,  alors  elle  signifie  juste- 
ment le  contraire.  Se  pénchina,  se  peigner,  se  gourmer  ;  de 
l'usage  assez  ordinaire  où  l'on  est  de  se  prendre  aux  che- 
veux en  pareille  occasion. 

PéncÛnado,  s.  f.  Coup  de  peigne;  gourmade,  volée, 
firottée,  coups  que  l'on  donne,  reçoit  ou  échange,  en  langage 
pop.  peignée. 

Pénchinio,  s.  f.  Le  champignon  denté  ou  en  hérisson, 
genre  de  champignon  à  chapiteau,  diffèrent  des  laminés  et 
des  fistuleux,  et  dont  le  dessous  est  hérissé  de  pointes 
charnues  et  pendantes;  il  est  bon  à  manger.  Les  botanistes 
l'appellent  Fungus  erinaceus,  esctdentus,  erassus,  aibus, 
(Sauvagbs.)  —  Dans  des  nomenclatures  plus  récentes,  ce 
champignon,  dépeint  comme  ressemblant  un  peu  à  une 
perruque  suspendue  à  un  arbre,  et  qu'on  trouve  ordinai- 


PÉN 

rement  sur  les  vieux  chênes,  est  appelé  hydœ  héiîMOQ, 
hydnum  ertnoMia . 

Péndén,   s.  m.  Pendant,  boude  d'oreille;  pendant, 
pareil,  symétrique,  qui  correspond. 
Dér.  du  lat.  Pendere,  pendre. 
Péndicioii,  s.  /.  Pendai»».  —  Voy.  Mtda-péndieh^, 
pour  l'emploi  le  plus  ordmaixe  de  ce  mot. 

Pàndigonla,  v.  Pendiller,  être  suspendu  en  l'air  et  agité 
par  le  vent.  Se  péndigouia,  se  suspendra  par  les  mains  à 
une  barre*  à  une  branche  d'arbre. 

Péndiô,  s.  m.  Pendeloque;  mot  générique  qui  s'ai^liqw 
à  tout  objet  de  petite  dimension  qui  pend  natureUenttot 
on  qu'on  accroche  quelque  part,  comme  une  breloqiK 
suspendue  à  la  chaîne  d'une  montre  ou  ces  appeadim 
charnus,  couverts  de  poils,  qui  pendent  sous  la  gocge  des 
chèvres  et  qu'on  appelle  glands  on  pendants. 
Dér.  du  lat.  Pendere,  pendre. 
Péné,  s.  m.  Petit  pied,  peton  en  terme  familier  et 
en&ntio.  Pénoit  est  le  synonyme  mignard.  — Hépénà, 
pieds  d'agneau  ou  de  chevreau  mis  en  ragoût. 
Dim.  de  Pè,  pied. 

Pénéqna,  v.  A  voir  de  la  peine,  peiner»  souffinr,  êtraà  ïëvàl 
Dér.  de  Péno,  du  lat.  Ptena. 
Pénéquéja,  v.  Même  sign.  que  le  piécédent,  mais  avec 
l'expression  diminntive  de  la  désinence  éja,  qui,  en  le 
joignant  aux  verbes,  indique  toujours  que  l'action  ait 
commencée,  r^tée  ou  imitée. 
Pénèquo,  s.  f.  Petite  figue  sèche. 
Pénétra,  v.  Réfléchir,  p^ser.  —  Pénéiram  pa'quï,  je 
ne  réfléchissais  pas  à  cela  ;  je  n'avais  point  pensé  à  cela. 

Pénja,  V.  Pendre,  suspendre,  attacher  en  haut  une 
chose  par  une  de  ses  parties,  à  un  mur»  à  une  branche 
d'arbre,  4  un  plancher;  attacher  A  un  gibet;  être  eiUHwndu, 
attaché;  descendre  trop  bas,  incliner,  pencher.  Gomme  en 
français,  le  verbe  languedocien  est  en  même  temps  actif  e^ 
neutre.  —  Se  pénja,  se  suspendre,  se  pendre,  se  suicider 
par  la  pendaison. 

Pénjo-col,  s.  m.  Figue  bien  mûre,  pendante,  à  ool 
tordu.  Au  fig.  hypocrite,  faux-dévot.  Le  lraQ(ais  emploie 
familièrement  dans  ce  sens  le  mot  torticolis  :  c'est  la  même 
image  employée  pour  représenter  cesiaux-dôvots  an  couva 
peu  incliné  et  de  travers,  à  la  tête  penchée. 

Pénjoula,  v.  Pendiller.  M.  sign.  que  son  synonyme 
Péndigoula.  —  Voy.  c.  m. 

Pénnaîso,  s.  f.  Punaise,  insecte  et  vermine  pUie  el 
puante.  Terme  emprunté  au  français. 

Pénnéja,  v.  Gambiller,  remuer  les  jambes  de  oûté  et 
d'autre;  piétiner,  ruer,  piaffisr,  lever  les  pieds  en  l'air  eu 
restant  sur  place. 

Pénnéjaire,   pénnéfaire,   f .  m.  et  f.    Qui   s*agite, 

qui  remue   sans  cesse   les  jambes  oa    les   peds;    qui 

gambille  et  piétine  ;  animai  qui  rue ,  qui  est  eodin  4  nur. 

Dér.  du  verbe  précédent  PénsMfj  a^  formé  de  M,  avec  Is 

désinence  fréquentative  é^a. 


PÉN 

PéBO»  t.  f.  Fekie,  souci,  travail,  fotigne,  soin;  sfilictioo, 
sooifranoe;  inqniétiide  d'esprit.  Notre  langue  n'accepte  pas 
pénodans  le  sens  français  de  pane, punition,  châtiment.  — 
5é  n'aïaènk  la  péno,  û  Diea  nons  le  permet,  si  nous  sommes 
en  vie.  Âqud  nôou  la  péno,  cela  est  grave  on  cela  est  à 
considérer.  Cette  expression  est  quelquefois  employée  par 
ironie  et  signifie  alors  :  cela  n'en  vaut  pas  la  peine,  c'est 
une  niaiserie.  ITén  vôcu  pas  la  péno,  ne  faites  pas  atten- 
tion, cela  ne  vaut  pas  que  vous  vous  d^angiez.  Prén^ 
péno,  mettre  ses  soins  à  quelque  chose,  se  fatiguer,  s'appli- 
quer, faire  des  efforts  pour  parvenir  à  un  but.  Yprénpéno, 
il  fait  tout  ce  qu'il  faut  pour  réussir.  Fat  péno,  il  fkit 
peine  à  voir.  Mé  foU  péno,  il  me  répugne  de  faire  on  de 
croire. . .  Prén^fuéspas  la  péno,  ne  vous  dérangez  pas,  n'ayez 
pas  sond.  Mé  fariè  pas  péno,  je  ne  craindrais  pas.  Mé  p& 
prou  péno,  il  m'en  coûte  assez.  Y-aprou  péno,  il  y  a  assez 
de  travail,  il  est  assez  pénible.  Y-a  prou  péno  pér  gagna 
sa  pAouro  viio,  les  temps  sont  bien  durs  pour  arriver  à 
gagner  sa  misérabble  vie.  i)ouna'i>ou9  la  péno,  veuillez 
bien.  Tira  dé  péno,  tirer  d'embarras;  Hra  péno,  être  en 
souci,  avoir  des  craintes;  cette  dernière  expression  se  rap- 
proche de  iraire  mdou,  m.  sign. 

Ce  mot  s'emploie  très-bien  au  pluriel,  las  pénos,  dans 
les  phrases  suivantes  :  si  métro  dins  las  pénos,  se  mettre 
dans  l'embarras  ;  par  extension,  se  marier.  Es  dins  las 
pénos,  se  dit  d'une  fille  enceinte. 

A  péno,  adv.  Presque  pas,  un  peu. 

En  péno,  adv.  Avec  efforts,  diffidlement.  —  Mareko  en 
péno,  il  marche  difficilement. 

Dér.  du  lat.  pmut, 

Péno,  s.  f.  Bout  de  la  trame  d'une  étoffe.  Péno  dériban, 
le  pêne  d'une  pièce  de  ruban,  ou  les  restes  du  fil  de  la 
chaîne  qu'on  n'a  point  tissés,  qui  dépassent  en  franges  le 
tissu.  De  là  leur  étymologie,  du  lat.  Penna,  plume. 

Péno  dépor,  panne  de  porc.  —  Voy.  Saï. 

Pensa,  V.  Penser.  Avoir  ou  former  dans  son  esprit  l'idée, 
l'image  de  quelque  chose;  croire;  réfléchir;  songer. -— iiro 
que  y  pense,  maintenant  que  j'y  songe,  que  j'y  réfléchis. 
Oïl  pénss  hé,  je  le  croîs  bien.  Mé  pénsave,  je  me  disais  ; 
m'ou  pénsave,  je  m'en  doutais.  Pensas  bé, . .  vous  imaginez 
bien,  vous  vous  doutez  bien...  N'en  pénso  pas  mén,  il  n'en 
pense  pas  moins.  Y  pensas  pas!  Vous  n'y  pensez  pas!  y 
pensez -vous?  Dis  pas  tout  eé  que  se  pénso,  il  ne  dit  pas 
tout  ce  qu'il  pense.  S'ou  dis  pas,  s'ou  pénso,  s'il  ne  le  dit 
pas,  il  le  pense.  Bouta-vous,  n'en  pénso  pas  maï,  allez  donc! 
il  n'en  pense  pas  davantage.  Dévignas-ou  sans  pensa  mâou, 
devinez  sans  songer  &  mai,  dit-on  en  proposant  une  énigme 
ou  une  charade  dont  le  mot  est  honnête,  mais  dont  les 
subdivisions  paraissent  présenter  un  sens  un  peu  scabreux. 

Dér.  du  lat.  Pensare,  peser,  examiner. 

Pénaa,  v.  Panser,  appliquer  un  remède  sur  une  plaie  ; 
soigner  un  cheval,  en  faire  le  pansage. 

Pénsado,  s,  f.  Pensée;  ce  que  l'esprit  pense,  a  pensé; 
opinion,  projet,  dessein,  réflexion. 


PÈO 


543 


Pénsioa,  s.  f.  Rente  foncière;  revenu  annuel  ou  rede- 
vance annuelle,  établis  sur  un  immeuble  en  vertu  d'un  bail 
à  locaterie  perpétuelle.  —  Aquél  oustâou  mé  faï  pénsUm» 
j'ai  une  rente  foncière  établie  sur  cette  maison.  PénsUm, 
signifiant  pensionnat,  est  une  concession  nouvelle  faite  au 
français.  11  faut  bien  se  faire  comprendre. 

Pénaioima,  adj.  Pensionné,  qui  reçoit  une  pension. 

Pénsiouna,  stAst,  Dans  le  sens  de  pensionnat  est  comme 
pension  une  concession  faite  au  français. 

Pénsiounari,  s,  m.  Débi-rentier,  celui  qui  paie  une 
rente  foncière. 

Péntl,  V.  Punir,  attraper;  faire  repentir,  causer  du 
déplaisir.  —  Soui  hé  péntï,  je  suis  lûen  puni.  Tén  farea 
péntl,  je  t'en  ferai  repentir,  r*^  pénUrasf  tu  en  seras 
fftcbé,  tu  t'en  mordras  les  doigts. 

Dér.  du  lat.  Pœnitere. 

Pèou,  s»  m.  Cheveu  de  la  tète;  poil  du  corps;  se  dit 
aussi,  au  singulier,  pour  la  chevelure  d'une  ifemme.  — 
Pénehina,  tréna  soun  pèou,  peigner,  tresser,  arranger  ses 
cheveux.  Moun  pèou  tomba,  ma  chevelure  se  dénoue. 
Partiriè  un  pèou  en  dous,  il  tenterait  sur  un  œuf,  il  cou- 
perait un  liard  en  quatre,  dit-on  d'un  avare.  Cérqua  dé 
pèou  énd'un  iâou,  chercher  des  tâches  dans  le  soleil,  des 
fautes  où  il  n'y  en  a  pas  plus  que  des  poils  sur  un  oeuf. 
Aqui  un  bla,  uno  lusèmo,  un  âoubre  qu'à  bon  pèou,  se  dit 
d'un  champ  de  blé,  de  luzerne,  d'un  arbre  qui  commence 
à  pousser  et  qui  présente  bien.  Miehanpèou,  au  fig.,  mauvais 
caractère,  hargneux,  hérissé.  Fa  à  réboia  dé  pèou,  esprit 
de  travers,  fait  à  rebrousse  poil.  Y-a  pas  un  pèou  dé  ma 
tèsto  que  y  pense,  je  n'ai  pas  veine  de  mon  corps  qui  y  tende. 
Faire  lou  pèou,  tondre,  couper  les  cheveux,  les  poils.  An 
fig.  Aguèn  un  pèou,  nous  nous  primes  de  querelle;  nous 
eûmes  une  altercation.  Est-ce  une  allusion  à  ce  qu'en  Lan- 
guedoc le  plus  pressé,  en  pareil  cas,  est  de  se  prendre  aux 
cheveux?  Pèou  fouladis,  poil  follet;  le  premier  poil  qui 
vient  avant  la  barbe,  aux  jeunes  gens,  avant  les  plumes 
aux  oiseaux.  Pèou  rougs,  un  rousseau,  qui  a  les  cheveux 
ou  le  poil  roux,  les  cheveux  carotte. 

Pèou,  t.  m.  Brin  de  quelque  chose,  petite  quantité.  — 
Un  pèou  déjâouvèr,  un  brin  de  persil. 

Pèou  dé  la,  le  poil  ou  la  fièvre  éphémère  des  femmes 
nouvellement  accouchées. 

Pèou  d'uno  lamo,  paille  dans  la  lame  d'un  instrument. 
Pèott,  glace  on  lame  dans  un  diamant,  fil  dans  une  pierre 
de  taille;  paille. 

Fài  pa  un  pèou  d'douro,  il  ne  fait  pas  un  soufile  de  vent. 
Gna  pa'n  pèou,  néant  ! 

Pas  le  plus  petit  morceau 
De  mouche  ou  de  yermisseau. 

Tira  un  pèou,  coucher  un  sarment  pour  le  provigner. 
Dér.  du  lat.  Pilus,  m.  sign. 

Pèoulù,  udo,  adj,  m.  et  f.  Poilu,  velu,  couvert  de  poils. 
Dér.  de  Pèou,  poil. 


544 


PÉR 


Pèoii-miida,  v.  Muer,  changer  de  poil,  de  plamage,  de 
peaa,  an  prop.  et  an  fig. 

Dér.  du  lat.  Pilum  mutare, 

Pépido,  s.  m.  Pépie  ;  pellîcale  qui  se  développe  an  bout 
de  la  langue  des  oiseaux  ;  maladie  des  poules,  dit  Sauvagbs, 
dont  on  croit  vulgairement  que  la  langue  est  le  siège.  Pour 
la  guérir,  on  écorche,  en  conséquence,  cette  partie  cartila- 
gineuse, ce  qui  ne  fait  qu'ajouter  un  nouveau  mal  à  celui 
qu'éprouvent  ces  animaux.  On  croit  avec  plus  de  raison 
que  la  pépie  est  occasionnée  par  des  poux  que  les  poules 
ont  à  la  tête,  et  dont  il  est  aisé  de  les  délivrer  avec  quel- 
ques gouttes  d'huile  de  poisson  ou  d'essence  de  térében- 
thine, qui  tue  subitement  cette  vermine. 

Mé  faï  véni  la  pépido,  mot  à  mot  :  il  me  donne  la  pépie, 
il  me  scie  le  dos. 

Dér.  du  lat.  PituUa,  employé  par  Columelle  dans  le 
même  sens. 

Pépidos,  s.  f.  jdur.  Envies;  filets  de  la  peau  des  doigts 
qui  se  soulève  autour  des  ongles  ;  pellicules  à  la  racine  des 


Pépié)a,  V.  Avoir  la  pépie  ;  être  souffreteux,  maladif;  se 
plaindre  souvent  et  douloureusement. 

Sauvages  emploie  dans  le  môme  sens  Pépidéja. 

Dér.  du  subst.  Pépido,  pépie. 

Pépignièîro,  s.  f.  Pépinière,  plants  de  jeunes  arbres 
destinés  à  être  replantés. 

Pëpio,  5.  f.  Pecque,  bégueule,  sotte  et  impertinente  qui 
fait  l'entendue. 

Le  masculin  Pèpi  n'est  pas  dans  la  langue.  Le  sexe  fort  ne 
saurait  cependant  en  conclure  que  ce  soit  parce  qu'il  ne  se 
trouverait  pas  chez  lui  de  nombreuses  applications . 

Péqua,  5.  m.  Péché.  —  Voy.  Péea. 

Péqua,  v.  Pécher. 

Péqnadoù,  «.  et  adj.,  au  fém.  Péquadouno.  —  Voy. 
Pécadoin. 

Pèquo-lôbre,  b.  m.  Apprenti  chasseur,  tirailleur.  La 
composition  du  mot  indique  assez  qu'il  s'applique  à  celui 
qui  c  manque  les  lièvres.  » 

Pér,  prép.  Par;  exprime  la  cause,  le  motif  :  pirnéeije, 
par  bêtise;  pér  glorio,  par  vanité,  par  amour-propre;  il 
exprime  aussi  le  moyen  :  pér  mouïèn,  de  cette  manière; 
pér  forço,  par  force  ;  il  marque  encore  la  division,  l'ordre  : 
pér  réngo,  pér  tavils,  par  rangs,  par  tas  ;  le  lieu,  l'endroit  : 
pér  nèou,  par  terre;  pér  péU,  pér  eami,  par  pays,  en 
chemin. 

Dér.  du  lat.  Per,  m.  sign. 

Pér,  prép.  conj.  Pour,  afin  de,  en  échange  de,  au  lieu 
de,  selon,  suivant,  dans,  en,  moyennant,  pendant,  à  travers, 
comme ,  de  même. — Âféciouna eoumo  uno  daïopér  Caléndo, 
se  dit  d'un  homme  nonchalant,  paresseux.  Pér  rire,  pour 
rire,  pour  plaisanter;  pér  dousi  dire,  pour  avoir  ouï  dire; 
pér  nioure,  pér  parti,  pour  vivre,  pour  partir  ;  pér  un  tôou, 
pér  fni  sa  dé  bla,  en  échange  d'un  son,  d'un  sac  de  blé; 
«ffi  pér  VdotUre,  l'un  au  lien  de  l'autre;  pér  iéou,  à  ma 


PÈR 

place;  pér  toutet,  pour  tout  le  monde;  pér  l'hiver,  pér 
Véitiou,  en  hiver,  eu  été;  pér  dn  flrans,  moyennant  ciiui 
francs;  pér  Caléndoi,  au  temps  de  la  NoÔl;  pér  léMéi^oi, 
à  l'époque  des  semailles;  pér  bâwriê  et  vaku,  par  préci- 
pices et  torrents,  par  monts  et  par  vaux;  poita  pér  mort, 
passer  pour  mort.  —  ÈibontU  pér  boull,  m  pér  rouHi,  il 
n'est  bon  à  rien. 

Pér  afin,  cof^\  réduplicative,  pour  afin  de.  La  constrac- 
tion  prafl,  dans  le  langage  courant,  est  également  usitée. 
—  Voy.  ce  dernier  mot. 

Dér.  du  lat.  Pro,  pour. 

Perd,  J*  pert.  du  préeeni  de  l'indic.  de  Perdre.  Il  ou  elle 
perd.  —  Que  toui  ou  f)ôou,Una  ou  perd,  poortout  vouloir, 
on  s'expose  à  tout  perdre. 

Péraldoà  ou  Pérâoudoù  et  Pèrardoà,  «.  m.  Ptoddon  : 
petit  fromage  de  lait  de  chèvre,  piquant,  propre  à  la  légiou 
des  Gévennes.  Ce  fromage  était  renommé  aux  temps  les 
plus  reculés.  Pline  le  Naturaliste  le  mentionne  comme 
trôs-estimé  de  son  temps,  pour  sa  saveur  particulière. 
(Hist.  nat.,  iib.  VI;  Ub.  XI,  cap.XGVIDPéraXdbùestsant 
doute  une  corruption  de  Pébraidoù,  qui  prend  la  désineoca 
diminutive  à  cause  de  sa  petite  forme;  son  nom  rectifié 
parait  dérivé  de  Pébre,  poivre,  à  cause  de  son  goAt 
piquant. 

Pér-amonn,  Pér-amoundion,  otfo.  Par  en  haut,  par 
là-haut. 

Pér-amour  dé  ou  gué,  adv.  eonj.  A  cause  de  ou  que, 
parce  que.  —  Pér  amour  dé  iéou,  pour  me  faire  plaisir,  pour 
m'obliger,  à  ma  considération.  Pér  amour  dé  vous,  par 
égard  pour  vous.  11  est  presque  synonyme  de  pér  afi  dé, 
prafl  dé,  dans  la  même  acception  ipéraftdé  f9ou$,  à  cause 
de  vous,  par  rapport  à  vous. 

Pér-aq[nl,  adv,  eonj.  par  là;  par  cet  endroit;  par  oe 
moyen;  par  ces  paroles;  ainsi;  c'est  pourquoi;  par  quoi.— 
A  travéssapér  aqui,  ila  traversé,  il  a  passé  par  là,  par  cet 
endroit.  Es  pér  aqui  que  m'éniréprénguê,  c'est  de  cette 
façon,  par  ces  mots  qu'il  m'aborda,  qu'il  commença  la 
conversation.  Pér  aqui  se  véi,  ainsi  on  oomprend;  pér 
aqiU  poudès  vous  pensa,  c'est  pourquoi  vous  pouvez  croire, 
ou  par  là  vous  pouvez  croire. 

Pér-aqul,  adv.  Couci-couci,  tout  doucement,  par-d, 
par-là.  —  Coumo  anas,  pééhaire  f  Gomment  vous  portez- 
vous,  mon  pauvre  amiT  Et  l'ami,  dont  la  santé  laisse 
à  désirer,  n'est  pas  bien  rétablie,  de  répondre  :  Pér  aquè, 
tout  doucement.  Et  s'il  est  satisfait  de  son  médecin  on  de 
la  médication  qu'il  a  suivie,  de  continuer  toujours  :  Pér 
aqui,  avec  l'expression  d'une  satisfaction  atténuée,  modérée, 
sans  blâme  ni  présomption. 

Pér-aquô,  adv.  Pourtant,  néanmoins. 

Pér-aquô-d'aqul,  adv.  Pour  cela,  à  cause  de  cela.  — 
Es  pér-aquà^'aqià  que,  c'est  précisément  pour  cela,  pour 
cette  raison  que. 

Pér-aquô  ou  Pér-aquô-pamén,  adv.  Cependant,  quoi 
qu'il  en  soit.  —  Pér^aquà-^mén,  sémbio  pa$  jM>tistîUf, 


PÈR 

oh!  pourtant,  cela  ne  semble  pas  possible.  Expression 
ledonÛée  de  doute,  d*hésitation,  d'indignation.  Oh/  pér 
aquà  on  praqudf  par  contraction;  oh!   c'est  indigne! 

Pins,  «.  m.  Poirier  sanvage.  Cet  arbre  est  très-recherché 
pour  Tébânisterie  et  la  marqueterie.  Il  existe  dans  le  Midi 
et  dans  les  Gôvennes  surtout,  plusieurs  fermes,  habita- 
tions ou  hameau  qui  portent  ce  nom,  et  notamment  le  Péras, 
maison  de  campagne  située  dans  la  commune  de  Sénéchas, 
au  confluent  de  l'Homal  et  de  TAmalet  ou  Homolet. 

Dér.  du  lat.  Pyrui,  m.  sign. 

PérasBO,  s.  f.  péjor.  Fruit  du  poirier  sanvage;  pdre 
d'étranguillon,  d'une  saveur  Apre  et  rude. 

Pér-a[val,  adv.  Là^bas;  par  opposition  à  pér-amoun,  qui 
exprime  le  côté  opposé.  —  Fôau  davala  pér  awU,  c'est  par 
U^bas  qu'il  &ut  descendre. 

Pérboiili,  «.  Faire  blanchir  la  viande  ou  les  légumes 
dans  l'eau  bouillante;  leur  hisser  prendre  un  ou  deux 
bouillons.  —  Fo¥r«  pérbùuli  la  wando,  passer  la  viande  à 
Fean  bouillante. 

Pércè,  adv.  Par  cette  raison,  pour  cause.  C'est  la 
réponse  évasive  de  ceux  qui  ne  savent  ou  ne  veulent  pas 
en  donner. 

Pércuro,  f.  /.  Procuration,  pouvoir  d'agir  donné  à 
quelqu'un;  acte  qui  le  contient.  —  ikmna  prmumro, 
donner  pouvoir,  procuration  à  quelqu'un. 

Pérouroù,  b.  m.  Procureur,  qui  défend  en  justice, 
connu  aujourd'hui  sous  le  nom  d'avoué.  Sauvages  enregistre 
pireurmre,  procureur,  qui  est  de  formation  plus  régulière. 
Péreuroù  se  rapproche  du  français,  et  il  n'est  pas  tout-à-fait 
pur;  mais  que  dire  de  proucuroù,  qui  s'est  introduit  par 
altérations  successives  ? 

Dér.  du  lat.  Prôeuraior,  m.  sign. 

Pérdéqaé,  adv.  intorrôg.  Pourquoi,  pour  quelle  chose  ; 
pour  quelle  raison.  —  Sans  démanda  pérdéqtêé,  sans 
demander  le  motif,  sans  demander  pourquoi.  Pérdéqué 
yHinaviasf  pourquoi  y  alliez-vous  T 

Variante  de  Pérqué,  (Ycy.  c.  m.)  En  WsX.psrehè,  m.  sign. 

Pérdigaîado,  «.  f.  Couvée;  volée,  compagnie  de  perdrix. 

Formé  de  Pirdigal. 

Pérdlgal,  i.  m.  Dim.  PérdigcXéetpérdigtiXoù.  Perdreau  ; 
jeune  perdrix  ;  perdrix  rouge. 

Dér.  du  lat.  Perdrix  et  gallus. 

Pérdigolo,  t .  f.  Aigrette  des  graines  de  certaines  plantes  ; 
sorte  de  duvet  que  portent  les  semences  et  que  le  moindre 
vent  soulève,  fait  voltiger  et  va  semer  au  loin. 

Pérdigoimo,  t.  f.  Perdrigon,  sorte  de  prunes  de  l'espèce 
de  celles  qu'on  prépare  k  La  Salle  (Gard),  connues  sous  le 
nom  de  pruneaux  de  La  Salle,  aussi  estimés  que  ceux  de 
Brignolles. 

Pérdite,  «.  f.  Perdrix,  oiseau  du  genre,  Tetrao,  Linn., 
de  Tordre  des  Gallînacées  et  de  la  famille  des  Domestiques 
ou  Alectrides. 

Dér.  du  lat.  Perdim. 

Pèrdo,  t.  f*  Sauvaoks  cite  Pérdio  :  c'est  la  forme 


PER 


545 


ancienne;  Pèrdo  lui  a  succédé,  et  il  est  lui-même  menacé 
de  se  transmuter,  au  moyen  d'une  annexion,  en  Pèrto, 
qui  est  du  français  et  qui  s'est  déjà  impatronisé.  Sous  ses 
diverses  transformations  ou  altérations,  le  mot  signifie  : 
perte,  ruine,  privation  d'une  chose  agréable,  avantageuse, 
d'un  gain;  dommage;  hémorrhagie  ou  perte  de  sang  chez 
les  femmes  après  l'accouchement;  mort,  absence  d'une 
personne  chère.  —  Àquà  fora  $a  pèrdo,  cela  causera  sa 
perte,  sa  mine.  BHo  pèrdo  t  se  dit  par  antiphrase  et 
avec  ironie  d'une  perte  insignifiante,  de  la  mort  d'un  mau- 
vais garnement. 

Pérdoù,  f.  m.  Pardon;  indulgence  ecclésiastique,  rémis- 
sion des  péchés.  —  YouM  demande  bien  pérdoi^,  veuillez 
bien  m'excnser.  Comme  interjection  de  repentir,  d'excuse  : 
Pérdoù  !  Pardon  !  est  une  importation  française. 

Pérdonna,  v.  Pardonner;  accorder  la  rémission  d'une 
faute,  d'une  offense;  excuser,  épargner.  —  PérdowMu-nwkt 
nostei  pécas,  eoum'à  qui  nous  an  doufénsat,  nous  doutres 
pérdounan  Vâoufénso,  pardonnez-nous  nos  offenses  comme 
nous  les  pardonnons  à  ceux  qui  nous  ont  offensés  :  traduc- 
tion languedocienne  de  l'oraison  dominicale  donnée  par 
Sauvagbs. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Perdonare, 

Pérdonnable,  ablo,  adj.  m.  et  f.  Excusable,  pardon- 
nable, qui  mérite  d'être  pardonné.  Es  pas  pérdounable,  il 
n'est  pas  excusable. 

Sauvagbs  remarque  avec  raison,  qu'en  français  pardon- 
ner et  pardonnable  ne  s'appliquent  activement  qu'aux 
choses  et  jamais  aux  personnes  :  il  n'y  a  que  les  fautes  qui 
soient  pardonnables,  et  on  pardonne  à  quelqu'un.  Le 
languedocien  n'a  pas  les  mêmes  scrupules  et  on  dit  très-bien  : 
éê  pas  pérdounable,  qui  serait  mal  rendu  par  :  il  n'est  pas 
pardonnable,  mais  que  :  il  n'est  pas  excusable,  satisfait 
pleinement. 

Perdre,  v.  Perdre;  cesser  d'avoir,  n'avoir  plus;  faire 
une  perte,  un  mauvais  emploi;  répandre,  s'enfuir,  en 
parlant  d'un  tonneau  ou  d'un  vase  qui  laissent  couler  une 
partie  du  liquide  qu'ils  contiennent;  perdre  son  sang, 
appliqué  à  une  blessure  ou  aux  lochies  et  aux  menstrues 
des  femmes. 

Perdre  la  fénno  ei  quinte  sôous,  es  gran  dàoumage  dé 
Vargén,  perdre  sa  femme  et  quinze  sous,  l'argent  perdu  est 
grand  malheur,  dit  un  proverbe.  A  propos  de  cet  irrévé- 
rencieux dicton,  il  est  à  remarquer  que  dans  toutes  les 
langues,  -*  et  le  languedocien  ne  doit  pas  en  être  excepté, 
—  les  proverbes  contre  les  femmes  sont  plus  nombreux 
que  ceux  qui  s'appliquent  aux  hommes,  et  qu'en  général 
ce  n'est  point  précisément  sous  forme  de  compliments  au 
beau  sexe  qu'ils  se  présentent,  ni  par  un  excès  de  galan- 
terie qu'ils  se  distinguent.  La  sagesse  des  nations  aurait-elle 
préféré,  avec  une  unanimité  si  constante,  la  malice  à  la 
vérité?  —  Aquéloboutopèr,  ce  tonneau  fuit.  Perdre  la  vitto, 
lou  sén,  perdre  la  vue,  le  bon  sens.  A  perdu  foui  saun 
son,  il  a  perdu  tout  son  sang.  Que  pér  eofun  bé,  pér  soun 


546 


PÉR 


PÉR 


$én,  qui  perd  sa  fortune  perd  sa  raison.  On  dit  encore 
comme  variante  :  Que  pèr  lau  stou,  pèr  iou  ién. 

Perdre  (Se)»  v.  S'égarer,  ne  ploa  retrouver  son  chemin» 
disparaître,  se  miner.  Au  prop.  et  au  fig.  se  perdra  in 
oanU,  il  s'égarera  en  route.  —  Pér  unpoun,  Marti  pérdégué 
ioun  Oie,  la  réussite  d'une  affaire  tient  souvent  à  fort  peu 
de  chose. 

Perdu,  do,  add.  eipart,  passé  m.  et  /.  Perdu,  ue  ;  qu'on 
ne  retrouve  plus;  ruiné;  frappé  mortellement;  sans  repu* 
tation.  —  Sm  un  home  perdu,  je  suis  perdu,  c'en  est  fait  de 
moi,  s'écrie  le  pauvre  diable  qui  se  sent  mourir  ou  qui  se 
voit  ruiné.  Uno  fïo  pérdudo,  une  fille  trompée.  L'avès 
pérdudo,  vous  l'avez  trompée,  séduite,  est  un  reproche 
adressé  à  un  libertin. 

Pér-én-crétre  (Dé),  se  dit  d'une  chose  croyable,  digne 
de  foi.  —  Acà's  dé  pér  en  eréirs,  cela  est  croyable,  cela  est 
probable.  Aeà's  pas  dé  pér  en  eréïre,  cela  n'est  guère 
croyable. 

Péré80,t.  f.  Paresse,  indolence,  nonchalance,  fainéantise. 
—  Mé  fax  péréso,  l'indolence  me  tient,  me  gagne  :  j'ai  la 
paresse  de  ne  pas  faire  telle  chose. 

Pérésos,  s.  f,  plur.  Cals,  durillons  aux  pieds,  aux 
mains,  aux  genoux,  etc. 

Pérésoûs,  0,  adj.  Paresseux,  indolent,  nonchanlant, 
fainéant. 

Péréto,  t.  f.  Dim.  de  Péro,  petite  poire.  On  donne  aussi 
ce  nom  au  fruit  de  l'aubépine. 

Péréto,  t.  m.  Dim.  de  Pèro.  Terme  enfantin  qu'on  peut 
rendre  en  français  par  :  mon  bon  petit  papa.  La  seule 
difiërence  de  l'accent  sur  la  première  syllabe  des  deux 
mots,  dont  la  configuration  est  la  même,  fait  la  di£fêrence 
du  sens  et  du  genre,  tant  pour  le  primitif  que  pour  le 
dérivé,  dans  l'un  et  l'autre  mot. 

Pérfuma,  v.  Parfumer,  purifier  Tair  avec  des  odeurs, 
faire  des  fumigations.  G*est  plus  spécialement  un  terme  de 
magnanerie.  Les  parfums  des  plantes  odoriférantes,  telles  | 
que  le  thym,  la  lavande  et  le  romarin,  celui  de  la  poudre 
à  canon  et  même  du  cuir  brftlé,  sont  considérés  comme  un 
excellent  moyen  pour  corriger  l'air  vicié  par  les  exhalaisons 
mauvaises  qui  se  développent  dans  nos  chambrées.  Il  est 
inutile  de  dire  que  c'est  une  pure  illusion  et  qu'on  ne  fait 
en  cela  que  remplacer  une  odeur  mauvaise  par  une  autre, 
qui  souvent  ne  Test  pas  moins. 
Pérfun,  s.  m.  Parfum,  odeur,  senteur,  traduit  du  français. 
Dér.  du  lat.  Psr,  à  travers,  et  de  Fumus,  fumée. 
Pérgami,  5.  m.  Parchemin,  peau  de  mouton  préparée 
pour  écrire;  titre  de  noblesse. 

Le  parchemin  tire  son  nom  de  la  ville  de  Pergame  où  il 
aurait  été  inventé  vers  l'an  263  av.  J.-C,  dans  le  but  de 
suppléer  au  papyrus  qui  manquait.  Dans  ce  cas,  le  terme 
languedocien  se  rapprocherait  plus  que  le  terme  français 
de  la  vraie  étymologie.  Le  parchemin  a  été  presque  exclu- 
sivement employé  au  moyen-âge  pour  transcrire  les  manus- 
crits, les  chartes  et  les  actes.  Aujourd'hui  il  n'est  guère  en  | 


usage  que  pour  les  titres  importants  :  diplômes  on  acta 
diplomatiques.  Faute  d'emploi  l'industrie  s  dispaniet, 
avec  elle,  le  nom  de  pérgaminii,  parcheminier,  qoi  n'est 
plus  de  la  langue  usuelle. 

Péri,  V.  Salir,  g&ter,  tadier.  —  M'a  pérï  Umt  mowi 
fandâùu,  il  a  sali,  taché  ^tièrement  mon  tablier.  Son 
toulQ  pérido,  me  voilà  toute  salie. 

Péri,  V.  Périr,  mourir  de  mort  violente.  —  l'on  fa 
péri,  on  l'a  tué.  Ocdre,  détruire.  —  Périra  pa$  quk  dé 
mas  mans,  il  ne  mourra  que  de  ma  main. 

Périduro,  «.  f.  Salissure;  c'est  moins  qu'une  tâche, inai& 
ce  n'est  pas  propre. 
Dér.  de  Péri,  v. 

Périè,  s.  m.  Poirier,  arbre  à  fruits,  Pyrus  eommmu, 
Linn.  Le  féminin  périUro  est  aussi  usité  et  semble  mtene 
plus  pur.  —  Mé  hrandussss  oomno  uno  pérUXro,  ta  me 
secoues  comme  un  poirier.  Mé  prénu  pér  tmo  pértéSrof 
me  prends-tù  pour  un  poirierT  dit-on  à  quelqu'un  qoi 
vous  secoue  violemment,  ou  vous  presse  de  questions 
importunes,  au  propre  ou  au  fig. 
Dér.  du  lat.  Pyrus, 

Périè,  s,  m.  Gésier,  le  second  estomac  des  oiseaux,  dans 
lequel  se  trouvent  souvent  de  petites  pierres,  ce  qui  lai  a 
valu  son  nom  languedocien.  Au  fig.  et  ironiquement  :  té 
régala  Iou  périè,  s'épanouir  la  rate. 

Perlé,  t.  m.  Nom  affectueux,  câlin,  adressé  kun  mr 
mal  et  surtout  à  un  chien,  à  un  porc.  —  tngraXsso4é, 
périé,  aqui  un  aglan, 
Pérlino,  s.  f.  Praline,  amande  rissolée  dans  du  sucre. 
Trad.  du  français. 
Pér-lou-mén,  adv.  Au  moins,  pour  le  moins. 
Dér.  du  lat.  MinHu,  moins. 

Pér-lou-ménà,  expr,  adverhiale.P^lemeau^eBL  détail. 
—  Voh  vous  eounkL  aquà  pér-hu-^nénà,  je  veux  vcras 
raconter  cela  en  détail. 
Pérkmnga,  v.  Prolonger,  continuer,  étendre. 
Dér.  du  fr.  et  du  lat.  Prolonger,  proUmgara. 
Pérloungamén,  5.  m.  Prolongement;  darôe. 
Dér.  du  fr.  ProlcHigemadt. 

Pérména,  t^.  Se  promener,  promener.  Ce  verbe  s'emploie 
très-bien  activement  en  languedocien  :  Vôou  pérmista,  je 
vais  me  promener.  Anaspérména  loudroie,  allez  promener 
l'enfant.  On  dit  mieux  passéja,  se  pass^'a. 
^  Dér.  du  lat.  Prominare,  conduire,  mener. 

Pérménado,  «.  f.  Promenade,  action  de  se  prom^Mt; 
lieu  où  l'on  se  promène. 
Trad.  du  français. 

Pérmoî!  Pérmomosl  Pérmoio!  inUry.  En  vérité*  cer- 
tainement. Trois  variantes  d'affirmation  fort  uaittea;  voVb 
de  jurement,  de  formule  très*ancienne  comme  le 
par  Bacchus  !  des  Italiens. 
!|[Son  origine  est-elle,  comme  le  veut  Sauvaobs, 
par  Mata,  mère  de  Mercure,  ou  simplement 
fidef  Dans  ces  deux  cas,  le  juron  remoaterait  aa  latio. 


PER 

^"^  pér  Uaho,  pér  Mahom,  par  Mahomet?  C'est 
^ine  que  le  devrait  alors  la  langue  d'Oc.  Les 
^ent  de  loin  et  peuvent  être  soutenues. 
^oy.  Patr$  et  âiaiir$. 

*>èro  mais  coumo  un  paire, 

iie  inédite  :  Lou  Maou 

^  existe  aujourd'hui 

".  le  premier  pris 

nour  dim. 
?ue  ou 

mce 


PER 


547 


.  .li- 


■  quon 
par  une 


,.iver. 
lO  tire  son  nom  d'un 


.  ti 


ai  court,  poire  trôs-sucrôe. 
.^octe;  capricorne  musqué,  de 
•^'est  le  Cerambpx  noir. 
.  Banar,  s,  m.  Insecte;  capricorne 
,x  niger,  Linn.,  genre  de  scarabée  remar- 
>  antennes  articulées,  aussi  longues  que 
aire  l'élégance  de  leurs  formes,  la  vivacité  de 
ements  et  souvent  la  richesse  de  leurs  couleurs, 
s  espèces  de  capricornes  se  distinguent  encore  par 
i;deur  très-agréable,  un  peu  musquée,  recherchée  par 
.  s  priseurs,  qui  conservent  cet  insecte  dans  leur  tabatière, 
ou   par  le  son  strident  qu'elles  produisent  lorsqu'elles 
éprouvent  quelque  contrariété.  Le  plus  grand  de  ces  coléop- 
tares,  tout  ncHr,  et  qui  a  trois  centimètres  de  longueur 
environ,  reçoit  le  nom  de  Manfihpéro,  Les  poires  que  l'on 
trouve  a  demi-rongées  seraient,  ditH)n,  sa  pâture  ;  mais  il 
pomrrait  bien  se  faire  que  l'on  accus&t  injustement  le 
capricorne  des  méfaits  d'autres  insectes  voraces,  du  frelon 
ou  Grdotile,  par  exemple.  Plusieurs  scarabées  de  la  même 
famille  déposent  leurs  œufs  dans  l'écoroe  rugueuse  ou  dans 
les  cavités  des  vieux  arbres,  et  la  larve  creuse  des  trous 
profonds  dans  le  tronc  des  gros  chênes  et  leur  cause  beau- 
coap  de  mal.  €uvier  pense  que  c'est  peut-être  le  Co$tus  des 
anciois.  En  voyant  le  capricorne  se  poser  sur  des  poiriers 
pour  y  déposer  ses  œufs,  ona  pu  mal  juger  de  ses  intentions. 
Féroà,  t.  m.  Pérou.  C'est  le  mot  français,  que  le  lan- 
guedocien a  adopté  dans  le  même  sens  et  dans  cette  seule 
locotioa  proverbiale  :  Aquà's  pas  hu  Pérou,  ce  n'est  pas 
grand'chose. 


Pérpâou,  <.  m.  Propos,  discours,  entretien.  Il  s'emploie 
plus  souvent  an  pluriel  :  pérpâouâ.  —  M'a  téngu  dé  pér- 
pâous;  il  m'a  tenu  des  propos;  il  m'a  fait  des  propositions . 
Cette  façon  de  parler  n'est  pas  toujours  prise  en  bonne  part. 

Dér.  du  lat.  Propotitum, 

Pérpftou(A),  adv.  A  propos;  convenablement  au  temps, 
au  lieu,  aux  personnes.  —  Vénês  à  pérpâou,  vous  tombes 
bien.  A  pérpâou,  dùian,.,  A  propos!  nous  disions...  Notis 
disions  donc...  A  pérpâou  est  pris  aussi  quelquefois 
comme  adjectif,  dans  le  sens  de  convenable  \  Ce  iué  fu 
aquï  n'é»  pas  à  pérpâou,  ce  que  tu  fais  là  n'est  pas  convenable. 

Pérpâoumaî,  adv.  Pour  un  peu  plus,  traduction  mot-à- 
mot,  sorte  de  phrase  laite. 

Pérpâouqué...  adv*  Pour  si  peu  que...  pour  peu  que... 
—  Pérpâou  que  n'i^-ngw,  pour  si  peu  qu'il  y  en  ait,  que 
vous  en  donniez.  Pérpâou  que  lou  végus,  que  je  le  voie 
seulement. 

Pérqu'aîçai,  adv.  Par  ce  c6té<i,  par-ci.  —  Dans  ce 
mot  et  les  suivants,  le  gii'  élidê  devant  la  voyelle,  ou  le 
que,  ne  parait  que  purement  explétif  et  euphonique. 

Pérqa'aiçamoun,  adv.  Par  çà-haut. 

Pérqu'aîçamonndàoa,  adv,  augm.  Par  çà-haut,  mais 
un  peu  plus  haut. 

Pérqn'aiçaval,  adv.  Par  ici-bas;  par  là-bas.  C'est  une 
nuance  depérqu'aval, 

Pérqu'aici,  adv.  Par-ci,  çà  et  là;  de  fois  à  autre;  vers 
cet  endroit-ci. 

Pérqu'ailai,  adv.  Vers  cet  endroit- là. 

Pérqa'anamonn,  adv.  Par  là-haut.  Pérqu'iiUamoudâou, 
adv,  rédupUc. 

Pérqn'alin,  adv.  Par  là-bas. 

Pérqu'amoiin,  adv.  Par  là-haut  et  Pérqu'amùundâou, 
adv,  réduplie.  Vers  là-haut,  plus  haut. 

Pérqnant,  adv.  Quant  à  cela.  —  Pérquani  aquà, 
quant  à  cela. 

Pdrqn'aqni,  adv.  Là,  là,  tout  doucement.  C'est  le 
pér  aqtU  un  peu  adouci,  dans  ce  sens.  Mais  adv.  de  lieu, 
il  signifie  par-ci,  par  là;  vers  cet  endroit-ci. 

Pérqu'aval,  adv.  Par  là-bas,  plus  loin. 

Pérqné,  eùj^.  Pourquoi,  pour  quelle  raison.  —  Sans 
dire  pérqué,  sans  dire  pourquoi.  —  Interrog.  Pérqué  ftafirsf 
pourquoi  faire  cela  ? 

Pérqué  (Lou),  s.  m.  La  raison,  la  cause,  le  motif.  — 
Démando  pas  loïc  pérqué,  il  ne  demande  pas  la  raison,  le 
pourquoi. 

Dér.  de  l'ital.  Por^kè.  En  lat.  Pérqué. 

Férqu'in-amouB,  et  Pérqn'm-amoundioa,  adv.  Par 
là-haut,  vers  là-haut,  sans  déterminer  le  lieu. 

Pérsouno,  s.  f.  Personne,  un  homme  ou  une  femme. 
Pr.  indif.  Nul,  qui  que  ce  soit  ;  quelqu'un.  —  Mo  pérsouno, 
grande  femme.  Pae  pérsùWMl  Holà  !  quelqu'un. 

Trad.  du  français. 

Pértont,  adv.  Partout,  en  tous  lieux.  —  Dé  pértoui,  de 
tous  o6tés«  de  toutes  parts.  Dé  pérUmipIqiiavo  mièjour,  dit 


548 


PER 


tjuelqa'nn  qni  a  été  assailli  de  tontes  parts  :  les  codps 
pleuvaient  de  tous  côtés  ;  les  questions  tombaient  tontes  à 
la  fois,  de  tons  côtés.  Mot  à  mot  :  J*entendais  sonner  midi 
à  tontes  les  horloges.  Vn  pàou  partout,  nn  pen  partent. 
Saquo  soun  nos,  ioi  mans,  un  pdou  pértout,''û  fonrre  le 
nez,  les  mains,  nn  pen  partont  :  c'est  nncnrienx,écontenr 
anx  portes,  fnretenr. 

Pértout  (Passe),  s,  m.  Passe-partont,  clé  commnne  à 
plusieurs  personnes,  ponr  ouvrir  une  même  porte. 

Pér-travès,  adv.  En  travers,  de  biais,  de  côté,  à  contre- 
sens, transversalement. 

Dér.  du  lat.  Transversim. 

Péroino.ou  Pérésino,  5.  f.  Poix-résine,  résine. 

Pémqniè,  s.  m.  Perruquier,  celui  qni  fait  des  perruques, 
et,  par  extension,  celui  qui  peigne,  qui  rase,  qui  coiffe. 

Dér.  de  Pértiquo. 

Péruqao,  5.  f.  Perruque,  coiffure  de  faux  cheveux;  les 
cheveux  eux-mêmes.  Au  fîg.  réprimande.  Dim.  Péruquéto, 
j.  /".,  petite  perruque,  et  pôjor.  Péruquasso,  s.  f,,  grosse  et 
laide  perruque. 

L'italien  et  le  catalan  ont  aussi  :  Parruea  et  Perruea, 
parruehino  et  perruqueta;  parrucaccia  et  perrucassa. 

L'histoire  des  perruques  se  perd  dans  la  nuit  des  temps, 
si,  comme  le  prétendent  les  savants,  les  faux  cheveux 
étaient  d'un  usage  général  chez  les  Mèdes,  les  Perses  et 
autres  peuples  de  la  hante  antiquité.  Le  mot  perruque  a  du 
reste  une  origine  très-ancienne  :  il  vient  du  grec  dorique 
Tcl^^r/oç,  pour  3cu^^6c,  fauve,  jaune,  parce  que  les  premières 
étaient  en  cheveux  blonds.  Les  Romains  en  usèrent  pour 
cacher  leur  calvitie,  les  Romaines  pour  le  même  but,  et 
aussi  pour  se  composer  des  coiffures  très-ouvragées  et  très- 
élégantes,  qu'elles  appelaient  tuitUus,  eorymbus^  gcUerus, 
galerieulus.  Cette  mode  ne  fut  guère  introduite  que  sous  les 
empereurs,  mais  elle  devint  si  générale,  qu'il  y  a  des  bustes 
en  marbre  de  grands  personnages,  hommes  ou  femmes, 
avec  des  perruques  mobiles  que  l'on  changeait  probable- 
ment suivant  la  mode,  comme  pour  leur  donner  une 
jeunesse  perpétuelle,  an  moins  du  vivant  des  originaux. 
Au  moyen-âge  les  perruques  étaient  encore  en  usage  et  il 
parait  que  c'était  nn  luxe,  car  les  prédicateurs  du  XV*  et 
du  XVI*  siècle  tonnèrent  contre  les  perruques  des  femmes. 
En  France,  la  mode  des  perruques,  pour  les  hommes, 
commença  à  se  répandre  sons  le  règne  de  Louis  XIII.  vers 
4630;  on  les  appelait  numionnes,  parœ  qu'elles  étaient 
ordinairement  faites  en  laine  de  mouton.  Cette  mode  prit 
une  extension  plus  grande  à  l'avènement  de  Louis  XIV,  qni 
portait,  tout  enfant,  de  longs  cheveux  bouclés,  et  dura 
pendant  tout  ce  règne.  An  XVIII*  siècle,  tout  le  monde 
portait  perruque,  et  il  eût  été  indécent  à  un  homme  bien 
élevé  de  s'habiller  sans  cette  chevelure  d'emprunt,  qui  fut 
adoptée  même  par  la  plus  petite  bourgeoisie.  La  pondre 
était  l'accompagnement  obligé  de  cette  coiffure.  Pendant  la 
Révolution  et  sons  le  Directoire,  on  imagina  de  porter  les 
cheveux  plats  sur  les  faces,  et  l'on  appela  cette  mode 


PES 

oreilles  de  chien.  Bonaparte,  général,  se  coiffait  ainsi. 
Brissot,  le  premier,  fit  couper  ses  cheveux  ras  et  les  porta 
dans  leur  couleur  naturelle.  Bonaparte  adopta  cette  mode 
et,  avec  lui,  presque  toute  l'armée  française.  Aujoard'hni 
la  perruque  chez  les  hommes  n*est  plus  qu'une  ressource 
contre  les  rhumes  de  cerveau  ;  mais  l'artifice  des  faux 
cheveux  a  été  de  nos  jours  plus  que  jamais  remis  en  vogue 
et  en  honneur  parmi  les  femmes  du  grand  et  du  demi-monde. 

Péms,  5.  fil.  Poire  sauvage,  poire  d'étranguillon.  ^ 
Dans  les  environs  d'Alais,  le  quartier  dit  de  Pénuto,  tire 
son  nom  de  quelque  fameux  poirier  sauvage  ou  de  la  quan- 
tité de  ces  arbres  qui  s'y  trouvaient. 

Dér.  de  Péro,  du  lat.  Pyrui» 

Pés,  5.  m.  Poids;  ce  que  pèse  une  chose;  bahnœ, 
instrument  de  pesage.  An  fig.  pesanteur  et  de  là  :  impor- 
tance, considération.  —  Lou  gran,  lou  gros  pés,  le  o6lè 
fort  d'une  romaine;  hupiehdpés,  le  côté  faible.  Acà's  m 
home  dé  pés,  c'est  un  homme  d'importance.  Es  uno  ràoà 
dé  pés,  c'est  une  considération  importante,  une  raison 
majeure.  Si^  pas  dé  pés,  tu  n'es  pas  de  force. 

Dér.  du  lat.  Pensare,  penso,  peser. 

Pès,  s.  f.  Paix;  tranquillité;  concorde;  calme; silence. 
—  Pès/  interj.  Paix-là;  silence. 

Dér.  du  lat.  Pax,  et  trad.  du  français. 

Pesa,  V.  Peser,  juger  de  la  pesanteur  d'an  objet  avec 
des  poids;  peser,  accabler,  fatiguer,  être  àchai-ge.  -^pésa*- 
mé  dous  sôous  dé  fourmo,  pesez-moi  ponr  deux  sous  de 
fromage.  Quqn  peso?  quel  est  son  poids?  Moun  soupa 
mé  peso,  mon  souper  me  fatigua.  Vous  pésara  prou,  il  vons 
sera  assez  Â  charge. 

Dér.  du  lat.  Pensare. 

Pésado,  5.  f.  Pesée,  ce  qu'on  pèse,  ce  qui  a  été  pesé  en 
une  fois. 

Dér.  de  Pesa. 

Pésado,  s.  f.  Trace,  empreinte  du  pied,  foulée.  Il 
s'emploie  aussi  ponr  :  giron  d'une  marche  d'escalier,  sur 
lequel  porte  le  pied. 

Dér.  du  lat.  Pes,  ou  du  grec  IléCa,  pied. 

Pésaîre,  s.  m.  Pesenr  public;  celai  qai  pèse.  — 
L'invasion  du  français  tend  à  introduire  pésur,  qm  est 
encore  de  plus  mauvais  aloi. 

Pôsaje,  s.  m.  Action  de  peser;  salaire  da  pesenr.  —  La 
grande  industrie  de  notre  pays,  la  récolte  des  cocons,  a 
introduit  tons  ces  mots. 

Dér.  deP^f. 

Pèse,  5.  m.  Pois,  petits-pois,  pois  verts  ;  JPijtcm,  Lînn. 
Plante  potagère  de  la  famille  des  L^mineoses.  —  Pést 
grouman  ou  galavar,  pois  goulu,  pois  goarmand,  sans 
parchemin,  ou  pois-mange-tont.  Pése-dé-génUm,  pois  de 
senteur,  pois  à  fleur;  gesse  odorante,  Laih^frus  odortavts. 
Se  pu  rés  noun  véses,  éstaquo  tas  pèses,  faote  de  mieux, 
contente-toi  de  pois. 

Péséroû,  s.  m.  Dim.  du  prôoédeat,  et  proprement» 
petits-pois. 


PES 

I 

Pésièîro,  f.  f.  Champ  de  pois;  planctie.  table  plantée 
de  pois. 

Fésomé  (Faire),  phr.  faite.  C*est  oiot  à  mot  :  faire  le 
petit  pou;  ce  qui  signifie  :  vivoter,  sous  le  rapport  de  la 
fortune  ou  de  la  santé;  vivre  petitement,  pauvrement,  être 
malingre,  mener  une  existence  précaire;  dans  un  commerce 
ou  au  jeu,  carotter,  ne  hasarder  que  peu,  jouer  mesquine- 
ment, ne  pas  se  lancer  dans  de  grosses  entreprises.  — 
L'explication  donnée  par  Sauvages,  qui  remarque,  du 
reste,  la  difficulté  de  traduire  ces  dictons,  ne  parait  pas 
être  le  véritable  sens  de  celte  phrase,  telle  au  moins  qu'elle 
est  aujourd'hui  comprise  et  appliquée.  Il  ne  s*agit  pas  en 
effet,  de  vains  efforts  pour  se  venger  ou  pour  témoigner 
son  dépit;  l'idée  que  réveille  le  dim.  familier  pésouïè,  ce 
pauvre  diable  de  parasite,  vivant  de  peu,  toujours  caché  et 
toujours  poursuivi,  éveille  plutôt  une  idée  de  faiblesse, 
de  mesquinerie  chétive,  que  de  taquinerie  insolente,  quoique 
vaine. 

Pésonîous,  0,  adj.  Pouilleux  ;  qui  a  des  poux  ;  sujet 
aux  poux;  tâché  de  pourriture. 

Dér.  de  Pésoul, 

Pésoul,  s.  m.  Pou,  insecte  du  genre  des  Aptères; 
vermine.  —  Lous  pésouh  lou  manjou,  les  poux  le  dévorent, 
la  vermine  le  ronge.  Lous  pésotUs  Vaeabou,  m.  sign.  Trïa 
sous  pésouh,  s'épouiller,  secouer  ses  poux,  au  prop.  et  au 
fig.  Mis  pas  la  man  doit  se  j)ér  un  pésoul,  pour  dire  :  il  ne 
se  met  pas  en  souci  pour  une  vétille  ;  il  ne  s'émeut  pas 
d'une  bagatelle  ;  et  presque  mot  à  mot  :  pour  se  mettre  à 
chercher  un  pou  sur  sa  peau,  encore  faudrait-il  que  la 
chose  en  valût  la  peine. 

Ëtym.  du  lat.  Pedieulus,  m.  sign. 

PésonUno,  s.  f.  Vermine;  poux  en  générai;  race, 
engeance  pouilleuse  ;  pucerons,  insectes  qui  attaquent  les 
plantes,  les  arbres,  la  volaille. 

Dér.  de  Pésoul. 

Pôsoul-révéngn,  §.  m.  eomp.  Gueux  revêtu,  homme  de 
rien  qu*un  coup  de  fortune  a  rendu  riche  et  qui  prend  des 
airs  insolents. 

Formé  de  Pésoul  et  de  révéngu.  —  Voy.  c.  m. 

Pésqua,  v.  Pécher,  prendre  du  poisson;  retirer  de  l'eau; 
repêcher;  faire  eau;  s'imbiber;  par  extens.  trouver,  pren- 
dre, découvrir  —  Mtanda-loupésqna,  envoyez-le  à  la  pêche, 
c.-à-d.  se  promener.  Pésqua  lou  fera,  repêcher  un  seau 
tombé  dans  un  puits.  En  travéssan  lou  earàiu,  aï  pésqua, 
en  traversant  le  ruisseau,  je  me  suis  mouillé.  Moun  sou:iè 
pésquo,  mon  soulier  laisse  pénétrer  l'eau.  Ounté  l'avès 
p^J9ua?Oùravcz-Yous  pris,  trouvé?  Ounté  vaï  las  pésqua? 
Où  va-t-il  les  chercher? 

Dér.  de  Pésquo  et  du  lat.  Piseari, 

Pésqnaire,  s.  m.  Pêcheur;  s'applique  également  à  celui 
qui  fait  de  la  pêche  sa  profession  on  son  amusement. 

Dér.  du  lat.  Piscator,  ou  de  Pésquo. 

PésqattTÔoa,  s.  m.  Alouette  de  mer»  PAidna  platyrin- 
eha,  Linn.  Oiseau  de  passage,  de  l'ordre  des  Échassiers  et 


PES 


549 


de  la  famille  des  Ténuirostres.  —  Le  pésquatrôou  est  haut 
monté  sur  jambes,  et  l'on  dit  volontiers  d'un  homme 
ainsi  conformé  :  A  dé  eambos  dé  pésquaHrôou,  ou  :  sémblo 
un  pésquaïrôou. 

Dér.  de  Pésquo,  ces  oiseaux  vivant  de  la  pêche. 

Pésquariè,  t.  f.  Poissonnerie;  lieu  destiné  à  la  vente  du 
poisson  ;  pêcherie,  lieu  propre  à  la  pêche.  Dans  les  anciens 
titres  et  le  compois  d'Alais  de  4393,  il  est  fait  mention  de 
la  Carièïro  dé  la  Péscariè;  elle  partait  de  la  Soubeirane, 
après  le  couvent  des  Cordeliers,  aujourd'hui  le  théAtre, 
pour  remonter  vers  les  châteaux.  Peut-être  y  avait-il  là 
une  halle  aux  poissons,  qui  lui  avait  fait  donner  son  nom, 
ou  plutôt  prenait-elle  sa  dénomination  d'un  pésquiè,  réser- 
voir d'eau  ou  vivier,  situé  dans  le  jardin  des  seigneurs. 

Pésquiè,  s.  m.  Réservoir,  vivier,  bassin  où  l'on  nourrit 
le  poisson. 

Dér.  de  Pésquo. 

Pésquo,  s.  f.  Pèche;  l'art,  l'exercice  ou  l'action  de 
pêcher  du  poisson;  le  poisson  que  Ton  a  pris.  — A  fa 
bono  pésquo  y  il  a  pris  beaucoup  de  poisson.  Manda  à  la 
pésquo  ou  à  la  pésquariè,  envoyer  nn  importun  se  prome- 
ner. 

Dér.  du  lat.  Piseatura,  formé  de  piscis. 

Péssamén,  s.  m.  Peine,  chagrin,  souci,  inquiétude.  ^ 
Manqua  pas  dé  péssamén,  il  n'est  pas  sans  inquiétude. 
N'avès  pas  gés  dé  péssamén,  vous  n'avez  souci  de  rien. 
Ses  pas  pér  vtoure,  avès  tro  dé  péssamén,  vous  n'êtes  pas 
ici-bas  pour  longtemps,  vous  avez  trop  de  soucis.  M'a  tira 
d'un  bel  péssamén,  il  m'a  tiré  d'un  grand  embarras.  Mé  fat 
péssamén  dé  parti,  dé  vous  quita,  je  ne  puis  me  décider  à 
partir,  j'éprouve  bien  de  la  peine  à  vous  quitter.  Tout  U 
faï  péssamén,  tout  le  peine.  Le  proverbe  dit  :  Cent  ésettsdé 
péssamén  pagou  pas  un  dénié  dé  déoutes,  le  chagrin  ne 
suffit  pas  à  payer  la  moindre  dette. 

Elym.  du  lat.  Pensare,  pensatum,  penso,  ou  peut-être  de 
Pati,  passus,  patior, 

Péssaméntoùs,  o,  adj.  Soucieux,  qui  a  du  souci; 
préoccu[jé  de  soins. 

Péssègre,  s.  m.  Pêche  de  vigne,  fruit  du  pêcher. 

Dér.  du  lat.  Persica;  en  ilal.  Persiea;  en  port.  Pessego; 
en  cat,  Presseg;  en  esp.  Passega. 

Pésségriè,  s.  m.  Pêcher,  Amydalus  persica,  Linn.. 
arbre  qui  porte  la  pêche,  do  la  famille  des  Rosacées,  ori- 
ginaire de  la  Perse. 

Blême  élym.  que  le  subst.  précédent. 

Péssù,  s.  m.  Pincée;  la  petite  quantité  qu'on  peut  prendre 
d'une  chose  entre  deux  ou  trois  doigts.  —  Vn  péssù  dé 
êâou,  une  pincée  de  sel.  Vn  péssià  dé  laba,  une  prise  de 
tabac.  A  mes  dos  ounços  dé  grano  et  lou  péssù,  il  élève  un 
peu  plus  de  deux  onces  de  graine  de  vers  à  soie,  deux 
onces  plus  une  pincée  supplémentaire. 

Péssù,  s.  m.  S'emploie  aussi  pour  désigner  quelque  chose 
de  premier  choix  ;  la  fleur  d'une  chose,  la  partie  la  plus 
délicate  et  la  plus  recherchée.  Ainsi  :  uno  douméisèlo,  uno 

70 


550 


PET 


fto  ddou  péstù,  une  demoiselle  qni  n*eët  pas  du  commun  ; 
comme  dirait  le  français  :  an  beau  brin  de  fille.  Aquà'i 
dâou  péssù,  ceci  est  du  premier  choix. 

Péssù,  f.  m.  Pinçon;  action  de  serrer  la  superficie  de  la 
peau  entre  les  doigts;  marque  qui  reste  lorsqu'on  a  été 
pincé.  Le  même  que  Èêpétêù.  —  Vby.  cm. 

Péssnga,  v.  Pincer  ;  serrer,  presser  la  peau  entre  les 
doigts,  de  manière  à  produire  une  marque;  faire  des 
pinçons.  Au  fig.  critiquer,  railler,  mordre.  —  Voy. 
Étpéisuga. 

Etym.  du  lat.  PeUem  sugere  ou  du  grec  IKeÇci),  presser, 
serrer. 

Péstél,  s.  m.  Pilon,  instrument  propre  à  piler  dans  un  mor- 
tier. Il  est  synonyme  avec  THssadoà,  Trissoù.  fVoy.  c.  m.) 
On  dit  :  Réde  eoumo  un  péttél,  raide  et  droit  comme 
un  pieu. 

Étym.  du  lat.  PislUlum,  dér.  du  grec  UiaadXoç,  pieu. 

Péstél,  «•  m.  Pêne,  partie  mobile  d'une  serrure  qui 
entre  dans  la  gâcbe;  verrou.  Dans  le  premier  sens,  syn. 
de  Pèïlû.  —  Voy.  c.  m. 

Étym.  du  lat.  Pessulus,  dér.  du  grec  IlTjaotj,  ficher, 
planter. 

Pésù,  ndO|  adj.  Pesant,  lourd,  qui  pèse. 

Dér.  de  Pés. 

Pô-sn-fièîo,  phr.  faite.  Trois  mo  ts  de  cabale,  sorte  de 
formule  de  sorcellerie  qu'on  prête  aux  prétendus  sorciers 
qui  fréquentent  le  sabbat.  —  Sauvagbs  l'explique  très- 
bien  :  c  La  route  ordinaire  pour  se  rendre  au  sabbat,  dit- 
il,  est  le  tuyau  de  la  cheminée.  On  met  un  pied  sur  la 
crémaillère,  comme  sur  un  élrier,  on  prononce  la  formule 
Pè'su-fièïo,  le  sorcier  disparait  et  tout  est  dit.  » 

La  location  faire  pè-su-fièio  tire  de  là  son  origine  et 
signifie  par  conséquent  :  disparaître  à  la  manière  des 
sorciers;  lever  le  pied,  s'esquiver  adroitement,  furtivement. 

Péta,  V.  Péter,  faire  un  pet.  Éclater,  faire  des  éclats  ; 
claquer;  casser;  se  rompre;  se  casser.  Au  fig.  crever, 
mourir.  En  terme  de  jeu,  faire  la  dé  vole.  —  tout  faviâous 
fan  péta,  les  haricots  donnent  des  vents  :  c'est  la  venloia 
faba  des  Latins.  Faire  péta  ioun  foué,  faire  claquer  son 
fouet,  au  prop.  et  au  fig.,  prendre  le  verbe  haut,  faire 
sonner  haut  son  importance.  Faire  péta  sa  noMèsso,  se 
targuer  de  sa  noblesse,  de  sa  condition.  Faï  péta  las  èfos, 
il  sacre,  il  jure  : 

Les  F  et  les  B  voltigeaient  sur  son  bec, 

disait  Gresset  en  parlant  de  Vert-Vert  perverti.  Fài 
péta  las  méssorgos,  c'est  un  impudent  menteur.  Aquélo 
fusto  vèn  dé  péta,  cette  poutre  vient  de  craquer,  de  se 
rompre.  La  branquo  vaï  péta,  la  branche  va  casser.  Lou 
bos  vèr  dou  fia  péto,  le  bois  vert  éclate  en  brûlant.  Nous 
fasiè  péta  dàou  rire,  il  nous  faisait  .mourir  de  rire.  fVotj. 
Èspéta.J  A  manqua  y  péta,  il  a  failli  crever.  Né  manjé  à 
péta,  il  en  mangea  à  crever.  Péta  dou  poun,  échouer  au 


PET 

port.  C'est  un  peu  aussi  ce  qui  arriva  à  ce  Martin  qui, 
pour  un  point,  perdit  son  àne. 

Dér.  de  Pé  ou  du  lat.  Pedere, 

Pétairt  (Loa),  s.  m.  Le  derriôie,  le  fondement.  Méto- 
nymie hardie  et  familière. 

Pétar,  t.  m.  Mine,  trou  de  mine,  cavité  que  les  carriers 
et  les  mineurs  pratiquent  dans  nne  roche  pour  la  faire 
sauter  et  la  briser,  en  la  chargeant  de  poudre. 

Pétar,  t.  m.  Mèche  de  fooet. 

Pétarado,  s.  f.  Pétarade,  saite  de  pets;  sauts  que  fait 
un  cheval  en  pétant  ;  quantité  de  croUns  qu'il  lanœ.  An 
fig.  bruit  qu'on  fait  avec  la  bouche,  par  imitation  de  peu 
et  par  mépris  pour  quelqu'un. 

Dér.  de  Pé  et  de  Péta. 

Pétarda,  t>.  Faire  jouer  la  mine,  miner  un  rocher,  le 
percer  pour  y  établir  une  mine. 

Dér.  de  Pétar, 

Pétardiè,  t.  m.  Mineur,  celui  qui  fait  des  mines. 

Dér.  de  Pétar. 

Pétarèlo,  t.  f.  Larme  de  verra;  goutte  de  matière  vitri- 
fiée en  fusion,  qui  s'est  échappée  de  la  canne  ou  sarbacane 
trop  chargée  de  l'ouvrier  verrier,  et  refroidie  en  forme  de 
larme.  La  cassure  de  son  fil  la  fait  éclater  avec  bruit  par 
suite  de  la  brusque  invasion  de  l'air  extérieur,  ce  qui  lui 
a  valu  son  nom. 

Dér.  de  Pé  ou  de  Pétar. 

Pétarino,  s.  f.  Canonnière;  jouet  d'écolier.  Le  même 
que  Couloubrino.  —  Voy.  C  m. 

Pétarufo,  s.  f.  Fâcherie,  bouderie,  mauvaise  humeur, 
colère.  —  M'a  fa  préne  la  pétarufo,  il  m'a  mis  de 
mauvaise  humeur. 

La  signification  que  Sauvagbs  attribue  à  Pétarofo,  qui 
est  au  fond  le  même  mot,  et  qu'il  traduit  par  :  homme 
sans  conséquence,  est  tombée  en  désuétude. 

Dér.  de  Pé  et  de  Rufe. 

Pétas,  «.  m.  Dim.  de  Pétauoà.  Pièce,  petit  morceau 
d'étoffe  quelconque  pour  rapiécer  un  vétemient,  pour 
panser  une  plaie.  Au  plur.  Pétasses,  pour  dire  :  loques, 
haillons,  lambeaux  de  vieux  linge  usé. 

Étym.  de  la  bass.  lat.  Petaeia, 

Pétassa,  v.  Rapiécer,  mettre  des  pièces  ;  rapiéceier  et 
rapetasser;  raccommoder.  Au  fig.  remettre  en  bon  état, 
réparer,  rajuster,  arranger,  rectifier,  tâcher  de  justifier. 
—  Pétassa  sas  brdios,  rapiécer  son  pantalon.  Camiso  touto 
pétassado,  chemise  rapetassée.  Pètassas-au  coumo  txmdrés, 
arrangez  cela  comme  vous  l'entendrez.  Argén  pétauo  pas 
vUaniè,  argent  ne  répara  pas  vilenie. 

Dér.  de  Pétas. 

Pétassaire,  ro,  s.  m.  eiadj.  Ravaudeur,  ravandeuse, 
celui  ou  celle  qui  fait  métier  de  rapiécer;  fripîer«  celui 
qui  vend  ou  achète  les  chiffons,  par  ext.  Ne  s'emploie 
jamais  au  fig. 

Dér.  de  Pétas. 

Pétassaje,  s,  m.  Rapiécetage,  action  de  rapetas^r;  au 


j 


PÈT 

prop.  et  an  fig.  —  Aquà's  ptu  que  dé  pét€utag$,  ce  n*est 
que  da  rapiécetage,  c'est  un  mauvais  replâtrage. 

Dér.  de  Pétas. 

Pétassâoa,  t.  m.  Grand  coup;  coupe  redoublés.  —  Vas 
vénrê  aquéUs  pitassâous,  tu  vas  voir  quelle  tripotée.  Ztm  / 
pétaiêdous  sta  sa  fénno.  En  avant!  coups  de  trique  sur  sa 
femme. 

Étym.  du  grec  Waxéoata,  frapper  avec  bruit,  battre. 

Pétéîa,  t>.  fréq,  de  Péta.  Pétiller,  craqueter,  briller  avec 
éclat.  Au  fig.  pétiller  d*ardeur,  d'impatience;  désirer  vive- 
ment; s'impatienter.  —  Lou  làouriè  et  Vafnouriè  pétéjou 
âou  fia,  le  laurier  et  le  mûrier  pétillent  en  brûlant.  Lous 
tels  das  tous  pétéjou,  les  yeux  des  loups  brillent  dans 
l'obscurité.  Mé  faï  pétéja,  il  m'impatiente.  Pétéjo  dé  s'en 
ana,  il  est  impatient  de  partir.  Pétéjavo  dé  ravèdre,  il 
brûlait  d'envie  de  l'avoir. 

Dér.  de  Pé. 

Pétito,  «.  /.  Poupée,  jouet  d'enfant,  qui  remonte  à  la 
plus  haute  antiquité  et  dont  on  a  trouvé  des  spécimens 
chez  les  Grecs.  Ironiq.  jeune  fille  bien  parée,  bien 
attifée. 

Étym.  du  lat.  PetUus,  mince,  grêle. 

Péto,  s.  f.  Grotte;  crottin;  ordure;  fiente  durcie  et 
arrondie  de  plusieurs  animaux,  tels  que  lo  cheval,  la 
brebis,  la  chèvre,  le  lapin,  le  lièvre,  le  rat,  la  souris,  etc. 
Au  fig.  par  ext.  métonym.  de  l'effet  pour  la  cause  :  peur, 
crainte.  —  Pétos  dé  magna,  du  crottin  de  ver  à  soie. 
Sauvages  remarque  qu'un  bon  ver  à  soie  a  toujours  le 
cmttia  dur  au  derrière.  Quantopéto/  Quelle  peur!  À  ton- 
jour  la  péto,  il  a  toujours  peur. 

Dér.  de  Pé. 

Péto-bas,  s.  m.  Ironiq.  petit  homme  court  de  jambes. 
S.  f.  Terme  de  mépris,  trousse-pète,  bas-de-cnl,  petite 
fitle. 

Pétofio,  s.  f.  Médisance;  commérage;  tracasseries,  sor- 
nettes;  propos  inutiles  et  médisants.  —  M'a  fa  'qui  uno 
pétofio  que...  il  m'a  fait  là  une  tracasserie  dont  je  me 
souviendrai.  Taïsa'vous,  aquà  soun  dé  pélofios,  taisez-vous 
donc,  ce  ne  sont  que  sornettes,  médisances,  tripotages. 

Péto-fré,  s.  m.  Ironiq.  homme  flegmatique,  d'un  froid 
glacial,  sans  î\me,  d'une  indifiTérence  souvent  composée. 

Pétouiiè,  s.  m.  et  adj.  Au  fém.  Pétoufieiro,  Bavard; 
médisant;  rapporteur;  brouillon;  flagorneur;  faiseur  de 
pétofio.  C'est  une  nuance,  peut-être  un  peu  adoucie,  du 
Patrifassiè  (Voy.  c.  m.),  avec  lequel  il  semble  avoir  quelque 
rapport  d'origine  et  d'étym.  ;  mais  il  ne  vaut  pas  mieux. 

Pétoufiéia,  v.  Colporter  des  rapports  indiscrets  et  médi- 
sants contre  quelqu'un  ;  dauber  sournoisement  et  mécham- 
ment. 

Pétoùs,  0,  adj.  Péteux,  terme  de  mépris.  —  Dé  qui 
vôou  aquél  pétoùs?  que  nous  veut  ce  péteux,  ce  morveux? 
L'an  coucha  coumo  un  pétoùs,  on  l'a  mis  dehors  comme  un 
péteux. 

Dér.  de  Pé. 


PI 


551 


fétaito,  «.  f.  Pituite;  humeur  visqueuse,  lymphatique 
et  visqueuse  du  corps  humain. 

Étym.  du  lat.  Pituita. 

Pi,  s.  m.  Pin;  arbre  de  haute  futaie;  Pinus  pinea, 
Linn.  Arbre  toujours  vert,  à  feuilles  persistantes,  résineux, 
conifère.  Ses  variétés  sont  nombreuses,  et  la  plupart  s'accli- 
matent facilement  suivant  les  terrains.  Dans  les  calcaires, 
le  pin  d'Alep,  le  pin  maritime,  etc.  ;  dans  les  sols  schisteux, 
le  pin  sylvestre,  le  pin  à  pignon,  le  pin  noir  d'Autriche  et 
autres,  se  plaisent  de  préférence.  Depuis  quelques  années 
le  reboisement  de  nos  montagnes  des  Cévennes  a  été  entre- 
pris sur  d'assez  larges  proportions  :  les  Compagnies  houil- 
lères ont,  les  premières,  donné  l'exemple  que  plusieurs 
propriétaires  ont  suivi,  et  l'administration  des  eaux  et 
forêts  a  établi  un  service  de  reboisement  qui  promet  de 
beaux  résultats.  Ce  sera  un  grand  bienfait  dont  les  consé- 
quences ne  sauraient  être  trop  bien  appréciées,  et  déjà  la 
Compagnie  de  la  Grand'Combe  possède  de  vastes  forêts  de 
pins  dont  la  valeur  se  chiffre  par  millions  de  francs. 

Il  n'existe  pas,  du  reste,  de  meilleur  moyen  à  employer 
pour  retenir  les  terres  sur  les  pentes  montagneuses,  et  pour 
prévenir  ces  terribles  inondations  lorrentielles  qui,  après 
avoir  raviné  et  excorié  les  montagnes,  descendent  sans 
obstacles  sur  nos  plaines  en  torrents  impétueux,  entraînant 
les  rochers  et  l'humus  végétal . 

Les  États  de  Languedoc,  par  une  sage  prévoyance, 
avaient  prescrit  des  mesures  sévères  contre  le  déboisement 
des  montagnes  ;  par  malheur,  ces  règlements  avaient  été 
trop  mal  observés.  Mais  si,  de  nos  jours,  les  communes 
qui  peuvent  s'assurer  de  bons  revenus,  si  les  propriétaires 
de  grands  tènements  se  sont  ravisés,  et  qu'ils  continuent  à 
être  encouragés  et  favorisés  dans  leurs  plantations  ou  semis, 
il  est  permis  d'espérer  que  le  développement  de  ces  cultures 
forestières'  portera  d'heureux  fruits  et  que  notre  région  tout 
entière  ne  tardera  pas  à  en  ressentir  les  avantages.  L'expé- 
rience est  faite,  et  l'on  peut  prévoir,  dès  à  présent,  que  le 
jour  où  la  végétation,  reconstituée  sur  les  versants  des 
montagnes,  en  aura  consolidé  la  surface,  où  les  cours  d'eau 
torrentueux  y  auront  été  dérivés,  où  tous  les  anciens  ravins 
auront  été  obstrués,  les  vallées  principales  et  les  plaines 
cultivées  n'auront  presque  plus  rien  à  redouter  de  la 
violence  des  inondations. 

A  part  ces  améliorations  générales,  si  désirables  pour 
notre  agriculture  du  haut  et  du  bas  pays,  la  culture  et 
les  plantations  de  pins  peuvent  encore  être  considérées 
comme  une  autre  source  de  richesses.  La  résine  que  produit 
cet  arbre  pourrait  sans  doute  être  exploitée,  mais  la  bonne 
qualité  de  son  bois,  l'emploi  qui  en  est  fait  dans  nos 
grandes  industries  minières,  le  font  surtout  rechercher  et 
le  recommandent  particulièrement. 

Étym.  du  lat.  Pinus,  dér.  probablement  du  celt.  Pin: 
en  armor.  Pin;  Peinge,  en  langue  erse;  Pinwidden,  arbre 
pin,  en  gallois;  Pinn,  en  anglo-saxon.  Tous  ces  mots  ont 
peut-être  leur  radical  primitif  dans  le  celt.  Pen,  montagne. 


552 


TIC 


Pi,  s.  m.  Pivert,  oiseaa  aa  plamagç  vert,  à  tète  rong^; 
Picui  viridis,  Linii.  Cet  oiseaa  fait  son  nid  dans  le  tronc 
des  vieux  arbres  qa*il  creuse  avec  son  bec;  la  femelle  y 
pond  de  quatre  à  cinq  œufs  verdàtres*  tachetés  do  points 
noirs.  Les  pics  font  leur  nourriture  principale  d'insectes  ; 
ett  pour  faire  sortir  leur  provende  cachée  sous  Técorce,  ils 
frappent  les  arbres  à  coups  de  bec  redoublés,  et  allongent 
démesurément  leur  langue  :  quand  il  la  trouvent  suffisam- 
ment chargée  d'insectes,  il  la  rentrent  et  le  repas  est  fait. 
Le  dicton  :  Maïgrê  coumo  un  pi,  sec  comme  un  pivert, 
esVil  une  allusion  à  cette  espèce  d'oiseaux,  qui  n'ont  pas  la 
renommée  de  beaucoup  s'engraisser? 

Le  Pi-eol'dé'Sèr,  $.  m.  Torcol,  oiseau,  variété  du  précé- 
dent, dont  il  se  distingue  par  son  cou  allongé  et  mobile, 
qu'il  peut  tourner  comme  un  serpent,  ce  qui  lui  a  valu  son 
nom.  Il  se  nourrit  de  fourmis  en  enfonçant  aussi  la  langue 
dans  les  trous  des  fourmilières. /Toy.  Foumi^urd.^  Dans  les 
environs  de  Nîmes  cet  oiseau  porte  lo  nom  vulgaire  de 
Fourmi^  et  Tiro-léngo. 

Dans  plusieurs  dialectes,  on  écrit  et  on  prononce  Pic; 
de  même,  le  français  écrivait  Pic-vert.  Notre  idiome  sup- 
prime la  lettre  finale  e;  mais  cette  suppression,  purement 
euphonique,  ne  change  rien  à  l'étymologie.  Ces  mots 
dérivent  tous  du  latin  Picus,  dont  le  radical  pic  indique 
toujours  une  pointe,  un  dard,  un  instrument  qui  sert  à 
frapper,  à  piquer,  et  se  trouve  dans  le  bas-breton  pik  ou 
pigeL  C'est  une  onomatopée  commune  à  bien  des  langues, 
imitant  le  bruit  que  fait  cet  oiseau  en  frappant  de  son  bec 
les  arbres  ou  les  pierres . 

Pia,  o.  Piller  ;  saccager  ;  voler. 

Fîage,  «.  m.  Pillage;  dégât;  désordre.  —  Din  soun 
oustàou,  iotU  y-èro  dou  piage,  dans  sa  maison,  tout  était  au 
pillage,  ou  tout  était  en  désordre. 

Étym.,  par  la  suppression  de  l  qui  est  mouillée  et  ne  se 
fait  pas  sentir,  du  lat.  PUare,  ou  du  grec  UiXàta,  fouler, 
presser. 

Pîar,  do,  adj.  Pillard;  encUn  à  piller.  Pris  subst.,  il 
signifie  :  gueux  ;  mendiant  ;  voleur. 

L*étym.  des  mots  précédents  a  peut-être  concouru  ici, 
avec  celle  do  péïo,  guenille,  pour  les  former  ;  ce  dernier, 
(la  moins,  s'en  rapproche  beaucoup. 

PiaBtro,  i.  A  Pièce  de  deux,  liards;  un  demi-sol  ou  deux 
centimes  et  demi;  monnaie  de  très-basse  valeur,  depuis 
longtemps  hors  d'usage.  —  Vôou  peu  uno  piatiro,  il  ne 
vaut  pas  deux  liards,  pas  une  obole.  Tén  dounarièï  pa  'no 
piastro,  je  ne  t'en  doimerais  pas  deux  liards.  Celui 
dont  on  parle  ainsi,  pu  la  chose  que  l'on  estime  à  ce  prix, 
seraient  encore  trop  payés  tous  deux. 

En  ital.  Piastra, 

Picarèl,  s.  m.  Mendole,  poisson;  Sparut  mœna,  Lmn., 
de  l'ordre  des  Holobranches  et  de  la  famille  des  Léiopomes. 
On  le  pèche  dans  la  Méditerranée  ;  sa  cliair  est  maigre  et 
coriace:  on  le  vend  sec.  et  sa  salure  très-prononcée,  qui 
pique  fortement  la  langue,  lui  a  fait  donner  son  nom. 


PIÈ 

Picata.  do,  adj.  Tacheté,  tiqueté. 

Rad.  Pi€,  pointe. 

Pichéténé,  to,  adj,  double  dim.  Tiés-petit;  le  plus 
petit  ;  trés-migttoa. 

Dér.  de  Piehà. 

Pichô,  oto,  $,  et  a4j.  Petit  enfant;  enfost  nouveUement 
né,  pris  subst.  Petit;  qui  a  peu  d'étendue  ou  de  volume, 
pris  adj.  —  Avèê  aquï  un  brave  pickàp  vous  avez  là  un 
charmant  enfant.  La  bravo piehoio/  la  genlille  petite  fille! 
Aquél  eapél  t'é$  tro  pickd,  ce  chapeau  est  trod  petit  ponr 
toi.  Piekà  fafi  ei  bé  lïa,  ce  qui  répond  à  :  qui  trop  embrane 
mal  étreint.  Pieholo  pUjo  d'abriou  fa&  bUo  tégado  d'éaUo; 
petite  pluie  de  printemps  promet  grande  moisson  d'été. 

En  V.  fr.  on  disait  Petiot.  En  ital.  Piecolo,  en  port. 
Pequeno»  Étym.  du  celt.  Pichan,  d'où  aussi  le  lat.  Petilui» 

Pichô-fU,  s.  m.  Petit-fils,  fils  du  fils  ou  de  la  fille. 

Pichô-t-home  (Loa),  s.  m.  Le  petit  homme,  envie  de 
dormir.  —  Lou  pieh^i4Mme  l'arapo,  dit-on  aux  enfants 
qui,  les  yeux  gros  de  sommeil.  Tondraient  s'endormir 
avant  l'heure.  On  leur  fait  croira  que  c'est  un  petit  homme 
qui  jette  du  sable  dans  leurs  yeux,  ou  qui  pose  les  pieds 
dessus  pour  les  fermer. 

Pichougnè, s.  m.  Pigeonnier;  lieu  où  Ton  élève  des 
pigeons.  Le  même  que  Pijouniè.  —  Voy.  c.  m. 

Pichoulino,  $.  f.  Olives  confites  à  la  saumure;  très- 
petite  olive. 

Dér.  de  Pichà,  et  du  lat.  0/tea. 

Pichonn.  s.  m.  Pigeon;  Columba,  Linn.,  oiseau  de 
l'ordre  des  Gallinacés.  Ou  en  distingue  plusieurs  espèces 
et  un  grand  nombre  de  variétés  qui  toutes  n'ont  pas  un 
nom  languedocien. 

Pichouté,  to,  t.  et  adj.  Dim.  de  Piekà.  Très-petit 
garçon;  très-|)elite  fille.  Adj.,  très-petit,  bien  moindre. 

L'augm.  Pichoutas,  atso,  signifie  un  grand  garçon,  gros 
et  joufflu;  une  jeune  dondon  grasse  et  fraîche. 

Dér.  de  Pichà. 

Picopooiè,  5.  m.  Micocoulier.  1^  même  que  Bélicouquiè, 
et  Fanabrégou.  —  Voy.  c.  m. 

Picopoulo,  t.  /*.  Espèce  de  raisin  blanc  ou  noir,  à  petits 
grains.  On  l'a  francisé  en  pique-pouie,  oommo  on  démit 
faire  de  bien  d'autres  termes  languedociens. 

Picourèlo,  s.  f.  —  Voy.  Bufadèl. 

Piè,  i.  m.  et  n.  pr.  Pic;  colline;  montagne.  Le  noiu 
propre  est  rendu  en  français  par  Pueck,  qui  a  passé  aussi 
dans  quelques  désignations  de  lieux.  —  Lou  Piè  dé  Sén-Lou, 
le  pic  de  Saint-Loup,  montagne  située  dans  THéraulU  Lou 
Pic  dé  Céndras,  le  Pnech  de  Cendras,  dans  le  canu» 
d'Alais.  sur  lequel  est  bâtie  l'église  de  Cendras,  près  d'une 
ancienne  tour  isolée.  Lou  Piè  dos  fabres,  le  Puech  des 
fabres,  nom  ancien  que  nos  Compois  donnent  à  la  coUine 
où  se  trouvent  des  fours  à  chaux,  sur  la  rive  droite  du 
Gardon,  en  face  du  quai  neuf  d'Alais.  Là  devaient  se  tio«- 
ver  jadis  les  industries  des  forgerons,  maréchaux  et 
taillandiers,  fabres:  ou  peut-être  la  dénomination  venait- 


PIÈ 

elle  du  voisinage  des  fUbreries  moyennes  et  hautes,  dcnx 
rues  da  vieil  Alais,  séparées  de  ce  monticule  par  le  seul  lit 
de  la  rivière,  avant  Texistence  da  quai. 

Le  mot  Piè  est  aussi  entré  dans  la  formation  de  plusieurs 
noms  propres»  avec  quelques  variantes  imposées  par  l'eu- 
phonie; ainsi  Pièlan,  Pièehëgù,  PUredoun,  Piècfutou,  que 
le  français  a  traduits  par  Puechlong,  Puechegui  (le  même 
que  Montaigu  et  EoehegudeJ,  Puwhredon,  Pécliaud.  Pujol, 
Poujonlat  doivent  avoir  le  même  radical. 

Étym.  du  lat.  Podium. 

Piè,  s.  m.  Pied  de  roi  ou  de  Paris,  mesure  de  longueur 
composée  de  douze  pouces  et  qui  forme  la  sixième  partie 
delà  toise;  elle  équivaut  à  0'»32484.  I^  pied  était  une 
mesure  de  longueur,  en  usage  chez  la  plupart  des  peuples 
anciens  et  moderaes,  mais  avec  des  dimensions  irès-dissem- 
blables,  variant  entre  0">247,  longueur  du  pied  Dclphique 
oa  Pythique,  et  0">o136  qui  représente  le  pied  employé 
dans  le  Piémont.  Il  résulte  des  travaux  de  M.  Anrès,  que 
le  pied  gaulois  doit  être  évalué  à  0^13248  et  le  pied  romain 
à  0"2963.  Le  pied  gaulois  serait  donc  le  mènje  que  le  pied 
de  roi  ou  de  Paris,  qui  fut  en  usage  en  France  jusqu'à 
l'introduction  du  système  métrique.  Le  savant  archéologue 
que  nous  venons  de  citer  a  déduit  de  la  longueur  du  pied 
gaulois  celle  de  la  lieue  gauloise,  laquelle  étant  composée 
de  4500  pas  de  5  pieds,  soit  7500  pieds  gaulois,  présentait 
un  développement  de  2346  mètres.  Quant  au  pas  romain, 
comprenant  aussi  5  pieds  romains,  il  équivalait  à  4"*4845, 
d'où  le  mille  romain  composé  de  mille  pas,  présentait  un 
développement  de  1484°*50;  et  la  lieue  romaine,  composée 
de  4500  pas  ou  7500  pieds  romains,  possédait  une  longueur 
de  2222  mètres,  qui  représente  très-exactement  la  moitié 
de  la  lieue  commune  de  France,  de  25  au  degré,  dont  la 
longueur  est  de  4444  mètres. 

Emprunté  du  français. 

Pièché,  X.  m.  Dim.  de  Piè,  pic,  soit  comme subst.,  soit 
comme  n.  pr.  Petite  éminence,  petite  élévation,  .ou  fils 
de  Puech. 

Pièço,  s.  f.  Champ;  vigne;  pièce  de  terre.  ^  Es  ana 
faire  un  tour  à  sa  pièço,  il  est  allé  visiter  sa  vigne,  son 
champ.  Piêço  dé  sère,  c6  gué  porto  ou  vin  guère,  terre  de 
coteau,  dit  ce  proverbe,  coûte  autant  que  ce  qu'elfe  rapporte. 

Étym.  de  la  bass.  lat.  Piecia,  m.  sign. 

Pièî,  s.  m.  Pis,  tétine  d'animal,  plus  particulièrement 
des  vaches,  chèvres  ou  brebis. 

Pièî,  adv,  de  temps. Puis;  ensuite; après;  tantôt.  — Ou 
farén  pièi,  nous  ferons  cela  tantôt.  Ou  v&rén  pitx,  nous  le 
verix>ns  ensuite.  Pièi  y-anaraï,  puis,  j'irai.  Et  piii?  et 
après?  Pièi  que,  tandis  que,  puisque.  PiB  quém'msou^jène, 
tandis  que  je  me  le  rappelle.  Pièt  gué  U  sin,  puisque, 
tandis  que  nous  y  sommes. 

Étym.  du  grec  '£ne(,  m.  sign. 

Pièî  (Lou),  n.  pr.  Le  Puy,  ville,  chef-lieu  de  la  Haute- 
Loire.  Ancien  Anieium. 

Étym.  du  lat.  Podium. 


PIG 


553 


Pièlo,  f.  /*.  Auge  où  Ton  abreuve  les  bestiaux;  lavoir. 
U  est  synon.  de  Piso. 

Étym.  du  grec  TI-jcXoç,  baignoire,  bassin. 

Pière,  n.  prop.  d'homme.  Dira.  Piérê,  PiéroU,  Pièrolo, 
au  fém.  Pièrëto;  augm.  Pièras,  Pierre;  dim.  Pierrot, 
Pierrette;  augm.  Gros-Pierre. 

Étym.  du  lat.  Petrus  et  Petrunculus. 

Piéta,  s.  f.  Pitié,  compassion.  —  Àguà  fax  piéta,  c'est 
à  faire  pitié. 

Dér.  du  lat.  Pietas, 

Piétadoùfl,  onso,  adj.  Compatissant,  miséricordieux  « 
tendre;  sensible  au  malheur  des  autres. 

Dér.  de  Piéta. 

Piètre,  adj.  Piètre,  chétif,  mesquin.  —  Piètro  mirw, 
pauvre  figure,  mine  chétive. 

Traduction  du  français. 

Pifra,  V.  Jouer  du  fifre,  du  flageolet.  —  Se  siès  pas 
countén,  pifro,  si  tu  n'es  pas  satisfait,  si  cela  ne  te  va  pas, 
prends  un  fifre. 

Piiraire,  s.  m.  Joueur  de  fifre. 

Pifre,  s.  m.  Fifre,  flageolet  à  son  très-aigu.  On  dit  au 
fig.  :  Touqua  oujouga  ddou  pifre,  pour  ronger  son  frein, 
croquer  le  marmot. 

Pigasso,  s.  f.  Houe,  instrument  d'agriculture  et  de 
labour.  Son  fer  a  la  forme  d'un  carré  long,  Urge  vers  son 
extrémité  et  qui  se  recourbe  vers  le  manche. 

Étym.  de  Pi,  avec  l'augm.  asso.  En  bas-br.  iHghel. 

Pigna,  ado,  adj.  Bien  garni;  bien  arrangé;  proprement 
taillé.  Se  dit  surtout  en  terme  de  magnanerie  :  Dé  fouséts 
bien  pignas,  des  rameaux  bien  garnis  de  cocons  ;  dé  brus 
bien  pignas,  des  bruyères  bien  garnies.  Un  âoubre  bien 
pigna^  un  arbre  bien  taillé. 

Dér.  de  Pigno,  pomme  de  pin,  par  une  comparaison 
avec  la  disposition  des  écailles. 

Pignastre,  tro,  adj.  Têtu,  entêté;  opiniAtre.  —  Vdou 
mai  èstre  sot  que  pignastre,  ce  qui  signifie  :  mieux  vaut 
paraître  un  sot  et  céder,  que  s'obstiner  dans  son  opinion, 
sa  volonté,  son  avis.  Un  observateur  a  remarqué  que 
l'opiniâtreté  est  une  qualité  ou  plutôt  un  défaut  habituel 
aux  bêtes,  aux  sots  et  aux  enfants. 

Pignastrije,  t.  m.  Opiniâtreté,  entêtement  déraison- 
nable et  stnpide,  <  marque  d'un  petit  esprit,  »  dit 
Sauvages. 

Pigno,  s.  f.  Pomme  de  pin  d'Italie,  qui  renferme  sous 
ses  écailles  des  pignons,  sortes  d'amandes  que  la  maturité 
fait  détacher.  Le  gros  pinson  appelé  bec-croisé  se  nourrit 
de  ces  amandes.  On  dit  d'un  avare  ou  d'un  cuistre  :  Es  sara 
eoumo  unO  pigno  vèrdo, 

Pignoun,  $.  m.  L'amande  ou  semence  du  pin  d'Italie 
contenue  dans  la  pomme  de  pin. 

Pigoto,  f.  f.  La  petite  vérole.  La  clavclée  des  bestiaux. 
—  Àdiûuêsias,  ténès-vous  eàou  et  sara,  que  la  pigoto  vous 
sourtira,  se  dit  ironiquement  à  des  voyageurs  qui,  par  un 
grand  froid,  se  mettent  en  route  sur  on  véhicule  non  fermé. 


554 


PIN 


Pigouta,  do,  adj.  m,  et  f.  Marqué  oa  gravô  de  la  petite 
vérole.  On  dit  aussi  gréia.  —  Èa  tout  grêla,  il  est  tout 
grêlé,  tout  marqué  de  la  petite  vérole. 

Pigontoùs,  so,  adj\  m.  et  f.  Bfalade  attaqué  de  la 
petite  vérole. 

Pigre,  aâj,  m.  Paresseux. 

Dér.  du  lat.  JPt^er. 

Pigrije,  «.  m.  Paresse. 

Pijougiiè.  s.  m.  Un  colombier,  un  pigeonnier. 

Dér.  de  Pijoun.  —  Voy,  c.  m. 

Pijonii,  f .  m.  Pigeon  fColumbaJ,  le  pigeon  domestique. 

Pilo,  f .  f.  La  pile  d*un  pont. 

Dér.  du  français. 

Pilô,  s.  m.  Une  pile*  un  tas,  un  petit  tas. 

Pilouta,  V.  Planter  des  pilotis  pour  établir  un  ouvrage 
en  maçonnerie  dans  Teau  ou  sur  un  terrain  exposé  aux 
affouillements. 

Pimpa  (Se),  «.  S*attifer. 

Pimpa,  do,  adj,  m.  et  f.  Attifé,  vêtu  avec  recherche. 

—  Aquélo  fénno  é$  bé  pimpado,  cette  femme  est  bien 
attifée. 

Pimpanèlo,  t.  f.  Pimprenelle,  Sanguisorba  offlcinalis, 
Linn.,  ou  Fraïssinéto.  (Voy,  c.  m.)  On  l'appelle  aussi 
Phnparèlo.  —  La  grando  pimpanèlo,  la  pivoine.  Pasonia 
officinalit,  Linn. 

Pimpouna,  v.  Pomponner,  dorlotter,  être  aux  petits 
soins. 

Pimpourla,  v.  Soigner  quelqu'un  avec  excès,  le  combler 
d'attentions  exagérées.  —  Se  pimpourla,  se  dorlotter, 
soigner  sa  santé  avec  exagération. 

Pincboù  (Faire).  Épier  et  se  montrer  à  la  dérobée; 
guetter,  montrer  le  nez,  se  montrer  en  partie  et  se  cacher 
alternativement.  —  Pinehoù-babdou,  —  Voy,  Babâou. 

Pinédo,  s.  f.  Terrain  planté  de  pins,  bois  ou  forêt  de 
pins. 

Dér.  de  Pj,  pin. 

Pinô,  f.  m.  Terme  sous  lequel  on  désigne  le  vin  en 
plaisantant.  —  Jîi  dé  bon  pinà,  j'ai  du  bon  vin. 

Pin-pan  I  interj,  Pif-paf!  Onomatopée  inventée  pour 
exprimer  l'action  de  frapper  à  coups  répétés  et  précipités, 
afin  lie  donner  au  discours  plus  de  rapidité  et  d'énergie. 

—  Li  baïlè  dota  souflés,  pin-pan  /  il  lui  ficha  deux  soufflets, 
pif-paf! 

Pinta,  i).  Pinter,  chopiner,  boire  avec  excès,  s'enivrer. 

Pintardo,  s.  f.  Pintade  commune,  Numida  meleagris, 
Linn.,  oiseau  de  basse-cour.  —  Bataia  coumo  dépinîardos, 
jacasser,  caqueter,  bavarder;  se  dit  des  femmes. 

Pinto,  «.  f.  La  pinte  d'Alais,  dit  Sauvages,  pesant 
environ  quatre  livres  poids  de  table,  vaut  un  litre  neuf 
décil.,  et  répond  à  la  quarte  ou  au  pot  de  Paris  de  même 
poids,  où  qui  contient  deux  pintes,  mesure  de  Paris,  ou 
quatre  livres  poids  de  marc,  ce  qui  fait  entre  ces  deux 
mesures  une  petite  différence. 

Pintra,  v.  Action  de  peindre;  faire  de  la  peinture. 


PIQ 

Pintre,  t.  m.  Peintre,  celui  qui  se  li\Te  à  Vart  de  h 
peinture. 

Pintruro,  s.  f.  Peinture,  tableau.  —  Aeà's  tmobèlo 
pintruro,  voilà  un  beau  tableau.  La  pintruro  d'uno  porto, 
d'uno  fénèttro,  la  peinture  d'une  porte,  d*une  fenêtre. 

Piô.  Onomatopée  du  piaulement  du  dindon,  dont  on  a 
fait  son  nom  et  qui,  féminisée,  est  devenue  Phto,  nom  de  la 
dinde.  —  Préné  la  pioto,  s'enivrer. 

Piolo,  s,  f.  Une  hache,  une  cognée.  On  dit  aossi 
Déstrâou,  (Voy.  C.  m.)  —  Planta  la  piolo,  faire  un  marché 
usuraire,  hors  de  proportion  avec  la  valeur  de  l'objet  venda. 
Piolo  bouicardiêtro,  hache  de  bûcheron.  Piolo-dé-man, 
hache  de  menuisier. 

Pîo-pîo  (A  la),  s'applique  à  la  manière  de  donner 
certaines  choses  telles  que  dragées,  pièces  de  monnaie  qua 
Ton  jette  aux  enfants  sur  la  voie  publique  et  dont  chacun 
tftche  d'avoir  la  plus  grosse  part.  —  Aquél  oustâou  es  à  la 
pio'pio,  c'est  une  maison  livrée  au  pillage,  d'où  chacun 
emporte  le  plus  qu'il  peut. 

Pioto,  s.  f.  La  femelle  du  dindon.  —  Voy,  Piô. 

Pion-pion  !  Onomatopée  du  cri  des  poussins.  Pi  !  Pi  !  en 
français.  —  Piou-piou  toujour  v(ou,  celui  qui  geint  et  se 
plaint  de  sa  santé  vit  toujours.  Petit  bonhomme  vit  encore. 
Fat  toujour  piou-piou,  il  se  plaint,  il  se  lamente,  il  geint 
sans  cesse;  il  a  toujours  quelque  chose  qui  cloche. 

Pîouta,  V,  Piauler,  pépier.  Les  poules  d'Inde  piaulent; 
les  poussins  et  les  moineaux  pépient.  Au  fig.  pîouta,  crier, 
criailler,  chamailler,  geindre.  En  parlant  de  quelqu'un  qui 
se  plaint  toujours  de  quelque  infirmité,  on  dit  :  toujour 
pioutot  il  ne  fait  que  geindre. 

Piontaîre,  5.  m.  Celui  qui  criaille  et  se  plaint  tou- 
jours. 

Pipa,  V,  Fumer  du  tabac,  fumer  la  pipe  sartont.  On  dit 
aussi  fuma,  mais  ce  terme  est  dérivé  du  français. 

Pipado,  s.  f.  Une  bouffée,  une  gorgée  de  fumée  de  tabac, 
chassée  par  le  fumeur  qui  fume  la  pipe. 

Pipaïre,  t,  m.  Fumeur. 

Pipi,  s.  m.  Terme  de  nourrice  employé  aussi  en  français 
en  parlant  aux  enfants.  Action  de  pisser.  —  Fa¥  toun  pifà, 
fais  ton  pipi, 

Pipo,  j.  f.  Pipe  servant  à  fumer  du  tabac.  —  Yôou  pai 
uno  pipo  dé  taba,  il  ne  vaut  pas  une  pipe,  il  ne  vant  pas 
cher. 

Piqua,  V,  Frapper,  heurter.  —  QuAou  piquo?  Qui  va  là? 
Qui  frappe  à  la  porte?  Lou  piqua  dé  la  daiio,  acUoQ 
d'affûter  le  tranchant  d'une  faux,  opération  difficile,  d'où 
l'on  dit  au  fîg.  en  présence  d'une  difficulté  :  Aeà's  lou 
piqua  dé  la  daïo,  c'est  ici  que  commence  la  difficulté, 
l'embarras. 

Piquasoù,  s,  f.  Picotement,  prurit,  démangeaison  occa- 
sionnée sous  la  peau  par  l'acreté  des  humenrs  on  la  mal- 
propreté du  corps.  —  Voy,  PrusijB, 

Piquatiôîro,  s.  f.  Cavité  pratiquée  dans  un  bloc  de 
pierre  et  dans  laquelle  on  introduit  un  coin  en  fer,  pour  U 


PIS 

pariager  en  plusieurs  pièces,  en  frappant  sur  le  coin  avec 
une  masse  de  fer  appelée  bouro. 

Piqné,  $.  m.  Le  piquet,  jeu  de  cartes,  que  Ton  joue 
à  deux  ordinairement.  Piqué-voulur,  jeu  de  piquet  qu'on 
joue  à  trois.  —  Jamaï  lou  piqué  es  pa'ntra  din  la  tèsto 
d'un  at9,  le  piquet  n'est  jamais  entré  dans  la  tête  d*un  àne, 
pour  dire  que  le  piquet  est  un  jeu  difficile. 

Piqaélé,  éto,  adj.  m.  Petit,  petiot,  malingre.  Se  dit 
d*ttn  enfant  mignon,  de  petite  taille,  par  rapporta  son  âge. 
On  dit  aussi  péquéli,  ito. 

Piquet,  s.  m.  Piquet,  morceau  de  bois  aiguisé  par  un 
bout  et  pouvant  être  enfoncé  dans  le  sol. 

Piqaétado,  t.  f.  Rangée  de  piquets  plantés  au  bord  d'une 
rivière  pour  soutenir  des  fascines  et  servir  de  défense 
contre  les  aifouillements,  les  envahissements  d*un  cours 
d'eau.  Se  dit  aussi  d'une  clôture  fixe  en  bois. 

Pique,  t.  f.  Pic  de  mineur,  de  terrassier. 

Piquo,  s.  f.  Pique,  une  des  quatre  couleurs  d'un  jeu  de 
caries. 

Piqao,  5.  f.  Brouillerie,  animositô.  —  Y  vaï  dé  piquo, 
il  agit  avec  passion,  avec  animosité. 

Piqnooi,  «.  m.  Pique-nique,  repas  où  chaque  convive 
paie  son  écot.  De  l'anglais  Ptek-an-wch,  littér.  où  chacun 
est  piqué,  où  chacun  paie. 

Piqao>ponlo,  s.  f.  Nom  lang.  du  fruit  du  micocoulier. 
Sorte  de  raisin  à  petits  grains  noirs  ou  blancs. 

Piquon,  <.  m.  Instrument  de  mineur  ou  de  carrier, 
pointu  et  acéré. 

Pire,  aJv.  Très,  beaucoup,  infiniment.  —  t%  pire  qui 
potdi,  il  est  très-joli.  ɧ  pire  que  brave,  il  est  honnête  au- 
dessus  de  toute  expression. 

Pis,  a,  m.  L'urine;  le  pis  de  la  vache,  de  la  chèvre, 
de  la  brebis. 

Pisa,  V.  Décortiquer  les  châtaignes,  les  dépouiller  de  leur 
écorce.  Se  dit  aussi  par  extension  de  quelques  légumes  secs. 

Dêr.  du  lat.  Pinsus,  broyer,  piler. 

Pisado,  s.  f.  Époque  de  Tannée  affectée  au  décorliquage 
des  châtaignes,  qui  s'étend  environ  de  fin  novembre  au 
milieu  de  décembre.  —  Véndrén  pér  pisado,  nous  vien- 
drons à  l'époque  du  dépiquage  des  châtaignes.  Pisado  se 
dit  aussi  pour  désigner  la  quantité  de  châtaigdes  sèches 
que  l'on  peut  décortiquer  en  une  seule  fois,  en  une  seule 
opération. 

Pisadott  (Sa),  t.  m.  Sac  en  forte  toile  écrue,  ouvert 
par  les  deux  bouts  et  qui  contient  la  quantité  de  châtaignes 
composant  une  pisado,  —  Voy.  c.  m. 

On  mouille  fréquemment  ce  sac  pendant  l'opération  du 
dépiquage,  qui  a  lieu  sur  le  sou-pisadoù.  —  Voy.  c.  m. 
ci-après. 

Pisadoù  (Son),  s.  m.  Billot  en  bois  de  chêne  ou  le  plus 
souvent  de  châtaignier  sur  lequel  on  frappe  les  châtaignes 
sèches  pour  les  dépouiller  de  leur  écorce. 

Pisaîre,  5.  m.  Ouvrier  employé  au  dépiquage  des 
châtaignes. 


PJT 


noa 


Piscn,  part.  pass.  du  verbe  Poudrs,  pouvoir.  —  Ai  pas 
piseu  vini,  je  n'ai  pas  pu  vehir. 

PiBO,  s.  f.  Auge  de  pierre,  placée  près  d'un  puits,  d'une 
fontaine,  auge  à  abreuver;  auge  à  huile. 

Dér.  du  grec  IIueXoc,  baignoire,  bassin  à  laver  les  pieds. 

Piaaa,  v.  Pisser,  uriner  ;  jaillir.  —  Lou  son  pisso,  le 
sang  jaillit,  quand  on  pique  la  veine.  A  pissa  vérgougno, 
il  a  bu  toute  honte.  XaiMat  pissa  lou  bésiiàou,  laisses 
pisser  le  mouton,  c-à-d.  prenez  patience. 

Piasadoù,  s,  m.  Pot-de-chambre,  vase  de  nuit,  pissoir 
public  ou  privé. 

Pissagno,  s.  f.  Urine,  pissât.  —  Àïpissagno,  j'ai  besoin 
d'uriner. 

Pissaire,  arèlo,  s,  m.  et  ^.  Pisseur,  pisseuse.  Terme  de 
dédain  ou  de  mépris  à  l'égard  d'un  individu  qui  fait 
l'important  et  se  mêle  de  ce  qui  ne  le  regarde  pas.  — 
Aehas,  aquél  pissaïrs  dé  qui  se  mélo/  Voyez  un  peu  de  quoi 
se  mêle  ce  faquin! 

Pisaarado,  s.  f.  Grande  quantité  d'urine  rendue  en  une 
fois;  tache  ou  marque  d'urine  sur  le  drap  de  dessous 
lorsque  quelqu'un  a  pissé  au  lit. 

Pisao-can,  «.  m.  —  Voy.  Amouréléio. 

Pi880-fré,  s.  m.  Se  dit  d'une  personne  à  tempérament 
froid  et  lymphatique;  d'un  cacochyme. 

Pisaogô  ou  Pissagô,  appelé  aussi  M asaaparén,  s.  m. 
Potiron  rouge,  champignon  vénéneux. 

Pi880-iè,  s.  m.  Pissenlit,  liondent,  Leontodon  protei^ 
formiB,  Linn.,  plante  de  la  famille  des  Composées. 

Pi880-pa!o,  «.  m.  Crible  à  larges  mailles.  —  Yoy, 
Cruvèl. 

Pisso-rato,  s.  /*.  Chauve-souris. 

Pissourlé,  s.  m.  La  pissotte  d*un  cuvier  à  lessive;  un 
petit  jet,  un  filet  de  liqueur;  une  pissotière. 

Pissoorléja,  v.  Pissoter  ;  se  dit  aussi  d'une  fontaine  qui 
ne  donne  qu'un  mince  filet  d'eau. 

Pisaonrliè,  s.  m.  —  Voy.  Pisso-iê. 

Pissons,  ooso,  adj.  m.  et  f.  Mouillé  par  le  pis,  qui  h 
l'odeur  du  pis.  Se  dit  d'un  enfant  qui  sent  le  pissat. 

Pistouléi  s,  m.  Pistolet,  arme  à  feu  â  canon  court,  que 
l'on  tire  d'une  seule  main.  Dim.  de  pistole,  qui,  au 
XVI«  siècle,  désignait  une  carabine.  Au  fig.  un  homme  de 
rien.  —  Es  un  triste  pistoulé,  c'est  un  vaurien. 

Henri  Estienne  dit  qu'on  fabriquait  autrefois  â  Pistoie 
de  petits  poignards  appelés  Pistoysrs,  et  que  ce  nom  fut 
ensuite  appliqué  à  toutes  sortes  d'armes  de  petite  dimen- 
sion. 

Pitança,  v.  User  d'une  chose  avec  ménagement,  ne 
prendre,  n'employer  une  chose  quelconque  qu'avec  écono- 
mie frisant  même  la  parcimonie.  Manger  dans  un  repas, 
proportionnellement  aux  mets  qui  sont  servis,  une  quan- 
tité de  pain  plus  considérable,  de  façon  à  ménager  les  mets 
et  à  ne  les  employer  que  comme  véhicules  pour  aider  à 
absorber  le  pain.  Dans  ce  dernier  sens  on  dit  aussi  : 
Coumpanéja.  —  Coumpanéjo-té,  dit  la  mère  à  son  jeune 


enfaiit  qui,  yM'  IViaiidiN.'.  c^t  porlu  ci  bul'.v/itu-.L'  i-  ri.els  au 
p.'iiii. 

Pitançaïre,  s.  m.  CAu\  qui  riiri::!,--^  les  n.ols  p'^ur  se 
îl'iurrir  tl<j  laiude  i-réfOreiK-e  et  on  l'iu.-  iTaiiJ'.'  ['ivi^'^r- 
t  i  .'i> . 

Pitanciè,  i.  m.  l^ilnnri.  r,  ûlncc  du  r.^li-.'i<u\  oliari-ô 
(laii5  uin' C"''iiLUtianlc  d'^  dislriLucr  la  pitaii'i\  o.-à-d.  la 
qu^.iitiîô  (h^  pain,  do  vin  et  de  viande  ou  do  lr^'un;<s  (jui 
i.^'vi  :il  h  {\: .  'Uii. 

Pitanco,  •■.  f.  Pilnice.  Co  n.'it  s<' dil  j-airinui.^  s.>rloiîe 
n.rt.>  qu"ii:)  '  '.'julanje  do  iDaiiL'tu-  avoo  du  pniu.  11  n'a  pas 
i;i  il,"-;...'  >!..iilic.iLfn  cii  Trauoais.  où  lo  iij"t  iiilnnc  <a''si^:;ii'' 
la  p.'li'Ui  »L'  pnin,do  vin  old-Mij'^ls  qu'nn  d"n!io  ^  chrKjue 
II-;.  >  da:i>  !•  >  Oi'rîiiiiuiiauîo?.  —  ManJ"  srun  j/an  san 
liin, .,■(,,  il  •f;niiLe  s  in  p;.in  >''e.  A  de  l'un,  de  vi  et  dr 
j-iiiuri).  il  a  .lu  pain,  du  vin  «i  d-^  la  \iande  ou  auti^s 
hw\>.  i)*'  I:  !'1S3.  ial.  J'ii'itfrisia  uu  jinrliMn  mona-Mi  ju'mI») 
la  \  il'^ur  K\'\u](y  jnrtc  ou  }dur,  ujonnaio  d»'*^  (•<iinlos  do 
W  \\\  '!•>.  J'ict  ivcnliuiH.  qui  valait  1»^  quart  d'un  d.-iiior. 

Pitre,  X.  m.  La  poitrine  de  riionmie,  le  poilrail  d»^s 
In  >îi^ux. 

l)T.  du  L;*.  PictHS,  jicctoris. 

Pivèr,  5.  m.  ric-\'Ml.  riens  viridis,  TcM.r;.. ,  oiseau 
d  •.*.  :  ut  i^  le^-i'o  do  \.\  ir-te,  !'(  coiput  et  l'S  ri;''Uslaeii''S 
ï>' :.:  d'un  .■"';;:■'  Itiiîlan;  ;  le  il '-^iis  ilu  c-rps  d'un  1..mu 
virî,  1'  d  i.^  M. ne  jum'itiv  rt  le  cr.»rqi  'ii  (]\ui  jiuno 
vrij  Im'.  Il  i  envir^'U  O.X't  coid.  d-^  L'U-T.  Les  pics-verls 
lA-  >  .il  p  -^  rares  dans  uns  Cf)ntr'''*s,  nù  ils  vivent  S'N.L'n- 
l:.::.':;  d'.iu'v^s  onj-V-os  y  app:;rai^s.  nt  nu. >si  o[,  cor:i:r.e 
elles  n'ont  pi.ini  colle  cnuL-ui*  (jui  car;i'*t-'rls'-'  1-^  prrrni^'r, 
elles  nj  il"'.  rii'''nl  roc':'Vttir  iju'^  ]o  n  wn  '-''n.'Tiipie  do  J'i  ; 
li.r.is  ^t.^^  .0  la  pUi^  C'>:!,îi;UMe  l'.ion.p.i.é  et  le  n-.n,  ilo 
I':v'.-  r<  -linaireiii'Mit  dannj  fi  l->u;^  la  f.i:ndl'\  ^ans 
ie.ir    _'ri.'-^  .le  ré[ii!hèle,  qui  j)arfui-  s'applique  asso/.  mal. 

Pivou,  pivolo,  5.  7»?.  et  f.  IVuplier,  pr.pulns  nijrr  et 

/..;  /us  '.'■  :,  Li  .:..,  qui  sonl  1  -  d-'ux.  o>p'C'\s  Indigrn'-'S. 

C)..   .i'pîi/:     a-i^^i  00  n>'ri.    nu   p-^upii-r  d'Iî..li>'  fTo-^rdaf: 

[(isUjuiLi,  Pniret;,  qui  a  la  feuill-^  du  peui'lier  n  nrei  le  l-ois 
'  "  '        I  j .  ->  1 ,1  --1  ,^ 

Tiv.  do  /■  ',.'  "'us,  nom  lat.  de  ces  arlir^s. 

Pivoulado,  .v.  m.  Clianq)iL:ni  iis  de  soueiiO  (jni  vlrnnon! 
au  ;  i   î  il  ^  p  'upiliers. 

Pla,  s.  }.\.  Plat,  ustensile  d«^  ri  «'■uaL'e  sur  lequel  on  pré- 
M'î,!'  1rs  u.v  Is  à  table.  —  Mclrc  fa  inrn  d"u  jla,  n".ettro 
l.i  ii...i:j  au  \  lat. 

i  i\it<\  di..:.  de  plat.  —  D'incu  âou  ]>Kii'',  dos  ceufs  au 
pl.it. 

l'I'ilaras,  aupni.  de  plat.  —  îs\ni^  on  donna  un  platarai 
de  s->tij'0,  (ui  nous  a  donné  une  ijamelle  de  souj)e. 

Pla,  ato,  odj.  m,  et  /\  Plat,  plate.  —  Lsj>la  coumo  uno 
]>C'in<itso,  il  est  plat  connue  uno  punais'\ 

Plaça,  V.  Placer,  mettre  quel<jUo  chose  en  place  ;  donner 
un.'  place,  une  p'>ill  n  î\  qutjlqu'un.  —  Ls  W  }'laça,  il  a 
uiir^  j)!ace,  une  Lonne  positiju. 


PLA 

Plaçai.  5.  n:.  Arnjoiie  pratiquée  dans  répaisseur  d'un 
!   Djur. 

Placiè,  5.  m.  Cnireur  do  places,  désoeuvré;  mais  ce  rr.^l 
s'n])plique  surtr.ut  à  un  commissionnaire,  à  celui  dont  le 
métier  consiste  à  placer  les  marchandises,  et  au  fermi^M- 
des  ]«laces  du  niardié  d'une  \ille. 

Placïoù,  s.  772.  Petit  enq^lacement  où  l'on  peut  cons- 
truire, 

Placéto,  *.  f.  Petite  place;  dini.  de  Plaço.  fVoy.  c.  m.) 
Palier  silué  au  sommet  d'un  escalier  extérieur,  au  devant 
duu'^  ii.ai>on  et  quelijuolois  rccfUivort  d'une  toiture. 

Plaço.  A\  f.  Place,  lieu  ou  «^spaco  que  peut  occuper  une 
p<'r>on[îe  mu  uno  cIk.sc;  lieu  [>ul»lic  découvert,  situé  dans 
rinléiioiii-  d'une  ville  ou  d'un  villa-'e  et  ordinairem»^nt 
onlour-'  d?  laiimoiits,  soit  p.jur  rembellisseraent  d'une 
vill>\  s-  it  [l'Ur  la  facilite  du  commerce  et  FtHalage  d'.s 
niarriiandis«'S  et  des  donrées;  ranj:,  emiplu. 

Dér.  du  lat.  Platca. 

Plagnc,  v.  IMaindre,   rc::i"oll'T,  éparL'!icr  s.i  peino.  ses 

dé[HiiS''S.  —  A(j,icl  j>dauii'  home  c.$  hé  dé  p/ayne,  CO  pauvre 
lioii,nio  o.^i  M.n  :^  plaindre.  Pla>jne  bc  lou  pno are  mort,  je 
re.u'i'lle  \'\\:\\  le  pauvro  defnnt.  Pbm  lou  bénure  à  sons 
tôt/  .V.  11  ISiU'^  sur  !•*  vin  (ju'il  doit  livrer  k  ses  domes- 

liqii'S. 

l)jr.  du  l.t.  P!unocrf. 

Plagnon,  cnto,  s.  m,  <a  f.  Plaignant,  plaiuMiante;  celui 
qui  Sf  pii.int.  (]ui  porte  j'Iainle. 

Plago,  .V.  f.  Plaie,  hlcssure.  Au  ll^f .  [tréjudice,  dommaire. 
—  PiLi'jn  <r<injrn  es  par  i)iouri-i<>,  juTte  d'argent  n'est  pn-^ 
uiif  pK/ie  n,.trlllo. 

Plaidéja,  0.  Plai  1er.  Au  îIl'.  hésiter  avant  de  pronJre 
uno  d'-t'  r;iMnation.  —  Vè  yuc  j>h'idrjcs?  pourquoi  hésites- 
tu?  i'Mi  dit  proverhalen.eiil  :  Qttd-ni  jifaidéjn,  malàoutejo; 
tuui  p'  (pir  manjo  ijauiarcjo,  celui  qui  [ihide  est  touji'-urs 
i;.:;!  ■.îil\  «t  tuiil  ce  (ju'd  maiiL'.'  lui  parait  amer.  On  dit 
vuL.  n*o:i.''nl  d"nn  hoii:mt-^  att'^int  d'un^^  maladie  désespérée  : 
Plai  icjn.  il  itlaiilo,  il  est  entre  la  \w  et  la  mort. 

Plaide jaïre,  arèlo.  s.  m.  et  f.  Plaideur,  plaideu?»?. 
C'iui  (jUi  aiîiio  à  plaider,  qui  plaide  souvent.  —  Un  plat- 
di'jairo   ts  î<n   nnui  v(si,  un  jilaideur   est  un    mauvais 

vi'hsin. 

Plan,  5.  f)i.  Plan,  projet,  décision  arrêtée.  On  dit  an 
IL.  :  .4',  V  V7;  fa).ior\s  p'an.'  \:  us  a\e/.  un  lier  aplomb! 
un  fl'^juj']  éiunnanlî  Tiro  dé  j>Uin,  se  dit  {\o  colui  qu'on 
apj"-lle  vuluuiivii/^nt  un  haît-'ur  d-^  pavés,  un  paresseux. 

Plan.  .N.  m.  Piuit;  j  une  ai !>ro,  joune  plante,  l>jal  ;\ 
planter  uu  nouv.Ii.jr.ent  planté,  n'jeton  (ju»^  l'on  enlève  ;\ 
un  arhre  p  air  le  rejilanter.  —  I)i^  bf>n  plan,  planto  ta 
vitjiio;  dr  lion  Scn,  viarido  tu  fi^  ;  de  bons  plants  plante  lu 
vigne,  «l'un  sa:);-'  pur  inario  la  lil!e. 

Plan.  iilj.  T)}.  Plain,  uni.  —  Plan  ccvmn  la  man,  uni 
coniii.o  une  ^'hioo. 

Plan,  '"/r.  I)jncem' nt,  poséir.ont,  lentement.  — Pian- 
plan  :  t-ul  doux,    tout   beau.    A-iai    plan,    acamjtén    be. 


agissons  avec  mesure  et  ^Meons  notre  profit.  Quâou  vaï 
plan,  vai  san,  celui  qui  agit  avec  pradenoe  6vite  bien  des 
mécomptes.  Pten  dàou  lé  qnté  jou^n  cinq  sôoutf  Ne  ton- 
cbez  pas  an  cochonnet,  nous  jonons  cinq  son!  dicton 
proverbial  employé  facétiensement  par  les  joneurs  de 
boules. 

Planât,  asso,  ».  m.  et  f.  Grande  et  large  plaine; 
augmentatif  de  plan  ;  de  même  qne  pUmé,  pla^nùou,  petite 
plaine,  en  est  le  dimiantif. 

nanchar,  s,  m.  Grosse  planche  ^isse,  madrier. 

Dér.  de  Pluneho,  dont  il  est  un  augmentatif. 

Planché,  i.  m.  Plancher,  assemblage  de  poutres,  de 
solives  et  de  planches  qui  sépare  deux  étages  consécutif 
d'uie  maison. 

Ptanchéira,  v,  Plancheyer,  parqueter. 

Planéja,  t>.  Se  dit  d'une  r^on  située  en  plaine,  très- 
pen  accidentée. 

Piano,  f .  f.  Plaine  ;  poisson  de  mer  appelé  plie  en  fran- 
çais ;  outil  de  tourneur  et  de  tonnelier. 

Plan-paousè,  s,  eon^.  m.  Homme  indolent,  flegmatique, 
sans  initiative. 

Plan-piè,  adv,  Plain-pied.  ^-  Àquéle§  mémbrei  toun  dé 
plathpiè,  ces  pièces  sont  de  plain-pied. 

Plancfiiêto,  s,  f.  Une  chaufferette  ;  une  petite  planche. 

Planquo,  s.  f.  Passerelle  jetée  sur  un  ruisseau  et  cons- 
truite avec  des  planches. 

Plansoù,  ».  m.  Plançon,  jeune  plant  d*arbre  ou  d'autre 
plante;  un  poteau. 

nanaoniè,  s.  m.  —  Vay.  Planiouïè. 

Planta,  s.  m.  Gerbes  dressées  c6te-à-c6te  sur  l'aire,  les 
é(MS  en  haut  et  formant  une  arène  circulaire  sur  laquelle 
on  hïi  piértiner  les  chevaux  pour  dépiquer  le  blé. 

Planta.  t>.  Planter.  Planter  un  champ,  planter  un  clou. 
—  Vaqué  un  home  bé  planta,  voilà  un  homme  bien  bâti. 
M'avès  planta,  vous  m'avez  faussé  compagnie. 

Dér.  du  lat.  Planlare. 

Plantado,  t.  /*.  Plantation  d'arbres.  Ce  terme  s'applique 
surtout  à  un  champ  planté  de  mûriers  on  d'oliviers 
disposés  en  quinconce  on  par  rangées. 

Plantage,  f.  m.  Plantain  à  larges  feuilles,  Plantado 
loHfalia,  Linn.,  appelé  aussi  Brbo  à  cinq  eostos,  herbe  à 
cinq  côtes;  plante  vulnéraire,  astringente. 

nantie,  s.  m.  Nouvelle  ou  jeune  plantation  de  vignes. 

Plante,  5.  /*.  Plante,  végétal.  Au  fig.  on  dit  :  Planto  dé 
pigoio,  un  grain  ou  un  bouton  de  petite  vérole.  —  Aed  éi 
uno  bélo  planto,  se  dit  en  parlant  d'une  femme  de  taille 
élevée  et  bien  constituée. 

Plantnn,  «.  m.  Jeune  pousse  de  salade  ou  de  légume 
destinée  à  être  repiquée  dans  un  jardin  potager. 

Plataras,  s.  m.  Plat  de  grande  dimension;  angm.  de 
Pla.  —  Foy.  c.  m. 

Platèoa,  «.  m.  Grosse  planche  très^paisse,  madrier 
ordinairement  débité  dans  un  bois  dur  tel  que  le  chêne  on 
le  noyer. 


PLO 


557 


Plantonîè,  i .  m.  Semis  de  châtaigniers,  de  mùrieis, 
d'ognons,  de  choux  et  en  général  d'arbres  ou  de  légumes 
nouvellement  sortis  de  terre. 

Plé,  Pléno,  adj.  m.  et  f.  Plein,  pleme.  On  dit  aussi 
PUn  au  masc.  -—  Un  pMn  eapèl,  «n  ptén  pagnè,  pldn  QB 
chapeau,  un  panier.  N'aï  nuispUnos  mant,  j'en  ai  les 
mains  pleines,  ^^u^  eabro,  aquélo  fédo  é»  pléno,  ceftte 
chèvre,  cette  brebis  est  pleine. 

Pléga,  V.  Plier,  ployer.  —  Plé^'vout  bé,  couvrez-vous, 
enveloppez-vous  bien.  Aquél  homme  es  pléga,  cet  homme 
est  patin,  il  est  dans  un  état  désespéré.  L'a  fa  pléga,  il  l'a 
fait  caponner,  il  lui  a  fait  mettre  les  pouces.  Se  pléga,  se 
coiffer.  Pléga  bouHgo,  fermer  boutique,  faire  fûllite. 

Dér.  du  lat.  Plicar$,  m.  sign. 

Plégadis,  isso,  adJ.  m.  et  f.  Souple,  flexible,  pliant, 
facile  à  plier.  —  Cadièiro plégadisso,  chaise  pliante. 

Plégale,  s.  m.  Pliage,  action  de  plier. 

Plégo,  5.  f.  Une  main,  une  levée  au  jeu  de  cartes.  — 
Lou  jo  dé  plégo-ma-tèlo,  le  jeu  de  la  toile. 

Pléjas,  s.  m.  Augm.  de  Plèjo»  Grosse  averse,  pluie 
subite  et  de  peu  de  durée. 

Plèjo,  s.  f.  Pluie.  —  PUjo  ménudo,  bruine,  petite  pluie. 

Dér.  du  lat.  Pluwa. 

Pléjoùs,  0U80,  adj,  m.  et  f.  Pluvieux. 

Pléu,  adj.  m.  —  Foy.  Plé. 

Plésl,  s.  m.  Plaisir,  satifaction,  sensation  agréable,  joie, 
amusement,  volonté,  service,  office.  —  Coumo  voum  fora 
plési,  comme  vous  voudrez,  à  votre  choix. 

Dér.  du  lat.  Plaurs. 

Plèt-à-Diou!  intwj.  Plaise  à  Dieu!  Exclamation  inter- 
jective  employée  pour  témoigner  le  désir  qu*on  éprouve  de 
voir  un  vœu,  un  souhait  se  réaliser. 

Plètiî  qiMU  interj.  Plaft-il  ?  —  Fatre  pUH,  se  plier  aux 
circonstances,  faire  des  courbettes. 

PlîB,  5.  m.  Pli,  point  où  une  chose  se  plie,  marque  qui 
reste  à  l'endroit  plié.  —  Acd  fora  pas  un  plis,  cela  ira  de 
soi,  cela  aura  lieu  sans  difficulté. 

Dér.  du  lat.  Plica. 

Plissa,  V.  Plisser,  faire  des  plis  à  une  étoffe  pour  l'agré- 
menter. Adjectivement  on  dit  Plissa,  do,  plissé,  e.  — 
Aquéh  fénno  es  touto  plissado,  cette  femme  est  ridée. 

Plô,  I.  m.  Petit  plateau  qui  surmonte  un  chainon, 
un  contrefort  de  montagne.  Quand  ce  plateau  se  trouve 
situé  sur  la  sommité  la  plus  élevée  d'une  région,  il  prend 
le  nom  de  Calm,  Can.  —  Voy.  c.  m. 

Flôonre,  ti.  n.  et  impers.  Pleuvoir.  Ce  ferme  s'emploie 
pour  désigner  l'eau  qui  tombe  du  ciel.  On  dit  de  quelqu'un 
qui  flâne  au  lieu  de  travailler  :  éseouto  se  pléou,  il  écoute 
s'il  pleut. 

Dér.  du  lat.  Pluêre. 

Plouma,  V.  Plumer,  éter  les  plumes  d*un  volatile;  peler 
un  fruit,  un  légume;  efleuiller,  écorcer  un  arbre.  — 
Plouma  dé  eastagnos,  dé  rabos,  peler  des  châtaignes,  des 
raves.  PUmma  un  amouriè,  effeuiller  un  mûrier.  Phuma 

7! 


558 


PLO 


tffi  éoute,  écorcer  on  yease  oa  ohène-vert.  Foi  un  fré  gué 
phutno,  il  fait  on  froid  trés-vif.  Tan  phuma,  on  t'a 
plamô,  86  dit  à  nn  joaear  qui  a  tout  perda. 

Plomnado,  s.  f.  Une  volée»  une  ràciée.  —  ran  fitu  uno 
phuoMdo,  on  t'a  fiché  nne  raclée.  Ploumados,  châtaignes 
fraîches  pelées  et  prêtes  à  mettre  à  cuire. 

Plonmat  ado»  adj,  m.  et  /".  Plumé,  plamée,  pelé,  pelée. 
«-  Tèito  ploumado,  tète  chauve.  On  l'emploie  comme 
lobriquet  :  Berna  lou  plouma,  Bernard  le  Chauve. 

Plomnas,  «•  m.  Bûche  de  chêne  écorcé,  de  bois  pelard. 

Floumba,  t;.  Plomber,  appliquer  du  plomb;  prendre 
l'aplomb  d'un  mur,  d'une  chose  quelconque  à  laquelle  on 
veut  donner  une  position  verticale  ;  élaguer  les  branches 
d'un  arbre  de  manière  à  ce  qu'elles  ne  dépassent  pas  une 
certaine  limite  fixée. 

Dér.  du  lat.  Plutnbar$. 

Floumba,  ado,  adj\  m.  et  f.  Plombé,  mis  d'à-plomb. 
—  Aquél  honu  es  gàire  phumba,  cet  homme  n'a  pas  beau- 
coup de  jugement,  se  dit  au  fig. 

Ploumé,  s.  m.  Plumet,  niveau  de  plomb,  en  vieux  fr. 
plomet.  Au  fig.  :  Préne  un  ploumé,  se  griser. 

Floomio,  f.  f.  Débris  de  plumes  ou  de  matières  ressem- 
blant à  de  la  plume  ;  épluchures. 

Ploumo,  s.  A  Plume,  duvet  qui  recouvre  le  corps  des 
oiseaux  et  leur  sert  à  voler;  plume  à  écrire  ou  plume  d'oie 
qui  a  subi  certaine  préparation.  Par  extension,  on  donne 
aussi  le  nom  de  plume  à  la  plume  de  fer  inventée  depuis 
quelques  années  et  qui  a  presque  complètement  remplacé 
la  plume  d'oie. 

Dér.  du  lat.  Pluma,  m.  sign. 

Plonmoûa,  ouso,  adj.  m.  et  f.  Plumeux,  plumeuse, 
garni  de  plumes. 

Ploun,  5.  m.  Plomb,  fil-à-plomb,  instrument  de  maçon 
propre  à  prendre  l'aplomb  ;  plomb  de  chasse. 

Plonnjoù,  s.  m.  Plongeon,  nom  donné  À  certains  oiseaux 
de  passage  de  l'ordre  des  Palmipèdes  qui  ont  l'habitude  de 
plonger.  Dans  le  Gard,  on  donne  surtout  ce  nom  au  Casta- 
gneux  ou  grèbe  de  rivière.  fColymbus  minor,  Linn.) 

Plonra,  v.  Pleurer,  déplorer,  regretter.  —  Plôura  toui 
péeas,  pleurer  ses  péchés.  Plouro  que  $é  détcréstiano,  expres- 
sion intraduisible,  pour  indiquer  qu'une  personne  pleure 
abondamment.  Las soucos  phurou,  la  vigne  entre  en  sève. 
Plouro  eoumo  un  védèl,  il  pleure  comme  un  veau.  On  diriè 
çu'a  ploura  pér  Vavédr$,  on  dirait  qu'il  a  pleuré  pour 
l'obtenir,  se  dit  d'un  vêtement  mesquin»  étriqué,  manquant 
de  l'ampleur  suflQsante. 

Dér.  du  lat.  Plorar$,  m.  sign. 

Flourado,  s.  f.  Intervalle  de  temps  plus  ou  moins  long 
passé  à  pleurer.  —  A  fa  uno  plourado,  se  dit  surtout  d'un 
enfant  qui  a  pleuré  longtemps  sans  discontinuer. 

Plouraîre,  Plourarèlo,  s.  m.  et  f.  Pleurard,  celui  qui 
pleure  habituellement*  qui  se  plaint  de  tout,  qui  n'est 
content  de  rien. 

Plouroûi,  ouio,  adj.  m.  et  /•  Plenreux,  pleureuse,  qui 


POC 

est  en  pleurs,  qui  a  les  yeux  mouillés  de  pleurs.  —  Éi  m 
pUmroàs,  il  est  tout  en  larmes. 

Pions,  t.  m.  pi.  Pleurs,  larmes  répandues. 

PlOQYina,  V.  Bruiner.  Se  dit  de  la  rosée  qui  tombe. 
Dans  le  voisinage  de  Nimes,  PUntvina  signifie  gtUt 
Uane. 

Plonvinas,  s.  m.  Bruine  intense,  rosée  abondante.  Dans 
le  voisinage  de  Nimes,  on  appelle  Plotninas  la  gelée  blaoche 
désignée  à  Alais  sous  le  nom  de  Barbatto*  —  Foy.  c.  m. 

PlouYinéja,  v.  Bruiner. 

Dér.  du  lat.  Pluvia,  pluie. 

Plouvinéjado,  s,  f.  Bruine  peu  intense;  menue  ploie 
telle  que  celle  provenant  des  brouillards  qui  se  résolvent  en 
pluie  fine.  Dim.  de  Ploumno,  {Voy.  c.  m.)  Sur  les  haulei 
montagnes  il  ne  tombe  guère  que  de  la  bruine.  —  Fa»  tmo 
plouvinéjado,  il  fait  une  petite  rosée. 

Plonvino,  s.  f.  Bruine,  rosée  de  la  nuit  ou  du  matin; 
pluie  fine.  Nom  de  la  gelée  blanche  en  Provence. 

Dér.  du  lat.  Pluvia,  pluie. 

Pluga,  V.  Fermer  les  yeux,  les  bander  comme  on  le  fait 
aux  jeuxde  colin-maillard  et  cligne-musette.  OnàiX:  Qudw 
plugof  que  l'on  doit  rendre  par  :  à  qui  est-ce  à  faire?  — 
ts  iéou  que  plugtu,  c'est  moi  qui  fais.  Té  vdou  pluga,  je 
vais  te  bander  les  yeux.  Ce  terme  parait  être  dit  poor 
pUga,  plier  ou  fermer. 

Dér.  du  lat.  Plipare,  plier,  m.  sign. 

Plngos,  5.  /*.  pi.  Àntoques  ou  lunettes  des  (cbevanx; 
sortes  de  calottes  de  cuir  opaques,  avec  lesquelles  on 
recouvre  les  yeux  des  chevaux  de  manège  et  de  ceux  que 
l'on  emploie  au  dépiquage  du  blé.  Il  ne  faut  pas  oonfondr» 
les  àntoques  avec  les  œillères  des  chevaux  de  voitures  ou 
avec  les  flaquières,  qui  empêchent  seulement  les  chevaux 
et  les  mulets  de  voir  latéralement,  ce  qui  contribue  à  les 
tenir  dans  le  droit  chemin. 

Plngoùi  (Dé),  adv.  A  tàtcms,  les  yeux  formés  ou  à 
l'aveuglette. 

Plugné,  s.  m.  Le  jeu  de  cache-cache  ou  de  clîgoe- 
musette,  appelé  aussi  Béseoundudo. 

Plus  (Sani).  Locution  qui  s'emploie  dans  le  sens  de  : 
sans  ajouter  davantage.  —  Quan  aguè  parla,  partigni 
sans  plus,  quand  il  eut  expliqué  son  affaire,  il  partit  sans 
rien  ajouter  de  plus. 

Po,  sid>si.  m.  Pot,  vase  de  terre  ou  de  métal  destiné  à  con- 
tenir quelque  chose. 

Dér.  du  lat.  Poius,  boisson. 

Po,  V.  S*  pers.  du  pr.  ds  l'ind,  des  v.  Poudre,  Pùmiê  01 
Poudé,  pouvoir.  Il  ou  elle  peut.  ^  Po  si  dire,  oa  peut  le 
dire. 

Dér.  du  lat.  PoUre,  pouvoir,  m.  sign. 

Pocho,  f .  f.  Poche,  petit  sac  aplati  fixé  aux  habitt  et 
servant  à  serrer  divers  objets  que  l'on  emporte  babitsel- 
lement  avec  soi  ;  faux  pli  d'une  étoie  cousue»  sinus  dans 
une  plaie;  partie  interne  d'une  tumeur.  On  dit  au  fig-  ^ 
Àcd  is  din  ma  poeho,  c'est  une  chose  comprise,  une  cbo» 


POR 

qui  m'est  acqaiae.  —  itoHn  dé  pocho,  raisin  de  poche,  à 
grains  durs  et  qni  mûrit  fort  tard. 

Dôr.  de  la  bsus.  lat.  Punga,  Puneha,  Poehia,  m.  sign. 

Po-dé-cambro,  5.  m.  eomp,  Pot-de-cbambre»  vase  de 
nuit.  —  Foy.  Pitêodaii. 

Pon,  s.  m.  Pont,  oavrage  en  pierre,  en  bois  on  en  fer 
jeté  snr  nne  rivière,  un  fleuve,  nn  cours  d'eau  quelconque 
pour  en  faciliter  le  passage. 

Dér.  du  lat.  Pons,  pontis,  m.  sign. 

Pon-léTadls,  t.  m.  eomp,  Pont*levis. 

Pôon,  8,  f.  La  peur,  l'effroi,  r-  N'aï  maï  dép&ou  que 
d'énvéjo,  j'en  ai  plus  peur  qu'envie,  se  dit  d'une  chose 
qu'on  redoute  de  voir  se  réaliser.  La  pôou  gardo  las  vignoi, 
la  peur  garde  les  vignes. 

Por,  s,  m.  Cochon  commun,  cochon  domestique.  fSui 
tcrofa,  Linn.)  Mammifère  onguiculé  de  la  famille  des 
Pachydermes,  dont  on  distingue  six  ou  sept  races  ayant 
toutes  le  sanglier  pour  souche.  Au  fig.  un  individu  sale, 
malpropre  ou  dont  le  langage  est  grossier  et  inconvenant. 
^  Es  eoumo  un  par  à  Véngrdi,  se  dit  d'un  individu  qui  n'a 
d'autre  souci  que  de  manger  et  dormir.  Pw  sénglas,  san- 
glier ou  porc  sauvage.  Ptoures  pas,  piehoto,  avèn  trouba 
iôu  par,  n'ayez  aucun  souci,  nous  avons  trouvé  le  nœud 
de  la  difBculté. 

Dér.  du  lat.  Poreiis,  m.  sign. 

Pore,  f.  m.  Poireau.  —  Vèr  eoumo  un  p(>r9,  vert  comme 
la  fane  d'un  poireau.  On  dit  aussi  Port. 

Port,  f .  m.  Poireau.  —  Voy.  Pors, 

Poije,  s.  m.  Porche,  espace  couvert  placé  à  l'entrée 
d'un  édifice,  d'un  monument,  d'une  maison  ;  parvis  d'une 
fglise. 

Dér.  du  lat.  Portieus,  m.  sign. 

Porto,  n.  pr.  de  lieu.  Portes,  ou  Portes-Bertrand, 
comm.  du  canton  de  Génolhac.  —  Casirum  et  viUa  de 
Portis,  k^Qt\  Ad  Portas,  4294;  Castrum  de  Portis-Ber- 
irandi,  4344.  Cette  localité,  qui  peut  être  considérée  comme 
la  porte  des  Cévennes,  est  située  sur  la  ligne  du  faite  qui 
sépare  les  deux  vallées  du  Gardon  et  de  la  Cèze.  La  voie 
romaine  de  Nimes  à  Gergovie,  par  le  Collet  de  Villefort, 
passait  par  Portes  et  on  en  trouve  encore  des  vestiges  sur 
son  territoire. 

Porto,  f.  f.  Porte,  ouverture  par  où  l'on  pénètre  dans 
une  maison,  un  édifice,  une  ville,  etc.  ;  la  clôture  elle- 
même,  la  cloison  qui  sert  à  fermer  l'ouverture.  —  Bara  la 
porto',  fermer  la  porte.  JHqua  en  toutos  las  portos,  frapper 
à  toutes  les  portes,  réclamer  un  service  de  tous  les 
côtés.  Porto^-vitro,  porte  vitrée. 

Dér.  du  lat.  Porta,  m.  sign. 

Forto-ésfrai,  t.  m.  eomp.  Épouvantail,  mannequin 
bourré  de  paille  qu'on  met  au  bout  d'un  poteau  au  milieu 
d'un  champ  pour  effrayer  les  oiseaux.  Au  fig.  personne 
laide,  hideuse,  qui  fait  peur;  rabat-joie,  croquemitaine. On 
applique  quelquefois  ironiquement  cette  qualification  à  un 
agent  de  police,  à  un  gendarme. 


POU 


559 


Porto-fai,  s.  m.  eomp.  Porte-faix,  crocheteur. 

Porto-iuio,  s.  m.  e&mp.  Portefeuille. 

Porto-mantèl,  s,  m.  eomp.  Porte-manteau. 

Porto-réspè,  t.  m.  eomp.  Une  arme  quelconque  que 
l'on  porte  ostensiblement  dans  un  voyage  ou  dans  une 
occasion  où  l'on  peut  courir  des  dangers,  et  qui  impose  le 
respect  à  ceux  qui  l'aperçoivent. 

Pos,  s.  A  Planche.  Du  lat.  Postis.  ^^  Es  se  eoumo  uno 
pos,  il  est  sec  comme  une  planche.  Van  mes  entre  quatre 
pos,  on  l'a  mis  entre  quatre  planches,  on  l'a  mis  au 
cercueil. 

Poe,  f).  Tu  peux;  t^  pers,  du  prés,  de  Vind,  du  v. 
Poudre,  Poude  ou  Pimdé,  pouvoir.  —  Pos  ou  eréire,  tu 
peux  le  croire.  Pos-ti  ou  dire?  Peux-tu  dire  cela? 

Poua-barâou,  s.  m.  eomp.  Puits  que  l'on  ferme  au 
moyen  d'une  porte.  C'est  un  puits  semblable,  encore 
existant,  qui  a  donné  son  nom  à  la  rue  Puits^Murral  à  Alais. 

Pouce,  «.  m.  Le  pouce  de  la  main.  —  Métré  lou  pouce, 
caler,  se  plier  à  une  nécessité,  à  une  exigence;  se  laisser 
convaincre  par  une  démonstration,  avouer  que  l'on  a  tort. 
Ancienne  mesure  aujourd'hui  al:andonnée. 

Poucèl.  5.  m.  Jeune  pourceau,  goret,  cochon  de  lait. 

Dér.  du  lat.  PoreeUus,  m.  sign. 

Poucéla,  V.  Cochonner,  se  dit  de  la  truie  qui  a  mis  bas. 

PoQcélado,  f.  fm  Cochonnée;  portée  de  petits  cochons; 
ce  qu'une  truie  met  bas  en  une  seule  portée.  Siuvagbs 
ajoute  que  le  nombre  des  jeunes  pourceaux  est  ordinai- 
rement égal  au  nombre  des  pis  de  la  truie. 

Poucèlo,  s,  f.  Une  jeune  truie  qui  n'a  point  porté. 

Pouchado,  j.  f.  Une  pochée;  plein  une  poche.  — 
N'awè  uno  pléno  pouchado,  il  en  avait  une  poche  pleine. 

Pouchéja,  v.  Se  fouiller;  mettre  la  main  dans  sa  poche 
comme  pour  en  retirer  de  l'argent. 

Pouchoù,  s.  m.  Gousset,  bourson,  petite  poche  de  la 
culotte  ou  du  gilet.  Dim.  de  Poeho. 

Poucion,  f .  m.  Pourcil,  loge  ou  étable  à  cochons.  Du 
lat.  Porcinum  (sous-entendu  stabulumj.  —  Sanio  eoumo  un 
poucUm,  sale  comme  un  pourcil;  se  dit  d'une  maison 
très-mal  tenue. 

Pouda,  V.  Tailler  la  vigne,  former  la  tète  d'un  mûrier 
nain,  d'un  jeune  arbre  fruitier. 

Dér.  du  lat.  Putare,  rendre  pur,  tailler,  émonder, 
nettoyer. 

Poudaire,  s.  m.  Vigneron  qui  taille  la  vigne. 

Poudar  ou  Bartassiè.  Grande  serpe  à  tailler  les  haies 
et  les  charmilles.  Elle  est  emmanchée  d'un  long  bâton,  et 
le  fer  a  la  forme  d'un  croissant,  comme  celui  d'une 
faucille. 

Poudasoù,  5.  f.  La  taille  des  vignes;  l'époque,  la 
saison  où  a  lieu  cette  opération.  —  Pir  poudasoà,  au 
temps  de  la  taille. 

Fondé,  t.  m.  Serpette  k  graffer,  à  émonder,  à  tailler. 

Dér.  du  lat.  Puius,  a,  um,  pur,  purifié;  d'où  Putm^, 
rendre  pur,  tailler,  émonder,  nettoyer. 


560  POU 

Ponde,  I.  m.  PouvcMT,  autoritô»  crédit.  —  S'amèi  loû 
fwdé,  si  j'avais  le  pouvoir. 
Ponde,  V,  Pouvoir. 
Ponde,  «.  n.  Pouvoir,  —  V.  Poudé  et  Pwdre. 

On  dit  au  puis,  dï  l'ind.  : 

Pod6 Je  peux. 

Podes tu  peux. 

Po il  peut. 

Poudèn nous  pouvons. 

Poudès vous  pouvez. 

Podou ils  peuvent. 

A  l'imparfait  : 

Poudiii je  pouvais. 

Poudièi tu  pouvais. 

Poudiè il  pouvait. 

Poudian nous  pouvions. 

Poudias vous  pouviez. 

Poudiàn ils  pouvaient. 

Au  PASSÉ  DÉFINI   : 

Pouguère je  pus. 

Pouguèr6$ tu  pUB. 

Pouguè il  put. 

Pouguèn nous  pûmes. 

Pouguès vous  pûtes. 

Pouguèrou ils  purent . 

Dér.  du  lat.  Potere,  pouvoir,  m.  sign. 

Camine  tan  que  pode,  je  marche  aussi  vite  que  je  puis. 
Couristian  tan  que  Diou  poudian,  nous  courions  à  toutes 
jambes  ou  autant  que  Dieu  nous  donnait  des  forces.  Pico 
tan  que  po,  il  frappe  de  toutes  ses  forces.  S'en  vaï  tan  que 
po,  en  parlant  d'un  malade  qui  approche  de  sa  fin.  Plôou 
tan  que  po,  il  pleut  à  verse.  Fôou  poude,  il  faut  pouvoir. 

Pondios,  s,  f,  pi.  Les  émondures,  les  menus  brins, 
les  scions  et  les  branches  enlevées  d'un  arbre  que  l'on 
émonde  avec  la  serpette  ou  la  hache  ;  les  sarments  que  l'on 
coupe  sur  un  cep  de  vigne. 

Pondo,  i.  f.  Serpe  à  couper  les  ronces,  emmanchée  d'un 
bâton  long  de  quatre  à  cinq  pieds.  Son  fer  est  plus  petit 
que  celui  du  Poudas;  il  est  un  peu  plus  grand  que  celui 
du  Poudé  ou  serpette.  On  appelle  aussi  Poudo,  la  serpette 
à  talon  allongé  qui  sert  à  tailler  les  vignes. 

Pondra,  t?.  Poudrer,  couvrir  de  poussière.  —  Souï  umt 
poudra,  je  suis  tout  couvert  de  poussière.  —  Futur  absolu 
du  ▼.  Poudre,  Il  ou  elle  pourra. 

Pondre,  v.  Pouvoir.  —  Voy,  Poude  et  Poudé,  v. 

Pondro,  s.  f.  Poudre,  poudre  à  canon,  à  fusil  ;  poudre 
à  poudrer;  poussière,  matière  pulvérisée. 

Dér.  du  lat.  PulvU,  pulverie. 

Ponèlo,  s,  m.  Poêle,  fourneau  servant  à  chaufier  un 
appartement,  à  faire  la  cuisine.  Appareil  essentiellement 
moderne  dans  le  midi  de  la  France  surtout,  et  dont  le  nom 
est  emprunté  au  français.  Drap  d'honneur  que  l'on  porte 
dans  une  cérémonie  funèbre. 


POU 

Ponèn,  s.  m.  Point;  point  final  dans  réeritore  ou  les 
ouvrages  imprimés;  point  que  l'on  marque  au  jeu.  On  dit 
aussi  Potcn.  —  Voy.  c.  m. 

Ponètro,  s.  m.  Poète.  Emprunt  fail  au  français  e&  le 
dénaturant. 

Ponge,  n.  pr.  m.  Nom  d'homme  et  de  localité.  Dim.  de 
PU,  Puech,  Pny,  élévation,  tertre,  monticule,  pic. 

Dér.  du  lat.  Podium,  m.  sign. 

Pongéao,  adj.  f.  Qualificatif  appliqué  à  oertaioes 
monnaies  du  Puy  émises  sous  le  signe  de  saint  Louis.  — 
Maïo  pougéio,  maille  pougeoise  ou  du  Puy. 

La  pitte  pougeoise  valait  la  moitié  d'une  maille  et  oeHe- 
ci  la  moitié  d'un  denier.  D'après  certains  auteurs  la  Pou^éio 
proprement  dite  équivalait  à  la  moitié  d*nne  pitte  ou  an 
quart  d'une  obole  ou  le  huitième  d'un  denier.  La  pitte 
proprement  dite,  picta,  était  une  monnaie  du  Poitou, 
Pagus  pictavemis . 

Pongnado,  s.  f.  Une  poignée,  autant  que  la  toaio 
fermée  peut  contenir  d'une  chose;  partie  d'un  instrameot 
ou  d*un  oulil  que  l'on  saisit  avec  la  main  ;  poignée  de 
main. 

Pongné,  s.  m.  Poignet,  l'artioulatiou  qni  relie  la  maÎB 
à  l'avant-bras  ;  partie  de  la  manche  d'une  chemise,  d'ime 
blouse,  d'une  veste,  etc.,  qui  correspond  k  cette  articula- 
tion. 

Pougne,  v.  Piquer,  percer,  transpercer  avec  une  ebose 
aiguë  ;  mordre  en  parlant  du  serpent  et  de  la  piqûre  des 
abeilles.  Au  fig.  inquiéter,  irriter,  fâcher. 

Dér.  du  lat.  Pungere,  m.  sign. 

Pongne,  v.  Poudre.  Travailler  la  pâte  avec  les  poings 
fermés. 

Pongnédisso,  s,  f.  Douleur  vive  et  aiguë;  point-de- 
côté. 

Pougnédnro,  a.  f.  Piqûre  d'abeille,  de  gnèpe,  defiek», 
de  puce,  de  scorpion,  etc. 

Pongno,  s,  f,  La  force  qui  réside  dans  le  poignet  et  la 
main.  —  A  bono  pougno,  il  a  le  poignet  solide. 

Pongn.  Pu.  Part,  pou,  du  verbe  Poudre,  Poude  oo 
Poudé,  On  dit  aussi  Piseu  ou  Poutûu  dans  le  même  aeoa. 

Dér.  du  lat.  Potere,  po$$um. 

Pouîo,  f.  /*.  Injures  grossières. 

Du  celt.  Poulk,  ou  plutôt  de  Pediûulus,  pon*  tcaitsr 
quelqu'un  de  pouilleux. 

Pomaoù,  a.  f.  Poison,  substance  qni,  introduite  dans 
l'organisme,  peut  donner  la  mort.  An  Gg.  un  méchant 
homme,  une  méchante  femme.  —  Qumto  pouïaoè.'  <pt\ 
gredin!  quel  coquin! 

Dér.  du  lat.  Potio,  potion,  breuvage. 

Ponitronn,  a.  m.  Poltron,  lâche,  pusillaaime,  dépoorva 
de  courage. 

Dér.  du  lat.  PoUese^  pouce,  et  de  IViuMiif,  ooupé,  mutilé. 
Autrefois  les  Romains  qui  par  lâcheté  ne  voulaient  pat 
servir  dans  les  armées  se  coupaient  le  ponfid*  d'on  :  ^' 
Uxtruncus,  Poltrunc  et  poltroa. 


POU 

PonitTOunariè»  $.  f.  Poltroimerie. 

Ponl,  s.  m.  Cochet,  jenne  ccxi. 

Ponlardo,  j.  f.  Poularde,  jeune  poule  que  l'on  a 
engraissée  après  lui  avoir  enlevé  les  ovaires. 

Foulé,  f .  m.  Poulet,  poussin  de  la  poule. 

Dér.  du  lat.  PuUus,  m.  sign.  — Es  mar  etmmotmpoulé, 
il  est  mort  sans  souffrance,  sans  agonie;  il  s*est  éteint. 

Poulôie,  s,  f.  Poulie.  On  dit  aussi  TirtAo. 

Poulèjo,  j.  f.  Gigogne  ou  bascule  de  puits.  —  Yo)^, 
Balandro, 

Ponlétarîè»  $.  f.  Poulaille;  troupe  de  volailles. 

Poolit  f .  m.  Poulain,  jeune  cheval,  ânon,  jeune  mulet. 
An  fig.  jeune  garçon  sans  expérience,  aux  allures  vives. 
«->  Qudou  nottn  iravato  pouli,  travaïo  roussi,  qui  ne  tra- 
vaille pas  dans  sa  jeunesse»  travaille  parfois  dans  sa 
vieillesse. 

Pouli,  ido,  adj.  m.  et  f.  Joli,  jolie  ;  gentil,  gentille.  — 
M'en  avis  fa  tino  potdido,  vous  m'en  avez  fait  une  qui 
compte.  Siès  un  pouli  mèrls/  tu  es  un  fier  nigaud!  Vous  aï 
éÊpéra  un  pouli  briou,  je  vous  ai  attendu  bien  longtemps. 

Ponliço,  s.  f.  Police. 

Dér.  du  lat.  Policia,  ordre,  règlement  établi  pour  la 
sûreté  d'une  ville. 

Ponliço,  s.  f.  —  Faïrs  la  poultço,  gaminer,  faire  le 
polisson  par  les  rues. 

Poulidiè,  «.  f.  Beauté,  gentillesse. 

Poulina,  Pouliner,  mettre  bas  un  poulain,  se  dit  de  la 
jument  et  aussi  de  l'ànesse. 

Poulinado,  s.  f.  Escapade  d'écolier,  d'un  j^^une  libertin 
qui  fuit  la  maison  paternelle  pour  prendre  la  clé  des 
champs;  escapade.  —  A  fa  poulinado,  il  a  décampé. 

Poulinas,  j.  m.  Gros  poulain  et  au  fig.  gros  garçon  qui 
gambade  et  folâtre  comme  un  poulain  ;  fiente  de  poule  ou 
de  quelque  autre  oiseau  de  basse-cour. . 

Ponlisso,  s,  m.  Polisson.  —  Siès  uno  bravo  poulisso,  tu 
es  un  fier  gamin. 

Pouliasonn,  s.  m.  Polisson,  espiègle,  libertin,  débauché. 

Pouliasouna,  v.  Polissonner  ;  dire  ou  faire  des  polisson- 
neries. 

PouUssounado,  s.  f.  Polissonnerie,  acte  inconvenant, 
insolence. 

Poulissounariè,  i.  f.  Action,  parole,  tour  de  polisson; 
bouffonnerie,  plaisanterie  déplacée. 

PoqIo,  <.  f.  Jeune  poule  et  par  extension  la  femelle  du 
coq,  que  Ton  appelle  surtout  Galino.  —  Voif,  c.  m. 

Dér.  du  lat.  PuUa,  m.  sign.  —  Gardas  vostos  poulos,  aï 
douna  van  à  numn  gai,  gardez  vos  filles,  mon  fils  est 
émancipé. 

Ponlo-d'aîgo,  s,  f.  Poule  d'eau;  poule  d'eau  ordinaire. 
fGaUinula  chloropus,  Linn.)  Oiseau  aquatique  qui  a  la  tête, 
la  gorge,  le  cou  et  la  poitrine  d'un  noir  bleuâtre,  le  dessous 
du  coq»  blanc,  et  le  dessus  brun  olivâtre  avec  une  plaque 
rouge  sur  le  front.  Il  atteint  près  de  quarante  centimètres 
de  longueur. 


POU 


561 


Indépendamment  de  cette  espèce,  il  en  est  une  autre, 
la  poule  d'eau  Marouette  (Gallinida  porzana,  Temm.),  asseï 
pareille  de  couleur  à  la  précédente,  mais  moitié  plus 
petite,  qui,  comme  elle,  se  trouve  souvent  au  bord  des  eaux 
douces.  Celle-là,  sans  compter  d'autres  variétés  qui  ne 
quittent  guère  les  étangs  et  les  marais,  doit  aussi  recevoir 
le  nom  de  poulo-d'aïgo;  il  n'est  pas  jusqu'au  râle  d'eau 
(mieux  dit  cependant  raseléj  qui  ne  puisse  se  confondre 
sous  la  même  appellation  avec  les  précédentes  :  il  est  vrai 
que  tous  sont  bien  proches  parents. 

Pouloumas,  s.  f.  Ficelle  tordue  à  un  seul  brin  de 
diverses  grosseurs. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Polomarium,  m.  sign. 

Poulonmbà,  s,  f.  Palombe;  pigeon  sauvage  plus  petit 
que  le  ramier.  fCotumba  turricola  sexatilis,  Linn.) 

Pouma,  ado,  adJ.  m.  et  f.  Pommé,  ée,  en  forme  de 
pomme.  Se  dit  principalement  des  choux  et  des  salades.  — 
Vaqui  un  cdoulé  bien  pouma,  voilà  un  chou  bien  pommé. 

Dérivé  de  Poumo. 

Pouma,  V.  Pommer,  se  développer  en  forme  de  pomme. 
Se  dit  principalement  des  choux. 

Poumada,  v.  Pommader,  enduire  de  pommade.  Se 
pommader,  enduire  ses  cheveux  de  pommade. 

Poumado,  «.  f.  Pommade,  composition  molle,  grasse  ou 
onctueuse  employée  soit  en  médecine,  soit  comme  cosmé- 
tique. 

Dér.  du  lat.  Pomatum,  fait  avec  la  pomme,  parce  que 
jadis  on  faisait  entrer  la  pulpe  de  ce  fruit  dans  cette 
composition. 

Poumarédo,  s.  f.  Pommeraie,  lieu  planté  de  pommiers 
ou  d'arbres  fruitiers  produisant  des  fruits  à  pépins.  Ce  mot 
est  aussi  employé  comme  nom  propre  d'homme  :  Poumarédo, 
Pomaréde,  La  Pommeraie. 

Dér.  du  lat.  Pomarium,  m.  s. 

Ponmiè,  s.  m.  Pommier,  arbre  qui  porte  des  pommes; 
poirier  commun.  (Malus  communis,  Dec.)  —  Voy. 
Poumièïro. 

Dér.  de  Poumo. 

Poundèiro,  i.  f.  Pommier.  On  dit  aussi  Poumiè,  — 
Voy.  c.  m. 

Poumo,  s,  f.  Pomme,  le  fruit  du  pommier. 

Dér.  du  lat.  Pomum,  fruit  bon  à  manger. 

Ponmo-d'Adam,  s.  f.  eômp.  Pomme  d'Adam,  saillie  plus 
ou  moins  prononcée  formée  au  devant  du  cou,  par  le  nœud 
de  la  gorge. 

Poumo-d'amonr,  s,  f.  comp.  Pomme  d'amour,  tomate 
(Solanum  lycopersicum,  Linn.),  plante  potagère  de  la 
famille  des  Solanées,  originaire  de  l'Amérique  méridionale 
et  cultivée  dans  tout  le  midi  de  la  France. 

Ponmo-dé-tèro,  i .  f.  eomp.  Pomme  de  terre.  Emprunté 
au  français.  On  dit  plus  ordinairement  Trufo, 

Poumpa,  V,  Pomper,  élever  de  l'eau  au  moyen  d'une 
pompe,  aspirer  un  liquide  ou  un  gaz.  Au  fig.  boire  outre 
mesure. 


562 


POU 


POU 


Ponmpé,  s.  m.  Galette,  morceau  de  pâte  aplatie  qu'on 
fait  cuire  à  l'entrée  du  four.  On  l'appelle  aussi  Flamado  ou 
Poumpo,  —  Voy,  cm. 

Ponmpèire,  t.  m.  Pomme  de  rambour,  d'un  très-gros 
volume  et  très-fondante  à  la  cuisson. 

Poumpiè,  s,  m.  Pompier,  sapeur-pompier.  Au  fig.  un 
buveur.  —  Es  un  famoûs  poumpiè,  c'est  un  lier  buveur. 

Ponmpo,  s,  f.  Pompe,  appareil  pour  élever  l'eau  et 
dans  lequel  la  pression  de  l'air  est  le  principal  agent; 
lampe  à  huile  dans  laquelle  l'huile  monte  au  moyen  d'une 
pompe  foulante. 

Ponmpouna,  v.  Dorloter,  caresser,  soigner  délicatement 
quelqu'un. 

Ponn,  j.  m.  Point;  point  fmal  dans  l'écriture  ou  la 
typographie  ;  point  de  couture.  —  Poun  dé  dissate,  couture 
à  longs  points  ou  faits  négligemment  et  à  la  hâte. 

Dér.  du  lat.  Punctum,  m.  sign. 

Poun,  f.  m.  Poing;  la  main  fermée.  —  A  lous pouns 
sarax,  se  dit  d'un  avare. 

Dér.  du  lat.  Pugnut,  m.  sign. 

Ponnchè,  $.  m.  Étui,  étançon,  pointai,  pièce  de  bois 
employée  à  soutenir  une  poutre  qui  plie  ou  un  mur  qui 
menace  ruine. 

Poonchéia,  v.  Poindre,  sortir,  commencer  à  paraître. 
—  Lou  jour,  Uu  éstèlos  pounehéjou,  le  jour,  les  étoiles 
commencent  à  poindre. 

Pouncho,  t.  f.  Pointe,  bout  effilé,  aigu  ou  piquant; 
extrémité  d'un  objet  qui  se  termine  en  pointe;  sorte  de 
coiffure  ancienne  ;  mouchoir  triangulaire  que  les  femmes 
emploient  dans  leur  toilette. 

Dér.  du  lat.  Punciio. 

Potmcho-dâcn-jonr,  s.  m.  eômp.  Le  point  du  jour. 

Ponnchoù,  s.  m.  Pointe,  piquant,  aiguillon,  sommet,  faite. 

Dim.  de  Pouncho . 

Potmchonna,  v.  Piquer,  aiguillonner,  pousser  quelqu'un 
hors  des  gonds,  le  mettre  hors  de  lui. 

Potmchoiinado,  $,  f.  Piqûre.  Au  fig.  excitation. 

Ponnçon,  s.  m.  Poinçon,  instrument  en  fer  servant  à 
percer  ou  à  marquer. 

Dér.  du  lat.  Punguieulus. 

Ponnsé,  i .  m.  Terme  employé  sous  forme  de  plaisan- 
terie pour  désigner  l'estomac.  —  Aï  bien  rampli  pounté, 
je  viens  de  faire  un  bon  repas. 

Pounté,  f.  m.  Pontceau,  petit  pont. 

Ponpéto,  5.  f.  Panade,  sorte  de  bouillie  préparée  pour 
les  petits  enfants. 

Ponpo,  «.  f.  Le  filet  extérieur  du  bœuf,  du  mouton,  du 
porc  ;  celui  qui  règne  le  long  du  dos  de  chaque  côté  de 
l'épine  dorsale.  Le  filet  intérieur  prend  le  nom  de  filé, 
emprunté  au  français. 

Ce  mot  s'emploie  avec  une  deuxième  signification  pour 
désigner  la  chair,  les  muscles  proprement  dits;  ce  qu'il  y  a 
de  plus  solide  et  de  plus  charnu  dans  les  muscles  de  l'animal. 

Dér.  du  lat.  Puipa,  m.  sign. 


Ponpoun,  3.  m.  Un  poupon,  un  très-jeune  enfant. 

Dér.  du  lat.  Pupus,  petit  garçon. 

Ce  terme  s'emploie  aussi  pour  désigner  un  melon. 

Dér.  du.  lat.  Pepo,  peponis. 

Pouponna,  v.  Choyer,  dorloter,  mitonner,  prendre  on 
soin  excessif  de  la  santé,  des  aises  d'une  personne. 

Ponrado,  «.  f.  Gain,  profit,  durée.  —  Para  pat  lonp 
pourado,  il  ne  sera  pas  de  longue  durée,  il  aura  bleatAt 
pris  fin,  il  mourra  bientôt.  On  dit  proverbialement  : 
Chambriëiro  rétoumado,  soupe  réeàoufado,  noun  (di  jamtA 
hono  pourado. 

Pouraqno,  s.  f.  Asphodèle.  —  Voy,  Alapédo. 

Pouraquo  est  sans  doute  un  nom  dérivé  de  Port  ou  Pon, 
à  cause  de  la  ressemblance  des  feuilles  radicales  gladiées 
de  l'asphodèle  avec  celles  du  poireau. 

Ponrcariè,  s.  f.  Viande  de  porc,  charcuterie.  Au 
cochonnerie;  saleté,  ordure. 

Dér.  de  Por. 

Ponrcas,  s.  m.  Gros  pourceau.  Augm.  de  Por.  Au 
un  homme  grossier,  qui  dit  des  paroles  grossières. 

Dér.  de  Por. 

Ponrcatiè,  «.m.  Marchand  de  cochons;  charcutier. 

Ponrcino,  s,  f.  Troupeau  de  cochons,  la  gent  porcine. 

Poure.  V.  Pouvoir.  —  Yoy.  Poudé,  Poudre  et  Pourf«, 
qui  sont  d'autres  formes  patoises  du  même  verbe. 

Ponréto,  s.  f.  Menu  plant  de  mûrier  arraché  du  semis 
et  transplanté  dans  une  pépinière. 

Dér.  de  Pore  ou  Pori,  parce  que  ces  plants  sont  vendus 
en  petites  bottes  comme  les  poireaux. 

Dans  le  voisinage  de  Nimes,  le  mûrier  nain  est  aaasi 
appelé  Pouréto, 

Ponii,  V.  a.  Pourrir,  altérer,  gâter,  corrompre.  On  dit 
au  fig.  d'une  mère  qui  gâte  trop  son  enfant  :  loupowït. 

Dér.  du  lat.  Putrere,  m.  sign. 

Pomi,  V.  n.  Pourrir,  tomber  en  putréfaction,  se  décom- 
poser. On  dit  au  fig.  d'un  enfant  gâté  :  Aquti  éfanés 
pouri.  Même  étymologie  que  le  mot  précédent. 

Ponridoù,  5.  m.  Creux  ou  fosse  à  fumier. 

Ponridnègno,  i .  /.  Pourriture,  saleté,  débris  de  choses 
gâtées. 

Pourituro,  s.  f.  Pourriture,  corruption;  état  d*uw 
chose  pourrie.  Maladie  des  bêtes  à  laine. 

Dér.  du  lat.  Putredo. 

Ponrqné,  s,  m.  Du  porc  frais.  —  Pourqué-dé-mêr, 
cochon  d'Inde.  Manja  dé  pourqué  émbé  dé  sâùuvià,  man- 
ger un  mets  avec  grand  appétit. 

Ponrqnéîrargne,  n.  pr,  de  lieu.  Porcairargufcs,  hamean 
de  la  commune  des  Salles-du-Gardon,  à  cinq  kilomètres  en 
amont  d'Alais.  On  pense  que  c'est  le  lien  d'origine  de  U 
célèbre  Azalaïs  de  Porcairargues,  poète  en  langue  romane. 
qui  vivait  vers  le  milieu  du  xn«  siècle,  et  qui  fut  timée  de 
Gui  Guerréjat,  fils  de  Guillaume  VI,  de  Montpellier,  dont 
la  mère,  Béatrix  de  Melgueil,  avait  épousé,  en  4U4,  RT 
mond  Pelet  premier  seigneur  d'Alais. 


POU 

Poarqaiè,  ièîro,  s.  m.  et  ^  Porcher,  gardeur  de 
cochons. 

Poiir([iii]e,  i.  m.  SaleM.  malpropreté.  Au  fig.  paroles 
lales  et  grossières. 

Ponrta,  v.  Porter,  apporter,  rapporter. 

Dér.  du  lat.  Portare,  m,  sign.  — Porto  lou  eur  stu 
la  fnan,  il  porte  le  cœar  sur  la  main.  Ou  pourtara  pa'n 
paradis,  il  ne  remportera  pas  en  paradis;  il  me  le  paiera 
tôt  ou  lard.  Porto-ésfraï .  —  Voy,  cm. 

Ponrta  (Se),  v,  n.  Être  en  bonne  ou  en  mauvaise 
santé  :  Se  porto  (rien,  $é  porto  pa$  bien  ou  se  porto  mdou, 

Ponita-cronto,  Porter  préjudice,  faire  opposition.  — 
Jf'oj  pourta-cronto,  tu  as  agi  contre  mes  mtérèls. 

Loc.  composée  de  Pouria,  v.,  et  de  Cronto,  contre. 

Ponrtalé,  s,  m.  Dim.  de  Pourtâou;  petit  portail;  porte 
secondaire  percée  dans  les  anciens  remparts. 

Poortamén,  s,  m.  Santé,  bon  état  du  corps.  —  Vous 
demandé  pa  vostepouriamin,  je  ne  vous  demande  pas  com- 
ment vous  vous  portez;  je  vois  que  vous  vous  portez  bien. 

Ponrtaii,  adv.  Pourtant,  néanmoins,  cependant. 

Pourtanèl,  s.  m.  Guichet,  petite  porte  pratiquée  dans 
une  porte  plus  grande,  telle  qu*une  porte  de  ville  ou  de 
prison,  une  porte  cochère,  une  porte  de  boutique. 

Pourtâoii,  5.  m.  Portail;  porte  cochère,  de  basse-cour, 
de  ville.  Grande  porte  d'une  maison. 

Ponrtoulaîgo,  s.  m.  Pourpier  commun  {Portultica 
oleracêa,  Linn.),  plante  grasse  potagère,  astringente  et  ra- 
fraîchissante. On  l'appelle  aussi  Bourtoulaïgo.  —  Voy,  c.  m. 

Dér.  du  lat.  Portulaca. 

Pourtor,  «.m.  Porteur;  celui  qui  porte  les  commissions, 
les  voyageurs,  les  paquets,  les  denrées,  d*une  localité  à 
une  autre  ;  un  facteur  rural . 

Pons,  $.  m.  Puits  ;  excavation  plus  ou  moins  profonde 
pratiquée  dans  le  sol  pour  avoir  de  l'eau. 

Dér.  du  lat.  Pttteus,  m.  sign. 

Pous-à-ranco  ou  Pouséranquo,  puits  à  roue.  —  Voy.  c.  m. 

Poiifl,  s.  m.  Le  pouls  ou  battement  des  artères.  Ce  terme 
s'applique  surtout  au  battement  qui  se  fait  sentir  aux 
poignets  ou  à  la  tempe.  —  N'a  gés  dé  pous,  son  pouls  ne 
bat  plus. 

Dér.  du  lat.  Pulsus,  qui  vient  de  Pulsars,  battre. 

PoQfl,  s,  f.  Poudre,  poussière. 

PoQsa,  V,  Puiser  de  l'eau  ou  d'un  liquide  quelconque. 

Ponsadoù,  i .  m.  Pnisoir;  récipient  servant  à  puiser  un 
liquide  quelconque  dans  le  vase  qui  le  contient. 

Poniage,  s.  m.  Action  de  puiser. 

PonBéranquo,  s.  f.  Puits  à  roue  ;  machine  hydraulique 
servant  à  puiser  de  l'eau  dans  un  puits  de  grande  dimen- 
sion. Elle  est  composée  d'une  grande  roue  en  bois  garnie 
de  godets  et  que  Ton  fait  mouvoir  au  moyen  d*nn  manège 
anquel  un  cheval  ou  le  vent  donne  l'impulsion.  Selon 
Sauvaoss,  Pouséranquo  viendrait  par  cormptiou  de 
pouêar-aïgo, 

PoQsia,  n.  pr,  de  lien.  Pouzilhac,  commune  du  canton 


POU 


51)3 


de  Remoulins.  —  Castrum  ds  PosUhae,  \\%\  \  villa  de 
Posiliaco,  4476;  PozUhaeum,  4384.  Cette  localité  tire 
sans  doute  son  nom  de  sa  situation  élevée  sur  la  ligue  de 
faite  qui  sépare  la  vallée  du  Gardon  de  celle  de  la  Céze .  De 
quelque  direction  que  Ton  arrive  à  Pouzilhac,  il  faut  s'éle- 
ver par  une  côte  raide,  au  sommet  de  laquelle  se  trouve 
situé  le  village,  à  â20  m.  d'altitude,  qui  est  le  point  le 
plus  élevé  de  l'arrondissement  d'Uzès. 

Dér.  du  celt.  Pouja,  v,  monter,  ou  Pouja,adj,^  élevé, 
juché  sup  un  puech,  —  Poujado,  signifie  aussi  rampe, 
montée. 

Poussa,  V.  Pousser,  faire  un  effort  pour  déplacer  une 
personne  ou  une  chose;  faire  marcher,  faire  avancer, 
exciter;  porter  plus  loin;  faire  faire  des  progrès.  Lever,  en 
parlant  des  plantes.  On  dit  dans  le  même  sens  Buta,  — 
Voy.  c.  m. 

Poussado,  s.  f.  Secousse,  heurt,  poussée. 

Poussé,  s.  m.  Pousse;  maladie  des  chevaux  poussifs. 
—  Aquél  chivtU  a  lou  poussé,  ce  cheval  est  poussif. 

Ponsséja,  v.  Soulever,  exciter  la  poussière. 

Pousses,  s.  f.  pi.  Menue  paille  ;  balle  des  grains  criblés  ; 
poussiers;  pellicule  de  la  nature  et  de  la  couleur  de  la 
paille;  enveloppe  du  grain  de  froment  ou  d'avoine; 
poussière  de  paille.  Débris  de  peaux  de  ch&taignes  prove- 
nant du  battage  des  châtaignes  sèches.  —  Vase  d'Aoubamo 
s'éngraïuè  bé  en  manjan  dé  pousses,  se  dit  d'une  personne 
qui  se  porte  bien  tout  en  vivant  chichement. 

Pousséto,  5.  /*.  Petite  planche;  dim.  de  Pos . 

Poossi,  poussÎYO,  adj.  m.  et  /*.  Poussif,  poussive.  Se 
dit  d'un  cheval  atteint  de  la  pousse  ou  d'une  personne 
asthmatique. 

Ponssible,  Iblo,  adj>  m.  et  f.  Possible.  Se  dit  d'une 
chose  qui  peut  avoir  lieu,  qui  est  vraisemblable. 

Pousso,  s,  f.  Mamelle  de  la  vache,  de  la  chèvre,  de  la 
brebis.  Organe  glanduleux  qui  secrète  le  lait  chez  les 
femelles  des  espèces  ovine  ou  bovine» 

Poussons,  onso,  adj.  m.  et  f.  Poudreux,  couvert  de 
poussière. 

Pousta,  «.  m.  Soupente,  plancher  qui  divise  en  deux 
parties  une  pièce  dans  le  sens  de  la  hauteur  et  sur  lequel 
on  établit  la  couche  des  domestiques,  des  ouvriers,  et  sar 
lequel  on  peut  aussi  emmagasiner  diverses  denrées  encom- 
brantes. Cette  soupente  est  toujours  établie  en  planches. 
On  y  monte  par  une  échelle  de  meunier  qui  aboutit  à  une 
large  trappe. 

Dér.  du  lat.  Positum. 

Ponstïonn,^.  m.  Postillon,  valet  de  poste  qui  conduit 
ceux  qui  courent  la  poste. 

Dér.  de  l'ital.  Postiglione, 

Pontage,  i .  m.  Du  bouillon  et  non  dn  potage. 

Pontagè,  s,  m.  Potager;  fourneau  de  cuisine  sur  lequel 
on  prépare  les  mets.  —  Jfounia  i ta  tou  pouiagé,  se  mettre 
en  frais,  se  mettre  en  cuisine  ponr  un  hdte  que  l'on  vent 
bien  traiter. 


r)C4  PRA 

Poutarado,  s.  /.  Tiic  potée,  plein  un  pot,  plein  une 
i.iariiiilo;  dans  le  slyle  fani.  un  pot-de-cliambre  plein. 

Poutaras.  s.  m.  Grand  broc  de  vin;  grand  vase  plein 
d'un  liiiuidc  quelconque.  On  dit  proverbialement  dans 
(juelijues  localités  : 

Pér  lou  rAounias 
F6ou  lou  poutaras. 

IVnir  ^niérir  le  rhume,  il  faut  l)oire  du  vin. 
Pouténcio,  s.   f.    Potence,  gibet  où  l'on  exécute  les 
criiiiiih'ls  condamnés  i\  élre  pendus. 

Dér.  du  lat.  Potentia,  puissanct\  pouvoir,  droit  de  haute 

justice. 

Poutèrio,  s.  f.  Gros  baiser  de  nourrice.  —  Fa)  mé  'no 
pouivrlo,  donne-moi  an  gros  baiser,  se  dit  en  parlant  à  un 

ciilanl. 

Poutéto,  s.  /.  Petit  baiser,  petite  caresse. 

Oér.  de  Poutott,  du  cell.    Pot,  lèvre. 

Pouticari,  i.  m.  Apothicaire  ou  pharmacien,  celui  qui 
l»ivparf^  des  remètles  suivant  les  ordonnances  dos  médecins. 

Dér.  du  grec  ^-oOr;xr„  boite,  boutique. 

Poutinga,  r.  Droguer,  médicamenter.  — Se  poi'finga, 
s**  ilr<\L'uer,  pren.lre  des  remèdes. 

Poutingo,  *.  f.  Uemètle,  médicament,  médecine,  pur- 
ption. 

Poutoù,  s.  m.  Baistn*. 

Dér.  du  cclt.  Pot  ou  Pont,  lèvre. 

Poutounéja,  v.  Baisotler. 

Poutounéjaîre,  i.  m.  Celui  qui  baisolte  à  chaque 
mst^nt. 

Poutouras.  s.  m.  Grand  broc  à  sinitiier  le  \in.  Mesure 
d'un  p.>t  de  \in.  On  dit  plulùl  Po'ftani'<.  —  Vo?/.  c.  nu 

Pra,  .«.  m.  Pré,  prairie,  étenvlue  de  terre  sur  la.(nelle  on 
réo-»lle  du  loin.  —  Pra  secdoit.  pré  ^jui  n'est  arros»'  (jue 
p\r  les  pluies. 

Dor.    lu  lat.  Prcifvw.  dér.  ib'  Paratus.  préparé. 

Pradariè.  $.  f.  Qu.\rti'M'  de  territoire  exclusivement 
co:  -i''  >•  de  prairies.  — Aquil  termre  é<  t^hit  (n  pradanê, 
ce  terril-  ire  est  eiitièrcm^^nt  Ci"»n.p'-^M*  d^  prairies. 

Pradèl.  -<.  m.  et  u .  pr.  d-^  lieu.  Diin.  de  Pifi.  Petit 
pré  ou  C'-'in  de  pré.  Plu>ieurs  h\n.^.uix  ou  villages  des 
Cévemies  ou  de  rAnièch'^  ont  reçu  ce  nom. 

Prado,  5.  f.  Prairie;  suite  de  plusieurs  prés  dans  le 
voisinaje  d'une  rivière. 

Dcr.  de  Pra. 

Prafi,  ex/),  adv.  Conlracîi'^n  Jo  pt'r-à-fi.  —  Si  m  atet 
praK  d'aqu^l  afaire,  nous  sommes  \  ^luis  dans  le  but  de 
reg'er  c^lte  aîuvire. 

Pratiqua,  r.  Pratiquer,  r.>3ltr:  en  pntiqu--':  exercer  un 
irl:  fr^-quenter,  hanter.  —  Ai  pratip.ta  nquél  /x^'m,  jai 
fréqunîé  ce  pays. 

Du  ■•rec  riranc-r.x-.:,  pnîiqU'^.   qui  3jit. 

Pratiquo,  i.  f.  Prat::ii>\  le  c:îé  prati^u-^  dun  art, 
d"ane  science:  client.  >:  It  -^n  :..-iuv.ris:'  p.-s.n    î'uii  n.au- 


PRÉ 

vais  sujet.  —  Vno  bono  pratiquo,  un  lx)n  client.  Quinlo 
pratiquo!  quel  mauvais  sujet! 

Pratiquoùs,  ouso,  adj,  m.  eif.  Industrieux,  euse.  Se 
dit  aussi  d'une  personne  qui  tire  parti  de  tout  et  ne  laisse 
rien  perdre. 

Prêcha,  v.  Prêcher,  exhorter,  faire  un  discours  en 
chaire  dans  une  église  ou  un  temple  ;  admonester  quel- 
qu'un, exhorter. 

Dér.  du  lat,  Prœdicare,  proclamer. 

Prêche, s.  m.  Prêche,  prédication,  sermon. 

Prèchi,  adv.  Près,  proche,  auprès.  On  dit  aussi  Procfcc. 

Préga,  v.  Prier,  supplier,  prier  Dieu,  faire  des  prières. 

Dér.  du  lat.  Precari,  m.   s. 

Prègo-Dîou,  5.   m.  comp,  —  Prègo-Diou-dé-rattouble, 
ou  simplement  Prègo-Diou  ou  Cabro.  Mante,   mante  reli- 
gieuse. Coléo])tère  de  couleur  verte  un  peu  sombre,  ou 
couleur  de  chaurne,  se  rapprochant  Ijeaucoup  de  la  saute- 
relle, t|U'on   trouve  arpentant  pédestrement  les  chaumes, 
car  ses  ailes  ne  lui  servent  pas  à  voler.  On  le  voit  quel- 
(piefois  se  tenant  presque  droit  sur  ses  longues  pattes  de 
derrière,  pendant  que  les  deux  de  devant,  qu'il  a  beaucoup 
plus  c.turtes.   sont  repliées  et  posées  l'une  contre  l'autre. 
Cette  attitude,  assez  semblable  à  celle  d'une  personne  qiii 
joint  les  mains  ou  croise  les  bras  sur  sa  poitrine,  pour 
prier  Diru,   a  suiri  pour  en  faire  un  insecte  dévùt,  a  dit 
Héanmur,  et  lui  a  valu  son  nom  languedocien.  Les  enfanb 
ne  rencontrent  jamais  une  mante  sans  lui  demander  des 
nouvelles  du  loup;  c'est  qu'il  y  a  longtemps,  la  crédulité 
populair.^  lui  attribuait,  on  ne  sait  pourquoi,   le  don  de 
de\iuer  (mante,  en   grec,  veut  dire  devin;.  Les  enfants  h 
Consultent  toujours;  les  hommes  ne  s'adressent  plus  p:iir 
cela  qu'aux  tables  tournantes,  dansantes  et  même  pir- 
lantes. 

Prémiè,  èïro,  adj.  uum.  on/.  Premier,  ère.  — Som 
jircDii'},  j.»  suis  ]'^  prenjer  à  faire. 

V-^v.  du  lat.  Prinnis  ou  Primariu^. 

Prémiè  (D'én\  adv.  D'aln-^rd,  autrefois,  jadis.  — 
D'en  prctni'^  fasits  jm  tan  lou  fier,  autrefois  tQ  n'avais  pas 
tant  h  jactance. 

Prémièïrén.  énco,  adj.  m.  et  y.  Préocce.  h\tif.  Se  il 
d'^s  î'ruits  (}ui  n.iirissent  les  premi-Ts. 

Préne  ou  Prendre,  v.  Prendre,  saisir,  attnpier.  s'ei- 
parer,  tb-rober.  voler,  surprendre,  prendp?  sur  le  uil 
ir.an^'^r.  —  Prcn  pas  res,  il  ne  mange  rien.  Prtn^irefnM, 
se  îi.:»rier.  Prtndre  fre,  prendre  froid.  Prtn^  m<ijii,  ac- 
tracter  u:ie  !i.alali_e.  Prcne-vnus  gardo,  tenez-vous  sar  K» 
g:u\l-s.  J'rtt(€  pcr  f"rr>,  violer.  Prtne  la  métm,  êîr? 
ordonné  pritre.  Prene  iwi.  prendre  s-rn  élan.  Frau  la 
mouscn.  prendre  la  n.'juche,  se  mettre  en  colère.  Prt%ilM 
barunln^  d'^gringMer.  —  Voy.  Barunh. 

Dér.  du  lat.  Prenlere,  m.  si^'U. 

Prénso.  i.  /*.  Pres>ée.  quintité  d'olives  OG  as  rvsi 
L-i-e  lU  pre5^:ir  en  une  seule  fois:  résaiu  de  !Bsrc  pra- 
venuit  d'uii'?  pressc'e. 


PRE 

Prés,  éso,  adj,  m.  et  /".  Pris,  prise.  —  Sot^préi,  je 
suis  pris,  je  suis  malade,  je  sois  enrhamé. 

Dôr.  du  lat.  Prêhmsus. 

Près,  adv.  Près,  auprès. 

Présa,  V,  Apprécier,  évaluer,  estimer;  faire  cas,  tenir 
compte.  —  Se  préso  pa,  il  n'est  pas  fier,,  il  ne  fait  pas 
d'embarras,  il  n'est  pas  vantard. 

Présaje,  s.  m.  Terme  de  cadastre;  présage  on  estima- 
tion d'un  champ,  d'une  maison. 

Dér.  de  Pris,  prix,  valeur,  estimation. 

Ce  terme  n'a  rien  de  commun  avec  le  mot  français 
présage,  augure. 

Présémplel  interj.  Par  exemple!  Est-il  possible!  cela 
serait-il  vrai  !  c'est  singulier! 

Contraction  de  Pér-ésémple. 

Présén,  5.  m.  Présent.  —  Présén  dé  boudin,  cadeau 
que  l'on  fait  à  ses  parents,  à  ses  amis,  et  [qui  consiste  en 
un  plat  de  boudin  qu'on  leur  envoie  quand  on  égorge  un 
porc  dans  la  maison.  Présén  dé  noço,  cadeaux  de  noces. 
Pér  lou  présén,  pour  le  moment,  présentement. 

Présenta,  o.  Présenter,  offrir,  introduire  en  la  pré- 
sence de... 

Dér.  du  lat.  Prœsentare,  m.  sign, 

Préséntamén,  adv.  Présentement,  à  présent  même, 
sans  délai,  sans  retard,  dans  le  moment. 

Préafa,  j.  m.  Entreprise  à  forfait  ou  à  la  tâche,  d'après 
laquelle  et  pour  un  prix  convenu  d'avance,  les  ouvriers 
font  le  travail  et  fournissent  diverses  choses  indiquées. 

Présiachè,  s.  m.  Ouvrier  qui  exécute  un  travail  à 
forfait. 

Présicadoù,  i .  m.  Prédicateur,  prêcheur,  frère  prêcheur 
ou  Dominicain,  désignés  à  Paris  sous  le  nom  de  Jacobins. 
A  Alais,  le  pont  du  Marché  s'appelait  autrefois  Pon-das- 
Presicadoiis,  parce  que  le  couvent  des  Dominicains  était 
situé  à  son  extrémité  occidentale,  sur  la  rive  droite  du 
Gardon. 

Préso,  s,  f.  Une  prise  de  tabac,  un  bol  de  lait  d'Ânesse; 
prise  d'eau,  barrage  de  moulin  construit  pour  établir  une 
dérivation  d'un  cours  d'eau. 

Pressa,  ado,  adj.  m,  ei  f.  Pressé,  ée,  impatient, 
afiairé. 

Dér.  du  lat.  Pressus,  pressé.  —  Sé$  bé  pressa?  vous 
êtes  bien  pressé  de  partir  ? 

Presse,  s.  f.  Empressement,  diligence,  h&te ;  presse, 
foule,  multitude  de  personnes  qui  se  pressent  les  unes  les 
autres .  —  Y'a  prèsso,  il  y  a  grande  ailluenoe .  Ta  pasfrèsso, 
il  n'y  a  pas  péril  en  la  demeure. 

Dér.  du  lat.  Pressus,  pressé,  foulé. 

Présta,  V.  Prêter,  donner  sous  condition  de  rendre,  à 
une  époque  déterminée  avec  ou  sans  intérêts.  —  Si  présta, 
aider,  faciliter,  seconder  les  désirs  ou  les  volontés  de 
quelqu'un;  prêter,  s'allonger,  s'assouplir  sous  un  effort 

sans  se  rompre. 
Dér.  du  oelt.  Prsit,  ou  du  lat.  Prestars. 


PRO 


565 


Préatdre,  airo,  i .  m.  et  A  Prêteur,  prêteuse;  celui 
ou  celle  qui  prête. 

Prétendu,  ud(S  s.  m.  et  f.  Prétendu,  prétendue,  un 
accordé,  une  accordée,  un  fiancé,  une  fiancée. 

Prim,  imo,  adj.  m.  et  ^  Mince,  fin,  délié,  grêle,  svelte, 
menu. 

Primacholo,  s.  /;  Plante  étiolée,  menue,  grêle,  élancée 
pour  avoir  été  semée  trop  dru.  —  Primaeholos,  plur.  Défaut 
d'égalité  dans  le  fil  qui  n'est  pas  uni,  dont  certaines  parties 
sont  trop  fines,  d'autres  trop  grosses. 

Primo,  s,  f.  Le  printemps. 

Dér.  du  lat.  JPHtna.  —  Primo,  une  jeune  truie  qui  n'a 
pas  encore  porté. 

Dér.  du  lat.  Primapara. 

Primo,  adj.  f.  Première.  —  La  primo-âoubo,  le  point 
du  jour,  la  première  clarté  qui  annonce,  qui  précède 
l'aurore. 

Dér.  du  lat.  Prima,  m.  sign. 

Prim,  primo,  adj.  m,  et  f.  Économe,  ménager  avec 
excès  ;  avare,  tenace.  —  Voy,  Cagô-prim, 

Prion,  s.  m.  Prieur;  le  possesseur  d'un  prieuré. 

Dér.  du  lat.  Prior,  le  premier. 

Pria,  5.  m.  Prix,  valeur  d'un  objet  ;  récompense  accordée 
à  celui  qui  réussit  le  mieux  dans  un  exercice  mis  au 
concours. 

Dér.  du  lat.  Pretium,  prix;  et,  dans  le  deuxième  cas,  de 
Prœmium,  récompense. 

Prisa,  V.  Priser,  prendre  du  tabac  à  priser. 

Prison,  s,  f.  Prison,  maison  de  force  ou  de  détention 
où  l'on  enferme  les  accusés  et  les  coupables. 

Dér.  du  lat.  Prehmsio,  d'où  la  bass.  lat.  Prisio,  prison. 

Priaongnè,  èîro,  s.  m.  et  f.  Celui  ou  celle  qui  est 
détenu  eu  prison  ou  qui  est  tombé  au  pouvoir  de  l'ennemi, 
en  parlant  des  soldats. 

Priva,  V.  Priver,  ôter  à  quelqu'un  une  chose  qui  lui  est 
agréable. 

Dér.  du  lat.  Privare,  m.  sign.  —  Vous  n'en  privés  pas, 
ne  vous  faites  pas  faute  de  cela,  prenez-en  à  votre  volonté. 

Proche,  adv.  Près,  auprès.  —  Démoro  proche  dé  moun 
oustdou,  il  habite  dans  mon  voisinage. 

Dér.  du  lat.  Proximè. 

Prochi,  adj.  m.  e\  f.  Proche.  —  Es  moun  pu  proeM 
parén,  c'est  mon  plus  proche  parent.  Soun  mas  pu  proehi 
paréntos,  ce  sont  mes  plus  proches  parentes. 

Dér.  du  lat.  Proximus,  m.  sign. 

Proîo,  f .  A  Proie. 

Prone,  «.  m.  Discours  ou  sermon  que  le  curé  ou  le 
vicaire  prononcent  le  dimanche,  à  l'église  paroissiale,  sur 
l'épitre  ou  l'évangile  du  jour. 

Dér.  du  lat.  Prœeonium^  publication. 

Prou,  f.  m.  Profit.  —  Bon  prou  wmt  fague,  grand  bien 
vous  fasse.  N'en  fara  pas  jamcffi  soun  prou,  il  ne  s'en  tirera 
jamais. 

78 


566 


PRU 


Prou,  adv.  Assez,  suffisamment.  On  l'emploie  aussi  dans 
le  sens  de  beaucoup,  trop. 

Parla  prou  et  bien 
Van  jamaî  pa  'nsén. 

Pronii,  s.  m.  Profit,  avantage,  utilité,  progrès»  amélio- 
ration. 

Dér.  du  lat.  Profuîus,  progrès,  avancement,  profit.  -* 
Pcudis  pas  vout  apara  âou  prouft,  vous  ne  pouvez  pas  vous 
garer  de  la  bonne  chance. 

Prounte,  ounto,  adj.  m.  et  f.  Vif,  bouillant,  emporté; 
actif,  diligent.  —  Siègues  pa$  tan  prounte,  ne  sois  pas  si 
vif. 

Dér.  du  lat.  Promptta,  formé  de  ProtMre,  mettre  devant, 
tirer;  disposé,  résolu. 

Proontitudo,  i.  A  Promptitude,  vivacité,  emportement. 
—  Es  un  co  dé  prountitudo,  c'est  un  mouvement  de 
vivacité. 

Pronvénçâon,  alo,  adj.  et  subst.  m.  et  /.  Proven- 
çal, aie;  qui  est  de  Provence. 

Dér.  de  Prouvénço,  Provence,  dont  Tétymologie  vient 
de  Provincia,  province,  nom  que  lui  donnaient  les  Romains. 

Prouvénço,  s.  pr.  f,  Provence,  ancienne  province  de 
France,  formée  des  départements  des  Bouches-du-Rh6ne, 
du  Var  et  des  Basses-Alpes  et  dont  Aii  était  la  capitale. 

Dér.  du  lat.  Provincia,  province,  nom  par  lequel  la 
désignaient  les  Romains. 

Pronvénquo,  s.  f.  Pervenche,  Vinea  major,  Linn.  Les 
anciens  la  considéraient  comme  le  symbole  de  la  joie. 
Plante  de  la  famille  des  Apocynées. 

Pronvéal,  v.  Pourvoir,  donner,  fournir,  donner  ce  qui 
est  nécessaire  aux.  besoins;  prévoir. 

Dér.  du  lat.  Prowdwn,  m.  sign. 

Proavésl  (Se),  «.  Se  pourvoir,  se  fournir  de  choses 
nécessaires  ou  utiles,  en  appeler  devant  les  tribunaux. 

Pronvéaion,  s.  f.  Provision,  collection  de  choses  néces- 
saires ou  utiles;  trousseau  de  linge;  réserve  de  denrées 
ou  substances  alimentaires. 

Dér.  du  lat.  Provisio,  m.  sign. 

Pmdome,  s,  m.  Ormin  des  prés,  Salvia  verbenoea, 
Linn.  Cette  plante  ressemble  beaucoup  à  la  Touto-bono 
(Salvia  sclareaj,  et  les  botanistes  les  désignent  toutes  deux 
par  le  même  nom  ;  mais  cette  dernière  est  aromatique. 

Pmgnè,  s.  m.  Prunier,  arbre  de  la  famille  des  Rosacées, 
dont  il  existe  plusieurs  espèces. 

Dér.  du  lat.  Prunus. 

Pnmarédo,  s.  f.  Prunelaie,  champ  planté  de  pruniers. 
Nom  pr.  de  lieu. 

Prnno,  f.  f.  Prune,  fruit  du  prunier.  —  Floura  coumo 
uno  pruno,  qui  a  le  visage  rose  et  plein  de  fraîcheur. 

ProB,  s.  m.  Le  fil  d'une  lame  tranchante,  d'un  couteau, 
d'un  rasoir.  —  Douna  lou  prus,  donner  le  fil  à  une  lame. 
A  bon  prus,  ce  couteau,  ce  rasoir  sont  bien  affilés.  Au  fig. 
Bouta  en  prus,  mettre  en  appétit. 


PUR 

Praséto,  s.  f.  La  chatouille.  —  FcXre  prusité,  faire  la 
chatouille. 

Prnal,  v.  Démanger,  cuire.  — Ségrato  ounki'iprM, 
se  dit  au  fig.  pour  il  se  gratte  où  cela  le  chatouille;  il  sent 
où  le  bât  le  blesse. 

Pmsije,  5.  m.  Démangeaison,  prurit. 

Pu,  adv.  Plus,  davantage.  Expression  quantitative 
opposée  à  mén,  moins.  —  Sèn  pu-t'éroùs  que  brave,  nous 
avons  plus  de  chance  que  de  mérite. 

Dér.  du  lat.  Plus. 

Pu,  pure,  adj.  m.  ex  f.  Pur,  pure;  qui  n*est  point  altéré 
par  le  mélange  d'une  matière  étrangère  ;  qui  n'est  pas  sooiUè. 
<—  De  t»  pu,  d'aïgo  puro,  du  vin  pur,  de  l'eau  pure. 

Dér.  du  lat.  Purus,  m.  sign. 

Pu,  3^  pers.  du  5.  du  présent  de  l'ind.  du  v.  Pudï,  poer, 
avoir  mauvaise  odeur.  Il  ou  elle  pue.  —  Sén  que  pu,  il  pœ. 
Aeà  mé  pu,  cela  m'ennuie,  cela  m'agace. 

Dér.  du  iat.  Putere,  m.  sign.,  ou  du  grec  nuOa),  corrom- 
pre, pourrir. 

Pndén,  énto,  adj.  m.  et  f.  Puant,  puante,  qui  répami 
une  mauvaise  odeur. 

Dér.  du  lat.  Putidus,  m.  sign. 

Pudl,  s.  m.  Nom  donné  dans  le  Languedoc  à  VAnasyrit 
ftetida. 

Pudl,  V.  Puer,  répandre  une  mauvaise  odeur.  -* 
Parâoulos  pudou  pas,  paroles  ne  puent  pas. 

Dér.  du  lat.  Putere,  m.  sign.,  ou  du  grec  nuOcD,  corrom- 
pre, pourrir. 

Pndicino,  s.  f.  Puanteur,  infection. 

Pndla,  suhst.  m.  Le  putois,  Mustela  puUrius,  Lino. 
Sorte  de  belette  nommée  Pudîs  à  cause  de  la  mauvaise  odeur 
qu'elle  répand  lorsqu'elle  est  échauffée  ou  irritée;  VAnagtfris 
ftBtida,  Linn.,  ou  bois  puant,  plante  qui  croit  en  Laa* 
guedoc. 

Pnîo,  subst.  f.  Dent  de  râteau,  de  roue  dentée,  de  herse, 
de  peigne. 

Dér.  de  l'espagn.  Puia,  pointe,  épine. 

Pnpn,  I.  m.  La  huppe.  —  Voy.  Lupégo. 

Purèîo,  s.  f.  Purée;  légumes  réduits  en  pâte,  tels  que 
pois,  haricots,  lentilles,  etc. 

Dér.  du  lat.  Purata  pisa. 

Purèsi,  s.  m.  Pleurésie;  maladie  causée  par  l'inflam- 
mation de  la  plèvre  du  poumon. 

Dér.  du  lat.  Pleuritis,  plèvre. 

Po^gatori,  n.  pr.  m.  Purgatoire,  lieu  où  les  âmes  des 
justes  expient  les  fautes  légères  qui  n'ont  pas  été  pnriflées 
pendant  la  vie;  lieu  de  souffirance.  —  Mi  fùH  posta 
moun  purgatori,  il  me  fait  passer  en  ce  monde  par  le 
purgatoire,  il  me  cause  des  ennuis,  des  souffrances  morales. 

Dér.  du  lat.  Purgatorium,  dér.  de  Purgare,  purger« 
nettoyer,  purifier. 

Pnrja,  v.  Purger,  donner  un  purgatif;  nettoyer,  purifier. 

Dér.  du  lat.  Purgare,  m.  sign. 

Puxjo,  f .  A  Une  purgation,  un  purgatif. 


PUS 

Pliro,  adj.  f.  —  Yo^,  Pu, 

Pus,  subst.  m.  Pus,  liquide  produit  par  la  sappuration 
d'une  plaie  on  d*nn  nlcèm. 


PUS 


r)67 


Pus,  adv.  Plus,  expression  privative.  —  fTén  podê  jnu, 
je  n'en  puis  plos,  je  sois  harassé. 

Pnsàon,  «.  m.  Le  galetas,  le  grenier,  le  plus  haut  étage 
de  la  maison.  Composé  de  deux  mots^Mi  et  àw,  pins  et  haAt. 


Q 


QUA 

Qnadmblo,  i.  /:  Quadruple  ou  demi-pistole,  monnaie 
d'or  d'Espagne,  valant  de  80  à  84  francs. 

Dér.  du  lat.  Quadruplex,  parce  que  sa  valeur  est  de 
quatre  louis. 

Qoalita,  «.  f.  Qualité,  différence  qui  distingue  une  chose 
d'nne  autre;  propriété  de  chaque  chose;  ce  qui  modifie 
l'essence  des  choses;  ce  qui  fait  qu'elles  sont  bonnes  ou 
mauvaises,  grandes  ou  petites;  noblesse  distinguée,  titre 
d'honneur. 

Dér.  du  lat.  QualUat,  m.  sign. 

Quand,  adv.  Quand,  lorsque.  —  Quand  î  sérèt?  Quand 
vous  serez  prêt?  se  dit  comme  avertissement  lorsqu'on  fait 
une  chose  qui  demande  un  effort  simultané  de  deux  ou 
plusieurs  personnes.  Vendrai  quand  mémo,  je  viendrai 
qnand  même.  Vendra  noun  tat  quand,  il  arrivera  je  ne 
sais  quand. 

Dér.  du  lat.  Quando,  m.  sign. 

Quant,  adv.  Combien,  quel  nombre.  —  Quant  sè$? 
Combien  êtes- vous?  Quant  n'i'a?  Combien  y  en  a-t-il? 
Quant  que  n'xague,  quel  qu'en  soit  le  nombre.  iVTa  noun 
ëoH  quant,  il  y  en  a  je  ne  sais  combien. 

Dér.  du  lat.  Quantum,  m.  sign. 

Quant  à,  adv.  Quant  à,  pour  ce  qui  est  de.  —  Quant 
à  iéou,  pour  moi,  en  ce  qui  me  concerne.  Quant  à  souè, 
quant  à  soi.  —  Garda  soun  quant-à-souè,  conserver  sa 
liberté  d'action,  se  tenir  sur  la  réserve. 

Quanta,  quanto,  pr.  eonj\  m.  et  f.  Quel  r  lequel  T  — 
Quante  vos?  lequel  veux-tu?  Quanta  es  hu  mïoù?  quel  est 
le  meilleur?  Quante  que  siègue,  quel  que  ce  soit. 

Qaâou,  pr.  eonj  m.  Qui?  —  Quâou  pico?  qui  frappe? 
Quàou  tron  es  aquél?  qui  diable  est  celui-là?  Qudou  que 
siègue,  qui  que  ce  soit. 

Quâonque,  quâouqno,  pr.  indéf,  m.  et  f.  Quelque, 
certain,  un  ou  plusieurs,  quelques-uns,  quelques-unes.  — 
Quàouque  pâou,  quelque  peu.  Quâouque  Jour,  un  certain 
jour.  Qudûuque  marias,  quelque  polisson.  Quâouques 
moutons,  quelques  moutons.  Quâotuiuos  figos,  quelques 
figues. 

Qoâouquun,  ono,  s.  indéf.  «n.  et  f.  Quelqu'un,  quel- 
qu'une; un  homme,  une  femme,  un  entre  plusieurs.  — 
Qifdottçiittfi  es  vëngu,  quelqu'un  ou  un  homme  est  venu. 
Quâouquun  vous  demanda,  quelqu'un  vous  demande. 


QUA 

Quâonquna,  s,  indéf,,  s'emploie  aussi  pour  Qudou^iiun. 

Quaréla,  v.  Quereller,  chercher  querelle. 

Dér.  du  lat.  Querela, 

Qnarèlo,  «.  A  Querelle,  dispute,  rixe. 

Dér.  du  la}.  Queréla,  plainte,  lamentation. 

Quart,  subst.  m.  Quart,  quartier,  quarteron.  —  Es  uno 
ouro  manqua  un  quart,  il  est  une  heure  moins  le  quart. 

Dér.  du  lat.  Quarta  pars. 

Quartalado,  s.  f.  Plein  une  quarto.  —  Voy.  c.  m. 

Qnartàon,  s.  m.  Un  quartaud,  mesure  de  capacité 
équivalente  à  25  litres,  qui  est  le  quart  de  cent  litres. 

Quartéîroù,  j.  m.  Quarteron,  quatrième  partie  d'un 
cent  et  d'une  livre.  —  Vn  quartêiroù  dé  poumos,  un  quar- 
teron de  pommes  ou  25  pommes.  Un  quartêiroà  dé  sucre, 
quatre  onces  de  sucre,  qui  forment  le  quart  de  la  livre  de 
46  onces,  équivalente  à  500  grammes.  Le  quarteron  pèse 
donc  425  grammes,  et  Fonce  34  grammes  25  cent. 

Qnartiè,  s.  m.  Quartier,  quatrième  partie  d'une  chose  ; 
gros  morceau  tiré  d'une  masse  plus  considérable;  partie 
d'une  ville,  d'un  village,  d'un  territoire;  les  deux  côtés  de 
l'empeigne  d'un  soulier  qui  embrassent  le  talon  ;  l'une  des 
quatre  phases  de  la  lune.  —  Un  quartiè  dé  poumo,  un 
morceau  d'une  pomme  coupée  en  quatre.  Un  quartiè  dé 
ran,  un  fragment,  un  quartier  de  roc.  Un  quartiè  dé  par, 
un  morceau  de  viande  de  porc.  Sèn  ddou  mémo  quartiè, 
nous  sommes  du  même  quartier  de  la  ville.  Lou  quartiè  dé 
Maza,  le  quartier  du  territoire  d'Alais  appelé  Mazac.  Un 
quartiè  dé  moun  souïè  mé  eaeho,  un  quartier  de  mon 
soulier  me  blesse. 

Quarto,  s.  f.  Ancienne  mesure  de  grains,  équivalente  à 
un  décalitre.  D'après  Sauvages,  il  parait  que  de  son  temps 
la  quarte  était  équivalente  à  la  seizième  partie  de  la  salm^, 
tandis  que  de  nos  jours  on  la  considère  comme  équivalant 
au  vingtième  de  la  salmée  composée  de  20  décalitres. 

La  quarte  est  aussi  une  ancienne  mesure  agraire  équi- 
valente au  vingtième  de  l'hectare,  soit  cinq  ares.  D'après 
Sauvages  elle  équivaudrait  au  seizième  de  la  salmée 
agraire,  dont  la  surface  est  de  79  ares  80  cent.,  c.-à-d. 
5  ares,  à  un  centiare  près. 

Quatre,  adJ.  num.  m.  Quatre,  nom  de  nombre.  Le 

caractère  4,  qui  indique  le  nombre  quatre.  —  Quatre  dé 

I  ehifro,  sorte  de  piège  soutenu  par  de  petits  bâtons  disposés 


568 


QUI 


en  forme  da  chiffre  4.  Lous  quatrs  eanioù$,  le  jeu  des 
quatre  coins;  le  carrefour  de  deux  rues  qui  se  croisent. 
Dér.  du  lat.  Quatuor,  m.  sign. 

Quatre-vingt,  adj,  num.  m.  Quatre-vingt,  nom  de 
nombre  exprimant  quatre  fois  le  nombre  vingt. 

Que,  pr,  eanj.  Qui,  qu'est-ce,  eh  bien,  dont.  — 
QuàofU  es  que  eridof  qui  est-ce  qui  crie?  Que?  Qu'est-ce T 
quoi?  Que?  eroustéf  Eh  bien,  qu'en  dis-tu?  (Voy.  Crousié,) 
Dmmo  ié  ço  qu'a  dé  hésoun,  donne  lui  ce  dont  il  a  besoin. 

—  Voy,  aussi  Dé-qué, 

Que,  eonj.  Que.  —  Vota  disêqué  vendrai,  je  vous  affirme 
que  je  viendrai.  VouUt  que  partie?  voulez-vous  que  je  parte  ? 

Que,  s,  m.  Quai,  chaussée,  ouvrage  défensif  qui  longe 
et  encaisse  une  rivière;  gros  mur  en  talus  construit  au 
bord  d'une  rivière  pour  retenir  les  terres  et  empocher  les 
ravages  des  inondations. 

Dér.  du  v.  lat.  Caiare,  arrêter,  retenir. 

Quèli,  s,  m.  En  style  badin,  habit.  —  Aï  mé*  lou  quèli, 
j'ai  mis  l'habit,  j'ai  fait  toilette. 

Qnénti  (Sén),  n.  pr,  de  lieu,  m.  s.  Saint-Quentin,  village 
situé  près  d'Uzès,  où  l'on  fabrique  de  la  poterie  grossière. 

Qnéntignè,  gnièiro,  s.  m.  Gantinier,  cantinière. 

Dér.  de  Quéntino. 

Quéntino,  s.  f.  Cantine,  lieu  de  réunion  où  les  soldats 
se  rendent  pour  boire  et  manger  à  leurs  frais  dans  la 
caserne. 

Dér.  de  l'ital.  Cantina,  cave. 

Qnère,  v.  Chercher,  quérir.  —  Mé  véndrés  quère/ 
attendez-moi  sous  l'orme.  Da  gué  t'anavtoj  quère?  qu'alliez- 
vous  faire  dans  cette  galère?  Manda  quère,  envoyer 
chercher. 

Dér.  du  lat.  Quœrere,  m.  sign. 

Question,  s,f.  Question, demande; altercation,  dispute. 

—  Dé  quét  quéttiou?  de  quoi  s'agit-il?  An  agu  déquéetiou, 
ils  ont  eu  des  querelles,  des  discussions. 

Dér.  du  lat.  Quœ$lio,  dont  le  rad.  est  Quœrere, 
demander,  chercher  (dispute). 

Questionna,  v.  Questionner,  demander  des  renseigne- 
ments, interroger. 

Qnèto,  «.  f>  Qaète,  collecte  faite  dans  un  but  religieux, 
charitable  ou  patriotique.  Emprunt  fait  au  français. 

Dér.  du  lat.  Quœrere,  demander. 

Quia,  ado,  adj.  m.  et  f.  Debout,  dressé,  planté,  perché, 
juché.  —  Èi  quia  eoumo  un  paneèl,  il  est  planté  comme 
un  échalas. 

Dér.  du  bas  bret.  KU  ou  QuiUe,  m.  sign. 

Quia,  V.  Dresser  des  quilles. 

Qnîaîre,  s.  m.  Celui  qui  est  chargé  da  soin  de  remettre 
en  place  les  quilles  abattues  par  les  boules  des  joueurs. 

Quiala,  v.  Crier,  pousser  des  cris  vifs  et  perçants,  plaintifs 
ou  stridents,  comme  certains  animaux,  tels  qae  les  chiens. 

Dér.  du  sanscr.  Ehyà,  crier,  parler. 

Quialadisso,  «.  A  Suite  de  cris  vifs  et  perçants  continués 
sans  intermittence.  —  Voy,  Quiala. 


QUI 

Quialaûre,  aûro,  s,  et  tu^j.  m,  ei  f.  Celui  ou  celle  qui 
pousse  des  cris  perçants  ou  stridents. 

Même  étym.  que  les  deux  mots  précédents. 

Quicha,  v.  Serrer,  presser.  On  dit  aussi  étqMM.  — 
Voy,  c.  m. 

Qnichado,  «.  f.  Serrée,  violente  étreinte.  —  Foy. 
Èiquiehado, 

Quiché,  s,  m.  Verrou  plat,  targette. 

QuichOHiuichon,  «.  comp.  m.  Jeu  d'attrappe  parmi  les 
écoliers,  dont  l'un  dit  savoir  une  nichée  :  Save  uno 
nisado  dé  quicho-^uiehoie.  Si  quelqu'un  prête  son  dos  an 
dénicheur,  il  en  est  puni  par  quelque  coup  de  genon  sur 
les  épaules  et  sur  le  dos. 

Quicon  ou  Quoucon,  s.  indéf.  Quelque  chose.  —  Quiam 
m'ou  dieié/  j*avais  le  pressentiment  de  cet  évèoemeat. 
Ta  fa  quieon,  on  voit  qu'il  a  travaillé  à  cela,  ra  fa  qui- 
con ?  as-tu  à  te  plaindre  de  lui? 

Quicoumé,  dim.  de  Quieon.  Quelque  petite  chose.  Un 
mendiant  dit  :  Douna-mé  quicoumé,  donnez-moi  quel- 
que petite  aumône. 

Quiè,  qniècho,  adj.  m.  et/.  Cuit,  cuite,  qui  a  reço 
par  l'action  du  feu  le  degré  de  cuisson  nécessaire.  —  An  fig 
Aquél  home  et  quiè,  cet  homme  est  perdu. 

Dér.  du  lat.  Coctue,  m.  sign. 

Qniècho,  s.f.  Cuite,  quantité  d'ouvrage  qu'on  fait coire 
&  la  fois;  cuisson,  Faction  de  cuire.  —  Vno  quiècho  dé  pan, 
une  fournée  de  pain.  Aquélét  cététsoun  débono  quiècho,  ces 
pois  chiches  sont  de  facile  cuisson. 

Dér.  du  lat.  Cocta, 

Quièisso,  s,  f.  Cuisse;  partie  du  corps  des  anioiaoi 
qui  s'étend  {du  genou  au  bassin.  Elle  est  soutenue  d'an 
seul  os  nommé  fémur. 

Dér.  du  lat.  Coxa,  m.  sign.  —  Quièisso  dé  note,  an 
quartier  de  noix. 

Quièr,  s.  m.  Cuir,  la  peau  des  grands  animaux  en 
général,  préparée  et  tannée  ou  corroyée. 

Dér.  du  lat.  Corium,  m.  sign.  —  Té  vôou  tana  louquièr, 
je  vais  te  donner  une  raclée.  Rabala  eoumo  un  quièr, 
ravaler  un  homme,  le  mépriser,  l'accabler  d'injures  et  de 
coups. 

Quinarôdoun,  s.  m.  Cynorrhodon,  ou  rose  sauvage. 

Dér.  du  grec  Kuv<S(,  chien,  et  P6Sov,  rose. 

Quincaîaîre,  s,  m.  Quincaillier,  petit  mercier. 

Quincaîairiè,  s,  f.  Quincaillerie,  magasin  de  petite 
mercerie. 

Quincaiè,  s.  m.  Quincaillier,  petit  mercier. 

Même  sign.  que  QuincaHicXre . 

Qninqua,  v.  Souffler,  ouvrir  la  bouche,  murmurer.  ^ 
Né  quinco  pas  uno,  il  ne  souffle  pas  mot. 

Qninqué,  s.  m,  Qninqaet,  lampe  à  suspension  et  ^ 
double  courant  d'air. 

Du  nom  de  l'inventeur,  M.  Qninquet. 

Quinsar,  i .  m.  —  Voy.  Quintoù. 

Quinaon,  s.  m.  Pinson,   gros-bec  pinson,   FringiUa 


QUI 

o  adêbi,  Temm .  Pinson  commun  ;  oiseau  à  front  noir, 
haut  de  la  tète  et  nuque  bleu  cendré,  dos  châtain,  un  peu 
olivâtre,  croupion  vert,  tout  le  dessus  du  corps  liende- 
vin  un  peu  roussâtre,  des  bandes  blanches  sur  les  ailes  ; 
c*est  le  pinson  ordinaire  dont  la  gaieté  est  devenue  prover- 
biale. Une  autre  variété,  appelée  pinson  des  Ardeunes, 
gros-bec  des  \xû&ïiïie&  (FringiUa  monUfringilla,  Temm.), 
qui  a  le  dos  d'un  noir  luisant,  le  ventre  blanc,  la  poitrine 
d*ua  beau  roux  et  la  queue  noire  liserôe  de  blanc,  nous 
visite  également  et  porte  le  même  nom. 

Étym.  probable  de  Tallem.  Pinck,  mot  dont  la  pronon- 
ciation imite  assez  bien  le  chant  de  cet  oiseau;  ou  de^'in/ 
Kini  onomatopée  qui  se  rapproche  de  ce  même  chant.  — 
Voy»  Quinsar, 

Quiiitaîè,  f.  m.  On  donne  ce  nom  à  des  hommes  qui, 
pendant  l'éducation  des  vers  â  soie,  ramassent  la  feuille  de 
mûrier  à  tant  le  quintal  ;  le  peseur  public. 

Qnintâon,  «.  m.  Quintal,  poids  de  cent  livres;  quintal 
métrique,  poids  de  cent  kilog.  ou  dixième  de  la  tonne. 
L'ancien  quintal  d'Alais  on  quintal  petit-poids,  équivalait 
à  44  k.  589,  soit  83  livres  en  nombre  rond. 

Du  grec  Keviivapiov,  cent  livres. 

Quinte,  quinte,  a^j-  conj.  m.  et  /*.  Quel,  quelle.  An 
plur.  Quintes,  quintos.  —  Quinte  nuUur/  quel  malheur! 
Quinto  miehanto  bèêtio/  quelle  mauvaise  bête!  Quiniu 
eamès/  quels  mauvais  chemins!  Quintos  eariUros/  quelles 
rues  mal  tenues! 

Qoinse,  adj,  num.  Quinze. 

Dér.  du  lat.  Quindecim. 

Quinzéno,  s.  f.  Quinzaine,  nombre  de  quinze  jours 
consécutifs.  —  As  touea  ta  quinzéno?  as-tu  touché  le 
salaire  de  tes  quinze  journées  de  travail?  On  appelle  â 
Alais  la  quinzéno,  le  quinzième  jour  qui  suit  la  foire  de  la 
Saint-Antoine,  qui  est  fixée  au  47  janvier.  Vendrai  pér  la 
quinzéno,  je  viendrai  le  quinzième  jour  après  la  foire. 

Quinze-eunço,  s.  m.  eomp,  Quinze-onces;  se  dit  d'un 
homme  ou  d'un  enfant  d'une  faible  corpulence,  pour  dire 
qu'il  est  frêle  et  malingre. 

Qoîo,  «.  f.  Quille,  morceau  de  bois  en  forme  de  cône 
allongé  servant  au  jeu  de  quilles,  que  l'on  abat  avec  des 
boules. 

Dér.  du  bas  bret.  Kil  ou  QuUle,  m.  sign. 

Qnien,  s.  m.  Cul,  partie  postérieure  du  corps  de 
l'homme  et  des  animaux .  —  A  moussa  soun  quUm,  il  s'est 
enfui. 

QuUnUas,  augm.  de  QuUnt. 

Quioulé,  dim.  de  QuUm. 

Quion-blan,  s.  m,  comp,  Motteux  ou  vitrée,  cul-blanc, 
traquet-motteux,  Saxicola  œnanthe,  Temm.  Toutes  les 
parties  supérieures  du  corps  de  cet  oiseau  sont  gris-cendré; 
les  inférieures  et  la  queue  blanches,  la  poitrine  roussâtre. 


QUU 


569 


les  ailes  et  le  dessous  de  la  queue  noirs.  Cet  oiseau  arrive 
ici  en  avril  ;  recherche  d'abord  les  lieux  arides  et  mon- 
tueux;  au  mois  d'août,  il  descend  dans  les  plaines  et 
affectionne  les  terres  labourées;  il  choisit  les  mottes 
saillantes  pour  s'y  poser  et  on  le  voit  alors  faire  un  mou- 
vement continu,  pareil  à  celui  du  hoche-queue.  Le  nom  de 
cul-blanc  est  une  sorte  de  nom  générique  qui  peut  s'appli- 
quer à  plusieurs  oiseaux  du  même  genre. 

Quion-pleoma,  s.  m,  eomp.  Sobriquet  que  l'on  donne 
à  l'espèce  des  singes  qui  ont  les  fesses  dépourvues  de  poil. 

Mouninéto,  qutou-ploama, 
Pér  un  séou  té  fan  dansa. 

Quista,  V.  Quêter. 

Qniataîre,  j.  m.  Quêteur,  celui  qui  quête;  un  solli- 
citeur. 

Quita,  o.  Quitter,  laisser;  se  dépouiller  d'un  vêtement, 
cesser  une  action  commencée.  —  QuUa  lou  traval,  sus- 
pendre ou  cesser  de  travailler.  QuUés  pas  dé  faïre  aqud, 
n'interrompez  pas  le  travail  que  vous  faites. 

Dér.  de  l'espagn.  Quitar,  ôter,  arracher,  enlever. 

Qoitança,  v.  Quittancer,  donner  une  quittance,  un 
reçu,  un  acquit  à  un  débiteur. 

Dér.  du  lat.  Quielare,  dér.  de  Qui^um  fùCÊte,  laisser 
tranquille,  laisser  les  débiteurs  en  repos. 

Quitanço,  s.  f.  Acte  par  lequel  un  créancier  libère  son 
débiteur.  —  Aï  un  ventre  caumo  uno  quitanço,  j'ai  le 
ventre  vide. 

Qnite,  qoito,  adj\  m.  et  f.  Quitte,  libéré  à  l'égard 
d'un  autre.  —  Sén  quite  et  bos  amis,  nous  sommes  quittes 
et  bons  amis. 

Que,  s.  f.  Queue,  appendice  formé  par  le  prolongement 
de  la  colonne  vertébrale  chez  certains  animaux.  (Yv^. 
Qu%kio) .  —  Siès  un  la  quà,  tu  es  un  nigaud,  un  niais,  un 
bénèt.  La  Quà  dé  BUmnavop  l'innocent  de  Blannave. 

Dér.  du  lat.  Cauda,  m.  sign. 

Qnouar,  5.  m.  Portion  du  corps  d'un  animal  compre- 
nant toute  la  région  caudale  et  ses  dépendances. 

Quoncon,  s,  indéf.  —  Voy.  Quicon. 

Quonro,  adv.  Quandt  Quand  est-ce?  Tantôt.  —  Qwmro 
véndrésf  quand  viendrez- vous  ?  Quouro  eanto,  quouro 
plouro,  tantôt  il  chante,  tantôt  il  pleure. 

Dér.  du  lat.  Quota  hora. 

Qanio,  «.  f.  Queue  d'un  animal  ;  poignée  d'un  vase, 
d'une  casserole,  d'une  poêle;  portion  d'une  pierre  de  taille, 
d'un  pavé  qui  pénètre  et  fait  prise  dans  un  mur  ou  dans 
le  sol.  —  Au^fig.  faïre  laquuio,  tromper»  duper  quelqu'un  ; 
lui  faire  tort.  Touffe  de  plumes  qui  forme  le  prolongement 
du  corps  des  oiseaux;  le  dernier  rang  d'une  troupe 
d'hommes  ou  d'animaux. 

Dér.  du  lat.  Cauda,  m.  sign.  »  Voy.  Quo. 


570 


B 


RAB 

R.  La  lettre  R  est  la  dix^haitième  lettre  de  l*alphabet. 
S'il  faut  en  croire  Pomponivs,  son  premier  emploi  serait 
d&  à  Appins  Glaudins.  Cette  lettre  joue  le  pins  grand  rôle 
dans  la  composition  des  langues,  et  il  n*esl  guère  possible 
d'admettre  l'origine  récente  que  lui  attribue  l'écrivain 
romain.  Elle  est  la  caractéristique  de  tous  les  infinitifs 
des  langues  néo-latines,  à  l'exception  de  quelques  dialectes 
provençaux  et  languedociens  qui  l'ont  supprimée,  et  elle 
est  le  signe,  non  seulement  de  l'actif,  mais  encore  de 
l'action. 

Ra,  s.  m.  Rat,  Mus,  Pour  tous  ces  rongeurs,  nos  hôtes 
toujours  incommodes  et  souvent  très-malfaisants,  que  le 
français  nomme  à  peu  près  indistinctement,  surtout  dans 
le  langage  habituel,  rMs  ou  iouris,  le  languedocien  se  sert 
seulement  du  premier,  et  ce  n'est  que  lorsqu'il  s'agit  de  la 
très-petite  souris  qu'il  emploie  exceptionnellement  le  mot 
furé.  (Voy,  c.  m.)  Ra-dë-eavo,  terme  de  mépris  employé 
pour  désigner  les  employés  des  contributions  indirectes.  — - 
A  bon  ea,  ban  ra,  à  bon  chat,  bon  rat.  ÈmpéUa  eounCun 
ra  en  très  no$ei,  empêché  comme  un  fat  entre  trois 
noix,  ou  comme  un  aveugle  qui  a  perdu  son  bâton. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Ratut,  m.  sign. 

Ra,  f .  m.  Caprice,  fantaisie.  Se  dit  surtout  des  très- 
jeunes  enfants  qui  pleurent  souvent  sans  motifs  apparents. 
—  Aquél  éfan  a  ioun  ra,  cet  enfant  à  ses  caprices.  Vén 
d'avédre  un  ra,  il  vient  d'avoir  un  moment  de  caprice. 

Ra,  adv.  Près,  auprès.  On  dit  aussi  raz,  al  ras.  —  Ra 
dé  vous,  auprès  de  vous.  JRa  d'ase,  voisin  d'un  âne. 

Raba,  «.  m.  Rabat;  morceau  de  toile  qui  fait  le  tour 
du  cou,  monté  sur  un  porte-rabat  et  qui  descend  sur  la 
poitrine  en  forme  de  carré  long.  Cette  partie  de  vêtement 
portée  autrefois  par  tous  les  hommes  n'est  plus  en  usage, 
depuis  longtemps,  que  parmi  les  ecclésiastiques  et  les  gens 
de  robe  ;  il  est  ainsi  nommé  parce  qu'autrefois  ce  n'était  que 
le  col  de  la  chemise  rabattue  en  dehors.  On  appelle  aussi 
raba  une  peau  de  mouton  que  l'on  déploie  sur  le  dos  d'un 
cheval  en  temps  de  pluie  et  que  l'on  roule  sur  le 
garrot  en  la  rattachant  an  collier  (eotOas),  en  temps  ordi- 
naire. 

Rabala,  v.  Traîner,  entraîner,  emmener.  —  Se  ràbaia, 
se  traîner  avec  peine.  Rabala  eoumo  un  quièr,  traîner 
quelqu'un  par  terre;  l'accabler  d'injures.  Se  faï  rabala, 
il  se  fait  emmener  de  force.  Po  pa  se  rùbaia,  il  peut  à 
peine  se  traîner. 

Rabaladls,  i.  m.  Bruit  que  l'on  fait  en  traînant  quelque 
chose;  train,  embarras,  remue-ménage;  objet  traîné; 
personne  embarrassante,  fâcheux.  —  Quinte  rabaladis/ 


RAB 

a^Dèn  prou  dé  rabaladis,  quel  vacarme!  nous  avons  bien 
assez  d'embarras.  Véjo  aïçè  un  rabaladis,  voici  un  Ûcheu. 

Rabalado,  i .  f.  Traînée,  action  de  traîner,  s'emploie  au 
fig.  pour  indiquer  les  avanies  que  l'on  a  fait  sabir  I 
quelqu'un.  —  Té  y-oi'  ficha  uno  rabalado/  je  l'ai  mis  plus 
bas  que  terre,  je  l'ai  accablé  d'injures. 

Rabaléto  (Dé),  expr,  adv.  Terre-à-terre,  rei-terre.  -* 
6ita  uno  pékYo  dé  rabaléto,  lancer  une  pierre  ra-terre  on 
à  la  surface  de  l'eau,  de  manière  ft  produire  des  ricochets. 

Rabanèlo,  5.  f.  Grillade  de  châtaignes* 

D'après  Sauvaobs,  ce  terme  serait  employé  pour  roN- 
nàlo,  dér.  de  rainna,  grillé,  bràlé. 

Rabanénqno,  s.  f.  Ombre  commune,  Salmo  thymaUus, 
Linn.  Ce  poisson  est  assez  abondant  dans  le  Gardon  et  il 
est  presque  aussi  recherché  que  la  truite  à  cause  de  la 
saveur  de  sa  chair.  Tète  arrondie,  semée  de  pmnts  noin; 
dos  d'un  vert  bleuâtre,  rayé  longitudinalement  de  bandes 
noirâtres,  ventre  blanc,  nageoires  rougeâtres,  la  grande 
dorsale  tachée  de  verdàtre  et  mouchetée  de  brun. 

Rabaaao,  «.  f.  Truffe  noire.  On  l'appelle  aussi  Trufo- 
négro.  {Voy.  c.  m.)  Truffe  comestible,  Lyeopêrdon  tubtr, 
Linn.  Cryptogame  qui  végète  dans  la  terre  sans  racines 
et  sans  feuilles. 

Dér.  de  Rabo,  rave,  et  de  la  tannin,  aagm.  ou  péjorat. 
asso,  grosse  rave  ou  vilaine  rave. 

RabasBÔ,  oto,  adj\  m.  et  f.  Trapu  et  fortement  consti- 
tué. Homme  ou  femme  de  petite  taille  mais  à  la  muscula- 
ture bien  développée;  courtaud. 

Rabaato,  s.  f.  Pièce  de  charpente  de  moyenne  grosseur 
posée  entre  la  poutre  et  les  solives.  Au  plur.  Rabastos, 
traverses  du  plancher  d'une  charrette,  sur  lesquelles  portent 
les  montants  franchésj  qui  soutiennent  les  ridelles.  Débris 
du  filage  de  la  soie. 

Rabe,  i.  m.  Radis  ou  raifort,  racine  potagère  de  U 
fam.  des  Crucifères,  que  l'on  mange  crue  à  la  croque-ao- 
sel  au  commencement  des  repas  ou  comme  entremets 
(Raphanus),  —  Uno  manado  dé  robes,  une  botte  de  radis. 

Rabe,  s.  m.  Racine  d'une  plante  à  racine  pivotante; 
pivot  central  de  la  racine  d'un  arbite. 

Rabéîréa,  s.  m.  Châtaîgner  d'une  espèce  particulière. 

Rabéiréso,  t.  A  Châtaigne  d'une  espèoe  parlioatière 
produite  par  le  Rabiirés.  —  Voy.  c.  m. 

Rabi,  «.  m.  Radis,  raifort  fRaphanuê).  On  l'appelle 
atissi  Rabe.  — -  Voy.  c.  m. 

Rabidos,  s.  m.  La  rotule  du  genou  des  moutons,  en 
V.  fr.  le  garignon.  C'est  Vastragalus  onletaius,  avec  leqoel 
les  Romains  jouaient  aux  osselets.  —  Jouga  dâou  rabidos 


RAC 

00  à  bédin-biddê,  jouer  aux  osselets.  *-^  Voy,  Bédin-béàds. 

Rabièiro,  s.  f.  Une  ravière,  nn  champ  de  raves.  On 
appelle  ravière,  en  Normandie,  nn  champ  de  navets. 

Rabina,  f .  m.  Le  rissolô  d*nne  pièce  rôtie  oq  de  tont 
antre  mets  cnit  an  fonr  qni  a  pris  trop  de  caisson  et  sent 
le  roossi.  —  Sèn  lou  rabina,  cela  sent  le  roussi*  le  brùlô. 

Rabina,  «.  Ronssir,  brûler,  laissor  trop  coire  un  met^; 
roussir  le  linge  en  le  repassant. 

Rabûu>-Bardo,  s,  m.  eomp.  Un  avare  qui  met  si  peu 
d*haile  dans  la  poêle  qu'an  lieu  de  frire  les  sardines  il  les 
brûle.  Synonyme  de  fesse-mathleu. 

Rabissano,  «.  f.  Fane  d'une  rave,  d'an  navet;  feuilles 
radicales  de  certaines  plantes;  viorne  des  haies  à  large 
feuille  ou  grande  clématite,  connue  sons  les  noms  de  vigne 
blanche,  berceau  de  la  vierge,  herbe  an  gueux  (CUmaiis 
9Ualba,  Linn.).  Celle  que  l'on  trouve  près  d'Alais,  sur  les 
bords  du  Gardon,  est  la  CUmatis  rtcta  de  Linn.,  plante  de 
la  £amUle  des  Renonoulacôes. 

Rabisso,  s,  f.  La  fane  d'une  rave,  d'un  navet.  On  dit 
aussi  Babisiano,  —  Voy,  c.  m. 

Rabo,  «.  f.  La  rave  proprement  dite,  ou  navet  rond, 
Brasêica  râpa.  Lion.,  plante  de  la  famille  des  Crucifères. 
Cette  racine,  fort  commune  dans  les  Côvennes,  l'est  encore 
plus  dans  le  Limousin  dont  Rabelais  appelle  les  habitants 
mdelie-râb9S, 

Du  lat.  Bapa,  dèr,  du  celt.  Bob, 

Rabô,  «.  m.  Rabot,  outil  de  menuisier  servant  à  unir 
ou  à  amincir  le  bois.  Le  rabot  ne  difière  de  la  varlope 
qu'en  ce  que  ses  dimensions  sont  moindres. 

Dér.  du  lat.  Ba(Ur9,  racler. 

RabooUii  o*  Raboter,  polir,  unir,  aplanir  le  bois  avec 
le  rabot. 

Dér.  de  Bobà, 

Racagné,  «.  /.  Saletés,  ordures.  —  Qwfiio  raeagnè/ 
quelle  saleté  ! 

Dér.  de  Baea,  vomir. 

Racaié,  ou  Ra-caîé,  «.  m.  Lérot,  Uu$  nMa,  Gmel. 
Rat  des  champs  qui  ravage  les  fruits  des  jardins  et  pénètre 
même  dans  les  maisons  isolées  des  campagnes.  Il  est  d'un 
gris  brun  ou  fauve  au-dessus,  blanchâtre  au-dessous,  avec 
une  plaque  noire  autour  de  l'œil  qui  va  en  s'élargissant 
jusqu'à  l'épaule  ;  le  bout  de  sa  queue  est  touffu,  formant 
une  sorte  de  houppe  noire  terminée  de  blanc,  ce  qui  lui  a 
valu  le  surnom  de  cat«',  qui  veut  dire  pie  ou  blanc  et  noir. 
Le  Loir,  un  peu  plus  gros  toutefois  que  le  Lérot,  dont  le 
nom  ne  sembla  qu'un  dimin.  de  celui  de  Loir,  ne  difEère 
du  Lérot  que  par  sa  queue  qui  est  touffue  sur  toute  sa 
longueur.  lisent  d'ailleurs  tous  deux  les  mêm^fi  habitudeset 
s'engourdissent  pendant  l'hiver,  le  Lérot  nn  peu  moins 
profondémentque  l'antre,  devenu  en  français  le  type  du  dor- 
meur, et  qui  aussi  pour  cela  a  reçu  du  languedocien  le  nom  de 
Ba-dourm^re;  mais  ce  nom,  pas  plus  que  celui  de  itroMii, 
n'est  en  luaage.  Le  Loir,  beaucoup  moins  commun,  passe 
pour  un  Lérot  de  plus  grande  taille. 


RAF 


571 


Racaio,  g.  f.  Racaille,  le  rebut  et  la  lie  du  peuple,  et, 
par  extension,  tout  ce  qui  est  mauvais  ou  de  rebut. 

Du  grec  Poxoc,  un  gueux,  un  va-nu-pieds,  un  homme 
de  rien. 

Racéia,  v.  Tenir  de  sa  race,  en  avoir  hérité  des  bonnes 
comme  des  mauvaises  qualités.  —  Baço  raeéjo,  s'emploie 
proverbialement  pour  dire  que  les  enfants  tiennent  de  leur 
père. 

Racina,  v.  Pousser  des  racines.  —  Àq^él  âaubrs  a  bien 
raeina,  cet  arbre  a  jeté  de  nombreuses  racines. 

Racina,  ado,  adj,  m.  et  f.  Qui  a  de  belles  et  fortes 
racines.  —  AqM  âoubre  4$  bien  racina,  cet  ^rbre  a  de 
nombreuses  et  fortes  racines. 

Racinaje,  s,  m.  L'ensemble  des  racines  d'une  plante, 
d'un  arbre,  comme  le  branchage  est  l'ensemble  des  branches 
d'un  arbre. 

Racinaa,  $,  m.  Grosse  racine,  augm.  de  Baeino. 

Racine,  s.  f.  Racine,  portion  du  végétal  par  laquelle  ce 
dernier  est  attaché  au  sol  et  emprunte  à  la  terre  ses  sucs 
nourriciers;  base  des  cheveux,  des  dents. 

Dér.  du  lat.  Badieina,  m.  sign. 

Raço,  s.  f.  Race,  extraction,  lignée,  tous  ceux  qui 
viennent  d'une  môme  famille,  qui  descendent  d'une  même 
souche  ;  on  le  dît  aussi  pour  espèce.  —  Caifa  dé  raço, 
chasser  de  race;  avoir  les  bonnes  ou  les  manvaises qualités 
de  ses  parents. 

Dér.  du  lat.  Badix,  Badieina,  m.  sign. 

Raorô,  $.  m*  Raccroc.  Coup  inattendu  dans  certains 
jeux  d'adresse.  —  Aeà*i  un  raerà,  c'est  un  coup  de  hasard. 
Voi  préê  pér  raerà,  tu  l'as  attrappé  par  hasard. 

RadécaYO  ou  Ranié-uaYO,  j.  m.  Terme  de  mépris  par 
lequel  on  désigne  les  employés  des  droits  réunis,  les  com- 
mis des  contributions  indirectes.  Ce  sobriquet,  que  l'on 
doit  traduiœ  littéralement  en  français  par  rai-dê^ianÊ,  tire 
son  étymologie  des  fonctions  mèine  de  ces  employés  dont 
la  mission  est  de  fouiller  les  cavea  pour  s'assurer  qu'il  n'y 
existe  aucune  contravention. 

Radouta,  v.  Radoter,  tenir  des  discours  dépourvus  de 
suite  et  de  sens,  efB^t  ordinaire  de  la  décrépitude. 

Radoutur,  aso,  i.  m.  et  f.  Radoteur,  ense,  celui  ou 
celle  qui  radote. 

Rafataio,  s.  f.  Herbages  communs  et  de  peu  de  valeur; 
rebut  d'une  denrée  ;  objets  embarrassants  plutôt  qu'utiles. 
Au  fig.  la  lie  du  peuple. 

Raiatal,  «.  m.  Embarras,  objets  encombrants,  choses 
ennuyeuses,  objets  sordides.  -^  Éfcompo-mé  aquélrafatalf 
Jette-moi  toutes  ces  loques  1 

Raflo,  f .  ^  Rafle,  coup  où  tous  les  dés  viennent  an 
même  point.  —  Baflo  dé  bidé,  coup  de  dés  qui  amène  le 
point  tu»  sur  toutes  les  faces. 

Rafo,  s.  f.  Grande  corbeille  de  marchand  de  vene 
ambulant,  qui  de  U  est  appelé  ra/U.  —  Paurut  en  rçfo, 
porter  m  paquet  entre  les  deux  épaules  commç  les  loldata 
portent  leur  havresac. 


572 


RâL 


Ragô,  oto,  adj.  m.  et  f.  Trapu,  gros  et  court.  —  Foy. 
Habauà, 

Ra-grîonle.  s.  m.  Rat  d*eau,  campagnol  amphibie, 
Arvicola  amphibius,  Lacép.  Quadrupède  à  peu  près  de  la 
couleur  et  de  la  longueur  d'un  rat  ordinaire,  mais  plus 
ll^ros,  avec  le  museau  et  la  queue  plus  courts.  Quoiqu'il  ait 
les  doigts  séparés,  il  nage  facilement  et  plonge  pendant 
longtemps.  Il  choisit  de  préférence  les  cours  d'eau  les 
moins  fréquentés  pour  y  établir  domicile,  vivant  comme 
la  loutre  à  qui,  par  le  naturel  et  les  habitudes,  il  res- 
semble beaucoup  plus  qu'au  rat. 

GriouU,  vient  de  Glù,  glerU  (Loir),  dont  on  avait  fait 
un  nom  de  famille.  —  Ésfraïa  eoumo  un  ra-grUnUe,  se 
dit  d'un  homme  qui  s'épouvante  facilement,  d'une  poule 

mouillée. 

Rai,  *.  m.  Rayon  de  lumière,  rayon  de  soleil;  rais  ou 
rayon  d'une  roue  de  voiture,  de  charette  qui  rattache  le 
moyen  aux  jantes. 

Dér.  du  lat.  Kadiut,  m.  sign. 

Raîa,  v.  Rayer,  biffer. 

Dér.  de  Raïo,  ligne,  barre.  —  Voy,  c.  m. 

Raîa,  v.  Railler,  se  moquer. 

Raie,  s.  f.  Raie,  ligne,  trait  que  l'on  marque  avec  une 
pointe  à  tracer,  une  plume,  etc. 

Raîôou,  olo,  subit,  et  adj.  m.  eXf.  Royaliste  ;  sobriquet 
donné  aux  Cévenols  sous  les  premiers  Valois  à  cause  du 
zèle  qu'ils  déployèrent  pour  les  intérêts  du  roi  de  France 
et  du  courage  avec  lequel  ils  s'opposèrent  aux  entreprises 
des  Anglais  qui  occupaient  la  Guyenne.  Cette  dénomi- 
nation, considérée  aujourd'hui  par  le  peuple  comme  inju- 
rieuse, n*est  que  le  synonyme  de  fidélité. 

Raire,  s.  m.  Arrière  grand-père. 

Raîre-gran,  s.  f.  Arrière  grand'mére. 

Raîsséja,  v.  Gémir,  geindre,  se  plaindre  ;  être  en  con- 
testation ;  hésiter,  balancer,  marchander  ;  rechigner. 

Rûsséjaire,  $.  m.  Celui  qui  se  plaint  et  gémit  de  ce 
qu'il  est  forcé  de  faire  quelque  chose  à  contre-cœur  et  à 
son  corps  défendant;  celui  qui  obéit  en  rechignant. 

Raja,  o.  Couler,  perdre,  ruisseler,  fuir.  —  La  fbn  rajo, 
la  fontaine  coule.  Aquélo  houto  rajo,  ce  tonneau  perd.  Rajo 
eoumo  la  eambo,  cette  source  coule  gros  comme  la  jambe. 

Rajado,  s.  f.  Un  filet  de  liquide.  —  Uno  rajado  d'oli, 
un  filet  d'huile. 

Rajo,  t.  f.  Rayon  de  lumière,  rayon  de  soleil.  —  La 
rajo  ddou  sourél,  les  rayons  du  soleil. 

Dér.  de  l'ital.  Baggio,  rayon. 

RajÔDU,  <.  m.  Le  jet,  le  coulant  d'une  fontaine  qui 
s'échappe  par  un  tuyau  on  un  robinet;  le  rapide  d'une 
rivière,  le  point  où,  la  pente  du  lit  d'ime  rivière  étant  plus 
grande,  l'eau  coule  aussi  plus  rapidement.  L'eau  étant 
ordinairement  moins  profonde  en  amont  du  rapide,  ces 
points  d'une  rivière  offrent  généralement  un  gué  praticable. 

Ralamén,  adv.  Rarement.  —  Aeà  arivo  bé  ralamin, 
cette  chose  arrive  bien  rarement. 


RAM 

Raie,  ralo,  adj.  m.  et  f.  Rare.  —  SêibiraU,  voas  èlSB 
bien  rare,  on  vous  voit  bien  rarement. 

Dér.  du  lat.  Banu,  m.  sign. 

Rama,  v.  Pousser  des  feuilles,  se  garnir  de  fedlles.  « 
Lotu  amouriii  an  bé  ranui,  les  mûriers  sont  bien  feuilles. 

Rama,  ado,  adj.  m.  et  f.  Feuillu,  fenillne,  garai  de 
feuilles.  —  Rama  ooumo  un  càoulé,  feoillu  comme  un  cboa. 

Dér.  du  lat.  Ramus,  m.  sign. 

Ramado,  s,  f.  Ramée,  tonne  couverte  de  ramée,  sorts 
de  hutte  ou  de  hangar,  chambre  on  cabinet  de  verdoie 
couvert  d'une  toiture  de  rameaux  verts,  garnis  de  lean 
feuilles  ;  une  jonchée  de  feuillages. 

Dér.  du  lat.  Ramus,  m.  sign. 

Ramado,  $.  f.  Une  averse,  ime  ondée  de  pluie. 

Dér.  de  l'esp.  Enderamar,  verser. 

Ramaisa,  v.  Adoucir,  apaiser,  calmer,  faire  cesser.  ^ 
Voy.  Amaïta. 

Ramas,  s.  m.  Augm.  de  Ramo.  Gros  rameau  d'arbrs; 
bourrée  composée  de  rameaux  d'arbre. 

Ramassa,  v.  Ramasser,  réunir,  rassembler,  entasser, 
récolter,  recueillir.  —  Fan  ramassa  lou  mamnds,  ils  ameo- 
tent  la  foule,  ils  font  de  l'esclandre. 

Ramassado,  s.  f.  Ondée  de  pluie  ;  attroupement,  amoQ- 
cellement.  —  Vno  ramassado  dé  mounde,  un  attroupement. 

Ramassaire,  s.  m.  Celui  qui  ramasse  tout  ce  qu'il 
trouve,  qui  ne  laisse  rien  perdre,  qui  fait  profit  de  tout. 

Ramassaje,  s.  m.  Ramassage,  cueillette  des  fruits,  de  la 
feuille.  On  le  dit  aussi  pour  ramassis. 

Dér.  de  Ramassa.  —  Voy.  c.  m. 

Rambaîa,  v.  Trainer  rudement,  mêler,  embrouiller,  et  ao 
fig.  rabrouer  quelqu'un,  le  rembarrer,  tracasser,  brouiller 
—  Té  rat  rambaîa,  je  l'ai  vertement  rembarré. 

Rambaîado,  s.  f.  —  Séména  à  la  rambàïado,  semer  à 
pleines  mains  ou  à  terre  perdue,  par  opposition  à  la 
semaine  en  rayon  ou  grain  à  grain. 

Rambaîaîre,  s.  m.  Tracassier;  celui  qui  traîne  toujonn 
quelque  embarras  à  sa  suite. 

Rambaîoùs,  ouso,  adj.  m.  et  f.  Embarrassant,  encom* 
brant,  qui  occupe  beaucoup  d'espace  et  contient  pende 
matière. 

Rambal,  s.  m.  Embarras,  tracas,  embrouillement.  Âa 
pr.,  objets  encombrants,  embarrassants.  —  Tota  es  en 
rambal,  tout  est  pêle-mêle,  en  désordre. 

Ramboura,  v.  Rabrouer,  rembarrer.  Ce  terme  s'emploie 
aussi  dans  le  sens  de  rembourrer,  matelasser  avec  de  la 
bourre,  de  la  laine,  du  crin,  ou  autres  matières  élastiques. 

Raméja,  v.  Donner  à  la  vigne,  &  un  champ  de  blé  ose 
première  culture. 

Ramèl,  s.  m.  Un  rameau  d'arbre  ou  d'arbuste  coupé 
avec  toutes  ses  feuilles;  enseigne  de  cabaret,  de  taverne, 
de  marchand  de  vin.  L'usage  de  suspendre  nn  rameau  ao- 
dessus  de  la  porte  d'un  cabaret  remonte  à  la  plus  haute 
antiquité.  —  A  passa  souto  lou  ramH,  il  s'est  enivré. 

Dér.  de  Ramo,  feuillage,  ramée. 


RAM 

On  dit  ramétmi  an  plnr.  Xou  diméneh»  doi  ramèouip  le 
dimanche  des  Rameanx. 

Dér.  dn  lat.  MUmm,  ramean. 

Ramélii»  ndo,  adj.  m.  et  f.  Ramenz,  enae;  convert  de 
rameanxt  feailln. 

Ramio,  #.  f.  Bonrrôe  fonnée  de  rameanx  d'arbres; 
ramilles;  ramassis  de  mennes  branches. 

Ramo,  f.  A  Rsmée  fraîchement  coupée  ponr  le  bétail; 
de  la  f enille  de  mûrier.  —  Ana  à  la  ramo,  aller  à  la 
ramée;  aller  oonper  des  rame  anx  ponr  le  bétail;  aller  à  la 
cneillette  de  la  feuille  ponr  les  vers  à  soie. 

Dér.  dn  lat.  Ramus,  ramean. 

Ramo*connil,  s.  m.  eomp.  Asperge  sauvage,  Aiparagui 
iylvestris,  Unn.  Les  jeunes  pousses  de  cette  plante,  bonnes 
à  manger,  ont  une  saveur  analogue  à  celle  de  l'asperge 
des  jardins,  mais  plus  accentuée.  Comme  cette  dernière, 
elle  est  diurétique.  Dans  le  Gard,  on  fait  avec  un  paquet 
de  cette  plante,  une  sorte  de  filtre  que  Ton  place  dans  la 
cuve  vinaire  au  devant  du  trou  d'écoulement  pour  l'empê- 
cher de  s'obstruer  et  de  donner  passage  au  marc  du  raisin. 

damo^ounil,  signifie  littéralement  :  ramée  de  lapins. 

Ramonna,  v.  Ramoner,  nettoyer  le  tuyau  d'une  che- 
minée, le  débarrasser  de  la  suie  qu'il  contient. 

Dér.  du  V.  fr.  Ramon,  sorte  de  balai  fait  avec  des 
branchages,  que  l'on  fait  couri  r  dans  les  tuyaux  de  cheminée 
ponr  en  détacher  la  suie. 

Ramounè,  $.  m.  Ramoneur,  c  elui  dont  le  métier  est  de 
ramoner  les  cheminées. 

Dér.  dn  chant  des  ramoneurs  qui  annoncent  leur  pré- 
sence en  criant  par  les  rues  :  Oh/  ramoner  Ut  ekeminéei 
de  haut  en  bas/ 

Rampa,  v.  Ramper,  se  traîner  sur  le  ventre;  au  fig. 
s'humilier,  s'abaisser  devant  les  puissants. 

Dér.  du  lat.  Bepere  ou  Beptarê,  m.  sign. 

Rampan,  «.  m.  Rameau  de  laurier;  rameau  bénit  de 
Pâques-fleuries.  Ce  mot,  dit  Sauvages,  parait  composé  de 
ram  (ramean),  et  de  pan  (pain),  à  cause  des  pains  ou  gâteaux 
bénits  que  l'on  suspend  à  ces  rameanx  le  jour  de  Pâques- 
fleuries.  —  Plania  lou  rampan,  planter  un  ramean  de 
laurier  an  sommet  d'une  maison  ou .  d'un  édifice  que  les 
maçons  viennent  d'achever,  de  couvrir  sans  accident. 
ArouMa  lou  rampan,  sorte  de  banquet  de  gala  que  l'on 
offre  anx  maçons  pour  les  récompenser  de  ce  qu'ils  ont 
achevé  un  édifice  sans  qu'il  y  ait  eu  de  malheur  on 
d'accident  grave  à  déplorer. 

Rampèl,  i .  m.  Rampeau.  On  fait  rampeau  an  jeu  de  la 
fossette,  lorsque  les  deux  joueurs  font  le  même  point. 

Dér.  de  Bampeia,  rappeler. 

Rampéla,  «.  Rappeler,  battre  le  rappel  avec  un  tambonr. 
An  fig.  grogner,  bougonner;  trouver  sans  cesse  à  redire. 

Rampélan,  f .  m.  Gelni  qui  a  triomphé  deux  fois  dans 
un  jeu,  une  joute,  une  lutte. 

Rampiou,  f .  m.  Appeau;  oiseau  captif  qui  appelle  et  attire 
les  autres  par  son  chant,  pour  les  faire  tomber  dans  le  piège. 


RAN 


573 


RampU,  V.  Remplir,  emplir  de  nouveau,  achever  de 
rendre  plein;  rendre  complet;  exercer,  occuper  un  emploi; 
compléter  un  écrit,  en  rédiger  le  libellé.  <—  Votêdrié  moi 
lou  cargo  que  lou  rompis,  il  vaudrait  mieux  le  charger 
que  le  remplir  ;  se  dit  d'un  glouton,  d'un  goulu,  d'un 
homme  qui  mange  avec  excès. 

Dér.  du  lat.  implore  ou  Meplere, 

Ramplimén,  s,  m,  La  quantité  d'aliments  suffisante 
pour  un  repas.  —  Aï  manja  moun  rampUmén,  je  suis  repu, 
rassasié;  j'ai  suffisamment  mangé.  —  Voy,  Couflagê  et 
Tibagê. 

Rampe,  s.  f.  Rampe,  série  de  degrés  d'un  escalier  d'un 
palier  à  un  autre;  volée  d'escaliers,  balustrade  à  hauteur 
d'appui  qui  borde  un  escalier  ou  un  balcon  pour  prévenir 
les  chûtes. 

Rampe,  f.  A  Crampe;  raideur  subite  et  convulsive 
d'un  muscle  on  d'un  tendon  accompagnée  souvent  d'une 
douleur  vive. 

Rampogno,  $.  f.  Différend,  noise,  querelle.  —  Cérea 
rampogno,  chercher  noise,  iinloti/our  quâouquo  rampogno, 
ils  ont  toujours  maille  à  partir. 

Rampogno,  t.  f.  Ruses,  détours,  finasseries,  roueries. 

Dér.  du  V.  fr.  Ramponner,  railler,  blâmer,  injurier. 

Ran  ou  Ranc,  s.  m.  Roche,  rocher.  —  L'àigo  tor  ddou 
ran,  l'eau  suinte  du  rocher. 

Rancarédo,  <.  f.  Région  rocheuse,  escarpements  à  pic 
formés  par  des  dislocations  rocheuses  ou  sur  les  flancs  des 
vallées  d'érosion;  sortes  de  falaises. 

Dér.  de  Ban  on  Banc.  —  Voy.  c.  m. 

Rance,  ranço,  adj,  m,  et  f.  Ranoe,  qui  a  l'odeur  ou 
la  saveur  du  vieux  lard  ou  de  l'huile  vieille. 

Dér.  du  lat.  Banddu»,  m.  sign. 

Ranché,  i .  m.  Pieux  verticaux  servant  d'appui  et  de 
soutien  aux  ridelles  d'une  charrette.  Il  y  en  a  ordinai- 
rement quatre  ou  six. 

Rancoûa,  onao,  adj.  m.  et  f.  Rocheux,  rocheuse. 

Dér.  de  Bane.  —  Voy.  cm. 

Rancugna,  v.  Garder  rancune. 

Dér.  du  bas  lat.  Baneor,  rancune. 

Rancngnaire,  i.  m.  Rancunier,  haineux. 

Dér.  du  bas.  lat.  Baneor,  rancune. 

Rancngno,  s.  f.  Rancune,  haine,  ressentiment  profond 
et  caché,  souvenir  d'une  offense. 

Dér.  du  bas  lat.  Baneor,  rancune. 

Rançnn,  «.  m.  L'odeur  ou  la  saveur  inhérentes  aux 
corps  ranœs.  -^  SénUm  rançun,  cela  sent  le  rance.  Cette 
expression  s'emploie  surtout  pour  déterminer  la  saveur  on 
l'odeur  du  lard  ou  de  l'huile  rances. 

La  rancidité  des  corps  gras  est  due  â  la  combinaison 
d'ime  trop  grande  quantité  d'oxigéne  avec  le  principe 
extractif  des  huiles. 

Dér.  du  lat.  Baneidus,  m.  sign. 

Rancnra  (Se),  v.  Se  plaindre,  se  fâcher. 

Dér.  du  bas  lat.  Baneor,  rancune,  plainte. 

73 


1 


574 


RAO 


Rancwo,  Sf  f.  Plainte,  qniicUe,  diffôieod,  regret,  raMen* 
tiueat,  contestation,  tnslesse* 

Rasiost»  «»m*  Renfort;  cheval  suppléman taire  que  Ton 
ajoute  à  on  attelage  pour  Taider  i  gravir  une  côte»  i 
françlùjr  on  pas  difBoile;  coatiefort  établi  pour  soutenir 
nn  mor;  morceau  de  cuir,  servant  de  conirefbrt  à  une 
chaussure. 

Banfonroat  v.  Renforci^,  fortifier ,  rendre  plus  fort. 

BàoQ.,  rju)ii^[iio,  a4r'*  m*  et/*.  Banquet  enroué.  -<»  Porto 
rdoMj,  avoir  la  voix  enrouée . 

Du  lat.  Kawu$^  m.  sign.;  dêr.  de  Hawu,  enroué.  *«- 

Bàiwliaa  v.  Voler,  dérober,  escroquer,  prendre  ce  qui 
ne  nous  appartient  pas  pour  se  Tappropner;  ravir.  -^ 
Mù\iba  w\o  t%o,  enlever  une  jeune  fille . 

Pér.  du  lat.  Ba^cre,  ravir. 

R&oubatAri,  I.  {,  Vol,  larcin;  chose  volée,  volerie, 
pillerie. 

Dér.  du  lat*  Aoper^r*  ravir. 

Bâoubo,  s.  {.  Robe,  robe  de  femme;  robe  d'avocat. 
L'ancien  terme  ràôubo  se  prenait  pour  toute  sorte  de 
meuble,  de  vêtement,  d'ustensile,  de  provision,  de  denrée, 
etc.,  et  c'est  encore  sa  signification  en  italien,  R6bba,  De  U 
le  verbe  dérober,  ou  enlever  quelqu'une  de  oas  choses.  — 
Faire  uno  râoubo  mâou  tdiado,  faire  une  cotte  mal 
taillée,  c-ânl.  arrêter  un  compte,  conclure  un  marché  en 
rabattant  de  part  et  d'antre,  sans  trop  s'appesantir  sur  la 
valeur  des  objets. 

Ràoubo-miolo,  ou  RàouhOf-sàoumo  •  «.  m.  wmp. 
Sobriquet  donné  à  un  individu  sans  probité,  à  un  filou. 

Ràoufèl,  <.  m.  Le  râle  ou  le  ràlement  avant-coureur  de 
la  mort. 

Dér.  du  bas  br.  BonM,  m.  sign. 

Bâouféla,.  o.  Râler,,  avoir  le  râle. 

Râouléloùs,  onso,  adj,  m.  et ^  Qui  a  le  râle.  -*  Tamè» 
rdouféltmto,  voix  cassée.  Caimpano  rdouféiùuêOf  docbe  Alée. 

Ràongna,  v.  Rogner,  diminuer»  retrécir,  couper. 

Ràougna,  v.  Pressentir  un  événement  fâcheux.  -«  Lou 
cor  tné  râougno,  j'ai  un  fâcheux  pressentiment. 

Ràongnaduro,  «.  f.  Rognure,  bande  de  papier,  d'étoffe, 
de  cuir,  mince  et  de  peu  d'étendue,  coupée  avec  des  ciseaux, 
un  couteau  ou  tout  autre  instrument  tranchant. 

RàoumaB,.!.  m.  Rhume,  maladie  quiafiiscte  la  mem- 
brane muqueuse  de  l'intérieur  du  nez,  de  la  trachée  artàre 
ou.des  bronches,  et  qui  est  canetérisée  par  renohifrèDemsnt, 
U  toux  et  l'évacuation  d'une  matière  visqueuse  plus  ou 
moina  abondante. 

Du  lat.  JR^uma,  m.  sign.  ;  dér.  dugrecPcS|ia,  fluxion, 
formé  de  Peca,  je  coule. 

Bàonmi,  v.  Roussir,  faire  roussir  au  feu;  griller, 
flamber.  —  Aed  $én  lou  ràoumi,  cela  sent  le  ronsaL 

Râonmi,  ido,  adj,  m.  et  f.  Roussi»  brftlé,  ghllé, 
flambé;  brouï.  —  La  fiéfio  et  réofumida,  la  feuille  a  été 
broute  par  la  gelée. 


RAS 

Râouquéta»  v«  Avoir  la  voix  prise,  la  veix  raoqoe, 
comme  une  personne  enrhumée. 

Râonquije,  i.  m.  Enrouement. 

Baponrta,  ti.  Rapporter,  apporter  une  chose  d'un  lien 
à  un  autre;  rapporter,  raconter,  répéter  ce  qui  s'est  pané 
ou  oe  qui  a'est  dit  ;  cancaner . 

Dér.  du  lat.  H9portar$,.  m.  sign. 

Bapowrtar,  uao,  s.  m.  et  f^  Rapporteur,  euse;  oehûou 
œlle  qui,  par  légèreté  ou  envie  de  bavarder,  a  ooulnme  de 
rapporter,  de  répéter  ee  qu'il  a  vu  ou  entendu. 

Raqua,  v,  Grapiller,  glaner  le  raisin  après  la  vendange. 

—  Fby.  Rapuga, 

Pér.  de  Boquo,  marc  de  vendange. 

Ra^na,  ti.  Vomir;  rejeter  par  le  vomi6sement4  rendre 
une  chose  par  force;  perdre  an  jeu;  être  forcé  de  payer. 
^  A  rata  eifi  fra»,.  il  a  été  forcé  de  débourser  cinq  francs. 
L'aspriâ^  lou  racarat,  tu  as  pris  cela,  tu  le  rendras  par 
loree. 

Suivant  M.  Diouloufet,  ce  mot  aurait  une  ongine  ligu- 
rienne on  viendrait  de  l'hébreu  Baquaq,  cracher. 

Raqaado,  «.  f.  Avinage;  manière  d'abreuver  le  fond  et 
l'intérieur  d'un  tonneau  en  j  répandant  le  sorouiàt  tout 
chaud  ou  de  l'eau  dans  laquelle  on  a  fait  h  oniUir  da  marc 
de  raisin.  -^  FaHr9  uno  raquado,  aviner  ou  abreuver  un 
tonneau. 

Raquaîre,  i.  m.  Grapilleur;  celui  qui  ramasse  les 
raisins  oubliés  dans  les  vignes  après  la  vendante. 

Raquéto,  <.  f.  Raquette;  instrument  dont  on  se  sert 
pour  jouer  à  la  paume  ou  au  voUnt. 

Dér.  du  lat.  B^Hculum,  m.  sign« 

Raqnita  (Se),  v.  Se  racquitter,  réparer  une  parts  faite 
au  jeu. 

Raqno,  i .  f.  Le  maio  de  Ui  vendange  ;  le  maro  qui  n'a 
point  été  pressé;  la  grappe  de  raisin  dépouillée  da  ses 
graine. 

Dér.  du  Ut.  Baemmê,  grappe. 

Ras,  aao,  adj,  m.  «i  f.  Ras,  rase;  plein,  plaine  et  arasée 
sans  déborder.  -*  Vno  témdoti  roso,  une  oomne  pleine. 
Vn  «élVv  rat,  un  verre  plein,  une  rasade. 

Dér.  du  lat.  Batut,  m.  aigu. 

Ras,  pr^.  Rez,  tout  contre,  tout  proche,  joipiant.  — 
Bat^-iàro,  res-terre.  Ft  dé  rot-dé-^mt»,  via  de  mère- 
goutte. 

Dér.  du  lat.  Bagut,  m.  sign. 

Rasa,  V,  Raser,  couper  U  barbe,  les  chevaux  avec  un 
rasoir;  araser,  tonne  de  magon,  couronner,  un  mur,  ache- 
ver l'aseise  d'un  mur;  abattre  une  chose  au  rasd'one  antre; 
raser  un  édifice,  l'abattre  à  ras  de  terre;  recepar  on  arbre, 
le  ooiqper  rez  de  la  souche.  '^Sé  roMo,  se  raaar«  sa  oouper 
labarhe< 

Rasa,  o.  EfiBienrer,  passer  tout  auprès,  avas  mindiit. 

—  M'a  rata  ém'imo  pévro,  il  m'a  effleuré  d'un  coup  de 
piem. 

Rasai,  s.  m.  Epervier»  sorto  de  filet  de  forma  oonique. 


RAS 

lesté  «rec  des  balles  de  plomb  et  que  Ton  développe  eo  le 
lançant  &  Tean.  —  Quinta  eo  dé  tomU  Quel  coup  de  filetl 
se  dit  lorsqu'on  fait  main  basse  sor  nne  bande  de  malfan 
tenis;  kmqn'on  fail  nne  rafle  an  jen,  etc. 

D6r.  dn  lat.  Rûtit,  filet. 

Raacalàon,  «•  m.  Espèce  de  prnne  de  Damaa  on  Damas 
noir,  petite  pmne  d*nn  violet  foncé,  oommnne  et  pan  d81i- 
cate;  nne  noix  sèche.  Les  prés  RasdatoB  à  Alais  tirent 
pent'ètre  lenr  nom  de  oeqn*ils  étaient  autrefois  complantés 
de  cette  sorte  de  prunier. 

Rascas,  aaao,  <•  m.  et  f.  Teigneux,  euse;  celui  ou  celle 
qui  est  atteint  de  la  rache  ou  teigne.  Au  fig.  avare,  crasseux  ; 
rude,  piquant.  Un  des  anciens  seigneurs  d*Uzès,  Raymond, 
fils  de  Bermond  l«>^  et  père  de  fiermond  H,  portait  le  surnom 
de  MoÊtMM.  H  vivait  de  4168  &  4209. 

Dér.  de  Roico  ou  Raseh,  teigne,  et  du  péj.  oj. 

Rascaa,  s.  m.  Large  croAte  ou  plaque  de  teigne. 

Rascasao,  s,  f.  Un  perré,  un  cassis  établi  en  travers 
d*nne  route,  au  fond  d*un  ruisseau  ou  d*un  ravin  pour 
arrêter  les  affouillements  ou  les  ravinements  d'un  coun 
d'eau.  Cette  construction  est  établie  au  moyen  de  grones 
pierres  posées  de  champ. 

Raacla,  v.  Racler,  ratisser  ;  raser,  toucher  légèrement  en 
passant.  Au  fîg.  McacUt»  s'esquiver,  s'enfuir,  s'échapper 
sans  tambour  ni  trompette.  —  Bnda  dé  canèUa,  garder 
les  manteaux,  croquer  le  marmot. 

Dér.  du  lat.  Bad9r0,  m.  sign. 

fiasdado,  s.  f.  Atteinte  légère  ou  passagère  de  maladie  ; 
volée  de  coups  de  bâton,  r&dée. 

RaBCladnro,  «.  f.  Ràdure,  ratissure,  petits  fragments 
que  l'on  enlève  en  raclant. 

Ratclàonaa,  v.  Amasser  Teau  dans  le  bief  d'un  moalin 
qui  ne  peut  moudre  que  par  édusées. 

Dér.  de  Raselàouêo,  échue. 

Rasclàouaado,  j.  f.  Éclusée,  plein  une  échise,  la  quantité 
d'eau  que  peut  contenir  le  bief  d'un  moulin  quand  il  est  fermé. 

Dér.  de  Bamldoum,  écluse. 

Raadftouao,  «.  f.  Éduse,  ouvrage  de  maçonnerie,  de 
charpente,  de  terrassement,  destiné  à  soutenir,  à  amasser, 
i  retenir  les  eaux  que  l'on  destine  à  l'arfosage,  À  la  navi- 
gation, au  fonctionnement  des  usines. 

Dér.  du  lat.  Baclma,  renfermée. 

Raadé,  i.  m.  R&le  d'eau,  BaUui  aquaUeui,  Temm. 
Gorgerette  blanchâtre,  poitrine  et  ventre  d'un  cendré 
bleu&tre,  tout  le  dessus  du  corps  d*ua  roux  olivâtre  avec 
des  tâches  noires  au  centre  de  chaque  plume,  longueur 
26  cent.  Le  râle  d'eau  reete  dans  le  pays  toute  l'année;  Il 
est  très-rusé  et  ne  sort  guère  que  le  soir  de  ses  joncs  et  de 
ses  fourrts.  C'est  un  gibier  des  ]Aus  ncherchés.  ^  Vby. 
foulo^'é$go  et  CabuMSé, 

Raadé,  j.  m.  Uèwe  mâle,  bouqum. 

Raaolé»  éto,  âdj.  m.  et  /.  Teigneux,  euse;  lète  chauve 
ou  pelée  par  la  teigne. 

Dér.  de  Muith,  teigne. 


RAS 


575 


Rascio,  f .  f.  Râcloire,  coupe-pâte,  ustensile  de  fer  qui 
sert  â  détacher  la  pâte  du  pétrin.  Râtissoire  servant  à 
détacher  le  tartre  des  tonneaux. 

Dér.  de  Rascia,  racler. 

Raacloou  Raaco,  i.  f.  Radie  ou  teigne  de  la  tète;  la 
grosse  teigne,  gale  on  teigne  plate  et  sèche. 

Dér.  du  bas  bret.  Rdeh,  gaile  ou  teigne. 

RaaclouB,  ouao,  adj.  m.  et  f.  Teigneux,  euse;  rude 
au  toucher.  On  appelle  Roiclousos,  les  bajanes  ou  châtai- 
gnes qui  ne  sont  pas  encore  dépomllées  de  leur  peRieble 
intérieure. 

Dér.  de  Raidù,  teigne.  ^^  Foy.  c.  m. 

Rasin,  s.  m.  Raisin,  le  fruit  de  la  vigne.  Pline  en  dte 
plus  de  80  espèces.  M.  Bosc  en  avait  réuni  dans  la 
pépinière  du  Luxembourg,  à  Paris,  plus  de  4.400  espèces. 
Parmi  celles  que  l'on  cultive  dans  les  Gévennes,  nous  ne 
dterons  que  la  Coupado  (Voy.  c.  m.),  qui  est  peut-être 
le  meilleur  raisin  de  table  et  le  plus  délicat;  le  Game  ou 
Larda  (Voy.  c.  m.),  sorte  de  chasselas.  Le  phylloxéra,  qui 
a  commencé  de  sévir  autour  d'Alais  en  4872,  a  depuis  lors 
détruit  â  peu  près  toutes  les  vignes  Je  la  région. 

Dér.  du  lat.  Racmnuê,  grappe. 

Raao,  s.  f.  Limite,  ligne  dérisoire.  —  L'an  méë  éin  sa$ 
rasot,  on  Ta  circonscrit  dans  ses  limites,  on  hii  a  fixé  ses 
bornes. 

Dér.  du  catal.  Raêa,  ravin. 

Raao,  «.  A  Les  bergers  donnent  ce  nom  aux  brebis  qui 
ont  atteint  l'âge  de  dnq  ans. 

Raaonôr,  $.  m.  Rasoir;  réseau.  —  Tèh  dé  raumèr, 
toile  de  réseaux  ou  de  carrés  en  réseaux  ou  en  dentelle, 
alternativement  mêlés  de  carrés  de  tdle  unie,  employés 
dans  le  dernier  siècle  â  des  garnitures  de  lit,  des  tapis  de 
table  et  de  toilette.  —  Mé  ftu  pissa  dé  lamo  dé  rasomèr, 
tu  me  mets  â  la  torture,  tu  m'agaces. 

Dér.  de  Ras. 

Rnonîro,  $,  f.  Râcloire;  radoire  pour  mesurer  le  grain 
ou  les  châtaignes  ainsi  que  le  sel.  On  dit  aussi  RoMa/doy^tù, 

Dér.  de  Jliu. 

Raapa,  «.  Râper,  polir  un  corps  avec  une  râpe;  rédttin) 
en  poudre  avec  une  râpe  ;  enlever  le  poil  d'une  étoife,  d'un 
drap  par  le  frottement. 

Raapa,  ado,  m(;.  m.  et  /*.  Râpé,  râpée.  -^  M  pan 
rutpa,  du  pain  râpé.  Raipa  eowno  on  garfoù  tdivr,  il  a 
les  habits  râpés  comme  un  ouvrier  tailleur. 

Dér.  de  l'allem.  Raspen,  râper. 

Raapado,  s,  f>  Raclée,  volée  de  coups  de  pmngs,  de 
coups  de  bfttoo. 

Dér.  de  l'alU  Raapsn,  râper. 

Raapaîa,  v.  Balayer  avec  un  balai  usé;  amasser  un  tas; 
nettoyer.  Au  fig.  rafler,  faire  rafle,  faite  place  nette, 
emporter  tout,  s'emparer  de  tout.  —  A  fout  roipstta,  il  a 
tout  emporté. 

Raapal,  s,  m.  Un  balai  usé,  un  ramon;  un  balai  de 
brousaailles,  de  genêts,  de  bruyère,  d'aubépine;  les  épis 


576 


RAS 


qui  restent  à  Tair  après  qii*oa  a  dressé  les  gerbien. 

—  Praufèto  raspal,  prophète  de  malheur. 

Ra^o,  j.  f-  Râpe,  ustensile  de  cuisine;  outil  d'acier 
trempé  en  forme  de  lime,  servant  &  limer  le  bois,  la 
pierre  et  à  dégrossir  le  fer;  ripe  ou  râpe  de  maçon; 
mauvais  ouvrier,  mauvais  artiste.  -^  Quinto  rdipo  /  Quel 
mauvais  ouvrier  !  quel  mauvais  musicien  ! 

RaspoÙB,  OQBO,  adj.  m.  et  f.  Rugueux,  couvert 
d'aspérités. 

Rasso  (fin],  adv.  En  bloc,  l'un  portant  l'autre. 

Rastagagno,  «.  f.  Les  débris  de  bois  mort,  de  feuillages, 
de  matières  ligneuses  ou  surnageantes  qu'une  rivière 
entraine  pendant  les  inondations;  les  menues  broutilles, 
pailles,  fétus  qu'elle  dépose  sur  ses  bords  lorsqu'elle  décroit. 
La  ratta^gno  marque  d'une  manière  précise  après  l'inon- 
dation la  hauteur  atteinte  par  l'eau. 

Dér.  du  lat.  Stagnatio,  débordement,  inondation. 

Au  fig.  les  restes  d'une  maladie;  les  derniers  vestiges 
d'ua  rhume  qui  se  traduisent  par  des  expectorations. 

Raste,  rasto,  adj.  m.  et  f.  Se  dit  d'une  région  dépour- 
vue de  végétation,  d'une  plaine  sans  arbres  et  dont  les 
herbes  sont  fauchées  rez-terre,  d'une  lande  inculte.  —  Un 
pé%s  rcute,  un  territoire  nu,  sans  arbres,  sans  végétation . 

Dér.  du  lat.  MaHrum,  râteau,  ou  de  Badere,  racler, 
ratisser. 

Raatéîè,  «.  m.  Râtelier,  sorte  de  claie  posée  obliquement 
contre  le  mur  d'une  écurie  et  au  travers  de  laquelle  les 
bestiaux  premient,  au  fur  et  à  mesure,  le  foin  nécessaire  à 
leur  alimentation;  porte-manteau;  l'ensemble  des  dents 
qui  composent  la  mâchoire  humaine.  -^  Âowsa  lou  rastéïè, 
tenir  la  dragée  haute;  rationner;  mettre  au  régime; 
empêcher  quelqu'un  de  disposer  d'une  chose  à  sa  fantaisie. 

Dér.  de  Rattel. 

Rastèl,  f.  m.  Râteau,  fauchet.  Le  râteau  est  ordinai- 
rement en  fer  et  à  une  seule  rangée  de  dents;  le  fauchet  est 
en  bois  et  a  deux  rangs  de  dents  opposés;  l'épine  dorsale; 
l'échinée  d'un  porc. 

Dér.  du  lat.  RasMum,  dim.  de  Roitrwn,  m.  sign. 

Rastéla,  v.  Faucheter,  si  l'on  se  sert  du  fauchet;  râteler 
ou  ratisser  si  l'on  unit  un  terrain  avec  un  râteau. 

Dér.  du  lat.  Radere,  m.  sign. 

Raatélado,  s.  f.  Plein  un  fauchet  ou  un  râteau  d'herbes , 
de  fourrage  ou  de  pierrailles.  Au  fig.  un  nombreux  abattis. 

—  Uno  rcutélado  d'âoucéloùt,  un  abattis  d'oisillons  tués 
d'un  coup  de  fusil. 

Dér.  de  Raitèl. 

Raatélaje,  t.  m.  Action  de  faucheter  ou  râteler;  la 
portion  de  fourrage  ramassée  sur  un  champ  au  moyen  du 
fauchet  après  l'enlèvement  de  la  récolte. 

Dér.  de  Rastèl. 

Rastélan,  s.  m,  La  portion  de  la  récolte  recueillie  avec 
le  râteau. 

Dér.  de  Rastèl . 

Rastoubla  ou  Réstoubla»  v.  Semer  sur  le  chaume; 


RAT 

semer  deux  années  de  suite  le  même  champ;  ramasser  le 
chaume.  Au  fig.  rèstoubla  signifie  revenir  deux  fois  sar 
une  même  chose;  récidiver;  manger  deux  fois  da  même 
plat.  —  S'aquél  frieà  vous  eounvèn,  fôou  ré$t(Mai  ù  ce 
plat  vous  convient,  revenez-y. 

Dér.  de  RéstoMe,  chaume.  -—  Foy.  c.  m. 

Rastonble  on  Réstonble,  s.  m.  Le  chaume  qui  reste 
sur  la  terre  après  que  le  blé  est  moissonné;  l'étonle  et, 
dans  quelques  provinces  françaises,  le  rastonble  :  herbes 
mêlées  avec  le  chaume  qui  restent  dans  un  champ  après  la 
moisson  et  qui  sont  une  pâture  pour  le  bétail;  terre 
en  jachère;  champ  couvert  de  chaume  et  non  encore 
labouré. 

Dér.  du  lat.  Restibilis,  qui  porte  toutes  les  années. 

Rata,  ado,  adj.  m.  et  f.  Rongé  des  rats  ou  des  souris. 
—  Pèirin  rata,  un  parrain  qui  ne  donne  point  de  dragées 
à  ses  amis  et  connaissances. 

Dér.  de  Ra,  rat. 

Rata,  V.  Rater,  £ûre  long  feu;  manquer  une  occasion» 
ne  pas  réussir;  manquer  son  coup. 

Ratado  ou  Rataduro,  «.  f,  Rongeure  on  manjenre 
(prononcez  ronjure  et  manjurej  laite  par  les  rats  .on  tes 
souris. 

Dér.  de  Ra,  rat. 

Ra-tâonpén  ou  tâonpiè,  s .  m.  oomp.  C'est  le  nom  qoe 
Sàuvàgbs  donne  au  Lérot  et  qui  appartient  mieux  encore 
au  JAjiloXfMussylvatietis,  Linn.),  le  véritable  rat  des  champs 
et  des  bois,  si  destructeur  des  récoltes,  qui  se  loge  souvent 
sotts  terre,  et  surtout  au  Campagnol  de  Savi  fJLrmoitt 
Saint,  de  Selys),  extrêmement  abondant  dans  nos  contrées, 
qui  vit  dans  les  champs  couverts  de  céréales  et  de  luzernes, 
sous  lesquelles  il  établit  ses  magasins,  en  y  pratiquant  des 
trous  comme  la  taupe  (Tàoupo). 

Râlé  ou  Rataté,  s.  m.  Grimpereau,  Grimperean familier, 
Certhia  famiUaris,  Temm.  Le  Grimpereau  est  un  oiseau 
de  couleur  noirâtre  et  roussâtre,  tacheté  de  blanc,  plo^ 
pâle  en  dessous,  avec  le  croupion  roux;  il  atteint  à  peine 
quinze  centimètres  de  long.  Il  ressemble  beaucoup,  par 
les  habitudes  comme  par  la   taille,  au  Torcbepot  oa 
Sitelle,  avec  qui  il  est  facile  de  le  confondre,  et  qui  reçoit 
souvent  le  même  nom  languedocien.   Foy.  Bamêovido 
(grosso).  Le  Grimpereau,  comme  le  Torchepot  et  comme 
les  pies,  qui  sont  ses  parents  éloignés,  grimpe  le  long  des 
arbres  et  les  frappe  avec  son  bec  pour  en  faire  sortir  les 
insectes  cachés  sous  l'écoroe;  il  semble  alors  le  voir  courir 
comme  une  petite  souris.  RaU  exprime  trôs-bien  cette 
ressemblance  et  la  petitesse  du  Grimpereau. 

Dér.  de  Ra,  rat. 

Ratèlo,  «.  A  La  rate  des  bœu£B,  des  uKNiloas  ;  la  raie 
de  l'homme,  viscère  impair  situé  dans  Thypochondre 
gauche,  entre  le  diaphragme  et  l'estomac. 

Ce  nom  parait  lui  être  donné  de  sa  forme  olilongue  qv 
lui  donne  quelque  apparence  d'un  rat. 

Ratéto,  s.  f.  Une  dent  de  petit  enfant.  C'est  un  terme 


RÉB 

de  Dourrioe  qui  8*emploie  sortout  an  pluriel  :  Ratétos, 
les  dents,  les  quenottes  des  petits  eniants.  On  rapplique 
plus  spécialement  aux  denx  dents  incisives  dn  milieu  de 
la  mAclioire,  qui  poussent  les  premières  et  qui,  par  leur 
nombre  et  leur  situation,  ressemblent  à  celles  des  rats  d'où 
est  tiré  le  dim.  Ratétoê.  —  Véjan  tôt  ratéwt,  voyons  tes 
petites  quenottes. 

Botiè-^ala,  v.  ^  Foy.  Voia-ratiè. 

Ratière,  t.  f,  Ratièw,  souridéie,  piège  à  rats  ou  à 
souris. 

Dèr.  de  Ma,  rat. 

Ratigas,  «.  m.  Restes,  ressentiment  de  quelque  maladie 
dont  on  est  guéri  depuis  peu  de  temps;  boufiëe  de  fièvre, 
dernières  attaques  d'une  maladie  qui  tend  à  disparaitre. 

Dôr.  du  grec  PêAv^,  claquement  de  dents. 

Bato*pénado,  ».  A  comp.  Chauve-souris,  VupertUù, 
Linn.  11  en  existe,  même  dans  nos  pays,  de  nombreuses 
espèces  dont  les  différences  ne  frappent  pas  les  yeux  du 
vulgaire;  par  conséquent,  raUhpénado  suffit  à  les  dési- 
gner toutes.  Les  anciens  naturalistes  considéraient  la 
cbauve-souris  comme  une  sorte  de  monstre  qu'ils  ne 
savaient  comment  classer;  aujourd'hui  elle  aurait  beau 
dire  :  «  Je  suis  oiseau,  voyez  mes  ailes!  >  les  savants,  plus 
habiles  que  la  belette  de  la  fable,  ne  la  croiraient  pas  ;  ils 
ont  clairement  établi  que  c'est  un  vrai  mammifère,  dont  un 
repli  de  la  peau  des  flancs,  étendue  de  chaque  côté  entre 
les  membres  postérieurs  et  les  doigts  de  la  main,  imite  une 
voile  et  forme  une  sorte  de  parachute  qui  les  soutient 
dans  l'air,  lorsqu'il  s'y  lance  d'un  point  élevé.  On  sait  en 
effet  que,  tombées  à  terre,  les  chauves-souris  ne  peuvent 
se  relever.  Elles  sont  vivipares  et  allaitent  leurs  petits, 
qu'elles  portent,  en  volant,  attachés  à  leurs  mamelles. 

Au  reste,  le  languedocien  avait  devancé  la  sdenoe  en 
faisant  de  cet  animal  un  rat  ailé  :  rato,  rate;  pénado  du 
lat.  Pennata,  ayant  des  ailes. 

Ratos,  s.  A  P^^'  Indsives,  quenottes  des  petits  en&nts. 
On  dit  aussi  Maiouno»  et  Baiéta.  —  Foy.  Maiéio. 

Réba,  s.  m.  Reflet,  réverbération  du  soleil. 

Dér.  de  M^batre,  renvoyer. 

Rèbala,  v.  Traîner  quelqu'un  ou  quelque  chose .  *  Potfe 
pa  mé  rébaia,  je  peux  à  peine  me  traîner.  L'an  r^aia 
eoumo  un  qwèr,  on  l'a  tndné  dans  la  boue,  on  l'a  traité 
avec  le  plus  grand  mépris,  on  l'a  injurié.  5ë  rébaia,  au 
fig.  ramper  devant  quelqu'un,  s'aplatir  devant  un  supérieur. 
Laxuo  tout  rébaia,  il  laisse  tout  traîner  dans  la  maison, 
il  laisse  tout  en  désordre. 

Rébaladls,  t.  m.  Train,  embarras,  remue-ménage;  tin- 
tamarre; bruit  que  l'on  fait  en  traînant  quelque  chose. 
^  Quant»  rébaiadii/  quel  train I  quel  tracas!  T-adéréba- 
iadii,  il  y  a  du  train  dans  cette  maison. 

Dér.  de  Mébaia. 

lUl»aléto  (Dé),  esp.  adn.  Terre-à-terre,  à  la  glissade. 
^  JUa  tmo  pHro  dé  rébaléfa,  jeter  une  pierre  de  façon  à 
ce  qu'elle  rase  la  surface  de  la  terre  ou  qu'elle  glisse  à  la 


RÈB 


577 


surface  de  l'eau,  de  manière  à  produire  des  ricochets.  i)é 
rébaiéto,  au  fig.  se  mettre  à  plat  ventre,  s'abaisser  devant 
quelqu'un. 

RÛiatre,  v.  Rabattre,  diminuer,  retrancher;  déduire 
une  certaine  somme  sur  la  valeur  d*un  marché  conclu; 
réverbérer;  rebattre.  —  Rébair$  un  mataku,  rebattre  un 
matelas. 

Dér.  de  Hafre. 

Rébéqna,  v.  Se  rebiffor  contre  quelqu'un,  lui  donner  la 
répartie;  répondre  insolemment  à  quelqu'un  à  qui  on  doit 
du  respect.  —  Mébique$f  tu  oses  riposter?  tu  as  le  front 
de  répliquer? 

Dér.  de  Bè,  pour  bouche,  parole. 

Rébéquairei  airo,  '.  m.  et  /.  Raisonneur,  euse;  qui  se 
rebiffe. 

Rébéssliia,  v.  Se  relever,  se  redresser  par  derrière, 
comme  la  queue  de  certains  chiens  ;  porter  la  queue  en 
trompette. 

RÀésaina,  ado,  adj,  m.  eXf.  Relevé,  redressé,  reco* 
quille  par  derrière,  comme  la  queue  de  certains  chiens  qui 
se  relève  en  trompette  et  s'enroule  sur  elle-même. 

Rébétl,  V.  Repousser,  faire  ressortir  un  objet  enfoncé, 
tel  qu'un  clou,  un  boulon,  que  l'on  cherche  à  chasser  en  le 
repoussant  par  la  pointe. 

Rébia,  v.  Raccommoder,  rapiécer  un  vêtement,  un 
meuble,  un  ustensile. 

Rébûdre,  t.  m.  Celui  qui  raccommode  les  objets  déchi- 
rés, cassés  ou  dégradés. 

RéMajo,  «.  m.  Rhabillage,  raccommodage,  rapiècetage. 
Au  fig.  faXre  un  bon  réinaj$,  faire  un  bon  repas  après  un 
jeûne  prolongé. 

Rébiia,  o.  Requinqué,  retroussé.  --  Se  rébifù,  se 
rebiffor. 

Rébiacoula,  o.  Ranimer,  ravigoter,  regaiilardir.  —  Aoà 
m'a  rébueouUi,  cela  m'a  remis,  restauré,  ranimé  le  cœur. 
On  dit  aussi  RMiooula. 

Dér.  du  lat.  Bavivitcert,  reprendre  vie. 

Rébla,  V.  Garnir  les  vides  d'une  maçonnerie  avec  de  la 
blocaille;  remplir  les  interstices  entre  les  moellons.  —  Tn 
orne  rébia,  un  homme  bien  musclé,  bien  râblé. 

Riblataîo,  s.  f.  Remblai,  matériaux  de  remplissage. 
baUasU 

Rèblo,  s.  m.  Ràble  d'un  lièvre,  d'un  lapin;  région 
lombaire,  chex  les  animaux,  mais  plus  particulièrement 
chez  le  lièvre,  le  lapin,  le  chat,  le  chien. 

Dér.  du  laL  BapiAum,  dim.  de  Bapum,  racine,  petite 
rave. 

RèUo,  s.  m.  Caillou  de  forme  conchoïdale  ou  à  cassure 
irrégulière;  blocage,  ballast,  cailloutage  servant  à  remplir 
les  vides  des  moellons,  dans  les  maçonneries  ou  les  reins 
d'une  voûte. 

Même  étym.  que  le  mot  précédent. 

Rébobia,  ».  m.  Partie  de  plaisir;  bon  repas;  partie  de 
fourchette  ;  gala.  On  dit  aussi  RMhé», 


578 


RBC 


Rébor,  «.  m.  Rebord,  orifioe  ;  bord  d'un  vôtement  formant 
on  repli. 

Dér.  de  Bor,  bord. 

RéboacM,  f7.  Rétorquer  an  argomenu  eombattre  nne 
opinion  avec  des  arguments  victorieux.  — L'a  bien  réteu- 
ehi,  il  Ta  bien  voAtÂ,  il  l'a  bien  remis  à  sa  place. 

Rébonll,  V,  S'amender,  après  avoir  souffert  bien  des 
épreuves;  avoir  subi  bien  des  soufTrances;  réaction  éprou- 
vée dans  la  circulation  en  passant  d'un  grand  froid  à  nne 
température  chaude. 

Dér.  de  BouU,  bouilli. 

Réboulo,  5.  f.  Grateron,  galiet  grateron,  nom  de  plante. 
—  Voy,  Rêjistèl  et  Ârapo-inan, 

Rébonmbo,  «.  f.  Gros  surtout  ;  vaste  houppelande. 

Rébounda,  v.  Trousser.  —  Se  rébounda,  retrousser  ses 
manches,  ses  vêtements.  Rébounda  pour  Bébrfnmda,  s'em- 
ploie comme  synonyme  d'élaguer  le  pied,  la  tige  ou  les 
branches  d'un  arbre. 

Dans  ce  dernier  cas,  il  est  dérivé  de  Snmndo,  braiiAhe 
d'arbre,  brande. 

Réboundaire,  «.  m.  Ouvrier  que  l'on  emploie  à  l'éla- 
gage  des  arbres,  à  la  taille  des  oliviers  ou  des  mdrieis. 

Dér.  de  Br<nii;ndo,  branche  d'arbre,  brande. 

Réboùs,  f.  m.  Rebours;  contre-poil,  contre-pied.  — 
Frêne  d'à  rtboùt,  prendre  au  lebours;  contrarier.  À  réboài 
dé  pèou,  à  rebrousse-poil. 

Dér.  de  la  bass.  iat.  Mbumu,  velu,  hérissé,  qui  vient 
de  Burrus,  bourre. 

fiébonstia,  «.  Retrouser;  retiDuner  ses  manches  jus- 
qu'au coude. 

Réboustîa,  ado,  adj.  m.  et  f.  Retroussé,  ée. 

Rébontigna,  o.  Bouder.  —  Voff.  Fougna. 

Rébroussiè  ou  mieux  Réboussiè,  t.  m.  Caractère  mal 
fait  ;  -celui  qui  prend  tonjoors  le  contre-pied  des  choses, 
qui  a  des  idées  opposées  à  tout  le  monde;  homme  contra- 
riant; esprit  paradoxal. 

Dér.  de  Bëboùs,  rebours. 

Récaîre,  «.  m.  Recoin.  —  Vvif.  Béoantùà, 

Réoaliva,  v.  Rechuter,  avoir  une  rechute,  faire  une 
rechute,  récidiver,  retomber. 

Dér.  de  Bécatéou,  débris  de  braise,  reste  de  feu  tadié 
sous  la  cendre.  • 

Bécalivado,  s.  f.  Rechute. 

Dér.  de  JtéeaUva,  rechuter. 

Récantoù,  «.  nu  Recoin. 

Dér.  de  Cantaii,  coin. 

Réçâoupégu,  udo,  adj,  m.  et  A  Reçu,  reçue. 

Réçàoiiiire,  v.  Aecevcar. 

Dér.  du  Iat.  Bêoupêran, 

]lécâouqaa«'v.  Récidiver,  donbior  la  dose  d'un  mels,  y 
revenir;  répéter  sans  cesse  la  même  chose;  tab&cher. 
^  Bécdouqua  las  boukn,  achever  de  psnqilir  les  ton- 
aeaus. 

Dér.  de  Câotnqua,  fouler. 


KÈC 

Béoàouqntîre,  s.  m.  Babâchenr,  calni  qui  reneat 
toujours  sur  le  jnéme  siget. 

Réoâ0iiqiia)0,  t.  tu.  Rabftehage. 

Récàouqfnia  (Se),  ».  Se  remettre  dans  aes  affiûio,  les 
rétablir,  se  remplumer;  revenir  à  la  santé,  se  rétablir  à  la 
suite  d'une  maladie.  Ge  terme  signifie  liUéndémeot  : 
refaire  sa  coquille. 

On  l'emploie  aussi  dans  le  sens  de  :  se  aooquifier,  sa 
croqueviller. 

Récarga,  v.  Recharger,  charger  de  nouveau,  inqKiser 
une  nouvelle  charge. 

Dér.  de  Carga,  charger. 

Récasia,  v.  Attraper,  recueillir  aveo  la  main  oa  la 
bouche  une  chose  qu'un  autre  a  lanoée  ;  prendre  de  bond 
ou  de  volée  ce  que  l'on  jette.  «^  Méûotsa  à  la  vmdado, 
attraper  une  chose  lancée  avant  qu'elle  ait  touché  te  sol; 
happer,  en  parlant  d'un  chien  qui  reçoit  un  objet  dans  s» 
gueule. 

Récaia,  v.  Seirer,  ramasser  quelquacluse  qui  traîne,  le 
mettre  en  lieu  sûr;  soigner  quelqu'un,  l'équiper,  le  rapié- 
cer, pourvoira  ses  besoins;  donner  retraite  à  quelqu'un  qvi 
cherche  à  se  cacher.  —  Èê  bien  réoaia,  il  est  mis  proprarnsnt. 

Dér.  de  l'esp.  Boêoiar,  cacher  avec  toîii. 

Récata,  s.  m.  Ménage,  économie,  soin,  attention.  «*- 
Vioure  dé  récote,  vivre  d'économie.  Provisioa  de  boaohe 
qu'un  journalier  porte  à  U  campagne  pour  aa  nourriUre 
de  la  journée.  —  PomnaMnmréeate,  porter  cequi  est  néces- 
saire pour  sa  nourriture  de  la  janmée.  Ana  àau  réê^, 
aller  manger  un  moroean.  Tout  aquà  éi  dé  Téeata,  toutcda 
est  arrangé,  fini,  mis  en  ordre.  Gonifa,  loiipa  don  récoêB. 

Dér.  de  l'esp.  RaotOù,  précaution,  prévision. 

RécBioùa,  ooao,  otfj.  ta.  et  f.  Soigneux,  ménagv, 
économe. 

Dér.  de  Béeau. 

Récavala,  v.  Récompensé,  bien  loti;  annchi. 

liOu  soulda  que  faï  la  gaèro 
£s  pa  mai  récavala. 

• 

Récélur,  nao,  s.  m.  et  A  Reeeleiir,  celui  qui  luoàle. 

Dér.  du  hit.  Ctian^  cacher. 

Réeéta,  v.  Faire  l'exameD  d'une  marchandiae»  vérifier 
ai  fille  est  de  h  qualité  convenue,  requise. 

Dec.  de  Bkèto,  recette. 

Réoèto,  f.  f>  -^  Marthandim  dé  inéNfo,  manfaaadiis  de 
bonne  qualité,  de  qualité  lequise. 

Dér.  du  Iat.  Meeepta,  chose  reçue,  admise. 

Réohango,  «•  ai.  Rediange,  droit  de  dianger.  •>«*-  Cka» 
dé  rechange^  dioae  que  l'on  a  en  double  penr  en  rem- 
pUicer  une  autre  en  cas  de  besofai. 

Réchâoncha,  v.  Ressasser  les  ailmes  idéea;  rahàcber. 
Au  prop.  tripoter,  remanier  une  chose  à  ptaaiettra  lupriiss 

RâcUioacliam,  t.  m.  Rabêebeur. 

Réohato,  t.  f.  Rechute,  retour  d'une  laaladift  doot  on 
n'était  pas  complètement  guéri. 


REC 

Béd'.  M*  m.  HftDwigaainMUH,  haTardagef ,  caquets,  lacon* 
tan.  ^Fa«r9  mih9mh  4éqitfâouiquu$,  raconter  mille  bali- 
venitt  sur  le  oample  4e  queLqu^ua.  Mé  n'an  fa  dé  miohan 
féeif,  on  m'a  domiô  de  maavaie  miMigaemeats  sur  son 
compte. 

Rmoët^,  fh.  Se  dit  d'mi  ra^ot  qui  prend  à  la  soi^e, 
qni  éoorchis  on  picote  le  gosier.  On  dit  aussi  de  rhaite' 
forte  iJkiuékoUrmi. 

Récontre,  s.  m.  Hasard»  occasion,  obaoce,  rencoatie. 
-^  Séhu  rééinUfm  ou  /bt»  si  le  hasard  le  vaut.  ZTa»  agik 
dà  réeotUT9,y9i  en  QQ(  obj^t  d'occasion.  Âou prémU  téeimf 
ire,  à  la  premiàre  occasion.,  M  agu  *fi  miohan  récoiMra» 
j'ai  en  one  maavaiaa  chanM,  une  maiMiraiSB  rencontre,  j'ai 
éprouvé  un  fàcheox  accident. 

Rôconmaiula,  o.  Recommander,  exhorter,  charger  de 
faire  en  oidonnant;  prier  d'être  fiivorable.  «^  ts  Hèn 
réeouÊtiandm  4o^ prtmêgM  est  connu  poar  ce  qu'il  est;  il  a 
mauvaise  réputation. 

Dôr*  du-  lât.  Ccmmmda/^,  recommander. 

Réconmandacion,  s.  f.  Recommandation,  action  de 
recommander  «, 

Dér.  du  lat.  Çamm$ndaiiOf  m.  sign. 

Ràçamiéga,  ndo^  adj»  m*  et  f.  Recounu,  ua;  considéré 
comme  teK 

Dér.  du  lat.  Becogmius,  m.  sign. 

Béoomiiiaaa,  «•  Reconnaître,  être  persuadé;  découvrir  ; 
observer;  avouer;  vérifier^  comparer;  considéseo  sous  un 
certain  point  de  vue. 

Dér.  du  lat.  Reeognoseert,  m.  sign» 

RécouattaaaiUOi  ahlo,  adj.  m.  et  ^  Reconnaiatable; 
que  l'on  peut  recoonaitre;  iacile  k  être  luconnu* 

Dér.  de  Héeaunéïsse,  reconnaltue» 

Récountra,  v.  Réussir  dans  une  entreprise*  —  Ai  bien 
r^oownlra^  j'ai  bien  réussi.  S'acè  se  réoonên,  si  roccation 
se  présente. 

Réoonrda  (Se),  v.  Se  ressouvenir,  se  rappeler. 

Dér.  du  lat.  Baoordari,  m.  sign. 

Recoure,  o.  Terme  employé  par  les  ramasseurs  de  ohl- 
taignes«  Rechercher,  repasser,  revenir  sur  ses  pas,  pour 
ramasser  très-exactement  de  façon  à  n'avoir  plus  besoin 
d'y  revenir. 

Dér.  du  lat.  iZaenrrsiv,  revenir  en  courant. 

Récura,  «t.  Ëmonder  la  léte,  les  branches  d'un  arbre, 
en  couper  les  branches  inutiles,  lea  rameaux  chiffonnés. 
Hécura  se  dit  pour  les  branches,  réboumda,  pour  la  tige  ; 
iogata,  pour  les  rejetons,  lessui^nsdn  pied.  En  français, 
on,  dit  ittdiSèiemmeat  pour  les  trois  cas,  ékpier  ou 
ém^nder.  On  élague  les  grossea  branches  avec  la  soie,  la 
sarpe  ou  la  hache;  on  émoude  les  menues  avec  la  8eq;ietie. 
Au  fig.  et  adjeetiv.  geot&l,  pvopre. 

Dér..  du  laî.  C^rara^  prendra  soin,  soigner. 

Récnrado,  s.  /:  Retranchement,  déchet.  Terme  de 
magpaaeriei;  épidéiuîe  qui  diminue  ou  fiût  périr  bon  nom- 
bre de  vers  àaDie,  qui.  éolaircît  les  tables  on  ils  sont  éla- 


RED' 


879 


lés.  —  Aquéh  maldouUè  a  fa  'no  forto  réoundo^  cette 
maladie  a  causé  un  grand  déchet. 

Récuraîre,  s.  m.  Émondenr,  celui  qui  émonde  ou  taille 
les  arbrss. 

Racnrafe,  ».  «i.  Émondage,  action  d'émonder,  de 
nettoyer  un  arbre,  de  le  débarrasser  de  ses  branches  mortes, 
de  ses  aameaux  chiQbnnés,  de  ceux  qui  se  naisent  pour 
être  trop  serrés. 

Récnims,  ».  m.  Le  rebut  des  grains;  le  fond  du  grenier; 
des  ihnts  dont  on  a  prises  qu'il  y  avait  de  meilleur. 

Rédable,  t.  m.  Le  r&bie  ou  fourgon  d'un  boulanger; 
râcloire  en  fer  emmanchée  d'une  tige  en  bois  et  qui  sert  à 
ramener  la  braise  à  U  bouche  du  four.  On  dit  aussi 
rédiahU  dans  quelques  localités. 

Rédamén,  odir.  Trèsrfort,  beaucoup,  infiniment.  — 
Aquél  orne  éi  rédamén  for,  cet  bomme  est  très-fort. 

Réda,  TédOrOdj.  m,  et  f.  Roide;  ferme.  Il  s'emploie 
aussi  dans  un  sens  adverbial.  -^  CanUna,  maroha  védê, 
mmber  rapidement.  Jfémi  rédt,  mener  rondement,  dure- 
ment, cavaliéiement  Tiofo  rédo,  fnq)per  fort.  Toumba 
rédd,  tomber  roide-mort. 

Dér.  du  lat.  Migidus  ou  du  celt.  Bed,  m.  sign. 

Rédira,  «.  Bedire,  r^ter,  dire  une  seconde  fois;  rappor- 
ter, révéler  ce  que  Ton  a  appris,  raconter;  reprendre, 
blâmer,  censurer.  -^  Mta  trouàa  à  rédire,  il  m*a  bl&mé. 

Dér.  du  lat.  Bedieere. 

Rédoù,  s.  m.  Redoul,  herbe  aux  tanneurs,  sumac  den 
corroyeurs  ou  des  teinturiers  CBhne^  eoriariaj,  arbrisseau 
de  un  à  trois  mètres,  à  rameaux  nombreux.  Toutes  les 
parties  de  cet  arbrisseau  sont  astringenteaet  raf  raidiissantes  ; 
réduites  en  poudre,  elles  servent  à  préparer  le  cuir.  On  le 
trouve  dans  les  teirains  rocailleuz,  an  milieu  des  bois  de 
chênes  verts  de  la  vallée  inférieure  du  Gardon,  au  pont  du 
Gard,  à  Gollias,  a  la  Baume  de  Sanilhac.  au  Pont  Saint- 
Nicolas.  Les  habitants  de  Gollias  le  reoueilleot  en  grandes 
quantités  et  en  font  le  commerce.  Ils  le  désignent  sons  le 
nom  de  Nèrto.  L'abbé  de  Sauvages  signale  les  baies  de 
cet  arbrisseau  comme  un  poison  des  plus  violents.  Il  a  sans 
doute  confondu  le  sumac  (Bhu$  ooriariaj,  avec  la  corroyère 
à  feuilles  de  myrte  (Coriaria  m^rUfolia),  qni  s'emploie 
aussi  dans  la  tannerie  et  dont  les  fouilles  prises  en  décoction 
produisent  IBs  accidents  les  plus  terribles  et  même  quel- 
quefois la  mort. 

Rédoun,  onno,  odj.  m.  et  f.  Rond,  arrondi,  de  forme 
mamelonnée  ou  en  cône  arrondi  au  sommet.  On  en  a  formé 
les  noms  propres*:  Canrrédoun^  Campredon,  champ  arron- 
di; Chamboù^rédomn,  Ghamboredon,  petit  champ  arrondi  ; 
Moun-ridoun,  Montredon,  montagne  arrondie;  Piè-rédmm, 
Puechredon,  puech  ou  pic  arrondi. 

Rédro,  V.  Rendre,  lasser,  fatiguer.  —  M'a  fa  réim,  il 
m'a  éreinté. 

Rédu,  ndo,  adj.  m.etf.  Rendu,  fotîgué.  —  Bout  rédu, 
je.  snis  rendu. 

Dér.  du  lat.  Adnefus,  m.  sign. 


580 


RÉG 


Réfa,  acbo»  adj.  m.  et  f.  Refait,  réparô,  rétabli, 
restauré. 

Dér.  du  ht.  Beféctus,  m.  sign. 

Refaire,  v.  Refaire,  faire  une  seconde  fois,  réparer, 
racommoder,  recommencer,  remettre  en  état,  restaurer. 

Dér.  de  Re,  itérât.,  et  de  faire,  faire. 

Refoula,  V.  Regorger.  Se  dit  d*un  liquide  qui  se  répand, 
quand  on  le  verse  dans  un  vase  dont  l'ouverture  est  trop 
étroite,  ou  qu'on  le  verse  en  trop  grande  quantité  à  la  fois, 
et  que  Tair  du  dedans  n'a  pas  d'issue  pour  s'échapper  à 
mesure  que  le  liquide  en  prend  la  place. 

Réfoula,  v.  Refouler,  repousser. 

Réfréja,  v.  Refroidir,  rendre  froid.  Au  fig.  calmer, 
diminuer  l'ardeur,  refroidir  l'enthousiasme  ou  le  zèle  de 
quelqu'un .  —  Ço  que  m'an  di  m'a  réfréja,  ce  que  Ton 
m'a  raconté  m'a  refroidi,  a  changé  mes  idées. 

Dér.  du  lat.  Frigefaeere  ou  de  Refrigerare. 

Réfrésqna,  v.  Rafraîchir,  rendre  frais,  calmer  la  cha- 
leur; réparer,  rétablir,  nettoyer  en  lavant;  rappeler, 
renouveler.  —  Réfrésca  lou  linje,  mouiller  le  linge  avant 
de  le  mettre  à  la  lessive  ;  remuer  le  linge  dans  l'eau  claire 
avant  de  le  tordre,  après  l'avoir  lavé,  et  pour  en  faire  sortir 
le  savon.  Réfrésca  fino  bouto,  un  véire,  rincer  un  tonneau, 
un  verre,  ou  le  passer  simplement  dans  l'eau  claire  après 
l'avoir  rincé.  Bouta  lou  vi  à  réfrésca,  mettre  le  vin  à 
rafraîchir.  Réfrésca  la  mémouèro,  rappeler  une  chose 
oubliée  ou  ancienne. 

Dér.  du  lat.  Reftigerare,  refroidir. 

Réfrésquado,  s.  f.  Une  ondée;  un  léger  lavage;  |une 
tripotée.  —  Avèn  agu  ttno  réfréseado,  nous  avons  essuyé 
une  averse.  Douna  uno  réfréseado  âou  linjê,  laver  légè- 
rement le  linge.  FUre  uno  réfréseado,  ficher  une  tripotée 
à  quelqu'un. 

Réfréscadoù,  t.  m.  L'eau  à  rafraîchir,  où  l'on  met 
le  vin  à  rafraîchir;  petit  lavoir  contenant  de  Teau  claire 
et  où  l'on  trempe  le  linge  lavé,  avant  de  le  tordre  pour  le 
mettre  à  sécher. 

Réfrésqnaîe,  t.  m.  Linge  ou  lessive  essangée  à  laquelle 
on  donne  un  léger  blanchissage  avant  de  la  mettre  an 
cuvier.  —  Blan  dé  réfrésquaje,  premier  blanchissage  ou 
un  simple  savon. 

Réfréta,  v.  Ce  terme  s'emploie  dans  le  sens  de  radouber, 
réparer  les  roues  d'un  véhicule  en  resserrant  les  jantes  et 
les  rayons  dont  l'usage  on  les  grandes  chaleurs  ont  amaigri 
les  points  d'assemblage. 

Refus,  s,  m.  Refus,  action  de  refuser.  —  Àquà  n'éspa 
dé  refus,  j'accepte  cela  volontiers,  ce  n'est  pas  une  chose 
à  refuser. 

Dér.  du  lat.  Refutare,  réfuter. 

Réfnaa,  v.  Refuser,  ne  point  accepter  une  chose  offerte, 
ne  pas  accorder  une  chose  demandée. 

Dér.  du  lat.  Refutare,  réfater. 

Régagna,  v.  Rechigner.  Au  pr.  Régagna  las  dén§, 
montrer  les  dents,  soit  par  un  défaut  nature),  soit  par  une 


REG 

mauvaise  habitude.  Au  fig.  jRé^o^fia  las  déns,  tenir  tftte  à 
quelqu'un,  lui  montrer  les  dents,  lui  montrer  de  la  fertnett. 
Le  sens  fig.  est  pris  des  chiens  qui  grondent  et  menaoent 
de  mordrR  en  montrant  les  dents. 

Dér.  de  l'esp.  Resgagnar,  grincer  des  dents. 

Régagnado,  t.  f.  Brosquerie,  brusque  incartide, 
rebuffade. 

Régagnas,  '.m.  Gros  rire  sardonique  et  moqnear. 

Dér.  de  Régagna.  —  Voy.  c.  m. 

Régal,  s.  m.  Régal,  grand  festin,  grand  repss,  grand 
plaisir,  vive  satîsfactiop.  —  Éf  un  régal  pér  él  dé  se  pér- 
mena,  la  promenade  est  pour  lui  un  vrai  régal. 

Régala,  v.  Régaler,  inviter  quelqu'un  à  un  festin,  fiiire 
un  gala. 

Dér.  de  Régal. 

Régalisso,  s.  f.  Réglisse  Glpkyrhiga  glùbra,  Linn., 
plante  de  la  famille  des  Légumineuses,  cultivée  dans  la 
Provence  méridionale.  C'est  de  la  racine  de  cette  plante 
que  l'on  retire,  par  ébullition,  l'extrait  que  l'on  nomme 
jus  de  réglisse. 

La  réglisse  sauvage,  astragale  à  feuilles  de  réglisse 
(Astragalus  glykyphyUos,  LinnO«  plante  de  la  même  famille 
que  la  précédente  à  laquelle  elle  ressemble  par  ses  feuiBes. 

Dér.  du  grec  VK,<i,  racine,  et  de  ,  TX^oç,  doux,  radoe 
douce. 

Régalo,  s.  f.  Régal,  festin,  bon  repas,  gueuleton.  «• 
Paguespa  'no  régalo  f  n'es-tu  pas  décidé  à  payer  un  bon 
dîner? 

Dér.  de  l'esp.  Régalo,  m.  sign. 

Régauèl,  t.  m.  Regard,  aspect, exposition,  rayonnement 
du  soleil.  —  Èro  âou  réganél  dàau  êourél,  il  était  expos6 
aux  rayons,  aux  ardeurs  du  soleil. 

Dér.  de  Régo,  raie. 

Régauta,  v.  Regretter,  se  repentir  trop  tard.  —  Frieas- 
ses  ioun  bé,  lou  régantaras  un  jour,  tu  dissipes  ton  bien, 
tu  le  regretteras  un  jour. 

Régâougna,  v.  Rechigner,  grommeler,  montrer  de 
l'humeur,  de  la  répugnance;  relancer  quelqu'un,  le 
rabrouer,  le  rebuter  avec  rudesse.  On  dit  aussi  il^^o^iMi. 
—  Voy.  c.  m. 

Régâougnado,  t.  f.  Brusquerie,  brusque  incartade, 
rebuffade.  On  dit  aussi  Régagnado.  —  Voy.  c.  m. 

Régâougnaire,  s.  m.  Personnage  brusqpie,  grognon, 
rechigné,  qui  trouve  sans  cesse  à  redire  à  tout  le  monde. 

Dér.  de  Régâougna. 

Régàoula,  v.  Couler,  dégoutter. 

Régâoussa,  v.  Regarder  de  travers  ou  d'un  air  dédai- 
gneux ;  donner  à  son  visage  une  expression  de  mépris.  '* 
Régâoussa  lout  ids,  montrer  le  blanc  des  yeux  comme  dans 
un  évanouissement  ;  regarder  d'un  air  farouche. 

Régâoussado,  s.  f.  Regard  farouche,  regaid  torve, 
menaçant. 

Régar,  s.  m.  Regard;  égard.  —  Vér  «otf«  reçoit,  par 
égard  pour  vous.  Fkr  régar  d'aquà,  à  l'égaid  de  ceci. 


RËG 

Regarda,  «•  Regarder;  avoir  égard.  -*  Aquà  é$  dé 
régarda,  c'est  Une  chose  à  laquelle  il  faut  avoir  égard. 
Mégarda  ou  Ungu^a,  langueyer  nn  porc  pour  y  découvrir 
les  grains  oa  boutons  de  ladrerie. 

Régardaira,  t.  m.  Langueyeur  de  pourceaux;  inspec- 
teur. 

Régardèlo,  $,  f.  ^  Unpla  dé  régardèlo,  un  plat  pour 
les  yeux.  Manja  dé  régardèlo,  diner  des  yeux  ou  en 
regardant  les  autres  manger. 

Dér.  de  Régardèlo,  plante  ou  produit  imaginaire. 

Régiaola,  «.  Rejaillir,  éclabousser.  —  M'a  unu  rég%$ela, 
il  in*a  tout  éclaboussé. 

Régiaolado,  «.  f,  Éclaboussure,  rejaillissement;  ondée, 
pluie,  averse  subite  et  de  peu  de  durée. 

Régiaole,  «.  m.  Rejaillissement,  éclaboussure.  On  dit  au 
prop.  et  au  fig.  N'aï  agu  lou  régiêch,  j'en  ai  eu  les  écla- 
bonssures. 

Régistèl,  t.  m.  Nom  de  plante;  garance  des  teinturiers 
(Mubia  tinetomm,  Linn.).  Grateron.  —  V&y,  Arapo-man  et 
Rébouh, 

Règiatro,  t.  m.  Registre;  livre  où  Ton  inscrit  les  actes 
de  l'état  civil,  les  délibérations  municipales,  les  affiûres  de 
chaque  jour,  les  fournitures  de  métier,  etc. 

Dér.  du  lat.  Registrum, 

Régital,  «.  m.  Piège,  traquenard  pour  prendre  les  bètes 
fauves;  traquet  pour  prendre  les  rats  et  les  souris;  sorte 
de  piège  à  ressort  composé  de  deux  m&cboires  armées  de 
pointes  qu'un  ressort  fait  détendre  et  qui  saisissent  l'ani- 
mal qui  a  donné  dans  le  piège. 

Régla,  o.  Tirer  des  lignes  droites  avec  une  règle  et  une 
pointe  à  tracer;  régler,  mettre  une  règle  en  vigueur,  ar- 
rêter, ()éterminer,  régulariser;  arrêter  un  compte.  —  Soun 
etmtê  éê  régla,  il  a  son  compte;  il  a  reçu  le  châtiment  qu'il 
méritait;  il  est  mort. 

Dér.  du  lat.  Rêgularê. 

Réglé,  «.  m.  Règlement  relatif  à  divers  objets.  En 
terme  d'église  et  dans  le  st.  fam.  guide-ane,  ordo  ou  ordre 
a  suivre,  livret  qui  indique  l'office  de  chaque  jour.  En 
•tyle  administratif,  cette  expression  s'emploie  surtout  pour 
désigner  le  règlement  relatif  à  ladépaissancedes  troupeaux 
dans  les  terrains  communaux.  Dans  les  Cévennes  ce  mot 
désigne  un  thermomètre.  Quand  l'abbé  de  Sàuvagbs  mit  le 
thermomètre  entre  les  mains  des  éducateurs  de  vers  à 
soie,  pour  régler  le  degré  de  température,  il  lui  donna 
le  nom  de  réglé,  qu'il  a  conservé.  On  dit  au  fig.  lou  méirén 
âou  réglé,  nous  lui  apprendrons  à  se  bien  conduire,  à 
ne  pas  agir  selon  ses  caprices. 

Réglo,  «.  f.  Règle,  instrument  allongé,  plat  ou  carré, 
iu  bois  ou  en  métal,  servant  a  tracer  des  lignes  droites,  et, 
par  extension,  principe,  maxime,  loi  ;  bon  ordre,  exemple, 
modèle,  préceptes;  statuts  d'un  ordre  religieux. 

Dér.  du  lat.  Régula,  m.  sign. 

Employé  au  plur.,  il  a  la  signification  de  règles,  mens* 
trùes,  écoolement  périodique  el  mensuel  des  femmes. 


RÉG 


581 


Régo.  s.  f.  Raie,  ligne,  trait  de  plume  ou  de  crayon; 
bande  étroite  ;  rayon  ou  sillon  de  jardinier  ;  ligne  divisoire 
qui  sépare  deux  champs;  rigole  de  jardinier:  règle  de 
conduite;  culture.  —  Uno  régo  dé  eoutriê,  un  labourage 
simple.  Donna  dos  régo»,  faire  deux  labours  successifs  ou 
l'un  sur  l'autre  en  sens  inverse.  Planta  à  régo,  planter  par 
sillons  ou  par  rigoles.  Tira  régo,  planter,  borner,  délimiter 
deux  champs  contigus.  Téni  la  régo  dréeho,  tenir  une 
conduite  régulière.  Paua  la  régo,  dépasser  les  bornes  per- 
mises. 

Dér.  du  grec  Piiyni,  fente,  crevasse,  on  du  lat.  Riga,  dor. 

tnyà. 

Régolo,  a.  f.  Rigole,  petit  fossé  peu  profond,  creusé 
dans  la  terre  pour  faire  couler  l'eau  dans  un  jardin,  nn  pré  ; 
caniveau  établi  dans  une  rue  pour  l'écoulement  des  eaux 
pluviales.  —  Sâouto  régolo,  saute -ruisseau,  petit  jeune 
homme  malingre  et  prétentieux;  petit  polisson,  enfant  des 
rues. 

Dér.  du  celt.  Rigol  ou  du  lat.  Rigan,  arroser. 

Régor,  s.  m.  Agneau  tardif,  agneau  de  l'arrière-saîson, 
celui  qu'une  brebis  met  bas  dans  un  âge  ou  communé- 
ment elles  ne  portent  plus.  Ces  agneaux  sont  ordinairement 
maigres,  chétifs,  vieillots  et  malsains.  On  le  dit  au  fig.  des 
enfants  nés  sur  le  déclin  de  Tâge  de  leur  mère. 

Dér.  du  lat.  Cordus,  qui  vient  dans  l'arrière-saison. 

Régonbia,  adj.  Recourbé.  —  CanUno  tau  régouUa,  il 
marche  tout  courbé. 

Ce  mot  est  sans  doute  employé  pour  D^otcréto,  qui  vient 
à  son  tour  de  Gourbw,  serpette  recourbée  ainsi  nommée 
dans  le  voisinage  du  Rhône. 

Régoubinn,  «.  m.  Nausée,  vomissement;  alimenta  rendus 
à  la  suite  de  nausées. 

Régoula,  v.  Couler,  dégoutter;  vomir,  rendra  gorge; 
être  rassasié  jusqu'au  dégoût.  —  La  susoù  mi  régoulà  din 
Vétquino,  la  sueur  me  coule  dans  le  dos  ;  je  ruisselle  de 
sueur. 

Régouliie,  «.  m.  Dégoût,  aversion;  nausée,  envie  de 
vomir,  dégobillis.  —  ^cd  fa\  véni  hu  régoulije,  cela  sou- 
lève le  cœur. 

On  dit  aussi  Fastije. 

Régonmaa,  j.  m.  Grimace,  faux  pli  que  fait  un  vête- 
ment mal  taillé,  ou  par  l'application  d'une  pièce  mal 
cousue,  mal  appliquée,  mal  posée. 

Régoumaïaa,  v.  Grimacer,  présenter  un  pli  défectueux. 
Se  dit  d'un  vêtement  mal  taillé. 

Dér.  de  Régoumai,  grimace. 

Régonrdano  (cami  dé).  Nom  donné  à  l'ancienne  voie 
romaine  qui  conduisait  de  Nimes  à  la  Loire  par  Alais, 
Villefort  et  la  vallée  de  l'Allier.  Strabon  en  fait  mention. 
On  en  voyait  des  vestiges,  il  y  a  quelques  années,  près 
d' Alais,  sur  la  partie  de  l'ancienne  route  de  Saint-Ambroix 
appelée  les  Calades;  aux  abords  de  l'Affenadou,  sur  un 
point  désigné  aussi  sous  le  nom  des  Calades. 

Régrè,  s.  m.  Sorte  de  sérénade  amoureuse,  dont  l'air  et 

74 


582 


RÉI 


les  paroles  sont  d*an  caractère  plaintif  et  que  les  paysans  i 
des  Cévennes  chantent  sous  la  fenêtre  de  lear  amonreose. 
Ce  terme  s'emploie  aussi  dans  le  sens  de  pitié.  —  Àquél 
éftin  fat  régrèf  cet  enfant  me  fait  pilié.  A\  régrè  d'él.  j'ai 
pitié  de  lai.  Dans  le  sens  propre  il  signifie  regret,  souvenir 
pénible  d'avoir  lait,  dit  on  perda  quelque  chose;  de  n'avoir 
pas  dit  ou  fait  telle  autre  chose  ;  repentir. 

Dér.  du  lat.  JHegressm,  retour. 

Régréta,  v.  Regretter,  être  fâché,  affligé  d'une  perte 
qu'on  a  faite,  d'avoir  manqué  une  occasion  favorable,  ou 
de  n'avoir  pas  fait  une  chose. 

Régmè,5.  m.  Sillon,  rigole;  rigole  ou  chenal  de  jardin 
qui  longe  une  plate-bande  et  sert  à  introduire  suecessi- 
veroent  l'eau  d'arrosage  dans  la  série  des  rigoles  qui 
composent  la  plate-bande  ou  carré  affecté  à  une  même 
espèce  de  culture. 

Régainna,  t;.  Ruer.  Au  fig.  regimber. 

Réguinnado,  s.  f.  Ruade. 

Régoinnairo,  adj.  m.  Enclin  à  ruer.  —  àquél  mi&ou 
et  règuinnaïrê,  ce  mulet  à  une  tendance  à  ruer. 

Rèï,  5.  Ht.  Roi,  celui  qui  gouverne  un  état.  —  RH  dé  la 
favo,  le  roi  de  la  fève  ;  celui  à  qui  est  échue  la  fève  du 
gâteau,  le  jour  des  Rois.  Countén  eoumo  un  rè^,  content, 
heureux  comme  un  roi. 

Dér.  du  lat.  Bex,  régis,  m.  sign. 

Rèi-dé-caio,  s,  m.  eomp.  Râle  de  genêt,  roi  des  cailhss, 
poule  d'eau  de  genêt.  (GaUinula  ou  Rallut  Crex,  Temm.) 
Depuis  le  hauc  de  la  tête  jusqu'au  croupion,  d'un  brun 
foncé  ;  chaque  plume  bordée  de  roux  et  de  cendré  ;  ventre 
blanc  lavé  de  roux  ;  longueur  26  cent.  Cet  oiseau  arrivant 
toujours  à  la  suite  des  cailles,  on  a  supposé  qu'il  avait 
autorité  pour  les  pousser  devant  lui  et  on  t'a  nommé  Roi 
des  cailles.  Il  n'y  a  aucun  rapport  entre  eux.  H  est  vrai  que  la 
science,  ayant  égaid  à  certains  caractères  extérieurs,  et  ne 
tenant  aucun  compte  de  ses  mœurs  disparates,  Va  rangé 
à  son  tour  parmi  les  poules  d'eau;  mais  son  nom  scienti- 
fique est  déjà  une  contradiction  ;  car  ce  n'est  pas  au  milieu 
des  genêts  que  cette  poule  viendrait  satisfaire  son  goût 
pour  l'eau.  Le  fait  est  qu'elle  n'aime  pas  l'eau.  Le  langue- 
docien a  traduit  au  choix,  le  Roi  ou  le  Râle  du  français. 

Réinage,  s.  m,  La  royauté  du  repas  des  Rois  ou  de  la 
fête  de  l'Epiphanie.  — Las  fougassos  dé  réinage,  les  gâteaux 
des  Rois. 

Dér.  de  RU,  roi. 

Rèmâoa,  n.  pr.  m.  Reynaud,  que  l'on  trouve  quelque- 
fois écrit  Raynaud,  Raynal,  Raynald  ou  même  Réginal. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Reginaldus,  royal. 

Réinar,  s.  m.  Renard.  (Canis  vulpes,  Linn.)  Mammifère 
onguiculé  de  la  famille  des  Digitigrades  ou  Carnivores, 
signalé  de  tout  temps  comme  l'emblème  de  la  ruse  et  de  la 
finesse.  —  Es  un  fi  réfinar,  c'est  un  rusé  compère. 

Réinar,  s,  m.  Terme  de  maçon.  Pierre  attachée  au  bout 
d'une  ficelle  et  tenant  lieu  de  fil  â  plomb. 

Réinardivo,  Rénardivo  ou  Rénadivo,  «.  f,  Ognon  de 


RÉL 

Tarrière-saison;  ceux  qui  renaissent,  pour  aiasi  dire,  on 
qui  repoussent  du  germe  des  vieux  ognons  qu'on  avait 
laissés  en  terre  par  oubli  ou  à  dessein.  Cesognons  ont,  à  la 
fin  de  l'automne,  la  fraîcheur  des  (^nons  du  printemps. 

Dér.  du  lat.  Rvnaius,  venu  de  nouveau,  repitMhit 

Réinéto,  t.  f.  Pomme  de  rainette,  sorte  de  pomme 
commune  dans  les  Cévennes  où  l'on  en  trmife  diverses 
variétés.  La  rainette  du  Vigan  jouit  d'une  réputation 
justement  méritée. 

Dér.  de  Rëmo,  reine,  eu  égard  à  sa  qualité  supérieure. 

Réfiléto,  t.  /.  Raine  verte  ou  graîsset  (Rama  arhma, 
Linn.)«  petite  grenouille  verte  qui  se  peitiie  sur  les  buissons 
ou  les  arbustes.  Reptile  de  l'ordre  des  Rafraeîefts  et  de  la 
famille  des  Anoures  (sans  queue). 

Dér.  du  lat.  Rana,  grenouille. 

Rèino,  f.  A  Reine,  femme  de  n>i,  souveraine  d'nn 
royaume. 

Dér.  du  lat.  Rsgina,  m.  sign. 

Rèio,  f.  A  Le  soc  de  la  charrue.  —  àpown^a  h  rëo, 
rebattre  le  soc. 

Réire,  adv.  Arriére,  derrière.  —  Çaï  en  réirê,  ci-devant 
ou  par  le  passé.  Àcà  es  toujour  à  réïre,  c'est  toujours  i 
recommencer.  En  réire,  jadis,  autrefois,  postérieurement, 
de  nouveau. 

Dér.  du  ht.  Retrà. 

Réîre-ban,  s,  m.  comp.  Arrière-ban.  —  an  vira  ban  tt 
rétre-ban,  on  a  fait  des  perquisitions  très-minutieuses;  on 
a  hit  un  grand  r^mue-ménage. 

Réire-bontigo,  s,  f.  comp.  Arrière-boutique;  arrière 
magasin. 

Réîre-gran,  s.  m.  et  f.  eomp.  Arrière  grand-père; 
arrière  grand'mère.  —  Jfoun  rUre-gran;  ma  rèire-gran, 

Réûre-léndéman,  s.  m.  eomp.  L'aprés-demain. 

Réire-poun,  s.  m.  eomp.  Arrière-point,  rang  de  points 
de  couture  continus  que  l'on  fait  avec  une  aiguHIe  et  du 
fil  ou  avec  une  machine  â  coudre,  sur  le  poignet  de  la 
manche  ou  le  plastron  d'une  chemise  ou  de  tout  autre 
vêtement. 

Rélre-BOurèl,  t.  m.  eomp.  La  réverbération  du  soleil; 
un  reflet  de  soleil  donné  par  un  nuage. 

Réjongne,  v.  Serrer,  enfermer,  ranger,  mettre  en  place, 
soigner.  —  Ténès  aeà  bien  réjoun,  gardez  cela  avec  soin; 
tenez-le  bien  soigneusement  serré,  ajusté,  rangé. 

Réjoui,  V.  Réjouir,  donner  de  la  joie,  du  plaisir.  —  Se 
réjoui,  se  réjouir,  se  livrer  au  plaisir,  se  divertir. 

Réiomssanço,  t.  f.  Réjouissance,  fête,  festin,  fSte 
votive,  réunion  où  l'on  s'amuse. 

Réjoun,  adj.  m.  Serré,  ajusté,  rangé,  soigné.  —  Ton. 
Réjougne. 

RélaîBsa,  ado,  f .  m.  et  f.  Abandonné,  ée.  En  vient 
langage  rélaissado  signifiait  une  veuve;  la  femme  de  celai 
qui,  embrassant  l'état  ecclésiastique,  jurait  de  conserver 
l'état  de  viduité.  De  la  bass.  lat. 

Rélaîssé,  s,  m.  Rebord,  relief,  saillie,  plinthe,  imposte; 


REM 

toute  partie  taillaate  d'une  oonstrnction ,  d*un  meuble; 
tablette  de  cheoûoée,  bord  d*nne  armoire,  d'une  commode. 
Littéralement  :  petit  relief. 

RélaMa,  ado,  # .  m.  et  f.  Celui  ou  celle  qui  est  afEecté 
d*uae  hernie. 

Dér.  du  lat.  B9laxatui,  relâché. 

RéléTa.  «.  Relever,  ramasser,  exhausser;  rétablir  une 
Ibrtane;  faire  valoir,  donner  plus  d'éclat,  faire  remarquer; 
répondre  vivement  à  quelqu'un,  mettre  à  la  place  d'un 
antre;  sortir  de  maladie. 

Dér.  du  lat.  Mmfare,  m.  aign. 

AéléTairo,  «.  f.  Terme  de  filature,  désignant  une 
apprentie  fileuse. 

Réloge,  s.  m.  Horloge.  ^  Bélogê  d'araire,  anneau  ou 
oochet  eik  6  d'ane  charrue,  aaquel  on  attache  le  timon. 
Régla  cotimo  tin  rUoge,  se  dit  d'un  homme  trôs-ponctuel. 

Dér.  du  lat.  Borciogiwm,  m.  sigu. 

Rélongè,  s.  m.  Horloger,  oelui  qui  fait  ou  raccommode 
les  horlogeiB,  les  pendules  et  les  montres. 

Dér.  de  RUog$*  -<*  Vop,  c  m. 

Remarqua,  v.  Remarquer,  marquer  de  nouveau,  faire 
une  remarque,  distinguer  quelque  particularité. 

Dér.  de  Marqua,  marquer. 

Réoaar^piaMa,  ablo,  adj»  m.  et  A  Remarquable,  digne 
de  remarque;  qui  n'est  pas  ordinaire,  qui  présente  des 
particularités  exceptionnelles. 

Dér.  de  MéÊnarqHa, 

Rémarquo,  «.  f.  Remarque;  marque,  observation  parti- 
culière sur  quelqu'un,  aur  quelque  diose. 

Dér.  de  Marqua,  —  Voy,  c.  m. 

Ramena,  v.  Rameoter,  revenir  sur  un  sujet,  rabjusber, 
chanier  toiyours  la  même  gamme.  —  JPai  pas  çm'ow 
réména,  il  ne  fait  que  répéter  toujours  la  même  chanson. 
Ou  réménav9  déêémpUi  mu  an,  je  ruminais  cela  depuis 
un  an.  Remanier  une  toiture,  un  pavé  de  rue;  remuer  un 
mélange,  une  liqueur  circulairement.  Béména  h»  ^uiou, 
agiter,  tortiller  le  derrière  en  marchant  avec  affectation  et 
d'une  façon  ridicule. 

Dér.  du  v.  lat.  iUflMnori. 

Rémés,  éaao,  adj.  m.  et  f.  Remis,  remise;  replacé  en 
son  bien  ;  rétabli  d'une  maladie. 

Dér.  du  lat.  Mmi9$^,  m.  sign« 

Rémétre,  v.  Remettre;  metue  une  chose  à  l'endroit  où 
elle  était  auparavant;  donner  à  quelqu'un,  différer,  rendre. 

Dér.  du  lat.  B9mitt9rê,  m.  sign. 

Rémifta,  V.  Loger,  héberger*  mettre  à  l'abri,  enfermer 
dans  une  remise  ou  dans  un  endroit  qui  sert  d'abri. 

Dér.  du  lat.  Misêum,  de  Mitter$,  mettre. 

Rémiao,  4.  f.  Remise,  lieu  destiné  à  mettre  k  couvert 
les  voitures,  les  ustensiles  agricoles,  les  denrées,  les  récoltes. 

Du  grec  'UpcjA{>a,  mettre  en  repos,  par  la  suppression  de 
i{,  ou  du  laU  Mitsum,  de  MiUere,  mettre. 

Rémonia,  v.  Mouiller,  humecter  de  nouveau.  —  Pmè" 
fr9s  rémQuïat,  pèches  sèches  et  ramollies  dans  dit  vin. 


REN 


583 


Rémoulin,  n.  pr,  de  liêu.  Remoulins,  chef-lieu  de  canton 
de  l'arrondissement  d'Uzès,  situé  sur  la  rive  gauche  du 
Gardon,  à  3  k.  en  aval  du  Pont  du  Gard. 

Nom  dérivé  de  Mémoulii,  —  Foy.  c.  m. 

Rémonlina,  v.  Tournoyer,  pirouetter.  On  le  dit  de 
l'eau,  d'un  bief  de  moulin  qui  s'engouffre  dans  le  radier, 
ce  qui  produit,  à  la  surface  stagnante  de  l'eau,  des  tourbil- 
lons creux  en  forme  d'entonnoir. 

Dér.  de  Bëmaulis.  —  Voy.  c.  m. 

Rémonlla,  «.  m.  Tourbillon  d'eau,  détours  d'un  cours 
d'eau. 

Du  cat.  HjBmoU,  ou  de  Tespagn.  Remalino,  m.  sign. 

Rémoulu,  udo,  adj.  m.  et  f.  Avide,  insatiable,  goulu; 
en  parlant  de  l'avidité  de  ceux  qui,  comme  on  le  dit,  ont 
les  yeux  plus  gros  que  le  ventre. 

Dér.  de  Bémoulige,  avidité  du  bien,  désir  insatiable  d'en 
acquérir,  mêlé  d*un  sentiment  de  jalousie  (Sauvages).  — 
Voy.  Ârémoulï, 

Rémounlrina,  v.  Réprimander,  faire  des  reproches. 

Rémonnfrinado,  4.  f.  Réprimande,  semonce,  mercuriale. 
—  Aï  agu  uno  rémounfnnado,  j'ai  essuyé  une  réprimande. 

Rémounta,  t^.  Restaurer,  remettre  à  flot,  fortifier, 
ravigoter,  réjouir.  —  Un  pàou  dé  vè  mé  remonta,  un  doigt 
de  vin  me  restaure.  Cent  é§eui  mé  rémountarièou,  une 
somme  de  cent  écus  me  remettrait  à  flot,  me  serait  très- 
utile.  Lou  vi  rémonio  l'éstouma,  le  vin  fortifie.  Aquélo 
plèjo  a  rémounta  tous  Uas,  cette  pluie  a  donné  de  la 
vigueur  aux  blés. 

Dér.  de  Mounta,  monter. 

Rémountacion,  j.  f.  Fortune,  richesse.  —  Aeà's  ta 
rémountaeiou  d'àou  péis,  cela  constitue  la  richesse  du 
pays.  Aeà  sérié  ma  rémountaeiou,  ce  serait  une  fortune 
pour  moi. 

Dér.  de  Rémounta. 

Rémoustra,  v.  Remontrer,  représenter  à  quelqu*un  les 
inconvénients  d'une  chose  qu'il  n'a  pas  faite,  ou  qu'il  a 
faite  ou  qu'il  est  sur  le  point  de  faire. 

Dér.  de  Mousira,  montrer. 

Rémonatranço,  «.  f.  Remontrance,  reproche,  représen- 
tation, avertissement. 

Dér.  de  Bémouslra. 

Rémuda,  v.  Changer,  remplacer.  —  Bémuda  déjarman, 
coussin  issu  de  germain. 

Dér.  du  lat.  Bomutare,  m.  sign. 

RÂmnda,  s.  m.  Un  rassis  ou  un  relevé,  terme  de 
maréchal.  On  rassied  un  fer  de  cheval  lorsqu'on  y  remet 
les  clous  qui  y  manquent  et  qui  faisaient  locher  le  fer. 

Rén,  4.  m.  Rein,  reins.  —  Aï  màou  dé  rén,  je  souffre 
des  reins. 

Dér.  du  grec  Peu,  couler. 

Rén,  4.  m.  Rangée,  nombre.  —  Adéré,  se  dit  d'objets 
disposés  par  rangées,  disposés  en  file. 

Réna,  v.  Gronder,  murmurer  sourdement,  grogner; 
pleurer,  se  chagriner  sans  sujet  et  avec  mauvaise  humeur* 


584 


REP 


geindre.  —  Dé  que  rênes  f  de  quoi  grognes- ta?  Rénacoumo 
*^^  por,  grogner  comme  un  cochon.  Soun  ventre  réno,  son 
ventre  grouille. 

Rénaire,  j.  m.  Grognon,  inqoiei,  grondeur,  qui  se  plaint 
toujours. 

Réndiè,  t.  m.  Fermier,  locataire. 

Dér.  de  Réndo,  rente. 

Béndo,  s,  f.  Rente,  ferme,  revenu  annuel,  fermage, 
loyer. 

Dér.  du  lat.  ReddUa,  m.  sign. 

Rénéga,  «.  Jurer,  blasphômer,  proférer  des  jurons,  des 
imprécations.  —  Rénégavo  eoumo  un  fol,  il  jurait  comme 
un  possédé. 

Dér.  de  Negare,  désavouer,  renier  (Dieu). 

Rénégaire,  s,  m.  Celui  qui  jure,  qui  blasphème. 

Réngloro,  s.  f.  Petit  lézard  gris;  lézard  gris  des 
murailles,  lézardeau  (Lacerta  murali»).  C'est  un  crocodile 
en  miniature;  car  on  lui  a  fait  l'honneur  de  le  classer  avec 
lui  dans  Tordre  des  Sauriens.  Le  gentil  saurien  dont  nous 
parlons,  timide,  inoffensif,  éveillé  et  agile  quand  il  guetta 
ou  poursuit  sa  proie  ou  qu'il  fuit  le  danger,  est  un  vrai 
lazzarone,  se  dorlotant  avec  délicesau  soleil,  quand  on  veut 
bien  le  laisser  tranquille.  C'est  ainsi  qu'il  passerait  sa  vie, 
dormant  l'hiver,  se  chauffant  l'été,  au  milieu  de  nos 
espaliers,  qu'il  protège  en  les  débarrassant  d'une  fouie 
d'insectes  dont  il  se  nourrit  ;  mais  les  enfants  le  poursui- 
vent continuellement  et  bien  à  tort. 

Réngo,  «.  f.  Rangée  d'arbres  placés  sur  un  même 
alignement. 

Renifla,  v.  Renifler,  aspirer  avec  force  par  les  narines  ; 
on  le  dit  plus  particulièrement  des  liquides. 

Dér.  du  lat.  Renasiculare,  formé  de  re,  itérât,  et  de 
fuiiictt/ar0. 

Rén]a,  v.  Ranger,  placer  dans  son  rang,  mettre  en  place; 
arranger,  raccommoder,  réparer.  —  Rénja  sa$  eAou$o$, 
arranger  ses  affûres.  Fan  rénja  sa  caréto,  il  fait  arranger, 
réparer  sa  charette. 

Rénjo,  t.  f.  Rangée,  ligne  de  plantations,  même  signi* 
fication  que  Réngo.  —  Voy,  c.  m. 

Réno,  s.  f.  Plainte,  soupirs  d'un  malade,  pleurs  traî- 
nants d'un  enfant  gâté.  —  Aro  a  sa  réno,  maintenant,  (cet 
enfant}  a  un  accès  de  pleurs. 
Dér.  du  lat.  Rana,  grenouille. 

Rénouncia,  v.  Renoncer,  se  désister,  se  départir  de 
quelque  chose;  quitter,  abandonner;  renier,  désavouer; 
mettre  au  jeu  une  carte  d'une  autre  couleur  que  celle  dont 
on  joue. 
Dér.  du  lat.  Renuneiare,  m.  sign. 
RénoÙB,  ouao,  adj.  m.  et  f.  Grondeur,  grognon,  har- 
gneux, pleurard. 
Dér.  de  Réno.  —  Voy.  c.  m. 
Répâon,  5.  Ht.  Repos,  cessation  de  mouvement,  de 
travail;  tranquillité  d'esprit,  sommeil;   palier  ou  repos 
d'escalier.  —  Démouras  en  répâou,  finissez;  restes  tran* 


REP 

quille,  laissez-moi.  —  JUWMa-mé  dé  répâou,  laiMez-mai 
tranquille.  —  Vn  répâou  d'éeeaXè,  un  palier. 
Dér.  du  lat.  Reponwre, 

Répâonaa,  v.  Reposer,  mettre  dans  une  sitiiation  trao- 
quille,  dormir;  cesser  de  travailler,  d'agir;  se  reposer. 
Dér.  de  Ripàou,  repos. 

Répapia,  v.  Radoter,  rabAoher,  revenir  eonstâmaMot 
sur  le  même  sujet.  — >  Répajrio  soun  sadoui,  il  rabâcha 
tant  qu'il  peut. 

L'abbé  OB  Sàuvagbs  fait  dériver  oe  mot  de  rê,  itératif, 
et  de  papa,  père.  Répapia  signifierait  doue  :  répéter  le  mot 
papa,  comme  les  enfants,  c'est-à-dire  devenir  en&Dt, 
tomber  dans  l'enfance. 

Répapiaire,  t,  m.  Radoteur,  qui  répète  toujounU 
même  chose,  qui  ne  dit  que  des  riens,  des  choses  qui  n'ont 
souvent  aucuu  rapport  entre  elles. 

Répapijo,  s.  m.  RabAcbage,  radotage,  verbiage;  diseoon 
désordonné,  dépourvu  de  sens  et  de  raison. 

Répara,  v.  Réparer,  remettre  en  état  œ  qui  a  soufEsit 
quelque  dommage,  rétablir.  —  A  répara  soun  ouetâou,  il 
a  fait  réparer  sa  maison. 
Dér.  du  lat.  Reparare,  m.  sign. 
Réparacion,  5.  f.  Réparation,  oavrage  que  l'on  fait 
effectuer  pour  réparer  un  dommage;  satisfaction  donnée  on 
exigée. 
Dér.  du  lat.  ReparaUo,  m.  sign. 
Répasaa,  0.  Repasser,  passer  de  nouveau  An  ûg.  frotter, 
houspiller,  charger  de  coups. 

Répassado,  5.  f»  Volée  de  coups;  réprimande,  merca- 
riale,  correction. 

Répaaso,  «.  f-  Repasse,  grosse  farine  qui  contient  do 
son  ;  produit  d'une  seconde  distillation  de  Tean-de- vie. 

Répéntén,  énto,  adj.  m.  et  A  Repentant,  repentante, 
celui  qui  se  repent  d'avoir  commis  une  faute  ou  de  s'être 
engagé  dans  une  mauvaise  affaire. 
Repenti,  s.  m.  Repentir,  repentance. 
Dér.  du  lat.  Pomiîere,  m.  sign. 
Repassa,  v.  Rejaillir  par  ricochet;  se  dit  d'un  filet  oa 
d'une  chute  d'eau  qui  tombe  sur  une  surface  dure  et  se 
répand  en  rejaillissant. 
Répésa,  V.  Peser  de  nouveau. 
Répéta,  o.  Regimber,  ruer,  murmurer,   se  rebiffer, 
répondre  avec  vivacité.  Dans  ce  dernier  sens  on  dit  plutôt 
Rébéca 
Répétl,  s.  m.  Le  roitelet. 

Répéti,  express,  lang.  —  Ifavés  répéti,  vons  en  aves 
menti,  c'est  vous-même  qui  en  imposez,  vons  mentez 
doublenjent. 

Répi,  f.  m.  La  répétition  de  la  sonnerie  d'nne  horiofe, 
d'une  pendule,  les  heures  qu'elle  sonne  ponr  la  seconde 
fois.  —  A  souna  lou  répï,  les  heures  ont  sonné  pour  la 
seconde  fois.  Éspérén  lou  répï,  attendons  la  répétition  des 
heures. 
Répiqua,  v.  Sonner  une  seconde  fois;  se  dit  d*Qoe 


RÈQ 

horioge.  ^  Ripiqua  dé  boutât,  relier,  radouber  les  tonaeanx, 
remplacer  les  cercles  usés  ou  resserrer  les  anciens  à  coap 
de  maillet. 

Dôr.  de  Piqua,  frapper. 

Répléga  (Se),  v.  Se  recroqueviller,  se  dit  des  feuilles 
des  arbres  que  le  froid,  la  sôcberesse,  les  piqûres  d*insectes 
font  bosseler  ou  recroqueviller. 

Dér.  de  Plé$a,  plier. 

Répoimchoù,  s.  m.  Raiponce  (Campanula  repuneului, 
lânn.)*  On  en  mange  la  racine  comme  salade  d'biver. 

Répourta,  v.  Rapporter,  apporter  une  chose,  du  lien  où 
elle  est  an  lien  où  elle  était  auparavant. 

Dér.  de  Pourta,  porter. 

Raponssa,  v.  Repousser,  rejeter,  renvoyer,  &ire  reculer, 
(aire  sortir,  chasser  au  dehors. 

Dér.  du  lat.  Hepulsare,  m.  sign. 

Réponaaadott,  «.  m.  Gbassoir  des  tcmneliers,  des  menui- 
siers ou  des  serruriers;  sorte  de  cheville  en  fer  qui  sert  à 
repousser  ou  chasser  une  pièce  de  fer  engagée  dans  un  orifice. 

Répoatéga,  v.  Marmotter,  murmurer,  bougonner; 
pester,  se  plaindre,  se  fâcher;  répliquer  brusquement. 

Dér.  de  Poui,  lèvre. 

Répoutégaira,  s.  m.  Celui  qui  murmure,  qui  marmotte 
entre  ses  dents,  se  plaint,  se  fâche,  réplique  brusquement. 

Dér.  de  Répoutiga.  —  Vo^,  c.  m. 

Répréna,  v.  Reprendre,  recommencer,  prendre  de  nou- 
veau; réprimander,  corriger.  —  Fôou  réprén9  lous  éfans, 
il  faut  réprimander  les  enfants  quand  ils  se  conduisent 
mal.  Se  répréne,  se  corriger  soi-môme  après  avoir  mal  dit. 

Dér.  de  Prénê,  prendre. 

Réprés,  éso,  adj,  m.  et/.  Repris,  ise,  pris  une  seconde 
fois;  réprimandé,  ée. 

Réprin,  s.  m.  Recoupe;  son  dont  on  a  tiré  la  fleur  et 
qui  contient  encore  beaucoup  de  farine;  cette  recoupe 
repassée  au  moulin  donne,  après  avoir  été  ressassée,  une 
autre  farine  plus  chargée  de  son  et  que  Ton  nomme 
ricoupéio. 

Reproches,  t.  m.  plur.  Rapports  d'estomac,  ordinaire- 
ment acides  et  désagréables. 

Réproucha,  v.  Donner  lieu  à  des  rapports  d'estomac  ou 
à  des  gaz  ou  vapeurs  qui  s'élèvent  dans  la  bouche  d'un 
estomac  dérangé.  —  Àquélét  robes  mi  réprœkou,  ces  radis 
me  donnent  des  rapports. 

Réqodri,  v.  Requérir,  demander,  rechercher. 

Dér.  du  lat.  R^quinre,  m.  sign. 

Raqniè,  écho,  odj.  m.  et  f.  Recuit,  ite.  Cuit  une 
seconde  fois. 

Dér.  du  lat.  Reeœtuê,  m.  sign. 

Réqoièclio,  «.  f.  Lait  bouilli. 

Réqaiaqnîa,  ado,  adj.  m.  et  /.  Requinqué,  paré  avec, 
soin,  avec  affectation,  plus  que  Tâge  et  la  condition  ne  le 
comportent.  —  5é  réquinquia,  se  parer. 

Remania,  v.  Reculer,  se  porter  en  arrière,  marcher  à 
reculons. 


RES 


585 


Réqnîonladou,  «.  m.  Reculoir  ;  courroie  qui  entoure  le 
train  postérieur  du  cheval  et  s'y  applique  quand  le  véhicule 
descend  une  o6tè  rapide. 

Réqnisto,  adj.  f.  Vérifié,  examiné,  recherché,  requis. 
—  Aeà'i  dé  réquûio,  c'est  une  chose  rare,  recherchée, 
précieuse,  exquise. 

Rés,  adv.  Rien;  personne.  —  Aed  fiiï  pa  dé  rét,  cela 
ne  fait  rien.  S'é*  poê  fàougu  dé  rés,  il  ne  s'en  est  presque 
rien  fallu.  Rés  n'es  pa  vëngu,  personne  n'est  venu.  On  dit 
aussi  ré  ou  rén,  dans  le  sens  de  rien. 

Rés,  s.  m.  Une  tressée,  une  cordée,  un  chapelet  d'ognons 
ou  d'ails  attachés  sur  deux  rangs  et  formant  une  double 
tresse. 

Dér.  du  lat.  RssHs,  corde.  Pline  dit  dans  ce  sens  :  Rutis 
aUiorufn,que  l'on  traduit  en  langned.  par  un  rés  d'axés. 

Réscondra,  v.  Cacher.  —  Se  réseondre,  se  cacher. 

Dér.  du  lat.  Condsre,  m.  sign. 

Réacôs,  adj.  m.  Caché.  On  dit  aussi  Rascàs  ou  Réicaundu, 

RéscÔB  (dé  ou  en),  adv.  £n  cachette,  secrètement,  à 
la  dérobée.  On  lit  dans  les  Coutumes  de  RemotUins  :  «  Que 
degun  bochier  n'aya  a  vendre  carn  a  reseos,  »  c.-â-d.  : 
Qu'aucun  boucher  ne  vende  de  la  viande  en  cachette. 

Réscoundéira,  «.  m.  Cachottier,  sournois,  homme 
dissimulé,  qui  ne  dit  jamais  ce  qu'il  fait  ni  ce  qu'il  pense. 

Résconndéto  (dé),  adv.  En  cachette,  à  la  dérobée. 

Réscoundra,  v.  Cacher.  —  Voy,  Réseondre. 

Rôsconndoùa  (dé),  adv.  En  cachette,  à  la  dérobée.  On 
dit  aussi  d'éseoundoun, 

Dér.  du  lat.  Reeonditus, 

Résa,  f.  m.  Tique;  tique  des  chiens,  ricin,  lonvette 
fAearus  rieinus,  Ldnn.);  insecte  aptère,  armé  de  pattes 
ou  plutôt  de  serres  puissantes  avec  lesquelles  il  se  cram- 
ponne surtout  aux  oreilles  des  chiens,  dont  il  est  si  difficile 
de  l'arracher  qu'il  faut  souvent  le  couper  pour  les  en 
débarrasser.  Quand  il  s'est  bien  repu,  sa  couleur  grisâtre 
prend  une  teinte  vineuse  que  lui  donne  le  sang  dont  il  s'est 
gonflé  ;  il  est  alors  gros  et  rond  comme  un  pois  ou  mieux 
une  fève  de  Palma  ChrisU  on  Ricin,  qui  lui  a  valu  son 
nom.  Beaucoup  d'animaux  sont  attaqués  par  différentes 
espèces  de  tiques;  celle  qu'on  trouve  sur  les  brebis  est 
appelée  Gourgouli  ou  Léngasto.  Voy.  ce  dernier.  —  Tên 
eoumo  un  rése,  il  est  tenace  comme  une  tique.  Se  oaufo 
eoumo  un  rése,  il  est  bouffi  de  vanité,  d'orgueil. 

Rèsi,  s.  fil.  Même  signification  que  Résê.  —  Voy.  c.  m. 

Résibla,  iblo,  adj.  m.  et  f.  Risible,  qui  provoque  la 
rire;  ridicule,  digne  de  moquerie. 

Dér.  du  lat.  RieibiUê,  m.  sign. 

Réaon,  t.  f.  Raison;  faculté  naturelle  par  laquelle 
l'homme  peut  diriger  les  opérations  de  son  âme  ;  bon  sens, 
équité,  justice.  Au  plur.  contestations,  difficultés,  dispute. 
^  An  agu  dé  résoks,  ils  ont  eu  des  contestations,  des 
disputes.  Aeà's  la  résoù,  cela  est  très-juste.  Dé  réi 
trâoueados,  des  propos  insensés,  dépourvus  de  raison. 

Dér.  du  lat.  Rationis,  gén.  de  Ratio,  m.  sign. 


586 


RÉS 


Résonna,  v.  Raisonner,  répliquer;  prendre  les  intérêts 
on  la  défense  d'un  autre  ;  apprécier  une  chose  qui  est  à 
vendre.  —  Résouna  lou  bé  ddoumèitre,  prendre  les  intérêts 
da  maître.  Résonna  uno  marohandûo,  offrir  nn  prix 
raisonnable.  Bésouna  tous  dré*,  défendre  ses  intérêts,  ses 
droits.  Réiouna  quâoucun,  prendre  le  parti,  la  défense,  les 
intérêts  de  quelqa*un.  Se  réêouna,  se  défendre  par  de 
bonnes  ou  de  mauvaises  raisons;  faire  bonne  contentoce 
devant  une  accusation,  se  rébiflfer. 

D^êr.  du  lat  Ratio,  raison. 

Résonnable,  ablo,  adj.  m.  et  f.  Raisonnable,  susceptible 
d'entendre  raison  ;  juste,  équitable.  ^  L'an  paga  un  prit 
résounable,  on  en  a  payé  un  prix  équitable. 

Dér.  du  lat.  RationabUit,  m.  sign. 

Résonnaîre,  adj,  n^.  Celui  qui  cherche  toujours  à  jnsti* 
fier  ses  actes,  bons  ou  mauvais,  qui  discute  sur  tout  «t  à 
propos  de  tout. 

Dér.  de  Réêoù,  raison. 

Réspè,  s.  m.  Respect;  soumission  Tolontaire,  déférence 
que  Ton  a  pour  quelqu'un  ou  pour  quelque  chose,  à  cause 
de  son  mérite  ou  de  sa  supériorité.  —  Parlan  pér  ré$pè, 
sauf  votre  respect,  révérence,  parler.  A  réspè  d'aquà,  en 
^rd  à  cela. 

Dér.  du  lat  Rêspêeius,  fait  de  Respie9re,  regarder,  avoir 
égard  à... 

Réspéta,  V.  Respecter,  porter  respect,  épai^gner,  ne  point 
endommager,  ne  point  porter  atteinte.  —  8é  ré^pHa,  se 
respecter,  garder  les  bienséances  convenables  à  sa  position. 

Réspondre,  v.  Répondre,  faire  nne  réponse  à  une  ques- 
tion, à  une  demande;  se  porter  caution,  assurer;  commencer 
à  éclore,  en  parlant  de  la  graine  de  vers  à  soie. 

Dér.  du  lat.  Respondêr$,  m.  sign. 

Résponso,  s.  f.  Réponse;  lettre  adressée  en  réponse  ^ 
nne  lettre  reçue;  réfutation. 

Dér.  du  lat.  Rèsponstan,  m.  sign. 

Réaponndèîre,  s.  m.  Caution,  garant.  •>-  Véneè  moim 
réspound^rê,  voici  ma  caution. 

RétponntaMe,  ablo,  adJ,  m.  et  f.  Responsable,  qui  est 
garant  de  quelque  chose,  qui  doit  rendre  compte  de  son 
administration  ou  de  ses  actes. 

Réiqnia,  v.  Glisser,  mettre  le  pied  sur  une  chose  glis- 
sante, chanceler  ou  tomber  en  glissant. 

Dér.  du  bas  bret.  Hi$glar,  m.  sign. 

Résqniado,  «.  f.  Glissade,  faux  pas  que  Ton  fait  en 
glissant. 

Résqniéto,  t.  f.  Glissoire,  chemin  frayé  sur  la  glace 
pour  y  glisser;  rocher  ou  corps  poli  et  incliné  sur  lequel 
on  6*amuse  à  glisser.  —  Jouga  àrésquiéto,ioner  à  éoûcehe- 
«nl,  glisser  en  se  trainant  sur  le  derrière.  Dé  résquiéto, 
par  ricochet,  en  glissant. 

Réssa,  i>.  Scier,  couper  avec  nne  scie. 

Du  grec  i^^iootj,  couper,  rompre. 

Réaaadoù,  s.  m.  Raudet  des  scieurs  de  long;  pontre 
ordinairement  fourches  par  un  bout  qui  pose  à  terre,  et 


RÊS 

dont  le  bout  opposé  est  élevé  sar  un  chevalet.  U  biltoà 
scier  est  liée  sur  le  baudet. 

Réssaire,  s.  m.  Scieur,  scieur  de  long.  —  Mosijatùmê 
un  réssaïrê,  manger  comme  un  scieur  de  long,  est  na 
dicton  qui  s'emploie  fréquemaent  pour  indifisr  m 
excellent  appétit  doutées  ouvriers  ne  sont  jamaisdépourvns, 
ce  qui  pourrait  bien  tenir  à  leur  genre  de  travail,  qui  doit 
fortement  activer  la  digestion  stomacale  et  intestinale,  en 
les  obligeant  à  se  baisser  et  &  se  redresser  sans  lelkbe. 

Réssaires,  s.  m.  plur.  Sorte  de  monoberoos  qui,  par  ds 
petits  vols  altemalife  et  continus,  de  bas  en  hait  et  de 
haut  en  bas,  imitent  le  mouvemeat  de  va-et-vieat  dei 
scieurs  de  long  ou  Réssaïres. 

Dér.  de  Rèsso,  scie. 

Réssâon,  s.  m.  Cahot,  ressaut,  cootre-coop,  reboa- 
dissement,  sursaut.  Ce  terme  s'emploie  ordinairemeut  pour 
designer  les  cahots  d'une  charette,  d'nne  voiliue. 

Dér.  de  Sdou,  sauC. 

RéssàonU,  v,  Ressauler,  éprouver  da  pelits  bondi 
successifii,  des  soubressauts,  reb(Hidir,  trépi^eer. 

Dér.  deSdoM,  saut. 

Réssé,  «.  fit.  Scie  de  main,  propre  à  scier  nne  branche 
d'arbre  de  moyenne  grosseur. 

Dim.  de  Rèsso,  sde. 

Résségre,  v.  Rechercher,  revenir  sur  ses  pas,  retoucher, 
travailler  à  la  pioche  les  endroits  qu'on  n'a  pn  laboarer 
avec  la  charrue. 

Dér.  de  Ségre,  suivre,  chercher. 

Réaséméla,  «.  Carreler,  mettre  de  nouvelles  semelles  à 
des  souliers. 

Dér.  de  Sémèlo,  semelle. 

Réssémélaire,  s.  m.  Savetier,  celui  q«i  remet  de 
nouvelles  semelles  à  des  souliers,  qui  les  répare. 

Dér.  de  Sémèlo,  semelle. 

Réssémélaje,  t.  m.  Garrelure  des  souliers,  semelles  qv 
l'on  ajoute  à  des  souliers  quand  la  première  est  osée. 

Rèsso,  f .  A  Scie,  outil  dont  la  pièce  principale  est  las 
lame  dentée,  destinée  à  couper  où  refendre  le  bois,  U 
pierre  ou  les  métaux. 

Dér.  du  grec  Pi(«wi>,  rompre,  frapper  avec  lome. 

Résflonnti,  v.  Retentir,  vibrer,  résonner.  —  A^  « 
m'a  ressoumi  éHn  i'éêUmma,  ee  oontre-no«p  s'est  fait 
ressentir  dans  ma  poitrine. 

Réssoutiméa,  t.  m.  Frémissement,  vibiatton  d'une 
cloche,  d'un  corps  résonnant;  vibration  de  l'air  causée  par 
la  chéte  d'un  corps  ou  par  quelque  bruit  nnaiogne  à  celai 
du  tonnerre  ou  du  canon. 

Resta,  f7.  Loger,  demenier;  tacëer,  èlra  en  retard.  — 
Ounté restas?  où  demeurez- vous?  où  loges^vooaf  J«d> èim 
resta/  vous  aves  bien  tardé  à  arriver»  RéÊtm  mpti  ésM 
Um  béstiàou  earga,  se  dit  d'une  perscone  qui  deawms 
interdite  ou  ne  sait  comuwit  se  tinsr  ë'alSaire  poir 
s'acquitter  d'une  comoiission  dont  on  l'a  cbaiféa. 

Réstanqna,  v.  Arrêter  l'écoulement  d'an  liquide,  tu 


RBT 

eotm  d*eaii  an  moyen  d*nne  digne  on  arrêt;  clore  nne 

écluse  en  baissant  la  vanne. 
Béstanipio»  «.  f.  Arrêt*  digne,  vanne  d*6clQse;  barre 

qn*on  met  en  travers  et  derrière  nne  porte  on  nne  fenêtre 

ponr  les  tenir  fermées;  vanne  on  planche  servant  d'arrêt 

ponr  retenir  la  pâte  dans  le  pétrin  de  bonlanger;  tont  ce 

qni  sert  à  retenir,  à  arrêter. 

'    Réstottble.  Ghanme;  ce  qni  reste  en  terre  de  la  tige  du 

blé,  dans  nn  champ  après  la  moisson;  un  champ  en 

cbanine. 

Rèstro,  V.  Même  signification  que  Èstre,  être,  v. 
substantif. 

RéUl,  «.  m.  Rognure  d*éto£fe,  d*habit  ;  retaille  ;  recoupes 
de  pierre  de  taille. 

Dér.  de  Toi,  entaille. 

Rétapa,  v.  Reboncher,  boucher  après  avoir  débouché; 
retaper,  retrousser  les  bords  d*nn  chapeau  d*nne  manière 
insolite  ou  originale  ;  répondre  vertement  k  quelqu'un.  -* 
fax  bien  rétapa,  je  l'ai  joliment  retourné. 

Dér.  de  Tapa,  boucher,  fermer. 

Rétar,  s.  m.  Retard,  retardement;  délai,  remise,  renvoi. 

Dér.  du  lat.  R$iardatio,  m.  sign. 

Rétarda,  0.  Retarder,  arrêter,  suspendre;  aller  Hop 
lentement  en  parlant  d'une  montre  ou  d'une  horloge  -—  Ma 
moitro  rUardo,  ma  montre  est  en  retard. 

Rétégno,  v.  Reteindre,  teindre  à  nouveau. 

Dér.  du  lat.  ReUnq&re,  retremper. 

Rétèna,  v.  Retenir,  reprendre,  garder  en  son  pouvoir, 
faire  séjourner  ;  opération  de  calcul  qui  consiste  à  retenir 
un  nombre  ponr  le  reporter  aune  autre  colonne  déchiffres; 
réprimer,  modérer,  mettre  dans  sa  mémoire,  empêcher, 
attraper.  Se  dit  des  arbres  qni  nouent,  dont  les  fruits  n'ont 
pas  coulé.  —  Lou»  dêubm  an  bièm  réién$u,  les  arbres  (à 
fruit)  ont  bien  noué. 

Réténgu,  ado,  adfj.  m.  et  f.  Retenu,  ne;  modéré,  cir- 
conspect, sobre. 

Dér.  du  ko.  BMmtw,  m.  sign. 

Réténgudo,  «.  f.  Réserve,  retenue,  discrétion,  qualité 
par  laquelle  on  règle  ses  discours  et  ses  actions  de  manière 
à  les  mettre  en  harmonie  avec  les  règles  delà  prudence,  do 
la  modération,  de  la  modestie,  des  convenances. 

Rétira,  v.  Recevoir,  loger,  recueillir,  hébeiger;  donner 
asile,  refuge,  retraite,  donner  l'hospitalité. 

Rétira  (Se),  v.  Se  rétrécir,  se  racornir.  —  Lcm  ^[mèr$é 
Htiro,  le  cuir  se  racornit. 

Rétirado,  t.  f.  Logement,  hospitalité,  asile  que  Ton 
donne  à  un  étranger,  à  nn  indigent,  à  un  parent,  à  nn 
ami.  ^  Douna  la  riUrado^  donner  l'hospitalité  à  quel- 
qu'un, l'héberger;  l'heure  de  la  retraite,  o  l'on  se  retire. 
^  £1  l'ouro  dé  ia  ritirado,  il  est  l'heure  de  rentrer. 

Rétor,  «.  m.  Retors,  fin,  rusé,  artificieux.  —  Éi  iw» 
réior,  c'est  un  homme  plein  de  ruse. 

Dér.  du  français. 

Rétoa,  rétosiO,  adj.  m.  et  f.  Tordu,  ccotoumé,  enronlt*. 


REV 


587 


Rétossa,  «.  Tordre,  contourner;  corriger,  mettre  à  la  rai- 
son. —  Té  vas  faire  ritoue,  tu  vas  te  fit  ire  mettre  à  la  raison. 

Rétour,  J.  m.  Retour;  détour,  contour.  ^  La  ribU»ro 
faï  un  retour,  la  rivière  forme  un  détour. 

Rétraira,  v.  Faire  le  portrait  d'une  personne,  la  figure 
d'un  corps  quelconque  ;  imiter  la  ressemblance  ;  ressembler, 
avoir  de  l'analogie;  reprocher.  —  Aquélo  coutoù  riiraï  sua 
hu  jAoune,  cette  couleur  tire  sur  le  jaune  ;  elle  est  appro- 
chante du  jaune.  AquH  ifan  rétraï  à  soun  pairs,  cet  enfant 
ressemble  à  son  père.  Y  rétrasièou  sas  fàoutos,  on  lui 
reprochait  ses  fautes,  sa  conduite. 

Rétroùs,  s,  m.  Débris  de  foin  on  de  paille  tombés  à 
terre,  du  râtelier  on  de  la  mangeoire  d'une  écurie. 

Réréîè,  s.  m.  Sérénade,  que  les  jeunes  gens  chantent  la 
nuit  sous  les  fenêtres  des  jeunes  filles. 

Rèréioû,  s.  m.  Réveillon,  collation  ou  mmiianoeKe  de 
la  nuit  de  Noël  que  l'on  fait  an  retour  de  la  messe  de 
minuit;  petit  repas  extraordinaire  que  Ton  £ait  entre  le 
souper  et  le  coucher;  collation,'  etc. 

Révéiousa,  v.  Faire  le  réveillon;  faire  nn  repas 
nocturne  entre  le  souper  et  le  coucher,  à  une  heure  avancée 
de  la  nnit. 

Dér.  de  Hviioù. 

Révéire,  v.  Revoir,  voir  de  nouveau.  ^  Àou  revers  f 
au  revoir! 

Dér.  de  VsUrs,  voir. 

Révénan,  «.  m.  Revenant,  fantôme,  esprit  que  Ton 
croit  revenir  de  l'autre  monde  ;  personnage  à  figure  ou 
accoutrement  fantastique.  ^  Sembla  un  rMnan,  il  a  l'air 
d'un  revenant. 

Emprunt  fait  au  français. 

Révéndariè.  s,  m.  Petite  boutique  de  regrat  ou  d'épicier 
qui  revend  les  denrées  de  seconde  on  de  troisième  main. 

RéTéndairo,  s,  m.  Regrattier  et  non  revendeur.  Petit 
épicier  qui  revend  de  seconde  ou  de  troisième  main.  On 
dit  aussi  Manjfouniè.  —  Va^,  c.  m. 

Révéngu,  t.  m.  Revenus,  rentes.  —  Adibos  réoén§us, 
il  a  de  jolis  revenus. 

RéYéngu,  udo,  adj,  m.  et  f.  Refait,  blanchi,  en  terme 
de  cuisine.  On  le  dit  aussi  de  la  viande  qu'on  fait  revenir 
ou  cuire  légèrement  sur  la  braise.  —  Pésoùl  révéngu,  un 
parvenu,  nn  homme  naguère  misérable  et  qui  fait  le  vani* 
teux  après  avoir  gagné  quelque  argent. 

Révéni,  v.  Paire  repreacke  &  quelqu'un  ses  esprits,  le 
ranimer.  —  Fa  rMn^,  faire  blanchir  ou  refaire,  en  terme 
de  cuisine.  Pér  vous  révéni,  pour  revenir  à  ce  que  nous 
disions;  c'est  une  locution  qui  s'emploie  dans  la  conver- 
sation après  nne  digression,  quand  on  revient  sur  le 
premier  siget. 

RéTéa,  s,  m.  Averse,  ondée,  pluie  de  peu  de  durée.  On 
dit  aussi  RMssado.  —  Foy.  c.  m. 

RéTésaa,  v.  Être  pire,  surpasser.  —  Lou  pairs  es  mkAan, 
lou  fU  révésso,  cet  homme  est  méchant,  mais  son  fils  le 
surpasse  en  méchanceté. 


588 


RIB 


Révéssado,  «.  f.  Averse,  oadée,  pluie  de  pea  de  darée. 
On  dit  aussi  Ré^àt.  —  Foy.  c.  m. 

RéYésséto  (de  ou  à  la],  loc,  adv.  A  la  renverse  ou  sur 
\q  dos.  —  Nada  dé  révé$$éto,  nager  sur  le  dos.  Les  nageurs 
se  délassent,  par  cette  façon  de  nager,  lorsqu'ils  sont  fati- 
gués de  celle  qui  est  ordinairement  employée. 

Révèsso  (man),  tubst.  eomp.  Revers  de  main.  — 
Èmplastra  à  man-révèaso,  souflQeter  d*un  revers  de  main. 
On  dit  aussi  dans  certains  pays  man-ribousso. 

Révièn,  #.  m.  Produit,  rapport,  revenu.  —  Aquilo  tèro 
is  d'un  bon  révièn,  cette  propriété  est  productive. 

RéTionra,  v.  Raviver.  —  M'as  di  :  fàï  révtoura  ta 
léngo  matémèlo.  (Lafabb.) 

Rérionre,  s.  m.  Regain  des  prés,  de  la  luzerne,  de  la 
feuille  de  mûrier.  C'est  la  dernière  pousse. 

Révira,  v.  Ripostera  quelqu'un,  lui  rabattre  le  caquet, 
le  rabrouer,  lui  river  son  clou.  —  Va  bien  rMra,  il  l'a 
bien  retourné.  Si  rivira,  retourner,  rebrousser  chemin, 
revenir  sur  ses  pas. 

RÔTirado,  s.  f.  Retour,  accès  subit  de  certaine  maladie, 
maladie  grave.  —  Â'gu  uno  famouto  révirado,  il  a  éprouvé 
une  forte  secousse,  il  a  été  bien  éprouvé  par  cette  maladie. 

Révonlncion,  t.  /.  Révolution  ;  bouleversement,  trouble, 
secousse  morale.  —  Àeà  m'a  fa  uno  révouludou!  cette 
nouvelle  m'a  tout  bouleversé. 

Emprunt  fait  au  français. 

RéYonluma,  v.  Tourbillonner.  On  le  dit  du  vent  qui 
tourbillonne  en  soulevant  des  flots  de  poussière  ou-  de 
débris  de  substances  légères,  telles  que  les  feuilles  sèches, 
la  paille,  etc. 

Dér.  du  lat.  Revolverê,  m.  sign. 

RéTonlimiadG,  s.  f.  Tourbillon  de  vent  ou  de  fumée; 
monceau,  amas  de  divers  objets  entassés  pèle-mèle.  — 
Bévoulumado  d'àouro,  tourbillon  de  vent.  Réwwlumado  dé 
fun,  tourbillon  de  fumée.  Uno  révoulumado  dé  mounde, 
un  rassemblement  de  personnes. 

RéToolan,  s,  m.  Tourbillon  de  vent,  de  fumée,  de 
neige,  de  pluie,  etc. 

Rial,  «.  m.  Ruisseau.  —  Voy.  Riou, 

Riaaso,  «.  /*.  Laiche;  foin  peu  délicat  qui  vient  naturel- 
lement et  sans  culture  dans  les  terrains  humides  et  maré- 
cageux. Le  souchet  ou  plantain  d'eau  domine  dans  ces 
herbages. 

Riban,  j.  m.  Ruban.  Tissu  mince,  plat  plus  ou  moins 
étroit,  ordinairement  composé  avec  de  la  soie. 

Du  celt.  Riband,  m.  sign. 

Ribanéja,  «.  Se  développer  en  forme  de  ruban. 

Ribâonto,  n.  pr.  de  lieu.  Ribante.  Village  situé  sur  la 
rive  gauche  du  Gardon  d'Anduze  (canton  d'Alais  est). 
Cette  localité  tire  son  nom  de  sa  situation  sur  une  rive 
on  berge  élevée  qui  la  tient  à  l'abri  des  inondations. 
Nom  composé  de  deux  mots  :  Ribo-âouto,  rive  élevée. 
C'est  le  même  que  Rivesaltes.  Ribaute  a  donné  naissance 
à  Jean  Cavalier,  le  28  novembre  4  681 . 


RIB 

Ribaa,  s.  m,  Angm.  de  Ribo.  Grand  talus  gazonnëoia 
couvert  de  broussailles. 

Ribéja,  v.  Confronter,  confiner,  limiter,  avoisiner, 
aboutir,  être  limitrophe. 

Dér.  de  Ribo,  rive. 

Ribièûro,  «.  f.  Rivière,  cours  d'eau  formé  par  la  réaoioa 
de  plusieurs  ruisseaux  et  qui  se  jette  dans  un  fleuve  on 
dans  une  autre  rivière. 

Les  deux  principales  branches  du  Gardon,  celle  d'Alais 
et  celle  d'Anduze,  ont  leur  confluent  (jougnadoit)  en  face 
de  Vézénobres.  —  Ânan  en  ribièiro,  nous  allons  à  la 
rivière. 

Dér.  de  Ribo,  bords  entre  lesquels  le  cours  d'eau  est 
compris.  —  Voy.  Ribo. 

Ribla,  V.  River  un  clou,  un  morceau  de  métal;  en 
rabattre  la  pointe  après  l'avoir  planté;  battre  le  pavé, 
l'enfoncer  avec  la  hie.  On  dit  au  fîg.  /  ribtère  tous 
clavèls,  je  lui  rivai  son  clou,  je  rabattis  son  caquet,  je 
rétorquai  ses  arguments. 

Riblé,  s.  m.  Rivet. 

Riblo,  s.  f.  Hie  ou  demoiselle  dont  se  servent  les  pavean 
pour  battre  le  pavé. 

Riblon,  I.  m.  De  la  pierre  concassée  de  petite  dimensioa 
et  qui  sert  à  remplir  les  joints  dans  la  confection  des 
maçonneries  en  moellons;  de  la  blocaille  ou  ballast. 

Ribo,  s,  f.  Talus  gazonné,  terrain  élevé  en  terrasse  a« 
bord  d'un  champ  auquel  le  talus  tient  lien  de  mur  de 
soutènement;  la  lisière  d'un  champ,  le  bord  d*ane  chose 
telle  que  la  lisière  d'un  pré,  le  bord  d'un  champ,  d'une 
forêt,  d'une  table,  la  rive  d'un  cours  d'eau,  le  bord  de  la 
mer.  Ce  terme  s'emploie  aussi  pour  désigner  la  mauvaise 
herbe  qui  croit  sur  les  talus  (verdage  de  tains)  et  dont  les 
ânes  s'accommodent  volontiers.  C'est  dans  ce  sens  que  l'on 
dit  proverbialement  :  Aguélo  ribo  n'é$  pa  pér.  açuH  au, 
ce  n'est  pas  de  la  pâture  pour  cet  oiseau,  ce  n'est  p.is  pom 
lui  que  le  four  chauffe.  Se  t'a  uno  bono  ribo,  un  am  la 
manjo,  s'il  y  a  un  bon  emploi,  c*est  un  incapable  qm 
l'obtient. 

Le  mot  Dougo,  douve,  employé  [adis  pour  désigner  le  talus 
d'un  fossé  et  encore  usité  pour  désigner  en  qnelqnes  lieux 
le  revers  des  anciens  fcrasés  de  circonvallaUon  étaMii 
autour  des  remparts,  n'est  plus  guère  en  usage. 

Ribo  vient  du  lat.  Ripa,  m.  sign.,  d'où  Ton  a  lut 
Riparia  et  en  bas  lat.  Riberia,  Ribiera,  d'où  le  fiançais 
Rivière  et  le  langued.  Ribiitro,  c.-à-d.  eau  qni  coule  entre 
deux  rives. 

Ribo-taiado,  i.  f.  eomp.  Rive  taillée  à  pic;  escarpement 
d'un  rocher,  d'une  montagne  ;  berge  d'une  rivière,  d'un 
fossé  coupé  à  pic. 

Les  falaises  sont  en  grand,  sur  le  bord  de  la  mer,  ceqw 
sont  les  berges  sur  le  bord  de  certaines  rivières. 

Terme  composé  de  deux  mots  :  Ribo  et  Taiado,  rive- 
Uillée. 

Riboto,  ff.  f.  Ribotte;  débauche  de  table;  gnenleton. 


RIM 


RIR 


589 


Ribonta,  v.  Se  livrer  à  la  bonne  chèra  ;  rechercher  les 
plaisirs  de  la  table;  manger  ou  boire  à  l'excès  et  pendant 
longtemps. 

Ribontur,  s.  m.  Celui  qui  recherche  les  plaisirs  de  la 
table,  les  parties  de  plaisir;  un  joyeux  compagnon. 

Ricana,  v.  Ricaner,  rire  (tdemi  ponr  se  moquer  de 
celui  qui  parle  ou  agit. 

Ricanado,  s.  f.  Rire  de  moquerie  à  demi  étouffô. 

Dér.  de  Ricana. 

Ricanaire,  t.  m.  Mauvais  plaisant,  moqueur,  gouailleur, 
qui  se  moque  des  antres. 

On  dit  aussi  Bieanur, 

Richar,  «.  m.  Un  homme  riche,  un  Crâsus;  un  thésau- 
riseur. 

Riche,  riche,  adj.  m.  et  A  Riche,  Il  est  aussi  employé 
substantivement.  —  Laus  rieheê  et  Itnu  pâoures,  les 
riches  et  les  pauvres.  Faï  tin  riche  tén,  il  fait  un  bon 
temps  pour  les  récoltes. 

Richèaso,  «.  f.  Les  richesses,  la  fortune. 

Ridèlo,  ».  f.  Ridelle,  sorte  de  claie  qui  forme  les  deux 
c6tés  d'une  charrette  et  préserve  le  chargement  du  frotte- 
ment des  roues.  Les  charrettes  chargées  de  foin  ou  de 
paille  sont  toujours  garnies  de  ridelles. 

Dér.  du  lat.  Ridica,  échalas,  support. 

Ridèou,  J.  m.  Rideau;  pièce  d'étoffe  qu'on  emploie 
pour  fermer,  couvrir,  cacher,  entourer  ou  préserver  un 
objet,  un  meuble  de  la  poussière,  et  qui  se  développe  ordi- 
nairement sur  des  tringles  avec  des  anneaux,  au  moyen 
d'un  cordon  qui  permet  de  l'étendre  ou  de  la  ramasser  ; 
objet  qui  masque  la  vue  et  s'interpose  entre  la  personne 
et  l'objet  observé;  pièce  d'étoffe  que  l'on  suspend  ordinai* 
rement  au  devant  d'une  fenêtre  dans  les  appartements. 

Dér.  de  Ride,  qui  se  plisse. 

Rifla,  t>.  Riper,  r&cler,  ratisser  avec  la  ripe  une  pierre 
taillée. 

Dér.  de  iTi/lar,  ripe. 

Rillar,  t.  m.  Riflard  ou  demi-varlope;  gros  rabot  dont 
le  fer  est  un  "peu  cintré  ou  arrondi  sur  les  angles  et  qui 
sert  à  dégrossir  le  bois;  ripe  de  tailleur  de  pierre. 

Du  celt.  Rifiar,  m.  sign. 

Rillo,  4.  f.  Meuble  de  cuisine  de  paysans.  Sorte  de 
tablette  servant  à  poser  une  lampe  à  pied  et  les  cuillers  du 
ménage.  La  tablette  appelée  rajfo  est  destinée  à  supporter 
les  verres,  les  tasses  et  autres  ustensiles  de  même  nature; 
d'où  l'on  dit  d'une  maison  dépourvue  de  tout  ou  qui  a  été 
pillée  ou  dévalisée,  qu'il  n'y  a  plus  nirifio,  ni  rafo;  qu'on 
n'y  a  laissé  ni  riflo,  ni  rafo,  c.-à-d.  qu'on  n'y  a  rien 
laissé. 

Rima,  v.  Brûler  ou  trop  cuire;  roussir.  En  v.  fr.  rimer. 
On  dit  aussi  des  arbres  dont  le  feuillage  est  brouï  par  la 
gelée  :  Saun  rinuu. 

Loti  Rima,  le  gratin  ;  ce  qui  s'attache  d'un  mets  au  fond 
d'un  plat  quand  on  donne  trop  de  cuisson.  —  Sén  Um 
rima,  cela  sent  le  roussi. 


Rima  se  dit  aussi  par  syncope  de  rasima,  fleurir,  pousser 
des  grappes  de  fleurs.  On  dit  des  olivien  :  An  bien  rima, 
ils  ont  bien  fleuri,  la  floraison  a  été  abodnante. 

Rima,  v.  Rimer;  se  terminer  par  des  rimes. 

Dér.  du  français. 

Rimiè,  ».  m.  Arbre  ou  arbuste  qui  sert  de  tuteur  à  la 
vigne  sauvage. 

Rimièîro,  ».  f.  Une  lambruche,  une  vigne  haute; 
sorte  de  treille  ou  de  cep  de  vigne  à  tige  haute  que  l'on 
fait  monter  et  qui  se  développe  sur  un  arbre  élevé. 

Se  dit  pour  Rasmiëiro,  m.  sign. 

Rimo,  s.  f.  Rime,  retour  des  mêmes  consonnances  à  la 
fin  des  vers  ;  mots  qui  riment  ensemble.  —  Aquà  rimo  pa 
màou,  ces  choses-là  s'accordent  assez  bien.  Aquà  n'a  ni 
rimo  ni  résoù,  cela  ne  rime  à  rien,  cela  n'a  pas  le  sens 
commun. 

Rimoun-rimasBO,  terme  d'argot.  —  Rimoun-rimas»o, 
toun  nas  din  moun  éselà,  se  dit  à  celui  qui  parle  d'une 
chose  sans  la  connaître  et  particulièrement  qui  se  pique  de 
rimer  sans  raison. 

Rintra,  v.  Rentrer;  entrer  ce  qui  avait  déjà  été  sorti. 
On  le  dit  aussi  pour  entrer.  —  Riniro  daun/  Entre  donc! 

Rioto,  j.  A  Querelle,  débat,  contestation,  mauvaise 
humeur;  éclat  de  rire.  —  Anes  pa  y  eirea  rïoto,  ne  va  pas 
lui  chercher  querelle. 

Rion,  ff.  m.  Ruisseau  ;  coure  d'eau  de  faible  dimension. 
En  V.  fr.  Rieu. 

Dér.  du  lat.  Rivus,  m.  sign. 

Parmi  les  dérivés  nous  citerons  :  Riou»»é,  Rivatél, 
Rivoulé,  Rigoulé,  petit  ruisseau.  Parmi  les  composés  de 
Riou  :  Rioumah,  mauvais  ruisseau;  Rioutor,  ruisseau 
tortueux,  sinueux;  Rioudar,  clair  ruisseau;  CanrUm, 
camprien ,  champ  voisin  d'un  ruisseau.  Ces  dérivés  sont 
presque  tous  des  noms  de  lieu. 

Ripaio,  ».  f.  Ripaille,  grande  chère,  festin  somptueux. 

Amédée  de  Savoie,  qui  fut  l'anti-pape  Félix  V,  s'était 
retiré  à  Ripaille,  bourg  situé  sur  le  boni  du  lac  de  Genève, 
pour  y  mener,  dit-on,  une  existence  fastueuse.  De  là  le 
dérivé,  employé  en  languedocien  comme  en  français. 

Riqnétéja,  o.  Faire  des  petits  repas  de  gala  ou  d'extra, 
des  collations  hora  de  l'heure  des  repas. 

Dér.  de  R\q\kiXo.  —  Foy.  c.  m. 

Riquétéiaîre,  ».  m.  Un  homme  qui  aime  à  faire  des 
dînettes  d'extra,  ou  en'dehore  de  l'heure  des  repas. 

Riquéto,  ».  f.  Petit  repas  d'extra;  collation  faite  en 
dehore  de  l'heure  des  repas;  déjeuner  ou  goûter  léger. 

Rire,  j.  m.  Rire,  ris,  l'action  de  rire.  —  Vou  rire  mé 
prén,  j'ai  envie  de  rire.  Créba  dâou  rire,  crever  de  ririp. 
Avè»  bé  lou  rire,  vous  riez  bien.  S'éfnbounna  dàon  rire, 
»-é»pottehiga  dé  rire»  pouffer  de  rire. 

Dér.  du  lat.  Ridere,  m.  sign. 

Rire,  v.  Rire,  éprouver  un  sentiment  de  satisfaction  qui 
se  traduit  par  un  mouvement  involontaire  des  muscles  du 
visage.  —  Ri»  coumo  uno  tacho,  il  a  un  rire  inextinguible. 

75 


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aoD 


Farté  rire  la$  pènroi,  il  ferait  rire  les  pierres,  c.-à-d.  il  est 
irès-fàoètieax.  Oo  dit  d'ao  vieux  vêtement,  d'one  étoffe 
usée  :  Couménço  à  rire,  elle  oommence  à  montrer  la  trame. 
Préne  pér  rire,  prendre  en  plaisanterie.  L'aïgo  couménço 
à  rire,  se  dit  de  Teau  qui  commence  à  s'agiter  à  la  surface 
avant  d'entrer  en  ébnllition. 

Dôr.  du  lat.  Ridere,  m.  sign. 

Bis,  s.  m.  Riz.  —  Vno  soupéto  dé  ris,  une  i»nillie  de 
riz  que  Ton  prépare  pour  les  enfants;  sedum  aère,  espèce 
de  joubarbe  qui  croit  sur  les  vieux  toits  ou  les  vieux  murs. 

Risèio,  s.  f.  Risée;  partie  de  rire,  réunion  où  Ton  plai- 
sante, où  le  rire  domine;  moquerie.  —  Faïre  la  risèio, 
laire  une  partie  de  rire.  Éstre  la  riUw  dâou  maunde,  se 
rendre  ridicule  aux  yeux  du  public. 

Risoniè,  riBomèîro,  s.  m.  et  f.  Rieur,  euse;  celui  on 
celle  qui  rit  souvent,  qui  rit  volontiers. 

Dôr.  du  lat.  Risor,  m.  sign. 

Bispa,  ado,  adj.  m.  et  f.  Saisi  par  le  froid,  ridé,  crêpé. 
Se  dit  de  l'eau  qui  oommence  à  se  congeler;  de  la  peau  du 
visage  ou  des  mains  qui  se  gercent  sous  l'action  du  froid  ; 
du  linge  mouillé  qui  se  roidit  sous  l'action  du  froid. 

Rispo,  s.  f.  Vent  glacé,  bise  froide. 

Dér.  du  grec  Pintij,  souffle  impétueux,  coup  de  vent. 

Rispo,  s.  f.  Pelle  à  feu.  Ce  mot  serait,  selon  Astruc, 
dérivé  du  celtique. 

Risqua,  v.  Risquer,  exposer  sa  personne  ou  son  bien, 
ses  marchandises,  son  argent,  sa  vie,  sans  craindre  de  les 
perdre,  dans  l'espérance  d'un  profit  ou  d'un  avantage  quel- 
conque; courir  un  risque.  —  Riiqy^é  Voumha,  il  faillit 
tomber. 

Risque,  a.  m.  Risque,  danger,  hasard,  chance. 

RiTSl,  «.  «I.  Rival,  concurrent,  celui  qui  aspire  à  la 
même  chose  qu'un  autre,  qui  la  lui  dispute. 

Dér.  du  lat.  Rivalis,  m.  sign. 

Rô,  «.  m.  Roc,  rocher;  bloc  de  pierre;  grosse  pierre 
dure.  Dans  les  Gévennes  on  désigne  plus  volontiers  un 
banc  de  rochers  sous  le  nom  de  ran  ou  ron.  Voy.  c.  m. 
—  Sén  âou  rà,  nous  sommes  descendus  jusqu'au  rocher  en 
creusant  le  sol. 

Rouqué,  dim.  de  Rà.  Roucas,  augm. 

Ce  mot  entre  dans  la  formation  d'un  grand  nombre  de 
noms  composés  :  Roeoful,  Roquefeuille,  ou  roche  feuilletée  ; 
Rocœervi^ro,  roche  aux  cerfs  ;  Roeomàouro,  roche  maure 
ou  roche  brune  ;  Rocopertuse,  Rochepertnis  ou  roche  percée; 
Rotteâouto,  Roucaute,  roche-haute,  etc. 

Rô,  n.  pr.  m.  Roch,  nom  propre  d'homme.  —  Sén  Rà, 
saint  Roch,  originaire  et  patron  de  Montpellier  dont  la  !6te 
s'y  célèbre  le  46  août.  —  Pér  Sén-Rà,  pour  la  foire  de  la 
Saint-Roch  qui  se  tient  à  Nimes  et  à  Montpellier. 

Rô,  8,  fit.  Rot.  Action  de  rôter;  sortie  bruyante  par  la 
bouche  des  gaz  contenus  dans  l'estomac. 

Dér.  du  lat.  Rudue,  m.  sign. 

Rodo,  s.  f.  Roue,  machine  circulaire  qui  tourne  sur  un 
essieu  comme  centre;  botte  ou  molle  de  cerceaux  en  bois 


ROU 

de  châtaigner  servant  à  cercler  les  tonneaux.  —  Roudào, 
petite  roue. 

Dér.  du  lat.  Rota,  m.  sign. 

Rôdon,  s.  m.  Tour,  circuit,  rond,  circonférence,  éteadas 
circulaire,  emplacement.  —  Vn  rôdou  dé  boulet,  uo  poiat 
de  terrain  où  naissent  habituellement  des  champignoos. 

Roge,  s.  m.  Le  mésentère  sale,  région  intestinale  chez 
l'homme  et  les  animaux;  la  fraise,  en  terme  de  boncherie; 
membrane  graisseuse  et  glanduleuse  à  laquelle  tieoneat 
tous  les  boyaux. 

Ron,  s.  m.  Roc,  rocher,  banc  de  rochers.  —  lou  am 
iràouca,  le  Roc  percé,  coupure  ou  tranchée  que  l'on  rea- 
contre  sur  la  route  départementale  xi9  1,  de  Beaucaire  i 
Mende,  au  44"«  kilomètre  à  partir  d'Alais  et  au-dessus  de 
la  Groix-des- Vents,  près  de  l'embranchement  du  chemin 
de  Périès,  commune  de  Soustelle  (Gard). 

Roqno,  s.  f.  Roche,  rocher,  gros  bloc  ou  éminence  de 
rochers  calcaires,  de  schiste  ou  de  granit,  etc.  —ta  Roquo, 
quartier  d'Alais,  au  sommet  duquel  s'élevaient  autrefois 
les  ch&teaux  des  seigneurs  d'Alais  et  où  est  aujoord'biii 
bâti  le  fort  de  ladite  ville.  La  Roque,  rue  d'Alais  qui  te 
développe  à  la  base  du  rocher  du  fort  et  par  laquelle 
Louis  XIII  fit  son  entrée  à  Alais,  en  4629. 

RoBO,  «.  f.  Rose;  la  fleur  du  rosier,  à  qui  la  suavité  de 
son  parfom  et  l'éclat  de  sa  couleur  ont  fait  donner  le  titre 
de  reine  des  fleurs. 

Dér.  du  lat.  Rota,  m.  sign. 

Rose,  n.  pr.  de  femme.  *  Routéio,  Rosette,  dim .  de  Rose. 

Rosso,  «.  f.  Rosse,  vieux  cheval  usé,  efflanqué;  hari- 
delle ;  terme  de  mépris  employé  par  les  femmes  du  peaple 
à  l'égard  d'une  autre  femme  qu'elles  veulent  déprécier. 

De  l'ail.  Rou,  cheval,  pris  dans  un  sens  dépréciatif. 

Roù  ou  Roui,  fém.  Route,  adj.  m.  et  f.  Rompu,  cassé, 
brisé,  fèlô.  On  l'emploie  quelquefois  dans  le  sens  de  déchiré. 
—  Sot  braïot  toun  routot  âou  qutou,  son  pantalon  a  le 
fond  déchiré. 

Dér.  du  lat.  Ruptut,  m.  sign. 

Ronanés,  t.  m.  Rohannais,  monnaie  de  la  valeur  d'oo 
sou,  que  le  duc  Henri  de  Rohan,  chef  des  huguenots,  faisait 
battre  à  Nimes  en  4622. 

Ronbal,  s.  m.  Le  rouge-gorge  appelé  aussi  Rigal  oa 
Rigàou.  (Bec-fin,  Rouge-gorge,  Sylvia  rubeouta,  Temm.) 
Cet  oiseau  a  le  dessus  du  corps  d'un  gris-bruo  teint  d'oli- 
vâtre, le  ventre  blanc,  le  front,  la  gorge  et  la  poitrine  d'un 
roux  ardent.  Le  Rouge^rge,  qui  n'aime  pas  la  société  de 
ses  semblables,  recherche  celle  de  l'homme  :  il  n'est  guèn 
d'habitation,  des  champs  surtout  (car  il  vient  quelquefois 
dans  les  villes),  qui  n'ait  dans  son  petit  jardin  ou  sur  la 
haie  voisine,  un  de  ces  charmants  oiseaux  gazouillant  son 
joli  ramage,  qui  plait  d'autant  plus  que  c'est  pendant  Thiver 
où  les  autres  chantres  ailés  sont  absents  ou  se  taisent.  Il  est 
si  fidèle,  si  confiant,  si  familier,  qu'on  le  dirait  an 
commensal  de  la  maison,  dans  laquelle  il  ne  craint  pas 
d'entrer  pour  y  chercher  im  abri  ou  prendre  sa  pâture. 


ROU 

Mtoubal  vient  de  RubeUio,  un  de  ses  noms  latins,  du 
verbe  Bub»,  rougir.  Mtigal  oa  Rigdau,  pins  expressif 
encore,  est  formé  de  ^tuliiifii,  d'où  le  vieax  français  avait 
fait  aussi  $0  rigoUr,  on  RigoUr,  se  réjouir. 

Ronbiné,  1.  m.  Robinet,  appareil  destiné  à  faciliter 
l'éconlement  d'nn  liquide  on  d'un  flaide  quelconque,  ou 
son  passage  d'un  récipient  dans  un  autre. 

Dér.  de  Rouhin,  petit  canal. 

Ronbino,  «.  f.  Roubine,  canal  de  rivière  ou  de  dessèche- 
ment d*un  marais,  dnin  étang.  Nom  que  Ton  donne,  dans 
la  Camargue,  aux  canaux  qui  servent  de  communication 
entre  les  étangs  salés  et  la  mer,  ou  qui  servent  à  introduire 
l'eau  douce  du  Rhéne  dans  les  terrains  basy  pour  les 
irriguer. 

Roncâonto,  n.  pr.  Roucaute  pour  roche-haule  {roco^ 
âoutoj.  Le  changement  de  ito  en  Rou  est  ordinaire  dans 
les  noms  composés  de  ro  ou  de  roeo. 

Ronda,  ado,  adj,  m.  et  f.  Ceint,  entouré,  cerné,  clos, 
mis  en  défense.  Champ  en  éteule,  autour  duquel  on  fait 
trois  ou  quatre  sillons,  sur  lesquels  on  jette  quelques  grains, 
pour  indiquer  qu'on  vent  garder  l'herbe  du  champ  et 
empêcher  les  troupeaux  étrangers  d'y  entrer. 

Bouda,  V.  Roder,  tourner.  —  La  iklo  mé  rodo,  il  m'a 
pris  un  vertige,  un  tournoiement  de  tète. 

Dér.  de  Rodo,  roue. 

Roudado,  «.  A  ^  quantité  de  fil  enroulée  autour  d'un 
dévidoir  et  formant  un  écheveau. 

Dér.  de  Rodo,  roue. 

Roudaire,  s.  m.  Rôdeur,  vagabond;  mal  d'aventure, 
loumiole,  abcès  qui  se  forme  au  bout  des  doigts. 

Dér.  de  Rodo,  roue. 

Roodamén,  «.  m.  Tournoiement,  vertige.  —  Un  rou- 
damin  de  tèsto,  un  vertige,  un  tournoiement  de  tète. 

Roudé,  «.  m.  Rouet,  petite  machine  qui  tourne  au 
moyen  d'une  pédale  et  qui  sert  à  dévider. 

Dim.  de  Rodo,  roue. 

Roudèlo  ou  Roundèlo,  «.  A  Rouelle  de  veau,  de 
mouton,  de  saucisson,  de  thon.  On  emploie  aussi  ce  terme 
dans  le  sens  de  RidMo,  ridelle.  —  Voy.  c.  m. 

Rondia,  v.  Rôder;  regarder  autour  de  soi,  jeter  des 
regards  méfiants  autour  de  soi. 

Rondiaîre,  roudiaîro,  «.  m.  et  f.  Celui  ou  celle  qui 
rôde,  qui  épie  sans  cesse  les  actions  d'autrui. 

Rondiè,  s.  m.  En  v.  fr.  Rodier,  faiseur  de  roues  ou 
charron;  dénomination  prise  de  l'ouvrage  des  charrons  qui 
exige  le  plus  d'intelligence.  Le  nom  lui-même  de  charron 
est  pris  du  mot  char  ou  chariot.  *-  Pous  roudiè,  puits  à 
roue.  On  dit  plus  volontiers  Pousataneo.  —  Vcy.  c.  m. 

Roudrigo  (vièl),  s.  m.  Vieux  sournois,  vieil  avare, 
vieux  rusé,  vieux  malin. 

Rouiian,  «.  m.  Débauché,  proxénète  ;  homme  de  mau* 
vaises  mœurs. 

Dér.  de  l'ital.  Ruf/Uino,  m.  sign. 

Ronfla,  V.  Ronfler;  râler,  renifler,  sangloter,  pousser 


ROU 


591 


des  sanglots;  renâcler.  —  Lou  ekiwU  ou  lou  por  rmifh,  le 
cheval  ou  le  cochon  renâcle  ou  râle. 

Ronfle  (à),  loe  adv,  A  foison,  abondamment.  —  N'a  à 
roufie,  il  en  regorge.  —  Azaïga  à  rovfU,  aiToser  â  grande 
eau. 

Rouflo,  «.  m.  Instrument  ou  joujou  d'écolier  composé 
d'une  planche  fort  mince  attachée  au  bout  d'un  cordon, 
laquelle,  en  tournant,  produit  un  bruit  sourd  qui  imite  le 
hurlement  du  loup.  —  Foy.  Rrounzidok, 

Rongno,  »,  f.  La  gale  ordinaire;  la  rogne;  éruption 
cutanée  éminemment  contagieuse,  se  manifestant  par  de 
petites  pustules  accompagnées  d'une  vive  démangeaison 
surtout  dans  les  jointures.  Cette  maladie  est  produite  par 
un  insecte  de  la  famille  des  Acares,  classe  des  Aptères, 
nommé  par  Linnée  Aeanu  icabiei.  La  figure  des  galeux 
est  en  général  exempte  de  l'invasion. 

Dér.  de  l'ital.  Rogna,  m.  sign. 

Rougnoù,  i.  m.  Rognon,  rein  des  animaux  et  de 
l'homme;  organe  double,  sécrétant  l'urine,  et  placé  de 
chaque  côté  de  la  colonne  vertébrale,  dans  la  région  lom- 
baire. -^  Lou  rougnoù  d'unà  tcro,  la  partie  la  plus  fertile 
d'une  pièce  de  terre. 

Dér.  du  lat.  Rênes. 

Rongnounado,  s,  f.  Partie  d'une  longe  de  mouton  on  de 
veau  à  laquelle  tiennent  les  rognons;  le  filet,  en  français; 
la  selle,  en  terme  de  cuisine  ;  la  partie  de  l'épine  du  dos 
qui  répond,  dans  le  bœuf,  à  l'aloyau. 

Dér.  de  Rougnoù. 

Rongnoua,  ouao,  adj.  m.  et  f.  Galeux,  euse  ;  qui  est 
atteint  de  la  gale,  de  la  rogne;  qui  a  la  gale. 

Dér.  de  Rougno. 

Rouie,  «.  m.  Roulier,  charretier,  conducteur  de  char- 
rettes, qui  fait  son  métier  du  roulage. 

Ronjas,  aaao,  a4j\  m.  et  f.  Augm.  de  Roug9,  rougeaud, 
rougeaude. 

Roujaatre,  aatro,  adj.  m.  et  f.  Rougeâtre,  roussàtro. 

—  Uno  eouMk  roujoêtro,  une  couleur,  une  nuance  tirant 
sur  le  rouge. 

Dér.  de  Rouje,  rouge. 

Rou)e,  «.  m.  Le  rouge,  la  couleur  rouge.  Sobriquet 
donné  parmi  le  peuple  â  ceux  qui  ont  les  cheveux  roux. 

—  Rouje  dé  iêro,  béou  tén  éspéro;  Rouje  dé  vUpre  bèou 
tén  déou  iitre,  rouge  le  soir,  espoir  de  beau  temps.  Rouje 
eoumo  un  eoural,  rouge  comme  un  poivron  mùr.  Lou 
rouje,  lou  mâou  rouje,  maladie  â  laquelle  sont  sujets  les 
pourceaux. 

Ronfé,  i.m.  Rougeton,  petit  surmulet,  MuUusbarbaiuê, 
Linn.  ;  MuUus  ruber,  Lacép.  Poisson  de  l'ordre  des  Holo- 
branches,  commun  dans  la  Méditerranée. 

Ron)é,  éto,  adj.  m.  et  f.  Dim.  de  Rouje.  —  SUs  roujé, 
tu  as  de  jolies  couleurs  rouges  ou  roses.  Lae  poumoê  roujétoe, 
les  pommes  rouges,  petites  pommes  d'sq)!. 

Ron)é)a,  v.  Rougir,  prendre  la  teinte  rouge.  —  L'aoubo 
roujéjo,  l'aube  rougit;  elle  va  poindre. 


592 


ROU 


Ronjéto,  8.  f.  Poisson  de  rivière.  —  Voy.  Sofio. 

Roiijîxioùs,  0080,  adj.  m.  et  f.  Roogeâtre,  tirant  sur  le 
ronge. 

Dér.  de  Rouje, 

Ronjoù,  «.  f.  La  rongeur,  la  couleur  rouge  qui  teint  les 
joues  sons  Timpression  d'un  sentiment  subit  ou  émouvant; 
la  couleur  rouge  en  général. 

Ronléto,  i.  f.  Roulette,  jeu  de  boules  qui  consiste  à 
lancer  le  but  aussi  loin  que  possible.  Le  gagnant  est  celui 
des  joueurs  qui,  avec  une  seule  boule,  se  rapproche  le  plus 
du  but;  ruban  gradué  qui  sert  à  mesurer  et  qui  s'enroule 
dans  une  boite  close. 

Ronmagnè,  «.  m.  Ouvrier,  artisan  qui  fabrique  les 
balances  appelées  romaines  ;  le  peseur  public  d'une  ville, 
d'une  localité. 

Dér.  de  Roumanô.  —  Voy.  c.  m. 

Roomanaje,  «.  m.  Droit  de  pesage,  rétribution  perçue 
par  le  peseur  public  dans  un  marché  sur  les  marchandises 
vendues  au  poids. 

Roamanls,  s.  m.  Nom  de  plante.  Romarin,  Batmarinm 
officinalis,  Linn.,  arbuste  de  la  famille  des  Labiées,'  com- 
mun dans  le  Midi.  —  Lou  dimèrgue  das  Roumanïs,  le 
dimanche  des  romanns  ou  de  la  Sexagésime,  jour  auquel 
les  jeunes  gens  de  certaines  localités  portent,  le  grand 
matin,  une  branche  de  romarin  à  la  porte  des  jeunes  filles 
de  leur  connaissance. 

Dér.  du  lat.  Hosmarinus,  formé  de  Ros,  rosée,  et  de 
Marinus,  de  mer. 

Roomano,  s.  f.  Balance  appelée  romaine.  Cette  balance 
est  composée  d'un  fléau  ou  levier  gradué,  muni  à  une  de 
ses  extrémités  de  trois  crochets.  On  accroche  au  dernier 
de  ces  crochets  la  chose  qui  doit  être  pesée;  celui  du 
milieu  est  le  point  d'appui  du  côté  fort,  le  troisième  est  le 
point  d'appui  du  côté  faible.  Sur  la  partie  graduée  du  fléau 
court  un  poids  qui  détermine  la  pesée.  —  Qtian  tiro  vosto 
roumanof  Combien  pèse  votre  romaine? 

Roomano  (Léngo),  «.  f.  La  langue  romane,  autrefois 
généralement  parlée  dans  le  midi  de  la  France.  C'est  au 
XIII^  siècle  que  correspond  chronologiquement  pour  Alais 
le  moment  on  s'opère  la  transformation  de  son  idiome,  et 
où  son  langage  commence  à  se  fixer  avec  le  caractère  et 
l'originalité  qui  doivent  lui  rester  propres. 

Notre  dialecte  ne  se  fait  pas  faute  de  chercher  ses  racines 
dans  le  vieux  tronc  celtique  ;  et  il  n'est  pas,  on  le  sait,  un 
des  moins  vigoureux  de  ses  rameaux. 

La  dénomination  d*ÂUex,  dont  l'orthographe  Âlais  est 
toute  récente  et  ne  date  que  des  commencements  du 
XVinme  siècle,  nous  parait  devoir  se  rattacher  soit  au 
celtique,  soit  au  latin.  En  effet,  AI  en  celtique,  comme 
AUum  en  latin,  s'emploie  daos  le  sens  de  hauteur, 
élévation;  et  lex  vient  du  latin  latut.  Dans  la  basse- 
latinité,  latia  fut  employé  pour  juxta  et  signifiait  près, 
auprès,  au  bord,  à  côté,  sur  la  limite  :  Plexitium  laiuM 
Turonem,  le  Plessis-lez-Tours.  En   vieux  fr.  lex  était 


ROU 

substantif  :  le  roi  est  sur  son  trône  et  son  fils  à  ion  (es, 
c.-à-d.  à  son  côté,  traduction  littérale  du  latin  ad  lattu; 
d'où  Allez  signifierait  exactement  et  littéralement  :  an 
bord,  au  pied  des  hauteurs,  dénomination  qui  ne  saorût 
être  mieux  ^pliqoée  qu'à  une  localité  exactement  située 
au  point  précis  où  viennent  expirer,  sur  la  rive  droite  do 
Gardon  opposée  à  cette  ville,  les  premiers  contreforts  des 
Basses-Côvennes. 

Allez  pourrrait  aussi  être  traduit  littéralemoit  de  Ad 
iatui,  au  bord,  à  côté  (sons  entendu  des  hauteun  on  des 
montagnes).  Il  faut  pourtant  convenir  que  cette  étymologie 
n'a  aucune  connexité  avec  le  nom  à*Al9itum,  sous  lequel 
Alais  est  désignée  dans  les  chartes  latines  du  moyen-àge. 
'  La  contrée  que  nous  habitons  fut  possédée  tour  à 
tour  par  les  Néro-Ligures,  les  Celtes,  les  Romains,  les 
Francs,  les  Visigoths,  les  Sarrasins;  elle  a  foit  partie  de  It 
Gaule  celtique,  delà  Province  narbonnaise,  de  i' Aquitaine, 
de  la  Septimanie,  de  k  Gothie,  du  Languedoc;  elle  a  parlé 
le  celte,  le  latin,  le  roman,  le  languedocien.  Ces  populations 
et  ces  langues  se  sont  mêlées;  toutes  ont  laissé  l'ineffaçable 
empreinte  de  leur  passage  ou  de  leur  séjour,  dans  les  appel- 
lations de  localités,  de  sites,  de  montagnes,  de  vallées,  de 
rivières,  dans  les  mots  les  plus  usuels  de  notre  dialecte. 
Ces  noms,  souvent  bizarres,  étranges,  médailles  altérées 
par  le  frottement,  mais  reconnaissables  au  cachet  de  l'épo- 
que qui  les  a  vues  naître,  portant  le  titre  des  civilisations 
qui  les  ont  déposées  sur  le  sol,  ne  sont-ils  pas  le  témoignage 
authentique  de  ces  diverses  occupations,  superposées  les 
unes  aux  autres,  et  se  continuant  jusqu'à  notre  époque? 

Les  campagnes,  toutefois,  se  laissèrent  moins  pénétrer, 
et  leur  obstination  à  repousser  le  parler  des  conquérants 
fut  plus  rebelle  :  elles  surent  mieux  conserver  leur  idiome 
originel  et  son  accentuation.  Nos  dialectes  vulgaires  en 
fournissent  la  preuve.  Néanmoins  le  latin,  importé  par  les 
légions  et  les  colons,  devait  rencontrer  auprès  des  classes 
inférieures  plus  de  facilité  à  se  vulgariser. 

U  ne  ressemblait  guère  au  beau  langage  classique  et 
littéraire  de  la  métropole;  et,  altéré  ou  corrompu  qu'il  était 
déjà,  peu  soumis  à  la  règle  grammaticale  toujours  gênante, 
il  se  plia  aisément  aux  exigences  de  la  situation.  Pour  se 
reconnaître  au  milieu  de  ces  régions  ignorées,  dans  les 
communications  journalières,  pour  s'entendre  dans  la 
conversation  familière,  ici  il  respecta  les  formes  locales,  là 
il  emprunta  les  vocables  usités;  presque  partout  il  se  con- 
tenta de  ses  désinences  caractéristiques  sans  altérer  le 
radical,  et  substitua  de  proche  en  proche  et  sans  violence 
ses  expressions  et  ses  formes  à  celles  qu'une  nationalité 
opiniâtre  et  fière  entendait  défendre  et  s'obstinait  à  conser- 
ver comme  une  propriété  plus  intime  et  plus  inattaquable 
que  le  sol.  Le  travail  d'assimilation  du  langage  et  des 
esprits  suivit  la  même  marche. 

Il  était  réservé  au  christianisme,  le  grand  civilisateur 
pacifique,  d'achever  l'œuvre.  En  adoptant  le  latin  pour  ses 
prières  et  sa  liturgie,  il  arrêta  sa  complète  dégônérescenœ. 


ROU 

tiadis  que  dans  ses  prédications,  ii  le  mêlait  avec  intelli- 
gence an  langage  nsôel  et  populaire,  toujours  compris,  et 
qui  ne  voulait  point  mourir.  Il  fit  plus,  car  il  enseigna  et 
introduisit  dans  la  Gaule  narbonnaise  cet  esprit  d'agrégation, 
d'ordre  régulier,  de  solidarité,  d'égalité,  qui  prépara  le 
rraonvellement  social. 

Ce  ne  fut  qu'après  bien  des  luttes  et  des  secousses  que 
tous  ces  éléments  parvinrent  à  se  combiner  et  à  s'organiser. 
Les  invasions  franques.  germaniques,  sarrasines,  promènent 
sans  cesse  leurs  ravages  sur  nos  contrées;  mais  plus  affermie 
dans  ses  traditions,  la  Gaule  méridionale  les  repousse 
d'instinct;  elle  ne  peut  se  résoudre  à  faire  alliance  avec  le 
Tndesqueet  l'Arabe;  elle  se  retrancbe  dans  sa  culture  et 
son  indépendance.  Puis,  quand  ces  ouragans  ont  cessé, 
laissant  après  eux  la  désolation  et  la  ruine,  la  population 
se  relève  enfin;  et  il  semble  que  les  barbares  du  Nord  et 
du  Midi  ne  sont  venus  que  pour  donner  à  ses  besoins  de 
cohésion  un  ressort  plus  actif,  et  pour  fournir  quelques 
matériaux  de  plus  à  l'expression  de  sa  pensée. 

Alors  son  génie  lui  crée  une  langue  dans  laquelle  viennent 
te  suspendre,  comme  des  tropbées  de  combat,  tous  ses 
souvenirs.  Le  nouvel  idiome  chante  et  résonne  comme  un 
écho  d'Ionie  ;  il  a  les  notes  pleines  et  énergiques  de  l'accent 
romain;  il  mêle  à  la  gravité  et  parfois  à  la  rudesse  des 
consonnes  gothiques  et  germaines,  la  rapidité  et  la  souplesse 
des  voyelles  arabes.  Chaque  conquête,  chaque  occupation 
lui  a  laissé  son  empreinte,  et  sous  le  nom  de  langue  romane, 
comme  si  le  titre  était  un  symbole  de  puissance,  il  est 
répandu  et  admis  par  tout  l'Occident,  et  les  belles  inspi- 
rations de  ses  troubadours  seront  prises  pour  modèle  par 
tontes  les  langues  de  l'Europe. 

Roumatimo,  «.  m.  Rhumatisme;  douleur  rhumatismale. 
Maladie  des  systèmes  musculaire  et  fibreux,  caractérisée 
par  des  douleurs  plus  ou  moins  vives,  continues  ou  inter- 
mittentes. 

Dér.  du  lat.  Bheumatismut,  formé  du  grec  Peco,  je  coule, 
et  de  P£u(Mc,  fluxion,  c.-à-d.  fluxion  qui  se  déplace,  qui 
coule  d'un  point  à  un  autre. 

Roumèno,  i.  f.  Laitue  romaine,  Laetuea  joltva  romana, 
Linn.,  plante  de  la  fsmille  des  Synanthérées,  cultivée 
comme  salade  dans  les  jardins  potagers.  Elle  a  des  feuilles 
oblongues  et  des  akènes  noirâtres  finement  chagrinés.  I^ 
variété  CapîmCa,  ou  laitue  pommée  a  des  feuilles  subor- 
biculaires,  très-concaves  et  ondulées,  et  des  akènes  blan- 
châtres et  lisses.  Elle  porte  â  Alais  le  surnom  de  Hougétô, 
La  Laeiniata  ou  kuiue  épinard  se  distingue  par  des 
feuilles  ladniées,  qui  lui  ont  fait  donner  le  surnom  de 
Frisado, 

Roumèqno,  «.  f.  Être  fantastique  et  malfaisant  dont  le 
nom  parait  venir  de  Roumée,  vieux  mot  languedocien,  qui 
signifie  épine,  ronce;  Boumèquo  perscmnifiant  le  remords 
et  ses  aiguillons  qui  déchirent.  Foy.  dans  Lag  Costa- 
gnadoiàu  marquis  de  La&re-Alais,  une  pièce  intitulée  La 
Baumiquo. 


ROU 


593 


Roumia,  v.  Ruminer.  Ce  terme  s'emploie  au  pr.  et  au 
fig.  —  Dé  que  fournies?  Que  ruminesrtuT  A  quoi  songe»-tu? 
c  Manjo  ca,  que  roumiaras  /  »  Profite  de  l'aubaine  qui  se 
présente,  plus  lard  tu  feras  maigre  chère. 

Dér.  du  lat.  Buminare,  m.  sign. 

Ronmiaîre,  5.  m.  Homme  sournois,  méditatif,  qui 
réfléchit  sans  cesse,  qui  rumine  ses  pensées. 

Dér.  du  lat.  Roumia,  ruminer. 

Roumiou,  f .  m.  Pèlerin  qui  va  à  Rome.  *-  Cami  rou- 
miou,  voie  romaine,  chemin  qui  conduit  â  Rome.  Nom 
propre,  en  v.  lir.  Romier  on  JRômièK. 

Dér.  du  lat.  Romeus. 

Roumpre,  v.  Rompre,  briser,  casser.  Défricher  un 
champ,  en  arracher  les  arbres,  les  racines,  les  pierres, 
pour  le  rendre  propre  à  la  culture.  —  Roumpre  las  cas- 
tagnos  séquos,  première  opération  de  décorticage  des 
châtaignes. 

Dér.  du  lat.  Rumpere,  m.  sign. 

Roumpn,  ndo,  adj.  et  m.  Rompu,  ue,  brisé,  ée,  cassé, 
ée.  —  Aquél  roumpu,  empl.  substantivement  :  ce  roué,  ce 
coquin  !  Roumpu  dé  Vaténço,  dicton  populaire. 

Roumpu,  udo,  part,  du  v.  Roumpre.  Rompu,  ue  ;  cassé, 
ée  ;  brisé,  moulu,  fatigué,  harassé.  -—  Soum  roumpu,  je 
suis  moulu. 

Dér.  du  lat.  Ruptus,  m.  sign. 

Ronmirado,  s.  f.  Un  défrichement,  une  novale  :  terre 
nouvellement  défrichée  et  mise  en  valeur. 

Le  mot  français  roturier  vient  du  lat.  RuptuaHus, 
rompeur  de  terre  ou  défricheur  de  terrain.  Au  moyen  âge, 
les  seigneurs  cédaient  aux  paysans  certains  espaces  de 
terrain  en  friche,  moyennant  une  redevance  déterminée 
par  un  bail  emphytéotique  ou  â  long  terme,  à  la  condition 
que  ce  terrain  serait  mis  en  culture  par  l'emphytéote. 

Roun,  sufat.  Cercle,  circonférence,  disque,  arène  où 
les  lutteurs  se  livrent  à  leurs  exercices;  le  turbot,  poisson 
de  mer;  en  lat.  Rhombus.  —  Faire  hu  roun,  faire 
cercle. 

Rounca,  v.  Ronfler. 

Du  bas  br.  Roneha,  m.  sign. 

Rouncas,  j.  m.  Gros  bloc  de  rocher. 

Augm.  de  Ro,  rocher. 

Roundina  ou  Réna,  v.  Gronder,  quereller  par  mauvaise 
humeur.  Grogner,  gémir,  pleurnicher  sans  raison.  — 
Toujour  roundino/  il  grogne  sans  cesse.  Louporroundhio, 
réno,  le  cochon  grogne. 

Roundinaûre,  airo,  s.  m.  et  f.  Grondeur,  grognon,  qui 
est  sans  cesse  de  mauvaise  humeur;  pleurard. 

Roundino,  s,  f.  Plainte  continue,  gémissement  constant 
habituel  aux  enfants  gâtés. 

Roundinoûa,  ouso,  adj.  m.  et  f.  Grondeur,  inquiet,  de 
mauvaise  humeur.  —  Un  vièl  roundinoi^s,  un  vieux 
grognon. 

Rounila,  v.  Ronfler;  s'ébrouer.  Se  dit  des  chevaux  qui 
renâclent  avec  force.  —  Vaif.  aussi  Roufla. 


ryj4 


KOU 


Rounqua,  v.  Uonfler. 

Du  bas  br.  Boncha,  m.  sign.  —  Voy.  aussi  Rounfla  et 
Roujîa . 

Rounquaïre,  aîro»  s.  m.  et  f.  Ilonfleur,  euse,  celui  ou 
celle  (jui  roiille  liabiluellenienl  en  dormant. 

Rounsa  (pron.  liounzaj,  v.  Jeter.  —  Se  rounsa,  se 
ruer  sur  quelqu'un,  sur  quelque  chose. 

Rounsado,  s.  f.  Bourrade,  agression,  attaque,  poussée, 
rossée,  bousculade;  un  renfoncement  en  terme  d'argot. 

Rounzas,  s.  m.  Une  touffe  de  ronces,  un  buisson,  une 
ronçaie,  un  hallier  épineux.  On  dit  aussi  Rounziè  ou 
Roummjas. 

Dér.  de  Rounze,  nom  languedocien  de  la  ronce.  —  Voy, 
Arounze. 

Roupo,  s.  ^  Sorte  de  houppelande  en  forme  de  rolie  de 
chambre,  vêtement  ample  servant  de  surtout. 

Dér.  du  bas  lat.  Raupa,  robe. 

Roupïo,  s.  f.  Vieux  manteau  en  lo(|ue,  vêtement  usé; 
hailluns;  souquenille. 

Rous,  ousso,  adj,  m.  et  /'.  Roux,  rousse;  fauve;  blond. 
Rous,  n.  pr.  d'homme,  Itoux.  Rousse,  Roussétu,  dim.  de 
{Um\.  —  Pan  rousse,  pain  bis. 

Dér.  du  lat.  Rufus. 

Rousé,  s.  m.  Roseau  des  marais. 

Rousèlo,  s.  f.  Le  coquelicot,  leponceau;  plante  annuelle 
à  Heur  rouge  de  la  famille  des  Papavéracécs.  Les  feuilles 
tendres  de  la  plante  sont  comestibles;  la  Heur  s'emploie 
comme  sudorifique.  Cotte  plante  porte  aussi  le  nom  de 
Parpèl. 

Rousèrgue,  *.  m.  Nom  languedocien  de  la  Patience, 
Rumex.  La  racine  de  celte  plante  est  dépurative. 

Rouséto,  $.  /".  Rosette,  n.  pr.  de  femme,  dim.  de  Roso, 
Rose. 

Dér.  du  lat.  Hosa,  m.  sign. 

Rousiè,  s.  m.  Rosier,  arbuste  épineux  qui  produit  la 
rose,  .\rbrisscau  de  la  famille  des  Rosao'^es,  dont  les  variétés 
sont  devenues  innombraJ)les  par  la  greffe. 

Dér.  du  lat.  Rusa,  rose. 

Rousiga,  t?.  Ronger.  —  Housiga  hu  pan,  mordre  à 
même  dans  le  pain.  Rousiga  un  monccl,  manger  un  \)eù[ 
morceau.  Se  laïssa  rousiga,  se  laisser  gruger.  Rousiga  un 
us,  ronger  un  os.  Aquél  afaire  lou  rousigo,  celte  affaire  le 
préoccupe,  l'inquiète  :  cette  inquiétude  le  ronge. 

Rousigaduro,  s.  f.  Rongeure.  Traces  que  laissent  un 
animal  ou  un  mal  rongeur.  Au  lig.  remords,   inquiétude. 

Dér.  de  Rousiga. 

Rousigaïre,  aïro,  s.  m.  et  f.  Rongeur,  euse.  Celui  ou 
celle  qui  grignote  toujours  quehjue  cliose. 

Dér.  de  Rousiga. 

Rousigariè,  s.  f.  Grugerie,  exactions  par  lesquelles  on 
mine  les  pauvres  gens. 

Rousigoù,  s.  m  Un  trognon  de  fruit;  un  croûton  de 
pain,  un  relief  de  repas,  les  rogatons  d'un  festin.  —  Manja 
lous  rousigoùs  de  quàoucus,  manger  les  restes  d'un  autre. 


ROU 

Roussaïo,  s.  f.  Béte  de  somme  ou  de  trait  complètement 
ust'e.  Au  fig.  un  vaurien,  un  chenapan,  nn  fainéant;  une 
femme  de  mauvaises  mœurs. 

Dér.  de  Rosso,  rosse. 

Rousse,  s.  m.  Un  jaune  d'œuf  ;  un  louis  d*or.  —  Sotu 
iôous  an  dous  rousses,  se  dit  de  celui  qui  a  la  prétention 
d'avoir  toutes  choses  meilleures  que  celles  de  son  voisin. 

Dér.  de  Rous,  roux. 

Roussel,  èlo,  n.  pr.  m.  et  f.  et  adj.  m.  e%  f.  Roussel, 
n.  pr.  d'homme.  Rousseau,  quia  le  poil  roux,  les  cheveux 
carotte.  On  le  dit  aussi  de  ceux  qui  ont  les  cheveux  blonds. 

Dér.  de  Rous,  roux. 

Roussèto  ou  Quo-ronsso.  Rossignol  des  murailles. 
Rouge-queue,  bec-fin  de  murailles,  Sylvia  Phœnieorus, 
Temin.  Front  d'un  blanc  pur,  gorge  noire,  tête  et  dessus 
du  corps  d'un  cendré  bleuâtre  foncé,  ailes  brunes,  milieu 
du  ventre  blanc,  poitrine,  flancs,  croupion  et  rectrices  d'un 
roux  vif.  Ce  petit  oiseau  a  un  ramage  môle  d'accents  tristes 
et  mélancoliques  qu'il  fait  entendre  surtout  le  soir  et  le 
matin;  il  jette  aussi  un  petit  cri  qu'il  accompagne  toujours 
d'un  mouvement  de  queue. 

Roussi,  s.  m.  Roussin,  cheval,  monture;  vieux  cheval 
ou  rosse. 

Dér.  de  l'allem.  Ross,  cheval. 

Roussièïro,  s.  m.  Bruant,  Bruant  de  France,  bruant 
jaune,  Emberiza  citrinella,  Temm.  La  tête,  la  gorge  et  le 
milieu  du  ventre  jaunes  ;  dos  et  croupion  marrons;  poi- 
trine et  flancs  tachetés  de  rouge.^tre.  Le  nom  de  Roussièiro 
s'applique  également  et  avec  autant  de  raison  au  moins,  à 
deux  autres  espèces  de  Bruants,  aussi  communs  dans  le 
pays,  à  l'Ortolan  des  roseaux.  Bruant  des  roseaux,  Embe- 
riza Sckœniculus,  et  au  Zizi  ou  Bruant  de  haie,  Emberiza 
exclus,  Temm..  deux  espèces  qui,  avec  quelques  variantes 
dans  les  couleurs  et  leurs  dispositions,  portent  aussi  du 
marron  et  du  roussAtre,  et  dont  les  femelles  surtout  sont 
distinguées  par  cette  dernière  couleur  plus  prononcée. 

Roussi gnôou ,  s.  m.  Rossignol,  Bec-fin  rossignol, 
Sglvia  Luscinia,  Temm.  Il  y  en  a  une  seconde  espèce. 
Bec-fin  philomèle,  Sylvia  Philomela ,  Temm.,  un  peu 
plus  grosse,  plus  sauvage  ou  plus  prudente,  qui  arrive  et 
se  mêle  avec  la  première  et  qui  a  la  voix  encore  plus  belle. 
On  les  confond  toutes  deux.  Pour  glorifier  les  Damoreau, 
les  (irisi,  les  Sontag,  les  Persiani,  lesMalibran  et  toutes  les 
reines  du  chant,  on  n'a  rien  trouvé  de  mieux  que  de  les 
comparer  au  rossignol. 

Dér.  du  lat.  Lusciniola,  d\m.  de  Luscinia,  qu'on  pronon- 
çait Loussignola,  d'où  l'on  a  fait  Loussignôou  et  enfin 
Roussignôou. 

Roussignoulado,  s.  f.  Roulade,  éclat  de  voix,  chaut 
joyeux  d'une  jeune  fille. 

Dér.  de  Roussignôou,  rossignol. 

Roustan,  n.  pr,  jn.  Nom  d'homme  assez  commun  dans 
le  Midi.  C'est  la  forme  languedocienne  de  l'ancien  prénom 
Rostaing  ou  Rostang  fRostagnusJ. 


ROU 

Rouatéga,  v.  Grignotter;  machoiuier  du  bout  des  deats. 

RooBtégo,  «.  m.  RogaU)û  ;  débris  de  mangeaille.  —  Viél 
n>uttigo,  vieux  ladre,  vieil  avare,  vieux  gueux. 

Rousti,  s.  m.  Rôti  ;  viande,  volaille  ou  gibier  cuits  au 
four  ou  à  la  brocbe. 

Dôr.  de  Tall.  Ro$tm,  m.  sign. 

Rouatl,  V.  Rôtir  ;  faire  rôtir,  faire  cuire  de  la  viande, 
de  la  volaille  ou  du  gibier  au  four  ou  4  la  broche.  —  Satà 
rùuiU,  je  suis  perdu;  j'ai  perdu  la  partie  ou  mon  enjeu. 

Rouitido,  «.  f.  Rôtie,  tranche  de  pain,  tartine,  sur 
laquelle  on  étend  du  beurre  ou  du  fromage  mon,  ou  que 
l'on  met  sous  le  gibier  qui  cuit  à  la  broche.  —  La  héoauo 
9t,la  grivo  fan  bien  la  rousiido.  Brioche. 

Dér.  de  Souiti,  —  Vby.  c.  m. 

Ronve  ou  Ronre,  «.  m.  Chêne  blanc,  Quere%u  robur, 
Linn.  En  bas-lat.  JRover;  en  v.  fr.  Rouve;  en  ital.  Rovere, 
C'est  de  ce  mot  que  dérivent  les  noms  pr.  du  Roure, 
Rovérié,  de  la  Rovère.  Les  maisons  de  ce  nom  portent  en 
effet  un  chêne  dans  leurs  armes.  —  Rouve  ranuuiiè,  Pivou 
ramasiii,  chêne  ou  peuplier  que  l'on  taille  de  bonne  heure 
pour  en  prendre  les  rameaux,  que  l'on  donne  comme  four- 
rage aux  bestiaux,  après  les  avoir  liés  en  bottes  ou  bourrées 
(Ranua).  —  Voy.  Chaine, 

Ronvèirâou,  j.  m.  et  n.  pr.  d'homme.  Petit  bois  de 
chênes,  dim.de  RouviUro.  —  Voy.  c.  m. 

RonTéné,  s,  m.  Petit  chêne;  chêne  de  petite  taille, 
jeune  chêne. 

Dér.  de  Rouve,  chêne. 

RonTïa,  ado,  adj.  m.  et  f.  Rouillé,  ée,  couvert  de 
rouille,  oxydé.  —  Bla  rouv^,  blé  rouillé,  jauni. 

Dér.  du  lat.  Rubigo,  rouille. 

RoQTèrgaa,  ».  m.  Nom  de  champignon.  Agaric  faux 
mousseron;  mousseron  d'automne,  Âganeue  ioriUis,  Ce 
champignon  ressemble  un  peu  au  vrai  mousseron  (SUm- 
quéej,  dont  il  a  presque  le  parfum.  Son  chapeau  est  d'abord 
hémisphérique,  aplati,  ondulé,  retourné  en  dedans,  en 
bourrelet,  d'un  jaune  fauve  ou  d'un  blanc  roux.  Les  lames 
sont  inégales,  libres,  plus  colorées  sur  les  bords;  le  pédicule 
est  cylindrique.  On  le  rencontre  en  automne  dans  les  bois, 
les  châtaigneraies,  les  bruyères,  assez  souvent  exposés  au 
nord.  Parfumé,  d'un  goût  agréable,  il  s'apprête  comme  les 
fflouaserons. 

RoaTiètro,  t.  f.  Une  rouveraie,  une  chênaie,  lieu  planté 
de  chênes  blancs.  On  dit  aussi  Rouvido.  Ce  terme  est 
très  employé  dans  le  Midi  comme  n.  pr.  d'homme.  Jto«* 
vergue,  le  Rouergue,  l'Aveyron,  signifie  littéralement  la 
région  des  chênes,  comme  le  Querci. 

Dér.  de  Rouve,  chêne. 

Ronvil,  ».  m.  La  rouille  produite  par  l'oxydation  des 
métaux,  mais  principalement  du  fer.  —  Préne  hu  rouvU, 
être  attaqué  de  k  rouille. 

Dér.  du  lat.  Rubigo,  rouille. 

RoQ?il,<.m.  Fruit  avorté,  rouillé,  chétif/entiché.  —  uAeô't 
paequédi  ronoil,  ce  n'est  que  de  la  marchandise  de  rebut. 


RUS 


595 


Rubarbo,  ».  f.  Rhubarbe  de  fromage;  sorte  de  mets 
usité  dans  les  Cévennes  et  qui  n'a  rien  de  commun  avec  la 
drogue  médicinale  du  même  nom.  On  le  prépare  avec  le 
fromage  frais  provenant  du  lait  de  chèvre,  que  l'on  triture 
en  y  ajoutant  de  la  mie  de  pain,  du  poivre  et  du  sel  ou 
autres  épices,  et  qu'on  laisse  fermenter  dans  des  vases  de 
terre  jusqu'à  ce  que  le  mélange  offre  une  consistance 
suflSsante.  Ce  mélange  acquiert  avec  le  temps  un  goût 
piquant  qui  le  rend  appétissant.  On  le  désigne  dans  les 
Cévennes  sous  le  nom  de  RviHxrbo,  à  cause  de  la  propriété 
qu'il  possède  de  réveiller  l'appétit  Ce  mets  est  désigné 
dans  la  Provence  et  dans  les  environs  de  Nimes  sous  le 
nom  de  CwM, 

Rubiflso,  ».  f.  Nom  de  plante,  Adonû. 

Rude,  mdo,  ck/j.  m.  et  ^  Rude.  Brusque,  bourru; 
dur,  inflexible.  — -  Rudie  6ou  iravol,  dur  au  travail, 
travailleur  acharné.  Vn  rudeafOire,  une  affaire  embrouillée 
et  difficile  à  résoudre. 

Dér.  du  lat.  Rudis,  m.  sign. 

Rndéja,  v.  Rudoyer,  dire  des  duretés,  traiter  avec  hau- 
teur, avec  rudesse;  maltraiter. 

Dér.  de  Rude, 

Rudo,  ».  f.  Nom  de  plante.  La  rue,  Ruta  graveolen», 
Linn.  Plante  de  la  famille  des  Rutacées,  vermifuge, 
sudoriiique,  emménagogue,  détersive.  Elle  arrête  les  pro- 
grès de  la  gangrène.  Deux  poignées  de  cette  plante,  placées 
sous  la  paillasse  du  lit,  suffisent  pour  en  chasser  les 
punaises.  On  s'en  sert  en  infusion  pour  rétablir  les 
menstrues. 

Dér.  du  lat.  Ruta,  m.  sign. 

Rofa,  V,  Froncer,  rider;  rechigner  an  fig. 

Rôle,  mlo,  a^j.  m.  et  f.  Raboteux,  rude  au  toucher, 
hérissé  de  poils,  plein  d'aspérités.  Au  fig.  rode,  brusque, 
bourru. 

Ruino,  ».  f.  Décombres,  débris  provenant  d'un  bAtimeni 
démoli.  On  comprend  sous  ce  terme  les  piètres,  gravois, 
débris  de  mortier,  et  non  les  moëllcms. 

Dér.  du  lat.  Rwma,  m.  sign. 

Roula,  V.  Rouler,  dégringoler.  ^  A  rui^  tous  éteoxè», 
il  a  dégringolé,  roulé  l'escalier. 

Runladooiro,  ».  f.  Rouleau  en  bois  ou  en  pierre  tournant 
autour  d'un  axe  et  servant  à  dépiquer  le  blé.  Ce  rouleau 
n'est  pas  cylindrique,  mais  le  plus  souvent  hexagonal  et 
présente  l'aspect  d'une  pyramide  tronquée. 

Dér.  de  Runla,  rouler. 

RimlOi  ».  f.  Plan  indiné,  descente  rapide. 

Rùôou  X  interj.  Cri  on  commandement  des  charretiers 
pour  faire  aller  ou  tourner  les  chevaux  à  droite.  Hue!  en 
français.  —  Vog.  Jaf 

Ruôoii!  s'emploie  aussi  avec  une  intonation  plus  prolon- 
gée pour  arrêter  les  chevaux. 

Rusa,  ado,  adj.  m.  et  f.  Rusé,  ée,  fin,  adroit,  roué. 

Rnsca,  v.  Éoorœr  les  jeunes  chênes  des  bois  taillis  pour 
la  préparation  des  cuirs  ;  dé  ouiller  les  arbres  de  leur  écoree. 


596 


RUS 


Dér.  du  bas  bret.  itutc,  éoorce.  —  Voy,  Déruica. 

Ruso,  »,  f.  Ruse,  voie  dôtonmée,  adresse  employée  pour 
arriver  à  ses  fins. 

Rnsqiia,  ado,  àdj,  m.eXf.  Couvert  d'une  ôcoroe  dure 
et  solide;  ronce.  —  Un  om»  hièn  nuea,  on  homme  bien 
taillé,  solide,  robuste,  dur  à  la  fatigne,  de  formes  athlé- 
tiques. 

Rnsquaire,  «.  m.  Ecorcenr;  ouvrier  que  l'on  emploie  à 
dépouiller  les  arbres  de  leur  écorce. 

Rnsqné,  «.  m.  Outil  en  fer  tranchant  et  un  peu  recourbé, 
servant  à  enlever  i'écoree  des  arbres. 

Rnaqné,  s.  f.  Écorce  des  arbres,  surtout  celle  des  jeunes 
chênes,  que  Ton  emploie  à  tanner  les  peaux  et  les  cuirs;  le 
tan,  ou  l'écorce  brisée  et  moulue  dans  un  moulin  à  tan  ;  fa 
tannée;  nom  que  l'on  donne  au  tan  qui  a  déjà  servi  à 
tanneries  cuirs  et  dont  on  fait  des  mottes  que  l'on  brûle. 

Dér.  du  bas  bret.  Buse,  m.  sign. 


RUS 

RuBsl,  V.  Réussir,  parvenir  au  but  que  Ton  se  propose, 
avoir  eu  bonne  chance.  —  A  Mn  rugH,  se  dit  de  celui 
qui  a  obtenu  une  excellente  récolte  de  cocons.  ITox  pa 
rùÊsi,  j'ai  échoué  dans  cette  a£Edre. 

Ruasido,  t.  f.  Réussite;  chance  favorable;  succès. 

De  Me  ilér.  et  de  Vseire,  sortir,  vaincre  une  diffiealté. 

Ruatiqna,  v.  Enduire,  couvrir  une  constmction,  me 
maison,  un  édifice,  au  moyen  d'une  couche  de  mortier  o« 
de  ciment  préparé  d'une  manière  spéciale  et  fouetté  an 
moyen  d'un  petit  balai  de  bruyère,  de  façon  à  donner  à  U 
couche  une  surface  rugueuse. 

Rustique,  t.  A  Enduit  d'apparence  rugueuse  et  chagri- 
née, dont  on  recouvre  les  façades  de  certaines  constmctioiis, 
au  moyen  d'un  mortier  ou  ciment  que  l'on  fouette  sur  le 
mur  avec  un  balai  de  bruyère. 


s 


SA 

8,  19»'  lettre  et  45">«  consonne  de  l'alphabet.  C'est  une 
sifflante,  dont  l'articulation  exige  le  concours  de  la  langue 
et  des  dents.  Les  Grecs  et  les  Romains  changeaient  quel- 
quefois la  dentale  t  en  sifdante  ;  par  permutation  contraire, 
le  français  donne  le  son  de  Vs  au  (  dans  certaines  finales, 
comme  dans  001110»,  eaptiBux,  martial,  etc.  Le  même 
phénomène  se  remarque  en  anglais.  Dans  les  langues 
française,  anglaise,  espagnole,  portugaise,  et  dans  l'idiome 
languedocien  cévenol,  y  compris  le  dialecte  alaisien,  !'« 
finale  est  le  signe  ordinaire  du  pluriel  des  mots,  contrai- 
rement an  provençal  rhodanien  qui  la  supprime.  Cette 
tendance  commence  à  s'accuser  aussi  pourtant  dans  le 
dialecte  alaisien,  qui  supprime  Vt  finale  dans  bien  des  cas, 
laissant  à  l'article  qui  précède  les  noms,  le  soin  de  faire  la 
distinction  du  pluriel  ou  du  singulier.  Chez  les  Romains 
rs  équivalait  au  nombre  7  et  même,  suivant  quelques 
auteurs,  à  90.  Surmontée  d'un  trait,  S  représentait  90.000. 

Sa,  B,  m.  Sac.  Grande  poche  en  cuir,  en  toile  ou  autre 
étoffe,  que  l'on  a  cousu  sur  les  côtés  et  par  le  bas,  de 
manière  à  laisser  une  ouverture  au  sommet  par  laquelle  on 
introduit  les  matières  ou  denrées  que  le  sac  doit  contenir. 
—  Sade  vi,  un  sac  à  vin,  un  ivrogne.  Un  ia  dé  bla,  dé 
caMtagnoi,  volume  de  cinq  doubles  décalitres  ou  un  hecto- 
litre de  blé,  de  châtaignes.  M'an  donna  tnoun  sa,  on  m'a 
donné  congé,  on  m'a  mis  à  la  porte.  Toumba  coumo  un  ia 
dé  bla,  tomber  lourdement,  s'affaisser  comme  une  masse. 
Ténï  lou  ia,  être  complice  d'un  vol,  participer  à  une  mau- 
vaise action.  Faire  soun  ia,  s'en  aller,  partir,  mourir. 

Dér.  du  lat.  Saeeus,  m.  sign. 


SâB 

Sa,  adj.  poii.  Sa,  au  plur.  Soi,  —  Jtamosia  MosfSiœ,  u» 
fûtoi,  réunir  toutes  ses  ressources. 

Dér.  du  lat.  Sua,  m.  sign. 

Sa!  interj.  Appel  réitéré  du  berger  à  son  troupeau, 
quand  il  lui  présente  du  sel.  Sat  Sa/ 

Dér.  de  Sdou,  sel. 

Saba,  «.  m.  Vacarme*  cris  bruyants,  tapage  prolongé. 
—  Qtùnte  iaba/  quel  vacarme  ! 

Saba,  ado,  adj.  m.  et  f.  Battu,  assommé  de  coups.  — 
Un  rabe  eaba,  un  radis  creux.  Uno  rtéo  sabado,  une  rave 
creuse. 

Saba,  V,  Frapper  à  petits  coups  redoublés  sur  une  tige 
on  un  rameau  qui  est  en  sève,  pour  en  détacher  pins  faci- 
lement l'écorce,  soit  pour  greffer  le  rameau,  soit  pour 
en  èter  l'écorce.  Au  fîg.  rosser. 

Dér.  de  Sabo,  sève. 

Sabamâou,  «.  m.  Savetier  ambulant  qui  s'établit  en 
plein  air  et  pour  peu  de  temps  dans  les  lieux  où  il  passe. 

Sabatariè,  «.  /.  Savaterie,  cordonnerie.  Nom  de  lieu,dfi 
quartier,  de  rue.  Nom  que  porte  une  des  rues  d'Aiaii 
parallèle  à  la  Grand'Rue  et  s'étendant  de  la  place  da 
Marché  à  la  place  Berthole. 

Dér.  de  Sabato,  savate,  soulier. 

Sabatèlo,  $,  f.  Nom  d'un  champignon  de  la  tribu  àa 
Polypores,  Polyporus  tuber,  Linn.  Polypore-trnffe.  Cette 
espèce,  que  Paulet  a  décrite  sous  le  nom  de  Savatelie-trofie, 
présente  une  surface  chagrinée,  grenue,  8amt>labie  à  oelk 
de  la  truffe  noire  dont  elle  a  d'ailleurs  la  couleur,  le  goàt 
et  le  parfum.  Son  chapeau  large  de  deux  cm  trois  ponces 


SàB 


SAB 


597 


est  garni  en  desaons  de  pores  blancs  qoi  prennent  une 
teinte  rousse  avec  Vâge.  Le  pédicule  est  latéral,  plein,  de 
la  couleur  des  pores,  et  de  la  même  substance  que  le 
cbapeau.  Toute  la  plante  est  d'une  texture  ferme,  cassante, 
blancbe  et  de  bon  goût;  aussi  est-elle  fort  recherchée.  Elle 
abonde  vers  la  fin  de  Tautomne  dans  les  Cêvennes.  On 
prépare  les  Savatelles  comme  les  truffes  noires  :  croûtes 
an  vin  ou  garnitures. 

L'aspect  superficiel  de  ce  champignon  est  celui  d'une 
vieille  semelle,  d'où  vient  son  nom  de  SabaUlo,  dér.  de 
Sabaio,  savate,  soulier. 

Sabatiè,  i.  m.  et  n.  pr.  d'homme:  Savetier,  cordonnier. 
Sabatier,  nom  propre  d'homme,  très-commun  à  Alais  et 
dans  le  Midi.  —  Sabatiè,  faX  toun  méttiè,  mèle-toî  de  tes 
affaires  et  non  de  celles  des  autres,  ne  sors  pas  de  tes 
attributions.  Ne  tutor  utlra  erepidam. 

Dér.  de  Sahaio,  savate. 

Sabato,  s.  f.  Savate,  soulier,  chaussure  en  général. 

Dér.  du  celt.  Sob,  pied. 

Sabé,  «.  m.  Savoir,  science  acquise,  instruction,  érudi- 
tion. —  Va\re  sabé,  faire  part.  On  dit  aussi  faire- sàoupre. 
Lou  gaï'iabé,  le  gai  savoir,  la  poésie  des  troubadours. 

Dér.  du  lat.  Sapere,  empl.  pour  Scire. 

Sabino,  «.  /*.  Nom  de  plante.  —  Voy.  Cade-Sabi,  Sabine 
ou  genévrier  sabine,  Junip^rus  tabina,  Linn.  Arbrisseau 
de  la  famille  des  Conifères,  commun  sur  les  coteaux  expo- 
sés au  midi,  dans  la  partie  septentrionale  de  la  Provence 
et  dans  le  Gard. 

Dér.  du  lat.  Sabina,  parce  qu'on  cru  que  cet  arbuste 
était  originaire  du  pays  des  Sabins. 

Sablas,  s.  m.  Banc  de  sable,  grand  amas  de  sable, 
plaine  de  sable,  ensablement  formé  sur  le  bord  d'une 
rivière,  dunes  formées  par  le  vent  le  long  des  rivières, 
comme  celles  qui  existent  sur  la  rive  droite  du  Gardon 
entre  )e  Pont  du  Gard  et  Remoulins,  au  quartier  dit  de 
la  Couasse,  et  qui  sur  les  plages  de  l'Océan  envahissent  et 
recouvrent  peu  à  peu  des  villages  entiers.  Carrière  de  sable 
ou  sablonnière  d'où  l'on  extrait  le  sable  propre  à  confec- 
tionner le  mortier  nécessaire  aux  travaux  de  maçonnerie. 
—  Béoure  eoumo  un  tablas,  boire  comme  un  trou  ou 
comme  un  templier. 

Dér.  de  Sabio,  sable. 

Sablo,  «.  ^  Sable,  réunion  de  particules  pierreuses  pro- 
venant de  cailloux  pulvérisés  on  usés  par  le  frottement 
Ce  mot,  fém.  en  languedocien,  est  masc.  en  français.  — N'ét 
bcn  qvé  pér  mètre  dé  sablo  sus  hu  papié,  il  n'est  propre 
qu'à  suivre  l'avis  des  autres;  il  est  incapable  de  donner 
un  avis. 

Dér.  du  lat  Sabulum,  m.  sign. 

Sablon,  s.  m.  Sable,  sablon,  gravier,  terrain  arénaoé. 

Dér.  de  Sablo,  sable. 

Sabo,  t.  A  Sève,  fluide  transparent,  ordinairement 
incolore  et  limpide,  qui  circule  dans  les  organes  des  végé- 
taux, remplissant  à  peu  près  les  mêmes  fonctions  que  le 


sang  chez  les  animaux.  —  Lous  àoubres  soun  en  sabo,  les 
arbres  sont  en  sève,  la  sève  commence  à  monter.  Sabo 
marsénco,  sève  de  mars.  Sabo  avousténco,  sève  d'août. 

Dér.  du  lat.  Sapa,  suc. 

Saboù,  s.  m.  Savon,  mélange  de  potasse  et  de  soude 
combiné  avec  les  corps  gras  tels  que  les  huiles,  et  qui  sert 
à  nettoyer  le  linge. 

Dér.  du  lat.  Sapo,  m.  sign. 

Saboola,  v.  Battre,  rosser. 

Sabouna,  o.  Savonner,  blanchir  au  savon,  dégraisser 
avec  le  savon  et  Teau.  Au  fig.  battre,  rosser,  réprimander. 

Dér.  de  Saboù,  savon. 

S  abounado,  s,  f.  Savonnage,  provision  de  menu  linge 
que  l'on  met  tremper  à  la  fois  dans  le  savon;  eau  de  savon 
dans  laquelle  on  met  tremper  le  linge  que  Ton  veut  savon- 
ner. Au  fig.  vigoureuse  correction.  —  Quinto  sabounadof 
quelle  tripotée  ! 

Sabounaje,  s.  m.  Savonnage;  action  de  savonner,  de 
blanchir  au  savon.  Portion  de  linge  que  l'on  destine  k  être 
nettoyée  au  savon. 
Dér.  de  Saboù,  savon. 

Sabonnéto,  s.  f.  Savonetto,  morceau  de  savon  sphériqne 

que  l'on  employait  autrefois  chez  les  barbiers  pour  préparer 

la  barbe  et  raser  les  clients.  Saponaire  officinale,  Saponaria 

offieinalis,  Linn.  Cette  plante,  à  fleurs  roses  ou  blanches, 

passe  pour  détersive,  diurétique,  sudorifiqne  et  dépurative  ; 

elle    est  employée  pour  laver  le  linge.  Elle  croit  sur  les 

bords  des  rivières  et  des  ruisseaux. 

Dér.  de  Saboù,  savon. 

Sabonnm,  s.  m.  Du  savouret,  os  rance  et  décharné  de 
porc  salé  dont  les  pauvres  gens  de  la  campagne  assaison- 
nent leur  potage,  assaisonnement  qu'ils  préfèrent  à  celui 
de  la  viande  fraîche.  Terme  d'hijure  :  Que  vdou  aquél  wél 
sabourunt  Que  demande  ce  vieux  libertin? 

Dér.  du  lat.  Sapor,  saveur. 

Sabonti,  ido,  adj.  m.  ei  f.  Fatigué,  secoué,  éreinté, 
moulu,  brisé  de  fatigue.  —  Soui  sabouU,  je  suis  moulu. 

Sabonti,  v.  Secouer,  mener  rudement,  malmener  quel- 
qu'un, le  rudoyer.  —  L'aï  bien  sabouH,  je  l'ai  bien  rudoyé. 

Sabontimén,  s.  m.  Ébranlement,  fatigue  occasionnée 
par  le  trot  dur  d'une  monture. 

Sabra,  v.  Sabrer,  couper,  trancher.  Au  fig.  trancher 
une  difficulté,  juger  une  affaire  sommairement. 

Dér.  de  Sabre,  sabre. 

Sabranla,  v.  Ébranler  en  secouant  fortement.  ^  Voy, 
Déssabranla. 

Sabre,  s,  m.  Sabre,  arme  à  lame  large,  tranchante  d'un 
seul  côté  et  ordinairement  un  peu  recourbée,  et  destinée  à 
frapper  de  taille  plutôt  que  d*estoc. 

Dér.  de  l'ail.  Sabel,  épée  courbe. 

Sabre-dé-bos!  Sabre-d*orl  interj.  Sorte  de  juron 
anodin  employé  dans  le  langage  familier.  —  Sabre-dé-bos, 
pistoulé-dé'pa\ot  autre  forme  du  même  juron  un  peu  plus 
compliquée. 

76 


598 


SAD 


SâI 


Sacado,  s.  f.  Une  sachée,  plein  un  sac.  —  Uno  ioeado 
dé  fiouM,  une  sachée  de  noix. 

Dér.  du  bas  lat.  Sacamentum . 

Sacaje,  5.  m.  Action  de  mettre  dans  un  sac.  On  dit 
plus  communément  énsaquaje.  —  Voy.  Ènsaqua. 

Sacamandéja,  v.  Vivre  licencieusement  ou  dans  le 
dësoixlre;  pilier,  rançonner,  saccager.  —  tous  PrtusièM 
an  sacamandéja  la  Franco,  les  Prussiens  ont  saccagé, 
ravagé  la  France. 

Dér.  de  Saeaman. 

Sacaman,  ando,  s.  m.  et  f.  Voleur,  brigand,  coupe - 
jarret,  homme  dur  et  impitoyable.  Au  fém.  Coureuse. 

Dér.  de  Tall.  Sac-man,  homme  de  sac,  pillard.  En  ital. 
Saeco  tnanno,  m.  sign. 

Sachn,  ndo,  part,  pass.  du  v.  Sàoupre,  savoir.  — 
S'avièi  iochul  si  j'avais  su  !  Acà's  sachu,  cela  est  connu , 
c'est  une  chose  avérée. 

Sa-col,  Cabnssâon  ou  Gasdâou,  s.  m.  Le  bourrelet  des 
manœuvres,  des  portefaix;  sac  à  demi-plein  de  paille  qui 
forme  coussinet  sur  leurs  épaules  et  leur  aide  à  porter  les 
fardeaux.  —  Voy.  Cattdou. 

Sacramén  (Sén),  «.  m.  comp.  Un  ostensoir.  Le  langue- 
docien est  dépourvu  d'un  terme  qui  désigne  ce  vase  sacré, 
et  on  exprime  le  contenant  par  le  terme  qui  désigne  ie 
contenu. 

Sacréja,  v.  Jurer,  blasphémer;  entremêler  ses  paroles 
de  jurons  comme  les  gens  grossiers  et  mal  élevés. 

Sacréjaire,  5.  m.  Jnreur,  blasphémateur,  celui  qui  a 
l'habitude  de  jurer  et  de  blasphémer. 

Sacre -inoiiii-amo,  «.  m.  Un  jureur,  un  homme  déter- 
miné à  commettre  tons  les  excès.  —  A  la  sacre-moun-ano, 
à  la  manière  des  bandits,  des  hommes  qui  ne  reculent 
devant  rien,  qui  sont  décidés  à  tout  faire. 

Sacre-pa-dil  inurj.  Juron  assez  anodin  employé  dans 
le  langage  familier  et  qui  signifie  littéralement  :  Je  ne  jure 
pas  le  nom  de  Dieu.  C'est  l'oppasé  du  juron  français 
Jamidieu/  pour  je  reni9  Dieu,  qui  était  dit-on  familier  k 
Henri  IV  non  moins  que  celui  de  Ventre-saint-griif 

Sacripan,  j.  m.  Sacripant,  rodomout,  homme  turbulent, 
casseur  d'assiettes,  homme  déterminé  à  tout  entreprendre. 

Ce  terme,  comme  celui  de  Rodomont,  est  un  nom  de 
personnage  de  VOrlando  fUrioso  de  l'Arioste. 

Saoriatan,  ano,  «.  m.  et  f.  Sacristain,  sacristaine,  celui 
ou  celle  à  qui  est  confié  le  soin  et  la  garde  des  vases  et  des 
ornements  sacrés,  et  en  général  de  tout  ce  qui  est  renfermé 
dans  la  sacristie  d'une  église.  Dans  un  monastère  de 
femmes,  la  religieuse  à  qui  est  confié  le  soin  de  la  sacristie. 

Dér.  du  lat.  Sacriitia,  m.  sign. 

Sadoul,  «.  m.  Saoul.  —  Manja  toun  tadoul,  manger 
tout  son  saoul;  être  repu.  Au  fig.  N'aï  moun  iodoul/  j'en 
ai  plein  le  dos;  j'en  suis  ennuyé,  fatigué,  dégoûté . 

Dér.  du  lat.  SatuUtu,  dim.  de  Satur. 

Sadonl,  oulo,  o^;.  m.  et  f.  Saoul,  saoule  ;  repu,  repue. 
Rassasié,   fatigué,  gorgé  de  nourriture;  dégoûté  d'une 


personne  ou  d'une  chose.  —  Sadoiul  eoumo  un  pot,  u<ml 
comme  un  porc. 

Dér.  du  lat.  SaJtuUui. 

Sagan,  «.  m.  Le  sabbat.  An  fig.  bruit,  train,  tapage. 

—  Sagan  a  magan,  désordre,  confusion,  mélange  de  toates 
sortes  de  gens.  Dér.  du  lat.  ou  du  oelt.  8a^,  sorcière, 
et  Magui,  magicien.  Peine,  tout  ce  qui  donne  de  l'inquiétude 
et  du  souci. 

Sagata,  v.  Poignarder,  frapper  &  coups  de  couteau  un 
homme  ou  un  animal.  Au  fig.  presser  vivement,  sollidter, 
arracher  de  force  un  aven  ou  une  faveur.  Juguler  quel- 
qu'un; lui  faire  rendre  gorge.  Couper  les  rejetons,  les 
drageons,  sui^eons  gourmands  qui  poussent  au  pied  d'an 
arbre  et  arrêtent  son  développement. 

Dér.  de  Sagato,  surgeon. 

Sagati,  «.  f.  ÉtofTe  composée  d'un  mélange  mi-partie 
laine  et  filoselle.  —  L'abi  dé  iagaU  est  le  titre  de  Fane  des 
pièces  les  plus  remarquables  du  marquis  de  Lafare-Alais, 
dans  les  Castagnadot, 

Sagato,  «.  f.  Surgeon,  drageon,  rejeton  que  les  arbres 
poussent  de  leur  pied.  —  La  sagaio  a  manja  l'àoubre,  les 
surgeons  ont  épuisé  l'arbre. 

Dér.  du  ce] t.  Sagattra,  m.  sign. 

Sagnè,  t.  m.  Nattier;  ouvrier  qui  fait  des  ouvrages  de 
sparterie,  qui  rempaille  les  chaises. 

Sagnèîro,  «.  f.  Terrain  marécageux  sur  lequel  croit  la 
plante  appelée  Sagno,  qui  sert  à  rempailler  les  chaises 
communes  et  à  confectionner  divers  ouvrages  de  sparterie. 

Dér.  de  Sagno.  —  Voy.  c.  m. 

Sagnèîrolo,  a.  f.  Dim.  de  Sagnéfiro;  flaque  d'eaa 
marécageuse  et  stagnante  dans  laquelle  pousse  la  Sagno. 

—  Voy,  c.  m. 

Sagno,  t.  f.  Sparganium  erectum,  Linn.  Plante  de  la 
famille  des  Typhacées  qui  croit  dans  les  marais  et  dont  la 
tige  sert  à  rempailler  les  chaises. 

Sagriècho  ou  Sabmièolio,  s.f.  Nom  de  plante;  sarieus 
vivaoe,  annuelle. 

Sai,  «.  m.  La  panne  d'un  porc,  dont  on  retire  l'axonge 
on  saindoux.  Les  paysans  s'en  servent  comme  du  savouret 
(Sabourun),  pour  assaisonner  leur  potage,  surtout  œlti 
qui  est  fait  avec  des  raves  ou  des  choux.  —  Païre  dé  mi, 
faire  du  lard,  engraisser,  vivre  paresseusement,  en  sybarite. 

Dér.  du  lat.  Sagina,  graisse. 

Sttlèîro,  i.  f.  Salière;  petit  vase  de  métal,  de  cristal,  de 
faïence,  de  verre,  servant  de  récipient  an  sel  et  môme  aa 
poivre  que  l'on  met  sur  la  table. 

Dér.  de  sâou,  sel. 

Saîonr,  saîonrdo,  t.  m.  et  f.  Sale,  malpropre,  d^oè- 
tant.  Saïourdas,  péjor.  de  Saïour. 

Saion,  «.  m.  Sorte  de  jaquette,  sayon  on  lobe  servant  I 
vêtir  les  jeunes  garçons,  jusqu'au  commencement  da 
XVIII'  siècle,  avant  de  leur  faire  revêtir  la  calotte. 

Dér.  du  lat.  Sagum,  m.  sign. 

Saiqné,  adv,  Sans<loute,  peut-être,  apparemment.  -^ 


SAL 

Satqué  siès  nèdf  Es-tn  devena  foa?  A<mbé  scnqué,  oui, 
sans  doute. 

SûBséto,  s.  f.  Froment  de  la  plus  belle  qualité  ;  ton- 
selle  à  petits  grains  (Triiieum  Mbemum  arisHs  carmsj, 
que  Ton  cultive  beaucoup  dans  le  Comtat  venaissin  et  la 
côte  du  Rhône.  Ce  froment  donne  le  pain  de  la  plus  belle 
qualité. 

Saje,  saJOt  adj.  m.  et  f.  Sage,  posé,  raisonnable,  qui  a 
une  conduite  réglée.  En  parlant  d'une  fille  ou  d'une  femme  : 
modeste,  sage,  pudique. 

Dér.  du  lat.  Sapere,  avoir  de  la  sagacité. 

Sala,  V.  Saler;  mettre  du  sel  dans  les  mets  ou  sur  la 
viande  que  Ton  veut  conserver.  Au  fig.  et  adj.  cher, 
coûteux.  —  Àeè's  iala,  cela  est  fort  cher.  Sié  Van  fa  $aia, 
on  me  Ta  fait  payer  fort  cher. 

Dér.  de  Sàou,  sel. 

Sala,  ado,  adj.  m.  et  f.  Salé,  6e,  assaisonné  avec  du  sel 
ou  préparé  avec  du  sel  pour  être  conservé. 

SaladOQ,  s.  m.  Saloir,  vaisseau  ou  table  à  rebords  qui 
sert  à  faire  la  salaison.  C'est  aussi  le  vase  où  l'on  conserve 
le  sel  à  l'abri  de  l'humidité. 

Dér.  de  Sàou,  sel. 

Saladuègno,  «.  f.  Nom  de  plante.  La  Chélidoine  ou 
grande-éclaire.  Chelidanium  majuM,  Linn.  Plante  à  suc 
laiteux  et  jaune  un  peu  caustique.  Elle  est  employée 
comme  anti-dartreux.  On  la  désigne  aussi  soosles  noms 
de  Saraduègno  ou  Sarajuêgno» 

Salaje,  «.  m.  Salaison  de  la  viande  des  porcs;  temps  de 
la  salaison.  Viande  de  porc  pour  la  salaison. 

Salaxnalè,  s.  m.  Salamalec,  révérence  profonde,  adula- 
tion, politesse  exagérée. 

Dér.  de  l'arabe  Salatn  atatka,  la  paix  soit  avec  toi. 

Salan,  i.  m.  La  région  du  littoral  où  se  trouvent  les 
marais  salants. 

Saléîroù,  «.  m.  Une  salière.  —  Voy  Saïi^ro. 

Sali,  V.  Chasser,  mettre  dehors.  —  M'an  sali  déforo, 
on  m'a  chassé. 

Dér.  de  l'ital.  Salire,  sortir. 

Salis  «.  m.  Grenier  à  sel. 

Dér  de  Sal,  sel. 

SaliTéja,  v.  Saliver,  rendre  de  la  salive  abondamment. 

Dér.  du  lat.  Saliva,  dér.  de  Sal,  sel. 

SaliTO,  s.  f.  La  salive,  sécrétion  spumeuse  qui  prend 
naissance  dans  les  glandes  salivaires  de  la  bouche. 

Dér.  du  lat.  Saliva,  dér.  de  Sal,  sel. 

Sale,  «.  f.  Une  salle,  grande  pièce  servant  aux  réceptions 
dans  les  maisons  riches.  —  ta$alo,  La$  Salloi,  Lasalle, 
Les  Salles,  n.  pr.  de  villages  et  de  hameaux  qui  furent 
dans  l'origine  de  petits  prieurés,  des  hospices,  dépendants 
d'un  monastère  qui  envoyait  dans  ces  maisons,  devenues 
prieurés,  un  ou  plusieurs  religieux  pour  prendre  sda  du 
temporel. 

Dér.  du  lat.  C$Ua,  ferme,  grange.  Navaeelle,  WcnorMa, 
a  la  même  origine.  -*  Foy.  C«W. 


SAN 


599 


C'est  de  Salo  ou  Salle  qu'ont  été  formés  les  noms  des 
communes  les  Salles-du-Gardon,  les  Salles-de-Gagnières, 
Lasalle,  etc.,  situées  dans  le  département  du  Gard,  et  les 
dim.  Salèlo,  Saléto,  Saléndro  ou  SeUindro  et  Salindrmeo, 

Salô,  salope,  s.  m.  et  f.  Homme  sale,  mal  élevé, 
grossier  dans  sa  tournure,  ses  paroles  ou  ses  actes;  femme 
prostituée,  de  mauvaises  mœurs,  souillon. 

Salo-toupl,  i.  m.  Tatillon;  se  dit  par  dérision  d'un 
homme  qui  se  mêle  des  menus  détails  du  ménage  réservés 
aux  femmes. 

Saloupariè,  s.  f.  Saleté,  grossièreté,  vilenie,  préjudice, 
bassesse.  Au  fig.  paroles  grossières  et  obscènes. 

Sain,  j.  m.  Salutation,  salut,  action  de  saluer,  acte  de 
politesse. 

Dér.  du  lat.  Salus»  salutis,  santé. 

Salai  int9rj\  Adieu!  Portez- vous  bien!  Bonjour! 

Salnda,  v.  Saluer;  honorer  par  une  marque  extérieurs 
de  civilité.  —  Saluda,  hocher  la  tète  en  dormant. 

Dér.  du  lat.  Salutare,  m.  sign. 

Salndaire,  s.  m.  Un  homme  obséquieux,  qui  salue  tout 
le  monde  sans  distinction  et  souvotU  sans  raison. 

Samba,  «.  m.  Sureau.  —  Voy.  Couloubrignè. 

San,  sano,  adj.  m.ei  f.  Sain,  saine.  Se  dit  des  personnes 
et  des  choses.  —  Aquél  bot  et  tan,  ce  bois  est  sain.  San 
eoumo  un  métal,  solide,  bien  portant,  plein  de  santé.  F(ar9 
san,  terme  de  moulinage  des  soies,  dépouiller  la  soie  mise 
au  moulin  des  bouchons  qui  embarrassent  le  fil  ou  dépassent 
U  trame  d'une  étoffe. 

Dér.  du  lat.  Sanui,  m.  sign. 

San,  prépot.  Sans.  —  San-x'ounou,  homme  ou  femme 
décriés,  de  mauvaise  réputation,  sans  délicatesse. 

Dér.  du  lat.  Sine,  m.  sign. 

Sanfloara,  v.  Déflorer,  prendre  le  dessus  du  panier, 
faire  un  choix  sur  un  certain  nombre  d'objets;  écrémer, 
prendre  ce  qu'il  y  a  de  plus  beau. 

Sanlloarado,  s.  f.  Choix  que  l'on  fait  sur  une  certaine 
q  uantité  d'objets.  —  A  prés  latanflourado  dé  lat  poumot, 
il  a  choisi  les  plus  belles  pommes  de  la  récolte  ou  du  panier. 

Sang,  t,  m.  Sang;  liqueur  rouge  qui  circule  dans  les 
artères  et  les  veines  des  animaux  vertébrés.  Race,  famille. 
—  Moun  sang  et  vényu  tout  rouye,  locution  ironique  qni 
signifie  :  Cela  ne  m'a  pas  surpris;  cet  événement  ne  m'a 
nullement  ému.  Sang  dé  eoudoumbre,  sang  de  concombre, 
homme  sans  énergie,  froid,  que  rien  n'émeut  ;  poltron, 
poule  mouillée.  Lou  tang  tanno,  ce  qui  offense  un 
membre  de  notre  famille,  nous  offense  également. 

Dér.  du  lat.  Sanguis,  m.  sign. 

Sangainado,  s.  f,  La  sanie,  le  liquide  sanguinolent  qni 
découle  des  plaies;  sang  délayé  dans  quelque  humeur  qui 
le  rend  d'un  rouge  sale. 

Dér.  de  Sang. 

Sanla,  v.  Couvrir,  envelopper.  —  Sanla-vous  bien, 
couvrez-vous  bien.  Se  sanla  d'un  mantèl,  se  couvrir  d'un 
manteau. 


t)00 


SAN 


Sanle,  ju6jI.  La  saleté.  —  Aïmes  bien  lou  $anle.  Va 
aimes  bien  la  saleté,  la  crasse.  Aquà  erén  hièn  lou  $anU, 
cette  étoffe  prend  facilement  la  saleté. 

Dér.  de  l'ail.  Soi,  ordure,  saleté. 

Sanle,  sanlo,  adj.  m.  et  ^.  Sale,  des  deux  genres, 
malpropre,  couvert  d'ordure. 

Sanli,  V,  Salir,  rendre  sale.  —  Aquél  éfan  ié  sanlis 
bien,  cet  enfant  digère  bien,  remplit  bien  ses  fonctions 
digestives. 

Sanna,  v.  Saigner,  égorger  ou  couper  la  gorge;  pra- 
tiquer une  saignée.  —  Quan  mé  sannaritu,  quand  bien 
même  vous  me  tueriez  je  ne  pourrais  vous  satisfaire. 
SannariaM  pulàou  uno  pèiro,  vous  tireriez  plutôt  du  sang 
d'une  pierre.  Lou  nos  i  sanno,  il  capone,  il  recule,  il 
hésite.  On  raconte  qu'au  moment  ou  Guillaume  de  Nogaret 
poursuivait,  à  Avignon,  la  condamnation  de  la  mémoire  de 
Boniface  VHI  auprès  de  Clément  V,  ce  dernier  cherchait 
à  gagner  du  temps,  pour  ne  pas  prendre  une  décision 
irrévocable.  Un  saignement  de  nez  qu'eut  le  pape  pendant 
la  nuit,  lui  servit  de  prétexte  pour  faire  renvoyer  une 
séance.  Or,  on  dit  proverbialement,  en  Languedoc,  d'un 
homme  qui  hésite  ou  recule  au  moment  de  prendre  une 
grave  détermination  :  Lou  ntu  i  sanno/  le  nez  lui  saigne, 
en  mémoire,  sans  doute,  du  fait  historique  que  nous  venons 
de  rappeler. 

Sannado,  «.  f.  Une  saignée.  Au  fig.  une  dépense,  une 
perte  considérable  d'argent.  Vue  dérivation  d'une  petite 
portion  d'un  cours  d'eau. 

Dér.  de  Sang,  —  Voy.  c.  m. 

Sannadoù,  êuba,  m.  Le  bout  saigneux,  l'extrémité  du 
quartier,  du  côté  de  la  gorge,  à  l'endroit  de  la  plaie  où  il 
reste  toujours  du  sang  sur  l'animal  égorgé;  couteau  de 
boucher,  coupe-gorge  ;  abattoir  rustique.  C'est  aussi  le  banc 
à  écoroher  sur  lequel  on  égorge  les  moutons  et  les  porcs. 

Sannadoù,  adj.  m.  Propre  à  saigner  ou  à  être  saigné. 
—  Coutèl  iannadoii,  couteau  de  boucher  servant  à  égorger 
les  animaux  de  boucherie.  Aquél  por  éi  sannadoii,  ce  porc 
est  parvenu  au  degré  d'engraissement  voulu  pour  être  tué. 

Sannaîre,  «.  m.  Saigneur,  celui  qui  saigne  les  animaux 
de  boucherie. 

SannoÙB,  onso,  adj,  m.  et  f.  Saignant,  ante;  tâché  de 
sang;  ensanglanté,  saigneux. 

San-pna,  adv.  Uniquement,  seulement.  —  PéndnK  uno 
eroutto,  tan-pui,  je  mangerai  seulement  un  croûton  de 
pain.  Jouga  uno  partido  san-put,  jouer  une  seule  partie. 

Sanqné,  «.  m.  Du  sang  d'agneau,  de  chevreau,  de 
poulet,  de  volaille,  que  l'on  frit  à  la  poêle  avec  un  peu 
d'ail  et  de  persil  additionnés  d'herbes  fines. 

Dér.  de  Sang, 

SanaanYl,  t.  m.  Ortolan,  Bruant  ortolan,  JEmteftia 
hortulana,  Temm.  Tête  et  cou  olivâtres,  poitrine  d*un 
jaune  verdâtre,  les  parties  inférieures  rousses,  les  supérieures 
brunes  et  noires  â  leur  centre.  Samanvï  est  une  prétendue 
onomatopée  de  son  chant,  qu'on  a  voulu  faire  plaisante. 


SAO 

On  connaît  l'aptitude  de  cet  oiseau  à  engraisser  rapidemeat, 
et  comme  pour  cela  on  le  conserve  en  cage,  il  a  on 
mérite  de  plus  pour  les  gourmands,  c'est  de  pouvoir  leur 
être  servi  quand  les  autres  petits  pieds,  si  succuleats  aussi, 
nous  ont  quittés. 
Sanid,  V,  Fouler  aux  pieds. 

Sansogno,  t.  f.  Une  cornemuse;  chant  monotone  et 
ennuyeux;  rabâchages;  chant  de  berceuse  pour  endormir 
les  enfants.  —  Aeà'i  toujour  la  mémo  samogno,  c'est  tou- 
jours la  même  chanson.  Le  fanon  des  bœufs,  qui  leur  pend 
sous  la  gorge  comme  la  poche  vide  d'une  comemuse. 
Saniognos  au  pluriel,  barbe  de  coq,  cartilages  ou  caron- 
cules rouges  qui  pendent  sous  le  bec  des  coqs.  —  Voy.  Gtào. 

Dér.  de  l'ital.  Zampogna,  comemuse. 

Sanaongna,  v.  Chanter  à  demi-voix,  fredonner.  An  fig. 
importuner  quelqu'un  par  des  instances,  des  sollicitations. 
Lambiner,  tarder,  user  de  longueurs  inutiles,  corner  aux 
oreilles. 

Sansongnaire,  «.  m.  Joueur  de  comemuse.  On  dit  aussi 
Sampougnaïre,  An  fig.  importun,  ennuyeux,  rabâcheur, 
qui  tombe  dans  des  redites. 

Sansnra,  v.  Presser,  solliciter,  importuner,  ennuyer.  — 
M'a  ionsura  tout  lou  jour,  il  m'a  fatigué  tonte  la  journée 
de  ses  importunités. 

Dér.  de  Sansuro,  sangsue. 

Sansnro  ou  Sannaîrolo,  «.  f.  Sangsue,  Hirado  ou 
Sanguiiuga.  De  ce  second  nom  latin,  le  français  avait 
fait  d'abord  suce-sang  qui  est  devenu  sangsue  ;  santuro  n'en 
est  que  l'imitation.  On  a  pourtant  délaissé  pour  ce  nom 
celui  de  Sannaîrolo,  qui  pouvait  revendiquer  une  origine 
plus  légitime  provenant  du  languedocien  même  :  Sanna, 
saigner.  Au  fig.  un  fâcheux,  un  importun,  uq  parasite,  an 
usurier. 

Santa,  t.  f.  Santé. 

Dér.  du  fr.  qui,  à  son  tour,  vient  du  lat.  Sanitas,  m.  sign. 

Santa-dil  inierj.  Exclamation  admirative.  Invocation  à 
la  Vierge  :  Saneta  Dei  gnUtrix, 

Santa-fionltfiivr;.  Sorte  d'exclamation  marquant  l'étoo- 
nement. 

Santa-pa!  intmi.  Exclamation  d'étonnement. 

Dér.  du  lat.  Saneta  pax, 

Santarons,  ooio,  adj,  m.  et  f.  Plein  de  santé,  bien 
portant.  —  Peu  ioniaroùi,  une  contrée,  one  o^on  dont 
le  climat,  Tair  est  salnbre. 

Dér.  de  Santa,  santé. 

Santi-bèli,  t.  m.  Statuette  en  plâtre  que  les  modeleurs 
italiens  colportent  dans  les  rues  en  criant  :  Santi  bdUl 
beaux  saints!  Une  personne  à  figure  insignifiante,  à  phy- 
sionomie effacée,  sans  expression. 

Santni,  «.  m.  Un  grand  coup  appliqué  sur  la  poitrine 
ou  ailleurs.  —  Aousantut  t'etpère, 

SàOQ,  t.  A  Sel;  le  sel  marin,  chlorure  de  aodinm,  le  sel 
gemme  ou  fossile.  Le  sel  marin  est  composé  de  60  parties 


J 


SAO 

de  chlore  et  de  40  de  aodiam.  —  Y  eourou  eoumo  à  la 
iâou,  on  y  court  comme  le  bétail  au  sel. 

Dér.  du  lat.  Std. 

Sàon,  «.  m.  Saut,  action  de  sauter,  chute,  bond  que 
Ton  fait  en  sautant.  —  Fairt  lou  gran  iâou,  mourir. 

Dér.  du  lat.  SaUus,  m.  sign. 

S&oiiça,  V.  Saucer,  tremper  du  pain  dans  la  sauce; 
mettre  les  pieds  dans  le  plat,  commettre  une  bévue; 
mettre  le  pied  dans  un  bourbier;  tremper  quelqu'un  da  ns 
Teau.  —  Se  idôuça,  se  tremper  de  pluie,  être  surpris  par 
une  averse,  un  orage. 

Sâoucéto,  s.  f.  Dim.  de  Sàouço^  petite  sauce.  —  FaVr9 
tàotàcéto,  faire  trempette,  tremper  un  morceau  de  biscuit 
dans  du  vin  blanc  ou  rouge  ;  faire  la  soupe  au  perroquet. 

Sâouciè  ou  SâOQCièîro,  «.  m.  et  f.  Saucière,  petit  vase 
dans  lequel  on  sert  les  sauces  ou  rémoulades. 

Dér.  de  Sdouço,  sauce. 

Sâoncino,  «.  m.  Nom  pr.  de  lieu  et  d'homme.  Saussine  ; 
en  V.  fr.  Socine,  boutique. 

Dér.  du  bas  lat.  Sœinum. 

Sâouciasiè,  b.  m.  Charcutier  dont  la  spécialité  consiste 
à  confectionner  des  saucisses  ou  des  saucissons. 

Dér.  de  Sâouciêso,  saucisse. 

Sâoucisso,  «.  A  Saucisse,  viande  de  porc  hachée  menu, 
salée  et  épicée,  et  introduite  dans  des  boyaux  du  mèm  e 
animal,  de  manière  à  présenter  une  forme  cylindrique.  Les 
saucisses  ainsi  préparées  peuvent  être  conservées  une 
partie  de  Tannée.  On  les  mange  cuites. 

Dér.  de  Sdou,  sel. 

Sâouciasô,  s.  m.  Saucisson.  Augm.  de  Sâoueisëo. 
Saucisse  de  grosse  dimension,  préparée  à  peu  près  comme 
la  précédente,  mais  avec  plus  de  soin  et  de  manière  à  ce 
que  la  viande,  fortement  enchâssée  dans  des  boyaux  de 
grande  dimension,  puisse  être  conservée  plus  longtemps.  Le 
saucisson  est  mangé  cru. 

Sâonço,  «.  f.  Sauce.  Assaisonnement  liquide,  où  il  entre 
du  sel  et  des  épices.  Au  fig.  frais,  dépens.  —  N'en  pagaras 
la  idouço,  tu  en  payeras  les  dépens.  Ficha  uno  sdotiço, 
administrer  une  correction,  une  trempée. 

Dér.  de  Sâou,  sel. 

Sâouda,  V.  Souder.  Joindre  bout  à  bout  et  relier  par  le 
moyen  d'une  soudure  les  deux  parties  séparées  d*un  objet 
en  métal,  au  moyen  d'un  métal  plus  fusible. 

Dér.  du  lat.  Soliàare,  affermir. 

Sâougnè,  «.  m.  Saunier,  celui  qui  fabrique  le  sel  on 
qui  le  débite. 

Dér.  de  Sâou,  sel. 

Sftonmadado,  s,  f.  Une  salmée  de  terrain  environ.  — 
Vop.  Sdoumaio. 

SàoQBiado,  «.  f.  La  charge  d'un  âne  on  d*nne  ànesse 
(Sàoumo);  ou  plus  généralement  une  charge  de  bète  de 
somme.  Une  sadmée  de  terrain;  mesure  agraire  dont  la 
surface  équivaut  à  79  ares  80  centiares,  mesure  d'Alais. 
La  salmée  se  divisait  en  quatre  setiers  ou  sesterées;  le 


SAO  601 

setier  en  deux  mines,  la  mine  en  deux  quartes ,  la  quarte 
en  quatre  boisseaux,  le  boisseau  en  six  dextres  et  un 
quart. 

La  salmée,  mesure  de  capacité  pour  les  céréales,  les 
châtaignes,  les  glands,  les  légumes  secs,  équivaut  en  non* 
velles  mesures  métriques  à  20  décalitres  5.909. 

Elle  se  divisait  en 

Setier 6  déc.  U77 

Emine 2         5739 

Quarte 4  2869 

Boisseau 0         3217 

Ces  valeurs  sont  calculées  pour  la  salmée,  mesure 
d'Alais. 

Voy.  Sauvages  pour  plus  amples  renseignements. 

Dér.  du  lat.  Summa:  bass.  lat.  Summata,  Somata, 
Salmata,  charge  d'une  bète  de  somme. 

Sâoumo,  «.  f.  Anesse,  femelle  de  Tàne.  —  Mètre  dou  la 
dé  tdoumo,  prescrire  l'emploi  du  lait  d'ânesse  dans  une 
maladie  ou  une  convalescence. 

Dér.  du  lat.  Summa,  bète  de  somme. 

Sâoupiqoa,  v.  Saupoudrer  un  mets  ou  de  la  viande 
avec  du  sel  et  des  épices. 

Dér.  de  Sdou,  sel. 

Sàoupiqué,  t.  m.  Saupiquet,  sauce  piquante  préparée 
avec  du  sel  et  des  épices.  Le  lièvre  rôti  se  mange  avec  un 
saupiquet  composé  du  sang,  du  foie  broyé  et  délayé  de 
l'animal,  relevé  par  des  épices  et  du  sel. 

Dér.  de  Sdou,  sel. 

Sàonpégu,  gudo,  part.  pat»,  du  v.  Sdoupre,  savoir.  — 
Ou  dipa  tdoupégu,  j'ignorais  cette  circonstance. 

Dér.  du  lat.  Sapore,  savoir. 

Sâoupètro,  s.  m.  Salpêtre,  nitrate  de  potasse.  Litté- 
ralement sel  de  pierre,  parce  qu'il  se  produit  naturellement 
par  efiQorescence,  sur  les  vieux  murs,  les  molasses  calcaires, 
les  voûtes  de  cave,  l'intérieur  des  grottes. 

C'est  du  salpêtre  que  l'on  retire  le  sel  de  nitre  ou 
salpêtre  purifié  qui,  uni  au  soufre  et  au  charbon,  compose 
la  poudre  à  canon. 

Sàoupre,  v.  Savoir,  connaitre.  —  F^re  à  iâoupre, 
annoncer  un  événement,  un  mariage,  une  naissance,  un 
pécès;  en  faire  part  à  ses  amis  et  connaissances-  M'ou 
iâouprés  à  dire,  vous  me  le  ferez  savoir,  vous  m'en  direz 
des  nouvelles.  Sâoupre  mdou,  vouloir  du  mal,  en  vouloir 
à  quelqu'un,  lui  garder  rancune. 

Dér.  du  lat.  Sapert,  savoir. 

Sâoiiqnéiio,  t.  f.  Nom  languedocien  de  la  jeune  dorade, 
poisson  de  la  Méditerranée  (Auraia  VulgarùJ.  —  Vog, 
Ddourado, 

S&onri,  v.  et  tum  prop.  Saler  et  fumer,  saurer.  Saury, 
nom  d'homme. 

Sâonxi,  ido,  part.  pan.  du  v.  Sâmtrï,  saurer. 

Dér.  de  Sâou,  sel. 

Sâonringa,  ado,  adj.  v.  m.  et  f.  Fricassé  au  sel  et  à 


1)02 


SAO 


l'huile  et  au  vinaigre.  Apprêté  au  sel;  assaisonné  avec  du 
sel. 

Dér.  de  SAou,  sel. 

Sâousarédo,  «.  f.  Une  saulaie,  une  saussaie,  lien  planté 
de  saules. 

Dér.  de  Sàouie,  saule. 

Sâonse,  t.  m.  Saule,  genre  d*arbres  et  d*arbrisseaux  de 
la  famille  des  Aœentacées,  dont  il  existe  un  grand  nombre 
d'espèces.  Par  le  mot  Sâouse  on  entend  en  général  les 
grandes  espèces  et  en  particulier  le  saule  blanc,  Saliœ  cUba, 
Linn.  Une  des  petites  espèces  porte  le  nom  de  Vige  (Voy. 
c.  m.).  C'est  l'osier  qui  est  employé  dans  la  vannerie.  — 
Dé  que  fa»  aqui  planta  eoumo  un  tàoute?  que  fais- tu- là 
piaulé  comme  un  échalas? 

Sâonsé,  n.  pr.  de  localité,  Sauzet,  village  de  l'arrondis- 
sement d'Uzès.  —  Barbie  dé  Sâousé.  —  Voy.  Barbie. 

Sâonse-latiè,  5.  m.  comp.  Saule  d'une  espèce  particulière 
à  tige  droite  et  très-élancée,  que  l'on  refend  pour  en  faire 
des  lattes  ou  montants  d'échelles. 

SâouBÏo  ou  Sauzédo,  t.  f.  Saulaie,  saussaie;  lien  com- 
ptante de  saules,  champ  couvert  de  saules.  —  Voy.  Vijèiro, 

Sâoata,  o.  Sauter,  s'élever  de  terre  avec  effort  ;  s'élancer, 
franchir  un  obstacle,  descendre  ou  remonter  d'un  bond  de 
haut  en  bas  ou  de  bas  en  haut.  Omettre,  négliger,  oublier. 
«—  Sâouta  sus  la  couvèrto,  être  berné. 

Dér.  du  lat.  Saltare,  m.  sign. 

Sâontarèl,  5.  m.  Jeu  d'enfant,  jeu  du  bâtonnet.  —  Voy. 
Bresco. 

Dér.  de  Sâouta,  sauter. 

Sâoutarèlo,  «.  f.  Sauterelle  (LoeuUa).  Insecte  coléoptère 
qui  ne  pouvait  être  mieux  nommé  ;  car  on  prétend  que, 
d'un  seul  bond,  il  saute  deux  cents  fois  la  longueur  de  son 
corps.  On  l'appelle  aussi  Sàouio-houqué.  —  Voy.  c.  m. 

Sàonto-bartas,  «.  m.  comp.  Un  pillard;  jeune  libertin, 
maraudeur  qui  vit  de  vols  et  de  rapines  en  franchissant 
les  haies  et  les  murs  de  clôture  des  propriétés.  —  Voy. 
Trdoueo-baragnado . 

Sâonto-boiMiaé,  $.  m.  eomp.  Sauterelle;  ce  surnom  lui 
est  donné  parce  qu'elle  saute  par  dessus  les  fleurs. 

Sàonto-cambéto,  loc.  adv.  eomp.  Cloche-pied.  —  Dé 
iàouto-cambéio,  k  cloche-pied. 

Sàonto-lingrin,  s,  m.  comp.  Au  phys.  un  homme 
maigre,  mince,  fluet.  Au  fig.  un  homme  léger,  frivole, 
sans  consistance. 

Sàoato-régolo,  «.  m.  comp.  Saute-ruisseau,  petit  clero 
de  notaire,  d'avoué,  d'huissier  ou  autre  tabellion. 

Sâoutiir,  tOBO,  M.  m.  et  f.  Sauteur,  euse,  celui  ou  celle 
qui  saute  ;  se  dit  d'un  homme  léger,  sans  consistance,  qui 
manque  de  sérieux  et  ne  sait  pas  se  conduire.  Sâoutuso, 
se  dit  d'une  femme  qui  a  une  conduite  légère. 

Sàoava,  v.  Sauver,  garantir,  tirer  d'un  péril  ;  garder, 
conserver,  réserver;  procurer  le  salut  étemel. 

Dér.  du  lat.  Servare,  dans  les  premiers  sens,  et  de  Salwtn 
dans  le  dernier. 


SAO 

Sâouva  (Se),  v.  r.  Se  sauver,  s'enfuir,  s'échapper;  fure 
son  salut,  mériter  le  paradis. 

Sâoavadoù,  s.  m.  Le  Sauveur  du  monde. 

Dér.  du  lat.  Salvator,  m.  sign. 

Sâonvadeù,  onno,  aty.  m.  et  f.  Un  enfant  qui  commence 
à  se  former,  qui  est  sorti  des  premiers  accidents  de  l'en- 
fance. Un  agneau  qui  commence  à  se  suffire;  uo  oiseau 
i  qui  a  quitté  le  nid.  —  Aquél  agnèl  é$  iàoutadoù,  cet  agneaa 
peut  se  passer  des  soins  de  sa  mère. 

Sâouvagna,  n.  pr.  de  lieu.  Salvagnao;  lieu  sauf,  c.^-d. 
jouissant  de  certaines  immunités  ou  franchises;  qui  ne 
devait  aucune  imposition  au  domaine  royal.  Lieu  de  sûreté, 
d'espérance,  d'asile,  comme  il  en  existait  sous  la  féodalité. 

Dér.  du  lat.  Salwi,  sauve. 

SâouTaje,  a]o,  adj.  m.  et  f.  Sauvage;  qui  dépend  des 
bois  ou  forêts,  qui  n'est  pas  cultivé.  Homme  non  civilisé, 
sans  lois,  qui  habite  les  forêts.  Au  fig.  homme  sanscultore, 
homme  dur,  inabordable,  aux  manières  brusques  et  dures. 

Dér.  du  lat.  SUvatteus,  de  SUva,  forêt. 

Sâoavaje,  n.  pr,  d'homme  et  de  lieu.  Domaine  sitoè 

près  d'Alais,  d'où  est  sortie  la  famille  des  Boissiers  de 
Lacroix  de  Sauvages,  qui  a  produit  un  médecin  célèbre  et 
l'abbé  de  Sauvages,  auteur  du  Dictionnaire  languedocien. 

Sâonvajino,  «.  f.  Nom  collectif  qui  comprend  tontes  les 
bêles  fauves,  les  bêtes  sauvages,  telles  que  les  ours,  les 
loups,  les  renards. 

Dér.  de  SAouvaj$,  sauvage. 

Sâoiiva]uii,  «.  m.  Odeur  qui  s'échappe  des  bêtes  fauves. 
—  Senti  lou  sâouvajun,  contracter  l'odeur  qui  s'échappe 
des  bêtes  fauves. 

Dér.  de  Sàouvaje,  sauvage. 

Sâouvan,  s.  m.  Expédient,  ressource,  sauvegarde, 
planche  de  salut.  —  Acà'$  moun  sâouvan,  c'est  là  ma 
dernière  ressource. 

Sâonve,  n.  pr.  de  lieu.  Sauve,  chef-lien  de  canton  de 
l'arrondissement  du  Vigan,  département  du  Gard. 

Dér.  du  lat.  Salvium,  nom  que  lui  donnent  les  Chartes. 
Comme  le  nom  fréquent  de  Salvetat,  ce  terme  désigne  lue 
localité,  un  domaine  qui,  sous  la  féodalité,  étaient  affranchis 
de  certaines  charges. 

Sàonve  (Dé),  loc,  adv.  Sauf,  quitte,  absous,  délivré.  — 
Sont  dé  tàouve,  je  suis  hors  de  danger. 

Sàouvèr,  adJ.  m.  Prodigieux,  effrayant»  sorpreoant.  — 
Plôou  que  /àï  sàouvir,  il  pleut  à  torrents.  Aed  /àï  idouvèr, 
cela  est  effrayant. 

Dér.  du  lat.  Silva,  dans  le  sens  de  forêt  solitaire  et 
épaisse,  profonde. 

Sâonvèrdîoul  interj.  Exclamation  de  surprisB  ou  de 
crainte.  Dieu  sauveur!  Dieu  terrible! 

SâOQTèrUms.  onsOt  adj.  m.  et  f.  Solitaire,  déwrt, 
effrayant;  lieu  qui  inspire  la  mélanooiie  ou  la  terreur. 

Dér.  de  sâouvèr,  —  Voy.  c  m. 

Siouvésou,  s.  /.  et  n.  pr.  d'homme.  SalTation,  salut. 


SAQ 

laavegarde,  franchise.  Saavezon,  nom  d*homme  comman 
dans  les  Gôvennes. 

SâonYio,  ê.  f.  Nom  de  plante.  La  sauge,  salwaoffidnalU, 
Linn.,  plante  de  la  famille  des  Labiées,  à  TéUt  cnltivê  on 
sanvage,  très-commone  dans  le  Languedoc  et  la  Provence  ; 
elle  est  stomachique  et  cépbalique.  —  SaMa  à  $alvando, 
disent  les  auteurs  et  l'ancien  proverbe.  Cur  moriatwr  homo, 
dit  rôoole  de  Salerne,  cui  $alma  orucit  in  horto, 

Qoan  a  de  sànvi  dins  soun  jardin 
VCh  pas  bésoun  de  médecin, 

disent  les  Provençaux. 

On  voit  par  ces  témoignages  le  cas ,  peut-être  exagéré, 
que  l*on  a  fait  de  tout  temps  de  cette  plante.  Sâoufno 
boutcasto,  plante  labiée  à  fleurs  jaunes,  Phlomis  h$rba 
venti,  Linn.  Phlomis,  herbe  au  vent,  qui  n'est  nullement 
une  sauge.  Manja  dé  pourqué  émbé  dé  sdoumo,  au  propre, 
manger  du  filet  de  porc  piqué  de  sauge ,  qui  est  le  régal 
par  excellence  des  paysans.  Au  fig.  se  pourlécher  les  babines, 
se  délecter,  éprouver  un  vif  contentement,  une  vive  satis- 
faction. 

Oér.  du  lat.  ScUwa,  de  Salvare,  sauver. 

Sapa,  ado,  adj.  m.  et  ^  Touffu,  serré,  ramassé;  on  le 
dit  des  plantes  et  des  branches  d'arbres  touffues. 

Saparténço,  t.  A  Séparation,  division,  limite  séparative, 
ligne  de  démarcation,  partage. 

Dér.  du  lat.  Separare,  séparer,  diviser. 

On  dit  aussi  dans  le  même  sens  :  Déisaparténço. 

Sapartl,  v.  Séparer,  couper,  diviser,  disjoindre,  refendre, 
partager;  séparer  deux  combattants. 

Dér.  du  lat.  Separare,  séparer,  couper . 

Sapian,  sapiènto,  adj.  m.  et  f.  Savant,  ante;  prudent, 
ente;  sage. 

Dér.  du  lat.  Sapiem,  m.  sign. 

Sapianço  ou  Sapiènço,  s.  m.  ou  f.  Sagesse ,  science, 
prudence.  —  Un  orna  dé  iapiènfo,  un  homme  de  bon 
conseil,  prudent,  instruit,  savant. 

Dér.  du  lat.  SapiênHa,  m.  sign. 

Sapino,  ».  f.  Planche  de  sapin.  On  dit  d'une  personne 
languissante  et  attaquée  de  la  poitrine  :  sin  la  $apino, 
elle  sent  le  sapin  ou  le  cercueil,  que  l'on  construit  avec 
les  planches  de  sapin. 

Sapnr,  <.  m.  Sapeur  ;  soldat  dont  l'arme  est  une  hache 
qui  lui  sert  à  saper  les  obstacles.  L'institution  des  sapeurs 
ne  date  que  du  7  avril  4806;  un  décret  impérial  du 
48  février  4808  en  fixe  le  nombre  à  quatre  par  bataillon. 
—  Acà'ê  un  iapuf,  se  dit  d'une  virago,  d'une  femme 
hommasse,  qui  a  des  allures  masculines. 

Dér.  du  français. 

Saqoa,  v.  Ensacher,  mettre  dans  un  sac,  dans  une  poche* 
introduire,  placer.  —  Saqua-wiuê  aqui,  placez-vous  là. 
Saqua»-4  wiff»  dé,  introdoisei-y  le  doigt.  Saqua  fia,  mettre 
fîea,  boute-feu. 

D6r.  de  sa,  sac. 


SAR 


6()3 


Saqnado,  s.  f.  Plein  un  sac.  —  Uno  taquado  dé  nouiêt, 
plein  un  sac  de  noix.  Uno  iaquétado  dé  fiiio,  plein  une 
sachette  de  feuille  de  mûrier. 

Saqué,  ê.  m.  Dim.  de  sa,  sac.  —  FeCirt  eoun  $aqué, 
prendre  congé,  donner  congé. 

Saqaéto,  s.  f.  Sac  de  petite  dimension,  dont  on  se  sert 
généralement  pour  ramasser  la  feuille  de  marier. 

Dér.  de  Sa,  sac. 

Saquo,  «.  f.  Sac  de  grande  dimension,  plus  large  que 
le  sac  ordinaire.  On  lui  donne  aussi  le  nom  de  Bojo,  -^ 
Foy.  c.  m. 

Sara,  v.  Serrer,  étreindre  ;  mettre  en  lieu  sàr,  serrer  ; 
lier  un  fagot  ou  un  paquet.  —  Sara  tou  n%érca,  conclure, 
arrêter  le  marché.  Sara-vous  aïci,  approchez.  Sara-voui, 
prenez-garde  à  vous.  Sara-vous  aï/at,  éloigna -vous. 

Sarado,  s.  f.  Etreinte,  serrement,  action  de  serrer.  — - 
FtcAa  uno  sarado,  serrer  les  côtes.  Sarado,  terme  de 
maçonnerie;  point  de  jonction  entre  la  toiture  d'une 
maison  et  le  mur  latéral  de  la  maison  contiguë,  ou  le 
point  on  une  cheminée  émerge  au-dessus  d'un  tdt. 

Saraiè,  s.  m.  Serrurier;  celui  qui  fabrique  les  serrures 
et  en  général  les  ferrures  des  portes  et  fenêtres. 

Saraiè  ou  Lardièîro,  «.  m.  Mésange  (Parue),  On  a  cru 
trouver  dans  le  chant  de  la  charbonnière  ou  grosse 
mésange  (Mésange  charbonnière.  Parue  major,  Temm.)* 
une  imitation  du  bruit  du  marteau  sur  l'enclume  et  de  la 
lime,  et  on  lui  a  donné  le  nom  de  Saraiè,  serrurier.  Ce 
nom  a  passé  aux  variétés  de  cet  oiseau  ;  on  peut  dire  pourtant 
qu'il  est  plus  habituellement  donné  à  la  grosse  m^ange  et 
que  les  petites  sont  distinguées  par  celui  de  Lardièiréto 
(Voy.  c.  m.).  La  famille  nombreuse  des  mésanges  est  du 
reste  celle  qui  fournit  le  plus  à  cette  appellation  collective 
de  Pè-négre,  dans  laquelle  sont  confondus  beaucoup  de 
petits  oiseaux  du  même  genre. 

Saraiéja,  v.  Tourmenter  une  serrure;  y  introduire  la 
clé  avec  difficulté,  agiter  inutilement  la  clé  dans  la  serrure 
sans  pouvoir  ouvrir,  soit  qu'on  s'y  prenne  mal,  soit  que  la 
serrure  soit  dérangée. 

Dér.  de  Saraio,  serrure. 

Saraîo,  «.  f.  Serrure,  appareil  construit  en  métal,  et  qui 
sert  4  fermer  une  porte,  une  armoire  on  autres  meubles 
destinés  à  serrer  certains  objets. 

Les  serrures  modernes  sont  trâs-comp  liquées,  pour  la 
plupart,  et  ont  dû  être  inconnues  ou  peu  employées  jadis. 
La  fermeture  la  plus  anciennement  usitée  est  sans  doute 
celle  que  l'on  opérait  au  moyen  d'une  barre  de  bois  placée 
derrière  la  porte,  soit  en  travers,  sdt  sous  forme  d'arc- 
boutant. 

Le  verbe  barra,  fermer,  mettre  la  barre,  désigne  encore 
toutes  les  manières  de  feroier.  On  dut  ensuite  employer  les 
verronx  et  enfin  la  sermre.  —  Foy.  aussi  les  mots  Tanqua 
et  Tanquo. 

Dér.  du  lat.  S9ra^  fait  de  Serare,  fermer. 

Plusieurs  noms  de  lieu  tels  que  sarrapM,  Serohac 


604 


SAR 


Gard),  Sérignan  (Hérault}  dérivent  du  mot  Sara  pris  dans 
le  sens  de  fermer,  et  ont  la  signification  de  lieu  clos,  lieu 
fermé,  lien  de  péage.  Le  nom  des  villages  de  Barre  (Lozère), 
et  de  Baijao,  Barioeum  (Gard),  a  la  même  origine. 

Sard,  V»  Repriser,  faire  des  reprises  sur  une  étoffe  qui 
a  été  déchirée  ou  endommagée.  An  fîg.  battre,  frapper, 
administrer  une  volée,  une  correction.  —  Té  fartu  sard, 
tu  te  feras  appliquer  une  raclée. 

Dér.  du  lai.  Sarcire,  rapiécer. 

Sarcido  ou  Sarcidnro,  s.  f.  Reprise  àTaiguille;  vivelle, 
rentraiture,  sorte  de  tissure  à  Taiguille  que  Ton  fait  pour 
réparer  une  étoffe  déchirée  ou  fortement  endommagée.  Au 
fig.  ficha  uno  sarcido,  administrer  une  rftclée,  volée  ou  rossée 

Dér.  de  Sarei. 

Sarcissèircr,  j.  m.  Celui  qui  fait  des  reprises  sur  les 
étoffes  déchirées  ou  endommagées. 

Dér.  de  Sarcï. 

Sardo,  s.  f.  Sardine  (SardinaJ,  poisson  du  genre  Glupe, 
que  l'on  sale  à  la  façon  des  anchois  et  des  harengs. 
C'est  le  même  poisson,  de  grosseur  différente,  le  plus 
petit  étant  naturellement  désigné  par  le  diminutif  Sardino, 
qui  s'emploie  exclusivement  quand  on  parle  de  la  sardine 
fraîche. 

Saréto,  «.  m.  Avare,  cuistre,  fesse-math ieu. 

Sarîan,5.  m.  Sergent,  grade  mihtaire;  huissier,  recors. 
Sarjan,  outil  de  menuisier,  à  crémaillère,  qui  sert  à  assu- 
jétir  les  pièces  de  bois  que  l'on  veut  assembler  ou  coller. 

Le  garafu  est  un  outil  de  tonnelier,  semblable  au 
sarjan;  c'est  le  calfat,  fer  de  vingt  à  trente  centimètres, 
coudé  des  deux  bouts  et  servant  à  deux  fins. 

Dér.  du  lat.  servions,  serviteur. 

Sar)ans,  s,  m.  jdur.  Des  gendarmes  ou  tirailleurs; 
étincelles  qui  s'élancent  des  charbons  ardents  et  .éclatent 
loin  du  feu  en  pétillant.  —  Voy.  Baïiièmo. 

Saijéto,  ff.  f.  Sergette,  petite  serge,  étoffe  de  laine 
croisée  et  légère. 

Dér.  de  Sarjo. 

Saijo,  s,  f.  Serge,  sorte  d'étoffe  de  laine  grossière  croisée, 
ou  demi-laine  et  fil,  fabriquée  à  quatre  marches,  le  plus 
souvent  en  laine. 

Sarol  interj.  Serre!  exclamation  usitée  dans  le  Midi 
pour  porter  un  rassemblement,  une  foule  à  se  livrer  à  des 
voies  de  fait  envers  un  ou  plusieurs  individus  à  qui  Ton 
veut  faire  un  mauvais  parti.  Cri  d'émeute  analogue  an 
Zoii  des  Provençaux. 

Sarô,  s.  m.  Sarrau  on  sayon,  sorte  de  souquenille  en 
étoffe  grossière  que  portent  quelquefois  les  paysans,  les 
rouliers  et  les  soldats. 

Saro-piaatro,  s.  m.  eomp.  Avare,  thésauriseur,  pince- 
maille. 

Sartan,  s.  f.  Poêle  à  frire,  ustensile  de  cuisine  en  fer, 
composé  d'un  bassin  terminé  par  .un  manche  de  fer  très- 
allongé  qui  sert  à  le  manier. 

Dér.  du  Ut.  Sartago,  m.  sign. 


SEC 

S  assl  . .  m.  Intervalle  on  espace  de  temps  indéterminA. 
—  Démoura  un  bon  sassi,  demeurer  ou  attendre  bien 
Ion  gtempS;  —  Voy.  Briou, 

Sassigué,  s»  m.  Dim.  de  Sassi.  Un  espace  de  temps  peo 
considérable,  un  court  intervalle  de  temps. 

Savantas,  «.  m.  Augm.  de  savant;  gros  savant,  homme 
qui  a  des  connaissances  très-étendues,  une  vasie  éraditioa. 

Ce  terme  s'emploie  quelquefois  ironiquement  en  parlant 
d'u  n  homme  qui  a  des  prétentions  à  la  science  non  justi- 
fiées. 

Se,  â.  f.  Soif,  désir,  besoin  de  boire.  —  Cré6a  dé  si, 

mourir  de  soif.  Se  dé  galino,  soif  de  poule,  se  dit  en 

pariant  d'un  petit  buveur.  Faï  miehan  faXre  béoureimate 

quan  n'a  pas  se,  il  est  difficile  de  faire  boire  un  âne  qui 

n'a  pas  soif,  il  n'y  a  de  pire  sourd  que  celui  qui  ne  vent 

pas  entendre. 

Dér.  du  lat.  Sitis,  m.  sign. 

Se,  éco,  a4i'  «n<  6t  f.  Sec,  sèche.  —  se  eoumo  un  birU 
ou  eoumo  uno  bèrh,  sec  comme  un  éclat  de  bois  mort.  Se 
eoumo  uno  aréneado,  eoumo  un  davèl,  sec  comme  on 
hareng,  comme  un  clou. 

Ce  terme  s'emploie  aussi  substantivement  :  Mitre  âou 
se,  mettre  dans  un  endroit  sec,  à  l'abri  de  l'humidité: 
dépouiller  quelqu'un  de  ce  qu'il  possède,  le  mettre  à  sec. 

Dér.  du  lat.  i^iccus,  m.  sign. 

Se,  Sm  m.  Sein,  gorge,  mamelle.  —  Mis  pas  la  mander 
se  pér  un  pisoul,  il  ne  se  contente  pas  d'un  maigre  bénéfioe. 

Dér.  du  lat.  Sinus,  m.  sign. 

Se,  pr.  poss.  Soi,  il,  elle,  eux,  ils,  elles.  —  Chaefm  pér 
si,  chacun  pour  soi. 

Dér.  du  lat.  50,  m.  sign. 

Se,  conj.  Si.  —  Se  vôou  héoure,  s'il  veut  boire.  Se  qw 
di  nou,  sinon. 

Se,  pr,  indéf.  On.  ^  se  dis  tah  câouâo,  on  dit  telle 
chose,  on  raconte  que...  Âeàs'ésdi,  on  a  dit  cela,  cela  s'at 
dit. 

Sécal,  s.  m.  Bois  mort,  rameaux  desséchés;  fruits  deué- 
chés  sur  l'arbre,  tels  que  les  cerises,  les  prunes,  les 
figues,  etc. 

Sécoudre,  d.  Jeter,  lancer,  secouer.  — Lkén  séwudrek, 
je  le  rosserai. 

Dér.  du  lat.  Sueeutere,  secouer,  ébranler. 

Sécouii,  V.  Secourir,  porter  secours,  venir  en  aide  à 
quelqu'un  qui  se  trouve  dans  un  danger  imminent. 

Dér.  du  lat.  suecurrere,  courir  au  devant  de  qnelqu'on. 

Sécoùs,  s.  m.  Secours,  aide,  assistance.  —  Crida  séeoès, 
appeler  au  secours,  sécoiu/  cri  de  détresse  :  An  secours! 

Sécnn,  no,  subst.  m.  et  f.  Homme  sec  et  décharné, 
phtisique;  enfant  tombé  en  chartre,  enfant  malingre.  An 
fig.  i  mportun,  ennuyeux,  parasite,  que  les  Italiens  appellent 
Sêccaiore, 

SéCQta,  V,  Poursuivre,  rechercher,  importuner.  —  Vet 
sieuta  pértoui,  je  l'ai  recherché,  réclamé  de  tontes  parts. 

Sécntinos,  s,  m.  Un  homme  ou  une  femme  qui  n'ont 


SÉ6 


SEM 


605 


que  la  peaa  et  les  os,  qai  sont  mafingres;  an  importun, 
on  fâeheux.  Les  gens  du  peuple,  qai  affectionnent  les 
expressions  figurées,  ont  cm  trouver  une  certaine  analogie 
entre  l'expression  latine  Sicut  et  noi  et  un  individu  qui  est 
affligé  d'une  maigreur  extrême. 

Séda  (Pan),  s.  m.  Pain  de  seigle  dont  la  farine  a  été 
sassée  avec  un  tamis  de  soie  ou  sédas,  et  qui  est  d'un  goàt 
très-appétissant. 

Sédo,  s.  f.  Soie,  fil  délié  que  l'on  retire  du  cocon  des 
vers  à  soie.  —  Un  vésH  dé  »édo,  un  cochon. 

Dér.  du  lat.  Seia,  m.  sign. 

SédoQ,  «.  m.  Séton;  cordon  fait  de  plusieurs  fils  que 
Ton  passe  sous  la  peau  pour  produire  un  ulcère  artificiel  ; 
lacs  de  crin,  nœud  coulant  ou  lacet  servant  à  prendre  les 
oiseaux. 

Da  lat.  Setaceum,  dér.  de  Seta,  soie. 

Sédoùs,  01180,  adj.  m.  et  f.  Soyeux,  euse.  —  Âquélés 
fouséli  softn  bien  sédoùt,  ces  cocons  sont  très-fournis  en 
soie. 

Séga,  V.  Couper,  scier,  faucher,  moissonner,  faire  la 
moisson. 

Dér.  du  lat.  Seeare,  couper. 

Ségado,  s.  f,  La  moisson;  l'action  de  moissonner;  la 
saison  où  l'on  moissonne.  —  Vér  ségadx>,  au  temps  de  la 
moisson. 

Dér.  du  lat.  Seeare,  couper. 

Ségaire,  airo,  t.  m.  et  f.  Moissonneur,  euse;  coupeur 
ou  scieur  de  blé.  En  vieux  fr.  seguier. 

Dér.  du  lat.  Seeare,  couper. 

Ségasoù,  «.  f.  La  moisson  ;  la  saison  des  moissons.  — 
Voy,  Ségado, 

Ségna,  «.  Bénir,  jeter  de  l'eau  bénite.  —  Se  ségna, 
faire  le  signe  de  la  croix.  Pan  iégna,  aXgo  ségnado,  du 
pain  bénit,  de  l'eau  bénite. 

Dér.  du  lat.  Signare,  fait  de  St^tim,  signe. 

Sègne,  j.  m.  Maître,  seigneur;  titre  que  l'on  donne  par 
déférence  aux  hommes  âgés.  *-  Moun  tégne-gran,  mon 
grand-père.  NoUe  Signe,  Notre  Seigneur  J.-G.  Ce  terme,  dit 
Sauvagbs,  dérive  du  lat.  Senex  ou  Senior,  le  plus  ancien  et 
le  mieux  établi  des  titres,  celui  qui  convient  le  mieux  à 
l'homme.  C'est  de  là  que  l'on  a  formé  le  français  Senieur  et 
puis  Seigneur. 

Ségnoù,  s.  m.  Seigneur;  celui  qui,  avant  la  Révolution, 
était  à  la  tète  d'un  fief,  soit  comme  suzerain,  soit  comme 
tenancier.  —  Noste  Ségnùù,  Notre  Seigneur  J.-C. 

Dér.  du  lat.  Senex  ou  Senior, 

Ségonn,  do,  adj.  de  nomb.  Second,  de.  —  Dé  pan 
tégoun,  du  pain  bis. 

Dér.  du  lat.  Sequens,  suivant. 

Ségoimdarl,  s.  m.  Le  vicaire  d'une  paroisse;  prêtre  qui 
est  adjoint  au  curé  dans  l'exercice  de  son  ministère. 

Dér.  du  lat.  Secundarius,  nom  que  les  Romains  donnaient 
aux  sous-acteurs  ou  comparses,  ou  doublures. 

Ségoadéiio,  s,  f.  Seigle  précoce  semé  eu  mars,  dans  les 


Cévennes.  Le  seigle  ordinaire  se  sème  de  novembre  à 
décembre  et  donne  un  grain  plus  grossier. 

Séga,  ro,  adj,  m.  et  /l  Sur,  sûre,  certain,  ferme,  indu- 
bitable, stable,  exempt  de  danger.  —  Dé  iégu,  assurément. 
Jouga  dé  ségu,  jouer  à  coup  sûr. 

Dér.  du  lat.  Securut,  m.  sign. 

Ségul,  V.  Suivre,  poursuivre,  accompaper,  imiter, 
copier.  —  Mé  foudiè  pa  ségui,  il  ne  pouvait  pas  me  tenir 
pied. 

Dér.  du  lat.  Sequi. 

Séîado,  5.  f.  Plein  une  jarre  appelée  Séïo  en  languedocien. 

Séïo,  5.  f.  Seigle.  —  Voy.  aussi  Sauvages  au  mot 
Séghio  qui  n'est  plus  usité  à  Alais. 

SéîOff  9.  f.  Jarre  en  cuivre  appelée  aussi  6^/o  en  langue- 
docien. —  Voy.  c.  m. 

Séîoù,  «.  m.  Dim.  de  Sétb;  seau  à  traire  le  lait. 

Séîou,' j.  m.  Petit  seigle. 

Séje,  adj.  de  nomb.  Seize. 

Séjoù,  s.  m.  Séjour,  demeure,  résidence  plus  ou  moins 
longue  dans  un  lien,  dans  un  pays.  —  Sèn  dé  eéjoii,  nous 
séjournons.  Sèn  à  séjoin,  nous  chômons. 

Séla,  V.  Seller,  mettre  une  selle. 

Séléto,  5.  f.  Portion  de  harnais  sur  laquelle  appuie  la 
dossière.  —  faire  séléto,  prêter  appui,  assistance;  faire  la 
courte  échelle. 

Sèlo,  s.  f.  Selle,  siège  en  cuir  que  l'on  adapte  sur  le  dos 
d'un  cheval  pour  la  commodité  et  la  sûreté  du  cavalier. 

Dér.  du  lat.  SeUa,  m.  sign. 

Sélonn,  adv.  Selon.  —  Aeà'iséioun,  c'est  selon.  Stioun 
eé  que  farés,  faraï,  je  suivrai  votre  exemple,  je  prendrai 
exemple  sur  vous. 

Sémaîè,  s.  m.  Bâton  aux  cornues.  —  Voy.  Assémâou  et 
SémAou. 

Sémaloù,  ».  m.  Dim.  de  Sémàou.  Un  baquet,  cuvier  à 
bas  bord. 

Dér.  de  Sémàou.  —  Voy.  c.  m. 

Sémâoa,  «.  m.  Une  cornue,  une  benne,  une  comporte 
que  l'on  emploie  pour  charrier  la  vendange  et  le  vin  et 
tirer  le  moût  d'une  cuve.  —  Voy.  AuémAou. 

Sembla,  v.  Sembler,  ressembler.  Ce  verbe  s'emploie 
dans  les  deux  acceptions  françaises  sembler  et  reteembier, 
qui  ont  une  signification  toute  différente.  —  sémblo  un 
émplastre,  il  est  immobile  comme  un  terme.  Sémblo  que 
voï  préne  la  maHre  Aou  nis,  on  dirait  qu'il  va  prendre  la 
pie  au  nid.  Moun  fii  mé  sémblo,  mon  fils  me  ressemble. 

Dér.  du  lat.  Simulare,  m.  sip. 

Semblait,  «.  m.  Semblant,  similitude,  ressemblance, 
apparence,  aspect.  —  PaHre  lou  sémblan,  faire  semblant. 
Avédre  lou  sémblan,  avoir  l'apparence. 

Dér.  du  lat.  Similis,  semblable. 

Séméla,  v.  Ressemeler,,  mettre  des  semelles  à  une 
chaussure. 

Dér.  du  celt.  Semellen,  semelle. 

Sémélaje,  «.  m   Carrelure  de  souliers  ou  autres  chaus- 

T7 


606 


SEN 


sures.  On  met  ane  carrelare  on  des  semelles  neuves  à  de 
vieax  souliers  qa*on  semelle  à  nouveau. 

Sémèlo,  «.  f>  Semelle,  pièce  de  cuir  qui  forme  le  dessous 
d'une  chaussure  quelconque. 

Dér.  du  celt.  Swndlen,  m.  sign.  —  Faguè  viir$  sai 
téméioi,  il  montra  ses  semelles;  il  s*enfuit. 

Séména,  v.  Semer,  jeter  le  grain  sur  une  terre  préparée 
pour  l'ensemencer.  Au  fig.  répandre,  dissiper.  —  Séména 
Uou  et  pouda  iar,  prov  :  semer  tôt  et  tailler  la  vigne  tard . 

Séména,  s.  m.  Semis,  blé  nouvellement  semé  et  encore 
en  herbe;  emblavure,  champ  ensemencé.  —  Travétsè  lou 
siména,  il  traversa  le  champ  nouvellement  semé. 

Dér.  du  lat.  Seminare,  m.  sign. 

Séménadoù,  5.  m.  Sac  à  semence. 

Séménaire,  s.  m.  Semeur,  celui  qui  sème,  qui  répand 
le  grain  sur  la  terre  préparée. 

Dér.  du  lat.  Seminator,  m.  sign. 

Séméncîo,  s.  f.  Menues  semences,  menus  grains. 

Séménço,  s.  f.  Semailles;  époque  où  Ton  sème  les 
céréales  et  surtout  le  blé.  —  Vous  pagardi  pér  séménço, 
je  vous  payerai  ce  que  je  vous  dois  à  l'époque  des  semailles 
prochaines. 

Dér.  du  lat.  Semen,  con  tract,  de  Serimen,  formé  de 
Serere,  semer. 

Séménço,  s.  f.  Grain  destiné  à  être  ensemencé;  grain 
de  choix  propre  à  être  semé.  —  Bla  dé  séménço,  blé  de 
choix  que  Ton  réserve  pour  les  semailles. 

Même  étymol.  que  le  mot  précédent. 

Sémmagnè,  s.  m.  Semainier;  ouvrier  employé  à  la 
semaine  et  qui  reçoit  un  salaire  hebdomadaire,  celui  qui 
remplit  un  office  hebdomadaire. 

Et  qu'as  éscrafa  dé  ta  penche 

Loa  sémmagnè  rabaladïs  (La  Fare)  . 

Dér.  de  Semmano,  semaine. 

Sémmanado,  s.  f.  Semaine  complète,  la  durée  d'une 
semaine  ;  le  salaire  dû  à  un  ouvrier  pour  une  semaine  de 
travail.  —  Touea  sa  sémmanado,  toucher  son  salaire  de  la 
semaine. 

Sémmano,  s.  f.  Semaine,  série  de  sept  jours  consécutifs 
du  lundi  au  dimanche  ou  du  dimanche  au  samedi.  S^m- 
mano'Simio,  la  semaine  sainte.  Sémmano  das  très  dijâous, 
la  semaine  des  trois  jeudis,  dicton  analogue  à  celui  qui 
renvoie  aux  calendes  grecques,  c.-à-d.  à  une  époque  qui 
n'existe  pas. 

Dér.  du  lat.  Septimana,  formé  de  Septem,  sept,  et  de 
Mana,  matin,  matinée,  sept  matinées. 

Sén,  s.  m.  Sens,  bon  sens,  raison,  jugement,  intelligence. 
—  Quâou  pèr  soun  bén,  pèr  soun  sén,  celui  qui  perd  sa 
fortune,  perd  sa  raison,  son  sang-froid;  devient  capable 
d'actes  violents  et  irréfléchis.  Es  dcu  sén  dé  Véfan,  il  tombe 
en  enfance.  Parlo  pèr  lou  sén  qué-z-a,  ses  propos  prouvent 
son  peu  de  raison.  N'a  pas  tout  lou  sén  que  i-fàou,  il  n'a 
pas  toute  sa  raison.  Ou  dis  dé  tout  soun  sén,  il  dit  cela 


SEN 

sérieusement.  Bouta  san  sén,  mettre  sans  raison.  Agm 
ma^  dé  sén  qu'él,  ayez  plus  de  bon  sens,  de  raison  qœ 
lui.  Pàou  dé  sénas,  augm.  et  péj.  pour  désigner  quelqn'an 
qui  n'a  pas  l'ombre  du  sens  commun. 

Dér.  du  lat.  Sensus. 

Sén,  sénto,  adj,  m.  et  f.  Saint,  sainte. 

Dér.  du  lat.  ^netus,  saneta,  m.  sign. 

Séné,  s.  m.  Dim.  de  sén.  Sens;  l'intelligence  des  petite 
enfants.  —  Pieho  séné,  petite  raison,  intelligence  naissante. 

Dér.  du  lat.  Sensus. 

Sénépion,  s.  m.  La  rougeole,  maladie  originaire  d'Afrique. 

Dér.  de  Senepo,  petit  clou  à  tête  large,  appelé  ainsi  dans 
la  Haute-Provence  et  connu  sous  le  nom  de  Taeho  dans  le 
Languedoc.  On  en  garnit  le  dessous  des  semelles  de  chaus- 
sures des  paysans  ou  des  chasseurs  et  en  général  des 
marcheurs  par  profession. 

Séngla,  v.  Sangler;  serrer  le  tour  du  corps  avec  nne 
courroie  ou  sangle;  sangler,  ou  appliquer  un  coupdefonet, 
de  cravache. 

Dér.  du  lat.  Cingulum,  formé  de  Cingere,  ceindre. 

Sénglas,  s.  m.  Sanglier,  Sus  scrofa,  Linn.  Cet  animai, 
autrefois  commun  dans  nos  contrées,  en  a  complètement 
disparu.  On  lui  donnait  aussi  le  nom  de  Por-sénglas,  — 
Voff,  c.  m. 

Sénglo,  s.  f.  Sangle,  bande  ou  courroie  large  et  plate 
qui  sert  à  ceindre  ou  à  serrer  le  corps  des  animaux  de 
trait  ou  de  selle. 

Séngloù,  s.  m.  Dim.  de  sénglo,  petite  sangle  ;  lisière  on 

,  bande  de  petite  dimension  ;  petit  cordage  appelé  chaJUot 

en  terme  de  corderie,  et  qui  sert  à  attacher  on  lier  un  objet. 

Dér.  du  lat.  Cingulum,  m.  sign. 

Sénglonna,  v.  Attacher,  lier,  serrer,  ceindre. 

Dér.  de  SéngloU.  —  Voy,  c.  m. 

Sénsérigaio,  s,  f.  Petite  mésange  blené,  Parus  cœruUui, 
Temm.,  appelée  aussi  Lardiéïro,  Lardiikréto  ou  Lœrgwh- 
réto.  —  Voy,  c.  m. 

Séntério,  s.  f,  La  dyssenterie. 

Senti,  o.  Sentir,  répandre  ou  percevoir  nne  odenr  bonne 
ou  mauvaise;  ressentir,  éprouver.  —  Aeà  sén  bo,  cela  a 
bonne  odeur.  Senti  soun  bo,  être  cossu,  avoir  bon  air, 
bonne  prestance.  Podou  peu  se  senti,  ils  ne  peuvent  pas  se 
supporter,  se  senti,  se  dit  d'un  jeune  homme  on  d'une 
jeune  fille  qui  atteignent  l'âge  de  puberté.  Avoir  la  ooo- 
science  de  ses  forces,  de  sa  valeur,  de  son  intelligence. 

Dér.  du  lat.  Sentire,  m.  sign. 

Senti,  V.  Fendre,  user,  fêler,  afiaiblir.  —  Une  d&tirw 
sénlido,  une  cruche  fêlée.  Uno  pos,  uno  fSuto  séniido,  une 
planche,  une  poutre  fendues. 

Séntido,  s.  f.  Odorat;  sentiment,  sensation;  flair.  — 
Àvédre  séntido,  avoir  vent  de  quelque  chose.  A  bono  séntido, 
il  a  du  flair. 

Sénton,  s,  f.  Odeur,  senteur,  parfum.  —  A^go  déséntoé, 
eau  ou  essence  parfumée. 

Dér.  du  lat.  sentire. 


SER 

Séntre,  v.  Sentir,  recevoir  une  impression  ;  ressentir, 
épronver  une  impression,  ane  émotion;  répandre  une 
odeur  bonne  on  mauvaise;  flairer,  apercevoir,  percevoir, 
avoir  le  pressentiment  d*an  événement. 

Dér.  dn  lat.  Sentir$, 

Sénu,  ndo,  adj.  m.  et  f.  Sensé,  ée. 

Sèou,  s.  m.  Suif;  graisse  des  animaux  employée  jadis 
dans  la  confection  des  chandelles. 

Dér.  du  iat.  Sébum,  et  par  contraction  Seum. 

Séoncla,  v.  Sarcler,  arracher  les  mauvaises  herbes. 

Dér.  du  lat.  Sarculare,  m.  sign. 

Séonclaîre,  aîro,  s.  m.  et  f.  Sarcleur,  sarcleuse;  celui 
on  celle  que  l'on  emploie  à  arracher  les  mauvaises  herbes 
d*ttn  champ. 

Sépio,  ».  f.  Sèche  fSepia),  sorte  de  poisson  de  mer,  du 
genre  des  Polypes,  qui  n'a  ni  écailles  ni  nageoires  :  il  a 
les  bras  garnis  de  suçoirs  et  répand  au  besoin  une  liqueur 
brune,  qui,  le  couvrant  d'un  nuage,  le  dérobe  aux  attaques 
de  Tenneroi.  Cette  liqueur  est  employée  dans  la  peinture 
À  l'aquarelle  appelée  Sépia. 

La  sèche  diflfère  des  autres  poissons  du  même  genre  par 
un  os  blanc,  oblong,  opaque  et  très-léger,  de  la  longueur 
du  corps  de  l'animal.  On  suspend  cet  os  dans  la  cage  des 
petits  oiseaux  pour  leur  permettre  d'aiguiser  leur  bec. 

Sept,  adj.  de  nomb.  Sept,  nombre  impair  qui  suit 
immédiatement  le  nombre  six  et  précède  immédiatement  le 
nombre  huit. 

Dér.  du  lat.  Sêptem,  m.  sign. 

Séqua,  v.  Sécher,  dessécher,  devenir  sec,  mourir  en 
parlant  des  végétaux  ;  mettre  à  sec,  tarir  ;  fatiguer,  obséder- 
—  M'avèt  séqua,  vous  m'avez  fatigué,  ennuyé  ;  dans  le 
langage  trivial  :  vous  m'avez  scié  le  dos. 

Dér.  du  lat.  Siccare,  m.  sign. 

Séqnadoù,  f.  m.  Séchoir. 

Sécpiaje,  s.  m.  Ce  qu'on  a  mis  à  sécher.  Au  fig.  une 
importunité. 

Séqual,  s.  m.  —  Voy.  Séeal. 

Séquarésso,  s.  f.  Sécheresse,  absence  de  pluie  et 
d'humidité;  saison  sèche.  —  Avès  poâ  sëquarésso?  N'ètes- 
vous  pas  altéré?  voudriez-vous  vous  rafraîchir?  Aï  bien 
séquaréêso,  j'ai  bien  soif. 

Séqnèlo,  f.  f.  Séquelle,  multitude,  rassemblement, 
troupe  de  gens  ameutés.  —  Es  véngu  émbé  touto  saséquèlo, 
il  est  arrivé  avec  toute  sa  suite.  Uno  séquèlo  d'éfans,  une 
troupe  d*enfants,  une  nombreuse  famille. 

Dér.  du  lat.  Sequ^a,  m.  sign. 

Séquestre,  s.  m.  Séquestre,  dépôt  d'une  chose  litigieuse 
en  main  tierce,  fait  par  ordre  de  justice  ou  par  conven- 
tion des  parties;  celui  à  qui  l'on  confie  le  dépôt. 

Dér.  du  lat.  Sequestrum,  m.  sign. 

Sér,  s.  f.  Serpent  {AnguisJ.  La  vipère  et  l'orvet  (Yipèro 
et  ffadièl)  sont  les  seuls  du  genre  ophidien  à  qui  le  langue- 
docien ait  donné  un  nom  particulier;  toutes  les  autres 
espèces  sont  pour  lui  des  Sers.  C'est  sous  cette  dénomination 


SÉR 


607 


commune  que  sont  connues  les  diverses  couleuvres  du  pays, 
sans  qu'on  ait  même  pris  la  peine  de  les  distinguer  par 
aucune  qualification  particulière.  Ces  couleuvres  sont 
parfaitement  innoffensives  et  n'ont  pas  plus  de  moyens  que 
d'envie  de  nuire  à  l'homme  :  loin  de  là,  elles  lui  rendent 
service  en  faisant  leur  proie  d'une  foule  de  petits  animaux 
nuisibles  à  ses  récoltes;  mais  elles  ont  le  malheur  de 
n'inspirer  que  le  dégoût  et  l'horreur  parce  qu'elles  sont 
d'une  race  maudite  et  généralement  malfaisante,  et  on  les 
tue  quand  on  devrait  les  protéger. 

Dér.  du  lat.  Serpens,  m.  sign. 

Séramén,  s.  m.  Serment,  assurances. 

Séré,  s.  m.  Serein,  temps  clair  et  serein,  vapeur 
humide  et  froide,  ordinairement  malsaine,  qui  se  fait 
sentir  le  soir  depuis  le  coucher  du  soleil  et  qui  donne 
naissance  à  la  rosée.  Cette  vapeur  ne  se  développe  que  par 
les  nuits  sereines. 

Dér.  du  lat.  Serenus. 

Sère,  s.  m.  Montagne,  colline  élevée,  cime,  crête  de 
montagne. 

Dér.  du  bas  lat.  Serrum  ou  de  Tesp.  Sierra,  ou  du 
catal.  Serra,  m.  sign. 

Séréna,  v.  Exposer  à  la  fraîcheur  ou  à  la  rosée  des 
nuits.  —  Fc^r$  séréna,  exposer  au  serein. 

Dér.  de  Séré,  —  Voy.  c.  m. 

Sérénade,  s.  f.  Sérénade,  concert  d'instruments  ou  de 
voix  que  l'on  exécute  le  soir  sous  les  fenêtres  d'une 
personne  que  l'on  veut  honorer. 

Séréno,  s.  f.  Le  serein,  la  rosée  du  soir;  une  syrène, 
monstre  fabuleux,  moitié  femme,  moitié  poisson. 

Séricheù,  f.  m.  —  Voy,  Sérïoù. 

Serin,  5.  «n.  Cini,  serin  de  Provence,  Gros-Bec  Cini, 
Pringilla  serinus,  Temm.  Cet  oiseau,  qui  a  le  dessus  du 
corps  olivâtre  avec  des  taches  noires  et  cendrées,  les  flancs 
grisâtres  et  le  reste  jonquille,  est  un  de  nos  plus  agréables 
chanteurs.  On  le  marie  avec  la  femelle  du  serin  Canari,  et 
les  métis  qui  en  résultent  sont  d'excellents  musiciens. 

Dér.  du  lat.  Siren,  sirène. 

Seringa,  s.  m.  Syringa,  nom  de  plante,  vulgairement 
Seringat,  PhUadelphus  eoronariits,  Linn.  Arbrisseau  de 
la  famille  des  Myrtées.  originaire  de  la  Suisse,  de  la  Savoie 
et  du  Piémont,  que  l'on  cultive  comme  plante  d'ornement. 

Dér.  du  lat.  Syringa,  nom  que  les  anciens  donnaient  à 
cet  arbrisseau  parce  que  sa  tige  dépouillée  de  sa  moelle  est 
creuse  comme  une  flûte  ou  syrinx. 

Seringa,  v,  Seringuer,  lancer  une  liqueur  au  moyen 
d'une  seringue,  injecter,  donner  des  lavements. 

Dér.  du  lat.  Syringa. 

Séringo,  s.  f.  Seringue,  petite  pompe  portative  et 
foulante  qui  sert  à  attirer  et  rejeter  l'air  ou  les  liquides  et 
que  l'on  emploie  le  plus  ordinairement  pour  donner  des 
lavements  ou  faire  des  injections. 

Dér.  du  lat.  Syringa,  dér.  du  grec  SiptyÇ.  flûte  ou 
syrinx,  tube  cylindrique  creux. 


608 


SES 


Sérioù  oil  Séiichoù,  t,  m.  Pelite  colline,  émiaence, 
fflOQticule,  butte  de  terrain. 

Dér.  de  Sère,  colline,  montagne.  —  Voy,  c.  m. 

Sérma,  v.  Tremper  le  vin,  y  ajouter  de  Teau.  —  Dé 
vî  iérma,  du  vin  trempé,  que  Ton  appelle  dans  les  lycées 
et  les  pensionnats  <  de  l'abondance.  » 

Dér.  de  Tital.  Semare,  diminuer. 

Sérmoù,  5.  m.  Sermon,  discours  chrétien  prononcé  en 
chaire  dans  une  église  pour  instruire  ou  édifier  les  fidèles. 
Au  fig.  remontrance  longue  et  ennuyeuse . 

Dér.  du  lat.  Sermo,  discours. 

Sermonna,  v.  Sermonner,  faire  de  longues  remontrances. 

Dér.  de  Sérmoù,  sermon. 

Séro,  s.  f.  Le  soir,  la  soirée  ;  l'espace  compris  entre  la 
fin  du  Jour  et  la  nuit  close.  —  Rouje  dé  séro,  bèou  tën 
éspéro,  ciel  rouge  le  soir,  espoir  de  beau  temps . 

Dér.  du  lat.  Sero,  sur  le  soir  (Cicéron). 

Sèrpatas,  s.  m.  Augm.  de  Sèr  (Voy.  c.  m.}.  Gros 
serpent,  reptile  énorme. 

Sèrpatièîro,  t.  f.  Repaire,  refuge,  retraite  de  serpents. 

Sèrpîèîro,  s,  f.  Serpiliére,  toile  grossière  à  tissu  très- 
lâche  dont  se  servent  les  marchands  toiliers  ou  drapiers 
pour  envelopper  leurs  ballots,  et,  par  extension,  couverture 
en  lambeaux  dont  les  mendiants  se  recouvrent. 

Sérpoùl,  5.  m.  Serpolet,  Thymui  swrpUlum,  Linn., 
Nom  propre  d'homme.  —  Voy.  Frigoulo, 

Serti,  V.  Âfllrmer,  certifier,  assurer.  —  Vous  ou  sertisse, 
je  vous  l'affirme. 

Serrante,  s.  f.  Servante,  domestique  femme.  —  Faxrs 
sèrvanto,  saluer  avec  respect  et  déférence.  Sèrvanio  !  expres- 
sion elliptique  qui  signifie  :  je  suis  votre  servante. 

Dér.  du  lat.  SwMa,  m.  sign. 

Servi,  V.  Servir,  être  attaché  à  un  maître;  rendre 
service,  être  utile,  aider,  tenir  lieu  ;  être  attaché  au  service 
militaire,  aune  administration  ;  servir  une  table,  distribuer 
aux  convives  une  portion  des  mets  servis  sur  une  table. 

Dér.  du  lat.  Sery^ire,  m.  sign. 

Service,  s.  m.  Service,  ce  que  l'on  fait  pour  remplir  un 
service;  fonctions  d'un  domestique,  d'un  employé;  con-* 
ditions  de  ceux  qui  servent;  ce  que  l'on  fait  pour  être 
utile  à  quelqu'un  que  l'on  veut  obliger  ;  temps  passé  sous 
les  drapeaux;  cérémonies  d'un  culte  religieux;  usage, 
utilité,  emploi  ;  nombre  de  plats  que  l'on  sert  à  la  fois  sur 
la  table;  série  de  pièces  de  vaisselle  de  même  forme 
servant  dans  un  repas. 

Dér.  du  làt.  Swrviiium,  m.  sign. 

Sèrviciâen,  àoude,  s,  m.  et  /*.  Domestique,  serviteur, 
servante,  garde-malade. 

Dér.  de  Service,  service. 

Serviteur!  inierj\  empruntée  au  français.  Je  suis  votre 
serviteur;  salutation,  affirmation  ou  négation  quelquefois 
ironique. 

Séséto,  s,  f.  nom  propre  de  femme.  Suzette,  dim.  de 
Suzanne.  —  Voy,  Céséto. 


SIA 

Sôsido,  s.  f.  Saisie,  confiscation,  vente  de  bieiu  par 
voie  judiciaire,  par  autorité  de  justice. 

Dér.  du  français. 

Sésîo,  s.  f.  Tenue,  contenance,  perBévéranoe;  assemblée, 
réunion,  session,  assises.  —  N'a  pas  gés  dé  sé^,  il  n'a 
point  de  tenue,  point  de  contenance;  il  ne  comprend,  il  ne 
saisit  rien;  il  ne  peut  rester  en  place. 

Sésoù,  f.  f.  Saison,  Tune  des  quatre  parties  de  l'amite  ; 
époque  où  Ton  sème,  où  l'on  recueille;  temps  propice  à 
faire  ou  à  combiner  une  chose. 

Dér.  du  lat.  Satio,  action  de  semer. 

Sésoù,  s.  f.  Suzon,  nom  propre  de  femme,  dim.  de 
Suzanne.  —  Vùy,  SéséU), 

Séssoù,  s.  m.  Suçon,  sorte  de  gousset  ou  de  morceau 
d'étoffe  taillé  en  coin  que  l'on  ajoute  à  un  vêtement,  à  on 
objet  confectionné  avec  une  étoffe,  pour  lui  donner  plus 
d'ampleur  sur  un  point  déterminé. 

SéssoÙB,  n.  pr,  de  lien,  m.  Cessons,  commune  de 
Ghamborigaud,  siège  de  la  compagnie  des  mines  de  houille 
de  Cessons  et  Trébiau. 

Dér.  du  lat.  Sessarium,  siège. 

Sestiè,  s.  m*  Sétier  ou  quart  de  la  salmée,  mesure 
équivalente  à  5  décal.  4477,  mesure  d'Alais.  —  foy. 
Sàoumado, 

Dér.  du  lat.  Sextarius,  parce  que  chez  les  Romains  le 
sétier  était  la  sixième  partie  du  Congé. 

Séstièirado,  s.  f.  Surface  de  terrain  labourable  suffisante 
pour  un  sétier  de  grain.  —  Séstièirado  dé  tèro,  ui  arpeat 
de  terre. 

Sétanto,  adj,  de  nomb.  Septante  on  soixante-dix; 
réunion  de  sept  dizaines. 

Sétémbre,  s,  m.  Septembre,  nom  de  Ton  des  doue 
mois  de  l'année,  le  neuvième  de  l'année  actuelle,  le 
septième  chez  les  Romains,  le  second  de  l'année  égyptienne, 
le  troisième  de  l'année  grecque. 

Dér.  du  lat.  September,  nom  que  ce  mois  portait  chef 
les  Romains. 

Sèti,  s.  m.  Siège,  terme  générique  qui  désigne  tons  les 
meubles  sur  lesquels  on  peut  s'asseoir,  mais  plus  particu- 
lièrement un  siège  grossier  ou  champêtre;  on  siège  de 
gazon;  un  banc  de  pierre,  de  bois,  etc.  ;  le  siège  d'une 
ville.  —  SèU  dé  bouto,  les  pièces  de  bois  qoi  servent  de 
support  aux  tonneaux  dans  une  cave. 

Dér.  du  lat.  SedUe,  m.  sign. 

Si  ou  Sin,  s.  m.  Nœud  du  bois  dans  nne  planche  os 
tonte  autre  pièce  de  bois. 

Dér.  du  lat.  Signum,  marque,  signe. 

Si,  adv.  Particule  affirmative,  oui,  assnrâment. 

Dér.  du  lat.  Sic,  ainsi,  de  même,  de  cette  façon,  de 
cette  manière. 

Siàon,  adj,  m.  Calme,  serein,  tranquille,  paisible.  — 
Lou  (en  es  tidou,  le  temps,  Tair  est  calme.  Paiio  ndoii, 
parler  doucement,  &  voix  basse. 

Dér.  du  lat.  SiUre,  garder  le  silence,  dér.  loi-même  du 


SIC 

grec  Sutficiio,  m.  sigo.,  ou   de  Siunol,  silence,  calme, 
tranquillité,  on  de  Si^^,  se  taire. 

8é¥én,  «.  m.  Clou,  furoncle,  abcès. 

Siàonme,  s.  m.  Psaume,  chant  biblique;  lamentation, 
plaintes,  reproches,  gémissements.  —  Aourés-léou  féni 
voêtes  iidoumêêf  aurez-vons  bientôt  fini  vos  doléances? 
Lous  sept  siâoumes,  les  sept  psaumes  de  la  pénitence. 

Slbla,  17.  Siffler,  produire  un  son  aigu  en  chassant 
l'haleine  avec  force  et  serrant  les  lèvres  après  avoir  disposé 
la  langue  d'une  certaine  manière.  Siffler  avec  un  instrument 
appelé  sifflet,  tUdé;  siffler  ou  moduler  un  air  en  sifflant; 
siffler  un  oiseau;  désapprouver  avec  dérision,  marque  de 
mépris.  —  SiiUo  toun  ehi,  appelle  ton  chien,  apaise-le  en 
sifOant.  Las  ofuréios  mé  siblou,  les  oreilles  me  cornent,  on 
parle  de  moi.  Ce  préjugé  était  Tun  des  trois  présages 
domestiques  admis  par  les  Romains.  Il  annonçait  à  la 
personne  qui  éprouvait  le  tintement  d*oreilles  (tinnitus 
aurium),  que  Ton  parlait  d'elle.  Les  personnes  supersti- 
tieuses supposent  encore  de  nos  jours  que  Ton  parle  d'elles 
en  bien  quand  c'est  l'oreill.e  droite  qui  corne,  qu'on  parle 
d'elles  en  mal,  quand  c'est  la  gauche. 

Dér.  du  lat.  SUnlare,  m.  3ign. 

Siblado,  f .  f.  Sifflement,  coup  de  sifflet. 

Siblaîre,  s.  m.  Siffleur,  celui  qui  a  l'habitude  de  siffler. 

Dér.  de  Sibia,  siffler. 

Siblamén-d'âouréio,  s.  m.  eomp.  Bourdonnement  dans 
les  oreilles,  tintement  d'oreilles. 

Dér.  du  lat.  SlàUus. 

Siblé,  s.  m.  Sifflet,  petit  instrument  à  vent  qui  sert  à 
siffler.  —  Coupa  lau  silâé,  couper  la  parole,  empêcher  de 
répondre.  Énia  àou  siblé,  greffer  en  flûte.  —  SibU  dé 
erésiaïrt,  flûte  de  Pan.  —  Voy.  Créstaïre. 

Siblo,  s,  f.  Cible  ou  sible.  Plaque  en  bois,  en  carton 
ou  en  métal  peinte  en  blanc  et  sur  laquelle  sont  tracés  des 
cercles  concentriques  et  servant  de  point  de  mire  et  de  but 
à  ceux  qui  s'exercent  an  tir  des  armes  à  feu. 

Siblo-s-y,  loe.  imp,  que  l'on  adresse  à  une  personne 
pour  l'engager  à  souffler  une  réponse  à  celui  qui  est  embar- 
rassé pour  la  faire. 

Sica,  s,  m.,  que  l'on  devrait  peut-être  écrire  Sicap.  — 
Dé  soun  siea,  de  sa  tète,  de  son  chef,  de  son  estoc,  de  son 
propre  jugement,  de  son  propre  mouvement,  sans  que 
cela  lui  ait  été  suggéré.  Aqud  vèn  pa  dé  soun  siea,  ce  n'est 
pas  de  son  propre  jugement  qu'il  a  pris  cette  détermination. 
A  forço  siea,  il  a  beaucoup  de  jugement. 

Dér.  du  lat.  sie,  ainsi,  et  de  Cap,  tète;  de  sa  tète. 

Sicrè,  s.  m.  Secret,  ce  que  l'on  tient  caché,  ce  que  l'on 
ne  doit  pas  faire  connaître  ou  divulguer  ;  procédé,  recette, 
moyen  que  l'on  découvre  ou  que  peu  de  personnes  connais- 
sent pour  faire  certaines  choses,  produire  certains  effets; 
moyen,  invention  tenus  secrets .  —  GaH  ddou  sieré,  guérir 
par  des  formules  cabalistiques  en  usage  chez  les  campagnards. 

Dér.  du  lat.  Seeretum,  fait  de  Seeretus,  part,  passé  de 
Sêeenwre,  séparer,  mettre  à  part. 


sim: 


609 


Sièfro,  s.  f,  Dossière  d'un  harnais  de  charrette.  On  dit 
aussi  Sufro,  C'est  le  surdos,  large  bande  de  cuir  qui  porte 
sur  la  sellette  du  cheval  attelé  au  brancard  d'une  voiture 
on  d'une  charrette. 

Dér.  du  lat.  Suffrago,  jarret  des  jambes  de  derrière  des 
quadrupèdes,  parce  que  cette  bande  de  cuir  empêche  le 
tablier  de  la  charrette  de  tomber  sur  le  train  de  derrière  et 
les  jambes  des  chevaux. 

Sièî,  Nom  de  nombre.  Six,  nombre  pair,  qui  suit  le 
nombre  impair  cinq  et  précède  le  nombre  sept. 

Dér.  du  lat.  Sex,  m.  sign. 

Siétado,  s.  f.  Âssiétée,  plein  une  assiette. 

Dér.  de  Siéto,  assiette. 

Siéto,  s,  f.  Assiette  ;  ustensile  de  table  rond  et  plus  ou 
moins  creux,  sur  lequel  chaque  convive  prend  pour  manger, 
une  certaine  portion  des  mets  qui  sont  servis.  —  Siéto  béeudo, 
écuelle  à  bec.  Siéto  erouséludo,  assiette  creuse  et  profonde 
qui  sert  d'assiette  à  soupe  aux  paysans.  —  Voy,  Béeu  et 
Crousélu, 

Silè,  adv.  Si  fait,  expression  que  l'on  emploie  pour 
affirmer  une  chose  contredite  par  un  autre  interlocuteur. 
—  Sèspa'naà  Nime?  Sifè.  Vous  n'êtes  pas  allé  à  Nîmes? 
Si  fait.  Emprunt  fait  au  français. 

Dér.  du  lat.  Sie  faetum,  oui  bien. 

Signâou,  f.  m.  Signal,  signe  dont  on  est  convenu  pour 
donner  quelque  avis;  seing  ou  signature;  marque  ou  tache^ 
naturelle  de  la  peau  que  l'on  apporte  en  naissant. 

Dér.  du  lat.  Signum,  m.  sign. 

Signoùg,  adj.  m.  Bois  noueux. 

Simbèl,  s.  m.  Appeau,  chanterelle  :  oiseau  que  les 
oiseleurs  mettent  dans  une  cage,  dans  le  voisinage  de  leurs 
filets,  pour  attirer  d'autres  oiseaux  ;  signe,  signal,  enseigne. 
Au  fig.  occasion,  cause,  sujet. 

Dér.  du  lat.  Symbolum,  signe,  indice  pour  avertir. 

SimOQS  ou  GimoÙB,  s.  m.  La  lisière  d'une  toile,  ce  qui 
est  à  la  cime,  à  la  partie  supérieure  d'une  pièce  de  drap  ou 
de  toile  ou  d'un  tissu  quelconque;  ce  qui  la  borde. 

Dér.  de  l'ital.  Cimossa,  dér.  du  lat.  Cima,  bout,  extré- 
mité. —  Voy.  Cur  dé  eamiso. 

SimoQSSO,  s.  ^  Lisière  d'un  drap  de  lit.  —  Fia  eoumo 
uno  simousso,  mou  comme  de  la  charpie. 

Même  étym.  que  Simoùs.  —  Voy,  cm. 

Simplardariè,  s.  f.  Badinage,  paroles  badines,  niaiseries, 
bêtises,  simplicité. 

Dér.  de  Simple,  niais,  idiot. 

8implardé)a,  v.  Se  livrer  Jk  des  niaiseries,  des  enfan- 
tillages. 

Dér.  de  Simple. 

Simplardi)e  ou  Simplige,  s.  m.  Nigauderie,  bêtise, 
enfantillage. 

Dér.  de  Simple.  —  Voy,  cm. 

Simple,  s,  m.  Imbécile,  niais,  idiot,  nigaud,  benêt. 

Dér.  du  lat.  SimpUx,  formé  de  Sine  plieis,  sans  plis, 
sans  arrière  pensée. 


()10 


SIR 


Sinagogo,  s.  f.  SyniiL'oi:ut\  toriipK'  ou  s'ass'^înlihMil  l^s 
juifs  piiur  so  Iivn;r  à  r»\\crciro  tlo  leur  culle.  Au  (i^^  une 
réunion  ou  Inut  \c  fnoiiil»>  p.irlp  ^  la  fois,  où  il  ost  iiiipos- 
silih'  d-'  rion  pnl<Midn'  ni  do  so  fairo  oiitt'iidre.  —  O  quinto 
sifUKjnrjof  Diou  !  (lUôl  l)roulialia,  quoi  vacarme! 

Du  IpL  SytKKjoga,  tu.  si^Mi.,  d»''r.  du  |;roc  luvayorpl, 
•jnriizn'' •  iliou,  assoiidiii'e. 

Sinodi  ou  Sénodi,  s.  m.  S.mkmIc,  assoinhiée  occlé- 
siasli(|U''  catlioliquo  ou  protostaiilo.  Au  Iil'.  uno  jwrsonne 
liv>-oiiimYi>uso,  une  oonvorsntion  «Miuuyouse.  unodeiuando 
iui[)orlun(',  une  narration  assoiumanle. 

IVt.  du  ^Too.  l'joov'ç,  m.  si;:n. 

Sinna,  v.  Signor;  a[)posor  sa  si,i,Mialure  au  bas  d'une 
lellre,  d'un  contrat,  d'un  docuriirnl  écrit. 

Dit.  lu  lat.  Siijnare,  fait  i\c  Signum,  sii:ii'\  parce  que 
jadis  on  n'écrivait  pas  son  nom,  mais  un  i)ara[»he  ou  un 
si,v'no,  p  lur  louto  signature. 

Sinne.  s.  m.  Sign.ifure,  soinj^'.  —  lùùre  soun  sinne, 
,q)pns('r  sa  signature.  SiuMic,  manpie,  gest»'.  —  Âvà  '$  sinne 
dé  pU'jo,  cela  présag»'  la  [)luit*;  c/esl  si<:ne  de  pluio.  Se  (as 
Idfi  siniif^,  /(irai  loit  co,  si  lu  lèves  la  main  sur  moi,  je  le 
fra|)[)erai.  Faire  Ion  sinne,  lover  la  main  ou  le  liaton  pour 
frapper. 

D«'r.  du  lat.  Signam,  m.  sii'n. 

Sinné,  s.  m.  \.<^  siLMui  d'un  livre.  Diu).  de  Sinne. 

Siou,  sîouno,  a'Ij.  pnss.  m.  ot  /".  Sien,  si«'nnf^  — 
C/iasquun  Ion  siou,  fl  cliaciui  lésion.  Acd  s  siou,  cola  est  à 
lui.  Aqt'cl  unie  es  tout  siou,  cot  liommo  n'est  occupa  quc'de 
lui-m»''fii"  ;  c'est  im  riroisto,  il  n'aime  (pie  lui. 

Dér.  du  lat.  Suus,  sua,  suum 

Sioula,  V.  PiUisser  un  cri  ai^'u  «'l  poroaiit  comnio 
l(>nl  li\>  j»'Uiios  lillos  (jui  folâtrent;  ^dapir  «ui  chan- 
tant. 

iK-r.  du  lat.  Sihilare,  silllnr. 

Sioiile,  s.  m.  Cri  aii-u  ot  ji'M'<;inl,  liahiluol  aux  j"unos 
lill«'>  (pii  folâtrent. 

D«'r.  du  lat.  Sibilus,  silïlol. 

Sioune,  sîouno,  a'Ij.  /k>.çs".  m.  (M  /".  Sion.  siiMine,  autre 
forme  du  pr.  p'>>s.  Siou,  dont  ri^m[»l.ii  ost  le  mémo.  — 
Voij.  c.  m. 

Sioure,  s.  nt.  Clit''n(?-lii"'^"0  ;  ec'ircc  du  clu-n-'-li-'ije.  Sorte 
dr  cli^'h'^  vert  dont  lécorco  suiH-ri^uro  so  drlai-li»'  rt  il')nl 
on  fait  dos  plni)<di»^s  d«^  lii'';jo  dont  le  ti<>u  NV*''" ''l  spoiiu^r-uK 
•  st  i[i|"'nôtral>l«'  à  I'^mu.  On  on  fait  d'-s  liouclioiis,  dos 
lioutVs  pour  l'S  vaiss'Mux,  dos  cliipf|t>ts  jtour  l»\s  filets, 
d»^s  sca[>liandr''S  p.uir  nai:»^',  d-^s  som«'ll'^s  intérieures  pour 
lf»s  clianssures,  i^\c. 

Du  lat.  Suber,  d^r.  do  S;/f>,  parc-'  (pranoit^inu^iP,tMit 
les  fom'iios  en  meltii-Mit  suus  leurs  souli'Ts  pour  s<^  pré- 
server de  riiumidit»'  ou  p-'ur  jnraitro  plus  .irrand'^s. 

Sirô,  .V.  w.  Sirop,  liijui  l-  Ni^'pi-'ux  ordiii-iiremenl 
sucré. 

Dér.  du  lat.  sirupns,  rn.  si,i.'n . 

Siroutéja,  r.  l'sr-r  do  sir^^p^,  d"  fii'''li'nm'nil>  sirupeux. 


SOL 

—  Se  fax  que  siroutéja,  il  ne   fait  que  se  médicamenler 
a\ec  des  douceurs. 

Sirvén,  .v.  m.  Serviteur,  domestique,  valet.  Nom  pr. 

d'homme. 

Dér.  du  lat.  Ser viens,  m.  sign. 

Sirvénto,  s.  /.  Servante,  domestique  femme.  Nom  pr. 
de  fodimo. 

Sisampo,  s.  f.  Vont  jrlacial;  bise  Irés-froide. 

Si-vous-plè  ou  Siou-plè,  loc  adverb.  S'il  vous  plail; 
si  cela  [)out  vous  être  agréable. 

Empr.  faiî  au  franoais. 

So,  soto,  adj.  m.  et  f.  Sot,  solle,  sans  esprit  et  sans 
juL'oirioiii;  impertinent.  En  langage  de  nourrice  un  enfant 
qui  n'osl  pas  sage.  —  Su  coumo  uno  banasto,  coumo  un 
paniè.  Vtiôu  mai  rstre  Sf>  que pignastre,  mieux  vaut  biaiser 
que  se  raidir,  que  s'opiniàtrer. 

Dér.  du  sax.  Sot,  m.  sign. 

Sofio  ou  Rougéto,  .s.  /".  Sauvages  la  confond  avec  la 
Habaiii-nque  ou  l'Ilondiro.  Crespon  en  fait  Je  Spirlin,  Cypri- 
nus  hipuncUitus,  Linn.  Ce  poisson,  qui  ne  dépass»?  guère, 
dans  la  partie  haut»-  du  (iardon.  une  longueur  de  quinze 
centimètres,  atteint  dans  la  partie  basse  de  cette  rivière, 
c.-à-d.  entre  le  pont  Saint-Nicolas  et  son  conlluent  avec  le 
Ithôno,  jus(|u'A  vinL'l-cinq  ou  trente  centimètres  de  lon- 
gueur. Il  a  le  dos  grisâtre,  les  côtés  d'un  brun  vert;  deux 
rajig<  il'  [)oints  noirs  le  long  do  la  ligne  latérale  qui  est 
rouge;  \entro  blanc  et  très-brillant,  nageoires  rougeàlres, 
à  l'exception  de  la  ilorsale  qui  est  verdi\trc.  Il  est  très- 
agile  dans  ses  mouvements  et  on  ne  le  trouve  que  dans  1« 
eaux  vives  tlont  le  fond  est  "caillouteux.  Ce  signalement 
qui  légitime  très-bien  son  second  nom  de /foujéfo,  s'applique 
•\  notre  No/>n,  (jni  ne  serait  donc  pas  l'hondjre  maiô  le  spirlin 

Soissanténéja,  v.  Approcher  (U^  la  soixantaine,  de  l'â.e 
dt'  soixante  ans. 

D  T.  de  Soissantcno,  soixantaini?.  —  Voy.  c.  m. 

Soissanténo,  s.  f.  Soixantaine;  l'âge  de  soixante  ans. 

—  Sf/n/s  (ff  soissanicno?  Nous  devez  a pprocber  delà soixaij- 
taiiio? 

D>'r.  []i^  Soissanti},  Soixante.  —  T'o»/.  c.  m. 

Soissanto,  nom  do  iioiid».  Soixante;  réunion  de  six 
di/aini'^  d'unités. 

Solo,  s.  f.  Nom  dune  sorte  do  chaussure  à  semelles  Jr 
boi>.  aimées  d.»  pointes  do  fer  dentelées,  qui  servent  a 
bl mchir  les  châtaignes,  à  les  déj'ouiller  de  leur  écorcf. 
dans  (piol.juos  cantons  dos  Cévennes;  semelle  de  bas,  lit 
cliius.>on,  semelle  de  tlanolle  (]ue  l'on  met  dans  les  chan.^- 
suros. 

Solo,  i.   /".  Sole  coll. Il, uno  ou  perdrix  de  mer,  P/fw."- 
necU'S    solea.    Linn.    S'^'c:    vidyaris,    Dict.    des  SC   Hit 
Poisson  de   l'ordre  d'\s  11..1  .biMnches  et  de  la  famille  de^ 
lléiéroson.'^s,  à  Corps  di>s-'-i.M.\ble,  que  Ton  pèche  dans  î* 
iMèditorranée  et  dont  la  chair  est  trés-ilélicate. 

Ee  nom  de  la  sole  lui  \i'Mil  de  sa  forme  plate  et  allon- 
gée (pii  la  fait  resseuibler  en  elTot  .1  une  semelle. 


SOR 

Son,  «.  m.  Somme,  sommeil,  envie  de  dormir.  —  Aï  fa 
«m  bon  son,  j'ai  fait  on  bon  somme.  Lou  ion  m'arapo,  le 
iommeil  me  prend. 

Dér.  da  lat.  Somnus,  m.  sign. 

Son,  son, 

Vène,  vène, 

Son,  son, 

Vène  bon. 
Lon  son-son  yôou  pa  yénl, 
Lon  toto  Toudriè  donrml . 

Son,  son, 

Vène,  vène, 

Son,  son', 

Vène  bon. 

Chant  de  nourrioe  qui  sert  à  endormir  les  jeunes 
enfants. 

Sono,  s.  f.  Sonnerie,  annonce,  symptôme,  présage.  ^ 
MUshanio  »ono,  triste  présage,  fâcheux  symptôme.  Se  dit 
d'un  symptôme  avant-coureur  d*une  grave  maladie,  de  la 
mort,  d'une  fâcheuse  nouvelle. 

Dér.  du  lat.  Sonus,  son,  bruit«  éclat. 

Sdon,  s.  m.  Sol,  surface  du  sol.  —  Se  ficha  dou  sôou, 
se  laisser  tomber,  faire  une  chute.  Perdre  sôou,  perdre 
terre.  Se  rabala  pér  lou  sôou,  se  rouler  à  terre. 

Dér.  du  lat.  Solum,  m.  sign. 

Sôou,  s,  m.  Sou,  monnaie  autrefois  en  usage,  équivalente 
à  la  vingtième  partie  de  la  livre  et  valant  douze  deniers. 
Le  sou  est  aujourd'hui  représenté  par  la  pièce  de  cinq 
centimes. 

An  moyen-âge  on  comptait  par  sous  d'or  ou  d'argent, 
dont  la  vdeur  était  beaucoup  plus  considérable  que  celle 
du  sou  commun. 

Dér.  du  lat.  Solidus,  ou  soUus,  tout,  entier,  unité.  — 
Pouli  coumo  un  sôou,  joli  comme  un  ange;  gentil  à 
croquer.  Brave  coumo  un  sôou,  se  dit  d'un  enfant  bien 
sage,  d'un  homme  qui  a  un  bon  caractère. 

Sôoaqno,  s.  f.  Billon,  labourage  par  planches  d'une 
largeur  arbitraire  qui  divisent  le  champ  labouré  en  zones 
longitudinales  de  largeur  à  peu  près  égale  et  parallèles 
entre  elles. 

Sopha,  f.  m.  Sofa,  canapé  et  par  extension  un  fauteuil. 

Dér.  du  turc  qui  l'a  emprunté  de  l'arabe  Ssoffah  on 
Sophah,  banc,  estrade. 

Sorbo,  s.  /.  Corme  ou  sorbe;  fruit  du  cormier,  qui  a  des 
qualités  astringentes  très-prononcées. 

Dér.  du  lat.  Sorhum,  m.  sign. 

Sore,  f .  A  Sœur,  dans  le  langage  populaire.  Fém.  de 
froUrc,  frère.  On  dit  aussi  Sur,  qui  est  un  terme  plus 
raflfiné  se  rapprochant  du  français. 

Dér.  du  lat.  Soror,  m.  sign. 

Sorgo,  f .  f>  Source.  —  Tène  sorgo,  tenir  tète  ou  compa- 
gnie à  quelqu'un;  servir  d'interlocuteur,  donner  la  réplique 
à  quelqu'un. 


SOU 


611 


So8sè!o,  s.  f.  Chaussée;  nom  d'une  promenade  d'Âlais 
qui  longe  la  rive  gauche  du  Gardon  à  l'arrivée  de  Nimes 
et  d'Uzès,  entre  le  mas  de  Nègre  et  le  Pont- Vieux.  Cette 
promenade,  plantée  d'une  magnifique  allée  d'ormes,  a  été 
créée  en  4843,  avec  l'aide  des  prisonniers  russes,  qui  y 
furent  employés.  C'est  la  plus  suivie  en  hiver  par  les 
habitants  d'Âlais.  —  Voy,  les  Bscherches  hisioriques  sur 
Alais,  p.  366. 

Son,  s.  m.  Gros  billot  de  bois;  grosse  pièce  d'un  tronc 
d'arbre.  Billot  de  cuisine  sur  lequel  on  dépèce  la  viande. 
Billot  sur  lequel  on  frappe  pour  opérer  le  décorticage  des 
châtaignes  sèches  enfermées  dans  un  sac  ouvert  des  deux 
bouts.  —  Dourmi  counu>  un  sou,  dormir  comme  un  sabot. 
Pica  toumo  sus  un  sou,  frapper  sans  raison,  sans  discer 
nement.  Souca«,  augm.  de  5otf. 

Soubarbo,  s,  m.  Sous-barbe;  barbe  en  collier  qni 
encadre  le  visage.  Mode  vulgaire,  en  usage  sous  la  royauté 
de  juillet  et  aujourd'hui  â  peu  près  abandonnée. 

Soubéiran,  gonbéiranno,  adj,  m.  et  /".,  pris  quelquefois 
substantivement  et  employé  aussi  comme  nom  pr.  d'homme. 
Souverain,  souveraine;  principal,  aie;  supérieur,  eure; 
haut,  haute.  —  La  earUHro  Soubéïrano  à  Âlais,  la  rue 
haute,  la  plus  rapprochée  du  château  seigneurial.  Le  * 
portail  Sobéiran  â  Collias,  la  porte  principale  ou  du  nord, 
par  opposition  au  portail  Sotnéiran,  la  porte  inférieure  ou 
du  midi. 

A  Remoulins,  la  Soubéirano,  quartier  de  territoire  qui 
longe  la  rive  droite  du  Gardon  jusqu'aux  Umites  de 
Fournès  et  Sernhac  et  qni  devait  faire  partie  du  domaine 
royal  avant  l'acte  d'échange  du  7  mars  1 290,  passé  entre 
Philippe  le  Bel  et  Brémond  111,  d'Uzès. 

Dér.  du  lat.  Superans. 

Sonbra,  v.  Ménager,  dispenser,  mettre  de  côté  ;  affran- 
chir, être  en  excédant.  —  Soubra  dos  anèlos,  supprimer 
ou  laisser  sans  usage  deux  anneaux  d'une  chaine,  c.-à-d. 
mettre  le  point  d'attache  au  troisième  anneau  à  partir  de 
l'extrémité  de  la  chaine.  —  Lou  pan  ya  soubra,  il  a  eu 
du  pain  de  reste. 

Dér.  du  lat.  Super  arc. 

Soobraaa,  v.  Fourgonner,  soulever  la  braise  d'un  foyer 
pour  lui  donner  de  l'air.  —  Soubrasa  sous  éselos,  passer 
de  la  braise  et  des  cendres  chaudes  dans  l'intérieur  des 
sabots  pour  en  chasser  l'humidité  ou  leur  donner  un  peu 
plus  de  chaleur. 

Soobra-iour,  s,  m.  eomp,  i^  seconde  moitié  du  jour, 
la  portion  de  la  journée  comprise  entre  midi  et  le  coucher 
du  soleil. 

Sonbre-sémmano,  s.  f,  eomp,  La  seconde  moitié  de  la 
semaine  comprise  entre  le  jeudi  et  le  dimanche  suivant  ; 
par  extension  un  jour  de  la  semaine  autre  que  le  dimanche 
ou  le  lundi. 

Soobros,  s,  f.  plur.  Restes,  excédants,  reliellB  d'un 
repas  ou  de  ce  qni  a  été  servi  à  un  convive  qui  n'a  point 
achevé  de  manger. 


i;i-i 


sou 


sou 


Soucaras,  s.  m.  Au-'tn.  Jo  Soù.  (irossc  S'ui'-'îie  cJ  ■  huis; 
hillnt  d'  j^rosS'"!  diin»'iisioii. 

l)ér.  d'.'  SoM. 

Soucarèl,  s.  m.  Chainpîgnitii  du  j^tMirc  des  A;:arics,  qui 
vioiU  (Kir  touiïos  sur  les  souches  des  arhp^s  iDorls.  Les 
ineill.ur^  sonl  ceux  (jui  croissiMil  >ur  les  soucIh's  de  peu- 
pli(M"s,  il'  uiiriers  mU  (h^  ch^'^iies  VtTts.  —  Un  fricô  fie  sou- 
mvils,  un  rai^nùt  do  champi^'iHMis. 

l)ér.  d  ■  Soù,  tronc  d'arhre  ou  i>ill'»i. 

Souci,  s.  m.  Souci,  souci  d»^s  jardins,  Calcn  lula  ofjici- 
nalis,  I.iiin.,  plante  de  la  lainille  des  Conipusees  CDryrn- 
hileres;  souci  sau\ag(%  souci  des  champs,  Calemlula 
arcensis,  Limi.  SL>uci,  peine,  chn^^rin,  préoecupation.  — 
IV'ayiics  j'ii  snuci,  ne  vous  préf»ccu[tiv.  pas  de  c^la.  ^V  hithi 
dé  souci,  je  suis  hien  inquiet. 

Dér.  du  lat.  Soliseipiiujn,  Solscqnium,  fait  dt»  Soi,  soleil, 
^l  .e  Se;u,  suivn\  [)arce  (]ue  sa  tltnii',  conime  celle  du 
toumes'ii,  suit  le  cours  du  soleil. 

Souci  (San),  s.  m.  comp.  Homme  impréN\)yaiit;  ([ui  ne 
se  pivoC'. 'ipe  de  rien  de  sérieux.  Quinlc  san  souci.'  t|uel 
homme  iiidifrérentî 

Soucianço,  s.  f.  Souci,  iiujuiélude,  préoccupation. 

UiT.  'i''  Souci.  —  Voy.  c.  m. 

Soucianço  (En),  for.  n<lv.  Kn  repos,  tramjuillenient, 
sans  se  r  ■inuf*r.  —  Es  Umjour  en  soucianço,  il  vit  Iran- 
•  juilleni-'-'t,  s.His  tra\ ailler,  sans  pn''occu[)alion. 

Celle  I-eulion  nous  i»arail  eln*  um»  alléralion  du  mot 
Jnsouciaiuo,  «1er.  du  ff.  insouciance. 

Soucita  (Se),  v.  pr.  Se  soucier,  s'intéressi'r  à  (luelipie 
chose.  —  Mé  n'en  soucîtc  pas,  c*  la  m'est  indilVt'M'.Mit;  je  ne 
m'en  soucie  pas. 

Dér.  d''  Souri. 

Souçoun,  s.  m.  Soupron,  presb':ntimiMit,  opinion  désa- 
\ant:i;.^''U-»^  sur  rpiehju'un  ou  qiifhjue  cho.^e,  mais  sans 
:oiijpi"i''  ci'rliludi». 

Di  V.  >h\  lat.  Susjiicio,  m.  sigii. 

Souçouna,  v.  SDUiteniiner,  avoir  une  opinion  désavan- 
ta^^t'use  mais  dnhilali\e. 

IJér.  d»*  Souroun,  soupçon. 

Soudado,  s.  f.  ramilie  de  cuchons:  compai:nie  d^  [lorcs 
réunis  dans  la  nième  élahle.  —  At  cdoust  hm  pu  hil  Je  la 
sowlntlo,  j'ai  choisi  le  plus  l)el  échantillon  du  trouj)eau. 

Sou-dis,  loc.  aile,  affirmât.  Terme  [)arasite  qui  n'Nicnt 
livs.-s<'U\ent  dans  la  houche  des  hommes  du  p.nple, 
lans  une  narration,  —  Digue,  sou-dis,  il  dit  (dit-il). 
C'est  le  ijiii  <h't  des  troupiers.  Sou-diguè,  sou-di.sîè  sont  d'\s 
lormes  do  la  même  ItM.'iition 

Sou-faï,  loc.  alv.  affirmut.  analogue  ,1  la  précédente  et 
qui  s'<'m|)loi»»  dans  le  même  sens.  —  Son-fuj'fc,  sou-fusir, 
>ont  des  formes  de  la  même  locution. 

Soufra,  V.  Soufrer,  mettre  du  soufre;  hrùler  un.' njèche 
">oufrée  dans  une  lutaille:  souht.'r  une  vigne  pour  la  pré- 
sf^rver  ou  la  guérir  de  l'oïdium. 

Dér.  de  Soufre,  soufre. 


Soufraje,  \.  m.  Soufrage,  action  de  soufrer,  soufrer  une 
futaille:  soufrage  d'une  vigne  pour  la  préserver  ou  la  guérir 
de  l'oiilium. 

Dér.  de  soufre,  Soufre. 

Soufre,  s.  m.  Soufre,  suhstance  non  métallique  que  l'on 
trouve  dans  le  voisinai:»'  d«^s  volcans,  tantôt  cristallisée  en 
octaédrt's.  tantôt  et  le  plus  srtuvent  en  masses  amorphes 
ou  (Ml  pt.us>iére  line  comme  dans  les  solfatares.  Cette 
suhstance  (Si  onjployée  à  une  foule  d'usages. 

Dér.  du  lat.  Sut  fur,  m.  sign. 

Soufri,  r.  SoutVrir,  [);Uir,  ressentir  de  la  douleur  ;  endu- 
rer, snp[ioi'|('r  ;  languir,  patienter.  —  Podou  pa  se  soufH, 
ils  11''  p  "uvenl  se  supporter,  vivre  ensemhle.  Podepa  me  sou- 
fri iHu  ntoun  ou.\t(h)u,  je  n^^  puis  rester  dans  nia  maison. 
Sou/'ris-ie,  reste  tranquille,  sois  moins  turbulent,  se  dit  à 
un  jeune  enfant  (jui  ne  peut  rester  en  place. 

Dér.  du  lat.  Su/ferre,  formé  de  Sub,  par-dessus,  et  de 
lerre,  [»orter. 

Sougna,  v.  Soigner,  avoir  soin  de  quelqu'un  ou  de 
(juelque  chose;  travailler,  traiter  avec  soin,  avec  sollicitude. 

—  Sougnavous  hé,  prenez  soin  de  votre  santé. 

Souï,  pr.  pers.  du  pr.  de  l'ind.  du  v.  Èstre,  je  suis.  — 
Sou)  rousti,  je  suis  un  Imnime  perdu,  je  suis  hien  malade. 

Dér.  lin  lat.  Sum,  m.  sign. 

Souïar,  souïardo,  .v.  m.  et  f.  Homme  malpropre, 
crasseux;  un  souillon,  uim'  servante  malpropre. 

Souiardo,  s.  /.  Petit  cahinet  ordinairement  dépendant 
de  la  cuisine  et  spécialement  alTecté  au  lavage  de  la 
vaisselle, 

Souiè,  .s.  m.  Soulier,  chaussure  en  cuir.  —  Préne  la 
voituro  de  moussu  .\ouic,  faire  una  route  à  pied.  Soute,  n. 
[»r.  d'ht«nime  et  de  lieu. 

Dér.  du  lat.  Solea,  semelle,  ou  de  So/wm, sol,  parce  que 
la  ch.iuvsure  ajipuie  >ur  le  sol. 

Souïro,  .V.  f.  Tne  truie.  Au  fig.  une  femme  de  mauvaise 
vie,  une  souillon. 

Pcj.  Souïrasso. 

\)ri\  du  lat.  Suillus,  snilla,  qui  tient  du  cochon. 

Soûl,  oulo,  adj.  m.  et  f.  Seul,  seule.  Dim.  soulé,  sou- 
Icio.  s'ul't,  .sêul'tte;  solilaiiv,  isolé.  —  Manjo  soun  pan 
soiil,  il  mange  du  pain  sculemiMil.  Un  gousio-soul,  un 
.sniirnt.i^,  un  egoisle,  un  misanthrope. 

Dér.  du  lat.  Solus,  seul. 

Soulado,  .s.  f.  .lonchée  d'herbes  ou  de  fruits.  —  Vno 
.soula  lo  de  garhos,  une  jonchée  de  gerl.>es,  une  airée.  On 
dit  aussi  un  couvrr-sôou,  un  sol  couvert. 

D'T.  du  lat.  Solum,  sol. 

Soulaïrôou,  s.  m.  Lieu  exj)osé  au  soleil,  galerie  abritée 
et  e\[i<isé!'  au  midi,  cagnard,  ahri  où  l'on  prend  le  soleil; 
n.  pr.  d'homme.  On  dit  aussi  Souréiadoù. 

Dér.  du  bas  lat.  s<^ff'rium,  (jui  désignait  un  plancher 
d'ap{)artem»Mit.  Le  .wlarium  invnnatum  était  un  étendoir, 
un  belvédère,  une  terrasse  couverte  au  liant  d'une  maison. 

—  Vog.  aussi  Courédoti. 


sou 

SoU'lâonpio,  s.  f.  Abri  formé  par  un  aavent  qui 
s'avance  en  saillie  sur  une  façade  de  maison. 

Une  Idoupio  ou  laupie  n'est  autre  chose  qu'un  auvent. 
tja  iou'ldoupio,  c'est  le  dessous  d'un  auvent,  la  portion  du 
sol  que  l'auvent  abrite. 

Soldas,  5.  m.  Soulagement,  consolation»  aide,  protection. 
—  Patrê  soulat,  tenir  compagnie  dans  une  circonstance 
difficile»  triste  ou  pénible. 

Dér.  du  lat.  Sokuium,  consolation,  soulagement. 

Sonlda,  s.  m.  Soldat,  militaire,  homme  de  guerre.  — 
Sié$  un  bon  soulda,  tu  es  courageux,  tu  ne  crains  pas  bruit. 

Dér.  du  lat.  Solidum,  paye,  solde,  parce  que  dans  l'ori- 
gine la  paie  était  d'un  sol. 

Sonldato,  «.  m.  Femme  d'un  soldat;  virago;  femme  à 
allures  masculines.  —  Aeà's  uno  sauldato,  c'est  une  Mar- 
phise. 

Dér.  (le  Soulda, 

Sonlèdre,  *.  m.  Le  vent  d'ouest;  le  vent  dont  la 
direction  se  déplace  avec  le  cours  du  soleil  et  qui  est  occa- 
sionné par  la  raréfaction  que  cet  astre  produit  dans  l'air. 

Dér.  du  lat.  Sol,  soleil. 

Souléngiio,  s.  m.  Le  filet  ou  frein  de  la  langue;  mem- 
brane placée  au-dessous  de  la  langue  et  qui  la  régit.  Son 
développement  anormal  occasionne  une  difficulté  plus  ou 
moins  grande  dans  l'articulation  des  consonnes  ;  on  peut 
atténuer  ce  défaut  par  une  incision  convenable.  —  y-an 
6t^  coupa  lou  ioulénguo,  il  a  le  filet  bien  coupé,  dit-on 
d'un  bavard. 

Sonloumbra  (Dé),  v.  pr.  Se  mettre  à  l'ombre  ou  à 
l'abri  du  soleil. 

Dér.  du  lat.  Subtus  umbram. 

Soomïa,  V.  Sommeiller,  roupiller,  être  assoupi,  dormir 
d'un  sommeil'  léger. 

Dér.  du  lat.  Somnus,  sommeil. 

Sonmiaie,  s,  m.  Demi-sommeil,  somnolence,  sommeil 
léger. 

Dér.  du  lat.  Somnus,  sommeil. 

Sonmousta,  s,  m.  Surmoùt,  vin  tiré  de  la  cuve  sans 
être  cuvé  ni  pressé.  On  donne  aussi  ce  nom  au  vin  fait 
avec  le  moût  séparé  de  la  grappe  et  du  raisin,  sorte  de  tocane. 

Le  vin  de  Tavel  est  fabriqué  par  ce  procédé. 

Somi,  s.  m.  Le  bout,  l'extrémité,  le  fond  de  quelque 
chose.  —  Aou  soun  ddou  pous,  au  fond  du  puits.  Âousoun 
dé  la  carriètro,  au  bout  de  la  rue. 

Dér.  du  lat.  Summum,  m.  sign. 

Sonn,  pr  post.  m.  Son,  au  fém.  Sa  et  au  plur.  Sous  et 
Sas.  —  Coumo  foi  sovn  fièrf  comme  il  est  fierl  Coumo 
faH  soun  orne!  comme  il  fait  l'important! 

Dér.  du  lat.  Suus,  sua,  suum. 

Somia,  V.  Appeler,  sonner,  rendre  un  son.  —  La  mésso 
scno,  la  messe  sonne.  Jfe  sounarés  en  passant,  vous 
m'appellerez  en  passant.  L'aï  souna,  m'a  pa  réspoundu,  je 
l'ai  appelé,  il  ne  m'a  pas  répondu. 

Dér.  du  lat.  Sonare,  m.  sign. 


SOU 


613 


Sonnado,  s.  f.  Coup  de  cloche,  sonnerie.  —  La  dariUro 
sounado,  le  dernier  coup  de  cloche,  le  dernier  appel  de 
cloche. 

Dér.  de  Souna»  sonner. 

Sounaîa,  v.  Sonner,  agiter  des  cloches  ou  des  sonnettes 
d'une  manière  continue  et  ennuyeuse. 

Dér.  de  Souna,  sonner. 

Sonnaio,  s,  /*.  Sonnaille,  clochette  au  son  sourd,  quelei 
bergers  suspendent  au  cou  de  leurs  moutons,  ânes  on 
chèvres. 

Dér.  de  Soun,  son. 

Sonnaire,  s.  m.  Sonneur,  celui  qui  est  chargé  de  sonner 
les  cloches. 

Dér.  de  Soun,  son. 

Sounarià,  s.  f.  Sonnerie,  le  bruit  des  cloches,  le  son 
simultané  de  plusieurs  cloches  mises  en  branle. 

Dér.  de  .Soun,  son. 

Soimal,  s,  m.  Clocher,  tour  élevée  dans  laquelle  sont 
suspendues  des  cloches. 

Dér.  de  Soun,  son. 
X  Sonncô  ou  Soungnô,  adv.  Excepté  cela.  —  Dégus  n'es 
pa  cdouso  d'aquà  souned  tus,  personne  n'est  cause  de  cela 
si  ce  n'est  loi.  Sera  pa  d'iuéï  ni  déman,  souned  divindre, 
ce  ne  sera  ni  aujourd'hui  ni  demain,  mais  après-de- 
main. 

Sonné,  s.  m.  Sifflet  en  os  ou  en  métal  avec  lequel  on 
imite  le  cri  ou  léchant  d'un  oiseau;  et  par  extension, 
appeau,  chanterelle  ;  oiseau  que  les  oiseleurs  mettent  dans 
une  cage  près  de  leurs  filets  et  qui  attire  par  son  chaut 
d'autres  oiseaux.  —  Voy,  Simbèl. 

Sounglé,  s.  m.  Un  grapillon,  une  petite  portion  d'une 
grappe  de  raisin,  brin  que  l'on  en  détache.  —  N'en  vole 
pa  qu'un  sounglé,  je  n'en  veux  qu'un  brin,  un  grapillon. 

Dér.  de  .Soun,  bout.  Sounglé,  petit  bout. 

Sonnja,  v.  Rêver,  penser,  réfléchir.  —  $0  sounja, 
penser,  avoir  la  pensée.  Mé  sounjavs,  je  me  disais.  Mé 
souï  sounja,  j'ai  pensé,  j'ai  réfléchi. 

Dér.  du  lat.  Somniare,  faire  des  songes. 

Sounlèon,  s.  m.  Nausée,  envie  de  vomir,  répugnance, 
dégoût.  —  Aeà  mé  dono  lou  so/unlèou,  cela  me  soulève  le 
cœur,  me  donne  des  nausées. 

Sonnléva.  v.  Soulever,  exhausser,  exciter  l'indignation, 
soulever  le  coeur,  faire  éprouver  du  dégoût. 

Dér.  du  lat.  SuUevare,  m.  sign. 

Sounqnô,  adv.  Excepté,  sauf.  —  Voy.  Souncà. 

Soupa,  s.  m.  Souper;  le  dernier  repas  du  jour,  le  repas 
du  soir. 

Dér.  de  Soupo,  soupe,  parce  qu'on  mange  habituellement 
la  soupe  le  soir. 

Soupa,  V.  Souper,  prendre  le  l'epas  du  soir.  —  Avèn 
soupa,  nous  avons  soupe;  un  soupo  sans  lun,  un  avare. 

Sonpéto,  5.  f.  Dim.  de  Soupo,  soupe;  bouillie,  sonpe 
légère  que  l'on  prépare  pour  les  enfants  et  pour  les  malades 
ou  les  convalescents. 

78 


614 


SOU 


Soapièîro,  s.  f.  Soupière,  sorte  de  plat  profond  et  orné 
d'un  couvercle,  dans  lequel  on  sert  la  soupe,  le  potage. 

Dôr.  de  Soupo. 

Soupiè,  èro,  s.  m.  et  f.  Mangeur  de  soupe;  celui  ou 
celle  qui  en  mange  volontiers,  beaucoup  et  souvent. 

Dér.  de  Soupo.  —  Voy.  c.  m. 

Souple  (A),  lœ,  adv.  A  l'abri,  à  couvert.  —  Sèn  à 
toupie,  nous  sommes  à  l'abri. 

Littéral.  Souit'pUjo,  à  l'abri  de  la  pluie. 

Sonpléja  (Se),  v,  pr.  Se  mettre  ji  l'abri  de  la  pluie. 

Dér.  de  Sou-plèjo,  à  l'abri  de  la  pluie. 

Soupo,  s.  f.  Soupe  ou  potage,  ordinairement  composé 
de  tranches  de  pain  minces  trempées  dans  un  bouillon 
gras  ou.  maigre.  —  Sùupo  eoufido,  soupe  mitonnée.  Soupo 
li$o,  potage  sans  garniture.  Soupo  dé  maldoute,  potage  de 
santé.  Taïa  la  toupo,  dresser  le  potage. 

Dér.  da  cet  t.  Soub,  ou  de  l'anglo-saxon  Suplen,  tremper 
dans  le  bouillon  ou  dans  un  liquide  quelconque. 

Soucpiado,  5.  f.  Ce  qu'un  cep  de  vigne  porte  de  raisins. 

Dér.  de  Souquo,  souche. 

Souqué,  s.  m.  Le  surplus,  la  bonne  mesure,  la  réjouis- 
sance, le  comble,  ce  qui  est  en  dehors  de  la  ligne  de 
compte.  —  Voy.  Chiqué, 

Souquo,  s.  f.  Souche,  cep  de  vigne.  —  Souquo  dé pitaire, 
billot  sur  lequel  on  bat  les  châtaignes. 

Sour,  Sonrdo,  s.  m.  et  f.  Sourd,  sourde;  atteint  de 
surdité;  qui  n'entend  pas  bien,  ou  n'entend  pas  du  tout. 
Au  (ig.  qui  a  l'air  de  ne  pas  entendre,  qui  n'obéit  pas. 

Dér.  du  lat.  Surdus,  sombre,  confus,  qui  ne  peut  être 
perçu. 

Sour,  Soumo,  adj.  m.  et  f.  Noir,  obscur,  sombre, 
ténébreux. 

La  grotte  de  la  Baume,  située  dans  la  commune  de 
Sanilhac,  sur  la  rive  gauche  du  Gardon,  porte  le  nom  de 
Bdoumo  soumo,  grotte  sombre. 

Sonrbiè,  t.  m.  Cormier,  arbre  fruitier  qui  produit  des 
cormes,  appelées  Sorbo  en  languedocien. 

Sonrbièiro,  s.  m.  Champ  planté  de  cormiers.  . 

Dér.  de  Sourbiè,  cormier. 

Sourciè,  s.  m.  Sorcier,  magicien,  devin. 

Ce  terme  peut  venir  de  la  bass.  lat.  Sortiariut,  ou  peut- 
être  de  Sourço,  source,  parce  que  l'on  donne  ce  nom  aux 
hydroscopes  ou  chercheurs  de  sources. 

Sonrdaras,  s.  m.  Péj.  de  Sour,  sourd;  celui  qui  est 
très-sourd;  qui  n'entend  absolument  rien  de  ce  qu'on  lui 
dit. 

Sourdije,  s.  m.  Surdité,  privation  plus  ou  moins  com- 
plète du  sens  de  l'ouie. 

Dér.  du  lat.  Surdilas,  m.  sign. 

Souréia,  ado,  adj.  m.  et  f.  Hàlé,  noirci,  brûlé  par  le 
hàle.  —  Se  sourèta,  v.  pr.,  prendre  le  soleil,  s'exposer, 
He  chauffer  au  soleil.  Ou  dit  proverbialement  :  Que  pér 
Caléndos  se  souréio,  per  Pascos  crémara  sa  légno,  celui  qui 
prend  le  soleil  pour  la  Noël,   est  souvent  obligé  de  se 


SOU 

chauffer  à  Pâques.  C'est  le  proverbe  français  :  c  Noël  asoo 
pignon  et  Pâques  son  tison.  » 

Dér.  de  Sourél,  soleil 

Souréiado,  $.  f.  Rayons  de  soleil  ;  action  plus  ou  moins 
prolongée  des  rayons  du  soleil  ;  exposition  aux  rayons  da 
soleil.  —  Trénis  uno  bono  souréiado,  s'exposer  longaemeQt 
au  soleil.  Au  fig.  Y  maneo  pas  uno  souréia'lo,  se  dit  d'ooe 
personne  qui,  malgré  sa  jeunesse,  a  beaucoup  de  préseoce 
d'esprit,  de  bon  sens  et  de  raison.  Faï  uno  sounïado,i\  fait 
une  éclaircie  à  travers  les  nuages  dont  le  ciel  est  couvert. 

Dér.  de  Sourél,  soleil. 

Souréiadoù,  s.  m.  Un  étendoir,  une  galerie  abritée  et 
exposée  en  plein  midi  ;  abri  ou  l'on  prend  le  soleil.  Ou  dit 
aussi  Soulàirôou,  —  Voy.  c.  m. 

Souréîaxi,  s.  m.  La  chaleur  du  soleil  ;  un  endroit  où 
cette  chaleur  se  concentre  plus  particulièrement.  — S% 
métré  dou  souréXan,  s'exposer  aux  rayons  du  soleil. 

Dér.  de  Sourél,  soleil. 

Sourél,  5.  m.  Le  soleil,  astre  lumineux  qui  éclaire  le 
monde  et  dont  la  présence  sur  Thorizon  constitue  le  jour. 
—  Fat  bon  sourél,  le  soleil  est  ardent.  Lou  sourél  nourb 
tout,  le  soleil  féconde  tout.  Prén9  lou  sourél,  s'exposer  aux 
rayons  du  soleil.  Au  fig.  Arampa'n  eo  dé  sourél,  avoir 
un  peu  trop  bu  ;  se  griser. 

Dér.  du  lat.  Sol,  solus,  seul,  unique  au  monde,  u 
splendeur  effaçant  celle  de  tous  les  autres  astres. 

Sourti,  V.  Sortir,  passer  du  dedans  au  dehors;  être  issu; 
commencer  à  sortir  de  terre  en  parlant  des  semences,  lever, 
pousser,  germer.  —  L'an  sourd  dé  soun  oustdou,  on  !'& 
dépussédé  de  ses  biens.  Las  boucos  m'an  sourti,  mes  lèvres 
se  sont  enflées. 

Dér.  du  lat.  Sorlire,  tirer  au  sort. 

Sourtido,  5.  /*.  Sortie,  issue.  —  Aquél  oustâou  a  dot 
souriidos,  cette  maison  a  deux  issues.  La  sourUdo  dt 
véspro,  dé  l'assémblado,  la  sortie  des  vêpres,  de  l'assemblée, 
du  prêche. 

Dér.  de  Sourti,  sortir. 

Sonscava,  v.  Creuser  en  dessous,  miner,  sonder,  preodri* 
en  sous-œuvre.  Au  fig.  sonder  la  pensée  d'une  personne, 
tâcher  de  lui  arracher  des  aveux. 

Dér.  du  lat.  Subtus  cavare,  creuser  en  dessous. 

Sonspésa,  v.  Soupeser,  lever  un  fardeau  avec  la  main 
et  le  soutenir  pour  juger  de  son  poids  et  l'évaluer  approxi- 
mativement. 

Sousqua,  v.  Sangloter,  pousser  des  soupirs;  souffler, 
ranimer  1r  feu. 

Sousta,  V.  Épargner,  pardonner,  épauler*  soutenir.  — 
Pér  uno  (es,  té  souste,  pour  une  fois,  je  te  pardonne,  j*" 
t'excuse. 

Dér.  du  lat.  Subtus  stare. 

Souste,  5.  m.  Soutenu,  garanti,  abrité.  —  Sou»  sousu, 
je  suis  gardé,  terme  de  jeu  de  cartes  qui  signifie  que  \*oa 
est  gardé  sur  une  carte  élevée  soutenue  par  d'autres  carle^ 
de  même  couleur. 


sou 

SoQStélo.  adj.  m.  et  n.  pr,  d'homme  et  de  lien.  Subtil, 
fin,  dissimulé,  rusé.  Ce  nom  a  été  sans  doute  donné  au 
Hea  de  Sousielle,  près  d'Alais,  parce  que  cette  localité 
se  trouve  située  dans  une  vallée  retirée,  cachée,  dissimulée. 
Le  ruisseau  torrentiel  appelé  le  Rieuuêt,  qui  suit  le  fond  de 
cette  vallée,  est  un  affluent  du  Galeizon.  Cette  commune 
eat  du  reste  composée  de  plusieurs  hamOfiux  dispersés, 
dont  les  noms  suivent .  4<»  Le  ch&tean  deSoustelle  et  l'église 
Saint-Pierre;  S®  Périès:  3®  Peyraube:  4*  Vammale; 
5<»  Olympie;  6®  Le  roas-Rôou;  '^'^  Camp-Figoux;  8<>  Ar- 
bonsses;  9*  Bougères;  40<>  La  Grave;  4I<»  Le  Soulier; 
12^  La  Croix-des-vents. 

Sonstèna,  v.  Soutenir,  prêter  appui,  étayer.  Au  fig. 
affirmer.  —  Se  soustène,  se  maintenir,  se  conserver. 

Dér.  du  lat.  Sustinere. 

SoQBtéra,  v.  Recouvrir  de  terre,  enfouir,  enterrer.  Se 
dit  des  animaux  morts  que  l*on  enfouit  dans  la  terre. 

Dér.  du  lat.  Subtus  terra, 

SoQStièn,  i.  m.  Soutien,  étai,  appui,  défenseur.  — 
Souttièn  dé  fam'io,  soutien  de  famille. 

Dér.  du  lat.  Stuteniatio,  m.  sign. 

SoQStira,  v.  Soutirer,  transvaser. 

Sonato,  s.  f.  Crédit.  —  Préne  à  la  sou$to,  prendre  à 
crédit  ;  mais  aujourd'hui  on  dit  plus  habituellement  :  préne  à 
trèdL  Souitot  au  plur.,  corde  &  garrotter  qui  fait  partie  d*un 
agrès  de  bat  de  mulet. 

Soustre  !  interj.  Juron  adouci  employé  à  la  place  d'an 
mot  plus  grossier. 

Sonstréja,  v.  Prononcer  des  paroles  grossières  telles  que 
le  juron  dont  il  est  parlé  à  l'article  précédent. 

Di^r.  de  Souitre. 

Souta,  V.  Terme  de  vigneron;  couder  un  avantin,  faire 
des  provins,  recourber  un  sarment  de  vigne  que  Ton 
couche  dans  la  terre  pour  qu'il  prenne  racine.  On  appelle 
aussi  cette  opération  faire  dé  eabus.  —  Voy.  Cabus,  Cabutsa 
et  Cros. 

SoQtiàîro,  i.  f.  Un  silo,  une  conserve,  une  cache  à 
châtaignes,  marrons  ou  autres  productions  de  la  terre. 

Dér.  par  altérât,  de  Soutèro,  sous  terre. 

Sontisiè,  èïro.  s,  m.  et  f.  employé  aussi  adjectivement. 
Celui  ou  celle  qui  injurie  ou  insulte  habituellement;  celui  ou 
celleqnl  tient  des  propos  grossiers,  inconvenants,  obscènes. 

Dér.  de  Soutiso,  sottise. 

Soutiso,  j.  f.  Injure,  insulte,  tort,  préjudice;  paroles 
grossiérps. 

SouTén,  aiv.  Souvent,  fréquemment. 

Dér.  du  lat.  Sœpe  ou  Subinde. 

Sonvénénço,  s.  f.  Souvenir,  souvenance.  —  Ff'aï  eou- 
vénénço,  je  me  le  rappelle,  j'en  ai  gdrdé  le  souvenir. 

SoQvéni  (Se),  v.  pr.  Se  souvenir,  se  rappeler.  —  M'en 
âouvêne,  je  me  le  rappelle.  Vâoutres,  vous  en  êouvèngue, 
je  vous  prends  à  témoin. 

SonTéntos-lés,  adv.  Souvent,  bien  souvent,  plusieurs 
fois.  —  Voy,  Souvén. 


SUR 


615 


Sn,  s.  m.  Le  devant  de  la  tète,  la  région  frontale  ou 
coronale  du  crâne. 

Dér.  du  grec  4«/j{,  âme,  esprit,  sens,  raison. 

Sqp,  sapo,  s.  m.  et  f.  Myope,  celui  qui  a  la  vue  courtt* 
et  ne  voit  distinctement  les  objets  qu'avec  des  lunettes  à 
verre  bi  concave. 

Snbre-cièl,  $.  m.  eomp.  Ciel  de  lit;  dais  dressé  au- 
dessus  du  lit  dans  une  chambre  de  parade. 

Snbredén,  s,  m.  Surdent,  s,  f.  Dent  surnuméraire  qui 
pousse  hors  de  la  ligne  des  autres  dents  et  s'éloigne  plus  ou 
moins  de  l'arcade  alvéolaire. 

Dér.  du  lat.  5ti/Mr»  sur,  et  i)0ii«,dent. 

Suça,  V.  Sucer,  aspirer  un  liquide  avec  les  lèvres, 
dissoudre  dans  la  bouche  certaines  substances  fondantes 
telles  que  les  sucreries,  la  réglisse,  les  gommes,  etc.; 
gruger,  pressurer. 

Dér.  du  lat.  Sugere,  m.  sign. 

Sucé,  «.  m.  Hochet  des  enfants  qu'ils  portent  fréquem- 
ment à  la  bouche. 

Dér.  de  Suça,  sucer. 

Sncra,  v.  Sucrer,  mettre  du  sucre  dans  un  liquide  ou  , 
un  mets ,  saupoudrer  avec  du  sucre.  —  Suera-vous,  prenez 
du  sucre. 

Dér.  de  Sucre,  sucre. 

Sncre,  s.  m.  Sucre,  substance  extraite  des  végétaux  et 
qui  possède  une  saveur  particulière  à  laquelle  elle  donne 
son  nom.  Cette  substance  est  soluble  dans  l'eau  et  est 
employée  dans  une  foule  de  préparations  domestiques  ou  mé- 
dicales et  dans  la  confection  des  sirops  et  des  liqueurs  douces. 

Dér.  du  lat.  Saeeharum  dont  la  racine  vient  du  sanscrit 
Sehakar, 

Sago-man,  s.  m.  eomp.  Essuie- mains,  pièce  de  linge  ou 
serviette  dont  on  se  sert  pour  essuyer  les  mains  après  les 
avoir  lavées. 

Suite,  s.  f.  Chouette-effraie.  —  Voy,  Béou-l'oli. 

Sajè,  s,  m.  Sujet,  motif;  personne,  individu.  —  N'avés 
pa  tu  je  dé  faire  acà,  vous  n'avez  aucun  motif  de  faire  cela. 
—  Michan  su  je,  mauvais  sujet,  polisson. 

Sujo,  s.  f.  Suie,  matière  noire  plus  ou  moins  dure  ou 
épaisse  que  la  fumée  déposé  dans  les  tuyaux  de  cheminée. 

Dér.  du  celt.  Suga, 

Smje,  s,  m.  Suint,  sueur  huileuse  qui  transpire  de  la 
peau  des  bétes  à  laine.  —  Senti  lou  turje,  avoir  l'odeur 
du  suint.  Lano  turjo,  laine  non  lavée,  prise  dans  son  état 
naturel,  laine  en  suint  à  laquelle  on  attribue  de  grandes 
vertus  résolutives,  parmi  le  peuple. 

Snijé.  s.  m.  SurgPt,  terme  de  couturière;  sorte  de  cou- 
ture qui  se  fait  en  tenant  les  deux  étoffes  qui  doivent  être 
jointes,  appliquées  l'une  sur  l'autre,  bord  à  bord,  de 
manière  à  les  traverser  toutes  deux  à  chaque  point 
•d'aiguille. 

Snijén,  s.  m.  Eau  qui  jaillit  du  sol  sur  un  plan  hori- 
zontal et  recouvre  la  surface  environnante. 
Dér.  du  lat.  Sur  gère,  m.  sign. 


su  Y 


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Suscle.  <•   'A.   P-iit  |.».»>s->n   méditerranéen;    mendole 

M'j'ii  .  —   T:,.  Cfj'jirel  et  Picarél. 
Susari.  1    '/t.  Siiir\  Imc^^ul  diiis  lequel  on  ensevelit  un 
l'Ut.       :_:rî.  —  B  urj  i-a  ifi^'ir».  ensevelir,  envelopper  un  mort 

D'i'K,  .  :i».  ['T-r:'.  Suioù.  <    ;'.  >u-ur,  '>J-iir  Je  ;.'ousset. 

Susoun.  j  f  >-'']:  [-r  deleîi.ïue  Suzon,  dim.de Suzanne. 
Susourleja.  i-   Sih-;  Ir-.'^refL'Til  et  d'une  manière  con- 


»- 

L 


'  :■-  :  ■  :i  r-^.i'i  le  .i-jat^'^ 

:.*.-:r  e:j  [  îF.  .;.t  J^<0-rL':î 

:  :,:.'  :  Je  l.i  p-Uie.  — 

-  :  ';  r;/i  1-  rii.^*  Leju<:.:ii:' 

"Mî  «.  ire:!.:r-r  d-.^  su^ar 


Suspréne.  »•.  SurprnJre,  prendre  sur  le  fait;  tromper. 
al'Uv-r.  ^'i  nii-^r.  att.vjuer  par  surprise.  Au  fig.  un  mets 
.lui  .1  -:■  s.i.'i.  c.-:\-\  djiii  h  partie  superficielle  a  ùiù 
altiju  -^  i'ir  un  î-u  tr-p  vif.  Se  dit  surtout  du  pain  mis 
diij^un  î 'Uî  tr-[»  oIiuiiV'  et  qui  est  brûlé  à  la  surface 
tandis  <jU'^  l'iîit'.'rieur  iiM!ii|ue  Je  cuisson.  —  L'èr  m'a 
suif<r^:i.  l'iir  frus  iii'a  saisi. 

Suta,  r  K\  :iter.  hM-^r.  p-.'U^S'T,  harceler,  faire dé[>»>cher. 
Ji!i-''  lî  -r. 

Suvi,  V.  Suivre,  acoo'jjp.ijner,  escorter,  aller  à  la  suite 
J'^  i\[w\  pi  lin  <'U  J'^  qu'^ltiue  cli-'S»^:  parcourir  une  roule.  Se 
dit  d-^-i  .i;ii:i/ui\  qui  s  -ni  en  rut. 

I)  iv  "lu  1  .t.  <^'j>ii.  suivrf\ 


T 


TAB 

T,  V'. /.••.'].»•  cjii-Miiii'.' '.'t  \ in,-'li»"'Uie  lettre  J-^  l'aipiiilxt. 
Kll^'  a  «-îf^  '"Lpi  .iv.V'  dius  l'iuli  juit'''  au  \w\i  Jii  C  uu  Ju  D 
':l  (U'  W^:  c-.'i.uie  l-tti'^  iiu:].'>r,\|r\  T  vaut  h>0,  etas-vuip 
.ii:n**  au-d'5?us  1<>n.(»(Mi. 

Ta,  5  m  li«>ueii'>n  d»' li »"'-'•»  ou  autres  ^u^^la!l^•«''«.  l-ihs 
.jue  I'"  i-"i^.  If'  \fMTi\  ••te. 

Ta,  nlj  P'jss.  I .  'ï:\.  —  Ta  f'<:,tn'\  ta  l-Mi/h-v 

Dér   du  lit.  T-ifi. 

Taba.  s.  m.  'ri!.i<\  Petun  nie^liaiit',  Ii.tU'  Ju  .:raiiJ 
prieut ,  li'_'ilj»' J.' î.i  r-:Miie  \ir<,tiiina  'aba<nin  Linii,;,  [^lautf^ 
de  la  faUiille  J-'S  S.)ltii»J:s.  t:)rijiiiaire  de  TAuierique  iiieri 
dionalf"'  et  t:ultiv'}e  eu  Franco  depuis  \■V^\\,  cpotiu»'  a 
laqu»'lle  h\Mi  .Nie  «t.  auilussaJ'.air  de  Franc»'  en  Portugal, 
la  présenta  k  la  reine  Cillierin-^  vie  .M-vli.'is,  après  l'av^Mr 
lui-njrnie  n-rue  dun  Flauiaiid  qui  ar:i\ait  Je  la  Fl-u'iJe. 
Son  nuin  lui  vi^^nl  Je  Tahucoon  Tubn^o,  contrée  Ju  littoral 
de  la  mer  Jes  .Antilles  nu  les  Es[uunols  le  truu\t'r.'at  |i.nir 
la  prennere  f"is.  —  Y-n  île  lahn:  il  y  :\  Ju  ^rabu^e! 

Taban,  .V.  m.  Taon  fubanus  ,  sorte  J»*  njouche  très- 
j^rosse,  à  J«'u\  ailes  Je  couleur  orJinaireiuenl  souibre,  qui 
s'acliarne  >ur  les  che\au\,  les  IhiuiIs,  etc.,  [)oursuc»M'  b^ir 
sang  et  dont  la  picpire  est  si  aijjufel  si  douloureuse  qu'elle 
va  juscprà  les  rendre  furieux.  Ce  nom  Je  Taban  se  Jonne 
aussi  par  extension  à  une  foule  d'autres  insectes,  tels  que 
<:erlains  coléoptères  qui  sortent  au  crépuscule  et  à  J  autres 
j-Tosses  mouches  au  c<u-ps   \elu,  au  vol   bruyant,   parnii 


TAB 

l' s  ]U'.'lk>  «Ml  peut  cit'^r  le  B.)Urdon.  —  Taban-mérdanci*' , 
seuil-'':'  sl.'ie  Taire,  Scarabirwi  stercorurius,  Linn. 

Ht   du  lat.  Tab'in>(s. 

Tabaneja.  v.  Ne  sr\'ijp|(,ie  (juau  llguré  avec  la  si^mili- 
catb'U  J''  sa^'iter  J.in^  le  \iile,  sans  but  prêcon(;u,  k  seul-"' 
lin  J-'  S'^  J  -nner  un  m  'uveui^'ut  inutile.  Se  dit  en  parlant 
d  un  t'itilljn,  d'^  celui  ([ui  a  la  pivtentiou  de  toucher  .i 
tout.  «U  ^urt  «ut  à  J'^s  cli'.ises  qui  lui  sont  étrangères. 

D-'r.  J-'  Taban. 

Tabatéja.  v.  PrenJre  fréqU'Mnuient  du  tabac  à  pris»?r; 
priser  coii^t  luitn-^nt  et  par  mmie:  avoir  sans  cesse  reconr> 
à  la  l.ibatièrt'. 

Dcv.  Je   Taba,  tabac. 

Tabatéjaïre,  j.  m.  Celui  ijui  a  ^ans  cesse  la  tabatière  à 
la  m  lin. 

Tabé,  També  ou  Atabé,  alv.  .\ussi,  aussi  bien,  toutdf 
même,  —  Tabe  ou  faraï,  tout  de  même  je  ferai  cela. 
Toujour  y  st'rco  }ioitèso,  tube  soun  /j«5  ami,  il  lui  cberclie 
toujours  qu'ielle,  aussi  soui-ils  loin  de  s'entendre. 

Tabo,  intcrj.  Cri  Je  guerre  des  écoliers  qui  se  battent  à 
la  fri>nJe  uu  à  coups  tle  poings. 

Voui,  tain»  |uT  lou  >iél  Alais! 
Tabô  J«'  Iciigo  aniai  dé  (loundo  î 

I  Lvf\i:e-.\l\is,  Los  Casfagnados.  —   Rocho  et  Plagnôou. 
l    2'  «'(lit.  p.  227.) 


TAC 

Sauvagbs  fait  venir  celte  expression  par  corruption  de 
Tèn  bà:  tiens  bon  !  ne  lâche  pas. 

«  Je  serais  tenté,  dit  Lafarb  (Las  Castagnados,  Notes, 
p.  389),  de  chercher  une  autre  étymologie  an  mot  Tabà.  En 
latin,  Tabei  ou  tabum,  qui  fait  au  datif  et  à  l'ablatif  tabà, 
signifie  ce  sang  épais  et  noir  qui  s'échappe  à  flots  des 
blessures  et  forme  des  mares  sur  le  champ  de  carnage. 
Pourquoi  ne  serait-ce  pas  là  l'origine  de  notre  Tabàt  vrai 
cri  de  guerre  ei  de  sang,  alors  ;  mais,  dans  ce  cas,  il  aurait 
pris  naissance  à  une  époque  où  la  guerre  était  une  vérité 
et  ce  ne  seraient  point  des  enfants  qui  l'auraient  poussé  les 
premiers.  > 

Tabôsi,  s.  m.  Nain,  avorton,  personnage  de  taille 
exiguë. 

Dim.  de  Ta,  bouchon. 

Taboulé,  s,  m.  Un  courtaud,  un  petit  ragot. 

Dim.  de  Ta,  bouchon. 

Tacha,  v.  Tâcher,  s'efforcer  de  faire.  —  Tacha  mouièn, 
faire  en  sorte  ;  garnir  de  clous  à  tète  lai^e,  appelés  taeho, 
des  semelles  de  souliers  ou  de  sabots. 

Dér.  du  lat.  Satager»,  s'empresser. 

Tachaire,  adj.  Celui  qui  fabrique  des  clous  à  tète  large 
appelés  taeho  dont  on  garnit  les  semelles  de  gros  souliers. 

Dér.  de  Taeho. 

Tacha-moaièn,  faire  en  sorte.  —  Voy.  Tacha, 

Tache,  s,  f.  Clou  à  large  tète  dont  on  garnit  la  semelle 
des  souliers  de  fatigue.  Ces  sortes  de  clous  sont  désignés 
dans  le  commerce  sous  le  nom  de  ipasiret,  parce  que  les 
liergers  ou  pâtres  en  font  un  grand  usage. 

Dér.  du  celt.  Tach,  clou.  —  WaitB  dé  taeho»  claquer  des 
dents  en  grelottant  de  froid.  Rire  coumo  uno  taeho ^  com- 
paraison extravagante,  amphigourique,  du  nombre  de  celles 
qui  ont  la  prétention  d'être  d'autant  plus  expressives 
i]u'elles  ont  moins  de  sens.  Le  languedocien  n'est  pas  le 
seul  à  les  affectionner,  à  les  inventer;  d'antres  langues  en 
font  sans  doute  de  même,  et  le  français  ne  dit-il  pas,  entre 
autres  choses,  s'amuser  comme  un  croûton  de  pain  derrière 
une  malle?  Â  force  de  se  griser  de  mots  incohérents,  on 
s'imagine  mieux  exprimer  sa  pensée  et  l'on  éblouit  son 
monde;  et  le  fait  est  que  la  chose  finit  par  être  reçue  pour 
valable.  La  preuve  qu'il  en  est  ainsi,  et  que  si  l'on  dit 
quelque  chose  c'est  justement  le  contraire  de  ce  qu'on 
devrait  dire,  la  voici  :  Rire  coumo  uno  taeho  est  bien  pris 
affirmativement;  c'est  rire  de  bon  cœur,  à  montrer  sa 
dernière  dent,  mais  sans  eacalas,  sans  éclats,  de  ce  rire 
muet  du  trappeur  de  Cooper,  devenu  légendaire.  Et  que 
peut-il  y  avoir  de  moins  gai,  de  moins  disposé  à  rire  qu'un 
clou  de  soulier,  taeho,  assommé  pour  entrer  dans  la 
semelle ,  foulé  aux  pieds,  écrasé  sous  le  poids  du  corps, 
trainé  dans  la  boue?  En  le  supposant  animé,  ce  serait  l'être 
le  plus  malheureux  de  la  création.  Cette  fois,  on  dit  donc 
bien  réellement  le  contraire  de  ce  qu'il  faudrait. 

Tachoà,  s.  m.  Dim.  de  Taeho  (Voy.  c.  m.).  Petit  clou 
court  et  à  tête  élargie. 


TAl 


617 


Ta-dliomèiro,  «.  m.  Bouchon  en  verre  qui  sert  à  bon- 
cher  un  huilier;  littéralement  bouchon  d'huilier. 

Taianàri,  $.  m.  Le  derrière,  les  fesses  et  plus  parti- 
culièrement l'anus. 

S'il  faut  en  croire  Honnorat,  ce  mot  dériverait  du  grec 
Tttfoç,  anus.  Nous  lui  laissons  la  responsabilité  de  cettp 
affirmation  que  rien  ne  semble  justifier. 

Talatas,  $.  m.  Taffetas,  étoffe  de  soie  tissue  comme  la 
toile  ;  c'est  l'étoffe  nommée  cendal  chez  les  ancisns  ;  ono- 
matopée imitant  le  bruit  produit  par  le  froissement  do 
cette  étoffe. 

Tafatassaîre,  t.  m.  Tafetassier,  fabricant  de  taffetas. 

Dér.  de  lafaïas,  taffetas.  On  dit  aussi  Tafaîaïre. 

Talc,  s.  f.  Éclat,  blancheur  de  la  neige.  —  Btan  eoumo 
la  tafo  dé  la  nèou,  blanc  comme  neige. 

Tafura,  v.  Fureter,  chercher  minutieusement  avec  un 
sentiment  de  curiosité. 

Talnraire,  s.  m.  Fureteur,  celui  qui  cherche  avec 
curiosité  et  persévérance;  esprit  curieux  et  investigateur. 

Tai,  8.  m.  Blaireau,  Taisson,  Taxu$  ou  Melo».  Cet 
animal  est  assez  commun  dans  nos  pays;  il  offre  une  sin- 
gularité :  son  pelage  est  d*ttn  gris  brun  à  la  surface  et  noir 
en  dessous,  ce  qui  est  l'inverse  de  ce  que  l'on  remarque 
chez  presque  tous  les  autres  animaux.  Le  Blaireau  esi 
solitaire,  défiant,  paresseux,  passant  les  trois-quarts  de  sa 
vie  dans  son  terrier,  dont  il  ne  sort  guère  que  la  nuit; 
mais  il  s'en  écarte  peu,  car  il  a  les  jambes  trop  courtes 
pour  fuir  le  danger,  s'il  se  présentait  loin  de  son  refuge. 
Tout  cela  fait  douter  qu'il  fasse  chère  vie  et  qu'il  puisse 
s'engraisser  à  devenir  un  type  d*obésité  comn)e  le  suppose  le 
dicton  languedocien  :  Gras  eoumo  un  tau  Ceci  s'explique  : 
autrefois  les  charlatans  avaient  mis  en  très-grande  vogue, 
comme  panacée,  la  graisse  de  blaireau;  ils  en  vendaient 
considérablement,  et  il  fallait  bien  supposer  que  l'animal 
qui  en  fournissait  tant  était  bien  gras;  seulement  les 
badauds  achetaient  de  toute  autre  graisse,  qui  était 
également  bonne,  et  c'est  ainsi  que  se  font  les  réputa- 
tions. 

Taîa,  V.  Tailler,  inciser,  couper,  séparer,  diviser; 
donner  une  forme  convenable,  enlever  à  un  arbre  les 
rameaux  inutiles;  limiter  ce  qu'on  doit  faire,  tailler  la 
besogne;  faire  une  incision  à  la  vessie  pour  en  retirer  la 
pierre.  —  Si  taia,  s'entailler,  se  faire  une  entaille  avec  un 
instrument  tranchant. 

Dér.  du  lat.  Talta,  taille. 

Taîan,  < .  m.  Tranchant  des  outils. 

Taîado,  s.  f.  Taillis,  bois  taillis  mis  en  coupes  réglées; 
bois  qui  commence  à  repousser. 

Taîadnro,  s.  f.  Coupure,  entaille,  balafre,  estafilade. 

Tsio,  5.  f.  Taille,  coupe,  action  de  coaper,  de  tailler  les 
arbres,  les  pierres,  etc.  ;  incision,  coupure. 

Taille,  hauteur  et  grosseur  du  corps  humain  et  de  celui 
des  animaux  ;  la  taille  d'un  vêtement,  la  partie  qui  re- 
couvre la  longueur  du  dos. 


til8 


TAI 


En  terme  de  masiqae,  la  partie  qni,  dans  un  chœar,  se 
troave  comprise  entre  les  ténors  et  les  basses. 

Tribut,  impôt,  contribution. 

Taille,  morceaux  de  bois  fendus  en  deux  parties  égaies, 
>ur  lesquels  le  vendeur  et  Tacheleur  font  des  encoches  pour 
marquer  la  quantité  de  marchandises  prises.  Le  vendeur 
conserve  la  touche  et  Tacbeteur  la  seconde  partie  appelée 
eehaniiUon,  que  Ton  contrôle  en  les  appliquant  Tune  contre 
l'autre. 

Taio  (Faire),  Expression  employée  pour  indiquer  que 
Ton  prend  à  crédit  chez  un  fournisseur  en  marquant  sur  la 
uille  en  bois  les  quantités  de  marchandises  livrées  à  crédit 
jiar  le  commerçant.  —  Voy.  Tart.  précédent. 

Taïog,  s,  f.  pluT.  Impôts,  contributions,  tribut,  tailles. 
—  lÂva  las  tatot,  lever  les  impôts,  percevoir  les  contri- 
butions. 

Taîoù,  s.  m.  C'est  en  général  une  portion  peu  volumi- 
neuse d*un  objet  comestible,  coupé  par  un  instrument 
tranchant;  c*est,  en  français,  un  morceau  de  viande,  de 
lard;  une  tranche  de  pâté,  de  jambon,  de  saucisson,  de 
fromage;  un  tronçon  de  poisson,  d*anguille,  de  saucisse, 
de  boudin.  —  Lou  laïoU,  se  dit  dans  les  campagnes,  du 
morceau  de  lard  que  Ton  met  dans  la  soupe  de  ménage 
pour  la  rendre  plus  savoureuse. 

Dér.  de  Tat. 

Taisa  (Se),  v.  Se  Uire,  garder  le  silence,  cesser  de 
))arler,  ne  pas  faire  de  bruit.  —  Ahf  tatsa-vous/  ou  sim- 
plement Taïsa-vouM/  est  souvent  une  exclamation  d*étou- 
iiemenl,  de  surprise  employée  dans  le  sens  de  :  Que  me 
dites-vous  là!  Est-ce  bien  possible? 

Dér.  du  lat.  Taeere,  m.  sign. 

Taïssariè,  s.  f.  Tisserie,  tisseranderie  ;  le  métier  de 
tisserand;  le  quartier  habité  par  ces  artisans.  Il  y  a  à 
Alais  la  rue  Tisserie  et  à  Paris  celle  de  la  Tixeranderie. 

Taîssongnàîro,  s.  f.  Terrier  de  blaireau.  Nom  pr. 
d'homme. 

Dér.  de  Ta\  ou  TaStMoi^,  blaireau. 

Taitéto  (Faire),  loc,  adv.  Tâtonner,  chercher  une  chose 
à  tâtons. 

Tai'toiiè!  Loc.  interj.  pour  imposer  silence  :  Tais-toi! 
liaisse-moi  tranquille!  Âs-tu  fini? 

Taiu,  «.m.  Bière,  cercueil. 

Tain,  ndo,  adj.  m.  et  f.  Tranchant,  affilé,  qui  coupe  on 
tiille  facilement. 

Dér.  de  Tal,  tranchant. 

Tainr,  s.  m.  Tailleur;  ce  mot  s'applique  à  tous  les 
ouvriers  dont  le  métier  est  de  tailler.  —  Taiur  dé  pèiro, 
tailleur  de  pierre.  Mais  il  est  à  remarquer  que,  lorsqu'on 
«emploie  ce  mot  sans  autre  indication,  il  signifie  seulement 
un  tailleur  d'habits. 

Dér.  de  To/. 

Tainrdo,  s.  f.  Couturière,  celle  qui  taille  et  fait  les 
robes  ou  autres  vêlements  de  femmes. 

Dér.  de  Taiur,  tailleur. 


TAll 

Tal,  ».  m.  Tranchant,  le  fil,  le  côté  qui  coupe,  en  par- 
lant d'un  instrument  tranchant.  —  Vira  (au  îal,  èmonsBer. 
ébrèoher. 

Tal,  talo,  adJ,  m.  et  f,  employé  quelquefois  substan- 
tivement. Tel,  telle.  —  Un  toi,  uno  talo,  un  tel,  uoe  telle. 

Talabréna,  ado,  adj.  m.  et  f.  Tacheté,  moucheté, 
bigarré,  tigré,  bariolé  de  diverses  couleurs. 

Dér.  de  Talabréno.  —  Voy.  c.  m. 

Talabréno  ouBléndo,  «.  f.  Salamandre,  sourd,  monitm 
fSaiamandraJ.Ce  reptile  batracien,  assez  semblable  déforme 
au  lézard  gris,  a  la  peau  tuberculeuse,  luisante  comme  le 
crapaud;  les  formes  massives,  les  mouvements  paresseux, 
les  habitudes  tristes  et  solitaires.  H  y  a  la  Salamandre 
terrestre  et  la  Salamandre  aquatique;  la  première  se  tient 
dans  les  lieux  ombragés  et  humides,  sous  les  pierres  et  les 
racines  et  ne  va  à  l'eau  que  pour  y  déposer  son  frai. 
L'autre  y  passe  sa  vie,  bien  qu'il  lui  soit  nécessaire  df 
venir  à  la  surface  pour  respirer  ;  elle  en  sort  aussi  quelque- 
fois pour  chercher  sa  proie  à  terre.  Nous  avons  dans  le 
pays  la  première  espèce  et  plusieurs  variétés  de  la  seconde. 
On  avait  fait  à  la  Salamandre  une  réputation  prodigieose 
dont  il  ne  reste  plus  rien.  En  revanche,  on  lui  a  décoaven 
une  faculté  bien  enviable  :  celle  de  se  refaire,  à  phsiears 
reprises,  les  membres  qu'elle  a  perdus.  Cela  vaut  mieoi 
assurément  pour  elle  que  de  résister  aux  flammes  dont, 
par  ses  habitudes,  elle  n'a  guère  à  s'inquiéter. 

Talamén,  adv.  Tellement,  de  telle  sorte;  on  l'emploie 
aussi  dans  un  sens  affirmatif.  —  Talamin,  bé  talanm, 
cert<»s,  assurément,  certainement,  sans  doute. 

Dér.  de  Tal,  tel. 

Talan,  «.  m.  Talent,  aptitude  naturelle,  disposition, 
instruction,  connaissances,  science.  —  Es  un  orne  dé  talm, 
c'est  un  homme  instruit.  A  forço  talan,  il  a  beancoop 
d'instruction. 

Talén,  s.  f.  Désir,  envie  ;  faim,  envie  de  manger,  appé 
tit.  —  Ai  talén,  j'ai  faim. 

Dér.  du  grec  BAeiv,  désirer,  vouloir. 

Talèou  qné,  adv.  Aussitôt  que,  dès  que.  C'est  une 
contrnclion  de  l'expression  Tan-lèou-qué,  àoutan-4iourq»é.. 

Tal-lis,  s.  m.  Coupure  nette;  tranche,  incision  san» 
bavure,  coupure  lisse. 

Talocho,  s.  f.  Oiseau  de  petite  dimension,  sorte  de 
palette  sur  laquelle  le  plâtrier  dépose  le  plâtre  gâché. 

Du  vieux  fr.  TaUr,  battre,  meurtrir. 

Taloù,  s.  m.  Talon,  partie  postérieure  du  pied,  d*oo 
soulier,  d'une  botte,  d'une  bottine,  d'un  bas;  partie  d'une 
hache,  d'une  bêche,  d'une  serpe,  d'une  faux,  opposée  aa 
tranch.'int. 

Dér.  du  Ial.  Talus,  m.  sign. 

Talonnado,  s,  f.  Empreinte  d'un  talon  dans  un  terrain 
inculle.  Au  Hg.  vanterie,  fanfaronnade,  gasoounade. 

Tal -Tira,  v.  Émousser,  ébrècher  le  tranchant  d'an 
outil. 

Tamariaso,  s.  m.  Tamarisc  (Tamarixj,  arbrisseaudeU 


TAN 


TAO 


619 


ûtinille  des  Portalacées  dont  on  connaît  deux  espèces  dans 
le  Languedoc  :  le  tamarisc  de  France  on  de  Narbonne 
(Tamitrix  galiiea,  Linn.),  qni  croit  le  long  des  ruisseaux  ; 
le  tamarisc  d'Allemagne  (Tamarix  germaniea,  Linn.)  bean- 
coup  plus  petit  que  le  précédent. 

També,  adv.  Aussi,  aussi  bien,  de  même,  également, 
pareillement  ;  soit,  j'y  consens. 

Comp.  de  Tant  et  de  Bèn. 

Tambonr,  ».  m.  Tambour,  instrument  formé  d'une 
caisse  cylindrique  dont  les  deux  fonds  sont  recouverts  de 
peau  et  dont  on  se  sert  dans  les  armées  pour  marquer  les 
différentes  allures  du  soldat;  dans  les  casernes  il  règle 
les  heures  du  service  ou  des  repas.  —  Lou  tambour  dcu 
eagardotUoB,  le  tambour  des  escargots,  c.-à-d.  le  tonnerre, 
précurseur  de  la  pluie  qui  fait  sortir  les  escargots  de  leurs 
retraites.  Tambour  dé  mateo  ou  dé  baseo,  tambour 
de  basque.  Tambouriné,  petit  tambour,  dim.  de  Tam- 
bour. 

Dér.  de  l'arabe  Tamhur. 

Tambonrgnè,  s.  m.  Celui  qni  bat  du  tambour. 

Dér.  de  Tambour. 

Tambourin,  ».  m.  Tambourin  de  Provence,  sorte  de 
tambour  à  caisse  trés-allongée  et  d'un  moindre  diamètre 
que  le  tambour  ordinaire  ;  on  ne  le  bat  qu'avec  une  seule 
baguette,  avec  laquelle  on  marque  la  mesure  et  dont  on 
accompagne  le  son  avec  un  galoubet.  C'est  un  instrument 
de  ménétrier. 

Dér.  du  grec  Tû^ATcavov  (Tympanion  ou  tympanon) , 
tambour  sur  lequel  on  ne  battait  qu'avec  une  baguette. 

Tambourina,  v.  Tambouriner,  battre  le  tambour  ou  le 
tambourin:  faire  une  criée,  une  publication  an  son  du 
tambour,  donner  une  volée  à  quelqu'un. 

Tambouma,  v.  Battre  du  tambour. 

Tammièl,  adv.  Tant  mieux. 

Tampis,  adv.  Tant  pis. 

Tanloro,  ».  m.  Ecervelé,  un  homme  dont  la  tète  tourne 
a  tous  les  vents,  qui  n'a  aucune  idée  fixe. 

Tanqua,  v.  Fermer,  barrer,  bâcler  une  porte  au  moyen 
iaoe  barre  en  bois  placée  derrière  à  l'intérieur;  arrêter 
one  pâle  molle  ou  un  liquide  au  moyen  d'une  vanne  mobile 
qui  Tempèche  de  se  répandre  outre  mesure  on  ^n-delà 
*i'aa  espace  déterminé  ;  arrêter,  saisir. 

Dér.  de  Tanquo.  —  Voy.  c.  m. 

Tanquo,  ».  f.  Barre  que  l'on  met  en  travers,  derrière 
oœ  porte  pour  l'arrêter,  la  bâcler,  la  fermer  à  l'intérieur. 

>urte  de  vanne  mobile  dont  se  servent  les  boulangers  pour 

tfTèier  la  pâte  dans  le  pétrin. 

D'après  l'auteur  de  la  Statistique  des  Boucbes-dn*Rh6ne, 

'^  mol  serait  ligurien. 
Tant,  adv.  Tant,  autant,  tellement,  si  fort,  en  si  grand 

A<>Qbre,  à  tel  point;  si,  aussi.  —  Tant-fa-tant-ba,  autant 

^  fagné,  autant  de  dépensé  ;  sitôt  dit,  sitôt  fait.  Tant-y-a 

1«  mouriguê,  bref,  en  résumé,  par  le  fait,  il  mourut. 

^va-û~pu,  si  peu  que.. .  très-peu.  Pér  tant  que  m'en  diyué». 


quoi  que  vous  me  disiez.  Âeà'»  tant  dé  fa,  c'est  autant  de 
fait. 

Dér.  du  lat.  Tantum. 

Tantaravèl,  ».  m.  Houblon,  Humuiu»,  lupulu»,  Linn. 
Plante  grimpante  appelée  aussi  vigne  du  Nord  et  que  l'on 
emploie  dans  la  confection  de  la  bière.  On  le  cultive  en 
grand  dans  le  nord  de  la  France. 

Tante,  ».  f.  Tante,  la  sœur  du  père  ou  de  la  mère;  on 
donne  aussi  ce  nom  à  la  grand'tante. 

Suivant  Huet  et  Ménage,  du  lat.  Amita,  en  y  présupposant 
un  t,  tamila;  ce  qui  parait  justifier  cette  étymologie  c'est 
qu'on  disait  jadis  anto  au  lieu  de  tanto. 

Tantôs,  ».  m.  —  Su»  lou  tantà»,  sur  le  soir,  dans  l'après- 
midi. 

Tantôs,  adv.  Tantôt,  dans  peu  de  temps,  dans  un  instant  ; 
il  y  a  un  moment,  aussitôt. 

Dér.  de  l'ital.  To»to,  Tanto»to,  ou  du  lat.  Tarn  citât 

Tanur,  ».  m.  Tanneur,  corroyeur,  peaussier,  mégissier. 
Ce  nom  s'applique,  comme  ou  voit,  indistinctement  à  tous 
ceux  qui  s'occupent  des  diverses  préparations  que  l'on  fait 
subir  aux  peaux. 

Le  tanneur  tanne  les  cuirs  dans  une  fosse  à  tan. 

Le  corroyeur  corroie,  graisse,  assouplit,  donne  W 
dernier  apprêt  aux  peaux  déjà  tannées. 

1^  mégissier  prépare  les  peaux  blanches  et  les  peaux  a 
poil. 

Le  peaussier  donne  les  premiers  apprêts  au  parchemin 
et  au  vélin. 

Le  chanioiseur  emploie  les  peaux  de  toute  nature  et  les 
passe  à  l'huile. 

Dér.  de  Tan. 

Tâou,  talo,  ».  indéf.  —  Vn  tâou,  uno  taio,  un  tel,  un^ 
telle. 

Tâou,  talo,  adj.  indéf.  —  Tâou  ménaço  qu'abélo  pôou, 
tel  alTtnste  de  menacer  qui  tremble  de  peur. 

Dér.  du  lat.  Tait». 

Tâouîè,  ».  m.  Etal,  établi,  planche  à  porter  le  pain, 
banc  en  pierre  ou  en  bois  placé  devant  un  magasin  ou  une 
boutique  et  sur  lequel  on  étale  des  marchandises;  table  de 
magnanerie  sur  laquelle  on  élève  les  vers  à  soie.  -^Dourdo 
Icu»  làouïê»,  se  dit  de  quelqu'un  qni  va  étourdiment,  comme 
un  imbécile,  un  idiot. 

Dér.  de  Tdoulo,  table. 

Tâoulado,  ».  f.  Une  table  garnie  et  entourée  de  convives. 
—  Sian  uno  bèto  tâoulado,  nous  étions  nombreux  à  table. 
Vno  tâoulado  dé  câoulë»,  de  faviâou»,  d'âoubérgino»,  une 
planctie  ou  un  carré  de  choux,  de  haricots,  d'aubergines. 

Dér.  de  Tâoulo,  table. 

Tâonlé)a,  v.  Rester  longtemps  à  table. 

Tâonlé|aîre,  ».  m.  Celui  qui  se  plait  à  table. 

Tâoulo,  ».  f.  Table,  meuble  ordinairement  en  bois, 
servant  â  manger,  à  jouer,  à  écrire,  etc.  —  Métr$  la  tâouio , 
leva  la  tâoulo,  préparer  le  repas,  desservir  une  table. 

Dér.  du  lat.  Tabuia,  planche. 


iiiU 


TAI' 


TAR 


Tàonlo,  i.  /.  IMniicliP  nu  ciin''  ili*  l('';iU!i;ts  lUi  d»^  .jinli- 
iia^'p.  —  t'uo  iâonlo  tlcspitiars.  dé  lachuyos,  de  crhos,  imo 
|t!;u)clio,  uii  cnnv  d'ôpinanls,  de  lailues,  d'i^giions. 

Di'-r.  (lu  Int.  Tfihula . 

Tàoulo-doublo.  s.  f.  Tolil«'  (iIkjuIh,  roiulr»  ou  cnr-Rvv 

Tâonpado,  s.  f.  Taupinit-iv,  pctil  rnonticuli*  de  Wivc 
ilu'uDP  t.iU(H^  n.'liiv  (Ml  crcusniiî  s<^s  }:al»MiPS.  Ou  dit  nusï^i 
I  dodpiéiro. 

I))T.  d.*  Tàoujto,  tuipo. 

Tàoupén,  ndj.  m.  \h^  la  iiatun*  do  la  laui><\  ([ui  a  dt^s 
îiKi'urs  analnirui's.  —  In  ta  idoujtén,  uu  inulol  ou  rai  ilfs 
1  liauij)s,  (]ui  civusi"  dis  L'alcries  cofiiMjc  la  laup»'  o\  foruio 
il.'.s  lauj)iuu"'n\s. 

DiT.  de  Tdoupn,  taUj»o. 

Tàoupéto,  v.  /*.  TaujxUle,  p-'lil  llacou  do  [)jiariiia(it'  ou 
.1'  confistM'io. 

Tàoupièïro,  s.  f.  Taupiuiorc.  On  dit  aussi  Tdoupadn.  — 
yHij.  c.  m. 

IKt.  do  Tdoupo,  l:iu|ii\ 

TàoupOf  s.  /"-  Taupi',  TaJpa.  Par  sctii  i^ome  do  xi»',  la 
I  «u|)''  n'a  (»as  hesoln  d'y  Noir  parriHloiiioul;  ollra  (••'|ioiidiut 
(!•»>  yt'U\  (jiii  y  voioni  Uwx  chiir.  Avou^'loou  ukm,  oHo  ii'ou 
loiiKwilrorail  j)as  iimius  ^  ;ous  nos  niinours,  ot  il  n"ost  jkis 
'liiiijf'Miiour  (}ui  |'.ul  Irouxor  à  n'[)iondre  ils^'S  Ira  \  aux:  mais 
t's  a^iit'ullours  lui  fonl  um'  }:noriv  acliirnôo.  O  nv^i 
j  unais  dans  |ps  t^rros  iiu'ullos  ou  forlos  (juo  s'rliMil  la 
l,tU[n':  il  lui  l'aul  los  l»"rros  souplo.s  ol  (.-ultiNns,  t'ngraiss''"S 
.)■'  l'ufui'M-,  diuis  lo(juo|  rlle  tr>»u\o  dos  vorsdonl  ollo  fait  sa 
"  «iHi'o  pivt'"r"''V  Mais  (••■l  iM'din.jiio  no  lui  suHil  pas  tM  los 
l'cinosilos  ()lanl'-s  lui  fiuirni>sont  ilo  copi 'U\  sup[>l(''n!onts. 

Tapa,  V.  Bimclioi,  foriiKM'  a\oc  un  Imnolion:  ivui- 
\ir.  —  Tapd'tio  porto,  liouohor  uno  p<»ilf  a\n-  uno 
.1  «ison.  Tapa  loti  fin,  couvrir  li'  iVu.  Se  tapa,  so  <'MU\nr. 
s-  i-Miii  l'Inud'MUonl  .  Tapa-vons  bien,  coin  r^v.  -  \ous 
I  III. 

Oôr.  ih'  Ta,  h  luclioii. 

Tapaje,  s  m.Tnpa^'o,  liruit,  irraml  dôsoniro  ;jrfoiiip.iL.'n''' 
■  •»  îti'uil    —  Ffur"  fa/"ije,  f.iiro  du  l'ip.T^ji'. 

Dor  du  L'roo  IliTaY^;,  liruil,  Tracas,  cr.iijuofu.^nt.  par  la 
'!Uisp'>sili'>n  du  n  i^  du  t. 

Tapajur,  s.  w.  Tapu-'ur,  colui  <|ui  Tait  du  t.ip.i.'o. 

\)'\.  d'»   Tapaje. 

Tapàou,  a  'v  Aussi,  si  p-'U.  non  plu^.  —  Tajià'-n  u-awi- 
f  i\  p  is,  aussi  n"irai-jc  p.i.s 

Coiiipovj^  d''  Taut  ol  d''  Vdou. 

Taparas,  *.  m.  ^orto  do  pôudiiijLiuo  ou  oôuJou, i-rat 
iiousd'o  iros-  i»[i:iiiun  dans  lo  (iard  ol  <|ui,  au-d'ssous  d' 
'«  l''rro  \o:j''lait\  forme  uno  couolio  iiijptM'iii'Mltlt'  (ijus  ou 
•  oiii>  t'pai.ssp.  Collo  inipornioahililô  du  s  «1  naid  la  t-^ro 
.••("•■rld»*,  ol  on  no  p.'ut  la  rondro  pr  )ducli\o  tju'on  l'iis.ini 
t  oxtraynnt  oos  huii'>  de  poudini'uos  (juanil  ils  n"oiil  [ns 
:.:io  épaissoiir  trop  con^idcr-ildo. 

I)»''r.  do  Tapa,  houclior,  couvrir,  [),irco  i\\\o\\  ofT-'t  cllo 
i'^i'.dmguo  recouvre  lo  sol  et  lo  liouclio  pour  ainsi  din*  on 


lo  ienil;inl  iinpoiiiiiviliie.  On  dési|/n!»  aussi  cos  |M")uJingUt*ïi 
sous  lo  nom  do  (l'sirc,  (Islras. 

Tapas,  5.  m   (iros  ^'ilTle,  soulllol  fortement  appliqué. 

Tapé,  s.  m.  .Nnin,  courtaud,  pelil  avorton.  —  Loutapf , 
le  jou  du  houchon. 

Dér.  ol  ilim.  do  7a,  boucliou. 

Tapériè,  s.  m.  (l.'iprior  cultivé,  (apports  spinosa,  [/inn.. 
arhri.sse.iu  d'^  la  fam.llo  des  CajipTridoos  et  dont  les  baies  S;' 
consorvonl  d;ins  lo  viinijjre  pour  rassaisonnenienl  des  njeti^. 

Lo  c.'ipri  "r  croil  nalurollonionl  on  Gn^-ce  et  dans  les  iles 
do  l'Arcliipel.  C  esl  de  là  ijuil  doit  avoir  élé  transporté  en 
llalio  et  «huis  la  Pn)\eiice. 

Dér.  du  ^'rec  Ta-Eivo:,  rampant. 

Tapéro,  s.  /.  Càpro;  baie  de  câprier  conlile  dans  le 
\inaii:iv  et  servant  d^  con.linjont  pour  relever  1rs  rnels.  — 

lo»/.    'Tajtéric. 

Tapo,   v.   /.   Tnpe;   coup  légéromenl  a[ipliqué  avec  la 

main  sur  la  joiie  ou  tout»'  nutro  ji.irlie  du  corps  en  signe  de 
familiarité'  ou  il<*  correction  anodine. 

I)'M\  du  français  Tape,  m.  sign. 

Tapoquîou,  v.  m.  comp.  1.0  gratlo-cul,  haie  rouge  d»' 
réL'rinliiM',  Aijalauriè  (Voij.  c.  m.].  11  est  ainsi  nommé 
parcMjuo  Tnii  c<>m[)ost'  avec  coite  b.iie  des  conservo> 
aslriiij/eiites  ([u'on  emploie  pour  arrêter  la  diarrhée.  Tajk-- 
cul,  tilbury,  sorlo  do  voiture  légère  à  deux  roues. 

Taqua.  r.  Ta-lier.  fairo  une  tache,  souiller»  salir.  Au 
flj.  Ileiiir,  désli  ninor.M". 

D.T    (h'  Taijno,  taeli'». 

Taquo,  >.  /.  Tarlc^;  ompronilo  dhuile,  de  graisse. 
d"tMicre.  (h  vin.  etc.  :  silissuio  do  bouo,  souillure  au  propn 

et  au  li.L'uré.  —  A' ?•'•  IjI(  n  ufto  taquo,  il  avaU^  volonlier> 
un  vorr»  d*^  \\\\,  c"esi  un  o\col|ont  buveur.  Àcos  taquo 
d'oli,  c'-'st  uii'^  clios,^  imiéî.'bile,  inetTaçable;  une  injure  ou 
un  S'M'\i^'  reiilu  ipi''  l'on  n"oublio  jamais,  un  f;ut  qui  laissa' 
un  souvenir  i:iip  iissalil'\  TfK*  taqat)  din  l'iil,  une  taie. 

Du  bis  bi'i.  Tj<'h.  soiiilluro.  ou  de  l'arabe  Taca,  tàcho. 

Taquo-d  oli,  s.  /".  romp.  —  Vo»/.  Tafjuo. 

Tar,  s.  m.  Tari.  louLrlomps  après  midi,  aux  approches 
d''  I  )  nnif.  après  in  nuit  closo.  —  Sas  Ioh  tar^  sur  le  soir. 


dans  '  \  -iMiiée. 


Tar,  ti!v.  Tard,  au  delà  du  lom}>s  fi\é.  du  temps  ordi- 
nai  '•,  du  t' M.ps  coir.onablo.  —  rn  prUni  tardé,  un  peu 
lard. 

Dor.  ilu  I  ;t.  Tard--,  m.  sij:n. 

Tarabastéja,  r.  I-airo  du  bruit,  du  fracas,  s'agiter  pour 
ptMMb  chos\  importuiî''r,  trouiiler,  ravauder,   tracasser. 

D-'r.  (\o  Turahfisi.  larabal.  sirle  do  crécelle  dont  les 
P'I  j^i-nix  S''  s.'iv  (i'^nt  ji'lis  p  eir  ♦n'ailler  ceux  qui,  pendant 
la  nuit,  dovai''nl  clnntor  rolin'o  rt  dont  on  se  sert  encore 
pour  les  olhc'Vs  ih^  t-'ii-Miros  [)'Midant  la  semaine  sainte 
Bilht.  b'itoii  ou  (•!•(» 'li'i  on  Irtis  (ju'on  mettait  en  traveri 
au  cou  d\<  chiens  p  «ur  l'\s  ompècbor  de  cbasser  seuls  et 

d"  lll  M"  d  U)s   les    vii:!|.'S. 

Tarabastéjaïre.  s.  m.  Ilommo  imjKirlun,  esprit  tracas- 


TAR 

sier,  qni  s*agite  constamment  à  propos  de  rien  on  de  peu 
de  chose. 

Dér.  de  Tarabatt. 

Tarabastèri,  j.  m.  Tracas,  vacarme.  —  Voy.  Tarabat- 

ma. 

Tarabastiè,  «.  m.  Homme  tracassier,  qui  s'agite  beaa- 
coQp,  nn  bronillon. 

Dér.  de  Tarabasl.  — •  Voy,  Tarabcatéja, 

Taraûre,  j.  m.,  oa  Taradoniro,  s.  f.  Grande  tarière  on 
bondonniêre  servant  à  percer  la  bonde  des  tonneaux.  £Ile 
est  munie  d'une  légère  amorce. 

Tara8<iaaire,  «.  m.  Un  ;des  hommes  qui  sont  employés 
à  faire  mouvoir  la  tarasque  pendant  les  fêtes  de  Sainte- 
Marthe,  à  Tarascon-sur-Rhône. 

Dér.  de  Tarasquo,  dont  Tétymologie  vient  de  Tespagn. 
Tarcuea,  fantôme. 

Tarda,  v.  Tarder,  différer,  ne  point  arriver  assez  tôt, 
se  mettre  en  retard. 

Dér.  du  lat.  Tardare,  m.  sign. 

Tardé,  adv.  Dim.  de  Tar,  tard  ;  un  peu  tard.  —  Voy,  Tar. 

Tardiè,  èîro,  adj,  m.  et  /.  Lent,  en  retard;  tardif, 
qui  vient  tard,  qui  ne  mûrit  que  dans  Farrière-saison. 

Dér.  de  Tar,  tard. 

Taréîrôou,  «.  m.  Grande  manne  d'osier  ronde  et  en 
forme  de  cône  tronqué  renversé,  qui  sert  à  transporter  la 
vendange  ou  autres  productions  végétales. 

Targa  (Se),  v.  pr.  Se  targuer,  se  prévaloir,  tirer  avan- 
tage, faire  parade. 

De  Targo,  targe,  bouclier  que  l'on  plaçait  devant  soi 
pour  se  défendre. 

Targo,  j.  f.  Targe,  bouclier:  trogne,  bonne  mine, 
mine  iière,  démarche  assurée. 

Tarililamén,  adv.  Terriblement,  énormément,  beaucoup» 
très-fort.  —  À  plougu  tariblamén,  il  a  plu  énormément. 

Tarible,  blo«  adJ.  m.  et  f.  Terrible,  gros,  énorme, 
redoutable.  —  Un  otM  tarible,  un  homme  athlétique. 

Dér.  du  lat.  TerribilU,  m.  sign. 

Tamagas  ou  Margasso,  i .  m.  Noms  donnés,  le  premier 
surtout,  beaucoup  plus  usité,  au  genre  Pie-grièche,  Lanius. 
Parmi  les  cinq  variétés  plus  ou  moins  répandues  dans  le 
.  pays,  le  languedocien  distingue  :  4®  lou  îamagat  dé  la 
bèlo  méno  (pie-griècbe  grise,  Lanius  êxcubitor,  Temm.)t 
de  la  grosseur  d'un  merle,  cendré  sur  le  corps,  blanc 
dessous,  avec  la  queue  et  une  bande  autour  de  l'œil  noires, 
et  du  blanc  parsemé  sur  les  parties  les  plus  foncées; 
%^  lou  tamagoM  dé  la  tèsto  roujo  fpie-grièche  rousse, 
Laniut  ni  fus,  Temm.)«  pins  petit  que  le  précédent;  le 
dessous  du  corps  blanc,  sauf  les  flancs  lavés  de  roux  ;  tout 
le  dessus  d'un  noir  profond,  avec  un  demi-cercle  blanc  sur 
les  ailes,  le  derrière  de  la  tète  d'un  roux  ardent;  Z^  lou 
tamagas  téré  ou  térén  est  la  femelle  de  ce  dernier  :  l'épi- 
thète  de  téré  lui  vient  de  ce  qu'elle  place  son  nid  plus 
près  de  terre  que  la  première  espèce.  Pie  seulement  par  sa 
couleur,  la  pie-grièchCf  par  son  bec  recourbé,  ses  ongles 


TAR 


0-21 


crochus,  et  surtout  ses  instincts  audacieux  et  cruels,  est 
un  véritable  rapace  qui  chasse  et  dévore  les  petits  oiseaux 
qu'il  attire  en  imitant  leur  ramage.  Ses  différents  nomli 
ont  voulu  dépeindre  son  caractère  :  le  latin  Lanius  ayant 
la  signification  de  boucher,  le  grec  "A^ptoç,  Sauvages, 
a  fait  grièche.  Margasso  est  le  parfait  équivalent  du  nom 
français,  par  la  contraction  &*agasso,  pie,  et  de  mari, 
marido,  mauvais,  méchant,  à  moins  que  la  première 
syllabe  ne  vienne  de  mas,  maris,  mâle,  c.-à-d.  forte,  cou- 
rageuse. Tamagas  enfin  comprend  toujours  le  mot  Agasso, 
mis  au  masculin  agas,  précédé  de  tam  qui,  avec  une  légère 
altération,  peut  être  car  ou  eam,  —  ce  dernier  mot,  vieux 
roman  —  de  Caro,  camis,  chair,  ce  qui  équivaudrait  à  pie 
carnassière.  Le  français  donne  justement  le  nom  de  pie- 
grièche  à  une  femme  criarde,  acari&tre.  Gomment  le  lan- 
guedocien a-til  été  si  mauvais  observateur  cette  fois  que 
de  faire  de  son  tamagas  le  synonyme  de  sot,  de  balourd? 
La  ple-grièche  se  précipite  souvent  sur  les  appeaux  des 
oiseleurs,  qui  la  prennent  ainsi  dans  leurs  filets  :  a-t-on 
attribué  à  l'aveugle  sottise  ce  qni  est  l'effet  de  son 
audacieuse  rapacité?  La  captivité  doit  aussi  l'affecter 
beaucoup,  et,  dans  les  premiers  moments  surtout,  elle  doit 
en  paraître  comme  hébétée.  Jugé  dans  ces  circonstances, 
le  Tamagas  a  pu  être  pris  pour  un  sot,  et  devenir  ainsi  le 
prototype  dé  l'espèce. 

Tamâon,  j.  m.  Un  gros,  une  drachme,  la  huitième  partie 
de  l'once;  le  gros  pèse  trois  deniers,  et  le  denier  un  grain. 

Ce  mot  parait  être  dérivé  de  temarius  ou  de  temalis,  de 
trois,  parce  que  le  gros  est  composé  do  trois  deniers. 

Taro,  s  f.  Tare,  déchet,  déduction  faite  sur  une  pesée 
de  denrées  ou  de  marchandises  du  poids  de  l'enveloppe  ou 
du  récipient  qui  sert  à  les  contenir  ;  vice,  défaut,  défec- 
tuosité. —  Vigno  en  taro,  une  vigne  en  sève  ou  en  fleur. 

De  l'arabe  Tharah,  rejeter,  rebuter;  ou  de  Jo/oA,  défaut, 
vice. 

Taroa,  5.  f.  plur.  Défauts,  vices.  —  Voy.  Taro. 

Tartanis-tartanas!  interj.  Onomatopée  employée  dans 
le  jeu  de  cache-cache. 

Tartano  ou  Tartanas,  j.  m.  Le  milan  et  principalement 
la  buse.  I^  milan  est  fort  rare  dans  nos  contrées  ;  la  buse, 
au  contraire,  y  est  commune.  On  peut  établir,  en  règle 
générale,  que,  parmi  les  oiseaux  de  proie  diurnes,  les  plus 
gros,  en  bornant  toutefois  cette  classe  à  ceux  qui  font  la 
guerre  à  nos  basse-cours,  sont  confondus  sous  le  nom  de 
Tartano,  comme  les  petits  le  sont  sous  celui  de  Mouïcé, 
Quant  aux  plus  gros,  tels  que  l'aigle,  le  vautour,  dont 
quelques  variétés  habitent  les  montagnes  voisines  et  nous 
visitent  quelquefois,  ils  conservent  leurs  noms  français 
légèrement  assaisonnés  à  la  languedocienne. 

Ce  nom  a  sans  doute  été  donné  à  la  buse  parce  que  ses 
ailes  sont  triangulaires  et  en  forme  de  voile  latine,  comme 
eelle  du  vaisseau  appelé  tartane,  qui  sert  à  la  pèche  et  au 
cabotage  sur  la  MMiterranée.  Le  nom  de  cette  embar- 
cation parait  lui-même  dérivé  du  celtique. 

79 


G22 


TÈ 


Tartèlo  (Faire  la).  Mot  qu'emploient  les  gamins  en 
jouant  à  pile  on  face,  pour  indiquer  que  leur  adversaire 
cherche  à  tricher,  en  faisant  retomber  la  pièce  du  côté  qui 
peut  le  faire  gagner. 

Tartéléto  j.  m.  Bonbon,  petite  tarte. 

Tartifle,  t.  m.  La  pomme  de  terre. 

Dér.  par  corruption  de  l'allemand  Kartoffd,  dont  la 
prononciation  se  rapproche  beaucoup  du  mot  Tartifle. 

Tasaéla,  ado,  adj.  m.  et  f.  Tacheté,  moucheté,  qui  a 
des  lâches  sur  la  peau. 

Tassèoii,  j.  m.  Tasseau,  morceau  de  bois  servant  à 
soutenir  une  tablette,  une  étagère,  un  rayon  de  bibliothèque  ; 
grosse  pièce  faisant  tache  que  l'on  met  sur  une  autre  étoffe  ; 
emplâtre,  tache. 

Tasso,  f .  f.  Tasse,  petit  vase  servant  à  boire  du  café,  de 
la  tisane  ou  autres  breuvages  que  l'on  prend  à  petites  doses. 

Dér.  du  celt.  Tass,  m.  sign. 

Taaso,  s.  f.  Taxe,  taux,  prix,  cours,  tâche.  —  L'an 
met  à  la  tasto,  on  le  fait  travailler  à  la  lÂche.  Acà't  la 
taiio,  c'est  la  taxe,  le  prix  fixé. 

Dér.  du  français  Taxe. 

Tasta,  V.  Goûter,  déguster,  essayer,  éprouver;  agir 
avec  circonspection,  sonder  le  terrain. 

Dér.  du  lat.  Tactum,  supin  de  Tangere,  toucher. 

Tasto,  s.  f.  Dégustation,  essai  d'un  fruit,  d'une  liqueur, 
mais  surtout  des  melons,  du  fromage,  du  vin  et  de  l'huile  ; 
échantillon.  —  Préne  un  méloun  à  la  tatto,  choisir  un 
melon  en  en  goûtant  plusieurs.  Mé  pourtaran  la  tasto 
d'aquél  vi,  on  m'apportera  l'échantillon  de  ce  vin.  Donna 
à  la  tasto,  offrir  à  l'essai. 

Dér.  de  Tasta,  goûter. 

Tastoù,  j.  m.  Reste  de  p&te  dont  on  fait  de  la  galette  ou 
une  fouace  qui  imite  grossièrement  une  forme  humaine 
appelée  Èstève.  —  Voy.  c.  m. 

Tastounéja,  v.  Tâtonner;  chercher  à  tâtons  dans 
l'obscurité.  Au  fig.  tâtonner,  procéder  avec  hésitation,  avec 
incertitude,  faute  de  lumières  ou  de  renseignements  précis. 

Tavèl,  j.  m.  Pile,  tas,  agglomération.  —  Tavèl  (Tavèou, 
en  provençal),  village  du  canton  de  Roquemaure,  a  la  même 
signification  que  réunion,  agglomération  d'habitations, 
centre  habité. 

Té,  J.  m.  Une  goutte;  la  roupie  qui  pend  au  nez; 
gouttière,  chenal  par  lequel  les  eaux  d'un  toit  s'écoulent 
sur  le  sol.  —  JV'én  vole  pa  qu'un  té»  je  n'en  veux  qu'une 
goutte,  une  larme. 

Té,  pr.  pers.  de  la  2^  personne»  Te,  toi,  à  toi.  —  Té 
vése,  je  te  vois.  Prén-té  gardof  prends  garde  à  toi.  Garo-té 
d'aqui,  ôte-toi  de  là.  Dé  911^  l^pr«n?  qu'est-ce  qui  le  prend? 
r^  té  parlère  coumo  fôou,  je  lui  parlai  d'importance. 

Dér.  du  lat.  Te,  ou  du  grec  Te,  te,  tu,  toi. 

Tè!  interj.  Tiens!  vraiment!  Est-ce  bien  vrai!  Est-il 
possible!  Tê,  véjo-lou/  Tiens,  vois-le!  Têtu,  tè  iéoul  s'em- 
ploie en  parlant  de  gens  qui  se  disputent  et  se  renvoient 
réciproquement  des  injures. 


TEM 

Tébés,  éso,  adj,  m.  et  /*.  Tiède.  —  Âigo  tihiso,  eau 
tiède. 

Dér.  du  lat.  Tepidus,  m.  sign. 

Técha,  V.  Dégoutter,  tomber  goutte  à  goutte.  —  Soun 
nas  téeho,  son  nez  dégoutte.  Técho,  il  pleut  légèrement,  il 
bruine.  Aq[uil  ron  téeho,  l'eau  suinte  de  ce  rocher. 

Técho,  «.  /*.  Goutte.  —  Yoy.  aussi  Té  et  Dégo^. 

Téchoù,  s*  m.  Petite  goutte.  Dim.  de  J^tf  et  de  Tédko. 
On  dit  aussi  Téehé. 

Tèfle,  s,  m.  Gros  morceau,  grosse  pièce.  —  Tèfle  dé  pan, 
un  quignon,  un  gros  morceau,  un  chanteau  de  pain;  on 
buffle,  un  animal  de  grosse  taille;  un  homme  obèse,  jouffin; 
un  soufflet  appliqué  sur  la  joue. 

Tégne,  v.  Teindre,  donner  à  une  étoffe  on  à  toute  autre 
chose  une  couleur  voulue,  en  la  plongeant  dans  une  disso- 
lution liquide  préparée  à  cet  effet. 

Dér.  du  lat.  Tingere,  m.  sign. 

Téioos,  onso,  adj.  m.  et  f.  Filamenteux,  fibreux, 
coriace,  comme  la  teille  du  chanvre,  la  filasse. 

Tel,  tèlo,  5.  indéf.  -^  Un  tel,  uno  tèh,  un  tel,  une  telle. 
Se  dit  dans  un  sens  général  pour  désigner  vaguement  une 
personne  dont  on  parle.  On  dit  aussi:  un  tàou,  uno 
talo, 

Dér.  du  français. 

Télado,  f.  f.  Une  pièce  de  toile. 

Dér.  de  Tèlo.  —  Voy.  c.  m. 

Télatiè,  s.  m.  Marchand  de  toile,  tisserand,  marchand 
toilier. 

Téléto,  s.  f.  Éblouissement,  obscurcissement  de  la  vue 
chez  les  moribonds,  dont  la  cornée  devient  trouble  et 
opaque.  —  La  téléto,  le  voile  de  la  mort. 

Tèlo,  «.  /.  Toile,  tissu  de  fil  de  lin  ou  de  chanvre, 
tissu  ou  filet  des  araignées.  On  le  dit  aussi  pour  le  lé  ou 
largeur  d'une  toile.  —  Tèlo  d'oustâou,  toile  de  ménage. 
Tèlo  cruso,  toile  écrue,  non  lessivée,  non  blanchie.  Loi 
tèlos  se  toquou,  je  suis  sans  le  sou. 

Dér.  du  lat.  Tela,  formé  par  syncope  de  Texuia, 

Tèlo,  s.  indéf.  f.  Telle.  —  Madamo  uno  têio,  madame 
une  telle.  —  Voy.  Tél. 

Témouèn,  s.  m.  Témoin,  celui  ou  celle  qui  a  vu  ou 
entendu  un  fait;  preuve  ou  marque;  fragments  de  pierre  ou 
de  tuile  que  l'on  place  à  côté  d'une  bome-limile,  et  qui 
étant  rapprochés,  se  soudent  de  manière  à  reprendre  leur 
forme  entière. 

Dér.  du  lat.  Testimonium,  m.  s. 

TémpéBtéja,  v.  Tempêter,  faire  grand  hmit,  se  ficher 
bruyamment,  faire  de  violents  reproches. 

Dér.  de  Témpèsto,  tempête. 

Témpèato,  «.  f.  Tempête,  ouragan,  agitation  violente  de 
l'air,  le  plus  souvent  accompagnée  de  pluie,  d*éclairs  et  de 
tonnerres. 

Dér.  du  lat.  Tempestas,  tempête. 

Témpiè  ou  Trémpiè,  5.  m.  Pluie  abondante,  qni  pénètre 
très-avant  dans  la  terre  et  suffit  à  alimenter  les  souioei 


TÈN 

ei  les  fontaines  et  à  les  faire  grossir.  ^  À  fa  un  bon  trémpié, 
la  plaie  a  bien  trempô  la  terre. 

Dér.  de  Trempa,  moniller. 

Témpièira,  v.  Tremper,  salarer  cl*eaa.  —  A  bien  tém- 
pHara,  la  pluie  a  bien  trempé  la  terre  oq  Ta  bienabreavée; 
il  a  plu  abondamment. 

Dér.  de  TémpU.  —  Voy,  c.  m. 

Temple,  j.  m.  Temple;  édifice  consacré  an  cnlte  pro- 
testant. —  Anan  àou  temple,  nons  nous  rendons  an  service 
religieux  dans  le  temple  protestant. 

Dér.  du  lat.  Têmplum,  m.  sign. 

Témpotui,  v.  Finir  son  temps,  sa  tâche,  sa  joarnôe,  son 
année;  supporter  la  grande  chaleur,  le  grand  froid,  le  vent, 
la  pluie,  et  en  général  les  températures  extrêmes.  —  L'on 
po  pa  témpourï,  on  ne  saurait  tenir  contre  ce  froid,  contre 
cette  chaleur.  Pod$pa  hu  témpourï,  je  ne  puis  le  suppor- 
ter ;  se  dit  eu  parlant  d'un  fâcheux,  d'un  homme  ennuyeux. 

Dér.  du  lat.  Tempori»,  gén.  de  Tempus,  temps. 

Témpouros,  s.  f,  plur.  Les  saisons,  mais  surtout  le 
renouvellement  de  chaque  saison,  les  Quatre-Temps  ou 
saisons  de  Tannée  que  TÉglise  consacre  au  jeune  et  à 
Tabstinencc  ;  la  saison  des  semailles  ou  autres  opérations 
principales  de  Fagriculture. 

Dér.  du  lat.  Tempara. 

Tén,  «.  m.  Temps,  durée  qui  s*éconle  d'une  époque  à 
une  autre  plus  ou  moins  éloignée;  loisir;  délai;  terme; 
saison  propre  à  chaque  chose;  occasion;  état,  disposition 
de  l'atmosphère.  —  Sèn  Aou  bèou  tén,  le  beau  temps  est 
arrivé.  Prou  tén  et  bdo  ouro,  se  dit  de  celui  qui  néglige 
ses  affaires,  qui  croit  toujours  avoir  le  temps  d'y  songer, 
de  s*en  occuper,  et  ne  s'en  occupe  jamais. 

Dér.  du  lat.  Tempue,  m.  s. 

Tén,  téncho,  adj.  m.  et  /.  Teint,  teinte,  qui  a  été 
plongé  dans  un  bain  de  teinture. 

Dér.  du  lat.  Tincius,  m.  s. 

Tèn,  3*  pers.  de  l'ind.  du  verbe  Téni  ou  Tène,  tenir.  Il  ou 
elle  tient. 

Dér.  du  lat.  Tenere,  tendre. 

Ténal,  s,  m.  Locution  employée  comme  terme  de  com- 
paraison :  Maïgre  coumo  un  ténal,  sec  comme  un  hareng, 
maigre  comme  un  cent  de  clous.  Le  mot  Ténal  dérive 
peut-être  de  tenaille,  outil  qui  rappelle  vaguement,  avec  sa 
tète  et  ses  deux  branches,  les  bonshommes  naïfs  que  les 
enfants  dessinent  sur  les  murs. 

Ténchora,  v.  Teindre,  donner  de  la  teinture  à  une 
étoffe,  passer  une  couleur  à  l'huile,  au  vernis  on  à  l'eau 
sur  une  porte,  une  fenêtre,  un  meuble,  une  construction 
en  bois.  —  Aï  ténehura  ma  porto,  j'ai  passé  delà  peinture 
sur  ma  porte. 

Dér.  du  lat.  Tingere,  m.  s. 

Ténchnriè,  ténchnrièîro,  s.  m.  et  f.  Teinturier,  celui 
qui  exerce  le  métier  de  teindre  les  étoffes. 

Dér.  du  lat.  Tinctor,  m.  s. 

Tênchnro,  s,  ^.Teinture,  liqueur  préparée  pour  teindre; 


TÉN 


6'23 


impression  de  couleur  que  cette  liqueur  laisse  sur  les 
étoffes  ;  l'art  du  teinturier. 

Dér.  du  lat.  Tinctura,  m.  s. 

Téndièiro.  j.  /.  Amorçoir,  tarière  dont  les  charpentiers 
se  servent  pour  commencer  un  trou  dans  le  bois. 

Dér.  de  Tendre,  diriger. 

Téndi,  s.  m.  Piège  pour  prendre  les  petits  oiseaux, 
composé  d'une  pierre  plate  soulevée  d'un  c6té  de  manière 
à  présenter  une  inclinaison  d*environ  45<>,  et  soutenue  sur 
un  appui  fragile  composé  de  quatre  hachettes  disposées  de 
telle  sorte  que  le  moindre  attouchement  les  détraque  et 
fait  tomber  la  pierre  sur  l'oiseau.  —  Voy.  Léco, 

Téndîtfs,  s,  f.  plur.  Terme  de  laboureur.  Ce  sont  deux 
verges  ordinairement  en  fer  qui  passent  à  travers  le  sep 
d'une  charrue  et  le  relient  au  mancheron. 

Dér.  du  lat.  Tenere,  tendre. 

Tendes,  j.  /.  plur.  ^  Téndos  dâou  col,  les  muscles,  les 
tendons  du  cou. 

Téndreù,  s.  f.  La  tendreté  d'une  viande,  d'une  salade, 
du  pain,  d'un  comestible  quelconque,  qualité  de  ce  qniest 
tendre  ou  facile  à  couper;  les  châtaignes  qui,  après  le 
dépiquage,  ne  sont  pas  encore  complètement  desséchées.  — 
Ta  dé  téndroù  dinc  aquélo  pisado,  il  y  a  des  tendrons 
dans  cette  quantité  de  châtaignes  sèches  soumises  au  dépi- 
quage. 

Tène,  v.  Tenir,  être  ferme;  être  lié,  attaché,  collé; 
ressembler.  —  Tène  pè,  piéter;  marcher  avec  quelqu'un 
d'un  pas  égal,  le  suivre  de  près.  Fasis  mé  tène  aeà,  faites- 
moi  passer  cela.  Quan  ténèn  dâou  méif  combien  avons- 
nous?  quel  est  le  quantième  du  mois?  Tèn  dé  soun  pèro, 
il  a  les  qualités  ou  les  défauts  de  son  père.  Se  tèn  bien, 
il  s'habille  avec  goût. 

Dér.  du  lat.  Tenere,  tendre. 

Ténésoù,  s.  f.  Constance,  fermeté,  cohésion,  solidité. 
— -  Lou  tén  n'a  jet  dé  ténésoù,  le  temps  est  inconstant, 
variable. 

Dér.  de  Tène,  tenir. 

Téngnde,  e.  f.  Lieu  où  l'on  se  tient  habituellement; 
maisons  que  l'on  fréquente  ordinairement;  habitat,  en 
parlant  des  plantes;  gîte,  en  parlant  des  animaux.  —  Aeà 
soun  sas  téngudos,  c'est  là  qu'il  se  tient  d'habitude. 

Dér.  de  Tène,  tenir. 

Téngnén-téngnén,  locut.  employée  en  Languedoc  et 
équivalente  à  donnant>donnant,  tenant-tenant.  Cette  ex- 
pression est  très^mployée  parmi  les  enfants  qui,  en  voulant 
troquer  une  bagatelle  contre  une  autre,  se  défient  l'un  de 
l'antre  et  conviennent,  en  prononçant  cette  locution,  de  se 
nantir  réciproquement,  mais  seulement  à  demi,  de  ce  qu'ils 
veulent  échanger. 

Dér.  de  Tène,  tenir.  —  Voy.  c.  m. 

Téni,  V.  Tenir,  avoir  â  la  main  ou  entre  les  mains; 
posséder;  être  lié,  attaché;  prendre,  recevoir;  avoir  hérité; 
proférer,  tenir  des  propos;  avoir  de  la  ressemblance; 
entretenir,  accomplir,  garder,  effectuer.  —  Teni  d'à-mén. 


634 


TER 


sarveiller,  épier.  M'ou  (eue  dé  di  ou  pér  di,  je  me  le  tiens 
poar  dit.  Ce  mot  s'emploie  d'ailleurs  dans  le  même  sens 
que  Tène,  dont  il  est  un  équivalent. 

Dér.  dn  lat.  Tenm-;  tendre,  à  cause  de  Tétat  de  tension  où 
sont  les  muscles  de  la  main  quand  on  tient  quelque  chose. 

Ténquo,  i.  m.  Coup*  brèche.  —  A  réçaupégu  uno 
ténquo,  cet  objet  est  écorné,  fendu,  il  a  reçu  une  brèche. 

Tenta,  «.  Tendre  des  toiles  sur  le  devant  des  maisons 
ou  au-dessus  des  rues  pendant  les  grandes  chaleurs  de  Tété 
pour  se  garantir  des  rayons  du  soleil.  Dans  certains  pays, 
et  notamment  à  Avignon,  on  tend  des  toiles  au-dessus  des 
rues  où  passent  les  processions  de  la  F6te-I)ieu. 

Dér.  du  lat.  Tenere,  tendre. 

Ténto,  «.  f.  Tente,  pavillon  militaire,  abri  de  toile  sous 
lequel  on  campe;  banne,  toile  que  l'on  tend  pour  se  mettre 
à  l'abri  de  la  pluie  et  du  soleil. 

Dôr.  du  lat.  Tmtorium. 

Téoniè,  s.  m.  Tuilier,  ouvrier  qui  fabrique  des  tuiles 
avec  de  l'argile  cuite. 

Dér.  du  lat.  Tegularius,  m.  s. 

Tôouièîro.  s.  ^  Tuilerie,  fabrique  de  tuiles;  briqueterie, 
usine  où  l'on  fabrique  et  où  l'on  cuit  des  briques  d'argile. 

Dér.  du  lat.  Tegularium,  m.  s. 

Téoulado,  t.  f.  Toiture  faite  avec  de  la  tuile  et,  par 
extension,  une  toiture  en  général. 

Dér.  de  Téoule,  tuile. 

Téoule,  j.  m.  Tuile,  sorte  de  plaque  en  argile  cuite  et 
ordina  lement  cintrée,  qui  sert  à  couvrir  les  maisons,  à 
construire  des  toitures;  une  visière  de  casquette.  —  Faïre 
lou  téouie,  avoir  l'air  malade  ou  déconfît. 

Dér.  du  lat.  Tegula,  de  Tegere,  couvrir. 

Tôoula-vis,  j.  m,  comp.  —  Téoulado  à  téoule-vis,  toiture 
à  tuile  découverte,  sans  doublure  de  planches  ou  de  briques 
plates. 

Téoulisso,  s.  f.  Toiture  de  maison  construite  avec  de  la 
tuile.  On  dit  aussi  Téoulado  et  Couver.  —  Voy.  c.  m. 

Dér.  de  Téoule,  tuile. 

Tèoune,  tèouno,  adj\  m.  et  /.  Mince,  aminci,  grêle, 
frêle,  terne,  pâle,  sans  couleur. 

Dér.  du  lat.  Tenuit, 

Térado,  i .  f.  Champ,  plantation,  pièce  de  terre  semée 
ou  complantée  d'une  même  espèce  d'arbres  ou  de  plantes. 
—  Vno  térado  dé  bla,  un  champ  de  blé.  Uno  térado  dé 
trufot,  un  champ  de  pommes  de  terre.  Vno  térado  d'amouriè». 
une  terre  plantée  de  mûriers. 

Dér.  de  Tèro,  terre. 

Téragnas,  j.  m.  Rocher  pourri  ou  pierre  morte  ;  roche 
qui  s'effrite  et  se  décompose  à  l'air,  qui  se  réduit  en  pous- 
sière ou  en  écailles;  terrain  inculte,  rocailleux  et  couvert 
de  broussailles. 

Dér.  de  Tèro,  terre. 

Téraiè,  «.  m.  Potier  de  terre,  faïencier,  revendeur 
d'ouvrages  en  poterie,  en  faïence,  en  porcelaine. 

Dér.  de  Tèro,  terre. 


TER 

Téraîo,  i .  f.  Poterie,  vases  en  terre  cuite,  ustensiles  de 
cuisine  en  terre  cuite,  vaisselle  en  poterie.  La  poterie  de 
Saint-Quentin,  près  d'Uzés,  est  très-uaitâedanB  les  enviions 
d'Alais.  Cette  poterie  est  commune,  mais  solide  et  légère. 

—  Lava  la  téraîo,  laver  la  vaisselle. 
Dér.  de  Tèro,  terre. 

Téraire,  s.  m.  Territoire;  Tensemble  du  territoire  d'une 
commune;  surface  de  pays  dépendant  d'une  même  jari- 
diction.  —  Téraïre  loubàou,  portion  de  terroir  alternati- 
vement  formé  de  rochers  et  de  terre  végétale,  présentant 
des  veines  et  des  cavités.  —  Téraïn  bravén,  sorte  de 
terrain  lacustre,  ancien  fond  d'étang. 

Dér.  de  Tèro,  terre. 

Téralado,  «.  /:  Terreau,  terre  neuve»  limon  transporté 
sur  une  terre  maigre  pour  l'engraisser  ;  terreau,  humos 
des  forêts  et  des  bois,  fumier  réduit  en  poudre  noirâtre 
que  l'on  emploie  pour  cultiver  des  plantes  délicates  on 
rares. 

Dér.  de  Tèro,  terre. 

TéraBsiè,  «.  m.  Terrassier,  ouvrier  terrassier,  ouvrier 
que  l'on  emploie  dans  les  travaux  de  terrassement,  surioat 
dans  la  construction  des  routes.  Se  dit,  par  extension,  d'un 
homme  qui  cherche  à  agrandir  son  champ  aux  dépens  de 
ses  voisins  par  des  empiétements  successifs. 

Dér.  de  Tèro,  terre. 

Térô,  f.  m.  Sorte  de  raisin  bon  à  manger  que  l'on 
cultive  dans  le  Languedoc.  Il  y  en  a  de  plusieurs  espèces  : 
le  téré  proprement  dit  d'un  rouge  brun;  le  téré4àuré, 
rouge  p&le  et  blanchâtre;  le  téré-ésealan,  dont  les  grains 
sont  très-làches  et  très-espaces. 

Téréja,  v.  Remuer,  gratter  la  terre,  comme  font  les 
enfants  en  se  jouant  par  terre  ou  sur  un  tas  de  sable. 

Dér.  de  Tèro,  terre. 

Térino,  s.  f.  Terrine,*  vase  en  terre  évasé  servant  à  la 
cuisine.  Ce  mot  s'emploie  surtout  pour  désigner  nn  bassin 
de  garde-robe  ou  de  chaise-percée  ;  un  bassin  de  malade, 
plat,  évasé,  que  l'on  fait  glisser  dans  un  lit,  sons  le  malade. 

Terme,  j.  m.  Terme,  borne,  limite  d'un  diamp,  d'un 
territoire,  d'un  domaine.  ^  Planta  terme,  procéder  à  un 
bornage,  à  une  délimitation  de  propriétés  oontignés. 

Dér.  du  lat.  Termen,  terme. 

Tèrméja,  v.  Aborner  un  champ,  y  planter  des  bornes. 

Dér.  de  Terme,  terme. 

Tèro  (Faire),  loc,  adv.  Succomber  à  une  grande  douleur. 

—  Né  fara  tèro,  il  en  mourra  de  chagrin. 
Tèro-bravénqno,  j.  f.  eomp.  Terre  forte  el  argileuse 

des  terrains  lacustres. 

Tèro-labourivo,  j.  f.  eomp.  Terre  labourable,  propre  à 
être  labourée,  à  recevoir  la  semence. 

Tèro-loobâou,  s.  f,  comp.  Terram  rocailleux,  mélangé 
de  terre  végétale. 

Téroùs,  0U80,  adj.  m.  et  A  Terreux,  euae;  mébuigé  oa 
souillé  de  terre. 

Dér.  de  Tèro,  terre. 


TES 


TIA 


635 


U  ».  m.  Toupie  de  grosse  dimension.  On  dit 
BDSSi  Turhin. 

Tés,  S.  m.  Tôt;  morceau  de  poterie  cassée;  fragment 
d*nn  pot  cassé,  d'une  faïence,  d*nn  verre.  —  Aquél  fricd 
tén  lau  féff»  ce  ragoût  à  Todenr  de  poterie  brûlée.  Il  existe 
près  de  Rome  une  colline  assez  élevée  appelée  Monte- 
Teiîaeeio,  entièrement  formée  par  des  débris  de  poterie 
cassée  et  dont  l'origine  n'est  point  encore  expliquée. 

D6r.  du  lat.  Te$ta,  vase  de  terre  cuite. 

Tétcoû,  f.  m.  Le  coin  de  la  charrue  qui  assujétit  le 
mancheron  à  la  queue  du  soc  et  dont  l'enlèvement  suflBt 
pour  démonter  la  charrue. 

Téso,  <•  f.  La  gomme,  la  sève  qui  découle  des  arbres 
résineux. 

Téstari,  »•  m.  Têtu,  entêté,  opiniâtre. 

Dér.  de  Tèiio,  tète. 

Téttéto,  M.  f.  Petite  tète,  tète  d'agneau,  de  chevreau. 
—  Âï  méê  uno  téstétOp  j'ai  mis  à  cuire  une  tête  d'agneau. 

Dim.  de  Tètîo,  tète. 

Téstièiro,  f.  f.  Chevet  d'un  lit:  le  chatourné  d'un  lit; 
pièces  qui  font  partie  d'un  bois  de  lit  du  côté  du  chevet; 
têtière,  portion  de  la  bride  qui  passe  sur  la  tête  du  cheval. 

Dér.  de  Tèsto,  tête. 

Tèflto,  «.  f.  Tête,  portion  du  corps  de  l'homme  ou  de 
l'animal  qui  contient  le  cerveau,  les  organes  de  la  vue,  de 
I'ouSb,  du  goût  et  de  l'odorat.  —  Èm  un  home  dé  tègto, 
c'est  un  homme  intelligent.  Faï  eoumo  hut  aïée,  trawuo  dé 
tèeto,  c'est  un  homme  qui  réfléchit  continuellement.  Groeto 
tètto  pAou  dé  ién,  celui  qui  a  une  grosse  tête  a  souvent  peu 
de  bon  sens.  Parla  dé  tieto,  être  dans  le  délire.  Tèsto  dé 
fol  n'a  jamai  blanqui,  tête  de  fou  n'a  jamais  blanchi. 
Aquél  éfan  a  bono  tèeto,  cet  enfant  est  intelligent,  il  a  de 
la  mémoire,  il  apprend  facilement.  Tèsto  d'Oié,  une  têle 
d'ail,  l'ensemble  des  gousses  qui  la  composent.  Tèsto  d'ase, 
têtard,  larve  de  la  grenouille.  Tèsto  duro,  intelligence 
lente,  conception  difficile,  celui  qui  possède  ces  défauts. 
Tèsto  séquo,  étourdi,  évaporé,  qui  ne  sait  pas  se  conduire. 
Tèsio-flou,  jeu  de  pile  ou  face.  Contraction  de  l'expression 
Tèsto  ou  flou,  tête  ou  fleur,  parce  que  jadis  les  pièces  de 
monnaie  françaises  présentaient,  d'un  côté  l'effigie  du 
souverain  et  de  l'autre  l'écu  fleurdelisé  aux  armes  de 
France. 

Dér.  du  lat.  Testa,  employé  dans  le  sens  de  crâne. 

Tésioù,  s.  m.  Teston,  ancienne  monnaie  de  France 
ainsi  nommée  parce  qu'elle  portait  sur  l'avers  l'effigie  du 
roi  régnant.  Les  premiers  testons  furent  frappés  sous 
Louis  XII;  ils  valaient  d'abord  dix  sous,  leur  valeur 
s'éleva  jusqu'à  vingt-quatre  sous. 

Téstoulo,  s.  f.  Morceau  de  tuile  cassée,  débris  de  tuile 
ou  de  brique. 

Dér.  de  Tes,  têt. 

Testa,  5.  m.  Gros  marteau  de  maçon  employé  dans 
les  démolitions  de  maçonneries,  et  servant  â  dégrossir  ou 
briser  les  modUons  bruts.  Ce  marteau  est  pointu  d'un  côté. 


Téstudo  (Piolo),  s.  f.  Hache  â  talon  ou  â  marteau* 

Tèt,  s.  m.  Toit,  toiture,  couverture  de  maison. 

Dér.  du  lat.  Tectum,  m.  sign. 

Téta,  V.  Téter,  se  dit  d'un  enfant  à  la  nourrice.  — 
Ènearo  této,  il  n'est  point  encore  sevré.  Âvédre  lou  téta  dous, 
être  persuasif,  avoir  la  langue  dorée.  Téia  se  dit  aussi  dans 
le  jeu  de  boules  pour  indiquer  que  la  boule  louche  le  but. 

Dér.  du  celt.  Tetar,  ou  du  grec  Ti'dht,  mamelle. 

Tétaira,  s.  m.  Rejetons,  branches  gourmandes  des 

arbres  ;  un  enfant  qui  demande  souvent  â  têter,  un  rude 

têteur. 
Tétarèl,  f.  m.  Le  hochet  ou  suçoir  des  petits  enfants. 

On  appelle  aussi  Tétarèl  ou  tétarèlo,  celui  ou  celle  qui 

fait  métier  de  têter  les  femmes  que  le  lait  incommode. 

Tétin,  f .  m.  Le  sein  d'une  femme,  le  pis  d'une  vache, 
d'une  chèvre,  d'une  brebis. 

Dér.  du  grec  TiiOij,  mamelle. 

Tétinardo,  j.  f.  Une  grosse  femme  aux  fortes  mamelles, 
et  par  ironie  une  grosse  commère,  une  grosse  maritome. 

Dér.  de  Tétin,  sein. 

Tétino,  j.  f.  Le  pis  des  animaux  et  en  particulier  d'une 
chèvre,  d'une  vache,  d'une  brebis  qui  portent  du  lait. 

Dér.  de  Tétin.  —  Voy.  c.  m. 

Této,  s,  f.  Châtaigne  bouillie,  marron  bouilli  que  l'on 
mange  comme  en  tétant;  on  l'appelle  aussi  Câoudéto,  — 
Es  fia  eoumo  uno  této,  il  est  mou  comme  un  linge  mouillé. 
Té  erèbe  eoumo  uno  této,  je  te  crève  comme  une  vessie, 
une  outre. 

Této-lèbra,  s.  m.  Nom  vulgaire  du  Lyehnis  sylvestris 
alba  simplex,  ou  Compagnon  blanc.  —  Voy,  CdotUiekoù. 

Ti,  s.  m.  Mouvement  convulsif  et  involontaire  de 
quelque  muscle;  geste  singulier  et  non  justifié  que  l'on 
fait  par  habitude  et  sans  raison  ;  tic,  grimace  habituelle; 
caprice,  passion;  maladie  ou  mauvaise  habitude  du  cheval 
qui  le  porte  â  mordre  sa  mangeoire  ou  à  frapper  dessus 
avec  la  tête.  —  Préne  lou  ti,  s'entêter.  Préne  à  ti,  prendre 
en  grippe.  Aquà  es  soun  ti,  c'est  son  habitude,  sa  manie, 
son  caprice,  son  défaut.  A  lou  ti  dé  béoure,  il  a  la  manie 
de  boire. 

Tîa,  V.  Tuer,  ôterMa  vie  d'une  manière  violente; 
détruire,  fatiguer  â  l'excès,  éprouver  un  violent  chagrin. 
—  La  baràasto  a  fia  lous  amouriès,  la  gelée  blanche  a 
brûlé  la  feuille.  Aquél  chagrin  mé  tuio,  ce  chagrin  me  tue. 

Dér.  du  grec  66ai,  immoler,  tuer. 

Tiadoù,  «.  m.  Tuerie,  abattoir,  lieu  où  les  bouchers 
tuent  les  animaux  de  boucherie. 

Dér.  de  Tia,  tuer. 

Tîadouiro,  s.  f.  Tuerie,  massacre,  carnage,  boucherie; 
coupe-gorge;  endroit  dangereux,  escarpé,  difficile  à  fran- 
chir, où  l'on  court  risque  de  la  vie. 

Dér.  de  IXa,  tuer. 

Tiair»,  s.  m.  Tueur  de  cochons,  égorgeur,  garçon 
boucher. 

Dér.  de  Tia,  tuer. 


626 


TIM 


Tiba,  V.  Tendre  oa  étendre  en  t'traût.  On  dit  aussi  Tibia. 
—  Tiba  uno  cordo,  tendre  une  corde.  Se  tiba,  se  serrer  la 
taille,  t»  tiba,  an  fig.  il  est  ivre.  On  suppose  que  ce  mot 
vient  du  celtique. 

Tibage,  «•  m.  Une  mangeaille.  —  Àvèn  fa  un  Hbage, 
nous  avons  fait  un  repas  homérique.  —  Voy,  Couflage  et 
Bamplitnén, 

Dér.  de  Tiba,  tendre. 

Tiblado,  s,  f.  Une  truellée.  Au  fîg.  une  grande  cuillerée 
de  potage. 

Dér.  de  Tiblo,  truelle. 

Tiblassado,  s,f,  Augm.  de  Tiblado.  Une  grosse  truellée  de 
mortier,  de  plâtre,  etc.,  au  fîg.  une  grande  cuillerée  dépotage. 

Dér.  de  Tiblo,  truelle. 

Tiblo,  f.  f.  Truelle,  outil  de  maçon  qui  sert  à  prendre 
le  mortier,  à  l'étendre;  il  sert  aussi  à  gâcher  le  plâtre,  à 
le  délayer  et  â  polir  les  enduits. 

Dér.  du  lat.  Trulla,  plat,  écuelle. 

Ticun,  J.  m.  Personne  capricieuse,  qui  a  contracté  une 
habitude,  un  tic,  une  manie.  —  Acà's  un  ticun,  c*est  un 
maniaque. 

Tièiro,  s.  f.  File,  rangée,  rang,  ordre,  suite  ;  une  allée 
d'arbres;  un  rang  de  pieux,  de  ceps  de  vigne,  de  choux. 

Tico-taco,  t.  m.  Tic-tac,  terme  servant  â  exprimer  le 
battement  du  cœur.  —  Soun  cur  i  fatU  Heo-taco,  son  cœur 
battait  avec  force. 

Tifo-tafo,  Bagarre,  dispute,  émeute,  échaffourrée , 
tapage.  —  Y-&oura  quâoueo  Ufo-tafo,  il  y  aura  du  grabuge. 

Tignassiè,  ièiro,  5.  m.  et  ^  Celui  ou  celle  qui  a  une 
chevelure  épaisse,  rude  et  inculte.  —  Tignassiè  téslu, 
homme  â  la  tête  ébouriffée,  mal  peignée,  hirsute,  et  dont 
Tentètement  n'est  pas  moindre. 

Tignasse,  s.  f,  Teignasse  et  non  tignasse  d'après  l'abbé 
de  Sauvages;  chevelure  mal  peignée,  vieille  perruque.  — 
Tignasso  dé  candi,  une  ])erruque  de  chiendent,  une  che- 
velure d'un  blond  fade.  Tignasso,  dit  Sauvages,  est  cor- 
rompu du  fr.  teignasse  dérivé  à  son  tour  de  teigne,  maladie 
de  la  tète  qui  provoque  la  chute  des  cheveux,  dont  la 
perruque  dissimule  l'absence.  C'est  pour  obvier  aux  con- 
séquences de  cette  maladie  que  la  perruque  a  été  sans 
doute  inventée,  et  les  teigneux  avaient,  plus  que  personne, 
le  plus  grand  intérêt  à  l'adopter. 

Dér.  de  Tigno,  teigne. 

Tignos,  s.  f.  Les  engelures  qui  surviennent  aux  pieds 
et  aux  mains;  tumeur  phlegmoneuse,  accompagnée  de 
démangeaisons  et  occasionnée  par  le  froid.  On  dit  aussi 
Cidoulos,  —  Yoy,  c.  m. 

Timboorlo,  j.  f.  Sonnette  de  bélier  qui  rend  un  bruit 
sourd  et  que  l'on  suspend  au  cou  des  chefs  du  troupeau. 

Timbra,  v.  Tendre  fortement.  Se  dit  d'une  corde  à 
boyau  de  violon,  de  guitare,  de  harpe  et  de  tambour.  — 
Timbra  un  tambour ^  tendre  la  double  corde  à  boyau  placée 
sous  la  peau  inférieure  d'un  tambour  et  que  l'on  serre  avec 
une  vis  à  écrou  pour  précipiter  ses  vibrations. 


TIO 

Timbra,  ado,  adj.  n^,  et  /.  Tendu,  tendue.  —  Tiro 
aquèlo  cordo  et  faï  la  bien  timbra,  tire  cette  corde  et  tends- 
la  bien. 

Dér.  du  V.  TîTnbra. 

Timbre,  s.  m.  Timbre,  marque  imprimée  ;  petite  doche 
dépourvue  de  battant  et  que  l'on  frappe  avec  un  marteau. 
On  Ta  appliqué  aux  horloges,  aux  pendules,  aux  portes 
d'entrée  dés  maisons  pour  remplacer  le  marteau. 

Timeù,  «.  m.  Timon,  longue  pièce  de  bois  qui  sort  de 
l'avant-train  d'une  voiture  ou  d'un  chariot  et  à  laquelle 
on  attelle  les  chevaux;  gouvernail  d'un  vaisseau,  d'un 
bateau,  qui  sert  â  le  diriger. 

Dér.  du  lat.  Temo,  onis,  ûèche  de  char,  appareil  qui 
sert  â  le  conduire,  à  le  traîner. 

Timeù,  t.  f.  Tumeur,  tuméfaction,  soulévem^t  de  la 
peau  ou  de  la  surface  d'un  organe,  produit  soit  par  on 
corps  étranger  qui  cherche  à  pénétrer  an  d^ors,  soit  par 
un  amas  plus  ou  moins  profond  de  liquide,  soit  enfin  par 
un  développement  de  tissus  organisés. 

Timonniè,  s.  m.  Cheval  attelé  au  brancard  d'une 
charrette. 

Tinado,  s.  f.  Une  cuvée;  plein  une  cuve;  ce  que  l'on 
fait  à  la  fois  de  vin  dans  une  cuve  ;  une  cuvée  de  linge 
lessivé. 

Dér.  du  grec  Ttv06ç,  cavité,  chaudron. 

Tinâen,  s.  m.  Cuve  vinaire  ;  cuveau  en  maçonnerie  ou 
en  bois  où  l'on  met  à  fermenter  le  raisin  préalablement 
foulé  sur  un  plancher  supérieur. 

Étym.  du  mot  précédent. 

Tine,  s.  f.  Cuve  en  bois  servant  à  lessiver  le  linge; 
fosse  où  les  tanneurs  font  macérer  les  peaux  dans  la 
chaux  détrempée,  pour  les  épiler. 

Étym.  des  deux  mots  précédents. 

Tintamarado,  s,  /.  Tintaqaarre,  bruit  insolite  et  intense: 
vacarme,  bruit  désordonné  et  confus. 

Dér.  de  Tinta,  frapper,  tinter,  et  de  Marro,  sorte  de 
bêche  ou  de  houe  qui  sert  à  bêcher  la  terre  et  sur  laquelle 
les  paysans  frappent  pour  marquer  l'heure  des  repas  et  en 
donner  le  signal  à  leurs  compagnons. 

Tin -tin!  interj.  Onomatopée  traduisant  le  son  des 
pièces  d'argent.  —  Té  pagaraï  tin-tin/  je  te  payerai 
comptant,  argent  sonnant.  Cette  locution  désigne  aussi 
le  son  d'une  petite  cloche.  La  eampano  a  fa  fm-Hm,  la 
cloche  a  sonné,  a  tinté.  Lou  tin-tin  dé  la  eatstpano,  le 
tintement  de  la  cloche.  Dans  ce  dernier  cas  l'expression 
tin-tin  est  employée  substantivement. 

Tien,  tienne,  pr.  poss,  m.  et  f.  de  la  t^  pers.  du  ting. 
Tien,  tienne  ;  qui  est  à  toi,  qui  t'appartient.  —  A^  ér 
ttou,  cela  est  à  toi. 

Dér.  du  lat.  Tuus,  dér.  du  grec  Te^c,  m.  sign. 

Tienne,  pr.  poss.  seconde  forme  de  Ttou,  dont  la  signi- 
fication est  la  même  et  dont  le  féminin  est  aussi  flcmno. 

Nous  devons  faire  remarquer  toutefois  que  Tioun9  s'em- 
ploie plus  souvent  substantivement  pour  le  tien,  ton  bien. 


TIR 


TIR 


6-27 


'^  que  tu  possèdes.  —  Sièi  din  lou  tioune,  ta 
ton  bien,  dans  ton  héritage,  sur  tes  do- 

'  le  mot  précédent. 

vers  soi,  dans  le  sens  où  Ton 

'on  ;  tirer  ou  puiser  de  l'eau 

tirer  un  coup  de  fusil. 

Tira  d*aïgo,  signifie 

aux  expédients. 

Tira   dé  la, 

dé  fusa, 

rou' 

sa 

.  un 

.:ablcs 

.alll  soi, 

.  ti>ucher  de 

qui  provoque 

.  'ules  quand  un 

«<u  contre  celle  de 

Tira  péno  ou   plutôt 

1(3  compte  de  quelqu'un, 

.ire.  Tiro  dé  soun  paire,  il 

.1  hcs  manies,  ses  qualités,  ses 

..  retire-toi  de  là  ou  tire-toi  de  là 

.^.  Faïre  tira  sous  papiès,  faire  expé- 

.u   extrait  d'un  acte  de  naissance,  de 

s,  ou  tout  autre  document  particulier. 

•i  T,  enlever,  arracher,  retirer.  —  Y-an  tira 

Il   Ta  saigné.   Tiro-mé  'quélo  éspigno,  ôte-moi, 

-ijioi  cette  épine. 

1.  de  l'ital.   Tirare,  ou  de   l'espagnol    Tirar,  par 

1  rupt.  du  lat.  Trahere, 

Tira  (Se),  v.  réfl.  Se  tirer,  se  dégager,  se  délivrer, 
échapper.  —  M'en  souï  lira  d'uno  bélo/  je  l'ai  échappée 
helle!  je  me  suis  tiré  d*un  fier  embarras!  Se  tira  d'en 
dé  souto,  se  tirer  de  dessous.  Lous  èrs  se  tirou,  il  y  a  un 
courant  d'air.  Si  n'es  tira  kts  bràws  nélos,  il  s'en  est  tiré 
sain  et  sauf. 

Tiradis,  isso,  adj.  m.  et  f.  Qui  est  souvent  tiré,  qui  se 
renouvelle  souvent.  Aïgo  tiradisso,  potu  tiradis,  fontaine, 
source,  puits  dont  l'eau  est  souvent  puisée. 
Dér.  de  Tira. 

Tiradoù,  s.  m.  Tiroir,  sorte  de  boite  carrée  enchâssée 
dans  une  table,  une  armoire,  une  commode,  et  qu*on 
ouvre  à  volonté  en  la  tirant  à  soi. 
Dér.  de  Tira,  tirer. 

Tiradoù,  «.  m.  Atelier  de  filage  de  soie,  où  on  la  dévide 
sur  le  cocon,  et  dans  lequel  sont  établis  plusieurs  tours  à 
tirer  ou  à  filer.  —  Foy.  Tirqjs. 

Tirûro,  «.  f.  Tireuse  ou  fileuse  de  soie;  l'ouvrière  qui 
la  dévide  sur  le  cocon,  an  moyen  de  l'eau  chaude.  On 
disait  aussi  jadis  Tiraïrs,  pour  désigner  les  ouvriers  mâles 
employés  à  ce  dévidage;  mais  depuis  de  longues  années,  le 


dévidage  des  cocons  est  exclusivement  réservé  aux  femmes 
dans  la  région  alaisienne. 

Tiraje,  j.  m.  Filature;  atelier  où  Ton  tire  la  soie  du 
cocon  en  le  plongeant  dans  l'eau  chaude.  On  appelle  aussi 
l'atelier  où  l'on  tire  la  soie,  Urddoà;  celui  où  on  la 
mouline,  moull  dé  sédo» 

Tirassa,  v.  Traîner;  traîner  après  soi,  traîner  parterre; 
au  fîg.  dire  à  quelqu'un  des  paroles  méprisantes. 

Dér.  du  lat.  Trahere  ou  du  grec  Tivia<Ttx>,  mouvoir, 
agiter,  secouer. 

Tirasaa  (Se),  Se  traîner,  languir,  se  traîner  par  terre, 
dans  la  saleté.  —  Se  po  pas  tirassa,  il  ne  peut  pas  se 
traîner. 

Tirasso,  s.  f.  Tirasse  ou  traînasse,  filet  aussi  large  que 
long  qui  sert  à  prendre  les  oiseaux;  herse,  trainoireou 
traîneau  dont  on  se  sert  dans  certaines  fermes  pour  traîner 
du  fumier,  des  pierres,  etc.,  sur  un  terrain  où  les  voitures 
ne  peuvent  passer. 

Tirlan,  s.  m.  Chenapan. 

Tirlintèîno,  s.  f,  Tiretaine,  sorte  d'étoffe  dont  la  chaîne 
est  de  fil  et  la  trame  de  laine.  Ce  nom,  qui  s'applique  à 
une  étoffe  fragile,  s'emploie  au  fig.  pour  déprécier  une  chose. 
—  Aquà  's  pas  que  dé  tirlintèîno,  se  dit  d'une  chose  de 
mauvaise  qualité,  et  même  d'un  homme  de  peu  de  valeur 
au  point  de  vue  de  l'honorabilité. 

Sauvagbs  pense  que  la  tiretaine  a  pris  son  nom  de  la 
ville  de  Tyr  où  on  l'aurait  fabriquée  dans  l'antiquité  ;  mais 
cette  étymologie  ne  nous  parait  devoir  être  acceptée  qu'avec 
la  plus  grande  réserve. 

Tiro,  j.  m.  Difiérend,  débat,  contestation  sur  le  prix,  la 
valeur  d'un  objet  ;  écart  dans  deux  évaluations  distinctes 
d'une  denrée,  d'une  marchandise.  —  Sèn  dé  tiro  dé  très 
frans,  nous  sommes  en  discord  de  trois  francs.  Dé  quan 
ses  dé  tiro?  De  combien  différez- vous  dans  vos  appréciation^ 
pour  la  conclusion  de  votre  marché?  Sèn  dé  tiro  dé  quicon, 
nous  sommes  en  discord  d'une  faible  différence.  Soun  pas 
dé  tiro  que  dé  l'amitié,  ils  n'ont  aucune  sympathie  l'un 
pour  l'autre. 

Tiro-lancè  ou  Tirlancè,  s,  m.  Bilboquet;  amusette 
pour  tuer  le  temps,  amuser  les  enfants,  leur  faire  prendre 
patience;  pour  aider  les  personnes  désoeuvrées  à  tuer  le 
temps  dont  elles  ne  connaissent  ni  le  prix  ni  l'emploi. 

Tiro-larigô  (A),  adv.  En  français  à  tirelarigot,  A  foi- 
son, en  abondance,  à  profusion,  avec  excès.  Expression  émi- 
nemment rabelaisienne,  fréquemment  employée  par  l'auteur 
de  Gargantua  et  de  Pantagruel.  —  Manjèn  et  béguén  à 
tiro-larigà,  nous  mangeâmes  et  nous  bûmes  à  tirelarigot, 
à  profusion,  à  ventre  déboutonna!.  On  di  t  aussi  vulg.  en  fr.  : 
à  bouche  que  veux-tu. 

Tirolo,  s.  f.  Poulie,  appareil  mécanique  composé  d'une 
chape  qui  soutient  le  rouet,  au  moyen  d'un  boulon  de  fer. 
Le  rouet  tourne  sur  cet  axe,  et  reçoit  dans  la  gorge  creusée 
sur  sa  tranche  la  corde  qui  se  déroule  dans  la  gorge  et  à 
'.  laquelle  sont  suspendus  les  fardeaux  que  l'on  veut  élever 


628 


TOQ 


oa  descendre.  Les  doubles  poulies  destinées  à  soulever  de 
lourds  fardeaux  sont  appelées  moufles.  On  dit  aussi  Pouléjo 
et  Carèlo.  —  Voy.  c.  m. 

Tiro-longo,  i.  f.  Délai,  retard.  —  Aqtià  faï  unogrando 
tiro4ongo,  cela  éprouve  bien  des  retards,  cela  traîne  fort 
en  longueur.  On  donne  aussi  ce  nom  à  une  ruelle  étroite 
et  longue  telle  que  la  ruelle  d*Âlais  qui  s'ouvre  entre  le 
Palais  de  justice  et  le  couvent  des  Dames-Blanches  et  se 
prolonge  sur  une  grande  étendue,  à  travers  les  jardins  du 
Plan-d'Âlais,  dans  la  direction  du  couchant  au  levant. 

Tiro-pèou,  i .  m.  Tiraillement  des  cheveux  ;  Faction  de 
tirer  les  cheveux  à  quelqu'un.  —  Crégne  lou  f iro-péou,  j*ai 
les  cheveux  très-sensibles,  je  souffre  quand  on  me  les  tire. 
—  Jouga  à  tiro-pèou,  se  prendre  aux  cheveux  pour  se 
disputer  quelque  chose  qu'on  a  jeté  à  terre,  comme 
lorsqu'on  jette  des  dragées  ou  de  l'argent  à  une  troupe  de 
polissons. 

On  appelle  aussi  Tiro^èova,  les  tètes  de  bardane,  Lappa 
major  et  minor,  plante  à  larges  feuilles  qui  croit  au  bord 
des  chemins,  dans  les  décombres,  autour  des  habitations,  et 
dont  les  capitules  portent  un  involucre  à  folioles  imbriquées 
dont  les  extérieures,  terminées  en  pointe  aiguë  et  recourbée 
en  hameçon,  s'accrochent  aux  cheveux  avec  une  grande 
ténacité. 

Tires,  «.  m.  pi.  Les  tirants  de  la  viande  de  boucherie, 
les  aponévroses  et  les  tendons  blancs,  flexibles  et  difficiles 
à  couper  par  un  effort  de  tension. 

Dér.  de  Tira,  tirer. 

Tisoù,  j.  m.  Tisonnier,  instrument  de  forgeron  qui  sert 
à  attiser  le  feu  et  qu'il  ne  faut  pas  traduire  par  Tison, 

Tisso  (En),  «.  f.  Manie,  habitude,  tic,  forte  envie.  — 
Préne  en  tisso,  prendre  en  grippe,  en  aversion;  avoir  une 
dent  contre  quelqu'un. 

Togno,  s.  f.  Femme  difforme,  stupide,  grossière. 

Tombo-lèYO,  i.  m.  eomp.  Chance  alternativement  bonne 
ou  mauvaise,  qui  submerge  ou  remet  à  flot.  Se  dit  d'un 
homme  qui  après  avoir  été  à  deux  doigts  de  sa  perte,  se 
relève  et  remonte  sur  sa  bête. 

On  donne  ce  nom  en  Provence  à  un  filet  que  Ton  plonge 
dans  le  Rhône  et  que  l'on  relève  à  volonté  au  moyen  d'un 
jeu  de  bascule  ingénieusement  combiné. 

Tompo,  s,  f.  Bassin,  réservoir  ;  a  la  même  signification 
que  Toumplino,  bassin,  réservoir,  en  provençal,  dérivé 
lui-même  de  Toumple,  gouffre,  abime. 

Tonqno,  tounqaarèlo,  <.  /".  Sotte,  stupide,  grossière, 
correspondant  à  Togno  (Yoy.  c.  m.),  qui  devrait  plutôt 
s'écrire  Tonio,  forme  vulgaire  du  nom  d'Antoinette  etfém. 
de  Tàni,  Antoine. 

Toquo,  <.  /*.  La  touche  ou  le  but,  au  jeu  de  .mail. 
Pierre  que  la  boule  doit  toucher  ou  approcher  le  plus  près 
pour  gagner  la  partie  ;  bûchette  dont  les  enfants  se  ser- 
vaient jadis  pour  toucher  les  lettres  qu'ils  épelaient  sur 
l'abécédaire.  —  Es  à  la  toquo,  il  en  est  à  la  croix  de  par 
Dieu.  Il  s'emploie  aussi  dans  le  sens  d'époque  :  Se  cou» 


TOU 

:  nouUsou  dé  longo  toquo,  ils  se  connaissent  de  longue  date, 
depuis  longtemps.  Sèn  toquo-toquo,  nous  sommes  côte  à  côte, 
à  côté  l'un  de  l'autre  ;  nous  sommes  voisins. 

Toquo,  v.  Il  touche;  Z^  pers.  du  prisent  de  Vindicatif 
du  verbe  Touqua,  toucher.  —  Toquo-hu/  touche-le! 
frappe-le  !  ne  le  manque  pas  ! 

Tord,  torso,  adj.  Tordu,  tordue.  —  Dé  fiou  tord,  dé 
lano  torso,  du  fil  tordu,  de  la  laine  tordue. 

Toro,  5.  f.  Chenille  ;  on  donne  aussi  ce  nom  à  l'aconit, 
au  cormier  des  oiseleurs,  à  la  chrysomèle  de  Tosier  franc; 
mais  surtout  aux  plantes  et  aux  insectes  dans  lesquels  on 
soupçonne  une  qualité  malfaisante. 

Torou,  s,  m.  Un  tronçon,  une  tranche  d'un  bois  cylin- 
drique; un  rondin;  une  grosse  pièce  en  bois  de  grume, 
ronde  et  entière. 

Le  mot  Touradouiro,  qui  désigne  une  scie  à  deux  mains, 
employée  à  débiter  le  bois  ou  la  pierre  de  taille,  dérive  de 
Torou, 

Tosse,  V,  Tordre,  donner  le  tords  au  fil,  à  la  soie,  à  la 
laine  ;  câbler  de  la  corde,  de  la  ficelle,  un  lien  d'osier.  -« 
Si  po  pas  tosse,  il  ne  peut  ni  se  tourner,  ni  se  baisser.  — 
Tosse  uno  amarino,  tordre  un  lien  d'osier.  F-a  pas  rés  à 
tosse,  il  n'y  a  rien  à  prendre,  rien  à  gratter,  rien  à 
manger. 

Totô,  tototo,  «.  m.  et  f.  Petit  enfant,  bambin,  bébé. 
Dim.  de  Pichd,  piehoto,  PicKouté, 

Ton,  «.  m.  Un  égoùt,  un  cloaque.  On  dit  aussi  Touoè 
on  Grun, 

Tout,  adv.  Tout.  —  N'en  vèn  dé  partout,  il  en  vient  de 
toutes  parts.  Dé  pértout  est  un  italianisme;  c'est  le  da 
per  tutto  des  Italiens. 

Tout,  tonto,  s.  indéf.  m.  e%  f.  Tout.  —  FTéê  pas  hu 
tout,  ce  n'est  pas  le  tout.  Mé  n'a  di  dé  la»  ttmtoe,  il  n'est 
pas  d'injures  qu'il  ne  m'ait  adressées. 

Dér.  du  laL  Tatum, 

Tout,  touto,  adj.  m.  et  f.  Tout,  toute. 

Dér.  du  lat.  Totus,  tota,  m.  sign. 

Tonl  interj.  Onomatopée  employée  dans  le  jeu  de 
cligne-musette,  pour  indiquer  que  le  jeu  est  fait,  que  Toa 
est  caché.  Oui,  c'est  fait! 

Touchi,  f.  m.  Tuchin,  touchin  ou  coquin.  Nom  qui  fat 
donné  à  des  troupes  de  paysans  des  environs  de  Nimes, 
qui,  excédés  du  poids  des  impôts  qu'ils  supportaient 
presque  seuls,  prirent  les  armes  et  commirent  tontes  sortes 
de  pilleries  dans  les  maisons  des  riches.  Cette  qualification, 
Touchï  dé  Bénobre,  est  restée  appliquée  aux  habitants  de 
I  Vézénobres,  que  l'on  accusait  d'avoir  reçu  chez  eox  ces 
révoltés  et  favorisé  leurs  pillages.  —  TouehinaHi,  ooqui- 
nerie.  Touchinat,  rébellion. 

Toncho,  s.  f.  Tournure,  allures  grotesques.  Emprunté 
à  l'argot  parisien.  C'est  quelque  chose  de  plus  que  MififSf. 
Toucha  se  dit  des  dehors  d'un  personnage,  considérfis  dans 
leur  ensemble.  Qu^ie  bann%  touche/  8*écrie-t-on  à  l'aqiect 
d'un  grotesque.  Ce  terme  a  dû  naître  dans  les  ateliers 


TOU 

de  peinture,  dit  M.  Lorôdan  Larchey  (Excentricités  du 
langage  français). 

ToofOt  s.  ^.  Moaffette,  exhalaison  pernicieuse  qui  se 
développé  dans  les  mines,  dans  les  souterrains  profonds  où 
Fair  ne  circule  pas. 

En  terme  de  magnanerie,  c'est  une  chaleur  concentrée, 
une  vapeur  suffocante,  un  coup  de  chaleur  forte  et  subite 
qui  survient  dans  les  appartements  où  Ton  élève  les  versa 
soie.  Cette  influence  rel&che  les  fibres  des  vers  à  soie,  les 
rend  languissants  et  les  tue,  si  Ton  n'y  apporte  un  prompt 
remède.  C*est  une  sorte  d'asphyxie. 

Dér.  du  grec  Tu^o^,  fumée,  stupeur. 

Tongnas,  ubso,  j.  m.  et  f.  Péjoratif  de  Toni  et  de 
Togno.  Sobriquet  donné  à  un  homme,  à  une  femme.  Gros 
Antoine,  gros  benêt,  gros  pataud,  gros  imbécile,  gros 
joufflu,  paysan  lourd  et  grossier,  gros  nigaud. 

Touîâon,  touiàondo,  «.  m.  et  f.  Surnom  donné  à  un 
groe  joufflu,  un  gros  poupard,  un  gros  plein-de^soupe.  On 
dit  aussi  Moutifiâou. 

L'augmentatif  Toutàoudasso  s'applique  aussi  à  une  grosse 
femme  joufflue,  une  grosse  maman. 

Tonisso  ou  Bouiasounado,  s.  f.  On  donne  ce  nom  aux 
buissons  ou  haies  vives  qui  entourent  un  champ  sous 
forme  de  clôture. 

Dér.  du  grec  Tot^oc,  mur,  rempart. 

Toulipo,  5.  /.  Tulipe. 

Toumba,  v.  Tomber,  chuter;  démolir,  renverser, 
abattre;  être  entraîné  de  haut  en  bas  par  son  propre  poids. 
Ce  verbe,  neutre  en  français,  est  le  plus  souvent  actif  en 
languedocien,  ce  qui  occasionne  pour  les  habitants  du 
Midi  une  foule  d'erreurs  grammaticales.  ^  Mi  sièi 
toumba,  je  suis  tombé,  ^i'  manca  mé  ioutnba,  j'ai  failli 
tomber.  Toumba  un  oustAou,  abattre  une  maison.  M'a 
toumba,  il  m'a  renversé.  La  tdoulo  tomba,  il  n'y  a  pas  de 
pain  sur  la  table.  Avès  toumba  quicon,  vous  avez  laissé 
tomber  quelque  chose.  Mé  toumJbaraï,  té  toumbaras,  je 
tomberai,  tu  tomberas.  Toumba  dé  soun  Ion,  tomber  à 
plat.  Aeà's  tùumba  en  prouvèrbi,  cela  est  passé  en  proverbe. 
Âcà  toumbè  pas  dou  sôou,  cela  ne  tomba  pas  à  terre,  ne  fut 
pas  oublié.  Las  mans  mé  tombou,  je  ne  me  sens  pas  les  mains 
du  froid  qu'il  fait;  j'ai  l'onglée.  Toumban  hu  cas,  le  cas 
échéant.  Pode  pas  y  toumba,  je  ne  puis  y  réussir,  le  moyen 
m'échappe.  Toumba  dé  vi,  dé  bouïoun,  répandre  du  vin,  du 
bouillon.  Toumban-lévan,  à  grand'peine,  cahin-caha,  tant 
bien  que  mal. 

Dér.  de  Toumbo,  c.-à-d.  aller  dans  la  tombe,  en  bas. 

Toumbado,  «.  f.  Vogue,  affluence.  —  AquHo  boutigo, 
aquélo  doubèrjo  a  uno  forto  toumbado,  il  y  a  grande 
affluence  de  clients  dans  ce  magasin,  dans  cette  auberge; 
tout  le  monde  y  afflue. 

Dér.  de  Toumba,  tomber. 

Tonmbadnro,  s.  f.  Chute;  effets,  conséquences,  bles- 
sures, contusions,  produits  par  une  chute. 

Dér.  de  Toumba,  tomber. 


TOU 


629 


Toombaire,  s.  m,  Langueyeur  de  porcs,  ainsi  désigné 
parce  qu'il  abat  ces  animaux  pour  examiner  s'ils  sont 
atteints  de  la  lèpre. 

Dér.  de  Toumba,  tomber. 

Toombarèl,  j.  m.  Tombereau,  sorte  de  charrette  servant 
ordinairement  à  transporter  des  matières  terreuses  ou  pier- 
reuses et  que  l'on  décharge  en  lui  imprimant  un  mouve- 
ment de  bascule  en  arrière. 

Dér.  de  Toumba,  tomber. 

Toumbaréla  ou  Toumbarélado,  s.  m.  ou  f.  Charge 
d'un  tombereau,  plein  un  tombereau.  —  Un  toumbaréla  dé 
sablo,  plein  un  tombereau  de  sable. 

Dér.  de  Toumbaril,  tombereau. 

Toombo,  «.  f.  Un  caveau  mortuaire,  une  tombe  ma- 
çonnée, et  non  pas  une  simple  fosse,  que  l'on  appelle  un 
eros, 

Dér.  du  lat.  Tumba,  m.  s. 

Tonmo,  «.  f.  Fromage  mou,  fraîchement  caillé,  une 
jonchée.  -^  Blan  coumo  uno  toumo,  pâle  comme  un  fro- 
mage frais. 

Tonmple,  «.  m.  Gouffre,  abîme,  endroit  profond  d'une 
rivière  ou  d'une  vallée.  On  trouve  dans  la  commune  de 
Concoules,  sur  une  partie  profonde  de  la  rivière  de 
l'Amalet  ou  Homolet,  un  hameau  de  deux  ou  trois  mai- 
sons qu'on  appelle  Lou  ToumpU. 

Tonn,  s,  m.  Ton,  le  son  de  la  voix,  la  note  musicale; 
air,  manières.  —  As  manqua  lou  toun,  tu  n'as  pas  saisi 
l'air  de  ce  chant.  Aviè  un  toun  dé  crésénço,  il  avait  un  air 
de  fierté.  Lou  toun  fat  la  eansoun,  le  ton  fait  la  chanson. 

Dér.  du  lat.  Tonus,  m.  s. 

Tonn,  adj,  poss.  m.  dont  le  fém,  est  Ta,  Au  plur. 
Tous,  Tas.  —  Toun  chi,  ta  paràoulo,  tous  amis,  tasÀèros, 
ton  chien,  ta  parole,  tes  amis,  tes  propriétés.  Coumo  fas 
toun  fUrf  comme  tu  es  fier  I 

Dér.  du  lat.  Tuus,  tua. 

Tonnaxè,  s.  m.  Tonnelier,  '  fabricant  de  tonneaux,  de 
foudres,  de  cuves  vinaires  en  bois. 

Dér.  de  Tounèl,  tonneau. 

Tonndar,  s.  m.  Mouton  nouvellement  tondu  très-ras. 

Dér.  de  Toundre,  tondre. 

Tonndéire,  s.  m.  Tondeur,  celui  dont  le  métier  est  de 
tondre  les  moutons,  les  chevaux,  les  chiens. 

Dér.  de  Toundre,  tondre. 

Tonndéson,  s.  f.  La  tonte  des  troupeaux,  l'époque  où  a 
lieu  cette  opération,  l'action  de  tondre  les  animaux. 

Dér.  de  Toundre,  tondre. 

Tonndràon,  «.  m.  Sot,  nigaud,  niais,  crédule;  qui  se 
laisse  mystifier,  gruger,  tondre  sans  résistance. 

Dér.  de  Toundre,  tondre. 

Tonnâre,  v.  Tondre  les  bètes  à  laines,  les  chevaux; 
couper  les  cheveux  ras.  —  Tan  toundu,  on  t'a  coupé  les 
cheveux  très-court.  Aeà's  toundu,  voilà  une  affaire  réglée. 
Se  laïssa  toundre,  se  laisser  gruger,  se  laisser  voler.  Folié 
véni  quas^  totmdian,  âourias  agu  dé  lano,  se  dit  prover* 

80 


630 


TOU 


bialement  à  celai  qui  n^arrive  pas  à  temps  pour  profiter 
d'une  bonne  occasion. 

Dér.  du  lat.  Tondere,  m.  s. 

Toundrel  interj.  Adoucissement  apporté  parmi  le 
peuple  à  un  juron  plus  accentué,  dont  il  existe  diverses 
variantes  et  notamment  le  mot  Foundre/  qui  se  rapproche 
davantage  du  type  original.  Cette  interjection  est  surtout 
employée  par  les  femmes,  et  n'indique  pas,  chez  celui  ou 
celle  qui  la  prononce,  un  degré  de  colère  ou  d'impatience 
bien  caractérisé. 

Tonnda,  do,  adj.  m.  et  f.  Tondu,  tondue;  qui  a  les 
cheveux  coupés  ras.  Au  fig.  celui  qui  est  volé,  grugé, 
mystifié. 

Dér.  de  Toundu,  tondu,  à  cause  de  son  aspect  lisse. 

Tonndado,  s.  f.  Petit  p.iin  de  millet  noir  ou  sarrazin, 
ou  de  maïs,  posant  et  indigeste,  cuit  dans  l'eau  bouillante. 
Dans  quelques  parties  du  Gard,  le  petit  pain  de  maïs  porte 
le  nom  de  Mïas  et  dans  les  pays  du  nord  celui  de  Gaude. 

Dér.  de  Toundre,  tondre. 

Toupé,  s.  m.  Toupet,  toulTe  de  cheveux  placée  au-dessus 
du  front.  Au  fig.  effronterie,  audace,  outrecuidance,  im- 
pudence, —  Quinte  toupéf  Quel  toupet!  quel  effronté! 

Dér.  du  bas  ail.  Topp,  touffe  de  cheveux. 

Toapl,  j.  m.  Pot  de  terre  à  poignée,  qui  sert  ordinaire- 
ment à  faire  cuire  la  viande  du  potage  ou  la  viande  à 
l'étouffée.  —  Toupl  méjanciè,  pot  de  grandeur  moyenne. 
Lou  toupi  vésso,  le  pot  répand  par  ébullition.  Au  ûg.  sot, 
niais,  imbécile,  dépourvu  d'intelligence.  Nèci  coumo  un 
toupi,  bètû  comme  un  pot.  Toupinat,  gros  nigaud,  grosse 
bête. 

Tonpina,  «.  m.  Potage  grossier  cuit  dans  un  pot  ;  sorte 
de  panade  épaisse  et  gluante. 

Dér.  de  Toupi,  pot. 

Tonpinado,  <.  ^  Une  potée,  plein  un  pot. 

Dér.  de  Toupi,  pot. 

Tonpinèl,  èlo,  i.  et  adj,  m.  et  f.  Sot,  sotte:  borné, 
bète  comme  un  pot. 

Dér.  de  Toupi,  pot. 

Tovpino,  s.  f.  Vase  de  terre  de  plus  grande  dimension 
que  le  Toupi,  On  lui  donne  en  quelques  localités  du  Gard 
le  nom  de  Glouto.  Vase  en  terre  servant  à  faire  nicher  les 
moineaux. 

Dér.  de  Toupi,  pot. 

Tonqna,  v.  Toucher,  manier,  palper,  tâter  ;  chasser  devant 
soi,  mener,  conduire  en  se  tenant  derrière;  frapper,  corri- 
ger; concerner,  importer;  émouvoir;  éprouver.  —  Àquélo 
tnalàoutlè  l'a  touqua,  cette  maladie  l'a  fortement  éprouvé. 
Se  noun  tièt  brave,  té  toucaràil  si  tu  n'es  pas  sage,  je  te 
corrigerai  d'importance!  S  ter  os  se  toquou,  leurs  pro- 
priétés sont  contiguês.  Toquo  toun  chival,  donne  un  coup 
de  fouet  à  ton  cheval.  Las  tèlos  se  toquou,  je  suis  sans 
ressources,  je  n'ai  plus  un  sou. 

Toaqnadoù,  s.  m.  Conducteur  ou  meneur  de  bêtes  de 
trait  ou  d'animaux  de  boucherie,  tels  que  bœufs,  chevaux, 


TOU 

etc.  ;  celui  qui  les  touche  ou  les  chasse  devant  loi,  avec 
un  fouet,  un  trident  ou  un  aiguillon. 

Dér.  de  Touqua,  toucher. 

Tonquéja,  v.  Toucher,  manier,  palper  à  plnsieats 
reprises.  Ce  verbe  s'emploie  dans  un  sens  fréquentatif,  à  la 
plaàe  du  verbe  Touqua,  toucher. 

Tour,  s,  m.  Mouvement  circulaire;  métier  à  filer  la 
soie;  tour  de  promenade;  tour  d'adresse,  de  prestidigita- 
tion ;  machine  qui  sert  à  façonner  le  bois,  la  pierre,  les 
métaux,  etc.  —  FaHre  soun  tour,  fienter,  en  parlant  des 
petits  enfants. 

Tonra,  v.  Scier  en  travers,  un  billot  de  bois,  un  tronc 
d'arbre. 

Dér.  de  Torou,  billot,  rondin.  —  Voy,  c.  m. 

Touradoniro,  s.  f.  Le  passe-partout  des  scieurs  de  long; 
scie  à  deux  manches,  adaptés  aux  deux  extrémités  de  la 
lame,  et  qui  sert  à  débiter  le  bois,  la  pierre,  etc.  Cette  scie 
à  quatre  mains  est  maniée  par  deux  ouvriers  placés  en 
face  l'un  de  l'autre  et  tirant  alternativement.  Dans  cer- 
taines localités  du  Gard  on  donne  à  cet  outil  le  nom  de 
Loubo. 

Dér.  de  Torou,  tronc,  billot  de  bois. 

Touraïo  et  Tourasso,  s.  m.  Grosse  et  vieille  tour.  Augm. 
de  Toure,  —  Voy.  c.  m. 

Touras,  s.  m.  Fièvre  éphémère  des  femmes  en  couches: 
tumeur  qui  vient  au  pis  des  chèvres. 

Tonrdre,  s.  m.  Une  Tourde,  et  non  pas  un  Tourdre. 
Grive  des  vignes;  merle-grive  (Turdus  musUms,  Tem.). 
Dessus  du  corps  d'un  gris  brun,  poitrine  d'un  jaune  roosr 
s&tre,  avec  des  tâches  brunes  ;  gorge  et  flancs  blancs.  Lon- 
gueur 0<°20  cent.  La  Céséro,  la  Gamégno,  le  Couchaekat 
variétés  de  la  même  famille,  sont  souvent  désignés  sous  le 
nom  commun  de  Tourdre;  mais  les  gourmands  savent 
en  faire  la  différence,  et  préfèrent  de  beaucoup  ce  dernier, 
quand  il  est  en  bon  point,  assurés  que  c*e8t  de  loi 
qu'Horace,  qui  s'y  connaissait  aussi,  a  dit  :  Obêso  nil 
mellui  turdo, 

Tonre,  «.  f»  Tour,  construction  qui,  dans  un  cbâteao, 
une  église,  une  enceinte  de  ville  forte,  dépasse  en  hauleor 
le  restant  des  constructions,  et  leur  sert  de  défense  on 
d'ornement;  nuages  lourds  et  floconneux  qui  présagent 
un  orage,  et  que  les  météorologistes  désignent  sons  le  nom 
de  Cumuli. 

Tonril,  j.  m.  Petite  tour,  claperole  de  forme  circnlaiRt 
construite  à  pierres  sèches  et  servant  à  indiquer  on  tracé, 
une  limite,  un  terrain  mis  en  défense;  moulin  à  iourilW 
dont  la  roue  horizontale  est  indépendante.  —  Lou  mouli 
ddou  Touril  ou  ddou  Touréi,  sur  la  Céze,  an  tournant  de 
la  Tune,  dans  la  commune  de  Peyremate. 

Dér.  du  lat.  Turris,  tour.  On  dit  aussi  roiirlo.  -* 
Voij.  cm. 

Tooiil,  s.  fit.  Soupe  à  l'ognon. 
Tottrïo,  s,  f.  Tourelle,  petite  tour,  claperole,  moulin  I 
.  touril  le.  —  Voy,  Touril, 


TOU 

Tourménti&o,  9.  f.  Térébenthine,  gomuic  ou  sac  rési- 
neux qui  découle  du  térébinthe,  du  mélèze  et  de  plusieurs 
espèces  de  pins.  Le  terme  languedocien  est  une  corruption 
du  mot  français. 

Tourna,  v.  Remettre  en  place;  rendre  une  chose  prêtée; 
revenir  à  une  chose.  —  Tourncu  acà  ounte  éro,  remettez 
cela  à  sa  place.  Y-ai-ti  'tourna  ta  bariotor  Lui  as- tu  rendu 
sa  brouette?  S'atrouvas  la  vmpo  bono,  Ummas-y,  si  vous 
trouvez  le  potage  à  votre  goût,  revenez-y. 

Toorna,  adv.  De  nouveau,  derechef,  encore,  une  seconde 
fois.  —  Yène  dé  la  vilo,  y  vôou  tourna,  j'arrive  de  la  ville, 
j'y  retourne.  Tourna  dire,  redire,  dire  de  nouveau. 

On  dit  aussi  Toum<k-maï,  adv.  comp.  dans  le  môme  sens 
et  dans  celui  de  c  plus  encore.  > 

Tountô,  <.  m.  Rouet  à  pédale,  machine  servant  à  filer. 
Cet  instrument,  plus  encombrant  que  la  quenouille,  et 
difficile  à  transporter  hors  de  la  maison,  constitue  cepen- 
dant un  perfectionnement  sur  la  première,  et  permet  de 
produire  trois  fois  plus  de  fil  et  un  travail  plus  parfait. 

Dim.  de  Tour. 

Tournôja,  v.  Tourner,  façonner  au  tour.  Au  fig. 
tourner,  rôder  autour.  On  dit  aussi,  dans  le  même  sens, 
VirouUja. 

Tonrnioù,  «.  m.  Tourneur,  ouvrier  qui  façonne  des 
ouvrages  au  tour. 

Dér.  de  Tour. . 

Touroun,  «.  m.  Sorte  de  nougat  blanc  fait  avec  des 
amandes  grillées,  du  miel  et  du  sucre. 

Dér.  du  lat.  Torrw,  griller,  torréfier. 

Tonrqua,  v.  Torcher,  neltpyer,  essuyer,  frotter.  — 
Se  tourca,  se  torcher.  Se  lorquo  pat  lou  nas  émb'uno  fusto, 
il  ne  se  torche  pas  le  nez  avec  un  soliveau;  comme  on 
dirait  en  français  :  il  ne  se  mouche  pas  des  pieds. 

Dér.  de  Torquo,  bouchon  de  paille. 

TourUoù,  f.  m.  Sorte  de  p&tisserie  indigeste,  confec* 
tionnée  avec  de  la  fleur  de  farine,  des  œufs  et  du  sucre,  et 
formant  une  sorte  de  bracelet  appelé  bratsadiou,  en 
Provence. 

Dim.  de  Tourto,  tourte.  —  Voy.  c.  m. 

Tonrto,  «.  /*.  Pain  de  ménage,  pain  bis,  de  forme  circu- 
laire, en  forme  de  couronne. 

Dér.  de  Tour. 

TonrtO'doaço,  s.  f.  comp.  Tarte,  sorte  de  p&tisserie 
composée  de  deux  feuilles  de  p&te  recouvrant  une  couche 
de  confiture,  de  crème,  de  frangipane,  etc. 

Toartouîèiro,  i .  f.  Câble  de  charrette  ou  de  chariot  que 
J*on  tend  au  moyen  d'un  tour  mis  on  mouvement  par 
une  barre,  pour  assujettir  le  chargement  en  diminuant 
quelquefois  son  volume. 

Dér.  du  lat.  Tortut,  tordu. 

Tourtooro,  i.  /.  La  tourterelle  (colombe  tourterelle, 
Çotutnba  turiur,  Temm.),  oiseau  de  Tordre  des  pigeons, 
noqbreux  dans  le  Midi.  Cette  dénomination  s'applique, 
également  à.  la^ tourterelle  à  collier. 


TOU 


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Tourtugo,  s,  f.  Tortue.  Tesiudo,  Liun.  Animal  à  quatre 
pattes,  classé  par  Linné  dans  le  premier  genre  de  son 
ordre  des  Reptiles,  et  par  Al.  Drongniart  dans  le  premier 
ordre  des  Reptiles  appelés  par  lui  Chéloniens.  11  en  existe 
plusieurs  espèces;  la  plus  connue  est  la  tortue  grecque, 
Titiudo  grœea,  Linn.  La  plus  commune  en  Europe  est  la 
Tortue  d'eau  douce,  Testudo  lutarîa,  Linn. 

Dér.  du  lat.  Tortus,  tortu,  à  cause  de  la  forme  des  pattes 
de  la  tortue. 

Tons,  s,  f,  La  toux,  phénomène  physiologique  lié  à  la 
fonction  de  la  respiration  et  qui  consiste  dans  une  expec- 
toration forte,  rapide  et  sonore,  déterminée  par  l'irritation 
de  la  membrane  muqueuse  des  voies  aériennes,  ayant  pour 
but  d'expulser  les  corps  étrangers  qui  causent  cette  irri- 
tation. —  Mithanto  tous,  marido  tous,  une  toux  de  mau- 
vais augure.  La  tous  passo  bé  as  cas,  la  toux  passe  bien 
aux  chats,  les  défauts  de  jeunesse  finissent  toujours  par  se 
guérir. 

Dér.  du  lat.  TussU,  m.  s. 

Toiuéièiro,  s.  f.  Champ  de  froment  ou  de  touselle. 

Dér.  de  Tousèlo,  touselle. 

Tontèlo,  «.  A  Froment,  touselle,  blé  sans  barbe,  Triti- 
eum  hibemum  aristis  carens,  11  en  existe  deux  espèces:  la 
tousèlo  blaneo  et  la  towèlo  rousso,  qui  sont  cultivées  dans 
nos  contrées,  et  très-employées  dans  la  panification,  diez 
les  populations  rurales  des  pays  de  plaine. 

Tonsaan,  n.  pr.  f,  La  Toussaint,  la  fête  de  tous  les 
saints,  qui  se  célèbre  le  4*''  novembre  de  chaque  année.  — 
Pér  Toussan,  l'oulivo  à  la  man,  à  la  Toussaint,  il  faut 
commencer  la  cueillette  des  olives. 

Mot  composé,  formé  de  Tous  et  de  San,  tous  les  saints. 

Tousai,  s.  m.  La  toux.  —  lou  toutsi  m'arapo,  la  toux 
me  prend,  je  sens  que  je  vais  tousser.  —  Yoy.  Tous. 

Dér.  du  lat.  Tussis,  m.  s. 

Tonssilage,  «.  m.  Tussilage,  TussUago  farfara,  Linn.; 
plante  pectorale  commune  dans  tous  les  terrains  humides  et 
argileux  du  département  du  Gard.  Elle  est  connue  sons  le 
nom  vulgaire  de  Pdouto-d'ase,  piedd'àne  ou  pasd'âne,  à 
cause  de  la  forme  de  ses  feuilles.  Ses  fleurs,  ses  feuilles  et 
ses  racines  sont  adoucissantes  et  pectorales,  et  employées 
comme  telles  dans  les  campagnes. 

Dér.  du  lat.  Tussis,  toux,  parce  qu'on  l'emploie  habi- 
tuellement pour  combattre  cette  aflection. 

Tout,  s.  m.  Tout,  l'ensemble  d'une  chose  considérée 
dans  son  entier.  —  Lou  tout  es  dé  s'énténdre,  le  tout  est 
de  s'entendre.  Àcà  n'es  pas  lou  tout,  ce  n'est  pas  le  tout... 
Es  pa  lou  (oui  d'acouménça,  fôou  aeaba,  ce  n'est  pas  le 
tout  de  commencer,  il  faut  finir.  N'y  en  digue  M  las  toutos, 
il  n'est  pas  d'injures  qu'il  ne  lui  ait  dites. 

Tout,  0,  .0(0.  m.  et.  A  Tout,  toute;  an  pi.  toutss  et 
toutos,  tou9,  toutes. 

.  Tout,  adv.  Tout,  tout-à-fait,  entièrement.  —  A  l'èr  tout 
nèci,  il  aj'air  tout  hébété.  Tout,  adverbe,  s'emploie  souvent 
avec  un  suffixe  :  Joui-aro,  tout-à-l'heure  ;  fom-ar/io,  dans 


G32 


TRA 


un  petit  moment.  Tout  plan-plan,  tout  bas,  tout  doucement, 
sans  se  presser.  Tout  d'un  tin,  entre-temps. 

Dér.  da  lat.  Totut,  m.  s. 

Toutaréto,  loe.  adv.  Il  n'y  a  qa*an  instant,  dans  nn 
instant. 

Dim.  de  Toutaro.  —  Voy.  ce  mot. 

Tontaro,  adv^  Tont-à-l'heure,  dans  on  moment,  bientôt. 
-^  Toutaro  y  iènt  nous  allons  arriver  au  moment  critique  ; 
je  m'en  vais  le  mettre  à  sa  place. 

Loc.  comp.  de  Touâ  et  de  Àro,  à  présent. 

Toutes,  08,  adj,  m,  et  f,  pL  Tous,  toutes.  —  Touteê 
tout  biâous  dé  la  Camarguo  pourièn  mouri  que  noun  m'en 
véndriè  uno  bano,  tous  les  héritages  pourraient  pleuvoir, 
qu'il  ne  m'en  reviendrait  pas  une  obole. 

Tont-éscas,  loc.  adv.  Tout  à  l'heure;  il  n'y  a  qu'un 
instant. 

Tont-éscaaaéto,  loe.  adv.  Dim.  de  Tout-éicas;  il  n'y 
a  qu'un  très-petit  instant. 

Tout-houro,  s.  f.  Grosse  prune  oblongue,  d'un  rouge 
brun,  bonne  à  manger  en  confiture  et  en  marmelade.  C'est 
une  variété  de  la  prune  Perdrigon. 

Tout-obro,  f .  m.  Ouvrier,  manœuvre  dont  l'aptitude  se 
prête  à  toute  sorte  de  travaux. 

Mot  composé  de  Touto,  toute,  et  Ohro,  œuvre,  travail. 

Tont-nn,  odj.  ind.  Tout  un,  la  même  chose.  —  Âcà  '$ 
tout-^n,  c'est  tout  un,  c'est  une  même  chose. 

Trabado,  s.  f.  Une  travée,  terme  de  charpenterie:  la 
travée  d'un  pont  suspendu  ou  métallique  est  la  partie  du 
plancher  comprise  entre  deux  points  d'appui,  culées  ou 
piles.  Un  pont  à  trois  travées  est  un  pont  suspendu  on 
métallique  composé  de  trois  planchers  soutenus  par  deux 
culées  et  deux  piles  en  rivière. 

Dér.  du  lat.  Trabs,  m.  s. 

Trabasta,  v.  Pencher  d'un  côté,  avoir  une  tendance  à 
tourner  sens  dessus-dessous.  Se  dit  surtout  d'un  bât  de 
mulet  ou  de  la  charge  d'une  bête  de  somme  lorsqu'ils  pen- 
chent d'un  côté  plus  que  de  l'autre,  faute  souvent  d'avoir 
suffisamment  sanglé  le  bât  ;  se  dit  aussi  par  extension  de 
toute  autre  chose  qui  perd  son  équilibre. 

Dér.  de  Tra  pour  Tram,  au-delà,  et  de  Bast,  bât. 

Trabaqna,  v.  Trébucher,  broncher,  faire  un  (aux  pas, 
tomber  le  corps  en  avant. 

Dér.  de  Trabue,  chute,  culbute. 

Tracan,  «.  m.  La  marche  des  aflBûres,  le  tran-tran  du 
jeu,  du  négoce.  Dim.  Traeané.  —  Quinte  tracan!  quelle 
multiplicité  d'afbires!  Fatr«  sountracané,  faire  tranquille- 
ment son  petit  commerce,  ses  affaires  journalières. 

Tracana,  v.  Terme  de  manufacture  de  soie  :  envidor  une  se- 
conde fois  la  soie  qui  avait  été  mal  envidée  une  première  fois. 

Tracané,  «.  m.  Dim.  de  Traean.  —  Voy.  c.  m. 

Trachèl,  s.  m.  Touffe  de  laine  ou  d'étoupe;  touflfo  de 
cheveux  coupés;  masse  floconneuse  de  diverses  substances 
filamenteuses.  —  Tradièl  dé  nêou,  flocon  de  neige. 

Dér.  du  lat.  Truneatus,  détaché,  coupé. 


TRA 

Trafi,  s,  m.  Tracas,  trouble,  désordre;  chose  difficU«et 
embrouillée.  —  Lou  trafi  d'un  oustdou,  le  tracas  d'un  mé- 
nage. Au  fig.  les  soucis,  les  peines,  les  tourments  que  l'on 
éprouve,  auxquels  on  est  exposé. 

Pauri  cor  doulènt  qu'avès  voste  abouade 
1)1  tràfi  don  mounde.  .• 

Léontine  Goirard. 

Traftcho,  5.  f.  Gros  clou  allongé  dont  la  tête  est  ordi- 
nairement triangulaire  et  qui  sert  à  fixer  les  chevrons  sur 
les  poutres  et  les  charpentes. 

Le  lat.  Fixorius  elavus  répond  au  terme  languedocien. 

Trafiqua,  v.  Rôder  dans  une  maison,  déplacer  les  objets, 
les  remettre  en  place,  tracasser  par  ses  manières  les  ^soi 
du  logis;  fréquenter  une  maison,  un  pays,  un  lieu.  — 
Tout  lou  jour  trafico,  toute  la  journée  il  tourne  et  retourne, 
place  et  déplace.  Trafiqua  moun  oustàou,  il  fréquente  ma 
maison,  il  y  vient  journellement. 

Trafiquait,  «.  m.  Trafiquant,  commerçant;  intrigant; 
celui  qui  achète  et  revend  toutes  sortes  de  marchandises. 

Dér.  de  Trafiqua.  —  Yi^y.  c.  m. 

Trahi,  v.  Venir  à  bout  de  couper,  de  trancher  avec  les 
dents  ou  de  mâcher  un  aliment  dur  ou  coriace.  —  Fodepa 
trahi  la  erousto,  il  m'est  impossible  de  m&cher  la  croûte  de 
pain. 

On  dit  aussi  Vend,  dans  le  même  sens. 

Traîo,  f.  f.  Traille,  câble  d'un  puits  à  roue  qui  supporte 
les  godets  et  sert  â  puiser  l'eau  d'un  réservoir  inférieur  pour 
l'amener  dans  un  réservoir  supérieur;  câble  en  chanvre  ou 
en  fil  de  fer  tendu  en  travers  d'une  rivière  pour  faciliter  le 
passage  d'un  bac.  On  fabriquait  jadis  les  câbles  de  puits  â 
roue  avec  des  sarments  de  vigne  sauvage  entrelacés;  on  en 
fabrique  encore  en  sparterie. 

Les  sarments  de  vignes  portent  encore,  dans  le  Var,  le 
nom  de  Traïo,  synonyme  de  Tré^, 

Ttaire,  v.  Tirer,  lever,  jeter,  lancer,  tomber,  mardier. 
—  Traïrê  dé  pèiros,  tirer  de  la  pierre  de  taille  d*aiie  car- 
rière; jeter  des  pierres  contre  quelqu'un.  Âquélo  pUro  iras 
dé  fia,  cette  pierre  lance  des  étincelles.  Tro/t  dé  nèom,  il 
tombe  de  la  neige.  Màou-trairo,  mal  tourner,  aller  de  mal 
en  pis,  empirer,  se  débaucher.  Fénira  pér  mâou  fratr«,  il 
finira  par  se  gâter.  Traïro-mâou,  avoir  de  fâcheux  pressen- 
timents sur  une  chose  ou  sur  quelqu'un,  être  en  peine  sur 
le  compte  d'une  personne,  sur  les  suites  d'une  affidre. 

Dér.  du  lat.  Trahere,  tirer. 

Trembla,  v.  Trembler,  être  agité,  craindre,  aToir  peur. 
L'expression  Que  faï  tranMa,  est  prise  comme  terme  do 
plus  haut  degré  de  comparaison.  —  Y-a  d^aXgo  que  fA 
trambla,  il  y  a  une  quantité  d'eau  effrayante.  A  d^iÊpri 
que  fijti  trambla,  il  a  beaucoup  d'esprit.  Y-a  dé  cailapm 
que  fai  tramUa,  il  y  a  une  superbe  récolte  de  difttaigiMS, 
les  châtaigners  sont  chargés  de  fruits.  Àeà  fax  tramUa,  œ 
récit,  cet  événement,  cette  catastrophe  sont  effnymts. 

Dér.  du  lat.  Tremular€,  dim.  de  Tmiere,  m.  s. 


TRA 

Tramblamén,  s.  m.  Tremblement,  agitation,  action  de 
trembler,  frisson.  —  Acà  es  un  affaire  ddou  tramblamén, 
se  dit  d'une  chose  extraordinaire,  inonïe,  effrayante. 
Y-aviè  la  troupo,  la  musiquo  et  tout  lou  tramblamén,  il  y 
avait  à  cette  c<>rémonie,  les  soldats,  la  musiqqe  et  toat  ce 
qui  s*ensnit. 

Tramble,  f .  m.  Frisson,  impression  de  froid,  qui  carac- 
térise la  première  période  d'un  accès  de  fièvre;  impression 
de  peur  et  d'effroi.  —  M'a  prés  un  trambU,  j'ai  été  saisi 
par  des  frissons;  j'ai  eu  nne  penr  atroce. 

Tramo,  5.  f.  Trame,  fils  conduits  par  la  navette  entre 
ceux  qui  forment  la  chaîne;  laine  grossière  et  pleine  de 
bonchons  qni  s'arrête  au  bas  dn  peigne  et  qu'on  sépare  de 
la  laine  fine,  laquelle  devient  alors  de  Tétaim,  dont  le  poil, 
plus  net  et  plus  long,  a  plus  de  force  pour  être  employé  à 
la  chaîne  des  étoffes. 

Dér.  du  lat.  Trama,  m.  s. 

Tranché,  j.  m.  Tranchet,  outil  de  cordonnier,  sorte  de 
longue  lame  d'acier,  munie  au  sommet  d'un  tranchant  en 
biseau  latéral  et  qui  sert  à  couper  le  cuir. 

Transi,  do,  adj,  m,  et  f.  Transi,  saisi  par  le  froid,  par 
la  peur;  ayant  l'air  malheureux,  misérable. 

Dér.  du  lat.  Transire,  aller  au-delà,  du  côté  opposé  ; 
verbe  qui,  dans  la  basse  latinité,  signifiait  mourir,  passer 
de  vie  à  trépas. 

Transidoù,  j.  m.  Le  flanc,  la  partie  latérale  du  ventre. 
—  J#'a  jnqua  dou  transidoù,  il  m'a  frappé  au  flanc. 

Trantaia,  v.  Chanceler,  vaciller,  perdre  son  équilibre.  — 
As  trop  bégu,  trantaïes,  tu  as  trop  bu,  tu  chancelles. 

TrâoQ,  s,  m.  Trou;  ouverture  percée  dans  un  corps 
quelconque,  intentionnellement  ou  non;  perforation  acci- 
dentelle. —  M'en  sièi  sourti  émb'un  Irdou  à  la  tèsto,  je 
me  suis  sorti  de  la  bagarre  avec  une  blessure  à  la  tète.  On 
appelle  aussi  tràou  les  petites  excavations  pratiquées  par 
les  enfants  pour  jouer  aux  billes,  dans  le  jeu  de  fossette. 
^t  fa  trdou,  ma  bille  est  entrée  dans  la  fossette.  Lou  trdtm 
d'dou  quiou,  l'anus,  le  fondement.  Un  trdou  dé  ra,  un 
trou  de  rat.  Au  fig.  on  dit  :  Es  naseu  dinc  un  tràou,  il 
est  né  dans  un  misérable  village,  il  n'a  l'usage  de  rien,  il 
ignore  les  plus  simples  lois  de  la  politesse.  Bëou  eoumo  un 
trdou,  il  boit  comme  un  trou.  Faire  un  trdou  à  la  luno, 
faire  une  dette  que  l'on  ne  paye  pas,  s'endetter,  mettre  la 
clé  sous  la  porte.  Tapa  sous  trdous,  payer  ses  dettes.  Faïre 
un  trdou  pér  n'atapa  un  doutre,  déshabiller  saint  Pierre 
pour  habiller  saint  Jean  ;  faire  une  nouvelle  dette  pour  en 
solder  une  ancienne.  Mé  sariii  mes  dinc  un  trdou,  je  me 
serais  réfugié  dans  un  trou  (tellement  j'avais  honte  ou  tel- 
lement j'avais  peur^. 

Dér.  de  la  bîkss.  lat.  jÇrau^um. 

Tràonqna,  v.  Percer,  trouer,  pratiquer  un  trou,  une 
ouverture;  ouvrir,  pénétrer.  —  Trdoluq^a  uno bouto,  mettre 
un  tonneau  en  perce.  Trdouqua  uno  dén,  percer  une  dent, 
en  parlant  des  jeunes  enfants.  À  las  mans  trdoueados, 
c*eBt  un  panier  percé,  il  dépense  l'argent  sans  compter. 


TRA 


633 


Bésoiis  trdouquados,  paroles,  discours  inconsidérés,  dérai- 
sonnables, insensés. 

Dér.  de  rrdou^  trou. 

Trâouqné,  j.  m.  Dim.  de  Trdou.  Petit  trou,  petit 
pertuis,  faible  ouverture. 

Dér.  de  Trdou,  trou. 

Tràonqnîa,  do,  adj,  m.  et^.  Dim.  de  Trdouqua,  Criblé, 
percé  de  petits  trous  en  grand  nombre,  comme  Test 
un  crible;  plein  d'yeux  comme  le  pain  bien  levé  et  bien 
travaillé,  et  comme  le  fromage  de  gruyère  ;  vermoulu. 

Trapo,  J.  f.  Trappe,  petite  ouverture,  petite  porte 
servant  ordinairement  de  communication  entre  un  étage 
supérieur  et  un  étage  inférieur. 

Dér.  de  Tanc.  allemand  Trapp,  m.  s. 

Trapô,  J.  m.  Trapu;  court  de  taille;  court  et  gros.  On 
dit  aussi  Trapé, 

Trapoù,  J.  m.  Petite  trappe  ;  terrine  au  riz  ou  au  gruau. 

Trapougnièîro,  s.  A  Chattière.  On  dit  aussi  Catou- 
gnUro.  —  Voy.  c.  m. 

Iras  (Dé),  adv.  Derrière,  à  côté,  au-delà,  de  l'antre 
côté.  —  Dé  iras  aquel  oustdou,  derrière  cette  maison. 
Àquél  oustdou  dons  sus  lou  dé  Iras,  cette  maison  donne  sur  le 
derrière  de  la  rue.  Tras  lou  sers,  de  l'autre  côté  de  la  colline. 

Dér.  du  lat.  Trans,  au-delà. 

Trasséjà,  v.  Ravauder,  ranger  des  bardes,  des  meubles; 
remanier  l'ordonnance  d'un  ameublement,  dans  une  maison. 

Trataije,  s.  m.  Etat  valétudinaire,  mauvaise  santé, 
mauvais  penchant. 

Traaso,  adj,  m.  et  f.  Se  dit  en  parlant  de  choses  usées, 
vieilles,  de  peu  de  valeur;  d'une  santé  usée;  d'une  chose 
mince,  fragile,  facilement  destructible.  —  Vn  trasso  dé 
capèl,  un  vieux  chapeau.  Dé  trassos  dé  groulos,  de  vieilles 
savates.  Vn  oms  trasso,  un  homme  chétif,  malingre,  sans 
vigueur.  Un  trauo  d'orne,  un  homme  de  peu  de  valeur, 
mauvais  sujet.  Soui  bien  trasso,  je  suis  bien  aflBûssé,  bien 
affaibli.  Papiè  dé  trauo,  papier  Joseph. 

Dér.  de  l'italien  Strassa,  guenille. 

Trassnn,  s.  m.  Rebut,  déchet,  portions  de  denrées  à 
rejeter.  —  Lou  trassun  dos  poumos,  das  eastagnos,  le  rebut, 
des  pommes,  des  châtaignes. 

I^tissnègno,  s.  f.  Péjoratif  de  Trauun,  le  rebut  du  rebut. 

Trata,  v.  Traiter,  servir,  donner  à  manger  chez  sol,  ou 
dans  un  restaurant,  chez  un  traiteur;  injurier.  ^-  Trato 
tous  vouyajurs,  il  donne  à  manger  aux  voyageurs.  M'a 
bien  trata,  il  m'a  servi  un  excellent  repas.  M'a  trata  dé 
toulur,  il  m*a  traité  de  voleur,  il  m'a  appelé  voleur. 

Travaia,  v.  Travailler,  agir;  façonner,  exécuter  un  tra- 
vail; cultiver;  troubler,  inquiéter,  tourmenter;  se  déjeter, 
se  tourmenter,  en  parlant  des  ouvrages  en  bois.  —  Sèn 
naseu  pér  trava^,  nous  sommes  nés  pour  le  travail. 
TravdXa  soun  bé,  cultiver  sa  propriété.  Aquélo  afàXrê  mé 
travaXo,  cette  affiiire  m*inquiète.  Aqaà  es  méou  travcXa, 
c'est  mal  agir  de  faire  ainsi. 

Dér.  de  Traiwd,  travail. 


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TRA 


Travûadoù,  s.  m.  Travailleur  de  terre,  joarnalier,  ma- 
nœuvre, paysan,  calti valeur. 

Dér.  de  Traval,  travail. 

Travaiaire,  ro,  s.  m.  et  f.  Travailleur,  travailleuse; 
laborieux,  porté  au  travail,  qui  aime  à  travailler.  Es  un 
bon  travataïre,  c'est  un  homme  laborieux. 

Dér.  de  Traval,  travail. 

Traval,  s.  m.  Travail,  ouvrage;  difficulté,  peine,  fati- 
gue; agitation,  bruit,  vacarme.  —  Quinte  traval  es  pat 
acàt  quel  travail  pénible!  quelle  affaire  difficile  à  dé- 
brouiller! Va  dé  travail  cette  difficulté  n'est  pas  facile  à 
résoudre.  Lou  traval  fa  yé  fax  pas  pâou,  le  travail  accom- 
pli ne  lui  fait  pas  peur;  se  dit  d'un  paresseux  avéré. 

Travès,  s.  f.  Travers,  étendue  en  largeur;  revers  de 
colline,  de  coteau,  penchant  de  montagne,  surface  de 
terrain  en  pente.  —  se  mètre  en  travès,  se  mettre  en  travers. 
Mesura  en  travès,  mesurer  dans  le  sens  de  la  lar- 
geur. Cassa  sus  tous  travès,  chasser  sur  le  penchant  des 
vallées. 

Dér.  du  lat.  Transversum. 

Travès  (Dé),  loc.  adv.  De  travers,  de  guingois,  de  côté, 
à  contre-sens.  —  Parla  dé  travès,  parler  contre  les  règles 
du  bon  sens,  d'une  manière  insensée.  Dé  résous  dé  travès, 
des  paroles  inconvenantes.  Prins  las  càousos,  lous  homes  dé 
travès,  donner  aux  choses  une  fâcheuse  interprétation; 
prendre  les  hommes  à  rebrousse-poil,  les  contrarier,  les 
blesser  au  moral. 

Travès  (Pér),  loc.  adv.  Par  le  travers.  —  Se  podes  pas 
âouboura  aquélo  fusto  pér  lou  bout,  prén-lapér  travès,  si  tu 
ne  peux  soulever  cette  pièce  de  bois  dans  le  sens  de  sa 
longueur,  prends-la  par  le  travers. 

Travéssan,  s.  m.  Pièce  d'assemblage  de  menuiserie, 
posée  en  travers  pour  en  affermir  d'autres;  traversin, 
long  oreiller  cylindrique  posé  en  travers  du  lit  et  sur  lequel 
repose  la  tète.  On  dit  aussi  Travéssiè. 

Dér.  de  Travès. 

Travéssiè,  s.  m.  Traversin;  traversine  on  étrésillon, 
pièce  de  bois  entaillée  qui  en  assujétit  ou  en  soutient 
plusieurs  autres  :  pièces  de  bois  posées  en  travers  d'une 
charpente. 

Travèsso,  s.  f.  Ruelle  traversière,  reliant  deux  autres 
rues  parallèles  plus  larges  ou  plus  longues;  .chemin  de 
traverse,  présentant  un  raccourci  sur  la  route  ordinaire.  — 
Travésséto,  dim.  de  Travèsso.  —  travéssasso,  augm. 
de  Travèsso;  à  Alais,  la  Travéssasso  est  une  rue  qui  relie 
la  place  de  la  République  à  la  place  Florian,  appelée 
aujourd'hui  rue  des  Hortes. 

Travèsso,  s,  f.  La  traverse,  le  vent  qui  traverse,  du 
couchant  au  levant,  la  ligne  nord -sud  considérée  comme 
point  de  départ  dans  la  rose  des  vents;  vent  du  nord-ouest 
ou  même  le  vent  d'ouest.  —  Un  co  dé  travèsso  a  éscavarta 
las  nivtnis,  un  vent  d'ouest  a  dispersé  les  nuages. 

Travéto,  s.  f.  Solive,  soliveau  ordinairement  soutenu  en 
dessous  par  les  grosses  poutres  d'un  plancher  et  sur  lequel 


TRÉ 

s'appuient  et  sont  clouées  les  planches  qui  sontieaoeot  le 
carrelage. 

Dér.  du  lat.  Trabs,  poutre. 

Trôboull,  V,  Tressaillir;  fermenter;  être  surexcité, 
agacé,  exacerbé.  —  Mé  fus  trébouli,  tu  m'impatientes,  tu 
m'agaces. 

Dér.  de  Tré  pour  trans  et  de  Bouli,  bouillir.  —  Voy. 
Èntrébouli. 

Tréboulino,  s.  f.  De  l'eau,  du  vin,  du  café  trouble  ou 
toute  autre  liqueur  non  limpide.  —  Éspa  qui  détrébour 
lino,  ce  ne  sont  que  des  effbndrilles.  Aa  ûg.  trouble,  émo- 
tion, effroi. 

Dér.  de  TrébouH. 

Tréfooli,  v.  Être  transporté  de  joie,  d'impatience; 
trépigner,  tressaillir,  griller  d'envie.  — TréfbulU  d'énv^io  dà 
parti,  il  meurt  d'envie  de  partir. 

Tréias,  s.  m.  Vigne  on  treille  rustique,  plantée  en 
pleine  campagne,  non  disposée  en  tonnelle,  mais  qui  vient 
naturellement,  soutenue  par  de  simples  perches  ou  adossée 
à  un  arbre. 

Péjor.  de  TréHio,  treille. 

Tréîo,  s.  m.  Treille,  cep  que  l'on  fait  monter  sur  les 
arbres  ou  plutôt  devant  une  façade  de  maison  et  que  Von 
dispose  parfois  en  berceau;  sorte  de  danse  nationale  en 
usage  à  fiéziers  depuis  un  temps  immémorial,  et  dans 
laquelle  danseurs  et  danseuses  tiennent  des  cerceaux  qui 
forment  comme  une  treille  en  tonnelle  au-dessus  de  leurs 
tètes. 

Tréje,  nom  de  nomln-e,  m,  s.  Treize. 

Dér.  du  lat.  Tredecim,  m.  s. 

Tréln,  s.  m.  Changement  de  lune,  à  partir  du  troisième 
quartier,  correspondant  à  la  pleine  lune;  éclat,  luear,  clarté. 

Dér.  du  lat.  Translucere,  se  réfléchir,  luire  an  travers. 

Tréliiqua,  v.  Entrer  dans  son  plein,  en  parlant  de  la 
lune.  —  La  luno  a  tréluqua,  c'est  aujourd'hui  pleine  lune. 

Dér.  da  lat.  Translucere,  se  réfléchir,  luire  an  travers. 

Trélnsi,  v.  Briller,  reluire.  On  dit  aussi  ÉmrMusi, 
entreluire;  entrevoir;  luire  vaguement,  à*demi.  —  L'a» 
vis  éntrélusî,  je  l'ai  entrevu. 

Dér.  du  lat.  Translucere. 

Trémoula,  v.  Trembler,  frissonner,  frémir,  grelotler- 
—  Trémoula  dé  pôou,  frissonner  d'épouvante.  AvU  une  fré 
que  trémoulavo,  il  grelottait  de  froid. 

Dér.  du  lat.  Tremulare,  trembler. 

Trempa,  v.  Tremper,  mouiller,  saucer;  mettre,  laisser 
macérer  dans  un  liquide.  —  Trempa  la  soupo,  verser  le 
bouillon  sur  les  tranches  de  pain.  Bouta  la  nUrlusso  à 
trempa,  mettre  la  morue  dans  l'eau  pour  la  dessaler. 

Dér.  du  lat.  Temperare. 

Trempe,  po,  adj.  m.  et  f.  Trempé,  ée,  abondamment 
mouillé;  être  en  nage,  ruisselant  de  sueur.  —  Trémps 
coumo  un  rat,  mouillé  comme  un  rat.  Trempe  coumo  «no 
soupo,  mouillé  comme  une  soupe. 

Dér.  de  Trempa,  tremper. 


TRÉ 

Trémpièîro,  i .  /.  Tonneau,  baril  où  Ton  met  .*a  piquette. 
—  Bouto  trémpi^ro,  tonneau  à  piquette. 

Dër.  de  Trémpo,  piquette. 

Trémpo,  j.  f.  Piquette  de  vin,  que  l'on  prépare  avec  du 
marc  de  raisin,  sur  lequel  on  fait  cuver  de  Teau  ordinaire 
pendant  quelques  jours,  ce  qui  donne  une  sorte  de  vin  plus 
ou  moins  léger.  —  Trémpo  parisièno,  piquette  dite  parisienne, 
que  l'on  prépare  en  remplissant  une  barrique  de  grains  de 
raisins  non  foulés,  et  achevant  de  remplir  le  récipient  avec 
del'eau  ordinaire.  An  bout  de  quelques  jours  on  commence 
à  soutirer  le  liquide  au  moyen  d*un  robinet  établi  au 
fond  de  la  futaille,  et  on  remplace  par  de  Teau  ordinaire 
la  quantité  de  piquette  soutirée,  de  manière  à  ce  que  le 
tonneau  reste  toujours  plein  du  liquide,  qui  va  s*afiaiblis- 
sant  de  jour  en  jour.  Trémpo  dé  la  prémièïro,  piquette  que 
Ton  fait  avec  du  marc  non  lavé.  Trémpo  dé  la  sécoundo 
piquette  plus  faible  que  Ton  prépare  avec  le  marc  qui  reste 
après  pn  avoir  obtenu  la  première  piquette.  Pàowe  coumo 
ta  trémpo,  pauvre  comme  un  rat  d'église.  Es  afatiga coumo 
un  pdoure  ome  que  coulo  sa  trémpo,  il  se  démène  comme 
une  corneille  qui  abat  des  noix. 

Trémpo,  j.  A  Trempe,  qualité,  sorte,  espèce.  —  Dé 
gens  dé  bono  trémpo,  des  gens  honorables. 

Trémnda,  v.  Changer,  déplacer,  transvaser;  transformer, 
convertir,  métamorphoser,  transfigurer.  —  Trémuda  lou 
vin,  transvaser  le  vin. 

Dér.  du  lat.  Transmutare,  m.  s. 

Tréna,  v.  Tresser,  tordre,  entrelacer;  traîner,  tirer 
après  soi,  entraîner. 

Dér.  de  Trénu,  tresse. 

Tréncado,  s.  A  Tranchées,  coliques  éprouvées  par  les 
femmes  en  travail  d'enfant. 

Dér.  du  lat.  Truneare,  trancher. 

Tréno,  s,  /•  Tresse,  natte  de  cheveux  ou  de  cordons. 

Trénquéia,  v.  Piocher,  travailler  la  terre  à  la  pioche. 

Dér.  de  Trénquo,  bêche. 

Trénqnéiaire,  s.  m.  Travailleur  de  terre;  celui  qui 
travaille  avec  une  bêche. 

Dér.  de  Trénquéja,  bêcher. 

Trônqnièiro,  i.  f.  Crevette  des  niisseaux  et  des  fon- 
taines, Grammarus  pulex,  Linn.,  crustacé  de  Tordre  des 
Astacoïdes  et  de  la  famille  des  Capités. 

On  croit,  parmi  le  peuple,  que  si  l'on  avalait  vivant  un 
de  ces  insectes,  on  en  éprouverait  de  vives  tranchées  :  de 
là  son  nom  de  TrénqiHéXro.  On  le  désigne  aussi  sous  le 
nom  de  Trénquo-Vaïgo, 

TTénqvLOf  e.  f.  Une  pioche,  une  bêche;  sorte  de  houe; 
boyau. 

Dér.  du  lat.  Truneare,  trancher. 

Trénqno-largo,  n.  comp.f.  Pioche,  houe  à  lame  large. 

Tréntôné}a,  v.  Approcher  de  la  trentaine;  être  âgé 
d'environ  trente  ans.  —  Âcouménce  dé  trénlénéja,  j'appro- 
che de  la  trentaine. 

Dér.  de  Trénto,  trente. 


TRÉ 


635 


Trénténo,  s.  f.  La  trentaine;  les  approche  de  l'àge  de 
trente  ans.  —  Aï  passa  la  trénténo,  j'ai  plus  de  trente  ans. 
Siès  sus  toun  trénlo-un,  tu  es  en  grande  toilette.  Marcha 
us  soun  trénteun,  aller] sur  un  grand  ton,  marcher  avec 
fierté,  se  pavaner. 

Dér.  de  Trénto,  trente. 

Trénto,  n.  de  nomb.  Trente. 

Trépa,  v.  Courir,  sauter,  fol&trer,  gambader,  bondir, 
se  jouer  comme  les  jeunes  chiens,  les  jeunes  poulains. 

Dér.  de  l'ital.  Trepare,  m.  s. 

Trépadisso,  5.  f.  Course  folâtre,  avec  gambades  et 
sauts  joyeux. 

Dér.  de  Trépa. 

Trépadoù,  j.  m.  Endroit  où  les  enfants  jouent  et  pren- 
nent leurs  ébats  ;  sorte  de  plancher,  disposé  en  plan  incliné, 
servant  à  entrer  dans  un  bac  ou  à  en  sortir.  On  trouve 
souvent  des  quartiers  de  territoire  désignés  sous  le  nom  de 
Trépaloù  ou  Trépéloù,  notamment  dans  les  communes 
d'Alais  et  d'Allègre,  et  l'abbé  de  Sauvages  se  demande  si 
cette  désignation  indiquerait  un  lien  d^as^mblée  pour  les 
louveteaux.  D'un  autre  côté  Ducange  mentionne  le  mot 
bas  latin  Trespallum  comme  désignnnt  le  lieu  des  exécu- 
tions, où  l'on  pendait  et  que  l'on  doit  traduire  par  les  trois 
piliers.  A  Nimes,  en  effet,  le  lieu  désigné  sous  le  nom  des 
Très  piéloun,  est  encore  occupé  par  les  trois  piliers  qui 
soutenaient  le  gibet  sous  l'ancien  régime. 

Trépaîre,  s.  m.  Celui  qui  aime  à  sauter,  à  guimbader, 
à  courir. 

Trépl,  V.  Piétiner,  fouler  aux  pieds.  —  An  trépï  moun 
bla,  on  a  foulé  aux  pieds  mon  champ  de  blé;  on  l'a  piétiné. 

Dér.  de  Trépa,  —  Voy,  c.  m. 

Trépido,  s.  f.  Les  traces  d'un  piétinement,  un  endroit 
foulé  et  piétiné,  qui  porte  l'empreinte  des  pieds. 

Trépo-trépo,  loc,  adv.  Expression  usitée  pour  indiquer 
l'envie,  l'impatience  que  Ton  éprouve  de  faire  quelque 
chose  que  l'on  désire.  —  Sa  léngo  y  fài  trépo-trépo,  sa 
langue  lui  démange,  il  voudrait  parler  conte  que  coûte. 

Dér.  de  Trépa.  —  Voy,  cm. 

Très,  n.  de  nomb.  Trois.  —  Dormou  das  très,  se  dit 
des  vers-à-soie,  pour  indiquer  qu'ils  entrent  dans  la  troi- 
sième mue.  N'âoutres  très,  nous  trois.  Faïre  trés-trés,  gre- 
lotter, claquer  des  dents  sous  l'impression  du  froid  ou  de 
la  peur. 

Trésana,  v.  Tressaillir,  s'agiter  convulsivement,  s'éva- 
nouir. 

Tréscantoù,  j.  m  Le  point  ou  aboutissent  trois  che- 
mins; carrefour  formé  par  trois  rues  ou  trois  routes  allant 
dans  des  directions  différentes  et  formant  par  conséquent 
trois  angles  aboutissant  à  un  même  sommet. 

Comp.  de  Très,  trois,  et  de  Cantoit^  coin. 

Tréscol,  s,  m.  Crête  de  colline,  colline  à  triple  sommet 
et  présentant  par  conséquent  trois  échancrures  ou  trois 
cols.  Nom  de  lieu;  le  hameau  de  Tréscol,  qui  fait  partie  de 
la  commune  de  la  Grand'Combe. 


636 


TRÉ 


Trésconla,  v.  Disparaître  furtivement,  passer  oatre, 
passer  par  delà  la  colline  on  la  montagne.  —  Lou  sourél 
a  trétcoiUa,  le  soleil  a  tombé  derrière  la  montagne.  On 
emploie  aussi  cette  expression  dans  le  sens  de  couler  à 
travers,  filtrer,  suinter. 
.  Dér.  de  Trana,  au-delà,  et  de  Coula,  couler. 

Tréscoulé,  «.  m.  Dim.  de  Tréscol. 

Tréspana  (Se),  v.  Tomber  en  avant,  dans  une  course 
rapide  ;  se  fendre  la  tète  à  la  suite  d*une  chute  faite  en 
courant. 

Tréspassa,  v.  Passer  par  delà,  dépasser,  et  par  exten- 
sion trépasser,  mourir,  passer  de  la  vie  à  la  mort.  —  Mé 
tréspasto  dé  touto  la  tètto,  il  me  dépasse,  il  est  plus  grand 
que  moi  de  toute  la  tête.  Èmb'uno  pèXro  trétpatiarii^  lou 
Pont'dàou'Gard,  en  lançant  une  pierre  je  déliasserais  la 
hauteur  du  Pont-du-Gard. 

Dér.  de  Tram,  au  delà,  et  de  Pa$$a,  passer. 

Trèso,  «.  A  Coiffure  de  femme,  sorte  de  capuchon  muni 
de  deux  barbes  qu*on  peut  croiser  sur  la  poitrine  et  atta- 
cher sur  le  dos. 

Dér.  de  Trèso,  Thérèse. 

Trèso,  n.  p.  f.  Thérèse,  du  grec  Ôtj,  Orjpoç,  bète  farouche. 

Tréaploomba,  v.  Surplomber,  pencher,  en  parlant  d'un 
mur,  d'un  rocher  à  pic,  d'une  falaise.  —  Vn  ran  gué  tri$' 
ploumbo,  un  rocher  qui  surplombe. 

Dér.  de  Tréa  pour  Trana,  au-delà,  et  de  Ploumb, 
aplomb. 

Tréspougne,  v.  Piquer,  larder  avec  une  aiguille  ou  un 
poinçon  ;  piquer  à  l'aiguille  une  jupe,  une  courte-pointe, 
une  étoffe  quelconque  à  arrière-point.  —  Pér  bien  énaaca 
laa  iûouciaioa,  fôou  laa  tréspougne,  pour  bien  tasser  la 
viande  dans  les  saucisses,  il  faut  piquer  le  boyau. 

Dér.  de  Tré,  entre,  et  de  Pougne,  piquer. 

Tréspouita,  v.  Transporter,  exciter  des  transports, 
mettre  hors  de  soi.  —  L'amour  lou  tréiporto,  il  est  trans- 
porté d'amour,  il  aime  comme  un  insensé.  Lou  màou  lou 
tréiporto,  la  douleur,  la  souffrance  qu'il  éprouve  le  met 
hors  de  lui. 

Dér.  de  Très  pour  Trans,  au-delà,  et  de  Pouria,  porter. 

Trôssusa,  v.  Suer,  transpirer,  émettre  une  sueur  froide 
et  subite,  causée  par  un  malaise,  une  appréhension,  une 
crainte,  l'annonce  d'un  malheur. 

Dér.  de  Tréa  pour  Trans,  au-delà,  et  de  Susa,  suer. 

Tréssusoù,  a.  f.  Sueur  froide  et  subite,  causée  par  un 
malaise,  une  faiblesse,  une  crainte,  un  événement  fâcheux 
et  inattendu;  les  sueurs  glacées  qui  précèdent  la  mort.  — 
Mé  faï  véni  la  tréssusoù,  il  me  met  sur  les  épines,  il  me 
fatigue,  il  m'ennuie  à  mourir. 

Dér.  de  Tréa,  pour  Trana,  au-delà,  et  de  Suaoù,  sueur. 

Trèstonlo  ou  mieux  Téstonlo,  a.  f.  Fragment  de  tuile 
cassée. 

Dér.  de  Tes,  tèt,  tesson,  fragment  de  poterie  cassée. 

Dér.  du  lat.  Testa,  qui  désigne  généralement  toute  espèce 
de  vase  en  argile  cuite  ou  eu  terre  de  potier. 


TRI 

On  voit  près  de  Rome,  entre  le  pied  du  Mont-Aveatiael 
la  rive  gauche  du  Tibre,  une  colline  artificielle  désignée  en 
italien  sous  le  nom  de  Monte-Testaceio,  et  entièremeat 
composée  de  tessons  d'amphores  on  autres  poteries.  Des 
opinions  diverses  ont  été  émises  pour  expliquer  les  raisons 
qui  peuvent  avoir  motivé  cet  énorme  amas  de  d^ris. 

Tréva,  v.  Hanter,  fréquenter;  aller  et  venir  dans  un 
même  lieu  ;  y  faire  des  apparitions  fréquentes,  en  parlant 
surtout  des  revenants  et  des  esprits  ;  rôder.  —  Quàou  tin 
trèvo,  sèn  dévén,  qui  saint  fréquente,  saint  devient;  db- 
moi  qui  tu  hantes  et  je  te  dirai  qui  tu  es.  Loua  loua  trèvou 
din  la  gnuè,  les  loups  rôdent  pendant  la  nuit.  Loua  tnorti 
trèvou  dinc  aqvél  vièl  eaatèl,  les  esprits  hantent  ce  TÎeox 
château. 

Du  Gallois  Tréfa,  habiter. 

Trévéll  (Se),  v.  S'élimer,  s'user,  en  parlant  d'ime 
étoffe,  d'un  vêtement.  —  Àquélo  camiao  oouménço  à  ai 
trévéli,  cette  chemise  commence  à  s'user. 

Dér.  du  grec  Tp(6(i>,  Tpfâeiv,  user  par  le  frottement. 

Trévira,  v.  Bouleverser,  mettre  tout  sans  dessus  dessous; 
troubler.  —  Se  trévira,  s'alarmer,  s'émouvoir,  s'épouvan- 
ter, changer  de  couleur,  pâlir  d'épouvante,  d'émotion  ou 
de  surprise  ;  être  effaré. 

Dér.  de  Tré  pour  Trana,  et  de  Vira,  tourner. 

Tiia,  t).  Ce  terme  à  deux  sens  différents  :  trier  et  é^u- 
cher,  il  signifie  aussi  choisir,  distinguer.  —  Trïa  débajanot, 
éplucher  des  châtaignes  bouillies.  Tffa  la  salado,  éplucher 
la  salade.  Trïa  àou  dé,  trier  sur  le  volet.  Se  tria,  sechdiir, 
faire  bande  ou  ménage  à  part.  Tria  aaa  nièiroa,  s'èpucer. 

Triado,  s.  f.  Thériaque,  composition  pharmaceutiqoe 
employée  par  l'ancienne  médecine  et  dans  laqœile  enVcent 
soixante-et-douze  substances  différentes;  boissoQ  désa- 
gréable au  goût,  vin  frelaté. 

Dér.  du  lat.  Theriaca,  m.  s* 

Trïado,  5.  f.  Les  objets  de  choix,  la  premièie  qxiaUVib 
d'une  marchandise,  d'une  denrée;  le  dessus  da  panier. 

Dér.  de  Tria,  trier. 

Tiiaîre,  arello,  a,  m.  f.  Celui  ou  celle  qui  fait  le  triage 
d'une  denrée,  d'une  marchandise  ;  qui  épluche  la  salade, 
écosse  les  légumes  frais;  trie  la  première  qualité  d'une 
récolte  de  fruits;  fait  le  triage  des  laines  dans  une  fabrique. 
On  dit  aussi  Triaïro  pour  désigner  une  personne  qui*  dans 
les  filatures,  est  occupée  à  trier  les  cocons. 

Dér.  de  Trïa,  trier. 

Trïaje,  s.  m.  Triage,  action  de  trier,  de  choisir,  séparer 
ce  qui  est  bon  de  ce  qui  est  de  rébus. 

Dér.  de  Trïa,  trier. 

Trïâou,  a.  m.  Câble,  corde  à  puits  en  sparterie»  qui  sert 
à  descendre  et  retirer  le  seau  destiné  à  puiser  Teaa.  Ce 
câble  est  ainsi  nommé  parce  qu'on  se  servit  d*ahord,  poor 
cet  usage,  de  sarments  de  vigne  entrelacés»  oa  TrêHo.  Od 
devrait,  en  effet,  écrire  et  dire  :  Trêiàou. 

Tiiate,  s.  m.  Théâtre.  On  dit  aussi  Tiatre^ 
I      Dér.  du  lat.  Theatrum  et  du  grec  Biorpov. 


TRI 

Triba,  s.  m.  Touffe  d*herbe  ou  de  foin  sur  le  iiord  dés 
chemins  ou  dans  les  bois,  où  les  loops  et  les  chiens  ont 
coutume  d*nriner  ou  de  fienter.  Ceux,  qui  sont  fréquentés 
par  les  loups,  sont  situés  sur  les  plateaux  montagneux  on 
les  cols  où  aboutissent  divers  sentiers  formant  carrefour; 
ce  qui  revient  an  Trivium  latin,  ou  carrefour  formé  par  le 
croisement  de  diverses  routes. 

Dér.  du  grec  Tp{6o«,  chemin,  sentier  battu. 

Tribla,  v.  Tripler;  devenir  triple. 

Dér.  de  Triblê, 

Tiible,  0,  s.  et  adj.  Triple,  qui  contient  trois  fois 
Funité. 

Dér.  du  lat.  Trifdm,  m.  s. 

Trico,  8.  m.  Jeu  de  paume  ou  de  tripot;  rondin,  gros  et 
court  bâlon,  gourdin,  sorte  de  trique. 

Tiicô,  i.  m.  Tricot,  tissu  qui  s'exécute  avec  des  aiguilles 
longues  et  mousses. 

Triconta,  v.  Tricoter,  faire  du  tricot  ;  donner  une  volée 
de  coups  de  bâton.  —  L'aï  bien  trieouia,  je  lui  ai  appliqué 
une  rude  tripotée  de  coups  de  trique. 

Dér.  de  Trteo —  Voy»  c.  m. 

Trido,  s.  f»  Proyer,  bruant-proyer.  —  Vay,  Cineirtii.  — 
FûMrê  la  trido,  faïrê  U>u  mantélé,  être  tout  frileux,  tout 
ébouriffé,  être  gravement  malade. 

Trigôs,  «.  m.  Bruit,  tapage;  fatigue,  travail  fatigant; 
chagrins,  peines,  ennuis,  tracasseries.  On  dit  aussi  Trimai. 

—  Luèn  ddou  irigàt,  loin  du  bruit,  dans  le  calme. 
Trigonssa,  v.  Traîner,  houspiller,  tirailler,  secouer  avec 

violence,  entraîner  quelqu'un  malgré  lui.  —  Se  irigauua, 
se  battre,  se  tirailler,  se  prendre  aux  cheveux,  lutter,  se 
po  pas  trigoussa,  il  ne  peut  se  traîner;  il  est  malade. 
Trima,  v.  Trimer,  peiner,  fatiguer,  travailler,  marcher. 

—  Fôou  trima  pér  gagna  sa  pâouro  vido,  il  faut  se  donner 
de  la  peine  pour  gagner  de  quoi  vivre. 

Trinial,  s.  m.  Fatigue,  labeur,  travail,  longue  course. 

Trin,  s.  m.  Train,  tapage,  potin,  vacarme. 

Tiin  (£n),  lœ.  adv.  —  SUi  màou  en  trin,  je  suis  indis- 
posé, languissant,  malade. 

Trinqua,  v.  Rompre,  casser;  trinquer,  choquer  le  verre 
en  buvant  avec  un  compagnon. 

Dér.  du  lat.  Truncare,  couper,  et  de  Tall.  TrifUten, 
boire. 

Trinqoaire,  «.  m.  Celui  qui  aime  à  trinquer,  à  boire; 
celui  qui  casse,  qui  brise. 

Dér.  de  Trinqua,  couper  ou  trinquer. 

Trinqao-taîo  ou  Tirasséto,  «.  f.  Nom  de  plante. 
Renouée  des  petits  oiseaux,  Polygonum  eonvolvulus,  Linn. 
On  désigne  aussi  cette  plante  dans  certaines  localités  sous 
les  noms  de  Jinoutado,  Tirasso,  Ccuréjolo, 

Le  village  de  Tréneo-taîo,  situé  sur  la  pointe  septentrio- 
nale du  Delta  de  la  Camargue,  ne  payait,  dit-on,  jadis 
aucun  impét.  Son  nom  est  synonyme  de  taille-rompue.  On 
marquait,  en  effet,  autrefois  cet  impôt  sur  une  latte  de  bois 
refendue  appelée  taille,  d'où  l'impôt  prit  ce  nom.  Le  village 


TRI 


637 


précité  en  ayant  été  exempté,  le  bâton  sur  lequel  on  mar- 
quait ses  impôts  avec  des  encoches,  fut  rompu,  trénea, 
comme  étant  devenu  inutile. 

Trîoulé,  «.  m.  Trèfle,  et  particulièrement  le  trèfle 
rampant.  Chant  mêlé  de  traits  et  de  roulades,  mais  dépourvu 
de  toute  méthode  et  comme  peuvent  les  exécuter  des 
paysans  sans  instruction. 

Tripaio,  $.  f.  Tripaille;  l'ensemble  des  boyaux  d'un 
animal,  des  intestins  de  l'homme. 

Dér.  de  Tripo,  boyau. 

Triplé,  t.  m.  Tripier,  celui  qui  prépare  et  vend  les 
boyaux  des  animaux  tués  à  la  boucherie.  —  CoMi  triplé, 
couteau  de  tripière,  à  deux  tranchants.  Au  fig.  un  homme 
à  double  face,  qui  soufile  le  froid  et  le  chaud,  qui  manque 
de  franchise  et  agit  d'une  façon  diamétralement  opposée, 
selon  les  circonstances. 

Tripos,  «.  f.  et  pf.  Tripes,  boyaux,  intestins  des  animaux 
et  de  l'homme.  —  Rendre  $a$  tripoe,  être  pris  d'un  vomis- 
sement violent  et  prolongé. 

Dér.  de  l'espagnol  Tripa  ou  de  l'italien  Trippa,  m.  s. 

Tripo-liao,  «.  f.  eomp.  La  partie  supérieure  du  côlon, 
le  premier  boyau  au-dessus  des  boyaux  grêles,  que  l'on 
emploie  comme  enveloppe  on  sac  dans  la  confection  des 
saucissons  ou  cervelas. 

Dér.  de  Tripo,  tripe. 

Tripo-qaioulàoa,  t.  f.  eomp.  Le  boyau  gras,  boyau- 
culier  ou  rectum,  qui  aboutit  à  l'anos. 

Dér.  de  Tripo,  tripe. 

Triqnétéîa,  v.  Agiter  des  cliquettes.  —  Foy.  Triquétot. 

On  obligeait  jadis  les  lépreux  des  maladreries  du  moyen- 
âge  à  agiter  des  cliquettes  entre  leun  doigts,  quand  ils  se 
montraient  en  public,  pour  avertir  les  passants  et  les  tenir 
à  distance. 

Triqnétos,  $,  f.  pi.  Cliquettes,  jeu  d'enfants  composé  de 
deux  galets  longs  et  plats,  ordinairement  en  micaschiste,  ou 
de  deux  fragments  de  côtes  de  cheval  on  de  bœuf,  qu'on 
agite  de  manière  à  produire  un  cliquetis  en  les  tenant  entre 
les  trois  premiers  doigts  de  la  main.  —  Voy.  Triquétéja. 

On  dit  aussi  Criquéto. 

Triqao,  m.  f.  Trique,  gros  bâton  qui  sert  ordinaû«ment 
à  frapper. 

Triqao-niqno,  «.  m.  Un  homme  qui  s'attache  â  des 
vétilles,  à  des  choses  insignifiantes;  un  tatillon.  —  Vno 
vèiio  dé  triquo-niquo,  une  veste  faite  d'une  éto£fe  fragile, 
usée,  sans  valeur. 

Dér.  du  lat.  Trieœ,  nugœ. 

Tria,  so,  adj.  m.  et  f.  Trituré,  réduit  en  pondre  plus 
ou  moins  fine,  pulvérisé.  ^  Téro  triêeo,  terre  légère, 
meuble,  sablonneuse  ;  exténué,  pauvre,  manquant  de  tout. 

Dér.  du  lat.  TrUum. 

Trissa,  V.  Triturer,  broyer,  piler,  pulvériser.  Au  fig. 
ce  terme  s'emploie  avec  la  signification  de  manger  avec 
appétit.  —  Triêio  bien/  il  triture  bien,  c'est  un  joyeux 
convive!  Triua  de  edou,  piétiner  sur  place.  Se  dit  surtout 

81 


(>38 


TRO 


TOU 


d'un  clioval  qui  Irolle  sans  avancer.  Trisso-nu'nu,  Uotte- 
nicnu.  Trisso-mouios,  brise-molles;  maillet  de  bois  k  long 
manche  servant  à  tMnotler;  l'ouvrier  qui  en  faii  usage. 

Trisséto,  s.  f.  Nom  déplante,  Ahina  meiUa,  Moigeline 
ou  mouron  blanc;  Stelluria  média,  slellaire  intermédiaire. 
On  la  donne  ordinairement  à  manger  aux  petits  oiseaux. 
En  nu^decine,  elle  est  recommcindee  pour  la  gu^M'ison  des 
ulcères  du  poumon.  Klle  pousse  ordinairement  dans  les 
jardins  [Viagers. 

Trissoù,  s.  m.  Pilon,  ou  [>lul6t  le  mortier,  com[»renant 
aussi  le  [ûlon;  appareil  qui  sert  à  trilurer,  broyer,  piler, 
pulvériser. 

Dér.  de  Tn'ssu,  triturer. 

Triste,  to,  adj.  m.  et  /".  Triste,  peiné,  aflligé.  On  le  dit 
aussi  d'une  chose  f;\eheuse,  Jésagréable,  affligeante,  pénible, 
difficile  à  supporter;  d'un  objet,  d'une  denrée  île  mau- 
vaise qualité.  —  Triste  sujo,  mauvais  garnement.  Aqud 
bla  es  htm  triste,  ce  blé  est  d'une  mauvaise  venue,  d'une 
mauvaise  (jualité.  Trisins,  enclin  à  la  tristesse. 

Dér.  du  lat.  Tristîs,  m.  s. 

Triste,  s.  m.  Soupente;  sort»;  de  grenier  ou  de  iilancher 
en  bois,  sus{)endu  sous  le  plancher  d'une  pièce  (ju^Mconque, 
d'une  habitation,  dont  il  lait  partie  inlégraiite  et  forme  une 
dépendance.  Kll<*  st-rt  oi(.linairemf'nl  de  reluit  où  couchent 
les  domesti(jues  et  n'occupe  «ju'une  [Kirtie  de  la  hautiMir  de 
la  pièce  qui  la  contient,  dont  elle  renul  le  jour  et  la  com- 
municalion  avec  le  resle  de  la  maison. 

Dér.  du  bas  lat.  Trdustcijn  ou  Tristeija;  rubirulum 
su  péri  us. 

On  donne  aussi  à  la  soupenle  le  nom  de  Pousta,  {)arce 
qu'il  est  ordinairement  construit  en  plancln^s  ou  post. 

Trïun,  s.  m.  K[)luchures,  denrées  de  rebut,  retranchées 
et  choisies  sur  cellt's  ([ui  sont  de  bonne  qualité.  Se  dit  sur- 
tout des  épluchures  laites  sur  les  châtaignes  et  (jui  re[)ré- 
sentenl  la  plus  mauvaisequalité.  —  Quan  véndi's  lou  triun  ? 
coiubicn  vendez-vous  K-s  épluchures? 

Dér.  (le  Tria,  trier. 

Tro,  s,  m.  Trot,  allure  du  cheval,  inlermédinire  entre 
le  i)as  et  le  galop.  —  Te  furai  marcha  dou  tro,  je  te  ferai 
suivre  la  ligne  droite. 

Dér.  du  cal.  Tmt,  m.  s. 

Tro,  s.  m.  Morceau,  portion  tl'un  objet.  —  in  tro  de 
pan,  un  morceau  de  pain.  Un  tro  dé  car,  un  morceau  de 
viande.  A  cha  tro,  morceau  par  morceau. 

Dér.  du  cat.  Tros,  m.  s. 

Tro,  s.  wj.  Tonnerre,  bruit  de  la  fouJre.  On  dit  aussi 
Tron.  —  Es  un  tron  dé  Diou,  c'est  un  diable  incairié.  Lou 
iron  lou  jH'to ,  il  a  le  diable  au  corps,  il  s'impati*^nte, 
!.ou  tron  té  cure!  que  le  tonnerre  te  viilc  le  corps!  Tron 
lié  milof  mille  tonnerres  I  Tron  de  Dion!  tonnerre  de 
Dieu  î 

Dér.  du  lat.  Tonitru,  m.  s. 

Trop,  adv.  Trop,  ailverbe  de  quantité,  plus  qu'il  ne  faut, 
avec  excès.  —  Madame  dé  Trop,   une  fdle  nou\ellement 


née,  venant  après  d'autres  enfants  et  formant  surcroit  dans 
la  famille,  arrivant  au  moude  sans  être  désirée. 

Dér.  du  cat.  Trop,  m.  s. 

Trouba,  v.  Trouver,  inventer  ;  se  livrer  à  la  poésie,  genre 
de  littérature  qui  exige  beaucoup  de  talent,  d'invention, 
d'imagination.  M.  Gabri-'l  Azaisfait  dériver  ce  mot  du  lat. 
Turbare,  remuer,  «  parce  «pie,  dit-il,  pour  trouver,  il  fant 
ordinairement  remuer.  » 

Troubadour,  s.  m.  Nom  donné  aux  poètes  des  X1I«  et 
W\\^  sièclt\s,  (pli  contribuèrent  pour  une  large  pari  à  la 
formation  délinitive  du  langage  méridional,  désigné  sous  le 
n  >m  Je  langue  romane. 

On  ap[)t^lait  Trouhùre.  trouvères,  ceux  qui  chantaient 
dans  la  langue  d'Outr.vLoire.  Cette  qualification  est  pour- 
tant employée  [)our  désigner  aussi  les  poètes  du  Midi.  La 
région  d'Alais  com[)le  trois  troubadours  romans  qui  onlélé 
l'objet  d'un»'  élud»^  publiée  dans  k^s  Mémoires  de  la  Société 
scientijhjue  et  littéraire  d'Alnis,  t.  XIH,  1880,  p.  129-151. 
Ce  sont  Azalais  de  Porcairargues,  Clara  d'Anduze,  et  Pierre 
de  Barjac. 

On  sait  que  |ps  poètes  méridionaux  de  nos  jours  ont 
adopté  la  (junlidcation  de  l'elibres. 

Dér.  de  Trouba,  trouver. 

Troubaïo,  s.  /".  Trouvaille,  découverte,  invention;  idé^ 
originale. 

Dér.  de  Trouba,  trouver. 

Troucho,  s.  f  Truit'\  truite  commune,  Saîmofario, 
Linn.  Ce  poisson,  (]ui  varie  beaucoup  selon  l'Age  cl  les  eaux 
dans  leï.quell'\s  il  vit,  se  distingue  surtout  par  les  taches 
noires  ou  brunes  et  r«)Ugt\s  sur  les  flancs,  qui  ligrent  le  fon(i 
blniàtr»',  blanc,  jauni^  doré  ou  même  brun  Ibncéde  sa  peau. 
C'est  le  lueilh^ur  de  tous  |i\s  poissons  qui  fréquentent  nos 
rivièp'S.  Qu»^lipi''s  siij>^ls  atteignent,  dans  le  Gardon,  le 
poids  de  six.  kilogrammes. 

Trougno,  s.  /.  Trogm^  ligure  bouffie,  rouge  et  luisante, 
qui  caractérise  habituellement  les  ivrognes  et  les  goinfres 
de  prolcssi)!!.  —  Fatrc  lu  /rouyno,  avoir  l'air  de  mauvaise 
lHim''ur,  faire  la  min»\  ex[»rimer  son  raéconleiilemenl  par 
l'expression  du  visage. 

Trouïa,  e.  Fouîn*  les  raisins  sur  la  cuve,  piétiner, 
exprimer  le  jus  des  raisins;  [>alauger  dans  un  bourbier.  Au 
fig.  piétin-n-sur  place,  èlro  incapable  de  prendre  une  résolu- 
lion. — Dé  que  trou'io?  pourquoi  hésite-t-il  ?  Trouïan,  nous 
foulons  notre  vendange. 

Dér.  du  lat.  Torculum,  pressoir. 

Trouïadoù,  ouïro,  s.  m.  et  f.  Cuve  ou  fouloire  servant 
à  fiiuler  la  vendange. 

Dér.  de  Trou  m,  fouler. 

Trouïaïre,  s.  m.  Fouleur  de  raisins  après  la  ven- 
dange. 

Dér.  de  Trouia,  fouler. 

Troumpa,  v.  Tromper,  tricher,  duper,  causer  une 
déception.  —  Aqnél  bla  m'a  troumpa,  ']ii\  mal  apprécié  le 


i  rendement  de  ce  blé,  j'aurais  cru  à  une  plus  grande  (ou 


TRO 

plus  faible)  quantité  de  récolte.  Se  troumpa,  se  tromper,  se 
méprendre,  tomber  dans  l'errear. 

Dér.  du  catal.  Trompar,  m.  s. 

Troampaire,  arèlo,  t.  m.  et  f.  Trompeur,  trompeuse; 
celui  ou  celle  qui  trompe,  qui  induit  en  erreur. 

Dér.  de  Troumpa,  tromper. 

Troampéta,  v.  Sonner  de  la  trompette  ;  trompeter.  Au 
fig.  divulguer,  médire,  cancaner.  —  L'a  prou  troumpéta 
pér  la  vUo,  il  Ta  passablement  répété  par  la  ville. 

Dér.  de  Troumpéta,  trompette. 

Tronmpétaire,  s,  m.  Trompette,  celui  qui  publie,  qui 
annonce  à  son  de  trompe,  dans  une  ville;  trompette  muni- 
cipal. 

Dér.  de  Troumpéta,  trompette. 

Tronmpéto,  s.  f.  Trompette ,  instrument  à  vent,  en 
métal,  clairon  militaire.  — Au  fig.  lou  troumpéta  dé  la  vilo, 
un  bavard,  une  colporteuse  de  cancans  ou  de  médisances. 

Dér.  de  Troumpa,  trompe. 

Tronmpo-la-mort,  s.  m.  eomp.  Celui  ou  celle  qui  a 
échappé  heureusement  à  plusieurs  accidents  graves  pouvant 
occasionner  la  mort. 

Dér.  du  français. 

Tronna,  v.  Tonner,  se  dit  du  bruit  de  la  foudre.  An  fig. 
Trouna,  gronder,  maugréer,  tempêter.  —  Bit  quan  trono, 
il  ne  rit,  il  ne  plaisante  jamais.  Se  dit  d'un  caractère 
sombre,  hargneux,  atrabilaire. 

Dér.  du  lat.  Tonare,  m.  s. 

Tronnado,  s.  f.  Court  orage,  accompagné  de  pluie.  Au 
fig.  accès  de  mauvaise  humeur. 

Dér.  de  Trouna,  tonner. 

Tronnclié,  s.  m.  Mouton  ou  brebis  armés  de  très-petiles 
cornes. 

Dér.  du  lat.  Truncus, 

Tronnfie,  s.  f.  Terme  de  jeu  de  cartes.  Le  jeu  de  la 
triomphe.  La  triomphe  est  trèfle.  — Jogue  dé  trounfUfje 
joue  du  trèfle.  Au  fig.  victoire,  triomphe. 

Dér.  du  lat.  Triumphut,  m.  s. 

Tronpèl,  s,  m.  Troupeau,  troupe  d'animaux  de  même 
espèce  rassemblés  en  un  même  lieu.  Se  dit  surtout  des  ani- 
maux domestiques  ou  de  basse-cour.  —  Vn  troupèl  dé 
ehivals,  dé  biôous,  dé  moutaua,  dé  pan,  dé  fédot,  dé  dindo$, 
un  troupeau  de  chevaux, de  bœufs,  de  moutons,  de  cochons, 
de  brebis,  de  dindons.  Un  troupèl  dé  mounde,  une  foule  de 
gens. 

Dér.  de  Troupo,  troupe. 

Tronpélado,  s.  f.  Une  troupe  de  gens  assemblés;  une 
foule,  une  multitude.  —  Vno  troupélado  d'éfan»,  une  mul- 
titude d'enfants.  Vno  troupélado  dé  méssorgot,  une  bordée 
de  mensonges. 

Dér.  de  Troupèl,  troupeau. 

Troupo,  5.  f.  Troupe,  rassemblement,  foule,  multitude; 
les  troupes  militaires,  les  soldats.  —  Es  à  la  troupo,  dins 
la  troupo,  il  est  militaire,  il  est  soldat. 

Dér.  du  bas-lat.  Troppa,  m.  s. 


TRU 


639 


Troussa,  v.  Couper,  tordre,  plier,  envelopper.  —  Trouita 
un  pérdigaf,  plier  les  pattes  d'un  perdreau,  le  trousser,  le 
disposer  de  façon  à  être  mis  en  broche. 

Dér.  de  Tro  ou  Tros,  morceau.  —  Voy.  ce  root. 

Trousse,  ».  f.  Faix  ou  charge  liés  dans  un  gros  drap  ou 
bourén,  qui  sert  à  serrer  et  à  transporter  de  la  paille,  du 
foin,  des  récoltes  encombrantes  et  légères.  —  Vno  trouno 
dé  pa\a,  un  faix  de  paille. 

Dér.  de  Troussa,  plier,  envelopper. 

Trouta,  v.  Trotter,  aller  au  trot.  —  Y  wsi  eoumù  un  asê 
quan  trata,  il  y  va  bon  jeu,  bon  argent. 

Dér.  du  lat.  Tolutarius,  trotteur. 

Tm,  s.  m.  Troc,  échange.  —  Tru  pér  tru,  troc  pour  troc, 
échange  de  deux  objets  sans  soulte  ni  retour. 

Tm,  s.  m.  Avarie,  dommage,  tare ,  choc,  blessure,  con- 
tusion, difficulté.  —  Prénê  tru,  prendre  mal,  éprouver  un 
malheur. 

Tmcal,  s.  m.  Butte,  tertre,  monticule. 

Dér.  de  True,  difficulté  à  surmonter. 

Tméjéto,  s.  f.  Cloporte,  insecte  aptère,  d'environ  un 
centimètre  de  longueur,  de  couleur  gris  cendré,  qui  habite 
les  endroits  humides,  sous  les  pierres,  les  troncs  d*arbres 
ou  autres  abris  qui  le  cachent.  Au  moindre  attouchement, 
il  se  roule  en  boule  comme  le  hérisson,  et  elot  ainsi  sa  porte, 
ne  présentant  à  l'ennemi  que  la  partie  la  plus  résistante  de 
son  corps,  formée  par  une  carapace  imbriquée;  il  échappe 
même  quelquefois  en  roulant,  s'il  se  trouve  sur  un  plan 
incliné.  Cet  insecte  ne  sort  que  la  nuit.  Les  Latins  le  nom- 
maient Porc9llio.  Dans  certaines  localités,  on  l'appelle 
aujourd'hui  Porcelet  de  Saint-Antoine  :  c'est  le  même  ordre 
d'idées  qui  lui  a  valu  dans  notre  pays  le  nom  de  Truéjéto 
(petite  truie),  de  ce  qu'on  avait  cru  lui  trouver  quelque  ana- 
logie, bien  éloignée  sans  doute,  d'habitudes  ou  de  forme 
avec  le  pourceau.  L'ancienne  médecine  employait  le  cloporte 
comme  dépuratif,  et  en  cataplasmes,  comme  résolutif. 

Tmèjo,  s.  f.  Truie,  femelle  du  porc.  S'applique  au  fig. 
dans  le  langage  populaire,  à  une  femme  sale  et  dégoûtante. 
—  ta  truèjo  a  énvéssa  lou  tâouiè.  Se  dit  d'une  maîtresse 
dont  la  malencontreuse  intervention  vient  rompre  un  mariage 
qui  est  sur  le  point  d'être  conclu. 

Dér.  du  bas-lat.  Troja,  m.  s. 

Trufa,  V.  Truffer,  bouiTcr  de  truffes.  —  Trufa,  €ulo, 
truffé,  truffée,  parfumé,  préparé  aux  truffes.  Se  trufa,  se 
moquer,  railler,  tourner  en  ridicule. 

Dér.  du  bas-lat.  Trufare,  m.  s. 

Tnlaire,  airo,  adj.  m.  el  f.  Moqueur,  euse. 

Dér.  de  Se  trufa,  se  moquer. 

Tnio,  s.  f.  Truffe  noire,  Tuber  cibarium,  Linn.  On  l'ap- 
pelle aussi  Rabasso.  Les  paysans  cévenols  appellent  Tru/b 
la  pomme  de  terre,  et  pour  en  distinguer  la  truffe  ordinaire, 
ils  appellent  celle-ci  trufo  négro . 

Tnlo-mando,  s,  f.  Nom  de  plante.  La  garde-robe, 
santoline,  petit-cyprès.  Santolina  chamaeyparieios ,  Linn. 
Sous-arbrisseau  d'une  odeur  forte,  qui  croit  dans  les  envi- 


038 


TRO 


TUR 


d'un  clicval  qui  Irotle  sans  avancer.  Trisso-ménu,  Irolte- 
nienu.  Trisso-moutos,  brise-molles;  niaillel  de  bois  à  long 
manche  servant  à  iMUOticr;  l'ouvrier  qui  en  faii  usage. 

Trisséto,  -v.  /".  Nom  déplante,  Alsina  média,  Morgelin*- 
ou  mouron  blanc;  Stelluria  média,  slellaire  interméJiair- 
On  la  donne  ordinairement  à  manger  aux  petits  oiseau 
En  médecine,  elle  est  recommandée  pour  la  guùrison  i 
ulcères  du  poumon.  Elle  pousse  ordinairement  dans 
jardins  polagiM's. 

Trissoù,  s.  m.  Pilon,  ou  pUUùt  le  mortier,  comprf 
aussi  le  pilon;  appareil  qui  sert  à  triturer,  broyer, 
pulvériser. 

Dér.  de  Trissu,  triturer. 

Triste,  to,  adj.  m.  et  f.  Triste,  peiné,  affligé.  0 
aussi  d'une  chose  fâcheuse,  désagréable,  affligeante, 
difficile  à  supporter;  d'un  objet,  d'une   denrée 
vaise  qualilé.  —  Triste  sujè,  mauvais  garneme- 
bla  es  birn  frisie,  ce  blé  est  d'une  mauvaise  ve 
mauvaise  qualilé.  Tristas,  enclin  à  la  tristesse. 

Dér.  du  lat.  Tristis,  m.  s. 

Triste,  s.  m.  Soupente;  sorte  de  grenier  on 
en  bois,  suspendu  sous  le  plancher  d'une  pièi- 
d'une  liabitalion,donl  il  fait  partie  intégrani 
dépendance.  Elle  sert  ordinairement  de  réJu' 
les  domesti(jues  et  n'occupe  qu'une  partie  d 
la  pièce  qui  la  contient,  dont  elle  reçoit  )< 
municalion  avec  le  resle  de  la  maison. 

Dér.    du    bas    lat.    Transtega    ou    Tri 
super i us. 

On  donne  aussi  à  la  soupente  le  noi- 
qu'il  est  ordinairenjent  construit  en  pin' 

Trïun,  s.  m.  Épluchures,  denrées  d 
et  choisies  sur  celles  ([ui  sont  de  bonn 
tout  des  éi)luchures  faites  sur  les  ch 
sentent  la  plus  mauvaisequalilé.  —  < 
conjbien  vendez-vous  les  épluchure.- 

Dér.  de  Tria,  trier. 

Tro,  s.  w.  Trot,  allure  du  eh'- 
le  pas  et  le  galop.  —  Té  faraï  v 
suivre  la  ligiic  droite. 

Dér.  du  cat.  Trot,  m.  s.  .ila 

Tro,  s.  m.  Morceau,  portion 
pan,  un  morceau  de  pain.  Un  i\  re- 

viande. A  cha  tro,  morceau  p  -rvé  la 

Dér.  du  cal.  Tros,  m.  s.  ithinsde 

Tro,  s.  m.  Tonnerre,  br- 
Tron.  —  Es  un  tron  dé  Di 
iron  iou  péto ,    il  a   le  di 
Lou  tron  té  cure  /  que  le 
dé   milof    mille    tonnerr» 
Dieu! 

Dér.  du  lat.  Tonitrv, 

Trop,  ar/v.  Trop,  ad 
avec  excès.  —  Madar. 


r  r 


-  mnres. 

'n    tuberosum, 

■'  mi  il  existe  un 

aussi  Trufo.  — 

mort.   —  Se    tuta, 
•X  boni  d'une  chose. 


M) 


Mie  les  animaux  de  bon 


t  dan 


"Mit  ordinai- 
liil  de  grand 

^  )»ec  tarin,  Frin- 

!  iHcé  de  brun  noi- 

;    jaune  et  de  noir,  le 

.-U'  du  corps  jonquille, 

Le  tarin  vil  longtemps 

•n  chant  n'est  pas  sans 

.•  Tuiple  facilement  avec  le 

-uilout  avec  le  canari.  De  ce 

it  de  très-bons  chanteurs. 

^  liée  du  Tarin,  on  dit  commune- 

:  d'un  homme  qui  a  un  gros  nez  : 

l'Sprvoir,   cuve,  citerne.  Le  plateau 
de  la  Saône  et  sur  lequel  est  bâti  le 
^  de  Lyon  comprend  un  quartier  dit  des 
•  i\e  la  grande  et  la  petite  Tune. 
"is  de  quartiers  se  retrouvent  dans  Tarron- 
\  lis  :  las  Tunos,  dans  la  commune  d'Aujac  ; 
.1  s'applique  à  un  grand  détour  du  lit  de  laCèze, 
lis  dans  la  commune  du  Chambon,  en  aval  du 
'  de  l'Homol,  à  l'endroit  où  l'isthme  formé  par  ce 
■  i  ."enlué  a  été  coupé  pour  redresser  le  lit  de  la  rivière 
lit  du  moulin  du  Tourrel  ou  Tourril.  Avant  que 
lupure  fût  effectuée,  le  lit  de  la  Cèze  formait,  sur  ce 
il,  comme  un  vaste  bassin  ovale,  qui  avait  valu  ace 
i.irtier  le  nom  de  Tuno. 

Faire  tuno,  signifiait,  en  vieux  français,  faire  ripaille,  se 
remplir  largement  l'estomac,  considéré  comme  un  réservoir 
de  bombance. 

Dans  le  langage  alaisien,  Tuno  s'applique  aussi  à  un  lieu 
éloigné:   Es  en  Tuno,  il  est  loin,   là-bas,  au  diable,  à 
Tunis  (?)  que  l'on  appelait  Thunes  dans  le  vieux  langage 
français. 
Dér.  du  bas-lat.  Tuna,  m.  s. 

V.  dans  les  Mém.  de  la  Société  /i7(crairc,  hist.  etarchéol. 
de  Lyon,  année  1876,  p.  483,  l'article  de  M.  le  baron 
Raverat,  portant  pour  litre  :  Le  tènemenl  de  Thunes, 

Le  nom  de  Concoules^  concullœ,  petites  conques,  petits 
réservoirs,  a  la  même  origine. 

Turgan,  s.  m.  Lotte,  Gardus  Lofta,  Linn.,  poisson  de 
rivière  qui  ne  \)èse  pas  au-delà  d'une  demi-livre  {250  gram- 
mes) et  qui  est  aussi  délicat  que  la  truite.  Il  a  deux  barbil- 
lons à  la  mâchoire  supérieure,  et  un  à  chaque  angle  de  la 
bouche;  six  osselets  à  la  nageoire  de  l'anus;  le  dos  tacheté 
de  noir.  Ses  œufs  sont,  dit-on,  un  poison  pour  la  volaille 


^.^ 


UIA 

chez  rbomme»  comme  ceux  da 
^'^  décrit  le  Turgan  ;  mais 
la  descriptioa  qa'il 
prôcédeole,  et 
donné,  sur  les 
ticiseuê,  Bloeh.)f 
ikté,  les  nageoires 
■le  noirâtre  avec  on 
1)8  étroit,  le  miiseaa 
le  34  centimètres  de 
aucoup  ;  il  est  très-fa- 
le  digestion  facile,  mais 
tj  circonstance,  qui  le  rend 
videmment  qae  ce  poisson 
.  Saint-Nicolas  et  le  Ah6ne, 
.vt  Gardonenque,  qui  est  fort 
,  et  serait  bien  alors,  en  effet,  la 
>.,  dont  les  qualités  8*accordent 
'}U6  Ton  reconnaît  an  Turgan. 
Il  Tonrigo,  s.  f.  Brebis  bréhaigneoa 
,  imais  porté.  On  dit  bréhaigne  parop- 
i  brebis  portière,  celle  qui  à  déjà  porté, 
.orne  habitée;  mauvais  cabaret,  habita- 
misérable  on  mal  famée. 
;  Tast,  ».  m.  Choc,  coup  que  Ton  se  donne 
nlqu'nn  ou  contre  un  corps  dur. 
<ta,  frapper,  henrter. 


UIÉ 


641 


Tus,  pr.  pert.  Toi. 

TiiBta,  V.  Frapper,  heurter.  Se  dit  aussi  d*un  orateur  qui 
perd  la  tète,  s*embrouille  et  frappe  à  tous  les  coins  pour  re- 
trouver ses  idées.  —  Tutto  pér  tout,  se  dit  également  d'un 
homme  difficile  dans  son  choix,  et  qui  heurte  à  toutes  les 
portes  pour  trouver  une  femme  à  sa  convenance. 

I)ér.  du  grec  Tt^nrco,  m.  s. 

Tutado,  «.  f.  Coup,  choc,  heurt,  tape,  bourrade. 

Dér.  de  Tusta,  frapper. 

Tustadoù,  s.  m.  Marteau  de  porte,  heurtoir. 

Dér.  de  Tusta,  frapper. 

TiiBtobalnstro  (A),  loc.  adv.  A  la  bonne  aventure,  au 
hasard,  à  la  bonne  venue,  inconsidérément,  à  l'étourdie. 

Tntéja,  v.  Tutoyer.  C'est,  dit  Sauvages,  un  raffinement 
de  politesse  qui  a  introduit,  dans  les  langues  européennes 
modernes,  l'usage  de  parler  au  pluriel  en  ne  s'adressant 
qu'à  une  seule  personne. 

Cet  usage  n'existait  pas  jadis.  On  se  tutoyait  chez  les 
Latins,  comme  chez  les  Grecs,  et  comme  cela  a  lieu  aujour- 
d'hui encore  dans  les  langues  orientales,  même  quand  on 
s'adresse  à  des  personnes  du  plus  haut  rang. 

TuUm,  s.  m.  Tuteur.  Celui  qui  dirige  l'éducation,  l'exis- 
tence et  les  intérêts  d'un  enfant  jusqu'à  l'âge  de  sa  majorité. 
Un  échalas,  un  support  employé  pour  soutenir  les  plantes, 
les  arbres  fruitiers,  qui  fléchissent  à  cause  de  leur  faiblesse 
ou  à  cause  de  la  grande  quantité  de  fruits  qu'ils  portent. 

Dér.  du  lat.  Tutor,  m.  s. 


u 


U,  s.  m.  Cinquième  voyelle  et  vingt-unième  lettre  de 
.alphabet.  Dans  le  dialecte  cévenol  V s'emploie  pour  l'ad- 
jectif numéral  Un.  —  U  pâouqué,  un  peu,  une  petite 
quantité;  un  peu  de  temps,  un  faible  intervalle.  Prénès 
n'en  u,  prenez-en  un. 

Ucre,  s.  m.  GEil.  —  Y-a  fieha  'n  cà  dé  poun  din  sou» 
ueres  /  il  lui  a  donné  un  coup  de  poing  dans  les  yeux. 

Ugno,  s.  f.  Ugne,  sorte  de  raisin  dont  il  existe  deux 
eqièces  :  VCgns  blanche  et  VUgne  noire.  L'une  et  l'autre  ont 
le  grain  sphérique,  qui  les  distingue  de  l' Vïado  ou  Coupado, 
dont  le  grain  est  oblong. 

VUgne  mûrit  de  bonne  heure;  elle  est  d'une  digestion 
facile  et  on  la  donne  aux  convalescents. 

Uia,  V,  Remplir,  tenir  plein  un  tonneau  ou  un  vase  con- 
tenant du  vin,  à  la  suite  du  déchet  qui  s'opère  par  l'évapo- 
ration,  dans  les  premiers  mois  de  la  mise  en  fût. 

Il  est  à  remarquer  que,  par  un  singulier  phénomène,  cette 
évaporation  est  plus  considérable  par  un  temps  humide, 
avec  vent  du  sud  et  une  forte  dépression  barométrique. 


tandis  qu'elle  est  presque  nulle  quand  souffle  le  vent  du  nord. 

Uiado  ou  Conpado,  s.  f.  Œillade.  Cette  qualité  de  raisin 
non  mentionnée  par  Sauvages  est  pourtant  une  des  plus 
délicates  de  celles  que  l'on  récolte,  ou  plutôt  que  l'on  récol- 
tait, hélas  !  jusqu'à  ces  dernières  années  dans  le  Gard,  d'où 
elle  a  presque  complètement  disparu,  comme  tant  d'autres. 
Celles  que  produisait  le  territoire  de  SainWJean-du-Pin,  près 
d'Alais,  jouissaient  surtout  d'une  réputation  méritée. 

Le  grain  de  ce  raisin,  dont  la  saveur  se  rapproche  de  celle 
de  VUgno,  est  oblong,  à  peau  fine  et  délicate. 

Uiaje,  5.  m.  Remplissage  d'une  futaille  dont  le  contenu 
a  diminué  par  suite  de  l'évaporation. 

Uiàou,  s.  m.  La  dent  de  l'œil  ou  dent  œillère,  dont  il 
existe  deux  dans  la  mâchoire  supérieure,  correspondant 
au-dessous  de  l'œil. 

Dér.  àHuèl,  oui. 

Uié,  f.  m.  Œillet;  petit  trou  circulaire |  bordé  d'un 
cercle  ordinairement  métallique  et  dans  lequel  on  passe  le 
ferret  d'un  lacet. 


642 


VAI 


Un,  uno,  odj.  (le  nombre. On  dit  aussi  u,  uno.  {Voy.  œ 
mol.)  Quiut'uno/  quelle  bMiseî  quel  mensonge!  quelle 
myslificalion  !  quelle  énormilé!  Mé  n'a  di  uno  que  crèmo  âou 
lun,  il  m'a  raconlé,  il  m'a  dit  une  chose  inouïe,  incroyable  . 

Uni,  unido,  adj.  m.  et  f.  Uni,  unie.  Dune  couleur,  d'une 
nuance  uniforme. 

Upo,  s.  /■.  Huppe,  et  par  extension  les  sourcils  et  les 
cils.  On  dit  d'une  personne  allîûljlio,  percluse:  Pot  pas  leva 
l'upo,  ell^  ne  peut  pas  ouvrir  les  yeux,  elle  ne  peut  remuer 
ni  pied  ni  [)atle. 

Us,  s.  m.  Usaij'e,  coutume,  habitude.  —  Counouïsselous 
us  dé  l'oustdou,  y^i'i  l'habitude  de  celle  maisofi,  j'en  connais 
les  a  lires. 

Dér.  du  la  t.  l'sus,  usage. 

Usaje,  5.  m.  Couturne,  usage,  habitude;  solidilé,  durée, 
résistance.  —  Aquclo  vcsto  m'a  fa  força  usaje,  cette  veste  a 
longtemps  ré^islé  ;\  l'usure. 

Dér.  du  lai.  Usas,  usage. 


VAL 

Usanço,  s.  f.  Usure,  détérioration,  déchet. 

Dér.  du  catal.  Usansa,  m.  s. 

Uscla,  i\  Flambler,  griller,  brûler,  roussir.  —  S'uscla 
tous  pùous,  las  ussos,  se  griller  les  cheveux,  les  soarcils. 

Dér.  du  lat.  Ustulare,  m.  s. 

Uscla,  ado,  adj.  m.  et  f.  Roussi,  flaml)é,  grillé,  brùlé. 

Usso,  s.f.  Sourcil.  FaVrc  las  ussos,  froncer  les  sourcil  s. — 
Vu  codé  poun  sus  l'usso,  un  coup  de  poing  au  front.  Fasiê 
d'ussos  coumo  dé  brosso,  il  hérissait  ses  sourcils  d'un  air 
courroucé. 

Ustancïo,  s.f.  Ustensile,  outil,  tout  ce  qui  sert  au  menu 
ameublement  d'un  ménage  et  principalement  de  la  cuisine, 
tels  que  la  vaisselle,  la  batterie  de  cuisine,  etc. 

Dér.  du  lat.  Cstensilia,  m.  s. 

Usunfui,  m.  5.  Usufruit,  jouissance  des  recolles,  des 
revenus  d'un  héritage  dont  la  propriété  appartient  k  un 
autre. 

Dér.  du  lat.  Usufructus,  m.  s. 


V 


Y,  s.  m.  Dix-S'-ptiême  des  consonnes  et  vingt -deuxième 
lettre  de  ral[)liahot.  Dans  un  grand  nombre  de  dialecles  méri- 
dionaux du  Sud-Ouest  de  la  France,  le  V  se  prononce  6,  mais 
il  ne  doit  jamais  élre  rem[)lacé  par  cette  d(!rnière  lettre, 
dans  rnrl!itgiM()he  des  mots  où  il  est  employé. 

Les  laliiis  l'employaient  pour  U  dans    beaucoup  de  cas. 

Vacance,  .v.  f.  Place  ou  fonction  inoccupées  ,  vacantes, 
dépourvues  de  titulaire. 

Vacant,  s.  m.  l^n  lerrai[i  inoccupé,  une  parcelle  non  culti- 
vée el  p)uva!il  servir  d'emi>Iac'[ii'^nl  puur  une  construction. 

Dér.  du  lat.   Vnr'tniem,  \\\ .  s. 

Vacbéïrious,  .v.  m.  pi.  Les  quatre  derniers  jours  du  mois 
de  mars  el  les  U'jis  [)remiers  du  mois  d'avril,  composant  une 
périrnl.^  (jU"  l'on  c  )nsidrM-e,  h  tort  ou  ù  raison,  comme  étant 
souvent  lalale  aux  récolles,  et  durant  laquelle  les  gelées 
blanches  hrDuiss'MU  (lUflqu-Mois  les  jeunes  bourgeons. 

On  ai)[>iMl(^  au>^i  C'\s  s'[)l  jours  Ions  Cavalics,  dénomi- 
nation qu"  Von  a[i[ilii[ae  é^'al'';nent  aux  saints  grèleurs  ou 
vendinL'''in'<,  tels  (pie  Saint-Georges,  Siint-.Marc,  Sainte- 
Croix,  Sainl-Jean  et  Sainl-Médard,  dont  les  fêtes  sont  décriées 
parmi  le  [)eu[)le,  à  cause  des  pluies,  des  grêles,  des  orages 
quiles  a''i''»!upiL:iienl  .souvent  de  près  ou  de  loin  . 

Vacina.  v.  Vacciner,  donner  la  vaccine. 
Dér.  (lu  lat.  V'irra,  vache. 
Vacino,  s.  f.  Vaccine;  vaccin. 
Dér.  «lu  lat.  Vacca,  vache. 

Vaïén,  énto,  adj,  m.  et  /".  Diligent,  actif,  laborieux. 
Dér.  (lu  lat.   Valrnicm,  vaillant:  mais  il  ne  s'emploie 
[)lus,  en  l;ingu»^d<»cien,  avec  cette  dernière  acception. 
Vaï  et-vèn,  v.  vi.  vomp.  Va-et-vient.  Cette  expression 


s'emploie  avec  la  même  acce[)tion  qu'eu  français.  Elle 
exprime  l'action  de  se  promener  de  long  en  large,  sans  but 
déterminé. 

Val,  .V.  m.  Val,  vallée.  Ce  terme  devait  être  jadis  employé 
au  féminin  puisqu'on  le  retrouve  dans  les  noms  de  lieu 
féminin.  La  Val,  Valbonjno,  Valùrihni'jo,  Valérisclo,  Vdou- 
malo,  Vahj'ihjo,  Vali'ojuicïro,  etc.  —  Voy.  ces  mots. 

Dér.  du  lat.  Vallis,  m.  s. 

Vala,  >.  m.  Uo.ssé,  lit  de  ruisseau,  ruisseau  lui-même. 
Tranchée  l'aile  de  main  dliomine  [)our  défricher  un  champ, 
doniier  un  écoulement  aux  eaux. —  Passa  avala,  passer  uu 
cliami)  en  friche  k  tranchées,  le  défoncer  aune  grande  pro- 
fondeur. De  l'obrojou  vala,  c'est  par  l'œuvre  que  l'on  juge 
rou\rier.  S'en  a)Hi  coumo  un  vala,  s'éloigner,  disparaître, 
s't^n  aller  sans  dire  mot,  sans  demander  son  reste. 

Dér.  du  lat.   Vallutus,  m.  s. 

Vala-mabistre,  s.  m.  comp.  Fossé  ou  ht  de  ruisseau 
mavronal,  c'est-fi  dire  d'un  ruis.seau  qui  reçoit  tous  les 
aulivs  aflUifols  de  la  n^'gion  ou  d'un  même  quartier  de  terri- 
toire, et  d:>nt  le  sol  n'appanient  pas  aux  riverains  par 
m()ilié,co!nmo  c(;la  a  lieu  pour  les  fossés  qui  formaient  limite 
divisuire  entre  deux  héritages  situés  sur  un  même  plan 
horizontal;  car  pour  deux  pièces  de  terrain contigues,  mais 
situées  sur  deux  plans  différents,  l'usage  veut  que  la  l)erge 
de  soutènement,  qui  borde  la  parcelle  supérieure,  appartienne 
à  celte  parcelle,  tandis  que  le  fossé  creusé  au  pied  de  cette 
même  berge  doit  appartenir  à  la  parcelle  située  en  contre- 
bas, d'(jii  l'axiome  suivant:  Bibo  d^dou,  vala  dé-bas, 
c.-cVd.  la  berge  appartient  au  propriétaire  d'en  haut,  le 
fossé  np[)artient  au  propriétaire  d'en  bas. 


VAL 

Fonn6  de  Vola,  fossé,  el  de  Vadj.  MahiHr§,  magistral, 
priocipal  on  mayronal. 

Yalabrégo,  «.  f.  Vallabrégue,  village  da  canton  d*Âra- 
mon,  autrefois  situé  dans  une  lie  du  Rh6ne  qui  8*est  depuis 
soudée  à  la  rive  gauche  du  fleuve.  Cette  appellation  a  la 
signification  de  vallée  double  ou  à  deux  lèvres  (brigoj,  à 
cause  des  deux  branches  du  Rhône  qui  Tentouraient  jadis 
et  la  plaçaient  entre  deux  rives,  l'une  orientale  regardant 
la  Provence,  et  l'autre  occidentale  en  face  du  Languedoc. 

Yalâonrio,  s.  f.  Nom  de  lieu  et  d'une  rue  d'Alais  orientée 
du  levant  au  couchant,  et  partant  de  la  place  de  l'Hôtel- 
de-Ville  pour  se  terminer  à  la  rue  Bouquerie,  qui  en  forme 
le  prolongement,  à  partir  du  carrefour  des  mes  Raymond- 
Pelet  et  du  Doyenné. 

Dér.  du  lat.  Vallis  auraria,  vallée  ou  rue  du  vent  ou  de 
l'aure. 

Vala-ratiè,  $.  m.  eomp.  Fossé  de  drainage,  creusé  en 
tranchée  dans  une  pièce  de  terre  marécageuse  pour  favo- 
riser l'écoulement  des  eaux,  et  rempli  de  menues  pierres 
ordinairement  recouvertes  de  dalles  minces. 

Composé  de  Vola,  fossé,  et  de  ratiè,  pour  les  rats;  fossé 
habité  par  les  rats. 

Yalborgno,  s.  f.  Nom  de  lieu.  Vallée  borgne,  c'est-à-dire 
qui  n'a  qu'une  ouverture  inférieure,  un  seul  débouché  en 
aval,  celui  d'amont  étant  clos  par  des  crêtes  ou  des  plateaux 
élevés.  La  ville  de  Saint-André-de-Valborgne,  chef-lieu  de 
canton  de  l'arrondissement  du  Vigan,  est  située  dans  la 
vallée  dite  Valborgne,  formée  parla  branche  du  Gardon  de 
Saint-Jean-du-Gard,  qui  prend  son  origine  sur  le  flanc 
oriental  du  Causse  ou  Calm  de  THospitalet,  et  débouche 
dans  la  vallée  principale  de  la  Gardonenque,  un  peu  en 
amont  de  Saint*Jean-du-Gard. 

Valériselo,  vallée  close,  a  la  même  origine.  —  Voy*  ce  mot. 

Formé  de  Val,  vallée,  et  de  borgno,  borgne. 

Talé,  V.  Valoir,  avoir  du  prix,  du  mérite;  rapporter, 
produire,  procurer,  tenir  lieu,  profiler,  être  utile,  aider.  — 
Se  faïre  tfalé,  se  donner  de  l'importance.  Se  fdivhiènvali, 
acquérir  de  l'estime,  de  la  considération,  par  son  mérite  ou 
sa  conduite.  Se  faïre  mdou  valé,  perdre  par  sa  conduite  l'es- 
time des  honnêtes  gens  Faïre  valé  uno  plaça,  s'intéresser  à 
quelqu'un  pour  lui  obtenir  une  place,  des  fonctions  qu'il  dé- 
sire remplir.  Pdou-vdou,  vaurien,  homme  de  peu  de  valeur. 

Yalénço,  $.  f.  Valeur,  vaillance;  vaillantise. 

Yalérâongo,  «.  A  Nom  de  lieu.  Chef-lien  de  canton  de 
l'arrondissement  du  Vigan,  sur  la  rivière  de  l'Hérault  qui 
lui  donne  son  nom.  —  Valérdougo,  vallée  de  l'Hérault. 
{Arauris  en  latin.) 

Valériselo,  s,  f.  Vallée  haute  de  l'Auzonnet,  affluent  de 
la  Cèze,  au  milieu  de  laquelle  se  trouve  le  village  deSaint- 
Jean-de-Valériscle  qui  emprunte  son  nom.  Cette  dénomina- 
tion off're  une  signification  identique  à  celle  de  Valbargno. 

Dér.  du  lat.  Vallis  clausa,  vallée  fermée  on  close,  cette 
vallée  étant  en  effet  fermée  à  son  orgine  par  les  hauteurs  de 
Portes. 


VAN 


643 


Valgalgo  t.  f.  Valgalgue,  VaUe$ualga,  nom  donné  à  la 
vallée  haute  du  ruisseau  du  Grabieu,  affluent  du  Gardon, 
et  qui  se  jette  dans  cette  rivière  au  nord  de  la  ville  d'Alais 
après  avoir  reçu  le  ruisseau  de  Bruège.  Cette  vallée  a  donné 
son  nom  à  deux  localités  du  canton  d'Alais-Est,  Saint-Mar- 
tin et  Saint4ulien-de-Valga]gue,  situées  toutes  deux  au 
passage  de  Tandenne  voie  Régordane,  aujourd'hui  route 
nationale  n<»406,  de  Nimes  à  Moulins,  dont  la  direction 
est  sensiblement  parallèle,  sur  cette  région,  aux  cours 
du  Gardon  et  du  Grabieu  entre  lesquels  elle  se  trouve 
comprise. 

A  part  le  ruisseau  du  Grabieu  et  ses  affluents,  cette  vallée 
large  et  plate  est  sillonnée  par  une  multitude  de  petits 
ruisseaux,  qui  la  coupent  dans  tous  les  sens  et  qui  lui  ont 
valu  sa  dénomination  :  Valgalgo,  Val-dai-aïgos  ou  Val- 
éïgotuo,  synonyme  de  Valiguiètro  ou  Val-èiguUïro.  — 
Voy.  c.  m. 

C'est  à  l'origine  de  cette  vallée,  au  levant  du  village  de 
Saint-Julien-de- Valgalgue,  que  fut  fondé,  en  4229,  le  monas- 
tère des  religieuses  de  N.-D.  des  Fons  on  de  Sainte^laiie- 
d'Alais,  de  Tordre  de  Citeaux,  dont  il  ix'ste  encore  la  chapelle 
convertie  en  filature.  Cette  abbaye  est  placée  à  côté  d'une 
source  abondante  qui  alimentait  le  couvent. 

Dér.  du  lat.  Vallis  aquaria,  m.  s. 

Valiguièîro,  t.  f.  ou  plutôt  Val-éigniètro,  Vallis  aqua- 
Ha,  vallée  des  eaux,  synonyme  de  Valgalgo.  C'est  le  nom 
d'une  petite  rivière,  affluent  du  Gardon,  qui  traverse  les  terri- 
toires de  Valliguière,  deCastillon,  de  Saint-Hilaire-d'Ozilhan 
et  de  Remoulins.  Elle  donne  son  nom  an  village  de  Valli- 
guière, situé  près  de  sa  source,  et  qui  fait  partie  du  canton  de 
Remoulins.  Elle  longe  sur  une  grande  partie  de  son  cours 
la  route  nationale  n«  86,  de  Lyon  à  Beaucaire,  qui  fut 
jadis  l'ancienne  voie  romaine  de  Nimes  à  Alba-Helviorum, 

Dér.  du  lat.  Vallis  aquaria,  m.  s. 

Vanmalo,  ou  plutôt  Vàcninalo  ou  Valmalo,  s.  f.  Vallée 
mauvaise,  dangereuse.  On  trouve  Vanmalo  dans  la  com- 
mune de  Sonstelle,  et  la  Combe  de  Valmale,  en  aval  du 
Pont-dU'Gard,  rive  droite.  Malaval  a  la  même  origine. 

Dér.  du  lat.  Vallis  mala,  m.  s. 

Yan,  s.  m.  Van.  Appareil  en  osier  qui  sert  à  vanner  le 
grain  et  les  légumes,  à  le  dépouiller  de  la  balle,  des  peili- 
cules  ou  menues  pailles  qui  s'y  trouvent  mêlées. 

Dér.  du  lat.  Vannus,  m.  s. 

Van,  s.  m.  Élan.  —  Préne  van,  prendre  son  élan, 
reculer  pour  mieux  sauter.  Grand  van,  piehà  eo,  se  dit  de 
celui  qui  fait  beaucoup  d'embarras  pour  arriver  à  un  mince 
résultat.  Douna  lau  van,  donner  l'autorisation,  le  ban  des 
récoltes,  du  grapillage;  élargir  le  bétail,  lui  donner  la  clé 
des  champs;  mettre  un  prisonnier  en  liberté;  donner  la 
fuite  à  l'eau  d'un  bassin,  d'un  réservoir;  an  vin  d'une 
futaille.  Très  membres  tout  d'un  van,  trois  pièces  de  plain- 
pied,  dans  une  maison. 

Van,  V.  Ils  vont,  trois,  pers.  plur.  du  verbe  Ana,  aller. 
—  Coumo  y  van/  quelle  ardeur! 


644 


VAO 


Yana,  v.  Vanner,  dépouiller  le  grain  des  pellicules  on 
pailles  légères  qui  y  sont  mêlées. 

Dér.  de  Van,  van. 

Vanèlo  on  mieux.  Vanèon,  «.  f,  ou  m.  Vanneau  Vanêl- 
lus  cristatui,  oiseau  aquatique  de  Tordre  des  Échassiers  et 
de  la  famille  des  Tenuirostres.  Il  est  remarquable  par  Tai- 
grette  longue  et  noire  qui  se  relève  sur  le  derrière  de  sa 
tète,  et  il  est  fort  recherché  par  les  gastronomes,  sans  tou- 
tefois mériter  Texagération  du  dicton  :  <  Qui  n*a  pas 
mangé  de  vanneau,  n*a  pas  mangé  de  bon  morceau.  »  Son 
nom  français,  dont  le  languedocien  n*est  que  la  traduction, 
lui  vient,  parait-il,  de  ce  que  son  vol,  quoique  léger,  se 
fait  entendre  d'assez  loin  et  imite  assez  bien  le  bruit  du 
van  dont  on  se  sert  pour  vanner  le  blé. 

On  appelle  aussi  Vanèlo,  Banèlo  on  Gaféio,  la  mouette 
(Laruê)  en  y  comprenant  les  mouettes,  mauves  on  goélands , 
car  des  nombreuses  variétés  de  ce  genre  d*oiseau  qui  sont 
ici  de  passage  et  dont  plusieurs  restent  sédentaires  sur  nos 
côtes,  on  ne  saurait  trop  à  laquelle  appliquer  plus  parti- 
culièrement ces  noms,  y  compris  même  le  Qabian. 

Dér.  du  lat.  Vanéttuê,  m.  s. 

Yanèlo,  s.  f>  Nonchalance,  paresse.  —  Quinto  winUo  I 
quelle  paresse  !  On  emploie  aussi  ce  terme  substantivement 
dans  le  sens  de  paresseux,  fainéant. 

¥ano,  «.  f.  Vanne,  couverture,  courte-pointe,  couverture 
de  coton  ou  de  laine  dont  on  recouvre  un  lit.  —  Dim. 
Vano^,  petite  couverture,  couvre-pieds.  Fono  piquado, 
couverture  piquée.  Vanne  de  moulin. 

Vanta,  v.  Vanter,  prôner,  faire  Téloge,  relever  les  qua- 
lités d'un  homme  ou  d'une  chose.  —  Se  vania,  se  vanter, 
se  glorifier,  à  tort  ou  à  raison. 

Dér.  du  lat.  Vanitare,  m.  sign . 

Yantaciou,  s.  f.  Louange,  flagornerie,  vanterie. 

Dér.  de  Vanta,  vanter. 

Yantéto,  $.  m.  Vantard,  fanfaron.  —  Es  un  vantito, 
c*est  un  vantard,  un  homme  qui  se  glorifie  constamment , 
qui  fait  sans  cesse  son  éloge. 

Dér.  de  Vanta,  vanter. 

Yantonèr,  «.  m.  Éventail. 

Dér.  de  Vén,  vent.  Régulièrement  on  devrait  dire  Vin- 
touèr, 

Yâoagrand,  $.  f.  Nom  de  lieu,  vallée  grande  ;  large  vallée. 

Yâonmagno,  t.  f.  Même  signification  que  Vâougrand, 

Dér.  du  lat.  Valli»  magna,  m .  s. 

Yâoupièîro,  s.  f.  Nom  de  lieu,  dans  les  communes  de 
Valleraugne  et  de  Sumène.  Localité  ruinée,  située  sur  le 
territoire  de  Théziers;  terrier  de  renards. 

Dér.  du  lat.  Vulpes  ou  Vutpi$,  renard. 

Yâourièn,  s.  m.  Vaurien,  mauvais  sujet,  coquin  ;  homme 
sans  moralité,  sans  probité. 

Dér.  de  Vdou  et  de  Rien,  qui  ne  vaut  rien. 

Yâouiiènaîo,  s.  f.  Race  de  vauriens,  famille  de  coquins, 
mauvaise  engeance. 

Dér.  de  Vdourièn,  vaurien. 


VÈ 

Yâoatres,  os,  pr,  pmrs,  de  la  2*  pers,  plwr.  Vous.  On 
l'emploie  aussi  pour  voum  àoutreê,  vàautm  étant  en  effet 
une  contraction  de  vow  âoutres. 

Gomp.  de  Vous  et  de  Àouire$. 

Ya-qaé-ya,  adv.  Vaille-que-vaille. 

Yaquiè,  èîro,  $,  f.  et  m.  Vacher,  vachère,  celui  ou  celle 
qui  prend  soin  des  bœufs  on  des  vaches,  dans  un  domaine, 
on  qui  fait  métier  d'élever  les  bœufs  et  les  vaches. 

Dér.  de  Vaquo,  vache. 

Yaqno,  $.  f.  Vache,  femelle  du  taureau.  —  La  vaqw 
a  bon  pè/  expression  employée  par  les  plaideurs,  pour 
indiquer  qu'ils  ont  des  ressources  sufllsanles  pour  soutenir 
un  procès  onéreux.  Lou  planché  dé  la»  vaquai,  le  plancher 
des  vaches,  la  terre  ferme.  Que  ié  /icfc«  la  vaquo,  mai  qui 
hu  védél  téu!  peu  importe  la  mère,  si  le  fils  se  porte  bien! 
Parla  frawié»  eoumo  uno  vaquo  éipagnolo,  se  ditd'un  homme 
ou  d'une  femme  qui  ont  la  prétention  de  s'exprimer  en 
français,  mais  qui  ne  peuvent  y  parvenir  que  d'une  manière 
très-défectueuse. 

Yaraîa,  v.  Roder  en  tous  sens,  fureter,  chercher,  bou- 
leverser, brouiller. 

Yaraîatre,  aîro,  $.  m.  et  f.  Celui  ou  celle  qui  rôde,  furète, 
brouille  et  bouleverse  toute  chose. 

Dér.  de  VarOia,  rôder. 

Yaraire,  s.  m.  Nom  de  plante  de  la  famille  des  Golchi- 
cacées,  qui  s'applique  à  l'Ellébore  de  toutes  les  espèces  : 
blanc,  Veratrum  album,  Linn.  ;  noir,  HêlUbonu  mg§r, 
Linn.  ;  vert,  Bdleboruê  viridi»,  Linn.  Cette  plante  fleurit 
en  hiver  et  sa  racine  est  vénéneuse. 

Yaral,  s.  m.  Mêlée,  attirail,  multitude  d'aflaires,  trouble, 
désordre,  confusion,  remue-ménage.  —  Voy.  aussi  IKaniftat. 

Yariso,  «.  f.  Varice,  veine  très-renflée  qui  se  manifeste 
ordinairement  dans  les  jambes. 

Dér.  du  lat.  Varicem,  m.  s. 

Varié,  ».  m.  Valet,  domestique,  serviteur;  valetdeferme, 
laboureur;  valet  de  meunier.  —  VarlénU'tnlo,  valet-de- 
ville,  appariteur.  Un  des  quatre  personnages  qui  figurent 
sous  ce  nom  dans  un  jeu  de  cartes.  Terme  de  menuiserie  : 
instrument  en  fer  qui  sert  à  assujétir  une  piôce  de  bois  sur 
l'établi,  pendant  qu'on  la  travaille.  A  varié  fôou  pa»  cAom- 
brii^o,  à  un  valet  on  ne  fournît  pas  une  domestique. 

Dér.  du  has-lat.  Va»»alHu»,  vassal,  subal terne. 

Vas,  ».  m.  Mesure  de  quantité  équivalant  au  nombre 
cent.  Ce  mot  s'emploie  particulièrement  dans  les  environs 
de  Nimes,  et  surtout  à  Besonce.  —  Un  va»  dé  eébo$,  un  cent 
d'ognons. 

Yaso,  ».  m.  Vase,  ustensile  destiné  &  contenir  une 
liqueur  ou  des  grains.  Poterie  d'ornementation;  pot  on  l'on 
tient  des  fleurs  dans  les  jardins  ou  sur  une  fenêtre. 

Yè  !  inurj.  Vois  !  expression  employée  poar  exprimer  la 
surprise  ou  l'admiration.  —  Oï  vèf  oh!  vois!  Tè,  vè! 
tiens,  vois  ! 

Dér.  de  Vé,  seconde  personne  du  futur  absolu  de  l'impé- 
ratif du  verbe  Vêir»,  voir. 


VÉI 

Védèl,  «.  «II.  Veau, le  petit  de  la  vache. — Àoura  la  vaeo 
amaii  lou  védèl,  se  dit  d*iin  homme  qui  épouse  ime  fille  déjà 
enceinte.  Brama  eoumo  un  védii,  crier  comme  un  brûlé, 
comme  jm  yeaa. 

Un  éboalis  de  terre  on  de  mur  reçoit  aussi,  an  figuré,  le 
nom  de  védèl, 

Dér.  dn  lat.  V$iillus,  m.  s. 

Yédéla,  v.  Vêler,  mettre  bas  nn  veau.  An  figuré  s'ébou- 
ler. —  Aquélo  faXsto  a  védéla,  ce  mnr  de  soutènement  s'est 
éboulé. 

Dér.  de  Vid^,  veau. 

Yédélé,  «.  m.  Maladie  inflammatoire  des  enfants. 

Yédîa,  V.  Attacher  les  sarments  de  la  vigne  aux  écha- 
las,  les  provins  et  les  jeunes  plants  aux  tuteurs. 

Dér.  de  Védil.  — •  V(*y.  ce  mot. 

Yédil,  i.  m.  Lien  fait  avec  un  rameau  d'osier;  brin  de 
jonc  ou  de  rameau  flexible  dont  on  se  sert  principalement 
piour  attacher  aux  échalas  les  jeunes  plants  de  vigne,  les 
provins  et  les  jeunes  plants  aux  tuteurs,  les  branches  des 
aibres  fhdtiers  en  espalier  à  leurs  supports. 

Yédio,  s.  f.  Le  cordon  ombilical.  —  Nou$a  la  védio, 
nouer  le  cordon.  Cwtpa  la  védto,  couper  le  cordon. 

Les  femelles  des  animaux,  qui  mettent  bas,  coupent  avec 
les  dents  le  cordon  sans  le  lier,  et  il  n'en  survient  aucun 
accident;  les  enfants  périraient  si  l'on  oubliait  de  faire 
cette  ligature. 

Dér.  de  VédU,  lien. 

Yéia,  V.  Veiller,  passer  la  veillée  ;  se  coucher  tard. 

Se  dit  de  ce  qui  surnage  à  découvert  dans  un  liquide  quel- 
conque, de  ce  qui  surmonte  et  dépasse  le  liquide  contenu  dans 
un  vase.  —  ta  raquo  vêio  din  la  eoumudo,  la  grappe 
surmonte  le  moût  contenu  dans  la  cornue.  La  car  veto  din 
lou  toupi,  la  viande  surmonte  le  bouillon  dans  le  pot  au  feu. 

Yéîado»  M.  f.  Veillée.  Le  temps  que  passent,  réunis 
dans  une  maison,  les  parents,  amis  où  voisins,  pendant  les 
longues  soirées  d'hiver. 

Dér.  de  Téta,  veiller. 

Yéiéto,  s.  f.  Veilleuse  ;  lamperon  d'ime  lampe,  lampion 
d'une  lanterne.  On  dit  aussi  Fêïujo. 

Dér.  de  Téta,  veiller. 

Yéira,  «.m.  Maquereau,  Scomber,  poisson  de  mer  trés- 
connu  dans  les  poissonneries.  Il  est  moins  gros  dans  la 
Méditerranée  que  dans  l'Océan.  FAra  vient  du  latin  Varius, 
tacheté,  moucheté  et  de  couleur  changeante,  car  le  maque- 
reau, de  jaune  qu'il  est,  change  de  couleur  en  sortant  de 
l'eau,  et  devient  vert-bleuàtre  on  irisé. 

Yéira,  v.  Il  verra.  3*  pers.  du  futur  absolu  de  l'indicatif 
du  verbe  Véïrt,  voir.  Tourner,  approcher  de  la  maturité, 
en  parlant  des  fruits  et  surtout  du  raisin. 

Ynrado,  s.  f.  La  saison  d'automne  ;  les  approches  de  la 
maturité  des  fruits  et  surtout  du  raisin. 

Ytira,  i.  m.  Le  verre.  Verre  à  vitre,  verre  à  boire,  verre 
à  lunettes.  Corps  transparent  et  fragile  produit  par  la 
fusion  d'un  mélange  de  sable  siliceux  et  de  sel  ammoniac. 


VÉL 


645 


Depuis  quelques  années,  on  fabrique  des  verres  trempés 
dans  im  corps  gras  et  beaucoup  moins  cassants  que  le  verre 
ordinaire. 

Dér.  du  lat.  VUrum,  m.  s. 

Yéiro.v.  Voir, apercevoir, examiner,  observer;  fréquen- 
ter. —  rat,  y  vésef  va,  j'y  vois  clair!  Y  véi  pas  jnt  uiên 
ftfé  9oun  nai,  il  ne  voit  pas  plus  loin  que  son  nez.  Mé  n'a 
fa  v^ref  il  m'a  fait  la  vie  dure!  N'a  jamaï  vis  lou  iouHi 
quépér  un  trdou,  il  n'a  jamais  rien  vu,  il  ne  connaît  rien, 
tout  l'étonné.  Té  vis9  vénïf  je  vois  où  tu  veux  en  venir! 
Vése  pas  lou  moumén  dé  parti,  je  suis  impatient  de  partir. 
Qudou  a  jamaî  vis?  qui  a  jamais  vu  pareille  chose  t  Pér 
véïrtf  voyons!  Je  voudrais  bien  voir  cela. 

Dér.  du  lat.  Videre,  m.  s. 

Yéfrlè,  s.  m.  Verrier,  ouvrier  qui  fabrique,  qui  travaille 
le  verre  ;  le  marchand  qui  vend  des  objets  en  verre. 

Dér.  de  Véïre,  verre. 

Yéirièiro,  s.  f.  Verrerie;  usine  où  l'on  fabrique  les 
objets  en  verre. 

Dér.  de  Vêire,  verre. 

Yéircù,  s,  m.  Vairon,  Cyprinus  phoxinus,  Linn.,  petit 
poisson  qui  recherche  les  eaux  limpides  et  courantes  à  fond 
graveleux.  Il  nage  avec  grâce  et  se  rapproche  souvent  des 
bords. 

Yéinm,  s.  m.  et  nom  propre  de  personne.  Ce  nom  est 
très- commun  dans  la  Lozère  et  dans  la  région  d'Alais. 
Sauvages  l'identifie  avec  le  nom  d'un  saint  originaire  du 
Gévaudan,  saint  Véran  ou  Vérain.  Nous  serions  plutôt 
tenté  de  croire  que  ce  mot  est  une  variante  de  Vèirok, 
vairon,  petit  poisson  de  rivière  de  couleur  irisée  comme  le 
Vifira  ou  maquereau,  et  que  l'on  appelle  aussi  Ravalio,  •*- 
Voy.  Vêinrit. 

Dér.  du  roman  Vair  on  Vaire,  dérivé  lui-même  du  lat. 

Varius,  de  diverses  couleurs. 

Yéûsèlo,  s.  f.  Vaisselle  et  en  général  tous  les  vases  qui  ser- 
vent à  contenir  des  liquides,  tels  que  futailles  ou  tonneaux. 

Yé]aill  prsm.  pers.  du  pluriel  du  futur  absolu  de  Cim" 
pératifdu  verbe  Vêlre,  ou  interjection.  Voyons!  —  V^at^ 
s'ou  far  as/  voyons  si  tu  feras  cela!  Nous  allons  voir  si  tu 
auras  cette  audace! 

Yèjol  deux.  pers.  du  sing,  du  fut.  abs.  de  V impératif 
du  verbe  VSire,  ou  interj.  —  Vèjo-lou/  regarde-le  I  iTf- 
én  digue  :  Né  vos?  Vèjo-n'aquif  il  l'agonisa  d'injures. 

Yélo,  s.  ^  Voile,  pièce  de  toile  forte  que  l'on  attache  aux 
antennes  des  vaisseaux  pour  recevoir  le  vent  et  presser  la 
marche  des  navires.  —  Ddou  vén,  la  vélo,  suivant  le  vent,  la 
voie. 

Dér.  du  lat.  Vdum,  m.  s. 

Yéloù,  «.  m.  Velours,  étoffe  de  soie  on  de  colon  à  poil 
ras  et  touffu,  doux  an  toucher. 

Dér.  du  lat.  Villotus. 

Yéloiita,  V.  Velouter,  donner  à  une  étoffe  tissée  les 
propriétés,  la  nature  du  velours. 

Dér.  de  VéM,  velours. 


646 


VÉN 


Yélonta,  ado,  adj.  m.  et  f.  Velooté,  te;  qui  est  de  la 
nature  da  velours. 
Dér.  de  VéM,  velours. 

Yélonté,  «.  m.  Nom  de  plante  de  la  iamille  des  Synan- 
thôrtes.  (Sillet  dinde,  Tag$tês  eree(a.  Lion.  La  tige  de 
œite  plante  est  peu  rameuse  et  porte  des  feuilles  ailées, 
d*un  vert  dair,  à  folioles  linéaires,  ponctuées  et  dentées . 
Les  fleurs  sont  radiées,  solitaires;  le  calioe  simple  à  o6tes 
anguleuses;  la  corolle  d'un  jaune  éclatant  plus  ou  moins 
foncé.  Il  en  existe  plusieurs  variétés,  les  unes  à  fleurs 
orangées,  rayées  de  jaune  ou  veloutées;  d'autres  à  fleurs 
doubles.  Ces  plantes  sont  originaires  du  Mexique;  elles 
séduisent  la  vue  par  la  richesse  de  leurs  couleurs,  mais 
elles  exhalent,  quand  on  les  touche,  une  odeur  forte  et 
désagréable. 

Yen,  g.  m.  Le  vent;  air  agité,  souffle,  courant  d*air.  — 
Fat  eoumo  lou  vén,  il  va  comme  le  vent. 

Yéna,  ado,  adj.  m.  et/*.  Veiné,  ée;  qui  présente  des 
veines  de  diverses  nuances  ou  de  diverses  couleurs. 
Dér.  du  lat.  Vena,  veine. 

Y6nado,  t.  f.  Veine,  fllon  métallifère;  filet  d*eau  qui 
jaillit  à  travers  les  rochers. 

Yênd,  V.  Vaincre,  surmonter  une  difficulté;  avoir  le 
dessus  dans  une  discussion  ;  triompher  d'un  adversaire,  d*un 
ennemi. 
Dér.  du  lat.  Viwivn,  m .  s. 

Yéndétre,  éîro,  «.  m.  et  /.  Vendeur,  venderesse.  Celui 
qui  fait  une  vente. 
Dér.  de  Yindtt,  vendre.  — Voy.  ce  mot. 
Yêndimia,  v.  Vendanger,  récolter  les  raisins. 
Dér.  du  lat.  YïnàvmxikTB,  m .  s. 
Yéndimiatre,  aîro,  s.  m.  et/.  Vendangeur,  euse;  l'on- 
vrier  qui  est  employé  aux  vendanges. 
Dér.  de  Véndimia,  vendanger. 
YéBdimio,  5.  /.  Vendange;  l'époque  des  vendanges;  le 
nûsin  reoueilli  pendant  les  vendanges  et  destiné  à  la  fabri- 
cation du  vin.  —  Vif  véndimioi,  au  tempa  des  vendanges. 
£a  véndimio  $é  vén  trénto  front,   le  raisin  se  vend  à 
raison  de  trente  francs  les  cent  kilos.  Moure  dé  vindimio, 
trogne  d'ivrogne,  figure  barbouillée  de  raisin. 
Dér.  du  lat.  Vindemian,  vendanger, 
Yéndo,  t.  A  La  vente.  Vente,  aliénation  d'une  chose  à 
inrix  d'argent;  débit  de  denrées  ou  de  marchandises. 
Dér.  du  lat.  Venditus,  part,  poisé  de  Yendere,  vendre. 
Yèndre,  v.  Vendre,  aliéner.  Au  fig.  trahir.  —  Se  vendre, 
se  vendre,  recevoir  de  l'argent  ou  un  bénéfice  quelconque 
pour  commettre  une  action  honteuse,  l&che  ou  indélicate . 
Dér.  du  lat.  Yendere,  m.  s. 

Yéndn,  do,  adj.  m.  et  f.  Vendu,  e.  On  l'emploie  aussi 
substantivement.  —  Un  vendu,  se  disait  jadis  d'un  rem- 
plaçant militaire.  On  l'applique  aussi  en  politique,  à  celui 
qui  abandonne  son  parti  et  embrasse  une  cause  advers  e 
pour  des  motifs  d'intérêt. 
Dér.  du  lat.  Yenditui. 


VÉN 

Yéngu,  dO|  adj.  m.  et  f.  Venu,  e.  -*  Màou  véngyt,  nui 
venu,  qui  n'a  qu'un  développement  incomplet.  Àquél  Ma 
is  mâùu  véngu,  ce  blé  n'a  pas  réussi. 

Yéngudo,  $.  f.  Venue,  arrivée.  —  Un  amumriè  d'uno 
bèh  véngudo,  un  mûrier  vigoureux,  qui  ajeté  des  branches 
fortes  et  vigoureuses. 

Dér.  de  Yini,  venir. 

YiDi,  V.  Venir,  arrriver;  provenir;  nattre,  croitre;  de- 
venir. —  Éi  vingu,  il  est  arrivé.  Fiai'  véni,  il  va  venir. 
Faï  pas  qu'ana  et  véni,  il  ne  fait  qu'aller  et  venir.  Snm 
gran  véniè  dé  Ginouia,  son  grand-père  était  originaire  de 
Génolhac.  È$  véngu  gran,  il  a  grandi. 

Dér.  du  lat.  Yenire,  venir. 

Yénja,  v.  Venger.  —  se  vénja,  se  venger«  avoir  satis- 
faction d'une  insulte,  d'un  outrage. 

Dér.  du  lat.  Ymdkare,  m.  s. 

Yénjadiaso,  s.  f.  Vengeance.  On  dit  aussi  Yia^mto. 

Yénjanlprtffti.  pèn.  du  futur  ahê.  de  ViwpéraUf  d« 
verbe  Yêire.  Voir;  employé  comme  tntor/.  Voyons  1  — 
Yénjan,  i'âourét  aquét  toupé/  voyons  un  peu  ai  vousauies 
le  firent  de  faire  ou  de  dire  cela. 

Dér.  du  V,  Yéire,  voir.  —  Yoy.  Yéjan. 

Yénjando,  même  signification  que  Yét^an.  ^  Yog, 
ce  mot. 

Yènjan-yéirel  mterj.  Redondance  rôduplicative  de 
vénjan/  voyons!  traduction  littérale  de  celle  qui  est 
employée  en  mauvais  français,  par  les  gens  do  peuple  : 
YoyoM'Voirf 

Yéno,  s.  A  Veine;  vaisseau  sanguin  qui  ramène  vers  le 
CQBur  le  sang  porté  aux  extrémités  du  corps  par  les  artères; 
filon  minéral  ;  raies  de  colorations  diverses  qui  apparaissent 
dans  le  bois,  les  terrains,  les  marbres;  petit  filet  d'eau  sou- 
terrain. —  Mé  fai  faire  dé  vènoei  tu  me  surexcites,  tu 
m'irrites  au  plus  haut  degré,  tu  m'agaces. 

Dér.  du  lat.  Yena,  m.  s. 

Yénta,  v.  Venter,  souffler;  venter  ou  éventer  le  blé  ou 
autres  grains  en  le  lançant  en  l'air  avec  une  pelle  ou  une 
fourche  en  bois  pour  en  chasser  la  poussière  et  la  balle. 
—  Se  vénla  ou  plutôt  eé  vanta,  s'éventer  avec  un  éventafl. 

Dér.  du  lat.  Yenîue,  vent. 

Yéntadomro,  s.  f.  Pelle  ou  fourche  en  bois  à  fourchons 
plats  et  rapprochés,  qui  sert  à  venter  ou  éventer  le  blé  en 
le  lançant  en  l'air. 

Dér.  de  YétUa,  venter  ou  éventer. —  Yog.  œ  mot. 

Yéntrado,  s.  /*.  Ventrée,  portée;  les  petits  q[ue  les 
femelles  d'animaux  font  en  une  seule  fois;  la  quan^të 
d'aliments  que  l'on  a  absorbée  dans  un  oopieox  repas. 

Dér.  de  Yéntre,  ventre. 

Yéntre,  s.  m.  Ventre;  la  partie  de  l'abdomen  qui  con- 
tient les  boyaux.  —  Rampitï  eoun  ventre,  faire  nn  repas 
copieux.  Vénérai,  gros  ventre. 

Dér.  du  lat.  Yentrem,  m.  s. 

Yéntrésquo,  «.  f.  Le  petit  lavd  qui  reooavie  le  ventre 
et  la  poitrine  du  cochon  ;  panse,  bedaine. 

Dér.  de  Yéntre,  ventre. 


VÈR 

YéAtmdaB,  af  so,  «.  m.  et  f.  Péjoratif  de  Ventru,  do, 
Tentra,  e.  Se  dit  de  quelqu'nn  qai  est  trôs-veotni. 

Yéoiuage,  t.  m.  Veuvage,  état  de  viduité. 

Dêr.  de  Vious»,  veuf. 

Yéoase,  so,  t.  m.  et  f.  Veuf,  ve.  Le  mari  qui  a  perda 
sa  femme;  la  femme  qui  a  perdu  sou  mari.  —  TirtuM 
un  véouMê,  se  dit  d*une  jeune  fille  dont  le  vêtement  s'ac- 
croche à  un  buisson,  et  qui,  par  cela  même,  est,  dit-on, 
prédestinée  à  épouser  un  homme  veuf. 

Dôr.  du  lat.  Viduui,  m.  s. 

Véouso,  «.  f.  Nom  de  plante.  Scabieuse,  Seabio$a  atro^ 
purpurea,  Linn.,  et  en  général  toutes  les  scabieuses.  Genre 
de  la  famille  des  Dipsacées.  La  Scabieuse  des  Veuves  a  été 
admise  dans  nos  jardins.  On  la  croit  originaire  des  Indes; 
elle  a  des  fleurs  d'un  pourpre  foncé,  avec  des  anthères 
blanches. 

Les  scabieuses,  négligées  par  les  botanistes  des  premiers 
siècles,  ont  été  dotées,  par  leurs  successeurs,  de  propriétés 
qui  leur  ont  valu  pendant  longtemps  une  grande  répu- 
tation, fondée,  comme  beaucoup  d'autres,  sur  des  idées 
superstitieuses,  La  seule  dénomination  de  Scabieuse  (de  Sea- 
biei,  gale),  en  annonçant  la  vertu  curative  de  la  gale,  établi»- 
sait  déjà  une  erreur. 

Vèr,  M.  m.  Aulne  ou  vergue,  B^ula  ulnut.  Lion., 
Âlnu  glutinosa,  W.  ;  arbre  très-commun  dans  le  Gard,  le 
long  des  cours  d'eau.  C'est  à  cette  essence  d'arbres  que 
beaucoup  de  localités  doivent  leur  nom  dans  notre  région  : 
La  Vernède,  la  Vernarède  ;  Vers,  Vem  on  Vems  dans  le 
Midi  ;  Verneuil  et  Vernon  dans  le  Nord.  Ces  noms  ont  la 
même  signification  qu'en  français  le  terme  AulnaU,  qui 
désigne  un  lien  planté  jà* Aulnes,  comme  la  Nougarède 
indique  un  lieu  planté  de  noyers  ;  la  Pommaréde,  l'Elzièro, 
la  Felgère,  etc.,  des  terrains  plantés  de  pommiers,  d'yeuses, 
et  où  pousse  la  fougère,  etc. 

Ce  genre  de  plantes,  de  la  famille  des  Amentacées,  avait 
été  réuni  par  Linné  au  bouleau.  C'est  un  des  arbres  qui  vé- 
gètent le  mieux  dans  les  terres  humides  et  marécageuses, 
dont  il  fait  Tomement  et  la  richesse.  Il  s'élève  parfois  jus- 
qu'à quinze  et  vingt  mètres.  Cet  arbre  brave  également  les 
grands  froids  et  les  grandes  chaleurs.  On  le  trouve  depuis 
la  Laponie  jusque  sous  le  soleil  brûlant  de  l'Algérie.  Mine 
dit  que,  de  son  temps,  on  le  plantait  le  long  des  rivières 
pour  les  contenir  dans  leur  lit.  Le  bois  d'aulne  acquiert 
en  séchant  une  teinte  rougeàtre.  Il  prend  très  bien  le  noir. 
Pline  et  Vitruve  assurent  que  les  pilotis  d'aulne  sont  d'une 
étemelle  dui-ée.  L'écorce  de  cet  arbre  sert  à  teindre  les  cuirs 
en  noir;  on  lui  attribue  de  grandes  vertus  fébrifoges. 

Yèr,  i.  m.  Le  vert,  la  couleur  verte.  —  Méin  âau  vêr, 
mettre  au  vert,  faire  manger  des  herbes  vertes,  au  prin- 
temps, 'aux  mulets  et  aux  chevaux,  pour  les  rafratchir. 
L'an  mes  âou  vèr,  on  l'a  mis  à  la  portion  congrue,  on  loi  a 
retranché  une  partie  de  l'argent  dont  il  disposait  mal  à 
propos. 
Dér.  du  lat.  Viridis. 

▼èr,  Verdo,  adj,  m.  et  /.  Vert,  verte;  de  eooleor  verte; 


VÉR 


647 


fruit  qui  n'est  pas  mûr;  bois  qui  n'est  pas  sec;  vin  fait 
avec  des  raisins  insufBsamment  mura.  Au  fig.  se  dit  d'un 
homme  encore  vigoureux  malgré  son  âge  avancé. 
Dér.  du  lat.  V&idii,  m.  s. 

Yèr,  prép,  Vera,  du  côté,  dans  la  direction  de  ;  cette  loca- 
tion s'emploie  aussi  pour  désigner  une  date  approximative: 
Yèr  Nauvè,  aux  environs  de  la  Noël. 
Dér.  du  lat.  Versut,  m.  s. 

Véramén,  adv.  Vraiment,  en  vérité.  —  véramén  dons 
oti  dise,  je  vous  le  dis  en  vérité. 

On  dit  en  latin  dans  le  même  sens  :  Amm,  Amen,  dioo 

«O&tf. 

Verbal,  s.  m.  S'emploie  dans  le  sens  de  procès- verbal. — 
Lou  gardo  m'a  foi  un  verbal,  le  garde  champêtre  m'a  fait 
un  procès- verbal.. Les  paysans  prononcent  souvent  Barbai 
pour  Verbal. 

Dér.  du  lat.  Verbalii,  m.  s. 

Yérbalamén,  adv.  Verbalement,  de  vive-voix.  —  Ço 
qui  m^avii  di  vérbtdamén,  voutH  que  m'ou  dounèue  pér 
éicrï,  je  voulais  qu'il  me  donnât  par  écrit  ce  qu'il  m'avait 
dit  de  vive- voix. 

Dér.  du  lat.  Vtrbalis. 

Yérbonîasé  ou  Bréségoù,  s,  m.  Nom  de  plante.  Petit 
houx,  houx  frelon,  fragon  piquant,  Ruteuâ  aculéatus,  Linn. 
Cet  arbrisseau,  de  la  famille  des  Smilacées,  croit  partout 
dans  les  bois  montueux  des  contrées  tempérées  de  l'Europe, 
mais  principalement  dans  le  Midi.  Il  a  l'aspect  [d'un  petit 
myrte  ;  les  feuilles  sont  dures,  ovales,  d'un  vert  métallique, 
piquantes  à  leur  sommet;  la  tige  est  du  même  vert  que  les 
feuilles.  Ses  baies  d'un  rouge  vermillon  ont  une  saveur 
fade  et  douceâtre;  elles  sont  de  la  grosseur  d'une  petite 
cerise,  sessiles  et  collées  sur  le  revera  de  la  feuille.  La 
racine  et  les  fruits  de  cet  arbrisseau  passent  pour  apéritifii, 
diurétiques  et  emménagogues. 

Dér.  de  Vèr  vert,  et  de  Bouïssé,  buisson,  buisson  vert. 

Vérdastre,  o,  adj.  m.  et/:  Verdàtre,  tirant  sur  le  vert 
Dér.  de  Vèr,  vert. 

Vérdé,  M.  m.  Verdet  ou  vert  de  gris,  oxyde  de  cuivre. 
Dér.  de  Vér,  vert. 

Vérdé  ou  Argué,  s.  m.  Nom  d'oiseau,  Martin-Pécheur, 
Alcyon,  Alcedo  ispida,  Temm.  C'est  le  plus  bel  oiseau 
d'Europe  qui,  par  ses  magnifiques  couleura,  peut  rivaliser 
avec  les  plus  brillantes  espèces  des  tropiques.  On  l'appelle 
Vèrdé,  à  cause  des  teintes  verdàtres  qui  chatoient  sur  sa 
robe  d'azur,  et  Argnè,  de  ce  que  l'on  a  cru  qu'en  le 
mettant  desséché  dans  une  armoire,  son  odeur  en  chassait 
.les  teignes  fAmoëJ;  mais  loin  d'en  préserver  les  étoliBi  de 
laine,  on  voit  souvent,  dans  les  collections  d'oiseaux  em- 
paillés, V Argnè  être  un  des  premien  atteints  par  oss 
iosecles. 

Yérdéia,  v.  Verdoyer,  verdir,  reverdir,  tirer  sur  le 
veit. 

Dér.  de  Yèr,  vert. 

YMttè,  t.  m.  Verdier,  nom  propre  d'homme  et  nom  d'oi- 
seau. Verdier,  plus  souvent  appelé  Yirdmn.  —  Foy.  c.  m. 


648 


VER 


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i 


i 


ï 


Vérdoù,  #.  m.  Verdeur,  verdure;  saveur  du  vin  qui  est 
vert,  c'est-à-dire  composé  avec  du  raisin  incomplètement 
mûr;  vigueur  de  la  jeunesse. 

Dér.  de  Vèr,  vert. 

Verdun,  s.  m.  Nom  d'oiseau  et  nom  propre  d'homme. 
Verdier,  gros  bec  verdier;  FringUla  Chloris,  Temm. 
Le  mâle  a  toutes  les  parties  supérieures,  la  gorge  et  la 
poitrine  d'un  vert  jaunâtre  et  le  ventre  jaune;  la  femelle 
est  d'un  gris  cendré,  légèrement  teint  de  verdàtre  en-dessus. 
De  tous  nos  oiseaux  des  champs,  le  verdier  est  peut-être  le 
plus  facile  à  prendre,  à  quelque  piège  que  ce  soit,  et  celui 
qui  s'apprivoise  le  plus  aisément .  Â  peine  prisonnier,  et 
semblant  ne  pas  s'apercevoir  de  sa  captivité,  il  se  met  à 
manger  et  à  faire  entendre  son  ramage  éclatant  et  varié.  Il 
parvient  à  prononcer  quelques  mots .  On  l'appareille  avec 
le  canari,  et  les  mulets  qui  en  proviennent  sont  les  plus 
estimés  pour  la  vigueur  et  pour  le  chant. 

Yère  ou  Yèri,  «.  m.  Verrat,  cochon  m&le  et  entier  ; 
escargot  de  grande  taille  et  non  comestible. 

Le  cochon  domestique  descend  du  sanglier,  qui  ne  se 
rencontre  plus  vivant  dans  nos  contrées  ;  mais  il  en  existait 
encore  dans  nos  bois  au  siècle  dernier,  comme  l'attestent 
plusieurs  documents. 

Dér.  dnhi,  Verret,  m.  s. 

Vérgnièiro,  s.  f.  Nom  générique  donné  à  la  foule  des 
petits  poissons  de  rivière  que  l'on  appelle  le  fretin,  parmi 
lesquels  sont  comprises  les  espèces  qui  ne  grandissent  point, 
telles  que  :  la  Loquo,  le  Téiroù,  VÀse,  le  Gàfi.  ou  gou- 
jon, etc. 

Vérgo,  «.  f.  Verge,  baguette,  badine,  gaule. 

Dér.  du  lat.  Tirga, 

Vérgoagno,  s.  f.  Honte,  vergogne,  timidité.  —  Faïre 
vérgougno,  faire  honte«  intimider.  Àcà  é»  uno  vérgougnoJ 
c'est  une  chose  honteuse!  Déourias  avé  vérgougno/  vous 
devriez  être  honteux  ! 

Dér.  du  lat.  Vereeundia. 

Vérgongnoùs,  onso,  adfj.  m.  et/:  Honteux,  timide,  qui 
éprouve  un  sentiment  de  pudeur  naturelle.  —  Siègues  p<u 
virgougnoiu/  ne  sois  pas  timide. 

Dér.  de  Vérgougno,  timidité. 

Yérl,  t.  m.  Venin,  poison  ;  malice,  haine  concentrée.  — 
A  dé  viri,  se  dit  d'une  personne  naturellement  méchante 
et  vindicative.  Le  brou  de  la  noix. 

Dér.  du  lat.  Venmum,  m.  s. 

Yérinado,  s.  f.  Eruption,  enflures  ou  pustules  qui  survien- 
nent sur  diverses  parties  du  corps  et  notamment  aux  lèvres» 
à  la  suite  de  diverses  circonstances,  et  qui  sont  souvent  attri- 
buées à  des  causes  imaginaires.  Sortes  de  fluxions  érôsypé- 
lateuses  produites  quelquefois  par  une  secousse  morale,  un 
eflh>i  violent  éprouvé  d'une  manière  inattendue,  le  contact 
de  certains  sucs  de  plantes  ou  de  substances  vénéneuses. 

On  donne  aussi  le  nom  de  Vérinado  à  l'Euphorbe  des 
moissons,  Euphorbia  vegetalis. 

Dér.  de  Véri,  venin. 


VÉR 

as,  onso,  adj,  m.  et/.  Vwoienx»  e«ie;  véoA- 
neux»  euse.  —  iTiio  irbo  oérmouioj  une  plante  vésimm. 
Unobéstio  vérinouao,  un  animal  venimeux^ 

Dér.  de  Véri,  venin. 

Yérma,  v.  Diminuer,  abaisser;  lâcher,  laisser  retomber 
peu  â  peu;  amoindrir.  —  lou  toupi  a  vsnna,  le  potage  a 
diminué.  Lous  Jours  vérmou,  les  jours  décroissent.  £a¥iM 
vérma,  laisse  retomber  peu  â  peu.  Ferma  Irai  gagu, 
diminuer  les  gages,  le  traitement. 

Vèrme,  «.  m.  Ver,  nom  donné  iodistioctemont  àtooska 
animaux  à  sang  blanc  qui  rampent  sur  la  terre  ou  qui 
vivent  dans  le  corps  de  l'homme,  des  animaux,  des  (nuls, 
des  plantes,  etc. 

Tuia  lou  vèrme,  faire  le  matin  une  petite  collecte  de  la 
plus  grande  simplicité,  un  repas  succin,tj  arrosé  d'un  verre 
de  vin,  Fruttulum, 

Dér.  du  lat.  Vermis,  m.  s. 

Vèrména,  ado,  t.  m.  et  f.  Vermoulu,  attaqué,  rongé 
des  vers;  véreux,  en  parlant  des  fruits. 

Dér.  de  Vèrtne,  ver. 

Yèrménoùs,  ooso,  adj.  m.  et  /.  Véreux,  euse;  rongé 
des  vers;  vermoulu;  sujet  aux  vers. 

Dér.  de  vèrme,  ver. 

Vèrminado,  «.  f.  Maladie  vermineuse  causée  par  une 
invasion  vermiculaire  fréquente  chez  les  enfants  exk  bas- 


Dér.  de  vèrme,  ver. 

Yèrmino,  «.  f.  Vermine,  toute  espèce  de  vers  et  par 
extension  tous  les  insectes  qui  pullulent  sur  les  personnes  ei 
les  objets  malpropres  ;  tels  que  poux,  puces,  punaises,  etc.  ; 
les  gueux,  les  mendiants,  les  gens  de  basse  extraction,  les 
vagabonds,  etc.  —  Âquél  éfan  a  la  vèrmino,  cet  enfant  a 
une  maladie  vermineuse;  il  est  attaqué  des  vers. 

Dér.  de  Vèrme,  ver. 

Yèrmîoù,  «.  m.  Kermès,  gallinsecte,  que  l'oa  recueille 
sur  le  petit  chêne  vert  épineux  Quereue  eaeeifera,  Linn.« 
et  que  l'on  appelle  aussi  graine  d'écarlate.  11  sert  à  préparer 
la  couleur  rouge  la  plus  estimée  avant  la  découverte  de  la 
cochenille.  —  Vèrmmi  est  évidemment  le  dioiinutif  de 
.  Vèrme,  ver,  bien  qu'on  puisse  le  prendre  pour  la  traduction 
littérale  de  Vermillon,  qui,  du  reste,  a  sans  doute  la  oième 
origine. 

Yérnarédo,  «.  f.  Terrain  ou  région  complantôe  d'aolnes 
(Vèrno  en  languedocien).  Nom  propre  de  lieu  équivalent 
comme   signification  â  l'appellation  française    JiulmMe* 
Plusieurs  localités  du  Gard  portent  ce  nom  dans  lequel  ont 
été  introduites  certaines  variantes  :  La  Vernarède,  oom* 
mune  du  canton  de  Génolhac;  La  Vernède,  hameau  et 
fermes  de  l'arrondissement  d'Uzès  et  de  Nimes;  Vers,  com- 
mune du  canton  de  Remoulins;   Vems,  hameau    de   la 
commune  du  Chambon,  et  peut-être  même  Hiverne,  hameau 
de  la  commune  d'Âujac. 

Dér.  de  Vèmo,  aulne. 

Yérqnièiro,  s.  f.  La  dot  d'une  fille. 


VÉS 

c  Ce  terme,  défigaré  dans  bien  des  eadroits,  dit  Sânvages, 
pourrait  bien  être,  en  dernière  analyse,  Vérguièïro,  comme 
on  le  prononce  dans  certaines  localités.  Or,  Vérgui^rotCesi 
pas  bien  loin  de  VirguiUro,  qai  se  rapproche  du  lat.  Virgo, 
ille;  d*où  on  aurait  fait,  dans  la  basse  latinité,  Verqueria, 
pour  indiquer  ce  qui  appartient  à  une  fille,  son  apanage, 
sâdol. 

«  Mais  il  est  plus  ûmple  de  prendre  Yérquièiro  dans 
racception  de  la  basse  latinité  Yercheria,  terme  qui,  dans 
un  ancien  titre  cité  pa(r  Ducange,  signifie  une  portion  de 
ebamp  ou  d'héritage,  un  fonds  de  terre  :  Volumus  qtwd 
p$i  ha^êni  tfin$<u,  hortoa  vei  VercKerias • 

Yértél,  «.  m.  Fusaïble;  peson  de  fuseau.  Bouton  en  bois, 
en  verre,  en  poterie  ou  en  métal  qui  sert  de  volant  au 
Aiseau  et  le  fait  tourner  plus  longtemps. 

Cet  objet  remonte  à  la  plus  haute  antiquité.  On  en 
trouve  dans  les  stations  préhistoriques,  gauloises  et  ro- 
maines. 

Dér.  du  lat.  Verlo,  je  tourne. 

?értn,  «.  f.  Force,  vigueur,  robusticité,  en  parlant  de 
rhomme,  des  animaux  et  des  plantes;  propriété,  efficacité 
en  parlant  des  choses. 

Dér.  du  lat.  Virtui,  m.  s. 

Yértnrioùs,  ooso,  adj.  m.  et  f.  Fort,  vigoureux,  robuste, 
lénstant. 

Dér.  de  Vertu,  force,  vigueur. 

Tes,  prép.  Vers,  dans  la  direction,  chez,  auprès,  du 
côté  de.  —  Démore  vès  ta  plaça  dé  VÀbadiè,  j*habite  près 
de  la  place  de  l'Abbaye.  Ànaa  vè»  vosto  tarUos  allez  chez 
votre  tante.  L'aï  vis  qu'anavo  vès  Ânduso,  je  l'ai  vu 
allant  dans  la  direction,  du  côté  d*Anduze. 

Dér.  du  lat.  Versus,  m.  s. 

?ès  ou  Béa,  $.  m.  Nom  de  plante.  Bouleau  blanc, 
BetulaaUHi,  Linn.,  genre  de  latamille  des  Amenlacées.  Les 
bouleaux  et  les  aulnes  (Alnij  forment,  d'après  Tournefort, 
deux  genres  distincts  que  Linné  avait  conservés  dans  ses 
premiers  ouvrages  :  il  les  a  ensuite  réunis  et  le  langage  de 
nos  pays  les  rapproche  et  les  confond  quelquefois.  Aujour- 
d'hui la  plupart  des  botanistes  modernes  les  tiennent 
s^rés. 

L'écorce  du  bouleau  sert  à  diverses  préparations.  La  sève 
de  cet  arbre  est,  de  toutes  les  substances  végétales,  celle 
qui  fournit  le  meilleur  moyen  d*imiter  le  vin  de  Champagne, 
qu*on  felsifie  à  Londres  et  à  Hambourg  avec  diverses  baies, 
surtout  celles  du  myrtUlus. 

Le  Yèê,  comme  la  Tèmo,  a  donné  son  nom  à  diverses 
localités  du  Gard.  —  Voy.  Vémarédo. 

Vie,  Vers,  village  du  canton  de  Remoulins.  —  Cébo  dé 
Vès,  oignons  de  grosse  taille  que  Ton  récolte  sur  le  territoire 
de  Vers.  —  Bis  ou  Bex,  village  du  canton  du  Vigan; 
Bessiges,  dans  Tarrondissement  d'Alais;  les  hameaux 
de  Besses,  Bessède,  Bessières,  Bessettes,  dans  le  Gard; 
Bessas,  dans  TArdèche,  etc. 

Dér.  du  lat.  Betula,  bouleau. 


VÈS 


649 


Vési,  ino,  s.  m.  et/*.  Voisin,  ine;  qui  est  situé  ou  qui 
habite  à  proximité  d*une  autre  chose  ou  d*une  autre  per- 
sonne. Proche,  touchant,  oontigu.  —  L'aigo  es  un  marï 
vési,  le  voisinage  des  cours  d*eau  est  dangereux. 

Dér.  du  lat.  Vieinus,  m.  s. 

Véaia,  ado,  adJ,  m.  et/.  Délicat  ou  douillet;  mignard, 
mièvre.  —  Acd  's  un  vésia,  c*est  une  poule  mouijiée»  un 
mignard.  Un  parla  vésia,  un  langage  mignard  et  affecté. 
Un  éfan  vésia,  un  enfant  gâté.  Fat  la  vésiado,  c'est  une 
minaudière,  une  sucrée. 

Dér.  de  Tit.  Vezzoso,  mignon. 

Véaiada,  v.  Choyer,  gâter,  soigner,  dorloter,  traiter  avec 
délicatesse.  —  Se  vésiada,  se  soigner  avec  trop  de  délica- 
tesse, se  dorloter.  Vésiada  un  éfan,  élevée  im  enfant  trop 
délicatement,  avec  trop  de  complaisance. 

Dér.  de  Tit.  Vexxeghiare,  m.  s. 

Vésiadamén,  adv.  Avec  trop  de  délicatesseï  de  mignar- 
dise. 

Dér.  de  Vésiada,  dorloter,  soigner. 

Véaiaduro,  s.  f.  Bflgnardise,  délicatesse  affectée.—  N'es 
pas  maidou  que  dé  vésiaduro,  il  n*est  malade  que  par  trop 
de  bien-être.  On  dit  d*un  cheval  fringant  :  Crêbo  dé 
vésiaduro,  il  gambade,  il  folâtre  parce  qu'il  est  trop  dru. 
—  La  vésiaduro  lou  gagna,  il  commence  â  s'enorgueillir. 

Dér.  de  Vésiada,  soigner,  dorloter. 

Vésinaje,  «.  m.  Voisinage,  proximité;  l'ensemble  dea 
habitants  logés  dans  le  même  quartier  d'une  ville  ou  d'un 
village. 

Dér.  de  Vési,  voisin. 

Véaiiiéja,  v.  Se  fréquenter  entre  voisins;  être  en  bons 
rapports  avec  les  gens  de  son  voisinage. 

Dér.  de  Vési,  voisin. 

Yésito,  «./.  Visite;  action  d'aller  voir  une  personne  par 
déférence,  par  civilité,  par  devoir,  par  amitié;  visite  de 
médecin;  inspection,  recherche,  perquisition. 

Véspiè,  s.  m.  Guêpier,  nid  de  guêpes  formé  de  pluûeurs 
rayons  horizontaux  et  superposés,  reliés  entre  eux  à  li 
partie  centrale.  On  dit  au  figuré  :  Bouléga  lau  véspii, 
susciter  des  querelles;  réveiller  le  chien  qui  dort. 

Dér.  de  Vèspo,  guêpe. 

Vèspo,  s.  f.  Guêpe;  mouche  carnassière  et  frugivore 
dont  il  existe  plusieurs  variétés.  Gomme  les  abeilles,  dont 
elles  sont  une  élégante  mais  mauvaise  copie,  celles  qui 
vivent  en  société  ne  font  point  de  provisions  pour  l'hiver; 
aussi,  après  de  terribles  discussions  intestines,  qui  boule- 
versent les  guêpiers,  la  faim  et  le  froid  les  font  d'ordinaire 
presque  toutes  périr. 

Quelques  femelles  fécondées,  qui  échappent  an  désastre 
et  se  remisent  pendant  l'hiver  dans  quelque  trou,  suffisant 
pour  former,  au  printemps,  une  nouvelle  colonie  et  perpé- 
tuer cette  race  toujours  trop  nombreuse.  Le  Grâouk  ou 
frelon  est  la  plus  grosse  et  la  plus  mauvaise  espèce  de 
guêpes. 

Dér.  du  lat.  Vupa,  m.  s. 


648 


VER 


i 

•      > 
f 


# 


V 

♦V 


Vérdoù,  #.  m.  Verdeur,  verdore;  saveur  du  vin  qm  est 
vert,  c'est-à-dire  composé  avec  du  raisin  incomplètement 
mûr;  vigueur  de  la  jeunesse. 

Dér.  de  Vèr,  vert. 

Vérdim,  s,  m.  Nom  d*oiseau  et  nom  propre  d'homme. 
Verdier,  gros  bec  verdier;  FringîUa  Chhris,  Temm. 
Le  mâle  a  toutes  les  parties  supérieures,  la  gorge  et  la 
poitrine  d*un  vert  jaunâtre  et  le  ventre  jaune;  (a  femelle 
est  d'un  gris  cendré,  légèrement  teint  de  verdàtre  en -dessus. 
De  tous  nos  oiseaux  des  champs,  le  verdier  est  peut-être  le 
plus  facile  à  prendre,  à  quelque  piège  que  ce  soit,  et  celui 
qui  s'apprivoise  le  plus  aisément .  Â  peine  prisonnier,  et 
iemblant  ne  pas  s'apercevoir  de  sa  captivité,  il  se  met  à 
manger  et  à  faire  entendre  son  ramage  éclatant  et  varié.  Il 
parvient  à  prononcer  quelques  mots .  On  l'appareille  avec 
le  canari,  et  les  mulets  qui  en  proviennent  sont  les  plus 
estimés  pour  la  vigueur  et  pour  le  chant. 

Yère  ou  Yèri,  «.  m.  Verrat,  cochon  mâle  et  entier  ; 
escargot  de  grande  taille  et  non  comestible. 

Le  cochon  domestique  descend  du  sanglier,  qui  ne  se 
rencontre  plus  vivant  dans  nos  contrées;  mais  il  en  existait 
encore  dans  nos  bois  au  siècle  dernier,  comme  l'attestent 
plusieurs  documents. 

Dér.  du  lat.  Verreê,  m.  s. 

Vérgnièiro,  $.  f.  Nom  générique  donné  à  la  foule  des 
petits  poissons  de  rivière  que  l'on  appelle  le  fretin,  parmi 
lesquels  sont  comprises  les  espèces  qui  ne  grandissent  point, 
telles  que  :  la  Loquo,  le  Véiroù,  VAse,  le  Gdfi  ou  gou- 
jon, etc. 

Vérgo,  «.  f.  Verge,  baguette,  badine,  gaule. 

Dér.  du  lat.  Tirga. 

Térgongno,  «.  f.  Honte,  vergogne,  timidité.  —  Faïre 
vérgougno,  faire  honte,  intimider.  Àcà  é»  uno  vérgougnol 
c*66t  une  chose  honteuse!  Déourias  avé  vérgougno/  vous 
devriez  être  honteux  ! 

Dér.  du  lat.  Vereeundia, 

Vérgougnoùs,  onso,  adj,  m.  et/*.  Honteux,  timide,  qui 
éprouve  un  sentiment  de  pudeur  naturelle.  —  Siègues  pas 
vérgongnoîu/  ne  sois  pas  timide. 

Dér.  de  Vérgougno,  timidité. 

Yérl,  t.  m.  Venin,  poison  ;  malice,  haine  concentrée.  — 
A  dé  virï,  se  dit  d'une  personne  naturellement  méchante 
et  Tindicative.  Le  brou  de  la  noix. 

Dér.  du  lat.  Yenenum,  m.  s. 

▼érinado,  s.  f.  Eruption,  enflures  ou  pustules  qui  survien- 
nent sur  diverses  parties  du  corps  et  notamment  aux  lèvres, 
à  la  suite  de  diverses  circonstances,  et  qui  sont  souvent  attri- 
buées à  des  causes  imaginaires.  Sortes  de  fluxions  érôsypé- 
lateuses  produites  quelquefois  par  une  secousse  morale,  un 
effinoi  violent  éprouvé  d'une  manière  inattendue,  le  contact 
de  certains  sucs  de  plantes  ou  de  substances  vénéneuses. 

On  donne  aussi  le  nom  de  Vérinado  à  l'Euphorbe  des 
moissons,  Euphorbia  V€g9taiis. 

Dér.  de  VM,  venin. 


VÉR 

Véiinoàs,  onso,  adj»  m.  et/.  Vaokneux»  eue;  véoA- 
neux,  euse.  —  irno  èrbo  vérinouio,  une  plante  vénâseofle. 
Vno  bèsîio  vérinouao,  un  animal  venimeux. 

Dér.  de  Véri,  venin. 

Yénna,  v.  Diminuer,  abaisser;  lâcher,  laisser  relombef 
peu  à  peu;  amoindrir.  —  lou  toupi  a  vérma,  le  potage  a 
diminué.  Lous  Jours  vérmou,  les  jours  décroissent.  Mm» 
vérma,  laisse  retomber  peu  à  peu.  Ferma  km  gagts, 
diminuer  les  gages,  le  traitement. 

Yèrme,  s,  m.  Ver,  nom  donné  iodistioctemont  àtonsles 
animaux  à  sang  blanc  qui  rampent  sur  la  terre  oa  qoi 
vivent  dans  le  corps  de  l'homme,  des  animaux,  des  frais», 
des  plantes,  etc. 

Tuia  lou  vêrme,  faire  le  matin  une  petite  collecte  de  la 
plus  grande  simplicité,  un  repas  succinit,  arrosé  d'un  vene 
de  vin,  Fnutulum. 

Dér.  du  lat.  Vermis,  m,  s. 

Yèrmôna,  ado,  ».  m.  et  f.  Vermoulu,  attaqué,  nmgé 
des  vers;  véreux,  en  parlant  des  fruits. 

Dér.  de  vèrtne,  ver. 

Yèrménoùs,  on«o,  adj.  m.  et  f.  Véreux,  euse;  rongé 
des  vers;  vermoulu;  sujet  aux  vers. 

Dér.  de  vèrme,  ver. 

Yèrminado,  «.  f.  Maladie  vermineuse  causée  par  une 
invasion  vermiculaire  fréquente  chez  les  enfants  en  bas- 
âge. 

Dér.  de  Vèrm$,  ver. 

Yèrmino,  ».  f.  Vermine,  toute  espèce  de  vers  et  par 
extension  tous  les  insectes  qui  pullulent  sur  les  personnes  et 
les  objets  malpropres  ;  tels  que  poux,  puces,  punaises,  etc.  ; 
les  gueux,  les  mendiants,  les  gens  de  basse  extraction,  les 
vagabonds,  etc.  —  Aquél  éfan  a  la  vèrmino,  cet  enfant  a 
une  maladie  vermineuse;  il  est  attaqué  des  vers. 

Dér.  de  firme,  ver. 

Yèrmïoù,  ».  m.  Kermès,  gallinsecte,  que  l'on  recueille 
sur  le  petit  chêne  vert  épineux  Quereu»  cooeifera,  Linn.* 
et  que  l'on  appelle  aussi  graine  d'écarlate.  11  sert  à  préparer 
la  couleur  rouge  la  plus  estimée  avant  la  découverie  de  la 
cochenille.  —  Vimi:ioii  est  évidemment  le  diminatif  de 
Vèrme,  ver,  bien  qu'on  puisse  le  prendre  pour  la  traduction 
littérale  de  Vermillon,  qui,  du  reste,  a  sans  doute  la  même 
origine. 

Yémarédo,  ».  f.  Terrain  ou  région  complantée  d'aulnes 
(Vèmo  en  languedocien).  Nom  propre  de  lieu  ôqmvà\eQi 
comme   signification  à  l'appellation  française    AuUuiiê* 
Plusieurs  localités  du  Gard  portent  ce  nom  dans  leqii^  <viV 
été  introduites  certaines  variantes  :  La  Vernarède,  com- 
mune du  canton  de  Génolhac;  La  Vernède,  hameau  el 
fermes  de  l'arrondissement  d'Uzès  et  de  Nimes;  Vers,  com- 
mune du  canton  de  Remoulins;   Vems,  hameaa   de   la 
commune  du  Chambon,  et  peut-être  même  Hiverne,  hanaeaa 
de  la  commune  d'Âujac. 

Dér.  de  Vèmo,  aulne. 

Yérqnitàro,  ».  f,  La  dot  d'une  fille. 


VÉS 

«  Ce  tonne,  défiguré  dans  bien  des  endroits,  dit  Sauvages, 
poorrût  bieu  être,  en  dernière  analyse,  Vérguièïro,  comme 
on  le  prononce  dans  certaines  localités.  Or,  Vérguièïro  n*est 
pas  bien  loin  de  VirguHiro,  qui  se  rapproche  du  lat.  Virgo, 
ÎHe;  d*DÙ  on  aurait  fait,  dans  la  basse  latinité,  Verqueria, 
pour  indiquer  ce  qui  appartient  à  une  fille,  son  apanage, 
aadol. 

c  Mais  il  est  plus  simple  de  prendre  Vérquièiro  dans 
l'acception  de  la  basse  latinité  Yerchsria,  terme  qui,  dans 
on  ancien  titre  cité  par  Ducange,  signifie  une  portion  de 
cbamp  ou  d'héritage,  un  fonds  de  terre  :  Volumut  quod 
fifî  habmt  uttieof^  Kortos  vd  Vercherias • 

Vértél,  s,  m.  Fusaïole;  peson  de  fuseau.  Bouton  en  bois, 
en  verre,  en  poterie  ou  en  métal  qui  sert  de  volant  au 
fuseau  et  le  fait  tourner  plus  longtemps. 

Cet  objet  remonte  à  la  plus  haute  antiquité.  On  en 
trouve  dans  les  stations  préhistoriques,  gauloises  et  ro- 
maines. 

Dér.  du  lat.  Verto,  je  tourne. 

Vérta,  s.  f.  Force,  vigueur,  robusticité,  en  parlant  de 
rhomme,  des  animaux  et  des  plantes;  propriété,  efficacité 
en  parlant  des  choses. 

Dér.  du  lat.  Virtus,  m.  s. 

Vértnrioùs,  onao,  adj.  m.  et  f.  Fort,  vigoureux,  robuste, 
résistant. 

Dér.  de  Vertu,  force,  vigueur. 

Vès,  prép.  Vers,  dans  la  direction»  chez,  auprès,  du 
côté  de.  —  Démore  vès  la  plaço  dé  l'Àbadiè,  j'habite  près 
de  la  place  de  l'Abbaye.  Ànas  vêt  vosto  tanto,  allez  chez 
votre  tante.  L*aï  vi$  qu'anavo  vès  Ânduso,  je  Tai  vu 
dlant  dans  la  direction,  du  côté  d'Ânduze. 

Dér.  du  lat.  Versus,  m.  s. 

Vès  ou  Bas,  «.  m.  Nom  de  plante.  Bouleau  blanc, 
Bnulaalba,  Lion.,  genre  de  la  famille  des  Âmentacées.  Les 
bouleaux  et  les  aulnes  (AlniJ  forment,  d'après  Tournefort, 
deux  genres  distincts  que  Linné  avait  conservés  dans  ses 
premiers  ouvrages  :  il  les  a  ensuite  réunis  et  le  langage  de 
nos  pays  les  rapproche  et  les  confond  quelquefois.  Aujour- 
d'hui la  plupart  des  botanistes  modernes  les  tiennent 
s^rés. 

L'écorce  du  bouleau  sert  à  diverses  préparations.  La  sève 
de  cet  arbre  est,  de  toutes  les  substances  végétales,  celle 
qui  fournit  le  meilleur  moyen  d'imiter  le  vin  de  Champagne, 
qu'on  lalsifie  à  Londres  et  à  Hambourg  avec  diverses  baies, 
surtout  celles  du  myrtUius. 

Le  Vis,  comme  la  Vèmo,  a  donné  son  nom  à  diverses 
localités  du  Gard.  —  Voy.  Vémarédo. 

Vis,  Vers,  village  du  canton  de  Remoulins.  —  Cébo  dé 
Vis,  oignons  de  grosse  taille  que  l'on  récolte  sur  le  territoire 
de  Vers.  —  Bés  on  Bex,  village  du  canton  du  Vigan  ; 
Bessègss,  dans  l'arrondissement  d'Alais;  les  hameaux 
de  Bêsses,  Busèdê,  Bessiirês,  Bessettes,  dans  le  Gard; 
ïïessas,  dans  l'Ardèche,  etc. 

Dér.  du  lat  Beiula,  bouleau. 


VÈS 


649 


VéBl,  ino,  s.  m.  et  f.  Voisin,  ine;  qui  est  situé  ou  qui 
habite  à  proximité  d'une  autre  chose  ou  d'une  autre  per- 
sonne. Proche,  touchant,  contigu.  —  L'aïgo  es  un  mari 
vési,  le  voisinage  des  cours  d'eau  est  dangereux. 

Dér.  du  lat.  Tuoinus,  m.  s. 

Vésia,  ado,  adj.  m.  et  f.  Délicat  ou  douillet  ;  mignard, 
mièvre.  —  Acà  's  un  vésia,  c'est  une  poule  monijlée,  un 
mignard.  Un  parla  vésia,  un  langage  mignard  et  aflEscté. 
Un  éfan  vésia,  un  enfant  gâté.  Faï  la  visiado,  c'est  une 
minaudiére,  une  sucrée. 

Dér.  de  l'it.  Vezzoso,  mignon. 

Vésiada,  v.  Choyer,  gâter,  soigner,  dorloter,  traiter  avec 
délicatesse.  —  Se  vésiada,  se  soigner  avec  trop  de  délica- 
tesse,  se  dorloter.  Vésiada  un  éfan,  élevée  un  enfant  trop 
délicatement,  avec  trop  de  complaisance. 

Dér.  de  l'it.  Veszeghiart,  m.  s. 

Vésiadamén,  adv.  Avec  trop  de  délicatesse,  de  mignar- 
dise. 

Dér.  de  Vésiada,  dorloter,  soigner. 

Vésiadnro,  s.  f.  Mignardise,  délicatesse  affectée.—  JV'ss 
pas  maldou  qui  dé  vésiaduro,  il  n'est  malade  que  par  trop 
de  bien-être.  On  dit  d'un  cheval  fringant  :  Cribo  di 
vésiaduro,  il  gambade,  il  folâtre  parce  qu'il  est  trop  dm. 
—  La  vésiaduro  hu  gagno,  il  commence  à  s'enorgueillir. 

Dér.  de  Vésiada,  soigner,  dorloter. 

Vésinaje,  s.  m.  Voisinage,  proximité;  l'ensemble  des 
habitants  logés  dans  le  même  quartier  d'une  ville  ou  d'an 
village. 

Dér.  de  Vési,  voisin. 

Vésinéja,  t^.  Se  fréquenter  entre  voisins;  être  en  bons 
rapports  avec  les  gens  de  son  voisinage. 

Dér.  de  Vési,  voisin. 

Vésito,  s.f.  Visite;  action  d'aller  voir  une  personne  par 
déférence,  par  civilité,  par  devoir,  par  amitié;  visite  de 
médecin;  inspection,  recherche,  perquisition. 

Véspiè,  s.  m.  Guêpier,  nid  de  guêpes  formé  de  plusieurs 
rayons  horizontaux  et  superposés,  reliés  entre  eux  à  la 
partie  centrale.  On  dit  au  figuré  :  Bouléga  lou  véspii, 
susciter  des  querelles;  réveiller  le  chien  qui  dort. 

Dér.  de  Vispo,  guêpe. 

Vèspo,  s,  f.  Guêpe;  mouche  carnassière  et  frugivore 
dont  il  existe  plusieurs  variétés.  Comme  les  abeilles,  dont 
elles  sont  une  élégante  mais  mauvaise  copie,  celles  qui 
vivent  en  société  ne  font  point  de  provisions  pour  l'hiver  ; 
aussi,  après  de  terribles  discussions  intestines,  qui  boule- 
versent les  guêpiers,  la  faim  et  le  froid  les  font  d'ordinaire 
presque  toutes  périr. 

Quelques  femelles  fécondées,  qui  échappent  au  désastre 
et  se  remisent  pendant  l'hiver  dans  quelque  trou,  suffisent 
pour  former,  au  printemps,  une  nouvelle  colonie  et  perpé- 
tuer cette  race  toujours  trop  nombreuse.  Le  Grdouffou 
frelon  est  la  plus  grosse  et  la  plus  mauvaise  espèce  de 
guêpes. 

Dér.  du  lat.  Vê$pa,  m.  s. 


650 


VÉT 


Vèsprado,  s.  /.  Le  soir,  la  vesprée  en  vieux  fr. ,  la 
soirée,  la  veillée.  —  Nous  ién  pérménas  totUo  la  vèsprado, 
nous  nous  sommes  promenés  toute  la  soirée.  Vendrai  vouê 
vêire  din  là  vèsprado,  je  viendrai  chez  vous  dans  la  soirée. 

Dér.  de  Vé»pr$,  soir. 

VèBpre,  s.  m.  Soir.  —  Lou  vèspre,  le  soir.  Dé  vètpre, 
ce  soir.  Bon  vètpre,  bonsoir,  bonne  soirée.  BougB  dé  vèspre, 
bêou  ién  déou  éttre,  ciel  rouge  le  soir,  espoir  de  beau  temps. 

Dér.  du  lat.  Vesper,  m.  s. 

Vètpros,  s.  /.  p.  Les  Vêpres.  Vêpres,  partie  de  Toffioe 
religieux  qui  se  dit  ou  se  chante  dans  Taprès-midi. 

Dér.  du  lat.  Vegper,  dér.  de  Vetperœ,  et  sons-entendu 
horœ  ou  hora  itesperUna,  On  les  disait  anciennement  à  six 
heures  du  soir. 

Véssa,  V.  Verser,  se  répandre  par  les  bords.  Se  dit  d'une 
liqueur  qui  se  répand  d'elle-même  d'un  vase  trop  plein. 
—  Lou  toupl  véêso,  le  bouillon,  l'eau  du  pot  se  répand.  On 
verse  une  liqueur  d'un  vase  dans  un  autre  en  inclinant  le 
vase  qui  la  contient. 

Dér.  du  lat.  Vertare. 

Véssarô,  <.  m.  Vesce  cultivée,  vesceron  ou  vesce  sau- 
vage, blanche  ou  brune,  Vida  gaiwa,  Vesce  à  feuilles 
étroites,  Ft'eta  anguitifolia.  Plante  de  la  famille  des  Papil- 
lonacées.  —  Voy.  Véuo,  vesce. 

Vésso,  s.  f,  Vesce  fvioiaj,  La  vesce  fournit  un  excellent 
fourrage;  on  la  oultive  pour  la  nourriture  des  bestiaux. 
Les  tiges,  lorsqu'elles  ont  été  battues,  sont  encore  bonnes 
pour  nourrir  les  moutons.  Cette  plante  sert  aussi  à  fertiliser 
les  terres  :  pour  cela  il  faut  la  renverser  avec  la  charrue, 
lorsqu'elle  est  en  fleurs.  Cet  usage  était  connu  des.ftomains. 
Les  graines  servent  particulièrement  de  nourriture  aux 
pigeons. 

Dér.  du  lat.  Vieia  et  de  Vincirt,  lier,  à  cause  des  tiges 
grimpantes  et  des  vrilles  qui  caractérisent  cette  plante. 

Vésti,  s.  m.  —  Un  vésU,  un  vêtement.  Bos  vésU,  bois 
en  grume,  dont  l'écorce  n'a  point  été  enlevée.  Bla  vésti,  blé 
dont  la  balle  est  adhérente  au  grain. 

Dér.  du  lat.  Vestire,  vêtir. 

Vésti,  do,  adj.  m.  et  f.  Vêtu,  vêtue.  —  BUn  véHi,  bien 
vêtu,  vêtu  avec  soin.  Se  dit  au  fig.  de  celui  qui  a  une  belle 
fortune.  Vésti  dé  sédo,  un  porc,  un  pourceau,  ainsi  désigné 
par  un  jeu  de  mots  rappelant  les  soies  qui  forment  la 
fourrure  de  cet  animal. 

Dér.  du  lat.  Vesiire, 

Vésti,  V.  Vêtir,  revêtir,  habiller  ;  fournir  des  vêtements. 

Dér.  du  lat.  Vestire,  vêtir. 

Vèsto,  s.  f.  Veste,  sorte  de  justaucorps  sans  basques  qui 
compose  le  vêtement  supérieur  des  paysans  méridionaux. 
Dim.  Vèstéto,  Vèstouno,  petite  veste. 

Dér.  du  lat.  Vestis. 

Veto,  s.  f.  Ruban  étroit  et  grossier,  ordinairement  en  fil 
de  chanvre  ou  de  soie  de  rebut,  servant  à  attacher  les 
cheveux,  les  vêtements. 

Dér.  du  lat.  Vitia,  bandelette.  —  Voy.  Cahii. 


Vie 

Vézénobre,  s.  m.  nom  propre  de  lieu.  ^  Yù^.  fiénohn. 

Via  s,  m.  Vin,  liqueur  extraite  du  raisin  fermenté.  —Fi 
dé  prénso  ou  dé  désiré,  vin  de  pressurage. 

Dér.  du  lat.  Vinum,  m.  s. 

Viaje,  m.  s.  Voyage,  la  route  que  l'on  parcourt  pou  ib 
rendre  d'un  lieu  à  un  autre.  —  Vn  w^e  dé  fi,  une  char- 
retée de  foin.  Viaje  blan,  course  inutile.  On  dit  anssi:  im 
viaje,  une  fois.  Aquéste  viaje,  cette  fois.  Vn  âoutre  wi^9, 
une  autre  fois.  Lou  grand  viaje,  le  dernier  voyage,  la  mort. 

Dér.  du  lat.  Viatieum, 

Viâouîô,  s.  m.  Violier  ou  giroflée.  Genre  de  la  famille 
des  Crucifères.  Le  nom  vulgaire  de  giroflée  est  im  cor- 
ruption de  x^^P*  ^^^^  (prononcez  Khirj,  et  de  /loi,  fleur. 
L'espèce  la  plus  connue  est  la  giroflée  jaune  ou  v'iotelte 
(Cheiranthus  cheiri.  Lion.),  cultivée  dans  les  jardins  et  dont 
l'odeur  approche  de  celle  de  la  violette. 

Viàoulé,  s.  m.  Violet,  la  couleur  violette.  Lou  viâonU, 
le  violet. 

Viâouléto,  s.  f,  Violette,  viola  odorata,  Linn.,  genre 
type  de  la  famille  des  Violariées,  d'une  odeur  suave.  ClelVa 
plante  croit  également  dans  le  Nord  et  dans  le  Midi,  au 
lieux  couverts,  dans  les  prés,  les  bois,  le  long  des  haies. 
Elle  était  en  grande  vénération  chet  les  Athéniens,  qui  la 
nommaient  ion.  Pour  justifier  cette  étymologie,  les  çoètei 
greca  ont  prétendu  que  Jupiter,  ayant  métamorphosées 
génisse  la  belle  lo,  fit  naître  la  violette  pour  lui  procacer 
une  pâture  digne  d'elle. 

Viâoulonn,  s,  m.  Violon,  instrument  de  musique  ea 
bois  et  à  quatre  cordes  dont  on  joue  avec  un  archet. 

Patience-violon,  Rumex  puleher,  Linn.,  genre  de  la 
famille  des  Polygonôes,  caractérisée  par  ses  feuilles  raài- 
cales  en  forme  de  violon,  qui  croit  communément  sur  le 
bord  des  routes  et  dans  les  lieux  incultes. 

Dér.  de  l'ital.  Violino  ou  Violone,  m.  s. 

Viâonlonna,  v,  Violonner,  jouer  du  violon. 

Dér.  de  Vidouloun,  violon. 

Viâonlonnaire,  s.  m.  Celui  qui  joue  du  violon. 

Dér.  de  Vidouloun,  violon. 

Vibre,  s.  m.  Castor,  bièvre,en  latin  Ftèor.  Qoadru^feàit 
amphibie  qui  tend  à'  disparaître,  traqué  par  les  cbasseois 
dans  toutes  les  parties  du  monde.  Ce  n'est  que  v^  ^^ 
très-rare  exception  qu'on  rencontre  encore  quelque  castor 
égaré  sur  les  bords  du  Gardon  ou  du  Rh6ue«  où  cxi  ^ 
voyait  assez  souvent  autrefois;  et  c'est  ea  vain  qu'on  j 
chercherait  des  traces  de  leurs  constructions  modèles. 

Notre  savant  et  éminent  compatriote,  M.  J.-B.  Damas,  ^ 
célèbre  chimiste,  a  choisi  pour  emblème  un  castor  cous^ 
sant  sa  maison,  avec  cette  devise  en  exergue  :  Qudou  tra9^ 
faï  soun  fnas,  celui  qui  travaille  édifie  sa  maison^  alluaka 
délicate  au  modeste  point  de  départ  de  ses  propres  destinée! 

Vicàri,  s.  m.  Vicaire,  le  prêtre  qui  aide  et  remplace  tf 
besoin  le  curé  dans  l'exercice  de  ses  fonctions.  Oa  dit  an» 
iigoundari, 

Dér.  du  lat.  Viearius. 


I 


VIE 

Yloa,  s.  m.  Vice,  défont,  rose,  adresse,  malice,  four- 
berie. —  Aquél  éfan  a  dé  vie$,  cet  enfant  est  rosé,  madré» 
roo6  poor  son  ftge.  Un  ehwal  qu'a  dé  vice,  un  cheval  vicieux. 

Dér.  du  lat.  ViUum,  m.  s. 

▼icioùs,  80,  adj,  m.  et  /.  Vicieux,  rusé,  madré,  mali- 
cieux, fourbe.  Se  dit  d'un  traité,  d*un  contrat  qui  manque 
de  quelque  formalité  essentielle. 

Dér.  du  lat.  ViUoiui,  m.  s. 

^dasaOf  t.  /.  Existence  pénible,  misérable;  mauvaise 
vie»  vie  de  débauche.  —  MichatUo  vidauoJ  triste  exis- 
tence! 

Âugm.  et  péjor.  de  Yido.  *—  Fby.  c.  m. 

VIdo,  t.  f.  Vie,  existence;  état  des  êtres  animés,  tant 
qu'ils  ont  en  eux  le  principe  [des  sensations  et  du  mouve- 
ment; l'intervalle  de  tempe  qui  s'écoule  entre  la  naissance 
et lamort  d'un  être  vivant.  Au  fig.  la  conduite  et  les 
m(Bur8.  —  Fovra  la  vido,  avoir  une  conduite  débauchée. 
Cérea  «a  vido,  mendier  pour  vivre.  Dé  ma  fndo  ifidanio, 
ooiH  pa  vie  aeà/  jamais  de  la  vie,  an  grand  jamais,  je 
n'avais  été  témoin  d'une  chose  semblable  1 

Dér.  du  lat.  Vita,  vie. 

Viédase  ou  Aoubèrgino,  s.  m.  Aubergine  melongène, 
Sofotitim  tneiongena,  Linn.  Plante  de  la  famille  des  Sola- 
nées,  d(Mit  le  fruit  est  un  aliment  fort  agréable.  C'est  une 
grosse  baie,  très-lisse,  allongée,  ordinairement  de  couleur 
violette,  quelquefois  jaune.  Selon  Hasselquist,  les  Poma  mo- 
d^mitiea  de  la  vallée  du  Jourdain,  prés  de  la  Her  morte, 
seraient  les  fruits  du  Solanum  mtlongma  :  mais  c'est  une 
erreur,  ces  fruits  appartienneot  à  VAteUpioi  gigantea, 
Linn.  Cette  plante,  très-commune  dans  les  jardins  pota* 
gers  du  midi  de  la  France,  est  originaire  des  Indes  ;  c'est  la 
Mérif^'ano  des  Provençaux.  On  apprête  ses  fruits  de  diflé- 
rentes  manières,  en  leur  adjoignant,  le  plus  souvent,  ceux 
du  Solanum  lieop$r$ieum»  Linn.,  ou  pomme  d'amour. 

Le  nom  de  viédaie  donné  à  ce  légume  lui  a  été  attribué 
par  analogie  avec  sa  forme  particulière  :  Vereirum  astét. 

Au  fig.  Viédai9,  se  dit  d'un  homme  dissimulé,  faux,  d'un 
gnedin. 

Viédasa!  interj.  Peste!  diantre!  fichtre! 

Yièièiso,  s.  A  Vieillesse,  âge  avancé.  Mot  français  tourné 
en  languedocien. 

"^Mia,  «.  m.  Décrépitude,  en  parlant  des  personnes; 
vétusté,  en  parlant  des  choses.  —  Mouri  dé  vUfjt,  mou- 
rir de  vieillesse.  On  dit  aussi  Vii^unje, 

Dér.  de  ViM,  vieux. 

¥itio,  s.  /.  Vielle,  instrument  de  musique  à  clavier  dont 
jouent  ordinairement  les  mendiants  de  la  Savoie. 

Vièlnn,  s.  m.  Vieillesse  avancée,  décrépitude.  —  Voy. 
aussi  rmjê  et  vmounj$. 

^èl,  itio,  «.  et  a4i,  m.  et  f.  Un  vieux,  une  vieille,  un 
homme»  une  femme  d'un  âge  avancé.  La  viiso  diiièumjour 
fué  vovXi  pa  fiwwH«  une  certaine  vieille  femme  disait  tou- 
jours qu'elle  ne  voulait  pas  mourir,  (sous  entendu  :  pam 
qu*<ella  était  bien  aise  de  connaltie  toutes  les  inventions 


VIG 


661 


nouvelles  qui  se  produisent  journellement).  Pâourê,  wM  $i 
moMott/ pauvre,  vieux  et  malade!  trois  des  pires  conditions 
de  l'hunumité  réunies  sur  un  seul  individu. 

Vij6,  s.  m.  Rameau,  pousse,  scion  d'osier,  dont  on  fait 
des  ouvrages  de  vannerie;  la  plante  elle-même,  laquelle 
est  une  variété  du  saule,  qui  forme  le  genre  type  de  la 
famille  des  Salicacées. 

En  botanique,  l'osier  est  appelé  saule  hélix,  SalU  Mis, 
Linn.  On  l'emploie  avec  avantage  pour  fixer»  par  ses 
racines,  les  sables  mobiles,  et  fixer  les  berges  le  long  des 
cours  d'eau.  Ses  rameaux  longs  et  pliants  servent  de  liens. 
On  en  fabrique  des  paniers,  des  corbeilles  d'un  usage  très- 
répandu.  La  piqûre  d'un  insecte,  le  Cynipi  du  $aul9,  ocoa» 
sionne,  vers  l'extrémité  des  rameaux,  une  excroissance 
rongeàtre,  en  forme  de  tête  ôcailleuse,  qu'on  nomme  rot$ 
de  êoul»,  et  que  l'on  retrouve  sur  le  saiûe  maroeau.  C'est 
encore  sur  cette  espèce  et  plusieurs  autres  qu'on  trouve  le 
beau  Capricorne  à  odeur  de  roee,  Cerambix  mot€hatuâ,  Linn. 

Il  existe  encore  diverses  sous-variétés  de  cet  arbuste» 
telles  que  Vomt  rouge  ou  verdiau,  Voeier  brun,  VoeUr 
jaune  ou  amariniêr,  etc. 

D'après  Servins,  le  nom  latin  du  saule,  Sa/»,  viendrait 
de  Salire,  monter,  parce  que  le  saule  croit  très-vite;  selon 
Theis,  du  celtique  Sul,  proche,  et  Lie,  eau. 

Vijèiro,  s.  f.  Oseraia,  saulaie,  saussaie.  Lieu  planté 
d'osiers  ou  de  saules  de  tonte  espèce.  Ces  plantations  sont 
fréquentes  sur  les  bords  du  Gardon  où  elles  servent  de 
défense  contre  les  crues  torrentielles  de  cette  rivière.  On 
dit  aussi  SâouMédo, 

Dér.  de  Vife,  osier. 

Vignàou,  •.  m.  Vignal  ou  garde-vignes,  employé  muni- 
cipal chargé  de  garder  la  vendange,  au  moment  de  la 
maturité  du  raisin.  Au  moyen  Age»  les  gardiens  des  récoltes 
portaient  surtout  le  nom  de  bagne,  bannier  (banneriue), 
dérivé  de  ban,  criée  publique,  proclamation,  défense.  Ce 
terme  est  aussi  employé  comme  nom  propre  d'homme. 

Dér.  du  bas-lat.  Vineariue,  en  vieux  fr.  Vignau. 

Vigno,  s.  f.  Vigne»  ViUe,  Linn.  Genre  type  de  la 
famille  des  Vitifères.  Arbrisseau  sarmenteux  connu  de  tout 
le  monde  et  dont  le  fruit  produit  le  vin. 

L'époque  à  laquelle  remontent  la  connaissance  de  la  vigne 
et  l'usage  du  vin  se  perd  dans  la  nuit  des  temps.  La  Bible 
en  fait  honneur  à  Noé.  D'autres  veulent  qu'Osiris»  le 
Bacchus  des  Grecs,  ait  trouvé  la  vigne  dans  les  environs  de 
Nysa,  dans  l' Arabie-Heureuse,  d'où  il  l'aurait  transportée 
dans  les  Indes. 

Les  Phéniciens,  qui  parcouraient  souvent  les  côtes  de  la 
Méditerranée»  en  introduisirent  la  culture  dans  les  lies  de 
l'Archipel,  la  Grèce,  U  Sicile,  en  Italie  et  dans  le  territoire 
de  Marseille.  De  là,  elle  s'étendit  progressivement  dans  les 
Gaules,  où  elle  occupait  déjà  une  partie  des  coteaux  de  nos 
départements  méridionanx,  lorsque  Domitien  fit  arracher 
toutes  les  vignes  qui  croissaient  dans  la  Gaule,  à  la  suite 
d'une  annéaoù  la  récolte  du  vin  avait  été  aussi  abondante 


662 


VIL 


que  celle  du  blé  était  chétive  et  misérable.  Cette  destnielioa, 
qui  remonte  à  Van  92,  dura  deux  siècles  enliers,  et  ee  n'est 
que  soas  le  règne  de  Probus  que  l'inlerdiction  fat  levée. 
Deax  cents  ans  après,  la  reprodaction  delà  Tigne  avait  fait 
de  rapides  progrès  dans  nos  pays,  et  s'était  même  avancée 
dans  le  nord  de  la  Gaule.  Les  vïni  de  France  sont  de 
beaucoup  les  plus  estimés  du  monde  et,  certains  crûs  ont 
aoquis  une  renommée  universelle  et  incontestée. 

Le  terrible  fléau  dit  PhyUoxera  vastatrix,  qui  a  pris  nais- 
sance sur  le  territoire  de  Pajaut  (Gard),  vers  Tannée  4862, 
et  qui  continue  depuis  lors  ses  ravages,  a  presque  entiè- 
rement détruit  les  vignes  de  nos  contrées  méridionales  et 
menace  de  s'étendre  sur  toute  la  France  et  sur  les  pays 
d^eonvoisins.  L'avenir  seul  prouvera  que  la  reconsti- 
totlon  de  la  vigne  par  les  plants  américains,  essayée  sur 
une  large  échelle,  peut  nous  rendre  cette  source  de  richesses 
dont  nous  sommes  privés  depuis  si  longtemps. 

Les  principales  espèces  de  raisins  de  nos  contrées  portent 
les  noms  vulgaires  suivants  : 

Baraqué.  Mutca-gré. 

Béouno,  PaUfirés. 

Blanqué.  Pâour$, 

CUtréto-blanquo.  Pichoto  méno. 

Claréio-roujo.  Pieopoulo  bouréto, 

Couliéor-rouui,  Pieopoulo  cahêMo, 

Couiidor'Vèrdâou.  Pieopouh  fialaïro. 

CoupadO'blaneo.  Pieopoulo  (grosso  OU  far* 

Coupado  'Toujo .  nousoj 

Coupado  (grosso)  négro,  Pieopoulo  (piehotoj. 

Daliean.  Basin  dé  poeko. 

Du  Bousérgd. 

Espar.  Sadouh'bouvié, 

Èspiran  ou  Aspiran  OU  Piran    Sàouro. 

Game  ou  larda.  Térécalos, 

Game  nègre.  Téré  (gros). 

Granaïràou.  Téré  (piehà). 

Gré.  Téré  rouje. 

Gragnôou.  Ugno  blaneo. 

Larda  ou  Garni.  Ugno  négro. 

Madéléno.  Ugno  d'É^pagno  ou 

Mtoulan.  Ugnéto  rousso, 

Musea-^an.  Ugno  d'Usés. 

Mutoa'négrs. 

Yignoù,  f.  m.  Petit  carré  de  vigne. 

Dér.  de  Vigno,  vigne. 

Yllagmè,  s.  f.  Vilenie,  saleté,  ordure,  grossièreté,  impo- 
litesse; action  mauvaise;  propos  indécents;  femme  de  mau- 
vaises mœurs. 

Vila)e,  s.  m.  Village,  agglomération  d'habitations  d'une 
faible  importance,  mais  supérieure  à  celle  d'un  simple 
hameau,  et  ordinairement  habité  par  des  cultivateurs  et 
des  propriétaires  fonciers.  —  Vilajas,  gros  village.  Fiila* 
foà,  petit  village. 

Dér.  du  bas-lat.  Villatieum,  m.  s. 


VID 

Vllèn>  èuo,  s.  et  adj,  m,  et  f.  Un  ladre,  un  ataie.  — 

Quand  un  vilèn  s'alargo,  fout  y  ^ioU,  i!  n'eM  chèl^  qu6  de 
vilain.  Dans  certaines  localités  des  GévenAes,  oiippMfe  le 
diable  :  lou  vUèn. 

VttBin,  e,  adj.  m.^xf.  Rustre,  grQBSier,sale,  malpriipce, 
désagréable,  fâcheux,  avare.  -^  Bour  tau  mUn/  oh  Me 
vilain  !  se  dit  à  un  enfant  qui  touche  ou  fût  des  saletés. 
Dér.  du  bas-iau  riUanus,  et  du  lat:  Vma,.  métairÎB: 
irilèii*-màrle,  f .  m.  Un  homme  désagréable,  mal  «levé, 
grossier,  grincheux,  mauvaie-eonoheur,  acariâtre,  rageur. 
Vilo,  s.  f.  Ville,  agglomération  considérable  d'hafaitê- 
tions  disposées  par  rues  et  jadis  entourées  de  Vémpartait  de 
fossés.  --  YUasso,  grande  ville  erdinairemeut  peu  agrtsfato. 
VUoto,  petite  ville  assea  agréable. 

il  faut  bien  se  garder  de iraduirele  Utiii TiUa,  métayie, 
maison  de  campagne»  hameau,  par  le  mot  français  ville. 

Vixiflîgra,  e.  Vinaigrer,  pr^rer,  accommoder,  assn- 
sonoer  un  meta  avec  du  vinaigre.  -*-  DêtmiraU  à  la  eineK- 
gtado,  des  poivrons  à  la  vinaigrée,  préparés  «a  vinaigre. 
Dér.  de  VinaHgrs,  vinaigre. 

Vimâgrado,  s.  f.  Plat  de  légumes  assaisonnéa  à  Tboile 
jet  au  vinaigre;  sorte  de  salade. 
Dér.  de  vénaigre,  Vinaigre. 

Tiaaigre,  s.  m.  Vinaigre,  vin  devenu  adde,  employé 
comme  condiment  dans  les  usages  de  la  table  et  de  la  cn- 
sine  ou  dans  la  parfumerie.  Mot  composé  de  Vin,  vin  et 
efigre,  aigre.  — <  Pésêo-ffinaUgre,  individu  acariâtre  t  aigie 
dans  ses  relations,  dans  ses  manières,  dane  ses  paroles, 
mauvais  coucheur,  d'humeur  difficile.  Mot  composé,  dér. 
de  pissa,  pisser,  et  vinaïgrs,  vinaigre. 

Vinaigre!  inierj.  Cette  onomatopée  ealemployéecomme 
encouragement  à  travailler  plus  vile;  à  {Mreaaer  le  mon- 
vement  soit  dans  le  travail,  soit  dans  un  exercice  du  corps, 
tel  que  le  saut  à  la  corde  que  les  enfante  pratiquent  en 
hiver. 

Vinale,  •.  m.  Au  moyen-âge.  droit  seigneurial  perpi  ssr 
le  vin.  Addition  d'une  certaine  quantité  d'alooc^  à  un  via 
faible  pour  lai  donner  un  degré  suffisant.  Pot  de  vin  payé 
à  celai  qui  fait  conclure  un  marché. 

Dér.  de  Vin,  vin. 

Vingtt  adj.  num.  Vingt,  nom  de  nombre  eorveapoodant 
à  vingt  unités. 

Dér.  du  iat.  Viginti.  —  Voy.  Céu. 

Vinona,  s.  m.  Sorte  de  champignon  de  cenche,  de  oouiear 
vineuse. 
Dér.  de  Vin,  vin. 

Vinona,  ao,  adj.  m.  et  f.  D^une  coulear  vlneuae,  rota- 
geâtre,  approchant  de  celle  du  vin. 

Dér.  de  Vin,  vin. 

Vlnténo,  s.  f.  Une  vingtaine  d'objets,  vingt  environ. 

Dér.  de  vin,  vingt. 

Vion,  vivo,  adj.  m.  eXf.  Vivant,  e;  vif,  vive,  alerte, 
éveillé,  pétulant.  —  A^o-vif»,  eau  vive  an  momentoA  elle 
sort  de  la  source;  fd  viou,  un  feu  ardent.  Mé  tmèrt  ém 


VIR 

viott,  je  me  eonpat  jwqn'à  la  chair  Tive.  Thuf 
inleij.  Viiel  éehora!  à  la  porte! 

Oér.  d«  lat.  Ftout. 

Tiôoniè,  s.  m.  Giroflée.  —  Voy.  Yïâamiè* 

Yiôiira,  a.  Vivre;  èire  vivant;  sobsister;  se  nourrir.  — 
A%  pér  vioun,  j*ai  de  qnoi  vivfej'ai  des  revenus  sulBBants 
pour  me  nourrir  et  m'entretenir. 

Vionrè*  t.  «I.  Nourriture,  aliments»  oe  qui  sert  I  la 
nourriture  de  rbomme,  provisions  de  boudie,  comestibles; 
fapm  de  vivre,  habitudes.  —  Séoufré-vhHre,  savoir-vivre, 
édilcation. 

¥irâ,  «.  Tourner;  se  mouvoir  dronlairement;  retour- 
ner dans  un  autre  jens.  *—  Vira  dé  eenre,  tourner  de  oôtA, 
mettre  de  champ.  Tira  dé  hka,  placer  commodément,  dans  te 
sens  voulu.  Lou$  douMcéi  fsénm,  ks  abricots  commencent 
à  mûrir.  Viru  caboË$o,  eim  eanturlo,  devenir  foa,  insensé, 
perdre  la  boule.  Tira  l'cX^Of  détourner  le  cours  de  Teau, 
arroser  une  planche  de  jardinage.  Vira  VaMe,  tourner  la 
broche.  Vira  km»  iuUt,  loucher.  Lou  tarin  oMgrê  mé  ftH 
vira  las  dén»,  le  raisin  qui  n'est  pas  mUr  m'agace  lesdents. 
Vèrù  dé  piquo,  il  tourne  piqfue.  An  fig.  c'est  le  moment  oà 
les  coups  vont  pleuvoir.  Vira  ton  quiùu,  tourner  le  dos, 
s'en  aller,  rompre  avec  quelqu'un.  Vira  coiaquo,  changer 
d'opinion;  abandonner  une  idée,  un  parti,  pour  en  suivre 
vu  auti«.  Vira  hu  trovpéi,  détourner  le  troupeau  de  la 
direction  qu'il  a  prise.  Ftra  Iota  cantoés,  tourner  les  cdns, 
arrondir  les  angles.  Èm  eaunlén  eomno  que  Umt  vire,  de 
quelque  façon  que  les  choses  marchent,  il  se  déclare  satis- 

ftdt. 

Dér.  du  lat.  Gyrare,  tonner. 

firado,  t.  /.  Le  tournant  d'un  chemin,  d'une  me;  action 
de  tourner,  de  se  retourner.  Au  flg.  émotion,  secousse,  «ftoi  ; 
maladie  violente  qui  éprouve  fortement,  mais  qui  dure  peu. 

Dér.  de  Vira,  tourner. 

Viradouiro,  t.  /.  Petite  pelle  ou  spatule  de  fer  ou  de 
ouivre  percée  de  trous,  comme  une  écumoire,  et  qui  sert  à 
retourner  on  à  retirer  la  friture  de  la  poêle. 

Dér.  de  Vira,  tourner. 

¥irûre,  t.  m.  Celui  qui  tourne  le  volant  d'une  machine 
d'imprimerie,  la  roue  d'un  cordier,  la  meule  d'un  coutelier. 

Tiiairo,  s.  f.  L'ouvrière  employée  an  tour  qui  sert  à 
dévider  la  soie. 

Dér.  de  Vira,  tourner. 

?iro,  t.  /.  La  retourne  dans  le  jeu  de  cartes;  la  carte 
que  l'on  retourne  pour  faire  connaître  l'atout.  —  Firo  dé 
piquo/  c'est  le  moment  propice  pour  recevoir  des  taloches; 
c'est  à  présent  que  les  coups  vont  pleuvoir. 

Viro-bourdomro,  t.  /.  eoMp,  «—  Se  wUir$  dé  Wro-éeur- 
ddtrt'ro,  se  coucher  la  face  contre  terre  ;  se  mettre  à  l'envers. 

¥iro-eol,  t.  m.  comji.  Torticolis;  refroidissement  ou 
affection  rhumatismale  qui  empêche  de  tourner  le  cou  sans 
éprouver  une  douleur  plus  eu  moins  vive. 

Gomp.  de  Virç,  tourne,  et  de  M,  cou. 

Viro-lrountg««  s.  m.  eomp.  Culbute,  chite  k  l'envers. 


VIR 


«» 


comme  celle  d'un  fromage  frais  que  Ton  retourne  sur  uae 
assiette  pour  le  servir. 

Vlnngàoii  ou  Viro-giouto.  t.  m.  comp.  SoufiBet  rude- 
ment appliqué.  —  Ta  bàOa  un  etro-^dou,  il  lui  a  admi- 
nistré un  soofDet,  une  gifile. 

Gomp.  de  Ftro,  tourne,  et  de  Gdau  pour  gâoutot  joue. 

Tiro-paaso,  s»  f.  eomp.  Culbute,  virevolte;  tour  que 
l'on  fait  sur  soi«méme,  sans  changer  de  place.  —  Palfrt  la 
«ûv-poMo»  faire  la  culbute. 

Dér.  de  Fîra,  tourner,  et  de  Pai»a,  passer. 

¥iro-soarél,  «•  m.  comp.  Nom  de  plante.  Tournesol 
Hdiamkui  annuus  Linn.,  genre  de  la  famille  des  Compo- 
sées ;  tribu  des  radiées.  Cette  plante  est  originaire  du  Pérou; 
elle  représentait  pour  les  anciens  habitants  de  cette  contiée 
l'emblème  du  soidl,  c'est-à-dire  de  l'astre  qu'ils  adoraieat 
comme  le  père  de  la  nature.  L'habitude  que  nous  avons  de 
la  voir  fréquemment  est  cause  de  notre  indifËrence  à 
l'admirer.  On  ne  peut  cependant  se  refuser  4  lui  accorder 
une  attention  bien  naturelle  qu'elle  provoque  par  sa  fleur, 
du  plus  bel  éclat,  quelquefois  d'un  pied  de  diamètre,  incli- 
née sur  sa  tige  et  constamment  tournée  vers  le  soleU. 

L'hélianthe  tubéreux  ou  topinambour  est  également  une 
plante  de  la  même  tribu.  On  la  croit  originaire  du  Chili. 

¥iro-i'éa-lu,  s.  m.  comp.  Soufflet,  gifile,  coup  de  poing 
fortement  appliqué.  Même  signification  que  Viro-gâou. 
Littéralement,  cette  expression  signifie  :  tourne-toi  là-bas 
ou  de  l'antre  c6t6. 

¥iro-tour,  t.  m,  wmp.  Virevolte,  consistant  à  tourner 
sur  place,  volte-foce.  —  Fagué  un  tHro-Umr  sf  parHgué, 
il  fit  volte-face  et  partit. 

¥iron,  s.  m.  Vrille.  Le  mot  per^ir  est  impropre,  dit 
Sauvaois;  l'amorçoir  est  la  plus  petite  espèce  de  tarière; 
le  foret  est  un  instrument  tout  différent  de  la  vrille.  L'avant- 
clou,  la  percerette,  ne  sont  pas  des  termes  français  acceptés. 

Dér.  de  Vira,  tourner. 

Virongnèiro,  t.  f.  Vrille  de  grande  dimension,  tarière, 
bondonnière. 

Dér.  de  Fîro,  tourner. 

Viroula,  «.Tourner,  tournoyer,  rouler,  culbuter,  cabrioler. 

Fréquentatif  de  Vira,  tourner. 

Viroulé,  s.  m.  Tourniquet,  toton;  cabriole,  pirouette; 
tourbillon  form6  par  les  eaux  courantes  ou  dormantes  qui 
s'échappent  ou  se  précipitent  vers  le  fond,  en  forme  d'en- 
tonnoir. 

Dér.  de  Ftroula,  tourner. 

Vironléja,  v.  Tournoyer,  aller  de  çà  de  là,  sans  motif 
apparent;  s'agiter  dans  le  vide.  ^  Foi  que  vtrouHUni  tu 
ne  fais  que  t'agiter  en  tous  sens. 

Vironn-viréto,  s.  m.  Géranium  on  bec  de  grue,  à  cause 
de  la  forme  du  fruit,  genre  type  des  gérsniacées.  Le  caradèrs 
le  plus  saillant  de  cette  plante  consiste  dans  le  fruit  qui 
présente  la  forme  d'un  long  bec  affilé;  ce  bec  est  le  pso* 
longement  en  crête  de  cinq  capsules  réunies  autour  d'un 
axe  central. 


ti54 


VOS 


Notre  contrée  possède  diirerses  espèces  de  géraniams, 
parmi  lesquelles  nous  citerons  le  géraniam  sanguin,  le 
géranium  des  prés,  le  géranium  velouté,  le  géraoium  dit 
Serbe  à  Koberi,  Géranium  rtibertianum  Linn.  Les  anciens 
désignaient  ce  dernier  sous  le  nom  de  rtiberta,  rubertiana, 
puis,  par  altération,  ruperHana,  roberiiana  et  enfin  Herbe 
à  Robert. 

¥l8,  to,  pari,  posté  du  verbe  VéHre,  voir.  Vu,  vue.'  — 
Paeso  que  Vaï  vie!  décampe  au  (^us  vite! 

Dér.  de  Vëire,  voir. 

¥isaja,  v.  Envisager,  regarder  en  face,  entre  les  deux 
yeux  et  quelquefois  d'un  air  menaçant.  —  M'a  weaja,  il 
m'a  reganiô  d'un  air  insolent.  Se  visaja,  se  regarder  face 
à  face. 

Dér.  de  Vieaje,  visage. 

Yisaie,  «.  m.  Visage,  figure,  face. 

Dér.  du  lat.  Vieu»,  m.  s. 

Vif  où,  J.  m.  Prunelles  de  Tœil;  vers  qui  prennent  nais- 
sance sur  la  viande  corrompue. 

Dér.  du  lat.  Yidere, 

Vispre,  o,  adj.  m.  et  f.  Apre  au  goût,  acre.  —  Àqutio 
piruno  es  vispro,  cette  prune  est  âpre. 

Visproù,  no,  s.  m.  et  fé  Jeune  enfant  lutin,  diablotin, 
espiègle. 

Vitamén,  adv.  Vite,  rapidement,  ^vivement.  —  Fasàe 
aqud  vUamén,  faites  vite  cela. 

Vite,  adv.  Vite,  promptement,  rapidement,  vivement. 
—  Fasès  vUe,  dôpôchez-vous,  faites  vile. 

Vitraire,  s.  m.  Vitrier,  l'ouvrier  qui  pose  les  vitres. 

Dér.  de  VUro,  vitre. 

Vitraje,  s.  m.  Châssis  en  bois,  enfer,  en  un  métal  quel- 
conque, garni  de  vitres;  l'ensemble  des  vitres  d'un  bâti- 
ment. 

Dér.  de  Vitro,  vitre. 

Vitro,  s,  f.  Vitre,  plaque  ou  carreau  de  verre  que  Ton 
pose  à  une  croisée,  â  un  dôme. 

Dér.  du  lat.  Vilrum,  verre. 

Volo-biôon,  s.  m.  Surnom  burlesque  donné  par  dérision 
aux  habitants  de  Samt-Ambroix,  au  siyet  desquels  a  été 
inventée  une  légende  dont  le  récit  a  fourni  le  sujet  d*un 
poème  héroï-comique  au  félibre  alaisien  Albert  Abnavibllb. 

Composé  de  Volo,  vole,  et  de  Biéou,  bceuf  ;  bœuf  qui  vole. 

Veste,  0,  adj.  poss,  de  la  t^  pers,  du  pluriel.  Votre, 
qui  est  â  vous,  qui  vous  appartient. 

Dér.  du  lat.  Vestrum,  m.  s. 

Vostre,  s.  m.  —  JLou  vostre,  le  vôtre,  ce  qui  est  â  vous, 
oequi  vous  appartient,  votre  propriété,  votre  domaine. 
Ses  din  lou  vostre,  vous  êtes  dans  vos  possessions,  vous 
cultivez  votre  domaine. 

Dér.  du  lat.  Vestrum,  m.  s. 

Vostre,  0,  pron.  poss.  m.  eX  f.  —  Lou  vostre,  la  vostro, 
le  vôtre,  la  vôtre.  ViXei  moun  oustdou,  vaqui  lou  vostre, 
voici  ma  maison,  voilà  la  vôtre. 

Dér.  du  lat.  Vester,  vettra,  veitrum,  m.  s. 


vou 

Veto,  s.  f.  Fête  votive  ou  patronale,  qui  est  une  occaaioû 
de  réjouissances  annuelles  dans  chaque  commune  du  midi 
de  la  France,  telles  que  luttes,  courses  de  taureaux,  bals 
champêtres,  jeux  d'adresse,  etc. 

Dér.  du  lat.  Votum,  vœu. 

Votrol  interj.  Mes  compliments!  Votre  serviteur! 

Vonèl  interj.  Ouais!  Vraiment! 

Vongné,  v.  Vouloir.  —  Fôou  vougué,  il  faut  vouloir. 
On  dit  aussi  VouU.  —  Voy.  ce  mot. 

Voni,  adv.  Oui  ;  particule  affirmative  opposée  à  la  par- 
ticule négative  nou,  non,  et  qui  sert  â  affirmer  one  chose. 

Formé  par  contraction  du  lat.  hoe  illud,  c'est  cela. 

Voola,  V.  Voler,  se  mouvoir  dans  l'espace  avec  des  ailes, 
courir  rapidement.  —  Courissié  que  voulavo,  il  courait  û 
vile  qu'il  semblait  voler. 

Dér.  du  lat.  Volare,  m.  s. 

Voolado,  s.  f.  Volée,  l'étendue  du  vol  d'un  oiseau  eotn 
deux  repos;  bande  d'oiseaux  volant  de  concert.  •—  Uno 
vouiado  di  pijouns,  une  troupe,  un  vol  de  pigeons.  7tra  à 
la  voulado,  tirer  au  vol.  Préne  la  voulado,  prendre  son 
vol,  partir.  Au  fig.  une  volée  de  coups  de  poings  ou  de  bâton, 
une  tripotée. 

Dér.  de  Voula,  voler. 

VonUdoù,  ady.  m.  Se  dit  d'un  oiseau,  d'un  volatile  par- 
venu à  l'âge  de  croissance  où  il  est  susceptible  de  prendre 
son  vol,  où  il  est  capable  de  voler.  —  Aoueèl  vouladok, 
oiseau  prêt  à  s'envoler  hors  du  nid.  On  dit  aussi  Vouladis. 

Dér.  de  Voula,  voler. 

Vonlaje,  ajo,  adj.  m.  et^.  Volage,  inconstant,  changeant, 
sans  consistance. 

Dér.  du  lat.  Volatieum. 

Vonlaie  (Fié).  Eruption  cutanée  irès-bônigneet  fugitive, 
commune  chez  les  enfants  en  bas-âge,  sorte  de  rougeole. 

Vonlan,  s.  m.  Grande  faucille  des  moissonneurs. 

ft  Lou  voulan  dâou  sègaïre  anavo  dé  davan.  » 

Paul  Gausser. 

Vonlaatréja,  v.  Voleter,  voltiger  en  tous  sens,  s'essayer 
à  voler,  voler  à  plosieurs  reprises,  vol  pénible  d'un  oiseau 
blessé. 

Dér.  de  '  Voula,  voler. 

Voolé,  V.  Vouloir,  désirer  d'acquérir,  de  posséder;  dési- 
rer, souhaiter.  —  Mi  n'en  voulès?  vous  me  gardez  rancune t 
N'es  pa  malàou  se  voulès,  mes  se  porto  gaXre  hién,  à  propre- 
mentparler,  il  n'est  pas  malade,  maisil  n'en  vaut  guère  mieux. 

Dér.  du  lat.  Volere,  m.  s. 

Vonloonta,  s.  f.  Volonté,  bonnes  dispositions  que  l'on  a 
à  faire  une  chose;  aptitude,  ardeur  au  travail. 

Dér.  du  lat.  Voluntafem,  m.  s. 

Voolountottfl,  onso,  adj.  m.  et  f.  Doué  de  bonne  vo- 
lonté, plein  d'ardeur  pour  le  travail,  naturellement  porté  an 
travail,  à  l'étude;  obéissant,  docile,  souple  de  caractère. 
Au  fig.  qui  se  plie  facilement,  flexible  comme  l'osier 
employé  dans  la  vannerie. 


ZIN 

Yooliir,  nrdo,  $,m»  et /'.Voleur,  voleuse;  petite  aigrette 
qui  surmonte  les  graines  de  certaines  plantes,  que  le  vent 
fait  envoler. 

Voa*ll,  adv.  Où.  —  Vou'n't-anasf  où  allez-vousî  On 
dit  aussi  Ènié^nasT  ou  Èn^ana$f 

Dér.  du  lat.  VH,  m.  sign. 


zou 


655 


ITimnze,  <ufj\  num.  Onze*  nombre  composé  d'une  dizaine 
plus  un. 

Dér.  du  lat.  Undedm,  m.  s. 

Vous,  pr.  pers,  de  la  2">*  pen.  du  plur.  Vous»  à  vous. 

Dér.  du  lat.  Vot,  m.  s. 

Vrai,  adj.  m.  Vrai,  conforme  à  la  vérité.  —  VraïT  Est- 
œ  bien  vrai?  Contraction  de  Véraï. 


Y 


La  lettre  Y  est  ta  vingt-quatrième  de  l'alphabet.  Dans  les 
idiomes  romans,  elle  n'a  pas  d'autre  valeur  que  celle  de  !*«. 
Dans  les  mots  français  dérivés  du  grec,  on  l'emploie  de  pré- 
férence à  cette  dernière  lettre,  pour  indiquer  leur  origine. 

Dér.  du  lat.  Y  correspondant  à  l'ï  grec. 


T,  adv.  Y,  là,  dans  cet  endroit,  à  cela,  k  lui,  à  elle,  lui, 
à  lui.  —  Dùwuu-y  dé  pan,  donnez-lui  du  pain.  T-anara», 
j'irai.  F  pourtarcx,  je  le  lui  porterai.  Y  tarai,  j'y  serai. 
Àna^t  allez-y.  Voué  y  fUét  pa,  ne  vous  fiez  pas  à  lui. 

Dér.  du  lat.  IK  là. 


z 


La  lettre  Z  est  la  vingt-cinquième  et  dernière  lettre  de 
l'alphabet  et  la  dix-neuvième  des  consonnes. 

Elle  a  été  empruntée  au  latin  qui,  lui-même,  l'a  prise  au 
grec  Z. 

Za!  interject.  —  Zaf  Varapè,  Crac!  il  le  saisit. 

ZèonI  inierj.  Mot  employé  pour  exprimer  le  bruit  que 
font  certains  corps  durs,  secs  et  solides.  —  Zèou  ii  parti, 
s'éi  coupa,  crac,  il  est  parti,  cet  objet  s'est  cassé,  cette  étoffe 
s'est  déchirée. 

Zingo-zango  1 1.  f.  Bruit  successif  et  alternatif  comme 
celui  d'un  corps  qui  frotte  ou  r&de  sur  un  autre  dans  nu 
mouvement  de  va-et-vient;  secousse  imprimée  en  poussant 
et  retirant  alternativement  un  objet  avec  la  main. 


Zoùl  tfitvrj.  Cette  onomatopée  correspond  exactement  au 
Zôou  des  Provençaux.  Cri  des  foules,  pour  s'encourager 
mutuellement  à  une  manifestation,  à  une  émeute,  à  des 
voies  de  fait  contre  un  personnage,  une  assemblée  ou  une 
action  qui  a  soulevé  l'indignation  publique.  Les  méridio- 
naux ont  emprunté  ce  cri  à  la  langue  grecque,  si  fertile  en 
onomatopées,  et  qui  a  laissé  bien  d'autres  traces  dans  notre 
langage. 

Dér.  du  grec  So<k,  Smo,  élan,  essor,  croissance,  ou  de 
SocD,  vivre. 

AlaU,  20  teptembre  i883. 


FIN 


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